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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 12:18

Lettre d'Espagne | LEMONDE | 24.10.11 | 15h31   •  Mis à jour le 24.10.11 | 20h05

 
 

"Mère de 56 ans, qui vit avec deux de ses enfants et ses deux petits-enfants de 7 et 3 ans. Les enfants sont au chômage et sans prestation. La mère perçoit une aide de 426 euros qui prendra fin le 24 novembre 2011. Leur loyer est de 276 euros. Dossier 125." Quelques lignes pour résumer la détresse d'une famille. Un numéro de référence pour demander de l'aide.

A Valence, l'association Nuestra señora de los desemparados a lancé cette année un nouveau programme de lutte contre la misère : "Parrainez une famille". Sur son site Internet, des dizaines de "dossiers" se succèdent. Un numéro de compte en banque invite les visiteurs à faire un don. Et quelques phrases détaillent des situations de plus ou moins grande détresse.

Comme cette "mère divorcée avec quatre enfants de 16, 11, 4 et 3 ans, qui travaille comme femme de ménage en entreprise pour un salaire de 434 euros et paie un loyer de 410 euros." Ce jeune étudiant de 25 ans, coupés de ses parents, qui gagne 250 euros en faisant le ménage chez des particuliers, mais dont la moitié de la paie part dans son loyer. Cette femme de 74 ans, touchant 340 euros de retraite et vivant avec son fils de 50 ans, malade, qui demande simplement qu'on lui répare son lave-linge. Ou encore cette famille avec un enfant, dont l'appartement a été saisi par la banque, le mari a épuisé ses droits au chômage et touche une aide de 426 euros. Son épouse, femme de ménage en arrêt maladie, n'a pas d'indemnités.

L'Espagne ne voit pas le bout du tunnel. La crise s'allongeant, le nombre de chômeurs en fin de droit ne cessent d'augmenter : ils seraient près de deux millions sur les 4,8 millions de chômeurs espagnols (21 % de la population active) à ne percevoir aucune prestation. Près d'1,4 million de foyers compteraient tous leurs membres au chômage. Et selon les associations de droit au logement, 300 000 familles ont été expulsées de chez elles par les banques parce qu'elles ne payaient plus leur crédit depuis trois ans.

Le 13 octobre, l'association caritative, dépendant de l'église catholique Caritas, a tiré la sonnette d'alarme, annonçant lors de la présentation de son rapport 2010 que la pauvreté en Espagne "se stabilise et devient chronique". Le nombre de personnes ayant recours à ses services d'"accueil et assistance primaire", qui résolvent les questions d'urgence basiques telles que l'alimentation, est passé de 400 000 en 2007 à 950 000 en 2010. Or seulement 30 % de ceux-ci demandaient de l'aide pour la première fois. Les 70 % restants correspondent à "des personnes dont la situation empire par manque de solution", a souligné le secrétaire général de l'organisation Sébastien Mora. Les trois-quarts sont des couples âgés entre 20 et 40 ans avec plusieurs enfants en bas âge. Et pour la première fois, ils sont majoritairement de nationalité espagnole.

La solidarité familiale traditionnelle des pays méditerranéens, qui a si longtemps permis d'épargner les gens de la misère et de l'exclusion sociale, semble ne plus suffire. "Chaque année, il y a davantage de personnes qui ont besoin d'une aide d'urgence et le réseau de protection sociale public, qui était faible, diminue et s'érode", continue M. Mora.

Plan d'austérité oblige, les aides nationales destinées aux chômeurs en fin de droit, limitées à une durée de six mois, sont de plus en plus restrictives. Quant aux régions autonomes espagnoles, obligées de réduire leur déficit monstre, elles taillent dans les budgets sociaux. Les aides au logement, aux familles nombreuses, aux personnes dépendantes ou sans revenu se trouvent, par exemple, sur la sellette en Catalogne.

L'Institut national de statistiques espagnol, l'INE, qui a rendu public la semaine dernière les conclusions de l'enquête sur les conditions de vie 2011 parvient au même constat : la misère augmente à grands pas en Espagne.

Près de 22 % des foyers espagnols vivraient actuellement sous le seuil de pauvreté, fixé à 7 500 euros annuels pour une personne seule ou 13 500 pour un couple avec un enfant. En 2010, ils étaient 20,7 % et 19,5 % en 2009. L'augmentation du chômage en est la principale cause. "Un signe de la gravité de la situation est que de plus en plus de jeunes, formés et qualifiés, quittent l'Espagne pour trouver du travail ailleurs", souligne Florentino Felgueroso, directeur de la chaire de capital humain à la Fondation des études d'économie appliquée (Fedea). L'Espagne redeviendra-t-elle un pays d'émigration comme il y a quarante ans ? Selon les études de l'INE, c'est une possibilité si la situation continue de se détériorer.

Les revenus moyens des familles espagnoles ont baissé de 4,4 % en un an, atteignant moins de 25 000 euros annuels par foyer et 9 400 euros annuel par personne. Une famille sur trois n'a pas les moyens d'affronter des dépenses imprévues et 40 % n'a pas les moyens de se payer une semaine de vacances hors de son domicile. Plus alarmant encore, un récent rapport de l'Unicef souligne que 15 % des enfants d'origine étrangère vivent dans des conditions de grave pauvreté et que 6 % souffre de la faim de manière habituelle.

Pour le moment, l'Espagne ne connaît que peu de tensions sociales malgré l'ampleur de la crise. Pas de grève générale. Pas de violence et de délinquance de masse. Seuls les sympathiques "indignés", pacifistes et utopistes, dénoncent les difficultés de la société, gentiment, lors d'assemblées populaires... Mais jusqu'à quand ?

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 12:14

LEMONDE.FR avec AFP | 24.10.11 | 20h59

 
 

 

Meeting de clôture de Ennahda dans le stade de football de Ben Arous, le 24 octobre.

Meeting de clôture de Ennahda dans le stade de football de Ben Arous, le 24 octobre.© Nicolas Fauque / www.imagesd pour "Le Monde"

Le parti islamiste Ennahda, donné vainqueur des élections tunisiennes de dimanche, a affirmé lundi 24 octobre son engagement à respecter les droits acquis des Tunisiennes et des minorités religieuses dans le pays.

