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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 13:06
Libération -Aujourd'hui à 9h12

Dans les jours qui viennent, les préfectures vont renforcer leur dispositif d'accueil des sans-abri dans le cadre du plan hivernal. Une fausse bonne solution.


Par MARIE PIQUEMAL

Des sans-abri dans un centre d'hébergement de Nanterre, en 2008. «Ce qui augmente fortement, c'est les appels de familles avec enfants», se désole Matthieu Angotti, directeur général de la Fnars. (AFP Stephane de Sakutin)

 

Combien seront-ils à dormir dans la rue cette nuit ? A Toulouse, chaque soir, 150 personnes se retrouvent sans solution, faute de places suffisantes dans les centres d'hébergement d'urgence.

A partir du 2 novembre et jusqu'à la fin mars, les préfectures vont renforcer leurs dispositifs d'accueil dans le cadre du plan hivernal. A Toulouse, 40 lits supplémentaires seront ainsi disponibles dès mercredi. «Cela ne suffira pas. On va continuer à laisser des gens dans la rue, notamment des femmes seules et des couples avec des enfants, de plus en plus nombreux à nous appeler», s'inquiète une salariée du Samu social de Toulouse.

Cet été, avec l'ensemble des personnels de l'urgence sociale, elle a manifesté pour dénoncer un système à bout de souffle et un manque de moyens criant. Face à la mobilisation et après la démission tonitruante de Xavier Emmanuelli, le 19 juillet, le fondateur du Samu social de Paris, le gouvernement a finalement reculé, abandonnant son projet de réduire de 3,3% le budget alloué par l'Etat pour l'aide aux sans-abri. Une enveloppe de 36 millions a été débloquée pour fin 2011, «ce qui nous permet de revenir à la même situation économique que l'année dernière. On s'en félicite mais cela ne règle en aucun cas le problème de fond», insiste Matthieu Angotti, le directeur général de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars) qui regrette «la gestion court termiste» du gouvernement.

Les villes moyennes touchées

On ouvre des gymnases quand les températures baissent trop, on les ferme dès que le temps se réchauffe. «Le principe même du plan hivernal n'a aucun sens. Il ne s'intègre pas du tout dans la logique d'insertion, il n'y a aucun pilotage politique derrière, aucune ambition», se désole Matthieu Angotti. L'objectif de ces plans d'urgence se limite à mettre à l'abri le plus grand nombre de personnes pour éviter les morts de froid. Pour les conditions d'habitats dignes et la possibilité d'entamer un travail d'insertion, on repassera.

Pourtant, cette année, même cet objectif de mise à l'abri a minima risque d'être difficile à tenir. Depuis un an, on enregistre une explosion du nombre d'appels au 115, le numéro d'hébergement d'urgence. La situation a toujours été tendue dans des grandes villes comme Paris — la ligne du 115 est presque toujours saturée (à écouter, ici). Elle l'est désormais dans des villes moyennes, comme Amiens, jusqu'ici épargnée. Jean-Claude Langlois, membre de la structure associative en charge du Samu social de la Somme, a encore interpellé le préfet la semaine dernière. 15 personnes restent sans solution chaque soir. Pour maintenir la pression, le quotidien Le Courrier picard publie chaque jour le nombre de personnes qui ont passé la nuit dehors. Selon une enquête de la Fnars, publiée cet été, 50% à 60% des demandes d'hébergement d'urgence n'aboutissent pas.

Une explosion des demandes

«Contrairement à ce que voudrait faire croire le gouvernement, le nombre d'appels venant de demandeurs d'asile est stable. Ce qui augmente fortement, c'est les familles avec enfants», précise Matthieu Angotti de la Fnars. Trois ans après le début de la crise, les derniers remparts ont sauté : l'épargne est à sec, les droits au chômage sont épuisés. «On le mesure bien en répondant au 115 chaque jour. De plus en plus de personnes nous appellent pour la première fois. Avant, on avait au bout du fil des gens en grande exclusion, aujourd'hui ce sont des personnes en situation de précarité. Il n'y a plus de catégorie d'âge ou de classe sociale», constate Olivia Rattier du Samu social de Paris. Elle ne sait pas encore le nombre de lits supplémentaires qui seront ouverts dans le cadre du plan hivernal. «On est dans le flou complet. Mais ce qui nous préoccupe le plus, ce sont tous ces sans-abri qui ne nous appellent même plus car ils savent qu'on n'a pas suffisamment de places à proposer. On les perd de vue, et ça, c'est très inquiétant.» Le 10 novembre, plusieurs collectifs et associations appellent à une journée d'action pour le logement.

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 12:58

LEMONDE  - 31 octobre 2011

A partir de ce soir 21 heures, et jusqu’au 15 mars 2012, il est interdit d’expulser un locataire de son logement en France. Cette date fatidique du 31 octobre, Chantal Fauvette la connaissait. Peu s’en fallut pour qu’elle passe l’hiver chez elle avec sa fille cadette de 19 ans : cinq jours. Cela s'est déroulé mercredi dernier, au 223 de la rue de Stalingrad, à Saint-Pierre-des-Corps : un huissier, accompagné d’un policier en civil, d’un serrurier et d’une équipe de déménageurs, est venu frapper à sa porte du 3e étage. L’opération a duré environ trois heures. La présence sur place d’élus locaux et de militants associatifs opposés à ce type de procédure n’y a rien changé. Chantal Fauvette devait 2933,41 euros au bailleur social ICF Atlantique, soit l’équivalent de treize mois de loyers impayés. "J’ai mes torts, je le reconnais, dit-elle, mais ce n’est pas une raison d’être traités comme des chiens. Nous virer comme ça, à quelques jours de la trêve hivernale, c’est la honte. Ils se sont empressés de nous mettre dehors. Je n’ai été informée de leur venue que quelques jours avant. On n’a pas eu le temps de se retourner. " Et encore moins de prendre conscience de ce qui allait se passer : "On n’y a pas cru, c’est vrai", ajoute-t-elle.

