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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 17:51

 

 

Concernant l’article de Lorraine Millot et Laureen Ortiz en date du lundi  27 Aout 2012 :  « le riche avenir du mais toujours vert » :

 Vous nous rapporter qu’au cœur du Nebraska aux USA, « le maïs apprend à pousser sans eau » par le bais des recherches de L’entreprise MONSANTO  « qui teste ici plusieurs centaines  de ses derniers hybrides de mais dont le drought-gard ou MON 87 460 qui est porteuse d’un gène qui l’aide à utiliser moins d’eau lorsqu’elle est en état de stress ».

Il est dommage que vous n’ayez pas compléter votre enquête en allant en Afrique du Sud rencontrer les paysans qui ont perdu durant l’hiver  2008/2009 une surface de  200 000 hectares plantés avec trois variétés transgéniques de maïs de MONSANTO , les plantes de maïs ayant poussé sans épis et n’ayant  produit que des feuilles et des tiges.

Il est dommage que vous n’ayez pas compléter votre enquête en allant en Inde rencontrer certaines organisations paysannes qui ont également souffert des semences génétiquement modifiées. Elles qualifient ces mais transgéniques de MONSANTO de « Thermo-réactifs », ce qui veut dire qu’ils réagissent très mal vis-à-vis de la chaleur et ne produisent pas de grains.

Vous auriez pu alors rencontrer Vandana Shiva, Directrice de la « Fondation de la recherche pour la science, les technologies et les ressources naturelles » dont une des missions essentielles est de s’opposer au brevetage du vivant, à la bio-piraterie et à l'appropriation par les firmes agro-chimiques transnationales des ressources universelles, notamment les semences.
Elle vous aurait alors appris que les paysans ont crée au fil des millénaires des dizaines de milliers de variétés adaptées à « tous les changements climatiques »  car les paysans n’ont pas attendu les multinationales pour utiliser des variétés résilientes. Prenons l’exemple du mais : c’était une plante C4, naturellement adaptée à la sécheresse, que les indiens Hopis semaient dans les déserts du sud-ouest des Etats-Unis et parfois même à 30/40 cm de profondeur dans le sable. Au lieu de proposer ces variétés résistantes, les multinationales des semences ont obligé les agriculteurs  à acheter dès les années 60 des variétés de mais qui nécessitent 1500 litres d’eau pour produire 1 kg de grains secs. Et maintenant ces même multinationales veulent boucler la boucle en proposant des variétés génétiquement  manipulées et brevetées pour résister à la sécheresse, tout en ayant confisqué les variétés traditionnelles et en plaçant des brevets dessus.
  
                                                                                                                                           
V
andana Shiva a récemment créer une liste de plusieurs centaines de variétés ou espèces traditionnelles résilientes de l’Inde qui viennent d’être brevetées par les multinationales qui ont ainsi fait acte de bio-piraterie.

Vandana Shiva vous aurait raconté comment ils se sont battus pendant 11 ans contre les brevets que le gouvernement américain et des entreprises américaines voulaient déposer sur le « neem », un des  arbres dont sa grand-mère déjà connaissait les propriétés insecticides.
Elle vous aurait aussi raconté comment actuellement ils se battent pour « sauver » leur riz basmati de cette emprise. Plus de 1500 brevets ont déjà été déposés sur des espèces agricoles  par les multinationales pour leurs « gènes de résistance au climat ».

Et elle vous aurait rappeler que depuis l'introduction du coton BT en Inde, 200 000 paysans indiens se sont suicidés en dix ans à cause de l'endettement incontournable pour acheter des semences transgéniques et pouvoir simplement planter.

Et vous auriez alors compris que ce que veulent les multinationales qui mettent en place ce système, c'est qu'il n'y ait plus aucune semence libre, c'est être propriétaires de toutes les semences disponibles pour obliger les paysans à les leur acheter. Et pour cela ils transforment les graines du vivant en les rendant stériles ou dégénérescentes ( voir scandales des semences F1) et rendent l’usage des semences traditionnelles illégal.

 Vous semblez totalement ignorer que les multinationales de la semence intentent des procès aux agriculteurs américains mais aussi dans le monde entier et depuis peu en France ( cf. procès de l’association KOKOPELLI )  qui souhaitent semer les graines issues de leurs précédentes récoltes et contre tous ceux et toutes celles qui souhaitent préserver le droit de semer librement des semences potagères et céréalières, de variétés anciennes ou modernes, libres de droits et reproductibles.

 


 

 

Conclusion

Il me semble qu’il n’est plus possible d’écrire ce type de reportage ( ayant hélas ! toutes les caractéristiques d’un publi-reportage…) après la diffusion de films comme « le monde selon Monsanto » par Marie-Monique Robin qui nous explique les raisons et le déroulement d’une enquête qui met gravement en cause la multinationale hautement controversée, ou comme« Solutions Locales pour un désordre global » de Coline Serreau qui nous fait entendre les réflexions des paysans, des économistes qui inventent et expérimentent des alternatives à notre modèle de société embourbé dans des sols devenus morts et des eaux polluées par les pesticides déversés depuis 1960.

Nota : qui suis-je ?
Une citoyenne qui ayant décidé de cultiver un potager s’est rendue compte qu’elle ne trouvaient pas les variétés potagères qu’utilisait son père et qui a décidé un jour de mener l’enquête pour comprendre pourquoi.

 


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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 17:43

 

Par Blandine Parchemal  

 

Monsieur le recteur de l’Université de Montréal,

 

Si votre gestion de la grève étudiante avait déjà été jusqu’ici désastreuse, je ne trouve pas les mots pour décrire votre gestion de la journée d’hier.

 

Certes, nous avions déjà pu gouter aux nombreux courriels refusant d’accorder une légitimité à notre grève et employant abondamment le terme de boycott pour qualifier cette dernière,

Certes, nous avions pu voir votre peu de respect pour l’institution universitaire et son autonomie lorsque que vous qualifiez celle-ci de centre commercial,

Certes, nous avions déjà pu voir votre peu de considération pour la démocratie étudiante et les votes de grève adoptés en Assemblées Générales lorsqu’une injonction a été commandée malgré ces derniers,

Certes, nous avions déjà pu voir par cette décision unilatérale votre peu de respect du principe de collégialité et de l’ensemble de ceux qui constituent l’âme de l’université, à savoir les étudiants, les professeurs, chargés de cours et personnels administratifs,

 

Mais nous n’aurions pu imaginer que vous irez aussi loin.

 

Nous n’aurions pu imaginer que des gardes de sécurité nous filmeraient dans les couloirs, nous montreraient du doigt, nous menaceraient et obligeraient nos professeurs à donner leurs cours et ce, sous peine d’amendes salées,

Nous n’aurions pu imaginer que des corps de policiers se promèneraient dans notre université comme s’il s’agissait d’un lieu à hauts risques, comme si nous étions de dangereux criminels alors que nous sommes de simples étudiants cherchant à faire respecter des décisions prises collectivement et démocratiquement,

Nous n’aurions pu imaginer que des étudiants seraient séquestrés pendant plus de trois heures dans une salle de classe, ce lieu même où l’on est sensé nous apprendre à développer notre esprit critique, nous apprendre à être libre,

Nous n’aurions pu imaginer que notre université ne serait plus une université mais bel et bien une prison où arrestations, gardes à vues et séquestrations sont de mises,

Nous n’aurions pu imaginer vivre des moments aussi traumatisants au sein de ce lieu où nous sommes censés nous épanouir intellectuellement et nous éveiller. Or, en sortant de l’université aujourd’hui, je me suis sentie sans aucune envie, complètement vide, soit l’inverse de ce que devrait susciter en nous une telle institution.

