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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 17:30

 

Source : cadtm.org

 

CADTM

 

Syriza : « Un grain de sable dans l’engrenage »

3 février par Eric Toussaint , Benito Pérez

Eric Toussaint interviewé par Benito Perez (quotidien Le Courrier à Genève)

 

 

Eric Toussaint • Spécialiste des dettes publiques, l’ancien conseiller économique de gouvernements progressistes sud-américains analyse pour « Le Courrier » les débuts de Syriza à la tête de l’État grec.

Eric Toussaint a les traits tirés par une semaine éprouvante. L’esprit demeure pourtant clair et l’enthousiasme intact : la victoire de Syriza aux législatives grecques a ouvert une de ces parenthèses où l’Histoire s’accélère et s’écrit soudain sous nos yeux. Politologue rompu aux questions économiques, le fondateur et porte-parole du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM) est un observateur-clé de la bataille qui s’est engagée entre la Grèce et ses créanciers, principalement les Etats du Nord de l’Europe. En atteste l’intérêt soulevé par ses interventions samedi, à Genève, lors de la Journée de réflexion sur l’économie, organisée par Le Courrier. Ancien conseiller du gouvernement équatorien et du président du Paraguay (Fernando Lugo), le Belge a également été approché par Syriza. En attendant une éventuelle implication, Eric Toussaint ne met pas la langue dans sa poche et observe l’expérience grecque avec un œil bienveillant mais critique.

Comment jugez-vous les premiers pas du gouvernement de Syriza sur le plan économique ?

Eric Toussaint : Les premières mesures reviennent sur une série de politiques injustes, impopulaires et néfastes pour le pays. Très concrètement, le gouvernement a octroyé la gratuité de l’électricité aux 300000 ménages qui étaient sans courant ; rétabli le salaire minimum légal à son niveau antérieur (751euros), réengagé 3500travailleurs licenciés ; dissous l’organe créé par la Troïka pour gérer les privatisations ; renoncé à la vente des ports du Pirée et de Thessalonique… En somme, le gouvernement a montré qu’il respecterait le mandat confié par la population grecque. On ne peut que s’en réjouir.

La composition du gouvernement, avec la nomination de Yanis Varoufakis au poste-clé des Finances, est-elle conforme à cet état d’esprit ?

Pour ma part, je regrette qu’il n’y ait que des hommes parmi les dix « super-ministres », même si plusieurs femmes figurent à des vices-ministères importants. Sur le plan économique, si Varoufakis occupe le devant de la scène, l’homme-clé est [le vice-premier ministre] Yannis Dragasakis, qui appartient plutôt au secteur modéré de Syriza. Ce gouvernement est le produit de savants équilibres. De mon côté, je relèverais la présence très importante de Giorgos Katrougalos, chargé de la Réforme administrative, celui-là même qui vient d’annoncer la réembauche des personnes licenciées. Ce juriste est à l’origine, avec nous, de l’Initiative pour un audit citoyen de la dette grecque !

La nomination de Panos Kammenos à la Défense et l’alliance de Syriza avec son parti de droite AN.EL rend toutefois plus difficile l’application d’autres promesses électorales, dont la volonté de faire payer l’Église et d’amaigrir la vache sacrée qu’est l’armée.

Oui. Ce sont deux concessions préoccupantes. Depuis un an et demi, Alexis Tsipras multiplie les déclarations positives sur l’Eglise, sur son rôle pour penser les blessures sociales causées par l’austérité. Il en oublie de rappeler la nécessité, pour ce gros propriétaire foncier, de contribuer davantage aux finances publiques.

Quant à la présence de Kammenos à la Défense, elle est bien sûr un message à l’armée : Syriza n’y touchera pas. Or le budget militaire grec est, proportionnellement, l’un des plus importants de l’Union européenne. L’Allemagne et la France, qui fournissent principalement l’armée grecque, ont d’ailleurs veillé à ce que les gouvernements successifs limitent dans ce domaine leurs efforts d’austérité. Cela dit, Kammenos a été flanqué d’un garde-fou en la personne du vice-ministre Costas Ysichos, un Gréco-Argentin, ancien de la guérilla des Montoneros, situé à la gauche de Syriza.

Je relèverais aussi que, malgré la présence en son sein d’un parti aux relents racistes, le gouvernement a immédiatement décidé l’octroi de la nationalité grecque aux enfants de migrants nés ou ayant grandi au pays. C’est important dans le contexte grec, alors que le précédent gouvernement avait fait vibrer la corde xénophobe. Syriza montre ici que l’alliance avec AN.EL s’arrête aux questions économiques et qu’elle n’en fera pas payer le prix aux migrants.

Sur la question centrale de la dette, des voix à Syriza prônent un moratoire sur les remboursements, qui devraient être indexés sur la croissance.

Si c’est le cas, c’est déjà une évolution de la position grecque, probablement due aux réactions très vives et très négatives de différents personnages clés de la zone euro, ceux-ci laissant au mieux entrevoir un rééchelonnement des remboursements… La suspension de paiement, tout comme l’audit de la dette, font en effet partie des armes envisagées publiquement par Syriza, mais uniquement en second recours. La stratégie première du gouvernement est de réclamer une négociation et de convoquer une conférence internationale sur toutes les dettes. Il y a aussi la volonté de placer le débat au cœur des institutions européennes, en rejetant l’illégitime Troïka (Banque centrale, FMI, UE).

Les fronts paraissent donc figés. Jeu de dupes pour faire monter les enchères ou dialogue impossible ?

Je penche pour la seconde option. Syriza propose deux choses élémentaires : on maintient l’équilibre budgétaire – ce dont peu de gouvernements européens peuvent se vanter – mais nous répartissons différemment les charges, allégeant celles qui pèsent sur les victimes de la crise, et alourdissant celles des gagnants. Deux : on négocie l’allègement de la dette. Or, pour les dirigeants européens, la dette est l’instrument pour imposer les mesures néolibérales de l’ajustement structurel que Syriza a justement décidé de stopper. Aucun compromis ne paraît donc possible. A la limite, si Syriza avait dit : ‘nous continuons le modèle néolibéral mais vous allégez la dette’, l’UE aurait peut-être accepté. En fait, l’Europe exige que Tsipras renie sa parole. Probablement lui a-t-on dit : ‘Regardez Hollande, il l’a bien fait avant vous, faites comme tout le monde, comportez vous normalement et suivez la voie tracée’…

L’élément important de cette semaine, c’est que Syriza a d’ores et déjà mis un grain de sable dans l’engrenage et ça, c’est décisif.

De quelles armes disposent chaque camp pour remporter ce bras-de-fer inévitable ?

L’arme de Syriza : suspendre les remboursements

Les chiffres illustrent le défi posé en 2015. La Grèce doit rembourser 21 milliards d’euros en plusieurs fois, les principales échéances étant en mars et en juillet-août. Il était prévu, par l’ancien gouvernement et par la Troïka, que cette dernière prête l’argent nécessaire pour que la Grèce honore ces remboursements à condition de poursuivre les privatisations et le reste du plan d’austérité.

Dans cette situation, l’arme de Syriza est simple : suspendre le paiement. Ensuite, à mon sens, le gouvernement grec devrait créer une commission d’audit pour déterminer quelles créances sont légitimes et doivent être remboursées. L’audit peut donner des arguments en droit pour fonder une suspension du remboursement voire d’une répudiation de dettes illégales, c’est-à-dire contractées sans respecter l’ordre interne du pays ou les traités internationaux.

