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Ils réagissent

Lundi 17 juin 2013 1 17 /06 /Juin /2013 19:42

 

 

 

Le Monde.fr

17.06.2013 à 15h32 • Mis à jour le 17.06.2013 à 15h33 | Par Anne Michel
 
 
Une coalition d'ONG anti-corruption a affrété deux drakkars au large du G8 de Lough Erne (Irlande du Nord) pour réclamer des actions fortes contre les paradis fiscaux.

Lough Erne (Irlande du Nord), envoyée spéciale.

Lundi matin, alors que s'ouvrait le sommet des chefs d'Etat du G8 à Lough Erne, dans le comté de Fermanagh en Irlande du Nord, le très paisible lac bordant le centre de presse international installé à une heure de route de là, a été le théâtre d'une drôle de manifestation nautique. Deux bateaux vikings affrétés par une coalition d'ONG internationales anti-corruption (One, Oxfam, Save the children...), avec à leur bord des militants affublés de "grosses têtes" grimaçantes à l'effigie de Barack Obama, d'Angela Merkel, de François Hollande, de Vladimir Poutine et des autres dirigeants du G8, ont longé les rives du lac, pour réclamer des actions fortes contre les paradis fiscaux.

Sur les voiles carrées des embarcations enserrés par une flottille de zodiacs et de hors-bord de la police d'Irlande du Nord, deux injonctions en grosses lettres : "mettez fin à l'évasion fiscale" ; "de la nourriture pour tout le monde"... Selon les estimations de l'ONG Oxfam, en effet, le manque à gagner lié à l'évasion et à la fraude fiscales internationale des particuliers atteindrait 156 milliards de dollars! Le double de la somme nécessaire pour éradiquer la pauvreté dans le monde, et donc la faim. Près de la moitié des richesses dissimulées offshore le sont dans des paradis fiscaux adossés dans des pays du G8.
 

 "INCLURE LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT"

"Les négociations ont été serrées, mais on a finalement obtenu les autorisations, les militants ont dû partir de la rivière en amont de la petite ville d'Enniskillen et ça fait trois heures qu'ils rament, déclare Sébastien Fourny d'Oxfam. On est là pour demander au G8 d'inclure les pays en voie de développement dans l'échange automatique de données fiscales et de ne pas s'organiser juste entre pays riches. Et on veut de vrais registres publics des sociétés offshore, pas des registres privés comme le propose Cameron !"

Sur les bords du lac, des journalistes de tous pays étaient descendus pour suivre les évolutions d'un ballet nautique pacifique et bon-enfant, ravis d'être ainsi divertis de la longue attente qui caractérise les sommets internationaux, ponctués par des départs au compte-goutte pour le complexe hôtelier de Lough Erne, pour des conférences de presse ou des "briefings" avec les chefs d'Etats. Les représentants des forces de police affectées au centre de presse esquissaient eux aussi des sourires amusés.

À la question (brûlante) sur le rapport entre les vikings et l'évasion fiscale - leur route serait-elle précisément passée par le petit village d'Enniskillen ? - la représentante d'une ONG répondait avec un certain détachement : "Ah, cela ? Rien... Juste pour le fun...plutôt sympa, n'est-ce-pas?"

Anne Michel

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Lundi 17 juin 2013 1 17 /06 /Juin /2013 18:49

 

Le Monde - Blog

Depuis plusieurs mois, de multiples retours m'ont été faits sur l'inégale répartition territoriale des agents de Pôle emploi. Pour étayer ce sujet, je demande depuis le début de l'année à Pôle emploi de me fournir les chiffres détaillés de la taille des "portefeuilles" de chômeurs par conseiller et par agence.

Ces données sont facilement accessibles sur le logiciel interne de Pôle emploi. Le 26 juin 2012, Pôle emploi a d'ailleurs publié la taille moyenne sur l'ensemble du territoire. En moyenne un conseiller suit 161 chômeurs à Pôle emploi. Mais dans certaines agences, ce chiffre monte jusqu'à 500. Depuis le 26 juin 2012, Pôle emploi n'a jamais publié de mise à jour de ce chiffre.

 

>> Lire : Pôle emploi en grève à Saint-Denis : « On suit jusqu’à 500 chômeurs chacun »


Il suffirait à la direction de faire une extraction de ces données sur les mille agences françaises et de me fournir un tableau. Pôle emploi est un organisme public et est soumis à l'obligation de communiquer ses données à n'importe quel citoyen qui le demande.

Après de nombreuses demandes faites de manière formelles et informelles, la direction de Pôle emploi m'a régulièrement répété qu'elle me fournirait ces données, en repoussant systématiquement l'échéance. Mercredi 12 juin, lors d'un colloque organisé à Sciences Po, j'ai à nouveau demandé, notamment au directeur de Pôle emploi, s'il pouvait s'engager dans une démarche de publication de ses données. La réponse qui m'a été faite est visible en ligne sur cette vidéo. (voir ici)


Jean Bassères n'a donc visiblement aucune intention de me fournir ces données. A ma demande, formulée juste après la conférence, de me fournir également les indicateurs de performance de Pôle emploi calculés régulièrement pour être fournis à l'Unedic, M. Bassères m'a affirmé "qu'il verrait, mais que ces chiffres sont compliqués à lire". Le refus de publier ces données (qui sont calculées régulièrement par le service statistique de Pôle emploi), ne semble reposer sur aucun cadre légal.

