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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 15:03

 

La protestation contre la loi Travail a pris une nouvelle dimension avec la multiplication des actions, mobilisations et grèves. Elles doivent se propager dans de nombreux secteurs d’activités pour obtenir le retrait de cette loi, véritable régression sociale qui veut supprimer de nombreux droits ! Aujourd'hui, plus de deux Francais sur trois se déclarent opposés à cette loi. 
 
Depuis le mois de mai, dans de nombreux secteurs et entreprises, les salarié.es ont lancé des grèves reconductibles (raffineries, éboueurs, SNCF, routiers, aviation civile, RATP, dockers, ADP…) sans oublier les étudiants, lycéens qui continuent de se mobiliser malgré les examens.  Leurs revendications ne sont pas spécifiques à un secteur d’activité : il s’agit d’une grève reconductible qui vise à obtenir notamment le retrait de la loi Travail.  
 
Pour soutenir les salarié.es grévistes jusqu’au retrait de la loi, nous lançons un appel à la solidarité financière qui sera redistribuée à des travailleurs en lutte en France. Tout salarié, qu'il soit syndiqué ou non, peut bénéficier de cette caisse de grève. De même toute organisation syndicale peut solliciter une solidarité financière dès lors qu'elle s'engage à signer la charte d'utilisation (élaborée avec les donateurs) et qu'elle partage l'objectif du retrait de la loi travail. Enfin, une totale transparence est assurée auprès des donateurs qui sont par ailleurs informés et associés à la gestion de cette initiative.
 
L’ensemble des sommes récoltées sera reversé à partir du 30 mai aux salarié.e.s en grève reconductible selon les modalités déterminées par leurs représentants.
 
Ils se battent pour nos droits et pour l'avenir de nos enfants. Soyons solidaires et apportons notre solidarité financière. Nous avons besoin de votre soutien ! Merci de votre aide.
 

 

MONTANT DE LA CAISSE DE GRÈVE AU 21 JUIN 2016 : 
471 439 EUROS

 

 Faire un don en ligne :

https://www.lepotcommun.fr/pot/solidarite-financiere

 
Faire un don par chèque ou en liquide :

Remplir et renvoyer le bulletin ci-dessous

  

  


 
Les donateurs

Voir onglet "participants" sur LePotCommun.fr

 

 

Affiche

 

 

 

 

 

Source : http://infocomcgt.fr

 

 

 

                                                                               *************************

 

 

 

 

Source : https://www.lepotcommun.fr/pot/solidarite-financiere

 

 

7 714 participants

384 141.47 € récoltés

 

 

Solidarité financière avec les salariés en grève
~ Organisé par : Info'Com-CGT ~

 

La protestation contre la loi Travail a pris une nouvelle dimension avec la multiplication des actions, mobilisations et grèves. Elles doivent se propager dans de nombreux secteurs d’activités pour obtenir le retrait de cette loi, véritable régression sociale qui veut supprimer de nombreux droits ! Aujourd'hui, plus de deux Francais sur trois se déclarent opposés à cette loi. 
 
Depuis le mois de mai, dans de nombreux secteurs et entreprises, les salarié.es ont lancé des grèves reconductibles (raffineries, éboueurs, SNCF, routiers, aviation civile, RATP, dockers, ADP…) sans oublier les étudiants, lycéens qui continuent de se mobiliser malgré les examens.  Leurs revendications ne sont pas spécifiques à un secteur d’activité : il s’agit d’une grève reconductible qui vise à obtenir notamment le retrait de la loi Travail.  
 
Pour soutenir les salarié.es grévistes jusqu’au retrait de la loi, nous lançons un appel à la solidarité financière qui sera redistribuée à des travailleurs en lutte en France. Tout salarié, qu'il soit syndiqué ou non, peut bénéficier de cette caisse de grève. De même toute organisation syndicale peut solliciter une solidarité financière dès lors qu'elle s'engage à signer la charte d'utilisation (élaborée avec les donateurs) et qu'elle partage l'objectif du retrait de la loi travail. Enfin, une totale transparence est assurée auprès des donateurs qui sont par ailleurs informés et associés à la gestion de cette initiative.
 
L’ensemble des sommes récoltées sera reversé à partir du 30 mai aux salarié.e.s en grève reconductible selon les modalités déterminées par leurs représentants.
 
La collecte se poursuit au moins jusqu'au retrait de la loi Travail.
 
AIDONS-LES À TENIR ET SOYONS SOLIDAIRES :
• En faisant un don en ligne sur ce site sécurisé
• ou en renvoyant votre chèque (à l’ordre d’Info’Com-CGT), accompagné du bulletin à remplir ici : http://goo.gl/MvB5sg
 
EN SAVOIR PLUS
• Tout savoir sur cette initiative : http://goo.gl/FO4hxW
 
 Nous avons besoin de votre soutien ! Merci de votre aide.
 
 
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Initiative des syndicats Info'Com-CGT , CGT Air France, CGT Goodyear, Syndicat des Imprimeries Parisiennes CGT…
 
 
 
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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 14:53

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

Interdiction de manifester: le gouvernement joue avec le feu
20 juin 2016 | Par Rachida El Azzouzi
 
 
 

Bernard Cazeneuve a demandé au secrétaire général de la CGT Philippe Martinez d'annuler la manifestation de ce jeudi et de la remplacer par un rassemblement statique. Un prélude à une interdiction ?

Dans un entretien au Parisien, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière, qualifie le premier ministre Manuel Valls de « pyromane » dans sa manière d’appréhender le conflit social le plus long et le plus dur du quinquennat Hollande. Et les derniers signaux envoyés ce lundi 20 juin tendent à lui donner raison. Le diagnostic pourrait même s'étendre à l’ensemble du gouvernement. « Pyromanie » : « impulsion obsédante qui pousse certaines personnes à allumer des incendies », rappelle le Larousse.

Dans une lettre, prélude à une interdiction de manifester, que vous pouvez lire ici, sous l'onglet “Prolonger”, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve demande au secrétaire général de la CGT Philippe Martinez de renoncer à organiser une manifestation itinérante à Paris, jeudi 23 juin, de Bastille à Nation, avec les autres syndicats opposés à la loi sur le travail (FO, Solidaires, FSU, FIDL, UNEF, UNL). « Dans ce contexte de tensions et de heurts récurrents qu’en responsabilité ni vous ni moi ne pouvons accepter, le renouvellement à l’identique d’une manifestation itinérante le 23 juin n’apparaît pas envisageable, d’autant que les forces de sécurité intérieure sont mobilisées sur l’ensemble du territoire national pour assurer la mission impérative de prévention d’actes terroristes pouvant être dirigés notamment contre le public de l’Euro 2016 », écrit le ministre de l’intérieur.

 

 © Reuters © Reuters
 

Ce n’est pas (encore) un ordre, mais une « proposition », « la seule voie responsable de l’expression des revendications que vous portez avec les organisations auxquelles vous vous associez dans ce mouvement », poursuit Bernard Cazeneuve qui redonne sa version des dégâts humains et matériels de la dernière manifestation du 14 juin (« 13 panneaux publicitaires dégradés, 8 abribus détruits, 28 vitrines d’établissements commerciaux brisées, dont 5 agences bancaires et la façade vitrée de l’hôpital Necker […] 28 fonctionnaires de police blessés… »).  

 

Il a une idée, une solution de rechange « pour garantir la liberté d’expression tout en la conciliant avec la préservation de l’ordre public et la sécurité des participants » et éviter un nouveau 14 juin, où, selon lui, la participation « directe » de certains militants syndicaux « dans l’agression délibérée des forces de l’ordre » aurait été mise en évidence. Celle que le préfet de police de Paris a commencé à souffler aux médias ce lundi avant même de prévenir les syndicats concernés : un rassemblement statique place de la Nation, aux jours et horaires déclarés.

