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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 20:40

 

Double séisme dans la province de l'Azerbaïdjan oriental, dans le nord-ouest du pays

La terre a tremblé deux fois, à quelques minutes d'intervalle, dans la province de l'Azerbaïdjan oriental, située au nord-ouest de l'Iran, samedi 11 août. La télévision nationale, le média le plus suivi en Iran, n'en a parlé que dix-huit heures plus tard. Les quotidiens Keyhan et Resalat, deux des plus conservateurs en Iran, ont préféré parler, en une, de la Syrie et de la Turquie qui "prête ses frontières aux rebelles syriens".

Les internautes, indignés de cette indifférence, se sont mobilisés sur la Toile, pour inciter leurs compatriotes à aller donner leur sang ou à envoyer des aides matérielles et financières.

Resalat du 12 août : "La Turquie, bastion des terroristes syriens pour s'organiser"

Keyhan du 12 août : "Déstabiliser les frontières de la Turquie: dernière stratégie de l'Occident contre l'axe de la résistance [en Syrie]"

Le bilan du double séisme, de magnitude 6,3 et 6,4, s'élève aujourd'hui à 306 morts et 3037 blessés. La ministre de la santé, Marzieh Vahid-Dastjerdi, a rapporté que la majorité des victimes étaient des femmes et des enfants.

L'envoyée spéciale du quotidien Etemad, Ghazal Hazrati, relate qu'un grand nombre des villages dans les régions de Haris et Varzéghan a été détruit à plus de 80 %. "Dans certains villages, il ne reste plus aucune maison. Les centres médicaux ont été presque tous détruits", peut-on lire dans le journal Etemad de lundi 13 août. Selon les journalistes sur place, "le nombre des morts est beaucoup plus important que les chiffres officiels".

Phénomène inédit de cette catastrophe naturelle : les chaînes de la radio et de la télévision nationale se sont gardées de couvrir les informations concernant le tremblement de terre, peut-on lire sur le site Digarban.

Alors que les victimes attendent de l'aide, la télévision nationale a diffusé une émission humoristique, provoquant colères et critiques outragées. "Est-il possible d'être témoin de la mort de nos compatriotes et du deuil des millions d'Iraniens, et de ne pas y prêter attention?", écrit le site conservateur Asr-é Iran.

Sassan Aghaie, journaliste au quotidien Etemad, a visité les zones touchées par le séisme. Il s'étonne : "En parlant avec les commerçants, les voyageurs et les employés des stations-service sur la route, nous avons compris que même à 100 kilomètres de Tabriz (la capitale de la province de l'Azerbaïdjan oriental, à 90 kilomètres de Varzéghan, la plus touchée par le séisme), personne n'était au courant de cette catastrophe qui a coûté la vie à plus de cent Iraniens".

Les Iraniens se mobilisent sur Internet 

Malgré ce silence, la diaspora iranienne s'est organisée pour récolter de l'argent. Alors qu'aucune transaction n'est possible avec l'Iran en raison des sanctions occidentales, les Iraniens essaient de passer par leurs amis et proches pour envoyer de l'aide aux victimes. Des appels de don du sang pour les blessés ont été lancés sur Facebook.

Sadraa Mohaqeq, qui s'est rendu à un centre de collecte de sang à Téhéran dimanche 12 août, a posté la photo ci-dessous sur sa page Facebook. Il écrit : "Il y avait beaucoup de jeunes filles et garçons. La plupart m'ont dit qu'ils avaient appris la nouvelle par Facebook et étaient venus après l'appel à l'aide lancé sur le réseau social".

Un centre de collecte de sang à Téhéran, dimanche 12 août

Certains utilisateurs de Facebook ont également changé leur photo de profil, en signe de solidarité avec leurs compatriotes. Sur une carte de l'Iran, on peut lire le mot "Azerbaïdjan" en farsi, à côté d'une goutte de sang dessinée à l'endroit où s'est produit le séisme.

La photo de profile de certains Iraniens sur Facebook

Le message de condoléances du Guide suprême à l'attention des Iraniens n'est finalement arrivé que dans la nuit de dimanche 12 août à lundi, vingt-quatre heures après la catastrophe. "Message tardif d'Ali Khamenei", a titré le site Digarban. Quelques heures avant ce message, le Guide suprême, n'avait mentionné ni le séisme ni les victimes dans un discours sur "l'échec des Etats-Unis" et du "déclin de l'Europe", lors d'une rencontre avec des professeurs d'université.

Le président Mahmoud Ahmadinejad, quant à lui, n'a pas jugé nécessaire d'annuler ou d'écourter son voyage en Arabie saoudite pour un sommet de l'Organisation de la coopération islamique (OCI),  les 14 et 15 août. Le président iranien a quitté Téhéran ce matin pour la Mecque.

Assal Reza

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 20:27

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 14.08.2012 à 15h20 • Mis à jour le 14.08.2012 à 15h25

 

L'Institut des radio-éléments (IRE), propriétaire des locaux, a inspecté les lieux en juillet.

Une société belge de production de matériel pour la médecine nucléaire en faillite a abandonné dans ses locaux plusieurs mètres cubes de déchets radioactifs, ont indiqué mardi 14 août les autorités belges, une semaine après la découverte de possibles fissures dans un réacteur du pays.

