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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 16:01

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Préjugés

Comment démonter le mythe de la pseudo « France des assistés »

par

 

 

 

En 2013, la fraude aux cotisations sociales patronales – que les employeurs doivent payer à l’État – a coûté entre 20 et 25 milliards d’euros à la France. 70 fois plus que la fraude aux prestations sociales, qui s’élève à 350 millions d’euros ! L’évasion fiscale est, elle, cent fois supérieure s’il on prend en compte l’une des estimations les plus basses. Pourtant ce ne sont pas les patrons fraudeurs ni certaines grandes fortunes qui tentent de ne pas contribuer à l’impôt à la hauteur de leurs revenus qui sont le plus pointés du doigt... Mais bien souvent celles et ceux qui bénéficient de la solidarité nationale. Au mieux ce serait des assistés, au pire des paresseux, voire des fraudeurs.

- Lire aussi : Cotisations sociales : pourquoi les patrons fraudeurs sont si rarement poursuivis

Pourtant, sur les 2, 4 millions de personnes qui ont bénéficié du RSA en 2014, on trouve 1% de fraudeurs. Faut-il, à cause de ces 1%, « durcir les règles pour tous les autres ? », interroge le court métrage « Assistanat : un mythe qui ronge la solidarité » de la série #data-gueule réalisée par Première ligne et France Télévisions [1].

« 40% des personnes touchant les minima sociaux peinent à trouver un emploi stable » rappellent Julien Goetz et Sylvain Lapoix, co-auteurs de la vidéo. 96% sont même en recherche active de travail. Mais ils sont soit trop jeunes, soit trop vieux, soit pas assez diplômés, ou alors ils vivent trop loin des offres d’emploi : telles sont les raisons pour lesquelles qu’ils ne trouvent pas de travail. Non pas qu’ils ont la flemme de travailler ou que le RSA leur rapporterait davantage. Seul 1% des personnes touchant les minima sociaux disent qu’il serait moins rentable pour eux de travailler.

50% des chômeurs vivent avec moins de 500 euros par mois, soit moins de la moitié du seuil de pauvreté, situé aux alentours de 1000 euros mensuels pour une personne seule. La part des dépenses contraintes des personnes pauvres (logement, électricité, téléphone...) est passée de 23 % en 1979 à 52% aujourd’hui. Cette par incontournable du budget des ménages se situe aux alentours de 33% pour le reste de la population. Les auteurs de la vidéo révèlent par ailleurs que les personnes pauvres paient des assurances plus cher. Côté téléphone, comme elles ne peuvent investir dans des forfaits, les personnes désargentées s’achètent des cartes, ce qui donne une minute téléphonée 50% plus cher.

 

Les aides sociales sont des droits, pas des privilèges

Autre sujet abordé par le court-métrage : le non recours aux prestations sociales par des personnes qui y ont pourtant droit. 60 à 70% des personnes qui pourraient bénéficier de l’aide au paiement d’une complémentaire santé ne la demandent pas. La moitié des personnes en situation de percevoir le RSA ne le demande pas. Dans son dernier rapport, le Secours catholique explique que chez les étrangers les taux non-recours sont nettement plus élevés que parmi les Français. « Le manque d’information, ou une moindre maîtrise du français expliquent vraisemblablement ces écarts. Le taux élevé de non-recours des étrangers tend aussi à démontrer que contrairement à certaines idées reçues, ceux-ci ne viennent pas en France pour bénéficier de prestations sociales mais pour d’autres motivations. »

 

« Ces aides sont des droits, et non des privilèges, insiste Nina Schmidt, de lobservatoire des inégalités [2]. Ils sont inscrits dans notre Constitution. » Les personnes pauvres ne sont pas les seules à bénéficier de la solidarité nationale. Du côté de l’éducation, les enfants de cadres en jouissent largement. « À l’université, pour l’ensemble des filières, les enfants de cadres sont trois fois plus présents que les enfants d’ouvriers et plus on s’élève dans les années, moins les jeunes de milieux populaires sont présents. Dans les classes préparatoires et les écoles d’ingénieurs, c’est huit fois plus. Dans les écoles normales supérieures, les enfants de cadres sont vingt fois plus représentés que ceux d’ouvriers », décrit l’observatoire des inégalités. Et si, plutôt que de pointer du doigt des populations déjà affaiblies, on assumait les besoins de solidarité ?, proposent les auteurs de « Assistanat : un mythe qui ronge la solidarité ».

 

Lire aussi : Impôts, fraude, assistanat, vote réac : ces préjugés sur les pauvres qui ne supportent pas l’épreuve des faits

 

 

 

Notes

[1« Assistanat : un mythe qui ronge la solidarité », co-production France télévisions - Premières lignes, écrit par Julien Goetz et Sylvain Lapoix, réalisé par Henri Poulain.

[2Interviewée par les auteurs de « Assistanat : un mythe qui ronge la solidarité ».