C'est pourquoi Le Monde a décidé de saisir la commission d'accès aux documents administratifs (CADA). La CADA est une institution indépendante chargée de faire appliquer la loi du 17 juillet 1978 qui "reconnaît à toute personne le droit d'obtenir communication des documents détenus dans le cadre de sa mission de service public par une administration".  A l'heure où le chômage explose, refuser de publier des données aussi cruciales pour les chômeurs et plus largement pour les citoyens français, nous semble en effet inexplicable. Je tâcherai de rendre compte sur ce blog des suites de cette démarche.

 

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Vendredi 14 juin 2013 5 14 /06 /Juin /2013 17:51

 

Le Monde.fr

13.06.2013 à 10h29 • Mis à jour le 13.06.2013 à 12h26

 

Par Martine Valo

 
 
Une plage de Saint-Michel-en-Grève, recouverte d'algues vertes, en août 2009.

La France, empêtrée dans les problèmes de pollution agricole qui contamine ses cours d'eau, vient d'être condamnée par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Cette dernière a rendu, jeudi 13 juin, un arrêt qui constate les "manquements" chroniques de Paris. Cette décision est un prélude à une possible amende de plusieurs dizaines de millions d'euros, voire à des astreintes journalières qui alourdiraient considérablement le montant réclamé.

Il s'agit de la vieille affaire des nitrates et de l'incapacité de Paris de se mettre en conformité avec une directive européenne de 1991. Ce contentieux porte précisément sur la sous-estimation des "zones vulnérables" qu'il faudrait impérativement protéger, autrement dit sur le manque d'autorité de l'Etat pour faire respecter les bassins versants dont les teneurs en nitrate dépassent déjà les 50 milligrammes par litre. La CJUE prépare en outre un deuxième rappel à l'ordre, qui devrait dénoncer d'ici à fin 2013 la frilosité des programmes pour redresser la situation dans ces mêmes zones.

L'excès d'azote minéral et organique – essentiellement d'origine agricole – entraîne, une fois transformé en nitrates, l'eutrophisation des rivières et nourrit le phénomène des proliférations d'algues vertes. Le problème est plus large cette fois : les zones vulnérables concernent 55 % des surfaces agricoles selon l'état des lieux révisé fin 2012. La liste actuelle englobe 19 000 communes. Les porte-parole de l'agriculture intensive se sont récriés contre ce classement soi-disant excessif, et la FNSEA a déposé plusieurs recours devant les tribunaux. A Bruxelles, c'est la cartographie précédente, celle – peu réaliste – de 2007, qui est dénoncée comme insuffisante.

 

"FAIBLESSE DE LONGUE DATE"

 La ministre de l'écologie Delphine Batho estime que l'arrêt de la CJUE "sanctionne une faiblesse de longue date", autrement dit le manque d'empressement de ses prédécesseurs car une délimitation plus réaliste des zones vulnérables aurait dû être faite fin 2011. "J'ai l'intention de rencontrer rapidement la Commission européenne pour présenter notre programme d'action, annonce-t-elle. Il va falloir davantage que de la bonne volonté pour convaincre Bruxelles et éviter une lourde condamnation pour manquement sur manquement." Cette procédure-là est redoutable puisqu'elle risque d'entraîner des amendes par jour d'astreinte.

Ainsi en 2007, la Commission européenne avait déjà décidé de saisir la CJUE et de suggérer une astreinte de 130 000 euros par jour pour... infractions de la France vis-à-vis de la même directive nitrates de 1991. Il était alors reproché à cette dernière ses taux démesurés de nitrates dans l'eau potable en Bretagne. Le gouvernement de l'époque s'en était sorti en plaidant beaucoup et en fermant prestement les points de captage les plus pollués. Résultat : les Bretons boivent une eau réglementaire qu'il faut aller chercher loin, tandis que leurs rivières continuent d'être chargées de pollution diffuse. Et les fonctionnaires européens ont fini par se lasser de cette inefficacité persistante.

Après moult avertissements sur ses zones vulnérables incomplètes et sur la faiblesse des actions menées pour y faire diminuer les taux de nitrates, la Commission européenne a de nouveau traduit la France devant la CJUE  en février 2012. Si elle ne constate pas de progrès de la qualité de l'eau dans les prochains mois, elle sera en droit de saisir à nouveau les magistrats. L'unique suspense dans cette affaire réside dans la sévérité du montant des pénalités.

Martine Valo

 

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Jeudi 13 juin 2013 4 13 /06 /Juin /2013 19:29

 

 

Médiapart

Lire aussi

 

 

De nos envoyés spéciaux à Alicante (Espagne)

« Nous voulons savoir où est passé notre argent et à qui il a servi », a déclaré, mercredi, Miguel Cancela, l’un des responsables de l’association des victimes du groupe immobilier espagnol Riviera, lors d’une conférence de presse tenue à Alicante. Le point presse était organisé en présence de leur avocat, à San Vicente del Raspeig, une résidence universitaire restée inachevée après l'interpellation des dirigeants de Riviera, en 2008.

