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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 17:07

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Brésil: l'«opération Kärcher» des juges sème la panique

11 mars 2016 | Par Lamia Oualalou
 
 
 
 
 

L'ancien président Lula pourrait bientôt dormir en prison, Dilma Rousseff est menacée de destitution, de grands patrons sont condamnés et l'économie est à genoux. Le Brésil vit au rythme de l'opération Lava Jato (Kärcher) lancée par le juge Sergio Moro en s'inspirant du précédent Mani pulite («Mains propres») en Italie. Tout un système liant politique et business s'effondre.

 

De notre correspondante à Rio de Janeiro (Brésil). – On ne dort plus à six heures du matin à Brasilia. C’est l’heure à laquelle la police fédérale lance ses opérations, et les politiques de tous bords s'attendent chaque jour à apprendre qu’un membre de leur famille politique a été touché. Quand il ne s’agit pas d’eux-mêmes. La dernière cible, la plus spectaculaire, fut l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva. Le 4 mars, la police a perquisitionné son domicile, l’Institut qui porte son nom et où il concentre ses activités depuis son départ du pouvoir fin 2010, et les résidences de son fils et de proches.

En tout, 200 policiers ont été mobilisés pour 44 mandats judiciaires. On reproche à Lula d’avoir reçu 30 millions de reais (7,2 millions d’euros) en dons et honoraires d’entreprises du bâtiment. Il aurait aussi bénéficié de la rénovation gratuite d’un appartement à Guaruja, une station balnéaire à proximité de Sao Paulo, ainsi que de celle d’une maison de campagne. Le tout financé par ces mêmes compagnies impliquées dans le scandale de corruption qui éclabousse la compagnie d’hydrocarbures Petrobras depuis deux ans.

C’est à Curitiba, une ville de province dans le sud du Brésil, que Sergio Moro, un juge spécialiste du blanchiment d’argent, a lancé cette investigation qui a pris depuis une dimension nationale. Il a prouvé que Petrobras était victime depuis des années de surfacturations au profit d’un cartel d’entreprises du bâtiment. En échange, ces dernières versaient des commissions allant de 1 % à 3 % des contrats à des cadres de Petrobras et à des dirigeants des partis de la coalition gouvernementale. Outre l’enrichissement personnel de certains, c’est surtout le financement illicite des campagnes électorales qui est en ligne de mire du magistrat. À commencer par celle qui a permis l’élection, en octobre 2014, de la présidente Dilma Rousseff.

L’enquête, baptisée « Lava Jato », littéralement « Kärcher » par une police fédérale toujours soucieuse du nom de ses opérations, a renversé la scène politique et économique brésilienne.

De hauts cadres du Parti des travailleurs (PT, la formation politique de Lula et de Dilma Rousseff) ont été appréhendés et déjà condamnés, dans un pays connu pour la lenteur de sa justice. C’est le cas du trésorier du parti, Joao Vaccari, qui a écopé de 15 ans de prison. Mais il y a plus important encore : la mise sous les verrous de patrons de grandes entreprises, les principales du pays. Au Brésil, ordinairement, les voleurs de shampoings font de la prison alors que les cols blancs y échappent. « On assiste à une véritable révolution de l’institution judiciaire et de la police fédérale », résume Stéphane Monclaire, politologue spécialiste du Brésil à l’université Sorbonne Paris-I. Il souligne la démocratisation progressive des deux corps : « Les juges et les commissaires d’aujourd’hui n’ont plus nécessairement le réflexe de classe qui les pousse à protéger l’élite », dit-il, de passage au Brésil.

 

Le juge Sergio Moro, lors de la présentation d'un ensemble de mesures de lutte contre l'impunité et pour l'efficacité de la justice, au siège de l'Association fédérale des juges du Brésil © Fabio Rodrigues Pozzebom / Agencia Brasil Le juge Sergio Moro, lors de la présentation d'un ensemble de mesures de lutte contre l'impunité et pour l'efficacité de la justice, au siège de l'Association fédérale des juges du Brésil © Fabio Rodrigues Pozzebom / Agencia Brasil

 

Plus indépendants, et, depuis les années Lula, dotés de plus de ressources tant financières qu’humaines, magistrats et policiers n’ont plus d’état d’âme. Ces dernières années, on a vu se multiplier les cassations de mandats au niveau municipal, preuve d’une moindre impunité des notables locaux. S’y ajoute la médiatisation de certains magistrats, et notamment du juge Sergio. Avec leurs manières de cow-boys, applaudies par la société, ils contraignent leurs collègues moins zélés à adopter une position plus offensive à l’égard des puissants.

Après avoir interpellé le banquier d’affaires André Esteves, l’un des hommes les plus riches du Brésil, Sergio Moro a ainsi condamné cette semaine Marcelo Odebrecht, l’héritier du géant du BTP homonyme, à 19 ans de prison. Certes, avec le régime de peines, ramenées au sixième au Brésil, il n’en passera que trois derrière les barreaux. Cela reste énorme pour une personne auparavant protégée par son statut. Le juge de Curitiba lui fait miroiter la possibilité de sortir plus vite. À condition qu’il parle. Qu’il le fasse ou non, la lourdeur de la peine a probablement déjà incité nombre de ses collègues au bavardage.

Car la délation est le principal instrument de cette instruction. Très peu utilisée au Brésil jusqu’à aujourd’hui, la pratique consistant à échanger des informations sur de gros poissons contre des remises de peine est très mal vue pas l’establishment local. Tant pis, estime Sergio Moro qui, pour en faire bon usage, multiplie jusqu’à l’absurde la prison préventive : plus d’une centaine d’occurrences dans l’affaire Lava Jato, et toujours de façon spectaculaire.

C’est que l’autre grand instrument de l’instruction est la presse. Sergio Moro a longuement étudié le cas de l’opération Mani pulite (« Mains propres ») qui, dans l’Italie des années 1990, était alimentée par les fuites organisées par le pouvoir judiciaire dans les médias afin de provoquer panique et aveux. Il revendique aujourd’hui cette stratégie qui dérange : lorsque la police débarque pour une perquisition, la presse est toujours sur place.

C’est d’ailleurs cette logique qui a inspiré le cirque entourant l’interrogatoire de Lula, qui a été emmené de force dans le commissariat de l’aéroport Congonhas, à Sao Paulo. Un épisode condamné par de nombreux magistrats, y compris de la Cour suprême : la loi brésilienne ne prévoit ce genre de pratique que lorsque le témoin refuse de coopérer. « Moro est clairement à la limite du droit, mais en bousculant Lula, il donne un coup d’accélérateur à Lava Jato, il fait comprendre à tous que personne n’est protégé, et espère ainsi faire parler plus vite les acteurs », commente Stéphane Monclaire.

 

L’image de la présidente reste intimement liée à celle de son prédécesseur

Pour Sergio Moro, la fin semble justifier les moyens. Et cela marche. Le Brésil vit aujourd’hui au rythme de dénonciations publiées par la presse avant même qu’on puisse en définir la sincérité, avec l’espoir d’en provoquer d’autres. La dernière en date est explosive. Elle viendrait – le conditionnel est de mise, puisque seule la presse en a pour l’heure la teneur – du sénateur Delcidio Amaral, issu du PT et ex-représentant du gouvernement au Sénat. Incarcéré deux mois avant de se voir autorisé à la prison domiciliaire, il aurait assuré que Lula comme Dilma Rousseff seraient à l’origine de la tentative d’obstruction de l’enquête Lava Jato. La campagne de la présidente aurait également directement été alimentée par des fonds illégaux en provenance des détournements de Petrobras, aurait-il assuré.

« Si ces propos sont avérés, de la part d’un sénateur qui représentait le gouvernement jusqu’en novembre dernier, la situation de Dilma Rousseff deviendrait très précaire », analyse Mauricio Santoro, professeur de sciences politiques à l’Université d’État de Rio de Janeiro. Contestée par la population, avec une popularité inférieure à 10 %, la plus basse depuis le rétablissement de la démocratie brésilienne, la présidente pensait avoir bénéficié d’un sursis fin 2015. La Cour suprême avait affirmé que le Sénat aurait le dernier mot, si sa destitution était soumise au vote, or le gouvernement bénéficie d’appuis plus sûrs dans la chambre haute.

