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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 12:35

 

Source : http://rmc.bfmtv.com

 

 

Macron et "la meilleure façon de se payer un costard": des propos "outrageants" et "méprisants"

 

 

 

 

Bourdin Direct est une émission d’information dans laquelle interviennent en direct les acteurs de l’actualité.
 
 
 
 
 
 
 
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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 16:07

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Témoignages Service public ?

Comment la Banque Postale pousse, par tous les moyens, ses clients vers le crédit à la consommation

par

 

 

 

La Banque postale se proclame « banque citoyenne » et assure des missions de service public. En théorie. Un journaliste du journal grenoblois Le Postillon a assisté à un séminaire interne, destiné aux salariés de La Poste en Isère. Entre slogans managériaux absurdes et remises de prix aux commerciaux « 100% performants », les directeurs locaux expliquent aux « chargés de clientèle » comment « se gaver » en aiguillant leurs clients vers des systèmes d’endettement continu. Ce n’est pas l’intérêt du client, ou de l’usager, qui compte, mais les taux que pourra engranger la banque. Récit.

Les normes Vigipirate, l’état d’urgence, ce n’est plus ce que c’était. On a beau nous bassiner toute la journée avec ça, ces dispositifs sont, en plus d’être anxiogènes et liberticides, complètement inefficaces. L’autre jour, le 7 janvier, soit un an jour pour jour après la tuerie de Charlie Hebdo, je me suis facilement incrusté à un pince-fesses organisé à Alpexpo, le grand centre de congrès de Grenoble, qui était censé être « 100 % sécurisé » comme ils disent. La Banque Postale, organisatrice de l’événement, avait invité les centaines de ses conseillers isérois en les pressant « en raison des normes Vigipirate » de se munir de « l’invitation » et « d’une pièce d’identité », « éléments obligatoires pour l’entrée ». Je n’étais pas invité, et pourtant j’ai pu rentrer sans peine, sans même être fouillé. Bon en même temps, faudrait quand même que des terroristes aient un sérieux pète au casque pour aller se faire sauter dans un séminaire de la Banque Postale.

C’est que ce genre de moments est autrement plus chiant qu’un concert des Eagles of Death Metal. Comme la Poste aime bien la novlangue — savez-vous qu’il ne faut plus dire « guichetiers » mais « chargés de clientèle », par exemple ? — elle a baptisé cette sauterie annuelle le PACS, pour Plan d’action commercial et social. Au programme, un bilan financier de l’année écoulée, les objectifs pour l’année suivante et la remise des prix pour les vendeurs les plus méritants. Que du kiff en perspective. Avant que ça commence, il me faut passer l’épreuve des petits fours, assez délicate pour moi qui n’ai rien à foutre là mais dont la tête est connue par quelques-uns des salariés présents. Alors je joue à cache-cache un moment et puis vais m’enfermer dans les toilettes pendant quinze minutes. Je m’en échappe en entendant le gros des troupes rejoindre la salle de conférences.

 

L’art et la manière de pomper du fric

Au niveau ambiance, on assiste à un subtil mélange entre le Club Med et une conférence de presse du ministère du Travail sur les chiffres de chômage. C’est-à-dire qu’on a à la fois une musique de merde entraînante boostée à plein volume et des vidéos déplorant que les objectifs fixés par la direction n’ont pas été atteints. Le résultat est assez pénible pour les oreilles comme pour les yeux. D’autant que la Banque Postale a visiblement décidé de faire des économies en experts en communication pour se contenter de rajouter 100 % devant tous les mots qui passent. On a déjà vu que cette réunion devait être « 100 % sécurisée » ; tout au long de l’après-midi on apprendra qu’à La Poste, ils sont « 100 % innovants », « 100 % multicanal », « 100 % réussite », « 100 % résultats », « 100 % courrier-colis », etc. Et avant tout, « 100 % clients », la formule qui apparaît sur presque tous les documents projetés et qui sera maintes fois répétée par les intervenants : « Pour relever les défis qui nous attendent, il faut qu’on soit orienté dans une stratégie 100 % clients ».

Qu’est-ce que ça veut dire ? Pas grand chose, comme toujours avec la novlangue. J’ai quand même pu noter que leur obsession pour les « clients » ne s’attardait pas sur leur bonheur, ni sur leur intérêt. L’objectif est évidemment plus prosaïque : comment leur pomper le plus de fric. La Banque Postale a beau se targuer de « créer de la valeur en conservant des valeurs », elle a beau avoir à son crédit « d’accueillir tout le monde, même les plus fragiles » — ce qui est une de ses missions de service public — elle n’en reste pas moins une banque, c’est-à-dire une institution qui cherche avant tout à faire de l’argent par tous les moyens. Épargne, assurances, prévoyance, crédit à la consommation : tous les coups sont permis afin de « transformer un pépin en pépite », comme le dit Patrice Bouchard, le directeur du centre financier de Grenoble. Même les « jeunes » font partie des « cibles prioritaires » : « Quand on rencontre un client qui a des enfants de plus de 12 ans, il faut demander le numéro de téléphone et l’adresse mail de leurs enfants », assène le directeur commercial Hugo Bajic. Il n’y a pas d’âge pour se faire entuber.