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 15:53

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Alternatives agricoles

Zéro pesticide, travail collaboratif, permaculture : le pari réussi d’un collectif de vignerons anonymes

par

 

 

Que cache ce « collectif anonyme » de vignerons ? Une joyeuse bande qui opère, depuis quelques années dans les Pyrénées-Orientales, une petite révolution dans le monde viticole français. Vignerons et vigneronnes adeptes du bio y expérimentent un mode de production alternatif, depuis la taille de la vigne jusqu’à la mise en bouteille. La philosophie de ce « collectif anonyme », soucieux de ne pas attirer l’attention sur le travail d’une seule et unique personne : utiliser le savoir-faire traditionnel, la permaculture, et leurs propres essais afin de produire des vins de qualité.

Au fond d’une impasse de Port-Vendres, dans les Pyrénées-Orientales, deux portes bleues marines. Aucun signe distinctif si ce n’est un gros van noir sur lequel est apposé le logo du collectif anonyme, un tire-bouchon limonadier semi-ouvert qui vient rappeler le « A » de « anarchie ». Tout est calme. Loin de l’agitation de la veille, quand Kris et ses deux partenaires, Julia et Jackie, ont mis en bouteille les 650 hectolitres de leur millésime 2015 de grenache gris et blanc, soit plus de 800 bouteilles. A l’intérieur de l’ancien garage dont les murs ont été repeints à la chaux et les poutres à l’huile de lin, on est indéniablement dans un chai. Et plutôt atypique.

Dans une des pièces, on trouve une machine pour le triage des grappes à la main, un pressoir à grains activé par une bicyclette fixée au sol, des barriques en chêne, et quelques-unes en plastique. Dans une autre, encore des cuves et des barriques, ainsi qu’un petit bureau. Le matériel a été acquis sur des sites d’occasion. Dans la chambre froide, les cartons de commandes sont prêts à l’envoi, partout « où les gens ont de l’argent et ont soif » plaisante Kris, un des membres du collectif. Nul besoin de négocier avec une grande surface ou une enseigne de cavistes : leur production s’écoule entièrement grâce au bouche à oreille et aux réseaux sociaux.

 

Entretien sans pesticides, récolte et pressage à la main

Le collectif anonyme est un groupement d’intérêt économique (GIE) qui produit du vin naturel (ou vin nature) depuis 2012. Il est propriétaire d’une partie des 10,5 hectares de vignes qu’il cultive, certains en métayage, d’autres en fermage [1]. En 2014, ils ont bénéficié d’une aide à l’installation. Kris a le statut d’exploitant agricole, Julia et Jackie sont cotisants solidaires. Les vignobles, achetés grâce à l’argent qu’ils ont gagné en travaillant pour d’autres vignerons, sont tous en coteaux. Dispersés autour de Banyuls, surplombant la Méditerranée, ils sont naturellement protégés du vent local, la tramontane. Ils ont aussi été choisis méticuleusement, car le relief qui empêche toute mécanisation sied à la philosophie du groupe : vendanges manuelles, transport en hottes, pressage à la main.

 

Le sol schisteux, caractéristique de la région, plutôt riche bien que légèrement acide, et les ceps de vieilles vignes sont protégés de l’érosion par le « gazon », des herbacées que le collectif laisse volontairement pousser. Ils désherbent une à deux fois par an afin de maintenir cet humus protecteur. « Nous avons semé du trèfle souterrain pour en faire un couvre-sol, mais nous avons finalement décidé de travailler avec des herbes graminées naturelles et locales. Elles meurent en été, ne sont pas très hautes et concurrencent efficacement l’espace aux plantes invasives », explique Kris. En yourte ou en caravane, c’est au milieu de leurs vignes qu’ils habitent, afin de limiter les coûts et leur consommation énergétique.

 

« Trouver la meilleure manière d’exprimer les raisins »

Il fait 16°C en ce jour d’automne. La brise maritime caresse les pieds de grenache noir, gris et blanc, de carignan, de syrah et mourvèdre. Pour cultiver ces cépages, le collectif s’est lancé dans le « bio-scientifique ». « Nous utilisons un bricolage de permaculture, de biodynamie et de pratiques traditionnelles pour trouver la meilleure façon d’exprimer nos raisins. Mieux vaut ne pas être trop spécifique et beaucoup expérimenter. » Ils ont essayé de faire pousser des cultures vivrières – pois chiches, pommes de terre et carottes – entre les vignes afin d’étudier les relations que différentes plantes établissent entre elles, de manière à s’entraider. « C’était une belle expérience » nous dit Kris, mais cela « représentait trop de travail à réaliser sérieusement et à grande échelle. On a dû laisser tomber ».

En conversion depuis cinq ans, leurs vignobles n’ont depuis connu aucun pesticide. Contre les prédateurs naturels de la vigne, tel que l’oïdium, le collectif utilise du soufre, du Fenugrec, de la Prêle des champs – qui pousse naturellement près d’une source sur une des parcelles – en bouillie, du limonène contre les termites, du bicarbonate de potassium et parfois, juste sur les pieds de carignan, un peu de bouillie bordelaise. L’équipe s’attache à marcher très régulièrement dans les vignes afin d’observer la bonne croissance des plants. Ils contrôlent aussi la canopée. La pré-taille a commencé le 1er décembre, la taille débutera en début d’année 2017. Entretemps, les vignerons en profitent pour aller dans des salons de vin nature, comme la « Raw Wine Fair » de Berlin.

