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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 14:20

 

Source : http://www.franceinter.fr/emission-affaires-sensibles-tcherno-blaye-le-jour-ou-la-france-a-frole-la-catastrophe-nucleaire

 

 

l'émission du lundi 8 juin 2015

« Tcherno-Blaye » : une centrale les pieds dans l’eau

 

De cet évènement, vous ne vous rappelez sûrement pas grand-chose, tant il est passé inaperçu dans le paysage médiatique, « noyé » au même moment par « la tempête du siècle » de l’hiver 1999. Et pourtant de mémoire d’agent d’EDF, à Blaye, cette nuit-là en France, on est jamais passé aussi près de la catastrophe ultime quand il s’agit de risque nucléaire : celle de la fusion d’un réacteur.

La centrale du Blayais en Gironde. © PhotoPQR/Sud Ouest - 2015

 

Aussi relatif soit-il : minimisé par les uns ou accentué par les autres, l’incident de la centrale de Blaye a été une confrontation directe au risque inhérent de l’utilisation du nucléaire civile. Car en effet, cette nuit-là, en Gironde, à 60km seulement de Bordeaux, malgré toutes les normes et les mesures de protection en vigueur : une centrale nucléaire française s’est retrouvée « les pieds dans l’eau ». Heureusement, malgré l’inondation de circuits vitaux, le plan d’alerte a bien fonctionné et a permis, nonobstant des dégâts considérables, d’éviter que l’incident ne se transforme en véritable désastre.

 

11 ans plus tard, c’est à Fukushima Daiichi, au Japon, qu’une autre catastrophe allait se produire, et révéler toute la fragilité de ces cathédrales de l’atome face aux risques climatiques dont l’on sous-estime bien trop souvent la portée…

 

Comment la France, est-elle devenue le plus grand parc de centrales d’Europe et le pays le plus nucléarisé par rapport à son nombre d’habitants ? Face au danger, quels sont les intérêts de poursuivre le développement nucléaire ? Que s’est-il passé à Blaye en cette nuit de décembre 1999 ? Quelles sont les responsabilités ? Est-il possible de garantir la sécurité totale de nos sites malgré des dérèglements climatiques constants ?

 

Invités

Pour en parler deux invités seront avec nous :

  

► Charlotte Mijeon, une des porte-paroles du réseau « Sortir du Nucléaire », association créée en 1997, qui fédère plusieurs centaines de collectifs locaux en France autour d'une revendication politique de sortie du nucléaire civil et militaire. Elle se mobilise très fréquemment pour dénoncer les problèmes de sûreté qui s’y multiplient.

 

► Thierry Charles, directeur général adjoint de l’IRSN pour les questions de sûreté nucléaire. Il a notamment participé aux actions menées dans le cadre de l’accident de Fukushima, allant des actions d’informations sur l’accident jusqu’à la définition des actions à mener sur les installations françaises pour y renforcer encore la sureté.

 

Reportage

Avec Alain Correa, membre d'une Commission d'Information sur le Nucléaire (CLIN), Anaëlle Verzaux est allée à Nesle-Hodeng, un village voisin de Neufchâtel-en-Braye, où l'on produit un délicieux fromage. Qui dit fromage, dit lait, et qui dit lait, dit gros problème en cas d'accident nucléaire. Le lait fait partie des denrées rapidement et hautement contaminables. C'est pourquoi dans un Livre Blanc à paraître fin 2015 sur la gestion de crise post accident nucléaire, l'ANCCLI (l'association nationale des comités et commissions locales d'information) suggère que le choix des terres, pour l'épandage du lait contaminé, soit fait de façon démocratique...


Pour compléter le Livre Blanc, nous sommes allés à Nesle-Hodeng rencontrer une famille de fermiers, à qui nous avons demandé s'ils seraient d'accord pour que leurs champs soient réquisitionnés pour l'épandage du lait contaminé...

 

Conséquences de la tempête sur la centrale nucléaire du Blayais

 

 

 

► Une émission à suivre, commenter et partager sur Facebook.

 

 

Source : http://www.franceinter.fr/emission-affaires-sensibles-tcherno-blaye-le-jour-ou-la-france-a-frole-la-catastrophe-nucleaire

 

 

 

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 17:03

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

EPR Flamanville: de nouvelles et graves anomalies au cœur du réacteur

|  Par Pascale Pascariello

 

 

 

Un rapport confidentiel de l’IRSN révèle de graves dysfonctionnements de pièces importantes de l’EPR de Flamanville (Manche). Ce document, que Mediapart publie intégralement, pointe « de multiples modes de défaillances aux conséquences graves » sur les soupapes de sûreté. Ces nouvelles anomalies viennent s’ajouter aux défauts de fabrication de la cuve du réacteur.

Le devenir du chantier de l'EPR de Flamanville tourne au cauchemar pour Areva. Quelques semaines après la révélation de problèmes sérieux sur le fond de cuve du futur réacteur nucléaire, un rapport confidentiel de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) révèle de nouveaux et graves dysfonctionnements de pièces très sensibles de l’EPR. Ce document, que Mediapart a pu se procurer, avertit sur « de multiples modes de défaillances aux conséquences graves » sur les soupapes de sûreté, équipements servant à dépressuriser le réacteur.

Alors que le sort d’Areva a été débattu, mercredi 3 juin, à l’Élysée en présence du président François Hollande, ce nouveau rapport sur les anomalies de l’EPR plombe un peu plus l’entreprise. D'autant que ces nouvelles anomalies viennent s’ajouter aux défauts de fabrication de la cuve du réacteur, dont tous les problèmes n’ont pas été rendus publics par l’Autorité de sûreté nucléaire, comme le montre une seconde note interne de l’IRSN que Mediapart a consultée (elle est à lire ici).

