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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 12:54

Cyberpresse.ca - Publié le 13 octobre 2011 à 10h16 | Mis à jour à 11h27

Le mouvement «Occupons Wall Street», qui s'est nourri... (Photo: Lucas Jackson, Archives Reuters)

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Le mouvement «Occupons Wall Street», qui s'est nourri aux États-Unis du chômage des jeunes et de l'accroissement des inégalités, appelle à un rassemblement samedi à Times Square à New York.

Photo: Lucas Jackson, Archives Reuters

Contre la précarité liée à la crise et le pouvoir de la finance, les «indignés» manifestent samedi dans le monde entier, espérant donner une dimension internationale à cette forme de contestation inédite, née en Espagne au printemps.

De Madrid jusqu'à New York, des appels à manifester ont été lancés dans 719 villes de 71 pays, selon le site 15october.net, s'appuyant sur une large diffusion via les réseaux sociaux de leur mot d'ordre: «United for Globalchange».

Cinq mois après la naissance du mouvement, le 15 mai à Madrid, les «indignés» ou d'autres groupes associés veulent faire du 15 octobre une journée symbolique, ciblant des hauts lieux de la finance comme Wall Street, la City, le coeur financier de Londres, ou la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort.

À Madrid, convergeant depuis les quartiers périphériques et la banlieue, ils referont le chemin jusqu'à la Puerta del Sol, la place emblématique qu'ils avaient occupée pendant un mois au printemps, où ils prévoient de passer la nuit de samedi à dimanche.

«Nous ferons savoir aux politiques et aux élites financières qu'ils servent, que désormais c'est nous, les gens, qui allons décider de notre avenir», proclame un manifeste appelant à des rassemblements dans toute l'Espagne.

L'extension du mouvement, aux États-Unis notamment, «démontre qu'il s'agit d'une question qui ne concerne pas seulement l'Espagne mais le monde entier, car la crise est mondiale, les marchés agissent à l'échelle globale», explique Jon Aguirre Such, un porte-parole du mouvement en Espagne.

Après les grandes manifestations du printemps en Espagne, le mouvement s'est répandu dans de nombreux pays, mais avec des audiences très diverses, la mobilisation restant par exemple très modeste en France.

L'absence de leader identifié, le rejet de toute forme de structure politique, la «démocratie participative» poussée à l'extrême ont fait douter de sa viabilité.

«Le terme «indignés» est une sorte de label, les liens sont encore assez lâches. Il n'y a pas de revendications communes, c'est la faiblesse du mouvement», souligne Arnaud Zacharie, ancien président d'Attac Belgique.

Mais en Espagne, un pays frappé par un chômage record de 20,89%, la voix des «indignés», portée par un large soutien populaire, a su se faire entendre, comme dans les manifestations qui ont empêché ou retardé les expulsions de dizaines de propriétaires surendettés.

Ou dans la promesse du candidat socialiste aux législatives, Alfredo Perez Rubalcaba, de réformer la loi électorale pour accroître le poids des petits partis politiques.

«C'est un phénomène extrêmement prometteur, qui vise à renouveler profondément une forme d'intervention des citoyens dans la politique. Puisque les citoyens ne veulent plus déléguer à des hommes politiques ou des partis, ils veulent peser, chacun à sa place. On peut dire que c'est un retour aux sources de la démocratie», analyse l'économiste français Thomas Coutrot, coprésident du mouvement Attac.

«C'est dans les pays qui ont pris la crise de plein fouet que la mobilisation est la plus forte», remarque Arnaud Zacharie, citant l'Espagne. «Les États-Unis sont le pays d'où la crise est partie et où ses conséquences sont très fortes, ce qui explique la mobilisation là aussi».

Le mouvement «Occupons Wall Street», qui s'est nourri aux États-Unis du chômage des jeunes et de l'accroissement des inégalités, appelle à un rassemblement samedi à Times Square à New York.

En Europe, les «indignés» descendront dans les rues un peu partout, comme à Lisbonne où le mouvement «génération précaire» est présenté comme un précurseur de la mobilisation.

Quelques centaines ou quelques milliers d'autres sont attendus à Bruxelles, point d'arrivée d'une marche qui vient de traverser l'Espagne et la France, à Zurich, Genève et Bâle, où le pouvoir des banques sera en ligne de mire, sur la place de la Bourse à Amsterdam ou encore à Vienne, Varsovie ou Prague.

Agence France-Presse
Madrid, Espagne

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 12:51

LEMONDE.FR avec AFP | 13.10.11 | 07h52   •  Mis à jour le 13.10.11 | 12h18

 
 

 

Libération d'un prisonnier de la prison d'Insein, à Rangoun, le 12 octobre 2011.

Libération d'un prisonnier de la prison d'Insein, à Rangoun, le 12 octobre 2011.AP/Khin Maung Win

La libération de prisonniers politiques par la junte birmane, largement relayée par les médias est un leurre selon l'opposition. Ses partisans ont appelé le pouvoir jeudi à relâcher l'ensemble des prisonniers politiques. Après la libération d'environ 200 d'entre eux, ils sont encore près de 2 000 à rester derrière les barreaux.

Un peu plus tôt, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi s'était déclarée "frustrée" après l'amnistie décrétée par le gouvernement. "Il y a toujours beaucoup de prisonniers dont nous espérions la libération, et dont le peuple espérait la libération", a déclaré le porte-parole du parti dissous. Nyan Win, un haut responsable de son organisation politique, lui a fait écho jeudi en assurant que les efforts pour obtenir la libération des autres ne connaîtraient pas de relâchement.

La libération des prisonniers dans le cadre d'une amnistie générale qui a concerné 6 359 détenus est intervenue après l'assouplissement du contrôle de certains médias et une amorce de dialogue avec Aung San Suu Kyi. Le président Thein Sein, entré en fonction en mars à la suite de la dissolution de la junte militaire, tente depuis quelques semaines de prouver qu'il est décidé à s'engager vers de profondes réformes.

 UN CERTAINE DÉCEPTION

Le dissident le plus illustre à avoir été libéré, l'acteur Zarganar, avait été condamné en 2008 à 59 ans de détention dans une prison d'une région reculée pour avoir reproché à la junte militaire sa lenteur à réagir au cyclone Nargis. Cette tempête avait fait plus de 140 000 morts dans le delta de l'Irrawaddy la même année.

Les autres, plusieurs dissidents historiques, sont restés derrière les barreaux : opposants, journalistes, avocats, artistes ou moines bouddhistes. Les experts se divisent entre ceux qui jugent les réformes significatives et prometteuses, et les plus sceptiques qui n'y voient que des changements cosmétiques destinés à rapprocher le régime de la communauté internationale.

Depuis la libération en novembre 2010 de Mme Suu Kyi, l'élargissement des prisonniers politiques est devenue la priorité de la communauté internationale. Mais les réactions témoignaient d'une certaine déception au sein des chancelleries occidentales et des organisations de défense des droits de l'homme. La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a salué mercredi l'amnistie tout en réclamant la libération "inconditionnelle de tous les prisonniers politiques".

