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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 17:11

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Justice

Affaire Cahuzac : les faucheurs de chaises réclament un procès de l’évasion fiscale

par , Thomas Clerget

 

 

 

Mais que peuvent bien redouter ces forces de l’ordre d’un sit-in de chaises vides ? Alors que s’ouvre le procès de Jérôme Cahuzac ce 8 février pour fraude fiscale et blanchiment, les faucheurs de chaises se sont donnés rendez-vous dans la matinée, à quelques mètres du palais de justice de Paris. « Juger un homme ne suffit pas, c’est le procès de l’évasion fiscale qu’il faut faire », martèlent les associations Attac, Les Amis de la Terre et « Action non violente COP21 ». Les militants profitent du procès de l’ancien ministre pour remettre à la justice les 196 chaises saisies dans des agences de banques ces derniers mois. Des chaises réquisitionnées au sein de banques qui possèdent des filiales dans les paradis fiscaux (nos précédents articles).

« Malgré les révélations des lanceurs d’alerte comme Hervé Falciani (HSBC), Stéphanie Gibaud (UBS) ou Antoine Deltour (LuxLeaks), banques et paradis fiscaux continuent à prospérer en toute impunité », déplore Thomas Coutrot, porte-parole d’Attac France. « L’État brandit la récupération de 2,5 milliards d’euros en 2015 auprès de contribuables repentis, quand le montant de la fraude fiscale s’élève entre 60 et 80 milliards d’euros par an, on est très loin du compte ! »

 

 

 

Destruction d’emplois dans les administrations fiscales

Christian Sautter, ancien ministre des Finances du gouvernement Jospin, figure parmi les personnes portant les chaises en direction du palais de Justice. « La fraude fiscale est une faute contre l’égalité, confie t-il à Basta !. Il faut payer les services publics, assumer la solidarité. On sait où sont les paradis fiscaux, lutter contre eux est une question de volonté politique. » Cette lutte passe notamment par un renforcement considérable des services fiscaux. Plus de 3100 emplois ont ainsi été supprimés dans les services du contrôle fiscal de la DGFiP depuis 2010. Même scénario à l’échelle européenne : la fédération syndicale européenne des services publics a calculé qu’entre 2008 et 2012, 13,6 % des effectifs ont été supprimés dans les administrations fiscales de 30 pays européens.

Les forces de police ont finalement décidé de bloquer les faucheurs de chaises avant l’arrivée au palais de Justice. Difficile de connaitre la destinée de ces 196 chaises laissées sur ce pont... Elles ont été récupérées à la fin de l’action par la police. Iront-elles décorer les cellules des commissariats ? Plusieurs faucheurs de chaises ayant participé ces derniers mois à des actions de réquisition citoyenne ont été placés en garde à vue ou convoqués aux commissariats pour des interrogatoires. Un procès en correctionnelle d’un faucheur est même annoncé à Marseille. Quant à ceux qui rendent possible l’évasion fiscale, ils courent toujours. Cherchez l’erreur.

 

Texte : Sophie Chapelle
Photos : © Thomas Clerget (sauf photo de Une : © Grégory Devivier)

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 19:10

 

Source : http://television.telerama.fr/television/sur-france-2-impunite-pour-le-nucleaire-prison-meritee-pour-les-salaries-de-goodyear,136877.php

 

 

Sur France 2, impunité pour le nucléaire, prison méritée pour les salariés de Goodyear
 
 

« La relance du débat sur le nucléaire », proclame David Pujadas. Les écolos réclament encore la fermeture des centrales ? Pas du tout. Quand David Pujadas relance « le débat sur le nucléaire », c’est seulement celui sur la prolongation ad nauseam de la durée de vie des réacteurs. « En France, elle est fixée théoriquement à 40 ans. Certaines centrales sont déjà programmées pour 50 ans. » On n’arrête pas le progrès. « Eh bien, les Etats-Unis, premier parc du monde, viennent d’ouvrir la porte à une durée de vie de 80 ans. » C’est prometteur. Comme le titre, qui laisse penser qu’un réacteur se bonifie avec le temps :

 


Pour du calva, on appelle ça du « hors-d’âge »… « C’est le plus grand parc nucléaire au monde, commence le reportage. Les Etats-Unis comptent 99 réacteurs qui fournissent 20 % de l’énergie du pays. » Et voilà, ça recommence. France 2 confond « énergie » avec « électricité ». Sur Wikipedia (chiffres de 2013), je vérifie que la part de l’énergie nucléaire représente 19,1 % de l’électricité produite, laquelle représente 12,3 % de l’énergie produite. J’en déduis que le nucléaire représente seulement 2,5 % de l’énergie produite aux Etats-Unis, presque dix fois moins que les « 20 % » assénés par le reporter ! Il reproduit fidèlement une erreur déjà commise dans un reportage tout ébahi par la formidable performance de la Nouvelle-Zélande, où 100 % de « l’énergie » est d’origine renouvelable ! Cette fois, David Pujadas se permet même d’enchaîner avec un reportage sur « le dernier vol du 747 »… qui vole à l’électricité, peut-être ? Ou au kérosène ?

 

20 % ou 2,5 %, l’enjeu diffère un chouïa. Le surestimer permet de légitimer que « 81 réacteurs ont déjà obtenu le droit de poursuivre leur exploitation au-delà des 60 ans requis ». Requis ? Par qui ? Depuis quand les réacteurs possèdent-ils une durée de vie obligatoire ? « Cela signifie que certaines de ces centrales construites dans les années 70 seront encore en exploitation en 2050. » Fesseinheim, Bugey… (conçues pour 25 ans de fonctionnement).

« Je pense que certaines de ces centrales ne devraient pas être prolongées », pinaille pour la forme un « spécialiste nucléaire à la “Brookings Institution” » avant de s’enthousiasmer : « Mais la vaste majorité d’entre elles, 90 %, peuvent être reconduites sans aucun doute. » Ce qui, en France, nous assurerait le fonctionnement d'une bonne cinquantaine de réacteurs octogénaires. Mais j’ai sûrement tort d’extrapoler.

Le reporter rappelle « l’incident » de Three Miles Island en 1979 (fonte du cœur du réacteur) et révèle que « la question de l’extension de la durée est une vieille envie des autorités américaines… » Ou des exploitants (privés) des centrales ? « … Notamment par souci économique mais aussi parce qu’aujourd’hui la technologie le permet. » Ah bon, on a inventé un nouveau sparadrad pour soigner les fissures – pardon, les rayures – des cuves des réacteurs ? Stephen Burns, rien moins que responsable de la sûreté nucléaire aux Etats-Unis, doté à ce titre d’un fier écusson, précise que les avancées sont moins technologiques que réglementaires : « Les choses changent et nous devons nous adapter, être flexibles, plus souples sur les conditions d’autorisation, être efficaces en s’appuyant sur les moyens existants. » Le nouveau sparadrad, donc. Flexible, si j'ai bien compris. Imperméable, j’espère.

 

 

« En matière de nucléaire, les Etats-Unis ont plutôt bonne réputation, reprend le reporter. Tout comme la France. » Une coïncidence. « Cette première mondiale pourrait donc donner des idées à d’autres pays et pourquoi pas aux Français. » Non, pas possible ? Par « Français », ne faudrait-il pas entendre EDF (et Areva, et le CEA…) ? « Car prolonger la vie d’une centrale coûtera de toute façon toujours moins cher qu’une construction nouvelle. » Et même, elle se bonifie. Puisqu’on vous le dit… Trente ans après, la chanson de Castelhemis est toujours d’actualité ! (Musicalement, c’est plus discutable.)

Si le JT de France 2 est jusque dans ses omissions un fidèle porte-parole de l’industrie nucléaire (comme celui de TF1), il n’en est pas moins épris de justice (de classe ?). En témoigne le sujet consacré à une « décision de justice inédite : les huit ex-salariés de Goodyear jugés pour la séquestration de cadres dirigeants de l’usine en 2014 ont donc été condamnés à neuf mois de prison ferme », annonce David Pujadas.

