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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 21:09

 

Source : https://reporterre.net

 

 

A Bure, les opposants aux déchets nucléaires ont gagné leur pari et réoccupé la forêt

18 juillet 2016 / Hervé Kempf (Reporterre)
 


 

Sous le soleil, près de 500 manifestants ont réussi à Bure à occuper samedi 16 juillet la forêt où l’Andra veut commencer des travaux. Lundi en fin d’après-midi, la forêt restait occupée. Mais les occupants ne peuvent empêcher les engins de chantier de s’activer.

 

- Actualisation - Lundi 18 juillet 2016, 18 h - A 16 h, la centaine d’opposants à Cigéo qui occupait le bois Lejuc n’avait toujours pas été expulsée par les forces de l’ordre. Elle n’a toutefois pas réussi à empêcher les travaux. Michel (prénom changé), un activiste présent sur place et joint au téléphone, décrit un "ballet incessant d’engins de chantier" dans la forêt. Les équipes de bûcherons déjà à l’oeuvre sont protégées par des gendarmes mobiles et des vigiles.

"Nous prenons acte de la reprise des travaux et nous sommes conscients que l’occupation, pour chouette qu’elle soit, ne suffit plus", admet Michel. En conséquence, les activistes ont légèrement changé de tactique. Ils lancent désormais plusieurs actions simultanées visant à bloquer les flux d’engins et à harceler les équipes pour les empêcher de travailler. "Un groupe est allé bloquer une usine de sous-traitance située à Joinville, à une vingtaine de kilomètres de Bure, qui fournit des engins de chantier à l’Andra", décrit Michel. Qui envisage cette soirée de lundi avec "sérénité" : "Nous restons préparés à une éventuelle intervention des forces de l’ordre mais pour le moment nous sommes là, nous avons réussi notre pari. Et nous pensons que notre résistance très ferme de ce week-end a pu avoir un effet dissuasif."

Pour preuve de cet optimisme, les opposants ne manquent pas d’idées pour la suite de la mobilisation. Un collectif de Naturalistes en lutte du Bois Lejuc, , à l’image de celui de Notre-Dame-des-Landes, va être lancé samedi 23 juillet. "Ils se chargeront de réaliser des inventaires de la faune et de la flore pour essayer de ralentir les travaux", explique Michel. Enfin, un nouveau temps fort de mobilisation est envisagé les 13 et 14 août.


- Bure (Meuse), reportage

La Maison de la résistance, à Bure, n’avait sans doute jamais vu autant de monde. Samedi matin 16 juillet, c’est près de 500 personnes qui s’y retrouvaient. Objectif : aller occuper le bois Lejuc, situé sur la commune voisine de Mandres-en-Barrois, où l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) veut commencer des travaux préparatoires au complexe Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires.

Sous un soleil radieux, la colonne de manifestants gravissait la colline à travers champs, parvenant au bois Chaufour d’où l’on surplombe le bois Lejuc. En bas du chemin, un barrage de policiers. La colonne descendait sereinement.

 

La confrontation avec les gendarmes - un escadron de la gendarmerie mobile de Strasbourg - s’engage, jets de projectiles par des manifestants cagoulés contre tirs de grenades lacrymogènes. Disposés à la lisière du bois, les gendarmes cherchaient à empêcher les manifestants de pénétrer le bois, où se trouve une plate-forme de chantier installée par l’Andra.

Mais le bois fait plusieurs centaines de mètres de long, et peu à peu, les manifestants s’égaillaient tout au long de la lisière. La ligne des gendarmes s’étirait, mais les 72 hommes ne pouvaient contenir l’entrée dans le bois.

La foule pénétrait dans le bois, les gendarmes se retiraient sur leur position initiale, contrôlant la petite route d’entrée conduisant à la plate-forme. A leur propre surprise, les occupants avaient atteint leur objectif : réoccuper la forêt ! Dans l’après-midi, leur centre d’information, vmc.camp envoyait un message : « A Bure, bois de Mandres partiellement reconquis !! Besoin de monde à nouveau, de matos, de bouffe, que les gens viennent construire et dormir cette nuit et toute la semaine. »

Mais entre les arbres, la bataille s’engageait, la vingtaine de vigiles engagés par l’Andra pour protéger sa plate-forme attaquant les occupants à coups de battes de base-ball ou de manches de pioche. Les gendarmes semblaient les laisser agir pour intervenir ensuite. Des tirs de grenades et de lanceurs de balle de défense s’échangeant avec des jets de pierre. Selon vmc.camp, six manifestants ont été blessés par les vigiles et trois autres par les flash-balls. Quatre personnes ont de surcroît été interpellées et gardées à vue.

La situation se stabilisait cependant, gendarmes et vigiles ne parvenant pas à reprendre le contrôle du bois...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 20:58

 

Source : https://reporterre.net

 

 

À Bure, les paysans se mobilisent contre la poubelle nucléaire

16 juillet 2016 / Gaspard d’Allens (Reporterre)
 

 

 

Le projet de centre industriel de stockage géologique profond (Cigéo) des déchets radioactifs, à Bure, en Meuse, a des conséquences considérables sur le monde agricole et les territoires ruraux. Paysans et paysannes se retrouvent en première ligne, aux côtés des antinucléaires. Reporterre leur donne la parole, alors que ce samedi 16 juillet, se déroule une « manifestation de réoccupation ».

- Bure (Meuse), reportage

Mobilisés de longue date aux côtés des militants antinucléaires contre les visées de l’Andra (l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), paysans et paysannes ont participé à l’occupation du bois Lejuc, il y a trois semaines, près de Bure (Meuse). Certains fournissaient des légumes, du matériel de construction, d’autres dormaient sur les barricades et repartaient à quatre heures du matin pour la traite. Samedi 16 juillet et dimanche, il se retrouvent pour la manifestation de réoccupation de la forêt de Mandres-en-Barrois.


Romain : « Le désert agro-industriel a conduit à la poubelle nucléaire »

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À une des entrées du bois Lejuc.

Ce qui me pousse à la révolte ici à Bure, c’est la résignation. Le besoin de me lever face à l’indifférence. Ce projet titanesque nous écrase et nous dépasse : 130 ans d’exploitation, un coût estimé à 35 milliards d’euros, des déchets radioactifs pour des dizaines de milliers d’années. On se sent impuissant devant tant de démesure.

Cela fait écho à l’histoire de la paysannerie, marquée par les humiliations et le renoncement. On est victime de grands projets industriels — aéroports, autoroutes — souvent inutiles et imposés, et par les directives productivistes de la politique agricole commune. Tout a été fait pour que les paysans disparaissent ou qu’ils soient transformés en «agrimanager». Quand tu ne rentres pas dans le cadre, tu es considéré comme un petit, "tu manques d’ambition".

Avec l’Andra, c’est la même chose. Si tu ne suis pas le chemin qu’elle trace, on te met la pression. On te harcèle. L’Andra fait circuler des rumeurs. Elle attise les tensions. Un jour, elle appelle les agriculteurs pour dire que les opposants à Cigéo vont brûler leurs ballots de pailles. Un autre moment, elle menace un agriculteur impliqué dans la lutte en lui faisant comprendre que la Safer [l’organisme chargé de veiller au foncier agricole] ne renouvellera pas ses baux précaires.

Les paysans sont isolés dans leurs tractations avec l’Andra, qui colonise peu à peu le territoire. Son appétit est sans limite. Elle détient maintenant 1.000 ha de foncier agricole et 2.000 ha de forêt. Depuis septembre, 300 ha ont été retirés de l’usage agricole pour faire des fouilles archéologiques préventives, sans autorisation légale. Ce sont désormais des friches.

Cigéo n’aurait pas pu s’implanter ailleurs. C’est le désert agro-industriel qui a conduit à la poubelle nucléaire. Dans la région, les agriculteurs sont seuls, dépendants de filières longues, surendettés. Ils ont perdu leur autonomie et sont incapables de protester.

L’Andra joue les grands seigneurs et cherche à se rendre indispensable, avec des velléités centralisatrices. Tout doit désormais passer par elle. Les villages se meurent, mais elle veut créer une supérette au sein de son laboratoire.

On pourrait imaginer un autre avenir : pas de mornes monocultures céréalières mais des productions locales, pas de système de distribution standardisé mais des circuits courts. L’agriculture ne se résume pas à des boîtes de conserve ou à des produits industriels, elle peut être vivante et permettre la rencontre autour d’un étal, de la confiance, du lien social.

C’est le sens de notre action ici, retrouver du collectif. On a fait des semis sur les terres appropriées par l’Andra cette année. On souhaite aussi organiser des marchés. L’occupation de la forêt est le prolongement de ces mobilisations pour montrer que le territoire reste toujours en vie.»


Christian et Marie-Jeanne : « Ici, on défend la terre nourricière contre le béton »

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Christian et Marie-Jeanne.

Cela fait cinq ans que l’on vient en Meuse pour s’opposer au projet Cigéo. Nous sommes faucheurs volontaires et syndicalistes à la Confédération paysanne. On a participé en 2010 à la grève de la faim lors de l’occupation de la Maison du lait, à Paris, et en 2014 pour défendre les petites fermes. Nous habitons en Alsace, dans les Vosges, sur le plateau des Hautes-Huttes. Notre fille a repris l’exploitation. Dans notre vie, on s’est toujours battu. Avec notre petit élevage de montagne, nous étions hors norme.

