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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 13:28
 Rue89 - Tribune des droits humains 17/08/2012 à 12h05
 Sebastian Maslow et Fabrice Praz

Le lancement de Greens Japan (Capture d’écran du site Greens Japan)

 

La mobilisation antinucléaire se renforce au Japon. Depuis le 28 juillet, l’archipel compte son premier parti écologiste, Greens Japan. Derrière son mot d’ordre, « la sortie immédiate de l’énergie nucléaire », l’entité regroupe élus locaux, activistes et anciens membres de l’organisation « Midori no Mirai » (Futur vert).

Un pari osé dans un système politique rigide, mais ils espèrent bien profiter des mouvements antinucléaires qui électrisent les métropoles du pays.

Les Verts nippons espèrent gagner au moins 5 sièges aux prochaines élections législatives et réveiller un débat sur la sortie du nucléaire, étouffé par le pouvoir en place.

Près d’un an et demi après l’accident de Fukushima, les manifestations prennent de l’ampleur. Au lendemain du lancement de Greens Japan, ce sont plus de 10 000 personnes qui se sont rassemblées pour manifester devant le parlement.

Dix jours plus tôt, les antinucléaires étaient entre 75 000 (selon la police) et 170 000 (selon les organisateurs) à défiler dans la capitale, sans compter plus de 7,5 millions de signatures récoltées dans le cadre d’une pétition demandant la sortie du nucléaire.

Débat politique verrouillé

« Nous voulons faire partie d’une large plateforme pour les mouvements antinucléaires nippons », explique le cofondateur, Nao Suguro, dans le journal Asahi Shimbun.

Pour le jeune membre du parlement communal du district de Suginami à Tokyo, il faut s’inspirer des Verts européens.

Si l’abolition de l’énergie atomique est une priorité du parti, la réduction des émissions de CO2 et la promotion des énergies renouvelables sont aussi au programme. Avant la catastrophe de Fukushima, le nucléaire assurait 30% de la production nationale. Alors que les énergies propres ne couvrent actuellement que 3% des besoins en énergie.

Hitoshi Nakayama, l’un des autres membres fondateurs, explique :

« Nous devons changer l’industrie du Japon et sa dépendance à l’énergie nucléaire. »

Une mission difficile, voire impossible pour certains. Mis à part quelques sursauts, le débat politique sur la sortie de l’atome est verrouillé par les forces au pouvoir et le lobby du nucléaire.

Si le gouvernement souhaite réduire la dépendance de l’archipel vis-à-vis de l’atome, il ne veut en aucun cas lui tourner le dos.

En juin, le premier ministre Yoshihiko Noda a donné son feu vert pour relancer deux réacteurs dans le centre du pays. Un redémarrage progressif qui devrait toucher une grande partie des 50 centrales mises au repos depuis l’accident de Fukushima.

Ambitions et moyens modestes

Mais Greens Japan croit à une révolution de l’énergie renouvelable. Lors des prochaines élections sénatoriales de 2013, le groupe devrait présenter dix candidats et espère rafler cinq sièges – un minimum nécessaire pour sa reconnaissance officielle de parti politique. Des ambitions modestes, mais la jeune formation ne peut se permettre d’aligner davantage de candidats pour l’instant.

Pour Hitoshi Nakayama, les moyens financiers manquent. Il est relativement difficile de trouver du soutien lorsque l’on s’attaque au secteur du nucléaire.

Jusqu’à présent aucun parti écologiste n’a réussi à s’imposer sur la scène politique nippone. Et cela, malgré les drames nucléaires qui ont ponctué l’histoire de l’archipel.

Alors que, dans les années 60, les premiers partis verts se forment en Europe, le Japon échappe au phénomène ; pourtant, durant ces années, les catastrophes écologiques qui résultent de la modernisation industrielle massive du pays provoquent un vaste mouvement de défense de l’environnement.

Si les Verts parviennent cette fois à s’immiscer dans la politique énergétique du pays, cela constituera l’une des conséquences les plus tangibles de Fukushima

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 13:21

 

 Rue89 -  Tribune 17/08/2012 à 12h39

 

 

En juin, la Cour des comptes a rendu public un référé passé presque inaperçu sur la gestion désastreuse de l’Ecole Polytechnique. Elle épinglait notamment le laxisme de l’« X » à l’égard de ses anciens élèves, qui basculent dans le privé sans rembourser l’Etat, alors qu’ils ont été rémunérés par celui-ci pendant leur formation. Je me suis mis dans la tête d’un de ces polytechniciens, que je connais bien.

 

Tribune

Trader, je gagne entre 20 000 et 35 000 dollars par mois en moyenne, au gré de flux financiers capricieux et de bonus volatiles. Cela fait maintenant deux mois, depuis le 22 juin 2012 exactement, que, par la grâce d’un rapport enjoué dont seule la Cour des comptes a le secret, je passe l’été le plus fendard de ma jeune, courte mais lucrative carrière.

A chaque fois que j’y pense, c’est le fou rire assuré.

Making of

Jean-Baptiste Mauvais a publié plusieurs tribunes sur Rue89 critiquant l’attitude peu civique des « élites » françaises. Pur produit des grandes écoles, il est aujourd’hui enseignant dans un dispositif de réinsertion scolaire.

Il réagit au rapport de la Cour des comptes critiquant la gestion de polytechnique. Sous une forme un peu particulière : Jean-Baptiste Mauvais se met dans la peau d’un ancien élève devenu trader. E. B.

Mais commençons par le début. Trader, donc, j’ai grandi dans une famille banale, mon père ingénieur issu de milieu modeste, ma mère institutrice.

Classe moyenne. Enfant sage, disant toujours poliment « bonjour », j’avais les mêmes héros que les autres, pétris d’ambitions légitimes, d’espoirs secrets et de valeurs inattaquables :

  • la lutte contre le crime ;
  • la défense des plus faibles ;
  • la justice ;
  • l’équité.

Je me demande comment j’ai pu être aussi naïf, quand je file en taxi le matin, sur Park Avenue, sous l’affiche géante de « Batman. The Dark Knight Rises ». Héros d’une jeunesse révolue.

18 millions par an pour le contribuable

Au collège et au lycée, mes profs me considéraient comme un bon élève, comme tant d’autres. J’ai fait Maths Sup sur les conseils insistants de deux d’entre eux. Mon ambition était simple, à l’époque : intégrer une bonne école d’ingénieurs, sans plus. L’immodestie n’avait pas bonne presse, dans la famille. Le goût de l’effort, plutôt.

Alors j’ai donné. Deux années potaches de travail acharné, de camaraderies un peu lourdingues, de renoncements transitoires, un peu de réussite, peut-être, m’ont permis d’intégrer l’Ecole Polytechnique, le Saint des Saints. J’en frissonne encore. En repensant à ces deux années de prépa, je me souviens des séries de fonctions et d’équations différentielles.

Pourquoi il nous a fallu suer sur le thème « Raison et déraison » en français-philo, c’est toujours un mystère pour moi, non résolu. Le marché a toujours raison, j’ai donc beaucoup moins de questions à me poser, depuis.

A 20 ans, quand je suis entré à l’« X », je n’avais aucune idée de mon avenir professionnel. Pourquoi pas le développement durable ? C’était vague comme projet, mais je trouvais ça noble, presque beau. En plus, ça faisait bien dans les déjeuners familiaux du dimanche et sur le campus, dans les soirées très festives.