J’ai trouvé une disposition réglementaire de l’UE adoptée en 2013 qui contraint tout pays sous ajustement structurel à auditer sa dette, afin d’expliquer pourquoi celle-ci atteint de tels montants et éventuellement de repérer des irrégularités.

Comment une dette contractée volontairement par un gouvernement démocratique peut-elle être illégitime ?

Principalement par le fait que ces prêts ont été octroyés à des conditions abusives. On a obligé la Grèce à mener des politiques de contre-réforme sociale qui violaient un certain nombre de droits, ainsi qu’une politique d’austérité qui a détruit l’économie et rendu impossible le remboursement. On peut aussi démontrer que le gouvernement a agi illégalement au profit d’intérêts particuliers, ce qui rendrait la transaction nulle. Un audit de la dette grecque est facile à réaliser : 80% de celle-ci est aux mains de la Troïka et remonte au plus tôt à 2010.

Vous l’avez dit, la majorité des créances grecques sont depuis lors en mains publiques européennes. N’est-ce pas injuste de faire payer le contribuable européen ?

Les parlements de ces pays ont accepté ces prêts sous des prétextes mensongers. On disait : ‘il faut sauver la Grèce’, ‘aider les pauvres retraités grecs’, alors qu’en réalité, les gouvernements français, allemand, belge avaient été sollicités par leurs banques, inquiètes de voir la Grèce ne plus être en mesure de rembourser leurs prêts à haut risque et à très haut taux. L’objectif de Merkel et Sarkozy était de permettre à leurs banques de se désengager sans dommages, tout en profitant d’imposer des mesures antisociales et des privatisations. En réalité, il ne s’agissait pas de sauver les retraites grecques mais bien de les réduire ! En conséquence, si l’opération a servi à sauver les banques créancières, les gouvernements n’ont qu’à prélever le coût de l’annulation des dettes par un impôt sur ces établissements.

En réalité, les sommes en jeu ne sont pas si importantes pour l’UE. L’absence de réaction des bourses internationales montre bien qu’il n’y a pas de risque systémique. Le blocage actuel est davantage une question idéologique. Le risque, pour l’UE, est de créer un précédent, d’un pays qui pourrait rester dans l’Union sans appliquer les politiques néolibérales. Faire échouer Syriza est un message envoyé aux électeurs chypriotes, portugais, irlandais ou espagnols. En particulier à ces derniers, qui pourraient être tentés par un vote Podemos dans quelques mois.

Concrètement, une suspension du remboursement des créances signifierait l’arrêt des versements européens et l’explosion, pour la Grèce, des taux d’intérêts sur les marchés de capitaux. L’État pourrait-il manquer de liquidités ?

Non. Rien n’indique que le budget ne serait plus à l’équilibre, dès lors, la Grèce n’a pas besoin de fonds qui iraient de toute façon au remboursement. Quant à la part des financements grecs obtenus sur les marchés financiers, elle est minime. De toute façon, ces taux ont déjà explosé depuis huit jours, alors même que la suspension n’est pas actionnée.

Quelles sont les armes à disposition de l’UE pour étrangler la Grèce ?

Les banques grecques vont très mal, d’autant plus mal que leurs propriétaires organisent leur décapitalisation comme on l’a vu en bourse. Or ces banques reçoivent des prêts de la Banque centrale européenne (BCE) pour leur assurer des liquidités. Je pense que la BCE pourrait bloquer ces prêts au risque de voir le système bancaire grec s’effondrer. Face à cela, la Grèce devra agir rapidement, exproprier les propriétaires des établissements et les transformer en service public. Mais cela impliquerait une radicalisation du projet de Syriza.

Le gouvernement grec peut-il espérer de vrais soutiens internationaux ?

Des mouvements sociaux, oui ! On l’a vu ces dernières semaines, de nombreux mouvements qui n’avaient jamais appelé à voter pour un parti ont franchi le pas ! Ce soutien, notamment au sein des grands pays de l’UE, peut être très important. Si de grands syndicats allemands comme DGB ou Verdi soutenaient ouvertement Syriza et disaient au gouvernement SPD-CDU ‘bas les pattes de la Grèce’, ça pourrait peser. Au niveau des États, hors de l’UE, on peut aussi imaginer que des gouvernements soutiennent la Grèce dans une optique opportuniste, je pense notamment à la Russie. Si elle venait à prêter quelques milliards à des taux très bas sans poser de conditions, cela pourrait aider la Grèce. Bien sûr, je préfèrerais que ce soient d’autres gouvernements. Il y a dix ans, Hugo Chávez en aurait certainement pris l’initiative. Mais aujourd’hui le Venezuela n’en a plus la capacité financière.

Une question agite beaucoup les économistes : la rupture préconisée par Syriza est-elle possible ou non sans sortir de l’euro ? Qu’en pensez-vous ?

"Tout ça pour réguler un peu le capitalisme ?!"

Eh bien, on va voir ! Syriza a une très bonne formule : ‘aucun sacrifice pour l’euro’, car ça n’en vaut pas la peine. Syriza ne prendra l’initiative de quitter la zone euro que contraint, car la majorité des Grecs demeure attachée à la monnaie unique. De plus, une sortie n’aurait d’intérêt qu’en cas de nationalisation des banques et de contrôle strict des mouvements de capitaux, ce qui explique des réticences dans l’aile la moins radicale de Syriza. Plus généralement, une telle décision augmenterait le niveau de conflictualité avec l’Europe.

L’intérêt, pour le gouvernement, serait de pouvoir s’endetter dans une nouvelle monnaie nationale auprès de sa Banque nationale. A condition bien sûr que la population garde confiance dans ce « nouveau drachme ». On pourrait aussi imaginer une réforme monétaire redistributrice, avec un taux de change différencié selon le volume de la transaction, afin de favoriser les moins riches. Cela a déjà été fait, par exemple en Belgique juste au lendemain de la seconde guerre mondiale, et permet aussi de lutter contre l’inflation (voir encadré « Réforme monétaire redistributive »).

En revanche, une dévaluation pour rendre les exportations grecques plus attractives serait risquée pour le pouvoir d’achat des Grecs. Et ce serait rester dans la même logique de compétitivité.

Les pays de la zone euro n’ont, eux, aucun intérêt à expulser la Grèce.

Non, si ce n’est peut-être comme une punition politique. Pour montrer ce qu’il en coûte de se révolter… Mais il n’existe aucun mécanisme légal pour le faire !

Dans le contexte actuel, les mesures du gouvernement de Syriza sont courageuses, mais elles consistent quand même principalement à des retours à une situation antérieure pas vraiment très progressiste. Il y a aussi cet appel à un New Deal européen. Quel est, au fond, le projet politique de Syriza ?

Franchement, je me pose la même question. Mais le calendrier est tel, qu’on va le savoir dès les prochains moins. Jusqu’à présent, l’option était de revenir à un peu d’État social. On est encore loin de revenir à la situation précédente ! Au-delà de Syriza, ma préoccupation est que la gauche radicale européenne n’envisage plus une alternative de pouvoir hors du cadre d’un capitalisme réglementé. Certes, le rapport de force n’est pas bon et la restauration de droits sociaux est déjà une avancée. Mais il y a eu tant de sacrifice ! Le capitalisme a montré si clairement là où il nous menait, qu’il y a de quoi donner une chance à un projet émancipateur ou socialiste, appelons-le comme on veut, du moment qu’il mette fin à l’injustice sociale et que la population participe directement aux choix politiques et économiques de la société. Je trouverais regrettable que toutes ces souffrances, tous ces efforts ne débouchent que sur du capitalisme un peu régulé. Évidemment, il faut mener ces transformations avec l’accord de la population, à son rythme. Syriza a été élu pour remettre un peu de justice sociale, pas sur un programme d’émancipation. Mais pour entraîner la population, il faut pouvoir lui présenter un projet, une perspective. Et en ce domaine, il y a un vrai déficit de réflexion et d’élaboration.

