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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 17:30

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Bercy désigne les cinq plus mauvais payeurs de France

 
 
Numéricable, SFR, Airbus Helicopters… Les services de Bercy ont publié une liste des entreprises françaises condamnées le plus lourdement pour des retards de paiement.
 
SFR écope d’une amende de 375 000 € pour ces retards de paiement. JOBARD/SIPA
 

Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie et des Finances a décidé de se mettre à l’heure anglaise. Mettant sa menace à exécution, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCRF) rattachée à Bercy vendredi, le nom des entreprises françaises épinglées pour des retards de paiement. Une méthode inspirée du « name and shame » très prisée des anglo-saxons qui consiste à livrer à la société civile le nom des responsables pour leur faire « honte » littéralement.

Des pratiques de retard de paiement qui « sont gravement préjudiciables à la rentabilité des entreprises créancières parce qu’ils leur imposent d’obtenir des financements de court terme auprès de leur banque. Ces retards ont un impact négatif sur leur trésorerie, sur leur compétitivité, voire, pour les plus fragiles d’entre elles, sur leur existence », explique la DGCRF. En tête de ce classement, nous retrouvons la société Numéricable qui écope d’une amende de 375.000 € tout comme SFR, les services de Bercy leur reprochant  « des retards significatifs et répétés dans le paiement des factures de ses fournisseurs. » Airbus Helicopters, la filiale du groupe Airbus, se voit infliger une amende identique aux deux opérateurs téléphoniques. Vient ensuite la société Paul Predault qui travaille dans la charcuterie, sommée de payer une amende de 100.000 € et enfin la société Cosamud condamnée à 87.900 €.

« Depuis 2009, indique en outre la DGCRF, la loi plafonne strictement les délais de paiement contractuels inter-entreprises. Ces délais ne doivent pas dépasser 60 jours à compter de la date de la facture, ou 45 jours fin de mois (article L. 441-6 du code de commerce), des délais spécifiques étant prévus pour certains produits ou services (article L. 443-1 du code de commerce). »

Emmanuel Macron avait rappelé en juillet dernier que du fait de ces pratiques, « le retard en termes de délais de paiement fait que ce sont les PME qui aujourd'hui, dans notre pays, sont les premières banques des grands groupes » et prévenu : « il n'y a qu'une chose qui permette d'avancer, c'est la transparence ». C’est donc fait. Cela incitera peut-être ces sociétés à améliorer leur comportement.

Reste qu’en la matière, l’Etat n'est pas en reste. Comme le révélaient le Canard enchainé et en septembre dernier, en publiant une par les inspections générales des finances, des services judiciaires et des affaires sociales, il existe près de 50.000 travailleurs « au noir » travaillant pour l’Etat et appelés « collaborateurs occasionnels du service public ». Ils travaillent sans fiche de paie ni protection sociale. Surtout, les délais de paiement seraient de plusieurs mois à plus d’un an selon certaines juridictions. 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

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Source : http://www.franceinfo.fr

 

 

Quand l'Etat emploie 48.000 travailleurs au noir...

EXCLUSIF par Jean-Philippe Deniau mardi 1 septembre 2015 19:48
 
 
 

Sur 48.000 personnes employées au noir par les services de l'Etat, la Justice à elle seule en utilise 40.000. © Maxppp
 

L'information est issue d'un rapport remis au gouvernement et que Radio France s'est procuré : l'Etat lui même emploie près de 48.000 personnes en quasi situation de travail au noir. Beaucoup travaillent pour le ministère de la Justice. La garde des Sceaux annonce la préparation d'un décret.

Ils sont pudiquement appelés les COSP : les Collaborateurs occasionnels du service public. Ils sont médecins-experts, interprètes, enquêteurs de personnalité. Certains sont même délégués du procureur. A la fin du mois, ils n'ont pas de fiche de paye, pas même une facture, pas ou peu de couverture sociale. Certains sont payés de la main à la main.

 

Un demi-milliard d'euros pour réparer

Ce tour de passe-passe va coûter cher à l'Etat. Il faudrait, dit le rapport, un demi-milliard d'euros pour réparer cette anomalie, généralisée depuis 15 ans. Et même jusqu'à 46 millions d'euros de budget supplémentaire par an pour la régularisation des situations. Les rapporteurs sont alarmistes : la situation actuelle ne peut pas durer. Il faut entreprendre aussitôt que possible des modifications législatives, insistent-ils. La chancellerie assure ce mardi avoir lancé des initiatives en ce sens. Mais il est difficile d'imaginer où le ministère va pouvoir trouver de telles sommes.

 

Un décret en préparation 

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, ne tombe pas des nues. "Je suis", a-t-elle déclaré mercredi, "la première garde des Sceaux à avoir pris le problème en charge". La ministre a dit disposer depuis l'été 2014 d'un rapport issu de trois inspections lancées en 2012 par les services de la Justice, des Finances et la Santé. 

"J'ai réalisé en 2012 que nous n'avions pas d'éléments précis sur le nombre de personnes concernées, ni sur leur statut exact, ni sur les conditions dans lesquelles ces personnes étaient rémunérées."

Christiane Taubira précise qu' "un décret est en préparation"

 

 

Source : http://www.franceinfo.fr

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 17:11

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Animaux transgéniques

Le saumon OGM autorisé pour la consommation humaine

par

 

La décision vient d’être prise par les autorités sanitaires des États-Unis : pour la première fois dans le monde, un animal transgénique est autorisé pour la consommation humaine. Le poisson OGM devrait donc débarquer prochainement sur les étals des supermarchés. Il s’agit d’un saumon transgénique de la marque AquAdvantage, modifié avec un gène d’un autre saumon pour grandir deux fois plus vite. Baptisé « Frankenfish » par ses détracteurs, il a été autorisé à la consommation humaine aux États-Unis par la Food and Drug Administration (FDA) le 19 novembre. La FDA a publié ses recommandations : « Après un examen scientifique exhaustif et rigoureux, la FDA est arrivée à la conclusion que le saumon AquAdvantage est aussi sûr pour la consommation que le saumon de l’Atlantique non-génétiquement modifié, et il est aussi nutritif. » Selon l’agence sanitaire, les gènes insérés dans l’ADN du poisson sont restés stables sur plusieurs générations, la modification génétique est sans danger pour le saumon lui-même, et le produit obtenu répond aux attentes en terme de croissance plus rapide.

