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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 18:19
| Par Mathieu Magnaudeux

Roman Gerodimos se sent de plus en plus à Athènes quand il se promène dans les rues de Londres, où il vit depuis onze ans. «Depuis six mois, j'entends de plus en plus parler grec ! Mes concitoyens, les jeunes surtout, débarquent nombreux. En Grèce, la fuite des cerveaux est énorme en ce moment», raconte Roman, 36 ans, maître de conférences en communication à l'université de Bournemouth (sud-ouest du Royaume-Uni).

Selon Europass, une agence européenne qui accompagne dans leurs démarches les candidats à l'exil au sein de l'UE, 13.300 Grecs ont transmis leurs CV à l'agence en septembre 2011. Les deux tiers avaient moins de 30 ans. Il y a trois ans, avant que les plans d'austérité ne se succèdent, ils étaient à peine 2200.

«Pour les jeunes Grecs, c'est vraiment le désespoir, reprend Roman. Ma génération a été élevée avec l'espoir de beaux lendemains. Jusqu'ici, de nombreux jeunes Grecs pouvaient rêver de faire une carrière qui corresponde peu ou prou à leurs attentes. Maintenant, les diplômés n'arrivent même plus à être embauchés comme vendeurs dans les magasins...»

Depuis la fin de l'année 2009, la Grèce est entrée dans une spirale infernale. Relativement épargné par la crise financière de 2008, ce petit pays de 11 millions d'habitants a subi la vindicte des marchés quand la réalité de son déficit (plus de 15% du produit intérieur brut, un record dans la zone euro où le déficit ne doit théoriquement pas dépasser 3%) a été rendue publique, fin 2009. En échange de son renflouement (très tardif) par l'Union européenne et le Fonds monétaire international, la Grèce a adopté depuis plusieurs trains de mesures extraordinairement sévères. En 2010, le pays a réduit son déficit public de 5%, une «thérapie de choc» uniquement destinée à contenter les marchés financiers, selon Maria Karamessini, directrice du département «politiques sociales» de l'Université Panteion d'Athènes. D'ici à 2015, la Grèce compte bien poursuivre l'austérité pour passer sous le seuil des 3% requis par l'Union européenne et réduire sa dette publique qui culmine à 160% du PIB.

Ces objectifs de réduction des déficits ne disent pourtant rien du marasme social en cours. L'économie grecque rétrécit chaque année : –2% en 2009, –4,5% en 2010 et sans doute –3,5% en 2011, selon les dernières prévisions de la Fondation pour la recherche économique et industrielle (IOBE), un think-tank athénien.

Fin 2011, le chômage (seulement 7,7% en 2008) pourrait atteindre 17% de la population active – chiffre certainement sous-estimé. Selon Eurostat, 43,5% des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage. En Europe, seule l'Espagne fait pire, et la progression est fulgurante : +10% en un an... «Les jeunes ont absorbé en premier la dégradation économique, et de façon très violente. L'économie n'arrive plus à les intégrer. Beaucoup de jeunes Grecs partent à l'étranger, et ceux qui partent reviennent de moins en moins. Certains 20-30 ans disent que, pour eux, il n'y a plus d'espoir», constate Nicolas Prokovas, maître de conférences à Paris-3 qui travaille actuellement sur l'impact de la crise sur les jeunes Grecs.

«On a tué le malade»

 

Thessalonique, 28 octobre 2011. Des manifestants bloquent une parade militaire. Thessalonique, 28 octobre 2011. Des manifestants bloquent une parade militaire.© Reuters/G. Siamidis

 

Les ménages grecs sont de très loin ceux qui paient le plus lourd tribut à l'austérité en Europe. Dans le privé, les salaires ont baissé en moyenne de 7% du fait de la récession. De nombreux petits commerces ont fermé, et l'inflation s'est envolée de près de 5%, réduisant encore le pouvoir d'achat. A plusieurs reprises, des milliers de Grecs ont manifesté contre ces mesures mais aussi contre la gestion du gouvernement du premier ministre Georges Papandréou. Les Indignés grecs ont occupé pendant trois semaines la place Syntagma, au cœur d'Athènes.

«La réduction drastique des finances publiques et la violence des mesures prises n'ont laissé aucune place à l'économie pour retomber sur ses pieds, commente Nicolas Prokovas. Le résultat de cette avalanche de mesures est une diminution extrêmement rapide du PIB et une envolée du chômage. La croissance a été cassée. Quand on tente de lutter contre un emballement cardiaque en posant un garrot, on tue inévitablement le malade.»

 

L'effondrement a été d'autant plus violent que l'Etat «a toujours été le poumon de l'économie», explique Nikolas Prokovas, tandis que le secteur privé, essentiellement constitué de toutes petites entreprises, «est incapable de fournir des emplois et de soutenir l'économie». «Les dépenses publiques assuraient dans le passé une bonne partie de la consommation globale des ménages, car le secteur public était le seul secteur où il y avait à la fois des primes et des augmentations», une dynamique cassée par les plans d'austérité successifs.

En 2010, le premier plan d'économie était déjà très sévère. On en trouve un aperçu sur le site de la BBC (en anglais), et dans un article paru dans la Revue internationale de l'IRES:  

  • La hausse de tous les taux de TVA (le plus élevé fixé à 23% au lieu de 19), des taxes sur le tabac, l'alcool, le fuel, les biens de luxe.
  • De nombreuses nouvelles taxes directes, certaines touchant les retraites et les aides sociales.
  • Dans la fonction publique : baisse des bonus des fonctionnaires qui équivalent à la suppression des treize et quatorzième mois, réduction des CDD, baisse des retraites, remplacement d'un fonctionnaire sur 5.
  • Des coupes dans les allocations sociales, les budgets sociaux (services de santé, services sociaux pour les enfants et les personnes âgées, éducation), les dotations de l'Etat aux ministères, aux communes, et la Sécurité sociale, etc.

Depuis, le gouvernement a fait voter un nouveau train de mesures fiscales de 23 milliards d'euros sur cinq ans (l'équivalent de 10% du PIB). Il prévoit la renconduction des mesures prises en 2010, de nouveaux impôts et un vaste programme de privatisations de 50 milliards d'euros d'ici 2015 – pour l'heure, les privatisations maintes fois promises aux bailleurs de fonds de la «troïka» FMI-UE n'ont pas encore démarré.

«Tragédie» sanitaire

«Il n'y aucune raison d'être optimiste pour les Grecs, s'alarme Georgios Karyotis, chercheur à l'université d'Edimbourg. L'austérité en Grèce est non seulement extrême, mais elle est aussi permanente car elle va durer des années, que le pays reste dans l'euro ou en sorte.» «Pour l'heure, il n'y a pas eu l'explosion sociale qu'on aurait pu attendre, mais c'est encore tout à fait possible. Certains acteurs sociaux que j'ai interrogés prédisent des émeutes», explique le chercheur.

