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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 15:03

 

Source : http://www.reporterre.net

 

En toute discrétion, des milliers de déchets nucléaires supplémentaires stockés à La Hague

19 mai 2015 / Robin des Bois
 

 

 

Areva s’apprête à presque doubler le stock de ses déchets nucléaires sur le site de La Hague, dans le Cotentin. Cela accroît le risque d’accident déjà grand et dont les conséquences seraient immenses.


La Hague n’est plus une presqu’île. Le plateau granitique de Jobourg est comme coupé du monde après un demi-siècle de nucléaire. A Beaumont-Hague, le registre denquête publique pour une nouvelle extension des activités est resté quasiment vide. La clôture de l’enquête était pour le soir de lundi 18 mai.

L’affaire est pourtant importante. Elle concerne aussi l’avenir de l’Europe et de l’humanité. AREVA veut augmenter la capacité d’entreposage des déchets issus du retraitement des combustibles irradiés d’EDF et des clients étrangers.

La radioactivité globale de ces déchets de haute activité à vie longue en attente d’une destination sûre dépasse aujourd’hui 200 Ebq (Exa becquerel) soit 200 milliards de milliards de becquerels.

C’est la méga bombe à retardement du tri et du tripatouillage des combustibles des centrales nucléaires pratiqués depuis 1970 par l’ex COGEMA et AREVA avec l’aval des Présidents de la République et des gouvernements français.

La capacité actuelle d’entreposage s’élève à 16 848 conteneurs. Chacun d’entre eux contient 80 kg de produits de fission nucléaire pris en masse dans 150 l de verre. La capacité supplémentaire demandée par AREVA est de 12 636 conteneurs.

 

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Implantation de l’INB 116 et du projet d’extension, sur la partie est du site

 

La chaleur résiduelle dégagée par les déchets est évacuée par les cheminées des bâtiments récepteurs. D’après l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire), la perte du système de refroidissement provoquerait en 48 heures une montée en température des bétons de structure et des verres radioactifs atteignant respectivement 90 et 650°C. L’étanchéité des matrices vitreuses piégeant les déchets radioactifs serait dans le cours de cette séquence accidentelle irréversiblement dégradée. La reprise et le reconditionnement des conteneurs pourraient dès lors s’avérer impossible.

AREVA prétend avoir les moyens de mettre en œuvre les mesures correctrices dans les délais nécessaires pour enrayer les conséquences catastrophiques de ce scénario. Rien n’est moins sûr.

Les halles existantes et à venir d’entreposage des déchets vitrifiés sont intégrées à l’INB 116 (Installation Nucléaire de Base) de l’usine de La Hague. L’INB 116 concentre les piscines de refroidissement des combustibles irradiés, les unités de séparation et de purification de l’uranium et du plutonium. Tous ces ateliers connectés sont soumis à des risques internes d’incendie, d’explosion et de dispersion massive de radioactivité artificielle qui peuvent obliger à une évacuation générale du complexe nucléaire et empêcher au moins pendant quelques jours toute intervention humaine.

L’étude de maîtrise des risques jointe au dossier d’enquête publique dans les mairies voisines de l’usine et à la sous-préfecture de Cherbourg (sauf quand elle fait « le pont » de l’Ascension) est totalement muette sur ce sujet épineux des accidents en cascades à l’intérieur des plateformes industrielles...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 14:33

 

Source : http://www.actu-environnement.com

 

Loi Macron : le retour en force du projet Cigéo

Gestion des risques  |    |  Florence Roussel

 

 

Dans le cadre de l'examen en commission sénatoriale du projet de loi pour la croissance et l'activité (dite loi Macron), le projet Cigéo refait surface. Retiré du projet de loi sur la transition énergétique en juin puis exclu de la version d'origine de la loi Macron, le centre d'enfouissement de déchets nucléaire bénéficie désormais d'un article à la demande des sénateurs de la Meuse et de l'Aube. Gérard Longuet (UMP) et Philippe Adnot (sans étiquettte) ont ouvert le débat en pleine nuit afin de "connaître l'intention du Gouvernement et de laisser une trace".

