Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 18:33

 

Source : http://www.sortirdunucleaire.org

 

 

Soutien à Dominique Malvaud, convoqué pour violation de l’État d’urgence

Communiqué du 18 mars 2016

 
 

 

 


 

 

Pour avoir distribué des tracts avec une quinzaine de personnes de son association « Stop Nucléaire 26-07 » le 29 novembre 2015, jour d’ouverture de la COP 21, M. Dominique Malvaud est convoqué au tribunal de Valence le jeudi 24 mars.

Alors qu’aucun trouble à l’ordre public n’est constitué, une violation de l’état d’urgence est invoquée pour justifier cette convocation.

Nul ne sera dupe de ce faux prétexte : il s’agit pour l’État de museler toute résistance à un nucléaire en déroute dont il veut assurer la continuité, quels qu’en soient les coûts astronomiques et les conséquences effarantes sur la sécurité et la santé des populations.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" exprime tout son soutien à M. Dominique Malvaud. Il affirme avec force que ce sont les acteurs de la mise en danger de l’humanité à travers la poursuite de programmes nucléaires civils et militaires qui doivent être poursuivis, et non ceux qui dénoncent avec courage et détermination ces industries criminelles.

 

 

Source : http://www.sortirdunucleaire.org

 

 

Repost 0
13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 20:50

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

L’Europe met le nucléaire français sous pression

13 mars 2016 | Par Jade Lindgaard
 
 
 

Alors que le cinquième anniversaire de la catastrophe de Fukushima ravive l'attention internationale sur les dégâts de l’un des pires accidents nucléaires de l’histoire, la préférence française pour l’atome ne va plus de soi en Europe.

Le système nucléaire français provoque une controverse européenne. En quelques semaines, plusieurs demandes d’arrêts de réacteurs sont venues de pays frontaliers : la ministre allemande de l’environnement, Barbara Hendricks, a publiquement souhaité la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin). Quelques jours plus tard, la maire de Genève, Esther Alder, a exigé celle du Bugey (Ain). Et le Luxembourg a saisi la Commission européenne du cas de la centrale de Cattenom (Moselle).

Situées à quelques kilomètres des frontières, ces trois centrales nucléaires sont mises en cause par des rapports critiquant leur niveau de sûreté insuffisant – ce que conteste l’Autorité de sûreté du nucléaire française. Alors que le cinquième anniversaire de la catastrophe de Fukushima ravive l’attention internationale sur les dégâts de l’un des pires accidents nucléaires de l’histoire, la préférence française pour l’atome ne semble plus aller de soi en Europe.

 

© Reuters. © Reuters.
 

« Je ne crois pas du tout à un grand complot contre la France », réagit Corinne Lepage, avocate de la ville et du canton de Genève dans leur action contre la centrale du Bugey. Aucun lien, insiste-t-elle, entre le dépôt de leur plainte contre X auprès du tribunal de grande instance de Paris et le rapport de l’expert en ingénierie nucléaire Manfred Mertins sur Cattenom, ni avec les articles parus dans la presse allemande sur Fessenheim. « Je ne sais pas si le nucléaire est un sujet de discorde au niveau européen mais c’est un sujet d’inquiétude. Les Européens voient les centrales vieillir et leur exploitant avoir de moins en mois de moyens financiers. »

 

Déjà en 2015, lors d’une visite de François Hollande, le premier ministre du Luxembourg lui avait demandé la fermeture de la centrale mosellane. Le Grand-Duché s’est aussi joint à l’Autriche pour attaquer la décision de la Commission européenne autorisant le gouvernement britannique à garantir à EDF un tarif d’achat de 92,5 livres (113 euros) par mégawattheure (MWh) pendant 35 ans pour le projet d’EPR à Hinkley Point, au Royaume-Uni.

« En autorisant un tarif d’achat garanti pendant 35 ans pour Hinkley Point, la Commission européenne crée un précédent dans toute l’Europe, explique à Mediapart Carole Dieschbourg, ministre luxembourgeoise de l’environnement. C’est de l’argent bloqué pour des décennies alors qu’il faut investir dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Les investissements dans le nucléaire ne vont pas dans le bon sens. Ils créent une distorsion de marché et ne sont pas une réponse au changement climatique. Le nucléaire n’est pas sûr, il n’existe pas de solution pour les déchets du nucléaire. » Le mémoire de la plainte doit être déposé le 24 mars devant le tribunal de la Cour de justice des communautés européennes (CJCE).

Pour la ministre luxembourgeoise, membre des Verts, « ce n’est pas une critique du système nucléaire français. Les choix énergétiques relèvent des décisions nationales ». Mais « s’il y a un accident à Cattenom, à huit kilomètres de notre frontière, c’est un désastre pour le Luxembourg. Le Luxembourg s’engage depuis des années pour plus de sécurité à Cattenom, alors que ce réacteur n’est pas si jeune et connaît des problèmes. Nous investissons beaucoup pour la sécurité de notre pays.

«Nous nous sommes réjouis du vote en France de la loi de transition énergétique, et de voir que la France voulait arrêter une partie de sa production nucléaire. Nous sommes aussi en discussion avec la Belgique au sujet du réacteur de Tihange. Ces centrales nucléaires posent des problèmes de sécurité. Nous souhaitons le plus possible qu’elles ferment à partir d’un certain âge. Ce problème ne s’arrête pas aux frontières. Les États voisins doivent pouvoir en débattre, dans une relation respectueuse des uns et des autres ».

 

Un cadre communautaire existe

Au sein de l’Union européenne, l’énergie reste une compétence nationale. Mais la directive issue du traité Euratom (2009) crée un cadre communautaire pour assurer la sûreté nucléaire. Deux Länder allemands (Rhénanie-Palatinat et Rhénanie du Nord-Westphalie) vont déposer une plainte devant la Commission européenne – et l’Onu – pour obtenir la fermeture de trois réacteurs nucléaires belges (Doel 1, Doel 2 et Tihange 1), jugés défaillants.

La Commission enquête par ailleurs sur la décision du gouvernement belge de prolonger la durée de vie des réacteurs, soupçonnant une aide d’État déguisée. Et elle vient de mettre en cause le manque de provisions financières en France pour le démantèlement des centrales et la gestion des déchets radioactifs. Son taux de couverture n’est que de 31 %, selon le calcul de la Commission, bien en dessous de la moyenne européenne (56 %).

La France n’est donc pas la seule visée. Mais son système énergétique, unique en Europe par sa concentration verticale puisque EDF est à la fois le principal producteur et fournisseur d’électricité, mais aussi son transporteur (via RTE, filiale à 100 %) et son distributeur (via ERDF), génère une grande opacité de fonctionnement et ne laisse aucune place aux autres acteurs industriels. Alors que le secteur de l’énergie traverse une crise sans précédent, due en grande partie à la surcapacité de production, plusieurs contentieux européens sont en cours. De gros industriels voudraient y gagner des parts de marché. Mais ils ne sont pas les seuls à passer par l’échelon communautaire pour mettre en cause le modèle hexagonal. Des PME produisant des biens et des services liés à la transition énergétique comptent sur Bruxelles pour sécuriser leurs activités.

 

REUTERS/Jacky Naegelen. REUTERS/Jacky Naegelen.
 

Parmi les sujets de discorde, on trouve le marché de capacité. Soutenu par la France, mais rejeté par l’Allemagne, ce dispositif consiste à rémunérer des centrales électriques (à gaz par exemple) quand elles ne produisent pas d’énergie pour qu’elles restent disponibles au cas où la demande augmenterait. Pour ses détracteurs, c’est une manière d’aider les énergéticiens qui ont investi dans des installations qui ne sont plus rentables en raison de la surcapacité d’offre d’électricité en Europe. « Il faut fermer ces centrales et non les rémunérer pour leur éviter de s’arrêter », explique Joël Vormus, chef de projet au CLER, qui représente des professionnels de la transition énergétique.

 

Les fournisseurs alternatifs ont attaqué le décret d’application sur le marché de capacité devant le Conseil d’État, qui a renvoyé le dossier devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Pour Nicolas Mouchnino, chargé de mission énergie et environnement à UFC-Que Choisir, « c’est un moyen pour les énergéticiens de ne pas dévaloriser leur capacité de production. Mais ce sont les consommateurs et les contribuables qui vont en assumer le coût ».

L’association a aussi saisi le Cordis, le comité de règlement des différends de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) au sujet de l’insuffisante séparation des activités d’EDF et d’ERDF, qui crée une distorsion de concurrence. Ce contentieux pourrait lui aussi finir devant la Cour de justice de l'Union européenne. Bruxelles a par ailleurs été saisi du cas des certificats d’économie d’énergie (CEE), qui rémunèrent les énergéticiens qui réduisent la consommation de leurs clients, mais surestiment la réalité des économies réalisées selon des spécialistes.