 

« Apprendre en faisant »

Le collectif propose des vins tranquilles [2] de qualité. Un « vin de niche », une micro-cuvée « 100 % manuelle, artisanale, bio et collaborative » précise Kris. Contrairement à la plupart des producteurs de vin nature, le collectif s’autorise une infime quantité de sulfites : « Nous n’aimons pas les vins aériens, trop homogènes. Nous aimons qu’il y ait du corps et de la diversité. Nous sommes doublement des moutons noirs ! » ajoute-il en souriant – « Mouton noir » étant le nom donné à l’un de leurs millésimes de rouge. « Par rapport aux vignerons conventionnels, pour des raisons évidentes, mais aussi pour ceux qui produisent du vin nature, car lorsque cela nous semble nécessaire pour des raisons gustatives, nous ajoutons une petite dose de sulfites et nous ne faisons pas de macération carbonique. Cela demande du travail, de surveiller le vin, mais un petit peu d’oxydation leur donne de la structure. » Le collectif travaille sans œnologue : « Nous ne voulons pas imiter, mais suivre nos envies. »

Anarchistes revendiqués, de par leur formation militante et leurs parcours entre l’Australie, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France, ils ont « appris en faisant ». Les membres du collectif précisent qu’ils sont « anonymes » parce que leurs vins et leurs pratiques les représentent tous et toutes et que leur « structure collaborative » les protège « contre les hiérarchies et le patriarcat ». Devenus vignerons par « accident », ils ont préféré l’autogestion plutôt « que de continuer à travailler pour quelqu’un d’autre ». Les noms de leurs vins – « Beau Oui comme Bowie », un Collioure rouge, 90% syrah-10% grenache, ou « Redrum », 80% grenache-20% carignan – inspirés par leurs goûts cinématographiques ou musicaux, ont été choisis collectivement. Ils dessinent aussi leurs étiquettes. « Le vin pour nous, c’est un produit complet, comme un objet d’art. Pour une bouteille entre 18 et 22 euros, celui ou celle qui boit notre vin mérite quelque chose de beau ! », s’enthousiasme Kris au moment de la dégustation. Pour le Collectif anonyme, fabriquer du vin, dans ces conditions, c’est « le meilleur métier du monde ! »

Texte et photos : Julie Chansel

 

 

 

Notes

[1Le métayage est un type de bail rural dans lequel un propriétaire, le bailleur, confie à un métayer le soin de cultiver une terre en échange d’une partie de la récolte. Le fermage est un type de bail rural dans lequel un propriétaire, le bailleur, confie à un preneur, le fermier, le soin de cultiver une terre pendant une période longue de neuf à trente ans, en échange d’un loyer annuel fixe (source : Wikipédia).

[2Les vins tranquilles sont les vins qui ne forment pas de bulles lors de l’ouverture de la bouteille. Ils sont l’inverse de ce que sont les vins effervescents. La plupart des vins sont tranquilles (source : Wikipédia).

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 15:43

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

Trois ans après leur licenciement, les Gad du Finistère reclassés dans la précarité

Par Rachida El Azzouzi

 

 

C’était un des plans de licenciement les plus violents et médiatiques du quinquennat Hollande, qui donnera naissance à un mouvement social improbable : les Bonnets rouges. L’abattoir porcin de Gad dans le Finistère était liquidé, laissant sur le carreau 900 ouvriers dans une Bretagne ébranlée par la crise de l’agroalimentaire. Trois ans plus tard, la majorité a été reclassée dans la précarité.

C’était une journée aux frontières de la dépression, une de plus. La semaine de ses 37 ans. Il faisait froid, déjà l’hiver, elle avait marché une heure sous le crachin pour conduire sa fille à l’école. De retour dans le pavillon, seule, trempée, elle s’était résolue à allumer le chauffage tout en redoutant la facture. La télé en fond sonore, les bottines encore aux pieds, elle tombait de sommeil sur le canapé en faux cuir acheté à crédit avec Sofinco. « Fatiguée de tout. » Et la perspective de fermer les yeux – elle qui ne dort plus la nuit – la soulageait un peu. Elle allait ne plus penser. Ne plus ressasser : le papier peint qui se décolle, le frigo vide, le découvert, les 20 euros pour finir le mois, le loyer qu’elle ne sait plus payer en une fois, l’ex qui n’a versé aucune pension alimentaire depuis la séparation, les Restos du Cœur qui disent qu’elle n’est pas éligible aux colis alimentaires, l’assistante sociale aux abonnés absents, l’aîné qui fait son caïd, sèche le collège et ce permis de conduire qui ne vient toujours pas « alors qu’[elle] n’est pas plus con qu’un autre ».