Les victimes françaises du promoteur immobilier Roch Tabarot, frère de la secrétaire générale de l’UMP et députée des Alpes-Maritimes Michèle Tabarot, ont annoncé leur décision d’engager une procédure en France. Me William Bourdon s’apprête à déposer plainte en leur nom contre Roch Tabarot et X... pour « escroquerie en bande organisée », « complicité et recel » et « blanchiment ».


Miguel Cancela et Robert Garcia, victimes françaises de l'affaire Riviera, à l'issue de la conférence de presse, le 12 juin. 
Miguel Cancela et Robert Garcia, victimes françaises de l'affaire Riviera, à l'issue de la conférence de presse, le 12 juin.© M.T.


Mis en cause en 2008 pour une escroquerie immobilière estimée à 72 millions d’euros, le groupe dirigé par Claude Roch Tabarot, le frère de la secrétaire générale de l’UMP, a organisé l’évaporation des fonds placés par plusieurs milliers de particuliers dans l’achat d’appartements dans la région d’Alicante. Près de 8 millions d’euros en virements, et 13,5 millions en espèces sont en particulier sortis des caisses du groupe.

Miguel Cancela, agent immobilier français floué par Riviera, a précédemment témoigné du versement par Roch Tabarot de dessous-de-table via une société aux îles Caïmans. « Nous soupçonnons fortement que cet argent a servi à financer les campagnes électorales de Michèle Tabarot, a-t-il expliqué mercredi lors de la conférence de presse. Les dates coïncident (avec les élections municipales de 2008 - ndlr). Nous nous tournons vers la justice française pour qu’une enquête soit ouverte sur l’argent transféré en France » (voir la vidéo ci-dessous) :

 


Présent également à la conférence de presse, Robert Garcia, qui a perdu 340 000 euros dans cette escroquerie immobilière, et naguère proche de la famille Tabarot, a décidé de regrouper les plaignants français derrière lui :

 


 

« Nous allons chercher à engager des investigations judiciaires en France pour déterminer la destination de l'argent et savoir s'il a servi aux campagnes électorales », indique à Mediapart l’avocat de l’association des victimes, Me José Luis Escobar, présent à la conférence de presse. Nous allons aussi engager une procédure civile car ces victimes ont beaucoup perdu. »

En collaboration avec Me Escobar, William Bourdon a été chargé par les victimes françaises, qui seraient au total de l’ordre d’une vingtaine, de déposer plainte à Grasse (Alpes-Maritimes). «L’inertie de la procédure espagnole, en dépit d’un arrêt qui a relancé l’enquête en 2011, permet d’envisager une plainte en France sur un périmètre large», commente l’avocat, joint mercredi à Paris par Mediapart. « Nous préparons une plainte pour escroquerie en bande organisée, recel et complicité, et qui risque vraisemblablement de faire apparaître des faits de blanchiment d’escroquerie », ajoute-t-il.

Bien que les victimes s’apprêtent à faire parvenir les éléments de l’enquête espagnole dont elles disposent, il est vraisemblable que la justice française sollicite la coopération des juges de l’Audiencia nacionale espagnole, a souligné l’avocat.

La secrétaire générale de l’UMP Michèle Tabarot, députée et maire du Cannet (Alpes-Maritimes), risque d’être visée par ces développements, comme son frère Philippe, secrétaire national de l’UMP, conseiller général des Alpes-Maritimes et candidat à la mairie de Cannes. Tous deux sont proches de leur frère aîné, établi en Espagne. La présence de Roch Tabarot au Cannet et à Cannes, lors des campagnes électorales de Michèle et Philippe Tabarot est attestée par de nombreux témoins.


Michèle Tabarot et ses frères Philippe et Roch Tabarot. 
Michèle Tabarot et ses frères Philippe et Roch Tabarot.© dr

Cette proximité est renforcée par la présence, jusqu’en 2007, dans l’état-major du groupe immobilier Riviera, de Frank Mezzasoma, proche collaborateur de Michèle Tabarot et trésorier adjoint de l’UMP des Alpes-Maritimes.

« Il y a des preuves qu’une partie de l’argent des victimes espagnoles du groupe Riviera est allée en France et que cet argent a été détourné par un membre de la famille de responsables politiques, dans leur campagne électorale »avait déclaré à Mediapart Me José Luis Escobar.

 


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Jeudi 13 juin 2013 4 13 /06 /Juin /2013 18:38

 

Rue89

 

Le petit chimiste 13/06/2013 à 11h30
Camille Polloni | Journaliste Rue89

 

 


Des blessées, après l’attaque de Halabja en Irak, le 3 avril 1988 (M.SAYAD/AP/SIPA)

 

Pour l’instant, pas de mauvaise publicité. Le nom des entreprises visées par une plainte pour « complicité de crimes contre l’humanité » reste secret, même si leur rôle présumé est public : avoir livré à l’Irak de Saddam Hussein des produits qui lui ont permis de fabriquer et stocker des armes chimiques, utilisées en 1988 contre des Kurdes lors du massacre de Halabja (5 000 morts).

