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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 15:26
Marianne - Lait d'Beu - Blogueuse associée | Mardi 7 Février 2012 à 12:01

 

Une hausse de l'impôt sur le revenu s'annonce. Cette année, la mesure concernera aussi des familles jusqu'alors non imposables. La blogueuse Lait d'Beu revient sur les enjeux de cette future augmentation dont on ne prend conscience qu'aujourd'hui.



Bingo ! Nous étions quelques blogueurs - dont Joël de La République du peuple - à avoir soulevé un sacré lièvre : à savoir dénoncer les conséquences - arithmétiquement aussi prévisibles que le nez au milieu de la figure - du gel des tranches d’impôt relativement à l’inflation. N’en déplaise au Parisien « Impôt sur le revenu : la hausse que personne n’a vu venir » (6 fév. 2012). Nul doute que les con…tribuables ne seront guère emballés !
 
Calculette en main, je m’étais amusée - si l’on peut dire - à évaluer les augmentations d’impôts qui pourraient en résulter mécaniquement par le seul fait du passage dans la tranche d’impôt supérieure pour une augmentation de salaire (Smic ou autre). Mes calculs concernant un salarié célibataire… Pour les couples avec ou sans enfants, il faut tenir compte du quotient familial.
 
Drôlement gratinées les hausses d’impôt ! Je vous renvoie à l’article correspondant « Drôlement fortiche le candidat Sarkozy : il nous promet de faire en 100 jours ce qu’il n’a pas réussi pendant 5 ans ! » (6 janvier 2012).
 
Mesure passée quasi inaperçue dans la presse. De même manière au demeurant que la plupart des journalistes ne faisaient état que de l’augmentation de la taxe sur les mutuelles sans souligner que cette mesure frappait TOUS les contrats d’assurance, ce que j’avais pourtant lu noir sur blanc sur un article du Monde.
 
Or, je tombe ce matin sur un article du Monde tout frais pondu « Hausse de l'impôt sur le revenu pour des milliers de foyers » (6 fév. 2012). Au passage, je me permets de relever que le journaliste n’y connaît pas grand-chose en matière de fiscalité des personnes non imposables : « Les familles non imposables, outre le fait de goûter pour la première fois aux joies de la feuille d'impôts »… Hein ? Ces bobos ! Car il saurait que nous sommes astreints à remplir la déclaration fiscale comme tout un chacun et que nous recevons une feuille d’impôts sur le revenu, de la même façon, à la différence qu’il s’agit d’un « avis de non-imposition ».
 
Or donc, pour les contribuables jusqu’alors exonérés d’impôts sur le revenu, la différence sera de taille - XXL sachant que cela grèvera un budget déjà super-serré (comme la ceinture mise en permanence).
 
Effectivement, selon le Syndicat national unifié des impôts qui s’est livré à ces calculs : « un couple gagnant chacun le smic sur treize mois verra son impôt sur le revenu grimper de 60 euros. Plus les revenus sont faibles, plus la hausse d'impôt est douloureuse »… J’ai lu sous l’article du Monde un gentil bobo affirmant que cela ne fait jamais que 5 € par mois. « Bienheureux les riches » (et pas seulement « en esprit ») qui ne sont pas à 5 € près ! Ils ne savent qu’en fin de mois, l’on gratte les fonds de poche et de tiroirs.
 
En n’ayant garde d’oublier que ce nouveau prélèvement s’ajoutera à l’augmentation de la TVA à taux réduit, plus toutes les autres et diverses augmentations de tarifs et autres diverses taxes. Plus la TVA dite « sociale » qui ne prendrait effet qu’en novembre. L’automne risque de n’être pas franchement jouissif chez Monsieur et Madame Pauvre non plus que dans la famille Toulemonde ! Mais du moment que Sarkozy « ne désespère pas Bettencourt ». Hein ?
 
Toujours est-il que comme l’écrivent Boris Cassel et Séverine Cazes dans Le Parisien « La surprise va être de taille pour 100 000 à 200 000 foyers français. Alors qu’ils étaient jusqu’ici dispensés d’impôt sur le revenu, ils devront en septembre envoyer un chèque au fisc ». Mais ce n’est pas tout !
 
En effet, les familles non imposables vont perdre d’autres avantages non négligeables : « des tarifs de cantine aux réductions dans les transports » lis-je sur Le Monde. Les voies de la guerre contre « l’assistanat » sont impénétrables. Haro sur les « salauds de pauvres »… Ce qui était considéré comme une « mesurette » s’annonce fort douloureux.
 
J’avais écrit à cette occasion que le gouvernement avait augmenté le Smic à deux ou trois reprises cette année de cadeau électoral mais qu’il reprendrait d’une main ce qu’il avait donné de l’autre. Je ne me trompais pas. Sans doute le cul-bénit François Fillon se sera-t-il souvenu de l’Evangile « la main droite doit ignorer ce qu’a donné la main gauche ». Soit mais selon l’exégèse, ce serait uniquement afin de n’être pas tenté de tirer gloire de sa générosité… Générosité qui lui fait cruellement défaut. Oublieux d’un autre précepte qui m’est particulièrement cher : « Ce que tu feras au plus petit d’entre nous, c’est à moi que tu le feras ».
 
A priori, je ne devrais pas être concernée, ma petite retraite n’ayant pas été beaucoup augmentée. Mais cela ne m’empêche nullement d’être en colère pour tous ceux qui auront à en souffrir.
 
La mauvaise surprise n’arriverait qu’en septembre, au moment de recevoir l’avis d’imposition. Mais aujourd’hui les contribuables sont amplement avertis et il m’étonnerait qu’en remplissant leur déclaration d’impôts ils ne calculent pas ce qu’ils devront verser… Un contribuable averti en vaut deux et j’espère que Sarkozy et sa bande de Raptout se tirent ainsi une nouvelle balle dans le pied.
 
L’Etat devrait gagner 1,7 milliard d’euros dans cette embrouille. Je ne peux m’empêcher de penser au savoureux Jules Renard qui écrivit - précisément au sujet de l’impôt sur le revenu - « que le plus grand tort des pauvres était qu’ils étaient autrement nombreux que les riches ». Rien de nouveau sous le soleil. Qui ne brille pas de la même façon pour tout le monde.

Retrouvez Lait d'Beu sur son blog.

