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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 13:21

 

Le démantèlement depuis fin juillet 2012 de plusieurs camps de Roms à Lyon, Marseille, Aix-en-Provence, Paris et Lille, à la suite de décisions de justice, a provoqué la polémique à gauche et jusqu’au sein du gouvernement. « Il y avait eu une interruption jusqu’à ce qu’on sache ce que voulait faire le nouveau ministre de l’intérieur », explique un policier spécialiste du sujet. Mediapart a interrogé quatre policiers qui, sous couvert d’anonymat, ont accepté de raconter la façon dont se déroulent ces évacuations et de dire ce qu’ils en pensent. Et leur discours n’est pas si différent de celui des associations.


Evacuation d’un camp à Villeneuve-d’Ascq, le 9 août 2012. 
Evacuation d’un camp à Villeneuve-d’Ascq, le 9 août 2012.© Reuters/Pascal Rossignol

 

Dans la carrière d’un CRS, les évacuations de campements de Roms se comptent sur les doigts d’une main. « Droite-gauche, ça ne change pas grand-chose, il n’y en avait pas plus avant, pas plus après le changement de majorité », estime Thomas, après vingt-cinq ans de service. Le 9 août, sa compagnie de CRS a été rassemblée vers 4 heures du matin, direction deux campements de Roms de l’agglomération lilloise. « On nous a donné la destination à la dernière minute, explique-t-il. Par contre, à notre arrivée, le camp était déjà au courant et les associations s’attendaient à notre visite. »

Ce jour-là, deux compagnies républicaines de sécurité, soit quelque 150 fonctionnaires, sont mobilisées pour « boucler » et « sécuriser » le périmètre, d’abord à Lille-Hellemmes, puis à quelques centaines de mètres de là, sur la commune de Villeneuve-d’Ascq. Leur rôle est d’empêcher toute entrée ou sortie du campement jusqu’à ce les agents de sécurité publique et de la police aux frontières (PAF) aient contrôlé et recensé l’ensemble des personnes présentes dans les caravanes et abris de fortune. 

Aux yeux des CRS, l’opération, finie vers midi, s’est « bien déroulée », les gens « prévenus », se montrant « coopératifs ». « Ce n’était pas tendu comme mission, malheureusement ce sont de pauvres gens, qui vivent dans un état d’insalubrité totale, avec les rats, dit Thomas. Mais il faut bien prendre en compte les nuisances causées pour les riverains. » « Il n’y a pas eu de bousculade, c’était plutôt bon enfant, relate Pierre, un autre CRS présent. De toutes façons, on ne nous demande pas notre avis, c’est comme lorsqu’on disperse une manifestation où les gens défendent leur emploi. Mais, quand on voit leur misère, c’est plus triste qu’autre chose. Il faut bien qu’ils vivent, ces gens-là.» 

En fait, il trouve tout cela un peu disproportionné. « Deux compagnies, sans compter les effectifs de la sécurité publique et de la PAF, c’est énorme par rapport au nombre de gens qu’on a trouvé sur place (une trentaine de caravanes à Lille-Hellemmes, le premier campement évacué, et moins dans le second, plus petit) », remarque-t-il. 

Et peste contre la médiatisation de l’opération. « Quand on est arrivés vers 6 heures du matin, tout le monde était déjà présent : les associations qui nous ont filmés, le directeur départemental de la sécurité, un représentant du préfet, la presse locale et même quelques télés nationales, dit Pierre. Les gens nous attendaient en dehors de leurs caravanes et il n’y avait plus de véhicule roulant. Alors qu’on aurait pu faire le travail correctement et sans soulever l’opinion publique. Si on décide d’aller sur un camp de manouches et qu’on commence à prévenir les gens, forcément tous ceux qui ont un problème avec la loi ou sont recherchés ne seront plus présents. C’est un coup d’épée dans l’eau ! »

« On va avoir de nouvelles plaintes ailleurs »

Les deux CRS, tout comme un autre policier de la sécurité publique, sont d’accord : « C’est comme d’habitude, on n’a fait que déplacer le problème. » Des garages privés, réquisitionnés, ont tracté la plupart des caravanes vers la fourrière. Les rares qui pouvaient rouler ont été restituées à leurs propriétaires.

Selon le policier local, « les familles se sont éparpillées, quelques-unes à la Haute Borne (un quartier de Villeneuve-d’Ascq abritant un parc scientifique où d’autres familles de Roms étaient déjà présentes), d’autres le long d’une voie ferrée clôturée à Lille-Hellemmes ». Selon l’un des CRS, plusieurs familles ont également pris la direction de Carvin, à une vingtaine de kilomètres de Lille et dans le département voisin du Pas-de-Calais. En convoi encadré par des motos de la police « parce vu l’état de leurs caravanes, sur l’autoroute… ».  

« On nous demande de les évacuer, mais personne n’est prêt à les accueillir sur son département, assène Pierre. Le problème n’est donc pas réglé, on n’a fait que mettre de la poudre aux yeux. » « Peut-être que dans deux ans, je referai le même travail avec les mêmes personnes », remarque Thomas. 

Le policier de la sécurité publique s’attend lui à « de nouvelles plaintes ailleurs ». A l’en croire, les policiers locaux interviennent cependant peu sur les campements : « Ça nous est arrivé pour des nuisances à la fumée, le bruit et quelques interpellations en flagrant délit sur des vols à la roulotte, mais c’est toujours compliqué pour nous d’aller sur le site, explique-t-il. Je pense qu’ils volent par nécessité. Ce sont surtout des GPS, des ordinateurs portables ou autres laissés en vue à l’intérieur des véhicules. » Selon ce policier, l’évacuation du campement de Lilles-Hellemmes le 9 août « n’est pas sans lien » avec l’inauguration du Grand Stade, tout proche, qui a eu lieu le 17 août. « Le visage que la métropole voulait offrir n’était pas forcément celui-là », dit-il. 

L’éparpillement des familles peut parfois déranger des enquêtes en cours sur des réseaux de délinquance organisée. Mais ces derniers ne concernent que quelques campements, minoritaires, selon un policier appartenant à un service d’investigation. « Si nous faisons une investigation importante, nous essayons d’être présents lors des démantèlements pour savoir où ils se déplacent, explique-t-il. Nous sommes en étroite liaison avec les services locaux pour connaître les délais et s’adapter. Mais nous n’allons pas empêcher une évacuation, parce qu’une enquête est en cours. »

En fait, note-t-il, tout dépend des objectifs des évacuations de campements : « Si on est dans une logique où on veut reloger les gens, les scolariser, chercher à les intégrer, il faut obligatoirement négocier avec eux auparavant, ne serait-ce que pour savoir combien souhaitent être relogés. » Un point crucial sur lequel la réunion interministérielle sur les Roms, prévue mercredi 22 août et qui sera présidée par le premier ministre Jean-Marc Ayrault, devra trancher.

 


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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 13:08

 

Marianne - Lundi 20 Août 2012 à 12:49
Greek Crisis
Historien et ethnologue, ancien correspondant en France pour la revue grecque Nemecis, Panagiotis... En savoir plus sur cet auteur

 

Notre blogueur associé Panagiotis Grigoriou poursuit son tableau impressionnistes des îles grecques dans la crise. Aujourd'hui à Hydra, «île rebelle», il assiste par hasard à un impressionnant débarquement de policiers...

 

(L'île d'Hydra par temps calme... - Terry Harris PCL/SUPERSTOCK/SIPA)
(L'île d'Hydra par temps calme... - Terry Harris PCL/SUPERSTOCK/SIPA)

Ce soir nos touristes en auront appris un peu plus que de coutume sur l'histoire immédiate du pays. Hydra, cette île du golfe Saronique, au sud d’Athènes, qui fut jadis une des grandes puissances navales de la mer Méditerranée, a connu le débarquement d'une compagnie des MAT (les CRS) par le bateau rapide. « C'est un débarquement policier, ils veulent nous intimider, ici c'est une île rebelle »... Le « débarquement » s'est fait sous les huées d'une partie de la population et ceci dès l'embarcadère. Hydra, île d'armateurs dont les navires jouèrent un rôle déterminant lors de la guerre d'indépendance grecque, vit d'un tourisme assez chic.