Parallèlement, le président de l’Assemblée, Eduardo Cunha, principal partisan d’une chute de Dilma Rousseff, a vu son horizon s’assombrir. Poursuivi par le parquet brésilien pour avoir reçu des millions de dollars en pots-de-vin, dans des comptes dont les banques suisses ont confirmé l’existence, ses jours sont comptés, même si son immunité parlementaire et un indéniable talent procédurier lui ont assuré la permanence au perchoir pour l’instant. Surtout, les accusations à l’encontre de la présidente, techniquement recevables, étaient politiquement fragiles. Elle aurait volontairement maquillé les comptes publics à la veille de sa réélection en 2014, cachant l’ampleur du déficit public, révélée après le scrutin. Une pratique peu glorieuse, mais ne justifiant pas, aux yeux de la population de chasser la mandataire avant terme.

S’il était en revanche prouvé que Dilma Rousseff a bénéficié d’un financement illégal de sa campagne ou qu’elle a tenté de bloquer l’enquête, la dynamique de sa destitution serait relancée. Et plus encore si Lula se retrouvait inculpé, ou pire, derrière les barreaux. Car l’image de la présidente reste intimement liée à celle de son prédécesseur.

 

La présidente Dilma Rousseff et l'ancien président Lula, dans son appartement de São Bernardo do Campo © Ricardo Stuckert /Institut Lula La présidente Dilma Rousseff et l'ancien président Lula, dans son appartement de São Bernardo do Campo © Ricardo Stuckert /Institut Lula

 

Le mandat de Dilma pourrait être écourté de deux manières. D’une part, le Congrès pourrait, suite à l’examen par une commission parlementaire de ses « crimes de responsabilité », voter la suspension de la présidente. Il lui faudra le cas échéant réunir deux tiers des votes au Parlement puis au Sénat pour que la destitution soit effective. Dans ce cas, c’est son vice-président, Michel Temer, qui terminerait son mandat, jusqu’au 31 décembre 2018. Peu charismatique mais expert des négociations en coulisses, le président du PMDB – Parti du mouvement démocratique brésilien, une formation fourre-tout, de tous les gouvernements ces trente dernières années – a déjà pris ses distances à l’égard de la présidente. Il tente depuis de se présenter comme l’homme capable d’unir un Brésil polarisé. Une tentative gênée par l’appétit de pouvoir de ses coreligionnaires.

Parallèlement, le Tribunal supérieur électoral (TSE) se penche depuis des mois sur les comptes de campagne de la présidente, un travail qui pourrait être accéléré par les révélations de Lava Jato. En cas d’invalidation des comptes, il ne s’agit plus d’une destitution mais d’une cassation, qui concerne aussi bien la présidente que le vice-président, élus sur le même ticket. Elle pourrait même s’étendre à Aécio Neves, le candidat malheureux de l’opposition (Parti de la social-démocratie brésilienne, PSDB, conservateur), arrivé en deuxième position, en octobre 2014. Car même si le juge Moro et la presse affichent une discrétion à la limite de la complicité à son égard, le sénateur de droite n’en est pas moins cité à plusieurs reprises comme bénéficiaire de dons illicites.

Or le Tribunal supérieur électoral est censé examiner simultanément les comptes des deux candidats puisqu’ils ont bénéficié des largesses des mêmes entreprises aujourd’hui sur la sellette. La plus grande probabilité d’une chute de Dilma Rousseff accroît d’ailleurs les risques pour Aécio Neves : au sein du PSDB, d’autres figures, notamment l’ex-maire de Sao Paulo José Serra et le gouverneur de Sao Paulo Alckmin, voudraient briguer la présidence et pourraient livrer des secrets précieux à la presse et à la justice contre leur ancien candidat.

Une cassation du mandat de Dilma Rousseff par le TSE plongerait le Brésil dans l’inconnu. Si elle se produisait avant le 31 décembre 2016, le pouvoir reviendrait alors temporairement au président de l’Assemblée, Eduardo Cunha. Une situation surréaliste, puisque le député est celui sur lequel pèsent le plus d’accusations prouvées. Ce dernier aurait alors 90 jours pour organiser une élection au suffrage universel, et bien malin celui qui pourrait prédire aujourd’hui quel président surgira des urnes.

Dans le PT, le seul candidat naturel, Lula, risque d’être mis hors-jeu par les accusations, prouvées ou non, à son encontre. Les leaders du PMDB et du PSDB vont s’entretuer pour désigner un poulain, alors que l’écologiste Marina Silva tentera de nouveau sa chance, ainsi que de probables « outsiders ». Un ticket formé par deux députés évangéliques d’extrême droite – Jair Bolsonaro et Feliciano – vient d’ailleurs d’annoncer ses prétentions. Si la cassation était prononcée par le Tribunal électoral après le 1er janvier 2017, le Congrès élirait alors un président chargé de terminer le mandat. « Ce dernier n’aurait aucune légitimité, car si les Brésiliens sont furieux contre le pouvoir exécutif, ils détestent plus encore le Congrès », souligne Mauricio Santoro.

 

Déjà fragilisée, l’économie a alors subi l’impact dévastateur de la bombe Lava-Jato

Dans les deux cas, s’ouvre une période imprévisible détestable pour une économie brésilienne déjà à genoux. Le produit intérieur brut a reculé de 3,8 % en 2015. La récession devrait, selon les prévisions, s’approfondir encore : un recul de 3,5 % est prévu cette année. C’est la pire chute depuis 1990. Les emplois sont détruits par centaines de milliers, l’inflation, de 10 %, rogne les revenus, alors que le gouvernement envisage de limiter le salaire minimum et de faire des coupes dans les allocations sociales, rigueur oblige. Selon l’économiste Ana Maria Barufi, interrogée par le quotidien économique Valor, 3,7 millions de personnes qui s’étaient hissées au-dessus de la pauvreté après 2004 y sont déjà retombées, et le mouvement ne fait que commencer.

La crise économique s’explique par le ralentissement international, en particulier la chute du cours des matières premières, dont le Brésil est un grand exportateur, « mais c’est surtout le résultat de la politique économique du gouvernement », accuse Joao Sicsu, professeur à l’Université fédérale de Rio de Janeiro. Entre panique pour combler de gros déficits publics et volonté de séduire l’élite pour se maintenir au pouvoir, Dilma Rousseff « a préféré couper dans les investissements publics et offrir des réductions de charges aux entreprises, qui n’ont pas pour autant limité les licenciements », poursuit l’économiste.

Le ralentissement avait aussi pour objectif affirmé d’augmenter le chômage pour que les employés cessent d’exiger des hausses de salaires. Flanquée d’une politique monétaire restrictive (le taux de base a atteint 14,75 %) tuant le crédit, cette stratégie a si bien marché qu’elle a enclenché un cercle vicieux. La peur du chômage faisant plonger la consommation des ménages, qui a connu la plus grande chute en 2015 des vingt dernières années, ralentissant l’économie et faisant exploser les mesures de dégraissages des entreprises.

 

La police fédérale arrive à l'entreprise de construction Odebrecht dans le cadre de l'opération Lava Jato. © Rovena Rosa/ Agência Brasil La police fédérale arrive à l'entreprise de construction Odebrecht dans le cadre de l'opération Lava Jato. © Rovena Rosa/ Agência Brasil

 

Déjà fragilisée, l’économie a alors subi l’impact dévastateur de la bombe Lava Jato. Car en atteignant le bâtiment et le pétrole, les deux principaux moteurs de l’économie brésilienne, l’enquête a pratiquement paralysé tout l’investissement dans le pays. Impayés, les petits fournisseurs mettent la clef sous la porte. Des États fortement dépendant des royalties du pétrole, comme celui de Rio de Janeiro, ont cessé de payer leurs fonctionnaires et ferment des hôpitaux. Le secteur de la culture, qui dépendait des subventions de Petrobras, est au bord de la faillite. Et l’impossibilité de prévoir qui sera à la tête du Brésil dans quelques mois incite à l’attentisme. Sans sortie de la crise politique, la récession devrait s’approfondir, sans qu’on en aperçoive le fond.

