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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 22:15

 

Source : http://l-arene-nue.blogspot.fr

 

 

mercredi 18 mars 2015

 

Europe : « avec Maastricht, on rira beaucoup plus » !

 

 





On a parfois la chance de tomber, en fouillant dans les recoins de certaines bibliothèques familiales, sur quelques perles dont on soupçonnait pas l'existence.

C'est ainsi que je suis récemment tombée sur ce petit bouquin hilarant paru en 1997 et que je n'avais pas encore eu le bonheur de feuilleter : Le Bêtisier de Maastricht. Il recense les âneries les plus épaisses ayant été proférées pendant la campagne référendaire de 1992 par les partisans du « oui ».

 

Parce que ça semble plus actuel que jamais et parce qu'il vaut mieux en rire, voici quelques extraits !

 

***

 

 

« L’Europe est la question d'avenir à la question du chômage (…) en s'appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde, sur une monnaie unique, la plus forte du monde, sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois » - Michel Sapin, 2 août 1992.

* Au bout du compte, Sapin a commencé très tôt à rencontrer des problèmes dans la réalisation de l’œuvre de sa vie : l'inversion de la courbe. Courage Michel, avec un peu de bol, dans 20 ans, on y est !

 

 

« Maastricht apporte aux dernières années de ce siècle une touche d'humanisme et de lumière qui contraste singulièrement avec les épreuves cruelles du passé » - Michel Sapin, 6 mai1992.

* Magnifique ! Dommage que sa carrière de poète ait été si courte. Et que sa carrière de ministre soit si longue....

 

« Maastricht permettra d'équilibrer une réalité financière par une réalité politique et sociale » Laurent Fabius, 16 septembre 1992.

* Dommage que sa carrière de prophète ait été si courte. Et que sa carrière de ministre, etc.(cf.supra).

 

«On ne peut dire que oui : oui à la paix, oui à la compréhension entre les peuples, oui à l'union qui fait a force ». Jacques Delors, 24 août 1992.

* On dirait les dialogues d'un film pour adultes : oh oui, oh oui, oh ouiiiiiiiiiiiii !

 

« Le oui étant majoritaire chez les jeunes, faut-il inventer une gériatrie du non ? ». Bernard Kouchner, 31 août 1992.

* Quid d'une gériatrie spécifique pour les types tellement séniles qu'ils ne savent plus s'ils sont socialistes ou sarkozystes ?

 

« Peut-être que le Président considérera que sa tâche est accomplie et que, le oui l'ayant emporté, il préférera arrêter son mandat. (…) Je n'ai aucune information me permettant de penser cela ». Dominique Strauss-Kahn, 15 septembre 1992.

* Parfois, il y en a qui préfèrent ne même pas le commencer, leur mandat.

 

« Le monde entier a les yeux fixés sur la France ». Jacques Delors, 18 septembre 1992.

* Nationaliste !

 

« Ce traité lutte contre la bureaucratie. Le Parlement européen va désormais mieux contrôler la Commission ». Laurent Fabius, 26 août 1992.

* C'est vrai : vingt ans plus tard, la bureaucratie est terrassée.

 

« Il faut expliquer, expliquer, expliquer pour convaincre, convaincre, convaincre ». François Mitterrand, 26 août 1992.

* Tout à fait : il faut faire de la pédagogie, de la pédagogie, de la pédagogie.

 

« La traité de Maastricht agit comme une assurance-vie contre le retour à l'expérience socialiste pure et dure » Alain Madelin, 4 septembre 1992.

* Ça en revanche, c'était bien vu. On aurait pu aller plus loin, et y voir un torpillage définitif de toute idée de gauche.

 

Au sujet du « non » danois au référendum du 2 juin : « Ce ne sont tout de même pas ceux qui ont laissé en Europe que les traces dévastatrices des Vinkings et les petits contes d'Andersen qui vont arrêter une construction aussi grandiose que celle de la Communauté européenne ». Patrick Devedjian, 3 juin 1992.

* Les Scandinaves, de toute façon, tous des barbares....

 

« Nous aurons l'Allemagne que nous méritons (…) Otto von Bismark est mort. Le 20 septembre, en refusant de ratifier le traité de Maastricht, nous pouvons le ressusciter, pour notre plus grand désagrément ». Franz-Olivier Giesbert, 15 septembre 1992.

* Germanophobie, quand tu nous tiens....

 

«Moi aussi, j'ai peur. Peur de l'Allemagne. De ce que deviendrait l'Allemagne dans une Europe désagrégée où, dégagée des Contraintes de la Communauté, elle se déploierait. Il ne faut pas prendre l'Allemagne pour un gros chien dressé parce qu'elle a été irréprochablement démocratique depuis 45 ans ». Françoise Giroud, 3 septembre 1992.

* Oui : la France a peur. Car les Teutons, de toute façon, tous des barbares....

 

« Je suis persuadé que les jeunes nazillons qui se sont rendus odieux à Rostock votent non à Maastricht ». Michel Rocard, 17 septembre 1992.

* Et qu'on se le tienne pour dit : c'est soit l'Europe, soit les nazillons.

 

***

 

Et il y en a des dizaines d'autres comme ça dans le livre, qu'encore une fois je conseille. Il est désopilant. En attendant, une conclusion en images avec cette petite vidéo que je me suis permise de piquer sur le blog de l'excellent Nico !

 

 

 

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 21:37

 

Source : http://news360x.fr

 

Les députés votent à l’unanimité le doublement de la durée de leur indemnisation en cas de défaite électorale !

By Mickael - Fondateur de News360x -

mar 20, 2015

 

 

À quelques jours des élections départementales, c’est ce qui s’appelle avoir le sens du « timing » !

