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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 15:47

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Trading

Quand EDF, sponsor de la conférence sur le climat, investit discrètement dans les gaz de schiste

par

 

 

 

Une filiale d’EDF exploite du gaz de schiste aux Etats-Unis et recourt à la très controversée fracturation hydraulique. Un paradoxe, alors que la France, propriétaire de l’entreprise publique, a interdit cette technique très polluante sur son territoire. Et que le gouvernement vient de choisir EDF parmi les sponsors officiels de la conférence sur le climat, la COP 21, qui aura lieu à Paris fin novembre. C’est pourtant bien ce que révèle une première version de son rapport « développement durable » publié temporairement sur le site du groupe.

Tout part d’une filiale d’EDF opérant loin des regards du grand public : EDF Trading. Celle-ci regroupe les activités de négoce du groupe et emploie environ un millier de personnes, principalement à Londres, où elle a son siège, et aux États-Unis. EDF Trading est chargée de l’achat et de la vente de charbon, de pétrole, de gaz et d’électricité pour le compte du groupe EDF, ainsi que du négoce des crédits carbone. Elle mène aussi des opérations de trading en son nom propre, comme acheter des kilowattheure d’électricité bon marché pour les revendre au meilleur prix. Des activités extrêmement rentables : en 2014, son chiffre d’affaires s’élève à 856 millions d’euros pour un profit net de 386 millions d’euros (373 millions en 2013), dont elle a reversé les deux tiers à sa maison mère sous forme de dividendes.

Pour optimiser ses activités de négoce, EDF Trading a dû acquérir des infrastructures de transport et de stockage de charbon, de gaz et d’autres matières premières. Elle réalise désormais directement ses propres opérations d’extraction de gaz. Et a créé une sous-filiale dédiée, EDF Trading Resources (ou EDFTR), dont le siège social est à Austin au Texas. Cette filiale se présente comme une « compagnie indépendante d’exploration et de production de pétrole et de gaz naturel » ! Elle est dirigée par une petite équipe de cadres issus du milieu pétrolier texan. EDFTR ne possède en fait que deux zones d’opérations, l’une dans l’Est du Texas (environ 500 puits sur 120 kilomètres carrés), l’autre en Pennsylvanie, dans le comté de Greene, qui correspond à la formation de gaz de schiste de Marcellus (sur 80 kilomètres carré), où 45 forages seraient exploités.

 

Quand EDF se prend pour un pétrolier texan

Dans une première version de son Rapport de développement durable 2014, qui a été temporairement publié sur le site de l’entreprise et que nous avons pu consulter, EDF reconnaît recourir à la fracturation hydraulique en Pennsylvanie. « Le premier forage est prévu fin 2014 - début 2015. Le projet est en phase de développement (préparation pour le premier forage et acquisition de droits fonciers) », précise le rapport.


Dans ses « éléments de réponses », destinés à contrer les controverses, EDF assure que « le gaz de schiste n’est pas un élément central de sa stratégie industrielle » et que ses forages par fracturation hydraulique seront développés « selon les plus hauts standards industriels » [1].

 

 

Problème : pour ses opérations en Pennsylvanie, la filiale d’EDF a choisi un partenaire dont les activités passées sont peu rassurantes du point de vue du respect de l’environnement : Alpha Natural Resources, une entreprise spécialisée dans le charbon, notamment dans la technique dite du « mountaintop removal ». Cette pratique, expérimentée dans la chaîne des Appalaches, consiste à faire exploser le sommet des montagnes pour en extraire plus facilement du charbon. Une technique d’extraction très lourde en terme de pollutions et de risques sanitaires (lire notre enquête).

 

Un encombrant et polluant partenaire

Alpha Natural Resources a d’ailleurs écopé en 2014 d’une amende record de 227,5 millions de dollars, la plus importante jamais infligée dans le secteur du charbon par l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA). En cause, le déversement illégal de millions de litres de déchets toxiques dans les cours d’eau de Virginie occidentale. Ce passif augure mal du respect des « plus hauts standards industriels » promis par EDF pour ses forages. La région de Marcellus en Pennsylvanie est l’un des exemples les plus emblématiques et les plus controversés des risques de l’exploitation du gaz de schiste pour les ressources en eau. Plusieurs études ont confirmé la pollution des eaux souterraines de la région du fait de la fracturation hydraulique. Même la très prudente Agence fédérale de l’environnement a récemment reconnu des problèmes [2].

Schizophrénie ? L’État demeure propriétaire d’EDF à hauteur de 84%. Et la France a interdit la fracturation hydraulique en 2011. Pour l’instant, le gouvernement tient bon face aux pressions des lobbies industriels qui souhaitent la levée du moratoire. L’ancien PDG d’EDF, Henri Proglio, n’était pas non plus partisan de l’exploitation du gaz de schiste en Europe, par crainte de la concurrence vis-à-vis de l’énergie nucléaire, de plus en plus coûteuse. EDF est ainsi ostensiblement absente du « Centre hydrocarbures non conventionnels », le lobby récemment créé par les grands groupes du CAC40 pour promouvoir la cause des gaz et pétroles de schiste en France.

 

L’ombre des traités de libre-échange

Il y a un an, EDF a affronté une avalanche de critiques après avoir annoncé l’importation de gaz naturel liquéfié en provenance des États-Unis, pour partie issu de gisements de schiste. Son fournisseur, Cheniere Energy, est en train d’achever la construction d’un terminal de liquéfaction géant sur la côte de la Louisiane pour faciliter ces exportations. Confrontés à une crise du secteur du schiste américain, en raison de la surproduction et de la chute des prix, les industriels misent désormais sur les marchés asiatiques et européens pour relancer la fracturation hydraulique.

Cela tombe bien : deux traités de libre-échange sont en cours de négociation : les exportations de gaz sont au cœur des projets d’accords commerciaux trans-pacifique (TPP), pour l’Asie, et transatlantique (TAFTA/TTIP), pour l’Europe [3]. Engie (ex GDF Suez) est d’ailleurs partie prenante d’un autre projet d’usine géante de liquéfaction de gaz sur la côte de Louisiane, Cameron LNG. Ce secteur d’activités intéresse évidemment EDF Trading. Même si elle prétend le contraire, l’entrée d’EDF dans la production de gaz de schiste ressemble à un choix stratégique.

L’entreprise encore publique vient d’être désignée sponsor officiel de la Conférence climat (COP21) qui doit se tenir à Paris en fin d’année. Et ce, malgré ses investissements substantiels dans les énergies fossiles, notamment le charbon [4]. Pour justifier leur choix, les autorités françaises expliquent qu’EDF et les autres entreprises sélectionnées ont pris des engagements en faveur de la transition énergétique, vers le passage à une économie « décarbonée ». Avec la décision d’investir dans le gaz de schiste – qui émet autant de gaz à effet de serre que le charbon en raison des fuites de méthane –, EDF, où l’État est pourtant majoritaire, prend plutôt le chemin inverse.

Olivier Petitjean

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Photo : Sarah Craig/Faces of Fracking CC

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 15:30

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Economie sociale

Energies renouvelables : les parcs éoliens citoyens ont le vent en poupe

par

 

 

 

 

Le premier parc éolien citoyen français tourne depuis un an, dans le pays de Redon, entre Bretagne et Pays de la Loire. Son originalité : les quatre éoliennes de deux mégawatts chacune ont été financées par les investissements de plus d’un millier de citoyens, sur la base d’une personne, une voix. Il approvisionne en électricité 8 000 foyers. Deux nouveaux parcs d’une puissance similaire sont déjà en chantier. Autre spécificité : une partie du chiffre d’affaires est réinvestie dans des opérations visant à réduire la consommation d’énergie, bien loin des logiques financières des grands groupes industriels.

Postées sur les hauteurs de la petite commune de Béganne, dans le Morbihan, quatre éoliennes cherchent les vents les plus propices avant de se mettre à tourner. Sur le haut des piliers, juste avant les pâles, on distingue le logo « éolien citoyen », qui signale que ce parc de huit mégawatts n’appartient pas à une entreprise privée, mais à un collectif. Elles alimentent en électricité l’équivalent de 8 000 foyers. Mais créer un parc éolien citoyen ne s’est pas fait sans obstacles malgré les discours officiels promouvant les énergies renouvelables : il a fallu convaincre les banques, se pencher sur les aspects techniques – et éthiques – des éoliennes à bâtir, et entendre ceux pour qui le bruit des pales constitue une gêne. Un projet de dix ans...

