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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 21:00

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

VIDEO. Quand une conseillère Pôle emploi craque

 

 

A Pôle emploi, certains conseillers craquent. Comme Vanessa. Elle l'explique dans cet extrait d’"Envoyé spécial".

 

 

 

France Télévisions

Mis à jour le
publié le

 

Vanessa a été conseillère à Pôle emploi pendant treize ans. Un jour, elle a craqué. Impossible de passer la porte de l'agence. Elle ne supportait plus les cadences. Extrait d'une immersion à Pôle emploi diffusée dans "Envoyé spécial".

Le métier est-il si difficile ? "Oui. On a des objectifs à tenir et on gère de l'humain, c'est devenu très compliqué. Le travail en lui-même est intéressant, c'est un superbe métier. C'est les conditions actuelles qui sont compliquées."

 

Cinq minutes par personne et par mois

Un manque d'effectifs ? "Par rapport au nombre de personnes qu'il y a à suivre, clairement, on n'est pas assez nombreux. On ne fait pas que recevoir les gens, il faut gérer l'administratif… Quand on a un portefeuille de 400 personnes à suivre par mois, j'avais calculé que par personne, ça fait 5 minutes par mois !"

Aujourd'hui encore, la grande majorité des conseillers Pôle emploi ont plus de 200 personnes à suivre chaque mois.

Extrait d'une immersion à Pôle emploi signée Anouk Burel, Frédéric Bazille et Isabelle Tartakovsky, diffusée dans "Envoyé spécial" le13 octobre 2016.

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 20:52

 

Source : http://www.20minutes.fr

 

Pau: Un chômeur escroqué sur le site de Pôle Emploi

 

 

FAITS-DIVERS Le demandeur d'emploi croyait avoir répondu à une vraie annonce, mais le but était de lui soutirer de l'argent pour une formation...

 

 

Illustration Pôle Emploi, le 13 octobre 2015

 

Illustration Pôle Emploi, le 13 octobre 2015 - M.BOSREDON/20MINUTES

 

 

 

L'annonce avait tout l'air d'être sérieuse, mais il s'agissait en réalité d'une arnaque. Un demandeur d'emploi originaire de Pau, âgé de 48 ans, a été escroqué en mai dernier via une annonce diffusée sur le site même de Pôle Emploi, révèle ce vendredi France Bleu.

 

>> A lire aussi : VIDEO.Marmande: Elle s’enchaîne aux grilles de Pôle Emploi qui lui doit 10.000 euros

 

On lui proposait un CDD de six mois de chauffeur-livreur dans le textile. Avant cela, il doit effectuer une formation, soit-disant payée par l'employeur, qui lui envoie un chèque de 2.500 euros. Une somme qu'il doit reverser par mandat cash à l'institut de formation. L'arnaque s'arrêtera là puisque le chèque, volé, ne passe pas à sa banque.

Pôle Emploi reconnaît avoir subi quelques détournements d'annonces de ce type sur son site, mais assure avoir trouvé la parade. Pôle emploi est en train de mettre en place une authentification des employeurs avec le numéro de sécurité sociale. Ce dispositif doit entrer en vigueur ces prochains jours.

 

 

 

Source : http://www.20minutes.fr

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 15:30

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Pour le Medef, les Prud'Hommes, c'est le jackpot !

 
 
 
"Marianne" a pu consulter les comptes de l'antenne de formation des conseillers prud'homaux gérée par les organisations patronales. Salaires mirobolants, hôtels de luxe, "rétrocessions", etc. La preuve que les patrons trouvent aussi des vertus à la justice du travail...

 

http://www.marianne.net/sites/default/files/styles/article/public/12419-100247122.jpg?itok=Did7ssaw

Dessin : Gros

Les prud'hommes ? « Un épouvantail à l'embauche pour les plus petites entreprises », martèle Pierre Gattaz. A entendre le grand chef à plumes du Medef, la justice du travail ne serait qu'« une loterie », « une roulette russe » qui terroriserait l'employeur lorsqu'il recrute, ou vire, un collaborateur. Voilà pour le cliché. Mais, en coulisses, le même Medef s'accommode fort bien d'un aspect ignoré de l'activité prud'homale : la formation des conseillers. Et la manne qu'elle représente...

Des sessions de formation intégralement financées par l'EtatEmployés, cadres, petits patrons, retraités ou demandeurs d'emploi, les « juges du travail » ne sont pas des magistrats professionnels. Ils sont élus par leurs pairs, côté salariés et côté employeurs - et bientôt désignés, à compter de 2017, par les organisations syndicales et patronales. Leur mission est connue : elle consiste à trancher, avec lenteur hélas, et dans des conditions matérielles souvent déplorables, les litiges relatifs au travail. Ce qu'on sait moins, c'est que la loi accorde aux conseillers prud'homaux trente-six jours de formation pendant leur mandat, qui dure cinq ans, pour combler leurs lacunes en droit social et en procédure. Des sessions intégralement financées par l'Etat, sur le budget du ministère du Travail, mais dont la mise en œuvre, et les sous qui vont avec, sont confiés à différents organismes : des établissements publics d'enseignement supérieur, comme le Cnam ou les instituts du travail, et des associations loi 1901 rattachées aux syndicats (pour les conseillers salariés) ou aux organisations patronales (pour les conseillers employeurs). Le Medef, la CGPME et la FNSEA disposent ainsi de leur propre antenne de formation, baptisée Entreprises et droit social (EDS). Installée dans les beaux quartiers de Paris, cette structure discrète, au site Web aussi vieillot que minimaliste, empoche chaque année entre 1,3 million et 1,6 million d'euros de subventions publiques. Pour organiser des cours, donc. Mais pas seulement...

Depuis la création d'EDS, en 1981, le pilier de la maison s'appelle Guy-Patrice Quétant. Agé de 66 ans, cet ancien juriste de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), l'une des branches les plus puissantes du Medef, se présente comme un simple « formateur ». « Je ne suis pas avocat, je ne suis pas conseiller prud'homal, je ne suis pas magistrat, je suis rien... » explique- t-il, badin, dans son bureau encombré de paperasse. Un faux modeste, au vrai salaire de ministre : 10 000 € brut mensuels, sur treize mois. Plutôt coquet pour le secrétaire général d'une association à but non lucratif qui ne compte, en tout et pour tout, que... quatre salariés. Au quotidien, cet homme de peu est épaulé par une « responsable de la gestion administrative et financière », titulaire - ce n'est pas banal pour le job - d'un DEA de philosophie. Venue du Medef et payée par EDS plus de 5 000 € par mois, elle est elle-même assistée d'un cabinet d'expertise comptable et d'un commissaire aux comptes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE MINISTÈRE LAISSE FAIRE

Comme Marianne a pu le constater en épluchant une liasse de documents confidentiels, les chiffres sont bien tenus. Et ils valent le coup d'œil. Ouvrons, par exemple, le grand-livre des comptes pour l'année 2013 et suivons, ligne à ligne, la belle gestion de ce tubercule du Medef. Montant des rémunérations des troupes : 359 000 €. Part patronale de la mutuelle : 48 000 €. Et hop, 400 000 € d'argent public envolés en frais de personnel. Le loyer, charges, entretien et taxe d'habitation ? Plus de 100 000 € par an, pour un appartement haussmannien avec parquet en point de Hongrie, hauteur sous plafond appréciable et jolies moulures. L'adresse brille de mille feux : 8, rue Marbeuf, au cœur du triangle d'or parisien. Ajoutez à cela les photocopieurs en leasing (23 000 €), la maintenance informatique (4 400 €), les factures d'Orange (9 400 €), les honoraires du comptable (4 500 €) et du commissaire aux comptes (7 600 €). Sur 1,4 million d'euros versés cette année-là à EDS, plus de 550 000 € se sont évaporés en frais de fonctionnement. Et c'est compter sans l'Urssaf (108 000 €) et la taxe sur les salaires (43 000 €)...

