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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 21:09

 

 

 

Réflexions d'un indigné Nîmois

 

 

 

 

Pauvre Charlie...

 

« …tout propos contre la République…tout comportement incivique…toute insolence envers LE MAITRE …doit être signalé et sanctionné … ». (F. Hollande, hier, annonce pour renforcer la mission de l’Education Nationale)

 

Ah ?

 

Le grand Duduche va apprécier.


Mais ne nous arrêtons pas là:

 

Pour être bien sûr que ces individus insolents n’aient pas l’occasion de nuire éternellement et de saper insidieusement la Relance je propose de créer un fichier qui les suivra tout au long de leur vie et sera consultable par la Justice, la Police et les Créateurs d’Emplois, euh… pardon, les Patrons (cessons d’employer des euphémismes qui n’ont pour effet que d’effacer le nécessaire rapport à l’autorité naturelle de la Classe Supérieure Éduquée). On l’appellera le Livret de Travail.

 

Pour être certain que ces individus répugnants n’aient pas l’occasion, par leur exemple pernicieux, de diffuser dans la société des comportements séditieux je propose de créer dans chaque Mairie un endroit discret ou chacun devra venir régulièrement avouer à un officier de Police assermenté les pensées déviantes qu’il aurait pu avoir. On l’appellera le Confessionnal .

 

Pour être certain que les individus rétifs ne puissent pas glisser éternellement sur la pente de l’insubordination, je propose de les regrouper dans un endroit éloigné du Cœur de la Nation où, sous l’autorité de la République et au bénéfice de l’Entreprise, ils devront travailler dur pour apprendre ce que sont les valeurs fondamentales de la Civilisation et être enfin redressés si c’est encore possible (sinon tant pis...). On l’appellera le Bagne.

 

Voilà.

 

Et l’on veut nous faire croire que l’on est tourné vers l’avenir et le progrès de l’Humanité. On n’est qu’un petit bourgeois rassis, aux réflexes moraux rigides et étriqués, le portrait tout craché d’Adolphe (Thiers), modèle ultime et seul horizon mental. On prétend écrire XXI mais par réflexe pavlovien on écrit XIX. On paraît gris, atone et terne mais on devient un loup sauvage et impitoyable dès que sont menacés les seules Valeurs auxquelles on croit : l’Ordre et la Propriété.

 

Misère…

 

 

 

 

 

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 22:26

 

Info reçue par mail

 

 

RAPPEL: elections departementales 2015

RAPPEL: Vendredi 23, 18h00. Place du coudoulié à Gallargues.

Vous êtes les bienvenu-es, même comme observateurs (bienveillants) d’un soir. Prenez votre place.

 

  

Chèr-es ami-es, bonjour,

  

 Nous sommes plus d’une vingtaine, directement impliqué-es dans des actions et projets citoyens, à nous être réuni-es ce vendredi 16 janvier à VAUVERT.  Nous vous posons la question de porter une « plate forme citoyenne » commune, à l’occasion des prochaines élections départementales des 22/29 mars 2015. 

   

Nous en sommes encore à réfléchir à notre niveau d’implication essentiellement sur les deux cantons de petite Camargue (VAUVERT et AIGUES MORTES et pourquoi pas SOMMIERES) mais nous ne nous donnons pas de limite. La suite dépend donc de chacun-e  d’entre vous et de votre implication dans chacun de nos groupes. 

  

Voici quelques questions que nous avons abordées: 

  

Nous confronter aux enjeux institutionnels et politiques de cette élection peut-il nous permettre d’agréger nos forces, de les solidariser, de les amplifier?   

N’y a t il pas un paradoxe à se présenter à une élection confuse, aux enjeux improbables? 

Serons-nous compris et n’allons nous pas perdre notre temps inutilement dans ce marigot politicien? 

Pourtant, ne faut-il pas tenter de redonner ses lettres de noblesse à la politique? Ce pourrait-être une occasion (“un spot”) pour médiatiser nos actions, nos objectifs, la véritable alternative que nous mûrissons? 

Qui fera le boulot à notre place? 

Ne faut-il pas enfin rechercher la confrontation sur le terrain politique? 

Pourquoi serions-nous moins légitimes ou moins compétents? 

 

Pour avancer dans notre réflexion, dans nos échanges, dans notre organisation un prochain rendez vous est pris : VENDREDI 23 JANVIER A  18H00.

  

Par commodité nous vous proposons un lieu facile d’accès pour tout le monde :

Le Bar de la Renaissance, à côté de la Mairie de GALLARGUES LE MONTUEUX et sur la Place du Coudoulié.

 

Nous avons la salle de restaurant à disposition et la possibilité de grignoter un morceau tiré du sac sur place ; Les boissons se prennent au Bar. Pour le parking, n’hésitez pas à vous garer aux alentours.

 

Venez nombreux, co-voiturez, avançons ensembles !

 

 

 

Merci de faire circuler dans vos groupes et associations.

 

 

 


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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 19:17

 

Source : cadtm.org

 

CADTM

 

Si un gouvernement Syriza appliquait à la lettre un règlement de l’UE sur la dette...

22 janvier par Eric Toussaint

 

 


Voici une version largement augmentée de l’opinion d’Eric Toussaint publiée par le quotidien Le Monde le 22 janvier 2015. La présente version fait 15 000 signes alors que celle publiée par Le Monde en fait 6 000.

Depuis l’annonce des élections du 25 janvier 2015 en Grèce, la possibilité que Syriza sorte victorieuse des urnes et forme un gouvernement est présentée comme une menace à l’opinion publique internationale et en particulier celle de la zone euro. Pourtant, ceux qui tirent la sonnette d’alarme savent parfaitement que Syriza a annoncé qu’elle ne suspendrait pas le paiement de la dette et ne sortirait pas de l’euro une fois au gouvernement. Syriza propose une renégociation de la dette au niveau européen et souhaite que la Grèce reste dans la zone euro. En revanche, Syriza s’engage à mettre fin aux mesures injustes et antisociales prises par les gouvernements précédents et la Troïka.

Cette campagne sur les supposées menaces que représente Syriza vise à intimider les électeurs grecs afin qu’ils renoncent à leur droit au changement. Elle vise également en cas de victoire de Syriza à dresser une partie de l’opinion publique européenne contre la Coalition de la gauche radicale grecque afin d’éviter que, dans la foulée, Podemos en Espagne puisse gagner les élections à l’automne 2015. D’autres surprises pourraient également survenir dans d’autres pays comme le Portugal, la Slovénie, Chypre, si les citoyennes et citoyens considéraient que cela vaut la peine d’essayer de remplacer une politique ultraconservatrice désastreuse par une politique de gauche. Les dirigeants européens et les grands groupes privés qui les soutiennent savent que la majorité de la population de la zone euro tire un bilan négatif des politiques qui sont menées ces dernières années et cherche à reporter sa voix vers des forces qui proposent le changement. Une victoire de Syriza en Grèce représenterait une grande menace pour les partis traditionnels, tant les conservateurs que les « socialistes », redoutant une contagion qui pourrait gagner l’Espagne.

La dette réclamée à la Grèce représente 175% de la richesse nationale produite en une année et constitue un fardeau insoutenable pour le peuple grec.

Que se passera-t-il si Syriza une fois au gouvernement décidait de prendre à la lettre l’article 7 d’un règlement adopté en mai 2013 par l’Union européenne concernant les pays soumis à un plan d’ajustement structurel ? En font partie, la Grèce, le Portugal et Chypre, notamment.

Le point 9 de l’article 7 prescrit aux États sous ajustement structurel de réaliser un audit complet de la dette publique afin d’expliquer pourquoi l’endettement a augmenté de manière exagérée et afin de déceler des irrégularités. Voici le texte complet : « Un État membre faisant l’objet d’un programme d’ajustement macroéconomique réalise un audit complet de ses finances publiques afin, notamment, d’évaluer les raisons qui ont entraîné l’accumulation de niveaux d’endettement excessifs ainsi que de déceler toute éventuelle irrégularité. » |1|

Le gouvernement grec d’Antonis Samaras s’est bien gardé d’appliquer cette disposition du règlement afin de cacher à la population grecque les véritables raisons de l’augmentation de la dette et les irrégularités qui y sont liées. En novembre 2012, le parlement grec dominé par la droite avait rejeté la motion déposée par Syriza pour la création d’une commission d’enquête sur la dette, avec 167 voix contre, 119 pour et 0 abstention.

Il est clair qu’à l’issue d’une victoire électorale de Syriza, un gouvernement qui se mettrait en place sous sa conduite pourrait parfaitement prendre au mot l’Union Européenne en constituant une commission d’audit de la dette (avec participation citoyenne) afin d’analyser le processus d’endettement excessif de la Grèce, de déceler de probables irrégularités et d’identifier des parties illégales, illégitimes, odieuses,... de cette dette.

La participation citoyenne est fondamentale dans un processus d’audit qui se veut rigoureux et indépendant. Or il faut relever que dans le règlement de l’UE mentionné plus haut, à l’article 8, il est recommandé de faire participer les « partenaires sociaux et les organisations pertinentes de la société civile » à l’élaboration du « programme d’ajustement macroéconomique ». Raison de plus pour les associer activement à l’audit.

Voici quelques éléments clés qui pourraient être mis en lumière par la réalisation de l’audit :

La dette grecque qui représentait 113% du PIB en 2009 avant l’éclatement de la crise grecque et l’intervention de la Troïka, qui détient 4/5 de cette dette, a atteint 175% du PIB en 2014. L’intervention de la Troïka a donc été suivie d’une très forte augmentation de la dette grecque.

