Ils réagissent

Mercredi 23 juillet 2014 3 23 /07 /Juil /2014 15:24

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Les préparations naturelles ne sont plus considérées comme des pesticides

par Sophie Chapelle 22 juillet 2014

 

 

Un pas vient d’être franchi à l’Assemblée nationale pour faciliter le passage à une agriculture sans pesticides. Les préparations naturelles dites « peu préoccupantes » (PNPP), comme le purin d’ortie, de prêle mais aussi l’argile ou le vinaigre blanc, ne seront plus soumises aux mêmes règles que les substances chimiques de synthèse. Un régime simplifié pour l’utilisation et la commercialisation de ces préparations vient ainsi d’être reconnu par la Loi d’avenir agricole, examinée à l’Assemblée nationale le 9 juillet. « A l’heure où ce texte de loi veut promouvoir des systèmes moins consommateurs de pesticides, il eut été pour le moins incompréhensible que des méthodes alternatives simples et naturelles ne trouvent pas leur place », se réjouit Brigitte Allain, députée écologiste de Dordogne.

La liste des PNPP entrant dans la catégorie intitulée « biostimulants » doit encore être définie par voie réglementaire, autrement dit par le ministère de l’Agriculture. Les militants de l’Aspro-PNPP, association qui promeut ces préparations, assurent qu’elle veillera « à ce que les décisions qui seront prises permettent réellement la commercialisation et l’utilisation des PNPP ». Ces dernières années, des agriculteurs, des jardiniers, des élus et des consommateurs ont multiplié les actions civiques en épandant symboliquement sur les places publiques des préparations à base d’extraits végétaux (voir ici et ). Une caravane pour la défense de l’agroécologie paysanne a également sillonné les routes françaises en mai dernier, pour alerter les députés et sénateurs sur les lourdeurs réglementaires encadrant ces préparations. L’amendement concernant les PNPP a été adopté après le passage en deuxième lecture au Sénat le 18

juillet.

 

 

Lire également : Agriculture bio, semences, emplois, pesticides, fermes usines… Ce que propose la loi d’avenir agricole

 


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Source : www.bastamag.net

 

 

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Mercredi 23 juillet 2014 3 23 /07 /Juil /2014 15:19

 

Source : www.mediapart.fr

 

Au Mexique, Coca-Cola et Nestlé risquent une amende pour leurs publicités

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Le gouvernement mexicain veut infliger des amendes à Coca-Cola, PepsiCo, Hershey's, Nestlé et à une filiale locale d'Unilever, pour violation de la nouvelle réglementation des publicités sur les aliments encourageant l'obésité chez les jeunes.

Le Mexique veut supprimer les publicités pour les aliments encourageant l'obésité chez les jeunes. D'ici une semaine, une nouvelle loi interdira les spots publicitaires de confiseries ou de sodas avant les programmes de télévision et les films au cinéma destinés aux enfants. Dans le viseur de la justice, Nestlé, PepsiCo, Coca-Cola, Hershey's et Holanda ne respecteraient pas ces nouvelles restrictions. 

Ces entreprises risquent des amendes allant de 10 000 à 85 000 dollars, qui devraient être fixées d'ici deux à trois semaines. Il s'agirait des premières amendes infligées à une entreprise depuis que le gouvernement mexicain a décidé le 15 juillet dernier de restreindre les publicités, afin de lutter contre le surpoids et l'obésité qui touchent 30 % des enfants du pays.  

Ce n'est pas la première loi visant à lutter contre l'obésité au Mexique. Une réforme fiscale adoptée fin octobre a augmenté l'impôt sur les aliments hautement caloriques de 8 % et mis en place un prélèvement d'un peso (0,06 euro) par litre de boisson sucrée vendu.

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


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Lundi 21 juillet 2014 1 21 /07 /Juil /2014 23:50

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart


 

A Barbès, la manifestation pacifiste et solidaire a bien eu lieu, et nous y étions!

Des militants du Parti de Gauche dénoncent « le traitement partial et mensonger » de la manifestation pour Gaza du 19 juillet à Paris et veulent « rétablir la vérité d’une réussite populaire face à la désinformation et aux manipulations politiques ».


Alors que les bombardements israéliens ont redoublé d’intensité et que le bilan des victimes, côté palestinien, s’élève à près de 500 morts, suite à la journée la plus meurtrière depuis le début de l’offensive israélienne, le traitement médiatique de la situation en Israël-Palestine relève du scandale. La plupart des médias présentent l’attaque israélienne comme un conflit entre deux puissances égales et coresponsables tout en occultant la réalité de l’occupation du territoire palestinien par Israël et son régime d’apartheid. Mais cette lecture idéologique qui sape la solidarité avec le peuple palestinien ne s’arrête pas là.

Nous, militant-e-s du Parti de Gauche, avons décidé de nous rendre à la manifestation du 19 juillet à Paris non autorisée par le gouvernement Valls. Comme de très nombreux citoyen-e-s, nous avons voulu exprimer notre soutien au peuple palestinien et protester contre cette interdiction scandaleuse. Est-il nécessaire de rappeler que la France a été le seul pays à interdire une telle manifestation de solidarité internationale ? 

Un traitement médiatique partial et mensonger

Dès l’après-midi, les médias ont repris les poncifs de la communication gouvernementale : « explosion de violences » pour Le Figaro, manifestation qui « dégénère » pour Le Monde et Libération. Les images retenues sont bien entendu celles de casseurs, on évoque des pavés jetés, des violences, le drapeau israélien brûlé, des slogans antisémites, etc. La palme de l’article-poubelle revient certainement à Rue89 : hésitant entre le micro-trottoir ridicule qui mêle des extraits sans contexte et laissant affleurer des généralités fallacieuses et un parti pris grossier, il présente les policiers comme des hommes courtois (certainement entre deux tirs de flash-ball tendus et coups de barres de fer de policiers en civil). Pour de tels journalistes les manifestants seraient au mieux des imbéciles, au pire des personnes violentes et vulgaires, et bien entendu toutes plus ou moins antisémites. Les journalistes de Mediapart semblent, eux, avoir fait un réel travail d’investigation et de croisement des sources.

Tout ceci fournit autant d’arguments à Valls pour justifier son interdiction a posteriori : les violences montreraient bien qu’il a eu raison d’interdire cette manifestation. Comme l’indique le communiqué des organisateurs, « c’est la décision politique, pour ne pas dire idéologique, du gouvernement usant d’une violence disproportionnée qui a créé les conditions des troubles à l’ordre public, dont le gouvernement porte donc la totale responsabilité́ ».