 

 

Un reportage rappelle la prise d’otage des « cadres dirigeants », images d’« humiliation » incluses, recueille la réaction indignée des condamnés, passe bien vite sur la décision du ministère public de poursuivre seul la procédure (la direction a retiré sa plainte comme prévu dans un « accord de sortie de crise » signé avec les représentants des salariés). Et mentionne pour la forme les « 1 143  postes supprimés », sans s’attarder sur le sort des licenciés.

Ça se gâte forcément quand David Pujadas prononce la formule rituelle. « Et on va un peu plus loin avec vous, Jean-Paul Chapel. » Plus loin que la raison, en général. « Y a-t-il un durcissement des sanctions judiciaires dans ce type d'affaires ? » « Oui, ça s’est durci. Jusqu’à présent, les sanctions ont été très rares », déplore le spécialiste, en relevant tout de même « une, en 1997, deux mois de prison » mais c’était du sursis donc ça ne compte pas. En revanche, quand une dizaine de postiers « retiennent en otage » des cadres de la Poste en 2010, cela leur vaut d’être relaxés, « Olivier Besancenot en tête », seulement deux kidnappeurs étant condamnées à 1 500 euros d’amende mais ça ne compte toujours pas puisque c'est « avec sursis ».

 

 

« Avec la crise, à partir de 2009, les séquestrations se multiplient. Caterpillar, 3M, Mole… A chaque fois c’est la RELAXE », s’indigne Jean-Paul Chapel, rappelant à l’aide d’images accablantes les pires exactions des militants de la CGT. « Quand il y a saccage, la peine n’est guère plus lourde. » Rappelons au spécialiste que la relaxe ne constitue pas une peine. « Quand les salariés de l’usine Continental s’en prennent à la sous-préfecture de Compiègne, ici avec Xavier Mathieu, ils sont condamnés à 1 280 euros de dommages et intérêts, une amende partagée à six. » Des clopinettes !

 

 

Quelle écœurante impunité ! Etrangement, Jean-Paul Chapel ne mentionne pas les « bonnets rouges » relaxés pour avoir détruit des portiques écotaxe. Ni l’absence de poursuites contre les agriculteurs, les pêcheurs ou les chasseurs qui « saccagent » les préfectures (voire les ministères) quand ils n’incendient pas un monument historique.

« Il y a un cas emblématique qui n’est pas encore jugé, conclut Jean-Paul Chapel, la chemise arrachée du DRH d’Air France. » Quand le JT avait loyalement servi d’auxiliaire de police. « Cinq salariés sont poursuivis pour violence en réunion, verdict le 27 mai prochain. » En attendant, inutile d’indiquer qu’ils ont été licenciés. De toute façon, ils n’ont pas à s’inquiéter : France 2 leur garantit une reconversion comme chaudronniers, robinetiers ou décontamineurs afin d’assurer les soins palliatifs de nos vieilles centrales.

 

 

Source : http://television.telerama.fr/television/sur-france-2-impunite-pour-le-nucleaire-prison-meritee-pour-les-salaries-de-goodyear,136877.php

 

 

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 21:27

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Zoé Konstantopoulou : “On instaure en Europe un état d’urgence antidémocratique”

5 février par Zoe Konstantopoulou

 
 

 

Intervention à la conférence « Un bouclier pour l’Europe : la Charte des droits fondamentaux de l’UE » organisée à Bruxelles par la GUE/NGL, à l’initiative de l’eurodéputée italienne Barbara Spinelli.

La conférence internationale sur le thème « Un bouclier pour l’Europe : la Charte des droits fondamentaux de l’UE » qui s’est déroulée à Bruxelles le 13 janvier 2016 était organisée à l’initiative de l’eurodéputée italienne Barbara Spinelli par le groupe parlementaire de la gauche au parlement européen, la GUE/NGL. Dans son intervention, Zoé Konstantopoulou a développé la thèse selon laquelle l’austérité, la dette publique et le refus de la BCE de fournir des liquidités sont instrumentalisés pour faire disparaître les procédures démocratiques.

Zoé Konstantopoulou, qui intervenait dans la session « Crise économique et austérité : un état d’urgence antidémocratique ? », a souligné le fait que « depuis 2010, la démocratie en Grèce, lentement mais régulièrement, est suspendue pour être remplacée par un nouveau régime, le régime des mémorandums, » instauré par les gouvernements grecs et la troïka. « Un régime, selon elle, dans le cadre duquel chaque gouvernement assume l’engagement d’adopter des politiques précises fixées dans le mémorandum, en échange de prêts destinés au remboursement de la dette publique présumée du pays. Le parlement est contraint de légiférer en violation du mandat populaire et des droits de l’homme pour mettre en œuvre ces politiques. Et la Troïka, par l’intermédiaire de son personnel - nommé et non élu - détient le pouvoir de superviser et de surveiller les politiques menées dans le pays ».

Bien que les mémorandums aient été baptisés « programmes de sauvetage », a-t-elle ajouté, il s’agit en réalité d’accords qui condamnent à mort le peuple grec et les peuples européens, et aussi d’un coup d’État direct contre la démocratie. « Ce régime, ou bien il sera renversé par les peuples européens et leurs représentants élus, ou bien il dominera en Europe et se substituera aux acquis européens que sont les droits de l’homme et la démocratie qui ne peut être fondée que sur le respect des libertés humaines, de la vie humaine, et de la dignité. » Personne ne peut faire comme s’il ne comprenait pas ce qui arrive aujourd’hui en Europe. Les représentants élus du peuple ne peuvent faire semblant de ne pas avoir le choix. En aucun cas la tradition de la démocratie, de la souveraineté du parlement, de l’État de droit et la disparition des droits humains fondamentaux ne peuvent être un choix. Ni le sacrifice d’hommes et de générations entières pour sauver les banques et les banquiers. Ni la violation du mandat populaire pour satisfaire les créanciers. »

« Un état d’exception contraire à la démocratie se met en place en Europe, a souligné Zoé Konstantopoulou, avec la crise économique pour prétexte et comme instrument, l’austérité, la dette publique et le refus de la BCE de fournir des liquidités. L’objectif est la disparition des procédures démocratiques et parlementaires, la destruction des droits de l’homme, et l’asservissement des populations, dont les gouvernements doivent obéir à des directives provenant d’organismes qui ne relèvent d’aucune légitimité démocratique, qui ne sont soumis à aucune procédure de transparence ni à aucune obligation légale de rendre des comptes. »

« Depuis 2010, les citoyens sont victimes d’une propagande selon laquelle l’exercice de la démocratie - les élections et les référendums par exemple - déstabilise l’économie », a observé Zoé Konstantopoulou, ajoutant : « Tout ce qui a suivi le résultat du référendum, et le magnifique NON du peuple grec à 62%, constitue une honte pour l’Europe, le monde et la démocratie. Le gouvernement lorsqu’il a signé a accepté des mesures pires que celles qui avaient été repoussées par le peuple. Le NON du peuple s’est transformé en OUI du gouvernement », assure-t-elle.

Par la suite, elle a mentionné les événements politiques et les changements en Grèce depuis 2010, ainsi que les conséquences destructrices des mesures issues des mémorandums sur le niveau de vie de la population. Elle a observé que leur application avait conduit, entre autres choses, à une violation des droits humains fondamentaux : coupes claires dans les salaires et les retraites, déclenchement d’une épidémie de suicides par désespoir, coupes claires dans la santé, explosion du chômage à des niveaux record, augmentation vertigineuse de la proportion de citoyens qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté, avec 300 000 familles qui vivent sans électricité et une dette de 40 000 € environ pour chaque enfant qui naît aujourd’hui, la part d’une dette publique que l’on s’efforce de reporter sur la société.