Best Medical Belgium (BMB), filiale d'un groupe américain située à Fleurus, près de Charleroi, dans le sud du pays, a fait faillite en mai et été placée sous administration judiciaire. Le 17 juillet, l'Institut belge des radioéléments (IRE), propriétaire des locaux loués par Best Medical, a inspecté ceux-ci en compagnie de spécialistes de l'Organisme national des déchets radioactifs (Ondraf) et de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN).

Dans une lettre de mise en demeure adressées aux administrateurs judiciaires, rendue publique mardi par les quotidiens Le Soir et De Standaard, le directeur de l'IRE, Jean-Michel Vanderhofstadt, dresse un bilan effrayant de l'état de l'entreprise. "Nous avons constaté en maints endroits non seulement un état général de délabrement des installations et équipements, mais aussi, dans un désordre indescriptible, un amas non seulement de pièces, caisses, classeurs, papiers, outils, tuyaux, câbles électriques, bouteilles solvants, quincaillerie... mais aussi de déchets radioactifs constituant, pour la plupart d'entre eux, des matériaux combustibles", écrit le patron de l'IRE.

 

 IL FAUT "INTERVENIR RAPIDEMENT"

La situation décrite constitue un "risque pour la sûreté des autres installations nucléaires du site et par voie de conséquence pour l'environnement et la population avoisinante", poursuit M. Vanderhofstadt. Il précise que 7 m3 de sacs en plastique et une quinzaine de fûts contenant du strontium 90 étaient entreposés au milieu de ce fatras. "Il n'y a pas de danger pour le voisinage" mais il faut "intervenir rapidement", a déclaré le patron de l'AFCN, Willy De Roovere. La ministre belge de l'intérieur, Joëlle Milquet, a qualifié d'"inacceptable" la situation et expliqué avoir ordonné à l'Ondraf de traiter ces déchets le plus vite possible.

L'Ondraf, qui a déjà placé les lots les plus préoccupants dans des conteneurs, a précisé que le traitement des déchets et l'assainissement du site débuteraient à la mi-septembre et que ces travaux pourraient prendre "de 5 à 7 ans". La question de la sûreté des installations nucléaires a refait surface en Belgique la semaine dernière avec l'annonce de la découverte de "possibles fissures" sur la cuve du réacteur nucléaire de Doel 3, près d'Anvers. Ce réacteur, à l'arrêt depuis début juin, ne devrait pas être relancé avant fin septembre, a indiqué mardi son exploitant Electrabel.

 

Lire : Belgique : la fiabilité de deux réacteurs nucléaires remise en cause


 

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 20:24

 

Le Monde.fr avec AFP | 14.08.2012 à 16h09

 

 

Ces mesures sont notamment destinées à améliorer la compétitivité du travail par rapport à la concurrence, notamment espagnole.

 

Les principaux ports portugais étaient paralysés mardi 14 août par une grève des dockers pour protester contre des mesures du gouvernement destinées à libéraliser leurs conditions de travail. Commencée lundi à minuit, la grève touchait notamment les ports de Lisbonne Aveiro, Figueira da Foz, Setubal et Sines.

Dans la capitale, cinq cargos ont dû être déroutés vers d'autres destinations tandis que quatre autres restaient en attente, selon l'Institut portuaire et des transports maritimes (IPTM). Les dockers entendent protester contre un projet du gouvernement de mettre en place des contrats de travail temporaire et de favoriser les emplois intermittents en fonction des nécessités de chaque port.

Ces mesures sont notamment destinées à améliorer la compétitivité du travail par rapport à la concurrence, notamment espagnole. Selon la Confédération des syndicats maritimes et portuaires, qui représente entre 600 et 800 personnes, l'activité dans les ports était "entièrement paralysée" en raison de la grève.

 CHÔMAGE RECORD

"Cette adhésion démontre le rejet total des travailleurs face au projet" du gouvernement, a indiqué à l'agence portugaise Lusa Vitor Dias, vice-président de la Confédération. "Le gouvernement cherche à laisser sans emploi 50 % des travailleurs portuaires et leur trouver des remplaçants sans aucune qualification", a-t-il affirmé, ajoutant que les dockers portugais avaient reçu le soutien de délégations représentants leurs collègues français et espagnols.

La modification des conditions de travail des dockers entre dans le cadre des efforts du gouvernement pour améliorer la compétitivité du travail alors que le pays traverse une grave crise financière.

Le Portugal a obtenu en mai 2011 de l'Union européenne et du Fonds monétaire international une aide exceptionnelle de 78 milliards de dollars en échange d'un programme de réformes et de rigueur qui a eu pour conséquence d'aggraver la récession tandis que le chômage a atteint le taux record de 15 % au deuxième trimestre.

 

 

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 20:12

 

 

Le Monde.fr | 14.08.2012 à 18h47

Par Franz Durupt

La page d'accueil du site ToS;DR : "'J'ai lu et j'accepte les conditions d'utilisation' est le plus grand mensonge sur Internet. Nous voulons le corriger."

Un site tente de mettre fin au "plus grand leurre d'Internet", ciblant le processus auquel tout utilisateur s'étant inscrit à un service s'est plié en cochant la case se trouvant devant ces mots : "J'ai lu et j'accepte les conditions d'utilisation." Une acceptation toute relative, sans laquelle il est inutile d'espérer avoir ne serait-ce qu'une boîte e-mail.