A partir de 2010 et jusqu’en 2012, les crédits octroyés par la Troïka à la Grèce ont servi très largement à rembourser les principaux créanciers de la Grèce jusqu’à cette période, à savoir les banques privées des principales économies de l’Union Européenne, à commencer par les banques françaises et allemandes |2|. Environ 80% de la dette grecque étaient en 2009 possédés par les banques privées de 7 pays de l’Union européennes. A elles seules, en 2009, les banques allemandes et françaises possédaient environ 50% du total des titres de la dette grecque.

Un audit de la dette grecque montrera que les banques privées européennes ont très fortement augmenté leurs crédits à la Grèce entre fin 2005 et 2009 (les crédits ont augmenté de plus de 60 milliards € passant de 80 milliards à 140 milliards) sans tenir compte de la capacité réelle de la Grèce à rembourser. Les banques ont agi de manière aventureuse, convaincues que les autorités européennes viendraient à leur secours en cas de problème.

Comme indiqué plus haut, l’audit montrera que le plan de soi-disant sauvetage de la Grèce mis au point par les instances européennes avec l’aide du FMI a en réalité servi à permettre aux banques des quelques pays européens qui ont un poids décisif dans les instances européennes de continuer à recevoir des remboursements de la part de la Grèce tout en transférant leur risque sur les États à travers la Troïka. Ce n’est pas la Grèce qui a été sauvée mais une poignée de grandes banques privées européennes implantées principalement dans les pays les plus forts de l’UE.

Les banques privées européennes ont ainsi été remplacées par la Troïka devenue le principal créancier de la Grèce à partir de la fin 2010.

L’audit analysera la légalité et la légitimité de ce plan de sauvetage. Est-il conforme aux traités de l’UE (notamment l’article 125 qui interdit à un État membre de prendre en charge les engagements financiers d’un autre État membre) ? La procédure européenne normale de prise de décision a-t-elle été respectée ? Les prêteurs publics en 2010 (c’est-à-dire les 14 États membres qui ont octroyé des prêts à la Grèce pour un total de 53 milliards €, le FMI, la BCE, la Commission européenne, etc.) ont-ils respecté le principe d’autonomie de la volonté de l’emprunteur, à savoir la Grèce, ou ont-ils profité de sa détresse face aux attaques spéculatives des marchés financiers pour lui imposer des contrats qui vont à l’encontre de son propre intérêt ? Ces prêteurs ont-ils imposé des conditions léonines, notamment en exigeant des taux de remboursement exagérés ? |3| Les 14 États membres qui ont chacun octroyé un prêt bilatéral à la Grèce ont-ils respecté les dispositions légales et constitutionnelles de leur pays et celles de la Grèce ?

Il s’agit également d’auditer l’action du FMI. Nous savons qu’au sein de la direction du FMI plusieurs directeurs exécutifs (le Brésilien, le Suisse, l’Argentin, l’Indien, l’Iranien, le Chinois, l’Egyptien) avaient fait part de leur plus grande réserve à l’égard du prêt accordé par le FMI en affirmant notamment que la Grèce ne serait pas capable de le rembourser vu les politiques qui lui étaient imposées |4|. Le gouvernement grec a-t-il, en collusion avec le directeur général du FMI de l’époque, demandé à son administration en charge des statistiques de fausser les données exactes afin de présenter un bulletin de santé financier tellement mauvais que cela permettait au FMI de lancer un plan de sauvetage ? Plusieurs hauts fonctionnaires grecs l’affirment.

La BCE a-t-elle outrepassé de manière grave ses prérogatives en exigeant du parlement grec qu’il légifère sur le droit de grève, la santé, le droit d’association, l’éducation et sur la réglementation des niveaux de salaire ?

En mars 2012, la Troïka a organisé une restructuration de la dette grecque qui a été présentée à l’époque comme un succès. Rappelons que G. Papandreou, premier ministre, avait annoncé début novembre 2011 à la veille d’une réunion du G20, son intention d’organiser pour février 2012 un référendum sur cette restructuration de la dette grecque préparée par la Troïka. Sous la pression de la Troïka, ce référendum n’a jamais eu lieu et le peuple grec s’est vu retirer le droit de se prononcer sur les nouvelles dettes. Les grands médias ont relayé le discours selon lequel la restructuration permettait de réduire de 50% la dette grecque. En réalité, la dette grecque est plus élevée en 2015 qu’en 2011, l’année qui a précédé la grande annulation de soi-disant 50%. L’audit montrera que cette opération de restructuration qui constituait une vaste supercherie était liée à un approfondissement des politiques qui sont contraires à l’intérêt de la Grèce et de sa population.

L’audit devra aussi évaluer si les conditions strictes imposées par la Troïka à la Grèce en échange des crédits qui lui sont apportés constituent une violation caractérisée d’une série de traités et conventions que sont tenus de respecter tant les pouvoirs publics du côté des créanciers que du côté de l’emprunteur la Grèce. Le professeur de droit Andreas Fischer-Lescano, commissionné par la Chambre du travail de Vienne |5| a démontré de manière irréfutable que les programmes de la Troïka sont illégaux en vertu du droit européen et du droit international. Les mesures définies dans les programmes d’ajustement auxquels la Grèce a été soumise et les politiques concrètes qui en sont la conséquence directe violent une série de droits fondamentaux tels que le droit à la santé, à l’éducation, au logement, à la sécurité sociale, à un salaire juste mais aussi la liberté d’association et de négociation collective. Tous ces droits sont protégés par de nombreux textes juridiques aux niveaux international et européen tels la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, la Convention européenne des droits de l’homme, la Charte sociale européenne, les deux Pactes de l’ONU sur les droits humains, la Charte de l’ONU, la Convention de l’ONU sur les droits de l’enfant, la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées, mais aussi les conventions de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) qui ont le statut de principe général du droit (PGD). 
La liste des articles violés par les memoranda imposés à la Grèce, que dresse méticuleusement le professeur Fischer-Lescano, est impressionnante et engage la responsabilité juridique des entités formant la Troïka ou mises en place par elle (le Mécanisme Européen de Stabilité, par exemple).

L’audit devra vérifier si, comme le prescrit le Règlement (UE) n ° 472/2013 du Parlement européen et du Conseil du 21 mai 2013 mentionné plus haut, le « programme d’ajustement macroéconomique respecte pleinement l’article 152 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et l’article 28 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ». L’audit doit aussi vérifier si le passage suivant du Règlement est respecté : « Les efforts d’assainissement budgétaire énoncés dans le programme d’ajustement macroéconomique tiennent compte de la nécessité de garantir des moyens suffisants pour les politiques fondamentales, comme l’éducation et la santé publique. » Il s’agit aussi de vérifier si est appliqué ce principe fondamental du Règlement : « Conformément à l’article 9 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, l’Union doit prendre en compte, dans la définition et la mise en œuvre de ses politiques et actions, les exigences liées à la promotion d’un niveau d’emploi élevé, à la garantie d’une protection sociale adéquate, à la lutte contre l’exclusion sociale, ainsi qu’à que le droit à un niveau élevé d’éducation, de formation et de protection de la santé humaine. » Il s’agit de mettre en regard ce qui précède avec le rapport d’évaluation de la mise en œuvre du deuxième programme d’ajustement structurel publié en avril 2014 par les services compétents de l’UE dans lequel les auteurs se félicitent de la réduction de 20% des emplois dans la fonction publique grecque |6|. Dans un encadré intitulé les « succès du programme économique d’ajustement » (« Success stories of the Economic Adjustment Programme »), on peut lire que les réformes du marché du travail ont permis de réduire le salaire minimum légal et que 150 000 emplois sont supprimés dans l’administration publique (« decrease in general government employment by 150,000 », p. 10).

L’audit devrait pouvoir montrer clairement que les mesures dictées par les créanciers constituent des régressions manifestes de l’exercice des droits humains fondamentaux et une violation caractérisée d’une série de traités. D’importantes irrégularités peuvent être identifiées. En conséquence, la commission chargée de l’audit pourra émettre un avis argumenté sur la légalité, l’illégitimité, voire la nullité de la dette contractée par la Grèce auprès de la Troïka.

Notes

|1| Règlement (UE) n ° 472/2013 du Parlement européen et du Conseil du 21 mai 2013 relatif au renforcement de la surveillance économique et budgétaire des États membres de la zone euro connaissant ou risquant de connaître de sérieuses difficultés du point de vue de leur stabilité financière http://eur-lex.europa.eu/legal-cont...

|2| C. Lapavitsas, A. Kaltenbrunner, G. Lambrinidis, D. Lindo, J. Meadway, J. Michell, J.P. Painceira, E. Pires, J. Powell, A. Stenfors, N. Teles : « The eurozone between austerity and default », Septembre 2010. http://www.researchonmoneyandfinanc...
Voir aussi Eric Toussaint, « Grèce-Allemagne : qui doit à qui ? (2) Créanciers protégés, peuple grec sacrifié », publié le 8 octobre 2012, http://cadtm.org/Grece-Allemagne-qu...

|3| Les taux exigés qui étaient de 4 à 5,5% en 2010 – 2011 ont été ramenés à environ 1% en 2012 suite aux protestations qui s’élevaient de différents endroits (y compris du gouvernement irlandais qui s’était vu également imposé un taux très élevé à partir de la fin 2010) . En abaissant fortement les taux, les 14 États ont de fait reconnu que les taux antérieurement exigé étaient exagérés.

|4| Voir les révélations faites par le Wall Street Journal : http://blogs.wsj.com/economics/2013... Voir également : http://greece.greekreporter.com/201...

|5| Voir son rapport « Human Rights in Times of Austerity Policy », publié le 17 février 2014, disponible sur http://www.etui.org/content/downloa...).pdf.

|6| European Commission, Directorate-General for Economic and Financial Affairs, The Second Economic Adjustment Programme for Greece, Fourth Review – April 2014, p. 3, Voir http://ec.europa.eu/economy_finance... Le rapport comporte 304 pages.