 

Chantier du bâtiment réacteur de l'EPR à Flamanville (©EDF).Chantier du bâtiment réacteur de l'EPR à Flamanville (©EDF).
 

Dans un premier rapport de près de 80 pages (il est à lire ici), datant de février 2015 et non rendu public, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire relève des anomalies dans les équipements de contrôle de la pression du réacteur : les soupapes de sûreté. En cas de surpression du circuit primaire, dans la zone du réacteur, l’un des composants, le pressuriseur, est équipé de soupapes qui doivent s’ouvrir pour laisser partir la vapeur et faire ainsi baisser la pression.

Chauffée par le cœur nucléaire, l'eau est maintenue à haute pression dans le circuit primaire. Pour éviter une surpression qui pourrait abîmer les équipements et provoquer des fuites ou une explosion, les soupapes permettent de réguler cette pression et d'évacuer de la vapeur vers un autre circuit. Dans une centrale nucléaire, ces pièces sont déterminantes en cas d’accident. Leur dysfonctionnement a d’ailleurs été l’une des principales causes de l’accident nucléaire de Three Mile Island en mars 1979, le plus grave aux États-Unis, qui a conduit à l’arrêt du programme nucléaire américain.

Tout avait commencé à Three Mile Island par une surchauffe du réacteur, l’augmentation de la pression puis l’ouverture des soupapes. Alors qu’elles devaient toutes se refermer une fois la situation redevenue normale, une des soupapes était restée ouverte. Le circuit s’est ainsi vidangé de toute son eau et, comme à Fukushima, le cœur du réacteur a fini par fondre, provoquant des rejets radioactifs dans l’environnement. Le bon fonctionnement de ces soupapes est donc bien crucial.

  • « Risques de fuites, risque d’ouverture intempestive, risque d’ouverture prématurée, modes de défaillances multiples »

À l’EPR de Flamanville, les premiers essais montrent une série de défaillances jugées graves par l’IRSN. Les pilotes censés déclencher ces soupapes ne fonctionnent pas. Pire, ils fuient fréquemment, provoquant un comportement aléatoire et incontrôlable des soupapes. L’IRSN parle même « d’ouverture intempestive » des soupapes. Le modèle de soupape dit « Sempell », retenu pour l’EPR, pose des problèmes techniques et réglementaires. Certains essais n’ont pu se poursuivre, étant donné que les soupapes se coinçaient dès la deuxième tentative.

La liste des dysfonctionnements établie par l'IRSN est longue : « Risques de fuites de fluide primaire », c’est-à-dire de l’eau qui doit refroidir le réacteur, « échec à l’ouverture observé », « échec à la fermeture observé ». Au regard de la gravité des faits, l’institut tient à surligner qu’« aucune fuite n’est acceptable » et que cette multitude de défaillances peut avoir des « conséquences graves ».

Les choix d’Areva en termes de sûreté soulèvent de nombreuses questions de la part de l’IRSN qui note que, non seulement le fabricant ne s’est pas donné les moyens de détecter l’ensemble des anomalies, mais il a opté pour des modèles de soupape dont la conception est moins fiable que celle des modèles utilisés jusqu’à présent sur le parc nucléaire français. Pour les nouvelles soupapes, les constats faits par l’IRSN se passent de commentaires : « Areva responsable de la conception. Pas d’expérience d’Areva dans la conception de soupape. Pas d’implication de Sempell (le fabricant) lors des essais de qualification. »

 

Retard technologique

 

Le site de l'EPR de Flamanville
Le site de l'EPR de Flamanville
 

Alors que l’État fait reprendre à EDF l’activité de conception des réacteurs d’Areva, le premier électricien de France n’est pas non plus épargné par ce rapport de l’IRSN. Les conclusions révèlent qu’aucune réponse n’a été apportée par EDF sur les risques que font encourir ces défaillances quant à la sûreté nucléaire. On comprend mieux pourquoi les négociations actuelles autour du sort d’Areva peuvent faire les affaires d’EDF. En effet, en échange du partage des milliards de perte du groupe nucléaire, l’État s’apprêterait notamment à proposer à EDF de revoir à la baisse les normes de sûreté nucléaire (lire l'article de Martine Orange, « L'État fait les fonds de poche d'EDF pour sauver Areva »). Vu le nombre d’anomalies constatées sur l’EPR, cela devrait soulager EDF.

Le 7 avril, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a tenu à rendre publics les problèmes de fabrication du couvercle et du fond de la cuve du réacteur, où se produit la fission des atomes et qui constitue la seconde barrière de confinement de la radioactivité. Mais là encore, tout n’a pas été dit sur ces défauts. Car un autre rapport rendu en avril par l’IRSN à l’Autorité de sûreté nucléaire, que Mediapart a pu se procurer, pointe l’ampleur des manquements aux règles de sûreté nucléaire d’Areva.

  • « L’IRSN estime que la technologie de fabrication retenue pour les calottes de cuve du réacteur Flamanville est en régression technique par rapport à celle utilisée pour le parc en exploitation »

En d’autres mots, la cuve de l’EPR est moins sûre que l’ensemble des 58 réacteurs en activité. Le rapport de l’IRSN retrace l’historique des échanges avec Areva depuis la conception de l’équipement. Le constat est accablant : dans un courrier datant de 2002, Areva fait part des changements de conception et de fabrication des équipements et cela sans tenir compte des normes de construction nucléaire.

Mais les erreurs du groupe ne se limitent pas à cela : ce changement a été décidé sans avoir réalisé au préalable une analyse comparative des technologies retenues. « La technologie de fabrication retenue pour le réacteur (EPR) est en régression technique par rapport à celles utilisées pour le parc en exploitation », note le rapport.