Objectif : expliquer en quelques mots simples des pages et des pages de textes juridiques. Le projet, lancé en juin par Hugo Roy, un étudiant de Sciences Po,  vise à mettre à la disposition des internautes des synthèses des conditions d'utilisation de nombreux sites ou services, en dévoilant les pièges cachés dans les plis de ces paragraphes empilés au bas des formulaires d'inscription ou dans des fenêtres pop-up.

"Leur valeur légale repose sur le fait qu'elles sont 'acceptées' par les utilisateurs, alors que presque aucun d'eux ne prend la peine de les lire. Le problème est tellement important que des chercheurs américains ont jugé utile d'essayer de le mesurer", explique Hugo Roy, qui renvoie à cette étude de deux chercheurs ayant conclu qu'il faudrait 76 jours de travail pour lire la totalité des conditions d'utilisation que l'on rencontre en une année.

"On ne devrait pas avoir besoin d'être un avocat à plein temps pour utiliser des services sur Internet", plaide-t-il, tout en regrettant que "les gens aient une tendance à accepter énormément d'être préservés dans l'ignorance et la docilité".

 "WIKIPÉDIA EST UN BON CONTRE-EXEMPLE"

Sur ToS;DR ("Terms of Service, Didn't Read", jeu de mot sur une expression anglaise signifiant "pas lu, c'était trop long"), on peut d'ores et déjà apprendre, ou se rappeler – car cela avait déjà été dénoncé par des internautes dans le passé – que les conditions d'utilisations de TwitPic, qui permet de publier des photos sur Twitter, impliquent d'accepter que TwitPic et ses partenaires commerciaux fassent l'usage qu'ils veulent des images que l'on a postées. Ce "détail" et d'autres, listés avec des petits pouces levés ou baissés, valent à TwitPic un rang "E", le plus bas. 

Avec plusieurs dispositions ne garantissant pas la protection des données de l'internaute, le service TwitPic voit ses conditions d'utilisation affublées d'un rang "E", le plus bas.

Aucune fatalité ne préside pourtant à ce que les conditions d'utilisation soient toujours absconses et dangereuses pour les données privées : "Wikipédia est un bon contre-exemple, explique Hugo Roy : les conditions d'utilisation sont claires, ont été rédigées en collaboration avec les utilisateurs et dans un processus transparent, ouvert et sur le long terme."

 LES INTERNAUTES INVITÉS À PARTICIPER 

Pour l'heure, de nombreux sites ne sont pas classés. Il faut du temps et du courage pour lire en détail des conditions d'utilisation ; c'est pourquoi les concepteurs de ToS;DR misent sur la participation des internautes au projet. Chacun peut donc venir signaler un élément positif ou négatif relevé dans telle ou telle charte à cette adresse. L'initiative permet également à n'importe qui de retracer le processus par lequel un service a reçu son classement. Une méthode de travail proche de celles employées par les concepteurs de logiciels libres.

"Si nous échouons à rassembler une communauté active d'utilisateurs, de juristes, d'ONG et d'entreprises pour participer aux discussions et au développement du processus, je pense que nous serons passés à côté du problème", explique Hugo Roy, qui espère en définitive que cette initiative aboutira à creuser plus profondément la question de "l'exploitation des données personnelles et des contenus créés par les utilisateurs".

Franz Durupt

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 21:37

 

euronews.com

13/08 16:43 CET

 

Première victoire juridique à Hong Kong de la banque HSBC contre le mouvement des indignés. Le tribunal a ordonné le démantèlement du camp du mouvement anticapitaliste “Occupy Hong Kong”.
Les indignés sont installés depuis près d’un an à l’entrée de l’immeuble de la banque britannique HSBC au coeur du quartier d’affaires de la cité financière.
La décision ne semble pas effrayer le collectif, comme l’explique ce jeune homme. “Pour nous le plan n’a pas changé. Mais nous anticipons néanmoins l’arrivée de gardes et de policiers. Nous les attendons ici”.

Le juge a donné un délai de deux semaines aux manifestants pour quitter les lieux indiquant qu’ils n’avaient pas fourni de raisons suffisante justifiant de l’occupation de la propriété de HSBC.
Tout comme son grand frère américain, le mouvement “Occupy Hong Kong” milite contre le pouvoir du capitalisme, de l’argent et des banques.

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 21:31

 

lexpress.fr - Par AFP, publié le 13/08/2012 à 07:59, mis à jour à 09:02

 

HONG KONG - La justice de Hong Kong a ordonné lundi le démantèlement d'un camp du mouvement anticapitaliste "Occupy Hong Kong", installé depuis près d'un an à l'entrée de l'immeuble de la banque britannique HSBC.

 

 

Hong Kong ordonne la levée d'un camp des "indignés" visant la banque HSBC

Un camp des "indignés" à Hong Kong, à l'entrée de l'immeuble de la banque britannique HSBC, le 25 juin 2012

afp.com/Antony Dickson

 

Les occupants "n'ont pas fourni de raison suffisante justifiant qu'ils continuent à vivre sur la propriété (de HSBC), a estimé un juge, accordant aux intéressés un délai de deux semaines pour partir. 

