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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 21:01

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Le blocage s'ancre au Havre

19 mai 2016 | Par Mathilde Goanec
 
 
 

Depuis mardi 12 mai, les dockers, les portuaires, les pétroliers et les cheminots sont entrés dans la danse au Havre, l’un des points les plus névralgiques de l’économie française. Manuel Valls se dit prêt à faire intervenir les forces de l’ordre pour lever les blocages.

En contrebas du pont de Tancarville, on aperçoit leurs silhouettes massives dans l’aube naissante. Plusieurs dizaines de semi-remorques squattent depuis mardi les voies d’accès au Havre, confinant dans une sorte d’atmosphère ouatée le premier port commercial français. Les ronds-points de l’entrée du centre-ville portent également les stigmates des actions qui secouent la ville depuis trois jours. Troncs d’arbres calcinés fumant encore sur les pelouses, « 49.3 » tracé à la bombe sur les panneaux de signalisation, et autocollants anti-loi sur le travail, semés ici ou là. Pas de doute, au Havre, la contestation est montée d’un cran.

 

Blocage du port, au Havre, contre la loi sur le travail, le 19 mai 2016 © MG Blocage du port, au Havre, contre la loi sur le travail, le 19 mai 2016 © MG


À mesure que le jour se lève, se dévoilent dans le ciel clair les panaches de fumée noire, comme autant de routes momentanément transformées en impasses, à coups de pneus ou de palettes brûlés. Sur le port, dès 5 h 30, les militants CGT sont sur place. « C’est parti, et on n’a pas l’intention de s’arrêter, prévient Reynald Kubecki, responsable de l’union locale CGT. On a déjà bloqué 8 ou 9 jours depuis le début du mouvement mais désormais, les journées s’enchaînent et ça, le Medef et l’IUMM détestent. Ils appellent la sous-préfecture pour se plaindre… » Reynald Kubecki liste les premiers effets de cette grève reconductible : « Chez Renault, les véhicules ne sortent pas des ateliers, toute la métallurgie manque de pièces, Total commence aussi à être en difficulté. Le port fonctionne, mais ce n’est pas terrible, on peut décharger les bateaux, mais aucun camion ne circule, le trafic fluvial est au point mort depuis mardi. »
 
Adrien, Aymeric et Maïté discutent, l’immeuble bleu de la cité portuaire barrant dans leur dos l’accès à la mer. Le premier est à la CGT, le deuxième est non syndiqué, la troisième à la FSU. « Je suis prof, confie la jeune femme, aujourd’hui je suis gréviste mais sinon j’essaie de passer avant d’aller bosser. Clairement, on a beaucoup fait grève depuis la rentrée sur la réforme du collège, et dans l’éducation nationale, le mouvement a tendance à s’essouffler. » Adrien est encore en formation d’officier de marine marchande, pas question de faire grève pour donner du grain à moudre à son « futur patron ». « Mais ici, grève et blocage ont tendance à se confondre, dit-il. Tout le monde sait bien que si on bloque correctement le port, c’est toute la chaîne qui se grippe. »

 

 

Maïté, professeure au Havre © MG Maïté, professeure au Havre © MG


Juché sur le rebord de la passerelle, un malin écrit des gentillesses à l’intention du président du port maritime du Havre. « Martel, dis au ministère que les portuaires ne lâcheront rien. » Vu leur statut, les salariés du portuaire ne sont pourtant pas directement concernés par les évolutions contenues dans la loi El Khomri. « Sauf qu’on est puissants syndicalement au Havre, et donc on se mobilise pour les autres, et surtout pour nos enfants », explique Thomas, salarié du port. Les « autres », sa femme y compris. Employée dans un salon de coiffure, la compagne de Thomas ne craint pas la sanction pécuniaire si elle débraie, mais la perte des à-côtés, obtenus jusqu’ici au prix d’une bonne entente avec son employeur. « Les congés accordés, le samedi non travaillé, tous ces petits trucs qui comptent et se monnaient… », raconte son conjoint. « Le problème, c’est que les gens n’ont pas une vision assez large des choses, tant qu’ils peuvent bouffer et partir en vacances, ils restent focalisés sur leur foyer. Mais quand même, le 49-3, faut réagir ! »
 
Si au Havre, le mouvement décolle, c’est aussi parce que les dockers sont entrés dans la danse. Longtemps repliés sur leur corporation, cultivant savamment leur image de gros durs, les dockers n’en sont pas moins des membres assidus des luttes sociales collectives menées au Havre depuis une dizaine d’années. « C’est lié à un changement de génération, mais aussi à un rapprochement de leur statut, proche de l’intermittence finalement, du régime général, explique Arnaud Lemarchand, économiste et universitaire au Havre. Par exemple, pour eux qui raisonnent en “site”, à l’échelle du port, l’injonction de négocier au niveau de l’entreprise est très contradictoire. »

 

 

Les dockers au « pont 5 » © MG Les dockers au « pont 5 » © MG


De fait, au « pont 5 », l’une des entrées de l’immense port marchand, les dockers sont à 7 h 30 déjà bien installés. Jeu de cartes, tables, et grillades, la journée s’annonce longue. Les voitures font demi-tour. À pied, on rejoint un second point de blocage, longeant des avenues de conteneurs jusqu’au terminal de l’Atlantique. Impossible de photographier cet arbre immense qui tombe, pour servir de bûcher de fortune aux dockers. « On ne parle pas aux journalistes, pour vous, nous sommes toujours coupables, vous feriez mieux de vous en aller. » Le même sort est réservé à un duo de femmes plutôt âgées qui tentent de forcer le barrage avec leur voiture. « Vous êtes les vingtièmes médecins qu’on laisse passer depuis ce matin, ça commence à bien faire », s’énerve un docker. « Ça vous a pas suffi d’avoir un mort ? », rugit illico la vieille dame, faisant allusion à l’accident mortel de mercredi, causé par un camion roulant à contresens sur la voie rapide, près d’un blocage routier, et qui a provoqué le décès d’un automobiliste. « Ça n’a rien à voir avec nous et vous le savez bien ! On se bat pour vos enfants, alors si c’est pas clair, cassez-vous ! »
 
Chemin retour, émaillé par les cris de joie d’une bande de travailleurs à l’uniforme orange, qui jouent au foot au pied de l’immense bâtiment EDF du port. « Nous sommes de la Codah [communauté de l’agglomération havraise – ndlr], on ramasse les poubelles, répond à travers un grillage l’un d’entre eux. On soutient mais on n’est pas en grève. De toutes les façons, nos camions ne sortent pas, depuis samedi dernier les poubelles ne sont pas collectées ! » Et ça, « les gens n’aiment pas », confirmera une autre salariée de l’agglomération, rencontrée plus tard dans la ville, chasuble CGT sur le dos, gréviste.

 

« Un début de défragmentation du mouvement social »

La matinée avance, il ferait presque chaud maintenant sous le pont métallique qui ouvre sur la zone industrielle de « La Breque », à Harfleur, commune collée au Havre. De là, un bras de terre accueille plusieurs fleurons de l’industrie française, dont le fabricant de nacelles pour l’aéronautique Aircelle, propriété de Safran. Des grévistes bloquent l’accès des voitures, mais laissent passer les salariés qui souhaitent travailler. Le directeur est là également, avec ses adjoints, soucieux « de la sécurité des lieux ». L’ambiance est néanmoins bon enfant. « Vous êtes devant, c’est vous qui bloquez monsieur le directeur ! », charrie un gréviste.

 

La direction de Aircelle devant le blocage © MG La direction de Aircelle devant le blocage © MG

 

Jean-Michel Dubos, directeur d’Aircelle, confirme « les très bonnes relations sociales » dans l’entreprise. Qu’est-ce que la loi sur le travail apporterait à son entreprise ? « Plus de flexibilité, sur le temps de travail notamment. Nos entreprises françaises sont soumises à un contexte international difficile, il faut arriver à les faire progresser. » Pour le directeur, le blocage du pont 8 est le fait d’une « toute petite minorité », ce qui n’empêche pas « les ralentissements de la production, de la conception, et de notre service après-vente ». « On essaie de minimiser l’impact financier en jouant sur les 3×8, les gens viennent sur leur temps libre », explique Jean-Michel Thieusselin, secrétaire général CGT Aircelle.