À Bruxelles, les responsables de la direction de la concurrence reçoivent régulièrement les représentants des uns et des autres. Une véritable bataille de lobbies, aux forces inégales, se livre dans les couloirs de la Commission. « Si personne ne frappe à la porte de la Commission, il ne se passera pas grand-chose », explique un habitué de ce type de rendez-vous, qui évoque une véritable « omerta » sur les petits arrangements du monde de l’énergie.

Ainsi, selon un autre de ces visiteurs, la fusion entre EDF et Dalkia, un des principaux acteurs des services énergétiques en France, a été acceptée par Bruxelles malgré la situation de concentration qu’elle crée, en échange d’un engagement de Paris à ouvrir ses concessions hydroélectriques. Mais le gouvernement français n’a pas touché à ce dossier sensible et depuis, la Commission l’a mis en demeure d’ouvrir ses barrages à la concurrence. Sollicitée par Mediapart, la direction de la concurrence répond que « [ses] décisions sont indépendantes les unes des autres. Il n'y a pas d'accords “en échange” entre différents cas ». La réponse de la France à ce contentieux est en cours d’examen.

Mais d’autres problèmes surgissent. Confronté à des difficultés financières gravissimes, EDF est en discussion avec la Commission européenne pour obtenir une hausse du tarif auquel elle doit vendre son électricité aux fournisseurs alternatifs (voir ici à ce sujet). Pour l’UFC-Que Choisir toutefois, « s’il est beaucoup plus élevé que le marché, il s’apparente à une subvention ». Et peut donc être contesté au nom de l’interdiction des aides d’État déguisées. « Les consommateurs français méconnaissent le marché et restent très majoritairement abonnés à EDF, explique Nicolas Mouchnino. Les fournisseurs alternatifs indexent leurs tarifs sur ceux d’EDF : même s’ils sont plus bas, ils augmentent si ceux d’EDF s’accroissent, même si leurs coûts de production baissent. »

Pour l’association, les consommateurs sont de ce fait lésés : le rôle très majoritaire d’EDF sur le secteur de l’électricité revient à internaliser les risques et à en faire assumer les coûts financiers aux consommateurs et aux contribuables. « La structure d’EDF ne garantit pas un marché concurrentiel, explique Nicolas Mouchnino. Or la Commission souhaite un marché unique et concurrentiel au bénéfice des consommateurs. Des règles ont été édictées à partir de la fin des années 1990 pour libéraliser le secteur de l’énergie. La production et la fourniture d’électricité ont été ouvertes à la concurrence – globalement, les réseaux de transport et de distribution ont été maintenus hors-marché. Le problème avec le système français, c’est que, comme le nucléaire représente l’essentiel de la production d’électricité et qu’EDF détient ces moyens de production, il était difficile à un acteur extérieur d’y développer son offre d’électrons. »

Cette situation se referme aujourd’hui comme un piège sur l’acteur historique de l’électricité en France. Le groupe a tout misé sur le nucléaire, sans voir arriver la révolution des renouvelables et le plafonnement de la consommation d’énergie. La constitution progressive d’un marché unique lui a bénéficié tant qu’il pouvait en profiter pour vendre à bon prix ses électrons à ses clients européens. Cela se retourne contre lui aujourd’hui alors que la surcapacité de production fait s’effondrer les prix sans filet de protection national. L’échelon européen devient ainsi une caisse de résonance de toutes les failles internes et erreurs stratégiques du groupe français.

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
commenter cet article
10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 17:36

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

EDF: l'addition cachée de l’aventure britannique

8 mars 2016 | Par martine orange
 
 
 

EDF a surpayé British Energy. Mais pour ne pas avoir à avouer au moins 7 milliards d’euros de dépréciations d'actifs, le groupe continue sa fuite en avant avec le projet d’Hinkley Point.

« Hinkley Point, c’est la chronique d’une catastrophe annoncée. Pourtant, ils vont y aller, ne serait-ce que pour ne pas avouer les erreurs passées », confie un responsable du groupe, abattu par ce qui se précise. Plus que la défense du nucléaire, un élément, selon lui, compte beaucoup dans les décisions à venir de la direction d’EDF pour lancer coûte que coûte la construction de l’EPR : le groupe s’est déjà bien trop engagé en Grande-Bretagne. Revenir en arrière l’obligerait à reconnaître une ardoise très lourde et difficilement justifiable.

Pour comprendre ces explications, il faut revenir au départ de l’aventure britannique d’EDF, quand le groupe lance une OPA sur British Energy début 2008. À l’époque, le gouvernement britannique a décidé de vendre la participation de 35,2 % qu’il détient encore dans le groupe d’électricité. Plusieurs concurrents européens, comme l’allemand E.ON ou l’espagnol Iberdrola, se mettent sur les rangs puis font demi-tour. « Les conditions financières ne sont pas réunies pour reprendre British Energy », expliquent-ils alors.

Seul Pierre Gadonneix, alors président d'EDF, continue de se dire intéressé et paraît prêt à y mettre le prix. Alors que les responsables de l’électricien allemand RWE n’ont été autorisés par leur conseil qu'à présenter une offre limitée de 2,5 milliards d’euros pour le rachat de la participation du gouvernement britannique, estimant que le groupe dans sa totalité ne valait pas plus de 8,5 milliards d’euros, le président d’EDF ne semble pas du tout préoccupé par ces considérations, pas plus d’ailleurs que par l’envolée du cours en Bourse, depuis que le gouvernement britannique a annoncé son engagement. Un grand classique en France, décidément. 

En juin 2008, Pierre Gadonneix fait donc une offre très généreuse, tenant compte de l’envolée boursière : 15,1 milliards d’euros pour racheter l’ensemble de British Energy. C’est déjà plus de 40 % de ce que l’électricien valait, avant la spéculation boursière. Mais cela ne semble pas suffisant pour la direction de l’électricien britannique, qui rejette l’offre. Plutôt que de renoncer, la direction d’EDF décide de surenchérir, alors qu’elle est toute seule sur les rangs ! En septembre 2008, le groupe public, étendard du nucléaire français, présente donc une nouvelle offre de 15,8 milliards d’euros. En six mois, grâce au jeu boursier britannique, British Energy a doublé sa valeur, alors que tous s’accordent pour dire que le groupe est en mauvaise santé financière et boursière.

Mais la réalité des comptes s’impose, malgré tout. Pour ne pas avoir à inscrire une trop grande survaleur (goodwill) dans son bilan – aveu des folies financières et autres –, la direction d’EDF annonce tout de suite qu’elle va construire deux EPR sur les sites de British Energy, ce qui va donner de la valeur à l’ensemble du groupe britannique à l’avenir, explique-t-elle. Dans son rapport annuel de 2008, le groupe annonce ainsi la construction à venir de ces deux EPR, pour un coût estimé à l’époque à 4 milliards d’euros chacun. La facture de l’EPR de Flamanville a déjà dépassé les 10 milliards d’euros.

Grâce à cette annonce, la survaleur sur l’acquisition de British Energy est diminuée. EDF doit tout de même inscrire au bilan d’entrée du groupe britannique dans ses comptes, début 2009, un goodwill de 5,75 milliards d’euros. Depuis, comme le redoutaient les opposants à cette acquisition à l’époque, la situation n’a cessé de se dégrader. Des centrales et des sites de production vieillissants ont dû être dépréciés. Les activités britanniques affichent désormais une survaleur de 9,1 milliards d’euros, représentant à elle seule 90 % des survaleurs du groupe. Quant au résultat, il est en perte de plus de 200 millions d’euros en 2015. Une affaire, décidément, ce rachat britannique. 

Mais EDF, fortement incité par son responsable en Grande-Bretagne, Vincent de Rivaz, ne veut pas se dédire. Renoncer à construire un ou deux EPR obligerait alors à déprécier la valeur de British Energy et à annuler au moins les 5,7 milliards d’euros de survaleurs inscrits dans ses comptes. De plus, il lui faudrait aussi passer en pertes les dépenses qui ont été engagées pour lancer le projet d’EPR. Celles-ci dépasseraient déjà le milliard d'euros. Bref, toute marche arrière obligerait à inscrire au moins 7 milliards d’euros de dépréciations dans ses comptes. Un luxe que la direction d’EDF estime ne pas pouvoir se permettre.

Alors, plutôt que de reconnaître l’erreur passée, la direction d’EDF préfère continuer sa fuite en avant et s’engager pour un projet d’au moins 25 milliards d’euros, jugé dangereux par tous. Dans son dernier rapport, la Cour des comptes rappelait l’urgence d'en finir avec l'impunité des dirigeants et de « renforcer les dispositifs de sanction pénale et pécuniaire tant pour les dirigeants que pour les membres de conseils d’administration pour les cas de prise de risque inconsidérée ayant entraîné des pertes ». Cette règle pourrait peut-être s'appliquer aux dirigeants d'EDF ?

