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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 20:03

 

L'Edito 27/10/2011 à 10h14

Pierre Haski - Rue89 Rue89


 

Le fonctionnement chaotique de l'Europe, son déficit démocratique et la crise sociale à venir : les leçons à retenir du sommet de Bruxelles.

 

 


José Luis Rodriguez Zapatero et Nicolas Sarkozy au sommet européen de Bruxelles, le 26 octobre 2011 (Yves Herman/Reuters)

 

La dramaturgie européenne a été respectée : comme à chaque crise, nuit blanche, tensions de couloir, conférences de presse au petit matin... Et un accord final conforme en tous points à ce qui était attendu depuis plusieurs jours, au moins dans le volet qui concerne la dette grecque, les banques, le Fonds européen de stabilité financière.

Quelques leçons à retenir de cet exercice qui, au-delà de l'objectif réussi de « rassurer les marchés », comme le veut la doxa du moment, n'aura pas sorti l'Europe de ses contradictions. Des leçons en forme de non-dits.

1

Fonctionnement chaotique

 

Le mode de fonctionnement de l'Europe souffre de deux maux qui se sont manifestés de manière criante ces derniers jours :

  • le premier est le choc des ego, avec l'indigne sourire arrogant de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de Silvio Berlusconi, entraînant dans son dérapage indécent Angela Merkel. Au moment où la zone euro tente d'afficher sa solidarité, cette pitrerie de conférence de presse alimente cette « Europe des clichés » qui a la vie dure ;
  • le deuxième est la faillite des institutions européennes. Qui a entendu parler de la Commission européenne pendant cette crise ? A quoi sert Herman Van Rompuy devenu l'an dernier, par la force du plus petit dénominateur commun, le « président de l'Europe » ?

L'absence de « gouvernement économique » est apparue, comme on pouvait le supposer depuis des années mais jamais autant qu'aujourd'hui, comme une erreur potentiellement fatale de la construction monétaire européenne.

Le sommet de Bruxelles n'a pas généré d'avancée significative sur cette voie, pas d'ouverture fédératrice, c'est sa principale lacune, même si elle est cachée par les avancées plus immédiates sur la dette grecque ou le fonds de solidarité.

La question pourra-t-elle être éludée beaucoup plus longtemps, si la zone euro veut retrouver sa cohérence ?

2

Déficit démocratique

 

Le grand paradoxe de la dramaturgie de ces dernières 24 heures, est que le déblocage de la situation est venu... du Bundestag. C'est en effet le vote du parlement allemand mercredi après-midi, autorisant Angela Merkel à négocier une extension du Fonds européen de stabilité financière, qui a permis le succès de la nuit à Bruxelles.

Paradoxe car on aurait imagine que c'est l'europarlement, élu au suffrage universel direct par les 450 millions d'Européens, qui joue ce rôle de garant démocratique du deal sur la dette grecque et sur la solidarité financière européenne.

Ça en dit long sur le fait que, malgré les avancées, l'europarlement reste un pôle négligeable de pouvoir en Europe, dont la légitimité reste si fragile qu'on en oublie même qu'il existe quand les enjeux deviennent vitaux. C'est plus que regrettable, c'est affligeant.

Ça en dit long, également, sur le poids de l'Allemagne dans toute solution pour sauver l'euro et traiter la crise de la dette. A garder en mémoire chaque fois que Nicolas Sarkozy emploie le pronom personnel « je » pour expliquer qu'il a sauvé l'Europe.

Dans l'Europe d'aujourd'hui, sans l'Allemagne, pas d'accord, mais l'Allemagne seule ne peut pas sauver l'Europe. On en revient à ce qui fait la mayonnaise européenne de toujours : une machine à générer des compromis entre Etats membres. Ça fonctionne, mais avec un déficit démocratique qui est devenu insupportable.

3

La crise sociale est devant nous

 

Le troisième non-dit de l'accord de Bruxelles, c'est qu'il va falloir faire avaler la potion amère de l'austérité aux peuples d'Europe. Les Grecs sont déjà en train de l'avaler – et de se révolter –, les Italiens viennent de découvrir que leur chef de gouvernement peut promettre en quelques heures dans une lettre écrite à la va-vite que la retraite en Italie va passer à ... 67 ans !

Et les Français, ce jeudi matin, auront plus à cœur de savoir à quelle sauce de TVA ils vont être mangés, que de se réjouir d'apprendre qu'on a réduit la dette grecque et renforcé le FESF.

Ce sera l'enjeu des prochains mois en France. En choisissant François Hollande comme candidat, le PS a désigné le candidat le plus compatible avec les objectifs européens qui ont été décidés cette nuit. En particulier, son engagement d'atteindre le zéro déficit à la fin de son mandat tranchait avec le refus de Martine Aubry de prendre un tel engagement.

La vraie différence sera-t-elle dès lors dans le traitement social de cet effort colossal qui sera demandé à l'économie française et aux Français ?

Nicolas Sarkozy s'est taillé une émission sur mesure, ce jeudi soir, pour convaincre les Français qu'il est le sauveur de l'Europe, et qu'il ne faudra pas changer de capitaine au milieu de la tempête, surtout pour confier le navire à un capitaine qui n'a jamais barré.

Il aura plus de mal à convaincre qu'il a le sort des catégories les plus menacées par la crise à cœur, après quatre années passées avec l'habit qui lui colle désormais à la peau de « Président des riches ». Difficile de nier qu'une partie du déficit actuel repose dans les « cadeaux » fiscaux qui ont été faits, à pure perte, aux plus aisés.

Dans une France moins « indignée » que d'autres pays, au moins en apparence, il ne faudrait pas grand chose pour que la purge sociale se transforme en explosion de colère. Surtout si le candidat qui incarnera la gauche au deuxième tour n'arrive pas à convaincre qu'il est porteur d'un programme radicalement différent.

Le sommet de Bruxelles, plus encore que la primaire socialiste, lance véritablement le coup d'envoi de la campagne électorale française. Premier acte, ce jeudi soir, dans une mise en scène 100% élyséenne.


Dessin de Baudry

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 19:55
Rue89 - Revista de prensa 27/10/2011 à 14h12
 

Les éditorialistes espagnols ont le sentiment que leur pays a été sacrifié sur l'autel du sauvetage grec. Pour le plus grand profit de l'Italie, et pour arranger les affaires de l'Allemagne et de la France.