"Nous respecterons les droits de la femme sur la base du code de statut personnel et de légalité entre les Tunisiens quels que soient leur religion, leur sexe ou leur appartenance sociale", a déclaré Nourreddine Bhiri, membre de la direction du parti islamiste.

La percée d'Ennahda sur la scène politique a fait craindre dans le camp laïque une remise en question du statut des femmes en Tunisie. Les Tunisiennes disposent d'un statut juridique enviable dans le monde arabo-musulman : la loi en vigueur interdit la polygamie et la répudiation, permet l'avortement libre et donne droit au divorce judiciaire.

 ACQUIS ENRACINÉS

Ces acquis introduits par le père de l'indépendance, Habib Bourguiba, sont enracinés dans la pratique sociale et ont permis aux femmes, qui représentent 50 % de la population, d'être présentes dans tous les domaines d'activités.

L'islam est la religion officielle de la Tunisie où cohabitent avec les musulmans sunnites (qui représentent plus de 90 % de la population) des minorités religieuses, dont un millier de juifs.

M. Bhiri a aussi affirmé la détermination du parti islamiste à respecter les engagements internationaux de la Tunisie, pays lié notamment par un accord de libre-échange avec l'Union européenne et signataire de la convention de l'ONU contre toutes formes de discrimination à l'égard des femmes.

"MAIN TENDUE"

"Quel que soit le nombre de sièges qui nous reviendra dans l'assemblée constituante, nous ne gouvernerons pas seuls et nous ne permettrons à personne de monopoliser le pouvoir", a assuré en outre le dirigeant islamiste. "La légalité sera rétablie sur la base du consensus. Nous tendons la main à tous pour tourner la page de la tyrannie et de l'injustice", a-t-il dit en réponse à une question sur une alliance possible de sa formation avec le parti Ettakatol (centre gauche).

Ce parti talonnait Ennahda avec le Parti du congrès pour la république (gauche nationaliste), selon les résultats préliminaires non officiels, l'instance électorale indépendante devant annoncer les résultats officiels mardi.

Plus de 7 millions d'électeurs étaient appelés dimanche à élire une assemblée nationale constituante, neuf mois après la chute du président Ben Ali.

>> Pour aller plus loin : lire les réponses de Hamadi Jebali, secrétaire général d'Ennahda, aux internautes du Monde.fr, le 18 octobre : "L'essentiel est de respecter les libertés."

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 12:11

LEMONDE.FR avec AFP, Reuters | 24.10.11 | 21h14

 
 

 

Un manifestant sur la place Murillo à La Paz, le 20 octobre.

Un manifestant sur la place Murillo à La Paz, le 20 octobre.REUTERS/GASTON BRITO


Les autorités boliviennes ont conclu, lundi 24 octobre, un accord mettant un point final au mouvement de protestation mené depuis deux mois par des Indiens d'Amazonie opposés à un projet de route qui a fortement mobilisé l'opinion.

Vendredi, le président Evo Morales avait ouvert la voie à une résolution du conflit en accédant à la principale exigence des Indiens : l'annulation d'un projet routier devant relier deux provinces enclavées en traversant le territoire indigène du parc national Isiboro-Secure, dans le nord-est du pays.

Parmi les demandes des Indiens d'Amazonie figuraient également la fin des activités gazières dans le parc Aguaragüe, qui fournissent 80 % de la production nationale de gaz, la principale richesse du pays, des garanties sur la préservation de leur habitat ainsi que la réaffirmation de leur droit à vivre dans un milieu naturel préservé.

>> Lire notre décryptage La route qui a coûté à Evo Morales le soutien des Indiens

LONGUE MARCHE

Après l'annonce de l'abandon du projet, qui devait être financé par le Brésil, Fernando Vargas, un des représentants indiens, s'est réjoui que "le gouvernement a fini par comprendre qu'il ne pouvait pas détruire un parc national". "Je ne sais pas si c'est parce qu'il a compris ou parce qu'il a cédé sous la pression de la marche", a-t-il quand même noté

Près de 2 000 Indiens ont parcouru à pied 600 kilomètre et bravé l'altitude, le froid, les intempéries, ainsi qu'une violente tentative policière de dispersion qui avait fait 74 blessés à Yucumo (nord-est), avant d'être accueillis en héros la semaine dernière par les habitants de La Paz.

Evo Morales a accepté de rencontrer des représentants des manifestants après avoir tenté, en vain, de négocier par l'intermédiaire de 11 ministres envoyés successivement à la rencontre des marcheurs. Depuis son arrivée au pouvoir en 2006, c'est la deuxième fois que le président bolivien fait marche arrière sous la pression populaire. En décembre 2010, il avait annulé un décret sur la hausse des prix des carburants qui avait déclenché grèves et manifestations violentes.

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 12:08

LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 25.10.11 | 08h26   •  Mis à jour le 25.10.11 | 09h28

 
 

Le régime syrien a transformé les hôpitaux du pays en "instruments de la répression" contre les opposants à Bachar Al-Assad, affirme Amnesty International dans un rapport de 39 pages publié lundi 24 octobre (PDF en anglais). L'organisation de défense des droits de l'homme estime que dans les hôpitaux publics les médecins comme les patients constituent des cibles de la répression gouvernementale du soulèvement populaire contre le régime.

Dans au moins quatre établissements publics – Homs, Banias et Tel Kelakh, ainsi qu'à l'hôpital militaire de Homs –, des patients ont été torturés ou soumis à des mauvais traitements, y compris de la part du personnel médical, souligne l'ONG, qui dénonce un "climat de peur". Certains employés soupçonnés de prodiguer des soins à des manifestants blessés ont eux-mêmes été arrêtés et torturés, ajoute-t-elle. Amnesty cite un infirmier témoin d'un raid des forces de sécurité et selon qui au moins un patient, inconscient, s'est vu arracher son appareil respiratoire avant d'être emmené vers une destination inconnue.

