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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 15:01

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/jean-marie-gumy

 

 

Nuit Debout: pacotille, camelote, et Cie

 

 

Toi, tu t'appelles Camelote, lui c'est Pacotille, elle c'est Sans-Valeur, et moi c'est Personne. Tu n'es donc ni de diamant, ni d'or, ni d'argent et tu n'es pas allé te prosterner devant le temple de Wall Street pour saluer la pensée divine de Guy Sorman.

Toi, tu t'appelles Camelote, lui c'est Pacotille, elle c'est Sans-Valeur, et moi c'est Personne. Tu n'es donc ni de diamant, ni d'or, ni d'argent et tu n'es pas allé te prosterner devant le temple de Wall Street pour saluer la pensée divine de Guy Sorman. C'est ici :https://www.contrepoints.org/2016/05/08/252025-nuit-debout-des-rebelles-tres-conformistes

Tu n'exploites pas de mines de minerais, tu n'es pas PDG de Starbucks ou de l'Oréal parce que tu ne le vaux certainement pas bien même si tu prétends que tu vaux mieux que ça. A voir...

En plus, excuse-moi de t'offenser jusqu'à Lagarde, t'es un faux rebelle qui se rebelle contre rien du tout et ton nihilisme fait peine à voir. T'es juste une illusion d'optique, un champ de vision périscopique noyé par l'alcool et le shit. Ta vision s'arrête là sur la dalle de République où t'imagines un océan avec tes lunettes de plongée sur le nez et même que t'as la dalle et que les lacrymos te donnent la soif, tu iras prendre ton take away au MacDo du coin comme n'importe quel citoyen français fauché qui lui comprend tellement mieux que se rebeller contre l'ordre établi ça ne sert strictement plus à rien sauf à se faire passer pour Chienlit, l'anarchiste qui a une belle gueule à la Léo Ferré.

Mais je crois surtout que dans cette affaire de Nuit Debout, les néocons ont oublié qu'il y eut un jour sur la terre de France un type qui s'appelait Léo Ferré qu'ils rebaptiseraient d'ailleurs aujourd'hui du sobriquet de Léo Ferraille ou Léo Fer blanc si par hasard il chantait Place de la République à Nuit Debout. Parce que lui aussi finalement ne parlait pas comme De Gaulle mais ouvrait sa jolie gueule pour contester l'ordre de ces Messieurs Dames qui se croient tellement intelligents en planquant leurs vraies valeurs à travers l'opacité des sociétés écrans et des prêtes-noms. L'homme de paille au chapeau Panama est une brindille au service de ces braves leaders politiques et économiques mais il ne fait pas figure d'épouvantail, juste figure d'emblème à leur démocratie tellement vivace et luxueuse qu'ils peuvent se permettre de te dénigrer, toi le rebelle, toi la rebelle, en te traitant de pacotille qui ferait sa petite histoire narcissique à Répu mais qui ne touchera jamais à leur Grande Histoire, celle qui se fait en Syrie, par exemple, aujourd'hui ou en France avec le taux de chômage et d'exclusion sociale que l'on connaît. Leur Grande Histoire est merveilleuse puisque les rois, reines, princesses, princes, ducs et duchesses qui n'osent pas le nom, Noblesse oblige décomplexée, l'élite donc, ça fait hyper démocratie, s'octroie cette fameuse part mirobolante octroyée aux 1% de la population du globe qui obtiennent tous les privilèges y compris celui de voyager sans frontière... 

Bon. Certes. 70 millions de dinosaures qui font partie de cette haute noblesse, ce n'est pas négligeable d'autant que ces 70 millions s'octroient à peu près tous les médias dont tu vois à longueur de journée la Grande Histoire défiler dans les journaux et sur ton écran web ou TV. 70 millions qui s'empressent de s'organiser entre eux dans des forums économique comme Davos où Camelote, Sans-Valeur, et Pacotille ne seront jamais représentés si ce n'est que ces Mesdames et Messieurs diront qu'il faudrait peut-être leur distribuer un sac de riz de temps en temps à ces boat-people, ces morts de faim, pour qu'ils se taisent et rejoignent sagement les rangs des dormeurs et des sans-opinions. Il faudrait même faire une expérience marrante, du style, les milliardaires solidaires se cotisent entre eux à hauteur de 10 millions, vont à République et lors d'une AG de Nuit Debout propose leur deal:

Vous fermez vos Nuits Debout et on vous offre 10 millions en échange. histoire de montrer à la jeunesse précarisée de France qu'elle vaut tout de même 10 millions à leurs yeux. Et attendre la réponse des révolutionnaires. Il y a aura bien un ou deux jeunes dans l'assemblée pour se dire qu'après tout se partager dix millions quand on ne sait pas si demain on mangera à sa faim c'est plus réaliste que de rêver à une hypothétique révolution qui tarde à trouver de nouveaux adeptes. Il y aura bien un ou deux faibles d'esprit qui céderont au deal cynique des gens bien sous tous rapports qui eux ne sont pas de pacotille mais qui vivent sur l'or permettant d'acheter tout le monde. Mais le vrai et la vraie rebelle serviront leurs vraies valeurs et renverront à la case départ le représentant désigné des nobles d'un joli doigt d'honneur en lui jetant d'un regard d'éclair son "Fuck You!"  ou "Va te faire foutre!" droit dans les yeux. 

Le foudroiement appartient à celles et ceux qui ont la passion d'écrire l'Histoire et le coup de foudre frappe celle et celui qui a compris que Nuit Debout ne sera jamais fait de pacotille mais bien un mouvement durable pour lequel l'Histoire aura quelque chose à raconter dans les chaumières d'ici cinquante ans.

Hasta siempre et viva la revolucion!

 

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 14:05

 

 

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Le patron gagne 35 millions de dollars, les salariés un licenciement

7 mai 2016 | Par Rachida El Azzouzi
 
 
 

IMS Health, groupe américain coté en bourse, spécialisé dans le conseil pour l'industrie pharmaceutique, connaît une santé financière excellente. Mais tout en augmentant de 40 % la rémunération annuelle du PDG pour la porter à 35 millions de dollars, il a décidé de supprimer un tiers de ses effectifs en France. Des licenciements boursiers, dénoncent les syndicats. 

Jean-Maurice L’Hôtellier n’est « pas du genre à faire appel à des journalistes ». C’est si rare en vingt ans de militantisme à la CFDT qu’il nous remercie « infiniment » de contribuer à la médiatisation de l’histoire qui le préoccupe depuis plusieurs mois. Une histoire passée inaperçue, aux ressorts tristement classiques. Les salariés d’un grand groupe à la santé insolente sont brutalement licenciés dans des conditions indécentes. Ils sont sacrifiés sur l’autel du profit et de la performance boursière car ils ne seraient « pas assez compétitifs », pendant que leur PDG monde, Ari Bousbib, un Français installé à New York, voit sa rémunération annuelle (salaire, bonus, etc.) augmenter de 40 % en 2015 et atteindre 35 millions de dollars.

Il s'agit d'IMS Health, un cabinet de conseil dans le secteur de la santé qui travaille pour les plus grands laboratoires pharmaceutiques. Racheté il y a un an par un fonds de pension américain, le groupe coté à la bourse de New York (et qui vient de fusionner avec son égal, Quintiles) entend écrémer de 30 % « les effectifs » en France et délocaliser l’activité dans des pays low cost, la Pologne, l’Espagne, l’Inde et les Philippines.

310 postes supprimés, soit 222 licenciements secs sur ses quatre sites français : Boulogne-Billancourt dans les Hauts-de-Seine, le quartier d’affaires parisien La Défense, Vélizy dans les Yvelines et Montargis dans le Loiret. L’annonce est tombée le 11 février dernier.