C’est important pour nous de montrer que la lutte à Bure est liée aux questions paysannes. Ici, on défend la terre nourricière contre le béton. Une fois que c’est bétonné, c’est fini, on ne peut plus revenir en arrière. Tant que la terre reste de la terre, il y a un espoir. Dans la région, elle est aux mains des grands céréaliers, mais elle pourra revenir un jour aux paysans.

Si le projet Cigéo aboutissait, des centaines d’hectares de terres agricoles disparaitraient et les derniers céréaliers seraient eux-mêmes condamnés : qui voudrait acheter un grain susceptible d’être empoisonné? Le territoire risque de se transformer en désert.

Voir la forêt de Mandres-en-Barrois grillagée et surveillée par des vigiles nous a beaucoup heurtés le mois dernier. On ne pouvait imaginer qu’elle devienne «la zone des puits» qui aérerait les galeries souterraines remplies de déchets radioactifs. La forêt est un lieu vivant, un bien commun utilisé depuis toujours par les paysans : elle sert de vaine pâture pour les cochons et les vaches. On y ramasse le bois. C’est autant un complément de revenu pour les agriculteurs qu’un espace de liberté.

Avec l’occupation de la forêt, on avait l’impression de participer à une nouvelle forme de résistance. On a apporté notre aide à notre manière. Les paysans assurent d’abord un soutien logistique et matériel. Il faut bien que les occupants mangent! On a collecté de la nourriture auprès des réseaux agricoles, des caisses de courgettes, de choux rouges, de concombres. Un copain paysan-boulanger fournissait les invendus de son marché, un autre, maraîcher, ses excédents. Chacun donne en fonction de ses moyens.

C’est drôle comment ces moments de solidarité nous ramènent à notre rôle premier. Les paysans existent pour faire à manger, pas pour vendre. Beaucoup de personnes que les occupants n’imaginent même pas sont derrière eux. Ils ne peuvent pas se déplacer sur le terrain mais ils nourrissent la lutte.

Nous, les paysans, on n’abandonnera pas ce combat. Quand on commence un travail, on le finit. Tu ne fauches pas ton champ sans ensuite le faner et stocker le foin. Ça ne veut pas dire que tu auras forcément un gain au bout, mais tu le fais par respect pour la nature.

Pendant ces trois semaines d’occupation, grâce aux fêtes, aux banquets, on a planté des graines, on a ancré la résistance. Mais nous ne pouvons pas forcer les saisons. Il faudra être patient, on récoltera ce que l’on a semé dans les prochains mois. La lutte contre Cigéo va s’inscrire dans la durée.»


Jean-Pierre : « Les paysans sont les premières cibles de la répression »...

 

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 21:35

 

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A Bure, l’Etat expulse les occupants de la forêt de Mandres-en-Barrois

7 juillet 2016 / Gaspard d’Allens (Reporterre)
 


 

Les gendarmes sont intervenus jeudi 7 juillet au matin pour expulser les opposants au projet de déchets nucléaires qui occupaient la forêt de Mandres-en-Barrois. L’Andra veut y engager des travaux.

 

- Bure (Meuse), reportage

Jeudi 7 juilllet à 6 heures du matin, un important dispositif policier est intervenu dans la forêt occupée de Mandres-en-Barrois où, depuis plus de deux semaines, les opposants au projet Cigeo d’enfouissement des déchets nucléaires campaient. Dans le village, les accès au bois ont été bloqués par les gendarmes. Des habitants, soutiens de la lutte, ont été menacés de garde à vue ou obligés de rester à leur domicile. Le convoi comprenait un bulldozer à l’avant, des centaines de gardes mobiles, et dans les airs, un hélicoptère qui tournait en rase motte autour de la forêt.

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Un important dispositif policier

Il n’y a eu aucune volonté de temporisation ou de négociation de la part des autorités. Les sommations ont été faites en même temps que la charge des gendarmes. A l’entrée du bois, les occupants ont tenté de résister comme ils pouvaient. Les barricades ont pris feu, la police a lancé énormément de gaz lacrymogène. Au milieu des tirs, on entendait des chants, des cris, « Andra dégage ! », « La forêt elle est à qui ? Elle est à nous ! »

Les occupants se sont repliés rapidement, au bout d’une heure. Certains ont coupé à travers champs pour quitter la zone. Pour l’instant, il n’y a pas de blessé même si une ambulance est arrivée.

Plusieurs enfants dormaient sur place, comme c’était devenu l’habitude ces derniers jours. Ils ont réussi à s’échapper. En deux semaines de lutte, de nombreux habitants, paysans des alentours sont venus dans les bois. La journée, des banquets étaient organisés, ainsi que des projections de films en plein air et des chantiers collectifs. Il y avait régulièrement des personnes âgées qui dormaient sur les barricades. Comme Christian, de la Confédération paysanne, mardi 5 juillet. L’occupation s’inscrivait dans une lutte plus large de territoire. Face au danger de l’expulsion, les différentes composantes ont réaffirmé leur solidarité dans un communiqué de presse.

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Des gendarmes parcourent le bois

« Une mascarade juridique »

« On savait qu’il y avait des menaces d’expulsion mais on n’imaginait pas qu’ils allaient arriver aussitôt », raconte une opposante à Cigeo. Les occupants accompagnés par leur avocat, Me Ambroselli, avaient rencontré la directrice du cabinet de la préfecture, mardi 5 juillet. Ils souhaitaient montrer que l’illégalité n’était pas de leur côté. « De multiples procédures juridiques sont toujours en cours : un recours contre une délibération municipale sur l’échange du bois avec l’Andra qui s’est faite en catimini à 6 heures du matin à bulletin secret », observe Etienne Ambroselli, et une plainte pour infraction au code forestier depuis le 22 juin 2016, car l’Andra avait défriché illégalement 9 hectares de forêt ». Les réponses de la préfecture sont restées évasives : « Ils ont fait mine de ne pas connaître le dossier. La directrice de cabinet a pris quatre pages de note et nous a dit : je ferai remonter ces informations », témoigne un membre de la délégation.

Pour Etienne Ambroselli, « c’est à se demander à quoi sert mon métier ? Alors qu’on s’astreint à être légaliste, l’Etat passe en force sans respecter la loi. Nous avions également fait une assignation en référé pour demander au tribunal de grande instance de rétracter l’ordonnance d’expulsion du 23 juin rendue non contradictoirement. Nous étions en pleine procédure juridique et ils ont décidé de nous expulser. C’est une violence institutionnelle ».

 

« Appel à converger massivement vers Bure cet été »...

 

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 13:31

 

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A la sauvette, les députés nous engagent pour plusieurs millénaires

30 juin 2016 / Barnabé Binctin (Reporterre)
 

 

 

 

Après de multiples échecs législatifs, le projet d’enfouissement des déchets atomiques est propulsé en vitesse au Parlement. But du gouvernement et des députés : lancer sans discussion ce projet, qui concerne des déchets radioactifs pour des milliers d’années.

Le projet Cigéo, l’acronyme de centre industriel de stockage géologique de déchets radioactifs, prévu à Bure (Meuse), est en train de s’imposer en douce au Parlement : après l’échec de son introduction dans la loi de transition énergétique, il y a exactement deux ans, puis son annulation par le Conseil constitutionnel qui le considérait comme un cavalier législatif au sein de la loi Macron à l’été 2015, le projet d’enfouissement prévu pour 2025 bénéficie cette fois d’une proposition de loi à part entière, déposée par les sénateurs meusiens Gérard Longuet (Les Républicains) et Christian Namy (UDI) et adoptée à la quasi-unanimité par le Sénat, le 17 mai dernier.

Après plus d’une dizaine de tentative d’intrusion dans divers projets législatifs sur ces deux dernières années [1], c’est donc la première fois que l’installation, censée garantir le confinement de résidus actifs pendant plusieurs millénaires, est l’objet direct d’un texte de loi, qui vise à définir « les modalités de création d’une installation de stockage réversible en couche géologique profonde des déchets radioactifs de haute et moyenne activité à vie longue ».

 

« Le débat parlementaire qui était annoncé n’a jamais eu lieu » 

Le gouvernement a choisi de placer ce texte à l’ordre du jour de la session extraordinaire du Parlement qu’il a convoqué pour le mois de juillet. « Le gouvernement souhaite que cela passe rapidement, et on peut imaginer qu’Emmanuel Macron n’y est pas étranger », dit-on dans l’entourage du député PS Jean-Paul Chanteguet, également président de la commission du Développement durable de l’Assemblée nationale. Cette commission a voté le texte à la quasi-unanimité mercredi matin 29 juin, seule la députée Laurence Abeille ayant voté contre. L’ensemble des députés sera amené à se prononcer sur le sujet en séance publique, à partir du lundi 11 juillet.

Le résultat ne fait guère de mystère : sur le sujet, seuls les députés écologistes s’opposent au projet, bien qu’ils aient perdu leur groupe à l’Assemblée nationale en même temps que leur meilleur connaisseur du dossier avec Denis Baupin. Le vote est d’autant plus acquis que le texte reste largement identique aux précédentes moutures, avec une définition de la réversibilité pratiquement inchangée depuis deux ans. Cela fait de toute façon longtemps que le calendrier originellement prévu par la loi de 2006, qui instaure cette notion de réversibilité, n’est plus respecté : « Le débat parlementaire qui était annoncé pour 2015 n’a jamais eu lieu », souligne Corinne François, du collectif Burestop.

 

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Manifestation d’opposants au projet Cigéo à Paris.