 

Après un an et demi de marasme économique, les conséquences combinées de la récession et des mesures d'austérité commencent à apparaître. Les mesures d'économie n'ont pas épargné les revenus les plus élevés, mais selon Roman Gerodimos, les victimes de la crise sont d'abord «les retraités aux revenus modestes, les personnes qui ont besoin de soins et d'aide sociale, les petits commerçants qui ferment boutique chaque semaine».

 

C'est ce que confirme une récente étude de plusieurs chercheurs grecs, sous l'égide de la London School Economics. Faute de recul, elle a tenté de mesurer les seuls effets du premier plan d'austérité. Et les résultats sont déjà effarants :

  • La pauvreté et l'extrême pauvreté ont commencé à augmenter dès 2010.
  • La hausse de la pauvreté touche d'abord les agriculteurs, les chômeurs et les jeunes actifs de 30 à 44 ans. «La pauvreté chez les personnes sans emploi va devenir la question sociale par excellence», écrivent Manos Matsaganis et Chrysia Leventi, les auteurs de l'étude.
  • La crise a déjà entraîné d'importantes baisses de revenu, de 8% pour les plus pauvres à 12% pour les plus riches.
  • Si de nombreuses mesures fiscales touchent les revenus les plus élevés (et parmi eux certains fonctionnaires, car deux tiers des fonctionnaires se trouvent dans les 30% les mieux payés), la hausse de la TVA et la baisse des retraites ont particulièrement pesé sur les ménages les plus pauvres. «Les pauvres ont clairement contribué dans une plus grande proportion de leur revenu à l'effort fiscal», affirment les chercheurs.

A Athènes, le Centre pour les sans-abris est débordé. Selon son responsable interrogé par le site IPSnews, le centre a distribué 30% de repas en plus depuis le début de l'année.

 

Récemment, une étude parue dans la revue scientifique The Lancet a fait apparaître l'ampleur de la «tragédie» sanitaire en cours.

 

Selon les chercheurs, les admissions à l'hôpital sont en constante progression. Le taux de suicide a explosé de 40% en un an au premier semestre 2011 d'après les chiffres du ministère de la Santé, alors que la hausse avait déjà été très importante en 2010. A cause de la réduction des programmes anti-toxicomanie, mais aussi d'un accroissement des pratiques à risque et de la prostitution, le taux de contamination au HIV devrait augmenter de 52% en 2011. Et de plus en plus de Grecs en mal de soins se tournent vers les cliniques d'urgence de Médecins du monde, en théorie destinées à accueillir les migrants (lire notre article ici).

Selon Vassilis Monastiriotis, chercheur à la London School of Economics, la réduction des crédits de l'Etat risque aussi d'appauvrir les régions périphériques de la Grèce, qui sont très dépendantes des investissements publics. 

Evasion et niches fiscales

Mais l'ampleur du plan d'austérité n'est pas le seul grief des Grecs, très remontés contre le gouvernement de Georges Papandréou, qui vit peut-être ses dernières heures. Une partie du pays lui reproche en effet de ne pas avoir profité de la crise pour s'attaquer à l'évasion fiscale massive, à la corruption et aux corporatismes qui gangrènent la société grecque. «Papandréou n'a pas agi assez vite, et il n'a pas non plus fait assez», déplore l'universitaire londonien, Roman Gerodimos. «La Grèce a un problème fondamental de gouvernance. Les mesures fiscales et d'austérité auraient dû s'accompagner d'une politique d'investissements, d'une vaste réforme du système politique et d'une remise à plat de la fiscalité, basée sur le clientèlisme.»

 

Pendant des années, alors que la Grèce profitait de taux d'intérêts très peu élevés pour améliorer son niveau de vie de façon fulgurante, l'Etat a laissé les entreprises et les travailleurs indépendants payer très peu d'impôts, tandis que banques, armateurs, Eglise orthodoxe et plus hauts revenus bénéficiaient d'exemptions fiscales jamais remises en cause, déplore Maria Karamessini, directrice du département «politiques sociales» de l'Université Panteion d'Athènes. «La corruption généralisée du personnel politique de l'Etat et des cadres du secteur public a conduit à une surévaluation des travaux et des marchés publics», affirme la chercheuse dans la Chronique internationale de l'IRES. Sans compter le poids du budget de l'armement – 100 milliards d'euros d'excès de dépenses militaires ces dernières années par rapport aux autres pays de la zone euro : un tiers de la dette ! Cet été, le gouvernement s'est enfin engagé à réduire le budget de la Défense de 200 millions d'euros par an...

 

D'après l'IOBE, on dénombre «plus de 1000 niches fiscales», qui rendent le «système fiscal inefficace (...) et parfois plus inégalitaire». Selon Yannis Stournaras, le directeur général de l'IOBE, 3 à 4% du PIB grec (un peu moins de 10 milliards d'euros par an) s'envolent chaque année à cause de l'évasion fiscale. Les revenus fiscaux ne représentent qu'un tiers du PIB, un chiffre nettement en deçà de la moyenne européenne et qui ne cesse de baisser depuis les années 2000, d'après Vassilis Monastiriotis, professeur à la London School of Economics.

55% des contribuables déclarent des revenus inférieurs à 10.000 euros par an, une incongruité à laquelle aucun gouvernement grec ne s'est attaqué frontalement. Pas même Papandréou, déplore l'IOBE. Dans le même temps, la récession aggrave encore les déficits – à cause, notamment, de la forte hausse de certaines allocations et des dépenses d'allocation chômage. De l'aveu même du gouvernement, les finances publiques sont désormais «hors de contrôle».

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 18:13
| Par Carine Fouteau

À Athènes, la polyclinique de Médecins du monde ne reçoit plus seulement des migrants et des demandeurs d’asile comme le prévoyait sa mission d’origine. La cinquantaine de médecins et infirmières qui y travaillent, pour la plupart bénévolement, voient affluer un nouveau public de Grecs, appauvris par la crise au point qu’ils ne peuvent plus se soigner et se nourrir à leur faim. Ce centre de soins est situé dans le centre, à Koumoundourou Square. Un autre a ouvert à Perama, ville portuaire à une demi-heure de route de la capitale, et une unité médicale mobile circule dans les îles et les régions plus reculées. Entretien avec Christina Samartzi, responsable des programmes nationaux en Grèce pour l'ONG.

 

Dans un des centres de Médecins du Monde en Grèce © MdM Dans un des centres de Médecins du Monde en Grèce © MdM
Les traces de la crise et des plans d’austérité sont-elles perceptibles dans le profil des personnes qui frappent à votre porte?