 


Une ombre en costume (MiiiSH/Flickr/CC)

 

Je comptais pouvoir faire ça au service de l’Etat, comme le veut la vocation première de l’Ecole : celle-ci paie cher ses étudiants – 870 euros par mois, plus 280 euros par mois d’aide au logement, l’ensemble aux frais du contribuable, oui Monsieur, 18 millions par an – pour dispenser une formation de haut niveau, dans l’idée que les Polytechniciens le rendront bien ensuite à la collectivité.

J’allais me résoudre au développement durable, donc, sans conviction profonde, mais au moins je pourrais dormir la conscience tranquille et l’âme en paix.

L’idée de gagner 25 smics en 30 jours me gênait

Pas de chance, une journée de présentation des différents débouchés qui s’offraient à nous a changé mes plans. « Trader », un nouveau continent quasi inconnu s’ouvrait à moi. Les présentations PowerPoint parfaites des anciens, qui officiaient tous dans des banques prestigieuses françaises ou anglo-saxonnes, m’ont convaincu : goût du risque, esprit de compétition, adrénaline à gogo, rémunérations exponentielles. La puissance et la gloire.

Les 4 points qui font mal à l’« X »
  • Critique de la gestion de l’Ecole Polytechnique (coût de la scolarité difficile à évaluer, gestion des personnels enseignants « trop laxiste », notamment sur le cumul d’emploi) ;
  • Manque de diversité dans le recrutement des élèves (proportion de filles, de boursiers, étudiants étrangers largement exonérés de frais de scolarité) ;
  • Stratégie globale inaboutie pour mieux figurer dans les classements internationaux ;
  • Nécessaire rétablissement du remboursement des frais de scolarité pour les diplômés travaillant dans le privé.

(Référé daté du 17 février 2012, publié le 22 juin 2012)

A Londres ou à New York, là où « ça se passe », plutôt qu’à Paris. Mister Hyde plutôt que Docteur Jekyll, c’est tellement plus drôle. Le développement durable, ça va un peu.

J’avais quelques scrupules à l’époque, quand même. L’idée de gagner 25 smics en 30 jours, sans rendre ce que je devais à Madame Michu et au commun des mortels, les autres, me gênait aux entournures.

Mais les anciens de l’école que le monde nous envie ont su trouver les mots : devenir trader, c’était accéder au cœur du financement de l’économie, rien de mal, bien au contraire.

Je serais aussi utile, voire plus utile, que dans le développement durable ; les sommes gagnées ne seraient qu’une infime portion des sommes que je ferais gagner à ma banque. Normal, donc.

Et puis si j’étais là, dans cette très grande Ecole, à l’orée d’une carrière en or, c’est que je le valais bien, je le méritais, contrairement à d’autres, qui ne pouvaient s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ce serait dommage de « tout gâcher ». Si je ne choisissais pas cette voie, d’autres le feraient à ma place. Comment ne pas céder ?

Avec le remboursement, on a ri

A l’issue de quatre années de formation et d’une majeure orientée finance, j’ai eu la chance d’effectuer un stage puis d’être ensuite directement engagé au front-office d’une grande banque anglo-saxonne aux initiales bien connues. J’y ai appris à « prendre des positions », à « me couvrir », à encaisser le stress, à dormir moins de six heures par nuit, à prendre de haut, avec d’anciens camarades, certains autres traders qui ne sortaient pas de la même école que moi. Nous, et les autres. Ce n’est qu’un jeu, ça renforce l’émulation, cela les rend meilleurs. Et c’est tellement drôle.

Il y a six mois, j’ai joué massivement à la baisse, à l’époque contre la tendance du marché, le cours d’une action de l’une des rares entreprises automobiles européennes alors en bonne santé. Ses résultats ont chuté depuis, il y a sûrement quelques milliers de personnes en plus dans la panade, comme on dit. Mais impossible de dire si j’ai personnellement contribué à cette évolution, et si oui, dans quelle mesure.

C’est si loin, dans l’espace et dans le temps. Je préfère ne pas penser aux éventuelles conséquences de mes positions, cela pourrait me freiner. Beaucoup trop de sentiments, trop peu de testostérone.

 

Voir le document

(Fichier PDF)

 

Le 22 juin 2012, un camarade et ami de Polytechnique m’a donc appris que notre Ecole s’était fait très sérieusement taper sur les doigts par la Cour des Comptes, comme un gamin, pour sa gestion désastreuse.

Sujet de grief, notamment : le fait que les anciens « X » ayant « pantouflé » dans le privé n’aient plus à rembourser les sommes perçues lors de leur scolarité, soit 45 000 euros.

On a ri, tellement ri, avec mon compère, car oui, je n’ai jamais été inquiété par l’école quant à mes tribulations hors de la fonction publique. Et je ne le serai jamais, puisque les magistrats de la Cour ont demandé à ce que le principe de remboursement soit rétabli… à partir de la promotion 2013.

Pas vu, pas pris. Escrocs, mais pas trop.

Quand cet ami a appris que je partais pour New York, pour la gloire sûrement, mais très peu pour la patrie et la science, comme le suggère la devise de l’école, ce camarade m’a offert « L’Etranger » de Camus. L’absurde, l’étrangeté aux autres et à soi, tout ça, j’ai pas tout compris. Je préfère Batman. Lui, au moins, il vole.

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 13:09

 

LE MONDE | 17.08.2012 à 11h11

Par Francine Aizicovici

 
Le site de production de thé Lipton et d'infusions Eléphant du groupe Fralib, à Gémenos dans les Bouches-du-Rhône, est à l'arrêt depuis juillet 2011. Salariés manifestant à l'occasion du comité de groupe d'Unilever France, le 24 novembre 2011 à Paris.

Les salariés de Fralib, qui occupent toujours leur usine de Gémenos (Bouches-du-Rhône), dont le groupe Unilever a décidé la fermeture, ont enregistré leur deuxième victoire d'étape depuis début août. L'inspection du travail vient de refuser le licenciement des 14 représentants du personnel de ce site de production de thé Lipton et d'infusions Eléphant, à l'arrêt depuis juillet 2011. Elle estime que "la réalité du motif économique invoqué par l'employeur pour justifier la fermeture du site de Gémenos n'est pas établie".

Déjà, le 2 août, la communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole (MPM) avait donné un sacré coup de pouce aux salariés en annonçant son achat du terrain, des bâtiments et des machines de Fralib, permettant ainsi la poursuite de la recherche d'une solution de reconversion industrielle du site (Le Monde du 4 août).

 

Lire : Le dossier Fralib en meilleure voie


NOUVEAU REBONDISSEMENT

La décision de l'inspecteur du travail constitue un nouveau rebondissement dans ce dossier. Après l'annulation, en 2011, par la justice, de deux plans de sauvegarde de l'emploi (PSE, équivalent du plan social), Unilever en avait engagé un troisième, le 7 mars 2012, validé cette fois par le tribunal de grande instance (TGI) de Marseille, le 20 avril 2012. Le comité d'entreprise (CE) a fait appel et l'audience doit se tenir mi-octobre. Le document signé par l'inspecteur du travail figurera en bonne place dans le dossier du CE.

