Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 18:13

Des indignés se présentent aux Législatives (Démocratie Réelle)

On les croyait résignés en france, les indignés se lancent à la conquête de l'Assemblée Nationale le 10-17 juin.

Après quelques décennies de progrès techniques et industriels permettant d'envisager une société où les besoins primaires de tous(eau, logement, électricité, etc.) seraient assouvis, force est de constater qu'il n'en est rien, et que de surcroît, nos politiques tendent à détruire les acquis sociaux si chèrement obtenus par nos aïeux et à creuser un écart toujours plus grand entre les plus démunis et les nantis.

Il serait peut-être temps de remettre en cause le fonctionnement même de nos institutions.

Issu d'un rassemblement d'indignés, le mouvement "Démocratie Réelle" cherche à proposer une alternative concrète à notre système politique, dans laquelle tous les citoyens seraient égaux politiquement.

Totalement apartisan, ce mouvement présentera des candidats aux élections législatives en proposant aux citoyens de leur rendre le pouvoir législatif afin d'obtenir un réel contre-pouvoir populaire.

L'absence de démocratie

"le pouvoir du peuple, pour le peuple, par le peuple" A. Lincoln

Où en est-on aujourd'hui en ce qui concerne la démocratie ?

Nous pouvons déjà constater que la souveraineté populaire n'existe plus, elle fait place désormais à la souveraineté nationale (celle de nos représentants). L'exemple du référendum de 2005, bafoué deux ans plus tard par nos parlementaires, en est un bon exemple.

Il n'existe à l'heure actuelle en France, aucun recours populaire face aux abus de pouvoir de nos élus, ni aucun référendum d'initiative populaire permettant à la population d'imposer une décision et encore moins d'oreilles politiciennes attentives lorsque des milliers d'entre nous manifestent dans les rues.

En réalité, le mot citoyenneté a perdu tout son sens, nous n'avons aucune part active dans la gestion politique de notre société, nous ne sommes que des électeurs qui confions tous les cinq ans les pleins pouvoirs politiques à des représentants.

Une fausse représentativité

Le 10 et 17, nous allons confier le pouvoir législatif à un représentant qui décidera tout à notre place pendant 5 ans, sans que nous puissions, ni le révoquer, ni contester la moindre de ses décisions.

Le mandat représentatif de nos parlementaires, prévoit leur indépendance, vis à vis de leur engagement. Il s'oppose au mandat impératif qui donne le pouvoir à un individu, afin qu'il mène une action définie dans la durée et dans la tâche, selon des modalités précises auxquelles il ne peut déroger.

Ce type de mandat (impératif), est nul d'après notre constitution.

L'indépendance donnée par le mandat représentatif, est la plupart du temps bafouée par l'appartenance à un parti politique, ou par la pression de certains acteurs politiques discrets (lobbies, marchés financiers, médias etc.). Nos députés sont bien souvent redevables d'un tiers, et ainsi contraints de trahir l'intérêt général.

Pour mettre fin à ces pratiques, les candidats "Démocratie Réelle" s'engagent moralement sur un seul point : consulter systématiquement les habitants de leur circonscription sur tous les projets et propositions de lois émanant de l'Assemblée Nationale, en organisant des assemblées populaires, des débats citoyens et pour finir en organisant des référendums afin de porter le résultat de ces consultations, par son vote, au parlement.

Financement des partis politiques

Peu d'entre nous le savent, mais les élections législatives permettent de financer les partis politiques. Chaque vote pour un candidat, rapporte à son parti 1,70€ par an. L'élection d'un député rapporte en plus, 44 000 €.

La politique étant l'affaire de tous, est-il démocratique qu'une poignée de personnes vivent en fabriquant du "prêt à penser" pour le reste de la population ?

Le mouvement "Démocratie Réelle" n'est pas un parti politique, il ne bénéficiera donc d'aucune aide de l'Etat en ce qui concerne son financement. 

Concernant les indemnités parlementaire de 5 189€ par mois, les candidats "Démocratie Réelle", s'engagent à réduire de moitié leurs indemnités et à reverser le reste (environ 150 000€ au terme de leurs 5 années de mandat) à la circonscription (l'utilisation de cette somme fera l'objet d'un vote lui aussi).

Le partisanisme, "diviser pour mieux régner"

Voter pour un parti politique, c'est accepter un programme, et l'idée qu'aucun point précis ne pourra être l'objet d'un débat une fois le candidat élu.

Cette ruée vers le pouvoir, ne profite absolument pas à nous, citoyens, elle ne fait que permettre à ceux qui financent les campagnes électorales de faire passer leur liste de vœux une fois l'élection achevée.

Le mouvement "Démocratie Réelle" veut mettre fin à ce spectacle politique et remettre en cause ce système qui ne permet pas de faire ressortir les réels enjeux de notre époque.

Ce jeu du partisanisme ne profitera jamais aux peuples, nous devons réfléchir tous ensemble, nous reconnecter avec la politique et réapprendre à vivre ensemble.

1984 : pas si éloigné...

A l'image du roman 1984 de George Orwell, de nombreux mots de la langue française (Démocratie, Représentativité, Citoyenneté, République, etc.) ont été détournés, afin d'éviter toute réflexion concernant le sens de nos institutions.

L'initiative "Démocratie Réelle" s'efforcera de leur redonner leur sens.

En savoir plus : http://www.democratiereelle38.fr

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Les indignés d'ici et d'ailleurs
commenter cet article
29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 18:02

 

| Par Martine Orange

 

Il y avait les golden parachutes, les hello packages, les retraites chapeau, les stock-options et les actions gratuites. Dans la grande mystique de l’alignement des intérêts du management sur ceux des actionnaires, une nouvelle disposition est en train d’obtenir un grand succès dans les grands groupes : la clause de non-concurrence pour les dirigeants. Qu’ils quittent de leur plein gré l’entreprise au moment de la retraite, qu’ils ne soient pas renouvelés ou qu’ils soient débarqués au vu de leurs résultats, la plupart des grands patrons bénéficient désormais dans leur contrat de cette disposition, qui se traduit par de confortables indemnités.


Au moment où leur compagnie connaît de graves difficultés et s’apprête à lancer un plan d’au moins 5 000 suppressions d’emploi, les syndicats d’Air France KLM se sont émus de découvrir les conditions de départ de leur ancien dirigeant, Pierre-Henri Gourgeon. Débarqué en octobre par le président du conseil de surveillance, Jean-Cyril Spinetta, affolé par les chiffres du groupe, celui-ci est parti avec son salaire de l’année (1,12 million), ses indemnités légales (1 million) et un dédommagement de 400 000 euros au titre d’une clause de non-concurrence pendant trois ans, soit 2,5 millions d’euros au total.  La disposition doit être approuvée lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires, le 31 mai.


Comment justifier une telle prime de non-concurrence alors que l’ancien dirigeant laisse le groupe au bord de l’asphyxie ?, s’est étonné l’Unsa d’Air France. « Cette clause ne lui a pas été imposée pour lui être agréable. Ceci a été fait dans l’intérêt du groupe », a répondu un porte-parole du groupe. Air France fait valoir qu’il aurait pu être embauché par une compagnie du Golfe, comme cela avait été le cas pour un ancien dirigeant du groupe australien Qantas. De toute façon, la prime, approuvée par le conseil d’administration, a déjà été versée.


Même la présidente du Medef, Laurence Parisot, a du mal à souscrire aux arguments d’Air France. « Quand une entreprise est en situation d'échec, en situation de difficulté, le dirigeant qui quitte l'entreprise ne doit pas recevoir, sous quelque forme que ce soit, de golden parachute. Or là, on a l'impression qu'il s’agit d’un golden parachute déguisé », a-t-elle déclaré, dimanche, lors du Grand Jury RTL.