 

 PERSONNEL DANS "UNE SITUATION IMPOSSIBLE"

"Effrayés des conséquences d'une hospitalisation, beaucoup de gens ont choisi de se faire traiter soit dans des cliniques privées, soit dans des dispensaires de fortune mal équipés", souligne Amnesty. Les médecins de l'hôpital national de la ville de Homs, haut-lieu de la contestation contre le régime Bachar Al-Assad, ont rapporté une chute des hospitalisations pour des blessures par balle depuis mai, en dépit de l'augmentation vertigineuse de telles blessures lors des violences. "Le personnel hospitalier en Syrie est mis dans une situation impossible, forcé de choisir entre traiter les personnes blessées et préserver sa propre sécurité", ajoute l'ONG.

"Il est profondément inquiétant de voir que les autorités syriennes semblent avoir lâché la bride sur le cou des forces de sécurité dans les hôpitaux et que, dans de nombreux cas, le personnel médical semble avoir participé à des actes de torture et de mauvais traitements sur les personnes mêmes qu'elles sont supposées soigner", déclare Cilina Nasser, d'Amnesty.

La répression du mouvement de contestation contre Bachar Al-Assad en Syrie a fait au moins 3 000 morts selon les Nations unies. Les autorités syriennes disent pour leur part affronter des groupes terroristes.

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 12:02

LEMONDE.FR avec AFP | 25.10.11 | 13h14   •  Mis à jour le 25.10.11 | 13h34

 

Me Olivier Morice, en 2009.

Me Olivier Morice, en 2009.AFP/STEPHANE DE SAKUTIN

Olivier Morice, avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi, a saisi la justice, mardi 25 octobre, pour "menace" à l'encontre de l'ex-ministre de l'intérieur Brice Hortefeux et pour "diffamation" à l'encontre de la ministre de l'apprentissage, Nadine Morano.

L'avocat reproche à Brice Hortefeux des propos tenus dans l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur, en date du 29 septembre. L’ami le plus proche du chef de l’Etat y dénonce notamment "la lâcheté des journalistes qui fracassent tous les amis de Nicolas Sarkozy", estimant que c’est Me Olivier Morice qui devrait être "fracassé".

"Les propos tenus par Brice Hortefeux sont intolérables, indiquait fin septembre au Monde Me Morice. Ils constituent à mon sens une menace et une intimidation envers un avocat dans l’exercice de ses fonctions. J’ai donc demandé à un collectif d’avocats de citer en correctionnelle M. Brice Hortefeux". Ce dernier est cité à comparaître le 22 novembre devant le tribunal de grande instance de Paris, selon la citation directe déposée par l'avocat.

>> Voire notre infographie Comprendre l'affaire Karachi en trois minutes

"SE FAIRE DE LA PUB"

Me Morice a également saisi la doyenne des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Paris d'une plainte en diffamation à l'encontre de Nadine Morano.

Lors d'un vif échange, le 22 septembre sur Canal+, alors que deux proches du président, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, venaient d'être mis en examen dans l'affaire Karachi, Mme Morano avait accusé l'avocat de "tenir des propos gravement diffamatoires, sans aucun élément de preuve", à l'encontre de Nicolas Sarkozy et de "se faire de la pub" sur le dos du chef de l'Etat.

 

 

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 11:59

LEMONDE.FR avec AFP, Reuters | 25.10.11 | 12h54

 
 

 

Dans le nord de Bangkok, des habitants naviguent dans la rue, mardi 25 octobre.

Dans le nord de Bangkok, des habitants naviguent dans la rue, mardi 25 octobre.REUTERS/BAZUKI MUHAMMAD

La Thaïlande, frappée par les pires inondations depuis plusieurs décennies, a décrété trois jours de congés, mardi 25 octobre, afin de permettre à la population de faire face à la catastrophe naturelle. Au moins 356 personnes ont été tuées dans ces inondations provoquées par une mousson d'une force exceptionnelle, et plus de 750 dans l'ensemble de l'Asie du Sud-Est.

A Bangkok, les 12 millions d'habitants ne sont pas au bout de leurs peines. Au moins six districts de la capitale étaient sous l'eau. Mais plusieurs autres sont directement menacés. Le niveau du fleuve Chao Phraya pourrait monter de 2,60 mètres dans les jours à venir alors que les berges font en moyenne 2,5 mètres de hauteur, a prévenu le gouverneur de Bangkok, Sukhumbhand Paribatra. "Le niveau de l'eau monte et s'étend", a résumé, pessimiste, le Centre de coordination des secours (FROC), dirigé par le ministre de la justice, Pracha Promnog, qui a annoncé la fermeture des services publics et des écoles de jeudi à lundi inclus dans 21 provinces du pays, dont la mégalopole.

Le pouvoir annonce depuis des jours que le centre-ville de Bangkok sera noyé à son tour par les pires inondations dans le pays depuis des décennies. Mais la perspective de grandes marées imminentes accentue sensiblement ces craintes. L'aéroport Don Muang, qui dessert des vols intérieurs, a également été fermé. L'aéroport international Suvarnabhumi fonctionne quant à lui normalement.

DYSFONCTIONNEMENTS

C'est précisément dans l'aéroport que la première ministre, Yingluck Shinawatra, a réuni son gouvernement, mardi. "Nous sommes inquiets pour les évacués parce qu'il est compliqué de venir ici. Nous les déplacerons vers des zones plus sûres", a déclaré la chef du gouvernement, confirmant en revanche que le FROC, également basé dans l'enceinte de l'aéroport, ne prévoyait pas de déménager.

Le nouveau gouvernement est confronté à son premier véritable test depuis sa prise de pouvoir en août. Des rumeurs de conflit, et surtout de dysfonctionnements entre le cabinet de la première ministre, le gouverneur démocrate de Bangkok et l'armée, se sont fait de plus en plus pressantes. Illustration parfaite de cette mauvaise communication, les allers-retours vains de plusieurs navires de guerre américains au large de la Thaïlande, qui n'ont jamais reçu de demande d'aide officielle. "Il y avait deux canaux de communication [au sein du pouvoir thaïlandais], a dit un porte-parole de la marine américaine.  L'un disait oui et l'autre disait non".

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 11:48

LEMONDE.FR avec AFP | 25.10.11 | 11h07   •  Mis à jour le 25.10.11 | 13h12

 
 

 

Le tremblement de terre de magnitude 7,2 a également fait 1 300 blessés.