 

Pour toutes ces raisons,

Je demande, sans prime de départ, votre démission cher recteur.

 

Blandine Parchemal

 

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 17:37

 

 

 

Depuis le 27 août, les délateurs dans les transports catalans ont les ailes coupées. Les Chemins de Fer de Catalogne (FGC) viennent de faire marche arrière en retirant d'urgence de leur application mobile un petit ''bouton'' d'inspiration très orwellienne, raconte le quotidien El Pais.

Tout démarre fin juillet, quand l'entreprise publique de transport de cette région catalane* lance un service pour iPhone et Android permettant de dénoncer mendiants, musiciens et autres vendeurs ambulants qui sillonnent les trains de la Catalogne, région autonome d'Espagne. Le nouveau bouton, intégré à l'appli existante de la FGC (consultation d'horaires, destinations, prix...) permet de signaler un délit - à choisir parmi une liste de douze-, et d'indiquer le train concerné ainsi que le numéro du wagon. Également dans le collimateur de la FGC : les ''sans billets'', les sans-gêne qui mettent les pieds sur les sièges ou occupent les places réservées, taggers, fumeurs... soit tous les aspirants aux incivilités.

 

Photo ci-dessous de l'éventail des possibilités :

Capture d'écran du service 
Capture d'écran du service© Miquel Rubio

 

 A la clé, un boulot de dénonciation à plein temps pour l'usager qui s'ennuie lors d'un trajet!


D'un anonymat garanti (mais sans pourcentage sur le montant de la contredanse !), le message d'alerte atterrit dans un service centralisé qui décide ensuite de la procédure à suivre (transmission au chef de train, envoi d'une patrouille...).

Lors de la première semaine de mise en service, 110 signalements ont été reçus. En tête des « balancés » : les resquilleurs, suivis des salisseurs de sièges et enfin des voyageurs qui décollent les tympans du voisin à coup de MP3 poussé à fond. Rien de très nouveau sur la nature humaine (d'un coté comme de l'autre, d'ailleurs).

L'été a beau être une saison idéale pour glisser quelques petites nouveautés réglementaires en douce, il suffit d'un gêneur ne prenant pas ses vacances comme les autres pour sonner l'alerte. Un étudiant de 28 ans en sociologie de l’Éducation à Valencia**, Miquel Rubio, a lancé la polémique en moins de deux semaines depuis une plate forme revendicative : 53833 personnes y ont pétitionné à ce jour, tempestant contre le ''bouton'' de la honte, véritable appel à traquer le pauvre.

Une société de "chivatos''?

Son site est très probablement à l'origine du retrait du service mais la FGC dément avoir agi sous la pression citoyenne. Mauvaise foi? Quoiqu'il en soit, à Barcelone, tout le débat sur la ''dénonciation'' s'en trouve relancé, entre promoteurs et pourfendeurs d'une société de ''chivatos'' (mouchards en castillan). Un leader local du Partido Popular (droite), Alberto Fernandez Diaz, réagissant à cette affaire sur une radio régionale, n'a dit que du bien du mariage des nouvelles technologies et de la participation citoyenne. Il verrait bien un dispositif de ce type s'appliquer aux transports urbains de Barcelone, les TMB.

 Au plus fort de la polémique, Miquel Rubio a interpellé la société publique des chemins de fer. « Qui seront les prochains : les sans-papiers ? Les gays ? Les Noirs ? Les gros ? » Il a aussi précisé au quotidien espagnol avoir fait suivre tous les témoignages postés sur son site au ''Syndic de Greuges'', sorte de défenseur des droits version catalane, qui reçoit les griefs sur le fonctionnement défaillant d'une administration. La réponse de l'institution l'a un peu étonné et il en fait état dans un billet publié le 28 août (en catalan et en castillan).

Le Syndic de Greuges écrit :

Les infractions répertoriées dans l'application sont des délits sanctionnés officiellement par la loi et qu'il importe que les droits de la personne dénoncée soient respectés, quel que soit le moyen par lequel s'effectue la dénonciation.

Et conclut à la fin :

Si vous constatez un quelconque incident conséquemment à l'usage de cette application, vous pouvez porter plainte devant notre institution.

Récemment, une circulaire de la délégation à l’Éducation de Catalogne a autorisé les parents à dénoncer les familles qui auraient inscrit leur enfant frauduleusement dans un établissement afin de contourner la carte scolaire. Avec risque d'exclusion à la clé pour les contrevenants.

El Gran Hermano te está vigilando!
(Faut-il traduire? Big brother is watching you!)

* La Catalogne a un statut de Communauté autonome depuis 2006 et comprend elle-même quatre provinces différentes
** Capitale de la communauté située juste au Sud de la Catalogne

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 17:24

 

Rue89 - Le Yéti

  yetiblog.org
Publié le 30/08/2012 à 18h23

 

 

 

Des foyers de tension du Moyen-Orient, nous ne savons souvent que ce qu’on nous en dit à travers les médias du microcosme. Mais émergent parfois des points de vue iconoclastes exprimés par quelques journalistes opérant en marge des sentiers battus officiels. Voici les opinions de deux d’entre eux, britanniques, sur le conflit syrien.

Le premier, Robert Fisk, est l’envoyé spécial du journal anglais The Independent, dans cette effervescente région.

L’autre se nomme Dan Glazebrook, journaliste indépendant, spécialiste des relations internationales, et collaborant à différents médias comme The Guardian.

Une armée de libération très professionnelle

Dans un article intitulé « La vérité sanglante sur la guerre de Syrie », Robert Fisk rapporte la surprise de l’armée syrienne régulière devant la puissance de feu insoupçonnée de leurs adversaires à Homs. Des « centaines de roquettes », des « milliers d’explosions » qui obligèrent les soldats d’Assad à évacuer leurs positions.

Très professionnellement planifiées sont aussi les offensives menées par une Armée syrienne libre (ASL), loin d’être constituée comme on le dit par les seuls déserteurs de l’armée régulière. C’est le cas de l’assaut qui visa l’école d’artillerie à Alep où étaient supposés entreposés les missiles antiaériens censés répondre à une attaque d’Israël ou de l’Otan.

On est loin des premières manifestations spontanées et non-violentes de la première révolte civile anti-Assad. Même si Fisk rappelle que les caméras d’Al Jazeera avaient dès le début débusqué d’étranges pèlerins solidement armés au côté des manifestants pacifiques.

Nul doute pour Fisk, les forces de l’ASL reçoivent une aide financière et logistique conséquente de l’Occident. Tout comme avaient été financés et armés les combattants moudjahidines d’un certain Ben Laden pour bouter les Russes hors d’Afghanistan dans les années 80.

