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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 12:43
Libération - Aujourd'hui à 14h06

L'Unef et la Fage réclament de voir le ministre de l'Enseignement supérieur et proposent des solutions alternatives.


Deux organisations étudiantes peu habituées à travailler ensemble s'unissent «dans l’urgence». Lundi, l’Unef (Union Nationale des Étudiants de France) et la Fage (Fédération des associations générales étudiantes) lancent une campagne nationale de pétitions et appellent le gouvernement à les recevoir. Dans leur collimateur : le doublement prévu (de 3,5 à 7%) de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance, et ses «conséquences dramatiques» pour la santé des étudiants.

«Cette taxe, c’est la taxe de trop», lance Emmanuel Zemmour, président de l’Unef. «Les mutuelles seront face à un choix cornélien: soit elles répercuteront l’augmentation de la taxe sur les cotisations des étudiants, soit elles essaieront de l’absorber et se mettront en danger économiquement», prévient-il. Et de rappeler la situation déjà «difficile» des étudiants, une «population déjà fragilisée financièrement». Selon une enquête de la Mutuelle des étudiants (LMDE) parue en mai dernier, l’accès aux soins des étudiants recule. En 2011, 19% d’entre eux n’ont pas pu s’offrir de mutuelle (contre 13% en 2005). «Un étudiant sur trois a renoncé à consulter un médecin, faute de moyens, et ont eu recours à l’automédication. La moitié des étudiants vivent avec moins de 600 euros par mois. Dans leur budget, fatalement, la santé passera après l’alimentation, le logement et les frais liés à leurs études», s’alarme Philippe Loup, président de la Fage.

Dans une autre étude de 2007, publiée par l’observatoire Expertise et Prévention pour la Santé des Etudiants (EPSE), les étudiants payaient 263 euros de soins. «En 2011, ce chiffre est passé à 279 euros, une hausse de 7,4% en quatre ans. Le nombre d’étudiants qui ne peuvent déjà pas se payer une mutuelle, un sur trois, risque d’augmenter encore», ajoute Philippe Loup. «On risque de voir les étudiants renoncer davantage au soin, entraînant le développement de maladies chroniques, les empêchant de suivre leurs études correctement… Il y a urgence!» Urgence pour les étudiants, mais aussi pour les mutuelles, «service publique des étudiants». «Nous ne comprenons pas pourquoi on lance un plan de sauvetage des banques d’un côté, et un plan d’attaque contre les mutuelles de l’autre, ironise Emmanuel Zemmour. Dans son rapport de 2006 sur l’état de santé des étudiants, Laurent Wauquiez, ministre de l’Enseignement supérieur, parle du rôle irremplaçable des mutuelles, qu’il faut maintenir, or aujourd’hui, les conditions risquent de ne plus être réunies.»

Les deux principales organisations étudiantes demandent «des mesures d’urgence»: exonération de la taxe sur les mutuelles pour les étudiants, accès de droit pour les boursiers à l’aide à la complémentaire santé et à la CMU complémentaire, et mise en place d’un chèque santé national pour prendre en charge les frais d’une complémentaire santé. «Il faut mettre en place un plan de santé national, lance Emmanuel Zemmour. Pour quatre euros par étudiants, l’Etat financerait les actions de prévention des mutuelles à hauteur de 7 millions d’euros. Une goutte d’eau dans son budget, mais un impact fort sur la santé des étudiants. La prévention permet d’éviter le pire.» Pour Philippe Loup, si «on n’agit pas maintenant, il sera trop tard. Un étudiant qui ne se soigne pas aujourd’hui sera un salarié qui coûtera plus cher à la Sécurité sociale demain.» Les deux syndicats proposent aussi la création de maisons de santé de proximité dédiées aux étudiants, dans chaque ville universitaire. Des structures qui garantiraient une offre de santé préventive et curative sans dépassement d’honoraire et pratiquant le tiers-payant.

L’Unef et la Fage espèrent rencontrer Laurent Wauquiez «au plus vite». «Je ne peux pas croire que le gouvernement puisse rester sourd à notre appel», s’exclame Philippe Loup.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 12:37

Libération - Le 19 octobre à 11h33 (Mis à jour à 14:55) 

Par DOMINIQUE ALBERTINI

Vous ne comprenez pas très bien le fonctionnement du «mini-FMI» européen qui doit voler au secours des Etats en difficulté? Voici l'essentiel en 6 points.

 

 

Présentation de specimens de billets d'euro (© AFP Mychele Daniau)

Encore jugé sous-dimensionné par nombre d'observateurs, le Fonds européen de solidarité financière (FESF) va peut-être enfin atteindre le gabarit suffisant pour intervenir efficacement contre la crise des dettes. Selon le journal britannique The Guardian, la France et l'Allemagne auraient trouvé un accord pour porter la capacité de prêt à 2000 milliards d'euros. 

Mais au juste, comment fonctionne ce «mini-FMI» européen, présenté comme l'extincteur contre l'incendie des dettes souverains? Réponses.

 

Le FESF, quésaco ?

