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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 21:37

 

Marianne - Jeudi 2 Août 2012 à 12:00

 

Greek Crisis
Historien et ethnologue, ancien correspondant en France pour la revue grecque Nemecis, Panagiotis... En savoir plus sur cet auteur

 

Alors que les crises économique et politique secouent la crise, notre blogueur associé Panagiotis Grigoriou livre ses impressions lors d'un séjour dans le paradis des touristes, sur l'île de Syros.

 

(A Mykonos - PITAMITZ/SIPA)
(A Mykonos - PITAMITZ/SIPA)
Vue des îles, la crise s'atténue jusqu'à disparaître dans la grande bleue. C'est à la fois une illusion d'optique dont les limites se dessinent par les activités humaines, et une réalité décidément diachronique et en somme toute simple : la mer Égée en a vu d'autres, crises ou civilisations, ce qui en reviendrait pratiquement à une presque tautologie car il n'y a pas de civilisation sans crise(s).

Nos amis de l'île de Syros, capitale des Cyclades, nous ont offert l'hospitalité. Et comme l'immense majorité des Grecs de la cuvée vacancière de 2012, nous avons aussi fait appel à nos cercles familiaux et d'amis pour opérer si possible une coupure, surtout si possible. Nos amis de Syros, Aspa et Meletis ne sont pourtant plus tellement souvent sur l'île. Issus de la diaspora grecque, ils ont acheté une résidence secondaire en d'autres temps et saisons de la géopolitique du monde actuel. Ils se sont lancés en bons professionnels et en « libéral » comme on dit souvent, et ceci jusqu'à la crise. Car depuis, leur univers s'est aussi considérablement assombri. Travaillant (également) dans le secteur du tourisme ces quatre dernières saisons (en collaborateurs externes), c'est depuis l'île de Rhodes qu'ils traversent désormais l'archipel Égéen et celui de la crise par une voie devenue fatalement trop unique.

Meletis vient d'être remercié de « sa » grande hôtellerie, d'ailleurs il n'a pas été payé depuis deux mois cette année. Le couple est resté à Rhode pour peut-être dénicher une occasion ailleurs. Une amie d'enfance d'Aspa, originaire comme elle de la région de Kastoria, vient de décéder brusquement à l'âge de 55 ans, « son destin villageois l'étouffait sans doute, plus le chômage depuis 2010 » a précisé Aspa au téléphone la voix cassée. « Je n'ai pas pu me rendre à l'enterrement, depuis le chômage de Meletis je n'avais plus de quoi prendre l'avion jusqu'à Salonique, puis l'autocar ou le taxi. De toute manière... ils l'ont enterré le lendemain matin, c'est l'été, c'est la mort et c'est finalement rapide... Allez à Syros, la maison est vide, nous, nous ne pouvons pas s'y rendre, vous trouverez les clefs chez les Prindezis à Hermoupolis, à l'occasion vous arroserez un peu les plantes, ce qui en reste supposons ».

Squelettes de maisons inachevées

Les premières années de l'après-diaspora leur ont été heureuses. Aspa et son compagnon bâtissaient leur projet économique dans l'adversité, mais sereins car ils disposaient encore d'un certain capital constitué après 25 ans de travail à l'étranger et de la maison à Syros. Plus la joie et surtout l'espoir du retour aux sources tant désiré. Ils recevaient même beaucoup, leurs amis et cousins à Syros ou à Athènes car ils louaient un confortable appartement dans la capitale.

Je me souviens d'un séjour à Syros durant l'été 2008, les convives d'Aspa et de Meletis saluèrent encore un avenir supposé visible et par ce même regard, ils cherchèrent Paros en face, nous avions alors de la perspective, comme on dit. Cyclades et leur tropisme d'antan et de toujours.

Le ferry depuis le Pirée n'avait pas fait le plein de passagers, premier constat, pourtant en pleine saison touristique, « l'ex-période rouge ». Certains passagers se rendaient à Mykonos, des vacanciers européens et américains et souvent très jeunes. Les autres, les passagers grecs en partance pour Syros et Tinos, étaient bien impatients d'arriver. Il est à noter que le temps des traversées est en augmentation car la vitesse des navires est réduite pour d'économiser le carburant. Et les passagers payent la traversée vers les îles encore plus cher cette année, certains d'ailleurs en sont originaires, d'autres possèdent enfin des résidences secondaires sur place et dans la mesure du possible ils y sont attachés. Mais on constate que de nombreuses demeures d'été restent fermées, visiblement le compte n'y serait plus. Bien d'autres résidences secondaires, sont mises en vente mais sans succès non plus. Pour le reste il suffit d'ouvrir les yeux et tout est visible : Des « squelettes » des maisons inachevées, en grand nombre aussi, subissent le sel de l'Égée, la crise et ses multiples érosions. Je crois qu'à terme, pratiquement un tiers du bâti des Cyclades serait à vendre, il n'y a guère de doute. Des magasins et de tavernes sur Syros n'ont même pas ouvert pour la saison et la veille de l'emblématique 1er août à Hermoupolis il n'y a plus la grande cohue des « années normales ».

Certes, on ne peut pas dire que l'île (qui d'ailleurs est la moins touristique des Cyclades) soit vide, parfois même certaines tavernes font encore le plein, en apparence en tout cas car de toute manière la saison est dramatiquement plus courte. J'ai remarqué aussi qu'à bord du ferry, de nombreux passagers de tous âges, avaient le nez plongé dans les journaux plus systémiques que jamais.

C'est ainsi que les vacances subissent également leur mutation sociologique : de largement systématiques depuis les trente glorieuses, voilà qu'elle redeviennent strictement systémiques, regarder enfin la vie à travers le soleil et la mer n'est plus à la portée de tout le monde les Italiens se le disent aussi en ce 2012 de la plus... Grande Europe. Et pour un pays comme la Grèce, dont l'endroit le plus éloigné de la mer se situe à moins de 170 km des côtes, c'est un nouveau comble mais on s'y fait.

La Bastille ne tombera pas cet été

Il y a un an, les forces de l'ordre ramassaient les dernières tentes et sacs de couchage de la Place de la Constitution. Ensuite les « Indignés finissants » se sont retrouvés durant une courte saison à Folegandros (la Cyclade des bobos) ou sur les plages des petites Cyclades, ruminant à temps plein leur amertume ainsi que le futur... Révoltant et sûrement révolté selon toutes les prévisions depuis les plages de rêve.

Effectivement on rêvait, car durant ce temps, les lois mémorandaires aoûtiens (2011) furent votées et en cascade. Août 2012 n'échappera pas à ce destin. Nous baissons les bras, les yeux et les oreilles dans un répit à la fois précaire, rare et pour cela, d'autant plus précieux. La Bastille ne tombera pas encore cet été, même si sept Grecs sur dix n'iront pas en vacances. Mais ceux qui travaillent encore, tout comme le 1,5 million de chômeurs désirant la « rupture », ferment les yeux et les postes de télévision pour quelque jours seulement au moins. Trop c'est trop.

Seuls les « mieux placés » se payent encore le luxe de la lecture des journaux même systémiques annonçant les catastrophes à prévoir de la rentrée, fidèles à eux mêmes, à leurs patrons armateurs ou promoteurs et enfin, au dogme du choc. Car ces « mieux placés » ont justement encore quelque chose à perdre, d'ailleurs ils ne côtoient plus tellement les autres citoyens sur les lieux des vacances, c'est désormais évident. Mais ils peuvent en être toujours inquiets de quelque chose, d'après leurs dires. Hier, sur une plage de Syros, j'ai été témoin d'une discussion entre deux couples de médecins venus d'Athènes, vraisemblablement propriétaires de résidences secondaires sur l'île : « C'est évident, nous ne pourrons plus changer de voiture aussi souvent qu'avant, la mienne elle est de 2002 et elle arrive à 160.000 kilomètres, les temps nous serrons désormais serrés ». Sous un autre parasol, deux autres couples de fonctionnaires cette fois-ci, glacières à l'appui, débâtaient des licenciements prochains, devenus probables dans les administrations : « Non Takis, nous, nous ne sommes pas concernés, car nous sommes entrés dans l'administration après concours et suivant le décret 2002/567... Le pire qu'il puisse nous arriver c'est la diminution de notre salaire... Mais comme nous sommes déjà à 850 euros par mois... ».

Finalement la vie ne prend pas de vacances et la crise non plus. Sur un mur de Syros, un récent graffiti exprime « l'indignation contre l'assassin Kasidiaris » (le député de l'Aube dorée) mais mes amis bloqués sur Rhodes pour cause de demi-chômage ne l'ont certainement pas vu. Les gens de gauche (ou se pensant comme tels) et autres... amis du mur de Syros, estiment que « le gouvernement Samaras aura la vie courte car en Septembre ou au plus tard en octobre, le peuple explosera » mais Aspa et Meletis de la vieille gauche et du nouveau chômage ont décroché depuis longtemps déjà : « Nous n'écoutons plus les informations, cela fera un an en Septembre tout juste, ni journaux ni rien. Tout nous dépasse. Nous voulons retrouver du travail même moins bien payé mais néanmoins payé, puis, à la fin de la saison touristique revenir sur Syros et retrouver enfin notre maison. Il représente pour nous le retour au pays et nos dures années travaillées à l'étranger, en fin de compte qu'avons-nous fait de mal pour souffrir ainsi ? Tout devient incompréhensible... Durant votre court séjour prenez bien soin de la maison et... Pensez à nous. Bonnes vacances. »

 

Grèce: la crise érode même les Cyclades, paradis des touristes
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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 21:26

 

 

RUE89 - Tribune 02/08/2012 à 17h18
Nicolas Thierry | Conseiller en politique publique



Un puits de gaz de schiste à l’est du centre-ville de Fort Worth, en septembre 2011 (Xavier Frison/Politis)

 

Invité dans le cadre d’un programme organisé par le département d’Etat Américain, j’achève un parcours de plusieurs semaines ponctué de multiples rencontres avec industriels, ONG et administrations autour des questions énergétiques et environnementales. Ce périple m’a notamment amené en Pennsylvanie et au Texas, hauts lieux de l’exploitation des gaz de schiste.