 

Crédit à la consommation : « Vous allez vous gaver »

Je connais mal le milieu de la banque et peut-être sont-ils tous comme ça. En tous cas, Julien Tétû est une de ces personnalités dont l’écoute suscite immédiatement la répulsion. Et ça fait du bien : on a beau avoir des convictions, il faut quand même les conforter de temps en temps. C’est que le « président du directoire de La Banque Postale financement » atteint un haut niveau de dégueulasserie : il y en a qui sont abjects en amateur, lui fait preuve d’un impeccable professionnalisme. Son truc, c’est le crédit à la consommation, et s’il est là aujourd’hui c’est pour que les salariés isérois de la Banque Postale convainquent un maximum de clients de tomber dans cet attrape-nigaud. Alors il s’agite devant des graphiques, en déplorant qu’il y ait seulement 10 000 clients aujourd’hui, et en fixant l’objectif pour 2020 : « 17 000 clients. Il nous en reste 7 000 à aller chercher. Ça va être du bonheur », assure-t-il sans rire. Et enchaîne : « En Isère il y a 60 000 clients éligibles sur le crédit renouvelable : vous allez vous gaver ».

Le crédit renouvelable, avec sa carte de crédit associée, est la nouvelle obsession de La Banque Postale. Ce crédit permanent permet aux clients qui ont souscrit à l’offre de faire leurs dépenses à crédit sans devoir revoir un conseiller, ce qui entraîne généralement dans un cercle vicieux d’endettement continu. Autrement dit, c’est très juteux, d’autant que les taux d’intérêts sont à deux chiffres. En 2009, le PDG de la Poste s’était engagé devant la commission des affaires économiques à « ne pas proposer de crédit renouvelable afin de ne pas pousser à l’endettement ».

 

« Emprunter, emprunter le plus possible »

Depuis 2012, la supposée « banque citoyenne », comme le disent les plaquettes de communication, a pourtant mis en place ce système et presse ses salariés de « s’assurer du succès de sa commercialisation ». De quoi faire jouir Julien Tétû, qui exulte à la tribune : « Il y a 21 milliards d’euros chez les clients à aller chercher. (…) Voila la troisième raison pour laquelle on va s’éclater en 2016. Le meilleur conseil que vous pouvez donner à vos clients c’est d’emprunter, et d’emprunter le plus possible ». Emprunter pour quoi ? Pour faire grossir le chiffre d’affaires de la Banque Postale, enfin.

L’entubage des gens est un sport à part entière, qui requiert donc un minimum de technique. Julien Tétû explique : « Il faut toujours aller chercher plus haut que ce que son client demande. S’il demande 8 000 euros pour une voiture, elle coûte sûrement 10 000 alors faites lui emprunter 10 000... et puis faites rajouter un toit ouvrant, et puis la peinture métallisée, et puis l’accroche caravane, et puis la caravane. (...) ». Et ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que « la clef d’un crédit à la consommation, c’est qu’un client qui y a goûté, il y retourne toujours (…). Vous l’aurez compris, au moment où notre groupe vit un moment majeur, il faut faire en sorte que l’Isère fasse un carton sur les crédits à la consommation. Je compte sur vous et toute La Poste compte sur vous. ». We need you !, pour mettre les gens dans la merde.

 

Mise en compétition maximum

Le suspense étant insoutenable, je ne vais pas traîner plus longtemps avant de vous donner les résultats de « notre cérémonie des Oscars à nous », comme dirait Martin Hagenbourger, le directeur départemental de la Banque Postale. Sachez donc, qu’au niveau du « pilier 4 », c’est-à-dire les ventes bancaires réalisées directement au guichet, ce sont les bureaux de Morestel et de la Mure « qui ont réellement surperformé », ce qui permet à l’Isère d’avoir la « troisième meilleure performance au national ». Les deux directeurs d’agence repartent eux de la tribune avec un « bon de deux cents euros pour fêter ça avec leurs équipes ». Joie.

En ce qui concerne le « Challenge La Poste Mobile », consistant à vendre le plus d’abonnements à la marque de téléphonie de La Poste, c’est le bureau du Dauphiné qui a « réellement surperformé ». Youpi ! Je vous passerai le nom des gagnants des « challenge défi conseillers », « challenge défi managers », « challenge défi mandats de gestion », celui qui a vendu le plus d’assurances-vie, celui qui a fait le plus de crédits-conso, etc. À la Poste, comme dans toutes les grandes boîtes aujourd’hui, le néo-management impose de mettre tout le monde en concurrence : les bureaux entre eux, les salariés aussi. Des indicateurs sont mis en place avec un système de points : un conseiller bancaire qui aide un client à résoudre un problème n’a aucun point, alors que celui qui lui a fait prendre une assurance en a quatre. Seule la rapacité est bénéfique !

 

Adieu service public

Peu importe si vous êtes un gros connard, l’important c’est que vous soyez premier : l’esprit sportif gangrène aussi le monde de l’entreprise. Des salariés de la Banque Postale peuvent ainsi recevoir des mails comme ça : « Saint-Egrève réalise la meilleure performance en déposés arrêtés à ce mercredi soir mais la course n’est pas finie et Pontcharra a le potentiel pour reprendre la tête » ou « C’est Karine XXXX (de Pont-de-Chéruy) qui mène le bal avec 120 points au compteur (bravo !!!) suivie par Jérémy XXX et ses 90 points. Il vous reste encore la fin d’après-midi pour atteindre le Graal minimum des 80 points (ou plus) pour être gagnant !!! ». On attend avec impatience que la Banque Postale embauche Nelson Monfort pour commenter les performances de ses salariés.