Qu'en est-il du reste du magot ? Pour une bonne moitié - 495 000 € -, il a atterri... dans les caisses des Medef territoriaux. D'Epinal à Rodez, en passant par Oyonnax, Foix ou Cherbourg, des dizaines d'antennes de la confédération patronale reçoivent chaque année leur obole d'EDS. Une « rétrocession » censée couvrir le coût des stages organisés sur le terrain, au plus près des conseillers prud'homaux. Le schéma est le suivant : l'association touche 160 € du ministère par stagiaire et par jour et reverse 90 € environ aux Medef locaux. A quoi sert cette somme ? A rembourser « les frais d'organisation de la formation (restauration, location de salle, reproduction de documents) », écrivait en 2013 Guy-Patrice Quétant dans son compte rendu d'activité transmis aux pouvoirs publics. Sauf que la salle en question, située la plupart du temps dans les murs du Medef ou de l'union patronale du coin, ne coûte pas un rond. Conclusion : soit le plateau-repas est digne d'un étoilé Michelin, et le polycopié du cours relié en cuir pleine fleur. Soit une bonne part de ces 90 € gonfle les caisses des Medef de province. La formation a bon dos.

Ce système de rétrocession est toléré par le ministère du Travail. Mais il ne fait l'objet d'aucun contrôle sérieux. Une - mauvaise - habitude qui veut que l'Etat finance une kyrielle d'activités parasyndicales et ferme les yeux sur l'usage de ces fonds publics, au nom de la liberté de gestion et du paritarisme.

 

COMBINES ET LARGESSES

En 2008, lors d'une enquête sur les aides à destination des conseillers prud'homaux, la Cour des comptes s'était étonnée que « l'autorisation accordée aux associations de déléguer les crédits reçus par l'Etat à des entités locales ne [soit] pas assortie de l'obligation pour elles de justifier de l'utilisation locale des fonds ». Réponse, à l'époque, du ministère : les feuilles d'émargement signées par les stagiaires sont vérifiées, mais ce pointage est « proportionné aux ressources susceptibles d'y être affectées ». Traduction : on a mieux à faire Rue de Grenelle. « Tous nos documents sont transmis à l'administration du travail, qui peut faire des observations, a beau jeu d'affirmer Guy-Patrice Quétant. Avant de sortir sa botte secrète : Nous avons été parmi les premiers à faire appel à un commissaire aux comptes. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les bilans d'EDS sont effectivement disponibles, et dûment certifiés, sur le site Internet du Journal officiel. Mais, dans leur grande masse, ils ne disent rien des combines et largesses de l'association. Comme l'embauche de septembre 2012 à mars 2014 de Béatrice de Courson, directrice des mandats au Medef et salariée en parallèle d'EDS (un mi-temps à 5 000 € par mois...). Pour y faire quoi ? Le contrat de travail, que Marianne a pu consulter, ne le dit pas. Les clauses de confidentialité, en revanche, sont légion : interdiction absolue de cafter sur « l'organisation d'EDS, les éléments intellectuels lui appartenant, son actualité, ses activités, ses projets, travaux et études menés en interne et en externe avec ses interlocuteurs publics et privés, ses techniques et méthodes travail ». On n'est jamais trop prudent : depuis l'affaire de la caisse noire de l'UIMM, en 2007, et ses millions d'euros supposés « fluidifier le dialogue social », selon le mot de Denis Gautier-Sauvagnac, son ancien responsable, les satellites des organisations patronales sont priés d'orbiter en silence.

Nulle trace, non plus, dans les comptes succincts déposés par EDS des factures extravagantes réglées par l'association à l'occasion des « journées nationales » qu'elle organise chaque année dans une ville accueillante, et qui réunissent quelque 400 conseillers prud'homaux. En 2012, le raout se tenait à Avignon, dans l'espace Jeanne-Laurent du palais des Papes (22 800 € la location pour deux jours), avec spectacle du magicien Matthieu Sinclair (8 900 € la performance) et chambres quatre étoiles pour une trentaine de happy few (10 600 €). L'année suivante, c'est à l'espace Encan de La Rochelle (32 000 €), à deux pas des tours du port, que les congressistes ont discuté licenciement et misère de la justice prud'homale entre deux verrines concoctées par le traiteur star de la ville, Grégory Coutanceau (40 200 € le buffet).

 

L'AUDIT ACCABLANT ENTERRÉ

L'édition 2016 de cet éprouvant comice s'est déroulée il y a quinze jours... à Juan-les-Pins. Aux frais du contribuable, toujours. Idem pour les séminaires d'une journée, qui se tiennent parfois ailleurs que dans les Medef locaux. Au palace de Menthon, face au lac d'Annecy, au château de Lantic, à Martillac, ou au Domaine de Château Laval, à Gréoux-les-Bains. Deux mille euros par-ci, 3 000 par-là, et au final 220 000 € dépensés en un an dans l'hôtellerie haut de gamme. Champagne !

En juillet 2010, un audit extérieur commandé par le Medef avait dressé un constat accablant sur le fonctionnement d'EDS : « prééminence absolue » et « management autocratique » de Guy-Patrice Quétant « qui fait tout, décide de tout », « attitude non coopérative et méprisante » d'EDS vis-à-vis des Medef locaux (« Ils nous traitent pire que des sous-traitants automobiles »), « cycle de formation pas adapté au mandat de conseiller prud'homal »... Dans toute entreprise normalement constituée, une telle charge aurait créé du remue-ménage. A EDS, elle a fait pschit. Il est vrai que Guy-Patrice Quétant avait un beau succès à son actif : la trésorerie de l'association. Au dernier pointage connu, fin 2014, ce sont plus de 2 millions d'euros qui dormaient tranquillement en sicav, sur des comptes à terme ou sur des Livrets A ouverts à l'agence CIC de l'avenue Marceau. De temps à autre, Jean-Pierre Fine, le secrétaire général de l'UIMM et trésorier d'EDS - le précédent, Bernard Adam, a été condamné dans l'affaire de la caisse noire -, donne son avis d'expert sur le meilleur rendement possible de ces « placements ».

De l'argent non consommé par l'association dans le cadre de sa mission de formation. Qui n'empêche pas Guy-Patrice Quétant de jouer les pleureuses dans ses courriers au ministère, au motif que la subvention annuelle « ne permet pas de couvrir l'intégralité des frais occasionnés, ce qui n'est pas toujours bien compris et accepté ». Michel Guilbaud, le bras droit de Pierre Gattaz, préside l'association depuis 2014. Contacté par Marianne, il refuse de se prononcer sur le montant des salaires établis avant son arrivée. « Guy-Patrice Quétant est un très bon expert, qui dirige EDS depuis trente ans, explique-t-il. Mais ce n'est pas lui faire injure que de dire qu'il est proche aujourd'hui de la retraite et que la structure mérite sans doute d'être optimisée. Pour le reste, le ministère du Travail a pleinement connaissance de toutes les dépenses engagées par EDS. » On ne sait trop s'il faut en rire, ou en pleurer.

 

L'impossible réforme d'un dispositif contesté

 

Telle qu'elle existe actuellement, la formation [des conseillers prud'homaux] offre des résultats insuffisants. » Dans son rapport remis en juillet 2014 à Christiane Taubira, alors garde des Sceaux, sur « l'avenir des juridictions du travail », Alain Lacabarats, président de la chambre sociale à la Cour de cassation, a osé dire tout haut ce qui se murmure depuis des lustres dans les palais de justice. Ce haut magistrat proposait alors une refonte totale du dispositif : retirer aux syndicats la responsabilité de ces cours et les confier à l'Ecole nationale de la magistrature (pendant quinze jours, à la prise de fonction des conseillers) puis aux cours d'appel (à raison d'une semaine par an). « Le financement de cette formation, ajoutait Alain Lacabarats, pourrait, en cette période de difficultés budgétaires, être prélevé sur les sommes dévolues aux organisations syndicales et patronales. » Soit 8 millions d'euros par an en moyenne. Pas touche au grisbi ! ont tonné les syndicats, dans une rare unanimité. N'est finalement restée dans la loi Macron d'août 2015 que l'obligation pour les conseillers de suivre une formation initiale assurée par l'Etat (sans plus de précision) d'une durée de cinq jours. Et depuis ? Rien. « Le décret d'application traîne un peu, reconnaît Denys Robiliard, député PS et rapporteur de la loi sur les questions prud'homales. Il y a des débats entre le ministère du Travail et celui de la Justice pour savoir qui doit payer. Mais ce devrait être tranché en 2017. » Bien long pour une réforme croupion.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 15:07

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

Bon plan

SNCF : la réduc pour tous que personne ne connaît

Par Amandine Cailhol

 

 

Des usagers gare de Lyon, à Paris, en octobre 2011.