Nous dénonçons le traitement partial et mensonger de ce qui s’est passé à Barbès. Nous protestons également contre cette inimaginable cécité médiatique : non, il n’est pas vrai que, comme il est écrit dans l’article de Libération, une fois les affrontements commencés à Barbès, « c’en était fini de toute manifestation ». Aucun média ne semble mentionner les rassemblements pacifistes à gare du Nord des manifestants qui n’ont pas pu se rendre à Barbès. Et encore moins cette incroyable réussite populaire d’un cortège ayant défilé avec calme et détermination pendant des heures dans les rues de Paris passant par la gare du Nord, la gare de l’Est pour arriver jusqu’au niveau des Halles (Châtelet), plusieurs milliers de manifestants ont scandé leur solidarité avec le peuple palestinien, une liberté que le gouvernement français voulait censurer. La police, débordée par les événements et ne prévoyant pas cette marche spontanée d’un peuple reprenant ses rues, était obligée de suivre le cortège en constatant une dispersion dans le calme en fin de défilé à Châtelet. La manifestation décrite par les journalistes n’a pas existé. Nous y étions et pouvons en témoigner.

Ce sont les forces de l’ordre qui ont ouvert les hostilités

La désinformation ambiante va même jusqu’à travestir ce qui s’est passé à Barbès, lieu initial du rassemblement. Dès 14 heures, l’ambiance était plutôt calme et les drapeaux français étaient brandis à côté des drapeaux palestiniens. Des personnes de tous horizons étaient réunies, aussi bien des adultes, que des jeunes, des enfants, des personnes âgées – et on pouvait noter une présence féminine particulièrement forte. Puisque certains journalistes ne semblaient pas être dans le même cortège, précisons que nous n’avons pas entendu une seule injure antisémite mais que nous avons pu voir des panneaux « Antisémites non, Humanistes oui ». Les slogans politiques les plus repris : « Israël assassin, Hollande complice », « Nous sommes tous des Palestiniens », « Enfants de Gaza, enfants de Palestine, c’est l’humanité qu’on assassine ». Face à des citoyens révoltés de se voir confisquer leur liberté d’expression, ce sont les forces de l’ordre qui ont fait le choix d’ouvrir les hostilités : charges, utilisation massive et répétée de gaz lacrymogènes, matraques, etc.

Alors que les forces de l’ordre sont censées disperser les manifestants et permettre leur évacuation, nous avons été bloqués avec l’ensemble des manifestants sur le boulevard ou dans les rues adjacentes. Asphyxiés par les gaz, les manifestants cherchaient à fuir le boulevard mais étaient repoussés par les CRS postés en amont. Cette stratégie répressive faisait des rues adjacentes de véritables souricières. Certains d’entre nous ont même dû se cacher dans les halls d’immeubles, portes cochères, pour éviter les violences policières et essayer de trouver une atmosphère respirable. Des foules ont ainsi été vigoureusement refoulées dans le métro, rappelant de sombres heures de l’histoire de France. Notons également que plusieurs manifestants ont tenté de répondre aux tirs par des sit-ins, pour bien souligner leurs intentions pacifiques. Cependant, on ne voit aucune photo des manifestants à terre devant la police… Cette police cherchait-elle à empêcher la manifestation et à la disperser, ou plutôt à provoquer affrontements et violences pour pouvoir ainsi justifier son autoritarisme et donner du grain à moudre aux manipulations politiques ? La réaction de Manuel Valls (qui pendant ce temps-là se promenait le long du tour de France pour satisfaire son plan de communication) est claire : l’ordre, la répression et la privation de liberté de manifester.

Une belle manifestation populaire

Au-delà de cette violence policière initiale, il faut souligner, dire et répéter ce que les médias ont choisi de taire : les manifestants, bien qu’ayant été dispersés, gazés, voire frappés, se sont regroupés spontanément et la manifestation a eu lieu, plusieurs heures durant, sur un vaste espace, dans les rues de Paris. Ces dernières n’avaient pas été bloquées, pas plus que le cortège, par une préfecture de police débordée, et pourtant aucune violence, aucun heurt, aucun incident. Mais les médias n’en parlent pas, à l’exception notable du Nouvel Observateur : « Manif pro-Gaza : partie de cache-cache dans les rues de Paris », article qui s’étend sur les trois cortèges de manifestation spontanée, et qui souligne leur réussite et leur pacifisme. Citons la fin de l’article : « A Barbès, le principal rassemblement de la journée, la manif spontanée a pris fin de façon beaucoup plus musclée. (…) Mais, ailleurs, toute la journée, de la gare du Nord aux Halles en passant par la place de Clichy, des cortèges plus ou moins spontanés, déterminés sans être violents, auront tourné la tête aux vieux routards du maintien de l'ordre de la préfecture de police, plus rompus à la surveillance de cortège organisés qu'à la partie de cache-cache inhérente aux manifestations soi-disant “interdites”. »

Pourquoi, à part au Nouvel Observateur, les journalistes ne parlent-ils pas de ces manifestations ? Pourquoi les journalistes ont-ils choisi de rester place Barbès et de photographier ou de filmer quelques jeunes lançant des pavés plutôt que de mettre par écrit et en images ce fait : une fois libérés de l’assaut policier, nous avons marché dans Paris dans la plus grande tranquillité. Ne serait-ce pas parce qu’il serait ennuyeux pour le gouvernement de constater que, sans pression policière, les manifestants pro-palestiniens de Paris sont tout à fait capables de manifester dans le calme, comme cela a été fait à Londres et à Marseille par exemple ? Ne serait-ce pas parce que Valls serait alors forcé d’avouer que cette interdiction n’avait pas lieu d’être et qu’elle n’était qu’un coup de force scandaleux et liberticide ? Pourquoi ne voyons-nous aucune photo de ces milliers de manifestants pacifistes, qui s’excusent auprès des automobilistes coincés et qui expliquent leur démarche aux touristes attablés aux terrasses des cafés ? De même, l'épisode qui vit les manifestants reformer le cortège en haut de la butte Montmartre, reprendre les drapeaux avec détermination, et entamer une descente pour le moins audacieuse, a été passé sous silence. Tous les mensonges médiatiques ne pourront pas faire oublier le véritable enseignement de cette manifestation : le peuple est capable de braver les interdictions et les violences policières pour se réapproprier les rues de sa ville et défendre l’intérêt général. Gageons que ce qui s’est passé hier n’est qu’un début, et que les manœuvres du gouvernement n’auront pas raison de l’immense enthousiasme populaire qui soutient la lutte des Palestiniens contre la colonisation.

Nous demandons à ce que les médias ne se comportent pas comme des chiens de garde à la botte d’un pouvoir à la déroute. Et qu’une rigueur journalistique effective leur permette de revenir sur ce traitement biaisé de la réalité et de réellement faire état de ce que nous et l’ensemble des manifestants avons vécu. Après nous être vus privés de la liberté fondamentale de manifester, nous citoyen-ne-s, nous voyons bafouer le droit à une information indépendante. Nous refusons l’odieux chantage à l’antisémitisme du gouvernement pour faire taire notre voix et celle du peuple palestinien Il faut faire savoir ce qu’il s’est vraiment passé à Barbès : la manifestation libre, populaire et pacifiste et solidaire a bien eu lieu, et nous y étions ! 