Vous vous en doutez certainement : si je me suis incrusté dans cette sauterie, c’est parce que j’avais été rencardé par quelques salariés. Car il en reste quelques-uns qui ont en horreur de tels événements supposément « fédérateurs » et la fuite en avant libérale de ce qui était jusqu’à peu une banque publique. Ils aimeraient faire leur boulot simplement, trouver pour les « clients » les solutions adéquates, ne jamais essayer de les arnaquer. Inutile de dire qu’ils n’ont eu aucun prix.

En photo : manifestation contre la privatisation de la banque postale à Paris, en novembre 2008 / CC looking4poetry

 

- Article initialement publié dans le numéro de Février / Mars 2016 du Postillon, Journal de Grenoble et sa cuvette.

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 21:07

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

Quand le directeur général du Trésor se recase dans la finance

Bruno Bézard, le directeur général du Trésor - l'un des postes les plus stratégiques de la République - a quitté Bercy fin mai pour atterrir dans un fonds d'investissement franco-chinois, Cathay Capital. Un transfert qui n'est pas sans soulever des questions éthiques. Extrait de notre enquête sur ces conseillers de François Hollande qui partent pantoufler dans le monde de la finance, à retrouver dans "Marianne" en kiosques vendredi 1er juillet.
 
Bruno Bézard, ex-directeur général du Trésor - ici avec le ministre des Finances Michel Sapin - a quitté son poste pour un fonds d'investissement franco-chinois. - ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

(...)

 

Cette séparation en bons termes semble satisfaire tout le monde... sauf peut-être le contribuable. Car le départ de Bézard pour Cathay Capital suscite la polémique. D'abord, parce que l'ancien directeur du Trésor dispose par définition d'informations ultrasensibles sur l'économie française, qui n'ont pas vocation à être dispersées aux quatre vents. «Il faut espérer que les connaissances de Bruno Bézard ne seront pas mises, via Cathay Capital, au service du rattrapage technologique chinois», veut croire Jean-François Di Meglio, président de l'institut de recherche Asia Centre.

L'interrogation est légitime. Mais il y a plus problématique encore. Car Cathay Capital, fonds d'investissement créé en 2006, doit une grande partie de son succès aux autorités françaises. En septembre 2012, la Caisse des dépôts, via son entité dédiée aux PME, CDC Entreprises, décide de créer un fonds franco-chinois, doté de 150 millions d'euros et financé à parité avec la China Development Bank, le bras armé financier de l'empire du Milieu. La gestion de ce fonds est confiée par les autorités à Cathay Capital. Deux ans plus tard, un nouveau fonds, le Sino French (Midcap) Fund, est lancé, lesté de 500 millions d'euros. La CDC Entreprises, qui a été absorbée entre-temps par la Banque publique d'investissement (BPI), abonde cette fois à hauteur de 100 millions.

"Dans le milieu, tout le monde est tombé de sa chaise, mais c'est l'omerta"

Au total, l'Etat a ainsi investi 175 millions d'euros dans les deux fonds qui ont fait le succès de l'entreprise, et sont dotés au total de 650 millions d'euros, sur un total de 1,3 milliard d'euros gérés par Cathay. Si l'on y ajoute des «tickets» dans d'autres fonds, l'investissement public total dans les fonds gérés par Cathay s'élève à près de 200 millions d'euros. «Le succès de Cathay Capital doit presque tout au fait qu'il a été choisi, sans appel d'offres, pour gérer ces deux fonds, constate le patron d'un fonds d'investissement ayant pignon sur rue. Dans le milieu, tout le monde est tombé de sa chaise en apprenant que Bruno Bézard rejoignait Cathay, mais c'est l'omerta, car les fonds ont tous besoin de la BPI pour se financer.»

 

Bézard n'est, en effet, pas étranger au fonctionnement de la BPI. En tant que directeur du Trésor, il est membre de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), elle-même actionnaire à 50 % de la BPI (le reste est détenu par l'Etat). La direction du Trésor est par ailleurs directement représentée au conseil d'administration de la BPI. Autant dire que Bézard, qui a par ailleurs également été directeur général de l'Agence des participations de l'Etat (entre 2007 et 2010), est particulièrement bien placé pour apprécier la nature des investissements publics dans Cathay Capital. Certes, le conflit d'intérêts n'est pas juridiquement constitué. Il faut en effet pour cela que le fonctionnaire pantoufle dans une entreprise qu'il a directement contrôlée ou surveillée, ce qui n'est pas le cas en l'espèce.

L'affaire n'en pose pas moins un certain nombre de questions morales et déontologiques.

(...)

 

>>> "Les hollandais passent à la finance" : retrouvez l'intégralité de notre enquête dans 

Il est également disponible au format numérique via  et 

 

 

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 20:53

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Aux abois, le PS annonce le report de son université d'été à Nantes

Après une première "assemblée nationale" poussive de "La belle alliance populaire" ce samedi, Jean-Christophe Cambadélis a annoncé ce dimanche 3 juillet le report, voire l'annulation de l'Université d'été du PS prévue à Nantes au mois d'août. La route vers 2017 s'annonce comme un long chemin de croix…
 
Quand le citoyen ne mord plus à l'hameçon, il ne reste qu'à plier les gaules - ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA
 

Iceberg droit devant. Invité sur France 3 ce dimanche 3 juillet, le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a annoncé vouloir "reporter" ou "suspendre" l'université d'été du PS prévue fin août à Nantes, en raison des "risques de violences" dus à la contestation sociale.

