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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 17:01

 

Source : http://www.reporterre.net

 

L’Europe prête à accepter des niveaux élevés de radioactivité dans les aliments

9 juillet 2015 / Philippe Desfilhes (Reporterre)
 


 

Reporterre observe les temps forts de la session du Parlement européen. Au programme des députés cette semaine, les niveaux maximaux admissibles de contamination radioactive en cas d’accident.


Les députés européens se prononceront jeudi 9 juillet sur la contamination radioactive légale dans les denrées alimentaires et les aliments pour bétail en cas d’accidents nucléaire. « Ce projet de règlement a pour but d’harmoniser les normes au niveau communautaire mais les NMA [Niveaux maximum admissibles] proposées par la Commission correspondent à des niveaux de risque inacceptables, en particulier pour les enfants », dénonce Michèle Rivasi, député Verts/ALE.

La député s’appuie sur un travail réalisé par la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), dont elle a été la première présidente. L’association a procédé à l’analyse du rapport scientifique qui valide le choix des NMA. « Elle a mis en évidence toute une série d’erreurs, d’incohérences et d’irrégularités. Ces erreurs sont graves et vont toutes dans le même sens : minimiser les risques et aboutir à la fixation de limites de contamination excessivement élevées. C’est pour cela que nous demandons que des amendements soient votés pour diminuer par 10 les limites définies pour les aliments solides et par 100 celles définies pour l’eau potable », indique la député.

 

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Dans la zone sous contrôle de Fukushima, au Japon, en juin 2014

Les NMA du règlement européen ont été définis selon un scénario peu crédible. « Les experts considèrent l’impact d’un accident lointain, survenant à plus de mille kilomètres des frontières de l’Union européenne. Partant de là, ils estiment que la contamination ne toucherait qu’une faible part de la ration alimentaire des consommateurs européens », explique-t-elle. Il faut donc, soit revoir à la baisse, et de façon drastique, les NMA, comme le demandent les députés Verts-ALE, soit rédiger un second règlement applicable aux accidents susceptibles d’affecter fortement les Etats membres. « C’est urgent : plus de 42 % des 438 réacteurs électronucléaires en fonctionnement dans le monde sont implantés en Europe », insiste la député du sud-est de la France.

Co-rapporteuse du texte pour la commission Envi (Environnement, santé publique et sécurité alimentaire), Michèle Rivasi dénonce aussi le manque de transparence qui a entouré le travail des députés...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 17:03

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/christophe-gueugneau

 

 

Jeudi 9 juillet, émission exceptionnelle: Mediapart donne la parole aux Grecs

 

Ne manquez pas jeudi 9 juillet, à partir de 18h, notre nouvelle émission vidéo « En direct de Mediapart », retransmise sur notre site. Cette édition spéciale sera consacrée à la crise grecque et européenne. Venus spécialement de Grèce, deux députés, une politologue et un économiste débattront sur notre plateau, autour de deux thématiques : les répercussions économiques et les solutions possibles, puis, sur les éléments politiques du débat.

Avant cela, à 18 heures, Joseph Confavreux reviendra sur les drames des réfugiés en Europe, à l'occasion du lancement de notre opération spéciale « Ouvrez l'Europe #OpenEurope » (le dossier ici, le billet annonçant l'opération là). Puis, à 19 heures, nous reviendrons sur nos révélations FranceLeaks et plus généralement sur le dossier Wikileaks, quelques jours après que François Hollande a refusé la demande d'asile déposée par le fondateur de la plateforme, Julian Assange. Voir ici le dossier complet La République sur écoute.

 

Le programme complet : 

  • 18h Opération #OpenEurope

Animé par Joseph Confavreux. Avec :
- Karen Akoka, maître de conférences en science politique à l’Université Paris Ouest Nanterre, membre du Gisti et riveraine engagée de Pajol/La Chapelle, auteure d'une thèse non publiée encore sur l'Ofpra et co-directrice, en 2012, du rapport de la Coordination française pour le droit d’asile.
- Emmanuel Blanchard, président de Migreurop, Maître de conférences à l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et chercheur au CESDIP, historien spécialiste de la police et des migrations. 

Voir notre opération spéciale Ouvrez l'Europe #OpenEurope.

 

  • 19h Retour sur nos enquêtes : FranceLeaks et le cas Julian Assange

Animé par Frédéric Bonnaud. Avec :
- François Bonnet, directeur éditorial de Mediapart
- Lénaïg Bredoux, journaliste à Mediapart
- Juan Branco, conseiller juridique de Wikileaks
- Amaëlle Guiton, journaliste à Libération

Relire nos dossiers Les Français sous surveillance, et La République sur écoute

  • 20h30 Grèce : après le référendum de dimanche

Animé par Frédéric Bonnaud, Martine Orange, Edwy Plenel et Amélie Poinssot

 

Un premier plateau politique avec
- Yannick Jadot, député européen Europe-Ecologie - Les Verts
- Filippa Chatzistavrou, chercheuse en sciences politiques à Eliamep et à l’Université d’Athènes
- Sia Anagnostopoulou, députée Syriza, membre de la commission des affaires européennes
- Ioannis Meimaroglou, membre du parti grec centriste Potami, créé début 2014

 

Un second plateau économique avec :
Xavier Timbeau, membre de l'OFCE
Cédric Durand, économiste à l'Université Paris 13, membre du collectif des économistes atterrés
Michel Husson, membre de l'institut de recherches économiques et sociales, membre d'Attac, membre de la Commission pour la vérité sur la dette publique (lire ici son pré-rapport sur la Grèce)
Yannis Eustathopoulos, qui travaille notamment pour l'institut du travail grec (centre de recherche des syndicats)

Retrouvez notre dossier Syriza au pouvoir, l'espoir grec

 

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/christophe-gueugneau

 

 

 

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 16:49

 

Source : http://blog.mondediplo.net

 

 

Le crépuscule d’une époque

mardi 7 juillet 2015, par Frédéric Lordon

 

 

 

C’est une photo comme il y en a des milliers, certaines sympathiques, d’autres grotesques : un selfie. Deux ahuris font un selfie, regards béats et satisfaits. Ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Ils sont visiblement très contents de leur coup, « on va le mettre sur Twitter pour les faire chier ». Arnaud Leparmentier et Jean Quatremer. On est jeudi 2 juillet, jour de manifestation de solidarité avec le peuple grec. Il y a une légende à la photo : « Ça va Bastille ? Nous on est rive gauche ».

En fait, oui, ça va, pas mal même. Et vous ?

***

Une victoire électorale, fut-elle massive, n’a par soi aucun vrai pouvoir de dessillement du camp d’en face, ni d’endiguement des contre-vérités. On n’attendra donc pas des deux ahuris au selfie qu’ils renoncent à leurs scies préférées : « les contribuables européens ne veulent pas payer pour les fonctionnaires grecs » ; « et si la Grèce fait défaut, ce sont les retraités slovaques et allemands qui paieront pour eux » — soit le bon sens à front de bœuf.

Les contribuables européens ne payent pas pour les fonctionnaires grecs. Ils payent pour les épargnants européens. Car c’est une tuyauterie financière désormais entièrement circulaire qui prête aux Grecs pour qu’ils remboursent les créanciers — de ces euros-là qui circulent sous leur nez, les Grecs ne voient pas la couleur. Les contribuables européens ont d’abord payé pour la reprise publique des titres grecs détenus par les banques privées — un grand classique. Maintenant ils payent directement pour eux-mêmes — enfin certains pour d’autres. On progresse…

Voir aussi « Comment sauver vraiment la Grèce », Le Monde diplomatique, juillet 2015, en kiosques.Ils payent surtout en conséquence une des plus colossales erreurs de politique économique de l’histoire, inscrite il est vrai dans les traités européens et engendrée de leur fonctionnement quasi-automatique : forcer le retour vers les 3 %-60 % en pleine récession, a conduit à la destruction d’une économie, ni plus ni moins : 25 % de PIB en moins, 25 % de taux de chômage, tout le monde connaît ces chiffres qui sont désormais entrés dans l’histoire. Le plus étonnant, mais en réalité c’est un signe d’époque, c’est l’incapacité de ces données pourtant massives, données d’une faillite intellectuelle écrasante, à désarmer l’acharnement et déclencher le moindre processus cognitif de révision. Leparmentier et Quatremer continueront donc soit de soutenir que les traités n’y sont pour rien, soit de maintenir qu’il s’agissait de la seule politique possible, soit d’assurer que pour notre bonheur ça n’était pas seulement la seule possible mais la meilleure. Soit de regarder ailleurs — les fonctionnaires grecs. Autisme et quasi-racisme (car il faut voir ce que depuis 2010 ces deux-là auront déversé sur « le Grec »). Bellicisme aussi d’une certaine manière, pour ceux qui n’ont que « l’Europe de la paix » à la bouche mais s’acharnent à jeter les uns contre les autres Grecs et « Européens » (les autres) — « contribuables européens » contre « fonctionnaires grecs », ou quand l’aveuglement idéologique n’hésite plus à répandre la discorde pour se donner libre cours : si le contribuable européen veut obtenir justice, qu’il la réclame au fonctionnaire grec. Eh bien non : si le contribuable européen veut obtenir justice, qu’il la réclame à ses gouvernants qui, « en son nom », ont pris la décision éclairée de le charger pour sauver les banques, et puis de charger la Grèce en s’adonnant à la passion macroéconomique des traités.

En matière de passions, Leparmentier et Quatremer n’ont pas que celle des contribuables : celle des retraités aussi (pourvu qu’ils ne soient pas grecs). « Qu’est-ce que vous dites aux retraités de Bavière si la Grèce ne rembourse pas ? » demande Leparmentier à Piketty qui répond à base de grande conférence sur la dette en Europe [1]. On pourrait répondre aussi que si les Bavarois avaient une retraite entièrement par répartition, cette question n’aurait même pas lieu d’être. On pourrait répondre que c’est bien ce qui arrive quand depuis des décennies on fait le choix de faire passer le financement de toutes les activités sociales — retraites, études universitaires, bientôt santé, etc. — par les marchés de capitaux, ce fléau voué à toutes les catastrophes. Et que, là encore, ça n’est pas « aux Grecs », mais à tous les gouvernants qui ont pris ce parti de la financiarisation qu’il faut s’adresser. Ou bien accepter que la retraite confiée aux marchés, ça fait… comme les marchés : ça va, ça vient, un mauvais investissement et c’est le bouillon. On pourrait d’ailleurs, et enfin, répondre qu’on n’a pas le souvenir d’avoir vu Leparmentier prendre fait et cause pour les retraités de la capitalisation lorsque les marchés d’actions se sont effondrés au début des années 2000, et toute la finance dans un bel ensemble en 2007-2008, au passage pour des pertes autrement considérables que celles qui suivraient d’un défaut grec — mais il est vrai qu’il n’y avait alors ni fonctionnaires grecs ni gouvernement de gauche à incriminer.

***

Et maintenant que peut-il se passer ? L’« alternative de la table » est-elle dépassée si peu que ce soit ?

De 2005 à 2015, si l’on fait bien les comptes, on jouit une fois tous les dix ans. C’est bon à proportion de ce que c’est rare — avouons les choses, imaginer la tête des ahuris au selfie (et de tous leurs semblables) est spécialement délectable. Mais tout ceci n’implique pas de céder complètement à l’ivresse. Il n’y a rien de significatif à gagner dans la négociation avec la troïka. Le scénario le plus avantageux est donc celui d’une reprise de négociation d’où sortiront quelques concessions de second ordre — diminution de la décimale du surplus primaire exigé, licence laissée au gouvernement grec d’organiser l’ajustement budgétaire comme il l’entend (et non sous la menue dictée de la troïka), promesse éventuelle d’une discussion sur la restructuration de la dette (en étant vraiment très optimiste).

C’est qu’il y a des raisons sérieuses à ce que rien de plus ne puisse être obtenu. On les connaît. L’Allemagne en fait partie. Qu’entre Sigmar Gabriel et Martin Schulz, la réaction du Parti social démocrate (SPD) ait été encore plus violente que celle d’Angela Merkel pourrait peut-être finir par faire apercevoir de quoi il y va vraiment dans la position allemande. Les principes d’orthodoxie dont l’Allemagne a exigé l’inscription dans les traités sont l’expression d’une croyance monétaire transpartisane et pour ainsi dire métapolitique – en amont des différenciations politiques. Elle n’est pas une affaire d’« idéologie politique » au sens ordinaire du terme, c’est-à-dire de quelque chose qui ouvrirait la perspective d’un retournement possible à échéance électorale, mais une construction symbolique de longue période qui donne leur cadre commun aux alternances.

C’est dire combien la thèse de l’« Allemagne de Merkel », cette argutie de raccroc pour tous les Bernard Guetta, faux appel à la patience d’une future « Europe social-démocrate » [2] quand le débris qu’est la social-démocratie européenne est entièrement passé à droite, c’est dire combien cette thèse était promise — par bêtise ou par cécité volontaire ? — à ne rien comprendre à ce qui se passe en Europe, et surtout à ce qui ne pourra jamais s’y passer, en tout cas dans sa configuration actuelle.

Ce qui ne pourra jamais s’y passer c’est qu’un pays, qui plus est du Sud, prétende s’être soustrait aux principes — le thème récurrent de tout le commentaire allemand sur la Grèce, c’est la règle enfreinte. Que cette règle ne convienne qu’à l’Allemagne, qu’elle soit la sienne même, que partout ailleurs ou presque son application forcenée ait tourné à l’un des plus grands désastres économiques de l’histoire européenne, rien de ceci ne produira le moindre bougé — et jusque dans les autres pays, notamment la France, en état de stupéfaction fusionnelle avec l’Allemagne, hommes politiques pour qui le « couple franco-allemand » est devenu un intouchable fétiche auquel tout sera aveuglément sacrifié, experts ressassant le catéchisme ordolibéral (dont même les économistes américains se tapent sur les cuisses qu’on puisse être bête à ce point de le prendre au sérieux), éditorialisme du gramophone.