Quelle fut ma stupéfaction en découvrant le reportage du journaliste Jean-Michel Bezat publié sur Le Monde du 26 juillet, à l’occasion de sa visite à Fort Worth, sur le territoire Texan [un reportage financé par Total sans que cela soit révélé aux lecteurs, ndlr]. Mes constatations sur le terrain m’amènent à livrer une autre version des faits.

L’équivalent de 2,4 millions de piscines olympiques d’eaux polluées

N’en déplaise aux partisans d’un optimisme béat, l’exploitation du gaz de schiste présente quelques rédhibitoires inconvénients. Commençons par le sort réservé à l’or bleu par nos amis de l’or noir. Pour effectuer une fracturation hydraulique, chaque puits nécessite 20 millions de litres d’eau mélangés à du sable et à un cocktail d’environ 500 produits chimiques.

Le spectacle est édifiant. On peut admirer au Texas des files de camion de plus de trois kilomètres de long qui attendent consciencieusement d’injecter leurs marchandises dans le sous-sol. Le processus de fracturation en lui-même dure environ cinq jours, et le puits doit être alimenté toutes les douze minutes par un nouveau camion. Au final, 80% de l’eau injectée – soit seize millions de litres de cette mixture, stagnent dans le sol, et personne n’est en capacité aujourd’hui d’indiquer le devenir de cette « potion magique ».

Bientôt, ce seront pas moins de 450 000 puits qui seront forés dans le sol des Etats-Unis. Pour évaluer le désastre, le calcul est simple : environ 7 200 milliards de litres d’eaux polluées, soit l’équivalent de 2,4 millions de piscines olympiques stagneront dans le sous-sol américain. A cela s’ajoute des risques majeurs de contamination des nappes phréatiques et des eaux de surface liées aux techniques de forage et au traitement des eaux usées.

Pire que le charbon

Autre argument fréquemment cité : le gaz de schiste serait une aubaine pour en finir avec le charbon, véritable menace pour le climat. A ce stade pourtant, rien ne le confirme. En effet, le volume de fuite de méthane inhérent à l’exploitation des gaz de schiste fait débat. Certaines études et de nombreux interlocuteurs rencontrés in situ avancent que le bilan global pourrait s’avérer équivalent voir pire que le charbon (cf. l’étude réalisée par l’Université de Cornell).

Mais bien plus encore, à cela s’ajoutent d’autres impacts sur la biodiversité et la santé. D’après les mesures effectuées par les scientifiques de The Nature Conservancy, l’impact d’un site d’exploitation détruit quatre à cinq hectares d’espaces naturels et fragmente ainsi les habitats nécessaires à la conservation de la biodiversité.

Concernant la santé des populations, on peut légitimement se poser des questions. La contre-enquête du film « Gasland », intitulée « Truthland » et financée par les compagnies gazières, se garde bien d’insister sur ce point. Les bassins de rétention des eaux usées sont très rudimentaires et laissés à l’air libre. « Quand ces retenues d’eau débordent, plus aucune végétation ne pousse et du bétail meurt », m’a confié un texan pro-gaz de schiste rencontré sur place. L’évaporation du liquide dans l’atmosphère n’est pas évaluée et ne doit par conséquent pas être sous-estimée.

En raison de l’irréversibilité des conséquences qu’ils entrainent, les choix énergétiques nous concernent tous. A quelques semaines de la conférence gouvernementale sur la transition énergétique, notre capacité à résister aux lobbys et à préserver le bien commun est plus que jamais d’actualité.

 

 

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 21:15

 

Le Monde.fr avec AFP | 02.08.2012 à 09h18 • Mis à jour le 02.08.2012 à 13h25

 
Les clients de GDF recevront des factures rétroactives de 40 euros en moyenne.

GDF Suez a annoncé, jeudi 2 août, qu'il allait facturer aux particuliers 290 millions d'euros pour compenser le gel des prix du gaz au quatrième trimestre 2011.  Le Conseil d'Etat avait en effet donné raison début juillet au groupe dirigé par Gérard Mestrallet en annulant l'arrêté de septembre 2011 pris par l'ancien gouvernement Fillon, qui avait gelé les tarifs du gaz. Il avait imposé à l'Etat de réviser rétroactivement les tarifs appliqués pour la période allant du 1er octobre 2011 au 1er janvier 2012.

Dans la perspective de la campagne présidentielle, le gouvernement Fillon avait gelé les prix du gaz naturel pour les particuliers, au nom du pouvoir d'achat et, limité leur évolution pour les autres catégories de clients, alors qu'ils auraient dû augmenter de 8,8 à 10 % pour couvrir les coûts de l'opérateur gazier historique, en vertu d'une formule de calcul officielle.

ÉTALEMENT SUR DEUX ANS

Le groupe GDF Suez a ainsi assuré dans un communiqué que ce rappel serait étalé afin d'en limiter l'impact. Il devrait se traduire par un supplément à payer d'environ 38 euros en moyenne pour les sept millions de foyers chauffés individuellement au gaz. GDF Suez a précisé qu'en accord avec l'Etat, son premier actionnaire avec 36 % du capital, il étalerait ce paiement jusqu'à juin 2014 

Du fait de cet étalement sur deux ans, le surcoût sera inférieur à "2 euros par mois sur cette période pour les ménages qui se chauffent au gaz naturel", et "pour les clients qui n'utilisent le gaz que pour la cuisson et l'eau chaude, ce complément sera d'environ 20 centimes d'euros par mois en moyenne", a ajouté le groupe.

Tandis que le gouvernement prévoit de lancer à l'automne une réforme des tarifs de l'énergie, GDF Suez a dit poursuivre ses discussions avec l'exécutif "pour mettre en place un tarif progressif et étendre le tarif social afin de protéger les ménages en difficulté". "Il reste des incertitudes mais il y a deux principes qui sont très importants pour nous et qui sont acquis", a souligné son vice-président Jean-François Cirelli, lors d'une conférence téléphonique. "Tout d'abord le tarif doit couvrir les coûts et, deuxièmement, il y aura toujours une formule [de calcul] de prix."

GDF Suez, qui présentait jeudi ses résultats pour le premier semestre 2012, a enregistré sur la période une baisse de 15 % de son bénéfice net, liée à des effets comptables, mais une amélioration de ses résultats opérationnels.

Lire : Gaz : le Parlement saisi à l'automne pour modifier le système de calcul des prix

NOUVEAU CENTRE ET FN DEMANDENT À L'ETAT D'AGIR

 Jeudi, le Front national et le Nouveau centre ont tous deux protesté contre ce rattrapge et demandé à l'Etat d'agir.
 

"L'Etat stratège doit reprendre le contrôle des tarifs publics en se libérant des règles les plus absurdes de l'Union européenne. Il doit commencer par obliger GDF Suez à renoncer à son funeste projet de surfacturation", écrit le Front national dans un communiqué dénonçant "les règles ultra-libérales de l'Union européenne".

"Ce n'est pas aux ménages de payer la facture", proteste pour sa part le secrétaire général du Nouveau centre, le député Philippe Vigier. "Le Nouveau Centre exhorte enfin le gouvernement à prendre sans délai des engagements fermes sur une pause dans la hausse des tarifs et estime qu'il est urgent de réviser la formule de fixation des tarifs du gaz pour en terminer avec l'indexation de son prix sur celui du pétrole"

 

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 21:05

 

Le Monde.fr avec AFP | 02.08.2012 à 19h31

 

Manifestation de mineurs à Langreo, au nord de l'Espagne, le lundi 18 juin.

Les mineurs de charbon espagnols, en grève depuis mai contre les coupes dans l'aide de l'Etat à leur secteur décidées par le gouvernement pour réduire le déficit public, ont mis fin à leur mouvement jeudi 2 août, tout en annonçant d'autres actions de protestation.

"Nous avons décidé de réorienter la mobilisation, c'est pourquoi les travailleurs retranchés dans les différents puits sortiront aujourd'hui [jeudi] et demain, le 3 août, les activités reprendront dans les mines", a déclaré dans un communiqué le syndicat UGT, à l'origine de la grève avec celui des Commissions ouvrières (CCOO).

En grève depuis fin mai, les mineurs espagnols ont organisé presque tous les jours des manifestations qui ont fini par déboucher sur des heurts avec la police, ainsi qu'une "marche noire" qui était arrivée le 11 juillet à Madrid après un parcours de 400 km à pied. Des mineurs s'étaient aussi retranchés dans plusieurs puits du nord de l'Espagne, dans les régions des Asturies et de Castille-Leon.

Lire : La 'marche noire' des mineurs espagnols accueillie à Madrid par de nouvelles mesures d'austérité

Dans son communiqué, l'UGT a dénoncé le manque de volonté du gouvernement de "trouver une sortie" du conflit et réclamé un "accord qui permette le maintien de l'activité minière, de ses emplois".

Le charbon espagnol est plus cher que celui importé de l'étranger. Pour être compétitif, le secteur minier, en restructuration depuis vingt ans, dépend donc des subventions de l'Etat. Face à la crise économique et financière, le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy a décidé cette année de réduire les aides de l'Etat de 301 millions d'euros à 111 millions, dans le cadre de sa politique de rigueur budgétaire.

Selon les syndicats, ces mesures condamnent les mines à la fermeture avec la perte de 8 000 emplois directs et jusqu'à 30 000 emplois indirects. Etant donné que le gouvernement dit "ne pouvoir apporter aucune solution en 2012" pour le secteur du charbon, déclare l'UGT, "un nouveau calendrier d'actions et de mobilisations" sera élaboré par les syndicats.

