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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 16:27

 

 

Source : www.arretsurimages.net

 

 

 
dans les forums du 08/01/2015 par la rédaction

"Je ne suis pas Charlie. Et croyez-moi, je suis aussi triste que vous."

Par BC, @sinaute

 

 

 

Contenu reconnu d'Utilité Publique Ce contenu a été voté "d'utilité publique" par nos abonnés, ou sélectionné par la rédaction pour être gratuit. Il est temporairement accessible à tous, abonnés et non abonnés

"Je ne suis pas descendu parmi la foule." Un @sinaute exprime, dans le forum de discussion de la dernière chronique de Daniel Schneidermann, son malaise vis-à-vis de "l'union nationale" suite aux attaques meurtrières qui ont visé Charlie Hebdo. En cause, la "dérive islamophobe" du journal et de cette gauche "Onfray/Charlie/Fourest laïcarde".

Gros malaise. Je ne suis pas descendu parmi la foule. Je ne suis pas Charlie. Et croyez-moi, je suis aussi triste que vous.

Mais cet unanimisme émotionnel, quasiment institutionnel pour ceux qui écoutent les radio de service public et lisent les grands media, j'ai l'impression qu'on a déjà essayé de me foutre dedans à deux reprises. La société française est complètement anomique, mais on continue à se raconter des histoires.

Première histoire: victoire des Bleus en 1998. Unanimisme: Thuram Président, Black Blanc Beur etc. J'étais alors dans la foule. Quelques années plus tard: Knysna, Finkelkraut et son Black Black Black, déferlement de haine contre ces racailles millionnaires, mépris de classe systématique envers des sportifs analphabètes tout droit issus du sous-prolétariat post-colonial. Super l'"unité nationale".

FHaine

Deuxième histoire: entre deux-tour en 2002. Unanimisme: le FHaine ne passera pas, "pinces à linges", "sursaut républicain", foule "bigarrée" et drapeaux marocains le soir du second tour devant Chirac "supermenteur", "sauveur" inopiné de la République, et Bernadette qui tire la tronche, grand soulagement national. J'étais dans la foule des manifs d'entre deux tours.

Quelques années plus trard: le FN en pleine forme, invention du "racisme anti-blanc", création d'une coalition Gauche/Onfray/Charlie/Fourest laïcarde et une Droite forte/UMP/Cassoulet en pleine crise d'"identité nationale" contre l'Islam radical en France, "racaille" et "Kärcher", syndrome du foulard, des prières de rue, des mosquées, émeutes dans les banlieues, tirs sur les policiers, couvre-feu, récupération de la laïcité par l'extrême droite, Zemmour, Dieudo, Soral... Super l'"unité nationale".

Troisième histoire: sursaut national après le massacre inqualifiable à Charlie en janvier 2015. Unanimisme: deuil national, "nous sommes tous Charlie", mobilisations massives pour la défense de la liberté d'expression dans tout le pays. Charlie ? Plus personne ne le lisait. Pour les gens de gauche qui réfléchissent un peu, la dérive islamophobe sous couvert de laïcité et de "droit de rire de tout" était trop évidente. Pour les gens de droite: on déteste cette culture post-68, mais c'est toujours sympa de se foutre de la gueule des moyen-âgeux du Levant. Pour l'extrême droite: pas lu, auteurs et dessinateurs détestés culturellement et politiquement, mais très utile, les dessins sont repris dans "Riposte laïque" [site islamophobe d'extrême droite]. Pour beaucoup de musulmans: un affront hebdomadaire, mais on ferme sa gueule, c'est la "culture française".

Riposte

"Dieudo/Soral et les complotistes sont passés par là"

Résultat: des centaines de milliers de musulmans sommés de montrer patte blanche, quelques années à peine après la purge officielle sur l'identité nationale. Des années durant avec toujours le même message insistant: mais putain, quand est-ce que vous allez vous intégrer? Et vous, les musulmans "modérés", pourquoi on vous entend pas plus? A partir d'aujourd'hui, "vous êtes pour nous ou contre nous". Cabu ne disait pas autre chose: "la caricature, ils doivent bien l'accepter, c'est la culture Française". Super l'"unité nationale".

Réactions à chaud de jeunes de quartiers entendues dans le micro: "c'est pas possible, c'est trop gros, c'est un coup monté". Dieudo/Soral et les complotistes sont passés par là: manifestement certains ne croient pas plus au 07/01/15 qu'au 11/09/01. La réalité est qu'on les a déjà perdus depuis longtemps, et c'est pas avec des veillées publiques à la bougie qu'on va les récupérer ni avec des incantations à la "résistance" - mais à quoi vous "résistez" au fond ? Vous allez vous abonner à Charlie? Et ça va changer quoi?

"La majorité va se sentir mieux, et c'est précieux. Mais la fracture est totale."

La réassurance collective est un mouvement sain et compréhensible face à un massacre aussi traumatisant, mais elle a pour versant complémentaire le déni collectif, et pour résultat l'oubli des causes réelles et profondes de l'anomie. La majorité va se sentir mieux, se faire du bien, comme elle s'était fait du bien en 1998 et 2002, et c'est précieux. Mais la fracture est totale. Et la confusion idéologique à son comble.

Personne ne se demande comment on en est arrivé là, comment des jeunes parigots en sont venus à massacrer des journalistes et des artistes à la Kalash après un séjour en Syrie, sans avoir aucune idée de la vie et des idées des gens qu'ils ont tué: ils étaient juste sur la liste des cibles d'AlQaeda dans la Péninsule Arabique. Personne ne veut voir que cette société française, derrière l'unanimisme de façade devant l'horreur, est en réalité plus que jamais complètement anomique, qu'elle jette désespérément les plus démunis les uns contre les autres, et qu'elle a généré en un peu plus d'une décennie ses propres ennemis intérieurs.

"La plus grosse fabrique à soldats d'Al Qaeda sur notre territoire, c'est la PRISON"

Personne ne veut voir que la plus grosse fabrique à soldats d'Al Qaeda sur notre territoire, c'est la PRISON. Personne n'a compris que la France n'a pas basculé en 2015, mais il y a dix ans déjà, lors des émeutes. Personne ne veut voir que nous vivons encore les conséquences lointaines de l'immense humiliation coloniale et post-coloniale, et que vos leçons de "civilisation" et de "liberté d'expression" sont de ce fait inaudibles pour certains de ceux qui l'ont subie et la subissent ENCORE.

Prison

Et on continue à se raconter des histoires, après la fiction des Bleus de 1998, après le mythe du "Front républicain" de 2002, en agitant cette fois-ci comme un hochet la liberté d'expression, dernier rempart d'une collectivité qui n'est plus capable de se donner comme raison d'être que le droit fondamental de se foutre de la gueule des "autres", comme un deus ex machina qui allait miraculeusement réifier cette "unité nationale" réduite en lambeaux.

Vous n'arriverez pas à reconstruire la "communauté nationale" sur ce seul principe, fût-il essentiel. Je vous le dis, vous n'y arriverez pas. Car ce n'est pas CA notre problème. Notre problème, c'est de faire en sorte qu'il n'y ait plus personne en France qui n'ait tellement plus rien à espérer et à attendre de son propre pays natal au point d'en être réduit à n'avoir pour seule raison de vivre que de tuer des gens en masse, chez nous ou ailleurs.

Car on ne peut rien contre ceux qui leur fournissent la liste des cibles une fois qu'ils sont conditionnés. Il faut donc TOUT mettre en oeuvre pour agir avant qu'ils en soient là: ce n'est pas facile mais c'est la seule chose qui compte si on ne veut pas progressivement tomber dans le gouffre de la guerre civile, qui est la conséquence ultime de l'anomie.