Le rapport de l’IRSN signale de surcroît que les anomalies de la cuve étaient connues. En cours de fabrication, des essais ont été faits par Areva. Les premiers résultats révélaient des non-conformités. Nonobstant ces sérieux défauts, le groupe a poursuivi son « bel ouvrage » comme si de rien n’était ! Les conclusions de l’IRSN ne sont pas plus optimistes : le programme d’essais pour garantir la sûreté de la cuve, proposé par Areva, n’apporte pas de garanties équivalentes à celles des 58 cuves du parc nucléaire existant. Donc, sauf à la changer, la cuve de l’EPR restera moins fiable que les autres…

 

 

 

 

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 15:03

 

Source : http://www.reporterre.net

 

En toute discrétion, des milliers de déchets nucléaires supplémentaires stockés à La Hague

19 mai 2015 / Robin des Bois
 

 

 

Areva s’apprête à presque doubler le stock de ses déchets nucléaires sur le site de La Hague, dans le Cotentin. Cela accroît le risque d’accident déjà grand et dont les conséquences seraient immenses.


La Hague n’est plus une presqu’île. Le plateau granitique de Jobourg est comme coupé du monde après un demi-siècle de nucléaire. A Beaumont-Hague, le registre denquête publique pour une nouvelle extension des activités est resté quasiment vide. La clôture de l’enquête était pour le soir de lundi 18 mai.

L’affaire est pourtant importante. Elle concerne aussi l’avenir de l’Europe et de l’humanité. AREVA veut augmenter la capacité d’entreposage des déchets issus du retraitement des combustibles irradiés d’EDF et des clients étrangers.

La radioactivité globale de ces déchets de haute activité à vie longue en attente d’une destination sûre dépasse aujourd’hui 200 Ebq (Exa becquerel) soit 200 milliards de milliards de becquerels.

C’est la méga bombe à retardement du tri et du tripatouillage des combustibles des centrales nucléaires pratiqués depuis 1970 par l’ex COGEMA et AREVA avec l’aval des Présidents de la République et des gouvernements français.

La capacité actuelle d’entreposage s’élève à 16 848 conteneurs. Chacun d’entre eux contient 80 kg de produits de fission nucléaire pris en masse dans 150 l de verre. La capacité supplémentaire demandée par AREVA est de 12 636 conteneurs.

 

JPEG - 42.2 ko
Implantation de l’INB 116 et du projet d’extension, sur la partie est du site

 

La chaleur résiduelle dégagée par les déchets est évacuée par les cheminées des bâtiments récepteurs. D’après l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire), la perte du système de refroidissement provoquerait en 48 heures une montée en température des bétons de structure et des verres radioactifs atteignant respectivement 90 et 650°C. L’étanchéité des matrices vitreuses piégeant les déchets radioactifs serait dans le cours de cette séquence accidentelle irréversiblement dégradée. La reprise et le reconditionnement des conteneurs pourraient dès lors s’avérer impossible.

AREVA prétend avoir les moyens de mettre en œuvre les mesures correctrices dans les délais nécessaires pour enrayer les conséquences catastrophiques de ce scénario. Rien n’est moins sûr.

Les halles existantes et à venir d’entreposage des déchets vitrifiés sont intégrées à l’INB 116 (Installation Nucléaire de Base) de l’usine de La Hague. L’INB 116 concentre les piscines de refroidissement des combustibles irradiés, les unités de séparation et de purification de l’uranium et du plutonium. Tous ces ateliers connectés sont soumis à des risques internes d’incendie, d’explosion et de dispersion massive de radioactivité artificielle qui peuvent obliger à une évacuation générale du complexe nucléaire et empêcher au moins pendant quelques jours toute intervention humaine.

L’étude de maîtrise des risques jointe au dossier d’enquête publique dans les mairies voisines de l’usine et à la sous-préfecture de Cherbourg (sauf quand elle fait « le pont » de l’Ascension) est totalement muette sur ce sujet épineux des accidents en cascades à l’intérieur des plateformes industrielles...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 14:33

 

Source : http://www.actu-environnement.com

 

Loi Macron : le retour en force du projet Cigéo

Gestion des risques  |    |  Florence Roussel

 

 

Dans le cadre de l'examen en commission sénatoriale du projet de loi pour la croissance et l'activité (dite loi Macron), le projet Cigéo refait surface. Retiré du projet de loi sur la transition énergétique en juin puis exclu de la version d'origine de la loi Macron, le centre d'enfouissement de déchets nucléaire bénéficie désormais d'un article à la demande des sénateurs de la Meuse et de l'Aube. Gérard Longuet (UMP) et Philippe Adnot (sans étiquettte) ont ouvert le débat en pleine nuit afin de "connaître l'intention du Gouvernement et de laisser une trace".

Les deux parlementaires rappellent que la loi du 28 juin 2006 relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs avait fixé une date limite pour autoriser la création d'un centre de gestion durable des déchets nucléaires de haute activité et à vie longue : 2015. "Nous y sommes, et le Gouvernement n'est pas à même de prendre aujourd'hui le décret prévoyant le stockage des déchets nucléaires, car cette mesure doit être précédée, à juste titre et en vertu de la loi précitée, de l'adoption d'un texte législatif définissant la réversibilité".

Les deux parlementaires misent donc sur le projet de loi Macron pour répondre à ces exigences et lancer les réflexions sur la notion de réversibilité qu'il définisse ainsi : "La réversibilité est la capacité, pour les générations successives, à revenir sur des décisions prises lors de la mise en œuvre progressive d'un système de stockage. La réversibilité permet de garantir la possibilité de récupérer des colis de déchets déjà stockés pendant une période donnée et d'adapter l'installation initialement conçue en fonction de choix futurs."

