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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 14:44

 

 

Les milles et une vaches, fable occidentale

 

 

(Texte traduit à partir d’une compilation des annales du Conseil de l’Europe, des archives du Ministère des Labourages et Pâturages et des compte rendus des Assemblées des Corporations Industrieuses Agricoles).

 

« Il était une fois, dans la belle province de Picardie, au royaume de France, un marchand qui par sa diligence et son activité incessante avait amassé une fortune digne de celles des plus grands princes de ce pays. Désireux maintenant de faire le bien et de nourrir le bon peuple de lait crémeux et de savoureuses viandes, il fit construire un jour une étable si grande que mille vaches pouvaient s’y tenir toutes ensembles.

 

Bien qu’il n’y eut que quelques valets pour faire la besogne, c’était merveille de voir prospérer un si grand troupeau car, grâce à d’ingénieuses machineries, tout était agencé en sorte que chaque animal ait chaque jour bon foin frais à manger et eau claire à boire en suffisance. La lumière entrait à grands rayons dans l’étable, l’air y était doux et pur et les stalles maintenues aussi propres que les dallages d’un palais. Les bêtes, heureuses de tant de si bons soins engraissaient à vue d’œil et tous les jours les bouchers venaient choisir les plus belles pour en vendre d’abondance les viandes aux étals des marchés.

 

Les fumiers produits en tas semblables à des montagnes n’étaient pas inutilement épandus sur la terre mais, par une astucieuse alchimie, les flatulences et les viles déjections se transformaient en un gaz clair et inodore que l’on brûlait comme huile dans des lampes pour éclairer les chaumières alentour.

 

Le Roi François et son bon ministre Le Foll, furent si content de ces merveilles qu’ils accordèrent au marchand une riche pension, non pas pour le rendre plus riche encore mais, par cet exemple encourager d’autres vertueux marchands du royaume à faire de même.

 

Bientôt dans toutes les campagnes des étables plus grandes que dix cathédrales furent partout construites. Le royaume prospéra comme jamais et l’on pouvait voir dans toutes les maisons des ribambelles d’enfançons roses et joufflus s’accrocher aux jupes des mères girondes tandis que les hommes dans la force de l’âge, solides ouvriers bien nourris, partaient au travail en chantant ou allaient grossir les rangs des armées du Royaume qui s’étendait sans cesse alentour pour la plus grande gloire de son prince. Les anciens, désormais assurés contre l’insécurité des jours, réchauffaient leurs vieux os au soleil et ils s’éteignaient paisiblement tout en louant le Seigneur d’avoir accordé au Royaume un prince aussi bon qu’avisé. Ainsi, doucement, nul ne se souvint plus des temps anciens de fatigues et de misères et tous furent heureux à jamais. »

 

Des esprits sceptiques, incroyants et opiniâtres, s’assemblent devant le Palais de Justice à Nîmes en ce Mercredi 17 Juin pour protester contre ce qu’ils prétendent être injustice faite à quelques vilains Picards condamnés pour avoir osés s’opposer à si grandes merveilles.

 

Candides, si vous croyez à ce conte, n’entendez pas leurs criailleries, ne regardez pas leur juste sort cruel mérité, ne dites mot et consentez : Tout est pour le mieux en ce monde.

 

Si vous ne croyez pas à ces fariboles, c’est à 11 h…

 

 

TINA

 

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 14:32

 

Info reçue par mail

 

 

MOBILISATION LE 17 JUIN A NÎMES : PROCES DES 1000 VACHES

 

 
Confédération paysanne du Gard

 

MOBILISATION CONTRE LA FERME USINE DES 1000 VACHES
 

la Confédération paysanne du Gard organise le jour du procès à Amiens, un rassemblement à Nîmes, devant le palais de justice, le 17 Juin à 11h.
Par cette action, nous souhaitons regrouper toutes les forces pour lesquelles l'industrialisation de l'agriculture est une menace et un fléau pour les petits paysans.
Nous manifesterons aussi pour soutenir l'action menée par les militants de la Conf' et s'ériger contre la criminalisation du mouvement social et des individus qui y participent.
Ce jugement est une atteinte directe à notre droit de manifester et d'exprimer notre désaccord total face à la déshumanisation de l'agriculture.
Nous vous invitons tous à participer à ce rassemblement afin que la population et les pouvoirs publics comprennent que nous sommes fermement déterminés à ne pas laisser ces défenseurs de nos libertés à nouveau condamnés, pendant que les vrais coupables continuent à détruire les petits paysans en toute impunité et avec le soutien du ministère et du gouvernement actuel.
Nous nous battons pour défendre une agriculture à taille humaine, pour une alimentation de qualité et pour que des paysans nombreux puissent continuer à vivre dignement de leur activité.
Ce combat, que nous menons, nous, petits paysans, est le combat de tous.
Nous vous invitons à nous rejoindre pour affirmer votre opposition à ces projets d'usines et pour soutenir les actions menées par les paysans-militants de la Confédération paysanne, qui agissent pour l'avenir de tous.

 

 
Salutations paysannes.
 
Benoit Joulain, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard.
 
17 JUIN à 11H
Rassemblement à NÎMES

                     devant le palais de justice

 

CONFEDERATION PAYSANNE DU GARD
26, rue centrale
30 190 St Geniès de Malgoirès
Tél: 04.66.63.16.90
E-mail : gard@confederationpaysanne.fr

 

 

 

 

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 17:06

 

Source : http://www.marianne.net

 

L'humour contre l'évasion fiscale finit au poste !

Propos recueillis par
Bruno Rieth
 
 
 
Thomas Coutrot, coprésident d'Attac et membre des Economistes atterrés, a été entendu par la police dans le cadre d'une enquête pour "vol en réunion". La raison ? Une "réquisition citoyenne", selon ses termes, de cinq chaises d'une agence du groupe BNP. Et le militant altermondialiste prévient : ils ne rendront les chaises que le jour où "BNP aura fait l’annonce qu’elle met fin à ses filiales aux Iles Caïmans"...
 
MEIGNEUX/SIPA
 

Marianne : Vous avez été convoqué par le commissariat du 11ème arrondissement de Paris. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?
Thomas Coutrot : J’ai reçu une convocation à me rendre dans ce commissariat en tant que personne mise en cause dans une affaire de — je cite la personne qui m’a auditionné — « vol en réunion » de mobiliers à la BNP. A ce stade il n’y a pas de mise en cause, mais une enquête préliminaire.

 

« Vol en réunion » ? C’est une accusation très grave...
Le terme de vol n’est vraiment pas justifié. Le 7 mars dernier, je me suis rendu, accompagné d’une vingtaine de militants, dans une agence BNP située à côté du siège d’Attac (voir la vidéo ci-dessous). Je leur ai alors remis un acte de réquisition citoyenne expliquant que nous les délestions de sièges et qu’ils seraient rendus à BNP le jour où cette banque décidera officiellement de fermer toutes ses filiales dans les paradis fiscaux. Pour rappel, l’évasion fiscale correspond entre 60 et 80 milliards d'euros par an. Le mardi suivant cette action citoyenne, la banque portait plainte contre nous.

