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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 15:43

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Information indépendante

« mMiaou ! » : un quizz pour savoir quel média libre est fait pour vous

par

 

 

 

« Mon Média indépendant, alternatif ou utopiste » – mMiaou – est un site réalisé par un petit groupe d’amis bénévoles attachés à la pluralité et l’indépendance des médias. Si vous suivez l’actualité mais que vous saturez d’une certaine uniformisation éditoriale, si vous êtes en quête d’articles en accès libre ou payants visant à donner davantage de sens à l’information, alors mMiaou peut vous aider à trouver un média indépendant, alternatif ou utopiste qui colle à vos envies. Amusez-vous avec son quizz.

C’est un site ludique en forme de quizz lancé fin mai par trois amis qui vise à faire découvrir des médias indépendants, alternatifs ou utopistes, les « mMiaou ». Yacine, Julien et Clément travaillent dans le numérique. Mais dans leur temps libre, il lisent la presse, et sont attachés au pluralisme des médias. Dans leur entreprise, ils constatent que beaucoup de leurs collègues discutent plus volontiers de faits divers ou des petites phrases qui « font le buzz », tout en étant curieux des questions d’actualité et se disant insatisfaits de son traitement par les médias traditionnels.

Les trois ont donc eu l’idée d’un jeu permettant à chacun de trouver le média indépendant, alternatif ou utopiste qui lui correspond. Parce qu’il leur apparait d’utilité publique qu’un maximum de personnes puissent s’informer via des médias qui n’appartiennent pas à de grands groupes industriels ou financiers et qui ne recherchent pas à rentabiliser des articles, mais simplement à informer librement.

Le résultat ? Un site ludique qui fait découvrir une quarantaine de médias qui répondent aux critères d’indépendance, de traitement alternatif de l’information ou d’un parti-pris utopiste. La sélection des médias disponibles sur mMiaou n’est bien entendue pas exhaustive et a vocation à s’enrichir.

 

Le site : www.mmiaou.fr
Pour tout contact : mail, twitter ou facebook

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 15:33

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

 

Un salarié peut-il refuser d’être géolocalisé ?

En 2015, 125 plaintes adressées à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) concernaient la géolocalisation.

 
 
 
 

Un employeur peut-il installer un dispositif de géolocalisation sur la voiture d’un employé ? Ce dernier peut-il le refuser ?

Au cours de l’année 2015, 6 852 dispositifs de géolocalisation ont été déclarés à la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés), principalement dans le secteur du transport et de la livraison. Un chiffre en augmentation.

En parallèle, sur les 7 908 plaintes enregistrées par la Cnil en 2015, 16 % sont liées au monde du travail (ressources humaines). Si la moitié de ces plaintes visent des dispositifs de vidéosurveillance, la géolocalisation des véhicules ou des téléphones constitue une nouvelle tendance (125 plaintes comptabilisées en 2015). Danièla Parrot, chef du service des plaintes de la Cnil, explique à Rue89 ce qu’il s’y dégage.

 

Rue89 : Quels types de plaintes portant sur la géolocalisation recevez-vous  ?

Danièla Parrot : Les principaux sujets de plaintes sont le « flicage » – le mot revient souvent – pendant les temps de pause. La position de la Cnil là-dessus est claire : si le salarié n’est pas payé pendant les temps de pause, il ne doit pas être géolocalisé.

Il y a aussi des plaintes liées à la géolocalisation des représentants syndicaux : quand ils sont en mandat de représentation, le dispositif doit pouvoir être désactivé.

On a parfois des cas de demande de droit d’accès de salariés qui espèrent faire valoir des heures supplémentaires... On a aussi des cas de suspicion de géolocalisation : des salariés qui ont peur qu’on les géolocalise via leur portable ou leur tablette.

Autre sujet important qui revient souvent : l’installation dans les véhicules de dispositifs de géolocalisation sans information préalable des personnes concernées : « On m’a installé la géolocalisation sans me prévenir. »

On a très régulièrement des plaintes à ce sujet alors qu’au sein des organismes, il doit y avoir une information collective sur la mise en place de ces dispositifs, via les représentants du personnel. L’employeur doit informer les salariés qu’ils ont un droit d’accès à ces données et leur expliquer les modalités de traitement.

 

Comment ces salariés découvrent qu’ils sont géolocalisés ?

Des salariés nous expliquent avoir découvert dans leur véhicule professionnel que des dispositifs de géolocalisation avaient été installés à leur insu. Il arrive aussi que l’employeur, dans le cadre de procédures prud’homales, va s’appuyer sur des données de géolocalisation pour pouvoir sanctionner la personne. Rappelons que si le dispositif de géolocalisation n’est pas déclaré, ces données ne valent rien aux prud’hommes.

Des gens nous écrivent aussi pour savoir si un dispositif a été déclaré auprès de la Cnil et si ce n’est pas le cas, le dénoncer. A noter qu’avec l’adoption du règlement européen sur la protection des données, il n’y aura plus de déclarations de ce type de dispositifs d’ici deux ans.

 

Comment la Cnil traite-t-elle ces plaintes ?

Notre rôle est de trouver un équilibre, une forme de proportionnalité, entre deux notions. D’un côté, le respect de la vie privée du salarié au sein de l’entreprise et, de l’autre côté, le fait que l’employeur a le droit de surveiller et de contrôler l’activité des salariés.

Ce sont majoritairement des salariés qui nous saisissent. Quand on est saisi d’une plainte, on va d’abord faire un courrier ou un e-mail à l’organisme incriminé pour porter à sa connaissance les faits qui ont été dénoncés et rappeler les règles applicables.

On leur présente aussi les mesures de mise en conformité avec la loi. Soit l’organisme reconnaît le problème et le traite, soit il va y avoir un échange pour ajuster ce que l’entreprise peut faire. A la suite de quoi on va revenir vers le plaignant pour lui expliquer ce qui a été mis en place.

On a eu le cas, une fois, d’un salarié qui pensait que son téléphone était géolocalisé alors que ce n’était pas le cas. Dans ce cas précis, on a eu un échange de questions/réponses avec l’employeur et on est allés vérifier sur place.

 

 

Google Maps sur un iPhone

Google Maps sur un iPhone - Alex Segre/Rex Featur/REX/SIPA
 

Il arrive qu’on se déplace lors d’une mission de contrôle pour voir concrètement ce qu’il en est. S’il y a des manquements à la loi informatique et libertés, on va mettre en demeure l’organisme. S’il ne se met pas en conformité avec la loi, on peut engager des procédures de sanctions.

L’employeur met en place un dispositif de géolocalisation pour poursuivre un objectif (qu’on appelle finalité). Dans l’appréciation de ce type de dispositifs, on se pose la question : n’est-il pas possible de mettre en place un dispositif plus simple et moins intrusif dans la vie privée pour remplir la même finalité ?

Un exemple : si une entreprise veut vérifier qu’il n’y a pas une utilisation déviante d’un de ses véhicules pendant le week-end, ce n’est sans doute pas la peine de le géolocaliser. Peut-être qu’en relevant simplement le compteur avant et après le week-end on peut être en capacité de dire si le véhicule a été utilisé ?

 

Quels échanges avez-vous alors avec l’entreprise ?

Il arrive qu’on se retrouve à dire à un organisme : « vous avez mis en place un dispositif de géolocalisation, mais vous avez d’autres moyens pour obtenir le même résultat ». Généralement, l’entreprise va se mettre en conformité, ou va revenir vers nous, en nous expliquant que ce dispositif de géolocalisation a en fait d’autres finalités... Peut-être peut-on alors envisager de limiter la remontée d’informations ?