C'est dans la soirée, après une journée en mer joyeusement éprouvante que nous abordâmes le port d'Hydra, toujours rempli en cette saison et toujours aussi délicat à accoster, certaines infrastructures manquent cruellement, crise ou pas. Mon ami Vardis, grand connaisseur des nos mers, avait besoin d'un skipper adjoint pour un voyage de deux jours dans le golfe Saronique. C'est également une façon (pour moi) de voyager en mer de temps à autre.

J'avais toujours considéré que la mer Égée et la mer tout court étaient un détergent anti-crise puissant, en voilier surtout. Mais je me suis trompé. Ce soir, je ne pensais pas en faire un plat et encore moins un billet sur ce blog, mais les événements sont venus me chercher ici même à Hydra. 


Mauvais remake du Gendarme de Saint-Tropez

L'affaire a démarré vendredi, lorsque des contrôleurs du ministère des Finances, accompagnés par des policiers en petit nombre, ont arrêté une habitante de l'île. Elle n'aurait pas été en règle avec les factures de son enseigne. Certains habitants ont bloqué les policiers au commissariat de l'île durant la nuit après avoir privé d'électricité l'intérieur du bâtiment. Ensuite, lors du transfert de la détenue vers embarcadère, des policiers auraient essuyé quelques coup de poings, et c'est ainsi que notre État s'est réveillé, envoyant ses... anges gardiens.

Les versions divergent sur le déroulement exact des faits de vendredi, mais ce n'est guère important que de savoir combien de facturettes ont finalement manqué au compte. (Évitez s'il vous plait les commentaires simplistes du genre « les Grecs ne payent pas leurs impôts etc... », ce n'est pas le sujet du jour et en réalité et c'est aussi d'autre chose dont il s'agit. Un commerçant sur le port explique que « cette affaire est sur-dimensionnée pour un rien ». Des politiciens locaux Pasokiens, en... harmonie avec le fisc îlien, ont tout fait pour couvrir une minorité agissante et tricheuse parmi les entrepreneurs locaux. Maintenant tout le monde en parle, la presse allemande en fait un plat déjà et nous allons payer les pots cassés.)

Vagues de l'Égée, vague répression, vague sentiment de colère, vague conscience politique, vague dictature sur une île encore quelque part souriante et indéniablement moins illustrative dans nos temps de crise. En plus, j'ai l'impression d'avoir vécu un mauvais remake du film Le Gendarme de Saint-Tropez, les Trente-Glorieuses en moins.

Les habitants d'Hydra, en colère, crièrent aussi dans ce flou dont notre nouvelle époque raffole et qui au demeurant sera de plus en plus touristique mais autrement : « Salopards, qu'ils aillent arrêter les politiciens, traîtres, ici c'est la Grèce et pas l'Allemagne, nos ancêtres étaient des révolutionnaires, notre île sera ridiculisée aux yeux des touristes ». Sur ce, une habitante de l'île a répliqué que « nous sommes fautifs car nous avons encore une fois voté pour eux, donc fermons nos gueules, nous sommes des moutons tondus et bientôt noyés ».


certains habitants se cachent

En ce moment les « débarqués » contrôlent les commerces et certains habitants se sont cachés car ils avaient participé à l'activisme d'hier, d'autres par contre ont adopté l'attitude opposée. Dix minutes avant l'arrivée des MAT, la rumeur courut sur le port et l'agitation se propagea. Autour d'une table voisine dans ce café un homme se leva, expliquant à ses interlocuteurs qu' « il ne faudrait pas partir et se montrer lâche, car on résistera et qu'ils n'iraient pas emprisonner toute l'île finalement ». La mer Égée, ses facturettes, ses jacqueries et ses contradictions.

Ce samedi nous étions partis pour enfin virer de bord, se préoccuper de la balancine et réconforter les passagers qui avaient le mal de mer par un petit vent de force 6. Nous nous attendions aux chats et aux ânes d'Hydra et espérions un dernier café moins amer, avant de reprendre la mer demain. Les touristes consomment comme si de rien n'était, les policiers opèrent et les habitants se disent en colère. Demain l'Égée lavera tout, les MAT rentreront au Pirée, nous aussi, la météo prévoit un temps encore plus gros : en somme, rien d'inhabituel.

Dimanche matin tôt, à Hydra, seuls certains habitants et les chats fréquentaient encore le port et ses cafés. Les événements de veille tournés en dérision, sont relativisés : « tout le monde connait les magouilles d'ici, c'était un show hier, parlons d'autres choses, plus sérieuses ». C'est ainsi qu'il était question de la météo de la mer, de la navigation et de la pêche entre Hydra et le Péloponnèse. Nous avons amarré pour le retour via l'île de Poros. Vent force 7 par moments, questions de navigation et d'architecture antique à bord. L'humanisme et la civilisation.

 

Quand la police grecque débarque sur les îles
Retrouvez d'autres articles de Panagiotis Grigoriou sur son blog.
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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 12:56

 

Lundi 20 Août 2012 à 08:28

 

Laurent Kaplan

 

Sur le papier, le fisc français dispose de moyens efficaces de surveillance des contribuables les plus aisés. Dans la réalité, l'administration brille surtout par son inefficacité.

 

(JAUBERT/SIPA)
(JAUBERT/SIPA)
Le 127, rue de Saussure, cette adresse parisienne, à deux pas des Batignolles, est peu connue du commun des contribuables. Le bâtiment, aussi gris que discret. Pourtant, c'est dans cet immeuble du XVIIe arrondissement de Paris que sont épluchées les déclarations fiscales des plus grosses fortunes de France. Liliane Bettencourt, François-Marie Banier, Johnny Hallyday ou encore Florent Pagny y disposent d'une chemise libellée à leur nom. Ceux qui y ont croisé Gérard Depardieu ou Jean Dujardin pourront vous le dire : ce n'est pas du cinéma. Ou alors un mauvais film fiscal.
Car, ici, on vérifie. Créée en 1983, la Direction nationale des vérifications de situations fiscales (DNVSF) a pour vocation de contrôler les citoyens les plus riches et les plus connus. «A l'époque, explique l'un de ses 250 agents, il y a eu une volonté d'ouvrir un service spécialisé afin de réaliser des examens très particuliers. La France s'est alors dotée d'un arsenal unique en Europe, mais ces pouvoirs restent surtout théoriques.»

Dans son rapport annuel 2012, publié en février, la Cour des comptes ne disait pas autre chose. Selon elle, «la DNVSF présente des résultats décevants et n'est pas en situation d'exercer un contrôle efficace des contribuables les plus fortunés». La haute juridiction pointait même «une baisse du rendement du contrôle, après une forte croissance au début des années 2000». En 2000, le prestigieux service a ainsi «rappelé» un montant d'impôts et de pénalités de 320 millions d'euros. Un magot qui a explosé à quelque 500 millions entre 2002 et 2004, pour revenir à un peu plus de 300 millions en 2010. «La diminution des montants recouvrés contraste avec la hausse des patrimoines et des revenus financiers les plus élevés», notait la haute cour, tout en reconnaissant que «des comportements d'optimisation non frauduleux peuvent expliquer cette divergence». Informations parcellaires, absence d'historique des dossiers, agents inexpérimentés et insuffisamment spécialisés, manque de coordination avec les autres directions..., à l'heure de l'addition, les sages de la Rue Cambon ont eu la main lourde. Consciente de ses insuffisances, la DNVSF a d'ailleurs engagé une large réorganisation en 2011. A la décharge de celle-là, la Cour des comptes évoque «le caractère plus mouvant et plus complexe de la fraude», qui s'est «dématérialisée, internationalisée, accélérée».

