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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 18:12

Source : http://www.euractiv.fr

 

Les promesses non tenues compromettent la confiance des citoyens dans l'UE

 

Published: 20/02/2015 - 09:32

 

Les politiques et les institutions devraient être plus empathiques dans leur manière d'engager les citoyens [EPP/Flickr}

 

L'UE devrait répondre à la lassitude de l'opinion à son égard par davantage d'empathie, selon deux experts qui sont allés au devant des citoyens européens.

Heather Grabbe, directrice de l'Institut de politique européen Open Society, et Stefan Lehne, professeur invité à Carnegie Europe, sont allés à la rencontre d' Européens pour tenter de comprendre ce qu'ils attendent de l'UE. Leurs discussions approfondies avec des citoyens de Košice, Sofia, Lille et Athènes, leur ont permis d'identifier les motifs de la crise politique que traverse le Vieux Continent.

Suite à la crise économique, des millions d'Européens ont tourné le dos aux partis traditionnels pour soutenir de nouveaux mouvements eurosceptiques, populistes et contestataires. Le fossé démocratique grandissant, qui a entraîné des partis comme Syriza, Podemos ou le Mouvement 5 étoiles sur le devant de la scène, menace le bon fonctionnement de l'Union européenne.

>> Lire : Les eurosceptiques arrivent en force au Parlement européen

Empathie vs stupidité

« Nous avons observé un véritable tumulte dans la politique européenne. Certains partis disparaissent et d'autres émergent du jour au lendemain », a indiqué Heather Grabbe. Selon elle, le problème posé par ces nouveaux partis est épineux, car ils sont absents de la plupart des débats législatifs, comme celui sur la Directive des dossiers passagers (PNR).

« Au lieu de faire preuve d'empathie, on risque de se retrouver face à de la stupidité », a-t-elle déclaré.

L'Europe paie le prix des promesses qu'elle n'a pas tenues. Lors de la présentation de l'étude, Alexander Graf Lambsdorff, eurodéputé allemand du groupe des Libéraux a déclaré que les hommes politiques ne devraient pas promettre une « Europe protectrice » pendant les campagnes électorales.

La crise a redistribué les cartes, et aucun gouvernement n’est capable de tirer son épingle du jeu simplement parce que l'économie est désormais contrôlée par des puissances mondiales. « Nous avons beaucoup critiqué l'UE, qui avait bon dos pour les responsables politiques nationaux, mais le véritable responsable est la mondialisation », a ajouté Heather Grabbe,

Dimitar, un jeune blogueur, Katarina, une ouvrière, Alekosm, un retraité, et les deux autres personnes citées dans le rapport, représentent les plus de 500 millions de citoyens : ils ont tous les cinq ressenti de la frustration face aux ratés de la démocratie européenne.

« Pour eux, les politiques locales et nationales sont ennuyeuses et ne répondent ni à leurs besoins, ni à leurs espoirs, ni à leurs craintes. En théorie, l'UE devrait pourtant être capable de les aider, mais en pratique, elle leur semble lointaine, hiérarchisée, technocratique, obscure, injuste et irresponsable », peut-on lire dans le rapport.

Une modification du traité inenvisageable

Certains des défauts de l'UE peuvent être corrigés, mais d'autres sont trop imbriqués dans la structure européenne et une modification du traité européen serait nécessaire pour les effacer.

La confiance s'est déjà tellement effritée que même une modification du traité pour améliorer la participation démocratique ne serait pas approuvée par référendum dans plusieurs pays membres.

De même, ceux qui ne cessent de défendre l'UE avec des arguments de paix, de stabilité, et de prospérité s'enfoncent dans de vieux paradigmes au lieu de se concentrer sur les changements sociaux qui permettront au projet européen d'avancer vers une nouvelle ère, et d'obtenir le soutien de sa population, soulignent les experts.

Quelles sont donc les idées avancées par les chercheurs et leurs cinq Européens ? Elles s'appuient sur deux piliers démocratiques : les parlements nationaux et une démocratie participative.

Il y a cinq ans, lorsque le Traité de Lisbonne est entré en vigueur, ces deux concepts avaient une chance de se développer, mais leur potentiel n'a pas été exploité.

« Les politiques et les institutions devraient être plus empathiques dans leur manière d'engager les citoyens. Pas seulement en leur montrant qu'ils compatissent mais en apportant des changements, même minimes, qui pourraient faire la différence et qui permettraient d’accroître l'intégration européenne des citoyens ordinaires », rappelle l'étude.

« Si les électeurs sentaient que les politiques prenaient réellement leurs problèmes au sérieux, alors leur confiance en le système reviendrait », a estimé Heather Grabbe.

>> Lire : Valéry Giscard d’Estaing : l'Europe doit retrouver la confiance des citoyens

Cela est possible si les eurodéputés s'impliquent et se connectent avec les citoyens via le cyberespace. Toutefois, il ne s'agit pas simplement d'un problème de communication, il faut aussi mélanger les sphères publiques nationales et européennes en permettant par exemple aux parlements nationaux de proposer des idées à la Commission.

Tout comme les eurodéputés devraient avoir le droit de parler devant les parlements de leur pays.

« Ils ne sont pas très nombreux donc ils ne prendraient pas beaucoup de temps de parole et ils pourraient transmettre des informations et débattre directement de sujets européens avec leurs homologues nationaux. Une idée encore meilleure serait que les 28 commissaires s'adressent aux parlements nationaux plus souvent au sujet de leur domaine de responsabilité » propose les deux experts.

La démocratie délibérative peut restaurer la confiance

Jusqu'à présent, les institutions de l'Union européenne ont considéré la participation des citoyens comme un problème de communication à sens unique à reléguer en arrière-plan, ont souligné Heather Grabbe et Stefan Lehne.

La majorité de l'espace participatif disponible a été rempli par l'industrie massive des lobbys. Investir dans des mécanismes délibératifs peut rééquilibrer la pratique du lobbying, a insisté Heather Grabbe.

L'idée est que la Commission et le Parlement investissent davantage dans des forums délibératifs sur internet pour discuter des initiatives politiques. Ainsi, les commissaires pourraient même citer des opinions postées en ligne dans leurs discours.

La Commission fera-t-elle preuve d'empathie ?

Le grand scepticisme autour du TTIP, nourri par l'impression que les négociations ne tournent qu'autour des intérêts des grandes entreprises, pourrait être évité grâce à l'organisation de votes délibératifs, par exemple.

Une chose est certaine : l'époque où la suprématie du QI était une norme d'excellence est terminée, en tout cas dans le monde de l'entreprise. Désormais, les entreprises du monde entier regardent systématiquement à travers le spectre de l'intelligence émotionnelle et culturelle pour gérer leurs affaires. Reste à savoir si les politiques sauront s'adapter à ce changement.

Quoi qu'il en soit, messieurs Juncker et Schulz devraient en prendre bonne note.

Liens externes:

Think-tanks

 

EurActiv.com

Daniela Vincenti

traduit de l'anglais par

Marion Candau

 

 

Source : http://www.euractiv.fr

 

 

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 18:01

 

Source : http://syriza-fr.org

 

Allocution d’ A.Tsipras à la suite de l’Eurogroupe

Vangelis / Il y a 2 jours

 

 

aleksis-tsipras1423852361 (2)

La Grèce a obtenu hier dans le cadre de ses négociations un succès considérable en Europe. Au cours d’une négociation dure et difficile, – et peut-être première véritable négociation – nous avons fixé des objectifs, nous avons tenu un discours cohérent, nous avons fait preuve de détermination mais aussi de flexibilité, pour atteindre enfin notre objectif principal. Je souhaite tout d’abord remercier de tout mon cœur chacun d’entre vous, grecques et grecs, pour votre grand soutien au gouvernement. Ce [soutien] était l’aide la plus décisive, la plus puissante arme de négociation.