Souvent, il y a à la base un problème d’information : si l’employeur avait effectivement informé les salariés avant la mise en place d’un dispositif, il aurait eu une remontée d’inquiétudes et il se serait peut-être posé les bonnes questions.

 

Dans son dernier rapport d’activité [PDF], la Cnil pointe justement des lacunes d’information...

Oui, on a un vrai problème avec cette phase d’information qui est trop souvent négligée alors qu’elle pourrait permettre des relations de travail plus saines et, pour le salarié, de connaitre les limites. Tout le monde y gagne.

 

Un salarié peut-il refuser d’être géolocalisé ?

D’une manière générale, la loi permet de s’opposer à un dispositif de géolocalisation pour des motifs légitimes. Encore faut il en avoir un... A travers les différentes plaintes, je n’ai pas vu de personnes qui ont réussi à le faire valoir, en dehors des représentants du personnel, sur leur mandat de représentation.

Ce qu’on a considéré comme n’étant pas proportionnel, c’est le fait de contrôler en temps réel la vitesse d’un véhicule, parce que des infractions au code de la route pouvaient être constatées (les données d’infractions ne peuvent être traitées que par des personnes habilitées).

Les employés ayant une réelle autonomie dans l’organisation de leur travail ne peuvent pas être géolocalisées, sauf dans quelques cas particuliers. Pas de géolocalisation non plus si on peut trouver un dispositif équivalent moins intrusif.

Les employeurs peuvent mettre en place des dispositifs de géolocalisation. En revanche, ils ne peuvent pas fliquer toute la journée des personnes en dehors du temps de travail et il doit y avoir un cadre et une utilité. On ne peut pas géolocaliser des personnes pour les géolocaliser...

Norme simplifiée
« La norme simplifiée est un standard mis en place par la Cnil pour faciliter les démarches des organismes. Ce standard définit des utilisations (finalités), des destinataires des données (ceux qui ont le droit d’avoir accès), des durées de conservations (qui restent pertinentes par rapport à la finalité), etc. »
 

Qu’a changé pour le salarié la nouvelle norme simplifiée n°51, mise en œuvre début juin 2016 ?

Ce qui a changé principalement avec la norme simplifiée, c’est que la Cnil a réaffirmé clairement que les temps de trajet domicile-travail et les temps de pause ne devaient pas être géolocalisés, sauf si le salarié est payé pendant cette période-là (temps de travail effectif).

L’organisme peut récolter les données du compteur kilométrique du véhicule afin de pouvoir calculer s’il n’y a pas eu de kilométrage important lors de la désactivation du dispositif pendant les temps de pause. L’organisme a aussi la possibilité d’enregistrer les connexions/reconnexions.

Les dispositifs n’entrant pas dans le cadre de cette norme simplifiée doivent apporter des justifications. Exemple : un organisme explique ne pas avoir mis en place la désactivation du dispositif de géolocalisation de ses véhicules parce que l’heure de pause est comprise dans le temps de travail des salariés.

La norme simplifiée introduit également une nouvelle finalité à la mise en place de dispositifs de géolocalisation : le fait d’assurer la sécurité des employés (géolocaliser les véhicules pour pouvoir intervenir en cas de problèmes). Cela concerne par exemple les ambulanciers.

A été ajoutée aussi la possibilité de géolocaliser un véhicule dans le cadre de la lutte contre le vol. Attention, cela ne signifie pas la géolocalisation 24/24 heures : c’est un dispositif inerte, activable à distance.

Dans la norme simplifiée, en matière d’information du salarié, il a été acté que le salarié devait être informé de l’identité du responsable de traitement au sein de l’entreprise. Avant, les salariés ne savaient pas forcément qui avait accès à leurs données. Au sein de l’entreprise, ce sont uniquement ceux dont les fonctions nécessitent le traitement des données qui ont accès à ces informations.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 17:04

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

L’arroseur arrosé : comment l’austérité budgétaire tue nos écoles de commerce

 

Politologue et enseignant à Sciences Po.

 

 

Après plus de trente ans de domination monétariste et néoclassique sur la pensée économique enseignée à HEC Paris, à l’ESSEC et ailleurs, les politiques d'austérité budgétaire se répandent par contagion dans nos écoles de commerce. Un retour de bâton particulièrement rude.
 
Cours à l'école de commerce et de management de l'EMLyon - Illustration/ FAYOLLE PASCAL/SIPA
 

À partir du milieu des années 1970, nos écoles de commerce se sont converties aux doctrines de pensée économique en vogue à cette époque. Souvent appelées par leurs détracteurs le « néolibéralisme », elles ne sont en réalité ni neuves, ni libérales. Il s’agit simplement de deux courants académiques : lemonétarisme et le néoclassicisme. Ils affirment que les politiques keynésiennes ne fonctionnent pas. Ils soutiennent que les pouvoirs économiques – « le marché » – sont toujours de meilleurs gestionnaires que l’Etat. Pour eux, puisque l’Etat est un acteur défaillant dans la vie économique, mieux vaut qu’il s’en retire au maximum. Par extension, puisque la relance par la dette ne marche pas, l’Etat doit se désendetter. Accessoirement, cela doit permettre que les investisseurs se tournent vers le secteur strictement privé, au lieu d’acheter de la dette publique.

 

Du fait de cette grande conversion de nos écoles de commerce, la teneur de leurs cours magistraux, le choix des manuels utilisés, et les politiques publiques présentées comme bonnes en salle de classe, s’en sont trouvées transformées. Il ne faut pas chercher plus loin la profonde unanimité sur ces sujets de leurs anciens élèves et des personnes qui y ont enseigné ces trente-cinq dernières années. Elle relève de la récitation ou, comme l’aurait formulé le regretté Bernard Maris, du catéchisme. Auparavant, des années 1940 jusqu’au premier choc pétrolier, le même phénomène avait d’ailleurs profité au keynésianisme, révéré comme parole d’évangile dans ces mêmes écoles.

 

Le retour de bâton s’avère particulièrement rude

 

Après plus de trente ans de domination monétariste et néoclassique sur la pensée économique enseignée à HEC Paris, à l’ESSEC et ailleurs, le retour de bâton s’avère particulièrement rude. En effet, le Grand Krach de 2007-2008 ayant provoqué un effondrement économique doublé de l’envolée des dettes des Etats, nos élites dirigeantes en sont revenues, après une très brève parenthèse keynésienne pour sauver le système bancaire, aux fondamentaux du dogme. Elles ont donc accumulé et elles accumulent encore, après après année, des coupes dans les dépenses publiques pour faire baisser la dette. Parmi les structures touchées, se trouvent notamment nos chambres de commerce et d’industrie. Le ministère du Budget leur a ainsi infligé pour la seule année 2015 une baisse d’un demi-milliard d’euros de leur financement public. Or, ces mêmes chambres sont par ailleurs les propriétaires respectifs de la plupart de nos grandes écoles de commerce : HEC Paris est la propriété de la CCI Paris Ile-de-France, EM Lyon a pour possesseur la CCI de Lyon, Toulouse Business School appartient à la CCI de Toulouse, et ainsi de suite.