Le Fonds européen de solidarité financière est une institution commune aux 17 Etats membres de la zone euro, créée le 9 mai 2010. Elle est destinée à secourir ceux d'entre eux qui connaîtraient de graves difficultés financières. Initialement limitées à 250 milliards d'euros, le montant maximum des aides est passé à 440 milliards d'euros après l'accord du 21 juillet 2011, qui vient d'être ratifié par les Parlements nationaux. Avec les aides complétentaires du FMI et de la Commission européenne, ce sont 750 milliards d'euros qui peuvent être mobilisés pour les pays européens en difficulté. Toutefois, ce montant est jugé encore insuffisant par nombre d'économistes, qui s'attendent à une nouvelle augmentation prochainement (lire plus bas). Le FESF siège au Luxembourg. Son directeur est l'allemand Klaus Regling, ancien directeur général pour les affaires économiques et financières à la Commission européenne.

 

Comment le FESF aide-t-il les pays en difficulté ?

Le fonds est autorisé à intervenir de différentes façons. Il peut prêter de l'argent aux Etats. Il peut acheter des obligations sur le marché primaire, c'est-à-dire directement auprès des Etats. A condition que ceux-ci acceptent de mettre en œuvre un «programme de stricte conditionnalité», c'est-à-dire de profondes réformes économiques. Le FESF peut également intervenir sur le marché «secondaire», auprès d'acteurs ayant déjà acquis des obligations et désireux de les vendre. Cela permet de lutter contre la spéculation sur ces titres, d'en faire baisser les taux d'intérêts, et d'aider les banques plombées par la présence d'actifs risqués dans leur bilan. Cette intervention sur les marchés secondaires permettra de soulager la Banque Centrale Européenne, qui pratique actuellement ces opérations au prix d'une légère transgression de ses statuts.

 

D'où vient l'argent du FESF ?

 Les fonds du FESF ne sont pas directement fournis par les Etats membres. Comme ces derniers, le FESF emprunte sur les marchés en émettant des obligations, c'est-à-dire des titres de dette. Ceux-ci sont simplement garantis par les Etats de l'eurozone, au prorata de leur participation au capital de la Banque Centrale Européenne. La garantie française, par exemple, se monte à 159 milliards d'euros, qui ne seraient débloqués -en partie- qu'en cas de faillite d'un pays bénéficiaire de prêts du FESF. Comme les plus importants de ces Etats -France et Allemagne en tête- bénéficient d'une bonne réputation sur les marchés, le FESF est très bien noté (AAA) par les agences de notation. Cela lui permet d'emprunter à bas coût, et donc de prêter aux pays en difficulté à des taux inférieurs à ceux des marchés.

 

Le FESF a-t-il des moyens suffisants?

Pas vraiment. De l'avis de nombre d'économistes, même le budget augmenté à 440 milliards est insuffisant pour à couvrir l'ensemble des risques de la zone euro. Si la Grèce tombe, en effet, cela aggraverait probablement la situation d'autres pays à risques comme le Portugal ou les «géants» italiens et espagnols. Selon des sources européennes citées par le journal britannique The Guardian, la France et l'Allemagne seraient d'accord pour porter à 2000 milliards la capacité d'intervention du fonds, selon des modalités encore inconnues mais qui impliqueraient une hausse de la participation française.

 

Est-ce le FESF qui aide la Grèce ?

Non. Le FESF n'a pour l'instant apporté son soutien qu'au Portugal et à l'Irlande. La Grèce reçoit une aide spéciale de la part d'une «troïka» composée du FMI, de la Banque Centrale Européenne et de la Commission Européenne.

 

Le FESF est-il destiné à durer ?

Non. Le FESF a été créé en tant qu'institution temporaire et devrait cesser d'exister à la mi-2013. Toutefois, une nouvelle institution, permanente elle, reprendra ses missions: le Mécanisme de stabilité européen (MSE) sera dôté d'un budget de 500 milliards d'euros.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 12:31
Libération - Aujourd'hui à 11h04 (Mis à jour à 12:42)

«Un accord trop court, peu détaillé, plein d'effets d'annonce»


Recueilli par Dominique Albertini

Une pièce d'un euro. (AFP Leon Neal)

Le compromis européen trouvé hier soir représente-t-il une réponse efficace à la crise? Pour l'économiste Alexandre Delaigue (professeur à Saint-Cyr Coëtquidan, co-animateur du blog Econoclaste et chroniqueur pour Libération.fr), les chefs d'Etats et de gouvernement n'ont fait que «gagner du temps».

 

L'accord obtenu hier soir est-il la réponse-choc attendue, ou est-il encore insuffisant pour mettre un terme à la crise des dettes?

Réponse B: c'est un accord trop court, pas assez détaillé, plein d'effets d'annonce. Par exemple, pour la réduction de la dette grecque détenue par les banques, les 50% annoncés nécessitent encore des négociations avec celles-ci. De même, pour le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et ses 1000 milliards, reste à savoir comment on va atteindre cette somme. Enfin, le rôle de la Banque centrale européenne n'est toujours pas pris en compte.