« Une journée délirante, se souvient Jean-Maurice L’Hôtellier, secrétaire du comité d’entreprise et délégué CFDT, le syndicat majoritaire. La direction avait convoqué les IRP [instances représentatives du personnel] dans la salle de réception obscure d’un hôtel de Boulogne-Billancourt et à 14 h 08, elle envoyait un mail à tous les salariés des différents sites accompagné d’une vidéo pré-enregistrée où elle annonçait le plan social d’une ampleur inédite. »

C’est la douche froide pour les salariés qui, trois mois plus tard, naviguent encore plus à vue, dans une ambiance délétère et malsaine. Chacun attend les résultats de la loterie, replié sur son angoisse d'être tiré au sort et de se retrouver sans emploi. « On ignore encore qui sera concerné par les départs contraints. On sait simplement que cela concernera autant des cadres que des employés mais cela génère une ambiance détestable dans les services », explique Jean-Maurice L’Hôtellier, qui dénonce des « licenciements boursiers » : « IMS Health gagne de l'argent et n'a aucune raison de licencier. »

Depuis le rachat du groupe par le fonds de pension américain, et malgré les résultats florissants d’IMS Health (417 millions de dollars de résultats net en 2015 et une prévision de croissance de 12 à 16 % pour 2016), les salariés redoutaient un plan de licenciements massifs. En décembre dernier, leur peur s’est matérialisée avec l’arrivée – pour un contrat éclair de six mois – de Béatrice Labouerie, la DRH qui a saigné le volailler Doux et le groupe Kodak.

« On s’est dit : on est cuits », raconte Jean-Maurice L’Hôtellier, 54 ans dont la moitié chez IMS Health. Comme tous en interne, il est « choqué » par « les mesures d'accompagnement » du plan (indemnités, congés de reclassement, aides à la formation…) proposées par la direction qui veut aller très vite et plier « l’affaire » d’ici juillet : « Elle prévoit cinq mois d’indemnités pour des salariés qui ont quinze, vingt ans d’ancienneté ! »Du mépris, doublé d’une grande violence, estiment les syndicats. La direction du Travail (Direccte) en convient à sa manière et refuse pour l’heure d’homologuer le plan de licenciements.

À la veille de la reprise des négociations sur les mesures du plan pour l’instant au point mort, la CFDT, majoritaire, appuyée par l’UNSA et la CGT, appelle les salariés à un rassemblement à l’heure de la pause déjeuner, entre 12 heures et 14 heures mardi 10 mai, au siège d’IMS Health à Boulogne-Billancourt (92) qui compte 700 salariés en moyenne. « Un rassemblement, pas une manifestation, ni un appel à la grève, car ce n’est pas dans notre tradition et les salariés qui n’ont pas des salaires mirobolants ne peuvent se permettre de perdre une journée de salaire », défend Jean-Maurice L’Hôtellier dont la dernière manifestation remonte à la réforme des retraites de 2010.

C’est déjà une grande première pour une population de cadres et non-cadres, techniciens, consultants, commerciaux, qui goûte peu le syndicalisme, la lutte, et qui n’a jamais fait de bruit, encore moins grossi les cortèges de manifestants de ces derniers mois contre la loi sur le travail ou les Nuits debout. La réforme du marché du travail en débat n'en facilitera pas moins les licenciements économiques en France comme ceux qu'ils sont en train de subir. « On est concentré sur nos problèmes. La loi sur le travail, Nuit debout, ce n’est pas notre préoccupation, à part peut-être pour un ou deux adhérents de la CGT. Les gens sont bloqués par la peur de perdre leur emploi et du chômage », lâche le syndicaliste de la CFDT.

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 13:29

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart

 

 

Pourquoi la loi travail permettra de licencier sans motif la majorité des salariés

 

 

 

Le projet de loi réformant le code du travail est arrivé mardi 3 mai à l’Assemblée nationale et examiné juqu’au 12 mai. Amine Ghenim (avocat des salariés de Fralib, Unichips Flodor...) et Fiodor Rilov (avocat des salariés Goodyear, Continental, ArcelorMittal ...) réagissent et mettent l'accent sur le fait que «l'un des objectifs majeurs du texte est bien de bouleverser les rapports sociaux en France en permettant aux multinationales de licencier les salariés à leur guise».

Afin de comprendre le cœur du dispositif de la loi El-Kohmri, il faut d’abord rappeler, comme vient de le faire l’INSEE, qu’en France un salarié sur deux est employé par une multinationale et que ce chiffre s’élève à deux travailleurs sur trois dans le secteur de l’industrie.

Ainsi, la situation de la grande majorité des salariés français est aujourd'hui la suivante : en cas de licenciement, celui-ci doit être justifié au regard des résultats et des performances du groupe multinational pour lequel ils travaillent.

Peu importe les résultats de l’entreprise française qui emploient directement le travailleur, ce qui compte ce sont les résultats du groupe dans son ensemble ou du secteur d’activité concerné.

Ce principe, consacré en 1995, est la conséquence inévitable de la mondialisation de l’économie et permet de tenir compte du mode d’organisation de la production des biens et services du 21e siècle. En effet, chacune des grandes firmes internationales pour lesquelles travaillent la majorité des Français s’organise comme une structure unique avec des succursales réparties à travers le monde. Le pouvoir de direction est exercé par la société mère. À partir de son siège, celle-ci va prendre les décisions stratégiques, répartir la production du groupe entre ses différentes entités afin d’optimiser leur exploitation et accroître la rentabilité globale. Cette rationalisation de la distribution des activités au sein des multinationales est particulièrement forte dans les groupes industriels. Chaque usine du groupe dans le monde reçoit sa part de production de la structure mère qui peut la lui retirer à tout instant.

Dans un groupe transnational les filiales de production n’ont donc aucune autonomie et aucun client. Elles sont réduites à de simples centres de coûts. Toutes leurs commandes proviennent de la société mère. Celle-ci fixe comme bon lui semble les quantités et les types de production, les prix et les salaires. La société mère peut transférer l’activité de l’une de ses unités industrielles à l’autre en un clin d’œil, surtout lorsque les deux usines fabriquent déjà le même type de biens ou de services. En outre, avec une telle organisation les salariés d’une multinationale n’ont aucune visibilité sur les lieux de commercialisation de leurs propres produits.

Ainsi, il est assez banal de constater qu’au sein d’un groupe international les performances économiques ne peuvent être évaluées qu’au niveau du groupe dans son ensemble.

Il ne viendrait à l’idée d’aucun investisseur, d’aucun analyste et, à ce jour, d’aucun Conseil de prud’hommes de contrôler la bonne ou la mauvaise santé économique d’une multinationale en vérifiant, tour à tour, les comptes de chacune de ses filiales. Ce qui importe, et ce qui est significatif, c’est le bilan et le compte de résultat consolidés. 

Or, le projet de loi travail s’attaque précisément à cette règle. Le gouvernement et les promoteurs du texte affirment en cœur et avec une mauvaise foi à peine dissimulée que, dans une économie globalisée, le motif de licenciement d’un ouvrier qui produit des biens ou des services à destination du marché mondial doit s’apprécier exclusivement dans les frontières de l’hexagone. Autant dire que dans une France où la principale préoccupation est de trouver un emploi ou de ne pas perdre le sien, la dernière grande « réforme » du quinquennat permettra, si elle est votée, de licencier sans motif réel et avéré la majorité des salariés.

En effet, si le projet de loi est adopté, il suffira à une multinationale de réduire les activités qu’elle attribue à sa filiale française, pour que sa propre décision de baisser les commandes justifie les licenciements.

Par exemple, une délocalisation donne lieu par définition à un déplacement de la production de l’entreprise française du groupe vers une autre filiale à l’étranger. Elle engendre inévitablement une diminution des commandes de la structure en France et justifiera toujours les licenciements des salariés de cette dernière. Peu importe que le nombre de clients du groupe, son chiffre d’affaires, ses profits soient en progression. Peu importe que la délocalisation soit ouvertement présentée par la multinationale comme un choix de gestion dont le seul but est d’augmenter encore davantage ses bénéfices. Les licenciements des salariés dont les postes auront été supprimés en France seront parfaitement justifiés par la seule baisse de production décidée par la société mère.

