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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 16:37

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Air France : la chemise déchirée n'a pas ému l'inspection du travail
 
 
Trois mois après le fameux épisode de la chemise arrachée de son DRH, la direction d'Air France a essuyé un revers devant l'inspection du travail, qui a estimé que ses arguments pour licencier son délégué du personnel CGT incriminé n'étaient pas étayés.
 
L'inspection du travail a refusé de valider le licenciement du délégué CGT d'Air France. - Sipa
 

Les "faits invoqués pris dans leur ensemble ne permettent pas d'établir l'existence d'une faute lourde commise par le salarié, caractérisant son intention de nuire" à la compagnie. C'est en ces termes que l'inspection du travail a fait savoir à Air France qu'elle ne validait pas le licenciement de l'un de ses salariés, accusé de violence sur deux vigiles et le DRH Xavier Broseta, après le fameux épisode de la chemise déchirée du 5 octobre dernier.

Les images de Xavier Broseta fuyant, après un comité d'entreprise houleux, des manifestants en colère en escaladant un grillage la chemise déchirée, avaient fait le tour du monde et entraîné un flot de réactions politiques. La direction de la compagnie avait quant à elle soulevé trois griefs : l'agression physique du DRH, de deux vigiles, et le "retentissement médiatique extrêmement important, affectant l'image et la réputation d'Air France en France et à l'étranger".

Les images de télévision jugées peu probantes
Mais l'inspectrice du travail rejette point par point les accusations de la direction, les jugeant infondées ou pas assez étayées. Dans la "bousculade généralisée", estime-t-elle, "il est impossible de déterminer avec certitude" s'il "bouscule des salariés volontairement, ou s'il est lui-même chahuté". D'ailleurs, rellève-t-elle, la victime elle-même "a admis ne pas être en mesure de reconnaître" le délégué "comme étant l'auteur des faits reprochés".

La direction reproche également au salarié d'avoir "agressé un des vigiles en le poussant violemment, entraînant sa chute brutale, ainsi que celle de Monsieur Broseta et de l'autre vigile". Là encore, l'inspection du travail ne conteste pas la scène mais son interprétation puisque, selon elle, les images télévisées avancées comme preuve ne permettent pas "de déduire la force de la poussée" et "qu'en conséquence son caractère violent ne peut être établi".

"Un climat de défiance propice à la confrontation"
Très à charge, la décision de l'inspection du travail relève par ailleurs une violation par Air France du code de sécurité intérieure, lequel interdit "l'intervention des entreprises de sécurité privée dans les conflits au travail". En faisant appel à des vigiles extérieurs, "l'employeur a contribué à instaurer un climat de défiance propice à la confrontation", selon elle. La CGT a d'ailleurs annoncé son intention d'assigner en justice la compagnie sur ce motif.

Si cinq salariés d’Air France sont poursuivis pour les mêmes faits, le cas de celui-ci était examiné par l'inspection du travail en raison de son statut protégé de délégué du personnel (CGT). La décision de l'inspection ne lève pas la procédure engagée de licenciement pour faute lourde mais elle lève la sanction disciplinaire (le salarié est mis à pied à titre conservatoire depuis le 16 octobre sans solde). Air France a d'ores et déjà annoncé qu’elle allait "former sans délai un recours hiérarchique auprès du ministère du Travail". La ministre du Travail, Myriam El Khomri, dispose de 4 mois pour se prononcer : en annulant la décision de l'inspection du travail, elle validerait le licenciement.

En mai, les cinq salariés poursuivis seront jugés devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour violence. , dans le cas où les violences n'ont pas entrainé une incapacité de travail de plus de huit jours. Or l'un des agents de sécurité a reçu 30 jours d'ITT. Dans ce cas, la peine peut monter jusqu'à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 16:12

 

Info reçue par mail

 

 

A diffuser largement, merci !

 

Vous qui n’avez pas de logement, vous qui êtes menacés d’expulsion Vous n’êtes pas seuls

Nous faisons le constat : les lits sous les ponts, les familles à la rue, l’angoisse des expulsés,
les hôtels miteux et sans lendemain, le 115 saturé !
Ca suffit !

 

Battons-nous ensemble pour que tous soient logés :

les sans logis et les mal logés, locataires ou non, qui ont des problèmes de revenus, de discrimination, de violence conjugale, de droit au séjour, de racisme.

Un toit c’est un droit, nous voulons l’exiger

 

On crée un DAL à Nîmes !

(Comité Droit Au Logement)

 

Ensemble : personnes sans logis, mal logés, citoyens, bénévoles, militants qui refusons cette situation, associations et organisations soutiens,


nous mettons en commun notre énergie pour obtenir :

  • L’arrêt des expulsions sans relogement,

  • Un logement décent pour toute personne ou famille sans logis ou

    mal logée,

  • L’application des lois qui le régentent : DALO, Droit à l’hébergement,

    Réquisition des logements vacants...

  • La mobilisation d’un large mouvement solidaire.

  • Assemblée générale constitutive du Comité Droit au logement de Nîmes

  • le 28 janvier 2016 à 18h30 au Centre Pablo Neruda
    1 place Hubert Rouger (proche Bd. Jean Jaurès) Renseignements : 07-68-28-04-53/dal30@riseup.net

 

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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 19:03

 

Source : http://www.bizimugi.eu

 

 

janv. 12 2016

Faucheurs de chaises : 4 militants Bizi à nouveau interrogés par la police

4 militants du mouvement Bizi étaient à nouveau convoqués au commissariat de Bayonne ce mardi 12 janvier 2016.

Ils ont été interrogés sur l’action de réquisition de chaises du 2 novembre 2015 à l’agence HSBC de Bayonne (voir aussi la vidéo ici), ainsi que sur le Sommet des 196 chaises qui s’est tenu le 6 décembre 2015 à Montreuil pendant la COP21.

Pendant ce temps, les banques comme HSBC ou BNP continuent d’organiser un système d’évasion fiscale de grande ampleur, détournant des milliards d’euros des finances publiques. L’argent pour le climat et la transition sociale et écologique existe bel et bien… il est dans les paradis fiscaux !