 

 

Source : cadtm.org

 

 

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 19:10

 

Source : cadtm.org

 

CADTM

 

Madame Lagarde, Monsieur Junker : c’est vous qui ne respectez pas vos engagements !

22 janvier par Renaud Vivien

 

 


A quelques jours des élections en Grèce, le FMI et la Commission européenne récidivent. Mettant en garde contre toute mesure d’allègement de la dette grecque, Christine Lagarde, directrice du FMI, vient de déclarer qu’« une dette est une dette, c’est un contrat » tandis que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Junker, martèle que « l’Europe attend que la Grèce respecte ses engagements pris vis-à-vis de ses partenaires ». Pour forcer le prochain gouvernement à continuer à appliquer les programmes d’austérité et à rembourser la dette, Mr Junker et Mme Lagarde en appellent donc à la moralité et à la légalité (au respect des engagements pris par les États et au droit du contrat). Le droit international dit pourtant tout autre chose et permet à un État de répudier ses dettes.

Dans son rapport sur la « dette odieuse » commandé par l’ONU |1|, le juriste Robert Howse rappelle que l’obligation pour un État de rembourser les dettes n’a jamais été reconnue dans l’Histoire comme étant inconditionnelle. L’obligation de payer une dette n’est pas absolue et rencontre deux limites fondamentales.

Premièrement, il est établi en droit international que l’État a d’abord des engagements à l’égard de sa population. En effet, l’obligation de respecter les droits humains l’emporte sur tous les autres engagements pris par l’État comme ceux à l’égard de ses créanciers. L’article 103 de la Charte de l’ONU l’indique très clairement. L’argument juridique de l’ « état de nécessité » est encore plus explicite en matière de dette : « On ne peut attendre d’un État qu’il ferme ses écoles et ses universités et ses tribunaux, qu’il abandonne les services publics de telle sorte qu’il livre sa communauté au chaos et à l’anarchie simplement pour ainsi disposer de l’argent pour rembourser ses créanciers étrangers ou nationaux. Il y a des limites à ce qu’on peut raisonnablement attendre d’un État, de la même façon que pour un individu ». L’état de nécessité et la Charte de l’ONU permettent donc à un État de fonder juridiquement une suspension unilatérale du paiement de la dette lorsque son budget ne lui permet pas de subvenir aux besoins fondamentaux de sa population. Ce qui est indubitablement le cas en Grèce.

Ajoutons que sur le plan économique, une suspension du remboursement de la dette a des résultats très positifs. Comme l’ont souligné Eduardo Levy Yeyati et Ugo Panizza, deux anciens économistes de la Banque interaméricaine de développement, suite à leurs recherches sur les défauts de paiement concernant une quarantaine de pays, « les périodes de défaut de paiement marquent le début de la récupération économique ». Le Prix Nobel de l’économie, Joseph Stiglitz, partage le même constat et démontre que les conséquences catastrophiques d’un moratoire sur la dette annoncées par les créanciers pour faire peur au pays débiteur ne sont pas réelles : « Empiriquement, il y a très peu de preuves accréditant l’idée qu’un défaut de paiement entraîne une longue période d’exclusion d’accès aux marchés financiers (....) Dès lors, en pratique, la menace de voir le robinet du crédit fermé n’est pas réelle ».

Deuxièmement, l’obligation de rembourser une dette ne vaut que si cet engagement est valide, quelque soit la capacité financière de l’État à payer sa dette. Comme le souligne Howse, le principe de continuité de l’État et le droit du contrat sont limités par des considérations d’équité, la fraude, le changement fondamental de circonstance, la mauvaise foi, l’incompétence du signataire, l’abus de droit, etc.

Une commission d’audit de la dette grecque mise en place par le prochain gouvernement (avec participation citoyenne) permettrait d’identifier avec précision les irrégularités dans la constitution de ces dettes, à commencer par la dette à l’égard de la Troïka (FMI, Union Européenne, Banque centrale européenne) qui détient à elle seule 80% de la dette totale, suite aux sauvetages des banques privées intervenus en 2010 et 2012. Rappelons que les prêts octroyés par la Troïka à la Grèce à partir de 2010 ont servi très largement à rembourser les anciens créanciers, principalement les banques françaises et allemandes qui possédaient la moitié du total des titres de la dette grecque avant l’intervention de la Troïka.

Cette intervention s’est accompagnée de plusieurs irrégularités qui ont pour effet de remettre en cause la validité des engagements sur la dette si chers à Mr Junker et Mme Lagarde.

les memoranda de la Troïka violent le droit à la santé, à l’éducation, au logement, à la sécurité sociale, à un salaire juste...

La Troïka a tout d’abord commis un abus de droit. Comme le rappelle l’Expert des Nations Unies sur la dette en 2012, « les créanciers et les entreprises privées sont tenus de respecter les droits humains et de ne pas tirer profit d’une crise pour imposer au débiteur des réformes structurelles ». Or, la Troïka a fait le contraire puisqu’elle a profité de la détresse financière de la Grèce pour lui imposer des programmes d’austérité (les memoranda) en échange de prêts.

De plus, ces mesures d’austérité sont illégales au regard du droit grec mais aussi du droit européen et international. Dans un rapport commissionné par la Chambre du travail de Vienne |2|, le juriste Andreas Fischer-Lescano démontre que les memoranda de la Troïka violent une série de droits fondamentaux tels que le droit à la santé, à l’éducation, au logement, à la sécurité sociale, à un salaire juste, à la propriété privée mais aussi la liberté d’association et de négociation collective. Tous ces droits sont protégés par de nombreux textes juridiques qui engagent non seulement les États mais aussi les institutions européennes et internationales comme celles qui composent la Troïka.

La validité des memoranda et des prêts qui les accompagnent est aussi entachée par le fait que la Troïka n’est pas compétente, en vertu des Traités européens, à légiférer sur le droit de grève, la santé, le droit d’association, l’éducation et la réglementation des niveaux de salaire. Enfin, l’exclusion du Parlement européen dans l’élaboration et la signature des memoranda bafoue le principe de séparation des pouvoirs protégé par les traités européens.

Toutes ces violations permettent à la Grèce d’annuler ses engagements à appliquer les mesures d’austérité et à rembourser la dette à l’égard de la Troïka.

Elles montrent également le fossé entre les propres engagements du FMI et de l’Union européenne et la réalité. A cet égard, Mme Lagarde ferait bien de relire l’article premier des statuts de l’organisation qu’elle dirige et qui donne au FMI comme mission de « contribuer à l’instauration et au maintien de niveaux élevés d’emploi et de revenu réel et au développement des ressources productives de tous les États membres ».

Notes

|1| Robert Howse, “The concept of odious debt in public international law”,CNUCED, juillet 2007

|2| Rapport « Human Rights in Times of Austerity Policy », publié le 17 février 2014

Renaud Vivien est co-secrétaire général du CADTM Belgique

 

 

Source : cadtm.org

 

 

 

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 19:01

 

Source : tantquilyauradesbouilles.wordpress.com

 

 

 

Bouilles Hebdo du 19 au 26 janvier 2015

Mis en avant

Le communiqué de la ZAD et des Bouilles du lundi 19, suite aux conclusions de la mission d’expertise.
Et du côté de l’Aveyron, dernière semaine avant l’inauguration du samedi 24 janvier à l‘Amassada (contre le projet de mega-transformateur de St-Victor-et-Melvieu).
Pas mal de nouveaux rendez-vous listés sur la page Agenda.
Revue de presse
mise à jour…avec le lien vers les derniers article très factuels du Tarn Libre.

Jeudi 22 :

  • Besoin de bougies sur la ZAD ! Sans vouloir être Lourdes’ingue.
  • Des réactions de journalistes par rapport à la conférence de presse musclée organisée lundi sur la ZAD : Tarn : les journalistes s’insurgent contre les conditions d’accès à la « ZAD » de Sivens, et Sivens : lettre ouverte de la Rédaction de 100% Radio. On les comprend : c’est ennuyeux de se faire contrôler au faciès, à la carrosserie, aux vêtements, à ce qu’on a dans les mains. Ça induit une haine latente. Et on comprend aussi que c’est pas la solution de refaire ce que la Police fait à ceux qu’on dit « à la traine ». En attendant de trouver mieux, on va continuer de discutailler. On remarquera généralement que « l’extrême gauche » ne s’en prend presque jamais aux personnes, elle casse du matériel, des vitrines de banques, tandis que l’extrême droite blesse fréquemment des gens, va jusqu’à tuer.