"On ne peut pas dire que l'on met en œuvre une politique responsable sur l'ensemble de la filière si l'on ne pose pas cette question, tout en considérant que cette solution n'est peut-être pas la seule en termes de retraitement : il faut poursuivre la recherche par ailleurs", a répondu le ministre de l'Economie Emmanuel Macron. Confortés par ces propos, les deux sénateurs ont maintenu leur amendement et demandé un scrutin public qui s'est soldé par 200 votes pour et 139 contre, bien que plusieurs sénateurs aient demandé à reporter ce débat à une heure moins tardive (5h du matin) afin de débattre plus longuement sur un sujet "très sensible et très politique" (Nicole Bricq, PS).

Les ONG opposées au projet Cigéo dénoncent un "nouveau tour de passe-passe atomique" : "Le processus démocratique parlementaire a été pris en otage pour trancher dans des conditions inacceptable sur une question fondamentale qui engage notre société toute entière pour des milliers d'années", réagit le Réseau Sortir du nucléaire.

 

 

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 14:23

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Nucléaire : l'EPR, histoire d'un acharnement

|  Par Jade Lindgaard

 

 

Ex-futur joyau de la filière nucléaire française, l’EPR n’a jamais été si proche du crash, après l’alerte de l’autorité de sûreté sur les défauts de sa cuve. Depuis dix ans, industriels et État ont fait de ce réacteur un enjeu irrationnel de grandeur nationale. Chronique d’un aveuglement.
 

Ségolène Royal a beau affirmer que l’EPR « n'est pas condamné », le réacteur nucléaire n’a jamais été si proche du crash après l’alerte lancée le 7 avril par l’autorité de sûreté du nucléaire (ASN) sur des anomalies de fabrication de sa cuve. Des défauts de la composition de l’acier ont été détectés dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur en construction à Flamanville. Si bien que leur tenue mécanique n’est pas garantie dans les conditions extrêmes de charge (chaleur, pression, radioactivité…) que leur imposera le fonctionnement de l’EPR, le réacteur le plus puissant du monde, avec 1600 MegaWatts (MWe). Or, la cuve est une pièce très importante pour la sûreté car elle contient le combustible nucléaire, et sert de barrière de confinement de la radioactivité. Selon l’expert Yves Marignac, directeur du bureau d’études Wise-Paris, ces défauts de fabrication sont « susceptibles, par leur taille et leurs caractéristiques, de remettre sérieusement en cause la démonstration de sûreté du réacteur ». Il a publié une note d’analyse détaillée à ce sujet.

 

Le chantier de l'EPR, à Flamanville (Benoît Tessier/Reuters).Le chantier de l'EPR, à Flamanville (Benoît Tessier/Reuters).

EDF et Areva espèrent encore démontrer la conformité des équipements de l’EPR aux critères de sûreté de l’ASN, à qui ils vont soumettre un nouveau programme d’essais. S’ils échouent, le constructeur devra réparer ou remplacer les pièces défectueuses. Des opérations techniquement inédites et probablement très coûteuses. La réparation ou le remplacement des équipements défectueux apparaît « difficilement réalisable et particulièrement coûteux dans le cas du fond de cuve, selon Yves Marignac. C’est bien l’avenir de l’ensemble du projet Flamanville-3 qui est remis en question ». C’est d’autant plus problématique que certaines calottes des cuves des EPR en construction en Chine (Taishan 1 et 2) ont été fabriquées selon un procédé similaire. Des pièces semblables pourraient aussi avoir été produites à l’avance pour le projet de réacteur Hinkley-Point C, que la Grande-Bretagne est en train d’acheter à EDF. En attendant, le chantier de Flamanville se poursuit. Son coût pourrait désormais atteindre 9 milliards d’euros, soit près du triple de son prix initial, estimé à 3,3 milliards en 2007. Au plus tôt, il sera en pleine activité en 2018, soit six ans après sa date prévue de mise en service.  

Pour la filière nucléaire française, c’est un véritable coup de semonce. Car la sûreté affichée du réacteur était son premier atout commercial. Au point qu’Anne Lauvergeon, alors PDG d’Areva, avait déclaré après la catastrophe de Fukushima en 2011 que « s'il y avait des EPR à Fukushima, il n'y aurait pas de fuites possibles dans l'environnement » et que « les caractéristiques d'architecture de l'EPR répondent à un certain nombre de critères de sûreté qui sont au top niveau. Je le constate à chaque fois que je vais sur ce chantier ».

Comment expliquer que la cuve de l’EPR, un des équipements les plus cruciaux pour sa sûreté, présente des défauts de fabrication potentiellement aussi graves ? L’anomalie constatée est une « ségrégation », explique Yves Marignac, c’est-à-dire une concentration accrue de carbone dans l’acier, dans certaines zones des calottes du couvercle et du fond, due à l’élimination « insuffisante lors du forgeage de la partie haute du lingot » d’acier qui a servi à concevoir la cuve. Pour l’expert, « la raison pour laquelle un phénomène aussi bien connu n’a pas été maîtrisé constituera, selon l’ASN, une partie importante de l’instruction à mener ».

Cuve de l'EPR (©ASN)Cuve de l'EPR (©ASN)

Pourquoi ces défauts ont-ils été repérés si tardivement ? La chronologie des décisions prises par le fabricant – Areva – sur son chantier soulève plusieurs questions. D’abord, le couvercle et le fond de cuve de l’EPR de Flamanville semblent avoir été forgés dès 2006, signale Yves Marignac. C’est-à-dire un an avant l’obtention de l’autorisation de création d’un nouveau réacteur, délivrée par un décret en avril 2007. Ensuite, les anomalies rendues publiques par l’ASN ont été mises en évidence lors de tests pratiqués en octobre 2014, transmis à l’autorité deux mois plus tard, en décembre. Or ces évaluations ont été réalisées alors que la cuve avait déjà été insérée à l’intérieur du bâtiment réacteur. Concrètement, les essais de l’automne 2014 ont porté sur un couvercle témoin, fabriqué dans les mêmes conditions que celui qui avait déjà été glissé dans le bâtiment en construction. Il semble extrêmement probable que la cuve de l’EPR présente les mêmes défauts, puisqu’elle a été fabriquée dans les mêmes conditions. Pour sa défense, Areva dénonce la mauvaise qualité des essais (qu'il a lui-même réalisés), évoquant mardi 21 avril dans un communiqué un « dysfonctionnement de la qualité du contrôle qui oblige à réinterpréter des données ou refaire certains essais ».