>> Retrouvez ici notre article Les riches fuient la France d'Hollande, Info ou Intox ?

Un effort insuffisant

Dans son combat, la DNVSF dispose d'une arme redoutable : l'ESFP. Quatre lettres pour désigner l'examen contradictoire de situation fiscale personnelle. Il offre aux vérificateurs un pouvoir coercitif considérable qui, ailleurs en Europe, nécessite l'autorisation d'un juge. Objectif : contrôler la cohérence entre les revenus déclarés par un contribuable et son patrimoine, sa trésorerie et son train de vie. La DNVSF peut elle-même se saisir d'un dossier qui lui paraît équivoque. Si un sportif de haut niveau lui annonce qu'il va s'établir à Gstaad, coquette station helvétique, libre à elle d'enquêter pour vérifier si l'heureux exilé a réellement son rond de serviette au pied des pistes alpines. Les cent quatre-vingt-trois jours de résidence avérée sur place sont «un mythe», s'amuse le vérificateur, «le plus important, avant même le séjour, c'est le foyer». Autrement dit, si ses enfants sont scolarisés à Paris et qu'il a réglé Porsche et hélico dans l'Hexagone, ses six mois de résidence en Suisse ne feront pas le poids.

De même, si la DNVSF s'avise qu'un contribuable ne déclare que 50 000 € alors qu'il pilote une kyrielle d'entreprises et réside dans un château en province, elle a tout loisir d'enquêter pour déterminer s'il perçoit des revenus occultes ou vit, à coups d'abus de biens sociaux, sur le dos de ses sociétés. Mais le principal pourvoyeur d'affaires reste la Direction nationale des enquêtes fiscales (Dnef). Chaque année, la DNVSF instruit plusieurs centaines de dossiers. Insuffisant, juge pourtant la Cour des comptes, qui déplore des contrôles «limités». Selon ses calculs, «la probabilité pour un contribuable fortuné d'être contrôlé en ESFP est d'une fois tous les quarante ans».

L'ESFP, dont la durée, sauf exceptions, ne peut excéder un an, se déroule en deux temps : le vérificateur effectue d'abord un contrôle sur pièces. Puis il envoie un avis au contribuable afin de le rencontrer pour l'interroger sur certaines anomalies. Dans son costume de modeste fonctionnaire des impôts, il acquiert alors des pouvoirs de superhéros et peut exiger du millionnaire qu'il lui remette ses relevés de comptes. Si l'intéressé résiste, la DNVSF peut interroger directement les banques. Et si l'encaissement d'un chèque de 50 000 e la chagrine, elle peut même en réclamer la photocopie pour vérifier l'émetteur.

Les résidents fiscaux français sont obligés de fournir la liste de leurs comptes bancaires à l'étranger. Une dissimulation est sanctionnée par une amende de 1 500 e par compte non déclaré, amende qui passe à 10 000 e si le compte a été ouvert dans un paradis fiscal avec lequel la France n'a signé aucune convention. Face à un refus d'obtempérer, le vérificateur peut lancer une demande d'assistance administrative aux pays coopératifs, régis par des conventions fiscales.

Si ces pouvoirs paraissent énormes sur le papier, dans la réalité, les nantis ont pourtant mille façons de contourner l'ESFP, murmure-t-on Rue de Saussure. En première ligne, les paradis fiscaux qui, malgré les déclarations enthousiastes de Nicolas Sarkozy en 2008, sont loin d'avoir disparu. Ainsi de la Suisse, témoigne notre vérificateur, «où, en dépit de la signature de conventions, les autorités fiscales rechignent toujours à fournir les noms des titulaires des comptes bancaires».

Le rôle des conseils

Parfois, pourtant, la chance sourit aux vérificateurs. Ainsi l'un d'entre eux est parvenu à coincer un entrepreneur qui prétendait que sa société était domiciliée aux Bermudes. En traçant des dizaines de milliers de mails émanant de Toulon, où il résidait, il a réussi à prouver que le siège effectif de sa société était bien en France et les 123 petites îles de corail, une simple boîte aux lettres.

Par ailleurs, regrette la juridiction présidée par le socialiste Didier Migaud, «l'intérêt de l'ESFP a été limité par un certain nombre de règles, dont la règle du double». Un vérificateur ne peut en effet interroger un contribuable de manière contraignante que si les crédits apparaissant sur son compte sont au moins deux fois supérieurs aux revenus déclarés. Autrement dit, s'il a déclaré 2 millions de revenus, on ne pourra l'obliger à se justifier que si son compte affiche plus de 4 millions de rentrées. A 3,8 millions, témoigne l'agent de la DNVSF, «il peut nous dire d'aller nous faire voir». «Cette situation, déplore la Cour des comptes, bénéficie indubitablement aux plus hauts revenus».

Surtout, remarque notre vérificateur, les contribuables sont de plus en plus prudents et de mieux en mieux conseillés. Résultat : «Il y a de moins en moins d'argent un peu gris sur les comptes. Il faudrait vraiment être idiot pour y déposer une grosse somme. Acheter des armes pour l'Angola via des comptes bancaires, ce serait grotesque ! On attrape bien encore quelques petits poissons comme ça, mais c'est rarissime.»

Article publié dans le magazine Marianne n°795, daté du 13 au 20 juillet 2012.

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 12:43

 

Influences 20/08/2012 à 12h51

 Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

L’industrie pétrolière a perdu la première manche avec l’interdiction des gaz de schiste, elle ouvre maintenant un nouveau front. Première cible : les journalistes.

 


Un puits de gaz de schiste à l’est du centre-ville de Fort Worth, en septembre 2011 (Xavier Frison/Politis)

 

La bataille de l’opinion sur les gaz de schiste est entrée dans une nouvelle phase : les partisans de cette nouvelle resssource redressent la tête et les pétroliers mettent les bouchées doubles pour convaincre les journalistes des bienfaits possibles de son extraction, en termes d’emplois, de croissance et d’indépendance.

A lire certains éditos comme dans Le Monde ou dans Challenges (une tribune signée par Claude Perdriel, par ailleurs actionnaire de Rue89), les risques environnementaux de l’extraction des gaz de schiste, contre lesquels l’opinion s’était mobilisée avec José Bové, jusqu’à obtenir leur interdiction apparaissent soudain négligeables.

La commission européenne s’en mêle
La Commission européenne, qui affiche jusque là une neutralité sur le sujet du gaz de schiste, vient de lancer un appel à projets pour financer des campagnes d’information des citoyens. Une initiative destinée à renouer le dialogue avec l’opinion, mais aussi à rendre plus acceptables de futures décisions.

A l’approche de la conférence environnementale des 14 et 15 septembre, les industriels espèrent rouvrir le débat en France. Ils ont déjà trouvé une oreille attentive chez Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, qui a demandé en juillet que la question de l’exploitation des gaz de schiste soit « posée ».

Chez sa consœur en charge de l’Environnement, Delphine Batho, on a « conscience de l’offensive, mais ça ne prend pas ». D’ailleurs, les opposants aux gaz de schiste reçus par François Hollande pendant ses vacances au fort de Brégançon se sont dits satisfaits et ont trouvé le Président « à l’écoute ».

« La moustache de José Bové peut blanchir »

Rien n’indique que la position du gouvernement pourrait évoluer dans un avenir immédiat. Mais comme le remarque Marine Jobert, journaliste et co-auteur du livre « Le Vrai Scandale des gaz de schiste » (éditions Les liens qui libèrent), « les pétroliers ont le temps ».

Surpris par l’éveil de l’opinion, lorsque la délivrance des permis d’exploration a été révélée, puis la technique interdite, ils ont perdu la première manche. Maintenant, ils commencent à travailler « l’acceptabilité sociale de la méthode ». Marine Jobert explique :

Méthode

Pour extraire le gaz naturel contenu très profondément (à plus de 200 mètres) dans le sous-sol, les industriels utilisent des méthodes dites non-conventionnelles comme la fracturation hydraulique.