Le tremblement de terre de magnitude 7,2 a également fait 1 300 blessés.AFP/MUSTAFA OZER

Les secouristes menaient, mardi 25 octobre, une course contre la montre pour retrouver des survivants du puissant séisme qui a fait 366 morts deux jours plus tôt dans la province turque orientale de Van, mais l'espoir s'amenuise.

Le tremblement de terre de magnitude 7,2 a également fait 1 300 blessés, selon un nouveau bilan fourni mardi par la direction officielle des situations d'urgence. Le précédent bilan donné dans la nuit de lundi à mardi par cette même instance était de 279 morts.

De nombreuses personnes restent portées disparues, probablement prises au piège des 2 262 bâtiments qui se sont effondrés lors du séisme. Des centaines de secouristes ont travaillé sans relâche dans un froid glacial pendant toute la nuit. Ce sont surtout des corps qui sont retirés des décombres.

 

Ercis, dans la nuit de lundi à mardi.

Ercis, dans la nuit de lundi à mardi.REUTERS/BAZ RATNER

FROID GLACIAL

Pourtant, des miracles ont lieu. Mardi en fin de matinée, un bébé a été extrait des décombres, quarante-huit heures après la secousse, selon les télévisions locales. Un peu plus tôt, c'était une femme enceinte et ses deux enfants qui ont été retrouvés vivants à Ercis, puis un policier et sa femme, dans la même ville.

Pour les sauveteurs, il ne fait pas de doute que le bilan aurait été beaucoup plus lourd si le séisme n'avait pas frappé un dimanche en plein jour à une heure à laquelle beaucoup étaient sortis déjeuner.

Guillaume Perrier, correspondant du Monde en Turquie, rapporte sur son compte Twitter que des répliques se font sentir dans la région de Van dans la matinée de mardi.

 

DR

Le Croissant-Rouge turc a distribué autour de 13 000 tentes et il s'est préparé à fournir un abri à environ 40 000 personnes, même si l'on ignore le nombre exact d'habitants ayant tout perdu. L'organisme, critiqué pour son incapacité à venir en aide aux personnes en ayant le plus besoin, a promis que 12 000 tentes supplémentaires seraient distribuées mardi.

De la neige est annoncée pour mercredi. Certains rescapés ont dormi dans leur voiture tandis que d'autres se sont contentés d'une seule couverture pour passer la nuit dans la rue. L'Etat turc a déployé des moyens considérables, dépêchant des centaines de secouristes, 145 ambulances, six bataillons de l'armée et des hélicoptères-ambulances sur les lieux.

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 10:43

spaanserevolutie

Occupy Holland!

In #globalrevolution on 24 October 2011 at 23:07

October 24

Malieveld, The Hague

Dear people,

Since October 15 and thanks to Occupy Wall Street, the movement has spread worldwide. Holland got contamined as well. It isn’t yet massive, but it’s rooting in various places.

Around fiteen cities and villages are said to be occupied. The most prominent acampadas are to be found in The Hague and Amsterdam.

After more than a week in which rain and the first hints of frost came peeping around the corner, both camps are still there, and growing. It was time for me to pay them a visit.

I had a kind of déja vu. More or less I recognised the stage of development of the two encampments. Things don’t seem to be totally fluid any more, they are taking form, but they can still easily be moulded.

In The Hague someone admitted that the occupiers are reinventing the wheel. They know hardly anything about what happened in Spain this spring. After Wall Street, people here just started camping for a better world. For me it makes it all the more interesting to see that, without really knowing each other, these spontaneous societies roughly organise themselves in a similar way on the basis of the same principles. Inclusiveness, non violence and direct democracy.

Apart from that, the differences and the cultural peculiarities are easy to spot.

The 'Father of the Fatherland' alone on Square. No encampment here.

In The Hague the camp is not on a square near parliament, but on a part of the central Malieveld meadow. From a historical point of view the karma of the place is not favourable. When the socialist leader Troelstra failed to spark a Dutch revolution in 1918, this is were the counterrevolution staged a grand patriotic hommage to the royal family.

Up until this weekend a part of the meadow was occupied by the circus. Now the encampment of around thirty tents drowns in space, with a view of central The Hague in the distance.

It’s monday morning. Occupy Den Haag looks clean and quiet. The tents are spread over differently sized lots delined by wooden sticks and ropes. This creates the paths of the village. There are toilet boxes and the camp is powered by a generator, although the first thing I hear is fervent talk about an ambitious solar energy project. On the perimeter of the camp you find a big army tent, a Communications tent, a small caravan used as Information point and a First Aid center.

The army tent is the meeting point. In the back there is a table with chairs and in the front the kitchen is installed. The penumbra, the blankets on the floor and the small plastic windows answer to the Dutch need for cozyness. When I come in, there is a meeting go on.

Half a dozen people are discussing about holding a census, about numbering the tents that were donated and indexing the people who sleep there. “We need to know who is where, and if everybody is well enough equiped against the cold. Especially when people are drinking, they risk undercooling.”

 It perfectly fits the village atmosphere of people knowing and caring for each other. But it also borders closely on interference of the private space on the part of the community. Not surprisingly, the anarchists have their own autonomous tent.

I have noticed some other Dutch traits today. In The Hague the ‘polder’ model of patient and endless negotiation reigns supreme. People hold three assemblies a day. They call them ‘meetings’. Lately they were caught having a meeting to discuss whether to keep calling their meetings ‘meetings’ or not. The reason being that a meeting is usually presided over by someone. So maybe it would be more appropriate to call them ‘assemblies’.

 Records are kept of each meeting, which have to be meticulously transcribed, corrected and published in time for the next meeting. So keeping up with all the red tape can take all day.

Still, there are enough people active outside meeting hours to get things moving. Several commissions have been formed, even though all issues are discussed in assembly. Next to Food, Cleanliness and First Aid there is an Art commission and the distinct commissions of Info, Pr, Media and Communications. They haven’t yet formed working groups on themes like Politics, Economy and Environment.

Like in other acampadas, there are also people with personal problems, heavy drinkers, homeless, and people who need help. Or maybe, camping out on the Malieveld together with committed citizens is just the environment they need.