Il relève en effet une série d'irrégularités dans la procédure. Par exemple, l'effectif concerné par le PSE n'est pas l'effectif initial, en raison de départs négociés après l'annulation du deuxième PSE, le 17 novembre 2011, par la cour d'appel d'Aix-en-Provence. Or, dans ce contexte, ces transactions n'étaient pas légales, selon l'inspecteur. En outre, le CE n'a été ni consulté ni informé à ce sujet. Ces éléments constituent "un vice substantiel de nature à invalider la procédure de PSE sur laquelle s'appuient les demandes de licenciement des salariés protégés", écrit l'inspecteur du travail. Il note aussi que pour le troisième PSE, les données économiques transmises au CE datent de mars2011, voire de 2010. Le CE ne pouvait donc pas se prononcer "en connaissance de cause sur le projet de fermeture du site", souligne encore l'inspecteur.

Ces éléments avaient été mis en avant par les Fralib devant le TGI en avril 2012, qui ne les avait pas retenus. "Ils figuraient aussi dans la lettre d'observation de la direction régionale du travail que Xavier Bertrand a bloquée", pointe Olivier Leberquier, délégué syndical de Fralib. L'absence d'une telle lettre d'observation avait été l'un des arguments sur lesquels le TGI s'est appuyé pour valider le troisième PSE.

Le point le plus spectaculaire de la décision de l'inspecteur porte sur l'analyse du motif économique de la procédure. Le groupe avait justifié la fermeture par la nécessité de sauvegarder la compétitivité de sa branche d'activité "thés et infusions Europe de l'Ouest". Il invoquait la dégradation de ses parts de marché et des surcapacités. Toutefois, le groupe "demeure largement leader mondial" dans cette branche, constate l'inspecteur. En outre, les éléments comptables font apparaître que l'usine "dégage, au 31 décembre 2011, un résultat net après impôt de 2 444 751 euros et une trésorerie de 138 330 00 euros". Au final, Fralib "n'apporte pas la démonstration de la nécessité de procéder aux suppressions de postes", conclut l'inspecteur.

Interrogée, la direction d'Unilever indique qu'elle "va mettre en œuvre toutes les voies de recours" contre cette décision, auprès du ministère du travail ou du tribunal administratif.

Lire : Le dossier de la reprise de Fralib n'est toujours pas bouclé (lien Abonnés)

Francine Aizicovici

 

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 13:01

 

 

LE MONDE | 16.08.2012 à 14h37 • Mis à jour le 17.08.2012 à 11h13

Par Yves Bordenave

 
Vue de la cité médiévale d'Aigues-Mortes dans le Gard où un homme a tiré sur un groupe de jeunes samedi soir 4 août.

Voilà près de deux semaines que William Vidal et Monique Guindon, 44 ans tous deux, sont en prison. Dans la nuit du 4 au 5 août à Aigues-Mortes (Gard), ils s'en sont pris à une dizaine de jeunes qui bavardaient devant l'épicerie Viva, à l'angle des rues du Vieux-Bourgidou et Jeanne-Demessieux, quartier du Bosquet, un endroit ni beau ni moche, situé un peu à l'extérieur de la cité fortifiée. Cette nuit-là, entre minuit et demi et 1 heure, alors qu'ils circulaient à bord de leur Citroën Xsara, William et Monique ont voulu "se faire des Arabes". Une ratonnade à eux tout seuls.

Lui était un peu alcoolisé - 1,8 gramme dans le sang - et elle, à jeun. Ils se sont arrêtés une première fois à la hauteur du groupe de jeunes gens. Lorsque l'un d'eux s'est approché pour demander s'ils voulaient un renseignement, ils ont démarré. Ils sont revenus dix minutes plus tard, armés d'un fusil de chasse. Ils se sont de nouveau arrêtés au même endroit et, sans sortir de sa voiture, William s'est écrié : "C'est pas un Arabe qui va me donner un renseignement !" Puis il a tiré une première fois en l'air.

Effrayés, les jeunes se sont enfuis, les uns à gauche vers le terrain de basket, les autres à droite dans un lotissement. William et Monique ont alors entamé la poursuite - "la chasse à l'homme", dira le procureur. Fenêtres de la voiture grandes ouvertes, William brandissait son fusil tandis que Monique criait : "On est en France ici. On est chez nous !"

La scène s'est prolongée pendant une vingtaine de minutes, le temps pour William de tirer au moins neuf coups, de blesser un jeune à l'épaule et au bras, de viser une dame et sa fille de 9 ans qui passaient en voiture. A ses côtés, Monique - la plus vindicative, selon les jeunes - rechargeait le fusil. Alertés, les gendarmes ont fini par intercepter le couple, qui a été condamné dès le 6 août par le tribunal correctionnel de Nîmes en comparution immédiate pour "violence avec armes et incitation à la haine raciale". William a pris quatre ans ferme et Monique, deux ans. Incarcérés à l'issue de l'audience, l'un et l'autre ont fait appel du jugement.

Par miracle, il n'y a eu ni mort ni blessé grave, mais l'affaire laisse un profond traumatisme et les victimes restent sous le choc : "On n'a jamais eu de souci avec personne. On est tous né ici. On est allé à l'école ici. Tout le monde nous connaît."

Agés de 20 à 25 ans, les uns sont étudiants en master à Montpellier, les autres ingénieur dans une société à Marseille ou vendeur en téléphonie, ou encore employé saisonnier dans la commune. Aucun d'eux n'a jamais eu affaire à la police, pas plus qu'ils n'ont eu "la moindre embrouille" avec leurs agresseurs. Lesquels, tous deux également habitants et natifs d'Aigues-Mortes, ne sont pas non plus des voyous. Certes, William a écopé d'une condamnation pour conduite en état d'ivresse, mais de là à brosser le portrait d'un dangereux délinquant, il y a un pas.

Depuis plusieurs années, William et Monique vivent ensemble dans cette petite ville du coeur de la Camargue où, l'été, les touristes se pressent par milliers le long des rives du canal et dans les rues étroites à l'intérieur des remparts. Lui travaille au cimetière où la municipalité l'emploie. Un honnête travailleur, qui boit sûrement plus qu'il ne faudrait mais sans déchoir pour autant. Probablement un brave type ! C'est en tout cas ce qu'assurent tous ceux qui, dans la ville, le connaissent et prennent aujourd'hui sa défense, n'hésitant pas, sur Internet, à fustiger la justice trop clémente "avec les Arabes" et trop dure "avec les Français".

 ATMOSPHÈRE LOURDE

"Ils oublient la gravité des faits", s'agace le procureur de la République de Nîmes, Robert Gelli, qui "n'avait jamais vu ça : un tel niveau de violence qui aurait pu tourner au carnage". Réaction identique du préfet du Gard, Hugues Bousiges, qui, tout en condamnant "avec la plus grande fermeté ces actes", regrette que "manifestement, des gens n'ont pas compris la gravité des faits et la sanction qui a suivi". Seul Cédric Bonato, maire (PS) d'Aigues-Mortes, refuse de commenter les faits, soucieux, selon ses proches, de "pacifier" une situation décrite comme explosive.