Fisk se voit ainsi conforté dans sa thèse exprimée lors d’une précédente chronique :

« En fin de compte, toute ce que veulent Israël et ses alliés occidentaux, c’est briser l’Iran – via la Syrie. »

« Sécuriser l’environnement régional »

Citant la répression musclée (ignorée de nos médias) de manifestations chiites à Qatif en Arabie saoudite, Dan Glazebrook est tout aussi catégorique :

« Tout ce qui se passe aujourd’hui au Moyen-Orient doit être compris dans le contexte de préparation de la guerre contre l’Iran. »

L’objectif, comme en Syrie : « sécuriser l’environnement régional » en réduisant au maximum toutes éventualités de réactions populaires – notamment chiites – contre les intérêts occidentaux de la région après le déclenchement de l’opération finale contre l’Iran.

Pour Glazebrook, la guerre Otan-Iran est bel et bien engagée. Avec l’aide de quelques régimes satellites comme celui d’Arabie saoudite.

 

 

Interview de Glazebrook

Devant de telles assertions, il s’en trouvera bien évidemment pour hurler au conspirationnisme (comme il y en eut pour dénoncer les causes humaines du réchauffement de la planète) et suggérer une trouble faiblesse des « conspirateurs » pour le régime d’Assad.

Ni Fisk, ni Glazebrook ne sont pourtant soupçonnables d’une quelconque empathie pour le régime brutal du dictateur syrien. Fisk n’a pas de mots assez durs pour dénoncer les exactions de l’armée régulière syrienne.

Leurs thèses ont au moins le mérite d’alimenter la réflexion et d’apporter un éclairage différent de celui abondamment diffusé dans nos médias occidentaux.

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 17:11

 

 

Près de 200 personnes expulsées d’un terrain à Saint-Priest, dans le Rhône, mardi 28 août ; environ 80 la veille à Évry en région parisienne ; neuf familles l’avant-veille dans le centre de Lyon : malgré la réunion interministérielle consacrée le 22 août à la gestion des campements illicites, les évacuations forcées de Roms se poursuivent sans, pour l’instant, être compensées par des solutions effectives de relogement. De tout l’été, elles n’ont pas cessé, avec une accélération entre fin juillet et début août. 

Saint-Étienne, Lyon, Aix-en-Provence, La Courneuve, Vaulx-en-Velin, et dernièrement Évry et Saint-Priest : les démantèlements se succèdent en effet à un niveau élevé à la suite de décisions de justice mais aussi d’arrêtés municipaux issus d’élus de droite comme de gauche. À chaque fois, ou presque, le même scénario se reproduit : les cabanes sont encerclées à l’aube par la police, les affaires sont détruites et les habitants, sommés de quitter les lieux, trouvent dans une ville avoisinante un nouvel emplacement pour poser leurs bagages. 

 

Lors du démantèlement d'un campement à Villeneuve-d'Ascq le 9 août 2012. © Reuters 
Lors du démantèlement d'un campement à Villeneuve-d'Ascq le 9 août 2012. © Reuters

 

Arguant que les interventions sont décidées localement, le ministère de l'intérieur déclare ne pas disposer d’état des lieux centralisé. Pour tenter d'établir un premier bilan, Mediapart a collecté diverses notes de veille réalisées par des acteurs associatifs ou des militants sur le terrain.

Selon le décompte de Philippe Goossens, membre du bureau de l’Association européenne pour la défense des droits de l’homme, chargé de la question des Roms en Europe, 2 362 personnes ont été délogées au cours des deux derniers mois, parmi lesquelles 954 en juillet et 1 408 en août. Ce nombre « très élevé » n'intègre pas les 500 Roms évacués de Stains mercredi 29 août. Il se compare, indique-t-il dans un rapport qu’il vient de finaliser (le lire dans son intégralité), « aux pires moments vécus lors de l’été 2011, période pendant laquelle la campagne du pouvoir (précédent) était particulièrement virulente ». Il est nettement supérieur à celui de l’été 2010, quand cette population avait été stigmatisée au plus haut niveau par les représentants de l'État. « Les évacuations forcées n’ont pas débuté soudainement avec le discours de Grenoble, elles se produisaient depuis longtemps, rappelle-t-il, mais leur nombre a marqué une nette augmentation ensuite. » 

Deux ans plus tard, en juillet et en août 2012, le responsable associatif répertorie la présence de 185 enfants parmi les “évacués” et recense 389 obligations de quitter le territoire français (OQTF), chiffre qu’il estime en deçà de la réalité, la délivrance de ce type de document « n’étant que sporadiquement rapportée ». Les expulsions du territoire n’ont pas cessé non plus : deux charters sont partis de Lyon, l’un le 5 juillet et l’autre le 9 août, à destination de Bucarest avec 343 personnes à bord.

Ces données, Philippe Goossens, auteur du livre Les Roms, dignité et accueil (L'Harmattan, 2011), les compulse depuis début 2010 à partir de témoignages directs ou rapportés par des soutiens, d’articles de presse et de communiqués et les publie tous les trois mois. Elles ont été recoupées et seules les plus fiables ont été retenues, insiste-t-il, tout en reconnaissant qu’elles ne constituent qu’une estimation. Des évacuations, effectuées en toute discrétion, ont pu échapper à l’attention des médias, tandis que des personnes sont susceptibles d’être comptabilisées plusieurs fois lorsqu’elles font l’objet de plus d’une expulsion. Dans un tableau récapitulatif, chaque source est recensée, accompagnée entre autres du lieu, de la date et du nombre de personnes concernées.

 

« Sur le terrain, rien n'a changé par rapport aux années précédentes »

Blogueur à Mediapart, Philippe Alain, basé à Lyon et investi auprès des Roms de sa ville, aboutit à un décompte analogue. Selon lui, pour le seul mois d'août, environ 1 300 personnes ont été contraintes de quitter leur lieu de vie, sans compter celles qui ont été expulsées par charter. « Avec la fin du mois de juin et du mois de juillet, on atteint nécessairement les 2 000 », indique-t-il. Au sein de l’équipe du collectif Romeurope, une chronologie a été élaborée. Elle est tout aussi éloquente, regroupant les évacuations par région. Elle liste aussi les multiples menaces pesant sur des terrains en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne, à Paris, dans le Languedoc, dans le Nord, en Lorraine et en Loire-Atlantique.

 

150 personnes ont été évacuées lors de l'expulsion du campement de Villeneuve-d'Ascq. © Reuters 
150 personnes ont été évacuées lors de l'expulsion du campement de Villeneuve-d'Ascq. © Reuters

 

« Je suis surpris et choqué par ces pratiques de la part d’un gouvernement socialiste », affirme Philippe Goossens. « Sur le terrain, poursuit-il, rien n'a changé par rapport aux années précédentes. Les méthodes policières sont identiques, les CRS viennent en masse pour les expulser. Même quand il y a des femmes et des enfants, ils arrivent harnachés avec leur équipement et font peur à tout le monde. Parfois, ils font des tours plusieurs jours avant pour les inciter à partir d’eux-mêmes, ça peut prendre la forme de harcèlement. Après leur passage, vers 10 heures, les bulldozers débarquent et rasent tout, c’est pour cela que certains occupants préfèrent partir avant. Les associations ont beau crier, elles sont impuissantes. »

À propos des propositions de relogement, il est particulièrement critique : « Il n’y en a pas plus qu’avant et quand il y en a, elles séparent en général les familles en étant destinées uniquement aux femmes accompagnées d’enfants en bas âge dans un hébergement d’urgence pour quelques jours. Pour cette raison, elles sont très souvent refusées par les personnes concernées. »

Sur cet aspect, la circulaire évoquée en début de semaine par la ministre de l’égalité des territoires et du logement, Cécile Duflot, est attendue avec impatience par les défenseurs des droits des Roms. Selon son cabinet, ce texte en cours de signature auprès des ministres concernés devrait permettre de coordonner « très en amont » les actions des préfets, des collectivités locales, avec celles des familles et des associations. Un diagnostic individualisé devrait être établi dès l’installation d’un campement avec pour mission de dénombrer les personnes présentes, leur situation et leurs besoins. Les services de l’État seraient mobilisés afin de proposer des solutions en matière éducative, sanitaire et de logement.