Chantal Fauvette, dans le hall de son ancien immeuble.© Antonin Sabot / LeMonde.fr

Le drame de Chantal Fauvette, 46 ans, se lit dans les replis d’une existence dont le tournant est un divorce en 1996. Son mari la quitte cette année-là en lui laissant ses trois enfants et l'appartement familial du boulevard Thiers, dans le centre-ville de Tours. Elle exerce alors "tous les métiers du monde" pour joindre les deux bouts (gardienne d’immeuble, femme de ménage…), connaît des problèmes de santé, doit s’arrêter de travailler, puis déménage en 2003 à Saint-Pierre-des-Corps dans un type-5 appartenant au même bailleur mais au loyer moins cher. Celui-ci s’élevait ces derniers temps à 211 euros par mois, une fois retirée l’Aide personnalisée au logement (APL) qu’elle reçoit de la CAF. Bénéficiaire du RSA et d’une pension mensuelle de 80 euros de la part de son ancien mari, Chantal Fauvette a commencé à ne plus payer son loyer en 2009 : "J’ai préféré donner à manger à mes enfants", explique-t-elle.

Débute alors la spirale des lettres recommandées, des plans de redressement personnel, des demandes d’effacement de dettes et des convocations au tribunal. En juillet, alors que le tribunal d’instance de Tours ordonne provisoirement la suspension de la mesure d’expulsion qui pèse sur elle, une lecture erronée d'un document lui fait croire qu'elle a un répit "d'un an". La réalité l’a finalement rattrapée mercredi dernier à 14 h 30 quand le camion d’une entreprise de déménagement est apparu au coin de la rue.

L'immeuble dans lequel résidaient Chantal Fauvette et sa fille. © Antonin Sabot / LeMonde.fr

Dans son malheur, Chantal Fauvette a de la chance. Alors que ses effets auraient dû rejoindre un garde-meuble dont le coût aurait été à sa charge (115 euros par trimestre), l’huissier lui "a fait une fleur" en les laissant dans l’appartement vide pendant un mois et demi. C’est le temps qu’il lui reste pour retrouver un toit. En attendant, elle est hébergée par sa fille aînée et son mari à dix kilomètres de là. "Je me sens coupable envers eux, confie-t-elle. J’ai l’impression d’être un boulet et je vois bien que j’embête tout le monde." Ses démarches auprès de l’Opac ou de l’Entraide ouvrière sont trop récentes pour avoir donné quelque chose. "Il nous faut un domicile. On ne peut pas vivre comme ça", appuie-t-elle. Sa fille cadette a, elle, trouvé refuge chez les parents de son petit ami, lesquels ont également récupéré les six chats de la maisonnée.

Quand elle repense à cette funeste après-midi du 26 octobre, Chantal Fauvette revoit "un film" et un cauchemar dont "on ne se réveille pas". Consciente de sa responsabilité – elle aurait dû emménager dans un appartement plus petit il y a déjà longtemps - elle se souvient surtout du moment où elle a été raccompagnée au bas de son immeuble avec ses sacs de supermarché bourrés de vêtements. "Ils m’ont foutue dehors de chez moi et moi… je leur ai dit merci."

 -Pourquoi ?, lui demande-t-on.

-Pour être correct. Ces gens-là, ils sont plus hauts que moi."

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 12:51

LEMONDE.FR | 31.10.11 | 11h19   •  Mis à jour le 31.10.11 | 11h30

 
 

 

La centrale de Dampierre (Loiret).

La centrale de Dampierre (Loiret).AFP/ANDRÉ DURAND

L'action du groupe EDF – exploitant historique des 19 centrales et 58 réacteurs nucléaires français – a lourdement chuté vendredi 28 octobre, après que Le Monde a révélé les bases d'un accord électoral en cours entre Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et le Parti socialiste.

A la clôture vendredi, le titre EDF avait perdu 5,52 % de sa valeur, dans un marché en recul de seulement 0,59 % – soit une perte potentielle d'environ 2,3 milliards d'euros. Le cours a commencé à chuter lourdement à partir de 15 heures, quelques heures après la parution de l'article. Lundi, à 11 heures, l'action EDF était encore à la baisse : -1,77 %.

Une porte-parole du groupe a déclaré qu'EDF avait demandé une enquête à l'Autorité des marchés financiers sur une éventuelle "manipulation de cours". Un telle procédure est assez classique en cas de décrochage d'une action. L'AMF devrait dire s'il ouvre une enquête dans les deux semaines à venir.

Six mois après la catastrophe de Fukushima, la question du nucléaire est revenue à plusieurs reprises durant la campagne de la primaire socialiste, et elle reviendra sans doute durant celle pour la présidentielle. Alors que certains de ses adversaires de la primaire, dont Martine Aubry, ont affiché leur ambition de "sortir" du nucléaire, François Hollande a, lui, plaidé pour une position moins radicale : une baisse de 75 à 50 % de la part du nucléaire dans la production électrique française, d'ici 2025.

LA QUESTION DES FERMETURES DE CENTRALES

Jugée trop frileuse, cette position a été dans un premier temps critiquée par les écologistes et leur candidate Eva Joly. Puis est venu le temps de la négociation. Les écologistes ont finalement accepté le principe d'un accord électoral qui prévoit la fermeture de centrales vieillissantes. Dans son édition datée de samedi 29 octobre, Le Monde détaillait l'état d'avancement de cet accord.

"Les socialistes ont dû concéder la fermeture de quelques centrales (une demi-douzaine ?) parmi les plus anciennes, comme celle de Fessenheim (...) dont la fermeture est quasiment acquise, même pour la majorité en place. Les centrales de Chinon et de Bugey sont donc sur la sellette, mais pas seulement", écrivait Le Monde en précisant que la fermeture d'autres sites construits avant 1980 était "à l'étude".

 Il était également précisé que la question de l'EPR de Flamanville, le réacteur nouvelle génération actuellement en cours de construction et confronté à des difficultés, "n'est pas réglée".

Les discussions ne sont pas encore arrêtées, précisent les deux partis. Comme l'annonçait Le Monde, socialistes et écologistes doivent se revoir pour poursuivre les négociations ce mercredi 2 novembre.

Le Monde.fr

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 12:44
| Par La rédaction de Mediapart

Anonymous frappe à nouveau très fort. Après la Scientologie, après les dictatures arabes, le groupe activiste s'en prend cette fois-ci au cartel de drogue le plus dangereux du Mexique, et sans doute du monde, les Zetas.

Tout a commencé par l'enlèvement d'un des membres d'Anonymous lors d'une manifestation, enlèvement attribué aux Zetas. Pour tenter de faire pression et obtenir sa libération, Anonymous a mis en ligne une vidéo dans laquelle il menace de divulguer les noms et professions des personnes travaillant pour le cartel.

La menace pourrait être prise au sérieux. Non pas tant par peur de la justice mexicaine que par peur des autres cartels, qui pourraient profiter de cette liste pour régler quelques comptes...

Lire sur The Hackers News.