Trois ans que Christelle Becam mise son avenir sur ce passeport pour l’emploi dans une contrée rurale où « sans voiture, sans permis, tu n’as aucune chance ». En vain. Elle a claqué plus de 2 000 euros dans une cinquantaine d’heures de conduite et dans cinq examens qu’elle a ratés à chaque fois. « À cause du stress, du chômage qui m’a fait perdre toute la confiance en moi », dit-elle en détournant son regard cerné par les tourments. Trois ans qu’elle n’a pas repris le chemin du travail. Trois ans qu’elle sent « la société » s’éloigner d’elle. Trois ans qu’elle se réduit à un numéro d’allocataire, une étiquette sur le front : chômeuse longue durée. Depuis que Gad, l’abattoir de cochons, fleuron de Lampaul-Guimiliau, sur la route des enclos paroissiaux dans le Nord-Finistère, a fermé, la laissant sous le calvaire, elle et 888 salariés. C’était le 11 octobre 2013, leur « 11-Septembre ». Un nouveau drame social après les “Doux”, “Tilly-Sabco” dans cet extrême Ouest ébranlé par la fin du « miracle agricole breton » – où l’agroalimentaire, le principal employeur, dévisse et plonge dans l’angoisse du lendemain des milliers de familles dans un rayon de quelques kilomètres.

Trois ans après leur licenciement, une majorité de Gad vit reclassée dans la précarité © Rachida El Azzouzi

Trois ans après leur licenciement, une majorité de Gad vit reclassée dans la précarité © Rachida El Azzouzi

Après huit mois de procédure devant les tribunaux, l’abattoir était liquidé sur l’autel de la crise porcine, du dumping social allemand et de la mauvaise gestion de l’actionnaire majoritaire, la coopérative légumière Cecab. Pas de repreneur. Celui de Josselin, dans le Morbihan, 755 CDI, où une centaine d'intérimaires roumains travaillaient pour moins de 600 euros, était préservé. Le début de trois semaines à haute tension où la France découvrait l'exaspération qui monte autour des travailleurs européens low-cost et assistait à cette séquence terrible, dix jours plus tard, lorsque la classe ouvrière et ses syndicats s’entredéchiraient à coups de poing. C'était à la sortie de l'abattoir de Josselin, bastion de la CFDT. Les Gad de Lampaul-Guimiliau, citadelle acquise à FO comme beaucoup d'abattoirs bretons, qui réclamaient de meilleures indemnités de licenciement, étaient venus bloquer le site. « En représailles », la direction du site a envoyé 400 Gad Josselin au front forcer le barrage… Les Gad du Finistère étaient venus « ouvrir les yeux » de leurs camarades du Morbihan, « les prochains sur le trapèze », assuraient-ils. Et ils ne se sont pas trompés. Un an plus tard, l’abattoir du Morbihan était sur la sellette, placé en liquidation. Contraint et forcé par l’État qui le menaçait d’une très grosse amende pour pratiques illicites auprès de ses fournisseurs, le groupe Intermarché reprendra le site pour l'euro symbolique mais pas tous les salariés : 225 prendront la porte, les autres garderont leur emploi mais au prix de conditions de travail devenues encore plus infernales…

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 16:46

 

 

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr

 

 

 

Besançon : une manifestation pour dire stop à l'évasion fiscale

 

L'évasion fiscale coûterait entre 60 et 80 milliards d'euros aux finances de l'Etat. Une manifestation était organisée à Besançon pour dénoncer la complicité des banques. 

 

  • Par Raoul Advocat
  • Publié le , mis à jour le

 

 

 

© France 3 Franche-Comté / C. Lepoittevin

© France 3 Franche-Comté / C. Lepoittevin

 

Une trentaine de militants écologistes et altermondialistes a pris d'assaut la façade d'une agence bancaire de Besançon. Une "parade des paradis fiscaux", sans violence, en musique et avec humour. A la tête de la troupe, un faux banquier avec un gros cigare. En réalité, une caricature pour dénoncer la complicité des banques dans l'évasion fiscale.

L'opération menée par ceux que l'on surnomme "les faucheurs de chaises" s'est déroulée dans plusieurs villes de France. 

L'évasion fiscale représenterait chaque année un manque à gagner de 60 à 80 milliards d'euros aux caisses de l'Etat, et par conséquent aux contribuables français.

 

 

En musique et dans la bonne humeur, des manifestants ont investi la façade d'une banque pour protester contre l'évasion fiscale. Reportage : L. Ducrozet, Cédric Lepoittevin, V. Gendrot. Montage : G. Guillot.

 

 

 

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr

 

 

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 16:29

 

 

Source : http://www.charentelibre.fr

 

France

La France surdotée en fonctionnaires? Pas vraiment

Par , publié le .

 

 

 

La France surdotée en fonctionnaires? Pas vraiment

nfographie CL

 

La question va sans doute dominer le débat lors de l'élection présidentielle: la France emploierait trop de monde dans son secteur public, si on en croit le programme développé par le désormais candidat de la droite, François Fillon, qui veut supprimer 500.000 postes dans ce secteur, soit un sur dix.

 
 

Or, une étude menée par Xavier Timbeau, directeur de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), organisme de recherche indépendant, publiée sur le site Alterecoplus montre que la France n'a pas plus de fonctionnaires que les autres pays, si on rapporte leur nombre à celui de la population.

A cette aune, l'Hexagone se situe dans la moyenne haute derrière les pays nordiques, et au niveau de l'Allemagne et des USA, si souvent vantés...

Depuis la publication dans notre édition papier de mardi, cette infographie circule beaucoup sur les réseaux sociaux, à l'initiative du député PS Benoît Hamon.

 

Merci à la @charentelibre pour cette infographie éclairante sur les délires de @FrancoisFillon à propos des agents de la fonction publique.