Plus largement, pour la majorité des Français qui travaillent au sein d’un groupe transnational cela signifie que leur licenciement économique ne devra plus être motivé par des contraintes extérieures subies par le groupe. Si le management détruit tout ou partie de l’activité en France dans le seul but d’améliorer la rentabilité et les profits de la multinationale, les suppressions d’emplois qui s’en suivront seront parfaitement justifiées.

Au fond le problème n’est pas seulement de savoir combien de temps la baisse des commandes doit durer, mais aussi et surtout de savoir à quel niveau la baisse des commandes doit être appréciée dans les multinationales. Dès lors que le périmètre d’appréciation devient la filiale dans l’hexagone et non plus la multinationale dans son ensemble, cette dernière disposera d’un blanc-seing pour licencier en France.

Enfin, la disposition de l’article 30 du projet de loi exigeant que les difficultés économiques ne soient pas créées artificiellement au sein du groupe n’offrira aucune protection supplémentaire aux salariés des multinationales. En effet, lorsque la structure dominante au sein du groupe décide de retirer de la production à sa filiale française cela n’a rien d’artificiel. Au contraire ces mesures permettent souvent d’augmenter les profits de la multinationale pendant que son entité française est sacrifiée.

Les situations consacrées dans le projet El-Kohmri comme constituant des motifs de licenciement s’imposeront par conséquent au juge dont le rôle d’appréciation et de contrôle sera de plus en plus réduit, dans la droite ligne de la la loi de sécurisation de l’Emploi de juin 2013.

Au total, il n’y a donc pas de position intermédiaire. La seule façon de vérifier que les licenciements économiques de milliers de femmes et d’hommes ne sont pas uniquement un moyen de faire plus de profits, mais la conséquence de difficultés réelles et sérieuses, c’est d’apprécier le motif au niveau des comptes consolidés de la multinationale.

Si Continental, Sony, 3suisses, ArcelorMittal, UPS, Flodor Unichips, Fralib et beaucoup d'autres groupes avaient pu justifier la suppression de milliers d'emplois en décidant d’une simple baisse de production de leurs filiales françaises, les salariés n'auraient jamais réussi à faire juger que leurs licenciements étaient illégaux.

Le « projet de loi travail » a pour but d’empêcher ces victoires à l’avenir en autorisant les grandes firmes à supprimer massivement des emplois pendant qu’elles font des profits considérables.

Maintenant, nous sommes des millions à exiger son retrait.  Car, que personne ne s'y trompe, l'un des objectifs majeurs du texte est bien de bouleverser les rapports sociaux en France en permettant aux multinationales de licencier les salariés à leur guise. Il faut faire échec à cette entreprise.

 

 

 

 

 

 

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart

 

 

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 01:35

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

Non, la Grèce n'a pas reçu l'aide à la Grèce...

 |   |  1283  mots

 

La Grèce n'a reçu réellement que 5 % de l'aide versée depuis 2010.
La Grèce n'a reçu réellement que 5 % de l'aide versée depuis 2010. (Crédits : Reuters)

 

Le quotidien allemand Handelsblatt publie une étude montrant que 95 % de l'aide à la Grèce sont allés à ses créanciers. Un fait connu dont il faut à présent tirer les conséquences ...

Le Handelsblatt est le journal de référence du milieu des affaires outre-Rhin. A ce titre, et comme l'essentiel de la presse conservatrice allemande, il a régulièrement eu la dent dure contre la Grèce, accusée de refuser les « réformes nécessaires » et de réclamer sans cesse de nouveaux fonds à l'honnête et travailleur contribuable allemand. Mais en une, ce mercredi 4 mai, le journal a affiché une « exclusivité ». Une étude inédite nous dit-on de l'ESMT, une école de gestion de Berlin, qui parvient à cette conclusion : 95 % de la supposée « aide » à la Grèce est retournée aux banques et aux créanciers du pays méditerranéen.

 

Pas nouveau

Le « budget grec » qui a été accusé de ruiner tous les Européens n'en a récupéré que 5 %. On connaît le prix de ces 5 %... Une réduction d'un quart du PIB, une administration réduite d'un tiers, un Etat encore plus défaillant qu'auparavant et aucune perspective de reprise véritable. Cette « exclusivité » du Handelsblatt n'en est évidemment pas une. Ces chiffres étaient connus et avaient été publiés dès décembre 2014 par l'excellent site grec Macropolis, qui en avait donné le détail. L'argument avait été avancé régulièrement par les responsables du premier gouvernement Tsipras durant les négociations avec les créanciers au premier semestre 2015 : il justifiait une remise à plat totale de la politique européenne en Grèce. Mais, alors, on riait de ces chiffres avancés par le « gouvernement d'extrême-gauche » grec qui n'avait d'autre ambition, disait-on, que de ruiner le contribuable européen pour continuer les habituelles turpitudes helléniques...

 

Retournement des « experts »

Étrangement, voici donc que, un an après, les arguments alors inaudibles des autorités grecques deviennent « respectables ». Certes, la Handelsblatt a besoin pour s'en convaincre d'une étude allemande, ce qui prouve une nouvelle fois l'autarcie intellectuelle du monde économique outre-Rhin, mais voilà que, ces derniers jours, on entend de plus en plus des appels à la restructuration de la dette grecque. Rappelons que voici un an, on faisait des divisions simplistes de l'engagement de la France vis-à-vis de la Grèce par le nombre de Français pour annoncer le « chèque » qu'il nous faudrait rédiger en cas de défaut hellénique... Autre temps, autre mœurs. Mais ce contraste prouve une nouvelle fois que l'acharnement médiatique et l'asphyxie des créanciers qui ont visé l'an dernier le gouvernement Tsipras I n'était rien d'autre que politique. Il fallait faire taire une force politique qui mettait à jour l'ineptie de la politique européenne envers la Grèce. Ce fut fait le 13 juillet 2015. Dès lors, les « experts » peuvent changer de camp comme à leur habitude et la « raison » devient la folie d'antan...

 

Tirer les conséquences

Mais il ne faut pas se contenter du chiffre mis en avant par le Handelsblatt. Il faut en comprendre les conséquences. Ce chiffre signifie que les prêts accordés à la Grèce en 2010 ne visaient qu'à sauver les banques françaises et allemandes. Le coût de cette aide bancaire cachée à été transmise aux contribuables européens et au peuple grec. Ce fait n'est pas un jugement du ciel ou un coup du sort, c'est le fruit d'un choix politique. Voici un an, on a appris que le FMI avait travaillé sur un défaut grec en 2010. Ce défaut n'aurait pas évité l'austérité en Grèce, mais il aurait évité la construction d'un schéma de Ponzi immense qui a fait plonger le pays dans un cercle diabolique. Le responsable du FMI d'alors, Dominique Strauss-Kahn aurait alors refusé d'évoquer ce plan, devant l'ampleur du coût pour les banques. Le choix politique fait alors consistait à donner du temps aux banques et à reporter à plus tard le coût pour les contribuables européens. Le tout avec l'aide de la BCE qui, par le programme SMP de 2010 et 2011 a racheté à bon prix cette date grecque aux banques... Les seuls qui ont payé, ce sont les Grecs. Et là encore, il s'est agi d'un choix politique.

 

Le mythe du Grec responsable

Dès lors, pour dissimuler l'absurdité du système mis en place, les dirigeants européens ont trouvé la parade : ce schéma de Ponzi qui ajoutait de la dette pour rembourser la dette était viable si les Grecs « faisaient des réformes ». Un mythe s'est alors construit : l'échec du système était dû à la mauvaise volonté grecque. En réalité, il était fondé sur l'absurdité d'un système qui faisait porter tout le poids du sauvetage des banques européennes aux Grecs eux-mêmes en leur fixant des objectifs absurdes, comme ce fameux excédent primaire de 3 % du PIB auquel est encore attaché l'Eurogroupe. Les dirigeants européens ont donc pu transmettre aux Grecs la responsabilité de leur crime. La victime est devenue coupable.