Des usagers gare de Lyon, à Paris, en octobre 2011. Photo Miguel Medina. AFP

 

Peu de gens l'utilisent et pourtant il peut faire économiser, une fois par an, jusqu'à 50% sur un billet de train à presque tout un chacun. «Libération» lève le voile sur le «billet de congé annuel», dispositif oublié, mais toujours valable, datant de 1936.

 

 

Mais comment a-t-on pu passer à côté ? Depuis des années, il était là, vieillissant, mais toujours prêt à rendre service pour alléger la facture des vacances. Et ce depuis 1936 ! Et pourtant, alors que chacun s’affaire déjà à programmer les vacances de Noël, à la recherche du voyage le plus économique, peu de personnes pensent au «billet de congé annuel». Le quoi ? Egalement appelé «billet populaire de congé annuel» par la SNCF qui le commercialise, ce tarif réduit permet d’acheter un billet dans tous les trains SNCF (TGV, Intercités, TER) à moins 25% pour un voyage aller-retour ou circulaire (les arrêts en cours de route étant autorisés) d’au moins 200 kilomètres en France. La réduction peut même atteindre 50%, lorsque au moins la moitié du billet est réglée avec des chèques-vacances.

Une large palette de bénéficiaires

Quelques contraintes toutefois : ce billet, «l’un des huit tarifs sociaux nationaux que la SNCF applique sur son réseau sur demande de l’Etat», explique un responsable de la SNCF, ne peut être utilisé qu’une seule fois par an et seulement au cours des congés annuels. En revanche, il est ouvert à une très large palette de bénéficiaires : salariés, agents de la fonction publique, travailleurs à domicile, artisans et exploitants agricoles, mais aussi demandeurs d’emploi bénéficiant d’une allocation de chômage, stagiaires de la formation professionnelle ou encore retraités. Surtout, il permet de bénéficier d’une réduction pour le demandeur, mais aussi pour les membres de sa famille : conjoint, enfants de moins de 21 ans, et dans certaines conditions, parents. «Ces personnes n’ont pas obligation de voyager en même temps. Cependant, le prix du billet doit être payé en une seule fois pour l’ensemble des voyageurs», précise le site Service public, un des rares à donner des informations sur le dispositif.

Car s’il existe depuis plus de 80 ans, il reste relativement discret. Sur Internet, il n’est jamais, ou très peu, cité par les associations d’aide aux plus précaires qui promeuvent les vacances pour tous. Ni par le réseau des caisses d’allocations familiales. Quant au site commercial de la SNCF, il ne lui accorde qu’une toute petite place dans sa rubrique «aide». Pourquoi ce silence ? «On ne communique pas en ligne sur ce sujet, car pour ces billets, il faut se rendre en gare ou en boutique», botte en touche la SNCF. Même discrétion sur le site de l’Agence Nationale des chèques vacances (ANCV) qui, bien que partenaire, ne dit pas un mot sur le dispositif dans son guide en ligne, et se contente de le citer brièvement dans sa «foire aux questions». «Globalement, il y a peu de communication dessus, car les gens vont plus vers des billets de train ou d’avions low-cost bien moins chers. Et puis, le dispositif billet congé annuel est assez contraignant», plaide-t-on du côté de l’ANCV.

 

«Mesure iconique du Front Populaire»

Résultat : le dispositif est peu, voire pas du tout connu des bénéficiaires potentiels. Et ce malgré une histoire glorieuse. «Ce dispositif est une mesure iconique du Front Populaire. Il a été voulu par Léo Lagrange, sous-secrétaire d’Etat aux Loisirs et aux Sports, à l’été 1936. Le gouvernement veut alors faire en sorte que la toute récente loi sur les congés payés [deux semaines, à l’époque, ndlr] ne soit pas une mesure sans application. On ne peut pas décréter du temps libre et ne pas aider les gens à en profiter !», raconte Marion Fontaine, maître de conférences à l’université d’Avignon. D’où la création, le 2 août 1936, de billets à tarif réduit à destination des catégories populaires, annoncés dans la presse dès le mois de juillet.

600 000 billets sont ainsi distribués la première année, puis 1,8 million en 1937. La réduction est alors de 40%. «Comme le train était le moyen idéal, et peu concurrencé, d’amener ces nouveaux clients en nombre important vers les destinations de loisir, l’Etat a demandé aux compagnies privées de chemin de fer, qui deviendront la SNCF en 1938, de proposer un tarif attractif», poursuit la SNCF.

 

 

Depuis, le taux de réduction a baissé, les conditions d’attribution se sont élargies, une remise supplémentaire a été accordée aux clients qui payent en «chèque-vacances». Mais le billet, «a peu, voire pas évolué depuis sa création», note l’ANCV. «Personne n’a jamais pensé ou osé l’abolir. Politiquement, ce serait destructeur», pointe l’historienne Marion Fontaine. Au contraire, en 1957, la question d’un second «billet populaire de congé annuel» est même évoquée à l’Assemblée nationale, pour aider les gens à partir en vacances d’hiver. En 1992, le ministère du Tourisme envisage la faisabilité d’un plafonnement des ressources des bénéficiaires pour «permettre l’attribution d’un second billet de transport à prix réduit aux catégories sociales les plus modestes, leur donnant ainsi la possibilité de prendre des vacances d’hiver». Mais la mesure n’aboutit pas.

 

Parcours du combattant

Depuis, la cote de popularité du dispositif a dégringolé. La faute, en partie, à la lourdeur du dispositif. Pour en bénéficier, le bénéficiaire doit d’abord retirer un formulaire disponible dans les points de vente SNCF, le remplir puis le faire compléter à sa direction des ressources humaines, joindre d’éventuels certificats, avant de retourner le tout en agence, au moins 24 heures avant le départ. Autant dire que rien n’est fait pour inciter les gens à se lancer… Il est toutefois possible de télécharger un formulaire sur le site Voyages-sncf.com. Mais encore faut-il le trouver… Là aussi, le périple relève du parcours du combattant, avec six clics nécessaires, au total, pour arriver sur la bonne page. Certes, le document (version salariés et version autres statuts) date de 2013, mais il serait toujours valable, selon un agent SNCF.

De quoi en décourager plus d’un… Comme Laurence, salariée du privé à Paris, qui s’est laissé tenter une fois par le dispositif, il y a sept ans, avant de se jurer de ne plus jamais s’y risquer: «Il y a un côté un peu humiliant de se rendre dans le bureau de la DRH pour faire signer son document. Et puis, il faut faire la queue à la gare pendant des plombes, c’est pénible… Ça vaut peut-être le coup pour un voyage prévu à l’avance, mais pas forcément pour n’importe quel trajet.» D’autres, dans un calcul coûts avantages, se rabattent plutôt sur les autres offres tarifaires de la SNCF, comme les Prem’s, ou de sa filiale à bas coût, Ouigo.

 

Contrepartie financière

Reste les plus courageux. Chaque année, près d’un million de trajets sont effectués dans le cadre de ce dispositif, estime la SNCF. Ce qui revient à 500 000 personnes bénéficiant d’un aller-retour, ayants droit compris. «Ce billet est plus utilisé en été, lors de la période des vacances scolaires. Par ailleurs, on compte plus de salariés que de retraités, puisque ces derniers ont d’autres tarifs avantageux», précise la compagnie de transport, peu bavarde sur le dispositif et ses bénéficiaires.

Si ces recours ne sont pas très nombreux - près de quatre fois moins qu’en 1937 - ils représentent toutefois un coût… qui ne repose pas sur la belle générosité de la SNCF. «Comme pour tous les tarifs sociaux, ce mécanisme conduit à un manque à gagner pour l’entreprise qui a l’obligation de l’appliquer et l’Etat verse une contrepartie financière», explique la SNCF. Le cahier des charges de la SNCF prévoit en effet que les huit tarifs sociaux mis en œuvre à la demande de l’Etat donnent lieu à une «contribution globale de celui-ci». Chaque année, l’Etat met donc la main à la poche pour compenser les billets utilisés sur les grandes lignes. Ce sont, en revanche, les régions qui payent la note pour les TER. Dans le projet loi de finance 2017, l’enveloppe est fixée à 25,7 millions d’euros, les «billets populaires de congé annuel» arrivant en seconde place du «trafic» de ces tarifs sociaux. Là où elle s’élevait à 40 millions d’euros en 2012. Preuve de la perte de vitesse de ces dispositifs quelque peu remisés ? Ou du désengagement de l’Etat ? Interrogé par Libération, le secrétariat d’Etat en charge des Transports n’a, pour l’heure, pas répondu à nos questions.

