Ils réagissent

Jeudi 23 octobre 2014 4 23 /10 /Oct /2014 23:18

 

 

Source : www.lemonde.fr


 

GDF Suez : la CGT dénonce la retraite chapeau à 21 millions d'euros de son président

Le Monde.fr avec AFP | 23.10.2014 à 19h21 • Mis à jour le 23.10.2014 à 21h16

 
 

 

Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, dans son bureau à la Défense, le 17 mai 2013.

 

La Confédération générale du travail (CGT) de GDF-Suez demande, jeudi 23 octobre, des « comptes » au groupe concernant les modalités de retraite du président du groupe, Gérard Mestrallet.

Le syndicat réagit à la parution d'un article dans Le Canard enchaîné, qui assurait que M. Mestrallet devrait toucher une retraite chapeau de 21 millions d'euros.

En complément de la retraite légale, de base et complémentaire, les hauts dirigeants de plusieurs grandes entreprises françaises ont en effet droit à une « retraite chapeau » s'ils achèvent leur carrière dans l'entreprise. Son versement est étalé pendant toute la durée de la retraite du bénéficiaire.

 

« DES MODALITÉS DE RETRAITE HORS DE L'ENTENDEMENT »

« J'ai écrit aujourd'hui au DRH [directeur des ressources humaines] » pour savoir si cette somme avait vraiment été prévue, indique le coordinateur du premier syndicat, Yves Ledoux, à l'AFP. Pour la CGT, il s'agit de « modalités de retraite hors de l'entendement », alors que beaucoup de salariés du groupe vivent avec des salaires au niveau du smic « et que GDF Suez a engagé » un plan de rigueur énorme de l'ordre de 4,5 milliards d'euros.

 Le document de référence 2013 du groupe, consultable sur son site Internet, évoque une provision globale de 103 millions d'euros au 31 décembre 2013 pour les 27 membres du comité exécutif, sans plus de précision.

D'après ce document, M. Mestrallet a résilié son contrat de travail et fait valoir ses droits à la retraite lorsqu'il a été reconduit en avril 2012 dans sa fonction de PDG.

Ce dernier a ainsi touché 90 000 euros de retraite de base en 2013, en plus d'une rémunération de 2,9 millions d'euros (dont 1,6 million de part variable). Le document indique également que Gérard Mestrallet « a renoncé, pour la durée de ses fonctions actuelles », à percevoir sa retraite complémentaire (des régimes collectifs Arrco et Agirc), d'un montant de 831 641 euros.

Isabelle Kocher en pole position pour succéder à Gérard Mestrallet chez GDF Suez

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 

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Jeudi 23 octobre 2014 4 23 /10 /Oct /2014 18:46

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/gerardfiloche

 

 

Entre les deux T : le T de Total et un Tweet, c’est Total qui compte

 

Le premier T, un tweet suivi de milliers d’autres, pas du même genre

Mardi 21 octobre, je rentre à Paris après une séance de dédicace de mon dernier livre en défense du droit du travail, à la librairie les Volcans, à Clermont-Ferrand et d’une réunion de militants socialistes, qui s’est tenue la veille au soir.

A 5h 58, à peine installé sur mon iPhone et sur mon ipad, j’apprends la mort de Christophe de Margerie, dans un accident d’avion à Moscou, avec trois autres personnes qui seront, par la suite, le plus souvent ignorées.

Je réfléchis donc, et je m’attends à ce qui va se passer dans la journée, je devine les hommages, les louanges, l’encensement du « grand patron » etc. La propagande pour faire croire que ces gens-là nous sauvent alors que ces puissants-là nous coulent, siphonnent nos salaires, bloquent nos emplois, polluent, détruisent l’environnement,  tournent le dos aux choix citoyens…

Je pense, aussi, à toux ceux qui, dans le monde ont été victimes de la politique de Total, notamment aux milliers de morts causés par la junte dictatoriale Birmane dont Total a été le soutien financier pendant tant d’années. Je me remémore des films, des livres, des articles, de Péan, d’Eva Joly, des enquêtes, et tout défile dans ma tête.

Je ne connais pas l’homme ni son entourage, même s’il était plus que célèbre. Il ne m’était pas sympathique. Je ne pouvais ni ne voulais le dissocier de la politique du groupe pétrolier qu’il dirigeait. Je ne pouvais pas, non plus oublier qu’il gagnait environ 300 Smic par an et que personne ne peut gagner une telle somme aussi choquante sans exploiter violemment le travail des autres.

Je pense bien sûr aux quatre familles endeuillées. Mais je ne vais pas communiquer là-dessus par tweet, support totalement inapproprié, car que dirais-je ? Je ne suis pas ministre ni député et je n’ai aucune autorité pour envoyer des condoléances aux familles de ce tragique accident. Cela aurait même semblé très déplacé et impudique. « Filoche qui envoie sa compassion a la puissante famille Margerie » :  aucun sens. J’ai choisi, en quelques mots, de parler politique, à la fois du passé et du futur de la multinationale du CAC 40 : Total. Car tel est mon rôle et je suis persuadé d’avoir eu raison de le faire. Cela concerne des millions de nos concitoyens.

Les tweets qui se sont, alors, multipliés venaient, en formation serrée, de militants et sympathisants de l’UMP à l’initiative de Eric Ciotti. Ils répandaient non pas le contenu de mes propos mais inventaient, dénaturaient en se faisant la courte-échelle les uns les autres, prétendant que je m’étais «  réjoui »  (sic) de la mort de Margerie et autres délires… Des FN se sont joints à la fête pour défendre l’entreprise, la grosse entreprise, et le grand patron… Pour couvrir Total, ils instruisaient un procès…  en bienséance.

En trois heures de Clermont-Ferrand à Paris, j’ai vu le rythme des attaques s’accélérer jusqu’à ce que le dirigeant UMP Eric Ciotti demande carrément au PS de m’exclure. Le Premier ministre, Manuel Valls, s’est alors empressé de saisir la balle que lui lançait aussi opportunément l’UMP. Quelques uns de ses proches s’y sont mis : la cabale s’appuyait sur celle de l’UMP. Il m’a mis en cause à l’Assemblée nationale, dans un jeu de rôle où il répondait aussi  à la demande d’un député UMP. Il osait affirmer que je n’étais pas digne d’être dans « son » parti. L’accord entre le Premier ministre socialiste et l’UMP pour défendre Total, la multinationale pétrolière, était parfait. Manuel Valls avait bien besoin, aussi, d’une diversion pour tenter de faire oublier la marge très étroite dont disposait le vote de la partie « recettes » de son budget et le fait que 3 de ex ministres, expulsés par lui, refusaient de le voter.

Sur les réseaux sociaux, c’est alors que la tendance s’est inversée, et que la gauche, toute la gauche, socialiste, verte et Front de gauche a commencé à réagir. Une sorte de grande barrière protectrice s’est opérée, des milliers d’internautes me défendant. Cela s’est fait spontanément quand ils ont compris ce qui se passait. Et là, la qualité des arguments, le sérieux des citations était beaucoup plus élevé.

Cela n’a pas empêché Jean-Christophe Cambadélis de faire deux choses, lors de la réunion du Bureau national du Parti socialiste, à 17 h, le 21 octobre :

1°) de désavouer le Premier ministre en soulignant que lorsque celui ci s’en était pris a moi à l’Assemblée nationale, il n’avait pas applaudi. Il avait désapprouvé, considérant que c’était à lui, le Premier secrétaire du Parti socialiste, de traiter la question, pas au Premier ministre.

2°) de prendre lui, Premier secrétaire, l’initiative de saisir la « Haute autorité du parti » pour examiner mes propos et voir ce qu’il convenait de faire.

Sans doute n’a-t-il pas bien compris que ce ne serait pas un mauvais procès à Gérard Filoche qui se tiendrait, en dissertant sur des normes très subjectives de « bienséance », mais bien le procès public de la politique de Total et du soutien sans faille que lui apporte le gouvernement de Manuel Valls.

Nous en sommes là pour le moment.

Mais la vérité, c’est que c’est le débat du congrès du Parti socialiste qui commence, sans même que nous sachions la date de celui-ci. Nous l’exigeons tôt, pour des raisons démocratiques, ils le veulent tard pour des raisons antidémocratiques.

Et ils annoncent la couleur sur la façon dont la minorité de Valls entend essayer de s’imposer dans ce débat de congrès : à la schlague. C’est donc le tour de Benoit Hamon : il lui est aussi demandé de quitter le parti. Si toute la gauche socialiste ne fait pas bloc, elle sera battue séparément. Macron avait qualifié le Parti socialiste « d’étoile morte ». Valls n’hésite pas pas à le traiter de « gauche passéiste » et demande qu’il abandonne l’étiquette « socialiste ». C’est historique  ce qui se passe, on est bien au delà d’un artificiel procès en bienséance.

 

 

 

Le deuxième T : Total

La carrière de Christophe de Margerie est entièrement liée au groupe Total dans lequel il est entré en 1974.