 

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 20:56

 

Le Monde.fr avec AFP | 02.08.2012 à 20h12 • Mis à jour le 02.08.2012 à 22h03

 
L'administration Obama juge qu'une première ristourne, accordée en 2004, n'avait pas eu l'effet escompté, et reste hostile à un cadeau fiscal pour ces entreprises si elles rapatriaient leurs capitaux aux Etats-Unis.

Apple possède plus de 81 milliards de dollars dans des comptes hors des Etats-Unis, Microsoft 54 milliards, Google 43 et Cisco 42, et ils ne savent plus quoi faire de ces trésors de guerre.

Ces entreprises essaient de convaincre les autorités à Washington d'aménager le code fiscal pour pouvoir rapatrier ces fonds sans acquitter une trop lourde facture fiscale – c'est dans l'intérêt du pays, argumentent-elles, pour investir et créer des emplois aux Etats-Unis.

1 000 MILLIARDS DE DOLLARS PARQUÉS À L'ÉTRANGER

Les entreprises de hautes technologies, qui ont de très fortes marges, ne sont pas les seules dans cette situation : certaines estimations chiffrent à plus de 1 000 milliards de dollars la trésorerie des entreprises parquée à l'étranger.

Le phénomène est particulièrement répandu dans les groupes riches en actifs intangibles. "Toute entreprise qui a de la propriété intellectuelle, que ce soit des logiciels ou un brevet de médicament, a la possibilité d'en assigner la propriété à une filiale étrangère basée dans un paradis fiscal", explique Robert McIntyre, directeur de l'organisation militante Citizens for Tax Justice. Dans le cas d'Apple, "pratiquement tout l'argent qui est à l'étranger n'a jamais été taxé par qui que ce soit", assure M. McIntyre.

 2,9 MILLIONS D'EMPLOIS EN JEU ?

L'agence de notation Moody's Investors Service estimait en juillet que 22 groupes américains du secteur des technologies gardaient 70 % de leurs liquidités à l'étranger fin mars, et que le total pourrait passer de 289 à 400 milliards de dollars dans les trois années qui viennent. Moody's relève que les sociétés sont réticentes à rapatrier ces fonds, qui pourraient être taxés à 35 % en arrivant aux Etats-Unis.

Depuis l'an dernier, le géant des logiciels Microsoft et l'équipementier télécoms Cisco, ainsi que le laboratoire Pfizer, ont lancé une campagne en faisant valoir qu'une exemption pourrait entraîner la création de 2,9 millions d'emplois aux Etats-Unis, mais ce groupe a suspendu ses efforts avec l'intensification de la campagne présidentielle, disant avoir l'intention de les reprendre après novembre.
 

"LE SYSTÈME DE L'IMPÔT SUR LES SOCIÉTÉS EST CASSÉ"

"La fiscalité actuelle dissuade fortement les sociétés américaines, qui autrement pourraient rapatrier une part substantielle de leurs liquidités", faisait valoir il y a quelques mois le directeur financier d'Apple, Peter Oppenheimer.

Mais l'administration Obama juge qu'une première ristourne, accordée en 2004, n'avait pas eu l'effet escompté, et reste hostile. Le candidat républicain à la présidentielle, Mitt Romney, propose un nouveau système "territorial", dans lequel les bénéfices seraient taxés dans les territoires où il sont réalisés, faisant valoir que le système actuel "encourage les multinationales américaines à garder indéfiniment leurs bénéfices à l'étranger".

Mais pour Seth Hanlon, du centre de réflexion de gauche Center for American Progress, ce plan reviendrait à "renforcer les encouragements à délocaliser emplois et investissements". Pour le fiscaliste Christopher Bergin, le problème c'est que "le système de l'impôt sur les sociétés est cassé". Selon lui, il est tellement plein de niches que "les grosses entreprises peuvent employer des armées d'avocats et d'experts pour réduire leurs impôts". "Apple ne fait rien de mal en tirant avantage des règles telles qu'elles sont écrites", note-t-il, "ce qui est injuste c'est le code fiscal".

 

 

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 20:47

 

Economiser du temps, de l'argent et de l'eau tout en améliorant le confort et la santé, tel est le défi auquel répond Giradora, une machine à laver portable qui fonctionne à l'huile de genou.

Son prix ? Quarante dollars. Une opportunité dans les pays les plus pauvres !

Un engin malin

Conçue par deux étudiants en design, Alex Cabunoc et Ji A You, la GiraDora permet de laver et d'essorer le linge par simple activation d'une pédale. Il suffit de remplir ce tube en plastique d'eau et de savon, de le recouvrir d'un couvercle sur lequel on s'assoie pour ensuite l'activer avec son pied.

Dans les pays en développement, le manque d'électricité et de moyens rendent cette tâche ménagère horriblement longue (jusqu'à six heure par jour, trois à cinq jours par semaine) et pénible (il faut laver chaque vêtement un à un, souvent dans une position rude pour le dos).

GiraDora machine à laver à pédale

Ici, on évite le mal de dos et de poignets et on a les mains libres pour faire autre chose ! Les vêtements sont lavés en un seul et même chargement, et cela ouvre même de nouvelles opportunités - comme la possibilité de vendre des services de blanchisserie, ou de louer la machine.

De belles perspectives

Actuellement, comme le montre la vidéo suivante, le produit est testé au Pérou.

 

 

Si les expériences se révèlent concluantes, Alex Cabunoc et Ji A You pensent que leur machine pourra être diffusée plus largement en Amérique du Sud, puis peut-être ensuite en Inde. En cinq ans, ils espèrent aider 150 000 personnes, leur objectif ultime étant d'atteindre le million d'usagers.

L'innovation a déjà remporté le Défi de l'innovation social lancé par Dell  et celui l'International Design Excellence Awards.

Enthousiasmant, non ?

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 20:41

 

Jusqu'où les Etats vont-ils pousser leur quête effrénée de ressources naturelles ? Dernière étape en date, relatée par le Guardian : l'Europe cherche à ouvrir une nouvelle frontière, en explorant les glaces encore vierges du Groenland, à la recherche de minerais – or, fer, uranium, zinc, terres rares et autres diamants.

 

Dans un monde où le prix de l'énergie flambe, poussant les pays à rechercher toujours plus loin et plus profond de nouvelles sources d'approvisionnement en hydrocarbures et minerais, les immenses ressources du sous-sol du Groenland, largement inexploitées, attirent les convoitises. Et ce, d'autant plus fortement que l'accélération de la fonte de la calotte glaciaire de la plus grande île du monde – 97 % de la surface de l’Inlandsis avait dégelé à la mi-juillet, selon les dernières données satellites – ouvre la possibilité d'accéder à ces richesses dans les décennies à venir.

Le forage d'hydrocarbures autour des côtes de l'île, longtemps impossible, en est ainsi aujourd'hui à l'étape exploratoire, mené par la plupart des grandes compagnies pétrolières, telles que Exxon Mobil, Cairn Energy, Dong Energy ou encore EnCana. L'exploitation minière, auparavant inenvisageable du fait d'une couverture de glace atteignant 150 mètres d'épaisseur, est par ailleurs étudiée. Si une seule mine d'or est actuellement exploitée, cinq autres sont sur le point d'être ouvertes, et 120 sites sont en cours d'exploration, comme le montre cette carte réalisée par le Guardian :

La province autonome du Danemark possède enfin certains des plus importants gisements du monde en terres rares, métaux stratégiques indispensables à la production de la plupart des produits de haute technologie, dont la Chine dispose d'un quasi-monopole.

L'Union européenne, du fait de ses liens privilégiés avec le Groenland, via le Danemark, s'est positionnée très vite sur ce marché. "Le Groenland est extrêmement important en termes de ressources naturelles. Nous travaillons activement avec le premier ministre de l'île sur ce point", explique Antonio Tajani, vice-président de la Commission européenne, cité par le Guardian.

Mais l'Europe n'est pas la seule en lice. La Chine, notamment, a d'ores et déjà manifesté son intérêt. Selon le Guardian, le projet d'extraction de minerais le plus avancé est mené par la London mining, une entreprise minière britannique soutenue par des compagnies chinoises. En juin, le président chinois Hu Jintao a par ailleurs mené une visite au Danemark, analysée par les experts comme le signe de visées de Pékin sur les minerais du Groenland. Et d'autres pays, comme les Etats-Unis, le Canada ou la Russie, sont aussi intéressés.

Depuis le référendum de 2009, qui a vu la population se prononcer massivement en faveur d’une plus grande autonomie, l’attribution des licences d'exploration et d'exploitation des ressources naturelles est aux mains des Groenlandais. L'île, qui ne compte que 57 000 habitants, y voit une opportunité pour mettre un terme à sa dépendance économique vis-à-vis du Danemark – qui lui verse chaque année près de 700 millions de dollars. "Le gouvernement aimerait disposer d'une autre source de revenu car actuellement il y a juste la pêche, et un peu de tourisme", indique Henrik Stendal, du département d'extraction minière du gouvernement, interrogé par le Guardian.

Cette ruée vers les ressources groenlandaises inquiète les ONG. "Les conséquences pour l'environnement pourraient être très importantes : les températures glaciales et les conditions climatiques extrêmes constituent de sérieux obstacles aux interventions de dépollution", prévient Jon Burgwald, expert de l'Arctique pour Greenpeace, qui a lancé fin juin une campagne pour la protection de l'Arctique et contre le début des forages de Shell dans cette zone.

Mikkel Myrup, président du groupe de défense de l'environnement du Groenland Akavaq, estime quant à lui que le traitement des déchets des mines serait une préoccupation majeure, ainsi que la manipulation des produits chimiques toxiques utilisés par l'exploitation minière : "L'exploitation minière ne présente pas les mêmes risques que le forage pétrolier, mais elle peut néanmoins s'avérer dangereuse pour l'environnement. C'est un vrai souci, d'autant que nous ne pensons pas que le gouvernement groenlandais sera en mesure de réglementer cette activité de manière suffisante face au poids et à l'influence des multinationales."