 

Pourquoi il fallait faire taire Alexis Tsipras

Après l'arrivée d'Alexis Tsipras au pouvoir en janvier 2015, cette logique s'est déchaînée. On a refusé de discuter du fond pour réclamer des garanties toujours plus lourdes aux Grecs pour les obliger à devoir choisir entre le maintien dans la zone euro ou une nouvelle cure d'austérité. On en est toujours à ce point et l'on demande maintenant aux Grecs des « réformes automatiques » pour s'assurer des respects des engagements. On comprend pourquoi il fallait faire taire alors le gouvernement grec en le cachant derrière des monceaux de calomnies et de délits d'intention. Si l'on reconnaissait la justesse du vote du peuple grec et des arguments de Syriza, on reconnaissait l'erreur originelle des Européens et principalement d'Angela Merkel, Wolfgang Schäuble et Jean-Claude Trichet, les principaux architectes du « plan d'aide. »

 

Assumer ses responsabilités

Or, cette responsabilité n'est pas que morale. La stratégie de sauvetage des banques au détriment des Grecs a des conséquences bien concrètes. Elle met les pays européens qui ont fait ce choix, autrement dit, tous ceux de la zone euro, face à la nécessité d'assumer leurs erreurs et donc de faire participer leurs contribuables à ce schéma de Ponzi créé pour sauver leurs banques. Assumer sa responsabilité, c'est logiquement accepter une réduction du stock de dette envers la Grèce. C'est le prix des erreurs des dirigeants élus par les peuples de la zone euro. C'est aussi, enfin, chercher à mettre en place une politique de reconstruction réelle de l'économie grecque, en collaboration et non en conflit, avec les autorités grecques. On est loin de tout cela.

 

Populisme ?

Le réveil du Handelsblatt est bienvenu. Mais la réalité reste sombre : l'Eurogroupe tente encore de mettre à genoux l'économie grecque. L'Allemagne et la France refusent d'assumer leurs responsabilités et de réduire la dette grecque. Les dirigeants de ces pays qui, longtemps, ont accusé les Grecs de populisme et de manque de sérieux révèlent alors leurs vrais visages : celui du refus d'accepter leurs fautes devant leurs peuples. C'est sans doute cela le populisme le plus préoccupant, celui qui consiste à faire croire que les trois plans de sauvetage seront soutenables et indolores pour les populations, celui de faire d'un peuple européen un bouc émissaire, celui enfin de jouer l'avenir de l'Europe pour leur propre popularité. La direction de la zone euro sur ce dossier grec demeure la plus absurde. Et les chiffres du Handelsblatt risquent de n'y rien changer lorsque l'on songe que, l'an dernier, la presse allemande conservatrice s'est complu dans les clichés les plus désolants sur les Grecs. Décidément, la question grecque est loin d'être résolue.

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 01:34

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

« La volonté de marquer les chairs de la jeunesse »

Violences policières
Mehdi Fikri, avec Alexandre Fache, Loan Nguyen et Marion d’Allard.
Mercredi, 4 Mai, 2016
L'Humanité

 

Interpellation musclée de la police à Lyon, le 28 avril, lors d’une manifestation contre la loi travail.
Photo : AFP
 

Flash-Ball, tonfas, grenades en tous genres… Les manifestants sont confrontés à l’arsenal policier et le nombre de blessés augmente à une vitesse astronomique. À Paris et en province, les militants témoignent d’une volonté de stopper le mouvement social à tout prix.

Des quartiers en état de siège, des manifs survolées par des drones ou des hélicos. Et des blessés, d’innombrables blessés. Un nouveau chapitre s’est ouvert dans l’histoire déjà bien chargée des exactions de la police française. « C’est complètement dingue, estime Pierre, militant nantais. Lors du CPE, Dominique de Villepin s’inquiétait, du moins publiquement, qu’un jeune ne se fasse tuer. Les socialistes font mieux : ils s’en foutent complètement. » Pierre avait 16 ans lors du CPE et un tir de Flash-Ball l’a privé de l’usage de son œil droit. Alors que la chasse semble ouverte et la bride lâchée sur le cou des agents, Pierre redoute un nouveau Rémi Fraisse : « C’est parti très fort dès le début. Et si ça continue comme ça, la police va finir par tuer un manifestant. » Pierre Douillard est auteur du livre l’Arme à l’œil, violence d’état et militarisation de la police. Derrière les techniques « d’encagement » des cortèges et les policiers qui ne retiennent pas leurs coups, il voit « la volonté politique de marquer les chairs de la jeunesse, le corps des gens, pour casser le mouvement à tout prix. La répression et l’antiterrorisme, ce gouvernement n’a plus que cela pour tenir debout, de toute façon ».

Difficile de tenir le compte des lycéens qui se font ouvrir le crâne, des artères sectionnées par des tirs de Flash-Ball, des yeux éclatés et des commotions diverses. « Effectivement, c’est un vrai miracle que personne ne soit encore mort », estime Gaspard Glantz, en insistant sur le terme « miracle ». Gaspard est le fondateur du site Taranis News, spécialisé dans la vidéo coup de poing filmée en tête de manif. Depuis 2009, il a observé les affrontements lors du contre-sommet de l’Otan, ceux de Sivens ou encore de Notre-Dame-des-Landes. « On a franchi un cap par rapport à cette époque. Le niveau de violence policière que j’observais une ou deux fois par an, aujourd’hui, je le vois deux fois par semaine. Et en plein Paris », raconte Gaspard Glantz. Il évoque les tirs tendus de lance-grenades fumigènes Cougar, les grenades de désencerclement tirées en l’air alors qu’elles sont censées être utilisées au niveau du sol. « C’est devenu le grand n’importe quoi, poursuit Gaspard. J’espère qu’il est clair pour tout le monde que la jeunesse de ce pays exprime autre chose que son rejet de la loi travail. Il est temps que le gouvernement entende cela et lâche du lest. »

 

« Il y avait tellement de lacrymo que même les CRS se sont mis à vomir ! »

À Paris, la manif du 1er Mai a tourné à la bataille rangée. Juliette, étudiante en anglais, hallucine encore : « Il y avait tellement de lacrymo et de bombes au poivre que même les CRS se sont mis à vomir ! » Dans le trajet entre Bastille et Nation, cinq rangées de policiers ont coupé le défilé en deux, pour séparer le bloc de tête et le reste cortège. Une fois les gens à peu près immobilisés, ils ont essuyé tirs de lacrymo et coups de matraque. « J’ai vu un homme d’une quarantaine d’années s’évanouir au pied des CRS, la police charger les gens assis dans l’herbe à Nation et tirer des grenades lacrymo jusque dans les bouches de métro. » Plus tard, à Nuit Debout, Juliette voit « des personnes se faire frapper au sol, dans une atmosphère de guerre civile ».

Un photographe présent à la manif du 28 avril raconte comment la BAC et les CRS les ont pris pour cible, à coups de grenades lacrymo et de « Alors, on fait moins les malins ! » Selon lui, l’objectif était de les empêcher de travailler : « Une fois neutralisés, nous ne pouvions plus prendre de photos des violences. » Ce n’est pas beaucoup mieux en province. Alors que l’usage du Flash-Ball reste – relativement – limité à Paris, c’est un véritable festival, à Rennes, Bordeaux, Lyon ou encore Nantes. Après avoir été lui-même blessé, le militant nantais Pierre Douillard s’est penché sur l’usage du Flash-Ball. L’engin arracheur d’œil a été mis entre les mains des policiers par Nicolas Sarkozy en 2002 mais ce sont les socialistes qui ont fait monter en gamme les agents, en généralisant l’usage du LBD 40. Cette version « fusil » du Flash-Ball, plus puissante et plus précise, fournit actuellement aux hôpitaux le gros des blessés graves. « Cette arme a réhabitué les policiers à tirer sur la foule et cela n’a rien d’anodin, pointe Pierre. C’est une rupture avec l’ancienne doctrine du maintien de l’ordre qui consistait à faire barrage et à repousser les manifestants. Aujourd’hui, les policiers nous rentrent dedans et font une utilisation industrielle de leur matériel contre toutes les composantes du mouvement social. »

Vincent, un tranquille expert-comptable de 66 ans, en a fait les frais alors qu’il défilait à Lyon le 28 avril. Il se croyait pourtant en sécurité, à une trentaine de mètres de la zone de confrontation. « J’ai été touché par un tir de Flash-Ball et une grenade de désencerclement. Une amie a également été touchée et j’ai été demander de l’aide aux policiers. » Ce qui lui a valu un coup de matraque d’un policier énervé, calmé de justesse par ses collègues qui l’ont empêché de frapper le sexagénaire.