Dans un contexte de détériorations de permanences du PS et d'attaques de locaux syndicaux, Jean-Christophe Cambadélis a expliqué : "On nous menaçait de violences sur nos militants, on nous menaçait de saccager l'ensemble de la ville". Sans s'interroger sur les causes d'un tel désamour, il a pointé les militants engagés contre la loi Travail : "Il y a quelque chose de grave. Il s'est constitué dans ce mouvement une ultra-gauche anti-démocratique qui s'est fixé comme objectif de mettre à terre le PS"

 

.@jccambadelis "Devant les risques de violences, il vaut mieux reporter, suspendre l'université de la belle @Alliance_Pop."

 

 

Coupé du peuple de gauche, ses leaders au plus bas dans les sondages, le Parti socialiste en est donc réduit à annuler son rassemblement annuel, de peur de subir les foudres de citoyens ulcérés par ce qu'ils considèrent comme des trahisons successives tout au long de ce quinquennat. La veille de cette sortie en forme de capitulation, Jean-Christophe Cambadélis avait pourtant essayé de redorer le blason de son poulain en vue de 2017. Car avant la fuite ce dimanche, Jean-Christophe Cambadélis et Stéphane Le Foll avaient tenté la ruse, ce samedi. 

 

 

La belle alliance populaire ou la culture de l'entre-soi

A coups de concepts de communication fumeux dont l'intriguant , le duo de fidèles hollandais tente en effet de grimer une opération de défense du bilan du président sortant en une soudaine volonté de "bâtir l’unité de la gauche"Ainsi est née  (BAP), une coquille vide officiellement destinée à "dépasser" le PS mais surtout, dans les faits, à promouvoir la future candidature de François Hollande.

Mais quand la BAP tient sa première "assemblée nationale" au gymnase Japy, à Paris, ce samedi 2 juillet dans l'après-midi,  retient son enthousiasme. Quant aux forces en présence, elles se résument à de petits partis, organisations syndicales et associations aux têtes d'affiches de second plan ou décrédibilisées dans leur famille d'origine : Fadela Amara, Jean-Vincent Placé, Jean-Luc Bennhammias, etc. Tous ont un point commun, ils roulent pour l’exécutif. Evidemment, ni frondeurs, ni membres de la gauche fâchée par la tournure prise par le quinquennat dans les rangs. Mais la BAP trouve déjà le moyen de jouer son premier drame grâce à la bouderie des Radicaux de gauche, mécontents de la place qui leur est réservée.

Après avoir organisé un vote sur le principe de la primaire déjà entérinée par Solférino, les "délégués" de La belle alliance populaire ont eu beau jeu de s'autocongratuler. "Elle est où la gauche? Elle est là!" à la fin du rassemblement. Reste à savoir s'il pourra en dire autant à Nantes cet été.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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Source : http://www.rfi.fr/france
 

 

Cambadélis annonce le report de l'université d'été du PS à Nantes

 

media Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a annoncé dimanche le report de l'université d'été initialement prévue à Nantes du 26 au 28 août. GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
 

L'université d'été du Parti socialiste et de ses alliés est reportée. Le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, l'a annoncé ce dimanche. Les risques de violences étaient trop importants, affirme le premier secrétaire du PS.

Le Parti socialiste et ses alliés devaient se retrouver à Nantes, le mois prochain. Nantes, au lieu de La Rochelle où l'université d'été avait lieu depuis 1993. Et c'est précisément le choix de la ville qui pose problème. Nantes a été le théâtre de violents affrontements autour du projet de loi Travail ces derniers mois, et le PS avait reçu des menaces, indique son premier secrétaire.

Jean-Christophe Cambadélis qui rappelle, chez nos confrères de France 3 comment il avait demandé à la CGT de suspendre ses manifestations au vu des violences qui émaillaient les rassemblements contre la loi El Khomri. « Je ne peux pas (...) moi-même maintenir l'université qui entrainera des violences, j'en suis persuadé, parce qu'on veut en découdre », affirme le patron du PS.

Et le « on » qui veut en découdre, pour Jean-Christophe Cambadélis, c'est une « ultragauche antidémocratique qui s'est fixé comme objectif de mettre à terre le Parti socialiste ». A défaut d'être à terre, le PS et sa Belle Alliance Populaire se retrouvent à la rue. Le collectif d'opposants qui avait promis, le 18 juin dernier, de « rendre impossible cette université d'été » remporte donc la première manche.

 

 

Source : http://www.rfi.fr/france

 

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 20:33

 

 

 

USAGE DE FAUX, Jean-Michel DUMAY [VIDÉO : 04’08]

L’étude d’impact de la Loi Travail ? Une étude bidon !

 

Le

 

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, s’appuie sur les 400 pages de l’étude d’impact annexée au projet de loi Travail pour faire croire que le gouvernement a étudié précisément quels pourraient être les effets de celle-ci, notamment sur l’emploi.