C'est que, loin de manifester la moindre compassion à l'égard des jeunes tirés comme des lapins, nombre de ses administrés ont choisi le camp des coupables avec d'autant moins de complexes qu'"il n'y a pas eu mort d'homme". Tout juste une sorte de jeu, peut-être un coup de sang qui, dans leur esprit, doit bien se justifier d'une manière ou d'une autre. "Pour eux, la justice est injuste. Ils sont en incapacité de comprendre", indique un responsable local qui souhaite conserver l'anonymat.

Les autorités administrative et judiciaire locales ne le dissimulent pas : une atmosphère lourde de menaces plombe ce coin du Gard où la population tend de plus en plus à se replier sur elle-même et où, à chaque élection, le Front national réalise des scores importants.

Gilbert Collard, l'un de ses représentants, a été élu député dans cette circonscription en juin avec le soutien tacite des élus de la droite locale. "Les propos qu'on tenait sous le manteau il y a quelques années émergent aujourd'hui dans la sphère publique", constate le procureur Gelli.

Ainsi, le 5 août, dans les heures qui ont suivi la ratonnade, des jeunes gens ont profité d'une course camarguaise au Cailar, à quelques encablures d'Aigues-Mortes, pour faire irruption dans l'arène au cri de : "On n'a pas de bougnoules chez nous ! On est des fachos !" La mairesse a aussitôt condamné cet acte et le parquet de Nîmes a ouvert une enquête préliminaire afin de retrouver les auteurs. Même le président (PS) du conseil général du département, Damien Alary, s'inquiète de ces dérives de plus en plus fréquentes. L'élu voit dans "cette escalade le résultat de dix ans de banalisation d'un discours de rejet".

Un Aiguemortais, impliqué dans les affaires de la commune, s'alarme également de ce passage à l'acte : "Quand les difficultés sociales et économiques pèsent sur cette terre camarguaise, il est de bon ton de rendre l'autre responsable. La haine de l'autre est exacerbée." Au premier trimestre 2012, le taux de chômage dans le département atteignait 13,1 %.

Chacun ici garde en mémoire un épisode tragique de l'histoire locale qui remonte au 16 août 1893. Ce jour-là, des ouvriers aiguemortais ont massacré des immigrés italiens venus pour échapper à la misère, et ouvriers comme eux aux Salins du Midi. Il y eut au moins 8 morts côté italien, et les autochtones, relayés par la presse locale, en profitèrent pour rivaliser de propos nationalistes et xénophobes contre "les ritals".

Yves Bordenave

Les atteintes contre les musulmans en hausse

 

L'un des indicateurs de mesure des actes racistes en France est le baromètre annuel de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), créé en 2009. Or, selon les derniers résultats de ce baromètre, communiqués en mars, il y a eu, en 2011, une "hausse de la méfiance à l'égard des musulmans&" : 51 % des sondés ont estimé que les musulmans formaient "un groupe à part" (+ 6 points par rapport à 2009) et 59 % qu'il y avait trop d'immigrés en France (+ 12 points).

Les actes racistes, antisémites ou xénophobes constatés par la police sont un autre indicateur. En 2011, ils étaient en baisse de 7 %. Une chute due, notamment, à la difficulté d'établir ces faits juridiquement. Mais cette moyenne cache de fortes disparités. Les actes racistes étaient en baisse (-2,4 %, 865 faits en 2011 contre 886 en 2010), les actes antisémites aussi (- 16,5 %, 389 faits en 2011 contre 466 en 2010). Mais les atteintes contre les musulmans ont augmenté de 33,6 % (155 faits en 2011 contre 116 en 2010).

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 12:51

 

 

LE MONDE | 17.08.2012 à 10h51

Par Elise Vincent

 
Un "kwassa-kwassa" (canot de pêche à moteur) photographié en 2007 entre les Comores et Mayotte.

Un nourrisson âgé de deux mois est mort, dans la nuit du 15 au 16 août, au centre de rétention administrative de l'île de Mayotte, au large de Madagascar, après plusieurs heures de voyage en mer depuis les Comores. Une enquête judiciaire a été ouverte et une autopsie devait être réalisée, vendredi 17 août, "afin de vérifier l'existence ou non d'antécédents médicaux et de cerner l'impact éventuel des conditions éprouvantes" de la traversée, a indiqué le ministère de l'intérieur dans un communiqué.

D'après le parquet de Mayotte, le nourrisson et sa mère étaient arrivés avec l'une des nombreuses embarcations de fortune, les "kwassa-kwassa", dans lesquelles s'entassent la plupart des candidats à l'immigration. Le bébé et sa mère avaient été interceptés par la gendarmerie maritime vers 1 heure du matin dans ce bateau aux côtés de 26 autres passagers.

A leur descente à terre, comme le veut le protocole, le nourrisson, sa mère et les 26 autres personnes avaient bénéficié d'une visite médicale au centre hospitalier de Mayotte. Ils avaient ensuite été acheminés vers le centre de rétention administrative (CRA). C'est en se levant, le matin, vers 7 h 30, que la mère a constaté que son enfant ne se réveillait pas. Elle a alors alerté la police aux frontières qui surveille le centre. Les pompiers de la caserne située juste en face sont intervenus. Un médecin a tenté de ranimer l'enfant. Mais sans succès.

La mort du nourrisson intervient alors que le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, a annoncé, en juin, vouloir améliorer les conditions de rétention dans le CRA de Mayotte, unanimement considéré, depuis dix ans, comme inadapté au transit de plusieurs milliers d'immigrés en situation irrégulière chaque année. La Place Beauvau et le ministère des Outre-mer ont, à ce titre, confié une "mission d'évaluation" au conseiller d'Etat Alain Christnacht.

Le décès du bébé fait aussi écho à la décision, le 7 juillet, du ministère de l'intérieur, de suspendre le placement en rétention systématique des familles avec enfants mineurs. Le champ d'application de la circulaire est toutefois limité à la métropole car Mayotte n'est pas soumis au régime commun en matière de droit des étrangers. Une restriction qui suscite la colère des associations de défense des étrangers.

 

Lire l'article du Monde sur la fin de la rétention des familles avec enfants mineurs


L'île de Mayotte comptabilise en effet à elle seule presque autant d'expulsions par an que la métropole. En 2010, il y a eu environ 26000 reconduites à la frontière depuis Mayotte –surtout vers les Comores– contre 28000 en métropole. Parmi celles-ci: 6 400 mineurs, contre 356 enfants placés en rétention en métropole.

Le CRA de Mayotte ne dispose cependant que de 60 places et est "quotidiennement" en surcapacité, avec 140 personnes retenues à la fois, selon le dernier rapport des associations qui interviennent en rétention. A la différence de la métropole, aucun espace pour les familles n'est non plus aménagé. Et c'est souvent sur des "nattes à même le sol" que doivent patienter les étrangers en instance d'expulsion. La construction d'un nouveau CRA avec un espace pour les familles est prévue pour 2015.

Elise Vincent

 

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 12:40

 

lapresse.ca - Publié le 16 août 2012 à 15h33 | Mis à jour le 16 août 2012 à 17h11

 Afrique du Sud: des mineurs en grève tués lors d'affrontement avec la police

 

 

Des policiers autour des cadavres de plusieurs mineurs... (Photo Siphiwe Sibeko, Reuters)

Agrandir

Des policiers autour des cadavres de plusieurs mineurs après les affrontements qui les ont opposés aux abords de la mine, à Rustenburg, en Afrique du Sud.

