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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 15:52

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Etats "rebelles" 1/4

L'Islande: une sortie de crise sans douleur

 
 
"There's no alternative" disait Margaret Thatcher, alors dame de fer du Royaume-Uni. Pourtant certains pays ont essayé et parfois réussi à imposer un autre modèle que le tout-libéralisme. Cette semaine Marianne propose un tour du monde de ceux qui ont essayé une autre voie. Aujourd'hui l'Islande, un modèle de sortie de crise sans austérité.
 
Manifestation d'islandais en 2009 contre la renflouement des banques. Brynjar Gauti/AP/SIPA
 

C’est une réalité que les technocrates et économistes européens préféreraient sans doute ne pas voir. Une épine de plus dans le pied des tenants du tout austéritaire, des adeptes de la disparition des prérogatives de l’Etat providence et des garants du sacro-saint ordolibéralisme. L’Islande, petit état insulaire situé entre la Norvège et le Groenland, prouve par sa réussite économique et sa sortie de crise, que d’autres choix sont possibles. Il n’y a peut-être que le FMI pour se réjouir d’un tel succès, lui, qui depuis quelques années, poussé par son collège d’experts "hétérodoxes" et par le constat des dégâts économiques et sociaux causés par les cures d’austérité imposées à travers le monde et leur efficacité toute relative, n’hésite plus parfois à reconnaître ses erreurs et à proposer des solutions – comme la restructuration à hauteur de 30 % de la dette grecque- qui viennent rompre avec les dogmes de l’orthodoxie économique.

Avec une croissance de 2,7 % en 2015, un chômage passé sous la barre des 5 % depuis 2013 et une inflation ramenée de 13 % en 2008 à 0,8 % en 2015 (bien en deçà des prévisions de 2,5 % de la banque centrale islandaise), le voisin nordique a de quoi faire des envieux. Et pourtant, nulle trace de son évocation dans les récents débats européens qui ont agité les experts et négociateurs en tous genres, lors de la séquence grecque. Cette absence n’est pas un hasard, loin de là même, comme nous le confiait un économiste de Bercy : « L’exemple islandais est tout ce qu’ils redoutent. Que ce soit par les méthodes employées que par les résultats obtenus. Ils ont peur que la Grèce prenne le même chemin, qu’elle sorte de l’euro et se rétablisse vite », expliquait-il en pleine incertitude sur le sort de la Grèce alors que l’hypothèse de sa sortie était encore évoquée. L’Islande, auréolée de son succès, s’est même permis d’envoyer gentiment sur les roses l’Union européenne, en annonçant en mars dernier qu’elle retirait officiellement sa candidature d’entrée dans l’UE. Quelle insolence politique quand certains piaffent encore d'impatience pour y entrer... 

Que les plus craintifs se rassurent, le pays, sous le choc de la crise de 2008, n’a pas encore hissé le drapeau rouge sur Reykjavik, la capitale, ni collectivisé son économie. Elle n’a pas non plus échappé à la mise en place de certaines mesures sociales difficiles. Ni utopie, ni miracle. Les islandais ont simplement, comme l’écrivait le FMI dans un rapport de 2012 sur la situation économique du pays, « dévié de l’orthodoxie » pour tenter de trouver une alternative à la chape de plomb de l’austérité, renouant avec les méthodes de la social-démocratie à la mode scandinave.

 

Les excès de la financiarisation de l'économie

Depuis les années 2000, l’Islande s'était lancée tête baissée dans la financiarisation de son économie. Avec un secteur bancaire qui correspondait en 2008 à 10 fois le PIB du pays, porté par l’appétit démesuré des particuliers islandais pour les crédits, les banques de l’archipel, bien au-delà du raisonnable, multiplient les recours aux produits financiers les plus risqués dans une course folle au rendement à court terme. Résultat, lorsque le château de carte commence à s’effondrer outre-Atlantique, sous l’effet de la crise des subprimes, l’Islande se prend de plein fouet la crise financière puis économique. Le retour de bâton est particulièrement rude avec une chute de son PIB de 6,6 % en 2008 et une explosion du chômage qui passe de 1,6  à 8 % en quelques mois, l’Islande s’enfonce à vitesse grand V dans la récession. Victime de leurs excès et de leurs investissements hasardeux, les trois plus grosses banques islandaises (Glitnir, Landsbankinn et Kaupthing) s’effondrent.

Mais plutôt que de les renflouer à grand renfort de deniers publics, faisant ainsi passer, comme ce fût le cas en France, le fardeau sur les épaules des contribuables, le gouvernement islandais promulgue une loi d’urgence pour les nationaliser. Les transformant ainsi en banque de dépôts pour assurer les épargnes des islandais pour ensuite les recapitaliser laissant ainsi les activés de spéculations sur le bord de la route. Par la suite, deux des établissements sont revendus à des institutions financières européennes. Mais l’Etat, dans sa reprise en main de son économie, ne s’arrête pas en si bon chemin. Les islandais, forts consommateurs de crédit, se retrouvent vite acculés par des taux d’emprunt grimpant en flèche. Pour éviter d’assister à des scénarios à l’américaine, le gouvernement contraint les banques privées à abandonner toutes les créances à taux variable dépassant 110% de la valeur des biens immobiliers. Pan sur la dette ! Et en 2010, la Cour Suprême islandaise rend un jugement déclarant comme illégaux, tous les prêts indexés sur des devises étrangères octroyés à des particuliers obligeant les banques à s’asseoir ainsi sur leurs créances de ce type. Re pan ! Des prêts particulièrement « toxiques » que les collectivités locales françaises, sous les promesses de taux d’intérêts bas des VRP de Dexia, avaient massivement investi pour se retrouver, une fois la crise venue et sous l’effet de l’envolé des courts, complétement surendettées. Enfin, pour éviter une situation de bank run (fuite massive de capitaux) et une situation d’hyperinflation, le contrôle des capitaux est instauré.

 

Des coupes budgétaires sans austérité

Le dos au mur, l’archipel va aussi se tourner du côté du Fond monétaire international pour demander de l’aide. Mais, à l’inverse de l’habituel chantage du versement de milliards de dollars contre des plans d’austérité drastiques, l’Islande va minimiser l’impact des mesures sur son système social tout en procédant à des réformes structurelles.

Dans un rapport de 2012, le FMI tire un bilan de ces méthodes loin de l’« orthodoxie » économique et constate que si « les réductions de dépenses ont couvert toutes les catégories budgétaires, y compris la formation et la rémunération des salariés », l’Etat a aussi fait en sorte que « les prestations sociales soient préservées dans un objectif d'après-crise de maintenir les éléments clés de l'État-providence islandais » pour « protéger les groupes vulnérables en mettant en place des réductions de dépenses qui ne compromettent pas les prestations sociales et ciblant l'augmentation des recettes en mettant davantage du fardeau fiscal des groupes à revenu élevé ». Si l’Islande a bien connu une augmentation de sa fiscalité, elle s’est surtout concentrée sur les classes les plus aisées tout en gardant un niveau de protection sociale élevée. La durée d’indemnisation du chômage a même été rallongée d’une année. Autre élément rappelait le FMI, les programmes structurels de réduction des coûts ont été fait avec « la participation des partenaires sociaux à un stade précoce des négociations », ce qui a permis d’« aider à forger une plus large appropriation ». Des choix politiques qui, selon une étude de l’OCDE, place l’Islande en tête des pays sur le front de la lutte contre les inégalités de revenus disponibles. « S’agissant des autres pays, les pertes de revenu se sont ralenties en 2011 en Estonie, en Islande et au Mexique. Dans les pays ayant mis en place des mesures fiscales visant à réduire le poids des impôts pour les ménages les plus pauvres, notamment l’Islande, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande et le Portugal, le revenu des 10 % les plus pauvres a moins diminué que celui des plus riches depuis les toutes dernières années », explique ainsi le rapport.

Il faut ajouter à cela le travail de « purge » du secteur financier, résultat du travail de la commission mise en place en 2009 qui a pour objectif de chercher et d’amener devant la justice ceux qui ont eu un rôle actif dans la crise financière qui a touché le pays. Trois anciens dirigeants de la banque Kaupthing ont ainsi été condamnés en 2013. 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 14:09

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

Yanis Varoufakis : "Nous avons trahi la grande majorité du peuple grec !"

L' Obs

 

 

 

Nous avons rencontré l'ex-ministre des Finances grec un jour avant qu'Alexis Tsipras annonce la tenue d'élections anticipées. Il sera l'invité d'honneur ce dimanche de la Fête de la rose organisée par Arnaud Montebourg. Il revient sur sa démission et ses rapports avec le Premier ministre grec.

 

Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances (Maxime Gyselinck pour l’Obs)Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances (Maxime Gyselinck pour l’Obs)
 

C'est un homme souriant, en apparence apaisé, qui nous accueille dans sa résidence secondaire sur l'île d'Egine. Sa femme, Danaé, et un ami proche sont assis sur la terrasse qui donne sur la mer. Propos recueillis par Pavlos Kapantais.

Vous vous êtes opposé à la décision d’Alexis Tsipras, le 13 juillet, d’accéder aux demandes des créanciers. Pourrions-nous vous voir sur les listes électorales d’un autre parti lors des prochaines élections ?