Audrey Garric

Suivez mon blog sur Facebook et sur Twitter : @audreygarric.

Photo : Michael Kappeler/AFP/Getty Images

 

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 15:57

 

 

Le 4 septembre se tiendra une réunion du collectif national large ( tous les CAC de France ) pour mettre en place un campagne-éclair pendant le mois de septembre (et octobre?) contre la ratification du Pacte budgétaire.

 

De nombreux intervenants + des supports seront disponibles pour les collectifs qui souhaitent organiser des réunions publiques en septembre et interpeller leurs élus.

 

 N'hésitez pas à mettre d'ores et déjà des réunions publiques à l'agenda ! En + de ça seront prévues probablement une pétition, une action au moment ou en amont du vote...

 

 

                                                                                    ******************************

 

 

http://dessousdebruxelles.ellynn.fr/spip.php?article181

Huit bonnes raisons de rejeter le Pacte budgétaire


 

« Le poids de la dette est devenu écrasant. L’État verse ainsi près de 50 milliards d’euros par an à ses créanciers. Cette somme représente la première dépense, juste devant le budget de l’Éducation nationale ; elle est supérieure aux budgets de la recherche, de la justice et de la sécurité réunis. C’est inacceptable ! La dette, c’est moins d’écoles, moins de crèches, moins d’hôpitaux, moins de transports publics… [1] » Jean-Marc Ayrault évoquait en ces termes la question de la dette publique dans son discours de politique générale.

Un constat est sans appel ; pourtant le Premier ministre ne répond pas à des questions essentielles : d’où vient cette dette ? Comment éviter l’austérité, et la destruction de l’Etat social ? Au contraire, il prend ce « poids écrasant » comme une donnée indiscutable. Pour y remédier, il reprend l’objectif affiché par François Hollande, une réduction à marche forcée du déficit public, visant 3% du PIB dès 2013 et le déficit « zéro » en 2017. Ce n’est pas un hasard : le déficit « zéro » est l’objectif n°1 du Pacte budgétaire, le nouveau traité européen négocié par Sarkozy et Merkel pour imposer l’austérité en Europe.

27 juillet

Huit bonnes raisons de rejeter le Pacte budgétaire

 

Malgré la volonté affichée par François Hollande, lors de la campagne présidentielle, de rompre avec cette logique mortifère, le nouveau président a finalement accepté de ratifier le Pacte à l’issue du sommet européen du 28 et 29 juin. Il aurait en échange obtenu des mesures de croissance qu’il juge satisfaisantes. Suffiront-elles à contrebalancer le dangereux potentiel austéritaire du nouveau traité ? Rien n’est moins sûr...

Revenons tout d’abord sur le contenu du Pacte budgétaire. Grosso modo, le Pacte parachève le mécanisme de tutelle économique des Etats, la « gouvernance économique » européenne : les choix budgétaires discutés dans les Parlements nationaux seront contrôlés en amont, et possiblement sanctionnés par des instances d’« experts » non élus. Les Etats devront chaque année atteindre des objectifs, au risque d’encourir des pénalités quasi-automatiques, d’un montant considérable. Enfin, ils devront se soumettre à la fameuse « règle d’or ».

La règle d’or stipule que l’Etat ne doit pas dépenser plus que ce qu’il ne gagne. Plus précisément : le déficit entre les dépenses et les recettes de l’Etat ne doit pas dépasser 0,5% du PIB, hors fluctuations exceptionnelles. Elle incarne la vision de la BCE, le FMI, la Commission européenne, selon laquelle le déficit public et l’incurie des Etats seraient à la source de la crise de la dette. D’années en années, les Etats auraient vécu « au-dessus de leurs moyens » et emprunté pour dépenser plus, en faisant payer moins d’impôts. Il n’y aurait donc pas le choix : il faudrait d’urgence fermer le robinet de la dette et réduire les déficits.

Pour cela, au moins deux options sont sur la table : augmenter les recettes, ou réduire les dépenses. Mais en fait, c’est surtout la deuxième qui est mise en avant par les institutions et dans les textes européens, et bien sûr, dans le Pacte budgétaire.

 

1 - L’Etat social découpé à la hache

Voilà qui faisait déjà rêver les néolibéraux avant la crise… La crise de la dette a apporté des arguments aux libéraux pour en finir avec l’Etat social (les dépenses publiques, sont à plus des trois quarts des dépenses sociales, santé et protection sociale, éducation, retraites…). Le Pacte budgétaire s’inscrit ainsi dans la lignée des plans d’austérité menés dans toute l’Europe, qui se ressemblent tous, avec des coupes prévues :

- dans la fonction publique (suppressions de postes, gel ou réduction des salaires) ;
- la protection sociale (retraites, assurance maladie, chômage…) ;
- les services publics (notamment via la baisse des transferts aux collectivités locales) [2].

Bien sûr, ces mesures sont fondamentalement injustes, car elles touchent en priorité les populations les plus précaires, les femmes, les jeunes, mais aussi les classes populaires ainsi que les classes moyennes. Ce sont eux qui sont mis à contribution pour payer la crise.

Mais elles sont aussi absurdes économiquement. En effet, elles créent un cercle destructeur : la baisse des revenus (pertes d’allocations, hausse des prix dans les services publics) contribue à diminuer la consommation, puis l’activité. Elle accentue la récession qui va davantage peser sur les comptes publics – avec pour conséquence une augmentation du déficit public que ces mesures étaient censées résoudre. La règle de plomb de l’austérité ne freine pas l’endettement… elle l’accélère ! Elle a déjà laminé l’économie grecque, portugaise, britannique…

 

2 - Augmenter les impôts… sans taxer les riches !

On l’a dit, pour résorber le déficit, les gouvernements disposent d’une autre option : l’augmentation des impôts. Une solution qui a d’emblée très mauvaise réputation dans les cercles dirigeants. En fait les « économistes à gages » expliquent qu’il est possible d’augmenter les impôts... à condition de ne pas taxer les riches.

Taxer les riches et les grandes entreprises serait contre-productif : cela aurait pour conséquence d’affaiblir les entreprises et de diminuer l’investissement des hauts revenus dans l’économie. Voire, de les faire fuir… Cela affaiblirait l’économie, et diminuerait finalement le rendement de l’impôt et les recettes fiscales de l’Etat. D’où le célèbre adage : « trop d’impôt tue l’impôt [3] ».

Ils préconisent donc plutôt des mesures compatibles avec la « compétitivité », avec la « croissance » : des taxes sur la consommation, sur l’essence, la TVA… qui affectent davantage les classes moyennes et populaires. Et surtout, la privatisation des services et vente des biens publics, le détricotage du droit du travail pour faciliter la baisse des salaires.

En dernier lieu, le salut des finances publiques passerait donc par la compétitivité commerciale... et par la stimulation à tout prix de l’activité et des investissements privés

 

3 - Une compétition mortifère dans la zone euro

Cette recherche effrénée de compétitivité participe elle-aussi du cercle destructeur de l’austérité. L’Allemagne, depuis les années 2000, a tout particulièrement appliqué l’agenda néolibéral, ce qui a permis l’explosion des excédents commerciaux allemands. Mais si l’Allemagne exporte (principalement dans la zone euro), c’est que ses partenaires importent, ce qui provoque des déficits commerciaux. Ceux-ci n’ont d’autre choix que de s’endetter… ou de s’imposer eux-mêmes une « dévaluation interne » par une baisse massive des salaires et des budgets sociaux.

C’est précisément cet agenda qui est imposé aux pays surendettés : ils doivent non seulement tailler dans leurs dépenses, mais casser les droits sociaux pour devenir « compétitif ». Le Mécanisme européen de stabilité (MES) a ainsi été bâti comme un FMI européen, pour financer un soutien financier aux pays surendettés, avec en contrepartie une cure néolibérale complète.

Mais cette politique s’avère un échec total. D’une part, les mesures d’austérité ruinent les populations des pays surendettés : difficile, dès lors, d’y exporter des marchandises – si « compétitives » soient-elles. En même temps, la demande interne allemande a été durablement affaiblie par la stagnation des salaires. Le résultat, c’est que l’industrie allemande a de moins en moins de débouchés... et l’Allemagne risque fort elle-même d’entrer en récession en 2012 (sans parler de la perte annoncée de son triple A [4]).

 

4 - Haro sur le déficit public

Au-delà même de la question de la question des recettes et des dépenses publiques, c’est l’objectif même de la règle d’or – la réduction du déficit – qui doit être remis en cause.

D’une manière générale, les déficits et l’endettement publics sont légitimes : l’Etat peut ainsi étaler dans le temps les efforts budgétaires (comme le font ménages et entreprises) pour des investissements d’avenir qui bénéficieront aussi aux générations futures. Aujourd’hui, il est plus que jamais nécessaire d’investir pour la transition écologique et sociale de l’économie, et l’Etat ne peut le faire sur la base de ses recettes courantes (les impôts).

Ceci est d’autant plus nécessaire dans un contexte de crise… Depuis la crise de 1929, on sait qu’en période de crise, l’Etat doit se donner les moyens d’intervenir dans l’économie, d’investir et donc de créer des déficits. L’Etat est le seul acteur susceptible de relancer l’activité économique à un moment où les entreprises diminuent leurs investissements et où la consommation chute.

La règle d’or est donc l’incarnation du politique économique idéologique qui vise à soustraire à l’Etat toute marge de manœuvre pour intervenir dans l’économie, et à laisser au secteur privé l’initiative. Mais cette posture idéologique est dangereuse. Couplées aux coupes budgétaires, elle rend inéluctable le cercle vicieux de l’austérité : austérité, récession, déficits, dette, austérité… avec des conséquences politiques imprévisibles en Europe.

Face aux dogmes néolibéraux incarnés par la règle d’or, il existe des alternatives : taxation des hauts revenus, investissements publics, monétisation des déficits…

 

5 - Menaces contre la démocratie

Le Pacte budgétaire n’est pas seulement lourd de menaces sur le plan économique et social. Jürgen Habermas, philosophe allemand qui avait pourtant soutenu le Traité Constitutionnel Européen, estime désormais que les réformes prises dans le cadre du nouveau traité européen ouvrent une période de « domination post-démocratique [5] ».