À côté de lui, Ludovic, ouvrier chez Total, l’immense raffinerie implantée à La Breque. « Chez nous, il n’y a presque plus de produit qui sort. On envisage même l’arrêt général de la raffinerie, mais pour ça, il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton, ça prend minimum une semaine. » Dans les stations-service du Havre, l’essence commence à manquer. Chez Exxon Mobil ou Chevron, les blocages ont également perturbé l’activité pétrolière locale, qui alimente depuis Le Havre un tiers de la consommation française, dont Paris. « Si la CIM [premier groupe français de stockage pétrolier – ndlr] s’y met sérieusement, c’est tout l’ouest de la France qui part en carafe ! », pronostique un journaliste local.
 
En grève elles aussi, les salariées de l’entreprise de nettoyage industriel, GDF Neptune. Beaucoup de temps partiel, payés au Smic, et une grosse angoisse sur la baisse de majoration des heures supplémentaires. « C’est comme ça qu’on survit », explique l’une des employées, qui casse la croûte pas loin des ouvriers d’Aircelle. « C’est pas contre notre entreprise qu’on est là, tempère Dominique Seytour, la déléguée centrale CGT. Mais contre la loi El Khomri ! » L’élue communiste havraise Nathalie Nail raconte de son côté la présence de grévistes dans les « petites boîtes », « livreurs de surgelés ou vendeurs chez Conforama », au sein du mouvement, même en l’absence de syndicats.
 
Retour au centre-ville du Havre, bel et bien transformé par l’inertie productive de ces trois derniers jours. « On dirait un dimanche matin », note un passant. Les 26 points de blocages montés jeudi ont fait leur effet. Ils sont pourtant momentanément délaissés pour permettre à la manifestation du jour, lancée par l’intersyndicale professionnelle, de se déployer au centre-ville. C’est la septième du genre depuis le début du mouvement.
 
Le cortège rassemble aux abords de la maison des syndicats des salariés du public et du privé, des jeunes, des cheminots, quelques chômeurs, des professeurs d’université… La présence policière est très discrète, même si le défilé se densifie lorsqu’il rejoint près du canal les carrés des portuaires, suivi par l’imposant cortège des dockers. Au total, plusieurs milliers de personnes foulent la pelouse du tramway, jusqu’à l’hôtel de ville. En chemin, quelques cailloux sont envoyés sur la façade d’une banque, et des fumigènes inondent de fumée le balcon de la sous-préfecture, sans provoquer réellement d’émoi. À l’arrivée, déploiement sur la place de l’hôtel de ville. Les responsables de l’union locale CGT en profitent pour faire applaudir les 80 grévistes CFDT de l’entreprise de construction Gagneraud, qui ont bloqué un accès le matin, alors même que leur syndicat national n’appelle à aucune forme d’action contre la loi sur le travail.

 

La manifestation du 19 mai dans le centre-ville du Havre © MG La manifestation du 19 mai dans le centre-ville du Havre © MG


De retour sur les blocages, les AG décident de la poursuite ou non du mouvement. La plupart sont reconduits, et la paralysie du Havre devrait se poursuivre au moins jusqu’à la fin de la semaine. « Mais Le Havre seul ne pourra pas tirer tout le monde », note un habitant. « Il y a une vraie tradition de lutte ici, liée à l’histoire du Havre et à son tissu industriel, rappelle Nathalie Nail. Les organisations syndicales sont solidement implantées. » L’élue souligne aussi le ciment apporté par plusieurs plans sociaux récents, qui ont permis de consolider l’intersyndicale locale. « Ça marche très fort, il y a une vraie solidarité entre les syndicats, et entre les professions, comme l’alliance entre les portuaires et les dockers, malgré l’apparente division des deux corps, confirme Arnaud Lemarchand. Mais Le Havre tout seul ne va pas changer la donne. » Au Havre, les formes de mobilisation parallèle n’ont pas fait florès. La Nuit debout a donné lieu à une seule poussée éruptive, en forme de concert spontané sur la place de la mairie, liée notamment à l’implication du rappeur Médine, gloire locale des « quartiers hauts ».
 
« Ça n’a pas pris mais je crois que, comme moi, les gens attendent que quelque chose se passe, veut croire Sami Fouadh, éphémère adhérent au PS, sympathisant de Nouvelle Donne, et impliqué dans la tentative de monter une Nuit debout au Havre. Alors que le sentiment de résignation était longtemps très fort, les gens recommencent à sortir dans la rue, à se mobiliser. Pour le CPE, on pensait que c’était plié, et pourtant la loi n’est pas passée. » Alain, syndicaliste pur jus de chez Aircelle, ne dit pas autre chose : « Aujourd’hui, on sent l’insurrection monter, ça fait longtemps que je milite à la CGT mais je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi fort. Et on a du mal à canaliser, les gens sont à saturation. »
 
Dans ce contexte, les propos de Manuel Valls, jeudi matin, se disant prêt à faire intervenir les forces de l’ordre pour lever les blocages des ports, des raffineries et des routes, ont été très mal accueillis. « On ira jusqu’au retrait, on ne va rien lâcher », assure Reynald Kubecki près du port. « On ne sait pas ce que tout ça va donner et si on va gagner ou pas, conclut Arnaud Lemarchand, présent également dans le cortège sous les couleurs du Snes. C’est ce moment imprévisible où ça peut aller dans un sens ou l’autre. Mais on sent un début de défragmentation du mouvement social. C’est déjà quelque chose. »

 

 

Au Havre, le 19 mai 2016 © MG Au Havre, le 19 mai 2016 © MG
 
 
 
 
 
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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 20:50

 

Source : https://paris-luttes.info

 

 

Analyse et réflexion Contrôle social

 

K-way noirs et chasubles rouges doivent avancer ensemble

 
 

Appel à visibiliser la présence des syndicalistes au sein du cortège de tête, avec ou sans affrontements, pour faire mentir les médias, l’État et les bureaucrates qui voudraient nous diviser.

À Paris, le mouvement social contre la loi Travail n’a pas été, jusqu’au 12 mai 2016, le théâtre d’affrontements violents entre les manifestants offensifs et les autres, notamment ceux qui défilent au sein des cortèges syndicaux. Si quelques attitudes ont pu être à déplorer, notamment lors de la manifestation du 24 mars, les organisations syndicales, y compris au niveau de l’intersyndicale nationale, ne se sont jamais vraiment dissociés des « casseurs ». On a même vu une solidarisation très rapide avec les victimes des violences policières quelles qu’elles soient. Lors de la manifestation du 9 avril, partie de Stalingrad et censée rejoindre Bastille, un service d’ordre « spontané » composé de militants de la CGT et de Solidaires a même fermé le cortège pour empêcher les flics d’y entrer. Au Havre, les camarades de la CGT-Ports & Docks ont fait savoir à la préfecture que, à chaque fois qu’un lycéen serait arrêté et convoqué par la police, le port serait bloqué. Une attitude louable, étonnante au premier abord, qui a permis des manifestations solides, à l’unité plutôt chouette.