Réforme monétaire redistributive |1|

Une redistribution des richesses peut également être réalisée par le biais d’une réforme monétaire appropriée. Sans développer ici, on peut s’inspirer de la réforme monétaire réalisée après la Seconde Guerre mondiale par le gouvernement belge ou, à un autre coin de la planète et à une autre époque, par les autorités nicaraguayennes en 1985. Elle vise à opérer une ponction notamment sur les revenus de ceux et celles qui se sont enrichis sur le dos des autres. Le principe est simple : il s’agit, lors d’un changement de monnaie, de ne garantir la parité automatique entre l’ancienne et la nouvelle monnaie (un ancien euro contre un nouveau drachme par exemple) que jusqu’à un certain plafond.

Au-dessus de ce plafond, la somme excédentaire doit être placée sur un compte bloqué et son origine, justifiée et authentifiée. En principe, ce qui excède le plafond fixé est changé à un taux moins favorable (par exemple : deux anciens euros contre un nouveau drachme) ; en cas d’origine délictueuse avérée, la somme peut être saisie. Une telle réforme monétaire permet de répartir une partie de la richesse de manière plus juste socialement. Un autre objectif de la réforme est de diminuer la masse monétaire en circulation de manière à lutter contre des tendances inflationnistes. Pour qu’elle soit efficace, il faut avoir établi un contrôle strict sur les mouvements de capitaux et sur les changes.

Voici un exemple (bien sûr les barèmes indiqués peuvent être largement modifiés après une étude sérieuse de la répartition de l’épargne liquide des ménages et l’adoption de critères rigoureux) :

1€ s’échangerait contre 1 Drachme nouveau jusque 200.000 €

1€ = 0,7 Drachme nouveau entre 200.000 et 250.000 €

1€ = 0,6 Drachme nouveau entre 250.000 et 350.000 €

1€ = 0,5 Drachme nouveau entre 350.000 et 500.000 €

1€ = 0,4 Drachme nouveau entre 500.000 et 600.000 €

1€ = 0,2 Drachme nouveau au dessus de 600.000 €

1€ = 0,1 Drachme nouveau au dessus d’un million d’euros

Si un foyer a 200.000 € en liquide, il obtient en échange 200.000 Drachmes nouveaux

S’il a 250.000 €, il obtient 200.000 + 35.000 = 235.000 Drachmes nouveaux (D.n.)

S’il a 350.000 €, il obtient 200.000 + 35.000 + 60.000 = 295.000 D.n.

S’il a 500.000 €, il obtient 200.000 + 35.000 + 60.000 + 75.000 = 370.000 D. n.

S’il a 600.000 €, il obtient 200.000 + 35.000 + 60.000 + 75.000 + 40.000 = 415.000 D.n.

S’il a 1 million €, il obtient 415.000 + 80.000 = 495.000 D.n.

S’il a 2 millions €, il obtient 415.000 + 80.000 + 100.000 = 595.000 D.n.


Source : Le Courrier

Notes

|1| Cet encadré rédigé par Eric Toussaint a été ajouté a posteriori à l’interview publiée par le quotidien Le Courrier

 

 

 

Source : cadtm.org

 

 

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 16:58

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com


 

Internet actu 03/02/2015 à 11h08

Cessons de considérer les algorithmes comme des dieux !

Hubert Guillaud | Journaliste, Rédacteur en chef d'InternetActu.net

 

Le concepteur de jeux Ian Bogost signe une nouvelle tribune, sur The Atlantic, qui mérite l’attention : « La cathédrale du calcul ».


Capture d’écran de la tribune de Ian Bogost (The Atlantic)

 

Il y dénonce à nouveau la culture algorithmique, symbole que la science et la technologie sont devenues une nouvelle théologie. Cette culture algorithmique dont tout le monde parle est une dévotion, une supplication faite aux ordinateurs, un moyen de remplacer Dieu dans nos esprits alors même que nous prétendons simultanément que la science nous a rendu imperméables à la religion.

Et dans cette nouvelle théologie, l’ordinateur, le logiciel et les algorithmes tiennent une place particulière, explique-t-il :

« La première erreur est de transformer les ordinateurs en dieux. La deuxième, de traiter leurs sorties comme les Ecritures. »

Le contre-exemple Netflix

Ces technologies sont pourtant loin de fonctionner avec l’efficacité qu’on leur prête. Ian Bogost revient sur le concours lancé par Netflix pour améliorer son moteur de recommandation et comment celui-ci se termina sans vainqueur. La plateforme américaine a fini par minimiser les évaluations des internautes en développant une multitude de sous-genres pour classer et recommander ses films. Nous sommes loin de la magie des algorithmes : Netflix forme des gens pour regarder des films et taguer les contenus ; une foule de mots-clés est ainsi présentée aux clients, en fonction de leurs habitudes de visionnage.

La plateforme fonctionne donc selon des méthodes qui ressemblent plus à un procédé de fabrication chinois, avec des process complexes et multiples dont seul un fanatique appellerait le résultat final un algorithme.

« Ils sont des caricatures »

Que seraient les Big Data sans le raffinage et le nettoyage souvent complexes et manuels de données brutes ? Que serait Google Maps sans satellites, sans ses voitures ?

Les algorithmes ne sont pas des dieux.

« Ils sont des simplifications, des distorsions. Des caricatures. Ils prennent un système complexe du monde et le rendent abstrait via des processus qui captent une partie de la logique de ce système et jette le reste. Et se couplent à d’autres procédés, machines et matériaux qui réalisent les parties qui ne relèvent pas du calcul de leur travail.

Malheureusement, les systèmes informatiques ne veulent pas admettre qu’ils sont burlesques. Ils veulent être innovants, perturbateurs, transformateurs… Et un tel zèle nécessite une cécité sectaire. »

Seuls les jeux admettent volontiers qu’ils sont des caricatures. Ils subissent les conséquences de cet aveu en étant déconsidérés par l’opinion publique. « SimCity » n’est pas un outil de planification urbaine, c’est une caricature.

Comme paralysés

Oui, des algorithmes sont impliqués dans Netflix ou Google Maps. Mais ce n’est qu’une partie de l’histoire. Une version « théologisée » de la diversité utilisée comme processus.

Oui, le calcul a pris une place considérable dans la culture contemporaine, mais le concept d’algorithme est devenu un raccourci bâclé.

 


Des bougies (Anthony/Flickr/CC)

 

Cette vénération nous empêche d’intervenir dans les changements sociaux que des grandes entreprises comme Google ou Facebook mettent en place, estime Bogost. Voir leurs résultats comme étant au-delà de notre influence, comme étant prédéterminés et inévitables nous paralyse. Cela nous empêche de voir que les systèmes informatiques sont des abstractions, des caricatures, une perspective parmi d’autres.

« Nous ne voulons pas d’une culture algorithmique, surtout si ce concept euphémise seulement une théocratie du calcul. »

Et son nouveau clergé !

