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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 17:01

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

En direct des manifs. L'Unef revendique 150 000 manifestants
17 mars 2016 | Par La rédaction de Mediapart
 
 
 
 

Suivez en direct la nouvelle journée de mobilisation contre la réforme du travail. 115 lycées bloqués selon le ministère et, à Paris, des cortèges de lycéens chargés par la police.

Tout au long de l'après-midi, suivez en direct la deuxième journée de mobilisation contre la loi sur le travail. Vous pouvez rafraîchir la page en cliquant ici, et retrouver notre dossier complet sur le projet de réforme du code du travail ici.

La journée de mobilisation à Nîme en images. Abonné de Mediapart, Clément Luy a publié sur son blog un diaporama de la manifestation.

17 h 45, La mobilisation à Paris. Selon la préfecture de Paris, entre 8 800 et 9 200 personnes ont manifesté à Paris, rapporte le journaliste Luc Peillon.

 

Loi travail: entre 8.800 et 9.200 manifestants à Paris selon la préfecture de police.

 

Mobilisation

 

La journée de mobilisation à Tours. Voici un témoignage transmis par une lectrice, Manon Vautier-Chollet, étudiante à l’Ecole publique de journalisme de Tours.

« Lycéens, étudiants, actifs, chômeurs et retraités se sont mobilisés ce jeudi 17 mars à Tours contre la loi travail. Les lycéens tourangeaux, après avoir leurs établissements avec plus ou moins de réussite, on rejoints la place Anatole France à pieds, et en musique. Les étudiants, actifs, chômeurs et retraités les y attendaient. Le cortège s'est mis en marche à 10 heures, mené par les syndicats unis derrière la banderole "Retrait du projet de loi travail". Le cortège, toujours en musique, est passé par la place de la Mairie de Tours et la rue Nationale. Les brigades des clowns étaient là pour donner le tempo et indiquer le chemin. Comme la semaine précédente environ 5 000 manifestants sont descendus dans la rue. Aucun incident à déclarer, la manifestation s'est achevée aux alentours de midi par un picnic partagé. »

 

dscf8074 © Manon Vautier-Chollet dscf8074 © Manon Vautier-Chollet

 

17 h 30, Manuel Valls "très attentif". Sur LCP, Manuel Valls se dit « très attentif aux attentes et aux aspirations, aux exigences, aux colères, aux angoisses de la jeunesse ».  Le premier ministre continue cependant à exclure tout retrait de la réforme et à défendre « un texte qui vise à conforter le CDI, à sortir de la précarité, qui donne de nouveaux droits en matière de formation (…) Mais surtout, il y a cette mesure qui sera une des grandes réformes du quinquennat de François Hollande : « cette garantie jeunesse universalisée qui va concerner progressivement toute une génération. Aucune avancée de ce type ne peut être balayée ».

 

Manuel Valls

 

Mobilisation. Selon l'Unef, 150 000 étudiants et lycéens ont manifesté aujourd'hui en France. "La mobilisation a donc pris de l'ampleur par rapport au 9 mars", poursuit l'organisation étudiante dans son communiqué. Le nombre de lycées mobilisés a augmenté (passant de 150 à plus de 200) et le nombre de manifestants dans les cortèges étudiants et lycéens a progressé (de 5 000 à 12 000 à Rennes, de 5 000 à 10 000 à Lyon, de 4 000 à 6 000 à Toulouse, de 1 500 à 3 000 à Clermont-Ferrand...).

Les jeunes ont donc clairement répondu aux dernières annonces du Premier Ministre : le bricolage du gouvernement ne les a pas convaincu. La Loi Travail reste une loi qui va précariser notre avenir tandis que les "mesures jeunes" qui ont été annoncées tiennent plus de l'enfumage que de réelles avancées.  La mobilisation des jeunes se poursuivra donc le 24 mars et continuera à prendre de l'ampleur jusqu'à rejoindre la mobilisation des salariés le 31 mars.  La balle est dans le camp du gouvernement. Il ne peut plus considérer que le débat sur la Loi Travail est clos. Il est plus que jamais nécessaire de retirer le projet de loi pour entamer de réelles concertations autour des revendications des jeunes."

Jussieu fermée. Selon le fil twitter de Taranis News, la faculté de Jussieu a été fermée administrativement en fin de journée. Tous les cours seraient suspendus. Selon le journaliste Luc Peillon, une « assemblée des luttes » devait pourtant s’y tenir à 18 heures.

 

 

Tous les examens et les cours suspendus à Jussieu. L’université ferme.

 

 

Jussieu

 

Le cortège parisien, vu de la gare d'Austerlitz. Une photo transmise par la chroniqueuse de Mediapart, La Parisienne libérée.

 

p1220974-v3 © La Parisienne libérée p1220974-v3 © La Parisienne libérée

 

À Bordeaux, le cortège étudiant est parti de la place de la victoire peu avant 13 heures jusqu’à la place de la République. A 14h le défilé a été bloqué, un peu avant la préfecture, par un barrage de forces de l’ordre. Les manifestants ont fait demi-tour dans le calme. Selon les comptages, il y aurait de 2 200 à 5 000 manifestants.

Affrontements à Marseille. A Marseille, en milieu de journée, des échauffourées ont brièvement éclaté entre une centaine de jeunes et des policiers devant un commissariat sur la Canebière. Après des jets de projectiles de la part des manifestants, les forces de l'ordre ont dispersés ces derniers en lançant plusieurs grenades lacrymogènes. Un abonné de Mediapart, enseignant de métier, nous a transmis cette vidéo. On y voit notamment un lycéen se faire rudement interpeller.

 

Marseille

 

16 h 50, Paris. Selon la journaliste de Libération Marie Piquemal, une partie des manifestants tentent de rejoindre l’université de Tolbiac mais sont bloqués par un cordon de CRS.

 

 
 
 
 
 

Qq dizaines de manifestants vlt partir a Tolbiac, ms les crs barrent la route.

 

Paris

 

16 h 30, nouvelles actions à Lyon. Le journaliste Richard Schittly rapporte qu’une assemblée générale s’est tenue derrière la bourse du travail à Lyon. Les participants ont décidé d’un nouveau rassemblement le 24 mars à 13 h, avec « blocages ». Le cortège était parti de la place Bellecour peu avant 13h. A 15h la tension était montée sur la place Guichard. Un groupe d'une cinquantaine de personnes ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre. Ces derniers ont riposté avec des gaz lacrymogènes. Le calme est revenu à 16h30. Selon les organisateurs, 6500 personnes ont manifesté. La préfecture avance un chiffre de 3000, rapporte Le Progrès.

 

 

Assemblée générale en plein air. Derrière la bourse du travail à Lyon. Prochaines actions en discussion...

Nation

Charge de la police

 

15 h, Nantes. Le cortège est parti vers 14 h 30 de la place du Commerce, encadré par les forces de l’ordre après une matinée marquée par des incidents, rapporte Ouest-France. Devant le lycée Gaspard Monge, des bagarres ont éclaté entre lycéens grévistes et non grévistes. Une poubelle a également été renversée et un véhicule retourné. En marge de la manifestation, la mairie a également été la cible de casseur qui ont brisé plusieurs vitres. Peu après 15h, Ouest France faisait état d’« échanges tendus » place Graslin ou les policiers ont répondu à des tirs de projectiles par des jets de gaz lacrymogène.

 

Direct. Des échanges tendus place Graslin à : projectiles et gaz lacrymogènes http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/direct-le-cortege-se-rassemble-place-du-commerce-nantes-4102224 

 

 

Nantes

 

14 h 45, Toulouse. Selon la Dépêche du Midi, la manifestation à Toulouse a rassemblé entre 6 500, selon la police, et 10 000 personnes.

 

: suivez les manifs à et dans la région en direct http://www.ladepeche.fr/article/2016/03/17/2306137-loitravail-suivez-manifestation-toulouse-region-direct.html 

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 22:33

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

«Ils nous empêchent de rêver, on va les empêcher de dormir»
16 mars 2016 | Par Faïza Zerouala
 
 
 

Reportage dans les universités, à Paris et à Tours, sur la façon dont a été préparée cette nouvelle journée d'action.

Corrigé ou non, le texte du projet de loi sur le travail ne remporte toujours pas l’adhésion des étudiants mobilisés de l’université Paris-1. Vingt-trois organisations syndicales étudiantes, parmi lesquelles l’Unef, la Fidl, l’UNL, appellent à protester le 17 mars. Réunies dans le grand amphi du site de Tolbiac, traditionnellement à la pointe dans les mouvements sociaux, 400 personnes ont débattu de la suite à donner à la contestation née en réaction à la réforme annoncée du Code du travail. Une semaine après la mobilisation qui a vu défiler dans les rues de France entre 200 000 et 500 000 personnes, les étudiants se sont longuement interrogés sur la pertinence de bloquer ou non la fac et se sont étripés sur la monopolisation de la parole par les organisations syndicales à la tribune. Celle-ci se voulait neutre et paritaire. À plusieurs reprises, des étudiantes souligneront la difficulté qu’elles ont eu à prendre la parole sans être huées.

 

Une AG à Paris-1 © FZ Une AG à Paris-1 © FZ

 

Dehors, une étudiante donne de la voix dans un mégaphone pour sonner le rappel des troupes : « Contre la loi El Khomri, AG amphi N ». Il est midi et quart. D’abord, les procédures de forme classiques. Après le vote, le responsable du site Pierre Mendès France est invité à quitter la salle, ainsi que les personnels de sécurité. Avant de partir, l’homme à la cravate rouge rappellera au micro « la nécessité d’assurer la continuité éducative ». En clair, ne pas empêcher la tenue des cours suivants.