La lecture du document laisse pantois : rien que du vent !

 

[LÀ-BAS SI J'Y SUIS] L’étude d’impact de la Loi Travail ? Une étude bidon ! par Là-bas si j'y suis

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 15:30
 
 

 

 

NÎMES Contre le fascisme et le racisme

AL 30, CGA 30, SCALP 30, AFA Nîmes, Nuit debout Nîmes (Photo Anthony Maurin).

A l'appel de plusieurs mouvements de gauche, une manifestation partait de la place d'Assas et visait à lutter contre le fascisme et le racisme (Photo Anthony Maurin).

 

Face à la répression, au racisme et à l'extrême droite, l'autodéfense populaire est appelée par Solidaires, CNT, NPA, SCALP, RESF/APTI/DAL, Nuit Debout, AL, AFA Nîmes, CGA 30, FSU et Ensemble!.

Les mouvements mobilisateurs de l'extrême gauche gardoise étaient réunis sur la place d'Assas pour une manifestation contre le fascisme et le racisme. Près d'une centaine de personnes, quelques fumigènes et un cortège qui défilait en souvenir de Clément Méric.

L’affaire Clément Méric fait suite à la mort le 5 juin 2013 de Clément Méric, militant libertaire et d'extrême gauche, membre de l'Action Antifasciste Paris-Banlieue et de Solidaires Etudiants à la suite d'une rixe avec un groupe des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires d'extrême droite.

L'annonce de ce décès déclenche une vague d'indignation (y compris de personnalités politiques) et des manifestations dans plusieurs villes de France en 2015. Le 22 mars dernier, les juges d'instruction clôturent leur enquête. Quatre skinheads sont mis en examen, dont deux pour "violences volontaires en réunion avec arme, ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

Un blessé du côté des manifestants

"Après la dispersion de la manifestation, deux skins heads néo-nazis sont venus provoquer un petit groupe de manifestant-es. Un des skin heads a éclaté une bouteille de bière sur le crâne d'un militant syndicaliste de Solidaires 30 et plusieurs autres camarades ont été ainsi agressée-es, puis les skin heads ont quitté les lieux, très fiers de leur coup. Notre camarade Anthony a été emmené à l’hôpital Carémeau par les pompiers. Il y est toujours en observation" évoque Jérémie Berthuin de Solidaires Gard.

Les manifestants condamnent cette agression, "qui sonne comme une provocation douteuse au moment où nous commémorons la mort de notre camarade Clément Méric. Nous réaffirmons nos convictions antifascistes. Nous ne nous laisserons pas intimider, et nous ne laisserons pas les fascistes et leurs idées investir la rue et nos quartiers. Nous continuerons à combattre également les politiques d‘exclusion migratoires des gouvernements successifs, qui encouragent le développement des idées xénophobes".

 
 
 
 
 
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Info reçue par mail
 
 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : AGRESSION D’UN CAMARADE DE SOLIDAIRES 30 PAR DES (...)

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : AGRESSION D’UN CAMARADE DE SOLIDAIRES 30 PAR DES FASCISTES -

Aujourd’hui, à la fin de la manifestation en hommage à Clément Méric, 2 fascistes ont attaqué un petit groupe de manifestant.es.
Un de nos camarades a été blessé par un coup de bouteille et a du aller aux urgences.

Ci-dessous, le communiqué de presse (cliquer sur l’image pour lire)

.

PDF - 265.2 ko
CP_MANIF_MERIC
 
 
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 21:54

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr

 

 

Manuel Valls hué par des opposants à la loi Travail à Montpellier

Publication:

 

LOI TRAVAIL – Manuel Valls a été hué vendredi 1er juillet par plusieurs dizaines d'opposants au projet de loi Travail, lors de l'inauguration d'une ligne de tramway à Montpellier.

Les opposants au projet de loi, qui portaient des pancartes CGT et "Nuit debout", ont hué le Premier ministre alors que ce dernier venait de prendre la parole pour inaugurer la nouvelle ligne de tramway, comme on peut le voir dans notre vidéo en tête d'article.

"Ce n'est pas moi que vous sifflez, c'est cette belle inauguration, mais la démocratie c'est le respect et l'écoute de chacun", leur a répondu Manuel Valls. Faisant référence à l'ancien maire de Montpellier, Georges Frèche, il a ajouté: "Il ne s'en laissait pas compter par les sifflets de certains".

 

Forte présence policière

Les manifestants ont ensuite brandi des pancartes sur lesquelles était inscrit: "A bas la loi travail", "On ne lâche rien" et "49/3", l'article de la Constitution qui permet l'adoption d'un texte sans vote après engagement de la responsabilité du gouvernement.

"L'idée c'est que M. Valls comprenne que nous manifesterons partout où il ira et malgré le dispositif policier qui l'entoure tant qu'il ne retirera pas ce projet de loi qui assassine le code du travail", a expliqué un jeune manifestant à l'AFP.

Les manifestants avaient réussi à pénétrer jusqu'au lieu de l'inauguration avec leurs pancartes malgré une forte présence policière et une fouille à l'entrée.