« Si, comme je le souhaite, cette perspective retenait votre attention, vos représentants pourront se rapprocher des services de la préfecture de police de Paris pour déterminer les modalités d’organisation de ce rassemblement, de son encadrement par un service d’ordre interne structuré, et de sa dispersion », conclut Bernard Cazeneuve.

Éric Beynel, l’un des porte-parole de Solidaires, manque s’étouffer devant cette nouvelle surenchère gouvernementale, autorisant désormais les seuls rassemblement statiques. Il la juge « complètement déraisonnable » : « Tout le monde sait qu’il est plus difficile de sécuriser, pour un service d’ordre syndical, un rassemblement statique qu’une manifestation mobile. Quand on fait du sur-place, le contact est plus direct avec les forces de l’ordre. C’est d’ailleurs ce qui explique les affrontements violents qui ont émaillé plusieurs manifestations. Chaque fois, c’est parce que le cortège était immobilisé par les CRS, comme devant l’hôpital Necker le 14 juin, ou alors à l’arrivée comme aux Invalides. Le gouvernement ne cherche pas à apaiser mais à mettre le feu et à transformer la place de la Nation en champ de bataille. »

Le gouvernement aurait-il oublié le dernier rassemblement statique qu’il a ordonné et qui faisait suite à une interdiction de manifester, celui en soutien à la Palestine à l’été 2014 (relire ici notre article) ? Il avait dégénéré au bout de deux heures dans un quartier de Barbès transformé en souricière, théâtre de guérilla urbaine, entre CRS et jets de pierres… « Que veut le gouvernement ? Des morts ? » s’interroge Éric Beynel de Solidaires.

L’intersyndicale n’a pas tardé à répondre au courrier du ministre de l’intérieur. Ce lundi en début de soirée, une réponse à quatorze mains lui a été adressée, occasion de lui rappeler qu’elles sont sept organisations syndicales à être engagées dans un mouvement unitaire que l’exécutif veut réduire à un face-à-face entre lui et la CGT). Elle dénonce « une remise en cause d’un droit fondamental, la liberté de manifester », « un semblant d’alternative inacceptable » qui constitue un danger « pour la sécurité de nos militants ». « Lors des dernières manifestations, il ne vous aura pas échappé que c’est dans les lieux d’arrivée des manifestations que les tensions ont été le plus vives. Les “casseurs” n’étant pas stoppés dans leur progression, ils se retrouvent face aux forces de l’ordre et à notre service d’ordre au point d’arrivée. Nous avons tous pu constater que les échauffourées les plus graves ont eu lieu à ce moment-là », rappelle l’intersyndicale qui réfute l’affirmation selon laquelle certains militants syndicaux auraient délibérément agressé des forces de l’ordre.

 

Questions sur une interdiction

L’intersyndicale, qui demande aux services de Cazeneuve de lui fournir « un parcours de A à B sécurisable » puisque celui entre Bastille et Nation, délibérement court, ne lui convient pas, entend bien maintenir son défilé jeudi 23 juin. Quitte à braver l’interdiction, car il ne fait aucun doute que la manifestation, si elle est maintenue, sera interdite par la préfecture de police. «À défaut d’accord, la préfecture de police avise, dans un courrier, les organisateurs qu’elle sera dans l’obligation d’interdire par arrêté la tenue de la manifestation sur l’itinéraire déclaré », a prévenu la préfecture de police ce lundi dans les médias. Elle peut, selon le décret-loi du 23 octobre 1935, interdire une manifestation, pour une seule raison : le trouble à l’ordre public.

Une telle décision est néanmoins rarissime, surtout pour des mouvements sociaux, le Conseil d’État contestant régulièrement la légalité du procédé. La prolongation de l’état d’urgence a cependant permis d’élargir considérablement le cadre d’une telle interdiction. Ainsi, lors de la COP21 en novembre 2015, les rassemblements de militants en marge ont été interdits, en raison du double impératif de la menace terroriste et de la sécurisation du forum de Paris et de son aréopage de chefs d’État. Plus récemment, des manifestations à Nantes et à Rennes, théâtres de violents affrontements, ont été interdites, mais elles n'émanaient pas des grandes centrales syndicales.

 

 

Ce serait la première fois en France sous la Ve République que de grandes organisations syndicales braveraient l’interdiction qui leur serait faite de manifester, qui plus est sous un gouvernement réputé « de gauche » et proche des syndicats. L’intersyndicale le laisse entendre depuis la semaine dernière et les premières menaces du gouvernement de bafouer le droit de manifester « au nom de la sécurité des biens et des personnes ». Le premier ministre avait passé son week-end à mettre en garde les syndicats, notamment dans Le Journal du dimanche où il mélangeait tout, l’Euro, la lutte contre le terrorisme, l’assassinat d’un couple de policiers revendiqué par l’État islamique, et déclarait : « Compte tenu de la situation, des violences qui ont eu lieu, de l’attentat odieux contre le couple de policiers mais aussi de la tenue de l’Euro, les organisateurs devraient annuler eux-mêmes ces rassemblements. C’est du bon sens ! »

Enlisé dans un conflit interminable depuis quatre mois, que soutient une majorité de la population malgré la violence des campagnes de désinformation, conforté dans sa dérive autoritaire par un état d’urgence qu’il ne cesse de prolonger, le gouvernement a choisi la stratégie de la tension et du pourrissement. Tout en faisant mine d’envoyer la ministre du travail, Myriam El Khomri, renouer le fil d’un dialogue rompu avec les opposants les plus virulents à sa réforme, notamment la CGT.

« Après avoir essayé tous les stratagèmes pour nous rendre illégitimes – les inondations, l’Euro, l’enfant orphelin du couple de policiers abattu… , il sort la dernière arme antidémocratique, l’interdiction de manifester », constate Eric Beynel de Solidaires. « Le gouvernement est dans la provocation maximale et confirme sa volonté de pénaliser le mouvement social », renchérit Florian Borg, du syndicat des avocats de France (SAF). Si la manifestation est interdite et que les organisations syndicales en viennent à enfreindre cette mesure, leurs secrétaires généraux risquent les bancs de la correctionnelle, six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende (les participants, s’ils n’obtempèrent pas aux sommations de dispersion des forces de police, une amende de 11 euros, montant dune contravention de première classe).

Même la CFDT, allié du gouvernement à la position de plus en plus inconfortable, condamne une potentielle interdiction de manifester. « Ce n’est pas du tout souhaitable », a réagi dans un entretien aux Échos Laurent Berger, le numéro un de la CFDT. Pour deux raisons : « La première, qui est la raison de fond, qui tient à ma conviction, c'est qu'il faut donner la possibilité à chacun de manifester dans de bonnes conditions, à condition évidemment qu'en termes de sécurité ce soit tenable. Là, ces manifestations (contre la loi travail – ndlr), elles peuvent se tenir, je ne vois pas de problème. La deuxième raison, c'est que je n'ai pas tellement envie qu'on victimise la CGT.»

François Hommeril, le nouveau président du Syndicat de l’encadrement, qui a rejoint le camp des opposants fermes et définitifs à la réforme du code du travail, sans pour autant descendre dans la rue, ne comprend plus l’attitude du gouvernement : « Sa ligne devient illisible et plus très responsable. Son devoir n’est pas d’interdire les manifestations mais d’écouter, d’entendre les responsables des organisations syndicales qui ont fait des propositions pour mettre un terme à ce conflit. »

Il trouve l’exécutif « culotté » : « Deux syndicats de police majoritaires – Alliance (affilié à la CFE-CGC, à droite) et FO – expliquent que les ordres tardent étonnamment à arriver aux forces sur le terrain au moment où les casseurs entrent en scène et le gouvernement veut interdire les manifestations au nom du maintien de l’ordre alors qu’il ne met pas les moyens efficaces de commandement pour garantir la sécurité dans les manifestations ?! »

« La préfecture et le ministère savaient que des groupuscules venus d’un peu partout en France allaient monter, pourquoi ils n’ont rien fait ? Et ça fait trois mois qu’ils savent qu’il y a des problèmes dans les manifestations, et ils n’agissent pas en conséquence. À titre de comparaison, on a arrêté les hooligans après les heurts à Marseille en moins de 48 heures. », rappelait au lendemain des débordements du 14 juin Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT.