 

Affaire HSBC-Juger HSBC et non les lanceurs d'alertes

 

Pour la quatrième fois en moins d’un an, des militants de Bizi sont convoqués au commissariat de Bayonne et interrogés par la police au sujet des actions de réquisitions de chaises dans les banques impliquées dans l’évasion fiscale. Cette fois-ci, les autorités se sont intéressées non seulement aux actions de réquisitions qui ont eu lieu à Bayonne dans l’agence de la HSBC, mais aussi au Sommet des 196 chaises qui s’est tenu le 6 décembre à Montreuil pendant la COP21.

Les Faucheurs de chaises : un mouvement non-violent et déterminé

Depuis la première réquisition de chaises qui a eu lieu à Bayonne le 12 février dans une agence HSBC, c’est en effet un large mouvement citoyen non-violent et déterminé qui s’est mis en marche : les « Faucheurs de chaises ».

 

Affaire HSBC-Bizirecidive-3sièges à nouveau saisis

 

En l’espace de quelques mois à peine, des centaines de citoyens ont ainsi réquisitionné un total de 243 chaises dans 40 agences de banques impliquées dans l’évasion fiscale (BNP, HSBC, Crédit Agricole, Société Générale). Ces actions, menées à visage découvert aux quatre coins de l’Hexagone et même en Belgique, répondaient à l’Appel lancé par des personnalités et des intellectuels à réquisitionner 196 chaises (correspondant aux 196 parties représentées à la COP21) en vue de l’organisation d’un Sommet citoyen sur l’évasion fiscale et le financement de la transition sociale et écologique, qui s’est finalement tenu le 6 décembre 2015 à Montreuil pendant la COP21.

 

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Les 196 chaises réquisitionnées

 

Appel à internationaliser le mouvement de réquisitions de chaises

196 délégués de la société civile du monde entier, représentant une diversité de cultures et de mouvements engagés dans la lutte contre les dérèglements climatiques, ont ainsi pris place sur 196 chaises réquisitionnées, le 6 décembre, dans le cadre du Village Mondial des Alternatives et du Sommet Citoyen pour le Climat qui étaient organisés à Montreuil pendant la COP21.

Des acteurs majeurs de la société civile mondiale participaient à cet événement, dont John Christensen (Tax Justice Network), Aissatou Diouf (Enda), Bill McKibben (350.org), Lidy Nacpil (Jubillee South – Asia/Pacific Movement on Debt and Development), Vandana Shiva (Navdanya), Aurélie Trouvé (Attac France), Antolin Huascar (Via Campesina), et Jagoda Munic (Amis de la Terre International).

 

sommet 196 chaises - Hindou Oumarou

Hindou Oumarou Ibrahim (coordinatrice de l’association des femmes peuples autochtones du Tchad)

 

Des personnalités comme Marcos Arruda (économiste brésilien), Hindou Oumarou Ibrahim (coordinatrice de l’association des femmes peuples autochtones du Tchad), Anabella Rosenberg (syndicaliste), Yeb Saño (négociateur philippin à la COP 21), Txetx Etcheverry (Bizi, Alternatiba), Susan George (Attac), et d’autres porte-paroles des cinq continents ont proclamé lors de ce sommet citoyen mondial les « Solutions des peuples pour financer la transition » : taxe sur les transactions financières, taxe carbone, restructuration des dettes publiques, création monétaire pour le climat et l’emploi, désinvestissement des combustibles fossiles…

 

Sommet 196 chaises

 

Le Sommet des 196 chaises s’est conclu sur un Appel à internationaliser le mouvement de réquisition de chaises, « Des chaises pour la justice climatique », qui appelle « l’ensemble des mouvements citoyens du monde entier à utiliser cette méthode simple, non-violente et créative, pour placer au cœur du débat public mondial cette question de l’évasion fiscale et des paradis fiscaux et obtenir enfin la mise en œuvre effective de décisions plusieurs fois annoncées mais régulièrement étouffées sous la pression des lobbies financiers. » 

Ce ne sont pas les militants non-violents, agissant à visage découvert et pour l’intérêt général, qu’il faut poursuivre, mais bien les dirigeants des banques qui organisent sciemment un système massif d’évasion fiscale pour le profit de quelques-uns !

 

 

Source : http://www.bizimugi.eu

 

 

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 21:45

 

Source : http://lepouvoirmondial.net

 

 

De plus en plus d’Allemands passent leurs papiers d’identité au micro-onde
 

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Il ne s’agit pas d’une nouvelle recette de cuisine pour les geeks, mais d’une technique que les Allemands sont de plus en plus nombreux à utiliser, pour détruire les puces RFID présentes dans leurs cartes d’identité ou d’autres documents. Ces derniers craignant d’être espionnés, l’objectif est donc de détruire cette source d’informations ou de tracking.

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Les Allemands commencent à défier l’Etat et passent leurs cartes d’identité au micro-onde

L’évènement qui a mis en avant ce phénomène est l’arrestation d’un homme de 29 ans à l’aéroport de Francfort ce mardi. Ce dernier n’a pas pu être identifié, car il avait grillé la puce RFID de ses papiers d’identité au micro-onde. L’homme a évoqué son droit au respect de sa vie privée, en ne permettant pas de l’espionner. Il a expliqué que son identité était déjà présente sur les papiers en question pour la police, alors que lui en revanche n’a aucun contrôle sur les données présentes sur la puce, ni sur leurs usages par les autorités.

Le souci pour ce jeune homme, est que les papiers d’identités même s’ils sont personnels, restent la propriété de l’état, il a donc confessé un délit qui peut lui couter dans le meilleur des cas une grosse amende et dans le pire une peine de prison, pour modification illégale de documents officiels.

