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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 12:04

 

Live blogging 01/11/2011 à 16h17

Rue89 Rue89 - Pierre Haski

 

L'initiative surprise du premier ministre grec secoue politiques et marchés. Georges Papandréou rencontre mercredi soir Sarkozy et Merkel à Cannes, qui veulent atténuer son projet référendaire.


Georges Papandréou à la fin du sommet de la zone euro à Bruxelles, le 27 octobre 2011 (Yves Herman/Reuters)

 

La décision du premier ministre grec Georges Papandréou d'organiser un référendum sur le plan de sauvetage européen a provoqué une crise majeure au sein du gouvernement grec, et avec ses alliés européens furieux d'avoir été mis devant le fait accompli. L'annonce a fait chuter brutalement les bourses du monde entier.

Les dirigeants européens et le FMI s'efforcent de convaincre Georges Papandréou, qui sera mercredi à Cannes pour les rencontrer, de ne pas faire un référendum de ratification de l'accord de Bruxelles. C'est, selon Michael Darmon, qui suit l'Elysée pour i-télé, le message qui lui sera transmis mercredi.


Capture d'écran (Twitter)

Selon Michael Darmon, au G20 « il sera exigé [de Papandréou] que la seule question qui pourrait être posée au référendum soit “voulez-vous rester dans la zone euro‘’.

Renoncer au référendum sur le plan de sauvetage est déjà le message implicite contenu dans la courte déclaration-surprise faite mardi soir sur le perron de l'Elysée par Nicolas Sarkozy, annonçant que Georges Papandréou est, de fait, ‘convoqué’ à Cannes mercredi :

‘La France estime que l'accord de Bruxelles est la seule voie possible pour résoudre la crise de la dette grecque. La solidarité de tous les pays de la zone euro ne saurait s'exercer sans que chacun consente aux efforts nécessaires.

C'est pourquoi la France et l'Allemagne ont pris l'initiative de réunir demain, avant le début du G20 à Cannes, l'ensemble des institutions européennes et mondiales pour examiner avec le premier ministre grec dans quelles conditions les engagements seront tenus.’

Nicolas Sarkozy, le premier novembre sur le perron de l'Elysée

Dans la nuit de mardi à mercredi, toutefois, lors d'une réunion avec son gouvernement, Georges Papandréou a obtenu le soutien ‘unanime’ de son gouvernement, malgré les grincements de dents initiaux. Le référendum sur l'accord européen aura bel et bien lieu, peut-être même avant décembre, selon le porte parole du gouvernement, et le gouvernement espère obtenir un vote de confiance au Parlement grec ce vendredi.

Au cours de la réunion, Papandréou a déclaré, selon son porte parole :

‘Le référendum fournira un mandat clair, mais aussi un message clair à l'intérieur et à l'extérieur de la Grèce sur notre engagement européen et notre appartenance à l'euro.

Nous devons faire en sorte que les choses soient claires à tous les points de vue, et je dirai au G20 qu'il faudra finalement adopter des politiques qui garantissent que la démocratie soit maintenue au-dessus des appétits des marchés’.

Divisions à Athènes

Georges Papandréou n'avait pas consulté son gouvernement ni ses partenaires européens avant de rendre publique sa décision d'appeler à un référendum, qui est loin de faire l'unanimité dans son propre camp.

Ce qui pouvait être interprété initialement comme une décision démocratique destinée à obtenir la légitimité du peuple grec sur un plan européen lourd de conséquences pour les citoyens, se révèle comme étant un geste désespéré, peut-être même suicidaire, du premier ministre grec. Un ‘pari de trop’, pour reprendre un titre du Guardian de Londres ?

Mais la réunion de mardi soir a montré que le premier ministre n'avait pas nécessairement perdu la main.

Dans un entretien téléphonique avec Angela Merkel mardi, Papandréou a toutefois défendu son initiative comme une tentative de ‘renforcer la Grèce dans la zone euro et sur le plan international’.

Coup sur coup, la crise politique a pris forme :

  • une députée du Pasok, le parti socialiste grec au pouvoir, a démissionné pour protester contre le référendum, réduisant à 152 élus sur 300 membres la majorité dont dispose le Premier ministre, à la veille d'un vote crucial au parlement vendredi ;
  • six autres membres influents de la direction du Pasok ont réclamé la démission du Premier ministre pour protester contre l'absence de consultation sur le référendum ; Ils pourraient faire défection à leur tour privant le Pasok de majorité.
  • le ministre des Finances, Evangelos Venizélos, qui n'avait pas non plus été consulté, a été hospitalisé en urgence mardi, souffrant de douleurs à l'estomac ; Le Guardian cite son entourage démentant qu'il souffre d'une ‘maladie diplomatique’ mais de ‘vraies douleurs’...
  • trois autres députés du Pasok ont réclamé mardi après-midi un ‘gouvernement de Salut national’ à la place du seul parti socialiste, pour faire face à l'ampleur de la crise ;
  • Papandréou n'avait pas non plus prévenu ses partenaires européens, à commencer par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, qui ont tout misé sur l'accord de Bruxelles. Lors d'un échange téléphonique, mardi après-midi, les deux dirigeants se sont dits ‘déterminés’ à faire appliquer le plan de sauvetage de la Grèce ;
  • Papandréou a été invité par Sarkozy et Merkel a se rendre mercredi à Cannes, où se tient le G20 et où il n'était pas initialement prévu. Une rencontre décisive, sous la forme d'un dîner de travail est prévue, avec le président français, la chancelière allemande, la directrice générale du FMI Christine Lagarde, et les responsables de l'UE et de la zone euro. Rencontre confirmée mardi soir par Sarkozy lui-même lors d'une apparition surprise sur le perron de l'Elysée.

Vers la chute de la majorité au parlement grec

Les annonces de chute imminente du gouvernement grec se sont révélées un peu prématurées.

‘Oubliez le référendum, ainsi que le vote de confiance de vendredi, le gouvernement pourrait tomber ce soir’, avait déclaré mardi un dirigeant grec au Financial Times.


Capture d'écran (Twitter)

Même son de cloche chez le correspondant de Libération à Bruxelles, Jean Quatremer, pour qui la chute de Papandréou n'est plus qu'une question d'heures ou de jours.