Avec cet appui inégalable, nous avons remporté hier une bataille, mais pas la guerre. Les difficultés, les vraies difficultés, et non seulement celles qui s’attachent à la négociation et aux relations avec nos partenaires, se trouvent devant nous.

Il y a une vingtaine de jours, nous avons reçu un pays au bord du gouffre, avec des caisses vides et une pénurie de liquidités. Avec en outre, le piège d’un calendrier serré tendu par certains milieux, qui planifiaient une parenthèse anti-mémorandaire en méprisant l’impact de leurs plans sur l’économie réelle déjà en difficulté, et sur notre pays exsangue par les mémorandums.

Hier, nous avons annulé leurs plans. Nous avons évité l’asphyxie économique de la Grèce planifiée pour le 28 Février par les forces conservatrices et myopes de l’intérieur et de l’extérieur du pays. Nous avons maintenu la Grèce débout et digne.

Et nous avons prouvé que l’Europe constitue un lieu de négociations et de compromis réciproques possibles et non pas un espace d’écrasement, de soumission et de répression aveugle. Et dans ce sens, peut-être la journée d’ hier est plus importante pour l’Europe que pour la Grèce elle-même.

La déclaration commune de l’Eurogroupe d’hier, est essentiellement un accord-cadre qui crée un pont entre la période mémorandaire et notre propre plan de croissance. C’est un accord qui annule en fait les engagements du gouvernement précédent concernant la baisse des salaires et des pensions, les licenciements dans le public, l’augmentation de la TVA sur les produits alimentaires, les produits pharmaceutiques et les infrastructures touristiques.

Il annule dans la pratique l’austérité et les mécanismes de son application, tels que les excédents primaires irréalistes et déflationnistes. Il crée le cadre institutionnel pour la mise en œuvre des réformes progressistes nécessaires concernant la lutte contre la corruption et l’évasion fiscale, la réforme de l’État, mais aussi la fin de la crise humanitaire, qui est notre devoir primordial.

Grecques et Grecs, En si peu de temps, nous avons réalisé beaucoup de choses. Mais nous avons encore un chemin long et difficile à parcourir. Le peuple grec le sait. Il a, par ailleurs, un gouvernement qui lui dira toujours la vérité. Parce que notre seule force est son soutien et sa confiance.

Hier donc, nous avons franchi une étape décisive, laissant derrière nous l’austérité, les mémorandums et la troïka. Une étape décisive pour changer l’orientation de l’euro zone.

La négociation, cependant, ne s’est pas terminée hier. La négociation entre maintenant dans une nouvelle phase, plus essentielle, qui va durer jusqu’à l’accord définitif de passage de la politique désastreuse des mémorandums à celle de la politique de la croissance, de l’emploi et la cohésion sociale.

Dans cette bataille longue et difficile, dans cette négociation cruciale qui va durer jusqu’au mois de Juin, le gouvernement grec ira de l’avant toujours plus déterminé,

ayant comme objectif la restauration de la souveraineté nationale et populaire. Et avec le peuple grec allié et soutien unique mais aussi juge exigeant et strict.

Avec le peuple protagoniste dans le grand effort pour le changement politique et le salut social. Notre lutte commune continue.

 

 

Source : http://syriza-fr.org

 

 

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 17:50

 

 

Accord à l’arrachée entre la Grèce et l’Eurogroupe

 

Published: 23/02/2015 - 09:33 | Updated: 23/02/2015 - 09:39

 

Le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis à Bruxelles

Le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis à Bruxelles

 

Après trois semaines de discussions souvent houleuses, l'Eurogroupe a accordé sous condition une prolongation de quatre mois de l'aide financière dont bénéficie la Grèce, en contrepartie d’un plan de réforme qu’Athènes doit présenter ce lundi 23 février.

Les discussions entre le nouveau gouvernement grec et les ministres de Finances de la zone euro ont abouti in extremis vendredi 20 février lors d’une nouvelle réunion de l’Eurogroupe à Bruxelles.

Après plusieurs échecs des pourparlers entre Athènes et le reste de la zone euro, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, s'est félicité d'avoir mis fin à l'« austérité » en concluant un accord sur la prolongation de quatre mois de l'aide financière accordée à la Grèce, même s'il a dû en passer par d'importantes concessions pour éviter un effondrement du système bancaire.

>>Lire : Le désaccord persiste entre l'Eurogroupe et la Grèce

En contrepartie, la Grèce s’est engagée à soumettre à l'Eurogroupe dès lundi 23 février une lettre contenant la liste des mesures qu'elle prévoit de prendre durant la période lors de laquelle le plan de sauvetage international est encore en vigueur.

Compromis

Pour Athènes, le compromis trouvé permet d'apaiser les craintes de mesures de contrôle des capitaux, un possible prélude à une sortie de l'union monétaire. Mais une partie des Grecs doute de la réalité des progrès accomplis par le gouvernement.

« Hier, nous avons franchi une étape décisive en abandonnant l'austérité, les plans de renflouement et la troïka », a déclaré samedi Alexis Tsipras lors d'une allocution télévisée. « Nous avons gagné une bataille, pas la guerre. Les difficultés, les véritables difficultés (...) sont devant nous », a-t-il ajouté.

Le chef de file du parti de gauche Syriza est assuré d'un large soutien au sein de son électorat, qui lui sait gré d'avoir joué la fermeté face à la « troïka » et à l'Allemagne. Pour autant, il ne peut ignorer qu'une partie des Grecs continuent de craindre une rechute dans la crise.

Un milliard d'euros retirés des banques

Pour preuve, un milliard d'euros environ ont été retirés des banques grecques au cours de la seule journée de vendredi, a déclaré une source bancaire haut placée. Ces retraits s'ajoutent à ceux, estimés à 20 milliards, opérés depuis décembre.

Face au risque d'une ruée sur les guichets des banques, le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, a assuré vendredi soir que le compromis de Bruxelles devrait rassurer les épargnants.

« Il est assez clair que la raison pour laquelle on a assisté à une fuite des dépôts, c'est parce que chaque jour, avant même que nous soyons élus, on disait aux Grecs que si nous étions élus et si nous restions au pouvoir plus de quelques jours, les distributeurs de billets cesseraient de fonctionner », a-t-il dit à la presse à Bruxelles.

Une source de la Banque centrale européenne a déclaré après l'accord à Bruxelles que des mesures de contrôle des capitaux étaient exclues.

L'Irlande, qui a elle-même subi une cure d'austérité après avoir reçu l'aide de l'UE et du FMI, a estimé que la zone euro n'avait rien cédé à la Grèce en dépit des affirmations d'Alexis Tsipras.

« Leur problème politique, c'est qu'il s'agit d'une marche arrière par rapport à leurs positions électorales. Il n'y a absolument rien sur la table qui puisse être considéré comme une concession », a dit le ministre irlandais des Finances, Michael Noonan.

« Les créanciers mènent le bal »

« Ils sont en train de faire des compromis, et des compromis importants », a-t-il ajouté sur la radio publique RTE, en expliquant qu'Athènes n'avait de toute façon pas le choix.

« La plus grande menace pour la Grèce, c'était que son système bancaire rende l'âme mercredi prochain. »

Si les déclarations d'Alexis Tsipras sont de nature à apaiser les craintes de certains, elles ne suffisent pas à calmer la rancoeur d'une partie des Grecs.

>>Lire : Alexis Tsipras annonce la mort de la Troïka, mais reprendra les négociations

« Nous avons vécu deux mois d'agonie, vidé les banques, pour réaliser que nous étions toujours une colonie endettée », a ainsi déclaré à Reuters Dimitris Kanakis, un électricien de 54 ans. « Ce sont les créanciers qui mènent le bal. »

Le compromis négocié à l'Eurogroupe prévoit en effet toujours un contrôle extérieur de la gestion des finances publiques, même si l'appellation « troïka », détestée par une bonne partie de la population, est remplacée par celle des « institutions ».