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 12:46

Le Monde - 13 octobre 2011

Yassine Ayari, blogueur et candidat à l'Assemblée constituante

"Je ne suis pas qu'un blogueur ! [...] Je suis un jeune Tunisien, qui pense qu'il a des choses intéressantes à dire et à faire, et qui veut participer à la construction d'une meilleure Tunisie", lance le 13 septembre Yassine Ayari sur son blog Mel7it. Fers de lance de la révolution tunisienne, les blogueurs et autres facebookers entendent bien ne pas se voir cantonner à ce rôle virtuel. Et revendiquent pleinement leur rôle de citoyen. Yassine Ayari et six autres blogueurs célèbres ont décidé de s'atteler à la dure tâche d'écrire la future Constitution du pays en se présentant aux élections du 23 octobre pour l'Assemblée constituante.

Slim Amamou, célèbre blogueur tunisien, avait déjà montré la voie de la participation politique en mode réel en devenant secrétaire d'Etat à la jeunesse et aux sports dans le premier gouvernement de transition. Sur le site Nawaat, la blogueuse Emna El-Hammi rappelle que cette nomination "a constitué un véritable espoir pour la jeunesse connectée de voir les valeurs et les idées qu'elle n'a cessé de défendre, portées aux plus hautes sphères d'un gouvernement gérontocrate".

L'expérience s'est révélée plutôt amère pour Slim Amamou, qui s'est résolu à démissionner le 23 mai (voir Le "M. Twitter" du gouvernement tunisien démissionne). Et a été riche en enseignements pour les autres militants politiques de la Toile. "Les blogueurs ont compris que ce changement profond qu'ils attendaient ne pouvait se faire que depuis la société civile vers ce gouvernement illégitime, et non l'inverse [...], et se sont ainsi rendus à l'évidence qu'il était très difficile de changer le système tel qu'il est encore aujourd'hui, en l'intégrant", analyse Emna Al-Hammi.

SEPT CANDIDATS BLOGUEURS

Sept des quelque 11 000 candidats à l'élection pour l'Assemblée constituante sont ainsi des blogueurs, qui ont décidé de mettre leur engagement au service de la population, en s'engageant, non pas au sein de partis, mais sur des listes indépendantes :

Amira Yahyaoui (@Mira404). Cette jeune femme de 27 ans est tête de liste à Paris de la liste indépendante Sawt Mostakel ("Voix indépendante"). "Figure emblématique de l'Internet tunisien", note Emna El-Hammi, la fille du juge Mokhtar Yahyaoui a longtemps milité pour la liberté d'expression et participé à des actions anti-censure en Tunisie. Sur le site de Sawt Mostakel, elle déclare : "Jusqu'alors, mon engagement politique en Tunisie se faisait dans l'opposition. Aujourd'hui, je veux proposer et construire."

Au programme de Sawt Mostakel : consacrer la place du citoyen face à l'Etat et une société du "libre choix" ; la reconnaissance des droits et libertés fondamentales, dont notamment l’égalité totale des droits entre les hommes et les femmes et la proscription de toute forme de censure. Concernant le régime politique, Sawt Mostakel propose que le président de la république soit élu au suffrage universel direct et que le premier ministre soit issu de la majorité parlementaire. La liste est favorable à la régionalisation, avec des gouvernorats dotés d’un exécutif et d’un conseil élu, autonomes financièrement et souverains sur les compétences qui seront dévolues aux régions. Sawt Mostakel appelle par ailleurs à l'organisation d'un référendum sur le projet de Constitution, une fois rédigé.

Imen Braham (@__Imen), ingénieur agronome et militante pour l'environnement, cette jeune femme de 28 ans, auteure du blog Moonsgirl, est également candidate sur la liste Sawt Mostakel. "Les jeunes doivent s’engager dans la vie politique, puisque c’est notre avenir qu’on décide aujourd’hui avec cette Assemblée", défend-elle sur le site de la liste. elle y met également son engagement pour l'environnement : "La Constitution doit assurer le respect des ressources naturelles dans le cadre d’un développement rationnel".

Adib Samoud (sa page Facebook), photographe, vétérinaire et militant pour l'environnement se présente dans la circonscription de Nabeul 1 à la tête de la liste indépendante Ayoun Harisa عيون حريصة ("Regards vigilants"). Sur le site Internet de Ayoun Harisa, Adib Samoud affirme que sa liste "porte avant tout un projet constitutionnel, mais l’Assemblée constituante étant amenée à faire des lois et à prendre des décisions politiques, nous avons aussi un programme économique et social, ainsi qu’un programme politique". Les idées force de leur projet sont : une éco-constitution, cinq institutions constitutionnelles (Haute Cour constitutionnelle, Haute Cour de justice, Conseil supérieur des libertés, Conseil supérieur économique social et culturel et Conseil pour la surveillance des dépenses de l’Etat). Ayoun Harisa se dit par ailleurs attaché aux "libertés fondamentales, à la séparation des pouvoirs et à un système où existe un équilibre entre le législatif et l’exécutif".

Mehdi Lamloum (@MehdiLamloum) est concepteur en agence de pub (sa page personnelle) et blogueur vidéo. Il est devenu célèbre avec son blog Pink Lemon, dédié à la communication, à Internet et aux médias. Son entrée sur la scène politique est quelque peu inattendue. Il appartient à cette catégorie de "blogueurs qui s'autocensuraient au temps de Ben Ali, par fatalisme ou par peur [et] veulent aujourd'hui saisir cette opportunité de participer à la construction d'une Tunisie à leur image", note Emna El-Hammi. Il a décidé de s'engager aux côtés de Youssef Sedik, philosophe et anthropologue tunisien, sur sa liste indépendante Al-Mouwaten Essedik ("le citoyen véridique"). "En tant que citoyen, je sais que Youssef Seddik fera entendre ma voix dans l'Assemblée constituante. j'ai choisi de m'engager à ses côtés pour soutenir sa candidature", dit-il.

Riadh Guerfali (@Astrubaal), co-fondateur et co-administrateur du site collaboratif Nawaat, il est docteur en droit public, spécialisé dans le droit constitutionnel, les institutions politiques et le droit des nouvelles technologies de l'information. Sous le régime Ben Ali, il dénonçait régulièrement sur son blog les violations par le régime du droit national et international relatif au libre accès à l'information et à l'Internet. Il se présente en tête de la liste indépendante Al-Jalaa ("L'évacuation") dans sa ville natale, Bizerte.

Tarek Kahlaoui (@t_kahlaoui et page Facebook) se présente aux élections à la tête de la liste indépendante Sawt Echabab ("La Voix des jeunes") à Ben Arouss. Professeur au département d'histoire et d'art de l'université Rutgers, dans le New Jersey, aux Etats-Unis, il est confondateur du journal en ligne Al-Machhad Attounsi ("La scène tunisienne"). Militant pour la liberté d'expression et actif dans les mouvements estudiantins, son blog avait été censuré en février 2010.

Yassine Ayari (@yassayari, sa page Facebook et son blog Mel7it), blogueur et cyberactiviste. Avec Slim Amamou, Yassine Ayari avait été détenu plusieurs heures par la police le 21 mai 2010 pour avoir prévu de lancer la première grande manifestation contre la censure en Tunisie. Il se présente comme tête de liste de la liste Al-Chabeb Al-Ahrar ("les jeunes libres") à Zaghouan, dans le nord du pays.