Capture d'écran (Twitter)

A noter que les partis d'opposition grecs, aussi bien la Nouvelle Démocratie (ND) de droite, que les communistes du KKE ont appelé à des élections législatives anticipées plutôt qu'à un référendum pour entendre la voix du peuple grec. La ND a accusé le gouvernement de vouloir ‘faire du peuple grec son complice’ !

Remaniement à la tête de l'armée grecque

Par ailleurs, dans la série ‘il se passe des choses étranges en Grèce’, les médias grecs se sont étonnés mardi de l'annonce surprise d'un profond remaniement à la tête des forces armées, dont nul n'était, semble-t-il, prévenu à l'avance.


Capture d'écran (Athen News)

Rappelons quand même que la Grèce a connu une dictature militaire, à partir de 1967, qui n'a pris fin qu'en 1974, permettant l'entrée du pays dans la Communauté européenne en 1981.

Sur les places financières, l'annonce de ce référendum, qui risquerait de remettre en cause les clauses de l'accord conclu la semaine dernière par les pays de la zone euro pour la dette grecque, ont plongé : - 5,38% à la clôture à Paris (avec un -16% pour la Société Générale...) et des pertes considérables sur les autres places européennes (-7% à Milan, -6% à Francfort, - 3,5% à Londres) et aux Etats-Unis (-1,5%, le marché américain se resaisissant après l'annonce par Dow Jones de l'abandon probable du projet de référendum).

Commentaire sombre, ce mardi soir, de Jean Quatremer, le correspondant de Libération à Bruxelles, sur son blog :

‘Seule la Banque centrale européenne (BCE) a désormais les moyens de sauver la zone euro. Aucune des rustines mises au point par les dix-sept États partageant la monnaie unique au cours des onze sommets de rang qui se sont succédé depuis février 2010 n'est en effet parvenu à enrayer la crise.’

Des réactions mitigées en France

Parmi les réactions en France, on constate une compréhension dans l'opposition vis-à-vis de la démarche grecque, et une vive hostilité au sein de la majorité.


capture d'écran (Site du PS)

Avec beaucoup de retard, le PS s'est fendu d'un communiqué commun signé par François Hollande et Martine Aubry (une première ! ), qui réussissent le tour de force de ne pas se prononcer réellement sur la proposition de référendum grec. Le candidat et la première secrétaire du PS sont moins avares de mots pour dénoncer les dirigeants européens actuels, dont évidemment Nicolas Sarkozy :

‘Au-delà de la décision qui sera prise par le parlement grec, cette situation traduit un défaut de gouvernance de la zone euro.

Bien des difficultés actuelles auraient pu être évitées si l'Europe avait fait preuve de solidarité dès le début des attaques spéculatives contre la Grèce. L'Europe a agit trop tard, trop faiblement sur le plan financier, et trop durement sur le plan économique et social. Si nous avons toujours défendu la nécessité pour la Grèce de redresser ses finances, nous avons aussi toujours dénoncé la brutalité des mesures engagées.

Si cette décision de M. Papandréou entraîne de nouveaux désordres sur les marchés financiers, elle devrait surtout décider les dirigeants européens à prendre enfin les décisions d'engager les réformes structurelles, notamment pour réguler le système financier – comme nous n'avons cessé de le proposer depuis des mois-, et pour trouver un juste chemin entre la réduction des déficits et le maintien de la croissance et de l'emploi.’

D'autres socialistes s'étaient déjà exprimées, tel Manuel Valls qui a tenté un soutien au Pasok sur Twitter, estimant qu'un référendum est ‘légitime’


Capture d'écran (Twitter)


Capture d'écran (blog de JC Cambadélis)

Sur son blog, le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis critique pour sa part la réaction des marchés financiers :

‘C'est dire si la Bourse a confiance dans adhésion des peuples aux mesures d'austérité qu'elle impose. Abordons les raisons de cette décision.

De nombreuses fois j'ai mis en garde face à l'humiliation des grecs. La mise sous tutelle, la stigmatisation allemande, l'attente insupportable, les conditions d'austérité invraisemblables à un rythme insurmontable, le débordement des syndicats, la démagogie de la nouvelle démocratie, les fautes psychologiques du couple franco-allemand.

Tout concourait a l'initiative référendaire de Papandréou.’

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche, a pour sa part estimé sur France info que l'organisation d'un référendum en Grèce sur le plan d'aide européen à ce pays était ‘un minimum de démocratie’ :

‘Il y a eu treize grèves générales en Grèce et chacune a réclamé un référendum, Georges Papandréou savait qu'il ne pourrait pas tenir plus longtemps sans consulter le peuple grec.’

‘Compréhension’, également, du côté du MoDem. L'eurodéputé et vice-président du MoDem Robert Rochefort a dit ‘comprendre’ la position du premier ministre grec, sans pour autant ‘l'approuver’ :

‘Je comprends sa position, la situation était intenable pour M. Papandréou : encore 120% de PNB de dette publique, aucune perspective de relance du pays [...]. Il n'est pas complètement honnête de tomber à bras raccourcis sur Papandréou : il est épuisé par la situation, fragilisé par une courte majorité et la seule issue politique pour lui de toutes façons est l'union nationale.’

A l'Elysée, selon le Figaro, Nicolas Sarkozy a appris l'initiative d'un référendum grec comme tout le monde, n'ayant pas été prévenu par le premier ministre grec. ‘Il a voulu dans un premier temps prendre les choses avec prudence’, précise le quotidien, qui indique que le Président a changé d'attitude lorsque les marchés ont paniqué mardi matin.

‘Le Président n'a plus caché son exaspération à l'égard de partenaires grecs jugés particulièrement peu fiables’, selon le quotidien. Il a tenté par trois reprises de joindre Georges Papandréou avant de pouvoir lui parler et de l'inviter à Cannes mercredi, en marge du G20.

Vision plus sévère selon Arnaud Leparmentier, journaliste du Monde, qui suit l'Elysée, pour qui le chef de l'Etat est consterné par l'annonce de ce référendum. ‘Le geste des Grecs est irrationnel et de leur point de vue dangereux’, selon un proche du Président.

Côté UMP, Eric Woerth, très en forme, se permet même de l'humour pour condamner l'initiative du premier ministre grec qu'il place en tête du ‘Panthéon’ de l'irresponsabilité...


Capture d'écran (Twitter)

Enfin, à l'extrême droite, Marine Le Pen, candidate du Front national, qui appelle de ses vœux la mort de l'euro, apporté son soutien à un référendum en Grèce, dans l'espoir, sans doute, qu'il fasse éclater la zone euro.