Samedi, Alexis Tsipras a surtout souligné que « l'accord d'hier (...) annule les engagements du gouvernement précédent en matière de coupes dans les salaires et les pensions de retraite, de licenciements dans le secteur public, de hausse de la TVA sur l'alimentation et les médicaments ».

A Berlin, où le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, ne cache pas sa défiance envers le nouveau gouvernement grec, Volker Kauder, chef de file des députés conservateurs au Bundestag, a déclaré que celui-ci pourrait approuver l'accord de Bruxelles à condition qu'Athènes présente, comme promis, une liste de réformes.

>>Lire : Les dirigeants européens espèrent forcer Tsipras à prolonger le sauvetage

« Les Grecs doivent maintenant faire leurs devoirs », a-t-il dit dans un entretien au journal Welt am Sonntag dont des extraits ont été publiés samedi. « C'est ensuite qu'une extension du programme d'aide pourra être approuvée par le Bundestag allemand. »

Si l'aide financière internationale est bien prolongée de quatre mois, Athènes devra, d'ici le début de l'été, négocier un accord à plus long terme avec le reste de la zone euro.

EurActiv.fr avec Reuters

 

 

Source : http://www.euractiv.fr

 

 

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 17:29

 

Source : http://www.euractiv.fr

 

Le salaire minimum s'avère impuissant face à un niveau de pauvreté record en Allemagne

Published: 20/02/2015 - 10:32 | Updated: 20/02/2015 - 10:33

 

 

De plus en plus de retraités plongent dans la pauvreté en Allemagne [Chris/Flickr]

 

Douze millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté outre-Rhin, un record selon l'étude d'une association allemande d’aide sociale. Qui estime que l'introduction du salaire minimum ne résoudra rien. Un article d'EurActiv Allemagne.

La pauvreté a atteint un niveau jamais atteint en Allemagne, selon un rapport réalisé par l'organisation d'aide sociale Paritätischer Wohlfahrtsverband. Le rapport indique qu'environ 12,5 millions de personnes étaient touchées par la pauvreté en 2013, soit une augmentation de 15 % à 15,5 % comparé à l'année précédente.

« Depuis 2006, on observe clairement une dangereuse tendance d'augmentation à la pauvreté », a déclaré Ulrich Schneider, directeur général de l'organisation Paritätischer Gesamtverband. Durant cette période, le rapport montre que le nombre de pauvres en Allemagne a augmenté de 11 %.

« La pauvreté en Allemagne n'a jamais été aussi élevée et la fragmentation régionale n'a jamais été aussi sévère qu'aujourd'hui », s'inquiète Ulrich Schneider. Au vu du dernier rapport sur la pauvreté, le gouvernement allemand certifie que l'écart entre les riches et les pauvres diminue, une affirmation qui pour Ulrich Schneider est « tout simplement fausse ».

En effet, l'Allemagne s'approche de la moyenne européenne en terme de pauvreté. Les statistiques européennes révèlent que près d'un quart de la population de l'UE était menacée de pauvreté ou d'exclusion sociale en 2013.

 

L'écart se creuse entre les régions riches et pauvres

Selon le rapport, la pauvreté a augmenté à l'échelle nationale, mais le fossé entre les régions plus et moins affectées par la pauvreté s'est creusé de 18 % à près de 25 %, comparé à 2006. Les régions allemandes les plus sévèrement touchées par la pauvreté sont le Land de Brême, Berlin et le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.

Eurostat considère une personne « exposée au risque de pauvreté » quand celle-ci vit au sein d'un ménage avec un revenu égalisé disponible en-dessous du seuil du risque de pauvreté, qui est fixé à 60 % du revenu national médian égalisé, c'est-à-dire une fois les transferts sociaux faits.

 

>> Lire : Un citoyen européen sur quatre menacé par la pauvreté

 

En Allemagne, les personnes vivant seules avec un revenu inférieur à 892 euros par mois sont classées dans la catégorie des pauvres. Une famille avec deux enfants est considérée pauvre si elle vit avec moins de 1 872 euros par mois.

 

Près de la moitié des familles monoparentales sont pauvres

Les mères célibataires sont particulièrement exposées au risque de pauvreté, indique le rapport. En effet, plus de 40 % d'entre elles basculent dans la pauvreté. Même si ces dernières années, le taux de chômage n'a cessé de baisser, la pauvreté se multiplie dans toute la population.

« La pauvreté est un problème bien de chez nous », a souligné Ulrich Schneider, commentant les résultats du rapport. L'Allemagne a clairement un problème croissant de distribution de la richesse , a-t-il estimé.

L'organisation d'aide sociale Paritätischer Wohlfahrtsverband constate, quant à elle, que le nouveau salaire minimum, entré en vigueur début 2015, ne permet pas et ne permettra pas de changer la donne. Le salaire minimum légal impose que les employés et la plupart des stagiaires en Allemagne soient payés au moins 8,50 € brut de l'heure.

C'est un « signe positif », a commenté Ulrich Schneider, mais cela ne change pas le fait que de nombreux pauvres occupent et occuperont des mini-emplois ou qu'ils reçoivent des aides du gouvernement pour compléter leurs revenus et atteindre le niveau de subsistance.

 

Les ressources du Fonds social européen sont insuffisantes

De la même façon, le projet d'Andrea Nahles, la ministre allemande du Travail, de subventionner les emplois avec des fonds publics n'est pas assez efficace, constate Ulrich Schneider.

À la fin de l'année dernière, la ministre du Travail a soumis un projet de réduction du chômage de longue durée, s'appliquant au million de chômeurs de longue durée en Allemagne.

Grâce à ce programme, les chômeurs de longue durée sans qualification professionnelle doivent recevoir des subventions salariales de l'économie privée. Par ailleurs, des séances de coaching permettent de s'assurer que les entreprises gardent les participants au programme après la période de subvention.

Entre 2015 et 2019, le ministère espère ainsi aider 33 000 personnes avec ce programme fédéral grâce aux 900 millions d'euros qui proviendront, en grande partie, des ressources du Fonds social européen (FSE).

 

Le chômage et la pauvreté risquent de devenir monnaie courante

Selon l'organisation Paritätischer Gesamtverband, ces mesures n'aident qu'une petite partie de la population menacée ou déjà touchée par la pauvreté. Selon l'organisation, pour véritablement avoir un impact, le secteur de l'emploi subventionné devrait être étendu.

Ulrich Schneider craint également que dans de telles circonstances, le chômage ne devienne encore plus fréquent. Il illustre ses propos par un exemple terrible pour les jeunes générations : « Dans de nombreuses régions, les résidents de quartiers entiers ont été au chômage pendant une longue période. Pour les enfants qui y grandissent, la dépendance vis-vis de l'État est une situation tout à fait normale. »

Les syndicats ont également appelé à des contre-mesures urgentes. Selon Annelie Buntenbach, membre du conseil d'administration de la Fédération allemande des syndicats, « il faut mettre un terme aux emplois précaires comme le travail temporaire et les contrats de travail abusifs ».

 

La pauvreté liée à l'âge a augmenté de manière drastique

La situation des retraités, analysée par le rapport, est particulièrement alarmante. Le nombre de pauvres dans ce groupe de la population a augmenté de 48 % depuis 2006.

Ulrich Schneider voit cette hausse comme un « effondrement de la politique de lutte contre la pauvreté ». Aucune autre tranche de la population n'a aussi rapidement sombré dans la pauvreté, a-t-il déclaré. Depuis 2006, le pourcentage de pauvres chez les retraités a grimpé quatre fois plus rapidement que dans d'autres groupes de la société.

