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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 13:09

 

http://www.digitalarti.com/review/daily-watch/blog/2012/08/22/thechangebook-org-le-reseau-social-engage-qui-vous-veut-du-bien/

 

August 21, 2012

 

 

Thechangebook.org est le dernier-né des réseaux sociaux sur le Web. Ressemblant fortement à Facebook, il en renie pourtant les pratiques commerciales publicitaires, et aspire à devenir “la référence du réseau social engagé”.

Début août est apparu sur la toile française un nouveau réseau social : Thechangebook.org. Avec une interface très proche de celle de Facebook, il se dit pourtant différent, à savoir : “libre, engagé, clairement réactif“. Lancé par une partie de la rédaction d’Actualutte, « un journal Web donnant la parole à toutes les luttes sociales et politiques », il veut devenir « la référence du réseau social engagé » pour les internautes d’ici et d’ailleurs.

Dans sa ligne de mire : la logique commerciale de Facebook, reposant sur la vente des données personnelles des utilisateurs aux publicitaires. Nous avons rencontré l’un des fondateurs de Thechangebook afin qu’il nous en dise plus sur la genèse, les buts, et l’avenir de celui-ci (le réseau ne souhaitant ni leader, ni porte-parole officiel, nous ne révélerons pas son identité).

 

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 13:03

 

http://www.youtube.com/watch?v=kG19Q9UnXE8

 

 

 

Publiée le 23 août 2012 par Anonnews Francophone

 

Salutations peuple du monde




Beaucoup d'entre vous ont entendu récemment des histoires concernant la mise en place de systèmes de surveillance partout dans le monde : Trapwire, INDECT...
La vidéo surveillance constante est une question à laquelle nous devons actuellement faire face.
Cependant, il ya un certain nombre de solutions pour lutter contre cette surveillance. Le port d'un masque est un moyen courant pour garder votre identité cachée. Néanmoins, cela ne vous protègera pas contre l'authentification biométrique. En outre, cela peut aussi causer des problèmes selon le lieu où vous vous rendez. Une autre façon d'éviter la reconnaissance faciale est d'incliner la tête de plus de 15 degrés sur le côté.
En raison des limites techniques, les programmes ne seront pas en mesure de détecter qu'un visage est présent mais il ya des inconvénients évidents à faire cela.
Une méthode alternative consiste à déformer votre visage grâce à un maquillage élaboré. Cette méthode tire également parti des limites logicielles : l'ordinateur ne sera pas en mesure de détecter un visage. Mais ce sont des manières pénibles qui ont tendance à attirer l'attention sur vous-même.
Il ya sûrement de meilleures solutions pour éviter d'être ajouté à une base de données. Saviez-vous qu'un pointeur laser peut désactiver des caméras de surveillance?
Un trépied permettra de s'assurer qu'il reste pointé vers la caméra.
Mais nous avons une autre façon de lutter contre ce dernier. Toutefois, cette méthode nécessite un peu de travail : avec rien de plus qu'un chapeau, une LED infrarouge, des câbles et une pile de 9 volts, vous pouvez créer un dispositif pour vous rendre invisible. Il garantit l'anonymat complet face aux caméras tout en paraissant tout à fait normal pour le reste du monde.
Alors que le gouvernement peut se permettre de nous regarder à chaque instant, nous ne sommes pas impuissants. Il ya toujours des façons de riposter.
Nous allons leur rappeler que 1984 n'était pas un manuel d'instruction.




Nous sommes Anonymous
Nous sommes Legion
Nous ne pardonnons pas
Nous n'oublions pas
Redoutez-nous.

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 12:55

 

peuples-solidaires.org

 

 

Les agrocarburants industriels accaparent les terres : En 10 ans, l’équivalent de 4 fois la taille de la France métropolitaine a été accaparé au détriment des populations des pays du Sud, dont environ 2/5 pour la production d’agrocarburants. C’est le moyen de subsistance de milliers de communautés qui leur est retiré. Et les femmes sont particulièrement concernées : elles constituent les 3/4 des agriculteurs du Sud qui souffrent de la faim.
 
Les agrocarburants industriels provoquent des crises alimentaires : En 2008, une crise alimentaire a fait sombrer les régions les plus pauvres du globe dans la faim. En étant utilisés à des fins autres que celle de nourrir, les agrocarburants industriels ont contribué à la hausse des prix à l’origine de cette crise. De nombreuses communautés n’avaient dès lors plus de quoi acheter leur nourriture.

Comme si cela ne suffisait pas, les agrocarburants coûtent cher et polluent la planète…

La consommation des agrocarburants industriels en Europe ne doit plus pousser les populations dans la faim !

Nous demandons aux responsables français-e-s et européen-ne-s de mettre fin aux politiques de soutien à la production et à la consommation d’agrocarburants industriels, en raison des impacts négatifs de ces politiques sur les droits à l’alimentation et à la terre dans les pays du Sud et sur le changement climatique.

 

Pour signer la pétition, appuyer sur la touche "Ctrl" de votre clavier + cliquer gauche sur ce "link"

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 12:48

 

Le Nouvel Obs

 Créé le 22-08-2012 à 16h41 - Mis à jour le 23-08-2012 à 11h12

Personne ou presque ne le dit : au cœur de la centrale japonaise dort une "bombe" dont les effets, en cas de nouveau séisme, seraient dévastateurs. De notre envoyé spécial au Japon.

 

A cause de la piscine du réacteur 4 (sur le toit), un nouvel accident peut se produire n'importe quand. (SIPA)

A cause de la piscine du réacteur 4 (sur le toit), un nouvel accident peut se produire n'importe quand. (SIPA)

C'est une petite piscine - et un désastre planétaire en puissance. Un cube en béton de onze mètres de profondeur, rempli d'eau et bourré de combustibles nucléaires usagés : 264 tonnes de barres très radioactives ! Depuis un an et demi, ce bassin dit de "désactivation" repose à trente mètres du sol sur le bâtiment ébranlé du réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima-Daiichi. Il n'est plus protégé ni par un toit solide ni par des murs, mais par une simple bâche de plastique blanche.

Ce scénario d'apocalypse obsède la plupart des chercheurs 

Les risques d'une telle situation sont incommensurables. Si, à la suite d'un typhon (dont la saison commence fin août) ou d'un nouveau tremblement de terre, la piscine venait à se vider ou à s'écrouler, la catastrophe qui en résulterait serait probablement sans précédent dans l'histoire de l'humanité. La mise à l'air libre de ces 264 tonnes de combustibles nucléaires pourrait dégager dans l'atmosphère dix fois plus de radioactivité que l'accident de Tchernobyl, si ce n'est davantage. Ce serait, disent certains, la fin du Japon moderne et, en tout cas, une calamité pour l'ensemble de l'hémisphère Nord qui deviendrait gravement et durablement contaminé.