La situation est d’autant plus confuse qu’elle semble ne plus dépendre du tout des politiques, qui ne font que réagir aux actions et annonces de la justice. « Aujourd’hui, les juges et les commissaires ont plus de poids sur l’avenir du Brésil que les députés et sénateurs », note Mauricio Santoro. « Cela donne une idée de la profondeur de la crise des institutions politiques dans le pays », dit-il, rappelant qu’en 1993, quand se débattait la possibilité de la destitution du président Collor pour cause de corruption, le processus dépendait des leaders du Congrès, qui avaient une véritable légitimité au sein de la population.

Politique et économie dépendent donc du « Parti de la justice », comme l’a surnommé le politologue André Singer, professeur de sciences politiques à l’université de Sao Paulo. En jetant pour la première fois hauts cadres de partis et d’entreprises derrière les barreaux, le « PJ » contraint le Brésil à une réflexion sur les ravages de la corruption, dans un pays où les autorités se servent de l’État pour s’enrichir ou gagner un statut. Son impact sur la vie politique interroge pourtant tant sa sélectivité choque. Il semble naturel que les condamnations au sein du PT soient majoritaires, le parti ayant un président à la tête de l’État depuis treize ans. Mais le silence de la justice quant aux dénonciations de leaders de l’opposition intrigue.

« La conduite de la justice fédérale dérange, celle des justices locales est plus problématique encore », souligne Mauricio Santoro, qui rappelle que les magistrats de Sao Paulo sont acquis à l’opposition. Pour le politologue, Lava Jato est « légitime mais ne devrait pas être au-dessus de la loi ». Mercredi 9 mars, le ministère public de l’État de Sao Paulo a dénoncé l’ex-président Lula pour corruption avant de demander le lendemain son incarcération. C’est en théorie une enquête indépendante de Lava Jato, même si la subtilité est incompréhensible par le public. Face au « Parti de la justice », Lula essaie d’actionner celui de la rue. L’ex-président prend aujourd’hui ses distances par rapport à la politique économique du gouvernement, honnie par les mouvements sociaux. Reste à savoir s’il n’est pas trop tard.

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 17:12

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Des anciens de PSA-Aulnay obtiennent la requalification de leur licenciement

11 mars 2016 | Par Rachida El Azzouzi
 
 
 

Quelque 200 anciens ouvriers de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), emmenés par la CGT, contestaient le motif économique de leur licenciement en 2013. Les prud’hommes de Bobigny ont donné raison cette semaine à 55 d’entre eux, mais débouté les autres.

C’était en juillet 2012, l’un des plus gros plans sociaux du quinquennat Hollande. PSA Peugeot-Citroën annonçait la suppression de plusieurs milliers de postes, dont la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis qui emploie 3 000 personnes, soit la première grande usine automobile française à baisser le rideau depuis Renault Billancourt en 1989. Mediapart a largement chroniqué les dix-huit mois de conflit, dont quatre de grève dure, qui ont suivi l’annonce de cette bombe sociale dans l’un des départements les plus pauvres du pays.

Trois ans et demi plus tard, alors que le groupe a écrémé ses effectifs partout en France (11 600 suppressions de poste), un tiers seulement des ouvriers d’Aulnay sacrifiés sur l’autel de la compétitivité ont été reclassés au sein du groupe. Quand ils n’ont pas bénéficié d'un départ volontaire en retraite ou d'un "congé senior" (4 000 en deux ans à l’échelle du groupe), les autres pointent à Pôle emploi et plus d’une centaine, selon la CGT, sont en fin de droits et survivent avec les 480 euros de l’allocation de solidarité spécifique (ASS).

La lutte collective est derrière. Un très beau documentaire, en salles le 23 mars prochain, vient la raviver : Comme des lions, réalisé par Françoise Davisse et dont Mediapart est partenaire (voir ici le blog qui lui est consacré). Mais le combat se joue aujourd’hui individuellement en justice pour des centaines d’entre eux. En décembre dernier, 101 anciens d’Aulnay, adhérents pour la plupart au syndicat Sud, contestaient le motif économique de leur licenciement et obtenaient gain de cause devant le conseil des prud'hommes de Bobigny, qui requalifait leur licenciement économique en « licenciement sans cause réelle ni sérieuse ». Même démarche pour 203 anciens ouvriers, soutenus par la CGT.

55 d’entre eux ont vu leur licenciement requalifié « sans cause réelle ni sérieuse » cette semaine. PSA devra leur verser une indemnité qui s’élève, en moyenne, à six mois de salaire, soit 12 000 euros, ainsi que la prime exceptionnelle de 19 700 euros perçue lors du protocole de fin de conflit. En revanche, les prud’hommes de Bobigny ont débouté les 148 autres ex-salariés parce qu’ils avaient fait une transaction avec Citroën en signant un accord de fin de grève. « C’est un acte par lequel on renonce à aller en justice. Mais cette transaction a été imposée par la contrainte et était donc illégale à nos yeux. Pour avoir des mesures du PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) ou un accord collectif, normalement il est interdit à un employeur de faire signer un tel document », explique ici aux Inrocks le délégué CGT Philippe Julien. Leur avocate Marie-Laure Dufresne-Castets va faire appel de la décision, déplorant « un manque de cohérence ».

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 17:00

 

Soirce : http://www.courtfool.info/zz_La_route_vers_la_democratie.htm

 

 

La route vers la démocratie

Par Rudo de Ruijter,
Chercheur indépendant,
Pays-Bas

 

 

 

Le mot 'démocratie' vient des mots grecs 'demos' ( = peuple) et 'cratein' ( = regner). Démocratie serait la meilleure forme de gouvernance possible. Dans une démocratie complète tous les citoyens ont droit à la parole. Tout le monde peut signaler des problèmes. Tout le monde peut proposer des solutions. Tout le monde peut exprimer des arguments en faveur ou contre ces propositions, afin que tous les intérêts en jeu puissent être discutés et pesés. De cette facon les meilleures décisions peuvent être prises. En effet, elles sont basées sur toutes les connaissances et sur tous les avis disponibles. Et quand on a participé soi-même à ces prises de décision on sera plus vite porté à les respecter. Participer signifie aussi qu'on acquiert plus de compréhension pour les intérêts et l'avis des autres, ce qui contribue à une compréhension mutuelle et un vivre ensemble paisible.

Du susdit on peut déjà déduire, que ce qu'on nous présente aujourd'hui comme démocratie, en est éloigné encore de quelques pas. La vraie démocratie, dans laquelle les citoyens prennent les décisions eux-mêmes, n'existe encore quasiment nulle part et là où elle existe plus ou moins, c'est à petite échelle, comme dans un nombre de cantons Suisses.

Société et gouvernance.

Beaucoup de caractéristiques de société et de gouvernance sont toujours basées sur les us et coutumes d'il y a des milliers d'années. Ainsi, dans les sociétés les plus avancées il y avait déjà le principe de solidarité, suivi du droit à la propriété et l'émergence de la différence de classes avec le droit d'exploitation (aussi bien physique que par le crédit), et un gouvernement centralisé, qui basait son autorité sur la crainte.

 

 

 

 

La première notion de démocratie apparaît mille ans après dans l'histoire grèque.

 

 

Dans le reste de l'Europe la démocratie restera encore un concept inexistant pendant de nombreux siècles. Ce n'est qu'assez récemment, au 18me / 19me siècle, lorsque des empereurs, rois, ducs et autres souverains aristocratiques avaient causé des révoltes populaires en raison de leur exploitation abusive et leurs guerres continuelles, qu'ils finissaient par accepter des représentants du peuple (ou par être décapités). Caractéristique pour tous ces pays Européens est, qu'ils s'appellent tous démocratique maintenant.