« Au moment où l’État prône la diminution des rémunérations des dirigeants dans les entreprises publiques, il doit faire preuve d’exemplarité  sur ce sujet. Il est actionnaire à hauteur de 16 % d’Air France. Il doit voter contre cette mesure à l’assemblée générale et renvoyer les administrateurs qui le représentent au conseil d’administration et qui ont voté pour ce dispositif », dit Colette Neuville, présidente de l’association des actionnaires minoritaires (ADAM)


Jean-Cyril Spinetta, en tant que président du conseil de surveillance d’Areva cette fois-ci, avait aussi accepté le même dispositif pour Anne Lauvergeon. Celle-ci a quitté son poste, à la fin de son mandat, qui n’a pas été renouvelé en juin 2011, avec une indemnité de départ de 1 million d’euros, plus 500 000 euros au titre d’une clause de non-concurrence. Alors que le groupe a affiché une perte de 2,4 milliards d’euros, le conseil comme le gouvernement ont hésité à verser cette indemnité. Anne Lauvergeon a attaqué devant le tribunal de commerce de Paris pour obtenir le respect intégral de son contrat. Les juges lui ont donné raison et ordonné le paiement de ses 1,5 million d’euros. Le gouvernement et le groupe Areva se sont exécutés, soulagés d’être dégagés de leurs responsabilités par une décision de justice.

 

Le cas par cas se généralise

La clause de non-concurrence, utilisée d’abord dans les groupes publics pour compenser l’absence de golden parachute, que l’État actionnaire n’aurait su accepter, est en train de se généraliser partout. Car les golden parachutes sont devenus beaucoup trop voyants. Les petits actionnaires protestent quand ils les découvrent : ils obligent les conseils à se conformer strictement aux dispositions du code Afep-Medef, qui prévoit une limitation à deux années de salaire. Certains dispositifs ont même été attaqués en justice, contraignant les anciens présidents à renoncer à leurs indemnités. 


De plus, ils sont désormais sous surveillance fiscale : la loi limite l’exonération totale de ces indemnités à 200 000 euros. Au-delà, elles sont soumises à l'impôt sur les sociétés. En revanche, l’argent reçu au titre d’une clause de non-concurrence est considéré comme une compensation pour réparer le dommage à une limitation du droit de travail et donc non imposable dans la limite de 1 million d'euros. De plus, la clause fait partie du contrat de travail et peut donc difficilement être remise en cause.


Toutes ces excellentes raisons ont amené de nombreux conseils à se pencher sur la formule. « La clause de non-concurrence est plus légitime que les parachutes dorés. Il y a des cas où elle se justifie totalement. Lorsque les dirigeants ont une compétence internationalement reconnue, qu’ils travaillent dans des groupes très exposés où la recherche, l’innovation, le savoir-faire sont déterminants, il est normal que les conseils veillent à protéger l’intérêt de l’entreprise et demandent une clause de non-concurrence pour les dirigeants. Mais c’est un dispositif qui ne peut se discuter qu’au cas par cas », explique Daniel Lebègue, président de l’institut français des administrateurs. 


Le cas par cas est, malgré tout, en train de se généraliser et de devenir un substitut des parachutes trop gênants. Près de la moitié des dirigeants des entreprises du Cac 40 ont désormais une clause de non-concurrence adjointe à leur contrat. Maurice Lévy, le patron de Publicis, qui a déjà récolté cette année 16 millions d’euros de salaires différés, s’est vu octroyer un dédommagement de 5 millions d’euros, au titre d’une clause de non-concurrence de trois ans, lorsqu’il quittera le groupe de publicité, à plus de 70 ans. Mais c’est le cas aussi pour le président de l’Oréal, de Total, des dirigeants de LVMH. Leur montant ? Chut ! Cela relève du droit privé.


Grâce à celle-ci, Jean Azéma, l’ancien président de Groupama, a quitté à l’automne le groupe d’assurances, lui aussi en très graves difficultés, avec 3 millions d’euros d’indemnités, moitié à titre légal, moitié au titre de sa clause de non-concurrence. Lars Olofsson, le PDG de Carrefour, lui est parti du groupe de distribution la semaine dernière, après trois années de gestion calamiteuse. Outre une retraite chapeau de 500 000 euros, une indemnité de logement de 100 000 euros, avec voiture et chauffeur, il lui a été accordé une prime de 1,5 million d’euros au titre d’une clause de non-concurrence.


Avec de tels succès, on comprend que les conseils d’administration veuillent protéger l’intérêt de leur groupe. Le monde entier nous envie de tels dirigeants et ne peut que chercher qu'à nous les chiper. Il serait dommage de les voir partir à la concurrence exercer leur talent.

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 17:09

 

Marianne - Rédigé par Juan Sarkofrance le Mardi 29 Mai 2012 à 18:00

 

C'est évidemment l'urgence. Partout en France, et en matière d'hébergement notamment. A peine nommée ministre de la ville, l'écologiste Cécile Duflot, avec l'appui de sa collègue Marisol Touraine aux Affaires Sociales, avait prolongé le dispositif hivernal jusqu'au 31 mai. Ce dernier augmente les places d'accueil pour les SDF jusqu'à 19 000 places supplémentaires d’urgence, en plus des 118 000 places ouvertes toute l’année.. Et pourtant, à Lyon, des expulsions ont eu lieu.

Faudrait-il virer le préfet local ?

 

Cécile Duflot, l'hébergement d'urgence et la suite.


 
«La première décision que j’ai prise en liaison avec Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, c’est de suspendre la fin de la trêve hivernale et de repousser au 31 mai toute décision» déclarait la jeune ministre. «Il va falloir mobiliser l’ensemble des acteurs pour faire en sorte que les places dans les foyers d’urgence soient libérées par ceux qui ont droit à un logement et accueillir les personnes qui sont en plus grande fragilité dans des lieux d’hébergement de plus grande qualité» ajoutait-elle.
 
Le 25 mai, la préfecture du Rhône expliquait bien officiellement: 

« Le mardi 22 mai, 251 personnes étaient logées à l’hôtel et conformément aux directives écrites de Cécile DUFLOT, Ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, qui a annoncé le maintien du plan hivernal jusqu’au 31 mai, elles ont été maintenues dans leur hébergement.»

 Vous avez bien lu... 251 personnes étaient encore logées à l'hôtel. Sur son blog, notre confrère Philippe Alain pointe qu'il y avait jusqu'à 650 personnes hébergées en urgence pendant l'hiver. En fait, la préfecture du Rhône elle-même mentionnait 1.200 hébergements d'urgence au plus fort de l'hiver
 
Comment passe-t-on de 1200 ou, plus récemment, 650 hébergements à 251 ? 
 
Par des expulsions ! « On a retrouvé quelques personnes, samedi 26 mai, au tribunal administratif de Lyon » explique Philippe Alain. « Une maman qui élève seule ses 4 enfants suite au décès de son mari. Aidée par des associations elle assigne le préfet au tribunal administratif pour demander que l’Etat respecte ses droits et condamne le préfet pour l’avoir jetée à la rue avec ses enfants. »
 
Le préfet du Rhône a-t-il tardivement respecté les consignes de sa ministre ? L'homme s'était déjà distingué lors de la traque aux Roms, pendant l'été 2010. Avant de régulariser, discrètement, une centaine d'entre eux au début de 2012. Jean-François Carenco se savait protégé de Jean-Louis Borloo.
 
En avril dernier, l'Etat, c'est-à-dire le préfet, avait déjà été condamné par le tribunal administratif pour la fermeture de quelque 3.000 places d'hébergement.
 
Cécile Duflot va-t-elle se saisir de l'affaire ?