Et quelle est l’étendue de cette « réquisition citoyenne » comme vous l'appelez ?
La plainte est très précise là-dessus. On me reproche d’avoir participé au « vol » donc de cinq chaises, dont deux tabourets, deux chaises et un fauteuil… D’ailleurs, ceux qui ont fait la plainte devaient être très rigoureux puisqu’ils tenaient à faire la différence entre fauteuil et chaise, le premier étant munit de petites roullettes, une distinction essentielle... Et anecdote pour anecdote, lorsque l’enquêtrice m’a demandé ma profession, je lui ai indiqué que j'étais économiste. Mais sur mon PV d’audition, il était indiqué « conseiller financier », ce que je me suis empressé de démentir. Mais l’enquêtrice m’a expliqué que ce n’était pas elle qui décidait de cette appellation mais un logiciel. Donc pour les concepteurs de ce logiciel lorsque l’on est économiste, on est forcément au service de la finance, ça en dit long...

 

Plus sérieusement, pourquoi avoir décidé de mener cette action ?
La mise en place de filiales dans les paradis fiscaux par les banques et notamment la BNP sont des faits largement connus. On ne compte plus le nombre de reportages, de rapports d’ONG et de commissions d’enquêtes parlementaires qui ont révélé ces agissements. Résultat : rien n’a changé ! Nous ne sommes pas confrontés au problème de la connaissance de ces éléments mais de l’inertie des pouvoirs publics sur cette question. Aucune mesure n’a été prise pour empêcher la possibilité pour ces banques d’offrir des mécanismes d’évasion fiscale à leurs clients. On voulait donc montrer qu’avec des formes d’actions originales, on peut pousser le politique à bouger. Et c’est même une nécessité car c’est le sentiment d’impuissance qui conduit au désespoir et nourrit par exemple le vote FN. Nous voulons rompre avec cette impuissance en inventant des formes d’actions citoyennes nouvelles. La disproportion entre la réquisition de cinq chaises et le coût de l’évasion fiscale est significative. J'ai remis hier des chaises de BNP aux économistes Philippe Askenazy, Henri Sterdyniak et André Orléan à l'EHESS. Nous les rendrons lorsque BNP aura fait l’annonce qu’elle met fin à ses filiales aux Iles Caïmans…

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 16:56

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Athènes le 11 juin 2015

Compte rendu de la rencontre entre Eva Joly, Zoé Kostantopoulou, Éric Toussaint et des membres de la Commission pour la Vérité sur la dette publique

12 juin par Patrick Saurin

 

 

 

 

La député européenne Eva Joly, connue pour sa contribution à la lutte contre la corruption, a été accueillie jeudi 11 juin par la présidente du Parlement hellénique, Zoé Konstantopoulou, et les membres de la Commission pour la Vérité sur la Dette Grecque.

Zoé Konstantopoulou rappelle que son initiative de créer une Commission pour la Vérité sur la dette grecque a pour origine le souci de faire respecter le droit du peuple à la vérité et à la justice. Elle dénonce la victimisation du peuple et des générations futures du fait de la dette. Selon elle, il est important d’avoir une approche objective.

Eva Joly approuve en relevant qu’on demande beaucoup au peuple, pas assez aux multinationales. Elle rappelle qu’une Commissions Taxe a été créée au Parlement européen. Elle indique qu’en Grèce, beaucoup d’entreprises ont bénéficié des tax rulings (cf. le rapport SOMO). Elle a établi la liste de ces entreprises pour la Grèce. Cela représente plusieurs milliards de manque à gagner au vue de l’impôt sur les sociétés de l’ordre de 30 %. Ce montage est légal… tant que les tribunaux ne l’ont pas sanctionné. En France, l’article 64 du code général des impôts interdit de faire des montages dont le seul objectif est de ne pas payer d’impôt. Il existe une commission « Code de conduite » qui se réunit régulièrement depuis 1997. De son côté, la Commission européenne n’a rien fait pour lutter contre la fraude fiscale dont le Luxembourg est un exemple criant. Il faudrait avoir les traces des réunions de la commission « Code de conduite » où les ministres grecs auraient pu se plaindre de cette situation et mettre en cause le rôle de la Commission européenne. Dans une liste, on dispose des noms des entreprises allemandes qui ne payent pas d’impôt grâce à des purpose entities aux Pays Bas. Il est indispensable d’obtenir le rapatriement des fonds des riches grecs dissimulés en Suisse. Il faut qu’une enquête soit menée. Il y aurait 160 Md€ placés selon la Banque des compensations, ce qui représente 40 Md€ de manque à gagner en terme d’impôt. Il existe aussi des suspicions de corruption et de favoritisme (cf. la liste Lagarde).

ZK rappelle qu’à l’époque elle avait interrogé la vice-ministre des Finances à ce sujet et n’avait reçu qu’une réponse provocatrice. Après un article anonyme paru dans la presse, un CD est arrivé au ministère des finances en 2010. Il y a eu par la suite des aveux et une enquête par une commission du Parlement qui a débouché sur une recommandation et une plainte en matière pénale pour crime. Aujourd’hui, le dossier est rouvert : la justice examine actuellement le contenu de la liste et la situation de personnes (non ministres).

 

 

EJ : on a les noms des suspects, cela suffit pour que le procureur grec diligente une enquête. Si on dispose du nom de la personne, du montant des sommes et du nom de la banque, il doit y avoir une enquête pour blanchiment de fraude fiscale. Il existe une disposition qui permet de sanctionner les fausses déclarations des politiciens. La procédure pour fausse déclaration est plus facile à mettre en œuvre que la procédure pour corruption. Il faut aussi vérifier qu’il n’y ait pas prescription, et si c’est le cas, trouver la parade pour montrer que des informations ont été cachées.

ZK : on peut qualifier les actes de crimes pour éviter la prescription.

EJ : il faut faire tomber une personne importante, un symbole, pour montrer qu’il n’y a pas d’impunité.

ZK : dans l’affaire Siemens en cours, il n’y a pas à ce jour de condamnation, mais le dossier a été rouvert. Il y a également les conventions d’armement.

EJ rappelle que dans le premier mémorandum, l’Allemagne et la France avaient mis comme condition la poursuite de ventes d’armes à la Grèce par leurs sociétés. Elle insiste sur le fait qu’il faut trouver le pourcentage des commissions versées (qui peuvent aller jusqu’à 40 %). Par exemple, sur un achat d’arme de 8 Md€, 3 Md€ ont pu aller à la corruption. Il faut suivre les flux financiers, faire une enquête car il est indispensable de disposer d’informations.

ZK indique qu’il y a des dizaines de dossiers de corruption mais moins de 10 personnes pour s’en occuper. Il y a beaucoup d’affaires publiques devant la justice.

Éric Toussaint rappelle qu’un ministre de la défense a été condamné à 20 ans de prison.

EJ souligne que la corruption arrose tout le monde, jusqu’à la concierge et préconise de confisquer les biens pour que les coupables se retrouvent nus comme des vers.

 

 

ET indique qu’il y a quelques mois la justice suisse a pris des initiatives sur les contrats d’armement avec la Grèce. Il évoque un camarade luxembourgeois susceptible d’apporter son concours.

EJ est dubitative car elle rappelle que 40 % des ressources du Luxembourg proviennent de son système frauduleux et qu’il n’y a pas de coopération à attendre. Pour elle, la honte, c’est d’avoir Juncker Président de la Commission européenne alors qu’il est responsable d’une grande partie du déficit public.

ET rappelle quelques contrats d’armements avec de grosses multinationales : des sous-marins qui penchent à gauche, des tanks dont le canon ne tire pas droit, des avions sans moteur. Il y a eu des achats d’armes inutiles pour enrichir quelques Grecs qui passaient la commande.

