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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 15:43

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Recyclage

La contribution des déchets au réchauffement climatique reste sous-estimée

par

 

À peine 3 %. C’est la part des émissions de gaz à effet de serre européennes qui vient du traitement des déchets, selon la comptabilisation de l’Agence européenne de l’environnement. Soit bien moins que les émissions qui proviennent des transports ou de l’agriculture. Mais selon un rapport publié cette semaine par les organisations Zéro Waste (l’ancien Centre national d’information indépendante sur les déchets) et le réseau international de villes et régions ACR+, ce chiffre est loin du compte.

« Actuellement une partie des émissions de gaz à effet de serre dues aux déchets sont comptabilisées dans la section agriculture (gaspillage alimentaire), dans la section énergie (incinération), dans la section transport et dans la section industrie (prévention et recyclage) », expliquent les organisations. La contribution de la gestion des déchets aux émissions de gaz à effet de serre, et donc au changement climatique, serait en fait bien plus importante que le chiffre officiel de 3 %. Par ricochet, le potentiel de réduction des émissions dans ce secteur aussi.

« Le cinquième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) semble avoir échoué à convaincre les décideurs politiques de prendre en compte les questions climatiques dans les choix de politiques de gestion des déchets », estiment Zéro Waste et l’ACR+. Pourtant, des politiques centrées sur la prévention des déchets plutôt que sur leur traitement seraient bien plus efficaces pour le climat. « Le recyclage d’ une tonne d’emballages en plastique permet d’éviter 500 kg d’équivalent de CO2, alors que l’utilisation d’une tonne de plastique de moins permet d’économiser six fois plus d’émissions (trois tonnes d’équivalent de CO2) », précise le rapport. Même le compostage des déchets biologiques n’est pas la meilleure solution si on la compare à la prévention du gaspillage alimentaire. Quels que soient les domaines, « la prévention génère les gains les plus importants ».

Et ce même lorsque les déchets servent à produire de l’énergie. Les deux organismes critiquent ainsi durement les politiques de soutien à l’énergie biomasse issue des déchets. « Considérer que brûler de la biomasse est neutre pour le climat encourage l’incinération de matériaux recyclables ou compostables, ce qui doit être la priorité, mais seulement après la prévention, précise Delphine Lévi Alvarès, responsable du plaidoyer à Zéro Waste France. Les soutiens à la biomasse n’encouragent pas à faire les efforts nécessaires en matière de prévention et de recyclage. » À côté d’une fiscalité qui privilégie la prévention, avec par exemple une TVA réduite sur les activités de réparation, l’organisation demande donc aussi la suppression de toutes subventions, directes ou indirectes, à la production d’énergie à partir de déchets.

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 15:31

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Climat: François Hollande et Xi Jinping veulent le beurre et l'argent du beurre

|  Par Michel de Pracontal

 

 

Une déclaration des présidents chinois et français appelle à un accord qui relève le défi du changement climatique, en respectant l'équité entre les pays et en maintenant « une croissance économique forte », tout en gardant « l'objectif de contenir l’élévation de température en dessous de 2 °C ». Des intentions louables, mais des demandes incompatibles.

 

En visite en Chine, à quatre semaines de l’ouverture de la COP21, François Hollande cherche l’appui de Pékin afin de défendre « un accord global et ambitieux pour permettre de limiter à deux degrés le réchauffement » de la planète. Le président français et son homologue chinois Xi Jinping ont signé une déclaration selon laquelle « l’accord de Paris doit envoyer un signal clair afin que le monde engage une transition vers un développement vert et sobre en carbone ». Les deux présidents appellent à un accord « fondé sur l’équité », et souhaitent orienter l’économie mondiale « sur la voie d’une réduction des émissions de carbone durant ce siècle, à un rythme compatible avec une croissance économique forte et un développement social équitable et avec l’objectif de contenir l’élévation de température en dessous de 2 °C ». Les intentions sont louables, mais l’objectif est-il encore d’actualité ?

Evolution des émissions de CO2 par habitant (USA, Europe, Chine, reste du monde)
Evolution des émissions de CO2 par habitant (USA, Europe, Chine, reste du monde) © Glen Peters et al./Environmental Research Letters
 

Selon toute une série d’analyses scientifiques, le sommet de Paris sur le climat a très peu de chances de « sauver » la cible symbolique des 2 °C de réchauffement par rapport à l’ère pré-industrielle (voir notre article). Cet objectif demanderait de réduire les émissions de gaz carboniques immédiatement, non pas « durant ce siècle », et de les arrêter totalement aux alentours de 2050. Or, la déclaration sino-française souligne seulement « l’importance de formuler des stratégies nationales de développement sobre en carbone pour 2050 ». Autrement dit, à une date où les jeux seront faits, du moins en ce qui concerne les chances de tenir cet objectif symbolique des 2 °C.

Si l’on se base sur les promesses faites par les pays participant à la COP21, la trajectoire des émissions risque au mieux de conduire à un réchauffement de l’ordre de 3 °C.

Une étude, publiée le 15 octobre dans Environmental Research Letters, tente d’évaluer ce que pourrait être un « accord ambitieux et équitable » sur les émissions de gaz à effet de serre, avec l’objectif de respecter la limite des 2 °C. Elle montre l’abîme qui sépare les bonnes intentions affichées par Paris et Pékin de la réalité : supposons que la Chine, les États-Unis et l’Union européenne respectent scrupuleusement leurs promesses actuelles, celles qui devraient être validées par l’accord de Paris ; alors, d’après l’étude, il faudrait, pour que l’objectif des deux degrés soit tenu, qu’un habitant de n’importe quel autre pays du monde accepte, en 2030, d’émettre 14 fois moins qu’un Américain, 10 fois moins qu’un Chinois et 7 fois moins qu’un Européen. Ce n’est pas précisément ce que l’on pourrait qualifier d’accord équitable !