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 16:44

 

Source : www.reporterre.net

 

 

En Auvergne, un absurde projet de golf dévore des terres agricoles

Fédération Allier Nature

mardi 3 février 2015

 

 

À Montcombroux-les-Mines, dans l’Allier, ont démarré les travaux d’un projet démentiel : un golf, que l’on ne peut qualifier autrement que d’idiot, est en train d’artificialiser 300 hectares de terre, dont des terres agricoles. Un projet similaire dans la région s’est soldé il y a quelques années par un fiasco complet.


Ce projet d’aménagement touristique, porté dans un premier temps par des japonais, ensuite par des hollandais, est ancien. Il est situé sur le territoire d’une petite commune de 350 habitants, Montcombroux-les-Mines, à l’Est du département de l’Allier.

En 2007, la SARL Société Montcombroux Golf dépose un dossier de demande d’autorisation. Ce dossier est complété en 2010, soumis à enquête publique l’année suivante, puis examiné par le CODERST de l’Allier le 30 septembre 2011. Il est finalement autorisé par le Préfet de l’Allier le 10 novembre 2011.

Le périmètre du projet s’étend sur plus de 300 hectares dans la vallée du Haut-Roudon. Il prévoit notamment :

- trois hameaux de 275 villas et 136 appartements (41 000 m2 au total) ;
- un hôtel de 4 500 m2 (96 chambres) avec parking ;
- un parcours de golf de 27 trous (3 boucles de 9 trous) ;
- un réseau d’arrosage du golf ;
- un parking de 200 places ;
- un restaurant, un clubhouse, des villas, bureaux et appartements, une piscine couverte… (3 600 m2 au total) ;
- un centre équestre (400 m2) ;
- 4 retenues d’eau (environ 110 000 m3 au total).

Coût annoncé : 120 millions d’euros H.T. (fonds privés).

Tout cela pour un « tourisme » éclectique, à une 1 h de route de Moulins et de Vichy, et à 1 h 50 de Clermont-Ferrand !

Travaux commencés, villas mises en vente

Sur ce domaine du château de Montcombroux d’où on entend les cloches des vaches Salers des troupeaux voisins, trois années après l’autorisation, le massacre a commencé cet automne 2014 avec les premiers travaux, ceux de déboisement. 15 hectares doivent être défrichés. Sur les 300 hectares du périmètre, 75 % sont en zone agricole. 30 hectares sont des terres cultivées.


- Sur la zone -

Eu égard à la présence de plusieurs centaines de différentes espèces végétales et animales, les services de l’Etat ont été interpellés en décembre 2014 pour connaître la réalité de la procédure devant le Conseil national de la protection de la nature et des dérogations à l’interdiction de destruction des espèces ou habitats protégés, répertoriés au niveau des directives européennes (« Oiseaux sauvages » et « Habitats »), nécessaires à l’exécution des travaux. Il est toujours attendu la réponse de la Direction départementale des territoires (DDT) de l’Allier…

La DREAL auvergne vient également d’être saisie sur ce point et d’être interrogée quant au respect des dispositions de l’arrêté préfectoral interdisant la réalisation des défrichements dans les secteurs d’intérêt batrachologique et chiroptérologique entre novembre et juillet (période d’hibernation et de reproduction).

Non seulement les travaux de déboisement ont débuté mais des villas sont déjà mises en vente par la société alors, pourtant, que les permis d’aménager n’ont pas encore été délivrés voire même déposés !

Herbicides et gazon plutôt que maraîchage

Ce projet est soutenu par les élus locaux, par le Conseil général de l’Allier et son Président. Ni la SAFER ni la Chambre d’agriculture de l’Allier ne sont intervenues pour la défense du monde paysan.

En 2011, les autorités administratives et le commissaire-enquêteur avaient minimisé les arguments du mouvement associatif de protection de l’environnement, dont ceux relatifs à la réduction des espaces naturels et agricoles, à l’atteinte à la biodiversité, à l’intérêt écologique du site qui est une tête de bassin de plusieurs cours d’eaux, en particulier le Roudon, qualifié de ruisseau alors que ce petit affluent de la Loire traverse plusieurs communes avant son confluent à Diou, et de plusieurs affluents de la Besbre.

La lecture des commentaires du commissaire-enquêteur est très instructive : dans son rapport, on note par exemple, à plusieurs reprises, ses arguments contre ceux qui préconisent pour ces 300 ha le maraîchage ou l’agriculture, notamment en bio : « Ce qui ne semble pas être une tendance ni l’usage dans cette région. » !

Par contre, l’arrosage intense de pelouses, l’usage massif d’herbicides pour ne laisser pousser que l’herbe souhaitée, de taupicide et autres répulsifs pour préserver le sacro-saint gazon, ça c’est une tendance et un usage dans cette région !

...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 


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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 16:00

 

Source : www.bastamag.net

 

Débattre Capitalisme

Les investisseurs financiers lorgnent sur la dette des pays d’Afrique

par Eric Toussaint 3 février 2015


Côte d’Ivoire, Éthiopie, Rwanda, Sénégal... La dette des pays les plus pauvres attirent aujourd’hui les fonds d’investissement du Nord, à la recherche de rendements plus intéressants qu’en Europe. Mais certains titres de dette vendus sur les marchés financiers internationaux par les pays africains « sont liés à des contrats dont les clauses peuvent constituer de véritables bombes à retardement », alerte Eric Toussaint, porte-parole du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM). Le risque : une nouvelle grande crise de la dette, comme celle de 1982, qui a conduit les pays d’Afrique à s’enfermer dans la spirale infernale des plans d’ajustement structurels imposés par le FMI. Décryptage.

En 2014, le Rwanda et l’Ethiopie qui figurent parmi les pays les plus pauvres de la planète ont vendu des titres de leurs dettes publiques sur les marchés financiers des pays les plus industrialisés. Du jamais vu au cours des 30 dernières années ! La Côte d’Ivoire, sortie il y a peu d’une situation de guerre civile et d’une suspension du remboursement de la dette il y a à peine trois ans, a réussi également à trouver sans difficulté des prêteurs privés pour acheter des titres. Le Kenya [1] et la Zambie ont aussi émis des titres de la dette.

Cela témoigne d’une situation internationale tout à fait particulière : les investisseurs financiers du Nord disposent d’énormément de liquidités et face à des taux d’intérêt très bas dans leurs pays, ils sont à l’affût de rendements intéressants. Le Sénégal, la Zambie et le Rwanda promettent un rendement de 6 à 8 % sur leurs titres. Ce qui attirent des sociétés financières qui cherchent à placer provisoirement leurs liquidités, même si les risques sont élevés. Les États de l’Afrique subsaharienne ont réussi à vendre sur les marchés financiers internationaux des titres de dette publique pour 7 milliards de dollars en 2014 [2]. C’est un record.

Euphorie de la dette

Les gouvernements des pays subsahariens deviennent euphoriques et tentent de faire croire à leur population que le bonheur est au coin de la rue, alors que la situation peut dramatiquement se retourner. Ces gouvernants sont en train d’accumuler des dettes de manière tout à fait exagérée, et quand la situation se détériorera, ils présenteront la facture à leur peuple. De toute manière, une grande partie des impôts que les pouvoirs publics font aujourd’hui payer au peuple (via la TVA et les impôts sur les revenus) sert à rembourser la dette, au lieu d’être utilisée pour améliorer les conditions de vie des citoyens et citoyennes. Dans l’écrasante majorité des pays, les dépenses publiques effectuées pour rembourser les dettes contractées par les gouvernants sont supérieures au budget de l’éducation ou de la santé. C’est un scandale.