Voir la vidéo des Anonymous :

 

 

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 12:38

LEMONDE.FR | 31.10.11 | 06h43   •  Mis à jour le 31.10.11 | 10h38

 
 

 

Des Rafale de l'armée française survolent la Libye, le 28 mars.

Des Rafale de l'armée française survolent la Libye, le 28 mars.AFP/Nicolas-Nelson Richard

C'est la fin officielle de l'opération "Protecteur unifié". Sept mois et 26 000 sorties aériennes plus tard, l'OTAN met fin à sa mission lundi 31 octobre. Dans un communiqué, l'organisation s'était félicité la semaine dernière d'un succès "historique" et avait appelé le nouveau régime à "construire une nouvelle Libye" démocratique.

"Le conseil de l'Atlantique Nord [l'instance dirigeante de l'alliance, élargie aux représentants des cinq pays non membres – Qatar, Emirats arabes unis, Maroc, Jordanie et Suède – partenaires de l'opération] a confirmé la décision prise il y a une semaine. L'opération en Libye prend fin ce lundi 31 octobre. Notre mission militaire est désormais terminée", avait déclaré jeudi dernier le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen.

"Nous avons entièrement rempli le mandat historique des Nations unies de protéger le peuple de Libye, de faire appliquer une interdiction de vol et un embargo sur les armes", a-t-il ajouté. L'opération "Protecteur unifié" est "l'une des plus réussies dans l'histoire de l'OTAN", s'est félicité son secrétaire général, tout en estimant que la victoire avait été remportée par le peuple libyen, qui "peut prendre son futur en mains fermement et en sécurité", a relevé M. Rasmussen.

Pour le patron de l'OTAN, les Libyens ont toutefois "encore beaucoup de travail à faire pour construire une nouvelle Libye fondée sur la réconciliation, les droits de l'homme et l'Etat de droit".

LE CNT CRAINT LES DERNIERS FIDÈLES DE KADHAFI

Le Conseil national de transition (CNT) avait demandé la semaine dernière le maintien de l'OTAN en Libye au moins "jusqu'à la fin de l'année", assurant que même après la mort de Mouammar Kadhafi ses derniers fidèles représentaient une menace pour le pays. Ces craintes ont été renforcées par des informations du quotidien sud-africain Beeld selon lesquelles un groupe de mercenaires sud-africains se trouvait toujours en Libye et tentait d'exfiltrer Saïf Al-Islam, le fils de Mouammar Kadhafi.

"L'OTAN reste prête à aider, si nécessaire et s'il le lui est demandé", avait précisé M. Rasmussen. Le nouveau rôle de l'alliance pourrait consister à "aider les Libyens à réformer les institutions de sécurité et de défense dont toutes les démocraties ont besoin pour rester libres et en sécurité", selon M. Rasmussen. L'OTAN avait pris vendredi dernier, au lendemain de la mort de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, la décision, à titre provisoire, de la fin, au 31 octobre, de son opération, sept mois après les premiers bombardements des avions de l'alliance.

L'officialisation vendredi de la fin de la mission de l'OTAN était attendue, le Conseil de sécurité de l'ONU ayant mis fin jeudi au mandat autorisant le recours à la force en Libye. C'est sur la base des résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité, qui avaient imposé des sanctions contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi et autorisé des mesures pour protéger les civils, que l'OTAN avait lancé cette opération militaire.

Dans les faits, l'embargo sur les armes et les quelque 26 000 sorties aériennes de l'OTAN, dont plus de 9 650 dans un but "offensif", ont largement contribué au changement de régime en Libye après plus de quarante ans de dictature, même si l'alliance n'en avait pas officiellement fait un objectif.

CLIVAGES TRIBAUX ET REPRÉSAILLES

La Libye de l’après-Kadhafi bascule dans un cycle de violences tribales et de représailles. Plus d'une semaine après la mort de Kadhafi, nombre de Libyens redoutent les actes de vengeance en série et jugent le pouvoir intérimaire incapable de réfréner ses brigades.

A Syrte, ville natale de l’ancien maître du pays, l’organisation Human Rights Watch (HRW) a exhorté le CNT à enquêter sur des dizaines de corps en décomposition découverts peu après son "exécution".

L’ONG a accusé dimanche des miliciens de la ville côtière de Misrata de "terroriser" des habitants de la localité voisine de Taouarga en représailles à leur collaboration présumée à des atrocités commises par les forces de Kadhafi. Le conseil intérimaire a ordonné à ses troupes de s’abstenir de pillages et d’actes de vengeance, en minimisant le risque de voir émerger de nouveaux soulèvements.

A Bani Walid, la principale tribu de Libye, les Werfallah, fidèles à l'ex-régime de Kadhafi, appellent à la vengeance. "Nous avons arrêté de nous battre parce que nous n'avions plus de munitions. La plupart des habitants ont caché leurs armes et sont restés chez eux. D'autres se sont fondus dans les groupes de rebelles, a confié sous couvert d'anonymat un homme de la tribu à l'AFP. Notre vengeance on l'aura, tôt ou tard. Bani Walid est une société tribale. Il n'y a pas d'étrangers. Il n'y a que des Werfallah et personne ne peut nous gouverner. C'est pourquoi il n'y aura pas de Libye sans les Werfallah."

Selon des analystes, le seul moyen d’éviter ce scénario de guerre de représailles tribales est de recréer la confiance en désarmant les milices régionales, en fournissant de solides garanties de sécurité et en transférant les querelles tribales dans la sphère judiciaire.

(Avec AFP)

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 12:32

LEMONDE.FR avec Reuters, AFP | 31.10.11 | 09h16   •  Mis à jour le 31.10.11 | 12h57

 
 

 

Les 193 Etats membres de l'Unesco doivent se prononcer sur la demande d'adhésion palestinienne par un vote lors de sa conférence plénière.

Les 193 Etats membres de l'Unesco doivent se prononcer sur la demande d'adhésion palestinienne par un vote lors de sa conférence plénière.AP/RÉMY DE LA MAUVINIÈRE

C'est en fin de matinée, lundi 31 octobre, que l'Unesco doit se prononcer sur la demande d'adhésion à part entière formulée par l'Autorité palestinienne. Une requête jugée "prématurée" et "contre-productive" par les Etats-Unis, a déclaré, lundi 31 octobre, la sous-secrétaire américaine à l'éducation, Martha Kanter, devant la Conférence générale de l'organisation.

