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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 17:45

 

Source : http://www.marianne.net/corinne-lepage-prix-peages-n-est-normal-legal-100231450.html

 

Corinne Lepage : "Le prix des péages n’est ni normal ni légal"

Vendredi 20 Février 2015 à 5:00

Propos recueillis par

Bruno Rieth

 

 

Corinne Lepage, ancienne députée européenne et présidente du Rassemblement citoyen - Cap21, vient de lancer une initiative pour obliger les sociétés d'autoroutes à rembourser à certains de leurs usagers 20% du prix de leurs tickets. Une première qui remet sur la table le scandale des concessions d'autoroutes.

 

Photos : FRANCK LODI/SIPA et ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

 

 

 

Marianne : Pourquoi avoir décidé de vous lancer à l’assaut des tarifs appliqués par les sociétés d’autoroutes ?
Corinne Lepage : C’est la conjonction de deux réflexions. D’abord, j’en avais ras-le-bol de cette situation qui dure depuis des années sur les concessions d’autoroutes. Je me suis dis qu’il fallait taper du poing sur la table parce que visiblement le gouvernement essaye de faire quelque chose mais que le poids économique et politique des lobbies des autoroutes est manifestement considérable. Ensuite, il y a la démarche politique. J'ai une démarche très « société civile » avec le Rassemblement citoyen, ce qui veut dire : donner les moyens à la société civile d’agir*. C’est le meilleur contre-pied que l’on peut opposer aux tentations politiciennes. Lorsque l’on donne aux gens les moyens d’agir, ils agissent et à ce moment-là, ils reprennent confiance dans la possibilité de faire. Il y a une dizaine de mois, des jeunes gens sont venus me voir pour me parler de leur projet de lancer un site internet, Actioncivile.com. Je me suis alors dit que c’était une plateforme idéale pour lancer ce genre de mouvement.

Sur quoi vous basez-vous pour dire que les prix des péages sont trop chers ?
Nous avons ciblé les vieilles autoroutes, c’est-à-dire celles dont la Cour des comptes dit, depuis 2003, que leurs coûts de construction sont amortis depuis longtemps. Nous nous basons sur les différents rapports des sages de la rue de Cambron qui ont, à plusieurs reprises, expliqué que les tarifs appliqués sur ces autoroutes étaient trop élevés. Sauf qu’il n’y a jamais eu de remises en question. Pour se justifier, les autoroutes expliquent qu’elles utilisent l'argent des vieilles autoroutes pour les nouvelles. Sauf que le prix des péages n’est ni normal ni légal. La loi du 18 avril 1955 qui a été reprise dans le code la voirie routière dit que « l’usage des autoroutes est en principe gratuit » et par exception de ce principe, des péages peuvent être perçus pour recouvrir quatre catégories de dépenses : le remboursement des dépenses de construction, l’exploitation de l’autoroute, son entretien ou extension et la rémunération et l’amortissement des capitaux investis par le concessionnaire. Donc pour la partie construction, une fois que l’investissement est amorti, il n’y a plus lieu de réclamer à l’usager la part de la construction. C’est la raison pour laquelle nous avons ciblé, pour poser le problème, les plus vieilles autoroutes : la A1, A6, A7, A9 et l’A13, toutes construites sous Charles de Gaulle, en disant que 20 % de ce que réclame les sociétés d’autoroutes au nom des investissements de construction sont indus. En faisant cette demande, nous sommes très en dessous de ce que nous pourrions exiger puisque lorsque vous lisez le dernier rapport de la Cour des comptes et celui de l'Autorité de la concurrence de 2014, ils vous expliquent, pour chaque catégorie que je viens d’énumérer, en quoi l’usager aujourd’hui paye beaucoup trop.

Comment allez-vous opérer ?
Concrètement, sur le site d’Actioncivile.com, les usagers doivent s’inscrire et remplir un formulaire pour demander le remboursement de 20% de leurs trajets sur les cinq dernières années, justificatifs à l’appui. C’est une première phase de médiation avec les différentes sociétés concessionnaires d’autoroutes. Si elles ne veulent pas bouger, rembourser ou baisser les prix des péages, les usagers bénéficieront d’une procédure devant le tribunal d’instance pour réclamer les sommes correspondantes.

Plutôt qu’une action collective, pourquoi ne pas avoir choisi d’attaquer ces sociétés par une action de groupe ?
"On ne peut pas admettre que des rapports dénoncent cette situation illégale et qu’il ne se passe rien"Parce que les actions de groupe issues de la loi Hamon ne peuvent être lancées que par des associations reconnues d’utilité publique. Ensuite, je voulais aussi impliquer les citoyens. C’est très important. Je n’ai pas voulu court-circuiter les associations de consommateurs mais comme elles ne semblaient pas vouloir bouger, j’ai pris l’initiative. Je veux faire la démonstration que lorsque la société civile décide de se mettre en marche, elle peut faire bouger les lignes. La preuve que ça marche, la possibilité de déposer des demandes a été ouverte vendredi et nous sommes déjà à plus de 35 000 demandes. C’est considérable… On ne peut pas continuer à admettre que la Cour des comptes rende des rapports en dénonçant cette situation illégale, intolérable et injuste et qu’il ne se passe rien.

Vous parlez d’un juste prix. Justement, pouvez-vous nous dire quel est ce juste prix ?
Non, puisque les tarifs sont calculés d’une manière tellement opaque que je mets au défi quiconque d’y arriver. Même la Cour des comptes dit qu’elle n’y comprend rien…

Plutôt que de s’attaquer au prix, ne faudrait-il pas plutôt dénoncer directement les contrats de concession ?
C’est évidemment une question que je me suis posée. Je m'étais d’ailleurs clairement exprimée à l’époque contre la privatisation. Mais derrière ça, il y avait une question de procédure. Pour attaquer directement les concessions, il faut le faire devant le juge administratif et c’est une procédure beaucoup plus lourde. Ensuite, il faut bien commencer par quelque chose. Pour moi, cette initiative est un levier pour mettre le sujet sur la table et quand je vois les réactions des sociétés d’autoroutes, je vois bien qu’elles sont très gênées aux entournures. Comment ne le seraient-elles pas ? Nous sommes tous leurs clients quelque part. Je pense qu’à terme, si nous arrivons à poser la question du prix qui n’a jamais été posé sous cette forme-là, c’est-à-dire en les poussant à clarifier ce qui est de l’ordre de l’amortissement de la construction dans le prix du trajet, à partir de là, nous allons tirer un fil. L'association UFC-Que choisir, par exemple, si elle le souhaite, pourrait attaquer le contrat…

On vous a souvent reproché un mélange des genres entre les combats de la femme politique qui viennent nourrir les affaires de l’avocate que vous êtes. Dans cette affaire, avez-vous des intérêts autres que politique ?
J’ai dit très clairement que je ne faisais pas ça en ma qualité d’avocate. J’ai simplement mis ma compétence juridique au service de cette action pour monter le dossier et ça s’arrête là. L’avocate n’existe pas dans cette affaire. Si je les défendais et que j’avais un intérêt financier, la question se poserait bien entendu. Mais ce n’est pas le cas du tout. Ma démarche est purement politique. L’équipe d’Actioncivile.com touche une commission si elle gagne et rien si elle perd. Moi je suis bénévole, je ne touche pas un rond. Les choses sont totalement transparentes. D’autant que je signale que je n’ai plus aucun mandat, je suis revenu totalement à la société civile. Je ne tire aucun revenu financier ni professionnel dans cette histoire. Ce sont les avocats d’Actioncivile qui vont s’en occuper.

 

* Corinne Lepage vient de publier Les mains propres, plaidoyer pour la société civile au pouvoir, Autrement, 184 p.,12 €

 

 

 

Source : http://www.marianne.net/corinne-lepage-prix-peages-n-est-normal-legal-100231450.html

 

 

 

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 17:22

 

Source : http://www.bastamag.net/Artisans-artistes-createurs-et

 

Economie sociale

Artisans, artistes, créateurs et écologistes, réunis dans une « zone alternative » : la coopérative Scopa à Ajaccio

par Michel Bernard (Silence) 4 février 2015

 

 

 

 

 

Installée à Ajaccio, en Corse, la coopérative d’activités alternatives Scopa réunit des artistes, des artisans et des militants. On y découvre une association de réparation et de location de vélos, un artiste qui travaille le bois de récupération, un atelier de confection d’objets en carton, une costumière et confectionneuse de marionnettes, un groupement d’achat de produits bio... Un espace où l’on essaye de réinventer une autre vision du travail. Reportage auprès de ces passionnés, qui se sont lancés dans l’aventure, avec ses joies et ses difficultés.

Cet article a initialement été publié dans la revue Silence, partenaire de Basta !.

L’aventure de la coopérative d’activités alternatives d’Ajaccio a commencé par une rencontre. Celle de Simon Berner, le restaurateur de bateaux avec Alain Barrinet, le passionné de vélo.

Le long du port d’Ajaccio, deux grands axes de circulation encadrent la voie ferrée. Près de la gare, un bâtiment bien visible présente un aspect curieux. Devant se trouve un bateau d’une dizaine de mètres de long, aux couleurs bariolées. Simon Berner achève la restauration de cette embarcation. Simon, britannique, travaille depuis de nombreuses années dans le port. Il a repéré des bateaux à l’abandon et a négocié pour en récupérer deux. Le premier, coupé en deux, sert de scène de théâtre sur les flancs du bâtiment. Le deuxième, restauré, est destiné à un projet de promenades en mer pour des enfants corses qui n’ont jamais eu l’occasion de monter sur un bateau. Cette opération doit se concrétiser au printemps 2015.

 

Sur la photo : Simon Berner

 

Alain Barrinet est impliqué dans l’Altertour, une randonnée cycliste reliant des lieux alternatifs. Cet enseignant est passionné par le potentiel des vélos comme mode de déplacement. Avec un ami qui travaille à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), ils ont mis en place l’association Vélocita qui milite pour l’aménagement d’une première piste cyclable dans la commune.

En 2009, quand la ville lance un appel d’offres pour mettre en place un système de vélos en libre-service, l’association fait une contre-proposition : au lieu d’un dispositif qui profitera surtout aux touristes, elle propose de mettre en place un prêt de vélos aux Ajacciens. Cela coupe l’herbe sous le pied des publicitaires, qui négocient le plus souvent la gestion des vélos contre l’implantation de panneaux de propagande productiviste.

Vélocita a récupéré rapidement une trentaine de vélos qui ont été restaurés. Ils sont prêtés contre une adhésion annuelle de cinq euros puis une participation mensuelle de trois euros. Il n’y a ni vente ni location, seulement une "mise en selle". Il s’agit d’apprendre aux gens à apprécier le vélo, à l’entretenir, puis à trouver chacun le sien.

 

Un entrepôt qui fait le bonheur de beaucoup de gens

Vélocita a besoin de place pour stocker et entretenir les vélos. Simon Berner a besoin de place pour restaurer ses bateaux. La compagnie de chemin de fer met en location un bâtiment inutilisé à proximité de la gare [1]. En 2009, Alain, Simon et Esther s’associent pour en louer un quart [2]. Le loyer est assez modeste au vu du volume (800 euros par mois). Des travaux d’aménagement sont réalisés : pose d’un plancher pour créer un étage, escaliers, cloisonnement, étagères… 15 000 euros sont investis, surtout payés par les fondateurs.