L'association d'aide sociale VdK a également exprimé ses inquiétudes face à cette situation. « Au vu des bonnes conditions économiques, le fait que la pauvreté s'installe au sein de certains groupes de la population et continue d'entrainer de plus en plus de personnes dans son tourbillon infernale est un véritable paradoxe », a souligné Ulrike Mascher, le président de VdK.

Concernant la pauvreté croissante chez les retraités, VdK rejette la faute sur les politiques de retraite des dernières années.

« Il est évident que la baisse du niveau des retraites ne passe pas inaperçue dans la vie des retraités », s'indigne Ulrike Maschner. Selon lui, la retraite devrait être stabilisée à 50 % du revenu net moyen.

Liens externes:

Infographie : 12 objectifs pour éradiquer la pauvreté

Au Kosovo, la pauvreté entraîne un exode massif vers l’UE

Les ministres de l’UE veulent agir à l’unisson pour lutter contre la pauvreté

 

 

 

Source : http://www.euractiv.fr

 

 

 

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 17:05

Entretien avec Günter Wallraff - Arte

Entretien avec Günter Wallraff

 

Entretien avec le journaliste allemand Günter Wallraff, connu pour ses enquêtes en "immersion" dans la société allemande. Il a notamment publié "Tête de Turc" et "Parmi les perdants du meilleur des mondes".

 

La mystification économique Allemande et sa dérive paupériste

40 millions d'Allemands, soit la moitié de la population allemande, ne possède qu'un pourcent de la richesse du pays.

25% de la population ne possède rien ou est endettée.

Les derniers 25% possède 99% de la richesse totale.

La situation économique de la population allemande est équivalente à celle de la Roumanie ou de la Bulgarie.

 

Source : http://www.arte.tv/guide/fr/057950-001/entretien-avec-gunter-wallraff?autoplay=1

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 15:41

 

Source : http://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/230215/le-compte-suisse-du-patron-dhsbc

 

 

Le compte suisse du patron d'HSBC

23 février 2015 | Par La rédaction de Mediapart

 

Stuart Gulliver, le directeur général de la banque HSBC, a dissimulé plus de 6,7 millions d'euros sur un compte suisse par le biais d'une société panaméenne.

 

Stuart Gulliver, le directeur général de la banque HSBC, qui se trouve aujourd’hui au cœur d’un vaste scandale d'évasion fiscale, a lui-même dissimulé plus de 6,7 millions d'euros sur un compte suisse par le biais d'une société panaméenne.

Le quotidien britannique The Guardian, qui a eu accès à des fichiers couvrant la période 2005-2007, révèle que l’homme a été répertorié comme étant bénéficiaire d'un compte au nom de Worcester Equities Inc, une société anonyme enregistrée au Panama.

C'est par le truchement de cette société que lui étaient reversés par HSBC ses bonus jusqu'en 2003. Toujours selon The Guardian, Stuart Gulliver aurait également été propriétaire d'un second compte, établi au nom de la Fondation Worcester et ce, jusqu'en 2007.

À lire sur le site du Guardian

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/230215/le-compte-suisse-du-patron-dhsbc

 

 

 

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 17:45

 

Source : http://www.marianne.net/corinne-lepage-prix-peages-n-est-normal-legal-100231450.html

 

Corinne Lepage : "Le prix des péages n’est ni normal ni légal"

Vendredi 20 Février 2015 à 5:00

Propos recueillis par

Bruno Rieth

 

 

Corinne Lepage, ancienne députée européenne et présidente du Rassemblement citoyen - Cap21, vient de lancer une initiative pour obliger les sociétés d'autoroutes à rembourser à certains de leurs usagers 20% du prix de leurs tickets. Une première qui remet sur la table le scandale des concessions d'autoroutes.

 

Photos : FRANCK LODI/SIPA et ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

 

 

 

Marianne : Pourquoi avoir décidé de vous lancer à l’assaut des tarifs appliqués par les sociétés d’autoroutes ?
Corinne Lepage : C’est la conjonction de deux réflexions. D’abord, j’en avais ras-le-bol de cette situation qui dure depuis des années sur les concessions d’autoroutes. Je me suis dis qu’il fallait taper du poing sur la table parce que visiblement le gouvernement essaye de faire quelque chose mais que le poids économique et politique des lobbies des autoroutes est manifestement considérable. Ensuite, il y a la démarche politique. J'ai une démarche très « société civile » avec le Rassemblement citoyen, ce qui veut dire : donner les moyens à la société civile d’agir*. C’est le meilleur contre-pied que l’on peut opposer aux tentations politiciennes. Lorsque l’on donne aux gens les moyens d’agir, ils agissent et à ce moment-là, ils reprennent confiance dans la possibilité de faire. Il y a une dizaine de mois, des jeunes gens sont venus me voir pour me parler de leur projet de lancer un site internet, Actioncivile.com. Je me suis alors dit que c’était une plateforme idéale pour lancer ce genre de mouvement.

Sur quoi vous basez-vous pour dire que les prix des péages sont trop chers ?
Nous avons ciblé les vieilles autoroutes, c’est-à-dire celles dont la Cour des comptes dit, depuis 2003, que leurs coûts de construction sont amortis depuis longtemps. Nous nous basons sur les différents rapports des sages de la rue de Cambron qui ont, à plusieurs reprises, expliqué que les tarifs appliqués sur ces autoroutes étaient trop élevés. Sauf qu’il n’y a jamais eu de remises en question. Pour se justifier, les autoroutes expliquent qu’elles utilisent l'argent des vieilles autoroutes pour les nouvelles. Sauf que le prix des péages n’est ni normal ni légal. La loi du 18 avril 1955 qui a été reprise dans le code la voirie routière dit que « l’usage des autoroutes est en principe gratuit » et par exception de ce principe, des péages peuvent être perçus pour recouvrir quatre catégories de dépenses : le remboursement des dépenses de construction, l’exploitation de l’autoroute, son entretien ou extension et la rémunération et l’amortissement des capitaux investis par le concessionnaire. Donc pour la partie construction, une fois que l’investissement est amorti, il n’y a plus lieu de réclamer à l’usager la part de la construction. C’est la raison pour laquelle nous avons ciblé, pour poser le problème, les plus vieilles autoroutes : la A1, A6, A7, A9 et l’A13, toutes construites sous Charles de Gaulle, en disant que 20 % de ce que réclame les sociétés d’autoroutes au nom des investissements de construction sont indus. En faisant cette demande, nous sommes très en dessous de ce que nous pourrions exiger puisque lorsque vous lisez le dernier rapport de la Cour des comptes et celui de l'Autorité de la concurrence de 2014, ils vous expliquent, pour chaque catégorie que je viens d’énumérer, en quoi l’usager aujourd’hui paye beaucoup trop.

Comment allez-vous opérer ?
Concrètement, sur le site d’Actioncivile.com, les usagers doivent s’inscrire et remplir un formulaire pour demander le remboursement de 20% de leurs trajets sur les cinq dernières années, justificatifs à l’appui. C’est une première phase de médiation avec les différentes sociétés concessionnaires d’autoroutes. Si elles ne veulent pas bouger, rembourser ou baisser les prix des péages, les usagers bénéficieront d’une procédure devant le tribunal d’instance pour réclamer les sommes correspondantes.