HSBC, première banque britannique, avait porté plainte contre les manifestants qui avaient dressé un petit campement à la mi-octobre 2011 au rez-de-chaussée de la tour qui porte son nom, au coeur du quartier d'affaires de la cité financière. 

"Occupy Hong Kong", comme les autres collectifs dans le monde inspiré du mouvement américain "Occupy Wall Street", milite contre "le pouvoir du capitalisme, de l'argent et des banques". La plupart de leurs camps à travers le monde ont déjà été levés. 

Par
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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 21:25

 

 

La bicyclette anti-nucléaire en question …


Peut-on éviter une réaction en chaine par la seule force de sa bicyclette ?

Est-il possible de faire changer de braquet à notre nouveau Président socialiste ?

L'écologie peut-elle être remise en selle à la seule force du mollet ?

Faut-il en connaître un rayon pour s'opposer à l'énergie nucléaire ?

L'indignation peut-elle s'autoriser la roue libre ?

 

Pourquoi les cadres EDF ne veulent-ils pas recevoir leurs homologues cyclistes ?

Peut-on obtenir que l'état appuie sur la pédale de frein pour le nucléaire ?

Le cycle des déchets nucléaires peut-il changer de vitesse ?

La Caravane à vélo n'est-elle pas une pauvre béquille sur une jambe de bois ?

Un vélo ayant une roue voilée exprime-t-il également une opinion religieuse ?

 

Faire le Tour de France des centrales nucléaires, est-ce une vraie épreuve ?

Mais que mettent nos indignés dans leurs étranges bidons ?

Que faire des déchets de nos joyeux cyclistes ?

Quel est le coût carbone d'un vélo en titane ?

Ces cyclistes se trompent-ils quand ils tirent sur leur sonnette d'alarme ?

 

Quelles barres nos cyclistes prennent-ils chaque matin pour se donner un peu d'énergie ?

Un capitaine de pédalo peut-il s'intéresser au message de détresse de quelques cyclistes ?

Des fuites radioactives peuvent-elles venir d'un pneu crevé ?

Peut-on manifester son indignation les mains en haut du guidon ?

Un tour de roue facilite-t-il le tour de vis sur nos consommations énergétiques ?

 

Faudra-t-il envoyer un pneumatique au président d'Aréva ?

Nos indignés à vélo découvriront-ils le maillon faible du cycle nucléaire ?

Le catadioptre prémunit-il de la catastrophe nucléaire ?

Le tricycle est-il l'avenir des régions contaminées ?

Quel usage nos cyclistes indignés comptent-ils faire de leurs potences ?

 

Les cyclistes espèrent-il une production d'énergie à la carte ?

L'écologie veut-elle avoir pignon sur rue à l'instar du nucléaire qui a pignon sur champ ?

Ne vaut-il pas mieux traîner des sacoches que des casseroles ?

Les dynamos font-elles une concurrence déloyale et sauvage à EDF ?

Des cyclistes de Fukushima se sont-ils échappés ?

 

N'est-il pas préférable d'être vélo actif que radio passif ?

Faut-il servir le débat national relatif à l'énergie nucléaire sur un double plateau ?

Pourquoi les nucléaristes sont-ils sur les dents à propos de nos gentils cyclistes ?

Pourquoi les socialistes se sont-ils braqués sur le refus du moratoire ?

 

L'écologie peut-elle enfin faire une percée dans ce pays avant que l'on crève tous ?

Si l'électricité est statique, peut-on affirmer que les indignés ont une énergie dynamique ?

Les cyclistes sont-ils sur une ligne idéologique à haute tension pour leurs opposants ?

Un cycliste est-il une pile anatomique à lui tout seul ?

La roue finira-t-elle par tourner ?

 

Peut-on affirmer que les centrales roulent à tombeaux ouverts ?

Avons-nous assez de force pour remonter la pente avec nos petits vélos ?

Peut-on continuer d'enchaîner nos roues libres ?

Le débat, tout comme nos vélos, est-il condamné à être cadenassé ?

Doit-on rester dans l'aspiration du souffle nucléaire ?

 

Roulement vôtre.

Sinon des vidéos: 

http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=26974
http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=26975
http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=26972

DIMANCHE 12 AOUT : arrivée à Muzillac

 

lundi 13 aout : arrivée à Guérande, après passage sur le site des anciennes mines d’extraction d’uranium

 

mardi 14 aout : arrivée au CARNET, lieu d’une opposition victorieuse à l’implantation d’une centrale nucléaire (1982-1997)

 

mercredi 15 aout : arrivée au PELLERIN, lieu d’une opposition victorieuse à l’implantation d’une centrale nucléaire (1976-1981)

 


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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 14:00

 

Marianne - Lundi 13 Août 2012 à 15:48

Anne Marie Le Pourhiet

 

C’est osé ! Telle est la réaction qu’inspire la décision rendue le 9 août par le Conseil constitutionnel concernant le Traité sur la
stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire, dit «pacte budgétaire». Anne Marie Le Pourhiet, professeur de droit public, estime l'appréciation des juges constitutionnels «astucieuse et audacieuse».

 

(Le Conseil constitutionnel, à Paris - DR)
(Le Conseil constitutionnel, à Paris - DR)

Contrairement à ce qu’ont indiqué certains commentaires trop rapides et superficiels, le Conseil constitutionnel n’a pas du tout «validé» le traité (ce n’est pas son rôle en la matière), mais n’a pas non plus indiqué que sa ratification ne nécessitait aucune révision constitutionnelle. 

