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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 14:18

 

 

Le régime de Bachar El-Assad paraît désormais résister autour de son noyau dur : le clan Assad, l’appareil militaro-sécuritaire alaouite et ses milices. Aussi spectaculaires soient-elles, les récentes défections ne concernent que la communauté sunnite au sein de l’élite politique et militaire. De plus, le pouvoir met en avant ses capacités de nuisance, à l’intérieur de ses frontières en jouant la carte de la partition territoriale et communautaire ; à l’extérieur en tentant de déstabiliser le Liban et en brandissant la menace d’armes chimiques et le danger jihadiste à l’attention de l’Occident et d'Israël. Cette politique de la terre brûlée pourrait s’accentuer à mesure que le clan Assad perd du terrain.  Mais ces capacités de déstabilisation sont bien moindres qu’il ne le laisse entendre alors qu'en face, la société syrienne continue de s'organiser et de se réapproprier son pays.

 

J.-P. Filiu 
J.-P. Filiu

 

Professeur à Sciences-Po (Paris) et familier de la Syrie depuis plus de trente ans (son premier séjour remonte à 1980), Jean-Pierre Filiu revient sur la nature du régime Assad, l’aveuglement persistant de la communauté internationale qui considère le système Assad comme un Etat et non « une mafia identifiée à un clan et un homme », et la nouvelle construction nationale produite par le processus révolutionnaire.

Le Liban avait jusqu’à présent assez bien résisté à la crise syrienne en dépit de sa grande vulnérabilité. Faut-il y voir un effet de la révolution syrienne ou bien une instrumentalisation du régime syrien qui exercerait ses capacités de nuisance ?

L’élément le plus important est que, durant dix-huit mois, les niveaux hallucinants de violence atteints en Syrie n’ont pratiquement pas eu de conséquences sur le Liban voisin. Beaucoup d’observateurs s’attendaient à ce que le Nord-Liban devienne une plaque tournante du soutien à la révolution syrienne, du fait de l’engagement historique des militants du sunnisme local conte le régime Assad. Or il n’en a rien été, car c’est de la frontière turque qu’est venu l’essentiel de l’appui extérieur à l’insurrection.

De même, le Hezbollah, tout en apportant un soutien inconditionnel à Bachar El-Assad, et en contribuant au moins au début à la répression de la contestation en Syrie, s’est bien gardé d’« importer » ce différend au Liban même.

Les incitations du régime syrien à un « réchauffement » du front libanais avec Israël, dans le même esprit que les provocations de ce régime sur le Golan en mai et juin 2011, n’ont pas été suivies d’effet, malgré la volonté de Bachar de soulager ainsi la pression intérieure. Il est évident que le régime syrien, s’il le pouvait, déstabiliserait une fois de plus le Liban en plongeant le pays dans la violence. Il n’est pas certain qu’il en soit encore capable, même si ses agents ont encore une considérable capacité de nuisance au Liban.

Le fait que les auteurs de la répression appartiennent en grande partie à la communauté alaouite a ravivé le ressentiment de la majorité sunnite à son encontre. Dans le même temps, à la différence des années 1980, cette ligne de clivage sunnite/alaouite n’est-elle pas dépassée par le clivage sunnite/chiite, renforcé par les dynamiques régionales, notamment le soutien de l’Iran et de son allié le Hezbollah ?

 

Dessin d'Ali Ferzat, caricaturiste syrien. 
Dessin d'Ali Ferzat, caricaturiste syrien.
Mon premier séjour en Syrie remonte à 1980, lorsque des commandos jihadistes à Alep combattaient un régime explicitement condamné comme « hérétique », car alaouite. Dans le cadre de ma recherche en cours, je viens de consulter une cinquantaine d’enregistrements très récents de constitution d’unités rebelles (il en apparaît une par jour !). Elles s’engagent toutes à défendre l’honneur de la nation et l’intégrité de ses habitants contre un régime « criminel ». Même si ces proclamations sont saturées de références islamiques, elles ne sont pas d’ordre confessionnel. L’Armée syrienne libre (ASL), comme son nom l’indique, veut libérer le pays d’un régime rejeté comme étranger et soutenu par l’étranger, la Russie et l’Iran.

La menace jihadiste semble surévaluée. Mais les puissances occidentales, en refusant de soutenir militairement les révolutionnaires,  favorisent une radicalisation puisque les sources de financement et de soutien émanent du Golfe et en particulier d’acteurs privés voire de réseaux salafistes. Quelle peut être à terme l’influence de ces groupes salafistes ?

Il faut bien distinguer les salafistes, tenants d’un ordre moral volontiers agressif, mais agissant dans le cadre syrien, des jihadistes, pour qui la Syrie n’est qu’une « terre de jihad » parmi d’autres. Avec toutes les précautions d’usage pour ce type d’estimation, l’insurrection armée compte aujourd’hui 40 000 partisans pour quelque 200 000 combattants actifs dans les rangs gouvernementaux, qui jouissent en outre d’une puissance de feu incomparable.

La très grande majorité des groupes insurgés se réclame de l’ASL, même s’ils ne sont pas tous intégrés à une chaîne de commandement claire. La plupart des groupes autonomes sont présentés comme « salafistes », tel celui des « Hommes libres de Cham », dans la province d’Idlib, mais ils arborent le drapeau national. Il reste les jihadistes, qui seraient de l’ordre d’un millier, avec une forte composante « irakienne », soit des Syriens ayant combattu en Irak entre 2003 et 2008 (avec le soutien alors des « services » syriens, d’où les probabilités actuelles d’infiltration réciproque), soit des anciens guérilleros irakiens.

Aucune puissance n’assiste l’ASL en tant que telle, ce qui affaiblit la cohérence opérationnelle et politique de la rébellion. C’est un processus inverse qui est à l’œuvre, avec des groupes locaux qui émergent et se fédèrent progressivement de « katiba » (bataillon) en « liwa » (brigade). Cette armée, en se constituant par le bas, redécouvre la « guérilla » au sens où cette « petite guerre » est née, comme concept, dans la résistance espagnole, à l’invasion napoléonienne de 1808. Chaque groupe s’arme sur place (par coup de main ou achat à des officiers corrompus), ou bien dispose de ses relais à l’étranger. A cet égard, l’abstention occidentale représente un avantage déterminant pour les groupes salafistes et jihadistes.

 

« Cette révolution affectera tout le Moyen-Orient »

A Alep, les portraits noircis des Assad 
A Alep, les portraits noircis des Assad

 

La constitution d’un réduit alaouite vous semble-t-elle probable ? Le danger ne vient-il pas davantage de la région kurde et de la posture des partis kurdes dans la révolution ? Le fort sentiment d’appartenance nationale est-il capable de prévenir le risque de partition du territoire syrien ?

La thèse principale de mon essai en cours est que la révolution syrienne est en train de légitimer, par sa lutte même, le cadre territorial imposé par le partage colonial de 1920. Pour la première fois en près d’un siècle, ces frontières vont être celles assumées par un peuple qui a significativement repris à son compte le « drapeau de l’indépendance », aboli par le Baas. C’est pourquoi cette révolution, en renversant la perspective au profit des peuples, affectera tout le Moyen-Orient, où les constructions nationales sont souvent le fruit du diktat d’un hégémon extérieur, ou au mieux d’une transaction avec lui.

Le système Assad n’est pas seulement condamné par l’ampleur de ses crimes, il l’est par sa vision profondément passéiste (partagée d’ailleurs avec son parrain russe) qui l’amène aujourd’hui à ressusciter le projet d’Etat alaouite, mis en œuvre sous le mandat français, de 1922 à 1936. Il est cependant clair que le régime syrien, à mesure qu’il perdra pied, jouera la fragmentation : il a déjà abandonné des pans entiers du nord du pays aux nationalistes kurdes et il arme les populations chrétiennes, à Damas comme ailleurs. 

Les exactions commises par des membres de l’ASL, comme à Alep avec l’exécution du clan Berri (redoutables collaborateurs du régime d'Assad), augurent-elles d’un tournant alors que les actes de revanche avaient été plutôt limités jusqu'alors en dépit des provocations du régime ? Dans quelle mesure, l’ASL, dont le commandement a signé un acte de bonne conduite, est-elle en mesure de contrôler ces dérapages ?

Cela fait des mois que les insurgés mettent en ligne des images révoltantes d’exécutions et d’« interrogatoires » d’individus présentés comme des agents ou des militaires du régime. Human Rights Watch a dénoncé dès mars les liquidations, tortures et autres exactions perpétrées par des rebelles à titre individuel ou collectif. Le « code de bonne conduite » que vous évoquez n’est pas une initiative du commandement de l’ASL, mais émane d’une icône révolutionnaire, l’ancien footballeur Abdelbasset Sarout, grande figure du siège de Homs. C’est lui qui a convaincu des commandants locaux de signer cet engagement sur une page Facebook dédiée.

Si l’on veut se sortir de ces bricolages baroques et aller vers des engagements formels, la seule voie passe par la reconnaissance de la révolution syrienne, y compris dans sa branche armée, en contrepartie de son strict respect, assorti de sanctions internes, des conventions internationales et du droit de la guerre. Dans le cas contraire, les dérives miliciennes seront toujours aussi choquantes et dramatiques.

 

Dans la banlieue de Damas : les révolutionnaires se sont réapproprié le drapeau de l'Indépendance. 
Dans la banlieue de Damas : les révolutionnaires se sont réapproprié le drapeau de l'Indépendance.