 

Prolonger

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 14:28

 

Reçue par mail

 

Manif de soutien aux gens debout de France a Leipzig hier ! (20 juin 2016)

 

Solidarité de Leipzig

 

https://webmail.laposte.net/service/home/~/?auth=co&loc=fr&id=41020&part=2

 

 

                                                                   *******************************

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

Internationalisme

Mobilisation contre la loi travail. Solidarité internationaliste venue d’Allemagne

Publié le 11 mars 2016

 

 

« Nous pensons que nos luttes ne peuvent qu’être gagnées ensemble » : c’est le message qu’ont voulu nous délivrer nos camarades allemands face à la situation en France. Dans une courte vidéo, ceux-ci ont tenu à exprimer leur soutien face à la loi El Khomri, qui constitue la pire attaque contre les travailleurs du quinquennat Hollande, ainsi que leur solidarité avec les migrants, sur fond de démantèlement violent de la jungle de Calais. Cette situation d’offensive réactionnaire des gouvernements est loin d’être spécifique à la France, c’est pourquoi il est nécessaire de faire nôtre ce message : « Vos luttes sont les nôtres ! Solidarité internationale ! »

 

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 16:37

 

Source : https://reporterre.net

 

 

La colère monte à Bordeaux contre le massacre d’une zone humide par un golf

18 juin 2016 / Baptiste Giraud (Reporterre)
 


 

Une zone humide défrichée, la biodiversité saccagée, des terres agricoles dévorées, la loi méprisée : voici le projet de quatorzième golf en Gironde. Mais le bulldozer reste travers de la gorge : écologistes et paysans se retrouvent les 17 et 18 juin pour stopper ce gâchis.

 

- Bordeaux, correspondance

Depuis avril, les travaux d’aménagement du quatorzième golf de Gironde ont commencé dans la plus grande discrétion. Le site, une zone humide abritant des espèces protégées et jouant un rôle tampon majeur en cas de crue de la Garonne, a été défriché. Ce week-end du 18 et 19 juin, les opposants – Collectif bordelais de soutien à la Zad et Confédération paysanne – appellent à se rassembler sur le site jusqu’à dimanche en vue d’empêcher la poursuite du chantier.

Le projet est né il y a trente ans, à la fin des années 1980. A l’époque Eric Bez, fils de l’ancien président du club de foot bordelais, devient propriétaire des 167 hectares du « domaine de la Plantation », sur la commune de Villenave d’Ornon, et lance un projet de golf accompagné de logements et d’un centre d’affaires. Mais des associations locales – Aquitaine Alternatives, Les Verts, la Sepanso – s’y opposent et mènent l’affaire devant les tribunaux. Sur fond de magouilles, elle finit par capoter en 2007.

 

Un « golf écologique » en zone humide
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Le site du golf de Villenave-d’Ornon est délimité en rouge, en bordure de la Garonne, au sud de Bordeaux.

La Plantation est alors rachetée par un groupe belgo-turc, Vizzion Europe, spécialisé dans les « grands projets immobiliers internationaux en Europe et dans le monde », et dont l’actionnaire majoritaire est aujourd’hui Gonzague Mulliez, l’un des membres de la très fortunée famille du même nom. En 2010 le projet est relancé sous le nom du « domaine de Geneste ». Il comprend toujours un golf, dit « écologique », de 18 trous (qui deviendrait le 14e de Gironde, un centre d’affaires (bureaux, commerces, hôtels, résidences, services), et un ensemble de logements. Après enquête publique, l’aménagement des ces trois espaces est autorisée début 2012. A l’époque, la Sepanso s’y oppose toujours fortement et dépose des recours en justice. Sans fort soutien populaire, elle perd son combat devant le tribunal administratif de Bordeaux en 2015.

Puis plus rien. Jusqu’à ce que des militants locaux se rendent compte en avril dernier que le chantier avait commencé. « Tout le monde pensait qu’ils allaient devoir faire une nouvelle étude d’impact, la précédente datant de 2011. Or la préfecture les a autorisé à commencer quand même. Et comme c’est un endroit assez caché, avec des arbres, on ne s’était rendu compte de rien avant de tomber dessus par hasard » raconte Camille. Le lancement avait pourtant bien été officialisé en mars par le maire de Villenave d’Ornon, Patrick Pujol (Les Républicains). Aux anciens opposants s’ajoutent alors ceux, plus jeunes, du collectif bordelais de soutien à la zad de Notre-Dame-des-Landes.

Depuis, c’est l’urgence qui prévaut d’un côté comme de l’autre. Les opposants pour faire stopper le chantier, les promoteurs pour le mener à bien. « Ils veulent aller beaucoup plus vite que prévu, maintenant qu’ils savent qu’on est au courant. Ils ont déjà presque entièrement défriché ce qui sera le parcours de golf, et un cours d’eau a été complément endommagé alors qu’ils ne devaient pas s’en approcher » rapporte Camille. « Mais c’est peut-être là qu’ils font une erreur, car ils ne respectent pas les prescriptions de la loi sur l’eau » poursuit-il. La Confédération paysanne et l’association locale VO2, ont alerté la police de l’eau afin qu’elle vienne constater les dégâts, ainsi que la préfecture.

 
Agriculteurs punis, promoteurs tout permis
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Le terrain a été défriché et terrassé en toute discrétion

« Je croyais que c’était sauvé mais non, il faut toujours se battre », souffle Olivier Sigaut, réalisateur et professeur de gestion et sociologie de l’environnement au ministère de l’Agriculture. Opposant depuis les années 1980, il dénonce la non-prise en compte des espèces protégées présentes sur le site. « A l’époque, avec mes étudiants, nous étions venus ici et avions trouvé le vison d’Europe et l’angélique des estuaires. Ces espèces prioritaires font de ce lieu un corridor biologique, selon la législation européenne. Or ni l’un ni l’autre ne sont mentionnés dans les dossiers. La Commission européenne ne doit pas être au courant de ce qu’il se passe, sinon ça ne tiendrait pas » assure-t-il.

 

JPEG - 118.8 ko
Angelica heterocarpa, ou l’angélique des estuaires.
 

Située sur la rive gauche de la Garonne, au sud de Bordeaux, la zone projetée pour ces aménagements fait partie d’une zone humide classée Natura 2000. Christophe Guénon, porte-parole de la Confédération paysanne de Gironde, est maraîcher et éleveur à quelques kilomètres de là. « Je connais très bien le coin pour participer régulièrement à des réunions avec les techniciens en raison de la réglementation Natura 2000 », nous dit-il. « Nous, agriculteurs, devons respecter un cahier des charges précis : pas de fauche avant le 15 juin, interdiction de curer les fossés sans avoir fait tout un dossier, interdiction de retourner la terre, etc. Or depuis deux mois, ils ont retourné la terre pour faire des talus, rasé les haies, ils gardent les essences d’arbres les plus jolies et broient le reste. Ils sont en train de tout détruire. Si j’avais fait un dixième de tout cela, j’aurai reçu une amende ou une convocation au tribunal », proteste-t-il.