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Repost 0
2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 19:56

 

Source : http://reporterre.net

 

 

La cuve de l’EPR de Flamanville est défectueuse

2 mars 2016 / Tiffany Blandin (Reporterre)
 


 

 

Le couvercle de la cuve du réacteur nucléaire de l’EPR de Flamanville, dans la Manche, est défectueux, tout comme le fond de la cuve, elle aussi fabriquée par Areva. Cela pourrait mettre en cause l’achèvement du réacteur.

À Flamanville (Manche), les travaux de l’EPR se poursuivent. Le couvercle de la cuve du réacteur, une pièce métallique de cinq mètres de diamètre, y a été acheminé depuis le Creusot (Saône-et-Loire) jusqu’à la centrale, qu’il a atteint le 12 février au soir. Pourtant, ce couvercle, ainsi que le fond de la cuve, tout deux fabriqués par Areva, sont défectueux. Le 3 avril 2015, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a en effet annoncé que ces pièces présentaient une « anomalie de composition de l’acier ». Des tests complémentaires ont commencé en décembre pour déterminer si ces deux éléments seront capables de résister en cas d’incident dans la centrale.

Mais cela ne semble pas freiner EDF, le maître d’œuvre du projet. Il faut dire que le chantier du premier réacteur nucléaire français de troisième génération a déjà accumulé beaucoup de retard. Dans le meilleur des cas, le démarrage du réacteur ne devrait pas intervenir avant fin 2018, soit avec près de sept ans de retard sur le calendrier.

 

JPEG - 67.1 ko
Deux militants de Greenpeace ont réussi à monter sur le couvercle de la cuve du réacteur lors de son acheminement, le 12 février, près de Caen.

 

Greenpeace, qui a bloqué quelques heures le convoi du couvercle de la cuve du réacteur, le 12 février, près de Caen, dénonce une « politique du fait accompli », accusant EDF de vouloir créer « une situation irréversible ». En tout cas, la poursuite des travaux pose question. Car la cuve est la pièce essentielle pour la sûreté d’un réacteur nucléaire. C’est en son sein que se produit la fission des atomes. Elle est aussi une des barrières de sécurité du réacteur. Alors, comment est-il possible qu’une pièce si importante présente des anomalies ? Comment est-on arrivé à cette situation ? Pourquoi permettre à EDF de faire d’autres tests ? Que se passera-t-il si ceux-ci ne sont pas concluants ?

 

Comment est-il possible qu’une pièce si importante présente des anomalies ?

C’est la première fois qu’un réacteur nucléaire de cette taille est construit en France. Sa cuve est plus grande que celle des réacteurs de deuxième génération, d’une puissance de 1.300 mégawatts. Les pièces qui la composent sont aussi plus lourdes et plus épaisses. Les ingénieurs de l’usine Areva du Creusot ont donc découpé le couvercle, ainsi que le fond de cuve, à partir d’un bloc d’acier de 159 tonnes. Quand l’acier est coulé pour créer un bloc aussi lourd, le carbone, un de ses composants, se répartit mal. En certains points du couvercle et de la cuve, la concentration en carbone est donc trop élevée. Résultat, la résilience, c’est-à-dire la capacité de l’acier à résister aux chocs, n’est pas assez importante. Les tests de résilience ont montré que les plus basses valeurs mesurées sur la cuve de l’EPR sont de seulement 36 joules. Or, le seuil minimal imposé par la réglementation est de 60 joules. « Le procédé de fabrication utilisé conduit nécessairement à une concentration en carbone élevée dans certaines zones et donc à des anomalies, indique à Reporterre Sylvie Cadet-Mercier, directrice des systèmes nouveaux réacteurs et démarches de sûreté à l’IRSN. Areva a donc mal évalué l’impact de ce procédé. »

 

JPEG - 145.8 ko
Le modèle de la cuve de l’EPR de Flamanville.

 

Comment est-on arrivé à cette situation ?

Le fond de la cuve et le couvercle ont été forgés en 2006. Ce n’est que huit ans plus tard, fin 2014, que les défauts de ces pièces ont été découverts. Une fois que le fond de la cuve était déjà fixé dans le réacteur. Pourquoi ? En fait, la réglementation relative aux équipements sous pression nucléaire a changé. Un nouveau texte, entré en vigueur en 2011, a permis à l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) d’exiger qu’Areva mène de nouveaux essais, plus poussés. Ensuite, il a encore fallu attendre quasiment quatre ans avant que l’industriel envoie les résultats de ses tests.

Areva avait-il connaissance du défaut de résistance de l’acier ? « Areva nous a explicitement écrit qu’il n’en avait pas connaissance, explique à Reporterre Julien Collet, le directeur général adjoint de l’ASN. Ils nous ont dit avoir été surpris par les résultats obtenus. » Etrange : car l’industriel a indiqué au journal Le Monde qu’il avait transmis à l’ASN en 2008, puis en 2009, ses résultats sur l’excessive teneur en carbone de son acier, parmi d’autres données.

La question du calendrier reste donc très floue. C’est l’un des points que tente d’éclaircir le Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sûreté nucléaire, saisi par Ségolène Royal le 5 octobre 2015 sur la question de l’EPR.

 

Pourquoi permettre à EDF de faire d’autres tests ?

Les tests qui ont révélé les anomalies ont été réalisés fin 2014. Areva a ensuite proposé un nouveau programme d’essais mécaniques. L’industriel espère montrer que l’acier est suffisamment solide, même s’il présente une anomalie. Pour Sylvie Cadet-Mercier, c’est tout à fait normal. « Les essais réalisés en 2014 sont un indicateur d’un comportement non attendu du matériau. Ce qui nous intéresse, ce sont les tests mécaniques. Il s’agira de savoir comment la pièce peut résister en situation accidentelle. » Suite à une analyse de l’IRSN, le programme d’Areva a donc été validé en décembre 2015, pour des résultats attendus cet été. La nouvelle série d’essais a donc commencé dans le centre technique d’Areva à Karlstein, en Allemagne, et au centre d’étude de l’énergie nucléaire, l’équivalent belge du CEA, situé à Mol. Mais pour Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace, ces tests complémentaires n’ont pas lieu d’être. « Une des règles de base de la sûreté nucléaire, c’est que les installations à haut risque, comme la cuve, doivent être au top niveau. Il n’y a pas de mesure compensatoire à envisager. Là, on est déjà dans la discussion et ce n’est pas acceptable. »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://reporterre.net

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
commenter cet article
2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 19:29

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Le canton de Genève dépose une plainte visant la centrale nucléaire française du Bugey

Le Monde.fr | • Mis à jour le

 

 

 

La centrale du Bugey, dans l'Ain.

La Suisse surveille de près ce qu’il se passe de l’autre côté de ses frontières. Le canton de Genève a annoncé, mercredi 2 mars, porter plainte contre X au sujet de la centrale nucléaire française du Bugey, située dans l’Ain, et dont la vétusté est régulièrement décriée par les associations écologistes.

 

La plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui et pollution des eaux » a été déposée mercredi, à Paris. C’est l’avocate et ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage qui représente les intérêts suisses.

 

Selon le journal Le Temps, la ville de Genève, qui s’oppose à la poursuite de l’exploitation de cette centrale en fonction depuis les années 1970, avait déjà annoncé en 2015 qu’elle entendait durcir le ton contre Bugey. Genève expliquait alors agir dans le cadre de la constitution cantonale, qui lui impose de « tout mettre en œuvre pour s’opposer à toutes velléités nucléaires dans et proches de ses frontières ».
 

 

Sortie du nucléaire en Suisse d’ici à 2034

Dans les années 1990, la ville de Genève, déjà avec l’aide de Mme Lepage, avait mené le combat contre la centrale nucléaire de Creys-Malville (Isère), qui a cessé de fonctionner en 1998. Depuis, le site s’est transformé en chantier pilote de démantèlement.

Lire aussi :   Pourra-t-on se passer du nucléaire ?

Hasard du calendrier : la société BKW Energie a annoncé mercredi que la centrale nucléaire suisse de Mühleberg, dans le canton de Berne, cessera définitivement de fonctionner dans moins de quatre ans. La centrale, mise en service en 1972, sera en effet déconnectée du réseau le 20 décembre 2019 et ne produira plus d’électricité. Son démantèlement devrait durer au moins neuf mois.

Après l’accident de Fukushima, au Japon, en 2011, la Suisse a décidé de sortir du nucléaire d’ici à 2034. Le pays compte cinq réacteurs, dont celui de Beznau 1, le plus vieux au monde.