« Rien n’explique pour l’instant pourquoi le processus industriel est allé jusqu’au positionnement du corps de la cuve dans le puits de la cuve, puis à la poursuite pendant plusieurs mois de la construction des ouvrages de génie civil et de montage des circuits autour de cette cuve, alors même que les essais de qualification n’avaient pas commencé », analyse Yves Marignac. Tout semble s’être déroulé comme si le fabricant avait considéré le résultat des tests comme acquis d’avance. Pour Wise-Paris, « cela questionne à la fois la raison pour laquelle Areva n’a pas repéré ce problème majeur plus tôt dans le processus, et la raison pour laquelle EDF a décidé de procéder au montage alors que cette qualification n’était pas complète ». L’ASN enquête aujourd’hui sur les raisons de ce retard dans les évaluations.
De son côté, Areva doit désormais conduire de nouveaux tests. Ségolène Royal a annoncé que leurs résultats seraient présentés en octobre 2015. L’ASN devra alors en examiner le contenu, ainsi que les justifications apportées par le fabricant.

 

« EPR et crise démocratique »

Bien avant ces péripéties, l’histoire de l’EPR était déjà marquée par les coups de menton de la filière nucléaire et les pressions des dirigeants politiques. Au point que l’historienne Sezin Topçu parle d’« EPR et crise démocratique » dans son fantastique livre sur La France nucléaire. En 2005, le projet de loi d’orientation sur l’énergie prévoyant la construction de l’EPR a été présenté par le gouvernement en juin, et publié au Journal officiel le 14 juillet, avant même l’organisation du débat public, qui s’est tenu, lui, entre octobre 2005 et février 2006. Le choix du site de Flamanville était arrêté dès 2004.

Ce débat public s’est déroulé dans des conditions rocambolesques. Industriels, associations, collectivités et État étaient invités à remplir des cahiers d’acteurs, exprimant leur point de vue sur la pertinence du projet de réacteur. La contribution du Réseau Sortir du nucléaire fut censurée par le président de la commission particulière du débat public, à la demande du gouvernement, car elle dénonçait l’incapacité du réacteur à résister à une chute d’avion. Le Réseau s’appuyait sur un document officiel d’EDF, classé secret défense, révélé dès 2003 par Stéphane Lhomme, alors porte-parole du Réseau, et publié ensuite dans la presse. Le militant fut arrêté à deux reprises, et son ordinateur espionné, comme le révéla Mediapart. En signe de protestation contre la censure, les ONG claquèrent la porte et quittèrent le débat, qui continua malgré tout. « En décidant de maintenir un débat sans finalité concrète (débat dénaturé), y compris après le départ des principaux acteurs critiques du nucléaire (débat vidé), la commission nationale de débat public aura inventé une nouvelle forme de consultation publique : le débat sans débat et sans acteur », analyse Sezin Topçu.

 

©Reuters.
©Reuters.


Dans les cahiers d’acteurs de 2005, la filière nucléaire s’exprime de façon claire, nette et précise : la construction d’un EPR est la condition de la sauvegarde de l’avenir de l’atome. « La technologie des réacteurs est un domaine d’excellence de l’industrie française et européenne, explique par exemple Areva. La construction d’un EPR en France préserve cette avance et nourrit ces talents. Les perspectives à l’exportation en sont confortées, alors que la demande de nouveaux réacteurs se confirme et que l’EPR s’est imposé face à la concurrence russe et américaine en Finlande. »

Pour construire le réacteur en Finlande et le vendre à l’étranger, il faut déjà l’avoir développé en France, plaide le fabricant. Pour le ministère de l’énergie et des matières premières, « l’implantation d’un réacteur EPR à Flamanville répond au souhait exprimé par le Parlement de maintenir l’option nucléaire ouverte. Il permettra de démontrer les performances de la technologie EPR et d’identifier, le cas échéant, les moyens de les optimiser ». La SFEN, lobby de professionnels du nucléaire, est encore plus catégorique : « Sur le plan mondial, la période à venir va voir le développement ou la relance des programmes de construction de centrales nucléaires dans de nombreux pays. Dans ce contexte, la construction d’un EPR sera la "vitrine" de la compétence française dans le domaine des réacteurs de nouvelle génération. »

Ce n’est pas qu’un discours d’affichage. L’industrie de l’atome a, alors, un calendrier précis en tête. À le relire aujourd’hui, il est stupéfiant. Ainsi, Areva explique qu’il faut d’urgence construire l’EPR afin d’être prêt à le développer en série dès 2015, c’est-à-dire cette année ! Le fabricant imagine que l’EPR aura déjà fonctionné plusieurs années. « La France devra commencer à mettre sur le réseau une nouvelle génération de centrales nucléaires au moment où les centrales actuelles les plus anciennes commenceront à atteindre leur limite d’âge, soit en 2020 au plus tard, peut-on lire dans la contribution du groupe. Cela exige que les premières constructions en série soient engagées en 2015 au plus tard. La tête de série devra, à cette date, avoir fonctionné depuis plusieurs années pour bénéficier du nécessaire retour d’expérience. Le lancement effectif du projet EPR tête de série ne peut donc plus être différé. »