Le Pacte budgétaire entérine en effet un certain nombre de procédures discutées à l’échelle européenne qui visent à contrôler les décisions budgétaires des Etats.

Ainsi, le « Semestre européen » impose aux gouvernements de soumettre leur proposition de budget à la Commission et au Conseil avant même qu’il soit discuté par les parlements nationaux. Le budget doit donner la priorité au désendettement et à la réduction des déficits, et doit s’attaquer aux « déséquilibres » identifiés par la Commission… comme par exemple, un manque de « compétitivité ».

Dans le cas où un gouvernement proposerait un budget considéré comme trop « laxiste » quant au désendettement et à la réduction de son déficit, des sanctions peuvent être prises contre lui. Le Pacte budgétaire stipule que seule une majorité au Conseil européen (très difficile à obtenir) peut s’y opposer. Les sanctions, jusqu’à 0,1% du PIB (2 milliards d’€ pour la France), sont donc quasi-automatiques. Pis encore : le pays « accusé » n’aura pas le droit de participer au vote ! [6]

 

6 - L’austérité à perpétuité

Le Pacte budgétaire prévoit que la règle d’or ne puisse être remise en cause. Comme l’indiquait Angela Merkel : « La règle d’or va être contraignante et s’appliquer de manière permanente. Les règles ne doivent en aucun cas pouvoir être changées par une nouvelle majorité parlementaire [7] ».

Il faudra adopter des « dispositions à caractère contraignant, de préférence constitutionnelles, ou bien avec la garantie d’une application et d’une adhésion totale lors du processus d’adoption du budget [8] ». Et cela sans aucune limite temporelle : c’est donc bien l’austérité à perpétuité que garantit le nouveau traité.

Les textes de mise en œuvre de la règle d’or prévoient ainsi que des instances « indépendantes » composées d’« experts » doivent être mises en place au niveau national afin de contrôler l’application par les gouvernements de la discipline budgétaire.

Par ailleurs, si un État membre considère qu’un autre État membre n’a pas adopté de législation suffisamment contraignante, il peut porter plainte auprès de la Cour de justice européenne, qui pourra imposer des amendes considérables (de l’ordre de 0,1% du PIB).

La règle d’or sera donc une « règle permanente, quasi constitutionnelle, mais en-dehors de la constitution ». Pourquoi un montage institutionnel aussi complexe ? En fait la réponse est simple : dans certains pays, une modification de la Constitution nécessite un référendum. Consulter le peuple, c’est un scénario à éviter à tout prix pour les promoteurs du Pacte budgétaire...

 

7 - La supercherie du Pacte de croissance

Malgré les efforts des promoteurs du Pacte budgétaire pour circonscrire le débat sur son adoption, plusieurs échéances se sont présentées où le choix de l’austérité généralisée a été posé dans le débat public : le référendum en Irlande, les élections législatives en Grèce et… les élections présidentielles en France.

Le 6 mai 2012, le soir de sa victoire, François Hollande annonçait que son élection à la présidence de la République était pour l’Europe un espoir, celui « qu’enfin l’austérité pouvait ne plus être une fatalité [9] ». Il appelait à une « réorientation de l’Europe » conformément à sa promesse de campagne de renégocier le nouveau traité européen, le Pacte budgétaire. Pourtant, à peine deux mois plus tard, à l’issue du Sommet européen des 28 et 29 juin, il annonçait que la « ratification rapide » du Pacte budgétaire, tel que négocié par Nicolas Sarkozy, serait programmée par le nouveau gouvernement.

Pour justifier ce revirement brutal, François Hollande a mis en avant des mesures censées stimuler la croissance en Europe : 60 milliards issus de fonds dont la mise en œuvre était déjà votée et programmée pour 2012-2013, et 60 milliards de prêts, par la Banque européenne d’investissements pour stimuler l’investissement privé.

Ces mesures ponctuelles – à l’échelle de l’Europe – sont à comparer avec les économies budgétaires programmées en France dans le cadre de l’application des mesures d’une sévérité sans précédent prévues par le Pacte budgétaire : plus de 60 milliards d’euros rien que pour la France d’ici à 2017. Elles sont à comparer avec les promesses de François Hollande lors de la campagne présidentielle. Il annonçait alors que la France ne ratifierait le Pacte budgétaire qu’à condition d’obtenir satisfactions sur trois points clés :

- La mise en place d’euro-obligations, pour que les pays de la zone euro les plus fragiles puissent emprunter à des taux non prohibitifs ;
- La réforme de la Banque centrale européenne, pour donner aux États la possibilité de se financer en dehors des marchés ;
- Des mesures de relance de la croissance en Europe.

François Hollande n’aura donc pas obtenu satisfaction sur les deux premiers points. Sur le troisième aspect – contrairement aux annonces du gouvernement qui relèvent d’un pur marketing politique – les mesures obtenues sont dérisoires, comparées au condensé d’austérité que représente le Pacte budgétaire. En toute intégrité, conformément à ses promesses, François Hollande aurait dû refuser de ratifier le Pacte budgétaire.

 

8 - Les alternatives à l’austérité existent !

Le Pacte budgétaire ne va pas sauver l’Europe, au contraire : il va l’enfoncer davantage dans la crise économique, sociale, écologique. Il va approfondir l’austérité généralisée, en forçant les gouvernements à respecter un programme économique absurde qui mène à la récession. Il représente un danger pour la démocratie, en imposant des mécanismes technocratiques de surveillance et de sanction des budgets nationaux.

La « renégociation » annoncée par François Hollande n’a pas eu lieu : le Pacte budgétaire va être ratifié tel que négocié par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Quant au Pacte pour la croissance, il est largement insuffisant : ses mesures ponctuelles ne permettront pas d’enrayer le cercle vicieux de l’austérité en Europe.

Le gouvernement socialiste s’apprête, sans contrepartie consistante, à ratifier le Pacte budgétaire par voie parlementaire, au mépris des promesses de François Hollande. Face à la menace de reculs démocratiques, sociaux, écologiques sans précédents, rappelons que des alternatives crédibles à l’austérité existent : intervention directe de la BCE, audits et restructuration de la dette, fiscalité progressive, réforme du système bancaire et financier...

Le rejet du Pacte budgétaire serait un premier pas dans le sens d’un changement radical... aujourd’hui plus que jamais nécessaire.

Frédéric Lemaire

[1] Discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault, 02/07/2012

[2] Voir la petite revue 2011 des plans d’austérité, par les Dessous de bruxelles

[3] A lire, cette analyse intéressante parue sur le site des Echos : http://lecercle.lesechos.fr/economi...

[4] Le triple A de l’Allemagne menacé par Moody’s, Challenges (24 juillet 2012) http://www.challenges.fr/europe/201...

[5] Jürgen Habermas : La démocratie en jeu, Le Monde, 27 octobre 2011 : http://www.presseurop.eu/fr/content...

[6] Lire L’austérité à marche forcée... 10 choses que vous devez savoir sur le Pacte budgétaire par les DDB : http://ellynn.fr/dessousdebruxelles...

[7] The Guardian, 30 janvier 2012, http://www.guardian.co.uk/business/...

[8] Pour les courageux... ou pas : le texte du TSCG http://www.senat.fr/fileadmin/Fichi...

[9] Discours de François Hollande, 06/05/12

 

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 15:47

 

https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=B7hyLitDSUw

 

Publiée le 25 juil. 2012 par BusinessBourse BB

 

 

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 15:14

 

http://indigne-e-s.net/2012/08/coordination-nationale-des-indignes/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=coordination-nationale-des-indignes

 

Coordination nationale des Indignés

Coordination nationale des Indignés

Marseille, 14-15 Juillet 2012 07-21

 

14 JUILLET

 

ASSEMBLEE D’OUVERTURE (APRES-MIDI)

 

Facilitateur : Amba (Marseille) 

Prise de notes : Sophie (Paris) et Mathieu (Brest)

 

Informations sur les mouvements dans les villes 

  •  À Poitiers le mouvement ne se nomme pas indignés mais « démocratie réelle maintenant », et son positionnement est clairement anticapitaliste. L’assemblée a mené diverses actions dont certaines ont conduit à la création d’un DAL. Seb de Poitiers signale qu’il a participé aux marches espagnoles en 2011.
  •  À Marseille, il y a deux assemblées, une sur le Cours Julien pour toute la ville, et une assemblée du quartier Belle de Mai. À la Belle de Mai, ils ont organisé une fête de quartier qui a été une réussite. Aurélien de Marseille se présente comme faisant partie du mouvement de lutte contre le chômage, Kamel a milité chez les motivés, Jean-Jo est un ancien travailleur du BTP maintenant au chômage et qui a aussi été SDF, Odile fait partie d’un collectif de solidarité avec les Roms, Amba est chef d’entreprise et conçoit des sites Internet…
  •  À Nîmes, le mouvement a commencé le 26 mai, il y a eu des assemblées journalières jusqu’au 21/10, puis 3 hebdomadaires, et tous les mercredis depuis juillet. Essoufflement actuellement.  
  •  À Paris, des AG continuent d’avoir lieu tous les dimanches bien qu’elles rassemblent en ce moment peu de personnes  (15-20 personnes), c’est un peu la « pause estivale ». Le 12 mai, à la journée mondiale d’action, plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées. Il y a aussi eu la manifestation du 21 avril. Il y a actuellement des groupes de travail actifs sur : – la dette ; – la constituante; – et le travail/la précarité. En projet à la rentrée : journée mondiale d’action le 13 octobre, et manifestation le 1er décembre contre la précarité et pour les droits des travailleurs, en lien avec des organisations de chômeurs et divers collectifs. L’assemblée de Paris a voté le 11 novembre cette conception de la démocratie : « Dans une vraie démocratie, tous les mandats sont impératifs et révocables, il n’y a donc pas de représentant ». L’AG des Indignés de Paris propose à la coordination que cette idée soit soumise au consensus des différentes assemblées. De Paris, Fahima se présente comme militante des quartiers populaires, Jean-Jacques comme éditeur et militant par le théâtre de l’opprimé et pour l’esperanto. 
  •  À Clermont-Ferrand, les Indignés s’installent dans la durée, ils vont créer une AMAP, un jeu éducatif autour de la dette, ils sont à la recherche d’un local, et organisent des ateliers “langues de bois”. Il y a eu récemment un rassemblement d’une vingtaine de personnes, constituant le noyau dur du mouvement à Clermont-Ferrand, et qui sont très motivées. Afin de mener leurs actions à bout, ils ont pris l’habitude de dialoguer avec les pouvoirs publics et les forces de l’ordre. Romane de Clermont Ferrand participe aussi aux Anonymous. 