Pour EJ, l’essentiel est de confisquer les actifs. Il existe un instrument juridique : la confiscation civile. Il appartient aux accusés de prouver que leur fortune est légitime, cela permet d’éviter des procès qui durent 15 ans. La commission taxe fait des études, des voyages, mais une commission spéciale dispose de peu de pouvoirs et son travail dépend des documents qu’on lui donne.

ZK évoque la possibilité de faire une procédure d’enquête parlementaire pour obtenir les documents. Elle évoque la possibilité d’une invitation d’une délégation de la Commission en Grèce.

EJ est d’accord sur le principe et précise qu’il faut que les coordinateurs des groupes politiques soient d’accord.

ZK évoque les problèmes dans les fonctionnements des banques, il n’y a pas de transparence. Les memoranda ont favorisé les banques au détriment des caisses des universités, des caisses de retraite.

EJ souligne le rôle important des banques dans l’organisation de la fraude. Mais depuis 2015, il doit y avoir un reporting pays par pays qui permet de voir où se fait le résultat. Avec Philippe Lambert, EJ a commencé une étude sur le sujet. Le 3 juillet, le rapport sera rendu public et l’on verra que certaines banques ont déplacé 45 % de leurs bénéfices. EJ indique que cette obligation a été étendue à toutes les multinationales, mais les informations ne sont pas publiques et sont réservées aux seules administrations fiscales. Elle rappelle aussi que l’UE n’a pas régulé le shadow banking.

ET présente la structure du rapport préliminaire et en donne quelques points clés, tels l’augmentation démesurée de la dette privée, du fait des banques étrangères qui ont recyclé massivement leurs liquidités, ce qui a généré une bulle des crédits privés, suivie d’une crise avec des défauts de paiement. Cela a suscité la crainte des banques étrangères et l’avènement des memoranda au prétexte que la dette publique grecque était un problème insupportable, susceptible de mettre en danger le système financier international. Entre 2010 et 2015, il y a eu un remplacement des créances : des titres ont été remplacés par des prêts accompagnés de conditions. On a assisté à des violations des deux côtés : créanciers et gouvernement grec. La commission va proposer des bases légales qui permettent aujourd’hui à la Grèce de poser des actes souverains fondés en droit : état de nécessité, politique injuste des créanciers.

EJ insiste sur la bêtise des politiques imposées à la Grèce, on ne tue pas son débiteur ! Or les propositions faites à la Grèce sont antiéconomiques. Elle juge le dossier de la Commission très solide. Pour elle, la Grèce est un espoir du renouveau de l’idée européenne. Elle voudrait pouvoir faire confiance au bon sens des femmes et des hommes au pouvoir pour qu’ils s’aperçoivent qu’il ne faut pas aller plus loin.

ZK récapitule ce qui est en danger aujourd’hui : la démocratie, les droits de l’Homme, la dignité des êtres humains et l’âme de l’Europe. Elle souligne la victimisation féroce du peuple, la distorsion de la vérité en Grèce (avec aussi des responsables au niveau des gouvernements européens).

EJ apporte cette précision… il y a une chance dans le malheur, Siemens est corrompu mais « bon », car il y a des « mauvais » corrompus. Pour elle, la Grèce est l’espoir.

Pour ZK, c’est une lourde responsabilité de représenter l’espoir mais surtout les jeunes qui sont les victimes, n’ont participé à rien et n’ont même pas désigné les gouvernements. Soutenir la Grèce signifie soutenir les générations futures, qui sont les victimes aujourd’hui comme le prouve le taux du chômage des jeunes qui ne tient pas compte des jeunes déjà émigrés. Pour ZK, il est important d’avoir le soutien d’EJ, afin qu’elle soit une « ambassadrice » de notre combat.

 

 

 

Auteur

Patrick Saurin

a été pendant plus de dix ans chargé de clientèle auprès des collectivités publiques au sein des Caisses d’Épargne. Il est membre de l’exécutif national de Sud BPCE, du CAC et du CADTM France. Il est l’auteur du livre « Les prêts toxiques : Une affaire d’état ».
Il est membre de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce, créée le 4 avril 2015. _

 

 

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 16:39

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/gerardfiloche

 

 

Valls et les 17 000 croissants

 

« La loi du marché » : vous êtes vendeuse, vous avez 50 ans, votre salaire est si bas que vous avez le besoin de récupérer en douce des « bons » d’achat d’un euro destinés aux clients, oubliés par eux et périmés : la direction du supermarché vous surveille, vous coince, vous convoque, vous humilie, et vous vire sans indemnités pour faute grave en dépit de vos 25 ans d’ancienneté. La vendeuse du film avec Vincent Lindon a peu de chances de retrouver du boulot. Elle se suicide. Comme un salarié de Lidl, récemment à Rousset, dans les Bouches-du-Rhône.

La direction d’un autre supermarché veut se débarrasser de tous les salariés à « temps pleins » pour les remplacer par des femmes à temps partiels, vulnérables et corvéables. La déléguée syndicale qui résiste se voit accuser de manger un croissant de la veille, démarqué, et la direction demande son licenciement pour vol : l’inspecteur du travail qui refuse, se voit désavoué par le cabinet du ministre qui casse sa décision. Les licenciements abusifs sont décidément trop faciles !

Elle va aux prud’hommes qui lui donnent raison, en vérifiant que c’était un « usage » pour les personnels de manger ces croissants périmés : le patron fait appel, entre temps Macron aura fait voter que gagner au tribunal ne donne pas lieu à indemnité ni réintégration, Valls aura baissé les plafonds des indemnités. Elle aussi, va se retrouver à 55 ans sans boulot, pour un croissant 

En 1995, en Suède, une ministre a du démissionner pour avoir fait une course de 20 euros avec la carte bancaire de son ministère, sans l’avouer ni régulariser. En 2013, Cahuzac ministre du budget, proche de Valls, est convaincu de fraude fiscale, sans doute pour plusieurs millions d’euros et doit partir en catastrophe.

Samedi 7 juin 2015, au congrès de Poitiers, trois jours après la hausse du chômage, Manuel Valls se vante de son périple du soir en Falcon vers la « Ligue des champions » à Berlin. Il fanfaronne sur les « grincheux » jaloux de sa vie « people » de Roland Garros à Berlin. Puis il tente de faire croire qu’il va à une réunion – annulée - de l’UEFA, d’autant plus absurde que Platini est à l’Elysée aussitôt après. Platini dit qu’il l’a invité… mais ne paie pas : les 17 000 euros sont de l’argent public. 17 000 croissants d'un coup. 17 000 bons d’achat. Valls bégaie que la présence de ses enfants ne change rien au prix du billet du Falcon puis propose de rembourser, pour eux, 2500 euros, et s’excuse, « si c’était à refaire je ne le ferais pas ».

Tentatives répétées de dissimulations d’abus de biens sociaux : pour moins que ça, pour quelques « bons d'achat » périmés et un croissant, les victimes de la politique austère de Valls en meurent. Comment lui, reste t il en place ? Et le PS, là, empli d’éthique, ne le passe pas devant sa « Haute autorité » ?

