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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 16:58

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Industrie minière

La « responsabilité sociale » selon Emmanuel Macron

par

 

Y aura-t-il un jour un label « mine responsable » en France, qui permettrait d’extraire des minerais dans des conditions correctes ? C’est ce que semble souhaiter le ministre de l’Economie Emmanuel Macron, qui a lancé au printemps dernier un groupe de travail sur le sujet. Pour réfléchir à cette question hautement polémique, le ministère a réuni autour de lui des élus, des représentants de la société civile (WWF, fédération nationale des parcs régionaux,...) et des industriels (société de l’industrie minérale- sim, Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction- UNICEM, Eramet, Variscan...). Ce groupe de travail est censé « définir les conditions d’une exploitation minière responsable au niveau social et environnemental ».

Mais à quoi ressemble donc une mine responsable au niveau social et environnemental ? Mystère. « On n’a jamais eu de réponse claire et précise à cette question », regrette Thibaud Saint Aubin, de l’association « Ingénieurs sans frontières – Systèmes Extractifs et Environnements (ISF SystExt) », qui a décidé de quitter le groupe de travail, de même que France nature environnement (FNE). « Si l’État ne veut pas se confronter à une levée de boucliers dans les territoires concernés, il doit construire un cadre juridique stable, qui intègre les préoccupations environnementales et sociales tout au long de la vie de la mine », pensent les deux associations démissionnaires.

Pour cela, il faudrait intégrer des obligations juridiques dans le code minier, qui régit les exploitations minières en France, et qui ne mentionne pour le moment ni dommage environnemental, ni dommage sanitaire. Mais les futures « mines responsables » ne s’embarrasseront pas de ce genre d’obligations. Le gouvernement prévoit plutôt une charte d’engagement volontaire, par laquelle les exploitants s’engageront à être vertueux. Une proposition qui ne convainc ni ISF, ni FNE. Pour Denez L’Hostis, président de FNE : « Si l’exploitation reprend, elle devra gérer les passifs environnementaux et sanitaires, et anticiper ses propres impacts. Nous avons trop souffert de l’exploitation minière pour laisser l’encadrement de cette activité à une simple charte volontaire. »

 

Lire aussi
- De la Bretagne au Limousin, les compagnies minières débarquent en France
- « Les pollutions engendrées par l’industrie minière représentent un danger pour les décennies à venir »
- Salsigne, un siècle d’extraction minière (grand format)

 

 

 

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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 15:05

 

Source : http://www.franceinter.fr/emission-comme-un-bruit-qui-court-cryptoparty-pourquoi-et-comment-proteger-sa-vie-privee-sur-internet

 

 

par Giv Anquetil, Charlotte Perry et Antoine Chao
le samedi de 16h à 17h

visuel Comme un bruit qui court

 

l'émission du samedi 19 septembre 2015

Cryptoparty, pourquoi et comment protéger sa vie privée sur Internet ?

 
Cryptoparty, pourquoi et comment protéger sa vie privée sur Internet?

 

Après les révélations Snowden, après les lois sur le renseignement et le terrorisme votées il y a quelques mois, beaucoup de gens frisent la parano sur tout ce qui concerne leurs données personnelles sur Internet et les réseaux sociaux.

Heureusement, des hacktivistes comme Okhin ( @okhin ) organisent des cryptoparties (ou chiffrofêtes) pour initier les citoyens à la maitrise de leurs données.

Jean-Marc Manach ( @manhack ), lui, est grand reporter sur Internet. Et il nous apprend que si les surveillants nous surveillent, il est aussi possible des les surveiller. Exemple avec l’Affaire de l’entreprise Amesys, prise en flagrant délit de vente de logiciel de surveillance à la Lybie de Kadhafi.

Un reportage de Giv Anquetil

Quelques liens conseillés par Okhin, à rentrouver dans l'émission:

Privacy Bagder

Https everywhere

Torproject

Labriqueinter

 

Informations cryptées © corbis - 2015

 

A lire, Grandes oreilles et bras cassés, une BD de Jean-Marc Manach et Nicoby, chez Futuropolis qui retrace l'affaire Amesys, l'affaire des grandes oreilles de Khadafi

 

 

 

Source : http://www.franceinter.fr/emission-comme-un-bruit-qui-court-cryptoparty-pourquoi-et-comment-proteger-sa-vie-privee-sur-internet

 

 

 

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 17:14

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Les députés ne veulent pas étiqueter les aliments issus d’animaux nourris aux OGM

17 septembre 2015 / Emilie Massemin (Reporterre)
 


 

 

Tard dans la soirée de mercredi 16 septembre, l’Assemblée nationale a rejeté deux amendements déposés par les députés écologistes, et qui proposaient l’étiquetage obligatoire des produits issus d’animaux nourris aux OGM, et l’interdiction d’utiliser des OGM pour l’alimentation des élevages. Ceci, alors que 200 000 citoyens viennent de lancer la campagne « transparence OGM » pour une meilleure information des consommateurs.

Les étiquettes « nourri aux OGM » sur les barquettes de côtelettes de porc ou de steak du supermarché, ce n’est pas pour tout de suite. Pourtant, si les cultures génétiquement modifiées sont interdites en France, « les OGM présentent une part significative de l’alimentation de près de 80 % des élevages, selon les professionnels du secteur », assurent les députés écologistes dans un communiqué. Sont particulièrement visés « [le] soja et [le] maïs NK603 associés à l’herbicide Roundup, importés des États-Unis et d’Amérique latine ».

L’amendement de Brigitte Allain, députée Europe Écologie Les Verts (EELV) de la Dordogne, au projet de loi « portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne dans le domaine de la prévention des risques » (voir ici, demandait l’étiquetage systématique des viandes, charcuteries, laits, œufs, beurres, fromages et plats cuisinés issus d’animaux d’élevage nourris aux OGM

Il a été rejeté mercredi 16 septembre, tard dans la soirée, au terme de « débats polis et respectueux », indique Mme Allain à Reporterre. Présenté par la ministre de l’Écologie Ségolène Royal le 15 juillet dernier, ce texte législatif transpose au niveau national, entre autres, la directive européenne 2015/412 concernant la possibilité pour les États membres de restreindre ou d’interdire la culture d’organismes génétiquement modifiés (OGM) sur leur territoire.

 

Une pétition lancée pour la "transparence sur les OGM"

La députée avait par ailleurs demandé que le gouvernement remette un rapport sur l’opportunité de l’étiquetage obligatoire des produits alimentaires issus d’animaux nourris aux OGM, et que les aliments génétiquement modifiés soient carrément interdits dans l’alimentation des élevages. Ces deux amendements ont également été rejetés par l’Assemblée nationale.

La pression sociale est pourtant forte : un rassemblement de 200 000 citoyens, Consommateurs mais pas cobayes !, a lancé lundi 15 septembre une seconde campagne baptisée « transparence OGM » assortie d’une pétition, réclamant l’étiquetage obligatoire des produits alimentaires issus d’animaux nourris aux OGM.

 

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Un logo... qu’on ne verra pas de sitôt sur les aliments

 

Mais le rejet à l’Assemblée ne constitue qu’une demi-suprise. Les propositions d’amendement avait déjà toute été rejetées par la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, le 9 septembre dernier. Sur l’étiquetage des produits alimentaires, la rapporteure Viviane Le Dissez (Parti socialiste) a argué en séance que et amendement était « typiquement hors du cadre de ce projet de loi de transposition sur la prévention des risques. Nous en avons discuté dernièrement avec les agriculteurs, l’étiquetage de la viande française relève du niveau européen. Cette disposition nous placerait donc en infraction vis-à-vis du droit européen ».

Même réponse concernant l’interdiction de nourrir les animaux avec des OGM. De fait, le 22 avril dernier, la Commission européenne a proposé une modification du règlement 1829/2003 concernant les denrées alimentaires et les aliments pour animaux génétiquement modifiés, qui permettrait aux Etats membres d’interdire ce type d’alimentation. Ce projet devrait être voté par la commission Environnement du Parlement européen les 12 et 13 octobre, puis par le Parlement européen réuni en plénière les 26 et 29 octobre, selon le site de veille citoyenne Inf’OGM.

 

« C’est le rôle des parlements nationaux d’émettre des avis forts »

Pour Brigitte Allain, ces arguments ne sont pas recevables : « On a fait la même réponse à Germinal Peiro [député socialiste de la Dordogne, NDLR] quand il a réclamé un étiquetage de la viande ’élevée et abattue en France’. Mais finalement, l’Assemblée nationale s’était rangée derrière lui. C’est au niveau des États qu’on peut pousser l’Union européenne à évoluer. C’est le rôle des parlements nationaux d’émettre des avis qui sont forts pour qu’ils soient pris en compte au niveau européen. » Concernant de tels sujets, la députée estime qu’un raisonnement en termes de respect des règles européennes et de la concurrence n’est pas souhaitable, car « ce n’est pas le droit à la concurrence qui préoccupe le plus les citoyens, mais le droit à la préservation de l’environnement et à la santé. »...