Le cas n’est pas unique en Allemagne, de plus en plus de citoyens entreprennent la même démarche, fatigués des scandales en série démontrant l’espionnage généralisé des citoyens par les gouvernements ou les agences gouvernementales. Certains estiment donc qu’ils ne veulent plus être tracés avec des puces RFID. L’espionnage est un problème pris très au sérieux par les Allemands toujours marqués par les méthodes utilisées dans le passé par la Stasi. Les révélations d’Edward Snowden ont dont un écho important dans ce pays. Pour preuves, deux faits notables, une place « Edward Snowden » a vu le jour dans la ville de Dresde et les ventes de machines à écrire n’ont jamais été aussi fortes en Allemagne depuis quelques mois.

 

Copyright © 2015 Le Pouvoir Mondial

 

 

Source : http://lepouvoirmondial.net

 

 

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 20:55

 

Source : http://www.franceculture.fr

 

 

le vendredi de 7h35 à 7h39 Durée moyenne : 3 minutes

 
Ecoutez l'émission 4 minutes

Etat d'urgence : l'opposition citoyenne s'organise 

08.01.2016 - 07:35

 

 

 

 

 

 

Un "Comité de vigilance citoyenne" a vu le jour cette semaine. Objectif : permettre aux citoyens de faire émerger un débat sur l'état d'urgence et à la réforme constitutionnelle annoncée, Alors qu'une partie de la société civile s'inquiète d'une dérive sécuritaire, elle organise l'opposition à travers des collectifs et rassemblements.

Par Catherine Petillon, avec vos réactions.

 

Manifestation contre l'état d'urgence © maxppp

 

Ils sont peu audibles, et pourtant de nombreux citoyens s'inquiètent des mesures d'exception mises en place depuis les attentats, et des changements d'équilibre des pouvoirs qui pourraient leur succéder. Alors que la déchéance de nationalité occupait les débats cette semaine, l'état d'urgence continue.
Et ce qui se joue dans les prochains jours, c'est l'arsenal juridique que l'exécutif  prépare, pour prendre la suite de l'état d'urgence. Le projet de constitutionnalisation doit être discuté à l’Assemblée nationale à partir du 3 février. Et le 26, les députés devront décider de la prolongation ou de la fin de l’état d’urgence. Un vote qui interviendrait alors que le projet de loi antiterroriste, dont  Le Monde a publié les premiers contours, prévoit un renforcement des pouvoirs du parquet, de la police et des préfets.
Rappelons que l’état d’urgence permet notamment au gouvernement de mener des perquisitions sans mandat du juge, y compris la nuit, d’interdire les rassemblements pouvant troubler l’ordre public ou encore d’assigner des personnes à résidence.

 

Visite de François Hollande aux forces de sécurité le 31 décembre 2015
Michel Euler © POOL/EPA/MaxPPP

 

L’exécutif met régulièrement en avant une opinion publique favorable et sécurisée par des mesures. Il faut dire que la  plupart des instituts de sondage dresse le constat d’un fort soutien aux mesures prises depuis le mois de novembre. « Quand on interroge les personnes spontanément, le mot « exception » - qui peut sous -entendre un débat - n’apparaît absolument pas  pour qualifier les mesures prises (...) Cela s'explique en partie par le contexte d’émotion lié aux attentats, et continué par cette période de commémoration de Charlie Hebdo », estime Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop :

 

« Juges et citoyens avons une responsabilité collective »

 

Perquisition administrative à Carcassonne C. Boyer © L'INDEPENDANT/Maxppp

 

Pourtant, toute une partie de la société civile s’inquiète de la modification de l'équilibre des pouvoirs qui a suivi l’horreur des attentats.

Dès le mois de décembre, une centaine d’associations - de la Ligue des droits de l’homme à Emmaüs en passant par la CGT -  se sont rassemblées dans le collectif “Nous ne céderons pas”. Ils ont depuis lancé des appels à "sortir de l’état d’urgence".

 

Mais l'opposition aux nouvelles mesures législatives et la crainte d'une dérive sécuritaire ne se limite pas aux traditionnels défenseurs des libertés.

 

Dans une tribune publiée par Mediapart le 29 décembre dernier, ce sont des juges administratifs qui s’inquiétaient du "risque réel d'instaurer durablement une réponse dont nous n'aurons pas mesuré les conséquences". 
"Juges et citoyens avons une responsabilité collective", nous explique l'une d'entre elles, anonymement, devoir de réserve oblige.

Les lois qui sont prises en ce moment ont un effet durables. On cherchait jusqu'à présent à avoir un équilibre entre ordre public et libertés publiques et là les libertés publiques deviennent vraiment secondaires. En outre, on nuit trop à ces libertés car potentiellement tout individu pourrait être considéré comme suspect. Il faut vraiment que les gens le sachent.

Un certain nombre de juges remettent d'ailleurs en cause les mesures déjà prises, comme le rapportait Le Monde dans un article intitulé "le réveil des tribunaux administratifs".

 

Des libertés diminuées ?

 

« Ils ont produit très peu de choses pouvant être liées au terrorisme mais ils ont traumatisé des citoyens et laissé une dévastation dans leur sillage. La majorité de ces raids ont visé des maisons, des entreprises, des mosquées et des salles de prière musulmanes." C'est dans ces termes que le New York Times décrivait la mise en oeuvre de l'état d'urgence dans son édito du 4 janvier, titré  « Les libertés diminuées de la France ». 

 

Appel à la "grève citoyenne" le 3 février

 

C'est cette urgence qui a poussé un certains nombres d'associations et collectifs à se rassembler. «  Nous instituons officiellement un Comité de vigilance citoyenne » Mercredi dernier, dans une théâtre du XIXè arrondissement, a pris corps un collectif éclectique, regroupant artistes, avocats, universitaires, membre de la Convention pour la 6è République. 

S. Tessier, fondatrice d'Anticor et J.Karsenti, avocat C.P. © Radio France

 

 

 

Séverine Tessier de l'association de lutte contre la corruption Anticor, est l'une des initiatrices de cet appel à "combattre le terrorisme tout en respectant les droits fondamentaux"

 

Ce conseil appelle à une grève citoyenne le 3 février. C'est ce jour-là que les députés commenceront l'examen de la constitutionnalisation de l'état d'urgence.