 

Les techniques mises au point lors des guerres coloniales 

Mathieu Rigouste, militant à Toulouse, n’est pas étonné par cette montée en puissance de la répression. Auteur de la Domination policière, une violence industrielle, véritable archéologie des pratiques répressives françaises, Mathieu pointe une nouvelle fois la très ancienne expertise de la police française, en matière de répressions de mouvements populaires. Les matraquages meurtriers et les techniques d’intimidation n’ont rien de nouveaux : les jeunes de banlieue en font les frais tout les jours. « Ces techniques, mises au point lors des guerres coloniales et utilisées en permanence dans les quartiers populaires ou les prisons, sont aujourd’hui déployées contre le mouvement social, pour protéger un pouvoir à la dérive. »Dans les rues de Paris, des policiers de commissariat, sans contrôle direct de leur hiérarchie, sont équipés de tenues anti-émeute et lâchés dans la foule où ils frappent à tout-va. Et pour le chercheur en sciences sociales, leur violence est tout à fait délibérée. « La férocité des unités répressives est en fait très maîtrisée, poursuit Mathieu Rigouste. Cette manière de faire a été observée lors des printemps arabes. Frapper la foule au hasard, et non plus seulement les meneurs, c’est transmettre un message clair : les anonymes seront touchés pour ce qu’ils sont, juste parce qu’ils sont là, parce qu’ils veulent protester. Ils veulent nous instiller la peur d’aller en manifestation. » Il remarque : « On observe ces effusions de violence dans tous les pays où le capitalisme traverse une crise et où l’État craint de perdre la main et s’attache à réagencer son système de contrôle. » De l’état d’urgence antiterroriste à des étudiants laissés en sang sur le trottoir, la même logique est à l’œuvre.

Face à la répression, les manifestants apprennent, parfois dans la douleur, à réagir. « La foule en tête de cortège augmente de manif en manif et cela aussi c’est nouveau, témoigne Gaspard Glantz. J’y vois des personnes de la quarantaine, des classes moyennes, avec des casques, des lunettes de plongées ou des masques à gaz. Les manifestants commencent à prendre le réflexe de se protéger les uns et les autres. Et lors du 1er Mai, lorsque la police a voulu « nasser » la foule, les manifestants ne se sont pas laissé faire et ont refusé d’être séparés du cortège de tête. » Il y a aussi les « street medics », des médecins volontaires, qui ont fait leurs armes lors de la COP21 et qui, ces dernières semaines, ramassent des blessés à la pelle. « Ils s’occupaient de sept personnes pour des brûlures, des arcades sourcilières explosées », racontait un manifestant le 28 avril.

 
Agression filmée mais impunie ?  Parmi les nombreux documents qui circulent sur Internet, celui du cinéaste Matthieu Bareyre et de l’ingénieur du son Thibaut Dufait est l’un des plus accablants. Sur la place de la République, on voit un CRS décocher un violent coup de poing à un manifestant qui a les mains liés dans le dos.

 

 

Quand le préfet de mai 68 calmait ses troupes…  En Mai 68, le préfet de police de Paris, Maurice Grimaud, a tout fait pour calmer les ardeurs de ses troupes. Le 29 mai, il s’adresse aux forces de police : « Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. »

Le gouvernement interpellé «M. le ministre, allez-vous enfin renoncer à l’intimidation et à la stratégie de la tension pour faire respecter le droit constitutionnel de manifester?» Pierre Laurent, sénateur (PCF), lors des questions au gouvernement hier.

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 23:45

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

Comment faire vivre la démocratie autrement ?

ENTRETIENS croisés réalisés par jérôme skalski
Vendredi, 6 Mai, 2016
L'Humanité

 

Nuit debout, place de la République à Paris, le 30 avril dernier.
Photo : Miguel Medina/AFP
 
 

Table ronde avec Eva Joly, députée du groupe Verts-ALE au Parlement européen, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues et Jorge Lago, responsable national à la culture de Podemos.

 

 

Les faits

La montée de la demande démocratique en France et en Europe témoigne d’un état de crise de la représentation mais aussi d’une défiance grandissante à l’égard de partis de femmes et d’hommes politiques dont l’action hors mandat au service des intérêts du capital financiarisé accentue le sentiment d’une érosion de la souveraineté populaire.

Le contexte

Intervenant dans les débats du Salon du livre d’expression populaire et de critique sociale organisé par Colères du présent à Arras le 1er mai dernier, débats placéssous le signe de la « démocratie autrement », quatre personnalités nous ont confié leurs analyses et leurs propositions.

 

Comment remédier au divorce qui s’exprime entre les différentes représentations de la volonté populaire et les citoyens ?

332713 Image 1Eva Joly Les dysfonctionnements de la justice en France participent énormément de la méfiance des citoyens envers les politiques. Or, c’est quelque chose auquel il est possible de remédier. François Hollande avait promis de couper le lien qui existe entre le parquet et le gouvernement. Cela n’a pas été fait. Or, c’est quelque chose qui entache, de façon permanente, la perception que les citoyens ont de la justice. Il y a cette suspicion d’une justice pour les riches et d’une justice pour les pauvres. Et ce n’est pas qu’une suspicion. Malgré la qualité du travail des magistrats, il y a des décisions qui paraissent contestables. Dans le cas Kerviel, l’absence d’une expertise indépendante sur le rôle de la Société générale a entaché la crédibilité de toute la procédure. Il y a aussi de nombreux cas concernant des politiques. Les chroniques des années Sarkozy ou l’affaire Cahuzac ont remis au premier plan la défiance envers les partis politiques. Certains conflits d’intérêts apparaissent clairement. Et pourtant les non-lieux ne sont pas rares. D’où la défiance. D’abord parce qu’on n’est pas sûr que le parquet a agi dans le sens de l’intérêt général. Ensuite parce que, dans plusieurs cas, c’est la Cour de justice de la République qui a jugé. Or, malgré la qualité du personnel judiciaire, ce sont des politiques qui sont jugés par des politiques.

On voit bien que les moyens de communication modernes rendent possible l’exercice d’une démocratie beaucoup plus directe et qu’il y a une expression démocratique forte par ces moyens. J’en veux pour preuve qu’une pétition comme celle d’Élise Lucet contre le secret des affaires a réuni plus de 500 000 signataires. Cela n’a pourtant pas perturbé la députée européenne UMP-LR Constance Le Grip qui a été rapporteur du texte. Il est évident que cela renforce le sentiment d’impuissance des citoyens qui se sont exprimés préalablement. Cela renforce la méfiance. Il faut trouver de nouvelles façons de faire et intégrer cette voie légitimement exprimée dans notre travail législatif.

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot Pour nous, il faut tout d’abord changer la classe politique, le fait que la politique soit une carrière, le cumul des mandats. C’est hallucinant quand on voit des noms de gens qui ont fait trentet ans, quarante ans à l’Assemblée nationale alors que les jeunes, mais aussi les ouvriers et les employés qui forment plus de 52 % de la population active, ne sont pas représentés. Il y a là un grave problème de représentation politique. Par ailleurs, nous proposons de rendre le vote obligatoire en même temps que reconnaître le vote blanc. Si ces mesures étaient mises en œuvre, ce serait déjà un grand pas vers la démocratie. Toutes les lois sont prêtes. Il suffit qu’il y ait la volonté de les mettre à l’ordre du jour à l’Assemblée nationale. Plus de cumul des mandats, plus de carrières en politique, un statut de l’élu, le vote obligatoire et la reconnaissance du vote blanc. Ce sont peut-être de petites réformes mais elles possèdent des potentialités révolutionnaires.