Seule nouveauté, l’introduction d’une « phase pilote » dans ce calendrier. Un leurre selon les opposants, qui y voient un lancement déguisé du véritable chantier Cigéo : « Avec un investissement estimé à 5,7 milliards d’euros et au vu des infrastructures prévues par cette phase, on doute qu’il s’agisse simplement de tester....

 

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 13:27

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Déchets radioactifs

A Bure, habitants et paysans refusent que leur territoire devienne une « grande poubelle nucléaire »

par

 

 

 

 

Voilà dix jours que des habitants de la Meuse, appuyés par des paysans locaux et des militants anti-nucléaires, occupent le bois communal de Mandres-en-Barrois, près de Bure. En ligne de mire : Cigeo, un projet d’enfouissement de déchets radiotoxiques qui resteront dangereux pendant des milliers d’années. Estimé à 25 milliards d’euros, le projet est porté par l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra). Sur ce territoire désertifié sur le plan économique, l’argent distribué par les acteurs de la filière nucléaire affole les calculettes… et entrave les résistances. « L’important pour l’Andra, c’est moins de coloniser l’espace que de coloniser les esprits », dénonce un opposant. Reportage.

 

Pour découvrir ce reportage en grand format, cliquez sur l’image ci-dessous.


Les tranchées dans la rocaille de la Meuse sont encore fraîches. Plusieurs rangées de barricades se devinent quand on s’approche sur ce sentier forestier du bois Lejuc, au nord du village de Mandres-en-Barois. Dimanche 19 juin, lors d’une manifestation festive, des habitants et des militants anti-nucléaires, accompagnés d’agriculteurs et leurs tracteurs en renfort, ont décidé de « libérer » ce bois champêtre en faisant tomber des grillages érigés voilà quelques semaines par l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra).

Tous s’opposent à la « grande poubelle nucléaire » que l’État cherche depuis 20 ans à creuser dans le coin. Sur les barricades, les branches de hêtre et de charme se mélangent ironiquement à des grappes de fils barbelés flambant neufs. Ceux-là même qui devaient écarter riverains et curieux. « Le bois communal de Mandres-en-Barrois a été libéré de l’emprise de l’Andra », clament les occupants dans un texte paru le 21 juin [1]. « Les barbelés sont tombés, les vigiles ont déguerpi. La forêt est de nouveau ouverte et accueillante ». L’ordonnance d’avis d’expulsion imminente reçue par les opposants le 28 juin au matin n’entame en rien leur détermination.

 


 

Enfouir des déchets radioactifs pour des milliers d’années

Cette petite guerre de tranchées est un épisode déterminant d’un long feuilleton qui agite depuis bien longtemps le village de Bure, situé à quelques kilomètres du bois occupé. C’est dans ce village d’une centaine d’habitants que l’Andra s’est installée la première fois en 1999, pour y construire un « laboratoire » destiné officiellement à étudier la faisabilité de stocker en profondeur les déchets radioactifs les plus nocifs que l’industrie accumule depuis plus de quarante ans. Le « labo » de Bure est la préfiguration d’une phase industrielle bien plus colossale, joliment baptisée Cigeo – Centre industriel de stockage géologique – nom de code d’un chantier estimé au bas mot à 25 milliards d’euros.

C’est ici, dans le sous-sol argileux de la Meuse, que devraient se creuser des dizaines de kilomètres de galeries à 500 mètres de profondeur pour accueillir 85 000 m3 de déchets radiotoxiques qui resteront dangereux pendant des dizaines, voire des centaines de milliers d’années. Ces résidus dits à « haute et moyenne activité à vie longue » (HMAVL) ne représentent que 3 % environ du volume de tous les déchets produits par la filière [2], mais ils concentrent plus de 99 % de leur radioactivité totale. L’Andra gère un autre site de stockage, dans l’Aude, à Soulaines. Là-bas sont entreposés les résidus les moins toxiques, dits FAVC (à faible activité à vie courte), composés de matériaux faiblement contaminés, n’ayant jamais été en contact avec les produits de fission au cœur des réacteurs.

 

Un territoire peu à peu colonisé par le nucléaire

A Bure et dans quatre autres villages alentour, le laboratoire érigé par l’Andra sur deux hectares, est entouré de grillages et de barbelés. Le site n’a pas été choisi uniquement pour la qualité du sous-sol argileux, mais aussi pour sa faible densité de population (6 à 7 habitants au km2). Le décret d’implantation de l’Andra – signé alors par Dominique Voynet, ministre de l’environnement – date de 1998. Claude Kaiser, membre historique de la coordination Bure Stop qui fédère associations et collectifs opposés aux projets de l’Andra, se souvient d’un rendez-vous obtenu peu après par les opposants avec un conseiller du Premier ministre Lionel Jospin. « Il nous dit d’emblée, “Mettez nous 10 000 personnes dans la rue et là on pourra peut-être commencer à discuter”. On lui répond “mais comment voulez-vous que l’on mobilise autant dans la Meuse ?” Sa réplique, je ne suis pas prêt de l’oublier : “C’est bien pour ça que la Meuse a été choisie” ! »

La désertification économique de ce coin de campagne lorraine s’est aussi avérée déterminante. Le contrat d’objectifs État-Andra 2013-2016 souligne que, parmi les missions de l’Agence, figurent celle d’« être reconnu comme un acteur du développement économique local ». Pour cela, l’Andra préside depuis 2006 un Groupement d’intérêt public (GIP), dont le budget est alimenté par les acteurs de la filière nucléaire. Ce GIP inonde d’argent public tout le territoire, en Meuse et en Haute-Marne, le département voisin. « J’ai cherché d’autres exemples, constate Claude Kaiser, il n’y en a pas ! C’est la toute première fois dans l’histoire des institutions françaises que de l’argent est distribué massivement aux collectivités, associations, entreprises et particuliers. Et ce avant même que le projet ne soit officiellement décidé. »

 


 

« Ici, l’argent de l’Andra divise les familles et brise les amitiés »

Dès 1991, l’État décide de verser 5 millions de francs (MF) par an (760 000 euros environ) aux quatre sites présélectionnés pour l’enfouissement des déchets. Une somme annuelle multipliée par deux en 1995. En 1998, quand Bure est seule en lice, la manne passe à 10 MF par an (1,5 millions d’euros, M€) – mais pour chacun des deux départements, Meuse et Haute-Marne. En 2000, le passage à l’euro affole les calculettes : 18 M€ par an et par département. Puis 20 M€ en 2006, et même 30 M€ depuis 2009 ! « Ici, l’argent de l’Andra pourrit tout, lâche un habitant. Ça divise les familles et brise les amitiés… » Chaque village arbore de magnifiques lampadaires flambant neufs illuminant des trottoirs également neufs. Des salles des fêtes au design soigné poussent comme des champignons. Réhabiliter une grange ou rénover un chemin privé ? Le GIP est à votre écoute. « L’important pour l’Andra, résume un fin connaisseur du dossier, c’est moins de coloniser l’espace que de coloniser les esprits ».

La volonté des élus est de faire de la zone un « pôle d’excellence nucléaire ». Les implantations se sont multipliées : Areva et EDF ont installé leurs archives, EDF a construit un centre de maintenance pour pièces de centrales, Areva une plate-forme logistique pour ses transports de colis radioactifs, et des formations liées aux métiers du nucléaire se sont développées dans les lycées ou universités du coin. Sans oublier la touche « écolo » : panneaux solaires et champs d’éoliennes à tout-va. Et non loin de Bure, le CEA a implanté Syndièse, un centre de recherche sur du « diesel de synthèse », du « biocarburant » conçu à partir de bois… L’association SOS Forêt, membre de Bure Stop, y voit une menace supplémentaire pour la biodiversité du coin.

 

« Il est très difficile de résister à l’annexion des consciences »

Le bois de Mandres est stratégique pour l’Andra et son projet Cigeo, qui nécessitera une emprise sur le territoire – en Meuse mais aussi en Haute-Marne – estimé entre 500 et 600 hectares. Pour s’assurer d’acquérir les parcelles qu’elle convoite pour le chantier Cigeo, elle a, depuis plusieurs années, acquis pour plus de 3000 hectares d’espaces (champs, bois, forêts), en prévision de devoir compenser les propriétaires récalcitrants à céder leurs terres. C’est sur le bois Lejuc que doit être construit une immense plateforme logistique ainsi que les puits de ventilation du futur site de stockage. Pour les premiers militants qui se battent contre cette « poubelle nucléaire » depuis une vingtaine d’années, l’occupation de la forêt de Mandres représente une bouffée d’espoir.

« Je ressens une immense joie et une grande fierté car c’est la première fois que nous nous opposons frontalement à l’avancée des casseurs de l’Andra et des pouvoirs publics », confie Claude Kaiser. « Mais j’ai aussi une angoisse sans nom à l’idée que cette action s’arrête là, faute de défenseurs suffisants, en cas d’expulsion ». Une « maison de la résistance », Bure Zone Libre, existe aussi au village depuis dix ans. Ce point de rencontre est devenu incontournable dans la lutte contre l’Andra. L’été dernier, un « camp anticapitaliste » organisé près de Bure, a galvanisé les troupes et certains militants venus d’ailleurs ont décidé de s’y installer. « Pour la première fois depuis bien longtemps, explique Corinne François, autre figure de la coordination Bure Stop, des habitants osent prendre la parole pour dire non à Cigeo ». « Il y a en ce moment un ancrage local de la lutte qui mobilise villageois, agriculteurs et militants, une cohésion que nous n’avons pas réussi à créer dans les années 2000. »

 


 

Jean-Pierre Simon, agriculteur depuis 35 ans à Cirfontaines, un village de Haute-Marne concerné par Cigeo, a prêté son tracteur pour aider les occupants à tenir le siège du bois Lejuc. Il parle de « rouleau compresseur » et de « chape de plomb » pour décrire les méthodes de l’Andra. « Il est très difficile de résister à l’annexion des consciences, quel que soit sa taille, son statut, son activité dans le secteur. Sans l’occupation du bois, il était difficile de contester les méthodes utilisées, il faut maintenant les montrer et les combattre avec les moyens juridiques dont on dispose. »

 

Bientôt une loi conçue sur mesure ?