Le concert de louanges qui a entouré la mort tragique de celui qui était devenu le PDG de Total remplit une double fonction : encenser ces « héros modernes » que sont devenus (pour la droite comme pour le gouvernement de Manuel Valls) les PDG ; éviter que des questions gênantes soient posées à propos de la politique suivie par ce groupe.

Il n’est, heureusement, pas évident, pour tous ceux qui subissent la crise économique et sociale causée par les banques et les multinationales, de faire des PDG leurs « héros modernes ».

Par contre, les questions portant sur la politique de Total et donc sur le rôle de Christophe Margerie, qui est très vite devenu l’un de ces principaux dirigeants, puis son PDG, ont déjà commencé à émerger. Elles ne peuvent que provoquer de profondes interrogations sur les tombereaux de louanges déversées sur ce « chevalier blanc » des temps modernes, sur ce « père » dont les salariés de Total seraient aujourd’hui « orphelins ».

L’ONG américano-thaïlandaise EarthRights international (ERI), dans son rapport de juillet 2010, portait des accusations très précises contre Total. Elle accusait Total, pièce centrale de l’’exploitation du gisement gazier sous-marin de Yadana,  d’être la « principale source de revenus d’une dictature militaire notoirement répressive » et de « complicité d’assassinats ciblés, de travail forcé ». En 2006, la justice avait reconnu la réalité de ce travail forcé mais Total avait échappé à la condamnation, les faits n’étant pas sanctionnés en droit français !

En 2009, ERI écrivait déjà que « Yadana  a été un élément décisif permettant au régime militaire birman d’être financièrement solvable ». Pour ERI, cette manne financière lui aurait permis « à la fois d’ignorer la pression des gouvernements occidentaux et refuser au peuple birman toute demande démocratique ». La France de Monsieur Sarkozy avait d’ailleurs fait tout ce qu’elle pouvait pour atténuer ces pressions.

Le cyclone « Nargis » avait provoqués la mort de 80 000 Birmans et la disparition de 50 000 autres, en 2008. Les Etats-Unis, l’Union européenne ont débloqué des fonds importants pour venir en aide aux populations dévastées. Ces fonds ont, en grande partie, été détournés par la junte militaire qui empêcha les secours internationaux d’avoir accès aux zones dévastées et de pouvoir, ainsi, vérifier l’utilisation qui était faite de l’aide internationale.

C’est cette loi de la junte que Total a maintenu sous perfusion financière pendant des années.

Il n’est sans doute pas difficile de comprendre que mes toutes premières pensées aient pu aller aux innombrables victimes de la junte birmane.

Dans sa lettre à Christophe de Margerie, publiée dans Le Monde du 13 avril 2012, Eva Joly qui était alors la candidate de EELV à l’élection présidentielle accusait le groupe Total d’être « devenu une arme de corruption massive ». Elle écrivait « Vous polluez les rues des villes où je respire, vous empoisonnez les côtes de l’Atlantique où j’aime vagabonder. Vous soutenez des régimes, en Birmanie ou en République du Congo, que je combats ». Elle accusait Total de n’avoir payé aucun impôt sur les sociétés en France en 2011, sous prétexte que ses activités françaises étaient « déficitaires », alors que Total avait engrangé 12 milliards d’euros de bénéfices.

Total avait été condamné en septembre 2012 par la Cour de Cassation qui avait confirmé sa responsabilité dans le naufrage de l’Erika et de la marée noire qui s’en était suivie sur 400 kilomètres de côtes bretonnes, causant des milliards de dégâts.

La Cour d’appel de Toulouse avait mis Total hors de cause après l’explosion de l’usine AZF qui avait causé la mort de 31 personnes. Pourtant cette usine appartenait jusqu’en 2005 à la société Grande Paroisse qui regroupait depuis la fusion de Total et d’Elf Aquitaine une partie des activités chimiques du groupe Total. Pourtant, le directeur de la société Grande Paroisse avait été déclaré coupable d’homicides involontaires « par négligence et imprudence ».

L’Association des familles endeuillées, dénonçait « la volonté du groupe Total de (…) troubler la manifestation de la vérité (…) Total s’est épuisé à camoufler la vérité ».

Il n’est, sans doute, là encore, pas très difficile de comprendre que mes pensées soient, d’abord, allées à ces « familles endeuillées ».

Christophe de Margerie, en tant que PDG de Total, avait, également, été mis en examen pour « corruption d’agents publics étrangers » et « abus de bien sociaux » dans le cadre du programme « pétrole contre nourriture » avec l’Irak de Saddam Hussein. En juillet 2013, le Tribunal correction de Paris avait relaxé Total et Charles Pasqua. Mais le parquet de Paris a fait appel et Total devra répondre de ces accusations, en 2014 ou 2015.

Christophe de Margerie, à la tête de la plus grande entreprise française, n’avait pas hésité à faire  pression sur François Hollande pour qu’il change sa politique fiscale et qu’il épargne les grands groupes. L’adoption des « pactes » de « compétitivité » et de « responsabilité » qui accordent une gigantesque niche fiscale de 41 milliards d’euros annuels aux entreprises, particulièrement aux plus grandes, indique qu’il avait su, avec ses compères du CAC 40, être persuasifs. Tant pis pour les services publics et la Sécurité sociale puisqu’il fallait bien économiser de ce côté-là ce qui était, de l’autre, distribué aux actionnaires des grandes entreprises et à leurs dividendes.

Il n’est, sans doute, là encore, pas très difficile de comprendre que mes pensées soient d’abord allées à tous les salariés victimes de ce capitalisme cynique et prédateur dont Total est l’un des plus beaux fleurons.

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/gerardfiloche

 

 

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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 22:38

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Menacé de boycott, Senoble renonce à acheter le lait de la ferme-usine des Mille vaches

Barnabé Binctin (Reporterre)

mercredi 22 octobre 2014

 

 

 

 

Suspecté d’utiliser le lait issu de la ferme-usine des Mille vaches dans ses produits, Senoble jette l’éponge et se dégage de toute responsabilité. Le réseau Biocoop a en effet décidé de dé-réferencer ses produits.


C’est une fin de feuilleton qui ressemble fort à un aveu. En annonçant lundi se retirer de la propriété de Senagral, dont il possédait 49 %, pour les vendre à Agrial, actionnaire majoritaire avec 51 %, Senoble se dégage de toute responsabilité dans l’utilisation du lait de la ferme-usine des Mille vaches, dont il est accusé depuis plus de quatre mois maintenant.

Officiellement, le leader français des produits frais laitiers pour les marques de distributeurs (MDD) justifie ce choix par la volonté de « se consacrer encore plus fortement à son développement international » et d’ « accentuer sa montée en puissance sur les produits à plus forte valeur ajoutée ».

« Cette décision reflète la poursuite de la stratégie du groupe de se désengager progressivement d’une activité déficitaire depuis cinq ans » affirme Senoble dans sa déclaration à l’AFP. Aucune mention officielle d’un quelconque lien avec les suspicions autour de la ferme-usine des Mille vaches.

Pourtant, avant l’été, Reporterre avait enquêté sur les menaces de boycott qu’une campagne de mobilisation citoyenne avait lancées contre Senoble. Nous n’avions pu établir indiscutablement le lien, la joint venture Senagral faisant écran.

Mais en septembre dernier, la pression s’était accrue sur la marque dite haut-de-gamme. Reporterre avait alors démontré que Senoble se chargeait de la collecte des premiers litres de lait produit sur la ferme-usine. Pisté et photographié, le camion chargé de lait des Mille vaches s’était rendu dans un centre de collecte de la marque Senoble.

Biocoop a déférence Senoble

Un courriel que Reporterre a pu se procurer confirme explicitement la décision. Interpellée par une cliente qui s’inquiète de la distribution de la marque par les magasins Biocoop, la responsable des relations clients chez Biocoop ne laisse place à aucun doute dans sa réponse :

« Je tenais à vous informer que Biocoop a décidé de déréférencer Senoble. Biocoop est bien sûr opposé aux dérives de l’agriculture productiviste et ne souhaite en aucun cas cautionner le projet de la ferme des 1000 vaches. Biocoop avait référencé Senoble au moment où notre réseau demandait des yaourts bio bien positionnés en prix, dans le cadre de la Bio Je Peux. Les pratiques de Senoble avaient, à l’époque, été jugées convenables par la commission stratégie produits, notamment l’approche avec notre partenaire Biolait. Toutefois, face aux attentes de notre réseau (exprimées notamment en congrès) et de nos partenaires, nous lançons la procédure de déréférencement de Senoble (durée de six mois), dans le strict respect de nos obligations contractuelles ».

A la Confédération Paysanne, on se félicite d’une « première victoire »...