En ce qui concerne les travaux et les conclusions de la Commission pour la vérité sur la dette publique, elle a mentionné le fait que le gouvernement grec et le nouveau président du parlement ont déchaîné une chasse aux sorcières contre la commission, mais elle a aussi rappelé les points fondamentaux des conclusions préalables.

Zoé Konstantopoulou a clos son intervention en évoquant le devoir de résistance face à ces chantages et à la violence économique qui étouffe la démocratie, « un devoir inscrit dans le tout dernier article de la constitution grecque, l’article 120 - 114 dans notre ancienne constitution –, devenu un symbole et un signe de ralliement pour des combats démocratiques historiques. La défense de la démocratie constitue une obligation fondamentale pour les citoyens européens, qui ont le droit et le devoir d’organiser la résistance collective face à ces violations de la démocratie ».

Elle a chaleureusement remercié Barbara Spinelli pour l’invitation qui lui avait été adressée, mais aussi pour l’initiative qu’elle avait prise d’organiser une conférence sur les enjeux les plus importants aujourd’hui de la construction européenne : la démocratie, les libertés et les droits humains fondamentaux en période de crise économique, de crise due à la dette et à l’austérité.

Dans la même session a pris la parole le professeur Olivier de Schutter, membre du Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU et de la Commission grecque pour la vérité sur la dette publique, qui a traité des violations des droits sociaux en Grèce à l’époque des mémorandums. Le débat a été animé par l’eurodéputée française Marie-Christine Vergiat et l’eurodéputé allemand Helmut Scholz

En marge de la conférence, Zoé Konstantopoulou a assisté à la manifestation contre la privatisation des 14 aéroports, coorganisée par les eurodéputés Sophia Sakorafa, Nikos Hountis et Jean-Luc Mélenchon. Elle a également rencontré des eurodéputés de la Gauche et les membres de la Commission pour la vérité sur la dette publique : Éric Toussaint, Sofia Sakorafa, Olivier de Schutter, Sergi Cutillas, Renaud Vivien, Daniel Albarracin. De plus, elle a participé à une rencontre pour l’initiative européenne de Madrid qui se déroulera en février, et dont elle est partie prenante. Elle a participé pour finir à la manifestation au parlement européen sur les responsabilités de la Banque Centrale Européenne, avec pour orateur le coordinateur scientifique de la Commission pour la vérité, Éric Toussaint.

Traduit par Jean-Marie Réveillon

 

Auteur.e
 

Zoe Konstantopoulou

avocate et femme politique grecque. Députée du parti de la gauche radicale Syriza, qui a gagné les élections législatives du 25 janvier 2015 en Grèce, a été élue le 6 février 2015 présidente du parlement. Elle est, à trente-huit ans, la plus jeune présidente de la Vouli et la deuxième femme seulement à exercer cette fonction.

 

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 21:17

 

Info reçue par mail

 

 

" Concrétisation d'une proposition émise à la VACHERIT le mardi 26 janvier 2016" :


"L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est emblématique de deux choix de  société opposés, d'un coté, des politiciens animés d'une hystérie de  progrès et de croissance infinie, ruineuse, de l'autre des citoyens cherchant à promouvoir une société au service du peuple, économe, heureuse.

 C'est le combat de l'irresponsabilité contre la sagesse.

 C'est le combat de politiciens hors la loi contre des Citoyens respectueux de la loi.

 En effet la loi sur l'eau de 1992 interdit de détruire les zones humides, celle de Notre-Dame- des-Landes ne peut être détruite parcequ'elle est incompensable du fait de son étendue.

  Dans ce conflit, les politiciens gonflés de leur puissance ont choisi de combler d'argent VINCI, aux dépens du peuple que l'on ruine.
  Face à ce drame des Citoyens s'insurgent ,se révoltent depuis des années.
  Ce combat mené par ceux que l'on appelle " les historiques ", est devenu le combat des JUSTES contre la corruption.
  Une composante de ce combat, les Zadistes, jeunes idéalistes, sont en pointe de la lutte, ils s'exposent à la répression avec courage.
  La génération des anciens, consciente d'avoir contribuée à la mise en place d'un système politique dévoyé, doit réparation aux générations présentes et futures.
   Ainsi, ayant observé la jeunesse toujours en première ligne au combat, elle se doit d'y prendre une plus grande part.
  L'imminence d'une attaque suivie de l'expulsion de la ZAD, demande un renforcement de l'opposition.
  Dans l'espérance que la sagesse l'emporte, qu'il faut montrer sa force pour ne pas avoir à s'en servir, les anciens décident d'afficher leur détermination à empêcher tout commencement de travaux à NDDL.
  En conséquence ils s'affichent comme une force de dissuasion, en photo, cocktails molotof à la main.
  Ces armes ne pourront être  utilisées qu'en dernier recours, lorsque les hordes policières du pouvoir envahiront la ZAD pour détruire par la violence les lieux de vie et de travail des familles.
  Ces armes ne seront pas utilisé contre les personnes, mais  contre les engins mécaniques de destruction, après semonce de ne pas détruire et de se  retirer.

   CENT anciens lancent un avertissement aux gouvernants d'abandonner le projet néfaste d'aéroport de NDDL."

 

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 19:54

 

Source : http://reporterre.net

 

 

« Xavier Beulin, vous êtes, pieds et mains liés, du côté des industriels »

5 février 2016 / Gaspard D’Allens

 

 

 

Le patron de la FNSEA et agrobusinessman menace d’envoyer ses gros bras « déloger » les Zad. Alors que de nouvelles solidarités naissent dans les campagnes, Xavier Beulin, estime l’auteur de cette tribune, a en fait abandonné la défense des paysans pour celle des industriels.

Gaspard D’Allens est coauteur, avec Lucile Leclair, du livre à paraître au Seuil en partenariat avec Reporterre, Les Néo-paysans.


 

« Face à toute nouvelle tentative de Zad, on n’attendra pas les forces de l’ordre, on ira nous-mêmes les déloger », a déclaré Xavier Beulin, président du groupe agro-industriel Avril et président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles).

On connaissait Xavier Beulin en homme d’affaires, les cheveux gominés et la cravate serrée, nous le découvrons milicien. Prêt à devancer le tournant répressif du pouvoir et ouvrant agressivement la voie vers le fascisme.

Alors que le monde agricole se débat dans la crise, étranglé par les dettes et soumis aux impasses du productivisme, l’agrobusinessman ne trouve rien de mieux que de criminaliser le mouvement social qui naît dans les Zad contre la bétonisation de notre monde.

Nous ne nous laisserons pas instrumentaliser. Opposer les uns aux autres, les paysans aux écologistes, aux anars, aux zadistes. La loi des puissants a toujours été de diviser pour mieux régner. Xavier Beulin, vos gros bras ne nous cacheront pas votre impuissance et vos mensonges. Vous n’êtes plus du côté des agriculteurs, vous êtes, pieds et mains liés, avec les industriels.

Bientôt, les agriculteurs ne seront plus dupes. Comment pourrait-on se sentir représenté par son propre fossoyeur ? Xavier Beulin est à la tête de l’empire agroalimentaire Avril, plus proche du grand patronat que de l’agriculture. Il a négocié cet été un plan qui signe la disparition annoncée des petits éleveurs et joue sur sa double casquette de syndicaliste et d’industriel pour capter les aides.

 
 Les centaines de tracteurs et les mobilisations du collectif d’agriculteurs Copain

À l’inverse du corporatisme fermé de la FNSEA, une nouvelle force émerge partout dans nos campagnes, où paysans, militants, occupants, s’unissent pour réinventer une existence digne hors de l’aménagement capitaliste du territoire et de la métropolisation. Ils ne demandent pas des primes, ils s’approprient directement les terres et font pousser avec espoir, fougue et joie leur révolte.