« Les établissements bancaires espagnols sont les grands perdants », titre El Pais, premier quotidien de la péninsule :

« L'ensemble de la presse européenne souligne que nos banques ont besoin de 26 milliards, soit un quart du total des 106 milliards de recapitalisation prévue pour l'ensemble des banques européennes. Cette recapitalisation, initialement pensée pour faire face à la suspension de remboursement de la Grèce, finit par se retourner contre l'Espagne, alors que ses banques étaient les moins liées à la dette grecque. »

La France et l'Allemagne, qui sont les grands détenteurs de titres grecs s'en tirent, elles, « comme des fleurs » :

« Les grandes banques françaises et allemandes, se retrouvent à devoir lever moins de capitaux que les banques espagnoles ! »

L'Italie préservée pour le confort des « voyageurs de première classe »

« Tous [les leaders européens] ont une obsession : que le Titanic ne coule pas. Et tous savent que si l'Italie de Berlusconi s'enfonce, les voyageurs de première classe s'enfonceront avec elle », analyse le quotidien dans un autre article.

Dans ce sauvetage forcé de l'Italie, qui risque de laisser l'Espagne sur le carreau :

« C'est l'Allemagne qui décide du calendrier, des formes et des chiffres. La France suit, en essayant de mettre un peu d'humanité et de chaleur là où Berlin ne voit que bonimenteurs, gaspillage, indiscipline. »

L'Espagne, un exemple à suivre...

Sur son blog, Carlos Segovia, rédacteur en chef du quotidien de droite El Mundo, farouchement anti-Zapatero, se désole de l'abandon délibéré de l'Espagne par Merkel et Sarkozy :

« S'ils n'ont pas fait pression ces derniers jours sur Zapatero comme ils l'ont fait sur Berlusconi, ce n'est pas parce que la situation de l'Espagne ne les intéresse pas pour la stabilité de l'euro, mais parce qu'ils pensent qu'il n'y a plus rien à discuter avec lui. Ils attendent le changement de gouvernement [les élections espagnoles auront lieu le 20 novembre, ndlr]. C'est très regrettable. »

Et d'autant plus injuste que la chancelière Merkel, en personne, et devant le Bundestag, avait reconnu les immenses efforts consentis par l'Espagne, « un exemple du changement d'attitude nécessaire en Europe ».

Les Anglais confirment, on a bien oublié l'Espagne

La presse britannique a elle aussi le sentiment que les Espagnols sont victimes... de la faiblesse de l'économie italienne. Laurence Knight de la BBC analyse :

« Il semble que c'est l'Italie et non l'Espagne qui est désormais vue comme le principal candidat de cette contagion parmi les grandes économies européennes. »

Et donc comme le principal bénéficiaire possible du soutien européen.

Le Guardian ne dit pas autre chose :

« L'Italie est le nouveau mouton noir de l'Eurozone : l'Irlande est félicitée pour avoir recollé à nouveau son économie, l'Espagne a été en grande partie oubliée. »

Avec Emilie Brouze

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 19:47
Marianne - Panagiotis Grigoriou - Blogueur associé  | Vendredi 28 Octobre 2011

 

Aujourd'hui, la Grèce célèbre sa fête nationale, que le peuple attend avec fébrilité. Les députés se déclarent malades pour ne pas participer aux parades, qui risquent de virer en manifs. Panagiotis Grigoriou, historien et ethnologue, témoigne de l'intérieur.



Photo Panagiotis Grigoriou
Photo Panagiotis Grigoriou
A la gare vers midi. Attente du train en provenance d'Athènes. Il sera bondé. Trente-cinq euros A/R, et sans péages, pour l'instant. En plus, deux rames par jour, au lieu de quatre avant. Un ami a décidé de célébrer ici le 28 octobre. Demain (28) c'est la fête nationale. Nous étions ensemble il y a deux semaines, pas loin de la banderole nocturne, devant le supposé Parlement de notre Zone Occupée : Para todos todo - para nosotros nada... etc.

Tout le monde commente les décisions de la tondeuse allemande sur notre pays, le premier à être classé officiellement Z.O.P. (Zone d'Occupation Prioritaire), au sein de l'Union Européenne. Quelle nuit à Bruxelles ! On dirait celle des longs ciseaux. Tous les regards, braqués sur la télévision au café de la gare, les injures pleuvent.

« Nous devons dire NON demain dans les rues, transformer les parades en manifs », a lancé un conducteur de taxi qui espérait trouver enfin un client par l'arrivée du train. « T'as vu - a répondu un agent du rail - tous les députés du département se sont déclarés malades pour ne pas assister aux festivités, car les syndicats et les autres collectifs, ont formulé des menaces ». C'est vrai, dans toute la Grèce, il n'y a plus un seul ministre ou député P.S. qui puisse s'aventurer lors d'une promenade, une apparition officielle ou privée sans recevoir, injures, œufs et autres projectiles.

 

La fête nationale grecque, une occasion de manifester ?
En attendant, le chauffeur de taxi m'a mis au courant de sa nouvelle stratégie de survie. « Dire NON dans la rue c'est bien, mais il faut aussi remplir l'assiette chez soi. Au niveau régional, nos unions professionnelles ont monté une vraie société coopérative d'importation et de revente de pièces entre nous. C'est ainsi que les rotules de direction nous coutent trois fois moins cher, l'huile de semi-synthèse, moitié-prix, en plus nous ne chipons pas la TVA nous, salopards d'importateurs, racaille... ».

Le 28 Octobre 1940, notre dictateur de l'époque, Metaxas, a dit NON à l'ultimatum italien de la double décennie fasciste - ventennio fascista. Benito Mussolini a perdu sa guerre car les grecs, à part Metaxas, ont également dit non, et parce que les italiens n'ont pas pris l'affaire très au sérieux au point de réclamer la descente des Allemands... pour aller vite, notre mai 1941 répétait mai 1940, en France. Nous, nous attendons donc le 28 Octobre 2011 avec fébrilité... Les infos filtrées depuis Bruxelles font état de vigt ans de « tutelle »... une double décennie, entière.

L'ami est arrivé. « Athènes c'est trop lourd mon vieux, tu verras en y retournant ». Le train a apporté en plus, les clients tant attendus par le chauffeur de taxi, il en aura sans doute pour ses rotules, avant le prochain sommet à Bruxelles.