 

En 2010, Alain, Simon et Esther décident de créer l’association Scopa pour animer le lieu. Scopa est un jeu de mot : c’est à la fois le nom d’un jeu de cartes, d’une plante et l’acronyme possible de Société coopérative de production associative, artisanale, artistique… Ses objectifs : « stimuler l’imagination et faire émerger les pratiques alternatives ; promouvoir des pratiques respectueuses de l’humain et de la nature ;
favoriser et organiser, dans un esprit de convivialité et de solidarité, l’entraide et l’échange ; expérimenter une organisation non hiérarchisée
». Très vite, l’espace disponible attire du monde.

 

Voici quelques-uns des habitués du lieu :

 

Operae : des projets artistiques pour penser le travail et ses mutations

L’association Operae est la première à rejoindre Scopa. Elle a pour objet d’aider le monde du travail à penser le travail et les mutations qui le transforment. Pour cela, l’association conçoit et développe des projets artistiques et d’études qui donnent la parole aux personnes concernées. Elle fait le lien entre l’entreprise et un intervenant artistique (metteur en scène, écrivain, cinéaste, photographe...). Le processus de création artistique, conjointement mûri entre les travailleurs et l’artiste, permet de décaler le regard et de s’interroger sur les représentations du travail. L’association travaille notamment avec Pôle emploi.

Dans le cadre de Scopa, elle a mis en scène Quand dois-je partir ?, une pièce de théâtre qui se déroulait dans le bâtiment, avec une trentaine d’acteurs amateurs membres de l’association Scopa et le public qui se déplaçait de pièces en pièces. Cela reste un moment fort pour le lieu car cette initiative a lancé l’une des rares démarches collectives impliquant l’ensemble des utilisateurs du lieu.

 

Art primitif

Jean-Claude Joulian dispose d’une pièce pour y mener ses recherches artistiques. Il est arrivé en 2011. Il travaille essentiellement à partir de bois de récupération (bois de chantier, bois flotté…) qu’il décore à la manière des aborigènes et des peuples premiers. Au moment de notre passage, il finissait la mise au point d’un petit théâtre portatif inspiré d’un kamishibaï, modèle utilisé par les moines japonais. Réalisé en noyer récupéré, il est destiné à être utilisé par sa compagne, qui travaille avec des enfants handicapés. Après avoir ouvert le kamishibaï, on raconte une histoire en faisant passer derrière le décor des feuilles dessinées.

 

Lolikraton

Depuis 2011, Laurence de Lolikraton a installé son atelier de confection de meubles et objets en carton à Scopa. Ancienne disquaire, elle s’est reconvertie dans cette activité après avoir été formée par Eric Guiomar, de la compagnie Bleuzen. Elle réalise des meubles à la demande et anime des stages de formation pour ceux qui veulent se lancer à leur tour dans cette activité. Pour compléter ses revenus, elle développe par ailleurs une activité de maroquinerie.

 

 

Fanfreluche et tout le tralala

Cécile Eliche, costumière et confectionneuse de marionnettes, est arrivée dès le début du projet. Elle a un statut d’intermittente du spectacle et ne manque pas de travail : elle est l’une des seules à exercer ce métier sur l’île, et travaille donc avec la plupart des compagnies de spectacle. Elle figure parmi ceux qui ont tout fait pour dynamiser une démarche collective au sein de Scopa. Pour cela, elle a mis en place des ateliers de couture nommés C’est moi qui l’ai fait, où ses outils sont mis à la disposition de ceux et celles qui veulent apprendre à confectionner leurs vêtements. Pour participer à cette activité, il fallait adhérer à Scopa (deux euros par an), ce qui a beaucoup aidé à élargir le nombre de personnes qui fréquentaient le lieu. Cécile vient de décider d’arrêter ces ateliers car elle se sent trop seule et regrette le manque d’échanges entre activités.

 

Artisans d’art et festival de documentaires

Saveria Geronimi a créé son activité Germe créateur bijoux en 2006 à Londres. Elle travaille surtout le métal et plus particulièrement l’argent. Elle est revenue dans son île natale et s’est installée dans les locaux collectifs de Scopa. Stéphanie Leger crée des objets de décoration originaux : lampes, encadrement de miroirs, étagères,... Elle propose, sous le nom de Lastena, des créations réalisées avec un mélange de bois flotté et de palettes. Emmanuelle Thomas créé des sacs, accessoires,... avec du cuir, de la voile et des matériaux de nautisme sous la marque Latitude 42. Barbara Cardone donne sur place des cours de musique et de chant. Outre cette activité professionnelle, elle anime bénévolement une chorale.

 

Sur la photo : Saveria Geronimi

 

Enfin, la Scopa regroupe également un festival international annuel du film documentaire, Corsica Doc. Chaque année, en novembre, une quarantaine de films sont présentés, accompagnés de plusieurs prix, d’expositions photographiques…

 

Faire vivre un groupement d’achat

Mais la Scopa n’est pas simplement une coopérative d’activités alternatives. Une vingtaine de personnes se retrouvent dans un groupement d’achat mis en place au niveau du bâtiment. Court-Circuit entend lutter contre la main-mise des supermarchés et organise deux activités : le regroupement de commandes de produits bios secs (farines, légumineuses, céréales…) directement à un grossiste, et le dépôt sur place de produits locaux (œufs, miel, fromages, charcuterie…) : chaque producteur gère son stock et sa caisse, les personnes qui se servent indiquant sur un cahier ce qu’elles ont pris. Plutôt que de grossir, le but est de favoriser l’émergence d’autres groupes du même genre à Ajaccio, quitte à se regrouper pour certaines commandes. A chaque commande, les personnes extérieures au groupe sont invitées à une réunion d’information puis participent à une commande pour y prendre goût. Un deuxième groupe a ainsi vu le jour, et un troisième est en cours de constitution.

 

Sur la photo : Alain Barinet

 

Les repas communs et des réunions mensuelles sont les seules activités régulières communes à l’ensemble des utilisateurs des lieux. Si Simon Berner ne semble pas préoccupé par cette juxtaposition d’activités, Alain Barinet a plus de regrets. Il note que le désir de départ de fonder une "zone alternative" n’est pas repris par l’ensemble des personnes présentes aujourd’hui. Lors de l’assemblée générale, une minorité a dû céder sur la question des subventions : seuls trois sur cinquante — deux ayant une activité non rémunérée, le troisième simple adhérent — voulaient rester autonomes vis-à-vis des institutions publiques.

Alain Barinet note d’autres limites, comme le non respect de la décision au consensus, décidé dans les statuts afin d’éviter les tensions, mais abandonnés dans la pratique. Le meilleur lieu de résolution des conflits est finalement le repas commun hebdomadaire, auquel participent régulièrement quelques personnes. Autre point négatif : l’engagement des membres de la coopérative. Le concept d’autogestion n’est porté que par quelques-uns, et ce sont souvent les mêmes qui s’investissent dans l’animation du lieu. Pour le moment, cela n’a pas eu de conséquences fâcheuses, mais il y a des inquiétudes. Maintenant que ce navire alternatif a été mis à l’eau et qu’il avance à son rythme, il s’agit de se prémunir contre de possibles tempêtes.

Michel Bernard (Silence)

Cet article a été publié dans le numéro de janvier de la revue Silence, média partenaire de Basta !. Vous retrouverez son sommaire sur cette page.

 

Sur la photo de Une : Cécile Eliche

Notes

[1] Ce grand hangar dit "de la petite vitesse" devait servir à l’entretien du matériel ferroviaire, mais n’est jamais entré en fonction du fait du ralentissement de l’usage du train sur l’île.

[2] Le reste du bâtiment est actuellement occupé par une école de cirque, un mur d’escalade Corsica-Roc et par la compagnie Points de suspension, créatrice de spectacles et animatrice dans le milieu scolaire. L’ensemble est géré par l’association de la Petite vitesse, seul interlocuteur pour le bailleur, qui mutualise les abonnements à l’eau, à l’électricité et à un service de reprographie. Elle organise deux réunions par an pour traiter les grandes orientations collectives.

 

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Source : http://www.bastamag.net/Artisans-artistes-createurs-et

 

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 17:01

 

Source : http://cadtm.org/Le-27-fevrier-1953-les-allies

 

CADTM

 

Le 27 février 1953 : les alliés désendettent l’Allemagne

22 février par Hervé Nathan , Eric Toussaint

 

 

 

Marianne : Le parti grec Syriza, en arrivant au pouvoir, a remis à l’ordre du jour l’annulation des dettes de l’Allemagne lors de l’accord de Londres intervenu le 27 février 1953. A cette occasion, on découvre que la République fédérale pourrait devoir des sommes considérables à l’Etat grec… En quoi consistent ces demandes ?

Eric Toussaint : En fait, on parle de deux dettes différentes. La première est issue de l’emprunt forcé que les occupants nazis ont imposé aux autorités grecques entre 1941 et 1944. Une somme de 476 millions de Reichsmarks [la monnaie allemande jusqu’en 1948] qui revenait à faire payer les frais de l’occupation par les occupés eux-mêmes. Cet emprunt n’a jamais été remboursé depuis lors. Si l’on applique un taux d’intérêt modéré, de l’ordre de 3 % par an, à cette créance, dont plusieurs gouvernements grecs ont demandé qu’elle soit honorée, on parvient à une somme considérable, de l’ordre de 12 à 15 milliards d’euros d’aujourd’hui. Une somme à comparer avec la quinzaine de milliards que Berlin a accepté de prêter – à l’époque à 4,5 % – à la Grèce en 2010, dans le premier mémorandum. Aujourd’hui, l’Etat allemand est prêteur de 15 milliards d’euros à la Grèce. Rappelons que la République fédérale d’Allemagne n’a pas été contrainte d’assumer des dommages de guerre envers les pays occupés par les armées du IIIe Reich. Et, parmi ceux-là, la Grèce a été l’un des plus détruits avec la Pologne et l’Union soviétique, bien au-delà de ce qu’ont subi la France, la Belgique ou les Pays-Bas. Si l’on cumule l’emprunt de 1941 et les réparations, l’Allemagne serait redevable d’une somme considérable, entre 100 et 200 milliards d’euros, soit un ou deux tiers de la dette publique grecque actuelle…

C’est énorme, et on se demande à quel point cette « dette allemande » est une réalité pour les Grecs ?

E.T. : La Grèce n’a jamais formellement renoncé à recouvrer cette créance. Lors de la conférence de Londres, les réparations de la Seconde Guerre mondiale sont renvoyées aux négociations du traité de paix entre l’Allemagne et ses vainqueurs, hypothétique en pleine guerre froide avec le bloc soviétique. Pour faire valoir ses arguments, Athènes devrait sans doute s’adresser à la Cour de justice internationale de l’ONU, à La Haye. En 1981, lors de l’entrée de la Grèce dans la Communauté européenne (devenue Union depuis), le gouvernement, dirigé par le Pasok, a voulu mettre la question de côté, notamment parce que le pays bénéficiait de fonds structurels européens importants. Mais la crise de 2010 et les normes très dures imposées au pays par les prêteurs, dont l’Allemagne de Mme Merkel, ont ramené la question sur le devant de la scène politique grecque, donc dans la réalité !