‘C'est au peuple de décider son avenir et non pas à quelques technocrates. C'est la moindre des choses, je défends le référendum’, a-t-elle dit sur i-Télé, ajoutant :

‘C'est aussi un moyen de préparer la sortie de l'euro. Chacun est conscient que l'euro n'est pas viable mais personne ne veut prendre la responsabilité de le dire.

Peut-être attendent-ils que la Grèce, sacrifiée sur l'autel du dogme de cette monnaie, le dise.’

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 11:55
Libération -02/11/2011

Blog Cris d'Egypte Aujourd'hui à 11h16 (Mis à jour à 11:46)

Alaa

Alaa Abdel Fattah

Le Caire, 31 octobre 2011. Le 9 octobre dernier, des manifestants coptes (chrétiens d'Egypte) manifestaient devant Maspero, le bâtiment de la Radio-Télévision égyptienne, quand leur sit-in paisible se transforma en carnage.

On compta alors 28 morts, écrasés par les chars de l'armée égyptienne ou tués par balle. Les corps transportés à la morgue sont fracassés, déchiquetés.

Alors que les événements se déroulent sous ses fenêtres, la télévision d'Etat diffuse le message suivant: «les coptes attaquent l'armée, nous demandons aux citoyens honorables d'aller défendre leur armée égyptienne magnifique». Surgissent alors au milieu des manifestants des civils armés de battes et de sabres, réunis pour défendre leur "armée magnifique". L'autopsie révélera plus tard qu'une des 28 victimes est morte égorgée.

Cette fois, pense-t-on, l'armée ne pourra pas se défiler, nier les faits. Ceux-ci ont été diffusés sur les chaînes du monde entier. Mais plus le Conseil Supérieur des Forces Armées se trouve acculé et plus sa répression est dure et tissée d'accusations mensongères. 

Le 30 octobre 2011, trois accusés figurent dans le dossier de l'enquête qui s'ouvre ce jour là: Mina Danial, Alaa Abdel Fattah et Bahaa Saber.

Mina Danial, un blogueur âgé de 20 ans, est mort le soir des événements, d'une balle dans la tête.

Après interrogation, Bahaa Saber est relâché. Reste alors Alaa Abdel Fattah, accusé «d'agression, d'incitation à la violence et de vol d'armes à feu».

Alaa, activiste, informaticien et blogueur, né au Caire en 1981, est une figure emblématique de l'opposition et de la blogosphère égyptienne qu'il structura dès ses premiers pas, en créant avec son épouse, Manal Hassan, un aggrégateur de blogs qui permit à chacun de s'informer et d'observer la croissance d'une force politique d'opposition, libre et engagée.

Incarcéré une première fois en 2006 dans les geôles de Moubarak, Alaa se trouve à nouveau détenu. Hier soir, il nous a fait parvenir une lettre. La voici.

 

Retour aux geôles de Moubarak
par Alaa Abdel Fattah

Jamais je n'aurais cru revivre mon experience d’il y a cinq ans. Après la révolution qui eut raison du tyran… retourner à ses geôles?

Tous mes souvenirs de détenu me reviennent; se coucher sur le sol, vivre à 9 dans une cellule de 2 mètres sur 4, écouter les chansons et les conversations de zonzon. Je ne me souviens plus de ce que je faisais pour garder, durant mon sommeil, mes lunettes à l’abri. Elles ont été pietinées trois fois depuis ce matin. Je réalise que ce sont les mêmes lunettes qui m’ont accompagnées lors de ma première incarcération en 2006, quand je fus arreté pour avoir appelé de mes vœux un système judiciaire indépendant.

Me voilà à nouveau enfermé sur la base d’accusations creuses et sans fondement; la seule différence, cette fois-ci, c’est que nous n’avons plus à faire au Procureur de la Sécurité d’État, mais au Procureur Militaire – un changement en harmonie totale avec la période militaire que nous traversons.

La fois précédente, je partageais mon incarceration avec 50 camarades du Mouvement “Kefaya” (Assez). Cette fois, je suis seul. M’accompagnent dans l’épreuve huit détenus. On opprime, ici, le coupable comme l’innocent.

Quand ils apprirent que j’étais un “jeune de la révolution” ils se mirent damner cette revolution qui n’a pas été fichue de mettre l’Intérieur “au pas”. J’ai passé les deux premiers jours à écouter leurs histoires de torture aux mains de notre police résolue à rester ce qu’elle a toujours été, résolue à prendre sa revanche sur les corps des plus démunis et des laissés pour compte, qu’ils soient, eux aussi, coupables ou innocents.

De leurs histoires je découvre l’envers du décor du “retour à la normale” et de la “sécurité” dans nos rues. Deux de mes co-détenus sont là pour la première fois. Ce sont des jeunes hommes ordinaires, dénués de toute forme de violence. De quoi les accuse-t-on? D’association de malfaiteurs! Abou Malek serait donc une association de malfaiteurs à lui tout seul… et armée, qui plus est! Je comprends mieux alors les déclarations dont nous abreuve le Ministère de l’intérieur sur son combat réussi contre l’insécurité! Compliments.

Pendant les rares heures de la journée où les rayons du soleil pénètrent dans notre cellule habituellement plongée dans le noir, nous lisons les inscriptions d’un ancien détenu, gracieusement calligraphiées. Quatre murs recouverts de bas en haut de versets du Coran, d’invocations et de pensées intimes. On y lit les paroles d’un homme qui veut se repentir. Le lendemain, nous découvrons, dans un coin, la date d’exécution du détenu inconnu. Nous pleurons.

Les condamnés se consolent dans le repentir, mais de quoi se console un innocent?  

Je laisse libre à cours à mes pensées en écoutant la radio. J’écoute le discours d’un Général à l’occasion de l’inauguration du “drapeau le plus haut du monde” — qui, sans aucun doute, battra tous les records. Je m’interroge si le record de l’insolence n’a pas été battu par mes accusateurs quand ceux-ci ont inscrit le nom de Mina Danial tout en haut de la liste des personnes accusées d’avoir “incité à la violence”? Sans doute sont-ils les premiers à tirer sur un homme, à cracher sur sa tombe et à accuser son cadavre de meurtre. Ou serait-ce plutôt ma cellule qui remporterait le record mondial du nombre de cafards au metre carré? Abou Malek me tire de ma rêverie: “Je te le jure devant Dieu, soit cette révolution rend justice aux opprimés, soit elle échoue”.