Retrouvez Panagiotis Grigoriou sur son blog.
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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 19:43

 

LeParisien.frPublié le 28.10.2011, 19h56

Des manifestations contre le gouvernement et l'austérité ont perturbé vendredi en Grèce, les traditionnels défilés de la fête nationale du 28 octobre, au lendemain de l'accord européen qui a allégé la dette du pays en échange d'un contrôle accru de ses créanciers sur son budget.

Des manifestations contre le gouvernement et l'austérité ont perturbé vendredi en Grèce, les traditionnels défilés de la fête nationale du 28 octobre, au lendemain de l'accord européen qui a allégé la dette du pays en échange d'un contrôle accru de ses créanciers sur son budget. | Louisa Gouliamaki


Des manifestations contre le gouvernement et l'austérité ont perturbé vendredi en Grèce, les traditionnels défilés de la fête nationale du 28 octobre, au lendemain de l'accord européen qui a allégé la dette du pays en échange d'un contrôle accru de ses créanciers sur son budget.
Aux cris de "traîtres, traîtres", des milliers de manifestants massés à Salonique (nord) sur l'avenue où devait avoir lieu le défilé militaire annuel du 28 octobre, ont empêché le déroulement de la parade, contraignant le président de la République Carolos Papoulias à quitter les lieux, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Je suis désolé. Ils devraient avoir honte. Je ne veux pas partir, mais certains ont vraiment envie que cet événement soit annulé" a déclaré à la presse le président Papoulias.
Selon l'agence de presse grecque ANA, c'est la première fois en 71 ans que ce défilé est annulé. Le 28 octobre, surnommé "journée du non", marque l'entrée de la Grèce dans la Seconde Guerre mondiale le 28 octobre 1940, et symbolise la résistance des Grecs aux troupes italiennes de Mussolini.
Le président Papoulias, 82 ans, lui-même actif dans la résistance anti-nazie alors qu'il était adolescent, a peu apprécié d'être qualifié de "traître".
"Nous devons nous serrer les coudes, surmonter cette crise et nettoyer notre maison pour la laisser en bon état à nos enfants" a-t-il dit aux médias, en faisant allusion à l'accord conclu vendredi à l'aube à Bruxelles, qui accorde une annulation d'une partie de sa dette à la Grèce et une nouvelle bouée de sauvetage financière, en échange d'une poursuite de ses efforts de rigueur et d'un renforcement du contrôle par la zone euro sur son budget national.
Les manifestants ont bloqué la voie sur laquelle devait avoir lieu le défilé, en lançant des bouteilles d'eau et des oeufs en direction de la tribune officielle, a indiqué une source policière à l'AFP.
A Athènes, une parade d'étudiants, traditionnelle chaque 28 octobre, a également dégénéré. Des bousculades avec les forces de l'ordre ont eu lieu devant le Parlement, a constaté une photographe de l'AFP.
En signe de deuil, certains musiciens de l'orchestre municipal avaient orné leurs instruments de rubans noirs.
Faisant un lien entre la politique d'austérité imposée en Grèce par les créanciers du pays (UE-FMI-BCE) et la période d'occupation nazie, une banderole de manifestants proclamait "Arbeit macht frei", en référence à l'inscription apposée à l'entrée du camp de concentration nazi d'Auschwitz.
Dans le reste de la Grèce, les défilés ont également été perturbés par des manifestants, ont rapporté les médias, notamment à Héraklion (Crète), Rhodes, Patras, Kalamata, Trakala et Nauplie, dans un climat de tension avec les forces de l'ordre.
Dans un communiqué, le Premier ministre Georges Papandréou a fustigé les "autocrates" qui "essaient d'imposer leurs opinions en interrompant les parades", et sont, selon lui, "responsables d'atteintes aux traditions démocratiques du pays".
Mercredi, le ministre de la Défense, Panos Beglitis, avait déjà été pris à partie à Salonique par un groupe de manifestants.
En revanche, les propos du président français Nicolas Sarkozy jeudi soir, selon lequel "la Grèce n'aurait pas dû être admise dans l'union monétaire" n'ont suscité aucun débat.
"Ce fut une erreur car la Grèce est rentrée avec des chiffres qui étaient faux (...) elle n'était pas prête", a affirmé M. Sarkozy.
Au gouvernement, aucune réaction officielle n'a pu être obtenue.
Seul un député socialiste, Spyros Kouvelis, a réagi en estimant que les propos de M. Sarkozy traduisaient surtout "l'angoisse d'un président dans la perspective des élections". "Certes, l'économie grecque a du chemin à faire pour devenir compétitive dans l'Union européenne, mais placer la responsabilité de tout ce qui s'est passé au cours des deux dernières années en Europe sur un petit pays de 10 millions d'habitants, c'est excessif", a-t-il dit à l'AFP.

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 19:37

plunkett.hautetfort.com - 28.10.2011

Une désinformation démasquée :

 

 

La semaine dernière, les succursales françaises du Tea Party américain (obstinées à défendre le système économique actuel) affirmaient que les indignés de Londres (insurgés contre l'ultra-capitalisme libéral) avaient « fermé la cathédrale Saint-Paul ».

Mensonge...

En réalité, l'archevêque de Cantorbéry avait décidé cette fermeture (contre l'avis de la majorité du clergé) dans la perspective de heurts entre la police et les jeunes manifestants campant sur le parvis depuis le 15 octobre ; il craignait que ceux-ci ne se réfugient dans la cathédrale, invoquant le droit d'asile.

D'où la démission du chanoine-chancelier Giles Fraser, dénonçant une connivence entre l'archevêque et le gouvernement.

L'ancien archevêque, George Carey, a parlé dans le même sens, déplorant que la décision de fermeture « nuise à la réputation du christianisme ».

Le clergé de Saint-Paul a imposé la réouverture, qui a eu lieu aujourd'hui. Il annonce également son intention de célébrer eucharistie et offices aux intentions des jeunes indignés.

 

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 19:29

hautetfort.com - 28.10.2011

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 Voilà l'explication de ce masque, sardonique et moustachu, porté par les « indignés » à Londres, Madrid, New York, Zurich etc :

 

 

 

 

Qui était Guy Fawkes ? Le catholique le plus haï de l'Angleterre anglicane depuis le XVIIe siècle.