Plutôt qu’une action collective, pourquoi ne pas avoir choisi d’attaquer ces sociétés par une action de groupe ?
"On ne peut pas admettre que des rapports dénoncent cette situation illégale et qu’il ne se passe rien"Parce que les actions de groupe issues de la loi Hamon ne peuvent être lancées que par des associations reconnues d’utilité publique. Ensuite, je voulais aussi impliquer les citoyens. C’est très important. Je n’ai pas voulu court-circuiter les associations de consommateurs mais comme elles ne semblaient pas vouloir bouger, j’ai pris l’initiative. Je veux faire la démonstration que lorsque la société civile décide de se mettre en marche, elle peut faire bouger les lignes. La preuve que ça marche, la possibilité de déposer des demandes a été ouverte vendredi et nous sommes déjà à plus de 35 000 demandes. C’est considérable… On ne peut pas continuer à admettre que la Cour des comptes rende des rapports en dénonçant cette situation illégale, intolérable et injuste et qu’il ne se passe rien.

Vous parlez d’un juste prix. Justement, pouvez-vous nous dire quel est ce juste prix ?
Non, puisque les tarifs sont calculés d’une manière tellement opaque que je mets au défi quiconque d’y arriver. Même la Cour des comptes dit qu’elle n’y comprend rien…

Plutôt que de s’attaquer au prix, ne faudrait-il pas plutôt dénoncer directement les contrats de concession ?
C’est évidemment une question que je me suis posée. Je m'étais d’ailleurs clairement exprimée à l’époque contre la privatisation. Mais derrière ça, il y avait une question de procédure. Pour attaquer directement les concessions, il faut le faire devant le juge administratif et c’est une procédure beaucoup plus lourde. Ensuite, il faut bien commencer par quelque chose. Pour moi, cette initiative est un levier pour mettre le sujet sur la table et quand je vois les réactions des sociétés d’autoroutes, je vois bien qu’elles sont très gênées aux entournures. Comment ne le seraient-elles pas ? Nous sommes tous leurs clients quelque part. Je pense qu’à terme, si nous arrivons à poser la question du prix qui n’a jamais été posé sous cette forme-là, c’est-à-dire en les poussant à clarifier ce qui est de l’ordre de l’amortissement de la construction dans le prix du trajet, à partir de là, nous allons tirer un fil. L'association UFC-Que choisir, par exemple, si elle le souhaite, pourrait attaquer le contrat…

On vous a souvent reproché un mélange des genres entre les combats de la femme politique qui viennent nourrir les affaires de l’avocate que vous êtes. Dans cette affaire, avez-vous des intérêts autres que politique ?
J’ai dit très clairement que je ne faisais pas ça en ma qualité d’avocate. J’ai simplement mis ma compétence juridique au service de cette action pour monter le dossier et ça s’arrête là. L’avocate n’existe pas dans cette affaire. Si je les défendais et que j’avais un intérêt financier, la question se poserait bien entendu. Mais ce n’est pas le cas du tout. Ma démarche est purement politique. L’équipe d’Actioncivile.com touche une commission si elle gagne et rien si elle perd. Moi je suis bénévole, je ne touche pas un rond. Les choses sont totalement transparentes. D’autant que je signale que je n’ai plus aucun mandat, je suis revenu totalement à la société civile. Je ne tire aucun revenu financier ni professionnel dans cette histoire. Ce sont les avocats d’Actioncivile qui vont s’en occuper.

 

* Corinne Lepage vient de publier Les mains propres, plaidoyer pour la société civile au pouvoir, Autrement, 184 p.,12 €

 

 

 

Source : http://www.marianne.net/corinne-lepage-prix-peages-n-est-normal-legal-100231450.html

 

 

 

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 17:22

 

Source : http://www.bastamag.net/Artisans-artistes-createurs-et

 

Economie sociale

Artisans, artistes, créateurs et écologistes, réunis dans une « zone alternative » : la coopérative Scopa à Ajaccio

par Michel Bernard (Silence) 4 février 2015

 

 

 

 

 

Installée à Ajaccio, en Corse, la coopérative d’activités alternatives Scopa réunit des artistes, des artisans et des militants. On y découvre une association de réparation et de location de vélos, un artiste qui travaille le bois de récupération, un atelier de confection d’objets en carton, une costumière et confectionneuse de marionnettes, un groupement d’achat de produits bio... Un espace où l’on essaye de réinventer une autre vision du travail. Reportage auprès de ces passionnés, qui se sont lancés dans l’aventure, avec ses joies et ses difficultés.

Cet article a initialement été publié dans la revue Silence, partenaire de Basta !.

L’aventure de la coopérative d’activités alternatives d’Ajaccio a commencé par une rencontre. Celle de Simon Berner, le restaurateur de bateaux avec Alain Barrinet, le passionné de vélo.

Le long du port d’Ajaccio, deux grands axes de circulation encadrent la voie ferrée. Près de la gare, un bâtiment bien visible présente un aspect curieux. Devant se trouve un bateau d’une dizaine de mètres de long, aux couleurs bariolées. Simon Berner achève la restauration de cette embarcation. Simon, britannique, travaille depuis de nombreuses années dans le port. Il a repéré des bateaux à l’abandon et a négocié pour en récupérer deux. Le premier, coupé en deux, sert de scène de théâtre sur les flancs du bâtiment. Le deuxième, restauré, est destiné à un projet de promenades en mer pour des enfants corses qui n’ont jamais eu l’occasion de monter sur un bateau. Cette opération doit se concrétiser au printemps 2015.

 

Sur la photo : Simon Berner

 

Alain Barrinet est impliqué dans l’Altertour, une randonnée cycliste reliant des lieux alternatifs. Cet enseignant est passionné par le potentiel des vélos comme mode de déplacement. Avec un ami qui travaille à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), ils ont mis en place l’association Vélocita qui milite pour l’aménagement d’une première piste cyclable dans la commune.

En 2009, quand la ville lance un appel d’offres pour mettre en place un système de vélos en libre-service, l’association fait une contre-proposition : au lieu d’un dispositif qui profitera surtout aux touristes, elle propose de mettre en place un prêt de vélos aux Ajacciens. Cela coupe l’herbe sous le pied des publicitaires, qui négocient le plus souvent la gestion des vélos contre l’implantation de panneaux de propagande productiviste.

Vélocita a récupéré rapidement une trentaine de vélos qui ont été restaurés. Ils sont prêtés contre une adhésion annuelle de cinq euros puis une participation mensuelle de trois euros. Il n’y a ni vente ni location, seulement une "mise en selle". Il s’agit d’apprendre aux gens à apprécier le vélo, à l’entretenir, puis à trouver chacun le sien.

 

Un entrepôt qui fait le bonheur de beaucoup de gens

Vélocita a besoin de place pour stocker et entretenir les vélos. Simon Berner a besoin de place pour restaurer ses bateaux. La compagnie de chemin de fer met en location un bâtiment inutilisé à proximité de la gare [1]. En 2009, Alain, Simon et Esther s’associent pour en louer un quart [2]. Le loyer est assez modeste au vu du volume (800 euros par mois). Des travaux d’aménagement sont réalisés : pose d’un plancher pour créer un étage, escaliers, cloisonnement, étagères… 15 000 euros sont investis, surtout payés par les fondateurs.

 

En 2010, Alain, Simon et Esther décident de créer l’association Scopa pour animer le lieu. Scopa est un jeu de mot : c’est à la fois le nom d’un jeu de cartes, d’une plante et l’acronyme possible de Société coopérative de production associative, artisanale, artistique… Ses objectifs : « stimuler l’imagination et faire émerger les pratiques alternatives ; promouvoir des pratiques respectueuses de l’humain et de la nature ;
favoriser et organiser, dans un esprit de convivialité et de solidarité, l’entraide et l’échange ; expérimenter une organisation non hiérarchisée
». Très vite, l’espace disponible attire du monde.