 

***Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 16:26

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

En Allemagne, un vent de révolte souffle contre les fermes-usines géantes

17 septembre 2015 / Violette Bonnebas (Reporterre)
 

 

 

Dans l’Est de l’Allemagne, de nombreuses associations se mobilisent pour contrer les projets de fermes géantes, dans une région marquée par les dérives de la production de masse sous l’ancien régime communiste.

 

- Berlin, correspondance

Imaginez que les habitants de la Somme aient à se prononcer par référendum sur le maintien ou la fermeture de la ferme-usine des Mille vaches. Impossible ? C’est pourtant ce qui pourrait se passer dans l’Est de l’Allemagne. Quarante associations se sont regroupées pour faire barrage à l’élevage intensif dans le Land du Brandebourg, près de Berlin. Si elles rassemblent au moins 80 000 signatures auprès des habitants de la région d’ici le mois de janvier, un référendum d’initiative populaire devra être organisé, et son résultat inscrit dans la loi. En deux mois, plus de 13 000 personnes ont déjà été convaincues (lien en allemand).

« Interdire complètement l’élevage intensif, ce serait bien, mais on est conscient que c’est impossible, explique le coordinateur de la campagne, Jens Martin Rode. Nous, ce qu’on veut, c’est que, dans le Brandebourg, les éleveurs ne coupent plus la queue des cochons et le bec des volailles ; que le gouvernement régional ne finance plus les nouvelles implantations d’élevage intensif, mais seulement de plus petites exploitations qui respectent des critères exigeants de protection animale et environnementale. »

 

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Affiche de campagne pour le referendum

Jens Martin Rode et ses compagnons n’en sont pas à leur coup d’essai : au début de l’année, près de 35 000 personnes avaient signé une première pétition (Volksinitiative) pour mettre la question à l’ordre du jour du parlement régional. Mission accomplie, mais malgré le coup de force, les députés s’étaient majoritairement rangés derrière les lobbies de l’industrie agricole. Pour Udo Folgart, l’un des députés (SPD, social-démocrate) ayant rejeté la proposition citoyenne, « le nombre d’animaux dans une exploitation ne dit rien de leur bien-être. Tout dépend de la manière dont ils sont traités. Cela peut être fait de façon très responsable dans une grande exploitation ».

 

De plus en plus de fermes géantes

L’homme qui tient ce discours est lui-même éleveur près de Berlin, à la tête d’un troupeau de 550 bovins, et vice-président de la Landesbauernverband, le syndicat agricole majoritaire en Allemagne. Attablé à un café de sa circonscription, à Paaren in Glien, il ajoute à sa démonstration, graphiques à l’appui, que le nombre d’animaux d’élevage dans le Brandebourg, et plus largement dans l’Est de l’Allemagne, est par ailleurs deux fois moins élevé que la moyenne nationale.

Le chiffre est juste, mais il ne dit pas toute la vérité. Lorsqu’on regarde le nombre de bêtes par exploitation, les cinq Länder d’ex-RDA (République démocratique allemande) se retrouvent cette fois systématiquement en tête de troupeau. Par exemple, un élevage moyen de volailles dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et la Saxe-Anhalt dépasse les 12 000 têtes. C’est six fois plus que la moyenne nationale. Les chiffres sont tout aussi éloquents pour les bovins et les porcins (lien en allemand).

La tendance n’est pas prête de s’inverser, les projets de nouvelles fermes géantes ou d’agrandissement se multiplient : trente-deux, rien que dans le Brandebourg. Certains investisseurs voient les choses en grand, en très grand même : pas moins de 400 000 poulets pour l’un, 67 000 porcs pour l’autre, 2500 vaches pour un troisième. Et si une partie de la population s’y oppose, c’est parce qu’elle a déjà connu l’élevage de masse, à une échelle bien plus grande - et en a été traumatisée.

 

L’ombre des fermes de la RDA

Des hangars sans fenêtres de plusieurs centaines de mètres de long, vaches entravées, poules et porcs entassés, au sol du béton. Autour, d’immenses monocultures de plantes fourragères survolées d’avions épandeurs de pesticides. Des silos à perte de vue, alimentés par des employés présents 24h/24, selon la règle des trois-huit, comme à l’usine. C’est à cela qu’ont ressemblé les fermes de RDA, des années 1960 à la fin de l’ère soviétique.

 

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Porcherie Markkleeberg, 1960

« L’idéologie socialiste porte en elle dès le départ, chez Marx et Engels, l’idée de produire en masse, explique Jens Schöne, historien spécialiste de l’agriculture en RDA. Les outils de production agricole ont d’abord été collectivisés, puis progressivement industrialisés. Ce sont ces gigantesques exploitations, de plusieurs milliers d’hectares, qui devaient mener à la prospérité, à l’abondance de nourriture, et donc au ’’bonheur commun’’. » Un bonheur commun qui ne concernait visiblement pas les animaux, soumis à la promiscuité, aux castrations à vif, exposés au cannibalisme. Sans compter les tests d’antibiotiques ou les expérimentations alimentaires à base d’urée et d’excréments.

Inspirées du modèle américain de ferme géante, les LPG (pour Landwirtschaftliche Produktionsgenossenschaft, coopérative de production agricole) ont connu un essor très rapide en Allemagne de l’Est, bien plus qu’en Europe occidentale. Pour exporter la viande et ainsi faire entrer des liquidités dans ses caisses vides, l’Etat exigeait, plan après plan, toujours plus de productivité, poussant à la démesure. Pour ne citer que quelques exemples, la LPG de Neustadt sur l’Orla en Thuringe comptait pas moins de 175 000 porcs en 1989. A quelques encablures, celle de Wandersleben accueillait 720 000 poules pondeuses. Plus au nord, non loin des rives de la Baltique, 24 000 bovins étaient élevés, abattus et transformés dans le Kombinat de Ferdinandshof, devenu un emblème de cet élevage ultra-intensif est-allemand.

 

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Ferdinandshof 1974

Mais un tel modèle n’était pas compatible avec les structures économiques du pays, incapables par exemple de remplacer les pièces défectueuses dans les bâtiments agricoles. Et les conséquences pour l’environnement ne tardèrent pas à se faire sentir, au sens propre. L’air se chargeait de l’ammoniac rejeté par les étables mal ventilées ; le lisier, en quantité astronomique, était déversé au moyen de pipelines dans les cours d’eau. « Je me souviens que l’hiver, j’allais patiner sur des lacs de lisier gelés, c’était épouvantable », raconte Jens Schöne, qui a lui-même grandi en Saxe-Anhalt.

Autour des fermes, les forêts mouraient, les poissons disparaissaient. Malgré le discours apaisant des autorités, la colère montait dans les villages, comme en attestent les rapports de la Stasi...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 16:02

 

Source : http://la-bas.org

 

LÀ-BAS avec Joseph STIGLITZ

85 MILLIARDAIRES DANS UN AUTOBUS

Le

 

 

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(Dessin : Daniel Mermet)

85 milliardaires dans un autobus représenteraient une fortune équivalente à celle de la moitié la plus pauvre de l’humanité, c’est-à-dire 3 milliards d’êtres humains. Aujourd’hui, 1% de la population de la planète détient près de la moitié de la fortune mondiale. Sous peu, les 1% vont détenir autant que les 99% restant. Ces 1% sont les maitres du monde. Le monde politique est entièrement à leur service et les médias sont leurs pom-pom girls. Qui parle ainsi ? Un gauchiste rabâcheur ? Un alternatif isolé ? Un anticapitaliste entêté ?

Joseph STIGLITZ : « La Grande fracture » par Là-bas si j'y suis

 

Augmenter les impôts sur les entreprises qui n’investissent pas en France et utiliser ces revenus supplémentaires pour investir dans la jeunesse et les technologies, voilà les conseils que l’économiste Joseph Stiglitz donnerait à François Hollande si seulement François Hollande lui demandait comment infléchir la courbe du chômage

 

Écoutez l’entretien intégral avec Joseph Stiglitz.

Entretien : Daniel MERMET
Traduction : Laura RAIM
Image : Caroline POTHIER
Montage : Grégory SALOMONOVITCH
Réalisation : Jonathan DUONG

 

 

Programmation musicale
- B.K Anderson : The minimum wage
- The Chi-lites : (For God’s sake) Give more power to the people

N’oubliez pas que le répondeur attend vos messages au 01 85 08 37 37.

 

(Vous pouvez podcaster cette émission en vous rendant dans la rubrique "Mon compte", en haut à droite de cette page)


 

 

Source : http://la-bas.org

 

 

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 15:50

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Manger bio ?