 

Les parlementaires sont-ils totalement déconnectés du réel ? La question se pose alors qu’on apprend qu’une loi vient d’être votée à l’unanimité et prévoit de doubler de six mois à un an la durée d’indemnisation des élus en cas de défaite électorale.

Peut-être plus grave encore, le texte prévoit d’obliger une entreprise privée à réintégrer l’élu à la fin de son mandat, y compris dans les communes de 10 000 habitants et plus. Ainsi, l’entreprise ne sera plus libre de son recrutement.

S’il est vrai que l’équivalent dans le public (l’élu réintègre son administration à la fin de son mandat) est contestable, il faut dire que nous militons depuis des années pour que les fonctionnaires élus démissionnent de la fonction publique (dont le statut fait l’objet d’une proposition de loi visant à la supprimer, que nous soutenons), comme cela se pratique en Allemagne et au Royaume-Uni. Outre-Manche, les hauts fonctionnaires doivent même démissionner de la fonction publique avant la campagne électorale !

Le pire vient des justifications données par le rapporteur du texte, le député socialiste du Val d’Oise Philippe Doucet.

Ce dernier explique qu’«[u]n maire battu aux élections n’a pas le droit à Pôle emploi. Il s’agit que les élus n’aient pas moins de moyens que le reste de la population parce que ça peut freiner les ambitions de ceux qui voudraient s’engager», alors que les privilèges des élus sont nombreux, et leurs rémunérations très avantageuses.

Doucet avance également que cette loi n’a pas pour seul objectif d’atténuer le choc des défaites électorales, mais surtout de diversifier le profil des élus, en facilitant l’engagement des salariés du secteur privé et des femmes notamment. Comme il est commode que ce souci de renouvellement du personnel politique coïncide avec le renforcement des avantages de l’actuel !

Doucet assure enfin que la date du vote de cette loi n’a rien à voir avec les élections départementales puisqu’elle ne devrait pas bénéficier aux battus de dimanche. «La loi entrera en vigueur au 1er janvier 2016. On voulait initialement qu’elle s’applique aux municipales de 2014 mais le calendrier parlementaire n’ a permis de voter le texte que maintenant».

Si Doucet et les parlementaires qui l’ont suivi à l’unanimité sont sincères sur les motivations de cette loi, c’est que ces derniers sont complètement coupés des électeurs qui, en tant que contribuables, sont leurs employeurs. Comment ne pas être frappé par la simultanéité de ce vote et le scrutin des 22 et 29 mars ?

SOURCEContribuables et Associés

 

 

Source : http://news360x.fr

 

 

                                                       ************************************

 

Correction, ajoutée le 21 03 15

 

Source : http://www.slate.fr

 

 

Non, les députés n'ont pas voté une loi doublant leur indemnité de fin de mandat (*Ils en ont doublé la durée de versement...)

 

 

Depuis plusieurs jours, la proposition de loi bipartisane sur le statut de l'élu, qui améliore l'indemnisation des élus locaux au chômage après leur mandat, fait l'objet de nombreuses intox et caricatures.

Peut-être avez-vous vu passer ces derniers jours, sur les réseaux sociaux ou sur des sites (généralement ultralibéraux ou conservateurs), l'«information» suivante: alors que s'annonce une nouvelle défaite électorale pour la majorité, les députés auraient adopté un texte doublant leur indemnité de fin de mandat. Du pain bénit pour ceux qui voient dans l'ensemble des élus une caste coupée des réalités, à guillotiner d'urgence. Cela méritait bien une pétition.

Sauf qu'il suffit de se plonger dans le texte en question, une proposition de loi sur l'exercice de leur mandat par les élus locaux, pour se rendre compte que tout cela repose, en grande partie, sur une énorme intox, comme l'a notamment souligné sur Twitter Pierre Januel, collaborateur du groupe EELV à l'Assemblée et candidat aux départementales dans le Nord.

 

Pierre Januel @PJanuel

Tranquillou, le Figaro reprend le communiqué de Contribuables associés (extrême droite), sans corriger les mensonges http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2015/03/19/25002-20150319ARTFIG00307-une-loi-pour-renforcer-l-indemnisation-des-elus-battus-dans-les-urnes.php 

Non, contrairement à ce que dit l'asso d'extrême droite Contribuables associés, les députés n'ont pas doublé la prime pour les battus 1/4

 

 

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 19:03

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Nucléaire

À la centrale de Fessenheim, les problèmes de tuyauterie cachent de graves dysfonctionnements

par Agnès Rousseaux 20 mars 2015

 

 

« Défaut d’étanchéité » sur une tuyauterie. C’est le motif pour lequel EDF a mis à l’arrêt du réacteur n°1 de la centrale de Fessenheim (Alsace), le 28 février dernier vers 17h30. Le dysfonctionnement, tel qu’il est présenté, semble sans gravité. Un simple problème de plomberie... En réalité il s’agit d’une fuite de plus de 100 m3 d’eau suite à la fissuration d’une tuyauterie, révèle le rapport de l’Autorité de sureté nucléaire (ASN). Soit l’équivalent d’un semi-remorque d’eau, déversé dans la salle des machines. Éclaboussant des boîtiers électriques, la fuite a provoqué un défaut d’isolement sur un tableau électrique, qui est en lien avec l’alimentation de circuits de commande de disjoncteurs, électrovannes, « parmi lesquels figurent les éléments importants pour la protection » du réacteur nucléaire, décrit l’ASN. Un « défaut d’étanchéité » qui n’est donc pas si bénin que cela dans la plus vieille centrale nucléaire de France.

Le 5 mars, quelques minutes après une inspection de l’ASN suite à cet « incident », une seconde rupture de canalisation se produit, sur la même tuyauterie. Celle-ci avait été remise en service « alors même qu’EDF n’avait toujours pas identifié les causes de la rupture », dénonce le réseau Sortir du nucléaire. « Comment pouvez‐vous autoriser le redémarrage d’un réacteur nucléaire alors que des "éléments importants pour la "protection" sont alimentés par un boîtier peut‐être défectueux ? », s’alarme cinq associations hostiles au nucléaire dans une lettre ouverte au directeur de la centrale.