 Né le 13 avril 1570 à York, exécuté le 31 janvier 1606 à Londres, Guy Fawkes tenta de faire exploser le palais de Westminster lors de la session d'ouverture du Parlement, le 5 novembre 1605, afin de supprimer le roi protestant Jacques Ier et les membres des deux Chambres. Cette « conspiration des poudres » (Gunpowder Plot) fut déjouée, Fawkes arrêté, puis torturé et exécuté à Tyburn pour trahison et tentative de régicide.

L'échec de la conspiration fut célébré chaque année jusqu'au XXe siècle, sous le nom de Guy Fawkes Night : on allumait des feux de joie en chantant « no popery », « pas de papisme ».

Avant d'essayer de transformer l'oligarchie anglaise en chaleur et en lumière, Guy Fawkes avait eu une carrière étonnante. Fils de protestant, éduqué dans la religion protestante, il s'était converti au catholicisme à l'âge de 16 ans, avant de s'engager (à 22 ans) dans l'armée espagnole pour se battre aux Pays-Bas ; c'est là qu'il devint expert en explosifs. En 1603, il est recruté à ce titre par les conspirateurs Robert Catesby, William Stanley et Thomas Winter, décidés à empêcher Jacques Ier de relancer la persécution sanglante à l'encontre des catholiques. D'où l'idée de louer une cave sous la Chambre des Lords, d'y stocker 36 barils contenant 670 kilos de poudre noire, et de faire sauter le roi et les parlementaires. Mais des catholiques conspirateurs restent des catholiques : ils voulurent épargner ceux des parlementaires qu'ils considéraient comme innocents. Ils les prévinrent donc. L'un de ceux-ci, lord Monteagle (un ennemi de la Subversion, un ami de l'Ordre et des Vraies Valeurs Nationales) balança le complot au gouvernement. Fawkes fut arrêté dans la cave à l'instant où il allumait la mèche. On le tortura longuement, puis on le condamna à être pendu, étripé et coupé en morceaux (hanged, drawn & quartered) selon la procédure alors en vigueur.

 indignés,guy fawkes,v comme vendetta

        L'arrestation de Guy Fawkes, par Henry Perronet Briggs (1823).


Comment l'effigie de Guy Fawkes est-elle devenue l'emblème des indignés en 2011 ? Via la BD de Moore et Lloyd, V pour Vendetta, qui s'inspira de la physionomie de Fawkes pour créer le masque de « V ». Et qui est « V » ? Un résistant, dans une Angleterre future devenue fasciste, et qui s'est placé sous le patronage de Fawkes pris comme symbole de la défense des libertés.

On pourra ergoter sur le degré de moralité de V pour Vendetta, et dire - avec sérieux - que Guy Fawkes eut tort de vouloir faire sauter le Parlement anglais ;  on peut en effet refuser de s'amuser devant les ironies de l'Histoire et le retour des archétypes. En tout cas je rassure les inévitables censeurs : fidèle à l'esprit d'Assise, je ne prône pas le terrorisme. Et s'il faut tout expliquer, la clé de cette note se trouve... dans la note précédente.

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 19:03

Tribune de Geève - Anne-Elisabeth Celton | 28.10.2011 | 07:26


DÉMÉNAGEMENT | La quarantaine de campeurs des Bastions va laisser place aux préparatifs de la course de l'Escalade. En attendant, le groupe reste actif et annonce une manifestation cet après-midi.


© Pierre Abensur |

 

Les campeurs du parc des Bastions ont appris cette semaine qu'ils vont devoir quitter les lieux durant le mois de novembre. Cela pour laisser place aux préparatifs de la course de l'Escalade, informe 20 Minutes.

«Dès le 1er novembre, l’emplacement actuel des campeurs est réservé pour la mise en place de la manifestation, explique Raoul Schrumpf, du département municipal de l’environnement urbain. Mais les Indignés pourraient rester jusqu’au début du montage des infrastructures.»

Les campeurs avaient été avertis de la situation en début de semaine et s'étaient déjà déclarés prêts à faire des concessions. Ils souhaitent désormais s'installer sur la pelouse du Palais Eynard.

Cet après-midi, Pierre Maudet doit rencontrer sur place les Indignés afin de discuter avec eux de différentes options.

Manifestation de soutien

En attendant, le groupe reste actif et annonce une manifestation de solidarité aujourd'hui avec les indignés d'Oakland (Californie) en raison de la répression violente subie mardi soir. La police a tiré en fin de journée des gaz lacrymogènes et des balles lestées pour déloger les militants.

Le cortège débutera à 12h30 place des Nations pour se diriger vers l'ambassade américaine.

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 14:34
| Par Mathilde Mathieu et Michaël Hajdenberg

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Sinon de Canard enchaîné, les habitants de Puteaux ne manquent en apparence de rien. Le mercredi 19 octobre au matin, dès la parution de l'hebdomadaire satirique, de mystérieux motards ont acheté la quasi-totalité des palmipèdes en vente dans la ville. La maire a-t-elle imaginé qu'ainsi, les Putéoliens, privés de journaux, ne verraient pas les informations du Canard, selon lesquelles elle a caché 4 millions d'euros au Luxembourg?

Après tout, ses administrés vivent bien toute l'année dans une sorte de monde parallèle, au milieu d'une ville qui, non seulement ne connaît pas la crise, mais ne paraît pas savoir quoi faire de son argent tellement elle en dispose. Alors la maire distribue: des cadeaux, de l'argent, des privilèges. Construisant un système de «clientélisme généralisé», selon ses opposants du Modem et du parti socialiste.

 

Joëlle Ceccaldi-Raynaud, 63 ans, également présidente de l'Epad (Etablissement public d'aménagement de la région de la Défense) et ancienne suppléante de Nicolas Sarkozy à l'Assemblée nationale, a pris en 2004 la relève de son père Charles, maire de la ville pendant 35 ans. Elle s'est fâchée avec lui quand il a voulu reprendre sa place en 2005. Il n'a donc pas hésité à la balancer à la justice.

En terme de gestion de ville, il ne peut cependant pas avoir grand-chose à lui reprocher tellement elle s'est inscrite dans ses pas. Comme à son époque, Puteaux profite du fait que les deux tiers du quartier d'affaires de la Défense se trouvent sur son territoire. La manne des entreprises (assurée jusqu'à présent par la taxe professionnelle) permet à cette ville de 44.000 habitants de disposer d'un budget de 285 millions d'euros.