« L’agriculture biologique et ses circuits démontrent qu’il existe des alternatives viables »

par

 

 

 

Vente à la ferme, marchés bio, magasins de producteurs, AMAP, systèmes de paniers, vente en ligne, restauration collective, circuits courts à vocation solidaire… De multiples initiatives ont été lancées pour dynamiser les circuits courts en agriculture biologique. Avec un objectif : faciliter l’accès des produits bio, tant du point de vue des prix que des réseaux de proximité. Du 19 au 27 septembre, les groupements de producteurs de la Fédération nationale de l’agriculture biologique invitent à venir découvrir les acteurs de la bio, à côté de chez vous. Et lancent une grande mobilisation pour fédérer les énergies citoyennes et interpeller les élus à la veille de la Conférence sur le climat.

Au programme : une semaine d’animations savoureuses, ludiques et variées dans toute la France (dégustations, fermes ouvertes, marchés, ciné-débats…). L’occasion de valoriser les atouts des produits bio, de découvrir les méthodes de travail des agriculteurs et de réfuter l’idée selon laquelle “manger bio, ça coûte forcément plus cher”.

 

La commercialisation de denrées alimentaires bio produites localement réduit en effet le nombre d’intermédiaires, diminue non seulement les prix, mais limite les émissions de gaz à effet de serre du fait d’un mode production biologique. Cela contribue aussi activement à renforcer la vitalité économique de nos territoires en favorisant un mode de production qui crée davantage d’emplois que l’agriculture conventionnelle.

Manger bio, c’est faire le choix d’une alimentation de qualité qui garantit des produits sans pesticides, sans engrais chimiques de synthèse ni OGM, et c’est aujourd’hui de plus en plus facile grâce au développement des circuits courts. Manger bio, c’est choisir des produits savoureux et c’est bon pour la préservation de l’environnement, l’amélioration du cadre de vie, comme pour l’économie locale.

Cette année, notre campagne “ Manger bio et local c’est l’idéal ” sera l’occasion d’interpeller nos élus à la veille de 3 échéances essentielles : la conférence internationale sur le climat (COP21), qui débutera le 30 novembre, à Paris ; les élections régionales, qui auront lieu les 6 et 13 décembre, et l’entrée en vigueur de la réforme territoriale, le 1er janvier 2016.

Dans un contexte de crise à répétition et de plus en plus aigües des prix agricoles, l’agriculture biologique et ses circuits de distribution démontrent concrètement qu’il existe des alternatives à la fois économiquement viables et respectueuses de l’environnement.

La bio ne représente cependant aujourd’hui en France que 4% des surfaces cultivées. Nos élus ont des leviers pour changer la donne. Dans le cadre de la réforme territoriale, les futures régions auront désormais les compétences qui permettront de penser et de mettre en œuvre des systèmes de production et de distribution alimentaire soutenables : c’est une chance qu’il ne faut pas laisser passer.

Nous, producteurs et productrices bio, sollicitons toute l’attention de nos élus et futurs élus. Partout où ceux-ci ont accompagné le mouvement, les pratiques des filières biologiques ont gagné en force, en étendue et en légitimité. C’est pourquoi, du 19 au 27 septembre, nous invitons à venir rencontrer les producteurs bio près de chez vous, à leur apporter votre soutien et à interpeller vos élus.

Photo : CC Luc Legay

 

 

Vos commentaires

Le 16 septembre à 22:55par henri rouxin

Dans le Canard Enchaîné du 2 -9 -2015, un article explique pourquoi les acheteurs ont fort intérêt à vérifier le poids des produits alimentaires vendus pré-emballés, dans les grandes surfaces ; en-effet, l"erreur" peut aller jusqu’à 30% (en moins bien-sûr) du poids indiqué sur le paquet. Dommage, au kilo, le produit, honnêtement pesé, aurait peut-être été moins cher que le même en bio...

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 15:32

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Habitat

Grâce à la paille, la France pourrait isoler 500 000 logements par an

par

 

 

Quel est le point commun entre un agriculteur qui moissonne son champs en se demandant comment il pourra boucler ses fins de mois, et une famille qui peine à régler sa facture de chauffage tout en grelotant en hiver, à cause d’un logement mal isolé ? Une même solution existe à leurs deux problèmes : la paille. Chaque année, 40% de la paille – c’est à dire la tige des céréales – est laissée au sol, après les moissons. En prélevant seulement 5% de cette paille, la France disposerait de quoi isoler tous les logements neufs construits sur une année en France, soit plus de 400 000. C’est une étude, TerraCrea, qui le révèle.

Réalisée par le laboratoire de recherche en architecture de l’ENSA Toulouse et les Amis de la terre France, cette étude a estimé la capacité de la France à produire et utiliser des matériaux bio-sourcés pour la construction et la réhabilitation des bâtiments à l’horizon 2030 et 2050. Bio-sourcés ? Ce sont les matériaux issus du vivant, d’origine végétale (bois, paille, chanvre, lin, ouate de cellulose...) et animale (laine de mouton, plumes...). « On peut substituer les isolants actuels (laine de verre principalement, ndlr) par des isolants bio-sourcés, remarque Luc Floissac, co-auteur de l’étude [1] . Il n’y aucun problème de ressources. Que ce soit la paille, le lin ou le chanvre, on peut basculer facilement, puisque ce sont des cultures annuelles : si on prend la décision d’augmenter le nombre de logements en paille, on peut avoir la ressource dès l’année suivante. Le tout sans conflits d’usage avec les terres destinées à l’alimentation. »

 

Les matériaux bio-sourcés encore anecdotiques en France

En plus d’être disponibles de suite, pourvu qu’on le décide, les matériaux bio-sourcés affichent un bilan environnemental et social épatant : « Ils contribuent à la diversification et à l’augmentation des revenus des agriculteurs. Mis en œuvre au plus près des sites de production, ils favorisent le maintien et le développement d’une économie locale robuste. Séduisants par leurs conditions de mise en œuvre, ils contribuent à renforcer l’attractivité des métiers du bâtiment. Sains, ils correspondent aux attentes de nombreux maitres d’ouvrages publics ou privés. »

 

 

Malheureusement, leur utilisation est encore très rare... La France reste le pays du mariage éternel entre parpaings et laine de verre. « Dans les IUT, les CFA ou les écoles d’ingénieur et d’architecture, les matériaux bio-sourcés ont encore une place très anecdotique. Quand ils ne sont pas tout simplement ignorés ! ». La loi pour la transition énergétique, adoptée cet été, encourage leur utilisation, en particulier pour les constructions publiques. Reste à traduire cet encouragement en acte.

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 15:13

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Pourquoi payer une dette insoutenable et illégale ?

17 septembre par Olivier Bonfond

 

 

 

Le 13 juillet 2015, après six mois de négociations, Alexis Tsipras a décidé de capituler et de signer un accord funeste avec ses créanciers. Pourtant, une autre voie était possible : s’appuyer sur les conclusions du rapport d’audit pour poser un acte unilatéral de suspension de paiement et/ou de répudiation de la dette.

Article publié dans la revue Ensemble (n°88 – septembre 2015), une publication du Collectif Solidarité Contre l’exclusion, disponible en ligne ici : http://www.asbl-csce.be/journal/Ens...

Depuis mai 2010, la Grèce applique un programme d’austérité et dajustement structurel, qui est la condition pour recevoir une « aide financière » du Fonds Monétaire International, de quatorze Etats membres de la zone et du Fonds européen de stabilité financière. Ces mesures étaient censées réduire le déficit budgétaire et la dette publique et ramener la compétitivité et la croissance. C’est tout le contraire qui s’est passé : la dette a explosé, l’économie a connu une profonde récession (-25%), les services publics se sont fortement dégradés et des millions de citoyens ont plongé dans la pauvreté et la précarité. C’est en réaction à cette situation, dans le cadre de la responsabilité du Parlement envers le peuple grec, et en application de l’article 7 du règlement n° 472/2013 de l’Union européenne, que le 4 avril 2015, la Présidente du Parlement grec a décidé de créer la Commission pour la Vérité sur la Dette publique (the Debt Truth Committee).

Composée d’une trentaine d’experts internationaux et grecs, la Commission pour la Vérité sur la Dette publique a reçu pour mandat d’analyser tout le processus d’endettement de la Grèce et de détecter les dettes qui peuvent être considérées comme illégales, odieuses, illégitimes et/ou insoutenables.

Malgré des obstacles et des difficultés, comme par exemple le fait que la Banque centrale de Grèce a refusé de nous communiquer plusieurs informations cruciales (notamment les flux financiers entre la Banque centrale de Grèce et la BCE), la commission a pu remettre un rapport préliminaire le 17 juin 2015 |1|.