Ce saumon est développé par AquaBounty Technologies, dont l’actionnaire principal est le groupe Intrexon, spécialiste de la biologie de synthèse. L’entreprise assure qu’il n’y aucun risque de dissémination dans la nature, car elle affirme ne produire que des saumons femelles, stérilisées. Une stérilisation qui ne serait efficace qu’à 99,8 %, admet cependant l’entreprise... Qui peut dire aujourd’hui que ces saumons d’élevage élevés dans des bassins, ne se retrouveront pas demain dans les mers où leur prolifération deviendra incontrôlable ? Une université canadienne a croisé ces saumons OGM avec des truites sauvages : 40 % des rejetons hybrides héritent du gène ajouté artificiellement – et ces hybrides grandissent encore plus vite que le saumon OGM ! Selon lautorisation de la FDA, le saumon AquAdvantage ne pourra être élevé que dans deux installations, au Canada et à Panama.

 

Bientôt des porcs et poulets OGM ?

D’autres animaux génétiquement modifiés ont déjà été autorisés, mais pas pour la consommation humaine (lire notre enquête : Ces animaux mutants que la cuisine génétique vous prépare) : poissons d’aquarium, papillons, moustiques transgéniques pour lutter contre la dengue au Brésil, mouches OGM. Aux États-Unis, l’opposition est grande : la FDA a reçu plus de deux millions de messages lors des consultations dans le cadre de la procédure d’autorisation du saumon. Plusieurs États, comme la Californie ou l’Alaska, souhaitent l’interdire sur leur territoire. Des chaines de supermarchés sont opposées à sa commercialisation. L’étiquetage « OGM » de ce saumon ne sera pourtant pas obligatoire [1].

Au Canada, c’est un cochon génétiquement modifié avec un gène de souris, l’Enviropig™, qui attend son autorisation de mise sur le marché. Et les laboratoires de biotechnologies multiplient les expériences sur les poulets transgéniques, les chèvres avec un gène d’araignée, les lapins et autres poissons-zèbres fluorescents.

 

A lire sur le sujet :
- Après le moustique OGM au Brésil, le papillon génétiquement modifié à New York
- Des millions de moustiques OGM sur le point d’être commercialisés au Brésil
- Le gouvernement catalan refuse de recourir aux mouches OGM
- Ces animaux mutants que la cuisine génétique vous prépare

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 16:59

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Capitalisme vert

Comment les multinationales se servent du changement climatique pour imposer leur futur modèle agricole

par

 

 

Les émissions de gaz à effet de serre liées au secteur agricole sont dans le collimateur des gouvernements. Un nouveau concept émerge : « l’agriculture climato-intelligente », en vue de produire plus et mieux… Dans les arènes des négociations sur le climat, les multinationales sont dans les starting-blocks pour promouvoir des « engrais intelligents » et des plantes génétiquement modifiées tolérantes à la sécheresse. Alors que l’agro-industrie est en passe de remporter la bataille sur l’agro-écologie, des chercheurs et des ONG tentent de renverser la donne. Enquête.

Près d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre seraient imputables à l’agriculture [1]. Un chiffre inquiétant... et dérangeant. Car il englobe tous les systèmes de production, de l’agriculture « conventionnelle » à l’agriculture biologique, de l’élevage hors-sol à l’élevage pastoral, des monocultures industrielles aux petites fermes en polyculture-élevage. Alors que la responsabilité des agriculteurs dans le réchauffement climatique se retrouve pointée du doigt, des acteurs agro-industriels tirent profit de ces amalgames pour reverdir leur image.

C’est le cas de Yara International, une entreprise norvégienne leader des engrais de synthèse, qui a vendu plus de 26 millions de tonnes d’engrais dans 150 pays l’an passé [2]. Le groupe se lance dans l’« intensification durable » ! L’idée ? Accroître le recours aux engrais chimiques augmenterait les rendements, et permettrait ainsi d’utiliser moins de terres agricoles et d’éviter les émissions liées à l’expansion des cultures sur les forêts. Ce raisonnement n’a pas convaincu l’ONG agricole Grain, qui, dans un nouveau rapport, souligne que les fabricants d’engrais figurent « parmi les principaux ennemis du climat au niveau mondial ». Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que pour 100 kilos d’engrais azoté appliqué sur les sols, un kilo se retrouve dans l’atmosphère sous forme d’oxyde nitreux (N2O), un gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le CO2 ! « Leurs produits pourraient être responsables de près de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), sans parler des dommages entraînés pour les cours d’eau, les sols et la couche d’ozone », ajoute l’ONG. Un décalage entre pratiques et discours qui vaut à Yara une nomination au Prix Pinocchio du climat 2015 [3].

 

Agriculture climato-intelligente : un concept dangereux

La FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, n’est pas de cet avis : elle considère l’intensification durable comme une solution « intelligente » pour faire face aux changements climatiques. En dépit des critiques formulées par les ONG, Yara fait partie des multinationales qui ont récemment rejoint l’Alliance mondiale pour l’agriculture climato-intelligente (Gacsa [4]), qui regroupe des pays, des ONG de conservation environementale, des universités et des centres de recherche. Le concept d’« agriculture climato-intelligente » – climate smart agriculture, en anglais – repose sur trois piliers. Il s’agit d’abord, explique la FAO, d’augmenter la productivité agricole pour faire face à l’augmentation de la population mondiale, et « d’adapter les systèmes agricoles » face aux événements climatiques extrêmes amenés à se multiplier, tels que les inondations ou les sécheresses. Troisième pilier, la mise en œuvre des pratiques agricoles qui « atténuent » les émissions de gaz à effet de serre.