Jusqu’à ce 12 mai 2016… où des manifestants et le service d’ordre de l’intersyndicale se sont tapés dessus. Je ne reviendrai pas sur les motivations des uns et des autres, sur l’entêtement du carré des dirigeants syndicaux à vouloir garder à tout prix la tête de la manifestation, sur l’inconséquence de les caillasser ou de les qualifier de « flics » et de « collabos »… Et je n’ouvrirai pas, non plus, le débat visant à savoir si la déclaration de la préfecture de police était bien un piège tendu au mouvement social parisien, sur qui a donné le premier coup, etc. En revanche, comme beaucoup, avec ou sans carte syndicale, j’ai trouvé ça lamentable… Lamentable parce que contre-productif, parce que, pendant ce temps, les flics se frottaient les mains et nos gouvernants pouvaient se féliciter que, ça y est, enfin, l’unité de départ, certes fragile, pouvait commencer à exploser sérieusement. Nos ennemis rigolaient et trépignaient de joie pendant que certains se tapaient dessus et que les autres les regardaient, pris entre deux feux. En fin de manif, pourtant, la répression a bien montré qu’elle concernait tout le monde et qu’elle ne faisait pas la différence entre les manifestants : les cagoulés ont bouffé les gaz en même temps que les encartés, les camions syndicaux ont essuyé des tirs tendus de grenades et, sur le retour, après la nasse, tout le monde a subi les mêmes contrôles et les mêmes fouilles…

Ne tombons pas dans le piège une nouvelle fois. N’offrons pas aux flics et aux politiques le plaisir de nous voir saborder le mouvement social, n’offrons pas aux pontes syndicaux qui voudraient tant garder la bride sur les manifestations les raisons – même illégitimes – d’envoyer leurs services d’ordre cogner sur ceux qui ne veulent pas défiler comme eux. Ne stigmatisons ni ceux qui font le choix de balancer des projectiles sur les flics ni ceux qui préfèrent le « confort » d’un défilé derrière les banderoles et les camions syndicaux (arrêtons les remarques du style « cortèges merguez de merde », c’est méprisant et ça ne sert à rien). Le mouvement social a besoin de toutes les forces militantes et son unité commence par le respect de la diversité des tactiques, des apparitions et des expressions.

Pour contredire les médias et l’État qui essaient de nous diviser entre bons et mauvais manifestants, pour faire cesser la tension montante au sein des cortèges, commençons par montrer aux flics qui encadrent et provoquent les manifestations, aux politiciens qui nous pointent du doigt et à tous les spectateurs, amis ou ennemis de notre classe, que, si, au sein du fameux cortège de tête il y a aussi des syndiqués, des syndicalistes. Que, non, le cortège de tête n’est pas ce groupe de personnes « en marge de la manifestation » qu’on lit dans les journaux, et que, si l’on peut discuter le principe de vouloir systématiquement prendre la tête – parfois au détriment d’autres composantes pourtant tout aussi légitimes –, sa présence traduit néanmoins l’envie de nombreux manifestants de s’exprimer différemment, en assumant une certaine forme de conflictualité et en refusant de laisser les flics nous impressionner ou nous conduire là où ils veulent.

Alors, camarades syndicalistes déterminés, quand nous choisissons de rejoindre le cortège de tête, n’hésitons pas à garder nos chasubles, nos stickers, nos drapeaux et visibilisons notre présence. Non pas pour récupérer quoi que ce soit – ou alors, abstenez-vous –, mais pour donner tort à nos ennemis (ceux-là qui dirigent l’État, les médias bourgeois, les partis politiques) et aux intolérants sectaires en tout genre (ceux de nos organisations syndicales qui voudraient nous imposer leur respectabilité démobilisatrice ou les antisyndicalistes primaires pétris d’une pseudo-radicalité insurrectionnelle). Quand sur les photos du cortège de tête se côtoieront vraiment, fraternellement et en nombre, les K-way noirs Wanabee et les chasubles rouges aux logos syndicaux (qui, parfois, le temps d’un affrontement, peuvent aussi se retrouver sous un K-way…), alors nous les acculerons au mur de leurs manipulations et nous leur prouverons, notamment par l’image et le spectacle, mais aussi dans nos pratiques, que nous sommes bel et bien tous et toutes solidaires et que, au-delà des choix que nous avons fait, au-delà des structures au sein desquelles nous avons ou non choisi de nous organiser, nous sommes une masse unie, digne et prête à en découdre.

Guillaume
Un syndicaliste CGT

 

 

 

Source : https://paris-luttes.info

 

 

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 21:30

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Social

Ressources (in)humaines : Politis flingue le « système Free »

 

 

 

 

Licenciements pour fautes fictives, fichage, pressions et harcèlements... l’hebdo consacre une enquête très critique aux pratiques sociales au sein de l’opérateur télécoms.

 

Politis consacre ce jeudi un gros dossier critique à la gestion du personnel chez Free (dont le fondateur et principal actionnaire, Xavier Niel, est copropriétaire de l’Obs, dont fait partie Rue89)  : «  Fichage de salariés, licenciements montés de toutes pièces, répression syndicale...  », telles seraient les pratiques chez l’opérateur télécoms selon l’hebdomadaire.

 

Couverture du jeudi 19 mai 2016

Couverture du jeudi 19 mai 2016 - Politis

Le dossier porte d’abord sur le plan Marco Polo, nom de code de la fermeture progressive d’un site marseillais. Politis s’appuie sur un listing de 45 salariés, «  fichés par les ressources humaines et progressivement poussés vers la sortie  ». Ce fichier nominatif répertorie les situations des salariés et les méthodes envisagées, comme «  dossier à construire pour faute  » ou «  clause mobilité  ».

Les journalistes ont également vu des mails montrant que les DRH sont conscients du risque de requalification en PSE (plan de sauvegarde de l’emploi)  ; en conséquence ils veulent éviter des ruptures conventionnelles «  pour ne pas créer de doutes sur l’hypothèse d’un plan social économique déguisé  ».

 

Harcèlements

La grande majorité des témoignages du dossier de Politis sont anonymes, une des exceptions étant Giorgio Mariani, ancien responsable des ressources humaines du site marseillais. Il a exécuté cette politique de pression sur les salariés pour les pousser au départ, qui parfois s’est soldée par une pseudo-faute commise volontairement par l’employé contre une somme d’argent.

Diverses pratiques de harcèlement ont été utilisées  : «  Détérioration des conditions de travail, isolement physique et moral, demandes floues et répétées suivies de reproches, jeu sur la mobilité...  » Un ancien cadre marseillais raconte que «  ils nous faisaient déplacer le dimanche sans nous payer, nous ont fait monter à Paris pour une demi-heure de formation  : c’était ridicule  !  »

 

Un ex-responsable RH parle

Giorgio Mariani reconnaît avoir participé à «  une machine à broyer  » et a fini par craquer après avoir «  jeté avec une misère  » une ingénieure «  qui n’avait rien à se reprocher  », «  broyée psychologiquement  ». Il a alors appelé la CFDT et dévoilé le plan Marco Polo. Après un arrêt maladie, il est à son tour licencié pour faute grave, ne pas avoir déclaré son appartement de fonction – il finit par obtenir gain de cause en appel en mars 2015.

 

Le logo de Free au siège d'Iliad à Paris, en mars 2014

Le logo de Free au siège d’Iliad à Paris, en mars 2014 - ERIC PIERMONT/AFP
 

Ce plan marseillais a réussi à obtenir la plupart des départs souhaités, rapporte Politis, qui a aussi eu accès entre autres documents internes de Free à  :

«  Un tableau extrêmement détaillé, évaluant les pertes aux prud’hommes en comparaison de ce qu’aurait coûté un plan de licenciement conforme à la loi. Le résultat est sans appel  : économiquement, mieux vaut harceler, licencier et être condamné que respecter la loi.  »

 

« Carré VIP aux prud’hommes de Marseille »

Un responsable plateau aurait par exemple coûté, selon le groupe, 123 000 euros dans le cas d’un PSE et 48 500 aux prud’hommes.

Le dossier indique qu’un second programme secret, appelé «  centralisation  », a ensuite été mis en place pour une cinquantaine de salariés marseillais, bordelais et parisiens. «  Depuis 2010, affirme Politis, les condamnations pour des faits de licenciements abusifs et de harcèlement moral pleuvent. “ Free a le carré VIP aux prud’hommes de Marseille  ! ”, ironise  » un témoin.

L’hebdomadaire présente ensuite les conditions de travail dans les centres d’appels, «  les Germinal des temps modernes  » selon un avocat, Me Lecanet, «  qui a eu maille à partir avec le groupe  »  ; le turn-over y serait particulièrement élevé, 44% du personnel ayant quitté son poste en 2014 dans quatre des cinq centres d’appels du groupe (les chiffres du cinquième, à Marseille, ne sont pas connus), selon les calculs des journalistes.