 

Voici quelques-uns des habitués du lieu :

 

Operae : des projets artistiques pour penser le travail et ses mutations

L’association Operae est la première à rejoindre Scopa. Elle a pour objet d’aider le monde du travail à penser le travail et les mutations qui le transforment. Pour cela, l’association conçoit et développe des projets artistiques et d’études qui donnent la parole aux personnes concernées. Elle fait le lien entre l’entreprise et un intervenant artistique (metteur en scène, écrivain, cinéaste, photographe...). Le processus de création artistique, conjointement mûri entre les travailleurs et l’artiste, permet de décaler le regard et de s’interroger sur les représentations du travail. L’association travaille notamment avec Pôle emploi.

Dans le cadre de Scopa, elle a mis en scène Quand dois-je partir ?, une pièce de théâtre qui se déroulait dans le bâtiment, avec une trentaine d’acteurs amateurs membres de l’association Scopa et le public qui se déplaçait de pièces en pièces. Cela reste un moment fort pour le lieu car cette initiative a lancé l’une des rares démarches collectives impliquant l’ensemble des utilisateurs du lieu.

 

Art primitif

Jean-Claude Joulian dispose d’une pièce pour y mener ses recherches artistiques. Il est arrivé en 2011. Il travaille essentiellement à partir de bois de récupération (bois de chantier, bois flotté…) qu’il décore à la manière des aborigènes et des peuples premiers. Au moment de notre passage, il finissait la mise au point d’un petit théâtre portatif inspiré d’un kamishibaï, modèle utilisé par les moines japonais. Réalisé en noyer récupéré, il est destiné à être utilisé par sa compagne, qui travaille avec des enfants handicapés. Après avoir ouvert le kamishibaï, on raconte une histoire en faisant passer derrière le décor des feuilles dessinées.

 

Lolikraton

Depuis 2011, Laurence de Lolikraton a installé son atelier de confection de meubles et objets en carton à Scopa. Ancienne disquaire, elle s’est reconvertie dans cette activité après avoir été formée par Eric Guiomar, de la compagnie Bleuzen. Elle réalise des meubles à la demande et anime des stages de formation pour ceux qui veulent se lancer à leur tour dans cette activité. Pour compléter ses revenus, elle développe par ailleurs une activité de maroquinerie.

 

 

Fanfreluche et tout le tralala

Cécile Eliche, costumière et confectionneuse de marionnettes, est arrivée dès le début du projet. Elle a un statut d’intermittente du spectacle et ne manque pas de travail : elle est l’une des seules à exercer ce métier sur l’île, et travaille donc avec la plupart des compagnies de spectacle. Elle figure parmi ceux qui ont tout fait pour dynamiser une démarche collective au sein de Scopa. Pour cela, elle a mis en place des ateliers de couture nommés C’est moi qui l’ai fait, où ses outils sont mis à la disposition de ceux et celles qui veulent apprendre à confectionner leurs vêtements. Pour participer à cette activité, il fallait adhérer à Scopa (deux euros par an), ce qui a beaucoup aidé à élargir le nombre de personnes qui fréquentaient le lieu. Cécile vient de décider d’arrêter ces ateliers car elle se sent trop seule et regrette le manque d’échanges entre activités.

 
Artisans d’art et festival de documentaires

Saveria Geronimi a créé son activité Germe créateur bijoux en 2006 à Londres. Elle travaille surtout le métal et plus particulièrement l’argent. Elle est revenue dans son île natale et s’est installée dans les locaux collectifs de Scopa. Stéphanie Leger crée des objets de décoration originaux : lampes, encadrement de miroirs, étagères,... Elle propose, sous le nom de Lastena, des créations réalisées avec un mélange de bois flotté et de palettes. Emmanuelle Thomas créé des sacs, accessoires,... avec du cuir, de la voile et des matériaux de nautisme sous la marque Latitude 42. Barbara Cardone donne sur place des cours de musique et de chant. Outre cette activité professionnelle, elle anime bénévolement une chorale.

 

Sur la photo : Saveria Geronimi

 

Enfin, la Scopa regroupe également un festival international annuel du film documentaire, Corsica Doc. Chaque année, en novembre, une quarantaine de films sont présentés, accompagnés de plusieurs prix, d’expositions photographiques…

 

Faire vivre un groupement d’achat

Mais la Scopa n’est pas simplement une coopérative d’activités alternatives. Une vingtaine de personnes se retrouvent dans un groupement d’achat mis en place au niveau du bâtiment. Court-Circuit entend lutter contre la main-mise des supermarchés et organise deux activités : le regroupement de commandes de produits bios secs (farines, légumineuses, céréales…) directement à un grossiste, et le dépôt sur place de produits locaux (œufs, miel, fromages, charcuterie…) : chaque producteur gère son stock et sa caisse, les personnes qui se servent indiquant sur un cahier ce qu’elles ont pris. Plutôt que de grossir, le but est de favoriser l’émergence d’autres groupes du même genre à Ajaccio, quitte à se regrouper pour certaines commandes. A chaque commande, les personnes extérieures au groupe sont invitées à une réunion d’information puis participent à une commande pour y prendre goût. Un deuxième groupe a ainsi vu le jour, et un troisième est en cours de constitution.

 

Sur la photo : Alain Barinet

 

Les repas communs et des réunions mensuelles sont les seules activités régulières communes à l’ensemble des utilisateurs des lieux. Si Simon Berner ne semble pas préoccupé par cette juxtaposition d’activités, Alain Barinet a plus de regrets. Il note que le désir de départ de fonder une "zone alternative" n’est pas repris par l’ensemble des personnes présentes aujourd’hui. Lors de l’assemblée générale, une minorité a dû céder sur la question des subventions : seuls trois sur cinquante — deux ayant une activité non rémunérée, le troisième simple adhérent — voulaient rester autonomes vis-à-vis des institutions publiques.

Alain Barinet note d’autres limites, comme le non respect de la décision au consensus, décidé dans les statuts afin d’éviter les tensions, mais abandonnés dans la pratique. Le meilleur lieu de résolution des conflits est finalement le repas commun hebdomadaire, auquel participent régulièrement quelques personnes. Autre point négatif : l’engagement des membres de la coopérative. Le concept d’autogestion n’est porté que par quelques-uns, et ce sont souvent les mêmes qui s’investissent dans l’animation du lieu. Pour le moment, cela n’a pas eu de conséquences fâcheuses, mais il y a des inquiétudes. Maintenant que ce navire alternatif a été mis à l’eau et qu’il avance à son rythme, il s’agit de se prémunir contre de possibles tempêtes.

Michel Bernard (Silence)

Cet article a été publié dans le numéro de janvier de la revue Silence, média partenaire de Basta !. Vous retrouverez son sommaire sur cette page.

 

Sur la photo de Une : Cécile Eliche

Notes

[1] Ce grand hangar dit "de la petite vitesse" devait servir à l’entretien du matériel ferroviaire, mais n’est jamais entré en fonction du fait du ralentissement de l’usage du train sur l’île.

[2] Le reste du bâtiment est actuellement occupé par une école de cirque, un mur d’escalade Corsica-Roc et par la compagnie Points de suspension, créatrice de spectacles et animatrice dans le milieu scolaire. L’ensemble est géré par l’association de la Petite vitesse, seul interlocuteur pour le bailleur, qui mutualise les abonnements à l’eau, à l’électricité et à un service de reprographie. Elle organise deux réunions par an pour traiter les grandes orientations collectives.

 

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Source : http://www.bastamag.net/Artisans-artistes-createurs-et

 

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 17:01

 

Source : http://cadtm.org/Le-27-fevrier-1953-les-allies

 

CADTM

 

Le 27 février 1953 : les alliés désendettent l’Allemagne

22 février par Hervé Nathan , Eric Toussaint

 

 

 

Marianne : Le parti grec Syriza, en arrivant au pouvoir, a remis à l’ordre du jour l’annulation des dettes de l’Allemagne lors de l’accord de Londres intervenu le 27 février 1953. A cette occasion, on découvre que la République fédérale pourrait devoir des sommes considérables à l’Etat grec… En quoi consistent ces demandes ?