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 16:35

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

Les parlementaires dénoncent l'«usage détourné» de l'état d'urgence

Par Jérôme Hourdeaux

 

 

 

Alors qu'un projet de loi de prolongation de l'état d'urgence visant à couvrir jusqu'aux législatives a été présenté en conseil des ministres, la commission de suivi parlementaire publie un rapport faisant le bilan d’un an d’application : l'état d'exception s'éternise et ses mesures sont détournées pour des missions ordinaires de maintien de l'ordre.

 

 

Alors que le gouvernement étudie, samedi 9 décembre en conseil des ministres, un nouveau projet de loi de prolongation de l’état d’urgence, le Parlement a mis en ligne un rapport tirant les leçons de l’année écoulée sous cet état d’exception et pointant plusieurs dérives et menaces pour la démocratie.

Mise en place lors de la première loi d’état d’urgence, sur une proposition du président de la commission des lois de l’Assemblée Jean-Jacques Urvoas, la commission de suivi parlementaire de l’état d’urgence effectue depuis plus d’un an un travail de compilation statistique des mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence. Informée « en temps réel » par les ministères de l’intérieur et de la justice, elle publie régulièrement sur son site les données brutes mais également des comptes-rendus d’audition ou encore des rapports d’analyse, comme celui mis en ligne samedi.

Ce rapport, déjà évoqué par Le Monde, est sans doute l’analyse la plus complète de l’application concrète de l’état d’urgence en France depuis le 14 novembre 2015, au lendemain des attentats de Paris et Saint-Denis. Long de 141 pages, il permet de confirmer deux tendances. Tout d’abord, les principales mesures qu’il permet, les perquisitions administratives et les assignations à résidence, se concentrent dans les jours et semaines qui suivent un attentat. Le reste du temps, c’est un état d’urgence de basse intensité, mais bien réel, qui s’est appliqué. Un état d’urgence qui semble devenir un outil ordinaire pour le pouvoir administratif, au risque de se substituer au droit commun. Face à cette « routinisation » de l’état d’exception, et pour limiter les dérives, les parlementaires formulent une série de propositions.

 

Les perquisitions administratives

Au total, entre le 14 novembre 2015 et le 14 novembre 2016, environ 4 200 perquisitions administratives ont été menées sur ordre des préfets. Dès la première semaine, 890 avaient déjà eu lieu, et le 30 novembre, ce chiffre avait déjà grimpé à 2 000, soit près de la moitié du total. « Entre le 14 novembre 2015 et le 25 mai 2016, ce sont quelque 3 750 perquisitions qui ont été réalisées », précise le rapport.

À cette date, une nouvelle loi de prolongation de l’état d’urgence avait suspendu cette mesure. À l’époque, il s’agissait d’organiser une sortie progressive de l’état d’urgence, notamment grâce à l’adoption de la loi du 3 juin 2016 renforçant la lutte contre le crime organisé. Le 14 juillet, le président de la République François Hollande annonçait que l’état d’urgence ne serait pas renouvelé. Mais le soir même, la France était de nouveau frappée par l’attentat de Nice. Et le lendemain, le chef de l’État annonçait que l’état d’urgence serait finalement prolongé et renforcé, avec notamment un retour des perquisitions administratives.

Dans les deux semaines qui ont suivi l’adoption de la nouvelle loi de prolongation, le 21 juillet, « le rythme des perquisitions a retrouvé un niveau proche de la fin de l’année 2015 avec une vingtaine de perquisitions par jour », indique le rapport. « Ce rythme s’est nettement ralenti au début du mois de septembre, montrant une nouvelle attrition de la mesure. »

L’efficacité directe des perquisitions administratives en matière de lutte contre le terrorisme est très faible. « Depuis le début de l’état d’urgence, les perquisitions administratives ont conduit à 61 procédures pour des faits en lien avec le terrorisme. Depuis le 1er décembre 2015, le parquet de Paris a ouvert 20 enquêtes pour association de malfaiteurs en matière terroriste à la suite des perquisitions administratives (…). Sur cette même période, s’y ajoutent quelque 41 procédures pour des faits d’apologie du terrorisme ou, depuis juin 2016, pour des faits liés à l’extraction, la reproduction ou la transmission de données faisant l’apologie du terrorisme et la consultation de site invitant au terrorisme ou faisant son apologie. »

Mais cette efficacité toute relative est totalement assumée par les responsables auditionnés par la commission. Le but des perquisitions administratives n’est pas de s’attaquer directement aux réseaux responsables des attaques ayant frappé la France. Sa principale utilité réside dans la collecte d’informations réalisée à cette occasion. « Même s’il n’est pas quantifiable, le renseignement recueilli à l’occasion de la réalisation de ces opérations de police administrative constitue sans doute l’un des principaux apports de l’état d’urgence, comme l’ont mis en exergue plusieurs personnes entendues par la commission », explique le rapport...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Lire aussi

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 22:33

 

 

Source : http://www.midilibre.fr

 

Les urgences du CHU de Nîmes bientôt en grève

 

il y a 11 heures

GUILLAUME RICHARD

 

Les urgences du CHU de Nîmes bientôt en grève

 

 

L es agents vont entamer un mouvement reconductible dès mardi, à l'appel de Force ouvrière.