 

Syndicalistes mal vus

Politis expose également le traitement des syndicalistes dans le groupe Iliad (maison mère de Free)  : filialisation (un classique  : pour diminuer le nombre de représentants du personnel et d’heures de délégation, multiplier les filiales) et les pressions variées.

Plusieurs cas sont cités dans le dossier, comme le licenciement de quatre conseillers d’une boutique parisienne, qui ont obtenu le 11 avril 2016 de 9 000 à 13 000 euros de dommages, «  une somme rondelette étant donné la faible ancienneté des quatre salariés  », ou encore le renvoi d’un manager de centre d’appels, très apprécié, qui se voit convoqué à un entretien préalable de licenciement alors qu’il était sur le point d’être nommé délégué syndical – malgré son statut de ce fait de salarié protégé, selon un courrier de l’inspection du travail vu par Politis.

Nous avons demandé à Iliad une réaction au dossier de l’hebdomadaire, et ses commentaires seront ajoutés ici lorsqu’ils nous parviendront.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 18:00

 

Source : https://paris-luttes.info

 

 

 

Adresse d’un interdit de manif à tou-te-s celles et ceux qui se sentiraient concerné-e-s

 
 

Ce petit article propose une analyse sur la manière de réagir aux interdictions de manifester.

Il y a dans cette façon de soustraire à la foule des personnes prises au compte-goutte des relents de fascisme que beaucoup croyaient révolus.

Des flics sans uniformes, planqués dès le petit matin dans des bagnoles en bas de chez soi, ça rappelle les portières qui claquent des agents de la Gestapo ou de la Stasi.

Oui, car cette manière de faire est celle des polices politiques.

L’état d’urgence n’est rien d’autre que le prétexte donné au totalitarisme pour se réaffirmer au grand jour.

Les « interdictions de séjour » ou « interdictions de paraître » sont discrétionnaires, ciblées, non signées et non argumentées, et ne peuvent être contestées qu’après application. Mesures administratives qu’ils disent.

Comme le placement en rétention, comme les rafles, comme la déportation et les assignations à résidence, ces bonnes pratiques héritées du fascisme et de la colonisation (il y a tant de mots pour désigner les mêmes maux…)

L’administration, c’est aussi le gros machin derrière lequel s’abritent tous les Eichmann en puissance. Si un jour on leur demande de se justifier de leurs actes, ils diront « c’est la faute de l’Administration ».

Avec un grand A, comme ACAB. Car derrière l’Administration, il n’y a pas des bureaucrates à lunettes, mais bel et bien des flics.

C’est bien pour ça que les connards de la SDIG, de la BIVP, de la DGSI et de toutes ces polices politiques ont décidé de ne plus signer leurs « notes » (qui sont de la couleur de la domination : blanche). Comme ça, on ne leur demandera pas de se justifier. Pas de signature, pas de responsable. C’est pas moi, c’est l’Administration.

Alors que faire face à ces « mesures administratives » ? La tentation est grande de les contester, par un référé liberté auprès du Tribunal Administratif. Ça marche pour certain-e-s, pas pour tou-te-s. Le 17 mai, 9 interdictions ont été levées, une a été maintenue. D’autres n’ont pas pu être contestées dans les délais. D’autres encore n’ont pas été contestées du tout : on ne peut pas sans cesse s’en remettre au bon vouloir des juges pour remettre en cause les interdictions qui nous touchent.

Et puis quand elles sont maintenues par le juge, c’est comme si elles étaient validées. Il y a les bon-ne-s et les mauvais-es « interdit-e-s ». Qui viendra ensuite dire que celles qui ont été maintenues n’étaient pas légitimes ? Démerde-toi, mon ami-e, fallait pas déplaire à l’Administration (et au juge qu’on voudrait croire impartial).

Quand en décembre 2015 les assignations à résidence ont été confirmées par les tribunaux administratifs, puis par le Conseil d’État et par les morts-vivants du Conseil Constitutionnel (présidé par le fils de celui qui a instauré l’état d’urgence en 1962), les assignés ont dû accepter qu’en fait, leurs assignations étaient bien méritées. Et tou-te-s les bon-ne-s républicain-e-s ont soudainement fermé leur gueule. C’est pas nous qui décidons, c’est l’Administration. Avec un grand A, comme Abruti-e-s.

L’autre réponse à ces mesures administratives, c’est de ne pas les respecter. Tout simplement. Quand on te marche sur le pied, tu ne te laisses pas faire.

Alors bien sûr, tu te dis qu’on t’attend en bas de chez toi. Pas forcément. En vérité, une fois qu’ils ont payé un laquais d’OPJ pour t’apporter leur papier, ils ont autre chose à faire que de payer des types à t’attendre en bas de chez toi. Et si c’est le cas, y’a d’autres moyens de les esquiver. La fenêtre, la cheminée, le soupirail de la cave ou la chambre d’ami-e-s d’un pote qui vit ailleurs qu’en-haut-d’en-bas-de-chez-toi.

Et puis l’avantage d’une manifestation, c’est qu’il y a plein d’autres potes solidaires. Qui portent des masques, des foulards, des casques, des perruques, des lunettes de soleil, des casquettes. Y’a moyen qu’en garnissant ta tête et ton visage d’un (ou plusieurs) de ces accessoires, tu puisses rejoindre la masse et faire un joli pied de nez à la Gestapo-du-village.

A condition de faire gaffe et de ne pas se mettre trop en danger.

Être à l’affût, déceler les RG qui rôdent. Pas toujours facile, mais en y regardant bien, tu les trouves : âgés de 30 à 40 ans, la mine sérieuse ou indifférente au bordel ambiant, ils marchent calmement sur les bords du cortège, isolés (mais pas seuls, leurs collègues ne sont jamais à plus de dix mètres), les mains dans les poches, sans accessoires dans la main ou sur le visage (hormis lunettes de soleil et casquettes). Et quand ça barde, soit ils s’éloignent, soit ils restent impassibles, comme si leurs émotions avaient été abolies.

Faire attention, parce que tous les civils ne sont pas des flics. Et tous les flics en civil ne sont pas des RG. Déguisés en citoyens lambda, il y a aussi la BAC et les Compagnies d’Intervention (CSI à Paris, CDI en province), qui ne sont pas discrets, se déplacent en meute. En général, ils ont des gros sacs à dos, dans lesquels il y a leurs matraques, leurs gazeuses et leurs casques. On ne peut pas les confondre avec les RG : quand la manif s’agite, on les voit s’exciter. Avec un grand A, comme Adrénaline.

Éviter les flics en civil donc, se tenir à distance d’eux, et des trottoirs en général. S’entourer de potes qu’on avertit qu’on est là.

Quant aux flics en uniforme, CRS (casques à bandes jaunes), Compagnies d’Intervention (casques à bandes bleues) et gardes mobiles (casques bleus), ils sont assez prévisibles pour ne pas avoir à les craindre. Bêtes comme leurs pieds, ils obéissent aux injonctions de leurs chefs (dont certains portent l’inscription GO dans le dos, pour « Groupe Opérationnel »). Ils fonctionnent en binômes, chargent quand on leur dit, et ne courent jamais très longtemps. Avec un grand A, comme Ankylosé.

Éviter de s’y frotter de trop près quand même, privilégier le « maintien à distance ». Il arrive en effet qu’ils viennent chercher celles et ceux qui s’attardent sur les bords de la manif.

Alors forcément, c’est plus stressant d’aller en manif dans ces conditions, mais ça vaut la peine : manifester prend encore plus de sens quand on en est interdit. Après tout, on n’a jamais fait la révolution avec l’accord du préfet et des ministres…

Solidarité avec tou-te-s celles et ceux qui sont interdit-e-s d’exister politiquement !

Avec un grand A, comme Anarchie !