La présence des médias, malgré quelques virulentes contestations sonores, qui subsisteront tout au long de l’AG, est autorisée. Une « zone neutre », c’est-à-dire un périmètre non filmé ou photographié, est instaurée sur le côté gauche la salle. D’autres journalistes sont restés coincés à l’entrée, empêchés de pénétrer dans l’amphi par la présidence, disent les étudiants. « Ils ne sont pas nécessaires », hurle un jeune homme.

La question épineuse du temps de parole – trop long c’est ennuyeux mais trop court on ne peut rien dire – est aussi soumise à la démocratie. C’est adopté, trois minutes sont allouées à chacun des intervenants à la tribune. Un peu plus tard, un second vote pour amputer une minute d’expression à chacun sera acquis. Trop de personnes sont inscrites, il faut libérer l’amphi à 15 heures comme convenu. Il est décidé, toujours après consultation à main levée, de ne pas éructer les uns sur les autres et de se laisser parler dans le respect. La suite démontrera que cette demande relevait du vœu pieux.

Ces quelques préalables évacués, les étudiants entrent dans le vif du sujet, « le débat de fond ». La nouvelle mouture de la loi, présentée le 14 mars aux organisations syndicales, est qualifiée par un étudiant à la tribune « d’opération cosmétique ». Il poursuit : « Certains médias ont parlé de grand bond en arrière, en réalité sur 42 articles seuls 4 ont été modifiés. » Et de décliner les ajustements effectués pour redire leur inefficacité. Il appelle à rester sur la même ligne intransigeante, à savoir le retrait pur et simple du texte. Il relève « la fébrilité » du gouvernement, prompt à négocier aujourd’hui, alors qu’au départ, l’usage du 49-3 avait été évoqué par la ministre du travail pour éventuellement faire passer le texte en force. Un signe, selon lui, de l’efficacité du mouvement de mobilisation et la nécessité de le renforcer. Les autres interventions empruntent la même tonalité.

C’est au tour de Raphaël, du NPA et de l’Unef, de se saisir du micro : « On n’est pas dupes des aménagements. 25 % des jeunes sont au chômage, en moyenne on obtient notre premier CDI à 27 ans. Il faut qu’on dégage des revendications positives et dire qu’on ne veut pas de contrats précaires, faire de l’intérim ou enchaîner les CDD. Nous, les jeunes, sommes juste une variable d’ajustement. Il y a 5 millions de chômeurs et il faut qu’on partage le temps de travail entre tous et toutes. On est déterminés à organiser la confrontation contre ce gouvernement pour qu’il dégage ! » Son intervention déclenche une cohorte de « Valls démission » et d’applaudissements nourris. Un étudiant comparera les concessions du gouvernement à « deux, trois miettes lâchées ».

Progressivement, l’idée d’une « massification du mouvement » émerge. Puis le champ s’élargit puisqu’il est question d’élargir le mouvement aux travailleurs. Une banderole épinglée sur les murs du balcon de l’amphi clame « grève générale ». C’est ce pour quoi un étudiant plaide. Instaurer un blocage de l’économie du pays. Cette perspective soulève l’enthousiasme des jeunes et s’exprime avec vigueur et bruit. Les syndicats de salariés, dont la CGT, se sont greffés à cette journée de mobilisation.

Les modalités concrètes de la lutte sont envisagées. L’expression « convergence des luttes » est lâchée. Un syndicaliste de la CGT parle au nom des cheminots de la gare d’Austerlitz, pour appeler à lancer une passerelle dans la lutte des salariés et des étudiants. Deux lycéens prennent la parole pour expliquer qu’« il n’y a pas besoin d’avoir le bac pour comprendre que faciliter les licenciements n’aidera pas à lutter contre le chômage »

Un professeur, doctorant, se définissant comme précaire, apporte son soutien aux étudiants. Lui-même a manifesté contre le CPE, il y a dix ans, se souvient-il. Pour galvaniser l’auditoire et les encourager à durcir le mouvement, il raconte, façon vieux briscard des luttes sociales, ses faits d’armes d’alors : « On avait bloqué la fac. On a passé des nuits ici, à discuter, projeter des films. La question se pose, sinon on va ronronner. Les AG ou se contenter de ne pas aller en cours ça ne marche pas ! Il faut occuper ce lieu, qui est à nous pour montrer qu’on est légitimes. » Un second enseignant surenchérit : « Il faut la grève générale ! Il faut que les travailleurs bloquent tout. Quand on construit un rapport de force, on doit réfléchir à tout cela. On est dans un chemin. La prochaine AG doit être pleine, il faut que les UFR se mettent en grève. Parce que le souci, c’est qu’une fois qu’on sort de là, tout le monde reprend sa vie normale. »

 

« Pour une grève générale »

Certains rêvent « d'auto-organisation démocratique ». D’autres mentionnent la nécessité de mobiliser les autres sites de l’université Paris-1 pour étoffer le défilé, surtout les étudiants en droit, mieux armés pour décrypter le projet de loi. Une étudiante propose quant à elle « une mobilisation festive ».

Pendant ce temps-là, un carton, transformé en caisse de mobilisation, circule dans l’amphithéâtre pour collecter des fonds destinés à payer l’impression des tracts et des affiches par exemple.

Ismaël, étudiant bravache, brise le consensus ambiant et clame à la tribune être favorable à la future loi, « pas parfaite, mais nécessaire ». Il étaye son propos : « Il faut relancer la compétitivité française. » La suite est inaudible. Ses paroles, dans une salle majoritairement réfractaire à l'exécutif, sont noyées dans le brouhaha général et les huées. Le syndicaliste de la CGT ironise : « C’était la coupure pub du gouvernement. » Le suivant lui répond : « On ne peut pas être d’accord avec les patrons, ça s’appelle la lutte des classes ! »

Une heure après le début de l’AG, une poignée d’étudiants quitte la salle. Le débat se grippe, personne n’arrive à dégager un consensus, les modérateurs essaient désespérément de donner une ligne directrice aux discussions. Beaucoup de monde s’est inscrit sur la liste pour s’exprimer à la tribune. De plus en plus, les interventions se ressemblent et recyclent les mêmes arguments, d’une prise de parole à l’autre. 

Chaque étudiant à la tribune décline son appartenance syndicale, faisant tiquer les plus hostiles aux organisations étudiantes présentes telles que les Jeunes Communistes, Solidaires étudiant-e-s ou le NPA. Les membres de l’Unef, syndicat étudiant opposé à la réforme mais historiquement proche du Parti socialiste, sont pour leur part accusés de monopoliser la tribune voire de s’approprier la lutte. Une représentante de l’organisation est huée. Une étudiante hurle à plusieurs reprises : « On n’est pas à un meeting. » Le débat se polarise sur les étiquettes politiques. Quelqu’un suggère de limiter les interventions des organisations. L’un de ne pas laisser flotter dans les cortèges les drapeaux des divers syndicats. Un autre qualifie cette AG de « mascarade » et dit refuser qu’ils s’expriment en son nom à Matignon.

Une étudiante souligne la difficulté pour les femmes de s’exprimer. Une autre corrobore ses dires : « Vous faites flipper. Je ne suis pas encartée mais je suis au comité de mobilisation, comme quoi il n’y a pas que des étudiants syndiqués. Plus on est nombreux moins on sera fatigués et la mobilisation aura un impact dans le temps. Il ne faut pas non plus rejeter totalement en bloc les organisations. Elles ont un passé, c’est utile pour nous. » Sur un plan pragmatique, elle suggère d’imaginer des slogans à l’image du hashtag viral #onvautmieuxqueça lancé sur les réseaux sociaux et de créer des banderoles. Bref, de donner corps à la bataille.

Refroidi par l’accueil frisquet réservé aux syndicats, un autre commence timidement son intervention par une précaution : « Je suis militant mais je ne suis pas là pour faire de la pub pour mon organisation. » La suite est moins conciliante : « Il faut que Valls se casse. À Matignon et à l’Élysée, ils nous empêchent de rêver, on va les empêcher de dormir ! »

Soudain, une parole sincère éclot. Des étudiants non encartés mettent des mots sur la précarité. Philippe raconte n’être jamais venu assister à une AG. Il dit être « déçu d’avoir perdu deux heures. J’ai deux boulots, je galère un peu et là j’entends depuis toute à l’heure des gens ne parler que des syndicats. On n’a même pas pris le temps de réfléchir. On n’a même pas parlé des étudiants-travailleurs. » Son intervention achevée, il lâche le micro et se dirige vers la sortie, avant d’être intercepté par une étudiante syndiquée.

Une autre s’approche pour partager avec tous son rapport au travail : « Qu’est-ce que le travail ? C’est la précarité, l’humiliation, l’aliénation. On nous prend pour des branleurs, pour des jeunes qui ne veulent pas travailler. On est plein à galérer, on est plein à connaître la galère du travail. J’ai travaillé une seule fois. Je n’ai plus envie de travailler, j’espère étudier le plus longtemps possible. »

À mesure que les minutes passent, quelqu’un propose de reporter le vote puisque les bancs se sont vidés, créant un peu plus de confusion. « On vote contre mais contre quoi ? » s’exclame une jeune fille. 70 étudiants prennent part au vote à main levée, organisé en catimini puisque les non-grévistes commencent à arriver pour leur cours. Il est finalement décidé la tenue d’une AG, la grève, un blocage de la fac, un cortège unique pour Paris-1.

