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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 14:48

 

Il reste une cagnotte, à l’Assemblée, dont personne ne parle. Alors qu’un débat public s’est ouvert sur l’indemnité censée couvrir les frais professionnels des députés (trop souvent détournée), aucun média ne s’est encore penché sur les fonds attribués aux « groupes politiques ». Aujourd’hui au nombre de six, ces structures partisanes organisent le travail collectif entre élus d’un même camp, recrutent des conseillers pour produire notes et amendements, gèrent la communication, etc. Or ces groupes sont gourmands : l’an prochain, l’Assemblée nationale devrait leur distribuer quelque dix millions d’euros de subventions pour leur permettre de fonctionner.


Après plusieurs semaines de négociations très politiques, la répartition a été actée par le bureau de l’Assemblée avant le départ en vacances des députés : d’après nos informations (communiquées par la nouvelle majorité), le groupe PS encaissera environ 350 000 euros tous les mois, l’UMP 250 000 euros, tandis que les « petits » groupes (les centristes de Jean-Louis Borloo, les écologistes, les radicaux de gauche et le Front de gauche) toucheront 45 000 euros chacun.


Ces chiffres ne sont jamais détaillés dans le rapport annuel sur le budget de l’Assemblée. Jusqu’à présent, le Palais Bourbon faisait de la rétention. Surtout, aucune information ni aucun contrôle n’existe sur la manière dont ces subventions sont dépensées par les groupes politiques, favorisant les pires soupçons (emplois fictifs, financement caché de campagnes, etc.). Dotés d’un statut extrêmement flou, ces groupes n’ont aucune obligation légale de publier leurs comptes, à l’inverse des partis politiques.


Alors qu’ils absorbent 50 millions d’euros sur une législature, impossible de savoir précisément où passe cet argent public : combien le groupe UMP, présidé par Jean-François Copé jusqu’en 2010, a-t-il par exemple dépensé en sondages ? Combien de salariés ont-ils travaillé sous les ordres de Jean-Marc Ayrault, patron du groupe PS de 1997 à mai 2012 ? Pour quels salaires ? Quels honoraires ont été versés à tel ou tel expert pour rémunérer ses précieux conseils ? À telle agence de communication ? Dans chaque groupe, seule une poignée de députés ont accès aux chiffres et au coffre. Début 2010, l’UMP Christian Vanneste, en guerre avec Jean-François Copé, avait ainsi exigé des explications sur le budget de son propre groupe, sans le moindre succès.


Un épisode, jamais raconté jusqu’ici, prouve que certains groupes réussissent, en économisant sur plusieurs années, à se constituer des réserves conséquentes, sinon une cagnotte. D’après nos informations, lorsque le gaulliste Jean-Louis Debré a quitté la présidence du groupe RPR, au lendemain des législatives de 2002, il restait plusieurs millions d’euros dans la tirelire. Dans la plus grande discrétion, il a décidé de les reverser à la trésorerie du Palais Bourbon. Une exception. Les services de l'Assemblée s'étaient habitués à voir les présidents de groupe transmettre leur cagnotte à leur successeur sans se poser de question. Contacté par Mediapart, Jean-Louis Debré, actuel président du Conseil constitutionnel, confirme avoir signé ce chèque, sans plus se rappeler du montant. Il se souvient, en tout cas, que des amis politiques lui en ont tenu rigueur.


Alors combien d’argent dort aujourd'hui dans les caisses des groupes UMP ou PS ? Mystère. Surtout, comment une telle opacité peut-elle exister au cœur même de l'Assemblée ? Dans un rapport remis au conseil de l’Europe en 2009, le Groupe des États contre la corruption (le Greco) avait mis le Parlement français à l’index, s'étonnant que la législation sur la transparence de la vie politique « ne s’applique pas (…) au financement des groupes parlementaires ».

 

Conscient de ces lacunes, le trésorier du groupe PS se déclare pour la première fois favorable à l’instauration d’un contrôle : « Je propose que tous les groupes aient désormais l’obligation de produire des comptes certifiés par des commissaires aux comptes, avance Christian Bataille, député du Nord, interrogé par Mediapart. Les services financiers de l’Assemblée (des fonctionnaires – ndlr) les contrôleraient une fois par an, et nous serions tenus de conserver des justificatifs pour toutes nos dépenses. » Alors que le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone (PS) prétend améliorer rapidement la transparence au Palais Bourbon, l’idée de Christian Bataille mériterait d’être relayée à la rentrée. Le sera-t-elle ?

 

Les petits groupes au rabais

Sous la précédente législature, le groupe PS faisait figure d’exception, avec son statut d’association loi 1901, qui l'obligeait à faire certifier ses comptes. « C'est déjà ça, souligne Christian Bataille. Si on nous demandait nos livres de comptes, nous pourrions les produire. Mais personne ne les demande, nous ne sommes soumis à aucun contrôle externe. » Ailleurs, à l’UMP ou au Nouveau centre, « la comptabilité est encore plus souple », glisse le trésorier socialiste, dans un euphémisme. Contacté, le président du groupe UMP, Christian Jacob, n’a pas souhaité répondre à nos questions. Pas plus que son prédécesseur, Jean-François Copé, ne l'avait souhaité par le passé.


Cette opacité est d’autant plus insupportable que les sommes manipulées par les principaux groupes sont conséquentes. À côté des fonds alloués par l’Assemblée, ils complètent en effet leur budget avec des cotisations de leurs députés. Au PS, par exemple, le barème est progressif : plus les élus cumulent de mandats, plus ils versent (une centaine d’euros par mois pour un « non-cumulard », environ 400 euros pour un député conseiller général, et jusqu’à 1 200 euros pour un président de collectivité locale). Soit environ 5 millions de recettes collectées entre 2007 et 2012, d’après nos calculs. En plus des 15 millions d'euros de subventions…


Les quatre « petits » groupes, eux, vivent bien plus chichement, avec 45 000 euros par mois seulement (chiffres inchangés depuis 2008). Début juillet, il était même question, à la demande du PS, que cette somme plancher soit encore rabaissée : pour des raisons budgétaires, les socialistes voulaient que les « petits » se partagent à quatre la même dotation globale que sous la législature précédente, où ils n'étaient que deux. Sous la pression de ses partenaires, écologistes et radicaux de gauche, le PS a finalement lâché du lest.


« En-dessous de 45 000 euros par mois, on n’aurait pas pu fonctionner, juge la co-présidente du groupe écologiste, la députée Barbara Pompili. On était d’accord pour dire que l’Assemblée doit faire des économies, mais des économies intelligentes ! S’attaquer aux moyens des groupes, c’était s’attaquer au cœur du métier législatif. Heureusement, les socialistes ont fini par nous entendre… » À l’arrivée, grâce aux cotisations mensuelles de 1 500 euros de ses députés, le groupe écolo devrait pouvoir « se payer » huit collaborateurs à la rentrée, mais pas un de plus.


« On ne risque pas de faire des extras, souffle aussi Gérard Charasse, le représentant au bureau de l'Assemblée du groupe « radicaux de gauche et apparentés » (constitué in extremis grâce au ralliement d’Olivier Falorni, le tombeur de Ségolène Royal à La Rochelle). On devrait fonctionner avec quatre collaborateurs maximum… » Des moyens humains ridiculement bas, qui feraient mourir de rire le Sénat américain.