Les auteurs sont militants du Parti de Gauche :
Danièle Atala
Daoud Baccouche
Boris Bilia
Fethi Chouder
Julie Dusseaux
Guillaume Etiévant
Bruno Fialho
Annick Flageollet
Hugo Hanry
Nourredine Kaddouri
Ramzi Kebaili
Bylal Khellouf
Djordje Kuzmanovic
Mathilde Larrère
Nathalie Levallois
Hugo Lycurgue
Maximilien Perret
Christian Rodriguez
Aissa Terchi
Jean-Sébastien Thirard
Laélia Véron

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart

 

 


 

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Jeudi 17 juillet 2014 4 17 /07 /Juil /2014 20:22

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Justice

Première victoire judiciaire pour les opposants au grand projet Lyon-Turin

par Sophie Chapelle 16 juillet 2014



 

Une première bataille judiciaire a été remportée le 11 juillet par les opposants au projet de ligne à grande vitesse entre Lyon et Turin. La société Lyon Turin Ferroviaire (LTF) poursuivait Daniel Ibanez, l’un des plus fervents opposants au projet, pour injure publique. Ce dernier contestait ces propos qui lui avaient été attribués par un journal local. « S’il y a injure dans cette affaire, c’est une injure au bon sens en voulant utiliser des deniers publics pour un projet inutile détruisant des terres agricoles » a ainsi lancé Daniel Ibanez, devant quelque 150 militants français et italiens, avant d’entrer dans le palais de justice de Chambéry.

Cette première procédure en France concernant la ligne Lyon-Turin a finalement tourné court. Le tribunal a en effet jugé la citation à comparaitre irrecevable, les avocats de LTF n’ayant pas joint les bilans et comptes de résultats de la société comme l’exige la procédure. « C’est terminé, sauf s’ils font appel », a commenté l’avocat de Daniel Ibanez, Stephen Duval. « Ce projet n’a pas seulement un enjeu régional, avec les dévastations des terres agricoles, a rappelé Daniel Ibanez à la sortie du tribunal. C’est un projet dangereux économiquement par le tarissement des finances publiques, au moment où le gouvernement cherche 50 milliards chez les contribuables, que des écoles et des hôpitaux sont fermés alors que la ligne existante n’est pas utilisée. »

Soulagé, Daniel Ibanez a tenu à exprimer sa solidarité aux militants italiens poursuivis, « victimes d’une répression organisée ». Les membres du mouvement No Tav en Italie font en effet l’objet d’une centaine de procédures, certains étant même accusés d’ « acte de terrorisme » (voir notre article). « Nous sommes aujourd’hui devant le palais de justice de Chambéry mais nous pourrions être aussi devant celui de Turin », renchérit Paolo Prieri, du mouvement No Tav. « C’est un combat pour l’environnement, la démocratie et l’argent public. » Un appel à rejoindre les manifestations dans le Val de Suse du 17 au 27 juillet a été lancé.

- Tous nos articles sur le projet Lyon-Turin

 

CC Sophie Chapelle

 


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Source : www.bastamag.net


 

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Mercredi 9 juillet 2014 3 09 /07 /Juil /2014 23:51

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Blocage

Méga décharge en Normandie : « Virer une multinationale est un challenge extraordinaire ! »

par Simon Gouin 9 juillet 2014

 

 

 

 

D’éleveurs fortunés au boulanger du coin : les opposants à la méga-décharge de Nonant-le-Pin, dans l’Orne, n’ont pas le profil habituel des militants écolos. Pourtant, cela fait maintenant huit mois qu’ils empêchent l’entreprise GDE de déverser de nouveaux déchets. Ici, la lutte locale s’entremêle aux références globales. Et les combats juridiques se succèdent contre cette entreprise dirigée par les fondateurs d’une sulfureuse multinationale, Trafigura, qui n’avait pas hésité, entre autres scandales, à se débarrasser de déchets toxiques en Côte d’Ivoire. Reportage.

245. Les chiffres sont marqués sur une palissade, à l’entrée de la décharge de Nonant-le-Pin, dans l’Orne. En cette journée de la fin du mois de juin, cela fait 245 jours que l’entrée principale du site est bloquée. 8 mois que des citoyens de cette terre dédiée à l’élevage des chevaux, de renommée mondiale, refusent de laisser passer les camions de l’entreprise Guy Dauphin Environnement (GDE). Cette décharge accueilleraient chaque année 150 000 tonnes de déchets issus de l’industrie automobile pendant 17 ans. Le 22 octobre 2013, les premiers déchets sont déversés, alors même que le Tribunal de grande instance d’Argentan exige des expertises avant le début des opérations. Le 24 octobre, les opposants décident de bloquer le site pour faire respecter la décision de droit. Depuis, ils sont une centaine à se relayer, jour et nuit. A dormir dans le camion de course. A jouer aux cartes sous le chapiteau et à regarder les matchs de la coupe du monde de football.

 


 

Parmi eux, Émilie, une robe noire et un chapeau de paille. « Après avoir vécu 8 ans à Paris, je n’en pouvais plus de la pollution, du bruit, raconte-t-elle. J’ai décidé de revenir habiter là où j’avais grandi. Peu de temps après, j’entendais parler de cette décharge. Ma maison familiale est à 5km. Je ne suis pas revenue vivre ici pour avoir ça en face de chez moi ! Mon air va être pollué. » Émilie vient tous les jours, avant et après sa journée de travail, pour participer au blocage. La jeune femme fait partie du FRO, le Front de résistance ornais, qui rassemble des habitants de la région. « On est tous voisins, à 20 km à la ronde, explique-t-elle. On ne se connaissait pas. Les préjugés tombent. On se rend compte qu’on a tous des points communs. C’est une belle expérience humaine. »

Trafigura, au cœur des inquiétudes

Au pied de la tente, des opposants ont créé un petit jardin suspendu. Sur des palettes, des salades poussent. Un petit coin de verdure qui contraste avec les grands bassins de décantation recouverts de bâches, construits de l’autre côté de la clôture. Au total, une cinquantaine de terrains de football accueilleraient des déchets automobiles. Pour apercevoir le site, il faut grimper sur des palettes. Marc, un boulanger bientôt à la retraite, commente le panorama. Habitant d’une commune voisine, il vient quatre jours par semaine prêter mains fortes au blocage. « Vous voyez le camion là-bas ? Il est en train de pomper les déchets », indique-t-il, un gilet fluorescent sur les épaules, afin d’assurer la circulation devant le l’entrée du site. « Nous le laissons entrer par un petit chemin. Le soir, on replace un tracteur devant. Pas question qu’on nous ramène d’autres déchets ! » En février, suite à un rapport de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL), le préfet de l’Orne a sommé GDE de retirer les premiers déchets déposés sur le site, car ils contenaient des pneumatiques broyés, non autorisés dans cette décharge [1].

Aux côtés de Marc, on trouve André, un ancien agriculteur qui vit à 10 kilomètres. Il a découvert l’existence du projet il y a deux ans, au cours de réunions d’informations. Dans sa vie professionnelle, André avait un peu milité pour la FDSEA, « mais jamais à fond, comme ça, pendant huit mois, presque 24h/24 », dit-il. « Je participe au blocus en mémoire des Ivoiriens morts à cause de nos déchets déversés par Trafigura. » La référence à cette entreprise de négoce de matières premières basée en Suisse, gérée par Claude Dauphin, le fils du créateur de GDE, est sur les lèvres de nombreux opposants. Trafigura est accusée de s’être débarrassée de produits chimiques toxiques – des résidus de pétrole et de soufre – dans le port d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, en 2004. Les fûts s’étaient retrouvés dans une décharge sauvage, intoxiquant plusieurs milliers d’habitants (lire notre article). « Il est malheureux de payer de sa vie à cause des négligences d’un escroc », ajoute André.