 

 

Basta ! s’est plongé dans le guide des initiatives « climato-intelligentes » [5]. Au menu des remèdes miracles, le colza tolérant aux herbicides, qui permettrait d’utiliser « moins de produits chimiques de moins en moins toxiques », ou bien encore le maïs tolérant à la sécheresse, qui augmenterait les rendements « de 20 à 30 % » – ce que conteste par ailleurs l’association Inf’Ogm. En septembre 2015, une centaine d’organisations ont signé un appel qui reproche au Gacsa de ne pas préciser les critères qui permettraient de définir ce qui peut, ou pas, être qualifié de « réponse intelligente » au changement climatique. « Il n’y a aucun travail sur la définition des critères de l’agriculture climato-intelligente, car définir reviendrait à exclure des pratiques agricoles », souligne Jeanne-Maureen Jorand du CCFD-Terre solidaire. Or, sans norme ou critères d’exclusion, ce concept est tout simplement dangereux. »

 

Développer l’agriculture industrielle au nom de la lutte climatique

« La définition de l’agriculture climato-intelligente était une ligne rouge pour le gouvernement français », relate Jeanne-Maureen Jorand. Lors du lancement du Gacsa, Annick Girardin, secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie, avait ainsi mis en garde sur les risques de certaines pratiques, comme les OGM ou le recours aux agrocarburants : « Il nous faut veiller à ne pas tout cautionner au nom de la lutte contre le dérèglement climatique, et à bien nous assurer que les solutions que nous mettrons en place ne créent pas plus de problèmes qu’elles n’en résolvent », déclarait-elle en septembre 2014. Le gouvernement français a finalement décidé de s’engager dans le Gacsa aux côtés de vingt et un autres pays, expliquant auprès de l’AFP vouloir « être dedans plutôt que dehors pour avoir une influence ».

 

 

C’est aussi la position de certains organismes de recherche, comme le Cirad, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement [6]. « La définition n’est pas assez rigoureuse, ce qui laisse les portes ouvertes à différentes manières d’intensifier et à la vision d’une agriculture plus industrielle, observe Emmanuel Torquebiau, chargé de mission « changement climatique » au Cirad. On se bat à l’intérieur du Gacsa pour faire valoir notre point de vue. »

 

Danone et Walmart, nouveaux défenseurs de l’agriculture intelligente

« On propose des recherches scientifiques permettant de vérifier ce qui relève de l’agriculture climato-intelligente écologique ou du greenwashing, explique Emmanuel Torquebiau. Il s’agit de rester dans ces réseaux pour y mettre de la science, car il y a beaucoup de discours de façade. » Le Cirad, principalement à l’œuvre dans les pays du Sud, préconise des pratiques agro-écologiques, comme la couverture permanente du sol, afin d’augmenter la matière organique, de piéger du CO2 et de limiter le recours aux engrais. L’Inra, Institut national de la recherche agronomique, également membre du Gacsa, encourage l’agroforesterie en cultivant, par exemple, « des céréales sous les arbres pour mieux résister à la sécheresse ».

Mais la bataille entre agro-écologie et agro-industrie est fortement déséquilibrée au sein de l’alliance, celle-ci comptant une forte représentation du secteur privé. Outre des membres actifs, comme Danone, l’Alliance compte en son sein le Conseil mondial des entreprises sur le développement durable (WBCSD en anglais), qui regroupe de très nombreuses multinationales. Selon les ONG, environ 60 % des membres du Gacsa seraient issus du secteur privé des engrais [7]. Emblématique de cette stratégie, Walmart, le leader mondial de la grande distribution, veut réduire ses émissions, en associant ses fournisseurs à des programmes d’« optimisation des engrais » élaborés par Yara [8] !

 

 

Concrètement, les plantations d’oranges de PepsiCo, entreprise fournisseur de Walmart, doivent désormais recourir à des engrais azotés portant la marque « faible empreinte carbone » de Yara. Censés entraîner moins de ruissellement, ces engrais visent à « éviter une situation dans laquelle les aliments issus de l’agriculture biologique seraient les seuls à bénéficier d’un label dans le cadre de la lutte contre le changement climatique » (sic), explique Yara.

 

La « finance carbone » à l’assaut de l’agriculture

Invité en mars dernier aux troisièmes rencontres de l’agriculture climato-intelligente, à Montpellier, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a insisté sur « les puits de carbone » que constituent les sols. « Plus vous augmentez la matière organique de vos sols, plus vous stockez des gaz à effet de serre, a-t-il expliqué. Et, en plus, on augmente les rendements ! » Le gouvernement a lancé un programme de recherche international intitulé « 4 pour 1 000 ». En améliorant de 0,4 % par an la capacité de stockage en carbone des sols à travers la mise en œuvre de certaines pratiques agricoles – non définies pour l’instant –, ce projet ambitionne d’absorber et de stocker 75 % des émissions de gaz à effet de serre ! Et de restaurer, en plus, les terres dégradées, notamment en zone aride et quasi aride du continent africain.

« Au vu des chiffres que j’ai annoncés, précise Stéphane Le Foll, il y a un enjeu qui en vaut largement la chandelle, qui mériterait qu’on finance aussi, à travers le marché du carbone, les techniques, les évolutions, les modèles de production de demain. » S’il aboutit, le projet 4 pour 1 000 pourrait ainsi devenir un outil de compensation des émissions de gaz à effet de serre pour les entreprises privées, à l’instar du projet d’Air France dans les forêts de Madagascar (lire notre enquête). « Un rôle central est confié à la finance carbone et aux investisseurs financiers », dénoncent l’association Attac et la Confédération paysanne dans une note commune sur l’agriculture climato-intelligente. « Ces dispositifs ont pourtant démontré leur inefficacité et leur incapacité à générer une transition post-carbone. Il n’y aucune raison qu’il en soit autrement dans l’agriculture. »

 

L’agriculture climato-intelligente, nouvel avatar du greenwashing ?

À quelques jours de l’ouverture de la COP 21, les organisations de la société civile demandent aux gouvernements de ne pas reconnaître cette « agriculture climato-intelligente » comme solution possible au changement climatique. Une position partagée par la secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie, qui a insisté en septembre 2014 pour que Gacsa « ne vienne pas interférer et se substituer aux négociations climat ». Contacté par Basta !, le ministère de l’Agriculture souligne que l’agriculture climato-intelligente pourrait figurer dans « l’agenda des solutions », un texte rassemblant les engagements des acteurs non étatiques et qui pourrait figurer aux côtés de l’accord négocié à Paris.