Les deux parlementaires rappellent que la loi du 28 juin 2006 relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs avait fixé une date limite pour autoriser la création d'un centre de gestion durable des déchets nucléaires de haute activité et à vie longue : 2015. "Nous y sommes, et le Gouvernement n'est pas à même de prendre aujourd'hui le décret prévoyant le stockage des déchets nucléaires, car cette mesure doit être précédée, à juste titre et en vertu de la loi précitée, de l'adoption d'un texte législatif définissant la réversibilité".

Les deux parlementaires misent donc sur le projet de loi Macron pour répondre à ces exigences et lancer les réflexions sur la notion de réversibilité qu'il définisse ainsi : "La réversibilité est la capacité, pour les générations successives, à revenir sur des décisions prises lors de la mise en œuvre progressive d'un système de stockage. La réversibilité permet de garantir la possibilité de récupérer des colis de déchets déjà stockés pendant une période donnée et d'adapter l'installation initialement conçue en fonction de choix futurs."

"On ne peut pas dire que l'on met en œuvre une politique responsable sur l'ensemble de la filière si l'on ne pose pas cette question, tout en considérant que cette solution n'est peut-être pas la seule en termes de retraitement : il faut poursuivre la recherche par ailleurs", a répondu le ministre de l'Economie Emmanuel Macron. Confortés par ces propos, les deux sénateurs ont maintenu leur amendement et demandé un scrutin public qui s'est soldé par 200 votes pour et 139 contre, bien que plusieurs sénateurs aient demandé à reporter ce débat à une heure moins tardive (5h du matin) afin de débattre plus longuement sur un sujet "très sensible et très politique" (Nicole Bricq, PS).

Les ONG opposées au projet Cigéo dénoncent un "nouveau tour de passe-passe atomique" : "Le processus démocratique parlementaire a été pris en otage pour trancher dans des conditions inacceptable sur une question fondamentale qui engage notre société toute entière pour des milliers d'années", réagit le Réseau Sortir du nucléaire.

 

 

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 14:23

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Nucléaire : l'EPR, histoire d'un acharnement

|  Par Jade Lindgaard

 

 

Ex-futur joyau de la filière nucléaire française, l’EPR n’a jamais été si proche du crash, après l’alerte de l’autorité de sûreté sur les défauts de sa cuve. Depuis dix ans, industriels et État ont fait de ce réacteur un enjeu irrationnel de grandeur nationale. Chronique d’un aveuglement.
 

Ségolène Royal a beau affirmer que l’EPR « n'est pas condamné », le réacteur nucléaire n’a jamais été si proche du crash après l’alerte lancée le 7 avril par l’autorité de sûreté du nucléaire (ASN) sur des anomalies de fabrication de sa cuve. Des défauts de la composition de l’acier ont été détectés dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur en construction à Flamanville. Si bien que leur tenue mécanique n’est pas garantie dans les conditions extrêmes de charge (chaleur, pression, radioactivité…) que leur imposera le fonctionnement de l’EPR, le réacteur le plus puissant du monde, avec 1600 MegaWatts (MWe). Or, la cuve est une pièce très importante pour la sûreté car elle contient le combustible nucléaire, et sert de barrière de confinement de la radioactivité. Selon l’expert Yves Marignac, directeur du bureau d’études Wise-Paris, ces défauts de fabrication sont « susceptibles, par leur taille et leurs caractéristiques, de remettre sérieusement en cause la démonstration de sûreté du réacteur ». Il a publié une note d’analyse détaillée à ce sujet.

 

Le chantier de l'EPR, à Flamanville (Benoît Tessier/Reuters).Le chantier de l'EPR, à Flamanville (Benoît Tessier/Reuters).