ENQUETE. Fukushima La piscine du réacteur 4. (Noriaki Sazaki-AP-AFP)

Sensationnalisme ? Délire catastrophiste de militants antinucléaires ? Malheureusement, non. Ce scénario d'apocalypse obsède la plupart des chercheurs sérieux qui ont étudié le dossier. Jusqu'en septembre dernier, le professeur Koichi Kitazawa présidait la prestigieuse Agence japonaise pour les Sciences et la Technologie (JST), qui n'est pas, loin s'en faut, une antichambre de Greenpeace. Cette année, il a dirigé une grande commission d'enquête sur l'accident nucléaire de mars 2011. "Après avoir écouté des centaines de témoins, ma conviction est faite, raconte cet universitaire respecté. A la centrale de Fukushima, le pire est peut-être à venir. A cause de la piscine du réacteur 4, un nouvel accident peut se produire n'importe quand, qui menacerait la survie même de mon pays." Et le scientifique ajoute :

Je prie pour que, dans les semaines à venir, une violente tornade saisonnière ne s'abatte pas sur la centrale."

Haut responsable du département de l'Energie sous Bill Clinton, Robert Alvarez a été l'un des premiers à tirer la sonnette d'alarme. Il confirme : "Si un tremblement de terre ou tout autre événement venait à affecter cette piscine, il pourrait en résulter un incendie radiologique catastrophique, avec près de dix fois la quantité de césium 137 qui s'est propagée à la suite de l'accident de Tchernobyl." Notons que les explosions à la centrale de Fukushima n'ont libéré qu'un sixième de ce césium émis à Tchernobyl. Autrement dit, la chute de cette piscine, qui selon l'expression du physicien français Jean-Louis Basdevant, semble être maintenue en hauteur par les seules "forces de l'esprit", pourrait être soixante fois plus grave que la catastrophe de mars 2011. Cette dernière ayant provoqué l'évacuation permanente de 160 000 personnes dans un rayon de vingt kilomètres autour du site atomique, on peine à imaginer ce que "soixante fois plus grave" veut dire.

Une radioactivité équivalente à 5 000 fois la bombe nucléaire de Hiroshima!

Un professeur à l'Institut de Recherche nucléaire universitaire de Kyoto, Hiraoki Koide, propose, lui, une comparaison plus effrayante encore, surtout pour les Japonais. "Si le bassin du réacteur numéro 4 devait s'effondrer, assure-t-il, les émissions de matière radioactive seraient énormes : une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5 000 fois la bombe nucléaire de Hiroshima." A notre connaissance, personne ne l'a contredit. [...]

 

 

Retrouvez l'intégralité de l'enquête de Vincent Jauvert, où experts et politiques brisent le silence, publiée dans "le Nouvel Observateur" du 23 août 2012.

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 12:41

 

Le Nouvel Obs

 Créé le 24-08-2012 à 16h48 - Mis à jour à 17h08

Près de quatre mois après son échec à la présidentielle, l'ex-candidate a été applaudie par les militants écolos à Poitiers.

 

Eva Joly le 22 août, à son arrivée à Poitiers. (ALAIN JOCARD / AFP)

Eva Joly le 22 août, à son arrivée à Poitiers. (ALAIN JOCARD / AFP)

Elle est arrivée à Poitiers un peu hésitante, sans trop savoir à quoi s’attendre. Près de quatre mois après son échec à la présidentielle et ses 2,2%, Eva Joly ne savait pas vraiment comment allaient l’accueillir son parti et ses militants. La veille de son arrivée, Daniel Cohn-Bendit lui avait à sa façon souhaité bienvenue : apprenant que sa collègue du Parlement européen se prononçait pour un référendum sur le traité budgétaire européen, "Dany" avait lâché, lapidaire : "Eva a le droit de dire n’importe quoi". "Elle peut aussi faire un référendum sur l’euro en Norvège"…

Mais dans l’amphithéâtre du campus de la fac de droit, Eva Joly a vite été rassurée sur un point : pour une grande majorité des militants écolos présents, elle reste une grande dame. Populaire et applaudie. Parce qu’elle en bavé, parce qu’elle a tenu, et tant pis si tout cela s’est terminé en déroute. Joly a même eu le droit à une standing ovation au dernier jour de ces universités d’été, où aucun atelier n’était consacré à un retour critique sur la campagne…. L’ex-candidate est revenue sur son échec en se contentant de quelques mots d’autocritique : "J’ai abordé cette campagne sans expérience suffisante. Je n’avais pas idée de ce que ça demandait réellement, j’ai fait avec les moyens du bord et je vous remercie pour la patience que vous avez eu avec moi".

Démagogie

Eva Joly a aussi pris une petite revanche sur son cher "Dany". Le coprésident du groupe Vert au Parlement européen avait organisé un débat pour convaincre ses amis d’approuver le TSCG (traité de stabilité, de coopération et de gouvernance). A ses côtés, une sociologue allemande est venue expliquer avec conviction aux Verts à quel point, outre-Rhin, on avait besoin d’un engagement de la France. Des arguments auxquels les écologistes, attachés au fédéralisme européen, ont été sensibles. Au pied de la tribune, au premier rang, Eva Joly a sagement écouté. Avant qu’un militant ne lui donne l’occasion de prendre la parole au détour d’une question sur l’Islande.

Face à l’assistance public et tournant le dos à Cohn-Bendit, Joly s’est livrée à un réquisitoire contre le traité budgétaire, arguant que, selon elle, "le prix à payer était trop lourd" pour les peuples et que l’austérité ne marchait pas. Une intervention chaudement applaudie. A la sortie, Joly s’est même permis de taquiner Cohn-Bendit, le traitant de "papy flingueur" tandis que lui n’en démordait pas : en collant aux positions du Front de gauche, Joly verse dans la démagogie. Est-ce pour lui répondre que l’ex-candidate Verte s’est aussi payé Mélenchon et ses vacances au Venezuela : "On ne peut pas demander un référendum en Europe et applaudir des deux mains l’autoritarisme tropical du président Chavez. Les abus de pouvoir ne sont pas moins cruels au soleil".