De plus, les titres de dette que les gouvernants vendent sur les marchés financiers internationaux sont liés à des contrats dont les clauses peuvent constituer de véritables bombes à retardement. Par exemple, de plus en plus de contrats contiennent une clause d’accélération des paiements : si un pays entre en difficulté économique, les détenteurs des titres de la dette peuvent exiger des autorités du pays un remboursement anticipé. De quoi fortement aggraver la situation du pays. Et tous les contrats prévoient qu’en cas de litige, ce n’est pas la justice du pays endetté qui est compétente mais celle de pays comme les États-Unis ou le Royaume Uni... Il est nécessaire de se battre pour obtenir que le contenu des contrats soit rendu public par les autorités.

Quand les taux d’intérêt s’envolent

Parmi les pays subsahariens qui ont émis le plus de dettes sur les marchés internationaux, les pays exportateurs de pétrole, à commencer par le Nigeria, sont aujourd’hui confrontés à une chute de près de 50 % du prix du pétrole qu’ils exportent. Or plus de 70 % des revenus de l’État provient de la vente du pétrole. Cela diminue leur capacité de remboursement présent et futur. Dès lors, les prêteurs – banques privées du Nord, fonds de placement, les 1 % les plus riches en Afrique,... – deviennent nerveux et commencent à revendre les titres qu’ils détiennent sur le marché secondaire de la dette, le marché « d’occasion » de la dette. Ils bradent les titres, du coup ceux qui les achètent à rabais le font pour avoir un meilleur rendement. De leur côté, les autorités du pays doivent rémunérer à un prix plus élevé les nouveaux emprunts sous peine de ne pas trouver de prêteurs.

Prenons le cas du Nigeria : ses revenus ont fortement baissé en 2014 à cause de la chute du prix de pétrole entre juin et décembre 2014. La monnaie locale, la naira, a perdu 15 % de sa valeur face au dollar en 2014. Les réserves de change de la banque centrale du Nigeria ont baissé nettement [3]. En décembre 2014, la banque centrale a émis des titres de dette publique venant à échéance 10 ans plus tard en proposant une rémunération de 16 % [4] ! Il n’est pas compliqué d’imaginer ce que cela signifie : une portion de plus en plus considérable des revenus du Nigeria devra être destinée au remboursement de la dette dans un contexte de chute de ses revenus. Du coup, les mesures d’austérité vont s’aggraver.

C’est déjà le cas dans autre pays exportateur de pétrole, l’Angola. Le gouvernement confronté à un déficit budgétaire pour la première fois depuis 2009 vient d’annoncer qu’il réduira fortement les subventions aux prix du combustible dont bénéficie la population. Cela va augmenter le coût des transports publics, de l’approvisionnement, etc. Il n’y a pas que le prix du pétrole qui est en chute, en 2014 : les prix de l’argent et du cuivre ont ainsi baissé respectivement de 16 % et 18 %. Le coton accuse quant à lui une lourde baisse de 28 % sur l’année [5]. Le caoutchouc a également plongé. Quant au minerai de fer, son prix a baissé de 51 %. En résumé, une grande partie des pays d’Afrique subsaharienne dont les gouvernements se félicitent encore aujourd’hui des performances économiques, sans se préoccuper d’améliorer durablement les conditions de vie de leurs citoyens, va probablement se retrouver dans une situation de plus en plus difficile.

La spirale infernale des plans d’ajustement structurels

Cela rappelle dans une certaine mesure la précédente grande crise de la dette qui a éclaté en 1982, résultat de l’effet combiné de la baisse des prix des produits exportés et de l’explosion des taux d’intérêt dans ces pays [6]. Du jour au lendemain, il faut rembourser plus avec des revenus en baisse. De là, l’étranglement. Les pays endettés annoncent qu’ils sont confrontés à des difficultés de paiement. Les banques privées refusent immédiatement d’accorder de nouveaux prêts et exigent qu’on leur rembourse les anciens. Le FMI et les principaux pays capitalistes industrialisés avancent de nouveaux prêts pour permettre aux banques privées de récupérer leur mise et pour empêcher une succession de faillites bancaires. Depuis cette époque, le FMI, appuyé par la Banque mondiale, impose ses plans d’ajustement structurel [7]. Un pays endetté qui refuse l’ajustement structurel se voit menacé d’une suspension des prêts du FMI et des gouvernements du Nord. On peut affirmer sans risquer de se tromper que ceux qui, à partir de 1982, proposaient aux pays de la périphérie d’arrêter le remboursement de leurs dettes et de constituer un front des pays débiteurs avaient raison. Si les pays du Sud avaient instauré ce front, ils auraient été en mesure de dicter leurs conditions à des créanciers aux abois.

En choisissant la voie du remboursement, sous les fourches caudines du FMI, les pays endettés ont transféré vers le capital financier du Nord l’équivalent de plusieurs plans Marshall [8]. Les politiques d’ajustement ont impliqué l’abandon progressif d’éléments clés de leur souveraineté nationale, ce qui a débouché sur une dépendance accrue des pays concernés à l’égard des pays les plus industrialisés et de leurs multinationales. Aucun des pays appliquant l’ajustement structurel n’a pu soutenir de manière durable un taux de croissance élevé. Partout, les inégalités sociales ont augmenté. Aucun pays « ajusté » ne fait exception.

A qui profite la dette ?

Il ne faut pas attendre qu’une crise se déclenche pour entamer un audit citoyen de la dette. Il faut se poser dès aujourd’hui des questions essentielles comme : qu’est devenu l’argent des différents emprunts ? Quelles étaient les contreparties de ces emprunts consentis au gouvernement ? Quel montant d’intérêts a déjà été payé et à quels taux ? Quelle part du principal a été remboursée ? Comment la dette a-t-elle enflé sans que les populations aient ressenti concrètement ses effets ? Quels chemins ont suivi les fonds empruntés ? Quelle part a été détournée, par qui et comment ? Qui a emprunté et au nom de qui ? Qui sont les créanciers et quel a été le rôle des uns et des autres ? Par quels mécanismes l’État s’est-il trouvé engagé dans les différentes transactions ? Par qui les décisions d’emprunts ont été prises et à quel titre ? Comment des dettes privées sont-elles devenues publiques, grâce à quels intermédiaires et à quels organismes ? À qui ont profité les projets bidon réalisés avec de l’argent emprunté ? Quels crimes ont été commis avec cet argent ? Les bailleurs savaient-ils la destination des fonds octroyés ? Pourquoi n’établit-on pas les responsabilités pénales, civiles ou administratives ?

Quand on examine les réalisations par rapport au volume des fonds remboursés par les pays d’Afrique subsaharienne comme d’autres parties du monde, une conclusion s’impose : seule une faible part des prêts consentis a contribué au « développement » du pays. Une grande partie des fonds empruntés a alimenté des réseaux de corruption (au Sud comme au Nord de la planète), à travers des commissions et rétrocommissions. Ils ont enrichi les oligarques des régimes dont le train de vie ostentatoire jure avec la pauvreté et la misère ambiante. Ils ont aussi servi à enrichir un peu plus les 1 % les plus riches qui ont ensuite placé l’argent mal acquis dans des paradis fiscaux, la plupart du temps en Europe.

Des emprunts pour financer des projets inutiles

Ces fonds ont également financé des éléphants blancs, ces célèbres projets inadaptés et surfacturés, via, semble-t-il, les garanties publiques accordées aux grandes entreprises privées par le mécanisme des agences de crédits à l’export des pays prêteurs. Ce sont les populations qui ont payé et continuent de payer le lourd tribut, tout en subissant les effets négatifs de cet endettement odieux cautionné par un État démissionnaire qui ne protège pas, n’éduque pas, ne soigne pas, prive ses populations de l’eau, de l’électricité,...