Pourquoi la contrainte est-elle aussi forte ? Parce que le réchauffement ne dépend pas seulement des émissions actuelles mais de leur cumul depuis le début de la période industrielle. Des travaux récents ont montré que sur une période donnée, la hausse de la température moyenne était proportionnelle à la quantité totale de gaz carbonique émis dans l’atmosphère. Il en résulte que pour que cette hausse reste en dessous de 2 °C, il faut que le total des émissions d’origine humaine depuis le début de la révolution industrielle reste en dessous d’une certaine quantité, d’un certain « budget CO2 ».

Ce budget est déjà largement entamé, et il serait épuisé en vingt ans au maximum si l’on maintenait les tendances actuelles de consommation d’énergie. Si l’on prend en compte les promesses des pays participant à la COP21 pour la période 2020-2030, ou INDC (intended nationally determined contributions, ou contributions volontaires nationales), le budget CO2 sera « explosé » en 2050.

« En gros, si l’on cumule les promesses d’émissions des États-Unis, de l’Union européenne, de la Chine et de l’Inde, le total épuise déjà tout le quota autorisé de CO2 », nous indique le climatologue Glen Peters, du Centre de recherche international sur l’environnement et le climat (Cicero), à Oslo, premier auteur de l’étude de Environmental Research Letters.

Peters et ses collègues ont chiffré précisément les émissions compatibles avec la limite des deux degrés, en se limitant au CO2 produit par les combustibles fossiles et l’industrie, ce qui représente les deux tiers du total des émissions de gaz à effet de serre (les conclusions globales ne seraient guère différentes si l’on considérait l’ensemble des émissions). Depuis 1870, 1465 milliards de tonnes de CO2 ont été émises, dont près de la moitié par les États-Unis et l’Europe. Le budget restant est de 765 milliards de tonnes. Or, si la Chine, les États-Unis et l’Union européenne suivent leurs engagements, ils auront déjà émis 37 % de ce budget (285 milliards de tonnes) en 2030. Et ces trois entités politiques émettront en 2030 environ 16 milliards de tonnes de gaz carbonique par an, ce qui représentera 80 % du total annuel compatible avec l’objectif des 2 °C. Autant dire que cela ne laisse pas beaucoup de place aux autres.

Emissions des USA, de l'Union européenne, de la Chine et du reste du monde (le trait noir représente la limite des 2 °C)Emissions des USA, de l'Union européenne, de la Chine et du reste du monde (le trait noir représente la limite des 2 °C) © Glen Peters et al./Environmental Research Letters
 

Pour souligner plus nettement le problème, Glen Peters et ses collègues supposent que la répartition internationale des émissions se fasse de manière « équitable », c’est-à-dire en demandant que les émissions autorisées pour un pays soient en proportion de sa population. Si l’on suivait ce principe, les États-Unis n’auraient plus droit qu’à émettre 34 milliards de tonnes, ce qui supposerait qu’ils atteignent le seuil de zéro émission peu après 2020 ; or, leurs engagements conduisent à 74 milliards de tonnes émises en 2030 et 120 milliards en 2050. Pour l’Union européenne, le budget « équitable » serait de 53 milliards de tonnes ; les promesses conduisent à 19 milliards d’ici 2020, 46 d’ici 2030 et 79 d’ici 2050.

La Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, est dans une situation plus délicate, car son ambition climatique se heurte à sa croissance. D’après l’étude de Peters, les émissions chinoises commenceraient à baisser au mieux en 2021 ; le quota équitable serait de 144 milliards de tonnes, et les engagements d’ici 2030 conduiraient à 165 milliards de tonnes émises. Bref, dans l’état actuel des promesses, seule l’Union européenne pourrait respecter un accord équitable jusqu’à 2030, mais à l’horizon 2050 elle ne le tiendrait plus.

En résumé, l’étude montre que sur la base des promesses actuelles, en 2030, la répartition ne serait pas équitable mais suivrait plutôt un principe d’« inertie », autrement dit, elle reproduirait les inégalités actuelles. Un habitant des États-Unis émettrait 10 tonnes de CO2 tandis qu’un Chinois en émettrait 6,8 et un Européen 4,9 ; sur cette base, et toujours avec l’objectif de rester en dessous de deux degrés de réchauffement, il faudrait qu’un habitant de tout autre pays du monde que les trois entités citées se contente de 0,7 tonne de CO2. Or, actuellement, les émissions par tête sont de 16,9 tonnes par an pour un Nord-Américain, 6,9 pour un Chinois, 6,4 pour un Européen et 3,5 pour un habitant du reste du monde. On voit donc que les promesses faites par les pays occidentaux et la Chine aboutissent à demander à chaque habitant du reste du monde de diviser ses émissions par 5, alors même que celui des États-Unis se contenterait de les réduire de 60 %, l’Européen de 30 % et que le Chinois resterait au même niveau.

Emissions des USA, de l'Union européenne, de la Chine et du reste du monde (le trait noir représente la limite des 3 °C)
Emissions des USA, de l'Union européenne, de la Chine et du reste du monde (le trait noir représente la limite des 3 °C) © Glen Peters et al./Environmental Research Letters
 

Un partage plus équitable ne serait possible que si les États-Unis et l’Union européenne réduisaient beaucoup plus fortement leurs émissions dès 2020, ou même immédiatement ; la Chine, elle, devrait commencer à réduire ses émissions dès 2017 et les réduire de plus de 80 % d’ici 2050, si elle visait une répartition équitable.