EDF et Areva espèrent encore démontrer la conformité des équipements de l’EPR aux critères de sûreté de l’ASN, à qui ils vont soumettre un nouveau programme d’essais. S’ils échouent, le constructeur devra réparer ou remplacer les pièces défectueuses. Des opérations techniquement inédites et probablement très coûteuses. La réparation ou le remplacement des équipements défectueux apparaît « difficilement réalisable et particulièrement coûteux dans le cas du fond de cuve, selon Yves Marignac. C’est bien l’avenir de l’ensemble du projet Flamanville-3 qui est remis en question ». C’est d’autant plus problématique que certaines calottes des cuves des EPR en construction en Chine (Taishan 1 et 2) ont été fabriquées selon un procédé similaire. Des pièces semblables pourraient aussi avoir été produites à l’avance pour le projet de réacteur Hinkley-Point C, que la Grande-Bretagne est en train d’acheter à EDF. En attendant, le chantier de Flamanville se poursuit. Son coût pourrait désormais atteindre 9 milliards d’euros, soit près du triple de son prix initial, estimé à 3,3 milliards en 2007. Au plus tôt, il sera en pleine activité en 2018, soit six ans après sa date prévue de mise en service.  

Pour la filière nucléaire française, c’est un véritable coup de semonce. Car la sûreté affichée du réacteur était son premier atout commercial. Au point qu’Anne Lauvergeon, alors PDG d’Areva, avait déclaré après la catastrophe de Fukushima en 2011 que « s'il y avait des EPR à Fukushima, il n'y aurait pas de fuites possibles dans l'environnement » et que « les caractéristiques d'architecture de l'EPR répondent à un certain nombre de critères de sûreté qui sont au top niveau. Je le constate à chaque fois que je vais sur ce chantier ».

Comment expliquer que la cuve de l’EPR, un des équipements les plus cruciaux pour sa sûreté, présente des défauts de fabrication potentiellement aussi graves ? L’anomalie constatée est une « ségrégation », explique Yves Marignac, c’est-à-dire une concentration accrue de carbone dans l’acier, dans certaines zones des calottes du couvercle et du fond, due à l’élimination « insuffisante lors du forgeage de la partie haute du lingot » d’acier qui a servi à concevoir la cuve. Pour l’expert, « la raison pour laquelle un phénomène aussi bien connu n’a pas été maîtrisé constituera, selon l’ASN, une partie importante de l’instruction à mener ».

Cuve de l'EPR (©ASN)Cuve de l'EPR (©ASN)

Pourquoi ces défauts ont-ils été repérés si tardivement ? La chronologie des décisions prises par le fabricant – Areva – sur son chantier soulève plusieurs questions. D’abord, le couvercle et le fond de cuve de l’EPR de Flamanville semblent avoir été forgés dès 2006, signale Yves Marignac. C’est-à-dire un an avant l’obtention de l’autorisation de création d’un nouveau réacteur, délivrée par un décret en avril 2007. Ensuite, les anomalies rendues publiques par l’ASN ont été mises en évidence lors de tests pratiqués en octobre 2014, transmis à l’autorité deux mois plus tard, en décembre. Or ces évaluations ont été réalisées alors que la cuve avait déjà été insérée à l’intérieur du bâtiment réacteur. Concrètement, les essais de l’automne 2014 ont porté sur un couvercle témoin, fabriqué dans les mêmes conditions que celui qui avait déjà été glissé dans le bâtiment en construction. Il semble extrêmement probable que la cuve de l’EPR présente les mêmes défauts, puisqu’elle a été fabriquée dans les mêmes conditions. Pour sa défense, Areva dénonce la mauvaise qualité des essais (qu'il a lui-même réalisés), évoquant mardi 21 avril dans un communiqué un « dysfonctionnement de la qualité du contrôle qui oblige à réinterpréter des données ou refaire certains essais ».