Illustration d'un ras-le-bol massif des salariés du CHU, les agents des urgences ont décidé de se mettre en grève, mardi 13 décembre, dès 8 heures du matin. "Cela fait six mois qu'on fait des réunions et six mois qu'on n'avance quasiment pas, déplore Alain Soler (FO). 80 % des agents en ont tellement marre qu'ils ont décidé de faire grève".

 
 

200 à 220 personnes par jour aux urgences

"Ils se sont même organisés pour se relayer sur un piquet durant pendant 24 heures. Ils comptent en profiter pour évoquer leur situation avec les gens, devant l'entrée de l'hôpital. Et ils n'excluent pas de prolonger le mouvement pendant les fêtes." Les motifs de colère ne manquent pas : "conditions de travail inadaptées, manque de personnel, mauvaise qualité de prise en charge des patients. Cela se ressent d'autant plus que les urgences accueillent 200 à 220 personnes par jour, contre 140 il y a quelques années." Pour ce qui est des revendications, "le personnel demande un aide-soignant et une infirmière en plus, un changement d'organisation pour raccourcir les délais d'attente, et le respect de la vie privée (rappel des agents en repos)." 

Cette grève aux urgences serait la première depuis plusieurs années à Nîmes. Elle illustre les tensions au CHU, mais pas seulement. Ce jeudi, les délégués FO de douze établissements de santé du Gard ont rencontré le représentant de l'Agence régionale de santé (ARS), à Nîmes. "Il manque du monde de partout, dans les centres hospitaliers, dans les Ehpad, en psychiatrie, lance Alain Soler. On nous répond que les moyens ont été accrus mais ce n'est pas ce qu'on constate."

 

 

La direction se défend

Du côté de la direction, on rappelle que "le CHU a négocié avec l’ARS une progression de sa masse salariale à + 3 % chaque année. Soit + 10,86 % d’équivalents temps plein (ETP) entre 2012 et 2016, ce qui correspond à 440 postes en plus.

Cela permet la mise en place de nouvelles activités mais aussi occasionnellement le renfort d’effectifs dans certains services ; ainsi, les effectifs des urgences ont progressé de +34 ETP en 2013 pour accompagner et anticiper la progression de l’afflux aux urgences. Pour le budget 2017, on prévoit la création de 48 postes en année pleine."

 

 

 

Source : http://www.midilibre.fr

 

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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 22:08

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

Aux Etats-Unis, l’Etat de Washington porte plainte contre Monsanto

Le Monde.fr avec Reuters |

 

 

Le procureur général affirme que le groupe a produit des PCB « pendant des décennies tout en cachant ce qu’il savait des dégâts causés par ce produit chimique toxique ».

 

 

Monsanto était le seul producteur de PCB aux Etats-Unis de 1935 à 1979, a déclaré le procureur de l’Etat de Washington.

’Etat américain de Washington a annoncé jeudi 8 décembre avoir déposé une plainte contre Monsanto. Cet Etat du nord-ouest du pays demande des dommages et intérêts liés à la production de polychlorobiphényles (PCB) de 1935 à 1979.

 

Dans un communiqué, le procureur général Bob Ferguson affirme que Monsanto a produit des PCB « pendant des décennies tout en cachant ce qu’il savait des dégâts causés par ce produit chimique toxique à la santé humaine et à l’environnement ».

Un temps largement utilisés pour isoler les équipements électriques et dans les peintures et les mastics, les PCB ont été liés à des cas de cancer, des perturbations du système immunitaire et à d’autres problèmes de santé.

Monsanto, qui produit notamment des semences génétiquement modifiées et des pesticides, a jugé que la plainte déposée auprès de la cour supérieure du comté de King était infondée. « Cette affaire est hautement expérimentale car elle cherche à attaquer un fabricant pour avoir vendu un produit chimique utile et légal il y a quatre à huit décennies de cela », a dit dans un communiqué le vice-président du groupe, Scott Partridge.

 

Lire aussi :   Monsanto accusé de « crimes contre l’humanité et écocide » par un tribunal international citoyen

 

600 sites de contamination

La fabrication de ces composants a été interdite aux Etats-Unis en 1979. Monsanto était le seul producteur de PCB de 1935 à 1979, a précisé le procureur. La plainte déposée contre Monsanto et deux de ses filiales, Solutia et Pharmacia, s’accompagne d’une demande de dommages et intérêts pour les dégâts causés aux ressources naturelles de l’Etat et l’impact économique subi par ses résidents.

« Des PCB ont été trouvés dans des baies, des rivières, des sources, des sédiments, dans les sols et dans l’air dans tout l’Etat de Washington, avec plus de 600 sites de contamination suspectée ou confirmée, du détroit de Puget à la rivière Wenatchee, du lac Spokane à la Baie du Commencement », a-t-il déclaré.

Monsanto fait l’objet de plaintes similaires dans au moins huit autres villes de la côte ouest.