 

Les investissements d’avenir grippés par la pénurie de financements

 

Par contagion, les politiques d’austérité budgétaire se répandent donc dans nos écoles de commerce. Alors que par définition cela dégrade la qualité du service quotidien fourni à l’étudiant, la proportion de personnel administratif en CDI baisse, tandis que celle de leurs équivalents plus jeunes et en contrats précaires augmente. Alors que c’est le seul vrai gage d’un enseignement supérieur de qualité, la proportion d’enseignants titulaires et à temps plein stagne ou baisse. Ils sont eux aussi de plus en plus remplacés par des équivalents plus jeunes et en contrats précaires. Alors que presque toutes ces écoles affichent des stratégies très ambitieuses de déploiement mondial et de rayonnement académique, leurs investissements d’avenir sont grippés par la pénurie de financements. Le reste est à l’avenant. Il ne faut d’ailleurs pas chercher plus loin la multiplication des projets de regroupement d’écoles de commerce. En apparence, ils ont pour but d’atteindre la dimension d’un très grand établissement international. En réalité, c’est fait pour compenser l’assèchement budgétaire grâce à la mutualisation des structures.

 

En d’autres termes, c’est une belle variante de l’arroseur arrosé. La suite de l’engrenage est d’ailleurs prévisible. À force de financement public manquant, ces écoles vont être de plus en plus réduites à mendier le mécénat des grandes multinationales et des très fortunés ; et donc, à devenir « la danseuse » de tel ou tel grand oligarque. L’on peut leur souhaiter meilleur sort. Encore faudrait-il que dans leur propre intérêt, elles rompent avec le dogme monétariste et néoclassique, pour revenir à un enseignement résolument pro-keynésien.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 16:52

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Caf : des milliers de foyers privés d’APL en août… et la plupart ne le savent pas

 
 
Ce mois d'août 2016, 80.000 foyers vont être privés de toute ou partie de leur aide au logement (APL). Et la plupart n'ont pas été prévenus correctement.
 
Le paiement des APL étant différé d'un mois, la mesure de la Caf sera concrète en août pour de nombreux foyers. - Sipa
 

Esther, 85 ans, a reçu la lettre couperet courant juin. "Vos droits changent à compter du 1er juillet", lui indique la Caisse d’allocations familiales (CAF). L’aide au logement de quelques centaines d’euros dont elle bénéficiait jusqu’ici est purement et simplement supprimée. Esther vit à Nice et, pour la CAF, son loyer est jugé trop élevé. Esther habite le même logement depuis trente ans. Elle vient de perdre son mari. Sa retraite, désormais de 800 euros, ne suffit plus à payer son loyer de 940 euros, mais ses enfants ont choisi de l’aider plutôt que lui imposer un déménagement. "Qui accepterait de me louer un appartement, à mon âge ?", s’interroge-t-elle. Pour la vieille dame, la sanction est rude : sans APL (aide personnalisée au logement), ses revenus mensuels chutent d’un mois sur l’autre de près de 300 euros, sans recours possible !

 

Les villes chères sont les plus concernées

Esther n’est pas la seule dans ce cas. Depuis le 1er juillet – les locataires ne s’en rendront compte qu’en août, les aides au logement étant perçues avec un mois de retard –, près de 80 000 foyers vont subir une baisse, voire la suppression, de leur APL si leur loyer est manifestement trop élevé par rapport à la taille du ménage. Un rabotage qui concerne surtout les personnes vivant dans des villes chères comme Paris, Nice, Lyon… "Plus précisément 1,2% des allocataires percevant les aides au logement. Pour 98,8% des allocataires, il ne se passera rien !" , se défend-on au ministère du Logement. Il n’empêche : pour près de 80% des foyers concernés, l’aide diminuera de 70€ en moyenne. Pour les 20% restants, elle va disparaître.

La mesure ne vise pas les ménages aisésL’affaire a été rondement menée : la CAF de Nice a informé ses allocataires le 28 mai dernier. A Paris, la communication a été plus succincte : pas de courrier, juste un coup de fil ou un SMS… Et pour cause, le décret d’application de la réforme n’a été publié que le 6 juillet ! "Les gens ont été prévenus", assure la CAF de Paris, qui redoute l’afflux de mécontents… La mesure d’aujourd’hui ne vise pas les ménages aisés. "On fait porter sur les familles la responsabilité de payer des loyers élevés, parce qu’ils habitent dans des zones tendues, en leur supprimant leurs aides", explique-t-on à la Confédération nationale du logement.

Les APL représentent près de 18 milliards d’euros, distribués à 6,5 millions de bénéficiaires. En les limitant, le gouvernement cherche à briser la hausse des loyers, qui serait encouragée par ces aides qui ne cessent d’augmenter (+ 2% par an environ depuis cinq ans). Ce que contestent les associations de locataires, favorables à l’encadrement des loyers. Paradoxe : des dizaines de milliers de locataires risquent de se retrouver dès le mois prochain dans l’incapacité de faire face à leurs prochaines échéances, alors que l’Etat n’a jamais consacré autant d’argent à l’aide au logement… 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 16:26

 

 

Source : http://investir.lesechos.fr
 

 

 

REUTERS |

 

PARIS, 28 juillet (Reuters) - Un administrateur d'EDF , Gérard Magnin, a présenté jeudi sa démission en exprimant son désaccord avec une stratégie qu'il juge de plus en plus centrée sur le nucléaire, avant le probable feu vert du groupe au projet Hinkley Point.

Cette démission est intervenue à quelques heures d'un conseil d'administration d'EDF convoqué jeudi après-midi pour se prononcer sur ce projet controversé de construction de deux réacteurs EPR en Angleterre pour 18 milliards de livres (21,4 milliards d'euros environ).

Dans sa lettre de démission au PDG, obtenue par Reuters, Gérard Magnin écrit qu'il imaginait "une réorientation historique de la stratégie d'EDF" en faveur de la transition énergétique mais que "les trajectoires de changement espérées (..) ne sont pas là" et que "le centre de gravité (du groupe) se déplace encore davantage vers le nucléaire".

"Depuis les décisions imminentes relatives au projet très risqué d'Hinkley Point à la reprise d'Areva NP qui fera d'EDF un fabricant de réacteurs, de la poursuite sans questionnement de la coûteuse stratégie de retraitement des déchets à l'affirmation que tous les réacteurs du palier 900 MW verraient leur durée de vie prolongée à 50 ans ou plus, tout semble aller dans le même sens", ajoute-t-il.

Membre du Conseil économique, social et environnemental de Bourgogne Franche-Comté ; fondateur et ancien délégué général d'Energy Cities, association européenne de villes engagées dans un mouvement de transition énergétique, Gérard Magnin avait intégré le conseil d'EDF en 2014 sur proposition de l'Etat. Son mandat s'achevait en 2019.

"Dans un monde incertain, la flexibilité est indispensable. Celle-ci suppose de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Sous une apparence de robustesse, la quasi mono-solution nucléaire soumet notre pays à une grande vulnérabilité", estime-t-il.

"Espérons qu'Hinkley Point n'entraîne pas EDF dans un abîme de type Areva comme certains le craignent", ajoute Gérard Magnin, précisant qu'il ne participera pas au conseil de jeudi.

"Etant administrateur proposé par l'Etat actionnaire, je ne souhaite pas cautionner plus longtemps une stratégie que je ne partage pas (..). Je préfère alerter en prenant le risque de me tromper que de vivre en contradiction avec ma conscience. C'est une question de loyauté et d'honnêteté."

Le conseil d'administration d'EDF comptait 18 membres avant la démission de Gérard Magnin, dont six élus par les salariés qui devraient se prononcer jeudi contre le projet Hinkley Point sans pour autant être en mesure de bloquer son lancement.