À l'arrivée, la masse globle des subventions accordées aux groupes va gonfler l'an prochain de près d'un million d'euros par rapport à 2011. Une augmentation qui n’arrange pas le président du Palais Bourbon Claude Bartolone, soucieux d'afficher un budget de l'Assemblée « en recul » pour 2013.


« Pour compenser, il nous a demandé de faire des économies sur le train de vie, annonce Bernard Roman, le nouveau questeur socialiste (grand argentier de la maison). Des décisions seront donc arrêtées cet été, en particulier sur les transports. » En avion, plus aucun député ne devrait voyager en première classe. Et le nombre de « groupes d’amitié » avec des pays étrangers (parfois prétextes à voyages exotiques) sera revu à la baisse, de même que le nombre d’élus autorisés à s’y inscrire. D’ores et déjà, celui des Maldives a été supprimé.

 


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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 14:35

 

Marianne - Mardi 31 Juillet 2012 à 13:18

 

Laurent Pinsolle
Porte-parole du parti Debout la république dirigé par Nicolas Dupont-Aignan, ce républicain... En savoir plus sur cet auteur

 

Alors que la part des profits des entreprises dans le PIB des Etats-Unis n'a de cesse d'augmenter, notre blogueur associé Laurent Pinsolle revient sur une observation mise en lumière par The Economist qui souligne que les records d'aujourd'hui pourraient favoriser le conservatisme des entrepreneurs américains, demain.

 

(Liasses de dollars - PURESTOCK/SIPA)
(Liasses de dollars - PURESTOCK/SIPA)
Non, il ne s’agit pas d’un jugement de l’Humanité ou de Jean-Luc Mélenchon, mais d’un article de The Economist  qui se penche sur la remontée fulgurante des profits des entreprises aux Etats-Unis, déjà 20% plus hauts qu’en 2007, point le plus élevé depuis la Seconde Guerre Mondiale.
 
Le graphique représentant la part des profits des entreprises dans le PIB des Etats-Unis  est sidérant. En 2007, ce chiffre avait rejoint les records de 1929, au-delà de 12% du PIB. Ce chiffre avait progressé de 3 à 6% dans les années 1980, avant d’atteindre 9% dans les années 1990. La grave crise de 2008 a fait plonger ce chiffre à 7% (soit encore davantage qu’au début des années 2000) avant de rebondir à près de 15% du PIB cette année, 20% de plus que le pic précédent.
 
L’hebdomadaire anglais souligne que ce sommet aura du mal à être battu car les prévisions de profits des entreprises sont moins fortes pour les trimestres à venir et elles ne parviennent plus à battre aussi facilement les prévisions des analystes. Il y a des raisons structurelles. Tout d’abord, les entreprises se sont adaptées très rapidement à la crise, n’hésitant pas à licencier massivement. Ensuite, il y a la pression des pays émergents qui limite les revendications salariales.
 
Mais The Economist souligne qu’en principe, cette rentabilité devrait pousser à une vague d’investissement, plus de compétition et du coup, moins de profits. Sauf que les entreprises gardent aujourd’hui l’argent qu’elles gagnent. Le journal y voit trois explications. La 1ère serait la crainte d’un excès de réglementation à la veille des élections présidentielles. La 2nde est la faiblesse de la demande, étant donné que les consommateurs se désendettent  et la faible croissance des exportations.

Le journal souligne enfin le cercle vicieux où la hausse des profits diminue automatiquement la part des revenus et déprime donc par conséquent la demande, accentuant le conservatisme des entreprises. Enfin, il insiste sur le rôle néfaste des stock-options dans les choix des dirigeants d’entreprise, qui préfèrent les actions augmentant le résultat court terme des entreprises (et les rachats d’action) aux investissements à long terme, qui tendent à réduire les profits dans un premier temps.

dysfonctionnement

Cette troisième raison est confirmée par une récente étude la Réserve Fédérale de New York qui explique elle aussi que la structure des bonus des dirigeants d’entreprise a une forte influence sur leurs décisions et les pousse aujourd’hui à favoriser les résultats à court terme aux investissements à long terme qui ne tendent à rapporter que pour leurs successeurs… Idem pour les fonds d’investissement dont les résultats sont trop souvent jugés chaque trimestre en oubliant le long terme.
 
The Economist pousse l’audace en concluant  qu'il est bien meilleur « que les profits diminuent parce que les entreprises investissent massivement plutôt que parce que la prudence des leurs dirigeants pousse l’économie en récession. Les dirigeants d’entreprises font partie des avocats les plus fervents de la baisse des déficits publics, mais si les entreprises dépensaient davantage, et embauchaient plus, cela ferait baisser les déficits de leur propre gré ».
 
C’est tout le paradoxe souligné par ce journal, pourtant absolument pas hostile au monde de l’entreprise. La montée des profits des entreprises aux Etats-Unis révèle un profond dysfonctionnement de l’économie, qui entretient même les difficultés dans lesquelles nous sommes.
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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 14:23

 

Marianne - Mercredi 1 Août 2012 à 05:00

 

Greek Crisis
Historien et ethnologue, ancien correspondant en France pour la revue grecque Nemecis, Panagiotis... En savoir plus sur cet auteur

 

En Grèce, les autorités ont décidé de supprimer la fête de la Démocratie, sorte de « garden party » qui célébrait la fin de la dictature des Colonels. Notre blogueur associé Panagiotis Grigoriou poursuit son tableau littéraire et impressionniste d'un pays plongé dans un été de crise.

 

(Antonis Samaras, juillet 2012 - Thanassis Stavrakis/AP/SIPA)
(Antonis Samaras, juillet 2012 - Thanassis Stavrakis/AP/SIPA)
Depuis 1974, dans ce pays, « on » fêtait la « Démocratie », son retour en tout cas déjà daté, et pas qu'historiquement. C'était par une variante de la garden party, où notre... décoratif président de la République honorait « démos et son pouvoir », en y conviant le personnel politique, plus quelques écoliers de circonstance, ce qui alourdissait les frais de la présidence d'une somme invariablement raisonnable... en jus d'orange. Déjà, en juillet 2011, la fête considérée... finissante et « mal placée » en pleine « crise des indignés », les convives de sa version 2011 ont été tous abreuvés de jus d'orange, car « c'était le contexte de crise et de litote » qui obligea à une telle réduction, avait précisé Carolos Papoulias... alors président des boissons sobres et de la portion congrue et amère. D'ailleurs et en cette lointaine époque, les élus SYRIZA et si j'ai bonne mémoire ceux aussi de la gauche communiste (KKE), avaient décliné l'invitation. Les masques du consensus démocratique étaient déjà tombées.

En ce juillet 2012, c'est purement et simplement la « fête de la Démocratie » qui a été supprimée, officiellement « pour soutenir l'effort national dans le redressement des comptes de l'État », et officieusement pour ne pas avoir à inviter les élus de Aube dorée, ces derniers ayant ouvertement affiché une certaine nostalgie de l'ancien régime des Colonels, mais au point où nous en sommes, plus grand monde issu du vaste peuple, n'ira contester les nostalgiques de toute sorte. À défaut d'avenir, toute nostalgie se croit alors légitime, vaste peuple et... encore plus vaste progrès !