Photo Siphiwe Sibeko, Reuters

 

Marikana

Plusieurs mineurs grévistes ont été tués jeudi lors d'un violent affrontement avec la police à la mine de platine de Marikana, en Afrique du Sud, où des violences liées à un conflit social avaient déjà fait 10 morts depuis dimanche.

«Oui, des gens ont perdu la vie», a déclaré à l'AFP par message texte le porte-parole du ministère de la Police, Zweli Mnisi, première source officielle à faire état de morts, sans toutefois donner de chiffres.

Un photographe de l'AFP avait pu photographier cinq corps ensanglantés juste après l'échange de tirs, sans pouvoir dire avec certitude si les mineurs étaient morts ou blessés.

«Le Ministère considère que, compte tenu de la volatilité de la situation, la police a fait de son mieux», a indiqué par ailleurs M. Mnisi dans un communiqué, précisant que le Ministère avait l'intention de demander l'ouverture d'une enquête sur les événements de la mine de Marikana.

«Ce qui s'est passé aujourd'hui n'aurait pas dû arriver dans une démocratie, parce que le droit de manifester est un droit légal et constitutionnel reconnu à chaque citoyen, a admis M. Mnisi. Cependant, nous avions une situation où les gens étaient armés jusqu'aux dents, s'attaquaient et se tuaient les uns les autres.»

Jeudi matin, plusieurs centaines d'hommes armés de gourdins, de barres de fer et de machettes s'étaient de nouveau regroupés à l'extérieur de la mine, exploitée par Lonmin. Les grévistes réclamaient d'importantes augmentations de salaire.

Dans la journée, la direction de la mine leur a intimé l'ordre de reprendre le travail vendredi, menaçant de licencier les récalcitrants.

«Nous vivons comme des animaux»

Devant le refus des mineurs de se disperser, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Selon plusieurs témoignages, des mineurs ont répliqué avec des armes à feu.

Gillian Findlay, la porte-parole de Lonmin, l'entreprise qui extrait le platine de Marikana, s'est refusée à tout commentaire à chaud. «C'est vraiment une opération de police, c'est donc plutôt à eux de commenter leur opération», a-t-elle dit.

Ces incidents surviennent après des violences qui ont fait 10 morts depuis dimanche.

Les violences avaient commencé le vendredi 10 août, lorsque des centaines de mineurs de fond ont lancé une grève illégale. Certains, encouragés par le petit syndicat AMCU, réclamaient 12 500 rands par mois (1524$CAN), soit plus qu'un triplement de leur salaire actuel qui est d'environ 4000 rands par mois (488$CAN).

Des affrontements ont alors éclaté entre des partisans du grand syndicat des mines NUM et ceux de l'AMCU, née d'une dissidence de la NUM. Dix personnes ont été tuées.

«Nous sommes exploités, ni le gouvernement ni les syndicats ne sont venus à notre aide, avait déclaré l'un d'eux, Thuso Masakeng, mercredi. Les sociétés minières font de l'argent grâce à notre travail et on ne nous paye presque rien. Nous ne pouvons pas nous offrir une vie décente. Nous vivons comme des animaux à cause des salaires de misère.»

Les mineurs vivent dans des taudis accolés à la mine, sans eau courante.

Lonmin affirme que la grève a déjà coûté six jours de production à Marikana, soit 300 000 tonnes de minerai. L'entreprise estime désormais improbable d'atteindre son objectif annuel de production de 750 000 onces de platine.

 

 

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 12:33

 

Le Monde.fr avec AFP | 17.08.2012 à 07h01 • Mis à jour le 17.08.2012 à 14h25

 

 

Les membres du groupe Pussy Riot, dans la salle du tribunal de Moscou, le 30 juillet.

 

 

Les trois jeunes femmes du groupe de punk rock russe Pussy Riot, contre lesquelles le parquet de Moscou a requis trois ans de camp pour une "prière" anti-Poutine dans une cathédrale, ont été jugées coupables, vendredi 17 août, d'"hooliganisme" motivé par la haine religieuse, a annoncé le juge chargé de l'affaire.

A 15 heures, heure locale (13 heures, heure de Paris), la présidente du tribunal Khamovnitcheski de Moscou a entamé la lecture du jugement de Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, qui comparaissent depuis la fin de juillet et sont en détention provisoire depuis cinq mois.

 

Suivre le verdict en direct sur le site de Russia Today


Les prévenues sont jugées pour avoir chanté le 21 février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une "prière punk" dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de "chasser Poutine" du pouvoir.

 

 

Lire : Pussy Riot, les féministes punks qui défient Poutine

Le procureur a requis trois ans de camp contre chacune d'elle, expliquant avoir tenu compte de leur casier judiciaire vierge et du fait que deux des femmes avaient des enfants en bas âge. La peine maximale est sept ans de camp.

 

"TROÏKAS DE L'ÉPOQUE DE STALINE"

Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe et l'une des femmes a comparé ce procès à celui des "troïkas de l'époque de Staline", en allusion aux groupes de trois personnes (troïka) qui, du temps de la terreur stalinienne, condamnaient à des années de camp ou même à mort de manière arbitraire et expéditive.

Alors que l'affaire a profondément divisé la société russe, la juge chargée du procès, Marina Syrova, a été placée jeudi sous protection de l'Etat à la suite de menaces qui émaneraient de partisans du groupe.

 

Lire : A Moscou, l'absurde procès de trois chanteuses


Les trois femmes ont reçu de nombreuses marques de soutien international, notamment de la part de députés allemands, de la chanteuse américaine Madonna, de l'artiste d'avant-garde Yoko Ono, veuve de John Lennon, ou encore de l'ex-Beatles Paul McCartney. Une journée mondiale de soutien aux Pussy Riot a d'ailleurs lieu vendredi, avec des actions dans de nombreuses capitales, dont Paris, Londres, Varsovie ou encore New York.

Les Pussy Riot n'en étaient pas à leur coup d'essai. Le 20 janvier, huit d'entre elles avaient entonné sur la place Rouge une chanson intitulée "Poutine a fait dans son froc", en référence aux récentes manifestations de l'opposition.

 

 

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 21:57

 

http://globalpresse.wordpress.com/2012/08/16/interview-mr-mondialisation-decroissance-3-0/

 

 

 

16 Août 2012  

 

 

 

La voix est rauque et rendue plus grave par un obscur logiciel d’ordinatron. Les mots sont détachés et articulés lentement, la fin de chaque phrase laisse place à une longue pause qui permet à celui qui écoute le temps de réfléchir à la “substantifique moelle” des propos. 

On perçoit au centre de l’image grisée un masque au bec proéminent dodelinant au son de la voix qui semble lui appartenir. Les bords sont floutés, les teintes sont grises et bleues. Si vous êtes un activiste des internets, vous aurez déjà compris de qui je parle. Sinon, vous n’avez qu’à lire le titre de cet article.