"Pas de pub"

Rassurée sur sa popularité, Eva Joly n’a pour autant pas trouvé sa voie pour la suite. Missionnée par l’ONU pour enquêter sur la corruption en Afghanistan, l’ex-candidate a profité de ces journées d’été pour lancer son club politique intitulé "#engagement". Une association destinée, selon elle, à fédérer des citoyens soucieux de s’engager par exemple contre le barrage de Belo Monte au Brésil ou les gaz de schiste…Mais, à Poitiers, seuls quelques dizaines de militants sont venus assister au pot de lancement. "On n’a pas fait de pub", glissait son équipe, sûre de pouvoir fédérer des milliers de citoyens derrière l’aura de l’instructrice de l’affaire Elf.

Reste à savoir ce que veut faire Joly de ce club aux contours imprécis. Quelle place pour l’ancienne candidate dans les mois et les années qui viennent ? A cette question, ni elle ni les Verts n’ont la réponse. Veut-elle rester à Bruxelles, où elle préside la Commission Développement, après 2014 ? Pas sûr tant les rapports avec "Dany", José Bové ou Jean-Paul Besset se sont tendus. "I didn’t make my mind", répond-elle en anglais. Voudra-t-elle devenir une "conscience morale" comme le suggère un Vert ? Ou s’impliquer davantage dans les affaires internes ? L’ex-juge assure que ce n’est pas son truc et il n’est pas sûr que beaucoup de cadres écolos le souhaitent. Alors quoi ? Un de ses collègues bruxellois en est sûr : "Elle a pris une énorme claque et psychologiquement elle veut prendre sa revanche". Joly, elle, se contente de répondre, évasive : "Il faut être ouverte à ce qui se présente". 

Maël Thierry - Le Nouvel Observateur


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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 12:35

 

 

Le Nouvel Obs

Créé le 23-08-2012 à 12h44 - Mis à jour le 25-08-2012 à 10h13

Les élus ruraux et les écologistes ne veulent à aucun prix du gaz de schiste. Au gouvernement, on temporise...

 

 

Les élus ruraux s'opposent à l'exploitation des gaz de shiste. Ici, à Villeneuve-de-Berg (Ardèche). (M. Jégat-Photo PQR-Le Progrès-Maxppp)

Les élus ruraux s'opposent à l'exploitation des gaz de shiste. Ici, à Villeneuve-de-Berg (Ardèche). (M. Jégat-Photo PQR-Le Progrès-Maxppp)
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Forcément polluant, le gaz de schiste ? Ca peut se discuter. Mais explosif, c'est sûr. Y compris à l'état virtuel puisque la polémique prospère toujours alors que personne ne sait si un seul mètre cube est exploitable dans le sous-sol français ! A vrai dire, aucun des parlementaires qui votaient en urgence le bannissement du gaz de schiste le 11 mai 2011 n'avait vu venir l'immense jacquerie anti-gaz des élus ruraux. Et beaucoup en redoutent une nouvelle aujourd'hui. Ce n'est pas pour rien que François Hollande a réitéré l'opposition du gouvernement à l'exploitation du gaz de schiste par la technique de la fracturation hydraulique, en recevant la semaine dernière au fort de Brégançon une délégation d'un collectif varois anti-gaz.

Explosif aussi en Bulgarie et à Bruxelles

Exception française ? Pas du tout. En Bulgarie aussi, ça barde et le gouvernement a même retiré un permis d'exploitation à la société américaine Chevron. Ca chauffe également à Bruxelles où le commissaire à l'Energie, l'Allemand Günther Oettinger, incitait le 16 juillet à l'exploitation de ce gaz non conventionnel pour "réindustrialiser" le Vieux Continent. Alors que son collègue chargé de l'Environnement, Janez Potocnik, brandissait les exigences de la sobriété énergétique.

La toute dernière déflagration est signée Arnaud Montebourg. En 2011, le député PS expliquait avec véhémence sur son blog que "le gaz de schiste était une fausse bonne idée" ... le même, devenu ministre, s'est ravisé et appelle à un "un débat apaisé".

[SAMEDI] Le gaz de la colère En mars 2011, arnaud Montebourg à Rodez en Aveyron lors d'une conférence de presse. (Yves Estivals-Photo PQR-Le Midi libre)

Comment le blâmer ? "Il sait l'Etat perclus de dettes, confie un haut fonctionnaire. Il a découvert l'ampleur des plans sociaux et il réalise tout à trac que la France pourrait être un Texas européen !" En tout cas, l'un des tout premiers gisements avec la Pologne, si l'on en croit les estimations du ministère de l'Energie américain.

Un geyser énergétique trois à quatre fois moins cher...

Il est là le vrai big bang. Celui d'un geyser énergétique insoupçonné et qui a permis en moins de dix ans aux Etats-Unis de disposer d'un gaz trois à quatre fois moins cher que le nôtre... le gaz conventionnel importé de Russie dont le tarif devrait faire augmenter nos factures de chauffage de 60% à l'horizon de 2020. Alors que le prix a été divisé outre-Atlantique par six entre 2008 et 2012.

Oui, un séisme. Pour l'industrie chimique européenne notamment comme le souligne, très inquiet, Philippe Rosier, le directeur général de Rhodia : "C'est la double peine, confie-t-il. D'abord sur le coût de l'énergie dont la chimie a massivement besoin. Et ensuite sur le gaz qui est l'une de nos principales matières premières. Des sociétés pétrochimiques installées en Chine se relocalisent aux Etats-Unis."

Sans risques environnementaux ?

Question : les risques environnementaux sont-ils si rédhibitoires que la France doive tirer un trait définitif sur cette manne ? Et sur un nombre d'emplois incalculables. Les écologistes qui assuraient que les ressources fossiles étaient à sec furent d'abord pris à contre-pied. Puis ils sont passés à une contre-offensive radicale en dénonçant les dangers inhérents à ces forages. Et certaines critiques sont incontournables.

Difficile en effet de ne pas frémir devant l'inconscience des exploitants américains. Sur la gestion de l'eau au premier chef. La technique de la fracturation hydraulique requiert d'en injecter au minimum 20 000 mètres cubes pour fracturer les failles de la roche située entre 2 et 4 kilomètres sous terre. Objectif : libérer les nano-bulles de gaz emprisonnées dans le schiste un peu comme celles qui sont piégées dans une pastille d'Alka-Seltzer. Or cette eau-là, déjà chargée en additifs chimiques, remonte en surface gorgée de substances géologiques hautement toxiques.