« L’initiative 4 pour 1000 figure déjà dans cet agenda », remarque Jeanne-Maureen Jorand. Une table ronde des technologies bas carbone (LCPTI), portée par le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable et appuyée par le gouvernement français, apparaît aussi dans l’agenda. Parmi les invités de cette table-ronde figure d’ores et déjà... Monsanto ! « C’est une catastrophe, réagit Jeanne-Maureen Jorand, le gouvernement est en train d’institutionnaliser cet agenda des solutions et d’entériner la voie de l’agriculture climato-intelligente sans aucun critère et sans aucune discussion. » Interrogé à ce sujet, le ministère de l’Agriculture n’a pas souhaité répondre.

@Sophie_Chapelle

 

Photos :
- Une : plantations industrielles de salades en Californie / CC Malcolm Carlaw
- Une ferme labellisée climato-intelligente / CIAT.
- Intervention de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, à la 3e conférence internationale sur l’agriculture climato-intelligente, en mars 2015 / © CSA 2015 Montpellier.
- Employé de Yara / source.

Notes

[1Dans une évaluation publiée en avril 2014, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que les émissions de gaz à effet de serre liées à l’agriculture, aux forêts et à la pêche représentent 10 à 12 gigatonnes équivalent CO2, soit 24 % des émissions mondiales. Source

[2Yara International a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de 11,1 milliards d’euros. Voir son site.

[3« Les Prix Pinocchio du Climat ont pour but d’illustrer et de dénoncer les impacts négatifs des entreprises multinationales et spécialement celles qui se blanchissent avec un discours “ vert ” »

[4Cette alliance a été lancée en septembre 2014, à l’occasion du sommet sur le climat à New York, par la Banque mondiale, le CGIAR (Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale et la FAO.

[5Voir le guide des success stories du CGIAR, publié en 2013 par le CGIAR.

[6Membre de l’Alliance, le Cirad a organisé la 3e conférence internationale sur l’agriculture climato-intelligente à Montpellier du 16 au 18 mars 2015.

[7Cette sur-représentation est assurée au travers d’alliances professionnelles comme l’Alliance internationale des industries de la fertilisation ou encore le « Fertilizer Institute » dont Yara est membre.

[8Voir ici et

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 20:18

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Cap sur la Cop

Parti de Notre-Dame-des Landes, un convoi de vélos et de tracteurs est en route pour Paris

par

 

 

 

Un convoi de vélos et de tracteurs part de la Zad de Notre-Dame-des-Landes le 21 novembre pour arriver le 28 aux portes de Paris. « Puisque la COP est maintenue, indiquent les organisateurs, nous maintenons notre action pour dénoncer l’hypocrisie flagrante entre la volonté de lutter contre le réchauffement climatique, et la destruction de terres agricoles et de zones humides, de dizaines d’habitats pour y construire... un nouvel aéroport. » Un moyen également de partager l’expérience collective et politique qui se construit depuis la lutte de Notre-Dame-des-Landes. Et de manifester leur solidarité avec les populations qui subissent les guerres et le réchauffement climatique.

La COP21 se tiendra à Paris au Bourget du 30 novembre au 11 décembre. Elle est souvent présentée comme le « sommet de la dernière chance » pour enrayer le réchauffement climatique lié aux activités humaines. Pendant toute la quinzaine, ce rassemblement de 195 États (mais aussi de dizaines de milliers de lobbyistes) sera l’occasion de grandes mobilisations dans différents cadres...

Un convoi en vélos et tracteurs du 21 au 28 novembre s’organise pour se rendre de Notre-Dame-des-Landes à Paris à l’occasion de ce sommet intergouvernemental.

Nous viendrons y dénoncer l’hypocrisie flagrante entre, d’une part, la volonté affichée en décembre, par le gouvernement, de lutter contre le réchauffement climatique, et, d’autre part, la menace de revenir quelques semaines plus tard pour expulser la zad, détruire plus de 1600 ha de terres agricoles et de zones humides, des dizaines d’habitats pour y construire... un nouvel aéroport.

Nous cheminerons depuis Notre-Dame-des-Landes avec toute l’énergie du mouvement anti-aéroport, en créant en route des espaces de rencontres et de mobilisation. Comme de nombreux habitant-e-s, paysan-ne-s, migrant-e-s d’autres parties du monde qui subissent déjà en première ligne les conséquences du réchauffement climatique, nous savons que notre salut ne viendra pas des échanges de marchés carbones entre lobbies industriels et gouvernements, encore moins du capitalisme vert. Nous voulons participer à une reprise en main, par les populations et mouvements de lutte, de l’avenir de la planète.

Il est temps de sortir enfin du productivisme industriel, de la privatisation des biens communs, de la destruction des terres nourricières et de la marchandisation du vivant. Pour qu’émergent des possibles, à Notre-Dame-des-Landes comme ailleurs, il s’agit de bloquer concrètement dès maintenant l’avancée de leurs projets nuisibles, imposés et climaticides. Il faut continuer à libérer des espaces où puissent s’inventer, ici et maintenant, d’autres formes de vie commune, de cultures et d’habitats tels qu’ils s’expérimentent aujourd’hui à Notre-Dame-des-Landes.

Malgré les pressions politiques et judiciaires, les pseudos-enquêtes publiques et les troupes policières, nous portons depuis plus de 40 ans la conviction qu’il est toujours possible de résister victorieusement face aux aménageurs. Nous marcherons sur la COP21 pour leur signifier que nous ne les laisserons pas revenir expulser la zad ni démarrer les travaux du chantier d’aéroport. Nous le ferons en solidarité avec toutes celles et ceux qui luttent aussi sur le terrain contre les causes du réchauffement climatique.

 

L’Assemblée d’organisation du convoi constituée d’occupantEs de la ZAD, d’individuEs, de membres de comités et d’organisations contre le projet d’aéroport

Plus d’informations sur le trajet, les modalités pratiques... http://marchesurlacop.noblogs.org

L’appel est téléchargeable ici

 

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 18:31

 

Source : https://www.laquadrature.net/fr

 

 

État d'urgence : l'État policier pour éluder tout bilan critique

 

 

Paris, le 19 novembre 2015 — L'Assemblée nationale a voté aujourd'hui le projet de loi sur la refonte de l'état d'urgence1, adopté en extrême urgence dans un climat de surenchère autoritaire sans précédent. La Quadrature du Net s'inquiète de plusieurs mesures contenues dans la loi, notamment concernant les perquisitions informatiques, la censure d'Internet et la liberté d'association. À rebours de toute réflexion de fond sur les causes profondes des attentats et la manière de régler une situation complexe, la classe politique dans son ensemble se désavoue elle-même en répondant par la restriction générale des libertés publiques à une attaque sans précédent contre nos libertés.