C’est bien ici en tout cas que s’avèrera la malfaçon européenne. Le peuple allemand vit à sa manière la chose monétaire. C’est son droit le plus absolu. Mais il a choisi d’imposer sa manière à tous les autres. Et les problèmes ne pouvaient qu’apparaître. Après cinq ans d’épuisement, et même de persécution économique, le peuple grec vient de dire que cette manière, il n’en voulait plus. Ce sera donc manière contre manière, et voilà pourquoi l’« alternative de la table » se trouve reconduite à l’identique — aux concessions cosmétiques près dont on fait les communiqués de victoire des deux bords.

Voir le dossier « L’Allemagne, puissance sans désir », Le Monde diplomatique, mai 2015.Il ne faut pas douter en effet de la réponse que donnerait l’électorat allemand s’il était consulté, sans doute d’autres avec lui, mais lui tout spécialement. Au lendemain du « non » grec, les incompatibilités européennes sont maintenant aiguisées à un point qui réduit à très peu l’espace des compromis, et ne permet plus du tout d’exclure par exemple que le Parlement allemand, écrasante majorité sociale réunie derrière lui, rejette tout nouvel accord de l’Eurogroupe. Le référendum de Tsipras avait évidemment (aussi) à voir avec la préservation de sa coalition. Le refus de Merkel procédera des mêmes mobiles – auxquels il n’y a pas grand-chose à redire : à un certain moment les hommes politiques sont rappelés aux nécessités de leur politique nationale, celle qui les a mis là où ils sont.

Comme toujours la chasse aux lièvres sera ouverte et l’on verra le commentaire se précipiter avec passion sur toutes les fausses pistes : l’irresponsabilité des uns, l’égoïsme des autres, le défaut de solidarité de tous. Soit le fléau du moralisme. Car le moralisme est bien cette pensée indigente qui rapporte tout aux qualités morales des acteurs sans jamais voir ni les structures ni les rapports : rapports de force, de convenance ou de disconvenance, de compatibilité et de viabilité. On ne compose une totalité collective viable que si l’on met ensemble des parties qui entretiennent entre elles des rapports de compatibilité minimale. Et si cette compatibilité tombe sous un certain seuil critique, alors la totalité — tautologiquement — court à la décomposition. Le rapport entre la croyance monétaire allemande et les blocs d’affects de certains autres peuples européens est en train d’atteindre ce seuil. L’incompatibilité, restée masquée tant qu’un environnement macroéconomique pas trop défavorable permettait de tenir à peu près les objectifs, était vouée à devenir criante au premier point de crise sérieuse. Depuis 2009, nous y sommes.

Le droit des Allemands de ne pas vouloir voir enfreintes les règles auxquelles ils tiennent par-dessus tout est finalement aussi légitime que celui des Grecs à ne pas être précipités aux tréfonds de la misère quand on les leur applique. C’est donc d’avoir imaginé faire tenir ensemble durablement ces deux droits sans penser aux conditions où ils pourraient devenir violemment antagonistes qui était une mauvaise idée. Ou alors il faut disposer des institutions qui rendent un peu plus compatibles les incompatibles, par exemple une union de transfert, sous la forme d’une (très significative) assurance-chômage européenne — le rapiéçage minimal quand, par ailleurs, tant de lourds problèmes demeureraient. Ceci en tout cas n’a rien d’une question de morale, c’est une question de structures, capables ou non d’accommoder des forces politiques centrifuges au sein d’un ensemble mal construit, et menacé d’une perte complète de viabilité pour n’avoir pensé aucune régulation de la divergence. Si l’Allemagne ne veut pas entendre parler d’annulation d’une (part de) dette qui ne peut qu’être annulée, il s’en suivra logiquement l’éclatement de la zone euro.

Et par tous les bouts. Car il ne faut pas s’y tromper : si d’aventure il se formait une coalition d’Etats-membres pour soutenir cette annulation, et plus généralement une réforme d’ampleur des principes monétaires de la zone, c’est l’Allemagne, éventuellement accompagnée de quelques semblables, qui menacerait de prendre le large, au nom de la défense de ses irréfragables principes — Gerxit et non Grexit, l’hypothèse constamment oubliée.

***

Il ne faut donc pas se tromper dans l’appréciation de la portée de l’événement oχi. Il est des plus que douteux que le gouvernement Syriza obtienne davantage que des concessions marginales — dont il lui appartiendra de faire comme il peut une présentation triomphale… Mais ça n’est pas ainsi qu’il faut juger de l’événement, car c’est un ébranlement d’une tout autre sorte qui s’est produit dimanche 5 juillet. L’ébranlement d’un peuple entier entré en rébellion contre les institutions européennes. Et l’annonce d’un crépuscule — donc aussi d’une aube à venir.

Ce qui s’est trouvé enfin condamné et appelé à l’effacement historique sous cette poussée d’un peuple, c’est une époque et ses hommes. Nous allons enfin entrer dans l’agonie de l’économicisme, cette dégénérescence de la politique, une vocation à la non-politique qui, comme de juste, ne cesse pas de faire de la politique — de même que la « fin des idéologies » est le dernier degré de l’idéologie —, mais de la pire des façons, au tréfonds d’un mélange de mensonge et d’inconscience. Seuls de grands cyniques étaient capables de voir que le règne gestionnaire, la réduction économiciste de tout, qui se targuent de préférer l’administration des choses au gouvernement des hommes, comme l’auront répété en boucle tout ce que le néolibéralisme a compté d’idiots utiles, seuls de grands cyniques, donc, étaient capables de voir qu’il y avait dans cette profession de foi anti-politique la plus sournoise des politiques.

Quitte à être du mauvais côté de la domination, il faut regretter qu’il n’y ait pas plus de cyniques. Eux au moins réfléchissent et ne se racontent pas d’histoires — ni à nous. On leur doit l’estime d’une forme d’intelligence. Mais quand les cyniques manquent ce sont les imbéciles qui prolifèrent. Le néolibéralisme aura été leur triomphe : ils ont été partout. Et d’abord au sommet. Une génération d’hommes politiques non-politiques. Le pouvoir à une génération d’imbéciles, incapables de penser, et bien sûr de faire de la politique. Le gouvernement par les ratios est le seul horizon de leur politique. On comprend mieux le fétichisme numérologique qui s’est emparé de toute la construction européenne sous leur conduite éclairée : 3 % [3], 60 %, 2 %. Voilà le résumé de « l’Europe ». On comprend que ces gens soient réduits à la perplexité d’une poule devant un démonte-pneu quand survient quelque chose de vraiment politique — un référendum par exemple. La perplexité et la panique en fait : la résurgence des forces déniées est un insupportable retour du refoulé. Qu’il y ait des passions politiques, que la politique soit affaire de passions, cela n’était pas prévu dans le tableur à ratios. Aussi observent-ils, interdits, les événements vraiment politiques : la quasi-sécession écossaise, les menaces équivalentes de la Flandre ou de la Catalogne — le sursaut grec, évidemment. Le choc de l’étrangeté est d’ailleurs tellement violent qu’ils s’efforcent spontanément de le recouvrir. Comme la guerre de Troie, les référendums n’ont pas eu lieu.

En une tragique prédestination à l’échec, c’est à cette génération qu’a été remise la construction européenne. On lui aura dû cette performance, appelée à entrer dans l’histoire, d’une monnaie unique sans construction politique — catastrophe intellectuelle typique de l’économicisme qui croit à la souveraineté de l’économie, et pense que les choses économiques tiennent d’elles-mêmes. Même leur réveil tardif, et brutal, est aussi pathétique que le sommeil épais d’où il les tire : « il faut une Europe politique ! » Mais le pyjama est de travers, le cheveu en bataille et les idées encore un peu grumeleuses. C’est qu’il ne suffit pas d’en appeler à une Europe politique pour qu’ipso facto elle advienne. La formation des communautés politiques n’est pas un jeu de Meccano. Comment fait-on vivre ensemble des idiosyncrasies hétérogènes ? Par quelles formes institutionnelles peut-on espérer réduire leurs incompatibilités ex ante ? Quelles sont les contraintes d’une économie générale de la souveraineté ? Quelles sont les conditions de possibilité d’acceptation de la loi de la majorité ? Sont-elles nécessairement remplies ? Et dans le cas présent ? Tiens, on va aller poser toutes ces questions à Michel Sapin.

Lire « Un peuple européen est-il possible ? », Le Monde diplomatique, avril 2014.Comme un symptôme du degré ultime de soumission à l’ordre des choses qu’aura incarné la « social-démocratie », c’est en effet au Parti socialiste qu’on trouve les plus beaux spécimens de la catastrophe : Sapin donc, mais aussi Macron, Valls, Moscovici, et bien sûr, primus inter pares, Hollande. Les figures ahuries du gouvernement des ratios et, en temps de grande crise, les poules dans une forêt de démonte-pneu. Un cauchemar de poules. Il faut les regarder tourner ces pauvres bêtes, désorientées, hagardes et incomprenantes, au sens étymologique du terme stupides. Tout leur échappe. D’abord il y a belle lurette que les ratios ont explosé à dache, mais la vague angoisse qui les gagne leur fait bien sentir que c’est plus grave que ça : ça pourrait ne plus être une affaire de ratios… La pensée par ratios risque de ne plus suffire. Il faudrait refaire « cette chose… » : de la politique. « Mais comment faire ? Nous ne savons pas ».

On le sait qu’ils ne savent pas. Le pire, d’ailleurs, c’est quand ils font comme s’ils savaient. Qu’ils s’essayent à la « vision ». « Il faut que les jeunes Français aient envie de devenir milliardaires », voilà la pensée des ratios dans son effort de « prendre de la hauteur ». Les ratios en hauteur, ça donne ça : la vision civilisationnelle d’Emmanuel Macron. Voici les gens que nous mandatons pour nous conduire. Mais où peuvent-ils nous emmener si ce n’est au désastre — civilisationnel, précisément ? Comment imaginer que l’Europe à tête de bulot ait pu aller ailleurs qu’au naufrage ? Quelqu’un depuis vingt ans a-t-il éprouvé le moindre tremblement à un discours européiste ? Senti le moindre souffle ? Peut-on composer une épopée autre que grotesque lorsqu’on met bout à bout les odes à l’Europe sociale d’Elisabeth Guigou et de Martine Aubry, les bafouillements de Jacques Delors, les chuintements de Jean-Claude Juncker, les hystéries de Cohn-Bendit, les commercialismes de Lamy, les fulgurances charismatiques de Moscovici, et tant d’autres remarquables contributions à la chronique d’un désastre annoncé ? La vérité est qu’il suffisait de les écouter, ou plutôt de tendre l’oreille, en fait de percevoir l’absence de toute vibration, pour se pénétrer de la certitude de l’échec : une entreprise historique conduite par des gens de cette étoffe ne pouvait qu’échouer.

Il ne faut pas faire acception de cas singuliers : c’est bien une génération entière qui est en cause. La génération du néolibéralisme. Les autres pays ont les leurs, les mêmes : Barroso, Renzi, Monti, Zapatero, Verhofstadt, etc., tous ont été formés dans la même matrice, la matrice d’une époque. Comment l’économicisme néolibéral qui est une gigantesque dénégation du politique ne pouvait-il pas engendrer sa génération d’hommes politiques ignorants de la politique ? « Abandonnez ces sottises, regardez les ratios, ils ne sont ni de droite ni de gauche », on ne compte plus les décérébrés qui, répétant cet adage, auront cru s’affranchir de la politique, en faisant la pire des politiques : la politique qui s’ignore.

Et ceux-là auront été partout, pas seulement sous les lambris. Car c’est tout un bloc hégémonique qui aura communié dans la même éclipse. A commencer par ses intellectuels organiques, si vraiment on peut les appeler des intellectuels puisque, de même qu’il a fait dégénérer les hommes politiques, le néolibéralisme n’a produit que des formes dégénérées d’intellectuels : les experts. Et forcément : l’économicisme néolibéral ne pouvait se donner d’autres « intellectuels » que des économistes. Les dits think tanks auront été la fabrique de l’intellectuel devenu ingénieur-système. A la République des Idées c’était même un projet : en finir avec les pitres à chemise échancrée, désormais le sérieux des chiffres — la branche universitaire de la pensée des ratios.

Et derrière eux toute la cohorte des perruches — les journalistes. Fascinés par le pseudo-savoir économique auquel ils n’ont aucun accès de première main, ils ont gravement répété la nécessité de commandements économiques auxquels ils ne comprennent rien — de la même manière, on peut le parier, que, têtes vides, ils se la laisseront remplir par le nouvel air du temps et soutiendront exactement l’inverse dès que les vents auront tourné.