Il a seulement interprété le pacte budgétaire comme offrant aux États une alternative dont une branche, contraignante pour les finances publiques, nécessiterait une révision constitutionnelle, tandis que l’autre branche, non contraignante, n’impliquerait pas de révision. C’est ce que l’on appelle, dans le jargon des juristes, une « interprétation neutralisante ». Mais, en l’espèce, son raffinement quelque peu pervers se discute et il n’est pas certain du tout que l’interprète officiel des traités européens que constitue la Cour de justice de l’Union européenne se laisse séduire par cette duplicité.

Le Conseil constitutionnel juge donc que si le gouvernement français retient la première option hard il faudra réviser la Constitution française, mais que s’il retient, en revanche, la seconde version soft ce ne sera pas nécessaire. Le traité nous laisserait donc, en quelque sorte, le choix entre Docteur Jekyll et Mr Hyde.

absence de garantie véritable

Cette décision est à la fois astucieuse et audacieuse. Le Conseil y exploite habilement une ambiguïté rédactionnelle du traité mais le résultat reste d’une logique douteuse et l’interprétation de la Constitution elle-même est légèrement forcée. Quant à la stratégie poursuivie par le Conseil, elle paraît, en revanche, fort claire : il s’agit évidemment de faciliter une ratification rapide d’un traité signé par Nicolas Sarkozy et confirmé à la virgule près par François Hollande.
Pour tenter de ménager tous les systèmes constitutionnels et juridiques en vigueur dans l’Union, la disposition phare du pacte budgétaire dite « règle d’or » concernant  l’équilibre des finances publiques a été rédigée de façon ambigüe dans l’article 3 qui stipule qu’elle prend effet «au moyen de dispositions contraignantes et permanentes, de préférence constitutionnelles, ou dont le plein respect et la stricte observance (…) sont garantis de quelque autre façon».

Il faut convenir que cet énoncé n’est pas clair du tout et laisse entendre que les États pourraient adopter soit des normes contraignantes constitutionnelles ou en tous cas hiérarchiquement supérieures aux lois de finances, soit d’autres mesures qui ne seraient donc pas contraignantes mais dont le traité exige cependant que le plein respect et la stricte observance soient garantis.

Le byzantinisme au service d’une stratégie politique

Or, on voit mal comment l’on pourrait garantir le «plein respect» et la «stricte observance» d’une règle autrement que par des dispositions contraignantes placées au-dessus des budgets qu’elles ont pour vocation d’encadrer. Une circulaire comme celle du 4 juin 2010 relative à l’édiction de mesures fiscales ou encore une loi de programmation des finances publiques peuvent se révéler efficaces pour améliorer l’équilibre budgétaire mais ne peuvent sûrement pas le garantir pleinement et strictement. En l’absence de contrainte, donc de sanction, il ne peut y avoir de garantie véritable.

Or, précisément, toute la stratégie du Conseil constitutionnel a consisté à jouer sur l’alternative apparemment ainsi offerte par le traité. Il explique que si la France prend l’option de la norme constitutionnelle ou organique directe et contraignante il faudra évidemment une révision constitutionnelle, mais que si elle choisit d’adopter un système non contraignant, il ne sera alors pas nécessaire de réviser.

Le problème est que l’on ne voit pas du tout à quoi peut ressembler ce mécanisme non contraignant et que le Conseil s’abstient soigneusement d’en suggérer les contours. Curieusement cependant, alors qu’il indique dans son considérant n°22 que cette seconde option, non seulement ne suppose pas de norme contraignante mais n’implique même pas de recourir à une norme d’une autorité supérieure à celle des lois, il est quand même bien obligé de «dénicher» ensuite, dans son considérant n°24 la possibilité d’adopter une loi organique pour fonder ce simple encadrement non contraignant des
mesures budgétaires.

C’est dire qu’il finit par reconnaître au bout du compte, après l’avoir nié, la nécessité d’adopter quand même un texte normatif qui s’imposera au législateur financier. Tout cela n’est pas trés cohérent et l’on devine bien que ce byzantinisme obscur est mis au service d’une stratégie politique.

grosse Bertha germanique

A défaut de révision constitutionnelle, Il restait donc à trouver un fondement constitutionnel à l’intervention du législateur organique, car nul n’a jamais pensé que les dispositions traditionnelles des articles 34, 47 et 47-1 de la Constitution puissent à elles seules permettre d’encadrer sur le fond, fût-ce sans contrainte, les choix budgétaires des représentants de la Nation.
 
Le Conseil constitutionnel ne s’est pourtant pas embarrassé en interprétant ces dispositions constitutionnelles, initialement destinées à compléter simplement des articles de la Constitution gaullienne de 1958, comme permettant d’introduire une  règle d’or en forme de grosse Bertha germanique. 

Enfin, puisque le Conseil suggère ainsi au gouvernement une solution prétendument soft n’impliquant pas d’adopter de nouvelles normes constitutionnelles financières, il ne lui restait plus qu’à constater, dans le bouquet final, qu’un si délicat et inoffensif traité ne saurait compromettre non plus les conditions essentielles d’exercice de la souveraineté nationale. Le paradoxe est que, de l’autre côté du Rhin, la loi fondamentale allemande a dû être modifiée à la majorité des deux tiers du parlement fédéral pour permettre la ratification du même traité !