 

« L’état d’urgence a été le déclencheur de notre urgence à nous, urgence de se réunir, urgence de faire quelque chose, d’alerter.  L’enjeu, c’est comment on passe d’une revendication militante à une revendication citoyenne. La question des libertés est toujours difficile car le citoyen ordinaire s’imagine irréprochable », souligne Jérôme Karsenti. Pour l’avocat – qui a notamment défendu l’association Anticor- la réforme constitutionnelle annoncée montre qu’un changement des institutions est possible. Il fait partie de ceux qui réclament une modification qui laisse plus de place aux citoyens.

 

Les citoyens, "seule force d'opposition"

 

« Un sondage avec une questions posée à quelques centaines de personnes qui n’ont jamais réfléchi avant à la déchéance de nationalité, ca n’a aucun sens”, ne décolère pas Isabelle Attard. Elle est l’une des six députés à n'avoir pas voté la prolongation de l'état d'urgence. Si cette parlementaire membre du groupe écologiste a rejoint le collectif, c'est qu'elle estime que dans la situation actuelle, c'est sur les citoyens qu'il faut compter pour faire émerger un débat. "Ils représentent aujourd’hui la seule opposition réelle », insiste-t-elle.

 

 

Isabelle Attard, députée, et Sophie Wahnich, historienne, lors du lancement du Comité de vigilance citoyenne C.P. Radio France

 

Sophie Wahnich directrice de recherche au CNRS, historienne des émotions et spécialiste de la Révolution, fait partie des universitaires qui ont signé des tribunes, (comme dans L'Humanité ou Libération), contre l'état d'urgence. Mais pour elle, la situation actuelle, oblige à davantage.

 

La vigilance ne suffit pas. Pétitionner c’est témoigner. Mais témoigner c’est pour l’histoire, pas pour le présent immédiat : ce n’est pas parce qu’on témoigne que cela produit de l’action politique . Il faut passer du refus à l’action et  inventer les formes de l’action et les imaginaires sociaux contemporains pour refonder la politique 

 

 

 

« Nous sommes dans une double situation extreme :  le terrorisme auquel répond une situation extrême me de réponse institutionnelle. La société elle-même est acculée à répondre sur un mode à la hauteur de la situation historique. », estime Sophie Wahnich. L'urgence crée un effet levier : « Tout ce qui était latent peut devenir plus émergent et peut fonder un moment démocratique." Pour l'historienne, à la tête d'un collectif de revues, Tenons et mortaises, cela passera par "la capacité à politiser les institutions civiles qui se sont constituées depuis une quinzaines d’années et qui sont à la bordure du culturel et du politique » - les cafés citoyens, certaines universités populaires, les goupes d’éducation populaire comme les Crefad, des lieux culturels comme Les laboratoires d’Aubervilliers....

Le manifeste du Conseil d'urgence citoyenne

 

 

Et vos réactions sur les réseaux sociaux

A voir ici

 
 

Lien(s)

Etat d’urgence : « de graves violations des droits humains sont allégrement envisagées ». Le MondePar Gilbert Achcar, professeur à l’Ecole des études orientales et africaines (SOAS, université de Londres), le 26 novembre.

Lois d'urgence : Faut-il s'asseoir sur les libertés au nom de l'anti-terrorisme ?Par Vincent Bénard, le 28 novembre.

 

 

Source : http://www.franceculture.fr

 

 

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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 16:01

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/register/blog

 

 

Pourquoi je refuse de servir dans l'armée israélienne – Déclaration de Tair Kaminer

 

 

Tair Kaminer, une jeune Israélienne de 19 ans était appelée aujourd’hui sous les drapeaux. Elle fait partie du groupe de lycéens refuzniks "Mesarvot", et elle a décidé de refuser d’effectuer un service militaire. Elle sera donc envoyée en détention. Ci-joint une traduction de la déclaration qu’elle avait prévu de remettre aux officiers de recrutement aujourd’hui.

 

Tair Kaminer Tair Kaminer

 

"Mon nom est Tair Kaminer, j’ai 19 ans. Il y a quelques mois, j’ai terminé une année de bénévolat avec les Eclaireurs et Eclaireuses Israéliens dans la ville de Sdérot, à la frontière de la bande de Gaza. Dans quelques jours, je vais aller en prison.

 

J’ai été volontaire à Sdérot une année entière, j’y ai travaillé avec des enfants qui vivent dans une zone de guerre, et c’est là que j’ai décidé de refuser de servir dans l’armée israélienne. Mon refus vient de ma volonté d’apporter une contribution à la société dont je fais partie et d’en faire un meilleur endroit pour vivre, et de mon engagement dans la lutte pour la paix et l’égalité.

 

Les enfants avec lesquels j’ai travaillé ont grandi au cœur du conflit, et ont vécu des expériences traumatisantes dès leur jeune âge. Chez beaucoup d’entre eux, cela a généré une haine terrible – ce qui est tout à fait compréhensible, surtout chez des jeunes enfants. Comme eux, beaucoup d’enfants qui vivent dans la bande de Gaza et dans le reste des territoires palestiniens occupés, dans une réalité encore plus dure, apprennent à haïr l’autre côté. Eux non plus, on ne peut pas les blâmer. Quand je regarde tous ces enfants, la prochaine génération des deux côtés et la réalité dans laquelle ils vivent, je ne peux que voir la poursuite des traumatismes et de la douleur. Et je dis : Assez !

 

Depuis des années maintenant, il n’y a aucun horizon politique, aucun processus de paix en vue. Il n’y a pas tentative de quelque nature que ce soit d’apporter la paix à Gaza ou à Sderot. Tant que la méthode militaire violente règne, nous allons tout simplement avoir d’autres générations qui grandiront avec un héritage de haine, ce qui ne fera que rendre les choses encore pire. Nous devons arrêter ceci – maintenant !

