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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 17:22

 

 

Source :  www.reporterre.net


 

Ces décideurs qui ont une balle de golf à la place du cerveau

Saint Hilaire Durable

lundi 16 février 2015

 

 

 

Nos décideurs ont une balle de golf à la place du cerveau. Il n’y a pas d’autre explication possible à la volonté obstinée d’implanter des zones golfiques à des endroits qui ont besoin de tout, sauf d’un golf. Exemple avec cette nouvelle ZAD de Saint Hilaire, dans le Gard, réunissant toutes les tares des Grands Projets Inutiles qui pullulent en France.


L’expression GTI (Grands Travaux Inutiles) a désigné, à partir des années 1980-90, des infrastructures qui se sont a posteriori avérées économiquement inutiles et/ou déficitaires et, au niveau environnemental, souvent désastreuses. L’expression s’est ensuite étoffée et GPII (Grands Projets Inutiles et Imposés) désigne aujourd’hui des projets dont l’utilité est remise en cause par la population vigilante avant leur réalisation, avant que les dégâts irréversibles ne soient commis.

Tout se passe en effet comme si la société civile, les associatifs étaient les seuls à prendre en considération les alertes lancées par les organismes nationaux et internationaux sur le dérèglement climatique et ses conséquences irréversibles, le bétonnage massif, la perte des terres agricoles, la préservation de la biodiversité, la pollution (air, eau, sol), etc.

Le point commun à tous ces GPII qui impactent aussi dangereusement l’environnement que les finances publiques, c’est qu’ils ne sont jamais discutés préalablement avec les citoyens : les décisions sont prises par une poignée d’élus en connivence avec une technostructure, sous l’œil impatient des « milieux d’affaires ».

La démocratie n’a pas sa place, l’intérêt général n’est jamais clairement identifié ou alors il est « sublimé » par de gros enfumages, des études biaisées qui masquent par contre de réels intérêts privés.

Pendant ce temps, des besoins réels de la population ne sont pas satisfaits, faute de financement...

Ce mouvement d’opposition touche de nombreux pays comme le prouve le Forum Mondial qui regroupe les opposants aux GPII. En France, si l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est le « Grand Projet » emblématique, contestable et contesté, il existe sur le territoire national une centaine de projets qui sont remis en cause par des citoyens et, parmi eux, figure en bonne place celui de la ZAD golfique de Saint Hilaire de Brethmas.

Un projet local « exemplaire » de GPII : la ZAD golfique de Saint Hilaire de Brethmas

Sortie en 2004 de l’imagination d’un adjoint golfeur et de ses amis, cette ZAD (Zone d’Aménagement Différée, devenue Zone à Défendre) qui concerne le quart de la commune (360ha/1400) n’a fait l’objet d’aucune concertation. Les habitants n’ont pris connaissance du projet que lors de l’enquête publique du printemps 2013.

Malgré l’échec cuisant de ce premier projet (avis défavorable à l’enquête publique) et, en mars 2014, l’élection d’une nouvelle municipalité qui a mis en tête de son programme « l’abandon du projet golfique », l’Agglo veut toujours imposer sa zone golfique.

Peu de modifications : la zone économique est déplacée derrière le CAPRA de Méjannes les Alès et un centre équestre a été rajouté sur 15 ha. Pour le reste, la logique du premier projet demeure : expropriations pour un golf-immobilier, destruction des terres agricoles, urbanisation massive (400 logements + projets privés), eau pompée dans la nappe du Gardon et acheminée par une conduite de 4 km pour alimenter un gigantesque bassin de stockage, coût et déficit à la charge des contribuables mais profit probable pour les deux gros propriétaires privés… et suprême astuce, tout est rebaptisé du label éco : éco-site, éco-golf, éco-habitat, éco-hôtel, éco-centre équestre !

N’y a-t-il pas de vraies priorités ?...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source :  www.reporterre.net

 

 


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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 16:58

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Délinquance financière

Évasion fiscale, fraudes et manipulations : découvrez le casier judiciaire de votre banque

par Ivan du Roy, Rachel Knaebel 16 février 2015

 

 

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La banque dont vous êtes client a-t-elle été déjà été condamnée pour blanchiment d’argent ou défaillance dans la surveillance des risques qu’elle prend sur les marchés ? A-t-elle déjà payé des amendes ou des indemnités en France, aux Etats-Unis et en Allemagne ? Nous avons recensé les pénalités et sanctions qui, depuis la crise de 2008, ont frappé quatorze grandes banques, dont les six principaux établissements français : BNP, Société générale, Crédit agricole, BPCE, Crédit mutuel et Banque postale. Un tableau interactif vous permet d’étudier leur casier judiciaire.

Depuis la crise financière de 2008, les scandales bancaires se multiplient. Et de toutes sortes. Il y a ceux directement liés à la commercialisation de produits financiers toxiques qui ont conduit à la crise des subripmes. Il y a les manipulations de taux, les fraudes ou les failles dans la « gestion des risques ». Sans oublier l’évasion fiscale ou le blanchiment d’argent de la drogue, du terrorisme ou de régimes dictatoriaux. Le catalogue des exactions bancaires est presque aussi varié que celui des produits financiers complexes qu’elles vendent à leurs clients ! 

La gravité de ces délits financiers ne sont évidemment pas de même nature. Les amendes ou les pénalités dont doivent s’acquitter les banques diffèrent en conséquence. JP Morgan a ainsi payé une amende globale de 683 millions d’euros en septembre 2013 aux autorités états-uniennes et britanniques pour avoir laissé un trader londonien jouer avec six milliards de dollars. HSBC, Crédit Suisse et UBS collectionnent les amendes pour évasion fiscale – aider les riches contribuables à échapper au fisc – aux États-Unis, en Allemagne ou en France. Ces pratiques frauduleuses vont, pour HSBC, jusqu’au blanchiment de l’argent sale des cartels mexicains de la drogue : pour arrêter les poursuites judiciaires aux États-Unis, la banque britannique s’acquitte en 2012 d’une amende de 1,9 milliard de dollars (1,48 milliard d’euros) [1].

Blanchiment d’argent, drogues, terrorisme, évasion fiscale...

Basta ! s’est intéressé à quatorze grandes banques, dont les six principaux groupes bancaires français – BNP, Société générale (et sa filiale, le Crédit du Nord), le Crédit agricole (dont LCL), BPCE (Banque populaire - Caisse d’épargne, dont Natixis), le Crédit mutuel (dont le CIC) et la Banque postale. Nous avons recensé les sanctions financières qu’elles ont dû payer entre 2009 et 2014, et les possibles amendes qui les menacent lorsque des procédures en cours arriveront à leur terme. Au total, ces 14 banques ont déboursé près de 60 milliards d’euros de pénalités en cinq ans ! Et les banques françaises ne sont pas en reste.

 


Banque : Banque postale
Siège social : France

Type de délit : Entente illégale
Pays de la sanction : France
Date de la condamnation ou de l'accord transactionnel : En cours
Montant des sanctions ou du préjudice : 32 870 000 €.

Amende de l'Autorité de la concurrence pour entente illégale entre banques sur le coût d'une commission interbancaire sur les chèques. L'amende a été annulée en appel. L'autorité de la concurrence s'est pourvue en cassation.

Début de l'affaire : 2002, fin : 2007. Source(s) : Autorité de la concurrence Autorité de la concurrence


 

Comment utiliser le tableau :   * Pour visualiser l'ensemble du tableau cliquer ici ou voir à la fin de l'article


 En « survolant » une ligne, vous faîtes apparaître sous le tableau le descriptif de l’affaire, le logo de la banque et les sources de l’information.
 En cliquant sur le type de délit, vous accédez à une classification selon le délit. Nous les avons regroupé en huit grandes familles : Blanchiment / évasion fiscale / détournement ; Délit d’initié ; Entente illégale ; Failles dans la gestion du risque ; inégalité d’accès ; Manipulation des taux / des prix ; Vente de produits financiers toxiques ; Violation d’embargos.
 En cliquant sur le montant, vous accédez à un classement par ordre décroissant ou croissant. La somme indiquée est en général celle de l’amende ou de l’indemnité payées, de la sanction possible si l’affaire est en cours (la nature de la sanction est précisée dans le descriptif). Les amendes payées aux États-Unis en dollars ont été converties en euros en 2014, ce qui peut créer une marge d’erreur liée à l’évolution de la parité euro/dollar en fonction des années.
 En cliquant sur la date, vous retrouvez les sanctions par année (de 2008 à 2014). La mention "en cours" signale une affaire qui n’est pas terminée. Le montant de la sanction y est donc estimé.
 Enfin, vous pouvez classer les données en fonction du pays où a été prononcé la sanction : Allemagne, Europe (Commission européenne), États-Unis, États-Unis / Suisse / Royaume-Uni (lors de sanctions communes à plusieurs pays) et France.


La première banque française, BNP-Paribas, est d’ailleurs l’une des trois banques de notre panel à devoir payer les plus fortes amendes, derrière les banques états-uniennes JP Morgan et Bank of America : 6,64 milliards d’euros au total, soit l’équivalent du bénéfice net que BNP a réalisé en 2012. Cela est principalement dû à l’amende record dont elle a écopé aux États-Unis pour avoir réalisé, entre 2004 et 2009, des paiements en dollars dans des pays sous embargo états-unien – Cuba, l’Iran et le Soudan [2]. Près de trois quarts des transactions incriminées par le Département de la justice concernent des échanges réalisés en 2006 et 2007 avec le régime soudanais [3], visé par les sanctions nord-américaines pour soutien au terrorisme et violations des droits de l’homme, en particulier les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre commis au Darfour [4].

Bien plus près de la France, BNP est visée par une information judiciaire pour blanchiment d’argent dans une de ses filiales monégasques, l’affaire dite de la « lessiveuse africaine ». Le 12 novembre 2013, l’association Sherpa porte plainte à Monaco contre la BNP Paribas Wealth Management, installée dans la Principauté. L’association se base sur un rapport interne de l’Inspection générale de la BNP daté du 25 octobre 2011. Les chefs d‘accusation sont conséquents : escroquerie aggravée commise en bande organisée, recel d’escroquerie, recel de fraude fiscale et blanchiment aggravé commis en bande organisée du produit d’infractions pénales. Le procureur général de Monaco, Jean-Pierre Dréno, ouvre en février 2014 une information judiciaire contre X pour les chefs de blanchiment, recel de blanchiment et omissions de déclarations de soupçons. BNP est également attaquée en France pour avoir vendu à plusieurs milliers de clients des produits d’épargne très risqués (« BNP garantie Jet 3 » ou « Helvet Immo »). Près de 70 millions d’euros d’indemnités sont en jeu.

 

De Jérôme Kerviel à « la baleine de Londres »

La Société générale a également plusieurs casseroles à son actif, en France et aux États-Unis. L’affaire la plus emblématique concerne évidemment le cas du trader Jérôme Kerviel. Le 20 janvier 2008, les dirigeants de la Société générale s’aperçoivent qu’un de leurs traders a pris des positions risquées sur les marchés estimées à 50 milliards d’euros. Soit 1,5 fois les fonds propres de la banque ! Des positions qui exposent la banque à des pertes colossales, alors que la crise des subprimes se profile. La direction de la Société générale va les « déboucler » – revendre sur les marchés – en urgence. Les pertes s’élèvent à 4,9 milliards d’euros.