Après, c'est trop tard. Et c'est déjà trop tard....



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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 16:20

 

Relexion d'un-e indigné-e de Nîmes

 

 

Désolée d'être encore et toujours un peu trop réboussière et mettre en comparaison des faits d'échelles incomparables...mais c'est avec une certaine amertume que je compare notre solitude et l'indifférence à la mort de Rémi et l'irresponsabilité de ceux qui ont armé le bras qui l'a tué et qui nous appelent maintenant à un unanimisme béat. Je suppose que la même amertume à du saisir tous les proches et les camarades de combats de tous ceux qui sont morts dans l'indifférence à cause de leurs idées, légions perdues que nous avons nous aussi oubliées.
Quelle quantité de sang faut-il pour nous sortir de notre torpeur ?

"Tina" qui n'a pas envie de rire s'exprime (en PJ) seule, en son nom (sous un pseudo en plus) et aucunement au nom des Indignés de Nîmes, elle ne cherche que désespérément à s'extraire de la boue et de la puanteur qui émane du cadavre Républicain qui s'il bouge encore ce n'est que par l'action des vers qui y prospèrent et le dévorent.
Alors embaumons le, laissons le reposer en paix dans la tombe de l'histoire. Utilisons ce qu'il nous à enseigné pour construire tous ensemble un autre présent, pour ne pas sombrer dans l'horreur de la haine. La République ne peut probablement plus être monolithique, "une et indivisible", c'est un trop commode mensonge, elle pourrait, peut être, être comprise multiple et tout autant indivisible.

Le principe de la laïcité qu'elle nous lègue, loin d'empêcher la liberté des consciences en est une garantie. Il va falloir que tous ceux qui prient un dieu nous disent clairement s'ils peuvent tolérer qu'il ne soit pas Le dieu unique dont ils ont besoin pour plier la diversité humaine et l'asservir à leur totalitarisme. Ce n'est pas à nous de "faire le ménage" chez eux, c'est de leur responsabilité de le faire.Et pas en cachant la poussière sous le tapis par des pieuses paroles vagues! Un aggiornamento radical est requis, d'urgence. Peuvent-ils le faire?

C'est ce que nous verrons, s'ils nous laissent vivre. J'en doute fort et cette idée de dieu est probablement aussi à embaumer définitivement . Un certain Malraux a dit que le XXI° siècle serait religieux ou ne serait pas...il semble qu'il veut être religieux et qu'il court au néant
bien que certains "sans dieu" nous mènent tout aussi sûrement au chaos. Dieu n'est même pas nécessaire à cela.

Happy new fear...

Biz.
TINA

 

 

                                                              

Je n’irai pas manifester à l’appel des assassins de Rémi Fraisse.

 

 

C’est un fait, les terroristes, les fascistes et les intégristes se complaisent à la guerre civile, ils la désirent y et prospèrent. Ils ne négligeront jamais une occasion de provoquer et d’attiser la haine. Mais la menace terroriste est bien trop utile à certains et il est clair que la peur est savamment instrumentalisée quand elle n’est pas sciemment provoquée.

Car elle permet d’étendre sans cesse le contrôle policier, nous faire désirer notre asservissement, aimer les geôliers qui nous surveillent et nous contrôlent.

Car elle permet de cacher, sous de pieux motifs consensuels, des appétits de hyènes, en Lybie, en Irak, en Afghanistan…partout.

Car elle détourne des vrais combats de ce temps, combat contre ceux qui se préoccupent bien plus de l’avis d’une poignée de traders voraces que de la simple vie des gens qu’ils réduisent à la misère.

 

Ce sont eux qui nous plongent dans la terreur quotidienne des « ajustements structurels » et des « plans sociaux ». Ce sont eux qui font notre malheur, jusqu’à rendre fous ou dangereux les moins solides d’entre nous. Il ne sort pas d’un peuple heureux et d’une société équilibrée des conducteurs kamikaze ou de jeunes djihadistes meurtriers. Qu’ont-ils fait de notre pays, qu’en avons-nous fait ? N’allons pas chercher loin à l’Orient les responsables de ce drame, regardons nous bien en face, tous, toutes confessions et origines confondues.

 

L’attentat contre les journalistes de Charlie n’est qu’une des conséquences lointaines de sinistres manoeuvres géopolitiques menées depuis trop longtemps en notre nom, par notre état aussi bien que par d’autres plus puissants et donc bien plus nuisibles. On ne voit pas par quel miracle nous ne serions pas brûlés par le feu que nous attisons ailleurs. Le jeu des haines enclenchées au Moyen-Orient est le même désordre mondial savamment entretenu dans lequel on nous plonge graduellement par la « Stratégie du Choc », la Crise permanente. En Tunisie, en Espagne, en Grèce et partout dans le monde des gens se sont assemblés pour refuser ce désordre si profitable à si peu. Ils ont été abondamment matraqués, tués, emprisonnés par ceux là même qui nous appellent à « nous unir face à la barbarie ».

 

L’Union Sacrée qu’on nous propose aujourd’hui ressemble trop à la farce cynique qui a « sauvé » un certain Bush, crétin intégriste et menteur notoire, criminel de guerre avéré. S’il y a une leçon a tirer du « 11.09 », c’est bien de refuser cette étrange, naïf et soudain unanimisme simplificateur du « tous unis pour la liberté ». Tous unis ? Quel beau mensonge !

 

Ne nous racontons pas de fables, ce consensus mou de façade vole en éclat dès qu’on en effleure le vernis. Entre la récupération politique d’un gouvernement qui veut nous faire croire qu’il peut encore unir quelqu’un derrière lui et ceux qui hurlent à la haine en allant brûler des mosquées ou en réclamant toujours plus de lois « anti-terroristes » liberticides et un flic à chaque coin de rue, nous ne pouvons être ni avec les uns ni avec les autres.

 

Je n’irai pas à l’appel de Valls manifester dans la rue avec le FN et la Sarkozie. Il n’y a qu’une porte de sortie à cette situation pourrie et on peut douter qu’elle fasse consensus chez les démagogues qui attisent les fantasmes de l’invasion, de la « soumission » et du déclin d’une identité françaisequ’ils définissentselon leur bon plaisir.

 

Nous devons affirmer notre refus de tous les intégrismes, y compris en questionnant le notre. Nous devons, comme tous ceux qui se sont assemblés spontanément au soir du massacre, refuser tout amalgame et d’agglomérer en soi disant communautés une réalité diverse et mouvante. Nous formons un peuple, une humanité et on lui fait violence en la morcelant. Nous devons affirmer haut et fort le besoin vital de la laïcité, seule garante de la liberté des consciences et du bien vivre ensemble.

 

Alors, oui, j’irais manifester, pour la Fraternité, contre le Choc des Civilisations.

Camille, Mohammed, Chokri, Rémi et Charlie et tant d’autres seront avec moi.

 

TINA

     

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 23:19

 

 

Source : www.lefigaro.fr

 

 

Hier à 18:41
La menace d'Anonymous
Le groupe de pirates informatiques Anonymous a annoncé sur son compte Twitter qu'il préparait une riposte contres les mouvances fondamentalistes en représailles à l'attentat sanglant perpétré contre la rédaction de Charlie Hebdo hier.

Les activistes d'Anonymous ont adressé ce message: "Attendez-vous à une réaction massive et frontale de notre part car le combat pour la défense de ces libertés est la base même de notre mouvement".

Anonymous a par ailleurs suspendu « momentanément » ses attaques contre le ministère de la Défense, dont le site était délibérément rendu indisponible par séquence à l'exemple d'hier. Les hackers entendaient venger la mort de Rémi Fraisse, tué le 25 octobre dernier lors des manifestations contre le barrage de Sivens.