Fondamentalement, ce rapport aboutit à des conclusions qui sont sans appel : la dette réclamée à la Grèce est totalement insoutenable et une grande partie de celle-ci est illégale et illégitime.

 

Insoutenabilité et suspension de paiement

La dette grecque est triplement insoutenable. Elle est insoutenable d’un point de vue strictement financier, car tout le monde s’accorde à dire que la Grèce est tout simplement incapable de rembourser cette dette. Elle est également insoutenable d’un point de vue social, car l’Etat grec ne peut continuer à payer sans que celui-ci ne remette en cause ses obligations internationales en matière de droits humains fondamentaux. Elle est aussi insoutenable d’un point de vue économique et écologique car les conditions qui sont attachées à cette dette reposent sur des hypothèses totalement irréalistes qui ont fait preuve de leur échec, et détruit toute possibilité de relancer une activité économique qui serait socialement juste et écologiquement viable.

La Commission a également montré dans son rapport que la Grèce pourrait suspendre immédiatement le paiement de la dette en s’appuyant sur la notion juridique de l’état de nécessité. Selon le droit international, l’état de nécessité désigne « les cas exceptionnels où le seul moyen qu’a un État de sauvegarder un intérêt essentiel menacé par un péril grave et imminent est, momentanément, l’inexécution d’une obligation internationale dont le poids ou l’urgence est moindre ». La Grèce satisfait pleinement aux quatre conditions requises pour invoquer l’état de nécessité. Elle a donc la possibilité de suspendre le remboursement de sa dette de manière unilatérale (sans accumuler des arriérés d’intérêts) en vue de garantir à ses citoyens les droits humains fondamentaux, tels que l’éducation, la santé, etc.

La Grèce satisfait pleinement aux quatre conditions requises pour invoquer l’état de nécessité.

Ajoutons que cette notion est reconnue par les cours et les tribunaux internationaux, qu’elle a déjà été utilisée et qu’elle fait donc l’objet d’une jurisprudence. A titre d’exemple, dans l’affaire Socobel, datant de 1939 et opposant la Société commerciale de Belgique et le gouvernement grec, le conseil du gouvernement grec, M. Youpis, soulignait le fait que « la doctrine admet à ce sujet que le devoir d’un gouvernement d’assurer le bon fonctionnement de ses services publics prime celui de payer ses dettes. »

 

Illégitimité et remise en cause de la dette

Les dettes réclamées à la Grèce sont illégitimes car elles n’ont absolument pas bénéficié à la population grecque.

Les dettes réclamées à la Grèce sont illégitimes car elles n’ont absolument pas bénéficié à la population grecque. L’audit a démontré de manière irréfutable que tous les soi-disant plans d’aide ont été conçus et organisés dans l’unique but de sauver les grandes banques privées, en particulier françaises et allemandes, mais aussi grecques. Rappelons qu’en 2010, 7 banques (3 françaises et 4 allemandes) constituaient à elles seules les principales créancières de la Grèce avant l’intervention de la Troïka rebaptisée aujourd’hui « Institutions » et qui est devenue un quatuor composé du FMI, de la BCE, de la Commission européenne et du Mécanisme européen de stabilité. Alors qu’une restructuration de la dette en 2010 était déjà nécessaire pour beaucoup, dont le FMI, la décision a été prise de la reporter. La raison de ce report est donnée de manière très claire par le FMI : « Une restructuration de la dette aurait été plus bénéfique pour la Grèce, mais c’était inacceptable pour les partenaires européens. Repousser la restructuration a offert une fenêtre aux créanciers privés pour réduire leur exposition et transférer leurs créances au secteur public |2| ».

Le rapport de la Commission d’audit a établi que plus de 80 % des 240 milliards des prêts octroyés par la Troïka en 2010 et 2012 sont repartis directement dans le remboursement d’une vingtaine de banques privées. Une partie importante de cet argent n’est même jamais arrivée sur le sol grec, elle a simplement transité par un compte spécifique créé à la BCE. En permettant à ces banques de se mettre à l’abri de l’éclatement de la bulle de crédit privé qu’elles avaient créée, cette opération de sauvetage des créanciers privés par des institutions publiques a créé une dette illégitime pour la population.

 

Illégalité et acte unilatéral de répudiation

Une dette est un contrat qui lie deux parties. Cependant, pour que ce contrat puisse être réputé valable, il doit respecter en ensemble de conditions et de procédures légales, tant au niveau du droit national qu’international. Or, l’audit a mis en lumière une série impressionnante d’irrégularités qui invalident les engagements de la Grèce à l’égard de ses créanciers. En voici quelques-unes.

Une série impressionnante d’irrégularités invalide les engagements de la Grèce à l’égard de ses créanciers.

 

Les Etats européens ont violé leurs obligations en matière de droit international. Les États membres de la zone euro qui ont prêté à la Grèce sont signataires du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), et, à ce titre, sont soumis au respect des obligations prévues par ce Pacte, y compris en dehors de leur territoire national respectif. Or, il existe un lien direct entre les conditions imposées par les créanciers à la Grèce et la violation de droits socio-économiques fondamentaux.

 

Les contrats de prêt violent l’article 9 du Traité sur le fonctionnement de l’UE (TFUE) qui stipule : « Dans la définition et la mise en œuvre de ses politiques et actions, l’Union prend en compte les exigences liées à la promotion d’un niveau d’emploi élevé, à la garantie d’une protection sociale adéquate, à la lutte contre l’exclusion sociale ainsi qu’à un niveau élevé d’éducation, de formation et de protection de la santé humaine.  »
Ne pas tenir compte des droits humains dans les programmes macroéconomiques qui ont été imposés à la Grèce en 2010 et en 2012 représente donc une violation à la fois du droit international et du droit de l’Union.

 

Les créanciers n’ont pas agi de bonne foi. La bonne foi est un principe fondamental du droit international qui veut que les accords doivent être honorés seulement si les deux parties agissent de bonne foi. L’article 26 de la Convention de Vienne sur le droit des traités stipule que les traités doivent être exécutés de bonne foi. Or, Il existe des évidences qui montrent que les parties contractantes ont agi de mauvaise foi. En effet, un document interne du FMI, daté du mois de mars 2010, démontrant que les créanciers savaient à l’avance que l’imposition du Memorandum of Understanding (MoU) allait créer une catastrophe économique et sociale et conduirait inévitablement à une hausse importante de la dette grecque.

 

La Constitution grecque a été violée. Les articles 28 et 36 de la Constitution grecque prévoient que le Parlement doit donner son accord pour valider tout accord international. Or, tant les mémorandums que les conventions de prêt sont des accords internationaux et devaient donc, à ce titre, être ratifiés par le Parlement, ce qui n’a pas été le cas.

 

Le FMI a violé ses statuts. En imposant des conditionnalités qui ont entraîné une forte augmentation du chômage et la chute du PIB de la Grèce, le FMI a violé de façon manifeste l’article 1 de ses statuts. Cet article stipule que le Fonds a parmi ses objectifs de « contribuer à l’instauration et au maintien de niveaux élevés d’emploi et de revenu réel et au développement des ressources productives de tous les États membres, objectifs premiers de la politique économique. »

 

La BCE a outrepassé son mandat et a exercé un chantage politique. La BCE a fait pression pour empêcher une réduction de la dette grecque en 2010 alors que celle-ci était insoutenable. Selon l’ancien représentant de la Grèce au FMI, Panagiotis Roumeliotis, auditionné au Parlement grec par la Commission, le président de la BCE de l’époque, le Français Jean-Claude Trichet « était parmi ceux qui ont mené bataille contre une restructuration en menaçant la Grèce de lui couper les liquidités. En réalité, Mr Trichet bluffait pour sauver les banques françaises et allemandes |3| ». Par ailleurs, début février 2015, la BCE a décidé de ne plus accepter les obligations de la dette grecque en garantie. En faisant cela, la BCE a aggravé la crise et a augmenté l’instabilité financière de la zone euro, ce qui est en totale contradiction avec son mandat.