« Rien n’explique pour l’instant pourquoi le processus industriel est allé jusqu’au positionnement du corps de la cuve dans le puits de la cuve, puis à la poursuite pendant plusieurs mois de la construction des ouvrages de génie civil et de montage des circuits autour de cette cuve, alors même que les essais de qualification n’avaient pas commencé », analyse Yves Marignac. Tout semble s’être déroulé comme si le fabricant avait considéré le résultat des tests comme acquis d’avance. Pour Wise-Paris, « cela questionne à la fois la raison pour laquelle Areva n’a pas repéré ce problème majeur plus tôt dans le processus, et la raison pour laquelle EDF a décidé de procéder au montage alors que cette qualification n’était pas complète ». L’ASN enquête aujourd’hui sur les raisons de ce retard dans les évaluations.
De son côté, Areva doit désormais conduire de nouveaux tests. Ségolène Royal a annoncé que leurs résultats seraient présentés en octobre 2015. L’ASN devra alors en examiner le contenu, ainsi que les justifications apportées par le fabricant.

 

« EPR et crise démocratique »

Bien avant ces péripéties, l’histoire de l’EPR était déjà marquée par les coups de menton de la filière nucléaire et les pressions des dirigeants politiques. Au point que l’historienne Sezin Topçu parle d’« EPR et crise démocratique » dans son fantastique livre sur La France nucléaire. En 2005, le projet de loi d’orientation sur l’énergie prévoyant la construction de l’EPR a été présenté par le gouvernement en juin, et publié au Journal officiel le 14 juillet, avant même l’organisation du débat public, qui s’est tenu, lui, entre octobre 2005 et février 2006. Le choix du site de Flamanville était arrêté dès 2004.

Ce débat public s’est déroulé dans des conditions rocambolesques. Industriels, associations, collectivités et État étaient invités à remplir des cahiers d’acteurs, exprimant leur point de vue sur la pertinence du projet de réacteur. La contribution du Réseau Sortir du nucléaire fut censurée par le président de la commission particulière du débat public, à la demande du gouvernement, car elle dénonçait l’incapacité du réacteur à résister à une chute d’avion. Le Réseau s’appuyait sur un document officiel d’EDF, classé secret défense, révélé dès 2003 par Stéphane Lhomme, alors porte-parole du Réseau, et publié ensuite dans la presse. Le militant fut arrêté à deux reprises, et son ordinateur espionné, comme le révéla Mediapart. En signe de protestation contre la censure, les ONG claquèrent la porte et quittèrent le débat, qui continua malgré tout. « En décidant de maintenir un débat sans finalité concrète (débat dénaturé), y compris après le départ des principaux acteurs critiques du nucléaire (débat vidé), la commission nationale de débat public aura inventé une nouvelle forme de consultation publique : le débat sans débat et sans acteur », analyse Sezin Topçu.

 

©Reuters.
©Reuters.


Dans les cahiers d’acteurs de 2005, la filière nucléaire s’exprime de façon claire, nette et précise : la construction d’un EPR est la condition de la sauvegarde de l’avenir de l’atome. « La technologie des réacteurs est un domaine d’excellence de l’industrie française et européenne, explique par exemple Areva. La construction d’un EPR en France préserve cette avance et nourrit ces talents. Les perspectives à l’exportation en sont confortées, alors que la demande de nouveaux réacteurs se confirme et que l’EPR s’est imposé face à la concurrence russe et américaine en Finlande. »

Pour construire le réacteur en Finlande et le vendre à l’étranger, il faut déjà l’avoir développé en France, plaide le fabricant. Pour le ministère de l’énergie et des matières premières, « l’implantation d’un réacteur EPR à Flamanville répond au souhait exprimé par le Parlement de maintenir l’option nucléaire ouverte. Il permettra de démontrer les performances de la technologie EPR et d’identifier, le cas échéant, les moyens de les optimiser ». La SFEN, lobby de professionnels du nucléaire, est encore plus catégorique : « Sur le plan mondial, la période à venir va voir le développement ou la relance des programmes de construction de centrales nucléaires dans de nombreux pays. Dans ce contexte, la construction d’un EPR sera la "vitrine" de la compétence française dans le domaine des réacteurs de nouvelle génération. »