Pas dans mon jardin ?

A Nonant-le-Pin, la lutte locale se nourrit de références mondiales. Personne ne veut d’une décharge autour de sa maison. Mais pas uniquement. L’avenir environnemental et économique de la région est en jeu. Et l’écologie revient souvent dans les arguments des opposants. « J’ai dû mal à accepter que l’on détruise la planète. On travaille pour l’intérêt général, explique Jean Leprince, un retraité d’une commune limitrophe, membre du FRO, avant d’ajouter avec malice : « Virer une multinationale est un challenge extraordinaire ! »


 

Mais virer une multinationale ne se passe pas sans un combat juridique. Si le blocage tient depuis 8 mois, c’est aussi grâce aux actions en justice entreprises par les opposants, sur tous les fronts. « Sur ce site privé et fermé [de GDE], l’enjeu était de savoir ce qu’il s’y fait, note Alexandre Faro, un des avocats des associations, lors de la conférence de presse organisée le mercredi 25 juin. Maintenant, on y est. Avec des juges, des experts, le procureur. » Les associations ont obtenu que des contre-expertises soient réalisées. Leur objectif est notamment de démontrer que le terrain qui accueille cette décharge n’est pas adapté. L’avocat, spécialiste des questions environnementales et défenseur, entre autres, de Greenpeace, ajoute : « Au-delà de la pollution, nous serons bientôt en mesure de démontrer qu’il y a probablement des faits d’escroquerie. Nous finirons par gagner. » En mai, le Tribunal correctionnel d’Argentan a ordonné la fermeture définitive du site, pointant la présence de déchets interdits. Mais GDE a fait appel de cette décision. Et porte plainte contre l’État pour les préjudices subis à cause de la non-exploitation du site [2].

Des militants écolos à la famille Guerlain

Pour répondre aux accusations des opposants, l’entreprise a aussi décidé d’ouvrir ses portes aux journalistes en avril et mai derniers. « Barrières d’étanchéité, collecte et traitement des effluents liquides, captage et valorisation du biogaz, plantation d’arbres, création d’un verger, aménagement de paddocks pour chevaux... rien n’a été trop beau pour faire du centre un site modèle, loin de l’image que l’on se fait d’une décharge », s’enthousiasme le journaliste du Monde après sa visite.

Le reportage de France 3 Basse-Normandie :

Pour payer ses avocats et ses contre-expertises, les associations comptent sur la solidarité des éleveurs. Ces derniers ont proposé des saillies, parfois aux enchères, dont la moitié du montant est reversé à la lutte. Si la mobilisation est forte, c’est que le monde du cheval joue gros. La région de Nonant-le-Pin est reconnue dans le monde entier pour son élevage de chevaux. Avec l’ouverture de la décharge, qui voudra acheter un poulain qui aura grandi à quelques centaines de mètres ? « GDE a réussi à unifier toute la filière équine, raconte Stéphane Meunier, représentant du syndicat des entraîneurs. Ce qui est très difficile ! » Des haras bordent la décharge de GDE. En quelques années, leur valeur a chuté avec le développement du projet. Certaines familles fortunées pourraient perdre des sommes considérables.

C’est là une des particularités de la lutte de Nonant-le-Pin : la rencontre de deux milieux socialement opposés. Des membres de la famille Guerlain à l’agriculteur du coin, des petits commerçants locaux au « consultant en réflexion stratégique, prospective et lobbying » Jacques Carles, président du Centre du luxe et de la création et vice-président du Samu social international, résident d’un village voisin, mobilisé pour « faire revivre le dossier ». Pour tenir, il faut activer les réseaux, y compris parisiens, rencontrer les cabinets des ministres, les politiques. Tenter de comprendre pourquoi l’État, et plus particulièrement le Préfet, défendent presque systématiquement l’entreprise. Et proposer une alternative à la décharge.

Un équipôle plutôt qu’une décharge ?

Les opposants ont un projet de développement de la région : créer un équipôle, un centre d’entraînement de trotteurs et d’activités associées, qui pourrait générer 50 emplois. Coût estimé : 7 millions d’investissements, auxquels les promoteurs du projet participeraient sous forme de fonds propres, entre 2,2 et 2,8 millions d’euros. Les associations ont aussi consulté les entreprises du département : elles embaucheraient 50 personnes d’ici à la fin 2015. Au total, 100 emplois seraient créés. Contre 12 emplois générés par la décharge, affirmait GDE au début du projet. Mais cette alternative ne tient qu’à une seule condition, précisent les opposants : la décharge doit fermer définitivement ses portes.

Quelques jours plus tard, GDE s’achetait une pleine page de publicité dans Ouest-France. Son message, repris dans un article du quotidien [3] : l’entreprise annonce la création de 91 emplois dans une nouvelle unité de traitement, à quelques dizaines de kilomètres de Nonant-le-Pin.

Simon Gouin (texte et photos)
Photo de une et photo du bassin de décantation : opposants de Nonant le Pin

 



Notre article sur Trafigura et Nonant-le-Pin : Dans l’ombre d’un projet polémique de méga-décharge en Normandie, une multinationale à la réputation sulfureuse

 

 

Notes

[1Les pneumatiques font l’objet d’une réglementation particulière afin que leur stockage ne pollue pas l’environnement.

[2Lire l’article du Figaro.

[3Lire l’article de Ouest-France.


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Source : www.bastamag.net

 


 

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Mardi 8 juillet 2014 2 08 /07 /Juil /2014 17:19

 

Source : www.mediapart.fr

 

Un appel international pour Podemos

|  Par Joseph Confavreux

 

 

La revue Contretemps relaie un appel international à soutenir et s'inspirer de Podemos.

Mike Davis, Judith Butler, Noam Chomsky, Salvoj Zizek, Erri de Luca ou encore Antonio Negri et bien d'autres. La revue Contretemps se fait le relai d'un appel international à soutenir et s'inspirer de l'expérience Podemos. 

Il s'agit de saluer l'expérience Podemos en Espagne, les mobilisations qui l'ont rendue possible et les pratiques politiques qu'elle porte, avec un réel succès aux dernières élections européennes. C'est un plaidoyer pour une autre façon de faire de la politique en lien avec les mouvements sociaux, en cette période de crise de la politique « traditionnelle ».