De plus, cette zone humide joue un rôle crucial dans la gestion des crues en amont de Bordeaux. « Aujourd’hui c’est une zone d’étalement des crues, ce qui signifie que l’eau de la Garonne peut s’y étaler librement quand elle est trop haute. Après les travaux, elle ne pourra plus être absorbée et il y aura des risques d’inondation tout autour », explique Camille. Cet élément aurait été pris en compte dans le projet qui prévoit de pomper l’eau dans une cuve en cas de crue. Mais cette compensation ne convainc pas les opposants.

Autre argument avancé par les opposants, celui de la raréfaction des terres agricoles. Il y a quarante ans, les 167 hectares concernés par le projet faisaient partie de la ceinture verte bordelaise. « Aujourd’hui tout le monde veut des fruits et légumes bio en ville. Or les agriculteurs partent à la retraite et leurs terres passent en terrains à bâtir, on nous dit que l’autonomie alimentaire de Bordeaux avec sa ceinture verte est d’un jour par an, et rien n’est fait pour préserver les terres agricoles ! Il y a une grande incohérence » poursuit-il. « On manque de terre, et l’accès au foncier devient une véritable guerre. »

 

« Si on est deux mille, on pourra lancer une occupation »

 

A partir de samedi 18 juin à 11h et jusqu’à dimanche, un appel à se rassembler sur place a donc été lancé par le collectif de soutien à la zad de Notre-Dame-des-Landes, la Confédération paysanne et l’association VO2...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 16:21

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Répondre aux « Questions qui piquent sur la dette et l’austérité »

Sortir ou pas de l’euro ? Telle est la question.

Question 11

20 juin par CADTM Belgique , Jérémie Cravatte , Emilie Paumard

 
 

CC - Flickr - Steve Collis

 

Au CADTM, on sait trop bien ce que c’est d’être flippéE, voire découragéE, par toutes ces questions sur lesquelles on sèche. Du coup, inspiréEs par nos meilleurEs piqueurs et piqueuses (notre famille, nos potes, le pizzaiolo d’en face, les gens que l’on rencontre en animation), le CADTM Liège a organisé plusieurs sessions d’élaborations collectives d’éléments de réponse à ces piques (qu’elles soient d’ordre technique ou plus « politique »).

 

Ce travail a engendré une brochure que vous pouvez retrouver en entier ici.

 

Sortir ou pas de l’euro ? Telle est la question.

Deux constats sont certainement largement partagés : (1) En principe, on fait d’abord une union socio-économique et puis une monnaie commune, pas l’inverse. (2) La question de la sortie ou non de l’euro divise la gauche radicale en ce moment.

D’un côté, l’euro est vu comme un symbole ET un instrument de domination et de compétition dont il faut absolument se libérer. D’un autre côté, il est considéré soit comme utile (une monnaie forte face aux autres économies), soit comme nécessaire (sans l’euro, ce sera pire).
Sans revenir sur le fait que les Institutions européennes violent sans cesse leurs propres lois, soulignons que leurs traités ne prévoient pas de modalités spécifiques pour la sortie de la zone euro (contrairement à la sortie de l’Union prévue par l’article 50 du traité de Lisbonne). D’un point de vue légal, l’une n’entraîne pas l’autre. D’un point de vue légal, encore, l’expulsion d’un pays de la zone euro par les autres membres n’est pas possible, mais dans les faits ils peuvent bien sûr faire pression sur lui (via la BCE, entre autres).

D’un côté, on souligne qu’une sortie de l’euro entraînerait une forte dévaluation de la nouvelle monnaie et une fuite de capitaux. De l’autre, on (Frédéric Lordon, par exemple) dit que ces effets s’éteindront après une année et que plus on attend, pire ce sera. De plus, plusieurs scénarios de sortie de l’euro et alternatives sont mis en avant :

- sortir de l’euro à plusieurs (voire se doter d’une monnaie commune alternative |1|)
- négocier cette sortie / dévaluation avec l’Europe pour en limiter les effets négatifs 
- appliquer une réforme monétaire redistributive |2|
- utiliser une monnaie complémentaire à l’euro pour les échanges internes (comme en Équateur où de nombreux paiements quotidiens – dont les factures et certains salaires – se font sans utiliser le dollar, la monnaie officielle)
- last but not least, demander l’avis à la population...


Position du CADTM :

La sortie de l’euro n’est pas LA solution (avant l’euro, il y avait des problèmes, et le capitalisme était là) et elle ne doit pas être présentée comme un préalable à toute politique.

Le préalable c’est l’arrêt de l’austérité. Pour cela, il faut remettre en cause la dette illégitime. Si ces politiques peuvent être mises en place tout en restant dans le cadre européen (Europe et/ou euro), et que cela permet un changement de rapport de forces pour en changer profondément l’orientation et le fonctionnement, tant mieux. Si ces politiques ne peuvent pas être mises en place sans une rupture avec l’Europe et/ou l’euro (c’est ce que tend à montrer l’actualité grecque), alors il faut faire rupture.

Mais cette rupture ne doit pas se limiter à la sortie de l’euro. Pour empêcher le « ce sera pire après » et empêcher l’hémorragie, il faut un moratoire sur le paiement de la dette, un contrôle strict des mouvements de capitaux et la socialisation des banques.

Pour aller plus loin :
- Frédéric Lordon : « Pour une autre Europe, faut-il sortir de l’euro ? » (vidéo), Mediapart, septembre 2015.
- Costas Lapavitsas : « La voie de la sagesse est celle de la sortie de l’euro et du progrès social », juillet 2015.
- Eric Toussaint : « Grèce, pourquoi la capitulation ? Une autre voie est possible » (vidéo), août 2015.

 

Notes

|1| Comme le projet du Sucre entre plusieurs pays d’Amérique Latine (qui n’a pas encore vu le jour).

|2| Par exemple : pour les personnes possédant moins de 200.000€, 1€ s’échangerait contre 1 NM (nouvelle monnaie). Pour les personnes possédant entre 200.000€ et 250.000€, 1€ s’échangerait contre 0,7 NM, etc. jusqu’aux personnes possédant plus de 1 million € qui recevraient 0,1 NM pour 1€.

Auteur.e
Auteur.e

Jérémie Cravatte

Permanent au CADTM Belgique

Auteur.e

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 16:05

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

2015, année meurtrière pour les défenseurs de l’environnement

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

Marina Alves de Araujo, la veuve de Raimundo Chagas, assassiné en 2010 en raison d’un conflit forestier dans l’Amazonie brésilienne.

Pour les militants écologistes et les peuples indigènes en lutte contre l’accaparement et la destruction de leurs terres, de leurs forêts ou de leurs cours d’eau, 2015 a été une année noire. C’est ce que fait apparaître le rapport « On Dangerous Ground » (en terrain dangereux) publié, lundi 20 juin, par l’ONG Global Witness. Celle-ci est spécialisée dans la dénonciation des conflits, de la corruption et des violations des droits de l’homme associés à l’exploitation des ressources naturelles.

 

A l’échelle de la planète, le rapport ne recense pas moins de 185 assassinats liés à des enjeux environnementaux – soit un mort tous les deux jours –, perpétrés dans 16 pays. Un chiffre en hausse de 59 % par rapport à 2014, et encore jamais atteint depuis que l’ONG effectue cette recension macabre, débutée en 2002. Le bilan réel est « sans aucun doute plus élevé », souligne Global Witness, la collecte des informations étant très difficile.

 

« Pour chaque assassinat que nous avons été en mesure de documenter, d’autres n’ont pu être vérifiés, ou n’ont pas été signalés, écrit-elle. Et pour chaque vie perdue, bien d’autres sont brisées par l’omniprésence de la violence, des menaces et de la discrimination. »
 

 

Evolution des assassinats liés à des enjeux environnementaux, entre 2010 et 2015.