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 15:20

Rue89 - Sylvain Gouz  Journaliste  - Publié le 06/02/2012 à 03h46

 

Au secours, les riches s'en vont ! Sur les bords du lac Léman comme sur les pentes de Gstaad, au Liechtenstein comme au Luxembourg, les banquiers et les agents immobiliers se frottent les mains par avance : la victoire (éventuelle) de François Hollande va leur amener une clientèle supplémentaire, celle des NEF, les nouveaux exilés fiscaux.

Quant à la France, il ne lui restera plus que ses yeux pour pleurer : finies les files d'attente devant chez Fauchon, terminées les réservations « urgentes » d'une table chez Lucas-Carton, désertée la place Vendôme, à la rue les femmes de chambres et valets particuliers, ruinés les tailleurs et autres fleuristes de luxe... A écouter une partie de la droite, c'est l'économie française qui se détricotera… par le haut.

Les NEF, une fantasmagorie sarkozienne

Voilà la fantasmagorie qui monte dans les rangs sarkoziens : les riches s'en vont ! A force de les clouer au pilori, de les taxer, de les retaxer, puis de les surtaxer, les voilà qui se renseigneraient d'urgence auprès de leurs avocats – « cher Maître, expliquez-moi comme payer ses impôts en Suisse ? » Les troupes des futurs NEF se prépareraient à entonner le chant du départ et à priver notre pays de leurs précieuses dépenses.

Cette description est à peine caricaturale, je vous l'assure, pour l'avoir entendue maintes fois ces derniers temps ; il faut remettre un peu de raison dans tout cela. De quoi nos hyper-riches auraient-ils si peur ?

Le taux de la tranche supérieure du barême de l'impôt sur le revenu passerait avec Hollande de 40 à 45%, à comparer au même 45% chez notre « modèle » allemand, au 50% – quelle horreur ! – en Belgique comme en Grande-Bretagne, et tout de même aux 40% suisses. Et je vous épargne tout commentaire sur les 59% du Danemark ou de la Suède. Alors pourquoi feraient-ils leurs valises, pourquoi devenir NEF ?

Le gentil Président sortant

Le possible futur Président de gauche entendrait, en plus :

  • s'en prendre, en plus, à leurs niches fiscales – qui permettent par exemple de déduire une partie des frais d'emplois à domicile ;
  • rétablir l'impôt sur la fortune à ce qu'il était jusqu'en 2011 ;
  • taxer les revenus du capital (actions obligations, assurance-vie) comme ceux du travail (salaires, prestations...).

Ce n'est pas comme le Président sortant qui, dans sa grande mansuétude, a sagement taxé les pauvres :

  • relèvement du taux réduit de la TVA de 5,5 à 7% puis du taux normal de 19,6 à 21,6% ;
  • taxe sur les mutuelles ;
  • gel des barèmes des prestations sociales et de l'impôt sur le revenu...

Puis, dans un « deal » bienvenu, il a dû échanger le bouclier fiscal – quelle merveille ! – contre un allègement de l'ISF et au passage un mini-impôt exceptionnel et surtout provisoire sur les hauts revenus.

Tout cela n'est pas très sérieux. Comme le démontre Thierry Pech dans « Le Temps des riches », voici un certain temps que la classe des hyper-riches a fait sécession de la société française. Les y réintégrer un peu, ne serait-ce qu'un petit peu, par une plus ample participation aux dépenses communes, serait plutôt une bonne chose – y compris pour leur propre intérêt citoyen bien compris.

Toujours acheter français par Internet

Depuis les lendemains de la guerre, disons 1950, la France a connu une croissance quasi-continue – à peine trois ans de petite récession. Autant dire que, dans sa globalité, ce pays n'a jamais été aussi riche… et pourtant, il n'y a jamais eu autant de pauvreté en France.

Alors, partiront, partiront pas nos hyper-riches ? Cessons de nous faire peur. Si jamais quelques-uns s'installent vraiment à Davos, rassurons-nous, ils pourront commander leurs sacs Vuitton en France par Internet…

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 15:09

 

LEMONDE.FR avec AFP | 06.02.12 | 19h41

 
 

Le prix du tabac va augmenter de 7,6 % au 1er octobre avec le relèvement de la TVA de 1,6 point, combiné à une hausse des prix de 6 % prévue antérieurement, a annoncé le ministère de l'économie.

"Il y avait une augmentation prévue de 6 % au 1er octobre", à laquelle il faut ajouter l'augmentation de la TVA de 1,6 point annoncée par le gouvernement, explique le ministère de l'économie, confirmant partiellement une information du Figaro.fr.

Cette décision représente une atténuation de l'augmentation qui aurait dû avoir lieu à l'automne si les deux mécanismes de hausse s'étaient appliqués normalement. Selon Le Figaro, la hausse pour le fumeur aurait été supérieure à 10 %. Samedi, le ministère avait admis "réfléchir" à "réduire l'effet démultiplicateur de la hausse de la TVA sur le tabac par le biais d'un abaissement des droits de consommation (la fiscalité perçue par l'Etat) sur le tabac".

"Effectivement il y a une baisse du taux des droits à la consommation de 64,25 % à 63,31 %", explique-t-on à Bercy. Finalement, l'opération se soldera par "une hausse des recettes pour l'Etat de l'ordre de 60 millions d'euros en 2012", ajoute-t-on au ministère.

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 14:50

LEMONDE | 07.02.12 | 15h09

 
 

Si les statistiques font défaut, certaines études et le ressenti d'observateurs sociaux sont autant de signaux d'alerte d'une hausse des suicides liés à la crise.

La revue médicale britannique "The Lancet" publiait le 9 juillet 2011 une étude soulignant la forte hausse des taux de suicide en Europe depuis le début de la crise. Dix des 27 pays de l'Union européenne disposent de chiffres pour la période 2007-2009 (ce qui exclut la France), durant laquelle le chômage a cru de 35 % en Europe : dans 9 de ces 10 pays (Autriche exceptée), le taux de suicide a augmenté d'au moins 5 %, alors qu'il diminuait partout avant la crise. La hausse est de 8 % en Grande-Bretagne, de 13 % en Irlande... En Grèce, une étude sur la période 2008-2011 note une hausse de 40 % des suicides.

L'Institut de veille sanitaire (INVS) comparait, en décembre 2011, les tentatives de suicide entre 2005 et 2010, et observait une "tendance à la hausse des tentatives de suicide au cours des douze derniers mois" : 0,5 % des interrogés déclaraient en avoir fait une, contre 0,3 % auparavant. Parmi les premiers facteurs de risque soulignés : le chômage.