 

 

Source : https://paris-luttes.info

 

 

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 16:09

 

Source : http://reporterre.net

 

 

Le dialogue inattendu entre policiers et manifestants de Nuit debout

19 mai 2016 / par Emilie Massemin (Reporterre)
 


 

Mercredi 18 mai, alors que la manifestation « contre la haine anti-flic » rassemblait place de la République les principaux syndicats des forces de l’ordre, un étonnant dialogue s’est noué entre deux policiers de la CGT Police et des participants de Nuit debout. Regards croisés sur les violences en manifestation.

 

- Paris, reportage

Leurs drapeaux rouges passent presque inaperçus au milieu des étendards bleus d’Alliance, syndicat majoritaire de la police nationale, déployés mercredi 18 mai de 11 h à 14 h place de la République. On ne les entend pas pas quand Jean-Claude Delage, secrétaire général du premier syndicat policier, évoque la « chienlit » des « groupes ultra-radicalisés violents » sous de bruyants applaudissements.

 

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La manifestation « contre la haine anti-flic » organisée par le syndicat Alliance

Peu après 14 h, Axel Ronde, secrétaire général de la CGT Police Île-de-France, et Alexandre Langlois, secrétaire général de la CGT Police, s’éclipsent de l’esplanade soigneusement bouclée par des barrières pour aller à la rencontre de participants à Nuit debout, devant le boulevard de Magenta. « Ils ont pris contact avec nous pour nous demander si on voulait bien les rencontrer, explique à Reporterre M. Ronde. Nous avons répondu oui, évidemment. Nous imaginions ce rassemblement comme un moment de rencontre entre policiers et citoyens. »

Ça n’a pas été le cas. Triple contrôle policiers pour accéder à l’espace enclos autour de la statue, passants et journalistes sans carte de presse refoulés... « Comment Michel Cadot, le préfet de police de Paris, a-t-il pu autoriser un rassemblement policier dans ce lieu ?, s’insurge un homme aux longs cheveux gris. C’est à nous, nous l’occupons depuis des semaines ! ». « C’est une privatisation de l’espace public. En parallèle, le collectif Urgence notre police assassine a été interdit de rassemblement », critique un autre. « C’était une provocation », estime un troisième. La présence sur la place de la députée (Front national) du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen et de son collègue Gilbert Collard, député (FN) du Gard, ne passe pas : « Vous vous rendez-compte que ce rassemblement s’apparente à un meeting du Font national ? »

 

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Alexandre Langlois, secrétaire général de la CGT Police, dialogue avec des participants à Nuit debout

Mais très vite, les participants à Nuit debout entrent dans le vif du sujet dans la discussion avec le syndicaliste policier qui a été vers eux. Les témoignages de violences policières affluent . Un jeune homme à la barbe bien taillée remonte son pantalon, dévoilant la bande de gaze qui lui enveloppe le bas de la jambe. « Un éclat de grenade de désencerclement est entré dans ma jambe à cinq centimètres de profondeur. Elle a été lancée à hauteur d’homme et a éclaté à 30 centimètres de moi, à un moment où nous étions encerclés autour de la station de métro Solférino, témoigne-t-il. J’ai pris 21 jours d’arrêt de travail. »

 

Mâchoire endolorie et cicatrice de brûlure

Un autre jeune homme s’est pris « des coups de genou sur le crâne et la mâchoire par des policiers », lors d’un sit-in devant l’Assemblée nationale. Une jeune femme montre la cicatrice qu’elle porte à la joue gauche, souvenir d’une grenade – du même type que celle qui a tué Rémi Fraisse - reçue le 28 avril. « La police interdit qu’on reparte avec des preuves, des déchets de grenades de désencerclement par exemple, précise le jeune homme blessé à la jambe. Les manifestants se font systématiquement fouiller et les indices sont confisqués. » L’interrogation est unanime : comment de telles violences policières peuvent-elles avoir lieu ?

Pour Alexandre Langlois, si on trouve « toujours des gens irresponsables », les principaux coupables sont « les donneurs d’ordres ». « Les groupes violents sont clairement identifiés avant les manifestations. Pourtant, rien n’est fait, dénonce-t-il. Parfois, nous voyons des manifestants s’équiper de casques et d’armes juste devant nous, et aucun ordre n’arrive. Le 8 avril, on a poussé la compagnie de CRS pour que des personnes violentes puissent rejoindre la place. Évidemment, le soir même, c’est parti en vrac. Après, tout ceci est instrumentalisé au niveau politique. »

Pour autant, les interdictions de manifester délivrées par la préfecture de police ne sont pas la solution, estime le représentant de CGT Police : « Ça excite les tensions. Pourquoi ? Parce que, soit ces gens-là n’ont rien fait, et on n’a pas à interdire à quelqu’un de manifester. Soit ils ont déjà commis un acte dangereux et répréhensible par la loi. Dans ce cas, il faut les déferrer devant la justice. » En attendant, « on pourrait imaginer un système où les gens sont fouillés et où les armes de destination sont confisquées, comme avant les concerts », imagine le syndicaliste.

« Encercler une foule, ça ne devrait plus exister »

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« Toutes les manifestations qui ont dérapé, c’est à cause d’une nasse dont les gens ne pouvaient pas sortir »

Les ordres ne sont pas toujours adaptés, poursuit M. Langlois : « Encercler une foule, ça ne devrait plus exister. C’est dans les manuels et même les livres d’histoire : toutes les manifestations qui ont dérapé, c’est à cause de nasses dont les gens ne pouvaient plus sortir. » Mais là encore, la responsabilité des policiers est limitée, juge le syndicaliste, car « les collègues sur le terrain n’ont pas de vision d’ensemble. Si les donneurs d’ordres leur demandent de bloquer une rue, ils ne savent pas si toutes les autres rues sont bloquées. » Pour ce qui est de l’usage des armes, le commandement serait également en cause, considère-t-il : « Normalement, les réponses sont graduées, mais actuellement certains donneurs d’ordres ne respectent malheureusement pas ce principe. Ce qui entraîne des blessés des deux côtés et attise les tensions. »

Le syndicaliste a assisté au procès de son collègue jugé pour avoir brutalisé un élève du lycée Bergson, et l’audience l’a conforté dans ses convictions. « Notre collègue, âgé de 26 ans, n’avait suivi aucune formation en maintien de l’ordre. Pourtant, on l’a habillé comme un CRS, on l’a confronté à une situation de stress à laquelle il n’avait pas été formé, raconte M. Langlois. Cela n’excuse pas son geste. Mais c’est lui qui va être jugé, alors que son supérieur va pouvoir continuer à mettre des collègues inexpérimentés dans cette position. »

Face à ces dérapages, « il faut écrire aux donneurs d’ordres », appelle M. Langlois. Dubitatif, un participant à Nuit debout intervient : «  Mais pourquoi la police accepte-t-elle de se soumettre à ces normes ? Pourquoi ne porte-t-elle pas plainte elle-même ? » « A partir du moment où l’on a une arme sur le côté, il faut refuser les ordres absurdes et illégaux », renchérit un autre.

 

« Il y a des collègues qui ont peur »

Pas toujours facile, réplique le syndicaliste : « Il y a des collègues qui ont peur. On retrouve cette situation dans de nombreux secteurs professionnels, où des gens ne peuvent plus supporter leurs donneurs d’ordres mais continuent à travailler pour eux en essayant de faire du mieux qu’ils peuvent localement. » Car la placardisation menace les fonctionnaires un peu trop rétifs. « Quand on m’a demandé de réaliser des perquisitions administratives suite à la proclamation de l’état d’urgence, j’ai accepté mais j’ai également prévenu que j’allais rédiger un rapport expliquant pourquoi ces opérations étaient scandaleuses et totalement illégales, témoigne M. Langlois. Du coup, j’ai été retiré du dispositif. »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 15:51

 

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Nîmes : des manifestants ont bloqué l'entrée du dépôt des bus TANGO

  • Nîmes : des manifestants ont bloqué l'entrée du dépôt des bus TANGO

    L'évacuation ne s'est pas faite sans quelques heurts.