Yanis Varoufakis : Si les élections anticipées débouchent sur un gouvernement et un parti qui auront reçu un mandat populaire pour appliquer l’accord du 13 juillet, je ne pourrai évidemment pas en faire partie. Alexis Tsipras est rentré du sommet européen du 12 juillet, où nous avons assisté de fait à la capitulation du pays, en expliquant son positionnement. Celui-ci reposait, selon lui, sur un grave dilemme : soit on acceptait ce programme non viable, soit le plan Schäuble [le ministre allemand des Finances, NDLR] de "défenestration" de la Grèce de la zone euro était mis en action. C’est là que commence ma principale objection : je ne crois pas que le dilemme soit là. Je crois que le "plan Schäuble" est en train de se réaliser. C’est en votant "non" au référendum que je reste fidèle au programme de Syriza. Si je suis d’accord avec Alexis Tsipras pour dire que le Grexit doit être évité, selon moi, le maintien de la Grèce dans la zone euro passait justement par le rejet de ce nouveau et troisième mémorandum. C’est là que nos opinions divergent. Alexis [Tsipras] considère que cet accord est l’alternative au "Grexit" de Schäuble, moi je considère que ce mémorandum fait partie du plan de Schäuble [de sortie de la Grèce de la zone euro].

Pendant les négociations, vous avez souvent dit que pour que les négociations puissent aboutir, il aurait fallu que le FMI, la Commission et la Banque centrale européenne soient moins divisées. Quelle était la nature de ces divisions ?

- Il est évident que cela aurait été plus simple… Le FMI a reconnu dès le départ que la dette était beaucoup trop importante pour que le pays puisse espérer s’en sortir. Mais la même institution était intraitable sur les réformes du droit du travail. En revanche, lorsqu'on allait parler aux Européens, ils nous disaient exactement le contraire ! Ils étaient d’accord avec nous sur le droit du travail, mais, pour eux, le fait d’envisager un effacement même partiel de la dette était un sujet tabou. Leurs divergences sont impossible à gérer, il faut qu’ils se mettent d’accord. Quand vous vous retrouvez pris en étau entre des discours contradictoires, la négociation devient quasiment impossible : vous êtes cerné par les lignes rouges des uns et des autres et, par conséquent, la discussion ne peut pas avancer.

Quel a été le rôle de la France au sein de l’Eurogroupe, et comment jugez-vous ce rôle ?

- Le gouvernement français avait une perception très proche de la nôtre. Mais excepté quelques phrases de soutien lancées par Michel Sapin, cela ne s’est pas traduit par un réel soutien. Ses interventions ont été immédiatement rejettées par les autres, et plus particulièrement par Schäuble. Il est vrai que, lorsque j’ai fait remarquer la grande différence entre ce qui se disait à huis clos et ce qui se disait publiquement, un personnage haut-placé m’a dit que "la France n’était plus ce qu’elle était". A l’intérieur de l’Eurogroupe, nous avons pu travailler avec Michel Sapin, notamment pour trouver un compromis entre la continuité des engagements pris par l’Etat grec et le principe de démocratie. Car le peuple grec s’est très nettement exprimé contre l’austérité lors des élections législatives de janvier. Michel Sapin l’a rappelé à plusieurs reprises au sein de l’Eurogroupe. Cependant, la réponse de Schäuble fut catégorique : les élections ne changeaient rien au problème car si les règles devaient évoluer à chaque fois qu’un nouveau gouvernement était élu, l’Eurogroupe n’aurait plus de raison d’être et la zone euro s’effondrerait.

(Maxime Gyselinck pour l’Obs)

Comment s’est passée exactement votre démission le soir du référendum ? Que vous a dit Alexis Tsipras ? Avez-vous pris cette décision ensemble, ou est-ce un gage qu’il a dû respecter sous le chantage, une reddition ?

- La semaine qui a précédé la fermeture des banques, je considérais – et je considère toujours – que nous aurions dû nous opposer à cette décision scandaleuse de l’Eurogroupe. Mais comme nous étions dans la ligne droite qui menait au référendum, il était de notre devoir de rester unis et de travailler pour la victoire du "Non". Et le "Non" l’a emporté. Α ce moment-là, j’ai ressenti une immense responsabilité face à ces gens qui ont su s’opposer à toutes les attaques médiatiques contre les partisans du "Non", au moment même où les banques avaient été fermées pour leur faire peur. J’ai considéré alors que notre rôle était d’honorer ce courage. Je suis rentré à Maximou [résidence officielle du premier ministre grec, NDLR] imprégné et motivé par l’énergie de notre très courageuse population et je me suis trouvé confronté à la volonté de capitulation de la part des autres membres de notre groupe politique responsables des négociations. Ma position ayant toujours été de dire : "Je préfère que l’on me coupe la main plutôt que de signer un nouveau mémorandum", mon départ à ce moment s’est imposé à tout le monde comme une évidence.

Alexis Tsipras aurait-il dû démissionner ?

- Personnellement, je crois toujours ce que l’on me dit. Lors de notre arrivée au pouvoir, nous nous étions dit deux choses Alexis Tsipras et moi : premièrement, que notre gouvernement essaierait de créer la surprise en faisant réellement ce que nous avions promis de faire. Deuxièmement, que si jamais nous n’y arrivions pas, nous démissionnerions plutôt que de trahir nos promesses électorales. C’est pourquoi, d’ailleurs, à quelques jours du référendum, j’avais déclaré que si le "Oui" l’emportait, je démissionnerais immédiatement. Je n’ai pas la capacité de faire des choses en lesquelles je ne crois pas. Je pensais que c’était notre ligne commune. Finalement, à travers les décisions gouvernementales, c’est le "Oui" qui l’a emporté et pas le "Non"...

Vous sentez-vous trahi par Alexis Tsipras ?

- Je crois que nous avons trahi la grande majorité (62%) du peuple grec. En même temps, il est évident que ce résultat n’était pas un mandat de sortie de la zone euro. Comme Alexis Tsipras, j’ai toujours été opposé à ce scénario, même si je critique avec virulence l’architecture de l'eurozone. C’est d’ailleurs la raison principale pour laquelle j’ai été nommé ministre des Finances. Mais à travers ce référendum, le peuple nous a clairement dit : "Battez-vous pour un meilleur accord, et si l’on vous menace de Grexit ou de tout autre catastrophe, n’ayez pas peur."

Etiez-vous matériellement prêt à sortir de l’euro ?

- C’est une question intéressante pour la zone euro dans son ensemble. Le problème, c’est qu'on ne peut pas envisager sérieusement une éventuelle sortie d’un pays de la zone euro. Car dès que la discussion commence, le mécanisme est enclenché et aussitôt les banques du pays concerné s’écroulent. Par conséquent, il est tout simplement impossible d’avoir un plan B opérationnel. Il ne peut être que théorique. Nos études sur la question, comme celles de la BCE d’ailleurs, n’était confiées qu’à 5-6 personnes pour rester discrètes. Pour qu’un tel plan soit opérationnel, il faudrait que près d’un millier d’experts se coordonnent. Cela ne pourrait plus rester secret, et provoquerait donc une panique bancaire, avec une sortie de l’euro à la clé…

Alexis Tsipras n’a donc jamais sérieusement envisagé ce scénario ?

- Je crois que cela n’a jamais été envisagé, ni par Tsipras, ni par moi. Ce que j’ai essayé de mettre en place, après que Dijsselbloem [le président de l'Eurogroupe], dès le 30 janvier, a menacé de fermer nos banques si nous n’appliquions pas le mémorandum, çela a été une série de solutions d’urgence pour créer de la liquidité si ce scénario devait se produire. Le but était de survivre quelques semaines à l’intérieur de la zone euro malgré les banques fermées, jusqu’à ce que l’on arrive à un accord. Malheureusement, le gouvernement n’a pas voulu appliquer ce programme : on a juste attendu que le référendum ait lieu pour capituler juste après.

A quoi aura servi le référendum finalement ?

- Pour la Grèce, il n’aura servi à rien. Il n’a pas aidé le gouvernement. Il n’a pas non plus aidé le peuple qui a voté "Non". Le peuple a été abandonné et trahi. Et pourtant, à cette occasion, les peuples européens ont vu qu’il pouvait y avoir des citoyens fiers qui refusaient les chantages et ne se faisaient pas manipuler par leurs médias. Les Grecs ont montré l’exemple aux autres peuples européens. Mais le leadership politique grec, moi y compris, n’a pas su capter cette résistance populaire et la transformer en une force pour mettre fin à l’autoritarisme et l’absurdité du système.

(Maxime Gyselinck pour l’Obs)

Croyez-vous que le FMI participera au programme grec ?

- Je ne peux pas imaginer comment le FMI pourrait participer à ce nouveau programme sans que cela ne lui crée d’immenses problèmes internes. Ces derniers jours cependant, des voix au sein de l’Europe commencent à discuter d’un rallongement des maturités concernant la dette grecque.

Ne croyez pas que cela sera suffisant pour convaincre le FMI de participer ?

- Cela dépendra des paramètres mis en place. Si l’Eurogroupe décide que les 312 milliards de dette pourront être remboursés à partir de l’année 2785 et que d’ici là il n’y aura aucun versement à réaliser, cela pourrait fonctionner car il s’agirait de fait d’un effacement de la dette. Pour le moment il y a un problème tant avec la valeur nominale de la dette qu’avec le calendrier des paiements. Pour être concret, regardez ce qui est prévu pour 2022. C’est comique ! Les paiements annuels prévus passent d’un coup de 10 milliards annuels à 30 milliards ! C’est comme si l’on déclarait à la terre entière qu’à l’horizon 2022-2023, la Grèce allait faire faillite ! Qui dans ces conditions viendra investir à long terme, quand on sait qu’en 2018 le pays doit afficher un excèdent budgétaire de 3,5%, ce qui signifie évidemment d’importantes hausses d’impôts, qui conduiront le pays dans le mur…

Quelle est votre solution ?