S'ils sont insuffisants, ces résultats n'en représentent-ils pas moins une vraie avancée par rapport aux sommets précédents?

Une négociation, c'est l'art du possible. Comme dans les 14 derniers sommets, on a repoussé un peu la canette dans le caniveau, en attendant que quelque chose se passe. On a simplement gagné du temps. Il est vrai qu'une absence d'accord aurait été bien pire.

Gagné du temps avant quoi?

Avant des choix très grands et difficiles pour l'Europe, de nature institutionnelle. Va-t-on se diriger vers une véritable structure fédérale démocratique, ou aller vers un délitement plus ou moins rapide?

Revenons sur les mesures annoncées. 50% de réduction de la dette grecque détenue par les banques, c'est le bon chiffre?

Déjà faut-il que les banques acceptent de subir une perte de cette ampleur. L'International swaps and derivatives association (ISDA) va devoir décider si cette coupe représente ou non un défaut de paiement de la part de la Grèce. [Dans l'affirmative, cela déclencherait les CDS, assurances anti-défaut, avec des effets désastreux sur les marchés, ndlr.] C'est peu probable, car l'ISDA a tendance à être plutôt coulante. Par contre, il est possible qu'une agence de notation considère cette solution comme un défaut.

Et l'indispensable renforcement du FESF, n'y sommes-nous pas – grâce, notamment, à la participation des pays émergents, dont la Chine?

Ca ne coûte rien de se dire que quelques pays émergents achèteront des titres du FESF. Mais ce sont des annonces. En pratique, il n'est pas certain qu'ils le fassent. Il faudrait pour cela que la capacité d'endettement du FESF soit solidement garantie par les Etats. Hors, elle ne peut pas l'être, car plus le FESF emprunte, plus les Etats devront garantir, alors qu'ils sont en situation précaire. D'ailleurs, il est inquiétant de remarquer que la note du FESF est exactement corrélée à celle de la France. Preuve que notre pays est le dernier domino avant la débâcle générale.

Faut-il craindre de voir un jour une grande partie de la dette européenne détenue par la Chine, à l'image de la dette américaine?

La dépendance entre la Chine et l'Europe, comme entre la Chine et les Etats-Unis, serait de toute façon réciproque. Car, en cas de défaut européen, ce seraient les épargnants chinois qui en subiraient les conséquences. De la même façon que c'est pour protéger l'un de ses principaux marchés à l'exportation que la Chine vient aujourd'hui en aide à l'Europe.

Aurait-il été indispensable de permettre à la BCE de faire tourner la planche à billet pour renflouer les Etats?

Le problème de fonds est très simple: ce sont les traités, qui lui interdisent d'être prêteur en dernier ressort pour les Etats. Pourtant, une annonce en ce sens résoudrait le cas grec. Il suffirait à la BCE de dire: Je ne laisserai pas les taux sur les dettes des grands pays européens s'élever de manière inconsidérée. Alors le problème serait réglé avant même que la BCE ait eu besoin d'agir. Mais les traités ne le permettent pas. De plus, les décisions à la BCE sont prises par un conseil dont une bonne partie des membres sont persuadés que son rôle n'est pas d'être ce prêteur en dernier ressort.

L'Europe a-t-elle encore les moyens de ses ambitions?

Non, et le problème est que l'on se cherche des expédients pour cacher ce fait. Et si vous annoncez d'énormes moyens sans pouvoir assurer ensuite, le remède peut être pire que le mal. C'est comme si vous arriviez dans un bar pour arrêter une bagarre avec un pistolet, et quand vous appuyez sur la gachette, c'est un petit drapeau qui sort...

Finalement, quel aurait été l'accord idéal?

Il n'y a pas d'accord idéal. Tous les jours, des dizaines d'articles prétendent expliquer comment sauver la zone euro, en se contredisant les uns les autres. On peut imaginer plein de solutions virtuelles: que demain l'UE et l'eurozone se transforment en Etats-Unis avec un Etat central démocratique, des Etats locaux sans souveraineté et une BCE calquée sur la Banque fédérale américaine.

Mais la question n'est pas de savoir où on veut aller, mais comment on y va, dans un environnement contraint par des logiques de souveraineté divergentes. Chaque dirigeant veut que le système n'explose pas, mais aussi que ce ne soit pas son pays qui subissent les principales contraintes. Il faut trouver un nouveau mécanisme institutionnel. L'idéal serait un système dans lequel les Etats s'engagent de manière crédible à ne pas être surendettés, et où la BCE s'engage de manière crédible à être prêteur en dernier ressort.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 12:20

Publié le 27-10-11 à 14:07    Modifié à 14:18     par Le Nouvel Observateur avec AFP    

 

L'accord européen a été arraché au forceps, après 10h de réunion. La dette grecque va être réduite de 100 milliards d'euros.

Nicolas Sarkozy a salué "un accord ambitieux". (AFP) Nicolas Sarkozy a salué "un accord ambitieux". (AFP)

Le plan annoncé à Bruxelles pour enrayer la crise de la dette en Europe a été applaudi jeudi 27 octobre à l'UMP qui a salué la "détermination" du président Nicolas Sarkozy pour un accord "capital", la gauche s'inquiétant d'aller désormais "faire la quête" en Chine.