 

Lire aussi :   Monsanto, un demi-siècle de scandales sanitaires

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 21:36

 

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Les faucheurs de chaises repartent à l’action contre l’évasion fiscale

9 décembre 2016 / Baptiste Giraud (Reporterre)

 

 

 

 

L’an passé, les faucheurs de chaises avaient « réquisitionné » plus de deux cents sièges dans des agences bancaires pour dénoncer l’évasion fiscale. L’un d’entre eux, Jon Palais, comparaîtra en justice le 9 janvier après une plainte de BNP Paribas. Alors que Jérôme Cahuzac a été condamné à trois ans de prison ferme pour fraude fiscale, les militants organisent ce weekend une cinquantaine d’actions partout en France.

 

 

 

  • Bordeaux (Gironde), correspondance

Les faucheurs de chaises sont de retour dans les banques. Et ils n’ont pas perdu leur imagination. À Paris, début novembre, ils ont repris Stromae avec « Argent où t’es ? ». La semaine dernière, ils ont organisé une distribution de soupe bio. À Lyon, ils ont fait un cours sur l’évasion fiscale « à l’école des faucheurs de chaises ». À Biarritz, un dernier et inédit numéro de l’émission Apostrophes. À Bordeaux, le tribunal populaire de l’évasion fiscale. À Toulouse, un «  Question pour un champion de l’évasion fiscale ». Et même à Saint-Nazaire un Fraudathon, le « téléthon des fraudeurs fiscaux ».

Mais, cette année, les règles sont légèrement différentes. Les activistes d’ANV COP21, Bizi !, Attac, les Amis de la Terre, et du syndicat Solidaires Finances publiques, ne « fauchent » plus de chaises comme ils l’ont fait durant toute l’année 2015, de Bayonne à Paris. Ces chaises symbolisaient les milliards d’euros soustraits au contrôle public, et ne devaient être rendues qu’après rapatriement de ces sommes. Mais « c’est un vrai enfer à gérer une fois qu’on les a sur les bras », glisse un militant.

Toujours de manière non-violente et à visage découvert, ils apportent cette fois leur propre siège pour « faire le siège » des banques. En occupant le plus longtemps possible le hall des agences, jusqu’à ce que la police arrive ou que les employés ferment boutique. Entretemps, leur cible s’est précisée : la BNP Paribas. Pourquoi elle ? Ce pourrait être parce qu’elle est la banque française qui possède le plus de filiales dans les paradis fiscaux (plus de 200, selon eux). Mais, en l’occurrence, c’est surtout à cause de la plainte qu’elle a déposée à l’encontre de Jon Palais, militant pour le climat et faucheur de chaises de la première heure. Ce dernier comparaîtra le 9 janvier prochain au tribunal de Dax pour « vol en réunion ».

 

« La BNP a plus à y perdre qu’à y gagner » 

Pourquoi lui ? « On n’en sait rien », avoue l’accusé. Les faits remontent au 19 octobre 2015. Ce jour-là, 41 faucheurs de chaises étaient entrés dans une agence BNP parisienne et en étaient ressortis deux minutes plus tard avec 14 chaises sous les bras. Jon Palais était alors le porte-parole de l’action. À cette période, la BNP était visée en raison de ses sept filiales aux Iles Caïmans, dans lesquelles aucun personnel n’était employé. « C’était flagrant, on demandait leur retrait », raconte Jon Palais. Quelques temps plus tard, la direction de la banque recevait les associations, avant d’annoncer la fermeture de ces filiales en mai, en catimini...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 18:16

 

 

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L’ex-sous-préfète de Grasse condamnée à trois ans de prison ferme

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

Dominique-Claire Testart est accusée de corruption dans un dossier d’urbanisme qui concerne un hôtel de luxe.

 

Dominique-Claire Testart, à la sortie du tribunal de Nice, en octobre 2013.

 

C’est un jugement exceptionnel, du fait de sa sévérité mais aussi parce qu’il sanctionne une fonctionnaire dont la mission première est de représenter l’Etat – de l’incarner même. Le tribunal correctionnel de Nice a condamné, mardi 6 décembre, Dominique-Claire Testart, ancienne sous-préfète de Grasse (Alpes-Maritimes), à trois ans de prison pour corruption. La peine est assortie de 20 000 euros d’amende et d’une « interdiction définitive d’exercer une fonction publique ». La sentence est conforme aux réquisitions du parquet, lors du procès qui eut lieu début novembre.

 

Mme Testart, qui aura soixante ans dans quelques jours, est accusée d’être au cœur d’un pacte de corruption dans lequel sont également impliqués un marchand de biens, Marcel Gelabert, et celui qui était son mari au moment des faits, Jean-Jacques Mallemanche. Les soupçons portent sur un projet d’urbanisme dans lequel Mme Testart serait intervenue avec zèle, en contrepartie de la promesse faite à son ex-époux de percevoir une commission de 200 000 euros.

En 2009, M. Gelabert acquiert, pour 18 millions d’euros, le Mas d’Artigny, un hôtel-restaurant quatre étoiles perché dans un site grandiose au-dessus de Saint-Paul-de-Vence. Assez vite, il souhaite le revendre et empocher, au passage, une plus-value. Son but, dès lors, est d’obtenir le classement en zone constructible de terrains entourant l’établissement, afin d’augmenter la valeur de celui-ci. Mais pour qu’une telle décision soit prise, il faut, au préalable, qu’une piste dite de « défense des forêts contre l’incendie » (DFCI) soit aménagée. En mai 2011, au cours d’un déjeuner au Mas d’Artigny, M. Gelabert, qui connaît le couple Testart-Mallemanche depuis plusieurs années, parle de son projet à la sous-préfète, trois mois après que celle-ci soit entrée en fonction à Grasse.