 

L’an passé, les défenseurs de l’environnement ont payé le tribut le plus lourd au Brésil (50 morts), aux Philippines (33) et en Colombie (26). Ils ont été tués dans des conflits associés majoritairement à l’extraction minière, mais aussi à des activités agro-industrielles, forestières, hydroélectriques ou de braconnage. Quant aux auteurs de ces assassinats, le rapport indique que des groupes paramilitaires sont « soupçonnés » d’implication dans 16 cas, l’armée dans 13, la police dans 11, et des services de sécurité privés dans 11 autres.

 

 

Nombre d’assassinats liés à des enjeux environnementaux, par pays entre 2010 et 2015.

 

« Alors que la demande de produits comme les minerais, le bois et l’huile de palme se poursuit, des gouvernements, des entreprises et des bandes criminelles s’emparent des terres au mépris des populations qui y vivent », dénonce Billy Kyte, chargé de campagne à Global Witness. Or, note le rapport, « peu d’éléments indiquent que les autorités ont pleinement enquêté sur les crimes, ou pris des mesures pour que leurs responsables rendent des comptes ».

 

Le Brésil, les Philippines et la Colombie particulièrement frappés

 

Terres ancestrales

Face à cette criminalité quasi organisée, les populations indigènes sont les plus vulnérables. « Du fait de l’insuffisance de leurs droits fonciers et de leur isolement géographique, elles sont particulièrement exposées à l’accaparement de leurs terres pour l’exploitation des ressources naturelles », pointe l’ONG. Près de 40 % des victimes dénombrées en 2015 appartenaient ainsi à des communautés indigènes. « Celles-ci sont de plus en plus menacées par l’expansion territoriale des entreprises minières ou forestières », constate Billy Kyte.

 

Les Etats amazoniens du Brésil, en particulier, ont connu « des niveaux de violence sans précédent ».

 

« Des fermes, des plantations agricoles ou des gangs d’exploitants forestiers illégaux empiètent sur les terres des communautés, décrit le rapport. La forêt tropicale a fait place à des milliers de campements illégaux, tandis que la frontière agricole est repoussée jusque dans des réserves indigènes auparavant intactes. »
 

La pression est très forte : 80 % du bois en provenance du Brésil serait exploité illégalement, et ces grumes représenteraient le quart des coupes illégales alimentant les marchés mondiaux, à destination notamment des Etats-Unis, de l’Europe et de la Chine.

 

Lire aussi :   Nouvelle alerte sur l’état de santé de l’Amazonie

 

La fin brutale de certains défenseurs de l’environnement a été rapportée dans les médias. Ainsi, en septembre 2015, sur l’île de Mindanao (sud des Philippines), la jeune militante Michelle Campos a assisté à l’assassinat par un groupe paramilitaire, sous les yeux de l’armée régulière, de son père et de son grand-père – des chefs de la communauté autochtone –, ainsi que d’un directeur d’école. Ils refusaient leur expropriation par des compagnies minières convoitant le charbon, le nickel et l’or du sous-sol. Quelque 3 000 indigènes ont dû fuir leurs villages, où 25 meurtres ont été signalés sur la seule année écoulée. Mais beaucoup de personnes mortes pour leur terre restent anonymes.

 

Lire aussi :   Le meurtre d’une écologiste au Honduras suscite l’indignation internationale

 

Militants criminalisés

Selon les données recueillies par Global Witness, l’Afrique demeure relativement épargnée par ces exactions, à l’exception de la République démocratique du Congo, où onze rangers de parcs nationaux ont été tués. Un constat « d’autant plus surprenant que beaucoup de pays africains sont en proie à de fortes violences, et que les conflits paraissent souvent liés à la terre et aux ressources naturelles », observe l’ONG. L’explication pourrait être un déficit de remontée d’informations en provenance de zones rurales isolées, où les organisations humanitaires sont peu représentées.

Pour autant, le rapport souligne une « hausse du nombre de cas de criminalisation de militants à travers l’Afrique » : arrestation au Cameroun du directeur d’une ONG luttant contre des plantations d’huile de palme ; menaces en République démocratique du Congo contre le coordinateur d’une ONG agissant pour la protection des forêts communautaires ; emprisonnement à Madagascar d’un militant écologiste qui dénonçait un trafic de bois de rose ; condamnation en Sierra Leone du porte-parole d’une association de propriétaires terriens affectés par l’emprise des palmiers à huile…

 

Lire aussi :   Bolabola, le bois qui saigne

 

La situation sur le continent africain n’est pas la seule à être mal documentée. « Les informations font défaut pour des pays comme la Chine ou la Russie, où ONG et médias sont entravés », explique Billy Kyte.

 

A ses yeux, « les agressions dont sont victimes les défenseurs de l’environnement sont le symptôme d’une répression plus large qui frappe les acteurs de la société civile, dans des pays où les intérêts des gouvernements et des compagnies privées entrent en collusion ».
 

Comment protéger les militants de la cause environnementale ? « Les gouvernements et les entreprises doivent mettre fin aux projets qui bafouent les droits des communautés à jouir de leurs terres, afin d’enrayer la spirale de la violence », plaide Global Witness. Ajoutant : « Les assassinats toujours impunis dans les villages miniers reculés, ou en plein cœur des forêts tropicales, sont alimentés par les choix que font les consommateurs à l’autre bout de la planète. »

 

 

 Pierre Le Hir
Journaliste au Monde

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 15:50

 

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Loi travail : malgré les appels à l’annulation, les journées d’action auront bien lieu

LE MONDE | • Mis à jour le

 

 
 
Manifestation à Paris le 14 juin contre le projet de lloi travail.

Il ne cédera pas aux appels du gouvernement. Philippe Martinez a réaffirmé, dimanche 19 juin, qu’il « maintenait les journées d’action » des jeudi 23 et mardi 28 juin contre le projet de loi travail. Le secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT) était l’invité du « Grand Rendez-vous » d’Europe 1, Le Monde et iTélé.

 

Accusé d’inaction face aux casseurs qui ont perturbé les récentes manifestations, en particulier celle du 14 juin, Philippe Martinez a renvoyé la responsabilité du maintien de l’ordre aux autorités et aux « ordres de non-intervention » qui seraient donnés, selon lui, aux policiers :

 

« Les hooligans à Marseille [en marge de l’Euro], on les a arrêtés en moins de quarante-huit heures. Pourquoi les casseurs qui sont identifiés à toutes les manifestations, on les laisse sévir, comme ce qui s’est passé à Necker ? »
« Je m’interroge sur les ordres donnés à la police, ça ne peut se passer que du côté du préfet ou du ministre. »
 

Lire la tribune :   « L’ultragauche est engagée dans une logique de “confrontation avec l’Etat” »

 

En réponse à ces accusations de « laisser-faire », le ministère de l’intérieur a publié dimanche après-midi sur Twitter un communiqué qui rappelle les « consignes claires et constantes » données aux forces de l’ordre depuis le début des manifestations, dont une « fermeté absolue à l’égard des casseurs ».

« Il est très regrettable que le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, tente de travestir sciemment ces orientations claires, écrites, données aux préfets à la veille de chaque manifestation et transmises au Parlement par ailleurs, par souci de transparence. »

 

 

 

 

[Communiqué] @BCazeneuve rappelle les consignes données aux forces de l'ordre dès début des manif° sur loi travail

Martinez : "Nous avons déjà annulé une... par Europe1fr

 

Concernant la bataille engagée par les syndicats contre le projet de loi, Philippe Martinez a répété que « c’est au gouvernement de donner des signes d’une volonté de sortie de crise. Il y a quatre mois qu’un problème est posé et que le gouvernement refuse toute discussion, toute proposition des sept organisations syndicales ». Le secrétaire général de la CGT a été reçu vendredi par la ministre du travail, Myriam El Khomri, à qui, dit-il, il a « remis des propositions » pour une « remise à zéro et une rediscussion » du texte.