 

Quand EDF donne des « informations contraires » à l’ASN

L’inspection « a mis en évidence un manque de rigueur dans le processus de traitement des écarts et la prise en compte du retour d’expérience », pointe le rapport le l’ASN. Qui critique le fait que la direction de la centrale n’a pas mené de « campagne d’investigation précise des matériels potentiellement impactés par les projections d’eau ». Et que la tuyauterie a été remise en service prématurément, alors qu’une information contraire a été donnée aux inspecteurs de l’ASN : selon les déclarations d’EDF, la tuyauterie ne devait être remise en service que plusieurs semaines plus tard !

Lors de ce deuxième incident, l’ensemble du personnel n’a pas été évacué, croyant qu’il s’agissait d’un essai de sirène ! [1]. Interrogé lors d’une séance de la Commission locale d’information et de surveillance (CLIS) quelques jours plus tard, le directeur de la centrale a minimisé ces incidents. « Mensonge à l’ASN, omission auprès de la CLIS : les agissements d’EDF laissent plus que songeur quant à l’attitude que l’entreprise adopterait en cas d’accident de grande ampleur ! », s’indigne le réseau Sortir du nucléaire.

Cet « incident » n’est pas isolé, rappelle l’association : « Déjà, en avril 2014, une série de mauvaises manipulations avaient provoqué le débordement d’un réservoir, cette inondation ayant ensuite débouché sur un court-circuit et forcé à un arrêt en urgence du réacteur n°1 ». Le réseau Sortir du nucléaire étudie actuellement l’éventualité d’un dépôt de plainte, pour faire la lumière sur les problèmes pointés par ces incidents.

Lire le rapport de l’Autorité de sureté nucléaire
La lettre ouverte à Monsieur Thierry Rosso, directeur de la centrale de Fessenheim

 

Notes

[1] L’incident a eu lieu le jeudi 5 mars à 12h28, or les essais de sirène sont programmés à 12h00 le premier jeudi de chaque mois.

 

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 18:55

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Asile d'Edward Snowden : les Etats-Unis ont menacé l'Allemagne

20 mars 2015 | Par La rédaction de Mediapart

 

 

Selon Glenn Greenwald, citant le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel, Washington aurait menacé Berlin de suspendre leur collaboration en matière de renseignement si le pays accueillait le lanceur d'alerte.

 

Les États-Unis ont « menacé de manière agressive » l’Allemagne afin qu’elle n’accorde pas l’asile à l’ex-employé de la NSA Edward Snowden, rapporte vendredi 20 mars Glenn Greenwald, citant des propos du vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel.

Le journaliste, l’un des premiers à être entrés en contact avec Edward Snowden, a recueilli cette confidence à l’occasion d’un discours prononcé par le vice-chancelier. En marge de l’événement, Glenn Greenwald a demandé à Sigmar Gabriel pourquoi l’Allemagne n’avait pas accordé l’asile au lanceur d’alerte, un sujet ayant fait l’objet d’une vive polémique dans le pays.

Le vice-chancelier aurait alors répondu au journaliste « que le gouvernement américain a menacé de manière agressive les Allemands de couper tous les échanges de renseignement s’ils le faisaient ». « Ils nous ont dit qu’ils arrêteraient de nous notifier les complots et autres affaires de renseignement », aurait affirmé Sigmar Gabriel.

À lire sur le site The Intercept.

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 18:48

 

Reçue par mail

 

 

 

Salut camarades

 

Pour info, en lien ci dessous, la vidéo que j'ai réalisé et monté avec mon camarade, Mohamed Amami, sur la "Campagne contre la criminalisation du mouvement social espagnol".

 

https://www.youtube.com/watch?v=05yggHr-8YI&feature=youtu.be

 

Merci d'être indulgent, cette vidéo est le résultat d'un travail d'amateur et non d'un pro du montage vidéo.

 

Si vous n'êtes pas branché Streetpunk, mettez le son en bas volume pour les 5 premières minutes. Je vous rassure le reste des apports musicaux de la vidéo est plus consensuel.

 

J'attends vos commentaires critiques. N'hésitez pas c'est par la critique que l'on avance.

 

Jérémie (Solidaires 30)

 

Campagne contre la criminalisation du mouvement social espagnol

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 22:30

 

Source : http://www.reporterre.net

 

A Carcassonne, les crèmes glacées ont un bon goût de coopérative

19 mars 2015 / Lisa Giachino (L’Âge de Faire)
 


 

Ils s’étaient fait « manger par le capital ». Dix-neuf ouvriers de l’ancienne usine Pilpa ont créé une Scop de glaces artisanales, fabriquées à partir de fruits de la région. Les ouvriers sont devenus patrons, gèrent collectivement l’entreprise... et ça marche. Reportage.


- Carcassonne, reportage

- Alors, vous en êtes où ?
- Ça infuse…

La vanille de Madagascar exhale son parfum, plongée gousses ouvertes dans du lait entier. Autour des cuves, Kevin et Yannick s’activent. Demain, la production sera lancée. En attendant, d’autres ouvriers font des travaux : il faut retirer le câblage de l’immense chambre froide où étaient entreposées les glaces quand l’usine produisait en quantités industrielles pour Disney, Oasis, Fauchon ou Orangina…

« Avant, cinq personnes faisaient 2800 pots à l’heure, précise Jérôme, « chef de ligne », qui veille au bon fonctionnement de la production. Aujourd’hui, à six, on en fait 600 à l’heure ! Il n’y a presque rien d’automatisé. »

Quand les travailleurs de la Fabrique du Sud, à Carcassonne, racontent leur histoire, les mots « avant » et « après » reviennent comme un leitmotiv. Avant, c’était du temps de Pilpa, une usine de glaces créée il y a 42 ans par une coopérative laitière. Au fil du temps, le lait frais a été remplacé par du lait en poudre, les parfums naturels par des arômes artificiels, et les glaces ont été gonflées d’air – moins de matière première, plus de volume, et plus de profit.