La dette grecque va être réduite de 100 milliards d'euros grâce à l'abandon par les banques d'un peu plus de 50% de leurs créances, a annoncé jeudi le président Nicolas Sarkozy.

Selon des diplomates européens, Pékin serait prêt à abonder le Fonds européen de stabilité financière (FESF), mais aucun responsable chinois n'a pour l'instant confirmé cette information.

"Cette nuit, la zone euro a fait un pas décisif vers le sauvetage de la Grèce, de la zone euro et de notre système financier", se félicite le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé. Comme plusieurs élus UMP, il salue "la détermination, l'engagement et le courage du président de la République qui s'est impliqué sans compter pour obtenir cet accord essentiel".

L'ex-ministre et eurodéputée UMP Rachida Dati, fait de même : "l'Europe apporte aujourd'hui une réponse globale et bien plus ambitieuse que certains ne l'imaginaient" et "les Français peuvent être fiers d'être dirigés par un président qui s'engage au quotidien pour les protéger".

Cocorico à droite

L'accord européen arraché au forceps trouve aussi grâce aux yeux de Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale. Il effectuera lundi un déplacement à Berlin "pour concrétiser ces avancées au niveau parlementaire".

Pour Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, "on peut vraiment se féliciter de cet accord, les enjeux étaient d'une extrême importance". Pour Frédéric Lefebvre, secrétaire d'Etat aux PME, "défendre l'Europe, c'est défendre les Français".

Laurent Wauquiez, ministre de l'Enseignement supérieur, estime que "si la zone euro respire mieux ce (jeudi) matin, c'est grâce à la détermination dont ont fait preuve ensemble et Angela Merkel et le président de la République".

Même son de cloche pour André Rossinot, président d'honneur du Parti Radical, pour qui la réponse à la crise "est ambitieuse, globale et crédible".

Moins dithyrambique, le ministre de la Défense Gérard Longuet prévient qu'il faudra "voir plus loin" dans la convergence des politiques économiques.

Pour ce qui est de l'apport futur de la Chine, critiqué par ceux qui y voient une soumission à Pékin, Gérard Longuet veut rassurer: "on a besoin de partenaires. Il y a là une bonne affaire pour les deux".

Craintes à gauche

Pour la gauche, le PS et Europe Ecologie-Les Verts notamment, c'est là que le bât blesse.

Le patron des députés PS Jean-Marc Ayrault s'est inquiété d'une répartition de l'effort de "plus en plus injuste, avec des taxes sur les mutuelles, les indemnités journalières", Michel Sapin redoutant que la zone euro aille "faire la quête" en Chine, et se mette vis-à-vis de ce pays en "situation de faiblesse".

Même s'il juge que "le pire a été évité", le candidat PS à la présidentielle François Hollande estime la participation de pays non-européens comme la Chine, "profondément troublante", pointant une "dépendance de fait".

Plus lapidaire, l'eurodéputé EELV Daniel Cohn-Bendit parle d'"aberration chinoise", jugeant que la zone euro se livre "pieds et poings liés aux pays émergents". Tout comme Eva Joly, candidate EELV à la présidentielle, qui dénonce une "cautère sur une jambe de bois" et une "vente à la découpe de l'Europe à la Chine".

"Désastre": c'est le mot employé par Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle. Il juge que "le refus de faire intervenir directement la banque centrale pour prêter aux Etats est une erreur qui coûte chaque jour plus cher à la zone euro" et que "les banques et les agences de notation vont continuer à harceler les Etats".

 

Le Nouvel Observateur - AFP

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 11:18

Le Nouvel Observateur - Publié le 27-10-11 à 13:40    

 

ERCIS (AP) — Le bilan du séisme qui a frappé dimanche l'est de la Turquie s'est alourdi pour atteindre jeudi 534 morts, selon les autorités turques.

Au moins 2.300 personnes ont été blessées et 185 ont été sauvées des décombres du tremblement de terre de magnitude 7,2 qui a frappé la région de Van, non loin de la frontière iranienne, a précisé le centre de crise et de gestion de l'urgence du Premier ministre.

Jeudi, les milliers de sans-abris devaient lutter contre la pluie et la neige, alors que l'aide internationale, notamment israélienne, commençait à arriver sur place, et une dizaine de chaînes de télévision ont organisé un téléthon, qui a rapporté 62 millions de lires turques (25 millions d'euros).

"Il fait de plus en plus froid et mes enfants toussent. Je ne sais pas combien de temps nous devrons rester ici", témoigne Sermin Yidiz, enceinte de huit mois et mère de jumeaux. Elle partage avec son mari et ses enfants une tente avec une famille de quatre personnes. Son appartement située dans un immeuble de trois étages n'a pas été endommagé mais ils craignent d'y retourner. "Nous attendons d'avoir notre propre tente".