La première vidéo de Mr Mondialisation sur sa chaîne Youtube remonte à février 2010. Depuis, il enchaîne reportages d’une quinzaine de minutes et vidéo-clips aguicheurs montés à partir d’images empruntées à des films comme Koyaanisqatsi, Baraka, Life In A Day ou tout simplement à ces publicités que nous affectionnons tant. Ces clips reprennent les codes de la pub TV (montage rapide, synchro avec la musique) et dénoncent le système avec la force des images. Les reportages, quant à eux, ont pour narrateur ledit Mr Mondialisation et suivent l’argumentation précise de ce dernier.

Mr Mondialisation fait partie de ceux qui remettent en cause l’idéologie dominante que la politique de masse nous enseigne : celle de la croissance. L’objection de conscience, la non-violence, la désobéissance civile, la simplicité volontaire, la sobriété heureuse et la décroissance sont autant de concepts que Mr Mondialisation soutient dans ses vidéos, mais aussi sur sa page Facebook. Toujours guidés par la quête du Savoir Ultime qui nous est propre, nous avons décidé d’aller interviewer ce Mr Mondialisation. Une interview réalisée par mail, puisque l’homme masqué est soucieux de préserver son anonymat.

Comment présenteriez-vous ce personnage de Mr Mondialisation ? D’ailleurs, le mot “personnage” vous convient-il ?

Nous aimons dire que Mr Mondialisation est un symbole libre d’interprétation.

Vous êtes combien derrière ce compte ?

Il n’y a pas de réponse définitive à donner à cette question. Le nombre évolue au cours du temps. Une personne est à son origine, mais aujourd’hui, cinq personnes font évoluer le personnage sur différents niveaux, de Facebook à Youtube en passant par le développement web, la communication ou la recherche de documents.

En visionnant toutes vos vidéos, on remarque un fil d’Ariane, que vous tenez depuis maintenant près de deux ans. Une telle continuité est rare, avez-vous eu d’autres projets avant, en rapport avec des sujets de société comme ceux que vous traitez maintenant ?

L’idée du personnage s’est construite autour d’un blog créé en 2004 et dont le titre était « mondialisation ». A cette époque, l’objet de notre indignation n’était pas clair. Alors que notre pensée s’affinait, l’idée du personnage allait germer. La clôture du blog annonça la naissance du concept. En réalité, le terme « Monsieur Mondialisation » était un nom amical que nous donnaient quelques internautes. Une manière de nous souvenir d’où nous venons.

Je vous ai pour ma part découvert avec votre vidéo la plus connue, “Vous êtes l’Evolution !”, à une époque où le mouvement des Indignés et des Anonymous battait son plein. Depuis que vous avez commencé, avez-vous pu constater une certaine prise de conscience de la majorité ?

De la majorité ? Certainement pas. Une augmentation lente de la prise de conscience, oui. Malgré que nous observions une accentuation des témoignages allant dans ce sens, nous pensons que la « conscience globale » ne concerne qu’une minorité, mais une minorité particulièrement active. Nous pensons que la pire arme contre le système totalitaire marchand, c’est le Savoir, même si celui-ci vient bousculer nos croyances les plus profondes.

 

 

 

Vous avez toujours affiché votre soutien aux Anonymous qui, à l’inverse des Indignés, ont été discrédités dans la plupart des médias grands publics, qui les présentaient comme des adolescents boutonneux immatures et irresponsables. Comment vous l’expliquez ?

Les Indignés n’ont jamais représenté une grande menace pour les acteurs du système politico-financier. Anonymous, par contre, est un bras « actif » d’une résistance informatisée, mais fleuretant  parfois avec l’illégalité. Ils incarnent  une désobéissance civile adaptée au monde moderne. Je pense qu’ils ont représenté une menace pour de nombreux acteurs privilégiés de cette société. Sans tomber dans la théorie du complot, les médias avaient des intérêts à orienter l’opinion publique en développant l’idée que les Anonymous étaient jeunes et immatures. Si c’était le cas, je doute que les états unis auraient déployé autant de moyens pour en faire emprisonner.

Lors du “buzz” de cette vidéo sur internet, vous avez touché un nouveau public qui n’a pas toujours été tendre avec vous. Ils critiquaient notamment le fait que vous offriez une vision trop édulcorée voire simpliste des Indignés et des mouvements de contestation en général. Si vous deviez leur répondre une bonne fois pour toutes, vous diriez quoi ?

Ce sont les effets collatéraux habituels du « buzz ». Ce public n’était pas préparé à la philosophie générale de nos reportages. Certains s’attendaient à une révolution éclaire, d’autres y voyaient la main d’Anonymous, certains ont associé le masque à une marque sectaire. Je pense que beaucoup d’utilisateurs n’imaginent pas à quel point gérer une page facebook de dizaines de milliers de membres tout en produisant bénévolement des reportages, est une tâche difficile qui réclame un investissement privé important. Nous prions les profanes de consulter tous nos travaux avant toute réaction.

Etienne Chouard,dont vous semblez assez proche, s’inquiétait dans une interview pour Rue 89

d’être “devenu fasciste sans le savoir”. Le nationalisme est souvent prôné comme remède à la mondialisation, notamment par l’extrême droite. Pourtant, vous proposez une autre alternative. Quelle est-elle ?

Il n’a, en effet, jamais été question d’aborder une logique nationaliste derrière ce masque. C’est d’ailleurs un facteur de critique important envers notre personnage qui évolue dans un contexte favorisant les amalgames. Ceux qui ne sont pas clairement nationalistes sont facilement suspectés d’être des mondialistes infiltrés… Nous ne voulons pas nous positionner dans ces schémas binaires et politiquement orientés. Cependant, nous sommes très clairement en faveur d’une relocalisation des activités économiques vernaculaires. Je pense aux AMAP françaises, à des logiques de permaculture ou réseaux d’échanges. Ces actions ne s’embarrassent pas des logiques politiques.

 

 

Bien évidemment, je me dois de vous demander votre avis sur les élections présidentielles françaises : Qu’avez-vous pensé de l’élection de François Hollande ?

Mr Mondialisation se veut détaché du monde pour mieux l’observer. L’évènement des élections en France ne fut pas un sujet auquel nous nous sommes attardés longtemps. Par contre, nous estimons qu’aucune politique actuelle n’est axée sur la remise en question (ou ne serait-ce que la critique) du dogme économique dominant. Nous les pensons, par définition, inaptes à répondre à des enjeux globaux.

Quel candidat auriez-vous soutenu ? Qui auriez-vous souhaité voir parmi les candidats ?

Je ne vois pas l’intérêt de répondre à une telle question car mon choix se porterait indéniablement vers « le moins pire ». Probablement la personne la plus apte à résister aux sirènes du productivisme. Si nous ne croyons pas aux solutions politiques, nous ne soutenons pas les campagnes d’abstention. Nous estimons qu’il y a mieux à faire pour révolutionner la société.

De quels théoriciens, “penseurs”, intellectuels voire hommes politiques vous sentez-vous proche ?

Citer des auteurs serait prendre le risque de s’enfermer dans un carcan idéologique. Le personnage est libre et peut s’inspirer de tout et de tout le monde, si le discours est raisonnable, tolérant et basés des faits. Toutefois, nous apprécions l’esprit des Lumières. Notre masque peut d’ailleurs être interprété comme un symbole d’humanisme selon certains aspects historiques. Plus techniquement, nous adhérons aux théories scientifiques qui objectent la croissance. Il s’agit souvent ici d’un point de discorde avec nos opposants qui n’admettent pas que l’approche puisse être apolitique et désintéressée.