La banque accuse le trader d’être le seul responsable. Jérôme Kerviel est condamné en 2010 à cinq ans de prison dont trois fermes. Son obligation de rembourser les 4,9 milliards d’euros à la banque est cependant annulée par la Cour de cassation en mars 2014. Les magistrats rappellent « l’existence de fautes commises par la Société générale, ayant concouru au développement de la fraude et à ses conséquences financières ». Suite à une nouvelle plainte de Jérôme Kerviel contre son ancien employeur, pour faux, usage de faux et escroquerie au jugement, une information judiciaire a été ouverte à l’été 2014 contre la banque. La Société générale a, pour l’instant, écopé d’un blâme de la Commission bancaire, et d’une amende de 4 millions d’euros en juillet 2008. Bien loin des 920 millions de dollars payés par JP Morgan pour une affaire similaire à la City (l’affaire dite de la « baleine de Londres ») quatre ans plus tard [5]. Les autorités françaises semblent bien plus conciliantes.

 

Manipulations des marchés et des taux

La Société générale est aussi mise en cause dans l’un des récents grands scandales de manipulation bancaire : celui des taux Libor et Euribor. Ces obscurs acronymes désignent les taux pratiqués sur le marché monétaire interbancaire : là où les banques se prêtent de l’argent entre elles. Le Libor est le taux de référence du marché monétaire à Londres, l’Euribor celui du marché monétaire interbancaire européen. Tous les deux remplissent une fonction fondamentale : ils déterminent une série de taux d’intérêt pour une multitude de transactions, des prêts à la consommation au rendement de l’épargne, des crédits immobiliers aux produits dérivés.

Pendant plusieurs années, au moins une dizaine de grandes banques internationales ont menti sur leurs taux. Et ont ainsi largement faussé à leur avantage le niveau des taux de références Libor et Euribor. Des millions d’emprunteurs ont donc payé, pendant des années, un taux d’intérêt truqué. Le niveau des amendes infligées aux établissements bancaires impliqués dans cette fraude généralisée donne une petite idée de son ampleur. La Commission européenne a ainsi distribué en décembre 2013, des amendes d’un montant global de 1,7 milliard d’euros à huit banques internationales pour leur participation à la manipulation de l’Euribor. Parmi elles, la Société générale, écope d’une sanction de 446 millions d’euros [6].

 

Ententes illégales

La Société générale pourrait débourser jusqu’à 626 millions d’euros en France, en Europe et aux États-Unis pour solder ces diverses affaires. Outre le cas Kerviel, elle a été poursuivie pour la vente de crédits hypothécaires douteux aux organismes Fannie Mae et Freddie Mac qui garantissent ce type de prêts aux États-Unis. En France, elle est accusée, aux côtés des cinq autres grandes banques nationales, d’entente illégale sur les commissions que s’octroient les banques sur les chèques. Les six banques risquent de payer une pénalité globale de 375 millions d’euros à l’Autorité de la concurrence, les amendes s’étalant de 24 millions pour le Crédit mutuel/CIC à 103 millions d’euros pour le Crédit agricole/LCL. Le dossier est désormais devant la Cour de cassation.

Comparées aux fraudes commises par BNP et la Société générale, les autres banques françaises, mutualistes ou publiques, font office de très petits délinquants. Le Crédit agricole risque cependant une forte amende de la Commission européenne si sa culpabilité dans la manipulation de l’Euribor est reconnue. « A la suite de son enquête, la Commission Européenne a proposé à Crédit Agricole SA une transaction qui n’a pas été acceptée par le Groupe Crédit Agricole, lequel a refusé de reconnaître son implication dans les manipulations alléguées », nous a répondu Jean-Paul Chifflet, son directeur général (par écrit, le 12 décembre 2014). L’enquête de Bruxelles se poursuit.

De son côté, BPCE a provisionné 351 millions d’euros pour faire face à des poursuites judiciaires aux États-Unis. Ces poursuites sont liées à l’affaire de l’escroc Bernard Madoff dans laquelle Natixis, la banque d’affaires du groupe, figure sur le banc des accusés. Enfin, BNP et la Société générale sont également soupçonnées d’être impliqués dans une autre manipulation : celle du Forex (pour Foreign Exchange), le marché financier où les devises sont échangées. Plus de 5000 milliards de dollars y transitent chaque jour. Six banques, parmi lesquelles JP Morgan, UBS ou HSBC, ont déjà été sanctionnées par de lourdes amendes, d’un montant global de 4 milliards d’euros. Et BNP et la Société générale viennent d’être assignées à comparaître par le régulateur financier de l’État de New York pour pratiques illicites présumées sur le marché Forex (lire ici)...

Quand les banques payent plus d’amendes que d’impôts !

Face à ces retours de bâton de plus en plus coûteux, les banques inscrivent des provisions « pour litiges juridiques » toujours plus importantes dans leurs bilans financiers. La Société générale a ainsi mis de côté 700 millions d’euros en 2013 pour faire face aux éventuelles procédure judiciaires. « Pour tenir compte de l’évolution d’un ensemble de risques juridiques, dont notamment les enquêtes et procédures en cours avec des autorités américaines et européennes », explique-t-elle [7]. Le chiffre sera porté à 900 millions en juin 2014... Au Crédit agricole, les provisions pour litiges s’élèvent à 457 millions d’euros en décembre 2013 [8]. Et à 840 millions d’euros pour le groupe Banque Populaire-Caisse d’Épargne (BPCE). Quant à BNP-Paribas, elle provisionne 2,7 milliards d’euros fin 2013 en prévision d’amendes à venir. Pas assez, vu le montant finalement réclamé par la justice états-unienne.

Les grandes banques en arrivent parfois à payer plus en amendes qu’en impôts. En 2013, la Société générale a payé 533 millions d’euros d’impôts sur les bénéfices, largement moins que ce qu’elle a provisionné pour litiges juridiques [9]. Quant à BNP Paribas, elle a déboursé 2,7 milliards d’euros d’impôts sur les bénéfices en 2013, autant que ce qu’elle a mis de côté en prévision de ses ennuis judiciaires [10]. Il y a encore pire. La banque suisse UBS n’a payé que 90 millions d’euros d’impôts en 2013, un taux d’imposition d’à peine 3% ! [11]. Elle a pourtant payé plus de dix fois ce montant en 2012 pour solder les poursuites menées contre elle dans le cadre de l’affaire Libor-Euribor [12].

Pourquoi de si faibles amendes en France ?

Les amendes ne semblent donc pas vraiment dissuasives. Elles sont pourtant très lourdes aux États-Unis. Des banques états-uniennes, suisses ou allemandes ont dû y payer des sommes astronomiques pour avoir refourgué à leurs clients des produits financiers toxiques en connaissance de cause : 12,5 milliards pour Bank of America, 5,9 milliards pour Citigroup, 2,3 milliards pour Goldman Sachs, 1,3 milliard pour la Deutsche Bank !

Mais ce sont le plus souvent des accords transactionnels : les banques acceptent de payer le prix fort pour mettre fin aux poursuites et éviter un procès. « La transaction empêche toute enquête et procès, qui sont pourtant l’occasion d’un examen minutieux des faits. La vérité demeure enfouie, faute d’exposition publique des faits », regrette le spécialiste de la criminalité financière Jean-François Gayraud. Ces amendes « s’apparentent au final à un droit à frauder, ou à une taxe sur la fraude. À l’expérience, ce dispositif se révèle incapable de dissuader les grandes institutions financières de frauder, quand il ne les incite pas à récidiver », critique-t-il (lire ici).

En France, leur niveau demeure très faible comparé à ce qui se pratique dans les pays anglo-saxons. Un large éventail de sanctions existe pourtant. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), adossée à la Banque de France, dispose de tout un arsenal : avertissement, blâme, interdiction d’effectuer certaines opérations pour une durée maximale de 10 ans, suspension temporaire de dirigeants pour 10 ans maximum, démission d’office de dirigeants, retrait partiel ou total d’agrément ou d’autorisation, et amendes pouvant aller jusqu’à 100 millions d’euros. Idem pour la Commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Des sanctions pécuniaires ou disciplinaires pourraient faire effet si elles étaient pleinement utilisées. Problème : la commission des sanctions de l’AMF est composée en partie de représentants des banques, pas forcément enclins, donc, à une grande sévérité envers leurs collègues...

Rachel Knaebel et Ivan du Roy

 

Tableau réalisé par Mathieu Lapprand

 

A découvrir : « Le livre noir des banques », co-écrit par des journalistes de Basta ! et des économistes d’Attac. Disponible en librairie depuis le 11 février ou à commander en ligne sur cette page (372 p, 21,5 € Ed. Les liens qui libèrent).

Photo de Une : Bureaux de HSBC à Manhattan / CC Michael Fleshman [13]

Notes

[1Source.

[2Source. Le communiqué de BNP

[3] 6,4 des 8,8 milliards de dollars de transactions en cause dans la décision du ministère de la Justice américain concernent en effet le Soudan, dont 4 milliards pour le compte d’une institution financière détenue par l’État soudanais. Source.

[4] Le Conseil de sécurité des Nations unies a saisi la Cour pénale internationale (CPI) de la situation au Soudan en 2005. Plusieurs mandats d’arrêt ont été émis depuis par la CPI contre les dirigeants soudanais, dont un à l’encontre du président Béchir pour crime contre l’humanité, crimes de guerre (2009) et crime de génocide (2010).

[5] 200 millions de dollars d’amende de la Securities and Exchange Commission (SEC), organisme fédéral américain, 300 millions de l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), 200 millions à la Fed (la Réserve fédérale américaine), et 220 millions de dollars payés à l’autorité boursière britannique FCA.

[6Source. La Société générale a contesté le montant de l’amende.

[7] Document de référence 2014 de la banque, p 382.

[8] Document de référence 2013 de la banque, p 430.

[9] Document de référence 2014 de la banque, p 268.

[10] Document de référence 2013 de la banque, p 116.

[11] Voir le rapport du cabinet d’audit KPGM, « Défi pour la transparence, Communication financière des banques européennes en 2013 », juin 2014.

[12] 1,1 milliard de dollars soit 1,4 milliard de francs suisses. Source.