Le Croissant rouge et d'autres organisations humanitaires islamiques ont installé des cuisines de fortune et préparé des soupes et du riz avec des haricots.

L'agence météorologie turque prévoit de nouvelles chutes de neige pour les trois jours prochains.

Un séisme de 5,4 a été enregistré dans la province voisine de Kandilli, à environ 150km au sud de l'épicentre du tremblement de terre de dimanche, provoquant la panique chez les habitants. Il n'y aurait pas eu de dégât, mais quelques blessés légers, des personnes ayant tenté de fuir par la fenêtre. AP

ljg/v335

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 11:08

Publié le 27-10-11 à 07:10    Modifié à 08:31     par Le Nouvel Observateur avec AFP     

La France compte 4,4 millions de chômeurs, un niveau jamais vu depuis près de douze ans. Le ralentissement de la croissance laisse peu d'espoirs pour une embellie.

Le nombre de demandeurs d'emploi sans activité en France métropolitaine a nettement progressé en septembre, de 0,9% à 2,780 millions de personnes (AFP)
Le nombre de demandeurs d'emploi sans activité en France métropolitaine a nettement progressé en septembre, de 0,9% à 2,780 millions de personnes (AFP)

Le chômage a continué de monter en flèche en septembre, le nombre de demandeurs d'emploi grimpant à un niveau jamais vu depuis près de douze ans, sur fond d'un brutal ralentissement de la croissance qui ne laisse pas présager d'une embellie.

Après trois mois de hausse (mai-juin-juillet) et une stabilisation en août, le nombre des demandeurs d'emploi sans activité a progressé en septembre de 0,9%, à 2,780 millions de personnes, le plus haut niveau depuis janvier 2000.

Depuis le début de l'année, 58.000 demandeurs supplémentaires dans cette catégorie se sont inscrits sur les listes de Pôle emploi, selon les données mercredi du ministère du Travail. En incluant ceux qui ont exercé une activité réduite, le total des personnes en quête de travail a grimpé à 4,175 millions personnes (+0,7%), soit 27.600 de plus qu'en août et 130.000 de plus depuis le début de cette année.

Ralentissement de l'activité

Avec les départements d'outremer, la France compte au total 4,441 millions de demandeurs d'emploi.

A six mois de l'élection présidentielle, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a immédiatement "pris acte de ces mauvais chiffres" qui sont liés, selon lui, au "ralentissement de l'activité".

Le gouvernement s'apprête à réviser en baisse de manière drastique sa prévision de croissance pour 2012 (actuellement à 1,75%). Le consensus des économistes mise sur seulement 0,9% et certains analystes évoquent même une possible entrée en récession alors qu'un sommet crucial se tient à Bruxelles pour tenter de sauver la zone euro.

Pour Stefano Scarpetta de l'OCDE, "le ralentissement de la croissance et les incertitudes sont les deux facteurs qui font que les entreprises sont très réticentes à embaucher davantage, même celles qui ont des performances plutôt bonnes". "La question est désormais de savoir si le chômage va augmenter ou rester stable à un niveau élevé", affirme-t-il.

"Assez dramatique"

"C'est une situation assez dramatique. On n'est absolument pas dans un retournement de tendance du marché de travail avec une perspective d'amélioration", estime Mathieu Plane de l'OFCE. Selon lui, "avec une croissance anémique, le taux chômage devrait progresser à 9,3% fin 2011, et à 9,7% fin 2012", contre 9,2% au deuxième trimestre.

Le plus grave, selon lui, est que "le chômage repart de façon assez forte à la hausse alors qu'on n'a pas du tout absorbé les chômeurs supplémentaires de la crise" de 2008-2009. Dès lors, "les nouveaux chômeurs s'ajoutent aux anciens, avec le risque d'une hausse du chômage de longue durée".

Le nombre de chômeurs de longue durée (plus d'un an) est en effet en nette hausse de 0,7% sur le mois et de 7,7% sur un an, touchant 1,593 millions de personnes.

Les seniors (plus de 50 ans) sans activité en quête d'emploi sont aussi plus nombreux (+2,1%) à 572.000 de même que les jeunes de moins de moins de 25 ans (+0,6%, à près de 438.000). En revanche, les jeunes ayant exercé une activité réduite sont moins nombreux (-0,5%) à 625.000.

Promouvoir les emplois aidés ?

Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE, placé auprès du Premier ministre) appelle à une "augmentation significative des volumes et de la qualité des emplois aidés". "Ces emplois, souvent décriés, peuvent être très utiles" en période de "ralentissement de la croissance", déclare-t-elle.

Pour Laurent Berger (CFDT) "les chiffres du chômage sont une nouvelle fois très préoccupants pour ne pas dire catastrophiques". "Il est grand temps de réagir", a-t-il estimé, exhortant le gouvernement à mettre "les partenaires sociaux autour de la table" pour déterminer les "mesures urgentes" à prendre.

Le PS a fustigé de son côté "la multiplication des politiques confuses et improvisées" du gouvernement.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 10:53

LEMONDE.FR avec AFP | 26.10.11 | 20h50   •  Mis à jour le 26.10.11 | 21h13

 
 

 

Un SDF sur un trottoir parisien en novembre 2005.