Un traitement bien différent de celui qui avait été appliqué à la RFA…

E.T. : Oui. Lors de la conférence de Londres, les créanciers de la jeune République fédérale d’Allemagne traitent des dettes accumulées depuis les années 20-30 (dont celles qui avaient été émises en remplacement des réparations de la guerre de 14-18 instituées par le traité de Versailles) et celles contractées entre 1945 et 1953. Les signataires, c’est-à-dire les Alliés occidentaux (Etats-Unis, France, Royaume-Uni…), non seulement réduisent la dette (intérêts et capital) de Bonn de 62,5 %, mais créent aussi les conditions pour que l’Allemagne fédérale se reconstruise le plus vite possible. Les remboursements ne doivent jamais dépasser 5 % de ses revenus des exportations, le taux d’intérêt oscille entre 0,5 et 5 %, et la dette est en partie payable en monnaie allemande, le deutsche Mark, qui à l’époque n’avait que très peu de valeur pour les échanges internationaux. Cela signifie en pratique que les pays créanciers, la France, la Belgique, les Pays-Bas, les Etats-Unis, ne pouvaient utiliser ces paiements que pour acheter des produits… allemands. Ils ont ainsi participé à la reconstruction rapide des grands groupes industriels allemands, Thyssen, Siemens, IG Farben… ceux-là mêmes qui avaient participé à l’effort de guerre nazi. La dette leur ouvrait des marchés… Enfin, les litiges avec les créanciers devaient se régler devant les tribunaux allemands. C’est à peu près tout l’inverse de ce que l’Union européenne, la BCE et le FMI ont imposé à la Grèce.

Certes, mais l’accord de Londres s’inscrivait dans un cadre, juridique et idéologique, bien plus large de redressement de l’Europe occidentale…

E.T. : Il fallait reconstruire l’Allemagne le plus vite possible pour qu’elle constitue un rempart au bloc soviétique. On met les moyens pour relever les pays alliés : non seulement les annulations de dettes pour l’Allemagne, mais aussi, de la part des Etats-Unis, à l’égard 47de la France, de la Belgique et du Royaume-Uni, etc. On y ajoute des dons : 13 milliards de dollars du plan Marshall (environ 100 milliards de dollars d’aujourd’hui), dont 1,5 milliard pour la RFA (soit 10 milliards de dollars actuels). Ce geste fait suite à une réflexion au sein de l’administration Roosevelt d’avant la libération de l’Europe sur l’opportunité de distribuer des dons ou des prêts. Les Américains avaient tranché pour des dons, afin d’éviter que les pays européens ne soient contraints d’exporter leurs produits vers les Etats-Unis pour se procurer les dollars indispensables au remboursement de leurs dettes. C’était une mesure généreuse mais protectionniste. Ainsi, les firmes américaines ne verraient pas débouler des produits européens concurrents. Grâce aux dons, elles pourraient au contraire vendre leurs machines-outils, leurs chaînes de montage et leurs matériels agricoles aux Européens de l’Ouest, sauvegardant ainsi le plein-emploi que l’Amérique avait atteint dès 1942. De fait, le pari s’est avéré gagnant pour tout le monde jusqu’au milieu des années 50. La leçon de cette époque, c’est que la prospérité, ça se partage.

C’est ce qu’on appelle un cercle vertueux ?

E.T. : Oui. On avait mis en application les leçons terribles du traité de Versailles et des erreurs des années 20, illustrées par John Maynard Keynes. C’est aussi une époque de régulation. En 1944, les accords de Bretton Woods créent le FMI pour assurer la stabilité des échanges monétaires et le contrôle des mouvements de capitaux, et la Banque mondiale, pour permettre le financement des économies en redémarrage. C’est ce qui va générer les Trente Glorieuses, années d’expansion et de plein-emploi dans le monde occidental, alors qu’aujourd’hui, au contraire, l’Union européenne subit une spirale descendante, en appliquant les politiques restrictives, en instituant en dogme l’équilibre des budgets, la baisse des revenus salariaux, l’irrévocabilité des dettes, et en poussant les économies les plus fortes à se développer au détriment de leurs partenaires plus faibles.

Mais pourquoi les Allemands s’accrochent-ils à ces politiques, alors que l’échec est patent en Grèce ?

E.T. : Si Angela Merkel poursuit dans cette logique, c’est parce qu’elle considère l’Europe, avec l’Allemagne au centre, comme devant être plus compétitive que les Etats-Unis, la Chine ou les autres pays émergents au niveau mondial : Russie, Brésil, Inde. Elle n’a d’autre perspective que de poursuivre la baisse des salaires et la précarisation de la main-d’oeuvre, chez elle et alentour. Matteo Renzi, en Italie, et François Hollande, en France, ne la contestent pas. Ils copient peu ou prou les réformes Hartz qui ont défait le modèle social allemand à partir de 2003-2005 : en Italie, avec la loi sur le travail ; en France, avec la loi Macron. Ils demandent juste un peu moins d’effort budgétaire.

Mais est-ce vraiment habile de la part des dirigeants de Syriza, qui veulent négocier avec l’Union européenne, de ramener les Allemands vers le passé, la Seconde Guerre mondiale ? N’est-ce pas leur dire : « Vous devez payer pour vos responsabilités » ?

E.T. : Le peuple allemand n’est pas responsable du nazisme. Il n’y a pas de « dette collective » des Allemands. En revanche, on ne peut admettre qu’Angela Merkel et Wolfgang Schäuble présentent leurs exigences vis-à-vis des Grecs comme une politique généreuse. Avec la crise grecque, le coût des emprunts d’Etat à dix ans de l’Allemagne est passé de 3 % en 2010 à 0,4 % en 2014. Soit – 75 %, permettant à l’Allemagne d’économiser 63 milliards d’euros. Tout ça parce que les marchés ne voulaient plus prendre de risques et se ruaient sur les « Bunds » [les emprunts d’Etat]. C’est vrai aussi pour la France. Les autorités allemandes, la BCE ou le FMI – dont la directrice générale, Christine Lagarde, affirme : « Une dette, ça se paye » – manipulent les opinions publiques. Le ministre des Finances français, Michel Sapin, le dit aussi, en plus gentil. Il s’agit de mobiliser les citoyens afin de maintenir la Grèce à genoux. Les dirigeants conservateurs veulent infliger une défaite à Tsipras pour éviter que les Espagnols n’élisent Podemos à la fin de cette année. Des économistes falsifient l’histoire en prétendant que la Grèce est à l’origine de la crise de la zone euro. Certes, la Grèce était le maillon faible de la chaîne, mais c’est la zone euro elle-même qui était, et demeure, mal conçue. A partir de l’introduction de l’euro, on a remplacé des transferts très importants des pays du Nord vers les pays du Sud (Portugal, Grèce, Italie, Espagne) par des prêts des grosses banques des grands pays (Allemagne, France, Italie) vers les pays de la périphérie. Les banques ont multiplié les prêts immobiliers et ont fait gonfler la bulle spéculative qui a explosé en 2010. En 2012, on a restructuré la dette grecque et on a remplacé les prêts des banques par des emprunts auprès des contribuables européens. Et cet argent (240 milliards d’euros) a servi à rembourser en priorité les institutions financières des pays du Nord…


Source : Marianne (France) du 20 février 2015

 

 

Source : http://cadtm.org/Le-27-fevrier-1953-les-allies

 

 

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Source : http://cadtm.org/Quand-les-neoliberaux-recrivent-l

 

 

Quand les néolibéraux récrivent l’Histoire

22 février par Hervé Nathan

 

 

 

Après la guerre, l’Allemagne, vaincue et exsangue, a bénéficié d’importantes facilités pour se reconstruire. Loin des implacables conditions faites aujourd’hui à la Grèce. Ce qui n’empêche pas les créanciers d’Athènes, dont Berlin, de faire preuve de la plus stricte intransigeance.

Autrefois, la falsification de l’histoire était l’apanage des régimes totalitaires et ne s’étendait guère au-delà des questions directement politiques. Au XXIe siècle, changement de décor. A Washington, Londres, Paris ou Moscou, nous n’ignorons rien des coulisses du pouvoir. Nous parvenons même à décrypter ce théâtre d’ombres qu’est Pékin. Mais, lorsqu’il s’agit d’économie, nous délaissons trop souvent la vérité au profit des contes et légendes entretenus par des néolibéraux, des sociaux-démocrates ou des conservateurs, en apparence tout à fait respectables. C’est ainsi que, pour légitimer leurs exigences de mesures drastiques à l’encontre de la Grèce, les responsables politiques européens, aidés d’économistes, de polémistes ou de journalistes comme Arnaud Leparmentier, du Monde, nous écrivent un récit qui se veut historique, mais qui relève davantage du storytelling. Selon ces conteurs, la dette amassée serait issue des seules gabegies des gouvernements grecs, élus parce qu’ils distribuaient sans compter des prébendes à leurs clientèles. Oubliées, les combinaisons de la banque Goldman Sachs, enterrées, les ventes d’armes allemandes et françaises à la Grèce, ignoré, l’aveuglement de la Commission européenne. Mieux encore, l’Europe et les contribuables du Nord auraient apporté aux Grecs une « aide » de 240 milliards d’euros, alors qu’il s’agit de prêts…

Ce nouveau récit économique concerne également l’Allemagne. L’aversion des Allemands à l’égard de l’inflation viendrait du rôle historique de celle-ci. Elle aurait porté Hitler au pouvoir en 1933, de quoi légitimer l’orientation monétariste de la Bundesbank. Or, c’est au contraire la politique de déflation mise en oeuvre en 1932 par le chancelier centriste Brüning, jetant au chômage un travailleur sur quatre, qui a fait le lit du nazisme. Nous avons choisi de remettre au jour un autre épisode tombé dans l’oubli : l’accord de Londres, signé il y a exactement soixante-deux ans, le 27 février 1953, qui avait vu les Alliés vainqueurs réduire de plus de la moitié la dette de l’Allemagne, permettant autant sinon davantage que la création du deutsche Mark le « miracle économique » allemand, et la prospérité de l’Europe occidentale.


Source : Marianne (France) du 20 février 2015

 

 

Source : http://cadtm.org/Quand-les-neoliberaux-recrivent-l

 

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 16:19

 

Source : http://www.okeanews.fr/20150222-glezos-je-demande-au-peuple-grec-de-pardonner-davoir-contribue-cette-illusion

 

 

Glezos : "Je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion"

 

 

 

Depuis Bruxelles, Manolis Glezos foudroie le gouvernement à propos des manœuvres durant les négociations avec les créanciers et du changement de discours de SYRIZA. Il rappelle qu' »entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté ».

22 février 2015

 

Manolis Glezos (source photo news247.gr)

Manolis Glezos (source photo news247.gr)la redaction

 

Par un article qu’il signe depuis Bruxelles où il se trouve, le député européen SYRIZA, Manolis Glezos, critique de manière particulièrement acerbe les manœuvres gouvernementales.

"Changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires », ne change en rien la situation antérieure", écrit le cadre historique de la Gauche qui apparaît déçu des derniers développements entre la Grèce et ses créanciers.

"Plus d’un mois est passé et la promesse n’est toujours pas transformée en acte. Dommage et encore dommage. Pour ma part, je demande au Peuple Grec de me pardonner pour avoir contribué à cette illusion", écrit-il en invitant les amis de SYRIZA à participer dans les plus brefs délais à un dialogue sur le parcours du parti et les manœuvres en cause.

L’article de Manolis Glezos a été publié aujourd’hui sur le site du Mouvement ‘Citoyens Actifs’ :

Changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires », ne change en rien la situation antérieure.

L’on ne change pas non plus, bien entendu, le vote du peuple Grec aux élections du 25 janvier 2015.

Il a voté pour ce que SYRIZA avait promis : abolir le régime d’austérité qui n’est pas seulement une stratégie de l’oligarchie allemande mais aussi de celle des autres pays créanciers de l’Union européenne et de l’oligarchie grecque.

Nous abolissons les mémorandums et la troïka, nous abolissons toutes les lois de l’austérité.

Au lendemain des élections, d’une seule loi, nous abolissons la troïka et ses effets.

Un mois est passé et cette promesse n’est toujours pas transformée en acte.

Dommage et encore dommage.

Pour ma part, je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion.