Mercredi 21 :

Mardi 20 :

Non-violence à Sivens par Seb T

Non-violence à Sivens par Seb T

lundi 19 :

  • Le projet de loi « Macron » contient la phrase suivante : « Concernant la problématique de la participation du public, si la loi ENE du 12 juillet 2010 a permis d’établir un lien systématique et simple entre étude d’impact et enquête publique, il n’en demeure pas moins que le mode opératoire de l’enquête publique et la combinaison des procédures d’évaluation et de participation engendrent une complexité des formalités qui sont autant de sources de contentieux susceptibles de bloquer les projets. Pour y remédier, le Gouvernement compte définir des mesures pour rénover les modalités de participation du public et les adapter aux nouveaux usages de nos concitoyens, conformément aux exigences de la Charte de l’environnement (3° du I de l’article 28). » Si quelqu’un a plus de renseignements sur les mesures en question !…
  • Un bonus qui nous est parvenu : Stefan Zweig, « Quand les drapeaux sont déployés, toute l’intelligence est dans la trompette. » Merci !
  • De cette journée, il faut retenir que ce n’est pas la peine de s’affoler avec des alertes rouges par SMS qui ne proviennent pas des infos bouilles et du site web ; sans rire, la rumeur, c’est ce qu’il y a de pire, démobilisateur au possible.
  • Le communiqué de la ZAD et des Bouilles d’aujourd’hui.
  • 17h : même cirque à Barat, des pro-barrages, des GMs qui les empêchent de rentrer sur la ZAD. Et apparemment, ils auraient l’intention d’aller à la maison de la forêt, jouer la même pièce de théâtre. Pas besoin de s’inquiéter plus.
  • 16h : une soixantaine d’énervés à l’entrée de la D132 à Lascar, des pelotons de PSIG qui les empêchent d’aller plus loin. Des cagoulés/bâton en poste en défense au cas où, la presse qui filme surtout les cagoulés (c’est plus vendeur pour les affaires des publicitaires, ne vous étonnez pas).
  • Midi : on signale un convoi de 10 tracteurs et 15 voitures depuis Montauban, et un convoi de 2 tracteurs et 5 voitures depuis Gaillac. En gros, on a la cinquantaine d’énervés qui avait manifesté le 18 décembre dernier, quelques’uns avaient menacé et agressé des journalistes et photographes indépendants. Ils veulent se retrouver sur la ZAD à 14h. Attention à leur comportement violent.
  • 9h : les GMs bloquent Barat,(ils filtrent selon leurs sales habitudes discriminantes – au faciès, aux vêtements, aux carrosseries, sans aucune justification légale ni fondée -)
  • RV de pro-barrage à l’appel de la FDSEA 82 à 8h30 à Montauban avec tracteurs, quads, voitures pour une opération escargot sur la D 999 à destination de la ZAD. Les présences amies sont les bienvenues pour faire nombre, filmer, s’interposer, etc…

Beaucoup de réactions suite aux déclarations du Ministère, après la remise du rapport des experts.

-La position en retour du collectif Testet (et FNE, Conf’ Paysanne) avec aussi les liens vers le rapport et le communiqué de presse du Ministère vendredi.
-L’article de Reporterre : Projet initial abandonné mais rien n’est fini
-Les eaux glacées du calcul égoïste (remis dans un contexte plus large) : « Sivens act » ou nouvelle donne ?

Réaction « officielle » du collectif Tant qu’il y aura des Bouilles et de la ZAD attendue demain. Point presse à 14h à la ZAD, entrée Barat.

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[21 Février 2015] APPEL – Toulouse, manifestation en soutien aux ZAD et contre le monde des bétonneurs.

Le 21 Février à Toulouse, manifestation en soutien aux ZAD et contre le monde des bétonneurs.

Appel

La mort d’un homme le 25 octobre 2014 face aux forces de l’Etat sur la ZAD du Testet a marqué le début de deux mois de lutte à Toulouse, où se sont succédé manifestations, actions publiques et occupations. Ce mouvement fait écho à ceux qui animent les ZAD, à Notre-Dame-des-Landes, au Testet, et ailleurs, là où une occupation s’est installée pour s’opposer aux projets nuisibles de l’Etat. Les modes d’organisation et de vie commune expérimentés sur les ZAD ont été mis en pratique à Toulouse, dans les espaces arrachés un moment au contrôle de la Métropole.

Par « Métropole » nous désignons l’organisation autoritaire et destructrice du territoire mise en place par l’Etat et les multinationales qui aménagent nos vies. Un véritable rouleau compresseur, qui réduit les milieux de vie à leur capacité de captation et de gestion des flux, conforme les lieux et les pratiques aux impératifs du marché, et étend dans toutes les directions ses tentacules d’infrastructures d’acier et de béton. Ici un aéroport, là une voie rapide, une retenue d’eau ou un parc à touristes.

Sur les ZAD comme à Toulouse, l’enjeu est bien le même. Il s’agit de reconquérir notre autonomie politique et notre capacité à s’organiser. Mais aussi de reprendre en main nos existences, de faire vivre et de défendre collectivement nos territoires. De se réapproprier ce que la Métropole a confisqué. D’ouvrir des brèches dans le monde morbide que nous construisent les aménageurs, pour y réinsérer de la joie de vivre, de la création, de la diversité et du bonheur.

Il y a un an, plusieurs dizaines de milliers de personnes convergeaient à Nantes pour dire leur refus de l’aéroport et de son monde, celui qui impose la subordination d’un bout de bocage à la métropole Nantaise. Mais aussi pour soutenir la ZAD, porteuse d’un autre monde plus respectueux de l’humain et du vivant. Face à ce mouvement populaire, l’Etat se crispe, réprime, mutile et tue.

Les événements récents renforcent notre volonté d’exprimer notre souhait d’un monde différent. L’ « union républicaine » proclamée de toutes parts s’accompagne de la militarisation de l’espace publique et prépare le terrain pour des lois sécuritaires, qui donneront de nouveaux moyens à la répression d’Etat. Face à ces dérives, nous sommes déterminés à défendre les ZAD pour continuer à y construire des expériences et des pratiques communes.

Il ne se passe plus un mois sans qu’un ministre promette la fin d’une ZAD. Force est de constater que nous opposons à la vanité des réactions de la classe dirigeante la puissance de nos actions et de nos convictions. Les ZAD essaiment. Il faut les soutenir.

Le 21 février à Toulouse, à 60 km de la ZAD du Testet, rassemblons-nous nombreuses et nombreux à nouveau. Nous montrerons notre force créatrice au cours d’une manifestation, dans toute notre diversité. Nous ouvrirons une nouvelle brèche dans le monde formaté de la Métropole, chacun-e à notre manière. Nous nous réapproprierons nos espaces. Notre regroupement massif et éphémère sera le pendant de l’émergence progressive des mondes nouveaux porté par les ZAD.

Tous à Toulouse samedi 21 Février 2015 !

 

Voir tous les détails sur la page du collectif ZAD31

 

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[19 janvier 2015] Communiqué de la ZAD du Testet et des Bouilles

 

Communiqué de presse de la ZAD du Testet – 19 janvier 2015

Après les concertations qui ont suivi fin octobre 2014 le rapport des experts mandatés par Ségolène Royal, la ministre de l’écologie vient de préconiser l’abandon du projet de barrage initial de Sivens (1 500 000 m3) et le choix de garder deux propositions.

-La première est la mise en place d’un plus petit barrage (750 000 m3) sur le site de Sivens, 300 mètres en amont du projet initial.

-La deuxième quant à elle est la réalisation de plusieurs petites retenues dont l’une serait sur le site de Sivens, appelée « retenue latérale » de 300 000m3.

Si nous, tou-te-s les habitant-e-s de la ZAD et le collectif Tant qu’il y aura des Bouilles, sommes satisfaits de cette orientation vers un abandon du projet initial, par contre, nous sommes en complet désaccord avec ces deux propositions.

Nous ne tolérons et n’accepterons pas ce type de projet car il porte atteinte au site de Sivens. Il favorise et renforce un modèle agricole dépassé. De plus, il reflète et prolonge un productivisme et une soif de croissance d’un système capitaliste qui nous emmène droit dans le mur.

La nature est déjà bien assez sacrifiée sur l’autel de l’agrobusiness et autres folies humaines. Il est temps d’arrêter le saccage généralisé de notre planète.

Notre position restera ferme !

Des alternatives pour une agriculture qui ne détruise pas notre environnement ont été élaborées et proposées par des collectifs d’opposants au barrage, il serait temps pour les pouvoirs publics de les mettre en place.

Notre radicalité est nécessaire pour changer un monde qui s’autodétruit avec obstination.

On ne lâche rien !

Les habitant-e-s de la ZAD et le collectif Tant qu’il y aura des Bouilles

 

 

Source : tantquilyauradesbouilles.wordpress.com

 

 

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 18:50

 

Source : zad.nadir.org

 

 

infos du 19 au 25 janvier

lundi 19 janvier 2015, par zadist

 

 


Si vous voyez des mouvements de police anormaux autour de la zone, contactez-nous ! sur le numéro d’urgence temporaire au 07.58.82.71.86.

Pour la connexion sécurisé de notre site : https://zad.nadir.org
- l’empreinte du nouveau certificat c’est D5:67:93:5E:EE:BC:58:ED:F3:FA:07:7B:0F:66:A5:64:0B:B1:7A:2C (depuis le 13/01 jusqu’au 13/02)


Infos sur la répression

- Enguérrand est sorti de prison samedi dernier ! bon retour !

- Jordan est aussi incarcéré suite à la manif du 22 février ; il avait pris 5 mois ferme (qui devaient être aménagés en autre chose que de la prison).
Pour lui écrire : MAHE Jordan - écrou 60532 - Centre Pénitentiaire de Nantes - B.P. 71636 - 44316 NANTES-CÉDEX

- Une autre personne est en prison depuis la manif du 22 novembre contre les répressions policières et judiciaires, mais elle ne souhaite pas être soutenue.


Jeudi 22 janvier

- Une vidéo d’appel pour la semaine de résistances, du 16 au 22 février à Nantes !

 

 

[ZAD d’Echillais] : Quelques nouvelles de la ZAD d’Echillais, près de Rochefort.
Le tribunal administratif de Poitier a demandé l’expulsion de la ZAD sans délais le 12 janvier.
Une semaine de résistance est organisée sur place du 26 janvier au 01 février, pour soutenir la lutte sur place.
L’article sur le blog : http://zoneadefendreechillais.noblogs.org/post/2015/01/20/26-janvier-au-01-fevrier-semaine-de-resistance-sur-la-zad-dechillais/

- [ZAD Toulouse] Bouilles Hebdo du 19 au 26 janvier 2015 - https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/

- [Calais] : violences policières : Human rights watch condamne - https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2015/01/20/violences-policieres-a-calais-human-rights-watch-condamne/

 

 

Mardi 20 janvier

- Une contribution au débat autour de Charlie Hebdo

Lundi 19 janvier

aujourd’hui, encore 3 procès suite aux manifs de novembre dernier ...