Les Etats-Unis avaient déjà menacé de suspendre leur contribution financière à l'Unesco en cas de vote positif. Celle-ci représente aujourd'hui 22 % du budget de l'organisation. Deux lois américaines du début des années 1990 interdisent en effet le financement d'une agence spécialisée des Nations unies qui accepterait les Palestiniens en tant qu'Etat membre à part entière, en l'absence d'accord de paix avec Israël.

Israël, pour sa part, s'est dit résigné à ce vote en faveur de l'adhésion des Palestiniens, mais devrait se joindre à son allié, les Etats-Unis, pour retirer sa contribution financière à l'organisation, a déclaré son ambassadeur auprès de l'Unesco, Nimrod Barkan. "Lorsque les discours seront terminés, il y aura un vote et les Palestiniens vont gagner", a admis Nimrod Barkan.

PRESSION AMÉRICAINE

Une adhésion de la Palestine à l'Unesco constituerait une nouvelle avancée vers sa reconnaissance en tant qu'Etat qu'elle revendique auprès de l'Organisation des Nations unies, où elle jouit jusqu'à présent d'un simple statut d'observateur. Le président palestinien Mahmoud Abbas a déposé officiellement le 23 septembre une demande d'adhésion pleine et entière de l'Autorité à l'ONU.

Le Conseil de sécurité, où Washington détient un droit de veto, est le seul habilité à autoriser semblable demande et les Américains ont fait savoir qu'ils utiliseraient selon toute vraisemblance cette arme pour bloquer la demande palestinienne. Mais l'Unesco est accessible aux Palestiniens quel que soit leur statut au sein de l'ONU en général.

OPTIMISME PALESTINIEN

A Ramallah, le ministre des affaires étrangères, Riyad Al-Malki, a déclaré dimanche qu'il s'attendait à ce que "la Palestine recueille le nombre de voix requis pour une adhésion. Nous disposons de suffisamment de votes pour franchir le seuil des deux tiers". Sur les ondes de la Voix de la Palestine, le ministre a ajouté : "Ce succès, si nous l'obtenons, et avec une aussi large majorité, donnera une forte impulsion aux efforts que nous déployons pour obtenir le vote requis aux Nations unies."

Le conseil de l'Unesco a décidé début octobre que ses 193 Etats membres se prononceraient sur la demande d'adhésion palestinienne par un vote lors de sa conférence plénière, qui se tient du 25 octobre au 15 novembre au siège de l'organisation à Paris. Quarante membres du conseil sur 58 ont voté en faveur du projet de résolution. La France s'est abstenue.

Au regard de cette procédure conduite à New York, la plupart des Occidentaux jugent la démarche palestinienne à l'Unesco prématurée. "L'Unesco, ce n'est ni le lieu, ni le moment. Tout doit se passer à New York", estime le ministère des affaires étrangères français. Mais les Européens sont divisés. L'Espagne a annoncé qu'elle voterait pour l'adhésion, l'Allemagne devait s'y opposer et la France s'abstenir.

La Ligue arabe a annoncé dimanche qu'elle étudierait "toutes les alternatives juridiques et politiques" en cas d'échec des démarches en cours pour une admission à l'ONU d'un Etat palestinien, qui se heurte au risque d'un veto américain. Au terme d'une réunion à Doha à laquelle assistait le président palestinien Mahmoud Abbas, le comité de suivi issu de la Ligue arabe a aussi assuré les Palestiniens du soutien arabe lors du vote lundi sur une adhésion de la Palestine à l'Unesco. Le vote à l'Unesco se déroule de plus dans un contexte de regain de violence entre Israël et les Palestiniens de la bande de Gaza.

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 12:26

LEMONDE.FR avec Reuters, AFP | 31.10.11 | 09h16   •  Mis à jour le 31.10.11 | 12h57

 
 

 

Les 193 Etats membres de l'Unesco doivent se prononcer sur la demande d'adhésion palestinienne par un vote lors de sa conférence plénière.

Les 193 Etats membres de l'Unesco doivent se prononcer sur la demande d'adhésion palestinienne par un vote lors de sa conférence plénière.AP/RÉMY DE LA MAUVINIÈRE

C'est en fin de matinée, lundi 31 octobre, que l'Unesco doit se prononcer sur la demande d'adhésion à part entière formulée par l'Autorité palestinienne. Une requête jugée "prématurée" et "contre-productive" par les Etats-Unis, a déclaré, lundi 31 octobre, la sous-secrétaire américaine à l'éducation, Martha Kanter, devant la Conférence générale de l'organisation.

Les Etats-Unis avaient déjà menacé de suspendre leur contribution financière à l'Unesco en cas de vote positif. Celle-ci représente aujourd'hui 22 % du budget de l'organisation. Deux lois américaines du début des années 1990 interdisent en effet le financement d'une agence spécialisée des Nations unies qui accepterait les Palestiniens en tant qu'Etat membre à part entière, en l'absence d'accord de paix avec Israël.

Israël, pour sa part, s'est dit résigné à ce vote en faveur de l'adhésion des Palestiniens, mais devrait se joindre à son allié, les Etats-Unis, pour retirer sa contribution financière à l'organisation, a déclaré son ambassadeur auprès de l'Unesco, Nimrod Barkan. "Lorsque les discours seront terminés, il y aura un vote et les Palestiniens vont gagner", a admis Nimrod Barkan.

PRESSION AMÉRICAINE

Une adhésion de la Palestine à l'Unesco constituerait une nouvelle avancée vers sa reconnaissance en tant qu'Etat qu'elle revendique auprès de l'Organisation des Nations unies, où elle jouit jusqu'à présent d'un simple statut d'observateur. Le président palestinien Mahmoud Abbas a déposé officiellement le 23 septembre une demande d'adhésion pleine et entière de l'Autorité à l'ONU.

Le Conseil de sécurité, où Washington détient un droit de veto, est le seul habilité à autoriser semblable demande et les Américains ont fait savoir qu'ils utiliseraient selon toute vraisemblance cette arme pour bloquer la demande palestinienne. Mais l'Unesco est accessible aux Palestiniens quel que soit leur statut au sein de l'ONU en général.

OPTIMISME PALESTINIEN

A Ramallah, le ministre des affaires étrangères, Riyad Al-Malki, a déclaré dimanche qu'il s'attendait à ce que "la Palestine recueille le nombre de voix requis pour une adhésion. Nous disposons de suffisamment de votes pour franchir le seuil des deux tiers". Sur les ondes de la Voix de la Palestine, le ministre a ajouté : "Ce succès, si nous l'obtenons, et avec une aussi large majorité, donnera une forte impulsion aux efforts que nous déployons pour obtenir le vote requis aux Nations unies."