« Pour l’instant, ce que l’on constate, c’est que les expulsions se poursuivent au quotidien », regrette Patrick Delouvin, responsable du pôle France à Amnesty international, qui refuse néanmoins toute comparaison avec le quinquennat précédent. « On en est quand même très loin dans le discours, ainsi que dans les engagements », ajoute-t-il.

Il fait référence à la principale annonce du gouvernement à l’issue de la réunion interministérielle convoquée à la demande des associations qui souhaitaient que le ministère de l’intérieur ne gère pas seul le dossier : l’« assouplissement » des conditions d’embauche des Roumains et Bulgares, qu’il considère comme un « premier pas dans la bonne direction ».

Coordinateur du collectif d'associations Romeurope, Malik Salemkour, également vice-président de la Ligue des droits de l’homme, déplore la « flambée » des expulsions « fin juillet et début août » liée, selon lui, au fait que les préfets, en l'absence de consignes claires et « confortés par les déclarations de fermeté de Manuel Valls », ont continué à agir comme si de rien n'était. Mais lui aussi juge la situation actuelle incomparable à celle observée en 2010 et 2011 :

« On a tout d’abord obtenu du premier ministre que le sujet ne soit pas accaparé par le ministère de l'intérieur et qu’il soit resitué à l’échelon européen. Certes, la levée partielle des mesures transitoires sur le travail est insuffisante dans la mesure où ont été maintenues les tracasseries administratives liées à l'obligation pour les Roumains et les Bulgares d’obtenir une autorisation de travail et un titre de séjour. Mais il faut se souvenir de la politique du chiffre et des propos stigmatisants et parfois racistes tenus lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy par le président lui-même, des membres du gouvernement et des élus de la majorité. »

Il veut croire que les préfectures sont prêtes à modifier leurs pratiques. Des réunions ont eu lieu en amont des démantèlements à Lille, Nantes, Lyon et Marseille. Jusqu’à présent pour aboutir au même résultat : l’expulsion avec des propositions de relogement a minima.

 

 

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 16:47

 

 

Mediapart s'est procuré une première mouture du projet de « loi organique relative au pilotage des finances publiques ». Ce texte de six pages est la traduction dans les lois budgétaires françaises du traité « sur la stabilité, la coordination et la gouvernance » (TSCG), déjà ratifié par onze pays, qui renforce la discipline et introduit une règle d’équilibre budgétaire, la fameuse règle d'or : pas plus de 0,5 % de déficit « à moyen terme ». Un traité controversé, puisque les écologistes et une partie du PS menacent de ne pas le ratifier, tandis que le Front de gauche votera non et réclame un référendum. De son côté, Jean-Marc Ayrault met la pression sur sa majorité pour qu’elle l'adopte. Or ce texte, s'il reste en l'état, pourrait être tout aussi décrié dans les prochaines semaines.

Ce projet de loi organique sera soumis au vote des parlementaires début octobre, en même temps que le traité proprement dit. Dans la même séquence, les parlementaires auront par ailleurs à se prononcer sur la déclaration de politique européenne de Jean-Marc Ayrault et sur un autre texte, rappelant les objectifs du gouvernement en matière de réduction des déficits publics. François Hollande s’est en effet engagé pendant la campagne à ramener le déficit public à 3 % fin 2013 et à l’équilibre en 2017. Un objectif sur lequel l’exécutif n’entend pas revenir pour l’instant, alors même que la croissance en 2013 devrait être beaucoup plus faible qu’espéré – 0,5 % selon plusieurs économistes, contre 1,2 % prévu par le gouvernement.

 

 

Cliquer sur l'image pour afficher la première version du projet de « loi organique relative au pilotage des finances publiques ».

 

En août, le Conseil constitutionnel a considéré qu’il n’était pas nécessaire de réviser la Constitution pour faire adopter le TSCG, ce traité voulu par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel que François Hollande n’a pas réussi à renégocier fin juin, même s'il a obtenu 120 milliards d'investissements pour la relance de l'économie européenne (lire ici et nos décryptages).

Ces dernières semaines, le ministère du budget a donc planché sur un projet de loi organique pour traduire dans le droit budgétaire français les orientations du traité. C’est ce texte, issu des services de Bercy et daté de la mi-août, que nous publions. Il ne s’agit pas d’une version définitive. D’ici au 19 septembre, date de sa présentation en Conseil des ministres, le texte pourrait donc subir des modifications. 

« Ce n'est pas du tout le texte définitif, assuraient mercredi les services du premier ministre. Le texte n'est pas finalisé, pas stabilisé, il n'a même pas été transmis au Conseil d'État. Nous mettons en œuvre les engagements européens et il reste à les traduire juridiquement et techniquement. » De son côté, le ministère du budget n'a pas souhaité faire de commentaires. Selon nos informations, une réunion sur le sujet a eu lieu mardi 28 août à Matignon. Et une autre était prévue mercredi 29 août à l'Élysée.

Car certains ministres ont vu rouge en découvrant à leur retour de vacances le projet élaboré par les services du Budget, connus pour leur orthodoxie en matière des finances publiques. Dans sa version actuelle, le texte encadre en effet plus sévèrement l’évolution des finances de l'État, des collectivités locales et des organismes de sécurité sociale. « C’est plutôt hard, notamment pour les collectivités locales », commente un conseiller, sous couvert d’anonymat.

D'autant que des dispositions qui ne figurent pas explicitement dans le traité européen ont été ajoutées. Ainsi, le gouvernement devrait proposer des « mesures de correction » si le « solde structurel » des finances publiques s'écarte de l’objectif défini d'« au moins 0,5 % du PIB sur une année donnée, ou au moins 0,25 % du PIB par an en moyenne sur deux années consécutives ».

Par ailleurs, un « Haut Conseil aux finances publiques » serait créé. Cet « organisme indépendant » serait « présidé par le premier président de la Cour des comptes ». Il serait chargé d'intervenir « tout au long du débat budgétaire », notamment en rendant publics des « avis ». Or la Cour des comptes plaide pour une rigueur extrême pour réduire les déficits.

 

« Veut-on que le malade meure guéri » ?

Tel qu’élaboré par Bercy, le projet de loi organique est découpé en trois « chapitres ».

  • Le premier édicte une série de « dispositions » pour les lois de finances et les lois de programmation des finances publiques, ces textes dans lesquels la France précise depuis 2008 ses objectifs pluriannuels de réduction des déficits. 