 

 

Martinez : "C'est au gouvernement de montrer... par Europe1fr

 

La CGT a lancé des votations citoyennes dans les entreprises pour recueillir l’avis des salariés sur le projet et dit avoir déjà reçu 250 000 réponses, qui seront rassemblées le 28 juin et remises au gouvernement.

 

Retrouvez l’intégralité de l’entretien :


 

Le Grand rendez-vous avec Philippe Martinez par Europe1fr

 

A droite, Jean-Pierre Raffarin demande l’interdiction

Invité dimanche du « Grand Jury » de RTL, LCI et Le Figaro, le sénateur Les Républicains (LR) et ancien ministre Jean-Pierre Raffarin a appelé le gouvernement à interdire les manifestations contre la loi travail pour se concentrer sur « l’ennemi extérieur », le terrorisme. Il a dit avoir « honte » des dérives commises par les casseurs en marge du rassemblement du 14 juin, faisant référence aux dégradations dela façade de l’hôpital Necker.

M. Raffarin a également dit que la CGT avait « fait une faute » en maintenant son appel à la mobilisation pour les 23 et 28 juin. « Quand une manifestation dérive, les organisateurs de cette manifestation ne sont pas innocents de ces dérives. »

Bruno Le Maire, député LR et candidat à la primaire de la droite, a défendu sur France 3 la « liberté de manifester », tout en réclamant la « mise sous le verrou des casseurs ». « Cela fait des semaines qu’on voit des gars encagoulés, avec des barres à mine, qui vont saccager des villes », s’est-il insurgé, avant de souligner qu’il y avait eu « peu d’interpellations ».


 

 

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 14:39

 

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Loi travail

Temps de travail, salaires, licenciements, dumping social, santé : tout ce que la loi va changer pour les salariés

par

 

 

 

Le projet de loi travail a été largement amendé, entend-on, et ne changerait presque rien au quotidien des salariés. Vrai ou faux ? Si certaines dispositions ont été retirées, la loi remet toujours en cause les 35 heures, risque de généraliser les baisses de salaires, facilite les licenciements, complique les recours des salariés qui les jugeraient abusifs, tout en instaurant de fait un dumping social malsain entre entreprises d’un même secteur. Alors que le texte passe devant le Sénat, où la majorité de droite le durcit, Basta ! fait le point.

Après trois mois de contestation, de manifestations, de grèves et de blocages, le texte de la loi travail est arrivé au Sénat le 1er juin. Il y sera discuté jusqu’au 24, avant de revenir à l’Assemblée nationale. Que prévoit le texte dans son état actuel [1] ? A-t-il vraiment été « largement réécrit » comme l’assure la CFDT, qui soutient son adoption, et comme l’avance le gouvernement ? Que changerait cette loi dans la vie des travailleurs si elle entrait en vigueur en l’état ?

C’est le point central de cette nouvelle loi travail. Aujourd’hui, en matière de droit du travail, les dispositions du Code du travail servent de socle commun. Ensuite, les accords conclus au sein d’une entreprise puis au sein d’une branche – qui regroupe les entreprises d’un même secteur d’activité – ne peuvent pas être moins favorables aux salariés. C’est ce qu’on appelle la hiérarchie des normes. Et c’est ce verrou là que la loi travail fait sauter dans son article 2. Or, là-dessus, rien, ou presque, n’a bougé depuis l’avant-projet de loi.

 
Des heures sup’ moins payées : soumis à un accord d’entreprise

« Ce n’est pas l’accord d’entreprise en lui-même qui pose problème. C’est l’accord d’entreprise qui de fait remplace la loi de manière régressive », explique Fabrice Angei, du Bureau confédéral de la CGT. Et c’est bien dans ce sens-là que va le texte. « L’exemple le plus simple, ce sont les heures supplémentaires », souligne Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière. « Aujourd’hui, seul un accord de branche peut prévoir une rémunération des heures sup’ à moins de 25 % de majoration. Une seule branche a négocié cela, celle des centres de loisir. Mais avec cette loi, demain, la branche sauterait. On pourrait négocier une rémunération moindre des heures sup’ au niveau de chaque entreprise. » À la place des 25 % de majoration obligatoire pour les huit premières heures supplémentaires, puis de 50 % au-delà, la direction d’une entreprise pourra désormais fixer, suite à un accord, un taux à seulement 10 %.

 
Forfait-jours : soumis à un accord d’entreprise

Avec des heures supplémentaires qui pourront être majorées de seulement 10 % sur simple accord d’entreprise, dépasser les 35 heures coûterait moins cher à l’employeur. Deux autres mesures du texte remettent en cause la loi Aubry. Le projet initial étendait le dispositif des « forfaits-jours », qui calcule le temps de travail non pas en heures mais en jours travaillés. Ce système avait été mis en place avec les 35 heures pour permettre aux cadres en particulier de les contourner [2]. C’est déjà une exception française en Europe. Avec la loi travail, le forfait-jours pourrait concerner davantage de salariés. Sur ce point, le texte a été modifié : la décision d’étendre le calcul du temps de travail en forfait-jours ne pourra être prise de manière unilatérale par l’employeur mais devra faire l’objet d’un accord des représentants syndicaux.

 
Travailler 12 h par jour, 46 h par semaine : toujours possible

La loi travail donne aussi la possibilité aux accords d’entreprises d’augmenter la durée maximum de travail par semaine à 46 heures, au lieu des 44 heures actuellement. Il sera aussi possible de passer de 10 heures de travail quotidien – la règle aujourd’hui – à 12 heures maximum. « Le principe de faire primer les accords d’entreprises sur les conventions collectives et le Code du travail est pour l’instant limité aux questions de temps de travail et d’heures supplémentaires. Mais l’idée de cette loi, c’est que ça s’applique ensuite partout, sur tous les domaines », précise Jean-Claude Mailly.

 
Moduler les 35 heures : soumis à un accord de branche

Depuis la mise en place des 35 heures, les entreprises peuvent, par accord, moduler le temps de travail d’une semaine sur l’autre, pour éviter de payer des heures supplémentaires. Actuellement, sans accord de branche ou d’entreprise, la modulation se fait au maximum sur quatre semaines. Avec accord, sur un an. La loi travail prévoit qu’avec un accord collectif, la modulation pourra aller jusqu’à… trois ans. La nouvelle version renvoie la négociation sur cette question au niveau de la branche.

 

 

Cette question révèle un des enjeux centraux de cette loi : s’attaquer au temps de travail légal des salariés. « Dans les faits, les 35 heures sont déjà mises à mal de toutes parts. Mais cette loi, aussi bien avec l’extension des forfaits-jours que sur la question des congés et des horaires décalés, va encore déréguler le temps de travail, souligne Eric Beynel, porte-parole de Solidaires. Ces mesures vont dégrader les conditions de travail des salariés, et aussi empêcher les chômeurs de travailler en augmentant le temps de travail au lieu de le réduire. Ce qu’il faudrait pourtant faire pour lutter contre le chômage. »

 
Concurrence malsaine entre PME : toujours possible

« La loi et les accords de branche, c’est la garantie de protection collective et de l’égalité des salariés. Les remettre en cause, c’est encore renforcer la concurrence entre les entreprises, en particulier dans des branches particulièrement concurrentielles comme le commerce, le BTP, les transports… et tout spécialement chez les sous-traitants, qui sont souvent de très petites entreprises », analyse Eric Beynel. Risque d’effets pervers : le dumping social entre entreprises françaises d’un même secteur.