Cependant, si l'on regarde l'organisation des gouvernements, on remarque tout de suite que dans la plupart des pays les soi-disants représentants du peuple sont divisés en une première et une deuxième chambre, dont seuls les représentant de la deuxième chambre sont directement élus par le peuple. La première chambre (sénat) peut rejeter les propositions de loi votées par la deuxième chambre.

Et lorsqu'on constate, que dans chaque pays il reste toujours une assez petite minorité de citoyens avec des privilèges énormes, aussi bien en richesse qu'en influence politique, on peut présumer que le fonctionnement de ces 'démocraties' est loin d'être démocratique. Souvent cela est déjà causé à la base, par la forme peu démocratique du gouvernement, imposée par la constitution. Le plus souvent ces constitutions ont été écrites par un petit nombre de personnes de la classe supérieure et limitent de façon statutaire l'influence de la grande majorité des citoyens, des gens du peuple.

 

 

 

L'histoire des souris qui élisent des chats

L'histoire de Mouseland: des souris qui élisent des chats [7]

 

Depuis l'ascension des partis politiques, à partir d'environ 1870, les chambres sont peuplées par des représentants de partis politiques. Avec des promesses électorales ces partis politiques tentent d'obtenir le plus grand nombre de votes possible. Aussitôt après les élections des chefs de parti se rencontrent en secret pour tenter d'obtenir une majorité de représentants en se liant à plusieurs partis ensemble. Le but de l'opération est d'obtenir le pouvoir absolu de voter des lois, sans avoir à se soucier des arguments et avis des représentants des autres partis.

Cette formation de coalition signifie d'un côté, que quelques chefs de partis politiques, essaient de construire un accord de gouvernance au moyen de marchandages, où des promesses électorales sont éliminées de chaque côté. D'un autre côté cela signifie, qu'à partir du moment où une coalition existe, le résultat des débats sur des propositions de loi est connu d'avance et donc, que le débat perd sa fonction démocratique comme instrument pour mettre sur table tous les arguments en faveur et contre des propositions, pour bien peser tous les intérêts en jeu. Il va de soi, que l'absence de débat véritable détériore grandement la qualité des lois votées. Cela signifie en outre, que les membres de la majorité sont obligés d'obéir aux ordres de vote de leur chef. S'ils n'obéissaient pas, la majorité serait en danger. Le résultat de cette manière de travailler est que les chefs de parti prennent les décisions et que consécutivement plus aucun membre du parlement n’étudie soigneusement les textes sur lesquels il doit voter. En effet, cela serait inutile et un gaspillage de temps. Avec ces coalitions le parlement est devenu un instrument corrompu et dangereux pour la prise de décision démocratique.

Ce n'est donc pas surprenant, que ces soi-disants représentants du peuple sont devenus une caste à part, qui fonctionne sous une bulle en verre, souvent protégée par des portillons de sécurité contre ces citoyens étranges et dangereux.

Dans beaucoup de pays Européens la constitution date encore du temps, où les populations étaient en majorité illettrées. On peut comprendre quelque peu, que les puissants de l'époque étaient d'avis que ces illettrés devaient être mis en curatelle et représentés par des gens sachant lire et écrire. Cependant, aujourd'hui la situation est telle qu'il y a beaucoup plus de connaissance et de compréhension à l'extérieur du parlement qu'à l'intérieur.

Aujourd'hui nous disposons des moyens techniques pour organiser une vraie démocratie à l'échelle d'un pays entier. Rien qu'avec une plateforme-web bien structurée nous pouvons:

• signaler des problèmes;
• faire des propositions pour des solutions et des lois;
• formuler des arguments en faveur et contre ces propositions.

Et avec un peu d'organisation supplémentaire nous pouvons également procéder à des votes.

La question principale est donc: sommes-nous toujours des citoyens qui doivent être représentés, ou est-il temps d'introduire une vraie démocratie?

Si vous pensez qu'il est temps pour la démocratie et si vous avez des idées sur la construction d'un tel site web (sa mise en forme, ses règles, sa programmation, son financement) ou si vous avez connaissance de projets similaires, ou si vous pouvez être utile d'une autre façon (par exemple pour aider à lancer une initiative similaire dans votre pays), veuillez réagir svp.

Rudo de Ruijter,
Chercheur indépendant
Pays-Bas

courtfool@xs4all.nl

 

Sources et références:

[1] Tablettes d'argile en Sumer: http://www.historyguide.org/ancient/lecture2b.html

[2] Loi de Hammurabi: http://avalon.law.yale.edu/ancient/hamframe.asp http://www.sacred-texts.com/ane/ham/ham05.htm ; http://www.sacred-texts.com/ane/ham/ham06.htm ; http://www.sacred-texts.com/ane/ham/ham07.htm

[3] Aujourd'hui environ 35 pourcent de toutes nos dépenses consistent d'intérêts. Helmut Creutz:

"Tous les frais qui s'accumulent dans la production et dans les prix intermédiaires entrent dans les prix finaux. Ils doivent donc être payés par les ménages, qui, comme derniers dans la chaîne ne peuvent plus reporter ces frais à d'autres et paient ces frais directement ou indirectement avec leurs dépenses.

Selon le bulletin de la Bundesbank de septembre 2003 les dépenses totales de tous les ménages de l'année 2000 se situaient à 1.201 milliards d'euro, les frais des emprunts (les intérêts collectés par les banques) à 370 milliards d'euros. De ces montants, qui représentent par ménage 31.600, respectivement 9.740 euros, se laisse calculer un pourcentage d'intérêts dans les dépenses de 31 pourcent." En 1950 cela n'était que 7 pourcent et en 1975 c'était 14 pourcent.

[4] Remises de dettes en Mésopothamie: http://www.globalresearch.ca/debt-cancellation-in-mesopotamia-and-egypt-from-3000-to-1000-bc/5303136

[5] Remises de dettes jusqu'à nos jours: http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/11383374/The-biggest-debt-write-offs-in-the-history-of-the-world.html

[6] Dans un radius de 700 m tout le monde pouvait se servir d'un puits. Et lorsque quelqu'un ne pouvait pas trouver d'eau à 18 mètres de profondeur il avait le droit de se servir du puits de son voisin.  http://www.solon-line.de/solon-legislator-and-poet.htm

[7]    L'histoire de Mouseland: les souris qui élisent des chats:   https://www.youtube.com/watch?v=kdwySCMovHk (à partir de 1'20'') 

mars, 2016

 

L'auteur peut être contacté via www.courtfool.info/fr_contact.htm

Si vous voulez, vous pouvez copier cet article, l'envoyer à des intéressés ou le publier dans des journaux ou sur l'internet. Et si vous connaissez des politiciens ou fonctionnaires qui pourraient être intéressés, veuillez leur envoyer un petit message.

 

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Soirce : http://www.courtfool.info/zz_La_route_vers_la_democratie.htm

 

 

 

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 22:00

 

Source : http://www.dailymotion.com

 

 

Il a travaillé 9 ans avec Manuel Valls, et balance tout !

 

 

par J'suis pas content TVJ'suis pas content TV

 

Il s'appelle ‪#‎Pascot‬, il a travaillé pendant 9 ans avec Manuel Valls, et dénonce dans son livre "Pilleur d'état" les abus légaux dont abusent les élus.

"30% des élus ont eu affaire avec la justice(...) ce sont des gens qui votent des lois pour dire que les gens qui sont au RSA on va aller fouiller sur leur compte en banque pour voir s'il dépense plus que le RSA (...) 150 députés se sont payés une maison avec l'IRFM*, est ce qu'on est allé fouiller sur leur compte en banque ?!" s'indigne Philippe Pascot.

Interviewé par JJ Bourdin, il explique entre autre pourquoi la plupart des journalistes refusent de l'inviter :

Partageons donc son message, puisqu'ils sont si peu à le faire !!!