La grande nouveauté, c’est que nous voyons de plus en plus de Grecs venir demander de l’aide et se faire soigner ici, où ils savent qu’ils peuvent trouver gratuitement des généralistes, des dermatologues, des psychologues et des pédiatres. Ce n’était pas le cas auparavant, ou à la marge. Médecins du monde s’est installé à Athènes pour porter secours aux migrants, aux demandeurs d’asile et aux réfugiés, principalement originaires d’Afrique subsaharienne et d’Asie centrale. Arrivent désormais des chômeurs, des travailleurs précaires avec de faibles revenus et des sans-abri qui n’ont plus les moyens de se soigner. Ils ne peuvent plus payer les consultations dans le secteur privé. Ils n’ont plus, non plus, accès à l’hôpital public où il existe un droit d’entrée de 5 euros. Pour de nombreuses personnes, 5 euros, c’est déjà trop. Ils ne peuvent plus, non plus, acheter les médicaments. Ils viennent ici pour en obtenir gratuitement. En 2011, les Grecs ont représenté 30% du public reçu. Ils étaient moitié moins l’année précédente. Dans notre centre de Perama, situé dans une région très pauvre, ne viennent que des Grecs.

Quand avez-vous commencé à constater cette évolution?

Cela a débuté à la fin de l’année 2010 et ça s’est amplifié début 2011, pour atteindre des sommets. Au total, environ 30.000 personnes sont passées chez nous cette année, contre 20.000 un an auparavant.

Qui sont ces Grecs qui ont recours à vos services?

Les profils sont variés, mais on observe la présence de beaucoup de femmes seules avec leurs bébés. Ces femmes n’ont plus accès aux services sociaux habituels car l’État n’a plus les moyens de les prendre en charge. Elles viennent pour faire vacciner leurs enfants. Elles ont besoin de médicaments et d’examens médicaux de base. Il y a aussi de plus en plus de personnes âgées, des retraités qui n’ont plus de revenus. On reçoit également des fonctionnaires qui ont vu fondre leurs salaires, ainsi que de nombreux anciens entrepreneurs. Dans le passé, ils pouvaient être riches, ils étaient à la tête de PME florissantes qui ont fait faillite du jour au lendemain et ils se retrouvent sans rien. Ils ont honte de venir à la polyclinique. Certains ont tellement honte qu’ils nous parlent en anglais pour passer pour des migrants. Ils ne veulent pas qu’on pense qu’ils sont grecs. 

À qui en veulent-ils?

Ils sont désespérés, sans espoir. Ils pensent que les choses ne vont qu’empirer. Ils sont en colère car ils se sentent impuissants. Ils en veulent en priorité au gouvernement grec et aux hommes politiques grecs en général, qu’ils considèrent comme responsables de leur situation, mais aussi aux gros pays de l’Union européenne, au premier rang desquels l’Allemagne et la France. 

Ont-ils des pathologies spécifiques?

Beaucoup de ces personnes sont sous-alimentées. On s’en rend compte quand on leur prescrit des médicaments qui doivent être avalés après un repas. Ils nous disent qu’ils n’ont pas de quoi se nourrir. C’est pour cela que nous avons lancé une campagne dans les supermarchés pour obtenir des produits alimentaires de première nécessité, comme du lait, du riz, des pâtes ou de l’huile. C’est la première fois que nous devons recourir à ce type de campagne. On se croirait en Afrique. À part cela, on retrouve les maladies habituelles des gens qui vivent dans la rue, comme les infections dermatologiques.

Quelles sont les solutions en termes de logement et de vêtements?

Il y a d’autres associations, d’autres ONG sur place, mais les financements sont insuffisants. Nous-mêmes, nous avons un foyer d’hébergement, mais il est réservé aux migrants. Nous avons un service psycho-social, avec des psychologues et des travailleurs sociaux qui informent les personnes sur leurs droits et les orientent vers d’autres structures, mais la plupart d’entre elles sont saturées. Pour les vêtements, nous demandons à ceux qui le peuvent d’en apporter et nous les redistribuons. Au moment où nous en aurions le plus besoin, au moment où l’État est défaillant et qu’il n’y a plus que nous, les associations, pour prendre le relais, les subventions publiques sont en baisse, ainsi que les aides venues de donateurs privés.  

 

© MdM  
© MdM

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 18:07
| Par Jade Lindgaard

Ce ne sont pas les coups de matraques mais la confiscation de bâches par les CRS qui a mis fin la nuit dernière, vers 2 heures du matin, à l'éphémère occupation du parvis de la Défense à l'appel de plusieurs collectifs : les «indignés», Uncut France, Occupy France... Sous les gouttes de pluie de plus en plus drues, la quarantaine de manifestants encore en action tentent de se protéger vaille que vaille de l'humidité sous des sacs en plastique et des morceaux de toile. Mais toute forme d'abri, aussi précaire soit-il, est aussitôt arraché par les forces de l'ordre, tournant sans fin autour des « indignés », des lambeaux de plastique à la main. « Ils nous prennent les tentes, ils nous prennent toujours tout ! C'est le capitalisme. »

 

Les tentes d'Occupons la Défense, au pied de l'Arche, dans la nuit du 4 au 5 novembre (JL) Les tentes d'Occupons la Défense, au pied de l'Arche, dans la nuit du 4 au 5 novembre (JL)

 Quelques heures plus tôt, il y eut des coups de poing et de bouclier mais contre les tentes – environ une trentaine – que le groupe des campeurs avaient réussi à déployer au pied des marches de la Grande Arche. Cette installation suscita plusieurs charges des policiers, dont certaines assez musclées, pour les arracher des dalles. En fin d'après-midi, l'un deux avait prévenu : « Si vous ouvrez cette tente, ce sera considéré comme une occupation. » Si bien que les occupants passent une partie de leur nuit à la belle étoile, éclairés par les sigles lumineux des tours Areva, EDF, GDF-Suez et Ernst&Young. Au plus fort, de la soirée, on compte environ 700 personnes, maigre effectif pour prendre un si vaste espace. 

Mais cela ne semble pas atteindre le moral des militants qui chantent, et dînent malgré la confiscation du caddie de ravitaillement – les sacs de fruits secs, de noix de cajou, les quartiers d'oranges et même des parts de pizza circulent non-stop. Les joints et les canettes de bière aussi. Vers minuit, sur un ton triomphal, une double annonce retentit au haut-parleur : « les Américains » visionnent le «live stream» (la diffusion vidéo en direct sur le Net) en masse ! Et le fil #occupydefense est le plus suivi de Twitter ! Applaudissements de joie dans la foule. Un voisin vérifie aussitôt sur son smartphone, et sourit, satisfait.

 

Une "Indignée" à l'approche des gendarmes (JL) Une "Indignée" à l'approche des gendarmes (JL)

Tout autour, pas mal de masques du mouvement cyber activiste Anonymous, avec leur sourire démoniaque. Sans chef, sans structure instituée, sans grande expérience et sans beaucoup de troupes jusqu'ici, les «indignés» made in France vivent d'Internet – où ils communiquent et en partie s'organisent – et, les mauvaises langues diront pour Internet. Ce n'est pas tout à fait vrai vendredi soir : une foule est bien présente. Dans la lumière déclinante du crépuscule, la diversité générationnelle saute aux yeux. Il y a des jeunes, comme ce lycéen en arts appliqués dans le XVIIIe arrondissement qui connaît les «indignés» depuis une semaine, ou cette apprentie coiffeuse au chômage, à peine plus âgée. Mais on voit aussi des visages plus marqués et des têtes grisonnantes. « Je suis un indigné de 1968, proclame un orateur, regardez, sous vos yeux, le monde que construit le capitalisme. Indignez-vous! Les anciens sont avec vous.»