Alaa Abdel Fattah
Le troisième jour, 1er novembre 2011
Cellule numéro 19, Prison d’Appel de Bab el Khalk,
Le Caire, Egypte 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 11:51
Libération - Aujourd'hui à 7h45

Vivant sous une tente avec son mari dans une rue de Paris, la femme de 38 ans a accouché d'une petite fille qui n'a pas survécu. Le maire de Bertrand Delanoë accuse l'Etat.


Une femme SDF, vivant sous une tente avec son mari dans une rue de Paris, a accouché mardi d’une petite fille dont le décès a été constaté à 13h50 malgré l’intervention des pompiers et du Samu, a-t-on appris de source policière.

Selon le collectif les Morts de la Rue, le couple vivait depuis peu sous une tente, rue de l’Observatoire dans le XIVe arrondissement et il n’était pas connu des services habituels de maraude.

Selon des éléments recueillis à la mairie de Paris, la mère est âgée de 38 ans, le père, 39 ans et ils sont tous les deux nés en France. On ignore si l’enfant était mort-né. Le Service de protection des mineurs de la Police judiciaire a été chargé de l’enquête.

Selon le collectif, ce drame «est significatif de la politique menée actuellement en matière d’accueil et d’hébergement et la réduction des moyens ne peut qu’engendrer des situations comme celle ci».

«Nous souhaitons également exprimer notre colère vis a vis du gouvernement qui n’est plus à même de protéger les plus pauvres», a ajouté le collectif qui a comptabilisé 280 morts dans la rue depuis le début de l’année.

Le maire PS Bertrand Delanoë et le chef de file des élus communistes de Paris Ian Brossat ont accusé mercredi l'Etat de ne pas prendre ses responsabilités à l'égard des SDF après ce décès, le second s'en prenant directement au secrétaire d'Etat Benoist Apparu.

«C'est insupportable, nous aidons des milliers de familles et celle-ci comme les autres, le problème c'est que l'Etat, le gouvernement laissent les collectivités locales seules», a réagi le maire de Paris sur RMC et BFMTV.

«L'été dernier le gouvernement a supprimé des crédits du Samu social, c'est sa responsabilité. Au-delà de nos responsabilités nous avons mis des crédits supplémentaires pour accueillir des centaines de familles mais nous ne pouvons pas faire ça tout seul», a ajouté le maire.

Il a rappelé que le budget de Paris «c'est 2 milliards d'euros par an rien que pour la solidarité» : «Je l'ai augmenté de 70% depuis que je suis maire.»

Dans un communiqué, le président du groupe PCF/PG (Parti de gauche) Ian Brossat a directement accusé le secrétaire d'Etat au Logement: «Benoist Apparu doit être tenu responsable de la situation de cette femme et de la mort de son enfant.»

Selon lui, «le lundi 31 octobre, il (M. Apparu) réaffirmait encore son refus d'ouvrir des places d'hébergement d'urgence supplémentaires».

(Source AFP)

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 11:42
Aujourd'hui à 11h54 - Par NICOLAS DEMORAND Directeur de Libération

Stupéfiantes images que celles des locaux de Charlie Hebdo, dévastés par un incendie. Brûler un journal, ou le bâtiment où travaille sa rédaction, est un acte grave. Surtout en démocratie où existent des règles, des lois, des tribunaux pour ceux qui s’estiment diffamés ou blessés. En démocratie où, par ailleurs, les journalistes entendent travailler normalement, sans avoir à se terrer dans des bunkers ultra-sécurisés.

Toute l’équipe de Libération a été choquée par les événements de cette nuit. Et c’est tout naturellement qu’elle propose à ses confrères de venir s’installer dans ses murs ou ses colonnes, le temps que Charlie puisse retrouver des conditions de travail normales. Une forme d’asile journalistique ou d’hébergement d’urgence. Soyez les bienvenus !

 

 

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Rappel des faits

Aujourd'hui à 7h21 (Mis à jour à 12:45)

«Charlie Hebdo» incendié, Guéant dénonce un «attentat»

ActualiséSelon la police, la rédaction a été sans doute touchée par un cocktail molotov. «Libé» invite les équipes de «Charlie» à s'installer dans ses murs.


Par LIBÉRATION.FR

La police ce mercredi matin devant le siège de Charlie Hebdo. (AFP/ALEXANDER KLEIN)

La rédaction du journal satirique Charlie Hebdo, qui publie ce mercredi un numéro spécial après les élections en Tunisie, a été détruite dans la nuit de mardi à mercredi par un incendie criminel, a-t-on appris mercredi de source policière, évoquant un jet de «cocktail molotov».

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a dénoncé un «attentat» après l'incendie du siège du journal satirique Charlie Hebdo et n'a pas exclu la piste de musulmans intégristes. «Bien sûr tout sera fait pour retrouver les auteurs de cet attentat, parce qu'il faut bien appeler ça un attentat», a déclaré à la presse, sur place, le ministre de l'Intérieur.

Interrogé pour savoir si la piste des «musulmans intégristes» était explorée, Claude Guéant a répondu: «toutes les pistes sont examinées et il est vrai qu'un certain nombre de messages de menaces qui ont été reçus par Charlie Hebdo amène à ne pas négliger cette piste».

L’incendie, qui s’est déclenché «aux alentours de 1 heure du matin» au 62 boulevard Davout (XXe arrondissement), est «maîtrisé et n’a fait aucun blessé», a-t-on indiqué de même source.

«Il n’y a pas d’interpellation», a-t-on ajouté, tout en évoquant un jet de «cocktail molotov» pour expliquer l’origine de l’incendie. «L’enquête devra le confirmer», a-t-on toutefois souligné.

Un journal spécial «Charia Hebdo»

Selon le médecin urgentiste et chroniqueur Patrick Pelloux, joint sur place par l’AFP, le cocktail molotov aurait été lancé «sur la devanture et aurait mis le feu au système informatique».

Le journal, rebaptisé pour l’occasion «Charia Hebdo», a décidé de faire de Mahomet le «rédacteur en chef» de son numéro de ce mercredi, afin de «fêter la victoire» du parti islamiste Ennahda en Tunisie.

