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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 11:33

 

 

LE MONDE | 24.08.2012 à 14h46 • Mis à jour le 25.08.2012 à 09h50

Par Aurélie Collas

 
Anne-Marie Gaignard, à Paris, lundi 20 août.

Petite, elle était celle qui se cache au fond de la classe pour ne pas qu'on la remarque. Celle qui fixe le bout de ses chaussures quand l'institutrice pose une question de français. Anne-Marie Gaignard était "nulle" en orthographe. "Egarée dans la forêt des mots", comme elle dit. Ses notes en dictée ne dépassaient pas le zéro. La pire de toutes fut - 85. Elle avait écrit : "Le générale Degole à sové la France. De puis langlètère, il a lencé un apelle au français." A ce niveau-là, "on n'explique plus, on constate", se désole-t-elle.

Aujourd'hui, à 50 ans, Anne-Marie Gaignard est réconciliée avec la langue française. Après un long combat pour dépasser ses blocages, elle a créé l'association Plus jamais zéro, pour transmettre ses solutions aux enfants en difficulté. Elle dirige un centre de formation continue pour adultes et publie, le 29 août, son sixième ouvrage : La Revanche des nuls en orthographe (Calmann-Lévy, 256 p., 16,90 €). Un message d'espoir pour tous les fâchés avec le français.

Mais ce livre, c'est d'abord sa revanche à elle. Quand Anne-Marie Gaignard évoque ses souvenirs d'école, il y a de la colère. A 6 ans, elle reçoit une gifle cinglante. "Anne-Marie a la tête comme une passoire, lâche son institutrice à ses parents. Si elle continue comme ça, elle ne sera même pas capable de balayer les couloirs d'un hôpital !" La fillette se catalogue cancre, nulle pour la vie. Elle invente alors toutes sortes de stratagèmes pour ne plus aller à l'école. Du thermomètre chauffé sous la lampe de chevet pour faire grimper le mercure à la tentative d'entrer au couvent...

L'année de ses 9 ans, l'institutrice conseille à ses parents de consulter l'orthophoniste, convaincue que leur fille est dyslexique. Dans la salle d'attente, elle se retrouve avec des enfants handicapés et pense qu'elle est comme eux. Les quelques séances suivies ne permettent pas de régler le problème.

Au collège, Anne-Marie excelle en éducation physique et en espagnol, mais ses fautes d'orthographe sont rédhibitoires. Elle redouble la quatrième, obtient le brevet au rattrapage et, au lieu des études littéraires dont elle rêve, se retrouve dans un lycée de jeunes filles qui forme des secrétaires de direction. Elle apprend les règles de classement alphabétique, la sténographie et s'ennuie. "Ma relation bancale avec la langue a conditionné toute la première partie de ma vie. C'est à cause d'elle que j'ai subi phobie scolaire, humiliations et mauvaise orientation", résume-t-elle.

Dans sa vie professionnelle, la jeune femme traîne le même "boulet orthographique". "Tout me ramenait à ce problème qui m'opposait aux mots", raconte-t-elle. Responsable des stages dans son ancien lycée, elle est envoyée dans une formation pour illettrés. Ses courriers lui reviennent souvent maculés de rouge. "Je n'étais toujours pas dans la norme."

LES MOTS "ÉPITHÈTE", "ATTRIBUT" OU "SUBORDINATION" SONT BANNIS

Jusqu'au jour où, à 36 ans, lors d'une réunion de parents d'enfants dyslexiques, elle réalise que son problème est remédiable. Qu'il n'est pas la conséquence d'une dyslexie - c'est-à-dire d'un dysfonctionnement cérébral - mais d'une dysorthographie causée par des méthodes d'apprentissage qui ne lui ont pas convenu, en l'occurrence la méthode dite globale. Cette prise de conscience agit sur elle comme une "décharge électrique". Aujourd'hui encore, dénonce-t-elle, "la dyslexie est une étiquette que l'on colle systématiquement sur l'élève récalcitrant à l'écrit et que les enseignants ne parviennent pas à faire progresser".

Anne-Marie Gaignard se lance alors dans un grand chantier : trouver des méthodes pour en finir avec les fautes d'orthographe. "Partout où ça coinçait, je cherchais une explication qui n'était pas dans les livres de grammaire", rapporte-t-elle. Elle passe des nuits à décortiquer des phrases. Se nourrit d'ouvrages sur la mémoire, le fonctionnement du cerveau, la pédagogie. Et se met à associer à chaque mot une image mentale. "Vieille" prend deux "i" parce qu'une vieille dame a besoin de deux cannes pour marcher ; "accusé" prend deux "c" parce que l'accusé a deux menottes...

Enseignante dans une maison familiale rurale, elle organise des séances de remédiation orthographique pour ses élèves, puis pour d'autres enfants qui lui arrivent par bouche-à-oreille. Pour leur expliquer la règle des accords, elle leur raconte que la grammaire est gouvernée par deux rois, Etre et Avoir. Le premier est gentil, prévisible, et aime se déguiser en "suis", en "furent" ou en "sommes". Le second est capricieux. Le héros, un petit garçon, déjoue les pièges de la langue avec l'aide d'une fée. De ce conte, Anne-Marie Gaignard fait un livre, Hugo et les rois, validé en 2002 par les spécialistes du dictionnaire Robert et écoulé aujourd'hui à plus de 200 000 exemplaires.

 "UN CP RATÉ ET ON LE PAYE TOUTE SA VIE !"

En 2009, Anne-Marie Gaignard commence à s'intéresser aux adultes. Comme avec les enfants, ses séances reposent sur une bonne dose d'empathie. "Je leur dis que ce n'est pas de leur faute, que leur problème n'est pas irrémédiable. Je leur demande de me parler de leurs souvenirs d'apprentissage et essaie de comprendre quelle mémoire est dominante chez eux, auditive, visuelle ou kinesthésique", explique-t-elle. Les mots "épithète", "attribut" ou "subordination" sont bannis. "Ma méthode est composée de bon sens et de techniques qui moi, m'ont sauvée." Chaque nouvel élève lui rappelle son passé. "Ce sont des personnes qui ont le même caillou dans la chaussure, avec qui on parle le même langage", dit-elle. Des enfants angoissés, des salariés honteux.

A chaque fois, sa colère la reprend. "Je suis atterrée en voyant ces enfants qu'on laisse passer dans la classe supérieure, alors qu'ils ont raté des moments fondamentaux du programme. Un CP raté, on le paye toute sa vie !" Les chiffres qu'elle avance font froid dans le dos : entre 30 % et 40 % des élèves de sixième seraient incapables d'écrire une phrase sans faute.

Lire Les racines de notre intolérance aux fautes de français.