 
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 17:01
Marianne - Mardi 29 Mai 2012 à 05:00

Romain Blachier - Tribune

 

Une dizaine de milliers de personnes ont participé à la 33ème manifestation nocturne à Montréal, samedi soir, contre le gouvernement Charest. Plus de 100 jours après le début du conflit, la mobilisation ne faiblit pas. Blogueur et élu PS, Romain Blachier décrypte les changements qui se produisent au Québec.

 

 

(Manifestations au Quebec - Graham Hughes/AP/SIPA)
(Manifestations au Quebec - Graham Hughes/AP/SIPA)
«Les libertés sont toujours grignotées sournoisement avant d'être spectaculairement détruites», Norbert Bensaïd.

Depuis plusieurs mois, les étudiants québecois, rejoints par de nombreux salariés, manifestent contre les hausses de frais d'inscriptions décidées par le gouvernement libéral. Tant le durcissement des positions, les difficultés de dialogue que la répression du mouvement montrent que, derrière la fiction spectaculaire d'un Québec social et apaisé, se cache un contrôle social important.

Le plus long mouvement étudiant de l'histoire du Québec

Enfin ! Enfin des médias français se penchent davantage sur la situation dramatique que vivent les manifestants étudiants des villes du Québec. Il n'était pas trop tôt, le mouvement ayant commencé en février !

Certes les réseaux sociaux bruissaient déjà depuis un certain temps des événements de l'Etat francophone du Canada : si Twitter en France n'est pas toujours un lieu d'avant-garde éclairée de l'information (avoir régulièrement en sujets les plus évoqués l'émission the Voice ou les actus people d'une certaine Perrie Edwards, le spectacle marchand a trouvé un terrain d'épanouissement nouveau...) la question québecoise est sur un grand nombre de tweets depuis longtemps.

Les termes du débat

En cause, on le sait, une hausse de 75% des frais de scolarité universitaire. Il est vrai que les frais d'inscription universitaires du Québec sont de 2519 dollars canadiens (1953 euros) contre 5662 (4369 euros) pour l'Alberta et que les universités manquent de moyens, y compris pour l'aide étudiante. Un effort supplémentaire est demandé
aux usagers, dont une partie des sommes supplémentaires perçues iraient à l'aide sociale des plus modestes d'entre eux. Ceci dit, quand on sait que l'inscription dans une université en France était de 177 euros à la rentrée 2011, on réalise le poids des études sur les familles.

Outre un attachement à un modèle social québecois protecteur, les manifestants pointent les faibles redevances que demande en parallèle le gouvernement québecois aux entreprises minières et énergétiques implantées via le Plan Nord et dont les recettes permettraient de faire largement face à de nouvelles dépenses.

De son côté le gouvernement québecois a radicalisé le mouvement en refusant la plupart du temps de discuter, radicalisant les opposants dont certains étaient sans doute près à entendre la nécessité d'une hausse modérée... La ministre de l'éducation a d'ailleurs du démissionner de son poste suite à sa gestion de la crise !

La grève s'est transformée en un mouvement étudiant gigantesque. Celui-ci a été rejoint par de nombreux salariés qui organisent des concerts de casseroles le soir à 20h. Des manifestations géantes se déroulent en ville. Des symboles comme le carré rouge ont franchi les frontières arborées par le groupe US Public Enemy lors de son concert à détroit. Des figures comme la mascotte l'Anarchopanda, la banane rebelle (arrêté par la police puis relaché) ou le leader Gabriel Nadeau-Dubois ont crevé l'écran. Le mouvement, dont il est aujourd'hui question dans le monde entier, se transforme symboliquement en défense d'une certaine idée du modèle social québecois, ceci alors que se révèle une réalité répressive cachée jusqu'ici dans une province habituée à plus de calme.

La fin de la fiction d'un Québec apaisé ?

Le Québec est réputé pour son modèle social unique en Amérique du nord. Les libertés individuelles y sont plus larges que dans la France post-sarkozyste. Les débats politiques se déroulent principalement entre un Parti Québecois social-démocrate et un Parti Libéral du Québec oscillant entre le centre et le centre-droit. Le clivage se situant bien sûr également  sur la question de l'indépendance et du fédéralisme. Pourtant les libéraux au pouvoir se sont quelque peu radicalisés (tout est relatif, on est encore loin de l'UMP, dont l'équivalent serait les populistes de la CAQ) ces dernières années et surtout ces dernières semaines face au succès des manifestations. Le gouvernement a en effet pris une mesure de répression forte : la loi 78.

Celle-ci encadre plus sévèrement les manifestations et empêche les rassemblement non déclarés de plus de 50 personnes. A l'origine le gouvernement libéral souhaitait une mesure plus forte : l'obligation de signaler aux autorités tout attroupement ou manifestation de plus de...10 individus. Et prévoit des amendes très fortes en cas de non respect d'une disposition. S'il me semble des plus normal de déclarer une manifestation avant qu'elle se déroule pour pouvoir gérer les contraintes engendrées, le fait de voter une loi pour la circonstance est douteux. Le contenu même de celle-ci est par ailleurs mis en doute par les juristes. Et surtout, du fait des sanctions dures en cas d'infraction, les étudiants, dont les organisations restent soudées, ne l'appliquent pas... Les défilés eux, sont des plus créatifs et généralement festifs.

Autre élément, les violences policières, pourtant rares depuis des années, sont revenues au Québec : des universités sont envahies par la police, des arrestations massives ont lieu (parfois plus de 700 en une seule nuit) des violences, que le gouvernement refuse de condamner, sont commises par les forces du maintien de l'ordre. Certains agents, depuis la nuit de samedi dernier cachent en toute illégalité  leur matricules pour agir, depuis qu'une de leurs collègues s'est fait filmer en train de gazer des manifestants pacifiques. De son côté d'ailleurs nombreux sont les agents épuisés par des semaines de mouvement social, le plus long de l'histoire estudiantine québecoises.

Un nouveau Québec apparait, plus dur, moins angélique. Reste à savoir dans quelle direction il ira...

 

Mouvement étudiant : la fin d'un Québec apaisé
Retrouvez Romain Blachier sur son blog.
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Québec
commenter cet article
29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 16:53

 

Marianne -Législatives à Hénin-Beaumont

Rédigé par Mathias Destal et Guy Konopnicki. le Mardi 29 Mai 2012 à 17:25



(JDD/SIPA )
(JDD/SIPA )
De faux tracts anonymes «Votons Mélenchon» écrits «approximativement» en arabede gauche à droite au lieu de droite à gaucheont été glissés dans les boîtes aux lettres de la 11ème circonscription du Pas-de-Calais. Deux hommes se présentant, selon des militants du Front de Gauche, comme des militants du Front national ont été pris sur le fait, mardi 29 mai, aux alentours de 16 h, à Montigny-en-Gohelle, repérés par des habitants de la commune. Ils ont pris la fuite dans la voiture de trois autres hommes venus les chercher. Leur camionnette, immatriculée dans les Hauts-de-Seine, a été immobilisée. Sur le pare-brise figure un numéro d'urgence. Celui d'un responsable du DPS, le service d'ordre officiel du FN. Jean-Luc Mélenchon et son suppléant, Hervé Poly, vont engager des poursuites judiciaires. Bruno Bilde, chef de cabinet de Marine Le Pen, joint par téléphone, se "félicite de cette initiative qui, dit-il, va permettre d'engager un débat de fond". Il ajoute que la candidate était au courant de cette distribution depuis ce mardi matin. La distribution aurait commencé la veille.

 

Exclusif : des proches du FN distribuent des faux tracts de Mélenchon !
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Informations diverses
commenter cet article
29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 16:43

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 29.05.2012 à 16h10 • Mis à jour le 29.05.2012 à 16h10

 
Des étudiants en médecine à Nice en mai 2008.