- Laissez-moi plutôt poser une autre question, que j’ai soumise aux membres de l’Eurogroupe en poussant leur raisonnement jusqu’au bout : "Ne serait-il pas mieux d’abolir les élections pour les pays se trouvant dans un programme d’aide ? Cela aurait le mérite d’être clair. Nous pourrions déclarer par la suite que nous avons créé une union monétaire en Europe qui abolit la démocratie pour les pays ayant une dette qu’ils ne peuvent pas rembourser". Comme vous l’aurez compris, la discussion s’est arrêtée là... Par ailleurs, mes opposants les plus farouches, au-delà de Schäuble, ont été les pays ayant imposé à leurs populations des cures d’austérité très dures. Quand on sait, par exemple, qu’en Lettonie la moitié de la population a dû s’expatrier à cause de la cure d’austérité imposée au pays, il est prévisible que les dirigeants lettons ne veuillent pas s’exposer à la vindicte populaire en laissant le gouvernement grec démontrer qu’une autre voie existe.

Que pensez d’Euclide Tsakalotos, le nouveau ministre des finances ? Quels conseils lui avez-vous donnés ?

- Euclide est un ami très cher et un excellent collègue. Nous sommes très proches. Il est comme un frère pour moi. Et j’ai de la peine pour lui : au moment où j’ai pris en charge le ministère, nous vivions des moments de joie, des moments historiques et héroïques. Euclide a été nommé, et il en est tout à fait conscient, pour mettre en place la capitulation. 

Comment voyez-vous aujourd’hui l’avenir de Syriza et celui de la Grèce ?

- Il faut toujours rester optimiste quand on parle d’un pays comme la Grèce qui a derrière lui une histoire longue de plusieurs millénaires. Je considère que plus la crise s’intensifie, plus nous sommes proches du moment où, enfin, on accèdera à la lumière. L’heure la plus sombre vient toujours avant l’aube. Quant à Syriza, si le parti ne parvient pas à rester uni malgré les différences d’opinion qui le traversent concernant l’accord, il n’a aucun avenir. S’il réussit, il jouera un rôle hégémonique en Grèce pendant de très nombreuses années.

Mais comment Syriza pourrait-il rester uni, étant données ses profondes divisions actuelles ?

- Les bons camarades peuvent rester unis malgré leurs divergences. Si nous parvenons à garder cet esprit, il a un espoir d’unité. Mais cet espoir disparaitra tôt ou tard si l’on continue à appliquer le mémorandum en prétendant qu’il est viable.

Pensez-vous que l’administration et l’Etat grec sont capables de se réformer ?

- Evidemment ! Il ne faut pas être négatif. Depuis une vingtaine d’années, il y a eu de nombreux progrès. Mais malheureusement la Troïka ne s’intéresse pas réellement à cela. Ce qu’elle veut avant tout c’est de garder sa mainmise sur l’économie de notre pays.

Pensez-vous publier un jour les enregistrements que vous avez des réunions de l’Eurogroupe ?

- Si je ne l’ai pas fait jusqu’ici, et malgré tous les mensonges que l’on a racontés sur moi , c’est pour démontrer que je respecte les règles du jeu. Mais malgré leur importance, il n’y a pas de compte rendu officiel de ses réunions ! Un jour, je rendrai donc ces enregistrements publics.

Comment voyez-vous votre avenir ?

- (rires) Question intéressante ! Je resterai actif politiquement quoi qu’il arrive, avec cependant une nouvelle certitude : toutes ces questions, l’austérité, la dette… doivent être pensées au niveau européen. Et en concertation avec les peuples qui souffrent et leurs représentants et non un Eurogroupe qui, lui, n’a aucune existence institutionnelle et donc n’a de comptes à rendre à aucune institution. S’il n’y a pas un mouvement européen pour démocratiser la zone euro, aucun peuple européen ne verra de jours meilleurs : ni les Français, ni les Italiens, ni les Irlandais, personne. C’est un combat fondamental qui nous reste à mener.

*(groupe de six membres du gouvernement responsable des négociations comprenant à l’époque Alexis Tsipras, Yannis Dragasakis le vice-président du gouvernement grec, Yanis Varoufakis, George Stathakis le ministre de l’économie, Euclide Tsakalotos à l’époque vice-ministre des finances, et Nikos Pappas ministre auprès du premier ministre et bras droit d’Alexis Tsipras.

 

Propos recueillis par Pavlos Kapantais

 

 

(Maxime Gyselinck pour l’Obs)

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 13:52

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Grèce: les frondeurs de Syriza créent leur parti

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

La frange la plus à gauche de Syriza a annoncé, vendredi, la création d’un nouveau parti baptisé « Unité populaire ». Des élections législatives anticipées doivent avoir lieu le 20 septembre. Tsipras a présenté sa démission jeudi.

 

La frange la plus à gauche du parti Syriza du premier ministre Alexis Tsipras a décidé de faire sécession pour fonder un nouveau parti indépendant avec 25 parlementaires, indique un vice-président du parlement grec, vendredi. Ce nouveau parti s'appellera "Unité populaire". Il sera dirigé par l'ancien ministre de l'énergie Panagiotis Lafazanis qui a pris la tête de la fronde contre le troisième plan de renflouement financier de la Grèce négocié par Alexis Tsipras.

Avec 25 députés, cette nouvelle formation sera la troisième en importance de la Vouli, assemblée de 300 membres, devant le parti centriste To Potami et le parti d'extrême droite Aube dorée qui comptent 17 élus chacun. Cette scission intervient après la démission d'Alexis Tsipras jeudi, une initiative qui devrait aboutir à la tenue d'élections législatives anticipées sans doute le 20 septembre.

Ni Yanis Varoufakis, l’ancien ministre des finances qui avait été poussé à la démission au début de juillet, ni Zoé Konstantopulou, présidente du Parlement, ne figurent dans la liste des parlementaires ralliant ce nouveau parti. Tous deux avaient pourtant été très critiques envers l’attitude d’Alexis Tsipras, qu’ils accusaient d’avoir cédé aux exigences des créanciers d’Athènes trop facilement.

Le premier ministre grec Alexis Tsipras a en effet présenté jeudi 20 août sa démission au chef de l'Etat afin d'ouvrir la voie à la tenue d'élections législatives anticipées le 20 septembre. Selon l'agence grecque ANA, Alexis Tsipras « propose des élections anticipées le 20 septembre ». Sa démission est nécessaire pour que le scrutin ait lieu. Arrivé au pouvoir en janvier, Alexis Tsipras est confronté à une opposition de l'aile la plus à gauche de son parti, Syriza, depuis qu'il a conclu un accord avec les créanciers d'Athènes sur l'octroi d'un troisième plan d'aide financière à la Grèce en échange de nouvelles mesures d'austérité.

« Le mandat que j'ai reçu le 25 janvier a atteint ses limites et le peuple grec a désormais son mot à dire », a déclaré Alexis Tsipras lors d'une allocution retransmise à la télévision. « Le Parlement actuel ne permet pas de dégager un gouvernement majoritaire, ni un gouvernement d'union nationale », a-t-il dit ensuite au président, Prokopis Pavlopoulos. Lors de son intervention à la télévision grecque, le chef du gouvernement a défendu le compromis trouvé avec les créanciers, tout en affirmant qu'il n'était pas à la hauteur de ses propres attentes. « Je vais être honnête avec vous : nous n'avons pas obtenu l'accord que nous voulions avant les élections de janvier », a-t-il reconnu. « Je ressens profondément la responsabilité morale et politique de remettre à votre jugement tout ce que j'ai fait, mes réussites comme mes échecs », a encore dit Alexis Tsipras à l'adresse des électeurs.

« L'objectif est d'avoir des élections le 20 septembre », a dit une source gouvernementale, jeudi 20 août, après une rencontre entre le premier ministre Alexis Tsipras, les principaux dirigeants de son parti Syriza et des ministres pour discuter de cette question. Tsipras a dû précipiter son calendrier après le refus d'un tiers des élus de son parti de soutenir le nouveau programme gouvernemental, le privant virtuellement d'une majorité dont il dispose au parlement. Cette accélération s'explique également par la volonté de Tsipras de retourner devant les électeurs avant que se fassent sentir les effets des nouvelles mesures d'austérité.

Le chef du gouvernement peut en outre compter sur une solide popularité. Syriza était crédité par un sondage le 24 juillet de 33,6 % des intentions de vote. Ce bon chiffre en fait le parti le plus puissant de Grèce mais n'est pas suffisant pour envisager de gouverner sans des partenaires de coalition.

Les rumeurs entourant de possibles élections anticipées au mois de septembre se sont multipliées au cours des derniers jours, plusieurs responsables dont le ministre de l'énergie Panos Skourletis ayant ouvertement appelé à un retour devant les électeurs. La probabilité d'un tel scénario est renforcée par la décision du gouvernement de ne pas solliciter un vote de confiance au parlement. Selon la télévision publique ERT, certains membres de Syriza seraient favorables à des élections les 13 et 20 septembre tandis que d'autres plaident en faveur d'un scrutin en octobre.