Il s’agit de forer en injectant un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques. Le méthane est alors libéré des roches de schiste fissurées. Les Etats-Unis utilisent cette technique depuis le début des années 2000, mais la France l’a interdite par la loi du 13 juillet 2011.

« Pleins de gens ne connaissent pas encore le sujet. Il s’agit d’estomper l’image barbare véhiculée depuis le film “Gasland”.

Les pétroliers ont le temps. La moustache de José Bové peut blanchir que les industriels, eux, seront toujours là. Et puis, si les prix du gaz étaient multipliés par quatre ou qu’on entrait dans un gros conflit avec la Russie, des verrous pouvaient sauter. »

Les écologistes, entrés au gouvernement, guettent tout éventuel revirement des socialistes sur le sujet. Jean-Vincent Placé, qui dirige le groupe EELV au Sénat, prévient :

« Si l’arbitrage actuel était remis en cause, ce ne serait pas un signal négatif mais un changement de pied anti-écolo. Je rappelle que la proposition de loi du 13 juillet 2011 a été signée par Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg, alors très mobilisés sur le sujet.

On ne peut pas avoir une politique quand on est dans l’opposition et une autre quand on est au gouvernement. Ou alors, ça va commencer à se voir. »

« Vous êtes la bienvenue pour un prochain voyage »

Avant de retourner l’opinion du gouvernement, les industriels essaient déjà de de travailler celle des journalistes économiques. C’est dans cet esprit que Total a organisé les 17 et 18 juillet derniers un voyage de presse à Fort Worth, Texas, la ville aux 2 000 puits sur laquelle nous avions publié un reportage financé par J’aime l’info.

Trois rédacteurs couvrant le secteur de l’énergie, au Monde, au Point et à L’Usine nouvelle, sont allés aux frais de Total visiter les installations de son partenaire américain Chesapeake. Un photographe américain couvrait aussi le déplacement à la demande de Total afin de proposer gratuitement ses services aux journaux.

C’est le premier voyage de presse organisé par l’entreprise sur ce sujet (sur quatre à cinq par an, nous dit-on), et cette initiative n’aurait rien à voir avec une quelconque actualité, assure le service de presse du groupe pétrolier :

« Notre objectif est de faire découvrir des installations industrielles privées qui ne sont pas faciles d’accès. Notre responsabilité en tant qu’industriels est de montrer ce que l’on sait faire et de répondre aux demandes des journalistes. Vous êtes d’ailleurs la bienvenue pour un prochain voyage... »

Le tour au Texas était assez encadré puisque les journalistes ont eu l’occasion de discuter avec des responsables de Chesapeake, de Total, et de visiter une partie seulement des installations : les forages, mais pas les bassins de décantation, ni le ballet des camions (un millier de trajets par puits) qui posent problème.

Et qu’ont-ils réellement vu des forages ? Le bruit essentiellement, car la fracturation hydraulique se déroule à plus de 2 000 mètres sous terre.

« Je suis favorable aux gaz de schiste »

Le reportage de Jean-Michel Bezat publié dans Le Monde du 26 juillet accompagné d’un édito intitulé « N’enterrons pas le débat sur les gaz de schiste » a suscité la colère du service Planète et l’émotion d’une partie de la rédaction.

Pour répondre à la polémique qu’a suscité son reportage, le journaliste nous explique :

« Sur ce sujet, il y a une sorte de pensée dominante, de doxa, et beaucoup de gens n’ont pas le courage de dire ce qu’ils pensent. Moi je ne suis pas anti-gaz de schiste, j’y suis favorable comme à tout ce qui peut créer de l’emploi. Il ne faut pas s’arrêter à un article et regarder le traitement du journal au global, qui n’est pas univoque. »

Le journaliste reconnaît que c’est un « tort » de ne pas avoir indiqué que son reportage était réalisé dans le cadre un voyage de presse, mais « traditionnellement, on ne le fait pas ».

Pour Hervé Kempf, journaliste au service Planète du Monde, « la question n’est pas de savoir si on est pro ou anti-gaz de schiste mais de présenter des informations pertinentes aux lecteurs ».

C’est bien ce qui pose problème dans le reportage en question. Même si Jean-Michel Bezat s’est documenté avant et après son séjour, à l’arrivée, son texte est un pur bonheur pour Total, et tout débat sur les risques environnementaux est soudain envolé. Extraits :

  • « Emissions de gaz, qualité et salinité de l’eau, produits chimiques utilisés dans la fracturation hydraulique, équipements de forage : tout est sérieusement contrôlé, mesuré, homologué. »
  • « Certains experts jugent que cette industrie a contribué pour 38,5% (soit 65 milliards de dollars) à la croissance du nord du Texas. »
  • « Il n’est pas étonnant que le taux d’approbation dans la population soit élevé. »

« Truthland », la réponse grossière à « Gasland »

Il y a pourtant une autre manière de raconter la polémique outre-atlantique. C’est ce qu’a fait la journaliste du Point embarquée dans le même voyage et dont le reportage paru le 9 août s’intitule « Gaz de schiste : ce miracle qui divise l’Amérique ». Mélanie Delattre, explique avoir accepté l’invitation de Total dans des conditions bien particulières :

« J’avais prévu un reportage sur ce sujet depuis longtemps, l’invitation de Total m’a simplement fait économiser le billet d’avion et permis d’accéder aux installations que de toutes façons je voulais visiter. J’ai ensuite passé une semaine sur place et dépensé plus de 2 000 euros. Mon journal est un des rares qui acceptent encore de financer des reportages. »

Après avoir sagement suivi le programme organisé par Total, la journaliste a loué une voiture et filé rencontrer un magnat du pétrole, un courtier en gaz, une agricultrice, un universitaire... des pro et des anti-gaz de schiste, dans une Amérique qui rejoue à la guerre des experts, comme sur le sujet du réchauffement climatique ou du tabac.

Ainsi, lorsque Jean-Michel Bezat du Monde parle du documentaire « Truthland » comme d’une « contre-enquête d’une mère de famille vivant sur un gisement et partie à la recherche d’une vérité opposée aux “mensonges” de “Gasland” », on est un peu gênés. Il nous répond que « c’était ironique », mais on ne voit pas comment le lecteur aurait pu le deviner.

 

Le trailer de « Truthland » (en anglais)

En effet, si « Gasland » a été jugé comme un film propagandiste par les partisans des gaz de schiste, la réponse de « Truthland » est carrément grossière. Comme le rappelaient nos confrères de Terra Eco, « Truthland » est un vrai-faux documentaire qui s’inscrit dans la campagne de communication Energy in depth :

« Financée par l’Association des pétroliers américains indépendants (Ipaa), elle a pour but d’informer sur les promesses et le potentiel de développement responsable des ressources énergétiques américaines – en particulier les ressources abondantes d’hydrocarbures de schiste. »

 

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 12:29

 

 

LE MONDE | 20.08.2012 à 14h00 • Mis à jour le 20.08.2012 à 14h20

Par Francine Aizicovici


 
Les syndicats se préoccupent peu de ces salariés au statut peu protecteur qui partent le plus souvent sans bruit.

 

Les plans de licenciement –en cours ou à venir– font la "une". Mais c'est sans bruit que d'autres victimes de la crise perdent leur travail. Ces salariés intérimaires ou en contrat à durée déterminée (CDD), qui sont les premières "variables d'ajustement" de l'emploi. En juin, selon des chiffres récents, le nombre d'intérimaires a baissé de 60 000 sur un an (– 9 %). Ainsi, à l'usine Sovab, filiale de Renault, de Batilly (Meurthe-et-Moselle), les contrats de 340 intérimaires n'ont pas été renouvelés au deuxième trimestre. Chez PSA, selon la CGT, le site de Sochaux a vu partir, à la même période, 350 intérimaires, auxquels viendront s'ajouter, en octobre, 300 autres.
 