Amandine Cailhol

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 13:59

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

PSA : vous reprendrez bien 2.000 suppressions de postes ?

Le constructeur automobile français PSA prévoit en 2017, pour la quatrième année consécutive, une nouvelle salve de 2.133 suppressions de postes. Une perspective rejetée par les syndicats, alors que PSA a renoué avec les bénéfices l'an dernier.
 
 
 
Carlos Tavares est le PDG de PSA. - Sipa
 

Quatre à la suite. Le groupe PSA (Peugeot, Citroën) prévoit en 2017 pour la quatrième année consécutive de recourir à des départs volontaires, selon un document interne révélé ce lundi 17 octobre par France Info et également consulté par l'AFP.  Le constructeur, qui compte 57.000 salariés dans sa branche automobile en France, présente ce lundi après-midi en comité central d'entreprise (CCE) une estimation de ses effectifs pour l'année prochaine. En tout, elle viserait 2.133 suppressions de postes.

 

Dans le détail, la direction mise sur une hausse des "mobilités externes sécurisées" (projet professionnel vers un autre employeur, congé de reclassement ou de transition professionnelle, etc.), espérant convaincre "au moins 1.025 salariés" (contre 650 espérés en 2016). Elle envisage par ailleurs 983 "congés seniors" l'année prochaine, là où près de 1.600 étaient attendus en 2016. Ce dispositif permet aux salariés de partir plusieurs années avant l'âge légal de retraite (jusqu'à 5 ans à Rennes et Poissy) avec 70% ou 75% de leur rémunération brute. Des congés "longue durée" sont aussi prévus pour environ 125 salariés. Payés 600 euros bruts par mois et assortis d'une prime, ils permettent aux volontaires de quitter l'entreprise pendant deux ans maximum.

 

PSA a réalisé 1,2 milliard de bénéfices en 2015

PSA justifie ces nouvelles mesures par sa volonté d'éviter des "plans collectifs de licenciements économiques avec phase contrainte". Aucune indication n'est en revanche donnée dans le document concernant les recrutements. Le constructeur rappelle toutefois l'objectif de 1.000 embauches en CDI d'ici fin 2019, fixé dans l'accord triennal conclu en juillet avec les syndicats majoritaires. PSA souhaite à nouveau, comme cette année, faire entrer "plus de 2.000 jeunes" dans l'entreprise via l'apprentissage, des contrats de professionnalisation ou encore des stages. Le groupe de Carlos Tavares prévoit en outre "des mesures de mobilité interne pour plus de 6.000 salariés", soit un "niveau équivalent aux années précédentes", avec un effort particulier sur les formations.

 

"Ce quatrième plan de 2.133 suppressions d'emplois sous forme de préretraite et de départs de moins en moins volontaires est inacceptable et totalement injustifié", a réagi la CGT de PSA ce lundi dans un communiqué. Ce plan "se fait en toute complicité avec le gouvernement", dénonce-t-elle. L'Etat est actionnaire de PSA à hauteur de 14%. Les syndicats réagissent d'autant plus vertement qu'en 2015, les comptes du Groupe PSA, premier constructeur français avec 2,97 millions de véhicules vendus dans le monde, sont repassés dans le vert, une première en cinq ans. Pour un résultat net positif de 1,2 milliard d'euros.

 

"C'est un véritable scandale, s'est insurgé sur RTL Jean-Pierre Mercier, délégué CGT de PSA. C'est injustifié car depuis 18 mois ils ont engrangé 2,4 milliards de bénéfices". Auparavant, il avait souligné sur : "Les départs volontaires le sont de moins en moins. On sent dans les ateliers et les bureaux d’étude que les pressions sont de plus en plus grandes pour pousser les salariés à la porte. C’est une explosion de la précarité, de plus en plus d’intérimaires qui travaillent avec des droits plus faibles que les embauchés, et ça c’est intolérable".

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 12:44

 

Source : http://www.humanite.fr

 

L’appel des cuistots fait boule de neige

Patrimoine culinaine
Paule Masson
Vendredi, 14 Octobre, 2016
L'Humanité

 

Michel Bras, chef étoilé dans l’Aveyron est l’un des signataires.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Michel Bras, chef étoilé dans l’Aveyron est l’un des signataires.
Photo : AFP

Lancée par des centaines de cuisiniers de renom, la lettre ouverte contre la fusion Bayer-Monsanto compte aujourd’hui 18 000 signatures.

 

 

 

Ce soir-là, Éric Guérin a lâché ses fourneaux, deux heures durant, pour empoigner son téléphone. Il fallait faire vite. La lettre ouverte contre la fusion Bayer-Monsanto et « l’invasion de l’agrochimie dans nos assiettes » devait être publiée le lendemain avec un maximum de signatures de professionnels de la restauration. « J’ai contacté 71 chefs et obtenu 80 % de réponses positives. Beaucoup m’ont remercié de les avoir sollicités », raconte le cuisinier étoilé de l’hôtel-restaurant La Mare aux oiseaux, en Loire-Atlantique. Le lendemain, 19 septembre, le journal d’information numérique sur la gastronomie, Atabula, fait claquer la missive sur son site : « Ce nouveau mastodonte des semences et des pesticides a une ambition : contrôler toute la chaîne alimentaire (…) Non, la nature, la diversité et la qualité de notre alimentation ne doivent pas passer sous le rouleau compresseur liberticide du groupe Bayer-Monsanto. » Olivier Roellinger, Michel Bras, Thierry Marx, Michel Guérard, Christophe Michalak, Mauro Colagreco, Cyril Lignac, Yves Camdeborde… des dizaines d’étoiles de la cuisine rallient le texte, aux côtés de nombreux chefs, pâtissiers, traiteurs, producteurs.

 

Le bouchon est lancé. Il flotte aujourd’hui sur un océan d’indignations. Trois semaines après sa publication, la pétition a recueilli 18 000 soutiens, un niveau de mobilisation rare dans un milieu professionnel plutôt policé. « L’idée de protéger la biodiversité et de conserver notre patrimoine culinaire nous touche tous. Nous, les cuisiniers, sommes plutôt solitaires, mais là, on ne peut plus jouer solo. Il faut se rassembler », défend Éric Guérin, qui est aussi chasseur, pêcheur, cueilleur, globe-trotteur et photographe à ses heures.

 

Tous les chefs contactésont signé la lettre ouverte

Cet effet boule de neige, Franck Pinay-Rabaroust, fondateur et directeur d’Atabula, ne l’imaginait pas si soudain quand il s’est installé devant son clavier pour formaliser le coup de gueule qu’il souhaitait proposer à la profession. « Cette alliance entre deux monstres, qui va permettre au groupe Bayer-Monsanto de vendre ce qui rend malade et de diffuser le remède en faisant un maximum de profits, c’est la fusion de trop », explique-t-il. Lui aussi en témoigne : tous les chefs qu’il a contactés ont signé. Pour le responsable de ce média d’opinion, né il y a six ans du déficit de la presse spécialisée sur les enjeux liés à l’alimentation, « les chefs ne sont pas seulement des faiseurs d’assiettes. Ils sont aussi des porteurs de sens à l’heure où la gastronomie est devenue un sujet global de société. Le symbole négatif que représente Monsanto a servi de déclencheur ».