 

Les « militaires libres » ont notamment élaboré un projet de transition (prévoyant l’établissement d’un Conseil supérieur de la défense chargé de créer un conseil présidentiel composé à égalité de militaires et de civils) et semblent prendre aujourd'hui l'ascendant. La complémentarité qui existe entre le mouvement civil révolutionnaire et les militaires libres suffit-elle à prévenir leur hégémonie dans l’après Assad ? Quel peut être leur rôle dans la transition et peuvent-ils y associer des éléments alaouites de l’institution militaro-sécuritaire sachant que le noyau dur du régime ne se fissure pas ?

Je ne suis pas convaincu que les « militaires libres » aient la haute main sur le processus actuel. Cela participe d’une dynamique complexe, visant entre autres à encourager les défections de généraux.

Vous avez raison de souligner que le « noyau dur » alaouite a été épargné par ces fissures, parce qu’un tel système ne se « fissure » pas, il s’écroule, et nul n’en verra les signes annonciateurs tant le culte du secret y est prégnant. C’est là que la Russie, si elle voulait sortir de son soutien inconditionnel à Bachar El-Assad, pourrait contribuer à limiter les conflits internes, à défaut de promouvoir une authentique transition pacifique.

Tout cela va favoriser durant un temps les intrigues militaires, mais la page des putschs politiques, inaugurés dès 1949, juste après l’indépendance de la Syrie, est bien tournée. C’est le pouvoir civil qui prévaudra. Des structures mixtes, associant civils et militaires, existent déjà dans toutes les zones « libérées », pour en assurer le fonctionnement quotidien.

L’essentiel est que c’est l’intérieur qui va définir la Syrie de demain, et non je ne sais quelle combinaison définie à l’extérieur. C’est pourquoi il est urgent pour un pays comme la France de reprendre langue avec cette Syrie profonde. J’ai récemment proposé (Libération du 16 août) une assistance volontariste au système de santé alternatif, mis en place par les comités révolutionnaires (les blessés peuvent être torturés ou éliminés dans les hôpitaux des zones gouvernementales, où la Banque de sang dépend du ministère de la défense).

Je crois aussi que la France conserve un vrai capital de confiance au sein de la communauté alaouite, dont il est crucial de dissocier le devenir de celui d’un régime condamné. Je pense enfin que nous devrions (et cela ne concerne pas que le gouvernement) jouer un rôle beaucoup plus actif dans l’appui aux médias libres de Syrie et à leurs reporters-citoyens, qui ont payé un très lourd tribut à la répression. Paris a toutes les raisons de devenir une plate-forme assumée, publique et professionnelle, de cette information libre, qui circule aujourd’hui sur Internet, avec les failles que l’on sait.

 

« Cette mafia est identifiée à un clan et à un homme »

 

Damas. 
Damas.© Lens young dimasqhi

 

Les milices peuvent-elles combattre jusqu’au bout ? A la différence des unités d’élite, elles ne sont pas animées d’une culture militaire et la solidarité de minoritaire, sur laquelle s’appuie le pouvoir, n’est pas infaillible. Le fait que le président Assad soit de plus en plus isolé jusqu’à limiter ses apparitions publiques ne peut-il jouer dans ce sens et briser cette solidarité ?

Le système Assad est en train de se révéler pour ce que Michel Seurat (1947-1986) avait décrit trente ans plus tôt, un « Etat de barbarie ». Le plus surprenant est que la communauté internationale continue de le considérer comme un « Etat » tout court, avec ses attributs, ses reconnaissances et ses immunités. C’est cette fiction qu’il faut dénoncer en soulignant que nous avons affaire à une mafia, dont une partie a des grades, des uniformes et des chars russes T-72 , tandis que l’autre s’affiche en bandes, tue au couteau et à la hache. Cette mafia est identifiée à un clan et à un homme.

C’est pourquoi Kofi Annan a fait la preuve de son aveuglement persistant en affirmant dans son « ultime avis pour sauver la Syrie », publié dans le Financial Times au lendemain de sa démission : « Le futur de la Syrie ne dépend pas du sort d’un seul homme. » Eh bien, si, justement. Et c’est cela que la Russie, la France ou l’ONU gagneraient à marteler, entre autres aux Alaouites, qui doivent avoir toute leur place dans la Syrie de demain. La victoire de la révolution sera avant tout politique, quels que soient les moyens militaires qui l’auront favorisée.

La révolution a mis en exergue une capacité remarquable de la société syrienne à s’organiser et à s’autogérer. Quel sera l’avenir des coordinations locales et des conseils révolutionnaires dans l’après-Assad ? Ne peut-on y voir une nouvelle forme d’organisation de la société alors que la communauté internationale redoute un scénario irakien marqué par l’effondrement des institutions et le chaos ?

Vous pointez fort justement ce qui est le plus extraordinaire dans ce processus révolutionnaire, et ce qui malheureusement est le moins traité aujourd'hui, du fait de la difficulté de l'accès au terrain et de la focalisation sur le militaire au sens strict. Nous assistons à rien de moins qu’une recomposition par le bas d’un pays qui a toujours été construit, gouverné, voire pillé, par le haut. C’est une ré-vo-lu-tion, un renversement de perspective dont nous aurons du mal à appréhender toutes les conséquences avant longtemps. Elle a été rendue possible parce que la société syrienne, entre autres dans ces villes moyennes qui ont porté la vague révolutionnaire, a tenu bon sous les coups de l’Etat de barbarie. C’est la solidarité horizontale entre ces communautés locales qui neutralise la répression infligée par un pouvoir pensé comme inaccessible. C’est pourquoi la contestation ne transigera jamais sur son exigence d’un renversement du régime.

 

Dans les zones libérées comme à Kfar Nabel, la société s'organise. 
Dans les zones libérées comme à Kfar Nabel, la société s'organise.

 

Au regard de la trajectoire particulière du régime des Assad habitué à survivre dans la confrontation, Bachar El-Assad est-il encore convaincu de l’emporter ?


Bachar El-Assad est convaincu qu’aucune puissance extérieure, ni les Etats-Unis, ni la Turquie, ni a fortiori Israël, n’a les capacités ni la volonté d’intervenir en Syrie. En revanche, il lui faut agiter ce chiffon rouge pour conforter la cohésion de son « noyau dur » et consolider, si besoin était, le soutien de la Russie et de l’Iran. Les déclarations sur les armes chimiques visent, dans la logique Assad, à valoriser le régime comme le moindre mal aux yeux de l’extérieur, tout en suscitant des rodomontades militaires du côté d’Israël et des Etats-Unis, recyclées ensuite par la propagande gouvernementale en Syrie.

A mon avis, seule une crise majeure entre Israël et l’Iran pourrait aujourd’hui permettre au régime de se maintenir. C’est sans doute le pari de la dictature syrienne, une fois de plus en phase avec les « faucons » américains et israéliens : gagner du temps jusqu’à une frappe israélienne sur l’Iran et/ou l’élection d’un président républicain à la Maison Blanche.

 

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 14:01

 

 Ruches à proximité du Caracol zapatiste de Morelia

 

 

 

La guerre d''extermination menée contre les peuples indigènes du Mexique, au Chiapas et ailleurs dans le pays, par le gouvernement (aux niveaux fédéral, régional et local) et les puissances occidentales se poursuit de plus belle. Pas une semaine sans que ne se produise une agression armée contre des communautés qui ne demandent rien d'autre que de pouvoir se gouverner elles-mêmes, condition indispensable pour mener la vie correspondant à leur culture et leurs aspirations. L'enjeu, pour leurs agresseurs, est de taille, et non négociable: il s'agit de mettre la main sur les ressources naturelles, les richesses du sol et du sous-sol dont le système capitaliste a besoin pour pouvoir poursuivre frénétiquement la production et la consommation sans lesquelles il ne peut survivre. On lira ci-dessous le texte publié par l'un des 5 "conseils de bon gouvernement" zapatistes, et l'on jugera du degré de force et de dignité qui habite encore une partie de notre humanité.

Le Conseil de bon gouvernement de Morelia dénonce l’attaque à l’arme à feu de l’ORCAO contre des bases de soutien zapatistes


CONSEIL DE BON GOUVERNEMENT DE L’ARC EN CIEL DE L’ESPÉRANCE, CARACOL IV, TOURBILLON DE NOS PAROLES, ZONE ZOTS CHOJ, MORELIA, CHIAPAS.

Jeudi 9 août 2012.

À la société civile nationale et internationale

Aux compañeras et compañeros de la Otra Campaña nationale

Aux compañeras et compañeros de la Zesta Internationale

Aux défenseurs des droits humains

 

Sœurs et frères,

Compañeras et compañeros,

Le 2 août dernier, dans l’ejido [forme de communauté, NdT] de Moisés et Gandhi, région Che Guevara, commune autonome en rébellion Lucio Cabañas, zone zots choj, Chiapas, Mexique,

vers 11 heures du matin du jeudi 2 août sont entrés 20 membres de l’ORCAO. Parmi les 20, il y en avait 4 armés, qui sont Sebastián López Gómez, avec un fusil de chasse calibre 410, Adolfo López Jiménez avec une carabine calibre 22 à 16 coups, Antonio Gómez López avec une 22 à 2 coups, Nicolás Hernández Velázquez avec une 22 à 2 coups.

Un membre de l’ORCAO a commencé à nous tirer dessus d’une distance de 60 mètres, où ils ont commencé à crier des menaces, en nous disant que la terre est à eux et qu’ils ne veulent pas de vachers, car nos compañeros ont du bétail du collectif, qui nous a servi pour notre résistance.