*IRFM : c'est une indemnité touchée par chaque député et chaque sénateur en France pour couvrir leurs frais de représentation. Elle ne fait l'objet d'aucun contrôle, n'est pas imposable et peut servir à couvrir tout type de dépense : habillement, restauration, achat immobilier, voyage...
 
 
 
 
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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 21:29

 

Source : http://www.euractiv.fr

 

 

« La lâcheté de la France face à la crise migratoire est inqualifiable »

Le gouvernement français a abandonné son partenaire allemand sur le dossier des réfugiés, provoquant une faillite de la réponse européenne, selon le coprésident du groupe des Verts au Parlement européen, Philippe Lamberts.

Philippe Lamberts est eurodéputé écologiste belge. Il est également coprésident du groupe des Verts/ALE au Parlement européen.

 

Le Sommet UE/Turquie visant à organiser les flux de réfugiés entre Ankara et l’UE a abouti à des propositions très largement critiquées, notamment au Parlement. Quel regard portez-vous sur l’attitude des gouvernements européens lors de ces négociations ?

Tout d’abord, ce qui est sur la table est illégal. Le principe consistant à dire que l’Europe accueillera un réfugié par voie légale par réfugié refoulé en Grèce est à la fois illégal et immoral. Cela veut dire qu’un maximum de réfugiés devrait tenter de quitter illégalement la Turquie pour donner la chance à un maximum de réfugiés d’accéder à l’UE.

Ce qui tiendrait la route, c’est d’avoir un accord pour un programme de réinstallation de demandeurs d’asile depuis la Turquie vers l’Europe, sans passer par les cases dangereuses de la mer Égée et de la route des Balkans.

 

>>Lire : Echec des négociations pour le sommet UE-Turquie

 

Mais on ne peut pas limiter ce type d’accord aux réfugiés syriens, il y a d’autres zones de guerre comme l’Afghanistan, le Yémen, l’Irak, la Libye et des pays où l’on persécute joyeusement, je pense notamment à l’Érythrée.

 

Est- ce la Turquie qui pose problème ?

On ne peut pas limiter nos discussions avec les pays tiers à La Turquie. Proportionnellement, le Liban et la Jordanie accueillent beaucoup plus de réfugiés !  Je me fais énormément de souci sur la stabilité politique de ces deux pays, en particulier du Liban, qui accueille l’équivalent de 25 % de sa population en réfugiés. C’est un pays qui a besoin d’aide si l’on ne veut pas qu’il bascule dans le conflit syrien, et l’Europe a une responsabilité énorme.

Ce qui est évidemment choquant c’est que ces négociations se sont déroulées au moment où les derniers vestiges de presse libre et indépendante en Turquie se sont faits brutalement mettre sous contrôle par le pouvoir de Recep Tayyip Erdogan.

On ne peut quand même pas fermer les yeux sur ce pays qui est candidat à l’UE et qui met au pas la justice, la police, asservies au bon vouloir d’un seul homme qui ressemble de plus en plus à Vladimir Poutine.

 

>>Lire : Les pays des Balkans ferment leurs frontières

 

On a affaire à un régime autoritaire qui n’hésite pas à lancer une guerre civile pour gagner une élection. Car la relance de la guerre civile contre le PKK a été décidée par Erdogan pour favoriser ses chances d’une union sacrée et obtenir une majorité absolue à la chambre des députés.

 

Pensez-vous que les gouvernements européens ne devraient pas négocier avec la Turquie ?

Je n’ai pas dit ça, mais il faut quand même se rendre compte que ce que l’on met dans la balance ce n’est pas seulement de l’argent, mais aussi la libéralisation des visas et la relance du processus d’adhésion à un moment où la Turquie n’a jamais été aussi éloignée des valeurs européennes !

Au lieu de se présenter devant la Turquie en situation de dépendance, les Européens devraient affirmer fièrement leurs valeurs. Si les gouvernements européens avaient pris la décision collective d’accueillir un million de réfugiés par an pendant 5 ans, ce qui  ne représente que 1 % de la population européenne, nous aurions pu aborder la Turquie dans une autre position.

C’est parce que les gouvernements européens sont lâches qu’ils sont aujourd’hui à genoux devant Erdogan. C’est une véritable faillite morale de l’Union européenne, et pas seulement une faillite juridique ou politique.

J’appelle les gouvernements européens à réagir, mais je ne me fais pas d’illusions. Beaucoup se sont engagés dans la voie du « pas de ces barbares chez nous », du coup je les vois mal être subitement touchés par la grâce..

 

La chancelière allemande Angela Merkel tente pourtant depuis plusieurs mois de dégager un consensus européen.

Je reproche aux autres États membres d’avoir laissé Angela Merkel seule sur ce dossier. C’est la seule à avoir pris la mesure du défi, non seulement politique, mais aussi moral et humain. Je suis ravie qu’il reste au moins un leader en Europe qui se rappelle que la politique c’est avant tout l’intérêt général.

Là-dessus, la position de la France est d’ailleurs abjecte, car elle se drape toujours dans son titre de pays des droits de l’homme. Mais la lâcheté du gouvernement français dans cette crise migratoire est inqualifiable.

 

>>Lire : Juncker veut relocaliser d’urgence 160.000 réfugiés

 

Lorsque la Commission européenne a proposé un premier plan de répartition de 160 000 réfugiés, la réaction du Premier ministre Manuel Valls  a été de dire « pas question », avant d’être rappelé à l’ordre par le président Hollande.

La France a accepté d’accueillir 30 000 réfugiés sur deux ans, ce qui équivaut au nombre de réfugiés qui arrivait en deux jours et demi en Allemagne au plus fort de la crise.

Cette pseudo unanimité de façade entre François Hollande et Angela Merkel est scandaleuse tant la France ne lève pas le petit doigt.

 

Le couple franco-allemand a donc clairement échoué sur cette question ?

Si Hollande et Merkel s’étaient concertés et avaient expliqué aux 26 autres États membres qu’ils avaient une responsabilité historique et qu’il était possible de prendre à notre bord 1 million de réfugiés par an, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Espagne, l’Italie et le Portugal se seraient alignés sur cet axe franco-allemand fort.

Cette faillite morale de l’UE, si elle atteinte tous les pays,  touche la France de plein fouet. J’ai déjà espéré un sursaut du parti socialiste français depuis longtemps et sur des nombreux sujets. J’ai été systématiquement déçu. Je ne vois pas François Hollande, qui adopte non pas des positions sociales-libérales, mais de droite – voire d’extrême droite sur la déchéance de nationalité – faire marche arrière.

 

 

Par : Cécile Barbière | EurActiv.fr

 

 

 

Source : http://www.euractiv.fr

 

 

 

 

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 18:10

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Droits du travail

Licenciement abusif : une intermittente fait condamner le groupe Canal+

par

 

 

 

Voici l’histoire d’une bataille aux prud’hommes dont l’issue donne de l’espoir. Au terme de deux ans et demi de procédure judiciaire, la Cour d’appel de Versailles a condamné le 1er mars 2016, D8, la chaine TNT du groupe Canal+, dans l’affaire qui l’oppose à l’intermittente du spectacle Sophie Tissier. Le litige débute le 30 mai 2013. Sophie Tissier est alors opératrice prompteur sur la chaine D8. Ce jour-là, elle intervient en direct dans l’émission de Cyril Hanouna, Touche pas à mon poste (TPMP) pour dénoncer les baisses de salaire des intermittents de la chaîne. « Le groupe Canal, qui a racheté D8 dernièrement, nous impose une baisse de salaire. Pour ma part, c’est 25 % mais tous les intermittents sont touchés. Alors que le groupe Canal a un chiffre d’affaire de cinq milliards d’euros, je crois [1,88 milliards d’euros en fait, en 2013. Celui du groupe Vivendi, propriétaire de Canal+ est de 10,2 milliards]. On nous prend à la gorge. J’ai envie de travailler avec vous, mais j’ai envie de gagner ma vie », déclare t-elle.