En juillet 2011, l’entreprise est rachetée par R&R Ice Cream, une multinationale anglo-allemande financée par un fonds de pension américain. Un an plus tard, le groupe annonce la fermeture de l’usine.

« C’est intéressant d’être patrons et ouvriers »

Les 120 salariés démontrent, expertise comptable à l’appui, que le site est rentable et que sa fermeture est une question de stratégie financière. L’exemple des Fralib, qui se battent pour reprendre leur usine de thé près de Marseille, interpelle les syndicalistes, et le projet de créer une Scop (Société coopérative de production) mûrit peu à peu.

Après un an de lutte, ils obtiennent de la multinationale des indemnités de licenciement et un budget de formation conséquents, ainsi que la somme de 815 00 euros pour que la Scop puisse acquérir du matériel.

L’agglomération de Carcassonne achète une partie des locaux. Dix-neuf ouvriers et techniciens choisissent de rejoindre la Scop. Ils investissent chacun 5000 euros et 45 % de leurs droits au chômage.

Aujourd’hui, dans le bâtiment devenu trop vaste pour eux, ils semblent encore un peu sonnés par l’ampleur du changement. Autrefois simples exécutants de produits formatés, les Pilpa inventent leurs propres recettes. « On fait de bonnes glaces et on est fiers de nous, résume Sebastiana, qui était dans l’entreprise depuis dix-sept ans. C’est intéressant d’être patrons et ouvriers à la fois. On réfléchit ensemble : comment installer la ligne de production ? Comment emballer ? »

Vendues sous la marque La Belle Aude, dans de jolies boîtes en carton ornées d’une vache et de la silhouette des remparts de Carcassonne, les glaces de la Scop sont mises au point dans le laboratoire de Bernard. « On va lancer un parfum rhum-raisin, annonce-t-il, en blouse et coiffé d’une charlotte. On fera nous-mêmes la macération du raisin, dans du bon rhum de Martinique ! »

« Seul, on n’est rien »

Après trente-six ans dans l’entreprise comme assistant au contrôle qualité, Bernard s’est senti « très vulnérable » quand il a été licencié, à cinquante ans passés. « Et puis, je me suis dit que je pouvais apporter quelque chose à cette Scop, et j’ai repris confiance en moi. »

Pendant la phase de construction de l’entreprise, le technicien anime le groupe de travail « produit », qui décide d’orienter l’usine vers une glace traditionnelle, de qualité, à base d’ingrédients locaux [1]. « Aucun d’entre nous n’avait travaillé au service Recherche et développement de Pilpa. On a contacté des anciens pour avoir le BA-Ba, et deux d’entre nous ont suivi une formation à l’école de pâtisserie. On a acheté une petite turbine d’occasion pour faire des essais, tout le monde a participé à la dégustation. Cette expérience m’a appris que seul, on n’est rien. »

Les quatre commerciaux, qui se sont installés dans les bureaux de l’ancienne direction, au premier étage, ont eux aussi dû apprendre un nouveau métier : « avant », ils travaillaient à la production, au nettoyage ou à l’entretien des machines. A leur tête, Christophe a été élu président du conseil d’administration de la Scop. Il explique que la reconversion d’une partie des ouvriers était indispensable pour que tous les volontaires puissent intégrer le projet.

« Pour partir à 19, nous devions tout faire en interne. Mais au début, personne ne voulait devenir commercial ! Ce n’est pas évident de se mettre en avant. » Aux côtés des quatre hommes, Coralie, vingt ans, vient d’être recrutée comme apprentie. « Elle nous apporte le côté théorique, se félicite Christophe. Nous,on n’est pas des pro, mais quand les gens nous entendent, ils sentent notre engouement. Notre avantage, c’est que l’on sait parfaitement comment est fabriqué le produit. »

Daniel K., solide moustachu de 53 ans, est intarissable sur son nouveau métier. « Mon premier bon de commande, je n’ai pas pu le remplir tellement je tremblais, confie-t-il. J’ai un niveau CAP de 1978, faire des tableurs sur Excel, ça me saoûle, et je sais pas envoyer un texto. Mais j’ai la tchatche, et je m’éclate ! Sur mon secteur, j’ai déjà 28 grandes surfaces sur les 32 possibles, et mercredi je vais attraper la 29e ! Pendant trois ans, il faut qu’on soit au taquet pour augmenter le chiffre d’affaires. » Tous les membres de la Scop participent à l’effort commercial, en assurant des animations dans les supermarchés.

Le ragoût de Paul

Ce midi, le ragoût de sanglier fume dans la marmite de Paul : le beau-frère de l’un des salariés a percuté le bestiau en voiture. Délégué du personnel chez Pilpa, Paul a été licencié après trente-huit ans de service. Depuis le début de la lutte, il cuisine pour ses anciens collègues.

« Je suis à deux ans de la retraite, alors je préfère laisser la place aux jeunes, explique-t-il. Mais autant que je fasse quelque chose d’utile au lieu de rester chez moi. » Tous les jours ou presque, il vient faire le café à 7h30. Il passe la matinée à cuisiner, fumer et jouer à l’ordinateur en écoutant la radio, puis il rentre chez lui après le repas. Chacun donne deux ou trois euros par jour pour approvisionner la cuisine.