SOS amitié reçoit chaque année 11 000 appels liés au suicide. Depuis deux ou trois mois, l'évocation des problèmes liés au travail est de plus en plus fréquente. "Nous avons l'impression d'entrer dans le coeur de la crise. La situation se durcit pour nos appelants, ils sont en souffrance psychique. "

Technologia, cabinet de prévention des risques psychosociaux, a traité 73 crises suicidaires en entreprise ces cinq dernières années. "Depuis 2007, nous constatons une hausse des crises suicidaires", alerte son directeur, Jean-Claude Delgènes, qui remarque une "accélération depuis septembre". "C'est comme si l'eau montait, et qu'on ne la voyait pas monter. (...) La quarantaine de personnes qui travaille pour mon cabinet est assaillie d'exemples. Les avocats nous rapportent des drames liés au surendettement. Les syndicats nous racontent ce dont personne ne parle, ces suicides qui interviennent quelques mois après les plans sociaux, comme chez Moulinex ou Cellatex... "

Si le travail demeure globalement protecteur vis-à-vis de la tentation suicidaire (les chômeurs en précarité se suicident deux fois plus que les actifs employés), "certaines organisations du travail engendrent des stress chroniques, qui peuvent conduire à des dépressions sévères, donc à des possibilités de passages à l'acte". C'est, selon lui, le cas dans le secteur sanitaire et social, aux avant-postes de la crise, où l'on demande toujours plus à des salariés disposant de moins de moyens.

>>> Lire l'article "La hausse des suicides liés à la crise, une réalité ignorée"

Pascale Krémer

 


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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 12:53
| Par La rédaction de Mediapart

Plusieurs organisations syndicales du transport aérien, dont le syndicat des pilotes de ligne (SNPL), appellent à une grève de quatre jours pour protester contre la proposition de loi UMP visant à limiter le droit de grève dans l'aérien, inspirée de celle de 2007 qui s'applique aux transports terrestres (SNCF et transports en commun), qui n'assure pas de «service minimum» (pas de réquisition).

Le texte de la majorité entend imposer l'obligation, pour chaque salarié, de se déclarer individuellement en grève au moins 48 heures à l'avance, afin que la compagnie puisse le remplacer et/ou informer les passagers des perturbations du trafic avec 24 heures d'avance.

Air France prévoit d'assurer «plus de 85 %» des vols long-courriers et «plus de 80 %» des vols vers la France et l'Europe.

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 12:49

Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des droits de l'homme, revient sur le souhait de Xavier Bertrand, ministre du travail, de voir dans la presse les noms des fraudeurs aux allocations sociales, qui dessine «une justice dont la vertu tiendrait strictement à sa nature répressive, voire terrorisante».


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puceinvite.jpg«Il ne s’agit pas d’être dur pour être dur, il s’agit tout simplement d’être juste.» Ce truisme est gouvernemental; l’air vif des Vosges a, semble-t-il, ce genre d’effet stimulant sur les ministres en recherche d’échos médiatiques. Ce jeudi 26 janvier dernier, donc, Xavier Bertrand, encore en charge du Travail et débonnaire comme toujours, livre à la presse sa modeste contribution à l’entreprise élyséenne de récupération de voix portées sur le muscle, l’ordre et la muselière.  

 Confronté aux périls qui menacent les équilibres macro-économiques du pays, au chômage persistant et croissant, aux périls qui planent sur l’emploi industriel et ainsi qu’à quelques autres broutilles, Xavier Bertrand récidive sans hésitation et pointe du doigt un cancer majeur: les fraudeurs aux allocations sociales. Prenant le taureau par les cornes, il suggère – à titre de mesure dissuasive– que les noms des dits fraudeurs soient publiés dans la presse. Tout en précisant dans la foulée que ladite publication devrait suivre –et non précéder– une décision judiciaire. On respire… 

 La fraude sociale n’est certes pas un mal à prendre à la légère, puisque la Cour des comptes l’estime entre deux et trois milliards d’euros par an. Reste que c'est peu au regard des fraudes aux cotisations –largement dues aux employeurs mauvais payeurs et au travail au noir–, estimées entre 8 et 15,8 milliards d’euros. «Moi, je mets la même énergie à traquer les salariés qui fraudent qu’à traquer les patrons qui ont recours au travail dissimulé», avait d’ailleurs assuré en son temps le ministre du Travail dans Direct Matin. On ne sache pas, pourtant, qu’il ait proposé de rendre publique par voie de presse l'identité des employeurs fraudeurs. On croit même garder le souvenir lointain d’une liste d’entreprises «mauvaises élèves» au chapitre de la responsabilité sociale, affichée sur le site Internet du ministère de l’Environnement et qui en avait prestement été enlevée. Xavier Bertrand était alors ministre en charge; sans doute la méthode avait-elle été jugée, pour le coup, «dure pour être dure». 

 Quelques années plus tard et à l’orée d’une présidentielle difficile, brandir la menace d’une peine de publication redevient donc tendance. On frémit à l’idée de ce que pourrait entrainer sa mise en œuvre, fatalement élargie. Pourquoi la justice se cantonnerait-elle en effet aux seuls «fraudeurs»; les surendettés, petits délinquants, toxicomanes et contrevenants au code de la route auraient très vite, eux aussi, l’honneur douteux de la publication, sans parler, car cela va sans dire, des délinquants sexuels. Dénoncés par l’Etat à la vindicte populaire et sans aucun droit à l’oubli, tous ces «voleurs du peuple» devraient le cas échéant affronter la conception de la justice de leur voisinage… Cela ne sent pas encore le bûcher, mais le goudron et les plumes ne sont pas loin.  

Xavier Bertrand est trop ministre pour l’ignorer et sa sortie n’en est que plus ignoble. Du moins a-t-elle le mérite de nous renseigner sur l’ordre social qui lui est cher, dur aux faibles et compréhensif aux puissants.

Elle dessine également sa vision de la justice, une justice dont la vertu tiendrait strictement à sa nature répressive, voire terrorisante. Cette conception s’est largement traduite durant la législature par plusieurs dizaines de modifications du code pénal et la multiplication de gadgets sécuritaires allant de la systématisation de la vidéo surveillance aux «voisins vigilants». Qu’y a-t-il au bout de cette course folle? La délation généralisée, le pilori aux carrefours des villes? Et après? 

La République a su abolir la peine de mort parce qu’elle a, enfin, constaté l’absence de lien entre la férocité de la peine et son efficacité; parce qu’elle a préféré la sérénité de la justice à l’exemplarité supposée de la vengeance.