 

« black listée »

Suite à cette intervention, Sophie Tissier se retrouve « black listée » des plannings de D8, Canal+ et de nombreuses productions privées. Évaluant le manque à gagner autour de 7 à 8 jours de travail par mois, elle décide d’attaquer aux prudhommes son ancien employeur. L’enjeu, explique-t-elle sur Médiapart est de « dénoncer l’injustice dans l’abus de CDD intermittent, mais aussi dévoiler la vulnérabilité face aux employeurs et la précarité que subissent les personnes en CDD ».

D’abord déboutée en première instance, la cour d’Appel de Versailles lui donne finalement raison ce 1er mars 2016. La chaine doit verser 138 000 euros de rappel de salaires et d’indemnités – l’équivalent de trois ans de salaires – pour abus de contrat à durée déterminée intermittent, licenciement sans cause réelle ni sérieuse. Le tribunal juge également légitime son intervention en direct au nom des intermittents, et illégale la baisse de salaire imposée sans négociations aux intermittents de D8. Dans une vidéo de 7 minutes réalisée avec le collectif #OnVautMieuxQueCa, Sophie Tissier revient sur cette bataille judiciaire :

 

 

Suite au verdict de la Cour d’appel, la chaine D8 peut encore se pourvoir en cassation. Mais pour Sophie Tissier, cette décision de justice constitue déjà une belle victoire. « Le message que j’aimerais faire passer est simple : c’est un message d’espoir et d’appel au courage, de ne pas se résigner, de dire haut et fort nos légitimes colères et se battre, sur tous les plans, seuls ou en collectifs, envers et contre toute forme d’injustice », écrit-elle.

A partir de son cas personnel, Sophie Tissier explique qu’avec le projet de loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri, elle aurait gagné « deux fois moins d’indemnités aux prud’hommes » et qu’il est donc « important de se mobiliser contre cette loi ». Dans les faits, le projet de nouveau barème des indemnités prud’homales est encore plus pénalisant : pour celles et ceux qui ont entre 2 et 5 ans d’ancienneté, le plafond s’élèverait à 6 mois... quand Sophie Tissier, qui a travaillé pour D8 entre novembre 2010 et mai 2013, a pu bénéficier de 36 mois d’indemnités. Sophie Tissier bénéficierait donc de six fois moins d’indemnités, si le projet de loi est adopté en l’état. Un appel à mobilisation générale contre le projet de démantèlement du droit du travail est lancé le 9 mars dans toute la France.

 

 

Sophie Chapelle - Voir également la page facebook Touche pas à mon intermittent(e)

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 17:50

 

 

« Merci patron ! », de François Ruffin

Un film d’action directe

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Anonyme. – « Robin des bois »
Look and Learn - Bridgeman Images
 

Comme on ne risque pas d’avoir les studios Universal sur le dos et qu’en réalité il ne s’agit pas tout à fait d’un film à suspense, on peut révéler l’intrigue de Merci patron !, de François Ruffin (1). C’est l’histoire de Serge et Jocelyne Klur, employés d’Ecce, filiale du groupe LVMH, plus exactement employés de son usine de Poix-du-Nord, jadis chargée de la confection des costumes Kenzo. « Jadis », car, mondialisation oblige, le groupe a cru bon d’en délocaliser toute la production en Pologne. Moyennant quoi les Klur ont été invités à se rendre employables ailleurs. Cependant, ils explorent méthodiquement la différence entre employables et employés. Depuis quatre ans. Evidemment, la fin de droits a été passée depuis belle lurette, on tourne à 400 euros par mois, la maison est fraîche — forcément, il n’y a plus de chauffage, et il a fallu se replier dans la seule pièce habitable. Au rayon des vertus tonifiantes, on compte aussi l’élimination de tout excès alimentaire et l’adoption de saines résolutions diététiques ; on peut même aller jusqu’à parler de rationnement — Noël avec une tartine de fromage blanc, les amis de la frugalité apprécieront.

 

On en est là, c’est-à-dire déjà sur un grand pied, quand survient un avis de saisie de la maison, ni plus ni moins, à la suite d’une ardoise d’assurance de 25 000 euros. Pour les Klur, qui considèrent qu’on est « un gros », voire « un capitaliste », à partir de 3 000 euros par mois, c’est là tomber d’un coup dans des ordres de grandeur qui font sortir de la Voie lactée. Ce qui n’empêche pas d’ailleurs de tirer des conséquences pratiques. En l’occurrence sous la forme du projet, si c’est ça, de foutre le feu à la maison — la seule chose que les Klur aient vraiment eue à eux et dont ils ont tiré à peu près tout ce que l’existence leur a réservé de joies.

 

On ne fait pas plus local que le cas Klur. Et on ne fait pas plus global non plus. Car les Klur offrent en concentré un résumé presque complet du système. Pourtant, contrairement à bon nombre de ceux qui ont traité avant lui de la condition salariale à l’époque néolibérale, le film de François Ruffin n’a aucune visée analytique ou pédagogique. C’est un film d’un autre genre, difficilement identifiable, d’ailleurs, au regard des catégories cinématographiques habituelles. Le plus juste serait sans doute d’en dire qu’il est un film d’action directe. Car Ruffin, qui a Bernard Arnault dans le collimateur depuis un moment, veut littéralement faire quelque chose de la situation des salariés d’Ecce. En 2008, déjà, il avait fait débouler impromptu les licenciées à l’assemblée générale des actionnaires de LVMH (2). Cette fois, ce sera l’attaque frontale : Klur-Ruffin contre Arnault. L’époque néolibérale enseignant que si l’on ne demande pas avec ce qu’il faut de force, on n’obtient rien, Klur-Ruffin va demander. Avec ce qu’il faut de force. En l’occurrence : 45 000 euros de dédommagement pour réduction à la misère, plus un contrat à durée indéterminée (CDI) quelque part dans le groupe pour Serge ! Et sinon, campagne de presse. Pas Le Monde, pas France Inter, pas Mediapart : Fakir, journal fondé par Ruffin et basé à Amiens. Tremblez, puissants !

 

C’est à ce moment que le film passe d’un coup dans la quatrième dimension, et nous avec. Car dans le cortex frontal de l’éléphant, l’attaque du moustique a semé un sacré foiridon. Et le puissant se met à trembler pour de bon. On ne peut pas raconter ici la série des hilarantes péripéties qui y conduisent, mais le parti pris de spoiler commande au moins de donner tout de suite la fin de l’histoire : Bernard Arnault s’affale ! On se pince. C’est simple, on ne peut pas y croire. On se dit que le projecteur est couplé à un diffuseur de champignons, qu’on est victime. Or tout est vrai. Comme la physique contemporaine a établi l’existence de l’antimatière, la physique sociale de Merci patron ! nous découvre l’univers parallèle de l’antilutte des classes : tout s’y passe comme dans l’autre, mais à l’envers. C’est l’opprimé qui fait mordre la poussière à l’homme aux écus. On se doute que cette irruption de l’univers inversé dans l’univers standard est un événement rare. Mais on l’a vue, de nos yeux vue ! Alors il faut bien y croire. Avec cet effet particulier que la reddition de l’entendement donne aussitôt l’irrésistible envie de renouveler les résurgences du bon univers dans le mauvais, et pourquoi pas de l’y transfuser totalement.