En dehors des réunions, c’est à table que les gens de la production, du service commercial et de l’administratif se rencontrent. Ce jour là, il y a aussi Michel. Ancien agent EDF, syndicaliste, il est l’une des chevilles ouvrières de l’association Les amis de la Fabrique du Sud.

« Ce qui m’a passionné dans cette histoire, c’est qu’on est au cœur du capital. Là, on peut faire de l’éducation populaire ! » s’enthousiasme-t-il. Avec Rachid, représentant CGT qui a mené la lutte des Pilpa avant de prendre sa retraite, et quelques bénévoles, il écume les centres de vacances et les foires pour présenter La Belle Aude et faire connaître l’économie coopérative.

Forte de ses 830 adhérents, l’association a investi 15 000 euros dans la Scop. C’est elle qui recueille les dons et les mots de soutien, comme celui de Suzanne, 79 ans : « Montrez à tous les salauds qui licencient de quoi les ouvriers sont capables. Vous êtes mon denier du culte… et en vous, je crois. »

La grande distribution en question

L’association joue aussi les aiguillons en continuant à porter le projet politique dont est née la Sc’p. « Je dis aux salariés que grâce à leur lutte, un bâtiment qui appartenait à un fonds d’investissement est désormais le bien de la population carcassonnaise, souligne Michel. Maintenant, il faudrait que le site soit vraiment géré démocratiquement, et ouvert à d’autres porteurs de projets. Il y avait un projet de plate-forme coopérative de l’agroalimentaire, mais ça n’avance pas beaucoup. »

Michel rêve également d’un réseau indépendant, porté par les adhérents de l’association, qui permettrait à la Scop de se passer de la grande distribution…

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 22:18

 

Source : http://www.contribuables.org

 

Un sénateur jamais présent touchera plus de 7200 euros net par mois

Le 17/03/2015

 

Le président du Sénat, Gérard Larcher, a annoncé que la Chambre Haute envisage de pénaliser les sénateurs absentéistes en leur infligeant des retenues sur leurs indemnités. Une mesure allant dans le bon sens, mais encore loin du compte.

 

Lu sur le Huffington Post :

 

 

[T]out parlementaire qui sera absent, au cours d’un même trimestre, à plus de la moitié des votes solennels, ou des réunions de commission, ou des séances de questions au gouvernement (convoquées une fois toutes les deux semaines), verra son indemnité de fonction amputée de moitié. Soit une perte sèche de 700 euros par mois.

Le Sénat s’est voulu encore plus sévère avec les récidivistes qui « sèchent » purement et simplement tous les travaux de la haute assemblée. Si l’absence d’un parlementaire atteint la moitié des trois catégories citées précédemment, la sanction entraînera la suppression de la totalité de l’indemnité de fonction (1400€/mois) et de 50% de l’Indemnité représentative de frais de mandat (IRFM, soit 3000€/mois).

Résultat des courses: les sénateurs les moins assidus pourraient perdre jusqu’à 4400€ d’avantages financiers par mois[.]

La rémunération d’un sénateur étant de 11 628,90 euros net par mois, une retenue de 4400 euros signifierait qu’un sénateur jamais présent continuerait à toucher 7228,90 euros par mois.

Et pour toucher l’intégralité de leurs indemnité, il leur suffirait de ne pas être absent à la moitié des votes solennels, réunions de commission et séances de questions au gouvernement.

Question rhétorique : dans quelle entreprise serait-il possible à un salarié de ne respecter qu’une grosse moitié de la durée prévue par son contrat de travail et quand même toucher l’intégralité de son salaire ?

***

Si le cas des « sénateurs-fantômes » est minoritaire, il concerne quand même une trentaine d’entre eux, soit près de 10 %

 

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 17:18

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

Arrêt sur images 19/03/2015 à 10h06

Oups ! Le doigt d’honneur de Varoufakis à l’Allemagne était truqué

Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

 

 

 

Ils ont bonne mine, les Allemands. Pas tous les Allemands, mais ce présentateur d’une très sérieuse émission politique de l’ARD, Günther Jauch, qui avait projeté la semaine dernière à Yanis Varoufakis une séquence filmée en 2013 dans laquelle on voyait l’alors futur ministre des Finances grec faire un doigt d’honneur à l’Allemagne. Et tous ceux qui y ont cru. Et tous les médias qui ont rediffusé cette image. Et tous les articles, comme celui-ci, qui ont présumé Varoufakis coupable du geste sacrilège.

 

Une image fabriquée

Le doigt d’honneur était truqué. C’est Jan Böhmermann, l’animateur d’une émission satirique, et pas du tout sérieuse, de la chaîne publique concurrente allemande, la ZDF, et auteur de la supercherie, qui vient de l’avouer, en dévoilant les images du truquage.

Si Varoufakis, dans cette réunion croate, parlait bien de « faire un doigt à l’Allemagne », il ne joignait pas le geste à la parole. Mais pour tourner un clip (par ailleurs très drôle) l’équipe de Böhmermann, croisement de Jon Stewart et de Yann Barthès, avait besoin de cette image. Ils l’ont donc fabriquée.

 

 

 

Clip de la chaîne ZDF

 

Elle apparaissait dans ce clip, où l’équipe de la très sérieuse émission politique allemande est allée la piocher.

 

Capture d’écran du making of du truquage, dévoilé par Böhmermann : côte à côte, l’image originale (à gauche) et l’image truquée (à droite) (ZDF)

Capture d’écran du doubleur silhouette de Varoufakis, et son authentique majeur (ZDF)

 

Pour les sceptiques, une autre image fabriquée, avec l’index levé, à la place du majeur

 

Les coupables, pas du tout repentants

 

Ils ont bonne mine. En ce jeudi matin, ni Jauch ni l’ARD n’ont encore réagi, mais ça ne devrait pas tarder. Ils ont bonne mine, et on a bonne mine aussi. Alors que l’article de Juliette Gramaglia, publié ici, faisait état des dénégations de Varoufakis, affirmant à Jauch que la vidéo était truquée, j’ai choisi de le titrer sur « Varoufakis embarrassé », plutôt que sur « Varoufakis dément ». Non pas que j’ignore qu’on peut truquer n’importe quelle image de télé, avec un bon fond vert. Mais – attention introspection du matinaute – il faut bien admettre que je partais de plusieurs présupposés.