[13] Les bureaux de HSBC à Manhattan (New York) protégés par la police lors d’un rassemblement du mouvement Occupy en février 2013. Les manifestants demandent que les dirigeants de la banque soient emprisonnés après qu’ils aient reconnu l’implication de HSBC dans le blanchiment de l’argent de la drogue et du terrorisme

 

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Source : www.bastamag.net

 


Banque

Type de délit

Montant

Date

Pays de la sanction

Banque

Type de délit

Montant

Date

Pays de la sanction

Bank of America

Vente de produits financiers toxiques

€ 12 500 000 000

2014

Etats-Unis

Bank of America

Manipulation des taux /des prix

€ 200 000 000

2014

Etats-Unis

Banque postale

Entente illégale

€ 32 870 000

En cours

France

BNP

Blanchiment / évasion fiscale / détournement

€ 0

En cours

France

BNP

Violation d'embargos

€ 6 600 000 000

2014

Etats-Unis

BNP

Entente illégale

€ 63 000 000

En cours

France

BNP

Vente de produits financiers toxiques

€ 40 000 000

En cours

France

BNP

Vente de produits financiers toxiques

€ 28 000 000

En cours

France

BNP

Blanchiment / évasion fiscale / détournement

€ 59 000 000

2014

Etats-Unis

BPCE

Entente illégale

€ 90 900 000

En cours

France

BPCE

Délit d'initié

€ 250 000

2011

France

BPCE

Failles dans la gestion du risque

€ 351 000 000

En cours

Etats-Unis

BPCE

Vente de produits financiers toxiques

€ 100 000

2013

France

Citigroup

Vente de produits financiers toxiques

€ 5 916 000 000

2014

Etats-Unis

Citigroup

Manipulation des taux /des prix

€ 70 000 000

2013

Europe

Citigroup

Manipulation des taux /des prix

€ 585 000 000

2014

Etats-Unis

Crédit agricole

Entente illégale

€ 103 870 000

En cours

France

Crédit agricole

Manipulation des taux /des prix

€ 450 000 000

En cours

Europe

Crédit agricole

Vente de produits financiers toxiques

€ 0

2014

France

Crédit Mutuel

Entente illégale

€ 24 150 000

En cours

France

Crédit Mutuel

Blanchiment / évasion fiscale / détournement

€ 0

En cours

France

Crédit Suisse

Vente de produits financiers toxiques

€ 657 000 000

2014

Etats-Unis

Crédit Suisse

Blanchiment / évasion fiscale / détournement

€ 2 100 000 000

2014

Etats-Unis

Crédit Suisse

Blanchiment / évasion fiscale / détournement

€ 149 000 000

2011

Allemagne

Crédit Suisse

Violation d'embargos

€ 436 000 000

2009

Etats-Unis

Deutsche Bank

Délit d'initié

€ 775 000 000

2014

Allemagne

Deutsche Bank

Manipulation des taux /des prix

€ 1 100 000

2013

Etats-Unis

Deutsche Bank

Vente de produits financiers toxiques

€ 1 300 000 000

2013

Etats-Unis

Deutsche Bank

Vente de produits financiers toxiques

€ 399 000 000

En cours

Etats-Unis

Deutsche Bank

Manipulation des taux /des prix

€ 725 000 000

2013

Europe

Goldman Sachs

Vente de produits financiers toxiques

€ 408 000 000

2010

Etats-Unis

Goldman Sachs

Vente de produits financiers toxiques

€ 2 300 000 000

2014

Etats-Unis

HSBC

Blanchiment / évasion fiscale / détournement

€ 1 480 000 000

2012

Etats-Unis

HSBC

Blanchiment / évasion fiscale / détournement

€ 50 000 000

2014

France

HSBC

Entente illégale

€ 9 000 000

En cours

France

HSBC

Vente de produits financiers toxiques

€ 425 000 000

2014

Etats-Unis

HSBC

Manipulation des taux /des prix

€ 209 000 000

2013

Etats-Unis

HSBC

Blanchiment / évasion fiscale / détournement

€ 442 000 000

2012

Etats-Unis

HSBC

Manipulation des taux /des prix

€ 450 000 000

En cours

Europe

HSBC

Manipulation des taux /des prix

€ 511 000 000

2014

Etats-Unis / Suisse / Royaume-Uni

JP Morgan

Manipulation des taux /des prix

€ 889 000 000

2014

Etats-Unis / Royaume-Uni

JP Morgan

Failles dans la gestion du risque

€ 683 000 000

2013

Etats-Unis / Royaume-Uni

JP Morgan

Manipulation des taux /des prix

€ 79 000 000

2013

Europe

JP Morgan

Vente de produits financiers toxiques

€ 2 900 000 000

2013

Etats-Unis

JP Morgan

Failles dans la gestion du risque

€ 1 900 000 000

2014

Etats-Unis

JP Morgan

Vente de produits financiers toxiques

€ 8 000 000 000

2013

Etats-Unis

Société générale

Blanchiment / évasion fiscale / détournement

€ 500 000

2012

France

Société générale

Entente illégale

€ 60 450 000

En cours

France

Société générale

Inégalité d'accès

€ 2 000 000

2014

France

Société générale

Failles dans la gestion du risque

€ 2 500 000

2011

France

Société générale

Manipulation des taux / des prix

€ 445 900 000

2013

Europe

Société générale

Vente de produits financiers toxiques

€ 89 000 000

2014

Etats-Unis

Société générale

Failles dans le système de contrôle.

€ 4 000 000

2008

France

Société générale

Vente de produits financiers toxiques

€ 25 700 000

En cours

Etats-Unis

UBS

Blanchiment / évasion fiscale / détournement

€ 1 010 000 000

2013

France

UBS

Blanchiment / évasion fiscale / détournement

€ 300 000 000

2014

Allemagne

UBS

Blanchiment / évasion fiscale / détournement

€ 578 000 000

2009

Etats-Unis

UBS

Manipulation des taux /des prix

€ 1 100 000 000

2012

Etats-Unis / Suisse / Royaume-Uni

UBS

Vente de produits financiers toxiques

€ 657 000 000

2013

Etats-Unis

UBS

Manipulation des taux /des prix

€ 645 500 000

2014

Etats-Unis / Suisse / Royaume-Uni

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 16:45

 

Source : www.marianne.net

 

 

Macron ou le désert des idéaux

Gérard Filoche

Membre du Bureau national du PS.

 

 

Après trois semaines de débat à l’Assemblée, les députés votent la loi Macron ce mardi. Mais pour le socialiste Gérard Filoche, le ministre de l’Economie fait fausse route avec son texte et, surtout, avec son discours. Mieux vaudrait, selon lui, s’attaquer à la fraude fiscale révélée une nouvelle fois avec le SwissLeaks : "Il suffit d’embaucher 2 000 inspecteurs des impôts, des centaines d’informaticiens, de prendre les mesures légales pour traquer la fraude, et d’avoir la volonté politique d’affronter l’oligarchie". En un sens, conclut-il, "il suffit d’être de gauche"...
WITT/SIPA

« Ayez envie de devenir milliardaires », « Enrichissez-vous », « Vive le secret des affaires ». Le discours du ministre Macron, c’est le désert des idéaux dans lequel meurt l’espoir et naissent de dangereux scorpions comme ceux qui tuent les Charlie. Comment peut on se moquer ainsi de la jeunesse ? La priver de tout idéal alors qu’elle est déjà privée d’emploi ? La moquer en lui proposant de s’enrichir alors que les patrons la cantonnent exprès, pour des raisons politiques et nullement économiques, de 19 à 29 ans, dans des stages et des CDD ?

« Devenez milliardaires » ! Il y a 78 milliardaires en France, le record d‘Europe. Deux d’entre eux possèdent plus que 20 millions de Français. Il est impossible d’être à la fois milliardaire et honnête : parce que pour posséder tant d’argent, il faut avoir exploité, surexploité, volé le travail des autres, spéculé avec, triché, fraudé, accumulé, écrasé, sinon c’est impossible. Le travail n’enrichit personne, c’est l’exploitation du travail des autres qui enrichit. Et pour s’enrichir au point d’être milliardaires il faut  avoir pillé abusivement des milliers de travailleurs pendant des générations !

Et puis, en sus, au passage, Macron nous dit de réaliser un autre « idéal » : vendre triomphalement des Rafale aux sinistres dictateurs égyptiens qui massacrent leur peuple révolté et assassinent des femmes seules dans la rue. C’est sûr que la jeunesse va sentir l’apartheid plutôt que d’être fascinée par L’Argent de Zola et les « Rougon-Macron ».

Regardez les MatThieu Pigasse et Pierre Bergé qui tempêtent contre le fait que deux journalistes du Monde participent au SwissLeaks et révèlent l’ampleur de la fraude fiscale. Ils ne parlent pas de Luxleaks ni de Jean-Claude Juncker, Cahuzac puissance 10, patron de l’Europe, qui blanchit depuis trente ans au Luxembourg, l’argent de 340 multinationales, dont 58 françaises, nous prenant chaque année 100 milliards dans les caisses ainsi vidées de la République. La mise en place d’une « commission d’enquête » du Parlement européen est empêchée.

Forcément, le ministre Macron a tenté de faire passer un article de loi sur « le secret des affaires » et la « punition » de ceux qui contribuaient à le lever. A peine deux ans après Cahuzac où l’on nous avait fait le coup de la « transparence », Macron a tenté de faire le forcing pour le coup de l’opacité légale.

Sur 80 milliards de fraude fiscale « officielle » reconnue par Bercy, le ministre du Budget ne vise officiellement à faire rentrer que 2 milliards en tout et pour en 2014. Alors qu’il baisse le budget de nos besoins sociaux de 50 milliards pour verser 41 milliards au Medef. Le simple fait que la fraude fiscale estimée en Europe soit le double de la fameuse « dette » attribuée à tous les Etats de la zone euro devrait faire la une de tous les médias pendant des semaines. Il s’agit d’argent volé, détourné, enlevé aux peuples, aux salariés par les banques, les spéculateurs, les actionnaires.

Pour la simple Grèce, l’oligarchie — 1 % de sa population, les armateurs — a « planqué » 400 milliards en Suisse, plus que la « dette » qui lui est indignement exigée. Avec cette somme retrouvée, identifiée — car on sait tout d’elle : où elle est, à qui elle est, dans le moindre centime, on peut la pourchasser, on peut la rattraper, on peut la récupérer — la question de la prétendue « dette » est réglée, la « crise » est finie, tous nos pays redeviennent officiellement riches, les budgets sont en équilibre, on peut relancer l’économie, refaire de l’emploi en masse, instaurer les 32 heurs, augmenter les salaires. A propos de la délinquance financière, « La République vous rattrapera » s'écriait François Hollande au Bourget !

Quand Lagarde et Le Pen hurlent toutes deux, ensemble, « une dette est une dette » à propos de la Grèce, eh bien non, ces deux dames de l’establishment défendent leurs amis banquiers respectifs ! Refusant de s’en prendre aux banquiers, elles s'en prennent forcément aux peuples.

Car c’est entre le mensonge et la lumière, entre les banquiers d’HSBC, du Luxembourg, des îles Caïman ou Jersey et nous, que tout se joue : il existe 600 milliards d’avoirs français dans les paradis fiscaux, le double du budget de l’Etat. Tout est là.

Il suffit d’embaucher 2 000 inspecteurs des impôts, des centaines d’informaticiens, de faire un pont d’or aux journalistes qui travaillent sur les OffshoreLeaks, le LuxLeaks et le SwissLeaks, de prendre les mesures légales pour traquer la fraude, et d’avoir la volonté politique d’affronter l’oligarchie, les 1 %, les 58 sociétés qui trichent… Il suffit d’être de gauche, de vouloir lutter contre la misère, le chômage et les inégalités.