Gérard Filoche

 

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/gerardfiloche

 

 

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 21:57

 

Source : https://france.attac.org

 

BNP Paribas contre Attac : l’hôpital se fout de la charité

mercredi 10 juin 2015, par Attac France

Plus de 3 mois après à la réquisition citoyenne de chaises effectuée par les militant.e.s d’Attac dans l’agence BNP Paribas du boulevard Voltaire à Paris, la banque a finalement osé porter plainte pour « vol en réunion » contre Thomas Coutrot, porte-parole d’Attac. Jusqu’où la principale banque française, qui détient pas moins de 170 filiales dans les paradis fiscaux, s’enfoncera-t-elle dans le ridicule et le déshonneur ?

 

 

Entendu par la police ce matin pour « vol en réunion » sur plainte de BNP Paribas, Thomas Coutrot a réfuté cette accusation : « j’ai rappelé aux enquêteurs que voler, c’est s’approprier le bien d’autrui. Or nous sommes tout disposés à restituer les chaises de BNP Paribas dès que la banque annoncera la fermeture de ses 7 filiales aux Îles Caïmans. En outre, nous ne disposons pas des chaises pour notre bénéfice propre puisqu’elles circulent au sein d’une chaîne d’usage et de solidarité. » Le porte-parole d’Attac France a laissé la police prendre ses empreintes digitales et sa photo mais a refusé le prélèvement d’ADN.

Comme le montre le Livre noir des banques, les banques sont lourdement engagées dans l’organisation industrielle de l’évasion fiscale. Les scandales HSBC et UBS, révélés par de courageux lanceurs et lanceuses d’alerte, ne sont que la partie visible de l’iceberg. Depuis 18 mois, dans le cadre de sa campagne « les Requins » contre les banques et les multinationales prédatrices, Attac demande sans succès à BNP Paribas de fermer ses filiales aux Caïmans. Pour quelle autre raison que l’évasion fiscale la plus grande banque française dispose-t-elle de 29 filiales au Luxembourg, 10 à Hong-Kong, 7 en Suisse, 7 à Singapour et 7 aux Îles Caïmans ?

Plutôt que de diligenter la police et la justice contre les militant.e.s, les pouvoirs publics feraient mieux de mettre un terme à cette situation intolérable. L’évasion fiscale coûte de 60 à 80 milliards d’euros par an au budget de la France, et les timides mesures de régularisation des comptes en Suisse (rapport : 2 milliards par an) n’en représentent qu’une petite partie. Plus généralement, comme le demande la Plateforme paradis fiscaux et judiciaires, l’ensemble des entreprises doit être tenue de publier ses comptes pays par pays, pour faciliter la collecte de l’impôt et réduire la fraude, l’évasion et les injustices.

Attac appelle à une mobilisation nationale sur les réseaux sociaux en incitant les citoyen.e.s à se prendre en photo et à les relayer avec la phrase « Toutes et tous #FaucheursDeChaises BNP et HSBC » pour dire stop à la fraude et à l’évasion fiscale

 

 

Source : https://france.attac.org

 

 

 

 

 

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 21:50

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

Dans le 18e arrondissement, riverains et militants se mobilisent contre l’évacuation de migrants

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

 
 
 

Mardi 9 juin, les manifestants ont marché rue Pajol, notamment pour donner du courage à ceux qui ont passé la nuit en rétention administrative à Vincennes ou au Mesnil-Amelot et sont parfois déjà passés devant le juge.

 

Les migrants ne sont pas venus. Trop de police, trop de bruit, trop de tout. Ils ont préféré ne pas se montrer lors du rassemblement pour les soutenir, mardi 9 juin. Durant la journée, ils étaient allés du Bois-Dormoy, un square à deux pas de l’esplanade d’où les CRS les ont délogés hier, dans le 18arrondissement de la capitale, aux quelques pauvres repères qu’ils ont dans la capitale parisienne. Cet espace vert est devenu leur camp de base, après le métro La Chapelle, l’esplanade Saint-Bernard, et la rue Pajol.

 

Lire aussi : Nouvelle évacuation musclée de migrants près du métro La Chapelle

 

A 18 heures, quelque cinq cents personnes se sont massées rue Pajol, au lieu même où les CRS avaient hier chassé la centaine de migrants africains installés. Pour donner du courage à ceux qui ont passé la nuit en rétention administrative à Vincennes ou au Mesnil-Amelot et sont parfois déjà passés devant le juge. « Pour s’opposer aux violences policières, aussi », rappelle Nadia, une étudiante en master 1 d’histoire à la Sorbonne. « On ne doit pas laisser passer ce genre d’agression dans notre pays », observe la jeune femme, qui se présente comme une voisine puisqu’elle partage une colocation à Barbès.

De fil en aiguille, Nadia, 21 ans, explique que ses parents aussi ont connu le difficile moment de l’arrivée en France. « Je n’aime pas le raconter. Ça fait partie de mon intimité, mais ce qui s’est passé dans mon quartier hier me renvoie à mon statut de fille d’immigrés, regrette-t-elle. Mon père est italien et m’a souvent raconté qu’il est longtemps resté “le Rital”. Là je n’ose pas imaginer le temps que ces gens mettront à s’intégrer s’ils obtiennent l’asile ici. On n’est pas un pays raciste, mais parfois, c’est pas loin. »

 

Lire aussi : Migrants évacués à Paris : le Défenseur des droits ouvre une enquête

 

« Ce pays qui n’assume pas sa responsabilité d’accueil »

Autour d’elle, les CRS attendent impassibles et le micro passe de main en main. Elus et militants de gauche prennent tour à tour la parole. Le discours est rodé. La plupart resservent celui qu’ils répètent depuis la veille. A eux se sont joints quelques militants de collectifs de sans-papiers. Doukane Donga est l’un d’eux. Quinze ans qu’il est en France, « dans ce pays qui n’assume pas sa responsabilité d’accueil », regrette-t-il. « Les Européens ont créé de la misère en exploitant les matières premières de nos pays d’origine et aujourd’hui ils refusent de payer la facture en accueillant. C’est inadmissible  », estime-t-il, largement applaudi par un auditoire acquis à la cause.

Dans l’assistance, il suffit de regarder la couleur du badge pour savoir à qui l’on parle. Le vert d’Europe Ecologie-Les Verts est autant représenté que le rouge du Nouveau Parti anticapitaliste ou du Parti communiste français ; aux côtés des autocollants Front de gauche, ils traduisent le degré de politisation du mouvement. Pourtant, ce rassemblement bon enfant a aussi laissé une large place aux riverains, les apolitiques, engagés parfois par hasard dans ce combat.

 

Lire aussi : « On les trie sur le trottoir » : les migrants de La Chapelle évacués

 

Des sans-badge qui sont descendus, comme Sandrine Gianola, « parce que parfois on ne peut plus rester à regarder à sa fenêtre », observe cette femme qui habite juste au-dessus du lieu de l’évacuation, rue Pajol. « Avant l’assaut d’hier, je n’étais pas intervenue. Je ne fais pas partie du collectif de riverains qui aident beaucoup. Mais là, franchement, je ne pouvais pas continuer mes activités comme si de rien n’était », explique la jeune femme portant sa fille de 4 ans dans les bras. « J’ai participé au cordon qui protégeait les migrants et j’ai été très choquée de la brutalité de l’intervention », assure-t-elle. Son fils de 10 ans ne cesse depuis de l’interroger sur ce que signifie vraiment le triptyque « liberté-égalité-fraternité » au regard des événements de son quartier. « La maîtresse les a beaucoup fait travailler l’éducation civique cette année, et là il est très en colère d’observer que, dans la pratique, ça ne marche pas », exposee cette jeune mère de famille qui n’appartient à aucun parti.