En réalité, la suppression de ce demi-lieu de mémoire est un acte délibéré et surtout réfléchi, pour « en terminer enfin, avec ces symboles qui n'en demandent guère mieux », par ce zeitgeist où même Platon aurait du mal à reconnaitre son... banquier et surtout le nôtre. Ce n'est pas Papoulias bien évidemment qui est l'initiateur de cette rupture car sans la carrure politique et dépourvu de rôle institutionnellement adéquat, il n'y a guère de doute, d'emblée la décision a été prise par les vrais tenants du pouvoir mais avant même, la fête serait bel et bien finie.

« Demi-saison de la démocratie »

En plein été grec, on entre certainement à la « demi-saison de la démocratie », pour ne pas dire déjà que nous franchissons l'automne des libertés et par la même occasion de certaines luttes. Car à part la « fête », c'est par un mauvais simultané de la micro-histoire que la grève des ouvriers métallos du Pirée s'est officiellement terminée, après avoir été réprimée, c'etait déjà la semaine d'avant, par la main visible des compagnies prétoriennes de sécurité envoyées sur place, par ordre du premier des ministres. Et on se souviendra de ce ministère, comme étant parmi les plus maudits, médiocres et dangereusement insignifiants depuis la fin de la dictature. Décidément... « c'est vraiment notre fête » car cet ultime règne de l'insignifiant peut s'avérer fatal comme déjà pour bien de régimes politiques.

Sauf que c'est toujours l'été grec. Dans les quartiers plutôt aisées d'Athènes de jeunes gens, filles et garçons s'amusent comme ils peuvent, et apparemment ils le peuvent bien, entre deux cafés glacés placés sous le signe de l'inquiétude et la prochaine escapade sur Mykonos ou Sifnos, devenue pourtant difficile. Au même moment, c'était vers la fin de la semaine dernière, Samaras et les autres serviteurs du panthéon des « créanciers » ont décidé le transfert des actifs du Crédit agricole grec (une banque publique à 97% ayant financé les projets agricoles à hauteur de 70%), vers une banque privée de « leur » choix, et aussi par ce transfert, du 40% des terres agricoles du pays, potentiellement contrôlées par le Crédit agricole, plus d'un certain nombre d'industries et de coopératives dans le domaine agroalimentaire, une affaire « bouclée bien et vite ».

Ce qui de toute manière n'ira pas jusqu'à émouvoir ces jeunes, ni troubler davantage leur café glacé. D'ailleurs, et d'après leur discussion, ces jeunes Grecs espèrent tous pouvoir émigrer ailleurs, pour y travailler pensent-ils. C'est vrai que la nouvelle perspective et déjà semi-réalité de « l'employé Chino-européen », n'est guère enviable. On comprend alors ces jeunes, sauf que cela risque d'être... désormais un peu plus fort de café, car les contours de cet « ailleurs » s'avèrent progressivement indiscernables. Une bonne partie de la vieille Europe patauge, et selon certains reportages, les jeunes diplômés Belges ou Français, souhaiteraient pareillement se faire une place « ailleurs », n'en parlons plus des Italiens, des Espagnols ou des Portugais.

Stéréotypes anti-allemands

Mais répétons-le, comme c'est l'été et on n'y pense plus tellement. Entre notre vent du nord de saison et les canicules à répétition, Athènes se vide, même si en fin de semaine (dernière) il n'y avait pas par exemple grande foule, à emprunter le bac pour Salamine.

Pourtant, les supermarchés bien locaux sont réputés pour leur cuisine et autres plats à emporter bien abordables. Ainsi, les retraités du coin comme ils le savent bien, s'y rendent souvent car finalement, après avoir bien calculé, ils trouvent que se restaurer chez Kanakis du coin, leur coûte moins cher que de cuisiner chez eux : « un plat à 3 euros c'est de la varie restauration pour nous les retraités, mais ensuite et comme nous le craignons, en cas de réductions encore plus drastiques de nos retraites, eh bien, nous irons à la soupe populaire, il n'y a plus aucun doute, déjà que nous ne nous soignons plus chez le médecin, mais au moins, nous aurons encore de quoi se mettre sous la dent », se disaient entre eux ces retraités de l'île historique. Pourtant c'est déjà « acquis », la démolition du système de santé se poursuivra, « le gouvernement prévoit la diminution du secteur hospitalier à hauteur de 30 % pour bien montrer sa docilité envers la Troïka car la seule politique prévue par le cabinet Samaras c'est bel est bien le mémorandum, ni plus, ni moins et sans aucun soi-disant aménagement. »

Du coup et toujours dans l'air du temps, des comédiens connus, se produisant de passage à Salamine, proposent une théâtralité bien de saison : « Le Mémorandum fait mal », théâtre itinérant tout comme les stéréotypes qu'il véhicule finalement, expressément anti-allemands, on ne peut pas facilement demander au théâtre d'être ce que la société n'est pas, on a le théâtre qu'on mérite, tragique ou pas finalement. C'est à Salamine également que l'antenne locale du mouvement de Mikis Theodorakis (de ce qui en reste en tout cas), invitait tout le monde à une soirée-débat, vendredi 27 juillet. Supposons après la pèche à la ligne, entre une traversée du bac et le passage d'un petit cargo turc à destination d'Eleusis, car il y a certains rythmes qui ne changent pas, fort heureusement. Et on y ajoutera à ces « rythmes » le nouveau mendiant posté devant le supermarché, témoignant à sa manière d'une certaine constance dans l'existentialisme de saison à ne plus sous-estimer.

C'est autant vrai, que nous ne pouvons plus prétendre que rien ne bouge, SYRIZA par exemple, organise des réunions de quartier, ouvertes à tous en ce fin juillet, c'est pour « débattre des privatisations mafieuses », mises en place par l'administration Samaras. C'est ainsi que la Baronnie se priverait de ses derniers biens nationaux, Carthago delenda est, et une fois de plus terminus. Sauf que les retraités du pays peuvent encore lire leurs journaux avec passion, ou regarder un match de football sur un écran géant, aux cafés en plein air, gérés par les municipalités, car les consommations coûtent un peu moins cher qu'ailleurs.

« Vivons notre mythe en Grèce »

C'est tout autant vrai que certains journaux du système ont brusquement « découvert » la semaine dernière que « la Grèce serait sur le point de se faire exécuter par l'Allemagne » rien de moins grave, images d'archives issues de la guerre de 1940 à l'appui. Sinon, ces mêmes journaux, consacrent leur « une » à madame Markel et à la Bundesbank, donc quoi qu'on en dise, l'Allemagne est certainement un pays à succès.

En attendant les prochaines décisions de la Bundesbank, on peut alors mettre en vente nos dernières petites sportives italiennes, jadis si populaires auprès des jeunes, ou boire son café « de base » à 0,70 euros, se contentant d'un hot dog... gastronomique au même prix. Les patients souffrant de pathologies psychique à l'établissement public de Leros déjà affamées, « se verront désormais leurs retraites saisies à la source par l'établissement, et c'est pour financer leur hospitalisation car l'État a réduit son budget attribué aux structures de santé psychique de 55 % », d'après le directeur de l'établissement (reportage de la revue politique et culturelle Unfollow, no 8, Août 2012).