Un millier de personnes, au total, ont investi dans le projet, réunis au sein de 53 clubs d’investisseurs, détaille Michel Leclerc, membre fondateur de l’association Éoliennes en pays de Vilaine (EPV) qui a lancé le projet en 2002 (lire ici). « Ces clubs rassemblent 780 personnes. Nous avons ensuite le collège des membres fondateurs, l’association EPV et la SARL Site à watts, créée pour encadrer la demande de permis de construire. 250 autres personnes ont investi via le fonds Énergie partagée. » Énergie Partagée accompagne et finance des projets d’économie d’énergie et d’énergies renouvelables, maîtrisés par les citoyens et les collectivités. Parmi les financeurs du parc figurent aussi des entreprises locales de l’économie sociale et solidaire (un cinéma, une biocoop...) et la région Bretagne via un fonds d’investissement dédié aux énergies renouvelables.

 

Prêts des banques coopératives

Ces contributions multiples – 2,7 millions d’euros – ont été essentielles pour convaincre les banques afin d’obtenir un prêt. Le pool bancaire qui finance le parc est dirigé par Triodos, une banque belge éthique. D’autres établissements ont suivi : le crédit coopératif, la Nef, BPI France. Mais le projet a failli capoter : « En mars 2012, suite à l’action des anti-éoliens, le tarif de rachat garanti par le gouvernement a été remis en cause, rappelle Pierre Jourdain, directeur de Site à Watts. Cela a entraîné la fin de l’engagement de financement par les banques, et cela a failli signer l’arrêt total du parc coopératif sur lequel nous travaillions depuis presque 10 ans ! »

 

 

Pour sécuriser le projet, les clubs d’investisseurs décident donc d’engager leurs fonds propres. Et l’accord de prêt s’est finalisé juste avant que le permis de construire n’arrive à échéance. Les travaux commencent quelques mois plus tard, après de nouvelles tergiversations bancaires et administratives. « Le chantier était très animé, se souvient un financeur. Le week-end, on devait organiser le parcage des voitures sur le site, tellement il y avait de gens qui venaient voir ! Les gars chargés du gardiennage du site n’avaient jamais vu ça. »

 

Les salariés du chantier investissent dans le parc

Sur le site vallonné et boisé qui accueille les éoliennes, il faut défricher, bâtir des fondations spéciales qui tiennent compte de la prise au vent des engins, renflouer les chemins par lesquels vont passer les lourds camions chargés du matériel importé d’Allemagne. Le choix du fabricant d’éoliennes a suscité de vastes débats, se souvient Michel Leclerc. « Il est en effet très difficile de trouver des constructeurs d’éoliennes qui ne soient pas de près ou de loin liés à des énergéticiens, lesquels trempent aussi dans le charbon, ou le nucléaire. »

Il a finalement été décidé de laisser ces aspects là de côté, pour privilégier la qualité technique. « On ne pouvait pas se permettre d’emmener des centaines d’investisseurs au casse pipe en optant pour du matériel peu fiable. » Difficile aussi d’enquêter sur les conditions de travail des salariés dans les entreprises fabricantes. « Ce qui est intéressant, c’est que les salariés chargés de monter les éoliennes, puis de la maintenance, ont tenu à investir dans le parc. Ils ont donc créé leur propre club d’investisseurs. »

 

Une personne égale une voix

Aidée de tableaux comparatifs très précis réalisés par des bénévoles passionnés, l’assemblée générale a tranché en faveur de REpower, désormais renommé Senvion. Les éoliennes de Béganne ont été fabriquées dans une usine allemande. En janvier 2015, nouveau changement : Senvion, détenu par un groupe indien spécialisé dans l’énergie éolienne, est racheté par le fonds de capital-investissement américain Centerbridge Partners. « Nous avons changé plusieurs fois d’interlocuteurs côté constructeurs et bureaux d’études. Il y avait beaucoup moins de turnover chez nous », sourit Michel Leclerc.

 


 

Pour la gestion du parc, les citoyens ont créé une SAS, nommée Bégawatts.« Cette formule permet une gouvernance de type collectif. » Au sein du conseil de direction,
chaque représentant des collèges de financeurs à un nombre de voix réparties de façon à ce que personne ne puisse détenir la majorité absolue. Seul le collège des membres fondateurs a une minorité de blocage. Dans chaque collège, une personne égale une voix, quel que soit le niveau de sa participation. « C’est ainsi que le plus petit investisseur, qui a mis 23 € se retrouve avec le même pouvoir que le plus gros, qui a apporté un million d’euros [la SARL Site à watts, ndlr]. »

 

6,25 euros par mois et par foyer

Les éoliennes produisent 20 GWh par an, soit la consommation de 8000 foyers, tous postes confondus, grâce au faible taux d’équipement en chauffage électrique des habitants du pays de Redon. Ce type de chauffage pour des maisons ou appartements généralement mal isolés est en effet très gourmand en électricité. « Ici, une éolienne fournit l’électricité nécessaire à 2000 foyers, pour 20 ans – la durée de garantie des éoliennes. Étant donné qu’une éolienne coûte 3 millions d’euros, cela revient à 1500 euros par foyer », calcule Michel Leclerc. Soit 6,25 euros par mois et par foyer pour une alimentation de base en électricité.« Produire de l’électricité, ce n’est pas si cher, quand c’est renouvelable et citoyen ! » Les détracteurs de l’énergie éolienne déplorent souvent une rentabilité faussée par le tarif de rachat garanti par l’État. « Actuellement, EDF rachète le kWh éolien à 8,4 centimes d’euros, répond l’association Éoliennes en pays de Vilaine, alors que le prix de revient de l’électricité qui sera peut être produite par l’EPR est déjà estimé à 12 centimes d’euros ! »

On compte quelques mécontents, parmi les riverains, qui trouvent que les éoliennes font trop de bruit quand elles tournent. « Cela nous a obligés à en ralentir certaines, dit Pierre Jourdain. Ce qui exige de savants calculs, puisqu’il faut brider les pâles sans trop nuire à la production. » Certains mécontentements se sont estompés, d’autres persistent. Mais dans le pays de Redon, la dynamique éolienne coopérative se poursuit. Un second parc citoyen est actuellement en cours de construction à cheval sur deux communes – Séverac et Guenrouët. D’une puissance équivalente à celui de Béganne, il devrait alimenter 8 000 nouveaux foyers. Un troisième parc vient d’obtenir son permis de construire. La multiplication de parcs éoliens dans le Morbihan et, en général, dans l’Ouest, permettra de réduire l’intermittence de production.

 

Promouvoir la réduction de consommation

Deux structures se chargent de diffuser les savoir-faire appris ces dix dernières années en matière d’éolien citoyen : Site à Watts vend des conseils et soutient le développement de parcs éoliens coopératifs partout en France ; l’association Éoliennes en pays de Vilaine partage ses connaissances via ses participations à des salons, colloques et autres sollicitations. Surtout, loin des logiques des grands groupes industriels, les initiateurs des parcs éoliens citoyens cherchent à faire baisser... la consommation d’électricité.

« Il s’agit d’augmenter la production d’énergies renouvelables et de diminuer la consommation, souligne David Laurent, directeur d’EPV. Celles et ceux qui investissent le savent. Une partie du chiffre d’affaire encaissé par la société Bégawatts est reversé, chaque année, à l’association. Soit 25 000 euros par an. L’argent sert à financer du temps de travail des animateurs. » Ceux-ci organisent des ateliers de rénovation thermique, rendent visite aux particuliers pour étudier avec eux la pertinence d’un changement de mode de chauffage, ou d’une isolation, en complémentarité de ce que proposent les espaces info énergie de l’Ademe [1]. « On explique, on échange, détaille Nicolas Massé, en charge de ce volet à EPV. Le but est que les gens intègrent ces notions, qu’ils s’approprient les problématiques pour pouvoir ensuite faire des choix éclairés. »  Éclairés, c’est le mot.