Source : http://www.lemonde.fr

 

 

                                                                             *************************

 

 

Source : http://www.lepoint.fr

 

 

Le canton de Genève porte plainte contre la centrale nucléaire du Bugey

 

 

Les autorités suisses sont défendues par l'avocate Corinne Lepage. Elles dénoncent la "mise en danger d'autrui et la pollution des eaux".

 

Publié le - Modifié le | Le Point.fr
 
 
La centrale nucléaire de Bugey, photo d'illustration.

La centrale nucléaire de Bugey, photo d'illustration. © AFP/ JEFF PACHOUD

 

Nouveau coup dur pour l'image du nucléaire français : le canton de Genève a annoncé mercredi avoir déposé une plainte concernant la centrale du Bugey, située dans le département français voisin de l'Ain et dont il demande depuis longtemps la fermeture. Le canton suisse de Genève et la ville de Genève ont indiqué avoir porté plainte contre X "pour mise en danger délibérée de la vie d'autrui et pollution des eaux", dans un courrier annonçant une conférence de presse lundi 7 mars. L'avocate française Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement et fervente opposante à l'atome, est chargée de défendre les intérêts suisses. Elle a affirmé que la plainte avait été déposée mercredi à Paris. Sollicités, ni EDF, qui exploite cette centrale d'une puissance totale de 3,7 gigawatts, ni le ministère français de l'Environnement et de l'Énergie, n'ont fait de commentaire dans l'immédiat.

Ce n'est pas le premier coup que tentent de porter les autorités genevoises à la centrale du Bugey, en fonctionnement depuis les années 1970. Les Suisses contestent notamment le projet d'EDF de construire sur le site, éloigné de 70 km à vol d'oiseau de Genève, un centre de stockage de déchets nucléaires. Appelé Iceda (installation de conditionnement et d'entreposage de déchets activés), il doit permettre de stocker une partie des déchets issus des neuf réacteurs d'EDF en cours de démantèlement en France (Brennilis, Bugey-1, Saint-Laurent, Chinon, Creys-Malville).

 

Une "centrale vieillissante"

Le canton de Genève avait ainsi contesté sans succès devant la justice un décret autorisant EDF à créer ce site. Il y a un an, la ville avait rappelé sa détermination à faire fermer la centrale et engagé comme avocate Corinne Lepage pour réfléchir à une stratégie d'action.

Outre ce projet de centre de stockage, la centrale du Bugey compte un réacteur en cours de démantèlement, trois autres en fonctionnement et un à l'arrêt depuis le 27 août 2015. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé à EDF de réparer une dégradation de l'étanchéité du revêtement métallique de l'enceinte du réacteur actuellement à l'arrêt.

Mercredi, la présidente de l'association Sortir du nucléaire Bugey, Madeleine Chatard-Leculier, a jugé que la plainte suisse était "l'aboutissement (des) actions de toutes ces années sur la dangerosité de cette centrale vieillissante". En France même, une fermeture de la centrale du Bugey est régulièrement réclamée par les organisations antinucléaires, qui pointent notamment sa situation à une trentaine de kilomètres de Lyon.

Mais la fermeture de cette structure cruciale pour l'approvisionnement énergétique de la capitale des Gaules et sa région n'a jamais été évoquée ni par EDF, ni par l'État français, actionnaire à plus de 84 % de l'électricien. Lorsque ses quatre réacteurs fonctionnent, elle représente 4,5 % de la totalité de l'électricité produite en France.

 

Inquiétudes

À ce jour, seule la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), la plus vieille du parc des 58 réacteurs français, est à l'ordre du jour, même si sa concrétisation a pris du retard. Promesse présidentielle de François Hollande, elle s'inscrit dans la trajectoire fixée par la loi sur la transition énergétique de plafonnement du parc à son niveau actuel et de réduction de la part de l'atome à 50 % de la production totale d'électricité d'ici 2025.

Et cette semaine, les déclarations de la ministre française de l'Environnement Ségolène Royal sur un possible feu vert à la prolongation de dix ans de la durée de vie des autres centrales, dans le respect des objectifs de la loi, a de nouveau créé la polémique et suscité l'ire des écologistes.

À cela s'ajoutent les inquiétudes formulées par l'ASN sur d'autres sites nucléaires comme l'usine d'Areva de retraitement des déchets nucléaires de La Hague (Manche) ou les anomalies détectées sur la cuve de l'EPR en construction à Flamanville (Manche) et pour laquelle de nouveaux tests doivent être réalisés, dans un contexte économique compliqué pour les deux principaux acteurs français de l'atome EDF et Areva.

 

 

Source : http://www.lepoint.fr

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
commenter cet article
7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 18:56

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Nucléaire

L’éventualité d’un « Tchernobyl » belge inquiète de plus en plus

par

 

L’inquiétude progresse en Europe suite à une série d’incidents – début d’incendie, fuite d’eau, problème d’alternateur – dans les centrales nucléaires belges. Elles sont situées à Dœl (15 kilomètres du grand port d’Anvers) et à Tihange (sud-est de la Belgique, à environ 70 kilomètres de la frontière avec l’Allemagne), et ont – pour certains de leurs réacteurs – dépassé les 40 ans. Elles devaient s’arrêter définitivement dans le courant de l’année 2015. Le gouvernement belge a finalement décidé de prolonger de dix ans la durée de vie de ces réacteurs. Leur redémarrage est en cours. Deux autres réacteurs, arrêtés pendant plus de vingt mois après la découverte de fissures dans la paroi de leurs cuves, ont aussi été récemment relancés par leur exploitant, Electrabel, une filiale de GDF-Suez. L’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) avait annoncé en novembre dernier, après divers contrôles, que ces micro-fissures ne présentaient pas de risques. Mais les gouvernements des pays limitrophes – Allemagne, Luxembourg et Pays-Bas – n’en sont pas convaincus. Les ministres de l’Environnement de ces trois pays ont été reçus à tour de rôle par les autorités belges.

Accueillie ce lundi 1er février par le ministre belge de l’Intérieur Jan Jambon, la ministre allemande Barbara Hendricks, s’est dite rassurée « pour le moment ». La Belgique s’est engagée à répondre à toutes les questions de l’Allemagne. Des inspections croisées entre pays frontaliers devraient avoir lieu. Au Parlement européen, les Verts demandent l’organisation de missions de contrôles indépendantes pour faire le point sur la dangerosité des centrales nucléaires belges. « La France, comme l’ensemble des voisins de la Belgique, serait directement touchée par un tel désastre », s’inquiètent de leur côté 750 000 signataires d’une pétition en ligne. Intitulée « Quelques heures pour éviter un nouveau Tchernobyl ? », la pétition invite les citoyens à se mobiliser massivement « pour obtenir de l’Union européenne ce que les Belges cherchent à éviter : une évaluation indépendante des risques ». Ailleurs, et notamment à Aix-la-Chapelle en Allemagne, les autorités envisagent de se porter en justice pour obtenir la fermeture de la centrale de Tihange.

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
commenter cet article
7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 18:40

 

Source : http://www.franceinter.fr

 

 

l'émission du vendredi 5 février 2016

Nucléaire : la facture cachée du démantèlement

 
 
 
 

Une enquête de Jacques Monin avec la collaboration de Cyril Sauvageot

 

Il est loin le temps de l’électricité pas chère ! EDF va devoir augmenter ses tarifs de 30 à 50% à cause du vieillissement de ces centrales, du sauvetage d’AREVA, de la construction de deux EPR (Réacteur pressurisé européen) en Grande-Bretagne. Mais un autre nuage risque de plomber un peu plus ses comptes : le démantèlement des centrales nucléaires françaises.  

 

Un chantier qui risque de coûter très cher car lors de la construction des premières centrales dans les années 50 et 60, on ne s’est posé la question ni de leur démantèlement ni du coût. Le démarrage du démantèlement est assez récent et les mauvaises surprises s’accumulent : surcoût et méconnaissance des méthodes à employer.

Le cas de la centrale de Brennilis

C’est l’une des plus vieilles centrales françaises située en Bretagne, dans le Finistère. Sa construction au cœur des Monts d’Arrée s’est achevée en 1966. Elle produira de l’électricité jusqu’en 1985, soit durant 19 ans. Puis la décision est pris de la mettre à l’arrêt : le combustible est enlevé. Débute ensuite une première phase hallucinante de démantèlement : les « Pieds Nickelés à Brennilis », si l’on en croit Michel Marzin, un ancien technicien de la centrale présent lors des opérations de démantèlement :

 

Michel Marzin © DR@M.Marzin - 2016

 

Au début c’était carrément les ferrailleurs qui venaient : ils emportaient des moteurs électriques, des armoires, comme si c’était le démantèlement d’une laiterie ou d’un lycée, d’un vieux bâtiment en somme. Le matériel n’était pas contaminé car c’était dans les auxiliaires. Mais alors on ne sentait pas le poids de la centrale nucléaire à côté.