 

En clair, les trois principaux émetteurs ne sont pas sur la trajectoire des 2 °C, sauf en acceptant un partage inégal (les deux schémas ci-dessus montrent qu’un objectif de 3 °C a beaucoup plus de chances d’être atteint). Mais la déclaration des présidents chinois et français appelle à un accord « fondé sur l’équité » et il est de toute façon difficile d’imaginer que l’Inde, le Brésil, la Russie ou d’autres pays émergents acceptent d’étrangler leur croissance quand les plus riches ne freinent que modérément ; de plus, la Chine est déjà sur une lancée qui ne permet sans doute pas de réduire suffisamment ses émissions pour rester dans le cadre des 2 °C. Selon toute probabilité, l’accord équitable espéré par François Hollande pourra se conclure, mais la cible réelle sera plutôt 3 °C que les 2 °C officiellement affichés.

 

 

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 15:17
 
 

 

Calais, une politique absurde, inutile et dégradante

 

Découvrez les témoignages vidéo d’un Syrien et d’un Irakien libérés le 29 octobre du centre rétention administrative de Toulouse après cinq jours de privation de liberté.

Témoignage de Mohamad déplacé de Calais au centre rétention administrative de Toulouse Cornebarrieu le 24 octobre 2015.
Propos recueillis à sa libération du CRA le 29 octobre 2015 par La Cimade. Mohamad est Syrien. Le prénom a été changé.

 

 

Témoignage de Farid déplacé de Calais au centre rétention administrative de Toulouse Cornebarrieu le 24 octobre 2015.
Propos recueillis à sa libération du CRA le 29 octobre 2015 par La Cimade. Farid est Irakien. Le prénom a été changé.

 

 

 

L’opération de grande envergure menée par le gouvernement depuis le 21 octobre pour disperser des centaines de migrants de Calais se poursuit. À ce jour, près de 600 personnes ont été déplacées puis enfermées dans sept centres de rétention administrative (CRA), à Marseille, au Mesnil-Amelot, à Metz, Nîmes, Paris-Vincennes, Rouen et Toulouse.

Après le jet privé pour 5 exilés, le gouvernement accélère la cadence et loue un avion de la sécurité civile pour 25. Il a déjà effectué douze rotations pour enfermer les exilés de Calais à Marseille, Nîmes et Toulouse. Quatorze transferts en bus se sont chargés de remplir des CRA du Mesnil-Amelot, de Metz, Paris-Vincennes et Rouen. La machine à disperser tourne à plein régime : elle enferme, elle humilie. Elle ajoute de la violence à la violence, du traumatisme au traumatisme, déjà subis entre le parcours de l’exil et les campements de Calais.

99 % des personnes enfermées sont libérées dans les 5 premiers jours de leur enfermement en CRA. La plupart sont déjà de retour à Calais. Comble de cette obstination absurde, coûteuse et dégradante : un Syrien enfermé au CRA de Metz 5 jours fin octobre a été une nouvelle fois privé de liberté au CRA du Mesnil-Amelot du 2 au 3 novembre, après deux nuits dans les campements de Calais. Ce cas n’est pas isolé : un Afghan de Calais a déjà été enfermé à deux reprises au CRA d’Hendaye en août. Un sort qui guette les 600 autres.

Des familles sont séparées : un enfant afghan de 12 ans est resté seul dans la jungle pendant que son père et le reste de sa famille étaient embarqués pour le CRA de Toulouse.

Les personnes concernées par ces rafles : 23 % de Syriens, 17 % d’Afghans, 13 % d’Iraniens, 11 % d’Irakiens, 10 % d’Érythréens.
Tous sont à la recherche d’une protection au titre de l’asile, mais le gouvernement leur impose les barbelés et le traumatisme de l’enfermement avec la perspective d’une expulsion.

La Cimade appelle le gouvernement à changer radicalement de politique et à appliquer les valeurs d’humanité dont il se réclame.

> Lire le communiqué de presse du 4 novembre 2015 : Calais, une politique absurde, inutile et dégradante

> Lire le communiqé de presse du 22 octrobre 2015 : Calais, le gouvernement joue la grande illusion

 
 
 
 
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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 15:15

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Les murs, une barrière criminelle sur la trajectoire des réfugiés : l'exemple grec

|  Par Amélie Poinssot

 

 

 

Plus de quatre-vingts personnes sont mortes noyées ces dix derniers jours au large des îles grecques. De nombreuses voix à Athènes en appellent à ouvrir le mur de l'Evros, érigé fin 2013 par le gouvernement de droite de Samaras sur les 12 km de frontière terrestre qui séparent la Grèce de la Turquie. À l'heure où plusieurs pays d'Europe centrale tentent de fermer leurs frontières, le cas grec met en évidence les conséquences criminelles de telles barrières.

 

 

 

Le décompte est macabre. Quatre morts le 2 novembre, au large de l'îlot de Farmakonissi. Onze morts, dont six enfants, la veille, au large de l'île de Samos. Vingt-deux corps repêchés au large de Kalymnos et de Rhodes le 30 octobre. Quarante-deux décès dans le naufrage d'une embarcation transportant plus de 300 personnes au large de Lesbos le 28 octobre. Trois corps retrouvés, dont deux enfants, mais aussi sept disparus, le 25 octobre, au large de Lesbos… Ces dix derniers jours, les naufrages des embarcations précaires de migrants qui s'engagent dans la traversée des côtes turques vers les terres grecques sont devenus pratiquement quotidiens, venant alourdir un nombre de morts en Méditerranée qui a déjà battu un triste record : près de 3 000 personnes ont perdu la vie en tentant une traversée vers le continent européen depuis début 2015.