 

 

 

Hier à 18:25
Charlie Hebdo hébergé par Libération
Libération hébergera dès vendredi matin la rédaction de Charlie Hebdo, après l'attentat de mercredi, aussi longtemps que nécessaire, a déclaré le directeur opérationnel de Libération, Pierre Fraidenraich. "Nous sommes ravis d'accueillir l'équipe de Charlie Hebdo, qui arrive demain matin" à Libération, a-t-il déclaré. "Nous mettons à leur disposition un étage complet de notre immeuble et tous les outils et moyens de production nécessaires à la production de leur exemplaire de la semaine prochaine, comme de celles à venir, tant qu'ils en auront besoin", a-t-il ajouté.

 "Nous avons pris l'initiative de proposer à Charlie Hebdo de venir à Libération car cette maison est la leur, ils sont chez eux. J'ai appelé le cabinet de Bernard Cazeneuve et la Préfecture de Police, et les mesures de protection nécessaires seront en place dès demain matin", a-t-il précisé. Libération avait déjà hébergé Charlie Hebdo plusieurs semaines après l'incendie criminel qui avait détruit leur locaux en 2011, après la publication de caricatures de Mahomet.

 

 

Voir l'image sur Twitter

Je partage l'info que j'ai eue tout à l'heure par une collègue <3

 

 

 

Hier à 15:23

L'hommage de la twittosphère en une minute

Vibrant hommage des réseaux sociaux à Charlie Hebdo. Une infographie animée montre, en une minute, l'explosion du hashtag #JeSuisCharlie, hier, dans le monde entier. Cela donne un feu d'artifice de tweets.

 

 

Hier à 14:11

Les taggueurs solidaires

 

Voir l'image sur Twitter

Vive !

Hier à 05:34
La une de The Independant
Voir l'image sur Twitter

Brilliant and powerful front page by the @Independent. Thumbs up for the middle finger.

07/01 à 16:03
L'hommage du dessinateur Na ! de BFM TV
Hier à 11:35
Les représentants musulmans appellent les imams à condamner la violence
Les représentants de la communauté musulmane de France ont appelé "les imams de toutes les mosquées" du pays à "condamner avec la plus grande fermeté la violence et le terrorisme" lors de la prière de vendredi, en réponse à l'attentat meurtrier de mercredi contre le journal Charlie Hebdo.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM), instance représentative de la communauté musulmane, a également invité les fidèles à observer jeudi à midi (11H00 GMT) la minute de silence prévue en France à la mémoire des 12 victimes de la tuerie, dans le cadre du deuil national décrété par François Hollande. Ils sont aussi invités à participer au grand rassemblement national prévu dimanche à Paris.
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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 22:34

 

Info reçue par mail

 

 

 


BUREAU CONFEDERAL

33 RUE DES VIGNOLES

75020 PARIS

www.cnt-f.org

cnt@cnt-f.org

 

 

Communiqué de presse du 08 janvier 2015

 

C'est avec effroi et stupeur que la CNT a appris l'attaque du siège du journal

Charlie Hebdo à Paris, ce mercredi 7 janvier 2015.

 

Avant tout, la CNT apporte son soutien et sa solidarité aux familles des victimes,

à leurs proches, à l'ensemble des salarié-e-s de Charlie Hebdo et à toutes celles

et ceux que cette atteinte terrible à la liberté de penser a pu toucher.

 

Cet attentat, ne saurait toutefois nous faire réagir uniquement sous le coup de

l'émotion en nous faisant oublier nos principes anticapitalistes,

autogestionnaires et libertaires.

 

Évidemment, personne, aucun-e travailleu-r-se ni aucun-e journaliste ni aucun

individu ne saurait être menacé-e, blessé-e ou tué-e pour son travail,

les propos qu'il tient ou encore les avis qu'il émet.

 

Nous tenons également à préciser qu’à aucun moment nous n’accepterons

que cet attentat soit utilisé à des fins politiques racistes, haineuses ou

sécuritaires, par ceux-là mêmes qui sont en grande partie responsables

d’une situation sociale catastrophique, adoptant une politique étrangère

impérialiste et guerrière au quatre coins du monde, stigmatisant les

musulmans et les étrangers comme boucs émissaires aux fins de

s'exonérer de toute culpabilité et de ne pas rendre compte,

devant le peuple, de leurs actes.

A aucun moment, nous ne ferons d'amalgame entre les musulmans

et les pratiques immondes de quelques intégristes religieux.

 

Dans ce contexte, plus que jamais, la CNT réaffirme que la lutte contre

toutes les formes de fascismes (qu'elles soient religieuses ou politiques),

de racisme, de xénophobie et de toutes autres causes de divisions

des classes populaires, est à amplifier au quotidien et non pas

seulement lorsqu'un événement tragique se produit.

 

La CNT invite toutes et tous à rejoindre le combat antifasciste et à exprimer

sa solidarité avec l'ensemble des peuples (partisan-e-s Kurdes,

Syriens Libres, Palestiniens, Espagnols, Grecs, minorités opprimées …)

combattant le capitalisme, l'autoritarisme, l’obscurantisme, la misère et

l'exploitation, peu importe les couleurs que ces fléaux arborent.

Enfin, la CNT tient à rappeler la nécessité, coûte que coûte, de garder

le cap de la lutte des classes et de l'émancipation internationale des

travailleurs sans se laisser aveugler par les chimères nationalistes

que la classe dominante cherchera à nous imposer.

 

No Pasaran

!

La CNT

 

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 18:18

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/kamalam

 

A nous tous

 

À tous ceux qui se réveillent difficilement ce matin, la boule au ventre, et se disent : et après ? 

À tous ceux qui n’étaient pas d’accord avec Charlie Hebdo, qui ne le lisaient plus depuis des années, mais qui ont le sentiment aujourd’hui d’avoir perdu une partie d’eux-mêmes, comme ces proches avec qui l’ont débat sec pendant les repas de famille, avec qui l’on s’écharpe souvent, mais sans pouvoir imaginer être privés de leur présence ;

À tous ceux qui sont mal à l’aise avec ces appels si unanimes, si opportunistes parfois, à se ranger derrière les bannières d’une République que chaque orateur habille à sa façon, mais qui sentent, de manière un peu confuse, un peu lointaine peut-être, qu’il y a, dans ce vieux mot intimidant, les ferments d’un « vivre ensemble » à construire ;

À tous les sans-papiers, les immigrés et filles et fils d’immigrés, et à tous ceux qui se battent à leurs côtés depuis des années, et contre vents et marées, pour que l’Autre, l’Etranger, cessent d’être cette figure de rejet de plus en plus répandue, et qui devront  redoubler d’efforts dans les mois et années à venir ;

À tous ceux qui, en France et dans le monde, n’arrivent pas à se figurer que l’on puisse, comme cela, entrer dans un bâtiment, y abattre froidement et un à un des hommes sans défense, et prendre la fuite, le tout au nom d’ « idéaux » autoproclamés ; à tous ceux, croyants et incroyants, que cet événement ébranle au plus profond de leur humanité ; à ceux pour qui cette violence, aussi fréquente l’est-elle malheureusement dans ce monde, reste insoutenable, insupportable ;

À nous tous ;

Je nous souhaite le courage de penser : malgré ces effluves d’émotions qui peuvent si facilement nous pétrifier ; malgré tous les esprits belliqueux qui seraient bien contents, justement, que l’on ne pense plus ; malgré cette foutue « guerre des civilisations » qui n’existe que lorsqu’on la proclame et qui nous empêche de dire autre chose que « pour » ou « contre », « gentil » contre « méchant » ; malgré tous ces diseurs de vérité, d’où qu’ils viennent, car la vérité ne se dit pas, mais se débat et se construit ensemble, au point de rencontre des vérités des autres.