 

pour votre sécurité

Si le projet de loi précise et actualise un certain nombre de points, notamment en rouvrant une possibilité de recours administratif, La Quadrature du Net regrette profondément qu'il soit refondu dans des délais rendant impossible un examen serein et un débat éloigné des émotions actuelles. Les modifications qui sont faites sur le texte ne sont pas anodines et touchent profondément aux libertés fondamentales. La Quadrature du Net appelle les sénateurs qui voteront le texte demain à adopter des amendements visant à restreindre la portée temporelle de l'état d'urgence, à renforcer le contrôle judiciaire et à borner strictement toutes les mesures exceptionnelles afin d'éviter toute utilisation de l'état d'urgence à des fins autres que celles ayant justifié sa déclaration.

 

 

En effet, les mesures votées sous pression du gouvernement par les députés en ce jour touchent aux fondements des libertés publiques et individuelles :

 

 

  • Tout d'abord sur la prorogation de 3 mois de l'état d'urgence, qui n'est pas justifiée par d'autres motifs que celle de s'affranchir du principe de séparation des pouvoirs. Depuis le début de l'état d'urgence samedi dernier, nombre de perquisitions administratives conduites le sont pour des affaires relevant du droit commun, sans aucun lien avec la lutte antiterroriste, et préfigurent un État policier que la prorogation de trois mois risque de banaliser.

 

  • Au sujet de la perquisition administrative, l'extension aux appareils électroniques et informatiques ne se limite pas à la copie des éléments trouvés sur les appareils, mais permet également la saisie de l'ensemble des éléments et documents « accessibles à partir du système initial ou disponibles pour le système initial ». En dehors de tout contrôle strict par l'autorité judiciaire, c'est donc open bar pour aller chercher de façon extrêmement large n'importe quelle information sur n'importe quel appareil électronique ou informatique de résidents français, et notamment toute information accessible via des identifiants, mots de passe collectés lors d'une perquisition, tout contenu stocké sur Internet, etc.

 

  • Les députés ont également voté un amendement permettant au Ministre de l'Intérieur de faire bloquer sans délai tout site Internet « faisant l'apologie du terrorisme ou provoquant à des actes de terrorisme ». Ce blocage administratif et secret, instauré avec la loi antiterrorisme de 2014 qui confiait déjà cette possibilité aux services de police, ne bénéficiera d'aucun contrôle judiciaire (pas même celui de la CNIL prévu en temps normal).

 

  • En ce qui concerne l'assignation à résidence, il est à noter que la nouvelle rédaction allège sensiblement les conditions nécessaires à cette mesure gravement attentatoire aux libertés individuelles : là où le texte de 1955 demandait que l' « activité s'avère dangereuse pour la sécurité et l'ordre publics », le projet de loi prévoit quant à lui de s'appliquer au personnes pour lesquelles il existe des « raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l'ordre publics », formulation beaucoup plus large et floue. Aucune définition des « raisons sérieuses » n'est donnée. L'étude d'impact explique que les personnes visées sont celles « qui ont appelé l'attention des services de police ou de renseignement par leur comportement ou leurs fréquentations, propos ou projets ». Cette mesure laisse donc la porte ouverte à des interprétations très larges, d'autant plus graves que les mesures prises en état d'urgence ne sont pas garanties par l'intervention du juge judiciaire.

 

  • De même, le texte précise que cette assignation se fera sur des lieux déterminés par le Ministre de l'Intérieur, ce qui ouvre la voie aux pires demandes de rétention évoquées dans la classe politique (certains ayant évoqué des « camps d'internement »), avec possibilité de placement sous bracelet électronique.

 

  • Concernant la dissolution de groupes et d'associations, la procédure permet une interprétation très large et donc une atteinte grave à la liberté d'association, en décrivant des associations qui « participent à la commission d'actes portant une atteinte grave à l'ordre public, ou dont les activités facilitent cette commission ou y incitent », ce qui permettrait d'y inclure nombre d'associations promouvant, par exemple, l'utilisation de technologies de chiffrement qui sont utilisées certes par des criminels, mais surtout principalement par de nombreux citoyens innocents. Cette crainte est renforcée par le fait que les pouvoirs extraordinaires conférés au pouvoir administratif par l'état d'urgence sont actuellement utilisés pour des affaires sans lien avec l'anti-terrorisme.

 

« Le débat et le vote de la loi sur l'état d'urgence à l'Assemblée nationale montrent que les députés et le gouvernement sont dans le déni complet de la situation actuelle. Ce vote marqué par une ambiance d'acharnement contre l'État de droit et la séparation des pouvoirs montre que la France est bien loin d'avoir entrepris le travail nécessaire à un vrai règlement du risque terroriste dans toute sa profondeur. Nous appelons les citoyens à marquer leur désapprobation auprès de leurs représentants de manière très claire, puisque c'est au nom de leurs craintes que les députés, paniqués, sacrifient aujourd'hui les libertés. Ils croient ainsi créer un illusoire sentiment de sécurité en mettant en place, pour plusieurs mois, un État réellement policier2. Devant ce vote en sur-urgence3, il ne nous reste plus guère que la possibilité de documenter le désastre, en espérant un sursaut proche. » déclare Adrienne Charmet, coordinatrice des campagnes de La Quadrature du Net.

 

La Quadrature du Net vous invite à appeler vos députés pour leur demander d'ouvrir une enquête parlementaire d'investigation sur les lois de surveillance et antiterroristes : la réponse aux attentats ne peut pas être qu'une baisse des libertés ! Agissez maintenant pour demander un vrai bilan !

 

  • 1. Le texte a été adopté à 551 voix contre 6.
  • 2. La principale caractéristique de l'état d'urgence étant de placer entre les mains de la police les prérogatives normalement attribuées au pouvoir judiciaire
  • 3. Texte présenté en conseil des ministres mercredi matin, en commission des lois de l'Assemblée nationale le même jour, votée à l'Assemblée nationale jeudi matin, en Commission des lois du Sénat jeudi après-midi, au Sénat vendredi matin

 

 

Source : https://www.laquadrature.net/fr

 

 

 

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 18:20

 

Info reçue par mail

 

 

A diffuser aussi largement que possible!
 