Nos compañeros étaient en train de travailler et n’ont pas accordé d’importance au coup de feu, mais les 3 autres armés de l’ORCAO ont commencé à utiliser leurs armes, visant nos compañeros, tandis que les 16 restant de l’ORCAO sortaient leurs armes blanches et nous menaçaient de mort.

Nos 59 compañeros ont commencé à se retirer à cause des coups de feu. De 60 mètres de distance, les 4 armés ont tiré 15 balles.

Voyant que nos compañeros se retiraient, les ORCAOs eux aussi sont repartis peu à peu vers leurs lieux d’origine.

Les jours suivants, les 3, 4 et 5 août 2012, les compañeros bases de soutien ont continué à travailler le même terrain du Carmen, pour maintenir la défense de la terre, et il n’est rien arrivé.

Le lundi 6 août 2012, les 59 compañeros sont retournés au même travail, ils sont arrivés à 7 heures du matin pour nettoyer le pâturage du bétail collectif.

Au bout de deux heures de travail, à 9 heures du matin, les compañeros ont vu arriver les gens de l’ORCAO en trois groupes. Étaient présents les coordinateurs : Tomás López Sántiz, diacre principal, Pedro Velásquez Hernández, ex chef de la zone de l’Église d’Abasolo [il s’agit apparemment d’une secte, l’Église Maranatha d’Abasolo, NdT], Manuel Sántiz Hernández, ministre de l’Église d’Abasolo, Antonio Gómez López, base de l’ORCAO d’Abasolo, Adolfo López Jiménez, César López Jiménez, Alonso López Gómez, ex chef de zone de l’Église d’Abasolo, membre de la propriété Los Limares, Sebastián López Gómez, choriste de l’Église d’Abasolo, Pedro López Gómez ; ces neuf noms mentionnés sont ceux qui venaient armés et qui coordonnaient les 91 bases de l’ORCAO.

En plus de ceux-ci, sept autres personnes de l’ORCAO étaient armées de carabines 22 à deux coups, dont nous donnons aussi les noms : Nicolás Hernández Velásquez, Diego López Sántiz, Pedro Hernández Velásquez, Domingo Hernández Sántiz, Benito Jiménez Sántiz, Juan Hernández Sántiz, Nicolás Gómez Sántiz, et quatre autres dont nous ne connaissons pas les noms ; total : 20 armés.

Douze personnes portaient des bombes à fumigation et 68 des armes blanches, et ils sont entrés en trois groupes pour encercler les compañeros qui étaient en train de travailler.

Les ORCAOs ont commencé à tirer d’une distance de 100 mètres une cinquantaine de coups de feu. Les compañeros se sont retirés de leur ouvrage, tandis que les ORCAOs commençaient à fumiger un quart d’hectare de prairie avec de l’herbicide. Pendant ce temps, ceux qui étaient armés étaient postés dans les fourches des arbres pour surveiller si nos compañeros ne revenaient pas.

Vers une heure de l’après-midi, ils ont fini de fumiger le pâturage et ils sont rentrés chez eux, au village de San Diego, où c’est de la terre récupérée.

Le mardi 7 août 2012, nos 59 compañeros sont retournés à leur boulot, parce qu’ils n’ont pas eu peur des menaces de l’ORCAO, et ils n’en auront pas peur, parce que nous avons récupéré ces terres par le sang de nos compañeros tombés en 1994 lors du soulèvement armé.

Le 8 août 2012, les compañeros sont à nouveau allés travailler. Ils sont arrivés à 7 heures du matin. Vers 9 heures sont arrivés quatre ORCAOs, dont deux armés qui surveillaient nos compañeros en train de travailler, et les deux autres ont commencé à fendre du bois. Nos compañeros les ont ignorés, ils ont continué à travailler. Les quatre espions sont repartis ; peut-être qu’ils s’embêtaient, plantés là comme des épouvantails à moineaux.

La colère des trois niveaux de mauvais gouvernement, c’est parce qu’ils ne veulent pas qu’on diffuse leurs sales tours. C’est pour ça qu’ils organisent des gens ignorants, qui ne savent pas qu’ils injectent leurs projets de mort dans nos territoires autonomes, formés par nos villages, où nous gouvernons à notre manière, comme le veut le peuple.

Nous continuerons à lutter et à résister face aux menaces sur nos terres. Mais nous savons bien que derrière cette intimidation, il y a les trois niveaux de mauvais gouvernement. Nous, nous ne luttons ni contraints et forcés, ni manipulés par quelques personnages, comme ces représentants locaux, régionaux, ces conseillers de l’ORCAO et des supposés gouvernants de la Fédération, de l’État et des communes, où ils maintiennent sous la pression et la menace les pauvres gens ignorants, en les obligeant à accepter de misérables projets et à se livrer à des provocations.

Nous, nous luttons en toute autonomie, pour défendre nos droits réels, et nous ne sommes pas comme les gens de l’ORCAO, organisés en catimini et manipulés suivant le caprice des mauvais gouvernements.

Notre mère la terre est sacrée, c’est d’elle que nous nous nourrissons, et c’est pour cela que nous prenons soin d’elle et que nous la défendrons en tant que bases de soutien de l’EZLN. Notre terre est maltraitée par les mains des ORCAOs, eux ne pensent pas à la soigner, ils ne pensent qu’à l’abimer, à la polluer, car ils contaminent l’environnement avec les herbicides fabriqués par des entreprises assassines de la nature et protégées par les mauvais gouvernements…

Malgré l’attitude autoritaire de l’ORCAO, nous savons bien qu’ils ne sont que des larbins, parce que les vrais auteurs intellectuels s’appellent Felipe Calderón et Juan Sabines Guerrero : ce sont eux qui exécutent les projets de mort et de guerre en injectant des millions de pesos dans nos territoires.

Cette situation n’est pas la seule. Jeudi 26 juillet 2012, les ORCAOs d’Abasolo qui habitent le nouveau village de San Diego (qui appartient à la région Che Guevara) ont fait des leurs : à 8 heures du matin, 60 ORCAOs sont entrés dans le nouveau village du Carmen pour fumiger à l’herbicide deux hectares de pâtures où nos compañeros avaient leur bétail. L’intention était de faire mourir les animaux pour que nos compañeros restent sans rien, et ainsi de faire plier notre lutte commencée le 1er janvier 1994.

Nous mentionnons les trois niveaux de gouvernement comme auteurs responsables ; ce sont eux qui développent et impulsent les provocations ; car maintenant, ils n’utilisent plus de soldats, plus de policiers, ils utilisent des indigènes de petites organisations pour qu’ils nous provoquent et que nous nous affrontions entre indigènes.

Pendant des années, ils ont injecté des millions de pesos pour nous détruire et leur offrir notre terre, pour en finir avec notre coutume, notre langue. Mais le monde entier peut voir comment nous, les zapatistes, nous continuons à lutter et à résister à tout prix.

La continuation de leurs projets sur notre territoire a pour objectif de démoraliser les zapatistes, mais ils se trompent. Peut-être qu’ils se moquent de nous quand nous ne répondons pas à leurs provocations ; mais nous, tout ce que nous savons, c’est que nous sommes en train de construire la vie, et non la mort comme le font les mauvais gouvernements.

Nous ne sommes pas des quémandeurs, comme eux. Mais nous n’avons à craindre aucun gouvernement, même avec tous leurs millions, ils n’ont pas pu nous éliminer, ce n’est pas une petite organisation comme l’ORCAO qui va le pouvoir.

Nous, en tant que zapatistes, nous sommes des lutteurs au cœur humble et simple, des constructeurs de la paix juste, qui bâtissons la meilleure forme de vie sur nos terres mexicaines, où nous ne recherchons pas notre bien-être personnel.

Nous, nous ne sommes pas des agresseurs ni des provocateurs ni des bandes paramilitaires ni des bandes criminelles, nous, nous sommes des gens de travail et de paix.

Pour nous, bases de soutien zapatiste, toute la terre récupérée en 1994 fait partie de l’organisation. Nous ne voulons pas que qui que ce soit interrompe notre lutte, parce que nous sommes organisés en tant que villages, en accord avec nos coutumes et en accord avec la décision de nos peuples.

Nous savons nous y gouverner avec notre autonomie, nous ne permettons pas la dépendance de qui que ce soit, nous savons nous gouverner et c’est pourquoi nous disons que nous sommes prêts à défendre coûte que coûte ce qui est notre droit.

BIEN À VOUS

 

LE CONSEIL DE BON GOUVERNEMENT ACTUEL

LA DÉCLARATION PORTE LE CACHET DU CONSEIL DE BON GOUVERNEMENT CŒUR DE L’ARC-EN-CIEL DE L’ESPÉRANCE ET LA SIGNATURE DE

MARCOS VÁZQUEZ GÓMEZ

FRANCISCA PÉREZ PECH

Traduit par el Viejo.

 
Le siège du Conseil de Bon Gouvernement dans le Caracol de Morelia© jean-pierre petit-gras

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 13:08

 

 

 

C'est un grand nombre de formes de solidarité qui exprime autant de fond d'entre aide se développant dans nos sociétés dites modernes..., civilisées... ! Cet ensemble démontre un grand nombre d'émotions empathiques, compassionnelles différentes, d'un coté, et, de l'autre, de souffrances soit décriées ou silencieusement étouffées, par rapport à des besoins existentiels pour certains. Il y a des fortes envies de ne pas laisser ces besoins insatisfaits, aussi pluraliste qu'il existe d'individualité avec leur particularité. Mais le revers de la médaille n'est pas aussi brillant qu'il y parait. C'est ce qu'il ne montre pas, cet ensemble complexe de partage de tout genre...! C'est l'accroissement constant et invraisemblable d'un manquement avéré, d'une part, des institutions diverses de nos sociétés démocratiques, mais aussi de la construction elle même de ces institutions surtout celles portant le nom d’Étatiques...!