Ce n’est pas qu’un discours d’affichage. L’industrie de l’atome a, alors, un calendrier précis en tête. À le relire aujourd’hui, il est stupéfiant. Ainsi, Areva explique qu’il faut d’urgence construire l’EPR afin d’être prêt à le développer en série dès 2015, c’est-à-dire cette année ! Le fabricant imagine que l’EPR aura déjà fonctionné plusieurs années. « La France devra commencer à mettre sur le réseau une nouvelle génération de centrales nucléaires au moment où les centrales actuelles les plus anciennes commenceront à atteindre leur limite d’âge, soit en 2020 au plus tard, peut-on lire dans la contribution du groupe. Cela exige que les premières constructions en série soient engagées en 2015 au plus tard. La tête de série devra, à cette date, avoir fonctionné depuis plusieurs années pour bénéficier du nécessaire retour d’expérience. Le lancement effectif du projet EPR tête de série ne peut donc plus être différé. »

Encore plus fou, en comparaison avec la situation actuelle, Areva explique que « les décisions d’investissement prises à partir de 2005 montreront alors tous leurs effets – et à l’inverse, si les décisions sont retardées ou repoussées, c’est vers 2030 que la pénurie énergétique atteindra son point maximum ». Le ministère de l’énergie partage totalement cette vision : « Toutes les options seront ouvertes au moment où la question du renouvellement du parc nucléaire actuel se posera, c'est-à-dire en 2015. C’est en effet aux alentours de cette date qu’il faudra lancer la réalisation des installations de production d’électricité destinées à remplacer les centrales les plus anciennes. » On peut noter qu’à l’époque, personne n’ose évoquer le prolongement de la durée de vie des centrales et leur passage éventuellement à 50 ans, comme EDF le fait aujourd’hui. Pour la Sfen, « si l’on table raisonnablement sur une durée de vie de l’ordre de 40 ans pour nos réacteurs les plus anciens, la période 2017-2025 verra la mise hors service de plusieurs dizaines de réacteurs, représentant plus du tiers de la capacité totale de production d’électricité de la France ! ». Et de conclure à la nécessité de construire une série de nouveaux réacteurs à partir de 2015 car « faute de garantir le renouvellement de ses capacités électronucléaires, la France serait à coup sûr obligée de recourir dans de larges proportions à des combustibles fossiles importés ».  Aucun de ces acteurs majeurs de l'énergie n'accepte l'hypothèse depuis concrétisée d'un plafonnement de la demande d'électricité.

Pour tous, c’est la garantie sine qua non de la compétitivité hexagonale : « Cela renforcera les chances de la France de nouer des partenariats commerciaux sur ce marché concurrentiel et confortera sa position de leader dans un des rares secteurs de haute technologie où elle fait la course en tête. »

Ainsi présenté, le choix de l’EPR ne résulte ni d’arbitrages techniques, ni même d’une décision strictement énergétique : c’est un enjeu de rayonnement national, de grandeur de la France dans le monde. Cette fierté nucléaire a nourri l’obstination à construire un réacteur trop gros, trop puissant, trop complexe, trop cher en ignorant délibérément la critique au fil des ans. 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 19:00

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

Le gendarme du nucléaire met sous haute surveillance l'EPR de Flamanville

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

 
 

 

L'EPR de Flamanville, le 16 juillet 2013.

Le rapport annuel de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur « l'état de la sûreté et de la radioprotection en France » est, traditionnellement, l'occasion de décerner bons et mauvais points aux exploitants. Le bilan de l'exercice 2014, présenté mercredi 15 avril devant l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), s'en est démarqué, rattrapé par l'actualité. A commencer par les « anomalies de fabrication » de la cuve de l'EPR de Flamanville (Manche).