 
 
 
Le 29 novembre 2015, veille de l’ouverture de la COP21, une Marche Mondiale pour le Climat est organisée dans de nombreuses villes du monde et de France
afin de contraindre les états à agir radicalement contre le réchauffement climatique, dénoncer les activités prédatrices des multinationales et leurs conséquences pour les populations et les éco-systèmes et apporter  des solutions alternatives pour une véritable transition.
 
L’association St Hilaire Durable, qui s’oppose à un projet de golf-immobilier à St Hilaire de Brethmas, a choisi cette date pour organiser une marche qui partira d’Alès pour se rendre
sur la ZAD golfique de St Hilaire
 
Ce  projet de golf-immobilier, porté par Alès Agglomération, est éminemment néfaste pour le climat et notre territoire:
Gaspillage de la ressource en eau (création d’un bassin de 250 000 m3 pour arroser les greens) pompée dans la nappe du gardon d’Alès, destruction de terres agricoles (plus de 100 ha dès la mise en œuvre du projet, bien plus à terme), multiplication des déplacements par la création d’un urbanisme massif et excentré (lotissement-village de 255 logements dont 108 villas au cœur d’une zone agricole), morcellement des territoires (nouvelles routes et réseaux)*
 

le 29 novembre,

A pied et à vélo,

marchons ensemble d'Alès à St Hilaire !

10h : Rassemblement sur le parvis de la mairie d'Alès puis marche jusqu'à St Hilaire de Brethmas

13h : Arrivée sur la ZAD golfique de St Hilaire pour un pique-nique géant tiré du sac

sur place : stands, interventions, débats, petite restauration

covoiturage assuré pour le retour à Alès

 

 

 

 

 

 

 

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 00:39
 

 

 

Brest Réparez au lieu de jeter

La recyclerie Un peu d’R organise le premier Repair café brestois samedi 21 novembre. On vous y aidera à réparer vous-même votre matériel informatique.

19/11/2015 à 15:20 par juliensaliou

 

© Fotolia.com
Les bénévoles vous donneront des clés pour vous dépanner vous-même.(© Fotolia.com)

M.S.J.

 

Auréolée de son trophée breton du développement durable, la recyclerie Un peu d’R poursuit ses actions pour limiter les déchets. Avec l’organisation du tout premier Repair café brestois, samedi 21 novembre. L’idée : vous aider à réparer pour ne pas jeter. Ce premier rendez-vous sera consacré au matériel informatique.

Nouvelle vie

De 14 h à 18 h, plusieurs réparateurs bénévoles assureront une présence à la salle Tessier pour aider les visiteurs à diagnostiquer et réparer. Ils ne répareront pas pour vous mais avec vous et vous donneront des clés pour vous dépanner vous-même la prochaine fois. Apportez votre ordinateur s’il ne s’allume plus, s’il a besoin d’un nettoyage ou est trop vieux pour la dernière mise à jour Windows… Il bénéficiera peut-être d’une nouvelle vie.

« Si la réparation ne peut se faire sur place, vous serez conseillé sur la meilleure manière de la faire vous-même. Et si jamais votre matériel n’est pas réparable, vous pourrez nous le laisser car la recyclerie est point de collecte Eco-systèmes pour les déchets d’équipements électriques et électroniques », ajoute Matthieu Harel, membre de l’équipe d’Un peu d’R.

> Samedi 21 novembre, de 14 h à 18 h à la salle Tessier, rue Colonel-Fonferrier à Brest. http ://repaircafe.unpeudr.fr ; c’est gratuit.

00000 Brest
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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 21:16

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

Réfugiés et aides sociales : les intox de Pierre Lellouche

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

 

 

 

Pierre Lellouche, député de Paris, le 7 janvier 2015.

Le député (LR) de Paris, Pierre Lellouche, invité de RMC, a assuré que « l’Europe n’est pas une terre d’asile », et que « ce sont des dizaines et des centaines de personnes qui vont arriver ». Surtout, selon M. Lellouche, un réfugié politique aurait droit à plus d’aides « qu’une famille modeste » : 700 euros par mois, selon lui.

 

Ce qu’il a dit :

« Aujourd’hui, un réfugié politique, en France, il a droit à 700 euros par mois, il a une priorité au logement, il a droit au transport gratuit, toutes sortes de choses auxquelles la famille modeste ici n’a pas droit »

 

Pourquoi c’est faux

 

1. Un peu de vocabulaire

Lorsque l’on parle d’immigration, on a souvent tendance (les politiques les premiers) à confondre plusieurs notions :

- un demandeur d’asile est une personne qui cherche à obtenir un statut de réfugié auprès d’un pays. Durant l’examen de sa demande, il peut être aidé, mais peut aussi se voir refuser sa requête, et donc devoir – en théorie – quitter le pays. En pratique cependant, nombre de déboutés du droit d’asile restent en France, devenant de fait des immigrés clandestins (ou « sans-papiers ») ;

- un réfugié est une personne qui a obtenu le droit d’asile, et donc un statut officiel l’autorisant à rester, ainsi que son conjoint et leurs enfants mineurs, en France durant dix ans. Il a ensuite accès à plusieurs aides et dispositifs.

 

Les Asiatiques sont les plus nombreux réfugiés statutaires en France
 

0 25000 50000 75000 100000 125000 150000 175000 200000 Nombre de réfugiés selon le continent de provenanceAfrique AmériquesAsieEurope1980199020002010

2011
Afrique : 43 643
Amériques: 4 105
Asie: 62 702
Europe: 46 881
Total : <b>157 331</b>
Source : OFPRA

 

On compte en France aujourd’hui environ 175 000 réfugiés selon le ministère de l’intérieur, et le droit d’asile a été accordé, en 2014, à 14 564 personnes, pour 64 536 demandes.

 

Demandes et admissions à l'asile en France
 
 

2. Que touchent les réfugiés ?

Une personne qui a obtenu le statut de réfugié obtient un permis de séjour de dix ans en France, le droit de travailler et l’accès au contrat d’accueil et d’intégration (CAI), un « forfait » qui inclut des formations en langue et un bilan de compétences professionnelles. Mais elle ne touche aucune aide spécifique.