I talk to one of the occupiers. He participates in the Kitchen, and in the Communications team doing livestream. He has been homeless for four years. “When you’re living on the streets you have to rely on your instinct of survival. It makes you a lot more inventive.” And he explains how you can make a saw or any tool in copper, with rubble you can find in the trash. “If this is going to be a real village”, he says, “then I want to be the blacksmith.”

Before I leave I pass by the army tent. Two elderly people are sitting in the back talking. They are content, or even relieved that they see people getting together and speaking out against the financial system.

“Finally”, one of them says, “it has begun.”

As I step out into the open, onto the meadow, I hear a voice calling after me. “When you go to Amsterdam, tell them to come over here. We still have some room left.”

It wasn’t just a joke. In Amsterdam they desperately need space. People are camping on the small square of the Stock Exchange, which is a side space of the grand Damrak avenue. The square is absolutely packed with tents. It’s a clear difference, where The Hague is a village, Amsterdam is a town.

It’s a lively place, too. A crossroads for tourists and outlandish locals, for businessmen and petty crooks. The square might be small, but it makes for a great scenery. Crammed in between the landmark Beurs van Berlage and the luxury department store of Byenkorf, the town is directly facing the entrance of the Amsterdam Stock Exchange.

Acampada Amsterdam

This is where the modern stock exchange first came into being, this was the financial capital of the early modern world in Holland’s golden age. The city has a bond with the former Dutch colony which was named after her and which is known today as New York. It makes it all the more symbolic that they are camping right on the steps of the Beurs.

Last week the occupiers rolled out the red carpet for the brokers and staged a sale of shares in love, peace and happiness. It was ludicrous enough to make the news. The movement has gained a lot of sympathy, both in the press and from the locals. The shopkeepers are happy with them and many of them support the initiative with donations of food, even the big chains. The city council leaves the occupiers alone as long as they keep the place clean and safe, and the police collaborates. Some will disagree, but the presence of a vital and colourful protest camp in the heart of the city is a blessing for the image of Amsterdam.

 The occupation has been going on since the 13th, and it has been booming. A couple of days ago a grand urbanistic make-over was done to host all the tents in a more organised way.

The current layout of the camp is simple. There is one major artery that crosses the square. It’s the broad way. On either side of it there are so many tents that there is no room for little neighbourhood squares, and no room even to pass.

On all sides of the rectangle there are the community structures. The Information tent with public gathering space are on the side of the Beurs van Berlage. Along the stock exchange there are toilets, a generator, the Infrastructure commission and the Library. On the Byenkorf side there is the kitchen and the mysterious Media bunker, completely sealed off.

I was happy to meet various comrades from the marches to Brussels. Bobby and Maggie, my anarchist friends from San Francisco, tell me about one of the major problems of the camp. The lack of safety. At night, sinister types are roaming around the place looking for things to steal, and heavy drinking is being practised in the camp itself.

 Lack of sense of safety leads to fear and suspicion. We have noticed that. A security force has been instituted, called the ‘peacekeepers’. They walk around with walkie talkies, and it seems some of them take their position very seriously. They might think it gives them some kind of authority over others. Various kinds of peacekeeping methods are being employed. From trying to convince trouble makers to be calm, to calling the police and have them be taken away.

Another of the problems Bobby spoke about was the apparent inaccessability for non Dutch speakers. They perceive the camp as being monopolised by the small core who took the initiative, described as being mainly white, dutch, male.

 Typically, Dutch culture has never been dominated by strong monarchs, but by a class of wealthy merchants backed up by rigid calvinist morals. These are the ‘regents’, the people who you will find nameless on the obscure portraits of the Dutch masters. It almost sounds to me as if the culture of the regents has also perpetuated itself in Occupy Amsterdam.

Some of the Dutch occupiers deny this. In working group meetings, when non Dutch speakers are present, the language is English, and the General Assemblies are simultaneously translated in small groups. The people who seem to have divided the various nerve centers of the organisation among each other are same ones who have kept this thing going, day and night, for over a week. Still, there has been a lot of criticism from the inside about the lack of openness, especially of the Media center.

 In any case, it wasn’t easy for Bobby and me to get access to the place. Bobby had never been inside since he got here. We had to become members of the Communication commission, we had to wade through procedures, we should have been required to call telephone numbers and even have a kind of job interview. Finally, by simply insisting, we entered. It wasn’t worth the effort. There was little there, most of the communications team had already been transferred off ground.

At dusk the General Assembly is celebrated in a corner of the square. Earlier on, a Basque comrade of mine, from the marches, had said we should try to explain these people how to hold an assembly. “They don’t take acts, they don take speaking turns. It’s crazy!”

I preferred to look on. First thing I notice, the assembly is not held in a circle. It’s a hemicircle facing the group of moderators, like parliament and government. The crazy thing, which I had never experienced before was that they use ‘the human microphone’. This means that people speak in short sentences, which are repeated by the entire assembly. To prepare people for this, someone shouts “Mike check!” for as long as it isn’t repeated loudly enough by the group.

 It’s very awkward to hear people repeating every single thing a speaker or a moderator says, be it nonsense or not. But it has a clear advantage, which might just as well be a disadvantage in certain cases. Whenever a speaker starts to be annoying, or people don’t agree, the microphone simply fails, and the word goes to someone else.

I had to admit that the Assembly was very dynamic. It didn’t lose much time in details or conflict and it didn’t last too long. It was also carefully orchestrated. As I look at the two moderators, I have the odd feeling that I’m watching a cinematographic re-enactment of the very same thing I am watching. They seem to be actors. And this is full 3D with surround sound provided by the public.

The theme of the assembly is alcohol abuse and how to deal with this. I hear various propositions for rules, toleration time-slots and the like. The final decision that was pre-prepared by the moderation team, was that drinking should be limited to inside the tents.

It’s accepted unanimously, even before it is fully translated to some of the non Dutch speakers. One of them is just in time to object. He is visibly worried for interference in the sphere of personal freedom. He proposes that the peacekeepers do not get the right to enforce the decision.

It is accepted. People themselves will be responsable for not drinking out in the open.

It’s naive to say the least. The potential drinkers are probably absent in this assembly, like most people. And even if they weren’t, everybody knows that this rule will not be respected. I wouldn’t respect it myself. If I want to drink a beer on the steps of the Beurs van Berlage, I will do so.