«Le pacte budgétaire est un projet allemand»

Il reste donc au Gouvernement français, s’il choisit l’option soft comme on peut s’y attendre, à préparer un projet de loi organique qui devra théoriquement s’inspirer des « conditions » définies par le Conseil constitutionnel, qui sont si peu précises et claires qu’il dispose en réalité d’une grande liberté pour réaliser notre mise au pas de l’oie budgétaire.
       
Dans une conférence-débat au parlement européen le 7 février 2012 le professeur allemand Dietrich Murswiek indiquait : «Le pacte budgétaire est un projet allemand. Le ministre des finances Schäuble et la chancelière Merkel ont eu l’ambition d’utiliser la crise de l’euro pour transformer l’union monétaire en union budgétaire complète». C’est bientôt chose faite.
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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 13:48

 

Marianne - Rédigé par Juan Sarkofrance le Lundi 13 Août 2012 à 08:20

 

Il y a quelques jours, le Figaro a publié un article assassin sur le coût des 35 heures. Au moins 22 milliards d'euros par an, expliquait l'auteur. L'argument était complété d'un constat: il faudra bien y renoncer et travailler plus.

Malheureusement, tout était faux.

 

Le Figaro ment sur les 35 heures.


Mensonge avoué...
Le titre de l'article est affirmatif, définitif, sans aucune ambiguïté:

« Les 35 heures coûtent au moins 22 milliards par an »

On cherche alors la preuve du propos, la justification de l'affirmation.
 
Puis, presque à la fin de l'article, on tombe sur cet aveu, un court paragraphe, qu'il vaut mieux citer in extenso pour éviter toute accusation de censure:

« Résultat, la France se retrouve aujourd'hui avec un chômage de masse et un coût du travail élevé (de 23 % supérieur à celui de l'Allemagne), en dépit des 22 milliards d'euros d'exonérations de charges sociales accordées chaque année aux entreprises pour «compenser» le passage de 39 heures à 35 heures sans perte de salaire. C'est le véritable boulet des 35 heures! Il représente, grosso modo, l'équivalent du budget annuel de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

La Cour des comptes elle-même a jugé que l'efficacité sur l'emploi de ces exonérations était «trop incertaine pour ne pas amener à reconsidérer leur ampleur, voire leur pérennité». Certes, la totalité de ces allégements n'est pas directement imputable aux lois Aubry. Les premières exonérations sur les bas salaires ont même été introduites par le gouvernement Balladur en 1993. Mais elles ont considérablement gonflé avec les 35 heures: passant de moins de 7 milliards d'euros en 1999 à 17 milliards cinq ans plus tard, et à plus de 22 milliards en 2010.»

Relisons ensemble: « Certes, la totalité de ces allégements n'est pas directement imputable aux lois Aubry. »
 
Et oui. L'auteur avouait son forfait à demi-mot, les 22 milliards d'euros qu'il nous jetait en titre n'étaient pas totalement imputable aux trente-cinq heures.
 
... 9 milliards de trop
D'ailleurs, l'ancien gouvernement avait déjà livré une estimation très précise des différentes exonérations de charges sociales dont bénéficient les entreprises. En juin 2011, répondant à la question d'un sénateur, voici que Xavier Bertrand fournit un tableau très exhaustif sur les exonérations de charges sociales. Un tableau que la journaliste auteur de l'article aurait pu consulté.
 

 
 
 
Qu'apprend-t-on ?

1. En 2003, François Fillon, alors ministre du travail, fusionne tous les dispositifs d'exonération de charges, en unifiant les barèmes - ceux concernant les bas salaires et ceux instaurés en 1998 liés à la réduction du temps de travail (allégements « Robien », puis « Aubry »).
 
2. Les 22 milliards d'euros concernent bien toutes les exonérations et pas seulement ceux relatifs à la RTT.
 
3. En 2002, dernière année où les exonérations 35 heures étaient encore comptabilisées séparément, les aides Aubry (« I » puis « II ») représentaient un montant total de ... 10,4 milliards d'euros. Le Figaro se/nous trompait de près de 50% !
 
4. Pour compléter sa présentation, le ministre d'alors faisait préciser que les conclusions des rapports du Conseil d'orientation pour l'emploi et de la Cour des comptes « tendent à la reconnaissance de l'impact positif de la politique d'allégements de cotisations sociales sur l'emploi », et d'ajouter que « leur suppression totale aujourd'hui conduirait à détruire environ 800 000 emplois en l'espace de quelques années, sauf à revenir sur les fortes augmentations du SMIC horaire décidées et votées du fait de la RTT. » Quel paradoxe ! Supprimer ces fameux 22 milliards d'euros d'exonérations de charges - dont une partie couvrent la neutralisation du passage de 39 à 35 heures - coûterait 800.000 emplois ! Arroseur arrosé ?
 
Le retour de Sophie Roquelle ?
L'article, publié par le Figaro, est signé par Sophie Roquelle, rédactrice en chef au Figaro.
 
Ce nom ne vous dit peut-être rien.
 