Encore plus fou, en comparaison avec la situation actuelle, Areva explique que « les décisions d’investissement prises à partir de 2005 montreront alors tous leurs effets – et à l’inverse, si les décisions sont retardées ou repoussées, c’est vers 2030 que la pénurie énergétique atteindra son point maximum ». Le ministère de l’énergie partage totalement cette vision : « Toutes les options seront ouvertes au moment où la question du renouvellement du parc nucléaire actuel se posera, c'est-à-dire en 2015. C’est en effet aux alentours de cette date qu’il faudra lancer la réalisation des installations de production d’électricité destinées à remplacer les centrales les plus anciennes. » On peut noter qu’à l’époque, personne n’ose évoquer le prolongement de la durée de vie des centrales et leur passage éventuellement à 50 ans, comme EDF le fait aujourd’hui. Pour la Sfen, « si l’on table raisonnablement sur une durée de vie de l’ordre de 40 ans pour nos réacteurs les plus anciens, la période 2017-2025 verra la mise hors service de plusieurs dizaines de réacteurs, représentant plus du tiers de la capacité totale de production d’électricité de la France ! ». Et de conclure à la nécessité de construire une série de nouveaux réacteurs à partir de 2015 car « faute de garantir le renouvellement de ses capacités électronucléaires, la France serait à coup sûr obligée de recourir dans de larges proportions à des combustibles fossiles importés ».  Aucun de ces acteurs majeurs de l'énergie n'accepte l'hypothèse depuis concrétisée d'un plafonnement de la demande d'électricité.

Pour tous, c’est la garantie sine qua non de la compétitivité hexagonale : « Cela renforcera les chances de la France de nouer des partenariats commerciaux sur ce marché concurrentiel et confortera sa position de leader dans un des rares secteurs de haute technologie où elle fait la course en tête. »

Ainsi présenté, le choix de l’EPR ne résulte ni d’arbitrages techniques, ni même d’une décision strictement énergétique : c’est un enjeu de rayonnement national, de grandeur de la France dans le monde. Cette fierté nucléaire a nourri l’obstination à construire un réacteur trop gros, trop puissant, trop complexe, trop cher en ignorant délibérément la critique au fil des ans. 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 19:00

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

Le gendarme du nucléaire met sous haute surveillance l'EPR de Flamanville

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

 
 

 

L'EPR de Flamanville, le 16 juillet 2013.

Le rapport annuel de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur « l'état de la sûreté et de la radioprotection en France » est, traditionnellement, l'occasion de décerner bons et mauvais points aux exploitants. Le bilan de l'exercice 2014, présenté mercredi 15 avril devant l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), s'en est démarqué, rattrapé par l'actualité. A commencer par les « anomalies de fabrication » de la cuve de l'EPR de Flamanville (Manche).

« Il faudra qu'on ait une conviction forte, une quasi certitude, une conviction absolue » sur la fiabilité de ce « composant crucial » avant de donner le feu vert à sa mise en service, a martelé le président de l'ASN, Pierre-Franck Chevet. Ajoutant : « Je ne présage en aucune manière de la décision qui sera prise, compte tenu de l'importance de l'anomalie, que je qualifie de sérieuse, voire très sérieuse. »

Début avril, le gendarme du nucléaire a fait état de défauts sur cette pièce fabriquée par Creusot Forge, filiale d'Areva, dans son usine de Chalon/Saint-Marcel (Saône-et-Loire). Ces défauts, qui touchent à la fois le couvercle et le fond de la cuve du réacteur, conduisent à « des valeurs de résilience [capacité d'un matériau à résister à la propagation de fissures] plus faibles qu'attendu ». Un diagnostic particulièrement alarmant pour un équipement qui constitue de cœur de la chaudière nucléaire et qui doit pouvoir supporter de violents chocs thermiques sans faillir.

 

Lire : Le réacteur EPR de Flamanville touché au cœur

 

Nouvelle campagne d'essais

Areva et EDF ont annoncé une nouvelle campagne d'essais de qualification, dont les résultats, attendus à l'automne, seront expertisés par l'ASN et l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). M. Chevet a indiqué qu'il n'excluait pas de faire appel à des experts étrangers pour les assister.

Que se passera-t-il si les nouveaux tests ne lèvent pas les doutes sur la résistance de la cuve de l'EPR, dont la durée de vie prévue est de 60 à 100 ans ? Dans ce cas, « je ne vois pas d'autre solution que la changer », répond le patron de l'autorité de contrôle. Cela, quels qu'en soient le coût et les conséquences sur le chantier.

 

Risques de nouveaux retards et surcoûts

La cuve du réacteur de Flamanville, qui mesure 13 mètres de hauteur avec son couvercle pour un peu plus de 5 mètres de diamètre, a été posée en janvier 2014. Elle a été positionnée dans le « puits de cuve » situé au centre du bâtiment réacteur, et elle est déjà raccordée et soudée aux tuyauteries du circuit primaire de refroidissement. Son éventuel remplacement entraînerait donc de nouveaux retards et surcoûts, alors que le calendrier a déjà dérivé de plus de cinq ans – la mise en service, initialement prévue en 2012, a été repoussée à 2017 –, tandis que la facture grimpait de 3,3 à 8,5 milliards d'euros.

 

Lire : EPR de Flamanville : les quatre malédictions d’un chantier controversé

 

« Hormis les questions économiques, il serait possible pour EDF de changer la cuve et d'en refaire une car le réacteur est encore en construction », a déclaré il y a quelques jours à l'AFP Thierry Charles, directeur général adjoint de l'IRSN. Pour Yannick Rousselet, chargé des questions nucléaires à Greenpeace France, une cuve est au contraire « a priori irremplaçable » une fois posée.