Eric Toussaint : En fait, on parle de deux dettes différentes. La première est issue de l’emprunt forcé que les occupants nazis ont imposé aux autorités grecques entre 1941 et 1944. Une somme de 476 millions de Reichsmarks [la monnaie allemande jusqu’en 1948] qui revenait à faire payer les frais de l’occupation par les occupés eux-mêmes. Cet emprunt n’a jamais été remboursé depuis lors. Si l’on applique un taux d’intérêt modéré, de l’ordre de 3 % par an, à cette créance, dont plusieurs gouvernements grecs ont demandé qu’elle soit honorée, on parvient à une somme considérable, de l’ordre de 12 à 15 milliards d’euros d’aujourd’hui. Une somme à comparer avec la quinzaine de milliards que Berlin a accepté de prêter – à l’époque à 4,5 % – à la Grèce en 2010, dans le premier mémorandum. Aujourd’hui, l’Etat allemand est prêteur de 15 milliards d’euros à la Grèce. Rappelons que la République fédérale d’Allemagne n’a pas été contrainte d’assumer des dommages de guerre envers les pays occupés par les armées du IIIe Reich. Et, parmi ceux-là, la Grèce a été l’un des plus détruits avec la Pologne et l’Union soviétique, bien au-delà de ce qu’ont subi la France, la Belgique ou les Pays-Bas. Si l’on cumule l’emprunt de 1941 et les réparations, l’Allemagne serait redevable d’une somme considérable, entre 100 et 200 milliards d’euros, soit un ou deux tiers de la dette publique grecque actuelle…

C’est énorme, et on se demande à quel point cette « dette allemande » est une réalité pour les Grecs ?

E.T. : La Grèce n’a jamais formellement renoncé à recouvrer cette créance. Lors de la conférence de Londres, les réparations de la Seconde Guerre mondiale sont renvoyées aux négociations du traité de paix entre l’Allemagne et ses vainqueurs, hypothétique en pleine guerre froide avec le bloc soviétique. Pour faire valoir ses arguments, Athènes devrait sans doute s’adresser à la Cour de justice internationale de l’ONU, à La Haye. En 1981, lors de l’entrée de la Grèce dans la Communauté européenne (devenue Union depuis), le gouvernement, dirigé par le Pasok, a voulu mettre la question de côté, notamment parce que le pays bénéficiait de fonds structurels européens importants. Mais la crise de 2010 et les normes très dures imposées au pays par les prêteurs, dont l’Allemagne de Mme Merkel, ont ramené la question sur le devant de la scène politique grecque, donc dans la réalité !

Un traitement bien différent de celui qui avait été appliqué à la RFA…

E.T. : Oui. Lors de la conférence de Londres, les créanciers de la jeune République fédérale d’Allemagne traitent des dettes accumulées depuis les années 20-30 (dont celles qui avaient été émises en remplacement des réparations de la guerre de 14-18 instituées par le traité de Versailles) et celles contractées entre 1945 et 1953. Les signataires, c’est-à-dire les Alliés occidentaux (Etats-Unis, France, Royaume-Uni…), non seulement réduisent la dette (intérêts et capital) de Bonn de 62,5 %, mais créent aussi les conditions pour que l’Allemagne fédérale se reconstruise le plus vite possible. Les remboursements ne doivent jamais dépasser 5 % de ses revenus des exportations, le taux d’intérêt oscille entre 0,5 et 5 %, et la dette est en partie payable en monnaie allemande, le deutsche Mark, qui à l’époque n’avait que très peu de valeur pour les échanges internationaux. Cela signifie en pratique que les pays créanciers, la France, la Belgique, les Pays-Bas, les Etats-Unis, ne pouvaient utiliser ces paiements que pour acheter des produits… allemands. Ils ont ainsi participé à la reconstruction rapide des grands groupes industriels allemands, Thyssen, Siemens, IG Farben… ceux-là mêmes qui avaient participé à l’effort de guerre nazi. La dette leur ouvrait des marchés… Enfin, les litiges avec les créanciers devaient se régler devant les tribunaux allemands. C’est à peu près tout l’inverse de ce que l’Union européenne, la BCE et le FMI ont imposé à la Grèce.

Certes, mais l’accord de Londres s’inscrivait dans un cadre, juridique et idéologique, bien plus large de redressement de l’Europe occidentale…

E.T. : Il fallait reconstruire l’Allemagne le plus vite possible pour qu’elle constitue un rempart au bloc soviétique. On met les moyens pour relever les pays alliés : non seulement les annulations de dettes pour l’Allemagne, mais aussi, de la part des Etats-Unis, à l’égard 47de la France, de la Belgique et du Royaume-Uni, etc. On y ajoute des dons : 13 milliards de dollars du plan Marshall (environ 100 milliards de dollars d’aujourd’hui), dont 1,5 milliard pour la RFA (soit 10 milliards de dollars actuels). Ce geste fait suite à une réflexion au sein de l’administration Roosevelt d’avant la libération de l’Europe sur l’opportunité de distribuer des dons ou des prêts. Les Américains avaient tranché pour des dons, afin d’éviter que les pays européens ne soient contraints d’exporter leurs produits vers les Etats-Unis pour se procurer les dollars indispensables au remboursement de leurs dettes. C’était une mesure généreuse mais protectionniste. Ainsi, les firmes américaines ne verraient pas débouler des produits européens concurrents. Grâce aux dons, elles pourraient au contraire vendre leurs machines-outils, leurs chaînes de montage et leurs matériels agricoles aux Européens de l’Ouest, sauvegardant ainsi le plein-emploi que l’Amérique avait atteint dès 1942. De fait, le pari s’est avéré gagnant pour tout le monde jusqu’au milieu des années 50. La leçon de cette époque, c’est que la prospérité, ça se partage.

C’est ce qu’on appelle un cercle vertueux ?

E.T. : Oui. On avait mis en application les leçons terribles du traité de Versailles et des erreurs des années 20, illustrées par John Maynard Keynes. C’est aussi une époque de régulation. En 1944, les accords de Bretton Woods créent le FMI pour assurer la stabilité des échanges monétaires et le contrôle des mouvements de capitaux, et la Banque mondiale, pour permettre le financement des économies en redémarrage. C’est ce qui va générer les Trente Glorieuses, années d’expansion et de plein-emploi dans le monde occidental, alors qu’aujourd’hui, au contraire, l’Union européenne subit une spirale descendante, en appliquant les politiques restrictives, en instituant en dogme l’équilibre des budgets, la baisse des revenus salariaux, l’irrévocabilité des dettes, et en poussant les économies les plus fortes à se développer au détriment de leurs partenaires plus faibles.

Mais pourquoi les Allemands s’accrochent-ils à ces politiques, alors que l’échec est patent en Grèce ?

E.T. : Si Angela Merkel poursuit dans cette logique, c’est parce qu’elle considère l’Europe, avec l’Allemagne au centre, comme devant être plus compétitive que les Etats-Unis, la Chine ou les autres pays émergents au niveau mondial : Russie, Brésil, Inde. Elle n’a d’autre perspective que de poursuivre la baisse des salaires et la précarisation de la main-d’oeuvre, chez elle et alentour. Matteo Renzi, en Italie, et François Hollande, en France, ne la contestent pas. Ils copient peu ou prou les réformes Hartz qui ont défait le modèle social allemand à partir de 2003-2005 : en Italie, avec la loi sur le travail ; en France, avec la loi Macron. Ils demandent juste un peu moins d’effort budgétaire.

Mais est-ce vraiment habile de la part des dirigeants de Syriza, qui veulent négocier avec l’Union européenne, de ramener les Allemands vers le passé, la Seconde Guerre mondiale ? N’est-ce pas leur dire : « Vous devez payer pour vos responsabilités » ?