La suite à lire sur le site de la revue Contretemps (*ou ci-dessous)


 

Source : www.contretemps.eu

 

Appel international : "Nous soutenons PODEMOS"

 

Dans un contexte européen où les offensives réactionnaires se multiplient, nous relayons dans nos colonnes un appel international signé par des personnalités de nombreuses sensibilités politiques de gauche. Il s'agit de saluer l'expérience "PODEMOS" en Espagne, les mobilisations qui l'ont rendue possible et les pratiques politiques qu'elle porte, avec un réel succès aux dernières élections européennes. C'est un plaidoyer pour une autre façon de faire de la politique en lien avec les mouvements sociaux, en cette période de crise de la politique « traditionnelle ».

 

Quelques jours après les élections européennes, nous voulons célébrer l’irruption de PODEMOS comme alternative politique en Espagne. En seulement 4 mois d’existence, PODEMOS a réussi à obtenir un soutien populaire considérable, remportant 8 % des voix et devenant la 3ème force politique dans 23 des 40 principales villes du pays.

Alors que les politiques d’austérité ont créé dans le Sud de l’Europe un paysage désolé, il est encourageant de voir qu’il y a de plus en plus de gens prêts à se lever et à se battre pour la défense de la démocratie, des droits sociaux et de la souveraineté du peuple. Plus encore, c’est une source d’inspiration de voir qu’ils contestent les mandats des élites financières et politiques par de moyens nouveaux et radicalement démocratiques.

PODEMOS est issu de la vague de soulèvements populaires qui, depuis 2011, se sont propagés à travers le monde en exigeant une démocratie digne de ce nom. Son fonctionnement favorise la participation politique du peuple, organisant des élections primaires ouvertes, l’élaboration d’un programme politique participatif, la constitution de plus de 400 cercles et assemblées populaires dans le monde entier. PODEMOS obtient ses ressources exclusivement de contributions populaires, refusant tout prêt bancaire, et toute sa comptabilité est publique et accessible en ligne (podemos.info). Tous ses représentants seront révocables, et soumis à la stricte limitation de leurs mandats, leurs privilèges et leurs salaires.

Le programme politique de PODEMOS reflète les contributions de plusieurs milliers de citoyens, et exprime un sens commun partagé par des millions de personnes autour du monde : il propose de rompre avec la logique néolibérale de l’austérité et la dictature de la dette ; une répartition équitable des richesses et du travail ; la démocratisation radicale de toutes les instances de la vie publique ; la défense des droits sociaux et des services publiques ; ainsi que la fin de l’impunité et de la corruption qui ont transformé le rêve européen de liberté, d’égalité et de fraternité en cauchemar d’une société injuste, cynique et oligarchique.

Cette élection nous a montré que la désaffection et le malaise créés par les politiques de la Troïka favorisent la montée de la xénophobie et du fascisme. Il est donc urgent que l’espoir exprimé par PODEMOS se diffuse dans l’ensemble de nos pays : c’est l’image d’un peuple qui refuse de se soumettre à la passivité et se propose de récupérer ce pouvoir qui lui est propre, la capacité démocratique de décider ce qui est commun, ce qui détermine la vie de tous.

 

Gilbert Achcar
Jorge Alemán
Cinzia Arruzza
Étienne Balibar
Brenna Bhandar
Wendy Brown
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date: 
26/06/2014 - 09:34



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Mercredi 2 juillet 2014 3 02 /07 /Juil /2014 23:44

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Joyeuse mobilisation populaire à Amiens pour le premier procès des Mille vaches

Vladimir Slonska-Malvaud (Reporterre)

mercredi 2 juillet 2014

 

 

 

Neuf militants de la Confédération paysanne étaient convoqués, ce mardi 1er juillet, devant le tribunal correctionnel d’Amiens pour leurs actions de protestation contre la ferme-usine des Mille vaches. Le procès a été reporté. Environ 300 sympathisants avaient fait le déplacement pour les soutenir dans une ambiance joyeuse.


- Amiens, reportage

Reporté au 28 octobre. Les centaines de sympathisants réunis devant les grilles du palais de justice d’Amiens, dans le centre-ville, laissent éclater leur joie, malgré le côté attendu de la décision. À l’intérieur, les neufs militants de la Confédération paysanne, poursuivis pour des « dégradations » à la ferme-usine des mille vaches – une action de septembre 2013 et le démontage d’installations de la salle de traite, le 28 mai – ont fait valoir l’impossibilité de préparer leur défense du fait de difficultés d’accès à certaines pièces de la procédure. Le contrôle judiciaire dont ils faisaient l’objet – interdiction de se rencontrer, de quitter le territoire national et de se rendre dans la Somme – a été partiellement maintenu avec la reconduction de l’interdiction de séjourner dans le département.


- Quatre prévenus : Pierre-Alain Prévost, Laurent Pinatel, Thierry Bonnamour et Valentin Sic -

Tôt le matin, des cars étaient partis de plusieurs endroits en France, notamment de Paris et de Rouen, avec à leur bord de nombreux militants de la Confédération paysanne, d’associations de protection de l’environnement et de la condition animale. À Paris, le bus, parti de Gallieni aux premières heures du jour, est plein. Objectif du rassemblement : apporter un soutien visible aux neufs militants poursuivis et poursuivre la contestation contre ce projet de ferme-usine géante de 1750 têtes. Mille vaches laitières et 750 veaux et génisses doivent en effet former à terme cette exploitation intensive et hors-sol sur le territoire des communes de Drucat-le-Plessiel et de Buigny-Saint-Maclou, dans la Somme, près d’Abbeville, en combinaison avec un méthaniseur géant pour produire de l’électricité ensuite revendue à EDF.

Semer des graines de mobilisation

« On ne veut pas de ce projet chez nous, mais on n’en veut pas ailleurs non plus », expliquent Alain Miarlet et Gérard Leborgne, deux militants de la première heure de Novissen, l’association des opposants à la ferme-usine, rencontrés dans le rassemblement. « C’est un mode de vie qui va s’étendre si on ne fait rien », s’alarment les deux amis, qui se définissent comme « des militants de la base ».


- Gérard Leborgne et Alain Miarlet -

Dans le petit square situé au pied du palais de justice, l’impression de lutter contre le poste avancé de l’industrialisation de l’agriculture est généralisée. Les drapeaux de la Confédération paysanne dominent, mais il y a aussi les oriflammes d’EELV, du Front de gauche-PC, de Sud, et de la Fédération anarchiste.

Des parallèles sont dressés avec les autres combats sociaux et environnementaux. « Je ne me voyais pas ne pas être là, nous dit Magalie, fonctionnaire du service pénitentiaire d’insertion et de probation.


- Magalie -

Les luttes doivent se rejoindre ; il faut semer des graines, elles fleuriront bien à un moment ». « Ce qui est fort, c’est la convergence », renchérit Laurent, étudiant en master de sciences sociales des religions. Depuis peu investi comme clown militant, il se félicite, lui aussi, du caractère transversal du combat contre la ferme-usine.


- Laurent (à gauche) -

« Ce qui se passe ici touche à différentes sphères, comme l’écologie, l’emploi ou l’économie. » « La lutte réunit énormément de personnes de beaucoup de milieux culturels et politiques différents : c’est un vrai mouvement citoyen, avec déjà plus de 2000 membres », confirment pour leur part les deux adhérents de Novissen.