L’avocat des survivants à l’origine de cette plainte contre X, David Père, justifie ce souci de discrétion par la nécessité de garantir une enquête sereine :

« On veut que le juge d’instruction puisse travailler, qu’il fasse la lumière sur tout ce qui s’est passé. »

Tout juste consent-il à confirmer que parmi les sociétés visées se trouvent « plusieurs entreprises françaises ». Elles auraient notamment fourni au régime irakien « des containers assez résistants pour contenir des gaz toxiques, au prétexte qu’ils pouvaient être utilisés pour des pesticides », écrit Mediapart.

Comme le rappelle L’Express, des enquêtes journalistiques ont déjà pointé – nommément cette fois – le rôle de plusieurs entreprises françaises dans la vente de produits chimiques à Saddam Hussein.

Difficulté de l’exercice, il ne s’agit pas de matériel de guerre, mais de biens classiques, pouvant servir aussi bien à des travaux banals, dans l’agriculture ou l’industrie, qu’à fabriquer des armes. Comme le souligne Patrice Bouveret, de l’Observatoire des armements :

« L’ambiguïté, c’est que ces produits ne figurent pas sur les listes de matériel militaire, ou de biens à double usage soumis à des autorisations d’exportation. »

Aux Pays-Bas, une entreprise condamnée

En exportant vers l’Irak, ces entreprises avaient-elles conscience du risque de détournement de leurs marchandises, à des fins génocidaires ? Doit-on les inclure parmi les responsables des crimes commis ? La justice devra répondre à ces questions, à la frontière du droit et de la morale.

L’enjeu, pour David Père, est de montrer que « les entreprises ne pouvaient pas ignorer » l’usage qui risquait d’être fait de leurs produits :

« Si on vient vous voir, au nom de la Corrèze, pour vous acheter 1 000 tonnes de désherbant, vous n’avez pas d’inquiétude particulière à avoir.

Mais si un régime dictatorial le fait, alors que des articles de presse l’accusent d’utiliser des armes chimiques, il y a un risque très fort que ce produit soit détourné. Voire qu’il tombe dans les mains de groupes terroristes, et “revienne” en Europe. »

Le 24 avril, une affaire similaire a été jugée aux Pays-Bas, ouvrant un boulevard à la plainte française. L’homme d’affaires Frans Van Anraat, qui a livré des produits chimiques à l’Irak entre 1985 et 1989, purgeait déjà une peine de 17 ans de prison pour ces faits. Il vient d’être condamné à indemniser des victimes du massacre d’Halabja.

Seuls, ses produits ne constituaient pas des armes chimiques. Mais mélangés à d’autres, achetés séparément, ils donnaient du gaz moutarde. Dans cette logique, les victimes d’attaques chimiques en Syrie pourraient-elles un jour se retourner contre les fabriquants ? « Bien sûr », répond David Père.

Le précédent Amesys

En France, l’idée d’engager la responsabilité des entreprises exportatrices est récente. Le premier exemple date d’octobre 2011. Cinq Libyens, victimes du régime de Kadhafi et soutenus par des associations de défense des droits de l’homme portent plainte contre l’entreprise française Amesys pour « complicité de torture ».

Plusieurs articles de presse (parus sur Reflets, Owni et dans le Wall Street Journal) ont permis d’établir qu’Amesys a vendu à la Libye un logiciel de surveillance massive des communications, utilisé pour traquer les opposants. Même si Amesys affirme que le logiciel visait à repérer « les terroristes » et « les pédophiles ».

La plainte, jugée recevable, fait l’objet d’une enquête conduite par les juges d’instruction Claude Choquet et Emmanuelle Ducos. Ils appartiennent à un nouveau pôle spécialisé consacré aux crimes de guerre.

Fin juin et début juillet, les juges doivent auditionner les cinq Libyens, défendus par l’avocat Patrick Baudouin. Celui-ci salue le parallèle entre sa démarche et celle des Kurdes irakiens :

« Amesys ne pouvait pas ignorer que les logiciels de surveillance fournis à la Libye avaient vocation à être utilisés à des fins répressives. Même si la situation est différente, sur le fond, la démarche est la même.

L’idée, c’est d’empêcher que ces grandes sociétés, au nom du business, puissent être dans l’impunité, sans se soucier des incidences des produits livrés. Vendre à la Grande-Bretagne ou à la Suisse, c’est différent de vendre à Kadhafi ou à Saddam Hussein. »

Toujours sur les logiciels de surveillance, des ONG ont apporté une dénonciation au parquet de Paris, en juillet 2012. Elles accusent l’entreprise française Qosmos d’avoir mis la Syrie sous surveillance.

Enfin, plusieurs associations – Reporters sans frontières, Privacy international et d’autres – ont récemment demandé à l’Organisation de coopération et de développement économiques (l’OCDE) d’enquêter sur les entreprises Gamma international (éditrice du logiciel-espion Finfisher) et Trovicor.

« Stigmatiser le produit »

Ces plaintes en sont encore à leurs balbutiements. Mais pour Patrice Bouveret, de l’Observatoire des armements, c’est aussi « une manière de stigmatiser le produit sur la scène médiatique, de faire du lobbying ».

Une entreprise citée comme complice potentielle de crimes de guerre risque sa réputation, à défaut d’être réellement prise en faute. Si elle n’avait pas à demander d’autorisation, difficile de lui reprocher.