C’est pour ces populations-là que le CADTM et toutes les associations prêtes à agir avec lui veulent procéder à cette clarification en ouvrant cet autre chantier du combat citoyen : ouvrir les livres de compte de la dette. En d’autres termes, réaliser l’audit citoyen de la dette, afin d’identifier la partie illégitime, illégale ou/et odieuse qu’il faut refuser de payer. Il s’agit aussi d’identifier les coupables d’actes frauduleux ayant conduit à l’endettement et/ou ayant permis en enrichissement personnel injustifié. Ces coupables doivent être poursuivis en justice. L’audit doit aller de pair avec la mise en pratique d’un autre modèle de développement qui met l’humanité et la nature au centre des priorités.

Eric Toussaint, porte-parole du CADTM international (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde), maître de conférence à l’université de Liège [9]

Photo : CC Ryan

 

Notes

[1Agence Bloomberg, consulté le 3 janvier 2015.

[2Financial Times, « Oil routs sours Africa debt sweet pot », 31 décembre 2014.

[3Source : Agence Bloomberg.

[4Voir le site officiel de labanque centrale du Nigeria.

[5Source : Boursorama.

[6Ce passage est tiré de : Pierre Gottiniaux, Daniel Munevar, Antonio Sanabria, Eric Toussaint, Les Chiffres de la dette 2015, page 9.

[7Les programmes d’ajustement du FMI suivent trois objectifs : 1) assurer le remboursement de la dette contractée ; 2) établir des réformes structurelles visant à libéraliser l’économie, l’ouvrir aux marchés internationaux et réduire la présence de l’État ; 3) permettre progressivement aux pays endettés d’avoir accès aux prêts privés via les marchés financiers, sans pour autant cesser d’être endettés.

[8Le Plan Marshall est un programme de reconstruction économique proposé en 1947 par George C. Marshall, secrétaire d’État des États-Unis. Doté d’un budget de 12,5 milliards de dollars de l’époque (environ 100 milliards de dollars de 2014) sous forme de dons et de prêts à long terme, le plan Marshall permit à 16 pays (notamment la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et les pays scandinaves) de profiter de fonds pour leur reconstruction après la seconde guerre mondiale.

[9Eric Toussaint est l’auteur de Bancocratie, Editions Aden, 2014, et coauteur de Les Chiffres de la dette 2015, avec Pierre Gottiniaux, Daniel Munevar et Antonio Sanabria.


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Source : www.bastamag.net

 

 

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 15:45

 

Source : www.equitesante.org

 

 

Financement et accès aux soins en Afrique de l’Ouest - Empirique et satirique !

Ludovic QUEUILLE & Valéry RIDDE Damien GLEZ

 

Préface :

Travaillant à la production et à l’application des connaissances scientifiques sur l’accès aux soins et le financement

de la santé en Afrique de l’Ouest depuis 10 ans, nous souhaitons partager des constats parfois surprenants en

expérimentant le dessin satirique comme outil de partage des connaissances

 

Ludovic Queuille & Valéry Ridde

 

 

 

Les services de santé publics sont critiqués et stigmatisés, mais le plus souvent, la qualité des soins

y est meilleure qu’ailleurs et seul un financement public peut garantir un accès équitable


.

 

Le paiement direct impose une barrière financière à l’accès aux soins pour les pauvres et ne permet

pas de financer les systèmes de santé. Il est pourtant très souvent remis en avant par certains

 

 

Le principe de «  gratuité des soins  », pardon «  d’exemption du paiement des soins  » (oui, la

sémantique est importante car « gratuité » serait un mot tabou !), ne semble déranger que ceux

qui ont les moyens de payer leur accès aux services de santé

 

La prise en charge des indigents est prévue dans les politiques de santé depuis l’instauration du

paiement direct. Après 30 ans, des centaines d’ateliers, de comités, d’études et de recherches

actions pour développer les critères et les processus de leur identification, les indigents sont toujours

exclus du système de santé. Quel est le vrai problème ?

 

Nous entendons parfois dire que jamais il ne sera possible de faire accoucher ces « femmes-là » au

centre de santé, des raisons culturelles étant souvent convoquées. Pourquoi postuler que certaines

populations n’iront jamais aux centres de santé alors que lorsque les barrières financières et géographiques

sont levées, ce n’est plus le cas dans une majorité de cas?

 

 

 

Certains programmes de subvention des soins sont partiels et comportent des « trous » dans le paquet

de services offert Ils sont souvent complexes, ce qui les rend difficilement compréhensibles pour la population

et parfois même pour les agents de santé. Ainsi, ils vont à l’encontre du principe de continuité des soins et

deviennent moins efficaces

 

 

 

En 30 ans de tentatives en Afrique de l’Ouest, les exemples les plus réussis de mutuelles de santé

n’ont jamais dépassé 10% de couverture . Elles restent cependant des ritournelles incontournables

dans les réflexions pour améliorer l’accessibilité financière aux soins de santé des pauvres.

 

 

 

En Afrique de l’Ouest, l’accès aux services de santé des enfants passe notamment par une

exonération du paiement des frais au point de service, ce qui coûte moins de 5 dollars US

par enfant et par an . Son financement passe par la volonté des décideurs

 

 

 

Dernièrement au Burkina Faso, comme au Mali, lors de la phase de concertations sectorielles et

régionales sur les orientations stratégiques de l’assurance maladie universelle, plusieurs secteurs

importants de la Nation se sont opposés au principe de solidarité nationale

 

 

 

Certains experts expliquent la garantie du succès du financement basé sur les résultats (FBR) par le

fait qu’il repose notamment sur le principe de « la carotte et du bâton ». La motivation du personnel de

santé n’est-elle pas un peu plus complexe que cela ?

 

 

 

Certaines expériences ont déjà montré que le paiement à la quantité pouvait avoir des effets pervers.

A vouloir trop motiver les acteurs de la santé en fonction de la quantité de maladies, ne risque-t-on pas

de rendre nos populations plus malades ?

 

 

 

Le prosélytisme dont font preuve la plupart des partenaires techniques et financiers (inclus certains

chercheurs...) auprès des gouvernements pour vendre leur « agenda » tournent à la cacophonie pour

les décideurs nationaux des politiques de santé.

 


 

Verticalisation et bureaucratie des nombreux programmes de santé font que le responsable d’un centre

de santé doit gérer son équipe, ses intrants, son infrastructure, les ressources financières, la situation épidémiologique, continuer de se former, remettre tous les mois un nombre incalculable de rapports, etc

et accessoirement...soigner ses malades.

 


 

Même si la formulation de politique publique puis leur mise en œuvre ne sont jamais faciles, il existe

de multiples preuves scientifiques pour les rendre efficaces et équitables. Or, ces 30 dernières années,

les décideurs ont la plupart du temps oublié l’équité dans les politiques.

 

 

 

Source : www.equitesante.org

 

 

 

 

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 15:35

 

Source : www.mediapart.fr

 

Trois hommes jugés pour avoir récupéré des aliments périmés

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Un Intermarché poursuit en justice trois personnes qui ont « frauduleusement soustrait des denrées périssables, avec dates dépassées » et destinées à être jetées.

 

Trois personnes doivent être jugées, mardi 3 février par le tribunal correctionnel de Montpellier, pour avoir récupéré des produits périmés destinés à être jetés dans l'enceinte d’un Intermarché de Frontignan dans l'Hérault, rapporte Le Midi libre.