 It will create the familiar situation in which rules and practice do not comply. It will lead to something not exclusively Dutch called ‘tolerance’. And this is not a good thing, not at all. Tolerance implies arbitrary authority. It simply means to say this: ‘Your behaviour goes against the rules. And if you are allowed to continue to behave like this, it’s only because of my benevolence. So go on, but remember that I reserve the right to enforce the rules whenever I please.’

In Puerta del Sol, also, we had to cope with the problem of drinking. People made it very clear, from the very first moment that the ‘revolution is not raising a bottle’. And also there, it was collective responsability to contain the problem and convince trouble makers to take it easy. But without written rules. When people act collectively responsable on the subject, then the rules are superfluous.

In a society that feels threatened, the contrast between enforcement and control versus inclusion and collaboration becomes more acute. I have a feeling this same conflict is very present in the Amsterdam camp.

In conclusion, the important thing is that the presence on the Beursplein is strong and dynamic. In this respect, I was enchanted to know that they have a commission called Vision. And, just like in The Hague, the general feeling is that people are here to stay. They want to challenge the arrival of winter.

 Authorities are tolerant of the situation because they are probably convinced it will not last. The cold, the rain and the frost will take care of it.

 If the occupiers manage to keep camping in whatever condition, ‘at least until christmas’, they will have made a statement of force and perseverance. And if in the meantime they will be able to deal with their social problems and practical challenges, they will have fully merited respect.

For the moment, it’s growing, and spreading over other cities. In Amsterdam, you can hear people whispering that the occupiers might open a franchise on the majestic field of the Museumplein.

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 00:27

Le grand débat | LEMONDE | 24.10.11 | 13h15   •  Mis à jour le 24.10.11 | 19h30

par Pierre Larrouturou, membre du conseil politique d'Europe-Ecologie (Le grand débat)

 
 

En quelques semaines, le climat a changé. Début 2010, quand nous expliquions que la crise n'était pas finie et qu'une réplique plus grave encore était en préparation, nous étions à contre-courant du discours dominant : tout était sous contrôle ! Il y a cinq mois encore, nous étions "trop pessimistes" : le G8 de Deauville, fin mai, n'a pas consacré une minute à la crise financière !

Mais aujourd'hui, nul ne conteste la gravité de la situation : le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF) affirme que nous risquons "un effondrement de l'ensemble du système économique mondial". Quant à Nicolas Sarkozy, il expliquait récemment devant quelques députés qu'un tsunami menace nos économies : "Non pas une récession, comme en 2008-2009 mais un vrai tsunami."

Il faudrait être aveugle pour ne pas voir les dangers : la dette totale des Etats-Unis atteint 250 % du PIB. Au premier trimestre, alors que la dette publique augmentait de 380 milliards de dollars (274,8 milliards d'euros) en trois mois, le PIB n'a augmenté que de 50 milliards. De plus en plus de dette pour de moins en moins de croissance ! La première économie mondiale est comme une voiture qui a besoin d'un litre d'huile tous les 300 mètres. A tout moment, elle peut casser une bielle et le moteur va exploser.

En Chine, la bulle immobilière a atteint deux fois la taille du maximum atteint par la bulle aux Etats-Unis avant la crise des subprimes. En 2009, pour éviter la récession, le gouvernement a ordonné aux banques d'accepter toutes les demandes de crédit qui leur parvenaient. En un an, on a injecté dans l'économie 44 % du PIB (30 % par le crédit privé, 14 % par la dette publique). Partout, on a construit... Partout, il y a pléthore d'immeubles vides. En avril, les prix de l'immobilier ont baissé de 5 %. C'est la première baisse en vingt ans. On a vu en Espagne ce que donne l'éclatement d'une telle bulle : le chômage a triplé en trois ans. Que va-t-il se passer en Chine, où il y a déjà 20 % de chômage et où les émeutes sociales sont de plus en plus violentes ?

La prochaine crise risque d'être plus grave que celle de 2008 car les Etats n'ont plus la capacité de venir au secours du système financier s'il subit un choc violent. Quand la banque Lehman Brothers est tombée, la panique n'a duré que quelques jours car le président George Bush et le secrétaire au Trésor Henry Paulson ont dit qu'ils mettaient 700 milliards de dollars sur la table. Le calme est revenu très vite parce que nul n'avait de doute sur leur capacité à payer ces 700 milliards, mais le choc a quand même provoqué une récession mondiale et des dizaines de millions de nouveaux chômeurs à travers la planète... Trois ans plus tard, personne ne sait comment le président Obama pourrait trouver 700 milliards de dollars si c'était nécessaire. Il faut donc éviter à tout prix d'en arriver là.

Nos politiques sont paralysés aujourd'hui car ils veulent "rassurer les marchés financiers", qui ont des demandes contradictoires : face à une croissance qui diminue dans les pays du G7 (0,1 % de croissance seulement au second trimestre, avant les crises de l'été !), faut-il entreprendre de nouveaux plans de relance jusqu'à être écrasés par la dette, ou faut-il voter des plans d'austérité et retomber en récession ?

 

Croissance moyenne des pays du G7 depuis 2010.

Croissance moyenne des pays du G7 depuis 2010.OCDE

Dans un contexte de chômage de masse, quel salarié peut négocier une augmentation de salaire ? Qui peut donner sa démission en espérant trouver assez vite un autre emploi ? La peur du chômage est dans toutes les têtes, et ce qui va aux salaires est tombé à un plus bas historique.

 

Part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises.

Part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises.OCDE

 

Part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises (Allemagne, Suède, Etats-Unis, Japon, Royaume Unis, Danemark, Italie, Espagne, France, Pays-Bas, Autriche, Belgique, Finlande, Grèce et Irlande).

Part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises (Allemagne, Suède, Etats-Unis, Japon, Royaume Unis, Danemark, Italie, Espagne, France, Pays-Bas, Autriche, Belgique, Finlande, Grèce et Irlande).OCDE

La question de la dette des Etats est très importante (entre 80 % et 90 % du PIB en France et en Allemagne), mais au lieu de bloquer les retraites et de couper dans le financement de la santé ou de l'éducation, ne faut-il pas utiliser tous les leviers fiscaux possibles pour récupérer une bonne part de la "dette des marchés", ces 150 % du PIB que les 0,2 % les plus riches doivent aux peuples de nos pays, si on considère que le partage entre salariés et actionnaires était juste et efficace dans les années 1970 ?