Des négligences, il y en aura d’autres : en 2007, un rapport de l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) dénonce la présence de futs corrodés et mal répertoriés présents sur le site. On retrouvera aussi des traces de plutonium dans un chenal. Des incidents inquiétants qui se poursuivent comme en septembre 2015 : alors que les ouvriers découpent du métal à quelques mètres de l’ancien réacteur, certains laissent tomber par terre des lingettes imbibées de solvant qui s’enflamment. Sans conséquences graves certes, mais la façon dont ces ouvriers travaillent choque à nouveau Michel Marzin :

Ils faisaient sécher les lingettes par terre, tout en découpant, juste à côté, de l'inox  à la tronçonneuse qui faisait des étincelles, ce qui a mis le feu dans les vapeurs d’évaporation. L’incendie a pris et aurait pu atteindre la cuve du réacteur qui était à quelques dizaines de mètres de là. Et ça c’est grave !

A EDF, on ne cherche pas à nier ces  négligences.  Sylvain Granger, le directeur chargé des projets de déconstruction au sein du groupe, admet que l’entreprise, en charge des travaux, a été dépassée par les événements :

 

Sylvain Granger © @EDF - 2016

 

Le solvant ne devait pas être volatile ; l’environnement était confinant et a donc accumulé un certain nombre de vapeurs. Les protections  prises,  entre l’opération des coupes et l’endroit où se situait le solvant, n’ont pas été suffisantes. D’un autre côté, l’expérience acquise sur les chantiers actuels, y compris les essais-erreurs que nous avons eus, nous ont permis de progresser et de clarifier la manière de nous y prendre

Et le plus étonnant est que Brennilis a été fermée il y a trente ans et que son démantèlement n’est toujours pas terminé, même s’il faut préciser, qu’à ce jour, une seule centrale nucléaire au monde a été entièrement démantelée : dans le Maine, aux Etats-Unis.

Hier : la mise en hibernation des centrales

Pourquoi un démantèlement si long ? C’est un choix, comme nous l’explique Fabien Schilz, qui s’occupe des questions de déconstruction à l’ASN, l’Autorité française de sureté nucléaire :

 

Fabien Schilz © V.Bourdon@ASN - 2016

 

EDF a choisi - lorsque la première filière de centrales nucléaires a été arrêtée  - de faire du démantèlement différé : ce qu’on peut faire dans l’immédiat, on le fait tout de suite – comme l’évacuation des déchets d’exploitation -  ensuite on ferme l’installation, on la surveille et on y reviendra plusieurs décennies après pour profiter notamment de la décroissance radioactive. Un choix qui a été remis en cause par l’ASN à la fin des années 90 en demandant à l’ensemble des exploitants nucléaires de passer sur une stratégie dite de démantèlement immédiat. Résultat : aujourd’hui, même si on continue à travailler sur certaines d’entre elles plus de trente ans après leur arrêt, en fait on commence seulement le démantèlement car durant plusieurs décennies il ne s’est pas opéré.

 

Aujourd’hui : le démantèlement immédiat

Dorénavant, le démantèlement intervient juste après l’arrêt de la centrale, mais les tâtonnements restent nombreux. En effet, il existe deux cas de figure :

  1. les centrales de première génération qui représentent à chaque fois un casse-tête
  2. les centrales actuelles pour lesquelles les choses devraient être plus simples

Dans le premier cas,  aucune des vieilles centrales n’est identique à l’autre, et il est impossible de tenir un devis. Un exemple significatif : le super générateur de Creys-Malville arrêté en 1998 et dont le démantèlement a immédiatement débuté avec notamment le découpage délicat des locaux radioactifs.

 

la centrale de Creys-Malville (Isère) © Yann Forget @Wikicommons - 2016

 

Mais la situation s’est compliquée à la suite d’une très mauvaise surprise, comme l’explique Sylvain Granger à EDF :

Nous nous sommes aperçus qu’il y avait de l’amiante, ce qui a conduit à une complexification du chantier jamais identifié car tant qu’on n’avait pas la possibilité d’aller faire des tests pour vérifier s’il y avait ou pas de l’amiante, on ne le savait pas. C’est dû au fait que sur des réacteurs anciens ou pour lesquels les opérations de démantèlement n’avaient pas été nécessairement pensées de manière anticipée, forcément les opérations à mener, présentent un certain niveau d’incertitude. Admettons-le.

De même, à Grenoble, dans un des centres de recherche du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), il a fallu extraire de la terre contaminée qui n’aurait pas dû l’être, provoquant un surcoût. Dans d’autres locaux nucléaires, on a même découvert, cachés derrière des cloisons, des compartiments radioactifs qu’on ne connaissait pas. On avait tout simplement perdu les plans des sites !

 

Des enjeux financiers énormes

En revanche, pour les centrales plus récentes, la méthode est différente : cinquante-huit réacteurs sont actuellement en service, quasiment tous identiques, et il devient possible d’industrialiser le processus de déconstruction. Alain Vandercruyssen, qui dirige une unité spécialisée chez le géant du nucléaire Areva, propose déjà des nouveaux outils adaptés pour le faire :

 

Alain Vandercruyssen © JM Taillat@AREVA - 2016

 

L’idée est de développer et d’adapter des technologies utilisées dans l’industrie conventionnelle, comme l’outil nommé MANUELA : l’utilisation de scanner 3D où on a ajouté une mesure radiologique et grâce auquel on arrive à avoir une représentation en trois dimensions d’un local avec l’ensemble des points présentant un niveau radiologique plus important. Cela permet de faire des mesures et des essais sans être dans l’installation.

Et ce n’est pas un hasard si Areva développe ce type d’outils : d’ici quinze ans, on estime qu’il y aura trois cents réacteurs à démanteler dans le monde : un marché potentiel de 200 milliards $ !

Un autre défi : le stockage des déchets

Un stockage qui intervient une fois les bâtiments démolis. Il existe aujourd’hui deux sites de stockage dans l’Aube, gérés par  l’Andra, l’agence chargée de la gestion des déchets radioactifs en France. Or on estime que, dans les années à venir, le volume de ces déchets va tripler ! Il va donc falloir accroître la capacité des sites existants, et sans doute en construire un troisième. 

Mais cela ne suffira pas, et l’Andra a donc une autre idée : le recyclage d’une partie des déchets nucléaires.  Une opération actuellement impossible du fait de la législation française très stricte : tout déchet provenant d’une centrale doit aller dans une décharge spécialisée. Patrice Torres, le directeur des centres de l’Andra, voudrait donc qu’on assouplisse cette règlementation :

 

Patrice Torres © V.Duterme@Andra - 2016

 

En France, au plan réglementaire, il n’existe pas de seuil de libération : même lorsque vous mesurez un niveau zéro de radioactivité, sur une poutre en métal par exemple, vous n'êtes pas autorisé à la fondre pour en fabriquer autre chose. En effet, le législateur considère qu’il y a toujours une limite en deçà de laquelle l’appareil ne mesure pas.

On n'a donc pas voulu prendre le risque, comme d’autres pays le font pour recycler ces matériaux. Pour autant, de nombreuses personnes – les producteurs de déchets, l’ANDRA - travaillent à des pistes qui permettraient de valoriser et de réutiliser une partie de ces déchets qui sont, pourrait-on dire, des déchets radioactifs plus « administratifs » que réellement radioactifs. Ils seraient peut-être réutilisables dans la filière nucléaire pour construire des colis de stockages ou des ouvrages de stockage.

 

Que faire des déchets les plus radioactifs ?

Mais il faudra aussi trouver des aires de stockage pour les combustibles des centrales : ils restent extrêmement radioactifs durant des centaines de milliers d’années. Actuellement, la plupart sont entreposés à l’usine de retraitement de la Hague, vitrifiés pour éviter les risques d’incendie. Mais il y a aussi là-bas quelques vieux déchets qu’on a laissés à l’abandon dans des conteneurs. Et selon Fabien Schilz, de l’Autorité de sureté nucléaire, il faut maintenant les récupérer :

Jusque-là, ces conteneurs étaient mis dans un bac en vrac dans des fosses ou silos en attendant que des solutions de conditionnement correct soient trouvées. Mais actuellement, l’un des enjeux majeurs pour l’ASN est la reprise de ces déchets anciens et leurs conditionnements. Les reprendre, les conditionner et les entreposer en toute sûreté, avant un jour de les envoyer en centre de stockage en couche géologique profonde.

Autrement dit : envoyer tous ces combustibles dangereux très profondément sous terre.

 
Cigéo : un souterrain à hauts risques

 

Le laboratoire de recherche souterrain de l'ANDRA à Bure © Rémi Wafflart@MaxPPP - 2016

 

Cigéo est le nom du centre de stockage que L’Andra souhaite construire d’ici dix ans à 450 mètres de profondeur, à Bure près de Nancy. L’agence conduit des expérimentations dans un laboratoire souterrain qu’elle a déjà sur place.