Nolwenn Weiler

Photos : Michel Leclerc, membre fondateur de l’association Éoliennes en pays de Vilaine, devant le parc éolien citoyen de Béganne, éoliennes de Béganne / © Nathalie Crubézy et Jean-Paul Duarte, Collectif à-vif(s).

- Le reportage photo est tiré du projet en cours "Time for change : pour une production et une consommation soutenables des matières premières" porté par lAitec, en partenariat avec Attac, Bastamag et le collectif à-vif(s)

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 15:21

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Au Guatemala, le réveil des indignés de la corruption

|  Par Emilie Barraza

 

 

 

La révélation d’un gigantesque système de détournement de taxes douanières orchestré par des membres du gouvernement scandalise les Guatémaltèques. Sous la pression populaire, le président Perez Molina a poussé plusieurs de ses ministres à la démission. Mais ne serait-ce pas plutôt sous l’influence de la Maison Blanche ?

 

De notre envoyée spéciale au Guatemala. - Sur l’immense place de la Constitution de la capitale guatémaltèque, chaque manifestant est venu avec sa pancarte improvisée. « C’est tellement rare de manifester ici qu’il faut bien le faire », sourit Ruth Ibarra, une femme d’une quarantaine d’années, un morceau de carton dans les mains sur lequel elle a dessiné une caricature d’Otto Pérez Molina, le président de la République, soulignée de la mention « #RenunciaYa » (« #DémissionneMaintenant »). « On veut qu’il parte, lui et tous ces politiciens corrompus, on en a marre, le Guatemala mérite mieux. »

Autour d’elle, les manifestants, armés de tambours et de sifflets, scandent des chants de guerre : « Otto Pérez de mes deux, tu vas aller à la poubelle ! » Depuis la mi-avril, « il se passe quelque chose au Guatemala », comme le dit Dina Fernandez, journaliste et directrice du site d’information Soy502. Les principales villes du pays voient en effet défiler chaque samedi des centaines, des milliers, voire des dizaines de milliers de manifestants, indignés par la corruption endémique et qui exigent la démission du président.

« En 20 ans de carrière, j’ai vu passer des milliers de scandales, des pillages, des assassinats, le tout dans l’indifférence totale des gens. Il ne se passait jamais rien. Et là, l’étincelle a pris et les gens se sont dit “ce scandale, il ne passera pas” », explique la journaliste.

L’ampleur des manifestations est à l’image de la gravité de l’affaire révélée le 16 avril dernier par la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (CICIG), une entité créée en 2006 par l’ONU pour lutter contre le crime organisé, accompagner et renforcer le système juridique national. Ce scandale, c’est celui de La Línea (La Ligne), un gigantesque réseau de détournement de taxes douanières, orchestré par des hauts fonctionnaires du Trésor public et des proches du gouvernement depuis au moins un an. Au total, 21 personnes ont été arrêtées, accusées d’avoir mis sur pied un ingénieux système parallèle d’encaissement des taxes douanières dans les principaux ports du pays.

Par le biais de ce système, lorsqu’un container entrait au Guatemala, les Douanes ne taxaient que 40 % des marchandises, 30 % servaient à soudoyer les fonctionnaires et les 30 % restants allaient dans les poches des chefs de l’organisation criminelle. Durant un an, celle-ci aurait empoché jusqu’à 232 millions de dollars par semaine. Les écoutes téléphoniques réalisées par la CICIG ont révélé que La Línea était dirigée par Juan Carlos Monzón, le secrétaire particulier de la vice-présidente du Guatemala, Roxana Baldetti. Cet ancien militaire, expulsé de l’armée pour mauvaise conduite, s’était reconverti dans le vol de voitures avant d’intégrer le Parti patriote du président Otto Pérez Molina, lui-même ancien militaire à la retraite et fortement soupçonné d’avoir tenté de fomenter plusieurs coups d’État.

 

Manifestation contre la corruption appelant à la démission du président Perez Molina.Manifestation contre la corruption appelant à la démission du président Perez Molina. © Jorge Dan Lopez/Reuters
 

Juan Carlos Monzón, l’instigateur de La Línea, est désormais en fuite, introuvable depuis la révélation du scandale. Le quotidien El Periódico a enquêté sur la fortune de Monzón : en trois ans, le secrétaire particulier de Roxana Baldetti a acheté plusieurs maisons luxueuses, un patrimoine estimé à 2,2 millions de dollars, tandis que celui de la vice-présidente est, lui, estimé à 13,4 millions de dollars. Dans un pays où plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, et près d’un tiers sont en situation d’extrême pauvreté, les images de ses propriétés luxueuses, de son hélicoptère privé ou encore de son avion sont devenues le symbole de cette classe politique cynique et corrompue.

Face à la pression de la rue, le président Pérez Molina a poussé sa vice-présidente à la démission, le 8 mai dernier. Roxana Baldetti est en effet fortement soupçonnée d’être à l’origine du réseau de détournement de taxes douanières. En plein scandale de corruption, les Guatémaltèques ont appris que le Trésor public a enregistré un déficit de plus de 22 millions de dollars. Une situation budgétaire dont pâtissent des services publics, déjà peu efficaces.

« Le système de santé publique est totalement déficient, observe le sociologue Luis Fernando Mack, sociologue à la Faculté latino-américaine des sciences sociales (FLASCO) du Guatemala. Les conditions sont très précaires, il n’y a pas de médicaments, il y a des coupures d’électricité en plein milieu d’une opération car l’hôpital n’a pas pu payer la facture. » L’éducation nationale est elle aussi dans « un état déplorable », dénonce Juan Pérez, un instituteur venu manifester le 30 mai dernier. « Il y a parfois des jours sans nourriture pour les élèves, on manque de cahiers, de stylos, de tout ! » Le taux de réussite scolaire est le plus bas depuis 10 ans, tandis que les images d’écoles inondées ou qui s’effondrent sont devenues monnaie courante à la télévision.

« C’est le gouvernement le plus corrompu de toute l’histoire du pays, sans aucun doute, déplore Óscar Vásquez, secrétaire général d’Acción Ciudadana, une ONG qui lutte contre la corruption au Guatemala depuis près de 20 ans. Ils font énormément de mal aux institutions, ils ont pratiquement capturé l’État. Et il va falloir pratiquement reconstruire tout le pays après ce gouvernement. » Le Guatemala, au 115e rang sur 175 du classement mondial de l'ONG Transparency International sur la perception de la corruption, est pourtant coutumier des scandales de corruption. « Mais c’est la première fois au Guatemala qu’on arrive à faire bouger le système pour emprisonner des corrompus », insiste Óscar Vásquez.

Le 20 mai, la CICIG a révélé à la presse un nouveau scandale : plusieurs hauts fonctionnaires de l’Institut guatémaltèque de sécurité sociale (IGSS) ont signé un contrat illégal avec PISA, une entreprise censée se charger des dialyses péritonéales chez les malades du rein. Pour être autorisée à travailler dans les hôpitaux, l’entreprise a soudoyé les hauts fonctionnaires de la sécurité sociale en leur offrant l’équivalent de 16 % des 15 millions de dollars qu’a coûté le contrat. Or, PISA n’était pas spécialisée dans ce genre de dialyse, et depuis la signature de ce contrat, l’ONG Acción Ciudadana déplore 16 décès et des centaines de malades.

 

« Une catharsis collective de ras-le-bol »

Face à ce déluge de scandales, la jeunesse guatémaltèque issue de la classe moyenne et aisée s’est rapidement emparée des réseaux sociaux pour mobiliser le pays. « Cette génération n’a plus peur, car elle n’a connu ni la guerre civile, ni les régimes militaires sanglants », analyse Juan Francisco Soto, directeur du Centre d’action légale pour les droits de l'homme (CALDH) au Guatemala. Le conflit armé, qui a opposé, de 1960 à 1996, les guérillas de gauche au gouvernement, a fait 200 000 morts, 50 000 disparus et un million de déplacés.