Il y a des solidarités qui dépassent l'émotion personnelle...! Elle transcendent cette abnégation de soi..., au point de permettre de faire revivre l'espace d'un instant certaines vies éteintes, dans l'abstraction comme dans le réel. Puis il y a des solidarités qui disparaissent dans l'indifférence d'une parodie de communauté de vie..., mais aussi par nécessité (le MNCP n'a pas souhaité communiquer à grande échelle, l'heure et le lieu du rendez vous en forme d’hommage, rendu au bénéficiaire du RSA mort suite à son immolation à Mantes la Jolie, celle ci étant en réaction à la suspension de son unique source de revenu, afin d'éviter soit une récupération malsaine quelconque, soit des émeutes ou des heurts). Malheureusement, il y a des solidarités d'apparences, assainies dans des fenêtres se voulant être celles ouvrant nos esprits à une certaine réalité, qui masquent leurs concrétisations parfaitement réelles et identifiées, sous le panache et le soit disant prestige de noms célèbres, de discours enjôleurs...! Il y a des solidarités qui n'existent que par des actes..., des solidarités qui ne subsistent que par des volontés..., des solidarités qui ne demandent ni projecteurs..., ni sonorités spécifiques, auxquelles seuls les bénéficiaires et les donateurs en connaissent les sens profonds qu'elles peuvent générer à tous ces écosystèmes vivants qu'elles deviennent par essence même... !

Mais il y a aussi des solidarités discursives..., des solidarités opportunistes..., des solidarités d'apparat qui ne font que nuire, pour certaines, à l'essence même de ce terme, devenant aujourd'hui le seul filet de sécurité, pour une part grandissante et de manière inquiétante, de la population. Ces populations se voient disparaître tant dans la vie démocratique et institutionnelle de notre société, que dans la vie de tous les jours, la vie dite courante..., la leur..., mais pire encore, celle d'une société et de consciences humaines se virtualisant dans l'espérance d'un avenir meilleur, par l'assainissement des dettes, soit disant honteuses, ou la croyance d'un dieu argent seul parangon de vertu... !

Il y a plusieurs niveaux de solidarité donc... ! Celles qui se concrétisent dans l'action et qui sont la plupart du temps sur des espaces, des terrains liant leurs acteurs des deux bouts de cette chaîne humaine spécifique, à une notion de vivre ensemble actant la sincérité, le don de soi, etc..., comme gage de bonne volonté et bonne foi... ! Puis il y a celles qui s'affichent derrières des mots..., parfois des photos...., souvent des discours...., mais n'ont dans l'action que leur simple énonciation..., laissant un vide...., des l'extinction des projecteurs...., encore plus cruel..., mais que pour les victimes..., tantôt objet de compassion, tantôt objet de dénigrement voir pire encore... !

Je vous  présente une solidarité qui se veut faire un écho feutré, à une drôle et ignoble musique informative, qui a présenté le suicide d'une personne, a qui « on » a tout enlevé, au sens stricte du terme, il y a une semaine de ça... ! Je copie le communiqué du MNCP que j'ai reçu par courriel, qui a tenu à rendre un hommage dans le recueillement à cette personne mais pas que..., à cette situation aussi aberrante qu'incompréhensible et inacceptable... !

"Bonjour à tous, 

vous trouverez dans cet article sur le site quelques liens médias sur l'action menée ce matin à la CAF de Mantes la Jolie pour rendre homage au chômeur décédé après avoir tenté de s'immoler la semaine dernière : http://mncp.fr/Accueil/Revue-de-presse/le-suicide-des-chomeurs-une-qrealite-sociale-occulteeq.html

L'action s'est déroulée dans le calme, avec le soutien de la majorité des allocataires présents (et même du vigile de la CAF!). 

A suivre, sur d'autres sujets :

 - ce soir (16 août), au journal de TF1, un reportage doit passer sur les radiations estivales à Pôle Emploi (avec intervention du MNCP et reportage à l'association Ami Conseil de Lagny Sur Marne)

- ce we, dans l'Humanité Dimanche, un article sur les contrats aidés, avec une interview de Jacques-Henri Vandaele, président du MNCP.

 

Bonne fin de semaine à tous,"

 

C'est à un grave manquement..., condamnable de surcroît..., institutionnel, politique, philosophique, sociétale, qui a conduit à cet extrême, comme à d'autres cas de pauvreté aussi inacceptable pour un pays se voulant rester la cinquième puissance mondiale... ! C'est aussi parce que l'affaiblissement de notre démocratie va se voir bientôt dans la ratification d'un traité (le TSCG) ne favorisant que l’enrichissement personnel que de ceux et celles qui en ont les moyens..., les créances et l'avidité d'une possession exponentielle du tout..., qu'il ne restera plus que cette notion de solidarité pour les exclus de ce système qui se met en place dans la pire des sournoiseries existantes... !

Alors que cette solidarité est essentielle pour sauver des vies, dans leur entièreté, ne cessant de gonfler des chiffres presque inexistant...., n'est-elle pas, dans son acceptation, sa résignation..., de la part d'un peuple manipulé par la politique..., de la part de la politique enclin à défendre l'indéfendable d'un système économique et philosophique provoquant les plus machiavéliques des injustices sociales que l'humanité est connue..., aussi pire que le remède qu'elle apporte... ?

Non pas qu'elle doit disparaître car elle a toujours répondu à un bon nombre d'exceptions qui ne pouvaient être pensées... ! Mais quand cette exception devient la normalisation de situation de paupérisation, de plus en plus fréquente de la population, qu'il est impératif de tirer le signal d'alarme..., car la solidarité supplante alors le rôle même de l’État, des Politiques et de leurs devoirs, qui se contentent et s’accommodent parfaitement de l’allègement de leur tâche comme de celle de la puissance publique... ! Il leur faut tout comme il nous faut, prendre en compte, et immédiatement, le réel des dangers qui guettent tant notre société dans tous ces composants..., que le confort provisoire de leur siège de décisionnaire... !

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 13:00

 

Samedi 18 Août 2012 à 20:00

 

Journaliste à Marianne, notamment en charge des questions de santé En savoir plus sur cet auteur

 

Chaque été, des malades éprouvent toutes les peines du monde à se faire délivrer leurs médicaments. En cause : des ruptures d’approvisionnement. Et la recherche de la rentabilité.

 

(Rex Features/REX/SIPA)
(Rex Features/REX/SIPA)
Avec un peu de chance, la production reprendra avant… 2014. Depuis le mois de mai, impossible de se procurer une dose d’Immucyst, un médicament prescrit dans le traitement des cancers de la vessie. L’unique site de production, une usine Sanofi-Pasteur située au Canada, en a arrêté la distribution en raison de problèmes industriels. Pour les 40.000 personnes souffrant de ce cancer en France, l’annonce de cette nouvelle a été rude.

Une partie du stock tampon français – 12.000 doses – a fini par être débloquée début juillet. Reste que les quantités mises à disposition des malades demeurent limitées. « Nous devrions tenir 3 mois avec ce stock », explique Patrick Coloby, président de l’Association française d’urologie (AFU). « Nous sommes obligés de nous adapter à une situation imposée ». Une alternative thérapeutique, à savoir un médicament similaire produit par un autre laboratoire pharmaceutique, a été mise en place et des recommandations temporaires ont été édictées par les professionnels. Pas de quoi véritablement rassurer les patients. « C’est une crise sanitaire grave, la situation ne se débloque pas », s’inquiète l’un d’eux, malade depuis 2009 et ne supportant que le produit de Sanofi-Pasteur.

Le cas de l’Immucyst est, hélas, loin d’être une exception. Depuis quelques années, en France, les pénuries de médicaments se généralisent. L’été dernier, TRT-5, un groupe d’association de lutte contre le sida, tirait la sonnette d’alarme, constatant qu’un grand nombre de malades se trouvaient dépourvu d’anti-rétroviraux. Si des problèmes de fabrication peuvent, de fait, expliquer une partie des pénuries, ce n’est pas la principale raison. Cherchez plutôt du côté de la recherche de la rentabilité à tout crin…

«Tant pis s’il n’y en a plus le 15 du mois»

« Les laboratoires pharmaceutiques peuvent souhaiter contrôler les volumes de médicaments vendus sur le territoire national à prix administrés ainsi que leur exportation, afin d’éviter que ces exportations ne viennent leur faire concurrence dans d’autres Etats membres de l’Union européenne où ils commercialisent également leurs médicaments et où les prix seraient supérieurs à ceux appliqués en France », peut-on lire dans un avis rendu cet été par l’Autorité de la Concurrence.

Plusieurs centaines de spécialités pharmaceutiques feraient ainsi l’objet de contingentement de la part des labos. « Ils veulent contrôler le marché en instaurant des quotas », explique un pharmacien francilien. « Ils décident de fournir tant de doses d’un médicament pour la France sur un mois donné. Et tant pis s’il n’y en a plus le 15 du mois. On ne peut plus travailler comme ça, cela déstabilise complètement la filière du médicament », poursuit le pharmacien, qui croit de plus en plus difficilement aux excuses de « problèmes de fabrication ».