Le conseil national de l'ordre des médecins (CNOM) a présenté mardi 29 mai ses recommandations pour faciliter l'accès aux soins, visant à mieux répartir les médecins sur le territoire, y compris par des mesures contraignantes. Le conseil recommande également de limiter les dépassements excessifs d'honoraires. Les "questions relatives à l'accès aux soins posent problème depuis des années", a souligné son président, Michel Legmann, évoquant les "contrées sous-médicalisées" et "la question des honoraires avec des dérives inacceptables".

"Il faut prendre ses responsabilités", a-t-il martelé, conscient que ces propositions, issues du séminaire annuel du CNOM qui s'est tenu du 10 au 13 mai, allaient "faire des mécontents". L'Ordre constate "l'échec" des mesures incitatives prises jusqu'à présent et estime que l'augmentation du numerus clausus, qui fixe un quota de médecins à former à partir de la deuxième année des études, "n'est pas la solution".

Pour la première fois, le CNOM préconise de remédier aux déserts médicaux, ces zones souvent rurales ou périurbaines où l'on manque de médecins, par la contrainte. Il s'agirait d'obliger un jeune médecin, à la sortie de ses études, à s'installer pour cinq ans dans la région où il a été formé. Les lieux d'exercice seraient déterminés à l'intérieur de chaque région sous la conduite des agences régionales de santé, "en liaison étroite avec le conseil régional de l'ordre". "Des mesures d'accompagnement, d'incitation et de promotion de carrière" devraient nécessairement être mises en place pour les médecins contraints de s'installer en zone déficitaire, selon le CNOM.

 

 LIMITER LES DÉPASSEMENTS D'HONORAIRES

Le conseil a également décidé de s'attaquer aux dépassements d'honoraires en définissant plus clairement la mesure préconisée par le code de déontologie pour les médecins pratiquant des tarifs supérieurs à ceux de la Sécurité sociale. Le CNOM recommande désormais aux médecins en secteur 2 (honoraires libres) de réserver "au moins 30 %" de leur activité au secteur 1 (tarif de la Sécurité sociale), y compris pour l'activité libérale des praticiens hospitaliers du public. Par ailleurs, ces honoraires "ne sauraient dépasser 3 ou 4 fois le montant opposable" de la Sécurité sociale, précise également pour la première fois le conseil.

Le médecin, lorsqu'il fixe ses honoraires, doit le faire "dans le respect de certaines règles", détaille le CNOM, en tenant compte de sa notoriété, de la difficulté de l'acte, des exigences éventuelles du patient, mais également des capacités financières de celui-ci. Toutes ces recommandations ont été envoyées au gouvernement, a souligné M. Legmann, qui a sollicité un rendez-vous auprès de la ministre de la santé, Marisol Touraine.

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 16:35

ledauphine.com - le 29/05/2012 à 06:01

 

Pour l’instant, le chef du gouvernement espagnol est catégorique : l’Espagne ne fera pas appel à l’aide internationale… Une situation difficilement tenable selon les experts.

Pour l’instant, le chef du gouvernement espagnol est catégorique : l’Espagne ne fera pas appel à l’aide internationale… Une situation difficilement tenable selon les experts.

 

C’est un coup de tonnerre dans le ciel européen : après la Grèce, l’Espagne s’enfonce un peu plus dans la crise économique. Avec des banques affaiblies, un taux de chômage record, des régions surendettées et des finances exsangues, le pays doit faire face à la crise la plus sévère de son histoire. La quatrième puissance de la zone euro tente pourtant de rassurer ses partenaires. Mais les perspectives de sortie de crise restent incertaines. Et font peser de sérieuses menaces sur l’Union monétaire.

Le secteur bancaire dans un état critique

Le chef du gouvernement espagnol l’a reconnu lui-même hier : son pays rencontre d’importantes difficultés de financement. La crise bancaire s’y aggrave de jour en jour… Et le spectaculaire et coûteux sauvetage de la troisième banque du pays, Bankia (23,5 milliards d’euros, lire repères), n’a pas arrangé la situation. Signe de la suspicion qui pèse sur les banques, même les plus solides comme Santander ou BBVA étaient pénalisées hier sur les marchés tandis que la Bourse madrilène a passé presque toute la séance dans le rouge.

Mais Mariano Rajoy s’est voulu rassurant : ”Il ne va y avoir aucun sauvetage” extérieur du secteur bancaire. En clair, le conservateur prétend pouvoir recapitaliser seul ces banques… Oui, mais comment ? C’est normalement le Fonds public d’aide au secteur (Frob) qui doit injecter ces fonds. Le problème : avec moins de 5 milliards d’euros encore disponibles, il n’a pas la somme suffisante.

Des régions ultra-endettées

D’autant que Madrid doit également faire face à l’endettement de ses régions. La Catalogne, dont le déficit public a atteint 3,29 % du PIB en 2011 et qui est confrontée à d’énormes coûts de refinancement, a exhorté vendredi Madrid à autoriser les régions à recourir à des obligations régionales émises conjointement.

Le gouvernement a déjà annoncé avoir souscrit un prêt de 30 milliards d’euros, qui pourra être porté à 35 milliards si besoin pour aider les collectivités à payer les factures impayées qui s’élèvent à 19,4 milliards.

En échange, le gouvernement a imposé l’austérité aux régions et adopté un plan d’une rigueur historique de plus de 27 milliards. Objectif : ramener le déficit public du pays à 5,3 % cette année contre 8,9 % du PIB en 2011. Difficilement tenable, selon de nombreux experts.

Un taux de chômage record

En apportant son aide à Bankia, jamais l’État espagnol n’avait mené un plan de sauvetage d’une telle importance.

Dans un contexte social très difficile mêlant taux de chômage record (près de 25 %) et plans de rigueurs successifs, l’annonce a du mal à passer auprès des Espagnols.

L’Europe retient son souffle

En attendant, l’Europe retient son souffle… Et malgré les dénégations officielles de l’exécutif, l’Espagne pourrait être contrainte d’accepter in fine une aide internationale pour éviter un scénario à la grecque et un risque de contagion à toute la zone euro. Si les tensions des marchés persistent, ”le pays serait bien susceptible de demander de l’aide au Fonds européen de stabilité financière”, voire du FMI, confirme une source gouvernementale.

La crise Bankia

C’est un sauvetage historique dans le secteur bancaire espagnol : Bankia a annoncé vendredi dernier avoir besoin de 19 milliards supplémentaires, soit un total de 23,5 milliards d’euros en ajoutant l’aide publique annoncée le 9 mai, sous forme de prêt transformé en participation.

La banque a également affiché une perte pour 2011 de 2,979 milliards d’euros, contre un bénéfice de 309 millions affiché précédemment.

L’État s’est engagé à apporter tous les fonds nécessaires à Bankia qui représente 10 % du système financier espagnol, et qui est donc considérée comme une banque “systémique”, ne pouvant pas faire faillite sous peine de contaminer tout le secteur.

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 16:20

stats 

 

"La Grèce est en danger d’une crise humanitaire" - (The Guardian)

Alexis TSIPRAS

 

 

Helena Smith : Le président du Parlement européen, Martin Schulz, est sorti d’une discussions avec vous ici en Grèce en disant que vous n’êtes pas aussi dangereux que vous pouvez le paraître, M. Tsipras. Est-ce vrai ?

Alexis Tsipras : Nous avons eu un entretien portant sur le fond et il a été assez constructif, et je pense que la première chose qui est nécessaire est de commencer un véritable dialogue. Parce que, vous le savez, si on ne parle pas, on ne peut pas trouver de solution.

Helena Smith : Et cela n’est pas arrivé à ce jour ?