Quentin Michel, professeur à l’université de Liège (Belgique), est spécialiste des « biens à double usage ». La liste européenne, établie en 2009, comprend déjà « neuf rubriques et plus de 400 entrées ».

« Ce sont des paramètres techniques très précis, comme le niveau de concentration de certains produits chimiques. Mais il est possible de les reconcentrer sur place, une fois exportés. »

Selon lui, « l’industrie a peur » de voir sa responsabilité engagée :

« Ils ne veulent pas être pris la main dans le sac. Je conseille systématiquement aux industriels de demander des autorisations d’exportation, même s’ils ne sont pas obligés, quand ils ont un doute sur l’utilisation d’un produit, pour se protéger. Mais ils ont aussi peur de le faire ! Ils craignent que la presse ne l’apprenne. »

Pour le chercheur, « de plus en plus, on demande à l’industriel d’être responsable de ce qu’il vend ». Il date ce changement de « la première guerre du Golfe ».

« L’argument, c’est que l’industriel est le mieux à même de connaître ses clients, et les effets de ses produits. Mais il se défendent, en disant que les services secrets sont peut-être mieux placés pour savoir ce qu’un client étranger peut faire avec. »

Dénoncer le détournement des produits sur les théâtres de conflit pourrait donc permettre de « renforcer les listes et prendre davantage de précautions », avance Patrice Bouveret. Même si, rappelle-t-il, « la responsabilité politique des entreprises n’existe pas ».

 

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Mardi 11 juin 2013 2 11 /06 /Juin /2013 23:00

 

 

Midilibre.fr

 
 11/06/2013, 09 h 36 | Mis à jour le 11/06/2013, 09 h 46
La société contrainte de stopper immédiatement le chantier d'agrandissement.
La société contrainte de stopper immédiatement le chantier d'agrandissement. (NATHALIE AMEN VALS)

                                                                                                                                                                                                                           Le tribunal administratif de Montpellier a rendu ce matin sa décision relative au référé engagé par les riverains trébéens contre l'extension de l'usine Monsanto. La juridiction suspend le permis de construire accordé par la mairie de Trèbes.

Dans le différend qui oppose les riverains de la zone du Caïrat à la multinationale américaine Monsanto, les Trébéens ont emporté la première manche.

Ce matin, le tribunal administratif de Montpellier a en effet rendu son délibéré, une semaine après avoir examiné le recours en référé, qui portait sur le permis de construire octroyé par la municipalité de Trèbes pour les travaux d'extension de l'usine de semences.

La question de la hauteur des bâtiments a fait la décision

D'un coût de 50 millions d'euros, le chantier doit être stoppé : c'est le sens de la décision rendue ce matin, en vertu de considérants qui se réfèrent notamment à la hauteur des nouvelles constructions envisagées pour l'agrandissement de ce site.

La multinationale a la possibilité de faire appel de ce jugement, sans pour autant que cette initiative ne soit suspensive de la décision du tribunal administratif : il reviendrait alors au conseil d'Etat de statuer, mais dans un délai que jugera sans doute bien long la société.

 

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Mardi 11 juin 2013 2 11 /06 /Juin /2013 15:05

 

 

tempsreel.nouvelobs.com

 

 Créé le 11-06-2013 à 13h32 - Mis à jour à 13h32

 

 

 

Des militants d'un mouvement baptisé StopG8 annoncent un "carnaval contre le capitalisme" mardi à Londres pour donner le coup d'envoi d'une série d'actions en prévision de la réunion des huit pays les plus industrialisés les 17 et 18 juin en Irlande du Nord. /Photo prise le 11 juin 2013/REUTERS/Neil Hall (c) Reuters

Des militants d'un mouvement baptisé StopG8 annoncent un "carnaval contre le capitalisme" mardi à Londres pour donner le coup d'envoi d'une série d'actions en prévision de la réunion des huit pays les plus industrialisés les 17 et 18 juin en Irlande du Nord. /Photo prise le 11 juin 2013/REUTERS/Neil Hall (c) Reuters

par Michael Holden

 

LONDRES (Reuters) - Une centaine de policiers ont encerclé un bâtiment du centre de Londres où étaient réunis des militants anticapitalistes du mouvement StopG8 avant une manifestation prévue mardi dans la capitale.

Les manifestants avaient annoncé leur intention d'organiser un "carnaval contre le capitalisme" mardi en plein centre de la capitale, à Oxford Circus et Piccadilly, pour donner le coup d'envoi d'une série d'actions en prévision de la réunion des huit pays les plus industrialisés (G8) les 17 et 18 juin en Irlande du Nord.

Des mouvements similaires ces dernières années ont parfois donné lieu à de violentes confrontations avec la police, parfois à des rassemblements avec occupation d'immeubles ou à des actes de vandalisme.

Mardi, quelques heures avant le début prévu du rassemblement, la police a fait une descente dans des locaux près de Regent Street, dans le quartier de Soho, où s'étaient réunis les membres de StopG8 avant le début de leur "carnaval".

Une centaine de policiers en uniforme anti-émeute ont encerclé le bâtiment, acculant les protestataires dans un périmètre étroit autour de Beak Street tandis que des hélicoptères survolaient les lieux et que des renforts attendaient dans des cars garés à proximité.