Mais d’évidence, ce 26 janvier, dans les Vosges, Xavier Bertrand était davantage en mission de rabattage électoral qu’en mission de ministre de la République. Fraude lourde.

 

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 12:41
| Par Jade Lindgaard

Sans doute peu connu, Yves Marignac est l'un des experts sur l'énergie les plus actifs aujourd'hui en France. Consultant à but non lucratif sur les risques nucléaires et les politiques énergétiques, il rédige notes et études pour des acteurs institutionnels et associatifs. Il dirige Wise-Paris. Cette association a été fondée en 1983 pour mettre à disposition du public des informations sur l'énergie et faciliter ainsi le jeu démocratique. Il vient de contribuer au Manifeste Négawatt, livre tout juste publié par le réseau d'experts éponyme sur la manière de réussir la transition énergétique.

C'est le cinquième volet de nos entretiens en vue de la présidentielle de 2012, où nous demandons à des chercheurs et intellectuels de livrer leurs analyses.

Notre dépendance au nucléaire crée-t-elle un handicap pour le développement des énergies renouvelables, et plus largement, pour la transition vers un modèle plus économe et plus durable ?

Yves Marignac, à Paris, le 24 janvier 2012(JL) 
Yves Marignac, à Paris, le 24 janvier 2012(JL)

Yves Marignac. J’en suis convaincu. L’énergie dans un pays fait système. Il y a une imbrication très étroite entre l’organisation d’une société et son système énergétique. Le nucléaire, s’il ne représente qu’environ 17 % de l’énergie que nous consommons en France, est totalement structurant. Par exemple, la question des transports est éclipsée de presque tous les débats énergétiques, alors que la consommation d’énergie dans les transports n’a cessé de croître, et que notre gestion de l’espace s’est complètement organisée autour du tout-voiture.

Plus généralement, les grands acteurs du système ne savent pas appréhender la question énergétique dans le bon sens, c'est-à-dire en partant des besoins au lieu de l'offre.

Par ailleurs, la faillite de l'entreprise Photowatt, le retard français dans le développement de l’éolien, du photovoltaïque et de la biomasse, alors que la France possède le meilleur potentiel en Europe, ne s’expliquent que par le primat du nucléaire et la volonté de ne pas laisser ces alternatives lui prendre de la place. Ce n'est pas le nucléaire qui sert la politique énergétique mais l'inverse, d'où un débat systématiquement biaisé.

La France se caractérise par le monopole d’EDF sur le transport et la distribution de l’électricité – l’activité de production et de vente ayant été ouverte à la concurrence. Ce système unifié, intrinsèquement lié à notre conception du service public de l’énergie, ne rend-il pas difficile l’essor des énergies renouvelables ? Ne sera-t-il pas nécessaire de réformer ce système pour accélérer la transition énergétique ?

Autour de l’acteur EDF, on trouve une gestion unifiée du parc de production, du réseau de transport d’électricité, d’une très large partie de sa distribution mais aussi de l’ensemble des règles tarifaires – puisque une grande majorité des consommateurs restent dans le tarif régulé. Cela permet à l’acteur public de tirer toutes les ficelles. De là, tous les débats sur la réalité des coûts du nucléaire. Le tarif de l’électricité ne reflète pas les nécessités économiques en termes de coût de production, ni la nécessité des investissements massifs à venir dans la sûreté et le réseau. D’où la demande formulée aujourd’hui par EDF d’augmenter de 30 % les tarifs d’électricité.

Le système électrique est pensé en fonction du nucléaire et en défense de ce choix. La transition énergétique ne se fera pas sans réformer ce modèle. Historiquement, il s’est produit une sorte d’assimilation entre le choix nucléaire, le service public EDF et la protection des consommateurs français en termes de tarif d’électricité. Or il existe un capital énorme de sympathie pour le modèle du service public national, qui renvoie à l’héritage du Conseil national de la résistance. Ce sont des choses ancrées profondément, et qui sont intégrées comme participant de l’intérêt général. Le programme nucléaire est en partie assimilé à ce système.


Henri Proglio, PDG d'EDF, et Nicolas Sarkozy en 2010 (©Reuters) 
Henri Proglio, PDG d'EDF, et Nicolas Sarkozy en 2010 (©Reuters)

L’un des paradoxes de la situation actuelle, c’est qu’EDF s’éloigne de ce modèle, en se comportant de plus en plus comme un acteur privé jouissant d’un monopole public. Mais tout en conservant cette image extrêmement positive auprès des Français. EDF profite clairement de cette situation pour capter la rente que constitue le nucléaire historique et la détourner de l’intérêt général.

Une illustration de ce phénomène est donnée par la décision qu’EDF a prise, avec l’aval de son actionnaire l’Etat, fin 2010, d’inscrire dans le fond séparé de provisions pour le démantèlement futur des installations nucléaires la moitié de la valeur en actifs du réseau de transport d’électricité. Cela représente 2 milliards d’euros. Alors que ce fond est censé garantir les provisions disponibles pour le démantèlement, on y inscrit quelque chose qui, non seulement n’est pas disponible, et en plus fait partie des bijoux de famille de cet héritage de la nationalisation de 1946 !

Les Français ont payé le développement de ce réseau, paient sur chaque kWh des provisions pour le démantèlement. Mais cette décision va conduire, quand on va démanteler, à avoir le choix entre se séparer du réseau de transport, en clair le vendre au privé pour obtenir les liquidités, ou alors, payer le démantèlement une nouvelle fois ! Cela va, sans aucune contestation possible, contre l’intérêt général. Il n’y a eu aucun débat public sur le sujet.

Si l’on ajoute à cela le fait qu’EDF a comme principal intérêt aujourd’hui de défendre son parc nucléaire, de l’utiliser le plus longtemps possible à moindre coût, de résister au développement trop important des renouvelables et de la maîtrise de la consommation, on peut dire que ses intérêts vont contre l’intérêt général énergétique à long terme. Il y a donc un besoin urgent de réinventer un modèle pour le secteur, où l'on pourra préserver les acquis, en laissant de côté toutes les évolutions négatives des dernières années. L’acquis de service public est extrêmement important.

Ce qui manque, c’est le lien entre les échelons national et local. On a l’exemple de la mobilisation sociale dans la transition énergétique que facilite le caractère décentralisé du système allemand. Dès que les projets ont trait à une maîtrise publique locale ou coopérative, l’acceptabilité est beaucoup plus grande. Par exemple, il n’y a pas d’opposition aux fermes éoliennes développées dans le cadre d’une régie publique d’électricité.