Le conseil de l'Unesco a décidé début octobre que ses 193 Etats membres se prononceraient sur la demande d'adhésion palestinienne par un vote lors de sa conférence plénière, qui se tient du 25 octobre au 15 novembre au siège de l'organisation à Paris. Quarante membres du conseil sur 58 ont voté en faveur du projet de résolution. La France s'est abstenue.

Au regard de cette procédure conduite à New York, la plupart des Occidentaux jugent la démarche palestinienne à l'Unesco prématurée. "L'Unesco, ce n'est ni le lieu, ni le moment. Tout doit se passer à New York", estime le ministère des affaires étrangères français. Mais les Européens sont divisés. L'Espagne a annoncé qu'elle voterait pour l'adhésion, l'Allemagne devait s'y opposer et la France s'abstenir.

La Ligue arabe a annoncé dimanche qu'elle étudierait "toutes les alternatives juridiques et politiques" en cas d'échec des démarches en cours pour une admission à l'ONU d'un Etat palestinien, qui se heurte au risque d'un veto américain. Au terme d'une réunion à Doha à laquelle assistait le président palestinien Mahmoud Abbas, le comité de suivi issu de la Ligue arabe a aussi assuré les Palestiniens du soutien arabe lors du vote lundi sur une adhésion de la Palestine à l'Unesco. Le vote à l'Unesco se déroule de plus dans un contexte de regain de violence entre Israël et les Palestiniens de la bande de Gaza.

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 18:49
| Par Jordan Pouille

De notre correspondant en Chine

Le 20 septembre, Hu Fulin s'envolait précipitamment pour les Etats-Unis, et laissait trois mille ouvriers impayés sur le carreau. Avec une production de vingt millions de paires de lunettes chaque année, l'usine de cet entrepreneur jouissait d'une belle notoriété. Ses nouvelles montures étaient d'ailleurs attendues au Mondial de l'optique, tenu il y a un mois à Villepinte. C'est sans compter sur l'ardoise de 313 millions de dollars de dettes que Hu Fulin cachait derrière lui, dont la moitié en prêts souterrains. Il y a quelques jours, coup de théâtre, le patron fugitif est réapparu à Wenzhou. Il accepte de «coopérer» avec les autorités locales. Huang He, président d'une importante tannerie de Wenzhou, ou Yan Qin, propriétaire de la chaîne de cafés Portman, sont, eux, toujours en cavale.

En tout et pour tout, quatre-vingt-dix gros entrepreneurs de cette ville côtière ont quitté la Chine depuis le mois de juin, une trentaine sur le seul mois de septembre. Trois autres se sont suicidés. A Wenzhou, les plus puissants quittent le pays. Les autres baissent le rideau et font profil bas. Et ils sont très nombreux.

Zhou Dewen est le président de l'Association de développement des petites et moyennes entreprises de Wenzhou. D'après ses comptes, 90.000 PME ont ou vont faire faillite ces prochaines semaines. «30% de PME de Wenzhou ont arrêté ou diminué fortement leur production faute d'argent et la situation continue d'empirer», révélait-il vendredi à Mediapart. Cette ville portuaire de 7 millions d'habitants, capitale mondiale incontestée de la chaussure et du briquet jetable, compte 450.000 petites entreprises privées et beaucoup de nouveaux riches. Un gratte-ciel de 350 mètres de haut est actuellement en chantier: le Lucheng Plaza dépassera de trente mètres la tour Eiffel.

Wenzhou est le modèle du miracle économique chinois, ville pionnière dans le développement de l'économie de marché, allant même au-delà des réformes engagées par Deng Xiaoping à partir de 1979. Ce sont les petits entrepreneurs de Wenzhou qui ont financé eux-mêmes la construction de l'aéroport et de la gare de train rapide.

Le prêt illégal... et incontournable

 

Ouvriers sur un chantier, à Pékin  
Ouvriers sur un chantier, à Pékin© Jordan Pouille

Mais dans cette Chine qui carbure au capitalisme d'Etat, mieux vaut être une entreprise contrôlée par les autorités ou à propriété collective (mi-étatique mi-privée) pour pouvoir bénéficier des prêts à taux réduits et autres largesses des banques – elles aussi d'Etat – brassant les milliards des petits épargnants chinois.

En cas d'imprévu, les chefs de PME de Wenzhou n'ont d'autre choix que de recourir à une pratique chinoise ancestrale mais officiellement illégale: le prêt souterrain. Soit des créanciers privés, peu regardants sur la clientèle mais dont les taux d'intérêts sont beaucoup plus élevés que ceux des banques. Qui prête? «En 2007, avant la crise financière, tout le monde ici boursicotait. Depuis, ces mêmes personnes prêtent à tour de bras. Cela va du patron d'usine ayant des liquidités et qui réalise qu'il peut faire du profit bien plus vite qu'en produisant, des citoyens lambda, des petits officiels locaux ayant accès aux prêts des banques légales et qui réinjectent l'argent dans le lucratif circuit souterrain ou même les Chinois de la diaspora, originaires du Zhejiang, et dont le poids économique est aujourd'hui énorme», explique à Mediapart Li Youhuan, économiste et vice-directeur à l'Académie des sciences sociales de Canton.

Une situation qui rappelle, à certains égards, la chaîne de Ponzi si chère à Bernard Madoff, d'après Andy Xie, économiste chinois à Shanghai, «car là encore, on apporte sans cesse de l'argent neuf pour payer l'ancien».

Gao Zhang, la quarantaine, dirige une petite société de matériaux de construction à Shaoxing, tout près de Hangzhou, la capitale du Zhejiang et à deux cents kilomètres de Wenzhou à vol d'oiseau. Il fabrique du ciment et de la céramique, emploie dix personnes pour la comptabilité et les ventes. Et au moins le triple d'intérimaires, «entre 30 et 50 ouvriers selon les projets ».

Chaque année, Gao Zhang vend pour dix millions de yuans de marchandises mais il a souvent recours aux prêts illégaux. «Quand mes clients paient en retard, j'ai besoin de cash pour payer mes ouvriers et acheter de nouveaux matériaux. Comme mes demandes d'argent se font toujours au dernier moment, il m'est impossible de passer par les banques de Shaoxing qui mettent beaucoup trop de temps et il y a trop de paperasse pour des montants insuffisants», explique-t-il à Mediapart.

Quand Gao Zhang emprunte, il veut beaucoup et tout de suite. «Mais attention ! Je suis capable de rembourser très rapidement. Il s'agit d'un emprunt pour régler un problème de trésorerie immédiat et non pour investir ou spéculer.»