E.T. : Le peuple allemand n’est pas responsable du nazisme. Il n’y a pas de « dette collective » des Allemands. En revanche, on ne peut admettre qu’Angela Merkel et Wolfgang Schäuble présentent leurs exigences vis-à-vis des Grecs comme une politique généreuse. Avec la crise grecque, le coût des emprunts d’Etat à dix ans de l’Allemagne est passé de 3 % en 2010 à 0,4 % en 2014. Soit – 75 %, permettant à l’Allemagne d’économiser 63 milliards d’euros. Tout ça parce que les marchés ne voulaient plus prendre de risques et se ruaient sur les « Bunds » [les emprunts d’Etat]. C’est vrai aussi pour la France. Les autorités allemandes, la BCE ou le FMI – dont la directrice générale, Christine Lagarde, affirme : « Une dette, ça se paye » – manipulent les opinions publiques. Le ministre des Finances français, Michel Sapin, le dit aussi, en plus gentil. Il s’agit de mobiliser les citoyens afin de maintenir la Grèce à genoux. Les dirigeants conservateurs veulent infliger une défaite à Tsipras pour éviter que les Espagnols n’élisent Podemos à la fin de cette année. Des économistes falsifient l’histoire en prétendant que la Grèce est à l’origine de la crise de la zone euro. Certes, la Grèce était le maillon faible de la chaîne, mais c’est la zone euro elle-même qui était, et demeure, mal conçue. A partir de l’introduction de l’euro, on a remplacé des transferts très importants des pays du Nord vers les pays du Sud (Portugal, Grèce, Italie, Espagne) par des prêts des grosses banques des grands pays (Allemagne, France, Italie) vers les pays de la périphérie. Les banques ont multiplié les prêts immobiliers et ont fait gonfler la bulle spéculative qui a explosé en 2010. En 2012, on a restructuré la dette grecque et on a remplacé les prêts des banques par des emprunts auprès des contribuables européens. Et cet argent (240 milliards d’euros) a servi à rembourser en priorité les institutions financières des pays du Nord…


Source : Marianne (France) du 20 février 2015

 

 

Source : http://cadtm.org/Le-27-fevrier-1953-les-allies

 

 

                                          ***********************************************

 

 

 

Source : http://cadtm.org/Quand-les-neoliberaux-recrivent-l

 

 
Quand les néolibéraux récrivent l’Histoire

22 février par Hervé Nathan

 

 

 

Après la guerre, l’Allemagne, vaincue et exsangue, a bénéficié d’importantes facilités pour se reconstruire. Loin des implacables conditions faites aujourd’hui à la Grèce. Ce qui n’empêche pas les créanciers d’Athènes, dont Berlin, de faire preuve de la plus stricte intransigeance.

Autrefois, la falsification de l’histoire était l’apanage des régimes totalitaires et ne s’étendait guère au-delà des questions directement politiques. Au XXIe siècle, changement de décor. A Washington, Londres, Paris ou Moscou, nous n’ignorons rien des coulisses du pouvoir. Nous parvenons même à décrypter ce théâtre d’ombres qu’est Pékin. Mais, lorsqu’il s’agit d’économie, nous délaissons trop souvent la vérité au profit des contes et légendes entretenus par des néolibéraux, des sociaux-démocrates ou des conservateurs, en apparence tout à fait respectables. C’est ainsi que, pour légitimer leurs exigences de mesures drastiques à l’encontre de la Grèce, les responsables politiques européens, aidés d’économistes, de polémistes ou de journalistes comme Arnaud Leparmentier, du Monde, nous écrivent un récit qui se veut historique, mais qui relève davantage du storytelling. Selon ces conteurs, la dette amassée serait issue des seules gabegies des gouvernements grecs, élus parce qu’ils distribuaient sans compter des prébendes à leurs clientèles. Oubliées, les combinaisons de la banque Goldman Sachs, enterrées, les ventes d’armes allemandes et françaises à la Grèce, ignoré, l’aveuglement de la Commission européenne. Mieux encore, l’Europe et les contribuables du Nord auraient apporté aux Grecs une « aide » de 240 milliards d’euros, alors qu’il s’agit de prêts…

Ce nouveau récit économique concerne également l’Allemagne. L’aversion des Allemands à l’égard de l’inflation viendrait du rôle historique de celle-ci. Elle aurait porté Hitler au pouvoir en 1933, de quoi légitimer l’orientation monétariste de la Bundesbank. Or, c’est au contraire la politique de déflation mise en oeuvre en 1932 par le chancelier centriste Brüning, jetant au chômage un travailleur sur quatre, qui a fait le lit du nazisme. Nous avons choisi de remettre au jour un autre épisode tombé dans l’oubli : l’accord de Londres, signé il y a exactement soixante-deux ans, le 27 février 1953, qui avait vu les Alliés vainqueurs réduire de plus de la moitié la dette de l’Allemagne, permettant autant sinon davantage que la création du deutsche Mark le « miracle économique » allemand, et la prospérité de l’Europe occidentale.


Source : Marianne (France) du 20 février 2015

 

 

Source : http://cadtm.org/Quand-les-neoliberaux-recrivent-l

 

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 16:19

 

Source : http://www.okeanews.fr/20150222-glezos-je-demande-au-peuple-grec-de-pardonner-davoir-contribue-cette-illusion

 

 

Glezos : "Je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion"

 

 

 

Depuis Bruxelles, Manolis Glezos foudroie le gouvernement à propos des manœuvres durant les négociations avec les créanciers et du changement de discours de SYRIZA. Il rappelle qu' »entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté ».

22 février 2015

 

Manolis Glezos (source photo news247.gr)

Manolis Glezos (source photo news247.gr)la redaction

 

Par un article qu’il signe depuis Bruxelles où il se trouve, le député européen SYRIZA, Manolis Glezos, critique de manière particulièrement acerbe les manœuvres gouvernementales.

"Changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires », ne change en rien la situation antérieure", écrit le cadre historique de la Gauche qui apparaît déçu des derniers développements entre la Grèce et ses créanciers.

"Plus d’un mois est passé et la promesse n’est toujours pas transformée en acte. Dommage et encore dommage. Pour ma part, je demande au Peuple Grec de me pardonner pour avoir contribué à cette illusion", écrit-il en invitant les amis de SYRIZA à participer dans les plus brefs délais à un dialogue sur le parcours du parti et les manœuvres en cause.

L’article de Manolis Glezos a été publié aujourd’hui sur le site du Mouvement ‘Citoyens Actifs’ :

Changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires », ne change en rien la situation antérieure.

L’on ne change pas non plus, bien entendu, le vote du peuple Grec aux élections du 25 janvier 2015.

Il a voté pour ce que SYRIZA avait promis : abolir le régime d’austérité qui n’est pas seulement une stratégie de l’oligarchie allemande mais aussi de celle des autres pays créanciers de l’Union européenne et de l’oligarchie grecque.

Nous abolissons les mémorandums et la troïka, nous abolissons toutes les lois de l’austérité.

Au lendemain des élections, d’une seule loi, nous abolissons la troïka et ses effets.

Un mois est passé et cette promesse n’est toujours pas transformée en acte.

Dommage et encore dommage.

Pour ma part, je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion.

Mais, avant que le mal ne progresse.

Avant qu’il ne soit trop tard, réagissons.

Avant toute chose, par le biais d’assemblées extraordinaires, dans toutes les organisations, quel qu’en soit le niveau, les membres et les amis de SYRIZA doivent décider s’ils acceptent cette situation...

 

*Suite de l'article sur okeanews

 

 

Source : http://www.okeanews.fr/20150222-glezos-je-demande-au-peuple-grec-de-pardonner-davoir-contribue-cette-illusion

 

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