[SAMEDI] Le gaz de la colère Forage de gaz de schiste dans le nord-est du Colorado aux Etats-Unis, juste à côté d'une zone résidentielle. (Gary C. Caskey-Maxppp)

"Il y a du benzène, du toluène, du cadmium, du cyanure de fer, détaille François Veillerette, coauteur du "Vrai Scandale des gaz de schiste" (Editions LLL), mais aussi des composés radioactifs comme le radium." Selon une enquête du "New York Times" de février 2011, ces eaux usées sont "parfois acheminées vers des stations d'épuration n'ayant pas les compétences pour les traiter. Puis elles sont déversées dans des rivières servant au ravitaillement d'eau potable. Sur 179 puits à haut niveau de radiation, au moins 116 ont révélé des niveaux de radium cent fois supérieurs aux standards fédéraux d'eau potable".

Banalisation de la fracturation hydraulique

D'autant plus alarmant que la fracturation hydraulique ne concerne pas le seul gaz de schiste. C'est depuis 1947 que la technique se banalise pour l'extraction du gaz conventionnel ou du pétrole. Et même pour la "verte" géothermie, dite à haute température. Où ?

En France par exemple, Dans la centrale pilote de Soultz-sous-Forêts, en Alsace : "Nous appelons ça de la stimulation hydraulique, mais c'est pareil, confie-t-on à l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (Ademe). Pour prévenir les risques sismiques, on préfère d'ailleurs maintenant la stimulation chimique."

Disposerait-on d'une méthode alternative ? "La réponse, à l'heure actuelle, est catégoriquement non", répond Bruno Courme, le jeune directeur du gaz de schiste sur toute l'Europe pour Total. Peut-on espérer améliorer la fracturation hydraulique pour parvenir à un niveau de risque acceptable ? "Oui, et la marge de progression est forte", réplique-t-il, tout aussi formel.

Gestion de l'eau, additifs chimiques, radioactivité

L'eau ? "Les grandes firmes américaines ont déjà diminué les volumes de 40%", dit-il. Les additifs chimiques ? "On doit pouvoir aller vers des substances biodégradables et parfois même envisager de s'en passer comme en Grande-Bretagne." Le prélèvement sur l'eau douce ? "Et pourquoi pas l'eau de mer ? Nous y pensons pour le forage exploratoire que Total démarre sur deux puits en cette fin d'année au Danemark."

Reste la radioactivité : "D'abord, affirme Bruno Courme, elle est moindre dans le sous-sol français. Ensuite, il est possible de limiter les éléments radioactifs avant qu'ils ne se dissolvent dans l'eau."

Dont acte. Sauf que ce débat "techno" sur une possible "génération 2 de la fracturation hydraulique" n'intéresse plus du tout les écologistes. De Cécile Duflot à José Bové, qui souhaite que soit inscrite dans le nouveau Code minier une clause radicale : "l'interdiction formelle de toute prospection dans la roche-mère".

Les Français sauront-ils jamais si, oui ou non, ils ont de l'énergie à revendre sous leurs pieds ? "Et alors ? Il faut savoir dire non aux fossiles une fois pour toutes, rétorque Pascal Durand, le nouveau secrétaire général d'Europe Ecologie-les Verts. Je n'ai aucun d'état d'âme à faire un procès a priori aux technologies de ce type."

Les écologistes risquent de perdre beaucoup

Dans cette bataille, les écologistes risquent de perdre beaucoup. Notamment l'oreille de la CGT, qui, si elle est hostile à l'exploitation du gaz de schiste en l'état, se refuse à insulter l'avenir : "L'instrumentalisation des peurs, prévient-elle, qui refuse l'apport des sciences génératrices de progrès social est une malhonnêteté caractérisée."

Jean-Marc Ayrault attend d'avoir révisé l'antique Code minier pour relancer à froid l'idée d'une exploitation "propre" du gaz de la colère. Si les élus ruraux sont toujours à cran, Matignon est bien placé pour savoir que les tarifs de l'énergie continueront leur irrésistible inflation... Comment la France pourra-t-elle refuser encore longtemps l'extraction du gaz de schiste dans l'Hexagone mais aussi son "importation", ainsi que le stipule l'accord Europe-Ecologie-PS ? Comment interdire un gaz trois fois moins cher que celui fourni par GDF ? Selon un sondage CSA de mai 2011, 62% des Français seraient favorables aux gaz de schiste. Et jusqu'à 73% chez les ouvriers...

 

 

Article publié dans "le Nouvel Observateur" du 23 août 2012.

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 11:33

 

 

LE MONDE | 24.08.2012 à 14h46 • Mis à jour le 25.08.2012 à 09h50

Par Aurélie Collas

 
Anne-Marie Gaignard, à Paris, lundi 20 août.

Petite, elle était celle qui se cache au fond de la classe pour ne pas qu'on la remarque. Celle qui fixe le bout de ses chaussures quand l'institutrice pose une question de français. Anne-Marie Gaignard était "nulle" en orthographe. "Egarée dans la forêt des mots", comme elle dit. Ses notes en dictée ne dépassaient pas le zéro. La pire de toutes fut - 85. Elle avait écrit : "Le générale Degole à sové la France. De puis langlètère, il a lencé un apelle au français." A ce niveau-là, "on n'explique plus, on constate", se désole-t-elle.

Aujourd'hui, à 50 ans, Anne-Marie Gaignard est réconciliée avec la langue française. Après un long combat pour dépasser ses blocages, elle a créé l'association Plus jamais zéro, pour transmettre ses solutions aux enfants en difficulté. Elle dirige un centre de formation continue pour adultes et publie, le 29 août, son sixième ouvrage : La Revanche des nuls en orthographe (Calmann-Lévy, 256 p., 16,90 €). Un message d'espoir pour tous les fâchés avec le français.

Mais ce livre, c'est d'abord sa revanche à elle. Quand Anne-Marie Gaignard évoque ses souvenirs d'école, il y a de la colère. A 6 ans, elle reçoit une gifle cinglante. "Anne-Marie a la tête comme une passoire, lâche son institutrice à ses parents. Si elle continue comme ça, elle ne sera même pas capable de balayer les couloirs d'un hôpital !" La fillette se catalogue cancre, nulle pour la vie. Elle invente alors toutes sortes de stratagèmes pour ne plus aller à l'école. Du thermomètre chauffé sous la lampe de chevet pour faire grimper le mercure à la tentative d'entrer au couvent...

L'année de ses 9 ans, l'institutrice conseille à ses parents de consulter l'orthophoniste, convaincue que leur fille est dyslexique. Dans la salle d'attente, elle se retrouve avec des enfants handicapés et pense qu'elle est comme eux. Les quelques séances suivies ne permettent pas de régler le problème.