À l’École normale supérieure, dans une ambiance plus feutrée, une cinquantaine de personnes se sont réunies mardi 15 mars à la cantine. Ici aussi, les personnes rassemblées s’interrogent sur le ton à donner au mouvement. Il est jugé nécessaire de construire une lutte dans la durée et surtout de fédérer un maximum d’étudiants et, aussi, de travailleurs. Là aussi, un syndicaliste de la CGT a été invité pour mettre en œuvre « un objectif commun » à savoir le retrait du projet de loi. « Il se passe quelque chose de puissant. Les revendications émergent de la base, il y a une autonomie des AG », explique-t-il en préambule. Il rappelle qu’en 2006, les manifestations contre le CPE ont commencé « piano » avant d’aller crescendo. Un participant de l’AG met en garde ses camarades de lutte à ne pas « s’enfermer » dans le parallèle avec le CPE, afin de montrer que la contestation prend sa source dans une colère et des revendications plus larges que cette réforme. Ce à quoi un autre répond que le combat s’incarne dans une loi comme ce fut le cas avec la réforme d’autonomisation des universités (LRU) entre 2007 et 2009 : « Tout mouvement a un début et une fin. C’est un point d’appui pour changer la société et cela donne confiance aux gens. Même si tout reste à construire. »

 

A l'ENS © FZ A l'ENS © FZ

 

Le responsable syndical appelle à faire « la convergence de la convergence des luttes ». Il indique être disponible pour faire de la pédagogie. D’ailleurs pour que tout le monde sache bien de quoi il retourne, un étudiant se propose de lire le résumé des ajustements du projet, disponible sur le site de pétition en ligne Change.org, à l’origine de la mobilisation électronique.

 

Sensibiliser les quartiers populaires à la mobilisation

De son côté, un étudiant considère au contraire qu’il faut édicter un « mot d’ordre clair et lisible » sous peine de créer des incompréhensions donc de détourner des soutiens potentiels. Une étudiante conteste cette analyse et invite l’assemblée à ne pas oublier les réfugiés, les migrants, « en première ligne du prolétariat », car elle ne se voit pas lutter contre un seul problème mais entend combattre un « système plus général ». D’autres mentionnent aussi l’écologie, la constitutionnalisation de l’état d’urgence ou le contrat de travail unique comme des dimensions à ne pas ignorer. Le débat se déroule dans le calme. Tout juste la réunion est-elle perturbée lorsqu’il est demandé à l’assemblée de quitter l’espace situé sous la verrière, réservé pour un cocktail. Un moment de flottement s’empare de la salle qui se demande si elle doit obtempérer à cette demande. Un étudiant suggère de ne pas obéir, un autre râle : « On bouge, on ne va pas faire de tout un combat. » Après un vote démocratique, chacun déplace les tables et les chaises et se déporte vers la droite.

Finalement, c’est dans les locaux de l’élitiste ENS que surgit l’idée de s'adresser aux habitants des quartiers populaires, afin de créer un élan englobant. L'une des participantes formule le souhait que « ceux des cités qu’on ne voit jamais dans les manifestations car c’est pour les bourgeois alors que ce sont les premiers concernés» se joignent à eux. « Il faut les sensibiliser. Ce ne serait pas un mouvement pour séparer mais au contraire pour fédérer contre des causes communes », argumente-t-elle. La suivante souligne la nécessité de communiquer spécifiquement à destination des femmes, « racisées », victimes de la « double peine » en terme de discriminations et souvent les premières touchées par la précarité. Pour conclure, elle insiste : « Il faut aller ailleurs, dans les lycées professionnels par exemple pour aller à la rencontre de cette autre jeunesse qui n’est pas comme nous. » Pour rebondir, un étudiant met en garde ses camarades contre la tentation d’organiser des AG qui durent « mille ans » et peuvent faire fuir les non-militants peu habitués à ce type d’échanges. La preuve, cela fait trois heures qu’ils débattent. Après ces palabres, il est décidé de bloquer la rue d’Ulm qui héberge la célèbre institution et d’aller manifester.

À Tours, aux Tanneurs, les affiches annoncent l’AG du jour prévue à 17 heures : « Pour te battre, viens débattre ! ». Un avertissement est aussi placardé sur les portes en verre à l'entrée du bâtiment. On peut y lire : « On se mobilise, on ne vandalise pas ». Ici, l’occupation se veut festive et responsable. L'un des modérateurs rappellera aux étudiants de se comporter avec respect pour ne pas entamer la crédibilité du mouvement, en ne fumant pas dans les locaux, en ne prenant pas de fournitures sans autorisation et surtout en ne commettant aucune dégradation.

La modératrice qui inaugure l'AG rappelle d'une voix ferme à la tribune qu’il faut éviter les applaudissements afin d'assurer un déroulement serein à la discussion. Elle mime les gestes permettant de s’exprimer en silence. Les mains se lèvent, donnant à la salle un air de spectacle de marionnettes. Toujours sur plan pratique, la jeune femme annonce l’annulation du contrôle continu jeudi 17 mars pour permettre aux étudiants de ne pas pâtir de la mobilisation. Les jeunes rassemblés ici n'abordent pas le contenu même du projet de loi, tant il fait l'unanimité contre lui dans cet amphi. Des lycéens se demandent comment se joindre au mouvement lorsque les proviseurs de leurs établissements les empêchent de le faire. Une étudiante conseille à la jeune fille d'en parler à ses parents. Celle-ci rétorque que sa mère ne partage pas du tout ses idées et que le dialogue reste délicat.

Ici, c'est principalement le défilé du 17 mars qui polarise l'attention. Le cas des lycéens - les inclure ou non dans le combat- est discuté. Le sujet est sensible puisqu'ils sont pour la plupart mineurs. L'autre point examiné concerne les « actions coup de poing ». Au micro, l'un des participants s'interroge sur la pertinence de bloquer le tram comme cela a été fait le 10 mars : « Certains n’ont pas compris ce qu’on faisait là. Les soixante manifestants ont été incompris et vus comme de jeunes égoïstes. Il faut faire venir les gens à nous et discuter avec eux sinon au mieux on se les met à dos mais au pire on coupe le mouvement. »

Mais le vrai point de crispation concerne la brève incursion à la section locale du Parti socialiste menée par quelques étudiants dans l'après-midi. L'un d'entre eux résume cet échange de vingt minutes, qualifié de peu « productif ». Il rapporte qu'il y a eu « peu de mots, peu d’engagements. Ils nous ont dit qu'ils voulaient une réécriture approfondie de la loi mais pas un retrait. Fallait y aller ou pas ? Je vous laisse juges ». Quelques personnes tiquent et désapprouvent cette prise de contact avec le parti de la majorité. Une étudiante souligne que le PS n'est pas le gouvernement et que différentes tendances y cohabitent.

Un peu plus tard, une jeune femme aborde la question des débordements potentiels, des éventuelles arrestations et se demande plus largement comment manifester alors que l'état d'urgence le proscrit. Un autre avoue être dans le flou quant au déroulement concret de la manifestation du lendemain. Finalement, le rendez-vous est pris pour le lendemain à dix heures.

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 16:09

 

Source : https://la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/vite-sauvons-les-riches-dans-le-16eme-ils-sont-menaces-par-les-sdf-et-les

 

 

Soutenons la lutte des riches contre les pauvres ! Chronique Didier PORTE [RADIO 08’15]

VITE, SAUVONS LES RICHES ! Dans le 16ème, ils sont menacés par les SDF et les migrants !

Le

 

 

 

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Le Maire du 16ème arrondissement, Claude Goasguen

Faucille et marteau en main, la mairie socialo-communiste de Paris va construire un centre d’hébergement à la lisière du bois de Boulogne pour des réfugiés. Un cauchemar ! Cette vermine va se multiplier et va grouiller partout. Comme dit cette ancienne journaliste de France Inter, citée par Le Monde : « ce site pour SDF va faire tomber le prix de mon appartement. »

Au secours, le bois de Boulogne va devenir un vaste bidonville comme le jungle de Calais, et les habitants vont devoir survivre entourés de barbelés contre ces voleurs et ces violeurs. Si vous ne voulez pas que Paris ressemble à Bombay, il faut se battre, camarades riches ! Alors, tous ensemble, tous ensemble, ouais, ouais ! Qui a dit qu’il n’y a plus de lutte de classe ? On lâche rien, on lâche rien, on lâche rien

 
 
VITE, SAUVONS LES RICHES !

 

Et ne manquez pas l’insurrection des riches lors de la réunion publique du 14 mars 2016 (FRANCE 3) :

FRANCE 3 : Foire d'empoigne, insultes et huées à Paris XVIème contre le projet d'un centre pour sans-abris par Là-bas si j'y suis

 

Marie GALL attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

chronique : Didier PORTE
préparation : Pierre-Yves BULTEAU

(Vous pouvez podcaster cette émission en vous rendant dans la rubrique "Mon compte", en haut à droite de cette page.)

 

 

 

Source : https://la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/vite-sauvons-les-riches-dans-le-16eme-ils-sont-menaces-par-les-sdf-et-les

 

 

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 15:33

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Mobilisation
Carte : les communes qui refusent les « compteurs intelligents »

 

 

Une quarantaine de communes ont refusé l’installation des « compteurs intelligents » (Linky, Gazpar et compagnie), déployés depuis décembre dernier dans toute la France.