Anne-Marie Gaignard se dit être la preuve que "l'école ne fonctionne pas correctement". "Elle est conçue d'abord pour les bons et martèle aux mauvais qu'ils sont responsables de leur naufrage." En cause, selon elle, un système qui ne forme pas suffisamment ses enseignants à la pédagogie, qui ne leur donne aucun outil de remédiation, au point que ceux-ci préfèrent demander aux parents de s'en référer aux "spécialistes" en cas de difficulté.

Anne-Marie Gaignard risque de faire des mécontents. Peu importe, elle assume son côté "provoc", bien décidée à mettre un "gros coup de pied dans la fourmilière".

Aurélie Collas

Moins d'heures de français, plus de fautes

 

Le ministère de l'éducation nationale a proposé la même dictée aux élèves de CM2 en 1987 et en 2007. Le pourcentage d'élèves qui faisaient plus de 15 erreurs était de 26 % en 1987, il était de 46 % en 2007. Selon le collectif Sauver les lettres, deux lycéens sur trois ne maîtrisent pas l'orthographe de base ; ils étaient un peu plus d'un sur deux en 2004.

En CP, les écoliers ont 10 heures de français par semaine. En 1956, ils en avaient 15 et dans les années 1920, 17,5 heures.

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 11:21

C'est en lisant Paul Ariès (Wikipédia), rédacteur en chef du Sarkophage - notamment La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance -, que j'ai mieux compris les limites qui me chiffonnaient dans la consommation collaborative. Celle-ci nous est souvent présentée sous les atours du partage et du don, alors qu'elle n'en est pas toujours. Le covoiturage et l'autopartage ne sont pas inspirés par une vision altruiste, comme on l'entend trop souvent. Le premier moteur du covoiturage et de l'autopartage n'est pas le partage, mais l'économie. Ce n'est pas sauver la planète qui motive les covoitureurs et les autopartageurs, mais amoindrir l'impact de la crise sur leurs finances personnelles, comme le soulignait déjà l'étude 2010 de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Ile-de-France (.pdf). Les utilisateurs de ces services sont d'abord à la recherche de revenus complémentaires.

La consommation collaborative... c'est encore de la consommation

Le moteur principal de leur motivation ne me semble pas être celui-là décroissance ou du développement durable, comme semblent nous le répéter les argumentaires de tous ces services, mais bien celui de l'hyperconsommation, comme le soulignait le philosophe Gilles Lipovetsky (Wikipédia) dans son essai éponyme. Or, la consommation n'est pas une réponse à la crise planétaire, mais bien une nouvelle étape de la marchandisation des rapports humains - et notamment de rapports humains qui ne l'étaient pas nécessairement avant.

Quand on propose de vendre une part de repas supplémentaire (comme sur Super-marmite ou Gobble son équivalent américain), on vend la part du pauvre de l'ancien temps, celle qui a disparu avec l'urbanisation de nos sociétés, celle qui s'est déportée dans les associations caritatives. Celle qui, il y a longtemps, était réservée à l'inconnu de passage et que nos sociétés urbanisées ont renvoyée à la rue. Les autostoppeurs deviennent des covoitureurs qui vont devoir payer leur écot pour voyager, là où ils voyageaient auparavant gratuitement en tendant le pouce aux autres. L'accueil chez soi se marchande : du prêt de canapé de Couchsurfing il n'y a qu'un pas pour glisser à la monétisation de la chambre d'ami d'AirBNB.

Cela signifie que dans le très vaste recueil des sites de consommation collaborative il faut certainement, à minima, distinguer les services de consommation collaborative gratuits des payants. Il faut distinguer ce qui relève du don et ce qui relève d'une nouvelle forme de marchandisation de la société, s'insérant toujours un peu plus profondément au coeur des rapports humains.

 


Image : "la consommation te consomme", une image du collectif décroissant Deshazkundea.


Le principe de partage des services du web 2.0 a bien plusieurs acceptions. Et la première à distinguer repose bien sur la manière dont elle est marchandée. Offrir sa place de parking ou son garage n'est pas la même chose que le louer. Il faut donc bien distinguer la nature des services et les modèles de société qu'ils portent. Il faut donc bien observer qui porte le service et quel modèle économique le soutien, comme l'expliquait Adil Abrar. Le risque est bien celui d'un "blanchiment social", d'un social washing, tendant à faire passer pour social des choses qui ne le sont pas du tout. "Car vendre un service (l'usage d'un bien) plutôt qu'un objet (la possession d'un bien), c'est plus encore que dans l'économie marchande faire commerce de la mise en relation entre fournisseurs et consommateurs", soulignait avec raison Vincent Truffy de Mediapart.

La consommation collaborative paraît altruiste. Elle est capable de produire des effets vertueux (moins de produits, plus de partage), mais pas uniquement. Plus qu'une cartographie des services, il faudrait dresser une taxonomie de leurs conséquences. Il y a une différence fondamentale entre le fait qu'un particulier loue sa voiture et le fait que la puissance publique ou qu'un acteur privé propose un service de location de voiture. Et cette conséquence, c'est la transformation des rapports sociaux que la différence induit. Il faut donc distinguer la consommation collaborative des services de partage. En voyant bien que l'un comme l'autre peuvent être ambigües. Le partage de fichiers en P2P profite depuis longtemps à des entrepreneurs qui n'ont parfois rien d'altruistes non plus et qui génèrent d'énormes revenus sur la publicité qu'ils introduisent dans les rapports de dons entre internautes (voir par exemple les revenus générés par les créateurs d'Emule-Paradise rapportés par leMonde.fr). Les actions de groupes (consistant à se rassembler pour consommer moins cher) peuvent également générer leurs aberrations, à l'image de Groupon.

Le passage du bon service ou du bon usage au mauvais service et au mésusage est délicat. Il s'apprécie chaque fois différemment. Il se mesure à l'aune de valeurs personnelles, culturelles, économiques et sociales qui sont chaque fois différentes. Jusqu'à quand une utilisation est-elle vertueuse et à partir de quand ne l'est-elle plus ?

De l'usage au mésusage

Les décroissants stigmatisent ainsi le mésusage : "On oppose ainsi faussement la frugalité à la surconsommation, alors qu'il ne s'agit pas de consommer moins, mais de (re)devenir des usagers, maîtres de leurs usages", explique Paul Ariès. En conclusion de son livre, celui-ci nous invite à réfléchir à la "gratuité de l'usage" et au "renchérissement du mésusage".