Si les opposants ont décidé d’attaquer l’Andra frontalement en se réappropriant le bois de Mandres, en osant faire tomber grilles et barbelés tout en éjectant du lieu une escouade de vigiles, c’est que les travaux engagés dans la forêt ne sont pas anodins. L’an dernier déjà, l’Andra a lancé aux alentours des fouilles archéologiques préventives. Autant de signes, pour les militants, que Cigeo prend forme alors qu’aucune autorisation légale n’a encore été donnée. Il faut en effet une loi en bonne et due forme pour que la phase industrielle du stockage souterrain soit lancée. Or il n’en est rien. Le sénateur Gérard Longuet, fervent partisan de Cigeo comme l’énorme majorité des élus du territoire, a tenté de passer en force en 2015 en déposant un amendement dans la loi Macron. Un « cavalier budgétaire » aussitôt censuré par le Conseil constitutionnel.

Fin mai 2016, Longuet récidive avec une proposition de loi conçue sur mesure pour donner le feu vert à Cigeo. Avalisée par le Sénat début juin, elle sera examinée par les députés le 11 juillet prochain. Il y est question de « réversibilité », une notion qui sous-entendrait que l’on puisse un jour récupérer les fûts de déchets en cas de fuites ou d’accident. « Cela sert avant tout à rassurer la population », martèlent les membres de Bure Stop. « Car réversibilité ne veut pas dire “récupérabilité” des déchets… Aller chercher ce qui fuira n’est pas prévue dans la conception industrielle de Cigeo. C’est juste un mot pour faire croire que les décisions successives ne seront pas irrévocables ».

 

Bataille juridique

Pour l’instant, à l’orée du bois de Mandres occupé, militants anti-Cigeo et officiels de l’Andra se regardent en chiens de faïence. Aussitôt le bois occupé, l’Agence a annoncé dans la presse le dépôt d’une plainte en justice pour occupation illégale. Basta ! a tenté d’en savoir plus : silence radio. Une porte-parole nous a seulement indiqués que les travaux engagés dans le bois étaient destinés à réaliser des « forages géotechniques », « de simples études et non des travaux liés à Cigeo ». Et si des grilles, des barbelés et des vigiles sont apparus dans le bois, c’était, dit-elle, pour « protéger la forêt » après que des « dégradations » aient été constatées dans les arbres, ce qui aurait pu endommager le travail des engins de chantier et de défrichement.

Mais ce sont les anti-nucléaires qui ont dégainé les premiers. Le 23 juin, une plainte pour « infractions au code forestier » que Basta ! a pu consulter, a été déposée sur le bureau du procureur de Bar-le-Duc au nom de quatre habitants de Mandres et d’une demi-douzaine d’associations [3]. « L’Andra a voulu passer en force sans respecter le code forestier », résume Etienne Ambroselli, avocat des plaignants. Un passage d’une note de l’Office national des forêts, daté du 26 octobre 2015, atteste de la précipitation de l’Andra : « L’installation définitive du stockage des déchets nucléaires HAVL et MAVL n’ayant pas encore été entérinée par les représentants de la Nation, il convient de poursuivre les actions mises en œuvre dans le bois Lejuc (entretien des plantations réalisées...) (...) jusqu’en 2018 » [4]. Des observations que l’Agence s’est empressée de ne pas suivre.

 

 

« Ils investissent les lieux en s’estimant au-dessus des lois »

Sur place, les militants ont pourtant constaté qu’au total, 9 hectares du bois convoité ont été défrichés sauvagement, notamment sur les pourtours de la parcelle, opération destinée sans doute à ériger un grillage et un sentier de ronde… Une autorisation spéciale du préfet aurait été nécessaire pour déboiser une telle surface, affirment les plaignants. L’Andra n’a pas répondu à notre message lui demandant de produire cette autorisation. Basta ! s’est par ailleurs procuré un document instructif distribué par la Direction départementale des territoires (DDT) de la Meuse : « Afin de respecter les périodes de nidification de l’avifaune, il est recommandé de ne pas effectuer les travaux de défrichement entre le 15 mars et le 31 juillet » [5].

« C’est typique de l’attitude de l’Andra, tranche un militant qui a constaté les dégâts. Ils investissent les lieux en s’estimant au-dessus des lois. » Le plus grinçant, c’est « l’exposition » que l’Andra propose aux visiteurs au sein de son laboratoire depuis l’an dernier, baptisée « Découverte en forêt ». Au milieu du parcours, un arbre mort laisse apparaître des feuilles vertes en plastique.

Texte : Jérôme Thorel
Photos : Jérôme Thorel sauf celles du potager et du concert (© vmc.camp)

 

Ce reportage est aussi disponible en grand format, ici.

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 13:08

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/juliette-keating

 

 

Gloire à Areva, bienfaitrice de l'humanité !

 
 
 
Areva, on l'encense ou elle se venge. Quand il s'agit d'évoquer la multinationale du nucléaire français, il faut choisir son vocabulaire et plutôt dans le glossaire des louanges, si on ne veut pas être traîné au tribunal. Areva intente un procès en diffamation à Jean-Jacques MU, ancien blogueur du Club Mediapart, pour avoir relayé un article critique de la Coordination Anti-nucléaire du Sud-Est.
 © Fournier (pour la Gueule Ouverte) © Fournier (pour la Gueule Ouverte)

 

Areva, on l'encense ou elle se venge. Quand il s'agit d'évoquer le géant du nucléaire français, il faut choisir son vocabulaire et plutôt dans le glossaire des louanges, si on ne veut pas se voir traîner au tribunal. Déjà en 1974, le canard écologiste antinucléaire La Gueule Ouverte, qui ne mâchait pas ses mots, avertissait ses lecteurs : « les multinationales, fascisme sans frontières. » Heil Areva ! Aujourd'hui la liberté d'informer sur les horreurs et les magouilles du nucléaire ne s'exerce qu'aux risques et périls du citoyen qui se croyait, encore un peu, en démocratie.

Et puisqu'il nous faut savoir que nul n'est assez petit pour l'oser défier, Areva sort le marteau-pilon pour écraser la mouche du coche : JJMU, retraité blogueur, n'appartenant à aucun groupe ni aucun parti. Jean-Jacques MU est poursuivi en correctionnelle par Areva pour diffamation. Le délit ? Avoir relayé un article de la CAN-84 (Coordination Anti-nucléaire Sud-Est) sur son blog hébergé par Mediapart.

 

Jean-Jacques MU © Sophie Leleu/ABC'éditions Jean-Jacques MU © Sophie Leleu/ABC'éditions
 

Le 27 juillet 2014, Areva repère l'article relayé par Jean-Jacques Mu sur les référentiels Mediapart. Les avocats relèvent des termes qui peuvent être traduits pour diffamation devant les tribunaux : ils interpellent Mediapart qui retire immédiatement l'article incriminé. L'affaire aurait pu en rester là. Mais, quelques jours après (le 31 juillet 2014), Areva constate que Jean-Jacques MU a publié un nouveau billet, en retirant les mots qui fâchent, mais qui donne le lien vers le même article de la CAN Sud-Est. Au cours du mois d'août 2014, les avocats de la multinationale ne chôment pas : ils paient un huissier qui trace les codes IP de l'administrateur de la Coordination Anti-nucléaire ainsi que ceux du blogueur. La CAN est un collectif, il n'y a pas d'auteur unique de l'article : qu'importe, Areva porte plainte contre X et... contre Jean-Jacques MU, en s'appuyant sur la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, laquelle stipule que si l'on ne peut condamner l'auteur des termes jugés diffamatoires, on condamnera l'éditeur de ces mots, ses supports, ses diffuseurs, ses colporteurs et donc, au vingt-et-unième siècle, ses blogueurs-relayeurs.

 

Jean-Jacques MU risque une condamnation pour avoir diffusé sur son blog un article de la Coordination Anti-nucléaire du Sud-Est, qu'il jugeait important de porter à la connaissance du public.

De quoi s'agissait-il ? Du conseil municipal d'Avignon et de la signature d'un contrat entre la ville et la Fondation Areva. Comme toutes les multinationales bienfaitrices de l'humanité, Areva possède une fondation qui subventionne, entre autres, des projets éducatifs. Mieux vaut fourrer très tôt dans la tête des « enfants de ZEP » la propagande les conditionnant à aduler les ogres du profit qui les exploiteront toute leur vie en détruisant la planète : ça coûte pas cher et ça rapporte gros. Et comme l’Éducation nationale a les poches de plus en plus vides, l'argent, même radioactif, n'a plus d'odeur. L'article de la CAN84 reproche vertement à certains élus EELV de n'avoir pas voté contre la signature de ce contrat avec la Fondation Areva : ils n'ont pas voté du tout, en sortant de la pièce au moment opportun.