 

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr

 

 

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Source : http://www.midilibre.fr/2016/07/01/direct-suivez-l-inauguration-de-la-ligne-4-du-tram-a-montpellier,1359292.php

 

 

RICHARD DE HULLESSEN

 

http://www.midilibre.fr/images/2016/07/01/1359546_777_x203sam.jpg

JEAN-MICHEL MART

 

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 20:21

 

Source : http://soligrecsnimes.collectif-citoyen.fr/event/a-nimes-la-tourmente-grecque-2/

 

 

A Nîmes : La Tourmente grecque 2

5 juillet @ 19 h 00 min - 22 h 00 min

| Gratuit
La-Tourmente-Grecque-2-Affiche

Un gros plan, à la fois humain et économique sur les causes et les conséquences de la crise grecque.

 

Après le 13 juillet 2015, un 3ème mémorandum d’austérité est appliqué dans une situation économique et sociale déjà insoutenable et qui ne fait que s’aggraver.

La Tourmente Grecque 2 donne la parole aux salariés, militants, économistes, médecins, ministres,chômeurs, philosophes…

Ils donnent leur éclairage sur la crise vécue de l’intérieur et témoignent de la résistance du peuple grec.

Buffet grec après le débat !

Tourmente-Grecque-2-20160705

Détails

Date :
5 juillet
Heure :
19 h 00 min - 22 h 00 min
Prix :
Gratuit
Catégorie d’Évènement:
Étiquettes Évènement :
,

Organisateur

SoliGrecs Nîmes
Courriel :
Soligrecsnimes@lists.collectifs.net
Site Web :
http://soligrecsnimes.collectif-citoyen.fr/

Lieu

Maison du Protestantisme
3 Rue Claude Brousson
Nîmes, 30000 France
+ Google Map
Téléphone :
04 66 67 97 40
Site Web :
www.eglise-protestante-unie-nimes.fr/maison-du-protestantisme
 
 
 
Source : http://soligrecsnimes.collectif-citoyen.fr/event/a-nimes-la-tourmente-grecque-2/
 
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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 15:10

 

 
Source : https://reporterre.net

 

 

Violences policières : le rapport qui dit les faits

29 juin 2016 / Camille Martin (Reporterre)
 


 

 

Le maintien de l’ordre a pris en France un tour dangereux pour les libertés publiques et le droit de manifester. Animée par Reporterre, une Mission civile d’information a mené une enquête approfondie sur les dérives de l’action policière depuis le début des manifestations contre la loi travail. En voici le rapport. Il témoigne d’une dérive dangereuse pour la démocratie.

La situation devenait insupportable : manifestation après manifestation, nous observions des violences de plus en plus nombreuses de la part des forces de police, bien au-delà de ce que pourrait exiger le maintien de l’ordre. C’est pourquoi, fin avril, avec l’appui initial de plusieurs députés, nous avons lancé une Mission civile d’information sur les actions de maintien de l’ordre menées depuis le début, en mars 2016, des manifestations d’opposition à la loi sur le travail.

Ce rapport, établi par les correspondants de Reporterre à Nantes, Rennes, Toulouse et Paris, nous le présentons ce mercredi 29 juin, alors qu’à l’Assemblée nationale, une conférence de presse réunit des députés, des organisations des droits de l’homme et de la société civile, des syndicats de salariés et de policiers, pour tirer l’alarme sur la dérive dangereuse en matière de maintien de l’ordre.

Les enquêteurs ont rassemblé les témoignages attestant de pratiques dangereuses de maintien de l’ordre — plus d’une centaine recueillis directement, à quoi s’ajoute la reprise d’une quarantaine de faits émanant de sources fiables. Nous avons par ailleurs demandé aux autorités publiques (ministère de l’Intérieur et préfectures) de répondre à nos questions. Ces autorités ne l’ont pas souhaité, ce que nous regrettons. Des entretiens avec des représentants syndicaux des personnels de maintien de l’ordre ont par ailleurs été réalisés.

Nous avons conduit cette mission avec le souci d’assurer que le droit de manifester soit pleinement respecté. Notre démarche est animée par le souhait que les principes de la démocratie et du respect de l’État de droit soient respectés, et s’imposent au pouvoir exécutif comme à quiconque.

 

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Une journaliste de M6 et un photographe molestés à Rennes, le 2 juin.

Le rapport que vous lirez ci-dessous confirme que l’action de maintien de l’ordre a pris en France un tour très dangereux, qui menace l’intégrité physique de nombreux citoyen(ne)s pacifiques, parfois de mineurs et même d’enfants. L’usage des lanceurs de balles de défense est devenu courant alors qu’il devrait être exceptionnel, voire interdit. Les tirs tendus de grenades se multiplient de manière inacceptable. L’utilisation de policiers en civil non identifiables pour des actions d’interpellation ou de répression est devenue systématique. Le non-respect du droit des journalistes à couvrir sans crainte les événements est devenu habituel.

De nombreux indices conduisent de surcroît à penser que le maintien de l’ordre est conduit de façon à exciter les violences, dans l’intention de détourner l’attention de l’opinion publique des questions que posent les manifestant(e)s.

 

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Tentatives d’interpellation par des agents de la BAC cagoulés et sans signe distinctif de leur qualité de policier, dans l’enceinte du campus universitaire de Nantes, le 24 mars.