Les désaccords autour du dossier Hinkley Point avaient déjà provoqué en mars une crise au sein de la direction d'EDF et la démission du directeur financier de l'époque, Thomas Piquemal. et (Benjamin Mallet et Geert De Clercq, édité par Jean-Michel Bélot)

 

 

Source : http://investir.lesechos.fr

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Nucléaire Ils réagissent
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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 15:33

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Une conseillère du ministre de l’Agriculture rejoint le lobby des semenciers

28 juillet 2016 / Barnabé Binctin (Reporterre)
 

 

 

Anne-Laure Fondeur, après deux années passées au cabinet de Stéphane Le Foll, où elle a notamment cherché à promouvoir les « nouveaux OGM », rejoint le Groupement national interprofessionnel des semences (Gnis). Un organisme chargé de défendre « les intérêts de la filière semences ».

 

Après Philippe Mauguin, l’ex-directeur de cabinet de Stéphane Le Foll devenu président de l’Inra mardi 19 juillet, c’est au tour d’une autre conseillère du ministre de l’Agriculture de la quitter. Chargée de la sécurité sanitaire et du cheval (sic), Anne-Laure Fondeur officiait depuis deux ans dans le cabinet ministériel.

Elle rejoint le Gnis, le Groupement national interprofessionnel des semences, où elle prend la direction du Soc, le Service officiel de contrôle et de certification, pour un mandat de 5 ans, sur nomination du ministère de l’Agriculture. Le Gnis, créé en 1941 sous le régime de Vichy, est une structure hybride, publique et privée : placé sous tutelle du ministère de l’Agriculture, le groupement est officiellement chargé « d’organiser la production et la commercialisation des semences et plants ».

 

« Nouveaux OGM » ou « OGM cachés » 

Mais s’il est qualifié « d’entité indépendante », le Gnis a pour objectif de « défendre les intérêts de la filière semences ». De quoi engendrer une situation de « conflit d’intérêts ». Contacté par Reporterre, le Gnis se présente comme une « structure tout à fait privée avec délégation de service public ».

Or Anne-Laure Fondeur était, au sein du cabinet de M. Le Foll, chargée des nouvelles techniques de modification génétique, que d’aucuns qualifient de « nouveaux OGM » ou d’« OGM cachés ». Au prétexte qu’elles ne sont pas issues de la transgénèse, ces « nouvelles techniques de modification génétiques » échapperaient donc à la législation OGM : un point de vue que contestent plusieurs scientifiques et associations.

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Anne-Laure Fondeur.

« C’est Anne-Laure Fondeur qui a porté cette position au ministère, parfois contre le ministère de l’Environnement. Elle quitte donc un exécutif qui a fait avancer le dossier pour rejoindre l’un des plus importants lobbyistes de ces mêmes positions », observe un connaisseur privilégié de ces dossiers, qui décrit « une serviteur zélée des entreprises, quelqu’un qui ne défend absolument pas l’intérêt des agriculteurs »....

 

Un phénomène de « porte-tambour » 

Statutairement, le SOC, dont la fonction première est le contrôle de la qualité et de la certification des semences, reste pourtant une mission régalienne de l’État. « C’est une fonctionnaire qui est nommée par le ministère de l’Agriculture, où est le problème ? » interroge Delphine Guey, responsable des affaires publiques du Gnis. La Confédération paysanne évoque cependant un phénomène de « porte-tambour » — terme désignant des politiques quittant leur fonction de régulation pour rejoindre des postes dans une industrie affectée par ces mêmes régulations. Avec le risque d’« allocation de privilèges au détriment de l’intérêt de la nation », selon la définition donnée par Wikipedia.

 

*Suite de l'article sur reporterre.net

 

 

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 14:53

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Morts ou vivants, l’Italie va chercher les migrants en mer

30 juillet 2016 | Par Mathilde Auvillain
 
 
 

Plus de 3 000 migrants ont disparu en tentant la traversée de la Méditerranée depuis le début de 2016. Chaque semaine, des cadavres sont repêchés à bord d’embarcations de fortune. Depuis 2013, l’Italie a décidé de ne plus détourner le regard et d’aller chercher les vivants… et les morts en mer. L’épave du naufrage du 18 avril 2015, qui gisait à 370 mètres de fond, vient d’être ramenée à la surface. Première opération du genre, un exemple d’humanité.

Melilli (Sicile, Italie), de notre correspondante.Entre les cheminées et les torches des raffineries du port d’Augusta, derrière des grillages et des entrelacs de tubes et de pipelines, des soldats en treillis, armes au poing, montent la garde. Le nom de Melilli, petit village sicilien perché sur une colline aux prés jaunis, laissait imaginer tout autre chose. Passés les chicanes et le check-point, c’est un camp militaire qui s’ouvre à la vue. Des tentes kaki alignées ont été montées sur une esplanade poussiéreuse de cette base de l’OTAN où les navires de l’alliance transatlantique viennent faire le plein de carburant. Des infirmières en uniforme, des marins en côtes bleu marine, des militaires et des pompiers en combinaison étanche s’affairent autour d’un grand hangar construit pour abriter l’épave renflouée du naufrage du 18 avril 2015.

Sous la structure d’acier, le chalutier à la coque bleue, ceinte de lisérés blancs, ressemble à toutes ces épaves de « carrette del mare », ces « chariots des mers » comme les appelle la presse italienne, que l’on retrouve entassées à l’entrée du port de Lampedusa, de Pozzallo ou encore sur les photos des sauvetages de migrants dans le canal de Sicile. Mais cette épave qui se dresse devant nous n’est pas comme les autres. La nuit du 18 au 19 novembre 2015, ce bateau a sombré en pleine Méditerranée, à 75 milles marins au nord de Tripoli, emportant au fond de la mer près de 700 vies humaines. La presse parla alors du « naufrage le plus meurtrier de ces dernières décennies en Méditerranée ». Matteo Renzi, le chef du gouvernement italien, promit au lendemain de cette catastrophe que l’Italie irait chercher l’épave au fond de la mer pour offrir une digne sépulture à ces migrants.

 

Dans l'un des hangars de Melilli en Sicile, début juillet 2016. © Mathilde Auvillain Dans l'un des hangars de Melilli en Sicile, début juillet 2016. © Mathilde Auvillain

 

« J’ai demandé à la marine militaire d’aller chercher cette épave pour donner une sépulture à nos frères et à nos sœurs, qui, sans cela, auraient reposé pour toujours au fond de la mer », a rappelé le président du conseil, alors que l’épave retrouvée à 370 mètres de fond était enfin ramenée à la surface au terme d’une délicate opération sous-marine. Le renflouement, opéré par la marine militaire italienne en collaboration avec l’entreprise privée spécialisée Impresub, a coûté 10 millions d’euros, entièrement financés par la présidence du conseil. Un investissement qui a suscité polémiques et critiques, parfois du plus mauvais goût.

« Je l’ai fait parce que nous, Italiens, connaissons la valeur du mot civilisation », a insisté Matteo Renzi. « Ce navire renferme des histoires, des visages, des personnes et pas seulement un nombre de cadavres », déclarait-il au moment de confier aux équipes de médecins légistes la tâche de reconstruire le fil de ces histoires humaines interrompues brutalement.

À une centaine de pas de ce camp, un autre hangar qui servait d’ordinaire d’entrepôt pour du matériel militaire a été transformé en institut médico-légal de campagne. Derrière un énorme camion-frigo de la Croix-Rouge italienne, deux tentes en tissu camouflage abritent chacune une table d’autopsie en inox. Une odeur âcre flotte dans l’air. C’est l’odeur de la mort qui imprègne l’atmosphère, malgré les systèmes de climatisation qui tournent à plein régime. Un écriteau imprimé à la va-vite, scotché à l’entrée des tentes, indique “Zone Rouge”. Au-delà de cette limite, seuls les médecins de l’équipe de la doctoresse Cristina Cattaneo peuvent entrer. Les autopsies se déroulent à huis clos, à la fois parce qu’il faut préserver la dignité des restes d’humanité retrouvés dans l’épave du naufrage, mais aussi parce que la vue de ces corps mutilés, en état avancé de décomposition, est insoutenable.