 

« Extrême gravité »

Selon l’accusation, qui s’appuie sur des lettres et des témoignages de fonctionnaires, Mme Testart va alors prendre de multiples initiatives pour que la procédure parvienne à son terme. En octobre 2012, notamment : elle dit au préfet des Alpes-Maritimes qu’elle est « particulièrement favorable » à ce que celui-ci prenne un arrêté pour instituer une « servitude de passage » et permettre ainsi l’ouverture d’une voie DFCI. L’arrêté sera finalement pris – puis annulé, à la suite du recours d’un riverain devant le juge administratif. L’hôtel-restaurant, lui, ne sera pas vendu. Et la commission de 200 000 euros, quant à elle, ne sera pas versée.

Mais cela ne change rien aux reproches adressés à la sous-préfète. Elle « s’est fortement impliquée dans le traitement de ce dossier », écrit le tribunal correctionnel dans une version provisoire de son jugement, que Le Monde a pu consulter : l’enquête, complète-t-il, montre que les interventions de Mme Testart étaient « atypiques ou anormales » et avaient un « lien avec ses relations personnelles et d’amitié avec Monsieur Gelabert ». Elle « a mélangé des considérations d’ordre général et des intérêts privés », poursuit le tribunal, en rappelant qu’elle a été invitée à déjeuner à plusieurs reprises par le propriétaire du Mas d’Artigny, dans son restaurant (les frais de bouche se chiffrant à 1 648 euros, entre mai et octobre 2011). Et si Mme Testart s’est montrée aussi active, c’est parce qu’elle occupait une place centrale dans l’« arrangement consistant à prévoir la remise d’une somme de 200 000 euros, en contrepartie du traitement particulier par elle du dossier de la piste [DFCI] ».

Pour le tribunal, l’infraction est non seulement établie mais revêt, de surcroît, une « extrême gravité », puisque les fonctions de Mme Testart « requièrent une probité sans faille ». C’est pourquoi la condamnation prononcée à son encontre s’avère lourde (trois ans fermes). Son ex-mari, lui, se voit infliger un an de prison et une amende de 20 000 euros. Quant à M. Gelabert, déjà condamné en 1992 pour corruption, la peine est de deux ans d’incarcération et de 100 000 euros d’amende.

 

Sorties nocturnes

Durant le procès, d’autres faits troublants ont été évoqués, portant notamment sur des cadeaux remis à Mme Testart par un entrepreneur, Joseph Garelli, ou par la femme de celui-ci : plantation d’oliviers dans la résidence privée de la sous-préfète, participation à l’achat d’un violon (« d’une valeur de 7 900 euros »), octroi d’un bon de 550 euros pour un soin dans un spa… Les débats au cours de l’audience ont également abordé les sorties nocturnes du fils de Mme Testart, qui furent payées par un autre chef d’entreprise, Patrick Innocentini, un ami d’enfance de M. Garelli, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt dans le cadre d’une autre affaire. Les enquêteurs s’étaient demandés si toutes ces faveurs avaient été consenties pour que Mme Testart donne un coup de pouce dans l’organisation de triathlons, en 2012 et en 2013. Mais le tribunal, considérant qu’aucun élément tangible accréditait cette thèse, a relaxé, sur ce point, la sous-préfète.

Ceux qui ont croisé Mme Testart décrivent une femme « pleine d’humour », « atypique » sur le poste qu’elle occupait à Grasse – son premier en qualité de sous-préfète. Elle a ensuite été nommée préfète de la Creuse en 2013, pour quelques mois seulement, puisque le gouvernement l’a placée hors cadre en août de la même année.

Après sa sortie de l’ENA en 1987, elle avait été administratrice civile au ministère de l’économie puis elle avait bifurqué, durant plusieurs années, dans le privé, devenant notamment vice-présidente de Thales International. Aujourd’hui, elle a réintégré son corps d’origine, à Bercy.

« Nous allons interjeter appel de la décision », confie MAndré Bezzina, l’avocat de Mme Testart. La peine prononcée, dit-il, est « extravagante », « disproportionnée ». Pour lui, le dossier est « totalement bancal » et ne repose que sur du « ressenti », des « sensations ». Aucune preuve n’a été apportée, selon lui, sur le pacte de corruption : « On a gonflé cette affaire comme une montgolfière, il n’y a rien. Pas le moindre euro n’a été versé et le Mas d’Artigny appartient toujours à M. Gelabert. » MBezzina ne comprend pas que sa cliente soit inquiétée alors même que deux autres protagonistes, tout autant concernés qu’elle par l’opération d’urbanisme, ne l’ont pas été : le prédécesseur de Mme Testart, qui avait « initié » la procédure relative à la piste DFCI, et le préfet des Alpes-Maritimes, qui prit un arrêté en octobre 2012 en vue d’aménager cette voie.

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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