Un SDF sur un trottoir parisien en novembre 2005.REUTERS/FRANCK PREVEL

Un tiers des personnes sans domicile fixe en Ile-de-France sont atteintes d'un trouble psychiatrique sévère, et un tiers, encore, souffrent au moins d'une addiction (alcool, drogues, médicaments), selon une étude de l'Inserm et de l'Observatoire du Samu social de Paris, rendue publique mercredi 26 octobre.

Cette étude, réalisée sur un échantillon de 840 personnes à la demande de la préfecture de police et de la Ville de Paris, indique, dans le détail, que 31 % des personnes sans domicile souffrent de troubles psychiatriques sévères. Parmi eux, 13,2 % souffrent de troubles psychotiques, notamment de schizophrénie (8,4 %) et de troubles délirants persistants (3,5 %). D'autres souffrent de troubles sévères de l'humeur, notamment de dépression (6,7 %), et de troubles anxieux (12,2 %).

CAS PLUS NOMBREUX ET FRÉQUENTS QUE POUR LA POPULATION

Ces cas de maladies mentales sont "infiniment plus nombreux et plus fréquents que la population générale", note Pierre Chauvin, directeur de recherche à l'Inserm, soulignant par exemple que seulement 1 à 2 % de la population générale est atteint de troubles psychotiques.

De même, le risque suicidaire est cinq fois plus élevé dans la population sans domicile francilienne (21,8 %) que dans la population générale (4 %).

L'enquête montre également que près d'une personne sur trois (28,5 %) souffre au moins d'une addiction, notamment à l'alcool (21 %) ou au cannabis (16 %). Une fréquence trois à cinq fois plus importante que dans la population générale.

"LOGEMENT D'ABORD"

Mais "toutes les personnes sans logement ne sont pas atteintes de troubles mentaux. C'est une population infiniment plus diverse", insiste M. Chauvin, qui distingue notamment "les troubles psychologiques graves, préalables à la perte du logement", et les troubles dépressifs, qui sont plus "une conséquence de la vie sans logement". Les troubles psychologiques sévères se retrouvent davantage parmi la population masculine d'âge mûr, née en France, et hébergée dans des dispositifs d'urgence ou d'insertion.

Pour les personnes schizophrènes notamment, "la perte de logement succède au déclenchement de la maladie", en raison des épisodes délirants des malades et du "rejet du voisinage", a souligné Marie-Jeanne Guedj, psychiatre au service des urgences psychiatriques de l'hôpital Saint-Anne. Les troubles dépressifs sont quant à eux plus fréquents chez les femmes seules avec enfants, migrantes et hébergées dans des hôtels sociaux, a précisé Emmanuelle Guyavarch, directrice de l'Observatoire du Samu social.

L'étude prône notamment de prévenir le plus possible les pertes de logement des personnes psychotiques, afin d'éviter des ruptures de soins. Une expérimentation baptisée "Logement d'abord", visant à reloger ces malades en leur apportant un accompagnement sanitaire et social, est en cours dans quatre villes de France, a indiqué M. Chauvin

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 10:42

LEMONDE.FR avec AFP | 27.10.11 | 11h48   •  Mis à jour le 27.10.11 | 12h02

 
 

 

Saïf Al-Islam, ici à Tripoli en mars, est le deuxième fils du Guide libyen.

Saïf Al-Islam, ici à Tripoli en mars, est le deuxième fils du Guide libyen.REUTERS/CHRIS HELGREN

Un groupe de mercenaires sud-africains se trouve toujours en Libye et tente d'exfiltrer Saïf Al-Islam, le fils de Mouammar Kadhafi, affirme le quotidien sud-africain Beeld jeudi. Un autre journal sud-africain de langue Afrikaans, Rapport, citant des sources non identifiées, avait annoncé dimanche que dix-neuf mercenaires d'Afrique du Sud avaient été recrutés par une ou des sociétés sud-africaines liées à Kadhafi, pour participer à la protection du colonel et de ses proches.

Saïf Al-Islam, que Kadhafi avait désigné comme son successeur, avait fui Tripoli avec son père et son frère Mouatassim durant la bataille, et s'était réfugié à Syrte. L'ancien leader libyen et Mouatassim ont été tués, mais Saïf Al-Islam a échappé aux troupes du Conseil national de transition. Selon un responsable touareg, il se serait rendus mardi à la frontière du Niger pour y chercher refuge.

AVIONS POSITIONNÉS

Beeld rapporte jeudi que des avions sont positionnés à Johannesburg et à Sharjah, dans les Emirats arabes, pour aller rechercher les mercenaires – et éventuellement Saïf Al-Islam – dès que la situation le permettra. Fin août, des informations de presse avaient également indiqué qu'un groupe de Sud-Africains avaient convoyé de Tripoli vers Niamey de l'or, des devises étrangères et des diamants pour le compte de Kadhafi.