Mais, avant que le mal ne progresse.

Avant qu’il ne soit trop tard, réagissons.

Avant toute chose, par le biais d’assemblées extraordinaires, dans toutes les organisations, quel qu’en soit le niveau, les membres et les amis de SYRIZA doivent décider s’ils acceptent cette situation...

 

*Suite de l'article sur okeanews

 

 

Source : http://www.okeanews.fr/20150222-glezos-je-demande-au-peuple-grec-de-pardonner-davoir-contribue-cette-illusion

 

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 16:08

Source : http://www.arte.tv/guide/fr/051622-000/puissante-et-incontrolee-la-troika

Puissante et incontrôlée : la troïka

 

 

Puissante et incontrôlée : la troïka

 

 

 

Pour obtenir les prêts dont ils ont besoin pour faire face à la crise, les Etats européens doivent se soumettre aux exigences de trois institutions phares qui forment la troïka : le Fonds monétaire international (FMI), la Commission européenne (CE) et la Banque centrale européenne (BCE). Voici une enquête édifiante sur le rôle controversé de cette troïka.

 

Cinq ans déjà que les États en crise de la zone euro vivent les affres du surendettement. Pour obtenir les prêts dont ils ont besoin d’urgence, il leur faut se soumettre aux exigences – les fameux mémorandums – de trois institutions phares qui forment la troïka : le Fonds monétaire international (FMI), la Commission européenne (CE) et la Banque centrale européenne (BCE). Les mesures d’austérité qu'elles ont imposées n’ont jusqu’à ce jour pas eu les effets positifs escomptés, bien au contraire.

Ce sont des hauts fonctionnaires, agissant sans aucun contrôle parmementaire, qui prennent les décisions, que les gouvernements doivent ensuite exécuter. Pour mieux comprendre ce processus, le journaliste économique allemand Harald Schumann (auteur de Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye ? diffusé par ARTE en 2013) s’est rendu en Irlande, en Grèce, au Portugal, à Chypre, à Bruxelles et aux États-Unis. Au cours de ce passionnant travail d’investigation, il a interrogé des ministres, des économistes, des avocats, des banquiers, des victimes de la crise, ainsi que le Prix Nobel d'économie 2008, Paul Krugman, qui explique pourquoi cette politique de restriction ne fonctionne pas.

 

 

Source : http://www.arte.tv/guide/fr/051622-000/puissante-et-incontrolee-la-troika

 

 

 

 

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 16:03

 

Source : http://www.actu-environnement.com/ae/news/rapport-cour-comptes-agences-eau-pollueur-payeur-attribution-aides-redevances-23847.php4

 

 

Les agences de l'eau dans la lessiveuse de la Cour des comptes

 

 

Surreprésentation de l'agriculture et de l'industrie au sein des instances de gouvernance, recul du principe pollueur-payeur, insuffisance de la sélectivité des aides… C'est un véritable réquisitoire que dresse la juridiction financière.

Eau | 11 février 2015 | Laurent Radisson

 

Les agences de l'eau dans la lessiveuse de la Cour des comptes

© Mr Twister

Les importantes ressources financières dont disposent les agences de l'eau (2,2 Md€ en 2013) ne sont pas employées de manière optimale au regard des objectifs de la politique de l'eau. C'est ce qui ressort du rapport annuel que la Cour des comptes a présenté ce mercredi 11 février, à la suite de contrôles effectués sur les six agences de l'eau entre 2007 et 2013.

En cause ? La prédominance d'intérêts catégoriels dans les bassins, un éloignement du principe pollueur-payeur dans la fixation des redevances, et une sélectivité insuffisante dans l'attribution des aides.

 

Une gouvernance à revoir

"Alors que l'Etat seul assume la responsabilité de la politique de l'eau, les modalités d'attribution des aides versées par les agences ainsi que le taux de la plupart des redevances qu'elles perçoivent sont définis par des instances dans lesquelles il est minoritaire", pointe la Cour des comptes, faisant allusion à la composition des comités de bassin, des conseils d'administration des agences de l'eau et des commissions des aides.

La réforme intervenue en juin dernier n'a que faiblement amélioré la représentativité du collège des usagers, caractérisée par une surreprésentation des usagers agricoles et industriels, relèvent les magistrats. Ainsi, dans les bassins où la pollution agricole est forte (Adour-Garonne, Loire-Bretagne), les représentants du secteur agricole constituent plus du tiers du collège, avec un quasi-monopole de la FNSEA. Dans le bassin Seine-Normandie, les entreprises représentent même 64% des usagers au sein du conseil d'administration.

En ce qui concerne le montant des redevances, la Cour relève que les taux les plus bas sont paradoxalement fixés dans les bassins où les pressions exercées sur l'eau sont les plus fortes. Ainsi, dans le bassin Rhône-Méditerranée, le montant de la redevance "prélèvement" liée à l'irrigation ne représente que 3% du montant total de cette redevance, alors que l'irrigation est à l'origine de 70% des prélèvements en eaux de surface. Autre exemple emblématique : la redevance pour pollution non domestique acquittée par l'entreprise "Rio Tinto" de Gardanne, qui rejette des boues rouges au large de Cassis, devrait s'célever à 2,5 millions d'euros au titre de 2014, alors que ce montant aurait dû être de 13 millions si le taux n'avait pas été fixé au quart du plafond légal par le comité de bassin. La solution proposée par la Cour ? Fixer des taux plancher pour les redevances afin d'"éviter que certains prélèvements ou pollutions soient pratiquement exonérés de toute redevance".

 

87% des redevances supportées par les usagers domestiques

Les redevances perçues par les agences se sont en effet "éloignées du principe pollueur-payeur depuis 2007", estime la Cour. Tant et si bien qu'en 2013, 87% des redevances perçues étaient supportées par les usagers domestiques et assimilés (et même 92% en Seine-Normandie), 6% par les agriculteurs et 7% par l'industrie. Si ce déséquilibre pouvait encore se justifier dans le passé en raison de la mise aux normes des stations d'épuration urbaines bénéficiant surtout aux usagers domestiques, la contribution de ces derniers devrait maintenant baisser au profit de celle des agriculteurs et des industriels. "Or, les efforts de rééquilibrage dans le 10e programme d'intervention des agences sont restés de faible ampleur", constatent les auteurs du rapport.

Ceux-ci estiment même que la loi sur l'eau et les milieux aquatiques (Lema) a constitué "un recul" en la matière. Ainsi, dans le bassin Loire-Bretagne, le plus concerné par la pollution aux nitrates, les redevances versées par les agriculteurs ne représentent que 10% du montant total des redevances en 2013, dont 0,6% seulement au titre de l'élevage. Entre 2007 et 2013, le montant de la redevance acquittée par les éleveurs a même diminué de 84% dans les bassins Rhône-Méditerranée et Corse. Les préconisations de la Cour ? Majorer le taux de cette redevance dans les zones vulnérables aux nitrates, en particulier pour les élevages ayant fait l'objet d'une sanction administrative.

Quant à la création de la redevance pour pollution diffuse, la Cour estime qu'il s'agit d'un progrès mais tempère immédiatement cette appréciation en soulignant qu'elle ne représente que 5 à 6% du prix de vente des produits phytosanitaires et qu'elle oublie de taxer les engrais azotés. Ce qui réduit de beaucoup son caractère incitatif.

Par un communiqué publié le 10 février, par lequel elle indique soutenir les recommandations de la Cour, Ségolène Royal précise qu'elle a demandé "un état des lieux par grands types d'acteurs (industriels, agriculteurs et particuliers) pour s'assurer du respect du principe pollueur-payeur".

 

La pollution masquée des petits sites industriels

"Les redevances acquittées par l'industrie ont diminué en moyenne de 15% entre 2007 et 2013", révèle également la Cour. La raison ? La réforme de la redevance pour pollution d'origine industrielle par la Lema, explique-t-elle, a eu pour effet de "masquer la pollution réelle des petits sites industriels" et de soustraire certaines activités saisonnières à la redevance pollution. Cerise sur le gâteau, de nombreux sites industriels ne respectent pas l'obligation de mise en place d'un suivi régulier des rejets. Sont ainsi pointées du doigt, dans le bassin Rhin-Meuse, les centrales nucléaires de Chooz et de Fessenheim, la centrale thermique de Blénod, de même que Rhodia Opérations.

Mais les apports de la Lema en matière de redevance "prélèvement" ne trouvent pas davantage grâce aux yeux de la Cour, qui pointe plusieurs dysfonctionnements : des exemptions non pertinentes comme celle bénéficiant à l'aquaculture, l'estimation forfaitaire de l'irrigation gravitaire, l'exonération de majoration dans les zones de répartition des eaux pour les irrigants regroupés au sein d'organismes uniques de gestion collective de la ressource en eau (OUGC), ou encore le calcul approximatif de l'assiette des redevances.

 

Une attribution des aides peu transparente

Les sages de la rue Cambon pointent également "l'insuffisante transparence des décisions d'aide financière". D'autant qu'ils constatent une grande hétérogénéité entre agences, qu'il s'agisse du type d'aide (subventions ou avances) accordé ou des taux pratiqués. L'agence Seine-Normandie fait ainsi figure de mauvais élève pour les prêts qu'elle a accordés à Eurodisney (13,5 M€), au Forum mondial de l'eau de Marseille (2,5 M€), ainsi qu'à l'Institution interdépartementale des barrages-réservoirs de la Seine (2,8 M€).

C'est pourquoi la Cour recommande-t-elle de généraliser la publication des décisions d'attribution des aides et la liste de leurs bénéficiaires. Mais aussi de mettre en place un dispositif de prévention des conflits d'intérêt, les membres des instances de gouvernance pouvant être également les bénéficiaires des subventions. Ségolène Royal indique avoir demandé la publication sur internet des aides attribuées depuis le 1er janvier 2013 "avant la fin du mois". "La prévention des conflits d'intérêt sera par ailleurs renforcée par de nouvelles règles qui seront édictées avant l'été par décret", ajoute la ministre de l'Ecologie.

Le rapport déplore également la trop faible réorientation des aides vers le "grand cycle de l'eau" (milieux aquatiques, protection des aires de captages, etc.), la collecte et le traitement des eaux usées gardant un poids prépondérant. Il estime également "discutables" les modalités d'attribution des aides : rareté des analyses économiques préalables, non-respect des règles d'attribution pourtant définies par les agences elles-mêmes, qui a conduit, par exemple, au versement indu de 447.000 euros à la communauté d'agglomération belfortaine.

D'où la recommandation de la Cour de doter les agences d'outils communs pour analyser les dossiers de demandes d'aides. Mais aussi d'améliorer la sélectivité des aides en les recentrant sur les opérations figurant dans les plans d'action opérationnels territorialisés (PAOT), en excluant les projets en retard sur la réglementation, ceux ne relevant pas des objectifs prioritaires de la politique de l'eau, ou encore les aides accordées à des industriels sans demande de garantie.

Comme le résume la Cour par un euphémisme, "un important effort doit être accompli sur la collecte des redevances et sur les modalités d'attribution des aides, pour rendre les unes plus équitables et les autres plus sélectives". Cet effort passe par le renforcement du rôle de l'Etat pour encadrer les pratiques des agences, précise-t-elle. Une conclusion… qui figurait déjà dans son rapport de 2010.

 

Laurent Radisson, journaliste
Rédacteur en Chef délégué aux marchés HS
E © Tous droits réservés Actu-Environnement Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur ou établissement d'un lien préformaté [23847] / utilisation du flux d'actualité.