« Déjà, beaucoup de PME nous disent que leurs donneurs d’ordre leur demandent de baisser leur prix quand elles ont reçu des Crédits d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Aujourd’hui, dans la chimie ou la métallurgie, l’accord de branche précise que les heures sup’ doivent être payées à 25 % de majoration. Mais si on peut faire baisser la rémunération des heures sup’ à 10 % par simple accord d’entreprise, les donneurs d’ordre vont faire pression sur les sous-traitants pour l’exiger et faire ainsi baisser leurs coûts. Ce sera pareil pour le temps de travail », craint Jean-Claude Mailly.

 
Licenciement pour cause réelle et sérieuse : toujours facilitée

De nouveaux types d’accords d’entreprise, dits de « préservation et de développement de l’emploi » (article 11), permettraient de modifier les rémunérations et le temps de travail. Aujourd’hui, ce type d’accord n’est possible qu’en cas de difficultés économiques de l’entreprise. Ce ne sera plus le cas si la loi travail est adoptée en l’état. Le texte fait sauter cette protection. Si le salarié refuse, il serait licencié, « pour cause réelle et sérieuse ». Cela rendra beaucoup plus compliqué une éventuelle contestation aux prud’hommes si le salarié estime son licenciement abusif ou injustifié.

 
Licenciement économique : toujours facilité

En plus d’autoriser le licenciement « pour cause réelle et sérieuse » des salariés qui refuseraient de se soumettre aux nouvelles conditions de travail imposées par accord d’entreprise, le projet de loi facilite les licenciements dits économiques. Aujourd’hui, un plan de licenciement économique n’est valable qu’en cas de fermeture d’entreprise, de réorganisation, de mutations technologiques ou de difficultés économiques. Avec la nouvelle loi (article 30), une simple baisse des commandes ou du chiffre d’affaires pendant quelques mois suffira à justifier des licenciements économiques. « Avec ce texte, on déconnecte le licenciement économique d’une réelle difficulté économique qui mettrait en jeu la viabilité de l’entreprise. Ce sont les salariés qui ont le moins de protection, ceux des plus petites entreprises, qui vont être le plus soumis à la précarisation. », analyse Fabrice Angei, de la CGT. Pour les très petites entreprises, un seul trimestre de baisse des commandes suffira à justifier les licenciements.

 
Indemnités plafonnées : supprimées

Les licenciements seront aussi facilités en cas de transferts d’entreprise (article 41). Plus besoin de faire pression sur les salariés comme à Free quand le groupe de téléphonie a racheté Alice. Dans le cas d’un licenciement économique déclaré nul aux Prud’hommes, les indemnités versées au salariés baisseraient : 6 mois de salaires minimums pour les salariés avec au moins deux ans d’ancienneté, au lieu de 12 mois aujourd’hui. Un licenciement abusif coûtera donc deux fois moins cher à l’employeur ! Dans la deuxième version du texte, les montants plancher de dommages et intérêts en cas de licenciement non justifié ont été supprimés [3].

 

Accord d’entreprise validé contre les syndicats majoritaires : toujours possible

Aujourd’hui, un accord d’entreprise n’est valable que s’il est signé par un ou plusieurs syndicats représentant au moins 30 % des votes exprimés aux élections. Cet accord peut cependant être refusé par les autres organisations syndicales si celles-ci pèsent au moins 50 % des votes aux élections professionnelles. Exemple ? La direction de la Fnac avait proposé un accord sur l’extension du travail le dimanche et en soirée. La CFTC, la CFDT et la CGC (cadres), syndicats minoritaires, l’avaient signé. La CGT, SUD et FO, majoritaires, ont pu le faire invalider en janvier. Un mois plus tard, le projet de loi travail était prêt. Ce contre-pouvoir des syndicats majoritaires ne sera plus possible.

Le projet de loi modifie ces conditions (article 10 dans la nouvelle version). Si les syndicats majoritaires s’opposent à un accord d’entreprise, les syndicats minoritaires et l’employeur pourront organiser une « consultation » – ce terme a remplacé celui de « référendum d’entreprise » – directe des salariés pour faire valider un accord minoritaire. Vive la démocratie directe pourrait-on croire... La seule chose qui a changé sur ce point dans la deuxième version du projet : ces consultations ne pourront valider pour l’instant que des accords concernant les questions d’organisation du temps de travail. Mais l’idée est bien d’élargir par la suite.

 
Un progrès pour la démocratie sociale ? Faux

Le projet de loi parle du « renforcement » de la légitimité des accords collectifs…Mais s’agit-il vraiment d’un progrès de la démocratie sociale ? Le syndicat des avocats de France n’est pas de cet avis. « Le projet de loi est politiquement incohérent puisque, alors qu’il prétend renforcer le dialogue social, les salariés sont instrumentalisés pour affaiblir les syndicats dont ils ont pourtant eux-mêmes déterminé la représentativité aux dernières élections. Les salariés sont donc utilisés pour désavouer les syndicats majoritaires qu’ils ont élus », résume le syndicat des avocats [4]. « Le gouvernement met en avant la question de la démocratie sociale. Mais les référendums de ce type, en général, se font sur des régressions sociales, comme chez Smart, où une consultation de ce genre a été organisée sous la menace de perte d’emploi », déplore Éric Beynel.

Dans l’usine Smart de Moselle, la direction a organisé à l’automne une consultation des salariés pour augmenter le temps de travail. Les cadres l’approuvent en majorité mais pas les ouvriers. Au total, le oui l’emporte. Mais la CGT et la CFDT, majoritaires à elles deux, refusent l’accord. Menaçant de fermer le site, la direction fait cependant signer des avenants à leur contrat de travail à la quasi-totalité des 800 salariés du site. Ces avenants prévoient une augmentation du temps de travail et une baisse de salaire. Avec la loi travail, le référendum voté par les cadres auraient eu valeur d’accord d’entreprise tel quel, sans possibilité pour les syndicats majoritaires de s’y opposer. « Plus les négociations se font au plus près des entreprises, plus elles sont soumises au chantage des employeurs. Voilà la réalité qui remonte du terrain aujourd’hui », rapporte Fabrice Angei. « Le référendum tel qu’il est prévu dans le projet de loi est là pour faire valider des accords minoritaires. Cela signifie bien que le gouvernement souhaite faire passer des régressions. »

 
Médecine du travail : la santé des salariés sacrifiée sur l’autel de la sélection ?

L’article 44 du projet de loi s’appelle « moderniser la médecine du travail ». Selon Alain Carré, médecin du travail et vice-président de l’association Santé et médecin au travail, il s’agit en fait bien plutôt « d’affaiblir la médecine du travail et de la transformer en médecine de sélection de la main d’œuvre ». La loi prévoit de supprimer l’obligation de visite d’embauche par un médecin. Un infirmer pourrait la faire. « Or, c’est essentiel pour un médecin de faire des consultations. En faisant faire les visites par un tiers, on empêche le médecin d’exercer son activité clinique », souligne Alain Carré.

Surtout, la réforme envisagée dans cette loi transformerait le rôle même de la médecine du travail. « L’examen médical d’aptitude permet de s’assurer de la compatibilité de l’état de santé du travailleur avec le poste auquel il est affecté, afin de prévenir tout risque grave d’atteinte à sa santé ou sa sécurité ou à celles de ses collègues ou des tiers évoluant dans l’environnement immédiat de travail », édicte le point 65 de l’article 44 du texte. « Normalement, la mission du médecin du travail, c’est d’aménager les postes afin que tout salarié puisse travailler. Avec cette réforme, vous devez au contraire décider si le salarié est apte ou inapte, explique Alain Carré. C’est intenable. Par exemple, aujourd’hui, pour un salarié qui subit une maltraitance au travail de la part de son employeur, vous allez, en tant que médecin du travail, intervenir pour que quelque chose change dans les tâches qu’on lui confie, dans la manière dont on lui parle. C’est le poste qu’on modifie. Mais avec cette loi, dire “le salarié est en danger”, c’est le déclarer inapte, et l’employeur peut le licencier pour motif personnel. ». D’une médecine destinée à protéger la santé des salariés, la loi travail veut faire une médecine de sélection de la main d’œuvre, dénonce Alain Carré.