 

Alexis Tsipras : Jusqu’ici, je crois qu’il n’y a pas eu de véritable discussion, tout comme il n’y a pas eu de négociations politiques en Europe avant le mémorandum sur les conditions et les moyens de faire face aux problèmes budgétaires de la Grèce. Le mémorandum a été une décision politique qui a été prise sans consulter le peuple grec, et il s’est avéré catastrophique. La décision de placer le pays sous la supervision du FMI a été prise par M. Papandreou sans aucune consultation préalable et en l’absence complète de toute tentative politique réelle de faire des demandes auprès de l’Union européenne.

Et nous avons atteint un point où cela s’est révélé désastreux. Après deux montages de soutien financier qui ont été accompagnés par des mesures très dures, la récession reste à des niveaux monumentaux, le chômage a grimpé en flèche, la cohésion sociale s’est effondrée, et la Grèce est en danger d’une crise humanitaire. Et par dessus cela, nous ne voyons pas de résultats. Ni la dette n’a été réduite de manière effective, ni le déficit, et ni la récession ne se sont apaisés. Par conséquent, nous ne pouvons pas insister avec un programme qui s’est avéré catastrophique et inefficace.

Helena Smith : Vous avez parlé du mémorandum comme un chemin qui mènera à l’enfer. A quelle distance sommes-nous de l’enfer ?

Alexis Tsipras : Nous n’avons jamais été dans une si mauvaise situation. Après deux ans et demi de catastrophe, le peuple grec est sur les genoux ; la situation sociale s’est effondrée, un jeune sur deux est sans travail, il y a des gens qui émigrent en masse, le climat est psychologiquement celui du pessimisme, de la dépression, des suicides massifs. Nous ne pouvons pas accepter que ce soit l’avenir d’un pays européen. Et c’est précisément parce que nous reconnaissons que le problème est européen, et qu’il se propage au reste de l’Europe, que nous tirons la sonnette d’alarme et faisons appel aux peuples de l’Europe pour nous soutenir dans un effort pour arrêter cette descente dans ce qui ne peut être appelé qu’un enfer social.

Helena Smith : Il m’a été dit par un de vos assistants que vous êtes né le même jour qu’Hugo Chávez. Avez-vous une bonne relation avec lui ?

Alexis Tsipras : C’est vrai, mais il doit être né quelques années avant moi. Je ne l’ai jamais rencontré, mais j’ai communiqué avec lui, car j’ai été conseillé municipal d’Athènes dans le passé. Je me suis rendu au Venezuela dans le cadre d’une mission de surveillance grecque pour superviser des élections avant de devenir président de la coalition de gauche en 2008. Et depuis, j’ai rencontré son ministre des Affaires étrangères, et nous avons une bonne relation avec l’ambassadeur du Venezuela.

Helena Smith : Chavez est-il l’un de vos héros ?

Alexis Tsipras : Je ne crois pas qu’il existe des héros ou des sauveurs en politique. Je ne me vois pas comme un sauveur : le salut ne peut être trouvé que par le peuple en masse quand il comprend qu’il a le pouvoir entre ses mains. Je suis totalement en désaccord avec la notion d’une nation à la recherche de héros et de sauveurs, en particulier d’une nation qui aurait besoin d’un sauveur. Chaque fois que je suis en contact avec des gens qui me parlent de leurs malheurs et me disent "Sauvez-nous", je leur dis toujours que nous sommes les seules personnes qui pouvons nous sauver nous-mêmes, tous ensembles, quand nous nous rendons compte de la puissance que nous avons entre nos mains. Il s’agit d’une erreur de mettre le salut dans les mains d’individus.

À l’heure actuelle, je représente un parti politique qui fonctionne collectivement, et qui représente la lutte et l’angoisse d’une grande partie du peuple grec. Quelqu’un d’autre pourrait facilement les représenter. Depuis que je suis dans cette position, j’ai essayé de faire de mon mieux mais je sais que mon pouvoir ne dépend pas de mes propres capacités ou de mes points forts mais de la confiance et de la force que les gens vont nous donner par leur vote.

Helena Smith : Etes-vous inquiet ? Dans le cas où Syriza émergeait comme le premier parti et que vous étiez mis en position de gouverner le pays, auriez-vous peur ?

Alexis Tsipras : J’aurais peur, si ce n’était pas le cas et que la Grèce continue sur la voie de la catastrophe et du malheur, où nos enfants, et mes propres enfants, vivent dans un pays qui a été détruit, dans lequel ils ne peuvent plus basiquement vivre et sont obligés de le quitter pour l’étranger. C’est ce qui m’inquiète. Toutes ces années, nous avons permis aux gens qui nous gouvernaient de détruire ce pays. Et nous devons les arrêter.

Helena Smith : Vous êtes né le 28 Juillet 1974. Vous êtes d’une génération qui n’a jamais connu la dictature, mais la démocratie. Le pays dans lequel vous êtes né était-il pour vous et vos parents celui que vous espériez ?

Alexis Tsipras : Je suis né quatre jours après le retour de la démocratie. C’était un moment décisif pour la société grecque, un moment de progrès quand il a mis fin à un joug vieux de sept ans. J’ai grandi à une époque où il y avait des espoirs énormes dans la démocratie grecque et le système politique.

J’étais très jeune mais je me souviens de la période de "allagi" [du changement] après 1980, lorsque le Pasok a pris le pouvoir. Mes parents à cette époque ont voté Pasok, beaucoup de gens qui venaient de la gauche l’ont fait en 1981. Mais je me souviens aussi des attentes qui avaient été créés et de la contribution de la gauche et en particulier de Florakis Harilaos [le défunt leader du parti communiste KKE longtemps proscrit] et de Kyrkos Leonidas [le défunt leader du Parti Communiste de l’Intérieur] à la vie culturelle et la renaissance politique qui se passaient alors en Grèce.

Mais les choses ont changé dans les années 80 et très vite les visions de la démocratie et de l’égalité sociale ont été remplacées par les scandales, les intérêts, un secteur public misérable, et un Etat qui n’applique pas la méritocratie, où pour trouver du travail vous deviez faire le tour des bureaux de députés dans l’espoir de trouver un emploi. C’était un système qui ne donnait pas aux jeunes de possibilités.

Helena Smith : Avez-vous ressenti cela personnellement ?

Alexis Tsipras : J’ai vécu, et je vis, dans ce pays, et en ce sens, bien sûr j’ai ressenti toutes ces choses. Mais j’ai eu la chance de réussir à étudier dans une université très importante [L’École polytechnique d’Athènes] et d’y faire des études de troisième cycle. Et je crois que, malgré les difficultés dans la vie politique et sociale en Grèce, il y a certaines bonnes choses, comme nos universités. Mais ces dernières années, le système politique nous a conduits dans une impasse.

La Nouvelle Démocratie et le PASOK, les deux partis qui étaient en charge du sort du pays pendant toutes ces années, et l’ont fait entrer dans la zone euro, ont travaillé sur la base de profits faciles sur les marchés boursiers, les prêts faciles et les faux besoins de consommation du peuple grec. Ils n’ont rien laissé derrière eux, aucune infrastructure, lorsque pendant plus d’une décennie, entre 1996 et 2008, la Grèce a connu un record de croissance positive - des taux qui, avant les Jeux Olympiques d’Athènes [En 2004] étaient de 7% ou 8%. Où cela est-il passé ? C’est allé dans les poches de certains individus corrompus et fortunés et des banques, à ceux qui ont encaissé des dessous-de-table pour des marchés de la défense et de constructions pour les Jeux Olympiques. Cela n’a pas construit un meilleur état social. Nous n’avons pas construit de meilleures écoles ou de meilleurs hôpitaux, et maintenant le peuple grec est dans une situation bien pire pour affronter la crise que, disons, les Français, les espagnols et les autres Européens.