 

Sandwichs, conserves et brioches

Une fois les discours terminés, le cortège s’est acheminé vers le square où quelques migrants étaient installés. « C’est important que les gens sachent où ils sont car ils manquent de tout », explique Pablo Livigni, un jeune homme du service d’ordre. « On a bien travaillé aujourd’hui. On a récupéré des conserves, des sandwichs. Les riverains ont apporté pas mal de brioches pour le petit déjeuner, mais il va nous falloir d’autres sacs de couchage, et je ne parle même pas des matelas », ajoute-t-il.

En fait, lui et les autres militants espèrent que l’étude de faisabilité sur l’ouverture d’un centre pour migrants, par la Mairie de Paris va pouvoir devenir une réalité. Côté Ville de Paris, on explique qu’Anne Hidalgo étudie la faisabilité de ce projet qui intégrerait un espace d’information à destination des populations étrangères et proposerait des hébergements pour les personnes en transit.

 

Lire aussi : La Chapelle : Cazeneuve estime avoir apporté la « solution la plus humaine possible »

 

Dans ce quartier mélangé, Dheepa Raji, une femme d’origine indienne, la quarantaine, observe le défilé. « Moi, je suis là depuis dix ans. C’est dur la France. On m’a expliqué ce qui se passe là. J’avais vu beaucoup de policiers, mais je ne savais pas que les Africains étaient à Pajol, commente-t-elle. Moi, je ne donnerai pas parce que j’ai déjà perdu des heures de ménage. Et avec les enfants il faut beaucoup d’argent », explique-t-elle en s’engouffrant dans une porte à la peinture un peu plus qu’écaillée, rue Marx-Dormoy.

A côté, trois jeunes femmes asiatiques au look soigné ont consciencieusement fermé la boutique Phila Nails. Curieuses, elles regardent à travers la vitre le drôle de cortège, plus fort que la circulation habituelle, puisque le flot de voitures a laissé place à ses piétons chantant. Le haut-parleur amplifie doucement un refrain assez basique limité à « So-so-solidarité avec les réfugiés »… Peu à peu, le cortège s’effiloche. Les marcheurs optent tout à coup pour un bus. Le temps a passé vite pour eux, contrairement aux migrants qui ont du mal à trouver le sommeil.

 
 Maryline Baumard

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

 

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 21:27

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Ce « bureaucrate » du FMI au cœur des négociations avec la Grèce

|  Par Amélie Poinssot et Ludovic Lamant

 

 

Il est l’un des principaux architectes des plans d’aide à Athènes depuis 2010. À 60 ans, le Danois Poul Thomsen, peu connu du grand public, dirige le FMI en Europe. Cet économiste adepte des théories néolibérales pur jus, qui s’est fait la main en Europe centrale et en Russie, se montre inflexible dans le bras de fer qui se joue aujourd’hui entre la Grèce et ses créanciers.

Il fait partie, avec la chancelière allemande et son ministre des finances, des rares négociateurs à être présents depuis le début de la « crise grecque ». Tous les autres, Grecs, Français, commissaires et autres Européens ont tourné, au gré des élections et des remaniements ministériels. Poul Thomsen, lui, est resté. Cet « expert », économiste danois, chef de la mission du FMI en Grèce, a même été promu au sein de l'institution de Washington. Depuis novembre dernier, il officie, aux côtés de Christine Lagarde, comme directeur adjoint en charge du département Europe. Il gère donc, pour l’institution, non seulement le dossier grec, mais aussi le dossier ukrainien, autre lieu critique du continent.

Défenseur acharné de l'austérité budgétaire et de la libéralisation du marché du travail, Poul Thomsen, qui porte beau la soixantaine, est au départ l'un des trois représentants de la Troïka [Banque centrale européenne (BCE) – commission – FMI] avec qui la Grèce a signé des mémorandums d'austérité en 2010 puis en 2012. Aujourd’hui, il est toujours aux manettes de ce que l'on appelle désormais le « Groupe de Bruxelles ». Or depuis février, les négociations patinent et Poul Thomsen, selon plusieurs sources proches des négociations jointes par Mediapart, porte une responsabilité majeure dans le blocage. « Avec le FMI, la question des retraites, et des départs anticipés à la retraite, vient toujours très haut dans l’agenda des négociations. Or c’est une ligne rouge pour Athènes, et cela braque les Grecs d’entrée de jeu », racontait un témoin bruxellois des discussions en avril.

« Il y a des divergences majeures entre nous dans la plupart des domaines essentiels », a d'ailleurs dit un porte-parole du FMI à des journalistes ce jeudi 11 juin tandis que les représentants de l'institution quittaient la table de négociations à Bruxelles. Dans les propositions envoyées quelques jours plus tôt par les créanciers au gouvernement Tsipras figurent en effet plusieurs exigences musclées, à commencer par la suppression de l’allocation de solidarité EKAS à destination des petites retraites. Les créanciers réclament aussi, comme l’indique à Mediapart une source proche des négociations à Athènes, une augmentation de la taxe sur l’énergie – sujet très sensible en Grèce où le fuel domestique, le gaz et l’électricité sont déjà vendus à des tarifs particulièrement élevés, ce qui a plongé les foyers les plus affectés par la crise dans des spirales d’endettement. Ils plaident aussi pour une clause de « déficit zéro » sur les caisses de retraite. Or le secteur des retraites a déjà fait les frais d'une réforme dès le premier mémorandum, en 2010 : les 13e et 14e mensualités avaient alors été supprimées, l'âge de départ à la retraite repoussé, les avantages dont bénéficiaient certaines professions supprimés…

 

Poul Thomsen lors d'une visite au ministère grec des finances, en mars 2014.Poul Thomsen lors d'une visite au ministère grec des finances, en mars 2014. © Reuters
 

Pour qui observe la scène grecque depuis 2009, le visage de Poul Thomsen n'a rien de nouveau. C'est déjà lui qui, en février 2011, avait annoncé lors d'une conférence de presse avec ses homologues de la Troïka un programme de privatisation des biens publics, avant même que le gouvernement (alors dirigé par le socialiste Georges Papandréou) n'en informe les électeurs. Gaffe ou fuite savamment orchestrée pour éviter à l'exécutif grec de se brûler les ailes ? Quoi qu'il en soit, par la suite, la Troïka n'a plus jamais informé les journalistes, poursuivant ses missions à Athènes à l'intérieur des couloirs feutrés des ministères grecs et prenant ses décisions en toute opacité.

À la question d'un journaliste grec demandant si l'Acropole était susceptible d'être mis en vente, le représentant du FMI avait tenté de se montrer rassurant : « Personne ne veut que la Grèce mette en danger son patrimoine culturel ni qu’elle vende des entreprises qui appartiennent naturellement au secteur public, cela va sans dire. » Mais déjà, alors que la péninsule hellène était sur les rails d'un programme d'austérité depuis moins d'un an, il se présentait comme le donneur de leçons, le distributeur des bons et mauvais points.

« Le programme est arrivé à un carrefour critique. Beaucoup a été accompli. Le programme est en partie réalisé, mais il ne sera pas réalisé sans une accélération des réformes structurelles », avait-il déclaré. Comme si les réformes « structurelles » pouvaient être mises en place en à peine quelques mois… À ses côtés, figuraient ses deux homologues de la Troïka, tombés depuis dans les oubliettes, Servaas Deroose, pour le compte de la commission européenne, et Klaus Masuch, pour le compte de la Banque centrale européenne (BCE).