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 21:23

 

Source : www.liberation.fr

 

 

 

Plus de 25 000 manifestants en Grèce pour soutenir le gouvernement à la veille de l'Eurogroupe

15 février 2015 à 19:09

 

 

 

A Athènes ce dimanche.

 

A Athènes ce dimanche. (Photo Yannis Behrakis. Reuters)

 

La réunion des 19 ministres des Finances est un test pour le nouveau gouvernement d’Alexis Tsipras.

 

Au moins 18 000 personnes étaient rassemblées dimanche soir à Athènes, 8 000 à Thessalonique, selon la police, ainsi que plusieurs milliers à l’étranger, pour soutenir le gouvernement Tsipras à la veille de la réunion Eurogroupe de Bruxelles dont dépend l’avenir économique de la Grèce.

Mercredi, 15 000 personnes étaient déjà descendues dans les rues à Athènes et 5 000 à Thessalonique, la deuxième ville du pays, pour soutenir le nouveau gouvernement de gauche radicale Syriza d’Alexis Tsipras. Celui-ci veut remplacer le programme d’aide au pays mené par les créanciers internationaux (BCE, UE, FMI) par un accord-relais, suivi d’un programme de réformes élaborées en association avec l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

«Nous voulons la justice ici et maintenant. On doit nous rendre justice de toute la souffrance endurée par la Grèce au cours des cinq dernières années», estimait Théodora, chômeuse de 58 ans, sur la place Syntagma à Athènes. Vassiliki Pikazi, professeur en retraite, jugeait la situation «désormais meilleure pour nos émotions, nos âmes, nos cœurs» et pensait «qu’elle allait s’améliorer de manière générale». «L’espoir est né», selon Sonia, vendeuse. Sur les banderoles on pouvait lire «Finissons-en avec l’austérité en Grèce et en Europe», «Finissons-en avec Merkel, essayez la démocratie»...

D’autres manifestations se sont déroulées parallèlement en Europe. Quelque 2000 personnes ont manifesté à Paris en soutien au «David grec» contre «le Goliath de la Finance», à l’appel d’un collectif d’associations, et de partis de gauche et d’extrême gauche.

Sur le parcours parisien, la foule composée pour une large part d’hommes et de femmes d’âge mûr a scandé en choeur «En Grèce, en France, résistance contre l’austérité et la finance», ou encore «Syriza va gagner contre l’austérité, avec le peuple grec solidarité».

«Ensemble contre la Troïka»

A Marseille (sud), quelque 400 personnes ont manifesté également pour dénoncer le «diktat de la Troïka» des créanciers de la Grèce.

Au Portugal, entre 200 et 300 manifestants se sont rassemblés sur une place du centre-ville de Lisbonne avant de défiler en direction de la représentation de la Commission européenne. Aux cris de «Grèce, Espagne, Portugal; notre lutte est internationale», ils ont marché derrière des banderoles où l’on pouvait lire «L’espoir contre l’austérité», «Ensemble contre la Troïka» et «La peur a changé de côté».

«Nous voulons exprimer notre solidarité avec le peuple grec pour défendre son droit à décider de son avenir», a déclaré à l’AFP Paulo Coimbra, économiste de 46 ans et un des organisateurs de la manifestation. «J’ai souffert et je souffre encore des conséquences de l’austérité. Mon mari et moi avons perdu près de 40% de notre revenu et nous avons un fils de 47 ans qui a dû émigrer vers le Royaume Uni après avoir perdu son emploi et son appartement», a témoigné Maximina Melo, une retraitée de 66 ans, tenant dans ses bras son petit-fils de 5 ans qui agitait un drapeau grec.

Déjà samedi à Rome, plusieurs centaines de personnes avaient manifesté sur le même thème.

 

 

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Source : www.liberation.fr

 

 

 

 

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 19:57

 

Source : www.liberation.fr

 

 

Paris : manifestation de soutien au peuple et au gouvernement grecs

AFP 15 février 2015 à 19:23

Le leader du Parti de gauche Eric Coquerel (c) participe à la manifestation de soutien au peuple grec à Paris le 15 février 2015

Le leader du Parti de gauche Eric Coquerel (c) participe à la manifestation de soutien au peuple grec à Paris le 15 février 2015 (Photo Loïc Venance. AFP)

 

Quelques milliers de manifestants, 2.000 selon la police, ont exprimé dimanche à Paris leur soutien au «David grec» contre le «Goliath de la finance» à l’appel d’un collectif d’associations de partis de gauche et d’extrême gauche, a constaté l’AFP.

Les manifestants ont défilé dans le centre de Paris, de la place de la République à la place du Palais Royal, avec des banderoles et des drapeaux de Syriza, le parti du chef de gouvernement grec Alexis Tsipras, du Parti communiste, très présent dans le cortège, de Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) ou encore d’Europe Ecologie les verts (EELV) et du petit mouvement Nouvelle Donne.

Sur le parcours, la foule composée pour une large part d’hommes et de femmes d’âge mûr a scandé en choeur «En Grèce, en France, résistance contre l’austérité et la finance», ou encore «Syriza va gagner contre l’austérité, avec le peuple grec solidarité».

«Manifester est la moindre des choses» a commenté à l’AFP Catherine, infirmière psychiatrique. «Le peuple grec a voté, l’Europe et ses institutions tentent de l’empêcher de faire des réformes».

«En France aussi on se bat, contre la loi Macron», le projet de réforme du ministre de l’Economie Emmanuel Macron actuellement en discussion au Parlement, qui prévoit notamment d’étendre l’ouverture des magasins le dimanche et de faciliter les licenciements collectifs, a-t-elle souligné.

«On est là pour faire entendre la voix d’un peuple qui se bat pour son avenir, contre les attaques antidémocratiques des institutions européennes», a expliqué à l’AFP Nordine Idir, 29 ans, responsable des Jeunesses communistes. «Une autre politique est possible fondée sur le partage des richesses, mais il faut changer le logiciel européen, et la Grèce est peut-être en train d’ouvrir une brèche », a-t-il ajouté.

A Marseille, deuxième ville de France, une autre manifestation a rassemblé environ 400 personnes, selon les organisateurs, pour dénoncer le «diktat de la Troïka» (Banque centrale européenne, Commission européenne et Fonds monétaire international), a constaté une photographe de l’AFP.

Le gouvernement d’Alexis Tsipras, qui bénéficie d’un fort soutien des Grecs, doit négocier lundi avec les 19 ministres des Finances de l’Eurogroupe un accord sur la dette colossale du pays, en espérant ne pas avoir à annoncer des concessions.

Mercredi, au moins 15.000 personnes s’étaient rassemblées pacifiquement sur la place Syntagma, à Athènes, et 5.000 autres à Thessalonique, la deuxième ville du pays, en soutien au gouvernement.

AFP

 

 

 

Source : www.liberation.fr

 

 

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Source : www.humanite.fr

 

 

 

Manifestation de solidarité avec le peuple grec à Paris

Journal l'Humanité  

 

Ajoutée le 15 févr. 2015

Plusieurs milliers de personnes se sont mobilisées aujourd'hui à l'appel d'organisations politiques de gauche, mais aussi d'organisations sociales et syndicales, à Paris comme dans d'autres grandes villes d'Europe, afin de signifier leur soutien au peuple grec. Réalisation : Abrahim Saravaki

 

 

Source : www.humanite.fr

 

 

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 19:44

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

Pourquoi il faut un salaire minimum mondial

Francis Journot

Francis Journot est membre des associations citoyennes International convention for minimum wage, Vêtements made in France et Rendez-nous notre industrie.

 

Le militant associatif Francis Journot a entendu les récentes déclarations du pape François "à propos de l’esclavage et des risques mortels liés à l’immigration clandestine". Il le prend aux mots et lui propose d'envisager sérieusement l'instauration d'un salaire minimum mondial. "Le chantier serait moins titanesque qu’il n’y parait, écrit-il, car moins de 400 groupes internationaux, seulement, se partagent la quasi-totalité de l’économie mondiale".
Fin 2013, au Bangladesh, des centaines de personnes manifestent pour exiger un salaire mensuel minimum de 103 dollars et l'indemnisation des victimes et blessés après l’effondrement du Rana Plaza tuant plus de 1 000 travailleurs - A.M. AHAD / AP / SIPA

Au pape François, 

« Il est nécessaire d’agir sur les causes et non seulement sur les effets... ». Telles furent, en novembre dernier, vos recommandations au Parlement européen à propos de l’esclavage et des risques mortels liés à l’immigration clandestine. L’instauration d’un salaire minimum mondial lié aux biens de consommation et services exportés ferait reculer l’esclavage et offrirait parfois de nouvelles perspectives économiques à des populations qui migrent souvent au péril de leurs vies.

Le thème du salaire minimum mondial n’est certes pas nouveau mais en l’absence de projet pragmatique, celui-ci n’a jamais vraiment progressé. Le salaire médian selon le niveau de vie ou la rémunération moyenne de chaque pays est l’hypothèse la plus souvent évoquée mais la mise en place d’un tel dispositif nécessiterait plusieurs décennies. En effet, la dernière Convention concerning the creation of minimum wage-fixing machinery, qui a eu lieu en 1928, laissait champ libre aux États signataires mais s’est révélée être un échec : « Chaque membre qui ratifie la présente convention a la liberté de déterminer les méthodes de fixation des salaires minima ainsi que les modalités de leur application ».  Quatre-vingt dix neuf pays ont ratifié la convention dont la Chine en 1930 ou l’Inde en 1955 avec les résultats que nous connaissons. Certains pays ont adhéré en 2006 et 2007 soit près de 80 ans après.

Aussi, cette expérience nous enseigne que, pour être efficace et ratifiée rapidement par le plus grand nombre d’États, une nouvelle convention internationale devrait impérativement définir un cadre d’application commun plus précis. Il conviendrait en outre que le processus ne soit financièrement, guère contraignant pour les États. Le salaire minimum mondial préconisé s’adresserait donc d’abord aux personnels dont le travail serait lié aux produits et services exportés vers les grands marchés de consommation.

Les chefs d’États des pays émergents peuvent y voir une source de nouvelles recettes fiscalesLes chefs d’États des pays émergents pourraient appréhender l’intérêt d’un salaire décent, source de nouvelles recettes fiscales et de développement financé par une plus juste contribution des donneurs d’ordres principalement occidentaux. A terme, ce salaire pourrait générer un effet macroéconomique positif certain sur le niveau de vie de populations entières. 

Aujourd’hui, avec des salaires horaires variant le plus souvent, d’une à quelques dizaines de cents d’euros, la part salariale de la production d’un bien de consommation fabriqué dans un pays à bas coûts, n’avoisine le plus souvent qu’1 à 5 % du prix acquitté par l’acheteur final. Un salaire minimum mondial spécifique de 300 ou 400 € augmenterait les coûts de production mais ne devrait néanmoins, que modérément impacter les prix à la consommation.