"Pourquoi payer au même tarif le mètre cube d'eau pour faire son ménage et remplir sa piscine privée ? Pourquoi payer les mêmes impôts fonciers pour une résidence principale et secondaire ? Pourquoi payer son essence, son électricité, son gaz le même prix pour un usage normal et un mésusage ? L'eau va-t-elle manquer ? C'est une raison de plus pour en rendre gratuit le bon usage et renchérir ou interdire le mésusage. Ce paradigme s'oppose à celui de la société dominante : que signifierait en effet l'adoption programmée d'une taxe sur le carbone si ce n'est le fait de vider les rues des voitures des plus pauvres pour que les riches puissent rouler plus vite ? (...) Le danger serait bien sûr que cette politique renforce les inégalités en permettant l'accès aux mésusages à une petite minorité fortunée. Le pire serait de cantonner le peuple au nécessaire (au sérieux) et de libérer, moyennant finances, le futile, le frivole, aux classes aisées."

Mais tout le problème est de le définir, de l'encadrer, de le "mesurer". Qu'est-ce que le mésusage de l'eau ? C'est remplir sa piscine personnelle ? C'est prendre une douche par jour ? Deux par semaine ? Laisser couler le robinet quand on se lave les dents ou qu'on rince les légumes ? Combien de litres d'eau par jour et par personne nous donne droit "le bon usage" ? Le bon usage de qui ? Celui qui vit dans quel pays ? Avec quel statut social ?

Les outils techniques permettent d'avoir des mesures de plus en plus fines de nos usages. Nous pouvons savoir précisément le niveau d'eau que nous consommons. Nos compteurs électriques savent précisément quels appareils fonctionnent chez nous... Notre société est capable de mesurer le bon usage et le mésusage, pour autant qu'on sache établir une valeur, une limite entre les deux. Le risque comme le pointe très bien Paul Ariès est que ce marché se régule seul, en rendant certaines consommations de plus en plus impossibles aux plus pauvres.

Se déplacer par exemple, pour les plus pauvres, est en train de devenir impossible hors des grands centres urbains dotés d'infrastructures de transports en commun, dont ils sont sans cesse repoussés dans les périphéries, alors que les transports en commun y sont moins nombreux. Pour qu'elles s'appliquent à tous, égalitairement, il faut en effet définir des niveaux d'usages et taxer les mésusages. Les restrictions de consommation, à l'exemple des péages urbains comme des parkings payants et des parkmètres, censés réguler la circulation automobile des centres villes européens, sont sans incidences sur ceux qui peuvent se les payer.

Dans une économie de pénurie telle qu'elle se profile, en quoi la technologie pourrait-elle (ou non) nous aider à répartir plus justement les ressources rares, autrement qu'en jouant uniquement sur leurs prix. Car cette solution est peu "courte". Cela ne dessine pas la manière dont on remet de l'égalité, afin que les mésusages ne soient pas seulement l'apanage des plus riches. Comme le disait Thomas Berns, le propre d'une politique publique est de considérer justement qu’il ne faut pas agir en fonction d’une série de corrélation, mais plutôt en réaction. Est-ce que demain, nous aurons tous droits à tant de kilomètres par an en voiture et avion, d'une manière égale ? Où est-ce que certains usagers (lesquels ?) auront droit à plus (ceux qui habitent à la campagne plutôt qu'à la ville par exemple) ? Est-ce que la régulation des voyages se fera uniquement par le marché : le plus riche pourra toujours continuer d'en profiter, ou allons nous introduire d'autres mesures (et sur quels critères ?), pour distinguer ceux qui aurons le droit de voyager plus que d'autres et qu'on aidera à cela parce que leur voyage sera important pour le reste de la société ?

Cela suppose certainement de se pencher plus avant sur la question des biens communs et de leurs opérateurs, comme nous y invite d'ailleurs les décroissants. Mais cela suppose aussi de définir l'usage et le mésusage. Dans l'usage de l'eau par exemple, qu'est-ce qu'on va privilégier demain ? L'agriculteur qui utilise un goutte-à-goutte nocturne aura-t-il droit à plus d'eau (comparativement, parce que son système d'irrigation lui en demandera beaucoup moins) que celui qui l'épanche sur son maïs en pleine journée en plein été ? On a beau tourner la question dans tous les sens, si on regarde l'évolution du pic pétrolier, la raréfaction des ressources et la difficulté à passer à une autre ressource à un niveau équivalent, il y a bien un moment où nous ne pourrons plus nous déplacer comme nous le faisons actuellement. Nous ne pourrons plus faire 10 000 km par personne et par an. Beaucoup n'en auront pas les moyens. Comment gérer la pénurie qui s'annonce, comme la dépeint avec un certain catastrophisme Dominique Bourg dans Vers une démocratie écologique ? Comment instaurer des tarifications progressives basées sur l'usage ? Comment gérer les usages ? Le problème ne va pas être seulement de les transformer, mais bien également de les gérer d'une manière la plus convenable qui soit, et espérons-le, la plus démocratique possible...

La technologie nous offre désormais les moyens de tout mesurer et notamment nos usages, d'une manière précise, à la fois individuelle comme collective.

La société nécessairement "légère" (légère en ressources naturelles, légère en pollution...) qu'il va nous falloir inventer n'est pas si légère à mettre en place. Elle pose des questions sur les pratiques, les règles, les usages auxquels nous devons esquisser des réponses, qui elles ne seront en rien "légères".

Cela signifie qu'il va nous falloir nous entendre sur ce que sont les mésusages et imaginer une réponse collective pour les gérer qui ne facilite pas seulement une sélection par l'argent.

Hubert Guillaud

 

 

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 18:37

 

 

http://occupyfrance.org/24-08-2012/manifestation-a-athenes-5000-personnes-contre-les-violences-racistes/infos/1355

 

Publié: 24.08.2012 / 09:46

 

 

 

Manifestation à Athènes 5000 personnes contre les violences racistes

Les attaques sont quotidiennes, faisant déjà 1 mort et des blessés graves.

 

http://twitter.com/MakisSinodinos/status/239010881432870912/photo/1

http://twitter.com/mpodil/status/239032991018536961/photo/1

http://twitter.com/mpodil/status/239021054234873856/photo/1

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 18:31

 

Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde
CADTM

 

    24 août par Jérome Duval

     

    Face à une dette privée des institutions financières (banques principalement) devenue dangereuse car reposant sur une accumulation de crédits hypothécaires à risques, c’est-à-dire avec une forte probabilité de non paiement, le royaume d’Espagne, sur le conseil de sociétés privées, a décidé de transférer ce risque aux institutions publiques. Mais qui sont ces sociétés privées, et quels intérêts servent-elles ?