 

Les indignations exprimées 

- les violences du système

- les foutages de gueule des présidentielles

- la fausse démocratie

- le dévoiement du langage

- les politiciens ne font rien contre le chômage qui monte

- les fermetures d’usine

- la précarité généralisée

- les mensonges des Médias de masse

- les dénis de justice (ex. accident de travail handicapant, entraînant, malgré la faute de l’employeur, et malgré de nombreuse preuves, un classement sans suite et donc absence de toute indemnisation) 

 

Réflexions sur le mouvement en France, enjeux et perspective :

  •  pour Adrien, si la France se réveille, elle peut entraîner beaucoup de choses en Europe ; si le mouvement ne marche pas c’est que la prise de conscience reste encore insuffisante  
  •  pour Sisco, il faut  rendre le mouvement combatif et joyeux pour le relancer
  •  pour Sophie, le mouvement s’est développé dans des conditions très peu propices en France : juste un an après l’échec du mouvement des retraites (qui a découragé le mouvement social), juste un an avant les présidentielles (qui ont aspiré les énergies et focalisé l’attention). On a en quelque sorte été pris entre le marteau et l’enclume. Par contre, la pseudo- gauche étant désormais au pouvoir, elle va mettre en œuvre des plans d’austérité et décrédibiliser l’idée d’alternative institutionnelle, c’est maintenant que le mouvement des Indignés va pouvoir prendre tout son sens en portant une alternative non institutionnelle. Le mouvement va reprendre à la rentrée, d’une façon ou d’une autre et c’est très important de continuer. 
  •  pour Romane, peu importe les distinctions entre indignés / démocratie réelle maintenant / Anonymous : l’important c’est le message.   
  •  pour X Factor, il faut converger avec les autres réseaux et mouvements. 
  •  pour Arielle, l’intérêt du mouvement c’est de se rassembler sur les thèmes de la lutte contre les plans d’austérité, les problèmes des quartiers populaires, et  de se réapproprier la place publique. Les difficultés du mouvement ne tiennent pas qu’à nous, mais aussi à la force du système auquel on s’oppose – par ex., le clientélisme politique à Marseille.  
  • Jérémie est venu au début dans le mouvement dans un objectif d’éducation populaire qui selon lui est plus importante que la lutte avec le sentiment de se faire avoir par le système. Selon lui il faut faire converger les luttes, sur des dates clefs.  
  •  pour Aurélien, il faut aider les salariés qui luttent contre les fermetures d’usine.
  •  pour Alain et Jean-Jacques, le problème c’est la règle du jeu, c’est-à-dire la Constitution.
  • pour Jean-Jacques, il ne faut surtout pas occulter le caractère illégitime et hyper-répressif du libéralisme (voir les alliances avec de nombreuses mafias à la tête des États, en Russie, ou en Colombie…). En réponse, il faut aux citoyens du monde déligitimer par des actions de masse chacun de ces États, et, en même temps, organiser la mise en place d’une alternative en changeant les paradigmes (travail, démocratie, répartition des ressources…).
  •  selon Mathieu, il y a une évolution du mouvement vers la convergence des luttes.
  • pour Jean Jo, le mouvement des Indignés attire beaucoup de gens de la rue, ce qui peut poser un problème d’image renvoyée vers l’extérieur. L’éclatement du mouvement avec les assemblées locales pose aussi un problème de visibilité, d’où la difficulté des gens à s’y retrouver.

 

Propositions de groupes de travail 

- prison/répression. 

- formes de violence et non violence 

- il faut réveiller les consciences sur les violences du système 

- pourquoi le mouvement s’essouffle et comment le relancer.

- soutien à la mobilisation du 20 juillet au Pérou. 

- fermetures d’usine, chômage, travail, précarité 

- la Constitution

- l’économie, la finance, le revenu de vie

- promouvoir le projet d’une commissions de citoyens sélectionés sur la base du volontariat, composée de moitié par des victimes de la justice et assisté par 1 à 2 juristes indépandants que l’on pourrait mandater pour les conflits avec les travailleurs de la justices (magistrat, juge d’instruction, notaire, avocat, etc…). Cette commission pourrait vérrifier que la justice est bien appliquée lors d’une plainte à l’encontre de ces professionnel de la justice, en ce basant comme exemple sur les nombreux dénis de justice et injustice que nous avons a disposition pour faire fois et dénnoncer que le bureau d aide juridictionel a aussi un fonctionnement douteux ainsi que la cour de cassation  ….

- définir un « totem », ce qui nous unit, par exemple à travers une charte.  

 

Minutes intégrales en annexe du CR. 

 

GROUPES DE TRAVAIL ET ASSEMBLÉE DE RESTITUTION (SOIRÉE)

 

Après discussion sur les différents thèmes proposés, les groupes de travail qui se sont réunis le 14 juillet sont : 

 

  • Totem : ce qui nous rassemble 
  • Comment relancer le mouvement
  • Travail, chômage et précarité 

 

1. Groupe de travail « Travail et précarité » 

 

Des échanges en général sur la question du travail ressortent trois pistes de travail faisant consensus : 

 

  • Dénoncer les injustices dans le monde du travail (exemple; accident du travail que l employeur ne déclare meme pas, ce qui est couvert pas la sécurité sociale= handicapé +licenciment et aucune prise en charge, sans reconvertion! précarisé et SDF a cause de cette situation et aucun moyen de ce défendre)   , les mensonges du discours sur le travail, la confusion des genres (exploitants exploités : auto-entrepreneurs, etc.), relier le fonctionnement du système (profits des actionnaires, corruption…) aux conséquences concrètes sur les gens :  précarité, suicides au travail, chômage… Le chômage est une double peine : on est privé du minimum vital, et déconsidéré, culpabilisé. 

 

  •  Dépasser les cadres de pensées aujourd’hui dominants, fondés notamment sur les rapports hiérarchiques, la professionnalisation, la segmentation des tâches et la dépossession. Il faut questionner et redéfinir le travail, la notion d’utilité… Beaucoup se joue dans les têtes : on fait confiance à la hiérarchie, on y croit et c’est le problème… Réflexion sur le revenu de vie/salaire social à développer. 

 

  •  Promouvoir des alternatives concrètes et les construire dès maintenant: coopératives, AMAP, SEL, réseaux solidaires. Les activités non rémunérées (travail non marchand) sont précieuses : bénévolat… Attention, des fois des coopératives ne sont pas réellement démocratiques, par ex. dans les coopératives vinicoles, c’est une minorité qui décide. La démocratie suppose aussi un apprentissage, se construit progressivement. Exemple de législation où les capitaux initialement privés des entreprises sont progressivement socialisés : ils ne donnent plus lieu à rendement, les entreprises finissent ainsi par devenir la propriété des salariés.

 

  •  Articuler notre approche « alternative » avec la résistance dans les entreprises, administrations…, être solidaires des luttes et donner du sens à cette résistance : il ne doit pas s’agir en résistant de maintenir l’existant (charbon, nucléaire, salariat, hiérarchie…) mais de défendre la dignité de ceux qui luttent et la possibilité de mettre en œuvre des alternatives où chacun est respecté (accompagner la transition, reconvertir les industries…). La lutte peut aussi permettre de briser/dépasser les hiérarchies et de reconstituer du collectif contre la mise en concurrence des travailleurs. La lutte peut être le terreau de l’alternative. 

 

  •  Internationalisation : contre la mise en concurrence des travailleurs qui passe par la mise en concurrence mondiale, il faut faire le lien avec les luttes dans les autres pays et la dimension internationale du mouvement des indignés est un vrai atout. Valoriser les luttes qui réussissent peut aussi permettre de redonner du courage et nous renforcer. 

 

Information sur les projets en cours : 

 

  • À Paris, une coordination de travailleurs et précaires mise en place à l’initiative d’Indignés, et regroupant des licenciés en lutte, chômeurs, gens au RSA, militants d’associations, collectifs, syndicalistes et non syndiqués. Il s’agit de connecter les réseaux, pour solidariser les luttes et construire des mobilisations unitaires. Projet de manifestation le 1er décembre faisant converger les mobilisations de chômeurs-précaires, agents du service public, et licenciés en lutte (+ peut-être sans-papiers). Il s’agit aussi de partir des ce que vivent concrètement les gens, au boulot ou dans leur statut de précaire, pour arriver à un questionnement plus global du système (dette, démocratie etc.) en faisant le lien entre les différentes luttes. Une liste de coordination nationale va être mise en place, car l’objectif est que la manifestation ait lieu aussi dans d’autres villes en France. 

 

  •  Projet d’un Indigné de Marseille de mettre en place une association de solidarité avec les SDF, du même type qu’Emmaus. 