 

*Suite de l'article sur

 

 

Source : www.reporterre.net

 


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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 15:28

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com

 

« La fin de la paysannerie ? C’est ça l’avenir, mon gars. Faut pas rêver »

 

Fabien Granier
Blogueur
Publié le 22/10/2014 à 11h41

 

 

 


Un tracteur abandonné dans un champ (Steve Lyon/Flickr/CC)

« Vide ! »

L’orage s’est divisé, comme d’habitude, au-dessus de l’Aumance. Les nuages se sont séparés en râlant, pour se rejoindre plus loin, dans le Cher, ou par dessus la forêt. On peut les voir par la fenêtre. Les entendre gueuler tout leur saoul. Mais sur le bocage : rien. Pas une goutte pour le moment. La pluie partout, mais pas ici. C’est comme ça.

Ici, on dit que les automnes ont leurs favoris.

Vide, vide, vide

Mon interlocuteur se ressert un café. L’aspire du bout des lèvres. Puis reprend son fil. Le chien s’est enfin tu :

« C’est bien simple : on est quatorze à rester. Ou treize, je sais pas. Là haut, chez Moncergis [les noms des domaines ont été modifiés, ndlr], c’est vide ! Le père Michelat : c’est vide ! Les Mauriciers : vide ! Les frères Baudel : vide aussi ! »

C’est un voisin. On n’habite pas sur la même commune, mais sa ferme est tout en bas de la pente qui dégringole de chez moi à la rivière. C’est la route qu’on prend quand on veut éviter les flics. On y roule doucement, surtout quand il fait noir, rapport aux lapins qui surgissent par dix depuis ses fossés.

« Et puis sur le haut, quand tu t’en vas vers la forêt : c’est tout vide là-bas. Tu comptes même plus. Les Ravais : fermé ! Au Montant : vide ! La Chenaie : vide ! Aux Beurdoux : tout vide. Chez Michel, anciennement Bramard : vide pareil.

Et la liste est longue ! Tu veux que je continue ? Simon : parti ! Grimaud : parti ! Les Saules : vide ! Et chez Benoît : y a même plus un carreau sur les vitres. C’est vide, puis ç’a été vidé aussi. »

Quand j’ai commencé à écrire ces chroniques, je m’étais juré de ne pas devenir le réceptacle de la colère des paysans. D’une, parce qu’elle est – bien que légitime – infinie. De deux, parce qu’elle est totalement désespérante. Et de trois, parce que l’objet de ce blog n’est pas de gémir. Au contraire.

Il est de pousser un cri de guerre.

De raconter la vitalité stupéfiante du monde rural, malgré l’acharnement mis de toutes part à le faire disparaître. L’énergie produite par tous ceux que les espaces vides rendent fou d’imagination. Ceux qui ne voient pas l’abandon, mais la place laissée libre.

On a commencé à venir me voir

Seulement voilà : j’ai découvert qu’une partie importante du monde agricole était fidèle à Rue89. Quand ma chronique sur la fin accablante d’une exploitation laitière s’est mis à circuler, on a vite reconnu de qui il s’agissait.

On a commencé à venir me voir.

Ce voisin, je le connaissais de loin en loin. Un ami d’ami. Un révolté, ça je le savais. Qui n’a pas sa langue au fond du puits. Quand il a su que j’étais celui qui tenait ce blog, il il m’a sauté sur le paletot :

« Quand est-ce que tu viens chez moi ? J’ai PLEIN de choses à te dire ! »

C’était la semaine dernière, un soir de beau, dans le bistrot associatif qu’on a ouvert à la hussarde quelques mois plus tôt, et qui ne désemplit jamais. Il m’a serré la main en me cassant tous les petits os. Je n’avais pas le choix. Et c’était très bien comme ça.

« Puis c’est pas fini. De l’autre coté, c’est pareil ! Chassain : vide ! Montaigu : vide ! Pernancier : vide ! Chez les Michauds : c’est vide ! Le père Moussier : vide ! Et chez Giraud : ben c’est fermé. Le fils Barré : il a pas tenu – c’est vide ! La paille moisit dans son hangar. Puis tant qu’à monter, c’est la même, va : partout ça se vide ! Ya que De Villemin, à la rigueur. Mais alors lui c’est simple : il a 2 000 hectares à lui. Ou trois. 3 000 hectares, remplis de fermes vides. »

En martelant du plat de la main, il me récite l’interminable litanie des fermes qu’il a vu se fermer. Se faire avaler par le sol. Rendre les armes face à l’acharnement de tous ceux qui travaillent, jour après jour, à la disparition des exploitations à taille humaine.

La fin de la paysannerie.

La MSA s’est transformée en outil de contrôle

C’est un jeune. Un téméraire. Grand chasseur. Grand gueuleur. Grand militant. Il me reçoit dans son salon où des fusils râtellent au mur, parmi des photos de famille. Les chiens hurlent à mon entrée. La table est pleine de joueurs.

Dimanche après-midi. Orages suspendus. Famille, amis, Scrabble et rami. Ça jase. Il me ressert un café noir. Puis, droit au but : « Je voulais te parler de la MSA. »

Silence chez les joueurs.

Son histoire, ils la connaissent tous. Sa colère, aussi. Les torrents de bile. Ça reprend à mi-bruit. L’orage beurdoule un rien plus fort. « Ah, tiens. Il est plus loin d’ici... »

La MSA, c’est la Mutuelle sociale agricole. La caisse de solidarité du métier. La Sécu des paysans, quoi. A la libération, la corporation a voulu jouer son rôle de corporation. C’était l’époque où la paysannerie représentait 60% de la population active. Ou plus. Payer pour les autres ? Et puis quoi, encore ! 70 ans plus tard, il ne sont plus que 4%. Et à la vitesse où se vident les fermes...

L’économie de marché a pris toute ses aises. A dégouliné sur la campagne. La MSA a joué le jeu, sans faillir, et s’est petit à petit transformée en outil de contrôle et de gestion des modes d’exploitation.

En gros : soit tu rentres dans le rang d’une agriculture spéculative, intensive, concentrée, à forte valeur ajoutée – obèse, en quelques mots –, soit tu jartes. J’y viens.

Lui a repris l’exploitation en 1990. Par là. Militant de la première heure, bagarreur coriace, il monte une cellule locale du Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux), partage ses journées entre la ferme et les actions syndicales. C’était la charnière, à l’époque. Enfin... Il y en a eu de nombreuses, des charnières. Mais celle-ci c’était un peu le sursaut. Voyant venir ce qu’on les poussait à devenir, les paysans bloquaient les rues, les préfectures, les supermarchés. Et lui était juché au premier rang.

Il déglutit.

Le pire, c’est les jeunes

25 ans ont passé. Les syndicats : c’est fini... Les jeunes, putain... Le pire, c’est les jeunes. Pas qu’ils soient mauvais en soi, les pauvres. Mais c’est sans fin. Ils arrivent, tout juste sortis de l’école, la tête fraîchement farcie, et se cognent de la paysannerie. Eux : ils veulent des hectares, du rendement, et un salaire. Le tout, tout de suite. Pour commencer. Ils ont la poitrine en avant, de l’énergie plein les bottes. Ils investissent, massivement, avec la bénédiction des banques et des institutions, dans des équipements qui rutilent.

Et se lancent, tête baissée, pensant faire au mieux, dans une vie de solitude, de travail acharné et de remboursements.

Alors le syndicalisme, tu parles... Quand tu passes ton temps à flipper pour ta propre survie...

Petit à petit, les fermes ferment. Usure. Abandon. Retraite. Dépression. Ou « p’tit marteau » : liquidation. Ça se vide. Les jeunes arrivent. S’installent. Rachètent les terres de deux ou trois. Et ça repart. Pyramide. Jusqu’à ces abominations céréalières de plusieurs milliers d’hectares, qui bouffent allègrement les sols et paysages de Beauce, de Champagne ou du Berry.

Je te mens ?

Tu lis la presse ? La ferme des mille vaches...

MILLE vaches !

C’est ça, l’avenir, mon gars... Faut pas rêver...

Et la MSA, alors ?

Même jeu. Mêmes joueurs.

T’embauches qui pour 20 euros ?

Il y a deux ans, mon interlocuteur se coince dans un accident de tracteur. Un truc sérieux. Il s’en tire avec l’épaule porteuse en moins : broyée. On la retape, mais ça prend du temps. Et les tendons sont foutus. Irréparables. Il peut lever le bras, mais rien porter. Plus de force. On le déclare handicapé à 25%.

Il se tourne vers la MSA pour la première fois de sa vie, après 25 ans d’exercice et dix ou douze jours de vacances. Il sait qu’il existe une aide à l’embauche d’ouvriers pour les périodes de relevaille. Il a besoin de quelqu’un pour veiller à la ferme, le temps qu’il se retape et puisse envisager la suite. Il s’adresse à un conseiller qui le reçoit très poliment.

Et lui plante sa réponse dans le dos.

Il a droit à 20 euros par jour. Pendant trois mois.

20 euros par jour... T’embauches qui pour 20 euros ? Une chèvre ?