"On exécute un mandat", a expliqué un porte-parole de la police de Londres. "Nos équipes de liaison travaillent activement pour engager le dialogue avec ceux qui souhaitent manifester de façon à ce que nous puissions faciliter un mouvement de protestation pacifique."

 

"MALGRÉ LES FLICS"

Le mois dernier, le mouvement StopG8 avait publié une carte de 100 cibles potentielles pour permettre aux citoyens de "manifester leur colère". Parmi ces cibles figuraient des établissements financiers, des fonds d'investissement, le siège du groupe de défense BAE Systems, le pétrolier BP et le sidérurgiste ArcelorMittal.

"Le Carnaval va se poursuivre malgré les flics à Beak Street. Ne les laissez pas nous intimider ! À midi à Oxford Circus et Piccadilly Circus", a lancé StopG8 sur Twitter.

Le groupe, qui se décrit lui-même comme un réseau ouvertement anticapitaliste "constitué d'individus et de groupes autonomes", avait refusé de coopérer avec la police avant son "carnaval", ce qui fait qu'il est difficile de dire combien de personnes sont attendues dans les rues.

Un banquier dit avoir reçu un courriel de sa direction prévoyant que quelque 500 personnes participeraient à cette action, et que la sécurité serait renforcée à la porte de son établissement.

En 2009, la police avait procédé à une centaine d'arrestations lors du rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de personnes en marge d'un sommet du G20 dans la capitale britannique.

Des accrochages avaient également eu lieu entre manifestants altermondialistes et police antiémeute à Gleneagles, en Ecosse en 2005, lors du précédent sommet du G8 accueilli par la Grande-Bretagne.

La réunion du G8 doit avoir lieu dans l'hôtel de Lough Erne, sur un parcours de golf près de la frontière irlandaise.

Jean-Stéphane Brosse et Danielle Rouquié pour le service français

 

 

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Lundi 10 juin 2013 1 10 /06 /Juin /2013 18:26

 

ACTES DE PROPRIETE 10/06/2013 à 11h54
Elsa Fayner | Journaliste Rue89

 

 

Ces jeunes ont investi et réparé un collège pour se loger sans loyer. Délogés par les gendarmes, ils tentent de négocier avec les proprios pour se réinstaller.

 

 


Mirentxu devant le collège Saint-Michel abandonné, le 6 juin 2013 (Elsa Fayner/Rue89)

 

(De Saint-Just-Ibarre, Pyrénées-Atlantiques) Les quatre sœurs Arbeletxe ont bien failli habiter toutes à quelques mètres les unes des autres, dans le village de Saint-Just-Ibarre. Leurs parents possèdent une petite ferme familiale et le café d’Ostabat, à 11 km de là, dans le Pays basque intérieur. Les quatre fille brunes ont entre 22 à 32 ans, et ne savaient pas trop où crécher. Une seule s’est pour l’instant installée avec homme et enfant, à Saint-Just-Ibarre justement.

Alors, quand il a été question de créer un collectif pour chercher un logement à plusieurs, les trois autres filles Arbeletxe se sont montrées très actives. D’autant plus qu’il ne s’agissait pas seulement d’y installer des chambres et des lieux communs collectifs, le tout gratuit, mais aussi d’y ouvrir un centre culturel « autogéré et participatif ».

« Beaucoup d’amis restent chez les parents »

Mirentxu a 28 ans et un master de sociologie, décroché à Toulouse. Elle a passé une année aussi en Amérique latine. Et, depuis son retour, la question du logement revient souvent dans la conversation avec ses amis :

« Rien que pour louer, c’est galère. Ça coûte trop cher par rapport aux salaires. Beaucoup de gens ici sont au smic. Alors pour acheter... D’autant qu’il y a surtout des grandes maisons ici. »

Avec le collectif Bethi Aintzina, Mirentxu s’est renseignée et a trouvé des chiffres. Au Pays basque, les prix moyens au m² ont doublé entre 2000 et 2008 pour les maisons et appartements, neufs ou anciens. Les plus fortes hausses concernent les appartements anciens, dont les prix ont augmenté de 158% durant la période, poursuit l’Audap (l’Agence d’urbanisme Atlantique et Pyrénées).

En 2012, le prix du foncier et des logements collectifs anciens sont encore en hausse au Pays-Basque, constatent [PDF] les notaires. Tandis que 36 000 maisons sont toujours vides, selon une autre association, Le Pays Basque n’est pas à vendre. Sans parler des résidences secondaires qui ne vivent que quelques semaines par an.

Résultat :

« Beaucoup de mes amis restent longtemps chez leurs parents, qui ont la chance d’être propriétaire, d’avoir une ferme. Ils en partent tard, ou ils n’en partent pas. J’ai un cousin qui s’est fait par exemple un appart chez ses parents. »

Les autres partagent des maisons, en colocation, certains jusqu’à leurs 40 ans.