« Vivons notre mythe en Grèce » fut le slogan pivot d'une campagne publicitaire du ministère du Tourisme datant déjà de l'année dernière, oui, vivons-le décidément, mais jusqu'à la mort. Entre temps et selon certains reportages, on croit savoir que les Merkelistes de service exigeraient de SYRIZA et d'Alexis Tsipras leur signature en vue de mettre en place le Mémorandum III sans entraves. Mythes grecs et mythomanes Allemands, toute une histoire... à suivre.

 

La Grèce annule sa « fête de la Démocratie », tout un symbole

Retrouvez Panagiotis Grigoriou sur son blog


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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 14:13
Rue89 - Nesrine Briki | Journaliste

Mon précieux 01/08/2012 à 12h57

 

 


La bague soi-disant en or (Nesrine Briki)

 

J’ai assisté à une scène assez étrange lors de mon dernier séjour à Paris : cela remonte à quelques jours, fin juillet, en pleine saison touristique. Fatiguée d’avoir trop marché, je décide de faire une halte au niveau du pont Alexandre III. Je m’accoude à la rambarde pour me reposer et admirer ce chef d’œuvre architectural et la vue sur les Invalides.

Mon esprit vogue au gré des bateaux-mouches de passage, lorsqu’un « Madame » vient interrompre mon activité méditative. En tournant la tête, je m’aperçois que ça ne m’est pas adressé, mais destiné à une femme occupée à prendre des photos à quelques pas de moi.

La personne qui a lancé le « Madame » est une jeune fille d’environ 25 ans. Son allure est rassurante, son look simple et discret... peut-être une étudiante, pensé-je.

« C’est sûrement de l’or »

L’étudiante pointe un objet brillant par terre, le ramasse et se dirige vers la femme aux photos. S’ensuit alors un échange troublant :

L’étudiante : « Vous avez perdu ça ?

La femme : – Non, ce n’est pas à moi.

L’étudiante : – Vous avez vu ça, c’est du vrai, vous pensez-pas ? »

La femme saisit l’objet que l’étudiante agite sous son nez : un gros anneau doré, style jonc en or, l’examine quelques secondes, puis déclare : « Effectivement, elle est poinçonnée, c’est sûrement de l’or »

L’étudiante reprend la bague et revient à la charge :

« Et vous avez-vu la grosseur ?

La femme : – Oui c’est massif, elle doit avoir beaucoup de valeur. Vous avez de la chance de l’avoir vue en premier.

L’étudiante, en souriant : Ah ! ça, c’est la vie ! »

Cette dernière parle un français correct, mais avec un petit accent que mon oreille n’arrive pas à identifier.

« 200 euros et je vous la laisse »

Toujours en souriant, l’étudiante met la bague trouvée à son annulaire puis, l’air déçu, déclare : « C’est dommage, elle est beaucoup trop grande pour moi. » Elle l’ôte, la glisse prestement au doigt de la femme et dit avec enthousiasme : « Regardez, elle est à votre taille, quelle chance ! »

La femme tend la main devant elle pour voir l’effet. L’air satisfait, elle admet que la bague lui va très bien. L’étudiante ne lui laisse pas le temps de souffler et enchaîne :

« Ecoutez, elle ne me va pas à moi et elle vous va bien à vous, je suis en galère en ce moment, donnez-moi 200 euros et je vous la laisse. »

La femme répond vivement qu’elle ne les a pas, l’étudiante prend une voix très douce : « Vous faites comme vous voulez... Elle vous plaît, c’est dommage de rater cette affaire. Combien vous avez ? »

La femme sort son porte-monnaie et en tire deux billets bleus, l’étudiante dit que ça ira, s’empare rapidement des 40 euros, salue la femme, et les deux partent dans des directions différentes.

Cet échange s’est déroulé très vite ; le temps qui sépare la rencontre de la prise de congé n’excède pas les trois minutes.

Soit l’étudiante a une chance inouïe, soit...

Après un moment, je décide de reprendre ma marche. Je me dirige vers les Champs-Elysées, en repensant à la scène dont je viens d’être le témoin ; je me dis que cette étudiante est naïve ou pas très maline, car au prix de l’or, n’importe quelle centrale de rachat d’or (comme on en voit un peu partout) lui en aurait offert plus que 40 euros...

Je constate aussi qu’à aucun moment, la femme et l’étudiante n’ont évoqué la possibilité de remettre la bague à la police.

Arrivée au niveau du Petit Palais, quelle n’est pas ma surprise de voir la même étudiante montrer une autre bague à une autre femme. Je reste interdite devant la scène déjà vue une demi-heure plus tôt : soit l’étudiante a une chance inouïe et un altruisme surhumain, soit...

Je viens de comprendre qu’il s’agit d’une arnaque et que l’étudiante est une escroc. Cette fois-ci en revanche, elle a moins de chance : la femme abordée a l’air de ne pas parler français et semble méfiante. Elle hoche la tête frénétiquement en s’écartant de l’étudiante.

Poussée par ma curiosité et sans réfléchir, je m’approche de l’étudiante, la salue et sort un Ticket Resto de mon sac, je lui propose de l’échanger contre sa bague. Elle fait mine d’hésiter, je finis par lui avouer que je l’ai vue tout à l’heure, sur le pont Alexandre III. Elle prend le Ticket Resto, me jette la bague et s’enfuit à toute vitesse.

Une boîte à chaussures pleine de bagues

Je ramasse la bague et l’examine minutieusement. Elle est effectivement massive et pèse assez lourd. Deux poinçons sont gravés à l’intérieur : « 750 » et « 18K ». A priori, rien ne les distingue des poinçons authentiques. Pour en avoir le cœur net, je me mets aussitôt en quête d’un bijoutier. Je traverse les Champs-Elysées, je passe l’Arc de triomphe et finis par en trouver un dans le XVIe arrondissement.

Je lui montre la bague et lui demande si c’est de l’or. Une seconde lui suffit pour m’affirmer de façon catégorique que c’est du toc. J’insiste pour savoir comment il peut en être aussi sûr si vite. Le bijoutier montre des signes d’agacement :

« Tenez, regardez ça si vous mettez ma parole en doute ! »

Il me tend une boîte à chaussure pleine à craquer de bagues identiques à celle « trouvée » par l’étudiante, si ce n’est qu’elles sont oxydées et que leur couleur vire au gris vert.

J’expose au bijoutier les circonstances de mon acquisition et ma véritable motivation (la rédaction de cet article), il me répond :

« Je sais juste que les gens qui viennent avec cette bague sont victimes d’une arnaque bien rodée et très efficace : on vous aborde pour vous rendre une bague en or que vous auriez soi-disant perdue, la personne prétend ensuite que sa religion lui interdit de porter des bijoux ou qu’elle n’est pas à sa taille et vous la cède contre de l’argent, sauf que la bague est en cuivre et qu’elle n’a aucune valeur. »

Selon le bijoutier, cette escroquerie est apparue il y a quatre ou cinq ans, mais les cas se multiplient depuis 2010.

Décryptage d’une manipulation

Si l’étudiante avait abordé ces femmes en leur proposant simplement de leur vendre des bagues en or, aurait-elle eu autant de succès ? Probablement que non, car elle paraîtrait immédiatement louche, et la réceptivité des victimes au discours en serait drastiquement réduite.

Tandis qu’en mettant en place un scénario stratégique impliquant des procédés de manipulation, il est plus aisé pour l’étudiante-escroc d’arriver à ses fins, tout en faisant croire à ses victimes que la décision de donner de l’argent émane de leur propre volonté. Là réside l’art de la manipulation – dont l’étymologie ne signifie rien d’autre que « conduire par la main ».