 
 
Un compteur intelligent Linky à Tours, le 18 mars 2009
Un compteur intelligent Linky à Tours, le 18 mars 2009 - ALAIN JOCARD/AFP
 

Saint-Macaire, petite ville de 2 000 habitants située en Gironde, a été l’une des premières communes à refuser l’installation des « compteurs intelligents » : le 24 septembre 2015, le conseil municipal a rejeté la demande de Grdf (Gaz réseau distribution France) d’installer un « concentrateur » sur un bâtiment (il permet de recueillir les données envoyées par ces nouveaux compteurs).

Raison principale invoquée [PDF] : « Le souci de protection de la santé des habitants. » Ainsi que le fait que ces compteurs « permettront aux opérateurs de recueillir d’innombrables données sur notre vie privée, utilisables à des fins commerciales mais aussi de surveillance et de remise en cause des libertés publiques ».

Les compteurs Linky, qui peuvent être relevés à distance et en temps réel, devraient remplacer les 35 millions de compteurs électriques d’ici 2021. 11 millions de foyers abonnés au gaz sont quant à eux concernés par le déploiement de « compteurs communicants », nommés Gazpar.

Le déploiement des Linky, ces boîtiers vert anis, a débuté le 1er décembre dernier. A ce jour, une quarantaine de communes ont refusé leur mise en place. A partir de la liste établie par le site animé par Stéphane Lhomme, conseiller municipal de Saint-Macaire et président de lObservatoire du nucléaire, Rue89 a cartographié la fronde.

 

 

Des collectifs contre ces compteurs

Outre les villes délibérant contre l’installation des compteurs dits intelligents, plusieurs communes refusent la mise en place des compteurs sur les bâtiments communaux.

A Saint-Pabu (Finistère) par exemple, au nom du principe de précaution, les élus n’en veulent pas sur « les bâtiments où séjournent régulièrement du public et/ou du personnel » (école, cantine, etc.) et disent aux habitants qu’ils peuvent refuser le remplacement de leurs compteurs [PDF].

La maire du Ier arrondissement de Lyon a elle envoyé un courrier à ses administrés le 26 février dernier [PDF] pour leur « confirmer [qu’ils] peuvent refuser l’installation des modules » Linky ou Gazpar. A Lyon comme dans d’autres communes, ce sont les riverains qui se sont tournés vers la mairie pour faire part de leurs inquiétudes.

A noter que dans plusieurs régions, des collectifs se sont formés pour s’opposer à l’installation de « compteurs communicants » (comme en Aveyron ou dans l’Isère).

 

Débat juridique

Que vaut les délibérations des conseils municipaux ? La réponse fait l’objet d’un débat juridique.

Pour la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), le droit n’est pas du côté des opposants. Elle s’appuie sur l’analyse d’un cabinet d’avocats, présentée en février dernier. Une étude « bidon », pour Stéphane Lhomme qui explique sur son site que les maires n’encourent aucune sanction.

 

Pour Que choisir, le refus d’un conseil municipal peut avoir une portée symbolique mais pas juridique : de nombreuses communes ont transféré leurs compétences du réseau électrique à l’intercommunalité. Un maire pourrait prendre un arrêté municipal d’interdiction s’il y a un risque « grave ou imminent », mais on en est loin selon Que choisir.

 

Chers riverains, signalez-nous les erreurs qui se seraient glissées dans la carte ou n’hésitez pas à nous faire part d’ajouts dans les commentaires de cet article (ou par e-mail, ebrouze@rue89.com). Merci !

 

 

A lire aussi
Santé, vie privée, économies... : en juillet 2015, Rue89 décryptait les différentes critiques et louanges adressées aux compteurs dits « intelligents ».

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 16:21

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Contre les commerces vides, il crée une page Facebook
 

Florian a déménagé a Albi il y a trois ans, content de rejoindre une petite ville «  à taille humaine  ». Mais quand la bise fut venue, les touristes sont partis. Il a alors réalisé que «  le centre-ville a l’air mort une bonne partie de l’année »  :

«  On a l’impression qu’il y a beaucoup de magasins fermés et que les seuls commerces restants sont destinés aux touristes. Il y a une ambiance de vide. »

Pour confirmer cette impression, ce diplômé en géographie a décidé de se lancer dans un inventaire des commerces de sa ville. Un travail de terrain de plusieurs semaines réparties sur un an et demi dont il partage aujourd’hui les résultats via une carte interactive et sur une page Facebook « Albi, centre-ville en perdition », suivie par plus de 600 personnes.

 

 

Il en tire ce genre d’infos  :

  • «  10 % des commerces sont fermés  »
  • «  En dehors du marché, le seul commerce alimentaire est une boulangerie  »
  • «  35 % des commerces sont destinés à l’habillement  ».

 

Béziers, Vierzon, Albi, même combat

Dans les échanges qu’il a avec les habitants, notamment grâce à sa page Facebook, Florian a l’impression que les choses s’aggravent. Pour lui, les causes sont claires : la ville mise trop sur le tourisme et les congrès, et ses abords comptent trop de centre commerciaux.

Est-ce un cas unique  ? En 2013, l’Institut pour la ville et le commerce a réalisé une étude sur les communes dont les centre-villes se vident. Il comptait une cinquantaine de communes où plus d’un commerce sur dix est vide (Béziers, Vierzon, Châteauroux, Cholet ou Nevers) contre une vingtaine seulement en 2001.

La faute principalement à l’extension des centres commerciaux. En France, les deux tiers des achats de produits alimentaires se font en périphérie des villes relevait Terra eco en 2013. Le volume de surfaces commerciales croît de 4 % à 5 % par an depuis le début des années 2000, bien plus que la consommation des ménages. Et ces millions de mètres carrés nouveaux sont quasiment totalement situés en périphérie des villes.

 

Et le politique ?

Dans un rapport remis à Nicolas Sarkozy en 2009 sur le sujet, Jean-Paul Charié, alors député (UMP) du Loiret assurait :

«  Il est urgent que le politique reprenne en main les règles de l’architecture commerciale. Nos entrées de ville sont littéralement défigurées par des zones commerciales en forme de boîtes à chaussures empilées en pleins champs. »

Florian a été contacté par plusieurs élus à la suite de la publication de son travail. Il reste prudent :

« La prise de conscience existe, mon étude met en plus des chiffres sur la situation, il y a un accord sur le constat. Il faut maintenant se mettre d’accord sur les solutions. Je sais que beaucoup de gens estiment qu’ajouter des parkings en centre-ville est une solution mais je ne suis pas d’accord, Albi est une ville très bien desservie par les transports en commun avec en prime des parkings proches accessibles à pied. Il faut ramener des commerces de proximité, des habitants, des associations, du lien et de la vie ! »

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 15:33

 

*Nous nous mobiliserons aussi à Nîmes ! On vous tient au courrant !

 

 

Source : http://www.convergence-des-luttes.org/

 

 

Nous étions nombreux à la Bourse du travail le 23 février dernier.
Le journal Fakir avait pris l'initiative de cette soirée "Leur faire peur" dans la lancée de l'énergie des salles bondées où était projeté le film Merci Patron.
Syndicalistes, intellos, zadistes, ouvriers, mal-logés, étudiants, précaires... Ce soir-là nous nous sommes retrouvés, nous nous sommes rencontrés, nous avons échangé.
Tous ont parlé des nombreuses mobilisations en cours et de leur nécessaire convergence pour construire autre chose.

A la question « COMMENT LEUR FAIRE PEUR ? », la réponse a été unanime : « Nous ne rentrerons pas chez nous après la manif du 31 mars ».
LE JEUDI 31 MARS, on participe donc à la manif nationale à Paris. Mais après le défilé, on ne rentre pas chez nous.
On occupe une place, un lieu, on verra bien où. On fait une projection géante de Merci patron !, à rigoler tous en chœur. On se fait des concerts pour la bonne humeur. Et aussi, surtout : on cause. On essaie d'inventer un truc, un point de fixation des espoirs et des luttes.

 

Syndicalistes, zadistes, ouvriers, mal-logés, étudiants, intellos, précaires et simples citoyens appellent à une grande journée de grève nationale et d’union des luttes le 31 mars 2016 ! 

 
 

Leur faire peur,ça se construit

 

Des groupes de travail sont d’ores et déjà en place.

Pour construire ensemble cette convergence, nous vous proposons de nous réunir à nouveau lors d’une soirée « LEUR FAIRE PEUR,ÇA SE CONSTRUIT » le 14 mars à 18h30 à la Bourse du travail à Paris.
Nos diversités sont une richesse, notre nombre est notre force : c’est par le dialogue, le partage et l’échange que nous rendrons possible une occupation de place ou d’un lieu suffisamment grand à Paris.

Venez avec vos idées et vos compétences pour que cette occupation soit non seulement possible, très large, mais aussi constructive : le début de ce que nous déciderons de faire pour reprendre en main la chose publique.

 

#‎31Mars‬ ‪#‎CamponsSurNosDroits‬

À Paris, ce soir, une réu de nombreux gens à la Bourse du travail à République, qui ont vu "Merci patron", se sont réunis dans un mouvement, "Comment leur faire peur" pour prendre la place le 31 mars, un mouvement semblable aux indignés. Plus de 300 personnes se sont partagées en commissions, dont Assemblée, communication, Accueil, SO et juridique, Cantine, etc. Plus d'infos bientôt.