Il faut déjà les imaginer perturbés et angoissés par le conflit renaissant des autorités, comme des enfants devant la dispute des parents. Car on entend des économistes dissonants — si ce ne sont que des hétérodoxes, ça n’est pas trop grave. Mais il y a aussi ces prix Nobel qui disent autre chose — c’est tout de même plus sérieux. Pire encore, de l’intérieur même de la curie, du dissensus se fait entendre : des économistes du FMI suggèrent mezza voce qu’il aurait pu y avoir quelques erreurs… du FMI, une sombre histoire de multiplicateur [4], mais on comprend bien que l’édifice doctrinal n’était pas, comme on le croyait, en marbre de Carrare. Que le monde ait été plongé en plein chaos en 2008, que des pays européens se tapent des descentes façon Grande Dépression années trente, non, cela ne pouvait avoir aucun effet sur les perruches, tant que la volière restait bien arrimée : ouvrir les yeux pour s’interroger ne sert à rien puisqu’il suffit d’écouter les réponses qui font autorité. Mais quand l’autorité commence à se craqueler, et que le clou menace de céder ?…

Pour l’heure il tient encore. On dépayse la volière et les perruches prennent le chemin d’Aix-en-Provence, où l’on va se réchauffer, et se rassurer, entre soi. On reviendra dûment regonflé en répétant les éléments de langage avec d’autant plus de conviction qu’ils ne sont pas reçus comme des éléments de langage mais comme des évidences qui parlent d’elles-mêmes : réforme, ne-pas-dépenser-plus-qu’on-ne-gagne (enfin-c’est-élémentaire), la-dette-qu’on-va-laisser-à-nos-enfants. Et puis pour les plus doués, ceux qui sont en classe supérieure : archéo-keynésianisme. C’est Emmanuel Macron qui le dit, et comme nous l’avons vu, c’est quelqu’un. Evidemment la perruche ignore cette phrase de Keynes, à qui ce serait faire insulte que de le mettre en simple comparaison avec Macron, cette phrase qui dit qu’il n’est pas de dirigeant politique qui ne soit l’esclave qui s’ignore d’un économiste du passé. C’est peu dire que Macron fait partie de ces esclaves inconscients et ravis. Et pour cause : il ne connaît même pas son maître. On va le lui indiquer. Son maître s’appelle Pigou. Une espèce d’Aghion de l’époque qui a si bien plaidé la cause de l’ajustement par les marchés que Hoover, Brünning et Laval ont dans un bel ensemble précipité leurs économies dans l’effondrement de la Grande Dépression. Emmanuel Macron, qui a appris à l’ENA l’économie dans la même version que son président l’histoire — pour les Nuls — ronronne de contentement en s’entendant dire « archéo-keynesien ». Et les perruches caquètent de joie tout autour. Le problème c’est qu’il est, lui, paléo-libéral. Et qu’il ajoute son nom à la série historique des années trente.

Et puis il y a l’élite : les twittos à selfie. Même au milieu des ruines fumantes de l’Europe effondrée, eux ne lâcheront rien : ce sera toujours la faute à autre chose, les Grecs feignants, les rouges-bruns, la bêtise des peuples, l’erreur, quand même il faut le dire, de trop de démocratie. Mais tous les systèmes ont leurs irréductibles acharnés et leurs obturés du jusqu’au bout.

Têtes politiques en gélatine, experts de service, journalisme dominant décérébré, voilà le cortège des importants qui aura fait une époque. Et dont les réalisations historiques, spécialement celle de l’Europe, seront offertes à l’appréciation des temps futurs. Il se pourrait que ce soit cette époque à laquelle le référendum grec aura porté un coup fatal. Comme on sait, il faut un moment entre le coup de hache décisif et le fracas de l’arbre qui s’abat. Mais toutes les fibres commencent déjà à craquer. Maintenant il faut pousser, pousser c’est-à-dire refaire de la politique intensément puisque c’est la chose dont ils ignorent tout et que c’est par elle qu’on les renversera.

L’histoire nous livre un enseignement précieux : c’est qu’elle a des poubelles. Il y a des poubelles de l’histoire. Et c’est bien. On y met les époques faillies, les générations calamiteuses, les élites insuffisantes, bref les encombrants à oublier. Alors tous ensemble, voilà ce qu’il faudrait que nous fassions : faire la tournée des rebuts, remplir la benne, et prendre le chemin de la décharge.

Notes

[1] Thomas Piketty, « Ceux qui cherchent le Grexit sont de dangereux apprentis-sorciers », Le Monde, 4 juillet 2015.

[2] Bernard Guetta, « De l’urgence de savoir défendre l’Europe », Libération, 26 février 2013.

[3] Cf. « La règle des 3 % de déficit est née sur un coin de table », Le Monde diplomatique, octobre 2014.

[4] Olivier Blanchard et Daniel Leigh, « Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers » (PDF), IMF Working Paper, janvier 2013.

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Source : http://blog.mondediplo.net

 

 

 

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 16:35

 

Source : http://blogyy.net

 

 

* Les questions sont placées par ordre chronologique d'édition, la 1ère question se trouve en bas de l'article.

 

 

GRÈCE : RÉPONSES À VOS PRINCIPALES QUESTIONS

 

 

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QUESTIONS -7-

7 – LE « RISQUE GÉOPOLITIQUE » D’UN GREXIT EST-IL CELUI DU TERRORISME ET DE L’IMMIGRATION ? (que penser de cet article prétendu « très sérieux » de BFM TV avec un expert universitaire sur le sujet ?)

BFMTV > International> Europe >> "La Grèce : Le risque géopolitique d'un Grexit"

 

C’EST FAUX.

A) Tout d’abord, parce que LA GRÈCE EST UNE VRAIE PASSOIRE. Elle l’a toujours été et ça ne risque pas de changer de si tôt. Et pour cause : ÇA N’A ABSOLUMENT RIEN À VOIR AVEC LES POLITIQUES SUCCESSIVES, MAIS AVEC LA GÉOGRAPHIE. Même les politiques les plus dures en la matière (par exemple, sous la dictature des Colonels) n’ont jamais eu aucun effet. Pour deux motifs principaux :
A1) La Grèce est le deuxième pays au monde pour le nombre d’îles (après le Japon), pour la plupart désertes ou très peu habitées. Il a toujours été très facile d’aborder ses côtes discrètement.
A2) La Grèce est un pays très montagneux et accidenté, où les résistances successives se sont toujours remarquablement bien cachées. Elles se sont également déplacées à l’abris des regards.

B) Ensuite parce que LA GRÈCE EST COMPLÈTEMENT EXCENTRÉE ET À L’ÉCART DANS LA ZONE EURO (car la question posée concerne la sortie de l’Union monétaire, on ne parle pas de l’Union européenne). LA GRÈCE N’A ABSOLUMENT AUCUNE FRONTIÈRE AVEC UN AUTRE PAYS DE LA ZONE EURO (la Bulgarie n’est pas dans la zone euro).

Un éventuel Grexit n’aurait donc aucune incidence majeure sur la pseudo « crise migratoire » évoquée dans l’article (qui doit plaire à Marine Le Pen).

Quant à l’incidence sur le « défi terroriste » (toujours cette association nauséabonde immigré-terroriste alors que les auteurs du massacre de Charlie-Hebdo sont nés et ont grandi en France), même remarque tout d’abord : la Grèce est une passoire et elle est à l’écart. Mais en plus, posons-nous franchement la question : qui peut croire un seul instant qu’un candidat au terrorisme ne peut pas entrer dans l’eurozone, au prétexte de vacances par exemple ou avec un visa ? (s’il n’est pas déjà un résident de l’eurozone)

En conclusion, cet article pseudo « sérieux » agite toujours les mêmes chiffons rouges qui excitent la droite et l’extrême-droite : l’immigration et le terrorisme (bref, la peur de l’autre), et prétend faire de la Grèce un rempart imaginaire qu’elle n’est pas du tout pour les raisons évidentes ci-dessus.

De plus, la principale « qualité » de cet article, parmi les médias dominants, est qu’il donne un « os à ronger » à l’opinion publique sur la question géopolitique en occultant le vrai risque, celui qui inquiète la diplomatie américaine, qui ne s’en est pas beaucoup cachée : LE RISQUE DE RAPPROCHEMENT DE LA GRÈCE AVEC LES BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ET CERTAINS PAYS D’AMÉRIQUE LATINE, ce qui pourrait donner des idées à d’autres pays de la même zone par la suite et qui modifierait les équilibres géopolitiques actuels.

L’ENJEU GÉOPOLITIQUE EST DONC, EN RÉALITÉ, CELUI DU POUVOIR DES PRINCIPAUX PAYS EUROPÉENS ET DES ÉTATS-UNIS DANS LE PARTAGE DU MONDE EN ZONES D’INFLUENCES POLITIQUES, FINANCIÈRES, ÉCONOMIQUES ET COMMERCIALES.

Un enjeu bien plus important que celui de repousser quelques radeaux de sœurs et frères, africains ou orientaux, affamés, parmi lesquels un nombre infime de terroristes potentiels.

A suivre…

Y.Y.
jeluttedoncjesuis.net

 

 

QUESTIONS -6-

 

6 – POURQUOI LA BCE VIENT-ELLE DE DÉCIDER* DE FRAGILISER ENCORE PLUS LES BANQUES GRECQUES ? CHERCHE-T-ELLE LE GREXIT ?

C’EST FAUX.

LA TROÏKA BLUFFE. ELLE NE CHERCHE PAS DU TOUT LE GREXIT, MAIS À FAIRE TOMBER LE GOUVERNEMENT TSIPRAS.
La diplomatie américaine a également insisté dans ce sens, toute la semaine dernière : elle ne veut pas non plus d’un Grexit parce qu’elle s’inquiète d’un rapprochement de la Grèce avec les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique-du-sud) et avec certains pays d’Amérique Latine…
Autrement dit, la BCE fait cela pour coincer Tsipras en tenaille entre deux alternatives difficiles voire fatales, CE QU’ON APPELLE UNE FOURCHETTE AUX ÉCHECS :

1 – être obligé d’accepter en urgence un accord catastrophique qui le rendrait impopulaire, diviserait aussitôt Syriza et ferait tomber son gouvernement en moins d’une semaine ;
2 – se résoudre à la banqueroute et au Grexit sans préparation technique ni préparation de l’opinion, alors que 72% des Grecs n’en veulent pas pour l’instant (la réalité est sans doute plus proche de 60%), ce qui reviendrait (si ça se faisait précipitamment) à une trahison selon eux. D’autant plus que Tsipras s’y était encore engagé vendredi soir.

A suivre…
Y.Y.
jeluttedoncjesuis.net

* La banque centrale européenne a annoncé, hier soir, qu’elle durcissait les conditions d’obtention de liquidités du système bancaire grec, au risque d’un effondrement bancaire dans les prochains jours.

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QUESTIONS -5-

 

5 – TSIPRAS N’EST-IL PAS UN PEU NATIONALISTE ? (entendu à la radio et à la télé)

C’EST FAUX.

Si Alexis Tsipras a choisi de gouverner avec le petit parti souverainiste des Grecs indépendants, aussi appelé ANEL (qui n’a rien à avoir avec Aube dorée), c’est :
1 – par défaut, car le KKE ne voulait pas gouverner avec Syriza (de longue date), Antarsya n’avait pas atteint les 3% (nécessaires pour être présent au parlement) et le Potami était clairement pour les mémorandums austéritaires (dirigé par un ancien animateur télé).
2 – par nécessité, car il manquait deux voix au parlement pour atteindre le pouvoir, sans quoi il fallait revoter, ce qui pouvait s’avérer risquer.
3 – sans alliance électorale préalable, mais uniquement par la suite, face au dilemme de prendre ou de laisser cette opportunité historique du 25 janvier.

Dans sa jeunesse, Alexis Tsipras a participé à des collectifs altermondialistes (présence à Gênes en 2001, avec une queue de cheval à l’époque et des idées fortement universalistes) et antifascistes (Tsipras a souvent rappelé la devise : « on ne discute pas avec l’extrême-droite, on la combat »).

Aujourd’hui même, à 11h00, par exemple, Tsipras a convoqué les dirigeants des principaux partis politiques du pays. Même le perfide Samaras est venu, malgré sa manipulation du scrutin qui devrait occasionner des suites. Par contre, Tsipras a fermement refusé la présence de Michaloliakos, le chef d’Aube dorée, et ce, malgré son appel à voter NON.

Pour finir, le projet politique de Tsipras n’est en rien nationaliste, car ce n’est pas l’Europe qu’il rejette (il ne cesse de le dire), mais ses dirigeants et sa politique actuels, ce qui est logique pour une « vraie gauche ». Tsipras se revendique clairement internationaliste et tisse actuellement des liens avec des projets similaires en Amérique Latine, par exemple.

Bref, TSIPRAS N’A RIEN D’UN NATIONALISTE. Il déteste Le Pen et a déjà répondu vivement aux tentatives de récupération dont il a été l’objet. Tsipras n’a d’ailleurs jamais rencontré Marine Le Pen, ni aucun des petits chefs de partis confus qui naviguent en eaux troubles autour du FN et qui se prévalent eux aussi de Tsipras. Il ne croit pas une seule seconde au tirage au sort, ni à la fermeture totale des frontières. Il l’a déjà dit à plusieurs reprises également, notamment lors d’une émission le premier mai. Il se revendique de la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’homophobie (un projet de loi est en cours).

Il est, en outre, le premier chef du gouvernement de l’Histoire de la Grèce à avoir refusé de prêter serment sur la Bible, malgré un grande majorité de chrétiens orthodoxes parmi les Grecs.

Personnellement, je ne suis pas d’accord avec tout ce que dit et fait Tsipras, évidemment, mais l’accuser de nationalisme ou essayer de le récupérer à ce niveau, c’est tout simplement comique ! Si vous en croisez, ici ou là, dites aux hyènes et autres professionnels de la récup’ d’aller chercher ailleurs ou postez-leur cette contre-information en guise de démenti.

A suivre…

Y.Y.

 

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QUESTIONS -4-

 

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4 – LES LIBERTAIRES SE SONT-ILS ABSTENUS ?

