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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 22:10

Régis Soubrouillard - Marianne | Samedi 22 Octobre 2011 à 05:01 

 

Face à la multiplication des plans d'austérité imposés par la troïka des créanciers et des mesures de rigueur imposées qui conditionnent les plans de sauvetage du pays, à côté des grèves générales et des manifestations, en Grèce, les mouvements de désobéissance fiscale se multiplient.



Les Grecs entament la grève fiscale contre le nouveau plan d'austérité
« Qu’y a-t-il de certain dans ce monde, hormis la mort et l’impôt ? ». Les Grecs seraient ils en train de contredire Benjamin Franklin ?
Près de 200.000 personnes ont envahi les rues d’Athènes mercredi pour protester contre le plan d’austérité qui devait être mis au vote dans la nuit de jeudi à vendredi au parlement.

Déjà assomés par un premier plan d’austérité, c’est une deuxième couche que vient de passer la fameuse troïka des créanciers (UE, FMI, BCE). En contrepartie d’un deuxième plan de sauvetage, le plan prévoit un abaissement généralisé des salaires dans le secteur privé, une réduction du nombre de salariés de la fonction publique,  de leur traitement, une baisse possible du salaire minimal ainsi que des hausses d'impôts faramineuses.

Athènes coule, les athéniens résistent. Encore jeudi, de violents heurts ont opposé manifestants et policiers dans la capitale : gaz lacrymonège, grenades assourdissantes, cocktails Molotov, bagarres. Face à l’inefficacité des mobilisations, grève générale et manifestations de masse, les appels à la désobéissance civile se multiplient. Blocage d’autoroutes privées, refus de paiement de la franchise hospitalière ou couverture des composteurs du métro par des sacs en plastique, les « Je ne paie  pas » gagnent du terrain.

Des soulèvements anti-fiscaux contre les privilégiés

C’est surtout la décision du gouvernement, d'imposer en urgence une taxe exceptionnelle sur l'immobilier qui a redonné une vigueur nouvelle au mouvement.
Cet impôt, impopulaire dans un pays où 70% de la population est propriétaire, s'ajoute à une hausse de la fiscalité décidée par le gouvernement socialiste.

Des réseaux de gauche radicale font aussi circuler sur la toile des formulaires à remettre aux bureaux du fisc. Leurs signataires ont le choix entre refuser de payer les impôts supplémentaires ou payer en se réservant un recours en justice sur la constitutionnalité de ces nouvelles taxes. Dans un geste « gainsbourien », certains membres du mouvement brûlent leurs feuilles d’impôts face caméra !
 
Soyons réalistes, les mesures d'austérité imposées à la Grèce par l'Union européenne et le FMI ((30 milliards d’euros d’économie sur trois ans)  auront de grandes difficultés à être appliquées. Ne serait ce que parce que les bakchichs sont la norme et que le recouvrement de l’impôt n’est pas parfaitement  assuré (moins de 20% des impôts escomptés en 2011 rentreront dans les caisses).

Si l’inventivité des Grecs à contourner l’impôt n’est pas à négliger, le poids des taxes et la corruption étatique contribuent pour beaucoup à la faiblesse historique de la manne fiscale. Selon l’OCDE, les impôts sur le patrimoine sont parmi les plus complexes du continent. Les propriétaires fonciers sont ainsi assujettis à 14 impôts et prélèvements différents sur leurs biens immobiliers.

En juin, la ministre grecque de l'Emploi, Louka Katselli, avait relancé le débat sur les aberrations du système fiscal grec citant l'exemple d'un couple payant neuf euros d'impôt annuel, avec deux résidences, deux voitures, et un voilier de 10 m.

Dans une étude sur « L’impôt et la contrainte », Jean-Marie Monnier, professeur d’économie au Centre d’économie de la Sorbonne rappelle qu’au 19è siècle les révoltes fiscales étaient devenues l’expression de la lutte des classes : « En effet, le système de prélèvement, particulièrement dans sa manifestation la plus inégalitaire, peut être analysé comme un circuit de collectage de ressources en provenance des classes dominées, et de redistribution vers les Ordres dominants. En arrière plan des soulèvements anti-fiscaux apparaît donc le ressentiment contre les privilégiés qui amplifie l'impression d'une servitude nouvelle, d'autant plus vive qu'elle s'exerce au profit d'une entité politique lointaine ».

La dette, un mécanisme de lutte du capital contre le travail

C’est moins le refus de participer à la solidarité nationale qu’exprime ce mouvement de désobéissance fiscale que le sentiment de devoir s’acquitter d’une dette dont ils ne sont pas responsables (le creusement de la dette grecque remonte à l’époque de la dictature des colonels), une mise en cause directe d’un état jugé spoliateur et des banques spéculatrices, la dénonciation des inégalités de traitements face à l’impôt (les impôts des salariés et retraités sont prélevés à la source, les terrains sur lesquels reposent une chapelle ne sont pas taxés etc…), ainsi que la pression des créanciers, FMI, UE, BCE, ces « entités politiques lointaines » d’un nouveau genre. 

Déjà Marx dénonçait cette  appropriation de l'Etat par les bourgeois, par le mécanisme de la dette publique, véritable instrument de la lutte du capital contre le travail,  : « la dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique. Par un coup de baguette, elle gratifie l’argent improductif de la vertu reproductive et le convertit ainsi en capital, sans qu’il ait pour cela à subir les risques, les troubles inséparables de son emploi industriel et même de l’usure privée. La dette publique a donné le branle aux sociétés par actions, au commerce de toute sorte de papiers négociables, aux opérations aléatoires, à l’agiotage, en somme, aux jeux de bourse et à la bancocratie moderne. Dès leur naissance, les grandes banques, affublées de titres nationaux n’étaient que des associations de spéculateurs privés s’établissant à côté des gouvernements et, grâce aux privilèges qu’ils en obtenaient, à même de leur prêter l’argent du public ». D'où la nécessité de recourir à l'emprunt et une explosion de la fiscalité.