« Les lois de programmation des finances publiques fixent, pour une période d’au moins trois ans, l’objectif à moyen terme des administrations publiques », « sous la forme d’un solde structurel annuel », dont les modalités de calcul sont précisées. Un objectif d« effort structurel » à fournir par l’administration serait donc défini et « décompos(é) par sous-secteur des administrations publiques ». Autrement dit, des objectifs très précis pourraient, « à titre indicatif », être fixés à l’État, aux organismes de sécurité sociale et aux collectivités territoriales. Par ailleurs, les lois de programmation des finances publiques fixeraient un « montant maximal » annuel pour les crédits du budget de l’État ou les versements de l’État aux collectivités territoriales ou à l’Union européenne, etc.

De même, seraient déterminés un « objectif des dépenses des régimes obligatoires de base de sécurité sociale, ainsi que l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie de l’ensemble de ces régimes ». Les « plafonds de crédits » de l’État devraient être déterminés pour « au moins » trois ans.  Enfin, les lois de programmation « peuvent comporter des dispositions » plus contraignantes, indique le pré-projet, « encadrant les dépenses, les recettes, le solde ou le recours à l’endettement de tout ou partie des administrations publiques ».  Chaque année, les lois de finances seront l’occasion de vérifier le « respect annuel de la trajectoire ».

« La référence aux collectivités locales et à la Sécurité sociale est vraiment insistante, constate ce proche d’un ministre. Ce texte marque potentiellement une sacrée prise de contrôle sur les finances locales. Est-on vraiment obligé d’aller aussi loin ? » « Ça pose une vraie question de fond, car la libre administration des collectivités territoriales est un principe constitutionnel », s'inquiète un élu qui a eu connaissance des projets de Bercy.

  • Le projet de loi créerait aussi un « Haut Conseil des finances publiques » pour contrôler la réduction des déficits publics.

Cet « organisme indépendant », mentionné par le traité — qui évoque des « institutions chargées, au niveau national, de vérifier le respect des règles » — serait « placé auprès de la Cour de comptes » et « présidé par le Premier président de la Cour des comptes », actuellement l’ancien député socialiste Didier Migaud. Il serait composé de huit membres, « nommés à raison de leurs compétences » pour un mandat de six ans « non renouvelable». « Ils ne sont pas révocables », précise le texte, qui insiste sur leur « indépendance ». Pourtant, ils seront bel et bien nommés par le pouvoir : quatre d’entre eux par le président de la République « après avis des commissions du Parlement compétentes », deux par le président de l’Assemblée nationale et du Sénat. Le Haut Conseil serait en réalité composé de deux instances, formées de quatre membres chacune : un « conseil des prévisions macroéconomiques » et un « conseil budgétaire ».

D’après le projet de texte, ce Haut Conseil aurait à l’avenir son mot à dire sur des aspects fondamentaux de la politique économique. D’abord parce qu’il lui reviendrait d’« agréer les prévisions économiques » sur lesquelles se fondent les lois de finances et des lois de programmation pluriannuelles. Mais aussi parce qu’il serait censé intervenir « tout au long du processus budgétaire » en émettant des « avis » sur la trajectoire de réduction des déficits. Véritable gardien du temple de la réduction des déficits, il pourrait « alerter publiquement le gouvernement et le Parlement sur l’éventuelle nécessité de déclencher un mécanisme de correction » pour revenir dans les clous. Il serait aussi « saisi » par le gouvernement avant chaque budget pour rendre un avis sur les prévisions économiques et sur le respect des engagements de réduction des déficits. C’est à lui, enfin, qu’il reviendrait de déterminer si des « circonstances exceptionnelles » dispensent la France de tenir ses engagements de réduction des déficits. Les « périodes de grave récession économique » sont citées parmi les « circonstances exceptionnelles ».

D’ores et déjà, cette nouvelle instance suscite quelques inquiétudes : « Est-il bien nécessaire de créer un nouveau comité Théodule ? La Cour des comptes certifie déjà les comptes chaque année. C’est une façon de mettre le Parlement sous tutelle et d’atténuer la responsabilité du gouvernement devant le Parlement », juge une source gouvernementale. « J'attends des précisions sur la composition, car il faut espérer que ce ne sera pas une émanation directe de la Cour des comptes », s'inquiète un élu de la majorité.

  • Enfin, le texte précise le fameux « mécanisme de correction automatique », prévu par le traité européen en cas de divergence avec les objectifs de réduction des déficits. 

Là encore, le Haut Conseil jouerait un rôle clé, puisque c’est à lui qu’il reviendrait de tirer la sonnette d’alarme si l’écart entre l’objectif prévu dans les lois pluriannuelles et les économies effectivement réalisées est trop « important ». Mais le critère retenu pour juger qu’un écart est « important » semble assez restrictif, surtout en période de conjoncture économique atone. « Un écart est jugé important (…) lorsqu’il représente au moins 0,5 % du PIB sur une année donnée, ou au moins 0,25 % du PIB par an en moyenne sur deux années consécutives. » En cas de divergence trop grande, le gouvernement devra alors « expose(r) les raisons de ces écarts et les mesures de correction proposées ». Cette dernière règle, qui n’est pas explicitement prévue dans le traité, suscite dans les ministères bien des interrogations.

« En a-t-on vraiment besoin ? se demande un élu. Tout le monde sait que la croissance sera bien plus faible que prévu et que les 3 % en 2013, c’est irréaliste, à moins de provoquer un choc récessif. Veut-on vraiment que le malade meure guéri ? » Pour lui, il est donc urgent « d’adoucir la pente », à l'heure où la croissance cale et le chômage explose. D'autant qu'à La Rochelle, Jean-Marc Ayrault a promis qu’il ne serait « pas le premier ministre de l’austérité ».


Ajout : mardi  à 19h50, la réaction de Bercy et de Matignon.

Précision: mercredi à 12 heures. En référence au « Haut Conseil des finances publiques», plusieurs lecteurs m'ont signalé par mail ou sur les réseaux sociaux que le traité européen mentionne bel et bien « des institutions chargées, au niveau national, de vérifier le respect des règles » de déficit. L'article a donc été modifié en conséquence pour tenir compte de ces remarques pertinentes. Reste que ce futur Haut Conseil, dont l'instauration a été confirmée jeudi matin par Pierre Moscovici dans Les Echos, suscite d'ores et déjà des interrogations, notamment quant à sa composition.


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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 16:33

 

Marianne - Jeudi 30 Août 2012 à 05:00

 

Super No
Quadra d’origine lorraine, travailleur de l’informatique, et écologiste tendance... En savoir plus sur cet auteur

 

Superno a lu «L'Empire de la honte» de Jean Ziegler. Comme lui, notre blogueur associé trouve ridicule l'expression «garder la confiance des marchés» qui n'est rien d'autre, selon lui, que la traduction de la soumission des peuples aux désirs des «banksters».

 

(Jean Ziegler, 2011 - BALTEL/SIPA)
(Jean Ziegler, 2011 - BALTEL/SIPA)
C’est la rentrée ! Il est donc plus que temps d’interrompre ma longue léthargie estivale….