C’EST FAUX.

La plupart des collectifs libertaires, communistes-libertaires, anti-autoritaires et anarchosyndicalistes en Grèce ont choisit de voter NON, soit de façon implicite (antiautoritaires d’AK, libertaires du K-VOX, etc.), soit de façon explicite (anarchosyndicalistes de Rosinante, antifascistes et communistes-libertaires d’Orma, etc.). Rares sont les anarchistes qui ont choisit d’appeler à l’abstention.

Les trois motifs principaux sont les suivants :
1 – un référendum n’est pas une élection ;
2 – répondre NON à la question posée ne signifie pas dire OUI à quoi que ce soit d’autre, puisqu’il n’y a pas de proposition alternative dans l’énoncé ;
3 – le contexte actuel est une excellente occasion de troubler et faire évoluer l’imaginaire social, notamment tirer de la torpeur et de la peur des millions de résignés. Ensuite, à chacun de lutter à sa façon au quotidien et de viser plus ou moins radicalement vers l’utopie. L’un n’empêche pas l’autre.

Les murs d’Exarcheia sont tapissés partout de OXI. Et il n’y a pas une seule affiche pour le NAI. C’est sans équivalent dans Athènes (cf. photo).

Plusieurs tractages pour le OXI ont eu lieu sur la place Exarcheia. Sans le moindre problème (cf. photo).

La plupart des personnages de « Ne vivons plus comme des esclaves » résidant à Exarcheia ont voté NON. Pour trois d’entre eux, c’était la première fois qu’ils votaient. Pour deux autres, ils avaient voté pour la première fois le 25 janvier dernier. Au moins deux n’ont pas pu voter à cause de l’impossibilité de faire une procuration dans les délais (dont Vangelis).

EXARCHEIA A VOTÉ NON À 82% (participation 61%, oui 18%, non 82%).

Par comparaison, plus des deux-tiers des sympathisants du KKE (second parti communiste, celui qui n’a pas rejoint Syriza) se sont abstenus. Autrement dit, LES LIBERTAIRES ONT PLUS VOTÉ QUE LE KKE !

Méfions-nous des opinions toutes faites.

A suivre…

Y.Y.
 

 

QUESTIONS -3-

 

3 – Y A-T-IL EU DES ÉMEUTES HIER SOIR À EXARCHEIA ?

C’EST FAUX. Dimanche 5 juillet 2015, à 22h. La soirée électorale est interrompue. Les chaînes de télé grecques détournent l’attention du décompte final (beaucoup plus haut que les estimations annoncées par les sondeurs) en annonçant de « terribles émeutes à Exarcheia », près de l’Ecole Polytechnique.

22h15. J’arrive sur place. Il n’y a que 35 personnes (cf. ma photo, prise côté place Exarcheia), principalement des jeunes, qui brûlent quelques poubelles. Absolument rien à voir avec les émeutes habituelles à Exarcheia, par exemple chaque 6 décembre (400 à 2000 émeutiers).

Encore de la pure désinformation avec un but simple et précis : gâcher la fête et détourner l’attention.

A suivre…

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QUESTIONS -2-

 

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2 – LA TROÏKA A-T-ELLE OBTENU LA TÊTE DE VAROUFAKIS ?

C’EST FAUX. C’est plus une affaire de personnes et de stratégie, interne au gouvernement grec. La rumeur de sa démission circulait depuis mardi à Athènes. Et les premières tensions étaient apparues, il y a quelques semaines déjà, concernant sa participation aux négociations (et c’est déjà Euclide Tsakalotos qui l’avait remplacé à deux reprises, souvenez-vous). Varoufakis est un personnage qui ne laisse pas indifférent. Adulé par certains, détesté par d’autres. En Grèce, il a toujours eu de nombreux ennemis qui n’ont pas manqué de le caricaturer, parfois violemment. Beaucoup de jalousies aussi. Avec un caractère très différent et un esprit parait-il plus collectif, Euclide Tsakolotos sera plus calme et discret pour mener à bien les projets en préparation.

Ces derniers mois, Euclide s’occupait déjà de la politique économique extérieure, mais au ministère des Affaires étrangères. Vous me suivez ? Oui, c’est lui qui a noué des liens avec d’autres partenaires économiques potentiels, en Amérique Latine et parmi les BRICS. Et c’est aussi un économiste très critique à l’égard de l’euro.

Autrement dit, la troïka et l’Eurogroupe n’ont pas du tout gagné au change.

A suivre…

 

 

QUESTIONS -1-

 

Kalimera à tou-te-s et un grand merci pour vos très nombreux messages de soutien et d’encouragement, ici, en mp ou par mails. J’ai également noté les principales questions qui vous préoccupent. Ayant beaucoup de rendez-vous importants aujourd’hui et demain, à Athènes et au Pirée, je reviendrai, de temps en temps, plus en détails sur mes réponses.

 

1 – L’ABSTENTION A-T-ELLE VRAIMENT ÉTÉ MASSIVE.
Des médias ont parlé de 50%, est-ce vrai ?

C’EST FAUX. L’abstention n’est que de 32%. De plus, il faut savoir qu’en raison du délai très bref entre l’annonce du référendum et sa tenue (9 jours), des centaines de milliers de Grecs n’ont pas pu utiliser les formulaires de procurations (il faut s’y prendre plusieurs semaines à l’avance). On estime à plus d’un tiers la proportion des abstentionnistes qui n’ont pas pu se déplacer à leur bureau de vote souvent situé dans leur village d’origine. C’est le cas de beaucoup d’ami-e-s dans mon entourage, notamment Vangelis (cf. Ne vivons plus comme des esclaves) qui aurait voté s’il avait pu se déplacer à 7 heures de route pour le faire (je reviendrai ultérieurement sur la participation des libertaires au référendum). Autrement dit, après le décompte de cette « abstention subie » à cause des circonstances exceptionnelles du référendum, « l’abstention choisie » n’est que de 20% environ, ce qui est très faible pour la Grèce.

A suivre… 

Y.Y.

 

 

Source : http://blogyy.net

 

 

 

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 21:27

 

Source : http://www.franceculture.fr

 

 

 

Une loi pour museler la population en Espagne

02.07.2015 - 07:24

 
 
 

Une nouvelle loi sécuritaire, qui encadre le droit de manifester, est entrée en vigueur hier en Espagne hier. Elle prévoit notamment des amendes allant jusqu'à 600.000 euros pour certaines manifestations non autorisées. Ses détracteurs y voient une atteinte aux libertés les plus fondamentales.

 

Demonstrators with their mouths taped sit outside the Spanish parliament during a protest against Spanish government's new secur Juan Medina © Reuters

 

Dans quel pays imaginez-vous que l’on puisse promulguer une loi pour museler la population ? Certainement pas l’Espagne. Et pourtant. Hier, la loi dite de sécurité citoyenne est entrée en vigueur. Cette loi, qui a pour but de garantir l’ordre vise, notamment, les manifestations et les réunions publiques. Et c'est la raison pour laquelle l’opposition, mais aussi plusieurs associations et même l’ONU dénoncent aujourd'hui une atteinte aux libertés les plus fondamentales. Ils ont même rebaptisé cette loi, "loi bâillon", car disent-ils, désormais les citoyens ne pourront plus exprimer dans la rue des idées allant à l’encontre de celles de la classe politique dominante.

 

De quoi s'agit-il ? Le texte comprend 45 infractions, peut-on lire sur le site de la RTBF. Les manifestations devant le parlement et autres bâtiments officiels sont notamment classées parmi les infractions les plus graves. Ainsi, le fait de protester face au Sénat, devant la Chambre nationale des députés ou tout Parlement régional pourra être puni de 30 000 euros d'amende. Idem si vous refusez de décliner votre identité à un agent des forces de l'ordre. Si vous photographiez un policier en service pendant une manifestation, il vous en coûtera jusqu'à 600 euros Et puis si vous êtes à l’origine de l’organisation d’une activité festive, dans un endroit proscrit par les autorités (par exemple les réseaux de transport), la contravention peut monter jusqu’à 600 000 euros.

 

Pour ses détracteurs, cette loi ne serait en réalité qu’un moyen, à peine déguisé, de juguler toutes les tentatives de protester contre la politique de rigueur, mise en place par le parti conservateur. Et de fait, c'est vrai qu'en se réappropriant l’espace public, les manifestants ont mis à rude épreuve le pouvoir. Avec la crise économique, des mouvements sociaux ont commencé à se consolider, la protestation sociale s’est généralisée. De ces mouvements sont même nées des formations politiques, comme Podemos, qui forment désormais partie de l'échiquier politique espagnol. En clair, le paysage politique est en train de changer, écrit la directrice adjointe du quotidien EL MUNDO. Ou dit autrement, au travers de cette loi, le gouvernement veut taire la contestation et empêcher que d’autres forces politiques émergent. Et pour ce faire, il est indispensable non seulement de limiter le droit de manifester, mais aussi le droit de relayer les informations concernant l'action citoyenne. Les témoins de brutalité policière, par exemple, ne pourront plus en rendre compte. Et pourtant, rappelle la journaliste, nous avons tous en tête les images enregistrées par des citoyens pendant des rassemblements, qui mettaient en lumière les agissements de la police. Or avec cette nouvelle loi ce ne sera plus possible. En clair, pour les détracteurs de la loi, nous ne pourrons plus être nous-mêmes et nous ne pourrons plus désormais penser librement. Car la pensée libre est liée à la possibilité de se réunir pour parler, s’exprimer dans les places, dans les marchés, dans les rues.

 

Le texte est même tellement ambiguë que tout et n’importe quoi peut désormais tomber sur le coup de cette loi. Si vous relayez l’information sur une manifestation ou si vous retweetez simplement une information, vous pouvez être considéré comme l’organisateur de ce rassemblement et donc être fautif. En clair, cette loi vise toutes les nouvelles formes de contestations qui se jouent sur les réseaux sociaux. Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle, il y a déjà quelques semaines, le collectif "Hologrammes pour la liberté" avait projeté sur la place des Cortes (où se trouve l'Assemblée nationale), des centaines d’images en 3D représentant des manifestants. Une manière de signifier que ce sera désormais la seule façon de manifester en Espagne, sans être inquiété par la police.

 

Et puis ce n'est pas tout, car l’entrée en vigueur de cette loi va également de pair avec une double modification du code pénal, lequel entraîne un glissement de la sphère judiciaire à la sphère administrative. En clair, si lors d’un rassemblement, un manifestant était interpellé et mis en garde à vue, il était jusqu'à présent présenté à un juge. Et dans la plupart des cas, ce dernier considérait que l’action du citoyen relevait de la liberté d’expression. Or avec ce nouveau dispositif, le citoyen est éloigné du pouvoir judiciaire. C’est l’administratif qui prendra désormais le relais. En d'autres termes, une fois que le citoyen aura reçu sa contravention, il lui sera plus difficile de la contester. C’est donc la police qui aura désormais le dernier mot, précise à son tour la responsable des enquêtes chez Amnesty international en Espagne.

 

Interrogé par PUBLICO, un juge ne dit pas autre chose : il estime que cette loi n’a rien à voir avec la sécurité des citoyens. C’est une loi sécuritaire du gouvernement qui fait face à la contestation citoyenne, dit-il, avant d’ajouter : le citoyen est devenu l’ennemi. D'où la conclusion signée cette fois-ci d'un bloggeur hébergé toujours sur le portail de gauche PUBLICO : c'est un triste jour pour la démocratie. Il s'agit d'une régression aussi dure qu'inutile au niveau de la lutte douloureuse que nous avons menée. La démocratie a perdu de sa vigueur. Et nous voilà désormais renvoyés à un passé que nous n'avons pas encore complètement oublié ; à l'époque de la main de fer, de la peur instrumentalisée comme arme politique et de la primauté de l'ordre sur toute divergence.

Par Thomas CLUZEL

 

 

Source : http://www.franceculture.fr

 

 

 

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 21:15

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

A Rennes, l’eau redevient un bien commun

7 juillet 2015 / Julie Lallouët-Geffroy (Reporterre)

 

 

 

Les grandes villes sont de plus en plus nombreuses à reprendre la main sur la gestion de leur eau. Certaines appliquent même des tarifs sociaux et écologiques, arguant que l’eau est un bien commun. C’est le cas de Rennes. Explications.


- Rennes, correspondance

A partir du 1er juillet, les ménages de Rennes ont vu leur facture baisser, les dix premiers mètres cubes d’eau étant gratuits. Au-delà, plus la consommation sera importante, plus le prix du mètre cube augmentera. Chaque rennais consomme actuellement 54m3 d’eau en moyenne par an. En ce qui concerne les entreprises, elles ne bénéficieront plus d’un tarif dégressif avec la consommation, il sera maintenant constant.

Ces mesures répondent à deux objectifs : garantir l’accès à l’eau et préserver la ressource. Rennes suit ainsi l’exemple de dix-sept autres villes, comme Brest, Evry ou Angoulême, afin d’expérimenter ces tarifs, encadrés par un décret de 2013. De son côté, Grenoble creuse l’aspect social de l’accès à l’eau avec un séminaire organisé le 2 juillet prochain.

Rennes Métropole, elle, veut atteindre un tarif unique de l’eau d’ici 2020 pour l’ensemble des 56 communes du bassin rennais. A l’heure actuelle, il existe 16 prix différents allant de 1,996 € à 3,243 € le mètre cube d’eau. L’outil mis en place pour y parvenir est une société publique locale de l’eau (SPL). Le passage de relais entre Veolia et la SPL a eu lieu en avril dernier.