Sous l’effet d’une crise qui ampute le pouvoir d’achat et l’accroissement d’une concurrence qui voit l’arrivée ininterrompue de nouveaux acteurs, notamment dans le secteur de l’habillement, l’offre s’adapte habituellement à la demande et les étiquettes des biens de consommation bas/moyen de gamme affichent une tendance à la rétractation. En effet, les grandes entreprises qui ont recours aux pays à bas coûts disposent généralement de marges considérables qu’ils peuvent réduire sans affecter dangereusement leurs résultats. Pour exemple, Apple a totalisé en 2013 et 2014 prés de 80 milliards de dollars de bénéfices et des enseignes comme Zara et H&M réinvestissent chaque année dans l’ouverture de 400 nouveaux mégastores luxueux situés sur les plus belles avenues du monde.

Vers un ralentissement du consumérisme et une diminution du réchauffement climatiqueL’intégration dans les coûts d’un salaire minimum décent et du réel impact écologique — de la fabrication à la commercialisation — nous orienterait vers un ralentissement du consumérisme et à terme, ferait diminuer le réchauffement climatique. La revalorisation des salaires industriels dans les pays émergents ou en développement, atténuerait  l’écart de productivité entre industrie et artisanat. Cela pourrait favoriser l’apparition de modes de fabrication ou de culture locaux et artisanaux, plus respectueux de l’environnement, qui désormais pourraient plus souvent assurer un revenu vital à des travailleurs indépendants ou à des petites structures, notamment dans les pays émergents. Progressivement la production muterait vers une offre de meilleure qualité, moins jetable, moins obsolète et subséquemment, plus économique pour le consommateur.

Au moment où le modèle économique basé sur une course à la croissance à l’infini dévoile ses limites mais continue néanmoins à détruire notre planète, il conviendrait d’attribuer aux plus grandes entreprises, un coefficient de responsabilité sociale et écologique. Il pourrait être calculé sur la base de la réelle empreinte écologique des services ou produits vendus. Il tiendrait compte de la qualité ou durabilité et des conditions de travail lors des prestations ou de la production réalisée chez les sous-traitants mais aussi de tous les éléments de commercialisation et de l’ensemble des moyens publicitaires. La contribution pourrait financer, à travers une agence mondiale dédiée, des actions en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique notamment l’aide au développement d’économies locales et artisanales ou de toutes actions conduisant à un allégement de l’empreinte écologique mondiale.

Moins de 400 groupes internationaux se partagent la quasi-totalité de l’économie mondialeLe chantier serait moins titanesque qu’il n’y parait car moins de 400 groupes internationaux, seulement, se partagent la quasi-totalité de l’économie mondiale. Il serait juste que les entreprises qui tirent immodérément parti de la planète, contribuent au financement d’actions tendant à réduire leurs dégâts.      

Dans votre message communiqué le 10 décembre 2014 titré « Non plus esclaves, mais frères », vous soulignez la « responsabilité sociale du consommateur » : « Chaque personne devrait avoir conscience qu’acheter est non seulement un acte économique mais toujours aussi un acte moral ». Certes, le consommateur peut et doit réduire sa consommation. Cependant, il convient de pointer du doigt la politique de libre-échange qui a favorisé l’explosion de la consommation et qui, en quelques années a fait bondir les émissions de CO2. L’achat a longtemps été un acte réfléchi reposant sur la recherche du meilleur rapport qualité/prix parmi une offre diversifiée de qualité, mais aujourd’hui les repères ont disparu. Le consommateur, toujours plus sollicité par une publicité invasive, consomme l’offre imposée par quelques grands groupes qui règnent sur les marchés de la consommation. Il est maintenant quasiment contraint de renouveler sans cesse des équipements jetables ou obsolescents majoritairement fabriqués dans des pays émergents à bas coûts dans des conditions souvent peu respectueuses de l’homme et de la nature.

215 millions d'enfants travaillent dans des conditions inacceptablesSelon un rapport de l’Unicef en 2012, 322 millions d'enfants (23% de la population mondiale âgée de 5 à 17 ans) sont engagés dans une activité économique. Parmi eux, 215 millions travaillent dans des conditions inacceptables et plus de 110 millions d'entre eux, sont soumis aux pires conditions de travail. Aussi, si l’on admet que lorsque les parents sont payés décemment, les enfants sont moins souvent contraints de travailler et peuvent ainsi aller à l'école, l’existence d’un salaire décent se révèle cruciale. De même, nous assistons impuissants à la noyade de milliers d’enfants et adultes migrants dont bon nombre fuient des pays où les salaires des ouvriers fabricant des produits pourtant destinés aux grands marches de la consommation, permettent à peine de survivre.   

Nous devons œuvrer à la régulation d’un marché mondial du travail qui, tout au long de l’histoire de l’humanité, n’a jamais compté autant de personnes travaillant dans des conditions proches de l’esclavage dans les pays émergents ou en développement mais aussi un nombre de chômeurs et de pauvres jamais atteint auparavant dans les pays développés.

Le 2 décembre 2014, journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, une réunion co-organisée par le Vatican et le mouvement Global freedom network, initié par le milliardaire et magnat des mines australiennes Andrew Forrest, a permis de recueillir la signature des 16 principaux chefs de communautés religieuses, en faveur d’une déclaration commune « pour mettre fin à l’esclavage avant 2020 ». Cependant, la déclaration ne semble pas s’être dotée de stratégie commune. Aussi, il est à redouter qu’à l’instar des dizaines de conférences ou conventions organisées depuis la Déclaration des droits de l’homme en 1948, que les résolutions ne soient suivies d’effets. Par ailleurs, le site du mouvement, destiné au recueil du soutien d’une part significative de la population mondiale stagne depuis sa création à 11 000 signatures sur le réseau social Facebook et un peu plus de 2 400 sur Twitter. On peut alors déjà craindre que la mobilisation planétaire escomptée ne soit guère au rendez-vous.

Une opportunité d’apaiser un monde au bord de l’implosion socialePublié en septembre 2013, le projet Global minimum wage to abolish slavery a été remarqué par des économistes de renom dont certains parmi eux, enseignent dans les plus prestigieuses universités américaines et nous ont fait part de leur intérêt. Bien qu’il faille admettre qu’il soit de nature différente et n’ait finalement guère vu le jour, le projet de salaire minimum mondial aux Etats-Unis avait cependant recueilli en janvier 2014 le soutien de 600 économistes.

Les chefs religieux que vous avez réuni et de nombreux économistes à travers le monde, sont susceptibles de soutenir la Convention internationale pour un salaire minimum que nous proposons. Certains parmi eux pourraient intervenir lors de celle-ci. Pays en développement ou développés pourraient s’accorder à voir en cette convention, une opportunité d’apaiser un monde au bord de l’implosion sociale. Alors peut-être parviendrons-nous à convaincre les deux principaux marchés de consommation — les Etats-Unis et l'Union européenne — l’Organisation internationale du travail et l’Organisation mondiale du commerce, de considérer la nécessité et l’inéluctabilité d’un salaire minimum mondial.

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

 

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 18:05

 

Source : www.humanite.fr

 

Energie: Mobilisation mondiale pour se désintoxiquer des investissements sales

Stéphane Guérard
Dimanche, 15 Février, 2015
Humanite.fr
AFP
Les associations environnementales ont mené campagne vendredi et samedi contre les flux financiers privés comme publics qui investissent massivement dans le pétrole, le charbon et le gaz.

C’est une drogue dure et noire qui coule dans les veines des marchés financiers. Chaque année, des milliards sont investis dans le pétrole, gaz, charbon, pour soutenir la prospection de nouvelles réserves, de production, d’extraction et d’exploitation de ces énergies fossiles qui représentent deux tiers des rejets de gaz à effet de serres. L’argent public s’y déverse aussi. Selon l’ONG Overseas Development Institute et Oil Change International, 775 milliards de dollars ont été déversés en 2012 en soutiens publics à la production et à l’exploitation des énergies fossiles, sous forme de subventions d’entreprises d’Etat, d’aides publiques directes et de ristournes fiscales, ou via l’action des banques publiques et institutions internationales. Sept fois plus que pour les énergies renouvelables. Publics ou privés, ces circuits financiers empruntent toujours les mêmes chemins, malgré l’alerte lancée par l’Agence internationale de l’énergie. Selon celle-ci, pour ne pas dépasser les deux degrés de réchauffement climatique, limite au-dessus de laquelle les capacités d’adaptation de l’homme sont hypothétiques,  il faudrait d’ici à 2050 avoir laissé dans le sous-sol les deux-tiers des réserves d’énergies fossiles disponibles.
Les mises en garde se suivent, les us et coutumes ne changent pour autant pas. D’où les « journées mondiales du désinvestissement des fossiles », vendredi et samedi. Sous la houlette mondiale du collectif 350.org, la campagne a été relayée en France par les Amis de la Terre, ATTAC et la Fondation Danielle Mitterrand France Libertés. Pour ces organisations, l’objectif est clair : « Fonds de réserve pour les retraites, collectivités locales, banques privés, tous ces acteurs jouent aujourd’hui un rôle majeur dans le maintien d’un modèle énergétique fondé sur les énergies fossiles, mais sont en mesure d’inverser la tendance en réaffectant leurs investissements et financements vers les secteurs de l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. »

36 milliards. C’est en dollars le montant des crédits publics à l’exportation dépensés en 2013 par les pays de l’OCDE pour financer des centrales thermiques

La campagne qui se poursuit est à cible multiples. Les particuliers sont appelés à s’informer sur les investissements réalisés par leurs banques, à peser sur elles pour qu’elles ne soutiennent plus les énergies carbonées ou, à défaut, à faire jouer la concurrence (voir le site financeresponsable.org). Les banques d’investissement et fonds privés sont eux aussi poussés à changer de produits financiers, à l’image du fonds souverain danois qui a annoncé se détourner définitivement des énergies fossiles. « Ce n’est pas de la philanthropie, relève Lucie Pinson, des Amis de la Terre. Si les Etats s’engagent lors de la conférence climat de Paris à réduire leurs rejets de gaz à effet de serre et s’ils adoptent des mécanismes qui font payer le vrai prix du carbone, le risque d’explosion de la bulle spéculative autour du pétrole, charbon et gaz est réel. Car les avoirs détenus par ces fonds dans les énergies fossiles seraient alors fortement dépréciés. » Cette incertitude pourrait à l’inverse relancer la constitution de produits d’investissement climato-compatibles, insuffisants en nombre actuellement pour fournir une alternative.