Sur France Inter hier matin, ça démarrait fort : ils avaient invité Jean-Claude Trichet, cet odieux nabab qui n’a pas son pareil pour te faire sentir qu’il fait partie des Maîtres du Monde, alors que toi, pauvre déchet, déjà que tu ne comprends rien à la finance, tu devrais t’estimer heureux qu’il daigne te parler afin de tenter de te sortir de ton ignorance crasse.

Il n’a pas fallu dix minutes pour rentrer dans le vif du sujet : à la question bateau de Patrick Cohen, du style : « Mais ne pensez-vous pas que plonger l’Europe dans le marasme et la récession soit un remède pire que le mal ? » L’autre, bouffi de ses certitudes, ne se démonte pas, et répond froidement que non, bien au contraire, que c’est exactement ce qu’il faut faire, puisque c’est la seule solution pour que les pays qui « dépensent plus que ce qu’ils gagnent » (quel mépris ! il aurait été plus honnête et pertinent de dire « dont mes potes Maîtres du Monde ont asséché toutes les recettes pour les obliger à supprimer l’État ») regagnent « la confiance des Marchés » (Rhââââĥ !)

Il se trouve que lors de ces vacances, j’ai notamment lu un livre (“l’Empire de la Honte” de Jean Ziegler ) dont « la confiance des marchés » est un des thèmes principaux. L’auteur, bien connu ici, fut jusqu’en 2008 « rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation », du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. En clair, chargé de faire en sorte que le moins possible de personnes et particulièrement d’enfants meurent de faim dans le monde. Il a la particularité rare d’avoir osé dénoncer les multinationales (de l’agroalimentaire et de la pharmacie notamment) qui ont démontré que la mort de milliers d’enfants leur importait moins que les bénéfices qu’ils ramenaient à leurs actionnaires.

« Banksters »

Ce livre est totalement consacré aux effets catastrophiques de la dette (et des remèdes de cheval mis en œuvre pour la résorber) sur les peuples du « Tiers Monde ». Mis devant l’obligation de rembourser une dette souvent odieuse (c’est à dire contractée sans raison valable et souvent par corruption des dirigeants des pays concernés),  « réorganisés » par le FMI qui brade aux multinationales les ressources du pays, obligés de vendre leurs matières premières (café, cacao…) à un prix qui ne leur permet pas de vivre, mais devant acheter des machines ou des services au prix fort à d’autres multinationales, les États n’ont plus un radis à consacrer aux pauvres, même lorsqu’ils meurent de faim par centaines de milliers.

Citons Ziegler :

« S’il est une expression qui m’a toujours révulsé, c’est bien celle de “confiance des marchés”. Pour ne pas être attaqué, dévasté, mis à genoux par le capital financier mondialisé, un peuple doit – par sa conduite économique – gagner la “confiance des marchés".

Mais comment mérite-t-on cette
“confiance” ? Tout simplement en se soumettant corps, esprit et âme au diktat des cosmocrates. C’est à cette condition, et à cette condition seulement, que les maîtres de l’empire de la honte concèdent leur collaboration aux peuples prolétaires. »

Ça ne vous rappelle rien ?

Jean Ziegler détaille ensuite comment ces maîtres de l’empire de la honte ont dézingué Salvador Allende au Chili. Cet irresponsable cuistre n’avait rien trouvé de mieux que de prendre des mesures de Gauche (nationalisation des mines de cuivre, réformes sociales, impôt sur les sociétés transcontinentales…), il fallait agir.

Le complot impliquait la société ITT, aujourd’hui éclatée en morceaux mais qui était à l’époque la plus grosse multinationale du monde, des trusts miniers, les politiciens (Nixon, Kissinger), la CIA… Chacun sait comment Allende fut assassiné le 11 septembre 1973, 3 ans après son arrivée au pouvoir.

Ziegler conclut :

« Salvador Allende et son Unité populaire n’avaient pas su gagner la “confiance des marchés”

On sait aussi comment Allende fut remplacé par la dictature militaire de Pinochet, un gars raisonnable qui allait permettre l’éclosion du néolibéralisme, notamment en ramenant à la raison tous ceux qui auraient eu l’outrecuidance de contester le système d’une manière ou d’une autre. Mais qu’importent la torture et les assassinats, puisque les marchés étaient en pleine confiance… C’est bien le principal, non ?

Autre exemple, d’autant plus parlant qu’il est chronologiquement beaucoup plus proche. Il s’agit de l’attitude par rapport à la dette de l’emblématique ex-président brésilien Lula. Un vrai mec de Gauche, sur le papier. Pas un Hollande. Un prolétaire, un vrai. Né dans une famille nombreuse d’ouvriers agricoles, et qui a personnellement connu la famine. « Monté » à la ville, vivotant de misérables boulots dans la rue. Devenu ouvrier de l’automobile, puis syndicaliste, avant de fonder le PT (Parti des travailleurs), qui l’amènera au pouvoir.

Certains savaient avant 1981 que Mitterrand n’était pas de Gauche, et qu’il trahirait. Ils avaient raison.
Aujourd’hui, tout le monde ou presque sait bien que Hollande n’est pas de gauche, sinon de la trop fameuse « gauche de droite », et qu’il trahira. Une bonne partie de ceux qui ont contribué à son élection n’ont voulu qu’éviter la prolongation de cette mascarade que fut le sarkozysme.

Mais Lula était insoupçonnable.

Lula a été élu en 2002, après deux décennies de dictature militaire, suivies par une période presque aussi longue d’un pouvoir de droite libérale vendu aux banksters.

Cette période est décrite dans les manuels d’histoire-géo comme « le miracle économique brésilien ». Les représentants de l’empire de la honte font acheter aux généraux brésiliens un arsenal dantesque, sous le prétexte, 1000 fois réutilisé ici ou là depuis, de « Sécurité Nationale ».

Pire, sous la conduite du ministre des finances Delfim Neto, cheval de Troie des banksters (comme on en trouve aujourd’hui en Grèce ou en Italie), le Brésil se dote d’une quantité phénoménale de grands équipements (routes, ponts, ports, matériel d’exploration pétrolière…), sans avoir le moindre sou pour les payer. Comme les armes, tout est acheté à crédit. Les militaires au pouvoir acceptent d’autant plus facilement qu’ils touchent des millions de commissions sur des comptes dans les paradis fiscaux.

Le changement, c’est maintenant ?

Pendant cette période, le Brésil massacre la forêt amazonienne en défrichant l’équivalent de deux fois la surface de la France. 90% de ces nouvelles surfaces sont concédés aux multinationales qui y feront pousser des hévéas pour leurs pneus ou du soja pour nourrir les vaches occidentales…

Trente ans après, à l’horizon 2000, le Brésil est exsangue, toutes ses richesses partent en « remboursement de la dette », et sa population, privée de toute aide sociale, meurt de faim par milliers. Des favelas monstrueuses se développent anarchiquement autour des grandes villes (que le Brésil tentera de cacher à la face du monde lors des Jeux Olympiques de 2016).

Que fait alors le gouvernement de droite ? Rien. Il promet aux banksters de « payer la dette ». Et restreint encore davantage le peuple.

Au contraire, dans la période pré-électorale, le parti de Lula fait de la défense du peuple son cheval de bataille. Il promet notamment un audit de la dette. Historique !

Son prédécesseur avait déjà bien tendu le rectum (enfin, celui de la population pauvre) en garantissant aux banksters un excédent budgétaire (« superavit ») minimal de 3,5%, destiné au remboursement de la dette !