Pour une même population, la ville de Tarbes vote un budget de 77 millions d'euros par an. Neuilly (et ses 60.000 habitants), 152 millions d'euros. A Puteaux, le potentiel fiscal par habitant est cinq fois plus élevé que dans les communes de la même strate.

Du coup, tout le monde est gâté. Dès le premier cri. Chaque enfant qui voit le jour à Puteaux reçoit 46 euros. Mais il apprendra vite qu'il n'y a ici nul besoin de hurler pour se faire choyer. Grâce au CCAS (Centre communal d'action sociale; 6 millions d'euros de budget), sa maman pourra bientôt toucher elle aussi un cadeau, lors de la fête des mères (cuiseur à vapeur, mixeur...).

A l'arrivée à la crèche, ce seront des jouets ou un peignoir que les familles se verront offrir. Et ceux qui doivent faire garder leur enfant pourront toucher, en plus des aides de l'Etat, une allocation de 182 euros par mois, toujours versée par la mairie. Une condition de ressources est définie mais, comme souvent à Puteaux, les plus démunis ne sont pas spécialement ciblés bien que ce soit la mission première des CCAS. Par exemple, seuls les foyers fiscaux qui gagnent plus de 7.318 euros par mois ne peuvent pas toucher cette allocation. Ils sont rares.

La scolarité est ensuite l'occasion de recevoir régulièrement les familles en mairie, et particulièrement pour l'opération cartable. A chaque début d'année scolaire, enfants et parents sont invités à la mairie pour la remise d'une mallette bien remplie (30.000 euros de budget rien que pour les cartables) qui contient, entre autres, des stylos, des feutres, des cahiers pour l'année, et un mot du maire.

Michel Maze, représentant des parents d'élèves FCPE (classée à gauche), s'agace: «Je ne m'y suis jamais rendu. Je n'aime pas avoir à dire merci. Avant, les mallettes étaient remises à l'école, mais la maire a estimé que les parents ne se rendaient pas assez compte que c'est elle qui offrait.» Pour Stéphane Vazia, membre du PS, «la mallette ne répond pas forcément aux besoins des enseignants. Ce sont eux qui devraient en déterminer le contenu. Et puis c'est un gaspillage considérable. A quoi ça sert, de donner une dizaine de tubes de colle à un enfant? Ils les perdent tous au bout d'un mois.»

Le «cérémonial» s'accompagne, comme toujours à la mairie, d'une ambiance spécifique, qui varie selon les années: clowns, magiciens, orchestres... pour un montant non connu. La maire n'a pas répondu à cette interrogation. Pas plus qu'aux autres questions que nous lui avons posées, au motif que «le budget n'est pas l'actualité de la collectivité». Ces cérémonies ont pourtant bien lieu toute l'année. Par exemple lors de la traditionnelle galette des rois de janvier, où, avec un peu de chance, on croisera en mairie un chameau ou un âne, pour aider les enfants à se figurer les Rois mages.

Voyages à l'autre bout du monde

«C'est une gabegie», dénonce le conseiller municipal Modem Christophe Grébert, adversaire politique particulièrement vigilant, qui ne manque pas une occasion sur son blog de dénoncer les excès de la maire (et à qui la commission nationale des comptes de campagne vient de reprocher de ne pas avoir intégré son blog dans ses comptes de campagne). «Dépenser des centaines de milliers d'euros en petits fours et 100.000 euros en champagne, c'est indécent. Tout cet argent n'est jamais utilisé à inventer, innover, par exemple dans le domaine du développement durable. Il est dilapidé n'importe comment alors que nos lycées sont d'un niveau moyen, qu'il reste des logements insalubres, que certaines personnes auraient besoin d'un meilleur suivi social.»

Les fêtes de fin d'année sont bien entendues un moment privilégié pour la dépense: ce n'est pas pour rien que la municipalité commande pour plus de 50.000 euros de chocolats par an. Et c'est toute la ville qui doit rayonner: plus de 700.000 euros permettent d'illuminer les rues de la ville. Tandis que plus de 435.000 euros permettent d'organiser Puteaux-neige (il existe aussi un Puteaux-plage), opération pour laquelle sont carrément construites des pistes de luges et de ski. Sans compter l'installation d'un tyrolien.

On pourrait rajouter les aides au permis de conduire, les bourses aux étudiants, et surtout les cadeaux aux personnes âgées. Quand on habite Puteaux et qu'on a plus de 65 ans, on se voit proposer une foule d'activités (sophrologie, peinture sur soie, expression corporelle...) pour 55 euros par an et par activité si on s'inscrit au club 102. Et être sur le fichier de la ville permet de recevoir, au gré des années, un four micro-ondes, une cocotte-minute, un aspirateur sans sac... Des cadeaux de valeur qu'on peut ensuite partager avec sa famille.

Mais de l'avis général, ce sont les vacances qui illustrent le mieux la relation que la maire a tissée avec ses administrés. Les enfants peuvent profiter de séjours de luxe à l'autre bout du monde: en Laponie, en Chine ou ailleurs, pour faire du moto-neige, ou découvrir les fonds marins de l'île de Majorque. Cet été, les 15-17 ans pouvaient partir au Québec et ne payer que 1100 euros contre un prix normal estimé à 2495 euros.

Malgré des offres de plus grande proximité, Christophe Grébert juge le procédé injuste: «Bien sûr, c'est formidable pour ceux qui le font. Mais pourquoi pas des voyages en montgolfière tant qu'on y est? Ou en sous-marins? Comment un smicard peut-il offrir de telles vacances à ses enfants? Le but d'une municipalité est-il vraiment de permettre à quelques enfants de partir à moitié prix à l'autre bout du monde?»

Même questionnement pour les vacances proposées aux adultes. La Ville possède des centres de vacances, en Bretagne, Savoie et Corse. Là aussi, les prix défient toute concurrence, mais tout le monde ne peut pas pour autant se le permettre. «Le fait que rien de tout cela ne soit soumis au quotient familial (NDLR: qui prend en compte les ressources, les allocations et le nombre d'enfants dans le foyer) pose problème. Pourquoi faire des voyages à moitié prix pour les cadres supérieurs qui, de toute façon, partent en vacances ? On n'est pas une agence de voyage! Le but devrait être d'offrir les mêmes vacances à tous. Ce système de voyages est au cœur du clientélisme local.»