    L’Etat paie 2 millions d’euros des entreprises privées au bilan douteux pour le conseiller

    Le 21 juin 2012, les cabinets d’audit Olivier Wyman et Rloand Berger, engagés par le gouvernement Rajoy, livrent leurs rapports tant attendus et confirment ce que tout le monde savait : le secteur bancaire espagnol a besoin d’être assaini. Ils précisent toutefois que le montant nécessaire pourrait aller jusqu’à 62 milliards d’euros. Ces sociétés privées ont empoché la bagatelle de quelque 2 millions d’euros aux frais du contribuable pour ce travail « d’expertise ». Mais qui sont ces cabinets d’audit censés livrer le bon conseil ? Et à qui profite-t-il ?

    Oliver Wyman est une société conseil qui emploie 2 900 consultants répartis dans 25 pays du monde. Elle appartient à 100% au courtier d’assurance états-unien Marsh.

    En 2006, Oliver Wyman classe l’Anglo Irish Bank « meilleure banque du monde », trois ans avant que celle-ci révèle des pertes pour 17,6 milliards d’euros et soit secourue par l’Etat irlandais. La suite a été catastrophique pour l’Irlande, tombée dans la nasse de la troïka (Union européenne, FMI et BCE) qui lui injecte des fonds avec intérêts sous d’austères conditions. C’est le Financial Times qui a publié en 2011 ce classement mondial des banques établi par la société de conseil, le rapport décernant cette distinction fatidique ayant mystérieusement disparu du site de Oliver Wyman. |1|

    Mais ce n’est pas tout. Les consultants de Oliver Wyman ont conseillé à Citigroup d’acheter des produits douteux, à l’origine de la crise des « subprime ». Résultat, ces investissements ont occasionné des pertes de quelque 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros) |2|, entraînant la première banque nord-américaine dans sa chute. Citigroup recevra par la suite près de 2 500 milliards de dollars de la FED, la banque centrale des Etats-Unis (2 500 000 000 000 dollars). |3|

    On ne peut guère espérer mieux de la part de la seconde entreprise privée appelée à dresser le diagnostic du secteur bancaire espagnol.

    Spécialisée dans le conseil auprès des multinationales, dans le secteur financier et non financier, et auprès de gouvernements et d’institutions, Roland Berger Strategy Consultants est créée en Allemagne par l’universitaire Roland Berger en 1967. À 75 ans, l’influent Roland Berger, confident des grands patrons allemands, conseille la chancelière Angela Merkel et le président portugais Aníbal Cavaco Silva. Avec ses 2 000 consultants répartis dans 24 pays (Europe, Asie et Amérique), le groupe est devenu un des principaux cabinets de conseil en stratégie et projette la création d’une agence de notation européenne.

    En octobre 2011, Roland Berger Strategy Consultants et son président directeur, Martin Wittig, conseillent Angela Merkel pour résoudre le surendettement de la Grèce. Le plan, baptisé « Eureca », est calqué sur le système mis en place en Allemagne au moment de la réunification en 1990 pour restructurer et privatiser près de huit mille cinq cents entreprises de l’ex-RDA |4|. Il vise à regrouper un ensemble d’actifs publics évalués à 125 milliards d’euros (autoroutes, aéroports, ports, banques, immobilier, téléphonie...) dans une structure commune achetée par une institution européenne et « financée par les Etats, dont le siège pourrait être situé au Luxembourg » afin de piloter la cession de ces actifs, avec une échéance fixée à 2025. Les frais de gestion incombent donc aux Etats. Les 125 milliards récoltés devraient servir à la Grèce pour se désendetter en rachetant ses obligations à la BCE et au FESF. En clair, les Etats européens prennent en charge la vente à bon prix pour le privé de ce qu’il reste de public en Grèce, l’argent de la vente ne reste pas dans les caisses de l’Etat mais repart directement à la BCE sous prétexte d’effacer des créances pourtant censées sauver la Grèce. Enfin, selon les auteurs, ce plan permettrait à Athènes, qui n’arrive plus à se financer (autrement dit s’endetter en vendant des bons ou obligations à long terme), de revenir sur les marchés (c’est-à-dire s’endetter en vendant ces fameux bons à 10 ans par exemple). |5|

    S’endetter pour payer d’anciennes dettes avec la prétention de résoudre le problème, tout cela a un air de déjà vu : les pays du Sud ont déjà maintes fois payé la dette qu’ils devaient au moment de la crise de la dette des années 80 mais continuent à s’endetter pour rembourser… Avec le jeu des intérêts, le cercle vicieux de l’endettement s’est refermé sur eux et les créanciers disposent du dernier mot pour tout changement politique d’importance. En somme, un véritable cadeau empoisonné pour les Grecs et, au-delà, pour les populations européennes.

    Dans une tribune du journal Le Monde |6|, Bernard de Montferrand, membre du cabinet Roland Berger Strategy Consultants et ancien ambassadeur de France à Berlin se lamente que le plan n’ait pas été retenu et suggère une privatisation à l’échelle continentale : « Mais une nouvelle forme d’Eureca européen d’abord destiné aux pays du sud de l’Europe qui sont asphyxiés par leur endettement et par la réduction accélérée de leurs déficits aurait un effet de démultiplication et ouvrirait une perspective politique sans équivalent et surtout plus rapide. »

    Par ailleurs, le projet d’une agence de notation européenne n’est pas mort comme annoncé par la presse mi-avril 2012. Markus Krall, le père du concept, a démissionné de ses fonctions auprès de Roland Berger début mai 2012 pour devenir le PDG de la fondation chargée d’une telle agence de notation. |7| Sachant que les agences de notation ont accéléré et aggravé la crise alors qu’elles auraient dû l’anticiper, on a toutes les raisons d’être sceptique.

    Après avoir déboursé près de 2 millions d’euros pour s’offrir les services de Oliver Wyman et Roland Berger, chargées des tests de stress sur les banques, l’Etat paye la société Alvarez & Marsal plus de 2 millions d’euros pour son travail de gestion de la « bad bank », l’entité qui agglutinera tous les actifs toxiques des banques nationalisées. Voilà déjà près de 4 millions d’euros dépensés en peu de temps par l’Etat pour 3 sociétés privées censées œuvrer pour le bien public. Si seulement l’Etat savait se montrer si prodigue quand il s’agit de financer la protection sociale et les services publics…

     