 

C’est pour cela que je refuse : je ne prendrai pas une part active à l’occupation des territoires palestiniens et à l’injustice qui est infligée encore et encore au peuple palestinien dans cette situation d’occupation. Je ne prendrai pas part au cycle de la haine à Gaza et à Sdérot.

La date de mon enrôlement a été fixée au 10 Janvier 2016. Ce jour-là, je me présenterai au Centre d’incorporation de Tel Hashomer, pour y déclarer mon refus de servir dans l’armée – et mon souhait de faire un service civil de remplacement.

 

Lors de conversations avec certaines personnes auxquelles je tiens, j’ai été accusée de porter atteinte à la démocratie en refusant de respecter les lois adoptées par un Parlement élu. Mais les Palestiniens dans les territoires occupés vivent sous la règle du gouvernement d’Israël, bien qu’ils n’aient pas eu le moindre mot à dire dans l’élection de ce gouvernement. Je crois que tant qu’Israël continuera à être un pays occupant, il continuera à s’éloigner de plus en plus de la démocratie. Par conséquent, mon refus fait partie de la lutte pour la démocratie – il n’est pas un acte anti-démocratique.

 

On m’a dit que je fuyais ma responsabilité dans la sécurité d’Israël. Mais, comme une femme qui considère que toutes les personnes sont égales – et que toutes leurs vies sont aussi importantes – je ne peux pas accepter que l’argument de la sécurité ne s’applique qu’aux Juifs. Surtout maintenant qu’il devient clair et évident que l’armée ne peut pas assurer une protection aux Juifs non plus, tandis que la vague de terreur continue. C’est très simple – on ne peut pas créer un îlot de sécurité au milieu d’une occupation qui opprime. La vraie sécurité ne pourra être obtenue que lorsque le peuple palestinien vivra dans la dignité et la liberté, dans son propre État indépendant aux côtés d’Israël.

 

Il y a eu ceux qui s’inquiétaient de mon avenir personnel dans un pays où il est de la plus extrême importance d’avoir fait son service militaire dans le tissu des relations sociales quotidiennes. Soucieux de mes perspectives d’avenir, ils ont suggéré que je fasse l’armée, indépendamment de mes opinions – ou au moins que je ne rende pas mon refus public. Mais à travers toutes ces difficultés et ces soucis, j’ai choisi de déclarer mon refus ouvertement, pour que tous l’entendent. Ce pays, cette société, sont trop important pour moi – je ne peux pas accepter de garder le silence et je ne le ferai pas. Ce n’est pas la façon dont j’ai été élevée – ne m’occuper que de moi-même et de mes préoccupations personnelles. La vie que j’ai eue jusqu’à présent a tourné autour du don et de la responsabilité sociale, et c’est ainsi que je veux qu’elle continue.

 

Même si je dois payer un prix personnel pour mon refus, ce prix en vaudra la peine si il contribue à mettre l’occupation à l’ordre du jour du discours public israélien. Beaucoup trop d’Israéliens ne ressentent pas directement l’occupation, et ils ont tendance à l’oublier dans leur vie quotidienne – vies qui sont éminemment sûres comparées à celles des Palestiniens, ou même des Israéliens qui vivent dans le Néguev occidental (zone à la frontière de Gaza).

 

On nous dit qu’il n’y a pas d’autre moyen que la voie militaire violente. Mais je crois que c’est le moyen le plus destructeur, et qu’il y en a d’autres. Je tiens à rappeler à tous qu’il existe une alternative : les négociations, la paix, l’optimisme, une véritable volonté de vivre dans l’égalité, la sécurité et la liberté. On nous dit que l’armée n’est pas une institution politique – mais la décision de servir dans l’armée est une décision hautement politique, tout autant que la décision de refuser.

 

Nous, les jeunes, devons comprendre toutes les conséquences d’un tel choix. Nous devons comprendre ses conséquences pour notre société. Après avoir mûrement réfléchi, j’ai pris la décision de refuser. Je n’ai pas peur de la prison militaire – ce qui me fait vraiment peur est que notre société perde son humanité."

 

Lire l’article originel en anglais sur le site de Gush Shalom

 

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Tous les commentaires

Apparemment Tair est maintenant en prison.

Pour lui envoyer des messages (en hébreu ou en anglais de préférence) : 

- Tair Kaminer

Military Prison No. 6, platoon 600

Military Postal Code 01860, IDF

Israel

 - ou par mail à   mesarvot.im@gmail.com~~V, et les messages seront transmis.

 - pour plus de renseignements voir ici War Resisters' International

 

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/register/blog

 

 

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 18:23

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr

 

 

 

VIDÉO. Même les églises rendent hommage à David Bowie

 

 

 

MUSIQUE - Les églises aussi saluent le dieu du rock.

Depuis l'annonce de la disparition de David Bowie lundi matin, les rassemblements de fans et les hommages n'en finissent plus. Même les cloches d'églises et les orgues retentissent pour Ziggy Stardust, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessus.

Qu'elles retentissent dans des édifices religieux ou dans des musées, ces interprétations prouvent combien le chanteur britannique a influencé la société dans son ensemble. Les croyants y compris, alors que certains avaient sans doute tiqué en entendant, en 1993, les paroles du très impudique "Sex and the Church".

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 16:19

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

Interview
Alain Badiou : «La frustration d’un désir d’Occident ouvre un espace à l’instinct de mort»
Par et (mis à jour le )

 

 

Alain Badiou

 

Alain Badiou : «La frustration d’un désir d’Occident ouvre un espace à l’instinct de mort»Alain Badiou : «La frustration d’un désir d’Occident ouvre un espace à l’instinct de mort» Dessin Sylvie Serprix

Le philosophe publie un ouvrage sur la tuerie du 13 Novembre, dont il impute la responsabilité à l’impossibilité de proposer une alternative au monde tel qu’il est. Il pointe notamment l’effondrement des idées progressistes, victimes d’une crise profonde de la pensée depuis l’échec du communisme.