Un type d’équipement qui nécessite de grosses précautions. Les allemands ont déjà des soucis avec un site du même type, construit dans une ancienne mine de sel, où le terrain bouge et où l’eau s’infiltre. Et les Américains ont récemment fait face à un incendie dans un centre comparable qui n’était pas équipé de système de ventilation de secours. Et la France n’est pas en reste : à Bure même, le 26 janvier 2016, un homme est mort et un autre blessé dans un éboulement sur le site de l’Andra.

Ce qui fait dire à Jacques Repussard, le directeur général de l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN), qu’il vaut mieux faire des essais avant de lancer un tel centre grandeur nature :

 

Jacques Repussard - O.Seignette M.Lafontan@IRSN - 2016

 

L’IRSN s’est prononcé en faveur de la construction d’un site pilote avec une quantité limitée de déchets nucléaires dangereux. Nous devons vérifier sur le long terme – plusieurs décennies – que cette solution est effectivement satisfaisante aussi sur le plan de la sécurité industrielle au quotidien. Il y a des risques d’incendie, d’effondrements, de perturbations du sol et tout cela doit être vérifié in situ et non pas dans un laboratoire qu’on a aujourd’hui à côté de Bure.

 

Un coût incertain et sans doute prohibitif

Au-delà du défi technologique représenté par un tel centre souterrain, il ne faut pas oublier le coût financier qui reste incertain. L’ASN, l’Autorité de sureté nucléaire où travaille Fabien Schilz, a demandé à l’Andra de revoir sa copie :

 

Le coût d’un déchet envoyé à CIGEO est aujourd’hui basé sur une estimation ancienne et obsolète. L’ASN a rendu son avis début 2015 – il n’est pas public – et appelé à ce que le coût de CIGEO soit rapidement mis à jour et ensuite régulièrement réévalué car il y a un impact majeur sur le coût de démantèlement et sur les charges que doivent mettre de côté les exploitants. La dernière estimation du coût de CIGEO faite par l’ANDRA il y a plus de dix ans, était de 15 milliards €…

Et en effet,  ce n’est pas 15, mais 32 milliards € que pourrait finalement coûter Cigéo !

Théoriquement, tous ces coûts et ces charges futures ont été anticipés. Depuis 2006, les opérateurs des centrales doivent provisionner les charges liées au démantèlement. EDF fait donc des estimations, et chaque année, met de l’argent de côté. Mais la Cour des comptes estime que ces provisions sont sous évaluées. Et Yves Marignac, un expert qui dirige en France l’ONG Wise, une agence indépendante d’information proche des anti-nucléaires, partage cette analyse :

 

Yves Marignac, directeur de Wise © Wostok@MaxPPP - 2016

 

Si l’on compare  au niveau international, on observe que les estimations des opérateurs et gouvernements étrangers sont partout plus élevées qu’en France – de 10% jusqu’à 250% plus élevé – un facteur 3 voire davantage sur les estimations. Il est donc très probable que les coûts actuellement provisionnés par EDF s’avèreront insuffisants lorsqu’il faudra démanteler.

 

Mais Sylvain Granger, le Monsieur déconstruction à EDF défend ces estimations. EDF, dit-il, a justement fait faire un audit pour en avoir le cœur net :

Il a été réalisé par deux cabinets indépendants. Les conclusions ne sont pas publiques mais nous ont été rendues durant l’été. Les auditeurs ont confirmé ce qui avait été observé par la Cour des comptes. Pour eux il y avait une légère sous-évaluation sur l’assainissement des sols : un surcoût que nous prendrons en considération car nous avons les moyens de l’évaluer de manière plus précise. En revanche, ils ont considéré que certaines opérations de démantèlement chiffrées par nos soins, étaient surévaluées. Et au global, on a une confirmation du chiffrage qui est évalué aujourd’hui dans nos provisions.

 

Mais alors qui a raison ? Impossible de le savoir. On navigue en plein brouillard : qu’il y ait recyclage ou non et selon le coût réel de Cigéo, la différence peut être énorme…

 
En Allemagne les mêmes incertitudes

On y a fermé sept centrales après Fukushima et neuf autres devraient suivre d’ici 2022. Alors, comme en France, les opérateurs provisionnent, et on s’interroge aussi sur la fiabilité de ces prévisions. C’est ce qu’affirme Dimitri Pescia, chercheur spécialisé dans le nucléaire, basé à Berlin :

On est dans une incertitude totale concernant les montants et les prix à venir. Ni en Allemagne ni nulle part ailleurs dans le monde, il n’existe d’expérience très développée des démantèlements. Les doutes sont aussi nombreux sur le coût du stockage définitif. Actuellement en Allemagne, aucune filière de stockage n’a été arrêtée. Si les montants provisionnés ne sont pas suffisants pour couvrir les coûts, il faudra un jour ou l’autre investir de l’argent public  avec pour conséquence une répercussion sur le contribuable.

Les consommateurs allemands pourraient donc au final payer la facture. 

Vers une explosion des prix de l’électricité en France ?

Car ce qui vaut en Allemagne pourrait aussi valoir en France. Un package, dont les Français paieront la facture, et qui contient : 

  1. -         la rénovation du parc des centrales actuelles : 55 milliards €
  2. -         la prise de participation d’EDF dans Areva : près de 3 milliards €  
  3. -         la construction des deux EPR au Royaume-Uni : près de 18 milliards €
  4. -         le démantèlement  : officiellement une trentaine de milliards €, mais sans doute plus

Au total, une facture explosive !

 

Des chiffres pas vraiment contredits par le PDG d’EDF en personne. Récemment sur I Télé, Jean-Bernard Levy, reconnaissait – certes en des termes feutrés - que notre facture allait grimper :

 

Jean-Bernard Levy © Medef - 2016

 

Grâce au nucléaire, nous avons eu durant des années, l’électricité la meilleure marché d’Europe.

Le parc nucléaire français est encore jeune, mais avec le temps qui passe, il va falloir un peu plus d’argent pour le rénover, pour le maintenir. Ca veut dire qu’il y aura régulièrement des augmentations acceptables

 

Acceptables car pour l’instant, l’Etat fait pression sur EDF pour ne pas augmenter les prix de façon trop brutale : politiquement, ce type de mesures est impopulaire. Mais au final, ces augmentations devront être massives. Elles ont d’ailleurs été chiffrées si l’on en croit Yves Marignac, le directeur de Wise :

Dans les années à venir, on verra une augmentation du tarif de l’électricité d’environ 30 à 50%. Le tarif actuel en France – sensiblement moins cher que dans reste de l’Europe - ne peut pas durer sauf à laisser totalement dépérir le système électrique français avec des conséquences bien plus graves qu’une simple augmentation des prix.

 

Le scénario catastrophe : une possible faillite d’EDF

Une hypothèse alarmiste, mais qui est évoquée pour une raison simple : 80% des cinquante-huit réacteurs français ont été mis en service sur une période de dix ans. Pour l’instant, EDF parie sur le report de leur fermeture. Mais à terme, on risque d’avoir à mener en cascade de très nombreux démantèlements : autrement dit un effet de falaise. Si on a sous-estimé ce qu’il fallait provisionner, EDF risque de se trouver devant un mur financier. Selon Yves Marignac, l’entreprise joue sa survie dans cette affaire :

Si on continue à repousser la durée de vie de tout le parc, on se retrouvera dans un scénario à la britannique, ou encore plus à l’allemande : le passif devra être directement repris par l’Etat, pendant que les actifs – pour générer du cash – vont être davantage privatisés. Le mur financier et industriel du démantèlement met en péril la survie de l’entreprise

 

Une hypothèse encore incertaine, en revanche, le consommateur n’échappera pas à la forte augmentation du prix de l’électricité. Une solution : réduire sa consommation, en utilisant des équipements moins énergivores, et en isolant mieux les logements. Sans doute la seule façon d’adoucir cette potion amère qu’il nous faudra avaler.

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
commenter cet article
28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 13:22

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Areva, un sauvetage à cinq milliards

28 janvier 2016 | Par La rédaction de Mediapart
 
 

Areva a validé ce mercredi 27 janvier le principe d'une augmentation de capital d'un montant de 5 milliards d'euros. L'État français y participera en tant qu'actionnaire de référence du groupe nucléaire.

 

 

 

Areva a validé ce mercredi 27 janvier le principe d'une augmentation de capital d'un montant de 5 milliards d'euros destinée à restaurer son bilan, à laquelle l'État français participera en tant qu'actionnaire de référence du groupe nucléaire.

L'Élysée a de son côté confirmé dans un communiqué que des « investisseurs tiers minoritaires » seraient conviés à cette opération, sans préciser le montant que l'État français – environ 87 % du capital aujourd'hui – prendrait à sa charge.