Christophe Grébert assure que certains personnes, quoique désireuses de profiter de ces avantages, de places en crèche ou en HLM, rencontrent des difficultés en raison de leur appartenance politique, ce que la mairie a toujours démenti. Dans la commission permettant d'obtenir un logement social, aucune place n'est laissée à l'opposition. Puteaux est également la seule ville du département dans laquelle la CNL (Confédération nationale du logement, premier syndicat de locataires) n'est pas représentée. Lors de l'examen des dossiers, un seul candidat par logement était présenté jusqu'au milieu des années 2000. Et rien n'indique que la pratique ait changé.

Au final, l'office HLM de la ville loge peu les plus fragiles: 17% des locataires de l'office bénéficient d'une aide au logement (contre 49% à l'échelle nationale).

Irrégularités dans le logement social

La ville se rapproche certes des 20% de logements sociaux exigés par la loi. Mais pas dans le sens généralement entendu. Avant que Charles Ceccaldi ne soit élu maire en 1969, la ville avait été tenue pendant plusieurs décennies par les «socialistes». La ville a donc compté à une époque près de 40% de logements sociaux, mais les projets de standing font petit à petit baisser ce pourcentage qui se situe aujourd'hui autour de 28%.

En 2006, la Miilos (mission interministérielle d'inspection du logement social) a gravement épinglé la ville, lui reprochant l'absence de «plan stratégique» pour son patrimoine HLM, des locations irrégulières à des personnes morales, des logements «indûment concédés pour utilité de service» et le non-respect du contigent préfectoral, la ville s'appropriant des places en HLM ne lui revenant pas.

En 2010, la Miilos note que l'office n'a rectifié qu'en partie ces points. Elle reproche à la ville de ne pas «assurer pleinement son rôle de bailleur social» et de «nombreuses irrégularités» dans le processus d'attribution. Elle s'étonne d'une étrange pratique: l'office HLM, présidé par la maire, demande à chaque nouveau locataire une attestation sur l'honneur selon laquelle «il n'a pas eu un logement en contrepartie de gratifications ou pourboire».

Des irrégularités, Sylvie Cancelloni (conseillère municipale Modem) en soupçonne également dans l'attribution des aides financières distribuées par le CCAS. Mais comment le vérifier? Membre du conseil d'administration depuis 2008, elle voit défiler des montants pour des aides attribuées. Mais sans noms ni motifs correspondants. «Avant 2008, les noms figuraient. Mais depuis que je suis présente en tant que membre de l'opposition, depuis que j'ai demandé quel suivi était fait de ces personnes, on n'a plus aucune information. La maire m'a juste expliqué que l'argent était remis en espèces. Mais donner une fois 300 euros à quelqu'un, est-ce ça ce qu'on appelle une politique sociale?» Chaque année, le CCAS verse jusqu'à 800 euros à des centaines de familles dans la plus grande opacité.

Peu de Putéoliens s'offusquent ouvertement de ce fonctionnement. Combien songent à se plaindre de ces nombreux avantages? A réclamer des coupes dans les dépenses plutôt que des coupes de champagne? A se demander si une part de l'argent obtenu grâce au travail de salariés venant à la Défense, en provenance de toute l'Ile-de-France, ne pourrait pas être versée à une commune qui en a vraiment besoin? A s'indigner du peu de baigneurs qui profitent d'une piscine construite sur l'île de Puteaux, et qui, avec son bassin extérieur de 50 mètres ouvert toute l'année à 29°C, ses deux jacuzzis, son hammam, son sauna, ses deux bassins intérieurs, son bassin à remous avec jets massants et sa rivière à contre-courant, aura coûté plusieurs dizaines de millions d'euros (le chiffre exact n'apparaît pas dans les bilans de la mairie)? Et combien à penser qu'une rénovation de l'actuel conservatoire de la ville aurait pu suffire plutôt que la dernière lubie de la maire, un «palais du conservatoire» (après des Palais des sports, de la culture, de la médiathèque, etc.), qui coûtera au bas mot 35 millions d'euros?

En même temps, il faut bien dépenser l'argent. Alors quand la maire ne construit pas des fontaines, elle adopte un aussi inutile qu'ingénieux système d'éclairage des plaques des rues de la ville grâce à des diodes (pour 106.000 euros hors TVA).

La mairie n'a pas de dette; elle n'a jamais besoin d'emprunter. Du coup, le père Charles a thésaurisé, accumulant plus de 200 millions d'euros grâce à des placements. En 2007, la chambre régionale des comptes, stupéfaite, a vertement signalé à la Ville que ce type de pratique était interdit depuis 2004 et qu'il vaudrait mieux, par exemple, baisser les impôts. En attendant, un jour, une meilleure redistribution des richesses dans la région Ile-de-France.

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 14:27

| Par Mathieu Magnaudeix

 

«Le chômage va augmenter, l'économie va ralentir dans les prochains mois. J'aimerais vraiment que Nicolas Sarkozy nous dise ce qu'il va faire. Mais j'ai peur qu'il ne dise rien.» Jeudi, avant l'intervention de Nicolas Sarkozy sur TF1 et France-2, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, interrogé par Mediapart, ne masquait pas son inquiétude de voir les sujets sociaux passer à la trappe. Il ne fut pas démenti.

Pendant une heure et demie, Nicolas Sarkozy n'a pas parlé une seule fois du chômage qui ne cesse de progresser (il touche désormais 4,5 millions de Français), de la croissance qui ralentit ou du pouvoir d'achat qui s'effrite. Il s'est en revanche acharné sur les «35 heures», l'«assistanat», le nombre selon lui trop élevé de fonctionnaires, et l'immobilisme supposé des syndicats. Le choix des thèmes ne doit rien au hasard. Bien qu'il s'en défende, Nicolas Sarkozy est bel et bien parti en campagne, sur une ligne très à droite.

«Sarkozy veut se poser en combattant», titrait le site internet des Echos avant cet entretien, réalisé «dans le salon des Portraits de l'Elysée, qui servit de cabinet de travail à Napoléon 1er». Cette nouvelle grand-messe télé devait être l'occasion de faire apparaître le président en pédagogue protecteur, expliquant les conclusions du sommet de Bruxelles et la crise de l'euro à ses concitoyens. Mais après avoir rapidement balayé la crise et la dette, le chef de l'Etat (qui n'a pas confirmé sa candidature à la présidentielle) semble bel et bien parier sur une posture d'homme providentiel face à la crise, promettant aux Français des sacrifices douloureux mais présentés comme incontournables pour préserver le fameux triple-A français et ne pas connaître une débâcle à la grecque. 