Occupons les places publiques, pour montrer que ce qui nous unit tous, quelques soient notre âge, notre appartenance politique ou syndicale, notre religion, c'est le besoin de justice, de partage, de paix, de démocratie et de transition écologique.

Ne laissons pas quelques politiciens corrompus et fainéants mettre en pièce le code du travail et notre vivre ensemble, en vendant nos vies et notre planète au plus offrant.

Mettons en commun les problèmes rencontrés dans nos vies, unissons-nous pour résister ensemble et mettre en place des alternatives solidaires.

Nous voulons une économie solidaire. Nous voulons une vraie démocratie. Nous voulons protéger notre environnement.

Le 31 mars, nous serons sur les places.

Pacifiques, solidaires, conscients.
Nous sommes l'alternative.

https://m.facebook.com/events/576419125858967

 

 

*Nous nous mobiliserons aussi à Nîmes ! On vous tiendra au courrant !

 

 

 

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 18:06

 

Source : http://reporterre.net

 

« Le rapprochement rouge vert est une nécessité »

14 mars 2016 / Entretien avec François Ruffin
 


 

Rien ne changera si les classes populaires et les classes intermédiaires ne refont pas union, estime François Ruffin, pour qui l’instrument de cette alliance passe par l’écologie et la justice sociale.

 

Journaliste engagé, et le revendiquant, François Ruffin est rédacteur en chef de Fakir et réalisateur de Merci Patron. Plus enclin à parler aux employés de supermarchés ou aux joueurs de football amateur qu’aux ministres ou aux patrons, il plaide pour un protectionnisme environnemental et social.


Reporterre - Comment analyses-tu la situation politique actuelle ?

François Ruffin - C’est un temps de régression. Il y a le chômage, des conditions de vie qui se dégradent, mais au-delà, il y a un sentiment d’impuissance collective, de résignation, et du coup d’auto paralysie.
Avec le Front de Gauche, on avait un lieu, imparfait, mais où on pouvait travailler les idées, autour de l’écosocialisme ou du protectionnisme notamment. Cela constituait une force politique qui pouvait recueillir une forme de colère sociale et cela, c’était vachement intéressant.

Mais désormais, il y a une sorte de suicide du Front de Gauche. Et on en est à espérer un réveil de la société civile sans parti. Mais à un moment, il faut trouver une traduction politique au mouvement social, que la colère sociale trouve un mode d’expression politique. En Picardie, où je vis, les élections régionales ont signé la faillite des partis de gauche, avec les Verts, le PG, le PC, qui sont incapables de s’unir, alors que Marie Le Pen a près de 43 %.

Cela veut-il dire qu’aujourd’hui le FN récolte les votes de cette colère sociale ?
J’en suis convaincu depuis des années. Je n’ai jamais été dans le discours du « Le premier vote, c’est l’abstention », qui revient à négliger ou minimiser le vote Front National, en particulier dans les classes populaires. Le sondage de l’Ifop aux élections de décembre indique que 51 % des ouvriers qui ont été aux urnes ont voté le Front National.

Quand nous, au journal Fakir, on se prétend populiste, on ne peut pas passer à côté de ça.

 

 

Populiste, c’est-à-dire ?

La définition du dictionnaire Robert dit : « Mouvement littéraire s’appliquant à décrire de façon réaliste la vie des gens du peuple ». Et les journalistes, au lieu d’utiliser le mot populisme comme une injure, devraient être fiers d’être populistes, en disant qu’une de nos fonctions est de refléter avec réalisme la vie des gens du peuple. Si je ne fais pas l’effort, chaque fois que c’est possible, d’aller vers les classes populaires, qui travaillent dans les supermarchés, dans les centres logistiques, dans les zones industrielles, je vais refléter la conception de ma classe, qui est la petite bourgeoisie intellectuelle.

 

L’échec de la gauche tient-il à ce qu’elle n’est plus populiste ?

On observe ce que Emmanuel Todd appelle « le divorce de deux corps sociologiques de la gauche », ce que j’appelle une « disjonction de classes ». Depuis 30 ou 40 ans, les ouvriers et les professeurs, les classes populaires et la petite bourgeoisie intellectuelle ont eu des destins qui se sont séparés. D’abord sur le plan social. Le chômage des professions intermédiaires reste aux alentours de 5 %. Le chômage des ouvriers non qualifiés dépasse les 20 %. La mondialisation, qui est LE grand phénomène économique des dernières décennies, est entrée droit dans la gueule des classes populaires, alors qu’elle a plus ou moins épargné les professions intermédiaires. Il y a donc eu deux rapports différents à la mondialisation et cela se voit au niveau de revenus ou à celui des lieux de résidence. Ces destins ont fini par se séparer aussi sur le plan politique. Lors du traité constitutionnel européen, en 2005, 80 % des ouvriers, 71 % des chômeurs et 67 % des employés ont voté Non. à l’inverse, 56 % des cadres et 54 % des profs ont voté Oui. Pourquoi ? Parce que la mondialisation ne les a pas heurtés de la même manière. 1789, 1936, mai 68, mai 81, tous les temps où la gauche gagne, ce sont des temps où il y a une réunion de ces classes-là, où les classes populaires et les petits bourgeois intellectuels proposent quelque chose en commun.

 

Comment opérer la « re-jonction » ?

Les professions intermédiaires ne vont plus être aussi épargnés par la mondialisation. Et je pense qu’il faut travailler sur le terrain culturel, en disant aux classes intermédiaires, « Voilà ce que l’oligarchie a fait ». Lénine disait : « Une situation pré révolutionnaire éclate lorsque ceux d’en haut ne peuvent plus, ceux d’en bas ne veulent plus et que ceux du milieu basculent avec ceux d’en bas ». Ce que je souhaiterais maintenant, c’est l’émergence d’un mouvement populiste de gauche.

 

 

Qu’appelles-tu la gauche ?

Celles et ceux qui placent la notion d’égalité comme une valeur centrale. Aujourd’hui, il y a un mouvement populiste de droite, qui fonctionne très bien. Il faut ouvrir la voie à un mouvement populiste de gauche. Ce qui se passe avec la loi sur le travail va-t-il provoquer une poussée et faire émerger une nouvelle figure ? Cela bouge partout, de Podemos en Espagne à Siriza en Grèce, au parti travailliste en Angleterre ou aux Etats-Unis avec l’émergence de Bernie Sanders. On est revenu à un espèce de no man’s land. Il y a des trucs qui germent.

 

Comment faire ?

Je me demande juste où est le déclic. Aujourd’hui, je cherche moins l’horizon que comment on met le moteur en marche. Un moteur se met en marche quand on mélange des ingrédients différents. C’est pour cela que la jonction de classe est une nécessité. Le rapprochement rouge-vert c’est une nécessité. Et puis, une fois que le moteur est en marche, une fois qu’on a fait un pas, on a un appétit pour en faire un nouveau.

 

Comment insères-tu l’écologie dans le tableau ?

Je suis un gros contestataire de la croissance. Le modèle économique est à revoir de A à Z. Il faut que le mouvement ouvrier devienne décroissant. C’est une longue bataille. Mais il peut y avoir une audience de ce discours. En gros, la petite bourgeoisie est plus attachée à la question écologique et la classe populaire est plus attachée à la question sociale. Il faut trouver les moyens de lier les deux.

 

 

Une alliance s’est faite entre les écolos et une partie des paysans, contre l’industrialisation. Qu’est-ce qui pourrait faire que cela se fasse avec la classe ouvrière ?

A la fin du conflit sur les Goodyear, on a sorti un trac en disant qu’au fond les Goodyear menaient une lutte écolo. Quand les gens me disaient, « c’est bien, parce qu’on va consommer moins de pneus », c’était peut-être vrai. Sauf qu’il se produisait une délocalisation et que les pneus, on allait en produire autant, ailleurs. Le truc des Goodyear aurait pu être de dire : il y a besoin de moins d’heures pour produire des pneus, il faut moins de pneus, et plutôt que d’aller les produire ailleurs, terminons-en avec le travail de nuit. Le travail de nuit est terrible pour la santé, c’est un facteur cancérigène important. Cela peut être un discours écolo en fin de compte : décroissance du temps de travail et décroissance de la production/consommation. Le fait de tenir ce discours l’aurait rendu audible par d’autres parties de la population.

 

N’y a-t-il pas un problème autour du mot « écologie » ?

Quand on voit le mal que fait un gouvernement de gauche au mot « gauche », les écologistes de parti ont fait le même mal au mot « écologie ». Quand, à Amiens, Barbara Pompili se sert des électeurs comme d’un piédestal pour des ambitions mesquines…Ce comportement-là, les querelles internes, ça discrédite l’écologie.

 

Mais à Amiens, il y a aussi des conseillers régionaux écologiques efficaces,
Novissen et la lutte autour des Mille vaches.

A Notre Dame des Landes, il y a 1 % de mobilisés contre le projet, 1 % de mobilisés pour – c’est l’oligarchie locale – et puis une masse d’indifférents. Les Mille vaches, c’est pareil : il y a une association mobilisée contre, le préfet et Ramery pour, et au milieu, ça prend pas.

 

Cela n’est-il pas dû au fait que cette indifférence est entretenue et cultivée par des grands médias, qui pèsent bien plus que Fakir ou Reporterre ?