Alexis Tsipras avait conduit son parti Syriza à la victoire lors des législatives de janvier en faisant campagne contre la politique d'austérité menée en Grèce. Après sept mois de négociations parfois tendues avec les créanciers internationaux d'Athènes, le chef du gouvernement a accepté un plan de renflouement financier de 86 milliards d'euros assorti de hausses des impôts et de réduction des dépenses publiques.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi qu'elle avait reçu, comme prévu, un remboursement de 3,2 milliards d'euros acquitté par la Grèce au titre de sa dette. Ce remboursement portait sur des obligations d'Etat parvenues à maturité. Après l'annonce d'Alexis Tsipras, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a dit espérer que les soubresauts de la vie politique grecque n'allaient pas remettre en cause la mise en œuvre des mesures consenties par Athènes.

« Il est essentiel que la Grèce maintienne ses engagements envers la zone Euro », a-t-il jugé dans une déclaration envoyée à Reuters par courrier électronique. « Je rappelle que le nouveau paquet de réformes a recueilli un large soutien des députés grecs et j'espère que les élections vont permettre d'obtenir un soutien plus large encore du Parlement », a ajouté Dijsselbloem.
(Reuters)

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 13:41

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Grèce-Israël. Un type d’accord militaire sans précédent

19 août par Ali Abunimah

 

 

CC - Flickr

 

Les forces armées grecques, ainsi que celles de l’Italie s’entraîneront bientôt en Israël.

C’est le dernier indicateur de l’approfondissement de l’alliance militaire forgée entre Israël et le gouvernement grec, sous direction du parti de gauche Syriza.

Le mois dernier, des pilotes d’hélicoptères israéliens ont réalisé des exercices de combat sans précédent de 11 jours près du Mont Olympe, en Grèce |1|.

En mai |2| puis en juillet 2015, le gouvernement dirigé par Syriza a également signé un accord militaire avec Israël, qui n’a d’égal que celui, similaire, qui existe entre Israël et les Etats-Unis : garantissant des immunités légales à chaque personnel militaire lors d’un entraînement dans un autre territoire |3|.

L’accord militaire a été signé au nom du gouvernement par Panagiotis Kammenos, le ministre de la Défense, membre des Grecs indépendants [ANEL], le junior partner du gouvernement de coalition. Mais il n’y a pas de doute que Syriza donne son soutien : en juillet [le 6 juillet], Nikos Kotzias, le ministre des Affaires étrangères nommé par Syriza |4|, a voyagé à Jérusalem pour des discussions au sommet avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou afin de « renforcer les liens bilatéraux entre les deux pays ».

Plus tôt cette année, des avions de guerre israéliens ont réalisé des missions d’entraînement intensives en Grèce, une expérience qui sera sans aucun doute utilisée pour attaquer la bande de Gaza lors de futurs assauts militaires israéliens.

 

Des hélicoptères israéliens en Grèce

Selon un communiqué de presse des forces aériennes israéliennes, « la coopération israélo-grecque prend de l’ampleur au cours des dernières années et, à la lumière des succès lors des récents déploiements, des vols mutuels continueront probablement en 2016 ».

Le commandant de la base aérienne de Larissa, où des hélicoptères israéliens étaient basés lors des exercices, le colonel Dormitis Stephzanki a été cité déclarant : « Nous comprenons la grande importance d’une activité conjointe avec l’Etat d’Israël, qui contribue à la sécurité des deux pays. Au cours des derniers jours, nous avons travaillé ensemble d’une manière spéciale. Le langage commun, la profonde amitié et les choses que nous avons appris ensemble ont contribué à l’amélioration de la coopération entre les forces. »

Dormitis a déclaré qu’il était convaincu que l’entraînement en Grèce avait amélioré « l’aptitude [des Israéliens] à prendre en charge des vols chaque fois que cela est nécessaire ».

« Nous avons volé au-dessus de zones montagneuses qui n’existent pas en Israël et nous avons pratiqué des vols à longue distance à partir de bases aériennes en Israël en direction de la Grèce », a déclaré le lieutenant-colonel israélien Matan, le commandant d’une escadre d’hélicoptères Apache, fabriqués aux Etats-Unis. (Les forces israéliennes ne donnent que les prénoms, probablement afin de protéger le personnel d’accusations potentielles pour crimes de guerre).

Les Apache – baptisés d’après les peuples amérindiens qui ont été la cible de l’expansion coloniale génocidaire en Amérique du Nord – ont été largement utilisé par Israël afin de réaliser des exécutions extrajudiciaires de Palestiniens. Cet appareil a été utilisé lors des massacres de civils à Gaza l’été dernier.

Le colonel Y, un commandant d’une unité israélienne de reconnaissance, a décrit la participation d’Israël à l’exercice comme étant « historique », ajoutant que « c’était la première fois que les avions qui collectent des informations ont travaillé avec des appareils étrangers sur un terrain inconnu et complexe ».

 

Soutenir les crimes de guerre

Selon le Jerusalem Post, les pilotes d’hélicoptère grecs s’entraîneront en Israël au cours des prochains mois. Le journal rapporte que des avions de combat grecs « participeront à l’exercice multinational Blue Flag, qui se déroulera au-dessus du sud d’Israël ».

En juin, un reportage d’Haaretz a révélé que les forces aériennes italiennes, grecques et des Etats-Unis participeront à cet exercice.

La coopération militaire entre Israël, l’Italie et la Grèce se poursuit malgré le fait qu’une enquête indépendante récemment publiée, commandée par le Conseil des droits humains des Nations Unis, a découvert des preuves massives de crimes de guerre commis par Israël lors de son attaque contre Gaza au cours de l’été dernier, laquelle a tué plus de 2200 Palestiniens.

Le mois dernier Amnesty International a publié sa propre enquête sur l’attaque israélienne contre la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza. Ici aussi, l’enquête a conclu que des centaines de civils ont été tués alors qu’Israël réalisait de graves crimes de guerre.

Amnesty a découvert que « des déclarations publiques de commandants de l’armée israéliennes et de soldats à la suite du conflit fournissent des raisons impérieuses de conclure que certaines attaques qui ont tué des civils et détruit des maisons et des propriétés ont été réalisées et motivées par un désir de vengeance – afin de donner une leçon ou de punir la population de Rafah. »

Inam Ouda Ayed bin Hammad, cité dans le rapport d’Amnesty, se souvient des pilonnages et des bombardements qui se sont déroulés près de son domicile dans le quartier al-Tannur de Rafah : « à la minute où j’ai quitté la maison, un Apache a commencé à nous tirer dessus. »

Peut-être que les mêmes Apache et leurs pilotes ont partagé des moments de camaraderie en Grèce.

Les rapports des Nations Unies et d’Amnesty ont appelé à ce que des comptes soient rendus pour les crimes de guerre commis à Gaza et en Cisjordanie occupée.

Au lieu de cela, les gouvernements grec et italien de gauche, ainsi que, bien sûr, l’administration Barack Obama des Etats-Unis, offrent uniquement à Israël leur complicité et leurs récompenses (Traduction A l’Encontre, article publié le 5 août 2015 sur le site Electronic Intifada. L’auteur de cet article, cofondateur du site, a publié récemment The Battle for Justice in Palestine, Editions Haymarket, mars 2014. Il réside aux Etats-Unis.)

Source : A l’encontre

 

 

 
Notes

|1| Un communiqué publié en date du 3 août, sur le site « Israeli Air Force » [http://www.iaf.org.il/4424-45323-en/IAF.aspx] indiquait que durant deux semaines des exercices conjoints avaient été menés, depuis la base de Larissa, par une escadre d’hélicoptères des forces aériennes de l’IDF (Israeli Defense Forces) et des hélicoptères ainsi que des avions de chasse de l’armée grecque. « C’était un des plus importants et complexes déploiements de forces en dehors d’Israël. » L’accent est non seulement mis sur l’intérêt d’acquérir une expérience pour des vols en altitude (pour les hélicoptères), mais aussi sur le recueil de renseignements.

|2| Israpresse soulignait, le 21 mai 2015, que les accords entre Israël et la Grèce, « portant majoritairement sur la politique, la défense, l’énergie, la finance, le tourisme, la culture et l’académie », allaient continuer. Des « festivités viennent renforcer les liens entre les deux pays qui étaient devenus incertains depuis l’arrivée au pouvoir d’Alexis Tsipras, en janvier 2015 ». Le 26 janvier 2015, le quotidien influent Yedioth Aharonoth citait l’ancien ambassadeur d’Israël en Grèce, Arye Makel, qui rappelait les déclarations d’Alexis Tsipras en août 2014, à l’occasion de l’opération militaire « Bordure protectrice » qui « accusait l’Etat hébreu d’assassiner des enfants de Palestine ». Depuis lors, les relations militaires, entre autres, se sont consolidées, mais ont pris un nouveau tour. (Rédaction A l’Encontre)

|3| Le 19 juillet 2015 Israpresse présentait de la sorte cet accord : « Le chef de l’appareil de défense israélien et le ministre grec de la Défense nationale ont conclu un Accord sur le statut des forces (Status of forces agreement ou SOFA), c’est-à-dire une entente juridique mutuelle permettant aux forces armées d’Israël de stationner en Grèce, et inversement. C’est le premier SOFA qu’Israël conclut avec un pays allié autre que les États-Unis.

Le ministre israélien a fait part de sa reconnaissance à l’égard de son homologue pour sa visite en Israël, malgré la situation économique difficile dans son pays, et a exprimé son espoir de voir la Grèce surmonter les différents défis qui l’attendent.

« Nous apprécions grandement la coopération sécuritaire qui se traduit par l’entraînement de nos soldats et officiers sur le territoire grec. Nos Etats partagent des intérêts communs, car ils doivent faire face aux conséquences de l’accord signé la semaine dernière entre les grandes puissances et l’Iran », a déclaré M. Ya’alon.