 

Parc électronucléaire vieillissant

Les nouveaux déboires de l'EPR s'inscrivent dans un contexte marqué par la « nécessaire mise à niveau » de la sûreté des installations nucléaires françaises, souligne M. Chevet. « On arrive à la fin d'un cycle industriel », explique-t-il. Les 58 réacteurs du parc électronucléaire hexagonal sont vieillissants et, entre 2019 et 2025, près de la moitié d'entre eux auront atteint une durée de vie de quarante ans, celle pour laquelle ils ont été conçus.

« Une éventuelle prolongation n'est nullement acquise », rappelle le président de l'ASN. Il voit dans le réexamen de sûreté approfondi qui sera mené lors de la visite décennale des quarante ans « un enjeu comparable à celui qu'a représenté la construction des réacteurs » dans les années 1970 et 1980.

Les travaux préalables à une prolongation, ainsi que les mesures de renforcement imposées à la suite de la catastrophe de Fukushima, le 11 mars 2011 au Japon, constituent « des chantiers extrêmement lourds et complexes », insiste l'ASN. Ils exigent que les réacteurs « se rapprochent des meilleurs standards de sûreté ». Ceux qui étaient jusqu'ici attribués à l'EPR... avant qu'on y découvre une cuve à l'acier déficient.

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 21:45

 

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Le mensonge nucléaire reste impuni en France

27 mars 2015 / Etienne Ambroselli
 


 
 

Jeudi 26 mars, le tribunal de grande instance de Nanterre a rendu son jugement à propos de Cigeo. Les associations opposées au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure poursuivaient l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), au motif que celle-ci a caché l’existence d’une importante ressource géothermique sur le lieu même du site envisagé. Le tribunal n’a pas contesté les faits, mais jugé que c’était, non pas aux associations de poursuivre, mais à l’Etat... Quant aux associations, elles sont condamnées à payer 3 000 euros à l’Andra !

 

L’avocat des association, Me Ambroselli, réagit.


L’ANDRA peut désinformer depuis quinze ans les Français sans que sa responsabilité puisse être mise en cause. Les associations de protection de l’environnement n’ont pas d’intérêt à agir contre l’ANDRA. Seules, selon le juge de grande instance, les « autorités publiques » peuvent engager la responsabilité de l’ANDRA pour faute dans l’exécution de sa mission.

C’est ce que l’on est contraint conclure des termes du jugement rendu le 26 mars 2015 par le Tribunal de grande instance de Nanterre dans la procédure dont les associations Réseau Sortir du nucléaire, Bure Stop 55, le Cedra, l’l’Asodedra, Les Habitants Vigilants de Gondrecourt et Mirable Lorraine Nature Environnement ont pris l’initiative.

L’objectif de l’action des associations antinucléaires est de mettre fin à cette désinformation qui est un mode de fonctionnement aussi habituel que daté et antidémocratique, malheureusement habituel chez les exploitants nucléaires historiques.

Il s’agit plus particulièrement ici d’obtenir la reconnaissance par le juge civil de la faute de l’ANDRA pour avoir manqué à sa mission d’information du public.

L’ANDRA a divulgué des informations erronées en ce qui concerne l’intérêt particulier de la ressource géothermique du site de Bure sur lequel est envisagée l’implantation du centre d’enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux appelé Cigeo et les risques de perforation des déchets qui en résultent lorsque la mémoire de l’existence de ce centre et de son contenu sera susceptible d’avoir disparu.

Ces déchets radioactifs resteront dangereux pour des centaines de milliers d’années. Pour déterminer un lieu destiné à leur enfouissement, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a mis en place des règles de sûreté : en particulier, ne pas enfouir de déchets à l’aplomb d’une ressource géothermique présentant un intérêt particulier. Une fois le site construit, l’ASN reconnaît le risque d’une perte de mémoire de celui-ci, qu’elle situe « raisonnablement au-delà de 500 ans ». Si la ressource géothermique -aujourd’hui déjà exploitable- venait à être exploitée dans plusieurs siècles, les conséquences de la perforation des alvéoles de stockage et, de ce fait, des conteneurs de déchets seraient gravissimes pour la santé et la sécurité des populations.

Or, le sous-sol de Bure renferme précisément une ressource géothermique conséquente, connue des géologues depuis les années 1980 mais dont l’ANDRA s’est efforcée avec ténacité de cacher l’existence pour y faciliter l’implantation du centre !..

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 17:38

 

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JUSTICE Genève attaque EDF à cause de la centrale nucléaire du Bugey

 

Par Sébastien COLSON | Publié le 25/03/2015 à 17:04

 

 

 

Les Genevois craignent la centrale du Bugey qui date du début des années 70...

 

Après les banques, le nucléaire ? La ville de Genève a fait part ce mercredi après-midi de son intention d’attaquer en justice le directeur général et le responsable de la sécurité d’EDF, en raison du danger que représente la centrale nucléaire du Bugey qui se situe dans l’Ain, à 70 kilomètres à vol d’oiseau de la Cité de Calvin. C’est Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre de l’environnement de la République française et députée européenne, qui représentera la ville de Genève dans cette surprenante voie pénale. «Ces dernières années, la ville et l’Etat de Genève ont intenté diverses procédures à l’encontre de projets prévus par EDF et liés à l’exploitation de la centrale et au stockage de déchets radioactifs produits par neuf réacteurs en cours de démantèlement. Aucune de ces procédures administratives n’a abouti à des résultats probants, le Conseil d’Etat français prenant systématiquement position en faveur de l’énergie nucléaire» explique la ville qui donnera des détails supplémentaires ce jeudi.La constitution genevoise bannit le recours au nucléaire pour son électricité, qui est à 94% d’origine renouvelable...