On retrouve ici le lien auquel les Français sont attachés entre l’intérêt public et le développement des outils de production. Dans le cas du programme nucléaire, à partir du moment où l’équation économique est devenue mauvaise, et où le parc s'est trouvé en surcapacité, les choix faits se sont de plus en plus éloignés de l’objectif de moindre coût et de meilleur service pour la communauté. A l’inverse, au niveau local, le développement maîtrisé des outils de production peut se faire en lien avec les besoins. La décentralisation est indispensable car les gisements d’économie d’énergie et de renouvelables, qui sont à portée de main, sont locaux.

 

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy a débuté avec le lancement du Grenelle de l’environnement, d’abord encensé comme le lancement d’un « new deal » écologique, mais décrié désormais par les associations et mouvements écologistes pour ses faiblesses. N’était-il pas dès le départ condamné à l’inefficacité, du fait d’avoir exclu le nucléaire de son périmètre de réformes ?

Le Grenelle a été un vrai moment de concertation et de construction d’un consensus sur la question énergétique, avec des avancées réelles dans la réflexion et les objectifs. Mais cet espace de discussion n’a pu fonctionner que par le choix initial de laisser le nucléaire hors du champ. C’était fou puisqu’on voit que le nucléaire structure tout le reste et, en même temps, je fus le premier à considérer à l’époque que c’était peut-être une façon d’avancer sur les deux priorités de la transition énergétique : l'action sur les consommations d'énergie et le développement des renouvelables.


Nicolas Sarkozy et Al Gore, octobre 2007, lors du lancement du Grenelle de l'environnement (©Reuters/Philippe Wojazer) 
Nicolas Sarkozy et Al Gore, octobre 2007, lors du lancement du Grenelle de l'environnement (©Reuters/Philippe Wojazer)

En fait, le paradoxe s’est avéré mortel. Une fois le Grenelle terminé, l’administration et les politiques ont fait l’addition du Grenelle et du choix du nucléaire, comme si ces deux choses étaient compatibles. En réalité, elles ne le sont pas. Cela s’est traduit par un scénario énergétique improbable, élaboré par la Direction générale de l'énergie et du climat du ministère de l’écologie. Pour la première fois, les pouvoirs publics ont proposé un scénario de baisse immédiate de la consommation énergétique. Sauf que leurs prévisions tablaient à la fois sur le maintien du niveau nucléaire et sur 20 % d’énergies renouvelables – requis par nos engagements européens. Le problème, c’est que la somme de ces projections conduit à un fort excédent d’électricité.

La conclusion du ministère a été de boucler le scénario par une augmentation sans fondement du solde exportateur. La France, qui a connu un pic d’exportations de 70 TWh au début des années 2000, devait parvenir à exporter presque le double, 130 TWh, ce qui est hautement improbable dans un marché beaucoup plus libéralisé et fluide. Quand j’ai demandé quelle étude fondait la faisabilité de cet objectif, la réponse a été : aucune. C’était une façon de ne pas reconnaître que ces objectifs du Grenelle et le statu quo nucléaire étaient en fait contradictoires.

François Hollande veut ramener la part d’électricité d’origine nucléaire à 50 % en 2025, contre 75 % aujourd’hui. Cet objectif vous semble-t-il cohérent ?

Il y a une ambiguïté sur l'objectif à plus long terme, et une incohérence à plus court terme. Nous sommes pris dans un jeu de contraintes créé par la vitesse de réalisation du programme nucléaire français – 80 % des réacteurs ont été mis en service entre 1977 et 1987 –, par la durée de vie prévue à la conception de ces réacteurs, et la remise en question de leur sûreté après Fukushima.

Un objectif de fonctionnement sûr de ces tranches après 30 ans et jusqu’à 40 ans est aujourd’hui tout à fait incertain, sans parler des projections au-delà. Les “stress test” le montrent bien : il y a tout un travail à faire de réévaluation des exigences de sûreté. Par exemple, le processus de vieillissement des cuves de certains réacteurs est bien connu, et il renforce le risque d’accident.

50 % d’électricité en 2025 – sous réserve que la consommation d’électricité se stabilise – signifie la fermeture d’un tiers du parc. Le problème, c’est qu'avant 2027, juste deux ans plus tard, ce n'est pas un tiers du parc actuel mais 80 % des réacteurs qui atteignent 40 ans. Il n’est pas réaliste d’imaginer fermer la différence, soit la moitié du parc, en deux ans, entre 2025 et 2027.

Donc cet objectif pour 2025 soit devra être revu avec plus d’ambition, soit conduira à la construction de nouveaux réacteurs ou entraînera la prolongation de la durée de vie d’une quinzaine de réacteurs au-delà de 40 ans. Un tel prolongement paraît en l’état des connaissances extrêmement risqué. Je crois que c’est sincèrement que François Hollande s’est orienté vers cette position qu’il a perçue comme un compromis. Mais le compromis avec la sûreté n’est pas possible.

 

Avec les experts de l’association Négawatt, nous avons calculé que l’horizon de fermeture du parc actuel, à la fois nécessaire du point de vue de la sûreté et raisonnable du point de vue de la transition énergétique, se situe entre 2030 et 2035.

C’est une fenêtre très étroite. Surtout, elle ne pourra être atteinte que si l’on prend très vite la bonne pente. C’est-à-dire si on ferme rapidement des réacteurs, parce que dans un système où le nucléaire est en surcapacité, il faut faire de la place physiquement et économiquement aux énergies renouvelables, et aux actions efficaces de maîtrise de la demande d’électricité.

Si on ne fait pas ça, s’il n’y a pas d’impulsion forte pendant la prochaine mandature, c’est là que le risque d’échec est réel. Et le risque de se retrouver confrontés dans une dizaine d’années à un choix impossible, entre fermer les réacteurs sans avoir mis en place les solutions alternatives, ou les prolonger dans des conditions de sûreté dont on ne pourra pas nier qu’elles sont extrêmement dégradées.

 

Presque un an après l’accident de Fukushima, la façon dont on débat de l’énergie en France s'est-elle profondément modifiée ?