Mirentxu se trouve plus qu’une piaule

Rapidement, les jeunes du collectif pensent à cette bâtisse. Le collège Saint-Michel de Saint-Just-Ibarre a fermé en 2009. Depuis, il est à l’abandon. « Je passais tous les jours devant en voiture, à un moment c’est devenu une évidence », se souvient Mirentxu. « Et puis, symboliquement, c’était important. Pour sa construction, tous les artisans de la région, tous les habitants ont donné un coup de main. Il fallait leur redonner ce lieu, l’ouvrir pour nous et pour eux. »

En juillet 2012, les premiers occupants investissent le collège et commencent à nettoyer, peindre, réparer. Rapidement, des voisins viennent aider, comme dans les années 50, tandis que les élus n’apprécient guère. Le maire de Saint-Just-Ibarre envoie même une lettre aux propriétaires du bâtiment, qui ne va pas dans le sens de l’apaisement. Le journal Mantxut l’a publiée. Le maire y décrit les jeunes :

« Ils ont un comportement qui n’est pas exemplaire pour la jeunesse. Aujourd’hui, deux jeunes – dont un Breton ! – 19 et 21 ans font le porte à porte avec une pétition demandant le soutien pour leur projet. »

Pendant un mois et demi, Mirentxu vit là, avec une dizaine de cohabitants (on ne peut pas dire « colocataires » puisqu’il n’y a pas de loyer, c’est le principe du lieu). Chacun dispose de sa chambre, les repas peuvent être pris en commun. Une bibliothèque et une salle de projection sont aménagées. L’école de musique et la maison des associations doivent suivre :

« C’était une chouette période. Chacun participait à la rénovation en fonction de ce qu’il savait faire. D’habitude dans les collectifs, il est difficile de trouver sa place, là c’était très naturel, très bienveillant. »

Seule obligation pour vivre là : s’occuper de l’entretien des locaux, s’impliquer dans les travaux ou les animations culturelles. Pour payer les frais, des appels aux dons sont lancés, des fêtes organisées, une cotisation demandée aux 280 membres de l’association. La démarche est très basque (les écoles en langue basque ont démarré de cette manière).


Le collège Saint-Michel quand Mirentxu y habitait, juillet 2012 (DR)

L’expulsion et les paysans en colocation

Plus les jours passent, plus Mirentxu se verrait bien rester là, à animer des ateliers, à apprendre par des « échanges de savoirs », à jardiner :

« Pour moi, c’était plus qu’un logement, c’était une manière de vivre différemment. Je ne veux pas passer la plupart de mon temps à travailler pour pouvoir me payer un loyer et à manger. »

Mais, forcément, le bâtiment appartient à quelqu’un, à la une congrégation de sœurs de la région bordelaise, les Filles de la Croix, en l’occurrence. Les religieuses acceptent d’abord de parlementer, puis, mi-août, se ravisent. Le tribunal de grande instance Bayonne autorise l’expulsion des occupants. Et le 6 septembre, les gendarmes débarquent.

La dizaine d’habitants s’éparpille. Mirentxu part vivre à Toulouse. Elle n’est pas la seule à quitter le coin. L’une de ses sœurs reprend des études, dans la couture, à Nantes. Mais la plupart restent. « Beaucoup sont paysans et louent une maison en colocation maintenant », constate Mirentxu, qui n’a pas perdu espoir pour autant :

« Nous avons reçu un soutien hallucinant. Les voisins, les gens de la vallée ont été interpellés par notre occupation. On touchait à la propriété privée et ça les a fait réfléchir. Des maisons meurent et des jeunes ne trouvent pas à se loger... Même le prêtre de la vallée a signé la pétition. Un groupe catho à qui nous n’avions rien demandé a milité pour nous aussi. C’était super beau. »

Le collectif a décidé de lancer une nouvelle campagne de soutien :

« C’est un moyen de relancer la dynamique, et de faire pression. Les bonnes sœurs ont dit qu’elles étaient prêtes à discuter. Même si, mine de rien, ça reste un peu des femmes d’affaires. »

« Pour parler le langage des bonnes sœurs »

D’ailleurs, « pour parler le langage des bonnes sœurs », le collectif « a essayé de parler sous » et de chiffrer les frais de réhabilitation, les coûts de fonctionnement du bâtiment, les assurances et les taxes à payer. Ça n’a pas été facile :

« La peinture, ce sont les peintres qui nous l’ont donnée, sur leurs restes. Les habitants ont donné des meubles et du matériel. Des artisans sont venus pour les travaux, des paysans pour nous ravitailler. Ils savaient qu’ils pourraient profiter du lieu par la suite, avec les projections, les ateliers... »

Le collectif n’a pas voulu chercher de subventions publiques non plus. Pour Mirentxu, ça change la posture :

« Tu demandes tout le temps et au final t’as rien. Nous, on s’organise par nous-mêmes, on trouve des solutions nous-mêmes. »

Acte de propriété

Ancien collège de 2 000 m2 à Saint-Just-Ibarre (Pyrénées Atlantiques). Valeur actuelle du bien : « Enorme symboliquement. »

L’occupation

L’association a établi un budget prévisionnel de l’habitat collectif et du lieu culturel pour le premier mois d’occupation. Le matériel donné et la main d’œuvre offerte ont été évalués en euros.

  • Dépenses : 7 500 euros

– Frais de notaire : aucun ;

– Remise aux normes : 2 000 euros ;

– Loyer : aucun. « Chacun participe au fonctionnement de la maison, en cuisinant, en cultivant le potager, en entretenant les locaux, en initiant des activités culturelles », explique Mirentxu.