Au chapitre des convergences, les neufs désobéissants de la Confédération paysanne peuvent aussi compter sur la présence de syndicalistes de la CGT, dont Xavier Mathieu, ancienne figure de la lutte des Conti, et du soutien du syndicat Sud. Des militants du Parti communiste (PCF), pourtant en rupture avec les écologistes sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou sur le nucléaire, sont également venus soutenir les prévenus. « On est franchement pour l’agriculture paysanne », expliquent Michel Guillochon et Chantal Leblanc, la secrétaire de section du PCF à Abbeville. « Avec ce type de projets, il va se passer dans la filière laitière ce qu’on a déjà vu avec la concentration dans d’autres secteurs : les supermarchés qui ont fait disparaître les petits commerces, par exemple », dit Michel Guillochon. « Il faut se poser la question de l’intérêt pour la population ; certaines industries peuvent être bénéfiques, mais ici cela ne crée pas d’emploi et nous aurons des produits de moins bonne qualité », continuent les deux militants, également très critiques de l’utilisation de terres agricoles pour la production d’agrocarburants. « Nous ne sommes pas contre la transition énergétique, mais cela ne peut pas se faire contre les salariés », se défendent-ils quand on leur rappelle les positions souvent favorables aux industriels du PCF.


- Xavier Compain, Michel Guillochon et Chantal Leblanc -

« Pas paysan pour aller à l’usine »

Vers 10h15, la sortie des militants poursuivis du tribunal et l’annonce du report du procès interrompent momentanément les prises de paroles qui se succèdent, depuis le matin, sur l’estrade installée par la Confédération paysanne devant le palais de justice. De nombreux applaudissements accueillent leurs premiers mots suite à l’audience....

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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Mardi 1 juillet 2014 2 01 /07 /Juil /2014 18:57

 

Source : www.mediapart.fr


La justice s’émancipe enfin du pouvoir

|  Par Michel Deléan

 

 

La garde à vue de l’ancien chef de l'Etat, une première sous la République, montre que l'autorité judiciaire se départit de ses pudeurs vis à vis du politique et du pouvoir exécutif.

Un tabou est tombé, ce 1er juillet 2014. En décidant, pour la première fois dans l’histoire de notre vieille République, de placer un ancien chef de l’Etat en garde à vue, tel un suspect lambda, deux juges d’instruction viennent de nous signifier de façon éclatante que la justice s’est enfin émancipée. Ces deux juges d’instruction du pôle financier de Paris, Patricia Simon et Claire Thépaut, n’ont pourtant fait qu’appliquer les dispositions du Code de procédure pénale.

Aucune immunité, aucun texte de loi ne les empêchait, en effet, de faire interroger l’ex-président Sarkozy par des policiers sous le régime de la garde à vue, dès lors qu’il existait des indices sérieux laissant penser qu’il ait pu participer à la commission d’un délit passible d’une peine de prison, ce qui est manifestement le cas dans cette affaire de trafic d'influence. Même chose pour l’avocat de l’ancien chef d’Etat, Thierry Herzog, et pour les deux hauts magistrats de la Cour de cassation, Gilbert Azibert et Patrick Sassoust, également retenus à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) dans la même affaire.

 

Nicolas Sarkozy  
Nicolas Sarkozy © Reuters

La décision des juges d’instruction - une fonction que Nicolas Sarkozy entendait supprimer - démontre que la justice ne s’embarrasse plus des hésitations et des prudences du passé. Il suffit de se souvenir du juge d’instruction précautionneux, Alain Philibeaux, qui s’était déplacé, en juillet 2007, jusqu’au bureau de l’ancien président Jacques Chirac, après avoir pris rendez-vous, cela pour procéder à une audition très courtoise (dans l’affaire des emplois fictifs du RPR). L’année suivante, la juge Xavière Siméoni (initialement chargée du volet des chargés de mission de l’Hôtel de Ville) avait, pour sa part, convoqué Chirac au Palais de justice de Paris pour l’auditionner, avant de le renvoyer en correctionnelle. Une fois réunis les deux volets de cette affaire emblématique, dont le cours a longtemps été entravé, un procès a enfin eu lieu, et a abouti à la condamnation du vieux président à deux ans de prison avec sursis, le 15 décembre 2011. Ce qui constituait déjà une première.

Mais même à la grande époque des « affaires du RPR », qui ont valu un long séjour en prison à Alain Carignon (ainsi qu’une semaine de détention provisoire à Michel Roussin), une sorte de privilège tacite protégeait les principales éminences républicaines. Bien que condamnés par les tribunaux, ni Charles Pasqua, ni Alain Juppé, ni Jacques Chirac n’ont auparavant effectué une seule heure de garde à vue. Cette mesure n’était appliquée par les juges qu’aux simples exécutants, aux lieutenants ou aux seconds couteaux. Les plus puissants, eux, n’étaient éventuellement interrogés comme donneurs d'ordres que par le juge lui-même, dans un cadre moins contraint et humiliant, plus solennel et feutré aussi.

Les exceptions récentes qui confirment cette règle non écrite ont concerné Dominique de Villepin (affaire Clearstream), Bernard Tapie et Claude Guéant (affaire de l’arbitrage truqué), ou encore Serge Dassault (affaire des achats de voix à Corbeil-Essonnes), qui ont subi des gardes à vue « VIP ».

Mais dans l’affaire Bettencourt, où il a, pendant un temps, été mis en examen, Nicolas Sarkozy n’a été interrogé que par le juge d‘instruction Jean-Michel Gentil, et n’a jamais été mis en garde à vue. Malgré le non-lieu assez acide dont il a bénéficié en fin d’instruction, l’affaire Bettencourt – qui sera jugée début 2015 – avait montré la nécessité d’une justice indépendante, après qu’un procureur sarkozyste, Philippe Courroye, ait tout tenté pour étouffer ce dossier de financement illicite de l’UMP et de son champion. Une étape supplémentaire a été franchie aujourd'hui.

L’histoire retiendra peut-être qu’il a fallu l‘affaire Cahuzac, puis la création d’un procureur national financier, poste attribué à Eliane Houlette au mois de janvier, pour que l’on confie à des magistrats spécialisés les principales affaires de corruption et de fraude fiscale, tout en leur accordant une relative autonomie.

Il faut se rappeler que c’est Eliane Houlette qui a ouvert une information judiciaire pour « trafic d’influence » et « violation du secret de l’instruction » le 26 février dernier, quand les écoutes du téléphone de Nicolas Sarkozy (alias Paul Bismuth) ont révélé la gravité du système de réseaux de fidèles mis en place dans la haute magistrature et dans la hiérarchie policière. Mais il faut aussi noter que le procureur national financier a pris cette décision - confier le dossier à des juges indépendants - avec le feu vert de son supérieur hiérarchique, le procureur général de la cour d’appel de Paris, François Falletti, un homme que l’on ne peut soupçonner de rouler pour l’Etat PS.