Areva n'était donc qu'un point secondaire de l'article relayé par Jean-Jacques MU, qui visait le conseil municipal d'Avignon. Pourtant, la multinationale attaque la CAN84 et le blogueur, pour une poignée de formules qu'elle estime diffamatoire parce qu'elles sont critiques. Laisser parler à son sujet de « géant de la mort nucléaire », c'est mauvais pour l'image de la marque, et tant pis si, depuis les sales mines d'uranium jusqu'à son exploitation dans les centrales, la tambouille nucléaire n'a rien de propret ni de favorable à l'avenir radieux que nous promettent les publicités. Braves gens, n'évoquez jamais « les crimes d'Areva », quand il vous revient en mémoire que le nucléaire, ce fleuron de l'industrie française, fait planer sur des populations entières des risques permanents. Oubliez Fukushima, oubliez Tchernobyl, oubliez les cancers de la thyroïde qui frappent massivement les populations d'enfants contaminés lors des catastrophes nucléaires qui ont détruit leurs villes, ne prononcez pas les mots « contaminer et tuer des enfants », ils pourraient être mal perçus par la susceptible Areva qui n'hésitera pas à vous coller un procès.

Il est bien évident que le relais, in-extenso pendant seulement 24 heures, d'un article de la CAN84 sur le blog de Jean-Jacques MU, n'a pas porté atteinte aux affaires notoirement florissantes de la multinationale du nucléaire. Areva, qui réussit l'exploit de se mettre en danger économique tout en brassant des milliards, supporte très mal les critiques des simples citoyens et montre une exigence bien plus grande sur les mots contenus dans un article relayé par un blog que sur la sécurité des travailleurs dans ses mines d'uranium au Niger.

Puisque ce sont les libertés d'information et d'expression que menace Areva à travers ce procès en diffamation qui se tiendra au TGI de Paris le 30 août 2016, il nous revient de soutenir Jean-Jacques MU, en faisant largement connaître cette affaire, en étant présent devant le tribunal le jour du procès, en participant à la cagnotte qui lui donnera les moyens qu'il n'a pas, pour préparer sa défense.

A l'heure où les multinationales font condamner les lanceurs d'alerte et traquent les citoyens ordinaires qui osent les critiquer, répondons : non, nous ne nous tairons pas !

Lire l'article de Corinne N sur son édition

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Source : https://blogs.mediapart.fr/juliette-keating

 

 

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/edition

 

 

Quand Areva s'attaque à un «pôt de terre»... Aidons notre ami JJMU !

 
 
 
La multinationale AREVA intente un procès en diffamation à JJMU pour avoir relayé un article d’anti-nucléaires qui dénonçait fin juillet 2014 ses pratiques d’auto-promotion au sein d’établissements scolaires de la ville d’Avignon...

La multinationale AREVA m’intente un procès en diffamation pour avoir relayé un article antinucléaire qui dénonçait fin juillet 2014 des pratiques d’autopromotion au sein d’établissements scolaires de la ville d’Avignon. Face au droit, j’ai la loi pour moi, ma bonne foi, la liberté d’expression, mes propos mesurés, la vérification de sources authentiques et fiables (CRIIRAD, Observatoire du nucléaire, Sortir du nucléaire...). Je me sens capable de me présenter au tribunal sans avocat, j’ai seulement besoin de sérénité à partir de conseils judicieux qui m’éviteraient des contre-sens et de grossières erreurs qui pourraient m’être fatales. Les frais de conseils juridiques, de consultations de dossiers, d'envois des pièces et de reprographie, de circulation... dépassent la retraite que je touche. Votre relai renforcera mon énergie et la confiance dont j'ai à me remplir avant la convocation au TGI de Paris le mardi 30 août 2016, à 13h 30. Votre soutien, vos réseaux et vos dons, si modestes soient-ils, me seront précieux.

D'avance merci.

Jean-Jacques M’µ" (blog Mediapart de JJMU)

(pdf, 1.7 MB)

Pour lui venir en aide, lui apporter des conseils... cliquer ici !

Nous pourrions être nombreux à être attaqués par Areva pour la même raison...

 

 

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/edition

 

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 16:30

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Les opposants antinucléaires occupent une forêt pour bloquer les travaux de CIGEO

20 juin 2016 / Gaspard d’Allens (Reporterre)
 


 

Habitants, paysans et opposants au nucléaire ont commencé dimanche 19 juin une occupation de la forêt de Mandres. L’Agence des déchets radioactifs y avait commencé des travaux sans autorisation.

 

- Bure (Meuse), reportage

A la lisière de la forêt de Mandres-en-Barrois, en Meuse, une barricade a été érigée. Entre les branchages, un slogan tagué : « On entend à nouveau le chant des oiseaux. » Quelques personnes montent la garde et observent les gendarmes à cinq cent mètres. Le climat est tendu mais la jubilation se lit sur les visages.

« Nous avons temporairement libéré le bois communal . » Un campement a été monté avec une cabane baptisée « La salle à Mandres » et des plateformes perchées dans les arbres. Dimanche 19 juin, deux cent personnes, opposants au nucléaire, habitants, associations et collectifs ont décidé de reprendre cette forêt des mains de l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Depuis deux semaines, elle y avait commencé ses travaux. Arbres arrachés, ornières creusées par les machines, barbelés en bordure de chemins : la forêt ressemblait à un champ de bataille.

 

La forêt est un commun

« Le bruit des arbres qui craquaient sous les assauts des abatteuses nous étaient insupportable, raconte une habitante. Nous ne pouvions imaginer que la forêt devienne, comme le souhaite l’ANDRA, ’la zone des puits’ . » Un espace qui servirait à ventiler les galeries souterraines, où seraient stockés les déchets radioactifs du projet CIGEO, toujours sans existence légale.

Un lien fort unit les habitants à leur forêt, grande de 300 hectares et vieille de plus de trois siècles. Sous la canopée des grands chênes, « on fait nos affouages pour nous chauffer, on flâne, on chasse, on se promène, on cueille. Elle fait partie de notre vie », dit Anthony. « Le bois appartient à toutes et à tous », ajoute sa compagne, Fanny. Entre souvenirs et usages collectifs, la forêt reste un commun. A préserver.

Mais à plusieurs reprises, l’ANDRA a menacé cette parcelle. En 2013, elle a agité ses millions et ses promesses d’emploi. « L’ANDRA nous disait qu’elle allait donner du travail aux cinq prochaines générations », témoigne un ancien élu. Lors d’une consultation, la majorité des habitants de Mandres a quand même voté non. Eté 2015, l’agence est revenue à la charge. « A six heures du matin, le nouveau conseil municipal a adopté l’échange du bois à 7 voix contre 4 . » Aux alentours, l’ANDRA s’est constituée un empire foncier – près de 2.000 hectares de forêts - pratique pour favoriser les échanges amiables.

Des associations et des collectifs se sont mobilisés pour dénoncer cette discrète sratégie. Des réunions publiques ont été tenues et un recours administratif déposé pour faire annuler la délibération. Mais le recours n’est pas suspensif et n’empêche pas le début des travaux. Chez les opposants, « on n’est pas dupe. Ce n’est pas uniquement devant les tribunaux qu’on enterrera un projet aussi vital et stratégique pour l’Etat et sa filière nucléaire ». L’occupation et le blocage physique semblaient également nécessaires.

 

« Un acte de sabotage collectif et joyeux »

Depuis dimanche après-midi, une troupe hétéroclite a pris possession de la forêt. On retrouve des jeunes et des moins jeunes, la Confédération paysanne, l’association Bure stop, « Des habitants d’ici et d’ailleurs ». L’ambiance de la journée était chaleureuse mais déterminée.

Au cours de la manifestation, on improvise des chansons entonnées à multiples voix :

« Promenons nous dans les bois
tandis que l’Andra n’y est pas »

En même temps que l’on distribue des outils : scies, pinces, tenailles, perceuses... certains se camouflent avec des masques d’animaux, faits maison, d’autres restent à visage découvert.

« Les petits renards, les hiboux, les coucous
Aujourd’hui, on occupe tout »

Arrivés dans la forêt, les opposants démontent les grilles et enlèvent les barbelés. Les vigiles fuient. Un gendarme débarque : « Tant que vous ne vous attaquez pas aux personnes on ne chargera pas. » Les opposants le prennent au mot et s’intéressent aux matériels. S’en suit « un acte de sabotage collectif, assumé et joyeux » selon les dires d’un opposant. Chacun voit dans ce geste « une portée politique » légitime face « à l’arrogance de l’Andra et au vol du territoire ». D’après une autre manifestante, « en occupant concrètement la forêt, on reprend la main sur un projet refusé depuis plus de 20 ans. On tente d’avoir une prise sur un ennemi qui, partout ailleurs, s’est rendu insaisissable ».

 

« Pour un été d’urgence »

Pour passer la nuit, des agriculteurs bloquent l’accès avec leurs tracteurs. Des tentes sont installées pour la cinquantaine de personnes restant dormir. Une cantine nourrit la troupe. « Le pique-nique se veut interminable », affirme un opposant, « au-delà d’une action ponctuelle, notre occupation est un appel à converger largement vers Bure dès maintenant. Elle marque le prélude d’un été mouvementé »....

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 20:30

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

EDF veut reporter le démantèlement de ses centrales

5 juin 2016 | Par martine orange
 
 
 

Les tours de passe-passe comptable pour masquer les coûts cachés du nucléaire continuent. EDF a annoncé à l’Autorité de sûreté nucléaire son intention de reporter de « plusieurs décennies » le démantèlement des centrales arrêtées, dans le but d'améliorer son bilan. Au mépris de la sécurité collective.