 

Comment comprendre l’énigmatique pulsion de mort qui anime les jihadistes ? Des tueries de janvier à celles de novembre, chacun cherche les causes, sociales ou religieuses, de cette «radicalisation» qui, ici et ailleurs, cède à une violence inouïe. Pour le philosophe Alain Badiou, les attentats sont des meurtres de masse symptomatiques de notre époque, où règne sans limite le capitalisme mondialisé. Dans son dernier ouvrage, Notre mal vient de plus loin : penser la tuerie du 13 Novembre, qui sort le 11 janvier chez Fayard, il rappelle la nécessité d’offrir à la jeunesse mondiale, frustrée par un capitalisme qui ne tient pas ses promesses, une alternative idéologique.

 
Quelles différences voyez-vous ­entre les attentats de janvier et ceux de novembre ?

Dans les deux cas, on a le même contexte historique et géopolitique, la même provenance des tueurs, le même acharnement meurtrier et suicidaire, la même réponse, policière, nationaliste et vengeresse, de la part de l’Etat. Cependant, tant du côté du meurtre de masse que du côté de la réponse étatique, il y a des différences importantes. D’abord, en janvier, les meurtres sont ciblés, les victimes choisies : les blasphémateurs de Charlie Hebdo, les juifs et les policiers. Le caractère idéologique, religieux et antisémite des meurtres est évident. D’autre part, la réponse prend la forme d’un vaste déploiement de masse, voulant symboliser l’unité de la nation derrière son gouvernement et ses alliés internationaux autour d’un mot d’ordre lui-même idéologique, à savoir «nous sommes tous Charlie». On se réclame d’un point précis : la liberté laïque, le droit au blasphème.

En novembre, le meurtre est indistinct, très évidemment nihiliste : on tire dans le tas. Et la réponse n’inclut pas de déploiement populaire, son mot d’ordre est cocardier et brutal : «guerre aux barbares». L’idéologie est réduite à sa portion congrue et abstraite, du genre «nos valeurs». Le réel, c’est le durcissement extrême de la mobilisation policière, avec un arsenal de lois et de décrets scélérats et liberticides, totalement inutiles, et visant rien de moins qu’à rendre éternel l’Etat d’urgence. De là résulte qu’une intervention rationnelle et détaillée est encore plus urgente et nécessaire. Il faut convaincre l’opinion qu’elle ne doit se retrouver, ni bien entendu dans la férocité nihiliste des assassins mais ni non plus dans les coups de clairons policiers de l’Etat.

 
Vous analysez le 13 Novembre comme un «mal» dont la cause serait l’échec historique du communisme. Pourquoi ? C’est une grille de lecture qui paraît nostalgique et dépassée…

J’ai essayé de proposer un protocole d’explication aussi clair que possible, en partant des structures de ­notre monde : l’affaiblissement des Etats face à l’oligarchie privée, le désir d’Occident, et l’expansion du capitalisme mondialisé, face auquel aucune alternative n’est proposée aujourd’hui. Je n’ai aucune nostalgie passéiste. Je n’ai jamais été communiste, au sens électoral du mot. J’appelle «communisme» la possibilité de proposer à la jeunesse planétaire autre chose que le mauvais choix entre une inclusion résignée dans le dispositif consommateur existant et des échappées nihilistes sauvages. Il ne s’agit pas de ma part d’un entêtement, ni même d’une tradition. J’affirme seulement que tant qu’il n’y aura pas un cadre stratégique quelconque, un dispositif politique permettant notamment à la jeunesse de penser qu’autre chose est possible que le monde tel qu’il est, nous aurons des symptômes pathologiques tels que le 13 Novembre.

 
Donner toute la responsabilité à l’emprise tentaculaire du capitalisme mondialisé, n’est-ce pas ignorer la responsabilité de la pensée, des intellectuels qui voulaient précisément promouvoir un autre modèle ?

A partir des années 80, un certain nombre d’intellectuels, qui sortaient déçus et amers, faute d’un succès immédiat, du gauchisme des années 60 et 70, se sont ralliés à l’ordre établi. Pour s’installer dans le monde, ils sont devenus des chantres de la sérénité occidentale. Evidemment, leur responsabilité est flagrante. Mais il faut aussi tenir compte du retard pris du côté d’une critique radicale de l’expansion ­capitaliste et des propositions alternatives qui doivent renouveler et renforcer l’hypothèse communiste. Cette faiblesse est venue de l’amplitude de la catastrophe. Il y a eu une sorte d’effondrement, non seulement des Etats socialistes, qui étaient depuis longtemps critiqués, mais aussi de la domination des idées progressistes et révolutionnaires dans l’intelligentsia, singulièrement en France depuis l’après-guerre. Cet effondrement indiquait une crise profonde, laquelle exigeait un renouvellement conceptuel et idéologique, notamment philosophique. Avec d’autres, je me suis engagé dans cette tâche, mais nous sommes encore loin du compte. Lénine disait des intellectuels qu’ils étaient la plaque sensible de l’histoire. L’histoire, entre le début des années 70 et le milieu des années 80, nous a imposé un renversement idéologique d’une violence extraordinaire, un triomphe presque sans précédent des idées réactionnaires de toutes sortes.

 
Dans le monde que vous décrivez, il y a l’affaiblissement des Etats. Pourquoi ne pourraient-ils pas être des acteurs de régulation face au capitalisme mondialisé ?

Nous constatons que les Etats, qui avaient déjà été qualifiés par Marx de fondés de pouvoir du capital, le sont aujourd’hui à une échelle que Marx lui-même n’avait pas prévue. L’imbrication des Etats dans le système hégémonique du capitalisme mondialisé est extrêmement puissante. Depuis des décennies, quels que soient les partis au pouvoir, quelles que soient les annonces du type «mon adversaire, c’est la finance», la même politique se poursuit. Et je pense qu’on a tort d’en accuser des individus particuliers. Il est plus rationnel de penser qu’il y a un enchaînement systémique extrêmement fort, un degré saisissant de détermination de la fonction étatique par l’oligarchie capitaliste. La récente affaire grecque en est un exemple frappant. On avait là un pays où il y avait eu des mouvements de masse, un renouvellement politique, où se créait une nouvelle organisation de gauche. Pourtant, quand Syriza est arrivé au pouvoir, cela n’a constitué aucune force capable de résister aux impératifs financiers, aux exigences des créanciers.