« Le pouvoir, c'est nous »

C'est une drôle d'AG qui se tient sur les marches de l'Arche: pas d'ordre du jour, mais une litanie de témoignages personnels et de propos décousus sur la crise économique, le micro-crédit, l'écologie, les révolutions arabes, la Grèce. Aucune proposition d'action ni même de concertation tactique sur le déroulé de la soirée (faut-il rester jusqu'à l'arrestation...), aucune discussion sur les actions à mener dans la foulée. Les propos sont cantonnés à un niveau très général. Eva, 28 ans, intermittente du spectacle, apprécie ce registre qui permet à beaucoup de s'y retrouver. Familière des rassemblements d'Indignés à la Bastille, elle n'y a jamais entendu quelqu'un se présenter comme de droite ou de gauche. Elle aimerait que le mouvement devienne « un lobby », comme aux Etats-Unis, « pour avoir du poids ».

 

"Angela Merkel" pendant l'occupation de la Défense (JL) "Angela Merkel" pendant l'occupation de la Défense (JL)

Le slogan emblématique d'Occupy Wall Street est : « Nous sommes les 99% ». A la Défense, au soir de la clôture du G20, un homme s'écrie : « Je déclare ouvert le G99% !» La preuve, une fausse Angela Merkel est en train de lire Le Figaro assise sur les marches. Quand quelqu'un demande à tous ceux « qui veulent rêver » de lever la main, une forêt de doigts se dressent. Des panneaux demandent : « Qu'est-ce qui fait battre votre cœur ? ». Un homme prend la parole : « Nous n'avons pas à avoir de revendications. Le pouvoir, c'est nous. La démocratie réelle. » Une critique en règle de la démocratie représentative et du principe de délégation des pouvoirs qui va si loin qu'elle prend le pas sur l'énonciation de propositions de politiques alternatives. C'est à la fois naïf, ou simpliste, et radical. Personne ne parle de « démocratie directe » mais beaucoup disent vouloir la « démocratie réelle ». Le style général fleure bon le XVIIIe siècle: on interpelle les « citoyens » et « citoyennes », quelqu'un cite la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. A deux reprises, les manifestants chantent la Marseillaise

« Il y a un refus du conflit », regrette un étudiant parisien, spécialiste de Marx. « J'ai participé à plusieurs AG place de la Bastille, c'était radicalement merdique », décrit un manifestant, « du genre à se retrouver à discuter avec deux SDF. Ça m'a appris, cela dit, que les SDF ont des choses à dire ». Pour le philosophe Patrick Viveret, présent en tout début de soirée, « le conflit central entre la logique financière et la logique démocratique va s'accentuer. Il est à l'origine des Indignés et des Occupy. Et il va s'accroître car il n'y a pas de plan B en situation de catastrophe financière. Les réponses officielles destinées à rassurer les gens ne tiennent qu'à moitié. Personne ne comprend plus rien à ce qui se passe. Ce mouvement va finir par prendre en France. » 

 

Pendant l'occupation de la Défense, le 4 novembre 2011 (JL) Pendant l'occupation de la Défense, le 4 novembre 2011 (JL)

 En attendant, chacun rêve des accomplissements politiques des autres. Aux traditionnels « Bella Ciao » et « El pueblo unido... » s'ajoutent désormais des slogans entendus pendant les révolutions arabes.

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 18:03
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Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde
www.cadtm.org
Bulletin électronique n°89 - Jeudi 3 novembre 2011
Version française envoyée à 21842 abonnésVersion anglaise envoyée à 2160 abonnésVersion espagnole envoyée à 6510 abonnés
BULLETIN D'INFORMATION francophone du CADTM - Email: info@cadtm.org Inscription et désinscription :http://cadtm. org/cgi-bin/mailman/listinfo/bulletin-cadtm Le CADTM édite aussi un bulletin électronique en anglais http://www.cadtm.org//spip.php? article287 et un autre en espagnol http://www.cadtm.org//spip.php ? article277 .
SOMMAIRE
G20
//  Le Forum des peuples de Niono dit NON à l’accaparement des terres et OUI à la souveraineté des peuples !