À Notre-Dame-des-Landes, tandis que 1.650 hectares sont menacés par le projet d’aéroport, les occupants ont avec les paysans historiques tissé des liens forts, cultivé en commun des légumes, des céréales, des pommes de terre, pour mieux résister contre les aérocrates. Au contact du monde agricole, les occupants se sont peu à peu empaysannés et les frontières sont devenues poreuses. Si la FNSEA veut déloger la Zad, elle devra faire face à des centaines de tracteurs et aux mobilisations du collectif d’agriculteurs Copain – un mouvement transversal d’organismes agricoles opposés à l’aéroport.

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À Agen, c’est un paysan, Joseph Bonotto, qui a appelé les « zadistes » à la rescousse. Ils se sont installés sur ses terres et luttent ensemble contre un projet de technopole de 220 ha et le passage de LGV. Joseph Bonotto se dit « moins seul, heureux, soulagé ». À Saint-Victor-et-Melvieu, dans l’Aveyron, la cabane de l’Amassada, s’est, elle aussi, construite sur une parcelle prêtée par un agriculteur opposé à un projet de transformateur électrique.

 
« Le monstre, Monsieur Xavier Beulin, c’est vous »

À Bure, le 15 novembre 2015, les opposants à la poubelle nucléaire ont, avec des paysans, semé de l’orge, de l’avoine, de la moutarde et planté des arbres fruitiers sur les terres du laboratoire de l’Andra. À travers la charge symbolique du geste agricole, ils ont voulu faire converger les luttes et se réapproprier le territoire.

Alors que les terres agricoles se font de plus en plus rares, de nouvelles alliances apparaissent, à l’avant garde d’une ruralité vivante, choisie, heureuse. Et face à ces forces progressistes, le syndicat majoritaire, la FNSEA, joue les caïds, attise les haines, en préférant laisser le bitume et l’asphalte avaler nos terres nourricières...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://reporterre.net

 

 

 

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 18:13

 

Source : http://reporterre.net

 

 

Les Conseils d’urgence citoyenne se forment contre la « confiscation du pouvoir »

4 février 2016 / Barnabé Binctin (Reporterre)
 


 

 

Comment revitaliser la vie politique française, lutter contre la dérive autoritaire du pouvoir et reprendre la main ? C’est pour répondre à ces questions que se construit le mouvement des « conseils d’urgence citoyenne », lancé il y a un mois. Avec une idée phare pour faire entendre son opposition : la grève citoyenne.

À Nice, Carpentras, Douai ou Caen, ils appellent à la « grève citoyenne ». Ils, ce sont des artistes, des avocats, des responsables associatifs, des universitaires ou des élus, mais toujours et avant tout des citoyens. « Au sens de celui qui affirme sa liberté politique », dit l’historienne Sophie Wahnich, directrice de recherche au CNRS et membre fondatrice de ces « conseils d’urgence citoyenne ». Depuis un mois que le mouvement a été lancé à Paris, plus de vingt conseils se seraient déjà formés dans le pays.

Alors que le texte de prolongation de l’état d’urgence et de réforme du code de procédure pénale a été adopté en Conseil des ministres mercredi 3 février, les conseils d’urgence citoyenne expriment leur opposition à ces mesures. Ce « déploiement de l’état d’urgence a conduit sans délai et conduira à une confiscation des libertés publiques politiques », affirme son manifeste de création.

 

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L’historienne Sophie Wahnich, directrice de recherche au CNRS et membre fondatrice des conseils d’urgence citoyenne.

Comment faire entendre son opposition ? Par une « grève citoyenne », donc. Du message sur les réseaux sociaux au jeûne, il est fait appel à la créativité de chacun pour mener « une grève perlée », dans la durée. Un logo avec une colombe en forme de V – comme vigilance – a été créé et pourra être utilisé sur n’importe quel insigne, à la façon des grèves à la japonaise – lorsque les ouvriers nippons interdits de grève utilisaient un brassard pour exprimer leur mécontentement. Il n’est pas prévu de cessation de travail, mais plutôt des formes de boycott : « Cela peut consister à refuser de consommer pendant un certain temps, propose Séverine Tessier, fondatrice d’Anticor, également à l’initiative de cette démarche. Chacun est libre d’agir comme il le sent, c’est aux esprits libres et volontaires que l’on fait appel. »

 

 « Unir la population autour de valeurs communes »

« Cela peut paraître flou, mais le principal est d’oser dire son opposition à l’état d’urgence », insiste Isabelle Attard. En tant que députée, l’une des six à avoir refusé de voter pour l’état d’urgence en novembre, elle ne pourra pas porter le brassard dans l’hémicycle mais compte sur la diffusion des visuels libres de droits. « C’est une approche finalement plus poétique de la grève, s’amuse Nicolas Lambert, auteur et acteur de pièces de théâtre sur le pétrole ou le nucléaire. On improvise, mais ni plus ni moins que le gouvernement, en somme ! »

L’objectif est de rassembler un certain nombre d’opposants pour mieux faire corps. « On instrumentalise la division du peuple, sur de multiples sujets. Avec cette grève citoyenne, nous cherchons l’effet inverse : unir la population autour de valeurs communes, en partant de la première d’entre elles, la démocratie », résume Séverine Tessier.

 

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Séverine Tessier, fondatrice d’Anticor et à l’origine des conseils d’urgence citoyenne.

La contestation du régime d’exception recouvre un autre enjeu : « Sonner la riposte démocratique », selon l’expression de Sophie Wahnich. « Comment entrer en résistance, comment reprendre la main, comment reparticiper au débat… L’état d’urgence nous pose des questions au cœur d’une problématique politique beaucoup plus large. C’est un élément déclencheur », dit Isabelle Attard.

La dynamique s’est enclenchée bien avant les attentats du 13 novembre. Depuis plusieurs mois, différentes structures se retrouvaient pour réfléchir à la revitalisation politique de la société française. Il y a eu une réunion à la fin de l’été 2015 à Jarnac, organisée par le mouvement de la Convention pour la VIe République, il y a eu les assises citoyennes dAnticor à Nancy, à l’automne, et plus récemment une journée de travail à l’appel du conseil municipal de Saillans, expérience-pilote sur le sujet.

 
« L’urgence de refaire État »

À chaque fois a été constaté le basculement du système politique vers un régime autoritaire, ce que Sophie Wahnich appelle, après Colin Crouch et Chantal Mouffe, « une politique post-démocratique » : « Des politiques qui ne sont plus pensées en faveur du bien commun tandis que les décisions ne dépendent plus du contrôle démocratique. » Face à cette évolution et hors des partis politiques assimilés à la Ve République, « une volonté citoyenne s’affirme pour lutter contre la confiscation du pouvoir », assure Séverine Tessier. Rejet des pratiques politiques actuelles et recherche d’une meilleure éthique en politique sont « les deux plus petits dénominateurs communs à ces mouvements », selon Isabelle Attard, qui a successivement quitté EELV et Nouvelle Donne pour se tourner vers ces autres milieux politiques.

 

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Lors de la manifestation contre l’état d’urgence, samedi 30 janvier, à Paris.

À l’état d’urgence, Nicolas Lambert oppose « l’urgence de refaire État ». L’artiste compte parmi les pionniers du processus, bien sûr par opposition à l’état d’urgence – « supprimer les libertés publiques jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de méchants, ça ne peut pas marcher » – mais aussi parce qu’« on ne peut plus se sentir à ce point dépossédé de la chose publique ; et la vraie question que l’on se pose est : comment réintéresser les citoyens à la vie de la Cité ? »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://reporterre.net

 

 

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 21:12

 

Source : http://www.bonnes-nouvelles.be

 

Grenoble lance un droit d’interpellation « qui donne du pouvoir d’agir »

 

 

01 Fév 2016

 

 

 

 

Ce samedi 23 janvier, lors des Assises citoyennes (acte 2), l’équipe municipale de Grenoble, conduite par le maire EELV Eric Piolle, a lancé l’une des mesures phares de son mandat : un droit d’interpellation.