 

La dernière conférence de presse de Poul Thomsen à Athènes. C'était en février 2011, avec les autres représentants de la TroïkaLa dernière conférence de presse de Poul Thomsen à Athènes. C'était en février 2011, avec les autres représentants de la Troïka © Reuters
 

Poul Thomsen, lui, est resté au cœur des négociations. Et c’est en partie à lui que l’on doit cette situation paradoxale : tandis qu'une majorité des électeurs grecs s'est prononcée en janvier dernier contre le tout-austérité à l'œuvre depuis 2010 et a balayé les deux partis au pouvoir depuis 1974, un économiste jamais confronté au verdict des urnes, n'ayant aucun lien avec la Grèce, évoluant depuis trente ans dans les bulles des experts expatriés dans les pays d'Europe centrale et orientale, continue d'imposer sa grille de lecture.

Il reste en outre un personnage méconnu du grand public. Plus gênant, il rechigne à rendre des comptes devant les élus. Il n’a daigné se présenter devant les eurodéputés qu’à de très rares reprises. « Nous avions bataillé pour organiser une audition des dirigeants de la Troïka au Parlement », en mars 2012, se souvient Sylvie Goulard, une eurodéputée qui râle contre ces négociateurs qui ne font même pas le service minimum pour tenir au courant les élus de l’avancée des discussions.

Le FMI, toutefois, ne s’est pas imposé tout seul en Grèce. Comme le rappelle un ancien acteur des négociations à Athènes, joint par Mediapart, « ce sont les gouvernements européens qui ont fait appel au FMI, en 2010, pour gérer le cas grec. La commission avait alors un problème de culpabilité, elle n’avait pas prévu la crise financière et budgétaire qui allait éclater en Grèce ». Politiquement, elle avait besoin, aussi, de ne pas endosser toute seule la responsabilité de ce qui allait suivre… « Si l'on ne voulait pas en arriver là, il ne fallait pas aller chercher le FMI en 2010… Il n'y a rien de surprenant aujourd’hui : le FMI prête de l'argent en l'échange de conditionnalités, c’est comme cela qu’il fonctionne », renchérit Sylvie Goulard.

 

L’erreur stratégique du FMI en décembre 2014

Au début, le FMI n’apparaît d’ailleurs pas comme le partenaire le plus dur dans les négociations grecques. Le Fonds joue même, au sein de la Troïka, le rôle du « gentil », quand la commission européenne et la Banque centrale, elles, se montrent intransigeantes sur la trajectoire budgétaire d’Athènes. En juin 2013, les premières divergences avec Bruxelles apparaissent au grand jour. L’institution de Washington publie un rapport qui fait l’effet d’une bombe : elle y fait son mea culpa, reconnaissant qu’elle avait sous-estimé l’impact des coupes budgétaires sur la récession.

Elle critique aussi le plan de sauvetage négocié en 2010 pour la Grèce, expliquant qu'à ses yeux, il aurait mieux fallu « adoucir » la politique d'austérité en pratiquant, dès le départ, un effacement partiel des dettes publiques – scénario exclu, à l'époque, par Paris et Berlin (lire l'article de Martine Orange) mais finalement réalisé deux ans plus tard. Le commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, réplique alors : « Que le FMI se lave les mains et fasse peser toute la responsabilité sur les épaules de l'Europe est injuste. » À l’époque, les observateurs parient sur un désengagement du FMI du prochain plan d’aide à Athènes et la Troïka semble déjà menacée d’implosion.

En octobre 2013, la presse anglo-saxonne en rajoutait une couche : des comptes-rendus de débats internes montrent qu’en ce mois décisif de mai 2010, plus de 40 États membres du Fonds, tous non européens, s'étaient opposés au plan d'aide tel qu'il avait été conçu pour Athènes. Des représentants de l'Australie, de la Russie ou de l'Argentine avaient mis en garde contre d'« immenses risques » encourus. Un officiel brésilien s'était, lui, inquiété d'un programme « mal conçu et insoutenable en dernier ressort ».

Surtout, le FMI pousse pour alléger le poids de la dette grecque, contre l’avis des Européens. « Il y a toujours eu de vrais désaccords entre le FMI d'un côté, et la BCE et la commission de l'autre, assure Liêm Hoang-Ngoc, un ancien eurodéputé socialiste qui a rédigé l'an dernier un rapport d'enquête sur l'action de la Troïka. Dès février 2010, le FMI avait compris qu'il fallait restructurer la dette grecque. Au-delà de 120 milliards d'euros, la dette grecque n'était pas soutenable à leurs yeux. Il fallait donc restructurer, plutôt qu'engager une consolidation budgétaire [des mesures d’austérité – ndlr] qui risquait de casser la croissance. Mais c'est la deuxième option qui a été retenue par les créanciers. Une restructuration de la dette est finalement intervenue deux ans plus tard, mais ce fut à la fois trop vite et trop peu. » Deux opérations d’effacement partiel de la dette ont en effet été engagées avec les créanciers privés de la Grèce, en février puis en novembre 2012.

Fin 2014, la promotion de Poul Thomsen, en remplacement du Britannique Reza Moghadam, plutôt modéré, puis la victoire de Syriza en janvier dernier, accentuent le décalage. Le FMI assume désormais ses divergences de vue, au sein du « groupe de Bruxelles », avec la commission et la BCE. Déjà, en décembre, lorsque le gouvernement grec, alors dirigé par le conservateur Antonis Samaras, demande, conformément à l'accord de février 2012, le déblocage de la dernière ligne de prêt, sentant le mécontentement populaire grandir, Poul Thomsen lui-même refuse, au nom du FMI : il emboîte alors le pas à Mario Draghi, chef de la BCE, pour qui la réforme des retraites était insuffisante, tandis que d'après les informations de l'agence Bloomberg, le commissaire européen Pierre Moscovici était favorable, lui, à l'octroi de la tranche sans nouvelles conditions.

« C’est le FMI qui n’a pas voulu lâcher sur le dernier volet du bailout [le plan d’aide – ndlr], fin 2014, c’est lui qui ne s’est pas montré assez souple. Sans cela, aujourd’hui, on n’en serait pas là », râle un participant bruxellois aux négociations avec Athènes. La décision sera lourde de conséquences, puisque l’impossibilité pour le gouvernement d'alors de trouver un accord avec ses créanciers le conduit à convoquer des élections anticipées… qui amènent Syriza au pouvoir.

 

Victoire de Syriza le 26 janvier 2015. Tsipras annonce la fin de la mission de la Troïka et la sortie de l'austérité.Victoire de Syriza le 26 janvier 2015. Tsipras annonce la fin de la mission de la Troïka et la sortie de l'austérité. © Reuters
 

Était-ce ce que voulait Poul Thomsen ? De fait, il avait certainement compris que le gouvernement Samaras, en manque de légitimité, ne pouvait plus rien faire passer auprès du peuple grec. Mais de là à vouloir se retrouver à la table des négociations aux côtés d'un Yanis Varoufakis, l’actuel ministre des finances grec, ou d'un Euclide Tsakalotos (interviewé par Mediapart au moment de sa nomination comme nouveau coordinateur de l’équipe grecque), tous deux économistes au corpus marxiste, qui ont bâti leur discours sur la remise en cause complète des « recettes » du FMI, ce n'était pas se faciliter la tâche pour un ultralibéral comme Thomsen… Il a commis là une erreur stratégique, se méprenant sur les chances réelles de Syriza de parvenir au pouvoir. À moins qu'il n'ait misé sur un bref passage de Syriza au pouvoir, pariant sur un effondrement rapide. Là aussi, erreur de diagnostic : malgré la dureté des négociations, le rapport de force défavorable à Tsipras et ses nombreux reculs, la majorité de ses électeurs continue, pour l'heure, de le soutenir (lire notre reportage à Athènes en avril). Depuis, les sondages placent toujours Syriza en tête en cas de nouvelles élections.