La situation sur l'archipel hellène, si elle n'était déjà humainement tragique, aurait un aspect absurde. Seuls quelques kilomètres séparent les îles grecques les plus orientales des côtes turques – parfois même moins : entre Samos et la Turquie, 1 200 mètres à peine… Pour les touristes munis de passeports européens, le voyage, en toute sécurité, ne coûte que quelques euros. Pour ces hommes, ces femmes et ces enfants qui fuient un pays en guerre ou des conditions de vie devenues trop dangereuses, en provenance de Syrie, d'Afghanistan, d'Irak ou d'Iran, la traversée peut coûter jusqu'à 3 000 euros (comme en témoigne notamment ce récit par Carine Fouteau, qui retrace le parcours d'un réfugié syrien, de Hama à Solo). Une traversée où ils mettent leur vie en jeu, entassés à plusieurs dizaines sur des pneumatiques, beaucoup ne sachant pas nager.

La Grèce a toujours été une porte d'entrée dans l'Union européenne : ses îles, proches des côtes turques, ont toujours vu passer des migrants. Mais la situation s'est considérablement aggravée ces deux dernières années et le bilan humain n'a jamais été aussi lourd. Cela ne tient pas seulement à l'ampleur du flux actuel, sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et en constante augmentation (le mois d'octobre a présenté un nouveau pic pour la Grèce, qui a vu arriver plus de 200 000 personnes d'après l'Organisation internationale des migrations). Ce phénomène est lié, aussi, au changement de parcours migratoire, la route des îles étant la seule encore possible en Grèce, et la plus dangereuse de toutes, en particulier lorsque les vents se lèvent sur la mer Égée, comme c'est le cas en ce moment.

 

La main d'un homme échoué sur l'île de Lesbos, le 31 octobre 2015.
La main d'un homme échoué sur l'île de Lesbos, le 31 octobre 2015. © Reuters
 

Car depuis deux ans, une barrière construite à la limite nord-est de la Grèce, le long des 12 kilomètres de frontière terrestre qui la séparent de la Turquie, au détour d'un méandre de l'Evros – le fleuve frontalier –, a fermé la route plus sûre que constituait, pour les migrants, cette entrée dans l'Union européenne (UE) par une simple traversée à pied (que Mediapart avait raconté, déjà, début 2011). Érigé sous le gouvernement Samaras (droite conservatrice), en dépit de l'avis critique de Bruxelles et sans argent européen, ce mur de barbelés, désormais étroitement surveillé avec l'aide de Frontex, a eu l'effet exactement contraire de celui escompté : loin de limiter les entrées en Grèce, sa construction a provoqué un déplacement de la route migratoire vers les îles. Multipliant, par là même, le nombre de morts et de traversées périlleuses.

À l'heure où plusieurs gouvernements d'Europe centrale envisagent d'ériger de nouveaux murs, l'exemple grec devrait faire réfléchir. Après la Hongrie de Orban, qui a fait construire un mur de 175 km à sa frontière avec la Serbie et souhaite désormais installer de nouvelles clôtures à ses frontières avec la Roumanie et la Croatie (voir notamment l'interview accordée par Viktor Orban au Figaro, le 16 septembre dernier), c'est au tour de l'Autriche de vouloir construire une barrière sur sa frontière avec la Slovénie. Ce serait une première : la fermeture d'une frontière au sein même de l'espace Schengen. De son côté, le premier ministre slovène s'est dit prêt à édifier une clôture entre son pays et sa voisine croate… Or – c'est une évidence rappelée régulièrement par les ONG et les associations d'aide aux migrants –, un mur n'a jamais empêché un migrant fuyant la guerre de poursuivre sa route.

En Grèce, on ne compte plus ces derniers jours les voix qui s'élèvent pour « ouvrir » le mur de l'Evros. Il y a eu notamment, ce week-end, le cri de colère d'Aris Messinis, photographe grec employé par l'Agence France-Presse à Athènes, qui se trouve régulièrement sur les îles pour couvrir ces arrivées sans précédent et les élans de solidarité qui les entourent. Mais la solidarité ne suffit pas, dit-il, face à la tragédie. « À Lesbos, nous vivons une deuxième Syrie, a-t-il déclaré dans une interview au site grec indépendant Press Publica, qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux. L’État, notre État de gauche, n'existe pas. Il laisse les bénévoles et les pêcheurs sortir les hommes des vagues. La seule chose que fait notre État de gauche c'est de twitter, à travers le compte Tweeter du premier ministre, sur l'Europe qu'il souhaite. L'Europe, soi-disant, de la solidarité et de l'humanisme. » Le photographe n'a pas de mots assez durs pour décrire la réalité qu'il tente de saisir avec son appareil. « Je suis père… et je vois devant moi des enfants qui se noient. […] J'ai couvert des guerres et j'ai vu des enfants morts. Mais ce qui se passe ici n'a pas de précédent. Ils sont comme des moutons à l'abattoir. » Alors que la barrière de l'Evros reste, pour l'heure, complètement hermétique, Aris Messinis déclare : « Qu'ils ouvrent au moins une porte, afin de les laisser passer, goutte à goutte. C'est seulement comme ça que les noyades s'arrêteront et que le contrôle voulu pourra fonctionner. »

 

« Barrière de la honte »

La question du mur de l'Evros est pourtant ouvertement posée par de nombreux acteurs sur le terrain. Plusieurs associations militent pour son démantèlement, et même des institutions, comme la région Égée du Nord. À Kastanies, la commune la plus proche de cette frontière terrestre avec la Turquie voisine, le collectif « Stop Evros Wall » a organisé ce samedi 31 octobre une manifestation qui a rassemblé des centaines de personnes, dont une bonne partie venue de Thessalonique pour l'occasion. Parallèlement, la commission « droits de l'homme » de Syriza, rappelant opportunément que la Grèce a été le premier pays en Europe à ériger un mur face aux flux migratoires, a demandé l'ouverture de cette « barrière de la honte » et l'organisation d'un passage sécurisé pour les réfugiés.