Bien sûr, mais c’est aussi le symptôme d’autre chose, du manque d’ancrage de ces mouvements. Dans les années 70, le Parti communiste faisait un travail politique dans d’autres choses que des réunions politiques « chiantes ». Il organisait le concours de pêche à Abbeville, et c’est par le concours de pêche qu’on faisait de la politique. C’est par la buvette au stade de football que se fait la politique. Je joue au foot tous les dimanches, et les vestiaires, c’est un lieu où on prend une température du pays. Il n’y en a pas tant que çà, des moments où on peut prendre une espèce de pouls du peuple. Et il y a des moments où tu peux faire passer des trucs. Il faut reprendre racine. Quant aux médias, on est condamné à les avoir contre nous, on peut les dénoncer mais il faut faire avec.

 

 

Dans le film « Merci patron », il y a ce passage drôle où l’émissaire de Bernard Arnault explique que sa plus grande crainte, ce sont les « minorités agissantes ».

Il dit : « Ce sont les minorités agissantes qui font tout ». Mais il ne faudrait pas que cela devienne un encouragement pour les minorités à être encore plus minoritaires et plus agissantes dans une sorte d’activisme avide. Il peut y avoir une tentation de ça, du snobisme, dans la gauche, les mouvements verts. On est dans un entre-soi, on est l’avant-garde. Lénine disait « Un pas en avant, mais pas deux ». Les minorités agissantes peuvent beaucoup. Mais à condition de trouver le chemin des masses, du peuple, tu appelles ça comme tu veux. Si c’est une locomotive seule qui ne tire aucun wagon, ce n’est pas intéressant ; il faut trouver le moyen de raccrocher les wagons. Des minorités agissantes, il y en a plein : des groupes sur la COP 21, sur la financiarisation, ATTAC qui vole des chaises, la brigade d’activisme des clowns, etc. Mais il ne faut pas oublier les syndicats et les partis. Il faut même commencer par là. C’est très sympa, les clowns. Mais malgré toutes les imperfections de la CGT et de Force Ouvrière, il faut s’appuyer sur ces forces.

 

« Classe » et « peuple », ça se recoupe ?

Non, pas forcément. Le mouvement ouvrier est ce qu’il y a pu avoir de plus structuré en termes de parti et en force syndicale, et ça, c’est encore le seul truc qui nous reste, c’est pour cela qu’il ne faut pas le négliger. Il y a quand même environ 700 000 adhérents à la CGT, ce n’est pas négligeable. Certes, la branche ouvrière n’est pas massive, il y a un paquet de fonctionnaires. Mais en même temps, c’est ce qu’il reste. 700 000, ce n’est pas si mal que ça, dans notre pays. C’est tous les partis de gauche réunis, et sans doute tous les abonnés aux médias dissidents. La CGT est une organisation compliquée, mais les conflits et les discussions qui la traversent sont très importants pour ensuite apporter du mouvement social.

 

Tu sembles plus croire aux syndicats qu’aux partis.

Les partis politiques se sont suicidés, ils continuent à vivre comme un soleil éteint dont on continue à percevoir la lumière, mais il faudrait que tous les partis disparaissent. Et que sur ce vide puisse renaître quelque chose.

 

A la nuance près que les partis conservent le contrôle de l’appareil d’Etat.
Les partis dont je parle n’en contrôlent pas grand-chose. Mais ils ont tout intérêt à continuer à exister, parce qu’ils ont des subventions, un appareil à faire tourner. Mais vu notre situation, il vaudrait mieux que tout cela disparaisse pour qu’on puisse faire renaître du nouveau. Il faut faire disparaître le Front de Gauche et le parti écologiste. On arrête et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? Je ne souhaiterais pas du tout ça pour les syndicats, en revanche.

 

 

Les migrations agitent la société française et européenne. Comment abordes-tu la question ?
Je suis pour la régulation des flux migratoires. D’abord, il faut poser la question de la politique étrangère de la France. Quand on voit le nombre de conflits dans lequel on va mettre nos pieds, qui sont sous-tendus par des intérêts. Les conflits en Afrique sont centrés sur Areva. Je suis plutôt favorable à la non-ingérence. Mais cela devient une question de politique intérieure. Je suis pour la régulation, du capital, des marchandises et aussi des travailleurs, des réfugiés. Cela ne veut pas dire la fermeture des frontières, mais une régulation.

 

Cela veut dire quoi, la régulation ? Pas plus de tant de personnes ?

Oui, éventuellement.

 

Que serait une réponse de gauche à la question du flux migratoire ?

D’être favorable à une régulation des flux de marchandises et de capitaux, de manière à ce que l’usine ne puisse pas se barrer et que tous les travailleurs ne soient pas sous la menace… Il faut commencer par la régulation des marchandises, c’est évident. Il faut des frontières, et tout le raisonnement alambiqué de la gauche sur cette question nous plonge dans l’inaction.

 

C’est le protectionnisme ?

Oui. Vous imaginez un grand plan de licenciement des journalistes français pour les remplacer par des journalistes roumains ? En un mois, il y aurait des lois votées à l’Assemblée nationale contre cela ! Eh bien, cela fait quarante ans que la même chose se produit pour les ouvriers et il n’y a pas eu un seul débat sur ce sujet à l’Assemblée///

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://reporterre.net

 

 

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 17:53

 

Source : http://reporterre.net

 

 

Le PSG menace de bétonner trois cents hectares de terres historiques

10 mars 2016 / Barnabé Binctin (Reporterre)

 

 

 

Site d’une grande richesse géologique, le domaine de Grignon (Yvelines) est un lieu de recherche historique agronomique, poumon vert de bonnes terres. Mais l’Etat veut vendre le terrain, sans doute au club de football Paris-Saint-Germain. La résistance grandit contre ce nouveau gaspillage de terres.

- Thiverval-Grignon (Yvelines), reportage

Que vaut un château du XVIIe siècle face à la promesse d’un vestiaire pour stars du football ? Combien de fossiles du lutétien pour une place de parking où rivaliseront les grosses cylindrées ? À Thiverval-Grignon (Yvelines), la terre pourrait bientôt se changer en pelouses synthétiques, et les tubes à essai en crampons.

C’est sur ce site, en grande partie consacrée à l’enseignement agricole depuis la création de l’Institution royale agronomique en 1826, que le club de football Paris Saint-Germain (PSG) nourrirait son prochain rêve de grandeur : après avoir constitué l’une des meilleures équipes de football du monde, le Qatar, propriétaire du PSG depuis 2011, veut désormais investir dans un nouveau centre d’entraînement.

 

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Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG, en 2013, au Qatar.

18 terrains de football, un stade de 5.000 places et le parking correspondant, des boutiques, peut-être même un hôtel et des restaurants… Après avoir vu son rival lyonnais inaugurer « OL Land », son nouveau stade, il y a quelques semaines, le PSG compte faire démonstration de sa toute-puissance dans le championnat français : une enveloppe de 300 millions d’euros serait consacrée à ce projet, selon les informations du journal Le Parisien en décembre dernier. Soit 15 fois plus que le centre d’entraînement lillois, le dernier-né en la matière.

 
« Il n’y a aucune information, je n’en peux plus ! »

À l’étroit dans son cocon de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), où l’agrandissement est rendu impossible par la présence d’un camp militaire, le PSG aurait donc jeté son dévolu sur Grignon. L’information reste, pour l’heure, au conditionnel, tant les parties prenantes se font discrètes sur le sujet. Si le club parisien n’a pas répondu à nos sollicitations, le ministère de l’Agriculture se contente de confirmer que « le PSG est intéressé et a consulté le dossier », et qu’aucun autre acquéreur ne s’est manifesté. L’entourage du ministre, joint par Reporterre, l’assure : « Il n’y a pour l’heure aucune offre ni aucun compromis de vente signé. » Le site de France Domaine, service de l’État chargé de la gestion de ses biens immobiliers, n’indique aucune « cession en cours » ni « cession à venir » dans les Yvelines, où se trouve le domaine de Grignon.

Contacté par Reporterre, le député de la circonscription, David Douillet (LR), souligne le silence des autorités sur le sujet : « Il n’y a aucune information, je n’en peux plus ! » Proche du maire de Poissy, Karl Olive, il soutient une solution dans cette ville située dans le nord du département. Mais, pour la commune de Thiverval-Grignon, le match est déjà plié : « Il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas comprendre que ce choix semble ne plus faire de doute , était-il écrit dans le journal municipal de décembre, reste à savoir quand l’annonce sera faite. »

 

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Le château du XVIIe siècle (arrière-plan) et ses dépendances.

Le maire, Rémi Lucet, qui se dote actuellement dun golf contesté, y prépare déjà ses administrés : « Acceptons-le sans crainte, sans nous fermer », exhorte-t-il dans son édito du même mois. « C’est un jeu à plusieurs bandes entre élus locaux, avec une grosse lutte d’influence pour récupérer le pactole du PSG », commente un élu d’une commune voisine.

Dans les rues de cette bourgade rurale d’un millier d’habitants située à l’ouest de la plaine de Versailles, on reste dans l’expectative. « Il faudrait pouvoir peser le pour et le contre, mais nous n’avons pas trop d’informations sur le sujet pour l’instant », explique Stéphane, qui habite la commune depuis 1995. Habituée du centre équestre que le domaine héberge, Audrey se dit inquiète : « Selon ce que j’ai pu en lire, je ne vois pas comment le site garderait son charme ouvert sur la nature. »

 
Le célèbre classement des universités dit de Shangaï

Une seule chose paraît acquise actuellement : le départ du site des centres de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) et d’AgroParisTech. Des générations d’ingénieurs ont pourtant fait leurs études et mené des recherches à Grignon. « J’y ai passé de belles années en tant qu’ancien de l’Agro », dit le directeur de cabinet de Stéphane Le Foll. Mais aucune de ces institutions ne figure dans le célèbre classement des universités dit de Shangaï. C’est dans ce contexte qu’est né il y a une dizaine d’années le projet de cluster scientifique et technologique de Saclay, qui vise à regrouper jusqu’à 25 % de la recherche scientifique en une seule entité, à 20 kilomètres au sud de Paris.