 

Débat en assemblée de restitution et questions soulevées:

 

  • le partage du temps de travail comme solution au chômage ? 
  • ne pas militer pour le plein-emploi, dépasser les cadres de pensée habituels 
  • travail choisi/subi : qui va tout nettoyer ? 
  • dévalorisation du travail : attention aux mots, il n’y a pas de « tâches ingrates », tout travail est honorable 

Peut-on, et si oui comment, acter le service rendu à la collectivité autrement que par la monnaie ? Exemple des doctorants travaillant longtemps et durement à des salaires peu élevés, pour bien autre chose que l’argent. C’est un mensonge du système de nous faire croire que la principale motivation quand on travaille est l’argent 

 

 

2. Groupe de travail « comment relancer le mouvement »

 

Pistes de travail : 

 

  • Éducation populaire, éveiller les consciences 
  • Réaliser un site sur la corruption politique, avec la somme de tout les détournements d argent public  connu sur les 50 dernieres années , les chiffres du montant  de tous ces détournements connus devraient parler d’eux-mêmes à l’esprit de ceux qui sont pour l”instant non indignés. 
  • Réaliser une affiche nationale, en laissant un espace vierge pour l’information sur l’assemblée locale, et avec l’adresse du site national ainsi qu’avec une idée qui nous rassemble et nous définit (totem)
  • Mettre en place une association de soutien aux indignés Après discussion à l’AP de la Belle-de-Mai Marseille le 28/07, nous ne comprenons pas la nécessité d’une association, pour le fonctionnement de ce mouvement, qui est un réseau qui réalise les objectifs discutés en AP en ne comptant que sur la mobilisation des indignés, en ne comptant que sur nos propres forces. 
  • Mettre en place un journal des Indignés avec l’information sur nos assemblées ; pour relancer le mouvement, le site et l’affiche devraient être “national” c’est-à-dire pareil pour toute la France, avec un espace pour les infos locales. C’est important qu’on resserre les liens entre tou/te/s les Indigné/e/s.
  • Être en lien avec les autres réseaux militants, associations, syndicats (convergence des luttes)… Ex. à Marseille Sud, qui a invité les Indignés ; à Clermont-Ferrand, X Factor est DS CGT. 
  • Montrer qu’on est là dans la durée, être présents de façon régulière, prévisible, disponible. Ex. l’occupation de la Défense a montré la ténacité des Indignés, ce qui leur a permis de gagner le respect de militants 

 

 

 

3. Groupe de travail « Totem : ce qui nous rassemble »

 

Propositions et pistes de réflexion : 

  • monnaie locale
  • nous sommes les 99% pour les 1%, 1% = taux d’intérêt à promouvoir ?
  • tirage au sort des représentant, horizontalité des assemblées…
  • Promouvoir l’union des peuples
  • Retour aux fondamentaux
  • Nos seules ennemies sont les règles actuelles
  • Pas de frontières dans nos têtes, c’est la liberté de penser
  • Notre pire ennemie : l’ignorance
  • Revendiquer la démocratie directe
  • Quand on accepte la violation des droits d’autrui on accepte la violation de ses propres droits
  • la construction d’une Constitution est un processus dans lequel l’ensemble de la société se met d’accord sur un projet de société
  • Le groupe est conscient que l’histoire des mots, le sens des mots, le poids des idéologies sont des critères à prendre au sérieux pour un Totem

 

 

15 JUILLET 

 

GROUPE DE TRAVAIL « MÉTHODOLOGIE DE LA COORDINATION » (MATIN) 

 

Constat : suite à l’assemblée d’ouverture, il n’a pas été possible de dégager un consensus sur l’organisation de la suite, plusieurs options ayant été proposées : 

  • se diviser en groupes de travail puis mettre en commun en assemblées, 
  • traiter tous les sujets les uns à la suite des autre en plénière 
  • traiter certains sujets en plénières puis d’autres en plénières groupes de travail (mais lesquels ?)

 

Une heure de discussion a été perdue jusqu’à ce qu’un vote soit fait et indique une majorité en faveur des groupes de travail, et le désaccord a généré , remise en cause de la facilitation… Comment améliorer notre méthodologie afin d’éviter ce problème lors des futures coordinations ? 

 

D’autres problèmes se sont par ailleurs posés : problèmes de circulation de l’information, rendez-vous manqués, début retardé etc. 

 

Propositions et pistes de travail pour une méthodologie de coordination démocratique : 

 

AVANT LA RÉUNION DE COORDINATION : 

 

Information : 

- mise en place de listes nationales pour les groupes de travail : économie, Constitution, et travail-précarité 

  préparer l’ordre du jour en amont en mettant un pad à la disposition des assemblées et individus voulant mettre un ou des points à l’ordre du jour 

- chacun peut proposer des groupes de travail et/ou des plénières (distinguer les deux)

- veiller à une bonne diffusion de l’information (mails, réseaux sociaux…), prendre les numéros de téléphones pour envoyer les infos essentielles par texto 

 

PENDANT LA COORDINATION

- maintenir une ouverture pour que cet ordre du jour puisse être amendé le jour même de la coordination: l’assemblée d’ouverture permet à chacun de se présenter et de mettre des points à l’ordre du jour ; 

- un ou des facilitateurs doivent être désignés même si l’on est peu nombreux (le 14 juillet aucun facilitateur n’avait été désigné mais cela a « obligé » quelqu’un à jouer de fait le rôle de facilitateur vu l’absence de consensus)

- mieux surveiller le temps, limiter le temps de parole (ex. 5 min chacun) 

- si suite à l’assemblée d’ouverture, aucun consensus ne se dégage rapidement concernant l’ordre du jour, opter pour le vote avec les pieds : les gens choisissent chacun de se réunir en groupe de travail ou de rester en plénière pour discuter en commun de plusieurs sujets. Cela responsabilisera chacun sur la prise en compte de sa proposition, et personne ne pourra reprocher à d’autres d’avoir imposé une règle ne faisant pas consensus. 

 

ENTRE DEUX COORDINATIONS

- constituer des groupes de travail thématiques (ex. économie, Constitution, travail-précarité, totem) regroupant des indignés de différentes assemblées afin d’assurer une continuité : c’est dans ces groupes de travail que se réaliserait l’essentiel de la coordination, et les réunions nationales seraient simplement l’occasion de se rencontrer physiquement, d’échanger plus facilement etc. Il serait assez clair que ces groupes de travail se réuniront aux coordinations quelque soit les autres propositions par ailleurs, ce qui serait un point de repère dans l’ordre du jour. 

- Prévoir des moments de coordinations virtuels : réunions par mumble etc. 

- Utiliser le site indigne-e-s.net comme espace de coordination durable 

 

 

ASSEMBLÉE DE CLÔTURE (APRÈS-MIDI)

 

Les différents thèmes n’ayant pu être traités auparavant ont été discutés à l’assemblée de clôture et ont donné lieux à des points d’informations et prises de décisions par consensus. 

 

Consensus : 

 

  1.  Communiqué spécifique des indignés participant à la coordination en soutien à la mobilisation du 20 juillet en Amérique Latine, et appel à relayer l’information dans les réseaux (à réaliser rapidement). 
  1.  Réaliser une pétition en ligne en soutien à la mobilisation du 20 juillet en Amérique Latine [finalement cette pétition ne sera pas réalisée car il en existait déjà une]
  1.  Communiqué « global » des indignés participant à la coordination 
  • * restituant les travaux et débats en coordination, 
  • * ouvrant des perspectives en communiquant sur les prochaines échéances du mouvement :
  • 5-10 octobres (forum démocratie à Strasbourg), 
  • 13 octobre (mobilisation dette),
  • 1er décembre (manifestation travailleurs et précaires)
  • * appelant à soutenir la mobilisation contre les prisons du 10 décembre
  • * indiquant qu’une prochaine coordination se tiendra dans 6 mois à Montpellier
  • * appelant à soutenir les luttes des ouvriers contre les fermetures d’usine (PSA, 3 Suisse, Fralib…) tout en introduisant une réflexion sur les alternatives à porter dans le monde du travail (question du salariat, du productivisme, etc.) 
  •  

4.  Choisir le site france.indigne-e-s.net pour la coordination du mouvement en France, et proposer à nos assemblées locales de soutenir cette proposition 

 

5.   Mettre en ligne sur le site de la coordination de l’information sur la prise de pouvoir économique et politique du monde de la finance, dans le cadre du groupe de travail national sur l’économie, sans que cela signifie que cette information représente les positions des assemblées

 

6.   Restituer auprès des assemblées le travail sur le « totem : qu’est-ce qui nous rassemble » afin de déterminer ce qui fait consensus dans nos différentes assemblées, en vue de la prochaine coordination nationale. PAD : http://pad.indigne-e-s.net/p/totem

 

La propostion de constituer une association nationale de financement des indignés n’a pas fait consensus. Il a plutôt été convenu de créer des associations locales de financement (il en existe une par exemple à Paris), afin que la gestion du financement soit locale et donc plus propice à un contrôle démocratique. 

 

 

ANNEXE

 

Minutes intégrales de l’assemblées d’ouverture

 

 Amba (Marseille) : invite à se présenter chacun à tour de rôle, à faire part de ses réflexions, à proposer des points à l’ordre du jour et des groupes de travail 

 

Faima (Paris) : militante des quartiers populaires, propose un groupe de travail sur prison/répression. 

 

Adrien (Marseille) : content du rassemblement,  si la France se réveille peut entraîner beaucoup de chose en Europe, si le mouvement ne marche pas c’est que la prise de conscience reste encore insuffisante 

 

Marie (Marseille) : a été au rassemblement des marches à Madrid en juillet 2011, c’est ainsi qu’elle a connu le mouvement. Puis elle a participé à différentes actions dans la région, à Nîmes, à Marseille. Elle propose une réflexion sur les formes de violence et la non violence. Il faut réveiller les consciences sur les violences du système. 

 

Marleen (Nîmes) : le mouvement a commencé le 26 mai à Nîmes, assemblées journalières jusqu’au 21/10, puis 3 hebdomadaires, et tous les mercredis depuis juillet.  Témoigne d’un essoufflement du mouvement à Nîmes. Importance de la coordination nationale pour voir où nous en sommes. Propose un groupe de travail sur« pourquoi le mouvement s’essouffle ? et comment le relancer ? ». 