Mais au niveau gouvernemental, rien ne bouge pour l'instant et la position de l'exécutif Tsipras, à rebours de son parti, tient de la schizophrénie. Le premier ministre a bien fustigé, dans son discours devant la Vouli, la semaine dernière, l'« hypocrisie » européenne et condamné ces pays qui « adoptent la logique de construction de murs et de fils barbelés sur les frontières pour empêcher les migrants de passer leurs frontières »… Mais il n'a pas dit un mot sur la frontière nord-est du pays. Dans l'opposition au moment de la construction du mur, en 2012, les députés Syriza étaient pourtant les premiers à s'opposer à cette politique de fermeture et de répression à l'égard des migrants…

 

La barrière de l'Evros, au moment de sa construction, en 2012.
La barrière de l'Evros, au moment de sa construction, en 2012. © Archives Reuters
 

Le Journal des rédacteurs (Ephimerida ton syntakton, quotidien grec partenaire de l'opération #OpenEurope), a posé la question aux trois membres du gouvernement compétents sur ce sujet : le ministre délégué à la politique migratoire, celui délégué à la protection du citoyen (équivalent du ministre français de l'intérieur) et le ministre de la marine. Dans son numéro du 2 novembre, les trois répondent, écartant l'éventualité d'une ouverture à court terme et renvoyant la balle aux institutions européennes. Pour le premier, Nikos Mouzalas, « la question de démanteler le mur repose sur une base politique et idéologique juste. […] Nous l'écoutons avec grand respect et attention. Je me retrouverais probablement davantage dans le slogan “aucun mur nulle part”, mais je ne veux pas imposer à la mobilisation ses termes. Toutefois, dans la conjoncture actuelle, les conditions ne sont pas réunies pour que le démantèlement du mur conduise à un résultat positif ; au contraire, le risque est que cela renforce les problèmes pour les réfugiés comme pour la Grèce ».

Le ministre rappelle ainsi qu'il y a eu de nombreux morts lorsque les migrants empruntaient la route de l'Evros, les années précédentes. Ce n'est pas faux, mais il fait la confusion entre la traversée par le fleuve Evros, effectivement très meurtrière, et la traversée, à pied, par la frontière terrestre qui, elle, ne présentait pas de danger objectif. « La question n'est pas de ne pas avoir de morts en mer Égée et d'en avoir dans la région de l'Evros. La question est celle de la nécessité d'avoir une politique européenne de responsabilité commune, qui comprenne un accord avec la Turquie afin de réduire le flux, et que les autres pays cessent de construire des murs et d'alterner ouverture/fermeture des frontières. »

Pour Nikos Toskas, le ministre délégué à la protection du citoyen, le mur à la frontière gréco-turque ne joue tout simplement « aucun rôle ». Le ministre de la marine Theodoris Dritsas, quant à lui, exprime, comme Mouzalas, son opposition aux murs en général, mais l'impossibilité de s'attaquer à celui-ci en particulier. « Les barrières sont la preuve d'un manque de stratégie et la seule chose qu'elles font est de confirmer de manière criminelle les égoïsmes nationaux. […] Les tragédies dans les eaux de la mer Égée, mais aussi sur toutes les routes migratoires terrestres, nous imposent d'avoir une stratégie d'ensemble. »

Autre problème soulevé par ces ministres : pour gérer au mieux cette frontière, la Grèce et l'Union européenne doivent établir un nouvel accord avec la Turquie. Bruxelles a promis à Ankara un chèque de 3 milliards d'euros pour l'aider à contenir le flux vers l'UE et à accueillir les migrants à l'intérieur de ses frontières. Mais dans un contexte de relations gelées entre l'Union et la Turquie et d'un durcissement autoritaire du président Recep Tayyip Erdogan, dont le pouvoir vient d'être confirmé avec le succès de son parti, l'AKP, aux élections, la coopération sur ce dossier s'annonce des plus difficiles. Et pour ne pas faciliter les choses, la Grèce et la Turquie, vieilles sœurs ennemies, comptent entre elles de nombreux contentieux, parmi lesquels la répartition des eaux territoriales au large des côtes turques… Les réfugiés ne sont pas seulement victimes de conflits dans leurs pays. Ils sont aussi, dans leur tentative d'entrer en Europe, pris dans le filet d'enjeux géopolitiques qui les dépassent complètement.

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 15:07

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

A Sciences Po, Manuel Valls enterre le droit de vote des étrangers

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

 

Manuel Valls lors de son discours à Sciences Po, mardi 3 novembre.

 

Il est près de 19 h 15, mardi 3 novembre, quand enfin le débat s’anime entre Manuel Valls et les étudiants de Sciences Po. Depuis plus d’une heure, le chef du gouvernement, invité par l’école parisienne à plancher sur le thème de la réforme, déroule un discours convenu et sans aspérités. Il rappelle que « la France est un grand pays » avec « ses paysages, ses reliefs et son climat tempéré », mais qu’elle souffre d’une « perte de confiance profonde » liée à la « crise économique, sociale et démocratique », mais aussi à une « crise d’identité » et « de l’autorité ». Des formules déjà plusieurs fois entendues ces derniers mois.