Vous avez souvent affirmé qu’il y avait très peu de chances que le changement vienne “par le haut”, et qu’il fallait donc se concentrer sur l’évolution des mentalités. Aujourd’hui, y a-t-il des institutions qui peuvent encore faire quelque chose pour freiner la course à la croissance ?

Sans basculement de logique économique, freiner la croissance ne fera qu’accélérer l’effondrement du système ou son adaptation. Paradoxalement, la situation sociale et environnementale nous oblige à reconsidérer notre logique dans l’urgence alors que nos politiciens sont loin de ces préoccupations.

Nous sommes convaincus que les puissances économiques et politiques vont s’accrocher à leur logique jusqu’à la fin, au prix de lourds sacrifices environnementaux et sociaux, comme c’est déjà le cas partout sur terre. Mais nous regrettons cette situation. Il ne nous reste ainsi d’autre choix que le changement des mentalités. Certes, les changements que cela engendre ne sont pas visibles, mais ils existent.

En travaillant sur ce projet de Mr Mondialisation, quel est votre but ultime ?

Nous n’avons pas de « but ultime ». C’est probablement en cela que nous sommes différents de beaucoup de libres penseurs. Le personnage accompagnera la société dans son évolution sans oublier de dénoncer chaque point qui mérite de l’être afin que de plus en plus de citoyens fassent des choix responsables. En réalité, l’idéal de Mr Mondialisation, c’est qu’un jour, il puisse observer le monde sans avoir de raison de s’indigner.

Finalement, c’est quoi votre technique pour intéresser les gens à la décroissance ?

Simplement dire la vérité, qu’elle plaise ou non. Non pas une vérité révélée que nous serions chargés de transmettre, mais des éléments vérifiables et factuels qui poussent les citoyens à ouvrir leur horizon conceptuel et accepter l’idée qu’un autre paradigme de société est non seulement souhaitable, mais possible. D’un point de vue purement sémantique, arrêtons de parler de décroissance, parlons d’objecter la croissance. Car l’objection émane de l’observation des faits. La décroissance a une connotation politique trop marquée pour nous.

Sur Matrack, on parle pas mal de musique donc on aimerait bien connaître votre avis sur ce qui nous est constamment proposé à la télévision et dans les médias en général, sur un plan musical. Au contraire, des artistes et des labels, dits indépendants, sont légions malgré leur faible visibilité, qu’en pensez-vous ?

Il y a une guerre culturelle en ce moment même et j’ignore qui l’emportera. D’un coté, vous avez la méga-machine de l’industrie du spectacle qui a pour objectif de prendre le pouvoir sur l’information numérique dans un but purement économique. Face à la révolution culturelle de l’information, l’industrie n’a pas d’autre choix que le radicalisme. C’est pourquoi nous assistons à un lobbying de plus en plus agressif de leur part, obligeant des états à glisser doucement vers une nouvelle forme de totalitarisme. Dans le pire des scénarios, quelques grandes corporations détiendront le pouvoir économique sur l’art, à l’image d’un futur cyberpunk. Mais si les citoyens se réveillent à temps, la liberté l’emportera. Vous comprenez pourquoi il existe souvent des écarts de qualité entre l’artiste libre et un produit de consommation étudié pour être rentable.

Mr Mondialisation sur les internets

Facebook -> https://www.facebook.com/M.Mondialisation

http://matrack-mag.blogspot.fr/2012/08/interview-mr-mondialisation.html

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 21:44

 

La contestation nucléaire nous réjouit au Pellerin

Le chemin de croix d'EDF en Bretagne ..

 

Lorsqu'à la fin de l'année 1976, le gouvernement de l'époque lance le projet de centrale nucléaire en aval de Nantes, on devine la volonté d'imposer à tout prix cette magnifique technologie à ces têtus de Bretons. Puisque les projets de la pointe Finistère ont échoué, il faut tenter l'aventure près de la grande ville.

 

Pourtant, dès l'annonce de ce projet d'implantation, le conseil municipal du Pellerin vote contre. C'est une première, les élus locaux, forts des colères des communes qui ont eu à subir pareilles sollicitations, choisissent immédiatement le camp de la contestation. Ce qui aurait dû être compris comme un signal clair ne rebute pourtant pas un état désireux d'imposer coûte que coûte l'atome sur tout le pays, y compris en Armorique,cette région de bourriques !

 

Et la sarabande de l'affrontement de David contre Goliath va une nouvelle fois reprendre. Nous allons retrouver ici les mêmes ingrédients qu'à Plogoff et Erdeven. Il n'y a pas de raison que l'opinion publique bretonne ait changé d'avis en si peu de temps. Ce n'est pas parce que, cette fois, ce sont des habitants proches d'une grande ville, que les raisons de l'opposition vont disparaître comme par magie.

 

Tout ce qui fit le succès des combats précédents se renouvelle ici. L'enquête d'utilité publique se traduit par des affiches préfectorales, des mairies barricadées, des manifestations monstres, des vols de documents officiels, des échauffourées contre les force de l'ordre. La tentative de pourrissement par le temps, la peur du bâton de justice n'y feront rien.

 

Pourtant, la volonté du pouvoir ne baisse pas et cette fois encore, il use de moyens disproportionnés et violents pour faire plier ceux qui se dressent devant le Dieu Atome. En 1987 des affrontements dignes de la guerre civile se déroulent dans la ville de Cheix-en-Retz. C'est bien le signe que cette énergie n'est pas au service des populations mais bien de quelques puissances !

 

Cinq militants sont traînés devant le tribunal de Rennes. Ce sont des agriculteurs qui défendent leurs terres et que l'état juge sur les bases d'une loi anti-casseurs proche des lois d'exception. On ne change pas la mentalité d'un pouvoir qui devient autoritaire dès qu'il est question d'énergie nucléaire

 

Les cinq otages d'une justice énergique sont libérés après un procès en appel sous haute tension. Ils sont condamnés à une peine symbolique de 13 jours de détention, le droit inique doit sauver la face. Nous sommes le 15 juin 2000, soit quatre années après le début de la controverse. Il y a des pouvoirs bien longs à la détente. Qu'il est difficile de comprendre qu'une population entière refuse ce qu'on veut imposer de Paris !

 

François Mitterand, en 1981, tient son dernier meeting à Nantes devant 20 000 personnes et annonce : "Il n'y aura pas d'ouverture de nouveaux chantiers nucléaires, en particulier au Pellerin dont le choix suscite une opposition unanime". Le site n'est toutefois pas abandonné immédiatement. Nous savons depuis ce que vaut la parole d'un socialiste en la matière !

 

En 1982, le temps que les braves gens oublient ce qui a été dit, Pierre Mauroy lance des études d'implantation au Carnet. Ce n'est pas parce que la mesure venait des socialistes que les bretons allaient changer d'avis. C'est faire bien peu de cas de leur opiniâtreté et de leurs convictions. Les mêmes batailles allaient reprendre et la police frappe aussi fort sous un gouvernement de droite que de gauche !