"Avant d'engager un plan de sauvegarde de l'emploi [PSE, plan social], les entreprises en difficulté commencent par ne pas renouveler les intérims et les CDD, observe Annie Jeanne, présidente de l'Association nationale des directeurs de missions locales pour l'emploi des jeunes. Cela se fait sans douleur apparente, sans état d'âme, sans discussion au comité d'entreprise car l'entreprise n'est pas l'employeur des intérimaires. Il y a une sorte de voile sur ce phénomène de casse sociale."


"PAS DE SUIVI"

Les intéressés déplorent qu'"on ne parle pas d'[eux]", comme le dit Jean-Claude, 35 ans, sans contrat depuis l'été 2011. Il en vient presque à regretter d'avoir refusé le CDI proposé en 2009 dans un centre d'appels. "Les conditions de travail étaient déplorables, explique-t-il. Je pensais trouver du travail ailleurs. La crise paraissait loin, vue de ma région", dans l'ouest de la France. En 2010, il trouve un contrat de huit mois. A l'été 2011, il en décroche un de trois mois. Puis, plus rien. Le 1er septembre, Jean-Claude, désormais au RSA (revenu de solidarité active), devrait commencer un CDD d'un mois. "Un coup de bol. J'avais un piston."

Edith, elle, à 60 ans, a décidé de prendre sa retraite, même si elle ne percevra que 700 euros par mois. Ce sera toujours plus que son RSA. La crise, elle l'a prise de "plein fouet", dit-elle. En 2009, "j'ai eu un contrat de quinze jours dans une société d'autoradios et on m'avait dit que ça pourrait durer six mois. Mais est arrivée la grosse crise." L'entreprise a fermé. Depuis septembre 2011, Edith n'a pas eu le moindre travail.

Qui suit ces précaires ? Qui les aide ? "Les intérimaires ne sont pas laissés à eux-mêmes, assure François Roux, délégué général de la fédération patronale des Professionnels de l'intérim, services et métiers de l'emploi (Prisme). Les agences reprennent les intérimaires dès que c'est possible." Edith conteste : "Quand l'entreprise d'autoradios a fermé, on ne m'a rien proposé. Les sociétés d'intérim ne s'occupent plus de nous quand un contrat s'achève."


"SOUVENT, ILS N'ADHÈRENT PAS AUX SYNDICATS"

Les syndicats ont peu de contacts avec ces collègues de passage. "Souvent, ils n'adhèrent pas aux syndicats", justifie-t-on à la CFDT d'ArcelorMittal. "On n'a pas de suivi des intérimaires partis, renchérit Alain Delaveau, secrétaire de la CGT de la Fonderie du Poitou Fonte (Maine-et-Loire). Nous sommes déjà débordés par un tas de réunions. Et eux ne viennent pas nous voir quand ils partent." Et d'ajouter : "Dans les PSE, aucun accompagnement n'est prévu pour les fins de contrats d'intérim. Il y a un vide juridique. C'est aux politiques d'agir."

Des actions solidaires entre CDI et intérimaires ont parfois lieu, comme celle, début juillet, dans l'activité peinture de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois. Elle a débouché, pour les intérimaires, sur le renouvellement de leurs contrats d'octobre à janvier 2013 et sur un accompagnement par les sociétés d'intérim avant la fin de leur mission, notamment. Mais que se passera-t-il si le site d'Aulnay ferme ? Il compte 375 intérimaires, selon la CGT, et ce nombre devrait augmenter d'ici à la fermeture, au rythme des mutations des salariés en CDI vers d'autres sites. "Si on en vient à négocier un PSE, on demandera la même prime pour tous, avance Philippe Julien, secrétaire CGT du site. Sur les chaînes de montage, ils représentent 50 % à 80 % de l'effectif. Si on veut mener des grèves, il faut les mettre dans le coup."

Depuis mars, le contrat de sécurisation professionnelle, destiné à l'origine aux salariés licenciés économiques des entreprises de moins de 1000 employés, est expérimenté dans 28 bassins d'emploi pour les personnels en fin de mission d'intérim, de CDD ou de contrat de chantier. Cette mesure, prise dans le cadre d'un accord entre l'Etat et le Prisme, propose un soutien renforcé pour aider ces travailleurs à retrouver un emploi stable. Les formations sont financées par le Fonds d'assurance formation du travail temporaire et 8 700 places ont été programmées. Un tout premier pas pour réduire les inégalités face à la perte d'emploi.

Francine Aizicovici

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 12:21

 

Voilà, il nous a pas quittés mais un peu quand même...pour une note optimiste disons que les Indignés Nîmois ont crées une cellule militante dans le Haut-Gard (on va concurrencer AQMI). J'espère qu'on lui manqueras un peu quelques temps (mais pas trop) quand même.
L'essentiel est qu'il soit à bon port avec tout son bardas (et un peu plus récolté au passage, on se refait pas...). Ce qu'il fera de sa nouvelle vie rurale dépendras de ce qu'il aura dans la tête. Objectivement beaucoup pourraient l'envier, pensez donc, être réveillé par le chant du coq au lieu des balayeuses et des poubelles...voir des milliards d'étoiles et pas quelques palotes lueurs au dessus des lampadaires, entendre le vent dans les arbres, couler la rivière...
William, dit d'Artagnan le Gribouille, me charge surtout de remercier milles fois tous ceux qui ont participé au convoi (5 véhicules, 9 Indigné-e-s), mais aussi ceux qui ont participé de près ou de loin aux brocantes dont une partie des revenus a été dédiée à payer le gas-oil de certains (d'autres ont pas voulus). Et puis il y a aussi ceux qui sont venus de temps en temps place de la la maison ronde  (voir Résistance 1.1, autre production 'Williamesque' mais pas le même) et qui redonnent, par leurs visites, aux plus réguliers (dont William était), le courage et la motivation pour persévérer.

Tout ça n'as peut-être pas directement lien avec la politique, le TSCG,  la révolution et tout le bazar mais au moins c'est de la solidarité concrète et un bel exemple
d'auto organisation et d'amitié. C'est une goutte d'eau échappée d' un océan de misère, de décérébralisation et d'individualisme.
 
On pourrait ricaner en  disant que tous nos efforts n'aboutissent qu' à déménager un copain, mais imaginez donc, bordel, ce que nous pourrions faire si on était des dizaines de milliers (voir plus, soyons fous) à agir ainsi. Un grand chambardement, pour sûr.
D'autre part, ceux qui ricanent ne savent pas ce que c'est concrètement un déménagement Williamesque...

 


On lâche rien (et surtout pas le canapé dans l'escalier).
  

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 14:59

 

http://www.scoop.it/t/road-to-dignity

Bruxelles #GlobalNoise ! Le bruit des Casserolades dans le monde entier le 13 Oct | #Road to Dignity | Scoop.it

Voyons les choses en grand ! Action globale

 Voici une proposition pour une journée d'action internationale, nom de code : #GlobalNOISE (BruitGlobal). Cette proposition a été écrite par une coalition ouverte et internationale d'activistes provenant des mouvements Occupy, 15M ainsi que des groupes ou individus rattachés aux indignées.

 L'action #GlobalNOISE sera axée autour d'une casserolade (*voir ci-dessous)

(vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=EVfy8W26Mzc)

 

 

et de toutes actions souhaitant se joindre à cette journée du 13 octobre. Nous recommandons un rapprochement avec les initiatives locales qui contribuent à la création d'un monde meilleur. Ce moment sera idéal pour y prendre part, exposer les solutions pour un monde meilleur et faire un pas de la protestation vers la création.

 Nous contactons tous les groupes d'occupation, assemblées populaires et mouvements locaux afin qu'ils s'approprient l'idée cette action mondiale et y participent.

 Merci de prendre cette proposition en considération et d'en discuter dans les groupes dont vous faites partie. Si votre assemblée se tient irrégulièrement ou est peu active, nous encourageons l'organisation d'un rassemblement pour l'occasion.