L’auteur du Capital en arrivait néanmoins à une autre conclusion: «Il n’y a qu’une seule façon de tuer le capitalisme : des impôts, des impôts et toujours plus d’impôts».
Un impôt « lourdement progressif et graduel », précisait Marx…
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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 21:57

LEMONDE.FR avec AFP | 22.10.11 | 14h06

 
 

La chute de Mouammar Kadhafi "place aussi ses voisins face à de potentiels nouveaux problèmes qui pourraient menacer la stabilité régionale", estime International Crisis Group, dans un communiqué.
"Les potentiels problèmes créés par les bouleversements qui ont précédé la chute puis la mort de Kadhafi sont : reflux migratoire, attaques plus ou moins racistes contre les ressortissants des pays d'Afrique subsaharienne, possible résurgence de l'islamisme et prolifération de combattants et d'armes", souligne ICG.

"Percevant Kadhafi comme indispensable à sa propre politique régionale, le président [tchadien Idriss] Deby a mis longtemps à envisager l'hypothèse de sa chute (...) il est stratégiquement périlleux pour N'Djamena d'avoir des rapports hostiles avec les nouvelles autorités libyennes qui pourraient conduire à la déstabilisation de la partie septentrionale du Tchad", affirme le rapport.

"Malgré le rapprochement amorcé avec le Conseil national de transition (CNT) concrétisé par sa reconnaissance diplomatique et une rencontre entre Idriss Déby et Mustapha Abdel Jalil [le chef du CNT], de nombreuses incertitudes entourent le futur des relations tchado-libyennes", ajoute ICG.

Vendredi, le ministre tchadien des affaires étrangères Moussa Faki Mahamat avait souhaité que la mort de l'ex-leader libyen Mouammar Kadhafi marque la fin de cette crise, que les Libyens privilégient le dialogue, le pardon et la démocratie. M. Faki a appelé "les pays de la région et la communauté internationale à s'investir pour récupérer les armes disséminées en Libye pour éviter que ce pays devienne le Tchad des années 1980". Après des années de tensions graves avec la Libye, avec notamment la campagne militaire libyenne au Tchad dans les années 1980, le président tchadien entretenait d'excellentes relations avec le colonel Kadhafi. Le Tchad avait toutefois reconnu le CNT comme "seule autorité légitime" du peuple libyen en août.

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 21:52
Libération - Hier à 11h07 (Mis à jour à 12:26)

InterviewLe collectif de l'Appel des appels, constitué pour lutter contre la marchandisation des services publices, de la santé à l'éducation, tient ce samedi une journée de réflexion. Roland Gori, l'un de ses fondateurs, en explique les enjeux.

Recueilli par Eric Favereau

Lors d'un mouvement de grève à Lille. (REUTERS)

C’était en 2009. Après l’appel des psychiatres contre la nuit sécuritaire, Roland Gori, psychanalyste et professeur de psychopathologie clinique à l'université d'Aix-Marseille, lançait l’Appel des appels. Où il entendait unir tous ces métiers, tous ces signataires qui se sentaient attaquer au plus profond de leur mission par la logique néolibérale. Demain, à la bourse de travail de St Denis, il lance une journée de travail, sur le thème: «L’Amour du Métier: comment redonner ensemble de la valeur aux luttes sociales et culturelles?»

Où en est l’Appel des appels?

La pétition de l’Appel des appels lancée en janvier 2009 a reçu le soutien de près de 90.000 personnes, témoignant de l’inquiétude profonde des professionnels participant à la construction de l’espace public dont les métiers sont peu à peu colonisés au travers des réformes gouvernementales par les logiques et la culture du capitalisme financier. Le mouvement s’est depuis doté d’une Association nationale loi 1901 avec un bureau et un conseil moral et scientifique définissant le cap des travaux et des actions conformes à notre charte. Une vingtaine de comités locaux qui adhèrent à cette charte, et qui se sont déclarés auprès de l’Association nationale, se sont constitués en province et ont un espace réservé sur le site de l’Appel des appels.

Face à la vision néolibérale du monde, à l’extension croissante d’une religion du marché, à l’injonction politique de devoir transformer les conditions sociales et culturelles qui permettent ou interdisent leurs pratiques, les professionnels essaient ensemble de penser ce qui leur arrive. Et c’est le but de cette journée à Saint-Denis: il s’agit d’approfondir les questions sociales et ses métamorphoses, mais aussi de mobiliser des représentants de très nombreuses associations et collectifs (une trentaine) pour penser les initiatives et les dispositifs qui permettraient de «redonner de la valeur aux luttes sociales et culturelles» et de permettre cet «amour du métier» mis à mal aujourd’hui.

Mais à votre sens, la société souffre-t-elle toujours autant?

Il me paraît évident que plus que jamais «le corps social perd tout doucement son avenir». La crise de confiance dans l’avenir figure dans de nombreux rapports dont celui du médiateur de la République Jean-Paul Delevoye. Un Français sur deux craint de se retrouver SDF, 78% de Français interrogés pensent que l’avenir de leurs enfants sera pire que le leur. C’est donc véritablement une crise de civilisation dont on a l’impression qu’elle s’accroît tous les jours.

Pour qu’une société tienne il faut un mythe collectif, un rêve partagé et celui d’un ascenseur social comme du progrès infini se sont effondrés. Partout dans les lieux de soin, d’information et de culture on constate les effets et les souffrances que produisent ce nouveau mode de gouvernementalité des humains: les précariser dans leur existence matériellement et symboliquement au nom de la mondialisation et de ses logiques de marché.

Mais ce qui me frappe, c’est l’aspiration des gens à partager ce qu’ils vivent, leur plaisirs leurs chagrins et leurs espoirs. Il y a véritablement une appétence à parler et à échanger et simultanément une privation des moyens pour le faire. La France qui se lève tôt n’a pas le temps de raconter ses rêves. Les parents qui rentrent épuisés et angoissés abandonnent, parfois et trop souvent, leurs enfants à ces industries d’opinion que sont les chaînes de télévision.

Est-ce que vous avez le sentiment que certains métiers résistent mieux que d’autres?

C’est difficile à dire, mais il est évident que les métiers qui par tradition, et grâce aux droits sociaux qu’ils ont pu obtenir au cours de l’histoire, résistent je dirais plus facilement que d’autres. Mais tous sont atteints par cette nouvelle maladie de la civilisation qui tend à faire de chacun d’entre nous un professionnel en surnombre, un surnuméraire de l’existence sociale.