 

Manifestation de retraités à Athènes, le 20 mai 2015.Manifestation de retraités à Athènes, le 20 mai 2015. © Reuters
 

Cette erreur n'est sans doute pas étrangère à la ligne sans concession que Thomsen adopte depuis février et qui semble plus rigide encore que ses propres positions défendues au cours des années 2010-2012, même si certains acteurs des précédentes négociations à Athènes estiment que sa ligne n’a pas bougé. En réalité, elle correspond au bagage idéologique de ce Danois formé aux courants les plus orthodoxes, qui a toujours été partisan du moins de protection sociale, moins d’État, moins de dépenses publiques.

 

Des divergences d'analyse profondes au sein de l'ex-Troïka

Car avec la Grèce, Thomsen n’en est pas à son premier essai de mise en pratique des recettes néolibérales. Cet économiste a fait l'essentiel de sa carrière d'économiste au FMI : il y est en poste depuis 1982 et se spécialise au cours des années 1990 sur la transition de plusieurs pays du bloc de l'Est. En Roumanie notamment, où il dirige les négociations, il impose, dans les années 1996-1998, d'importantes réductions de salaires. De 1998 à 2010, il suit la Russie où il est détaché pendant quelques années pour y officier comme porte-parole de l'institution. À la fin de son mandat, il a également en charge le suivi de la Pologne.

Autrement dit, des États qui n'ont pas grand-chose en commun avec l'économie d'un pays comme la Grèce, qui n'a pas connu l'économie centralisée propre au système soviétique, qui est restée très pauvre jusque dans les années 1970 et qui se caractérise encore aujourd'hui par le petit entrepreneuriat familial, un secteur rural éclaté, une forte activité touristique saisonnière, de gros handicaps géographiques. Bref, strictement rien à voir avec un pays industriel comme la Pologne… D'ailleurs, Thomsen le dit lui-même : « Nous avons besoin d’assurer que nous traitons nos membres de manière égale, que nous appliquons nos règles de manière uniforme », a-t-il déclaré ce printemps à Bloomberg. Appliquer des règles de manière uniforme : tel est le credo de cet homme pour qui le monde paraît bien manichéen.

 

Christine Lagarde (FMI), Yanis Varoufakis, ministre des finances grec, et Poul Thomsen à droite, en février à Bruxelles.Christine Lagarde (FMI), Yanis Varoufakis, ministre des finances grec, et Poul Thomsen à droite, en février à Bruxelles. © Yves Herman - Reuters.
 

C’est ce que lui reproche à Athènes un ancien ministre qui fut au cœur des négociations grecques entre 2011 et 2014. « Nous avons une différence d’approche fondamentale avec Poul Thomsen, déclare-t-il à Mediapart. Pour lui, comparer le niveau de vie des Grecs avant la crise à celui d’aujourd’hui n’a aucun sens : il compare le niveau de vie des Grecs à celui des Bulgares, des Roumains, des pays baltes. C’est une comparaison inacceptable pour notre société. »

Les discussions avec le chef de la mission Grèce du FMI comme avec ses collègues ont toujours été houleuses, reconnaît cette source. « Thomsen était un interlocuteur difficile, aux opinions très tranchées. Il ne s’intéressait qu’aux données budgétaires annuelles, il n’avait pas notre approche stratégique, structurelle, nationale. Si la question des retraites resurgit aujourd’hui, c’est qu’il est toujours focalisé sur l’équilibre budgétaire des années à venir : il n’y a que cela qui l’importe. C’est un bureaucrate, la dimension sociale d’une baisse des pensions de retraite pour une société frappée par la récession et un chômage explosif lui est étrangère, tout comme le fonctionnement du système de retraites sur le long terme. »

Pour autant, notre interlocuteur athénien ne souhaite pas jeter la pierre à Thomsen plus qu’à un autre. « C’est un membre du staff du FMI qui exprime les idées dominantes de l’institution. Le problème du Fonds monétaire, c’est l’autoréférence du staff, qui décide et impose la ligne directrice du FMI. Celle-ci a toujours été dure concernant la Grèce, prônant d’un côté l’austérité budgétaire et de l’autre, une décote de la dette publique à laquelle la BCE était tout à fait opposée. Cette position n’est pas qu’idéologique, elle résulte aussi de la composition de son conseil d’administration, fait pour partie de pays en voie de développement pour qui il est très difficile d’approuver un programme ambitieux dans un pays “riche”, membre de la zone euro. »

À la différence de la BCE ou de la commission, le FMI n’est pas engagé pour le maintien de la Grèce dans la zone euro. Ses objectifs sont à plus courte vue. Le Fonds cherche avant tout à satisfaire ses actionnaires, dont les États-Unis, mais aussi nombre de pays émergents comme le Brésil ou le Mexique, qui s’agacent, parfois, d’un traitement qu’ils jugent trop doux vis-à-vis du patient grec. Thomsen fait donc avant tout ce que lui demandent ses actionnaires : réclamer le remboursement des prêts dans les temps.

Mais des économistes autrefois proches de lui commencent à lui reprocher son suivisme. Ainsi de son ancien collègue, l’Indien Ashoka Mody, qui défend, dans une tribune récente, une autre piste, qui paraît peu probable : un allègement d’une bonne partie de la dette qu’Athènes a contractée à l’égard du FMI lui-même, un défaut partiel qui serait consenti par les actionnaires du Fonds.

En définitive, les partenaires institutionnels de la Grèce n’arrivent plus aujourd’hui à parler d’une seule voix. Comme l’explique à Athènes une source proche des négociations, le plus gros problème dans les négociations en ce moment est « le désaccord des créanciers sur la question majeure de la dette », ce qui a pour conséquence la situation suivante : « Comme les créanciers ne sont pas d’accord sur la question de la dette, ils ont différentes “lignes rouges”, à savoir : le FMI a besoin de prouver que la dette est soutenable, donc comme les Européens ont posé comme ligne rouge de ne pas effacer la dette, le FMI pose comme ligne rouge la nécessité de coupes horizontales dans les pensions de retraites afin de compenser le problème de la dette. Il en résulte que, dans la mesure où, au final, ils veulent présenter “une position commune” sur la Grèce, cela se traduit par des “lignes rouges à tous les niveaux” de la part des créanciers. »

Autrement dit, le gouvernement Tsipras fait aujourd'hui les frais d’une lutte de pouvoir et d’une divergence d’analyse profonde entre ses différents « partenaires ». Et se voit administrer, après déjà cinq années consécutives d’austérité, et malgré les nombreux constats d’échecs, toujours la même recette.