C’est aussi la première fois que la société guatémaltèque manifeste pour la même cause, dans un pays très polarisé, entre « indigènes » et « ladinos » (les métis), urbains et ruraux, riches et pauvres. Dans les manifestations, les familles et les quinquagénaires côtoient les étudiants des universités publiques, mais aussi privées. Les organisations paysannes et indigènes se sont également solidarisées avec le « #RenunciaYa » (#DémissionneMaintenant) des protestataires. « Et la particularité de ce mouvement, qui n’est pas politisé, c’est qu’il n’a pas de leader », observe Gabriela Barrera, journaliste de Soy502. Sur la place de la Constitution, lors des manifestations hebdomadaires, personne en effet ne prend la parole. Seul rituel : chanter l’hymne national, les pancartes dénonçant la corruption levées vers le ciel. « C’est une catharsis collective de ras-le-bol », conclut la journaliste.

Dans une société divisée à l’extrême comme l’est la société guatémaltèque, la même exigence est dans la bouche de tous les manifestants : réformer la politique. « Tout doit être réformé au Guatemala, mais le plus urgent, c’est la loi électorale », analyse Edgar Gutiérrez, politologue de l’université publique San Carlos, et directeur de l’Institut des problèmes nationaux. Pour beaucoup d’observateurs, la question de la représentativité des partis politiques est le problème fondamental. « Les partis sont gérés comme des entreprises, on les appelle les “partis-franchises”, car ils achètent la franchise locale d’un parti, qu’ils devront rembourser par la suite, en vendant des lois aux entreprises, via la corruption », observe le chercheur. L’université publique de San Carlos a donc proposé un projet de réforme de la loi électorale, pour favoriser les candidatures indépendantes, grâce aux comités civiques, mais surtout, en finir avec le système clientéliste et le financement privé des partis.

À trois mois des élections présidentielles (prévues en septembre et octobre 2015), les routes du Guatemala sont toutes envahies par de gigantesques affiches de campagne. Des troncs d’arbres ou des rochers sont peints aux couleurs de tel parti, des maisons décorées aux teintes de son adversaire, les photos ou les slogans des candidats envahissent les bordures des rues, empêchant parfois de lire les panneaux de signalisation. « Les partis politiques ont envahi l’espace public, dénonce Luis Fernando Mack. À chaque élection, ils laissent une trace néfaste qui prend des années à disparaître. »

Ces témoignages muets de tous les abus commis par la classe politique ont paradoxalement donné naissance à un mouvement original. Depuis plusieurs semaines, des Guatémaltèques se donnent rendez-vous au petit matin, armés de pots de peinture et de pinceaux. L’objectif est simple : recouvrir de blanc ou de dessins la « pollution visuelle générée par cette propagande politique », comme l’explique María Delfina Tai. Cette jeune femme d’une trentaine d’années a manifesté pour la première fois de sa vie le mois dernier et a décidé de se joindre au mouvement Limpia Guate (« Nettoie le Guatemala ») : « C’est une pollution visuelle insupportable, ils imposent leurs slogans, il faut dépolluer tout ça ! » lance-t-elle, un pinceau à la main, sur le terre-plein central d’une gigantesque avenue, à quelques centaines de mètres de l’ambassade des États-Unis.

L’ambassade des États-Unis est justement un acteur essentiel dans cette crise politique. Fait étonnant pour le corps diplomatique, l’ambassadeur américain n’hésite pas, depuis plusieurs mois, à hausser le ton pour dénoncer publiquement la corruption endémique au Guatemala. Mais l’interventionnisme du grand frère nord-américain s’est surtout fait sentir lorsque le président Pérez Molina a émis l’idée, début 2015, de refuser le renouvellement du mandat de la CICIG, financée principalement par les États-Unis et qui est rapidement devenue les yeux et les oreilles des Américains.

Or, pour ces derniers, le Triangle Nord est, pour des raisons stratégiques et de sécurité nationale, une priorité dans la politique internationale américaine. Les trois principaux démons du Guatemala, du Salvador et du Honduras – les maras (bandes de délinquants), le narcotrafic et l’immigration – sont devenus des enjeux de politique intérieure aux États-Unis, notamment l’an dernier lors de la crise humanitaire des enfants migrants.

Dans ce contexte, l’existence d’un gigantesque réseau de détournement de taxes douanières aux portes de l’Amérique du Nord n’est pas pour rassurer une administration Obama inquiète par ce qui pourrait transiter par sa frontière sud. « On sait que le narcotrafic a bénéficié des services de La Línea », souligne Stéphanie Lopez, politologue à l’Institut centre-américain d’études politiques (INCEP), « et les États-Unis ne peuvent pas se permettre d’avoir un voisin qui, à travers ses propres douanes, laisse passer n’importe quel type de matériel ou de substances ».

Pour la première fois de l’histoire du Guatemala, les intérêts américains vont de pair avec les exigences de la société civile guatémaltèque, mais de là à penser que le président Pérez Molina pourrait réellement démissionner ? « L’objectif des États-Unis est d’oxygéner le système politique guatémaltèque, pour le réformer, pas de créer de l’instabilité », analyse Stéphanie Lopez. Le 10 juin, la Cour suprême a pourtant demandé au Congrès d’évaluer la possibilité de retirer au président Pérez Molina son immunité, suite à la requête d’un député. Une décision que personne n’attendait, étant donné l’identité des membres de la Cour suprême, tous nommés par le pouvoir politique. « Plus personne ne semble prêt à risquer sa carrière politique » pour défendre l’indéfendable, écrivaient les journalistes de Soy502 dans un éditorial. « On dirait que le “Game Over” est arrivé pour Pérez Molina. » 

 

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

 

 

 

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 15:09

 

Source : http://www.marianne.net

 

L'Europe en 2020 : toujours plus d'abandons de souveraineté ?

 
Régis Soubrouillard

Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales

 
 
L'info est passée totalement inaperçu mais le quotidien "Le Monde" a révélé le contenu de la "lettre des quatre présidents", un rapport qui annonce ce que nous réserve la zone euro à l'horizon 2020. Toujours plus d'abandons de souveraineté, de la sueur, mais aussi un projet de réassurance pour les organismes nationaux de sécurité sociale qui connaitraient des difficultés. Globalement, la philosophie de Berlin continue d'inspirer largement les cerveaux des dirigeants de l'Union européenne. Le projet sera présenté fin juin aux dirigeants des Etats européens. A moins qu'un Grexit...
 
JAUBERT/SIPA
 

Le document ne circule en ce moment qu’entre Bruxelles et Francfort et, accessoirement, dans les rédactions de quelques grands journaux européens qui en distillent des bribes qui passent inaperçues. Pourtant la « lettre des quatre présidents » annonce bel et bien ce que nous réserve la zone euro à horizon 2020. Ce projet de rapport rédigé par Mario Draghi pour la Banque centrale européenne, Donald Tusk pour le Conseil européen, Jean-Claude Juncker pour la Commission et Jeroen Dijsselbloem pour l’Eurogroupe, a très partiellement été dévoilé par Le Monde le 12 juin dernier. Et son contenu doit être présenté aux présidents des Etats européens les 25 et 26 juin prochains.  

Selon le quotidien, cette « lettre des quatre présidents » fait le constat que l’Union économique et monétaire (UEM), serait « comme une maison qui a été construite il y a des années mais qui n’est pas encore terminée. Quand la tempête est venue, ses murs et son toit ont dû être renforcés dans l’urgence. Mais il est aujourd’hui grand temps de consolider ses fondations ». D'autant que les présidents doivent faire face à des demandes très contradictoires : de la rigidité germanique aux menaces de plus en plus pressantes de Grexit, jusqu’aux demandes britanniques d’assouplissements de certaines règlements de l’Union européenne auxquels il faut également ajouter les revendications des jeunes entrants.

"Entre le 1er juillet 2017 et le 30 juin 2019, l’Eurozone pousserait plus loin l’intégration, avec à la clé, s’il le faut, la nécessité de changer les traités"Globalement, l’approche générale de ce que le journal Le Monde révèle semble plus répondre à la « philosophie de Berlin » du serrage de boulons qu’à la souplesse londonienne. Aucune surprise en l’espèce. L’Union européenne est maintenant depuis des années du côté du manche de Merkel et la chancelière entend tout faire pour qu’elle le reste. C’est donc de la sueur et des larmes, toujours et encore, qui attend demain les Européens. L’argumentaire est sans surprises. Le cerveau de nos leaders européens est une mécanique parfaite qu’aucune crise d’ampleur ne viendra jamais enrayer.