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 12:28
13/10 | 07:00 | mis à jour à 09:20 | Virginie Robert Correspondante à New York

D'abord dédaigné, le mouvement « Occupy Wall Street » a fait des émules à travers les Etats-Unis et peut-être ce week-end dans le reste du monde. Si son impact politique reste à démontrer, il s'agit déjà d'une étonnante expérimentation d'autogestion collective.


C'est la stratégie de l'épine dans le pied. Finis les blitzkriegs, les actions de coup d'éclat à la façon altermondialiste lors d'un sommet du G20. Cette fois, les « indignés » s'installent dans la durée. Wall Street est depuis trois semaines l'épicentre d'un mouvement de protestation contre les banques à l'origine de la crise financière, contre l'inégalité croissante, contre les défaillances des politiques, accusés d'être soumis au diktat et à l'argent des grandes entreprises. « Occupy Wall Street » affirme représenter les aspirations des 99 % des Américains qui n'ont ni pouvoir ni argent.

Samedi, le phénomène pourrait se mondialiser. Les slogans sont lancés : « Occupy Sydney ! », « Occupy Madrid ! », « Occupy the London Stock Exchange ! ». Pas moins de 8 villes au Canada ont une mobilisation prévue ce 15 octobre, et 25 pays pourraient être concernés. Il est impossible de dire aujourd'hui quelle sera la portée de ce mouvement, inspiré par les manifestants de la place Tahrir au Caire et que certains comparent aussi à celui mené contre la guerre du Vietnam. « Il y a une très longue tradition dans ce pays de protestations et de grandes marches. Nous sommes à un moment où il y a beaucoup de frustration et de colère, et les gens se tournent vers l'activisme social », observe Ruth Mandel, directrice de l'Eagleton Institute of Politics à l'université de Rutgers.

Mélanie Prasad, vingt ans, une étudiante en science politique de l'université de Rochester, est venue avec une amie soutenir le mouvement : « C'est de la démocratie ‘‘in the making''» Impossible de rater un événement qui exprime si bien les insatisfactions de sa génération. « Personne n'écoute le grand public, il n'y en a que pour le top 1 % », explique-t-elle.

L'idée d'occuper Wall Street a été au départ lancée par le magazine canadien « Adbusters » et a été soutenue par Anonymous, un mouvement de désobéissance civile sur Internet. « Il n'y a pas de violence, pas de folie, c'est un cri du coeur assez authentique », estime David Greenberg, professeur d'histoire à Rutgers University.

Un minivillage a vu le jour

L'occupation du square Zuccotti a commencé le 17 septembre et a été marquée depuis par de multiples marches de protestation dans la ville. Il y a eu un certain nombre d'arrestations et quelques incidents avec la police qui a manié un peu lestement les bombes lacrymogènes. Michael Bloomberg, le maire de New York, qui a d'abord été très critique, a fini par accepter cette semaine que le campement dans ce parc rectangulaire qui jouxte « Liberty Street », se prolonge. Les tentes sont interdites et il compte sur le froid cet hiver pour que les quelque 200 campeurs qui y ont trouvé refuge finissent par quitter les lieux.

Lundi dernier, alors qu'une parade remontait sagement la 5 e avenue pour célébrer « Colombus Day », le square Zuccotti, tout au sud de la ville, était bondé. Entre ceux qui sont venus occuper Wall Street, les curieux qui profitaient du jour férié pour venir voir de plus près et les journalistes, il restait peu de place pour circuler. La foule est compacte et au premier abord on ne discerne qu'une masse bigarrée, plutôt jeune, parmi lesquels des marginaux très visibles. Et puis, petit à petit, on comprend que l'endroit est très structuré.

Ca et là s'amoncellent des sacs de couchage sur lesquels certains sont parfois endormis, mais des allées sont dessinées et rigoureusement balayées. Un minivillage s'est mis en place avec la cuisine d'un côté, qui sert des plats chauds, et, de l'autre, une garderie pour les enfants. Ailleurs, un atelier pancartes, tandis que plus loin quelques sympathisants sont en train de broder des étoiles sur une bannière géante. D'autres impriment des tee-shirts au nom du mouvement. Un panneau « Info », écrit en lettres bleues, marque l'endroit où chacun peut venir poser des questions et se renseigner. Assis par terre, certains discutent, d'autres méditent sans être apparemment dérangés par le bruit des tambours. Des bâtonnets d'encens brûlent par endroits et une librairie à ciel ouvert a été organisée. Sur les côtés, des vendeurs de boissons et de nourriture mais aussi des vendeurs de souvenirs de New York espèrent profiter de la masse de visiteurs qui afflue. Une enseigne électronique affiche le nombre de personnes qui se rallient au mouvement : plus de 57.000 sur Facebook. Disséminés sur le site, des stands ont été montés pour défendre des causes soutenues par les manifestants. Un jeune étudiant de Baruch College, une université de New York, explique ainsi aux visiteurs qu'ils doivent appeler leurs parlementaires pour faire cesser les exemptions d'impôts des plus riches. « C'est la première fois de ma vie que je vois ça, avec des gens de tous âges et de tout style », explique l'étudiant qui rejoint le square dès qu'il a un moment. D'autres brandissent des morceaux de carton sur lesquels ils ont écrit un slogan. Une femme se tient immobile, tenant un iPod allumé sur lequel on peut lire « Occupied ». Des représentants de tribus indiennes sont là... Une jolie jeune femme noire, vêtue de son seul short et le corps grossièrement maquillé attire facilement les caméras de télé.

Plus de 100.000 dollars de dons

De temps en temps on entend un cri et un « facilitateur » donne des instructions qui sont répétées par la foule alentour, qui agit comme un microphone humain. Car le campement est organisé en des dizaines de groupes de travail qui se répartissent les tâches : organisation de marches, relation avec les médias, formation des facilitateurs, cuisine, nettoyage... Il y a même des spécialistes de la « décrispation », qui interviennent comme médiateurs quand il y a conflit, car le mouvement se veut résolument non violent. Pete Dutro, trente-six ans, étudiant au Polytechnic Institute of New York University et ancien patron d'un magasin de tatouage, est chargé des finances. Sur son téléphone Android, il expose des tableaux impeccables avec les donations des derniers jours. Entre 5.000 et 8.000 dollars sont reçus sur place quotidiennement. Les gens viennent aussi avec des dons en nature : nourriture, sacs poubelles.

A ce jour, grâce aux dons sur Internet, « Occupy Wall Street » (OWS) a reçu plus de 100.000 dollars qui sont utilisés pour acheter nourriture, matériel, ou financer le budget médias qui est à part (un journal a été imprimé grâce à 30.000 dollars levés sur le site Kickstarter). Chaque groupe de travail a droit à 100 dollars par jour. C'est ce qui a été décidé en assemblée générale, mais ce n'est pas toujours suffisant. « Il faut qu'on trouve un système ou nous pouvons efficacement gérer notre budget et prendre des décisions, soupire Pete Dutro. On est en train de le discuter, mais ça va prendre un moment, comme pour nos revendications. » Pour l'instant, sa préoccupation est de faire annuler l'arrivée de 3 latrines portables. Le mouvement n'a pas le permis pour les avoir et surtout il faut ensuite payer pour leur nettoyage et leur enlèvement. Autant continuer avec les toilettes du Starbucks ou du MacDonald voisins.