Dans « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens », rédigé par deux chercheurs en psychologie sociale, Vincent Joules et Jean-Léon Beauvois, on apprend que lorsqu’une requête est formulée directement, elle a peu de chance d’aboutir. Mais si une question anodine précède la demande, les probabilités de réussite sont multipliées par quatre.

La manipulation en question repose sur trois principes.

  • Ouvrir le dialogue

Effectivement, dans cette affaire, tout s’est joué lors de la phrase initiale. Le « Vous avez perdu ça ? » permet d’ouvrir le dialogue, d’attirer l’attention et d’imprimer dans l’esprit de la victime la notion d’honnêteté : puisque la personne restitue l’objet, elle est forcément vertueuse, donc crédible.

  • Obtenir l’adhésion

L’étudiante focalise l’attention sur la valeur de la bague, tout en cherchant à obtenir l’adhésion de l’interlocutrice par des questions récurrentes et des « Vous pensez-pas ? ». Aussi lorsque la victime confirme que la bague est probablement en or et qu’elle doit valoir beaucoup, elle a déjà mordu à l’hameçon, le leurre a bien fonctionné.

  • La victime a de la chance

En outre, la sollicitation par la forme interrogative prépare la victime à une requête ultérieure plus importante, c’est la technique du « pied dans la porte ». Lorsque, plus tard, l’étudiante s’exclame « Quelle chance ! », elle inverse la situation et place la chance du côté de la victime. La transaction devient imminente. Elle commence par faire une proposition exorbitante (200 euros) pour finalement accepter ce que la femme a sur elle (40 euros). L’étudiante a utilisé la stratégie de la « porte au nez ».

Dans cette arnaque, en plus de faire appel à ce sentiment humain qu’est la cupidité, le principe de réciprocité est également fortement utilisé ; si on offre un objet de valeur, il est normal d’attendre une compensation en retour.

Pour toutes ces raisons, cette escroquerie aux abords simplistes se révèle être d’une efficacité redoutable. Si vous flânez dans cette superbe ville, ouvrez l’œil.

 

MERCI RIVERAINS ! Priscillamc, Dosna


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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 14:03

 

Rue89 - Jeff Jarvis

Presse sans presse 01/08/2012 à 12h24

 

Twitter a finalement restauré le compte du journaliste Guy Adams, un temps suspendu pour avoir publié dans un tweet l’adresse e-mail professionnelle d’un responsable de la chaîne américaine NBC.

Alex Macgillivay, avocat de la société californienne, a présenté ses excuses et s’est expliqué dans un post sur le blog officiel.

L’entreprise découvre ainsi une règle que les quotidiens américains ont apprise quand ils ont commencé à accepter la publicité sur leurs pages : quand votre succès dépend de la confiance que le public place en vous, il faut proposer des services et mener ses affaires en respectant les principes à la base de cette confiance.

Un peu comme on a séparé les églises et l’Etat, les journaux ont ainsi bâti un mur entre le contenu rédactionnel et la publicité, pour bien montrer que le premier n’était pas influencé par le second.

Twitter a besoin d’un tel mur, comme toute entreprise hi-tech se présentant comme une plateforme. Sinon, les internautes ne pourront pas lui faire confiance, elle ne sera pas utilisée et perdra de la valeur – c’est comme ça que fonctionne un modèle économique basé sur la confiance.

Adams râlait contre la couverture des JO

Le fait d’avoir supprimé le compte de ce journaliste aurait pu être un tournant dans l’histoire de Twitter, comme le blogueur Dan Gillmor le pressentait.

Les tweets de Guy Adams, journaliste indépendant qui travaille pour le quotidien britannique The Independent à Los Angeles, étaient très critiques sur la couverture des Jeux olympiques par NBC – comme les miens et ceux de beaucoup d’autres, qui se servaient du hashtag #nbcfail [« NBC se plante », ndlr] pour regrouper les plaintes et leur donner de l’écho.

Adams a fini par publier l’adresse e-mail professionnelle du responsable des JO à NBC, Gary Zenkel, ce qui a entraîné la suspension de son compte. Mais cette information n’était pas vraiment secrète : l’adresse avait déjà été diffusée en ligne, et est construite sur le modèle prenom.nom@nnbcuni.com.

Le fautif n’a jamais été informé d’un quelconque problème à propos de son tweet, on ne lui a même pas donné la possibilité de le supprimer comme le prévoient pourtant les conditions d’utilisation. En fait, il a découvert que c’est Twitter lui-même qui est à l’origine de ce blocage, et pas NBC.

Quel est exactement le dommage subi par NBC ? Le fait que les téléspectateurs puissent leur écrire ? La chaîne devrait s’en féliciter. La vague de protestation qui a suivi cette décision a de toute façon entraîné la diffusion de l’adresse e-mail de Zenkel à une échelle bien plus large que le tweet original.

Un partenariat stratégique Twitter-NBC

Non, le vrai souci, c’est que Twitter a passé un partenariat stratégique avec NBC et sa maison-mère, Comcast, portant précisément sur les Jeux olympiques. Ce qui place la firme dans une position de dépendance. Les utilisateurs de Twitter doivent-ils désormais s’abstenir de mordre la main qui nourrit Twitter ?

J’ai demandé à plusieurs reprises aux responsables de la société leur position sur ce sujet, attendant leur réponse pour publier cette note [en fait, sa version originale, ndlr]. J’avais bon espoir qu’ils reprennent leurs esprits, se rétractent, s’excusent, et tirent la leçon de cette séquence.

Evidemment, l’incident en lui-même n’a pas grande importance, et le combat peut sembler futile. Qu’on puisse ou non se plaindre sur Twitter des retards de diffusion des épreuves des JO sur NBC et de l’incompétence de ses commentateurs, ça ne va pas changer le monde.

Sauf que Twitter, c’est un peu plus que ça. C’est une plateforme utilisée par des révolutionnaires pour communiquer, se coordonner, s’organiser pour changer le monde, justement. C’est une plateforme utilisée par les journalistes pour informer. C’est une plateforme qui doit pouvoir être utilisée par n’importe quel utilisateur à n’importe quel but, qu’il soit encouragé ou non, interdit ou non par Twitter. C’est ça, une plateforme.

Twitter exemplaire lors du printemps arabe

D’un point de vue politique, Twitter s’est plutôt bien comporté jusqu’ici, allant jusqu’à décaler une opération de maintenance pour rester accessible alors que les révoltes du printemps arabe abordaient un moment crucial. La société s’est battue contre les recours juridiques engagés par différents gouvernements, qui tentaient d’obtenir des informations sur les activistes inscrits sur Twitter ou encore sur Wikileaks.

Mais quand il s’agit de business, ses responsables agissent de façon suspecte, ce qui est inquiétant pour cette société et davantage encore pour ses utilisateurs.

Twitter doit décider de principes clairs sur lesquels se baser. Je pense que la plateforme a besoin de nous prouver qu’elle n’est dépendante ni de ses sponsors, ni des gouvernements. Elle doit se battre pour garder notre confiance, ou bien elle perdra de sa valeur à nos yeux et à ceux de ses actionnaires.