En juin 2011, elle s'était fendu d'une longue enquête pour le Figaro magazine sur « la France des assistés ». Elle rebondissait sur les salves de Laurent Wauquiez contre le « cancer de l'assistant ». Son article avait débuté par un paragraphe fameux : « On les surnomme parfois «les canapés». Dans le milieu de l'insertion professionnelle, on connaît bien ces demandeurs d'emploi qui ne demandent plus grand-chose, sinon de rester chez eux devant la télévision. Le travail n'est plus qu'un vieux souvenir. Leur univers se résume à un gros sofa face à un immense écran plat qui ronronne en permanence pour meubler la solitude. » Rapidement, une belle fraction du Net s'indigna, jusqu'à cette interrogation de Daniel Schneidermann, d'Arrêt sur Images, dans un  article également publié par Rue89 :
 
« Peut-on écrire sur les « assistés » et être marié au n°2 de GDF ? »
 
Peut-on écrire sans vérifier ses chiffres dans la rubrique économique du Figaro ?

 

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 13:35

 

Rue89 - Publié le 13/08/2012 à 14h39

  Aurélie Champagne - Journaliste

 


Philippe sort de la rue (Aurélie Champagne, Olivier Volpi)

Aujourd’hui, il porte son trousseau de clefs noué autour du cou. Il a les cheveux courts, se rase de près, porte des habits propres et sent bon « l’eau de Cologne à la lavande achetée chez ED ».

« Normalement, je dis bien normalement, la rue, c’est fini pour moi. A 95%, je pense que c’est fini. »

« Un déclic », la pugnacité d’une assistante sociale, l’association des Petits Frères des Pauvres et une bonne part de chance ont permis son relogement.

Tout n’est pas rose pour autant. Philippe doit « faire ses preuves » et résoudre des problèmes qu’il n’avait pas forcément anticipés.

110 euros par mois pour vivre

Après trois mois d’hôtel à la semaine, il est passé à « l’hôtel social au mois avec cuisine », où il vit actuellement. Sa chambre de 14 m2 coûte 610 euros au mois. Il touche 310 euros d’Aide pour le logement (APL) et 410 euros de RSA.

« Une fois le loyer payé, il me reste une centaine d’euros. Avec ça, tu vis pas. C’est nouille, riz et pas de folie. »

La CMU couvre gratuitement ses frais médicaux et sa carte « Transports solidarité » lui permet de se déplacer gratuitement. Pour se nourrir, il continue à fréquenter quelques associations, dont une banque alimentaire, deux fois par mois :

« Tu paies 5 euros et tu ressors avec l’équivalent de 20 euros de produits de première nécessité. »

Quand ses vêtements lâchent, il va à l’Armée du salut, « le meilleur vestiaire de Paris ».

« Un mec à la rue vit mieux que moi »

Ironique, il constate :

« A la rigueur, un mec à la rue vit mieux que moi. Il touche un RSA socle de 460 euros. Il peut vivre. Il n’a pas de loyer. Il ne peut pas cuisiner, mais il y a des associations et des distributions de nourriture. Moi, depuis que j’ai un logement, je ne peux plus bénéficier de certaines aides. »

La question du budget décourage parfois les sans-abri en réinsertion. Pas Philippe :

« Je ne ressens pas “ l’appel de la rue ”. Ce que j’y ai vécu pendant vingt ans n’a rien à voir avec ce que je vis depuis ma domiciliation. Je ne suis pas nostalgique. »

Ce qui reste : le bordel, la haine du gaspillage

« Il m’a fallu six mois d’adaptation, pour que je me sente vraiment “ADF” [avec domicile fixe, ndlr] », résume-t-il.

Les premiers temps, à l’hôtel, une sensation de claustrophobie le poussait à laisser toutes les fenêtres ouvertes. Elle a fini par passer.

Malgré tout, Philippe « garde encore des habitudes de la rue ». Sa plus grande obsession est le gaspillage :

« Je jette rien, surtout pas la nourriture. J’utilise les vêtements à fond, je collectionne les petits morceaux de sucre, quand il y en a un qui traîne, je le ramasse. Pareil pour le pain. Je préfère encore manger un morceau de pain rassi depuis deux jours que de le jeter. »

En ce moment, il collectionne les serviettes en papier.


Philippe et son patchwork « Brico Déco » (Aurélie Champagne, Olivier Volpi)

Même si les produits ménagers et produits de toilette représentent une part importante de son budget, Philippe éprouve une certaine difficulté à ordonner son lieu de vie :

« Le bordel, ça, ça me reste de la rue. »

Des services contre un petit billet

Pour arrondir les fins de mois, il a ses petits arrangements avec une paroisse qu’il fréquente de longue date. Il assure quelques heures de présence quotidienne dans une église et effectue des petits travaux d’entretien :

« Je rends aussi des services à des paroissiens contre un petit billet. »

Pour tout le reste, Philippe a appris à changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde. De temps en temps, il s’autorise « une petite folie » : « Un traiteur chinois ou un cinéma. »

« A la rue, je le faisais jamais : tu sais que tu sens pas la rose, t’as tes bagages avec toi. Aujourd’hui, j’ai plus ces problèmes. Je rentre partout. La semaine dernière, je suis allé voir “ Batman ”. »

Philippe évite de penser aux vacances :

« J’ai pas vu la mer depuis au moins dix ans. »

Il rit :

« Si j’ai besoin de flotte, je vais à la piscine. »

La solitude, « le manque des copains »

Aujourd’hui, Philippe parle du « clan SDF » et du « clan ADF ». Socialement, il est encore dans un entre-deux pas toujours très chouette à vivre. Côté ADF, les amitiés sont inexistantes et certains regards le renvoient encore à son ancienne condition. Côté SDF, ses anciens amis de rue lui ont tourné le dos :

« Certains me disent que je m’embourgeoise. Il y a une certaine jalousie. Ils ne comprennent pas : la rue est une famille et je l’ai désertée. Souvent, je ressens le manque des copains. »

Philippe, ex-SDF, à propos de son entourage ADF et SDF.