    Notes

    |1| Site de Oliver Wyman : http://www.oliverwyman.com/. Voir la liste sur : http://networkedblogs.com/z38s4 ou sur http://ftalphaville.ft.com/blog/2011/02/11/485311/worlds-best-bank-2006-vintage/

    |2| Lire : http://www.abc.es/20120521/economia/abci-roland-berger-oliver-wyman-201205211644.html

    |3| Lire Maria Lucia Fattorelli, L’audit, un outil essentiel pour révéler les origines et les causes des actuelles crises de la ’dette’ aux Etats-Unis et en Europe. http://cadtm.org/L-audit-un-outil-essentiel-pour

    |4| La Treuhand est l’organisme créé en 1990 pour mener à bien les privatisations et les restructurations industrielles de l’ex-RDA. Il disparaît le 31 décembre 1994, laissant une dette importante à la charge de l’Etat allemand. « La Treuhand a accompli une œuvre fantastique : privatiser un pays de 17 millions d’habitants en quatre ans », s’extasie Henri Monod, son ancien délégué général en France. http://www.liberation.fr/economie/0101130585-mission-accomplie-la-treuhand-s-autodetruit

    |5| http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110928trib000652367/les-details-du-plan-secret-allemand-pour-sauver-la-grece-.html

    Eureca, le ’plan secret’ pour venir en aide à la Grèce, Le Monde, 28.09.2011, http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/09/28/eureca-le-plan-secret-pour-venir-en-aide-a-la-grece_1579219_3234.html

    |6| « Oui, la croissance est possible en Europe ! Pour un Eureca européen », Le Monde, 14 mai 2012, http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/14/oui-la-croissance-est-possible-en-europe-pour-un-eureca-europeen_1699791_3232.html

    |7| Lire l’audition de MM. Bernard de Montferrand et Markus Krall sur le projet de Roland Berger de création d’une agence de notation européenne, 2 mai 2012, http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20120430/mci_agences.html

     

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    24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 18:15

     

     

     

     

     

    Beau discours de Paul Ariès à partir duquel nous nous retrouverons, Indignés du monde entier et Révoltés du Printemps arabe, pour redéfinir les cadres de la répartition des ressources humaines et planétaires. Il ne s'agit pas tant de lutter contre la pauvreté que de construire surtout avec les pauvres, partout, au plus vite et dans les meilleures conditions possibles, des richesses insoupçonnables à partir de nos propres coordinations, de nos propres coopérations, de nos propres affranchissements. Tout ce que jamais, ô grand jamais, n'ont permis ni souhaité ceux qui dirigent les systèmes de domination, dont les armes pour nous asservir sont la répression et l'oppression, la propagande et la pauvreté.

    Jean-Jacques M’µ

     

     

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    24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 17:52
    Vendredi 24 Août 2012 à 05:00

     

    Régis Soubrouillard
    Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

     

    Après le massacre de 34 mineurs, tombés sous les balles des policiers, l'Afrique du Sud rend hommage aux morts de Marikana. Le mouvement n'en est pas terminé pour autant. D'autres grèves sont apparus et si certains politiciens agitent déjà les démons de l'apartheid, c'est pour mieux ignorer combien elles sont le révélateur d'une misère sociale dont profitent les richissimes exploitants miniers.

     

    Gallo Images / Rex Feat/REX/SIPA
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    Quarante quatre morts, dont 34 tombés sous les balles de la police mais le marché du platine tient bon. Rarement le cours de ce précieux métal aura été aussi élevé. Depuis les affrontements du 16 aout à Marikana, en Afrique du sud, sa valeur a même bondi de 9%, atteignant son plus haut niveau depuis mai 2012. Un lien de cause à effet entre les mineurs sacrifiés et le cours du métal ? On ose à peine y croire. Et pourtant, si l’argent n’a pas d’odeur, le platine n’en a pas beaucoup plus.

    Selon le site indépendant mineweb, spécialisé dans l’analyse financière des métaux précieux, les événements survenus dans la mine de Marikana perturbent certes les marchés du platine : « Il y a régulièrement des tensions dans les régions minières mais le niveau de violence est surprenant » constate une analyste de Mitsui precious metals, une agence financière spécialisée dans les métaux précieux. Néanmoins  « la demande reste encore inférieure à l’offre et s’il n’y a pas de nouvelles perturbations, il n’y a pas de raison de voir les prix du platine flamber à court terme ». Bref, le marché du platine digère pour l'instant plutôt bien le massacre de Marikana. On respire.

    Troisième producteur de platine au monde, Lonmin qui affiche un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars pour 311 millions de bénéfices, n’avait pas répondu favorablement aux demandes d’augmentations de salaires des syndicats de mineurs qui réclamaient une multiplication par trois de leurs salaires, proche de 400 euros en moyenne.

    La grève continue

    Craignant la multiplication des mouvements, le gouvernement a tenté de calmer le jeu mardi en demandant à la société minière de suspendre son ultimatum de licenciement des grévistes qui ne reprendraient pas le travail cette semaine. Un appel entendu : Lonmin a suspendu l’ultimatum en question. Trop tard sans doute. Un tiers seulement des salariés auraient repris le travail. Et d’autres mines pourraient suivre la même voie, notamment compte tenu de la surenchère à laquelle se livrent les syndicats de mineurs, très politisés.

    L’AFP affirme que la grève s'est déjà étendue, mercredi 22 août, à une mine voisine, la plus riche réserve mondiale de platine, appartenant à Royal Bafokeng Platinum, où « des salariés ne sont pas venus travailler », a indiqué l'entreprise, en précisant que « la situation était calme ». Environ 600 grévistes, des foreurs, étaient massés devant le puits affecté par la grève où quatre fourgons de police étaient également déployés.

    Le Monde rapporte qu’« une autre mine de platine est aussi sous la pression de ses salariés à Thembelani. Ils exigent de porter les salaires des foreurs à 12 500 rands, soit 1 250 euros environ par mois, comme à Marikana et ont donné jusqu'à vendredi à l'entreprise ».


    Un révélateur de la misère sociale sud-africaine

    A l’approche du congrès de l’ANC, le parti au pouvoir, véritable Etat dans l’Etat, la tuerie de Marikana a fait l’objet de nombreuses récupérations politiques et médiatiques sur le thème d’un retour du temps de l’Apartheid.
    Julius Malema, ex-leader de la Ligue de la jeunesse du Congrès national africain, l’ANC, l’actuel président Jacob Zuma a échoué dans sa tâche, les mineurs « ont été tués parce que le gouvernement défend le monopole blanc sur le capital, affirme celui-ci. Et cette affaire n'a rien à voir avec l'éviction du président Zuma. Mais ça prouve bien que c'est un dirigeant très faible ».
    Plusieurs observateurs pointent également le manque de préparation, voire l’incompétence des forces de police face à ces mouvements sociaux.

    Pour The Sowetan, le plus grand quotidien de la population noire d’Afrique du sud, créé par des membres de l’ANC dans le cadre du combat contre l’apartheid, le massacre de Marikana prouve surtout que l’Afrique du Sud reste un pays « anormal » : « au temps de l’apartheid, les noirs y étaient traités comme des objets. Aujourd’hui, les africains sont dressés les uns contre les autres pour savoir qui est le représentant légitime des travailleurs. Mais ce que signifie Marikana, c’est que la valeur de la vie humaine continue d’y être insignifiante ».