Pression sur les démocrates

Toutes les décisions sont prises en groupe de travail ou lors de l'assemblée générale qui se tient chaque jour de 19 heures à 22 heures. Il n'y a pas de leader, pas de message établi, mais une volonté commune d'exprimer un ras-le-bol devant une société bloquée où de plus en plus de personnes sont laissées pour compte. « C'est une démocratie horizontale », résume Jon Ashley, un ingénieur du son de vingt-sept ans, venu de Caroline du Sud pour passer une semaine au square. « Chacun a droit à la parole mais dans un certain ordre, et on a le droit de répondre. Toutes les décisions qui sont discutées en assemblée générale ou en groupe doivent recueillir 90 % des suffrages », explique-t-il. Le processus est long, fastidieux, mais ils y tiennent. « C'est un nouveau modèle pour attirer l'attention et créer un nouveau mouvement politique », poursuit le jeune homme, qui refuse absolument que les démocrates les récupèrent. On a beaucoup reproché à ce mouvement de ne pas avoir de revendications claires, mais les activistes y travaillent quotidiennement et une plate-forme devrait finir par émerger.

Certains ont vu dans ce mouvement l'émergence d'un Tea Party de gauche. Mais « ce que le Tea Party a réussi c'est de faire son entrée dans l'arène politique. Rien ne se passe en Amérique hors du système politique et ce serait une erreur de le rejeter, d'autant que cela met la pression sur les démocrates », estime pour sa part David Greenberg.

Un certain nombre de sympathisants viennent passer quelques jours, la journée ou tout simplement quelques heures mais ne dorment pas sur place. Cela explique la foule, mais aussi comment le mouvement peut durer. Il y a un constant va-et-vient. Eric Holmes, un charpentier qui travaille pour le département des parcs, vient régulièrement parce qu'il aspire « à un meilleur système politique et à plus d'équité. Il faut retirer l'argent de la politique », explique-t-il avec beaucoup de gentillesse, une bière à la main.

Au début largement ignoré, ce mouvement a fini par capter l'attention des acteurs de gauche - en particulier une dizaine de syndicats -des politiques et des médias. Depuis trois semaines, les célébrités ont pris le chemin du square, comme le réalisateur Michael Moore ou la comédienne Susan Sarandon, mais aussi des politiques comme les leaders noirs Al Sharpton, Jesse Jackson ou encore l'élu de New York, Charlie Rangel.

Les insurgés de Wall Street parviendront-ils à passer le témoin hors des Etats-Unis ? « On essaie de préparer des kits de démarrage, de définir nos processus pour qu'ils puissent facilement répliquer nos modèles. On les fait traduire dans plusieurs langues pour que cela serve de point de référence et leur éviter certains obstacles qu'on a rencontrés », raconte Pete Dutro. Sur Facebook, les Espagnols et les Italiens sont parmi les plus motivés. « Ce mouvement est un moment d'histoire qui est à la fois lié à des mouvements plus anciens mais aussi à d'autres parties du monde », conclut Ruth Mandel.

VIRGINIE ROBERT, À NEW YORK, Les Echos
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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 12:25

Le Monde - 13 octobre 2011

Le quotidien La Montagne révèle que Nicolas Sarkozy, en visite mardi dans la Creuse, dans le village de La Villetelle (160 habitants), a quitté le bar local sans régler sa note. Le président, qui avait fait applaudir la baisse de la TVA à 5,5 % dans la restauration, avait lancé un joyeux "C'est ma tournée !", selon Bruno Durand, le patron, marchand de journaux, pompiste et tenancier de bureau de poste du village. Les 6,60 euros de cafés sont restés à sa charge.

Dans Libération, Mme Durand dit assumer "bien volontiers" la note : "Il y a tellement de monde et de contraintes d'organisation dans ces déplacements que je comprends le ratage, dit elle. Je ne me serais pas imaginée lui réclamer 6,60 euros pour les quatre cafés commandés..."

 Photo : REUTERS/Philippe Wojazer

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 00:14

spaanserevolutie

Out in the Open

In Agora Brussels on 11 October 2011 at 23:03

October 11

Agora Brussels Day 3

Dear people,

 

It’s natural for the people of the Meseta March, the hard core, to stick together. But it’s a bit strange to see us like this, occupying a disembowled classroom, sitting on a carpet under neon lights on the third floor of a monstrous building.

We used to camp every night. We used to eat and cook out in the open. We were used to the cold and the wind. Now what has become of us? some are wondering. We aren’t even holding assemblies, or partecipating in them any more. “When the assemblies will be assemblies again I will go.”

For the moment, they are not even a vague shadow. Apart from the fact that they are not effective, and that hence participation has gone down about 75 percent, it is the very structure of the aula magna that impedes us to hold an assembly as it should be.

We are watching each other’s shoulders, not each other’s faces. We are looking down at people, the moderators, which are on a podium, divided from the rest of us. We are communicating with them, and not among ourselves. A true assembly based on horizontality can only be held if we all sit in a circle.

We realise that. We try to hold the assemblies outside whenever we can, and if not the assembly will move to the cafeteria, where we can arrange our space in such a way that we can see each other’s faces.

Today's program

 

 

Many new people are arriving, and I have a positive feeling about it. I hear a lot of music. The marches have given the initial impulse, and now the project is gaining critical mass. It will go by itself from here on.

 

I don’t really know what is being organised as far as the debates on very important subjects go. And I’ve heard of only a few people who do. The official program is not the main issue any more. It’s the creation of a free space.

 

The hard core marchers of the Meseta, myself included, we look on, a bit distrustingly. We see people that are happy to sit down on a chair in front of a table. We see them very much occupied with themselves, and not with the world around us. We consider them desktop revolutionaries, as opposed to ourselves of course.

"Don't eat!"

 

Today a group of marchers decided to go to the center of Brussels to put up our info point. We wanted to go to Grand Place. They didn’t let us. By order of the burgomaster of Brussels, the police sealed of Grand Place with the order to prevent indignant citizens to enter.

As a result we put up our info point on the Agora Square next to the Grand Place, right under the trees. We were not many, we were mainly marchers, but we felt happy to be on the square. Police didn’t interfere with us. We were able to hold our first assembly in the center of Brussels in peace.

Assembly on Agora Square Brussels

Most numerous assemblies start out impressive, but lose people along the way. Yesterday’s assembly wasn’t spectacular, but it was one of those exceptions were the attendance picks up for a while before it starts to decline. It was okay. At the end I walk back to the university through the streets and over the boulevards of Brussels. I like this city. We have more breathing space here. Belgium might not be in the front line of the revolution yet, but it’s the center of Europe, and that makes a good place to organise a continental movement.

 

 

 

"It's allowed to eat, drink and smoke. It's forbidden to forbid"

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 00:05

Bastamag - Par Ivan du Roy (19 septembre 2011)


Certaines débouchent sur des revendications, voire des révolutions. La plupart s’éteignent aussi vite qu’elles se sont allumées. Une chose est sûre : de Londres à Sidi Bouzid en Tunisie, de Santiago du Chili à Villiers-le-Bel, les émeutes sont devenues un phénomène global. En 2011, on en recense plus de trois par jour. Décryptage avec Alain Bertho, professeur d’anthropologie à l’université Paris 8.

 

Photo : Steve Crane (Afrique du Sud, 2006)

 

Basta ! : Depuis quand travaillez-vous sur les émeutes ? Et pourquoi vous y être intéressé ?