L'État assurera « le plein succès » de la levée de fonds « dans le respect de la réglementation européenne », a précisé Areva.

Alors que le groupe a préparé en novembre une entrée du chinois CNNC à son tour de table, une source à Bercy à déclaré à Reuters qu'il était « trop tôt pour parler de la contribution des minoritaires ».

Areva et EDF se sont en outre entendus sur une valorisation de la division réacteurs nucléaires (Areva NP) de 2,5 milliards d'euros dans la perspective de sa prise de contrôle par l'électricien public, qui prévoit de racheter 51 à 75 % du capital de la société tandis qu'Areva en conserverait au moins 15 %.

Ils ont précisé que ce montant, pour 100 % du capital, pourrait être ajusté à la hausse comme à la baisse en fonction des comptes établis à la date de réalisation de l'opération, et faire l'objet d'un versement complémentaire d'un maximum de 350 millions d'euros en fonction des performances de la société sur la période 2017-2018.

La réalisation de la transaction est prévue en 2017 alors que les deux groupes tablaient précédemment sur une finalisation au deuxième semestre 2016.

Ils ont souligné dans leurs communiqués respectifs que les moyens de protéger EDF contre les risques liés au chantier de l'EPR finlandais d'OL3 – que le groupe refuse de prendre en charge en rachetant Areva NP – devaient encore être précisés.

Selon une source au fait du dossier, EDF n'a pas été en mesure de formaliser mercredi une offre ferme car l'électricien n'a pas obtenu toutes les garanties lui permettant de se prémunir contre les risques liés à ce chantier, non plus que contre ceux liés aux défauts détectés sur la cuve de l'EPR de Flamanville (Manche). « Les garanties administratives et techniques n'ont pas été trouvées (...), l'offre d'EDF ne sera possible qu'en cas d'immunisation totale sur ces dossiers », a indiqué cette source.

Le ministre de l'économie Emmanuel Macron a déclaré le 20 janvier qu'Areva et son client finlandais TVO avaient un mois pour trouver un moyen de régler leur différend autour d'OL3, qui plombe les comptes du français et ont conduit TVO à réclamer 2,6 milliards d'euros dans le cadre d'une procédure d'arbitrage.

Le président de TVO a de son côté déclaré à Reuters que son groupe était opposé à un traitement du dossier OL3 distinct de la restructuration globale d'Areva, estimant qu'isoler le chantier finlandais au sein d'une entité juridique distincte n'était pas une solution.

Areva a en outre rappelé qu'il accuserait de nouveau une perte nette en 2015 en raison de la comptabilisation de provisions, au titre notamment de sa restructuration, de compléments de coûts sur OL3 et sur des contrats renouvelables, ou encore de l'impact du projet de centre de stockage de déchets nucléaire Cigéo.

Le groupe table toutefois désormais sur un cash-flow net de ses activités d'environ – 600 millions d'euros pour 2015, alors qu'il tablait précédemment sur – 900 millions, et souligne qu'il a pu reporter à début janvier le tirage des 2 milliards de lignes de crédit « back up », initialement envisagé au troisième trimestre 2015.

Areva, qui sera recentré sur le cycle du combustible nucléaire une fois son activité réacteurs cédée, fera un point complet sur ses perspectives et sur les modalités de la recapitalisation lors de la publication de ses résultats 2015, prévue le 25 février.

Fin 2010, une augmentation de capital avait vu l'État français et le Koweït investir respectivement 300 millions et 600 millions d'euros dans la société, au prix de 32,50 euros par action. Mercredi, l'action Areva a clôturé sur un cours de 3,81 euros.

(Reuters)

 

 

Lire aussi

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire Economie et social
commenter cet article
5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 16:35

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Les centrales nucléaires belges, à bout de souffle, menacent les pays voisins

5 janvier 2016 / par Emilie Massemin (Reporterre)
 


 

 

Le réacteur belge Doel 1 a redémarré lundi 4 janvier, après un arrêt dû à un alternateur déficient. Cet incident est le dernier d’une longue série dans les centrales nucléaires d’outre-Quiévrain. Alors que le gouvernement prolonge la durée de fonctionnement des réacteurs, la vétusté des installations inquiète les écologistes et les pays frontaliers.

 

Le réacteur nucléaire n°1 de la centrale belge de Doel a redémarré ce lundi 4 janvier à 11 h, a indiqué une porte-parole de la centrale à l’agence Belga. Doel 1 s’était mis automatiquement à l’arrêt samedi 2 janvier peu après 18 h, à cause d’un alternateur défectueux situé dans la partie non-nucléaire de la centrale. Ce dernier incident survenait trois jours après la remise en service du réacteur, suite à la décision en juin du gouvernement belge de prolonger de dix ans sa durée de fonctionnement.

« Ce type de problème en zone non nucléaire peut arriver dans une grosse installation » relativise le porte-parole de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) belge, Sébastien Berg, joint au téléphone par Reporterre. L’arrêt automatique du réacteur s’inscrit selon lui dans la « procédure normale » : « Dans une centrale nucléaire, les risques sont élevés en cas de problème. On ne prend pas de risque, on arrête tout et on inspecte. » En l’occurrence, l’AFCN ne prévoit pas de contrôle, car « l’incident n’était pas un problème radiologique et ne mettait personne en danger ».

 

En décembre de nombreux incidents

Cet arrêt est le dernier d’une série de dysfonctionnements observés au mois de décembre. La Belgique compte sept réacteurs nucléaires : quatre à Doel, dans la province flamande de Flandre-Orientale, et trois à Tihange, dans la province wallonne de Liège. Ils sont exploités par Electrabel, une ancienne entreprise publique aujourd’hui détenue à 100 % par le groupe français GDF Suez, alias Engie. Doel 3 a été stoppé dans la nuit du 24 au 25 décembre, en raison d’une fuite d’eau dans un générateur de la partie non nucléaire de la centrale. Ce réacteur avait en outre été arrêté du 26 mars 2014 au 21 décembre dernier, suite à la découverte de micro-fissures dans sa cuve en acier.

 

JPEG - 188.3 ko
Deux des quatre réacteurs de Doel, sur l’Escaut : des pannes répétées
 

De son coté, le réacteur Tihange 1 s’est arrêté automatiquement le 18 décembre, suite à un incendie dans la partie non-nucléaire de la centrale. Le réacteur a été remis en route le 26 décembre. Tihange 2 a été mis à l’arrêt de mars 2014 au 14 décembre dernier, à cause de micro-fissures dans la cuve.

 

Des réacteurs anciens, maintenus en fonctionnement

Ces incidents posent la question du prolongement de la durée de fonctionnement des centrales nucléaires belges. En février 2003, le secrétaire d’État Ecolo Olivier Deleuze avait obtenu l’adoption d’une loi organisant la sortie du nucléaire, entre 2015 et 2025. Le texte initial prévoyait l’arrêt en 2015 des réacteurs les plus anciens, Doel 1, Doel 2 et Tihange 1, mis en service en 1975. Les autres réacteurs devaient être fermés en 2022 et 2023.

Mais en 2013, le gouvernement, alors composé de libéraux, de démocrates et de socialistes, a modifié la loi et prolongé la durée de vie de Tihange 1 jusqu’en 2025. En juin 2015, le nouveau gouvernement, où les nationalistes ont remplacé les socialistes, a décidé de prolonger la durée de fonctionnement de Doel 1 et Doel 2 jusqu’en 2025. Pour Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre, contacté par Reporterre, ces décisions sont d’une grande hypocrisie : « Cela signifie qu’il faudra fermer les sept réacteurs en deux ans, au lieu de dix. C’est évidemment impossible. Nous craignons de nouvelles prolongations en 2022 ou 2025. »

Or, les réacteurs Doel 1 et 2 sont dans un état de vétusté inquiétant, estiment les écologistes. « Suite à la catastrophe de Fukushima en 2011, l’ensemble des réacteurs européens ont dû subir des stress tests. Leur niveau de sécurité a dû être relevé. Sauf les deux réacteurs de Doel, qui devaient être fermés, rappelle M. Nollet. Résultat, on a pris beaucoup de retard. Electrabel, obnubilé par sa rentabilité, n’a pas pris le temps de mettre à jour les circuits électriques. L’alternateur qui a lâché est un signe de fatigue, inhérent à des centrales à bout de souffle. »

 

« On joue avec le feu »

 

JPEG - 96.7 ko
Mis en service à partir de 1974, deux des réacteurs de Doel ont dépassé 40 ans de fonctionnement
 