    Beaucoup plus faible en tout cas que celle du platine…



    A lire dans Marianne cette semaine, l'article de Patricia Huon, notre correspondante à Johannesburg: Afrique du Sud. Massacre de mineurs, un drame majeur. 

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    24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 17:43

     

     

     

    « Avec la concurrence sociale, fiscale et environnementale maintenue voire aggravée, le Pacte budgétaire bloquera durablement la transition sociale et écologique tant nécessaire », dénoncent Thomas Coutrot et Aurélie Trouvé, les deux co-présidents d'Attac, alors que l'association tiendra son université citoyenne du 24 au 27 août à Toulouse.


     

    Ce vendredi 24 août, à Toulouse, l’Université citoyenne d’Attac va s’ouvrir dans un contexte qui a rarement été aussi incertain. La crise écologique s’aggrave mais les États affichent de plus en plus ouvertement leur renoncement. Le chômage explose et l’Europe vacille sur ses bases mais les gouvernements se soumettent toujours plus à l’hégémonie de la finance, cause de la crise. La gauche en France a gagné les élections mais la nouvelle majorité n’a manifestement pas compris l’ampleur des ruptures nécessaires.

    Alors que l’exclusion de la Grèce de la zone euro semble désormais une question de mois, le nouveau Traité (ou Pacte budgétaire) concocté par Angela Merkel avec l’aide de Nicolas Sarkozy veut radicaliser les règles de Maastricht qui ont mené l’euro au bord du gouffre. Ce traité prétend interdire tout déficit public ad vitam aeternam, et donne à la Commission européenne un pouvoir inédit sur les politiques budgétaires nationales. Il  sacralise une notion de « déficit structurel » totalement arbitraire et instaure des sanctions automatiques contre les États indociles. Avec la concurrence sociale, fiscale et environnementale maintenue voire aggravée, le Pacte budgétaire bloquera durablement la transition sociale et écologique tant nécessaire. Il enfoncera un peu plus l’Europe dans la spirale de la dépression.

    Attac ne peut accepter ni l’escamotage du débat démocratique en France, ni l’actuelle dispersion des résistances sociales en Europe. Contre la tentation de l’attentisme ou de la résignation, nous voulons contribuer à faire monter le refus de l’austérité et de ce pacte mortifère. Le gouvernement Ayrault prévoit de le faire ratifier à la hâte, tel quel, par le Parlement en septembre, malgré la promesse de renégociation du candidat Hollande. En France, nous proposons donc à tous les mouvements sociaux et aux partis de gauche de construire ensemble une campagne-éclair contre cette ratification, avec une interpellation des parlementaires, des dizaines de réunions publiques dans tout le pays et une mobilisation d’ampleur le jour du vote.

    A plus long terme il est décisif que les résistances et alternatives en gestation dans chaque pays européen trouvent un espace commun de construction et d’expression, un véritable espace public européen. La construction européenne ne peut survivre que refondée sur des bases démocratiques. L’Europe néolibérale s’est construite dans le dos des peuples, ils peuvent en reconstruire une, qui soit solidaire, écologique et démocratique. C’est pour y  contribuer que nous proposons le lancement d’un processus de Tribunal européen de la dette et de l’austérité, qui pourrait être initié lors d’une assemblée des mouvements sociaux européens qui se tiendra à Florence à la mi-novembre. Le Forum social mondial de Tunis, en mars, et un Alter-Summit européen qui est en projet pour le printemps en Grèce, permettront d’amplifier la convergence des résistances et des alternatives. D’ores et déjà, de très nombreux représentants d’organisations et militants des mouvements sociaux français, européens et internationaux seront présents à Toulouse du 24 au 27 août pour préparer ces initiatives.

     Pour plus d'information, cliquez ici.

     

     

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    24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 17:29
     
    Rue89 - DONNANT DONNANT 22/08/2012 à 19h02
     
    Elsa Fayner | Journaliste Rue89

    Un chien dort sur un canapé (Dickuhne/Flickr/CC)

     

    Près de cinq millions de voyageurs préfèrent dormir sur le canapé d’un inconnu. Parce que ça ne coûte rien ou presque. Parce qu’on y trouve l’aventure. Depuis quatre étés, le « couchsurfing » (surf de canapé, littéralement) explose. Près d’un million de pratiquants de plus [PDF] chaque année, principalement des Occidentaux de moins de 30 ans.

    Mongolie, Turquie, Jordanie, Chili : désormais, il est possible de couchsurfer dans 207 pays. Vous vous inscrivez sur le site Couchsurfing.org en précisant dans quelle région vous passez pendant vos vacances, et les membres qui sont prêts à vous loger vous répondent.

    Parmi ces expériences, quelle est la plus exceptionnelle que vous ayiez vécue ? La question a été posée pour Rue89 sur la page Facebook des « couchsurfeurs ». Plus de 140 ont répondu, à grand renfort de smileys et d’enthousiasme :

    • il y a les romantiques, ceux qui ont trouvé « l’amour au premier regard », sont « devenu père grâce au couchsurfing » ou ont rencontré « celle qui est devenue [leur] femme » ;
    • il y a les fêtards pour qui les nuits ne sont jamais assez longues. Soirée underground en Iran pendant le ramadam pour Annyia. Beuverie aux Philippines pour Henner. Nouvel an dans le centre de Berlin pour Vianna : « Dans la maison de types sympas... la moitié de la ville invitée... En un mot : effarant ! » ;
    • et puis il y a les voyageurs qui apprécient de découvrir un peu plus que des musées, voire d’être détournés de leur route. Comme ces couchsurfeurs polonais et vénézuéliens invités à Java à un mariage traditionnel. Ou Henner, qui s’est retrouvé dans la peau d’« un local » le jour où il a dû garder une maison vide en Thaïlande. Ou encore Anna, qui a dormi dans un kibboutz en Israël et a pu, en pleine nuit, se promener « dans des zones interdites de la mer Morte, avec des petits lacs, des sources d’eau chaude, sous un ciel exceptionnel ».

    Enfin, il y a les surprises, les imprévus inclassables. Les hôtes qui vous plantent au dernier moment. Toujours avoir un plan B, recommandent les pros. Les hôtes tripoteurs. Les hôtes généreux (un New-Yorkais a donné un ordinateur à un visiteur en panique parce que le sien avait planté). Les visiteurs surprenants (« En pleine nuit, ma couchsurfeuse a ouvert la porte de ma chambre, elle s’est arrêtée sur le seuil. Je l’ai regardée, elle s’est brusquement réveillée : elle était somnambule ! »).

    Certains couchsurfeurs ont bien voulu nous raconter leur expérience en détail.