Au collège, Anne-Marie excelle en éducation physique et en espagnol, mais ses fautes d'orthographe sont rédhibitoires. Elle redouble la quatrième, obtient le brevet au rattrapage et, au lieu des études littéraires dont elle rêve, se retrouve dans un lycée de jeunes filles qui forme des secrétaires de direction. Elle apprend les règles de classement alphabétique, la sténographie et s'ennuie. "Ma relation bancale avec la langue a conditionné toute la première partie de ma vie. C'est à cause d'elle que j'ai subi phobie scolaire, humiliations et mauvaise orientation", résume-t-elle.

Dans sa vie professionnelle, la jeune femme traîne le même "boulet orthographique". "Tout me ramenait à ce problème qui m'opposait aux mots", raconte-t-elle. Responsable des stages dans son ancien lycée, elle est envoyée dans une formation pour illettrés. Ses courriers lui reviennent souvent maculés de rouge. "Je n'étais toujours pas dans la norme."

LES MOTS "ÉPITHÈTE", "ATTRIBUT" OU "SUBORDINATION" SONT BANNIS

Jusqu'au jour où, à 36 ans, lors d'une réunion de parents d'enfants dyslexiques, elle réalise que son problème est remédiable. Qu'il n'est pas la conséquence d'une dyslexie - c'est-à-dire d'un dysfonctionnement cérébral - mais d'une dysorthographie causée par des méthodes d'apprentissage qui ne lui ont pas convenu, en l'occurrence la méthode dite globale. Cette prise de conscience agit sur elle comme une "décharge électrique". Aujourd'hui encore, dénonce-t-elle, "la dyslexie est une étiquette que l'on colle systématiquement sur l'élève récalcitrant à l'écrit et que les enseignants ne parviennent pas à faire progresser".

Anne-Marie Gaignard se lance alors dans un grand chantier : trouver des méthodes pour en finir avec les fautes d'orthographe. "Partout où ça coinçait, je cherchais une explication qui n'était pas dans les livres de grammaire", rapporte-t-elle. Elle passe des nuits à décortiquer des phrases. Se nourrit d'ouvrages sur la mémoire, le fonctionnement du cerveau, la pédagogie. Et se met à associer à chaque mot une image mentale. "Vieille" prend deux "i" parce qu'une vieille dame a besoin de deux cannes pour marcher ; "accusé" prend deux "c" parce que l'accusé a deux menottes...

Enseignante dans une maison familiale rurale, elle organise des séances de remédiation orthographique pour ses élèves, puis pour d'autres enfants qui lui arrivent par bouche-à-oreille. Pour leur expliquer la règle des accords, elle leur raconte que la grammaire est gouvernée par deux rois, Etre et Avoir. Le premier est gentil, prévisible, et aime se déguiser en "suis", en "furent" ou en "sommes". Le second est capricieux. Le héros, un petit garçon, déjoue les pièges de la langue avec l'aide d'une fée. De ce conte, Anne-Marie Gaignard fait un livre, Hugo et les rois, validé en 2002 par les spécialistes du dictionnaire Robert et écoulé aujourd'hui à plus de 200 000 exemplaires.

 "UN CP RATÉ ET ON LE PAYE TOUTE SA VIE !"

En 2009, Anne-Marie Gaignard commence à s'intéresser aux adultes. Comme avec les enfants, ses séances reposent sur une bonne dose d'empathie. "Je leur dis que ce n'est pas de leur faute, que leur problème n'est pas irrémédiable. Je leur demande de me parler de leurs souvenirs d'apprentissage et essaie de comprendre quelle mémoire est dominante chez eux, auditive, visuelle ou kinesthésique", explique-t-elle. Les mots "épithète", "attribut" ou "subordination" sont bannis. "Ma méthode est composée de bon sens et de techniques qui moi, m'ont sauvée." Chaque nouvel élève lui rappelle son passé. "Ce sont des personnes qui ont le même caillou dans la chaussure, avec qui on parle le même langage", dit-elle. Des enfants angoissés, des salariés honteux.

A chaque fois, sa colère la reprend. "Je suis atterrée en voyant ces enfants qu'on laisse passer dans la classe supérieure, alors qu'ils ont raté des moments fondamentaux du programme. Un CP raté, on le paye toute sa vie !" Les chiffres qu'elle avance font froid dans le dos : entre 30 % et 40 % des élèves de sixième seraient incapables d'écrire une phrase sans faute.

Lire Les racines de notre intolérance aux fautes de français.

Anne-Marie Gaignard se dit être la preuve que "l'école ne fonctionne pas correctement". "Elle est conçue d'abord pour les bons et martèle aux mauvais qu'ils sont responsables de leur naufrage." En cause, selon elle, un système qui ne forme pas suffisamment ses enseignants à la pédagogie, qui ne leur donne aucun outil de remédiation, au point que ceux-ci préfèrent demander aux parents de s'en référer aux "spécialistes" en cas de difficulté.

Anne-Marie Gaignard risque de faire des mécontents. Peu importe, elle assume son côté "provoc", bien décidée à mettre un "gros coup de pied dans la fourmilière".

Aurélie Collas

Moins d'heures de français, plus de fautes

 

Le ministère de l'éducation nationale a proposé la même dictée aux élèves de CM2 en 1987 et en 2007. Le pourcentage d'élèves qui faisaient plus de 15 erreurs était de 26 % en 1987, il était de 46 % en 2007. Selon le collectif Sauver les lettres, deux lycéens sur trois ne maîtrisent pas l'orthographe de base ; ils étaient un peu plus d'un sur deux en 2004.

En CP, les écoliers ont 10 heures de français par semaine. En 1956, ils en avaient 15 et dans les années 1920, 17,5 heures.

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 11:21

C'est en lisant Paul Ariès (Wikipédia), rédacteur en chef du Sarkophage - notamment La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance -, que j'ai mieux compris les limites qui me chiffonnaient dans la consommation collaborative. Celle-ci nous est souvent présentée sous les atours du partage et du don, alors qu'elle n'en est pas toujours. Le covoiturage et l'autopartage ne sont pas inspirés par une vision altruiste, comme on l'entend trop souvent. Le premier moteur du covoiturage et de l'autopartage n'est pas le partage, mais l'économie. Ce n'est pas sauver la planète qui motive les covoitureurs et les autopartageurs, mais amoindrir l'impact de la crise sur leurs finances personnelles, comme le soulignait déjà l'étude 2010 de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Ile-de-France (.pdf). Les utilisateurs de ces services sont d'abord à la recherche de revenus complémentaires.