Vient se greffer à ce contingentement la possibilité donnée aux grossistes-répartiteurs de pratiquer « l’exportation parallèle ». Selon la loi, ces derniers ont une obligation de service public de stockage de 90% des médicaments. Les 10% restants peuvent être exportés dans des pays où ils sont vendus à un prix plus intéressant.

« En France, une boîte de 30 comprimés d’Atarax 25 mg se vend 3,46 euros », note Serge Rader, pharmacien spécialiste des prix du médicament, obligé de retourner ciel et terre pour trouver la spécialité. « En Italie, une boîte de 20 comprimés se vend 9,29 euros. Donc, c’est plus intéressant pour le grossiste de l’exporter en Italie »« Un projet de décret sur les médicaments interdits de revente par les grossistes est en cours », indique Hélène Pollard, du TRT-5.

Dans son avis relatif à l'approvisionnement en médicaments à usage humain, l’Autorité de la Concurrence préconise un assouplissement des « modalités relatives à l’exportation parallèle, afin qu’elles soient justifiées et proportionnées à l’objectif de santé publique ». Actuellement, en France, une centaine de médicaments seraient en rupture de stock.
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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 12:50

 

Rue89 - Témoignage 18/08/2012 à 15h59

  Franck Tristan | Commerçant

Enfant clandestin de Mayotte (Franck Tristan)

Une nouvelle journée commence. Nous sommes le samedi 18 août 2012, et pour la plupart des Français, ce sera une journée extraordinairement banale.

A Mamoudzou, et plus particulièrement à Kawéni, ce quartier de la proche
banlieue, connu pour abriter une grande majorité des clandestins qui ont
réussi à entrer dans l’île, les rues s’animent peu à peu.

Chacun vaque à ses occupations. Dans la rue, quelques chèvres s’affairent autour des immondices qui décorent, depuis des décennies, les rues poussiéreuses de ce paradis.

Making of

Jeudi, un bébé est mort en centre de rétention à Mayotte, département français. Ce samedi, un riverain (son nom a été changé) nous a envoyé de ce texte. Pourquoi ?

 

« Je connais bien Mayotte puisque j’ai découvert ce “nouveau département français” en 2000. Ma femme était clandestine lorsque je l’ai rencontrée (je lui ai obtenu sa carte de séjour, nous avons deux enfants ensemble, et nous nous connaissons depuis cinq ans), ma belle-mère l’est toujours, clandestine (elle habite dans le quartier de Kawéni que je décris). J’espère toucher des gens au sujet de cette situation désespérante. » B.G.

Derrière les rangées de tôle, quelques hommes pratiquent leurs ablutions avant de rejoindre la mosquée, les femmes, déjà, préparent autour de la fontaine publique la lessive du jour à grands coups de poudre abrasive qui moussera jusqu« à déborder des bassines dans l“exubérance et la générosité propre aux gens du Sud.

Un gamin se brosse les dents en pleine rue, d’autres partent à la rivière, un seau sur la tête, chercher l’eau nécessaire à la toilette car la famille n’a même pas l’argent pour la payer.

Chez les clandestins existe une organisation sociale liée à l’accès à l’eau :

  • tout en haut, ceux qui possèdent une arrivée d’eau dans leur cour ;
  • au niveau médian, ceux qui peuvent payer la fontaine publique ;
  • en bas, ceux qui devront se contenter de la rivière.

Le risque d’être rattrapés par les gendarmes

Les enfants vont parcourir quelques centaines de mètres et revenir. Ils sont âgés de 8, 10 ans. Parfois moins. Comme Cosette chez les Thénardier, ils partent seuls, sur un chemin de latérite, descendent une légère pente tortueuse, au sol creusé d’être si emprunté au fil des jours, puis reviennent par le même chemin.

A la saison prochaine, la poussière sera remplacée par la boue.

Pour les clandestins de Mayotte, les journées ne sont jamais banales. Chacune comporte son lot de risques, d’espoir ou d’inquiétude. Le risque d’être rattrapés par les gendarmes, l’espoir de manger, et l’inquiétude de ne pas y parvenir.

Les premiers ‘ bonjour ’ éclatent dans le calme de la matinée. On s’interpelle d’un côté à l’autre de la rue.

‘ Djirani !

– Oh ?

– Ça va ?

– Hamdoulilah, ça va !’

La chaleur est encore supportable.

Même les clandestins vont faire la fête

La fin du ramadan approche. Même les clandestins vont faire la fête. Certains prendront le risque de descendre à Mamoudzou acheter quelques présents pour les enfants. Les gâteaux doivent orner les nattes, il faut changer les rideaux, les tapis, clandestin ou pas clandestin, chacun à la hauteur de ses moyens.

Les plus courageux marcheront le long de la mangrove, l’œil aux aguets, guettant l’apparition d’un uniforme bleu nuit. Les autres se contenteront des modestes boutiques de Kawéni.

Les enfants vont à l’école des Français

Dans le lot, Nadjidou [photo ci-dessus], 6 ans, les pieds toujours couverts de poussière, dont le beau sourire de coton me réchauffe le cœur. Chamou, Siti, Fatima, des gens de peu, mais des gens bien, qui se demandent encore ce qu’ils sont venus faire là et quel étrange destin a pu faire d’eux des clandestins.

Quelle faute faut-il avoir commise pour se retrouver condamné au purgatoire de Kawéni, ce quartier où les chèvres sont plus libres qu’eux ? Les samedis passent, puis les semaines, les mois, les années, et pour ceux qui ne sont pas arrêtés, curieusement, c’est toujours le même sentiment d’être enfermés dans leur propre quartier.

Les enfants grandissent, progressent peu. Ils vont à l’école primaire construite par la France, puis au collège. Bas ! La boue après la poussière. La pluie après le soleil.

La parabole, luxe suprême

Tout autour d’eux, des murs de brique, des maisons de tôle, de bois, des poubelles picorées par les poules, des immondices dans les ruisseaux, l’eau turpide descendue d’une colline, les cadavres rouillés de voitures abandonnées à leur sort, les paraboles aussi, luxe suprême de certains, les amas de barres de fer, les petites boutiques chichement approvisionnées, les groupes d’enfants aux yeux rieurs, devant les regards lassés de leurs parents qui n’espèrent plus.

Kawéni se réveille.


Les enfants du quartier Kawéni (Franck Tristan)

 

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 12:39

 

Rue89 - Jean Matouk - Economiste
Publié le 19/08/2012 à 10h27

Une jeune pousse abîmée (D. Sharon Pruitt/Flickr/CC)

 

La France, statistiquement, n’est pas entrée en récession mais elle est très clairement en stagnation. Pour le troisième trimestre consécutif, le produit intérieur brut (PIB) est resté strictement stable : 0% . Panne totale de croissance !

Si l’on se limite à comparer ce taux de croissance à ceux des autres pays européens, nous ne nous en sortons pas trop mal. L’Allemagne fait un peu mieux (0,3%), mais d’autres pays du Nord font moins bien (Belgique -0,2%, Pays-Bas -0,5%) et les pays d’Europe du Sud encore moins bien.

Cette absence de croissance explique chez nous la multiplication des plans sociaux. Les entreprises débauchent faute de commandes et, en tout cas, globalement n’embauchent pas. Le taux de chômage approche les 10%, et 22% chez les jeunes. A quoi sert cette natalité dont nous nous targuons tant, si nous sommes incapables d’offrir des emplois aux jeunes ?

Pourquoi le PIB n’augmente-t-il pas ?

 


Le PIB et ses composantes

 

En se référant au tableau ci-dessus, on voit que le PIB n’augmente pas, parce que la consommation des ménages recule. C’est l’effet de la baisse du pouvoir d’achat du revenu disponible des ménages, qui tient à la destruction de 11 700 emplois au deuxième trimestre, principalement dans l’intérim. C’est aussi l’effet d’une posture d’épargne des ménages – pour ceux qui le peuvent ! – face aux perspectives plutôt sinistres qu’on leur annonce.

L’autre cause de recul du PIB, c’est la stagnation de la formation brute de capital fixe (investissement) des ENF (entreprises non financières), peu enclines à investir face à ces mêmes sombres perspectives.

Il faut préciser que le taux de marge de ces dernières tourne autour de 28% depuis la crise, alors qu’il était de 32% auparavant, et même 36% avant 1990. Comme il était alors de 24% dans les PME, on peut supposer qu’aujourd’hui, il est à peine de 20%. Auraient-elles l’envie qu’elles n’auraient pas les moyens d’investir. Pas plus que d’embaucher !

Et, malgré la légère hausse de 0,9% des investissements publics (la « FBCF » des « APU »), il est douteux que ceux-ci, pour l’ensemble de l’année, parviennent à redresser l’investissement global.

Troisième cause de stagnation du PIB : le ralentissement très fort des exportations, qui est évidemment lié à la faible croisance chez nos partenaires européens, sachant par ailleurs que nous sommes beaucoup moins bien placés que l’Allemagne sur les marchés « émergents » en forte croissance.

Enfin, malgré cette stagnation des divers postes des demandes extérieure et intérieure, le volume de nos importations augmente six à neuf fois plus vite que celui de nos exportations, ce qui, évidemment, creuse notre déficit commercial. Ce déficit, c’est autant de PIB, donc d’emplois, en moins, et sa récurrence est la preuve que cette stagnation de notre croissance n’est pas vraiment conjoncturelle. C’est une maladie devenue chronique.