 

M. Valls qui, après sa nomination à Matignon en mars 2014, s’était inquiété que « la langue politique [soit] devenue une langue morte », ne fait rien pour la ressusciter. Le gouvernement, selon lui, « assume les responsabilités », fait « le choix du progrès et de la réforme », affronte le « défi terroriste », le « défi climatique » ou celui de « la lutte contre les inégalités », dans un « monde globalisé »« les réseaux sociaux accélèrent le temps » L’ambiance est cordiale, la salle écoute poliment, mais les 400 étudiants somnolent légèrement dans la chaleur de l’amphithéâtre Boutmy.

 

« M. Valls, vous êtes-vous assagi ? »

Jusqu’à ce que l’un d’entre eux réveille l’auditoire en posant la question qui est sur les lèvres de tous les observateurs du monde politique depuis la rentrée. « M. Valls, on vous a connu briseur de tabous, on a connu un Manuel Valls qui voulait changer le nom du PS, qui voulait un blairisme à la française, vous êtes-vous assagi ? Vous semblez avoir perdu de votre fougue réformatrice, alors n’êtes-vous pas un peu frustré, voire bloqué par François Hollande ? », demande Benjamin, élève en 4e année.

 

Piqué au vif, le premier ministre retrouve alors ses accents vallsiens. Reconnaissant « avancer avec des compromis parce qu’on ne peut pas gouverner à la schlague », il affirme néanmoins « n’avoir pas perdu [sa] force de conviction et [sa] volonté de changer les choses ». A l’écouter, s’il a moins besoin que par le passé de faire des coups d’éclat, c’est parce que sa ligne s’est imposée à gauche. Plus besoin d’être transgressif puisqu’il serait devenu majoritaire. En somme, ce n’est pas Valls qui se serait « hollandisé », mais plutôt le chef de l’Etat et l’ensemble des socialistes qui se sont « vallsisés ».

« Sur la sécurité, j’ai fait évoluer profondément la gauche, il n’y a plus de débat, je n’ai pas besoin d’être frondeur ou à part », explique M. Valls. Idem sur la laïcité où son « message » est désormais « la ligne politique majoritaire au sein de la gauche », ou sur la compétitivité économique et la baisse des charges aux entreprises, deux thèmes qu’il « port [ait] déjà dans [son] discours durant la primaire de 2011 ». Répétant à quatre reprises qu’il ne se sent « absolument pas frustré », M. Valls jure au contraire être « plutôt bien dans [ses] baskets ». « Là où je suis, avec la confiance du président et de la majorité, j’avance et je suis utile à mon pays », assure-t-il.

Le premier ministre termine en évoquant le vote des étrangers, promesse de 2012 non tenue. A ses yeux, non seulement cette réforme « ne peut pas se faire » faute d’une « majorité qualifiée », mais elle n’est « plus une priorité » car « le vrai sujet » est de « renouer avec la naturalisation », ajoutant qu’il est « convaincu qu’elle ne sera pas proposée à la prochaine présidentielle ». « Il ne faut pas courir derrière des totems », conclut M. Valls, redevenu briseur de tabous l’espace d’un instant.

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 15:01

 

Info reçue par mail

 

 

"Après Charlie: crise de la politique et imaginaire démocratique"
Conférence-débat avec Edwy Plenel
journaliste, écrivain et fondateur du site Mediapart
 
 
"Les attentats des 7,8 et 9 janvier 2015 nous obligent au sursaut. Non pas celui des politiques de la peur qui voudraient nous mettre en guerre. Mais celui de l'égalité, des politiques démocratiques et sociales qui, seules, pourront faire reculer la nécrose de l'espérance dont se nourrit la guerre des identités"
 
 
 
 
Lundi 9 novembre 2015 - 19h-21h
 
Auditorium de la Maison du département, rue Guillemette (face à l'entrée du Conseil général) à Nimes
 
 
 
 Organisée par la Féria du livre de la critique sociale et des émancipations  http://feriadulivre2015.jimdo.com/ 

et l'Université critique et citoyenne de Nîmes  http://uccn30.blogspot.fr/

 

 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 14:58

 

Info reçue par mail

 

 

LANGLADE (30) "Les rencontres du pas de côté " Le samedi 14 Novembre 2015

 

ALTER ANAGIA vous invite à la ferme haricot pour rencontrer et partager l'expérience de personnes qui ont osé faire un pas à côté du chemin tracé par notre société, afin d'ouvrir des portes vers un monde plus respectueux du vivant, plus solidaire, plus simple et plus heureux.
Faire un pas de côté, c'est le début de l'alternative. Se rencontrer, s'informer, s'organiser et agir collectivement, c'est un début prometteur.

 

Votre aide, votre sensibilité, votre créativité, vos compétences, vos idées, votre solidarité et vos envies sont les bienvenues pour cette journée de partage.

 

Programme :
-10h à 11h30 : Faire un pas de Côté : Où, quand et comment ?
Convergences dans l'action par Lester Guevara Braun

 

-11h30 à 12h30 : La ferme haricot. Eric , Les incroyables comestibles et Greenouille .

-12h30 : Repas partage végétarien chacun apporte un petit quelque chose pour la table commune

-14 h à 15h30 : Les universités du pas de côté mode d'emploi par Bernard Bruyas OPDLM : OBSERVATOIRE DES PRATIQUES DE DEVELOPPEMENT LOCAL ET MONDIAL

15h30 à 16h30 : La parole est à vous ! Infos contacts - propositions - groupes -alternatives (Intervenants locaux)

-16h30 à 17h30 : Le revenu de base, qu'est-ce que c'est ? Groupe Gard en formation par Gilles Quiniou

-18h30 Projection du documentaire : modes de consommation, pollutions, esclavagisme planétaire. 51minutes.