Le changement pour les experts non institutionnels comme moi est manifeste. Le besoin d’expertise existait déjà avant. Mais le choc de Fukushima est plus profond que ça. Depuis des années, et même des décennies, la politique énergétique française était un non-sujet politique : le nucléaire était installé dans l’esprit des gens, même s'ils n'y étaient pas nécessairement favorables. Les décisions étaient confisquées, du fait que les responsables politiques déléguaient avec beaucoup de satisfaction cette question technique qui ne les intéresse pas fondamentalement aux administrations et au Corps des Mines.

Pendant trois, quatre décennies, la politique énergétique s’est donc construite sur la politique nucléaire. C’était insensible aux alternances politiques. Je crois que cette parenthèse historique s’est refermée avec Fukushima, qui a créé un besoin plus profond de se dire qu’une alternative au nucléaire est possible. C’est insupportable pour la société française de se sentir condamnée au choix nucléaire et condamnée, peut-être, à une catastrophe. C’est manifeste dans l’évolution de l’offre politique en vue des prochaines échéances électorales.


La centrale de Fukushima Daiichi, en novembre 2011 (©Reuters) 
La centrale de Fukushima Daiichi, en novembre 2011 (©Reuters)


Pourtant les intentions de vote pour Eva Joly, la seule candidate à mener aussi volontairement campagne pour la sortie du nucléaire, sont très faibles dans les sondages. 

Il y a peut-être un paradoxe. Ce besoin qui s’exprime se joue dans d’autres mouvements politiques que le mouvement écologiste. Il se joue dans les débats qui s’ouvrent en interne, et dans les évolutions des hommes et femmes politiques. On l’a vu notamment au Parti socialiste, dans le cadre de la primaire, avec les prises de position très engagées de Martine Aubry, et celles, moins radicales mais qui rompent avec les lignes antérieures, de François Hollande. Ségolène Royal s’est aussi plus ou moins prononcée pour une sortie du nucléaire.

Du côté de la gauche du PS, les choses évoluent aussi fortement. Le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, s’exprime pour une sortie du nucléaire mais compose avec un Parti communiste dont la ligne officielle reste la continuation du programme.

Un véritable espace de débat s’est donc créé. Mais on constate aussi l’inculture massive des acteurs médiatiques et politiques. Par exemple, la plupart d’entre eux ne connaissent pas la différence entre l’énergie primaire et l’énergie finale, qui distingue la quantité d’énergie mesurée au niveau de la ressource de celle de votre consommation. Or la différence est extrêmement importante car, entre les deux, se joue tout le rendement de la chaîne énergétique. C’est-à-dire, la quantité d’énergie nécessaire pour produire et transporter l’électricité à partir de l’uranium, du pétrole, ou d'un rayon de soleil…

Or en France, une large part du débat tourne autour de la façon dont on cache ou révèle la très mauvaise performance du nucléaire : seulement 33 % de l’énergie libérée dans la chaudière nucléaire est livrée sur le réseau. Si bien que des pertes massives de chaleur se dissipent dans nos rivières et dans les airs. Ce sont ces grands panaches de vapeur qui s’échappent des fameuses tours aéro-réfrigérantes des centrales nucléaires.

Cette inculture énergétique forte des acteurs politiques, des médias et du grand public permet à certains mythes fondateurs de perdurer. Comme celui de l’indépendance énergétique.

 

Pourquoi parlez-vous de mythe ?

L’indépendance énergétique mesure le ratio entre l’énergie produite et consommée en France. Pour la calculer, on compte l’énergie produite dans les centrales nucléaires, les centrales hydro-électriques, l’éolien, le photovoltaïque… que l’on rapporte à ce que l’on consomme, déduction faite de la part d’électricité qu’on exporte. On y ajoute, enfin, tout le pétrole, le gaz et le charbon qu’on importe pour faire fonctionner nos voitures et nos chaudières.

Le chiffre officiel, c’est que la France produit à peu près 50 % de l’énergie qu’elle consomme. Ce taux a doublé par rapport à l’époque du premier choc pétrolier, où il était environ de 25 %. Or derrière cette vision très favorable, il y a deux conventions éminemment contestables : la première, c’est de prendre en compte l’énergie primaire et non l’énergie finale. Du coup, toute la chaleur gaspillée par les réacteurs du fait de leur mauvais rendement est comptée comme une énergie qu’on est content d’avoir produite et consommée. Le paradoxe, c’est que si on avait des réacteurs encore moins performants, avec 10 % ou 5 % de rendement seulement, on augmenterait complètement artificiellement cette indépendance énergétique !

La deuxième convention majeure dans ce calcul, c’est de considérer que l’énergie nucléaire est produite en France, en évacuant le fait que l’uranium qui sert à la produire est totalement importé. Ainsi, quand vous importez du pétrole brut, que vous le raffinez en France, et que vous le brûlez dans une centrale thermique pour produire de l’électricité, c’est comptabilisé comme une importation d’énergie. Mais quand vous importez de l’uranium, que vous l’enrichissez en France, et que vous l’utilisez dans une centrale pour fabriquer de l’électricité, c’est une production domestique.

Résultat : si on remplace ces deux conventions par un calcul en énergie finale, et en comptant l’uranium comme une énergie importée, on n’est plus sur une hausse de 25 % d’indépendance énergétique en 1973 à 50 % aujourd’hui, mais sur une baisse de 30 % en 1973 jusqu’à 15 % seulement aujourd’hui.

Ces deux conventions sont par nature deux représentations discutables du réel. Mais a minima, la seconde me paraît mieux représenter les enjeux de la situation actuelle. C’est un débat que les associations et les experts non institutionnels portent depuis des années. La comptabilité officielle ne changera pas parce que ce chiffre de 50 % a pris au fil des ans le statut d’un mythe. Il n’est plus discutable et sert de justification absolue à la poursuite du programme nucléaire. L’existence d’un lobby fort d’un côté, et l’inculture générale de l’autre, permettent de maintenir des biais incroyables dans l’analyse statistique de notre bilan énergétique.


Carte de France des centrales nucléaires (©ASN) 
Carte de France des centrales nucléaires (©ASN)

Pensez-vous que le nucléaire puisse jouer un rôle d’énergie de transition ?

La question est en effet aujourd'hui de savoir si le nucléaire, dont on ne peut plus raisonnablement soutenir qu'il est durable dans sa forme actuelle, est une énergie du passé ou une énergie de transition qui a sa place pour aller vers un autre système énergétique. Comme nous l'avons vu, le nucléaire est dans le cas de la France un obstacle à la transition énergétique.