Eviter le coup de sang

Naturellement, notre entrepreneur s'adresse à des «amis dans la construction» de sa ville. «Le taux d'intérêt ici est entre 5% et 6%, soit le double des banques. Cette année, il m'est arrivé d'emprunter à 7% mais c'était exceptionnel. Les prêteurs à ce taux sont très rapides mais ont mauvaise réputation dans le milieu. Gare à ceux qui ne paient pas en temps et en heure. En général, j'ai besoin de 500.000 yuans tout de suite. Parfois plus d'un million de yuans.»

Que se passe-t-il en cas de pépin? «Cela arrive. Avec un prêteur honnête, d'abord on paye les intérêts et après on rembourse l'emprunt. Mais j'ai des amis qui n'ont pas réussi à rembourser. Certains ont fui avec leurs familles par peur de représailles, des kidnappings. D'autres ont dû vendre leur maison très vite.»

Gao Zhang sent déjà l'engrenage. «Cette année, les prix augmentent fortement (+6,1% d'inflation en septembre): celui de l'essence, des matières premières, des salaires des ouvriers (+21,3% du salaire de base en moyenne nationale cette année). Et mes clients paient de plus en plus souvent en retard. D'où un recours presque systématique aux prêts souterrains.» Heureusement pour Gao, son activité ne faiblit pas; rien n'interrompt le circuit. «Mes collègues souffrent davantage car leurs produits sont fabriqués pour l'étranger. Or les commandes basculent vers d'autres fournisseurs, au Viêtnam ou au Bangladesh. Moi, je travaille pour le marché local.»

Mais comme tous, Gao est à deux doigts de travailler à perte. «Car ces prêts à taux élevés siphonnent systématiquement les faibles bénéfices des entreprises. Cela ne peut que ralentir la croissance si cela devait se généraliser», conclut Li Youhan, notre économiste.

 

Ouvriers migrants Ouvriers migrants© Jordan Pouille
Premiers touchés d'une faillite d'entreprise: le patron et les salariés. Pour éviter un coup de sang – la population de Wenzhou est composée majoritairement d'ouvriers –, les autorités de Wenzhou s'empressent de payer les salaires des laissés-pour-compte, en revendant au plus vite leur outil de travail. «Grâce à la vente des machines, il s'agit d'abord de payer les ouvriers, puis les taxes pour le gouvernement et enfin les dettes pour les créanciers dits illégaux mais tolérés car indispensables à l'essor de l'économie», détaille Zhou Dewen.

Depuis février, un amendement de la loi nationale rend illégale la retenue d'un salaire si l'entreprise a les moyens – financiers et matériaux – de payer. Mais rien n'y fait. En Chine, les ouvriers des provinces industrielles sont avant tout des paysans migrants. Leur Hukou (une sorte de passeport interne) leur ouvre des droits comme l'accès aux soins, l'éducation pour leurs enfants dans le village d'origine mais aucun dans la province où ils s'installent. En cas de conflit avec le patronat, ce type de salariés, en situation de quasi-clandestinité dans son propre pays, n'a quasiment aucun recours.

«Nos caisses sont vides»

Sauf l'affrontement. Toujours au Zhejiang et à 180 km au sud de Shanghai, la ville de Huzhou a connu une semaine d'émeutes, jusqu'au déploiement vendredi de la police militaire. L'étincelle est partie d'une querelle entre un percepteur des impôts et un petit fabricant de vêtements pour enfants, révolté par une nouvelle taxe de soixante euros sur ses machines à coudre. Trente voitures ont été renversées, un fourgon de police incendié.

Bon gré mal gré, les banques de Wenzhou ont obéi aux ordres des officiels du gouvernement de Zhejiang. «Nous avons pour ordre de prêter au moins 100 milliards de yuans aux entrepreneurs mais nos caisses sont déjà vides après en avoir distribué soixante», confiait un banquier au magazine d'enquête économique pékinois Caixin, le 25 octobre. Le milieu bancaire local grogne aussi contre les injonctions désormais intempestives des officiels municipaux pour ne pas relever les taux d'intérêt en cette période d'inquiétude. «C'est contraire aux règles du marché.» Dans le même temps, ces mêmes officiels poussent leur supérieur du gouvernement local à créer un fonds de stabilité financière de 60 milliards de yuans. Mais avec la forte appréciation du yuan face au dollar et la concurrence des pays voisins sur ces produits peu sophistiquées, le Zhejiang peut-il encore lutter?

Pas d'inquiétude, clament les dirigeants de la banque centrale de Chine, qui s'assoient sur un magot de 3201 milliards de dollars en réserve de change que lorgne d'ailleurs le fonds européen de stabilité financière: le drame de Wenzhou ne serait qu'un cas isolé et non pas le résultat d'un problème systémique appelé à se généraliser.

 

Usine à Dongguan Usine à Dongguan© Jordan Pouille

Ce que dément fortement Zhou Wen: «Attention, il y a Dongguan, Canton et les autres villes-usines dans le delta de la rivière des Perles où le prêt souterrain est systématique et où les faillites nous pendent au nez.» «Mais aussi beaucoup plus loin, à Ordos en Mongolie intérieure», prévient Li Youhan, l'économiste.

Depuis deux ans, Ordos est un mythe. A vingt-cinq kilomètres de la ville historique, en plein milieu du désert, la municipalité a poussé les promoteurs à construire une cité radieuse de A à Z pour permettre à ses nouveaux riches du gaz et du charbon de changer de train de vie. Mais bien que splendide, cette ville est restée fantôme, seulement une poignée d'Ordosiens ont acheté des logements et les promoteurs se retrouvent insolvables. Eux non plus n'ont pas eu accès aux prêts des banques conventionnelles, le gouvernement voulant lutter contre la spéculation immobilière. D'où le recours aux prêts souterrains.

 

Ordos, ville fantôme Ordos, ville fantôme© Jordan Pouille

Wang Fujin, un fonctionnaire du tribunal local d'Ordos devenu promoteur, avait en quelques mois amassé trente millions d'euros auprès de deux mille petits épargnants. Chaque mois, l'homme d'affaires devait rembourser 900.000 euros, rien qu'en intérêts. Il a été retrouvé mort, pendu dans les toilettes.

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 18:47

 

Le mouvement des Indignés américains se radicalise. Ceux d'Oakland, en Californie, appellent à la grève générale sur l'ensemble de la ville, pour le mercredi 2 novembre. Dans plusieurs villes, des vétérans de la guerre en Irak, en armes, ont rejoint les manifestants pour les protéger de la police.