«Tout est détruit», a témoigné Patrick Pelloux. «Le poste de maquette a brûlé et il y a de la suie partout, le système électrique a fondu», a précisé le directeur de la publication, le dessinateur Charb, également joint sur place par l’AFP.

Pour lui, l’incendie est directement «lié» à la publication de ce mercredi. «Sur Twitter, sur Facebook, on a reçu pas mal de lettres de protestation, de menaces, d’insultes», que la direction du journal s’apprêtait à transmettre à la police, a-t-il expliqué.

(Le dessinateur Luz, ce mercredi - Photo Reuters)

Le journal avait déjà reçu des menaces lors de la publication des caricatures de Mahomet en 2006, mais le numéro de ce mercredi «n’a pas la même portée, c’est plus déconnant qu’autre chose», et seule la couverture avait été diffusée au moment de l’incendie, «pas le contenu» du journal, a-t-il souligné.

Les locaux de Charlie Hebdo du boulebard Davout abritent notamment la rédaction, le service de fabrication des maquettes, des bureaux et des stocks merchandising. La police judiciaire de Paris a été saisie de l’enquête.

 

A Libération, le directeur de la rédaction Nicolas Demorand a fait savoir aux équipes de Charlie Hebdo qu'elles étaient «les bienvenues à Libé le temps qu'elles retrouvent des locaux et des ordinateurs. On se serrera!». Nicolas Demorand leur a «proposé également de venir bénéficier de l'asile journalistique dans nos colonnes pour demain s'ils le souhaitaient. On pourrait faire un numéro de Libé entièrement illustré par les dessinateurs de Charlie. Tout ça est en train de se mettre en place. On aura les confirmations dans le courant de la matinée.» Proposition acceptée, l'équipe devrait arriver dans les locaux à 13 heures.

Nombreuses réactions politiques

Le Premier ministre, François Fillon, a fait part de son «indignation» et demandé au ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, que «toute la lumière soit faite» et que «les auteurs soient poursuivis». «La liberté d’expression est une valeur inaliénable de notre démocratie et toute atteinte à la liberté de la presse doit être condamnée avec la plus grande fermeté. Aucune cause ne saurait justifier une action violente.»

Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l’Ecologie, a estimé mercredi que ceux qui ont incendié les locaux de Charlie Hebdo et piraté son site internet sont des «ennemis de la démocratie».

Xavier Bertrand, le ministre du Travail et de la Santé, s’est déclaré lui sur RTL «profondément choqué» tandis que Mélenchon a qualifié cet acte de «répugnant».

Christine Boutin, présidente du Parti chrétien-démocrate et candidate à la présidentielle, «condamne» ellle l’incendie criminel qui a détruit la rédaction de l’hebdomadaire Charlie Hebdo.

Cet acte «manifeste un symptôme de violence», a-t-elle souligné, faisant valoir que «la liberté de la presse et d’expression sont importantes pour notre pays».

Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, a également «condamné fermement» l'incendie, jugeant la Une avec une caricature de Mahomet moins «violente» que celles que l'hebdomadaire satirique avait publiées en 2006.

Martine Aubry, la première secrétaire du Parti socialiste, a exprimé la «totale solidarité» de son parti avec l'équipe de Charlie Hebdo.

Au Front national, l'équipe de campagne de Marine Le Pen juge que «l'attentat contre Charlie Hebdo est à la fois une atteinte à la liberté de la presse et une agression contre la laïcité», dans un communiqué intitulé «La charia serait-elle intouchable en France?»

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 11:36
Médiapart - | Par Laurent Mauduit
 

Tout cela a une petite odeur de fin de règne : dans un climat politique délétère marqué par la crise mais aussi par les affaires, de Takieddine jusqu'à Tapie, en passant par Bettencourt, Nicolas Sarkozy a décidé de procéder à une cascade de nominations à des postes clés dans les grandes administrations financières françaises. Xavier Musca à la Caisse des dépôts et consignations, Anne Le Lorier à la Banque de France, Cécile Fontaine à la Cour des comptes : des proches du clan de Nicolas Sarkozy ont été ou vont être promus en violation de tous les usages républicains.

Pour comprendre l'enjeu de ces nominations, il faut se souvenir de ce qu'a longtemps été cet usage républicain. Durant des lustres, il était entendu que les postes financiers publics n'étaient la propriété d'aucun clan. La Banque de France en était l'un des symboles : avec Jean-Claude Trichet comme gouverneur, qui avait été auparavant le directeur de cabinet d'Edouard Balladur ; et avec Hervé Hannoun, comme sous-gouverneur, qui avait été celui de Pierre Bérégovoy, la banque centrale française a longtemps été une institution « transpartisane ». C'est Jean-Claude Trichet lui-même qui aimait sans cesse le rappeler.

 

Bras armé financier de l'Etat mais placée sous la protection du Parlement, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) a longtemps fonctionné selon le même principe républicain. Avec Francis Mayer comme directeur général, qui était proche de Jacques Chirac, et Dominique Marcel comme directeur financier, qui avait auparavant été le directeur adjoint de cabinet de Lionel Jospin à Matignon, l'institution financière était, elle aussi, une institution transpartisane. En somme, le bien commun de la République.

Mais il est vrai que la situation s'est vite dégradée : nommé en mars 2007 au poste de directeur général de la CDC, le chiraquien Augustin de Romanet n'a rien trouvé de plus pressé que de rompre avec cet usage, et de renvoyer Dominique Marcel dans une filiale du groupe pour former une direction générale monocolore. A droite, toute...

 

Or, c'est avec cet usage républicain que Nicolas Sarkozy s'apprête, lui aussi, à rompre. Selon des informations de La Lettre de l'Expansion, dont Mediapart a obtenu confirmation, Anne Le Lorier pourrait ainsi être prochainement portée par le chef de l'Etat au poste de sous-gouverneur de la Banque de France. Le poste n'a certes plus de réelle importance stratégique. Depuis que la Banque de France a abandonné à la Banque centrale européenne la conduite de la politique monétaire, l'institution a beaucoup perdu de son lustre. Elle garde pourtant de nombreuses fonctions de régulation, et a en particulier la haute main sur la régulation des banques, via l'Autorité de contrôle prudentiel, l'ex-Commission bancaire.

Deux amis à la Banque de France

La nomination probable d'Anne Le Lorier au poste de vice-gouverneur de la Banque de France apparaîtrait donc choquante à de nombreux titres. D'abord parce que l'intéressée a quitté depuis près de dix ans la sphère publique, en l'occurrence la direction du Trésor, pour rejoindre d'abord Fimalac, le groupe de Marc Ladreit de Lacharrière, puis tout aussitôt après EDF.