À l'inverse, le pays le plus engagé aujourd’hui dans la transition énergétique est l’Allemagne. Il y a une cohérence entre la volonté réaffirmée de sortir du nucléaire, les ambitions que l’Allemagne se donne dans la maîtrise de l’énergie et la montée des renouvables, et un lien évident avec la façon dont les acteurs – la société civile, les politiques, les industriels – se mobilisent pour atteindre ces objectifs.

Ce qui est très frappant quand on compare les discours, c’est qu’en Allemagne les orientations politiques sont portées par une vision à long terme. En France, la vision qui structure la politique énergétique, c’est l’ambition de maintenir le choix nucléaire. On est allé au bout de cette perspective avec 75 % de nucléaire dans l’électricité, ce qui est sans équivalent dans le monde. On a poussé aussi loin que possible les usages de l’électricité, parfois de la façon la plus absurde comme avec l’équipement massif des bâtiments en chauffage électrique.

Ce système est à bout de souffle. Sa prolongation n’est pas une perspective pour faire avancer la donne énergétique.

On le voit dans l’évolution du bilan énergétique : nous ne parvenons pas à atteindre les objectifs que nous nous fixons. Part des renouvelables en 2010 fixée par la loi POPE en 2004, objectif de renouvelables et d’économies d’énergie pour 2020, horizon de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre en 2050 : nous ratons ces échéances ou sommes en mauvaise voie pour les respecter. Cela montre bien que le système n’est pas mobilisé vers les objectifs fixés. Il n’y a pas de tendances claires. Alors que la transition énergétique est chaque jour un peu plus une urgence, la seule tendance, c’est le statu quo.

 

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 12:28

 

Rue89 - Hep ! Facteur ! 06/02/2012 à 12h10

Florent Hayet | Etudiant a 3IS

 

Une poupée sur une boîte aux lettres (Marc Lagneau/Flickr/CC)

Ulrich et Gabrielle habitent une ferme perdue dans les collines de l'Ariège. Pour éviter de se déplacer jusqu'à la boîte postale la plus proche, à 5 km, ils ont trouvé l'astuce :

« Nous accrochons une pince à linge au clapet de notre boîte aux lettres, avec le courrier à l'intérieur. C'est une sorte de code : quand le facteur passe pour sa tournée quotidienne, il sait qu'il a une lettre à ramasser. Parfois, on laisse un peu de monnaie dans la boîte et c'est lui qui pose le timbre. »

La Poste, après avoir fermé ses bureaux de poste dans les campagnes, y fait disparaître les boîtes postales. Dans certains hameaux isolés, adieu les sorties pour mettre le courrier dans la boîte jaune de la place du village.

« C'est la rentabilité avant tout “

Jacques Drouhin, maire de Flagy et président de l'Association des maires ruraux de Seine-et-Marne, tente de voir le bon côté des choses :

‘Heureusement, il existe encore un esprit d'entraide dans les villages. Pour aller poster le courrier, on peut encore compter sur son voisin ou sur la secrétaire de mairie !

Mais il dénonce une véritable dégradation du service public dans le milieu rural’ :

‘Mauvaise distribution du courrier, moins de boîtes aux lettres, fin des cabines téléphoniques... c'est la rentabilité avant tout. Conséquence : les habitants se retournent vers le maire qui doit trouver des solutions.’

La Poste nie vouloir supprimer les boîtes aux lettres, et parle d'un ‘redéploiement’ :

‘Nous mettons les boîtes aux lettres là où les gens en ont l'utilité. Le chiffre de 130 000 boîtes postales en France reste stable. On a environ une boîte pour 500 habitants, c'est le ratio le plus élevé d'Europe. Alors quand on constate que la boîte n'est pas suffisamment remplie, nous décidons de la supprimer.’

L'entreprise de service public explique que la décision de suppression d'une boîte se fait dans les bureaux de poste, après ‘plusieurs instances de concertations entre les PTT et les élus locaux’.

La Poste faut sauter les boîtes, on attend le facteur

Une affirmation contestée par plusieurs élus. A Villeneuve-le-Comte, un village de Seine-et-Marne, la boîte aux lettres a été retirée sans aucune concertation avec la commune.

Les arguments avancés au maire sont confus : d'abord, la boîte est dite en ‘réparation’, puis, contactée par la mairie, La Poste évoque un ‘risque routier’ à l'endroit où elle est implantée, avant d'expliquer que la boîte n'était ‘pas rentable’. Le courrier se conclut par une phrase digne d'une entreprise privée :

‘En tant qu'entreprise responsable, La Poste se devait de maintenir une rentabilité économique afin de conserver son modèle social et la pérennité de son activité.’

Pourtant, la loi française rend obligatoire l'implantation d'une boîte aux lettres à moins de dix kilomètres de toute habitation. Les personnes âgées et à mobilité réduite seront-elles obligées de parcourir plusieurs kilomètres pour poster leur déclaration d'impôts ? Au service communication de La Poste, on a une parade :

‘Les habitants isolés des zones rurales pourront toujours donner leur courrier au facteur, lors de sa distribution.’

Autrement dit : si vous n'avez rien à faire de votre journée, attendez le passage du facteur...

 

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 17:25

LEMONDE | 04.02.12 | 14h55   •  Mis à jour le 04.02.12 | 17h16

 
 

Ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande, ni François Bayrou n'ont la solution miracle pour comprimer les 61 milliards d'euros de dotations aux collectivités locales, soit 20 % des dépenses de l'Etat. Pour sortir du déficit budgétaire, réduire ces concours reste pourtant un objectif impérieux.

Le ministère de l'économie souhaite les baisser de manière drastique. Dans la feuille de route de Bercy baptisée "Stratégie pluriannuelle des finances publiques"pour supprimer le déficit en 2016, il est prévu 6 milliards d'euros de dotations en moins sur la période. Le programme de l'UMP va jusqu'à promettre 10 milliards d'économie sur cinq ans.

Mais cet objectif paraît peu réaliste. A chaque coup de semonce contre leurs ressources, les associations d'élus sonnent le tocsin. "Réduire les dotations n'aurait qu'un effet très marginal sur la dette de l'Etat, mais contribuerait à accroître le chômage", prévient Michel Destot, président (PS) de l'Association des maires des grandes villes de France. A l'envi, les élus locaux répètent que les collectivités assurent 71 % de l'investissement public et remplissent les carnets de commandes des BTP.