Nous formulons dans la conclusion de ce rapport plusieurs recommandations, dont l’application paraît indispensable pour sortir du climat délétère qui s’instaure en matière de libertés publiques. Si l’ordre est un pilier essentiel de l’application de la loi décidée démocratiquement, son maintien doit viser au respect de la démocratie et des libertés, pas à terroriser celles et ceux qui expriment leur opinion par des moyens pacifiques. Nous invitons fermement les responsables politiques à revenir à des méthodes de maintien de l’ordre respectueuses des lois et des règlements en vigueur, afin d’éviter de blesser les personnes qui manifestent.

- Télécharger le Rapport :

PDF

Dix recommandations pour des manifestations sans violences

 

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Romain Dussaux a été touché à la tête par la déflagration d’une grenade de désencerclement, le 26 mai, à Paris.
 
...
 
*Suite de l'article sur reporterre
 
 
 
Source : https://reporterre.net
 
 
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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 13:46

 

Source : http://lemurdesinsoumis.fr

 

 

Lanceurs d’alerte, une ombre au tableau

 

Une enquête de Ameline Cazi – Le Monde.

Mieux valait jusqu’à présent ne pas être lanceur d’alerte en France. De tous les pays de l’Union européenne, la patrie des droits de l’homme était l’un des derniers à ne pas s’être doté d’un dispositif général de protection des «whistleblowers», ces hommes et ces femmes qui, un jour, dénoncent des faits contraires à l’intérêt général. Les rares Français à s’y être essayés en paient lourdement les conséquences: placardisés, souvent licenciés, ils passent leur temps dans les prétoires et peinent à retrouver un emploi – quand ils ne vivent pas des minima sociaux. Mais voilà que l’arrivée, en première lecture, lundi 6 juin, de la loi Sapin 2, qui affirme vouloir protéger ces nouveaux héros du quotidien, promet de changer la donne.

Ce texte arrive certes trop tard pour régler la situation de Stéphanie Gibaud et de Nicolas Forissier, qui ont tout perdu pour avoir dénoncé les pratiques présumées de fraude fiscale de la banque suisse UBS. Trop tard également pour Antoine Deltour, ancien auditeur de PricewaterhouseCoopers, sur le sort duquel la justice luxembourgeoise doit se prononcer le 29 juin: il risque dix ans de prison et plus de 1 mil- lion d’euros d’amende pour avoir révélé un vaste système d’optimisation fiscale dans le cadre des LuxLeaks. Mais lors de l’annonce du projet de loi, au début de l’année, tous se sont réjouis que le lobbying mené ces derniers mois aux côtés des ONG ait porté ses fruits. Leurs cadets, pensaient-ils, pourraient dénoncer sans crainte : ils ne seront plus « suspendus dans le vide», selon les mots de Yann Galut, député (PS) du Cher, leur plus fervent soutien à l’Assemblée.

Malgré les assurances du ministre des finances, Michel Sapin, en ouverture de séance, lundi 6 juin, c’est pourtant la douche froide. La définition du lanceur d’alerte votée par l’Assemblée nationale, socle de tout le dispositif, n’a rien à voir avec celle retenue en commission des lois. Pis : elle est « une régression grave et inquiétante des droits acquis au cours des précédentes lois », déplore Nicole Marie Meyer, chargée de mission alerte éthique à Transparency International. Le lanceur d’alerte sera protégé à condition que les faits signalés soient contraires à la loi ou «présentent des risques ou des préjudices graves pour l’environnement ou pour la santé ou la sécurité publique ». Bref, ce que permettent déjà les textes. En revanche, un Antoine Deltour ne sera toujours pas protégé puisque l’optimisation fiscale n’est pas pénalement répréhensible. Pour une loi qui arrive après les LuxLeaks et les «Panama papers », c’est un sacré loupé.

Surtout ne voir aucune malice dans ces ajustements, précise Sébastien Denaja, le rapporteur du texte. La version initiale du texte définissait les lanceurs d’alerte comme des personnes ayant «connaissance de manquements graves à la loi ou au règlement ou de faits porteurs de risques graves » et les autorisait à « communiquer, dans l’intérêt général, les renseignements qui y sont relatifs ». Mais Bercy, Matignon et la chancellerie ont estimé que cette définition laissait trop de place à l’interprétation et ont préféré cantonner l’alerte aux faits contraires à la loi ou, quand ils ne l’étaient pas, à ceux pouvant causer un préjudice à « l’environnement, la santé ou la sécurité publique ». «Si on donne trop de latitude aux autorités qui vont interpréter le texte, on prend le risque que des dossiers soient rejetés», traduit le député.

 

Sous l’aile du défenseur des droits

Pour le sociologue Francis Chateauraynaud, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), les deux définitions présentent en réalité un même inconvénient : elles exigent que le lanceur d’alerte ait connaissance de  « risques graves » et donc qu’il ait, selon lui, un début de certitude sur les dangers encourus. Or, «en matière de sécurité sanitaire et d’environnement », c’est rarement le cas. « Le lanceur d’alerte est souvent indécis. Au début, sur la vache folle, les experts étaient dans le flou. Mais le principe de précaution sert justement à cela : agir même si on doute», explique-t-il.