Alain Bertho : Comme beaucoup de gens, j’ai été frappé par ce qui s’est passé en France en novembre 2005. Cela faisait vingt ans que je travaillais sur les banlieues. Connaissant un peu le sujet, habitant moi-même en banlieue et ayant alors passé quelques nuits dehors à observer les événements, j’ai été saisi d’une certaine perplexité. Nous n’avons vu que des ombres. À chaque fois que nous arrivions là où les voitures brûlaient, les acteurs des émeutes étaient déjà partis. Les familles étaient dehors, plus goguenardes qu’apeurées. Nous devinions une certaine empathie. Puis cela s’est arrêté, sans raison particulière, sans se conclure, comme on en a l’habitude dans le cas d’un mouvement social, avec des revendications, des négociations et une fin de conflit. En mars 2006, j’ai suivi le mouvement contre le contrat premier embauche (CPE) devant le lycée de Saint-Denis où étudie mon fils. Il participait au blocage du lycée. Il n’y avait pas d’assemblée générale, pas d’organisation apparente. Tout se faisait par SMS (Twitter et Facebook n’étaient pas encore actifs à l’époque). Les lycéens de Saint-Denis se rendaient peu aux manifestations à Paris. Ils restaient là, affrontant régulièrement les forces de l’ordre, sachant comment brûler des voitures, se défiant des manifestations parisiennes trop assagies. Cela m’a convaincu de travailler sur ce sujet, sur cette génération qui monte et qui, visiblement, exprime de lourds contentieux avec la police, les parents, la société. J’ai regardé d’autres pays, et je me suis aperçu que les scénarios étaient souvent les mêmes, comme en Grèce en décembre 2008, quand le jeune Alexander Grigoropoylos est abattu par un policier. La jeunesse grecque s’en est d’ailleurs prise aux banques, comme une sorte de prémonition.

Les émeutes sont-elles plus nombreuses aujourd’hui ?

En utilisant la même méthodologie (les émeutes recensées par le moteur de recherche Google), on comptabilise en 2008 environ 270 émeutes, tous continents confondus. On passe à 540 en 2009, puis à 1 238 en 2010. Ce chiffre sera dépassé en 2011, puisqu’au 31 août nous en sommes déjà à plus de 1.100. Nous vivons une séquence particulière de très forte fréquence des affrontements, entre populations et autorités, ou entre populations elles-mêmes. Il en était de même au XVIIIe siècle, en 1848 ou en 1917. Avec une grande différence cependant : ces précédentes périodes conflictuelles étaient visibles, et compréhensibles, par les acteurs des émeutes eux-mêmes, grâce aux discours politiques qui les accompagnaient. Pour l’instant, l’actuelle intensification des émeutes n’émerge pas dans l’espace public. Cela demeure une partie immergée de la conflictualité politique. Et quand une émeute est soudainement médiatisée, comme cet été à Londres, on s’en étonne. Pourtant, quelques mois plus tôt, fin 2010, des étudiants britanniques mettaient à sac le siège du parti conservateur ou s’attaquaient à la voiture du prince de Galles. Le Chili est actuellement agité par un mouvement social très dur où les étudiants sont en première ligne. Mais cela n’est pas vu comme un phénomène général.

Santiago (Chili), août 2011 (source)

Au Royaume-Uni, sans considérer que les émeutiers sont des criminels comme le fait le Premier ministre, David Cameron, le leader du Parti travailliste, Ed Miliband, évoque des « émeutes de la cupidité », pendant populaire de la cupidité des banquiers ? Que pensez-vous de ce qualificatif ?

Je conseillerai la lecture de l’œuvre de Jean Nicolas « La Rébellion française : Mouvements populaires et conscience sociale 1661-1789 ». Nous y retrouvons les mêmes modes opératoires dans une situation de grandes inégalités sociales. Les émeutes, les explosions sociales passent par le pillage. Sauf qu’au XVIIIe siècle, on s’en prenait aux greniers à farine et non aux magasins du centre-ville. En quinze ans, les inégalités sociales sont revenues à leur niveau d’il y a un siècle. C’est d’une grande brutalité. On ne peut plus offrir leur part de rêve aux jeunes générations, confrontées à la fois à une régression sociale rapide et à un avenir bouché. En plus, les inégalités sont plus voyantes : tout ce à quoi vous ne pouvez pas accéder s’affiche dans la ville.

Face aux émeutes, les États déploient des moyens répressifs de plus en plus impressionnants : état d’urgence en France en 2005, recours aux témoignages sous X à Villiers-le-Bel, campagne médiatique d’appels à la délation au Royaume-Uni, justice expéditive, menace de suspendre des réseaux de communication… Nos gouvernements ont-il si peur qu’ils sont prêts à en finir avec l’État de droit ?

L’État de droit prend de sérieux coups. Les États sont en pleine crise de légitimité. La matrice de cette crise est évidente : les États sont davantage contraints aujourd’hui par les créanciers anonymes que sont les marchés financiers que par la volonté populaire. La légitimité de leur pouvoir était due au fait qu’ils portaient le bien commun et la solidarité nationale. L’impôt – la mutualisation des ressources pour le bien commun, qui est la base même de la légitimité de l’État – nourrit désormais la machine rentière des marchés financiers. Du coup, les États sont en quête d’une légitimité alternative : la légitimité de la peur vers laquelle tous les régimes penchent de plus en plus. J’ai été surpris par la ressemblance du discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy (le 30 juillet 2010) avec celui de David Cameron un an plus tard à Londres. Ils créent une confusion entre la logique de police et celle de guerre : les guerres extérieures sont devenues des opérations de police et les opérations de police intérieure sont présentées comme des opérations de guerre. Cela instaure un affrontement permanent et une logique d’escalade. Car, pour l’État, comment faire autrement que d’être le plus fort sur ce terrain ?

Photo retravaillée par Ystrapilipina (Massachusetts, 2008)

Existe-t-il des signes précurseurs à une émeute et peut-on prévoir son ampleur ?

Les signes précurseurs ne sont pas visibles sur la scène publique. L’éclatement d’une émeute est toujours surprenant, même si les conditions objectives sont souvent là. Des centaines, voire des milliers de gens, oublient le risque qu’ils prennent, en passant à l’acte, au risque d’être blessés ou emprisonnés : le déclencheur doit être émotionnellement fort. L’ampleur que prendra l’émeute n’est jamais donnée d’avance. Juste après les émeutes grecques de 2008, un jeune Noir est tué par la police à Oakland (Californie). La scène est filmée et diffusée. Cela ne donnera lieu qu’à une soirée d’émeute, ce qui peut paraître étonnant compte tenu des antécédents aux États-Unis. Inversement, qui pouvait prévoir qu’une émeute démarrant dans une petite ville tunisienne, Sidi Bouzid, après le suicide d’un jeune marchand ambulant, allait finalement renverser Ben Ali ? L’ampleur que prendra une émeute dépend de sa force émotionnelle et de sa capacité ou non d’agrégation. Au Royaume-Uni, les émeutes du mois d’août n’ont pas débordé au-delà de la jeunesse urbaine issue des catégories populaires. En France, la connexion entre jeunesse étudiante et jeunesse populaire a commencé à se produire pendant le mouvement sur les retraites, mi-octobre 2010, lorsque les lycéens ont rallié la mobilisation. Ils ont été rejoints par une partie des jeunes des quartiers populaires et se sont parfois attaqués aux centres-villes, comme à Lyon.