Les pouvoirs publics sont eux aussi incités à changer leurs pratiques. La France notamment. Selon l’Observatoire des multinationales, le seul Fonds de réserve pour les retraites détient plus de deux milliards d’euros d’investissements dans les énergies fossiles. Traduit en rejet de gaz à effet de serre, cela représente plus un potentiel de 194 milliards de tonnes de CO2. Les assurances crédits à l’exportation de centrales à charbon en faveur de firmes françaises comme Alstom sont elles aussi dans le collimateur. François Hollande en novembre, puis Manuel Valls il y a quinze jours, ont annoncé leur suppression, sous la pression des associations environnementales. "C'est une bonne nouvelle si elle s'applique immédiatement", avait réagi le Réseau action climat. Malheureusement le calendrier de mise en application n’a toujours pas été rendu public. Pendant ce temps, les pays de l’OCDE continuent de sponsoriser de nouvelles centrales à charbon. Pour la premières foi en 2013, leur nombre de mise en chantier a même dépassé celles des centrales à gaz, pourtant nettement moins polluantes.

Pour la Saint-Valentin, rompez avec votre banque ! (communiqué des Amis de la Terre)
Nous mangeons bio et local, nous nous déplaçons à bicyclette, notre maison est alimentée par enercoop, et si la prochaine étape était de changer de banque ? Déjà bien connues pour leur présence dans les paradis fiscaux, leur spéculation sur les marchés financiers agricole, les banques françaises financent aussi massivement les énergies fossiles. En ces journées internationales du désinvestissement des énergies fossiles et de la Saint-Valentin, Les Amis de la Terre appellent les clients des grandes banques françaises à s’assurer que leur argent ne contribue pas aux changements climatiques et à se tourner vers les établissements vraiment éthiques comme la Nef.

 

 

Source : www.humanite.fr

 

 

 

 

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 17:51

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Le grand entretien 15/02/2015 à 14h57

« Surveiller, tout en se cachant, est la forme la plus haute du pouvoir »

 

Claire Richard | Journaliste Rue89

Frank Pasquale, professeur à l’Université du Maryland, vient de publier « The Black box society ». Il décrit comment les algorithmes, protégés par le secret commercial, créent de nouveaux rapports de pouvoir.


Frank Pasquale (University of Maryland)

Frank Pasquale est professeur de droit à l’université du Maryland, aux Etats-Unis. Il travaille depuis longtemps sur les rapports entre les technologies de l’information et la loi, et s’intéresse en particulier aux dimensions éthiques et sociales de ces questions.

Son dernier livre « The Black box society : the secret algorithms that control money and information » (« La Société de la boîte noire : les algorithmes secrets qui contrôlent l’argent et l’information »), vient de paraître aux Etats-Unis.

Nous l’avons interviewé à cette occasion, pour parler du secret et du pouvoir des algorithmes et de l’importance de descendre Google et Facebook de leurs piédestaux respectifs.

Rue89 : D’où vous est venue l’idée de travailler sur le secret, et le secret des algorithmes en particulier ?

Frank Pasquale : J’ai commencé à travailler sur les moteurs de recherche en 2004-2005, et je me suis rendu compte que ceux-ci posaient un certain nombre de problèmes dont on ne parlait pas.

En 2003, il y a eu un premier procès contre Google : celui-ci faisait systématiquement descendre dans ses résultats une entreprise appelée SearchKing, qui était un autre moteur de recherche. Or il était impossible de savoir si Google essayait délibérément de se débarrasser d’un concurrent ou si le site descendait automatiquement dans les résultats parce qu’il était mauvais. On ne pouvait pas savoir parce que les algorithmes de Google, qui régissent ces résultats, sont protégés par le secret commercial.

Dans votre livre, vous expliquez que ce genre de secret est de plus en plus courant, et vous parlez, pour décrire le phénomène, de « société de la boîte noire ». Qu’est-ce que ça veut dire ?

La boîte noire est une métaphore d’ingénieur, qui décrit un système dans lequel vous savez ce qui entre et ce qui sort, mais rien de la transformation qui s’est opérée entre les deux.

La presse américaine a longtemps présenté Google comme un modèle pour les entreprises, en mettant en avant tous ses côtés sympathiques : la cantine délicieuse, les massages offerts, les décisions laissées aux ingénieurs... Mais ces articles ne disaient rien du rôle des avocats et des financiers, qui travaillaient à garder secret tout le fonctionnement interne de l’entreprise. C’est ça, la boîte noire : ce qui se passe dans les entreprises est protégé par le secret.

Aujourd’hui, aux Etats-Unis, de plus en plus d’entreprises affirment que toute l’analyse de données qu’elles mènent en interne relève du secret commercial, et que les algorithmes de notation, d’une personne ou d’une entreprise, sont protégés par le premier amendement, qui garantit la liberté d’expression. Certains tribunaux ont déjà accepté ces arguments. C’est comme ça que se crée une boîte noire de plus en plus impénétrable.

La boîte noire, c’est aussi une référence à la boîte noire d’un avion, qui enregistre toutes les manœuvres de l’appareil. Aujourd’hui, les grosses entreprises surveillent de très près leurs employés et peuvent faire de leur vie un enfer si ceux-ci veulent révéler des informations. On l’a vu avec l’affaire LuxLeaks : les employés qui voulaient parler se sont vite aperçus qu’ils risquaient la prison.

Auparavant, le secret commercial s’appliquait aux personnes les plus haut placées dans les entreprises. Aujourd’hui, les entreprises attachent une telle importance à leurs secrets qu’elles l’appliquent jusqu’en bas de la hiérarchie. Aux Etats-Unis, le secret commercial est même utilisé pour forcer les employés de la chaîne de sandwichs Jimmy John’s à signer un contrat de confidentialité sur la composition de leurs sandwichs ! En revanche, les actions des dirigeants restent cachées dans ces boîtes noires – protégées par le secret commercial, le jargon qu’ils emploient et des techniques de verrouillage et de cryptographie.

On est donc moins dans une société de la transparence que dans une société du secret ? Ou du moins, dans une société de la transparence asymétrique, où la majorité des gens sont surveillés au travail ou par le gouvernement, tandis que le secret est le privilège des plus puissants ?

Absolument. La capacité de surveiller les moindres faits et gestes des autres, tout en cachant les siens, est la forme la plus haute du pouvoir.

C’est l’histoire platonicienne de l’anneau de Gygès : celui qui est invisible, et qui donc peut voir tout ce que font les autres à leur insu, dispose d’un avantage stratégique énorme. C’est le ressort central d’entreprises comme Google ou Facebook. Elles disent qu’elles doivent leur richesse et leur succès au fait d’avoir les meilleurs analystes de données et les meilleurs algorithmes. Mais ce succès tient moins à des compétences spéciales qu’à une position de pouvoir particulière, qui leur permet de surveiller tout le monde en se soustrayant elles-mêmes aux regards.

Vous divisez le livre en trois parties : la première est consacrée aux entreprises spécialisées dans la réputation, la seconde aux moteurs de recherche et la troisième à la finance. Est-ce dans ces trois secteurs que se concentre aujourd’hui le pouvoir ?

Oui absolument. Ce sont ces gens qui contrôlent nos vies.

Les entreprises spécialisées dans la réputation, c’est la vision à la première personne. Ma réputation, c’est la façon dont les autres me perçoivent et me connaissent, et les algorithmes de réputation participent à cette interprétation.

Les moteurs de recherche, c’est la façon dont j’essaie de comprendre le monde qui m’entoure.

Et la finance... avec le secteur militaire, c’est ce qui détermine in fine nos marges de manœuvre. Et ils utilisent ces technologies de réputation et de recherche.

Or, on voit régulièrement de petites entreprises de pointe, qui maîtrisent des algorithmes de réputation et de recherche, se faire absorber par le secteur militaire ou la finance. Par exemple, les forces de l’ordre font souvent appel aux services d’une entreprise de la Silicon Valley nommée Palantir, spécialisée dans l’analyse de données. Les révélations de Snowden ont montré à quel point la NSA utilisait les technologies de Facebook et Google pour espionner les gens partout dans le monde... Et la CIA a préféré sous-traiter à Amazon son service de « nuage » plutôt que de créer le sien.

Pour moi, tout ceci montre la constitution et l’installation d’une élite de plus en plus unifiée, entre l’élite de la Silicon Valley, l’élite financière de New York et l’élite du renseignement militaire de Washington. Toutes les entreprises de la Silicon Valley sont en permanence à la limite de la légalité, en matière de fiscalité, de droit de la concurrence, de protection de la vie privée... Et leur avantage tient souvent au fait d’être liées à l’élite gouvernementale.

Regardez Google : au début, on disait que les vrais méchants, c’étaient les maisons de disques, mais que YouTube allait fort heureusement mettre fin à ce monopole, maintenant que tout le monde pouvait mettre toute la musique du monde en ligne et que les artistes pouvaient se passer des majors. Et regardez aujourd’hui : Google, le propriétaire de YouTube, coopère avec les maisons de disques, en faisant descendre dans ses résultats les sites pirates. Avant, quand les maisons de disques estimaient qu’un site était pirate, elles devaient passer par la justice. Aujourd’hui, il semble que Google fasse progressivement descendre un site dans les résultats, une fois qu’il a reçu suffisamment de plaintes.

Vous écrivez que « l’autorité s’exprime de plus en plus de manière algorithmique ». Que voulez-vous dire par là ?

C’est le journaliste américain Clay Shirky qui a exprimé cette idée d’autorité algorithmique, qu’on peut résumer ainsi : avant, la meilleure source faisait autorité. Si je voulais trouver le meilleur article d’info internationale, j’allais voir sur le site du New York Times ou du Guardian, des journaux qui font autorité à cause de leur ancienneté, des prix de journalisme qu’ils ont reçus, etc.

Dans le monde de l’autorité algorithmique, je vais sur Google et je tape « meilleur article d’info internationale ». Google me propose un millier de résultats parmi lesquels il en sélectionne un en tête de liste. Ici, ce n’est plus la source qui crée autorité mais mes précédentes recherches Google. Or je ne sais rien des algorithmes qui choisissent pour moi.

Pour Shirky, c’est une bonne chose. Mais je suis plus critique et j’interroge ce que nous perdons lorsque nous entrons dans le monde de l’autorité des algorithmes. Ce qu’il promet, évidemment, c’est qu’aujourd’hui n’importe qui peut voir son article en tête des résultats de Google News, ce n’est plus réservé à un petit groupe de gens « légitimes » comme ceux du New York Times.

Mais nous ignorons tout des arrangements commerciaux qui existent entre Google et les entreprises de notation et classement. Quels sont leurs buts ? Capter plus de notre attention ? Récolter plus de données ? Nous savons vraiment peu de choses sur cette autorité algorithmique et ce qui l’anime.

Justement, l’une des idées fondamentales de votre livre, c’est que les algorithmes ne sont pas neutres ou objectifs, mais peuvent au contraire refléter des préjugés ou être biaisés. Comment cela est-il possible ?

Pour construire un algorithme, vous êtes obligé de donner la priorité à un certain type de signal, parmi tous les signaux que vous recevez.