 

 

Manifestation des Indignés d'Oakland, le 25 octobre. Manifestation des Indignés d'Oakland, le 25 octobre.

 

« On se serait cru dans les années 1960, au milieu d’une manifestation contre la guerre du Vietnam », écrivait leNew York Times du jeudi 27 octobre, après la répression violente subie le mardi soir précédent par les Indignés d’Oakland. Gaz lacrymogènes et balles lestées (plusieurs balles minuscules regroupées dans une enveloppe en plastique) furent alors utilisées par la policepour les déloger de la place qu'ils occupaient au centre ville. Des affrontements très violents eurent ensuite lieu entre manifestants et policiers. Un vétéran de la guerre d’Irak a été grièvement blessé par une arme « non-létale » tirée par un policier, causant une vague d’émotion dans le pays. Le mercredi, 3 000 manifestants réoccupaient la place de la ville, avec l'aide de vétérans des Marines. Le jeudi soir, réunis en assemblée générale, ils lançaient cet appel à la grève générale à Oakland :

« Nous, occupants de la place Oscar Grant, proposons que le mercredi 2 novembre 2011, nous libérions Oakland et que nous mettions un coup d’arrêt au 1 %.
 

 

Nous proposons une grève générale sur l’ensemble de la ville et nous proposons que tous les étudiants quittent les cours. Au lieu que les travailleurs aillent au travail et les étudiants à l’école, les gens convergeront vers le centre-ville pour arrêter la ville. Toutes les banques et les grandes entreprises devront fermer pour la journée ou nous marcherons sur elles.

 

Bien que nous appellions à une grève générale, nous appelons aussi à bien plus. Les gens qui sont occupés en dehors de leurs quartiers, écoles, organisations communautaires, groupes affinitaires, lieux de travail et familles sont invités à s’auto-organiser d’une façon qui leur permette de prendre part à l’arrêt du fonctionnement de la ville, de la façon qui leur convient et comme ils le peuvent.

 

Le monde entier regarde Oakland. Montrons leur ce qui est possible. »

 

 

 

 

Face à face entre manifestants et policiers à Oakland.  
Face à face entre manifestants et policiers à Oakland.

 

 

À l’image d’Oakland, les autorités d’autres villes américaines ont décidé de déloger les manifestants campant dans leur centre ville, comme à Nashville au Tennessee, où la police est intervenue à la demande du gouverneur républicain (36 arrestations). À Atlanta (Géorgie), la police a arrêté 50 manifestants, mercredi 26 octobre, indique le New York Times quiprédit un même scénario pour la ville de Providence (Rodhes-Island) et Baltimore (Maryland).

D'autres grandes villes, telles que New York, Boston, Philadelphie et Los Angeles, ont adopté une tactique moins brutale en autorisant les campements des Indignés. Là, les autorités parient sur l'essoufflement du mouvement ; ou sur le général Hiver, comme à New-York, où la brigade des sapeurs-pompiers a confisqué les groupes électrogènes et le combustible utilisés pour se chauffer par les Indignés retranchés dans le parc de Lower Manhattan, non loin de Wall Street... en prévision de la tempête de neige qui s'est abattu samedi matin sur la ville. « La neige ? Quelle neige ? Je dois m'occuper de mon pays », ont écrit des manifestants à l'entrée du campement balayé par des rafales de vents glaciales.

Depuis sa naissance à Wall Street, le 17 septembre dernier, le mouvement des Indignés américains n'a cessé de monter en puissance. C'est le soutien des principaux syndicats locaux qui a changé la donne  . Dès le 27 septembre, 700 pilotes d'avion, qui se font des cheveux blancs pour leurs pensions de retraite ont rejoint le mouvement. Deux jours plus tard, c'était au tour du très influent syndicat du secteur des transports (64 000 adhérents) d'afficher son soutien, rejoint ensuite par le syndicat du secteur de la santé (300 000 adhérents).

À New York, par exemple, plus de 39 syndicats et associations ont manifesté avec les Indignés de Wall Street. Et il y a aussi le soutien des First Responders, les pompiers, policiers, sauveteurs, ouvriers et volontaires qui ont participé aux opérations de sauvetage et de déblaiement dans les ruines du World Trade Center après le 11-Septembre. Ils reprochent au gouvernement un manque de prise en charge des frais occasionnés par les maladies que beaucoup d'entre eux ont développées.

Maintenant, se sont des vétérans de l'armée, en uniforme militaire et puissamment armés, qui se déploient de leur propre initiative autour des cortèges, à Phoenix (Arizona) d'abord puis dans d'autres villes, pour sécuriser les manifestants contre de possibles attaques externes et contre les violences policières !

Le 23 octobre dernier, Noam Chomsky, intellectuel radical connu pour ses critiques de l'impérialisme américain et des médias, déclarait devant des milliers de personnes réunies à Boston, face au bâtiment de la banque de la réserve fédérale : « Ce mouvement est spectaculaire. C'est sans précédent. Je ne me souviens pas qu'il y ait jamais eu quelque chose comme ça. Si les associations qui ont lancé ces rassemblements peuvent tenir pendant une longue et dure période -parce que la victoire ne viendra pas rapidement- cela pourrait vraiment se révéler être un événement historique, un moment important de l'histoire américaine. »

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 13:05

30/10/2011 à 12h11

Chloé Leprince

Rue89 Rue89

 

Hormis dans quelques villes, le mouvement des Indignés n'a pas essaimé en France. Pourtant, les éditeurs Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou ont vendu deux millions d'exemplaires d'« Indignez-vous ! » le livre de Stéphane Hessel à l'origine du mouvement.

Pour lancer ce petit ouvrage né de leur rencontre avec l'ancien résistant et titré avec flair par l'éditrice, le couple avait d'abord songé en imprimer huit mille. Il est vrai qu'Indigène, leur maison d'édition basée à domicile, sur les flancs de la ville de Montpellier, est loin d'être un poids lourd.

Le couple a lancé cette structure en 1996. Le nom vient de leur tropisme pour les cultures « non-industrielles » (ils ne disent pas « primitives »), de leur engagement pour la parole de ceux qu'ils appellent « les grands initiés ». Il prolonge aussi l'histoire de Sylvie, née en 1954 de parents enseignants, très vite partis aux quatre coins du monde.