- ZAD de Roybon :
_un communiqué de là-bas suite à la "préconisation de la ministre de l’écologie d’abandon du projet de barrage initial de Sivens" mais la lutte continue ! _des nouvelles de là-bas et des rapports tendus avec les pro-barrage.

- Nantes : Appel à une semaine de résistances du 16 au 22 février. Lire l’appel

- Hambach : Réunion pour une action de masse de désobéissance civile contre l’exploitation du charbon. Dans la région rhénane à coté de Cologne, allemagne

- [affame-e-s] Manif 14 Février à Lille : Parce que nos lieux de vie ne sont pas le parc de jeu de leur économie. Un appel à signature a été lancé.

- Mexico  : Forum Mondial contre les expulsions rurales et urbaines

Le Dimanche 18 janvier 2015 des centaines de personnes se sont réunies dans les enceintes de l’Université de la Terre, au CIDECI àSan Cristobal de Las Casas, pour le forum convoqué par les comp@s de Bachajon, expulsé depuis le 9 janvier des terres qu’ils avaient récupérées une vingtaine de jours auparavant.

Ces derniers ont invité les comp@s de la ZAD de Notre Dame Des Landes, celles/ceux du mouvement NO TAV en Italie, ainsi que des membres de la communauté de Xochicuautla, et de Banavil.

 

 

Source : zad.nadir.org

 

 

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 18:35

 

 

Source : www.reporterre.net


 

Contre le pesticide Roundup, ils ont choisi d’agir dans un hypermarché

Lorène Lavocat (Reporterre)

jeudi 22 janvier 2015

 

 

 

Face à l’inaction politicienne, ils ont choisi d’agir. Peu nombreux mais déterminés, de façon non-violente, ces désobéissants en combinaisons blanches grimpent sur les caisses de supermarché en brandissant des banderoles. Leur exigence : le retrait de la vente du dangereux Round Up. Le but : attirer l’attention sur le problème de santé publique que sont les pesticides.


- Bagnolet (Seine-Saint-Denis), reportage

Rendez-vous devant les portes vitrées géantes du centre commercial Bel-Est, à Bagnolet. Un petit groupe s’avance, les regards aux aguets. Ils sont une dizaine à peine, âgés de vingt à trente ans. Des sacs à dos remplis de tracts et de déguisements, masques à gaz en plastique, combinaisons blanches. Dans la "vraie" vie, ils travaillent avec des enfants, dans des associations ou comme artistes. Mais aujourd’hui, ils sont désobéissants. Ils viennent mener une action contre les pesticides, en bloquant les caisses d’un supermarché Auchan.

Créé en 2006, le Collectif Roundup Non Merci combat le produit-phare de Monsanto par des actes de désobéissance civile. « Notre objectif, c’est de faire pression sur la grande distribution pour qu’elle retire les produits phytosanitaires de ses rayons », explique Rémi, qui coordonne l’action du jour. Après Castorama et Carrefour, c’est donc à Auchan de subir ce lobbying citoyen.

Il est 15h quand la petite bande pénètre dans les rayons du supermarché. Chacun se disperse. L’un observe innocemment la liste des ingrédients d’un pot de crème fraîche, quand l’autre se penche pour vérifier avec minutie l’état d’une orange. Certains sont partis remplir un chariot de produits contenant du glyphosate, la substance active et toxique de nombreux pesticides. Quelques minutes d’attente plus tard, tout le monde se retrouve l’air de rien aux caisses. Et là, commence le bazar....

- DIAPORAMA En son et en images (3’05’’) :

 


Son-diaporama Action Round-Up Bagnolet Janvier 2015 from Reporterre on Vimeo.

 

Une heure plus tard, les Désobéissants ont obtenu ce qu’ils cherchaient : pas mal de bruit, une entrevue avec le directeur du magasin, et une interpellation de la direction nationale d’Auchan. Pour autant, rien n’est acté. Aucun engagement de la part du supermarché, aucun rendez-vous pris avec les dirigeants de l’entreprise.

Alors, tout ça pour ça ? « C’est une première étape », précise Rémi, qui n’exclut pas de revenir "visiter" le centre commercial si les promesses ne sont pas tenues. Pour Gaëtan, « l’action permet aussi de sensibiliser les consommateurs, même si le but premier, c’est d’obtenir des résultats concrets ».

Le Collectif Roundup Non Merci compte déjà sur son tableau de chasse une antenne parisienne de Castorama, qui a accepté de retirer les pesticides incriminés de ses rayons l’année dernière. (Lire à ce propos : Les vigiles de Castorama molestent des militants opposés au Roundup)

« Leclerc en Bretagne ou l’enseigne de jardinage Botanic ne vendent plus de Roundup depuis plusieurs années », indique Rémi. Il espère désormais pousser les géants de la grande distribution à se mettre autour de la table pour décider d’un retrait unilatéral des produits contenant du glyphosate. Car pour lui, les entreprises doivent prendre les devants sur la loi...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 18:19

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Dialogue social : menaces sur la liberté d’expression et la santé de millions de salariés

par Ivan du Roy 22 janvier 2015

 

 

 

 

 

Les négociations sur la « modernisation du dialogue social » entrent ce 22 janvier dans leur phase ultime. Menées entre patronat et syndicats, elles se déroulent à huis-clos. Et pour cause ! Si l’accord rédigé par le Medef est signé, l’expression collective de millions de salariés sera largement entravée. Les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), un outil précieux et indispensable pour protéger la santé des travailleurs, seront tout simplement supprimés. Et les moyens dont disposent les représentants du personnel seront grandement diminués, creusant encore davantage l’asymétrie de l’information entre directions d’entreprises et salariés. Décryptage d’un déni de démocratie sociale.

Leur liberté d’expression est menacée, en France. Il ne s’agit pas de celle des journalistes ou des blogueurs, mais des 24 millions de salariés et de leur possibilité de pouvoir s’exprimer, au sein de leurs entreprises, sur leurs conditions de travail. Plusieurs mesures risquent de drastiquement limiter leur expression collective permise par les instances représentatives du personnel. Ces mesures sont dispersées dans le projet de loi Macron « pour la croissance et l’activité » et dans le projet d’accord élaboré par le Medef pour réformer le dialogue social. Un projet en cours de négociation avec les syndicats. Ces dispositions vont toutes dans le même sens : restreindre les possibilités d’expression et d’action des travailleurs face à leur employeur et remettre en cause l’existence du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail).

Sous prétexte de moderniser le dialogue social, le patronat propose de créer une « instance unique de représentation du personnel dans l’entreprise », le conseil d’entreprise. Celui-ci est censé reprendre les prérogatives des actuels délégués du personnel (présents dans les entreprises de plus de 11 salariés), des comités d’entreprise et des CHSCT (dans les entreprises de plus de 50 salariés). Pour que cette proposition entre en vigueur, encore faut-il qu’une majorité représentative de syndicats signe l’accord, et que celui-ci soit transcrit tel quel dans la loi. Alors que s’ouvre ce 22 janvier l’ultime journée de négociation, la CGT et Force ouvrière (49% des voix aux dernières élections professionnelles) s’y opposent, pendant que la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC (51%) pourraient finalement le signer. Le sort de la liberté d’expression collective des 24 millions de salariés va-t-il donc être scellé par une négociation conduite jusqu’à maintenant à huis-clos, sans aucun débat public ?

François Hollande, fossoyeur des lois Auroux ?

La mesure la plus dangereuse est probablement la suppression du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Créé par les lois Auroux, du nom du ministre du Travail socialiste Jean Auroux, en 1982, renforcé par Martine Aubry en 1991, c’est – ironie du sort – sous un gouvernement socialiste que le CHSCT risque bien de disparaître. Cette instance, où siègent des représentants de l’employeur et des salariés, médecins du travail ou inspecteurs du travail, joue un rôle crucial pour la protection de la santé, dans un contexte où, du scandale de l’amiante à l’explosion des troubles musculo-squelettiques et des risques psychosociaux, les directions d’entreprise se montrent encore trop peu soucieuses de la santé des travailleurs qu’elles emploient.

L’existence d’un CHSCT permet aux salariés et à leurs représentants d’intervenir, d’analyser, et éventuellement de contester, les projets de l’employeur en matière d’organisation du travail si ceux-ci risquent d’avoir des effets néfastes sur la santé. Alors que les pénibilités physiques diminuent peu, que les situations de « tensions au travail » et les risques psychosociaux se banalisent, les CHSCT sont devenus un outil précieux. Et arrivent désormais à stopper des projets nuisibles à la santé des salariés, donc au bon fonctionnement de l’entreprise. Parmi les exemples le plus emblématiques, « l’arrêt Snecma » en 2008. Cette filiale aéronautique du groupe Safran souhaitait mettre en œuvre, dans son usine francilienne de Gennevilliers (1400 salariés), une nouvelle organisation de la maintenance. Avec pour conséquence une augmentation du nombre de nuits et de week-ends travaillés, une baisse du nombre de salariés le jour, des risques liés au travail isolé… La CGT, s’appuyant sur une expertise commandée par le CHSCT, a porté plainte. La justice a suspendu la réorganisation.