Pourtant rodés à la brutalité de la mort, les pompiers qui sont entrés dans le ventre du « chalutier de la mort » n’arrivent pas à se défaire des images d’horreur qu'ils ont vues. « Quand nous avons ouvert la première brèche à gauche de l’épave, j’ai senti mon âme se déchiqueter », raconte Luca Cari, responsable de la communication des pompiers, dans une tribune publiée dans le magazine Panorama.

Dans l’antre du chalutier, les secouristes, protégés par leurs combinaisons étanches, respirant à l’aide de masques à gaz et de bonbonnes d’oxygène, ont retrouvé des corps jusque dans le puits à chaîne d’ancre à l’avant, certains « encastrés » dans la salle des machines. Au milieu d’une « pyramide de cadavres », les pompiers racontent avoir retrouvé celui d’une femme enceinte ou encore ceux d’enfants agrippés à des adultes. « Nous avons été les seuls à voir exactement comment se sont achevées ces vies humaines, évoquées brièvement dans les journaux », explique à son tour Paolo Quattropani, un responsable de l’opération sur place.

Il y avait 458 corps enchevêtrés dans l’épave ; 169 autres étaient éparpillés autour au fond de l'eau ; 48 autres avaient été récupérés à la surface au moment du naufrage. L’embarcation transportait donc au total 675 personnes. « Cinq personnes par mètre carré », relève l’amiral Nicola De Felice qui a coordonné les opérations. « Ils les avaient entassés partout comme dans les trains qui partaient pour Auschwitz », poursuit Luca Cari.

Un parallèle que ce responsable des pompiers italiens n’est pas le premier à faire. À Berlin, en recevant l’ours d’or pour son documentaire Fuocoammare tourné à Lampedusa, le réalisateur Gianfranco Rosi avait qualifié la tragédie des migrants en Méditerranée de « plus grave tragédie humanitaire de notre temps depuis l’Holocauste ». Comme Gianfranco Rosi, comme les garde-côtes qui depuis des années sont témoins de ces tragédies, les pompiers qui ont extrait les corps du chalutier n’oublieront pas ce dont ils ont été témoins. « Ce que nous avons vu dans le chalutier restera à jamais imprimé sur nos rétines », dit l'un d'entre eux. 

 

«Nous appelons les administrations européennes à rassembler leurs données sur les migrants décédés»

Les yeux bleus de la médecin légiste Cristina Cattaneo ont l’habitude de regarder les morts en face. Un à un, la directrice du laboratoire milanais Labanof, spécialisé dans l’identification des corps difficilement identifiables, ouvre les plus de 600 « body bags » numérotés contenant les restes humains retrouvés dans l’épave et autour. Elle scrute attentivement chaque cadavre à la recherche du moindre détail qui pourrait permettre de remonter le fil de l’histoire de chacun des passagers du bateau.

« Le fait que les cadavres ne soient pas bien conservés, ou qu’ils soient même à l’état de squelette ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas être identifiés. Au contraire : la science nous permet d’identifier grâce à l’ADN, mais surtout grâce à certains détails comme un profil dentaire, un tatouage, une cicatrice, le dessin formé par des grains de beauté… », explique-t-elle. L’une de ses apprenties a raconté au quotidien La Repubblica avoir eu la « chance » de retrouver, cousue dans le t-shirt d’un des cadavres, une pochette plastique contenant des documents qui ont permis une identification rapide.

 

Les tentes abritant les tables d’autopsie. © MA Les tentes abritant les tables d’autopsie. © MA

 

L’autopsie des corps est effectuée en partie par des doctorants de dix universités italiennes, tous volontaires. « L’intégralité des opérations d’identification est réalisée gratuitement », insiste la responsable de l'équipe. Parfois même aux frais des volontaires. « Nous travaillons gratuitement pour donner un nom et un visage à des centaines de migrants morts dont les cadavres ont été récupérés », plaident ces étudiants, déplorant le manque d’un minimum de soutien financier pour relever « ce grand défi humanitaire et scientifique unique au monde ».

« L’Italie est le premier pays à tenter de donner un nom et un prénom à ces personnes », relève Cristina Cattaneo, une identification qu’elle juge « essentielle pour rendre leur dignité...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

 

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 17:34

 

Source : https://la-bas.org

 

 

Un cours d’Autodéfense intellectuelle pour l’été [VIDÉO 08’58 + entretien RADIO 59’30]

Apprenez la langue de l’adversaire avec Olivier BESANCENOT Abonnés

Le

[LÀ-BAS SI J'Y SUIS] Apprenez la langue de l'adversaire avec Olivier BESANCENOT (EXTRAIT) par Là-bas si j'y suis

 

"Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic, on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet et voila qu’après quelques temps l’effet toxique se fait sentir". Le philologue Victor KLEMPERER a montré comment le système nazi avait engendré un langage qui a contaminé insidieusement les esprits et a réussi à imposer l’idéologie totalitaire comme une évidence naturelle. Ce qu’il appelait "l’adoption mécanique de l’idéologie par les mots". Car le langage est l’outil de la pensée, celui qui contrôle le langage contrôle la pensée et donc l’opinion. Cette fausse monnaie langagière est produite et répandue par les communicants politiques et par les médias mais sans douleur et sans fracas. Aussi est-il important à tout âge d’apprendre à déjouer ces pièges quotidiens répandus et diffusés comme un invisible poison dans l’air que l’on respire.

 

Quelques exemples dans le langage néo-libéral qui s’est imposé depuis une trentaine d’années :
- Décideurs : classes dominantes
- Compétitivité : dumping social
- Courage de réformer : détruire le droit social
- Grogne sociale : grève
- Pression fiscale : impôts
etc.

 

 

JE PEUX DORMIR , MON JOURNAL PENSE POUR MOI

Jadis dans la bonne bourgeoisie de province, lors du sacro-saint déjeuner du dimanche, on commentait le sermon entendu à la messe de onze heures. Oh, ça ne faisait pas débat, on appréciait, on approuvait. Parfois d’ailleurs le curé était invité à déjeuner, savourant une onctueuse cuisse de poulet. Puis on passait à autre chose, chacun vaquait à ses affaires et à ses intrigues. "Tu es mon berger, ô Seigneur", disait un cantique. Par conséquent nous sommes les moutons ; notre curé nous conduit et nous le suivons. Longtemps les éditocrates ont remplacé le curé du dimanche. Je peux dormir tranquille, mon journal pense pour moi. Aujourd’hui, de plus en plus connectés, de plus en plus mis "au courant" par l’info en continue, nous suivons en "temps réel" les épisodes du feuilleton minute par minute. Mais quel sens ce chaos peut-il bien avoir ? Pourquoi ? Comment ? Que dois-je penser ? Qui sont les méchants et les gentils ? Des experts médiatiques me le disent, des savants spécialistes me fournissent la réponse. Je puis retourner à mes affaires et à mes intrigues, je peux dormir, les élites pensent pour moi. Contre cette soumission, il faut partout donner des cours "d’auto défense intellectuelle" selon l’idée de Noam Chomsky, développer l’esprit critique, le goût de la contestation, non pas remplacer une doctrine par une autre mais penser par soi-même, apprendre l’autonomie de penser. Pas facile quand la foule unanime et anonyme appelle au lynchage du suspect, pas commode quand le premier ministre français sans être contesté lance cette stupidité historique " Il ne peut y avoir aucune explication qui vaille, car expliquer c’est déjà vouloir excuser" Mais la résistance s’installe peu à peu, penser hors des clous, construire d’autres projets, dessiner un autre cadre. Le bouquin de Besancenot encourage cette auto-défense qui est la principale raison d’être de LÀ-BAS !