par Pauline Imbach - 2 novembre

Dès le lendemain matin, le 1er novembre, les participant-e-s sont entré-e-s dans le vif du sujet, (...) Lire la suite
//  Communiqué
L’Afrique se rassemble contre le G20 à Niono (MALI) du 31 octobre au 3 novembre 2011
par Le Forum des Peuples - 1er novembreLa multiplication des crises dans lesquelles est plongé le monde ces dernières années n’a de cesse (...) Lire la suite
//  Forum des peuples 2011
G20 : Ils se payent nos têtes, on ne payera pas leur dette !
par Pauline Imbach - 31 octobre A l’occasion de la 10ème édition du Forum des peuples, contre point africain au sommet du G20, (...) Lire la suite 
//  Pourquoi se déplacer à Nice du 1 au 3 novembre 2011 pour manifester contre le G20 ?
par Eric Toussaint - 30 octobreQuels sont, dans ce contexte de crise globale, les enjeux du G20 de Cannes sous la présidence (...) Lire la suite
Dette  et crise au Nord
//  Éric Toussaint : « Les banques sont le maillon faible en Europe »
par Màrius Fort - 2 novembreLe président du CADTM considère que la crise européenne actuelle rappelle ce qu’a traversé (...) Lire la suite 
//  Sauver l’Europe en coulant les peuples ?
par Attac France - 31 octobreDans la nuit du 26 au 27 octobre, les participants du sommet européen ont abouti à un nouvel (...) Lire la suite
//  Belgique : saigner les chômeurs pour soigner les banquiers... ? Inacceptable !
- 31 octobreAlors que l’Etat fédéral se prépare une nouvelle fois à mettre à charge des contribuables les pertes (...) Lire la suite
//  Foire du livre politique de Liège
Le CADTM reçoit le prix du livre politique 2011
par CADTM - 31 octobre Composé de Françoise Bonivert (Journaliste RTC Télé Liège), de Michel Gretry (Journaliste RTBF (...) Lire la suite 
//  ArcelorMittal : à quand la justice sociale et environnementale ?
par CADTM Belgique - 29 octobre De plus, les communes comme Seraing ou Oupeye vont perdre les taxes versées par ArcelorMittal, (...) Lire la suite
//  L’accord du sommet européen des 26-27 octobre 2011 est inacceptable
par Pascal Franchet, Yorgos Mitralias, Griselda Pinero, Eric Toussaint - 28 octobreLes chefs d’Etat et de gouvernement, les dirigeants de la Commission européenne, les patrons des (...) Lire la suite
//  Taxer les riches : au centre du débat politique dans les pays du Nord
par Eric Toussaint - 27 octobreIl est frappant de constater que dans le langage de la communication de masse, ce sont (...) Lire la suite
//  Scènes de folie quotidienne dans la Grèce aux temps de la Troïka
par Yorgos Mitralias - 26 octobreLa Grèce aux temps de la Troïka n’a rien à voir avec la Grèce qu’on connaissait. Cinq « Memoranda » (...) Lire la suite
//  Modernité de l’ancien et ancienneté du moderne en Grèce
par Dimitris Fasfalis - 26 octobreLa Grèce et son peuple sont devenus, sous les projecteurs des médias de masse depuis janvier (...) Lire la suite
//  Budget 2012 = une sacrée prise de dette !
par Pascal Franchet - 23 octobreDes chiffres et des dettes ! Le 28 septembre dernier, le gouvernement français a annoncé son (...) Lire la suite
//  Vidéo - Les solutions à la crise de la dette
par Myriam Bourgy, Attac TV - 21 octobre Quelles sont les solutions que le CADTM a à proposer pour remédier à a crise de la dette en Europe (...) Lire la suite
//  15 octobre à Rome : les vrais visages oubliés
par Chiara Filoni - 21 octobreUne centaine de milliers de personnes se sont rassemblées à Rome pour participer à la grande (...) Lire la suite
//  La crise bien au-delà de l’Union européenne
par Eric Toussaint - 18 octobreCe qui est frappant, c’est la très forte volatilité qui caractérise toute une série de prix : les (...) Lire la suite
//  Dette publique et dette illégitime
Et si on refusait de payer ?
par Nicolas Errante - 18 octobrePour François Chesnais, l’injonction faite aux Etats de rembourser leur dette repose sur l’idée (...) Lire la suite
//  Le 15 octobre à Bruxelles : Les peuples refusent de payer la crise !
par Émilie Paumard, Christine Vanden Daelen, Pauline Imbach, Melody Imbach - 17 octobreDepuis plusieurs années, les peuples européens - après ceux du Sud - sont devenus la cible (...) Lire la suite
//  Communiqué mondial du 15 octobre
- 17 octobreLes institutions internationales non démocratiques sont notre Moubarak global, notre Assad (...) Lire la suite
RDC
//  3e Forum Social Congolais
Appel de Kinshasa à une mobilisation citoyenne contre le néolibéralisme pour un Congo juste, prospère et fort
- 31 octobreNous, forces sociales de toutes les provinces de la République Démocratique du Congo, Syndicats (...) Lire la suite
Tunisie
//  Débat sur la souveraineté économique tunisienne
- 23 octobre « Quelles sont les conditions d’une véritable souveraineté économique pour la Tunisie ? » Le (...) Lire la suite 
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LES AUTRES VOIX DE LA PLANÈTE
//  Collectif pour un audit citoyen de la dette
D’où vient la dette ? A-t-elle été contractée dans l’intérêt général, ou bien au bénéfice de minorités déjà privilégiées ? Qui détient ses titres ? Peut-on alléger son fardeau autrement qu’en appauvrissant les populations ? Ces questions, de plus en plus nombreux sont ceux qui se les posent. Dans toute l’Europe et en France un large débat démocratique est urgent, car les réponses apportées à ces questions détermineront notre avenir.
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//  Les peuples face au G20
Une fois de plus, les pays riches du G20 vont se réunir, en grande pompe, pour parler d’austérité. De notre austérité. À Cannes, ils boiront du champagne à la santé de la finance et du marché. Ils calculeront de grandes formules magiques qui seront supposées tout régler, à leur profit. Une fois de plus, ils termineront par de belles phrases vides de sens, mais après avoir détricoté un peu plus ce qui reste des acquis sociaux. Une fois de plus leurs solutions seront nos problèmes. Il est temps d’en finir avec ces mascarades et pitreries. Les peuples ne sont plus dupes.
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//  Campagne Internationale pour la suspension immédiate du paiement de la dette de la Tunisie
La Tunisie a besoin de mobiliser, de toute urgence, toutes ses ressources financières, afin de faire face aux nécessités de la situation actuelle, notamment : l’extrême pauvreté, l’indemnisation des chômeurs, l’amélioration de la situation matérielle des salariés, etc.
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//  Dette : les grecs et la Debtocracy.
Un documentaire intitulé Debtocracy – Chréokratia (Chréos est le mot grec pour "dette") fait fureur en Grèce depuis la mise en coupe réglée du pays sous les fourches caudines du FMI.
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//  Peuples indignés partout autour du globe
Il faut le reconnaître, 2011 est une année riche en surprises et en événements particulièrement stimulants pour qui veut la construction d’un monde plus juste et plus équilibré écologiquement..
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//  La Dette ou la Vie
Alors que les politiques d’austérité se développent en Europe, le CADTM sort son nouveau livre !
En 2007-2008 éclate la crise la plus importante depuis celle de 1929. Les banques sont sauvées à coup de centaines de milliards de dollars et d’euros par les petits soldats du G20 aux ordres de la finance mondiale et les États financent ce sauvetage en appliquant au Nord l’équivalent des plans d’ajustement structurel de sinistre mémoire au Sud.
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Juillet 2011 - n°51
Le CADTM édite une revue intitulée "Les autres voix de la planète". Quatre fois par an, elle propose des dossiers et des articles sur les thèmes développés par le CADTM et suit l’actualité de la dette, du mouvement altermondialiste et des grandes mobilisations internationales. La quarantaine de pages que compte chaque numéro se partage en différentes rubriques (articles de fond, dossiers, interviews, brèves, échos du réseau international CADTM, notes de lecture, agenda...) et présente chaque trimestre à ses lecteurs un regard original sur le monde. Elle paraît uniquement en français.
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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 18:01
Emission de là-bas :
 
Elle mentionne notamment une association de maires victimes des emprunts toxiques : « acteurs publics contre les emprunts toxiques » : http://www.empruntstoxiques.fr/ 
 
Cette association a pour président Claude Bartolone certes, mais pour vice-président un maire UMP (Saint-Maur les Fossés) et il y a aussi des maires FG d’après ce que j’ai compris.
 
Il y a aussi un twitter qui fait revue de presse sur les emprunts toxiques : http://twitter.com/#!/Emprunttoxique
 
Ca peut donner des idées pour des CLs qui souhaiteraient bosser sur l’audit citoyen au niveau local ! N’oubliez-pas que des collectifs sont en train d’être monté, et n’hésitez pas à les signaler pour les mettre sur le site www.audit-citoyen.org
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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 17:47

bastamag.net - Par Thomas Coutrot (3 novembre 2011)


La révolte des Indignés ne faiblit pas. Pour Thomas Coutrot, économiste et coprésident d’Attac, ce mouvement est appelé à durer, car il « touche des ressorts profonds dans la conscience des citoyens du monde entier ». Ce n’est pas un simple mouvement social. Il exprime l’aspiration à une démocratie réelle, c’est-à-dire le pouvoir du peuple et pas des oligarchies, la lutte contre la privatisation de l’État par la finance mais aussi par la classe politique. Sur nos places publiques s’inventent aujourd’hui de nouvelles pratiques et un nouvel âge de la démocratie.