 

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Source : http://www.actu-environnement.com/ae/news/rapport-cour-comptes-agences-eau-pollueur-payeur-attribution-aides-redevances-23847.php4

 

 

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 22:13

 

Info reçue par mail

 

 

Université Critique et Citoyenne de Nîmes (UCCN, http://uccn.fr/)

 

 

* Thème de l'année :

ARGENT, PLANETE, POLITIQUE, IDENTITES

C'est par où la lumière?

 

 

 

 

Le programme de l'année est sur le site de l'UCCN : http://uccn.fr/Site_UCCN/programme_uccn_2014-2015.pdf .

 

 

* Prochaine séance après la pause des vacances d'hiver :

 

Mardi 24 février 2015

18h30-20h30

IUFM de Nîmes

 

 

Qui est responsable de la panade actuelle : les autres, la société ou moi ? En partant du polar et de la chanson

Par

Philippe Corcuff

Maître de conférences de science politique à l’Institut d’études politiques de Lyon

Membre fondateur de l'UCCN

Membre du Conseil Scientifique d'Attac

 

Auteur notamment de (aux Éditions Textuel) : La gauche est-elle en état de mort cérébrale? (2012), Polars, philosophie et critique sociale (avec des dessins de Charb, 2013), Les années 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard (2014) et très récemment Mes années Charlie et après ? (avec des dessins de Charb, en librairie depuis le 18 février 2015)

 

 

* Séances suivantes :

 

- Olivier Abel (philosophe) : La question de l’identité dans la philosophie de Paul Ricoeur - mardi 3 mars 2015

 

- Josette Trat (sociologue) : Féminisme, identités et/ou rapports sociaux - mardi 10 mars 2015

 

- Jean-Pierre Bonutto (professeur de littérature) : La fortune littéraire de l’argent - mardi 17 mars 2015

 

- Alain Guyard (philosophe forain) : Le cambriolage des maisons bourgeoises : une alternative crédible à la crise des marchés ? - mardi 24 mars 2015

 

- Roland Gori (psychanalyste) : L’existence a-t-elle encore un sens et une valeur humaine ? - jeudi 2 avril 2015

 

- Raymond Huard et Michel Naudin (historiens) : Une république ou des républiques, un républicanisme ou des républicanismes ? - mardi 7 avril 2015

 

 

 

L'ensemble des conférences se déroulent à l'IUFM de Nîmes (62 rue Vincent Faïta - bus ligne D, arrêt Jean Bouin). Elles ont lieu de 18h30 à 20h30, le mardi (excepté la conférence de Roland Gori).

 

 

C'est ouvert à toutes et à tous! L'entrée est libre et gratuite, sans inscription préalable, dans la logique des universités populaires.

 

 

 

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 21:55

 

Source : http://l-arene-nue.blogspot.fr/2015/02/quel-que-soit-le-risque-les-grecs.html

 

 

L'arène nue

Le blog de Coralie Delaume

 

 

 

 

 

samedi 21 février 2015

 

« Quel que soit le risque, les Grecs refuseront tout retour en arrière » - entretien avec Olivier Delorme

 

 

Olivier Delorme est écrivain et historien. Passionné par la Grèce, il est l'auteur de La Grèce et les Balkans: du Ve siècle à nos jours (en Folio Gallimard, 2013, trois tomes), qui fait aujourd'hui référence. On peut par ailleurs le suivre sur son site. Il revient ici sur les trois premières semaines du gouvernement Tsipras et nous éclaire sur l'état d'esprit des Grecs.

***

Des manifestations ont eu lieu partout en Europe le week-end dernier pour soutenir le peuple grec. Hors d’Europe aussi, d’ailleurs, jusqu’en Australie ! Comment vos amis grecs vivent-ils cela ?

Les Grecs savent qu’ils sont un petit peuple, ce qui ne les a pas empêchés de jouer parfois un grand rôle dans l’histoire contemporaine : leur révolution de 1821 et leur guerre de libération nationale contre l’Empire ottoman aboutissant à l’indépendance en 1830 sont les premières dans l’Europe antirévolutionnaire de la Sainte-Alliance ; leurs victoires sur l’Italie fasciste en 1940-1941 sont les premières, dans la guerre mondiale, d’un pays attaqué par l’Axe, et forcent les Allemands à intervenir dans les Balkans au printemps 1941, puis la résistance des Grecs, sur le continent comme en Crète, retarde l’offensive contre l’URSS et empêche Hitler d’arriver devant Moscou avant l’hiver.

Les Grecs sont un petit peuple, mais un peuple qui, depuis l’Antiquité, a vécu pour partie en diaspora. L’émigration a été particulièrement forte entre 1850 et le milieu des années 1970, les communautés d’Australie (Melbourne est la 3e « ville grecque » au monde avec plus de 150.000 « Grecs ») ou des Etats-Unis restent souvent très liées au village d’origine, solidaires : c’est le cas, par exemple, dans l’île où j’habite une partie de l’année, où deux villages ont émigré en Australie, deux autres à New York (Astoria). Il y a des allers et retours, pour les vacances, un baptême ou un mariage qu’on vient célébrer au pays, les études dans une université occidentale, la retraite au village…

L’émigration a dû pas mal croître ces dernières années sous l’effet de la crise, par ailleurs…

Absolument. Entre autres conséquences tragiques, la politique de déflation imposée par la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) à la Grèce depuis cinq ans a entraîné la reprise de l’émigration, des plus diplômés souvent, vers les Etats-Unis et l’Australie - où des parents servent de structure d’accueil et d’intégration -, mais aussi vers des pays d’Europe occidentale.

 

Beaucoup de Grecs ont donc à la fois un fort sentiment patriotique et une ouverture sur le monde, une sensibilité au monde (et pas seulement à l’Europe), beaucoup plus grande qu’on ne l’imagine ici. En l’occurrence, lors de mon dernier séjour dans « mon île », début janvier, il y avait chez les amis avec qui j’ai discuté des perspectives d’alors, la conviction que si le gouvernement issu des élections était celui qu’ils espéraient, ce gouvernement se battrait non seulement pour les Grecs mais pour tous les peuples européens. Le sentiment est très fort, en Grèce, d’avoir été le laboratoire de politiques destinées à être étendues aux autres peuples européens et donc aussi de combattre pour les autres peuples européens en rejetant ces politiques-là. Tous les échos qui m’arrivent aujourd’hui de Grèce montrent qu’il y a une grande attention aux manifestations de solidarité des autres peuples. Pour beaucoup de Grecs, ce qui se joue en Europe est moins une épreuve de force entre la Grèce et d’autres Etats européens, qu’une lutte des peuples européens contre une Union européenne qui s’est faite le vecteur et l’alibi des politiques néolibérales dont les Grecs ont tant souffert depuis cinq ans. Une lutte dans laquelle le peuple grec se trouve à l’avant-garde, ce qui conduit beaucoup de Grecs à guetter avec attention, espoir… ou déception, les signes venant de ces autres peuples européens.

Les sondages qui s’enchaînent montrent un soutien grandissant du peuple grec à son gouvernement. Près de 80% désormais, soit bien plus que la proportion de gens ayant voté pour Syriza. Vu de l’extérieur, c’est surprenant. Dans notre Europe en crise, on s’attendait plutôt à voir triompher les extrêmes-droites. Y’a-t-il quelque chose dans l’histoire de la Grèce qui laissait prévoir pareil succès pour un parti de gauche ?

 

L’extrême droite n’existait plus en Grèce, jusqu’à l’intervention de la Troïka, qu’à l’état de trace. Il y a, à cela, des causes historiques. L’extrême droite a collaboré durant l’occupation et ses bataillons de sécurité ou autres milices au service des Allemands ont commis des crimes de masse. Mais au lieu d’épurer, à la Libération, les Anglais, qui ont imposé par un scrutin truqué le retour d’une monarchie réactionnaire, se sont appuyés sur ces milices de « coupeurs de têtes » pour faire régner une « terreur blanche » qui a visé les anciens résistants. En Grèce, la Résistance a été particulièrement rapide et massive, principalement organisée autour du parti communiste KKE. Ce qui explique que l’occupation allemande a été l’une des plus sauvages et destructrices d’Europe (la répression et la famine organisée par l’occupant ont tué plus de 8 % de la population ; 1,5 % en France). Puis l’extrême droite a été utilisée par les Américains durant la guerre civile (1946-1949) et, à la suite d’un long et très partiel processus de démocratisation, elle s’est emparée du pouvoir par la force en 1967. Les Colonels, liés à la CIA, ont alors exercé une dictature qui s’est terminée par une tentative de coup d’Etat raté à Chypre, lequel a provoqué l’invasion du Nord de l’île par la Turquie en 1974. 37 % du territoire de Chypre, peuplée à plus de 80 % de Grecs, sont depuis occupés et colonisés par les Turcs : l’extrême droite est donc aussi responsable de ce désastre national.

L’équivalent de notre Front national - le LAOS (Alerte populaire orthodoxe, l’acronyme signifie « peuple ») -, est entré au Parlement pour la première fois en 2007 (3,80 % des voix ; 5,62 % en 2009). Mais il s’est déconsidéré en participant au gouvernement du banquier Papadimos (novembre 2011-mai 2012), constitué sous pression de Berlin, Paris et Bruxelles, pour appliquer la politique dictée par la Troïka.

C’est amusant - si l’on peut s’exprimer ainsi. Personne ne s’est ému de cette participation du LAOS au pouvoir à l’époque. Alors qu’on a entendu mille piaillements il y a quelques semaines lorsque Tsipras a annoncé sa décision de former une coalition avec les Grecs indépendants, qui sont plutôt des conservateurs souverainistes…

Bien sûr ! Aucune instance européenne ni aucun éditorialiste, en France n’a voulu voir alors que la politique européenne aboutissait à l’accession de l’extrême droite au pouvoir en Grèce. Mais une fois de plus, l’extrême droite grecque se trouvait renvoyée à son rôle d’agent d’un pouvoir étranger et disparaissait du Parlement en mai 2012 (2,9 %).

Elle n’a pas disparu bien longtemps puisqu’on a vu ensuite apparaître l’Aube dorée !

En fait, depuis lors, l’extrême droite est divisée en trois tronçons : le LAOS maintenu (1,03 % aux dernières élections) ; un grand nombre de responsables et militants qui ont intégré le parti de droite traditionnelle Nouvelle Démocratie (ND) ; puis, en effet, les néonazis d’Aube dorée.

Mais Nouvelle Démocratie n’est pas un partie d’extrême droite ?...

Disons que sous l’effet des politiques de la Troïka, elle a profondément changé de nature. Issu de la vieille droite monarchiste et autoritaire, ce parti a été créé en 1974 par Konstantinos Karamanlis, qui géra la transition démocratique après un long exil à Paris. Karamanlis en avait fait, sur le modèle des partis gaulliste ou démocrates-chrétiens occidentaux d’alors, une formation modérée à connotation sociale. Son actuel président, l’ex-Premier ministre Antonis Samaras, n’a cessé de la droitiser, avec des pratiques de plus en plus autoritaires et policières, tout en phagocytant l’essentiel du LAOS. Samaras est lui-même élu de Messénie, au sud-ouest du Péloponnèse, terre traditionnelle de l’extrême droite, qui donne ses meilleurs scores à Aube dorée - les bastions de celle-ci correspondant souvent aux zones de recrutement des bataillons de sécurité durant l’occupation. Et la presse grecque a révélé, quelques mois avant les élections, que des dirigeants néonazis d’Aube dorée étaient en contact permanent avec le cabinet du Premier ministre, où ils prenaient leurs instructions - là encore sans que cela n’émeuve personne en Europe occidentale.