«Je dis aux Français: si vous voulez garder votre modèle social (...), il faut accepter de prendre les mesures courageuses nécessaires», a ainsi expliqué Nicolas Sarkozy à ses deux intervieweurs, les journalistes Yves Calvi et Jean-Pierre Pernaut, visiblement dépassés par les événements. Et le chef de l'Etat de défendre sa réforme des retraites, votée fin 2010 après plusieurs semaines de manifestations et jugée «injuste» par les syndicats unanimes.

«A partir du moment où on vit plus longtemps, il faut cotiser plus longtemps. La réforme, c'est 24 milliards d'euros de plus par an, et la garantie que leur retraite sera payée.» Sauf que la réforme n'est pas financée après 2018, ce que le chef de l'Etat a omis de préciser. Il a aussi saisi l'occasion pour fustiger à deux reprises le choix de la gauche de porter l'âge de la retraite de 65 à 60 ans... au début des années 1980.

Sarkozy s'est posé en chef d'Etat ayant osé réformer les retraites dans un pays présenté comme rétif au changement. «Regardez la réforme des retraites, tout le monde était contre. Comme toujours! En France ce n'est jamais le moment, il y a cette maladie qui consiste à se faire aimer, et à ne pas faire son devoir. Je suis président de la République et je ne dois pas me poser la question de savoir si je dois le redevenir ou pas. (...) Notre système de retraite était au bord de la faillite.» Nicolas Sarkozy s'en est même pris à la «capacité de nuisance» de la «rue», reprenant une musique anti-syndicale avec laquelle il avait rompu au début de son quinquennat sous l'influence de son conseiller social Raymond Soubie, confident des grands syndicalistes du pays.

Obsession allemande

 

20 octobre 2011. N. Sarkozy en visite en Mayenne
20 octobre 2011. N. Sarkozy en visite en Mayenne© M.T.

Nicolas Sarkozy ne prendra pas le temps de détailler les autres réformes «nécessaires» pour «sauver» le modèle social français. Car bien vite, il enfourche son deuxième cheval de bataille: les 35 heures, une réforme vieille d'une décennie, dont il fait aujourd'hui encore la cause de bien des maux de l'économie française. «L'affaire des 35 heures a été payée par les ouvriers. Y a eu des délocalisations, une pression sur les salaires.» Pour le chef de l'Etat, la réduction du temps de travail votée sous le gouvernement Jospin est même à l'origine de la «rupture de compétitivité de l'économie française» à partir de 2000.

 

 

Cette affirmation est directement inspirée des travaux de l'institut économique COE-Rexecode, proche du patronat. Dans un rapport paru début 2011, il attribue principalement les pertes de parts de marché à l'export de la France par rapport à l'Allemagne à la réduction du temps de travail. «Après la réunification (...) une stratégie de compétitivité a été mise en œuvre méthodiquement et collectivement sur plusieurs années: maîtrise des déficits publics, investissements en recherche, réformes profondes du marché du travail, modération salariale durable. A l'inverse et à peu près au même moment, la France a imposé une réduction forte et uniforme de la durée du travail par la loi, ce qui a considérablement et brutalement réduit le nombre moyen d'heures de travail effectivement réalisées par semaine, engendré une hausse des coûts horaires et des coûts unitaires de production», affirme l'institut patronal.

La thèse est loin de faire l'unanimité parmi les économistes. Selon une étude tout aussi récente des chercheurs de la banque Natixis, le nombre d'heures travaillées par semaine n'a diminué que pendant deux ans après le vote de la loi sur les 35 heures. Temps partiel compris, la durée du travail est d'ailleurs significativement plus élevée en France qu'en Allemagne.

Natixis affirme enfin que c'est moins la durée du travail que la compression drastique des salaires en Allemagne qui a permis à notre voisin de baisser ses prix à l'exportation. Un choix économique qui a effectivement garanti une croissance élevée à l'Allemagne, mais au prix d'une consommation atone.

Visant sans le nommer le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande qui promet de recréer 60.000 postes dans l'éducation nationale, Nicolas Sarkozy a justifié sa politique du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et martelé son credo: «Nous avons trop de fonctionnaires.» Il a aussi fustigé un prétendu «modèle d'assistanat» en France, alors même que la France est un des pays où les minima sociaux sont les plus faibles. Depuis la défaite des cantonales en mars 2011, l'UMP croit ainsi pouvoir reconquérir cette partie importante de l'électorat populaire qui avait voté Nicolas Sarkozy en 2007, et semble désormais tentée par l'abstention ou le vote Front national.

Obsédé par l'Allemagne qu'il a citée à maintes reprises, le chef de l'Etat a promis de «travailler main dans la main avec les Allemands», ou encore de «rapprocher la France d'un système qui marche: celui de l'Allemagne», par exemple en termes de fiscalité ou de politique budgétaire. Un discours que le chef de l'Etat martèle depuis des mois, mais qui peine à se concrétiser et semble davantage relever de l'incantation. Le gouvernement pourrait néanmoins invoquer très prochainement l'harmonisation fiscale avec l'Allemagne pour justifier la hausse du taux «intermédiaire» de TVA de 5,5% à 7%. Le fameux exemple allemand est bien pratique quand il s'agit d'annoncer sans le dire de nouvelles hausses d'impôts... 

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 14:21
| Par Marine Turchi

«Le débat sur ma candidature sera tranché quelque part entre fin janvier et début février, a dit Nicolas Sarkozy jeudi soir, expliquant vouloir «être président de la République jusqu'à la dernière minute». Une candidature trop tardive? Le chef de l'Etat s'en défend, et brandit les exemples de Mitterrand en 1988 et Chirac en 2002. A la différence de ses prédécesseurs lors de leur conquête d'un deuxième mandat, le président-candidat ne s'est adressé qu'à un seul électorat: le sien. A aucun moment il ne s'est écarté des fondamentaux de la droite. Une droite loin des centristes.