DM


 

Les différentes séquences de l’émission :


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Programmation musicale :
- Seb Martel : Motus
- L’1consolable : 49-3

Marie GALL attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

journaliste : Daniel MERMET
réalisation : Sylvain RICHARD
vidéo : Jonathan DUONG et Jeanne LORRAIN

 

 

(Vous pouvez podcaster cette émission en vous rendant dans la rubrique « Mon compte », en haut à droite de cette page.)

 

 

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Source : https://la-bas.org

 

 

 

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 17:14

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Il s'immole pour toucher sa retraite...

 
 
 
Face à l'incurie de l'administration, un sexagénaire a tenté de mettre fin à ses jours devant sa caisse de retraite, à Marseille. Un drame symptomatique d'un profond malaise ressenti tant par les usagers que par les fonctionnaires.
 
Les locaux de la caisse de retraite des intermittents du spectacle à Marseille. - Google Street
View
 

Pour toucher sa retraite, il ne suffit pas d'y avoir droit. Il faut aussi s'armer de patience, de courage et, parfois, d'une bouteille d'alcool à brûler. Intermittent du spectacle, Patrice Claude avait arrêté de travailler à cause de douleurs très pénibles au bras et aux articulations. Il touchait une allocation de handicap, laquelle devait s'arrêter au moment où commencerait sa retraite, à l'âge de 61 ans. Et, comme pour tant d'autres personnes en France, percevoir son argent en temps voulu était pour lui une question de survie. Echaudé par les expériences de ses amis intermittents, dont certains ont dû contracter des emprunts bancaires en attendant de percevoir leur pension, notre homme a constitué son dossier dès le mois de janvier, soit plus de quatre mois à l'avance. Premier rendez-vous à l'agence de Marseille de la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) : le dossier n'est pas complet. Deuxième, troisième, quatrième rendez-vous...

 

Bagarres dans la file d'attente

Il manque toujours quelque chose. Une photocopie, un justificatif, un document à exhumer. Eprouvé par ces allers-retours, le sexagénaire discute avec ceux qui, comme lui, patientent dans les files d'attente - toujours debout. L'ambiance est lourde. A chaque visite, il assiste à des malaises ou à des débuts de bagarre. Quelques jours avant que son allocation de handicap n'arrive à échéance, Patrice Claude pense mettre toutes les chances de son côté en arrivant à la Carsat à l'ouverture des bureaux. C'est alors qu'on lui explique que son dossier est toujours en cours et que la personne qui s'en charge est partie en vacances. Quelques heures plus tard, il s'immole par le feu devant les locaux de la caisse de retraite. Dès le lendemain, sa pension est débloquée. Mais Patrice Claude, dont la vie n'est plus en danger, devra subir des greffes de peau et des soins jusqu'à la fin de ses jours.

 

«Ce genre d'événement est traité dans la rubrique faits divers, comme si ça ne voulait rien dire, déplore Coraline, comédienne de 24 ans et fille de Patrice Claude. Mon père n'est ni seul, ni dépressif, ni déséquilibré. S'il avait seulement voulu se tuer, il aurait pris des cachets chez lui. Il a voulu donner un signal. C'est quelqu'un de très engagé, un jusqu'au-boutiste.» Professeur de médecine et membre de l'Observatoire national du suicide, Michel Debout décrit en effet l'immolation comme un geste «sacrificiel et protestataire». «L'individu qui a recours à cette forme de suicide le fait non seulement parce qu'il estime que c'est la dernière façon de se faire entendre, mais aussi pour interpeller la société», affirme le médecin. En colère et déterminée, Coraline Claude entend bien donner à ce cri l'écho qu'il mérite. Depuis l'immolation de son père, la jeune femme a créé une boîte mail où elle recueille les témoignages de personnes que la Carsat a poussées au bord de la crise de nerfs.

 

En deux semaines, elle a reçu une centaine de messages. «Ma mère les a subis pendant vingt ans, et maintenant c'est ma sœur qu'ils font galérer depuis six mois : un jour son dossier est complet et deux jours plus tard il manque un papier», raconte l'un d'eux. Un malaise que les assurés ne sont pas les seuls à connaître, le personnel en charge des dossiers étant lui-même surmené. Dans un long message adressé à Coraline, un employé de la caisse de retraite décrit une situation interne «inhumaine et intolérable», qui l'a, lui-même, conduit au burn-out. «Depuis des années, salariés et assurés sont dans la tourmente, écrit-il. D'un côté, des bénéficiaires plongés dans la précarité à cause de retards de paiement ou de négligences dans le traitement de leur dossier. De l'autre, une poignée d'agents frustrés qui constatent un nombre considérable de dysfonctionnements internes qui les empêchent de travailler dans des conditions optimales.»

 

Neuroleptiques et somnifères

A bout de souffle, l'administration française finit par accoucher de situations aux frontières du réel. Autre acronyme, même détresse : la Cipav, la Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse dédiée aux professions libérales, se spécialise dans l'envoi de courriers sans queue ni tête. Selon l'enquête menée par France Info, un professeur des écoles aurait, par exemple, reçu une lettre lui enjoignant de régler la somme de 200 000 €, alors qu'il n'était même pas affilié à l'organisme. «On a des gens qui prennent des neuroleptiques ou des somnifères, résume Geneviève Decrop, qui gère l'une des trois associations de victimes de la caisse d'assurance vieillesse. La manière dont la Cipav ne répond pas, envoie l'huissier, hors de toute procédure autorisée, avec des lettres de menace... En fait, c'est Kafka !»

 

En 2014, un rapport de la Cour des comptes fustigeait déjà la gestion «désordonnée» de la Cipav et le caractère «déplorable» de son service aux assurés. Mais, deux ans plus tard, rien n'a changé. Dans une note datant de février 2016, le défenseur des droits, dont l'une des missions est d'améliorer les relations des usagers avec les services publics, estime qu'il est saisi de 200 dossiers la concernant. Erreurs, absence de réactivité, blocage des versements des pensions et impossibilité totale de contacter la caisse : les affiliés ont le sentiment d'être «spoliés», selon les termes de la note. Et le problème n'est pas près de se régler : à son arrivée à la tête de l'organisme, le nouveau directeur a affirmé avoir trouvé 30 000 lettres qui n'avaient été ouvertes par personne.

 

A la Carsat de Marseille, en revanche, on ne comprend pas ce qui a motivé le geste de Patrice Claude. S'il reconnaît qu'on peut toujours «rêver mieux» en termes de moyens et d'organisation, le directeur général, Vincent Verlhac, estime que sa caisse a encore les moyens d'appliquer «la solidarité nationale et l'humanisme» dont elle est dépositaire. «Nous avons été très choqués, et bien évidemment nous nous sommes interrogés en interne sur le parcours de ce monsieur. Et nous sommes surpris, car c'est un dossier normal qui n'a pas subi de retard», affirme Vincent Verlhac. Les cinq déplacements que Patrice Claude a effectués à la Carsat, les allers-retours qui l'ont rendu «fou», comme il l'a dit à sa fille, n'ont rien d'extraordinaire. On imagine ce que vivent ceux dont les dossiers coincent...

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Patrice Claude s’est immolé pour sa retraite

25 juillet 2016 | Par Mathilde Goanec
 
 
 

Chaque mois ou presque, des hommes et des femmes s’immolent par le feu dans un espace public, souvent devant une administration. Patrice Claude est passé à l’acte fin avril, sur le trottoir de la caisse de retraite du Sud-Est, à Marseille. Il a survécu. Sa fille Coraline se bat depuis pour faire sortir son histoire « du fait-divers ».