Les grandes villes ont tendance à choisir une entreprise privée pour gérer leur réseau hydraulique, parce que la logistique et les compétences requises sont élevées. Sur les 36 000 communes qui maillent le territoire français, la moitié des services d’eau potable (69 %) relèvent du secteur public mais cela ne concerne que 40 % de la population française.

 

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Gestion publique de l’eau potable en France par département

Matthieu Theurier, vice-président EELV à Rennes Métropole fait partie de ceux qui poussent depuis plusieurs années vers ce changement de gestionnaire. « L’eau est un bien commun, au même titre que la biodiversité, c’est un bien qui ne doit pas être privatisé. Le passage à la gestion publique est emblématique. Cela faisait 135 ans que l’eau du bassin rennais était gérée par le secteur privé. » Pour l’élu, l’accès à une eau en quantité et en qualité suffisante est une priorité : « Nous considérons que l’eau doit être gratuite et accessible à tous, tout en préservant la ressource, en n’épuisant pas les nappes phréatiques. »

En France, les prix de l’eau potable sont variables, ils sont liés à la qualité initiale, à la distance à parcourir pour l’approvisionnement et à l’entretien du réseau. Cette carte le montre clairement.

 

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Prix de l’eau en France

La gestion publique : l’enjeu de la transparence

Rennes Métropole est en expansion, sa population s’accroît, ses besoins avec, et en parallèle, la ressource est limitée, en particulier durant la saison sèche. La préservation des points de captage et des nappes phréatiques, est primordiale, explique Yannick Nadesan. Élu communiste, il préside la collectivité eau du bassin rennais : « C’est sur ce point que la gestion publique s’avère cruciale : les objectifs d’une entreprise et d’une collectivité ne sont pas les mêmes sur des enjeux comme la ressource. » Il y a aussi les méthodes qui diffèrent : « Le passage à la gestion publique implique un autre rapport aux multinationales, en particulier sur la question de la transparence. Désormais, nous avons la main sur l’ensemble de l’activité et pas seulement un document annuel fourni par une entreprise privée. »

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Yannick Nadesan, président de la collectivité eau du bassin rennais

Veolia comme Suez environnement sont des professionnels du secteur, de nombreuses villes sont leurs clientes, ces entreprises travaillent partout dans le monde, ont de nombreuses compétences en interne ; alors, que leur reproche-t-on ? Le manque de transparence, répondent à l’unisson les deux élus communiste et écologiste.

Il y a des villes où l’écart de prix entre la gestion privée et publique atteint 25 %. Si on a pu en arriver là c’est parce que les petites communes ont peu de poids pour négocier, exiger des rapports et contrôler l’entreprise prestataire. « Depuis plusieurs années, nous avons renforcé notre contrôle de la délégation de service public, explique l’élu communiste, Yannick Nadesan. Il n’y a donc pas d’abus sur les prix, comme on a pu le voir sur d’autres communes. »

Néanmoins, il a fallu plusieurs années pour y parvenir. Le débat sur le passage à la gestion publique a été entamé en 2003-2004 au moment de renouveler le contrat avec Veolia et s’est renforcé en 2008-2009.

« A ce moment là, la collectivité a mis le nez dans la comptabilité et on s’est rendu compte qu’il y avait quelques soucis, raconte Matthieu Theurier, l’élu écologiste. La collectivité octroyait chaque année une aide au prestataire pour l’entretien du réseau. Au lieu de faire ces travaux au jour le jour, l’entreprise a placé l’argent, dégagé une plus-value et au moment de re-signer le contrat, a fait de gros travaux. »

Une approche politique de l’eau

Rennes a fait le choix d’une société publique locale de l’eau et pas d’une régie publique. La différence entre ces deux statuts réside dans la démocratie directe...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 19:26

 

Source : http://rue89bordeaux.com

 

 

Le revenu de base sera expérimenté en Aquitaine

 
 
 

Martine Alcorta (DR)

Martine Alcorta, élue EELV et vice-présidente du Conseil régional d’Aquitaine (DR)

 

 

Une motion présentée par le groupe des Verts visant à financer une étude de faisabilité de l’application du RSA inconditionnel a été votée lors de la séance plénière de ce lundi au Conseil régional d’Aquitaine. Une « petite avancée » mais une grande victoire pour les défenseurs du revenu de base.

 

« Nous sommes surpris qu’elle soit passée », avoue Martine Alcorta, vice-présidente du Conseil régional d’Aquitaine, au sujet de la motion présentée ce lundi à la séance plénière de la Région par le groupe d’Europe Écologie Les Verts.

L’élue EELV du Lot-et-Garonne ne cache cependant pas sa satisfaction avec cette « petite avancée » et espère mettre rapidement en place le groupe de travail qui se penchera sur la faisabilité de l’application du RSA inconditionnel sur un territoire aquitain :

« L’idée est que soit expérimentée la mise en place de ce revenu de base sur le “croissant de la pauvreté aquitain” allant de la Gironde, jusqu’à la Dordogne et le Lot-et-Garonne. »

 

Valoriser le travail non marchand

Le revenu de base connaît plusieurs détracteurs qui considèrent la démarche comme étant un frein pour accéder à l’emploi. Selon Martine Alcorta, le président de la Région Aquitaine est l’un de ceux-là :

« C’est une motion contre le travail avait dit Alain Rousset en réponse à ma présentation. Or, c’est tout le contraire, c’est une solution pour valoriser le travail non marchand et valoriser les activités humaines utiles socialement. Nos modèles ne semblent plus pouvoir répondre à des problèmes importants comme le plein emploi, car l’équation croissance égale emploi semble perdre sa pertinence. »

La motion est passée grâce à une forte abstention et à l’unanimité des votants. Seuls les groupes Aquitaine Région Citoyenne et EELV ont voté pour. S’ajoute également le vote d’Alexandra Siarri, faisant cavalier seul au sein du groupe Les Républicains/UDI :

« J’ai toujours été favorable à une réflexion sur le revenu de base, souligne l’adjointe au maire de Bordeaux en charge de la cohésion sociale. Beaucoup de gens n’arrivent pas à s’en sortir malgré les nombreuses aides sociales proposées. Il faut tout simplifier : simplifier le parcours d’une part, et le travail des travailleurs sociaux d’autre part.

Le revenu de base n’est pas une incitation à ne pas travailler, bien au contraire, il révèle les capacités des personnes une fois libérées des pressions. Il faut lancer de nouvelles expérimentations, dans un nouvel état d’esprit. Il faut de nouvelles propositions, d’autres modèles que ceux qui existent et réfléchir à un nouveau système. »

Une décision unique en France

Questionnée sur la durée et la teneur de l’étude, Martine Alcorta concède que tout cela reste à débattre. Ce qui est important est d’acter aujourd’hui le principe :

« C’est une décision unique en France. Avant nous, le groupe EELV de la région Rhône-Alpes avait présenté un amendement au budget qui avait été rejeté. Nous sommes sur un sujet où tout est à faire et à définir, notamment le montant du revenu de base lui-même. »

« C’est une grande victoire pour la France », a confié Marc Morisset, élu EELV à Saint-Médard-en-Jalles et ardent supporter du revenu de base.

Le revenu de solidarité active (RSA) connaît plusieurs imperfections en particulier liées aux règles d’attribution et leurs démarches lourdes. Plus des deux tiers des ménages qui auraient droit au RSA activité malgré leurs emplois n’en font pas la demande, aussi parce qu’ils ne savent pas qu’ils y ont droit. D’une autre manière, ceux qui le touchent se découragent à rechercher un emploi, de peur de perdre leur indemnité.

Depuis 2013, EELV propose ce revenu inconditionnel dans son programme national, avec le projet d’établir de nouvelles règles d’attribution du RSA de façon à perfectionner ce dispositif vers la mise en place du revenu de base.

Aller plus loin

Pour tout savoir sur le revenu de base, entretien avec Marc Morisset : « Le revenu de base est un changement de paradigme »

 

 

Source : http://rue89bordeaux.com

 

 

 

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 19:04

 

Source : http://www.express.be

 

 

La Finlande sera le premier pays européen à introduire un revenu de base inconditionnel

 

 

Le gouvernement finlandais a l’intention d’implémenter un projet pilote de versement d’un revenu de base. Ce projet figure dans la déclaration de politique générale du nouveau gouvernement de centre droit dirigé par le Premier ministre Juha Sipilä, qui a pris les commandes du pays le mois dernier. La Finlande serait ainsi le premier pays européen à introduire un revenu de base inconditionnel.

 

Les détails de ce plan ne sont pas encore connus, mais tous les citoyens auraient le droit de recevoir le même revenu, sans que l’on tienne compte de leur âge, de leur état de santé ou de circonstances sociales. Tout le monde recevra le même montant, qui devrait être suffisant pour vivre modestement. Les citoyens qui souhaiteront  avoir un niveau de vie plus élevé pourront compléter ce revenu de base en gagnant un salaire au travers d’un emploi salarié, ou de l'entrepreneuriat.

Le Premier Sipilä considère que le revenu de base est un instrument approprié pour lutter contre la pauvreté. « Même pour les gens qui perdent leur emploi, le système leur permettrait de percevoir un revenu suffisant pour satisfaire leurs besoins fondamentaux », fait-il remarquer.

L’introduction d’un revenu de base permettrait de supprimer toutes les aides sociales existantes, y compris les pensions de retraite. Par conséquent, la fonction publique pourrait être sensiblement réduite, ce qui permettrait au pays de faire de substantielles économies. Le Premier Sipilä envisage de  débuter cette expérience dans des régions confrontées à un fort taux de chômage.

Tous les partenaires de la coalition, cependant, ne semblent pas être complètement conquis par ce projet. En outre, il y aurait des divergences d'opinion concernant le montant que ce revenu de base devrait atteindre. Selon l’Alliance de gauche, il devrait s’établir à 620 euros par mois ; les Ecologistes sont plus minimalistes, avec un montant de 440 euros. Quant aux Libéraux, ce sont les plus généreux, et le député libéral Björn Wahlroos évoque une fourchette de 850 à 1.000 euros par mois. Selon David Cord, chroniqueur au Helsinki Times, le revenu de base devrait atteindre 1.166 euros pour éliminer la pauvreté.

Les sondages montrent que 79% de la population finlandaise soutiennent l'idée d'un revenu de base. En outre, 65% des députés seraient prêts à approuver la proposition. Sans surprise, cependant, on observe une grande résistance des fonctionnaires, qui y voient une menace pour leur emploi, et qui sont soutenus par de puissants syndicats. 

Les opposants au projet évoquent une idée utopique, vouée à l'échec. Ils estiment que ce système va inciter la population à se détourner du travail, notamment des emplois pénibles, et qu’il provoquera  un manque de recettes fiscales.

 

 

Source : http://www.express.be

 

 

 

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 17:55

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Grèce : la longue liste des violations des droits humains perpétrées sous le diktat des créanciers

7 juillet par Commission pour la vérité sur la dette grecque

 

 

 

 

Le chapitre 6 du rapport présenté le 18 juin 2015 par la Commission pour la vérité sur la dette grecque |1| établit pour la communauté internationale, pour la population et pour les autorités grecques une liste précise de violations des droits humains commises en application des exigences des créanciers. Le lien entre la violation commise et les exigences des créanciers est mis en lumière. En effet ces violations ne constituent pas des effets collatéraux de recommandations d’ordre général. Elles sont le résultat prévisible et, dans certains cas, délibérément poursuivi par les créanciers avec la complicité des autorités grecques. Afin de renforcer la démonstration, ce chapitre présente une série de droits humains fondamentaux directement violés par des mesures concrètes et identifiables. Il précise l’impact de ces mesures. Pour chacun de ces droits, sont mentionnés les conventions et les pactes qui ont été violés.

Dans le cadre du plan faussement appelé de sauvetage, la Troïka a imposé au gouvernement grec de prendre des mesures qui ont directement détérioré les conditions de vie de la population et violé leurs droits humains consacrés dans plusieurs instruments juridiques nationaux, européens et internationaux |2|. Selon le l’ombudsman grec, « les ajustements draconiens imposés à l’économie et à la société grecques dans leur ensemble ont eu des effets dramatiques sur les citoyens et multiplié les groupes vulnérables |3| ». De même, la Commission Nationale des Droits de l’Homme a observé « une détérioration rapide des niveaux de vie accompagnée d’un démantèlement de l’État social et de l’adoption de mesures incompatibles avec la justice sociale qui sapent la cohésion sociale et la démocratie |4| ». Le poids de l’ajustement n’est pas équitablement partagé |5|, il frappe de manière particulièrement sévère les plus vulnérables : les pauvres, les retraités, les femmes, les enfants, les handicapés et les immigrants.

1. Les mesures affectant le droit au travail.

Les réformes postérieures à 2010 réduisent les salaires, suppriment des allocations et des indemnités, raccourcissent les périodes de chômage indemnisé, abrogent ou affaiblissent la négociation collective, précarisent l’emploi et réduisent le salaire minimum. La nouvelle législation applicable au secteur privé diminue la protection des travailleurs, facilite l’allongement de la durée du travail et réduit les rémunérations. Dans le secteur public, la nouvelle législation réduit les salaires et le nombre d’emplois |6|. Par décret, le travail a été rendu obligatoire dans différents secteurs |7|.