 

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 21:06

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

Novlangue

Virer plus facilement pour créer plus d'emplois : la "doublepensée" de Macron

 
Paul Conge
 
 
 
La "doublepensée", c'est ce concept inventé par George Orwell permettant de garder à l'esprit deux croyances contradictoires, et des les accepter toutes deux. Dans la matinale de France Inter ce mercredi, le ministre de l’Economie était convaincu de deux choses. Plafonner les indemnités de départ, c’est faciliter les licenciements. Mais plafonner les indemnités de départ, c’est favoriser l’emploi.
 
 
SEBASTIEN SALOM-GOMIS

 

Emmanuel Macron est un garçon cultivé. Il a sans doute lu Foucault, peut-être feuilleté le philosophe chinois Han-Fei-tse et, avec l’appui de ses spin doctors, il est probable qu'il a eu vent de l’importance de tordre les mots pour inverser l’ordre des choses. A l’heure du 7/9 de France Inter ce mercredi, le ministre de l’Economie s’est livré à un de ces impayables exercices de rhétorique qu’il maîtrise désormais parfaitement. Au carrefour de la novlangue et du jargon administratif, les mots sont sortis de leur coquille, employés à décrire l’inverse de ce qu’ils veulent dire, mais énoncés sur le ton de la foi. Presque du Orwell dans le texte.

 

« La guerre, c’est la paix »

Questionné par Patrick Cohen sur les fameux plafonnements des indemnités de licenciement, point contesté dans les mesures annoncées hier pour les PME, l’ancien assistant du philosophe Paul Ricœur fait mine de ne pas capter le litige. C’est pour « la visibilité », martèle-t-il. « Visibilité mutuelle » : pour les salariés, et pour les employeurs. D’ailleurs, « cette visibilité, c’est de la sécurité ».

 

 

Le patron du Medef Pierre Gattaz avait usé des mêmes éléments de langage pour louer cette mesure qui viserait à « réduire l'insécurité juridique et de donner de la visibilité ». Converti, Macron parle donc le Medef sans accent : la sécurité des salariés, c’est de faciliter leur licenciement. Et à la clé, « cela créera de l’emploi ». Bref, « la guerre, c’est la paix »...

 

« La liberté, c’est l’esclavage »

« Cette mesure a une efficacité, et elle est juste, parce qu’elle donne une visibilité », reprend Macron en réponse à un auditeur inquiet des incidences de ces mesures sur les CDD. « On donne une flexibilité à certains employeurs qui sont obligés de se séparer du salarié. » Après la « visibilité », la « sécurité », l'« efficacité », place donc à la « flexibilité »... Et de poursuivre, comme s'il avait un dictionnaire des rimes en main : « Les mesures sur le coût du travail, il faut leur donner de la stabilité. Les employés ont besoin de stabilité, d’adaptabilité, et d’agilité », dit-il. Comprendre : fluidifier le licenciement, faciliter la mobilité des salariés, c’est efficace. Et juste. Et la liberté, c’est l’esclavage ?

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 20:56

 

Source : http://www.planeteanimaux.com

 

 

150 dauphins tués aux îles Féroé lors du 1er grind de la saison

 

 

 

 

grindjuin2015hHier matin, vers 8h30 (heure locale), plus de 150 dauphins globicéphales ont été massacrés aux îles Féroé au cours du premier « grindadràp » (littéralement : « mise à mort des baleines ») de l’année. Sea Shepherd est très attristé par cette nouvelle, d’autant plus que ses équipes seront sur place dans 2 semaines.

Au large de l’île de Vàgar, dans l’archipel des Féroé, l’eau était rouge sang aux premières heures du samedi 6 juin 2015. Un large groupe de globicéphales, composé de 150 voir 200 individus, a en effet été massacré au nom de la « tradition ».

Les petits massacrés sous les yeux de leurs parents

grindjuin2015lS’adonnant au premier grind de la saison, les féringiens se sont levés de bonne heure. Vers 4 heures du matin, un navire de repérage a remarqué les cétacés et a donné l’alerte. 25 bateaux de chasse sont alors intervenus pour dérouter les animaux et les forcer à s’échouer sur la plage de Miðvágur, où le massacre a eu lieu, révèle Sea Shepherd, qui entend s’assurer que « le monde entier entende parler cette mise à mort des océans ».

« Pendant près de 4 longues heures, ces animaux se sont battus pour leur vie. Ils ont été harcelés, torturés, et brutalement tués en présence des membres de leur famille. Ce n’est pas une tradition, c’est un bain de sang ! », a témoigné la bénévole de terrain Rosie Kunneke. Les globicéphales sont des animaux particulièrement intelligents et sociaux, et ces carnages de masse sont une souffrance supplémentaire eu égard aux forts liens sociaux qui les unissent. Coincés en eau peu profonde, les petits voient leurs mères se faire égorger sous leurs yeux, les sœurs voient leurs frères mourir à leurs côtés, ils ressentent la douleur des uns et des autres, mais ne peuvent rien y faire et comprennent assez vite qu’ils seront rapidement massacrés à leur tour…

Paul Watson réagit

grindjuin2015mDes familles entières sont ainsi décimées chaque année, prétendument pour un besoin en viande qui n’est plus défendable au 21ème siècle. « Le pire est que les féringiens sont défendus par les Garde-côtes des Féroé et la Marine danoise. Voici la folie du monde d’aujourd’hui ! Des forces militaires utilisées pour aider à tuer des baleines innocentes, afin de garantir un apport en viande de baleine qui n’est même pas bonne à manger à cause des taux toxiques de mercure que l’on trouve dans le corps de ces cétacés ! C’est impensable, en 2015, au vu de l’effondrement de la biodiversité et du nombre de plus en plus croissant d’espèces qui s’éteignent, que certaines personnes soient encore tellement en dehors de la réalité qu’elles continuent à mettre l’océan à mort ! », s’énerve le capitaine Paul Watson.

Trois bateaux appartenant à l’ONG Sea Shepherd, le Bob Barker, le Sam Simon et le Brigitte Bardot, arriveront très prochainement aux îles Féroé pour entamer l’opération Sleppid Grindini, qui entend opposer une résistance musclée aux tentatives de grinds, afin d’empêcher que d’autres meurtres de globicéphales ne soient commis. A suivre.

Crédit photos : JN.FO (quotidien féringien)

 

 

 

 

Source : https://www.facebook.com/Sea.Shepherd.Switzerland.Official

 

-C'est le plus grand massacre de mammifères marins en Europe.-
Il n 'y a jamais aucun survivant, des familles entières de dauphins, sur plusieurs générations sont massacrées dans les fjords féringiens (archipel rattaché au Danemark).
Les premiers dauphins de l'année ont été tués hier aux iles Féroé. L'année dernière pendant les 3 mois et demi de présence de nos petits bateaux qui ont patrouillé tous les jours dans l'archipel pour éloigner les dauphins des baies de chasse, 33 avaient malré tout été été tués contre plus de 1300 sur la même période l'année précédante. Nous tenterons de faire encore mieux cette année.
Dans quelques semaines, le Bob Barker, le Sam Simon de retour de l'Opération Icefish mettront le cap vers les iles Féroé pour s'assurer que les dauphins échappent à leurs poursuivants. Ils seront assistés d'une équipe de sentinelles à terre pour l'opération Sleppid Grindi (épargnez les dauphins globicéphales en féringien).

Hier matin, vers 8h30 (heure locale), plus de 150 dauphins globicéphales ont été massacrés aux îles Féroé au cours du premier "grindadràp" (littéralement :...
planeteanimaux.com
 

 

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