Helena Smith : Les Grecs en sont-ils au dernier point avant une explosion sociale ?

Alexis Tsipras : Le peuple grec a montré une grande maturité, une maturité énorme. Compte tenu de toutes les choses terribles qu’il a subies, je suis étonné qu’il n’y ait pas eu d’explosion sociale. Avec dignité le peuple grec a protesté, remplissant les rues et remplissant les squares. Avec dignité ils ont été gazés place Syntagma et d’autres places partout dans le pays. Avec dignité ils les ont quitté et ils ont voté, et avec beaucoup de dignité, ils ont résisté contre tout cet alarmisme et ne sont pas allés dans les banques pour retirer leurs petits dépôts, contrairement aux gros hommes d’affaires et aux lobbies de propriétaires de navires et aux industriels ici, qui y sont allés, et sont impliqués dans ce sale jeu de la spéculation.

Helena Smith : Êtes-vous contre l’euro ou êtes-vous contre les politiques menées au nom de l’euro ?

Alexis Tsipras : Bien sûr, que nous ne sommes pas contre l’euro ou l’idée d’une Europe unifiée ou de l’union monétaire. Nous pensons que la résolution du problème ne se trouve pas dans des frictions ou dans une lutte pour la compétitivité entre les différentes nations. Nous devons comprendre que lorsque nous avons une monnaie commune, nous le devons à chaque Etat membre et qu’il a le droit du dernier contributeur. Si la Californie avait un énorme problème avec ses dettes, le Congrès et la Fed n’iraient pas décider d’expulser la Californie du dollar ou des États-Unis. Au lieu de cela, la Fed en assumerait le coût afin qu’il soit en mesure d’emprunter à moindre coût jusqu’à ce que l’État lui-même puisse emprunter à nouveau sur les marchés. Si nous voulons une Europe forte et unie nous devons montrer les dents aux marchés. Lorsque vous créez un FESF qui ressemble à un yacht quand on essaie de le faire passer pour un navire de croisière, les marchés ne vont pas être apaisés.

Helena Smith : Les sondages montrent que Syriza devrait très probablement émerger avec le plus grand nombre de voix lors des prochaines élections. Avez-vous pensé à ce que vous pourriez faire au sein du gouvernement ?

Alexis Tsipras : J’ai pensé à tous les scénarios, et ce sera bien sûr sans précédent dans la politique contemporaine grecque pour un parti, dans l’espace d’un mois, de passer de moins de 5% de l’opposition à figurer au sein du gouvernement. Mais ce que nous avons connu en Grèce ces deux dernières années est aussi sans précédent. La chose serait absurde si le peuple grec n’avait pas réagi et avait permis au destin de suivre son cours. Personne n’a le droit de réduire un peuple fier à un tel état de misère et d’indignité. Ce qui se passe en Grèce avec le mémorandum est un suicide assisté.

Vous me demandez si j’ai peur ? J’aurais peur, si nous avions continué dans cette voie, un chemin vers l’enfer social. La défaite est une bataille qui n’a pas eu lieu, et quand quelqu’un se bat, il a de grandes chances de gagner, et nous nous battrons pour gagner. Les batailles perdues sont des batailles qui n’ont pas été combattues.

Helena Smith : L’Allemagne est-elle votre ennemi ?

Alexis Tsipras : Non, non, pas du tout. La guerre que nous vivons n’est pas entre les nations ni les peuples. D’un côté, il y a des travailleurs et la majorité du peuple, et de l’autre il y a les capitalistes mondiaux, les banquiers, les spéculateurs sur les marchés boursiers, les grands fonds de placement. C’est une guerre entre les peuples et le capitalisme, et la Grèce se trouve sur la ligne de front de cette guerre. Et, comme dans toute guerre, ce qui se passe sur la ligne de front définit la bataille. Ce sera décisif pour les guerres ailleurs. La Grèce est devenue un modèle pour le reste de l’Europe parce qu’elle a été choisie comme une expérience pour l’application du choc des politiques néolibérales, et le peuple grec en a été un cobaye. Si l’expérience se poursuivait, elle serait considérée comme étant un succès, et ces politiques seraient appliqués dans d’autres pays. C’est pourquoi il est si important d’arrêter l’expérience. Ce ne sera pas seulement une victoire pour la Grèce, mais pour toute l’Europe.

Helena Smith : Mais n’est-ce pas très risqué ? La Grèce perçoit des prêts dont sa survie économique dépend.

Alexis Tsipras : Mais qui survit ? Dites le moi. Les Grecs ne sont pas en vie. Les banques survivent, mais les Grecs ne survivent pas. En réalité, nous avons le sauvetage de la Grèce avec la destruction du peuple de la Grèce. Qu’est-ce que finalement la Grèce si ce ne sont pas les gens qui vivent dans ce pays ? Ce ne sont pas les montagnes et les plaines. Nous ne pouvons pas dire que nous sauvons un pays quand ses habitants sont détruits. Les prêts vont directement au paiement des intérêts et des banques. Nous ne voulons pas faire du chantage : nous voulons convaincre nos partenaires européens que la méthode qui a été choisie pour confronter la Grèce a été totalement contre-productive. C’est comme jeter de l’argent dans un puits sans fond.

Ils ont accordé un programme d’assistance la première fois en 2010, la seconde en 2012, et dans six mois, nous seront obligés de discuter d’un troisième montage, et après d’un quatrième. Ils doivent être conscients que ce qu’ils font n’est pas dans l’intérêt de leur propre peuple. Les contribuables européens devraient savoir que s’ils donnent de l’argent à la Grèce, il devrait avoir un effet ... il devrait aller vers des investissements et souscrire à la croissance de sorte que le problème de la dette grecque puisse être confronté. Parce que, avec cette recette, nous ne pouvons pas faire face au problème de la dette, le vrai problème.

Helena Smith : Vous êtes en visite à Paris et à Berlin à compter du lundi. Qui allez-vous rencontrer ?

Alexis Tsipras : Bien sûr, je ne vais pas rencontrer Angela Merkel. Nous aurons des réunions avec des français et des allemands de gauche et sociaux-démocrates et divers représentants des partis au pouvoir en France et en Allemagne.

Helena Smith : Quel message voulez-vous transmettre aux représentants des gouvernements de l’Allemagne et de la France ?

Alexis Tsipras : Qu’ils comprennent la responsabilité historique qui est la leur de ne pas poursuivre un crime contre le peuple grec, un crime qui est aussi un grand danger pour les peuples du reste de l’Europe. Mme Merkel a une énorme responsabilité historique, et elle doit être consciente que, comme chef de file de l’Europe, elle ne peut pas obstinément persister sur un choix qui met l’Europe en danger. Je tiens aussi à envoyer le message qu’ils ont à respecter la démocratie, qui est la base du droit européen. La Grèce a donné la démocratie au reste du monde. Avec le changement des équilibres politiques ici après le vote [du 6 mai] contre le mémorandum, nous assistons à nouveau à la démocratie. L’Europe doit comprendre que quand un peuple prend une décision démocratique, il doit être respecté. Nous sommes à la croisée des mêmes chemins que ceux sur lesquels nous étions dans les années 1930, après 1929. Aux États-Unis, nous avons eu la politique de Roosevelt et le New Deal, un développement complètement différent. En Europe, nous avons eu la montée du national-socialisme en raison de l’insistance dans des politiques budgétaires difficiles, et le résultat a été la seconde guerre mondiale.

Helena Smith : L’Europe a-t-elle besoin d’un Roosevelt ?

Alexis Tsipras : L’Europe a besoin d’un New Deal et d’un Plan Marshall et de politiques monétaires expansionnistes comme celles qui sont suivies par Obama. Elle n’a pas besoin de politiques financières désastreuses.