Le mouvement des Indignés n’est pas un feu de paille. Son extension rapide dans le monde – entre la révolution tunisienne de décembre/janvier et l’occupation de Wall Street, il se passe moins d’un an – atteste qu’il touche des ressorts profonds dans la conscience des citoyens du monde entier. Les pouvoirs iranien ou chinois craignent eux aussi comme la peste une « révolution Twitter ».

Ce mouvement passera par des hauts et des bas. Il connaîtra des tentatives de récupération : M. Trichet qui « interprète le message » des Indignés et Mme Merkel qui les « comprend »... Il aura des points forts et des points faibles (comme la France en ce moment). Mais il est appelé à durer et à marquer profondément le climat politique mondial des années à venir.

La raison en est simple : la crise actuelle met à nu les mécanismes de confiscation du pouvoir et des richesses construits depuis trente ans par le néolibéralisme sous couvert de formes politiques démocratiques. La fusion des élites financières et étatiques – nulle part aussi institutionnalisée qu’aux États-Unis avec l’achat en toute transparence des hommes politiques par les lobbyistes des multinationales – éclate au grand jour avec les plans faramineux de sauvetage de la finance et leurs corollaires, les plans d’hyper-austérité imposés aux peuples.

Le compromis entre capitalisme et démocratie est aujourd’hui épuisé

Ces plans suscitent bien sûr des résistances sociales. Grèves, émeutes, manifestations syndicales se succèdent dans les pays les plus touchés. Mais le mouvement des Indignés n’est pas un simple mouvement social. Il n’exprime pas seulement le point de vue de catégories spécifiques de la population – jeunes, retraités, salariés, femmes… – touchées par des politiques régressives. Il n’agrège pas des individus appartenant à des groupes sociaux aux intérêts communs et qui chercheraient à faire pression sur les décideurs politiques pour infléchir leurs décisions en leur faveur. C’est avant tout un mouvement citoyen radicalement démocratique, dont le sens profond est clair : le compromis entre capitalisme et démocratie permis depuis deux siècles par le système représentatif est aujourd’hui épuisé.

Reprenons les trois principales critiques adressées au mouvement, pour montrer les incompréhensions qu’il suscite et, en creux, son caractère radicalement novateur.

« Ils n’ont pas de revendications ! » Même si des assemblées populaires ont pu élaborer des listes de revendications très variées, le mouvement en lui-même ne porte aucune exigence positive fédératrice. Sa critique de la domination des banques et des politiciens ne s’accompagne pas de mots d’ordre simples qui définiraient des buts à atteindre. L’important n’est pas là : il est dans le refus par les simples citoyens que des représentants élus prennent des décisions contraires à la volonté populaire. Il est dans l’exigence que chacun-e puisse peser, contrôler, participer aux décisions. Il est dans l’exigence de la démocratie réelle.

« Ils n’ont pas de porte-parole ! » Justement… Les Indignés expriment une critique radicale de la confiscation « démocratique » du pouvoir par des élites autoproclamées et (en général) confirmées par le vote. Ils ont compris le caractère antidémocratique de toute représentation, où les représentants, aristocratie légitimée par l’élection, s’érigent en pouvoir sur le peuple (ou, dans les syndicats ou associations, sur les adhérents…). Le refus de tout porte-parole permanent, le souci obsessionnel d’éviter qu’un ou plusieurs individus s’élèvent au-dessus du mouvement en prétendant – avec malheureusement son assentiment – le représenter reflètent une compréhension très profonde des mécanismes de la domination politique dans tout système représentatif.

« Ils rejettent la politique. » Aberration suprême que cette accusation, qui revient souvent chez des militants d’extrême gauche déçus de voir qu’ils sont l’objet de la même méfiance que les politiciens sociaux-démocrates ou de droite. Ces militants sont indignés… que leurs tentatives de faire prévaloir la juste ligne dans les assemblées populaires se heurtent à la volonté farouche des citoyens de ne pas abdiquer leur libre-arbitre, au bénéfice d’un groupe politique constitué qui les instrumentaliserait dans sa conquête de places ou dans la compétition politique institutionnelle. Comme si le fait que des citoyens s’emparent des places publiques et y mettent en débat les affaires communes n’était pas une manifestation éclatante de leur passion de la politique au sens noble du terme !

Le capitalisme parlementaire a dépouillé la démocratie de son contenu subversif

C’est ainsi du moins que les Anciens voyaient la démocratie, et ce jusqu’aux révolutions bourgeoises du XVIIIe siècle. Les historiens de la démocratie (Pierre Manent, Yves Sintomer, et même Pierre Rosanvallon) ont montré comment les révolutionnaires avaient pour la plupart une peur bleue de la démocratie. Celle-ci signifiait pour eux pouvoir de la populace, rejet des hiérarchies sociales, fussent-elles basées sur la propriété ou le talent, exigence de participation directe de chacun aux affaires de tous. Ils ont montré le lent processus par lequel la bourgeoisie a fini par accepter le suffrage universel, après l’avoir dépouillé de presque tout caractère subversif. La participation directe des citoyens, le tirage au sort des titulaires de charges politiques pour éviter la confiscation du pouvoir par sa professionnalisation, qui étaient jusqu’en 1789 unanimement associés à l’idée originelle de démocratie [1], sont devenus des aberrations incompréhensibles pour des « Modernes » tout occupés à accumuler le capital et les jouissances matérielles. Le capitalisme parlementaire, ce deuxième âge de la démocratie, a largement dépouillé celle-ci de son contenu égalitaire et subversif.

Mais les Indignés rejettent les ersatz de démocratie. La crise sociale, la crise écologique, l’affaissement des imaginaires consumériste et productiviste intimement liés au capitalisme ne permettent plus la légitimation des notables, possédants ou experts, fussent-ils choisis par des électeurs formatés par des systèmes éducatif, productif et médiatique générateurs de résignation et de passivité sociales. Face à l’effondrement de ce monde confisqué par des élites qui montrent chaque jour davantage leur irresponsabilité, l’exigence qui monte chez les citoyens est celle d’imposer une démocratie réelle, c’est-à-dire le pouvoir du peuple et pas des oligarchies.