Coraline coupe des morceaux de melon dans une assiette, qu’elle dépose sur la table de la terrasse. Les palmiers, les rhododendrons, la mer azur au loin, l’air est tranquille. Derrière la baie vitrée, le lit d’hôpital de son père, Patrice. L’homme porte, sous sa chemisette, une combinaison qui lui couvre et comprime tout le torse et les bras, des bas de contention sur les deux jambes et une minerve plastique autour du cou. Patrice Claude s’est immolé le 27 avril devant la caisse de retraite du Sud-Est, et vit depuis un mois dans un centre de rééducation à Hyères, spécialisé dans le traitement des grands brûlés. Après avoir été plongé quinze jours dans un coma artificiel pour limiter les douleurs, les médecins l’ont greffé de toutes parts. Aujourd’hui, il marche d’un pas plutôt assuré dans les couloirs, salue les voisins de chambre, discute le bout de gras avec l’infirmier. « Ce que je ne peux pas encore faire, c’est lever vraiment les bras, ou me baisser. Si je me baisse, je tombe. » Difficile de croire que cet homme enjoué, blagueur, a pu, un après-midi d’avril, s’asperger d’alcool et y mettre le feu.

 

Coraline et Patrice Claude, à Hyères © MG
Coraline et Patrice Claude, à Hyères © MG
 

Patrice Claude est photographe, a même créé une compagnie de théâtre pour enfants, dans une autre vie. Il est descendu dans le Sud il y a 20 ans, peu après la naissance de sa fille, Coraline. Intermittent du spectacle, il vivait ces derniers temps du RSA, puis de l’allocation spécifique de solidarité. Opéré des vertèbres cervicales, il touchait également une allocation pour adulte handicapé. En janvier 2016, la retraite approchant, Patrice dépose un dossier à la Carsat (caisse d’assurance retraite) Sud-Est, à Marseille. « Au début, ça s’est très bien passé, j’ai eu un rendez-vous, j’étais plutôt bien reçu. »

 

Mais la Carsat fait des travaux, relègue l’accueil au fond des bâtiments, au pied de ses bureaux qui occupent l’une des plus hautes tours de la ville. « Mon dossier bloquait. La Carsat me réclamait une pièce de la complémentaire que cette dernière assurait avoir déjà envoyée. Personne n’en démordait. » Retraité officiellement le 1er mai, Patrice commence à s’impatienter devant l’échéance, et retourne plusieurs fois à la permanence d’accueil de la caisse de retraite, pour obtenir des renseignements. On lui réclame par courrier un autre document, relatif à son service militaire – « trois jours dans les années 70 », plaisante Patrice –, qu’il demande sans jamais rien recevoir. Il retourne une dernière fois le 27 avril à l’accueil de la Carsat, interroge une employée. « Elle m’a dit que mon dossier était traité par madame untel, qui était en vacances pendant quinze jours. Ma retraite débutait trois jours après, j’ai pété les plombs. » Il n’obtient pas de voir la hiérarchie mais rencontre une seconde employée, qui lui assure que son dossier sera traité en temps et en heure.

 

 

Patrice rentre chez lui, prépare la chambre qui doit accueillir quelques jours plus tard sa fille Coraline, comédienne à Paris. Passe même à la laverie pour nettoyer les draps de la chambre. Puis envoie un mail à la Carsat, leur demandant « d’arrêter tout ». Y retourne, et s’immole. « Je me suis planté devant, pour ne pas qu’il y ait d’erreur, pour qu’on sache que c’était chez eux. » Deux jeunes gens voient Patrice en flammes, le couvrent de leur veste pour éteindre l’incendie. Les gardiens de la Carsat le prennent ensuite en charge, et l’amènent aux douches du bâtiment en attendant les secours. Les journaux locaux relatent immédiatement l’affaire, et l’information remonte jusqu’à la ministre de la santé Marisol Touraine, qui appellera l’hôpital marseillais pour prendre des nouvelles dès le lendemain. Le 28 avril, dans toute la France, les intermittents se mobilisent, on est en plein mouvement social, l’ambiance est électrique.

Malgré le raffut, la police attend le vendredi, trois jours après l’immolation de Patrice, pour prévenir sa fille. Coraline est dans le métro parisien, elle n’entend pas bien. Le policier répète son message, la jeune femme finit par intégrer l’information et prend le premier train pour Marseille. « Mon père n’était pas déprimé, ni suicidaire. Au contraire, il faisait attention à lui, à ce qu’il mangeait, aimait cuisiner des produits frais. Peut-être que la perspective de mon arrivée, et de ne pas avoir les moyens de m’accueillir correctement, l’a fait paniquer ? » Trois mois plus tard, Patrice explique son geste : « Je suis locataire, je n’ai aucune économie, j’ai l’habitude de vivre comme ça, avec peu de moyens. Je savais que ma retraite serait toute petite, c’était pas grave. Mais là, j’ai eu le sentiment que du jour au lendemain, j’allais me retrouver sans rien, sans aucun revenu. »

À peine arrivée à Marseille, après avoir vu son père « entre la vie et la mort » selon les médecins, Coraline écrit un texte pour raconter ce qui s’est passé. Le texte circule dans les réseaux militants, sur Facebook. Coraline intervient à Nuit debout, à Marseille, et rassemble autour d’elle un petit noyau dur, collectif improvisé fait de syndicalistes, nuitdeboutistes ou simples usagers du service public. Ensemble, ils tentent depuis de sensibiliser la Carsat et les usagers au drame de Patrice, en organisant tractages et manifestations. Assis autour d’un café au centre de rééducation de Hyères, Coraline dit à son père : « Tu as ouvert le bal, je n’ai fait que suivre. »

 

À la Carsat de Marseille, Anne Dumontel et Élodie Meissel, respectivement directrice et sous-directrice retraite, assurent également que « depuis des semaines, on vit autour de ça ». « C’est suffisamment choquant pour que ça nous interpelle », poursuivent les deux femmes. Elles disent aussi leur « étonnement », plaident que le dossier de Patrice Claude était un « dossier normal », qui n’a pas particulièrement traîné. Le retraité, qui à 62 ans n’avait pas tout ses trimestres, est éligible à l’Aspa, communément appelé « minimum vieillesse ». Sa pension au total avoisine les 800 euros. « Nous sommes 1 500 salariés. Bien sûr qu’une personne en vacances ne met pas en péril un dossier…, fait valoir Anne Dumontel. Pour l’Aspa, c’est vrai que ça prend un peu plus de temps, parce qu’il faut qu’on vérifie auprès de la Caf, de Pôle emploi, pour voir si le dossier est conformeMais on lui a dit que son dossier serait prêt au 1er mai, et qu’il serait payé une première fois le 9 juin. » Sa collègue ajoute : « Le passage à la retraite est un moment compliqué pour tout le monde, nous pouvons comprendre qu’il se soit senti impuissant. »

Administrativement, le dossier a été débloqué le 28 avril, le lendemain de l’immolation. « C’est parce que mon père s’est immolé que ça a bougé », assène Coraline. « On notifie en général quelques jours seulement avant la date de retraite, il s’agit d’une coïncidence malheureuse », récuse la Carsat. La caisse de retraite souligne par ailleurs ses « bons résultats » : trois à quatre mois de durée de traitement en moyenne, 96 % des paiements effectués dans les délais, 90 % des retraités « satisfaits des contacts avec la Carsat », selon un audit externe (réalisé pendant un mois sur 300 personnes).