Quant à Aube dorée, il s’agit de nervis à l’idéologie simpliste, dont la violence rappelle les pires heures de l’Europe des années 1930. Mais comme les nazis à cette époque sont passés de l’état de groupuscule à celui de premier parti d’Allemagne sous l’effet de la politique de déflation du chancelier centriste Brüning, ce groupuscule, folklorique et sans la moindre audience électorale, a réalisé une percée lors des élections de 2012 (6,97 %), sous l’effet de la même politique de déflation imposée par la Troïka. Il est monté à 9,4 % aux élections européennes de mai 2014 et redescendu à 6,28 % en janvier dernier. Ma conviction est que, par leur histoire, les Grecs ont été « vaccinés » contre l’extrême droite : il aura fallu toute la bêtise de la politique de la Troïka - dont le succès d’Aube dorée est le principal résultat tangible - pour qu’une partie de l’opinion, totalement déboussolée, désespérée, cherche son salut de ce côté-là.

D’ailleurs ce que disent les sondages aujourd’hui, c’est que le retour à la dignité et le rejet des politiques imposées par la Troïka, qui forment l’armature du discours du nouveau gouvernement, réduiraient l’audience d’Aube dorée à 4,7 % et que ses électeurs, suivant les études, sont entre 60 % et 88 % à approuver le gouvernement.

D’une manière générale et toute tendance politique confondue, le taux de soutien au gouvernement grec est saisissant. Tsipras a réalisé une véritable union nationale autour de son projet…

 

Oui, ces taux d’approbation dépassent les 80 % dans l’électorat du vieux parti communiste stalinien (KKE) qui a refusé toute alliance, ils atteignent 51 % dans celui du parti de centre gauche Potami (« le Fleuve », créé par un journaliste de télévision dans le but de fournir un appoint en cas de reconduction de la coalition sortante), et 54,5 % dans celui du parti "socialiste" (PASOK), passé de 43,94 % des voix aux élections de 2009 à 4,68 % à celles de janvier dernier, après avoir servi de supplétif au gouvernement de droite depuis 2012. Les dernières études d’opinion le placent même sous le seuil des 3 % : il n’aurait donc plus de députés si des élections avaient lieu demain. Enfin, plus de 40 % des électeurs ND se déclarent satisfaits de l’action du gouvernement. Et si l’on regarde l’appui à la manière dont le gouvernement conduit la négociation avec l’UE (81,5 % en moyenne) par tranches d’âge (étude du 16 février), il culmine à 86,2 % chez les 18-34 ans, pour 82,3 % chez les 35-54 ans et « seulement » 79,8 % chez les plus de 55 ans !

Comment Syriza, un parti présenté comme représentant une gauche souvent qualifiée de radicale a-t-il pu s’imposer ainsi dans le paysage ?

En réalité, Syriza qui n’avait jamais réuni plus de 5 % des voix avant 2012 a pris la place centrale sur la scène politique qu’occupait le PASOK depuis 1981. Et il a bénéficié d’un apport de cadres venant de ce parti au fur et à mesure des reniements du PASOK et de l’aggravation de la situation économique et sociale. Syriza avait été devancé de peu par la ND aux élections de juin 2012 (26,89 % contre 29,66 % pour la ND, qui n’était en tête que chez les retraités, les femmes au foyer, les patrons et professions libérales), en partie parce qu’il souffrait d’un déficit de crédibilité de son leader, entretenu, comme le climat de peur (si Syriza gagne, les retraites et les salaires ne seront plus payés, les distributeurs de billets seront vides…), par les groupes privés de télévision, seuls maîtres de la scène médiatique après la liquidation de l’audiovisuel public par le gouvernement Samaras en juin 2013. Sa jeunesse, son inexpérience des affaires faisaient que, même si beaucoup partageaient le rejet de la Troïka, ils ne croyaient pas que ce « gamin » de Tsipras « avait les épaules » pour gérer le pays dans cette situation.

Or depuis son arrivée au pouvoir, Tsipras et le gouvernement ont levé ces doutes. Ils ont à la fois manifesté leur détermination à tenir leurs engagements et leur préparation au pouvoir (de nombreux textes législatifs sont prêts). Et comme je l’ai dit dans un récent entretien avec Antoine Reverchon du Monde, le discours de restauration de la dignité nationale, dans un pays dont l’histoire est émaillée d’innombrables ingérences occidentales, où l’on a le sentiment que l’Europe occidentale ignore les contraintes géostratégiques propres à la Grèce, lui a refusé toute réelle solidarité face à la persistante menace turque, où l’on a vécu douloureusement les propos dévalorisants, essentialisants - pour ne pas dire racistes - qui ont été diffusés en Allemagne et ailleurs en Europe de l’Ouest afin de justifier la « stratégie du choc » imposée par la Troïka… ce discours porte bien au-delà de la base électorale de Syriza le 25 janvier dernier.

Au premier rang des propos racistes que vous évoquez, on entend beaucoup, y compris chez ceux qui se présentent comme d'ardents défenseurs de l'Europe, nombre de considérations sur les Grecs qui ne paieraient pas d'impôts, la fraude, la corruption. Qu'en pensez-vous ?

On a beaucoup parlé de la fraude et de l’évasion fiscales en Grèce, en oubliant de préciser ce que, là comme ailleurs, elle doit à des paradis fiscaux installés au cœur de l’Union européenne, qu’il s’agisse de l’Autriche ou du Luxembourg - dirigé si longtemps par l’ancien président de l’Eurogroupe et actuel président de la Commission européenne. Mais le problème fiscal de la Grèce, c’est avant tout celui de la faible imposition du capital (8 % contre une moyenne de 13,4 % en Europe) et des innombrables niches fiscales dont bénéficient les plus riches. Un régime fiscal qui profite à une caste économique qui vit en symbiose avec la caste politique ND-PASOK que Berlin, Paris et Bruxelles tenaient tant à voir rester en place, alors que c’est elle qui a conduit le pays là où il en est. Un régime fiscal que la Troïka, seulement soucieuse de couper dans les dépenses sociales, n’a rien fait pour changer. Mais un régime fiscal auquel Syriza a promis de s’attaquer.

On a aussi beaucoup parlé de corruption, mais la grande corruption bénéficie d’abord aux corrupteurs, en l’occurrence les groupes d’armement, de travaux publics, de grandes surfaces commerciales ou bancaires d’Europe occidentale. Elle a bénéficié ensuite aux responsables politiques ND-PASOK, arrosés (on dit huilés en grec) durant de longues années. Elle a pénalisé le contribuable grec qui doit payer le surcoût des pots-de-vin dans le prix des marchés attribués. Et elle a contribué - pas qu’un peu ! - à creuser la fameuse dette ! Or il faut rappeler que le champion toutes catégories de la corruption, en Grèce, se nomme Siemens et que les industries d’armement allemande et française, dont la Grèce a été régulièrement le deuxième et le troisième clients, figurent tout juste après. Là encore, la volonté du gouvernement de combattre la corruption (un ministre d’État a été exclusivement chargé de ce dossier), celle du ministre de la Défense « Grec indépendant » de rouvrir tous les dossiers de marchés d’armement, recueillent un écho positif dans de très larges secteurs de la société… en même temps – allez savoir ! – qu’ils éveillent peut-être des inquiétudes à Berlin et Paris.

On a enfin beaucoup parlé de clientélisme, mais ce clientélisme est le fait de la ND et du PASOK qui ont alterné au pouvoir depuis 1974. Il a alimenté la petite corruption, celle des enveloppes qu’on remet à un agent public pour s’assurer un service dû, dans un système où le salaire des fonctionnaires était déjà traditionnellement bas. Cette corruption-là se résorbera lorsque les fonctionnaires auront des salaires leur permettant de vivre décemment et qu’ils seront recrutés sur la compétence, non sur la recommandation d’un « patron » ND ou PASOK. Or la Troïka, en coupant dans le salaire des fonctionnaires (30 à 40 %), n’a fait que rendre les enveloppes plus vitales pour un grand nombre d’entre eux. Or la Troïka, en imposant le licenciement de fonctionnaires (en contravention avec leur statut), n’a fait que renforcer le pouvoir des « patrons » qui ont choisi qui resterait et qui serait licencié. Pour beaucoup de Grecs, bien au-delà de l’électorat de Syriza, l’arrivée de ce parti au pouvoir c’est donc aussi l’espoir d’en finir avec ce système de prédation organisé et cogéré par la ND et le PASOK, au profit de la ND et du PASOK, que la Troïka n’a strictement rien fait pour combattre, et d’autant moins que son but était la perpétuation au pouvoir du couple ND-PASOK dont elle était assurée de la docilité.

Quels sont les espoirs des Grecs aujourd’hui ? Désirent-ils avant tout un compromis avec l’Union européenne ? Craignent-ils une rupture ?

C’est bien difficile à dire ! Ce qui est certain, c’est que la « stratégie du choc » appliquée à la Grèce a été d’une telle violence, n’épargnant que la mince caste sociale dominante, qu’elle suscite un rejet bien plus large que la base électorale de Syriza. Elle a dynamité le droit du travail et l’État social, généré un chômage de masse supérieur à ce qu’il était aux États-Unis au pire de la Grande Dépression des années 1930, mis hors d’état de fonctionner correctement les établissements d’enseignement public, privatisé un tiers de l’enseignement supérieur et supprimé un autre tiers, privé de toute couverture maladie un tiers de la population, faisant exploser le nombre des suicides et les troubles psychiques, la toxicomanie et les contaminations VIH (toute médecine préventive a disparu), la mortalité infantile (les taux de vaccination se sont effondrés faute d’accès aux soins). On ampute, on devient aveugle pour cause de diabètes non soignés, les cancers sont pris en charge trop tard, lorsqu’ils sont encore pris en charge, générant une hausse de la mortalité… Les salaires et pensions ont été réduits de 30 % à 40 % tandis que les impôts et taxes ne cessaient d’augmenter, conduisant à un processus rapide de disparition des classes moyennes. Des permis de saccage écologique ont été donnés à des multinationales minières et les résistances locales (Skouriès en Chalcidique pour une mine d’or) ont fait l’objet d’un emploi manifestement disproportionné de la force et des gaz. Le patrimoine archéologique a été mis en danger par les réductions d’effectifs, les vols et la multiplication des fouilles sauvages qui en ont résulté… Au total, la Grèce a perdu, dans cette « stratégie du choc », le quart de son PIB et le tiers de sa production industrielle. Pendant ce temps, cette politique censée réduire la dette (100 % du PIB avant la crise), la faisait grimper à 175 % du PIB en 2014.

On a peine à imaginer, d’ici, la violence et la rapidité du processus de paupérisation de masse visant en réalité à détruire les solidarités sociales et les capacités de résistance collective en renvoyant les individus à la nécessité de survie quotidienne.

Le vote du 25 janvier est donc l’expression d’une volonté de rupture avec cette politique qui a violenté et déstructuré une société tout entière - pour des résultats catastrophiques : les soi-disant indices de redressement de l’économie grecque sont des trompe-l’œil.

C'est aussi l’expression forte d'une volonté de retour à la souveraineté populaire, du désir d'un peuple de se réapproprier son propre destin...

Exact. Pendant cinq ans, des fonctionnaires européens sans aucune légitimité démocratique, ne connaissant rien ni au pays ni à la société grecque, se sont substitués aux autorités constitutionnelles pour imposer des mesures prises de manière technocratique, hors de tout contrôle démocratique. La Troïka a violé la Constitution grecque en ne respectant pas ses principes fondamentaux, elle a imposé l’adoption de nombre de mesures illégales, manifestant le peu de cas qu’elle faisait de l’État de droit - alors que celui-ci et la démocratie figurent dans les principes de l’UE. Elle a en outre piétiné les prérogatives du Parlement en le forçant, sous menace d’un arrêt des crédits, à adopter des mémorandums contenant des centaines de pages, sous la forme d’un article unique autorisant le gouvernement à transposer dans le droit les mesures contenues dans ces mémorandums, privant ainsi le Parlement de toute possibilité d’amender les textes - pourtant fondement essentiel de la démocratie parlementaire.