Les moyens classiques de la macroéconomie de Keynes sont limités

L’Etat n’y peut pas grand-chose, vue sa situation financière. Même au taux d’emprunt très légèrement négatif actuel, il ne peut plus guère augmenter son endettement :

  • d’une part, le service de celui-ci pompe une part déjà trop grande du PIB chaque année ;
  • dautre part, il s’est engagé dans une politique de désendettement public général en Europe, qui est la condition économique et politique du maintien de l’euro, dont l’éclatement entraînerait un risque de vraie dépression.

Ceux qui rêvent d’une grande relance par de la distribution publique de pouvoir d’achat doivent donc rengainer cet espoir. Une telle relance aurait comme effet immédiat de doper les importations textiles et de biens électroniques et informatiques.

De même, l’Etat ne peut guère envisager de relance par l’investissement public. Il doit au contraire en rabattre par rapport à certains projets comme les lignes à grande vitesse.

Pour résumer, l’heure n’est plus guère à la politique macroéconomique, celle préconisée par l’économiste Keynes. Sauf par un levier : cette fameuse relance européenne de 130 milliards par l’entremise de la Banque européenne d’investissement.

On voudrait voir annoncer des projets concrets dans les divers pays, où ils auraient le même effet qu’une relance classique des investissements publics. Mais c’est limité !

Une politique microéconomique généralisée à impulsion publique

Si la relance macroéconomique par la demande est exclue, seule une relance par l’offre peut nous sortir d’affaire : redensifier le tissu de PME, faire grossir plusieurs centaines des 164 000 PME pour qu’elles rejoignent le trop petit peloton des 4 600 ETI (entreprises de taille intermédiaire) exportatrices.

Il faut donc, d’abord, « cajoler » littéralement celles de ces 164 000 PME ayant vocation à grossir. Ceci ne peut être fait que par des « appareils » régionaux administrativo-financiers qui les connaissent. Le problème financier, par parenthèse, n’est pas le crédit bancaire que nos grandes banques se targuent de continuer à développer ; il est dans les fonds propres des PME qu’il faut consolider largement. Mais il serait également urgent de réduire leurs cotisations sociales, par exemple familiales, en reportant le financement des allocations sur la CSG.

Il faut ensuite cornaquer les « pôles de compétitivité » qui constituent une excellente base pour le développement de ces mêmes PME et la création de nouvelles. Pour cela, les mêmes entités régionales doivent catalyser le passage de l’invention au développement, comme en Aquitaine, où la « Route des lasers » devient une filière à 10 000 emplois.

En contrepartie, il faut d’urgence redresser les pôles moins dynamiques ou redistribuer leurs fonds. Il faut surtout éviter que, faute de suivi financier régional, les inventeurs-innovateurs fassent appel à des fonds internationaux, notamment américains, qui pompent le savoir et, quelques années plus tard, délocalisent.

Appelons cet ensemble stratégique une « politique microéconomique généralisée », laquelle, dans notre pays, ne peut être que d’impulsion publique, car même si la France compte de brillants entrepreneurs, la propension moyenne de notre peuple à entreprendre est trop faible.

Divers outils annoncés par l’actuel gouvernement : banque de l’industrie régionalisée, livret industriel… vont dans le bon sens. Mais, là encore, le gouvernement ne peut rien seul, sans une adhésion générale de tous les acteurs économiques !

Le choix qui s’offre à nous tous, étudiants, notamment en école d’ingénieurs ou de commerce, actifs, retraités-épargnants ou actifs disposant d’épargne, cadres de banque, élus locaux, syndicalistes, est simple : ou nous poursuivons sur la voie déclinante suivie de puis trente ans, dans laquelle l’armature de notre système productif et exportateur est limitée au luxe, à notre part productive dans EADS, à l’armement – encore que la catastrophe du Rafale jette un doute –, et l’agroalimentaire. Ce qui se traduit par un sous-emploi privé croissant, une préférence généralisée pour l’emploi public et l’assistance.

Ou nous allons tous décider, chacun dans nos rôles divers, comme dans les pays qui « marchent », de faire reprendre ensemble à notre pays le chemin de la production industrielle et des services marchands, et de leurs fruits.

 

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 20:31

 

http://cestnabum.blogs.nouvelobs.com/

samedi, 18 août 2012

Au secours, nos poubelles atomiques débordent …

 


Déstockage permanent !

Caravane des indignés du nucléaire :  étape 14

 

 

Nous aurons au moins laissé cela aux générations qui nous suivrons. Une planète regorgeant (je devrais écrire : dégorgeant) de déchets de toutes sortes et de toutes natures. Voilà bien l'image que garderont de nous les archéologues de demain qui bien souvent n'auront pas beaucoup à chercher pour trouver nos détritus, nos amoncellements, nos montages d'immondices, nos déjections diverses et avariées, nos résidus de fausse société développée.

 

Excrémentiellement leur.

 

Une étude très sérieuse sur ce sujet :

http://gspr.ehess.free.fr/documents/rapports/RAP-2009-ANDRA.pdf

 

Appel urgent pour éviter une nouvelle catastrophe nucléaire mondiale

http://www.avaaz.org/fr/petition/Appel_urgent_pour_eviter_une_nouvelle_catastrophe_nucleaire_mondiale/?cfWvucb

 

À consulter impérativement :

Le blog de Fukushima :http://fukushima.over-blog.fr/

Le blog officiel de la Caravane :http://caravane-plogoff-fessenheim.overblog.com/

Le blog officieux de la Caravane :http://www.chroniques-ovales.com/

 

Caravane à vélo de Plogoff à Fessenheim

des indignés de plus en plus inquiets du nucléaire

 

DIMANCHE 5 AOUT : départ de Plogoff

 

et ça roule encore ….

 

Hier soir : Ingrandes

 

samedi 18 aout : arrivée à Champteussé-sur-Baconne,installation de stockage de déchets dangereux (de Saint-Laurent-des-Eaux, de Chinon)

 

DIMANCHE 19 AOUT : arrivée à La Daguenière

 

lundi 20 aout : arrivée à la centraled’AVOINE

 

mardi 21 aout : arrivée à Tours

 

vendredi, 17 août 2012

Les Thuriféraires du nucléaire.

Les électrons libres.

Caravane des indignés du nucléaire :

étape 12 Mauves Sur Loire - Ingrandes

 

 

 

 

Comme je les envie ces individus modernes et sans inquiétudes, ces tenants du progrès et de la course en avant de la technologie. Ils vivent confiants en l'avenir, certains que rien ne peut leur arriver, persuadés que le modèle de la croissance est un dogme indéboulonnable. Forts de cet optimisme rayonnant, ils sont les principaux thuriféraires de l'énergie nucléaire, adorateurs de l'atome et de tous ses immenses bienfaits.

 

Ils avancent dans un ciel sans nuage. Ils repoussent d'un revers de la main les inquiétudes qui sont les nôtres. Les accidents nucléaires, Tchernebyl, Fukushima, Long Island ? Balivernes, billevesées, plaisanteries de journalistes en mal de sensationnel et d'écologistes atrabilaires. Rien ne peut arriver en France, notre technologie est la plus performante du monde, la sécurité est à son sommet et la transparence est la règle …

trois-singes.gif

Le problème des déchets dont on ne sait que faire, où les stocker, comment éviter qu'ils souillent la planète pour quelques siècles ? Faux problème, farce ou inquiétudes injustifiées. Les chercheurs ne vont pas tarder à trouver la parade, ce n'est qu'une question de temps. La science peut tout, il suffit d'être (un) patient !

 

Le devenir des centrales vieillisantes qu'il faudra arrêter prochainement ? Mais c'est très simple, une bonne couche de béton par dessus tout ça et le problème sera définitivement résolu. Les radiations ? Impossible, c'est du béton cellulaire, les ondes seront bien gardées. Les infiltrations ? Nous avons tout prévu, comme toujours, vous devez vous en doutez. Veuillez ne pas vous immiscer ici, le sujet est bien trop sérieux pour être confié à des rétrogrades de votre espèce.

 

Le terrorisme, les attaques militaires, les cataclysmes naturels. Nous sommes en France mon bon monsieur, ce doux pays à l'abri de tout ça. Ce n'est pas le Japon. Nous avons tout prévu, tout pensé, tout anticipé. Vous ne voudriez pas que l'impondérable ait sa place au pays de Descartes tout de même. Cessez de nous abreuver de chimères, la raison est souveraine en son royaume.

 

Les usages militaires de l'atome ? Alors là, ça n'a strictement rien à voir. Ne faites pas d'amalgame, je vous en conjure. Ne confondez pas le nucléaire civil et militaire ! C'est la dissuasion qui nous a permis de vivre en paix. Nous sommes à l'abri de la folie que vous vous plaisez à prédire. C'est de la pure fiction. Les chefs d'état sont des êtres si raisonnables et tellement soucieux du bonheur des citoyens.

 

Et notre Planète ? Vous y pensez parfois avec votre fuite en avant, votre surconsommation, vos voyages incessants, votre pillage des ressources naturelles, vos exploitations iniques des nations du Sud ? Cessez monsieur ces propos caricaturaux. Notre système est parfaitement réglé (pour éviter la répétition de « réguler » phrase suivante) et contrôlé, les marchés assurent un juste équilibre, une parfaite répartition. Le modèle se régule de lui-même et nos capacités de progrès sont immenses encore.