« Il faudra qu'on ait une conviction forte, une quasi certitude, une conviction absolue » sur la fiabilité de ce « composant crucial » avant de donner le feu vert à sa mise en service, a martelé le président de l'ASN, Pierre-Franck Chevet. Ajoutant : « Je ne présage en aucune manière de la décision qui sera prise, compte tenu de l'importance de l'anomalie, que je qualifie de sérieuse, voire très sérieuse. »

Début avril, le gendarme du nucléaire a fait état de défauts sur cette pièce fabriquée par Creusot Forge, filiale d'Areva, dans son usine de Chalon/Saint-Marcel (Saône-et-Loire). Ces défauts, qui touchent à la fois le couvercle et le fond de la cuve du réacteur, conduisent à « des valeurs de résilience [capacité d'un matériau à résister à la propagation de fissures] plus faibles qu'attendu ». Un diagnostic particulièrement alarmant pour un équipement qui constitue de cœur de la chaudière nucléaire et qui doit pouvoir supporter de violents chocs thermiques sans faillir.

 

Lire : Le réacteur EPR de Flamanville touché au cœur

 

Nouvelle campagne d'essais

Areva et EDF ont annoncé une nouvelle campagne d'essais de qualification, dont les résultats, attendus à l'automne, seront expertisés par l'ASN et l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). M. Chevet a indiqué qu'il n'excluait pas de faire appel à des experts étrangers pour les assister.

Que se passera-t-il si les nouveaux tests ne lèvent pas les doutes sur la résistance de la cuve de l'EPR, dont la durée de vie prévue est de 60 à 100 ans ? Dans ce cas, « je ne vois pas d'autre solution que la changer », répond le patron de l'autorité de contrôle. Cela, quels qu'en soient le coût et les conséquences sur le chantier.

 

Risques de nouveaux retards et surcoûts

La cuve du réacteur de Flamanville, qui mesure 13 mètres de hauteur avec son couvercle pour un peu plus de 5 mètres de diamètre, a été posée en janvier 2014. Elle a été positionnée dans le « puits de cuve » situé au centre du bâtiment réacteur, et elle est déjà raccordée et soudée aux tuyauteries du circuit primaire de refroidissement. Son éventuel remplacement entraînerait donc de nouveaux retards et surcoûts, alors que le calendrier a déjà dérivé de plus de cinq ans – la mise en service, initialement prévue en 2012, a été repoussée à 2017 –, tandis que la facture grimpait de 3,3 à 8,5 milliards d'euros.

 

Lire : EPR de Flamanville : les quatre malédictions d’un chantier controversé

 

« Hormis les questions économiques, il serait possible pour EDF de changer la cuve et d'en refaire une car le réacteur est encore en construction », a déclaré il y a quelques jours à l'AFP Thierry Charles, directeur général adjoint de l'IRSN. Pour Yannick Rousselet, chargé des questions nucléaires à Greenpeace France, une cuve est au contraire « a priori irremplaçable » une fois posée.

 

Parc électronucléaire vieillissant

Les nouveaux déboires de l'EPR s'inscrivent dans un contexte marqué par la « nécessaire mise à niveau » de la sûreté des installations nucléaires françaises, souligne M. Chevet. « On arrive à la fin d'un cycle industriel », explique-t-il. Les 58 réacteurs du parc électronucléaire hexagonal sont vieillissants et, entre 2019 et 2025, près de la moitié d'entre eux auront atteint une durée de vie de quarante ans, celle pour laquelle ils ont été conçus.

« Une éventuelle prolongation n'est nullement acquise », rappelle le président de l'ASN. Il voit dans le réexamen de sûreté approfondi qui sera mené lors de la visite décennale des quarante ans « un enjeu comparable à celui qu'a représenté la construction des réacteurs » dans les années 1970 et 1980.