Le gouvernement est toutefois parvenu à geler les dotations jusqu'en 2014. Mais le président de la République veut aller plus loin et brandit la menace de les "moduler" en fonction de "la sagesse" des collectivités "en matière de création de postes de fonctionnaires". Une telle mesure a toutes chances de se heurter au principe constitutionnel qui garantit la libre administration des collectivités locales. Le gouvernement n'a, par ailleurs, pas le mode d'emploi : "La modulation des dotations sur des critères de bonne gestion, on ne sait pas faire", prévient Jacques Pélissard, le patron (UMP) de l'Association des maires de France.

 

L'ETAT SUPPLÉÉ

Si l'Etat ne peut peser brutalement sur les dotations, il peut en revanche inciter les élus à baisser leurs dépenses. C'est la solution que préconise Gilles Carrez, président du Comité des finances locales. Moins les collectivités déboursent, explique le député (UMP) du Val-de-Marne, moins les impôts locaux grimpent, moins les dotations de l'Etat pour compenser les dégrèvements ou allégements de fiscalité locale destinés aux ménages et aux entreprises augmentent. Elles s'élèvent déjà à plus de 11 milliards d'euros.

Mais enclencher ce cercle vertueux n'est pas facile. François Bayrou s'engage à limiter la croissance des dépenses des "collectivités à 1 point, en volume", dit Robert Rochefort, vice-président du MoDem. Sans dire comment. François Hollande est moins draconien. Il garantit le maintien "des dotations à leur niveau actuel". Exclure toute hausse est déjà ressenti comme un effort par les collectivités, qui suppléent de plus en plus l'Etat dans ses missions, fait valoir l'équipe du candidat PS.

Béatrice Jérôme


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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 16:20

Économiste dialoguant avec la philosophie et les penseurs de la décroissance, Christian Arnsperger est l’auteur de L’homme économique et le sens de la vie. Petit traité d’alter-économie. Un titre de la collection « Petite Encyclopédie Critique » des éditions Textuel...

 

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Beaucoup de défenseurs du capitalisme ne voient pas clairement ses effets néfastes – écologiquement, socialement, humainement – et sont en tout cas convaincus que les vertus de ce système continuent à l’emporter sur ses défauts. Ce sont plutôt eux, les adolescents … Car en réalité, nous sommes entrés dans une phase dangereuse où les avantages mêmes de l’économie de marché capitaliste commencent à nous nuire. Elles se retournent notamment contre les cadres eux-mêmes, et bien souvent aussi contre les managers et les entrepreneurs. Ceux-ci devraient se voir de plus en plus comme les alliés des ouvriers et des employés dans une critique anthropologique et existentielle du capitalisme.

 

Critique anthropologique : nos objections au capitalisme vont devoir s’ancrer de plus en plus dans une réflexion sur l’humain, sur la condition humaine, sur ce qui nous permet d’être humains les uns envers les autres ou nous en empêche. Critique existentielle : nos révoltes envers le capitalisme auront à s’enraciner de plus en plus dans notre quête d’un sens de l’existence, d’un rapport heureux à nous-mêmes et entre nous. On peut paraphraser le mot « anthropologique » par ayant un rapport avec la question de l’humain et le mot « existentiel » comme ayant un rapport avec le sens de la vie.

 

L’une des marques du non-sens est que l’on continue à faire des choses qui ont depuis longtemps perdu leur sens initial. On est sur un mode mécanique, on continue à faire ce qui est convenu sans plus très bien savoir pourquoi on est là. S’éveiller à la réalité du non-sens peut être très douloureux. Dans les cas les plus extrêmes – qui, s’en étonnera-t-on, deviennent de plus en plus fréquents dans le climat économique d’aujourd’hui – l’éveil est empêché par l’addiction : on ne parvient pas à s’éveiller parce que cela signifierait purement et simplement la fin de ce que nous ressentons comme Notre Vie, avec un « N » et un « V » majuscules. Pour celui qui est « accro », s’éveiller veut dire mourir.

 

Toutefois, même dans les cas moins extrêmes où l’éveil impliquerait un inconfort passager, rester dans les mécaniques convenues est un moyen d’éviter, de fuir la douleur du non-sens. La meilleure parabole pour illustrer cela se trouve dans Le Petit prince de Saint-Exupéry, quand le petit garçon demande à l’ivrogne ce qu’il est en train de faire. « Je bois », répond l’homme. « Et pourquoi bois-tu ? », rétorque le petit prince. « Pour oublier. » « Pour oublier quoi ? » La réponse de l’homme perce alors le cœur du lecteur : « Pour oublier que je bois. » N’avons-nous jamais vécu ce genre de dialogue intérieur ?

 

La critique, une fois devenue anthropologique et existentielle, cesserait-elle d’être idéologique ? Pas du tout. Elle l’est forcément ; elle ne peut pas ne pas l’être. Quiconque prétend penser a besoin d’un cadre, de principes directeurs, d’orientations qui permettent à la fois de raisonner et d’agir. En ce sens neutre, l’idéologie est une nécessité existentielle. Mais nous sommes aujourd’hui entrés dans une situation inédite où, en raison des acquis de trois siècles de capitalisme et de l’aiguisage des techniques de performance, de productivité et d’efficacité, la scission entre idéologie pro-capitaliste et idéologie anti-capitaliste nous traverse chacun et chacune, personnellement. Nous sommes doubles, nous sommes dédoublés, nous sommes tiraillés.

 

Nos sociétés contemporaines nous immergent depuis des siècles dans un système capitaliste, dans une culture capitaliste et dans une existence capitaliste. Loin de n’être qu’un ensemble de règles et de mécanismes, le capitalisme nous propose bel et bien un rapport intime à nous-mêmes, une visée de sens et de dépassement. Dans le contexte qui est le nôtre, chaque personne est habitée par un « capitaliste intérieur » et un « alternatif intérieur ».

 

Dès lors, c’est bien en menant de front, simultanément, les aspects de changement anthropologique individuel avec les enjeux collectifs de la transformation institutionnelle, qu’on pourra entrevoir l’autre économie, l’autre richesse – celle qui est associée à notre condition humaine et aux valeurs de notre modernité, mais que le capitalisme social-démocratique nous a fait perdre de vue.

 

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Christian Arnsperger est l’auteur de L’homme économique et le sens de la vie. Petit traité d’alter-économie (144 pages, 9,90 euros, octobre 2011). Il est maître de recherche au Fonds national belge de la recherche scientifique et professeur à l’Université catholique de Louvain. Il a notamment publié aux éditions du Cerf : Critique de l’existence capitaliste (2005) et Éthique de l’existence post-capitaliste (2009).


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