Aux Etats-Unis, Latanya Sweeney, professeure de droit à Harvard, s’est aperçue que quand elle faisait une recherche avec son nom dans Google, elle voyait apparaître des publicités automatiques proposées par AdSense titrées « Latanya : arrêtée ? ». Elles proposaient d’accéder à son casier judiciaire (via instantcheckmate.com), suggérant ainsi qu’elle avait déjà été condamnée. Par contre, si elle cherchait « Tanya Sweeney », alors les publicités qui s’affichaient lui proposaient de simples services de localisation, avec des titres neutres comme : « Tanya Sweeney : nous l’avons retrouvée pour vous ». La différence, c’est que Latanya est un prénom que l’on trouve plus souvent chez les Afro-américains, alors que Tanya est plus souvent un prénom « blanc ».

Latanya Sweeney a recherché sur Google les 2300 noms les plus représentés chez les Afro-américains. Elle a découvert que la plupart du temps, les mêmes publicités de instantcheckmate.com s’affichaient, avec le prénom suivi de « arrêtée ? » Ce n’était pas le cas pour les prénoms connotés « blancs ». En réponse, Google et les annonceurs ont affirmé que le processus était entièrement automatisé, et reflétait ce sur quoi les gens cliquaient le plus.

Et ceci est loin d’être un cas isolé : il y a déjà eu des problèmes similaires avec les posts recommandés de Facebook, par exemple.

Ce qui est problématique, c’est que si l’on regarde la composition démographique de la Silicon Valley, on y trouve très peu d’Afro-américains. Mais pendant des années, il a été impossible d’avoir des données sur le sujet : les géants de la Silicon Valley refusaient de communiquer les statistiques ethniques concernant leurs employés, en affirmant qu’il s’agissait d’un secret commercial. Après une énorme pression de la presse spécialisée, ces entreprises ont finalement révélé les chiffres. Et la proportion d’Afro-américains travaillant dans la Silicon Valley est d’environ 2%. Ils ne prennent clairement pas cette question au sérieux !

Mais ne peut-on pas dire que c’est juste l’algorithme qui reflète les préjugés racistes de la société en général ?

Si Google n’était qu’une grosse machine automatique, que l’entreprise mettait en marche sans plus intervenir après, alors cet argument serait recevable. Mais en réalité, il existe de nombreux contre-exemples.

A un moment donné, si l’on tapait « juif » (« jew ») dans le moteur de recherche, on tombait en premier sur un site antisémite et négationniste. Ce n’était pas le cas pour « Israel » ou « Jewish », mais pour « Jew », qui est le terme utilisé par les antisémites : ceux-ci se trouvaient algorithmiquement propulsés vers le haut des résultats. A ce moment-là, Google avait vivement réagi en affichant un message sur leur page de résultat, disant qu’ils ne cautionnaient ni la validité du site ni sa crédibilité.

Cela tient beaucoup aux contraintes que les développeurs acceptent comme légitimes, et à celles qu’ils refusent.

Pourtant, l’idée que les machines sont neutres et que la technologie est une solution est très présente dans la Silicon Valley. C’est ce que vous appelez le « techno-libertarianisme ». L’idée qu’on peut régler des questions sociales ou politiques avec la technologie, ce que le chercheur Evgeny Morozov appelle le « solutionnisme ». Comment répondre à ce problème ?

D’abord il faut arrêter de vénérer ces entreprises, comme si ce qu’elles faisaient était aussi génial et compliqué qu’envoyer un homme sur la Lune ou guérir le cancer. Les gens doivent commencer à comprendre, même grossièrement, comment fonctionne le « big data » : comment les données sont récoltées, nettoyées, utilisées.

Nous avons aujourd’hui un vrai problème culturel : beaucoup, beaucoup de gens, parmi lesquels des politiques, n’ont pas la moindre idée de comment tout ceci fonctionne. Ils voient ça comme quelque chose de magique, et pensent qu’il faut être un génie pour faire ça. J’essaie de calmer un peu ces ardeurs, et de dire que si ces entreprises ont la position dominante qu’elles ont aujourd’hui, c’est surtout parce que ce sont elles qui possèdent le plus de données.

De plus, c’est l’intelligence collective qui aide Google à affiner ses algorithmes. Google, c’est nous tous, c’est toutes nos recherches sur le Web. Même chose pour Instagram. On s’émerveille en disant : « oh, il n’y a que quatorze personnes pour faire tourner Instagram, alors qu’il y en avait 14 000 chez Kodak. Ces quatorze personnes sont incroyablement intelligentes ! » Mais non ! Ces quatorze personnes ne représentent rien, comparées à l’ensemble des photos que nous prenons !

Est-ce que les algorithmes accentuent les inégalités au lieu de les redresser ?

Oui, je pense qu’on peut dire ça. Aujourd’hui, sont concentrées un nombre considérables de richesse et de données dans les mains d’un tout petit nombre d’entreprises qui maîtrisent des algorithmes clés. On peut donc dire que les algorithmes accroissent les inégalités sociales au lieu de les redresser.

Bien sûr, il existe des contre-exemples : un algorithme pourra estimer qu’on peut accorder du crédit à quelqu’un à qui on n’en aurait jamais donné. Les algorithmes permettront aussi de nouvelles façons d’apprendre, nous feront découvrir des choses que nous n’aurions jamais perçues autrement. C’est une dimension évidemment très importante. Mais nous devons aussi regarder leurs côtés négatifs et comprendre que des régulations et des politiques publiques peuvent répondre aux problèmes que ces algorithmes engendrent. Ce n’est pas un phénomène naturel qui poursuit un processus inéluctable.

Quelles mesures pourrait-on prendre pour ouvrir les boîtes noires des algorithmes ?

Commençons par la finance. Dans ce contexte, je suis en faveur d’échanges d’informations et de rapports automatiques. Thomas Piketty, dans « Le capital au XXIe siècle », insiste sur l’importance des paradis fiscaux et celle de savoir où est l’argent dans le monde. A l’heure actuelle, 20 000 à 40 000 milliards de dollars sont manquants. Avec un enregistrement automatisé des transactions, les autorités fiscales n’auraient pas à attendre la divulgation des documents, à faire des procès, etc.

En ce qui concerne Internet, j’ai quelques idées. Par exemple, pour contrer Google Books : pourquoi la bibliothèque du Congrès n’a t-elle pas demandé une copie numérique de tous les livres qui sont déposés chez elle ? S’ils l’avaient fait, et ils auraient dû le faire, nous aurions une alternative publique à Google et Amazon. Les livres sont des éléments cruciaux, qui offrent des avis d’autorité, fiables, sur un grand nombre de questions. Il est vraiment triste de vivre dans un monde où une grande partie de la population a accès à ces livres via une entité commerciale.

En ce qui concerne la protection de la vie privée, celle-ci doit être appliquée bien plus strictement pour protéger les individus. Le secret commercial, dans bien des cas, n’est que l’appropriation des lois sur la protection de la vie privée par les entreprises. A mon sens, chaque mesure qui étend le secret commercial pour les entreprises doit être compensée par une mesure équivalente dans la protection de la vie privée des individus. Les courtiers en données ne devraient pas pouvoir avoir un dossier sur moi sans que je puisse le consulter, l’annoter, le contester et le faire modifier si besoin.

Le gouvernement a un énorme pouvoir qu’il n’utilise pas du tout. Quand il s’en défend sur le ton du « nous ne pouvons pas faire ça, ça ralentirait l’innovation », c’est parce qu’il y a beaucoup de personnes très haut placées dans le gouvernement qui espèrent finir à Google ou dans une de ces énormes entreprises ! Ces comportements sont souvent le fruit de la lâcheté. Les gens sous-estiment le pouvoir réel du gouvernement.

Est-ce que l’Europe a fait un meilleur travail de régulation ?

Bien meilleur. Les Européens ont des années lumières d’avance sur les Etats-Unis, sur la façon dont ils envisagent la vie privée, dans les questions de droit anti-trust que pose Google. Ils ont une approche beaucoup plus agressive que l’approche minimaliste des Etats-Unis.

Pour lutter contre l’influence de ces algorithmes secrets, vous ne parlez pas du tout du mouvement open source et des mouvements open data. Vous ne croyez pas qu’ils puissent représenter une alternative ?

Pour certains problèmes bien précis, l’open data sera très utile : par exemple si vous voulez réparer les routes dans telle ou telle ville, et que vous avez accès aux données pour savoir où se concentrent les réclamations, vous pouvez organiser de petits groupes de pression et obtenir une action des pouvoirs publics. Mais je ne pense pas que l’open data créera des alternatives viables à ces géants de l’Internet ou aux banques.

Quant à remplacer les systèmes propriétaires par des versions open source... Si ma vie se résumait à être sur des réseaux sociaux, ce ne serait pas très compliqué pour moi de partir sur un réseau social open source et d’y mettre en ligne mes milliers de photos, et convaincre ensuite mes amis de me rejoindre. Si ma vie se résumait à faire des trajets avec Uber, ce serait très facile de basculer sur une alternative open source, et d’attendre une demi-heure plutôt que quelques minutes avec Uber. Si je ne faisais qu’envoyer des mails, poster des photos sur Instagram... Mais je fais toutes ces choses en même temps, en plus de ma vie professionnelle et familiale. Je n’ai pas le temps de faire tout ça, tout simplement ! Et si même moi, que ces questions préoccupent suffisamment pour que j’en fasse un livre, je n’ai pas le temps, je doute que beaucoup de gens l’aient.

Beaucoup de gens disent qu’ils sont prêts à échanger un peu de leur vie privée contre une promesse de sécurité ou d’une meilleure expérience de consommation, des publicités ciblées personnalisées. Les révélations de Snowden n’ont pas provoqué de protestations massives. Face à ce manque d’intérêt ou du moins, de réaction publique pour la question, que faire ?

Je ne pense pas que le changement social viendra de l’apparition de ces questions dans le débat public ou de l’action des consommateurs. Je me concentre sur les membres des plus hautes institutions – Congrès, Sénat, Parlement européen, etc.

Je veux leur faire comprendre que s’ils ne changent pas la façon dont ils se représentent Internet et la finance, et qu’ils ne changent pas profondément leur approche de la régulation, leurs emplois deviendront très rapidement obsolètes

 

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 21:40

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Finances publiques

Quand l’argent de vos cotisations retraite accélère le réchauffement climatique

par Ivan du Roy, Olivier Petitjean 13 février 2015

 

 

 

 

L’argent que gère le Fonds de réserve des retraites est censé garantir aux générations futures le bénéfice d’une protection sociale. Problème : une partie des excédents de cotisations retraites est investi dans des secteurs très polluants et des entreprises controversées. Basta ! et l’Observatoire des multinationales ont étudié la liste de ces placements, qui profitent notamment à Total, Shell, Gazprom, Monsanto, ou même à l’industrie du tabac ! Le Fonds de réserve des retraites sera la cible d’une campagne de mobilisation animée par le mouvement écologiste 350.org. Objectif : que les institutions financières retirent leurs investissements des secteurs qui contribuent fortement au changement climatique.