La consommation collaborative... c'est encore de la consommation

Le moteur principal de leur motivation ne me semble pas être celui-là décroissance ou du développement durable, comme semblent nous le répéter les argumentaires de tous ces services, mais bien celui de l'hyperconsommation, comme le soulignait le philosophe Gilles Lipovetsky (Wikipédia) dans son essai éponyme. Or, la consommation n'est pas une réponse à la crise planétaire, mais bien une nouvelle étape de la marchandisation des rapports humains - et notamment de rapports humains qui ne l'étaient pas nécessairement avant.

Quand on propose de vendre une part de repas supplémentaire (comme sur Super-marmite ou Gobble son équivalent américain), on vend la part du pauvre de l'ancien temps, celle qui a disparu avec l'urbanisation de nos sociétés, celle qui s'est déportée dans les associations caritatives. Celle qui, il y a longtemps, était réservée à l'inconnu de passage et que nos sociétés urbanisées ont renvoyée à la rue. Les autostoppeurs deviennent des covoitureurs qui vont devoir payer leur écot pour voyager, là où ils voyageaient auparavant gratuitement en tendant le pouce aux autres. L'accueil chez soi se marchande : du prêt de canapé de Couchsurfing il n'y a qu'un pas pour glisser à la monétisation de la chambre d'ami d'AirBNB.

Cela signifie que dans le très vaste recueil des sites de consommation collaborative il faut certainement, à minima, distinguer les services de consommation collaborative gratuits des payants. Il faut distinguer ce qui relève du don et ce qui relève d'une nouvelle forme de marchandisation de la société, s'insérant toujours un peu plus profondément au coeur des rapports humains.

 


Image : "la consommation te consomme", une image du collectif décroissant Deshazkundea.


Le principe de partage des services du web 2.0 a bien plusieurs acceptions. Et la première à distinguer repose bien sur la manière dont elle est marchandée. Offrir sa place de parking ou son garage n'est pas la même chose que le louer. Il faut donc bien distinguer la nature des services et les modèles de société qu'ils portent. Il faut donc bien observer qui porte le service et quel modèle économique le soutien, comme l'expliquait Adil Abrar. Le risque est bien celui d'un "blanchiment social", d'un social washing, tendant à faire passer pour social des choses qui ne le sont pas du tout. "Car vendre un service (l'usage d'un bien) plutôt qu'un objet (la possession d'un bien), c'est plus encore que dans l'économie marchande faire commerce de la mise en relation entre fournisseurs et consommateurs", soulignait avec raison Vincent Truffy de Mediapart.

La consommation collaborative paraît altruiste. Elle est capable de produire des effets vertueux (moins de produits, plus de partage), mais pas uniquement. Plus qu'une cartographie des services, il faudrait dresser une taxonomie de leurs conséquences. Il y a une différence fondamentale entre le fait qu'un particulier loue sa voiture et le fait que la puissance publique ou qu'un acteur privé propose un service de location de voiture. Et cette conséquence, c'est la transformation des rapports sociaux que la différence induit. Il faut donc distinguer la consommation collaborative des services de partage. En voyant bien que l'un comme l'autre peuvent être ambigües. Le partage de fichiers en P2P profite depuis longtemps à des entrepreneurs qui n'ont parfois rien d'altruistes non plus et qui génèrent d'énormes revenus sur la publicité qu'ils introduisent dans les rapports de dons entre internautes (voir par exemple les revenus générés par les créateurs d'Emule-Paradise rapportés par leMonde.fr). Les actions de groupes (consistant à se rassembler pour consommer moins cher) peuvent également générer leurs aberrations, à l'image de Groupon.

Le passage du bon service ou du bon usage au mauvais service et au mésusage est délicat. Il s'apprécie chaque fois différemment. Il se mesure à l'aune de valeurs personnelles, culturelles, économiques et sociales qui sont chaque fois différentes. Jusqu'à quand une utilisation est-elle vertueuse et à partir de quand ne l'est-elle plus ?

De l'usage au mésusage

Les décroissants stigmatisent ainsi le mésusage : "On oppose ainsi faussement la frugalité à la surconsommation, alors qu'il ne s'agit pas de consommer moins, mais de (re)devenir des usagers, maîtres de leurs usages", explique Paul Ariès. En conclusion de son livre, celui-ci nous invite à réfléchir à la "gratuité de l'usage" et au "renchérissement du mésusage".

"Pourquoi payer au même tarif le mètre cube d'eau pour faire son ménage et remplir sa piscine privée ? Pourquoi payer les mêmes impôts fonciers pour une résidence principale et secondaire ? Pourquoi payer son essence, son électricité, son gaz le même prix pour un usage normal et un mésusage ? L'eau va-t-elle manquer ? C'est une raison de plus pour en rendre gratuit le bon usage et renchérir ou interdire le mésusage. Ce paradigme s'oppose à celui de la société dominante : que signifierait en effet l'adoption programmée d'une taxe sur le carbone si ce n'est le fait de vider les rues des voitures des plus pauvres pour que les riches puissent rouler plus vite ? (...) Le danger serait bien sûr que cette politique renforce les inégalités en permettant l'accès aux mésusages à une petite minorité fortunée. Le pire serait de cantonner le peuple au nécessaire (au sérieux) et de libérer, moyennant finances, le futile, le frivole, aux classes aisées."

Mais tout le problème est de le définir, de l'encadrer, de le "mesurer". Qu'est-ce que le mésusage de l'eau ? C'est remplir sa piscine personnelle ? C'est prendre une douche par jour ? Deux par semaine ? Laisser couler le robinet quand on se lave les dents ou qu'on rince les légumes ? Combien de litres d'eau par jour et par personne nous donne droit "le bon usage" ? Le bon usage de qui ? Celui qui vit dans quel pays ? Avec quel statut social ?

Les outils techniques permettent d'avoir des mesures de plus en plus fines de nos usages. Nous pouvons savoir précisément le niveau d'eau que nous consommons. Nos compteurs électriques savent précisément quels appareils fonctionnent chez nous... Notre société est capable de mesurer le bon usage et le mésusage, pour autant qu'on sache établir une valeur, une limite entre les deux. Le risque comme le pointe très bien Paul Ariès est que ce marché se régule seul, en rendant certaines consommations de plus en plus impossibles aux plus pauvres.