La grande surface leur reproche d’avoir, le 27 mai dernier, « frauduleusement soustrait des denrées périssables, avec dates dépassées ». Un collectif de soutien, dénonçant une procédure « ahurissante et intolérable », a appelé à manifester devant le palais de justice de Montpellier mardi en début d’après-midi. « La pauvreté est peu à peu criminalisée, cette histoire est un exemple flagrant », poursuit-il.

A lire sur le site du Midi libre. (*ou ci-dessous)

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

                                                            ******************************

 

Source : www.midilibre.fr

 

Montpellier : appel pour le procès du vol de denrées périmées

Montpellier : appel pour le procès du vol de denrées périmées
L’affaire remonte au 27 mai dernier, à Frontignan.
V. ANDORRA
 

P lusieurs organisations appellent à manifester ce mardi, en début d'après-midi, devant le palais de justice.

Trois personnes devant le tribunal correctionnel ce mardi. Et plusieurs organisations qui appellent à manifester, en début d'après-midi, devant le palais de justice. Car ces trois personnes doivent comparaître devant les juges pour avoir "frauduleusement soustrait des denrées périssables avec dates dépassées", le 27 mai dernier, dans l'enceinte du supermarché Intermarché de Frontignan.

"La nourriture ainsi récupérée était périmée de quelques jours, quelques heures parfois, mais ne présentait aucun danger à la consommation. Ces denrées ayant perdu leur valeur monétaire (mais pas nutritionnelle !), elles étaient destinées à être jetées", assure le collectif de soutien aux prévenus, qui parle d'une situation "ahurissante et intolérable". "La pauvreté est peu à peu criminalisée, cette histoire en est un exemple flagrant", indique-t-il encore dans son appel à manifester cet après-midi autour "d'une soupe faite avec les restes du marché de la veille".

 

 

Source : www.midilibre.fr

 

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 17:53

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

En images

01/02/2015 à 16h18

« Dérive autoritaire : les premiers signes qui doivent alerter »

Rémi Noyon | Journaliste Rue89

http://static2.stop-djihadisme.gouv.fr/var/stop/storage/images/media/images/radicalisation/607-6-fre-FR/radicalisation.png
 

En plus de son efficacité douteuse, le site gouvernemental Stop-djihadisme se prête à tous les détournements.

On y trouve notamment une plaquette qui renseigne sur « les premiers signes » de l’embrigadement d’un proche dans le salafisme djihadiste. Parmi ces « signes » évoqués sous forme de pictogrammes (à gauche ci-dessus) :

  • « Ils se méfient des anciens amis, qu’ils considèrent maintenant comme des “impurs” » ;
  • « Ils rejettent des membres de leur famille » ;
  • « Ils abandonnent l’école ou la formation professionnelle car l’enseignement dispensé fait parti du complot », etc.

Vient ensuite le numéro vert mis à disposition des « familles » qui « sont souvent démunies pour identifier les signes qui peuvent laisser présager un embrigadement, puis un départ ».

 

 

La plaquette de La Quadrature

Sur Twitter, Clément Sénéchal, « l’homme qui tweetait pour Mélenchon », se moque gentiment :

« Passé la journée au téléphone avec le ministère de l’Intérieur : j’avais des doutes sur à peu près tous mes potes. »

 

http://rue89.nouvelobs.com/sites/news/files/assets/image/2015/02/attentifs_ensemble.png

Certains vont plus loin. Jérémie Zimmermann, l’un des co-fondateurs de La Quadrature du Net, qui défend un Internet libre et ouvert, vient de relayer une plaquette intitulée : « Dérive autoritaire. Les premiers signes qui doivent alerter » (ci-dessus).

Reprenant les codes du site Stop-djihadisme, cette infographie liste les risques :

  • « Restriction de la liberté d’expression » ;
  • « Interdiction de manifestations pacifiques » ;
  • « Banalisation de messages racistes » ;
  • « Généralisation et extension de la surveillance des citoyens » ;
  • « Prévalence d’intérêts économiques sur l’intérêt général » ;
  • « Partenariats avec des régimes violant les droits de l’homme » ;
  • « Répression violente des manifestations » ;
  • « Instrumentalisation des menaces pour justifier des mesures sécuritaires » ;
  • « Contournement de la démocratie et du contrôle du pouvoir judiciaire. »

Ça ne vous rappelle rien ?

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 17:41

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

Arrêt sur images 02/02/2015 à 09h57

Grèce et Europe : et au premier acte, Varoufakis tua la Troïka...

Arretsurimages.net"
Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

 

Yanis Varoufakis, ministre des Finances grec (εγω/Wikimedia Commons/CC)

 

Enfin, un héros ! Commençons par l’anecdotique, le superficiel, l’image. Le nouveau ministre des Finances grec Yanis Varoufakis ne porte pas de cravate, (comme tous les ministres syrizistes), et il voyage en classe éco, comme l’a bien remarqué Twitter tout émoustillé. Une moto, un sac à dos, une silhouette de culturiste, et le crâne le plus photogénique d’Europe : voici la Grèce Bruce Willis, et voici immédiatement renvoyés aux seconds rôles les Draghi, Juncker, Sapin, et tous autres eurocrates encravatés.

Et en plus, il parle. Il parle grec, ce qui va être (et est déjà) source d’innombrables malentendus, la qualité de la traduction simultanée, dans les sommets, étant souvent ce qu’elle est. Si la photo de sa poignée de mains avec le président hollandais de l’eurogroupe Dijsselbloem, scellant la mise à mort de la Troïka, est déjà culte, de même que leur aparté « – You just killed the Troïka. Waoow ! » –, savoir en quels termes exactement il a prononcé la condamnation est plus périlleux : bancale ? branlante ? boiteuse ? Au secours, les écouteurs ! Toujours est-il que dans le week-end, à en croire la presse allemande, Juncker prenait acte de la mort de la Troïka.

Déjouer les questions binaires

Mais surtout il parle anglais. Ce qui lui permet, dans une autre interview fondatrice, de recadrer en direct l’intervieweuse de la BBC, en imposant son discours à lui, pour déjouer les questions binaires dont l’Europe ne va pas manquer de le bombarder : alors cette dette ? Vous remboursez ou pas ?

Il faut l’écouter en intégralité, dans ce match qui dévoile à la fois sa stratégie, et le système de défense de Syriza, face à la meute médiatique : surtout, ne pas répondre aux questions sur la dette, ni par exemple sur son encombrant allié Kammenos. Et parler d’autre chose. Il est vrai que, de la hausse du smic avec effet immédiat à l’arrêt des privatisations, en passant par la chasse à la fraude fiscale, et le refus théâtral par le « junkie » grec de sa prochaine dose à 7 milliards d’euros, les sujets ne manquent pas.

Quel est l’objectif stratégique de Varoufakis, dans sa première tournée européenne ? Rétrograder ce boulet de la dette au rang d’un sujet parmi d’autres, pas plus pas moins que les réformes à accomplir en Grèce. Quant à la méthode, il l’énonce avec une candeur désarmante : « Quand deux partenaires doivent discuter d’un problème, il y a deux solutions. Soit ils s’assoient l’un en face de l’autre, soient ils s’assoient côte à côte, et assoient le problème en face d’eux. » Limpide.