 Nos réunions (en anglais) sont ouvertes à qui le souhaite pour aider à la planification de cette action, les comptes rendus sont par ailleurs disponibles sur le net et régulièrement diffusés sur les listes de diffusions. Toutes les informations sont disponibles
 ici http://blog.globalnoise.net/
 ou ici http://interoccupy.net/globalnoise/

 En vous remerciant pour votre considération, nous attendons votre réponse avec beaucoup d'intérêt.

Scooped by globaltransition
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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 14:44

 

La presse roule aussi pour la Caravane  !

Caravane des indignés du nucléaire

étape 15


Organiser une manifestation sportive, politique, associative en province, c'est immanquablement être confronté à ce pouvoir incontournable qu'on nomme presse locale. Ceux qui ont déjà eu l'intention de faire passer un message savent à quel point la chose est compliquée, combien il faut d'insistance et de patience pour obtenir un contact et que jamais on ne peut être certain du résultat. Être dans les petits papiers du journal local n'est pas une mince affaire …

 

Il y a aussi la constellation des radios locales. Là, si le contact est plus simple, le résultat demeure parfois fort aléatoire. Le nombre d'auditeurs n'est pas toujours en relation avec les ambitions affichées et il y a une grande différence entre celui qui a écouté et celui qui a entendu. Souvent, votre message tombe dans une oreille inattentive quand ce n'est pas votre voix, votre débit, vos maladresses qui font de votre intervention une catastrophe !

 

Il y a encore la télévision à vocation régionale. Là, c'est délicat et complexe de décrocher un petit coin de ce paradis télévisuel. Il faut beaucoup de chance, une conjecture favorable, l'absence de besoin de communication chez les barons de la région. Si vous parvenez à vous glisser dans l'œil du cyclone, vous avez une petite chance de diffuser largement votre information. Mais combien d'inscrits pour si peu d'élus ?

 

Notre communicateur en chef de la Caravane des indignés du nucléaire a découvert ce chemin de croix du communicant contrarié. Il a croisé le fer et le fil avec les journalistes locaux, incontournable maillon du faire-savoir, grands décideurs de la parole diffusée dont il faut se concilier la sympathie. Il a profité du réseau local pour obtenir de nombreux contacts, pour porter notre parole auprès de ceux dont le métier est d'être à l'écoute. Il a aussi subi la colère insupportable d'un rédacteur atrabilaire du Finistère qui, fort heureusement, est une exception notable dans la profession locale ...

 

Tout commença par un rendez-vous obtenu très facilement avec la télévision bretonne TéBéO. Un journaliste bien disposé mais pressé par le temps. Un délai imparti pour la prise de vue très réduit et le climat de la Bretagne si changeant. La rencontre a lieu, les protagonistes descendent de voiture et la pluie se met soudain à tomber. Tous de se réfugier là où ils le peuvent. Quand le ciel redevient bienveillant, l'heure est presque écoulée. Une seule prise de vue, à la va vite, des bafouillements sous le sceau de l'émotion et une mise en boîte qui frise la catastrophe. Ça commence mal.

 

Puis il y a l'exercice périlleux de la conférence de presse. Le mot est vite galvaudé en province où souvent il n'y a qu'un journal. Mais là, un peu de concurrence permet un pluralisme de bon aloi. Notre porte-parole doit trouver une salle. Ce n'est pas simple lorsqu'on évolue à l'extérieur. Il se met d'accord pour le lendemain avec un bistrot central. Il obtient un rendez-vous avec deux journalistes locaux. Tous les nuages semblent se disperser …

 

Le lendemain, le bistrot est mystérieusement fermé. Il se rabat sur la terrasse d'une crêperie. Un de ces interlocuteurs est à l'heure. Hélas, il n'a pas préparé le dossier, ignore l'existence des Indignés tandis que du côté de la Caravane, le dossier de presse n'est pas encore en place. Chacun reste sur ses gardes devant ces petites maladresses. Heureusement, un collègue de l'autre journal arrive pour remplacer au pied levé son confrère accidenté.

 

Cette fois, le débat peut avoir lieu. Un échange riche et complet qui permettra d'obtenir deux articles de qualité. L'incompréhension est dissipée. Dès lors, les journaux ont pris contact avec ces drôles de cyclistes. La glace est brisée, ils sont tout disposés à suivre l'aventure. De leur sollicitude, la réussite de l'opération dépend, chacun en est conscient.

 

La suite sera plus facile. Un papier très consistant donne le « la » même s'il est encore mal placé en page locale, moins lue que les pages régionales. Le ciel s'éclaircit pour les indignés. Il fallait être patient, se faire connaître afin que le mécanisme se mette en route. De bons articles suivent, la confiance est établie, nos amis les journalistes facilitent grandement le projet.

 

Le communicateur reçoit un appel d'un nouveau journaliste. Celui-ci est vraimentt au fait des problèmes énergétiques. Un rendez-vous est pris. Il faut des photographies car, dans nos régions, on ne donne pas son opinion sans devoir montrer sa trombine. Cette pratique commune à beaucoup de titres m'irrite un peu. Il faut pourtant en passer par là pour défendre un point de vue. L'image est désormais un passage obligé.

 

Après 1 heure 30 de clichés et de conversation, notre organisateur tient un nouvel article de fond. Le lendemain, un bel article donnera du tonus à nos indignés. La Caravane peut avancer sereine, elle est désormais attendue, le bouche à oreille a fonctionné dans le petit monde de la presse régionale. À chaque étape, un ou deux correspondants viennent à la rencontre de nos aventuriers nomades.

 

Il y a même des coïncidences surprenantes. À Sainte Anne La Palud, c'est un journaliste hollandais qui passe quelques jours en vacances. Il vient avec son appareil photographique et un calepin. Il fait des clichés, il prend des notes. L'aventure prend désormais des allures internationales. La Belgique, par l'entremise du « Grand Écart » suit notre caravane. La Hollande va lui emboiter le pas !

 

Les cyclistes peuvent maintenant user de la roue libre. Déjà des contacts sont pris par des organes d'information qui se trouvent sur le trajet. L'effet boule de neige fonctionne même au mois d'août, encore un effet du dérèglement climatique. Il est grand temps que l'écologie soit prise en compte sur cette planète. De leurs côtés des blogueurs s'escriment à diffuser ce récit sur la grande vague planétaire. Faire savoir est la clef du succès, vous pouvez nous y aider, chacun à votre place. La bataille en vaut la chandelle, nom d'une bougie ! Et même si la période est à la canicule, une bonne couverture médiatique ne fait pas de mal  .... 

Marbrement leur.

 

Appel urgent pour éviter une nouvelle catastrophe nucléaire mondiale

http://www.avaaz.org/fr/petition/Appel_urgent_pour_eviter_une_nouvelle_catastrophe_nucleaire_mondiale/?cfWvucb

 

À consulter impérativement :

Le blog de Fukushima :http://fukushima.over-blog.fr/

Le blog officiel de la Caravane :http://caravane-plogoff-fessenheim.overblog.com/

Le blog officieux de la Caravane :http://www.chroniques-ovales.com/

 

Caravane à vélo de Plogoff à Fessenheim

des indignés de plus en plus inquiets du nucléaire

 

DIMANCHE 5 AOUT : départ de Plogoff

 

et ça roule encore ….