 

« Quand Franck m’a appelé, j’ai applaudi des deux mains ! » s’enthousiasme Olivier Roellinger, qui a aussitôt relayé l’appel auprès de ses nombreux réseaux en France et dans le monde. Actif militant de la préservation de la diversité des cuisines, le chef, vice-président à l’international de Relais & Châteaux, a embarqué l’association dans le combat. Il est aussi devenu, en quelques heures, un efficace porte-parole de ce mariage contre nature entre un mastodonte de l’agrochimie et un ogre des semences. « Nous, les cuisiniers, qui avons obtenu des étoiles, bénéficions d’une reconnaissance qui nous offre une tribune. Il nous appartient donc d’être les ambassadeurs d’une cuisine bonne, saine, juste et humaine. L’uniformisation de l’alimentation est un désastre culturel. Elle fait disparaître les identités des cuisines. Les géants qui privatisent le vivant doivent trouver des contre-pouvoirs face à eux », assure le cuisinier des Maisons de Bricourt, à Cancale, convaincu qu’il va falloir prendre des initiatives pour amener ces « questions cruciales » dans le débat de l’élection présidentielle. En attendant, la lettre ouverte agit comme le signal d’une colère sourde qui trouve aujourd’hui un terrain d’expression collectif parmi les restaurateurs. « C’est parti des chefs, mais le profil des signataires s’élargit », constate Franck Pinay-Rabaroust. « Il s’internationalise aussi », se félicite Olivier Roellinger, qui reçoit des témoignages de soutien provenant des quatre coins de la planète.

 

« Quand Olivier m’a téléphoné, il n’a pas fallu discuter longtemps pour tomber d’accord », assure Patrick Henriroux, le chef aux deux étoiles de La Pyramide, à Vienne (Isère). Ce fils d’agriculteur travaille en direct avec 110 producteurs, vitrine de la petite paysannerie que le modèle agro-industriel de Monsanto promet de marginaliser (1). Jamais bien loin de la terre, de la graine, de la petite grand-mère qui fournit la verveine ou du maraîcher qui cultive une asperge de terroir, il pense par-dessus tout qu’il faut « rester riches de notre diversité ». Il sait le combat difficile et compare la pétition à un petit poucet qui se dresse devant l’ogre. Il a conscience des obstacles, des hypocrisies de ceux qui utilisent la gastronomie « quand ils ont besoin de donner une bonne image de la France, mais qui deviennent sourds quand la profession se met à porter une cause ». Il sait. Mais, face à la « constitution de monopoles qui prétendent nourrir le monde en étant animés par la seule idée de devenir une puissance financière », il assure le temps venu d’« alimenter le cercle vertueux de la mobilisation ».

 

(1) Du 14 au 16 octobre, Monsantosera l’objet d’un vrai-faux procès, à l’occasion d’un rassemblement international de la société civile à La Haye, aux Pays-Bas.
 
rédactrice en chef

 

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

 

 

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 17:16

 

Source : https://www.franceinter.fr/societe/la-tres-rentable-privatisation-des-societes-d-autoroutes

 

 

En 10 ans, les profits issus des péages ont augmenté de près de 20%. Les sociétés d’autoroute se portent pour le mieux : 1,5 milliard €/an de dividendes pour les actionnaires.

Panneaux autoroute
Panneaux autoroute © Sipa / Gile Michel

En septembre 2016, le ministre des transports Alain Vidalies annonce un nouveau plan autoroutier. Il prévoit 1 milliard d’euros d’investissement sur le réseau moyennant une hausse de 0,4% des péages entre 2018 et 2020. Un nouveau plan qui fait grincer les dents des automobilistes car en 10 ans, les tarifs des péages auront connu une hausse de près de 20%.

 

 

 

Une situation dénoncée par l’Autorité de la concurrence, dans un avis en 2014. A l’époque, le constat de l’Autorité est sans appel : le rapport de force est très largement déséquilibré entre les sociétés d’autoroute et l’État. Elle met en évidence la "rentabilité exceptionnelle" de ces sociétés estimée, pour l’année 2013, entre 20 et 24%. Cela signifie que sur 100€ de péage, l’équivalent d’un aller-retour Paris-Marseille, une vingtaine d’euros rentrent directement dans les poches des sociétés d’autoroute. Une rentabilité qui n’est pas justifiée par les risques ou les coûts supportés par ces sociétés.

Marge SCA
Marge SCA © Radio France / Autorité de la concurrence de 2014

Laurent Hecquet est l’un des membres fondateurs de 40 millions d’automobilistes, il est aujourd’hui à la tête du think-tank Automobilité et avenir. Il a décortiqué le rapport de l’Autorité :

Ces études évaluent le bénéfice annuel à 1,5 milliard d’euros. Cette rente va continuer à croître.

Vente en deux temps

Ces sociétés d’autoroutes sont au nombre de sept. L’État commence à céder ses parts dès 2001, sous le gouvernement de Lionel Jospin, mais c’est en 2002 que la question de la privatisation se pose.

A l’époque, le Premier ministre est Jean-Pierre Raffarin. Il se souvient que le ministère des finances est venu lui exposer le projet de privatisation dès son arrivée : "Quand le sujet s’est posé, c’était à la demande de Bercy. Le ministre (des transports, ndlr) de l’époque, Gilles de Robien, est venu m’interroger à Matignon pour savoir si j’étais favorable à la privatisation des autoroutes. Nous avons fait un conseil restreint sur le sujet.

Nous avons arbitré qu’on ne privatisait pas les autoroutes, qu’on gardait le revenu annuel de ce capital pour financer les travaux routiers dont on avait besoin.

Mais en 2005, le Premier ministre est remplacé par Dominique de Villepin, qui va aller totalement à l’encontre de son prédécesseur, comme le raconte Jean-Pierre Raffarin : "Quand j’ai quitté Matignon, Bercy est arrivé pour prendre sa revanche et pour vendre au Premier ministre de l’époque cette idée sublime qui était de privatiser les autoroutes."

Bercy arrive à convaincre Dominique de Villepin qu’il sera le Premier Ministre qui va faire baisser la dette.

Le prix de cette vente est également très critiqué. En 2006, l’État vend aux groupes Vinci, Eiffage et Abertis pour la somme de 14,8 milliards d’euros. Une sous-évaluation de 10 milliards d’euros selon la Cour des comptes qui l’affirme en 2009. L’ancien Premier ministre, Dominique de Villepin, estime qu’il a réalisé une "bonne affaire" en se fondant sur un rapport parlementaire de 2005, qui estimait le prix des sociétés autoroutières à 11 milliards d’euros seulement.

Laurent Hecquet, d’Automobilité et avenir, lui, ne critique pas le prix mais plutôt l’opportunité de vendre. En 2006, les autoroutes sont construites devant 25 à 30 ans, et les concessions commencent juste à rapporter de l’argent. L’Etat s’est séparé de ces sociétés au plus mauvais moment : "Si l’État était resté actionnaire majoritaire, il aurait à ce moment-là commencé à toucher les dividendes que touchent aujourd’hui les sociétés privées et qui lui auraient permis de financer ces infrastructures routières."

Modèle de concession
Modèle de concession © Radio France / Rapport d’activité 2014 du ministère de l’écologie

Rentabilité maximale

Pour rentabiliser leur investissement, les sociétés d’autoroutes vont actionner trois leviers. Tout d’abord : réduire les effectifs. Les salariés aux barrières de péage disparaissent au profit des machines. Une casse sociale dénoncée par les syndicats, et notamment par Frédéric Dumouchel du syndicat SUD : "On va vers une automatisation à outrance pour supprimer de l’emploi, aussi bien sur la filière péages que sur la filière des agents routiers, donc ça touche le cœur même de l’emploi des sociétés d’autoroutes."

On était environ 20 000 avant la privatisation, on est aujourd’hui 14 000. On a perdu 6 000 salariés, 30% de la masse salariale.

Second levier : travailler en circuit fermé lorsqu’il faut entretenir le réseau autoroutier. Ce réseau mature et de bonne qualité a besoin d’investissements. L’Autorité de la concurrence constate que les grands groupes Vinci et Eiffage font appel à leurs filiales pour réaliser ces travaux.

Marchés travaux entreprise liée
Marchés travaux entreprise liée © Radio France / Autorité de la concurrence de 2014

Un autre homme l’a constaté, il s’agit de Raymond Avrillier, ancien élu écologiste de Grenoble, connu pour avoir lancé entre autres l’affaire des sondages de l’Elysée. Il s’intéresse à ces contrats de concession et a demandé à l’État de lui communiquer les marchés passés par les sociétés d’autoroute en 2013 et 2014. "Je constate que ces sociétés travaillent sur tous les gros travaux avec leurs filiales. Parfois de manière croisée."