 

Les contrats de prêts contiennent des clauses abusives. Ces accords stipulent par exemple que l’État s’engage à renoncer totalement à son immunité. Or, Un Etat n’est pas obligé d’appliquer un contrat qui viole de manière flagrante sa souveraineté politique et économique. Autre clause abusive : les créanciers ont poussé le bouchon jusqu’à insérer une clause qui garantit que la Grèce devra honorer ses obligations même si les accords s’avéraient illégaux ! « Si l’une ou l’autre des dispositions contenues dans cette Convention devait être ou devenir en tout ou en partie invalide, illégale ou impossible à appliquer dans un cadre juridique, la validité, la légalité et l’applicabilité des autres dispositions contenues dans la Convention n’en seraient pas pour autant affectées. Les dispositions qui sont en tout ou en partie invalides, illégales ou inapplicables seront interprétées et mises en œuvre selon l’esprit et l’objectif de cette convention. »

 

La lutte pour le « non » à l’austérité n’est pas terminée

Ce rapport préliminaire a pour objectif de fournir des arguments solides pour remettre en cause le paiement de la dette. Jusqu’à présent, le gouvernement a décidé de ne pas s’en saisir et de se soumettre aux exigences mortifères des créanciers. Une chose est sûre : rien n’est réglé en Grèce. Avec un tel accord, la dette va continuer à augmenter et la crise humanitaire va s’approfondir. Mais le combat en Grèce n’est pas terminé. Le 22 août, 25 députés de l’aile gauche de Syriza formait un nouveau parti (« L’unité populaire »), en vue des nouvelles élections prévues pour fin septembre. N’oublions pas non plus que les citoyennes et citoyens de Grèce, en votant massivement NON à l’austérité lors du dernier référendum, ont montré qu’ils ne sont pas résignés. Et c’est sans doute cela le plus important : ce rapport n’a pas été écrit avant tout pour le gouvernement grec. Il se veut un outil au service de tous les citoyens et les mouvements sociaux qui luttent contre l’austérité et l’esclavage de la dette. Quant à la commission d’audit, elle continuera son travail, d’une manière ou d’une autre. Son mandat a une durée d’un an et elle remettra son rapport final en mai 2016.

Avec un tel accord, la dette va continuer à augmenter et la crise humanitaire va s’approfondir.

Parallèlement aux collectifs d’audit citoyens qui se développent partout en Europe depuis quelques années, il serait très utile de mettre en place des commissions indépendantes d’audit de la dette dans le plus de pays possibles. Premièrement, parce que construire une alternative crédible au néolibéralisme et à l’austérité passe nécessairement par un conflit avec les marchés financiers et les créanciers. Deuxièmement, parce que tous les audits qui ont été réalisés jusqu’à présent, y compris avec des moyens très limités, font ressortir la même chose : une partie importante de la dette a été contractée de manière frauduleuse, irrégulière, illégale ou illégitime.

 

Economiste, Conseiller au CEPAG, Olivier Bonfond est membre de la Commission pour la Vérité sur la Dette grecque et auteur de Et si on arrêtait de payer ? 10 questions / réponses sur la dette publique belge et les alternatives à l’austérité, Aden, juin 2012.

 

 
Notes

|1| Lire le rapport ici : http://cadtm.org/Rapport-preliminai...

|2| FMI (2013). Greece : Ex Post Evaluation of Exceptionnal Access under the 2010 Stand-By Arrangement. Country Report n°13/156.

|3| PAUMARD Emilie, Audition de Panagiotis Roumeliotis (15 juin 2015), 17 juin 2015, www.cadtm.org

Auteur

Olivier Bonfond

est économiste, conseiller au CEPAG et auteur du livre “Et si on arrêtait de payer ?" Editions Aden. Juin 2012.
Il est membre de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015.

 

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Source : http://cadtm.org

 

 

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 15:01

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Les Grecs vivent la décroissance de la joie et de l’espoir

17 septembre 2015 / Emmanuel Daniel (Reporterre)
 


 

 

Juste avant l’élection de Syriza, Yannis Varoufakis, ex-ministre des finances de Tsipras déclarait dans une interview que les Grecs étaient « prêts à mener une vie austère ». Vraiment ? Reportage auprès des principaux intéressés, quelques jours avant les nouvelles élections. 


- Athènes, reportage

A 42 km d’Athènes, aux abords de Marathon, Photis tente de vivre mieux avec moins. Sur le terrain de quatre hectares qu’il occupe avec quelque amis, l’homme aux habits amples et au teint hâlé de ceux qui vivent et travaillent sous le soleil prône une sobriété heureuse reposant sur l’autonomie alimentaire et énergétique qu’il n’est pas loin d’atteindre. Il le fait pour lui, bien sûr, mais aussi pour « montrer qu’on n’a pas besoin de vivre comme des esclaves pour produire et consommer des choses dont on n’a pas besoin ».

Photis vit en zone rurale mais développe aussi des « jardins verticaux », dans des barils ou des bacs en bois afin de prouver aux citadins qu’eux aussi peuvent faire pousser tomates et patates. Une reprise en main de la production alimentaire qu’il juge nécessaire en vue des années difficiles à venir. Cet adepte de la simplicité volontaire assure que les cures d’austérité à répétition imposées au peuple grec ont rendu son discours audible. « Il n’y a pas si longtemps, on me prenait pour un fou. Mais aujourd’hui au moins, on m’écoute. » Il reconnaît néanmoins qu’au cours des cinq dernières années, les criminels en col blanc de la Troïka ont été bien plus efficaces que les partisans de la décroissance pour pousser les Grecs à changer leur mode de vie.

 

Sobriété forcée

Depuis 2009, le PIB a décru d’un tiers. Avec 28 % de la population sans emploi dont 58 % des jeunes, la Grèce connaît le plus fort taux de chômage d’Europe. 25 % des fonctionnaires ont perdu leur poste, les autres ont vu leur revenu diminuer. Les retraites ont baissé de 15 à 44 % selon les personnes et les salaires ont chuté de 24 % en quatre ans, le salaire minimum a baissé de 14 % depuis 2008. Près d’un tiers des habitants vivent sous le seuil de pauvreté et certaines sources annoncent qu’un quart des enfants iraient à l’école le ventre vide. Au gré des coupes budgétaires imposées par les créanciers, les Grecs expérimentent malgré eux la décroissance que des écologistes du nord de l’Europe appellent de leurs vœux. Sauf que, pour la plupart, cette sobriété forcée n’a rien d’heureuse.

 

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Manifestation du 21 juillet

Vanessa, une énergique trentenaire impliquée dans les milieux libertaires athéniens ne cache pas son exaspération. Chômeuse quasiment à plein temps depuis cinq ans, elle est retournée vivre chez sa mère, comme la plupart des jeunes grecs que j’ai pu rencontrer. « Je veux retrouver ma liberté, je n’en peux plus d’habiter chez ma mère et de devoir lui demander de l’argent dès que je veux faire quelque chose. » A défaut de trouver du travail, elle a repris ses études avec une idée en tête, quitter la Grèce en espérant trouver ailleurs suffisamment de ressources pour voler de ses propres ailes. Elle rejoindra bientôt sous d’autres cieux les 300 000 Grecs qui ont pris le chemin de l’exil économique depuis 2010.

Quitter Athènes est aussi l’obsession de Yannis. Quarantenaire, il jongle entre les petits boulots plus ou moins déclarés dans le bâtiment et les périodes de chômage. Lui ne veut pas partir à l’étranger mais gagner la campagne autour de Katerini, dans le nord du pays où une partie de sa famille est installée. « A Athènes il n’y a pas de travail, il te faut de l’argent pour tout et il n’y a aucun moyen d’être autonome. » Pour lui, la seule issue à la crise est l’exode urbain, et il assure qu’il a déjà commencé. Un sondage datant de 2012 confirme cette tendance : 68 % des habitants d’Athènes et de Thessalonique interrogés songeaient alors à quitter la ville pour la campagne.

 

"Le pire est à venir"


Vassili, trentenaire au regard sévère atténué par son physique d’ours en peluche, relativise cette vague supposée de retour à la terre. « Il y a du monde pour parler de décroissance, mais beaucoup moins quand il s’agit de travailler la terre », dit-il en ciblant principalement ses camarades libertaires qu’il désespère de voir un jour joindre le geste à la parole. Lui cultive des oranges depuis deux ans avec quelques amis sur un terrain qu’on leur prête en échange de coups de main. Ils font aussi des conserves et des champignons dans une cave d’Exerchia, le quartier anarchiste d’Athènes. Ils vendent une partie de la production sur un marché informel, consomment et échangent le reste. Pour Vassili, les Grecs seront dépendants de la Troïka tant qu’ils seront incapables de produire leur propre nourriture, et il craint qu’ils le soient encore longtemps.