Le ministre grec a pour sa part affirmé : « Le peuple grec est très proche du peuple d’Israël. Concernant notre coopération militaire, nos relations sont excellentes, nous continuerons à les entretenir et poursuivrons les entraînements communs. » M. Kammenos a ajouté : « Le terrorisme et le djihad ne frappent pas que le Proche-Orient, mais également les Balkans et l’Europe. C’est la guerre. Nous étions également très proches d’Israël pour tout ce qui est relatif au programme de missiles de l’Iran. Nous nous trouvons à la portée de ces missiles. Si un missile iranien se dirige vers la mer Méditerranée, cela peut signifier la fin de tous les pays de la région. » (Rédaction A l’Encontre)

|4| Nikos Kotzias était ancien conseiller du Premier ministre grec Georgios Papandreou. Dès sa nomination aux Affaires étrangères, le 27 janvier 2015, The Times of Israel (28 janvier 2015) rapportait l’opinion d’Emmanuel Karagiannis, grec d’origine, professeur au King’s College de Londres, occupant la chaire des études militaires : « Kotzias est un politicien plutôt pragmatique, ainsi je ne m’attends pas à une détérioration des relations bilatérales. Kotzias considère la Turquie comme la principale puissance compétitrice en termes de géopolitique dans la Méditerranée orientale. Dès lors, je crois que le partenait Grèce-Israël va survivre à ce changement politique [gouvernement Tsipras]. » (Rédaction A l’Encontre)

Auteur

 
 

Ali Abunimah

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 13:26

 

Source : http://cadtm.org

 

 

BCE, ce fonds vautour pas comme les autres

Carte blanche dans Le Soir et sur le site de la RTBF

20 août par Olivier Bonfond , Renaud Vivien

 

 

 

 

Le 20 août, la Banque centrale européenne (BCE) attend de la Grèce un nouveau versement de 3,2 milliards d’euros. En s’appuyant sur les conclusions du rapport de la Commission pour la Vérité sur la dette grecque, le gouvernement pourrait refuser de payer ce créancier qui a agi dans l’illégalité et s’est comporté comme un véritable fonds vautour.

Dans le cadre du programme Securities Market Program (SMP) qui s’est déroulé entre mai 2010 et septembre 2012, la BCE a acquis des titres grecs à un prix inférieur à leur valeur nominale sur le marché secondaire de la dette, le marché d’ « occasion » où les titres de la dette se rachètent et se revendent en fonction de l’offre et de la demande. A l’instar des fonds vautours, la BCE a racheté à plusieurs banques privées des titres grecs pour une valeur de 40 milliards d’euros et, maintenant, exige de la Grèce le remboursement intégral de la valeur nominale, soit 55 milliards d’euros plus les intérêts |1|.

Un deuxième élément caractéristique de la stratégie des fonds vautours est qu’ils refusent systématiquement de prendre part aux restructurations de dettes. C’est également le cas de la BCE qui a exclu toute possibilité de participer à la restructuration de la dette grecque en 2012. Celle-ci a même fait pression pour empêcher une réduction de cette dette en 2010, qui était pourtant déjà insoutenable. Selon l’ancien représentant de la Grèce au FMI, Panagiotis Roumeliotis, auditionné au Parlement grec, le président de la BCE de l’époque, le Français Jean-Claude Trichet « était parmi ceux qui ont mené bataille contre une restructuration en menaçant la Grèce de lui couper les liquidités. En réalité, Mr Trichet bluffait pour sauver les banques françaises et allemandes » |2|. L’objectif était de leur laisser le temps d’être remboursées grâce au prêt de la Troïka et de se débarrasser de leurs titres grecs sur le marché secondaire grâce au programme SMP. Rappelons qu’en 2010, 7 banques (3 françaises et 4 allemandes) constituaient à elles seules les principales créancières de la Grèce avant l’intervention de la Troïka rebaptisée aujourd’hui « Institutions », composées du FMI, de la BCE, de la Commission européenne et du Mécanisme européen de stabilité.

Une dette illégitime

Le rapport de notre Commission d’audit a établi que plus de 80% des 240 milliards des prêts octroyés par la Troïka en 2010 et 2012 sont repartis directement dans le remboursement d’une vingtaine de banques privées. Une partie importante de cet argent n’est même jamais arrivée sur le sol grec, il a simplement transité par un compte spécifique créé à la BCE. En permettant à ces banques de se mettre à l’abri de l’éclatement de la bulle de crédit privé qu’elles avaient créée, cette opération de sauvetage des créanciers privés par des institutions publiques a créé une dette illégitime pour la population.

Troisième point commun avec les fonds vautours : la BCE a abusé de la faiblesse de l’État débiteur pour « négocier » des accords manifestement déséquilibrés. Les « Institutions » ont imposé à la Grèce des mémorandums qui violent les droits du peuple grec et aggravent le poids de la dette. Pire, elle l’ont fait de manière consciente. Dans un de ses documents internes confidentiels, le FMI écrivait en mars 2010 que le mémorandum auquel il allait participer aurait des effets dramatiques sur le plan social et augmenterait encore la dette grecque |3|.

De plus, les accords conclus depuis 2010 contiennent des clauses abusives qui montrent que la Grèce a été forcée d’abandonner des pans importants de sa souveraineté. Le droit anglais, particulièrement protecteur des créanciers (c’est le droit privilégié par les fonds vautours), est désormais d’application en cas de litige. Ces accords stipulent aussi que l’État s’engage à renoncer totalement à son immunité. Autrement dit, la Grèce renonce à tout moyen de défense contre ses créanciers qui pourront saisir, à la manière des fonds vautours, tout bien appartenant à l’État pour se faire payer. Pour se protéger, les créanciers ont poussé le bouchon jusqu’à insérer une clause qui garantit que la Grèce devra honorer ses obligations même si les accords s’avéraient illégaux !

Contraire au droit grec, européen et international

D’illégalité, il en est bien question. Les mesures d’austérité inscrites dans les mémorandums violent de manière directe une série de dispositions du droit grec, européen et international. Ces violations engagent la responsabilité des « Institutions », dont la BCE, qui agit en infraction avec les règles de l’Union européenne et ses propres statuts. Par exemple, le programme SMP est conditionné à l’application des mesures d’austérité, ce qui est manifestement une violation de ses statuts et du principe d’ « indépendance » de la BCE posé à l’article 130 du TFUE. En exerçant ce chantage politique, elle outrepasse manifestement son mandat à la différence des fonds vautours uniquement intéressés par le profit. Récemment, la BCE a commis d’autres abus de pouvoir en asphyxiant les banques grecques dans le but de faire plier le gouvernement Syriza. Pourtant, en tant que banque centrale, elle est censée être la prêteuse en dernier ressort et agir pour éviter toute instabilité ou panique bancaire. A ce titre, elle aurait dû fournir les liquidités nécessaires aux institutions financières grecques. Toutes ces actions et pressions de la BCE constituent des irrégularités qui invalident les engagements de la Grèce à son égard.

 

 

 
Notes

|1| Atkins R. (2012). ECB Moves to Help Fund Greece Bail-Out. Financial Times

|2| PAUMARD Emilie, Audition de Panagiotis Roumeliotis (15 juin 2015), 17 juin 2015, www.cadtm.org

|3| Dossier pénal transmis au Parlement grec par le procureur chargé des crimes économiques concernant les déclarations de l’ancien représentant de la Grèce au FMI : http://gesd.free.fr/imfinter2010.pdf

Auteur

Renaud Vivien

Co-secrétaire général du CADTM Belgique.
Il est membre de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015.


 

Auteur

Olivier Bonfond

est économiste, conseiller au CEPAG et auteur du livre “Et si on arrêtait de payer ?" Editions Aden. Juin 2012.
Il est membre de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015.

 

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 13:17

 

Source : http://leplus.nouvelobs.com

 

 

La ferme des Bouillons évacuée : c'est un déni de démocratie. L'État veut nous faire taire

 
 

LE PLUS. La ferme des Bouillons a été évacuée. Les militants zadistes qui occupaient depuis 32 mois le site situé à Mont-Saint-Aignan, près de Rouen, pour lui conserver son caractère agricole, ont été délogés par des CRS, mercredi 19 août. Tribune de Philippe Vue et Matthieu Carpentier, porte-parole de l'Association pour la protection de la ferme des Bouillons (APFB).

 

Les militants qui occupaient la ferme des Bouillons, à Mont-Saint-Aignan, ont été évacué le 19 août 2015 (C. TRIBALLEAU/AFP).

 

Depuis décembre 2012, notre collectif citoyen occupait la ferme des Bouillons, à Mont-Saint-Aignan, près de Rouen (Seine-Maritime), pour empêcher sa démolition par le groupe Auchan, et y développer un projet citoyen, écologique et coopératif.

 

La mobilisation de l’Association pour la protection de la ferme des Bouillons (APFB), forte de plus d’un millier d’adhérents, appuyée par une occupation quotidienne joyeuse, créative et laborieuse, a permis d’obtenir le reclassement du site en Zone naturelle protégée.

 

Nous avons défini un projet de reprise de la ferme

 

En parallèle à ce travail institutionnel, l’APFB a défini de manière collaborative un projet de reprise de la ferme, présenté publiquement le 30 mars. Ce projet articulait maraîchage biologique, point de vente de produits locaux, formation, hébergement d’activités associatives, éducation populaire et culture.