Jorge Lago L’offensive néolibérale qui a été épouvantable ces vingt dernières années a mis à nu certains présupposés de la gauche qui n’étaient pas suffisants pour faire face. Le mot démocratie, c’est une manière, à la fois, de renouveler et même de renverser la démarche classique de l’extrême gauche et, contre le néolibéralisme, de mobiliser toute une population. Face à quoi ? Face, évidemment, pas seulement au manque de démocratie, mais face à l’absence de contenu derrière le mot démocratie. C’est-à-dire qu’on peut être formellement démocrate mais la question des conditions matérielles d’exercice de la démocratie peut faire que cela ne veut strictement rien dire puisque, de fait, est exclue une partie de la population de la capacité de décider. Démocratie, ce n’est pas seulement une manière de faire, une manière d’être, mais un mot clé pour déborder, pas pour résoudre, mais pour déborder pas mal de contradictions, y compris à l’intérieur des espaces politiques de gauche.

 

Comment faire valoir cette demande de plus de démocratie dans les organisations politiques.

332713 Image 3Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot C’est général, mais il me semble qu’il y aurait un effort à faire par les forces de gauche pour casser ce qui fait que la démocratie est difficile pour les gens des classes populaires et qui est la violence symbolique des dirigeants, des dominants, des patrons d’entreprise, des banquiers, bref, de tous les gens qui sont au sommet de la société. Nous reprenons une notion bien développée par Pierre Bourdieu sur la violence symbolique. Cette violence symbolique, c’est quelque chose qui intimide. On a beau se dire qu’« on les vaut bien », ce n’est pas aussi évident que cela à mettre en pratique. Par exemple, ce que fait François Ruffin en ridiculisant les gens du pouvoir dans son film Merci patron ! est salubre. Ce qui compte, c’est qu’on ne soit plus béat devant leur facilité d’élocution, leurs manières d’en imposer, d’en mettre plein la vue. Toutes sortes de choses qui gèlent les velléités de révolte.

332713 Image 2Jorge Lago Comment traduire la démocratie à l’intérieur du parti ? Tout d’abord en reconnaissant qu’on ne peut pas construire une démocratie horizontale et parfaite, à l’intérieur du parti, parce que ce n’est pas faisable. On doit lutter avec et contre une règle qu’on n’a pas mise en place. Or, pour lutter, il faut agir rapidement. Il faut avoir de l’audace. Il faut pouvoir mener, comme en Espagne, trois ou quatre campagnes électorales en moins de deux ans. Ceci dit, nos structures, à Podemos, quand même, agissent démocratiquement au sens où toutes les véritables questions décisives sont posées à la citoyenneté. Pas seulement aux militants mais aux citoyens plus largement. Quand nous demandons à notre base de décider si elle veut ou pas de l’accord que nous a proposé le Parti socialiste pour entrer dans le gouvernement, cette base, c’est tous ceux qui veulent s’inscrire sur notre site Internet. Cela permet une décentralisation des structures des hiérarchies et des verticalités. Pour le dire autrement, l’enjeu, c’est une manière de reconnaître que la démocratie parfois s’oppose à l’efficacité et qu’au lieu de le cacher, il faut le montrer. En ce sens, la démocratie, c’est une certaine vérité pour dire les contradictions réelles au lieu de les effacer ou de les gommer.

 

Que pensez-vous des mouvements réclamant la mise en œuvre d’un processus constituant ou la mise en place de procédures de démocratie directe ?

Eva Joly Je suis très partagée parce que la question se pose de savoir si la démocratie est suffisamment ancrée pour résister au populisme. Est-ce qu’avec un référendum on ne risquerait pas d’avoir le retour de la peine de mort par exemple ? Ce n’est pas nécessairement positif. L’idée d’avoir des corps intermédiaires, d’avoir des hommes et des femmes politiques qui jouent leur rôle, parce qu’ils connaissent les institutions, parce qu’ils connaissent les procédures, parce qu’ils connaissent les périls, n’est pas négative en elle-même. Il faut cependant effectivement trouver une façon d’intégrer la volonté populaire, clairement exprimée, comme par exemple sur la directive sur le secret des affaires au Parlement européen comme dans les Parlements nationaux.

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot Il est clair que, pour nous, un grand chambardement s’impose mais, sur la question des révisions constitutionnelles, ce qu’il faut signaler tout d’abord, c’est qu’elles valent ce que vaut le rapport de forces qui en est à l’origine. Si c’est pour reconstituer de nouvelles institutions oligarchiques avec d’autres oligarques qui se réclameraient un certain temps d’une certaine gauche pour mieux trahir après, cela n’améliorera pas les choses. Nous sommes sociologues, nous ne sommes pas spécialistes de ce genre de questions, mais nous développons une certaine méfiance. Avant tout, encore une fois, il est nécessaire de casser la chape de plomb qui pèse sur les classes populaires qui ne s’estiment pas en mesure de remplacer les gens au pouvoir aujourd’hui. Ils se sentent désarmés et hors de la possibilité de renverser les choses. Par ailleurs, il faut faire attention à la capacité de l’oligarchie à intégrer la critique sociale et à la retourner dans son contraire.

Jorge Lago D’un côté, il n’y a pas la possibilité de construire quelque chose de semblable au mot peuple s’il n’y a pas de processus constituant. C’est un processus dialectique par lequel un sujet politique qui n’existe pas arrive à exister tout en constituant un nouveau cadre de règles ou de réformes institutionnelles. En Espagne, ce qui s’est passé, c’est qu’il y a eu une crise du régime politique d’une manière très claire. D’un autre côté, est-ce qu’en France, la cinquième République est en crise de manière semblable ? Je ne le pense pas. Je n’ai pas l’impression que le problème soit une crise de l’État de droit. Il me semble que c’est plutôt une crise des structures politiques traditionnelles, des partis, du lien des partis politiques et de la population, etc., mais je ne pense pas que ce soit un problème de l’État de droit en lui-même, même s’il est clair que l’économie néolibérale et libérale déborde constamment l’application du droit et tend à une sorte d’exception perpétuelle à la loi par sa demande constante de mesures économiques d’exception, de la mise en place d’un régime de normes contre la loi à cause des traités de libre commerce, dans sa recherche du profit. C’est ce que l’on voit tout le temps dans l’Union européenne.

 

 

Un débat neuf et des racines historiques   Wilhelm Liebknecht, dans « Compte rendu des débats du congrès d’Erfurt » (1891), estimait que « Nous revendiquons la législation directe par le peuple au moyen du droit d’initiative et du droit de veto. Cela signifie que nous ne voulons pas quele centre de gravité de la vie politique soit dévolu au Parlement. Le centre de gravité de la vie politique réside, d’après le principe démocratique, dans le peuple lui-même et le peuple n’a pas à se contenter en conséquence d’attendre d’en haut, de la représentation du peuple, les lois ou les propositions de lois nécessaires ou souhaitées. »

 

La revue de presse   

Le Monde diplomatique Allan Popelard, septembre 2012 D’alternance en alternance, nul hasard, donc, si la plupart des pays développés se sont transformés en « démocraties de l’abstention ». Jusqu’aux années 1980, si l’on prend le cas de la France, le taux d’abstention aux élections législatives dépassait rarement les 20 %. Depuis, il a doublé. Si l’on y ajoute les non-inscrits (10 % environ), il s’envole. Les citoyens sont de moins en moins nombreux à participer, tandis qu’un « cens caché » opère une distinction socio-spatiale à l’intérieur du corps électoral. Les classes populaires s’abstiennent désormais largement, alors qu’elles votaient plus que la moyenne.

Le Figaro 9 avril 2015 L’Institut Montaigne, Terra Nova et Renaissance numérique s’associent pour mener une réflexion ouverte sur la façon dont les outils numériques pourraient apporter des éléments de réponse à la crise du politique.

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 23:25

 

Source : https://france.attac.org

 

 

60 milliards de fraude et d’évasion fiscales : stop ou encore ?

mardi 19 avril 2016, par Attac France

Cahuzac, LuxLeak, SwissLeaks, Panama Papers... Malgré les scandales et les effets d’annonce, les paradis fiscaux continuent à prospérer et les grandes banques françaises et internationales, qui jouent un rôle clé dans l’industrie de l’évasion fiscale, n’ont toujours pas changé leurs pratiques.