J’interpelle Dimitris alors qu’il gare son scooter près d’un parc. Ce quarantenaire athlétique est très loin de ce genre de considérations. Quand je lui demande si l’austérité l’a poussé à changer son mode de vie, il répond : « Je sors beaucoup moins. Je ne peux plus mettre d’argent de côté. J’ai du quitter mon appartement pour un plus petit. Je réduis ce qui ne m’était pas nécessaire. » Mais, en tant que fonctionnaire et célibataire, il fait partie de ce qu’il reste de la classe moyenne grecque et à ce titre, il refuse de s’appesantir sur sa situation. « Ça m’a affecté mais ce n’est rien comparé aux gens qui ont une famille. Moi, mon salaire tombe à la fin de chaque mois, dit-il. Tout autour de moi, il y a des gens sans emploi et qui galèrent pour prendre soin de leurs enfants. Je ne vois pas trop d’issue joyeuse à la situation. Surtout que le pire est à venir. »

 

 

Un sentiment partagé par Clio, une joueuse de harpe d’une trentaine d’année qui tente bon an mal an de vivre de son art. « Avec la nouvelle loi, les gens vont se faire expulser de leur logement s’ils n’arrivent pas à payer leurs taxes. Les prix des produits de base vont augmenter ; le sucre, les pâtes. Et même le bois de chauffage. Là, les gens ne sont pas trop mal, il fait beau et tout le monde est dehors. Viens cet hiver quand personne ne pourra se chauffer, ce sera autre chose. La moitié au moins des immeubles coupent le chauffage central, les gens circulent dans leur appart’ avec des manteaux et se chauffent a la couverture électrique quand ils dorment. L’hiver dernier, Athènes était entourée d’un brouillard épais car les gens brûlaient tout ce qui leur tombait sous la main. »

 

« Nous devions changer, mais pas comme ça »

Luc Ferry, qui a dû visiter la Grèce sans descendre de l’avion, écrivait mi-juillet dans Le Figaro qu’en « traversant le pays, si on voit parfois la pauvreté, on ne voit la misère nulle part ». Certes, l’économie informelle et l’entraide familiale permettent encore aux Grecs de survivre. Mais il suffit de s’éloigner quelque peu des hôtels de luxe pour l’observer, la misère. Au Pirée, à quelques arrêts de bus seulement du port où les touristes débarquent par milliers chaque jour, les victimes innocentes de la guerre économique menée contre la Grèce se regroupent sur une petite place rebaptisée Square de la solidarité. Des bénévoles organisent plusieurs fois par semaine des distributions de repas pour une centaine de personnes, ainsi que des distributions de produits frais et secs récoltés devant les supermarchés et les marchés.

Des SDF édentés, sacs en plastique aux pieds, côtoient des retraités dont l’accoutrement impeccable ne laisse pas transparaître leur situation. Alors que les premiers mangent leur plat servi dans un récipient en plastique sur un banc ou à même le sol, les autres disparaissent une fois leur gamelle remplie, honteux de leur détresse. Je n’ose leur demander, comme à mes autres interlocuteurs, s’ils trouvent des vertus à l’austérité.

 

 

L’effondrement économique n’a pas eu tant d’impact sur le quotidien de Kristina, une fonctionnaire de 37 ans, qui attend un ami sur un banc de pierre. Certes, elle dépense et voyage moins mais elle assure que cette remise en question de son mode de vie a été salutaire. « On faisait des prêts pour acheter des choses dont on n’a pas besoin. J’ai même fait un prêt pour partir en vacances, se rappelle-t-elle, un peu honteuse. Il était nécessaire de réagir parce que mon pays était malade et on menait une vie folle, nous devions changer. Mais pas comme ça. Ce sont toujours les mêmes qui paient les pots cassés, et pas ceux qui devraient payer. »

Dora, militante libertaire impliquée dans des actions de soutien aux migrants arrive elle aussi à trouver du positif dans la situation : « Depuis le début de la crise, des centaines d’initiatives solidaires et basées sur l’autogestion ont vu le jour à travers le pays et beaucoup de gens ont pris conscience de la dictature de la Troïka et des méfaits du capitalisme. » Cliniques autogérées, jardins partagés, circuits courts, cuisines populaires, collectifs de lutte contre les expulsions locatives ou la privatisation de régies municipales de l’eau, échanges de services...

La nécessité a poussé les Grecs à s’organiser pour assumer ensemble les tâches que l’État a renoncé à accomplir et à expérimenter, dans la douleur, l’autogestion, la gratuité, l’entraide et la décroissance. « Il y a eu un pic en 2012, mais en ce moment ça stagne. Les gens sont fatigués », nuance Nansy, impliquée dans le centre social Nosotros à Exerchia. Elle impute cette baisse de régime à Syriza qui « s’est approprié les mots et les idées de ces mouvements et en a détourné les énergies »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 15:00

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

En Grèce, la campagne sans saveur d'un Syriza en mutation

|  Par Amélie Poinssot

 

 

 

Les Grecs élisent de nouveaux députés ce dimanche 20 septembre, pour la deuxième fois en neuf mois. Des élections anticipées provoquées par le premier ministre Alexis Tsipras, qui ne pouvait plus compter sur une majorité au parlement. Aux antipodes des espoirs soulevés en janvier, Syriza tente, tant bien que mal, de convaincre les électeurs qu'il peut encore améliorer le mémorandum d'austérité signé à Bruxelles.

 

Athènes (Grèce), de notre envoyée spéciale.- « Allons-nous payer cette dette ? » « Noooonnn ! » « Allons-nous payer cette dette ? » « Noooonnn ! » La foule répond d'une seule et même voix. À la tribune : Zoi Konstantopolou, celle qui fut pendant sept mois présidente de la Vouli, le parlement grec. Celle, aussi, qui fut à l'origine d'un audit sur la dette publique grecque. Depuis fin août, elle a quitté le parti d'Alexis Tsipras. Puis elle a rejoint le tout nouveau parti formé par l'aile gauche de Syriza qui prônait la sortie de la zone euro et a fait scission, Unité populaire. Personnalité aussi agaçante pour les uns qu'elle est adulée par les autres, Zoi Konstantopoulou soulève des salves d'applaudissements ce mardi soir sur Omonia, l'une des places centrales d'Athènes. Les formules sont appuyées et font mouche. « Au dilemme entre mémorandum ou démocratie, nous répondons : démocratie ! Au dilemme entre soumission ou démocratie, nous répondons : démocratie ! Au dilemme entre euro et démocratie, nous répondons : démocratie ! » Alexis Tsipras et Εvanguelos Meïmarakis (le chef de la droite, qui a pris la suite d'Antonis Samaras après sa démission en juillet) sont renvoyés dos à dos. Syriza, diabolisé, concentre les attaques et la candidate invite les électeurs à ne pas voter pour « les plus à droite que la droite, les plus pro-austérité que les fidèles de l'austérité »… On a peine à croire qu'il y a encore deux mois, Zoi Konstantopoulou était membre de ce parti.

La foule en réalité n'est pas bien dense et l'ambiance, plutôt terne. La circulation n'a pas été coupée, à peine la moitié de la place est occupée par le rassemblement. L'opposition de gauche à Syriza peine à mobiliser ? La lassitude des électeurs doit atteindre des sommets. Il est loin, le temps des grands meetings politiques qui rythmaient les campagnes électorales en Grèce. Et elle est déjà loin, aussi, cette époque où la gauche grecque mobilisait des foules combatives et pleines d'espoir. C'était pourtant… il y a neuf mois. Alexis Tsipras emmenait Syriza autour d'un programme fondamentalement radical : retrait de toutes les mesures d'austérité votées depuis 2010, fin de la supervision de la Troïka, restructuration de la dette publique. Les meetings étaient pleins, les candidats enchaînaient les réunions publiques. « L'espoir arrive », disait le slogan du parti de la gauche radicale. Aujourd'hui, le parti assure qu'il va pouvoir « renégocier » le mémorandum. Personne n'a l'air d'y croire. C'est à peine si les députés Syriza candidats à leur réélection décrochent leur téléphone à l'appel d'une journaliste. Seul Tsipras remplit les salles et parcourt le pays. Pour le reste, la campagne se résume à des spots télévisés et des interviews des principaux responsables politiques.

 

Zoi Konstantopoulou pendant son meeting le 15 septembre à AthènesZoi Konstantopoulou pendant son meeting le 15 septembre à Athènes © Amélie Poinssot
 

Il faut dire que le bilan de Syriza n'est pas glorieux. À part la réforme du code de la nationalité favorable aux enfants d'immigrés, aucune mesure de son programme n'a pu être mise en œuvre. Les électeurs seront nombreux à bouder les urnes : le sens de ce scrutin est indéchiffrable pour qui n'est pas politisé. Le 5 juillet en effet, les Grecs votaient massivement « non » au plan d'austérité proposé par la Commission européenne. Or dix jours plus tard, leur gouvernement entérinait un programme encore plus sévère en termes de mesures budgétaires. Et il faudrait à présent le reconduire au pouvoir ? Maria, une mère de famille au chômage, est venue écouter Zoi Konstantopoulou. « J'en ai assez des mensonges de Tsipras, de Nouvelle Démocratie, du PASOK, nous dit-elle. On en a marre de payer leurs erreurs. On veut un avenir pour nos enfants, on veut qu'eux aussi puissent fonder une famille. » Syriza dans le même panier que les deux partis traditionnels de Grèce, la droite et les socialistes : l'exercice du pouvoir aura été fatal pour le parti de la gauche radicale...