Mais c’est comme ça pour tout le monde... Pour pouvoir prétendre à une indemnité digne de ce nom, il aurait dû monter sa ferme en société – dès le début – et se verser des salaires en bonne et due forme.

Dès le début.

Le genre de choses que tu ne fais jamais. Même si tu es au courant. A moins de jouer déjà dans la cour des grands montages agro-industriels. Il en faut du rendement pour se verser un salaire régulier.

Il prend l’indemnité ridicule et fait ce qu’il a à faire : il abat la voilure de son exploitation. Il vend des bêtes. Diminue son travail. Baisse le régime. Gagne moins. S’adapte à son épaule.

Et ça repart.

Deux accidents, ça ne suffit pas

Mais un an plus tard, à peine, son corps réagencé lui tend un piège. Il perd l’équilibre sous une charge. Tombe. Se brise une jambe, et le cheville qui va avec.

A l’hôpital, on le visse. On le boulonne. On l’immobilise pour la deuxième fois en deux ans. En plein vêlages, encore une fois. Le manque à gagner brûle presque autant que la douleur.

Cette nouvelle blessure est déclarée invalidante à 10%. 25+10 = 35%. Il découvre pendant les soins qu’il a passé la barre des 30% de handicap, ce qui, officiellement, peut lui donner droit à une aide à l’embauche d’un ouvrier. 300 euros par mois. Une paille.

Il monte un dossier et l’envoie à la MSA. La MSA le lui renvoie, barré de rouge. Il n’a pas droit à l’aide.

L’indemnité est accordée aux exploitants déclarés handicapés à 30% – ou plus – des suites d’un seul et même accident.

D’un seul et même...

Sinon, il faut cumuler les 30% d’invalidité des suites de trois accidents ou plus. Deux accidents, ça ne suffit pas. Les 20 euros par jour ? Il n’y a pas droit cette fois. Cette nouvelle crise n’est pas assez sérieuse pour qu’il puisse s’en prévaloir.

Pour s’amuser, il a calculé ce qu’il a versé de cotisation à la MSA depuis l’ouverture de son exploitation. Il arrive à près de 36 000 euros.

Puis vient la mauvaise année...

Bien sûr, tout cela ne serait pas arrivé si, suivant la doxa des institutions agricole, il s’était installé en SARL : impératif comptable, fiscalité d’entreprise, obligation de salaires et de bénéfices constants.

Mais ça, tu sais ce que ça veut dire ?

Attends, je te raconte...

Tu achètes des terres. Tu achètes des vaches. Tu doubles. Tu triples. Pour faire face à la taille de ton exploitation, tu investis dans un arsenal technologique de pointe. Tu embauches. Tu construis. Tu empruntes. A la banque, on te fixe un impératif de rendement. Pour t’y tenir, il te faut plus de bêtes.

Tu achètes des terres. Tu grossis. Tu embauches. Tu travailles avec obstination en fixant du regard la ligne d’horizon : le jour où ce que tu gagneras ne se fera plus absorber automatiquement par les remboursements et les intérêts.

Puis vient la mauvaise année. Trop de pluie. Pas assez. Epidémie. Accidents. Incendie. Puis te voilà rendu à courir derrière la trésorerie. Et c’est le cycle.

Tu calcules. Tu stockes. Tu retardes les paiements au maximum. Tu spécules sur des poignées d’euros. Tu fais sauter les frais les plus lourds. Tu répares toi-même ton équipement, déjà obsolescent. Ça te prend tes nuits, tes dimanches.

Puis vient la deuxième année mauvaise. Tu fais plus face. Les fournisseurs te refusent. Les banques te menacent. Tu commences à mégoter sur l’essentiel : le véto, les aliments. Tu es sec. Et éreinté.

Puis un jour, tu peux plus. P’tit marteau. C’est vendu.

Vide.

Et là, tu peux toujours lui courir après, la MSA.

Ce qu’il manque ? Une forme de bon sens

L’orage s’abat enfin. La café fume. Les joueurs ont fini de jouer et commencent à plier leurs gaules. Je tente de délayer l’amertume en le branchant sur son travail. Lui fait du Charolais. AOC. Le top de la viande. Des bêtes au petit soin. Ensilage de mais, luzerne et beaucoup d’engrain.

Tout pousse chez lui. Les mauvaises années, il rajoute quelques tourteaux de soja pour faire le joint. Il privilégie le réensemencement, comme il l’a toujours fait, bien qu’il se rende compte que les céréales, passé deux ou trois saisons, ont maintenant du mal à se reproduire. Il sait que c’est une stratégie commerciale. Encore une autre pierre dans les jardins des petits exploitants. Alors il tente au mieux, de conserver des propres semences.

Il déglutit. Et revient à la charge.

Ce qu’il manque, je vais te dire : c’est une forme de bon sens. Comment dire mieux ? Avec la vache folle, c’était pareil : il devrait y avoir quelque chose de profondément enfoui qui te retienne de donner de la viande à bouffer à tes vaches, non ?

Eh bien les semences, c’est pareil. Quelque chose devrait te retenir de faire confiance à des gars qui te vendent délibérément des graines stériles. Quelque chose devrait te retenir d’entasser 10 000 poulets dans des tunnels au néon farcis d’antibiotiques.

Quelque chose devrait te retenir d’entasser mille vaches dans une stabulation entièrement mécanisée pour faire de l’électricité avec leur merde. Non ?

Le bon sens...

Te voilà à dévaster ce dont tu vis

Toutes ces fermes vides, dans la vallée, elles avaient toutes trois ou quatre tas de fumiers répartis. Quand ça pleuvait, le lisier s’écoulait et fumait les entours. Mais maintenant, y a tellement de vaches dans les étables que ça déborde de fumier. Il faut le stocker dans des cuves, avec des systèmes de rigoles et de flux. Quand ça pleut : ça déborde. Ça part dans la rivière. Et ça dévaste tout.

Et te voilà, paysan, à dévaster ce dont tu vis.

Tu m’étonnes qu’ils raccrochent les gants, tous...

Les invités sont partis. La pluie tombe serrée. Il est tard. Et la conversation commence à prendre une tournure annihilante.

Elle est sans fin, la plainte des paysans. C’est devenu un combat. Tu te bas contre tes institutions. Tu te bas contre les fournisseurs. Tu te bas contre les vétérinaires. Tu te bas contre les idées reçues. Contre ton destin. Contre la fatalité.

Depuis peu, tu te bas contre les consommateurs qui t’accablent de tous les maux, peu importe tes efforts et ta démarche.

Dernière en date, tu te bats même contre les architectes des bâtiments de France, qui t’interdisent de construire une grange pour y stocker le foin afin que les touristes qui profitent de la vue depuis le château en ruine ne soient pas gênés par la présence notoire de la seule ferme encore en activité. Le maire, en lui notifiant le refus de permis de construire, a même qualifié la ferme de « verrue dans le paysage ».

Sans fin.

La nuit tombée, je repars au milieu des aboiements et d’un déluge de gouttes épaisses. Dans ma tête : des poignées de mains, des rires, et des conversations en boucle.

Espoir. Désespoir.

Les fermes sont vides, les terres sont là

Je me redis que faire gaffe à ce qu’on mange, ce qu’on boit, et à quand on le consomme, c’est pas un luxe. C’est pas de la guimauve à hipsters. Pas une mode bobo.

C’est une nécessité urgente et absolue.

Pour le moment, les fermes sont vides, mais les terres sont là. Et puis le savoir faire. Il s’en faut de peu qu’il n’y ait plus que des friches, des serres et des champs sans limites. Regardez l’Espagne, si je mens. Les Pays-Bas. Ou ces régions d’Angleterre où la paysannerie n’est plus qu’un lointain souvenir.

Tu manges mal. Tu dors mal. Tu vis mal. Au milieu de paysages désertés. Les terres se vident et les villes s’empilent.

Partout dans le monde.

Alors tant pis si de temps en temps, je ressasse la complainte des paysans. Ça secoue. Ça réveille. Ça recadre. Et puis, après tout : c’est bon, parfois, d’avoir des ennemis.

Au moins, tu sais contre quoi tu te dresses.

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com

 

 

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Samedi 18 octobre 2014 6 18 /10 /Oct /2014 18:07

 

Source : www.lefigaro.fr

 

 

À Londres, une marche pour réclamer des hausses de salaires

La manifestation, à Londres.

 

PHOTO - Cette marche intitulée «Les Britanniques ont besoin d'une augmentation» se déclinait également en Écosse et en Irlande.

Des dizaines de milliers de personnes manifestaient samedi dans les rues de Londres pour protester contre l'érosion des salaires, qui ont baissé de 50 livres (63 euros) par semaine depuis 2008, selon les organisateurs, malgré la bonne tenue de l'économie britannique. Le cortège, constitué en majorité de fonctionnaires mais aussi de salariés du privé, s'est ébranlé vers 11 heures et devait sillonner le centre de la capitale britannique jusqu'à Hyde Park, a constaté un journaliste de l'AFP.