Quand ce sont des sociétés autoroutières concédées à Vinci, les marchés sont passés avec des filiales de Vinci, voire avec des filiales d’Eiffage. Et inversement !

Travaux croisés entre Vinci et Eiffage
Travaux croisés entre Vinci et Eiffage © Radio France / L’autorité de la concurrence de 2014

Une accusation balayée d’un revers de manche par l’association des sociétés françaises d’autoroutes, qui estime que le rapport de l’Autorité de la concurrence est faux sur ce point : "Quelque part, on nous a traités de voleurs, alors que nous ne sommes pas des voleurs. Nous avons des contrats et nous fonctionnons en totale transparence. L’attribution des marchés aux entreprises répond tout simplement à la part de marché que chacun a à l’intérieur de la France. Et encore, ça ne se vérifie que sur la longue durée, on ne peut pas le vérifier sur une année."

Dernier levier : agir sur le tarif des péages. C’est la recette principale de ces sociétés. L’État concède l’exploitation et l’entretien des autoroutes en échange de ce droit de péage. Une somme qui augmente chaque année d’au moins 70% du taux de l’inflation. Mais ces 10 dernières années, l’augmentation frôle les 20%, très largement supérieur à ce qui était prévu à la base :

 

 

Un gel des tarifs a bien été décidé en 2015, mais la hausse sera simplement reportée sur les années de 2019 à 2023. Si les péages augmentent, c’est parce que l’État accepte de compenser de nouveaux investissements sur le réseau en faisant payer les usagers. Lorsque les sociétés d’autoroute financent une troisième voie sur une autoroute ou un échangeur non prévu à l’origine, elles concluent un contrat de plan avec l’État pour une durée de 5 ans. Ce contrat prévoit des hausses de tarifs supérieures à 70% du taux de l’inflation.

L’État est pris à la gorge

Le réseau autoroutier français est l’un des meilleurs du monde et l’un des plus sûrs aussi. L’État doit donc faire entretenir ce réseau pour conserver une telle qualité. Mais l’État n’a plus un sou dans les caisses pour le faire, explique le député PS de l’Indre Jean-Paul Chanteguet, il a rédigé un rapport parlementaire en 2014 sur les relations entre l’État et les sociétés d’autoroute : "L’État est incapable aujourd’hui de financer des travaux qui sont nécessaires. Par exemple des travaux qui concernent des murs anti-bruit ou des travaux qui concernent des échangeurs."

L’État, incapable de financer, se tourne vers les sociétés concessionnaires d’autoroute qui acceptent de financer en contrepartie d’une hausse des péages. La boucle est bouclée.

Si les politiques tirent le constat amer des dérives de la privatisation, ils n’ont pas toujours les pouvoirs pour agir. En avril 2012, alors qu’il n’est encore que candidat à l’élection présidentielle, François Hollande écrit au syndicat SUD Autoroutes pour dénoncer les sur-profits des sociétés d’autoroute.

Lettre de François Hollande adressée au syndicat Sud Autoroutes, le 25 avril 2012
Lettre de François Hollande adressée au syndicat Sud Autoroutes, le 25 avril 2012 © Radio France / Maxime Fayolle

Cette lettre n’est pas suivie d’effets. Pire, en 2014, plus de 150 députés socialistes vont demander au gouvernement de réexaminer les contrats de concession. Mais l’État est piégé, cette fronde se déclenche au pire des moments : en plein négociation avec les sociétés d’autoroutes sur un plan d’investissement de 3 milliards d’euros.

Pour tenter de calmer la colère des députés, Manuel Valls met en place un groupe de travail. A l’intérieur, on retrouve le député PS Jean-Paul Chanteguet. Mais, après quelques semaines, il claque la porte :

J’ai vite compris que c'était pour cautionner l’accord que l’État et les sociétés d’autoroutes allaient obtenir.

"On a bien compris, poursuit Jean-Paul Chanteguet, qu’entre les représentants des sociétés concessionnaires d’autoroutes et la haute administration, il y avait de nombreuses convergences. Je pense que ces grands groupes sont particulièrement puissants et qu’ils disposent d’un réseau qu’ils ont, en ces circonstances, actionné. Réseau qui a fait preuve de son efficacité."

Le plan de relance sera finalement signé le 9 avril 2015. Il prévoit 3,2 milliards d’investissements financés par les sociétés d’autoroute. En échange, la durée des concessions est prolongée de 2 ans et demi en moyenne.

Durée des concessions en fonction du plan de relance du 9 avril 2015
Durée des concessions en fonction du plan de relance du 9 avril 2015 © Radio France / Maxime Fayolle

Accord secret

L’État est fier d’annoncer une sortie de crise lors de la signature de cet accord. Mais le protocole signé entre l’État et les sociétés n’est pas rendu public. Impossible d’en connaître le contenu précis. Cela étonne Raymond Avrillier, l’ancien élu écologiste de Grenoble, il va alors écrire à l’administration pour demander la publication de ce document : "je suis obligé de saisir la Commission d’accès aux documents administratifs, puis comme le ministère de l’économie continue à refuser malgré l’avis favorable de la Commission, je suis obligé de saisir le tribunal administratif de Paris en annulation du refus du ministre de l’économie de me communiquer les documents qu’il détient et qui sont des documents publics."

En juillet dernier, le tribunal administratif de Paris donne raison à Raymond Avrillier et ordonne la publication de ce document. Le ministère de l’économie s’est pourvu en cassation pour conserver le secret.

Que peut-il bien y avoir dans ce document ? Raymond Avrillier se pose la question : "qu’y a t-il dans ce contrat ? Qu’est ce qui a été promis par l’État aux sociétés concessionnaires ? Nous n’en savons rien. Est-ce que certaines clauses du contrat que nous connaissons ont été supprimées ? Est-ce que l’État s’est engagé à confier aux sociétés autoroutières des allongements de concession… ce qu’on pourrait appeler la concession perpétuelle… Ce sont des suppositions car nous n’avons nullement connaissance du contenu."

Ni l’Etat, ni les sociétés d’autoroute n’ont souhaité lever le voile sur ce document. Il reste secret en attendant le pourvoi en cassation.

Gel des tarifs et Autorité de régulation

A défaut de suivre l’Autorité de la concurrence dans ses recommandations, l’Etat va décider un gel des péages pour 2015. Pour la première fois depuis la privatisation, les péages n’augmentent pas. Une bonne nouvelle pour le porte-monnaie des français, seulement à court terme en fait selon Laurent Hecquet : "Le problème c’est que légalement, les sociétés ont droit à une augmentation. Si elles attaquent cette décision devant le Conseil d’Etat, elles gagnent. Finalement, ce gel de 2015 va être reporté dans les augmentations de 2019 jusqu’à 2023. Donc ce qu’on n’a pas payé avant, on va le payer après."

L’Etat a également mis en place, au 1er février dernier, une autorité de régulation, l’ARAFER qui doit vérifier la transparence des sociétés d’autoroute et contrôler leurs marchés. Mais elle ne dispose que d’une quinzaine de personnes pour le faire. Son efficacité reste encore à prouver.

Quel avenir pour les contrats de concession ?

Depuis 2012, l’État a la possibilité, pour un motif d’intérêt général, de racheter les contrats de concession. Une option souhaitée par les 150 députés socialistes mais que le gouvernement a décliné. C’est une opération coûteuse mais qui serait bénéfique estime Laurent Hecquet, du think tank Automobilité et avenir : "Ça peut coûter entre 28 et 30 à 40Md€. Mais c’est une somme que l’État versera sur le long terme. Il n’aura pas vraiment de problème pour trouver cet argent surtout au coût où est l’argent sur les marchés financiers. Et ce n’est pas de l’argent public, car cet argent emprunté ne sera pas remboursé par l’impôt mais par le péage.

Grâce à cet emprunt, l’État récupérera la maîtrise des péages qui rentrera dans ses caisses et va lui permettre de rembourser cet emprunt sur du long terme.