Aussi le nouveau Premier ministre, comme la nouvelle présidente du Parlement, ont-ils particulièrement insisté, dans leurs premiers discours, sur le respect scrupuleux de la Constitution, de la procédure législative qui y est fixée, sur la fin des abus des procédures d’urgence et le respect du droit d’amendement des députés.

J’avais écrit dans mon blog, avant le 25 janvier, que le résultat du scrutin dépendrait avant tout du nombre de gens qui, en 2012, pensaient avoir encore quelque chose à perdre et qui, après deux ans et demi de plus de Troïka, penseraient, à tort ou à raison, ne plus avoir rien à perdre. L’ironie de ce processus c’est que l’intransigeance, l’autisme, la morgue de l’Allemagne et de l’UE ont joué un rôle décisif dans la défaite de leurs collaborateurs locaux ND-PASOK. Sans doute, avec un peu plus de modération, de souplesse, d’intelligence, de respect pour la démocratie et pour le peuple grec, les apprentis sorciers de Berlin et de Bruxelles auraient-ils pu l’éviter : les responsables allemands et la Troïka ont incontestablement été les meilleurs agents électoraux de Syriza ! Comme aujourd’hui les pressions, les intimidations et les menaces venant d’Allemagne, de l’UE et de la BCE ont pour principal effet de souder les Grecs derrière le gouvernement dans un réflexe de type « salut public ».

Pour le reste, peu de Grecs, je crois, pensent que leur sort va s’améliorer rapidement mais, une fois sauté le pas, je crois aussi que la plupart d’entre eux refusent tout retour en arrière. Quel que soit le risque. Mon ami Panagiotis Grigoriou, historien et sociologue, qui tient l’indispensable bloggreekcrisis.fr et a publié La Grèce fantôme, voyage au bout de la crise (2010-2013) chez Fayard (2013), m’écrivait la semaine dernière que l’ambiance ressemblait, à Athènes, à « quelque chose comme un août 1944 par exemple. Même ceux qui ont voté ND se disent à présent syrizistes. Les gens rejettent aussi l'euro et cela de plus en plus. Dans les mentalités l'UE est morte, sauf chez de nombreux jeunes, je crois, et chez les universitaires ! »

D’autres témoignages que je reçois vont dans le même sens : on ne souhaite pas la rupture, on ne souhaite pas la sortie de l’euro, mais si elles interviennent, on fera avec. Un sondage d’opinion indiquait au début de février que 9,5 % des Grecs espéraient une sortie de l'euro, que 33 % pensaient qu'elle n'interviendrait pas et que 35,5 % la redoutaient.

Quid du gouvernement Tsipras lui-même ? Il ne se distingue pas, loin s’en faut, par des prises de positions eurosceptiques. On le qualifie abusivement de « radical » mais il a toujours affirmé vouloir servir sa dette, vouloir demeurer dans l’union monétaire et tient un discours plutôt modéré. Pourrait-il durcir ses positions et dans quelles conditions ?

Syriza n’est pas un parti monolithique et cela tient à son histoire. En 1968, le KKE se scinde. Illégal en Grèce depuis 1947, sa direction en exil dans le bloc soviétique ne s’est déstalinisée que partiellement. Ceux qui font sécession dénoncent à la fois la gestion autoritaire de la direction, l’insuffisante critique de la stratégie qui a conduit à la guerre civile et veulent privilégier l’action clandestine contre la dictature à l’intérieur, qu’ils accusent la direction de négliger. Lors du retour à la démocratie, en 1974, la Grèce aura donc deux partis communistes. Le premier se momifie dans une idéologie immuable, réhabilite même ses dirigeants staliniens, refuse l’unité d’action avec Syriza dans les mobilisations populaires contre la politique de la Troïka et continue aujourd’hui à dire que la ND ou Syriza c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

Le second parti communiste, dit de l’intérieur, va évoluer vers ce qu’on appelle alors l’eurocommunisme, critiquer le système soviétique, abandonner le léninisme, s’ouvrir aux revendications féministes ou homosexuelles... C’est ce parti-là qui est le noyau de Syriza, et autour de ce noyau vont progressivement s’agréger des intellectuels de gauche qui ne se reconnaissent ni dans le communisme ni dans la pratique du pouvoir du PASOK, des communistes critiques (l’actuel vice-Premier ministre Dragasakis siège au comité central du KKE jusqu’en 1991), des formations écologiste, trotskiste, maoïste, citoyennes d’où naît Syriza (Coalition de la gauche radicale) en 2004.

Durant des années, cette gauche intellectuelle qui coagule dans Syriza est la seule véritable « boîte à idées » d’une vie politique grecque dominée par le bipartisme, le clanisme de grandes familles et le virage libéral du PASOK sous l’égide du Premier ministre Simitis (1996-2004), le « Rocard grec ». Mais Syriza plafonne électoralement à 5 %. Quant à sa radicalité, elle est toute relative ! Les communistes et gauchistes des origines ont tous évolué vers le réformisme, le néo-keynésianisme, la redistribution. J’ai coutume de dire que Syriza aujourd’hui est notablement moins à gauche que la gauche gaulliste ou de la démocratie chrétienne italienne des années 1960 !

Ce n’est qu’en 2014 que les différentes formations coalisées dans Syriza ont décidé de se fondre en un parti unitaire. Pour autant, toutes les composantes de Syriza ne sont pas sur la même ligne. Car au Syriza originel s’est ajoutée une aile droite composée pour l’essentiel d’anciens du PASOK, en désaccord avec leur parti d’origine sur la soumission à la Troïka, Tsipras se trouvant en quelque sorte au centre. La politique qui sera suivie dépendra en partie des équilibres internes. La « plate-forme de gauche », par exemple, est ouvertement pour une sortie de l’euro. Et Tsipras vient d’être mis en minorité sur le choix du candidat à la présidence de la République : il voulait faire élire le commissaire européen Avramopoulos, un ancien rival de Samaras pour la présidence de la ND, ce qui lui aurait permis de nommer un commissaire proche de Syriza. Mais une majorité des instances de direction du parti a jugé ce candidat trop mémorandien, et Tsipras a été obligé d’y renoncer au profit du juriste Pavlopoulos, un centriste de la ND, lié au clan Karamanlis hostile à Samaras (il a notamment été conseiller du président Konstantinos Karamanlis en 1990-1995, à l’époque où celui-ci faisait figure de « père de la nation »), qui a dénoncé comme anticonstitutionnelles certaines des mesures prises en application des mémorandums. Tsipras a donc obtenu l’ouverture à droite qu’il souhaitait, mais la gauche du parti l’a forcé à choisir un conservateur acceptable pour elle - et soutenu par les Grecs indépendants, partenaires de la coalition, dont les positions à l’égard de la Troïka, de l’UE et de l’euro sont à certains égards plus proches de la gauche de Syriza que des anciens PASOK.

Syriza n’est donc pas un parti capolarisé où le chef décide de tout. Et ceci est important pour l’avenir.

Et donc, pour en revenir à la position de Syriza sur l'euro ?

 

Mais en même temps, Syriza a répété qu’il n’y aurait plus aucun sacrifice pour l’euro et l’on a entendu certains de ses candidats, durant la campagne, dire par exemple que si la BCE, comme elle l’a fait à Chypre, cessait d’approvisionner la Grèce en liquidités, la Banque de Grèce devrait imprimer elle-même des euros… Les arbitrages définitifs sur ces questions ont-ils été rendus ? Je ne le crois pas, et dans une situation aussi mouvante, qui peut assurer que des arbitrages rendus hier seront encore valables au lendemain d’un coup de force des institutions européennes ? Nous sommes dans une dynamique, pas dans une guerre de tranchée.

Dès lors la question est celle des convictions. Les membres du gouvernement sont-ils convaincus qu’ils peuvent mener une « autre politique » à l’intérieur de la cage de fer de l’euro et des traités européens ? Et obtenir des partenaires européens les concessions qui leur permettraient de la mener ? Si oui, à mon avis ils se trompent, et s’ils n’ont pas préparé une option de rechange, ils se trouveront dans la situation de devoir capituler. A propos de la situation de Papandréou face à Merkel et Sarkozy en 2009-2010, j’ai écrit dans La Grèce et les Balkans : « en entrant dans la négociation sans alternative à son échec – moratoire sur le paiement des intérêts et le remboursement de la dette, défaut partiel voire sortie de l’euro, afin d’exercer des pressions sur l’Allemagne et la France dont les banques, importantes détentrices de dette grecque, avaient beaucoup à perdre –, le gouvernement PASOK s’est mis d’emblée en position d’accepter même l’inacceptable ». La situation de Syriza est la même aujourd’hui et s’il met ses pas dans ceux du PASOK, il subira le même sort, en ouvrant toute grande la porte aux néonazis d’Aube dorée.

Mais le gouvernement Grec sait probablement tout cela. D'abord ils ont dû étudier de près les raisons de l'effondrement du PASOK. Ensuite, Varoufakis, par exemple, a la réputation d'être un économiste assez brillant. Est-il imaginable qu'il n'ait pas compris que l'euro est condamné ?

Disons qu'il y a une autre possibilité, c'est que Syriza ait entamé des négociations tout en sachant qu’elles avaient peu de chance d’aboutir. Durant cette période, on mobilise l’opinion (les manifestations de soutien au gouvernement se sont multipliées dans toute la Grèce) sur le thème de la dignité retrouvée, du « salut public », tout en créant les faits accomplis de rupture avec les politiques de la Troïka, comme le vote par le Parlement du premier train de mesures sociales. Durant cette période, on prépare la sortie de l’euro, en s’assurant d’aides extérieures à l’Europe : l’intérêt géostratégique de la Grèce lui donne des cartes à Washington comme à Moscou. Puis on utilise les innombrables bévues de l’UE, la morgue allemande, les pressions et les menaces qui heurtent le patriotisme grec pour dresser, le moment venu, devant l’opinion, le constat que la sortie de l’euro s’impose.

L’avenir tranchera, mais le 17 février Varoufakis, écrivait dans le New York Times (Source : blog d’Olivier Berruyer) : « Le problème (... c'est) que nous vivons dans un monde où l’on est entravé par la peur des conséquences. Dans un monde où il n’existe aucune circonstance où nous devons faire ce qui est juste, non pas en tant que stratégie, mais simplement parce que c’est… juste. Nous mettrons un terme, quelles qu’en soient les conséquences, aux accords qui sont mauvais pour la Grèce et pour l’Europe (...) Finis les programmes de « réformes » qui visent les retraités pauvres et les pharmacies familiales tout en laissant intacte la corruption à grande échelle. » Il ne me semble pas que ce soit un discours préparatoire à une capitulation.

En somme, si je veux résumer mon sentiment, Merkel ne veut plus de l’euro qui n’a jamais été viable et qui coûterait trop cher à l’Allemagne s’il devait le devenir par les transferts qu’il exige. Mais elle ne veut pas porter la responsabilité de sa disparition et fera tout pour la faire porter aux Grecs. Le gouvernement grec est, à mon avis, tout aussi convaincu que l’euro n’est pas compatible avec la politique qu’il s’est engagé à conduire et que l’Allemagne ne consentira pas aux transferts qui pourraient aboutir à ce que cette monnaie absurde cesse d’enrichir les riches et d’appauvrir les pauvres. Mais il ne pouvait le dire avant les élections et il fera tout pour faire porter la responsabilité de la sortie de la Grèce, aux yeux de son opinion, à l’Allemagne et à l’UE.