Ce qui me paraît nouveau, c’est l’émergence de nouvelles catégories professionnelles comme celles des médecins et des magistrats en lutte contre un pouvoir politique qui compromet leur indépendance autant que le sens de leurs actions. C’est ce qui permet aujourd’hui de nouvelles alliances de ces «frondeurs» avec des métiers traditionnellement plus à gauche comme les enseignants ou les chercheurs.

Mais je crois que c’est un problème politique plus global. L’accroissement des inégalités sociales, l’écrêtement des classes moyennes, conduisent à leur prolétarisation insidieuse et à partir de là à de nouvelles alliances sociales. Quand je dis prolétarisation, ce n’est pas seulement au niveau des conditions matérielles, mais aussi à ces dispositifs d’humiliation et de soumission symboliques au nom desquels on dépossède les professionnels de leurs savoirs en les rendant dépendants des machines numériques. Ce qui est la «vraie» définition du «prolétaire»: celui qui est aliéné parce que dans son travail il a été dépossédé de son savoir au profit du mode d’emploi de la machine. C’est un des points que je développe dans La Dignité de penser.

Vous avez dénoncé la folie de l’évaluation qui envahit tout. Avez-vous le sentiment qu’elle recule?

Non, elle ne fait que s’accroître. Il s’agit dans tous les cas d’inciter par tous les moyens matériels et symboliques à ce que les professionnels du soin, de l’éducation, de la recherche, du travail social, de la justice, de la police, de l’information, de la culture, ne puissent pas penser leurs actes autrement que sur le modèle de la marchandise, du produit financier et des services tarifés. Cette injonction à devoir concevoir les actes professionnels sur le seul modèle de la pensée néolibérale, de ses catégories symboliques et matérielles, participe à une véritable civilisation des mœurs au sein de laquelle l’humain se réduit à un «capital», un stock de ressources qui à l’instar de la nature doit être exploitée à l’infini.

Cette normalisation des pratiques propres aux sociétés de contrôle et de défiance d’allure démocratique, tend à transformer les professionnels en outils d’un pouvoir politique qui traite l’humain en instrument, en «segment technique» comme disait Jaurès. Cette civilisation des mœurs n’est pas propre à la France. Pour moi loin de reculer le champ de l’évaluation ne peut que s’étendre tant que les professionnels ne se donneront pas davantage les moyens de s’en émanciper.

Qu’allez-vous faire pour l’élection présidentielle?

Chacun est libre de voter comme il l’entend et il n’y aura pas de consigne de vote de l’Appel des appels. La seule chose que l’on puisse demander aux amis qui travaillent avec nous c’est d’être cohérent en actant dans les urnes les paroles et les analyses de l’Appel des appels.

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 21:37

Libéeation - 22 octobre 2011

 

Pas de vrais postes pour aider les élèves handicapés

Marie Lacroix AVS-EVS(2)
Pendant sept ans et demi, Marie Lacroix a été assistante pour des élèves handicapés scolarisés. Elle aurait bien voulu continuer. Mais elle a été remerciée et renvoyée à Pôle emploi. Motif: ce n'est pas un vrai métier mais un petit boulot précaire, et elle était en fin de contrat.

Depuis la loi du 11 février 2005, les enfants en situation de handicap ont droit à être scolarisés en milieu ordinaire, c'est-à-dire en classe avec les autres. Mais pour que cela se passe bien, ils doivent être accompagnés.

Les personnes en charge de cet accompagnement sont appelés des AVS (auxiliaires de vie scolaire ), des EVS (emplois vie scolaire) et aujourd'hui des assistants de scolarisation. Au delà, il y a une constante: ce sont des emplois provisoires - des CDD ou des emplois aidés de type CUI (les contrats uniques d'insertion). Pour l'Etat qui supprime à tout-va des postes dans l'Education, il n'est en effet pas question de créer de vrais emplois pérennes.

Marie Lacroix, 39 ans, originaire de Beaumont de Lomagne, dans le Tarn et Garonne, a voulu témoigner de son itinéraire, pour montrer l'absurdité de la situation. Forte de son expérience, adorant ce qu'elle faisait, elle a dû partir et a été remplacée par des personnes sans aucune formation et souvent arrivées là par défaut.

Marie Lacroix a débuté en septembre 2003. Diplômée d'un BTS Force de vente, elle vendait des spots publicitaires à des radios. Elle veut alors se réorienter.

Elle signe avec le Rectorat un premier CDD d'un an pour être AVS - 35 heures par semaine pour environ le Smic. Le contrat peut durer 6 ans maximum. Elle est ensuite renouvelée deux fois un an, puis elle décroche un contrat de trois ans.

"Ca été la révélation, explique-t-elle, je me suis découvert une vocation. J'apprécie énormément le travail en équipe avec les enseignants et le lien avec les familles. J'ai en plus naturellement de l'empathie et de la bienveillance à l'égard des enfants".

Au fil des ans, elle accompagne un élève autiste en maternelle, un mal entendant au collège, un autre atteint de troubles du comportement, de myopathie, etc. Les premières années, elle a l'occasion de rencontrer et d'échanger avec des professionnels. "Mais ces dernières années, les enveloppes pour la formation ont été réduites à peau de chagrin", regrette-t-elle.

Le 31 août 2009, Marie Lacroix arrive au terme de son contrat. Mais entre temps, le 23 août 2009, un décret a été publié, qui autorise les associations à engager des AVS - l'Etat leur donnant des subventions pour payer les salaires. Elle contacte alors l'Inspection académique qui lui donne son accord, mais à une condition: qu'elle trouve l'association prête à l'employer.

"J'ai cherché et cela a pris du temps. J'ai finalement trouvé une association qui voulait bien reprendre mon contrat. Mais quand je suis retournée à l'Inspection académique, on m'a dit que c'était trop tard et que ma ligne budgétaire avait disparu".

Marie Lacroix se démène alors pour trouver une solution de rechange. Elle obtient une dérogation pour bénéficier d'un contrat aidé, en l'occurrence un CUI. Elle devient alors EVS (un autre statut pour la même fonction auprès des élèves handicapés) - 20 heures par semaine pour 630 euros par mois.