C’est pour ça que Google a décidé qu’il ne nous ferait pas de mal [« don’t be evil » est le slogan officiel du moteur de recherche, ndlr], et d’un point de vue business, c’est une bonne décision.

Dans cette optique, que nous dit la décision de Twitter de finalement réactiver le compte de Guy Adams ? Sur le blog de la société, Macgilivray donne l’impression de considérer qu’Adams n’a pas respecté les conditions d’utilisation, ce qui est faux selon moi, pour les raisons que j’évoque plus haut.

Il tente d’argumenter en expliquant que les adresses e-mail professionnelles peuvent avoir un usage personnel. Si on part de ce principe, Twitter devrait interdire la diffusion de toute adresse de courrier électronique, ce qui semble idiot.

La relation commerciale l’a bien emporté

Dans ce texte, le juriste aborde aussi le problème du mur de séparation que je décris plus haut :

« Nous souhaitons nous excuser pour ce qui s’est passé ensuite. Les employés qui travaillent sur les Jeux olympiques en association avec NBC ont identifié un tweet en violation avec les règles de Twitter, et suggéré à notre partenaire de le signaler auprès de l’équipe chargée de la sécurité, comme cela a déjà été rapporté.

Cette dernière ne savait pas ce qui s’était passé précédemment, et a traité cette demande comme n’importe quelle autre demande. »

Résumons : l’équipe commerciale, travaillant avec un partenaire en affaires, a agi dans l’intérêt de ce partenaire et non dans celui des utilisateurs, censé être sur une plateforme ouverte, fiable et digne de confiance. J’appelle ça un plantage.

Je suis cependant content que Twitter ait rétabli le compte de Guy Adams. Mais la société ne tire pas complètement les conséquences de cette affaire. Macgillevray présente des excuses parce que des employés ont activement surveillé le contenu produit par les utilisateurs, plutôt que d’attendre que quelqu’un s’en plaigne.

C’est voir l’affaire par le petit bout de la lorgnette : il faudra bien discuter des principes que Twitter adopte, et du respect de la confiance dont les utilisateurs font preuve.

Les journalistes, pas vraiment des exemples

Arrivé là, je perçois mieux l’ironie dont le début de ce texte est empreint. J’ai dit que Twitter devait s’inspirer des quotidiens américains et de leur pratique du journalisme.

Pourtant, notre industrie a peu à peu perdu le lien de confiance avec ses lecteurs. Pas tellement à cause de l’influence directe de la publicité, mais davantage à cause de choix économiques à courte vue :

  • en privilégiant le people, le sensationnalisme, une prétendue objectivité [ce que Jay Rosen appelle « the view from nowhere », l’information sans point de vue, ndlr] pour mieux plaire au grand public tel que nous le percevions, et renforcer ventes et trafic au détriment de la qualité du contenu ;
  • en dévaluant nos produits à force de mauvais choix quand nous étions confrontés à la concurrence et qu’il fallait supprimer une partie de notre activité ;
  • en manquant d’une vision stratégique à même d’adapter sereinement le journalisme à l’économie numérique.

J’ai bien peur d’être en train de dire à Twitter : « Faites ce que je dis, pas ce que je fais. »

Tout le monde peut travailler ensemble

Alors que je discutais de Twitter avec l’entrepreneur Dave Winer, nous nous sommes demandé si les entreprises hi-tech devaient se transformer en médias journalistiques, ou bien si, à l’inverse, ces derniers devaient se transformer en entreprises hi-tech. Je ne suis pas sûr de ce que l’avenir nous réserve.

Je vois des sociétés comme Twitter, Tumblr, Google, Facebook et d’autres embaucher des journalistes. Je vois des journalistes utilisant et s’appuyant (parfois trop) sur les services de ces sociétés.

Je pense que tout le monde peut travailler ensemble, en bâtissant un mur protégeant la confiance des pressions du business, en établissant les principes selon lesquels ces plateformes – et, en fait, Internet dans sa globalité – doivent vivre.

Faire des affaires, je n’ai rien contre, y compris dans le domaine du journalisme. Je pense qu’il faut en faire, si on veut que les médias puissent vivre durablement. Mais il faut le faire de façon responsable, et donc en confiance. Renoncez à cette confiance et vous perdrez tout.

Traduit de l’anglais par Yann Guégan


MERCI RIVERAINS !


 


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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 13:51

 

 

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

Relations publiques 31/07/2012 à 14h01

 


Capture d’écran de l’article « Asma al-Assad : a rose in the desert », daté du 25 février 2011, via Wayback.archive.org (Vogue/Wayback.archive.org)

 

En mars 2011, au moment où démarrait le soulèvement syrien contre Bachar el-Assad, le célèbre magazine américain Vogue publiait un portrait très complaisant de la femme du dictateur syrien, sous le titre sans nuance : « Une rose dans le désert »...

Avec la montée de la violence en Syrie, qui a déjà fait quelque 20 000 morts et mis des centaines de milliers de Syriens sur les routes, fuyant les combats et la répression, cet article est devenu une source d’embarras pour le magazine de mode, complice d’une magnifique orchestration des relations publiques d’une dictature.

L’article a été retiré du site en mai 2011. Mais aujourd’hui, l’auteur, Joan Juliet Buck, ancienne rédactrice en chef du Vogue français jusqu’en 2001 et longtemps l’une des grandes signatures du magazine, raconte pour la première fois comment, selon ses propres termes, elle s’est « fait avoir » par la séduisante Mme Assad, les services syriens, et la société de relations publiques américaine à leur service.

Joan Juliet Buck ne se confie pas à Vogue, mais publie un long plaidoyer pro domo sur le site The Daily Beast, dirigé par la journaliste Tina Brown.

Son « scoop », Joan Juliet Buck ne l’a pas obtenu à force de contacts et de travail : il lui a été offert sur un plateau. L’interview a été organisée par une boîte de relations publiques payée par la présidence syrienne, et par la rédaction de Vogue.

« Nous ne voulons pas de politique »

La journaliste raconte qu’elle a été sollicitée par une rédactrice en chef de Vogue le 1er décembre 2010. Sa première réaction :

« Je ne veux pas voir les Assad et eux-même ne voudront pas voir une juive »...

Elle poursuit :

« La rédactrice en chef m’expliqua que la Première dame était jeune, jolie, et qu’elle n’avait jamais donné d’interview. Vogue essayait de l’obtenir depuis deux ans. Désormais, il y avait une société de relations publiques qui l’avait sans doute convaincue d’accepter. »

La journaliste : « Envoyez une journaliste politique. »

La rédactrice en chef :

« Nous ne voulons pas de politique, pas de politique du tout. Elle ne veut parler que de culture, d’antiquités, de musées. Tu aimes la culture, tu aimes les musées. Elle veut te parler à toi. Tu dois partir dans une semaine. »

Joan Juliet Buck se laisse convaincre par ce projet « excitant », surmontant ses doutes et ses objections personnelles.

Mais elle ajoute dans ce long récit à The Daily Beast :

« Je ne savais pas que j’allais rencontrer un assassin.

Je n’avais aucun moyen de savoir que Assad, le doux ophtalmo un peu geek, tuerait plus de gens que son propre père, en torturerait des milliers d’autres, y compris des enfants.