Je nous souhaite le courage de l’utopie et de l’imagination, le courage d’être, avec  Edouard Glissant,  les artisans d’un monde créolisé contre tous les vendeurs d’identités essentialistes et repliées sur elles-mêmes.

Je nous souhaite le courage d’aimer, car l’amour reste, même les lendemains de drames, cette « aventure obstinée » qui « redéploie le monde à travers le prisme de notre différence » (Alain Badiou).

Car pouvons-nous faire autre chose que penser, rêver, et aimer ? N’est-ce pas cela que nous portons sur nos épaules, et qui est notre si fragile, si éphémère « condition humaine » ?

Je nous souhaite tout le courage qu’il faut pour la porter, haut et fort.

 

Kamal Abdul-Malak.

 

 

 Source : blogs.mediapart.fr/blog/kamalam

 

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 18:08

 

 

Source : www.huffingtonpost.fr

 

 Témoignage de Laurent Lége, survivant de l'attentat contre Charlie Hebdo, dans l'émission "Envoyé spécial" sur France 2:

 

 

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

Attentat à « Charlie Hebdo » : « Vous allez payer car vous avez insulté le Prophète »

LE MONDE | 08.01.2015 à 12h59 • Mis à jour le 08.01.2015 à 18h53 | Par Soren Seelow

 
 
Les bureaux de «  Charlie Hebdo  », après la tuerie, le 7 janvier.

Ils étaient tous là, ou presque. Comme tous les mercredis. Réunis entre chouquettes et croissants autour de la grande table ovale qui occupe toute la pièce pour la conférence de rédaction. Un rituel immuable depuis la création de Charlie Hebdo. A gauche, comme toujours, Charb, le directeur de la publication. Ce mercredi 7 janvier avaient pris place à ses côtés les dessinateurs Cabu, Wolinski, Tignous, Honoré et Riss, les rédacteurs Laurent Léger, Fabrice Nicolino et Philippe Lançon, l’économiste Bernard Maris ou encore les chroniqueuses Sigolène Vinson et Elsa Cayat.

La conférence de rédaction débute généralement à 10 h 30 et s’anime rapidement à la faveur de quelques blagues grivoises. Un seul sujet tabou : la machine à café, parce qu’elle ne marche jamais. Aux murs sont épinglées quelques « unes » mythiques du journal satirique : celle de « Charia Hebdo », qui avait motivé l’incendie criminel ayant ravagé les anciens locaux de l’hebdomadaire, en novembre 2011, une autre sur Marine Le Pen illustrée par une « merde » sur le drapeau français, une caricature du pape dénonçant la pédophilie dans l’Eglise, un Sarkozy grimaçant…

La réunion se finit quand elle finit, c’est-à-dire quand il est l’heure d’aller casser la croûte aux Petites Canailles, un bistrot de la rue Amelot, dans le 11e arrondissement de Paris.

L’un des agresseurs a dit : « Charb ? » Il a tiré sur Charb. Puis ils ont égrené tous les noms, et ont fait feu en rafales

Ce mercredi 7 janvier, personne n’est allé déjeuner aux Petites Canailles. La réunion avait commencé depuis une heure quand deux hommes cagoulés ont fait irruption au milieu des crayons, faisant taire le joyeux brouhaha. Ils étaient armés de fusils d’assaut. L’un des agresseurs a dit : « Charb ? ». Il a tiré sur Charb. Puis ils ont égrené les noms des membres de la rédaction, et ont fait feu en rafales. Selon les propos des rescapés, ils ont crié « Allahou akbar » et « Vous allez payer, car vous avez insulté le Prophète ». A Sigolène Vinson, ils ont dit, un canon sur la tempe : « Toi on te tuera pas, car on ne tue pas les femmes, mais tu liras le Coran. »

Lire les portraits des victimes : Charb, Cabu, Wolinski et les autres, assassinés dans leur rédaction

Voeux prémonitoires

Sept rédacteurs et dessinateurs sont morts en quelques secondes : Cabu, Charb, Tignous, Wolinski, Bernard Maris, Honoré et Elsa Cayat, une femme pourtant, psychanalyste et chroniqueuse. Mustapha Ourrad, le correcteur kabyle qui avait obtenu la nationalité française un mois plus tôt, a lui aussi été assassiné. Franck Brinsolaro, un des deux policiers qui assure la sécurité de Charb en permanence depuis l’attentat de novembre 2011, a également perdu la vie, tout comme Michel Renaud, ancien directeur de cabinet du maire de Clermont-Ferrand, invité par la rédaction.

A 11 h 28, quelques minutes avant la tuerie, l’hebdomadaire avait publié des vœux prémonitoires sur Twitter : un dessin d’Honoré représentant Al-Baghdadi, le leader de Daesh, assorti de ce commentaire « Et surtout la santé ! ». 

Voir l'image sur Twitter

Meilleurs vœux, au fait.

Le dessinateur est mort peu après avec ses amis sur la grande table ovale, là même où les caricaturistes grattent leurs derniers dessins les jours de bouclage, où se font les derniers choix de « une » dans une effusion de bons mots et de blagues de mauvais goût. « Ils ont tiré sur Wolinski, Cabu… ça a duré cinq minutes… Je m’étais réfugiée sous un bureau… », raconte à L’Humanité une survivante, la dessinatrice Corinne Rey, dite « Coco ».

Dans leur folie meurtrière, les agresseurs avaient abattu quelques minutes plus tôt un des agents d’entretien de l’immeuble au rez-de-chaussée, Frédéric Boisseau, 42 ans. Un deuxième policier blessé, Ahmed Merabet, sera achevé d’une balle dans la tête en tentant d’arrêter la fuite des tueurs, un peu plus tard, boulevard Richard-Lenoir.

« Carnage indescriptible »

Douze morts en tout, onze blessés, dont quatre grièvement. Philippe Lançon est grièvement touché au visage, Riss à l’épaule, Fabrice Nicolino à la jambe. Simon Fieschi, le jeune webmaster chargé de gérer le « shit storm », le tombereau d’insultes adressées à la rédaction depuis des années sur les réseaux sociaux et par téléphone, est le plus gravement atteint. Un « carnage indescriptible », selon un témoin ayant pu pénétrer dans la rédaction après la tuerie.

Arrivés sur place peu après la tuerie, les urgentistes ont décrit « des blessures de guerre ». « Je n’ai jamais vu ça de ma carrière », témoigne l’un d’eux : « On est rodé (…) mais pas pour le vivre dans la réalité. » « Le jour le plus noir de l’histoire de la presse française », a résumé à chaud, au pied de l’immeuble, Christophe Deloire, directeur de Reporters sans frontières. Il s’agit également de l’attentat le plus sanglant ayant frappé la France depuis un demi-siècle.

La brume était tenace et froide ce mercredi matin quand deux hommes vêtus de noir et de gilets pare-balles se sont présentés, visiblement mal renseignés, devant le numéro 6 de la rue Nicolas-Appert, à deux portes des locaux de Charlie Hebdo. Ils ont profité de l’arrivée de la postière, qui passait remettre un pli recommandé, pour s’engouffrer dans la porte, raconte l’employée d’une entreprise audiovisuelle, l’Atelier des archives, installée dans l’immeuble. Ils ont fait asseoir la postière et un employé qui venait récupérer le pli.

Lire notre reportage : Devant « Charlie Hebdo » : « On a cru entendre des pétards, c'était des rafales »

Innombrables menaces de mort

Puis ils ont demandé : « C’est où, Charlie Hebdo ? ». Ils ont tiré une balle, qui a traversé la porte vitrée d’un bureau. L’employée qui s’y trouvait est sortie dans le couloir et a échangé un bref regard avec les deux hommes.