« Tsipras a cassé l'espoir qu'il avait pourtant lui-même personnifié. Il a prétendu qu'il n'y avait pas d'alternative », regrette Errikos Finalis, membre jusqu'au 30 juillet dernier du comité central du parti. Après la signature, le 13 juillet, de l'accord à Bruxelles qui posait les bases de ce que l'on appelle désormais le « troisième mémorandum », les démissions se sont succédé à la tête de Syriza. Les différents courants les plus à gauche de ce parti – fondé à l'origine par une coalition d'organisations alternatives, marxistes, trotskistes, ou encore de tendance écologique – ont claqué la porte, le KOE d'abord (Organisation communiste de Grèce), puis la Plateforme de gauche (le courant anti-euro emmené par Lafazanis, qui a lancé fin août le parti Unité populaire), puis différentes personnalités, y compris des cadres de la ligne Tsipras. Au total, la moitié des quelque 200 membres du comité central sont partis. « C'est la fin d'une époque, non seulement pour Syriza, mais aussi pour la gauche et pour les luttes populaires. La gauche n'offre plus aucune perspective à une population complètement désillusionnée et désorientée », affirme Errikos Finalis.

Après la signification européenne de l'arrivée au pouvoir en janvier d'une gauche radicale, puis le moment historique de la victoire éclatante du « non » au référendum, la chute, de fait, est brutale. « Les élections précédentes avaient un sens : en 2012, il s'agissait de donner une claque au vieux système politique, début 2015 il s'agissait de faire gagner la gauche. Cette fois, les électeurs sont invités à se rendre aux urnes… pour que Syriza se débarrasse officiellement des poids lourds de la gauche et se réorganise en interne !, lâche Errikos Finalis. C'est un programme de clarification politique, pour aboutir à un gouvernement de coalition qui correspond au fond à ce qu'attendent les Européens. Tsipras n'aura fait que rétablir l'ancien système politique. » Dans le bureau de ce militant de longue date, les affiches témoignent d'une époque révolue pourtant pas si ancienne : « Non aux mémorandums et à la Troïka. Votons Syriza ! »

 

Les deux erreurs de Tsipras

Errikos Finalis est d'autant plus amer que son courant, et d'autres, avaient mis leurs réserves en sourdine à l'approche des élections de janvier. Ils avaient joué l'unité du parti pour se donner toutes les chances de remporter les élections. Même si, depuis les élections européennes de mai 2014, ils observaient avec méfiance une certaine réorientation de Syriza, trop au centre à leur goût. La multiplication des voyages de Tsipras aux États-Unis, notamment, en hérissait plus d'un au sein du parti. « Nous avons avalé pas mal de couleuvres pour ne pas ternir l'image de Syriza en public », assure Errikos. Il voulait y croire. Il y a cru. Il ne pensait pas que le virage, une fois au pouvoir, serait si rapide.

Or le virage n'a pas seulement été rapide au niveau de la politique engagée par l'exécutif, il a aussi été rapide dans le processus de prise de décision en interne… Au sein de Syriza, depuis le premier accord avec les Européens, le 20 février, on reproche à Tsipras de ne plus tenir compte des différentes sensibilités du parti. Et alors qu'un congrès devait se tenir ce mois de septembre et aurait fourni l'occasion aux membres du parti de s'expliquer après cette année mouvementée, le chef du parti et premier ministre a fait sauter cette échéance en appelant aux élections anticipées. Les militants sont autant remontés contre l'acceptation de l'austérité européenne que contre ce fonctionnement, perçu comme antidémocratique. Désormais, Alexis Tsipras semble prendre ses décisions de manière assez solitaire. Entouré d'un cercle restreint composé de Nikos Pappas, son bras droit de toujours, de Panos Skourletis, l'ancien porte-parole du parti à la langue de bois maîtrisée, et de quelques conseillers qui aujourd'hui fuient la presse, le premier ministre semblait même passer outre l'avis du numéro 2 du gouvernement, Yannis Dragasakis. Ce dernier avait en effet exprimé quelques réserves sur la décision d'organiser un référendum.

De fait, le référendum a joué à contre-courant de l'intérêt des Grecs. À Bruxelles, il a profondément énervé les dirigeants européens. « Mais ce référendum a en réalité été très utile, assure Yorgos Korfiatis, un trentenaire militant de Syriza. Il a permis de faire taire l'opposition intérieure, et de mettre fin au chantage du Grexit. Il faut se rappeler les pressions européennes pour faire chuter le gouvernement Tsipras… tandis qu'à Bruxelles on recevait les chefs des centristes et de la droite, prêts à former un nouvel exécutif ! Le résultat a prouvé aux Européens que loin d'être isolé, Tsipras avait tout un peuple derrière lui. Et cela a cloué le bec aux médias grecs, qui faisaient campagne pour le Oui en faisant planer le risque de la sortie de la zone euro. Cela a permis d'écarter le scénario de la “parenthèse de gauche” prête à se refermer. »

Problème, estime Kostas Lapavitsas, économiste marxiste et ancien député Syriza, aujourd'hui candidat sur les listes d'Unité populaire, Alexis Tsipras a commis deux erreurs. Une erreur politique : celle de refuser que la Grèce quitte la zone euro (« Il n'a pas compris ce qu'était l'Union monétaire, or cette union implique forcément l'application de politiques d'austérité »), et une erreur stratégique : celle de ne pas avoir cherché à créer des alliances avec la France et l'Italie, de manière à ce que ces dernières exercent une pression sur l'Allemagne. Lapavitsas n'en démord pas. Ce qu'il faut, c'est que la Grèce se mette en cessation de paiement « afin de dégager des marges de manœuvre budgétaires pour financer une politique de relance ». L'attachement des Grecs à l'euro, il n'y croit pas. Il aurait fallu préparer dès le départ une sortie organisée. Kostas Isychos, qui était ministre adjoint à la défense dans le gouvernement Tsipras et se présente aujourd'hui sur les listes d'Unité populaire, le confirme : « Le premier ministre a fait un choix politique, parfaitement conscient, de rester dans le cadre de l'euro. Il n'avait pas d'arme dans la négociation. En revanche il avait une bombe atomique avec le résultat du référendum. Il ne s'en est pas saisi. Il faut dire qu'il était lui-même surpris par l'ampleur du Non. » Isychos, lui, travaillait sur le développement des échanges avec des pays hors UE : Russie (trois voyages en six mois), Brésil, Chine, Iran. « Tsipras ne nous suivait pas là-dessus, il ne voulait pas provoquer d'affrontement ni avec les Européens, ni avec Washington. »

 

"Le non l'emportera", le slogan électoral d'Unité Populaire."Le non l'emportera", le slogan électoral d'Unité Populaire. © Amélie Poinssot
 

Difficile de saisir la ligne d'Unité populaire, membre du gouvernement jusqu'en juillet, aujourd'hui son premier adversaire. Que pourra faire cette petite formation dans l'opposition ? Sera-t-elle même en mesure de constituer un groupe parlementaire substantiel ? Face à une droite emmenée par l'un de ses piliers, un sexagénaire vulgaire et populiste en la personne d'Evanguelos Meïmarakis, la gauche grecque renoue avec ses vieux démons : ses sempiternelles divisions et ses discours en boucle. Les amis d'hier deviennent les pires ennemis, des barrières idéologiques hier invisibles apparaissent aujourd'hui infranchissables. Ce deuxième scrutin 2015, loin d'apporter du renouveau, donne à voir une scène politique sclérosée.

 

Naïveté et manque d'expérience

Tout, à Athènes, incarne la confusion et la désillusion. Dans les rues, des affiches électorales à moitié déchirées se superposent, l'« espoir » de janvier, l'appel au non de juillet, les nouvelles promesses de septembre. « Débarrassons-nous du passé, conquérons le lendemain », dit maintenant le slogan de Syriza, « le Non l'emportera », placarde Unité populaire. Lequel se veut le nouveau parti de gauche anti-système, tout en incorporant dans ses rangs des figures vues et revues, notamment deux apparatchiks syndicaux de la compagnie nationale d'électricité et de la télévision publique… À quelques jours du scrutin, la plupart des quotidiens ne se donnent même pas la peine de faire leur une sur les élections. Le sujet est ailleurs. La Grèce voit arriver des milliers de réfugiés chaque jour. Athènes et son port, Le Pirée, sont devenus le lieu de passage n° 1 en Europe. Syriens et Afghans arrivent par centaines chaque jour sur les ferries en provenance des îles du Dodécanèse, celles qui font face aux côtes turques. La plupart d'entre eux repartent aussitôt vers la frontière avec la Macédoine. Ces jours-ci, la route migratoire du nord, via les 12 kilomètres de frontière terrestre qui séparent la Grèce de la Turquie, est en train de rouvrir – c'était le principal point de passage il y a trois ans. Deux mondes se côtoient sans se croiser. La politique politicienne et la détresse des migrants. La grande absente de la campagne.