 

 

Au niveau de l’Union européenne, jusqu’à 1 000 milliards d’euros sont perdus, chaque année en raison de l’évasion fiscale et de l’évitement fiscal.

En France, ce sont 60 à 80 milliards d’euros qui échappent chaque année au budget de l’État à cause de la fraude et de l’évasion fiscale. Des sommes qui permettraient de créer des centaines de milliers d’emplois pour répondre aux urgences sociales et écologiques.

En 2014 Société générale détenait 136 filiales dans les paradis fiscaux, BNP Paribas 200 filiales, Crédit agricole 159 filiales. Alors que les grouvernements n’agissent qu’en parole, nous posons des actes.

Pour répondre à la menace grave et imminente que représente l’évasion fiscale, des citoyen.ne.s ont déjà mené des dizaines d’actions de réquisitions citoyennes dans les agences des banques les plus implantées dans les paradis fiscaux. En 2016, nous avons lancé un appel à bloquer les agences de « banque privée » de Société générale. C’est via ces agences que la banque a créé 979 sociétés offshore au Panama pour ses riches clients.

Nous poursuivrons nos actions jusqu’à ce que les pouvoirs publics prennent enfin les mesures nécessaires pour que les banques cessent de spéculer et frauder, et financent des projets socialement et écologiquement utiles.

N’attendez pas la prochaine crise pour vous révolter. Passez à l’Attac !

 

Documents joints

 

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 01:00

 

Source : https://www.francebleu.fr

 

Les salariés de Quézac se mobilisent

Par Camille Payan et Saïd Makhloufi, France Bleu Gard Lozère et France Bleu mercredi 6 avril 2016 à 11:08

L'usine Quézac est en vente depuis plus d'un an
L'usine Quézac est en vente depuis plus d'un an © Maxppp - maxppp

 

Les salariés de l'usine Quézac en Lozère sont inquiets : l'offre de reprise de l'homme d'affaires Jean-Claude Lacaze ne les convainc pas. Ils craignent pour leur avenir. Une pétition vient d'être lancée sur internet pour les soutenir.

Les négociations entre Nestlé Waters propriétaire de Quézac et l'homme d'affaires Jean-Claude Lacaze patron du groupe Nérios ont débuté il y a un peu plus d’un mois. L'usine Quézac est en vente depuis plus d'un an et Jean-Claude Lacaze est prêt à investir. Mais depuis qu’il a annoncé son projet, l’inquiétude grandit du côté des salariés qui ont décidé de lancer une pétition sur internet.

 

Une page Facebook et une pétition sur internet

L’actuel PDG des eaux tarnaises Mont Roucous, Jean-Claude Lacaze veut diminuer les effectifs, passer de 53 à 30 salariés mais aussi baisser les salaires de 30 à 40%. Dans le même temps le repreneur potentiel annonce vouloir augmenter la production : il voudrait passer de 19 000 à 27 000 bouteilles par heure le tout en investissant 300 000 euros.

Les salariés estiment que ce n’est pas possible. Ils veulent alerter la population. Une page facebook "Soutien aux Salariés de l'usine d'embouteillage de l'eau de Quézac" a été créée et la pétition en ligne "Soutien aux salariés de Quézac" a déjà rassemblé plus de 1 300 signatures.

Avec plus de 75 millions de bouteilles par an, Quézac représente actuellement 7% du marché des eaux gazeuses en France.

 

Pascal Frazonni, délégué CGT à Quézac

 

 

Quézac, France

 

Camille Payan - Photo Rodolphe Faure / Radio France

Par :

France Bleu Gard Lozère
Saïd Makhloufi

Par :

France Bleu Gard Lozère

 

 

 

Source : https://www.francebleu.fr

 

 

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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 01:04

 

Source : http://reporterre.net

 

 

Denis Robert : « On nous prend vraiment pour des cons »

4 mai 2016 / Entretien avec Denis Robert
 


 

Alors que le procès d’Antoine Deltour, qui a révélé l’évasion fiscale au Luxembourg, se poursuit, et que la directive sur le secret des affaires est en voie d’être adoptée, Denis Robert juge que les banques continuent à avoir la main sur tout, et que les politiques sont complices. Observateur de Nuit debout, il espère un renouveau politique.

Journaliste et écrivain, Denis Robert a révélé avec l’affaire Clearstream, des mécanismes cruciaux d’évasion fiscale. Il a remporté en 2011 une longue bataille judiciaire contre les banques qui le poursuivaient.


Reporterre - Qu’est-ce qu’implique la directive sur le secret des affaires pour les citoyens et les journalistes ?  »

Denis Robert - Elle oblige le journaliste et surtout le lanceur d’alerte à faire la preuve qu’il n’espionne pas pour le compte d’autres entreprises, ou à des fins commerciales. C’est ce point qui pose réellement problème. Il est invraisemblable que cette directive, qui est un désir des multinationales et des lobbies bancaires, tombe au moment de la révélation des Panama Papers [évasion fiscale massive au Panama], et au moment du procès du lanceur d’alerte Antoine Deltour [qui a révélé les mécanismes d’évasion fiscale au Luxembourg]. Le gouvernement et les socialistes français sont dans une bipolarité éloquente : d’un côté, des beaux discours sur « Il faut protéger les lanceurs d’alertes », Et de l’autre, les députés socialistes européens qui votent dans leur majorité pour le secret des affaires. On nous prend vraiment pour des cons. En quoi cette directive va-t-elle aider à lutter contre la pauvreté, à rendre l’Europe plus démocratique ? En rien ! C’est encore une fois une loi qui sert les intérêts des puissants. C’est pour ça qu’il y a une grande fatigue qui s’empare de moi, et de tout le monde. Quand tu vois ce que l’on subit comme mensonges médiatiques et politiques quand tu es démocrate comme moi. - j’ai voté Hollande au second tour -, et quand tu vois toutes les couleuvres qu’on nous fait avaler... Cela rend la situation quasi pré-insurrectionnelle. En tout cas, il y a un climat où il ne fait pas bon vivre en France.

Cette atmosphère pré-insurrectionnelle te paraît-elle légitime ?

Je n’ai pas vécu beaucoup d’insurrections, j’avais neuf ans en 68. Mais là, il y a des violences policières, et je constate la distance entre la manière dont les médias mainstream en parlent, les images qu’ils nous montrent, et les vidéos virales sur Facebook où tu vois policiers très violents pris la main dans le sac. Mais on n’en est pas encore à une insurrection, on n’est pas à 500 000 personnes dans les rues. Nuit Debout se cherche. Le niveau des débats y est assez faible. Il y a d’un côté ceux qui ne veulent pas être récupérés politiquement, qui hurlent contre des Julien Bayou, contre la CGT, mais quand tu les écoute, à part refaire la constitution, et ne pas vouloir être récupéré, ils ne proposent pas grand-chose politiquement. Des mecs écrivent : « Faisons un grève générale », mais c’est retweeté dix fois, c’est pas avec ça que tu fais une grève générale.

Que signifie selon toi Nuit Debout ?

Cela arrive en résonance avec le dégoût du politique. Ce qui réunit tous ces gens, c’est qu’on ne croit plus à la gauche du gouvernement. Et qu’on est très méfiant, y compris à l’égard de Mélenchon ou des écolos. On n’est plus représenté. Je me sens très Nuit Debout, je rentre en adéquation avec leur mouvement, j’irai sans doute présenter un film un soir, j’y suis allé deux trois fois, j’ai filmé. Mais je reste dans mon rôle qui est celui de témoin, de journaliste, d’écrivain, de commentateur parfois.

 

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« Nuit debout entre en résonance avec le dégoût du politique »

Je mène ce combat depuis des années contre le capitalisme clandestin, contre les banques systémiques qui ont la main sur tout. Ma liberté de parole a été chèrement acquise. C’est parce que j’ai résisté à leurs pressions et que j’ai gagné mes procès qu’aujourd’hui je suis audible. Ce n’est pas pour ça que j’ai une solution, mais simplement des explications. Et le truc que je peux démontrer, c’est que les problèmes que rencontre ce pays en matière de taux de chômage, de pauvreté, de fiscalisation trop importante,… pourraient être facilement résolus si les partis luttaient véritablement contre l’évasion de capitaux et contre la fraude fiscale.