Nicolas Sarkozy, jeudi soir. Nicolas Sarkozy, jeudi soir.
Lutte contre l'«assistanat»
«Assistanat». Le mot a été répété maintes fois par Nicolas Sarkozy. «Moins d'assistanat, plus d'investissement», a-t-il annoncé, fustigeant «ce modèle d'assistanat qui consiste à laisser les gens chez eux». Pour lui, «la stratégie est claire: travail, innovation, formation, investissement».

La lutte contre la fraude sociale sera-t-elle l'un des thèmes de campagne de l'UMP en 2012? C'est ce que murmure ces temps-ci l'Elysée. C'est aussi ce que le chef de l'Etat martèle dans ses déplacements à travers la France (lire notre décryptage et notre reportage de sa visite en Mayenne). Le thème est en tout cas très en vogue à l'UMP depuis quelques mois. En avril, Laurent Wauquiez avait lancé une violente charge contre le RSA. Qualifiant «l'assistanat» de «cancer de la société», il avait proposé d'obliger les bénéficiaires du RSA à effectuer des travaux d'intérêt général en contrepartie de leur allocation. Cinq mois plus tard, sa proposition est reprise par le rapport Daubresse.

Entre-temps, l'idée a fait du chemin dans la majorité. En juin, le député de la Droite populaire, Dominique Tian, rendait un rapport dénonçant l'ampleur des fraudes sociales en France. En juillet, Thierry Mariani ressortait la vieille proposition d'un fichage des allocataires sociaux, et le ministre du travail, Xavier Bertrand, annonçait son application «avant la fin de l'année». Une manière de contre-attaquer sur le terrain de Marine Le Pen, qui en a fait l'un de ses thèmes privilégiés.

Haro sur les fonctionnaires
Pour satisfaire son électorat, Nicolas Sarkozy n'a pas non plus ménagé les fonctionnaires. «Quand j'ai décidé qu'on ne remplacerait plus qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, nous avons supprimé 150.000 postes de fonctionnaires, il faut continuer», a-t-il dit, égratignant au passage son rival socialiste: «J'entends qu'on parle d'embaucher 60.000 enseignants de plus, mais avec quel argent?» Lorsque le journaliste Yves Calvi lui rappelle ses propos moquant les fonctionnaires, devant des ouvriers, lors d'un déplacement, Sarkozy «persiste et signe». Et répète, comme il l'avait fait le 20 octobre, en Mayenne, que ce ne sont pas les fonctionnaires qui pâtissent de la crise mais les ouvriers. «Quand on est ouvrier et qu'il y a du chômage partiel, le salaire est impacté par la crise, dire ça, ce n'est pas insulter les fonctionnaires», ajoute-t-il.

Ne pas «céder face à la rue»
Avec une bonne dose de culot, il a dénoncé «cette maladie qui consiste à ne penser qu'à son image» et à «se faire aimer». Lui serait le président qui «assume ses responsabilités» et prend «les mesures courageuses nécessaires». Celui qui n'a pas «cédé à la rue», aux «neuf manifestations nationales sur les retraites», aux mois de contestations «contre la réforme sur l'autonomie des universités». «Je dis aux Français: "Regardez ce qui se passe quand des pays n'ont pas fait au bon moment les réformes nécessaires"

«Je n'étais pas président de la République en 1983»

A quatre reprises – au moins – il a défendu, dans un long monologue, sa réforme des retraites. «Quand je suis devenu président j'ai découvert avec stupéfaction qu'il y avait 15 millions de retraités, et que nous devions aller chercher de l'argent à la banque pour payer les retraites»; «Quand nous avons fait la réforme des retraites avec François Fillon, tout le monde nous est tombé dessus, les syndicats, l'opposition (...) Moi je m'en moque de savoir si je vais être réélu»; «Cette réforme des retraites a protégé la France et les Français. La Grèce, l'Italie, l'Espagne n'ont pas fait de réforme des retraites»

Aligner sa fiscalité sur l'Allemagne
Augmenter les impôts? Hors de question. «Les Français doivent savoir que nous sommes le pays d'Europe qui a les impôts les plus élevés d'Europe.» Taxer davantage les plus aisés? «Nous sommes les derniers à avoir un impôt sur la fortune»; «Il n'y a pas un pays d'Europe où ceux qui ont de l'argent payent autant d'impôts qu'en France», a-t-il assuré (ce qui, en réalité, n'est plus le cas désormais).

Nicolas Sarkozy souhaite au contraire «rapprocher la France d'un système qui marche: celui de l'Allemagne». Outre-Rhin, justement, les prélèvements obligatoires et le taux de l’impôt sur les sociétés sont moins élevés. Cet alignement fiscal sur l'Allemagne pourrait surtout lui permettre de justifier la hausse du taux «intermédiaire» de TVA, idée qu'il n'a pas écartée jeudi.

 

La critique des socialistes
«C'est jamais mon genre de dire que c'est la faute des autres, je prends toute ma part de responsabilités. Mais je n'étais pas président de la République ou ministre en 1983, (ni) en 2001...»

Une phrase qui résume son intervention. Le président n'a eu de cesse de se comporter en chef de parti tapant sur l'opposition et imputant la situation actuelle à la politique de ses prédécesseurs: la retraite à 60 ans, mesure emblématique de Mitterrand en 1983, et les 35 heures, instaurées en 2001 par le gouvernement Jospin.

Jeudi soir, tout était de la faute des «35 heures». «La rupture de compétitivité de l'économie française, ce sont les 35 heures.» La «pagaille dans les hôpitaux et les usines», les 35 heures aussi. «L'affaire des 35 heures a été une folie payée par les ouvriers et les salariés les moins formés: il y a eu une délocalisation et une pression supplémentaire sur les salaires, ça a été une catastrophe sociale», a-t-il fustigé.

Nationaliser les banques? «La dernière fois qu'on a nationalisé les banques, ça c'est terminé par une catastrophe. C'était Mitterrand en 1981.» Séparer banques d'affaires et banques de dépôt, comme le propose François Hollande? «Le vieux débat sur la séparation des banques de dépôt et des banques d'affaires, je suis assez sceptique.»

Lui estime qu'il a «pris les décisions qu'il fallait». Qu'il «ne déviera pas de cette pratique». Même si sa cote de popularité flanche, avec 70% de mécontents, comme le lui rappelle Yves Calvi. «Mes prédécesseurs, vous vous rappelez leurs sondages ou ce qu'ils ont fait?», réplique-t-il, agacé.

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