    1

    Kolia, l’amour à Lyon

     

    Kolia, c’est la fête qui l’intéresse. A Lyon, avec des colocataires, il a pris l’habitude de recevoir des couchsurfeurs du monde entier. Ça plaît bien au Lyonnais de faire découvrir sa ville, plus particulièrement les bars.

    Sauf que, parfois, il ne sait pas quelle couchsurfeuse s’introduit en pleine nuit dans son lit. Et ça l’embête un peu. Enfin, il est mitigé. L’étudiant, qui vit maintenant à Bogota, se souvient notamment de cette Américaine de la Nouvelle-Orléans, assistante d’anglais dans un collège poitevin.

    Quelques jours avant la fête des Lumières, elle demande si elle peut débarquer. Les colocataires hébergent déjà des amis, et viennent de refuser un groupe de Français et un groupe d’Espagnoles. Mais l’Américaine vient seule, elle pourra dormir dans le salon.

    Le deuxième soir, le groupe rentre en Vélov’ de la Croix-Rousse. Kolia va se coucher :

    « Mes souvenirs sont brouillés et brouillons, mais une chose est sûre : je me réveille avec une étrangère qui me chevauche, m’offrant ses lèvres, et aucune autre option que de répondre à ses avances.

    Après un réveil en galipettes qui se termine par un petit “shower time”, nous nous rendons au marché de producteurs de Perrache. Les produits sont frais et sains. C’est cliché peut-être, mais c’est l’image de la France aussi. Ça fait parti du jeu de la découverte culinaire. »

    2

    Annarita, à scooter dans les Andes à 63 ans

     

    Annarita a 63 ans. Elle a toujours aimé voyager seule, mais « plus cool ». A la retraite, elle a eu envie de parcourir le monde de manière un peu plus aventureuse. Mais toujours dans sa « zone de confort », partout où l’anglais et l’italien sont parlés.

    En 2011, elle empoigne sa valise à roulettes, et quitte Saint-Brieuc pour parcourir durant deux mois l’Argentine en couchsurfing :

    « Sur la route 40, une famille de cinq enfants m’a accueillie. La femme, Fernanda, m’a proposé d’aller voir sa mère dans la montagne. Nous sommes parties à la fraîche, vers 17 heures, à scooter. Elle roulait très doucement. Il fallait pousser l’engin dans les torrents, il avait beaucoup plu.

    Nous avons fini par rejoindre quelques maisons de terre. Sa mère avait presque mon âge, mais en paraissait bien plus. Elle était indienne et avait eu seize enfants. Elle nous a reçues avec le maté et une tartine de pain à la confiture de pêche.

    Je n’avais pas compris que nous restions la nuit... Au réveil, Fernanda a été chercher un tambourin. Les femmes ont commencé à chanter des chansons traditionnelles. Voilà ce que j’ai eu pour mon petit déjeuner. J’étais tellement émue que je n’ai pu prendre aucune photo. »


    Annarita en Argentine, à l’hiver 2011 (Annarita)

    3

    Benjamin, des catacombes dans chaque pays

     

    Benjamin utilise le couchsurfing pour assouvir sa passion : dénicher des sites abandonnés, des usines désaffectées, des souterrains oubliés. Il a commencé à chercher les amateurs également couchsurfeurs pour passer les voir en vacances.

    Le quadragénaire a ensuite poussé le vice plus loin. Il est « auditeur qualité, autrement dit, le plus souvent, client mystère », ce qui l’oblige à bouger. Alors, en déplacement professionnel aussi, il dort sur le canapé :

    • à Montpellier, il a fait un peu de « spéléo au pied levé », dans des grottes de l’arrière-pays ;
    • en Alsace, il a visité des brasseries abandonnées ;
    • en Espagne, des sites miniers désaffectés et difficiles d’accès (« Fallait crapahuter, traverser des rivières »). C’est là que l’un des ses ancêtre s’est tué en travaillant, et Benjamin tenait à voir le lieu ;
    • à Paris, « la face cachée » des catacombes (« J’adore me dire que je suis sous l’avenue d’Italie et que, sous terre, elle ne fait que 60 cm. ») ;
    • en Lettonie, en vacances cette fois, d’anciens silos de missiles SS-20 russes.

    Un des lieux interdits visités par Benjamin

    4

    Anthony, le bon Samaritain des couchsurfers

     

    Les couchsurfeurs tiennent à leur communauté. Ils se dépannent en cas de problème, préviennent quand un « mouton noir » sévit dans une ville. Ils organisent aussi de grands rassemblements partout en Europe dont le but n’est pas extrêmement défini, mais dont on comprend qu’il s’agit de pratiquer les langues étrangères autour d’une tente de camping, de découvrir boissons et plats d’un peu partout, voire d’organiser des jeux dans des champs de maïs.

    A 28 ans, Anthony fait partie de ces membres actifs. Et il se souvient particulièrement d’un rassemblement dans les Abruzzes, en Italie :

    « Plus de 400 personnes étaient attendues. Mais les indications pour trouver le camp, en pleine montagne, restaient succinctes : prendre le train jusqu’à une petite gare, se rendre à la pizzeria d’en face, où le patron devait donner toutes les explications.

    Dans le train, je rencontre cinq mecs qui y vont, de cinq nationalités différentes. Mais à notre arrivée à 23 heures, la pizzeria est fermée. Dans la rue, personne ne parle anglais. Les gendarmes ne sont pas informés et proposent leur jardin pour planter la tente. Finalement, un gars nous embarque dans le coffre de son utilitaire. Nous ne sommes pas sûrs qu’il ait bien compris...

    Il nous dépose en pleine montagne devant deux maisons et repart. Nous sonnons. Un vieux monsieur ouvre, puis disparaît. Quand il revient, c’est pour dire : ’’OK, ça marche. Vous voyez ce petit chien ? Vous le suivez, il va vous guider. »

    Il est plus de minuit, il commence à pleuvoir. A chaque croisement, le chien nous attend. Au bout d’une demi-heure, il s’arrête. L’endroit est désert. Je crains un traquenard.

    Nous nous étions trompés d’un jour, le rassemblement ne commençait que le lendemain. »


    Le lieu de rassemblement dans les Abruzzes (Anthony)

     

     

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    24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 17:15

     

    Rue89 - Virus 24/08/2012 à 13h02

     Sid Ahmed Hammouche | Journaliste de La Liberté


    Un ordinateur brûlé (Pepsiline/Flickr/CC)

     

    Des pirates informatiques donnent des sueurs froides au marché pétrolier. Des cybercriminels ont lancé, la semaine dernière, un raid informatique spectaculaire contre la compagnie pétrolière Saudi Arabian Oil Co (Saudi Aramco).