En 1981, la fête dans la rue, pas le vote

Elevée au Maghreb ou au fond d'une vallée polynésienne, elle rentre en France passer le bac et préparer Normale Sup. Elle intègre l'école, mais démissionne : partie une année aux Etats-Unis rencontrer Henry Miller, elle préfère rester à Los Angeles afin de poursuivre son dialogue avec l'écrivain.

Prolonger son engagement, aussi : la politique, chez elle, se construit par sédimentation. On est en Californie, dans les années 70, en plein dans les combats féministes et des droits civiques.

Le bulletin de vote est secondaire : rentrée en France, elle ne se souvient pas avoir voté pour François Mitterrand en 1981, mais se rappelle être sortie dans les rues au soir du 10 mai. S'être promenée avec Jean-Pierre, son compagnon et celui avec qui elle fondera Indigène. Ils étaient alors « contents de voir les gens heureux ».

« Un bon politique, c'est un bon gestionnaire »

Elle restera toujours extérieure à la politique, même quand la gauche l'emportera. L'éthique est ailleurs, dit-elle :

« Je n'attends pas de la politique des réponses. Ça ne me concerne pas beaucoup. Pour moi un bon politique, c'est un bon gestionnaire. L'engagement commence par une exigence vis-à-vis de soi-même, une vigilance. »

Philippe Corcuff, maître de conférences en science politique à l'IEP de Lyon (et par ailleurs militant au NPA après 17 ans au PS), était l'invité de « Carte d'électeur » pour décrypter les nouvelles formes d'engagement. Il voit dans ce témoignage un prolongement de ce qu'il a relevé dans le mouvement des Indignés :

« L'effondrement des utopies, c'est la difficulté à s'inscrire dans un avenir qui pourrait être différent. Même les gens les plus critiques et les plus engagés, comme celle qu'on vient d'entendre, sont pris dans une forme de religion pratique de l'immédiateté [...]

Cette tentation de s'enfermer dans un présent perpétuel qui ne donne plus de moyens d'action autrement que par la satisfaction éthique d'un engagement personnel. Qui est quelque chose d'important mais pose la question : comment, à partir de soi, réussir à faire changer les choses ? »

Philippe Corcuff invité de Carte d'électeur

Sur le témoignage de Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou

 

 

Quand Sylvie Crossman vote, elle vote blanc. Sylvie se définit comme militante. Pas comme abstentionniste. Le mot fait aussi bondir Jean-Pierre Barou. Quand elle le rencontre, elle est journaliste, il démarre sa vie d'éditeur.

Fils d'ouvriers parisiens, il a un diplôme d'ingénieur, mais sa première vie s'est déroulée auprès de Jean-Paul Sartre. Barou est alors mao, militant à la Gauche prolétarienne, il rencontre l'intellectuel à « La Cause du peuple ». Il le suivra aux débuts du journal Libération, puis rejoindra les éditions du Seuil.

Jean\-Paul Sartre en 1970

Le philosophe défend La Cause du peuple en marge d'un procès

 

*POUR VOIR LA VIDEO,"Jean\-Paul Sartre en 1970 - Le philosophe défend La Cause du peuple en marge d'un procès"

APPUYER SUR LA TOUCHE "Ctrl" DE VOTRE CLAVIER ET CLIQUER SUR LINK CI-DESSOUS

link

 

De cette époque, Jean-Pierre se souvient avoir voté « au moins une fois communiste ». « Peut-être » y eut-il deux ou trois autres passages par l'isoloir, puis plus... Jean-Pierre n'est pas certain que ce soit très pertinent de parler de son rapport au vote.

« Les Indignés, un mouvement politique »

Philippe Corcuff retrouve dans ce témoignage un appétit d'engagement qu'il relève aussi sur le terrain :

« Les Indignés sont une tentative de mettre en cause cette dégénérescence de l'idéal démocratique dans les régimes représentatifs professionnalisés. Dans le cours routinier de nos régimes représentatifs modernes, on finit par s'habituer à l'idée que la démocratie c'est le pouvoir qu'on délègue à quelques professionnels. Mais le vote, c'est une des méthode dans l'idéal démocratique. »

Philippe Corcuff invité de Carte d'électeur

Sur le mouvement des Indignés

 

 

Sylvie dit que la politique ligote la pensée. Pourtant, ça la travaille. En 2012, elle ira peut-être aux urnes. Au second tour en tous cas : pour voter Hollande si ça permet d'éviter un second mandat Sarkozy. A la primaire de la gauche, elle a voté Aubry. Jean-Pierre ne s'est pas déplacé.

Son indifférence pour le jeu des appareils vient d'une démission du politique en général et de la gauche en particulier. Lui se définit « radicalement à gauche » :

« A partir des années 70, 80 on est face à un néolibéralisme sauvage. S'il se développe c'est quand même que les politiques n'ont pas réagi. On est dans une situation gravissime et les politiques n'ont pas réagi, la gauche n'a pas agi. Elle n'a pas rempli sa mission historique. Ça remonte à la Libération.

La gauche s'est enfermée dans la lutte des classes. Je ne dis pas qu'il n'y a pas quelque chose de cet ordre-là, mais où est la frontière ? Elle s'est figée dans des schémas idéologiques style “lutte des classes” [...]

On appelait les mao, les “Mao Spontex” (sous entendu, “ils n'ont pas d'idéologie”), mais j'aimais qu'on soit des jeunes gens capables d'observer, d'écouter et d'adapter les choses en fonction des circonstances. Sans quoi la politique, c'est la violence. On a méprisé la non-violence alors qu'elle m'intéresse justement beaucoup. La non-violence, ce n'est pas l'inverse d'un choix. »

Philippe Corcuff valorise le choix « libertaire et novateur » d'Olivier Besancenot de se délester du leadership au NPA, ou encore l'engagement de Philippe Poutou dans une campagne présidentielle sans quitter son emploi d'ouvrier à l'usine.

« Le collectif écrase l'éthique individuelle »

Mais selon lui, le NPA, pas plus que d'autres formations politiques nouvelles comme Europe écologie-Les Verts ou le Parti de gauche, n'a réussi à incarner ces exigences nouvelles vis-à-vis de la politique :

« L'offre politique ne permet pas de répondre à l'importance de l'engagement dans la construction de soi-même. Un logiciel collectiviste et l'idée du “tout collectif” a emporté la gauche et l'extrême gauche avec l'idée que le collectif écrase l'éthique individuelle [...] Le passé mort bloque la création au présent. »

Philippe Corcuff invité de Carte d'électeur

Sur l'échec de la gauche à capitaliser sur les nouveaux engagements

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