Cette marche intitulée «Les Britanniques ont besoin d'une augmentation» était organisée par la Trade Unions Congress (TUG), la confédération syndicale britannique, et se déclinait à Glasgow, en Ecosse, et à Belfast, en Irlande du Nord. «Il est temps de mettre fin au blocage des salaires qui a tenu la grande majorité des gens à l'écart de la reprise économique», a déclaré la secrétaire générale de la TUG, Frances O'Grady.

Des milliers de manifestants défilent aujourd'hui en plein centre de Londres.

 

Dans la manifestation londonienne, les salariés exprimaient leur détresse et confiaient leurs difficultés à faire face à leurs dépenses quotidiennes, alors que les leaders syndicaux brandissaient le chiffre «175», censé montrer l'écart entre bas et hauts salaires au Royaume-Uni. «On est tous concernés (par les baisses de salaire) dans la fonction publique», a déclaré à l'AFP Keith Martin, un ouvrier de 49 ans. «Moi, mon salaire a baissé de 25%».

Du jamais vu depuis 1982 et les années Thatcher

Conan Doyle, 31 ans, dénonçait de son côté la politique du gouvernement conservateur de David Cameron, qui profite selon lui aux «nantis» tout en «créant de la pauvreté». «Mais le Labour ne changerait pas forcément les choses», a-t-il ajouté, fataliste, en évoquant une éventuelle victoire du parti travailliste d'Ed Miliband lors des élections générales de mai prochain.

Cette marche conclut une semaine marquée par plusieurs mouvements sociaux au Royaume-Uni. Lundi, des centaines de milliers d'employés du service public de santé (NHS) ont observé un arrêt de travail de quatre heures pour réclamer une hausse de salaire, un débrayage inédit depuis 1982 et les années Thatcher. Mercredi, des dizaines de milliers d'agents de la fonction publique ont mené une grève de 24 heures pour protester également contre le gel des salaires et la baisse du pouvoir d'achat.

Un homme tient une pancarte où est inscrit «s'il vous plaît, pourrion nous avoir un peu plus?», comme des milliers d'autres manifestants.

  

Autre manifestation de la grogne, des militants antigouvernement sont rassemblés depuis vendredi à proximité du Parlement avec pour projet de lancer un mouvement «Occupy Democracy». Une cinquantaine d'entre eux étaient encore présents samedi matin, enveloppés dans des couvertures et buvant du thé. Ces mouvements sociaux interviennent alors que l'Office des statistiques nationales a annoncé mercredi un nouveau recul du taux de chômage qui, à 6%, s'établit à son plus bas niveau depuis fin 2008, et alors que la croissance devrait dépasser les 3% en 2014. Mais les salaires des Britanniques continuent à baisser en termes réels puisque leur rémunération, n'a, hors bonus, progressé que de 0,9%, soit moins que l'inflation, sur la dernière année.

 

 

 

Source : www.lefigaro.fr

 

 


 

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Jeudi 16 octobre 2014 4 16 /10 /Oct /2014 23:05

 

Source : www.facebook.com/EvaJoly.fr

Eva Joly

 

Fonds européen de résolution bancaire : ce n'est pas aux citoyens de payer pour les banques !

 

INFO A PARTAGER: Le Sénat français examine aujourd'hui un amendement auquel j'ai travaillé avec mon ami André Gattolin. Objectif : faire économiser à l'État français plus de 5 milliards d'euros dans le cadre de la prévention du risque bancaire systémique.

Depuis la crise de 2008, un Fonds de résolution bancaire a été mis en place par l'Union européenne, dans le but d'éviter la propagation à l'ensemble du système financier de l'éventuel défaut d'une banque. Ce fonds doit être alimenté par des contributions des principales banques européennes sur une durée de 8 ans.

Or, en l'état actuel, pour les banques françaises, ces contributions sont déductibles pour l'établissement de l'impôt sur les sociétés. Si l'on retient l'hypothèse en cours d'une contribution française à hauteur d'environ 30% du montant du fonds, ce sont donc plus de 5 milliards d'euros de manque à gagner fiscal que coûtera à l'État la mise en place de ce fonds, pourtant censé préserver les finances publiques des erreurs privées.

Vue de bruxelles et de mon travail au sein de la Commission Affaires économiqes et Monétaires, la déduction fiscale est doublement grave. Il faut faire le choix de la cohérence entre les discours et les actes. Les réformes trop peu ambitieuses du système bancaire n'ont pas mis fin au système de subventions implicites et explicites de l'État aux banques « Too Big to Fail ». Partant du principe que, quoi qu'il arrive, la puissance publique leur viendra en aide, ces dernières sont incitées à s'endetter et à prendre toujours plus de risques, sans pour autant servir l'économie réelle.

Aujourd'hui, nous ne pouvons pas accepter cette déductibilité fiscale. Le message envoyé aurait des répercussions désastreuses sur les batailles que les écologistes et l'ensemble des progressistes sincères mènent au sein des institutions européennes pour que cesse l'économie casino.

André Gattolin, sénateur écologiste des Hauts-de-Seine et vice-président de la Commission des finances, a donc déposé un amendement(1) au projet de loi d'adaptation de la législation au droit de l'Union européenne en matière économique et financière, visant à supprimer la déductibilité fiscale des contributions des banques au Fonds de résolution bancaire européen.

Et nous continuerons de soulever cette question lors des débats budgétaires. Définitivement, les citoyens ne doivent plus mettre la main à la poche...

(1) http://www.senat.fr/amendements/2014-2015/8/Amdt_13.html
Fonds européen de résolution bancaire : ce n'est pas aux citoyens de payer pour les banques !

Fonds européen de résolution bancaire : ce n'est pas aux citoyens de payer pour les banques ! INFO A PARTAGER: Le Sénat français examine aujourd'hui un amendement auquel j'ai travaillé avec mon ami André Gattolin. Objectif : faire économiser à l'État français plus de 5 milliards d'euros dans le cadre de la prévention du risque bancaire systémique. Depuis la crise de 2008, un Fonds de résolution bancaire a été mis en place par l'Union européenne, dans le but d'éviter la propagation à l'ensemble du système financier de l'éventuel défaut d'une banque. Ce fonds doit être alimenté par des contributions des principales banques européennes sur une durée de 8 ans. Or, en l'état actuel, pour les banques françaises, ces contributions sont déductibles pour l'établissement de l'impôt sur les sociétés. Si l'on retient l'hypothèse en cours d'une contribution française à hauteur d'environ 30% du montant du fonds, ce sont donc plus de 5 milliards d'euros de manque à gagner fiscal que coûtera à l'État la mise en place de ce fonds, pourtant censé préserver les finances publiques des erreurs privées. Vue de bruxelles et de mon travail au sein de la Commission Affaires économiqes et Monétaires, la déduction fiscale est doublement grave. Il faut faire le choix de la cohérence entre les discours et les actes. Les réformes trop peu ambitieuses du système bancaire n'ont pas mis fin au système de subventions implicites et explicites de l'État aux banques « Too Big to Fail ». Partant du principe que, quoi qu'il arrive, la puissance publique leur viendra en aide, ces dernières sont incitées à s'endetter et à prendre toujours plus de risques, sans pour autant servir l'économie réelle. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas accepter cette déductibilité fiscale. Le message envoyé aurait des répercussions désastreuses sur les batailles que les écologistes et l'ensemble des progressistes sincères mènent au sein des institutions européennes pour que cesse l'économie casino. André Gattolin, sénateur écologiste des Hauts-de-Seine et vice-président de la Commission des finances, a donc déposé un amendement(1) au projet de loi d'adaptation de la législation au droit de l'Union européenne en matière économique et financière, visant à supprimer la déductibilité fiscale des contributions des banques au Fonds de résolution bancaire européen. Et nous continuerons de soulever cette question lors des débats budgétaires. Définitivement, les citoyens ne doivent plus mettre la main à la poche... (1) http://www.senat.fr/amendements/2014-2015/8/Amdt_13.html Fonds européen de résolution bancaire : ce n'est pas aux citoyens de payer pour les banques !

 

Source : www.facebook.com/EvaJoly.fr

 

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Jeudi 16 octobre 2014 4 16 /10 /Oct /2014 20:09

 

Source : www.objectifgard.com

 

 

GARD Un groupe industriel s’attaque aux forêts des Cévennes

Bois de forêt.

Bois de forêt.