Par Sébastien COLSON | Publié le 25/03/2015 à 17:04

 

Source : http://www.ledauphine.com

 

 

 

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 21:43

 

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EDF invente la loi du triplement des coûts du nucléaire

25 mars 2015 / Benjamin Dessus (Reporterre)
 


 

 

EDF, c’est la garantie que les coûts du nucléaire augmentent ! A croire que la compagnie obéit à la loi mathématique « du triplement des coûts du nucléaire tous les 10 ans ! » Et le lobby s’apprête même à tester la loi du quadruplement, dite « du facteur 4 ».

 

En décrétant au début des années 60 sa fameuse loi « du doublement de la consommation française d’électricité tous les dix ans » devant les foules subjuguées par les intuitions du génial économètre, Marcel Boiteux ne savait pas encore qu’il serait soixante ans plus tard dépassé, voire ridiculisé, sur son propre terrain.

En effet si sa fameuse « loi », qui ne s’est pourtant révélée exacte que sur une dizaine d’années, l’a rendu célèbre malgré sa bien faible durée de vie, elle risque d’être complètement ringardisée par une loi encore bien plus spectaculaire qui pourrait rendre à jamais encore plus célèbre n’importe lequel des dirigeants de notre lobby nucléaire national ou des ministres qui la soutiennent : « La loi du triplement des coûts du nucléaire tous les 10 ans ! »

Souvenez-vous : en 2005, EDF s’engageait la main sur le cœur à construire un EPR pour la modique somme de 3,3 milliards d’euros, un chantier qui devait démarrer en 2007 et finir en 2012. Puis son coût a été revu à quatre milliards en 2008 puis six milliards et enfin à 8,5 milliards en décembre 2012 pour un démarrage en 2016.

 

Facteur 4

Mais le 18 novembre 2014, nouveau rebondissement : le réacteur ne démarrerait qu’en 2017 pour un coût qu’on n’ose plus annoncer mais qui devrait, compte tenu des énormes frais financiers qu’entraîne ce retard, atteindre, voire même dépasser nettement 10 milliards €.

La nouvelle loi va donc se vérifier (un triplement de 2007 à 2017)...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://reporterre.net

 

 

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 19:03

 

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Nucléaire

À la centrale de Fessenheim, les problèmes de tuyauterie cachent de graves dysfonctionnements

par Agnès Rousseaux 20 mars 2015

 

 

« Défaut d’étanchéité » sur une tuyauterie. C’est le motif pour lequel EDF a mis à l’arrêt du réacteur n°1 de la centrale de Fessenheim (Alsace), le 28 février dernier vers 17h30. Le dysfonctionnement, tel qu’il est présenté, semble sans gravité. Un simple problème de plomberie... En réalité il s’agit d’une fuite de plus de 100 m3 d’eau suite à la fissuration d’une tuyauterie, révèle le rapport de l’Autorité de sureté nucléaire (ASN). Soit l’équivalent d’un semi-remorque d’eau, déversé dans la salle des machines. Éclaboussant des boîtiers électriques, la fuite a provoqué un défaut d’isolement sur un tableau électrique, qui est en lien avec l’alimentation de circuits de commande de disjoncteurs, électrovannes, « parmi lesquels figurent les éléments importants pour la protection » du réacteur nucléaire, décrit l’ASN. Un « défaut d’étanchéité » qui n’est donc pas si bénin que cela dans la plus vieille centrale nucléaire de France.

Le 5 mars, quelques minutes après une inspection de l’ASN suite à cet « incident », une seconde rupture de canalisation se produit, sur la même tuyauterie. Celle-ci avait été remise en service « alors même qu’EDF n’avait toujours pas identifié les causes de la rupture », dénonce le réseau Sortir du nucléaire. « Comment pouvez‐vous autoriser le redémarrage d’un réacteur nucléaire alors que des "éléments importants pour la "protection" sont alimentés par un boîtier peut‐être défectueux ? », s’alarme cinq associations hostiles au nucléaire dans une lettre ouverte au directeur de la centrale.

 

Quand EDF donne des « informations contraires » à l’ASN

L’inspection « a mis en évidence un manque de rigueur dans le processus de traitement des écarts et la prise en compte du retour d’expérience », pointe le rapport le l’ASN. Qui critique le fait que la direction de la centrale n’a pas mené de « campagne d’investigation précise des matériels potentiellement impactés par les projections d’eau ». Et que la tuyauterie a été remise en service prématurément, alors qu’une information contraire a été donnée aux inspecteurs de l’ASN : selon les déclarations d’EDF, la tuyauterie ne devait être remise en service que plusieurs semaines plus tard !

Lors de ce deuxième incident, l’ensemble du personnel n’a pas été évacué, croyant qu’il s’agissait d’un essai de sirène ! [1]. Interrogé lors d’une séance de la Commission locale d’information et de surveillance (CLIS) quelques jours plus tard, le directeur de la centrale a minimisé ces incidents. « Mensonge à l’ASN, omission auprès de la CLIS : les agissements d’EDF laissent plus que songeur quant à l’attitude que l’entreprise adopterait en cas d’accident de grande ampleur ! », s’indigne le réseau Sortir du nucléaire.

Cet « incident » n’est pas isolé, rappelle l’association : « Déjà, en avril 2014, une série de mauvaises manipulations avaient provoqué le débordement d’un réservoir, cette inondation ayant ensuite débouché sur un court-circuit et forcé à un arrêt en urgence du réacteur n°1 ». Le réseau Sortir du nucléaire étudie actuellement l’éventualité d’un dépôt de plainte, pour faire la lumière sur les problèmes pointés par ces incidents.

Lire le rapport de l’Autorité de sureté nucléaire
La lettre ouverte à Monsieur Thierry Rosso, directeur de la centrale de Fessenheim

 

Notes

[1] L’incident a eu lieu le jeudi 5 mars à 12h28, or les essais de sirène sont programmés à 12h00 le premier jeudi de chaque mois.

 

 

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