Je n’avais aucun moyen de savoir, alors que j’admirais les événements de la place Tahrir, que je serais atteinte parce que j’avais écrit sur les Assad. Je n’avais aucun moyen de savoir que cet article me coûterait mon gagne-pain, et mettrait fin à mon association avec Vogue qui durait depuis que j’avais 23 ans. »

Une belle opération de com’

Joan Juliet Buck a été la victime consentante d’une belle opération de com’ destinée à redorer le blason d’un des régimes les plus répressifs du Moyen-Orient, et à accréditer l’idée que le fils de Hafez el-Assad et sa jeune épouse étaient « modernes » et donc nécessairement réformateurs.

Elle a entraîné dans sa chute l’un des grands photojournalistes américains, James Natchwey, qui doit regretter aujourd’hui la mise en scène à laquelle il a prêté son talent.

 


Capture d’écran de l’article « Asma al-Assad : a rose in the desert », daté du 25 février 2011, via Wayback.archive.org (Vogue/Wayback.archive.org)

 

Une campagne orchestrée par la société de relations publiques Brown Lloyd James, qui, sur son site, se garde bien aujourd’hui de citer Assad parmi ses clients passés, préférant nommer... le Qatar ou la Fondation Tony Blair pour la foi !

Brown Lloyd James a par la suite affirmé que sa collaboration avec la Syrie avait pris fin en décembre 2010, mais selon des documents révélés ce mois-ci par WikiLeaks (via Owni.fr), la firme a rédigé en mai 2011 un mémorandum pour le gouvernement syrien, avec des conseils pour améliorer son image de marque...

Une « stagiaire » chargée d’espionner

Pour son voyage, dont le visa a été arrangé par la société de RP, la journaliste américaine a été accompagnée par un des dirigeants de Brown Lloyd James, Mike Holtzman, un ancien de l’administration Clinton, et par une « stagiaire », qui se trouvait être la fille de l’ambassadeur syrien à l’ONU...

Grâce à des fuites d’e-mails organisées par WikiLeaks, la journaliste américaine a découvert la semaine dernière seulement que la « stagiaire », qui répondait au doux prénom de Sheherazade, avait été chargée de l’espionner, et rapportait ses moindres faits et gestes à la société de relations publiques.

La journaliste raconte ainsi qu’elle a rencontré l’ambassadeur de France en Syrie dans un hall d’hôtel et lui a demandé ce qui se passait dans le pays. Avant de répondre, raconte-t-elle, il a enlevé la batterie de leurs téléphones portables.

« Cela a dû déclencher une alerte, car nous vîmes subitement arriver Sheherazade devant nous. »

Les « valeurs » de Vogue

Plus tard, la jeune « stagiaire » lui dit :

« Nous ne voulons pas que vous parliez à l’ambassadeur de France »...

Elle constatera plus tard que son ordinateur, resté dans sa chambre, avait été « visité ».

A son retour à New York, alors que la Tunisie vivait déjà ses heures révolutionnaires, bientôt suivie de l’Egypte, de la Libye, et enfin de la Syrie, la direction de Vogue lui demanda de ne « pas parler à la presse ». Ce qu’elle fit jusqu’à ce que son contrat avec Vogue expire à la fin de l’année, sans être renouvelé.

En mai 2011, l’article sur Asma el-Assad fut retiré du site de Vogue, après une série de critiques sévères. Vogue publia un communiqué particulièrement faux-cul déplorant la répression en Syrie et constatant que les « valeurs » du magazine ne pouvaient plus être en accord avec ce qui se passait en Syrie.

Mais s’il n’y avait pas eu tous ces crimes, Vogue et sa journaliste auraient paisiblement pu continuer à prospérer en sachant pertinemment qu’ils avaient contribué à une opération de manipulation de l’opinion mondiale centrée sur le charme et la douceur de la Première dame syrienne. Pas de chance.

 

MERCI RIVERAINS !

 


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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 12:54

 

 

Le Monde.fr | 01.08.2012 à 09h48

Par Didier Cozin, ingénieur de formation professionnelle


 

Autrefois de nombreuses entreprises arboraient en France le fier qualificatif d'"import-export". En ces temps - pas si reculés - le commerce consistait en un échange de produits et services réalisés dans son propre pays contre des biens ou des services réalisés ailleurs du fait de la géographie, des économies spécialisées ou des conditions du marché.

Aujourd'hui en France tout concourt à faire de notre pays une "grosse économie" paresseuse et dépendante des créanciers qui se contente d'importer tout ce qu'elle n'a pas (plus) le courage et l'envie de produire.

Prenons simplement trois exemples emblématiques de notre économie de la consommation :

- la téléphonie mobile : jadis (il y a moins de 15 ans) lors du lancement de ce service des constructeurs français étaient présents (Sagem ou Alcatel) et vendaient des téléphones de qualité, produits souvent en France, aux côtés de Nokia ou de Siemens, autres marques européennes qui produisaient sur le continent. Aujourd'hui la téléphonie mobile compte pour 5 milliards d'euros dans le déficit du commerce extérieur, plus aucun téléphone n'est fabriqué en France depuis des années (Alcatel signant des téléphones low cost produits en Chine). Pis encore, si on fait le compte des équipements professionnels de télécommunication, des applications téléchargées sur les différents "markets" par les utilisateurs et évidemment de la vente des téléphones, on peut dire que cette activité est devenue une source massive d'évasion de richesses et de perte d'indépendance pour notre pays (ne parlons pas d'Internet non plus).

- l'automobile : il y a 10 ans encore l'automobile participait à hauteur de 10 milliards d'euros au solde positif de notre commerce extérieur. Aujourd'hui le solde négatif est d'environ 5 milliards d'euros - mais combien dans les prochaines années ? Si Renault, malgré la conjoncture morose, gagne encore de l'argent c'est à la fois sur des marchés étrangers (hors Europe) mais aussi et surtout parce qu'il produit à bas coût hors de France. Avec un taux d'occupation des usines de 60 % en France on peut estimer que les droits à polluer permettent d'assurer les paies des salariés qui produisent (et produiront) de moins en moins. A un moment ou à un autre il faudra bien fermer nos usines - ou alors accepter qu'elles ne servent plus que de musées du XXe siècle industriel.

- l'alimentation : c'est toujours un secteur porteur et qui apporte un excédent annuel (en 2011) de près de 11 milliards à notre commerce extérieur. Mais attention : nos produits sont bien peu positionnés sur l'air du temps : bio, sans engrais ni pesticides. Là encore nous n'avons pas pris les bonnes décisions il y a 10 ou 15 ans et le coût de la main d'œuvre agricole pèse de plus en plus sur nos prix.

Qu'en déduire sinon que notre pays n'aime plus guère produire, qu'il se croit encore en position dominante d'Empire pouvant dicter ses lois économiques au monde entier et que si nous n'abandonnons pas très vite le mythe de relance keynésienne par la consommation nous deviendrons collectivement un pays d'assistés, dépendant du crédit des autres, visité comme un musée des XIXe et XXe siècles mais certainement pas comme une nation capable de fournir des solutions ou des services pour l'avenir - qui avec 7 milliards de terriens sera laborieux ou ne sera pas.

Didier Cozin, ingénieur de formation professionnelle

 

 

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 12:45

 

Le Monde.fr avec AFP | 01.08.2012 à 10h50 • Mis à jour le 01.08.2012 à 11h30

 

 

Cette plus-value intervient dans un contexte tendu pour le groupe, qui a annoncé un plan de réorganisation dont les syndicats craignent l'impact sur l'emploi.