Les "indignés" ont raison : "Ceci n'est pas une crise, c'est une arnaque !" Il ne s'agit pas ici de minimiser la responsabilité (ou l'irresponsabilité) des gouvernements et des citoyens, mais seulement d'apporter le diagnostic le plus complet possible de la situation. Car si le diagnostic est faux, il n'y a aucune chance qu'on parvienne à vaincre le mal.

Le 19 octobre à Francfort, la chancelière Angela Merkel affirmait qu'il fallait "attaquer la crise à la racine" au lieu de s'attaquer seulement aux symptômes. Elle a parfaitement raison ! Et les racines de la crise, c'est trente ans de chômage et de précarité. C'est à cause du chômage de masse que la part des salaires a tant diminué. C'est à cause du chômage, des petits boulots et des petits salaires que nos économies ont besoin de toujours plus de dette. Le chômage n'est pas seulement une des conséquences de la crise. Il en est l'une des causes premières.

Pour sortir de notre dépendance à la dette, il faut réguler les marchés et taxer les plus hauts revenus mais il faut surtout s'attaquer au chômage : c'est seulement en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négociation sur les salaires qu'on sortira durablement de la crise.

En 1944, avant de convoquer le sommet de Bretton-Woods qui allait reconstruire le système financier, Franklin Roosevelt organisait le sommet de Philadelphie, qui adoptait comme priorité absolue le respect d'un certain nombre de règles sociales : "Il n'y aura pas de paix durable sans justice sociale", affirmaient Franklin Roosevelt et les autres chefs d'Etat avant de définir des règles sur les salaires, le temps de travail et le partage entre salaires et dividendes... Des règles très concrètes, à respecter dans chaque pays comme dans le commerce mondial. Avant que les néolibéraux ne les démantèlent, ces règles ont permis trente ans de prospérité sans dette.

Bonne nouvelle ! Si ce sont des décisions politiques qui nous ont amenés à la crise, d'autres décisions politiques peuvent nous en sortir. La justice sociale n'est pas un luxe auquel il faudrait renoncer à cause de la crise. Au contraire ! Reconstruire la justice sociale est la priorité absolue, le seul moyen de sortir de notre dépendance à la dette. Allons-nous attendre qu'il soit trop tard pour agir ? Quand Franklin Roosevelt arrive au pouvoir, en 1933, il succède à Herbert Hoover, dont le surnom était "Do Nothing" ("ne fait rien"). Le but de Roosevelt n'est pas de "rassurer les marchés financiers" mais de les dompter ! Il lui suffit de trois mois pour mettre en oeuvre quinze réformes majeures.

Les actionnaires sont furieux et s'opposent de toutes leurs forces à la loi qui sépare les banques de dépôt et les banques d'affaires, comme ils s'opposent aux taxes sur les plus hauts revenus, mais le président Roosevelt tient bon. Les catastrophes annoncées par les financiers ne se sont pas produites. Et l'économie américaine a vécu avec ces règles pendant un demi-siècle. "We must act !" répétait Roosevelt. Nous devons agir ! Hélas, depuis 2008, nos dirigeants font preuve d'une inertie aux conséquences dramatiques. Si l'Europe avait créé une taxe Tobin fin 2008, au plus fort de la première crise financière, elle aurait déjà rapporté entre 200 et 600 milliards d'euros, selon les différents scénarios en débat à Bruxelles.

Avec une telle cagnotte, le Parlement européen aurait réglé la crise grecque en quelques semaines sans demander le moindre effort aux citoyens et sans attendre le feu vert de seize Parlements nationaux. Et ce qui n'était qu'un problème modeste à l'origine (coût estimé à 50 milliards d'euros en 2009 et 110 milliards aujourd'hui) n'aurait jamais pris les proportions que la crise grecque a prises depuis quelques semaines. Le principe d'une taxe Tobin a été adopté par le Parlement européen, droite et gauche confondues, mais il est toujours "en discussion" dans les méandres du Conseil européen, et les lobbies financiers font tout pour ralentir son adoption définitive... Nos dirigeants discutent encore quand les spéculateurs agissent avec toujours plus de rapidité et d'efficacité. Qu'attendons-nous pour créer enfin cette taxe et rassurer le peuple allemand et les autres peuples d'Europe ?

C'est la dernière fois qu'on leur a demandé un effort ! Dorénavant, ce sont ceux qui ont accaparé des sommes considérables depuis trente ans qui seront mis à contribution pour abonder le Fonds européen de stabilité. Il faut dire la vérité : vu l'énormité des déséquilibres accumulés aux quatre coins de la planète, nous n'éviterons pas une nouvelle crise. La seule question qui se pose (mais elle est fondamentale !) est de savoir si cette crise se traduit seulement par quelques grosses turbulences, qui sont l'occasion de renforcer notre cohésion nationale, de construire enfin une Europe politique et d'humaniser la mondialisation, ou si elle est semblable au tsunami dont parle Nicolas Sarkozy. Un tsunami qui provoque l'effondrement de pans entiers de nos sociétés.

Vu l'interdépendance de nos économies et vu la mobilité des capitaux, il est évident que les décisions qui seront prises - ou ne seront pas prises - par le G20 de Cannes, début novembre, sont d'une importance cruciale. Il reste bien des leviers disponibles au niveau national et au niveau européen, mais une action concertée au niveau international aurait une tout autre efficacité.

Le G20 va-t-il enfin déclarer la guerre à la spéculation et à l'injustice sociale ? Ce G20 va-t-il retrouver l'esprit de Philadelphie et être à l'origine d'un sursaut de coopération et de justice sociale, ou restera-t-il dans l'histoire comme un sommet de mensonges et de lâcheté, comme les accords de Munich à l'automne 1938 ? Le G20 va-t-il vouloir encore "rassurer les marchés financiers" ou va-t-il enfin décider de les remettre à leur place ?