    L’entreprise, une des plus importantes compagnies pétrolières au monde, a découvert à temps le virus avant qu’il ne ravage la totalité de son réseau informatique.

    Dans un communiqué publié le 16 août, la société publique saoudienne, qui pèse plus de 800 milliards de dollars, s’est montrée rassurante en affirmant que le logiciel malveillant n’avait eu aucun impact sur la production pétrolière.

    Dans le journal saoudien « Al Hayat », le président d’Aramco, Khaled Al Faleh, a reconnu la gravité de l’incident et affirme que son entreprise a bien géré l’agression informatique.

    Un groupe de hackers revendique l’attaque

    Pour faire face à la cyberattaque, le groupe pétrolier a été obligé de couper ses systèmes électroniques de tout accès avec l’extérieur. Par mesure de précaution, Aramco s’est rapidement déconnectée d’Internet. Elle a coupé également son propre système de télécommunication.. Mais le virus a eu suffisament de temps pour infecter 40 000 postes de travail. Heureusement que le code malveillant n’a pas touché le serveur central, chargé d’organiser et de distribuer la production de brut au niveau régional et international.

    Aramco produit 2,26 millions de barils de pétrole par jour. Une quantité énorme qui pèse sur la production mondiale. Alors que le pétrole frôle les 100 dollars en plein mois d’août, cette rupture dans la production et l’acheminement de l’or noir saoudien aurait causé une crise économique mondiale.

    Un groupe de hackers arabe a revendiqué l’attaque, sans que cela puisse être vérifié. Il s’agit du Groupement jeunes arabes musulmans. Dans un communiqué, il affirme avoir voulu cibler « les dirigeants saoudiens, Al-Saoud, complices des Américains et des Israéliens dans la région ». Avant d’annoncer qu’il compte à présent s’attaquer à la Bourse de Riyad et a lancé des virus sur d’autres terminaux pétroliers.

    Le Moyen-Orient connaît une recrudescence d’attaques informatiques. Il y a quelques semaines, un virus informatique baptisé Gauss, présentant des similarités avec Flame et conçu pour espionner les transactions bancaires en ligne dans la région, a été détecté notamment au Liban et en Syrie. Mais le cas le plus grave reste celui du virus Stuxnet, qui a visé les centrales nucléaires iraniennes. Dans cette affaire, Israël et les Etats-Unis sont soupçonnés d’être derrière cette cyberattaque.

     

    MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato

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    24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 17:06

     

     

    Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 24.08.2012 à 18h15 • Mis à jour le 24.08.2012 à 18h15

     
     
    Crédits : AP/Amr Nabil / Amr Nabil

    Quelques centaines d'Egyptiens sont descendus vendredi 24 août dans les rues du Caire pour manifester contre le président Mohamed Morsi lors du premier rassemblement de ce type, moins de deux mois après l'arrivée au pouvoir du candidat des Frères musulmans.

    Des échauffourées ont opposé les manifestants à des partisans de Mohamed Morsi. Sur la place Tahrir, épicentre de la révolution qui a abouti au renversement d'Hosni Moubarak en février 2011, de jeunes membres des deux camps se sont affrontés à l'aide de pierres, de bouteilles et de bâtons. Des bagarres se sont poursuivies dans les ruelles environnantes.

    Les violences ont éclaté place Tahrir lorsque des témoins ont entendu des coups de feu. Selon l'agence de presse officielle Mena citant le ministère de la santé, cinq personnes ont été blessées sur cette place. L'agence cite aussi le témoignage d'un médecin présent place Tahrir affirmant avoir soigné quatre personnes, dont trois blessées par balle.

     "NE VOUS FAITES PAS AVOIR PAR LES FRÈRES"

    La ville portuaire d'Ismaïlia, à 120 km à l'est du Caire, a également été le théâtre d'échauffourées, selon un témoin. Les rassemblements organisés par les opposants de Mohamed Morsi dans d'autres quartiers de la capitale égyptienne se sont en revanche déroulés dans le calme, le nombre de manifestants ne dépassant pas quelques centaines, au total, en début d'après-midi.

    Les manifestants ont accusé le chef de l'Etat, qui n'appartient officiellement plus à la confrérie islamiste depuis son investiture le 30 juin, de chercher, à son tour, à monopoliser le pouvoir. Le successeur de Hosni Moubarak a abrogé le 12 août une "déclaration constitutionnelle" prise par les militaires avant son élection et qui rognait les prérogatives présidentielles.

    "Réveillez-vous, peuple égyptien !", scandait Mahmoud, âgé d'une cinquantaine d'années, aux 200 personnes réunies sur la place Tahrir. "Ne vous faites pas avoir par les Frères." "L'Egypte est pour tous les Egyptiens, pas pour une seule organisation", a-t-il ajouté, debout sur une moto, alors que la circulation continuait autour de lui.

    Quelques dizaines de personnes se sont aussi rassemblées devant le ministère de la défense aux abords desquels des affrontements avaient opposé des manifestants et l'armée, il y a quelques mois, lorsque les généraux du Conseil suprême des forces armées (CSFA) assuraient la transition.

    ENQUÊTE SUR LES FRÈRES

    La police a prévenu qu'elle protégerait les manifestants pacifiques mais réprimerait toute violation de loi, alors que des rumeurs propagées par la presse et les médias sociaux laissaient craindre des attaques contre des locaux des Frères musulmans, ce que les organisateurs ont nié.

    Les meneurs, qui souhaitaient marcher vers le palais présidentiel et qui renvoient dos à dos l'armée et les Frères musulmans, demandent aussi l'ouverture d'une enquête sur le financement de l'organisation islamiste. La confrérie se trouve sur le devant de la scène politique depuis la "révolution du Nil" de 2011 après avoir été réprimée pendant les trente années du régime Moubarak.

     Le quotidien libéral Al Masry al Youm a qualifié à la "une" de son numéro de vendredi les manifestations, prévues de longue date, de "premier test pour Morsi".

    Plusieurs organisations libérales, généralement opposées aux Frères musulmans, ont pris leurs distances à l'égard de la manifestation, comme le Mouvement du 6-Avril, l'un des fers de lance de la révolution. "Ceux qui veulent renverser les Frères devraient le faire par les urnes", écrit sur Facebook Ahmed Said, dirigeant des Egyptiens libres, un parti libéral ne participant pas non plus à la manifestation.

    Accusé notamment par l'opposition libérale de chercher à bâillonner les médias, Mohamed Morsi a donné un gage d'ouverture jeudi en décidant une loi qui a, de fait, annulé la détention préventive d'Islam Afifi. Ce dernier, rédacteur en chef du quotidien Al Dostour, est accusé d'insultes contre le président.

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