 

Passé l’incrédulité, le premier effet de ce film à nul autre pareil, c’est donc de donner le goût des ambitions révisées à la hausse. En commençant par prendre l’exacte mesure de ce qu’il annonce. D’abord, le cauchemar de la droite socialiste : lutte des classes pas morte ! Ça n’était pourtant pas faute d’avoir rédigé toutes les variantes possibles et imaginables de son acte de décès. C’est que, de la lutte des classes, on peut dire ce qu’on veut : que son paysage s’est complexifié ; que le feuilletage de la couche intermédiaire des « cadres » a créé une vaste catégorie d’êtres bifaces, partie du côté du capital (par identification imaginaire), partie du côté du salariat (par statut) ; que cette nouvelle sociologie a fait perdre à la polarisation de classes sa netteté originelle, etc. De la lutte des classes, donc, on peut dire tout cela. Mais certainement pas qu’elle a disparu. Pour en réapercevoir le noyau, il faut cependant monter des opérations de court-circuit, qui font revenir à l’os : typiquement, les ouvrières d’Ecce faisant effraction parmi les actionnaires de LVMH en train de discuter des dividendes, soit le face-à-face pur du capital exploiteur et du travail exploité. Ou alors les Klur : la misère directement rapportable à la valorisation du capital.

 

Evidemment, ce sont là des spectacles que la droite socialiste voudrait beaucoup s’épargner, et qu’elle s’emploie d’ailleurs à conjurer autant qu’elle peut par toutes les armes de la dénégation. A l’image de la fondation Terra Nova qui, en 2011, s’était mise en devoir d’expliquer que les classes populaires (« populaires » pour ne même plus avoir à dire « ouvrières ») étaient, sinon sociologiquement inexistantes, en tout cas politiquement inintéressantes : ça n’était plus pour elles que la droite socialiste devait penser sa politique. Comme on sait, le problème avec les morts mal tués et mal enterrés, c’est qu’ils reviennent. Ici, les morts font tout de même 25 % de la population active, auxquels ajouter 25 autres pour cent d’employés — une sacrée armée de zombies. Et la promesse de nuits agitées pour tous ceux qui auront pris leurs entreprises de déréalisation pour le réel même. Il faut croire que les spectres gardent le pouvoir d’en terroriser encore quelques-uns, si l’on en juge par l’empressement de Bernard Arnault à dépêcher les sbires de sa sécurité pour négocier contre euros le silence des Klur. Le secrétaire général du groupe, un hiérarque du Parti socialiste, convaincu que le progressisme consiste essentiellement en la progression des dividendes, est à lui seul un résumé sur pattes de toute l’histoire de son parti, doublé d’un fameux cornichon, dont toutes les savantes manœuvres vont conduire Bernard Arnault à la double déconfiture : payer et la publicité !

 

Ainsi, il arrive aux classes « populaires » de revenir du néant où on a voulu les enfouir, et d’en revenir avec quelque fracas. C’est là sans doute la seconde bonne nouvelle de l’évangile selon saint Klur : il se pourrait que cet ordre social soit beaucoup plus fragile qu’on ne le croit. On commence en tout cas à se poser de sérieuses questions lors de cette scène sublunaire qui voit un ex-commissaire des renseignements généraux, devenu barbouze privé pour l’empire du sac à main, négocier avec les Klur devant une caméra cachée (lui cherche un magnétophone sous une chaise…) et devenir quasi hystérique à l’évocation de Fakir. Que la campagne de presse passe par Le Monde, Mediapart ou par François Hollande, il n’en a cure. Mais Fakir ! Et c’est Molière chez les Picards, avec, à la place de Diafoirus qui trépigne « Le poumon ! », l’ex-commissaire Machin devenu maboule : « Fakir ! Fakir ! » — on le menacerait de tout envoyer à CNN ou au pape, il continuerait de glapir comme un possédé : « Fakir ! »

 

Rendu à ce point du visionnage, et totalement éberlué, on tente soi-même de reprendre pied pour former à nouveau quelques idées générales. D’ailleurs, avec l’aide du commissaire lui-même ! Qui, du fond de son sens commun de flic, est détenteur d’une philosophie politique à l’état pratique : pourquoi Fakir, qui est tout petit ? Parce que, explique le commissaire, « c’est les minorités agissantes qui font tout ». Si des Klur coachés par le camarade Ruffin ont le pouvoir de mettre Bernard Arnault à quatre pattes, c’est bien qu’en face, on a peur. Confusément conscience que tant de vilenies accumulées ne pourront pas rester éternellement impunies, et peur. Mais alors quid de dix, de cent Klur-Ruffin, d’une armée de Klur-Ruffin ? Et puis décidés à obtenir autre chose que la simple indemnisation de la misère ? Et si l’espoir changeait de camp, si le combat changeait d’âme ?

 

Le propre des films d’action directe, c’est qu’ils propagent leurs effets bien après leur dernière image. De celui-ci, on sort chargé comme une centrale électrique et avec l’envie de tout renverser — puisque, pour la première fois, c’est une envie qui nous apparaît réaliste. Ecrasés que nous étions par la félonie de la droite socialiste, par l’état d’urgence et la nullité des boutiques de la gauche, Merci patron ! nous sort de l’impuissance et nous rebranche directement sur la force. Ça n’est pas un film, c’est un clairon, une possible levée en masse, un phénomène à l’état latent. De cet événement politique potentiel, il faut faire un événement réel.

 

Frédéric Lordon

Economiste.

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(1) Produit par Fakir et Jour2fête, 90 minutes, en salles le 24 février.

(2) Lire François Ruffin, « Insolite face-à-face entre ouvrières et actionnaires », Le Monde diplomatique, août 2008.

 
 
 

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 17:36

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

EDF: l'addition cachée de l’aventure britannique

8 mars 2016 | Par martine orange
 
 
 

EDF a surpayé British Energy. Mais pour ne pas avoir à avouer au moins 7 milliards d’euros de dépréciations d'actifs, le groupe continue sa fuite en avant avec le projet d’Hinkley Point.

« Hinkley Point, c’est la chronique d’une catastrophe annoncée. Pourtant, ils vont y aller, ne serait-ce que pour ne pas avouer les erreurs passées », confie un responsable du groupe, abattu par ce qui se précise. Plus que la défense du nucléaire, un élément, selon lui, compte beaucoup dans les décisions à venir de la direction d’EDF pour lancer coûte que coûte la construction de l’EPR : le groupe s’est déjà bien trop engagé en Grande-Bretagne. Revenir en arrière l’obligerait à reconnaître une ardoise très lourde et difficilement justifiable.

Pour comprendre ces explications, il faut revenir au départ de l’aventure britannique d’EDF, quand le groupe lance une OPA sur British Energy début 2008. À l’époque, le gouvernement britannique a décidé de vendre la participation de 35,2 % qu’il détient encore dans le groupe d’électricité. Plusieurs concurrents européens, comme l’allemand E.ON ou l’espagnol Iberdrola, se mettent sur les rangs puis font demi-tour. « Les conditions financières ne sont pas réunies pour reprendre British Energy », expliquent-ils alors.

Seul Pierre Gadonneix, alors président d'EDF, continue de se dire intéressé et paraît prêt à y mettre le prix. Alors que les responsables de l’électricien allemand RWE n’ont été autorisés par leur conseil qu'à présenter une offre limitée de 2,5 milliards d’euros pour le rachat de la participation du gouvernement britannique, estimant que le groupe dans sa totalité ne valait pas plus de 8,5 milliards d’euros, le président d’EDF ne semble pas du tout préoccupé par ces considérations, pas plus d’ailleurs que par l’envolée du cours en Bourse, depuis que le gouvernement britannique a annoncé son engagement. Un grand classique en France, décidément. 

En juin 2008, Pierre Gadonneix fait donc une offre très généreuse, tenant compte de l’envolée boursière : 15,1 milliards d’euros pour racheter l’ensemble de British Energy. C’est déjà plus de 40 % de ce que l’électricien valait, avant la spéculation boursière. Mais cela ne semble pas suffisant pour la direction de l’électricien britannique, qui rejette l’offre. Plutôt que de renoncer, la direction d’EDF décide de surenchérir, alors qu’elle est toute seule sur les rangs ! En septembre 2008, le groupe public, étendard du nucléaire français, présente donc une nouvelle offre de 15,8 milliards d’euros. En six mois, grâce au jeu boursier britannique, British Energy a doublé sa valeur, alors que tous s’accordent pour dire que le groupe est en mauvaise santé financière et boursière.