 

Jacques Chirac 
Jacques Chirac © Reuters

L’avenir dira si la garde à vue spectaculaire d’un ex-président peut, à elle seule, sonner le glas d’une certaine idée de la politique. Celle des autocrates pressés, des spécialistes du conflit d’intérêts, et autres partisans de l’affaiblissement des contre-pouvoirs. Comme souvent, certains élus UMP et quelques éditocrates des beaux quartiers auront tôt fait de rappeler que Nicolas Sarkozy est présumé innocent, et qu’il faut se défier d’une « dictature des médias », comme du « populisme », d’une « République des juges » ou encore d'une « justice politique ». Refrain connu.

À partir des années 1980, voilà une petite éternité, des magistrats se sont risqués à disséquer le financement illégal des partis (RPR, PR, CDS, PS, PCF...), à éplucher le train de vie de plusieurs élus (Carignon, Noir, Léotard, Longuet, Mancel, Balkany...) et à pointer les dérives de quelques patrons (Pierre Suard, Jean-Maxime Lévêque, Bernard Tapie, Loïk Le Floch-Prigent, Jean-Marie Messier...). Les Renaud Van Ruymbeke, Eva Joly ou Éric Halphen, déjà populaires dans l’opinion, mais pourfendus par les pouvoirs en place, étaient alors qualifiés de « chevaliers blancs », qui ne comprenaient rien à la marche de l’économie, rêvaient secrètement de prendre la place des politiques, allaient aggraver le chômage et faire monter l’extrême droite.

Aujourd’hui, il serait tentant d’opposer à ceux qui reprennent cette antienne - notamment des sous-ténors de l'UMP, chantres récents et oublieux de « l'impunité zéro » - la thèse symétrique d’une revanche des « petits juges », durement attaqués sous le règne de Sarkozy – au point que l’occupant de l’Élysée avait subitement décrété la mort du juge d’instruction. Mais le complot des juges (et des médias) est une chimère. La réalité est plus simple.

Le temps n’est plus où le monarque républicain et ses vassaux pouvaient échapper à leurs responsabilités. L’époque est plus transparente, plus dure aussi, et elle se veut en tout cas plus égalitaire. Certes, il aura fallu quinze ans et dix affaires pour qu’un Jacques Chirac finisse par être condamné, de façon très symbolique, et en son absence (de célèbres avocats ont cru pouvoir comparer ce jugement à la guillotine révolutionnaire, sans comprendre qu’il s’agissait d’une application très modérée du principe d’égalité devant la loi). Mais la condamnation de Chirac a eu lieu.

Aujourd'hui, alors que plusieurs affaires menacent Nicolas Sarkozy, la fonction présidentielle est quelque peu désacralisée. Le fait qu’un procureur (une femme) ait fait usage des pouvoirs que lui confère la loi en ouvrant une information judiciaire visant un ancien président, puis que deux juges d’instruction indépendants (des femmes) décident de le placer en garde à vue, ne menace aucunement les fondements de la République. Ce double événement rappelle, au contraire, à nos élus que les lois qu’ils votent s’appliquent aussi à eux-mêmes, et qu’ils se doivent d’être exemplaires pour mériter les mandats qui leur sont confiés par les citoyens. C'est le rappel necéssaire de deux principes limpides: la séparation des pouvoirs, et l'égalité des citoyens devant la loi.

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

 

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Dimanche 29 juin 2014 7 29 /06 /Juin /2014 19:03

 

Source : www.lesinrocks.com


 

Daniel Mermet: “Les médiocres sont de retour dans la vallée fertile”

29/06/2014 | 14h37
Daniel Mermet (photo Christophe Abramowitz)

Vendredi matin Laurence Bloch, la nouvelle directrice de France Inter, a annoncé l’arrêt de l’émission “Là-bas si j’y suis”, créée et présentée depuis 1989 par Daniel Mermet. Le taulier de l’émission dénonce “une décision politique”, guidée par “des attitudes de revanche personnelle”. Dans son collimateur, Frédéric Schlesinger, l’actuel directeur délégué aux antennes et aux programmes de Radio France, qui avait déplacé “Là-bas si j’y suis” de 17h à 15h en 2006, quand il était directeur délégué de France Inter. A cette époque il avait dû faire face à une pétition de soutien à l’émission qui avait recueilli 216 000 signatures.

Comment Laurence Bloch a-t-elle justifié auprès de vous l’arrêt de votre émission ?

Elle m’a indiqué cela ce matin (vendredi 27 juin, ndlr). Il y avait des rumeurs, des papiers qui étaient sortis, sans qu’elle ait pris soin de me prévenir, de me voir, ni de dialoguer avec moi en aucune façon. Il n’y a pas eu de confrontation, ni de négociation. La décision a été prise, m’a-t-elle dit, de suspendre l’émission et de suspendre aussi ma présence à l’antenne.

Vous a-t-elle expliqué pourquoi elle a pris cette décision ?

Oh mais oui ! Elle a avancé plusieurs arguments fallacieux, mais ça ne lui coûte rien de mentir : elle a tout pouvoir, et je n’en ai aucun. Il est par exemple fallacieux et mensonger de dire qu’il y a eu un tassement de l’audience sur la tranche horaire de Là-bas si j’y suis. Lorsque nous avons été placés sur cet horaire en 2006 – et tout le monde le sait bien à la radio, à commencer Frédéric Schlesinger (nouveau directeur délégué aux antennes et aux programmes de Radio France, qui était directeur de France Inter à l’époque, ndlr) -, l’audience de cette tranche était de 150 000 auditeurs. Aujourd’hui elle est à 450 000 auditeurs. Donc Là-bas si j’y suis a amené au moins 300 000 auditeurs à France Inter : c’est la plus grosse audience sur cette tranche dans l’histoire de la station. Je suis très au courant de cela. Il y a eu un léger tassement cette dernière année, parce qu’ils ont amputé eux-mêmes l’émission d’une heure le vendredi, et de dix minutes à la fin de chaque émission. Sa progression s’est faite malgré une marginalisation permanente, et un refus constant de la promouvoir sur l’antenne. Vous n’avez jamais entendu une promotion de Là-bas si j’y suis dans une journée de France Inter quand Laurence Bloch était à la direction de l’antenne (Laurence Bloch était directrice adjointe de France Inter depuis 2010, avant d’être nommée directrice en mai 2014, ndlr).

La direction de France Inter explique aussi qu’elle veut rajeunir la station.

C’est vrai que je vais avoir 72 ans cette année, mais je n’en ai pas honte du tout ! Faire du jeunisme ou de la gérontophobie est tout à fait honteux. Est-ce que Radio France va faire de la gérontophobie avec Edgar Morin ou Ken Loach ? C’est absolument dégueulasse de dire qu’il faut virer les vieux pour les remplacer par des jeunes. Ce n’est pas parce que les journalistes sont jeunes que le public se rajeunit. Aujourd’hui Noam Chomsky est lu en terminal. Cet argument ne marche pas. Il n’y a pas eu de vieillissement de cette émission, car elle est nourrie par l’actualité, par l’air du temps. Leur point de vue n’est pas défendable. Que reste-t-il alors comme argument ? Il faut changer, il faut rajeunir, soit. Mais pourquoi faire disparaître une émission, alors qu’on aurait pu la mettre le week-end ? Il y a une volonté de la faire disparaître. C’est la réalité. Quand vous avez débusqué ces mensonges arrogants, il reste que c’est une décision politique. C’est une émission qui déplaît, à cause de sa ligne éditoriale, à l’actuelle direction de Radio France, tout simplement. En vertu peut-être – c’est plus compliqué – des attitudes de revanche personnelle qui peuvent dicter la conduite de cette direction.