Les travaux préalables à une prolongation, ainsi que les mesures de renforcement imposées à la suite de la catastrophe de Fukushima, le 11 mars 2011 au Japon, constituent « des chantiers extrêmement lourds et complexes », insiste l'ASN. Ils exigent que les réacteurs « se rapprochent des meilleurs standards de sûreté ». Ceux qui étaient jusqu'ici attribués à l'EPR... avant qu'on y découvre une cuve à l'acier déficient.

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 21:45

 

Source : http://www.reporterre.net

 

Le mensonge nucléaire reste impuni en France

27 mars 2015 / Etienne Ambroselli
 


 
 

Jeudi 26 mars, le tribunal de grande instance de Nanterre a rendu son jugement à propos de Cigeo. Les associations opposées au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure poursuivaient l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), au motif que celle-ci a caché l’existence d’une importante ressource géothermique sur le lieu même du site envisagé. Le tribunal n’a pas contesté les faits, mais jugé que c’était, non pas aux associations de poursuivre, mais à l’Etat... Quant aux associations, elles sont condamnées à payer 3 000 euros à l’Andra !

 

L’avocat des association, Me Ambroselli, réagit.


L’ANDRA peut désinformer depuis quinze ans les Français sans que sa responsabilité puisse être mise en cause. Les associations de protection de l’environnement n’ont pas d’intérêt à agir contre l’ANDRA. Seules, selon le juge de grande instance, les « autorités publiques » peuvent engager la responsabilité de l’ANDRA pour faute dans l’exécution de sa mission.

C’est ce que l’on est contraint conclure des termes du jugement rendu le 26 mars 2015 par le Tribunal de grande instance de Nanterre dans la procédure dont les associations Réseau Sortir du nucléaire, Bure Stop 55, le Cedra, l’l’Asodedra, Les Habitants Vigilants de Gondrecourt et Mirable Lorraine Nature Environnement ont pris l’initiative.

L’objectif de l’action des associations antinucléaires est de mettre fin à cette désinformation qui est un mode de fonctionnement aussi habituel que daté et antidémocratique, malheureusement habituel chez les exploitants nucléaires historiques.

Il s’agit plus particulièrement ici d’obtenir la reconnaissance par le juge civil de la faute de l’ANDRA pour avoir manqué à sa mission d’information du public.

L’ANDRA a divulgué des informations erronées en ce qui concerne l’intérêt particulier de la ressource géothermique du site de Bure sur lequel est envisagée l’implantation du centre d’enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux appelé Cigeo et les risques de perforation des déchets qui en résultent lorsque la mémoire de l’existence de ce centre et de son contenu sera susceptible d’avoir disparu.

Ces déchets radioactifs resteront dangereux pour des centaines de milliers d’années. Pour déterminer un lieu destiné à leur enfouissement, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a mis en place des règles de sûreté : en particulier, ne pas enfouir de déchets à l’aplomb d’une ressource géothermique présentant un intérêt particulier. Une fois le site construit, l’ASN reconnaît le risque d’une perte de mémoire de celui-ci, qu’elle situe « raisonnablement au-delà de 500 ans ». Si la ressource géothermique -aujourd’hui déjà exploitable- venait à être exploitée dans plusieurs siècles, les conséquences de la perforation des alvéoles de stockage et, de ce fait, des conteneurs de déchets seraient gravissimes pour la santé et la sécurité des populations.

Or, le sous-sol de Bure renferme précisément une ressource géothermique conséquente, connue des géologues depuis les années 1980 mais dont l’ANDRA s’est efforcée avec ténacité de cacher l’existence pour y faciliter l’implantation du centre !..

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 17:38

 

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JUSTICE Genève attaque EDF à cause de la centrale nucléaire du Bugey

 

Par Sébastien COLSON | Publié le 25/03/2015 à 17:04

 

 

 

Les Genevois craignent la centrale du Bugey qui date du début des années 70...