Après l’allongement de la durée de vie des centrales, le report du démantèlement. Les tours de passe-passe comptable pour masquer les coûts cachés du nucléaire se poursuivent. En effet, sans crier gare, EDF semble bien vouloir changer ses engagements en matière de démantèlement de centrales nucléaires. Revenant sur toutes les dispositions légales et de sécurité prises, EDF envisage désormais d’étaler la déconstruction de ses centrales fermées sur plusieurs décennies voire jusqu’au début du XXIIe siècle. Les arrière-pensées d’EDF sont à peine voilées : tout se met en place, avec ce décalage, pour qu’à terme le groupe transfère toutes les charges de la fin de la vie des centrales et du nucléaire à quelque structure de défaisance, et en fasse assumer le coût par la collectivité.

C’est l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), manifestement surprise et furieuse, qui a dévoilé le pot aux roses dans un communiqué le 2 juin (lire ici). Lors d’une audition des responsables d’EDF le 29 mars, elle a découvert que l’électricien, selon ses termes, avait changé de « stratégie » en matière de démantèlement de centrales nucléaires de première génération. « Cette nouvelle stratégie conduit à décaler de plusieurs décennies le démantèlement de certains réacteurs au regard de la stratégie affichée par EDF en 2001 et mise à jour en 2013 », indique l’ASN dans son communiqué. L’autorité précise qu’elle attend des explications de la part du groupe et qu’elle analysera avec précision si ses intentions sont conformes avec ses obligations de sécurité et législatives.

 

Centrale de Chinon © EDF Centrale de Chinon © EDF
 

La loi stipule qu’EDF doit s’engager, sans période d’attente, à déconstruire les centrales arrêtées « dans les meilleurs délais ». Ces dispositions concernent pour l’instant les centrales de première génération, construites toutes à partir de la technologie uranium naturel graphite-gaz (UNGC), une technique abandonnée à la fin des années 1960 au profit de la technologie à eau pressurisée. Six centrales sont concernées. Trois sont implantées sur le site de Chinon (Indre-et-Loire), deux à Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher), une au Bugey (Ain).

 

Selon le calendrier fourni par EDF, le démantèlement de toutes ces centrales devait être achevé en 2045. Désormais, le groupe public se refuse à fournir la moindre date, estimant qu’il a besoin de plus de temps et de « retour d’expérience », à la suite d’un changement d’approche sur la méthode de démantèlement de ces centrales.

Jusqu’alors, les ingénieurs d’EDF envisageaient de recourir à un démantèlement sous l’eau des différents éléments des centrales, afin de limiter les risques de radioactivité. « Après examen, nous avons estimé que les technologies envisagées présentaient des risques beaucoup trop importants, et qu’il fallait abandonner le démantèlement sous eau », a expliqué au Monde Sylvain Granger, chargé des questions de démantèlement à EDF, mettant en avant les risques de corrosion et de fuites liquides.

Désormais, EDF envisage de recourir à une technique « sous air », ce qui lui permettrait d’utiliser plus commodément des robots. Mais elle estime qu’il lui faudra des années, peut-être vingt ans, afin de bien mettre au point cette nouvelle technique. Et pour ne rien laisser au hasard, EDF milite pour commencer par une seule centrale – celle de Chinon –, afin de tester les méthodes et les techniques idoines, avant de s’attaquer aux autres. Compte tenu des délais annoncés par EDF, la déconstruction de la première centrale ne devrait pas être achevée avant 2060. Quant aux autres, cela pourrait courir jusqu’au début de l’autre siècle. Peut-on encore parler de démantèlement « dans un délai aussi court que possible », s’interroge l’ASN ?

Depuis le lancement des premiers réacteurs nucléaires, il est prévu qu’EDF en assume la fin de vie et le démantèlement. Ces centrales graphite-gaz sont toutes arrêtées depuis plus de vingt ans. Comment expliquer qu’EDF réalise seulement maintenant qu’elle a fait fausse route dans le choix des techniques de démantèlement ? Comment a-t-elle analysé les expériences entreprises à l’étranger ?

L’étonnement de l’ASN en découvrant ce changement de technique est compréhensible. Avant cette réunion de mars, les responsables d’EDF ne lui en avaient jamais parlé. Aucune référence n’est faite à ce sujet dans le rapport annuel de 2015, alors que, selon les responsables d’EDF, cette stratégie est actée depuis l’an dernier. Sans aucune concertation, le groupe décide ainsi de s’affranchir de ses engagements passés, et même des dispositions législatives prises, bien que tous les textes aient été écrits quasiment sous sa dictée.

On en comprend la finalité. En repoussant sur des décennies le démantèlement de ses centrales, EDF allège mécaniquement la pression financière induite. Depuis longtemps, des experts – pas seulement des détracteurs du nucléaire – disent qu’EDF sous-estime le coût de démantèlement. Le groupe a toujours assuré que les charges de fin de vie du nucléaire étaient incluses dans la vente des prix de l’électricité.

Il a provisionné 23,4 milliards d’euros pour les coûts futurs de démantèlement dans ses comptes de 2015. Mais ce montant est appelé à diminuer si le réseau de distribution (RTE), qui figure parmi les actifs dédiés pour financer le démantèlement des centrales, est privatisé, comme le souhaite le gouvernement. Un rapport de la Commission européenne, publié début 2016, chiffre le coût de fin de vie des centrales françaises (déconstruction et gestion des déchets) à 74 milliards d’euros.

Au moment où EDF, pris en étau par la baisse des prix de l’électricité et la montée de ses obligations – notamment le grand carénage estimé à 100 milliards d’euros d’ici 2030 par la Cour des comptes –, affiche un bilan dégradé, tout report sur les dépenses de vie des centrales serait le bienvenu. L’habillage de bilan pourrait continuer pour masquer le coût réel du nucléaire. Le seul rempart à cette dérive est l’ASN, dernier gardien du respect des engagements pris et de la sécurité nucléaire.

Car le gouvernement, lui, affiche un soutien sans faille à EDF, dans son souci de maintenir « la filière nucléaire française » et lui souffle même sa conduite. L’État s’apprête à souscrire pour les trois quarts de l’augmentation de capital de 4 milliards d’euros, qui doit être lancée le 29 juillet, afin de permettre la réalisation des projets les plus aventureux, comme celui d’Hinkley Point. Pendant ce temps, la sécurité des populations, la gestion de fin de vie du nucléaire peut attendre. Au risque d’accroître les dangers, les problèmes et les coûts. Ce sera aux générations futures d’en assumer la charge. L’important pour les responsables d’EDF comme pour le gouvernement, c’est le résultat à trois mois.

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 16:32

 

Source : http://reporterre.net

 

 

Déchets radioactifs : le Sénat déroule le tapis rouge à Cigéo

18 mai 2016 / Emilie Massemin (Reporterre)
 


 

C’est passé presque inaperçu : mardi 17 mai, en fin d’après-midi, les sénateurs ont voté pour la relance du projet de stockage géologique des déchets nucléaires Cigéo. Une adoption massive et transpartisane, qui a mis d’accord gouvernement, élus socialistes et des Républicains. « Vous jouez à la roulette », a dénoncé un des rares opposants au texte...

 

- Sénat (Paris), reportage

Un consensus massif en faveur de l’enfouissement en profondeur des déchets nucléaires les plus radioactifs. Tel est le résultat du vote de la proposition de loi du sénateur (LR) de la Meuse Gérard Longuet, mardi 17 mai à partir de 17 h 45 au Sénat.

333 élus de la Chambre haute - sur 343 suffrages exprimés – se sont prononcé en faveur du texte, pour 10 votes contre. Par ce résultat, les élus ont décidé une relance de Cigéo, le projet de stockage à 500 mètres sous terre des déchets les plus radioactifs de la filière nucléaire française.

Pourquoi un tel vote, pourquoi maintenant ? La loi du 28 juin 2006 a décidé que ces déchets seront stockés « en couche géologique profonde » sur le site de Bure, à la frontière entre la Meuse et la Haute-Marne, où l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) possède un laboratoire de recherche. Mais le texte précise que l’enfouissement devra être « réversible », sans préciser en quoi consiste exactement cette réversibilité. La définition de la notion était repoussée à une loi ultérieure.

Cette définition légale est chose faite avec le texte de M. Longuet, qui décrit la réversibilité comme « la capacité, pour les générations successives, soit de poursuivre la construction puis l’exploitation des tranches successives d’un stockage, soit de réévaluer les choix définis antérieurement et de faire évoluer les solutions de gestion ». Elle précise en outre que la mise en route de Cigéo démarrera par « une phase industrielle pilote permettant de conforter le caractère réversible et la démonstration de sûreté de l’installation ».

 

Sénteurs socialistes et de Les Républicains sur la même longueur d’onde

Le vote, comme le débat, s’est déroulé avec une facilité déconcertante. Entre trente et quarante sénateurs étaient présents dans l’hémicycle. La discussion, en présence de la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Economie, de l’industrie et du numérique Martine Pinville, a duré à peine plus de deux heures, pour un texte comportant un article seulement. Sénateursocialistes et du groupe Les Républicains ont affirmé en chœur l’impérative nécessité de ce projet et leur foi dans l’industrie nucléaire française.