Les acteurs d’une émeute sont-ils toujours les jeunes ?

Ils en sont les principaux acteurs, partout dans le monde. Au Sénégal, lors des émeutes contre la réforme constitutionnelle voulue par le Président Wade, en juin 2011, tout le pays était derrière les jeunes. La plupart de la presse sénégalaise a applaudi les émeutiers – ce qui change d’ici ! Mais, dans la rue, il n’y avait que les jeunes. On retrouvait côte à côte des jeunes ruraux à peine alphabétisés et des doctorants en informatique. Toutes les jeunesses, qu’elles soient populaires ou étudiantes, pâtissent de l’absence d’avenir et du discours disciplinaire.

Quelles sont les conditions pour qu’une émeute passe de la violence gratuite à une parole politique ?

La volonté d’en découdre est souvent impressionnante, parce qu’il n’y a pas d’autres moyens de dire les choses. C’est différent d’un recours à la violence inscrit dans un projet politique qui accompagne des revendications. Une émeute, du point de vue de ses acteurs, c’est le seul langage. Quand les possibles sont fermés, on va à l’affrontement. Mais si la parole est restituée, la violence peut devenir inutile. L’un des événements importants de l’année 2011 est la portée du printemps arabe, qui dépasse largement les pays concernés. Les émeutes tunisiennes et égyptiennes ont vu la convergence des jeunes chômeurs ruraux, des étudiants, puis des classes moyennes. Le printemps arabe a permis le retour d’une parole politique et la construction d’un mouvement qui a finalement débouché sur une victoire. Le passage à une parole commune, dans laquelle chacun se reconnaît, est possible quand cette convergence a lieu. Nous observons depuis un phénomène de contagion et d’imitation, notamment avec le mouvement des Indignés. À Dakar, les jeunes ont transformé la place Soweto en place Tahrir (la grande place du Caire où se réunissaient les manifestants, ndlr).

Pourquoi cette difficulté à exprimer une parole politique commune ?

Souvent l’espace est verrouillé par des organisations installées et institutionnalisées depuis des décennies : partis politiques, syndicats, associations… La parole politique des nouvelles générations n’aura rien à voir avec ce que nous avons connu. Le mode d’organisation des générations précédentes a en grande partie été déterminé par leur objectif, soit de prendre le pouvoir, soit d’y participer. Les mobilisations politiques que nous observons n’ont pas du tout pour objet de prendre le pouvoir. Les Indignés espagnols, égyptiens ou israéliens portent des exigences vis-à-vis du pouvoir mais demeurent à l’extérieur. Ils veulent un gouvernement obéissant au peuple, comme le souhaitait le sous-commandant Marcos (« gouverner en obéissant ») [1]. Chez les jeunes générations, il n’existe donc pas d’organisations pérennes : ils se mettent ensemble de façon ponctuelle pour un objectif ponctuel. Ces nouvelles formes de parole politique ont été un peu anticipées par les forums sociaux. Les mobilisations classiques, de type syndical et politique, seront confrontées à de nouvelles dynamiques de mobilisation qui les dépasseront largement. Cela s’est esquissé lors du mouvement sur les retraites. Il n’y a plus, aujourd’hui, de conflit social musclé sans que l’on ne voit des palettes ou des pneus qui brûlent. Une manière de dire : « Attention, c’est sérieux. »

« Riot Art » par Olly Denton (West London, 2011)

Quels sont les exemples d’émeutes débouchant sur une transformation politique et sociale ?

Dans ce cas, on ne les appelle plus émeutes mais insurrections ou révolutions. Et on leur donne un nom propre, comme la Prise du Palais d’Hiver (lors de la révolution russe en 1917, ndlr), la Prise de la Bastille, qui commence par des émeutes, ou la Commune de Paris en 1871, quand des Parisiens empêchent l’armée d’enlever des canons à Montmartre. Prémice de Mai 68, le Mouvement du 22 Mars se déclenche après l’arrestation d’un militant qui participe au saccage du siège parisien d’American Express. Ce ne sont plus des émeutes, mais des événements fondateurs d’un tournant historique.

Les émeutes racistes en Europe, telle la chasse aux travailleurs agricoles immigrés perpétrée à Rosarno, en Italie, début 2010, risquent-elle de se multiplier ?

Elles ont aussi tendance à s’intensifier. Récemment, à Palma de Majorque (îles Baléares, Espagne), migrants d’origine nigériane et populations roms se sont affrontés après la mort d’un jeune Nigérian. La situation en Europe est très dangereuse. Son déclin facilite les dynamiques d’exclusion. Dans les discours de Sarkozy ou de Cameron, l’étranger est pointé comme une menace. Cela alimente une logique de guerre civile. Le conflit risque aussi d’être intergénérationnel : il est plus facile de pointer la jeunesse comme un danger quand les moins de 25 ans constituent un quart de la population que lorsqu’ils en représentent plus de la moitié.

Recueilli par Ivan du Roy

Voir le blog d’Alain Bertho (Anthropologie du présent)

Notes

[1] Le sous-commandant Marcos est le porte-parole de l’insurrection zapatiste au Mexique, qui a débuté en 1994, ndlr.

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 23:58

Bastamag - Par Rédaction (12 octobre 2011)


Naomi Klein, journaliste canadienne et auteur de La Stratégie du choc, était invitée à s’exprimer par le mouvement Occupy Wall Street, à New York. Selon elle, ce mouvement va durer, car le combat contre le système économique « injuste et hors de contrôle » prendra des années. Objectif : renverser la situation en montrant que les ressources financières existent, qui permettraient de construire une autre société.



J’ai été honorée d’être invitée à parler [le 29 septembre] devant les manifestants d’Occupons Wall Street. La sonorisation ayant été (honteusement) interdite, tout ce que je disais devait être répété par des centaines de personnes, pour que tous entendent (un système de « microphone humain »). Ce que j’ai dit sur la place de la Liberté a donc été très court. Voici la version longue de ce discours [publiée initialement en anglais dans Occupy Wall Street Journal].

Je vous aime.

Et je ne dis pas cela pour que des centaines d’entre vous me répondent en criant « je vous aime ». Même si c’est évidemment un des avantages de ce système de « microphone humain ». Dites aux autres ce que vous voudriez qu’ils vous redisent, encore plus fort.

Hier, un des orateurs du rassemblement syndical a déclaré : « Nous nous sommes trouvés. » Ce sentiment saisit bien la beauté de ce qui se crée ici. Un espace largement ouvert – et une idée si grande qu’elle ne peut être contenue dans aucun endroit – pour tous ceux qui veulent un monde meilleur. Nous en sommes tellement reconnaissants.

S’il y a une chose que je sais, c’est que les 1 % [les plus riches] aiment les crises. Quand les gens sont paniqués et désespérés, que personne ne semble savoir ce qu’il faut faire, c’est le moment idéal pour eux pour faire passer leur liste de vœux, avec leurs politiques pro-entreprises : privatiser l’éducation et la Sécurité sociale, mettre en pièces les services publics, se débarrasser des dernières mesures contraignantes pour les entreprises. Au cœur de la crise, c’est ce qui se passe partout dans le monde.