    LYDIA CHASSIER
  • Nîmes : des manifestants ont bloqué l'entrée du dépôt des bus TANGO

    Une cinquantaine de manifestants étaient présents.

    LYDIA CHASSIER
  • Nîmes : des manifestants ont bloqué l'entrée du dépôt des bus TANGO

    Un manifestant a été légèrement blessé.

    LYDIA CHASSIER
  • Nîmes : des manifestants ont bloqué l'entrée du dépôt des bus TANGO

    L'évacuation a duré une vingtaine de minutes.

    LYDIA CHASSIER
  • Nîmes : des manifestants ont bloqué l'entrée du dépôt des bus TANGO

    L'évacuation ne s'est pas faite sans quelques heurts.

    LYDIA CHASSIER
  • Nîmes : des manifestants ont bloqué l'entrée du dépôt des bus TANGO

    Une cinquantaine de manifestants étaient présents.

    LYDIA CHASSIER

 

Une quinzaine de manifestants - Nuit debout et syndicalistes - ont bloqué dès 5 heures du matin, ce jeudi 19 mai, l'entrée de l'entrepôt des bus TANGO. 

Les militants de Nuit debout étaient bien réveillés ce jeudi 19 mai puisqu'ils manifestaient dès 5 heures du matin, devant le dépôt de bus TANGO route de Beaucaire -eux-mêmes en grève -, accompagnés de syndicalistes. Ils protestaient contre la loi Travail. Vers 10 heures, la quinzaine de protestataires a été évacuée sans ménagement par les force de police venues en nombre. Une personne a été très légèrement blessée. 

 

 

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 18:25

 

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Carrefour: la rémunération colossale de Plassat validée

Claire Bouleau

 

 

75,04%, c'est le pourcentage d'actionnaires qui ont validé la rémunération de Georges Plassat ce 17 mai. Même si elle atteint quelques 7 millions d'euros, soit quasiment autant que Carlos Ghosn.

 

L'assemblée générale de Carrefour avait lieu ce mardi 17 mai. (c) Claire BouleauL'assemblée générale de Carrefour avait lieu ce mardi 17 mai. (c) Claire Bouleau
 

 

Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, doit enrager. Alors que sa rémunération de 7,2 millions d'euros a été rejetée à 54,12% par les actionnaires lors de l'assemblée générale de Renault, le 30 avril, celle de Georges Plassat est passée comme une lettre à la Poste. Lors de l'assemblée générale de Carrefour, qui se tenait ce mardi 17 mai, les actionnaires ont validé à 75,04% les éléments de rémunération due ou attribuée au PDG, soit sensiblement la même proportion que l'an dernier (74%). Pourtant, à raison d'une rémunération fixe annuelle de 1,5 million d'euros, d'une rémunération variable annuelle de 2,25 millions et d'une part actionnariale de 3,252 millions (accordée par le conseil d'administration en mars au titre de l'exercice 2014-2015), ces éléments cumulés atteignent... 7 millions d'euros!

 

La 2ème plus forte hausse du CAC 40

C'est bien plus que les 480.000 euros touchés par Jean-Charles Naouri, PDG de Casino, qui n'a pas atteint les objectifs prévus en 2015, à ceci près qu'il est actionnaire de son entreprise. Mais surtout, ce montant de 7 millions place Georges Plassat au cinquième rang parmi les patrons du CAC 40, derrière Olivier Brandicourt (Sanofi, 16,76 millions d'euros), Bernard Arnault (LVMH, 9,41 millions), Jean-Paul Agon (L'Oréal, 9,15 millions) et le fameux Carlos Ghosn (Renault, 7,25 millions). Mieux encore, c'est la deuxième plus forte augmentation sur un an pour un patron du CAC 40, de 87,9%, derrière celle de Carlos Tavares (PSA, 90,7%). Ce bond est d'autant plus surprenant qu'en 2015, Georges Plassat s'est absenté quasiment deux mois pour des raisons de santé. Mais la présentation habile de ce pactole sous forme de tableau décomposant la rémunération en plusieurs lignes, en se gardant bien d'afficher le total, et le peu de temps laissé aux actionnaires pour voter chaque résolution (15 secondes) les ont peut-être empêché de sortir les calculettes et de faire les comptes.

 

"La notion de partage du bénéfice nous préoccupe"

 

En tout cas, aucun actionnaire individuel ne s'est risqué à poser la question lorsque la parole a été donnée à la salle. Même la CFDT n'a pas évoqué les émoluments du patron. Pourtant, un responsable du syndicat, accompagné de nombreux salariés habillés en orange, tous debout, s'est exprimé pendant plusieurs minutes sur un sujet proche: "C'est la notion de partage des bénéfices qui nous préoccupe", a-t-il déclaré. "L'entreprise a décidé de limiter le montant de la prime de participation à un niveau historiquement bas". La comparaison avec le salaire du patron aurait été logique, mais elle n'a pas été faite. En réponse, Georges Plassat a souligné que le montant de la participation avait atteint 102 millions d'euros en 2015, contre 92 en 2014 et 89 en 2013. Il a ensuite reconnu: "Je suis conscient que la participation n'a pas retrouvé le niveau d'il y a dix ans."

 

L'artisan du redressement de Carrefour

Si les actionnaires sont cléments avec Georges Plassat, c'est sans doute parce qu'ils savent qu'il a été l'artisan du redressement de Carrefour depuis son arrivée en 2012. En introduction, le PDG s'est d'ailleurs félicité: "cette année 2015 a été une bonne année: le chiffre d'affaires est en croissance pour la quatrième année consécutive, tous les pays sont en progression, tous les formats aussi." Le chiffre d'affaires a crû de 3% en organique, à 76,9 milliards d'euros. La dette a baissé, le résultat augmenté. "Le modèle de Carrefour est désormais solide et prometteur", a résumé le patron.

Alors, pourquoi le cours de Bourse de Carrefour dégringole-t-il, passant de 30 euros à 24 en un an? "Le cours est bas car les performances en France se détériorent et il manque des catalyseurs, suite au report de l'entrée en Bourse de la foncière Carmila", considère Nicolas Champ, analyste à Barclays. Plusieurs analystes déplorent le manque de détails sur la stratégie de Carrefour. Cela n'empêche pas Georges Plassat de préparer l'avenir. Vendredi 13 mai, il a annoncé une nouvelle organisation pour Carrefour France. "Ce sont des quadras qui arrivent à ces postes", insiste-t-il. "Carrefour renouvelle ses générations pour prolonger ses magnifiques racines. Cela concerna tous les niveaux, y compris sans doute le mien." Une allusion guère dissimulée à sa succession sans doute prochaine. Son mandat prendra fin dans deux ans, en 2018, l'année précédant ses 70 ans. Autant dire que les 7 millions de rémunération annuelles ont presque des airs de "golden goodbye" anticipé.


 

 

Source : http://www.challenges.fr

 

 

 

 
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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 17:58

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

Mobilisation anti-loi Travail : le préfet de police de Paris tente-t-il de manipuler les manifestants ?

 
 
Le 12 mai, lors de la manifestation contre la loi El Khomri, des manifestants se sont attaqués au service d'ordre de l'intersyndicale, suspecté de "connivence" avec la préfecture de police. Des scènes qui se sont répétées ce mardi 17 mai. A l'origine, un communiqué des services de Michel Cadot, le préfet de police.
 
 
Michel Cadot, préfet de police de Paris. NICOLAS MESSYASZ/SIPA
 

De mémoire de manifestants, on n'avait pas vu ça depuis des lustres. Mardi 17 mai, lors de la manifestation parisienne contre la Loi El Khomri, les services d'ordre (SO) des syndicats FO et CGT sont venus en nombre. Celui de la CGT qui compose le cortège de tête, arrivé en premier place Denfert-Rochereau, s'équipe alors. Casques sur la tête, lunettes de protection, masques d'infirmier pour se protéger des gaz lacrymogènes et… manches de pioche, matraques télescopiques et même batte de baseball à porté de main. Les syndicalistes sont sur le pied de guerre et pour cause.