 

Victime de la narration germano-européenne

D’abord, compte tenu des autres signaux émis depuis deux mois par Varoufakis, et notamment, disons, sa... franchise à l’égard de l’Allemagne, le doigt me semblait parfaitement vraisemblable. Et puis, une très sérieuse émission politique allemande (pardon pour les pléonasmes en chaîne), comment imaginer qu’elle diffuse une vidéo truquée ?

Bref, en dépit de nos efforts permanents, ici-même, pour tenter, dans la crise grecque, de n’être dupes ni de la narration germano-européenne, ni de la narration grecque, mais de les considérer toutes deux avec le recul nécessaire, une part de moi-même a bien dû intégrer la première, celle qui suppose les Grecs par essence effrontés provocateurs.

Leçon de l’épisode (tout au moins, jusqu’à ce qu’on nous révèle que les révélations de Böhmermann sont elles-mêmes truquées) : au-delà de l’anecdote, dans la guerre des chiffres et des mots, les plus provocateurs ne sont pas toujours où on nous dit qu’ils sont. Et les plus sérieux non plus.

 

 

Publié initialement sur
Arretsurimages.net

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 17:03

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Politique

Départementales : quand les écologistes, le Front de gauche et Nouvelle Donne s’inspirent de Podemos et Syriza

par Ivan du Roy 19 mars 2015

 

 

 

 

Une très forte abstention, un enracinement de l’extrême droite et une débâcle du PS : tels sont les principaux éléments attendus à l’issue du scrutin pour l’élection des conseillers généraux, les 22 et 29 mars. Une nouveauté ignorée des sondages pourrait cependant s’ajouter à ces prévisions : l’émergence électorale de listes de l’union des gauches alternatives, regroupant les écologistes, le Front de gauche ainsi que, dans les cantons urbains, le jeune parti Nouvelle Donne. Dans plusieurs départements, ces alliances pourraient créer la surprise, y compris face au FN. Et constituer la base d’une nouvelle dynamique politique à gauche, davantage ouverte aux citoyens.

Les sondages ne les voient pas. Le ministère de l’Intérieur fait tout pour les ignorer en les fondant dans l’étiquette politique fourre-tout « divers gauche », réservant au PS quand il est allié avec une autre force politique l’appellation « Union de la gauche ». Pourtant, une offre politique se voulant alternative est bien présente lors de ces élections départementales. Ces 400 cantons environ, où une alliance entre Europe écologie – Les verts (EELV) et le Front de gauche, ou une de ses composantes (PCF, Parti de gauche, Ensemble), s’est dessinée. Chez les écologistes comme au Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, on assure y observer « une dynamique militante », renforcée ici ou là par Nouvelle Donne, le mouvement lancé en 2013 par l’ancien socialiste Pierre Larrouturou et des personnalités issues de la société civile.

« Reste à voir ce que cela va donner électoralement », prévient David Cormand, secrétaire national adjoint d’EELV. Quelles sont les zones à suivre ? « Il y a des accords significatifs avec EELV dans une trentaine de départements », comptabilise Eric Coquerel, son homologue au Parti de gauche (PG). En Isère, la dynamique qui a permis à l’écologiste Eric Piolle et à ses alliés du Parti de gauche de ravir la mairie de Grenoble au PS, s’étend à presque tout le département. L’union des gauches « alternatives » peut potentiellement réunir 23% des voix si l’on se base sur l’addition de leurs scores aux élections européenne [1]. De quoi en théorie damer le pion au PS et à l’UMP et faire jeu égal avec le FN. Mais le Parti communiste local, favorable au projet controversé du Center Parcs de Roybon, a préféré faire alliance avec le PS.

 

Ne pas se contenter « d’une coalition de logos »

Dans le Limousin, l’attelage alternatif peut espérer faire aussi bien, voire mieux, que le PS, avec un potentiel électoral avoisinant les 18% en Haute-Vienne et en Corrèze – le fief de François Hollande – ainsi qu’en Indre (région Centre). Mais il faudra attirer des abstentionnistes pour espérer être présent au second tour dans plusieurs cantons face à l’UMP alliée aux centristes ou… au FN qui y a réalisé des scores supérieurs à 20%. Dans le Lot (Midi-Pyrénées), si véritable dynamique de gauche il y a, avec un cumul de 30% des voix lors du scrutin européen, EELV, Front de gauche et Nouvelle donne peuvent devancer largement le FN, l’UMP et le PS [2]. Le potentiel électoral est similaire dans les cantons toulousains, où l’alliance des « 50 nuances du vert au rouge », selon les mots de David Cormand, pourrait créer la surprise. Comme dans d’autres villes moyennes, à Poitiers, Clermont-Ferrand ou au Havre.

Et ensuite ? « Les militants décideront, mais cela donnera peut-être envie d’aller plus loin pour des élections régionales de décembre », espère David Cormand. « Mais il ne faudra pas que ces convergences soient seulement une coalition de logos, nous devrons rassembler militants et citoyens autour d’un nouveau projet. » La position est identique du côté du Parti de gauche. « Si on observe une réelle dynamique dans ces départements, tous ceux qui proposent cette ligne vont en sortir renforcés. Nous pourrons alors envisager l’étape suivante : les élections régionales », confirme Eric Coquerel. « Matérialiser des alliances entre organisations est toujours utile, mais nous devons aller plus loin. J’observe que Cécile Duflot a la même préoccupation », ajoute-t-il.