Alors, à quel titre serait-elle nommée aujourd'hui à la Banque de France ? Il n'y a qu'une seule réponse, et c'est pour cela que c'est choquant : Anne Le Lorier a été membre du cabinet d'Edouard Balladur à Matignon, comme Christian Noyer, l'actuel gouverneur de la Banque de France ; et tous deux sont des proches de Nicolas Sarkozy, qui à la même époque était le bras droit du même Balladur. En somme, la politique des petits copains...

 

Résultat : la Banque de France ne serait plus dans la configuration Trichet/Hannoun, c'est-à-dire dans une configuration droite/gauche ; elle ne serait pas même dans une configuration droite/droite mais plutôt dans une configuration sarkozo/sarkozyste.

 

Ce qui se prépare à la Caisse des dépôts et consignations est sans doute encore plus grave car l'institution joue un rôle majeur dans la vie économique française. Et en cas de victoire de la gauche, qui veut créer un grand pôle financier public, elle serait amenée à jouer un rôle encore plus grand.

Or, là encore, une nomination devrait bientôt intervenir car le mandat de l'actuel directeur général de la Caisse des dépôts, Augustin de Romanet, arrive à échéance dans le courant du mois de mars, c'est-à-dire, juste avant l'élection présidentielle. Comme le patron de la CDC dispose de très grands pouvoirs financiers et qu'il est inamovible pendant la durée de son mandat, le bon usage républicain voudrait que le chef de l'Etat ne procède pas à son renouvellement juste avant l'échéance présidentielle.

 

C'est en mars 2002 ce qu'avaient fait valoir les proches de Nicolas Sarkozy comme les socialistes – ce à quoi avait fait la sourde oreille Jacques Chirac. Dans le même esprit républicain, Nicolas Sarkozy aurait donc de bonnes raisons de renvoyer au lendemain de l'élection présidentielle de 2012 la nomination du successeur d'Augustin de Romanet.

 

Il est pourtant acquis qu'il n'en fera rien : encore une fois, il nommera l'un de ses proches à la tête de la CDC juste avant l'élection présidentielle. Le fait du Prince...

Xavier Musca brigue la CDC

Pendant quelque temps, François Pérol, l'actuel patron de BPCE qui a longtemps été le collaborateur de Nicolas Sarkozy, d'abord au ministère des finances, ensuite à l'Elysée, a hésité à briguer le poste. Nommé début 2009 à la tête des Caisses d'épargne et des Banques populaires dans des conditions controversées – la procédure initiée par la CGT et Sud pour « prise illégale d'intérêt » doit arriver devant la Cour de cassation –, il ne s'est jamais véritablement imposé. Et la greffe entre l'ancien associé gérant de la banque Rothschild et ces banques d'origine mutualiste et coopérative n'a jamais véritablement pris. A la tête de la holding, François Pérol ne dirige donc pas grand-chose et semble désireux de prendre du champ.

Mais il semble avoir compris que son éventuelle arrivée à la CDC serait accueillie par beaucoup comme une provocation. D'autant qu'il a longtemps milité, quand il était à Bercy, pour un démantèlement de la Caisse. De plus, il n'est pas certain que les émoluments du directeur général de la CDC soient à la hauteur de ses ambitions. Du coup, si François Pérol devait un jour quitter BPCE, il y a désormais plus de chance que ce soit non pour la CDC mais pour son ancienne maison, la banque... Rothschild.

 

Selon des informations concordantes, le poste de directeur général de la CDC devrait revenir à Xavier Musca. Actuel secrétaire général de l'Elysée, l'intéressé fait partie de la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy, mais nourrit l'ambition depuis plusieurs mois de prendre du champ. Alain Minc, dont il est proche, milite ardemment pour cette solution, qui lui ménagerait des portes ouvertes dans les coulisses du pouvoir, même en cas d'alternance. Plus respecté, pour ses compétences, que de nombreux autres proches du chef de l'Etat, Xavier Musca n'en fait pas moins partie de la même mouvance, étant lui aussi un balladurien de la première heure.

 

Et à toutes ces nominations monocolores qui se profilent, il faut encore en ajouter une autre, celle de Cécile Fontaine à la Cour des comptes, qui vient d'avoir lieu. Ce qui a plongé les magistrats financiers, pourtant ordinairement très réservés, dans une colère noire.

 

La loi veut qu'avant toute nomination au tour extérieur à la Cour des comptes, le chef de l'Etat consulte le Premier président de la juridiction, en l'occurrence Didier Migaud. La loi l'autorise ensuite à passer outre un avis défavorable mais dans l'histoire de la Cour des comptes, cela n'est jamais arrivé.

Une insulte pour la Cour des comptes

Ancienne collaboratrice de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, elle vient d'être nommée conseiller maître au tour extérieur. Alors que le Premier président de la Cour avait émis un avis défavorable, l'Elysée, pour la première fois, a passé outre. Ce qui a beaucoup choqué les magistrats financiers de la rue Cambon.

Comme le rappelle Marianne2 (l'article est ici), qui a révélé l'affaire, du temps où il était premier président de la Cour des comptes, Pierre Joxe avait émis à la fin des années 1990 un avis défavorable à la nomination de Patrick Stefanini, qui était un membre du cabinet d'Alain Juppé à Matignon. Et Jacques Chirac s'était alors incliné et avait nommé l'intéressé ailleurs. En l'occurrence au Conseil d'Etat.

 

Or, dans le cas présent, la Cour des comptes a été violée pour la toute première fois de son histoire. Le premier président de la Cour des comptes a en effet rendu un avis défavorable à la nomination de Cécile Fontaine. Plusieurs arguments expliquent cet avis négatif, selon Marianne2 : « Le grade, un des plus hauts, de Conseiller maître ne peut être occupé que par une personne de plus de 40 ans, quand Cécile Fontaine, elle, les a obtenu à quatre jours près. Le nombre d'années n'étant pas le seul garant de la sagesse, la Cour des comptes a également estimé, que pour un magistrat qui sera amené à juger des politique publiques, passer directement du cabinet du chef de l'Etat sans une période de décontamination pouvait poser problème. »

 

Mais Nicolas Sarkozy a choisi de passer outre. Par un décret en date du 14 septembre dernier (il est ici) qui mentionne explicitement l'avis défavorable émis deux jours plus tôt par le premier président, il a procédé à la nomination contestée.