Le contrat peut durer 24 mois maximum. Elle signe d'abord pour 6 mois, puis pour 12 mois. En juin 2011, elle demande une prolongation pour les 6 mois restants. Mais Pôle emploi lui refuse pour d'obscures raisons administratives. 

En juillet 2011, Marie Lacroix décide de lancer une procédure aux Prudhommes contre son employeur, le dernier lycée où elle travaillait. Elle demande que son dernier contrat soit requalifié en CDI, ainsi que des indemnités pour licenciement abusif, pour non respect du préavis, pour n'avoir reçu aucune proposition de formation dans le cadre de son CIU comme le prévoit la loi, etc. Son affaire passe le 17 novembre. 

"Aujourd'hui je me bats pour que notre métier soit reconnu, comme le réclament de nombreuses associations, explique Marie Lacroix, elle-même membre de l'Unaisse, pour que l'on arrête de renvoyer chez elles des personnes comme moi réduites à aller pointer au chômage, enfin pour dénoncer le fossé entre les belles paroles ministérielles sur la hausse du nombre d'enfants handicapés scolarisés et la réalité sur le terrain - on manque de personnels pour les accompagner et certains doivent même rester chez eux faute d'AVS".

Crédit photo: Marie Lacroix,  2011 (DR)

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 21:32
Libération - Aujourd'hui à 18h20

Le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle veut mettre sous tutelle ou renvoyer devant la Cour de justice européenne les gouvernements coupables d'un trop grand déficit budgétaire.

127 commentaires

Anders Fogh Rasmussen, Alain Juppé et Guido Westerwelle le 14 avril 2011 à Berlin. (© AFP John Macdougall)

Le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle a proposé samedi de traduire devant la Cour de justice européenne les pays trop laxistes sur le plan budgétaire dans la zone euro en changeant le traité de l’UE, une idée loin de faire l’unanimité. «Cela ne suffit plus que nous nous contentions de gérer la crise actuelle» de la dette, «nous devons aussi nous assurer que ce que nous avons vécu ces derniers mois ne se reproduise pas sans arrêt», a-t-il déclaré à la presse à Bruxelles à propos du débat en cours sur la réforme de la gouvernance de l’Union monétaire.

«C’est la raison pour laquelle à mon avis il est absolument nécessaire de réaliser un changement du traité» de l’Union monétaire pour durcir la discipline budgétaire commune, a-t-il ajouté, en marge d’une réunion ministérielle préparatoire au sommet européen sur la crise de la dette de dimanche. «Il est essentiel qu’on ait des changements de traité, que le Pacte de stabilité soit rendu efficace, qu’il y ait des sanctions contre ceux qui ne sont pas rigoureux, qu’aussi peut-être la Cour de justice européenne soit dotée d’un rôle» dans la surveillance budgétaire «pour pouvoir être saisie lorsque les règles sont violées de manière prolongée», a estimé Westerwelle.

Les dirigeants européens doivent discuter dimanche non seulement des mesures d’urgence pour enrayer la contagion de la crise de la dette mais aussi des moyens d’améliorer le fonctionnement de la zone euro, principalement en durcissant la discipline commune. Westerwelle a appelé dans la même veine à ce que les pays trop laxistes soient placés sous tutelle budgétaire à l’avenir.

«Les pays qui demandent ou doivent être placés de manière prolongée sous la protection du Fonds de secours de la zone euro doivent aussi être prêts à renoncer à certains pans de leur souveraineté, notamment à ce que l’on puisse intervenir dans leurs budgets nationaux», a jugé le ministre libéral des Affaires étrangères.

"Un nouvelle boite de Pandore"

L’Allemagne est en pointe depuis plusieurs semaines pour réclamer un changement du traité en ce sens. Mais la perspective de voir l’Europe connaître à nouveau les affres du traité de Lisbonne, qui mit une décennie à aboutir et faillit ne jamais voir le jour, ne suscite pas l’enthousiasme général en Europe. «Certains (ministres d’autres pays) ont exprimé des doutes, c’est compréhensible», a reconnu Westerwelle, «mais nous allons continuer à promouvoir cela».

Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a été parmi les plus critiques. «Nous devons faire attention à ne pas ouvrir un nouveau champ de bataille» et «une boîte de Pandore», a-t-il mis en garde. Il a critiqué le fait que «les considérations de politique intérieure du plus grand pays d’Europe dominent tout» l’agenda politique européen, dans une pique à l’Allemagne.

D’autres pays sont ouverts à l’idée d’un changement de traité mais pas forcément pour renforcer uniquement la discipline. Ainsi, les pays fédéralistes européens comme la Belgique voudraient qu’on en profite pour introduire des euro-obligations, un mécanisme de mutualisation de l’émission de dette publique dans la zone euro considéré par ses promoteurs comme le seul moyen d’éviter durablement des crises de la dette. Le Premier ministre belge Yves Leterme a ainsi insisté samedi pour que le sommet européen de dimanche mentionne explicitement la piste des euro-obligation.

(Source: AFP)

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 21:10
Libération - Aujourd'hui à 11h41

Le procureur de Marseille s’est fait communiquer les factures téléphoniques d’un reporter du «Monde» spécialisé sur les dossiers corses

 

L’enquête en cours à Paris sur l’affaire dite des «fadettes» a mis au jour une affaire similaire à Marseille, où le procureur se serait fait communiquer les factures téléphoniques détaillées d’un journaliste du Monde travaillant sur des dossiers corses, affirme samedi Le Parisien. Le procureur, Jacques Dallest, n’avait pu être joint samedi matin. Cité par Le Monde.fr, qui dit l’avoir interrogé vendredi, celui-ci affirme avoir «agi en conformité avec la loi, qui autorise la saisie de facturations téléphonique dans certains cas bien précis, par exemple lors d’affaires de criminalité organisée».

Selon Le Parisien, ce «nouveau lièvre» a été soulevé par la juge d’instruction parisienne Sylvia Zimmermann, dans le cadre de son enquête ouverte après une plainte du Monde pour violation du secret des sources de deux de ses journalistes dans l’affaire Bettencourt. Le Parisien affirme que le procureur Dallest a demandé que lui soient fournies les factures détaillées du journaliste du Monde Jacques Follorou, auteur de deux articles, cosignés avec Yves Bordenave, sur une tentative d’assassinat ayant visé l’ancien chef nationaliste corse Alain Orsoni et sur l’assassinat d’une des figures du gang de la «Brise de mer», Richard Casanova.