 

« On a raté le virage que Syriza et Podemos ont réussi »

« Après 2012, le Front de gauche a été incapable de concrétiser la dynamique des présidentielles. Cela a été une erreur. On a raté le virage que Syriza et Podemos ont réussi », regrette le responsable du PG. Dans un contexte de défiance et d’abstentions, alors que le FN se renforce, les élections départementales puis régionales permettront-elles aux partis de gauche alternatifs de se rattraper ? Des « chantiers de l’espoir » rassemblant ces composantes ont été lancés en janvier. Le Mouvement pour la 6ème République (M6R) fédère des militants autour d’une réforme constitutionnelle. Mais ces initiatives peinent encore à sortir de la confidentialité et à s’étendre plus largement « aux citoyens ».

Il reste encore des obstacles. Les écologistes demeurent divisés sur la stratégie à suivre. L’alliance avec une ou plusieurs composantes du Front de gauche a été largement choisie, localement, par les écologistes. Dans 400 autres cantons, ils battent la campagne électorale en « autonomie », sans partenaires. Ils ne font cause commune avec le PS que dans 160 cantons environ. Et en privilégiant, si possible, des candidats socialistes plutôt critiques de la politique gouvernementale actuelle. En Essonne (Île-de-France), ils se sont alliés avec les candidats proches de Jérôme Guedj, l’un des leaders des frondeurs socialistes. Et en Seine-Saint-Denis, avec la fédération tenue par Claude Bartolone, qui « ne figure pas parmi les pro Manuel Valls », estime le secrétaire national adjoint d’EELV. Dans le Nord-Pas-de-Calais, plutôt que les candidats de Martine Aubry, les écologistes ont cependant choisi le Front de gauche. Reste que plusieurs parlementaires écologistes seraient toujours prêts à figurer au gouvernement en cas de remaniement.

 

Des alliances effacées de la photographie électorale

Pour le Parti de gauche, des alliances même locales et ponctuelles avec le PS demeurent la ligne jaune à ne pas franchir. « Nous sommes disponibles pour envisager des accords avec des socialistes dissidents, clairement en rupture avec les politiques du gouvernement, mais nous n’en avons pas encore trouvé », ironise Eric Coquerel. Le congrès du PS en juin éclaircira peut-être ce complexe panorama. En attendant, le gouvernement est accusé de vouloir « disperser façon puzzle le décompte des voix qui se porteront sur les candidatures PC, PG, FDG, Nouvelle Donne et EELV ou des alliances regroupant tout ou partie de ces différents partis », déplore David Cormand.

Au soir des résultats, le ministre de l’Intérieur leur attribuera une variété d’étiquettes. Un moyen de faire disparaître de la photographie électorale et médiatique ces alliances naissantes gênantes. Et de livrer un angle d’attaque à l’aile droite du PS pour faire peser sur la division de la gauche la responsabilité de la probable débâcle. « Il y a une tentation autodestructrice au sein de la gauche », dénonce déjà le député de Paris Christophe Caresche pour expliquer la défaite. C’est sûr que la politique menée par le gouvernement n’y sera absolument pour rien.

Ivan du Roy (@IvanduRoy sur Twitter)

Photo : Préparation du premier meeting de François Hollande au Bourget lors de la campagne présidentielle de 2012 / CC Benjamin Géminel

 

Notes

[1] EELV 12,26%, Front de gauche 6,43%, Nouvelle donne 4,29%.

[2] EELV 13,65%, Front de gauche 10%, Nouvelle donne 3,57%.

 

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 16:44

 

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Face au changement climatique, les semences paysannes sont l’avenir de l’agriculture

17 mars 2015 / Lorène Lavocat (Reporterre)
 


 

 

Depuis des décennies, l’agriculture industrielle fait la guerre aux semences paysannes. Elles sont pourtant mieux armées que les variétés commerciales pour résister aux effets du changement climatique, et constituent une alternative pour nous nourrir demain.

Sous le soleil couchant, les pousses de blé se parent d’un vert éclatant. Accroupi dans la terre de sa ferme de Pont de l’Arche, à Bouchemaine dans le Maine et Loire, Florent Mercier observe avec tendresse ses 200 parcelles. « Pourquoi j’aime les blés paysans ? Ils sont beaux et si variés ! » Poulette à épi blanc, Petit rouge du Morvan, Barbu de l’Aveyron... Chacun a sa couleur, sa forme, sa saveur. Des blés pourtant délaissés et oubliés, car incompatibles avec le modèle agricole intensif qui s’est imposé durant les dernières décennies.

Résultat : moins de dix variétés fournissent aujourd’hui plus de la moitié du blé tendre produit en France. Et 80 % des légumes cultivés il y a cinquante ans ont disparu. Une perte de biodiversité qui n’est pas sans conséquence pour notre environnement et notre santé.

 

 

L’avenir de notre agriculture

Paysan bio, Florent Mercier élève des vaches laitières et cultive du blé en Anjou. Il est coprésident de l’association Triptolème dont l’objectif est la promotion et la défense de la biodiversité cultivée.

« Ces blés se cultivent sans pesticide, et ils ont une meilleure qualité nutritionnelle que les variétés commerciales », explique-t-il. Surtout, ils résistent bien mieux aux aléas climatiques. Les semences paysannes seraient-elles l’avenir de notre agriculture ?

« Les végétaux qui peuplent nos assiettes trouvent leur origine dans le travail séculaire des paysans, qui les ont d’abord domestiqués, puis adaptés, améliorés et mis en circulation à travers l’échange des graines », racontent Christophe Bonneuil, Olivier Petitjean et Frédéric Thomas, dans leur ouvrage Semences : une histoire politique. Les semences sont donc « par nature » paysannes, puisqu’elles résultent de la sélection par les agriculteurs. Ainsi « les plantes s’adaptent au fur et à mesure au terroir et aux conditions environnementales », explique Isabelle Goldringer, généticienne à l’INRA.