Helena Smith : Si vous devez négocier avec l’Europe, allez-vous commencer sur la base que vous n’acceptez plus le mémorandum ?

Alexis Tsipras : Ce n’est pas que nous, Syriza, n’en voulons pas : le peuple grec n’en veut pas. Si vous avez un malade, et que vous voyez que le médicament que vous lui donnez le fait empirer, alors la solution est de ne pas continuer le traitement, mais de changer de traitement. C’est simplement logique.

Helena Smith : Mais alors que va-t-il se passer après que vous ayez rejeté le mémorandum et que les créanciers vous diront : "OK, nous n’allons pas vous donner de prochain prêt" ?

Alexis Tsipras : Alors, ils agiraient unilatéralement parce que nous n’avons aucun désir de faire quelque démarche unilatérale que ce soit. Nous voulons les convaincre, en venir à une compréhension mutuelle. S’ils faisaient un geste unilatéral, ce qui serait l’équivalent de nous faire chanter, alors nous serions obligés de réagir.

Helena Smith : Peut-être considèreraient-ils le rejet du mémorandum, que la Grèce a préalablement signé, comme étant une action unilatérale ?

Alexis Tsipras : Le présent mémorandum est une loi de l’État grec, et l’État a le droit de modifier ses lois lorsque la distribution change au sein du parlement ... un plan différent pour un ajustement budgétaire ne peut pas être voté au parlement. Le mémorandum a été un choix politique, et ceux qui ont fait ce choix politique n’ont plus la majorité. Voter une loi différente au parlement n’est pas une décision unilatérale. Une décision unilatérale serait de renoncer à des engagements que nous avons signés à travers les traités et les conventions européennes, ou si nous nous étions arrêtés de payer nos créanciers.

Helena Smith : Mais comment allez-vous payer les créanciers, si vous n’avez pas l’argent ?

Alexis Tsipras : Les Européens doivent comprendre que nous n’avons pas l’intention de poursuivre une initiative unilatérale. Nous ne serons forcés d’agir que s’ils agissent de façon unilatérale et font le premier pas. S’ils ne nous paient pas, s’ils arrêtent le financement des prêts, alors nous ne serons pas en mesure de payer les créanciers. Ce que je dis est très simple.

Helena Smith : La Grèce est-elle dans une position plus forte que les gens ne le pensent ?

Alexis Tsipras : Oui, elle l’est. Keynes l’a dit il y a de nombreuses années de cela. Ce n’est pas seulement la personne qui emprunte, mais la personne qui prête qui peut se trouver dans une position difficile. Si vous devez 5 000 euros à la banque, c’est votre problème, mais si vous devez 500.000 euros, c’est le problème de la banque. Il s’agit d’un problème courant : C’est notre problème ; c’est le problème de Merkel, c’est un problème européen, c’est un problème mondial. L’euro est la monnaie la plus forte au deuxième rang mondial, et personne n’a le droit de jouer à des jeux avec celle-ci sur la base que ce sont eux qui sont forts et ont le pouvoir.

Helena Smith : Certains diraient que Syriza, et vous personnellement, jouez avec le feu. Qu’est-ce que vous avez à dire à cela ?

Alexis Tsipras : Ce ne sont pas nous qui sommes alarmistes. Le Pasok et la Nouvelle Démocratie sont alarmistes, et c’est très dangereux pour l’économie. Afin de survivre politiquement, ils sont tous deux alarmistes avec toutes ces histoires que nous quitterions la zone euro. En conséquence de cela, depuis le début de la crise 75 milliards d’euros ont été retirée des banques. C’est criminel, ce qu’ils font.

Helena Smith : Ces craintes sont-elles exagérées, alors que la Grèce pourrait quitter la zone euro ?

Alexis Tsipras : D’après ce que je sais, il n’y a pas de possibilité institutionnelle pour éjecter un pays de la zone euro, et ils le savent très bien. La Grèce ne pourrait quitter la zone euro que si les Grecs eux-mêmes choisissaient de quitter la zone euro. Et étant donné que notre but n’est pas la sortie de la Grèce de la zone euro, mais d’y rester comme un égal, le peuple grec n’a aucune raison de craindre d’être expulsé. La seule chose qu’il a à craindre, c’est la poursuite des politiques d’austérité.

Helena Smith : Etes-vous d’accord sur la nécessité de réformes structurelles ?

Alexis Tsipras : Bien sûr, absolument. Nous avons toujours dit qu’il y avait un besoin de réformes correctives, et nous avons toujours souligné que la base productive de la Grèce et la politique économique étaient dysfonctionnels. Tout d’abord, nous devons lutter contre l’évasion fiscale. Ce n’est pas dans nos gènes que nous ne puissions pas lutter contre ce phénomène alors que partout ailleurs en Europe, il est combattu avec succès. La vérité est, que personne dans ce pays n’a jamais voulu le combattre, et, par conséquent les riches ont pu impunément ne pas payer leurs impôts. Les réformes sont absolument nécessaires. Le système politique n’a jamais poussé de l’avant avec celles-ci toutes ces années parce que les deux principaux partis, le PASOK et la Nouvelle Démocratie, ont été gangrenés par la corruption.

Helena Smith : Quelles seront vos priorités si vous obtenez de figurer dans le gouvernement ?

Alexis Tsipras : Notre première priorité sera de mettre un frein à cette spirale à la baisse en arrêtant des mesures et le départ d’un véritable dialogue au niveau européen pour trouver une solution commune au problème de base qui devrait être discuté, et qui est la dette. Ce n’est pas seulement la Grèce : l’Italie, l’Espagne et la France ont tous des problèmes de dette.

Notre deuxième priorité sera de procéder à des changements qui contribueront à remédier au système telle la modification du régime fiscal pour changer la redistribution des richesses. Je ne vais pas dire, comme George Papandreou l’a déclaré, que "l’argent existe" : l’argent n’existe pas. Sans croissance, nous ne trouverons pas d’argent, et sans les réformes nécessaires correctives, nous ne pouvons pas augmenter la productivité.

Helena Smith : Syriza est une alliance de 12 groupes différents allant de communistes à des socialistes. Que diriez-vous que vous êtes ?

Alexis Tsipras : Dans cette phase la plus néolibérale du capitalisme, dans les profondeurs de cette crise, c’est un peu un oxymore que de parler d’étiquettes. Syriza croit en la justice, la démocratie sociale et l’égalité dans une société où il n’y a pas d’exploitation de l’homme par l’homme : les droits fondamentaux pour lesquels ont combattu la Révolution française et en Grèce à partir de la guerre de 1821 l’indépendance. Nous avons une vision du socialisme au 21e siècle, et nous ne croyons pas à l’investissement dans la misère. Une société juste ne peut être créée qu’en prenant des mesures positives. C’est pourquoi nous croyons que cette spirale à la baisse doit s’arrêter.

Lundi 21 mai 2012.

Source : ’Greece is in danger of a humanitarian crisis’

URL de cet article 16805
http://www.legrandsoir.info/la-grece-est-en-danger-d-une-crise-humanitaire-the-guardian.html
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
commenter cet article
29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 16:11

 

.radio-canada.ca -  Mise à jour le mardi 29 mai 2012 à 9 h 58 HAE
 
 
Le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, lance un appel au calme.

Alors que se tenait la 35e manifestation nocturne à Montréal, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Léo Bureau-Blouin, a tenté d'empêcher l'arrestation de 84 manifestants lundi soir dans la Vieille Capitale, mais en vain.

Les manifestants, qui prenaient part à une marche déclarée illégale parce que son itinéraire n'avait pas été fourni aux policiers, ont été arrêtés sur le parvis de l'immeuble où se déroulait la rencontre entre les représentants étudiants et la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne.