Créée officiellement en décembre 2014, l’université Paris-Saclay « paraît offrir les meilleures chances de figurer rapidement au sommet de cette élite mondiale, notamment par la somme de ses performances en termes de publications scientifiques », argumente Jean-Claude Thoenig, directeur de recherche émérite. De cette motivation découle donc le déplacement des instituts agronomiques, validé par un vote en conseil d’administration d’AgroParisTech en mars 2015. « Le déménagement est prévu pour septembre 2020 », dit-on au cabinet de M. Le Foll. Mais le projet est fortement contesté.

« Le regroupement n’a aucun intérêt, cela a été maintes fois prouvé que ce n’était en aucun cas un facteur de meilleure collaboration », souligne François Demichelis, membre du Costif, une association mobilisée contre le projet de Saclay. Les institutions visées connaissent également une opposition en interne : « C’est une vision digne des années 1970. S’il peut y avoir, pour les hautes technologies, un intérêt à rapprocher les entreprises des laboratoires – au bénéfice de qui, d’ailleurs ? – ce n’est pas le cas pour nos sciences agronomiques », détaille Cyril Girardin, ingénieur syndiqué à la CGT de l’Inra-Grignon.

 

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Le château de Grignon.
 

De centaines d’hectares de terres agricoles qui existent à Grignon, l’espace disponible pour les expérimentations se réduirait à quatre hectares à Saclay : « Nous n’aurons pas du tout les mêmes conditions de travail », insiste Cyrille Barrier, assistant à l’animation du pôle pédagogique de l’AgroParisTech-Grignon. Le PSG n’est que le moindre des soucis. « Le cœur de la lutte, c’est le déménagement à Saclay », observe Therry Dolléans, membre du conseil politique d’EELV 78. « C’est comme si vous demandiez à un zadiste si Bouygues serait préférable à Vinci. On ne discute pas de la couleur du tarmac ou de la hauteur de la tour de contrôle », résume Cyril Girardin.

Car c’est ce déménagement qui justifie, dans les discours officiels, la vente du site de Grignon. « On en a besoin pour boucler le financement de l’ensemble du projet de déménagement à Saclay », explique le cabinet du ministre. 35 millions d’euros, c’est le prix fixé par une évaluation récente du site. « Un prix-plancher, il ne pourra pas être acheté en-dessous, se fait-on rassurant au ministère de l’Agriculture. Il s’agit de le céder dans des conditions correctes, nous ne sommes pas aux abois. Mais c’est un site difficile à vendre du fait de ses contraintes. »

 

« C’est un site agronomique très particulier qu’on ne retrouvera pas ailleurs »

Une manière de confirmer que le domaine risque fort de quitter le giron public. Le risque de privatisation cristallise les résistances : « En tant qu’élue en milieu rural, je suis très attachée à cette notion de patrimoine, surtout lorsqu’il est aussi riche. Si l’État est prêt à vendre Grignon, que gardera-t-il à la fin ? » interroge Sophie Sauteur, conseillère municipale dans la commune voisine de Beynes.

En jeu, 300 ha d’un parc où se mêlent bois, jardins et terres agricoles. La partie forestière abrite une zone humide classée Znieff (zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique, floristique). Un arboretum daté de 1873 et des jardins anglais font la réputation horticole du lieu : « C’est un patrimoine botanique séculaire », dit Michel Chartier, qui travaille aujourd’hui avec l’association L’Arbre de fer à l’entretien de ces espaces. Ancien ingénieur en bioclimatologie à l’Inra, il a travaillé pendant 23 ans sur ce lieu « remarquable » : « C’est un site agronomique très particulier qu’on ne retrouvera pas ailleurs, et sûrement pas à Saclay, où la terre est beaucoup plus uniforme. »

 

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L’arboretum d’AgroParisTech à Thiverval-Grignon.

Ancien professeur à l’Agro, Jean Vincent précise de son côté la caractéristique du sol : « Une terre plutôt calcaire, à des endroits plus argileuse, à d’autres plutôt limoneuse. Son hétérogénéité fait toute sa richesse. » Et explique notamment qu’elle ait servi depuis si longtemps à tant d’expérimentations, sur les parcelles Dehérain, indique Olivier Rechauchère, ancien élève à l’Agro : « Ces essais patrimoniaux engagés à la fin du XIXe siècle visent à analyser et à comparer des processus lents de minéralisation de matières organiques sur le long terme. Vouloir transférer ailleurs cette base de données est un non-sens complet. On ne pourra pas la refaire aujourd’hui en six mois ! »

 

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La Ferme de Grignon, qui commercialise sa production agricole.

Plus d’une centaine d’hectares de ces terres sont par ailleurs dédiées à la production agricole de la Ferme de Grignon, située en face du domaine. Leur vente serait « un acte supplémentaire dans le mitage des terres agricoles en Ile-de-France », déplore Xavier Morize, paysan installé à quelques kilomètres de Thiverval-Grignon. Avec la Confédération paysanne, il appelle à défendre « un bien commun de notre territoire ».

 
« C’est une autre forme d’urbanisation. Jusqu’où vont-ils raser ? » 

Outre tout ce patrimoine vivant, le site est mondialement connu pour la Falunière, une carrière géologique de 500 m2 riche en fossiles comptant plus de 800 espèces de coquillages, dont le cérithe géant, ou Campanilopa (Cerithium) giganteum (lire ici, page 13). « Ce lieu abrite un très grand nombre d’espèces particulièrement bien conservées », explique Didier Merle, paléoclimatologue au Muséum, qui énumère les géologues qui y ont travaillé depuis qu’un congrès international de géologie s’y est tenu en 1900. M. Merle rappelle l’importance d’« étudier le passé pour comprendre le présent » : « Ce n’est pas du patrimoine mort, bien au contraire, c’est un outil de travail indispensable. Les sciences virtuelles, ça n’existe pas, il faut toucher le fossile ! » L’arrivée du PSG est une menace évidente : « C’est une autre forme d’urbanisation. Jusqu’où vont-ils raser ? Aurons-nous encore un accès au site ? Si c’est pour faire un bunker à milliardaires… »

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://reporterre.net

 

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 17:30

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Un rapport dénonce l’impunité des violences policières
14 mars 2016 | Par Michel Deléan
 
 
 

Armes dangereuses, techniques d'immobilisation mortelles : l'ACAT a étudié 89 cas de violences policières. Conclusion : l'opacité règne, et les enquêtes se terminent souvent sans condamnation ni sanction.

Les violences policières sont, à de rares exceptions près, peu médiatisées et rarement sanctionnées. C’est la conclusion d’une « enquête sur l’usage de la force par les représentants de la loi en France » menée par une association de défense des droits de l’homme, l’ACAT (Action  des chrétiens pour l’abolition de la torture).

Le rapport de l’ACAT (108 pages), dont Mediapart a pris connaissance, sera mis en ligne ce lundi matin (on peut le lire intégralement ici). L’étude a été menée pendant 18 mois par une juriste, Aline Daillère, qui a effectué un gros travail documentaire puis une analyse détaillée de 89 cas précis, avec entretiens à la clef.

La conclusion est sans appel. « On ne peut que constater un manque de volonté des autorités françaises à être transparentes sur les faits allégués d’usage illégal de la force et à débattre du sujet », écrit l’ACAT. L’association, qui va lancer une campagne au long cours sur ce thème – la première qu’elle consacre au cas français –, estime que des « modifications doivent de toute évidence être apportées ». « Des réformes législatives devraient ainsi encadrer plus strictement l’usage de certaines armes », écrit-elle, alors que l’air du temps est au tout-sécuritaire, et que les nouvelles lois visant à lutter contre le terrorisme permettront d’assouplir les conditions de la légitime défense pour les policiers et les gendarmes. 

 

A Lyon, en 2010 © Reuters A Lyon, en 2010 © Reuters

 

L’ACAT juge par ailleurs que certaines armes ainsi que des « techniques d’immobilisation » dangereuses devraient être interdites. Pour finir, l’association pointe « l’existence de graves défaillances dans les enquêtes administratives et judiciaires effectuées à la suite de plaintes pour violences policières ». Ces enquêtes étant menées par des services de police (comme dans l’affaire Ali Ziri, où des policiers ont enquêté sur d’autres policiers) ou de gendarmerie (comme dans l’affaire Rémi Fraisse, ou des gendarmes enquêtent sur d’autres gendarmes), l’indépendance et la neutralité ne sont pas entièrement garanties.

« Les exigences d’impartialité, d’effectivité et de célérité imposées par le droit international rendent nécessaire la création d’un organe d’enquête indépendant chargé d’examiner les plaintes mettant en cause un usage illégal de la force par les policiers et les gendarmes », lit-on dans le rapport.