Résistance à la sécheresse, défense contre les pathogènes... En comparaison, les variétés modernes sont confrontées à un environnement parfois fort différent des conditions maîtrisées des laboratoires où elles ont été conçues. C’est pourquoi, « dans des fermes avec des sols peu fertiles ou des climats rigoureux, les semences locales sont plus performantes que les commerciales », observe-t-elle.

 

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Florent Mercier cultive, en partenariat avec l’INRA, plus de 200 parcelles expérimentales. Une centaine de variétés de blés de pays différentes ont été sorties des banques de graines et semées sur sa ferme.

D’autant plus que ces graines sont chaque année triées sur le volet par les paysans. « Dans les champs, la sélection naturelle et paysanne s’effectue en continu », explique Isabelle Goldringer, « donc les semences s’adaptent très vite. » Ce qui n’est pas le cas des variétés industrielles, qui peuvent mettre dix ans à voir le jour. « Entre le moment où un sélectionneur industriel va vouloir créer une variété résistante à la sécheresse et sa mise sur le marché, il peut s’écouler plus de sept ans », ajoute-t-elle. « Quand c’est fini, le climat a à nouveau changé, et il faut tout recommencer ! »

Face au changement climatique, les variétés anciennes paraissent donc mieux armées que leurs cousines commerciales. Pour Florent Mercier, elles sont avant tout une réponse immédiate à la crise écologique : « Elles sont bien plus adaptées à l’agriculture biologique, sans intrant », constate-t-il. Il sélectionne des blés de haute taille, qui limitent la croissance des « mauvaises herbes ».

 

L’atout de la diversité

Mais la carte maîtresse des semences paysannes demeure leur diversité. « On parle de variété population, car au sein même d’une variété ancienne, chaque individu, chaque plante est unique, comme pour les êtres humains », explique Isabelle Goldringer. Au contraire, les variétés commerciales ressemblent à des clones, elles ont été élaborées pour être « homogènes », au nom de la standardisation et de la rationalisation de l’agriculture. Ainsi, d’après la Confédération paysanne, « les paysans du monde créent plus de biodiversité chaque année que la sélection industrielle en cinquante ans. »

« Si chaque plante est différente, en cas de maladie ou de stress, il y aura toujours des individus qui survivront », note Isabelle Goldringer. « Mais si tous sont semblables, il est possible que rien ne résiste. »

 

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Chaque variété de blé est clairement identifiée, pour pouvoir ensuite être comparée aux autres.

Un constat partagé par Véronique Chable. Il y a quinze ans, cette agronome travaillant à l’établissement rennais de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) rencontre des maraîchers bio confrontés à un épineux problème : ils ne trouvent que des variétés pour le conventionnel, toutes conçues avec des biotechnologies, donc incompatibles avec les principes de l’agriculture biologique. Comment faire ? Avec la scientifique, ils sortent des banques de graines de l’INRA les semences anciennes de crucifères. Et relancent la culture du chou en Bretagne, sans pesticides.

Dans un grand hangar, Florent Mercier stocke ses précieuses graines dans des bidons. Un trésor de biodiversité, puisqu’il cultive plus d’une centaine de variétés. Pourtant, impossible pour lui de les donner ou de les vendre à d’autres paysans. L’échange de semences est en effet interdit par la loi. Brevet, certificat d’obtention végétale et catalogue officiel constituent un filet inextricable qui empêche la commercialisation des semences paysannes.

 

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Florent Mercier stocke les semences de blé dans des bouteilles en plastique, pour les protéger des rongeurs.

Le catalogue officiel répertorie depuis 1949 les variétés autorisées. Comme le rappelle Christophe Bonneuil et Frédéric Thomas, « l’inscription au catalogue est conditionnée par le respect de critères très stricts de distinction, d’homogénéité et de stabilité (DHS), ainsi que de valeur agronomique et technologique (VAT), qui excluent de fait les variétés de pays. » Les deux historiens ont d’ailleurs fait les comptes : « En ce qui concerne les blés tendres, on est ainsi passé de près de 400 variétés inscrites au début des années 1930 à 65 en 1966. »

Justifiée par un impératif de modernisation agricole, la disgrâce des semences paysannes s’est poursuivie jusqu’à nos jours. A l’INRA, pas question de plancher sur ces « reliquats » du néolithique. Depuis dix ans, Isabelle Goldringer fait partie des rares chercheurs à travailler sur ces questions, en collaboration avec les paysans.

 

Faire reconnaître les pratiques paysannes

« Au départ, la direction n’était pas du tout coopérative. On nous a interdit de travailler sur ces questions, nos sujets de thèse ont été massacrés au moment de l’évaluation... c’était très bloqué », se rappelle-t-elle. Même son de cloche à Rennes, où Véronique Chable doit se débrouiller avec une équipe minuscule et des moyens dérisoires : « L’INRA s’est fondé sur le développement de l’agriculture conventionnelle, et toutes ses méthodes découlent de ce modèle. » Pour elle, seule « une révolution culturelle », portée par l’appétit des consommateurs pour des produits sains, peut réorienter la machine.

 

 

Bannies des centres de recherches, privées de statut juridique, confinées dans des frigos comme « ressource phytogénétique », les semences paysannes n’ont pourtant pas dit leur dernier bourgeon. Une poignée d’irréductibles paysans, appuyés par quelques chercheurs, œuvrent d’arrache-pied pour remettre ces variétés au goût du jour. Depuis 2004, le Réseau Semences Paysannes coordonne ainsi les initiatives qui germent partout, et milite pour la reconnaissance scientifique et juridique des semences et des pratiques paysannes...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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