Ils ont été encerclés par la police au moment où les négociations ont été suspendues, vers 22 h. Les leaders étudiants n'ont voulu émettre aucun commentaire sur le contenu des discussions et ont rapidement quitté les lieux.

Le président de la FECQ est toutefois revenu sur place et a tenté d'intervenir auprès des policiers pour permettre l'évacuation pacifique des manifestants qui étaient encerclés par l'escouade antiémeute.

« Je suis allé parler aux agents, nous avons parlé aux gens responsables. Ils nous laissent la possibilité, si on accepte de le faire dans le calme, de nous disperser. Je fais appel à la raison de tout un chacun. On a la chance d'éviter que les choses tournent mal et que les choses dégénèrent ce soir », a-t-il demandé aux manifestants.

« Vous savez que le climat est fragile avec le gouvernement. Vous savez que ce n'est pas facile. Si on peut éviter que ça tourne mal ce soir, il me semble que c'est dans l'intérêt de tout le monde. Je voudrais éviter qu'il y ait des arrestations. Il faut protéger le processus des négociations. » — Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ

Les policiers de Québec ont embarqué les manifestants arrêtés un à un dans les autobus du RTC. Les policiers de Québec ont embarqué les manifestants arrêtés un à un dans les autobus du RTC.
 

« On a la chance de démontrer au gouvernement et aux policiers qu'on est plus intelligents que tout le monde. Je vais vous demander de ne pas laisser les émotions passer par-dessus la raison et de vous disperser. C'est le plus que je peux faire », a-t-il ajouté, précisant qu'il « allait s'occuper des autres gens qui ont été arrêtés ».

« L'argument qu'on a donné [aux policiers], c'est qu'on est proche d'en arriver à un règlement, donc il faut éviter que ça dérape. C'est une démonstration de plus qu'on est sincère dans notre démarche. » — Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ
Deux négociateurs de la CLASSE arrêtésDeux négociateurs de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Philippe Lapointe et Justin Arcand, figurent parmi les personnes arrêtées. Le premier a été libéré, le deuxième était toujours en état d'arrestation en fin de soirée, a indiqué l'association étudiante peu avant minuit.
La banane rebelle a été arrêtée pour une deuxième fois à Québec. La banane rebelle a été arrêtée pour une deuxième fois à Québec.
 

Alors que le président de la FECQ tentait de convaincre les manifestants de se disperser librement, les policiers de l'escouade antiémeute continuaient toutefois de procéder à des arrestations.

Après une certaine confusion parmi les manifestants, Léo Bureau-Blouin s'est de nouveau adressé à la foule. « Je m'en excuse. Les policiers ont dit qu'ils interpelleraient les gens. On a fait tout ce qu'on a pu pour éviter ça. Je peux vous dire que demain votre message va être entendu à la table des négociations », a-t-il conclu, se disant déçu de ne pas avoir pu aider ses militants.

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a finalement procédé à l'arrestation de 84 manifestants en vertu de l'article 500.1 du Code de la sécurité routière. Ils ont été embarqués un à un dans des autobus du Réseau de transport de la Capitale (RTC) et devaient recevoir une amende de près de 500 $.

À l'exception de cette arrestation massive, ni méfait ni altercation n'ont été signalés lors de la manifestation, qui s'est déroulée dans le calme et de façon pacifique.

Vous pouvez relire notre couverture en direct des manifestations du 28 mai :

Des milliers de personnes sont de nouveau descendus dans les rues dans le cadre de la 35e manifestation nocturne. Des milliers de personnes sont de nouveau descendus dans les rues dans le cadre de la 35e manifestation nocturne.
 

35e manifestation nocturne et tintamarre festif

Ces arrestations massives sont survenues alors que des manifestations et des tintamarres de casseroles se déroulaient un peu partout dans la province, pour une 35e soirée consécutive. Les étudiants et leurs sympathisants se sont notamment retrouvés vers 20 h 30 à Montréal à la place Émilie-Gamelin, conformément à leur habitude, avant d'entamer leur 35e marche.

Cette dernière a été déclarée illégale d'entrée de jeu, mais a été tolérée puisqu'aucun geste illégal n'avait été commis. La manifestation s'est déroulée de façon pacifique et dans une bruyante symphonie de casseroles. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n'a signalé ni méfait ni arrestation.

Des tintamarres ont aussi été entendus dans le quartier Villeray, à l'intersection des rues Jarry et Saint-Denis, ainsi que dans les arrondissements de Rosemont, du Plateau-Mont-Royal, de Verdun et de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

En banlieue de Montréal, des rassemblements ont été rapportés à Repentigny, Beloeil, La Prairie, Longueuil et Laval. Des symphonies de casseroles se sont également tenues un peu partout dans la province, de Matane à Gatineau, passant par Sherbrooke, Trois-Rivières et Sept-Îles.

Par ailleurs, une manifestation silencieuse de jeunes juristes, partie du palais de justice de Montréal, s'est terminée à la place Émilie-Gamelin, alors que commençait la marche nocturne.

Ces juristes, qui cumulent moins de 10 ans de barreau, se sont donné rendez-vous pour exprimer leur « désarroi » face à la loi spéciale 78 qu'ils estiment être « une atteinte disproportionnée aux libertés d'expression, d'association et de manifestation pacifique ».

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Québec
commenter cet article
29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 16:00

 

L'appel mondial :

Depuis plus de 100 jours maintenant, les étudiants québecois se soulèvent contre la hausse des frais de scolarité. La réponse des pouvoirs publics à cette mobilisation pacifique a été la promulgation d'une loi d'exception, la loi 78 rapidement qualifiée rapidement par la population québecoise de "loi matraque" visant à restreindre de manière drastique le droit de manifester.. C'est pourtant l'un des fondements de toute société démocratique qui est ainsi remis en cause.

Malgré cette atteinte à une des libertés fondamentales, le Québec continue de se soulever tous les jours par des actions artistiques et diverses manifestations au gré d'arrestations collectives arbitraires...

Ce n'est pas la seule région du monde gagnée par la révolte. En effet, depuis peu, les étudiants mexicains se soulèvent contre la corruption générale des politiciens. N'oublions pas non plus les luttes étudiantes des chiliens, espagnols, brésiliens, tunisiens ou encore grecs... Bref, toutes les populations du monde qui se battent pour le maintien de leurs droits les plus fondamentaux et pour un monde plus juste. Le point commun de toutes ces luttes est le refus d'un modèle de société que l'on nous présente comme inéluctable où l'accès aux services publics fondamentaux (éducation, culture, santé, retraite...) sont privatisés, où l'avenir des pays et des peuples est soumis à la spéculation, où la dette (largement illégitime) est utilisée comme un moyen de soumission et de servage.

Très rapidement, un élan de solidarité s'est constitué autour de la lutte québecoise grâce aux réseaux sociaux et plus largement avec Internet. Nous avons pu être témoins des actions souvent violentes de la police. Nous dénonçons ces pratiques, qui, sous prétexte de maintien d'ordre public, cherchent à museler et effrayer le peuple en colère. Ils veulent nous diviser, ils n'y arriveront pas.

C'est pourquoi nous, étudiants, travailleurs, chômeurs et retraités de tous pays affirmons notre soutien aux Québécois en lutte et appelons les populations du monde attachées aux libertés et droits fondamentaux à se réunir dans toutes les villes et villages au soir du 24 juin. Munis de nos casseroles et d'un carré rouge symbole de la contestation, nous ferons résonner sur les places notre solidarité envers les Québécois et toutes les populations qui luttent à travers le monde.
Nous appelons tous les individus de bonne volonté, sensibles à notre appel, à s'organiser afin de faire du 24 juin, une journée de solidarité et de résistance internationale !

Liste des rassemblements dans la description (à compléter !)
 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Appels et pétitions
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22