Quand on voit le nouveau plan d’investissement de 1 milliard d’euros décidé le mois dernier par le gouvernement, on voit que l’option rachat a du plomb dans l’aile. Et ça ne devrait pas changer à l’avenir, une commission a conclu à près de 18 milliards d’euros d’investissement à réaliser d’ici aux années 2050. Des travaux qui seront compensés soit par une augmentation de la durée de ces concessions soit par de nouvelles hausses des péages.

L'exemple de l’A45

On pourrait croire que les sociétés autoroutières sont avantagées par des contrats existants rédigés il y a plusieurs années. Mais même de nouveaux contrats de concession leur donnent des avantages conséquents. Exemple avec le projet d’autoroute A 45 entre Saint-Etienne et Lyon. Le projet est chiffré à 1,2 milliards d’euros. Une somme répartie à part égale entre l’Etat, les collectivités territoriales et le concessionnaire Vinci. Mais si on peut parler de part égale pour le financement, en vérité, Vinci est largement avantagé car il peut se retirer à n’importe quel moment du projet et être indemnisé explique Jean-Charles Kohlhaas, il est élu écologiste à la région Auvergne Rhône-Alpes : "Dans les contrats il y a ce qu’on appelle une clause de déchéance. Si le concessionnaire n’y arrive pas et ne retombe pas sur ses pieds, il abandonne l’exploitation de l’autoroute … et le concédant, c’est-à-dire en l’espèce l’Etat et les collectivités territoriales qui ont financé, doivent le rembourser. Mais quand Vinci investit par exemple pour l’A45 400 millions d’euros, il ne se contente pas de rembourser à 400 millions. Il faut qu’il y ait du rendement, de la marge pour ses actionnaires. Dans tous les cas de figure, l’investisseur privé ne prend pas de risques. Il est d’accord de mettre son argent mais si ça marche faut que ça lui rapporte de l’argent et si ça marche pas, il faut qu’il soit indemnisé."

 

 

Source : https://www.franceinter.fr/societe/la-tres-rentable-privatisation-des-societes-d-autoroutes

 

 

https://www.franceinter.fr/emissions/secrets-d-info/secrets-d-info-15-octobre-2016

 

 

 

Secrets d’info

Jacques Monin

 

La privatisation très rentable des autoroutes / Poursuites contre la pollution du diesel

 

samedi 15 octobre

 

 

L'enquête : comment la privatisation des autoroutes est-elle devenue très rentable ? L'interview : l'avocat Jérémie Assous contre la pollution du diesel.

 

 

Le péage de Tain - Image d'illustration

Le péage de Tain - Image d'illustration © Radio France / Stéphane Milhomme

 

L'enquête : la très rentable privatisation des sociétés d’autoroutes

 

En 10 ans, les profits issus des péages ont augmenté de près de 20%. Les sociétés d’autoroutes se portent pour le mieux : 1,5 milliard €/an de dividendes pour les actionnaires.

►►► Lire et écouter l'enquête intégrale de Maxime Fayolle en cliquant ici

L'interview : l'avocat Jérémie Assous poursuit la Commission Européenne contre la pollution du diesel

Après le scandaleVolkswagen, Jérémie Assous, avocat pénaliste, lance des poursuites contre la Commission Européenne pour avoir abaissé les seuils de pollution autorisée pour les constructeurs.

►►► Lire et écouter l'interview de Jérémie Assous en cliquant ici

La vidéo : pourquoi le prix des péages flambe chaque année ?

 

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 14:05

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Publication

Face aux multinationales, les « batailles de l’information » sont plus que jamais essentielles

par

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a trois ans, Basta ! créait l’Observatoire des multinationales, un site consacré aux grandes entreprises françaises et à leurs impacts sociaux, écologiques et politiques. Notre objectif – produire et diffuser une information indépendante et d’utilité sociale sur les nouveaux pouvoirs économiques qui pèsent de plus en plus lourd sur nos démocraties – n’a malheureusement rien perdu de son actualité. En association avec le réseau Ritimo, l’Observatoire des multinationales publie aujourd’hui un numéro spécial de la collection Passerelle sur les enjeux de l’information démocratique face aux multinationales, qui donne la parole à plusieurs de nos partenaires et collègues européens.

La version complète du Passerelle « Multinationales : les batailles de l’information », est téléchargeable ici. Le texte qui suit est adapté de son introduction.

Il n’est pas de démocratie sans information. C’est un lieu commun que de le rappeler. Impossible d’imaginer l’émergence des régimes démocratiques modernes sans la libre circulation des idées, la liberté de la presse, la possibilité de débats ouverts et l’obligation – même partielle et imparfaite – pour les dirigeants politiques de rendre compte de leurs actions devant les citoyens.

Nous vivons dans une époque marquée par l’émergence de nouvelles formes de pouvoir, d’origine économique, qui pèsent de plus en plus lourd sur nos vies et dans nos sociétés. La montée en puissance des multinationales en est la manifestation la plus éclatante. En démocratie, tout pouvoir a besoin de contre-pouvoirs. Or ceux qui pourraient potentiellement contrebalancer la puissance des grandes entreprises globales – syndicats, pouvoirs publics, société civile - paraissent souvent sur la défensive. Disposons-nous de l’information nécessaire pour faire face à ces nouveaux pouvoirs ? À l’évidence non. Une grande partie des organes dont se sont dotées nos sociétés pour produire et diffuser l’information – à commencer par les médias – sont structurellement orientés vers le pouvoir politique et ses arènes traditionnelles (lieux de pouvoir, assemblées). Ils tendent à délaisser le pouvoir économique, qui paraît pourtant de plus en plus déterminant pour l’état et le devenir du monde. Pire encore : l’influence de ces pouvoirs économiques transforme – ou pervertit – l’exercice du pouvoir politique, en déplaçant les décisions des assemblées publiques vers les couloirs ou les cabinets où s’exerce le lobbying, en grignotant sur les libertés civiles et le droit à l’information, voire dans certains pays en poussant les pouvoirs publics à réprimer ceux qui s’opposent aux projets des multinationales.

 

Déficit démocratique

Souvent, les informations existantes se focalisent sur un aspect très partiel des activités de ces entreprises, sur des scandales qui ne constituent souvent que la partie émergée de l’iceberg, ou sont livrées à travers un jargon financier ou technocratique qui opacifie les vrais enjeux sociaux, environnementaux ou politiques. Les multinationales savent jouer des distances géographiques et culturelles. Elles restent largement maîtresses des informations qui sont rendues publiques sur leurs activités, elles ont souvent tendance à en dire le moins possible, pour éviter les problèmes – particulièrement lorsqu’il s’agit de sujets qui fâchent – et de subordonner la seule information qu’elles livrent à leur stratégie de communication et de relations publiques. Et cela ne risque pas de s’arranger avec la directive européenne sur le secret des affaires ou la remise en cause par le Sénat en France de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. La concentration des médias entre les mains de quelques hommes d’affaires, et la dépendance des autres envers les revenus de la publicité, viennent compléter ce tableau peu rassurant.

En tous ces sens, le pouvoir des multinationales se nourrit, précisément, du manque d’information. C’est d’ailleurs pourquoi, en retour, ces multinationales font l’objet de beaucoup de craintes parfois irrationnelles et de visions fantasmatiques sur leur pouvoir occulte, qui versent parfois dans le « complotisme ». Dans ce contexte, les efforts d’information indépendante sur les multinationales sont aussi une manière de réintroduire un peu de rationalité et de « politique » dans les débats, faute de quoi ils ne pourront profiter qu’à des forces anti-démocratiques.

 

État des lieux

Ce numéro de la revue Passerelle a pour objectif de dresser un état des lieux – inévitablement incomplet et fragmentaire – de ces enjeux.

La première partie traite des enjeux relatifs au droit à l’information en matière économique et notamment de l’information relative aux multinationales, à leurs activités et à leurs impacts. Il aborde notamment les menaces, anciennes et nouvelles, qui pèsent sur ce droit à l’information – notamment la mise en avant récente du « secret des affaires » – ainsi que le rôle des médias.

La seconde partie examine les questions de transparence et de « reporting », autrement dit les informations que les entreprises sont contraintes – ou non – de rendre publiques sur leurs activités. Les articles qui y sont regroupés évoquent de nombreux domaines où cette transparence est encore très insuffisante – notamment en matière de fiscalité, de lobbying ou d’aides publiques.