Durée : 1’15

Ses anciens potes Paul et Daniel sont loin. Paul vivrait toujours au Maroc, « il a appelé la dernière fois pour que je l’aide avec son dossier de RSA ». Daniel serait parti le rejoindre :

« Il paraît qu’il s’est lancé dans un petit business de location de chameaux. Mais je ne sais pas le vrai du faux. Je ne les fréquente plus. »

« Peut-être que je deviens comme tout le monde »

Il reste silencieux un moment. Une pensée le taraude. Un changement s’opère en lui. Il peine à l’expliquer :

« C’est bizarre mais je l’ai remarqué : j’ai peut-être tendance à m’écarter des SDF maintenant. Bien que je l’ai été. C’est-à-dire que quand j’en vois un, je vais pas lui dire bonjour. Je m’écarte. Je crois que j’ai une autre façon de penser aujourd’hui. Je me dis : “ Ah, quand même, s’il voulait s’en sortir… ”

Pourtant, je sais d’où je viens. Je suis le premier à savoir que ce que les SDF vivent, été comme hiver, mais je crois que je ressens comme un manque d’amitié pour eux. »

Il conclut, avec une pointe d’angoisse :

« Quand tu m’as connu, j’étais SDF. Je parlais comme un SDF parce que je vivais une vie de SDF. Quelques années plus tard, je crois que je parle et que je raisonne plus comme un ADF. En fait, peut-être que je deviens comme tout le monde. »

Sa copine et Fred

Pour tromper sa solitude, il fréquente Fred, un ancien SDF comme lui, en passe de sortir de la rue :

« C’est mon frère, on rigole ensemble plus qu’on ne se parle. Il n’y a que lui. »

Dans sa vie, Philippe a aussi « une amie » :

« Je la connaissais du temps de la rue, elle savait que pour moi, il n’était pas question d’avoir une relation en étant dehors. »

Depuis, les choses ont changé. Elle lui confie ses histoires, il l’écoute et l’accueille de temps en temps dans sa chambre.

Le retour timide de la famille

En juillet dernier, Philippe a fêté son anniversaire :

« 52 ans. Je suis fier de les avoir, avec tout ce qu’il y a derrière. »

Après un long silence :

« Mon frère m’a appelé pour me le fêter… Chose qu’il n’avait pas faite depuis une bonne dizaine d’années. Depuis qu’il sait que je suis sorti de la rue et que je tiens la route, il a repris contact. Petit à petit. Pour moi, c’est une reconnaissance. »

Philippe est ému. Pour la première fois, il parle de ses filles de 22 et 26 ans :

« J’ai été un papa voyageur, c’est comme ça qu’elles disaient. »

L’une d’elle l’appelle plus souvent maintenant.

Beaucoup de choses ont changé

En un an, beaucoup de choses ont changé. « J’ai grossi », sourit-il. Il parle aussi d’une forme d’« amour propre » qu’il sent revenir :

« Avant, on me marchait sur les pieds dans le bus, je disais rien. Aujourd’hui, je gueule. C’est un détail mais il y en a plein d’autres comme ça. »

Il évoque « l’odeur de rue » dont il s’est défait et s’avoue heureux de « passer inaperçu dans la masse ».

« A la rue, ça me serait jamais venu à l’idée de m’installer en terrasse de café ou dans un restaurant pour manger comme on fait là. Je savais très bien que, du fait de mon manque d’hygiène, je ne sentais pas bon. C’est de l’exclusion dans l’exclusion, tu vois. Je m’excluais moi-même. »

Philippe, ex-SDF, à propos de ’l’odeur de la rue »

Durée : 1’

Il a cessé d’écrire de la poésie :

« A la rue, je crois que c’était un exutoire. »

Retomber à la rue, sa « plus grande peur »

Il répète :

« Je sais d’où je viens. Et j’espère que je sais où je vais. Je fais tout pour ne pas retomber : je paie mes loyers, je tiens à jour mes dossiers RSA, CMU. Je sais bien que sortir de la rue, se réinsérer, ça prend pas un mois, pas six mois, pas un an. Aujourd’hui, retomber à la rue reste ma grande peur. »


Philippe au resto L’Echappée (Aurélie Champagne, Olivier Volpi)

Niveau santé, vingt années de rue ont laissé des séquelles : les mycoses et maladies de peau sont derrière, mais « les pieds et les genoux sont abîmés, à force de marcher tout le temps et de porter des sacs. Et puis, je suis à la limite du diabète. Pendant les années de rue, on se dit que tout va bien, ça tient, mais quand on en sort, on se rend compte qu’on est pas indemne. »

 

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