Un contre-pouvoir devenu trop gênant pour le patronat

En septembre 2012, c’est la direction de la banque Caisse d’épargne dans le Rhône qui se voit interdire par la justice d’évaluer sous forme de « benchmark » – un outil de comparaison – les performances de ses salariés et de ses agences. Suite à une plainte du syndicat Sud, s’appuyant là aussi sur une expertise du CHSCT, le tribunal a estimé que cette méthode d’évaluation managériale portait « atteinte à la dignité des personnes par leur dévalorisation permanente utilisée pour créer une compétition ininterrompue entre salariés » et provoquait « une multiplication des troubles psychiques et mentaux constatés chez les salariés ». Trois mois plus tard, c’est au tour de la direction de la Fnac. Elle est contrainte de suspendre une restructuration. Celle-ci prévoyait des suppressions de poste et une réorganisation du travail. Suite aux travaux de plusieurs CHSCT dans toute la France et aux expertises menées, la justice estime que la direction n’a pas suffisamment anticipé « la charge de travail et les moyens donnés ou maintenus, notamment en personnel pour y faire face ». Cette situation était dès lors « génératrice de stress » et « de nature à compromettre la santé et la sécurité des salariés concernés ».

Les obligations de l’employeur sont pourtant claires : « L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs », stipule le Code du travail. Encore faut-il veiller à ce que ces obligations soient respectées. La jurisprudence permet désormais aux CHSCT de faire annuler des réorganisations, des méthodes d’évaluation ou des licenciements au nom de ce principe. « Le CHSCT est devenu un véritable contre-pouvoir dans l’entreprise avec lequel les employeurs doivent composer », plaide François Desriaux, rédacteur en chef de la revue Santé & Travail. « Il bénéficie aussi d’un formidable dynamisme militant. C’est devenu une voie d’intégration pour de nouveaux syndicalistes, qui recherchent dans cette instance la défense d’une cause noble a priori dépourvue de clivages partisans. » [1]

« Une réécriture totale du droit du travail »

Résultat : « C’est devenu insupportable pour une partie du patronat », commente Daniel Sanchis, du cabinet d’expertise Degest [2]. Comment neutraliser une institution devenue trop gênante ? En la fusionnant avec toutes les autres instances représentatives du personnel. Au sein du nouveau conseil d’entreprise, le CHSCT deviendra une simple commission sans plus aucun pouvoir ni autonomie. Elle sera obligatoire dans les entreprises – ou les établissements – de plus de 300 salariés (l’existence d’un CHSCT est aujourd’hui obligatoire à partir du seuil de 50 salariés). Sa création deviendra facultative – et soumise à l’accord de l’employeur – pour les PME de 50 à 300 salariés. Environ 2,5 millions de personnes qui bénéficient actuellement d’un CHSCT s’en trouveraient privées (ceux qui travaillent dans les entreprises entre 50 et 300 salariés), sans non plus bénéficier de cette nouvelle commission.

Un nombre considérable de salariés, même au sein de grandes entreprises, travaillant dans des établissements dont l’effectif est inférieur à 300 employés, perdraient également le bénéfice d’un CHSCT de proximité. Potentiellement, ce sont ainsi 80% des salariés qui ne seront plus couverts par une instance dédiée spécifiquement à la protection de leur santé ! [3]. « C’est une réécriture totale du droit du travail », déplore Daniel Sanchis. D’autant que le CHSCT devenu commission ne sera plus doté de la personnalité juridique, et ne pourra donc plus se pourvoir en justice.

CE : des moyens humains divisés par deux

« Avec un appauvrissement des moyens humains, c’est la santé au travail qui sera sacrifiée », avertit François Desriaux. Les élus du nouveau conseil d’entreprise devront tout faire. Ils s’occuperont toujours des œuvres sociales et culturelles destinées au personnel, que gèrent jusqu’à présent les comités d’entreprise : les locations de vacances, la restauration collective, les offres de spectacle… Ils assumeront les attributions des délégués du personnel : rencontrer les salariés, contrôler le respect du code du travail, négocier les accords collectifs, surveiller les menaces sur l’emploi. Ils devront analyser les documents comptables et financiers, ou rendre des avis sur les divers projets de l’entreprise en matière d’organisation du travail, de formation professionnelle, d’intéressement, de gestion des carrières… Autant d’activités qui demandent du temps et des moyens. Dans ce contexte, la santé au travail, si tant est qu’une commission ad hoc soit créée, risque fort de passer à la trappe.

Et ce n’est pas tout. Du fait des regroupements des instances, les représentants du personnel seront moins nombreux qu’actuellement et disposeront de moins d’heures de délégation. Exemple ? Une grande entreprise de 30 000 salariés contenant une douzaine d’établissements distincts compte aujourd’hui 656 représentants du personnel si l’on cumule les mandats de délégués du personnel, de délégués syndicaux, d’élus aux comités d’entreprises et aux CHSCT. La CGT a estimé les conséquences de l’accord. Selon ses calculs, les représentants du personnel ne seront plus au total que 322. Les heures de délégation, donc consacrées à l’ensemble des missions confiées au conseil d’entreprise et aux salariés, chutent d’autant. Les élus, déjà accaparés par des tâches parfois jugées bureaucratiques (négociations, analyses de documents…) et souvent critiqués pour leur éloignement du terrain et des salariés, disposeront d’une disponibilité encore plus réduite pour être à l’écoute du personnel.

Les salariés des PME pourront dire adieu aux expertises

Quel sera le budget de fonctionnement des conseils d’entreprise ? Le même que celui accordé aujourd’hui aux comités d’entreprises (hors activités sociales et culturelles), soit 0,2% de la masse salariale. Malgré des prérogatives élargies, il ne sera pas augmenté. Pire, « l’employeur assure la prise en charge des frais d’expertise dans la limite de 80% des dépenses », prévoit la proposition du Medef [4] 20% du coût de ces expertises serait ainsi désormais à la charge du futur conseil d’entreprise [5]. Dans ces conditions, seuls les CE des très grandes entreprises, dotés de moyens importants du fait de la masse salariale, pourraient éventuellement faire face. « Mais pas les autres », déplore Daniel Sanchis.

Les PME pourront dire adieu à ce précieux outil. « Une action en justice, et c’est terminé : le budget est épuisé. Et il sera de toute façon impossible de mener la moindre expertise », déplore un ancien élu d’un comité d’entreprise d’une PME d’une soixantaine de personnes. Son budget annuel ne dépasse pas 4 500 euros. Face à des directions d’entreprises multipliant les restructurations et les réorganisations, les salariés n’auront plus les moyens d’en analyser les conséquences sur la santé au travail et d’en contester les éventuels abus. Pour les salariés, le droit à recourir à l’expertise est pourtant crucial.

Comment compenser l’asymétrie de l’information ?

« Depuis la Libération, le législateur permet aux instances représentatives du personnel de se faire aider par des spécialistes sur des questions techniques et pointues, pour que les élus soient en mesure d’émettre un avis éclairé », rappelle Daniel Sanchis. Les comités d’entreprise recourent à des experts comptables pour décrypter les bilans financiers. De même, en cas de nouvelle organisation du travail ou d’un risque grave pesant sur la santé des salariés, les CHSCT peuvent demander une expertise à un cabinet agréé pour analyser le travail et ses conséquences sur les salariés. Un outil indispensable pour compenser l’asymétrie de l’information entre représentants du personnel et directions d’entreprises. Lesquelles peuvent toujours recourir à de grands cabinets de consultants et à des batteries de fiscalistes et d’avocats...

Ces expertises sont souvent jugées trop coûteuses pour l’employeur. Pour une petite PME, une expertise d’une vingtaine de jours peut coûter 30 000 euros. Pour une très grande entreprise, le coût de l’ensemble des expertises peut être multiplié par 100. Mais au vu d’autres dépenses, cela reste marginal. En 2012, l’ensemble des expertises menées par les CHSCT de la SNCF ont ainsi coûté 4 millions d’euros. Un montant à relativiser quand on sait que l’entreprise a, elle, dépensé pour plus de 140 millions d’euros de prestations externes en communication [6]. « L’enjeu de la démarche d’un expert en ergonomie du travail est d’éviter les gaspillages », argumente Daniel Sanchis. « L’absentéisme pour raison de santé, la souffrance au travail, ou les cancers professionnels coûtent extrêmement chers. Ce projet aura pour conséquence de multiplier les atteintes à la santé des salariés. Qui va payer ? La sécurité sociale, car ces coûts ne sont pas supportés par les entreprises ! »

Déni de démocratie sociale

« Croire que l’on va gagner la bataille économique en jouant uniquement sur le coût du travail, comme le laisse penser le projet du Medef ou la loi Macron, est une erreur, déplore François Desriaux. Il faut au contraire être créatif et inventif, donc s’appuyer sur l’intelligence collective des salariés. Cela passe par plus de marge de manœuvre, plus de coopération, plus d’échanges, donc plus de démocratie et de dialogue social. Ce n’est pas vers cela que l’on s’achemine. »

Deux appels pour sauver les CHSCT ont été lancés par des syndicalistes et des collectifs d’experts. Ils ont ensemble recueilli 10 000 signatures en quelques jours (« Pour ne pas perdre sa vie à la gagner », que Basta ! a relayé, et « Urgence CHSCT »), dont des responsables des trois syndicats susceptibles d’accepter le projet du Medef… C’est à se demander si leurs négociateurs ont réellement pris la mesure des conséquences de ce projet alors que les 3,3 millions de salariés des très petites entreprises (TPE, moins de 10 salariés) ne disposeront toujours pas d’instance permettant leur expression collective. La restriction générale des possibilités d’actions des salariés ne s’arrête pas là : le projet de loi Macron dépénalise le délit d’entrave qui permettait d’assigner au tribunal correctionnel un employeur ne respectant pas son devoir d’information des salariés. Et instaure une protection du « secret des affaires » qui autorisera les directions d’entreprises à poursuivre les lanceurs d’alerte et les journalistes d’investigation trop curieux (à lire sur notre Observatoire des multinationales).