Le document rappelle que l’Union économique et monétaire « fondée sur un donnant-donnant : l’abandon partiel de souveraineté qu’implique l’adoption de l’euro, doit permettre, en retour, l’utilisation d’une monnaie stable, dans un marché unique puissant et compétitif ».  Les abandons de souveraineté politique ont été effectivement consentis partout en Europe au fil des années, parfois contre la volonté des peuples, mais contrairement, au « donnant-donnant » formulé, jamais l’Union européenne n’a réussi à s’imposer comme un marché unique puissant et compétitif capable de garantir aux membres de l’Union une croissance durable et de protéger les Etats contre les crises internationales. D’ailleurs, ce serait là un des objectifs de ce nouveau renforcement de la zone euro que de se montrer capable de répondre aux chocs économiques.

L’ébauche du rapport propose ainsi une démarche en deux temps avec, pour commencer, une entrée en douceur qui sonne comme un apaisement après des années pénibles durant lesquels les peuples européens ont globalement rejeté l’UE : « D’abord, entre le 1er juillet 2015 et le 30 juin 2017, il s’agirait de tirer mieux parti des textes européens existants, pour davantage coordonner les politiques économiques et renforcer la compétitivité dans la zone euro ». Un fois passées ces deux années pleines de romantisme, nouveau tour de vis, l’Europe repart en campagne : « Ensuite, entre le 1er juillet 2017 et le 30 juin 2019, l’Eurozone pousserait plus loin l’intégration, avec à la clé, s’il le faut, la nécessité de changer les traités ». Comme un air de déjà-vu... 

Sur le modèle des si joyeux critères de Maastricht, les présidents envisagent alors la mise en place de nouveaux critères de convergence, qui sonne comme un embryon de budget européen, « dans le domaine de la compétitivité des marchés des biens, de l’environnement des affaires et de la cohésion sociale » et dont le respect serait la condition pour profiter des mécanismes de redistribution européens. On anticipe déjà l’usine à gaz.  Mais selon le pré-rapport, ces mécanismes seraient destinés à « faciliter l’absorption des chocs de croissance pour les pays mais pas, cependant, à pallier leur absence de réformes structurelles ».

 

Sur le plan social, de nouvelles mesures sont également évoquées face au constat de la multiplication des crises et de l’incapacité de l’Union à les enrayer. Le journal allemand Die Presse, qui a eu également la primeur du document, évoque de son côté un mécanisme de réassurance européen pour les institutions de sécurité sociale « nationales ». Des Etats européens pourraient se tourner vers cette institution en cas de hausse brutale du chômage qui menacerait la solvabilité d’une caisse de sécurité sociale. De nombreux critères de convergence sont également prévus avant toute mise en place pour éviter notamment que « l’Allemagne ne vienne à financer sur le long terme le système de sécurité sociale d’un autre pays » écrit le journal.

 

L'UE envisage la création d'une autorité de surveillance de la compétitivité pour veiller à une évolution comparable de la productivité et des salaires dans tous les Etats

Une autorité de surveillance de la compétitivité nouvellement créée devrait aussi veiller à une évolution comparable de la productivité et des salaires dans tous les Etats de l’Union. Un effort que l’on pourrait trouver louable mais notre expérience historique et sociale de l'Union européenne ne nous pousse guère à l'optimisme quant au « progressisme » de cette autorité de surveillance. 

Par ailleurs, la lettre évoque l’idée d’une présidence renforcée de l’Eurogroupe, et souhaite également donner une plus grande légitimité démocratique aux institutions de l’Union européenne. Noble ambition. Reste à savoir comment. Pas téméraires, les présidents ne donnent apparemment aucune précision quant aux moyens d’adoption de ces traités à horizon 2019. Plusieurs raisons à cela. Outre le risque référendaire que l’on a pu maintes fois apprécier, les Etats militent de moins en moins pour pousser plus avant les mécanismes d’intégration, après sept ans de crises éprouvantes politiquement et économiquement pour l’Union et ses populations, dont nous sommes loin d’être sûrs d’avoir trouvé la sortie malgré les affirmations très optimistes de nos politiques.

Le plus dur reste désormais à faire, les « quatre présidents » devront trouver un accord final avant de présenter la dernière mouture du texte aux dirigeants européens. A moins que d’ici là, la Grèce, ne fasse défaut à ses créanciers. La question du Grexit se poserait alors véritablement pour la zone euro. Le coût économique en serait important, mais surtout les conséquences politiques considérables. Ce serait la fin de l’irréversibilité de l’euro et il y aurait, pour nos élites, de quoi s’interroger très sérieusement sur les vertus présumées de la monnaie unique. La « lettre des quatre des présidents » aura alors fait long feu. Ce sera la question de l’Union qu’il faudra poser...

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

 

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 15:01

 

Source : http://www.reporterre.net

 

Il faut relaxer les neuf inculpés de la ferme des Mille vaches

16 juin 2015 / José Bové, Jean-Luc Mélenchon, Emmanuelle Cosse, Olivier Besancenot, et des dizaines d’autres
 


 

Le 17 juin, neuf militants de la Confédération paysanne doivent comparaitre devant la cour d’appel d’Amiens suite aux actions menées sur le site de l’usine des 1000 vaches en Picardie. Poursuivre et condamner ces actions de protestation, c’est mettre en cause la liberté d’action syndicale et le droit à la contestation politique. Les Neuf doivent être relaxés.


Collectivement, la Confédération paysanne a pris la responsabilité d’agir là où les pouvoirs publics laissent s’installer des fermes-usines qui condamnent les paysans à disparaître. Sous prétexte de compétitivité, le lait devient ici un sous-produit du lisier transformé en énergie dans le méthaniseur accolé à l’usine. Et puisqu’il ne vaut rien, il est bradé, et cette concurrence fait chuter les prix du marché bien en deçà des coûts de production des éleveurs. De toute manière, l’industrialisation se passe des paysans et de leurs savoir-faire…

A cela s’ajoutent les conséquences sanitaires avec une mortalité du bétail bien supérieure à la moyenne, et environnementales avec une énorme concentration de rejets à quelques encablures de la baie de Somme, le tout allègrement financé par les subventions publiques.

Ces paysans ont pris sur eux de dénoncer cette situation ; d’agir dans l’intérêt général, sans violence, en légitime défense contre ce qui les condamne, en légitime citoyenneté pour défendre le droit de chacune et chacun à bénéficier d’une alimentation saine et d’un environnement préservé, dans des territoires vivants.

Mais pour quelques pièces démontées sur des machines et un tag géant, ils risquent aujourd’hui plus de 250 000 euros de dommages et intérêts, au titre du manque à gagner, et sont menacés de peines d’emprisonnement… A cela s’ajoutent des poursuites pour refus de prélèvement ADN… La justice accepte donc de transformer une mobilisation citoyenne en vandalisme et veut soumettre des militants syndicaux au fichage systématique auquel seule la délinquance financière échappe !

Quel aveu d’impuissance ! Interpellés sur le terrain politique sur des enjeux fondamentaux touchant à l’environnement, à la vie des territoires, à l’alimentation et à l’agriculture que nous voulons, les pouvoirs publics ne peuvent répondre que par la répression pénale.

Répression sur les Zad, interdiction de manifestations, arrestations en série ; rien de cela ne constitue une réponse acceptable vis-à-vis de ceux qui n’ont d’autre objectif que de continuer à exister, de vivre dignement de leur métier, de défendre leur environnement. Face à la toute puissance du libéralisme, aux tentatives de criminalisation du mouvement social à coups d’interdictions administratives et de condamnations judiciaires, nous disons : c’est assez. La pénalisation de ceux qui s’expriment et contestent ne fera disparaître ni les sujets de débats ni les motifs de contestation.