Selon l’agence de presse Reuters, le géant industriel de l’énergie E.ON vient de passer un accord avec le Parc National des Cévennes pour extraire du bois dès 2015.
En 2010, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a lancé un appel d’offres pour des projets biomasse. E.ON, qui a remporté l’appel d’offres, doit ainsi bénéficier de 70 millions d’euros annuels de subvention sur 20 ans, soit 1,4 milliard d’euros. Le bois, destiné à être utilisé dans la nouvelle centrale biomasse de Gardanne dans les Bouches du Rhône, sera transformé en source d’énergie par combustion. Une nouvelle qui inquiète les écologistes comme la député européenne EELV Michèle Rivasi, “L’absence de valorisation de la chaleur avec une perte de 60%, couplée à la mobilisation d’argent public sur 20 ans confine au scandale”. En effet, si E.ON le présente comme un projet “vert”, son caractère “renouvelable” est cependant contesté. L’agence Reuters rapport que la grande majorité des centrales de biomasse en France fonctionnent en cogénération, c’est à dire qu’on y récupère l’électricité mais aussi la chaleur. Ainsi, l’efficacité énergétique grimperait à 90 %, alors que dans une centrale à combustion classique comme celle qu’utilisera E.ON à Gardanne, elle n’attendrait que 41%. “Nous travaillons sur un projet qui permettrait d’utiliser également la chaleur. Si nous parvenons dans les prochains mois à le conclure l’efficacité énergétique passera à 51%”, ajoute Stéphane Morel, secrétaire général d’E.ON.

Pour Richard Ladet, du collectif SOS Forêt Cévennes, “C’est une colonisation énergétique des Cévennes”.

Claudine Martel de l’association A.R.B.R.E à Nîmes dénonce également ce projet d’un tout autre point de vue. “La situation  dramatique que nous vivons actuellement partout dans le Gard sur le plan des inondations  me donne l’occasion de vous informer. E.ON veut transformer les arbres de nos forêts en plaquettes de bois pour alimenter la centrale de Gardanne et produire de l’électricité. Les abattages vont commencer en 2015. Nous apprenons que la Méditerranée est plus chaude de 2 degrés, ce qui serait cause d’évaporation entraînant les épisodes cévenols à répétition depuis un mois.(…). Sur des sols rasés à blanc, c’est le cauchemar assuré de voir les pentes des montagnes se répandre jusque dans les vallées.”
Un rassemblement est prévu ce jeudi 16 octobre à Florac (Lozère) et organisé par l’association A.R.B.R.E Gardiens de l’Ombre pour protester contre ce projet.

Baptiste Manzinali

 

 

Source : www.objectifgard.com

 

 

 

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Source : www.midilibre.fr

 

 

Deux cents manifestants contre E-on à Florac

Deux cents manifestants contre E-on à Florac La manifestation se prépare.
Elodie Calas
 

L a journée pour défendre la forêt cévenole a débuté.

Ce jeudi 16 octobre, quelque 200 manifestants à l'appel de nombreux collectifs et associations (Attac Lozère, Collectif gaz de schiste sud Lozère, Nature et progrès Lozère, la Conf' Lozère, association Abraham-Mazel, association Fruits oubliés, association les Vergers de Lozère, collectif Stop Tafta vallées cévenoles, Convergence citoyenne pour une transition énergétique, Collectif Bogues, SOS forêts du sud, SOS forêt Cévennes, SOS forêt Piémont cévenol, Radio Bartas) sont mobilisés à Florac pour défendre leurs forêts face au projet de la multinationale de l'énergie E.ON.

Pour eux, les Cévennes deviennent, avec les forêts de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, une zone d'approvisionnement prioritaire pour la centrale de Gardanne, située dans les Bouches-du-Rhône. Nombreux sont les élus collectivités et des parcs régionaux de Paca qui se sont prononcés contre ce projet. Ils sont présents à Florac pour exprimer leurs craintes et les projets qu'ils soutiennent.

La manifestation a défilé dans Florac et cet après-midi sera consacré à des ateliers-débats qui se dérouleront à partir de 14 eures, à la salle des fêtes de Florac, ayant pour thèmes : les usages locaux des ressources du territoire : quels engagements publics ? (débat auquel sont invités tout particulièrement les élus du territoire) ; alternative forestière pour la forêt cévenole ; les dangers d'E.ON pour la biodiversité et la santé publique ; les perspectives de lutte.

 

 

Source : www.midilibre.fr

 

 

 

 

 

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Vendredi 10 octobre 2014 5 10 /10 /Oct /2014 20:27

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

 

Journée anti-TTIP

Les citoyens européens manifestent contre le Grand marché transatlantique

par Agnès Rousseaux 10 octobre 2014

 

 

 

 

 

Tafta, Ceta, Tisa : derrière ces sigles se cachent des accords de libre-échange et d’investissement négociés dans le plus grand secret. Et qui risquent de mettre en péril les normes sociales, financières, sanitaires, culturelles et environnementales en Europe. Ils permettront notamment aux multinationales de poursuivre les États devant des tribunaux privés d’arbitrage, hors de tout contrôle démocratique. L’accord Tafta (ou TTIP) prévoit de créer la plus grande zone de libre-échange au monde, entre les États-Unis et l’Union européenne. Tisa est un accord négocié dans la plus grande opacité par 50 pays, parmi les plus fervents défenseurs de la libéralisation, qui souhaitent l’ouverture du « marché des services » (éducation, santé, transports, télécommunications,...) à la concurrence internationale.

Une grande journée de mobilisation européenne est organisée le 11 octobre, pour dire non à ces accords commerciaux (voir l’appel ci-dessous). Plus de 300 actions, dont 60 en France, sont prévues dans 20 pays pour cette journée européenne d’action.

Sans doute effrayé par l’opposition grandissante à ces traités, le Conseil européen a décidé le 9 octobre de publier le mandat de négociation donné à la Commission par les États membres, concernant l’accord commercial transatlantique (TTIP/Tafta). Une transparence depuis longtemps réclamée par les ONG et syndicats européens. La publication de ce mandat de négociation « vieux de 16 mois » est « une farce », estime l’eurodéputé Yannick Jadot (EELV). Ce mandat de 17 pages est en effet disponible sur internet, suite à des fuites, depuis un an. Il en faudra plus pour lever le voile d’opacité qui plane sur toutes ces négociations commerciales.

Pour tout connaître sur les accords de libre-échange, voir notre dossier.

A lire également :
- Accord Europe - États-Unis : que nous réserve la plus grande zone de libre-échange du monde ?
- Tisa, ces négociations commerciales secrètes qui visent à accélérer privatisations et dérégulations

Voir la carte des mobilisations prévues en France (liste ici). A Paris, la manifestation part à 14h30, Place de Stalingrad.

Le traité transatlantique (TAFTA) expliqué en quelques minutes :

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L’appel européen

Appel à une journée d’action décentralisée contre le TAFTA, le CETA et le TiSA [1] et l’agenda des multinationales – 11 octobre 2014

Journée européenne d’action contre le TAFTA : Réclamons la démocratie ! Renversons le pouvoir des multinationales ! Les peuples et la planète avant les profits !

Les associations, syndicats, organisations paysannes et militant-es de toute l’Europe appellent à une journée d’action pour stopper les négociations en cours du TAFTA, du CETA, du TiSA et autres accords de libre-échange, et à promouvoir des politiques commerciales alternatives qui fassent des droits des peuples, de la démocratie et de l’environnement une priorité.

Le TAFTA ou Grand Marché Transatlantique et le CETA sont les exemples les plus frappants de la façon dont les politiques commerciales et d’investissement sont négociées de manière non démocratique et dans le seul intérêt des grandes entreprises. Les négociations se mènent dans le plus grand secret, avec très peu d’informations livrées à l’examen public, alors que les lobbies y exercent une influence grandissante.

Si ces accords devaient aller de l’avant, les multinationales auraient le droit exclusif de poursuivre les gouvernements devant des panels internationaux d’arbitrage, indépendants des systèmes juridiques nationaux et européen. Ils permettraient de réduire les normes sanitaires et de sécurité via le marchandage d’une « harmonisation » transatlantique, et saperaient la capacité des gouvernements nationaux et locaux d’empêcher des pratiques dangereuses telles que la fracturation hydraulique [2] ou l’utilisation des OGM. Ils provoqueraient la braderie de services publics essentiels et conduiraient les travailleurs et les droits sociaux à une course au moins-disant.
Ces politiques sont étroitement liées au démantèlement en cours des normes sociales et à la pression pour privatiser les services publics au nom de « l’austérité », des « politiques de crise » et de l’augmentation de la « compétitivité ».

La journée d’action rendra publiquement visible notre opposition dans les rues d’Europe. Nous mènerons ce débat sur la place publique, de laquelle la Commission européenne et les gouvernements européens tentent de nous tenir à l’écart. Et nous ferons la promotion de nos propositions pour des politiques économiques alternatives.

Nous sommes solidaires des citoyen-nes et des groupes qui à travers le monde partagent nos préoccupations pour l’environnement, la démocratie, les droits humains et sociaux. Le TAFTA, le CETA, le TiSA et les autres accords de libre-échange similaires seront arrêtés par l’énergie que les citoyen-nes d’Europe, du Canada et des États-Unis mobilisent pour faire entendre leurs voix.