 

La réalisation de ce projet passait par une légalisation de l’occupation, au moyen d’un rachat du site par la Fondation Terre de Liens, organisme reconnu d’utilité publique, dont la mission est la sanctuarisation des terres agricoles et l’installation de jeunes paysans.

 

Fin juillet, nous avons appris que la ferme était l’objet d’un compromis de vente entre le groupe Auchan et la SCI "In Memoriam", qui propose pour le lieu un projet décalqué du nôtre.

 

Le montage en société civile immobilière (SCI), qui ôte tout contrôle des pouvoirs publics sur le devenir des terres, est pour nous inacceptable. Pour avoir la possibilité de défendre notre projet, et empêcher l’appropriation de notre lutte, nous avons déposé une demande de préemption auprès de la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer).

 

Une collusion entre profession agricole et pouvoirs publics

 

Malgré les nombreuses prises de position publiques en faveur de notre association (politiques, agricoles, associatifs, citoyens, etc.), la Safer a refusé d’exercer son droit de préemption, qui aurait permis une étude équitable et transparente des différentes candidatures.

 

Et pour cause : la Safer, contrôlée par les organisations professionnelles agricoles – FNSEA en tête – a travaillé pendant plusieurs mois aux côtés des parties prenantes de l’accord, afin de monter un projet qui réduise au minimum la possibilité d’une préemption. En lieu et place du rôle d’arbitre que lui a fixé la loi, elle a donc joué un rôle de conseiller technique d’un candidat, au détriment de ses propres prérogatives et des autres candidats.

 

Ce mélange des genres, piloté par son président Emmanuel Hyest, est inacceptable, et nous y donnerons les suites judiciaires qu’il appelle.

 

Le 19 août 2015, à 6 heures du matin, un déploiement conséquent de forces de l’ordre a procédé à l’évacuation, sans heurts, de la trentaine d’occupants et militants présents sur place, suivie de l’arrivée des nouveaux propriétaires des lieux, sous escorte policière. Le règlement rapide de la controverse née de l’arrivée d’un nouvel acteur dans le dossier témoigne de la collusion profonde entre la profession agricole et les pouvoirs publics.

 

L'État a fait le choix des petits arrangements

 

Les responsables de la Safer et les représentants de l’État ont clairement fait le choix de l’opacité et des petits arrangements contre celui de la démocratie et de l’intérêt général. La FNSEA est en cela fidèle à sa volonté de garder un contrôle total sur les questions agricoles, pourtant largement subventionnées.

 

Les pouvoirs publics donnent une nouvelle preuve de leur détermination à faire cesser toute forme de contestation écologiste de terrain, même si celle-ci a été légitimée par des décisions politiques et se montre constructive et responsable dans la recherche d’une sortie de crise, comme ce fut le cas aux Bouillons.

 

Le profil des associés de la SCI laissait pourtant planer un doute sur le sérieux de leur projet "permacole", qui aurait à lui seul justifié une préemption : Baptiste Mégard ne témoigne en effet d’aucune expérience en maraîchage comme en agriculture biologique.

 

Leurs motivations réelles peuvent, elles aussi, être mises en doute : leur militantisme au sein de l’ultra-droite rouennaise confirme pour nous la lecture politique que nous faisons ici des événements.

 

Amplifier la mobilisation citoyenne

 

Révoltés par le traitement réservé à nos démarches, et déterminés à ne pas accepter le déni de démocratie dont nous nous estimons victimes, nous appelons :

 

- tous nos soutiens, tous les défenseurs d’une authentique agriculture de qualité, relocalisée, à nous rejoindre pour poursuivre et amplifier dans les jours à venir la mobilisation citoyenne installée aux portes de la ferme des Bouillons

 

- à mener des actions pacifiques et résolues de soutien à notre cause sur tous les territoires contre les différentes parties prenantes de cet accord scandaleux.

 

 

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Plus d’infos : www.lafermedesbouillons.fr

 

 

Source : http://leplus.nouvelobs.com

 

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 13:05

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Près de Rouen, l'Etat fait expulser les «zadistes» de la ferme des Bouillons

|  Par Jade Lindgaard

 

 

 

Près de Rouen, sur les terres de Laurent Fabius, le ministre de la COP 21, l’État vient de faire expulser les «zadistes» de la ferme des Bouillons, un temps rachetée par une filiale du groupe Auchan. Occupée depuis plus de deux ans, des dizaines de personnes voulaient y pérenniser une activité agricole bio, et en faire un lieu de formation et d’éducation populaire.

 

Au début de l’été, des déclarations de Matignon laissaient croire à une possible évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes avant l’automne. C’est finalement une autre « zone à défendre », près de Rouen, installée sur un terrain acheté par Immochan, filiale d'Auchan, le géant de la grande distribution, qui a été vidée de ses habitants par la force publique, au petit matin du mercredi 19 août.

La ferme des Bouillons était occupée depuis deux ans et demi par des habitants qui voulaient empêcher sa destruction et sa transformation en grande surface commerciale. Ils y avaient développé du maraîchage bio, y animaient des rencontres militantes et des activités culturelles. Ils souhaitaient pérenniser leur activité agricole, et en faire un lieu de formation et d’éducation populaire. Petit à petit, ils s’étaient attiré le soutien des collectivités locales (dont la commune de Mont-Saint-Aignan où est sise la ferme, mais aussi Rouen métropole et la région Haute-Normandie), de l’association Terre de liens qui aident les agriculteurs sans terre à s’installer – par le biais notamment de financements collaboratifs –, et du millier de personnes qui avaient adhéré à l’association de soutien.

Si bien que début août, Auchan annonçait renoncer à ses 4 hectares. C'était une victoire en demi-teinte pour les opposants car le groupe annonçait aussi avoir signé un compromis de vente avec une SCI familiale formée par des paysagistes, voulant y développer eux aussi du maraîchage bio et de la permaculture. Sollicitée, la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) de Haute-Normandie a pourtant renoncé à son droit de préemption, qui aurait permis de mettre le projet de la SCI en concurrence avec celui des occupants de la ferme. Quelques heures après l’annonce de la Safer, la préfecture expulsait les lieux.

 

Assemblée générale de plusieurs centaines de personnes devant la ferme des Bouillons après son expulsion (Facebook du collectif)Assemblée générale de plusieurs centaines de personnes devant la ferme des Bouillons après son expulsion (Facebook du collectif)
 

Cette expulsion précipitée d’un lieu devenu emblématique des alternatives au tout béton sanctionne ainsi les dizaines de personnes qui ont permis la préservation de ces terres, autrement promises à la destruction, par leur travail et leur capacité à créer un environnement social et solidaire autour de leur projet. La ferme des Bouillons n’était pas seulement une activité agricole ; c’était aussi un espace d’utopie concrète, animé collectivement, et autour d’une vision partagée de l’importance des communs, qu’il s’agisse de terres, de l’air que l’on respire, ou de pratiques pour vivre et penser librement.

C’est cette zone d’expérimentation sociale que la puissance publique est en train de démolir. La Safer a promis d’aider à trouver un autre lieu de culture au maraîcher du groupe. Mais rien ne remplacera les terres et les bâtisses habitées depuis deux ans, désormais riches de la valeur sociale de tout ce qui s’y est fabriqué au fil des mois d’occupation. La Safer a beau se retrancher derrière les arguments juridiques, il y a une dimension punitive, vexatoire, dans le refus de prendre en compte le projet des habitants de la ZAD des Bouillons.

C’est d’autant plus frappant que les acheteurs choisis par Immochan affichent un projet qui présente quelques similitudes avec celui des zadistes : agriculture bio et, même, permaculture. Mais imposé par les CRS, il en devient une caricature, comme le manifeste d’une certaine manière la vidéo autopromotionnelle des créateurs de la SCI : ils y parlent d’agro écosystème autonome en se présentant comme de « petits entrepreneurs », en remerciant Immochan et en souhaitant que les parents des enfants qui visiteront leur ferme aient envie de beaucoup y consommer.

 

 

Selon Ras l’front Rouen, Baptiste Mégard, le jeune fondateur de la SCI, est un militant de la Manif pour tous et fait partie des Veilleurs pour la famille (notamment opposés au mariage pour tous). Son frère aîné que l’on voit aussi dans la vidéo, gérant de l’entreprise Œuvre d’Arbre, Thibault Mégard, a été candidat suppléant aux élections législatives de 2007 dans la première circonscription de Rouen de Hubert de Bailliencourt, sous l’étiquette du Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers.

« Nous avons quitté, un peu forcés, notre "ZAD de luxe" pour l'occupation d'une prairie face à la ferme occupée depuis ce matin par la SCI In Memoriam, qui démarre ses travaux de permaculture par le creusement de tranchées et l'envoi de nombreux vigiles avec molosses », ont réagi les habitants des Bouillons dans un communiqué.