 

Les années passent, les gouvernements et les majorités se succèdent. Le pouvoir repasse aux mains de la droite qui relance vraiment le projet. Jacques Chirac lance une enquête d'utilité publique pour le projet du Carnet en 1987. En 1993, Pierre Bérogovoy, premier ministre de l'époque fait semblant d'enterrer le dossier. En la matière, les socialistes ont toujours été beaucoup plus fourbes que les élus de droite, toujours ouvertement favorables au nucléaire.

 

Vous pouvez mesurer le temps que met un tel projet. Le pourrissement est l'arme des puissants. Ils comptent sur la fatigue et l'oubli pour les opposants. Ils noient le poisson, font durer le plaisir, s'amusent d'eux, de déclarations contradictoires en annonces illusoires. Pourtant, dans l'ombre, EDF avance ses billes, fait des travaux sur le terrain.

 

En 1997, après bien des épisodes encore, le préfet lance les travaux. Des manifestations ont lieu dans les rues de Nantes. Le maire, Monsieur Ayrault, alors dans l'opposition au gouvernement de droite, s'exprime clairement contre le projet. Le 6 mai, Lionel Jospin, en campagne à Nantes, confirme :"Si la gauche remporte les élections, il n'y aura pas de centrale au Carnet". Curieux cette manie des socialistes en campagne d'être défavorable au nucléaire pour changer de casquette ensuite !

 

Le mardi 16 septembre 1997, le premier ministre Lionel Jospin, annonce qu'il demande à EdF de renoncer au projet de centrale nucléaire au Carnet. La promesse est tenue mais pour combien de temps ? Le feuilleton peut reprendre à tout moment. En matière de nucléaire, les gouvernements se suivent mais les manières ne changent pas.

 

Il y a toujours bien loin entre les paroles tenues dans l'opposition et les réalités du pouvoir. L'énergie nucléaire dépasse le cadre idéologique. Elle semble faire partie intégrante de la gestion du pays. Des sommes considérables sont en jeu, des intérêts financiers échappent totalement au contrôle de l'état et des citoyens. De ces épisodes confus et contradictoires, du Pellerin au Carnet, nous devons retenir qu'il ne faut jamais croire en la parole d'un politique et qu'EDF est capable d'agir par dessus la tête de ces braves causeurs.

 

Confusément leur.

 

À consulter impérativement :

Le blog de Fukushima :http://fukushima.over-blog.fr/

Le blog officiel de la Caravane :http://caravane-plogoff-fessenheim.overblog.com/

Le blog officieux de la Caravane :http://www.chroniques-ovales.com/

 

 

Caravane à vélo de Plogoff à Fessenheim

des indignés de plus en plus inquiets du nucléaire

 

mercredi 15 aout : arrivée au PELLERIN, lieu d’une opposition victorieuse à l’implantation d’une centrale nucléaire (1976-1981)

 

jeudi 16 aout : arrivée à Mauves-sur-Loire

 

vendredi 17 aout : arrivée à Ingrandes

 

samedi 18 aout : arrivée à Champteussé-sur-Baconne,installation de stockage de déchets dangereux (de Saint-Laurent-des-Eaux, de Chinon)

 

DIMANCHE 19 AOUT : arrivée à La Daguenière

 

lundi 20 aout : arrivée à la centraled’AVOINE

 

mardi 21 aout : arrivée à Tours

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 21:40

 

 

Publié: 16.08.2012 / 03:03

 

Pour info demain sera une une journée internationale de soutien pour libérer les Pussy Riots http://www.freepussyriot.org/ avec des évènements prévus dans le monde entier (cf ci-dessous)
Evènements :

Barcelonahttps://www.facebook.com/events/428870363832253/

Belgrade : http://www.facebook.com/events/353321734744751/

Berlinhttp://www.facebook.com/events/341464445932389/

Brightonhttp://www.facebook.com/events/476321332380904/

Brisbanehttp://www.facebook.com/events/393769817342711/

Bruxelles http://www.amnestyinternational.be/doc/s-informer/actualites-2/article/russie-manifestation-pour-la

Buenos Aireshttp://www.facebook.com/events/271199299647295/

Chicago : http://www.facebook.com/events/408042082576296/

Chisinau/Moldovahttp://www.facebook.com/events/493393557354880/

Copenhagenhttp://www.facebook.com/events/424471940927930/ https://www.facebook.com/events/374520859284447/

Derry, Irelandhttp://www.facebook.com/events/102245836592357/

Dublinhttp://www.facebook.com/events/274613749309206/

Florence (Firenze) : http://www.facebook.com/events/459331887430924/

Genévehttp://www.facebook.com/events/110110862469275/

Göteborghttp://www.facebook.com/events/274179756015202/

Hamburghttp://www.facebook.com/events/427926530583502/

Helsinkihttps://www.facebook.com/events/424531920915641/

Kaliningradhttp://vk.com/event41762298

Köln/Colognehttp://www.facebook.com/events/349557895119950/

Kievhttp://www.facebook.com/events/227350677388464/

Leedshttp://www.facebook.com/events/155657094558291/

Londonhttps://www.facebook.com/events/337559159661689/ http://www.guardian.co.uk/music/2012/aug/13/royal-court-pussy-riot-readi…

Madridhttp://www.facebook.com/events/350516441690013/

Marseillehttp://www.facebook.com/events/347401892005724/

Melbournehttps://www.facebook.com/events/357491980994134/

Mendoza, Argentinahttps://www.facebook.com/events/488788877798731/

Milanhttps://www.facebook.com/events/134453260030214/

Minneapolis : http://www.facebook.com/events/453640387991012/

Montréal http://www.facebook.com/events/388534647880948/

Moscowhttp://www.facebook.com/events/401297053252028/ http://www.facebook.com/events/337847742969653/

München/Munichhttp://www.facebook.com/events/142675212539886/

Murmanskhttp://vk.com/pussyriot51

Nanteshttp://www.facebook.com/events/351885048219480/

New York Cityhttps://www.facebook.com/events/262241200554708/ http://www.facebook.com/events/336406896449171/

Nicehttps://www.facebook.com/events/433177160059098/

Odessahttp://vk.com/event41737295 https://www.facebook.com/events/176445712490602/?context=create

Oslohttp://www.facebook.com/events/408330272558296/

Ottawahttps://www.facebook.com/events/273166786116903/

Parishttps://www.facebook.com/events/477310605615546/

Permhttp://vk.com/event41594563

Portland : http://www.facebook.com/events/454346897919936/

Prague : http://www.facebook.com/events/173074842817417/

Reykjavikhttps://www.facebook.com/events/458139040873098/

Rigahttps://www.facebook.com/events/458755374145273

Samarahttp://vk.com/freepussyriotsamara

San Franciscohttp://www.facebook.com/events/424888970880304/ https://www.facebook.com/events/509970192361811/

Sidneyhttp://www.facebook.com/events/513418808674744/

Stockholmhttps://www.facebook.com/events/345703202177925

St. Petersburghttp://vk.com/freepussyriot170812spb

Tel Avivhttps://www.facebook.com/events/130257380452299/

Toronto https://www.facebook.com/events/306577532773598/

Toulouse http://www.facebook.com/events/431789516864929/

Tournai, Belgium https://www.facebook.com/events/372254449510600/

Tverhttp://vk.com/tverforpr

Västeråshttps://www.facebook.com/events/367931276613819/

Vilinushttp://www.facebook.com/events/450340734998207/

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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

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