La troisième partie pénètre au cœur même des entreprises en étudiant les besoins et les droits des salariés et des organisations syndicales en matière d’information, et comment ils peuvent s’articuler avec les besoins de la société dans son ensemble.

Enfin, la quatrième et dernière partie, la plus longue et aussi la plus exploratoire de ce Passerelle, présente un certain nombre d’initiatives, d’organisations ou de réseaux qui contribuent tous, chacun à leur niveau et à partir de positionnements et de domaines d’intérêts différents, à produire une information indépendante et utile à la société dans son ensemble sur les multinationales. Autant de « contre-pouvoirs informationnels » qui jouent un rôle vital, quoique pas toujours visible, pour maintenir ou faire rentrer les multinationales, et plus généralement les pouvoirs économiques, dans l’espace démocratique. La faiblesse de leurs moyens actuels par rapport à ceux dont disposent les grandes entreprises ne fait que rendre leurs succès plus remarquables.

 

L’information, une arme efficace ?

Nous sommes cependant confrontés à de nombreux vents contraires dans ce domaine. La promotion du « secret des affaires » en Europe l’illustre de manière éclatante. Elle participe d’une tendance générale à extraire tout ce qui concerne les entreprises du champ de la démocratie et du regard public, pour leur donner un statut quasi intouchable. Au même titre, par exemple, que les tribunaux privés d’arbitrage entre investisseurs et États, associés aux accords de libre-échange comme le projet Tafta, entre Union européenne et États-Unis (lire notre série : Plongez dans la guerre invisible que les multinationales livrent aux États).

L’enjeu de l’information paraît l’un des nœuds les plus importants – avec la question de la responsabilité juridique et des normes contraignantes applicables aux multinationales, également à l’actualité en France et au niveau international en ce mois d’octobre – du combat pour la démocratie en matière économique, qui est le combat pour la démocratie tout court. Bien que l’information reste par définition « immatérielle », par opposition à la sanction bien réelle que pourrait prononcer un juge, il ne faut pas pourtant sous-estimer son importance effective.

Tout d’abord parce que le « risque réputationnel » – aussi insatisfaisant qu’il puisse être d’en rester à ce niveau – reste extrêmement important pour les entreprises : aucune n’a intérêt à être mise en cause pour des atteintes à l’environnement ou aux droits humains, à la fois en termes d’image de marque et pour les conséquences en chaîne qui pourraient résulter d’une « mauvaise réputation ».

Ensuite et surtout, parce que les multinationales fondent leur pouvoir vis-à-vis de nombreux acteurs sur une certaine asymétrie de l’information, qui leur assure la maîtrise du jeu. Et donc parce que diffuser une information indépendante et alternative permet à tous ceux qui ont un pouvoir de décision réel qui peut affecter les entreprises – pouvoirs publics, investisseurs, communautés d’implantation, mais aussi travailleurs et cadres au sein même des entreprises – d’utiliser ce pouvoir à meilleur escient, d’influer sur les pratiques, et, le cas échéant, de ne pas accepter ce qui est inacceptable.

Au final, peut-être, l’information la plus utile que l’on puisse produire sur les multinationales est l’information sur les alternatives aux multinationales : celle qui montre qu’il est possible de faire autrement, et sans elles.

Olivier Petitjean

À lire : Multinationales : les batailles de l’information, publié par Ritimo et l’Observatoire des multinationales (154 pages, pdf, 2,1 Mo).

 

 Le site de l’Observatoire des multinationales

 

 

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 15:27

 

 

 

Des étudiants dentistes soignent gratuitement les seniors à Montpellier

 

  • Par Zakaria Soullami
  • Publié le , mis à jour le

 

 

Les personnes âgées peuvent bénéficier d'un dépistage dentaire gratuit à Montpellier. Des étudiants dentistes ont déjà soigné plusieurs centaines de seniors dans le cadre d'une coopération entre le centre d'action sociale et la faculté d'odontologie de Montpellier.

 
Les étudiants dentistes soignent gratuitement les seniors à Montpellier - 11 octobre 2016 © F3 LR

© F3 LR Les étudiants dentistes soignent gratuitement les seniors à Montpellier - 11 octobre 2016

 

Pour éviter tout un tas de soucis de santé, se soigner les dents est indispensable, en particulier pour les personnes âgées.
 

Dépistages dentaires gratuits


Les futurs dentistes de Montpellier font du dépistage gratuit auprès des personnes âgées comme auprès de pensionnaires d'établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes ou encore de maisons de retraite.
 

344 soins dentaires en 2014


Ces dépistages gratuits ont été mis en place grâce à une coopération entre le centre d'action sociale de Montpellier et la faculté d'odontologie de la commune héraultaise. 344 personnes âgées ont bénéficié de ces soins dentaires gratuits pendant la seule année 2014.

Un reportage de Stéphane Taponier et Enrique Garibaldi

 

 

 

Des étudiants de 5ème année encadrés


Ces examens sont effectués par des étudiants de cinquieme année encadrés par un professeur référent. Objectif : détecter des situations pathologiques à risque chez les personnes agées à mobilité reduite.

 

 

 

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr

 

 

 

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 14:27

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Sur les réseaux

Tiens, un défi Facebook généreux et pas débile

 

 

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Il y a dix jours, Malik, un habitant du quartier des Vignes Blanches à Sarcelles (Val-d’Oise) a eu l’idée d’organiser avec l’aide d’amis une distribution de repas pour les réfugiés qui dorment dehors à Paris.

Il raconte au Parisien :

« Pour faire quelque chose pour eux, je me suis dit que le seul moyen que tout le monde se mette dedans, c’était d’utiliser Facebook. »

« On est partis, à une dizaine de voitures, chargées, à Stalingrad, à Porte de La Chapelle [des quartiers de Paris, ndlr] », explique à France bleu Diaby, un proche de Malik. Ils s’étaient munis de sandwiches, de boissons et de Tchep, un plat d’Afrique de l’Ouest.

« [Les réfugiés] nous ont remerciés, certains ont même invoqué des bénédictions, ça nous a fait chaud au cœur. »

 

La France des solutions
Et si on démultipliait la visibilité des citoyens qui prennent l’initiative  ? Pour répondre aux défis économiques, sociaux, environnementaux, Rue89 s’engage aux côtés de Reporters d’Espoirs pour diffuser la connaissance de la «  France des solutions  ».

 

« Nos quartiers ont un cœur »

A la manière du Ice Bucket Challenge et de sa propagation virale, Malik, chauffeur-livreur, a imaginé créer une chaîne de solidarité en lançant le même défi aux habitants d’un autre quartier de Sarcelles.

Dans une vidéo publiée sur son profil Facebook (qui comptabilise ce lundi soir plus de 40 000 vues), il explique :

« Voici le nouveau concept où les nominés de chaque cité devront remonter le défi suivant ! ! Nourrir les sans-abris en s’organisant avec les membres de son quartier. [...] On ne cherche pas à savoir qui payera le plus de nourriture mais on veut voir si chaque quartier est capable de remonter ce genre de défis. Sans l’aide des associations, montrons au monde que nos quartiers ont un cœur et surtout une bonne éducation.

 

Vidéo à voir ici

 

 

« Tout le monde a mis sa pierre à l’édifice »

C’est à Souleymane, 29 ans, dit Solo, du quartier des Sablons à Sarcelles, que le défi a d’abord été lancé par Malik et les autres.

Défi relevé, rapportait Le Parisien : mercredi 5 octobre au soir, à la maison de quartier, ils étaient plusieurs à préparer des sandwichs qu’ils ont ensuite distribués dans le XIXe arrondissement de Paris. Souleymane :

« Ici, tout le monde a mis sa pierre à l’édifice. Certains ont mis 10 euros, d’autres 20 euros. Même les petits, ils ont donné quelque chose. »

Le défi a ensuite été lancé au quartier des Lochères, toujours à Sarcelles, qui devraient le relever dans la semaine à venir selon Malik, qui vient de créer une page Facebook – Le grand défi – pour propager la chaîne de solidarité.

Interrogé par Rue89, le jeune homme assure que d’autres quartiers de banlieue parisienne vont rejoindre le mouvement dans les prochains jours.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

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