L’idée que la Grèce pourrait, en cas de compromis introuvable avec l'UE, se tourner vers la Russie ou même vers la Chine. Au regard de l’histoire grecque, cela vous semble-t-il envisageable ?

Ce qui est certain, c’est qu’on entend de plus en plus, en Grèce, dire que si les Européens de l’Ouest croient que l’UE est pour la Grèce un choix contraint et unique, ils se trompent.

En ce qui concerne la Chine, la privatisation de deux terminaux du port du Pirée au profit du chinois Cosco, en 2009, a certes conduit à une augmentation du trafic, mais au prix de la réduction du personnel au rang de main d’œuvre corvéable à merci, de la suppression de tous horaires réguliers, de tout droit syndical, de toute protection contre le licenciement. Cosco, qui a fait du Pirée sa principale implantation portuaire en Europe, était candidat à la reprise des autres terminaux. La mauvaise humeur de Pékin a donc été exprimée sans ambages lorsque le gouvernement a annoncé son intention de mettre fin au processus de privatisation du Pirée, mais l’invitation de Tsipras en Chine a suivi de peu. Difficile de dire aujourd’hui si un « deal » interviendra et quelle sera sa nature.

Pour ce qui est de la Russie, la Grèce a toujours eu des liens particuliers avec elle, à l’exception de la période qui suit la guerre civile. En 1830, la Grèce doit la reconnaissance de son indépendance par l’Empire ottoman à une intervention militaire russe dans les Balkans (et d’un corps expéditionnaire français dans le Péloponnèse). En 1854, les Français et les Anglais débarquent des troupes au Pirée et imposent à la Grèce un « gouvernement d’occupation » pour l’empêcher de se joindre à la Russie durant la guerre de Crimée, dont les Grecs espéraient, en cas de victoire russe, une extension de leur territoire à la Crète, à la Thessalie, à l’Epire, à la Macédoine et à la Thrace. Au début des années 1910, la Russie patronne la ligue des Etats balkaniques qui va permettre à la Grèce, en 1912-1913, d’achever sa construction territoriale.

Les deux pays ont également en commun la tradition orthodoxe, et des relations économiques soutenues que les sanctions européennes à l'encontre de la Russie ont beaucoup contrariées...

Tout à fait : la Russie est un client important pour la Grèce, et les sanctions économiques ont durement touché une économie grecque déjà mise à terre par la Troïka....

 

*Suite de l'article sur arene-nue

 

 

Source : http://l-arene-nue.blogspot.fr/2015/02/quel-que-soit-le-risque-les-grecs.html

 

 

 

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 21:20

 

Source : http://www.politis.fr/LGV-Lyon-Turin-le-scandale-prend,30159.html

 

 

Exclusif. LGV Lyon-Turin : le scandale prend de l’ampleur

 

 

Quelques jours avant que les deux chefs d’État, François Hollande et Sergio Mattarella, se retrouvent à Paris, le 24 février, pour le sommet annuel franco-italien, un nouveau document révèle l’ampleur des conflits d’intérêts touchant le projet de liaison ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin.

La commission en charge d’une enquête publique sur le projet de liaison ferroviaire à grande vitesse (LGV), entre Lyon et Turin, qui nécessite le percement de nombreux tunnels, dont l’un transfrontalier de 57 kilomètres, Réseau ferré de France (RFF) et sa filiale Lyon Turin Ferroviaire (LTF), chargée de construire le tunnel ferroviaire transfrontalier du Lyon-Turin, sont au cœur d’un scandale à la mesure d’un dossier estimé à plus de 26 milliards d’euros, selon la Cour des comptes.

Notre document, un compte rendu du bureau du Conservatoire du patrimoine naturel de la Savoie publié ci-dessous, montre qu’un des membres de la commission d’enquête qui a rendu un avis positif le 2 juillet 2012, dans le cadre du projet de LGV Lyon-Turin pour la création d’une nouvelle liaison ferroviaire entre Grenay (Isère) et Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), incluse dans le projet du Lyon-Turin, a masqué un nouveau conflit d’intérêt qui aurait dû conduire à son retrait.

Ces nouveaux éléments, qui s’ajoutent à ceux déposés devant la Conseil d’Etat par les opposants au projet de la nouvelle ligne, nous permettent d’affirmer que Philippe Gamen, maire du Noyer (Savoie), et commissaire enquêteur lors de cette enquête publique menée du 16 janvier au 19 mars 2012, a menti sur ses activités et ses liens avec RFF et LTF.

Le recours déposé devant le Conseil d’Etat, en février 2014, demandant l’annulation de l’enquête publique et de la déclaration d’utilité publique du Lyon-Turin, relevait déjà que LTF est un des partenaires privés du Conservatoire du patrimoine naturel de la Savoie (CPNS, aujourd’hui Conservatoire d’espaces naturels de Savoie, CENS), une association présidée par Philippe Gamen lorsque celui-ci était commissaire enquêteur.

 

Par ailleurs, les auteurs du recours ont aussi relevé que le père de Philippe Gamen habite dans une commune de l’enquête publique dont il était commissaire enquêteur ! L’existence de liens de parenté avec les bénéficiaires d’un acte caractérise un intérêt s’il est suffisamment direct, selon la jurisprudence, rappellent notamment le Parisien et Mediapart qui ont relaté l’existence de ce conflit d’intérêt.

Lire « Un nouveau conflit d’intérêts ? », Le Parisien du 14 janvier 2014

Lire « Ligne Lyon-Turin : encore un conflit d’intérêts ! », Mediapart, le 16 janvier 2014.

Mais le document en notre possession prouve que Philippe Gamen est aussi étroitement lié à un conflit d’intérêt avec LTF. Le compte rendu du bureau du Conservatoire du patrimoine naturel de la Savoie, daté du 31 janvier 2012, porte sur des négociations concernant des mesures compensatoires aux atteintes au patrimoine naturel en lien avec la LGV, qui ont eu lieu avant, pendant et après l’enquête publique dont il était l’un des commissaires enquêteurs.

Il indique en effet que « dans le cadre des rencontres entre LTF et le CPNS, LTF a proposé que soit constitué un groupe de travail sur les mesures compensatoires “patrimoine naturel” en lien avec le projet de LGV ».

Or, répondant à Mediapart en janvier 2014, Philippe Gamen affirme que la signature de la convention sur les mesures compensatoires, datée du 25 novembre 2013, issue des négociations, « “est postérieure à l’enquête publique”, conclue dix-huit mois plus tôt, précise l’association, qui nie par ailleurs l’existence du moindre lien financier antérieur. “Je ne pouvais pas prévoir que Lyon-Turin ferroviaire nous proposerait ce travail a posteriori” ».

Notre document contredit l’explication de Philippe Gamen : des rencontres avec LTF ont débuté avant le lancement de l’enquête publique, le 16 janvier 2012, et se sont poursuivies pendant celle-ci avec le promoteur de la LGV Lyon-Turin, c’est-à-dire entre le 16 janvier et 19 mars 2012, alors que Philippe Gamen, président de l’association, était aussi commissaire enquêteur.

Cette affaire est plus grave qu’il n’y paraît puisqu’elle implique également RFF et sa filiale LTF dans un conflit d’intérêt. RFF, alors présidée par Hubert du Mesnil, est le maître d’ouvrage de la partie française de la LGV mise à l’enquête publique, dont l’un des commissaires enquêteurs est Philippe Gamen. Or, RFF est aussi l’actionnaire à 50 % de LTF, le promoteur du projet en train de négocier les mesures compensatoires avec le CPNS, présidé par… Philippe Gamen, avant et pendant l’enquête publique comme le confirme notre document.

Hubert du Mesnil, devenu président de LTF en 2013, est aussi celui qui a signé la convention sur les mesures compensatoires avec le CPNS… Les mêmes acteurs de l’enquête publique sont d’un bout à l’autre les négociateurs d’un dossier décisif sur les atteintes à l’environnement du projet de LGV Lyon-Turin.

Pire, le conflit d’intérêt touche également les institutions. Dans notre document, il est mentionné la proposition « d’un groupe de travail piloté par la DDT », direction départementale des territoires (voir extrait ci-dessus), pour discuter des mesures compensatoires aux atteintes au patrimoine naturel. Le compte rendu précise qu’un accord de principe a été donné par la DDT et valide la participation du CPNS à ce groupe de travail.

Il faut préciser ici que la DDT fait partie du conseil d’administration du CPNS et qu’elle est un des services de la préfecture de Savoie, laquelle a ouvert l’enquête publique avec Philippe Gamen comme commissaire enquêteur, alors que celui-ci ne devait pas y siéger…

Ainsi, avant, pendant et après l’enquête publique, des tractations ont eu lieu en petit comité entre des dirigeants, tous parties prenantes dans le projet de LGV Lyon-Turin.

 

Lire > Lyon-Turin : erreur sur toute la ligne

 

Lire > Affaire de la LGV Lyon-Turin : Louis Besson écrit à Politis

 

Lire > LGV Lyon-Turin : l’office antifraude européen ouvre une enquête

 

 

Source : http://www.politis.fr/LGV-Lyon-Turin-le-scandale-prend,30159.html

 

 

 

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 19:51

Source : http://www.romandie.com/news/Manifs-a-Nantes-et-Toulouse-contre-les-violences-policieres/568295.rom

 

 

Manifs à Nantes et Toulouse contre les violences policières

(ats / 21.02.2015 21h52)

 

 


Des incidents ont émaillé samedi deux rassemblements organisés à Nantes et à Toulouse, en France, contre les "violences policières". Quinze policiers et deux manifestants ont été blessés, et une trentaine de personnes interpellées dans les deux villes, selon une source policière.


A Nantes, un millier de personnes ont défilé, un an après la manifestation d'opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) en marge de laquelle une vingtaine de personnes avaient été blessées.


Samedi, des projectiles ont été jetés sur les nombreux policiers et gendarmes mobiles, qui ont dispersé la foule à l'aide de canons à eau. Quinze personnes ont été blessées parmi les forces de l'ordre et deux manifestants ont été transférés à l'hôpital par les pompiers.


Dix personnes ont été interpellées pour "port d'arme" et "jet de projectiles" notamment, a précisé la source policière.


"Ca crève les yeux"
"Mais que fait la police ? Ca crève les yeux", ont notamment scandé les manifestants. Lors du rassemblement du 22 février 2014, trois personnes avaient perdu l'usage d'un oeil à la suite de tirs de "flash-ball".


Cette marche se voulait le point d'orgue d'une "semaine de résistances" dans le prolongement des manifestations organisées l'automne dernier après la mort de Rémi Fraisse. Le 26 octobre 2014, ce sympathisant écologiste avait été tué par une grenade offensive en marge d'un rassemblement contre le projet de barrage de Sivens, dans le Tarn.


Interpellations à Toulouse
A Toulouse, 500 personnes ont défilé pour la défense des "ZAD", les "zones à défendre", selon les manifestants, dans un climat de fortes tensions entre opposants au projet de retenue installés sur le site depuis octobre 2013 et les "pro-barrages" qui demandent depuis plusieurs mois leur expulsion.


Des projectiles ont, là aussi, été lancés contre les forces de l'ordre, qui ont répliqué à coups de gaz lacrymogènes. Une dizaine de vitrines de commerces ont été dégradées et une vingtaine de personnes interpellées.


(ats / 21.02.2015 21h52)

 

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