En réalité, un réfugié a accès à la même chose que les Français : allocations (familiales et logement), prestations sous conditions de ressource, revenu de solidarité active (RSA) s’ils n’ont aucun revenu, et couverture maladie universelle (CMU). Ces deux dernières allocations ne sont versées qu’aux réfugiés n’ayant aucun autre revenu. Dès lors qu’ils travaillent, les réfugiés cotisent et sont assujettis aux mêmes régimes que les nationaux.

Un réfugié n’a donc ni accès à 700 euros par mois, ni à davantage d’aides qu’une famille française modeste : il a les mêmes droits et les mêmes aides que cette famille, dans les mêmes conditions. Il a ainsi accès aux aides au logement ou à des logements sociaux, mais sans obtenir de priorité automatique du fait de son statut de réfugié : une mère célibataire réfugiée en France avec trois enfants sera considérée au même niveau qu’une mère célibataire française par les offices HLM.

De même, il n’y a pas de « transports gratuits » spécifiquement destinés aux réfugiés : là encore, ceux-ci ont accès aux aides données aux plus modestes par les conseils généraux et régionaux, dans les mêmes conditions.

Ce tableau résume qui a droit à quoi :

 

 

3. Mais alors de quoi parle M. Lellouche ?

En réalité, M. Lellouche a mélangé deux choses : les réfugiés et les demandeurs d’asile. Il parle donc probablement ici de demandeurs d’asile et de l’allocation temporaire d’attente (ATA).

L’ATA était jusqu’ici versée aux demandeurs d’asile en attente d’instruction du dossier, à condition de ne pas être hébergé dans un centre d’accueil. Pour la percevoir, il fallait ne pas dépasser un certain revenu : 524 euros pour une personne seule, 700 euros pour un couple, jusqu’à 1 571 euros pour un parent seul avec quatre enfants mineurs.

L’ATA était de 11,45 euros par jour, soit 343,50 euros par mois. Elle n’était accordée que durant l’instruction de la demande d’asile, ou durant la durée la protection temporaire ou subsidiaire (des variantes de l’asile).

Mais, et M. Lellouche, en tant que député, ne devrait pas l’ignorer, la loi a changé. Un texte, voté le 29 juillet, réforme le droit d’asile et cette allocation, qui disparaît pour les demandeurs d’asile. Une nouvelle allocation pour demandeur d’asile la remplace, dont les conditions d’attribution n’ont pas encore été précisées par décret.

Les demandeurs hébergés en centre d’accueil ont eux aussi accès à une aide, plus modeste : l’allocation mensuelle de subsistance (AMS) de 91 euros par mois pour une personne seule et qui peut grimper jusqu’à 791 euros par mois pour une famille de six enfants.

Enfin, signalons que les personnes en situation irrégulière ont accès à quelques aides, notamment l’aide médicale de l’Etat (AME) qui leur donne donc la gratuité des soins.

 

4. Grands mélanges et petits calculs

Sciemment confondre un réfugié, à qui la France a accordé sa protection au terme de l’examen de son dossier, un demandeur d’asile, dont le dossier est en cours d’examen, et un immigré clandestin, présent dans le pays sans titre de séjour ni justification, contribue à créer la confusion, et à donner une vision caricaturale de situations complexes.

On ne parle pourtant pas franchement des mêmes chiffres : on compte en France 178 000 personnes qui ont le statut de réfugié (en 2014). La plus grande majorité provient… d’Asie. Il s’agit assez souvent des anciens boat people des années 1980. Entre 10 000 et 15 000 personnes par an obtiennent ce statut.

Les demandeurs d’asile sont plus nombreux (51 000 demandes pour 14 000 admissions en 2014), et la question de leur devenir lorsqu’ils sont déboutés reste posée, la France ayant le plus grand mal à les expulser du territoire. Mais ces personnes qui restent en France sans statut sont alors des clandestins, qui n’ont pas droit à beaucoup d’aides, essentiellement l’aide médicale d’Etat (AME).

 

 

 Samuel Laurent
Responsable des Décodeurs - Vérifications, contexte, données.

 

 


Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

 

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 21:00

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Etat d’urgence : « une marge de manœuvre bien trop large est offerte aux autorités »

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Propos recueillis par

 

 

Les résultats du vote, jeudi 19 novembre, à l'Assemblée sur la prorogation de l'état d'urgence.

Professeur de droit public à l’université Jean-Moulin Lyon III, Marie-Laure Basilien-Gainche, auteur de Etat de droit et états d’exception (PUF, 2013), s’inquiète des décisons prises par le gouvernement en matière de libertés publiques.

 

Lire aussi : L’Assemblée vote la prolongation et le renforcement de l’état d’urgence

 

Que pensez-vous du projet de loi voté par l’Assemblée nationale jeudi 19 novembre ?

Marie-Laure Basilien-Gainche : Modifier la loi de 1955 dans celle de prorogation de l’état d’urgence me laisse circonspecte. Il ne faut pas mélanger les genres et troubler ainsi la hiérarchie des normes. Il y a une loi qui est destinée à durer et une prorogation qui ne l’est pas. Il est à craindre que certains éléments ne finissent pas entrer dans le droit commun.

Par ailleurs, l’article sur la dissolution des associations qui est introduit me paraît inquiétant : quasiment toutes peuvent rentrer dans son champ d’application et se voir dissoutes avec pour seul recours le juge administratif.

De la même manière, la terminologie de l’article sur les perquisitions administratives est trop floue. Une marge de manœuvre bien trop large est offerte aux autorités. Le contrôle du juge administratif semble peu à même de sanctionner les atteintes démesurées aux libertés.

 

Lire aussi : Pour les juristes, l’état d’urgence est « un moindre mal »

 

François Hollande a également annoncé lundi une révision constitutionnelle visant à créer un « régime civil d’Etat de crise ». Les lois actuelles ne sont-elles pas suffisantes ?

L’état d’urgence va être prorogé. Pendant trois mois, l’exécutif aura de plus grandes marges de manœuvre avec des restrictions faites à la liberté de circulation, à l’inviolabilité du domicile, à la liberté d’expression.