Ces articles se fondaient sur les procès-verbaux de garde à vue d’Edmond Melicucci, condamné depuis à cinq ans de prison dans le dossier Orsoni, et de Claude Chossat, mis en cause et écroué dans l’enquête sur la mort de Casanova, et citaient les noms de commanditaires présumés. «Les enquêteurs - magistrats comme policiers - et des avocats, s’étaient vivement émus auprès du parquet de la mise sur la place publique de certains éléments d’enquêtes en cours, révélations susceptibles non seulement de nuire aux investigations, mais surtout de mettre en danger la vie de certains protagonistes de ces dossiers», a déclaré le procureur Dallest au Monde.fr.

Rien à voir avec l'affaire Bettencourt...

«Le procureur Dallest a agi à notre demande», ont déclaré à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, des magistrats de la Juridiction interrégionale spécialisées (Jirs) de Marseille. Ils ont expliqué lui avoir demandé, suite à la parution des procès-verbaux dans Le Monde, d’ouvrir une information préliminaire pour violation du secret de l’enquête, tout en soulignant que cette affaire n’avait rien à voir avec le profil de l’affaire Bettencourt.

«On a ainsi fait courir des risques à nos instructions mais aussi pratiquement en temps réel à des gens que nous interrogions. Si le journaliste s’était contenté d’interpréter, nous n’aurions pas bougé, mais là cela dépasse l’entendement», ont-ils estimé. Selon la même source, Jacques Follorou a été entendu par des policiers auxquels il a objecté le secret des sources. Pour les magistrats marseillais, le problème est de savoir si la consultation de «fadettes» est autorisée ou pas en matière de crime organisé.

Après la divulgation par Le Monde de ses aveux en mai 2009, Melicucci, dont la libération provisoire est attendue dans les prochaines semaines, avait dû être placé à l’isolement, selon ses proches interrogés par l’AFP. Sa mère et son frère avaient également dû quitter la Corse.

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 20:54

Rue89 - 22/10/2011 à 18h49

Un étudiant autrichien en droit a réclamé à Facebook une copie des données que le réseau social détenait de lui. La firme de Palo Alto (Californie) a ainsi dû envoyer 1 222 pages à Max Schrems, 24 ans, qui partage depuis ses étonnantes découvertes – des contenus supprimés par l'utilisateur restent notamment archivés par le site de Mark Zuckerberg – et demande des comptes aux autorités irlandaises, pays du siège européen de Facebook.

Lire sur Ecrans.fr

 

 

ecrans.fr/ -  samedi 22 octobre 2011 11:01

 

Facebook : la mémoire cachée

par Camille Gévaudan


Photo Glenn J. Mason, CC BY

L’appétit vorace de Facebook pour les données personnelles n’est un secret pour personne. Régulièrement, son estomac numérique gargouille auprès de ses membres pour réclamer son dû. « Donnez-moi votre numéro de mobile, que je puisse renvoyer votre mot de passe en cas d’oubli ! » « Expliquez-moi vos opinions politiques, que je puisse mieux cibler mes publicités ! » « Dites-moi ce que vous lisez, ce que vous écoutez, ce que vous regardez, ce que vous cuisinez, que vos amis puissent en profiter ! » Et la plupart des 800 millions d’inscrits, dociles, jettent leurs gros steaks de vie privée dans la gueule béante du réseau social. Ce que personne ne semble savoir, en revanche, c’est que le monstre est dépourvu de système digestif. Il se contente de stocker les données, toujours plus de données, sans jamais en effacer aucune.

Les découvertes du jeune Max Schrems sont effarantes. Au mois de juillet, cet étudiant autrichien en droit a réussi à se procurer l’ensemble des données dont Facebook dispose sur lui. En épluchant les 1222 pages ( !) de son dossier, il a constaté que le réseau social avait soigneusement archivé toutes les informations qu’il croyait avoir supprimées depuis belle lurette. Anciens pseudonymes, messages privés, demandes d’amis refusées... Il soupçonne même l’existence de fiches sur les internautes non inscrits à Facebook. Max Schrems a décidé de saisir les autorités compétentes en Irlande, où Facebook a son siège européen, pour demander une enquête approfondie. À 24 ans, il est en passe de devenir une sérieuse épine dans le pied du réseau qui valait 70 milliards de dollars.

 

« Statut : effacé »

 

« Je ne cherche aucun gain financier ou personnel. Je veux simplement pouvoir aller sur Facebook sans me soucier du traitement de ma vie privée », justifie-t-il. Lors de son échange universitaire en Californie, l’an dernier, il a eu l’occasion de rencontrer des responsables de Facebook et de parler avec eux des différences de législation entre les États-Unis et l’Europe en matière de protection de la vie privée. Les premiers sont très laxistes, et le vieux Continent beaucoup plus strict. « J’ai écrit un article sur ce sujet, et j’ai alors découvert que tous les utilisateurs de Facebook vivant en dehors des États-Unis et du Canada étaient liés par contrat à Facebook Irlande », une société « qu’ils ont probablement installée là pour bénéficier d’une fiscalité avantageuse ». Hors Amérique du Nord, donc, « Facebook dépend des lois européennes sur la vie privée. Et bien sûr, il ne les respecte pas. » La bataille commence.

Dégainant sa directive 95/46/CE qui garantit un tel droit à tout citoyen européen, Max Schrems écrit à Facebook pour réclamer l’accès à l’ensemble des données le concernant, via un formulaire très bien caché sur le site du réseau. Il doit insister un peu, et finit par recevoir sur CD-Rom un fichier PDF lourd de plusieurs centaines de mégaoctets et long de 1222 pages. Avec les quelques étudiants qui l’accompagnent dans sa démarche, il a créé le site « Europe versus Facebook » pour partager ses découvertes et expliquer aux internautes comment faire de même. Il y publie son dossier PDF après l’avoir anonymisé, et liste très précisément le type d’informations stockées par Facebook pour chacun de ses membres.

 

 

- Facebook connaît bien sûr la liste d’amis liée à un profil, mais conserve également le nom de tous les prétendants refusés. Puisque leur demande a été rejetée, il y a des chances non négligeables ces personnes soient totalement étrangères à l’internaute en question. Mais Facebook conserve tout de même, pour une durée indéterminée, la trace d’un lien virtuel entre ces individus étrangers l’un à l’autre.