On les a pris la main dans le sac récemment avec Luxleaks. Entre 50 et 100 milliards de rentrées fiscales qui ne sont pas rentrées. Et Luxleaks ne représente que 340 multinationales. Le procès d’Antoine Deltour a lieu au Luxembourg dans un théâtre qui s’appelle un tribunal, dans une pièce qui a été coécrite par Kafka et Ionesco. C’est une situation dingue où les accusateurs sont les voleurs. Au Luxembourg, tu ne peux pas avoir de justice financière ni de justice tout court. Ces juges ne sont instrumentalisés que pour faire condamner Antoine Deltour. Ils sont obligés d’en faire un exemple parce qu’autrement, tout leur business s’effondre.

Le Luxembourg est un pays scélérat, un pays qui participe à ce kidnapping géant qui fait qu’aujourd’hui la France est pauvre. Et pourquoi n’est-il pas attaqué par François Hollande ? Pourquoi, quand Manuel Valls y est allé il y a quinze jours, a-t-il fermé sa gueule quand on l’a interrogé sur Antoine Deltour ? Son silence est la preuve absolue que Manuel Valls est un homme de droite qui soutient le système bancaire et le système politique luxembourgeois.

Eva Joly publie un livre sur Jean-Claude Juncker, ancien premier ministre du Luxembourg et aujourd’hui président de la commission européenne. Est-il un brigand ou une victime ?

Il n’est certainement pas victime ! Il n’est pas brigand. Il y a une vidéo sur internet assez troublante où il dit en substance qu’il n’est pas l’homme des banques et du capitalisme. Il dit : « Il y a pire que moi dans cette assemblée ». Juncker est évidemment l’homme du système bancaire, l’homme qui pendant vingt ans a organisé la fraude à Luxembourg. Mais, humainement c’est quelqu’un d’assez sympathique. Son surnom c’est « Mister Dijo », dijo comme digestif. Il te tape tout de suite sur l’épaule, il est très drôle, il sort des vannes. Et il adore être pris pour un con alors qu’il ne l’est pas. Il part trois langues couramment, il a une culture parfaite des institutions européennes, il connaît tous ses dirigeants. Et surtout, il connaît tous leurs secrets. Ayant été à la place ou il a été dans le système bancaire luxembourgeois, il a des dossiers sur tout le monde. Je peux vous donner un exemple que j’ai vécu au moment de Clearstream. Quand Peillon et Montebourg ont mené leur enquête sur le Luxembourg, elle était accablante : « Le Luxembourg plaque tournante du blanchiment », « Paradis des trusts », « Clearstream la boîte qui organise la fraude », des propos violents. Que s’est-il passé ? Démenti de Laurent Fabius et d’Hubert Védrine. Pourquoi ? Parce que Juncker a dit en substance, relayé par une dépêche de l’AFP : « Que les Français ne viennent pas nous donner des leçons parce qu’on pourrait leur parler des retro commissions sur les ventes d’armes ou sur le nucléaire ». A la suite de quoi, Vedrine a dit : « Peillon et Montebourg se trompent, le Luxembourg est un pays qui fait des efforts en matière de lutte contre la fiscalité ». Si Juncker se retrouve à la tête de l’Europe aujourd’hui, c’est parce il est l’homme des banques et du système.

 

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« Jean-Claude Juncker est l’homme des banques »

Ce qui est lamentable c’est de voir qu’un parti qui se dit socialiste a voté pour ce type-là en accord avec le Parti populaire et les partis de droite. Les seuls qui nous représentent un petit peu à Bruxelles sont les Verts allemands et français, ou le Belge Philippe Lamberts, qui est formidable.

Qu’est-ce qui a changé depuis Clearstream, après Luxleaks, les Panama Papers ?

Avec Clearstream on était des pionniers. Clearstream participe exactement du même fonctionnement que Luxleaks, que SwissLeaks, que les Panama Papers, même si l’ampleur est différente. Des témoins de l’intérieur ont le courage de filer des documents. Ce qui unit toutes ces histoires, c’est l’informatique, le piège infernal que représentent les traces numériques de ces échanges financiers. Les fraudeurs ne sont plus à l’abri d’un piratage ou du fait qu’à l’intérieur de ces systèmes, des hommes aient des problèmes de conscience. La fraude fiscale devient de plus en plus insupportable, parce les très riches le sont de plus en plus et la paupérisation s’aggrave. C’est pour cela que je reviens à mon propos originel : ces affaires sont fondamentales. Si t’as une hiérarchie à faire dans la lutte contre le chômage, contre le racisme, les problèmes de migration, Daesh,… eh bien, être de gauche aujourd’hui, c’est lutter contre les banques. C’est reprendre le discours de François Hollande au Bourget et le réaliser concrètement !

Comment expliquer que malgré tout ce qui est sur la table - les Panama Papers, Luxleaks, les banques -, rien ne semble bouger vraiment ?

Une des premières explications est que les politiques consolident ce système. Quand je vois que Laurent Wauquiez finance son parti politique avec l’argent des traders de Londres, je ne vais pas lui demander de lutter contre la finance. Nombre d’hommes politiques sont financés par BNP Paribas ou par des industriels. Regarde Sarkozy : comment peut-on aujourd’hui accorder une once de crédit à ce type qui s’est payé toutes ses conférences chez Goldman Sachs et qui nous a annoncé la fin des paradis fiscaux ? Il nous a vraiment pris pour des cons. Juncker est un homme du système, Sarkozy en est un autre : c’est vraiment le petit télégraphiste de Goldman Sachs.

L’autre explication est que les médias n’ont jamais pris à leur juste mesure l’importance de ces histoires. Il a fallu attendre dix ans pour que le journal Le Monde découvre que les banques françaises ont des filiales dans les paradis fiscaux.

La bonne nouvelle de tout ça est que l’opinion est de plus en plus sensible à ces questions.

Que faut-il faire pour que cela change ?..

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://reporterre.net

 

 

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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 00:27

 

Source : http://www.lepoint.fr

 

 

Loi travail : les routiers entrent dans la danse

La fédération CGT des transports a appelé mardi l'ensemble des salariés du secteur routier à une grève reconductible pour réclamer le retrait du texte.

 

Publié le | Le Point.fr
 
 
Une manifestation de routiers (illustration).

Une manifestation de routiers (illustration). © POL EMILE / SIPA/SIPA

La fédération CGT des transports a appelé mardi l'ensemble des salariés du secteur routier à une grève reconductible à partir du 16 mai au soir, rejoignant ainsi FO, pour réclamer le retrait du projet de loi travail. « Depuis six semaines de mobilisation, le gouvernement s'obstine à faire passer en force la loi travail remettant en cause la législation du travail », écrit la fédération CGT des transports dans un communiqué. La CGT dénonce les effets de ce projet de loi, examiné depuis mardi à l'Assemblée nationale, en particulier « les dégâts sur la fiche de paie de la baisse potentielle de rémunération des heures supplémentaires » dans un secteur « où le nombre de petites entreprises est très important et la concurrence, exacerbée ».

La fédération CGT des transports « appelle l'ensemble des salariés du transport routier à la mobilisation à compter de la nuit du 16 au 17 mai pour exiger le retrait de ce projet de loi et ainsi maintenir la rémunération de (leurs) heures supplémentaires ». Elle rejoint ainsi la fédération FO des transports qui avait appelé vendredi les routiers à la grève reconductible à cette date. Force ouvrière et la CGT avaient exprimé mi-avril leur inquiétude, auprès du secrétariat d'État aux Transports, à propos de la possibilité, introduite par le projet de loi, d'abaisser par accord d'entreprise le taux de majoration des heures supplémentaires jusqu'à 10 % au lieu des 25 % généralement pratiqués.

 

 

Source : http://www.lepoint.fr

 

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