Pour David Cormand, conseiller régional EELV en Haute-Normandie, l’évacuation de la ferme est « une injustice qui laissera des traces. La guerre menée à toute forme d'alternative est une faute ». Selon la Confédération paysanne, « les Bouillons sont un symbole, un mouvement porteur d’espoir. Et c’est toujours dangereux de briser un espoir ». C’est cet espoir d’une résistance citoyenne et non violente au saccage des hectares agricoles (un département disparaît tous les sept ans sous le béton) que l’État sanctionne. Le message peut surprendre alors que l’affaire se déroule dans la région de Rouen, sur les terres de Laurent Fabius, ministre de la COP 21, la conférence sur le climat en décembre. Lors d'une conférence de presse, Claude Taleb, vice-président EELV de la région Haute-Nomandie chargé de l'agriculture a accusé l'Etat de trahison : « La communauté que je représente a été trahie par les services de l'Etat. J'ai vu un relevé de conclusion de réunion, qui a eu lieu le 10 août, entre le préfet, la DRAF (le ministère de l'agriculture en région, ndlr), et la Safer. L'ensemble du scénario qui s'est déroulé jusqu'à l'expulsion de mercredi était déjà écrit : pas de préemption, on laisse faire l'attribution à la SCI, l'évacuation poliècre. Ni la DRAF, ne le préfet n'ont jugé utile de tenir au courant la région de leurs intentions ».

 

 

Vidéo de la conférence de presse des élus EELV de Haute-Normandie.

 

Qui est légitime pour décider du sort des terres ? C’est l’autre question soulevée par cette affaire. En soutenant les acheteurs choisis par Immochan, la Safer Haute-Normandie semble tracer un cordon sanitaire entre les professionnels agricoles et les acteurs du monde associatif et militant qui veulent développer des alternatives à l’agro-industrie. Chambres d’agriculture, banques, mutuelles, syndicats veulent préserver leur entre soi, imperméables aux demandes de ces nouveaux acteurs. Cette attitude conservatrice favorise les petits arrangements entre amis – vendre une terre agricole à la grande distribution ou à un parc de loisirs peut rapporter beaucoup d’argent à son propriétaire. En situation de dérèglement climatique et de pollution endémique des campagnes par les pesticides et les engrais chimiques, il n’est plus défendable que le sort des parcelles de prairie ou de culture soit entre les seules mains de la FNSEA.

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 12:45



Corrompu, corrupteur,assassin, hors la loi, Mr Carcénac cumule, le pouvoir cautionne...délit de complicité d'association de malfaiteurs?
Nous verrons bien si l'aveugle justice ouvrira un oeil. Mais pour l'instant ça roupille sec...comme d'hab.

Rémi, on oublie pas, on pardonne pas!

 

A lire ici:
http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-viguie/060815/tarn-nouvelle-plainte-contre-thierry-carcenac

 

ou ci-dessous

 

 

TARN/ NOUVELLE PLAINTE CONTRE THIERRY CARCENAC

 

 

Dans l'affaire de la destruction illégale de la Métairie Neuve de Sivens, une nouvelle plainte vient d’être déposée contre Thierry Carcenac, pris en sa qualité de président du Conseil départemental (pas de sénateur).

Cette plainte relève du délit que le code pénal appelle « l’abus d’autorité contre l’administration » (ne pas confondre avec le délit d’abus d’autorité contre les particuliers qui vise notamment des atteintes à la liberté individuelle ou des discriminations).

Ce délit figure dans le Titre III du code pénal « Des atteintes à l'autorité de l'Etat »,

Chapitre 2 : « Des atteintes à l'administration publique commises par des personnes exerçant une fonction publique ».

 

LE DÉLIT :

Aux termes du code pénal, ce délit concerne « Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique [ici le président du Conseil départemental], agissant dans l'exercice de ses fonctions, de prendre des mesures destinées à faire échec à l'exécution de la loi [ici, plusieurs lois, dont la loi de décentralisation qui sera principalement traitée par ce billet]»

L'infraction « est punie de dix ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende si elle a été suivie d'effet » (articles 432-1 et 432-2 du code pénal) ce qui a été le cas à Sivens comme on va le voir plus loin.

Si l’on prend en compte les peines complémentaires d’interdiction des droits civils et d’interdiction d'exercer une fonction publique (prévues par l’article 432-17 du code pénal pour ce délit d’abus d’autorité contre l’administration), on comprend la gravité de ce que je reproche aujourd’hui publiquement à Thierry Carcenac.

 

UN CAS D’ÉCOLE

Ce qui s’est passé à Sivens entre le 28 mai et le 2 juin 2015 est déjà un cas d’école en matière de destruction de biens en réunion, du fait que les bâtiments détruits étaient légalement protégés par le PLU de Lisle-sur-Tarn et du fait que les plus hautes autorités tarnaises ont participé aux infractions juste après un incendie criminel. C'est du jamais vu en France, même en Corse...

C’est aussi un cas d’école exceptionnel en ce qui concerne le délit d’abus d’autorité contre l’administration.

En décidant de raser les bâtiments de la Métairie Neuve avant même que l’arrêté de péril de sa comparse maire de Lisle sur Tarn ne soit exécutoire, on va voir que Thierry Carcenac a pris une « mesure destinée à faire échec à l'exécution" de la grande loi de décentralisation du 2 mars 1982.

Ce cas d’école est trois fois exceptionnel :

-          Exceptionnel du fait du comportement particulièrement irresponsable de Thierry Carcenac, président du Conseil départemental, qui a décidé, en outrepassant ses pouvoirs, de faire raser la Métairie Neuve dès le lendemain d’un incendie criminel et peut être même… le jour même, malgré le régime de protection de la Métairie.

-          Exceptionnel car il ne s’est jamais produit un cas semblable à ce jour

-          Exceptionnel par le fait que le Conseil constitutionnel avait envisagé un tel cas de figure dans ses discussions sur la fameuse loi de décentralisation…

Mais trêve de suspens, voici l’explication du délit en deux temps, des origines... à nos jours.

 

LA LOI DE DÉCENTRALISATION ET LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL

La loi du 2 mars 1982 (loi Deferre) est une des grandes lois de la 5° République. Malgré les dérapages inévitables, elle a modifié considérablement le fonctionnement des institutions en donnant beaucoup de pouvoir aux collectivités territoriales.

Une des questions clefs dans sa discussion était de savoir jusqu’où allait ce pouvoir une fois déterminé le « domaine » des anciennes prérogatives de l’Etat transférées aux collectivités. L’Etat aurait-il un pouvoir effectif de contrôle sur les actes des collectivités territoriales dès lors que ces actes seraient illégaux ?

Le projet de loi Deferre initial était plutôt radical dans le transfert des compétences : il prévoyait non seulement que les actes pris par les autorités locales étaient « exécutoires  de plein droit » sans même avoir été transmis au préfet ! mais que le préfet ne pouvait pas saisir le tribunal administratif avant expiration d’un préavis de 20 jours !

Ce texte était une révolution à lui tout seul : la porte ouverte d’un côté à la plus belle des démocraties locales et de l’autre… aux pires dérapages et aux résurgences des féodalités !

La question clef du contrôle de l'Etat a été tranchée par le Conseil constitutionnel dans sa décision du 25 février 1982 :

Pour le préavis de 20 jours, le Conseil constitutionnel  n’a pas accepté « cette impossibilité temporaire d'agir qui, dans les dispositions précitées de la loi, frappe le représentant de l'Etat, même à l'égard d'un acte manifestement illégal » (sic)

Et il a jugé « qu'en déclarant ces actes exécutoires de plein droit avant même leur transmission au représentant de l'Etat, c'est-à-dire alors qu'il n'en connaît pas la teneur et n'est donc pas en mesure de saisir la juridiction administrative d'un recours assorti d'une demande éventuelle de sursis à exécution, les articles 2 (...), 45 et 69, paragraphe I (...), de la loi privent l'Etat, fût-ce temporairement, du moyen d'exercer les prérogatives qui lui sont réservées par l'article 72 (...) de la Constitution ».

Comprenez bien : l'article 72 donnait (et donne) aux préfets, dans les départements, "la charge des intérêts nationaux, du contrôle administratif et du respect des lois". Mais encore fallait-il pour le Conseil constitutionnel que les préfets puissent exercer pleinement cette charge !

Ainsi est né en 1982, ce que l’on appelle depuis le « contrôle de légalité » des actes des collectivités territoriales tel qu'il a été transposé dans la loi (pour les communes : voir les articles L 2131-1 et 2131-6 CGCT).

Ce contrôle peut être "amiable" ou juridictionnel, le tribunal administratif ayant seul le pouvoir d'annuler les actes illégaux des collectivités, mais surtout, c'est un contrôle a posteriori, c'est à dire que le préfet l'exerce après l'entrée en vigueur des actes : l'acte DOIT être transmis au préfet pour être exécutoire et le préfet peut contester sa légalité après cette transmission, au besoin en demandant la "suspension" de son exécution au tribunal administratif (avant 2001, on parlait de "sursis à exécution") soit de sa propre initiative, soit à la demande d'un citoyen.

ET NOUS Y VOILA !

Le préfet a donc la charge du contrôle de la légalité de la plupart des actes des communes mais encore faut-il qu'il puisse exercer pleinement ce contrôle, prévu par la Constitution et par la loi, et qu'aucune autorité publique ne l'empêche de l'exercer... ce qui peut se réaliser de deux façons :

1- Une autorité publique (ici le maire) ne transmet pas au préfet l'acte à contrôler. Dans ce cas, un ministre de l'Intérieur (Mme Alliot-Marie) a indiqué au Parlement qu'il était possible d'appliquer l'article 432-1 du code pénal visant l’abus d’autorité contre l’administration.http://www.senat.fr/questions/base/2007/qSEQ070801315.html

2- Une autorité publique prend une mesure telle que le contrôle de légalité devient impossible dans tous ses effets prévus par la loi.

C'est cette seconde technique, du jamais vu à ce jour ! qui a été employée par le sieur Carcenac, président du Conseil départemental du Tarn !

 

COMMENT CARCENAC A FAIT SON COUP DE JARNAC !