- 20h Vin de l'amitié, moment de convivialité. Une soupe du potager à prix libre sera proposée par "Tipik Local" association pour promouvoir une alimentation saine.

Entrée Libre, paf libre.

Télécharger le programme : http://vaunage.net/aa-pasdecote02.pdf

 

 

 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 14:47
 
Info reçue par mail
 
 
Chantier participatif d'agro-foresterie : samedi 28 novembre
 
Alter'éco 30 lance le projet "Agro-forest - Les jardins de la Vallée Verte".
Un projet expérimental qui vise à prouver que l'auto-fertilité d'un lieu, d'une ferme est possible gràce à l'agro-foresterie. Ce projet à reçu le soutient de la Fondation "Léa Nature".
 
Le lieu : au siège social d'Alter'éco 30, 1617 chemin des canaux à Vauvert (à l'éolienne + panneaux "EchoVert")
 
Au programme : 
9h30 : présentation du projet 
10h00 : plantation
* plantation de 260 plants d'arbres à forte croissance (6 variétés) sous forme de bandes intercalées de zones de cultures.
* pose irrigation (pour les deux premières saisons)
* pose paillage biodégradable
 
12h00 : repas partagé sur place (chacun amène un plat salé ou sucré)
 
14h00 : fin des plantations
16h00 : projection et échanges autour du film documentaire sur Zepp Holzer "Cultiver avec la nature".
 
Afin de gérer le nombre de participants, merci de nous indiquer si vous souhaitez venir.
En cas de pluie : annulation de la journée.
 
à bientôt
Bruno
 
 
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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 14:35

 

Info reçue par mail

ST HILAIRE DURABLE <st.hilaire.durable@orange.fr>
 

 
Bonjour,
Le 29 novembre 2015, veille de l’ouverture de la COP21, une Marche Mondiale pour le Climat est organisée dans de nombreuses villes du monde et de France
afin de contraindre les états à agir radicalement contre le réchauffement climatique, dénoncer les activités prédatrices des multinationales et leurs conséquences pour les populations et les éco-systèmes et apporter  des solutions alternatives pour une véritable transition.
L’association St Hilaire Durable, en lutte contre un projet de golf-immobilier à St Hilaire de Brethmas, a choisi cette date pour organiser une marche qui partira d’Alès pour se rendre
sur la ZAD golfique de St Hilaire
 
Gaspillage de la ressource en eau, destruction de terres agricoles, multiplication des déplacements par la création d’un urbanisme excentré, morcellement des territoires, 
ce  projet, porté par Alès Agglomération, est éminemment néfaste pour le climat et notre territoire.
 
Votre association/collectif est invité(e), au travers de tous ses adhérents et sympathisants, à participer à cette marche.
 

le 29 novembre,

A pied et à vélo,

marchons ensemble d'Alès à St Hilaire !

10h : Rassemblement sur le parvis de la mairie d'Alès puis marche jusqu'à St Hilaire de Brethmas

12h30 : Arrivée-Rassemblement sur la ZAD golfique de St Hilaire pour un pique-nique géant

sur place : stands, interventions, débats

Nous vous demandons de bien vouloir nous faire savoir, par retour, si votre association participera à la marche et si elle souhaite apparaître comme soutien de cet événement.

 
 
 
 
 
 
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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 14:24

 

J'explique un peu pour les personnes de Démocratie Réelle qui ne peuvent avoir tout suivi.

Le collectif Nîmois antifa Raage, suivi en cela par le collectif Ruptures et Transition (ci-après RetT, constitué localement pour les élections départementales et ayant pour but de proposer une autre façon de faire de la politique) manifestait hier pour la troisième fois devant le collège "La Gariguette" pour protester contre la présence au conseil d'administration d'un élu FN, Mr Meizonnet
,conseiller départemental élu à Vauvert. Ce monsieur n'a pas été élu au CA du collège, notez-le, mais placé là par la nouvelle présidence du conseil général, socialiste PS. Il paraît que c'est d'usage d'accorder aux élus d'opposition quelques postes mineurs. Notez en passant que "poste mineur"= gestion de l'Ecole Publique...bref...

La première fois nous étions assez nombreux (env. 50 personnes), accompagnés de gens du PC, du PG et d'autres moins encartés. Je ne parle pas de la deuxième, j'y était pas. Mais ce coup ci nous étions pas bien nombreux (13) et c'est "en face" que la mobilisation a eu lieu (je transmet un mail d'un camarade qui explique qui c'est "en face", et aussi quelques réactions à chaud sur la liste RetT, ça suit...).

Le Midi Libre était là et un très court article a été édité ce matin. Lisez le et lisez la réponse que nous lui faisons, en tant que membres de RetT.

Nous sommes en face d'une désinformation manifeste et on ne peut rester sans réaction car c'est gravissime, concernant le FN, visiblement protégé par la presse locale.

Il ne faut pas laisser passer ça,on s'organise et cela passe par la diffusion de l'information puis par la mobilisation, la plus large possible.

Ce que je fait...

Tina.