Prenant conscience qu’ils s’étaient trompés d’immeuble, les assaillants sont ressortis et se sont présentés devant le numéro 10, l’adresse où a trouvé refuge le journal satirique depuis le 1er juillet 2014. Parfaitement au fait du jour et de l’heure de la conférence de rédaction de « Charlie », les agresseurs sont en revanche moins renseignés sur la localisation exacte de leurs bureaux.

Selon le parquet de Paris, ils croisent dans le hall de l’immeuble deux agents d’entretien, leur demandent où se trouve Charlie Hebdo, avant d’en abattre un. Ils prennent ensuite en otage Coco, qui se trouve dans l’escalier. La dessinatrice tente de les égarer en les emmenant au troisième étage, alors que la rédaction se trouve au deuxième.

Depuis l’attentat de 2011 et les innombrables menaces de mort reçues par sa rédaction, Charlie Hebdo a rendu ses locaux indétectables. La fière affiche qui ornait l’entrée de ses anciens locaux incendiés dans le 20e arrondissement, désormais couverte de suie, a été rapatriée à l’intérieur de la rédaction. Sur la porte du palier qui donne accès au journal, nulle mention du titre de la publication. « Les Éditions rotatives », est-il écrit. Les voisins, eux, ont été priés de ne pas ébruiter la présence du sulfureux périodique dans l’immeuble.

« On a tué “Charlie Hebdo” ! »

Selon un employé de Premières lignes, une société de production installée en face de la rédaction de « Charlie », au deuxième étage, les deux assaillants égarés au troisième auraient menacé de leur arme un locataire croisé dans le couloir. Avec toujours cette même question, obsédante : « Où est Charlie ? ». Ils finiront par trouver la bonne porte. C’est la dessinatrice Coco qui, sous la menace d’une arme, devra accepter de taper le code de la porte blindée qui donne accès à la rédaction.

Après la tuerie, les deux agresseurs s’engouffrent dans une Citroën C3 noire garée en bas du journal. Un témoin a affirmé aux enquêteurs avoir aperçu un complice, arrivé sur la scène de crime à bord de la C3 mais reparti à scooter. Les deux tireurs, eux, s’enfuient par l’Allée verte, une ruelle. Ils y rencontrent une première patrouille de police à VTT. Des coups de feu sont échangés, qui ne feront aucun blessé.

Une vidéo tournée par des employés de Premières lignes, réfugiés sur le toit de l’immeuble après les premiers coups de feu, a enregistré la fusillade. On croit entendre « Allahou akbar » entre deux rafales. Les assaillants croisent ensuite la route d’un véhicule de police rue Pelée. S’ensuit une deuxième salve de tirs. Une autre vidéo amateur permet d’entendre distinctement les cris : « On a vengé le prophète Mohamed, on a tué Charlie Hebdo ! »

C’est boulevard Richard-Lenoir que leur furieuse échappée fera sa dernière victime. La scène a été capturée par une troisième vidéo amateur. On y voit deux hommes équipés de gilets pare-balles et armés de fusils d’assaut sortir d’une Citroën noire et courir en direction d’un policier tombé au sol, sans doute touché par un tir. « Tu veux nous tuer ? demande l’un des tireurs. – Nan, c’est bon chef », répond le policier à terre. L’homme cagoulé passe devant lui et l’abat d’une balle dans la tête, au fusil d’assaut, sans même freiner sa course. La victime, Ahmed Merabet, 42 ans, était gardien de la paix au commissariat du 11e arrondissement.

Les deux tueurs retournent ensuite à leur véhicule, calmement, sans aucun signe de panique, comme des hommes entraînés au combat. La scène ressemble à un entraînement pour commando. L’un s’assoit au volant, l’autre prend le temps de ramasser une basket tombée de la portière et prend place sur le siège passager.

Lire l’enquête : La traque d’une fratrie de djihadistes

« J’ai cru à des pétards »

Lorenzo (qui a souhaité garder l’anonymat) habite boulevard Richard-Lenoir. Sa fenêtre donne sur la scène où le policier a été abattu. Il raconte au Monde : « Vers 11 h 30, j’ai entendu des coups de feu. J’ai cru à des pétards, je me suis approché de la fenêtre. Il y avait plein de policiers rassemblés au milieu du boulevard, mais aussi des gens à vélo qui passaient. C’était un matin normal », se remémore le jeune homme.

Il poursuit : « Sur la droite, j’ai vu une voiture de couleur sombre arrêtée en plein milieu de la rue. Deux hommes vêtus de noir en sont sortis, avec des cagoules, armés de fusils noirs. Un policier a tiré dans leur direction. Les deux hommes tiraient aussi. Le policier a été touché et est tombé en poussant un cri. Il a tenté de s’enfuir mais est tombé face contre terre. Les agresseurs ont couru vers lui. L’un est arrivé à sa hauteur et lui a tiré une balle dans la tête. Puis ils sont remontés dans la voiture ».

Le dessinateur Willem a pris connaissance de la tragédie dans un train. Son allergie aux conférences de rédaction lui a sauvé la vie

La Citroën fonce alors vers le nord de Paris. Place du Colonel-Fabien, elle percute violemment la conductrice d’un Touran Volkswagen. Ses deux occupants finiront par abandonner précipitamment leur véhicule après s’être encastrés dans des poteaux au niveau de la rue de Meaux, dans le 19e arrondissement, oubliant à bord une pièce d’identité qui mènera à leur identification ainsi qu’un chargeur vide de kalachnikov et d’autres effets personnels. Ils braquent alors le conducteur d’une Clio, s’emparent de la voiture et reprennent leur fuite. Les policiers perdront leur trace porte de Pantin.

Mais trois suspects de la tuerie, Saïd Kouachi, 34 ans, son frère Chérif Kouachi, 32 ans, et Mourad Hamyd, 18 ans, sont rapidement identifiés. Des opérations du Raid et du GIPN étaient en cours à Reims et à Charleville-Mézières dans la nuit de mercredi 7 à jeudi 8 janvier. Un appel à témoin avec la photo des deux frères a été diffusé par la police. Le plus jeune des suspects, Mourad Hamyd, s’est présenté volontairement dans la nuit au commissariat de police de Charleville-Mézières, « pour s’expliquer », selon le parquet de Paris.

Ils étaient tous là ou presque, mercredi 7 janvier à la conférence de rédaction de Charlie Hebdo. Les rares absents portent aujourd’hui le deuil. Le dessinateur Willem a pris connaissance de la tragédie dans un train entre Lorient et Paris. Son allergie aux conférences de rédaction lui a sauvé la vie. La journaliste Zineb était, elle, en vacances au Maroc, son pays d’origine. « Les rescapés comme moi ne le sont que par un concours de circonstances, raconte-t-elle par téléphone au Monde. Je n’arrive pas encore à réaliser que nous ne verrons plus jamais Charb, Cabu, Tignous et les autres… Presque tous les dessinateurs sont morts. Comment allons-nous faire ? »

Suivre les dernières informations en direct sur LeMonde.fr : Après l'attentat contre « Charlie Hebdo », la France à l'heure du recueillement

Une manifestation en hommage aux victimes à Paris.
Source : www.lemonde.fr

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 17:27

 

Source : www.rtbf.be

 

 

Charlie Hebdo: les manifestations de soutien à travers le monde en images

MONDE | Mis à jour le jeudi 8 janvier 2015 à 14h39

 

 


Des manifestants brandissent des crayons en hommage aux victimes de l'attaque, à Bruxelles.