Se déplacer par exemple, pour les plus pauvres, est en train de devenir impossible hors des grands centres urbains dotés d'infrastructures de transports en commun, dont ils sont sans cesse repoussés dans les périphéries, alors que les transports en commun y sont moins nombreux. Pour qu'elles s'appliquent à tous, égalitairement, il faut en effet définir des niveaux d'usages et taxer les mésusages. Les restrictions de consommation, à l'exemple des péages urbains comme des parkings payants et des parkmètres, censés réguler la circulation automobile des centres villes européens, sont sans incidences sur ceux qui peuvent se les payer.

Dans une économie de pénurie telle qu'elle se profile, en quoi la technologie pourrait-elle (ou non) nous aider à répartir plus justement les ressources rares, autrement qu'en jouant uniquement sur leurs prix. Car cette solution est peu "courte". Cela ne dessine pas la manière dont on remet de l'égalité, afin que les mésusages ne soient pas seulement l'apanage des plus riches. Comme le disait Thomas Berns, le propre d'une politique publique est de considérer justement qu’il ne faut pas agir en fonction d’une série de corrélation, mais plutôt en réaction. Est-ce que demain, nous aurons tous droits à tant de kilomètres par an en voiture et avion, d'une manière égale ? Où est-ce que certains usagers (lesquels ?) auront droit à plus (ceux qui habitent à la campagne plutôt qu'à la ville par exemple) ? Est-ce que la régulation des voyages se fera uniquement par le marché : le plus riche pourra toujours continuer d'en profiter, ou allons nous introduire d'autres mesures (et sur quels critères ?), pour distinguer ceux qui aurons le droit de voyager plus que d'autres et qu'on aidera à cela parce que leur voyage sera important pour le reste de la société ?

Cela suppose certainement de se pencher plus avant sur la question des biens communs et de leurs opérateurs, comme nous y invite d'ailleurs les décroissants. Mais cela suppose aussi de définir l'usage et le mésusage. Dans l'usage de l'eau par exemple, qu'est-ce qu'on va privilégier demain ? L'agriculteur qui utilise un goutte-à-goutte nocturne aura-t-il droit à plus d'eau (comparativement, parce que son système d'irrigation lui en demandera beaucoup moins) que celui qui l'épanche sur son maïs en pleine journée en plein été ? On a beau tourner la question dans tous les sens, si on regarde l'évolution du pic pétrolier, la raréfaction des ressources et la difficulté à passer à une autre ressource à un niveau équivalent, il y a bien un moment où nous ne pourrons plus nous déplacer comme nous le faisons actuellement. Nous ne pourrons plus faire 10 000 km par personne et par an. Beaucoup n'en auront pas les moyens. Comment gérer la pénurie qui s'annonce, comme la dépeint avec un certain catastrophisme Dominique Bourg dans Vers une démocratie écologique ? Comment instaurer des tarifications progressives basées sur l'usage ? Comment gérer les usages ? Le problème ne va pas être seulement de les transformer, mais bien également de les gérer d'une manière la plus convenable qui soit, et espérons-le, la plus démocratique possible...

La technologie nous offre désormais les moyens de tout mesurer et notamment nos usages, d'une manière précise, à la fois individuelle comme collective.

La société nécessairement "légère" (légère en ressources naturelles, légère en pollution...) qu'il va nous falloir inventer n'est pas si légère à mettre en place. Elle pose des questions sur les pratiques, les règles, les usages auxquels nous devons esquisser des réponses, qui elles ne seront en rien "légères".

Cela signifie qu'il va nous falloir nous entendre sur ce que sont les mésusages et imaginer une réponse collective pour les gérer qui ne facilite pas seulement une sélection par l'argent.

Hubert Guillaud

 

 

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 18:37

 

 

http://occupyfrance.org/24-08-2012/manifestation-a-athenes-5000-personnes-contre-les-violences-racistes/infos/1355

 

Publié: 24.08.2012 / 09:46

 

 

 

Manifestation à Athènes 5000 personnes contre les violences racistes

Les attaques sont quotidiennes, faisant déjà 1 mort et des blessés graves.

 

http://twitter.com/MakisSinodinos/status/239010881432870912/photo/1

http://twitter.com/mpodil/status/239032991018536961/photo/1

http://twitter.com/mpodil/status/239021054234873856/photo/1

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 18:31

 

Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde
CADTM

 

    24 août par Jérome Duval

     

    Face à une dette privée des institutions financières (banques principalement) devenue dangereuse car reposant sur une accumulation de crédits hypothécaires à risques, c’est-à-dire avec une forte probabilité de non paiement, le royaume d’Espagne, sur le conseil de sociétés privées, a décidé de transférer ce risque aux institutions publiques. Mais qui sont ces sociétés privées, et quels intérêts servent-elles ?

    L’Etat paie 2 millions d’euros des entreprises privées au bilan douteux pour le conseiller

    Le 21 juin 2012, les cabinets d’audit Olivier Wyman et Rloand Berger, engagés par le gouvernement Rajoy, livrent leurs rapports tant attendus et confirment ce que tout le monde savait : le secteur bancaire espagnol a besoin d’être assaini. Ils précisent toutefois que le montant nécessaire pourrait aller jusqu’à 62 milliards d’euros. Ces sociétés privées ont empoché la bagatelle de quelque 2 millions d’euros aux frais du contribuable pour ce travail « d’expertise ». Mais qui sont ces cabinets d’audit censés livrer le bon conseil ? Et à qui profite-t-il ?

    Oliver Wyman est une société conseil qui emploie 2 900 consultants répartis dans 25 pays du monde. Elle appartient à 100% au courtier d’assurance états-unien Marsh.

    En 2006, Oliver Wyman classe l’Anglo Irish Bank « meilleure banque du monde », trois ans avant que celle-ci révèle des pertes pour 17,6 milliards d’euros et soit secourue par l’Etat irlandais. La suite a été catastrophique pour l’Irlande, tombée dans la nasse de la troïka (Union européenne, FMI et BCE) qui lui injecte des fonds avec intérêts sous d’austères conditions. C’est le Financial Times qui a publié en 2011 ce classement mondial des banques établi par la société de conseil, le rapport décernant cette distinction fatidique ayant mystérieusement disparu du site de Oliver Wyman. |1|

    Mais ce n’est pas tout. Les consultants de Oliver Wyman ont conseillé à Citigroup d’acheter des produits douteux, à l’origine de la crise des « subprime ». Résultat, ces investissements ont occasionné des pertes de quelque 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros) |2|, entraînant la première banque nord-américaine dans sa chute. Citigroup recevra par la suite près de 2 500 milliards de dollars de la FED, la banque centrale des Etats-Unis (2 500 000 000 000 dollars). |3|

    On ne peut guère espérer mieux de la part de la seconde entreprise privée appelée à dresser le diagnostic du secteur bancaire espagnol.