 

Hier soir : Champteussé-sur-Baconne, installation de stockage de déchets dangereux (de Saint-Laurent-des-Eaux, de Chinon)

 

DIMANCHE 19 AOUT : arrivée à La Daguenière

 

Début du Rallye des quatre centrales du Val Nucléaire : Patrimoine mondial de l'inhumanité technologique sous l'égide du Fiasco

 

EDF se met en quatre pour être au service des hommes du Val

 

lundi 20 aout : arrivée à la centraled’AVOINE

 

mardi 21 aout : arrivée à Tours

 

mercredi 22 aout : arrivée à Chaumont-sur-Loire

 

jeudi 23 aout : arrivée à la centrale de SAINT LAURENT DES EAUX

 

vendredi 24 aout : arrivée à Orléans

 

samedi 25 aout : arrivée à la centrale de DAMPIERRE EN BURLY

 

DIMANCHE 26 AOUT : arrivée à la centrale de BELLEVILLE


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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 14:40

 

http://indigne-e-s.net/2012/08/nouveau-resume-du-week-end-de-coordination-national-du-mouvement-des-indignes-sur-marseille-14-et-15-juillet-2012-different-point-de-vue/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=nouveau-resume-du-week-end-de-coordination-national-du-mouvement-des-indignes-sur-marseille-14-et-15-juillet-2012-different-point-de-vue

 

19 Août 

RÉSUMÉ DU WEEK END DE COORDINATION NATIONAL DU MOUVEMENT DES INDIGNÉS. SUR MARSEILLE 14 ET 15 JUILLET 2012.

Rapide résumé.

Nous étions 28 indignés de 7 villes françaises et 1 ville espagnole. Bonne ambiance malgrès que nous ayons passé la moitié du temps en discussion pour savoir comment s’organiser pour la meilleure manière d’organiser ce we. Pendant l’autre moitié nous avons convenus que nous soutenions les luttes ouvrières, nous avons fait un listing des dates importantes qui allaient venir et décidés qu’il faudrait continuer les discussions sur internet.

[ D'un premier abord on pourrait croire que ce we ne fut pas productif, mais il faut rappeler que nous sommes dans une période de l’histoire où nous inventons la démocratie directe de grande envergure. Et ce we est un des pas vers ce but, donc nous avons avancés en participant au grand chantier mondial de la construction de l'organisation de ce nouveau modèle politique. Ceci dit, beaucoup de choses pertinentes ont étés dites pendant ce we et ça vaut le coup de lire le résumé détaillé. ]

Résumé détaillé.

————————-SAMEDI 14————————-

15 H 00 27 personnes assises en cercle. Distribution des rôles. 2 scribes. 2 facilitateurs. 1 distributrice de parole. Tour de cercle de présentation et de proposition pour l’odj.

Femme de paris. Action sur les beaumettes et une marche paris marseille.
Homme de marseille.
Femme d’espagne. Créer une coordination avec l’espagne.
Femme de marseille. La non violence.
Femme de nîmes. Relance du mouvement.
Homme de marseille. Comment faire un mouvement combatif et joyeux.
Homme de poitiers. Qu’est ce que l’on veut renverser et comment le faire.
Homme de paris. Apprendre l’espéranto pour se coordonner.
Femme de paris. 13 octobre. 1 décembre.
Homme de clermont ferrand.
Homme de clermont ferrand.
Homme de clermont ferrand. 5 10 octobre sur strasbourg.
Femme de marseille. Faire des actions contre les dettes privées.
Homme de marseille. Action le 14 juillet. Faire un calendrier sur les actions de l’année.
Homme de marseille. Faire une action contre la succursale barcley’s aujourd’hui après l’assemblée.
Homme de marseille. Aider les luttes des ouvriers contre les fermetures d’usines.
Femme de marseille. Étudier les textes anciens des grecs pour écrire une nouvelle constitution.
Homme de marseille.
Homme de marseille. Revenu de base.
Homme de marseille.
Homme de brest. Plan pour la révolution. Coordination sur internet.
Homme de lyon. Faire un site explicatif du mouvement.
Homme de marseille.
Homme de marseille. Action contre la justice.
Homme de marseille.
Homme de marseille. Économie avec l’article 25.
Homme de marseille. Écriture d’une charte.

Les quelques personnes ayant notés les propositions d’odj se concertent pendant 30 min pour faire une proposition d’odj. Et il apparaît une divergence de méthode entre ceux voulant faire des groupes de travail et ceux voulant tout discuter ensemble sujets après sujets. Après 1 H un tableau est fait avec différents thèmes de discussions, mais le désaccord fait que les discussions s’enlisent pour savoir comment s’organiser pour traiter des différents thèmes.

Finalement quelques indignés s’écartent et forment un groupe de travail sur le sujet de la charte, renommé totem, qui signifie chercher ce qui serait au centre de nos revendications. Deux autres groupes de travail se forment, un sur la relance du mouvement et un sur la précarité et le chômage. Puis on refait une assemblée plénière où l’on répète ce qui c’est dit dans chaque petites assemblées.

20 H 20 17 personnes assises en cercle. Assemblée de regroupement des 3 groupes de travail.

GROUPE PRÉCARITÉ CHÔMAGE. 4 personnes en cercle. Dénoncer les mensonges, le discourt du travail déforme le sens des mots. Faire le lien entre les profits des actionnaires et la corruption. Malheur que cela provoque. Sortir du système avec les amap, sel, coop et associations. Rejoindre les luttes porter leurs revendications et dépasser les hiérarchies. Internationalisation des luttes. Les luttes qui marches sans syndicats avec collectifs.

GROUPE RELANCER LE MOUVEMENT DES INDIGNÉS. 4 personnes en cercle. Faire un site national qui informe les gens. Informatif / Forum / Éducation sur les corruptions / Lieu des assemblées. Argent pour magasine. Se faire connaître. Aller dans les assemblées des autres collectifs.

GROUPE REVENDICATION. 12 personnes en cercles. Les monnaies locales et le salaire horaire. Faire des règles de vie. Instruire, pas éduquer. Promouvoir l’union des peuples. L’économie n’est pas la recherche du profit maximal, mais l’équilibre des échanges.

Après la lecture des différents résumés des groupes on fixe le rdv pour le lendemain.

————————-DIMANCHE 15————————-

12 H 00 14 personnes assises en cercle.

Discussion sur la méthodologie de l’odj et gt. Faire une pause après 2 / 3 H pour la concentration. Faire un meilleur balisage de l’assemblée car certains se sont perdus avant d’arriver ici. Différencier les idées pour discuter de celle que l’on dit lors du tour de cercle pour fixer l’odj. Faire un calcul de temps moyen par personne.
12 H 50 Fin.

15 H 00 Assemblée. 16 personnes assises en cercle. Distribution des rôles. 1 distributeur de parole. 1 facilitateur scribe. 1 scribe.

On décide de parler de chaque thème de discussion en une seule assemblée, sans se séparer en groupes de travail. Nous fixons 15 min par thème.

CONSTITUTION / DÉMOCRATIE / TEXTES ANCIENS
Projet de constituante sur paris et marseille. Faire venir les gens dans les assemblées populaires pour essayer concrètement la politique par assemblée et pour écrire ensemble la constitution. Organiser un débat avec étienne chouard. Établir un cahier de doléance par assemblée pour écrire la constitution. Des constituantes pour une constitution, ce n’est pas une constituante. Il faudrait une constitution internationale.

SOUTIENT POUR L’AMÉRIQUE DU SUD
“CONSENSUS. Diffusion de l’information de la situation en amérique du sud. “
“CONSENSUS. Travailler avec avaz sur ce point. “
“CONSENSUS. Faire un communiqué de soutient pour l’amérique du sud. “
“CONSENSUS. Soutenir les luttes ouvrières. “
On peut pas soutenir les ouvriers pour qu’il aient du travail et combattre le productivisme capitalisme

CALENDRIER
“CONSENSUS. On participe aux actions suivantes.
-Forum mondial de la démocratie du 5 au 11 octobre 2012 sur strasbourg
On soutient les actions suivantes.
-Manifestation en amérique du sud le 20 juillet 2012
-Manifestation contre le chômage et la précarité le 1 décembre 2012
-Mobilisation contre les prisons le 20 décembre
Et on propose d’organiser les actions suivantes.
-Journée mondiale d’action contre la dette 13 ( ou 20 ) octobre 2012
-Détournement de la fête nationale du 14 juillet 2013
-Manifestation contre le chômage et la précarité le 1 décembre 2012 pour ceux qui veulent. “

ÉCONOMIE FINANCE
Revenu de base. Dette privée dette publique. Faire un réseau de coordination sur le sujet de la dette. Faire un réseau internet plus humain. Faire un site. Travailler sur une charte de respect de la parole.