 

Selon des documents de l'Autorité des marchés financiers, révélés par le Parisien mercredi 1er août, un des principaux dirigeants du groupe pharmaceutique Sanofi, Hanspeter Spek, a réalisé une plus-value de plus d'un demi-million d'euros en exerçant des options d'achat d'actions et en revendant ces titres dans la foulée, selon des documents de l'Autorité des marchés financiers.

Les deux déclarations rendues publiques par l'AMF, confirmant ainsi l'information du Parisien portent sur des opérations menées vendredi par M. Spek, président des opérations globales du laboratoire français. L'une concerne l'exercice d'options sur 63 000 actions, levées au prix unitaire de 55,74 euros, soit un montant total de 3 511 620 euros. L'autre déclaration indique que le dirigeant a revendu le même jour ces actions au prix de 64,33 euros, pour un total de 4 052 569,5 euros. M. Spek a donc gagné 540 949,5 euros dans l'opération.

 

 ENTRE 1 500 ET 2 000 EMPLOIS SUPPRIMÉS

Cette plus-value intervient dans un contexte tendu pour le groupe, qui a annoncé un plan de réorganisation dont les syndicats craignent l'impact sur l'emploi. La semaine passée, le directeur général de Sanofi, Chris Viehbacher, a confirmé que le plan, qui n'a pas encore été détaillé mais qui touchera notamment la recherche en France, aurait "un impact sur l'emploi", sans donner de chiffre. Des propositions concrètes doivent être présentées à la fin septembre aux syndicats, a-t-il ajouté.

Ces derniers ont de leur côté chiffré les suppressions d'emploi envisagées entre 1 500 et 2 000 personnes, pour l'ensemble du plan, qui concerne aussi la production de vaccins et les fonctions support.

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 12:36

 

LE MONDE | 01.08.2012 à 10h31 • Mis à jour le 01.08.2012 à 12h01

Par Audrey Tonnelier


Salle de marché à New York, le 31 juillet.

 

Après des mois de polémiques et de revirements, c'est le jour J, mercredi 1er août, pour la taxe sur les transactions financières. Doublée par rapport à ce qu'avait prévu la majorité de Nicolas Sarkozy, début 2012, elle consistera en un prélèvement de 0,2 % sur les achats d'actions de quelque 109 sociétés françaises pesant plus de 1 milliard d'euros en Bourse, d'Air Liquide à Vivendi en passant par LVMH.

De quoi rapporter 1,6 milliard d'euros à l'Etat en année pleine, selon le texte de la loi de finance rectificative voté mardi 31 juillet par le Parlement, dont "360 à 400 millions dès cette année", selon François Marc, rapporteur du budget au Sénat.

Deux catégories de produits financiers ont toutefois été exclues du texte initial : les ventes "à nu" (sans posséder de titres) de CDS, ces assurances contre le risque de défaut d'un pays ou d'une entreprise, et les transactions réalisées par les traders à haute fréquence. Paris a préféré attendre la position des autres pays européens – ils sont neuf à s'être déclarés intéressés, fin juin, par un projet de taxe –, qui pourraient formuler des propositions à l'automne.

Mais le texte français peine à convaincre. Pour les ONG et autres partisans d'une finance plus responsable, cette proposition a minima est loin de la "taxe Tobin", du nom de cet économiste qui entendait, dans les années 1970, lutter contre la spéculation. Le flou entretenu sur l'usage de la taxe ne plaide pas en sa faveur : destinée à l'origine à réduire le déficit français, elle devrait aussi être destinée à l'aide au développement – lutte contre le sida... – mais aucune répartition claire n'a été précisée.

 

LOURDEUR DES PROCÉDURES

Du côté des milieux financiers, on s'inquiète de l'arrivée d'un nouvel impôt qui, en gonflant le coût des transactions, risque d'éloigner davantage les investisseurs de la Bourse. "Cette taxe va peser sur les investissements en actions à un moment où les entreprises doivent compenser une baisse progressive des financements bancaires en raison des nouvelles réglementations prudentielles [Bâle III...]", déplore Arnaud de Bresson, délégué général d'Europlace, le lobby de la Bourse de Paris. Il souligne "la nécessité que cette mesure soit au minimum européenne, incluant Londres". La principale place financière du Vieux Continent, qui possède déjà une taxe – "stamp duty" – de 0,5 % sur les transactions boursières, ne semble guère disposée à prendre part au projet.

Autre grief : la lourdeur des procédures à mettre en place. Ce sont les intermédiaires financiers, banques et courtiers, qui devront s'acquitter de la taxe, charge ensuite à eux de la recouvrer auprès de leurs clients. Le secteur financier craint enfin que le choix des investisseurs ne se porte sur les actions d'autres pays ou sur les actions françaises cotées à l'étranger.

Sur ce sujet, les parlementaires français ont subi un revers de taille. Pour éviter des reports vers les actions françaises cotées à New York, les sénateurs avaient décidé, la semaine dernière, de taxer ces titres, les "American depositary receipts" (ADR, ou certificats de détentions d'actions).

C'était sans compter sur l'opposition du secteur financier outre-Atlantique. Le 27 juillet, le SIFMA, l'association des courtiers, banques et gérants d'actifs américains, s'est fendu d'un courrier cinglant au ministre de l'économie et des finances, Pierre Moscovici. Révélée par le blog Margin Call, cette lettre, dont Le Monde a eu connaissance, agite la menace de ventes massives d'ADR si la taxe s'applique aux Etats-Unis dès le 1er août. Elle demande un délai d'au moins six mois pour permettre au secteur de s'y préparer.

Les multinationales concernées – on compte plusieurs dizaines d'ADR, de Total à Sanofi – sont aussi montées au créneau. "Nous avons été alertés par nombre de grandes entreprises françaises", confirme M. de Bresson chez Europlace.

La Commission mixte paritaire, qui réunit des sénateurs et des députés, a finalement modifié le texte. La taxe ne s'appliquera pour les ADR qu'à compter du 1er décembre prochain. Un manque à gagner estimé à une centaine de millions d'euros par les parlementaires.

 

Audrey Tonnelier

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 23:12

 http://www.avaaz.org/fr/petition/NON_a_la_destruction_de_notre_solNON_AU_GAZ_DE_SCHISTE//?launch

 

NON a la destruction de notre sol!!!NON AU GAZ DE SCHISTE

Pourquoi c'est important


Bonjour a vous,

il est temps de dire stop au lobby pétrolier et au marché financier,
car notre sol si riche si couvert et si instable , ne peut être fouiller, travailler, polluer par des forage et des mélanges de produits chimiques pour faire sortir une ressource qui est le GAZ de SCHISTE...
pensez au répercussion dans nos nappes phréatiques , nos sols riches et déjà fortement atteint par la pollution,
pensez au craquement terrestre que cela peut faire en dessous de nos pieds, entre 2 et 4 kilomètre de forage, imaginez les nouveaux séismes grâce a leur volonté et pouvoir de faire de l'argent sans pensez au futur de nos vies et de nos enfants...
mobilisons nous tous contre le GAZ de SCHISTE;;;
MERCI
*Pour accéder à la pétition, appuyer sur la touche "Ctrl" de votre clavier + cliquer gauche sur ce  'link'

 

Publiée Juillet 25, 2012

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