« Notre débat n’est pas entre pro et antinucléaires, la question est celle de la gestion des déchets radioactifs existants, a souligné Michel Raison, sénateur (LR) de la Haute-Saône et rapporteur de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable. Le texte de la commission (...) a été adopté à la quasi-unanimité. En l’adoptant, nous prenons nos responsabilités pour assurer nos choix énergétiques passés et présents. C’est affaire d’éthique et de continuité de l’État. »

A sa suite, Mme Pinville n’a pas manqué de saluer « l’initiative de M. Longuet et des auteurs de cette proposition de loi, étape importante d’un processus transpartisan de long terme qui nous engage envers les générations futures ». « La France a fait le choix stratégique du nucléaire et s’est dotée d’un parc de 58 réacteurs qui fournit une électricité décarbonée et compétitive, a-t-elle dit. Comme les parlementaires, le gouvernement a le souci de sa responsabilité vis-à-vis des générations futures. Ce texte apporte des précisions nécessaires. Je vous invite à l’adopter. »

Cette intervention a été vivement applaudie du côté des groupes Les Républicains, UDI-UC, socialistes, même si le sénateur (UDI-UC) de la Meuse, Christian Namy, a déploré « l’absence de la ministre de l’énergie [Ségolène Royal, retenue à l’Assemblée nationale pour le projet de ratification de l’Accord de Paris], qui démontre une fois de plus son désintérêt pour le sujet ».

 

Un texte « consensuel et transpartisan »... sauf pour les écologistes

Du côté des sénateurs du groupe socialiste, même enthousiasme : « Cette proposition de loi reprend un texte déposé par les députés socialistes en novembre 2015, preuve de son caractère consensuel et transpartisan », a souligné la sénatrice (socialiste et républicain) de la Seine-Maritime Nelly Tocqueville. La question n’est pas de nous prononcer pour ou contre le nucléaire, mais d’assumer notre responsabilité dans la gestion des déchets à l’égard des générations futures.(...) Nous voterons ce texte, en restant attentifs à la transparence et à l’association du public à toutes les étapes du projet ».

Ronan Dantec, sénateur (écologiste) de Loire-Atlantique s’est retrouvé bien seul à dénoncer un « déni collectif ». Son principal motif d’inquiétude est le coût du projet, évalué à 35 milliards par l’Andra pour l’ensemble de Cigéo (25 milliards par la ministre de l’Environnement Ségolène Royal), dont 6 milliards uniquement dédiés à la phase pilote. Une somme dont EDF, surendettée, ne dispose pas, a martelé l’élu. « Changeons de logiciel », a-t-il plaidé après avoir rappelé que la consommation d’électricité a été presque entièrement couverte par les énergies renouvelables en Allemagne le 8 mai dernier et que les investissements dans les énergies renouvelables dans le monde ont représenté 286 milliards de dollars en 2015, deux fois plus que pour le charbon ou le gaz et bien plus que pour le nucléaire.

« La France est le seul pays à miser sur le stockage profond, a-t-il poursuivi. La moins mauvaise solution serait le stockage à sec en subsurface utilisée aux États-Unis et en Allemagne, bien moins coûteuse et qui garantit une bien meilleure réversibilité. » Avant d’étayer ses propos par l’exemple du Waste Isolation Pilot Plant (Wipp), un centre de stockage de déchets radioactifs au Nouveau-Mexique (États-Unis) dont l’activité a été suspendue en 2014 à la suite d’un incendie. « Idem à Asse en Allemagne où la mine de fer est rongée par les infiltrations », a-t-il rappelé.

 

« Ne soyons pas hypocrites ! »...

 

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Vingt heures de garde à vue pour des anti-nucléaires munis de sacs poubelles

18 mai 2016 / Michel
 


 

 

Dimanche 15 mai, une trentaine de militants opposés au projet de centre d’enfouissement des déchets nucléaires dit Cigéo ont fait le tour de permanences d’élus socialistes équipés de sacs-poubelle et de tracts. Huit d’entre eux ont connu une garde à vue au cours de laquelle les policiers ont multiplié les provocations et les humiliations. L’un des militants raconte cette vingtaine d’heures d’absurdité.

Dimanche 15 mai, à 18 h, nous nous sommes retrouvés à une trentaine sur la place de la République vibrionnante pour agir contre le projet de centre d’enfouissement de déchets nucléaires Cigéo discuté au Sénat à partir du 17 mai dans le cadre d’une proposition de loi. Combinaisons blanches, masques, logos du collectif BureStop et sacs-poubelle remplis de vieux journaux forment la panoplie des militants « liquidateurs » du projet de poubelle atomique.

L’enjeu de notre rassemblement ? Comme dans plusieurs villes de France, interpeller par une action symbolique les parlementaires pour les amener à prendre position par rapport au texte dans les semaines à venir. Les liquidateurs d’un jour se groupent, le poing serré sur les sacs-poubelle, derrière la banderole qui proclame : « De Bure au 49-3 : non à l’enfouissement des déchets nucléaires et de la volonté populaire ! » Michel (son prénom a été changé), un habitant intermittent de la Maison de résistance à la poubelle nucléaire à Bure, explique : « En 2015, les parlementaires pro-Cigéo avaient tenté d’introduire à 15 reprises un amendement autorisant le projet dans la loi Macron... elle même votée par 49-3 ! Bure et la loi travail sont tous deux des projets imposés ! »

 

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La permanence de la députée PS Fanélie Carrey-Conte.

Nous décollons direction Gambetta pour le premier arrêt. La permanence de la députée PS Fanélie Carrey-Conte y est décorée d’une trentaine de sacs-poubelle, d’affiches, d’une lettre d’interpellation et de quelques phrases griffonnées au marqueur sur la porte. Des tracts sont distribués aux passants, qui n’ont pas ou peu entendu parler du projet (à seulement 3 h de Paris), et les invitations sont lancées pour converger vers Bure le 5 juin pour la manifestation des 200.000 pas. L’ambiance est bon enfant. La déambulation se poursuit ensuite du côté du 17e arrondissement, où un groupe rhabille les locaux d’Annick Lepetit (PS). Puis, au soleil couchant, la petite dizaine de faux liquidateurs restants converge vers le 18e arrondissement et la permanence du député Christophe Caresche (PS).

 

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Devant la permanence du député Christophe Caresche, où l’interpellation a eu lieu.

« Profitez bien des manifestations car en 2017, tout ça, c’est fini » 

À 21 h 30, alors que nous finissons de la décorer, nous nous faisons interpeller par deux patrouilles de policiers. Leur ton est d’abord courtois puis, inexplicablement, la situation se tend, quatre patrouilles arrivent et nous conduisent, sirènes hurlantes et pneus crissants, au commissariat de la Goutte d’Or, dans le 18e, pour poursuivre la vérification. L’officier de police judiciaire, qui veut nous impressionner, nous reproche des « dégradations en réunion » qui peuvent aller jusqu’à « 5 ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende ». L’objet du délit ? Une trentaine de sacs-poubelle remplis de vieux journaux, quelques affiches scotchées, et une petite phrase griffonnée à la va-vite au marqueur sur le rideau : « On fera pas disparaître le nucléaire avec des Caresche... » Au bout d’une heure, on nous annonce d’un coup que nous sommes tous placés en garde à vue. Il est 23 h 30.

Les huit sont répartis dans quatre cellules et rejoignent principalement des jeunes du quartier de la Goutte d’Or suspectés de vol ou de détention de stupéfiants. Certains se serrent à cinq dans une cellule de 8 m2, sans paillasse — « il n’y en a plus » — ni couverture — « des gens ont déféqué sur celles qu’on avait, mais si vous insistez, on peut vous les donner ! ». Une personne asthmatique doit négocier pendant des heures avant d’obtenir le droit d’utiliser sa Ventoline. Pas de papier toilette dans les WC. Dans ce « commissariat de combat » qui traite 11.000 gardes à vue par an, les droits du gardé à vue, « on s’en branle, pour être clair », dixit le policier qui nous referme la porte de la cellule au nez. C’est le début de 20 h d’absurdité et, pour certains militants, d’humiliation.

À partir d’1 h du matin, les huit interpellés sont appelés chacun leur tour par les officiers de police judiciaire pour une première audition. En l’absence des avocats, choix est fait de garder le silence et de faire valoir nos droits (à un médecin, à l’appel à la famille, et à un avocat). Vient mon tour. « Rien à déclarer ? Ça c’est la meilleure ! T’es au courant que c’est un film de Dany Boon ? » Le ton est lancé : ce qui devait être la formalité du relevé de la grande identité (état civil plus quelques autres informations) va se transformer en un âpre interrogatoire de près de 4 h où les policiers, tour à tour moqueurs, menaçants, injurieux, faussement amicaux ou agressifs, tenteront par tous les moyens de me faire plier. Tout ça pour obtenir le code de déverrouillage de mon portable et en extraire des photos qu’ils espèrent compromettantes.

En présence de deux à six officiers de police hilares, j’ai droit aux invectives plus ou moins lourdes sur mon appartenance politique supposée : « Alors, l’anarchiste, je suis sûr que tu détales quand on charge les cortèges ! Profitez bien des manifestations, car en 2017, tout ça c’est fini ! » ; « Alors, ça baise dans le milieu anarchiste ? » Sur mon apparence : « Tu sais que t’es moche ? Ça ne doit pas trop bien marcher avec les filles. » ; « Tu sais que tu pues ? » À un feu d’artifice insoutenable de remarques sexistes et machistes toutes plus salaces les unes que les autres. Ou homophobes : « En fait, t’es une tantouze, non ? » Bref : un concentré d’ambiance de vestiaire, uniformes et holsters en plus.