 

Le SO de la CGT, armé de matraques télescopiques et de battes de baseball, se retire sous les huées.

 

Lors de la manifestation du 12 mai, quelques jours auparavant, le SO de l'intersyndicale, composé d'ouvriers de la CGT du Livre et de syndicalistes de FO, avaient violemment été pris à partie par une centaine de manifestants issus du cortège "autonome" qui, et c'est une nouveauté, prend systématiquement la tête de cortège depuis le début du mouvement contre la loi El Khomri. Invectives aux cris de "SO, collabo", jets de pavé et scène de lynchage, les syndicalistes, après avoir tenté de repousser à trois reprises la foule masquée et agressive, se sont repliés, emportant avec eux des dizaines de camarades blessés. Ce scénario ne se répétera pas. Le mardi 17 mai, donc, dès que les "autonomes" arrivent sur la place, des projectiles volent en direction du SO. La réaction des syndicalistes est immédiate. Ils chargent la foule menaçante, sans ménagement, et la fait reculer en direction de la gare Denfert Rochereau. Image terrible de manifestants qui s'affrontent entre eux. 

Comment en est-on arrivé à ces scènes dignes des années 70, époque phare des affrontements entre "gauchistes" et organisations politiques et syndicales de gauche ? Si les services d'ordre ont toujours suscité de la méfiance chez certains manifestants, avec quelques bousculades et tensions à la clé, depuis des années, rien d'équivalent.

A l'origine : un communiqué de la préfecture de police

C'est un communiqué de la préfecture de police, publié le 11 mai, en vue de la manifestation prévue le lendemain, qui va mettre le feu aux poudres. 

"Afin d'apporter le maximum de sécurité et de garantir le bon ordre de cette manifestation déclarée, le Préfet de police Michel Cadot a rencontré les organisateurs pour préciser, avec eux, les modalités les plus adaptées pour son déroulement (…) Dans le but de faciliter une progression adaptée de la manifestation le long de son itinéraire, il a été décidé, en accord avec les organisateurs, de positionner une partie des forces de l'ordre en amont du cortège. (…) Tout au long de la progression une liaison étroite sera maintenue entre les forces de l'ordre et le service d'ordre des organisateurs dans le but d'assurer le déroulement normal de la manifestation". 

"Préciser avec eux""en accord avec les organisateurs""liaison étroite": tout laisse à penser, si on ne s'en remet qu'à la communication des services de Michel Cadot, qu'organisations syndicales et Préfecture de police travaillent "main dans la main".

 

[] Précisions et recommandations de la Préfecture de police pour la manifestation de ce jour

 

Rapidement partagée, la prose de la préfecture enflamme les réseaux militants "autonomes". La preuve est faite de la collusion entre les syndicats traditionnels et les forces de police. Syndicalistes et flics, même combat ! Sur Facebook, certains se laissent même aller à des menaces à peine voilées"Nous signalons aux membres du SO et aux "organisateurs" de la manifestation que toutes les personnes collaborant avec la police seront dès lors considérées comme telle !" Et tout ça sur la seule bonne foi d'un communiqué du préfet de Police, Michel Cadot, le représentant à Paris du gouvernement de Manuel Valls. Cherchez l'erreur !

Le jour même, l'Union syndicale Solidaires Paris, syndicat difficilement susceptible d'être suspecté de connivence avec le pouvoir et la Police, tente de calmer les esprits sur son compte Twitter : "Entre ce qui est dit face au Préfet et ce qu'il a envie de communiquer, il y a un fossé. Donc pas d'emballement ! On a rien signé avec eux !" Trop tard. Le lendemain, à l'approche de la fin du parcours, alors que les forces de police, étrangement, se retirent dans une petite rue, le SO de la CGT et de FO se retrouve seul dans un face à face avec le cortège "autonome". Avec les conséquences que l'on connaît.

"Il y a une volonté nette de diviser le mouvement contre la loi El Khomri. C'est une vielle stratégie patronale que la préfecture a mise en œuvre, en soufflant sur les braises", s'exaspère un syndicaliste de Solidaires Paris auprès de Marianne. Car lui était présent lors de cette fameuse réunion. Et le compte-rendu qu'en a fait la préfecture est loin, très loin de la réalité des échanges qu'il rapporte.

"Avec ce communiqué, c'est comme s'il disait : "Tapez-vous dessus"" 

Ce mardi 10 mai, des représentants de la CGT, FO, Solidaires et Unef, se rendent à la préfecture pour déposer le parcours de la manifestation du 12 mai. Rien d'inhabituel là-dedans. Comme le prévoient , pour l'autorisation d'une manifestation sur la voie publique, il est obligatoire que les organisateurs se soumettent à une déclaration préalable en préfecture pour Paris, indiquant le "but de la manifestation, le lieu, la date et l'heure du rassemblement des groupements invités à y prendre part et, s'il y a lieu, l'itinéraire projeté." Une procédure à laquelle toute organisation, quelque soit sa radicalité, doit se plier. 

"Une fois que l'on avait fini de négocier et signer le parcours, un agent est venu nous dire que Michel Cadot souhaitait nous voir. Il se disait très inquiet sur les violences possibles après le recours au 49-3 par le gouvernement", se souvient le syndicaliste. Dans son bureau, le préfet tente alors d'arracher l'accord des représentants de l'intersyndicale sur le dispositif policier, sans succès :

"A Solidaires, comme on ne peut pas aligner un SO aussi important que la CGT, il voulait que des CRS soient positionnés autour de notre cortège. On a refusé tout net. Il nous a aussi demandé, à nous et à la CGT, si nous étions d'accord pour que des policiers interviennent dans le cortège syndicale pour arrêter des manifestants considérés comme des casseurs. A l'unisson, on lui a dit que c'était hors de question en lui expliquant que nous n'avions pas vocation à être des auxiliaires de police". 

Et d'ajouter : "Il y a pas eu d'accord, loin de là. Le préfet nous a mis devant le fait accompli. On a pas eu le choix".

Quant à "liaison étroite" entre les SO et la préfecture, elle ne s'est limitée qu'à un simple agent affecté à chaque organisation chargé durant la manifestation de faire savoir quand le cortège avance ou s'arrête. "Sauf qu'à chaque fois, on a eu l'information avant lui par nos camarades. C'est totalement inutile", ironise-t-on à Solidaires. "Inutile" sur le terrain, certes, mais terriblement efficace en terme de communication si l'on souhaite rendre la situation explosive. "Il est clair que Cadot a voulu diviser le mouvement. Avec ce communiqué, c'est comme s'il disait "tapez-vous dessus'". Des consignes prises au pied de la lettre par une partie des manifestants.

La police s'interroge aussi

Depuis le début du mouvement social contre la loi El Khomri, la gestion du maintien de l'ordre interroge jusque dans les rangs de la police-même. Le 5 mai, sur France Info, Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance Police Nationale, "Lorsque vous voyez des casseurs détruire les vitrines, saccager des panneaux publicitaires, se servir des tubes néons à l’intérieur pour attaquer les forces de l’ordre et que des policiers mobilisés sont en face d’eux et qu’ils doivent attendre une heure en face d’eux pour intervenir (…) on se demande bien pourquoi​", interroge-t-il. "L’Etat doit prendre ses responsabilités, ne pas nous laisser attendre des heures face à des casseurs identifiés, qu’on pourrait même peut-être préventivement assigner à résidence dans le cadre de l’état d’urgence ou interpeller", poursuit-il avant de livrer le fond de sa pensée : 

"Je pense que ça vise aussi à discréditer le mouvement social et syndical parce qu’évidemment, lorsque des syndicalistes manifestent contre un texte et qu’il y a des casseurs qui cassent tout dans le quartier, que les riverains sont exaspérés et que la police ne peut pas rapidement intervenir, et bien ça discrédite aussi quelque part le mouvement social".