Les témoignages, qui ont afflué par mail ou directement auprès de Coraline Claude après l’immolation de son père, décrivent un tout autre monde. « J'ai déposé mon dossier en novembre, raconte une femme, retraitée depuis le mois d’avril et qui en mai n’avait toujours pas de nouvelles. Je ne connais pas le montant de la retraite que je vais toucher. J’ai dû apporter la preuve d'avoir cessé mon activité salariée au 31 mars. Je ne peux plus prétendre aux Assedic : comment survit-on financièrement ? » Un autre, en mai : « J’ai déposé ma demande de retraite il y a plus de 6 mois et 10 jours… 
Impossible d'avoir en direct la personne qui traite mon dossier pour savoir ce qui se passe. 
Je ne sais plus quoi faire pour enfin avoir mon dû ! »

 

Coraline Claude, lors d'une manifestation devant la Carsat, en juin. © Crédit : Boris Nicot
Coraline Claude, lors d'une manifestation devant la Carsat, en juin. © Crédit : Boris Nicot

 

Boris, fils d’un artiste peintre à la retraite, fait de son côté ce récit. « Ça s’est débloqué pour mon père… après l’immolation de Patrice. Son dossier était en attente depuis quatre ans. »...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 16:51

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Face au pessimisme ambiant, ils agissent, font bouger la société à petite ou grande échelle.
Le Monde est allé à leur rencontre.

 

Jocelyne Fort

et sa terre de formation

Jocelyne Fort ne voulait pas vendre sa ferme. Elle voulait transmettre son savoir-faire. Elle a transformé son exploitation en espace de formation pour jeunes agriculteurs.

La salade du jardin trône sur la table, à côté des fraises fraîchement cueillies. « Un peu trop sucrées pour moi », commente Jocelyne Fort en en croquant une. « Je râle tout le temps ! », se justifie-t-elle dans un éclat de rire. Puis, plus sérieuse : « Mais je pense que c’est nécessaire. » C’est ce trait d’un caractère affirmé qui a permis à la maraîchère, sur le point de prendre sa retraite, d’inventer une seconde vie pour son exploitation de 18 hectares, en la transformant en un espace de formation pour jeunes agriculteurs.

Pourtant, ce ne fut pas aussi simple qu’elle l’espérait. Car Jocelyne ne voulait pas vendre. « Un gros exploitant, qui avait 400 hectares, là-bas derrière », raconte-t-elle en pointant l’horizon, était prêt à lui racheter son domaine,qu’elle a construit en 2000 avec son compagnon, Jean-François. Une proposition balayée d’un geste par la paysanne. « Pas question de vendre mes terres à n’importe qui. Je me suis battue pour en arriver là », dit-elle, catégorique.

 

« Comme une voleuse »

« Là », c’est la ferme La Roustide, à Jonquières-Saint-Vincent (Gard), dont l’intégralité des fruits et légumes biologiques sont vendus directement au consommateur. Ce circuit court des associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) fonctionne sur le principe du partenariat : le consommateur s’engage, plusieurs mois à l’avance, à acheter au producteur un panier chaque semaine. « Je ne voulais pas laisser tomber mes “amapiens”. S’ils n’avaient pas été là, je ne m’en serais pas sortie », explique avec pudeur Jocelyne.

 

Photo de Arnold Jerocki

Au début des années 2000, après des années à travailler pour des grossistes étrangers, qui vendaient l’essentiel de leur production en Suisse et en Allemagne, Jocelyne et Jean-François commencent à connaître des difficultés financières. La production bio est en plein essor, mais les consommateurs encore frileux. Ils ne peuvent pas lutter face à la concurrence de plus grosses exploitations. Seuls les légumes calibrés trouvent preneurs.« Un melon devait peser entre 750 et 900 grammes et une courgette mesurer entre 14 et 18 cm », se remémore Jocelyne. Les légumes qui ne rentrent pas dans les clous partent à la broyeuse, et avec, une partie du chiffre d’affaires. Une aberration : « A quoi ça sert de faire ce métier si c’est pour jeter ? »

« Je nourris les gens »

Le couple se déclare en cessation de paiement en août 2005 et demande un redressement judiciaire. Deux mois plus tard, Jocelyne se retrouve au tribunal de grande instance de Nîmes. « C’était un moment très difficile. J’avais 50 ans, j’avais travaillé toute ma vie et je me retrouvais comme une voleuse, devant une juge », se remémore-t-elle, encore émue. Son plan : se reconvertir en AMAP, une idée soufflée par un fournisseur quelques mois auparavant. « J’ai convaincu la juge sans savoir exactement ce que c’était », sourit-elle. Il ne lui a fallu que quelques mois pour savoir qu’elle avait fait le bon choix. Aujourd’hui, Jocelyne « nourrit » chaque semaine 250 familles, qui lui ont fait confiance et dont la plupart sont devenus des amies.

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Photo de Arnold Jerocki

 

Il y a quatre ans, la maraîchère a commencé à aspirer à une vie un peu plus tranquille. Elle qui intervenait déjà dans les écoles pour faire connaître son métier suit alors une formation sur la transmission. C’est le déclic. Jocelyne veut transmettre, s’assurer qu’une autre génération va prendre la relève et faire perdurerun métier qui, selon elle, se perd. Tout autour, dans la région, l’agricultrice a vu les exploitations de maraîchage se réduire comme peau de chagrin. Jocelyne se définit comme une « terrienne. Je nourris les gens. Et je me bats parce que, si on ne forme pas de nouveaux paysans, à part les industriels, qui les nourrira dans dix ans ? »

 

« A 3 ans, dans les champs »

Elle se met alors en quête d’un repreneur prêt à conserver la certification bio, mais aussi ses amapiens. En parallèle, elle achète dans les Cévennes une maison pour y créer des chambres d’étape et 2 hectares de terres qu’elle compte cultiver avec son compagnon. Mais pendant trois ans, elle ne trouve aucun candidat sérieux à la reprise de l’exploitation parmi les jeunes en reconversion professionnelle qui sortent de formation agricole. Selon elle, ils n’étaient pas prêts : « A l’école, on informe, c’est sur le terrain qu’on se forme. » Fille d’agriculteurs, Jocelyne a tout appris auprès de ses parents. « A 3 ans, on est dans les champs, à 15, on fait les marchés. Un enfant de paysan, il sait faire. »

Retrouvez le deuxième portrait de notre série #CeuxQuiFont : Ryad Boulanouar, le compte sans banque

Une nouvelle fois, la maraîchère doit rebondir. Elle prend conscience que si elle veut transmettre à un jeune agriculteur son exploitation, elle doit le former. A la fin de 2015, Jocelyne entrevoit la solution avec la couveuse agricole Coup d’pousses – dont elle est vice-présidente – qui lui propose de faire de La Roustide une terre de formation en y installant plusieurs apprentis paysans, sous la direction de Laurent, le chef des cultures… celui-là même à l’origine de l’idée de l’AMAP. L’objectif pour ces futurs maraîchers : apprendre un savoir-faire en un à trois ans et lancer leur propre affaire.

Mais pour mettre en œuvre ce projet, Coup d’pousses avait besoin d’argent, notamment pour lui racheter son matériel agricole. Ce sont ses amapiens qui ont une fois de plus répondu présent, sous forme de prêts et de dons à l’association, complétés par une collecte en ligne. Au début de juin, un premier « couvé » est arrivé à La Roustide. Il sera bientôt suivi par cinq autres. Quant à Jocelyne, elle prépare ses valises. Le départ pour les Cévennes est prévu la semaine prochaine.


 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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