Le nouveau « droit d’interpellation » grenoblois, imaginé par la Ville de Grenoble, a été baptisé « dispositif d’interpellation et de votation d’initiatives ». Il devrait être voté lors du conseil municipal du 29 février prochain. Ses modalités sont particulièrement audacieuses. « Le système a été pensé pour être engageant, afin qu’il donne du pouvoir d’agir » expliquait Pascal Clouaire, adjoint à la démocratie locale, samedi 23 janvier, lors des Assises Citoyennes (acte 2). « Il y a deux chiffres clés à retenir : 2000 et 20 000 » poursuit-il. Pour qu’une pétition soit prise en compte, son auteur devra réunir seulement 2000 signatures. L’objet de la pétition (qui devra relever des compétences de la Ville) est ensuite débattu au conseil municipal. A partir de là, « deux possibilités seulement, pas d’échappatoire» : soit le conseil accepte la mesure et propose une délibération dans les trois mois, soit le conseil municipal ne veut pas s’engager et soumet cette question aux Grenoblois par une votation citoyenne. Pour que le projet soit adopté, les porteurs de l’objet de la votation devront récolter 20 000 voix majoritaires. « La spécificité et la force de notre droit d’interpellation est de lier un système de pétition à un système de votation », insiste l’adjoint.

Mobilisation imprévisible

« C’est une mesure extrêmement ouverte et qui fait sens », commente Loïc Blondiaux, professeur de sciences politiques et expert de la démocratie participative. Le chiffre des 20 000 voix n’a en effet pas été choisi au hasard. Il correspond au nombre de voix obtenues par l’équipe municipale, au deuxième tour des dernières élections. Ce chiffre sera encore plus facilement atteignable par les porteurs d’initiatives, car tout habitant à Grenoble, de plus de 16 ans pourra voter. Ne cachant pas son a priori positif devant l’innovation grenobloise, Loïc Blondiaux émet toutefois deux réserves : « A-t-elle été parfaitement verrouillé juridiquement ? ». Il semblerait que oui, mais la mise en œuvre le confirmera. Sa seconde crainte porte sur la mobilisation : «Dans un contexte d’absentéisme fort, le risque serait qu’au final, il n’y ait qu’une trop faible participation et que les 20 000 voix ne soient pas atteints. Il faudra veiller à organiser le débat ! ». Pour Pascal Clouaire, rien est écrit à l’avance : « Mais les gens ont plutôt tendance à s’informer et à se mobiliser, quand ils voient que cela sert à quelque chose ! ». Par ailleurs, une seule journée par an sera consacrée au vote de tous les sujets de votation de l’année, ainsi qu’au choix des projets du budget participatif – de sorte à concentrer la mobilisation citoyenne.

« On va recueillir des propositions et aussi des problèmes ! »

Il n’est pas non plus à exclure que des mesures validées par le suffrage populaire, soient en contradiction avec le projet écologique plutôt tourné vers la sobriété de l’actuelle majorité grenobloise. Le comble étant que ces propositions entérinées par la votation, pèseront dans les finances, par ailleurs en piteux état de la Ville… La municipalité a anticipé l’épineuse question du financement des initiatives qui vont lui être soumises. « Si par exemple l’objet de la pétition ayant recueilli 2000 signatures est de “mettre partout des caméras de vidéosurveillance”. Cela aurait un coût ! Et ce n’est évidemment pas une mesure que soutient notre majorité ! Le financement de cette opération serait mis au débat durant la période précédant la votation. Notre majorité se prononcerait aussi sur la manière dont pourrait être financée cette mesure. Les Grenoblois voteront ainsi en connaissance de cause…». L’équipe d’Eric Piolle préfère miser sur « l’intelligence collective ». « Seule la démocratie peut défaire ce que la démocratie a faite », lance sentencieusement Pascal Clouaire. Si nous voulons donner du pouvoir d’agir aux habitants, il faut que nous sortions de notre zone de confort. Donc on va recueillir des propositions et aussi des problèmes. »

Les règles du jeu pourront évoluer…

Cyril Lage, créateur de Parlement & Citoyens et co-fondateur de Démocratie Ouverte se dit naturellement partisan de ce type de dispositif. Ce qui ne l’empêche pas d’en percevoir déjà les travers : « Les groupes d’intérêts extrêmement bien structurés vont instrumentaliser ce droit. Cela peut être la porte ouverte à faire passer tout ce qu’on veut. » Rompu aux systèmes de démocratie participative, il détecte une autre faille plus problématique pour la cohésion sociale : « Etant donné que l’objet de la pétition, de fait, n’évoluera pas jusqu’à la votation, on ne sera pas dans la co-construction, mais plutôt dans le clivage. Les gens feront bloc contre bloc …» Aucun outil de démocratie participative n’est parfait. « L’équipe municipale ne s’interdira pas de faire évoluer les règles du jeu, si cela s’avérait nécessaire », lâchait Pascal Clouaire, lors de la conférence de presse.

Par Séverine Cattiaux (25/01/2016)

A lire dans La gazette des communes

 

 

Source : http://www.bonnes-nouvelles.be

 

 

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 21:05

 

 

 

Auvergne > Moulins 26/01/16 - 08h09
Il réhabilite des vieux PC qu'il offre à des familles démunies

 

 

Julien Sennepin, président de l’association, (à gauche), et Shaip Xhuka, bénévole, à droite, redonnent vie à des ordinateurs donnés à 1pas vers l’informatique.? - photo : françois-xavier gutton

Julien Sennepin, président de l’association, (à gauche), et Shaip Xhuka, bénévole, à droite, redonnent vie à des ordinateurs donnés à 1pas vers l’informatique.? - photo : françois-xavier gutton

 

Depuis 6 mois le Moulinois Julien Sennepin et son association "1er pas vers l’informatique" réhabilite des ordinateurs d’occasion pour les offrir aux gens dans le besoin. Il propose également d’autres prestations informatiques, à bas prix, pour gérer l’association.

 

Donner une seconde vie à des ordinateurs défectueux et les offrir aux ménages les plus modestes. Un pari risqué dans lequel s'est lancé depuis quelques mois Julien Sennepin.

« Je trouvais dommage de gaspiller du matériel encore en état
de fonctionner »

Cette initiative inédite dans l'agglomération moulinoise lui est venue de son expérience personnelle.

« Il y a dix ans, je n'avais pas les moyens de me procurer un ordinateur. C'est un de mes voisins qui m'a aidé à en acquérir un gratuitement, par le biais de son réseau d'amis. »

Un don généreux qui l'a incité à créer sa propre association, 1 er pas vers l'informatique. Son objectif : recycler du matériel informatique (PC, imprimantes, etc.) et l'offrir aux plus démunis.

Mais difficile de se lancer quand on n'a pas les bases en informatique. Employé de libre-service, c'est son frère informaticien qui l'a formé pour la bonne cause.

« Je trouvais dommage de gaspiller du matériel de bonne qualité et encore en état de fonctionner, explique le Moulinois. Surtout quand cela peut profiter à des étudiants ou des familles sans le sou. »

Bénéficiaires du RSA, allocataires de la CAF ou touchant moins de 900 € par mois peuvent jouir de ces dons. Mais également des associations ou encore des écoles possédant très peu de budget.

« En général c'est un échange de service. Nous, on leur offre un ordinateur et eux reviennent pour imprimer des documents, des affiches. C'est un échange de bons procédés. Et d'une manière ou d'une autre on s'y retrouve. »

 

Une centaine d'ordinateurs en quelques mois

 

En l'espace de quelques mois, une centaine d'ordinateurs sont passés sous ses mains. Des PC glanés à droite à gauche, auprès du conseil départemental, des lycées et des collèges du département.

« On essaye également de démarcher des structures sur Clermont, pour étendre notre rayon d'action. »

Mais tout ceci à un coût. Et pour financer les locaux, l'association propose également des services de qualité à prix attractifs

Réparation, installation de système d'exploitation, impression de document, sans oublier la vente d'ordinateurs et d'éléments informatiques. Autant de prestations qui permettent à l'association de s'autofinancer.