A six mois d’une conférence internationale pour le climat dont la France ne cesse de vanter l’importance, la pénalisation de militants syndicaux mobilisés pour la défense de l’environnement est en soi hautement problématique. C’est nier le rôle essentiel du monde paysan, cultiver le déni face aux mouvements de mobilisation qui, dans leur diversité, plaident pour d’autres approches de la consommation, d’autres modes de production qu’une industrialisation à tout va, et sont attentifs à ce que la justice ne cautionne pas l’acharnement et l’arrogance de groupes industriels.

C’est pourquoi nous demandons la relaxe des neuf militants de la Confédération paysanne. Nous le demandons en défense de ce droit inaliénable qu’est la liberté d’expression de la contestation...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 14:51

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Vers un nouveau passage en force sur la loi Macron

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

Le premier ministre l'avait déjà invoqué en février dernier en première lecture pour couper l'herbe sous le pied des élus PS récalcitrants.

 

Faute de majorité assurée à l'Assemblée sur la loi Macron, Manuel Valls passera une nouvelle fois en force mardi afin de faire adopter par les députés ce texte censé doper la croissance et l'activité.

L'article 49 alinéa 3 de la Constitution est une procédure contraignante qui permet au gouvernement de faire adopter sans vote un texte, modifié par les amendements qu'il souhaite introduire, lorsque sa majorité risque d'être défaillante.

Le premier ministre l'avait déjà invoqué en février dernier en première lecture pour couper l'herbe sous le pied des "frondeurs" du Parti socialiste et des écologistes qui ne voulaient pas de mesures comme l'extension du travail dominical, provoquant une onde de choc dans la majorité.

« Il y a un consensus pour aller vite », a déclaré lundi un parlementaire au fait du dossier. « Une commission spéciale a été mise en place. Elle a débattu, argumenté, préparé des amendements. Et là, on se retrouve à nouveau avec plus de 1 000 amendements ! On n'en sortira jamais donc, à un moment donné, il faut avancer », a justifié le ministre du travail, François Rebsamen, sur Europe 1.

Dans l'entourage du premier ministre, on souligne que Manuel Valls se prononcera mardi « sur les modalités d'adoption de la loi Macron en nouvelle lecture ». « L'enjeu, c'est que les mesures de cette loi se concrétisent le plus vite possible dans le quotidien des Français », dit-on.

Selon plusieurs députés, le passage en force sera annoncé dès mardi après-midi. Ce choix a été arrêté lundi lors d'un déjeuner autour du chef du gouvernement avec les présidents et rapporteurs des commissions de l'Assemblée.

Le projet de loi sera considéré comme adopté sauf si une motion de censure est déposée dans les 24 heures qui suivent l'annonce par le premier ministre qu'il engage sa responsabilité. Le rejet, fort probable, de cette motion entraînera l'adoption du texte. Le président du groupe Les Républicains de l'Assemblée, Christian Jacob, a annoncé lundi à Reuters qu'il proposerait à ses députés de déposer à nouveau une telle motion.

« C'est l'affolement général », a-t-il dit. « C'est bien là la preuve que nous avons un premier ministre en perdition. » La motion de censure devrait être examinée jeudi après-midi. Le groupe Front de gauche, qui a dénoncé un « coup de force dirigé contre la gauche », va pour sa part proposer à « tous les députés progressistes » de cosigner une motion de censure, qui nécessite 60 signatures. Le groupe Front de gauche compte 15 députés et cinq apparentés.

Les groupes Les Républicains et UDI (centriste) sont hostiles au projet de loi du ministre de l'économie, Emmanuel Macron, ainsi que le Front de gauche, les écologistes, une partie des radicaux de gauche et les "frondeurs" du groupe PS. La nouvelle lecture à l'Assemblée est due au fait que le Sénat, où la majorité est à droite, a voté un texte différent et que les deux chambres ne sont pas parvenues à un accord.

L'Assemblée, qui a constitutionnellement le dernier mot, procédera à la lecture définitive de ce projet de loi vers le 20 juillet durant la session extraordinaire du Parlement. La "loi Macron" comporte de nombreuses dispositions qui vont de la réforme des professions juridiques réglementées à la libération des transports par autocar en passant par la réforme du permis de conduire ou bien encore du travail dominical.

A la demande du gouvernement, de nouvelles mesures ont été ajoutées dans le but d'aider les PME et TPE, dont la plus controversée à gauche est celle visant à plafonner les indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif. Reste également à trancher le sort d'un amendement voté en commission contre l'avis du gouvernement qui propose d'assouplir la loi Evin afin de faire un distinguo entre la publicité et l'information sur l'alcool. Le groupe socialiste est divisé.

(Reuters)

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 14:39

 

Source : http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey

 

 

Les super riches, au delà des 1 % : les 0,001 %

 

 

 

L’extrême richesse et le pouvoir de nuisance des super riches (et des Etats qui leur ont taillé une fiscalité super légère) ne seront pas pour rien dans l’éclatement à venir de la bulle actuelle, mais pour l’instant ils battent des records. Au point que le très officiel institut étatsunien des impôts (IRS), via sa division des statistiques sur les revenus, vient de produire une étude sans précédent portant à la fois sur la richesse des super riches et sur leur taux réel d’imposition.

C’est un pavé dans la mare que l’on peut interpréter ainsi : même la majorité des dirigeants politiques et même les Américains très aisés supportent mal l’indécence des revenus extrêmes et encore moins le fait qu’ils soient moins imposés que ceux des… riches.

Dans cette étude, les super riches ne sont absolument pas les 1 % du haut de l’échelle des revenus, ni les 1 pour 1000 (les 0,1 %). Ce sont les 1 pour 10.000 (les 0,01 %) et surtout les 1 pour 100.000 : les 0,001 %. Bon, mais peut-être ne trouve-t-on dans cette dernière catégorie que de quelques personnes hors norme, des Bill Gates, des Warren Buffett et deux ou trois semblables, auquel cas ce serait d’un intérêt réduit même si les chiffres sont énormes ?

Tel n’est pas le cas. Le nombre total des déclarations d’impôt sur le revenu étant de 136 millions, le groupe des super riches compte 1.360 personnes. Sur un plan quantitatif, c’est un peu l’équivalent des « 200 familles » des années 1930 en France, dont Edouard Daladier disait lors du Congrès radical de Nantes en 1934 : « Deux cents familles sont maîtresses de l’économie française et, en fait, de la politique française… L’influence des deux cents familles pèse sur le système fiscal, sur les transports, sur le crédit. Les deux cents familles placent au pouvoir leurs délégués. Elles interviennent sur l’opinion publique, car elles contrôlent la presse ». Toute ressemblance avec l’influence de familles actuelles serait pure coïncidence…

Mais revenons au cas des Etats-Unis et de leurs super riches. Les chiffres sont ceux de l’année 2012. Quel est le seuil de revenu à partir duquel on appartient au groupe supérieur des 0,001% ? Réponse : 62 millions de dollars. Oui, vous avez bien lu, 62 millions perçus en 2012 comme « adjusted gross income », revenu brut ajusté, ce qui veut dire revenu brut dont on a déjà déduit, dans sa déclaration d’impôts, diverses sommes non imposables et non négligeables. Non, ce n’est pas le patrimoine, c’est bien le revenu ANNUEL.

Après le seuil de super richesse, quel est le revenu MOYEN de ces 1.360 personnes ? Réponse : 161 millions de dollars, pratiquement le record historique de 2007, qui sera sans nul doute battu quand on aura les chiffres de 2013 et de 2014. Le rapport ne se livre pas à une multiplication élémentaire permettant d’en déduire le revenu « ajusté » cumulé des 1.360 personnes en 2012 : 219 milliards de dollars. Comme le revenu brut médian en 2012 était de 36.000 dollars (3000 dollars par mois), nos super riches gagnent en moyenne PRES DE 4.500 FOIS PLUS QUE L’AMERICAIN « MEDIAN ».

Mais peut-être les impôts vont-ils corriger cet écart des revenus bruts ? Ces super riches doivent « subir » des taux d’imposition très élevés sur ces revenus gigantesques ? Voici le graphique qui répond à cette question : les super riches sont moins imposés que les 0,01%, eux-mêmes moins que les 0,1%, eux-mêmes moins que les 1%.