« Cette loi va faciliter les licenciements de salariés qui ont des problèmes de santé. C’est ce que demande le Medef depuis longtemps, analyse Jean-Michel Sterdyniak, secrétaire générale du Syndicat national des professionnels de la santé au travail (SNPST). Et si les médecins du travail empêchent les salariés de travailler, ceux-ci vont tout simplement taire leurs problèmes de santé. La nouvelle loi prévoit par exemple que pour certains postes à risque, la visite d’embauche se fasse en fait avant l’embauche. Cette visite sera donc susceptible d’écarter quelqu’un d’un poste. En conséquence, le salarié va évidemment cacher ses antécédents, taire le fait qu’il prend des médicaments, etc. » Les médecins du travail se retrouveraient dans la position de décider si quelqu’un sera embauché ou pas, sera licencié, ou pas. « On va avoir des atteintes à la santé des travailleurs et on construit en plus l’invisibilité de ces atteintes », déplore Alain Carré.

Le médecin du travail attire l’attention sur une autre mesure dangereuse à ses yeux prévue dans la loi travail, qui a même été ajoutée dans la deuxième version : « Il y a un passage de l’article 44 tout à fait stratégique, qui dit que pour contester l’avis du médecin du travail, le salarié devra aller aux Prud’hommes. Aujourd’hui, si le médecin prend une décision qui ne convient pas au salarié, celui-ci saisit l’inspection du travail, qui saisit le médecin inspecteur. Faire passer la contestation de l’avis du médecin du travail du côté du conflit privé, cela signifie que l’État se démet de cette garantie de la santé au travail. » « Cette mesure est un non-sens », s’indigne aussi Jean-Michel Sterdyniak. Qui ne baisse pas les bras devant cette nouvelle attaque contre la médecine du travail, déjà mise à mal par les lois Macron et Rebsamen. « Nous allons trouver des façons de résister à ce système s’il est mis en place. »

Les mobilisations des syndicats et du mouvement social ont déjà abouti à quelques modifications significatives du projet de la loi entre sa première et sa deuxième version, même sil elles sont peu nombreuses. Le premier texte prévoyait que les apprentis de moins de 18 ans pourraient travailler jusqu’à 10 heures par jour. Cette mesure a été retirée. De même que l’augmentation prévue de la durée maximum de travail de nuit. Par ailleurs, le congé minimum en cas de décès d’un proche restera garanti par la loi.

 

Au Sénat, suppression des 35 heures et travail de nuit des mineurs

Mais même là-dessus, rien n’est sûr. Les premiers amendements votés la semaine par le Sénat, en majorité de droite, reviennent sur plusieurs points de la loi à la première version du texte. Les sénateurs ont par exemple réintroduit le barème des indemnités prud’homales en cas de licenciement injustifié. Ils sont même allés plus loin que le premier projet dans la déréglementation du temps de travail.

La commission des affaires sociales du Sénat a ainsi voté un amendement pour faciliter le travail de nuit des apprentis mineurs. Elle a aussi supprimé la durée minimum de 24 heures par semaine pour les temps partiel. Surtout, les sénateurs ont tout bonnement fait sauter les 35 heures. « À défaut d’accord, la durée de référence est fixée à 39 heures par semaine », ont voté les sénateurs. Cet amendement scelle-t-il la fin définitive des 35 heures ? Non. Le Sénat va examiner ce texte en séance plénière à partir du 13 juin. Mais ensuite, le projet reviendra à l’Assemblée nationale, en juillet. Et là, tout peut encore changer.

« Après le passage au Sénat, le jeu du gouvernement, ce sera de montrer que si ce n’est pas lui, ce sera pire. C’est un jeu de dupe », analyse Eric Beynel, porte-parole de Solidaires. « Nous, nous concentrons nos forces sur la manifestation du 14 juin et sur la votation citoyenne », organisée par l’intersyndicale opposée à la loi travail.

Rachel Knaebel

Photo : Eros Sana

Notes

[1Voir le texte déposé au Sénat ici.

[2En 2014, plus de 13 % des salariés des entreprises de dix salariés ou plus du secteur privé non agricole travaillent en forfait-jours, selon la Dares. Voir “Les salariés au forfait annuel en jour, DARES Analyses, juillet 2015, n°048”, ici.

[3Mais un barème indicatif pour les affaires traitées en conciliation avait déjà été instauré par décret en 2013. Le gouvernement a annoncé qu’il allait modifier ce barème par décret et l’appliquer aussi à la phase de jugement.

[4Dans une analyse du 25 avril.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 14:53

 

Source : http://www.franceculture.fr

Source : https://www.mediapart.fr

 

Le repenti
Confessions d’un repenti du Front national
16 juin 2016 | Par Les pieds sur terre
 
 
 

 

Un ex-élu FN à Brignoles (Var) livre à France Culture un témoignage inédit sur les coulisses du parti. Il raconte la « sélection » des recrues, les confections des listes « sur un coin de table de cuisine », des « tripatouillages de chiffres d’adhésion », l’« absence de propositions » et les nombreux « départs »Reportage audio de Rémi Douat.

 

Reportage : Rémi Douat

Réalisation : Emmanuel Geoffroy

Dans le Var, 21 élus FN ont démissionné depuis les municipales de 2014. Parmi eux, Romain Tardieu, ex-élu et cadre FN à Brignoles, qui livre à France Culture un témoignage inédit sur les raisons de son départ et les coulisses du parti. Il raconte la « sélection » des recrues, leur « ascension fulgurante », « plus rapide que Pôle emploi », qui attire n’importe quels profils, la confection des listes électorales « sur un coin de table de cuisine », parfois « contre la volonté » de certaines personnes, des « tripatouillages des chiffres d’adhésion », l’« absence de propositions ». Reportage de l'émission Les Pieds sur Terre, partenaire de Mediapart.

 

Un ex-cadre du FN raconte pourquoi il a quitté le parti. Aujourd'hui, il entend consacrer toutes ses forces à le combattre. En partenariat avec Mediapart.

Crédits : Julio PELAEZ/PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN - Maxppp

  • Reportage : Rémi Douat
  • Réalisation : Emmanuel Geoffroy

Musique de fin : "We're not the same" par Wolf Alice - album : "creature song" (2014).

>> A lire, l'article de Marine Turchi sur Mediapart : "Dans les villes du FN, les relations tumultueuses avec la presse locale"

 

 

Source : http://www.franceculture.fr

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 14:28

 

Source : http://la-bas.org

 

 

Un scoop ! Gérard Filoche annonce sa candidature [VIDÉO 23’37]

FILOCHE PRÉSIDENT ! Mais d’abord retrait de la Loi travail "et son monde"

Le

 

 

La primaire à gauche, il y tient, il y croit, et il se présente ! Le succès de Bernie SANDERS lui a donné des idées. Après tout, il est (un peu) plus jeune que lui. Président, mais pour quoi faire ? Notre futur président s’explique.
Mais d’abord l’ennemi numéro 1, c’est toujours la loi El Khomri et Filoche est remonté.

 

FILOCHE PRÉSIDENT ! Mais d’abord tous à la manif... par Là-bas si j'y suis

 

entretien : Daniel MERMET
réalisation : Jeanne LORRAIN et Jonathan DUONG
son : Sylvain RICHARD

Marie GALL attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

Télécharger la vidéo au format .mp3 :

 
 
 

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23:38
 
FILOCHE PRÉSIDENT ! Mais d’abord tous à la manif…
 

 

 

Source : http://la-bas.org

 

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