Et une seule chose peut bloquer cette stratégie. Une grande chose heureusement : les 99 %. Ces 99 % qui descendent dans les rues, de Madison à Madrid, en disant : « Non, nous ne paierons pas pour votre crise. »

Ce slogan est né en Italie en 2008. Il a ricoché en Grèce, en France, en Irlande, pour finalement faire son chemin jusqu’à l’endroit même où la crise a commencé.

« Pourquoi protestent-ils ? » demandent à la télévision les experts déroutés. Pendant ce temps, le reste du monde demande : « Pourquoi avez-vous mis autant de temps ? », « On se demandait quand vous alliez vous manifester ». Et la plupart disent : « Bienvenus ! »

Beaucoup de gens ont établi un parallèle entre Occupy Wall Street et les manifestations « antimondialisation » qui avaient attiré l’attention à Seattle en 1999. C’était la dernière fois qu’un mouvement mondial, dirigé par des jeunes, décentralisé, menait une action visant directement le pouvoir des entreprises. Et je suis fière d’avoir participé à ce que nous appelions alors « le mouvement des mouvements ».

Mais il y a aussi de grandes différences. Nous avions notamment choisi pour cibles des sommets internationaux : l’Organisation mondiale du commerce, le FMI, le G8. Ces sommets sont par nature éphémères, ils ne durent qu’une semaine. Ce qui nous rendait nous aussi éphémères. On apparaissait, on faisait la une des journaux, et puis on disparaissait. Et dans la frénésie d’hyperpatriotisme et de militarisme qui a suivi l’attaque du 11 Septembre, il a été facile de nous balayer complètement, au moins en Amérique du Nord.

Occupy Wall Street, au contraire, s’est choisi une cible fixe. Vous n’avez fixé aucune date limite à votre présence ici. Cela est sage. C’est seulement en restant sur place que des racines peuvent pousser. C’est crucial. C’est un fait de l’ère de l’information : beaucoup trop de mouvements apparaissent comme de belles fleurs et meurent rapidement. Parce qu’ils n’ont pas de racines. Et qu’ils n’ont pas de plan à long terme sur comment se maintenir. Quand les tempêtes arrivent, ils sont emportés.

Être un mouvement horizontal et profondément démocratique est formidable. Et ces principes sont compatibles avec le dur labeur de construction de structures et d’institutions suffisamment robustes pour traverser les tempêtes à venir. Je crois vraiment que c’est ce qui va se passer ici.

Autre chose que ce mouvement fait bien : vous vous êtes engagés à être non-violents. Vous avez refusé de donner aux médias ces images de fenêtres cassées ou de batailles de rue qu’ils attendent si désespérément. Et cette prodigieuse discipline de votre côté implique que c’est la brutalité scandaleuse et injustifiée de la police que l’histoire retiendra. Une brutalité que nous n’avons pas constatée la nuit dernière seulement. Pendant ce temps, le soutien au mouvement grandit de plus en plus. Plus de sagesse.

Mais la principale différence, c’est qu’en 1999 nous prenions le capitalisme au sommet d’un boom économique frénétique. Le chômage était bas, les portefeuilles d’actions enflaient. Les médias étaient fascinés par l’argent facile. À l’époque, on parlait de start-up, pas de fermetures d’entreprises.

Nous avons montré que la dérégulation derrière ce délire a eu un coût. Elle a été préjudiciable aux normes du travail. Elle a été préjudiciable aux normes environnementales. Les entreprises devenaient plus puissantes que les gouvernements, ce qui a été dommageable pour nos démocraties. Mais, pour être honnête avec vous, pendant ces temps de prospérité, attaquer un système économique fondé sur la cupidité a été difficile à faire admettre, au moins dans les pays riches.

Dix ans plus tard, il semble qu’il n’y ait plus de pays riches. Juste un tas de gens riches. Des gens qui se sont enrichis en pillant les biens publics et en épuisant les ressources naturelles dans le monde.

Le fait est qu’aujourd’hui chacun peut voir que le système est profondément injuste et hors de contrôle. La cupidité effrénée a saccagé l’économie mondiale. Et elle saccage aussi la Terre. Nous pillons nos océans, polluons notre eau avec la fracturation hydraulique et le forage en eaux profondes, nous nous tournons vers les sources d’énergie les plus sales de la planète, comme les sables bitumineux en Alberta. Et l’atmosphère ne peut absorber la quantité de carbone que nous émettons, créant un dangereux réchauffement. La nouvelle norme, ce sont les catastrophes en série. Économiques et écologiques.

Tels sont les faits sur le terrain. Ils sont si flagrants, si évidents, qu’il est beaucoup plus facile qu’en 1999 de toucher les gens, et de construire un mouvement rapidement.

Nous savons tous, ou du moins nous sentons, que le monde est à l’envers : nous agissons comme s’il n’y avait pas de limites à ce qui, en réalité, n’est pas renouvelable – les combustibles fossiles et l’espace atmosphérique pour absorber leurs émissions. Et nous agissons comme s’il y avait des limites strictes et inflexibles à ce qui, en réalité, est abondant – les ressources financières pour construire la société dont nous avons besoin.

La tâche de notre époque est de renverser cette situation et de contester cette pénurie artificielle. D’insister sur le fait que nous pouvons nous permettre de construire une société décente et ouverte, tout en respectant les limites réelles de la Terre.

Le changement climatique signifie que nous devons le faire avant une date butoir. Cette fois, notre mouvement ne peut se laisser distraire, diviser, épuiser ou emporter par les événements. Cette fois, nous devons réussir. Et je ne parle pas de réguler les banques et d’augmenter les taxes pour les riches, même si c’est important.

Je parle de changer les valeurs sous-jacentes qui régissent notre société. Il est difficile de résumer cela en une seule revendication, compréhensible par les médias. Et il est difficile également de déterminer comment le faire. Mais le fait que ce soit difficile ne le rend pas moins urgent.

C’est ce qui se passe sur cette place, il me semble. Dans la façon dont vous vous nourrissez ou vous réchauffez les uns les autres, partageant librement les informations et fournissant des soins de santé, des cours de méditation et des formations à « l’empowerment ». La pancarte que je préfère ici, c’est : « Je me soucie de vous. » Dans une culture qui forme les gens à éviter le regard de l’autre et à dire : « Laissez-les mourir », c’est une déclaration profondément radicale.

Quelques réflexions finales. Dans cette grande lutte, voici quelques choses qui ne comptent pas :

- Comment nous nous habillons,
- Que nous serrions nos poings ou faisions des signes de paix,
- Que l’on puisse faire tenir nos rêves d’un monde meilleur dans une phrase-choc pour les médias.

Et voici quelques petites choses qui comptent vraiment :
- Notre courage,
- Notre sens moral,
- Comment nous nous traitons les uns les autres.

Nous avons mené un combat contre les forces économiques et politiques les plus puissantes de la planète. C’est effrayant. Et tandis que ce mouvement grandit sans cesse, cela deviendra plus effrayant encore. Soyez toujours conscients qu’il y a aura la tentation de se tourner vers des cibles plus petites – comme, disons, la personne assise à côté de vous pendant ce rassemblement. Après tout, c’est une bataille qui est plus facile à gagner.