 
Comment expliquer ce décalage entre la volonté de changement et sa non-possibilité ?
 

Il y a eu une victoire objective des forces capitalistes hégémoniques, mais également une grande victoire subjective de la réaction sous toutes ses formes, qui a pratiquement fait disparaître l’idée qu’une autre organisation du monde économique et social était possible, à l’échelle de l’humanité tout entière. Les gens qui souhaitent «le changement» sont nombreux, mais je ne suis pas sûr qu’eux-mêmes soient convaincus, dans l’ordre de la pensée et de l’action réelles, qu’autre chose est possible. Nous devons encore ressusciter cette possibilité.

 
Jürgen Habermas parle de l’économie comme la théologie de ­notre temps. On a l’impression que cet appareil systémique est théologique. Mais comment expliquez-vous ce qui s’est passé en France ?

Je voudrais rappeler que la France n’a pas le monopole des attentats. Ces phénomènes ont à voir avec le cadre général dans lequel vivent les gens aujourd’hui, puisqu’ils se produisent un peu partout dans des conditions différentes. J’étais à Los Angeles quand a eu lieu en Californie, après l’événement français, un terrible meurtre de masse. Cela dit, au-delà des analyses objectives, il faut entrer dans la subjectivité des meurtriers, autant que faire se peut. Il y a à l’évidence chez ces jeunes assassins les effets d’un désir d’Occident opprimé ou impossible. Cette passion fondamentale, on la trouve un peu partout, et c’est la clé des choses : étant donné qu’un autre monde n’est pas possible, alors pourquoi n’avons-nous pas de place dans celui-ci ? Si on se représente qu’aucun autre monde n’est possible, il est intolérable de ne pas avoir de place dans celui-ci, une place conforme aux critères de ce monde : argent, confort, consommation… Cette frustration ouvre un espace à l’instinct de mort : la place qu’on désire est aussi celle qu’on va haïr puisqu’on ne peut pas l’avoir. C’est un ressort subjectif classique.

 
Au-delà du «désir d’Occident», la France semble marquée par son passé ­colonial…

Il y a en effet un inconscient colonial qui n’est pas liquidé. Le rapport au monde arabe a été structuré par une longue séquence d’administration directe et prolongée de tout le Maghreb. Comme cet inconscient n’est pas reconnu, mis au jour, il introduit des ambiguïtés, y compris dans l’opinion dite «de gauche». Il ne faut pas oublier que c’est un gouvernement socialiste qui, en 1956, a relancé la guerre d’Algérie, et un Premier ministre socialiste qui, au milieu des années 80, a dit, à propos de la population en provenance d’Afrique, que «Le Pen pos[ait] les vraies questions». Il y a une corruption historique de la gauche par le colonialisme qui est aussi importante que masquée. En outre, entre les années 50 et les années 80, le capital a eu un impérieux besoin de prolétaires venus en masse de l’Afrique ex-coloniale. Mais avec la désindustrialisation forcenée engagée dès la fin des années 70, le même capital ne propose rien ni aux vieux ouvriers ni à leurs enfants et petits-enfants, tout en menant de bruyantes campagnes contre leur existence dans notre pays. Tout cela est désastreux, et a aussi produit cette spécificité française dont nous nous passerions volontiers : l’intellectuel islamophobe.

 
Dans votre analyse, vous évacuez la question de la religion et de l’islam en particulier…

C’est une question de méthode. Si l’on considère que la religion est le point de départ de l’analyse, on ne s’en sort pas, on est pris dans le schéma aussi creux que réactionnaire de «la guerre des civilisations». Je propose des catégories politiques neutres, de portée universelle, qui peuvent s’appliquer à des situations différentes. La possible fascisation d’une partie de la jeunesse, qui se donne à la fois dans la gloriole absurde de l’assassinat pour des motifs «idéologiques» et dans le nihilisme suicidaire, se colore et se formalise dans l’islam à un moment donné, je ne le nie pas. Mais la religion comme telle ne produit pas ces comportements. Même s’ils ne sont que trop nombreux, ce ne sont jamais que de très rares exceptions, en particulier dans l’islam français qui est massivement ­conservateur. Il faut en venir à la question religieuse, à l’islam, uniquement quand on sait que les conditions subjectives de cette islamisation ultime ont été d’abord constituées dans la subjectivité des assassins. C’est pourquoi je propose de dire que c’est la fascisation qui islamise, et non l’islamisation qui fascise. Et contre la fascisation, ce qui fera force est une proposition communiste neuve, à laquelle puisse se rallier la jeunesse populaire, quelle que soit sa provenance.•

 

Robert Maggiori , Anastasia Vécrin

 

Notre mal vient de plus loin, Penser les tueries du 13 novembre, Fayard, 72 pages, 5 euros.

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 15:07

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

A la barre
Neuf mois de prison ferme contre d'anciens salariés de Goodyear
Par

 

Le syndicaliste CGT Mickaël Wamen, de l'usine Goodyear, fait partie des condamnés. Il manifestait à Amiens en janvier 2014. Photo François Nascimbeni.AFP

 

Les ex-employés de l'usine d'Amiens-Nord, pour la plupart syndiqués à la CGT, étaient poursuivis pour «séquestration et violence en réunion». En 2014, ils avaient retenu deux cadres pour protester contre la fermeture de leur usine.