En France, toute la gauche a les yeux rivés sur l'élection de 2012. Cette élection est fondamentale, mais si le système économique s'effondre d'ici là, si l'analyse néolibérale s'impose dans le débat public et si les populismes se nourrissent du désespoir, rendant inaudible tout discours rationnel, la gauche aura la tâche encore plus difficile pour sortir de la crise.

L'économie mondiale n'est pas calée sur mai 2012. Vu la vitesse à laquelle la situation peut se dégrader, la présidentielle française est encore loin. Le devoir de la gauche est donc de dire toute la vérité et de peser avec force dans chaque débat, sur chaque décision. Tel est le sens de l'appel que nous venons de lancer (www.poureviterleffondrement.fr). Dès le G20 de Cannes et dans les prochains mois, les citoyens peuvent montrer qu'ils ne relâcheront pas la pression sur leurs dirigeants. Il n'est plus l'heure de parler mais d'agir. Pour que le G20 se donne les moyens de reconstruire la justice sociale, pour éviter l'effondrement de nos sociétés, soyons le plus nombreux possible à le signer et à le diffuser autour de nous.

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 12:47

 

Un nouveau traité européen, dont quasiment personne n’a entendu parler? Effectivement. C’est un traité qui concerne tous les pays de la zone euro. Et ce n’est pas par hasard, que dans la plupart des pays concernés aucune information ne circule sur ce traité. C’est qu’il est très dangereux pour les citoyens! Vous n’étiez pas censé de l’apprendre avant que les choses soient définitives!


Ce traité établit une nouvelle administration européenne, appelée Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Ne le
confondez pas avec ses prédécesseurs, les fonds de secours européens MESF et FSFE, dont on entend beaucoup parler dans les journaux télévisés ces jours-ci!!!


La FSFE a le compteur à 440 milliards d’euros pour le moment. C’est 1320 euro par euro-citoyen.

Le MES remplacera ces deux-là et aura autorité de vider les Caisses d’État quand elle veut et aussi souvent qu’elle veut. Le MES sera sans limite! Le Conseil du MES sera composé des 17 Ministres de Finances, qui en deviendront les Gouverneurs. C’est eux qui prendront les décisions. Les parlements nationaux n’auront rien à dire sur ce MES, ni sur ses Gouverneurs, qui bénéficieront d’une immunité à l’extrême (comme d’ailleurs tous
les gens qui y travailleront.)

Jusqu’à ce jour Bruxelles n’a rendu public qu’un seul exemplaire du traité. En anglais! (96,5% de la population de la zone euro parlent d’autres langues!)


TREATY ESTABLISHING THE EUROPEAN STABILITYMECHANISM (ESM)

http://consilium.europa.eu/media/1216793/esm%20treaty%20en.pdf

Il a été signé le 11 juillet 2011.


Curieusement, aucun journal Français ou international n’y a consacré un titre. Le traité deviendra définitif après ratification par les parlements nationaux.
Habituellement de telles ratifications sont une simple formalité. Il est peu probable que les parlementaires aient déjà compris que le texte signifie la fin du pouvoir suprême du parlement, celui de décider du budget. Et lorsque les Caisses seront vides, nous aussi on devra se serrer la ceinture de plus en plus pour sauver l’euro et les banques.

Bruxelles veut que les Parlements de la zone euro donnent leur accord avant le 31 décembre 2011.

Si l’on agit vite, on peut encore alerter l’opinion publique et tenter d’empêcher cette ratification.


J’ai écrit deux articles explicatifs en français, qui sont disponibles sur www.courtfool.info

(Sur ce site vous trouverez également des explications faciles sur la création d’argent par les banques privées et sur l’euro.)


MES, le nouveau dictateur européen

http://www.courtfool.info/fr_MES_le_nouveau_dictateur_Europeen.htm
(avec présentation brève sur cette vidéo)

MES, un coup d’état dans 17 pays

http://www.courtfool.info/fr_MES_un_coup_d_etat_dans_17_pays.htm


Note: Ce dernier article comporte probablement encore quelques fautes de français. Veuillez avoir la gentillesse
de me les signaler, pour que je puisse les corriger immédiatement. Merci beaucoup d’avance.


Personnellement je ne pourrai contacter qu’une centaine de personnes dans chaque pays (en France légèrement plus). Vous en faites partie. Si la démocratie vous est chère, aidez à faire circuler cette information. Voici des choses qui sont à la portée de tous:


1. Alertez vos réseaux sociaux. (Ou pensez y quand votre Blackberry remarche.) Si vous voulez bien, vous pouvez faire circuler ce lien: http://www.courtfool.info/fr_MES_le_nouveau_dictateur_Europeen.htm
vers l’article avec la vidéo.

 


 

 2. Chercher sur Google (ou d’autres moteurs de recherche) des sites Français qui proposent des sujets politiques, sociaux, financiers. Contactez-les au plus vite pour leur demander de publier des informations sur ce traité également. S’ils souhaitent, ils peuvent reproduire mes articles gratuitement.


3. Chercher les coordonnées des rédactions de journaux nationaux, régionaux et locaux, de journaux et programmes télé appropriés et envoyez leur une copie de cette information.


4. Chercher les coordonnées des parties politiques, des syndicats et d’associations diverses pour les alerter également.


5. Écrivez à vos parlementaires. Vous trouverez leurs adresses email ici: http://www.courtfool.info/fr_MES_le_nouveau_dictateur_Europeen.htm


D’avance merci pour vos efforts! Même si Vous avez peu de temps, faites ce que vous pouvez. Empêchez la ratification!


Sincères salutations,

Rudo de Ruijter

Chercheur indépendant

Pays-Bas


www.courtfool.info

C’est de la dictature de banquier…On est en train de vous en passer une p’tite vite. Voilà une bonne raison d’occuper votre ville à partir du 15 cousins Français et Européens. Je suis persuadé qu’au Canada aussi on doit avoir un traité du même genre qui se prépare.

WE ARE 99%

Merci Michel!

Jo ^^

http://leveil2011.syl20jonathan.net/?p=5063

 

*Pour aller plus loin et retrouver la source de l'article,  appuyer "Ctrl" (clavier) + cliquer sur link

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