Des manifestants brandissent des crayons en hommage aux victimes de l'attaque, à Bruxelles. - FILIP DE SMET - BELGA

Vidéos

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Rassemblements hier France /Belgique/Monde

De Bruxelles à Sao Paulo, en passant par Berlin et New York, des milliers de personnes se sont rassemblées dans la nuit de mercredi à jeudi pour dénoncer l’attaque terroriste contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Brandissant des pancartes proclamant "Je suis Charlie", les manifestants entendaient aussi défendre la liberté de la presse.

A New York, en dépit d’une température ressentie de -20 degrés Celsius, plusieurs centaines de personnes, en très grande majorité des Français, ont chanté la Marseillaise avant de scander "Charlie, Charlie" sur la place Union Square. 300 manifestants se sont également rassemblés à Washington. Christine Lagarde, patronne du FMI, était présente, venue montrer sa solidarité avec ses compatriotes et sa sympathie pour les victimes.

Rassemblement sur Union Square, à New York (Etats-Unis). - DON EMMERT - BELGAIMAGE

Manifestation de soutien à "Charlie Hebdo", à Washington (Etats-Unis). - BRENDAN SMIALOWSKI - BELGAIMAGE

Au Canada, les drapeaux avaient été mis en berne sur plusieurs édifices publics, comme l’Assemblée Nationale à Quebec ou la mairie de Montréal. De nombreux Français expatriés étaient présents dans les rues de Montréal, brandissant des pancartes "Je suis Charlie" : 

Rassemblement à Montréal. - Marc Braibant - BELGAIMAGE

A Berlin, environ 500 personnes, selon la police, se sont rassemblées devant l’Ambassade de France, près de la porte de Brandebourg. Munis de bougies, certains manifestants brandissaient d’anciennes unes de Charlie Hebdo :

Rassemblement à Berlin, devant la porte de Brandebourg (Allemagne). - BERND VON JUTRCZENKA - BELGAIMAGE

A Bruxelles, environ 200 personnes s’étaient réunies devant le consulat de France. Entre 1000 et 1500 personnes s’étaient par ailleurs rassemblées sur la Place du Luxembourg, près du Parlement Européen.

Entre 1000 et 1500 personnes se sont rassemblées sur la Place du Luxembourg, à Bruxelles. - SISKA GREMMELPREZ - BELGA

Plusieurs centaines de personnes également à Madrid et Londres. Scandant " Liberté d’expression, liberté d’expression " ou encore " Nous sommes tous Charlie ", les manifestants ont souvent entonné la marseillaise devant des drapeaux bleu-blanc-rouge :

Rassemblement sur Trafalgar Square, à Londres (Grande-Bretagne). - LEON NEAL - BELGAIMAGE

Des manifestants brandissent des pancartes "Je suis Charlie" à Madrid (Espagne). - GERARD JULIEN - BELGAIMAGE

Des rassemblements ont également eu lieu à Bogota (Colombie), Lima (Pérou) et Sao Paulo (Brésil), le plus souvent souvent à l’initiative de Français expatriés : 

Rassemblement à Sao Paulo (Brésil). - NELSON ALMEIDA - BELGAIMAGE

Rassemblement en hommage aux victimes, à Bogota (Colombie). - GUILLERMO LEGARIA - BELGAIMAGE

RTBF avec Agences

 

 

*Vidéo des rassemblements hier en France et dans le monde ici

 

 

Source : www.rtbf.be

 

 


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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 17:11

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

Non, "Charlie Hebdo" n’est pas raciste !

LE MONDE | 20.11.2013 à 08h26 • Mis à jour le 07.01.2015 à 13h59 | . Charb (Directeur de publication "Charlie Hebdo") et Fabrice Nicolino (Journaliste)

 
 
Le dessinateur Charb, dans les locaux de Charlie Hebdo, en septembre 2012.

Après les accusations de racisme lancées contre Charlie Hebdo en 2013, Le Monde avait publié une tribune de Charb et de Fabrice Nicolino.

Charlie, notre Charlie Hebdo a mal aux tripes et au coeur. Car voilà qu'une incroyable calomnie circule dans des cercles de plus en plus larges, qui nous est rapportée chaque jour. Charlie Hebdo serait devenu une feuille raciste.

Un jour, un chauffeur de taxi arabe exige de l'un des collaborateurs du journal, reconnu par lui, qu'il descende aussitôt, au motif de dessins moquant la religion musulmane. Un autre jour, un interlocuteur nous refuse un entretien pour la raison qu'il "ne parle pas à un journal de gros racistes". Et, quand le crapuleux Minute s'en prend de la manière que l'on sait à Christiane Taubira, il se trouve des imbéciles, jusque dans les télévisions, pour accoler des couvertures de notre journal à celles de ce torchon raciste.

PROCÈS EN SORCELLERIE

Mais où est passée la conscience morale, si toutes les vilenies deviennent à ce point ordinaires ? Nous avons presque honte de rappeler que l'antiracisme et la passion de l'égalité entre tous les humains sont et resteront le pacte fondateur de Charlie Hebdo.

Bien entendu, le procès en sorcellerie que tant d'esprits faibles nous font ne peut être mené qu'en secret, loin de la lumière, en l'absence de toute défense. Car la lecture de notre journal est la preuve définitive de ce que nous affirmons ici. Ceux qui osent dire le contraire ne nous lisent pas, et se contentent de se délecter d'une abominable rumeur.

Pour les autres, qui respectent encore des valeurs élémentaires, voici en quelques phrases notre histoire. Créé après l'interdiction d'Hara Kiri hebdo par le ridicule pouvoir gaulliste de 1970, Charlie Hebdo est fils de Mai 68, de la liberté, de l'insolence, et de personnalités aussi clairement situées que Cavanna, Cabu, Wolinski, Reiser, Gébé, Delfeil de Ton…

Qui oserait leur faire un procès rétrospectif ? Le Charlie Hebdo des années 1970 aura aidé à former l'esprit critique d'une génération. En se moquant certes des pouvoirs et des puissants. En riant, et parfois à gorge déployée, des malheurs du monde, mais toujours, toujours, toujours en défendant la personne humaine et les valeurs universelles qui lui sont associées.

L'un des drames des calomniateurs, c'est que Cavanna, Cabu, Wolinski sont toujours là, fidèles au poste chaque semaine, sans avoir jamais renié une once de leur passé. Contrairement à tant d'autres, qui ont eu le temps, en quarante années, de changer plusieurs fois de costume social, l'équipe de Charlie continue sur la même route.

Nous rions, nous critiquons, nous rêvons encore des mêmes choses. Ce n'est pas trahir un secret : l'équipe actuelle se partage entre tenants de la gauche, de l'extrême gauche, de l'anarchie et de l'écologie. Tous ne votent pas, mais tous ont sablé le champagne quand Nicolas Sarkozy a été battu en mai 2012.

NOUS AVONS CHOISI NOTRE CAMP

Aucun d'entre nous ne songerait à défendre la droite, que nous combattrons jusqu'au bout. Quant aux fascismes, quant au fascisme, nous considérons évidemment cette engeance comme un ennemi définitif, qui ne s'est d'ailleurs jamais privé de nous traîner devant les tribunaux.

Ouvrez donc ce journal ! Jean-Yves Camus y suit avec la rigueur qu'on lui connaît l'activité des extrêmes droites. Laurent Léger dévoile les turpitudes des réseaux si étendus de la corruption. Bernard Maris décortique l'économie et le capitalisme comme aucun autre. Patrick Pelloux raconte avec douceur les horreurs des urgences hospitalières. Gérard Biard ferraille contre le sexisme et la pub. Zineb el Rhazoui critique – oui, et de belle manière – les insupportables manifestations de certain islamisme. Fabrice Nicolino regarde le monde en écologiste radical, mais humaniste. Sigolène Vinson détaille le quotidien absurde de tant de tribunaux. Luce Lapin défend avec une opiniâtreté sans borne les animaux, ces grands absents du débat. Antonio Fischetti raconte la science, les sciences avec drôlerie et impertinence. Philippe Lançon proclame chaque semaine la victoire de la littérature sur la télé. Et puis tous les autres ! Quant aux dessinateurs, qui ne connaît leur trait ?