Laurence Bloch vous a-t-elle proposé un retrait plus progressif, ou une autre émission, à vous et votre équipe ?

Elle nous fait vaguement miroiter des reportages pour l’été prochain, mais c’est très flou. C’est à voir. A priori c’est très douteux, il n’y a aucune confiance entre nous. Elle va recevoir l’équipe la semaine prochaine. Ils sont cinq à être au tapis: Giv Anquetil, 17 ans de Là-bas si j’y suis, Antoine Chao, 14 ans de Là-bas si j’y suis, Charlotte Perry, 6 ans, Gaylord Van Wymeersch et Anaëlle Verzaux, respectivement 3 ans et 2 ans. Ce sont tous de formidables journalistes de radio. J’avais dit et répété – et nous en sommes d’accord avec l’équipe – que j’étais favorable à une transition, c’est-à-dire que les plus expérimentés, Giv et Antoine, devaient prendre le relais. J’en avais parlé à Frédéric Schlesinger, qui disait que c’était une bonne idée, et l’équipe était d’accord pour se lancer dans l’aventure, s’approprier sur quelques mois l’édition, et vogue la galère ! Moi je continuerai à avoir une heure peut-être par semaine, c’était une transition qui permettait de garder l’image de Là-bas si j’y suis, de faire cela respectueusement vis-à-vis de gens qui ont passé leur vie entière à France Inter, ce qui est mon cas. Et non, c’est ce qu’ils ne veulent pas.

Pensez-vous accepter l’idée d’une émission composée de reportages l’été prochain ?

 

Non, je pense que c’est trop humiliant. C’est très difficile à accepter. Je pense qu’ils font une très grosse erreur humaine vis-à-vis de moi. C’est tout simplement une conduite que je peux qualifier d’inélégante : on ne traite pas des personnes qui ont passé trente-cinq ans de leur vie à France Inter, qui ont donné toute leur vie à la radio, de cette façon. Ce sont des gens brutaux, arrogants, et qui font une faute professionnelle lourde. Je pense qu’ils trahissent les potentialités de cette maison, et sa vocation d’être un haut lieu de l’éducation populaire. Ils se sont approprié cette maison, ses moyens, pour des horizons extrêmement étriqués et mesquins. Il y a une vraie lutte. Alors que tout se privatise, le service public n’a toujours pas de pub. C’est à pleurer de constater que ce potentiel est entre les mains de médiocres. En 2010, j’avais qualifié la direction de France Inter de médiocres dans une vallée fertile. Aujourd’hui les médiocres sont de retour dans la vallée fertile.

La direction de la radio affirme qu’elle a proposé une hebdomadaire aux membres de votre équipe. Est-ce suffisant ?

Cette rumeur circule. Moi je pense que c’est un contre-feu pour essayer de calmer la colère des auditeurs qui est en train de monter. Mais que feront-ils quand ils seront à cinq sur une heure d’émission? Ils vont avoir cinq cacahuètes à se partager, alors que là ils avaient toute la place pour poursuivre. Et ce n’est qu’une vague promesse, ce n’est pas acté. Ils pourraient le faire très vite, cela pourrait être une issue, mais le mode de gestion de tout cela est détestable. Il faut souligner que si cette situation est possible, c’est à cause de la précarité dans laquelle nous sommes. Les personnels des programmes sont en CDD, c’est-à-dire qu’ils sont précaires, et la précarité mène à la docilité. Or docilité et journalisme ne devraient pas être des mots que l’on puisse associer. C’est un mode de gestion extrêmement commode de menacer de nous virer, ou de ne pas renouveler notre contrat à la fin du trimestre. On finit par s’écraser, et par traiter de sujets plus faciles.

Comment expliquez vous que l’émission ait traversée toute la période Sarkozy, avec Philippe Val, qui ne vous était pas favorable, à la tête de France Inter, et qu’aujourd’hui elle disparaisse, sous un gouvernement de gauche ?

Pendant la période Val-Hees, l’émission était très respectée par Jean-Luc Hees, parce qu’à la différence de la direction actuelle, Hees est un journaliste. Même s’il n’était pas d’accord avec la ligne éditoriale de l’émission, avec une certaine façon d’aborder les sujets, de les traiter, il la respectait beaucoup. Il appliquait le principe bien connu: je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je ferai tout pour que vous puissiez le dire. Jean-Marie Cavada, dieu sait si nous ne sommes pas sur la même ligne éditoriale, mais quand il était président de Radio France il avait trouvé que cette émission était très bien, car nous étions les seuls à Radio France à l’avoir. Pour lui c’était une émission alter-mondialiste, il disait: “vous êtes très bien sur ce créneau là, sur cette ‘niche’ là, continuez”. C’est comme ça que cela se passait avec les journalistes. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Quelle est la légitimité de cette petite oligarchie cooptée qui est aux commandes de l’audiovisuel public? Il s’agit d’abus de pouvoir, ils n’ont pas de légitimité. C’est une affaire qui concerne 400 000 auditeurs. Il ne faut pas oublier que la radio leur appartient, c’est eux qui la financent. Or ils ne sont pas considérés dans les prises de position de la direction, pas plus que dans la nomination des personnels, puisque c’est le CSA qui décide.

Avant d’être nommée directrice de France Inter en mai 2014, Laurence Bloch était directrice adjointe depuis 2010. Quel était l’état de vos relations avec elle ?

Cela s’est très mal passé. Pour faire vite, nous n’avons pas du tout la même sensibilité politique, elle l’a manifesté à maintes reprises. On était par exemple très fiers d’avoir un entretien exclusif avec Julian Assange, qui était à l’ambassade de l’équateur à Londres, mais elle n’a jamais voulu que l’on fasse la promotion d’une émission comme celle-là. Je trouve normal, légitime et même nécessaire qu’une direction intervienne sur le fond, qu’on ait des discussions sur une ligne éditoriale, mais ils ne le font jamais, par manque de courage, de compétence ou d’envie. Ils préfèrent se séparer d’une émission plutôt que d’en discuter le contenu. Philippe Val le martelait : “faites de la culture, ne faites pas de la politique”. Il est vrai que Là-bas si j’y suis a une tonalité particulière, mais il ne faut pas être dans la caricature. Ce sont des émissions qui ont un regard critique sur les choses. Les messages laissés sur le répondeur ne sont pas tous univoques. C’est l’esprit critique et indépendant qui m’ont fait passer pour un bolchevik le couteau entre les dents. Il arrive que l’on ne soit pas neutres, mais à mon avis la neutralité est impossible : les auditeurs connaissent notre grille de lecture.

le 29 juin 2014 à 14h37
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