Mais la réalité des comptes s’impose, malgré tout. Pour ne pas avoir à inscrire une trop grande survaleur (goodwill) dans son bilan – aveu des folies financières et autres –, la direction d’EDF annonce tout de suite qu’elle va construire deux EPR sur les sites de British Energy, ce qui va donner de la valeur à l’ensemble du groupe britannique à l’avenir, explique-t-elle. Dans son rapport annuel de 2008, le groupe annonce ainsi la construction à venir de ces deux EPR, pour un coût estimé à l’époque à 4 milliards d’euros chacun. La facture de l’EPR de Flamanville a déjà dépassé les 10 milliards d’euros.

Grâce à cette annonce, la survaleur sur l’acquisition de British Energy est diminuée. EDF doit tout de même inscrire au bilan d’entrée du groupe britannique dans ses comptes, début 2009, un goodwill de 5,75 milliards d’euros. Depuis, comme le redoutaient les opposants à cette acquisition à l’époque, la situation n’a cessé de se dégrader. Des centrales et des sites de production vieillissants ont dû être dépréciés. Les activités britanniques affichent désormais une survaleur de 9,1 milliards d’euros, représentant à elle seule 90 % des survaleurs du groupe. Quant au résultat, il est en perte de plus de 200 millions d’euros en 2015. Une affaire, décidément, ce rachat britannique. 

Mais EDF, fortement incité par son responsable en Grande-Bretagne, Vincent de Rivaz, ne veut pas se dédire. Renoncer à construire un ou deux EPR obligerait alors à déprécier la valeur de British Energy et à annuler au moins les 5,7 milliards d’euros de survaleurs inscrits dans ses comptes. De plus, il lui faudrait aussi passer en pertes les dépenses qui ont été engagées pour lancer le projet d’EPR. Celles-ci dépasseraient déjà le milliard d'euros. Bref, toute marche arrière obligerait à inscrire au moins 7 milliards d’euros de dépréciations dans ses comptes. Un luxe que la direction d’EDF estime ne pas pouvoir se permettre.

Alors, plutôt que de reconnaître l’erreur passée, la direction d’EDF préfère continuer sa fuite en avant et s’engager pour un projet d’au moins 25 milliards d’euros, jugé dangereux par tous. Dans son dernier rapport, la Cour des comptes rappelait l’urgence d'en finir avec l'impunité des dirigeants et de « renforcer les dispositifs de sanction pénale et pécuniaire tant pour les dirigeants que pour les membres de conseils d’administration pour les cas de prise de risque inconsidérée ayant entraîné des pertes ». Cette règle pourrait peut-être s'appliquer aux dirigeants d'EDF ?

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 18:28

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

#Nîmes Une enseignante a été condamnée pour outrage au maire FN Julien Sanchez

 

 

 

(AFP)

 

Une enseignante de Beaucaire (Gard) a été condamnée pour "outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique", à la suite d'une plainte du maire FN de la ville Julien Sanchez qui est sorti du tribunal sous les huées de dizaines de manifestants venus soutenir l'enseignante.

Le tribunal correctionnel de Nîmes l'a condamnée à 300 euros d'amende et 2.000 euros de dommages et intérêt pour avoir traité de "membres d'un parti raciste et xénophobe" Julien Sanchez et son adjoint Stéphane Vidal, le 17 juin 2014, lors du premier conseil d'administration du lycée professionnel Paul-Langevin dans lequel devait siéger le FN.

Des enseignants, membres du conseil d'administration, avaient refusé collectivement de siéger en présence du nouveau maire FN. L'équipe municipale avait évoqué dans un communiqué "quelques syndicalistes sans éducation, privilégiés, aigris et sectaires", "dont le comportement n'a rien à envier à celui de racailles".

L'enseignante condamnée a indiqué qu'elle allait faire appel. "Cette décision ne me surprend pas, cela fait partie d'un climat politique d'intimidation notamment à l'égard des syndicalistes", a-t-elle dit. "Mais je constate que M. Sanchez a été relaxé en appel pour des injures envers moi car la justice a estimé que ses propos faisaient partie du +débat politique+ alors que dans ce cas, je suis condamnée individuellement alors que je lisais un texte syndical qui prenait une position politique de refus face au FN".

Le 12 janvier, l'élu avait été relaxé en appel à Nîmes pour injure envers l'enseignante après avoir été condamné en première instance.

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 18:07

 

Source : https://www.francebleu.fr/infos

 

 

Forte mobilisation contre la loi travail à Nîmes

Par Fabien Randrianarisoa, France Bleu Gard Lozère mercredi 9 mars 2016 à 15:58

 

 

 

 

Les manifestants cotre la loi travail devant la préfecture à 12H

Les manifestants cotre la loi travail devant la préfecture à 12H - Fabien Randrianarisoa

 

Les manifestants contre la loi travail se sont rassemblés ce matin devant la préfecture à Nîmes. Ils étaient 600 selon la préfecture, 2000 selon les syndicats.

Ce mercredi matin, un cortège de plusieurs centaines de jeunes a fait la tournée des lycées Dhuoda, Camus, Daudet, et Hemingway, pour manifester contre la loi El Khomri.

 

Thomas et Adrien, deux lycéens opposés au projet de loi El Khomri à écouter ici

 

Au cours de la matinée, Cédric, un lycéen qui tentait de placer des poubelles pour faire blocus a été interpellé, et conduit à l’hôtel de police.

Les lycéens se sont rassemblés devant le bâtiment, et le directeur de cabinet du préfet a reçu le CPE du collège de Vergèze, venu demander la libération du jeune homme. Vincent a été relâché quelques heures plus tard.

 

Organisations syndicales et lycéens ont fait front commun contre la loi travail. - Aucun(e)

 

Devant la préfecture à midi, de nombreuses organisations syndicales ont rejoint les manifestants, dans une ambiance détendue.

 

Roland Veuillet, syndicaliste SUD éducation à écouter ici

 

D'autres rassemblements auront lieu dans l'après midi,  à Alès à 16h30 rue Edgar quintet, et à 18h à Bagnols sur Cèze devant la poste du centre ville.

 

 

Source : https://www.francebleu.fr/infos

 

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/clement-luy

 

 

Portfolio

Lycéens et étudiant-e-s de Nîmes contre la loi travail

 

 

 

Les jeunes se mobilisent : ce matin, à l'appel de lycéen-nne-s de Nîmes, une manifestation a eu lieu dans les rues de la ville pour protester contre le projet de loi. Après des blocages de lycées interrompus par la police, un cortège s'est formé et a parcouru la ville, vers l'université et les autres lycées afin de rassembler un maximum de jeunes, dans la bonne humeur et la motivation.
  1. 09.25 : le lycée Alphonse Daudet de Nîmes est bloqué par des lycéens et lycéennes venus de nombreux lycées de la ville aux cris de "Hollande, ta loi, on n'en veut pas !"

  2. Devant le lycée, dont les portes restent fermées, un membre de SUD-Education vient nous informer sur la situation d'un camarade, arrêté le matin au cours du blocage du lycée Dhuoda. 

  3. Le cortège se reforme et prend ensuite la direction de la fac Vauban : sans grand succès car les portes nous seront aussi fermées au nez. 

  4. En direction du lycée Albert Camus. 

  5. Devant le lycée Albert Camus, pour inciter de nouveaux lycéens à rejoindre la manifestation. 

  6. Vers la préfecture. 

  7. La manifestation rejoint ensuite la préfecture du Gard, où un rassemblement organisé par les syndicats est prévu à 12.00. 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/clement-luy

 

 

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Source : http://www.citizenside.com/fr/

 

Nîmes : Manifestation contre la loi Travail devant la préfecture

 

 

 

A la une Nîmes, France - 09 mars 2016 Plusieurs centaines de personnes ont manifesté devant la préfecture du Gard, à Nîmes, le 9 mars 2016, afin de dénoncer le projet de loi de réforme du Code de travail, porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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