- Même son de cloche du côté des « événements ». Facebook garde la liste complète des invitations adressées à un membre depuis la date de son inscription, quelle qu’ait été sa réponse. S’il a dit qu’il viendrait à la soirée, Facebook le sait. S’il a dit « non » ou « peut-être », idem. S’il n’a pas répondu parce qu’il ne se sentait pas concerné par cet événement, Facebook retient qu’il n’a pas répondu mais qu’il était invité.

- Les messages sont sans doute l’aspect le plus scandaleux du dossier. Courriers privés et tchats entre amis sont tous archivés dans le même système de messagerie sur Facebook et y restent pour toujours. Le bouton « Supprimer » n’a qu’une fonction cosmétique : il permet de masquer le message aux yeux de l’internaute, mais reste sur les serveurs de Facebook avec la mention « statut : effacé ».

 

 

- Même subterfuge pour les statuts, les pokes... et les tags de photos : ils sont indélébiles sur les serveurs. Quand un membre de Facebook décide de marquer la présence d’un autre membre sur une photo, le consentement de ce dernier n’est pas requis. Il peut retirer le « tag » après coup s’il ne souhaite pas être associé à l’image, mais celui-ci devient simplement invisible sur le site. Facebook garde la trace du lien entre la personne et la photographie.

- Que de réjouissances, encore, au chapitre « Machines » du dossier ! « Facebook place un fichier “cookie” sur chaque ordinateur qui se connecte au site. Outre le traçage des internautes, ils s’en servent aussi pour créer des liens entre les utilisateurs et leurs ordinateurs. Ils ont une liste complète des ordinateurs qu’une personne a utilisés pour aller sur Facebook, et une liste de toutes les personnes ayant utilisé un même ordinateur pour aller sur Facebook. » En clair, Facebook sait qui fréquente qui, au travail ou à domicile, y compris parmi les personne n’étant pas « amies » sur le réseau social.

- Quant au chapitre « Checkins », il liste tout simplement toutes les connections d’un internaute à Facebook depuis son inscription. Chaque checkin est associé à un numéro unique, une date, une heure, une longitude et une latitude.

 

« Shadow profiles »

 

À la page 3 de son dossier, Max Schrems a froncé les sourcils. « Il y avait des adresses e-mail que je n’ai jamais communiquées à Facebook, raconte-t-il à Ecrans.fr. Et pourtant il les connaissait ! » Étrange, très étrange. Il soupçonne l’outil « Rechercher des amis », qui permet d’importer son carnet d’adresses sur Facebook et donc de fournir au réseau ce genre de coordonnées. Une de ses connaissances aurait ainsi enrichi le profil de Schrems sans même en avoir conscience.

Puis il fait le lien avec une autre bizarrerie. « Quand on invite à un événement quelqu’un qui n’est pas sur Facebook, il faut rentrer son adresse e-mail. Cette personne reçoit alors un courrier l’encourageant à s’inscrire sur le réseau, avec le nom et la photo de tous les gens que Facebook pense qu’il peut connaître. » On comprend que Facebook ait fait le lien entre l’émetteur de l’invitation et son destinataire, mais comment peut-il suggérer dix autres connaissances potentielles ? Pour Max Schrems, il n’y a qu’une possibilité : ce non-inscrit dispose d’une fiche secrète sur Facebook — un « shadow profile » alimenté par les membres du réseau.

Quand on tape un nom dans le moteur de recherche, que l’on synchronise son mobile ou son carnet d’adresses avec le réseau social, toutes les informations grappillées seraient ainsi conservées et recoupées entre elles de manière automatique. Facebook pourrait ainsi piocher dans ces « shadow profiles » pour envoyer des e-mails très personnalisés aux internautes non inscrits.

 

 

Entre mi-août et mi-septembre, Max Schrems a adressé exactement 22 plaintes au Commissaire irlandais à la protection des données — une pour chaque point de fonctionnement de Facebook qu’il estime être illégal. Six d’entre elles concernent les informations que Facebook conserve alors que l’internaute les croit supprimées. D’autres dénoncent la reconnaissance faciale, le système de « tags » sur les photos ou encore les conditions d’utilisation du site, floues et trop souvent changées. Les fiches secrètes sur les non-membres du réseau sont particulièrement problématiques : « Facebook Irlande rassemble une quantité excessive d’informations sur les non-membres sans les en informer ni leur demander leur consentement », accuse la plainte.

Max Schrems est optimiste : « Dans une interview, le Commissaire a dit que si le contenu qu’on « supprime » de Facebook n’est pas réellement effacé, c’est bien illégal. Donc on est plutôt sûrs de nous : on va gagner cette bataille. » L’enquête a débuté cette semaine et les résultats devraient être connus d’ici la fin de l’année.

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 20:51
Libération - Aujourd'hui à 17h30

Enseignants, parents et lycéens venus de plusieurs régions d’Espagne ont défilé samedi à Madrid pour leur première manifestation nationale.


Des milliers d'enseignants et lycéens, lors d'une première grande manifestation, en septembre. (© AFP Dominique Faget)

Aux cris de «non aux coupes» budgétaires dans l’éducation, des dizaines de milliers d’enseignants, parents et lycéens venus de plusieurs régions d’Espagne ont défilé samedi à Madrid pour leur première manifestation nationale, à l’appel des principaux syndicats du pays. Aux rythmes des tambours couverts par le son des sifflets, entre 70 000 et 100 000 personnes selon les organisateurs, ont défilé à la mi-journée dans une ambiance festive.

Beaucoup portaient des t-shirts verts «Ecole publique de tous pour tous» et agitaient des ballons de la même couleur, devenue l’emblème de la mobilisation croissante contre les coupes budgétaires dans l’éducation. Face à l’affluence sur la place proche de la gare d’Atocha, un deuxième cortège s’est constitué pour se rendre à la Puerta del Sol, paralysant la circulation dans le centre-ville.

«A VENDRE - EDUCATION PUBLIQUE», dénonçaient des panneaux oranges et noirs similaires à ceux accrochés sur les bâtiments pour signaler un appartement à vendre, résumant la colère des manifestants qui fustigent les coupes dans l’éducation publique au profit des écoles sous contrat ou privées.