 

 

Un verdict exceptionnellement sévère pour des syndicalistes. Le tribunal correctionnel d’Amiens a condamné, mardi,  huit anciens salariés de l’usine Goodyear à 24 mois de prison, dont 9 ferme, pour «séquestration». Parmi eux, sept étaient encartés à la CGT, dont le très énergique Mickaël Wamen, ancien délégué syndical de l'entreprise. Deux des huit salariés ont également été condamnés pour «violences en réunion», mais sans peine supplémentaire. Les faits poursuivis: la «retenue» durant trente heures, entre le 6 et le 7 janvier 2014, du DRH et du directeur de la production, pour protester contre la fermeture de l’usine, intervenue quelques jours plus tard. 

 
«Détresse sociale»

Cette décision n'est pas très éloignée des demandes du parquet, qui lors de l’audience du 24 novembre, avait réclamé 24 mois de prison, dont un an ferme «aménageable», pour «séquestration et violence en réunion».  Et ce, alors même que la direction de Goodyear Dunlop Tires France, ainsi que les deux cadres de l’usine concernés par les faits, avaient retiré leur plainte. A la barre, les prévenus avaient alors évoqué «un coup de colère» face à une direction qui «n’apportait aucune réponse» à la «détresse sociale» dans laquelle se trouvaient les 1 142 salariés du site. 

«C’est un jugement hallucinant», a réagi mardi Fiodor Rilov, l’avocat des salariés, qui met également en cause l’exécutif: «Ça participe d’une répression grandissante à l’égard des syndicalistes qui se battent contre la fermeture de leur usine. Et je ne peux pas croire que le parquet, qui avait réclamé de la prison ferme, ait élaboré son réquisitoire en dehors de tout cadre fixé par le gouvernement». Un verdict qui, selon lui, «va désormais peser comme une épée de Damoclès sur tous les salariés qui aujourd’hui se battent pour sauver leur entreprise». Et de prédire une grande mobilisation pour le procès en appel, «à laquelle François Hollande aura à assister en tant Président»

 

Dans un communiqué publié dans la matinée, la CGT Goodyear d’Amiens-Nord ne manque pas, elle aussi, de politiser l'affaire, qualifiant ce jugement d'«arme avec laquelle Hollande, Valls, Taubira et l’ensemble du gouvernement ont décidé d’intimider tous les salariés qui se battent pour leurs droits et leurs emplois. Le but est de faire peur aux syndicalistes pour qu’ils cessent de se battre pendant que le gouvernement prépare la suppression de la moitié du Code du travail». Réaction outragée, également, de l'ex-syndicaliste CGT des Conti, Xavier Mathieu: «C’est écœurant, on a voulu faire un exemple. Mais en matière d’exemplarité, c’est toujours les petits qui trinquent, jamais les patrons qui ferment les entreprises illégalement, comme cela a été fait pour Continental en 2009. Au final, les Goodyear payent pour ce qui s’est passé à Air France. Le but, c’est d’intimider». Et de rappeler son propre passage devant les juges: «En 2010, j’ai été condamné à une amende de 4000 euros, alors que le parquet avait requis cinq mois avec sursis. Et c’était sous Sarko...»

Ce verdict clôt - provisoirement - huit ans d’un conflit sans fin entre la direction du groupe de pneumatiques et une partie des syndicats de l’usine, dont la CGT. A l’origine de ce bras de fer: la volonté des dirigeants, en 2007, de réorganiser le travail sous la forme des 4x8 dans leurs deux usines d’Amiens (Goodyear et Dunlop). Un système complexe et controversé, rejeté à l’époque par les syndicalistes et les salariés de Goodyear lors d’un référendum, mais pas par leurs collègues de l’usine Dunlop, située de l’autre côté de la rue. La direction annonce alors un plan de 478 suppressions d’emploi pour les Goodyear. Une «punition pour avoir mal voté», estiment à l’époque les syndicalistes. S’en suivront des années de batailles judiciaires, le plus souvent remportées par la CGT, avant le baisser de rideau définitif. Puis l’échec de la reprise d’une partie du site par le PDG américain de Titan, Maurice Taylor, à l’automne 2014. Une sorte de Donald Trump du pneumatique, qui déclarait en 2014, après avoir insulté la CGT: «La France est devenue un pays communiste et quand vous tomberez aussi bas que la Russie, peut-être que vous aurez une chance de repartir». Dernier acte de cette saga, enfin, avant ce jugement au pénal: l’enterrement par la direction, à l'automne 2015, du projet de Scop (Société coopérative et participative) porté par les salariés pour reprendre une partie de la production. Quelques semaines plus tard, Goodyear et Titan signaient pourtant un accord pour produire des pneus... en Russie

Luc Peillon

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 18:23

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Les Faucheurs volontaires agissent à Vienne contre les OGM camouflés en mutagenèse

9 janvier 2016 / par Philippe Desfilhes (Reporterre)
 


 

Les OGM menacent de rentrer subrepticement sous forme de nouvelles biotechnologies.

 

Les Faucheurs volontaires remettent ce samedi 9 janvier 2016 au matin au Commissariat de police de Vienne (38) une liste d’une cinquantaine de personnes. « Ce sont les faucheurs qui ont participé le 1er janvier 2014 à la destruction du colza OGM muté cultivé à Fontenoy-sur-Moselle (54) par le Cetiom (Centre interprofessionnel des oléagineux et du chanvre) », indique Annick Bossu, Faucheuse volontaire. Le Cetiom a porté plainte et une personne a été inquiétée.

Ces militants anti OGM (organismes génétiquement modifiés) profiteront de cette remise de liste pour alerter sur les dangers de la mutagenèse qui a donné naissance au colza détruit. « Cette technique est porteuse des mêmes dangers que les OGM obtenus par transgenèse, ce que reconnaît la directive CE 2001-18 tout en l’excluant de son champ d’application », regrette Mme Bossu.

Pour les Faucheurs volontaires il s’agit aussi de dénoncer les nouvelles biotechnologies. « Elles risquent de ne pas être reconnues comme produisant des OGM par la Commission européenne qui doit leur donner sur un statut juridique dans les mois qui viennent ».

Crisp/Cas9, mutagenèse dirigée par oligonucléotides, nucléases à doigt de zinc ...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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