L’invention d’un troisième âge de la démocratie

Ce cadre d’interprétation définit alors des tâches assez précises pour les amis de l’émancipation. Les aspirations des Indignés ne peuvent se concrétiser que par l’introduction de réformes politiques fondamentales, qui abolissent la privatisation de l’État non seulement par la finance mais par la classe politique elle-même. L’impulsion pour imposer ces réformes ne peut naître que de la rue, mais leur concrétisation suppose une révolution institutionnelle. Les places publiques sont aujourd’hui les laboratoires où les citoyens-chercheurs construisent des pratiques radicalement démocratiques pour éviter la confiscation représentative : tirage au sort des animateurs d’AG ou des orateurs parmi des volontaires, rotation systématique des charges fonctionnelles, construction d’une pensée collective par l’écoute active et le refus de la dictature de l’urgence, préservation d’une structure horizontale d’organisation…

Ces pratiques s’ancrent dans des expériences historiques nombreuses, quoique souvent refoulées, en particulier dans la tradition libertaire et autogestionnaire du socialisme. Elles prolongent bien des innovations portées par le mouvement altermondialiste depuis dix ans. Elles ne visent pas la tâche, impossible dans des sociétés vastes et complexes comme les nôtres, d’éliminer toute représentation, de généraliser la démocratie directe pour toutes les décisions. Ces innovations doivent et peuvent déboucher, dans les années qui viennent, sur des innovations institutionnelles radicales qui arracheront l’État des mains des oligarchies. Sur l’invention d’un troisième âge de la démocratie, où la représentation serait enserrée dans l’étau du contrôle populaire.

Thomas Coutrot, économiste, membre du conseil scientifique d’Attac

Ce texte est également publié par Mouvements.info

Notes

[1] Montesquieu écrivait « le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par le choix est de celle de l’oligarchie ».

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 17:40

 

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enréfléchissant

lepost.fr -04/11/2011 à 10h43
   

Un appel international circule depuis plusieurs jours sur facebook.

Cet appel est anonyme, il y est écrit:

"Les signataires sont ceux qui diffusent cet appel"

Je deviens donc signataire en diffusant cet appel qui me semble cohérent et utile.

Sur facebook une page a été créée pour promouvoir l'évenement, mais il est indiqué qu'elle n'a rien d'officiel.

Voici l'appel en français ( aussi disponible en anglais et en néerlandais):

#14Ja : Journée mondiale des assemblées populaires

Depuis le 15 mai 2011 un mouvement inédit par sa forme et son fond remet en cause la "démocratie représentative". Ce mouvement parti d´Espagne s´est répandu sur toute la planète malgré les innombrables manipulations médiatiques et répressions policières subies. La probabilité d´une révolution globale a rarement été aussi forte.

La démocratie est un régime politique ou le "peuple" ait le pouvoir. Le terme "démocratie représentative" est une manipulation destinée à nous faire croire que nous sommes en démocratie. Mais nous n´avons jamais vécu en democratie, la liberté d´expression ne suffit pas. Dans nos régimes politiques, les masses donnent les touts pouvoirs à une minorité, sans aucun contrôle.

Les crises sociales, économiques et environnementales que nous connaissons tous sont liées à la nature oligarchique de nos systèmes politiques.

Pour que les intérêts communs passent avant les intérêts privés, il n´y a qu´une solution: que la majorité participe directement a la politique.

La réelle démocratie n´a pas de modèle preconçu, c´est à nous tous de la construire dans la rue.

Pour construire cette démocratie mondiale, nous vous appelons tous a créer et participer à des assemblées populaires, où que vous soyez, le samedi 14 janvier 2011.

Créez des évènements, sur internet, dans la rue, dans chaque ville et dans chaque quartier, diffusez.

Lisez ce texte en assemblée, dans les camps occupy, avec vos amis.

Demain l´Humanité retrouvera le chemin du progrès.

Les signataires sont tous ceux qui diffusent cet appel

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 17:27

.rfi.fr/moyen-orient

vendredi 04 novembre 2011

 

Des manifestants, place Tahrir au Caire, le 28 octobre, appellent à une transition rapide du pouvoir, toujours géré par des militaires depuis le départ de Hosni Moubarak.
Des manifestants, place Tahrir au Caire, le 28 octobre, appellent à une transition rapide du pouvoir, toujours géré par des militaires depuis le départ de Hosni Moubarak.
MAHMUD HAMS / AFP

Par RFI

Les membres de la campagne de protestation « No military trials for civilians » ont estimé jeudi 3 novembre 2011 que la révolution égyptienne était « attaquée » et « détournée » par les militaires qui assurent le pouvoir de transition. Ils ont également rapproché leur combat des mouvements « Occupy » qui ont essaimé à travers le monde et notamment aux Etats-Unis, et appelé à une journée de mobilisation mondiale commune le 12 novembre.

Quand le « printemps arabe » rejoint la crise économique mondiale. Les membres de la campagne égyptienne « No military trials for civilians » (Pas de procès militaires pour les civils), qui continuent de manifester place Tahrir neuf mois après la chute de Hosni Moubarak, ont dénoncé, dans un communiqué, la répression des autorités militaires de transition dont ils se disent victimes.  

Ainsi que le relaye le quotidien britannique The Guardian, les manifestants affirment dans un communiqué diffusé sur le site de la campagne et signé par plusieurs organisations civiles, que « l’armée et la police nous ont attaqués, encore et encore, nous ont frappés, arrêtés, tués ». Selon eux, « environ un millier de personnes ont donné leur vie pour faire partir Moubarak. Bien plus nombreux sont ceux qui les ont rejoints dans la mort depuis ». 

Démocratie étouffée  

Les activistes égyptiens annoncent qu’ils refusent en conséquence de « coopérer avec les procès militaires et les persécuteurs » et de se « soumettre aux questionnements » des autorités. « S’ils nous veulent, ils peuvent nous prendre dans nos maisons ou nos lieux de travail », dit encore le communiqué.

Agacés par un pouvoir qu’ils jugent injuste, une « élite qui étouffe la démocratie et promet l’injustice sociale » : les activistes se trouvent des points communs avec le mouvement « Occupy ». Commencé en septembre à New York avec « Occupy Wall Street », il s’est depuis répandu plus ou moins densément dans des centaines de villes du monde. Les « occupants » se définissent comme « les 99% » lésés par une élite représentant le « 1% » de la population qui détient selon eux les richesses et le pouvoir, et prend en leur nom des décisions dont ils souffrent et qu’ils ne souhaitent pas. Pour les Egyptiens, le parallèle est évident, et justifie d’appeler, le 12 novembre, à une journée mondiale de manifestations réunissant les indignés arabes et de toute la planète. 

Occupy Wall Street solidaire  

Message reçu cinq sur cinq à New York, où Sand Nurse, une des meneuses de Occupy Wall Street a déclaré « penser que Occupy Wall Street sera solidaire avec le combat continu des protestataires égyptiens ». « Les Egyptiens nous ont donné un exemple de courage qui a inspiré non seulement notre protestation mais beaucoup d’autres dans le monde », a estimé pour sa part Naomi Calvin, membre des « occupants » de Londres. « Nous leur devons de soutenir leur combat de toutes les façons que nous pouvons », a-t-elle ajouté.  