 

« Vous n’avez pas griffonné le garage du coin » 

N’oublions pas les allégations frauduleuses : « Mais, tu viens de me faire un doigt d’honneur en te grattant l’oreille ? Je vais te mettre un outrage ! » Ou encore, l’officier agitant un sachet de cocaïne sous mon nez : « Dis donc, ça vient de tomber de ta poche quand tu t’es levé, mais c’est beaucoup plus grave que prévu cette affaire ! » En passant par l’humiliation physique : « Lève-toi, retourne à ta cellule ! Non, c’est pas vrai, rassieds-toi ! » ; imposition de la station debout pendant 30 minutes — « T’as mal aux jambes ? Tu sais, moi, j’ai tout mon temps… ». Tout est fait pour briser et humilier. Les officiers visiblement repus, le calvaire prend fin à environ 5 h 20. J’essaie de me souvenir ce qui nous a amenés initialement dans cet endroit sordide mais, tombant de fatigue, je n’arrive plus à faire le rapprochement. C’est un visage totalement caricatural, et pourtant tristement réel, de l’intérieur d’un commissariat qui se montre à moi...

 

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 14:47

 

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En catimini, le Sénat veut donner le feu vert à l’enfouissement des déchets nucléaires

16 mai 2016 / Émilie Massemin (Reporterre)
 


 

Bientôt une nouvelle étape vers l’enfouissement de nos déchets nucléaires les plus dangereux ? Mardi 17 mai, une proposition de loi destinée à mettre un coup d’accélérateur au projet Cigéo sera discutée au Sénat. Les opposants dénoncent un déni de démocratie et préparent leurs mobilisations.

Les partisans du projet de centre de stockage géologique de déchets radioactifs Cigéo reviennent à la charge. La proposition de loi du sénateur (LR) de la Meuse Gérard Longuet, qui apporte plusieurs précisions sur le projet — définition de la notion de réversibilité du stockage et phase pilote — sera discutée ce mardi 17 mai en séance publique au Sénat. Un come back sur la grande scène après plusieurs tentatives ratées de passage en catimini par des amendements dans la loi de transition énergétique puis dans la loi Macron.

Pourquoi un tel acharnement ? Parce que la loi de 2006 qui prévoit la construction d’un centre de stockage réversible des déchets radioactifs dans le sous-sol de Bure est incomplète sur la notion de réversibilité. Tant qu’un nouveau texte définissant ce principe n’est pas adopté, le projet Cigéo ne peut pas aboutir. D’où la proposition de loi de M. Longuet.

Pour le sénateur meusien, « la réversibilité doit permettre de garantir la possibilité de récupérer des colis de déchets déjà stockés pendant une période donnée et d’adapter l’installation initialement conçue en fonction des choix futurs ». Mais le principe énoncé tel quel ne passe pas auprès des opposants. « La définition de réversibilité est fournie clé en main dans le texte, ce qui évacue tout débat parlementaire à son sujet, dénonce Corinne François, du collectif Bure Stop 55. En plus, la loi sur les conditions concrètes d’exercice de la réversibilité en cours d’exploitation est repoussée à 2034, après l’autorisation de la mise en service de la première tranche et le stockage de 2.800 mètres cubes de déchets ! »

 

« La réversibilité, c’est bien gentil, mais ça ne résiste pas à l’épreuve de l’accident »

D’ailleurs, une fois que les fûts seraient enfouis, la militante ne croit pas à la possibilité d’un retour en arrière : « Regardez ce qui s’est passé en février 2014 dans le centre de stockage de déchets radioactifs de Wipp, au Nouveau-Mexique, aux États-Unis. À cause d’un incendie dans le sous-sol, des fuites radioactives d’américium et de plutonium ont été constatées en surface. Le site est toujours à l’arrêt et l’isolement des fûts par des barrières successives va coûter 500 millions de dollars ! La réversibilité, c’est bien gentil, mais ça ne résiste pas à l’épreuve de l’accident. »

 

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Le sénateur de la Meuse Gérard Longuet (LR) lors d’un meeting de Nicolas Sarkozy, le 2 avril 2012, à Nancy.

Les autres exemples de centres de stockage de déchets nucléaires ou toxiques ne sont pas plus convaincants, estime Michel Marie. « À Asse, en Allemagne, le gouvernement a décidé de récupérer les fûts à cause d’infiltrations d’eau ; à Stocamine, en Alsace, le déstockage de plus de 8.000 tonnes de déchets toxiques, après un incendie et face à un risque de contamination de la nappe phréatique, se révèle de plus en plus délicat... et coûteux », énumère le membre du Cedra, de Bure Stop 55 et de la commission locale d’information (CLI) de Bure.

Le rapporteur de la proposition de loi, le sénateur (LR) de la Haute-Saône Michel Raison, n’a pas prêté attention à ces contre-arguments. « Les auditions ont été réalisées à la hussarde, aucune des associations de riverains de Bure n’a été invitée à présenter son argumentation, rapporte M. Marie, encore effaré par ce dédain. Le CLI a été informé mais n’a pas été convié. Il a fallu se bagarrer pour que notre expert, Bernard Thuillier, qui a épluché les 4.000 pages du dossier technique de l’Andra et en a réalisé des fiches techniques, dispose de 45 minutes pour s’exprimer. »

 

« Une fois qu’on aura mis près de 6 milliards d’euros dans ce bazar, qui sera encore prêt à dire qu’on arrête tout ? »

Autre cheval de bataille des associations, l’introduction dans la proposition de loi d’une « phase industrielle pilote permettant de conforter le caractère réversible et la démonstration de sûreté de l’installation ». Cette première tranche comprend, selon l’analyse de Bure Stop 55, la construction de la voie ferrée, d’un terminal de 12 étages pour la réception et le conditionnement des colis de déchets, d’un transformateur électrique haute tension, d’une double descenderie de 5 kilomètres de long, de cinq larges puits verticaux et de 40 kilomètres de galeries...

« L’objectif de cette phase pilote serait de réaliser toutes les opérations d’essais, de mise en place de démonstrateurs, d’exploitation et de surveillance nécessaires au bon démarrage de Cigéo et à la montée en régime de l’exploitation, explique-t-on à l’Andra. La phase industrielle pilote comporterait les premiers essais de démarrage en “inactifs”, c’est-à-dire sans présence de déchets radioactifs, menés en parallèle avec la finalisation de la construction. Ils seraient suivis par des essais de mise en service, réalisés avec des colis de déchets radioactifs après autorisation de l’ASN de les recevoir. Une fois ces essais de mise en service réalisés et jugés concluant, l’Andra entreprendrait la montée en régime de l’exploitation. » Un nouveau passage devant le Parlement est prévu à l’issue de la phase industrielle pilote.

Le chantier est chiffré à 5,7 milliards d’euros, soit plus de 20 % du coût total, évalué à 25 milliards d’euros — un calcul d’ailleurs contesté. « C’est environ 95 % de l’argent provisionné par EDF et Areva pour financer Cigéo. Qui va payer pour la suite ? » s’inquiète Corinne François. Côté Andra, on assure que cette phase pilote est « l’une des modifications au projet apportées par l’Andra à la suite du débat public de 2013, qui fait notamment suite au compte-rendu de la conférence de citoyens qui pointait un calendrier trop tendu et la nécessité de procéder à des tests en grandeur réelle ». Ce que démentent fermement les opposants, qui dénoncent une décision unilatérale. « C’est le lapin qui sort du chapeau, accuse Michel Marie. On nous assure que cette nouvelle disposition est issue du débat public de 2013, mais c’est faux ! Nous avons épluché tous les comptes-rendus et les remarques : il y a dû avoir deux propositions dans ce sens sur une centaine. »

Pour Corinne François, cette phase pilote est une manœuvre destinée à verrouiller le projet : « On essaie de nous faire croire que c’est de la recherche, que ce n’est pas grave. Mais, une fois qu’on aura mis près de 6 milliards d’euros dans ce bazar, en cas de problème, qui sera encore prêt à dire qu’on arrête tout ? » Pour Michel Marie, cette phase pilote est tout simplement un « cheval de Troie qui a pour but d’aider à décrocher l’autorisation, comme l’a été la notion de réversibilité ».

Ronan Dantec, sénateur (groupe écologiste) de Loire-Atlantique et opposé au texte, est plus mesuré. « Cette phase pilote peut être un moyen de forcer le passage. Mais, elle peut tout simplement permettre de continuer à investir de l’argent dans un territoire en difficulté, même s’il n’y a pas de stockage de déchets nucléaires tout de suite », nuance-t-il. « Dans une interview accordée au quotidien régional L’Est républicain publiée le 7 mai, Gérard Longuet annonce des milliers d’emplois et la renaissance économique du département, rapporte Corinne François. Nous ne sommes pas d’accord avec ce point de vue. La région joue sa sûreté ! » Sollicité, Gérard Longuet n’a pas répondu à notre message.

 

« Cela nous laisse quelques semaines pour organiser nos actions »

Les opposants n’ont pas l’intention d’attendre les bras croisés que la proposition de loi soit adoptée. « En tant que membre du groupe écologiste, je vais bien sûr voter contre, assure Ronan Dantec. La position écologiste sur ce projet est claire : le coût de Cigéo est faramineux et l’enfouissement en profondeur n’est pas la solution. Pourquoi ne pas explorer des techniques de stockage réversible en couche superficielle, comme ça se fait déjà ailleurs ? »

Les associations du réseau Sortir du nucléaire, Mirabel LNE, Bure Stop 55 et Asodedra ont adressé un recours à la commission nationale du débat public...

 

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