 

Rémi Fraisse Rémi Fraisse
 
Ali Ziri © DR Ali Ziri © DR

L’ACAT demande également la publication du nombre d’enquête ouvertes et de sanctions prononcées dans ces affaires. Demander justice, pour une victime de violences policières, s’assimile en effet à un « parcours du combattant », déplore l’ACAT. La justice se montre pour le moins frileuse quand les forces de l'ordre sont mises en cause… alors qu’elle poursuit rapidement les victimes de violences policières pour “outrage” et “rébellion”. Et de fait, sur 89 affaires de violences policières suivies par l’association, seules 7 ont donné lieu à des condamnations de policiers.

 

L’opacité qui entoure le plus souvent les violences policières est également pointée par l’ACAT. Si le nombre de décès causés est assez faible, un par mois en moyenne pour la France, le nombre de blessés graves est élevé. Et ce sont surtout les jeunes et les personnes « issues de minorités visibles » qui sont victimes de ces violences.

Un chapitre du rapport est, par ailleurs, consacré aux armes « banalisées » mais dangereuses, comme le Flash-Ball et le lanceur de balles de défense (LBD) dont sont dotés policiers et gendarmes, et qui provoquent de graves blessures. L’ACAT recense ainsi 39 blessés graves (dont 21 éborgnés ou ayant perdu la vue) et un mort causés par l’usage de ce type d’armes légères.

Conclusion de l’ACAT : « Ces armes ne sont pas adaptées aux situations pour lesquelles elles sont prévues », et elles ne sont en outre pas indispensables. L’usage du Taser est également critiqué, ses conditions d’usage étant beaucoup trop souples, et sa non-létalité n’étant pas démontrée.

Un chapitre est également consacré aux grenades. Si les grenades offensives ont enfin été interdites depuis la mort de Rémi Fraisse, en octobre 2014 à Sivens, les grenades de désencerclement et les grenades lacrymogènes instantanées ont provoqué des blessures importantes, leur usage n’étant pas assez encadré et paraissant exagéré.

Enfin, les gestes d’immobilisation enseignés et pratiqués par les policiers sont aussi abordés, comme la technique dite du « pliage » et celle du « décubitus ventral », dangereuses, et qui devraient être « explicitement interdites ».

La longue liste des recommandations que publie l’ACAT en conclusion de son rapport retiendra, peut-être, l’attention des ministres de l’intérieur et de la justice…

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 17:19

 

Source : https://www.bastamag.net

 

Travailler autrement

Loin de l’agrobusiness, une coopérative favorise l’alimentation solidaire et l’économie locale

par

 

 

 

 

Structurer une filière de l’alimentation locale et biologique, depuis la transformation jusqu’à la distribution des aliments. C’est tout l’enjeu du Groupement régional alimentaire de proximité (Grap), une coopérative lyonnaise autour de laquelle gravitent des épiceries, des magasin de producteurs, des restaurants, des boulangers… Ensemble, ils mutualisent des moyens, s’entraident, se forment, le tout dans un état d’esprit d’économie solidaire. Et lancent de nouveaux projets avec la volonté que la consommation responsable change d’échelle. Reportage auprès de professionnels engagés.

Ici, pas de concurrence. Ni de célébration du self made man. On préfère la coopération et la solidarité : mutualiser un comptable, partager un logiciel informatique, se prêter un véhicule, plutôt que de se réjouir des difficultés d’autrui. Ici, c’est le « Grap ». Entendez « groupement régional alimentaire de proximité ». « Un groupement des gens qui entreprennent dans le secteur de l’alimentation biologique et locale en région Rhône-Alpes, dans un esprit social et solidaire », explique Kévin Guillermin, l’un de ses fondateurs. Le Grap est constitué en société coopérative d’intérêt collectif (Scic). « Plutôt que d’enchainer les heures, seul, on se met à plusieurs pour se sentir moins isolé, pour mutualiser les services, les moyens, se dégager du temps, et ne pas s’éparpiller. »

 

La coopérative regroupe déjà treize activités économiques – cinq épiceries bios, deux boulangers, deux restaurants, un magasin de producteurs, une structure de paniers bios, un agent commercial en vins naturels, une importatrice de produits méditerranéens. Leur point commun ? Un état d’esprit solidaire et coopératif, et une volonté de s’approvisionner en produits locaux et biologiques, via des filières courtes de préférence. Le groupement fédère toutes les activités du secteur de l’alimentation, à l’exception de la production agricole. Chacun paie une contribution en fonction de la richesse créée, pour accéder aux services proposés par le Grap. « Cela représente environ 15 % de la valeur ajoutée », précise Kévin Guillermin.

 
S’entraider et mutualiser, mais pas seulement

A quoi cette contribution sert-elle ? Les membres du Grap bénéficient de trois types de services. D’abord en gestion, en comptabilité ou en administration (contrats de travail, déclarations Urssaf, émission des fiches de paie...) ; ensuite une mutualisation des services informatiques (centralisation des commandes, bases de données...) ; enfin, un pôle se concentre sur l’accompagnement de l’activité (formations, stratégie, médiation). Depuis son lancement en janvier 2013, cette société coopérative d’intérêt collectif emploie quatre équivalent temps plein.

« Au delà des services que l’on propose, nous cherchons un effet vertueux, que les professionnels s’entraident », complète Kévin Guillermin. Prêt de véhicules entre adhérents, mutualisation de lieux de stockage... «  Il y a notamment un agent commercial en vin et bio. Les épiceries du groupement le consultent pour savoir comment élaborer leurs gammes de vin, illustre Kévin. Favoriser cette solidarité a du sens et les activités ont tout à y gagner. » Le périmètre de Grap est volontairement régional – 150 kilomètres autour de Lyon environ – afin de favoriser la synergie entre les différentes activités de la coopérative.

 
« Un supermarché en super mieux »

Marie qui gère le magasin Prairial, une épicerie coopérative bio installée à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise, est régulièrement en contact avec les autres épiceries adhérentes. «  On se file les bonnes infos, on fait aussi un point toutes les six semaines pour améliorer les référencements de nos produits et le rapport qualité-prix, illustre-t-elle. Par exemple, nous commandons tous chez le même grossiste ce qui allège les coûts pour tout le monde. Et puis le fait d’aller le visiter ensemble nous donne plus de poids et de crédibilité. » Sans l’appui du Grap, il n’est pas sûr que le magasin bio, une ancienne coopérative de consommateurs créée il y a 40 ans, aurait pu se développer. « Même si nous sommes très motivés, ce n’est pas possible de tout apprendre du jour au lendemain. » L’accompagnement comptable ou juridique a été d’une grande aide. Avec ses associés, Marie a le projet de faire du magasin un lieu de vie et d’échanges, et pas seulement de consommation.

L’enjeu est aussi d’expérimenter de nouveaux projets. C’est le cas avec la super Halle de Oullins, une initiative à laquelle participe le Grap sur le plan financier, juridique et commercial. Ouvert depuis février 2014 dans le sud-est du Rhône, ce supermarché rassemble dans un même lieu un magasin de producteurs en vente directe, une épicerie de produits biologiques et un espace traiteur et restauration. « Comme un supermarché en super mieux ! », clame le slogan affiché par la halle hors-norme.

 

 
Même sans expérience, c’est possible

« La super Halle, c’est un projet monté sur 18 mois au cours desquels tout est allé très vite, explique sa coordinatrice Johanne Ruyssen. Par ses compétences techniques, le Grap a mesuré les risques et réalisé un business plan. Il était là pour canaliser, réorienter, poser les bonnes questions... En bref, nous aider à lever le nez du guidon. » Avec la volonté, malgré le changement d’échelle, de préserver la qualité des aliments tout en donnant la possibilité aux producteurs de libérer du temps.

Se lancer dans un projet d’activité économique, « c’est une démarche solitaire, cela peut être anxiogène », prévient Kévin Guillermin. « Tout l’enjeu c’est de trouver des cadres qui fassent que l’entrepreneuriat soit possible et accessible. » Deux jeunes de 22 et 25 ans ont été accompagnés pour reprendre une épicerie en Haute-Loire. « Le commerce, ça ne s’improvise pas, souligne Patricia, co-gérante de l’épicerie Cœur d’Artichaud. La méthodologie proposée par le Grap rassure les nouveaux entrepreneurs. Cela permet de se connaitre aussi, de se dépasser parfois, de s’adapter, de changer aussi et puis d’avoir une meilleure estime de soi tout en participant à un changement de mentalités ». A la Halle de Oullins, deux gérantes ont été recrutées « sans avoir d’expérience dans le milieu ».

 
Un effet levier pour l’économie sociale

Autre défi : que chacun puisse continuer ensuite à se former. « Imaginez une personne motivée qui monte son épicerie et qui se retrouve à tenir une caisse. Quelles perspectives lui offrir ensuite en termes de mobilités professionnelles ? », pointe Kevin Guillermin. C’est la raison pour laquelle le Grap propose des formations en hygiène et sécurité alimentaire, en gestion financière et en œnologie.

D’autres formations pourraient suivre, à condition de surmonter certains obstacles, comme des frais de fonctionnement assez lourds au départ. Si son équipe parvient désormais à se rémunérer, l’objectif pour le groupement est d’être à l’équilibre d’ici fin 2016. Le GRAP perçoit notamment des financements publics pour développer le projet [1]. « Soutenir le Grap revient à aider plusieurs activités, c’est un projet levier, défend Kevin Guillermin. Nous voulons faire la démonstration de notre propre modèle avant d’envisager de l’essaimer dans d’autres secteurs. »

Texte et photo de une : @Sophie_Chapelle

- Plus d’infos : www.grap.coop, Prairial et la Super Halle

- Lire aussi notre article sur les coopératives d’activités et d’emplois

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