A cette loi de 1955, qui est certes datée, viennent s’ajouter les nombreuses normes adoptées pour renforcer les pouvoirs de la police dans la lutte contre le terrorisme, comme la loi sur le renseignement en juillet. L’arsenal juridique paraît donc suffisant pour travailler à la prévention des actes terroristes.

Si la lutte contre ces derniers révèle ses limites, ce n’est pas faute de textes mais faute de moyens, tout particulièrement humains. Il n’est nul besoin de révision constitutionnelle.

 

Lire aussi : Un nouveau régime d’« état de crise »

 

Alors, quelle est la motivation de cette modification de la Constitution ?

L’annonce d’une révision constitutionnelle me semble relever moins de l’utilité juridique que de l’effet politique. Elle contribue à affirmer l’autorité présidentielle auprès d’une population déboussolée et inquiète qui demande à être rassurée.

Si l’on peut comprendre un tel positionnement, il me laisse perplexe. Pour faire de bonnes lois, et plus encore de bonnes lois constitutionnelles, il faut prendre le temps de la réflexion. On considère aussi qu’il n’est pas souhaitable de modifier les textes constitutionnels dans les périodes de crise, encore moins les dispositions constitutionnelles qui traitent justement de ces périodes de crise.

Réviser la constitution en ce moment, quand bien même cela peut rasséréner et rassembler, peut se révéler destructeur pour nos principes fondamentaux.

Peut-on craindre une pérennisation de l’état d’exception ?

Les états d’exception doivent par définition être exceptionnels. Or, selon moi, ce n’est pas le cas des attentats du 13 novembre. On en a eu d’autres en janvier et il faut aussi regarder ce qui s’est passé à Beyrouth ou, ces dernières années, à New York, à Madrid, à Londres. Par conséquent, les actes terroristes ne sauraient être appréhendés comme des faits ponctuels demandant de recourir aux outils de gestion de l’exceptionnel.

Utiliser les moyens offerts par les états d’exception pour mener la lutte contre le terrorisme risque de conduire durablement à des atteintes aux équilibres institutionnels et aux droits fondamentaux qui frapperaient non seulement les supposés terroristes, mais bien tous les citoyens.

 

Juridiquement, peut-on dire, comme l’a fait François Hollande, que « la France est en guerre » ?

Une guerre se déroule entre des Etats reconnus au niveau international. Daech n’est pas un Etat mais une organisation criminelle. Traiter les terroristes comme des ennemis au sens juridique du terme, c’est-à-dire des représentants d’un Etat avec lequel on est en guerre, les positionne comme pouvant se prévaloir du droit des conflits armés et non pas comme relevant du droit pénal.

Cela leur donne une légitimité, aussi bien d’un point de vue politique que juridique, et des atouts pour se défendre qu’ils n’auraient pas si on les prenait pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire de purs criminels.

 

 

 

Le gouvernement veut aussi modifier la Constitution pour rendre possible la déchéance de nationalité pour des Français binationaux nés en France et ayant été condamnés pour terrorisme…

Je demeure dubitative quant à l’intérêt d’une telle mesure. Moins d’une trentaine de personnes ont été concernées par une déchéance de la nationalité depuis 1990 : réforme-t-on une Constitution pour une trentaine de personnes ?

Par ailleurs, quid des nationaux qui commettent des actes terroristes ? Faute de pouvoir être déchus de leur nationalité – car il s’agirait alors d’un bannissement que prohibe la Convention européenne des droits de l’homme –, ils seraient traités différemment ?

 


 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 20:53

 

Source : https://france.attac.org

 

 

État d’urgence, marches interdites, escalade militaire : la démocratie menacée

jeudi 19 novembre 2015, par Attac France

Ni le deuil suite aux effroyables attentats, que nous partageons toutes et tous, ni les menaces réelles qui pèsent encore, ne peuvent justifier l’interdiction de toutes les manifestations. L’interdiction de la marche pour le climat du 29 novembre et des manifestations du 12 décembre à la fin de la COP 21, renforce le sentiment de dépossession et la confusion entre sécurité et ordre sécuritaire. Ces manifestations, préparées de très longue date, sont le moment d’une parole et d’une expérience citoyenne internationales pour faire advenir des sociétés justes et soutenables, moment historique pour l’avenir de la planète et de l’humanité.

 

 

L’état d’urgence est prolongé de trois mois, sans aucune perspective de sortie. Or, la pire des politiques est bien de mettre la démocratie en veilleuse et de basculer dans un régime d’exception permanent. La sécurité est indissociable des libertés publiques, c’est une société consciente, active et mobilisée qui assurera la pérennité de la vie démocratique et de la vie tout court.

Les attentats du 13 novembre justifient évidemment une forte réaction policière et un renforcement des mesures de sécurité tant que les auteurs n’ont pas tous été arrêtés. Cela ne justifie en rien une dérive sécuritaire qui prive les sociétés des moyens de se défendre face à ce qui les menace. Ces attaques ont été aveugles et elles créent aujourd’hui un sentiment d’insécurité fort dans la population. Raison de plus pour occuper pacifiquement l’espace public, comme cela s’est réalisé spontanément pendant les derniers jours, sur les terrasses, sur les places publiques.

Concernant la COP 21, nous connaissons les conséquences dramatiques, y compris en termes de sécurité, d’un réchauffement climatique non contenu. Aucune armée ou escadron de police ne pourra résoudre cette question là. Seule une société inventive, éprise de justice et de démocratie, pourra faire face à ces enjeux. Les mobilisations pour le climat sont aussi notre réponse aux terroristes : vous rêvez de tuer et de mourir, nous voulons la justice sociale et préserver la vie sur cette Terre que nous avons en partage.

Attac appelle les organisations de la société civile à prendre des initiatives communes en défense des libertés démocratiques, à commencer par la liberté de rassemblement et de manifestation. Lors de la COP 21 nous trouverons ensemble les moyens de signifier au monde entier les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité entre les hommes et avec la nature.

Nous appelons à renforcer toutes les initiatives décentralisées prévues pour les 28 et 29 novembre, à participer au Sommet citoyen pour le climat les 5 et 6 décembre à Montreuil, à s’inscrire dans les activités de la Zone action climat (ZAC) au « 104 » et enfin à préparer et discuter collectivement des manifestations du 12 décembre à Paris.

 

 

Source : https://france.attac.org

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