Un mois plus tard, des mercenaires sud-africains auraient également aidé l'épouse de Kadhafi, Safia, sa soeur Aisha et deux de ses fils, Hannibal et Mohammed, à fuir devant l'avancée de troupes rebelles, rapporte Beeld. Dimanche, Rapport a affirmé qu'au moins deux mercenaires sud-africains avaient été tués dans l'attaque du convoi de Kadhafi par l'aviation de l'OTAN. D'autres seraient blessés et toujours cachés en Libye. Le ministère des affaires étrangères sud-africain n'a pas voulu commenter ces informations.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 10:38

LEMONDE.FR avec AFP | 26.10.11 | 17h32   •  Mis à jour le 26.10.11 | 18h22

 

Nabil Elaraby (à droite), le secrétaire général de la Ligue arabe, espère mettre fins aux violences en Syrie, en négociant avec Bachar Al-Assad.

Nabil Elaraby (à droite), le secrétaire général de la Ligue arabe, espère mettre fins aux violences en Syrie, en négociant avec Bachar Al-Assad.REUTERS/MOHAMED ABD EL GHANY

Une délégation ministérielle de la Ligue arabe dirigée par le Qatar est arrivée à Damas et a aussitôt rencontré le président Bachar Al-Assad pour engager une médiation en Syrie, mercredi 26 octobre.

L'objectif de cette mission est de mettre fin aux violences et d'empêcher une intervention internationale en Syrie. Dans des déclarations publiées par le quotidien panarabe Al-Hayat, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Elaraby, a exprimé "l'espoir que les dirigeants syriens accepteront cette initiative et engageront des réformes politiques véritables".

Au sortir de cette première réunion, le ministre des affaires étrangères qatari et principal négociateur, Hamad ben Jassem, a annoncé la tenue d'une deuxième entrevue dimanche. Selon lui, le gouvernement syrien veut parvenir à une solution, sans en préciser les contours.

L'OPPOSITION MANIFESTE ET APPELLE À LA GRÈVE GÉNÉRALE

A l'occasion de la visite de la commission arabe, des manifestations appelant à la chute du régime ont eu lieu dans plusieurs localités de la province d'Idleb, à Hamourié, à Hama, dans le quartier de Kafar Soussé à Damas et à Deraa, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et les comités locaux de coordination (LCC) qui animent les protestations sur le terrain.

Dans le même temps, un mouvement de grève était suivi dans une partie du pays. L'opposition avait appelé sur les réseaux sociaux à une grève générale mercredi, affirmant qu'elle n'accepterait "rien de moins que la démission" du président Assad "et sa traduction en justice".

Le Conseil national syrien (CNS), qui réunit la quasi-totalité des courants de l'opposition, avait invité "toutes les catégories du peuple" à se joindre à ce mouvement "en prélude à des grèves plus générales et à la désobéissance civile qui sera à même de renverser le régime".

"La grève a été entièrement suivie dans plusieurs régions, dont Deraa, dans les quartiers Qaboune et Barzé à Damas, dans plusieurs localités des provinces de Damas, d'Idleb, de Hama et de Homs", ont affirmé les LCC dans un communiqué accompagné de vidéos montrant des rues désertes et des magasins fermés.

 

Les partisans de Bachar Al-Assad ont massivement manifesté, mercredi, dans le centre de Damas.

Les partisans de Bachar Al-Assad ont massivement manifesté, mercredi, dans le centre de Damas.REUTERS/KHALED AL-HARIRI

Parallèlement, des dizaines de milliers de Syriens agitant des drapeaux et des portraits du président Assad se sont rassemblés sur la place des Omeyyades, en plein cœur de Damas, pour affirmer leur soutien au régime. "Le peuple veut Bachar Al-Assad", scandaient-ils. Selon l'agence officielle SANA, le rassemblement a réuni "plus d'un million de Syriens" sous le slogan : "Vive la patrie et le chef de la patrie, le peuple syrien est une seule famille."

DIX-NEUF NOUVEAUX MORTS

La journée de mercredi a également été marquée par de nouvelles violences, qui ont fait dix-neuf morts. "Neuf militaires, dont un officier de l'armée régulière syrienne, ont été tués par une roquette tirée par des hommes armés, probablement des déserteurs", a indiqué l'OSDH, en précisant que les soldats se trouvaient "à bord d'un véhicule dans le village al-Hamrat", dans la région de Hama, au moment de l'attaque.

Six soldats ont été blessés lors "d'affrontements violents" entre l'armée régulière et probablement des déserteurs, près de Maaret al-Noman, dans le gouvernorat d'Idleb, selon l'OSDH.
D'autre part, dix civils, dont un bébé et un enfant de 12 ans, ont été tués par des tirs des forces de sécurité : sept dans la région de Homs, un des fiefs de la contestation, un à Saraqeb dans la région d'Idleb, un à Abou Kamal (Est) et un à Douma, près de Damas.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 10:31

Lettre d'Amérique du Sud | LEMONDE | 26.10.11 | 14h50   •  Mis à jour le 26.10.11 | 14h53

 
 

Ici, on n'aime pas les cimetières. Les allées sont vides, les sépultures délaissées. Même le vent printanier semble avoir oublié ces terres de désolation. On est loin des tombes mexicaines chargées d'offrandes et de fleurs. Loin des débordements funéraires de Bahia ou de Sao Luis. A la périphérie de Rio, la mort est anonyme, surtout dans sa dernière demeure.