Je précise qu’on parle bien ici d’excédent budgétaire ! En effet, tant que le bankster a confiance dans la capacité du pays créancier à honorer les échéances de sa dette, il se contente des nouveaux crédits que l’État doit contracter pour payer les anciens. Mais si le bankster commence à craindre pour ses pépètes, il se fait menaçant et exige le dégonflage de la dette, ce qui suppose un excédent budgétaire.

Avant même son arrivée au pouvoir, Lula est menacé de toutes parts, et doit donner des gages : non seulement il ne fera pas d’audit, mais le nouveau ministre des finances, Palocci, qui finira d’ailleurs par tomber en 2011 pour des faits de corruption datant de 2005 et 2006, augmentera le montant minimal de l’excédent à 4,25% !!! On peut difficilement faire plus parfait demi-tour et montrer plus clairement son allégeance aux banksters.

Par la suite, jamais Lula n’est revenu sur la dette. Il a préféré la payer, et continuer à défricher, à livrer ses terres aux multinationales avides.

Je refais un saut de dix ans, et je change de continent. Bienvenue en Europe, en 2012. Nos politiciens félons s’apprêtent à leur tour à tendre notre rectum aux banksters en gravant dans le marbre l’obligation d’une stupidité et d’un renoncement absolu, de ne pas faire plus de 0,5% de déficit.

Après avoir feint de le critiquer pendant la période électorale, Hollande et ses « socialistes » ont tourné jaquette et s’apprêtent maintenant à voter en l’état le « traité Merkozy », alias TSCG. En arguant d’un chimérique et grotesque « volet de croissance » qu’il aurait arraché à Merkel…

Ce traité félon, non content de plonger à coup sûr l’Europe encore plus profondément dans la récession, va définitivement délocaliser la conduite de notre économie à Bruxelles, sous la férule de la sinistre Troïka (Commission, BCE, et le sempiternel affameur des peuples, le FMI de DSK et de Lagarde) et la mettre sous la coupe des banksters, qui ne se priveront pas de piller et mettre en pièces nos derniers Services Publics et prestations sociales.

Pas de vraie surprise, on se souvient de François Hollande se rendant à Canossa Londres pour regagner la « confiance des marchés » en perdition après quelques « débordement gauchistes », promptement remis dans le droit chemin.

On n’a rien à gagner à se soumettre à ces gredins. Il ne devrait y avoir qu’un seul mot d’ordre : résistance ! En ne perdant pas de vue que ces gens sont dangereux et ne reculeront devant rien. En Grèce, ils ont déjà baissé les salaires des fonctionnaires de 30%, comme les retraites. Et ce n’est qu’un aperçu de leurs capacités de nuisance. Le sort réservé à Allende ou aux victimes de Pinochet en témoigne, tout comme les millions d’enfants morts de faim, victimes des banksters, du FMI et des multinationales de l’agroalimentaire ou de la pharmacie.

Pour résister, on n’a que le parti « socialiste ». Quelle dérision ! On dirait que son seul but est de susciter l’espoir avant de trahir, foirer, et de faire le lit de la droite, dont les crocs s’affûtent déjà à l’horizon de 2017. Vous les entendez, les Fillon, les Copé, sans oublier Sarkozy, qui pourraient s’imposer comme un recours ? Ces cyniques amis des milliardaires qui, s’appuyant sur l’échec de la « gauche », n’auraient plus qu’à finir le boulot des banksters par une « politique de droite » ?

Le nucléaire, les Roms, le TSCG et la « confiance des marchés »… La coupe est déjà pleine. Le changement, c’est maintenant, mais c’est où ?

 

«Garder la confiance des marchés», drôle d'idée...
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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 16:25

 

Jeudi 30 Août 2012 à 05:00

 

Mathias Destal et Hervé Nathan - Marianne

 

Pour l’ouverture de l’université d’été du Medef, mercredi 29 août, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a prononcé un long discours destiné à rassurer le patronat. Une opération séduction rondement menée au prix de concessions appréciées.

 

(Jean-Marc Ayrault est le premier chef de gouvernement à sonner la rentrée du Medef depuis sa création, en 1998 - Jacques Brinon/AP/SIPA)
(Jean-Marc Ayrault est le premier chef de gouvernement à sonner la rentrée du Medef depuis sa création, en 1998 - Jacques Brinon/AP/SIPA)
Jean-Marc Ayrault est allé à Canossa. Pour le premier jour de l’université d’été du Medef organisée sur le campus d’HEC, à Jouy-en-Josas, du 29 au 31 août, le Premier ministre s’est fendu d ’un discours  de plus de trois quarts d'heure destiné à nouer une relation positive, forte, durable avec le patronat. 
 
«Il nous a fait une déclaration d’amour», plaisante Geoffroy Roux de Bézieux, président de Virgin Mobile et vice-président de la fédération des Télécoms. Et pour marquer un peu de malice, il ajoute «avec son charisme habituel». Car de l’avis général, le Premier ministre a en effet réussi à être aussi ennuyeux que lors de son discours de politique générale devant l’Assemblée. 
 
Cela baille ferme dans la salle et les applaudissements sont juste polis. «Jean-Marc Zéro, le premier ministre qu’il vous faut», brocardait, vachard, un membre du Medef. «C’était de la langue de bois totale, persifle le patron d'une entreprise spécialisée dans l’achat et la revente d’or et président de la chambre syndicale des négociants d'or, Gilles Rebibo. Il peut nous draguer autant qu’il veut mais c’est comme avec une femme, on a beau la séduire merveilleusement bien, elle attend des preuves de sincérité.»
 
Le Premier ministre en a fait des tonnes dans l’appel aux patrons, qui avaient fait savoir dans des rencontres précédentes qu’ils projetaient de ne pas se rendre aux négociations sociales si le gouvernement socialiste ne revenait pas à de meilleurs sentiments envers les entrepreneurs.

«L’accident de juillet est clos»

Le Medef n’a pas digéré que la négociation engagé sur la compétitivité et l’emploi sous Sarkozy soit balancée aux oubliettes. «C’est dans un esprit d’ouverture et de confiance que je viens devant vous, attentif aux difficultés que vous rencontrez et à vos propositions», a lancé Jean-Marc Ayrault devant les chefs d’entreprise à l’affût de la moindre maladresse. 
 
Se sachant attendu au tournant, Ayrault a pris soin de n’aborder aucun sujet susceptible de fâcher l’auditoire. Rien sur la taxation des revenus supérieurs à 1 million d’euros, rien non plus sur les licenciements boursiers, rien sur la pénalisation des entreprises qui abusent de la précarité… Non, l’objectif est tout autre : affirmer la volonté du gouvernement de surmonter les défis économiques qui attendent le pays au côté des entreprises et de leurs cadres dirigeants.
 
Le poing socialiste a donc bel et bien été tendu en direction des chefs d’entreprise, «en première ligne dans l’effort de redressement de notre pays». Ainsi Jean-Marc Ayrault a-t-il évoqué la future réforme fiscale qui, assure-t-il, «visera à améliorer le financement de l’économie, l’investissement et la compétitivité des entreprises.» Dans l’amphithéâtre, les participants opinent du chef, satisfaits.
 