Une constatation partagée par Damien Ernst, professeur en électromécanique à l’Université de Liège. « Sur la partie non-nucléaire, [Electrabel] a un nombre d’incidents significativement au-delà de la normale, a fait remarquer l’enseignant au site d’information belge DH. Le problème se produit à chaque fois sur des composantes électriques. Cela est lié au fait qu’ils ne font pas une maintenance préventive suffisante. Ils ont une doctrine ’run to failure’ : ils tiennent les pièces jusqu’à la casse. » En cause, la faiblesse du prix actuel de l’électricité sur le marché de gros, qui s’élevait dimanche à 28,42 € le mégawatt/heure. « En-dessous de 30 euros, avec les 700 millions d’euros d’investissement annoncés, Doel 1 et 2 ne rapportent rien. »

Les écologistes ont donc réclamé, dimanche, la suspension des opérations de prolongation de Doel 1 jusqu’aux inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), prévues pour février 2016 et 2017. « Dans le cadre des prolongations de la durée de vie des centrales, en Belgique, nous avons l’habitude de procéder à une analyse internationale, explique M. Nollet. Cela a été le cas à Tihange 1, en 2013. L’inspection avait permis de formuler sept ou huit recommandations. Les travaux avant la remise en route avaient duré deux ans. Mais pour Doel 1 et 2, tout s’est fait dans la précipitation. On joue avec le feu. »

 

« Nous n’avons pas besoin des résultats de nos pairs »

Les inspections de l’AIEA ne sont « pas obligatoires », prétend pour sa part M. Berg. « Nous avons fait une demande d’inspections en amont, mais l’Agence est très demandée, déclare le porte-parole de l’AFCN. Nous n’avons jamais voulu nous tenir au calendrier de l’AIEA. Nous n’avons pas besoin des résultats de nos pairs pour nous prononcer sur la réouverture d’un réacteur. »

Selon M. Berg, l’AFCN a réalisé tous les tests nécessaires. « Le gouvernement a appelé l’AFCN à se prononcer sur la sûreté en cas de prolongement de la durée de vie des réacteurs. Nous avons déterminé avec l’exploitant quelles actions préalables devaient être effectuées. Nous avons vérifié que les mesures avaient été mise en œuvre avant d’autoriser la réouverture, souligne M. Berg. En toute neutralité, nous nous sommes concentrés sur les plans techniques et scientifiques pour répondre à cette question : peut-on redémarrer le réacteur et prolonger sa vie avec des conditions de sûreté suffisantes ? »

 

Enorme conflit d’intérêt

M. Nollet, lui, émet certains doutes sur l’impartialité de l’AFCN. « L’Agence est dirigée par Jan Bens, qui est l’ancien patron de la centrale de Doel, rappelle le député. Et il devrait faire des recommandations à une centrale qu’il a mal entretenue ? Le conflit d’intérêt est énorme. »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
commenter cet article
29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 18:04

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Climat

Le nucléaire, une énergie « sans CO2 » : les intox d’EDF

par

 

 

EDF polluerait très peu. C’est en tout cas ce que suggèrent très fortement ses supports de communication. « EDF développe un mix énergétique adapté à chaque pays pour produire une électricité sûre, abordable et décarbonée », assure ainsi le site du groupe [1]. Décarbonée ? Comprenez une électricité produite avec un minimum d’émissions de CO2, et donc bonne pour le climat.

 

A l'approche de la conférence sur le climat de Paris, chacun a pu ainsi découvrir « le nouveau visage de l’électricité bas carbone » – de souriants employés d’EDF posant devant une centrale nucléaire – au fil des pleines pages de pub largement diffusées dans les quotidiens et magazines français. EDF, sponsor de la COP21, se présente comme le « partenaire officiel d’un monde bas carbone ». Et certifie produire une électricité quasiment sans CO2. « Plus de 95% de l’électricité produite en France par le groupe n’occasionne aucune émission de CO2 », expliquait déjà un dossier de presse de « l’électricien engagé pour moins de CO2 » en mai 2012 [2]. Ces chiffres sont, depuis, assénés au fil de déclarations ou de campagnes de communication. Une image que contestent les organisateurs des Prix Pinocchio du climat, qui « récompensent » les pires entreprises, celles dont le discours « vert » est le plus en décalage avec la réalité de leurs pollutions. Ils ont donc nominé EDF.

 

EDF : seulement 2% d’énergies renouvelables en France

Qu’en est-il ? En France, l’éolien et le solaire ne pèsent que 2% des capacités de production d’électricité d’EDF. Si l’on ajoute l’énergie hydraulique, on atteint 9% d’énergies renouvelables bas carbone. Au niveau mondial , la proportion d’électricité renouvelable est de 18,5% selon les chiffres de 2010 (2,5% d’éolien et de solaire, 16% d’hydroélectrique, dont des grands barrages pas forcément très « verts »). Du côté des énergies très polluantes, les énergies fossiles (centrales au gaz, au charbon ou au fioul), fortement émettrices de CO2, avoisinent les 15%. EDF possède, au niveau mondial, seize centrales électriques au charbon, dont certaines des centrales les plus polluantes d’Europe. Via ses filiales comme Edison ou EDF Trading, l’électricien national est impliqué dans l’extraction de pétrole et de gaz.

En 2013, l’entreprise a été classée par un rapport de Thomson Reuters parmi les 20 principaux émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre : au 19e rang juste derrière le pétrolier Shell et devant le brésilien Petrobras [3]. C’est mieux que ses concurrents allemands (RWE, E.ON), italiens (Enel) et français (Engie), mais cela n’en fait pas un producteur d’électricité « bas carbone » pour autant. Dans ces conditions, comment EDF arrive-t-elle à afficher 95% d’électricité « décarbonée » ?

 

Le nucléaire : mieux que le charbon, pire que l’éolien et le solaire

Selon EDF, c’est grâce au nucléaire. Les trois quarts de ses capacités de production mondiales reposent sur l’atome. Cette énergie, si l’on fait abstraction des risques d’accidents radioactifs, n’émettrait quasiment pas de carbone. Problème : c’est faux. Le fonctionnement en lui-même d’une centrale nucléaire émet effectivement très peu de CO2 : entre deux et dix grammes de CO2 par kWh d’électricité produit selon les études. Mais ces calculs ne prennent pas en compte l’ensemble du cycle nucléaire : extraction du minerai d’uranium, transport vers les usines de transformation du minerai en combustible puis vers les centrales et, enfin, traitement ou enfouissement des déchets radioactifs. Dans ce cas, les émissions de CO2 sont de dix à trente fois plus élevées. S’appuyant sur ces études, l’Ademe a comparé les émissions de CO2 par filière de production d’électricité [4]. Les réacteurs nucléaires émettent en moyenne 66 grammes de CO2 par kWh produit. C’est bien moins qu’une centrale au gaz (443 g), au fuel ou, pire, au charbon (960 g). Mais cela reste six fois plus élevé que l’éolien, l’hydroélectrique ou le biogaz (environ 10 g) et quatre fois plus élevé que l’énergie solaire (14 g).

Les affirmations de l’entreprise sont donc fortement exagérées, même si le groupe partiellement public a réalisé de réels efforts depuis 2010 pour diminuer ses émissions de CO2. Face à cette communication qu’elles jugent abusives, des organisations écologistes ont porté plainte contre EDF devant le Jury de déontologie publicitaire. Celle du réseau Sortir du nucléaire vise l’affirmation d’EDF selon laquelle l’électricité qu’elle fournit en France est à 98% sans CO2. Sur demande de l’entreprise, l’audition aura lieu le 11 décembre 2015, juste à la fin de la COP21, et le jury de déontologie aura deux semaines pour se prononcer sur la plainte (lire ici). Le réseau Sortir du nucléaire a également déposé plainte pour « pratique commerciale trompeuse » devant le Tribunal de grande instance.

Une précédente plainte avait été déposée par Sortir du nucléaire et des associations alsaciennes suite à une campagne publicitaire lancée par EDF en Alsace, où sa centrale de Fessenheim, la plus ancienne de France, est menacée de fermeture. Les publicités assuraient que l’électricité fournie par EDF en Alsace était « 100% sans émissions de CO2 ». Le Jury de déontologie publicitaire a considéré cette publicité comme une tentative délibérée d’induire les usagers en erreur sur la vraie nature de l’énergie nucléaire et de ses impacts.

Sans oublier la question du coût : l’éolien terrestre et le photovoltaïque commencent à devenir aussi compétitifs que les centrales nucléaires déjà installées. Quant au prix du nucléaire de demain, la production d’électricité à partir des nouvelles centrales EPR coûtera bien plus cher que les énergies renouvelables terrestres. Au final, derrière les controverses sur son véritable bilan climatique, c’est sans doute là l’argument fondamental contre le nucléaire : les investissements considérables qu’il mobilise serait mieux utilisés pour engager une véritable transition énergétique, plus efficace pour faire face à la crise climatique.

Ivan du Roy, avec Olivier Petitjean

Photo : CC Michael B.

Repost 0

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22