Ne cédons pas à la tentation. Je ne dis pas de ne pas vous faire mutuellement des reproches. Mais cette fois, traitons-nous les uns les autres comme si on prévoyait de travailler ensemble, côte à côte dans les batailles, pour de nombreuses années à venir. Parce que la tâche qui nous attend n’en demandera pas moins.

Considérons ce beau mouvement comme s’il était la chose la plus importante au monde. Parce qu’il l’est. Vraiment.

Naomi Klein, le 6 octobre 2011

Discours publié dans Occupied Wall Street Journal. A lire : le blog de Naomi Klein (en anglais).

Traduction : Agnès Rousseaux / Basta !

Photos : © Source, Kelly Davis, Mar is Sea Y

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 23:52

Bastamag - Par Rédaction (12 octobre 2011)

Une conseillère du Pôle emploi de Toulouse est convoquée devant un conseil de discipline le 13 octobre, pour avoir refusé d’appliquer une procédure qui dégrade, selon elle, le service rendu. Face au démantèlement du service public, les actes de désobéissance de la part de fonctionnaires se multiplient. « L’Appel de Toulouse » propose une riposte concertée, réunissant fonctionnaires et usagers attachés à un service public de qualité.

 

Nous sommes citoyens, usagers et salariés, agents ou fonctionnaires des services publics ou remplissant des missions de service public. Nous nous élevons ensemble contre leur destruction et la dégradation du service rendu au public.

Ce gouvernement fusionne, démantèle, privatise. Il manipule ! Il organise l’inefficience des services et les rend inopérants pour remplir leur mission d’intérêt général. Il réduit les effectifs, diminue les moyens, change les métiers, réorganise, désorganise... provocant ainsi l’insatisfaction, la souffrance des usagers et des salariés. En diffusant une mauvaise image des services publics et en opposant usagers et agents, il prépare leur disparation.

Les services publics sont : la Santé, l’Éducation, la Justice, les Services sociaux, les Universités et la Recherche, les Organismes sociaux (CAF, Sécurité sociale, Pôle emploi [1]), la Police, les pompiers, les crèches municipales, les services territoriaux, l’Équipement et l’aménagement du territoire, les transports, La Poste, la SNCF, l’accès à l’eau, au gaz, à l’électricité… Tout ce qui est légitimement accessible à tous et qui rend notre quotidien confortable.

Nous avons déjà laissé beaucoup de ces secteurs échapper à la régulation de l’État, certains ont disparu, d’autres sont privatisés ou en voie de l’être... Jusqu’où allons-nous les laisser nous dépouiller de ce qui ne leur appartient pas ?

Les générations précédentes avaient eu la prudence de garantir un accès gratuit et régulé à ces services de façon à ce que tous puissent en bénéficier, sur l’ensemble du territoire. De quel droit ce gouvernement s’autorise t-il à modifier des structures aussi fondamentales – et constitutionnelles – de notre société, à l’encontre des intérêts de la population qu’il est censé servir ?

Il agit peut-être légalement, en votant des lois de circonstance, mais illégitimement en ne prenant en compte ni l’intérêt de tous ni les importantes manifestations de la rue, et en instrumentalisant l’action sociale à des fins sécuritaires.

Il y a un dysfonctionnement dans notre système déclaré « démocratique » ; et devant ce constat beaucoup d’entre nous se sont démobilisés, invoquant une impuissance face aux politiques, eux-mêmes confrontés à leur propre impuissance face aux marchés... D’impuissance en impuissance, nous laissons faire et ce que nous redoutons se réalise.

Pourtant, nous pouvons cesser de nous abriter derrière ce discours de « ça ne sert à rien », arrêter d’être fatalistes, retrouver notre capacité à nous indigner, à réagir et à agir. Car sans nous, « ils ne sont rien », qu’ils soient politiques ou grands gestionnaires, c’est nous qui sommes sur le terrain à faire ou à subir ce qu’ils nous demandent d’accomplir contre nous-mêmes tous les jours.

Il est donc temps, pour nous et pour les générations à venir :
- de porter un coup d’arrêt à la destruction organisée de nos droits et acquis sociaux, de nos structures de solidarité et de fraternité ;
- d’arrêter de subir et de contribuer au fonctionnement de ce qui peut nous nuire ou nuire à nos concitoyens ;
- de refuser de céder à la division (les vieux contre les jeunes, les travailleurs contre les chômeurs, les salariés du privé contre les fonctionnaires, les « intégrés » contre les étrangers...), à la mise en concurrence généralisée des salariés au cœur des entreprises et des établissements publics (les places sur le marché de l’emploi sont chères, et ils s’en servent...).

Il dépend de nous, une fois encore dans l’histoire, de leur rappeler qu’ils ne sont là que sur mandat, et qu’ils sont révocables... Ils nous demandent des sacrifices, exigeons des comptes...

Il s’agit d’un appel, un appel à la résistance, à la désobéissance ouverte ou discrète, où que vous soyez, qui que vous soyez, vous pouvez agir pour vous et pour nous tous. Dans chaque secteur d’activité, chaque jour, nous pouvons faire différemment ou ne pas faire, pour arrêter cette déconstruction et la contrer le plus possible.

C’est un appel à Tous. Nous demandons à chacun d’agir à sa mesure, nous appelons aussi les personnalités à s’engager publiquement, médiatiquement : que ceux qui savent disent, haut et fort, seuls ou en collectifs : historiens, sociologues, juristes, économistes, intellectuels, journalistes... Retrouvons le sens de nos responsabilités : celles de citoyens actifs, celles de membres solidaires d’une collectivité, celles de parents soucieux de l’avenir de leurs enfants. »

Résistants et désobéisseurs des Services publics

Retrouvez l’Appel de Toulouse et la liste des premiers signataires  en cliquant ici 

*pour suivre le lien, appuyer sur "Ctrl" de votre clavier + "en cliquant ici" (ci-dessus)

Notes

[1] Une conseillère de l’agence Pôle emploi de la place Occitane, à Toulouse, Isabelle de Léon, a refusé d’appliquer ce que la nouvelle procédure, née de la fusion Anpe/Assedic, lui impose de faire. D’après elle, « cette procédure n’offre pas un service de qualité, mais un service minimum, voire dégradé, qui n’est pas sans conséquence sur l’indemnisation des demandeurs d’emploi et ses délais ». Punie d’un blâme par sa direction régionale, elle est convoquée devant un conseil de discipline à Paris le 13 octobre. Elle a installé un abri mobile devant la direction régionale de Pôle emploi Midi-Pyrénées, dans lequel elle a entamé une grève de la faim.

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 23:31
  • Sudpresse 
  • mercredi 12 octobre 2011 - Saint Wilfried

 

Les enfants manifestent à Wall Street

PHOTO NEWS

Compléments d'informations

Des enfants d'une école de Brooklyn rejoignent le mouvement "Occupy Wall Street movement" à New-York pour manifester avec les adultes qui se révoltent contre le manque de justice sociale et économique américaine et mondiale.

Rédaction en ligne

Publié le 12/10 à 12h14

Ce mouvement de protestation qui s'est auto-proclamé "Les 99%" a débuté le 17 septembre dernier.

Les petites têtes blondes y vont très motivées avec leurs affiches sur lesquelles on peut lire: "Do you care about the world", autement en dit en langage moins polissé: "Qu'en avez-vous à foutre du monde?"

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