Nous appelons les organisations, les individus et les collectifs divers à participer en organisant des actions autonomes et décentralisées à travers l’Europe. Nous nous félicitons de la diversité des stratégies et des actions de solidarité à travers le monde qui contribuent à informer, à engager et à mobiliser les populations localement.

Nous pouvons gagner cette bataille. Ensemble, renversons le pouvoir des multinationales !

Premiers signataires :

Assed Europe (Europe), Réseau des Attac d’Europe (Europe), Réseau Seattle to Brussels (Europe), Union Internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du catering, du tabac et des branches connexes (UITA) (International).

Aitec-Ipam (France), Alliance D19-20 (Belgique), Attac Allemagne (Allemagne), Attac Autriche (Autriche), Attac Danemark (Danemark), Attac Espagne (Espagne), Attac France (France), CNCD-11.11.11 (Belgique), Collectif citoyen les Engraineurs (France), Collectif national Stop TAFTA - Non au grand marché transatlantique (France), Confederación General del Trabajo (CGT) (Espagne), Corporate Europe Observatory (Belgique), Ecologistas en Acción (Espagne), Educació per a l’Acció Crítica (EdPAC) (Espagne), ELA (Solidarité des Ouvriers Basques) (Pays basque), Entrepueblos/Entrepobles/Entrepobos/Herriarte (Espagne), Fairwatch (Italy),

Farms not Factories (Royaume-Uni), Forum Umwelt und Entwicklung (Allemagne), FOS-socialistische solidariteit (Belgique), Fracking Free Ireland (Ireland), GRECS-Grup de recerca exclusió i control social-Facultat d´historia i geografia - Universitat de Barcelona (Espagne), MIM Moral in Motion (Pays-Bas), No al Tratado Transatlántico de Comercio e Inversiones (Espagne), Occupy London (Royaume-Uni), PowerShift (Allemagne), Rosa Luxemburg Stiftung Brussels (Belgique), Salva la Selva (Espagne), Solidarité socialiste (Belgique), Transnational Institute (TNI) (Pays-Bas), TTIPunfairHandelbar (Allemagne), Union syndicale Solidaires (France), War on Want (Royaume-Uni), We Own It (Royaume-Uni), World Development Movement (Royaume-Uni).

Anova-Irmandade Nacionalista Galiza (Espagne), Collectifs Isérois Stop GHRM38 (France), Huerto de Batan (Espagne), Iniciativa per Catalunya Verds (ICV) (Espagne), Iniciativa por la Soberania Alimentaria de Madrid (ISAm) (Espagne), Plataforma de Solidaridad con Chiapas y Guatemala de Madrid (Espagne), ReHd Mad !, Red de huertos urbanos comunitarios de Madrid (Espagne).

 

 

Notes

[1Le projet de partenariat transatlantique entre l’Union européenne et les États-Unis est appelé TAFTA (Transatlantic Free Trade Agreement), PTCI (Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement), TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership ) ou encore grand marché transatlantique. L’accord entre l’Union européenne et le Canada est appelé AECG (Accord économique et commercial global) ou CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement). Le TiSA ou Accord sur le commerce des services (ACS) est quant à lui un accord plurilatéral négocié entre 23 parties (22 États et l’Union européenne au nom des 28, soit 50 États au total).

 

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Source : www.bastamag.net

 

 

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Mardi 7 octobre 2014 2 07 /10 /Oct /2014 18:32

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

 

swissinfo 07/10/2014 à 08h14

Stéphanie Gibaud, ex-UBS France : « Se taire, c’est être complice »

 

Publié initialement surSwissInfo

SwissInfo"

 

Antoine Kowalski | Swissinfo.ch

 

 

 

 


Stéphanie Gibaud à Paris, 2014 (Antoine Kowalski/Swissinfo.ch)

 

Embauchée par la branche française de la banque suisse UBS en 1999, Stéphanie Gibaud a été jusqu’en 2012 directrice de la communication, chargée en particulier d’organiser les événements de la banque en France. Apprenant le caractère illégal de l’activité d’UBS en France, elle révèle le scandale de l’évasion et de la fraude fiscale. En 2014, elle publie « La Femme qui en savait vraiment trop » (éd. Cherche midi).

Making Of

Ancienne salariée d’UBS France, Stéphanie Gibaud a pointé du doigt les dérives de la banque helvétique, soupçonnée en France de blanchiment aggravé, de fraude fiscale et de démarchage illicite.

 

Pour Swissinfo.ch, partenaire de Rue89, la lanceuse d’alerte fait le récit de son affaire avec la banque, et annonce le lancement d’une plateforme internationale dédiée aux lanceurs d’alerte.

Swissinfo.ch : Que pensez-vous des récentes évolutions de l’affaire UBS en France ?

Stéphanie Gibaud : La banque UBS France, ainsi que sa maison mère à Zurich, est – notamment grâce au travail que j’ai fait – mise en examen. Cela a mis beaucoup de temps : sept ans, de l’été 2007 à l’été 2014. J’ai ignoré, de 1999 à 2007, que l’information que je détenais était une information à risque.

J’ai porté plainte contre UBS en 2009. J’ai été contactée par la brigade financière début 2011.

Le journaliste Antoine Peillon a publié en 2012 son livre « Ces 600 milliards qui manquent à la France » (éd. du Seuil). Ce qui a engendré une instruction et des investigations financières.

Les informations que j’avais ont aidé la justice à avancer. Si je n’avais pas parlé, je serais certainement moi aussi mise en examen aujourd’hui et ce ne serait pas une préoccupation de la banque. Se taire, c’est être complice.

Vous êtes entrée à UBS France en 1999. Vous évoquez un changement brutal en 2007, année où l’affaire UBS explose aux Etats-Unis. Comment cela s’est-il caractérisé ?

UBS, le prologue américain du scandale

En 2007 explose l’affaire UBS aux Etats-Unis, par l’intermédiaire du banquier et lanceur d’alerte Bradley Birkenfeld. Le chargé d’affaires explique à Washington les mécanismes de l’évasion et de la fraude fiscale aux Etats-Unis et dans le monde par la banque suisse. La banque UBS, à la suite d’un accord avec les autorités américaines en 2009, paie une amende de 780 millions de dollars. Dans la négociation, UBS a été obligée de donner le nom de 4 450 clients. Emprisonné puis libéré, le banquier américain Bradley Birkenfeld a reçu du fisc américain une récompense de 104 millions de dollars pour ses informations.

J’exerçais un métier de marketing et de communication, essentiellement d’événementiel pour les clients, pour prospecter, en collaboration avec mes collègues chargés d’affaires suisses.

Du jour au lendemain, une muraille de Chine s’est levée après l’éclatement de l’affaire américaine : interdiction de sortir, de rencontrer les entreprises partenaires, suppression de mon assistante et de mon stagiaire. L’explication ? Il y a « beaucoup moins de travail »…

Vous dites : « Se taire, c’est être complice. » Est-ce que, malgré tout, vous n’avez pas été complice de ce système pendant huit ans ?

Pendant huit ans, j’ai été dans le risque à mon insu. J’ignorais que les informations que je détenais étaient des informations sensibles. Je me suis tournée vers ma hiérarchie dans la banque. Celle-ci m’a répondu que j’étais fatiguée, que je devais prendre des vacances, que je ne comprenais pas tout.

À partir de 2007 et jusqu’en 2012, vous dénoncez un harcèlement de la part d’UBS. Pourquoi la banque vous aurait-elle harcelée ?

J’ai été harcelée pour que je « craque ». Il y a eu plusieurs étapes. Après les révélations de Bradley Birkenfeld, UBS a décidé de se séparer d’un grand nombre de collaborateurs dans le monde qui étaient gênants. Pour la Suisse, ça a dû s’arrêter là.

En France, le droit du travail permet de protéger le salarié. UBS France a tenté de me mettre dans ce plan social, mais mon licenciement a été refusé par l’inspection du travail. Je suis déjà allé voir cette autorité pour raconter ce que je savais.

De fin 2007 à l’été 2009, un nouveau supérieur hiérarchique recruté n’a cessé de me convoquer pour me dénigrer, dénoncer mon « incompétence ». En juin 2008, il m’annonce qu’une perquisition a lieu dans le bureau du directeur général et me demande de détruire une partie de mon disque dur et le contenu de mes armoires d’archives. J’ai refusé et j’ai posé des questions. Je n’ai pas eu de réponses et je me suis rendu compte que je dérangeais.

Ensuite, la banque a donné mon poste à une personne plus jeune dont je suis devenue la subalterne. L’isolement professionnel s’est accentué : en ma présence, tout le monde se taisait ou partait. Mais il y a aussi le fait d’être écoutée et observée dès que je parlais au téléphone ou que je rencontrais quelqu’un. Cela n’a jamais été une menace physique, c’est plus pervers.