Si la définition du lanceur d’alerte contenue dans la version actuelle de la loi Sapin 2 suscite des controverses, la procédure retenue par le texte, elle, fait plutôt consensus. Ainsi, à la différence de son cousin d’Amérique, le lanceur d’alerte français ne sera pas rétribué : les Etats-Unis récompensent le lanceur d’alerte en lui reversant jusqu’à 30 % de la somme recouvrée au-delà de 1 million de dollars, mais on estime, de ce côté-ci de l’Atlantique, que la rémunération pervertirait le système. Le préjudice subi par le lanceur d’alerte – notamment en cas de licenciement – sera en revanche indemnisé, et le défenseur des droits, qui devient l’autorité de référence sur le sujet, pourra avancer les frais de justice. Toute entrave au signalement et l’exercice de représailles seront sévèrement punis.

Les fonctionnaires peuvent aussi être rassurés : ils bénéficieront de la même protection que les salariés du privé. Cette égalité de traitement devrait permettre de briser l’omerta qui prédomine dans l’administration: selon Sylvain Niquège, professeur de droit public à Bordeaux, « l’obligation d’obéissance hiérarchique qui figure dans le statut général des fonctionnaires» et l’obligation de réserve et de discrétion reconnue par la jurisprudence   « rendaient jusqu’à présent compliquée la révélation des dysfonctionnements de l’administration». Un domaine devrait, en revanche, échapper au droit d’alerte : le secret-défense. « La sécurité nationale sera toujours considérée comme un intérêt supérieur, estime Bertrand Warusfel, professeur de droit à Lille-II. Le secret des affaires sera, en revanche, énoncé comme étant de second niveau, inférieur aux principes de liberté d’information, de dénonciation de crime ou délit ». La directive sur le secret des affaires ne devrait donc pas freiner la révélation de faits contraires à l’intérêt général.

Si la loi Sapin 2 arrive si tard, c’est parce qu’en France autoriser les citoyens à braver la loi au nom des principes supérieurs que sont l’intérêt général, le droit à l’information ou le principe de précaution ne va pas de soi. Combien sont-ils, encore, à associer lanceur d’alerte et délateur ? « Les deux n’ont pourtant rien à voir, rappelle Nicole-Marie Meyer. Le délateur agit par vengeance quand le lanceur d’alerte agit dans l’intérêt général. » Certes, mais l’idée que des « mouchards » ou des « corbeaux » puissent nuire aux intérêts de l’entreprise plane toujours. En 2005, lorsque les filiales des sociétés américaines, après l’affaire Enron, ont mis en place des procédures internes de whistleblowing, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) émettait une «réserve de principe », car les alertes éthiques « pouvaient conduire à (…) la délation professionnelle».

Les raisons du retard français

Aux Etats-Unis, la question est tranchée depuis longtemps. En 1778, le Congrès a voté un texte pour soutenir dix marins venus dénoncer les actes de torture de leur commandant sur des prisonniers britanniques. Et un siècle plus tard, en 1863, en pleine guerre de Sécession, l’Amérique approuvait le False Claim Act, texte fondateur du whistleblowing, qui autorise les citoyens à ester en justice pour dénoncer tout acte causant préjudice à l’administration. Sans remonter aussi loin, cela fait près de vingt ans – 1998 – que les Britanniques ont adopté la loi Pida (Public Interest Disclosure Act), un dispositif global de protection dont le Conseil de l’Europe aimerait que les Etats s’inspirent.

Il faut sans doute chercher les raisons du retard français dans l’histoire. En 2009, un rapport du Conseil de l’Europe note la méfiance à l’égard des « délateurs » des pays occupés pendant la seconde guerre mondiale. La France, hantée par Vichy, mais aussi la Pologne figurent ainsi parmi les plus hostiles. Ces deux pays ont d’ailleurs été les premiers à refuser l’asile à Edward Snowden après ses révélations sur les programmes de surveillance de la NSA. N’y aurait-il pas en France, aussi, « une certaine tolérance à la petite corruption, une sympathie pour la fraude fiscale ? », s’interroge Nicole-Marie Meyer. Il a fallu, il est vrai, une accumulation de crises sanitaires et financières pour que les réticences cèdent.

Lorsque le législateur s’intéresse à la question, à la fin des années 2000, c’est d’abord vers les scientifiques qu’il se tourne: ce sont les premiers à avoir subi des représailles pour avoir dénoncé les dangers de l’amiante ou des éthers de glycol. « Leur prise de parole publique, dans les années 1990, était la preuve que l’édifice centralisé de la gestion du risque ne fonctionnait plus, détaille Francis Chateauraynaud. Même l’Etat pouvait mentir, on l’avait vu avec Tchernobyl. » Le sociologue décide alors de donner un nom à ces « sombres précurseurs », qui expriment publiquement leurs craintes: le terme de « lanceur d’alerte » est né.

La loi Sapin 2 est désormais censée les protéger, mais rien ne sera opérant si des moyens supplémentaires ne sont pas donnés à la justice, insistent Me Renaud Dufeu, avocat au barreau de Paris, et le sociologue Francis Chateauraynaud. En l’état actuel du droit, l’institution judiciaire, si elle avait été dotée de réels moyens, aurait déjà pu protéger convenablement les lanceurs d’alerte, estiment-ils. Nommer le défenseur des droits comme autorité référente sur le sujet n’aura de sens, à leurs yeux, que s’il ne s’écoule pas des mois entre le signalement d’une alerte et son traitement.

lire sur lemonde.fr

 

 

Source : http://lemurdesinsoumis.fr

 

 

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