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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 14:40

A 37 ans, Carine Faivre, qui vit à Strasbourg, ne déteste pas avoir l’air plus jeune que son âge. "Je suis beaucoup plus en forme qu’il y a dix ans", se réjouit-elle. La jeune femme, attribue cette jouvence à un changement de mode de vie. "Je me déplace différemment", explique-t-elle. A pied, en voiture, à vélo, en tramway, selon les trajets. Carine ne possède pas de voiture, ce qui écarte la tentation de se laisser porter comme un paquet à la boulangerie ou au supermarché.

Lorsqu'elle a vraiment besoin d'un véhicule, elle en loue un à la société strasbourgeoise Auto'trement, où elle dispose d'un abonnement. Ce dispositif, qu'on appelle "carsharing" en Belgique ou en Suisse porte, en France, le nom bien français d'autopartage. Les abonnés (voir tarifs ici) peuvent réserver, en fonction de leurs besoins, le véhicule de leur choix, petite ou grosse cylindrée, utilitaire ou monospace. "J'avais vu une affiche sur une colonne publicitaire jouxtant une station de tramway ; à première vue, j'ai pensé que ce serait compliqué. En fait, non", témoigne Carine.

Revenus médians et haut niveau d'étude. Qui sont les 3000 abonnés d'Auto'trement ? Des écologistes militants ? Des étudiants ou des chômeurs sans le sou ? Des alternatifs honteusement indifférents au sort de l'industrie automobile nationale ? Pas vraiment, à écouter Jean-Baptiste Schmider, fondateur et directeur de la société. "Les gens passent à l'autopartage pour des raisons à la fois pratiques et économiques. L'écologie n'est qu'un plus", explique-t-il. La sociologie des adhérents ne réserve toutefois pas vraiment de surprise. Pas tout à fait des "CSP+", comme on appelle officiellement les riches en France, mais "des personnes aux revenus médians ayant un haut niveau d'étude", note M. Schmider. Des gens "capables d’évaluer le budget annuel consacré à la voiture et qui ne considèrent pas cet objet comme un facteur de représentation sociale", analyse-t-il. On compte en outre parmi les adhérents "un tiers de familles avec enfants".

On ne se convertit pas facilement. Auto'trement, lancée en 2001, affiche un chiffre d'affaires de 1,1 million d'euros et ne compte que 3000 abonnés, dans une agglomération de 500 000 personnes. "Ce n'est pas facile de renoncer à la voiture, un objet qui symbolise la liberté et l'émancipation de la femme", explique le directeur de la société.

Jean-François Virot-Daub, aujourd'hui salarié d'Auto'trement, connaissait le carsharing depuis longtemps. "Mais je conservais par flemme une vieille guimbarde, donnée par mes parents quand j'étais étudiant, pour aller faire du sport à la périphérie de la ville", lâche-t-il. Le jeune homme minimisait volontairement les coûts du véhicule. Classique. "J'avais l'impression de ne rien payer". Devenu salarié de la société d'autopartage, il ne pouvait décemment conserver une voiture. Jean-François commande désormais un véhicule une à deux fois par mois, "pour une balade en Alsace ou acheter des couches pour mes enfants à Kehl, en Allemagne, où elles sont moins chères".

Le concert d'Yves Lecoq. Thierry Messina, qui vit et travaille à Illkirch-Graffenstaden, dans la banlieue sud de Strasbourg, a passé comme tout le monde le permis à 18 ans mais n'a jamais possédé de voiture. Il utilise régulièrement l'autopartage "pour rendre visite à des amis ou assister à un spectacle. La dernière fois, c'était l'humoriste Yves Lecoq, à Saint-Avold", raconte-t-il. Ce sociétaire d'Auto'trement se dit "convaincu que le service constitue la meilleure solution pour les transports urbains".

"La formule vaut le coup à condition de ne pas utiliser de voiture tous les jours pour aller travailler", modère M. Schmider. Le partage induit des changements de comportement. "Les gens s'aperçoivent que leur véhicule, stationné dans un parking, ne leur sert qu'à s'approvisionner à l'hypermarché, deux fois par mois", explique-t-il. Or, une fois qu'ils ont franchi le pas, "les abonnés oublient l'hypermarché et se débrouillent en faisant leurs courses à proximité", remarque le directeur.

"Pourquoi tu n'achètes pas une voiture ?" Les adhérents d'Auto'trement se heurtent parfois à l'incompréhension de leur entourage. "Mon beau-père vit dans un petit village et a toujours possédé une voiture", raconte Jean-François. "Il trouve l'autopartage très bien, mais n'imagine pas s'y mettre. Il dit avoir besoin de sa voiture à tous moments, pour aller à la déchèterie, par exemple", poursuit-il. Carine déplore l'incrédulité des amis de ses parents, ou de ses oncles et tantes. "Si on les écoute, je fais ça en attendant d'avoir une voiture, parce que je n'ai pas les moyens", témoigne-t-elle. Le scepticisme semble partagé par toutes les générations. "L'autre jour, je rentrais des courses, ma fille de 6 ans sur le siège arrière", raconte Jean-François. "Soudain, elle me dit : 'Papa, c'est bien une voiture, non ? Pourquoi tu n'en achètes pas une ?'"

Pour en savoir plus : France Autopartage, réseau national regroupant 14 opérateurs locaux, dont Jean-Baptiste Schmider est le président.

 

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