 

imrs.jpg

Autre chiffre qui ne figure pas sur ce graphique : le taux d’imposition moyen sur le revenu pour l’ensemble des personnes est de 13,11 %. Pour les super riches, il est à peine plus élevé : 17,6%.

ET EN FRANCE ?

Heureusement, en France nous n’en sommes pas là ??? Détrompez-vous. Certes, « nos » super riches sont en moyenne moins riches en revenu que les étatsuniens. Mais ils ont eux aussi obtenu d’un Etat compatissant d’être relativement moins taxés que les « simples riches », les 1 % par exemple. Le graphique suivant est bien connu depuis la publication en 2011 du livre de Landais, Piketty et Saez « Pour une révolution fiscale » (voir le site http://www.revolution-fiscale.fr/). Pour le comparer au graphique précédent, il faut se concentrer sur la courbe du bas, qui porte uniquement sur les impôts sur le revenu. On y voit exactement la même tendance à la décrue du taux d’imposition au sein des « très aisés » (les 1% les plus riches) lorsqu’on passe aux 0,1%, puis aux 0,01%, et enfin aux 0,001%. Les données sont celles de 2010. Cliquer sur le graphique pour l’agrandir.

 

graphpiket.jpg

 

Pour information, voici comment Piketty et ses collègues proposent de rétablir un minimum de progressivité de l’impôt :

 

graphpik2.jpg

Cet article a été posté le Vendredi 12 juin 2015 dans la catégorie Les derniers articles.

 

 

Source : http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey

 

 

 

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 21:00

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/alternatiba

 

 

Le Tour Alternatiba quitte les Midi-Pyrénées

 

 

Jour 8

 

Une semaine s'est écoulée depuis notre départ de Bayonne.

L'expérience du Tour est si intense, si haute en couleurs, que l'on a tous l'impression d'être sur la route depuis une éternité ! Histoire de garder le rythme, nous avons passé une nuit pour ainsi dire mouvementée au lycée agricole de Saint-Gaudens. A minuit passé, alors que nos lourdes paupières se fermaient, qu'un sourire de béatitude se dessinait sur nos visages… l'alarme incendie a brusquement retentit. Il est intéressant d'observer que nous avons alors tous adopté un comportement différent : certains ont allégrement continué d'étreindre Morphée, d'autres ont ouvert un œil sans trouver la force de mettre un pieds devant l'autre, pendant que Txetx, le papa du groupe, a couru vers les tandems, pour les rassurer. Au final, on a vite compris qu'il s'agissait de l’œuvre de plaisantins mal inspirés, qui ont remis ça une heure plus tard. Nous avions les yeux piquants au chant du coq le lendemain matin. Heureusement, la route que nous avons emprunté pour rejoindre Cazères était plate, cela nous a permis de nous réveiller sur le trajet et d'être de bonne composition à l'arrivée.

Encore une fois, nous avons constaté que le nombre d'habitants des villes que nous traversons n'est en rien proportionnel à son dynamisme. La ressourcerie Recobrada (qui signifie « récupération » en occitan) a toujours de nouveaux projets dans son chapeau, outre la collecte, valorisation, revente et sensibilisation à l'environnement dans la localité. A Cazères aussi l'effort collectif à trouvé son emblème dans une magnifique quadruplette. Nos vélos collectifs étaient ravis de rouler côte à côte, pendant une dizaine de kilomètres !

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Le parcours de l'après midi a été en revanche assez musclé. Alors que nous commencions à tirer la langue, Christian, notre éclaireur, savait nous rassurer : c'est la dernière montée, qu'il disait. Sauf qu'au bout de la dix-neuvième, notre naturel optimiste et confiant s'est ébranlé. En moulinant à la vitesse minimale, nous avons eu tout le loisir de penser aux raisons qui nous ont mené ici… et nous sommes mis à pédaler de plus belle ! Quelle bande de passionnés ;)

Sur le coteau du Volvestre, au détour d'un chemin, Patricia nous a fait la surprise de rejoindre le convoi. Cette charmante chercheuse en biologie moléculaire a décidé en 2010 de quitter Genève pour adopter un mode de vie plus terrien : face aux Pyrénées, elle prend désormais un malin plaisir à fabriquer des cosmétiques naturels, à base de plantes médicinales biologiques. Lors d'un petit stop à Mauressac, nous avons ensuite rencontré le maire et été rejoints par un groupe de cyclistes venus tout spécialement d'Ariège. Accompagnés des locaux et de vélomobiles (vélos assis dotés d'une cabine, dont l'aérodynamisme et l'espace favorisent le voyage au long court) nous sommes arrivés en nombre à Auterive.

conf-auterive

Cette ville de la vallée de l'Ariège est le théâtre de manifestations culturelles et d'initiatives citoyennes multiples, réunies dans le collectif Mieux vivre à Auterive. Un débat a par exemple été initié sur la gestion des différents mode de transport dans le centre urbain. Les membres du collectif, portant le projet Auterive en Transition nous ont accueilli par des danses traditionnelles. Les enfants d'une école étaient également au rendez-vous. Ils avaient discuté en classe des enjeux environnementaux et climatiques et ont créé une série limitée de magnifiques T-shirt en l'honneur du Tour ! Lorsque l'on parle de justice sociale et environnementale, la détermination des plus jeunes est saisissante. Elle nous engage à construire pour et avec eux ce nouveau paradigme de développement, plus désirable et surtout, viable.

Cette étape à Auterive nous a montré que différentes composantes de la société civile investissent progressivement le débat public, qu'ils sont heureux de faire leur part et d'avoir des responsabilités dans la gestion des affaires publiques au quotidien… On en est reparti enjoués !  

 


Jour 9

Après avoir traversé l'Ariège, l'air est devenu plus sec : petit à petit nous allons vers l'Est. Mais pour l'heure, c'est à Toulouse que nous faisons halte. Nous étions une petite centaine de personnes à nous retrouver au mémorial de l'ancienne usine AZF. Les Toulousains ont gardé un souvenir fort de cette catastrophe industrielle, faisant une trentaine de morts et plusieurs milliers de blessés en septembre 2001. L'explosion de cette usine d'engrais chimique, non loin de lieux de stockage de matériaux inflammables et explosifs, aurait pu avoir de conséquences autrement plus dramatiques. Elle a posé beaucoup de questions en matière de gouvernance, de gestion des risques et de sécurité dans ces zones industrielles si proches des habitations.

azf

Au volant de nos vélos, nous étions nombreux à défiler dans les rues de la ville rose. Il faut dire qu'ici, la dynamique Alternatiba est en pleine effervescence. A notre arrivée, nous avons ainsi eu droit à un avant-goût du village des alternatives qui se tiendra à Toulouse les 12 et 13 septembre prochains. Membres du groupe local Alternatiba Toulouse, l'association cyclophile 2 Pieds 2 Roues, la coopérative ENERCOOP Midi-Pyrénées, le réseau AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne), Emmaüs Toulouse, Artisans du Monde, les associations de solidarité internationale comme TET LLA, le CCFD Terre Solidaire « and last but not least » le collectif Crosi, qui a coordonné la journée, étaient présents pour rencontrer le public et échanger avec nous sur la préparation de leur village!

toulouse

Elisabeth Toutut-Picard, adjointe au maire chargée de la politique du développement durable et responsable des questions environnementales au sein de Toulouse métropole est venue nous apporter son soutien, elle a même chanté avec nous l'hymne du Tour ! Espérons que ces sympathiques échanges donnent lieu a un partenariat sincère, sur le long terme, notamment à travers la signature de notre Pacte pour la transition.

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Après une soirée conférence-débat très animée nous avons gagné notre lieu d'hébergement, au sein d'un habitat groupé ultra chouette. Ce projet rassemble un vingtaine de personnes aux expériences et compétences variées mais animés de valeurs communes de solidarité, de partage. Poussant comme des champignons, de plus en plus de ces lieux où humanisme et écologie sont en symbiose voient le jour en France. Ce havre de paix et de travail collectif a été pour nous une belle source d'inspiration, nous en sommes très reconnaissants !  