Guerre de mouvement

Sur cet objectif, il semble avoir convaincu Sapin de s’asseoir à ses côtés. Voir l’insistance du Français, lors du point de presse de Bercy, à lancer à la presse « la dette, je sais qu’il n’y a que ça qui vous intéresse... » est un moment de jubilation inattendue. Donc, la France est Syriza : message certainement reçu par Merkel, qui jusqu’à présent, s’est bien gardée d’y répondre, montrant qu’elle n’avait pas encore compris qu’elle était dans une guerre de mouvement.

Dans l’imprévisible partie européenne qui s’est amorcée avec l’élection de Syriza, et où chaque jour de ces premières semaines compte pour dix, aucun de ces détails n’est anecdotique. Une période magique s’est ouverte, où chaque geste, chaque mot de Syriza seront performatifs. Non pas au sens, bien sûr, où gestes et mots suffiront à remporter la victoire. Mais ils configureront le champ de bataille, ses règles, ses codes, et c’est déjà énorme.

Certes, l’image ne fait pas tout. Et le choix par la Grèce, pour renégocier la fameuse dette, de Lazard, la banque du copropriétaire du Monde Matthieu Pigasse, choix qui prend à contrepied les anti-Syriza, devrait compter aussi dans la bataille diplomatico-médiatique. Car cette partie ne se joue pas à huis clos. Elle se joue devant les caméras, à ciel ouvert, et Syriza montre qu’il en est parfaitement conscient. Qui va prendre l’ascendant psychologique ? Qui va écrire le scénario de la nouvelle saison ? Il ne faudra que quelques semaines pour le savoir. En tout cas, c’est bien parti.

 

Publié initialement sur
Arretsurimages.net

 


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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 22:38

 

 

Source : leplus.nouvelobs.com

 

 

 

La chasse aux oies "prolongée" : Ségolène Royal cède devant les chasseurs. C'est désolant

 

Publié le 31-01-2015 à 17h53 - Modifié le 01-02-2015 à 13h50

 

Avatar de Pierre Athanaze

Par 
Naturaliste et forestier

C'est une bonne nouvelle pour les chasseurs, moins pour les défenseurs des animaux. Si la fermeture de la chasse aux oies est toujours fixée au 31 janvier, la ministre de l'Écologie Ségolène Royal a demandé à ce que les chasseurs ne soient pas verbalisés avant le 9 février. Réaction de Pierre Athanaze, ex-président de l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS).

Édité par Sébastien Billard  Auteur parrainé par Muriel Fusi

 

 

Alors que la chasse aux oies ferme le 31 janvier, conformément au droit français et européen, la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, a écrit le 28 janvier aux préfets et au directeur général de l’Office national de la chasse (ONCFS) pour ordonner à l’un et informer les autres qu’aucune verbalisation ne devaient avoir lieu jusqu’au 9 février concernant les chasseurs qui braconneraient les oies !

 

Il s’agit là d’un cas très grave de complicité entre la ministre de l’Écologie (à moins que l’ordre ne vienne de plus haut ?...) avec le lobby des chasseurs qui, comme toutes les années, a fait le siège de l’Assemblée nationale, du Sénat, des ministères de l’Écologie et de l’Agriculture, de Matignon et de l’Élysée, pour passer outre les lois et règlements.

 

Ne pas verbaliser les braconniers ? C'est une première 

 

Les années précédentes, les ministres, de droite et de gauche, prenaient un arrêté illégal pour satisfaire à la demande des chasseurs.

 

Chaque année, le Conseil d’État invalidait le dit arrêté à la demande des associations de protection de la nature. Ségolène Royal est allé encore plus loin cette année, en ne prenant pas d’arrêté, mais en ordonnant aux 1.500 fonctionnaires de l’ONCFS de ne pas verbaliser les braconniers. Une première !

 

Pourquoi les ministres ne demanderaient-ils pas à la police et à la gendarmerie de ne pas verbaliser les automobilistes qui ne respecteraient pas les limitations de vitesse ? Au fisc de ne pas poursuivre les fraudeurs fiscaux ? Ou même au dealer ?

 

Les chasseurs font-ils tellement peur au gouvernement pour que Ségolène Royal qui cette semaine même, donnait pourtant sa parole aux associations de protection de la nature qu’elle ne supporterait pas le braconnage des lois. Ou même François Hollande qui très régulièrement déclare que "la France doit se montrer exemplaire en matière de biodiversité".

 

Le gouvernement pratique le double langage

 

À quelques jours de la journée mondiale des zones humides, le gouvernement français montre là le double langage qu’il utilise très régulièrement. Le 2 février, ces zones humides qui seront célébrées en grandes pompes par la ministre de l’Écologie, seront des zones de non-droits, cela afin de satisfaire la chasse qui n’est, rappelons-le, qu’une activité de loisir.

 

Mais cette activité rapporte beaucoup pour un certains nombre de chasseurs. En effet, la chasse du gibier d’eau, dont les oies, se pratique sur le littoral, dans des installations (huttes, gabion…) qui se louent fort cher  (de 500 à 10.000 euros la nuit !) et de la main à la main.

 

Grace à la complicité de la ministre de l’Écologie, ces propriétaires ou gestionnaires d’installations de chasse pourront louer leurs huttes 9 jours de plus. Sans que Bercy n’en voient plus la couleur… On peut comprendre pourquoi les chasseurs tiennent tant à prolonger la durée de la période de chasse. Mais rien n’explique la complicité des pouvoirs publics.

 

 

 

Source : leplus.nouvelobs.com

 

 

 

 

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 18:47

 

Source : www.marianne.net

 

 

L'infantilisation des parlementaires français

Magali Pernin
Sur son blog "Contre la Cour", Magali Pernin nous explique pourquoi le pouvoir législatif de nos parlementaires nationaux est en fait très limité. Elle montre notamment comment le Parlement se dessaisit lui-même de son pouvoir de transposition des directives européennes pour le laisser à la seule appréciation du gouvernement.
Revelli-Beaumont/SIPA

Vous pensiez que le Parlement était chargé d’écrire le droit et le gouvernement chargé de l’appliquer ? Rien n’est moins sûr.

Premièrement, parce que la Constitution de 1958 limite (par son article 34) les domaines dans lesquels peut/doit intervenir le législateur. En dehors de ces domaines, le gouvernement est libre d’user de son pouvoir réglementaire (décret ou arrêté).

Deuxièmement, parce que même dans les domaines réservés de la loi, la plupart des textes ne sont pas d’initiative parlementaire.

Même si la Constitution pose un principe d’égalité entre le droit d’initiative gouvernemental et parlementaire, environ 75% des lois votées découlent d’un projet déposé par le gouvernement.

Troisièmement, parce que le droit européen, validé par le Conseil de l’Union européenne (composé des ministres européens) et les eurodéputés, conduit à dessaisir le Parlement français dans l’approbation de nombreux textes :

- les règlements européens, applicables directement dans le droit national sans intervention des parlementaires nationaux ;

- les directives, le Conseil constitutionnel ayant admis que le Parlement français était tenu de ratifier les directives (sauf en présence d’une disposition expresse contraire de la Constitution). et les règlements européens sont approuvés sans l’accord des parlementaires nationaux.

Par conséquent, le législateur français ne dispose d’aucune marge de manœuvre.

Pire encore, le Parlement n’intervient pratiquement jamais, grâce à une subtilité de notre Constitution, dans la transposition des directives.

En effet , grâce au mécanisme des ordonnances, le Parlement se dessaisit de son pouvoir de transposition des directives et le confie au gouvernement.

Entrons dans le vif du sujet.

Lire la suite sur le blog « Contre la cour » de Magali Pernin

 

 

Source : www.marianne.net

 

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  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
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DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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