 

Dans une rue d'Athènes, l'affiche électorale de Syriza accolée à une affiche de juillet appelant au 'non'Dans une rue d'Athènes, l'affiche électorale de Syriza accolée à une affiche de juillet appelant au 'non' © Amélie Poinssot
 

Sur le terrain, chez les sympathisants et les militants, c'est la déroute. L'organisation de jeunesse de Syriza a vu partir au moins deux tiers de ses effectifs cet été. « Solidarité pour tous », le réseau national de collectifs d'entraide en partie financé par Syriza (chaque député lui versait 8 % de son salaire) se déchire. Faut-il continuer à travailler main dans la main avec un parti qui dans les faits mène une politique opposée à ce que prônent ces collectifs autogérés ? Christos Giovannopolous, un des piliers du mouvement, en est convaincu : il faut se séparer de Syriza. Pour lui, la formation de Tsipras est devenu un parti gestionnaire, guidé seulement par des choix électoralistes et politiciens, complètement déconnecté de sa base. « Je ne veux pas être l'alibi de gauche de Syriza », dit-il.

Quelques personnalités, pourtant, veulent y croire encore. C'est le cas de Sia Anagnostopoulou (que Mediapart avait invitée pour une soirée de débats consacrée à la Grèce, en juillet). En campagne dans sa circonscription de Patras, dans l'ouest du pays, cette historienne entrée en politique à la faveur des élections de janvier et qui fut secrétaire d’État aux affaires européennes dans le bref intermède entre l'accord du 13 juillet et la convocation des élections anticipées, fin août, estime qu'il y a encore des marges de manœuvre et qu'elle n'a « pas le droit » d'abandonner ses électeurs. « Il faut poursuivre la bataille. Le gouvernement Tsipras a réussi à percer quelques brèches dans le bloc européen. Certes, nous n'avons pas pu appliquer notre programme, mais toute cette négociation s'est déroulée sous le chantage du Grexit, une direction qui aurait été non seulement suicidaire pour la Grèce, mais qui était également contraire à nos engagements de campagne. Nous l'avions dit aux électeurs en janvier, nous voulions un accord au sein de la zone euro. » Sia Anagnostopoulou en est convaincue : l'application du mémorandum est encore négociable. Tsipras, en signant un accord lié à un financement sur trois ans, a en réalité réussi à gagner « du temps et de l'espace » à un moment d'asphyxie bancaire où la Grèce n'avait aucune source de financement.

Et Syriza est bien placé pour mettre enfin en place une ambitieuse politique de réformes en Grèce : « Nous ne sommes pas liés à l'oligarchie comme l'est la droite de Nouvelle Démocratie. Nous avons les coudées franches pour lutter contre la fraude et l'évasion fiscales. » Mais le gouvernement Tsipras n'a-t-il pas manqué de préparation pour la négociation qui l'attendait ? « Nous avons tous été victimes d'une certaine naïveté, reconnaît la candidate. Moi-même, tout en sachant que la négociation avec les Européens allait être difficile, je croyais profondément à l'Europe démocratique, l'Europe du consensus, je croyais sincèrement que l'on allait trouver ensemble une voie alternative… J'ai été naïve à ce niveau-là. Nous avons manqué également d'alliés politiques sur le continent. Nous n'avions pas cherché ces dernières années à bâtir des alliances avec les socialistes ou les Verts par exemple. C'est une erreur et nous allons travailler là-dessus. Il y a des forces qui ne sont pas exclusivement de gauche mais qui partagent avec nous le constat que le dogme de l'austérité ne peut pas être la solution. »

 

Konstantin Tsoukalas, l'une des figures intellectuelles du parti, qui a siégé à la Vouli pendant cette dernière législature, l'admet sans détour : « Nous n'avons pas pu mettre en œuvre une politique de gauche. La situation économique était trop difficile – et même dangereuse. Tsipras a par ailleurs sous-estimé la force de la droite européenne. Et Syriza manquait d'expérience. En politique, il faut savoir deviner ce qui est faisable ou pas, ce que l'on peut dire et ce que l'on ne peut pas dire, comprendre qu'une bataille n'est jamais complètement gagnée, jamais totalement perdue. Les ministres de ce gouvernement ont dû apprendre toutes ces subtilités en cours de route. » Les négociations se sont en outre déroulées dans un contexte européen très hostile à Syriza, rappelle cet universitaire, un environnement qui est sur le point de changer. « Sans être béatement optimiste, j'observe avec beaucoup d'intérêt le réancrage à gauche du Labour. Des élections sont à venir au Portugal, en Espagne, en Irlande. Renzi et Hollande sont en train d'évoluer. Pour la première fois depuis le traité de Maastricht, il se pourrait que l'orthodoxie allemande soit ébranlée. Une nouvelle alliance progressiste pourrait changer l'équilibre des forces européennes. »

 

Le kiosque électoral de Syriza, dans le centre d'Athènes.Le kiosque électoral de Syriza, dans le centre d'Athènes. © Amélie Poinssot
 

Une cadre de Syriza, membre du comité central, admet qu'il y a eu des erreurs : « Tsipras a cru que la politique était au centre des intérêts européens, qu'elle était plus importante que les questions économiques. C'était une position trop idéaliste. Il nous a fallu apprendre, nous avons découvert combien les décisions se prenaient par rapport aux chiffres, nous avons fait le constat de l'impossibilité. » En définitive, résume cette personne, « il y avait d'un côté des Européens convaincus qu'ils avaient devant eux quelqu'un qui allait finir par tout accepter ; et de l'autre, un gouvernement grec qui croyait que parce qu'il avait des arguments logiques il allait être entendu. Ni l'un ni l'autre n'ont réussi ».

Toutes les personnes interrogées – anciens membres du gouvernement, députés et cadres de Syriza ou qui ont quitté le parti – le disent, il n'y a jamais eu de plan B. Les affirmations de Varoufakis comme quoi il aurait travaillé sur un scénario alternatif n'ont pas de sens. Cela n'a jamais été présenté en conseil des ministres. « Varoufakis est en train de réécrire l'Histoire, lâche une source gouvernementale de premier rang. Mais l'Histoire, c'est ce qui est en train de se passer, ce n'est pas ce que l'on aurait aimé qu'il se passe ! » La vérité, poursuit ce participant aux négociations, « c'est que l'accord du 13 juillet aurait pu être signé beaucoup plus tôt. Mais les dirigeants européens ne voulaient pas envoyer un tel signal avant les élections en Espagne. Certaines forces à Bruxelles ont cherché à nous faire tomber. Dès le 15 février, j'avais été briefé très sérieusement sur la possibilité d'un contrôle des capitaux [mis en place fin juin et toujours en vigueur – ndlr]. Il y a eu l'asphyxie financière par la BCE, la fuite massive des capitaux grecs… Nous étions acculés à signer un accord qui ne nous convenait pas, sinon nous entraînions le pays vers le chaos total. Vous savez, quels que soient le niveau de préparation d'un gouvernement et sa capacité à élaborer un programme, tout cela, finalement, a un impact assez faible devant les rapports de force qui se jouent au niveau européen. Et le rapport de force nous était complètement défavorable ».

L'accord final est, certes, un programme d'austérité dure. Mais il avance sur plusieurs points. La perspective d'une restructuration de la dette est entérinée. La sécurisation des besoins financiers du pays est assurée sur trois ans avec un total de 86 milliards d'euros de prêts – au lieu des 5-6 mois de couverture prévus au départ. Enfin, assure cette source, de nombreux sujets sont encore ouverts et négociables. « Ce mémorandum ne peut pas nous sortir de la crise. Il faut l'intégrer dans un programme plus large qui comprendra une lutte efficace contre la corruption, contre la collusion, une profonde réforme de l’État. C'est cela que nous allons nous efforcer de faire, avec le souci d'une plus grande justice sociale. »

L'électorat est loin d'être convaincu. Il est peu probable que Syriza obtienne la majorité absolue à l'Assemblée ce dimanche. Pour continuer à gouverner, il lui faudra former une coalition avec ses ennemis d'hier, les socialistes du PASOK et/ou les centristes de Potami. Les mauvaises langues parlent même d'une grande coalition avec la droite de Nouvelle Démocratie. Dans un entretien accordé dimanche au quotidien Kathimerini, le leader de la droite s'est en effet montré ouvert à tous les scénarios d'alliance – une hypothèse toutefois formellement écartée par notre source gouvernementale. Reste que, pour l'heure, le résultat de la première expérience d'exercice du pouvoir de Syriza ne fait pas la différence, aux yeux des électeurs, avec les politiques d'austérité menées par les gouvernements passés. C'est de cette manière, en brouillant son message politique, que le PASOK s'est effondré.

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

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