Contre la privatisation des services publics

Les dirigeants politiques «font payer à l’enseignement une crise qu’elle n’a pas créée», ont regretté les syndicats dans «un manifeste pour la défense de l’éducation publique» lu à la fin de la manifestation. «L’école d’Esperanza est particulière. Si tu n’a pas d’argent, tu ne peux pas y entrer», chantait une fanfare de professeurs, en référence à la dirigeante du parti populaire (PP, droite) de la puissante région de Madrid, Esperanza Aguirre.

«Ce qu’ils veulent c’est privatiser l’éducation et tous les services publics», dénonce Manuel Pascual, l’un des membres de la fanfare, venu d’Extrémadure. Comme lui, nombreux enseignants et parents sont ceux qui craignent que cette politique de coupes dans l’éducation, suivie dans plusieurs régions administrées par la droite, ne s’étende à tout le pays après les élections législatives du 20 novembre pour lesquelles le PP est donné largement vainqueur.

«On va vers un modèle où l’éducation publique sera marginale et seuls ceux qui ont de l’argent pourront y avoir accès», regrette Berta Fernandez en montrant son écriteau «Abuela» (grand-mère) dans le dos. Outre Madrid, où des dizaines de milliers de professeurs et familles ont déjà défilé ces dernières semaines, des manifestants étaient venus dans 200 bus selon les organisateurs, d’autres régions comme la Castille-La Manche, l’Extrémadure, de Galice ou encore d’Andalousie.

Direction, le chômage

«Je suis intérimaire depuis 12 ans et pour l’instant je suis renouvelé, mais j’ai de plus en plus de collègues qui n’ont plus de travail et se retrouvent au chômage», témoigne José Antonio Molero, professeur d’anglais intérimaire de 40 ans venu d’Extrémadure.

Le pire «c’est qu’il y a des professeurs qui doivent donner des cours dans des matières qui ne sont pas les leurs», s’alarme Francisco Angel Hernandez Alvarado, un enseignant de sciences physiques de 36 ans venu de Tolède (La Castille-La Manche).

L’éducation et la santé font les frais depuis cet été de la politique d’austérité menée par plusieurs régions espagnoles, lourdement endettées et dont plusieurs affichent un déficit public bien plus important que l’objectif de 1,3% du PIB fixé par le gouvernement central pour la fin décembre.

(Source: AFP)

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 10:14

Association-Arbres.jpg

 L'Association A.R.B.R.E.S. vous rappelle qu'elle organise son 3e
 rassemblement citoyen samedi 22 octobre à partir de 15 h.
 Venez fêter avec nous la reconnaissance par la justice de nos actions
 citoyennes. Expo-photos - arbre à palabres - informations - présence
 d'autres collectifs - jeu de l'oie géant - fresque réalisée par
 les enfants - musique ...

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 21:17

L’entreprise nationale file-t-elle un mauvais coton, abandonnant son statut de service public, pour devenir une entreprise qui se doit d’être rentable, à n’importe quel prix ?

Ce n’est pas anodin, car ce serait oublier que La Poste est, avec ses 236 930 employés, la 2ème entreprise de France. lien

C’est à Jean Paul Bailly, son président, que le gouvernement à confié sa transformation en société anonyme en 2010, puis l’ouverture au capital en 2011.

Bien sur le gouvernement affirme n’avoir fait que respecter l’ouverture à la concurrence voulue par l’Union Européenne, ce qui reste à prouver.

En effet, Christian Estrosi a tort lorsqu’il affirme que le changement de statut de la poste est une « obligation européenne » : ce n’est pas une obligation, mais une décision politique et industrielle prise par le Gouvernement et la direction de la Poste. lien

Pour la petite histoire, c’est par un subtil et habile processus que « la Poste » est devenue ce qu’elle est.

Nous sommes bien loin de l’époque, au 17ème siècle, où le port était payé par le destinataire, et où cette vieille institution était dirigée par un « surintendant général des postes ». lien

En 1987, Gérard Longuet, son ministre, introduit par décret la concurrence dans le domaine des cabines téléphoniques, de la télévision par câble, des services téléphoniques et du radiotéléphone.

Puis en avril 1989, le socialiste Hubert Prévot, ancien secrétaire confédéral de la CFDT remet un pré-rapport à Paul Quilès, affirmant : « un service public à vocation industrielle et commerciale ne peut ignorer les lois du marché ». lien

Au mois d’août suivant, il produit son rapport définitif, lequel propose de séparer la Poste et France Télécom, ouvrant la porte à la modification du statut des 435 000 agents PTT.

Le 15 décembre 1997 la commission européenne adopte la directive 97/67/CE qui a ouvert le marché postal à l’Union Européenne, mais ça ne concernait que le courrier de plus de 500 grammes. lien

Puis le 10 juin 2002, la directive postale 2002/39/CE, ouvre le marché postal à la concurrence pour le courrier de plus de 100 gr (dont le prix est supérieur à 3 fois le tarif public) et, à partir du 1 janvier 2006, pour le courrier de plus de 50 gr (dont le prix est supérieur à 2 fois ½ le tarif public) et enfin, la directive a prévu au 1 janvier 2009 l’achèvement du marché intérieur des services postaux. lien

Cette vieille institution créée sous Louis XI est enfin devenue une S.A. (société anonyme) le 1 mars 2010, et en 2012 ce sera l’ouverture totale du marché pour les états membres ayant eu recours à la période de transition, donc pour la France, à moins que l’élection française ne mette en place une femme ou un homme courageux qui dise NON à cette logique de rentabilité. lien

On se souvient qu’en 2008, le PS (et d’autres) refusait cette privatisation, mais qu’en dira Hollande en 2012  ? lien

En tout cas, dans toute l’Europe, les mêmes causes produisent les mêmes effets, et de l’Italie, à l’Allemagne, en passant par la Belgique, l’Angleterre, et d’autres, on réduit les effectifs à tour de bras. lien

Et puis les Banques sont monté au créneau, évoquant le danger d’atteinte à la concurrence crée par la nouvelle Banque Postale (lien) obtenant la fin du monopole sur le livret A. lien

« Le Post » à lancé un sondage pour connaitre le sentiment des citoyens sur ces changements.