Impact des mesures

Les réformes du marché du travail imposées par les memoranda minent sévèrement l’exercice du droit au travail, provoquant une grave crise institutionnelle. De par la destruction du système de conventions collectives négociées et de celui du contentieux du travail, le contrat individuel est réapparue comme un instrument primordial dans la détermination des conditions d’emploi |8|. Les réductions salariales successives et les hausses d’impôts ont entrainé des licenciements massifs, dégradé les conditions de travail, accru l’insécurité de l’emploi et répandu la précarité sous forme d’emplois hyper-flexibles et sous-payés où prédominent femmes et jeunes. Le niveau du salaire minimum qui a été fortement réduit est situé en dessous du seuil de pauvreté |9|.

Le chômage a explosé de 7,3 % à 27,9 % (2008-2013) |10|. L’emploi dans le secteur public est passé de 942 625 à 675 530 postes entre 2009 et 2013 |11|, avec des baisses de salaire supérieures à 25 %. Les rémunérations du secteur privé ont diminué d’au moins 15 % depuis 2013 |12|. Le chômage des jeunes a atteint 64,9 % en mai 2013, anéantissant leurs perspectives d’accès au marché du travail.

La crise frappe de manière disproportionnée les femmes et les migrants, développant le travail à temps partiel contraint |13| et les licenciements de femmes enceintes |14|. Les tensions s’exacerbent dans le secteur informel qui emploie, sans protection sociale et dans des conditions de travail relevant de l’exploitation, quelques 470 000 migrants « sans papiers » |15|.

Violations du droit au travail

Le droit du travail est consacré par différent instruments juridiques régionaux et internationaux que la Grèce a ratifiés |16|, il est en outre protégé par sa Constitution |17|. Il s’agit du droit fondamental qui a été le plus affecté par les récentes réformes législatives et administratives. Le droit au travail implique pour l’État le devoir de garantir un égal accès à l’emploi et de protéger les salariés contre une injuste privation de leur travail. L’État ne saurait priver une personne de l’opportunité de gagner sa vie (« obligation de respecter ») ; il doit veiller à ce que des tiers ne privent pas cette personne de cette opportunité (« obligation de protéger ») ; et il doit garantir aux personnes qui en sont privées l’opportunité de gagner leur vie (« obligation de résultat »). Les deux programmes d’ajustement (memoranda) ont toutefois imposé « une politique intensive de dévaluation interne par la réduction des salaires et des coûts non-salariaux » |18|, au moyen de « réformes du travail et des rémunérations (qui) permettront de réduire la pression injustifiée exercée par les salaires |19| ». Les réformes postérieures à 2010 ont violé les normes inscrites dans les Traités auxquels la Grèce est partie |20|.

2. Mesures affectant le droit à la santé

Le premier memorandum (mai 2010) limitait les dépenses de santé publique à 6 % du PIB |21| ; le second programme (mars 2012) exigeait une réduction de 8 % des coûts de fonctionnement des hôpitaux pour l’année 2012 et une diminution des dépenses pharmaceutiques équivalente à 1 % du PIB |22|.

La réduction des dépenses de santé de la Grèce, inférieures depuis 2010 à la moyenne des dépenses de santé effectuées par les autres États de l’UE |23|, ont restreint l’accès de la population aux soins de santé |24|. Des mesures draconiennes « ont été prises en très de peu de temps et sous une pression extrême afin d’assurer le versement de la tranche suivante du prêt |25| ». Naturellement, elles « ont principalement porté sur les aspects structurels, financiers et de gestion du système de santé, et sans prendre en compte les besoins des patients |26| ».

L’impact des mesures sur le droit à la santé

La fourniture de soins de qualité et leur accès ont été particulièrement réduits pour les plus pauvres, du fait des coupes dans les dépenses de santé, les licenciements dans le secteur public de la santé, l’augmentation du montant des honoraires et du montant de la prise en charge par les patients, la suppression de lits d’hôpitaux et la réduction progressive de la couverture sociale publique |27|. En 2015, 2,5 millions de personnes, soit un quart de la population totale, n’avaient plus de couverture maladie |28|. Les hôpitaux et les pharmacies ont connu de grandes carences en tentant de réduire les dépenses pharmaceutiques de 4,37 Mds € en 2010 à 2 Mds € en 2014 |29|. Les maladies comme la tuberculose, la malaria, le SIDA ont progressé ; le chômage et la précarité ont entraîné les jeunes à consommer davantage de drogue, des pathologies mentales, y compris les suicides, ont émergé à grande échelle en raison des restrictions imposées par la crise.

Les violations du droit à la santé

Ce droit à la santé est prévu à l’article 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH), à l’article 12 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), à l’article 12 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, à l’article 5 de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, à l’article 25 de la Convention sur les droits des personnes handicapées, à l’article 24 de la Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant et à l’article 11 de la Charte sociale européenne. La Convention européenne des droits de l’Homme prévoit des dispositions relatives à la santé, tel est également le cas de la Constitution grecque (articles 21-2 et 21-3).
Le droit à la santé inclut l’institution d’un système de protection sociale procurant à tous la possibilité de bénéficier des normes de santé les plus élevées, ainsi que le droit d’accès aux services de santé. Les mesures prises pour satisfaire les conditionnalités des programmes d’ajustement ont bien violé ce droit.

3. Mesures affectant le droit à l’éducation

Les conditions inscrites dans les Memoranda visent directement le système d’éducation. Des mesures précises incluent la réduction du nombre de recrutements d’enseignants, le transfert obligatoire d’enseignants dans des réserves de main-d’œuvre et des schémas de mobilité, la réduction de leurs salaires, la fusion ou la fermeture d’écoles, l’augmentation du nombre d’élèves par classe et d’heures d’enseignement par jour |30|.

Afin d’atteindre les objectifs de limitation du déficit de 2012, le Ministère de l’Éducation a réduit les affectations d’enseignants et les dépenses de fonctionnement dans l’enseignement secondaire |31|. En conséquence de ces mesures combinées, les salaires des enseignants ont baissé en moyenne de 40 % |32|, équivalent à 60 % du salaire moyen des enseignants dans les autres pays de l’UE |33|.

L’impact des mesures

« Ces réductions ont entraîné des difficultés pour garantir la satisfaction des besoins de base des étudiants » |34|. Le manque d’enseignants n’a pas été comblé (12 000 dans le primaire et le secondaire pour 2014-15). Entre 2008 et 2012, 1 053 écoles ont été fermées et 1 933 ont fusionné |35|. La réduction des dépenses de fonctionnement a laissé de nombreuses écoles sans chauffage |36|. Un schéma inadéquat de transport scolaire a entraîné une discrimination des élèves isolés, des élèves Roms et des élèves handicapés |37|. Des enfants ont été complètement exclus de l’accès à l’éducation |38|.

La violation du droit à l’éducation

Les conditionnalités violent le droit à l’éducation, droit humain fondamental garanti par les droits européen et international, consacré notamment par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (article 14), la Charte sociale européenne, la Convention européenne des droits de l’Homme, la Déclaration universelle des droits de l’Homme (article 26), le PIDESC (articles 13 et 14), la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (articles 10 et 14), la Convention relative aux droits de l’enfant (article 28, 29 et 40), la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (article 5), la Convention sur les droits des personnes handicapées et l’article 16-2 de la Constitution de la Grèce.

4. Mesures affectant le droit à la Sécurité sociale

Les réductions de dépenses imposées par les Mémoranda diminuent les prestations sociales, y compris les retraites, les indemnités de chômage et les allocations familiales. Les fondements du système de retraites ont été modifiés ; les caisses de retraites ont été dévastées par le PSI, qui leur a fait perdre quelques 14,5 milliards d’euros |39|, les retraites ont été réduites |40| ; les financements et garanties de l’État ont été restreints ; plusieurs allocations familiales ont été remplacées par une allocation unique sous condition de ressources ; les cotisations et les limites d’âge ont été relevées. Les indemnités de chômage, pourtant versées à une minorité de chômeurs, ont même été réduites |41|. Des critères d’éligibilité stricts excluent en outre la plupart des jeunes et des migrants.

L’impact des mesures affectant le droit à la Sécurité sociale

Les règles existantes en matière de sécurité sociale ont été vidées de leur substance par le programme d’ajustement, de nombreuses personnes sont ainsi menacées de tomber dans la pauvreté |42|. Les retraites ont été réduites en moyenne de 40 %, faisant basculer 45 % des retraités sous le seuil de pauvreté |43|. En 2015, 8,14% des travailleurs ne sont pas déclarés et sont sans assurance |44|.

La violation du droit à la Sécurité sociale

Le droit à la Sécurité sociale offre une protection aux membres de la société les plus vulnérables, garantissant à tous un minimum de biens et de services nécessaires à une existence digne. Ce droit est garanti par la Constitution grecque (article 22-5), la DUDH (article 22 et 25), le PIDESC (articles 9 et 10), la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (articles 11,13 et 14), la Convention relative aux droits de l’enfant (articles 18, 23 et 26), la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (articles 2 et 5) et la Charte sociale européenne (articles 8-1, 12, 14, 16 et 17). Ces dispositions légales ont donc été violées par les coupes dans les retraites, ayant entrainé « une dégradation significative des niveaux et des conditions de vie des retraités concernés |45| ».

5. Mesures affectant le droit au logement

Les conditionnalités du memorandum et les lois prises sur la base de ce mémorandum violent le droit au logement. Le logement social a été supprimé en 2012, comme mesure prioritaire pour obtenir les versements du prêt de la Troïka |46|, de même que les aides au logement de 120 000 ménages et les allocations-logement des personnes âgées |47|. De nouvelles lois et règlements facilitent les procédures expresses d’expulsion sans aucun jugement |48|. Dans l’Attique (=la région d’Athènes), le nombre de sans-abris s’élève à 17 700 personnes |49|.

L’impact des mesures affectant le droit au logement

En 2014, plus de 500 000 personnes vivaient dehors ou dans des logements insalubres ou indécents |50|. Les prêts immobiliers douteux ont atteint 26,1 % en 2013 |51|. Les saisies et les expulsions ont augmenté |52|. Avec l’augmentation des impôts et taxes, et malgré une chute spectaculaire des prix immobiliers |53|, les logements sont devenus inabordables |54| ; les taux de sur-occupation pour les ménages pauvres ont atteint 42 % en 2013 et 60 % chez les non-ressortissants de l’EU |55|. En 2012, 73,3 % des jeunes de 20 à 29 ans vivaient chez leurs parents |56|, 18 902 personnes étaient sous-alimentées et 142 000 n’avaient aucun chauffage |57|.

La violation du droit au logement

Le logement est indissociable de la dignité humaine. Les conditionnalités ont violé le droit au logement consacré par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (article 25-1), le PIDESC (article 11-1), la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la Convention relative aux droits de l’enfant. La Charte sociale européenne et la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne prévoient toutes deux des dispositions expresses et des références au droit à un logement décent et adéquat. Cela est également le cas de la Constitution grecque, aux articles 4 et 21-4.

6. Mesures affectant le droit à l’auto-détermination

La vente massive des propriétés publiques de l’Etat grec par le TAIPED |58|, particulièrement par des procédures accélérées, a violé des droits et des dispositions constitutionnelles, à savoir les articles 12 et 13 de la Constitution grecque qui garantissent la souveraineté du peuple. Aucun gouvernement ne saurait légitimement procéder à une si substantielle aliénation de la propriété publique, aliénation qui s’oppose directement à l’intérêt général et sape la croissance économique |59|. Le Conseil d’État grec a jugé que les biens communs (eau, énergie, communications, etc.) devaient rester des propriétés de l’État |60|. Le TAIPED a également porté atteinte aux droits constitutionnels de propriété (article 18) et à la protection de l’environnement (article 24 de la Constitution) |61|.

7. Mesures affectant le droit à la justice.

Les mesures imposées par les créanciers prévoient des engagements de réforme du système judiciaire, dont une augmentation substantielle des frais de justice |62|. Le Gouvernement a légiféré pour renvoyer le personnel contractuel afin d’atteindre les objectifs fixés par les memoranda |63|. L’aide judiciaire et les organismes publics ne sont plus suffisamment financés |64|.

L’impact des mesures affectant le droit à la justice

En raison de la diminution des salaires et retraites, l’accès à la justice est devenu financièrement insupportable pour un certain nombre de citoyens La longueur des procédures et la surcharge des tribunaux civils et administratifs frisent le déni de justice. Remédier aux faiblesses inhérentes du système judiciaire, tels les sous-effectifs et le manque d’infrastructures, est rendu impossible par les coupes budgétaires.

La violation du droit à la justice

L’accès à la justice doit être compris comme la mise à disposition d’une réparation juridique rapide et efficace inscrite, entre autres, dans la Constitution de la Grèce (article 20-1). Ce droit a été violé par les coupes dans le financement de la justice résultant des mesures d’austérité.

En outre, cette austérité draconienne et les changements qu’elle a imposés ont engendré de fortes oppositions et résistances face auxquels le gouvernement a répondu par la violation d’une une série de droits humains, violations que nous examinerons ci-après.

8. Pauvreté et exclusion sociale

Les conditionnalités ont généralisé l’appauvrissement, le déclassement et l’exclusion sociale. En imposant de telles mesures d’austérité, les créanciers n’ont pas respecté leurs engagements de protéger, dans le cadre des programmes qu’ils financent, les groupes socialement vulnérables et les plus pauvres. Et pourtant, après cinq ans d’une politique aux conséquences désastreuses, les créanciers exigent toujours du gouvernement de poursuivre les mesures d’austérité.

Actuellement, 23,1% de la population vit sous le seuil de pauvreté |65|, avec un taux de pauvreté relative qui a plus que doublé de 2009 à 2013 |66| et 63,3% sont appauvris du seul fait des mesures d’austérité |67|. La détresse matérielle grave a augmenté de 11 à 25% de la population de 2009 à 2014 |68|. Plus de 34% des enfants étaient en danger de pauvreté ou d’exclusion sociale en 2013 |69|. L’impact inégal des mesures a dramatiquement aggravé les inégalités |70|, avec les 10% les plus pauvres qui ont perdu 56,5% de leurs ressources |71|.