 




Jour 10

Après être tombée à verse toute la nuit, la pluie s'est arrêté juste à temps pour nous laisser pédaler au sec, le long du canal du midi. En direction de Castelnaudary nous avons fait une pause pour déjeuner dans un lieu historique actuellement revalorisée par les locaux : l'ancienne minoterie du seuil de Naurouze.

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Cette journée à fleur d'eau, avec des familles de canards, de ragondins et d'humains, a été très reposante. Nous avons ainsi pu faire la connaissance de personnes investies auprès d'organisations telles que la Confédération Paysanne, l'ADEAR, Accueil Paysan ou encore la Nef et ATTAC. Tout ce beau monde s'est servi de cette opportunité pour se connaître, nouer une relation de travail sur le long terme et discuter concrètement des projets dont bénéficierait le territoire. L'idée d'une conférence ouverte sur les enjeux climatiques en est ressorti. Castelaudary est également un terrain d'expérimentation sur la question énergétique avec la mise en place d'un territoire à énergie positive (TEPOS).

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Au cinéma des Halles, nous avons partagé notre petit film puis engagé la discussion avec les participants, qui envisagent désormais de se concocter un petit village des alternatives dans les mois à venir ! Logés dans une grande maison de bénévoles aux petits soins, nous avons pu faire une bonne salade (nom que l'on donne à nos réunions quotidiennes, plus digestes après une journée de vélos) et nous reposer !

Prochaine étape : la cité médiévale de Carcassone !

 

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/alternatiba

 

 

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 20:47

 

Source : http://www.lepoint.fr

 

Valls en route pour dégainer à nouveau le 49.3

 

Le Point - Publié le

Le texte du projet de loi Macron qui arrive en seconde lecture à l'Assemblée pourrait être adopté sans vote et ne pas être débattu.

 

 

"Il faut montrer aux Français que ça va vite. Peut-on se permettre une semaine ou deux de débats alors que les Français pensent que la loi est déjà adoptée ?", souligne-t-on dans l'entourage de Manuel Valls.

"Il faut montrer aux Français que ça va vite. Peut-on se permettre une semaine ou deux de débats alors que les Français pensent que la loi est déjà adoptée ?", souligne-t-on dans l'entourage de Manuel Valls. © PIERRE ANDRIEU

 
 

 

Afin de s'épargner "des débats sans fins" avec une partie de la majorité, Manuel Valls et François Hollande semblent décidés à recourir de nouveau à l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter sans vote à l'Assemblée le projet de loi Macron. Le texte, qui arrive en seconde lecture après avoir été modifié par le Sénat, et a été adopté en commission jeudi, est prévu à l'ordre du jour mardi à 21 h 30 pour une semaine de débats avant un vote solennel le 24 juin.

Mais ce calendrier ne devrait pas être tenu, car le gouvernement a préparé le terrain pour un recours au 49.3, qui permet de faire adopter un texte sans vote en engageant la responsabilité du gouvernement, comme ce fut le cas en première lecture en février. Le texte serait alors considéré comme adopté sauf si l'opposition réussissait à faire voter une motion de censure, ce qui est exclu.

C'est en tout cas le message que fait passer l'exécutif depuis quelques jours. "Il faut montrer aux Français que ça va vite. Peut-on se permettre une semaine ou deux de débats alors que les Français pensent que la loi est déjà adoptée ?" souligne-t-on dans l'entourage de Manuel Valls, où l'on "assume parfaitement le 49.3".

En février, la décision de recourir à cette procédure avait été prise à la dernière minute, juste avant le vote solennel, dans la crainte que le texte ne soit pas adopté face à l'opposition attendue de 30 ou 40 députés PS hostiles à l'extension de l'ouverture des commerces le dimanche.

Cette fois-ci, comme il s'agit d'"éviter des discussions une nouvelle fois sans fin" selon le président du groupe socialiste Bruno Le Roux, l'engagement du 49.3, qui peut être décidé à tout moment, devrait être plus précoce, dès l'ouverture des débats ou après l'examen de quelques articles. "La scénographie n'est pas totalement arrêtée", souligne une source socialiste, estimant que cela dépendra aussi du moment de l'annonce du remaniement ministériel attendu lundi ou mardi.

 

Scénario final

Les rapporteurs du projet de loi et les présidents de commission déjeuneront lundi avec Manuel Valls, qui pourrait annoncer le scénario final au petit-déjeuner des dirigeants de la majorité mardi matin. Selon une source socialiste, le recours au 49.3, s'il reste une "défaite collective", pourrait "arranger tout le monde": "les frondeurs n'auront pas à se compter, ça libère un peu de temps parlementaire alors que l'ordre du jour est extrêmement chargé et tout le monde est un peu fatigué d'avoir les mêmes débats dont on n'arrive pas à sortir".

Le président de la commission spéciale qui a examiné le projet de loi, François Brottes (PS), estimait à l'issue des débats jeudi que le travail de celle-ci avait été "extrêmement ciselé" et "qu'il n'y avait plus beaucoup de questions en suspens". La nouvelle lecture a en effet permis aux députés de rétablir leur version sur la plupart des points : libéralisation du transport par autocar, réforme du permis de conduire, réforme des professions juridiques réglementées (notaires, etc.) pour autoriser une dose de liberté d'installation et tarifaire, etc., autant de points sur lesquels la majorité de droite du Sénat était revenue en arrière.

Et à la toute fin des travaux, les rapporteurs socialistes et le gouvernement sont parvenus à un compromis sur le plafonnement des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif, la mesure la plus controversée parmi celles annoncées mardi par Manuel Valls en faveur des TPE et PME.

Le recours au 49.3 permet de compléter le texte voté en commission par des amendements que le gouvernement aura déposés ou acceptés. Le gouvernement pourrait ainsi en profiter pour supprimer la disposition votée à la fois par l'Assemblée et le Sénat modifiant la loi Évin pour distinguer publicité et information sur l'alcool.

Ce ne serait pas encore la fin du processus parlementaire puisque le texte repartirait au Sénat avant son adoption définitive par l'Assemblée lors de la session extraordinaire de juillet.

 

 

Source : http://www.lepoint.fr

 

 

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 20:38

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Aurélie Filippetti : la loi Macron est "dangereuse pour les salariés"

 
Magazine Marianne
 
Ce matin, sur l'antenne de France Inter, l'ancienne ministre de la Culture a dit tout le mal qu'elle pensait de la loi Macron et, en particulier, de cet amendement du gouvernement plafonnant la réparation des licenciements abusifs.
 
Stefano Carofei/AGF/SIPA
 

La loi Macron « ne va rien régler. » Quelques mots à peine auront suffi à l’ancienne ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, ce matin sur France Inter, pour tordre le cou à cette « flexisécurité » si chère au gouvernement en général et au ministre de l’Economie en particulier. Car pour la député socialiste de Moselle, « le problème » est clair : « C’est l’emploi (…) et face à ce problème-là, les solutions qui sont mises en œuvre ne sont pas à la hauteur. »

 

Parmi ces solutions, la loi Macron donc, actuellement en deuxième lecture à l’Assemblée, recèle de nouvelles dispositions dont on apprend chaque jour la portée désastreuse pour les salariés qui verront par exemple leurs indemnités plafonnées en cas de licenciement abusif. « Ce plafonnement pour moi il n’a aucun sens, réagit vivement Aurélie Filippetti, On remplace ce qui était au départ un plancher d’indemnisation par un plafondOn voit très bien que les salariés vont se retrouver totalement lésés dans des situations extrêmement difficiles, surtout évidemment pour les salariés des petites entreprises. » Mais dans la logique implacable du gouvernement, qu'Aurélie Filippetti juge « dangereuse », il s'agit seulement de créer des emplois. Comment ? En facilitant les licenciements, CQFD !

Une absurdité donc pour Filippetti qui précise plus loin que ces petites entreprises « peuvent très bien être des filiales » de très grands groupes « qui s’organisent en petites entités pour justement échapper à un certain nombre de réglementations qui protègent les salariés. »

Sûr de son paquet de mesures pour la croissance et l’emploi, le gouvernement pourrait malgré tout avoir à nouveau recours au 49.3 pour faire adopter la loi Macron, sans le vote parlementaire. A l'évidence, il n'y a pas que les licenciements qui soient abusifs...

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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