REVENDICATIONS DU MOUVEMENT
Faire un court texte pour rallier les gens dans le mouvement.
“CONSENSUS. On fait un pad pour discuter des revendications et on le met en lien sur le communiqué. “

COORDINATION NATIONALE SUR INTERNET
Quel site, comment, qui administrerait.
“CONSENSUS. On choisi le site indigné.net pour la coordination. “

ÉCONOMIE
“CONSENSUS. Diffuser l’information sur le site, de la prise de pouvoir financière économique et politique du monde de la finance. “
17 H Fin.

17 H 10 On refait l’assemblée pour aborder un dernier point.

Création d’un comité de soutient pour les assemblées, pour gérer les caisses. Ce serait préférable de faire des comités locaux pour gérer localement les caisses. Sans association, en autogestion. Ou alors en faisant une association et en mettant tout le monde président et en stipulant dans le statut de l’association que les décisions se prennent au consensus de tous les présidents.
17 H 30 Fin.

[ Petite conclusion personnelle, nous avons essayés la technique de groupe de travail le samedi et de discussion en plénière le dimanche. Force est de constater que si nous avions recommencé la technique de groupe de travail le dimanche, nous n'aurions pas pu aborder tous les points. J'en déduit donc que la technique de plénière est plus efficace que celle de groupe de travail. ]

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 14:31

 

 

 

Le collège du Vieux-Montréal, l’un des Cégeps les plus impliqués dans le mouvement de grève des étudiants québécois, a finalement voté la reprise des cours vendredi 17 août. Retour sur leur journée d’assemblée. Et sur la lutte étudiante, loin d'être terminée.

 

Le Cégep du Vieux-Montréal a tranché : le retour en cours s’effectuera lundi dans cet établissement de premier cycle d’enseignement supérieur montréalais, après six mois de grève et de mobilisation pour la gratuité scolaire et contre la hausse des frais décidée par le gouvernement Charest. 

Ce lieu est connu pour être l’un des plus impliqués dans le mouvement étudiant québécois. Les étudiants du Vieux-Montréal sont majoritairement affilés à la Classe, la fédération étudiante considérée comme la plus radicale puisqu’elle continue de prôner la grève jusqu’à la gratuité scolaire, sans accepter de compromis, quelles que soient les peines et amendes prévues pour les grévistes par la loi 12 (ou loi 78, la loi qui impose le retour en classe en cette mi-août).

Ils ont tenu jusqu’au bout, jusqu’à ce que l’administration du Cégep fasse planer la menace d’une « mention d’échec scolaire » s’ils ne remettaient pas les pieds en classe cette semaine, et continuaient ainsi de bousculer le calendrier scolaire. Lors d’un premier vote, ce lundi, les étudiants ont encore majoritairement voté pour la poursuite de la grève. Mais une pétition signée par plus de cent élèves a abouti à un second vote, ce vendredi.

Voici  un résumé de cette journée en images, assorties de témoignages.

Le Cégep compte quelques 6.000 élèves. Ils sont donc des milliers à se rendre sur place, dès 8h30, pour participer à leur assemblée. Le but est de débattre de leurs différentes options. Lesquelles ? Le retour en classe ou la poursuite de la grève. Ou encore la trêve, en attendant le résultat des élections provinciales anticipées qui ont été fixées au 4 septembre et qui pourraient signer la fin du gouvernement Charest dont l’inflexibilité a précipité la crise étudiante.

 

Réunis dans le gymnase, les étudiants sont libres de venir exprimer leur opinion devant leurs pairs. Un jeune homme appelle chacun à suivre ses convictions, « sans céder sous la menace et malgré le risque de perdre sa session universitaire ». Des mains se lèvent et s’agitent en signe de soutien. Un autre prend la parole, concis : « C’est bon maintenant, on a compris qu’on avait une position. Retournons en cours et laissons les élections du 4 septembre décider de la suite. »

La journée s’étire. Certains jouent aux cartes, un jeune homme tricote. « Je sais qu’on est fatigués, je n’ai pas fumé de cigarette depuis quatre heure là… Mais nous n'avons pas fini, alors essayons d’avancer », lance un jeune installé à l’avant du gymnase, l’un des facilitateurs du débat.

Dehors, des étudiants font une pause. Mais les discussions se poursuivent. Etienne, 19 ans, est de ceux qui ont pris la parole dans l’assemblée. « Les partisans de la grève parlent au nom du groupe, tandis que ceux qui s’y opposent parlent surtout d’eux. Ce conflit entre le collectif et l’individu continue de m’interpeller, qu’est-ce que je dois privilégier ? », s’interroge le jeune homme qui dit qu’il s’abstiendra si le vote porte sur la reprise des cours.

Sandie, Julie, Mélodie et Alex sont toutes pour la poursuite de la grève. « Franchement, au point où nous en sommes, il faut qu’on continue. Je me fiche de perdre ma session », estime Alex. « Les élections, c’est bien gentil mais ce n’est pas une solution. Le Parti québécois nous promet des choses par opportunisme, on ne sait pas ce qui va arriver s’il est élu », poursuit Mélodie.

 

Cette détermination n’est pas forcément comprise par leurs proches. « Mon père est PDG d’une entreprise, il vote Très à droite et il ne me comprend absolument pas. Je suis le mouton noir de la famille. Je suis partie de chez moi pendant une semaine à cause de ce conflit », explique Mélodie. « Moi, ma mère tricote des carrés rouges », glisse Alex. « Mes parents, tout ça les indiffère complètement, ils ne sont pas concernés... Ils voteront pour le Parti Québécois comme toujours, par habitude », analyse Julie.



Anthony et Jasmine, 18 ans, sont en désaccord
. Elle est pour la poursuite de la grève car elle estime qu’il est déjà trop tard pour reprendre les cours, « apprendre en accéléré, je ne vois pas trop l’intérêt ». Tandis qu’Anthony n’a jamais vraiment été pour la grève. « Je veux bien payer cette hausse des frais de scolarité. Ce qui ne m’empêche pas de respecter et de compatir avec les grévistes. Mais là, je perds un peu patience. » Anthony espère en revanche que le gouvernement Charest sortira perdant des élections, le 4 septembre.

La journée s’accélère lorsque arrive, sans prévenir, la « question préalable ». Dans le jargon des assemblées étudiantes, qui obéissent au Code Morin, il s’agit d’une question devant être immédiatement suivie d’un vote. Et cette fois-ci, c’est la question centrale: « Qui est pour la reprise des cours ? » Contrairement à lundi, une majorité de mains se lèvent. Et le lent décompte commence. Le retour en classe est voté, avec une journée de grève chaque 22 du mois afin de se rendre à la désormais traditionnelle « grande manifestation du 22 ».

Camille et Marianne sont déçues. « Je suis très en colère, très frustrée que ça se termine ainsi », témoigne Camille. « Les gens ont peur… Ils en ont ras-le-bol, c’est tellement dommage… », analyse Marianne, émotive, s’excusant de ne pas trouver ses mots, « voilà, on capitule ».

Mais si le Cégep du Vieux-Montréal « capitule », comme la majorité des Cégeps ayant voté ces derniers jours (à noter que les universités s’expriment surtout la semaine prochaine), le mouvement étudiant a déjà réussi à s’inscrire dans la durée. Il est maintenant partie prenante d’un processus plus classique mais peut-être plus à même de faire avancer le débat : les élections. Un scrutin anticipé aura lieu le 4 septembre au Québec. Et le vote des jeunes y sera décisif. Vont-ils faire tomber le gouvernement Charest ?

Rendez-vous pour un prochain billet de blog sur les étudiants québécois dans quelques jours !

Avec la participation d’Oriana Jomby-Diaz, apprentie photographe et journaliste.


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