Le 28 mai 2015, la Métairie Neuve à Sivens a été l'objet d'un incendie criminel.

Le 29 mai, la maire de Lisle-sur Tarn a profité de l'occasion et pris un arrêté délirant visant à démolir les bâtiments, alors qu'ils étaient frappés d'une interdiction de démolir par le Plan Local d'Urbanisme.

Le 1er juin, un lundi, au petit matin, Thierry Carcenac a fait raser tous les bâtiments par une grosse entreprise de travaux publics d'Albi, entreprise liée par le passé au Conseil Général par divers contrats.

Le 2 juin, Jean Claude Egidio s'étant rendu à la mairie de Lisle, RIEN ne nous permettait d'être sûrs que l'arrêté délirant de Maryline Lherm était exécutoire. La mairie de Lisle sur Tarn indiquait simplement que l'arrêté avait été transmis au préfet... le 1er juin... DONC :

CE QUI EST SÛR,

Ce qui est sûr, c'est que Thierry Carcenac a forcément décidé de faire raser les bâtiments AVANT que l'arrêté délirant de Maryline Lherm ne soit exécutoire.

Ce qui est sûr, c'est que le préfet du Tarn n'a disposé d'aucun délai et d'aucun moyen effectif pour faire suspendre par le tribunal administratif l'exécution de l'arrêté grossièrement illégal de Maryline Lherm.

En effet, le 1er juin, jour de la transmission de l'arrêté à la préfecture, TOUT était rasé ! Une procédure de suspension de l'arrêté (pour laquelle la loi donne un mois au tribunal pour statuer !) était donc strictement impossible.

Je parle ici de la possibilité technique donnée au préfet. De la simple application de la loi. Le fait, personnel celui-là, qu'un préfet pourrait ou puisse traiter l'article 72 de la Constitution comme le dernier des paillassons n'entre pas en ligne de compte.

A supposer que le préfet Gentilhomme (ou son délégué) ait souhaité déférer au tribunal administratif l'arrêté grossièrement illégal de Maryline Lherm pour en faire suspendre l'exécution, IL NE POUVAIT PAS matériellement le faire ! Les faits parlent d'eux-mêmes (da mihi factum, dabo tibi jus, disait déjà l'adage du droit romain).

 

Ainsi, je peux affirmer ici qu'en agissant comme il l’a fait, Thierry Carcenac "a fait échec", au sens de l'article 432-1 du code pénal, à l’exécution de la loi du 2 mars 1982, à l’application effective de l’article 72 de la Constitution et à celles des articles L 2131-6 et L 2131-8 du Code général des collectivités territoriales.

Il a privé tout citoyen Tarnais d’exercer un droit de recours effectif contre l’arrêté de péril délirant et grotesque de Maryline Lherm suite à quoi un bien départemental répertorié au patrimoine de caractère de la commune de Lisle sur Tarn a été rasé.

Il a privé le préfet du Tarn et tout citoyen Tarnais d’user de son droit de faire suspendre par le juge administratif l’exécution d’une décision grossièrement illégale.

Si grossièrement illégale que je défie quiconque de me trouver un arrêté de péril aussi illégal! (j'offre un assortiment des vins de Plageoles au juriste qui trouvera plus fort dans l'illégalité, comprenant un magnum de son mauzac méthode gaillacoise. Que les gens intelligents se le disent! et qu'on se le dise aussi...)

 

J’accuse donc publiquement Thierry Carcenac du délit d’abus d’autorité contre l’administration tel que prévu par l’article 432-2 du code pénal, cet abus d'autorité ayant été suivi d'un effet irréversible, puisque tous les bâtiments concernés par l'arrêté grossièrement illégal ont été rasés le 1er juin 2015, de sorte qu'une action en suspension de l'arrêté s'est révélée impossible, puisque dès le 1er juin, jour de sa transmission au préfet, l'arrêté était exécuté !

J'attends avec délices la défense de Thierry Carcenac devant le tribunal correctionnel où finira cette affaire. Je l'imagine aisément aujourd'hui ... dans le silence ambiant.

 

FACE A PLUSIEURS DÉLITS CARACTÉRISÉS... LE SILENCE !

C'est l'été. Je dénonce depuis deux mois des délits caractérisés des plus hautes autorités tarnaises et je me retrouve... dans "Le Monde du silence"...

C'est "Le Silence de la mer" mais à l'envers. Car les temps changent. En 1941, le silence pouvait être une forme de résistance contre l'agresseur, contre le pouvoir. En 2015, il est l'apanage de ceux qui ont le pouvoir dans le Tarn !

Mon blog devient un Rivage des Syrtes à la Julien Gracq. J'attends. J'attends... j'attends toujours une citation en diffamation. Je ne vois rien venir...

Et je compte. Je compte... je décompte les complaisances envers certains délinquants. Des délinquants de choix. Les complaisances les plus diverses.

Je note. Je note ... Que le premier ministre monte au créneau dès que trois gamins immatures vandalisent quatre tombes... Qu'ici ou là, certains sont poursuivis pour des délits... dont il n'est pas sûr qu'ils sont établis...  Je note que le Conseil d'Etat vient de juger anormal que l'on puisse trouver à Nîmes des cellules dans lesquelles il y a trois détenus dans 9m2 tout compris...

Je constate. Je constate tous les jours qu'à l'heure d'Internet, la rubrique des chiens écrasés est devenue une rubrique planétaire. Que les discours et les comportements qui relèvent de l'obscurantisme tiennent le haut du pavé. Qu'il est plus facile de s'attaquer à des faits divers qu'aux véritables problèmes de société. Qu'il est difficile de parler de justice en dehors du café du commerce.

Quant à moi, j’ai essentiellement ouvert ce blog pour parler de faits précis, aussi précis que possibles, des règles de droit qui leur sont applicables à mon sens et des conséquences qui devraient en être tirées. Pauvre de moi... je ne suis pas dans l'air du temps...

Et pourtant, je persiste... avec mes billets trop techniques et "trop longs", en sortant dans ce billet une affaire comme il n'y en a jamais eu depuis la loi de décentralisation !

Je persiste avec mes convictions :

JE SAIS que pour beaucoup moins que ça, des élus ont été condamnés à une peine d'interdiction d'exercer une fonction publique. Pour beaucoup moins que ça, le préfet Bonnet a été condamné à une peine d'emprisonnement... après grand tapage médiatique.

Je l'ai dit. Je le redis et je prends date : Thierry Carcenac, politicien professionnel depuis longtemps, peut bénéficier depuis le 5 juin de certaines complaisances et de son immunité parlementaire de cumulard : il n'échappera pas au tribunal correctionnel.

C'est l'été. Une ombre le guette. Celle de la Loi. Plusieurs délits lui sont reprochés. Il n'échappera pas à la Justice.

 

avec mes remerciements à Patrick Mignard pour son dessin

 
 
 
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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 12:32

 

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 12:15

 

Source : http://www.bonnes-nouvelles.be

 

 

Utrecht, la ville où la pauvreté n'existera (peut-être) plus

 

Au Pays Bas, Utrecht va expérimenter le «revenu de base inconditionnel» à partir de janvier.

Pour éradiquer la pauvreté, il suffit de payer les pauvres. L'idée peut paraître candide mais elle a déjà fait son chemin et a même un nom: revenu de base, allocation universelle ou encore revenu inconditionnel d’existence. Ce revenu régulier, attribué sans condition, permettrait à tout citoyen, au chômage ou non, de subvenir à ses besoins essentiels.

À partir de janvier 2016, la ville d'Utrecht au Pays-Bas (300.000 habitants, 4e ville du pays) a décidé de tenter l'expérience avec un groupe de 300 citoyens au chômage et bénéficiaires des minima sociaux.
Ils recevront chaque mois entre 900 euros (pour un adulte seul) et 1.300 euros (pour un couple ou une famille). Parmi eux, une cinquantaine aura le fameux «revenu inconditionnel». La somme attribuée ne changera pas, et ce, même s'ils trouvent un travail ou une source de revenu. Les autres seront soumis aux exigences habituelles de recherche d'emploi et de revenu admissible.

Un système qui encourage le chômage?
Les défenseurs du revenu universel, comme le collectif Basic income earth network, sont convaincus que ce modèle permettrait d’éradiquer la misère, de lutter contre les inégalités, de favoriser l’émancipation de l’individu et de développer une sphère d’activité non-marchande. Libéré des contraintes financières, chacun pourrait choisir la quantité de travail qu'il souhaite accomplir, et s'investir dans d'autres activités, comme le bénévolat ou la formation.
Mais l'idée est loin de faire l'unanimité. En France par exemple, elle est rejetée par une majeure partie des groupes politiques, même à gauche. Parmi les (nombreuses) critiques, cette mesure encouragerait les bénéficiaires à rester au chômage et à vivre de leur revenu de base.

C'est justement pour vérifier ce postulat que la ville d'Utrecht met en place cette expérience, comme l'expose la chargée du projet Nienke Horst à Quartz:
«Les gens disent que les bénéficiaires ne vont pas chercher à retrouver du travail. Nous allons le vérifier. Nous, nous pensons que plus de gens seront un peu plus heureux et qu'ils finiront quand même par trouver un travail».
Alors que l'UE connaît une crise sans précédent, avec un taux de chômage de 20% pour les jeunes, l'initiative néerlandaise est à surveiller de près.

Repéré par Leïla Marchand

Lire sur Slate.fr (03/07/2015)

 

 

Source : http://www.bonnes-nouvelles.be

 

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