En France et ailleurs en Europe, UBS paie

Soupçonnée par la justice française d’avoir permis à ses commerciaux suisses de démarcher des fortunes en vue d’ouvrir des comptes offshore non déclarés en France, en violation de la législation, UBS a réglé, mardi 30 septembre, 1,1 milliard d’euros de caution imposée pour fraude fiscale.

La banque a fait part de son intention de se pourvoir en cassation contre cette caution (dont elle conteste la méthode de calcul) et de porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Elle se dit victime d’une procédure « hautement politisée qui, depuis le début de l’enquête, n’a pas suivi les principes élémentaires de l’Etat de droit ».

Dans un communiqué, UBS a également souligné avoir pris « d’importantes et vastes mesures pour nous assurer de la régularité de nos clients avec le fisc, et nous continuerons à le faire. »

Déjà mise en examen pour « démarchage illicite », comme sa filiale française l’est pour « complicité », UBS a vu les charges contre elle s’élargir en juillet pour « blanchiment aggravé de fraude fiscale » de 2004 à 2012.

La banque a écopé cet été de 300 millions d’euros d’amende en Allemagne pour les mêmes motifs. Le président d’UBS Belgique, Marcel Brühwiler, de nationalité suisse, a été inculpé d’« organisation criminelle, blanchiment, exercice illégal de la profession d’intermédiaire financier en Belgique et fraude fiscale grave organisée ».

Quand j’ai rencontré le journaliste Antoine Peillon, je lui ai confié que je me sentais comme un animal traqué. Quand je déjeunais accompagnée le midi, il y avait quelqu’un seul à la table d’à côté. Antoine Peillon m’a donné des éléments :

« Stéphanie, je sais que vous êtes suivie par la DCRI [direction centrale du renseignement intérieur, les services secrets français de l’époque, ndlr]. »

J’ai usé 19 téléphones en cinq ans et mes ordinateurs ne marchent pas. Je prends soin de ces matériels. Je pense que c’est la conséquence d’attaques malveillantes sur ces supports. Je n’accuse personne, mais qui a intérêt à m’écouter ?

Vous rapportez que l’on vous a demandé de supprimer vos données sur votre ordinateur et vos archives papiers. Elles ont été supprimées, dites-vous. Qui a pu le faire et que contenaient ces documents ?

Je le confirme : on me l’a demandé. J’ai refusé et on les a effacées. Cela n’est pas le fait de mon assistante. Ce que je sais, c’est que j’ai écrit à la banque deux fois : au président du directoire et au directeur général, en leur expliquant ces dysfonctionnements sur mon disque dur.

À la suite de ces deux courriers, une partie des documents, non sensible, a été réintégrée.

Ces documents utilisés pour l’organisation des événements étaient des listings contenant les noms des clients et ceux de leurs chargés d’affaires français et suisses.

Ces fichiers révélaient que les chargés d’affaires suisses démarchaient des clients français en France avec pour objectif de faire ouvrir des comptes en Suisse, non-déclarés.

Sur les événements que vous organisiez, n’avez-vous pas trouvé suspecte la présence des chargés d’affaires suisses ?

UBS a ouvert à Paris en 1999 et décide d’ouvrir dans les capitales de région en 2001. On a multiplié les bureaux. Pour les événements, une centaine par an, je collaborais au quotidien avec des chargés d’affaires aussi bien français que suisses, de Bâle, de Lausanne, de Zurich et principalement de Genève. Je n’arrêtais jamais.

Comment voulez-vous que je suspecte quelque chose d’illégal ? Jusqu’en 2007, la banque UBS était insoupçonnable : elle était présentée comme la plus puissante et la plus propre au monde.

UBS France exerce-t-elle encore des pressions sur vous  ?

Les pressions existent encore. Cela prend par exemple la forme d’un courrier envoyé en novembre 2013 par les actuels dirigeants d’UBS France à mon éditeur, lui expliquant que j’avais inventé cette histoire.

Je suis aussi allée récemment à Bruxelles, à l’invitation d’un colloque, pour présenter mon livre et témoigner de mon expérience. Les organisateurs ont reçu un courrier de pression d’UBS Belgique visant – en vain – à discréditer et empêcher ma participation. L’objectif est clair : museler les témoins.

Existe-t-il à ce jour une plainte directe déposée à votre encontre et à l’encontre de votre éditeur par la banque UBS à la suite de la parution de votre livre ?

UBS France n’a porté plainte contre moi qu’en janvier 2010, pour diffamation. Et elle a perdu sur les quatre motifs d’accusation.

J’avais fait état en interne dans un procès-verbal des questions que j’avais sur le démarchage illicite, sur l’évasion fiscale en bande organisée, sur le blanchiment d’argent. Et sur la base de ce procès-verbal, la banque a été déboutée en octobre 2010.

Depuis la sortie de mon livre, mon avocat et l’équipe des juristes de l’éditeur n’ont trouvé qu’une plainte déposée par UBS pour propos diffamatoires « contre x », mais pas contre moi.

La banque assure que vous avez inventé cette histoire. Comment le vivez-vous  ?

J’ai été prise au sérieux en France par les autorités. La Belgique et d’autres pays en Europe – notamment, mais pas seulement – me sollicitent pour témoigner. Moi, aujourd’hui, contrairement à la banque, je ne suis pas poursuivie ou mise en examen, ni en France, ni en Belgique, ni aux États-Unis, ni en Allemagne.

J’ai aussi été témoin dans plusieurs cas prud’homaux où ont été évoqués le démarchage en région par des chargés d’affaires suisses, les objectifs inatteignables fixés aux commerciaux pour les obliger à travailler avec les chargés d’affaires suisses responsables de l’offshore.

Ces collaborateurs, au moins quatre, ont tous gagné leur affaire aux prud’hommes alors que j’étais témoin. Pour trois d’entre eux, il y a un appel. Nous verrons ce qu’il se passera à l’issue des appels mais l’un a gagné et il est écrit dans les attendus du jugement que, sur sa zone géographique, l’Alsace-Lorraine, ce directeur de région avait été concurrencé [par les chargés d’affaires suisses du bureau de Bâle de la banque UBS ; la rédaction a pu consulter la copie exécutoire du jugement prononcé le 30 août 2011] dans le démarchage de clients.

Pourquoi UBS n’a pas fait appel sur ce dossier ?

Vous êtes dans un différend prud’homal avec UBS. Vous êtes convoquée pour janvier 2015 devant un juge départiteur, un juge professionnel, pour traiter cette affaire. Qu’attendez-vous de la justice française  ?

Je demande qu’il soit reconnu par la justice française le harcèlement, la mise au placard, l’isolement, la souffrance que j’ai subis à partir du moment où j’ai compris que l’activité à laquelle j’avais participé était illégale, à partir du moment où j’ai dit non. Dénoncer ces dysfonctionnements au plus haut niveau m’a coûté ma carrière. Je veux retrouver mon honneur pour ma famille, et tourner la page.

Lanceurs d’alertes, unissez-vous
L’association PILA (Plateforme internationale dédiée aux lanceurs d’alerte), dont les statuts viennent d’être déposés, est composée de personnalités et d’associations connues pour leur capacité à révéler et exposer dans les médias les affaires économiques et financières.

Ses membres fondateurs sont l’avocat français William Bourdon, qui en assurera la première présidence tournante ; le lanceur d’alerte Hervé Falciani, ex-employé de la banque HSBC à Genève ; la lanceuse d’alerte Stéphanie Gibaud, ex-employée d’UBS ; le journaliste français Edwy Plenel, du site Mediapart ; l’Australien Gerard Ryle, directeur de l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) et responsable de l’enquête internationale Offshore Leaks  ; l’association de lutte anticorruption Anticor  ; et l’association de défense des populations contre les crimes économiques Sherpa.

Vous annoncez une plateforme internationale des lanceurs d’alerte. De quoi s’agit-il et quelle sera sa mission ?

Je participe à la fondation d’un réseau de lanceurs d’alerte baptisé Plateforme internationale des lanceurs d’alerte (PILA). L’objectif est de faire valoir une plus grande transparence en permettant à toute personne – citoyen, salarié, journaliste – confrontée à des dysfonctionnements majeurs, détenant des informations d’intérêt général, de parler, d’être écoutée, conseillée, protégée.

Quelle est votre image de la Suisse ?

Les Suisses sont très choqués de ce qu’ils apprennent depuis 2009, ils ont compris les enjeux. Je reçois nombre de courriers et de soutiens. Ce sont les citoyens suisses, via l’Etat suisse, qui ont renfloué l’UBS menacée par la crise financière.

Beaucoup d’employés suisses se posent des questions sur leur métier, leur industrie, ont été mis sous pression, ont perdu leur travail. Vous avez affaire à des banques qui donnent le nom des clients – comme UBS au fisc américain – ou celui de leurs chargés d’affaires qui risquent la prison à titre personnel – comme Credit Suisse aux États-Unis – et qui, elles, ainsi que leurs plus hauts responsables, continuent, en toute impunité, relative, à travailler.

 

Publié initialement surSwissInfo

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Ils réagissent
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