 

 

Ambiance Gariguette...réponse au Midi-Libre

 

Monsieur

 

Je lis dans votre journal ceci :

« lls  étaient une  bonne  dizaine à  manifester  devant les  grilles du collège  de  Vergèze, lundi soir,  pour  protester  contre la  présence  au  conseil d'administration du conseiller départemental  FN Nicolas Meizonnet.  Cette  fois-ci,  une vingtaine  de  soutiens  à  l'élu frontiste  (dont  son père  et des membres  de  la  Ligue  du  Midi) étaient  également  présents. Entre  les  deux  groupes,  les gendarmes  veillaient  au  grain. Ils  ont  du d'ailleurs intervenir lorsqu'une  échauffourée d'une quinzaine  de  secondes est  survenue, Un manifestant opposé  au FN a tenté d'enlever une  banderole après  quelques invectives  du camp  d'en  face.  Tout  est rapidement  rentré  dans l'ordre. »

 

Nous étions bien dix (13 exactement). Ils n’étaient pas une vingtaine mais bien 40. Le « rapport de force » en est légèrement modifié, si c’est une façon d’égaliser les camps et la menace, elle est réussie.

 

Que papa soit là pour soutenir son petit, c’est touchant. Mettre en parallèle cette paternelle protection et la présence de membres de divers groupuscules d’extrême droite, venus pour en découdre, est étonnant.

 

Que les gendarmes aient veillés au grain est exact. La menace était ouvertement d’un seul côté et très claire. Ils nous ont protégés, il faut le dire ainsi.

 

La banderole était à nous, sagement enroulée et rangée. Nul parmi nous n’a envisagé de la dérouler, de peur d’envenimer les choses. Ni de l’enlever, c’est absurde. Est-ce une coquille ?

 

Les invectives sont venues des membres de la Ligue du Sud : PD, saloperie gauchiste et autres…Ces gens se sont réjouis ouvertement et en chantant que Clément Méric, militant anti-fascistes tabassé à mort, « ait été buté » par leurs amis parisiens. Nous sommes restés silencieux tout du long, n’applaudissant qu’une fois, par dérision, après un discours particulièrement virulent d’un excité portant un casque intégral à la main.

 

Si vous considérez que tout est rentré dans l’ordre, nous sommes en droit de nous demander de quel ordre parlez-vous. Cela n’a pas l’air d’être celui de la république démocratique qui garantit le droit à manifester librement et sans craintes ses opinions.

 

Si vous considérez qu’un parti raciste a sa place dans l’Education Nationale, qui plus est dans notre région ou peut-être un tiers des élèves sont d’origine dite immigrée, et que cette présence soit de nature à apaiser les tensions communautaristes, libre à vous.

 

Si vous considérez que des gens d’un parti notoirement connu pour ses affinités fascistes, voire nazies, et ce au plus haut niveau de sa hiérarchie, sont aptes à former de futurs bons républicains respectueux de leurs concitoyens, c’est aussi votre droit.

 

Nous, nous sommes en droit de nous demander si de tels articles, tendancieux jusque dans leurs moindres nuances, ne sont pas de nature à dénaturer gravement le processus démocratique dont se réclame à grand cri le Front National, processus qu’on ne cesse de nous opposer quand nous tentons d’éclairer sur la nature exacte de ce parti. Ils sont élus, certes, mais si c’est sur la base d’une telle désinformation, comment s’en étonner ? Vous participez ainsi clairement à la spirale de haine qui sape inéluctablement ce qui reste de notre démocratie. C’est votre responsabilité.

 

Ruptures et Transition

 

 


Hier soir à Vergeze la chorale identitaire "Belles voix et mauvaise haleine" sont venus acclamer notre cher conseiller général FN. De vrais patriotes fort en haine nous ont offert un medley de chants guerriers de tribunes de stade fort en gueule et en bière. Nicolas Meizonnet en avait la larme à l’œil.
masavi

 

"J'étais ce soir devant le collège de Vergèze pour manifester contre la présence de l'élu FN au CA. Ambiance sympa, nous étions une dizaine, motivés face à une bonne cinquantaines de supporter du FN dont une bonne vingtaine de Nazions de la Ligue du midi. Bref nous avons pu apprécier la finesse de l’extrême droite dédiabolisée et décomplexée portée par l'extraordinaire ferveur des citoyens qui votent pour eux et la non moins déprimante démission de ceux qui votent contre eux. Je ne parlerai pas de la méprisable complicité des gens enseignants et parents d'élèves qui siègent avec ce conseiller général d’extrême droite accueilli à sa sortie par son Fan club vert de gris. Ils ont chanté, des trucs sympas sur les PD, oui, eux ils les appellent comme ça les homosexuels et sur Clément Méric assassiné par l'un de leurs comparse parisien en 2013, il ont chanté la coupo Santo ça donnait une ambiance de fête votive et de manif pour tous mêlée.

Et nous, dans tout ça on faisait quoi, à par chier au froc, et bien on a espéré voir des enseignants censés enseigner les valeurs de la république à nos jeunes collégiens, nous espérions voir arriver une cohortes de parents d'élèves de Gauche ou au moins de Gôche ou même allez, pourquoi pas, des républicains de chez Les républicains comme notre sénatrice si proche de Morano ou bien le maire divers Gôche de Vergèze qui siégeait sans scrupule avec son collègue édile d’extrême droite. Ben, non! rien, un électroencéphalogramme aussi plat qu'un bulletin électoral bleu régnait sur Vergèze, Mus, Aigues-vives et Codognan.
Non, c'était sympa quand même, ça puait la haine, l'homophobie et un nationalisme guerrier. C'était effrayant comme un cauchemar d'après guerre, effrayant d'être si peu nombreux pour témoigner de cette horreur.
On s'en est reparti avant que nos slips chlinguent de trouille, comme leurs idées. On s'en est reparti pas fier de nous ni de nos voisins. C'est ça le survivre ensemble cher à nos édiles de tous bord.
On sera encore là, je pense au prochain CA, ce sera bientôt l'hiver et si on tremble on dira que c'est de froid. Et si on rêve encore d'un sursaut de dignité de nos semblables on dira que c'est Noël".

C M

 

 

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