9. Mesures affectant la liberté d’expression et d’assemblée

Depuis 2010 des mesures législatives et administratives restreignent les libertés d’expression et d’assemblée |72| ; le droit à la liberté d’expression a été systématiquement et effectivement limitée et remise en cause |73| ; la liberté d’assemblée a été violée. Les autorités ont empêché les protestations légitimes contre les politiques d’austérité en interdisant les réunions publiques, en réprimant avec un excès de force des manifestations pacifiques, en procédant à des arrestations préventives, en interrogeant des mineurs, en torturant des manifestants antifascistes, souvent avec l’aide d’Aube Dorée |74|.

Impact des mesures sur la liberté d’expression et d’assemblée

La réponse disproportionnée des autorités aux protestations publiques contre l’austérité a sévèrement miné les libertés d’expression et d’assemblée. Entre 2009 et 2015, la Grèce est passée de la 35e à la 91e place de l’Index mondial de la liberté de la presse |75|. Les libertés ont été encore entachées par l’impunité dont a joui Aube Dorée jusqu’en 2013. Ces développements constituent une menace réelle pour les institutions démocratiques.

La violation des libertés d’expression et d’assemblée

Les libertés d’expression et d’assemblée, garanties par les traités et les conventions internationales (DUDH, art. 20 et 33 ; PIDCP art. 21 et 22, PIDESC art. 8 ; Charte Européenne des Droits Humains, art. 10 et 11 ; Charte sociale européenne révisée, art. 5 : Charte de l’Union européenne, 11 et 12 ; et autres), sont aussi protégées par la Constitution grecque (art. 11 et 14). Elles ont été violées pour briser les vagues de protestations légitimes contre les politiques imposées par la Troïka.

10. Mesures affectant la protection contre les discriminations

Les lois imposées par les créanciers dans le cadre des memoranda discriminent de larges pans de la population parmi lesquels on trouve les salariés et les retraités |76|. Les travailleurs de moins de 25 ans ont été exclus de la protection du salaire minimum |77|. Les employés ont perdu le droit de négocier librement des accords collectifs ou individuels |78|. La discrimination envers les Roms, les malades du SIDA et les personnes âgées |79| s’est aggravée. Le harcèlement policier |80| et la détention systématique des migrants en situation irrégulière est même devenue une politique officielle |81|. Les crimes haineux ont augmenté ainsi que la xénophobie envers les migrants souvent pris comme boucs émissaires de la crise |82|. L’Agence des Nations-Unies pour les Réfugiés a enregistré une montée de crimes extrêmement violents motivés par la discrimination en fonction du genre et de l’orientation sexuelle |83|. La police échoue à protéger les victimes, à répondre aux agressions et à enquêter avec diligence |84|. Les prisons de haute sécurité autorisent « de réserver des traitements pénaux extrêmement discriminatoires et inégaux dans des cas pourtant similaires |85| ».

Les impacts des memoranda sur les femmes

Les coupes dans les services sociaux imposées par les politiques d’austérité ont « des effets désastreux sur les femmes à divers moments de leur vie |86| », en particulier à travers la discrimination au travail, la violation de l’autonomie financière, des droits sexuels et reproductifs |87|, et l’absence de protection contre la violence. Les agressions ont augmenté de 47% |88| tandis que la protection disponible ne répond pas aux besoins et que les femmes manquent d’un accès équitable à la justice |89|.

Violation de la protection contre les discriminations

Les impacts des memoranda sur la vie sociale enfreignent la Constitution (articles 4 et 21-1). Le droit de participer et d’accéder aux informations pour la prise de décisions cruciales qui affectent l’existence et le bien-être est un principe-clé des droits humains, établi par les instruments internationaux tels que le PIDESC, le PIDCP (art. 25), la Convention relative aux droits de l’enfant (art. 12) et la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (art. 7).

 

 

 
Notes

|1| La Commission pour la Vérité sur la Dette publique est une Commission indépendante, créée par la Présidente du Parlement grec. Elle est présidée par la Présidente du Parlement grec, Zoe Konstantopoulou, son coordinateur scientifique est le Professeur Éric Toussaint et la députée européenne Sofia Sakorafa est chargée des relations avec le Parlement européen et d’autres Parlements et Institutions. Il comprend des membres grecs à côté de membres venant de dix autres pays. La plupart sont reconnus au niveau international pour leur compétence et leur expérience dans les domaines de l’audit, de la dette publique, de la protection des droits humains, du droit international, du droit constitutionnel, de la finance internationale, de la macroéconomie, de la lutte contre la corruption et pour des garanties de transparence ; d’autres apportent l’expérience précieuse des mouvements sociaux, au niveau local ou international.

|2| Lumina, C. (2013). Report of the Independent Expert on the Effects of Foreign Debt and Other Related International Financial Obligations of States on the Full Enjoyment of All Human Rights, Particularly Economic, Social and Cultural Rights. Report of Mission. En ligne : http://goo.gl/4YYCR2, consulté le 15 juin 2015.

|3| Greek Ombdusman (2012). Annual Report, English Summary. p.4. En ligne : http://goo.gl/ZpKZdS, consulté le 15 juin 2015.

|4| Greek National Commission For Human Rights (2012). Recommendation on the Imperative Need to Reverse the Sharp Decline in Civil Liberties and Social Rights, Annual Report 2011. Athens. National Printing Office 2012. pp.71-72. En ligne : http://goo.gl/q8o7ZG, consulté le 15 juin 2015.

|5| FMI (2013). Greece Selected Issues. Country Report No. 13/155, p.18. En ligne : http://goo.gl/DJrW79, consulté le 4 septembre 2014.

|6| Lois 3863/2010, 3979/2011, 3986/2011, 3996/2011, 4019/2011, 4024/2011, and 4052/2012.

|7| Chauffeurs routiers (2010). Employés municipaux (2011). Employés du métro (2013). Marins (2013). Enseignants (2013). Employés du secteur énergétique (2014).

|8| Ce mécanisme, véritable survivance du droit du plus fort, facilite une déflation salariale continue dans un contexte politique de dévaluation interne. Voir Kazakis, A. (2013). Labour Law. Sakkoulas. Athens. Greece (in Greek) p.565 et sq.

|9| Cette réduction de 32 % à 426,64 € pour les moins de 25 ans viole leur droit à une rémunération équitable, puisqu’elle est inférieure au seuil de pauvreté. Conseil de l’Europe (2013). Résolution CM/ResChs. Complaint n°66/2011. General Federation of Employees of the National Greek Civil Servants Trade Unions (ADEDY) against Greece. En ligne : https://goo.gl/b4u63U, consulté le 15 juin 2015.

|10| Parlement Européen (2015). The Impact of the Crisis on Fundamental Rights across Member States of the EU Country Report on Greece. Policies D.G.F.I. & Affairs. P.D.C.C.R.A.C. p.83. En ligne : http://goo.gl/9xzKpW, consulté le 15 juin 2015.

|11| Register Of Greek Public Sector Payroll (2013). Development of Employment in Public Sector (31.12.2009-31.12.2013). as cited at LIBE, p.60.

|12| Hellenic Statistical Authority (2013). Labour Force Survey : May 2013. Press release, 8 August 2013.

|13| 61 % des travailleurs à temps partiel ne l’ont pas choisi, soit une augmentation de 16 %. ETUI (2013). Benchmarking Working Europe 2013. Brussels, pp.12, 65. En ligne : https://goo.gl/2QgkeU, consulté le 15 juin 2015.

|14| De fortes pressions sont exercées sur les femmes pour leur imposer le travail non rémunéré ou le secteur informel, ce qui conforte les inégalités. Voir Ombusdman (2011).

|15| Voir A/HRC/23/46/Add.5, para. 4.

|16| Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels (Article 6) garantit à chacun la possibilité de gagner sa vie en choisissant ou en acceptant librement un travail ; la Charte de l’UE garantit à chacun la liberté de fournir un service (Article 29), la protection contre les licenciements injustifiés (Article 30), et le droit à des conditions de travail loyales et équitables (Article 31).

|17| L’article 22-1 dispose que l’Etat protège le droit au travail et crée des conditions d’emploi pour tous les citoyens.

|18| Parlement Européen (2015). The impact of the Crisis on Fundamental Rights Across Member States of the EU Country Report on Greece. Policies D.G.F.I. & Affairs, P.D.C.C.R.A.C. p.62. En ligne : http://goo.gl/9xzKpW, consulté le 15 juin 2015.

|19| Commission Européenne (2010). The Economic Adjustment Programme for Greece. OP 61. p.22. En ligne : http://goo.gl/kNR4oQ, consulté le 16 juin 2015. La même demande est régulièrement répétée et spécifiée comme appropriée dans toutes les revues des Programmes.

|20| E.g. le droit à une rémunération équitable dans l’article 4(1) de la Charte sociale européenne. Voir Complaint No. 66/2011, Decision on Merits. 23/05/2013.

|21| Commission Européenne (2010). The Economic Adjustement Programme for Greece. OP 61. En ligne : http://goo.gl/kNR4oQ, consulté le 16 juin 2015.

|22| Commission Européenne (2012). SEAPG. March 2012, pp.60, 139.

|23| Les dépenses totales du Ministère de la Santé ont chuté de 1,8 Md € (23.7%) entre 2009 et 2011 : Kondilis et al. (2013). Economic Crisis, Restrictive Policies, and the Population’s Health and Health Care : The Greek Case. American Journal of Public Health 103.6. p.974. En ligne : http://www.alames.org/documentos/grecia.pdf, consulté le 16 juin 2015.

|24| Parlement Européen (2015). The Impact of the Crisis on Fundamental Rights Across Member States of the EU Country Report on Greece. Policies D.G.F.I. & Affairs, P.D.C.C.R.A.C. Chapitre 3. En ligne : http://goo.gl/9xzKpW, consulté le 15 juin 2015.

|25| Ibid. Table 15 at p.52.

|26| Ibid. p.54

|27| Au début de la crise, environ 85% de la population bénéficiait d’une assurance-santé publique ; beaucoup l’ont perdue à cause du chômage de longue durée. Ibid. Chapitre 3. pp.41ff.

|28| EFSYN (2015). Déclarations du Ministre Compétent le 05/05/2015. En ligne : http://www.efsyn.gr/arthro/vivliario-ygeias-gia-25-ekat-anasfalistoys, consulté le 16 juin 2015.

|29| Parlement Européen (2015). The Impact of the Crisis on Fundamental Rights Across Member States of the EU Country Report on Greece. Policies D.G.F.I. & Affairs, P.D.C.C.R.A.C. Chapitre 3. En ligne : http://goo.gl/9xzKpW, consulté le 15 juin 2015.

|30| Parlement Européen (2015). The Impact of the Crisis on Fundamental Rights Across Member States of the EU Country Report on Greece. Policies D.G.F.I. & Affairs, P.D.C.C.R.A.C. pp.30. En ligne : http://goo.gl/9xzKpW, consulté le 15 juin 2015.

|31| Commission Européenne (2012). SEAPG. March 2012. p.116 ; Commission Européenne (2014). SEAPG. April 2014, para. 76.

|32| Commission Européenne (2015). ‘Teachers’ and School Heads’ Salaries and Allowances in Europe’. 2013/14. Eurydice Facts & Figures. p.19. En ligne : http://goo.gl/A4Jk3K, consulté le 15 juin 2015.

|33| OCDE (2014). Education at a Glance 2014. OECD Indicators. p.467–468. En ligne : http://goo.gl/ZX9fFy, consulté le 16 juin 2015.

|34| Parlement Européen (2015). The Impact of the Crisis on Fundamental Rights Across Member States of the EU Country Report on Greece. Policies D.G.F.I. & Affairs, P.D.C.C.R.A.C. p.39. En ligne : http://goo.gl/9xzKpW, consulté le 15 juin 2015.

|35| Greek Federation Of Secondary School Teachers (2012). Presentation of an ETUCE Study within the Context of Action for the Economic Crisis. pp.11–12.

|36| Ekathimerini (2013). Schools in Northern Greece Close Due to Cold Weather, No Heating. En ligne : http://goo.gl/bSjTkF, consulté le 16 juin 2015.

|37| Greek Ombudsman (2014). Annual Report 2013. p.87.

|38| Greek Ombudsman (2013). Problems in the Transport of Students of Primary and Secondary Education as a Result of the Implementation of the Joint Ministerial Decision 24001/14-6-2013. p.6-7. Special Report.

|39| Cela inclut d’autres organismes intra-gouvernementaux. Bank of Greece (2013). A Chronicle of the Great Crisis. Bank of Greece, Eurosystem. p.107 (in Greek). En ligne : http://goo.gl/nXAHPQ, consulté le 16 juin 2015.

|40| Le PSI imposé sans leur consentement a écrasé la valeur nominale des titres de 15 000 porteurs.

|41| OCDE (2013). Greece : Reform of Social Welfare Programmes. Public Governance Reviews. En ligne : http://www.oecd-ilibrary.org/governance/greece-social-welfare-programmes_9789264196490-en, consulté le 16 juin 2015.

|42| Hellenic Statistical Authority (2014). Statistics on Income and Living Conditions 2013 (Income reference period 2012) Risk of poverty. Piraeus. 13/10/2014. En ligne : http://goo.gl/w9lbQp, consulté le 16 juin 2015.