 

 

Fait exceptionnel dans la vie feutrée de la Cour, l'Association des magistrats et anciens magistrats a alors dit publiquement son indignation dans une résolution, que Marianne a publiée (ci-contre). On peut en particulier y lire ceci : « Certes, cet avis n'est que consultatif mais les motifs qui ont conduit le Premier président après avoir recueilli le point de vue du Procureur général et des huit présidents de chambre, à se prononcer contre la nomination de la personne en cause auraient dû être d'autant plus respectés qu'un tel avis défavorable revêt un caractère exceptionnel. »

 

Ces nominations, qui bafouent les usages républicains, ne sont certes pas les seules. Il y en a même sûrement de démocratiquement plus inquiétantes : toutes celles en particulier qui visent à assurer la mainmise de l'Elysée sur la justice. On peut également mentionner la nomination d'Alexandre de Juniac, ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde au ministère des finances, à Air France dans cette liste des obligés du Palais qui sont aujourd'hui remerciés.

 

Mais en tout cas, le fait est là, indiscutable : à l'approche de la présidentielle, les candidats au départ parmi les hauts fonctionnaires sarkozystes se font de plus en plus nombreux – c'est un signe. Mais ils veulent garder bien en main, envers et contre tout, certains leviers décisifs de l'Etat.

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 11:29
| Par La rédaction de Mediapart

10.000 selon les organisateurs, 5.400 selon les organisateurs: les opposants au G20 étaient en tout cas nombreux à manifester dans un périmètre contraint, encadrés par 2.000 CR, policiers nationaux et municipaux, à Nice, mardi 1er novembre, soit la veille et à 30 kilomètres du sommet qui rassemble, mercredi, les dirigeants des 20 pays les plus riches à Cannes.

 

Mais plus qu'Oxfam, Attac ou Emmaüs, présents dans le défilé niçois, c'est le premier ministre Georges Papandréou qui s'est chargé de rappeler au G20 que, pour imposer l'austérité, il avait besoin du consentement de ses mandants: les électeurs grecs. De quoi gâcher la fête de Nicolas Sarkozy qui avait fait de ce sommet le point culminant de sa présidence du G20 et volontiers dramatisé l'importance du sommet de Bruxelles au cours duquel les dirigeants de l'Eurozone avaient trouvé un «plan de sauvetage» de la Grèce, afin de pouvoir se présenter à Cannes en homme providentiel, balayant la crise de la dette comme un danger évité et revenant aux affaires ordinaires de la mondialisation heureuse.

 

 

 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 11:20

La réaction d'une certaine partie de la classe politique et des commentateurs (ce matin, les questions posées par la journaliste de France Info à une députée socialiste d'origine grecque étaient déroutantes d'indignation) devant la décision de Papandréou d'organiser un référendum pour demander au peuple grec son avis sur des décisions prises jusqu'à présent sans qu'il soit vraiment consulté, en dit long sur cette peur du peuple toujours vive au sein même de régimes qui se prétendent démocratiques. Le peuple représente toujours un danger potentiel, il est le pôle de l'irrationalité, il est le risque de l'irruption de la violence et du désordre : le mouvement populaire est redoutable, parce qu'il n'obéit jamais à ce que les élites considèrent comme l'évidence même. Il n'a droit à la parole que lors des élections - le reste du temps, il ne parle pas, il "braille", selon la formule du ministre Darcos et personne de responsable ne songe à l'entendre, sauf à être taxé de populisme -, il donne sa voix et du même coup quelqu'un parle à sa place et il n'est jamais acquis que sa parole soit fidèlement répercutée dans les Assemblées : par exemple, il dit non et l'on fait comme s'il avait dit oui ; ou on lui repose la question jusqu'à ce qu'il l'ait bien comprise et réponde comme on veut qu'il réponde. Que le peuple se batte pour défendre des intérêts qui ne sont pas ceux des tenants du pouvoir montre bien qu'il n'a jamais atteint l'âge de raison - laisserait-on un enfant décider de son avenir ? ! et lorsque, au cours de l'histoire, c'est lui qui s'est levé pour défendre l'intérêt de la nation elle-même, alors que les prétendues élitesdans leur grande majorité, trahissaient allègrement, on se hâte d'oublier tout cela et de restaurer un régime favorable aux riches, de désarmer le peuple et de le renvoyer au travail.

        Cette peur du peuple, c'est bien elle qui a transformé la dictature du prolétariat en dictature sur le prolétariat. C'est bien elle qui, intériorisée dans nos démocraties, est le ressort de cette apathie qui nourrit une délégation paresseuse de la volonté populaire ou un désintérêt croissant à l'égard d'un jeu politique qui apparait de plus en plus pipé.

        Pour que le peuple cesse de faire peur, il conviendrait qu'il n'ait plus peur de lui-même et qu'il fasse entendre sa voix trop longtemps confisquée : une autre voie politique pourrait ainsi s'ouvrir qui serait celle d'une véritable démocratie.

 

 

                                                                                ******************************

 

Quelques  commentaires:

Rien n'empêche de faire de ce référendum un moment de basculement. si ce
n'est le crédo, usant, de l'impuissance...Que Papendréou ait des
arrières pensées, c'est sûr. Chirac en avait aussi en 2005. Mais
l'action humaine, et en particulier politique, a cela de fantastique et
de terrifiant à la fois : elle échappe à ses auteurs et provoque de
l'imprévisible. Nous étions dans "chronique d'une mort annoncée" Ce
référendum, provoqué par les mouvements des indignés et les renforçant,
est une nouvelle fantastique un 1er novembre : faisons en la première
pierre de l'enterrement du néolibéralisme et du capitalisme...

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 11:14

LEMONDE.FR avec AFP | 02.11.11 | 09h11   •  Mis à jour le 02.11.11 | 11h56

 
 

 

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, le 20 juin 2011.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, le 20 juin 2011.AP/Sebastian Scheiner

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et son ministre de la défense, Ehoud Barak, tentent de lever l'opposition d'une majorité de ministres contre une attaque visant les installations nucléaires iraniennes, a indiqué, mercredi 2 novembre, le quotidien Haaretz.