A regarder de près la pierre tombale de Patricia Acioli, on se dit que les habitudes ont la peau dure. Les couronnes ont disparu et son nom n'apparaît nulle part. Inhumée dans le cimetière municipal de Niteroi, une ville située de l'autre côté de la baie de Rio, cette juge de 47 ans, réputée pour sa rigueur dans la lutte contre le crime organisé, a été assassinée, le 11 août, de 21 balles. Ce meurtre brutal avait suscité une gigantesque vague d'émotion dans le pays, rassemblant une foule compacte le jour de son enterrement. "Si vous voulez faire quelque chose pour elle, intervient l'un des gardiens des lieux, c'est dehors, en ville, qu'il faut chercher."

En effet. Depuis la mort de la magistrate, plusieurs enquêtes ont abouti à l'incarcération de onze policiers et à la démission récente de Mario Sergio Duarte, le puissant chef de la police militaire de Rio. Toute la direction de son équipe a été mise à pied par son remplaçant, le commandant Erir Ribeiro da Costa Filho. Une trentaine d'officiers ont été entendus. Et, d'après les enquêteurs, avocats et défenseurs des droits de l'homme, les investigations sont encore loin d'avoir épuisé tous les aspects de l'affaire.

L'assassinat de la magistrate a été le troisième du genre dans le pays depuis 2003, le premier dans l'histoire de l'Etat de Rio. Il jette une lumière crue sur la situation alarmante dans laquelle la mafia et la corruption policière dominent des zones entières de la région.

Les milices - formées de policiers et d'anciens flics, de pompiers, de gardiens de prison et de gros bras - ont lentement mais sûrement supplanté les narcotrafiquants dans les favelas et les quartiers pauvres, où elles sont entrées tout au long de ces dernières années en offrant leur prétendue protection aux habitants contre une "taxe de sécurité".

D'après les experts, les ramifications des milices ont atteint quasiment toutes les sphères de l'autorité publique. Des élus municipaux et de l'Etat seraient issus de leurs rangs. Une mainmise considérée par beaucoup comme étant encore plus dangereuse que celle exercée par les trafiquants de drogue.

Il faut dire que ces milices ont reçu dans le passé de curieux soutiens. L'ancien maire carioca, le très volubile et opportuniste Cesar Maia, les avait considérées, en 2006, dans un entretien au journal de Rio O Globo, comme "un moindre mal" et "une forme d'autodéfense communautaire" contre les narcotrafiquants.

L'actuel maire, Eduardo Paes, avait, lui, clairement défendu deux ans plus tard les milices devant les caméras de la chaîne Globo parce qu'elles "apportaient la paix à la population" dans des endroits où l'Etat avait perdu son autorité.

Des propos intenables aujourd'hui. Déjà, en 2008, sous l'impulsion du tenace et courageux député Marcelo Freixo, une commission d'enquête avait mis au jour les liens entre certains groupes de miliciens et des élus locaux. Son rapport se solda par plusieurs centaines d'arrestations, dont celles de plusieurs députés et conseillers municipaux.

Patricia Acioli avait soutenu l'action de la commission. Depuis cette date charnière, la juge avait permis l'incarcération de plus de 60 officiers de police, accusés d'appartenir à des gangs violents. La plupart d'entre eux ont été condamnés pour meurtre.

Une semaine encore avant son assassinat, elle s'était rendue au siège de la police de Rio pour y dénoncer les menaces qu'elle avait reçues de la part d'officiers de Sao Goncalo - où elle travaillait - et de Niteroi - son lieu d'habitation. Le 11 août, jour de son assassinat, elle se pencha une dernière fois sur un dossier impliquant des policiers dans le meurtre d'un jeune homme de 18 ans dans une favela. D'après Felipe Ettore, le responsable de la section homicide de Rio, les assassins présumés savaient que la juge allait exiger leur arrestation. Ils voulaient l'en empêcher, ajouta-t-il lors d'une conférence de presse. Ce que les meurtriers ne savaient pas, c'est que la juge avait signé le jour même de son exécution leur mise aux arrêts.

Depuis des années, Patricia Acioli recevait des menaces de mort. Plusieurs fois, elle avait écrit des lettres aux autorités pour réclamer le rétablissement d'une protection rapprochée - une protection qui lui avait été retirée en 2007. Encore récemment, son nom était apparu aux côtés d'autres magistrats sur une liste de douze personnes à abattre. Le document a été découvert après l'arrestation d'un chef de milice.

Ce 11 août, au petit matin, Patricia Acioli fut donc assassinée dans sa voiture par un commando de tueurs encagoulés. Elle avait travaillé jusque tard dans la nuit. Elle était seule. Comme aujourd'hui dans son cimetière de Niteroi.


bourcier@lemonde.fr

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