L’annonce des activistes égyptiens fait écho à la détention de Alaa Abd el-Fattah, un révolutionnaire devenu depuis son arrestation un symbole pour les manifestants de la place Tahrir. Son appel pour être libéré vient d’être rejeté, et il pourrait rester encore indéfiniment sous les barreaux. 

Par ailleurs, de plus en plus de leaders politiques, dont le candidat à l’élection présidentielle Mohammed el-Baradei, protestent contre l’ébauche de projet constitutionnel rédigé par le cabinet militaire assurant l’intérim du pouvoir. Selon ce projet, l’armée serait exempte de tout contrôle parlementaire, aurait le dernier mot sur les principales décisions politiques et les militaires domineraient le processus d’écriture de la nouvelle Constitution. De quoi alimenter la colère des manifestants de la place Tahrir, et le sentiment que leur révolution a été « détournée ».

tags: Crise économique - Egypte
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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 17:23

24heures.ch -Lucie Monnat | 04.11.2011 | 14:53

Crise économique | 99 mois, cela fait huit ans. Après 3 semaines d'occupation, la version zurichoise des indignés ne s'est pas encore lassée de ses conditions de vie précaire.

© KEYSTONE | Les indignés zurichois sont une quarantaine à avoir planté leur tente à Lidenhof, au plein centre de Zurich.

 

Un vieux carton sur lequel il est marqué «Nous sommes les 99%» marque l'entrée du campement du parc de Lidenhof. Le slogan des indignés fait référence au fait que seul 1% de la population possède la moitié des richesses de la planète. L'autre moitié se partage entre les 99% restant.

Lorsque la ville de Zurich a demandé au mouvement «Occupy Paradeplatz» de légaliser sa situation, les indignés ont décidé de réclamer la permission de rester 99 mois symboliques.

«Je ne pense pas vraiment que nous les obtiendrons, souris Jannik Böhn, 24 ans. Mais c'est surtout pour le symbole. Nous aurions pu demander pour l'éternité, car notre mouvement ne doit pas connaître de fin!»

Où iront-ils lorsque la police aura décidé de dégager l'espace public, très fréquenté par les touristes? La question suscite quelques haussements d'épaules. Suisses avant tout, les indignés zurichois attendent patiemment la réponse des autorités. Ceux qui ne sont pas partis travailler ce matin font passer le temps avec quelques bières, des cigarettes et des Tam-tams.

«J'ai entendu quelqu'un dire que la police sera obligée de le porter si elle veut vider le campement, commente Urs* en grattant ses cheveux longs. Moi je suis prêt à négocier». Et Jannik d'ajouter: «Cela ne me dérangerait pas qu'on nous déplace à l'intérieur. Il commence à faire froid.»

*Nom connu de la rédaction

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 13:37
Libération - Aujourd'hui à 15h33
Tepco doit débourser des centaines de milliards de yens (milliards d'euros) pour dédommager les personnes et entreprises affectées par l'accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima à la suite du violent séisme et de l'effroyable tsunami du 11 mars. ( © AFP Tepco)

TOKYO (AFP) - L'Etat japonais a accordé vendredi une aide exceptionnelle de plus de 8 milliards d'euros à Tokyo Electric Power pour indemniser les victimes de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, en échange d'une sévère restructuration, avec des milliers d'emplois supprimés.

Tepco doit débourser des centaines de milliards de yens (milliards d'euros) pour dédommager les personnes et entreprises affectées par l'accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima à la suite du violent séisme et de l'effroyable tsunami du 11 mars.

Le gouvernement a approuvé vendredi un premier acompte de 900 milliards de yens (plus de 8 milliards d'euros) à la compagnie, laquelle manque cruellement de trésorerie.

En échange de cette avance financière, et conformément aux recommandations d'un panel d'experts, la compagnie s'engage à revoir en profondeur ses méthodes d'approvisionnement, rationaliser son fonctionnement, repenser son mode de facturation, réduire sa main-d'oeuvre et sabrer les retraites et émoluments de son personnel.

Le plan d'économies est la condition sine qua non à l'octroi de fonds étatiques.

"Puisque vous utilisez de l'argent public pour indemniser les victimes, je souhaite que vous mettiez en oeuvre un +plan spécial d'activités+ qui permette de dégager au moins 2.500 milliards de yens (environ 23 milliards d'euros) en 10 ans", avait déclaré il y a peu le ministre de l'Industrie, Yukio Edano, au patron de Tepco, Toshio Nishizawa.

Tepco, qui n'a guère le choix, va réduire ses effectifs de 14% (7.400 personnes) d'ici à mars 2014, continuer d'appliquer les réductions de salaires décidées après l'accident, renoncer à des activités non essentielles, rediscuter les contrats avec ses fournisseurs, réduire ses investissements ou encore vendre des biens immobiliers ainsi que des actifs financiers.

Après avoir déjà affiché pour l'année budgétaire passée une perte financière de 1.250 milliards de yens (11 milliards d'euros) à cause de l'accident de Fukushima survenu au cours du dernier mois d'exercice, la compagnie a fait état vendredi d'un nouveau déficit de 627,3 milliards de yens (5,7 milliards d'euros) au cours du premier semestre 2011-2012.

Dans ces circonstances, une sévère restructuration du groupe tentaculaire semble être la seule façon de garantir des fonds pour dédommager les dizaines de milliers d'habitants, exploitants agricoles et entrepreneurs condamnés à abandonner leurs propriétés et activités à cause de la contamination.

Ses difficultés financières sont d'autant plus rudes que la compagnie est privée depuis près de huit mois de la plupart de ses réacteurs nucléaires, une situation qui ne va pas changer de sitôt et qui l'oblige à acheter des cargaisons gigantesques de pétrole et autres carburants pour faire turbiner ses centrales thermiques.

Reste que Tokyo Electric Power, qui alimente en électricité la capitale nippone et sa région, est une entreprise si essentielle pour l'économie du Japon qu'elle ne peut être abandonnée par l'Etat, bien qu'elle oblige les pouvoirs publics à jongler avec des lois d'exception.

"Si nous n'avions pas l'aide des pouvoirs publics, il ne fait aucun doute que nous serions tombés dans une situation extrêmement difficile", a reconnu le patron de Tepco, Toshio Nishizawa, lors d'une conférence de presse.

Pour autant, une nationalisation, fût-elle partielle, "n'est pas à l'ordre du jour", a-t-il assuré.

Tepco aurait besoin de quelque 4.540 milliards de yens (44 milliards d'euros) avant mars 2013 pour ces dédommagements, et de plus de mille milliards de yens (près de 10 milliards d'euros) pour démanteler ensuite les quatre réacteurs condamnés sur les six de Fukushima Daiichi.

Il faudra trente ans au moins pour y parvenir, trois des réacteurs étant si endommagés qu'une extraction du combustible paraît inenvisageable avant 2022, si tant est que la situation soit stabilisée sur le site d'ici à la fin de l'année et les rejets contrôlés.

© 2011 AFP

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