Lundi, M. Barak avait démenti des informations des médias israéliens selon lesquelles il aurait d'ores et déjà pris la décision avec M. Nétanyahou d'attaquer l'Iran, malgré l'opposition des chefs de l'armée et du renseignement. Selon le journal israélien, la majorité des membres du "forum" des huit ministres les plus importants, est, elle aussi, opposée à une telle opération. Seuls MM. Nétanyahou, Barak et le ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman soutiennent "l'option militaire" contre l'Iran.

 PRESSIONS ÉCONOMIQUES

En revanche, le ministre de l'intérieur et chef du parti ultra-orthodoxe Shass, Elie Yishaï, Dan Méridor (ministre chargé des services de renseignement), Benny Begin (ministre sans portefeuille), Moshé Yaalon (ministre chargé des affaires stratégiques) et Youval Steinitz (finances) sont contre. Selon ces opposants, Israël doit continuer à tenter de mobiliser les pays occidentaux pour exercer des pressions économiques sur l'Iran dans la mesure où l'Etat hébreu ne peut pas se permettre d'agir militairement seul sans coordination avec les Etats-Unis.

Haaretz, citant des ministres et des hauts responsables de la défense et des affaires étrangères, affirme que le rapport que doit rendre public l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) le 8 novembre sur le programme nucléaire iranien aura "une influence décisive" sur le gouvernement israélien.

Israël, ennemi juré de la République islamique d'Iran, et les pays occidentaux accusent cette dernière de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil, ce que Téhéran dément. L'Etat hébreu est considéré comme une puissance atomique dans la région mais il n'a jamais ni confirmé ni nié avoir des têtes nucléaires.

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 11:11

LEMONDE.FR avec AFP | 02.11.11 | 09h18

 
 

 

Un Thaïlandais pagaie dans une rue inondée dans le nord de Bangkok, en Thaïlande, le 23 octobre 2011.

Un Thaïlandais pagaie dans une rue inondée dans le nord de Bangkok, en Thaïlande, le 23 octobre 2011.REUTERS/BAZUKI MUHAMMAD

Au moins 427 personnes ont été tuées dans les inondations historiques qui ravagent la Thaïlande depuis trois mois, soit une augmentation de plus de 40 morts par rapport au bilan de mardi 1er novembre, ont indiqué mercredi les autorités. Mardi, elles avaient fait état de 385 morts. Le bilan officiel ne compte jusqu'à présent aucun décès à Bangkok, dont plusieurs quartiers dans le nord et l'ouest de la ville sont noyés depuis plus d'une semaine, parfois sous plus d'un mètre d'eau.

Le centre d'affaires et financier de la mégalopole de 12 millions d'habitants est, en revanche, toujours au sec. Une situation qui amène de plus en plus d'habitants de la périphérie touchée à accuser les autorités de les avoir sacrifiés pour sauver le cœur stratégique de la ville.

La premier ministre, Yingluck Shinawatra, et la municipalité de Bangkok se sont opposés sur la meilleure façon d'évacuer les énormes masses d'eau accumulées dans le nord de la ville après une mousson particulièrement abondante. Yingluck a notamment cédé à la demande d'habitants en ouvrant des écluses pour réduire le niveau d'eau de leurs quartiers. Une décision que le gouverneur de Bangkok a jugée dangereuse pour certaines zones industrielles.

PAS D'ÉTAT D'URGENCE

La chef de l'Etat a également refusé la demande de l'opposition de déclarer l'état d'urgence, qui donnerait plus de pouvoir aux militaires face aux protestations des habitants. Le puissant chef de l'armée a également rejeté mercredi cette éventualité. "Utiliser la loi spéciale provoquera une confrontation entre la population et les soldats", a-t-il déclaré aux journalistes.
 

"Tout sera résolu d'ici à décembre. Le problème actuel est de savoir comment évacuer l'eau rapidement alors que des digues et des barrières ont été détruites à certains endroits. Si les gens ne permettent pas à l'eau de passer, alors il y a un problème et les inondations dureront et les gens souffriront davantage", a-t-il ajouté. Les inondations, les pires depuis des décennies, ont affecté des millions de personnes, principalement dans le nord et le centre du pays.

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 11:08

LEMONDE.FR avec AFP | 02.11.11 | 06h54   •  Mis à jour le 02.11.11 | 08h28

 
 

 

Vue aérienne du réacteur n° 1 de Fukushima, le 10 avril.

Vue aérienne du réacteur n° 1 de Fukushima, le 10 avril.AFP/HO

L'opérateur de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, au Japon, a annoncé, mercredi 2 novembre, qu'il avait commencé à injecter un mélange d'eau et d'acide borique dans l'un des réacteurs, où une nouvelle réaction de fission nucléaire pourrait s'être produite. Tokyo Electric Power (Tepco) a précisé qu'il s'agissait du réacteur numéro 2 de la centrale Fukushima Dai-Ichi, gravement endommagée par un séisme et un tsunami le 11 mars 2011.
 

"Nous ne pouvons pas écarter la possibilité d'une réaction de fission nucléaire localisée", a déclaré le porte-parole de Tepco, Hiroki Kawamata, ajoutant que l'injection de ces produits était une mesure de précaution. La fission nucléaire est le processus qui se produit habituellement dans les réacteurs atomiques, mais de façon contrôlée, ce qui n'est pas le cas à Fukushima. Tepco affirme toutefois que la température et la pression à l'intérieur du réacteur, ainsi que le niveau des radiations, n'avaient pas grandement changé.

Trois des six réacteurs de Fukushima Dai-Ichi ont été endommagés, de même que la piscine du quatrième, après la rupture de leur alimentation électrique et l'arrêt de leur système de refroidissement, accidents provoqués par le séisme et le tsunami du 11 mars.

Les craintes d'un redémarrage de fission nucléaire sont apparues après la découverte de gaz xenon 133 et 135, lesquels sont générés lors d'une fission nucléaire. Ces résultats doivent toutefois être confirmés.

Ces substances ayant une durée de vie radioactive courte – cinq jours pour le xenon 133 et neuf heures pour le xenon 135 –, la fission qui les a dégagées est forcément intervenue très récemment. Cette nouvelle avarie intervient alors que, grâce aux mesures prises depuis des mois pour refroidir les réacteurs, les températures au fond des cuves ont été ramenées depuis plusieurs semaines sous 100 °C, condition sine qua non pour parvenir à "un arrêt à froid d'ici à la fin de l'année", selon les objectifs visés.

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