C’était l’une des idées du gouvernement Jospin : créer un fonds de réserve pour les retraites afin de financer dans la durée les pensions des retraités, en particulier les dépenses supplémentaires générées par les « papy boomers ». Il s’agissait d’assurer la viabilité du régime des retraites pour les générations futures, au-delà de 2020. Le fonds a été mis en place en 2001. Il devait être abondé à hauteur de 130 milliards d’euros à l’horizon 2015. Cet objectif ne sera jamais atteint. Le fonds gère cependant aujourd’hui 34 milliards d’euros d’actifs. L’argent placé provient principalement des excédents de différentes caisses de retraite – donc de nos cotisations – et de prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine. Le fonds est hébergé par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le principal établissement financier public, et est doté d’un conseil de surveillance composé de parlementaires et de représentants syndicaux et patronaux.

Censé garantir aux générations futures de pouvoir bénéficier du système des retraites quand elles vieilliront, ce fonds contribue paradoxalement à ternir leur avenir. Car il participe de manière non négligeable au réchauffement climatique en plaçant des centaines de millions d’euros dans des activités très polluantes. Basta ! et l’Observatoire des multinationales – avec l’appui du mouvement pour la justice climatique 350.org – se sont plongés dans le portefeuille d’actions et d’obligations détenus par le Fonds de réserve pour les retraites (FRR) dans des centaines d’entreprises. Il détient des investissements directs dans 60 des 100 premières entreprises mondiales du secteur pétrolier et gazier, et dans 21 des 100 premières entreprises mondiales de charbon. Soit plus de 920 millions d’euros au service des secteurs les plus émetteurs en CO2, selon notre décompte des actions et obligations d’entreprises détenus par le fonds au 31 décembre 2013.

Total, Halliburton ou Gazprom profitent de l’argent des retraites

Dans le secteur des énergies fossiles au sens large – incluant l’extraction, le transport, le stockage et la génération d’électricité à partir de sources fossiles (pétrole, gaz et charbon) –, le fonds a investi pas moins de 2,1 milliards d’euros, dont un milliard d’euros dans les mines et centrales à charbon, un secteur particulièrement polluant. Encore ce chiffre ne tient-il pas compte des participations indirectes ni des secteurs économiques gros consommateurs d’hydrocarbures comme le ciment, la sidérurgie ou la pétrochimie. Le fonds détient ainsi de nombreux actifs dans les banques, qui elles-mêmes investissent ensuite dans des secteurs très polluants. BNP Paribas et le Crédit agricole, dont des filiales travaillent comme prestataires du fonds [1], figurent par ailleurs parmi les vingt institutions financières qui investissent le plus dans l’extraction de charbon (voir le Livre noir des banques, édité par Attac et Basta !).

L’un des placements préférés du fonds de réserve des retraites est Total, que l’on ne présente plus. Le géant pétrolier, malgré ses activités controversées dans les sables bitumineux ou le gaz de schiste et ses relations polémiques avec des dictatures, profite de 130,6 millions d’euros d’investissements, abondés en partie par nos cotisations sociales. D’autres géants pétroliers, régulièrement critiqués pour leurs mauvaises pratiques environnementales, bénéficient également de l’argent de la protection sociale. 29,1 millions d’euros pour Shell, qui prospecte en Arctique, est accusé de graves crimes environnementaux au Nigeria, et promeut le gaz de schiste de l’Ukraine à la Patagonie (lire notre article). 7,7 millions pour Chevron, considérée comme la « pire entreprise de tous les temps » par les Public Eye Awards en 2015 et au centre d’une bataille juridique internationale l’opposant à des communautés de l’Amazonie équatorienne, qui l’accuse d’avoir dévasté les zones où la multinationale a opéré (notre article).

Également 13,9 millions d’euros pour Halliburton, qui a largement profité de la guerre d’Irak grâce à sa proximité avec l’administration Bush. Halliburton est aussi impliquée dans la marée noire du Golfe du Mexique de 2010 (lire ici). Ou encore 4,2 millions pour la compagnie gazière russe Gazprom… Un fonds censé contribuer à la protection sociale des générations futures finance donc les oligarques russes proches de Poutine ! Chacun appréciera également le fait que la puissante multinationale Glencore, active dans la spéculation sur les matières premières, et basée dans le paradis fiscal du canton de Zoug, en Suisse, profite de 49,8 millions d’euros des contribuables français (notre article). La liste est encore longue…

L’industrie du tabac, la déforestation et les OGM aussi !

Une partie de nos retraites finance ainsi des entreprises qui disposent de réserves d’hydrocarbures et de charbon capables, si elles continuent d’être extraites des profondeurs de la terre, de déstabiliser la température planétaire. Pour éviter que le réchauffement global ne dépasse le seuil critique des 2°C supplémentaires à la fin du siècle, la majeure partie de ces réserves d’énergies fossiles doivent demeurer inexploitées. Les sociétés pétrolières et gazières au sein desquelles le fonds possède des participations cumulent des réserves de plus de 194 milliards de tonnes de CO2. Soit 370 fois les émissions de la France sur une année ! [2]

Et il n’y a pas que le réchauffement climatique. Le Fonds de réserve des retraites a investi plus de 130 millions d’euros dans l’industrie du tabac en 2013 [3]. Sans oublier les actions et les obligations placées dans l’industrie des boissons alcoolisées. Un commentateur cynique y verrait une manière de limiter le nombre de retraités… Les OGM – 17 millions pour Monsanto – et l’industrie de l’huile de palme, accusée de provoquer une déforestation massive, en Asie notamment, bénéficient également des largesses de nos excédents de cotisations retraites.

Pourtant, ce mini fonds souverain public se targue de mener une stratégie d’investissement « socialement responsable » et de prendre en compte « des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance » dans la gestion de son portefeuille [4]. Seules les entreprises impliquées dans les armes controversés – mines anti-personnel et bombes à sous-munitions – ont été exclues. En 2014, le fonds a lancé, avec un fonds de pension suédois et le fonds Amundi (Crédit agricole) un indice boursier « bas carbone » dont le principe est de sélectionner des entreprises de tous les secteurs émettant moins de gaz à effet de serre que leurs concurrentes. L’application de ces critères aurait pour résultat d’exclure plusieurs dizaines d’entreprises, dont Total (pétrole et gaz), BHP Billiton (charbon) et Lafarge (ciment). Un premier pas aux effets cependant limités, car des entreprises comme Chevron ou ExxonMobil figurent encore en première place de cet indice.

Des investisseurs se retirent des secteurs controversés

Le fonds public demeure à la traîne d’un mouvement qui gagne les investisseurs du monde entier. Ceux-ci commencent à retirer leurs placements des secteurs les plus polluants. « Depuis l’automne 2014, est apparu un mouvement coordonné d’investisseurs engagés dans la lutte contre le changement climatique par divers modes d’actions. En plein essor, il puise ses origines dans leurs pratiques d’investissement responsable », souligne Novethic, média spécialisé sur l’économie responsable, qui vient de publier un rapport sur le sujet (« Les investisseurs mobilisés sur le changement climatique »). « Le mouvement a pris une ampleur particulière aux États-Unis en associant les investisseurs éthiques comme les congrégations religieuses, les fondations et des grands fonds de pension emblématiques (…) ou encore les universités. »

Les exemples se multiplient. La prestigieuse université de Stanford aux États-Unis a annoncé son désinvestissement du charbon en mai 2014 suite à une campagne de mobilisation étudiante. Elle suit ainsi le chemin tracé par le Hampshire College du Massachussets : il a été le premier collège universitaire à se désinvestir des énergies fossiles en décembre 2011, après avoir été le premier collège à se désinvestir des entreprises actives en Afrique du Sud au temps de l’apartheid. En Europe, l’Université de Glasgow en Écosse est la première université du continent à se désinvestir entièrement des énergies fossiles, en octobre 2014. Ses 172 millions d’euros de dotation ne contribueront plus au réchauffement climatique.

Collectivités et fonds publics français à la traîne

Des collectivités locales sont aussi en pointe : Seattle est la première grande ville américaine à déclarer vouloir se désinvestir des énergies fossiles en 2012. Elle a été suivie par San Francisco. Et de gros investisseurs rejoignent le mouvement. Le Rockefeller Brothers Fund, le fonds philanthropique de 860 millions de dollars géré par la famille Rockefeller, héritiers d’une fortune pétrolière, en septembre 2014. Le Fonds de pension du gouvernement norvégien, qui gère un portefeuille de plus de 850 milliards de dollars, a récemment annoncé s’être désengagé de 22 entreprises en raison de leurs fortes émissions de CO2. Ce mouvement va-t-il gagner la France ?

Les premières journées mondiales de désinvestissement auront lieu ces 13 et 14 février (« Global Divestment Days »), à l’initiative notamment du mouvement 350.org. Celui-ci a été fondé en 2008 aux États-Unis par le journaliste Bill McKibben. Le chiffre 350 se réfère au niveau de CO2 dans l’atmosphère – 350 parties par million ou ppm – à ne pas dépasser pour préserver une planète habitable et minimiser les impacts du changement climatique, alors que le niveau actuel de CO2 dans l’atmosphère est déjà supérieur à 400 ppm. L’objectif, en France, est que les investisseurs publics, de la Caisse des dépôts et de consignation aux collectivités locales, commencent à prendre leurs responsabilités.

Ivan du Roy et Olivier Petitjean

Photo : CC Kris Krug

- Lire l’intégralité du rapport Fonds de réserve des retraites et énergies fossiles : des investissements aux dépens des générations futures ?

 

Notes

[1Via Amundi, filiale du Crédit agricole, et BNP Paribas Asset Management.

[2Les émissions de CO2 de la France s’élèvent à 522 millions de tonnes de CO2 en 2010, selon le ministère du développement durable.

[3Voici le détail : Altria (4 546 592 euros en actions et 18 642 710 euros en obligations), Philip Morris (3 411 849 euros en actions et 39 137 653 euros en obligations), British American Tobacco (12 956 787 euros en actions et 15 714 748 euros en obligations), Imperial Tobacco (11 354 615 euros en actions et 20 940 337 euros en obligations), Reynolds (2 578 626 euros en actions et 3 865 103 euros en obligations) ou encore Lorillard (844 115 euros en actions et 5 034 401 euros en obligations)

[4Voir le site du FRR.


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Source : www.bastamag.net

 

 


 

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 19:30

 

Source : www.okeanews.fr

 

 

Syriza monte en flèche dans un premier sondage post-électoral


Le premier sondage post-électoral en Grèce montre une très nette augmentation de l’avance de Syriza et un fort soutien de la population pour le gouvernement.


14 février 2015 

Dans un sondage réalisé par MARC pour la chaîne de télévision Alpha TV, Syriza monte en flèche avec 45.4% d'intentions de vote et prend une énorme avance de 25% sur Nouvelle Démocratie qui baisse très nettement.

Dans ce même sondage, 81.3% des personnes interrogées considèrent comme "positif" et "plutôt positif" les premiers jours du nouveau gouvernement de coalition (contre 13.6% "plutôt négatif").

79.9% estiment par ailleurs que le programme de Syriza est positif...

 

*Suite de l'article sur okeanews

 

 

Source : www.okeanews.fr

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    sur le terrain de Caveirac

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et venez partager ce lieu avec nous !



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