– Entretien et réparations : 1 000 euros ;

– Frais divers : 4 500 euros ;

  • Sources de financement (prévisions) : environ 1 160 euros par mois

– Adhésion à l’association : 1 000 euros soit en moyenne 80 euros par mois ;

– Activités diverses, prix libre : 2 000 euros soit en moyenne 160 euros par mois ;

– Organisation soirée, prix libre : 7 200 euros soit en moyenne 600 euros par mois ;

– Soutien pour mise aux normes (main d’œuvre offerte et dons) : 2 000 euros soit en moyenne 160 euros par mois ;

– Soutien divers : 2 000 euros soit en moyenne 160 euros par mois.

Charges (prévisions) : environ 390 euros par mois

Si les bonnes sœurs acceptent de négocier avec le collectif, celui-ci devra payer :

– Electricité : 1 000 euros par an soit en moyenne 80 euros par mois ;

– Eau : 500 euros par mois soit en moyenne 40 euros par mois ;

– Assurances : 1 200 euros par mois soit en moyenne 100 euros par mois ;

– Taxe d’habitation : 600 euros par mois soit en moyenne 50 euros par mois ;

– Taxe de raccordement d’eau : 1 000 euros par mois soit en moyenne 80 euros par mois ;

– Taxe foncière : 500 euros soit en moyenne 40 euros par mois.

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Ils réagissent
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Lundi 10 juin 2013 1 10 /06 /Juin /2013 17:57
Arrêt sur images 10/06/2013 à 10h17
Arretsurimages.net"
Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

 

 

Depuis quelques semaines, il vit reclus dans une chambre d’hôtel à Hong Kong. Il a placé des coussins contre la porte de sa chambre pour déjouer toute tentative d’écoute. Quand il se connecte sur son PC, il compose son mot de passe avec une couverture sur la tête, au cas où une caméra le filmerait du plafond.

Il est totalement parano, mais il a des raisons. Edward Snowden, qui vient de confier au Washington Post et au Guardian sa véritable identité, est l’auteur du dévoilement du système Prism, par lequel le gouvernement américain accède aux serveurs des « géants de l’Internet », pour espionner potentiellement tous les utilisateurs de Google, Facebook et autres, ce qui fait au total bien du monde.

Dans quelles conditions précises se déroule cet accès ? Est-ce que les « géants » ont donné une totale carte blanche aux espions, est-ce que les boss étaient au courant ? Autant de points qui devront encore être précisés.

Il est possible que le Washington Post, dans ses habillages, dans ses manchettes, ait un peu forcé la dose, pas forcément mécontent de cogner sur les « géants » qui, pelletée après pelletée, clic après clic, enterrent le journalisme traditionnel. C’est possible. Mais cela ne concerne pas Edward Snowden, 29 ans, qui vient de conquérir sa place dans l’Olympe des « whistleblowers », aux côtés de Julian Assange ou de Bradley Manning.

Naïf et idéaliste

Sa brève autobiographie livrée au Guardian (lecture impérative) est celle, désespérément ordinaire et extraordinaire, d’un jeune Américain idéaliste, qui a eu le tort de croire aux histoires qu’on lui racontait. Il s’engage dans l’armée pour contribuer à libérer le peuple irakien de la dictature de Saddam Hussein. Peu à peu, il découvre les coulisses du renseignement américain.

Ce qui fait la force de son récit, c’est que sa naïveté, son idéalisme, y apparaissent sans fard. En poste à Genève, il voit par exemple la CIA compromettre un banquier suisse, en l’amenant à conduire en état d’ivresse, pour mieux le tenir ensuite, et récolter des renseignements bancaires. Le procédé est vieux comme le renseignement : il s’en dit pourtant choqué.

Il croit qu’Obama va mettre fin aux sales pratiques. Mais Obama ne fait rien. Alors il fait le grand saut, et balance sa pleine pelletée de documents au Washington Post. Après avoir sollicité des fonctionnaires américains, le journal décide prudemment de n’en publier qu’un dixième.

Il a fait ce qu’il pensait devoir faire

C’est dans ces circonstances, comprend-on, que Snowden balance les mêmes documents au Guardian, sans doute présumé plus indépendant du gouvernement US. Il sait les risques qu’il prend. Il sait qu’il risque l’exil à vie à Hong Kong, dans une chambre d’hôtel ni plus ni moins confortable qu’une chambre de l’ambassade d’Equateur à Londres, et finalement à peine plus qu’une cellule de prison militaire américaine.

Ou bien l’extradition aux USA. Ou bien des tentatives de récupération par le gouvernement chinois. Il le sait, et il reste debout. Il ne cherche ni la gloire ni l’argent. Il a fait ce qu’il pensait devoir faire, parce qu’il n’est pas vertueux d’espionner les citoyens.

Il est possible que l’on découvre demain que cette histoire est trop belle. Il est probable que la CIA va tout faire pour souiller cette légende toute neuve, et peut-être aura-t’elle des éléments pour le faire. En attendant, devant cette histoire telle qu’elle est racontée aujourd’hui, devant ce héros qui nous tombe dessus au réveil, on ne peut dire qu’un mot : chapeau.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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