 

Mais, le dérèglement climatique, l'épuisement des réserves de pétrole, la disparition de la diversité ? Arrêtez de répéter ces mensonges des tenants de l'âge de pierre, ces archaïques qui rêvent d'un retour à la bougie. Levez la tête, ayez confiance. Rien ne peut arrêter notre soif de consommation, notre volonté de vivre toujours mieux, d'avoir toujours plus, de nous goinfrer si tel est notre bon désir.

 

Décidément, il est impossible de vous ouvrir les yeux. Vous allez droit dans le précipice et vous appuyez encore sur la pédale d'accélérateur. Vous êtes incapable de penser au nom des générations futures. Seul votre petit confort égoïste compte. Pire que tout, vous méprisez ceux qui veulent vous mettre en garde, l'insulte est votre rhétorique préférée. Je vous laisse, vous êtes un bon petit soldat du capitalisme triomphant. La terre est en de bonnes mains, sa fin est proche. Ce qui me rassure, c'est que la vôtre aussi !

 

Dialoguedesourdement vôtre.

 

Appel urgent pour éviter une nouvelle catastrophe nucléaire mondiale

http://www.avaaz.org/fr/petition/Appel_urgent_pour_eviter...

 

À consulter impérativement :

Le blog de Fukushima :http://fukushima.over-blog.fr/

Le blog officiel de la Caravane :http://caravane-plogoff-fessenheim.overblog.com/

Le blog officieux de la Caravane :http://www.chroniques-ovales.com/

 

 

Caravane à vélo de Plogoff à Fessenheim

des indignés de plus en plus inquiets du nucléaire

 

Demandez le programme

 

jeudi 16 aout : arrivée à Mauves-sur-Loire

 

vendredi 17 aout : arrivée à Ingrandes

 

samedi 18 aout : arrivée à Champteussé-sur-Baconne,installation de stockage de déchets dangereux (de Saint-Laurent-des-Eaux, de Chinon)

 

DIMANCHE 19 AOUT : arrivée à La Daguenière

 

lundi 20 aout : arrivée à la centraled’AVOINE

 

mardi 21 aout : arrivée à Tours

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 18:40

 

 

 

  vendredi 17 août 2012

 

Pussy Riots - Source photo : France 24
Les gens agissent et les médias taisent. "On" semble un nombre dérisoire et pourtant il s'élève à 35% aux E.U en 2001, 17% à 38% en France en 2007. "Ils" nous nomment "alterconsommateurs" et s'inquiètent de nos boycotts (interdits par la loi) car cette action va au-delà de déclarer le refus d'acheter une marque, il marque le fait de consommer autrement. "Ils" nous nomment aussi "Créatifs Culturels" pour dire notre pouvoir de créer de nouvelles choses. Même au-delà des marketer et sociologistes, les théoriciens de l'innovation attestent d'un chamboulement total : pas de nouveau design sans co-creation avec les futurs utilisateurs... n'avons-nous pas là l'expression claire et nette d'une forme de démocratisation des procédés d'ingénierie avec ceux de production ? N'est-ce pas une nouvelle forme à l'état d'embryon certes mais bien réelle d'anarchisme communautaire de l'école espagnole, loin de l'école française rivée sur l'individualisme. Mais cette école là se meurt. L'ultraconsommateur s'il est bien présent, enfant de la mondialisation et du modernisme, se retrouve de plus en plus isolé entre les soubresauts réactionnaires de traditionalistes revendiquant un ordre établit dans le passé et qui ne l'a en fait jamais été, et Créatifs culturels qui réagissent au modernisme aussi mais dans une projection future et une vision globale. 
Puerta del Sol - 21 Juillet 2012

Nouveaux systèmes de co-commercialisation écologiques (AMAP, épiceries solidaires...), nouveaux systèmes politiques (Web 2.0, éco-villages, démocratie directe...), nouvelle gestion des territoires (éco-régions, Parcs, trames verte et bleue, chartes de territoires, villes en transition...), nouvelle économie (Finansol, monnaies virtuelles, coopératives financières...), nouveaux systèmes d'échanges (S.E.L, banques du temps, marchés gratuits...), nouvelle santé (médecines alternatives, approche holistique, méditation...), nouvelle alimentation (jeûne, cru, véganisme, local...), nouvelle spiritualité (développement personnel, quête personnelle, influence orientale, yoga...), nouvelle éducation (non violence, pédagogie active, pédagogie de projet...), nouvel art (éphémérité, écologie, collectif...).
Le monde change plus qu'on ne le croit. Seuls les 1% tentent encore de maintenir le peuple dans l'ignorance de sa propre force.

Massaï - Photos : Hans Silvester


Boris Aubligine
Mandagout, le 18 Août 2012


Quelques références : 
- Eric Fouquier - les alterconsommateurs (Décisions Marketing N°36 Octobre-Décembre 2004)
- Paul H Ray et Sherry Ruth Anderson - les créatifs culturels (Cultural Creatives: How 50 Million People are Changing the World, 2000)
- Elizabeth B.-N. Sanders - change in the way we think about people (Information, Inspiration and Co-Creation, Paper presented at The 6th International Conference of the European Academy of Design, March 29-31 2005, University of the Arts, Bremen, Germany)

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 18:26

 

 

Entretien 17/08/2012 à 17h16

  Aurélie Champagne | Journaliste Rue89

 

Les punkettes anti-Poutine ont écopé de deux ans de prison. Bastenaire, spécialiste du punk russe, replace le groupe dans le contexte musical et politique du pays.

Les soutiens pleuvent depuis des semaines (de Madonna à Yoko Ono, en passant par Aurélie Filippetti) et ce 17 août a été décrété journée mondiale de soutien au groupe. Pourtant, les trois membres du groupe de punkettes russes Pussy Riot, en détention depuis six mois, viennent d’être jugées coupables de hooliganisme et d’incitation à la haine religieuse, et condamnées à deux ans de camp pénitentaire.

Le 21 février, les cinq membres du groupe, âgées de 22 à 30 ans, avaient réalisé une performance avec cagoules et guitares électriques dans une cathédrale moscovite. Parodiant un hymne marial, elles avaient imploré la Vierge de « chasser Poutine ».

Pour Rue89, Joël Bastenaire met en perspective le procès ultra-médiatisé des Pussy Riot. Attaché culturel à Moscou puis conseiller culturel en Géorgie jusqu’en 2011, Joël Bastenaire est un fin connaisseur de la Russie.

En 1987, il crée une structure de production dédiée aux artistes de rock russe et publie cette année « Back in the USSR, une brève histoire du rock et de la contre-culture en Russie » (éd. Le Mot et le reste).

Rue89 : Le procès des Pussy Riot ferait presque oublier qui elles sont : quelle place occupent-elles au sein de la scène musicale russe ?

Joël Bastenaire : D’abord, les filles ne viennent pas de la musique. Elles ont émergé à partir des années 2009-2010. A l’origine, c’est un groupe composite qui a cinq membres et qui en a même eu neuf à un moment. Les trois filles arrêtées sont les trois idéologues : ce sont elles qui pensent le plus, qui écrivent les textes. Elles sont plus ou moins en ménage avec le milieu de l’art contemporain. Notamment la jolie brunette qu’on voit partout, Nadezhda Tolokonnikova, qui est la compagne de Peotr Versilov, un membre du groupe Voïna, qui veut dire « guerre » en russe.


« Back in the USSR, une brève histoire du rock et de la contre-culture en Russie » de Joël Bastenaire

Voïna est un groupe d’« actionnistes » qui font des performances contre l’Etat policier. Au début, ils faisaient un peu de l’art brut, des choses agressives et drôles.

Ils ont eu des problèmes avec l’Eglise, puis avec la police à partir des années 2007-2009 et se sont acharnés sur ces deux institutions. Ils avaient fait une exposition très remarquée à Moscou en 2007 qui s’appelait « Attention, religion ».

A l’époque, les Pussy Riot n’existaient pas encore, elles ont démarré en collaborant à des actions avec eux. Voïna et les Pussy procèdent de deux ou trois idéologues, à l’origine.

L’un d’eux est l’artiste Oleg Kulik, qui s’est déguisé à poil avec un collier de chien et qui a mordu les passants devant le Parlement de Strasbourg, à la fin des années 90. Maintenant, il est devenu bouddhiste et est un peu absent du débat mais l’inspiration du travail des Pussy et de Voïna, à l’origine, c’est lui.

Il y a aussi Plutser-Sarno, un écrivain et sémiologue qui a écrit le premier dictionnaire complet de l’argot russe. Il est spécialiste du mésusage de la langue russe. Il s’est réfugié en Estonie récemment car il animait un blog sur lequel il expliquait que la Russie allait exploser avec une merde comme Poutine au pouvoir. Ce sont vraiment des types qui produisent de la doctrine, et les filles sortent de là.

Les personnes de Voïna ont-elles fait de la prison, comme les Pussy Riot ?

Non. Au niveau de la police, il y a eu des condamnations à des amendes, mais assez faibles finalement. A l’époque de Medvedev, la volonté était de faire le moins de bruit possible autour de ce genre de choses. Mais tout a changé avec le processus électoral : d’abord avec la contestation des élections législatives en automne dernier, ensuite avec la mise en scène de la passation de pouvoir entre les deux dirigeants. Des millions de personnes se sont exprimées contre et c’est sur ce ras-le-bol qu’ont surfé les Pussy Riot.

Les Pussy Riot sont issues de la scène punk. Sont-elles si radicales que ça ?

Les Pussy Riot procèdent d’une activité extrémiste qui, jusque-là, était plutôt mal perçue par la société. Elles se sont fait connaître avec leur happening sur la place Rouge, l’hiver dernier.