« Nous assurons la qualité des produits de nos fournisseurs. S'il y a un souci, nous changeons tous de suite les composants défectueux ou nous remboursons le client. »

Modeste, mais pas moins ambitieuse, l'association tente également de diversifier son activité. Et cherche à tout prix à démarcher des entreprises locales pour concevoir des ordinateurs sur mesure, aux demandes des clients. Mais encore faut-il être connu.

« Nous envisageons de développer cette filière. Et recruter un bénévole pour démarcher les entreprises. Nous sommes déjà en contact avec la sécurité sociale qui, avec l'incendie qu'elle a subi cet été, doit restaurer son parc informatique. »

Pratique. Association 1er pas vers l'informatique, 23 rue de l'Oiseau 03 000 Moulins. Ouvert du lundi au samedi, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures. Contact : 09.84.56.95.96

Laura Bazin

 

 

 

 

 

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 18:20

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

 

Sur le terrain
Le champ de bataille de Notre-Dame-des-Landes est aussi numérique

 

 

 

 

 

Le numérique et les réseaux sociaux s’imposent comme un front parallèle dans le conflit lié à Notre-Dame-des-Landes et au projet d’aéroport du Grand-Ouest près de Nantes. Un terrain de combat où les luttes d’influence entre gendarmes, journalistes et occupants s’intensifient.

 

Dans le monde physique, les grandes manœuvres ont commencé. Alors que la justice a finalement tranché lundi 25 janvier, autorisant l’expulsion de onze familles et de quatre exploitants agricoles vivant encore sur la ZAD (zone d’aménagement différée, en langage officiel) de Notre-Dame-des-Landes. Le premier ministre Manuel Valls livrant dès le lendemain l’échéance de « l’automne » pour un « rendez-vous », où « toutes les mesures devront être prises pour donner une avancée décisive ».

En attendant, chacun semble désormais épier la tweetline de l’autre. En particulier lors des escarmouches, des poussées de fièvre générées par les aléas de l’agenda propre à ce dossier serpent de mer. Chaque parti guettant le moindre faux pas, immédiatement assorti de mesures de représailles. Ce phénomène fut flagrant lorsqu’un juge venu notifier trois expulsions exigées par le projet d’aéroport nantais se heurta à une foule de zadistes déterminés, le 22 septembre 2015.

 

Zadistes à l'action

Zadistes à l’action - Nicolas Mollé/Rue89
 

Des zadistes fréquemment équipés de talkies-walkies leur permettant de s’extraire du radar des télécoms. Dans un contexte de pression médiatique forte, avec plusieurs caméras et micros sur le terrain. Et lorsque la radio France Bleu Loire Océan publia un tweet affirmant que les zadistes avaient jeté des fumigènes alors que les projectiles émanaient de gendarmes mobiles, des individus crevèrent des pneus dans la foulée, ceux de la voiture siglée France Bleu et celle de France 3.

 

Une mesure de rétorsion  ? « Absolument pas », répond un insurgé présent ce jour-là.

« C’était juste très bien synchronisé car notre mode d’intervention est de mieux en mieux rodé. C’est normal qu’il y ait une communication interne sur 2 000 hectares [superficie totale de la zone à défendre (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, la partie réellement contrôlée et gérée collectivement par les squatteurs se bornant à 200 hectares, ndlr]. Car on vit dans ce monde.

Et si la technologie est utilisée contre nous, c’est logique qu’on sache s’en servir pour se défendre. Si on ne le faisait pas dans des moments comme la venue du juge, on se ferait écraser. »

« Automédias »

Dans l’autre dimension, numérique, la ZAD dispose d’ailleurs aussi de relais éprouvés. D’abord le canal historique, celui de ZAD.nadir.org, avec son compte Twitter associé @ZAD_NDDL. Un site web qu’un autre zadiste rencontré sur place craint de se voir tôt ou tard mis en danger par la loi renseignement. Plus officieux, d’autres médias comme Indymedia ou Lundi.am, prompts à s’inscrire dans la contre-offensive face à leurs homologues « mainstream » s’avèrent de subtils alliés de la cause zadiste.

 

La bibliothèque d'un zadiste

La bibliothèque d’un zadiste - Nicolas Mollé/Rue89
 

D’autant que la communauté reproche une collaboration parfois un peu trop poussée avec la police à certains médias locaux. Ou nationaux, quand l’usage de caméras cachées et le floutage sont peu en phase avec ses propres exigences existentielles. « Combinée au Web, la vérité est une arme puissante, Internet est un moyen de connecter entre elles des réalités décentralisées », s’enflamme le zadiste témoin de la venue du juge.

« Ils disent que je suis radical. Moi, je préfère me considérer comme informé. Etre informé t’amène à devenir radical selon leurs critères. Il peut m’arriver de passer dix heures sur Internet puis de ne plus y toucher parce que j’ai envie de faire autre chose. Je peux aussi très bien bouquiner toute une journée. »

La résistance à Notre-Dames-des-Landes a même engendré ses propres « automédias », dont la définition a été fixée dès 2011. « Cela peut être tout le monde ici, 200 personnes », poursuit l’occupant.

« Des gens qui ont envie de créer du contenu, des textes, des slogans, des images mais qui n’utilisent pas les médias traditionnels pour les propager. »

Sans oublier les grappes de comptes Twitter personnels, vigilants et réactifs, qui gravitent autour du noyau virtuel de la ZAD.

 

Ordis recyclés

« Même si certains mouvements de militants adoptent une grande distance vis-à-vis du numérique, les marges, d’où les nouvelles idées ont tendance à émerger, sont toujours mieux à même d’en saisir les enjeux que le cœur du réacteur public », constatait, quelques jours seulement après la venue du juge, Laure Belot à Bouvron, à quelques pixels de Google Maps seulement de la ZAD.

« Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si je suis ici », remarquait l’auteure de « La Déconnexion des élites » (éd. Les Arènes, 2015), invitée à donner une conférence par le conseil de développement de Loire-Atlantique.

« Pour conserver le pouvoir, les élites utilisent la com’. Ou le contrôle, à travers la volonté de surveiller les gens. Mais le lien entre les gens est en train de changer. »

 

Zadnews

Zadnews - Nicolas Mollé/Rue89
 

Les modes de vie évoluent tout aussi radicalement. Mais habiter des cabanes n’empêche pas d’avoir des clefs USB plein les poches ni d’aller recharger son ordinateur portable dans certains points stratégiques, où les murs sont « en dur ». Des endroits où s’empilent des carcasses d’unités centrales plus ou moins désossées, ateliers où plusieurs postes permettent l’accès libre à Internet.

« Vivre entre quatre murs, c’est mieux pour faire durer le matériel », explique notre zadiste féru d’informatique.

« Cela permet aussi de sortir de ce concept d’obsolescence programmée qui détruit actuellement la planète et constitue un des plus puissants moteurs du capitalisme. L’idée, c’est de redonner vie à des objets abandonnés dans des poubelles derrière des magasins informatiques ou électroniques.

Quelquefois, des machines sont jetées simplement parce qu’il y a une rayure dessus. Il y a aussi de grandes entreprises qui donnent leur matériel à des associations lorsqu’elles renouvellent leur parc, il suffit de faire une demande. »

Les nouveaux outils des autorités

Bien avant l’état d’urgence, les pouvoirs publics ont de toute façon commencé à prendre très au sérieux l’activisme en ligne. Le compte Twitter de la police nationale 44 est par ailleurs le premier du genre en nombre d’abonnés, tandis que la gendarmerie de Loire-Atlantique poste depuis plusieurs mois des messages sur sa page Facebook.

Les forces de l’ordre se préparent aussi à franchir un palier supplémentaire avec le dispositif Neogend, actuellement expérimenté dans le Nord mais destiné à être déployé dans toute la France en 2017. Gendarmes et policiers intervenant sur le terrain bénéficieront de smartphones et tablettes sécurisés qui leur permettront d’accéder de manière fluide à de nombreux fichiers.