«Pour peser en Europe et dans le monde, la France doit redevenir durablement compétitive», poursuit-il. Pour cela, pas question, «d’ajouter de nouveaux freins à la conduite des entreprises». L’opération séduction atteint son apogée.
( WITT/SIPA)
( WITT/SIPA)

 

Le passage sur le financement de la protection sociale conclut l’opération : «Il ne doit plus peser aussi fortement sur le travail (…) Nous définirons, début 2013, un nouveau modèle de financement, plus favorable à la compétitivité des entreprises». Le Premier ministre, qui avait évité d’évoquer la question des coûts du travail en conclusion de la Grande conférence sociale de juillet, répare les dégâts. 
 
«Nous nous étions quittés en juillet, après la Grande conférence sociale, sur une mésentente, confie la patronne du Medef, Laurence Parisot, quelques instants après le discours de son invité. Les signaux de l’époque étaient très négatifs. Mais aujourd’hui, le discours est radicalement différent. L’accident de juillet est clos. Nous sommes dans une phase de travail et de bonne volonté de part et d’autre.»
 
Parisot est aux anges, ou presque. «Le discours du Premier ministre est important pour nous, mais cela dépasse le patronat et le Medef, confie-t-elle. Bien des orientations nous conviennent : la référence à la compétitivité, l’intégration européenne, l’objectif de ramener le déficit public à 3% du PIB, les négociations sur l’emploi et le marché du travail. Maintenant nous attendons la mise en œuvre. Les arbitrages ne sont pas faits. Le président de la République a des décisions difficiles à prendre. Nous sommes dans l’expectative. En octobre, nous serons fixés.» La centrale patronale devrait donc participer aux négociations sur l’emploi et la sécurisation des licenciements.
 
Satisfaite des signaux envoyés par le socialiste Ayrault, la présidente du Medef a toutefois relevé un oubli dans son discours, qui, selon elle, a son importance : «Le Premier ministre n’a jamais prononcé le mot flexibilité.» Encore un petit effort Monsieur le Premier ministre et le mariage sera définitivement scellé.
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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 21:38

 

 

 


 

De fil en aiguilles …

 

Arnaud Montebourg est un grand comédien. L'homme peut alterner les rôles et les masques. J'en avais décrit les grimaces le temps d'un meeting où il démontra son talent ! Cette fois, il a joué le grand jeu pour tromper son monde et gruger la presse dans son ensemble : «  Le Nucléaire est une filière d'avenir ! »

 

Fermons le ban et laissons les écologistes s'étrangler d'indignation. Ils ont voulu épouser le Parti Socialiste pour sa dot en oubliant qu'il fallait se coucher ensuite. Jérémiades bien hypocrites maintenant, tant pis pour eux, ils seront éternellement les cocus de ce mariage contre nature. Nous n'allons pas pleurer sur leur sort maintenant que la liste de mariage a été copieusement garnie de sièges et de postes...

 

C'est au peuple de gauche, celui qui n'a rien demandé pour les beaux yeux d'une rose fanée que nous venons ici remonter le moral en décryptant la communication complexe et ambiguë de notre prêcheur bourguignon. Le sieur Arnaud est un roublard qui se joue des mots comme des principes. Il a roulé tout le monde dans la farine radioactive en prononçant cette magnifique déclaration.

 

Le Nucléaire serait une filière. Retour au lexique de la métallurgie pour enterrer ce qu'on fait semblant d'adorer. Nous avons pu apprécier par le passé ce que les différents gouvernements français ont fait de l'industrie métallurgique pour comprendre le sort qu'il réserve à cette industrie de l'énergie à très hauts risques !

 

Une filière, nous dit l'homme qui est chargé de donner quelques tours de vis à une économie nationale bien mal en point. Nous n'en attendions pas moins de lui qu'il mette la main dans le cambouis pour refaire les pas de vis. Le seul problème c'est qu'il pensait prendre une tourne à gauche et que le bonhomme, pour faire plaisir à son ami Vals, a choisi au final une tourne à droite.

 

Une filière pour un pays qui file un mauvais coton, voilà qui démontre un sens de l'humour et de la répartie dont il faut féliciter le ministre du redressement national. Faute de redresser l'économie, à chaque phrase nous dressons l'oreille pour comprendre son astuce, trouver le calembour qui nous fera passer des vieilles ganaches pour des pouliches à saillir !

 

Alors, filière d'avenir, voilà la formule qui habille l'énergie nucléaire pour le quinquennat en cours. Cette énergie qui se voulait la source essentielle, quasiment unique de notre alimentation énergétique passe dans la bouche de ce prestidigitateur pour une petite succursale dans un plus vaste ensemble. Bravo monsieur le beau parleur, en une phrase, applaudie de tous, vous renvoyez l'atome à la portion congrue !

 

En examinant toutes les acceptions de ce terme équivoque, un observateur attentif découvre alors que la filière est aussi un outil destiné (e) à réduire la section d'un fil (électrique dans le cas présent) lors d'une opération au doux nom de tréfilage. Ce terme doit s'entendre par le mot que nous espérions tous : démantèlement. Notre orateur expert annonce la fin prochaine de l'énergie nucléaire en France en se faisant applaudir par les thuriféraires de celle-ci, c'est du grand art !

 

À quelques jours de la rentrée scolaire, placer toute l'armada d'EDF dans une voie de garage, une filière technique pleine d'un avenir incertain, voilà le sens réel de la proposition de notre conseiller d'orientation productiviste. Le Nucléaire n'est plus une priorité nationale, on lui consent un avenir, ce qui dans le langage politique est un enterrement de première classe.

 

Merci monsieur Montebourg. Voilà enfin des mots qui redonnent confiance au peuple de gauche qui a pensé, le temps d'un ralliement de circonstance à la gauche molle, vous avoir perdu pour un beau portefeuille. Vous ne renoncez plus à votre sixième République, vous venez d'en établir une démonstration remarquable !

 

Astucieusement sien.

 

Reçu cet avis éclairé par l'expérience sur le terme employé par nos brillant ministre :

 

Pour moi, métallurgiste, une filière, c'est la réduction de la section d'un fil.

Une ligne de tréfilage, c'est moche, ça baigne dans des vapeurs nauséabondes, dans la fumée, dans l'eau et autres matières grasses brûlantes, bref, c'est réducteur !!!


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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 21:29

 

http://www.cercledesvolontaires.fr/?p=2481

 

Benjamin Ball, figure emblématique des Indignés de France, répond aux questions du Cercle des Volontaires. Lors de cette interview, Benjamin Ball évoque l’évolution du mouvement, aussi bien en France qu’en Grèce, en Espagne et au Québec. Il préfère d’ailleurs l’appellation « Mouvement des Places » à celle de mouvement des Indignés.

Selon lui, le mouvement n’a pas pris plus d’ampleur en France, car la crise n’a pas encore assez touché les français : ces derniers n’auraient pas encore assez « mangé de cailloux », car le système social français encore en place les protège mieux qu’ailleurs des effets de la crise.

Il parle du problème de la représentativité, ainsi que du système pyramidal présent jusque dans les organisations politiques de gauche. Enfin, dans une analyse finalement assez proche d’internationalistes reconnus, il livre sa vision selon laquelle il faudrait « dépasser l’idée de la Nation ».

 

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