Performance des Pussy Riot sur la Place-Rouge en janvier 2012

D’ailleurs, à ce moment-là, elles n’ont pas été inquiétées. Le rassemblement a juste été dispersé par la police. Ensuite, elles ont chanté une chanson dans la rue, devant la principale prison de Moscou. A ce moment-là, elles sont devenues des soutiens des opposants qui manifestent tous les 31 de chaque mois en Russie. Disons qu’elles sont très pacifiques mais radicales dans le ton.

Mais attention, la Russie, c’est pas la dictature communiste. Il ne faut pas croire : les Russes s’expriment clairement, ça n’est pas le goulag. Si on me permet la comparaison, c’est assez comparable au second Empire français : un pouvoir policier extrêmement efficace, manipulateur, qui contrôle toute la société, mais qui, pour des raisons d’image, n’est pas tout à fait répressif. De sorte que les opposants, malgré de possibles condamnations, s’autorisent une certaine agressivité. Cette agressivité, jusqu’aux manifestations de décembre, était très violente.

Pourquoi, selon vous, le gouvernement de Poutine a réagi à la performance des Pussy Riot dans une cathédrale et pas à n’importe quelle autre ?

Les Pussy et beaucoup d’activistes dénoncent un régime complètement mafieux et policier qui contrôle tout, jusqu’à l’Eglise. Quand les Pussy vont dans une cathédrale mettre le souk, elles y vont pour démontrer que l’Eglise est une émanation de la police. C’est ça leur projet, et elles réussissent admirablement.

Performance des Pussy Riot

Ce qui est intéressant, c’est que sous Medvedev, il y avait une vraie volonté de ne pas faire attention à ce genre de choses ni faire de bruit autour des opposants. Quand il y a eu les manifestations de décembre, il y a eu une panique, je pense, au niveau de l’Etat.

Comment réagit le milieu musical russe ?

Dans l’absolu, l’attitude des Pussy n’est pas vraiment nouvelle. Il existait des phénomènes de ce genre, avec des artistes qui faisaient des choses analogues, à partir de 1983 et jusqu’en 90. Et c’étaient aussi des gens qui jouaient mal de la musique, qui faisaient de l’anti-musique et faisaient plutôt de l’idéologie. Il y a une véritable tradition en Russie. A cause ou grâce à ça, il y a une vraie mobilisation en Russie.

Quand on regarde les sites russes, y compris les sites musicaux, tout le monde s’interroge. Les mecs disent : « Mais on les connaît pas ces nénettes. » Certains disent qu’elles ont monté leur groupe depuis six mois, qu’elles ne jouent pas de la musique, qu’elles sont nulles.

Mais à côté de ce mépris parfois un peu macho pour ces filles, il y a une envie d’être solidaire. Les vieux rockers des années 80 se sont amplement retrouvés autour de l’opération « L’Album blanc », lors de laquelle environ 200 morceaux ont été offerts aux Pussy par 170 groupes différents. C’est colossal.

Il y a des petits groupes mais aussi des groupes hyperconnus en Russie, comme les DDT ou le chanteur très en vogue Vasya Oblomov, qui fait aussi des choses très engagées contre le résidu de totalitarisme dans le régime actuel. Lui y va à fond.


Yekaterina Samutsevich, Maria Alyokhina et Nadezhda Tolokonnikova des Pussy Riot à Moscou avant le jugement, le 17 août 2012 (ANDREY SMIRNOV/AFP)

On parle beaucoup des Pussy. Masquent-elles d’autres groupes également inquiétés par l’Etat Poutinien ?

Aujourd’hui, il n’y a pas vraiment d’autres attaques de l’Etat poutinien contre la musique. Et c’est ce qui étonne les Russes, quand ils voient Yoko Ono, Madonna ou Sting. C’est comme si, tout à coup, on se figurait qu’on avait mis les Sex Pistols en prison. Mais ça n’est pas les Sex Pistols qu’on met en prison.

Ma théorie est la suivante : la mise en prison des Pussy Riot et le discours du pouvoir sur le « faut-il être sévère ou non ? » est au service de la conduite de la politique intérieure.

En apparence, l’Etat poutinien contrôle tout et s’enrichit, et tout le monde est d’accord. L’Eglise et les riches lui sont favorables, et les pauvres... il y en a de moins en moins. En un mot, tout va bien. Mais pendant les manifs de décembre, l’Etat s’est rendu compte qu’il y avait une partie de la droite et une partie des très riches qui appelaient à un pouvoir plus humain, plus démocratique, plus ouvert. Et éventuellement moins corrompu. Tout à coup, des gens qui avaient toujours été dans l’Etat et pour l’Etat ont rallié l’opposition.

Poutine avait besoin de montrer une image de fermeté. Ensuite, il voulait démontrer qu’il protégeait tous les croyants et faire peur à la droite conservatrice qui commençait à le contester à cause de la corruption. C’est une manière de leur dire : « Regardez, dès qu’on va ouvrir la marmite, l’Eglise va être profanée. » Il joue sur les minorités religieuses, très importantes en Russie.

L’argument du pouvoir est celui-ci : si on n’emprisonne pas les gens qui font ces choses dans les églises, on aura des problèmes dans les synagogues et les mosquées.

Mais à la limite, sur les Pussy Riot, la question n’est plus seulement celle du verdict, mais de l’effet social qu’a eu ce débat. Il a exacerbé un dialogue fondamental. Aujourd’hui, beaucoup de gens disent : « Il faut se libérer de Poutine. » Pas seulement parce que c’est un dictateur ou pour des histoires de corruption, mais parce que le régime n’est plus efficace. Aujourd’hui, des intellectuels français signent des pétitions contre Poutine, et si une partie des grands bourgeois oligarques, et même toutes les élites (depuis la pétition lancée le 25 juin) aimeraient libérer les Pussy, c’est qu’ils pensent que le régime Poutine-Medvedev va dans le mur.

Les élites ont-elles basculé en faveur des Pussy ?

Oui, elles reprochent au patriarche et au pouvoir de faire une montagne des Pussy Riot et affirment qu’elles ne représentent rien, que ce qu’elles font voir sont des plaies réelles en Russie mais qu’il aurait mieux valu cacher tout ça. Et que l’Eglise n’a pas pour mission d’être inquisitrice.

Depuis la pétition lancée le 25 juin, toutes les élites disent ça. Les quatre cinquièmes des intellectuels qui n’ont pas signé la pétition sont vraiment ceux qui tiennent le régime Poutine. Ce sont les plus puissants mais ils ne sont qu’une poignée.

Du coup, les Pussy Riot délimitent une ligne de fracture très claire.

Absolument. C’est aussi pour ça qu’elles sont devenues un véritable phénomène alors qu’elles n’ont pas d’assise réelle dans la société. Aujourd’hui, les Pussy Riot sont condamnées, mais le régime de Poutine a perdu la bataille médiatique, esthétique. Il est « has-been ».

Au final, la condamnation qui vient de tomber risque de radicaliser tout discours contestataire, non ?

Oui, bien sûr, tout le monde va y aller à fond.

 

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 18:15

 

 

Le Monde.fr | 18.08.2012 à 08h35 • Mis à jour le 18.08.2012 à 10h36

Par Nabil Wakim


 
Brice Hortefeux, alors ministre de l'intérieur, salue des policiers, le 1er avril 2010, lors d'une visite au commissariat de Villepinte (Seine-Saint-Denis), dont dépend la ville de Tremblay-en-France où un bus a été incendié et un autre caillassé la veille dans la cité du Grand Ensemble.

"J'observe – et c'est curieux que personne ne le note – qu'il n'y a pas eu pendant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy d'émeutes urbaines." Invité sur BFM-TV, vendredi 17 août au matin, Brice Hortefeux, président de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy, monte au créneau pour défendre la politique de l'ancien chef de l'Etat en matière de sécurité. "Quand j'étais ministre de l'intérieur, je donnais des consignes très strictes : il faut interpeller très vite", assène M. Hortefeux, en faisant référence aux événements d'Amiens.

Tout à sa démonstration, M. Hortefeux a sans doute parlé un peu vite. Il a oublié les émeutes urbaines de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) en novembre 2007, qui ont duré deux nuits pendant lesquelles des armes à feu ont été utilisées contre la police. Celles de Firminy (Loire), qui s'est enflammée pendant trois nuits en juillet 2009, après la mort d'un homme dans un commissariat de Chambon-Feugerolles.

Celles du quartier de la Villeneuve, à Grenoble, en juillet 2010, où, après plusieurs nuits d'affrontements avec la police, M. Sarkozy viendra en personne limoger le préfet et prononcer son désormais célèbre discours de Grenoble, qui marque un virage sécuritaire dans le quinquennat. Il semble oublier également les incidents de Woippy (Moselle) en novembre 2010 ou ceux de Grigny (Essonne) en 2011.

Un oubli d'autant plus étonnant que M. Hortefeux, ministre de l'intérieur de juin 2009 à février 2011, a eu à gérer plusieurs de ces incidents directement. Sa soudaine perte de mémoire n'a pas échappé aux internautes les plus taquins. Sur Twitter, le "hashtag" #toiaussifaistonhortefeux a vu se déchaîner des blogueurs de gauche et des militants socialistes, parodiant la formule de l'ancien ministre : "Sous Sarkozy, il n'y avait pas de SDF", "Sous Sarkozy, Liliane Bettencourt payait ses impôts" ou encore "Sous Sarkozy, Bachar Al-Assad était fréquentable."

Nabil Wakim

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