 

Zadistes à l'action

Zadistes à l’action - Nicolas Mollé/Rue89
 

Autre innovation qui risque de donner des sueurs froides aux insurgés du bocage  : les unités d’intervention pourront désormais être toutes géolocalisées selon un battement de 30 secondes. De quoi faciliter la tâche des états-majors qui pourront les faire converger plus facilement sur leurs objectifs

Déconnecter la ZAD ?

Cette prise de conscience, globale, de l’importance d’occuper le terrain numérique, date probablement des premières vagues d’expulsions en octobre 2012. « C’est à ce moment que notre site web a le mieux révélé son utilité », explique notre interlocuteur de la ZAD.

« Grâce à lui mais aussi aux listes d’e-mails, aux réseaux sociaux, au téléphone bien sûr, une foule importante a commencé à se mobiliser. L’été d’avant, nous étions une trentaine de personnes sur place. Du jour au lendemain, quand le processus d’expulsion a commencé, nous nous sommes retrouvés dix fois plus, 200 à 300, puis 1 000, 2 000 personnes. »

 

Les clowns de la ZAD en action

Les clowns de la ZAD en action - Nicolas Mollé/Rue89
 

Tout récemment, les organisateurs de la dernière mobilisation de masse, sur le Pont de Cheviré près de Nantes le 9 janvier, ont annoncé jusqu’à 20 000 manifestants. Un rassemblement largement structuré et préparé en amont via le Web.

Le pouvoir sait donc que s’il veut définitivement couper l’herbe sous le pied au mouvement d’opposition à l’aéroport, il devra d’abord le déconnecter. Et que ce ne sera pas tâche aisée.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 18:03

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

 

« Les pouvoirs de surveillance sont comme du chocolat pour le renseignement »

 

 

 

 

L’Américain Christopher Soghoian, chercheur en sécurité informatique, invite les utilisateurs à protéger eux-mêmes leur vie privée, face aux entreprises et aux gouvernements.

 

Il est l’une des voix les plus audibles en matière de défense de la vie privée. Ce qui a le don de prodigieusement agacer les autorités de son pays... L’Américain Christopher Soghoian, chercheur en sécurité informatique et spécialiste des questions de surveillance, se décrit comme quelqu’un qui débusque ce que les gouvernements veulent taire. Pour, ensuite, porter ces secrets sur la place publique.

Depuis 2012, il mène ses enquêtes au sein de l’une des plus prestigieuses associations de défense des libertés au monde, l’American Civil Liberties Union (ACLU). « Mon patron est l’avocat d’Edward Snowden », glisse-t-il fièrement lors de notre rencontre au Forum international de la cybersécurité, à Lille.

 
 

Chiffrement, maman, services de renseignement et secrets en pagaille... Il nous explique ici son travail, et les grands enjeux qui se présentent aujourd’hui, à un monde toujours sous surveillance.

 

Rue89 : En quoi consiste votre boulot ?

Christopher Soghoian : Mon boulot consiste à trouver les secrets des gouvernements ; j’essaie de comprendre comment ils espionnent pour ensuite le faire savoir au grand public. Ma chance, c’est de pouvoir expliquer des choses très complexes avec des termes plus faciles à comprendre.

Après un doctorat sur la manière dont les entreprises collaborent à la surveillance d’Etat, je suis rentré à l’ACLU, où je travaille avec des avocats pour les aider à constituer des plaintes solides.

Normalement, quand tu décroches ton doctorat, tu deviens un expert mondial d’un sujet très, très précis, qui est le plus souvent ennuyeux. J’ai beaucoup de chance, parce que le sujet pénible que j’ai choisi intéresse en fait pas mal de gens !

Donc votre boulot est d’énerver le FBI ?

Pas les énerver, non ! Les énerver est un effet secondaire. Le but est de ne pas les énerver, mais de savoir ce qu’ils font.

D’accord. Comment vous faites alors pour le savoir ?

Il est très difficile de garder quelque chose caché en 2016 : il y a un petit bout ici, un petit bout là... Je commence par comprendre des rapports déjà publics. J’ai aussi recours aux requêtes FOIA [voir encadré, ndlr].

C’est quoi le FOIA ?

Le FOIA, ou Freedom of Information Act, est un texte de loi américain qui autorise n'importe qui à demander des documents à l'administration américaine. Dont font évidemment partie les agences de renseignement : FBI, NSA et toutes leurs copines.

Néanmoins, cette transparence est limitée, notamment quand les requêtes portent sur le secret défense...

Et puis, comme un journaliste, j’ai un carnet d’adresses. Je m’entends bien avec certaines personnes qui, après trois-quatre verres, commencent à dire des choses qu’elles n’auraient peut-être pas dites autrement... Et puis, beaucoup d’entre elles ont aussi mauvaise conscience.

Après les révélations de Snowden, voyez-vous un changement dans la façon dont les gens appréhendent leur vie privée ? Ils s’en soucient ou ils s’en fichent, selon vous ?

Dire qu’ils s’en fichent n’est probablement pas la meilleure manière de présenter les choses. Je pense simplement que beaucoup de personnes ignorent ce qui se passe.

Beaucoup de gens ont une vie très chargée, surtout dans cette situation économique : certains ont deux voire trois jobs et ont donc d’autres priorités. Nourrir leur famille, leurs enfants, avoir un meilleur boulot... Ils n’ont pas le temps de consacrer douze heures à la façon dont on surveille sur Internet !

Et par ailleurs, ce n’est pas si facile de saisir tout ça. Il y a eu tant de révélations Snowden ces trois dernières années, qu’elles forment une image un peu floue dans l’esprit de la plupart des gens. S’ils ont entendu parler de Snowden, ils savent qu’il a révélé quelque chose sur la surveillance, mais les détails spécifiques, ils les ignorent.

Donc je pense qu’à long terme oui, il y a eu une petite prise de conscience sur l’espionnage, mais pas sur ses modalités précises.

En revanche, la communauté qui bosse sur ces sujets technologiques s’est énormément renseignée sur la question. Or l’un de ses principaux enseignements est que l’espionnage gouvernemental a été en grande partie rendu possible parce que la sécurité n’était pas très bonne. Les entreprises ont été fainéantes. Elles n’ont pas chiffré leurs données quand elles le pouvaient. Elles ont utilisé de vieilles versions de logiciels quand elles pouvaient en avoir de nouvelles, plus sécurisées.

On s’est rendu compte de l’état de la sécurité au sein de ces sociétés un peu comme si on avait fait un tour dans la cuisine de son resto favori, pour s’apercevoir que c’était pas super propre !

Par ailleurs, il y avait aussi une forme de honte personnelle dans les équipes. Ils voulaient réparer ce qui avait foiré.

Donc pour moi, voilà le plus gros impact des affaires Snowden : les grosses boîtes dont tout le monde utilise les services ont été forcées à davantage de sécurité.

Christopher Soghoian, en 2013 à Hambourg

Christopher Soghoian, en 2013 à Hambourg - Tobias Klenze/Wikimedia Commons/CC
 

Donc quand Google, Facebook et Yahoo affirment, par exemple après l’affaire Prism, qu’ils n’ont pas aidé la NSA à surveiller tout le monde, vous les croyez ?

Techniquement, c’est vrai : ils ont aidé le FBI, qui a ensuite donné les infos à la NSA. Ils n’ont jamais nié cela.

L’affaire Prism n’était pas super : c’est l’une des premières histoires à sortir, avec des documents qui contiennent tous les noms de ces grandes entreprises... Mais la manière dont cela a été raconté dans la presse n’a pas été totalement exacte au départ. 

Du fait de ces quelques erreurs, les entreprises ont pu nier avec franchise. Le gouvernement aussi ! Et ce, même si 77 % de l’histoire était juste !

Il y a six ans, le FISA Act a autorisé le gouvernement à demander aux entreprises américaines des informations sur des citoyens non américains. Cette loi était très claire. Ce n’était pas une surprise pour les juristes.