 

Sisco (Marseille) : l’axe prioritaire pour relancer le mouvement devrait être de rendre le mouvement combatif et joyeux.

 

Seb (Poitiers/Forcalquier) : à Poitiers le mouvement ne se nomme pas indignés mais « démocratie réelle maintenant », et son positionnement est clairement anticapitaliste. L’assemblée a mené diverses actions dont certaines ont conduit à la création d’un DAL. Seb a participé aux marches espagnoles en 2011. 

 

Jean-Jacques Mu (Paris) : s’est engagé dans le mouvement en novembre. Il est éditeur et tourné vers la littérature du théâtre et des opprimés. Considère que dans les pays européens, on est indigné quand on touche au porte-monnaie. En Amérique Latine, on est indigné quand on touche à la nature. Il veut capter les indignations dans les différentes langues pour appréhender la révolution dans son ensemble. Chacun exprime son indignation dans sa langue natale. Une langue a toutefois une potentialité universelle, l’espéranto, qui s’apprend en quelques mois. Il travaille sur un projet d’ateliers populaires multilingues avec de l’espéranto en Grèce. 

 

Sophie (Paris) : à Paris, des AG continuent d’avoir lieu tous les dimanches bien qu’elles rassemblent en ce moment peu de personnes  (15-20 personnes), c’est un peu la « pause estivale ». Le 12 mai, à la journée mondiale d’action, plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées. Il y a aussi eu la manifestation du 21 avril. Il y a actuellement des groupes de travail actifs sur : la dette, la constituante, et le travail/la précarité. En projet à la rentrée : journée mondiale d’action le 13 octobre, et manifestation le 1er décembre contre la précarité et pour les droits des travailleurs, en lien avec des organisations de chômeurs et divers collectifs. Concernant l’état du mouvement, il faut prendre en considération qu’il s’est développé dans des conditions très peu propices en France : juste un an après l’échec du mouvement des retraites (qui a découragé le mouvement social), juste un an avant les présidentielles (qui ont aspiré les énergies et focalisé l’attention). On a en quelque sorte été pris entre le marteau et l’enclume. Par contre, la pseudo gauche étant désormais au pouvoir, elle va mettre en œuvre des plans d’austérité et décrédibiliser l’idée d’alternative institutionnelle, c’est maintenant que le mouvement des indignés va pouvoir prendre tout son sens en portant une alternative non institutionnelle. Le mouvement va reprendre à la rentrée, d’une façon ou d’une autre et c’est très important de continuer. 

 

Romane (Clermont Ferrand) : a commencé à s’investir depuis 1 mois dans le mouvement. Participe aussi aux Anonymous. A suivi les présidentielles et a été choqué par les « foutages de gueule ». Peu lui importent les distinctions entre indignés / démocratie réelle maintenant / Anonymous : l’important c’est le message.  

 

Steven (Paris) : il est le fils de X Factor

 

iX Factor / Scott (Clermont Ferrand) : a une pratique militante dans l’esprit indignés depuis 30 ans. Il faut converger avec les autres réseaux et mouvements. À Clermont, les Indignés s’installent dans la durée, ils vont créer une AMAP, un jeu éducatif autour de la dette, ils sont à la recherche d’un local, et organisent des ateliers « langue de bois ». Il y a eu récemment un rassemblement d’une vingtaine de personnes, constituant le noyau dur du mouvement à Clermont-Ferrand, et qui sont très motivées. Afin de mener leurs actions à leur terme, ils ont pris l’habitude de dialoguer avec les pouvoirs publics et les forces de l’ordre.

 

Hilmar (Venezuela/Barcelone/Paris/Toulon/Marseille) : est venue en France avec les marches espagnoles. Propose un groupe de travail pour soutenir la mobilisation du 20 juillet au Pérou. 

 

Arielle (Marseille – assemblée du quartier Belle de Mai, Marseille) :Avec l’objectif d’occuper la place du quartier, ils ont organisé une fête de quartier qui a été une réussite. Ce qui l’intéresse dans le mouvement, c’est le fait de se rassembler sur les thèmes de la lutte contre les plans d’austérité, les problèmes des quartiers populaires, et  de se réapproprier la place publique. Les difficultés du mouvement ne tiennent pas qu’à nous, mais aussi à la force du système auquel on s’oppose – par ex., le clientélisme politique à Marseille. 

 

Jérémie (Marseille – assemblée du quartier Belle de Mai) : est venu au début dans le mouvement dans un objectif d’éducation populaire qui selon lui est plus importante que la lutte avec le sentiment de se faire avoir par le système. Ce qui l’indigne, c’est la fausse démocratie. Quand on parle de tirage au sort, de démocratie directe, on se heurte à des réactions fortes. Il faut faire converger les luttes, sur des dates clefs. 

 

Claudine (Marseille – assemblée du quartier Belle de Mai) : a rejoint le mouvement en septembre-octobre, pour la préparation du campement. Indignée par la fausse démocratie, par les conditions dans lesquelles on vit, par le système financier. Elle a donné des cours de droit constitutionnel dans le groupe de travail sur la Constitution. 

 

Aurélien (Marseille – assemblée du quartier Belle de Mai) : fait partie du mouvement de lutte contre le chômage. Indigné car les politiciens ne font rien contre le chômage qui monte. Il veut aider les salariés qui luttent contre les fermetures d’usine, et propose un groupe de travail sur ce thème. 

 

Kamel (Marseille) : a milité avec le mouvement des « motivés » à Toulouse. A rejoint les indignés car il est indigné par la précarité généralisée, la fausse démocratie, les mensonges des Médias de masse… Il connaît le système judiciaire et carcéral de l’intérieur. 

 

Antoine (Marseille) : a rejoint les Indignés en octobre. S’intéresse à la finance et à l’économie, au revenu de vie. Il faut favoriser la prise de conscience.

 

Alain (Marseille) : le sujet principal selon lui est l’économie. On a tout ce qu’il faut pour être heureux, le problème est la règle du jeu, c’est-à-dire la Constitution. 

 

Mathieu (Brest) : a rejoint les indignés dès le début. A observé le mouvement dans différents lieux en Europe. Perçoit une évolution du mouvement vers la convergence des luttes. Propose, plutôt que de se diviser en groupes de travail, de traiter les sujets en plénière, les uns après les autres. Il faudrait travailler aussi à la mise en place d’une assemblée virtuelle, à un lieu de discussion et coordination entre les réunions nationales. 

 

Jean-Jo (Marseille) : a lâché son boulot dans le bâtiment, et a rejoint le mouvement des indignés en novembre à Paris, à la Défense. Il a été déçu, est revenu à Marseille, a vu le mouvement aussi à Clermont-Ferrand, la cabane à Montpellier. Relève que le mouvement des Indignés attire beaucoup de gens de la rue, ce qui peut poser un problème d’image renvoyée vers l’extérieur. L’éclatement du mouvement avec les assemblées locales pose aussi un problème de visibilité, d’où la difficulté des gens à s’y retrouver. Il est prêt à payer, avec son indemnisation chômage, des prospectus nationaux sur les Indignés. Il veut créer une association de solidarité avec les SDF, lui-même ayant vécu sans domicile. 

 

Patrice (Marseille) : dénonce les dénis de justice (ex. accident de travail qui fait de vous un handicapé à vie…. et malgré que ce soit la faute de l’employeur, avec de nombreuse preuves et témoignages, le juge classe votre dossier sans suite ; conclusion : aucune indemnisation !), il faut donc dénoncer la corruption dans le millieu de la justice ; propose un groupe de travail sur ce thème dans le but de créer une commission de citoyens volontaires, composée à parité de victimes de la justice et des juristes indépendants que l’on pourrait mandater pour les conflits avec les travailleurs de la justices (magistrat, juge d’instruction, notaire, avocat, etc.). Cette commission pourrait vérifier que la justice est bien appliquée lors d’une plainte à l’encontre des professionnels de la justice, puisque à l’heure actuelle dans un tel conflit, les travailleurs de la justice se couvrent entre eux bien souvent et votre dossier se retrouve classé sans suite, ou l’on vous envoie en psychiatrie pour vous discréditer, ou bien encore, de faux témoignages sont présentés contre vous, etc. ! ex : vous dénoncez un magistrat corrompu et le juge d’instruction chargé de l’enquête camoufle les preuves et vous ne pouvez donc obtenir réparation ! En revanche, vous récoltez de gros problèmes…   

 

Manuel (Marseille) :Aide aux devoirs bénévole depuis 5ans, administrateur de la page Facebook des Indignés de Marseille, responsable du materiel depuis Août 2011, très actif dans les différents groupes de travail, aux assemblées Nomades et à l’A.P du Cours Julien (quartier central de la ville de Marseille). Propose un groupe de travail sur : « Comment relancer et dynamiser le mouvement ? ». 

 

Odile (Marseille – assemblée du quartier Belle de Mai) : fait partie d’un collectif de solidarité avec les Roms, propose un groupe de travail sur l’économie. 

 

Amba (Marseille) : chef d’entreprise depuis 2004, il conçoit des sites internet, et s’occupe du site « indigne-e-s.net », qui est un réseau social proposé aux autres assemblées. Il a participé au projet de web coordination pour le 12 mai. Il propose un groupe de travail « totem » : définir ce qui nous unit, par exemple à travers une charte. Propose de militer pour 1% d’intérêt. 

 

 

Sophie (Paris) : concernant le projet de charte, propose d’inclure cette idée : « Dans une vraie démocratie, tous les mandats sont impératifs et révocables, il n’y a donc pas de représentant ». Cette position a été votée par l’Assemblée de Paris le 11 novembre devant le mur de la Paix, et l’AG des Indignés de Paris l’a mandatée pour proposer à la coordination que cette idée soit soumise au consensus des différentes assemblées.

Instance démocratique: 
Nature de document: 
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