« L’audace réformatrice » souhaitée par François Hollande le 19 janvier risque bien, en matière de « modernisation du dialogue social », de se muer en déni de démocratie. Surtout si ces dernières séances nocturnes de négociations à huis clos se concluent sur un accord signé à l’arraché, sans que s’en suive un débat parlementaire et public. Car en cas d’accord, le gouvernement pourrait bien être tenté de transcrire le texte par voie d’ordonnances, sans passer par le Parlement. Vous avez dit démocratie sociale ?

Ivan du Roy

Photo : CC Geraint Rowland

Voir les pétitions :
- Pour ne pas perdre sa vie à la gagner
- Urgence CHSCT

Notes

[1Lire aussi sa tribune sur Alter eco plus.

[2« CHSCT, nouvelle bête noire des employeurs », titrait dès 2008 la revue Liaisons sociales.

[3Selon les chiffres de Pôle emploi, 53% des salariés travaillent dans un établissement comptant moins de 49 salariés et ne disposent donc pas de CHSCT (sauf accord d’entreprise plus favorable que la loi). 25% des salariés travaillent dans des établissements comptant entre 50 et 200 salariés, risquant ainsi de perdre leur CHSCT.

[4Un CHSCT ne dispose actuellement d’aucun budget. Mais s’il vote le recours à une expertise ou s’il se pourvoit en justice, les frais doivent intégralement être pris en charge par l’employeur. De même, que l’employeur laisse à chacun des représentants du personnel le temps nécessaire à l’exercice de ses fonctions, en ne fixant que des valeurs planchers pouvant être dépassées en cas de circonstances exceptionnelles (article L. 4614-3 du code du travail).

[5Selon la version du projet du Medef de décembre 2014. La version de janvier 2015 évoque « une part restant à la charge » du budget du conseil d’établissement, sans en préciser l’importance… Ce point n’est plus précisé dans la version envoyée pour la négociation de ce jour (22 janvier 2015), mais le texte laisse totalement en suspens la question de savoir comment seront financées les expertises commanditées par les élus. S’agira-t-il alors d’imposer le « cofinancement » dans la transcription législative de l’accord ?

[6Selon la Cour des comptes, chiffre de 2011.


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Source : www.bastamag.net

 

 

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 18:06

 

Source : www.mediapart.fr

 

A Patras, au meeting de Tsipras: «Donnons-lui sa chance!»

|  Par Amélie Poinssot

 

 

 

Les Grecs sont appelés dimanche à renouveler leur parlement. Syriza, premier parti d’opposition, mène une campagne offensive avec pour objectif la fin des politiques d’austérité à l’œuvre en Grèce depuis 2010. À Patras, ce mercredi 21 janvier, Alexis Tsipras a déroulé son programme devant une foule enthousiaste.

Patras, de notre envoyée spéciale.-  Patras n’est pas une étape anodine pour Syriza. C’est la quatrième ville de Grèce, et c’est l'une des circonscriptions qui lui a rapporté proportionnellement le plus de voix aux Européennes de mai dernier : 36,6 % des électeurs y ont voté pour la Coalition de la gauche radicale (contre 26,6 % au niveau national). Autrefois bastion du PASOK, le parti socialiste, le district d’Achaïe qui entoure Patras se trouve être aussi le berceau d’origine de la famille Papandréou qui a donné trois premiers ministres au pays… Une histoire ancienne : aujourd’hui Georges Papandréou, qui s’était déjà coupé d’une grande partie de l’électorat socialiste en conduisant le pays sur la voie de l’austérité en 2010, a quitté le PASOK pour fonder son propre mouvement. Ni l’un ni l’autre ne sont assurés, pour l’heure, de passer le seuil des 3 % nécessaire pour entrer au parlement.

Mais c’est bien le cadet des soucis de la foule venue ce mercredi soir au gymnase Tofalos à la sortie de ville, à deux pas de l’université. Tous n’attendent qu’une chose : que ceux qui ont mené cette politique d'austérité laissent maintenant la place à Syriza pour faire advenir une alternative. Quelque 4 000 personnes sont présentes. « Donnons-lui sa chance ! Il n’a jamais gouverné, donc on ne peut pas le juger a priori… Certes, il ne va peut-être pas tout changer dès le premier jour, mais au moins il va faire une tentative, c’est cela qui compte ! » estiment Yorgos et Tatiana, un couple de cinquantenaires.

 

Alexis Tsipras, en meeting à Patras 
Alexis Tsipras, en meeting à Patras © Amélie Poinssot

Ville portuaire située sur la côte ouest du pays, Patras était dotée d’une importante activité industrielle, on y produisait du textile, et deux importantes usines de pneus et de frigidaires y étaient implantées. Tout cela a fermé, progressivement, entre les années 1990 et 2000. Quand la cure d’austérité arrive, en 2010, une bonne partie de la population est déjà au chômage. C’est le cas de Dimitra, venue au meeting pour avoir le sentiment de « participer ». Dans le passé, cette dame avait toujours voté PASOK. « Je me suis sentie trahie par le parti, il faut que tous ces politiciens s’en aillent maintenant. Et que l’on fasse de la place à tous les jeunes qui ont été obligés de partir à l’étranger pour travailler. » Aujourd’hui, la région Grèce-Occidentale dont fait partie Patras est l’une des douze régions du pays les plus affectées par le chômage : il s’élevait à 27,5 % au troisième semestre 2014, soit le taux le plus élevé après celui de la région Macédoine-Centrale.

Dans la foule venue ce mercredi soir, il y a aussi les Jeunesses du parti, les vieux compagnons de route, les militants actifs... Quelque 4 000 personnes sont venues écouter le leader charismatique de Syriza. « Le parti a connu ici une croissance sans précédent, explique le secrétaire de la section locale, Andreas Rizoulis. De 300 membres en 2012, nous sommes passés à 900 membres aujourd’hui. »Mais Syriza n’a pas encore décroché ici de mandat local : aux dernières municipales, il s’est rangé au second tour derrière le Parti communiste.

Cette fois-ci, l’enjeu est autre, national, voire européen. Dans un discours tonique ponctué d’attaques visant la droite de Nouvelle Démocratie accusée de « servir les intérêts de 1 % de la population », Alexis Tsipras appelle les électeurs de Patras à donner la majorité absolue à Syriza. Ce n’est qu’ainsi, sans être obligé de former une coalition, que le parti pourra appliquer son programme, dit-il. Fidèle à son art de manier la rhétorique, il joue sur les mots, le terme grec pour désigner la « majorité absolue » se confondant avec celui d’« autonomie » : « Un Syriza autonome signifie une Grèce forte, clame Tsipras sous les applaudissements. Et un Syriza fort signifie une Grèce autonome. Cela signifie la fin de l’humiliation nationale. Cela signifie la fin des mémorandums responsables de la catastrophe. » Et ce n’est pas, conformément à la campagne de Nouvelle Démocratie, la Grèce qui va s’effondrer en cas de victoire de Syriza : « Le seul qui va faire faillite, ce sera M. Samaras ! »

Au-delà des bons mots, Tsipras confirme la stratégie du parti en cette dernière ligne de campagne : il en appelle aux électeurs de Nouvelle Démocratie. « Aujourd’hui, beaucoup croient en nous, notamment des gens qui dans le passé n’ont jamais été de gauche : des citoyens conservateurs. Eh bien, disons-leur bienvenue, tendons-leur la main afin de reconstruire ensemble la Grèce ! On sait qu’ils ne viennent pas vers nous par idéologie, mais par besoin. Alors répondons à ce besoin ! »

Continuer à se battre

En déroulant les grandes lignes de son programme, Tsipras fait apparaître un discours plus mesuré qu’en 2012, lorsque se sont tenues les dernières législatives. La campagne de Syriza était axée sur l’annulation pure et simple des mémorandums d’austérité. Il ne s’agit pas, cette fois-ci, de revenir « à la situation de 2009 ». Il s’agit, précise Tsipras, de lutter contre « les causes qui nous ont conduits à la crise ». Parmi lesquelles la corruption, les niches et l’évasion fiscales, le copinage, le commerce illégal. C’est de là que viendront, pour Syriza, les recettes budgétaires.

Autres mesures annoncées : le rétablissement du seuil d’imposition sur le revenu à 12 000 euros par an (contre 5 000 aujourd’hui), l’annulation de l’impôt foncier mis en place sous le gouvernement Samaras, la création à la place d’un impôt visant uniquement la grande propriété afin d’épargner les résidences principales de la classe moyenne. Tsipras brosse son électorat dans le sens du poil.

Car cet impôt foncier, arrivé tardivement après de nombreuses mesures d’austérité, est très mal passé auprès de l’opinion publique, dans un pays où les classes moyennes, sans être riches, sont traditionnellement propriétaires de leur logement, ayant souvent hérité de la maison familiale au village. Mal ficelé, déconnecté des prix du marché, cet impôt aurait pu au contraire contribuer à davantage de justice fiscale. Mais l’option choisie par Syriza n’est pas plus convaincante, et Tsipras ne s’engage pas dans les détails. Au siège du parti à Athènes, on nous avait précisé que seraient soumis au nouvel impôt sur la propriété les logements d’une valeur égale ou supérieure à 400 000 euros. Devant notre étonnement face à ce niveau élevé, quand ailleurs en Europe l’impôt foncier touche tous types de logements, notre interlocuteur, membre du bureau des questions fiscales, s’était repris en avouant que le seuil n’était pas figé.