Quand l’affaire est sortie, les deux dénis des entreprises étaient les suivants : un, nous ne partageons pas les données avec la NSA – ce qui est vrai, vu qu’ils les refilaient au FBI. La distinction est stupide mais ça leur a permis de nier. Deux, nous ne donnons pas tout.

L’idée qu’il n’y avait pas un accès direct aux données ?

Oui, l’idée qu’ils n’ont filé que des données précises, sur quelques centaines de milliers de comptes. C’est beaucoup, mais de leur point de vue, ils peuvent dire que ça reste peu par rapport aux millions de comptes enregistrés.

Donc l’histoire Prism est vraiment compliquée, parce que chaque côté pouvait dire ce qu’il voulait et que c’était trop embrouillé pour une personne moins impliquée de saisir la vérité.

Que répondez-vous aux personnes qui affirment ne rien avoir à cacher ? Et qui disent être très contentes des services offerts par Facebook, Twitter et compagnie ?

Déjà, ces services sont avant tout publics. Ensuite, tout le monde a des secrets.

Par exemple : combien d’argent gagnez-vous ? Quels médicaments prenez-vous ? Avec qui avez-vous couché ? Et puis, pourquoi portez-vous des vêtements ? Je veux dire, ce n’est pas simplement parce qu’il fait froid... Même chose avec les rideaux : si vous n’avez rien à cacher, baladez-vous à poil devant vos fenêtres ! Bon, certains le font... mais pas tout le monde ! Nous avons tous des choses à cacher.

Après, je pense que c’est faux de dire que si on utilise Facebook, alors on abandonne toute vie privée. On peut au contraire s’en soucier, par exemple en choisissant ce qu’on partage sur le site. Ou en faisant le choix de ne croire que certaines entreprises : le simple fait de faire confiance à une société ne veut pas dire que tout le monde a le droit de mettre son nez dans vos affaires !

Quand vous allez voir votre médecin, pour une démangeaison ou je ne sais quoi, vous confiez à quelqu’un d’autre quelque chose de privé. Vous comptez sur lui pour qu’il le garde secret.

Donc on devrait pouvoir attendre la même chose de Google et Facebook ?

Oui. Après, ces sociétés peuvent respecter ou non la vie privée – c’est une autre histoire – mais cette exigence ne me paraît pas déraisonnable.

Et vous pensez que les gens sont prêts à changer leurs habitudes sur Internet, à apprendre à protéger leurs communications, par exemple en chiffrant leurs e-mails ?

Non. Mais c’est surtout parce que la plupart des gens sont occupés. Combien de personnes changent leurs habitudes alimentaires pour être en meilleure santé ? Combien vont aller faire du sport alors même qu’on sait que l’exercice nous procurera certainement une vie plus saine et plus longue ?

Les recherches en sciences sociales nous ont appris que la plupart des personnes ne bousculent pas leurs habitudes. Donc si on veut avoir une meilleure sécurité, attendre que les gens changent n’est pas la solution. Les technologies que nous utilisons, en revanche, devraient être plus sécurisées.

Par exemple, aujourd’hui, des services comme WhatsApp utilisent un chiffrement résistant. Et vous n’avez pas à l’activer : la sécurité est déjà là !

Donc les utilisateurs n’ont pas à configurer, à apprendre comment se faire une clé PGP...

Oui, PGP, c’est beaucoup trop de boulot ! Si on reste réaliste, je doute qu’une majorité de personnes chiffrera ses mails dans le futur.

Le problème, c’est qu’aujourd’hui des agences de renseignement, des représentants des forces de l’ordre, des politiciens du monde entier s’en prennent à ces mêmes applications chiffrées, affirmant qu’elles les empêchent d’attraper les « méchants » !

Ces personnes sont hypocrites : elles sont les premières à utiliser le chiffrement !

Oui, mais eux se présentent comme les « gentils » !

Oui, c’est chiffrement pour nous, mais pas pour vous ! Tous les Etats utilisent le chiffrement, pour que leurs voisins n’entendent pas ce qu’ils disent.

Vous savez, quand vous demandez aux gens s’ils devraient être capables d’appeler leur médecin, leur psychiatre, ou leur prêtre en toute discrétion, ils répondent : « Oui, bien sûr ! » Un individu lambda est favorable à cela ! Bien sûr, on est tous d’accord pour dire que les méchants ne devraient pas avoir ces outils... Mais quand vous téléchargez une application, elle ne peut pas vous demander : « Hey, êtes-vous sûr de ne pas être un criminel ? »

La question est donc la suivante : voulons-nous, en tant que société, que ces outils demeurent disponibles pour tous ? Et je pense que de manière générale, la réponse positive est plus bénéfique.

Mais y a-t-il un moyen de contenter tout le monde : chiffrer les communications de chacun, tout en donnant, quand c’est nécessaire, justifié, et de façon très encadrée, un accès aux informations de criminels ?

Quel est le niveau de compétence technologique de la police française ?

En France ? Ça dépend, il y a beaucoup de services...

Donc la police française n’est pas unanimement reconnue pour sa compétence technologique. Et malgré tout, vous placeriez votre confiance dans cette police en lui donnant les clés permettant de déchiffrer vos communications ?

Donc il n’y pas de solution ?

Il n’y a aucun moyen de concevoir un outil de communication offrant un accès uniquement aux gentils.

Est-ce si difficile de casser le chiffrement aujourd’hui ? Parce que c’est l’un des arguments des forces de l’ordre : par exemple, certains disent que le chiffrement de Daech est trop puissant et ne peut être cassé.

Ça peut l’être oui. Mais bon, il n’est jamais impossible pour eux d’obtenir ce qu’ils veulent. La DGSE a des outils pour pirater des téléphones, même s’ils sont chiffrés.

Vous savez que la France a été touchée par des attentats terroristes cette année. Le gouvernement y répond en adoptant des lois qui renforcent les outils technologiques de surveillance...

En novembre, lors de la deuxième attaque, vous aviez déjà renforcé la surveillance, non ? Donc le problème vient-il de là ou du fait qu’ils ont échoué à connecter les indices à leur disposition ?

L’une des réponses apportée a été que la loi sur le renseignement n’était pas appliquée à ce moment là...

Mais les Belges savaient, non ? Le problème est peut-être dans le manque de coordination.

Oui, et vous n’êtes pas le seul à le dire. Mais pourquoi alors les gouvernements, ici, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, répondent toujours au terrorisme en renforçant ces outils de surveillance technologiques ?

Chaque attaque terroriste est une opportunité pour les services de renseignement d’obtenir ce qu’ils veulent. Si vous demandez à un enfant s’il veut plus de chocolat, sa réponse sera toujours « oui » ! Les pouvoirs de surveillance sont comme du chocolat pour les agences de renseignement. Elles en veulent toujours plus, même si ce n’est pas efficace.

Vu que le terrorisme n’est pas prêt de disparaître, ça veut dire que le monde est de toute façon voué à être de plus en plus massivement surveillé ?

Ce que les Américains, les Anglais, les Français ont créé, c’est une société où les gouvernements peuvent scruter ce que vous faites, le tout alimenté par la peur du terrorisme. De quel type de société s’agit-il ?

Mais existe-t-il un moyen pour en sortir ?

Oui : le chiffrement ! Si les Etats échouent à protéger les droits de leurs citoyens, la seule chose qui demeure possible, c’est qu’eux-mêmes se protègent.

Oui, mais je ne suis pas sûre que ma mère, par exemple, voudra chiffrer toutes ses communications...

Est-ce que votre mère a un iPhone ? Est-ce que vous utilisez FaceTime de temps en temps ? Si c’est le cas, utilisez FaceTime pour des discussions un peu sensibles !

Mais Apple ne peut pas y accéder ?

Apple ne peut pas casser FaceTime. C’est du chiffrement de bout en bout.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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