|43| Lumina, C. (2013). Report of the Independent Expert on the effects of foreign debt and other related international financial obligations of States on the full enjoyment of all human rights, particularly economic, social and cultural rights. Report of Mission. En ligne : http://goo.gl/4YYCR2, consulté le 15 juin 2015.

|44| Labour Ministry (2015). Report (in Greek). Υπουργείο Εργασίας, Κοινωνικής Ασφάλισης και Κοινωνικής Αλληλεγγύης, Σώμα Επιθεώρησης Εργασίας, « Άρτεμις ». Επιχειρησιακό Σχέδιο Δράσης για την καταπολέμηση της ανασφάλιστης και αδήλωτης εργασίας. Περίοδος 15 Σεπτεμβρίου 2013- 31 Ιανουαρίου 2015. p.4.

|45| European Committee of Social Rights (2013). Federation of Employed Pensioners of Greece (IKA-ETAM) v. Greece. Complaint No. 76/2012, Decision on merits, 7 Décembre 2012, para. 78. En ligne : https://goo.gl/Np5n1x, consulté le 16 juin 2015.

|46| Loi 4046/2012 d’exécution du second memorandum (p.684 : “La suppression des dépenses sociales non prioritaires est la premier mesure législative à prendre“ (OEK, OEE)”).

|47| Nations Unies (2013). Communication GRC 1/2013 (19.2.2013), et réponse du Gouvernement grec (16.4.), cité dans A/HRC/23/51. En ligne : http://goo.gl/LN5gDs, consulté le 16 juin 2015.

|48| E.g. Loi 4055/2012. Article 15.

|49| Selon une étude de l’Université de Crète citée par le ministre compétent : http://www.naftemporiki.gr/story/964614/stous-17700-oi-astegoi-sto-lekanopedio-apokaluptei-i-th-fotiou.

|50| Arapoglou, V. & Gounis K. (2014). Caring for the Homeless and the Poor in Greece : Implications for the Future of Social Protection and Social Inclusion. European Institute. London School of Economics. En ligne : http://goo.gl/DGtcuj, consulté le 16 juin 2015.

|51| Bank Of Greece (2014). Monetary Policy 2013 – 2014. Greece. En ligne : http://goo.gl/7gFs6L, consulté le 16 juin, 2015.

|52| IKA (2014). Enforcement Measures (in Greek). En ligne : http://www.ika.gr/gr/infopages/news/23032015_stoixeia_anagk_metrwn_022015.pdf, consulté le 16 juin 2015.

|53| Entre 2008 et 2014, ils ont chuté de 34.4% : Bank Of Greece (2014). Monetary Policy 2013 – 2014. En ligne : http://goo.gl/7gFs6L, consulté le 16 juin 2015.

|54| Arapoglou, V., Gounis K., (2014), op.cit..

|55| Eurostat Statistics (2015). Table : Overcrowding by poverty status. Source : SILC consulté le 22/05/2015.

|56| UNICEF (2014). The State of Children in Greece. Rapport 2012. Athens (in Greek). En ligne : http://goo.gl/JPr508, consulté le 16 juin 2015.

|57| Arapoglou, V. & Gounis K. (2014), op.cit.

|58| Hellenic Republic Asset Development Fund (TAIPED), établi sous l’empire de la stratégie budgétaire de moyen terme de la Troïka, par la Loi 3986/2011.

|59| Kaidatzis A., Who is the holder of the public property ?, in Marangopoulos Foundation For Human Rights (MFHR) (2014). TAIPED : An instrument for the “Sell-off” of public property and for the abolition of the national sovereignty of Greece. pp.87-92.

|60| Décision 1906/2014, sur la privatisation de EYDAP.

|61| 28 propriétés de l’État ont été vendues par TAIPED S.A. à des personnes privées, leur usage étant conservé par l’État (crédit-bail). Ce sont plusieurs immeubles des services généraux du Gouvernement, les ministères de la Justice, de la Réforme administrative et de la Gouvernance électronique, les quartiers généraux de la police d’Athènes, de Thessalonique et Serres, les secrétariats généraux des systèmes d’information et des médias, le Laboratoire général de chimie de l’État et celui de Xanthi, l’institut médico-légal de la police, celui de l’ELSTAT, celui du service de l’immigration de l’Attique, les centres des impôts XVII et XIX d’Athènes, d’Alexandropoli, d’Agios Anargyroi, de Glyfada, de Kirissia, de Corinthe II, de Pallini, de Chalkida II, de Holargos et de Xanthi.La mise en vente des propriétés mentionnées ci-dessus a été finalisée en octobre 2013 à l’encontre de toute considération rationnelle pour le montant dérisoire de 261,31 millions d’euros. Après la transaction, il a été rendu public que la Grèce continuerait d’occuper les mêmes bâtiments au cours des 20 prochaines années en payant à ce titre la somme de près de 600 millions d’euros (25,59 millions d’euros par an à quoi il faut ajouter la maintenance et le coût de l’assurance), c’est à dire approximativement 3 fois le prix de vente. Cette transaction a déjà fait l’objet d’une plainte. Il faut noter que ce contrat n’a pas été approuvé en raison de la décision n°275/2013 de la 7e division du Tribunal d’Audit qui a déclaré lae procédure de sélection partiale et non-transparente (en raison d’un conflit d’intérêt avec les consultants financiers de la transaction) et la transaction a été considérée comme contraire à l’intérêt général, Néanmoins, après une demande de révocation de TAIPED SA, le contrat a finalement été signé en vertu de la décision N°1204/2014 de la 6e section de la Cour d’Audit.

|62| Parlement Européen (2015). The impact of the crisis on fundamental rights across Member States of the EU Country Report on Greece. Policies D.G.F.I. & Affairs, P.D.C.C.R.A.C. p.109-113. En ligne : http://goo.gl/9xzKpW, consulté le 15 juin 2015.

|63| Commission Européenne & SEAPG (2013). Juillet 2013. p.109.

|64| Nations Unies (2013). Concluding Observations on the Seventh Periodic Report of Greece Adopted by the Committee at its Fifty Fourth Session (11 February – 1 March 2013). Convention on the Elimination of all forms of discrimination against women. p.3. En ligne : http://goo.gl/11LYE4.

|65| TVXS (2015). ELSTAT communiqué du 04/06/2015, à http://tvxs.gr/news/ellada/komision-dose-kai-alli-ftoxeia

|66| Leventi, C., Matsaganis, M. (2013). Distributional Implications of the Crisis in Greece in 2009-2012. EUROMOD Working Paper No. EM 14/13, Août 2013. En ligne http://goo.gl/NlSEDi, consulté le 02/07/2015. Voir aussi EUROSTAT (2012) News release 171/2012, 3.12.2012.

|67| Ibid, p.35.

|68| Eurostat (2015). Severe Material Deprivation rate by Age and Sex. [ilc_mddd11] : Data extracted Mai 2015.

|69| Eurostat (2015). At-risk-of-poverty rate, by Age Group, %. Code : tsdsc230. Data extracted mai 2015.

|70| Leventi, C. & Matsaganis, M. (2013). Distributional Implications of the Crisis in Greece in 2009-2012. EUROMOD Working Papers. p.22. En ligne : http://goo.gl/NlSEDi, consulté le 16 juin 2015.

|71| Ibid, p.28.

|72| Hellenic League for Human Rights (2014). Downgrading Rights : the Cost of Austerity in Greece. p. 5. En ligne : https://goo.gl/CcGqU3, consulté le 16 juin 2015.

|73| Syllas, C. (2013). Free speech takes a beating in Greece. Index on Censorship. 25/03:2013. En ligne : https://goo.gl/zM8PzE, consulté le 16 juin 2015.

|74| Margaronis, M. (2012). Greek Anti-Fascist Protesters’ Tortured by Police. The Guardian. En ligne : http://goo.gl/9mPpJE, consulté le 16 juin 2015 ; Amnesty International (2014). Impunity, Excessive Force and Links to Extremist Golden Dawn blight Greek police. En ligne : https://goo.gl/hzvrVo, consulté le 16 juin 2015.

|75| Reporters Without Borders (2015). World Press Freedom Index. En ligne : https://goo.gl/ZCLBNA, consulté le 16 juin 2015.

|76| Katrougalos, G. (2010). Memoranda Sunt Servanda ? The Constitutionality of Law 3845/2010 and of the Memorandum on the Applicatory Measures of the Agreements with the IMF, EU, and ECB, Public Law Gazette. p.151-163. En ligne : http://goo.gl/o66xSN, consulté le 16 juin 2015.

|77| European Social Charter & Conseil de l’Europe (2014). European Committee of Social Rights Conclusions XX-2 (GRECE). Novembre 2014. p.31. En ligne : http://goo.gl/cP8LN1, consulté le 16 juin 2015.

|78| En violation de la Constitution qui garantit les droits de libre négociation collective (Art. 22§2) et la liberté des contrats (Art. 5§1) ; en violation aussi des Conventions internationales du travail,151/1978 and 154/1981, et de la Charte sociale européenne (Articles 6, 12).

|79| Hellenic League For Human Rights (2012). Brutal and Humiliating Treatment of Persons : The Responsibility of the State. 25.5.2012 ; GREEK OMBUDSMAN (2012). Publicising Data and Photographs of HIV-AIDs Positive Persons Insults Human Dignity and Violates Patient’s Rights. 10.5.2012. ; European Committee of Social Rights (2014). Conclusions XX-2 (Greece), Novembre 2014. p.31. ; HRW (2012). World Report. European Union.

|80| HRW (2015). Greece : Police Abusing Marginalized People, Target the Homeless, Drug Users, Sex Workers in Athens. 06/05/2015. En ligne : http://www.hrw.org/news/2015/05/06/greece-police-abusing-marginalized-people, consulté le 16 juin 2015.

|81| United Nations Human Rights Council (2015). Report Of The Special Rapporteur On The Human Rights Of Migrants, François Crépeau. Mission to Greece. En ligne : http://www.ohchr.org/Documents/Issues/SRMigrants/A.HRC.23.46.Add.4_Greece.doc, consulté le 16 juin 2015.

|82| UNHCR (2013). Racist Violence Recording Network : 2012 Annual Report. April 2013. En ligne : http://goo.gl/oqXIWG, consulté le 16 juin 2015 ; Conseil de l’Europe (2013). Nils Muiznieks, Commissioner for Human Rights of the Council of Europe following his visit to Greece. Strasbourg 16.4.2013. En ligne : https://wcd.coe.int/ViewDoc.jsp?id=2053611, consulté le 16 juin 2015.

|83| UNHCR (2015). Network for recording incidents of racist violence, Annual Report 2014. Mai 2015. En ligne : http://goo.gl/ryZzWT, consulté le 16 juin 2015.

|84| Greek Ombudsman (2013). The Phenomenon Of Racist Violence and How It Is Combatted. Special report. 25/09/2013. En ligne : http://www.synigoros.gr/resources/docs/sronracistviolencesummary2013.pdf, consulté le 16 juin 2015.

|85| Déclaration signée par 41 professeurs de criminologie de droit pénal. Issues Arising After the Voting of Law 4274/2014 and the Creation of ‘C-Type Prisons. Legal Tribune [2014] pp.2255-7.

|86| UN CEDAW (2013). Concluding Observations on the Seventh Periodic Report of Greece Adopted by the Committee at its Fifty Fourth Session. UN Doc. CEDAW/C/GRC/CO/7. En ligne : http://goo.gl/2CN4IN, consulté le 16 juin 2015.

|87| Loi n° 90380/5383/738/2012 (ΦΕΚ 1233/Β ́/11.4.2012).

|88| General Secretariat For Gender Equality as quoted in BARTHA Emma (2013). Greek police report spike in domestic abuse cases, To Vima. 02/12/2013. En ligne : http://www.trust.org/item/20131202115332-op5h6/?source=dpagehead, consulté le 16 juin 2015.

|89| UN CEDAW (2013). Concluding Observations on the Seventh Periodic Report of Greece Adopted by the Committee at its Fifty Fourth Session. UN Doc. CEDAW/C/GRC/CO/7. En ligne : http://goo.gl/2CN4IN, consulté le 16 juin 2015.

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Commission pour la vérité sur la dette grecque

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Source : http://geopolis.francetvinfo.fr

 

 

La Grèce loin derrière les pays les plus endettés au monde

Par Mohamed Berkani | Publié le 06/07/2015 à 16H48, mis à jour le 06/07/2015 à 16H48

 

 

 

Dette publique
© DR/Capture d'écran
 

La Grèce n’est pas le pays le plus endetté au monde, loin de là. Il fait même figure de petit débiteur. Le podium est occupé par les Etats-Unis, l’Allemagne et la Grande-Bretagne. La France est au pied du podium.


Il est 17h. Chaque Américain est endetté à hauteur de 47,749 dollars, chaque Britannique de 43,014, chaque Français de 38,621. Et chaque Grec de 22,901 dollars.

Pour la dette publique, les Etats-Unis continuent d’occuper la première place avec plus de 15.210.772.950.820 dollars. Quinze mille 210 milliards 772 millions 950 mille 820 dollars. Soit 7 fois la dette de la France.
 

Dette publique
Capture d'écran © DR


La Grèce arrive loin derrière avec 261,987,431,694 dollars. 261 milliards de dollars.
 
Tout dépend de l’heure à laquelle vous lisez ce papier, soyez sûr et certain : ces sommes sont déjà dépassées. Au moment où nous mettons en ligne, la dette publique globale est de 56.442.112.129.094 dollars. Cela change toutes les secondes. On en est à combien? Cliquez ici pour vérifier! 

 

 

 

Source : http://geopolis.francetvinfo.fr

 

 

 

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