A la question « une directive sur la libéralisation des postes en Europe a été adoptée par le parlement européen. Bientôt des entreprises privées dans le secteur. Qu’en pensez-vous ? »

Aux dernières nouvelles ils seraient 57% à penser que «  la commission européenne pratique une politique de destruction des emplois par une privatisation sur le secteur public, sans aucune possibilité de s’y opposer  », 28,6% à affirmer que « la déréglementation sera synonyme de hausse de prix  », et seulement 14,3% à estimer que « les monopoles doivent disparaitre au profit du secteur privé pour optimiser la qualité  ». lien

Même si Attac est monté au créneau (lien), même si 2,3 millions de français ont signé des pétitions, (lien) réclamant un référendum, et que des députés s’indignent (lien), en haut lieu, l’avis du citoyen compte peu, et la décision fut prise : la Poste serait privatisée, provoquant la détresse de nombreuses communes.

La petite ville de Bernac-Debat, ou celle d’Orly et tant d’autres, en subissent les effets. lien

En effet, pour arriver a ses fins, Jean Paul Bailly a incité les directeurs régionaux d’agence de postes à fermer régulièrement les petites agences, poussant les communes à accepter de gérer ce lieu, leur octroyant une aide limitée, qui ne permette pas d’ouvrir tous les jours, et qui assure ainsi une rentabilité à l’entreprise.

En même temps, Bailly a responsabilisé les directeurs d’agence en leur disant : vous n’êtes plus receveurs, dirigeant une agence postale, mais vous êtes devenus les patrons d’une micro entreprise, et vous êtes tenus à une obligation de résultats, comme tout chef d’entreprise : en cas de résultats, vous en récolterez les fruits.

On le voit, la mission de service public, n,’est plus à l’ordre du jour, puisque Bailly est préoccupé par le seul souci de la rentabilité et ce n’est pas étonnant que La Poste affiche un résultat positif net de 789 millions d’euros. lien

Mais la réduction des effectifs, rabotés en 2010 de 11 700 agents, aggravant fatalement le chômage, la précarité, plombent la croissance, puisque que le postier, privé de revenus, consomme fatalement moins. lien

Et que se passera-t-il le jour probable ou Bailly décidera de ne plus verser cette contribution aux petites villes et villages ?

La mairie aura un choix cruel : fermer la poste, ou payer à sa place.

Mais un service public a-t-il mission d’être rentable ?

Une école, une prison, un hôpital, une gendarmerie se doivent-ils d’être rentables ?

Aurons-nous un jour un commissariat poussé au rendement, qui va verbaliser à tous vents pour pouvoir payer le salaire de ces « aubergines » ?

On connait les suicides à France Telecom, (lien) mais rares sont ceux qui entendent parler des suicides à « la Poste ».

En effet, devant le stress imposé aux employés de la Poste, ils sont de plus en plus nombreux à perdre les pédales, la santé, voire la vie.

2 suicides en 8 jours, c’est la réalité d’aujourd’hui, les disparus ayant clairement dénoncé leur souffrance au travail, et, comble de dérision, l’ont fait par courrier. lien

La Poste rendrait-elle ses employés timbrés ?

A l’instar de Corinne Py, postière c.d.i en Isère depuis 16 ans qui, prenant une « année sabbatique », pour retrouver une maman qui vivait au Québec et qu’elle avait perdu de vue depuis l’enfance, dut retourner précipitamment en France, se retrouvant à la rue, sans droits sociaux, sans revenus, sans emploi, et ceci depuis bientôt 3 mois, toutes ses tentatives de réintégration anticipée ayant échoué à ce jour.

La psychiatre Brigitte Font le Bert reçoit des employés de la poste et dit entendre dans ses consultations « souffrance et travail  » des mots identiques à ceux qu’évoquent les employés de France Télécom, et on peut l’écouter sur l’antenne de France télévision. vidéo

Comme l’écrit Laura Raim dans les colonnes de «  l’Expansion », la Poste est victime du syndrome « France Telecom » : le syndicat des médecins de la poste, y évoque : « un épuisement physique ou psychique et une très forte augmentation des accidents de travail  ». lien

Depuis le 18 octobre, une vingtaine de facteurs indignés ont installé des tentes devant la direction départementale de La Poste, à Grenoble.

Ils contestent « une logique ultra libérale, où les réductions des coûts et les suppressions d’emplois sont l’alpha et l’oméga de toute politique  ». lien

Jean Paul Bailly, qui se fait un champion du dialogue social, joue les autistes, et se déclare choqué de telles accusations.

Mais qui est donc Jean Paul Bailly  ?

Ce polytechnicien chiraquien, diplômé du MIT de Cambridge, accumule les casquettes et aura passé toute sa carrière dans le service public. lien

Ancien PDG de la RATP, il se retrouve propulsé à « La Poste » pour mettre en place les choix gouvernementaux.

Hélas pour lui, fin 2010, âgé de 64 ans, il ne pouvait plus postuler à ce poste sans enfreindre la loi, ayant bientôt atteint l’âge de la retraite.

C’était sans compter sur la volonté de l’autocrate présidentiel qui ira jusqu’à promulguer un décret, pour permettre le renouvellement de son mandat. lien

Et le cumul des mandats ne lui fait pas peur : Lors du conseil des ministres du 27 octobre 2010, il a été nommé membre du CESE (conseil économique, social et environnemental), (lien) mais il est aussi administrateur aux CNP assurances, (lien) , président du conseil de surveillance de la Banque Postale Asset Management, membre du comité de nomination rémunération, du conseil d’administration de l’institut d’étude politique d’Aix en Provence, du comité pour l’éthique, l’environnement, et le développement durable de GDF Suez, administrateur du groupe Accord, de Sopassure, d’Edenred, de Xelian, SF12, Poste Immo, Sofipost, Géopost, président de l’association « entreprise & personnel  ». lien

Comme on le voit, le chômage ne frappe pas tous les français de la même façon.

Car comme dit mon vieil ami africain : « une pirogue n’est jamais trop grande pour chavirer ».

Merci à Corinne Py pour sa collaboration et son témoignage.

L’image illustrant l’article provient de « sudptt69.over-glob.com »

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