    Spécialisée dans le conseil auprès des multinationales, dans le secteur financier et non financier, et auprès de gouvernements et d’institutions, Roland Berger Strategy Consultants est créée en Allemagne par l’universitaire Roland Berger en 1967. À 75 ans, l’influent Roland Berger, confident des grands patrons allemands, conseille la chancelière Angela Merkel et le président portugais Aníbal Cavaco Silva. Avec ses 2 000 consultants répartis dans 24 pays (Europe, Asie et Amérique), le groupe est devenu un des principaux cabinets de conseil en stratégie et projette la création d’une agence de notation européenne.

    En octobre 2011, Roland Berger Strategy Consultants et son président directeur, Martin Wittig, conseillent Angela Merkel pour résoudre le surendettement de la Grèce. Le plan, baptisé « Eureca », est calqué sur le système mis en place en Allemagne au moment de la réunification en 1990 pour restructurer et privatiser près de huit mille cinq cents entreprises de l’ex-RDA |4|. Il vise à regrouper un ensemble d’actifs publics évalués à 125 milliards d’euros (autoroutes, aéroports, ports, banques, immobilier, téléphonie...) dans une structure commune achetée par une institution européenne et « financée par les Etats, dont le siège pourrait être situé au Luxembourg » afin de piloter la cession de ces actifs, avec une échéance fixée à 2025. Les frais de gestion incombent donc aux Etats. Les 125 milliards récoltés devraient servir à la Grèce pour se désendetter en rachetant ses obligations à la BCE et au FESF. En clair, les Etats européens prennent en charge la vente à bon prix pour le privé de ce qu’il reste de public en Grèce, l’argent de la vente ne reste pas dans les caisses de l’Etat mais repart directement à la BCE sous prétexte d’effacer des créances pourtant censées sauver la Grèce. Enfin, selon les auteurs, ce plan permettrait à Athènes, qui n’arrive plus à se financer (autrement dit s’endetter en vendant des bons ou obligations à long terme), de revenir sur les marchés (c’est-à-dire s’endetter en vendant ces fameux bons à 10 ans par exemple). |5|

    S’endetter pour payer d’anciennes dettes avec la prétention de résoudre le problème, tout cela a un air de déjà vu : les pays du Sud ont déjà maintes fois payé la dette qu’ils devaient au moment de la crise de la dette des années 80 mais continuent à s’endetter pour rembourser… Avec le jeu des intérêts, le cercle vicieux de l’endettement s’est refermé sur eux et les créanciers disposent du dernier mot pour tout changement politique d’importance. En somme, un véritable cadeau empoisonné pour les Grecs et, au-delà, pour les populations européennes.

    Dans une tribune du journal Le Monde |6|, Bernard de Montferrand, membre du cabinet Roland Berger Strategy Consultants et ancien ambassadeur de France à Berlin se lamente que le plan n’ait pas été retenu et suggère une privatisation à l’échelle continentale : « Mais une nouvelle forme d’Eureca européen d’abord destiné aux pays du sud de l’Europe qui sont asphyxiés par leur endettement et par la réduction accélérée de leurs déficits aurait un effet de démultiplication et ouvrirait une perspective politique sans équivalent et surtout plus rapide. »

    Par ailleurs, le projet d’une agence de notation européenne n’est pas mort comme annoncé par la presse mi-avril 2012. Markus Krall, le père du concept, a démissionné de ses fonctions auprès de Roland Berger début mai 2012 pour devenir le PDG de la fondation chargée d’une telle agence de notation. |7| Sachant que les agences de notation ont accéléré et aggravé la crise alors qu’elles auraient dû l’anticiper, on a toutes les raisons d’être sceptique.

    Après avoir déboursé près de 2 millions d’euros pour s’offrir les services de Oliver Wyman et Roland Berger, chargées des tests de stress sur les banques, l’Etat paye la société Alvarez & Marsal plus de 2 millions d’euros pour son travail de gestion de la « bad bank », l’entité qui agglutinera tous les actifs toxiques des banques nationalisées. Voilà déjà près de 4 millions d’euros dépensés en peu de temps par l’Etat pour 3 sociétés privées censées œuvrer pour le bien public. Si seulement l’Etat savait se montrer si prodigue quand il s’agit de financer la protection sociale et les services publics…

     

    Notes

    |1| Site de Oliver Wyman : http://www.oliverwyman.com/. Voir la liste sur : http://networkedblogs.com/z38s4 ou sur http://ftalphaville.ft.com/blog/2011/02/11/485311/worlds-best-bank-2006-vintage/

    |2| Lire : http://www.abc.es/20120521/economia/abci-roland-berger-oliver-wyman-201205211644.html

    |3| Lire Maria Lucia Fattorelli, L’audit, un outil essentiel pour révéler les origines et les causes des actuelles crises de la ’dette’ aux Etats-Unis et en Europe. http://cadtm.org/L-audit-un-outil-essentiel-pour

    |4| La Treuhand est l’organisme créé en 1990 pour mener à bien les privatisations et les restructurations industrielles de l’ex-RDA. Il disparaît le 31 décembre 1994, laissant une dette importante à la charge de l’Etat allemand. « La Treuhand a accompli une œuvre fantastique : privatiser un pays de 17 millions d’habitants en quatre ans », s’extasie Henri Monod, son ancien délégué général en France. http://www.liberation.fr/economie/0101130585-mission-accomplie-la-treuhand-s-autodetruit

    |5| http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110928trib000652367/les-details-du-plan-secret-allemand-pour-sauver-la-grece-.html

    Eureca, le ’plan secret’ pour venir en aide à la Grèce, Le Monde, 28.09.2011, http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/09/28/eureca-le-plan-secret-pour-venir-en-aide-a-la-grece_1579219_3234.html

    |6| « Oui, la croissance est possible en Europe ! Pour un Eureca européen », Le Monde, 14 mai 2012, http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/14/oui-la-croissance-est-possible-en-europe-pour-un-eureca-europeen_1699791_3232.html

    |7| Lire l’audition de MM. Bernard de Montferrand et Markus Krall sur le projet de Roland Berger de création d’une agence de notation européenne, 2 mai 2012, http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20120430/mci_agences.html

     

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