Sous des applaudissements nourris, Tsipras ajoute que le parti s’engage à mettre un coup d’arrêt à la mise aux enchères des logements confisqués. « Pas une maison dans les mains des banquiers ! » répète-t-il devant le public de Patras. Il parle également de rétablir le salaire minimum à 751 euros brut par mois (contre 512 depuis 2012) et la 13e mensualité de retraite pour les pensions inférieures à 700 euros mensuels (supprimée en 2010). Tout cela, qui fait partie du programme dit « de Thessalonique » (la deuxième agglomération du pays, où il avait été présenté par le parti en septembre), s’appliquera « avant et indépendamment du lancement et du dénouement de la négociation avec les créanciers ». La ligne du parti est désormais claire : si l’effacement d’une partie de la dette publique ne peut se faire de manière unilatérale, les mesures économiques et budgétaires, elles, s’appliqueront quel que soit l’avis de la Commission européenne ou du FMI.

À la fin de son discours, Alexis Tsipras propose de relancer le tourisme dans la région… mais aussi de mettre fin aux privatisations de la zone côtière. Des mots particulièrement bien reçus au gymnase Tofalos, le port de Patras figurant sur la liste des biens publics à vendre. Au passage, le chef de Syriza annonce que les jours du TAIPED – cet organisme monté en 2011, chargé des privatisations – sont désormais comptés.

Une victoire de Syriza dimanche va-t-elle réellement permettre de tourner la page de l’austérité en Grèce ? « Il va falloir continuer à se battre, estime pour sa part Yorgos, un jeune militant, à la sortie du meeting. De tout ce programme, les milieux économiques ne sont pas prêts à accepter même 1 % ! Car s’ils commencent à lâcher du lest sur la Grèce, ils seront obligés de faire de même sur les autres pays. Il y aura un effet domino, c’est certain. » C’est précisément ce sur quoi misent les autres gauches européennes, espagnoles et françaises notamment. Ce jeudi 22 janvier, le chef de Podemos, Pablo Iglesias sera aux côtés de Tsipras pour son avant-dernier meeting à Athènes. Et du côté du Front de gauche et d’Europe Écologie-Les Verts, des délégations seront aussi en Grèce ces jours-ci pour soutenir Syriza.

 

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 17:54

 

Source : www.reporterre.net

 

Un Notre-Dame-des-Landes résiste aux portes d’Athènes

Marie Astier (Reporterre)

jeudi 22 janvier 2015

 

 

 

Près d’Athènes, une ancienne base militaire près d’un aéroport abandonné est bradée par l’État à un grand groupe de tourisme. Contre le béton destructeur du littoral, les riverains occupent le site d’Hellinikon et le cultivent. Et, alors qu’un tiers des Grecs n’ont plus de couverture maladie, ils organisent un centre de santé gratuit. Reportage au cœur d’une lutte cruciale de la Grèce d’aujourd’hui.


La Grèce revient dans les radars des médias. La cause ? Les élections du 25 janvier, qui pourraient ébranler l’Europe des néo-libéraux. La classe dirigeante craint la victoire du parti de gauche Syriza, qu’espèrent au contraire partis de gauche et écologistes.

A l’automne dernier, Reporterre s’est donné deux semaines pour aller voir les Grecs. Aller s’asseoir à la terrasse d’un « kafeneio » pour écouter leurs histoires, leur quotidien, leurs indignations et leurs espoirs. Ils nous ont raconté que quand ils ne sont pas au chômage, leur salaire a diminué d’au moins un tiers. Un tiers, c’est aussi la proportion d’entre eux qui n’ont plus de couverture sociale. Certains ont découvert l’angoisse du frigo vide et de la soupe populaire.

Et du côté de l’écologie ? Ce n’est pas brillant, on vous prévient.


- Athènes, reportage

Une bande de terre est fraîchement retournée, les alignements des plants déjà dessinés. Dans chaque trou, Anna Karapa dépose un peu de fertilisant et une jeune pousse. Puis un autre jardinier passe derrière pour arroser. Ce dimanche, on plante des choux pour l’hiver.

« Ici tout est bio, et tout est commun. On décide des plants de culture ensemble et la parcelle n’est pas divisée entre chaque jardinier », explique cette architecte. Cela fait trois ans et demi que, tous les dimanches, ils sont une quinzaine de permanents, une trentaine en comptant les soutiens de passage, à cultiver ces 2.500 mètres carrés de terre.

Car ici, l’activité agricole est avant tout symbolique : on n’est pas seulement dans un jardin partagé, mais sur une terre occupée et âprement disputée. Elle est située sur une ancienne base militaire américaine, et jouxte l’ancien aéroport d’Athènes. En tout, 6,2 millions de mètres carrés et 3,5 kilomètres de côtes situés sur la commune d’Hellinikon, à quelques kilomètres seulement du centre d’Athènes.

Villas de luxe, casino et gratte-ciel

Le tout est à l’abandon depuis plus de dix ans. En 2004, quelques installations pour les jeux olympiques y ont été construites, puis aussitôt délaissées une fois les festivités terminées. Un moment, il a été question d’y installer un grand parc métropolitain. Athènes manque cruellement d’espaces verts, c’est l’une des villes les moins bien loties d’Europe.

Mais la crise a eu raison de cette idée. Le terrain a été transféré au TAIPED, le fonds créé par l’État grec pour privatiser toutes sortes de biens (dont des terres à haute valeur naturelle). Il est en bonne voie pour être vendu au fonds d’investissement Lamda Development, membre du groupe Latsis, du nom de son propriétaire Spiros Latsis. Ce milliardaire est l’homme le plus riche de Grèce. Le groupe grec est accompagné dans son projet par un promoteur d’Abu Dhabi et par le Chinois Fosun – qui, en France, est en train de racheter le Club Med.

Ces riches investisseurs ont convaincu l’État grec grâce à un projet touristique ambitieux : des villas de luxe, un casino, un gratte-ciel qui deviendrait le symbole de la capitale grecque, une marina et une plage réservée aux touristes fortunés. Le tout est assorti de la promesse de sept milliards d’euros d’investissement et de la création de plusieurs dizaines de milliers d’emplois.

La vidéo de promotion parle carrément d’« une nouvelle ère pour la Grèce ».

Une riviera espagnole

« Nous croyons que ce terrain devrait appartenir aux citoyens avec un parc et des aménagements, pour répondre à de vrais besoins sociaux », rétorque Panos Totsikas. Il est assis à l’ombre des arbres, dans le petit salon d’extérieur que se sont installés les jardiniers. « Ils veulent suivre le modèle de la riviera espagnole, en construisant de grands buildings. On a vu ce que ça a donné, ils ont détruit la côte, dénonce -t-il. Architecte lui aussi, il fait partie du Comité en faveur du Parc métropolitain. On ne croit pas que c’est un bon moyen de développer le tourisme, la preuve, en Espagne les hôtels ne sont pas pleins. »

En signe d’opposition à la vente, des habitants de la zone ont déjà commencé à créer leur parc métropolitain. Des associations sportives récupèrent les anciennes installations olympiques, des oliviers ont été plantés un peu plus loin : les 1 500 arbres ont désormais deux ans et mesurent un mètre de haut.

En soutien, l’ancien maire de la commune a donné des terrains et des bâtiments. Au jardin partagé, donc, mais aussi à la clinique sociale d’Hellinikon. Elle ne fonctionne qu’avec des bénévoles, qui sont plus de deux cents, et soigne gratuitement plus de cent patients par jour. Elle répond à une urgence sociale : aujourd’hui un tiers des Grecs n’ont pas les moyens de se faire soigner et n’ont plus de couverture maladie.

Au final, c’est l’État grec qui paiera

Anna désigne les dernières plantes d’été : les tomates ont séché sur pied, les aubergines et les poivrons produisent quelques derniers tout petits fruits. « Cet été, nous passions deux heures par jour à arroser. La terre est pauvre, il faut mettre beaucoup de fertilisants pour faire pousser quelque chose, admet Anna. Mais nous voulons démontrer qu’ici, en plus de planter des arbres, nous pouvons cultiver et nourrir Athènes. » Mais il arrive aussi que la récolte soit abondante : les jardiniers se la répartissent, et en donnent aux services sociaux de la mairie pour les plus pauvres.

Le regard de la cinquantenaire se perd au-delà des grilles du jardin. Derrière, une route où les voitures ne circulent plus, bordée de terrains vagues. « La zone sera vendue 83 euros du mètre carré, alors que le terrain constructible atteint ici les 2.000 euros du mètre carré ! » s’indigne Anna. Le TAIPED a accepté l’offre de Lamda Development à 915 millions d’euros, « alors que le tout a été évalué à 11,5 milliards d’euros », renchérit Panos.


- Anna Karapa -

Paradoxalement, l’État grec devra payer pour vendre ce terrain. « Le contrat stipule qu’il doit retirer tous les aménagements actuels, dont la tour de contrôle de l’aéroport qui se trouve toujours ici », explique Panos. « Et il devra payer les routes, les réseaux, toutes les infrastructures », complète Anna. Total de la facture annoncée : 2,5 milliards d’euros sortis des caisses publiques grecques. Quant au profit de la vente, il ira directement au remboursement des créanciers du pays.

Autre preuve que le contrat est totalement défavorable à l’État grec, selon Anna, une clause prévoit que si des vestiges archéologiques sont découverts pendant les travaux, c’est lui qui indemnisera les investisseurs qui ne peuvent pas construire ce qu’ils avaient prévu. Ce qui risque probablement d’arriver, car une cité antique s’élevait autrefois dans la zone.

Comment les dirigeants grecs peuvent-ils valider un tel contrat ? Panos rigole : « Voyons, ils sont corrompus, comme en France, vous devriez le savoir ! C’est comme cela que ça marche, c’est le capitalisme ! »

Syriza pourrait changer la donne

C’est d’ailleurs parce qu’elle ne croit plus aux politiciens que Varinia Popoli a décidé de s’impliquer dans ce jardin, ainsi que dans la clinique...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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