De Charb à Riss, de Luz à Willem, de Riad Sattouf à Tignous, en passant par Honoré, Catherine et bien sûr Wolin et Cabu, ils font rire chaque semaine ceux qui n'ont pas renoncé à être libres.

Où seraient cachés les supposés racistes ? Nous n'avons pas peur d'avouer que nous sommes des militants antiracistes de toujours. Sans nécessairement avoir une carte, nous avons choisi dans ce domaine notre camp, et n'en changerons évidemment jamais. Si par extraordinaire – mais cela n'arrivera pas – un mot ou un dessin racistes venaient à être publiés dans notre hebdomadaire, nous le quitterions à l'instant, et avec fracas. Encore heureux !

Reste dans ces conditions à comprendre pourquoi. Pourquoi cette idée folle se répand-elle comme une maladie contagieuse ? Nous serions islamophobes, disent nos diffamateurs. Ce qui, dans la novlangue qui est la leur, signifie racisme. Où l'on voit combien la régression a gagné tant d'esprits.

La "une" de "Charlie Hebdo" du 19 septembre. Plusieurs médias américains ont refusé de diffuser les images des caricatures du journal.

NOUS CONTINUERONS, BIEN SÛR

Il y a quarante ans, conspuer, exécrer, conchier même les religions était un parcours obligé. Qui entendait critiquer la marche du monde ne pouvait manquer de mettre en cause les si grands pouvoirs des principaux clergés. Mais à suivre certains, il est vrai de plus en plus nombreux, il faudrait aujourd'hui se taire.

Passe encore que Charlie consacre tant de ses dessins de couverture aux papistes. Mais la religion musulmane, drapeau imposé à d'innombrables peuples de la planète, jusqu'en Indonésie, devrait, elle, être épargnée. Pourquoi diable ? Quel est le rapport, autre qu'idéologique, essentialiste au fond, entre le fait d'être arabe par exemple et l'appartenance à l'islam ?

Nous refusons de nous cacher derrière notre petit doigt, et nous continuerons, bien sûr. Même si c'est moins facile qu'en 1970, nous continuerons à rire des curés, des rabbins et des imams, que cela plaise ou non. Nous sommes minoritaires ? Peut-être, mais fiers de nos traditions en tout cas. Et que ceux qui prétendent et prétendront demain que Charlie est raciste aient au moins le courage de le dire à voix haute, et sous leur nom. Nous saurons quoi leur répondre.

>Toute la rédaction de Charlie Hebdo se joint aux auteurs de cette tribune.

  • Fabrice Nicolino (Journaliste)
     
  • . Charb (Directeur de publication "Charlie Hebdo")
     

L’ensemble de la rédaction de « Charlie Hebdo » s’associe à cette tribune

 

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 16:54

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/philippe-corcuff

 

 

Mon ami Charb: les salauds, les cons, l’émotion ordinaire et la tendresse

Même si je n’avais pas connu les victimes, ce qui s’est passé hier serait dégueulasse. Mais je connaissais les victimes, j’ai collaboré à Charlie Hebdo comme chroniqueur d’avril 2001 à décembre 2004, et je suis effondré….

Cabu, Bernard Maris, Tignous, Wolinski…étaient pour moi des visages familiers. Et surtout Charb, qui est devenu au fil du temps un ami avec qui les liens ont perduré jusqu’à aujourd’hui. Ils m’on tant fait rire et je n’ai plus envie de rire.

Des salauds leur ont ôté la vie, comme on écrase des insectes. Ils ont craché sur leur propre humanité. Au nom de quoi ? Des prétextes pour recouvrir des frustrations médiocres, des aigreurs médiocres, des fantasmes médiocres. Et, en prétendant donner ainsi un peu plus de sens à des existences médiocres, ils ont ajouté du non-sens à un monde déjà fort embrouillé. Et nous sommes là, un peu comme des cons, tristes, las, en colère, impuissants face à l’irréversible de l’acte barbare. Il nous reste cette belle émotion ordinaire qui a parcouru spontanément le pays et qui a, pour l’instant, mis à distance les discours de haine dans le recueillement personnel et collectif. Comme si une raison sensible avait réussi à paralyser la déraison possible de la panique et de la désignation de boucs-émissaires, sans que personne ne l’ai explicitement  décidé.

Charb était mon ami. Quand je suis arrivé à la rédaction en avril 2001, il m’a d’abord jaugé avec prudence. Il faut dire que j’avais été introduit par Philippe Val et que Charb était au sein de la rédaction l’opposant le plus constant aux circonvolutions politiques de Val. Cependant, j’étais à l’époque militant de la Ligue Communiste Révolutionnaire, et lui-même pouvait voter pour la LCR ou pour le PCF en fonction des élections. Son casier à Charlie était d’ailleurs recouvert de deux autocollants, l’un du PCF, l’autre de la LCR. Par la suite, ses sympathies se sont stabilisées du côté communiste, mais dans une hostilité forte vis-à-vis du PS. Il continuait toutefois à avoir de l’admiration et de l’affection pour Daniel Bensaïd, dont il illustrera un livre d’introduction à Marx, Marx, mode d’emploi (Zones/La Découverte, 2009).

 Quand je lui ai demandé de dessiner au cours de la soirée d’hommage à Daniel Bensaïd, organisée par le NPA à la Mutualité le 24 janvier 2010, suite à son décès, il a immédiatement accepté. Il a accompagné une soirée pleine d’émotions par des dessins d’un humour tendre.

Nous nous sommes donc rapprochés dès mes années Charlie. Il fit en 2004 les dessins d’un livre composé de mes chroniques de Charlie et d’autres textes de presse, Prises de tête pour un autre monde. Chroniques (Textuel).

J’ai quitté Charlie en décembre 2004, du fait de divergences politiques avec Philippe Val, en particulier à cause la place qu’il donnait à la diabolisation de l’islam dans le contexte de l’après 11 septembre via les textes de Fiammetta Venner et Caroline Fourest, qu’il avait récemment introduites dans la rédaction (1). Charb comme Tignous m’avaient exprimé leur sympathie. Á partir de septembre 2005, la collaboration avec Charb a pris un autre visage dans une chronique irrégulière pour le site culturel Le Zèbre autour du roman noir, « Phil noir », dont il faisait les dessins. Cette chronique est devenue « Phil noir et blues », ajoutant les ressources de la chanson, à partir de mai 2014.

Charb avait le peuple de gauche chevillé au corps. Nous aimions nous retrouver au stand cubain de la Fête de l’Huma autour de mojitos ! Il était partie-prenante de la vraie gauche, dans la variété de ses couleurs radicales, altermondialistes et libertaires, pas celle des politiciens et des technocrates sociaux-libéraux. Il vomirait ces marionnettes du PS et de l’UMP qui croient pouvoir se faire un peu de beurre électoraliste sur son cadavre en bavassant sur les micros.