Quelques jours plus tard, le  a publié le témoignage d'un CRS, sous couvert d'anonymat, dans le même questionnement. Comme par exemple ce 9 avril, lorsque son équipe est positionnée près de la place de la République alors qu'un groupe cagoulé s'apprête à prendre la tête du cortège : "On les connaît bien, ce sont des ultras connus des services de renseignement. On avait un signalement précis. On s’est dit qu’on n’allait pas les laisser passer… On n’a jamais reçu l’ordre"Et d'en conclure : "Une manifestation qui se passe bien, on parle du fond. Quand vous avez des casseurs, on se focalise sur les violences et les vitres cassées (…) Est-ce que le gouvernement est assez vicieux pour faire ça?". 

La question ne s'est jamais autant posée. La préfecture de police, elle, sollicitée par Marianne, n'y a pour l'heure pas répondu.

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 17:24

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

Contre-manif anti-violences policières : "Mais arrêtez ! Vous êtes malades !"

 

 

Contre-manif anti-violences policières : "Mais arrêtez ! Vous êtes malades !"

Place de la République, Paris, le 18 mai. (L'Obs)

 

Un véhicule de police a été incendié à Paris en marge du rassemblement contre "la haine anti-flics", place de la République. Reportage de notre journaliste sur place.

 

 

 
 

"Cot-cot-codec ! Ça va les poulets, pas trop serrés ? Vous voulez des graines ?", plaisantent quelques sympathisants de Nuit debout devant l'étrange rassemblement. 

Périmètre encadré par des barrières,- très - important dispositif de sécurité, CRS en renfort, tout a été fait pour que rien ne vienne gâcher la manifestation contre la "Haine anti-flics" organisée par le syndicat Alliance, ce mercredi midi, sur la place de la République. Le rassemblement du collectif "Urgence, notre police assassine" a même été annulé par la préfecture de police de Paris.

 

"Tout le monde déteste la police"

Les contre-manifestants sont pourtant là, bien décidés à ne pas abandonner la place - devenue le symbole de la contestation contre la loi Travail - à une police dont l'action depuis plusieurs semaines a été entachée par des violences. Après avoir été repoussés vers le coin nord-ouest de la place, environ 200 manifestants et les CRS se font face à midi. Les slogans "tout le monde déteste la police", "Flics, porcs, assassins", se font entendre.

Façon mêlée de rugby, les deux groupes tentent de se repousser mutuellement, en vain. "C'est le tournoi des Six Nations ?", blague une étudiante. Les CRS suent à grosses gouttes pendant une dizaine de minutes avant de lâcher quelques coups de gazeuses au hasard. Acculés au pied de la rue Beaurepaire, les manifestants se déplacent alors rapidement en direction du Canal Saint-Martin, suivis de près par une vingtaine de CRS. 

 

"Ça me dégoûte"

La suite a bien failli tourner au drame quand une voiture de la police nationale en maraude a croisé le petit cortège au niveau du quai de Valmy. Trois ou quatre individus ont immédiatement pris d'assaut le véhicule, pulvérisant les vitres à coups de barre de fer. Un fumigène allumé est déposé à l'intérieur de la voiture, saturant en quelques secondes le véhicule d'une épaisse fumée.

"Putain mais arrêtez ! Vous êtes malades", crient des manifestants au duo de casseurs qui continuent à taper sur le véhicule malgré le début d'incendie.

Panique générale, la policière sur le siège passager semble bloquée à l'intérieur et un manifestant se précipite pour lui ouvrir la porte et l'empêcher de s'étouffer.  

 

PHOTOS. Des casseurs incendient une voiture de police à Paris

 

De l'autre côté du véhicule, son collègue - dont le front semble barré d'une entaille - est pris à partie par un casseur armé d'une barre de fer. Là encore, des manifestants s'interposent et permettent aux deux policiers de quitter la scène. Tout le monde a eu très peur. 

"Ça me dégoûte", commente un sympathisant de Nuit debout :

"Ces imbéciles [les casseurs, NDLR] ont essayé de me frapper parce que j'ai voulu soigner le policier blessé." 

Le FN bien accueilli sur la place de la République

Non loin de là, le rassemblement organisé par Alliance sur la place de la République bat son plein et la puissante sono envoie "Thunderstruck" de AC/DC.  A la tribune, Jean-Claude Delage - le secrétaire général d'Alliance - fait huer les "médias complices". Un écran géant diffusent des images de casseurs, de vitrines brisées et de policiers blessés. Le dialogue entre forces de l'ordre et "Nuit debout" n'aura pas lieu.

Dans la foule, les députés Front national Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen s'offrent une séances de selfies parmi les rangs du - très droitier et très puissant - syndicat. Une "Marseillaise" est entonnée.

 

Pas sûr que les dizaines de selfies pris avec le lors de la va redorer l'image de la Police

 

Au moment de la dispersion à 14 heures, la nouvelle du véhicule incendié au Canal Saint-Martin s'est déjà propagée sur la place. "Ces casseurs, on va se les faire", siffle un membre du service d'ordre...

Lucas Burel

 

 

PHOTOS. Des casseurs incendient une voiture de police à Paris

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 16:16

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

 

Violences policières : un comité de l'ONU "préoccupé" par la situation en France

 

Mis à jour le , publié le

 

Dans une série d'observations publiée vendredi, le Comité contre la torture fait part de ses préoccupations après les manifestations de ces derniers mois.

 

Un CRS pointe son arme sur des manifestants, le 12 mai 2016 à Paris.

Un CRS pointe son arme sur des manifestants, le 12 mai 2016 à Paris. (CITIZENSIDE / LUCAS ARLAND / AFP)

 

 

Les forces de l'ordre françaises dans le viseur des Nations unies. Dans une série d'observations mises en ligne vendredi 13 mai, le Comité de l'ONU contre la torture fait part de sa préoccupation face aux violences policières en France. "Le Comité est préoccupé par les allégations d'usage excessif de la force par les fonctionnaires de polices et de gendarmerie ayant, dans certains cas, entraîné des blessures graves ou des décès", écrit-il, sans plus de précision. Il fait probablement référence aux manifestations de ces derniers mois, ainsi qu'au décès de Rémi Fraisse en octobre 2014 à Sivens.

Composé de dix experts indépendants, le Comité contre la torture contrôle l'application de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, ratifiée par la France en 1986. Tous les quatre ans, chaque Etat signataire doit soumettre un rapport au Comité, qui lui fait suivre ensuite ses observations. C'est à cette occasion qu'il s'est dit préoccupé des violences policières.

 

L'Etat d'urgence, un autre motif d'inquiétude

Le comité onusien s'inquiète également des "obstacles rencontrés par les victimes pour porter plainte", de "l'absence de données statistiques", du "manque d'informations détaillées sur les condamnations judiciaires" des policiers, des violences contre les migrants de Calais, ainsi que de la faiblesse des sanctions administratives et des nombreux non-lieux. Par conséquent, "le Comité recommande à l'Etat de renforcer la lutte contre tout usage excessif de la force par la police et la gendarmerie", indique le texte.

Ces violences policières ne sont pas les seuls motifs d'inquiétude du comité. Le texte évoque également les perquisitions menées dans le cadre de l'état d'urgence, "ayant dans certains cas, entraînées des séquelles psychologiques""Le Comité s'inquiète de ce que l'application de certaines mesures dans le cadre de l'état d'urgence puisse constituer une atteinte aux droits", indique le rapport.

Le Comité contre la Torture demande enfin à la France de mieux protéger les populations visées par des actes haineux, comme les Roms, les musulmans, les juifs et les migrants. D'autres dossiers, comme les soupçons de viols contre des soldats français en Centrafrique et les conditions de vie dans les prisons françaises, figurent aussi dans ce rapport. La France a jusqu'au 13 mai 2017 pour faire part des suites qu'elle a données aux recommandations du Comité.

 

 

image il y a 7 minutes

INFO FRANCETV INFO. Loi Travail : 29 enquêtes sur de possibles violences policières ont été ouvertes par l'IGPN

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

 

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