Il était affecté par les bêtises paresseuses qui circulaient depuis trop longtemps sur internet quant à sa supposée « islamophobie » et à son prétendu « racisme » (2). Les milieux critiques sont trop souvent pourris par des procureurs en chambre, qui géopolitisent avec leurs souris et condamnent avec leurs claviers, sans savoir grand-chose. Des cons qui remplissent leur ignorance arrogante sur internet par des bidons d’aigreur. L’ironie de Charlie s’en prenait avec humour à l’ensemble des religions, tout en se situant clairement dans le camp antiraciste. Il n’y avait pas là de stigmatisation discriminatoire de l’islam, donc à proprement parler d’islamophobie. L’église catholique, la force religieuse majoritaire, était la première visée par les Unes et les dessins, mais également les groupes évangélistes, le dalaï-lama ou les intégrismes juifs.

Dépourvu de préjugés particuliers contre l’islam, la seule expérience militante de Charb dans sa jeunesse avait d’ailleurs concerné la cause palestinienne, où il avait côtoyé des musulmans. Il ne goûtait guère la focalisation médiatique sur l’islam d’une Caroline Fourest. Il m’a raconté que lorsque Philippe Val a quitté en mai 2009 la direction de Charlie pour France Inter, la dite Fourest a fait mine d’endosser la fonction de cheftaine. Mais étoile filante imposée par Val dans la rédaction, elle n’avait guère la légitimité humaine et professionnelle pour la diriger. Le nom de Charb s’est imposé naturellement. Et elle est partie faire des claquettes sur d’autres plateaux….

Pour toutes ces raisons, Charb avait apprécié le communiqué iconoclaste de solidarité avec Charlie que nous avions écrit avec Philippe Poutou le 20 septembre 2012 pour Mediapart : « Contre l’islamophobie, pour le droit à la caricature de Charlie Hebdo ». Ce communiqué, mal vu pour de mauvaises raisons dans certains secteurs des gauches radicales, voulait rompre avec le manichéisme aplatissant des situations compliquées sur un seul plan, en se révélant alors incapable de défendre en même temps deux principes : la liberté d’expression et la lutte contre l’islamophobie.

Charb n’aurait pas prisé les appels actuels à « l’unité nationale ». C’était un artisan orfèvre en dissensus national. Par contre, il aurait aimé l’émotion citoyenne qui vibre de partout, bien au-delà de nos frontières. Il n’aurait pas voulu que les conneries islamophobes s’ajoutent à l’horreur islamiste, pour nous enfoncer un peu plus vers une guerre fantasmée de religions. Il conchierait le Front national, son plus constant ennemi politique, en le voyant saliver à l’avance sur les événements.

Charb était un moqueur affectueux avec ses amis. En témoigne ce dessin produit lors d’une rencontre publique, intitulée « Les Fourneaux de l’Invention », le 19 octobre 2013 à Lyon, où il était descendu avec ses deux gardes du corps policiers :

Charb terminait son dernier texto par « la bise à Basile (sans le réveiller) ». Basile est mon petit garçon de 9 mois. Maître en ironie mordante, Charb était un tendre qui se cachait derrière ses grosses lunettes. Amateur en blagues de cul, c’était un pudique en humanité. J’appréciais tout particulièrement sa série Maurice et Patapon, où la scatologie n’excluait pas la tendresse. Tu me manques l’ami…


Post-scriptum : J’avais perdu de vue, au fil des années, l’ami Tignous. J’ai retrouvé un autoportrait réalisé pour sa venue à Dijon le 2 décembre 2004 dans le cadre d’un « café-débat Charlie Hebdo » que je co-animais. Salut l’ami !

 

Notes :

(1) Voir « Philippe Corcuff quitte Charlie Hebdo », communiqué de presse, site Bellaciao, 3 décembre 2004.

(2) Voir la mise au point claire : « Non "Charlie Hebdo" n’est pas raciste ! », Le Monde, 20 novembre 2013.

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/philippe-corcuff

 

 

 

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 16:42

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

L’épreuve

Mercredi 7 Janvier 2015 à 17:30

 

Joseph Macé-Scaron

 

Les barbares qui ont perpétré cet attentat contre "Charlie Hebdo" ont agi en ennemis farouches de ce que la France a de meilleure et de plus universel : la liberté de l’esprit, le droit à la satire, au débat et à la controverse, l’irrespect démocratique... Un combat s’engage. Il sera long. Il sera difficile. Il sera âpre. Dans cette épreuve collective, veillons à ne perdre ni notre sang-froid, ni notre lucidité.

 

FRANCOLON XAVIER/SIPA
FRANCOLON XAVIER/SIPA

L’effroi, la stupeur, le chagrin. Jamais sans doute nous n’aurons eu autant de mal à commenter l’actualité tant elle se présente sous un jour terrible et tragique après l’exécution ciblée qui a frappé Charlie Hebdo. Ma première pensée va à Tignous, notre dessinateur depuis toujours.  Tignous n’était pas seulement un grand artiste, c’était un confrère chaleureux qui a incarné avec talent, avec générosité, avec assiduité les valeurs pour lesquelles nous combattons tous. Sa disparition, celle de Charb, de Wolinski, de Cabu, de Bernard Maris et de tant d’autres nous plongent dans la sidération et l’horreur.

Fidèle à sa tradition éditoriale, Charlie Hebdo avait porté à son point d’incandescence la liberté de la presse avec un double axiome : exercer son insolence à l’endroit du pouvoir – de tous les pouvoirs – et l’irréligiosité, ce droit au blasphème, brandi si haut par notre ami Tignous au point de roussir quelques barbes au passage !

Ne nous leurrons pas : les barbares qui ont assassinés ces amis de la liberté n’ont pas agi en redresseurs des torts éventuels de la France, comme certains imbéciles ou salauds, tôt ou tard, nous le murmureront à l’oreille, mais en ennemis farouches de ce qu’elle a de meilleure et de plus universel : la liberté de l’esprit, le droit à la satire, au débat et à la controverse, l’irrespect démocratique, bref, ce fil émancipateur qui court notamment de Voltaire à Charlie Hebdo. Ne nous leurrons pas : ce n’est pas un Occident présumé dominateur qui a été frappé ici au cœur mais la France dans ce qu’elle a de meilleur, la France émancipatrice, la France des Lumières, la France qui parie sur la culture et la réflexion pour désarmer la barbarie.

Hélas, aujourd’hui, non content de conspirer à effacer ce précieux héritage, l’esprit du temps s’emploie à jeter un doute permanent sur cet engagement de progrès. Combien de fois a t-on entendu critiquer Charlie Hebdo qui en « faisait trop » ? Suspectant lourdement le journal d’avoir trouvé dans cette lutte une niche éditoriale. Les artilleurs qui s’adonnaient à cet exercice de dévaluation de l’engament de toute une équipe de fantassins doivent se trouver malins aujourd’hui. Quoique… Ne doutons pas que cela n’empêchera pas ces permanents donneurs de leçon et professeurs es déontologie journalistique de verser des larmes de crocodile. Ne nous leurrons pas : ces petits maîtres du soupçon viennent d’être rattrapés par le réel et n’en tireront aucune leçon.

Un mot encore sur le procès fait à l’humour de Charlie Hebdo. On traque aujourd’hui le rire alors qu’il dit souvent mieux qu’un long discours la chair du monde. Car ce même esprit du temps revêt les rapports humains d’une robe de bure. Je ne sais pas si le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas. Il n’est même pas sûr que Malraux ait prononcé cette phrase. Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il n’y a pas d’idée plus salvatrice que la laïcité. Pas de pensée plus novatrice que le refus de se laisser embrigader dans les nouvelles guerres de religion.

En apprenant l’assassinat de nos confrères, Michel Onfray a eu cette réaction immédiate : « C’est notre 11 septembre ». Un combat s’engage. Il sera long. Il sera difficile. Il sera âpre. Dans cette épreuve collective, veillons à ne perdre ni notre sang-froid, ni notre lucidité.

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

 

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          Depuis le 26 Mai 2011,

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                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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