 

Après les banques, le nucléaire ? La ville de Genève a fait part ce mercredi après-midi de son intention d’attaquer en justice le directeur général et le responsable de la sécurité d’EDF, en raison du danger que représente la centrale nucléaire du Bugey qui se situe dans l’Ain, à 70 kilomètres à vol d’oiseau de la Cité de Calvin. C’est Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre de l’environnement de la République française et députée européenne, qui représentera la ville de Genève dans cette surprenante voie pénale. «Ces dernières années, la ville et l’Etat de Genève ont intenté diverses procédures à l’encontre de projets prévus par EDF et liés à l’exploitation de la centrale et au stockage de déchets radioactifs produits par neuf réacteurs en cours de démantèlement. Aucune de ces procédures administratives n’a abouti à des résultats probants, le Conseil d’Etat français prenant systématiquement position en faveur de l’énergie nucléaire» explique la ville qui donnera des détails supplémentaires ce jeudi.La constitution genevoise bannit le recours au nucléaire pour son électricité, qui est à 94% d’origine renouvelable...

Par Sébastien COLSON | Publié le 25/03/2015 à 17:04

 

Source : http://www.ledauphine.com

 

 

 

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 21:43

 

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EDF invente la loi du triplement des coûts du nucléaire

25 mars 2015 / Benjamin Dessus (Reporterre)
 


 

 

EDF, c’est la garantie que les coûts du nucléaire augmentent ! A croire que la compagnie obéit à la loi mathématique « du triplement des coûts du nucléaire tous les 10 ans ! » Et le lobby s’apprête même à tester la loi du quadruplement, dite « du facteur 4 ».

 

En décrétant au début des années 60 sa fameuse loi « du doublement de la consommation française d’électricité tous les dix ans » devant les foules subjuguées par les intuitions du génial économètre, Marcel Boiteux ne savait pas encore qu’il serait soixante ans plus tard dépassé, voire ridiculisé, sur son propre terrain.

En effet si sa fameuse « loi », qui ne s’est pourtant révélée exacte que sur une dizaine d’années, l’a rendu célèbre malgré sa bien faible durée de vie, elle risque d’être complètement ringardisée par une loi encore bien plus spectaculaire qui pourrait rendre à jamais encore plus célèbre n’importe lequel des dirigeants de notre lobby nucléaire national ou des ministres qui la soutiennent : « La loi du triplement des coûts du nucléaire tous les 10 ans ! »

Souvenez-vous : en 2005, EDF s’engageait la main sur le cœur à construire un EPR pour la modique somme de 3,3 milliards d’euros, un chantier qui devait démarrer en 2007 et finir en 2012. Puis son coût a été revu à quatre milliards en 2008 puis six milliards et enfin à 8,5 milliards en décembre 2012 pour un démarrage en 2016.

 

Facteur 4

Mais le 18 novembre 2014, nouveau rebondissement : le réacteur ne démarrerait qu’en 2017 pour un coût qu’on n’ose plus annoncer mais qui devrait, compte tenu des énormes frais financiers qu’entraîne ce retard, atteindre, voire même dépasser nettement 10 milliards €.

La nouvelle loi va donc se vérifier (un triplement de 2007 à 2017)...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://reporterre.net

 

 

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 19:03

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Nucléaire

À la centrale de Fessenheim, les problèmes de tuyauterie cachent de graves dysfonctionnements

par Agnès Rousseaux 20 mars 2015

 

 

« Défaut d’étanchéité » sur une tuyauterie. C’est le motif pour lequel EDF a mis à l’arrêt du réacteur n°1 de la centrale de Fessenheim (Alsace), le 28 février dernier vers 17h30. Le dysfonctionnement, tel qu’il est présenté, semble sans gravité. Un simple problème de plomberie... En réalité il s’agit d’une fuite de plus de 100 m3 d’eau suite à la fissuration d’une tuyauterie, révèle le rapport de l’Autorité de sureté nucléaire (ASN). Soit l’équivalent d’un semi-remorque d’eau, déversé dans la salle des machines. Éclaboussant des boîtiers électriques, la fuite a provoqué un défaut d’isolement sur un tableau électrique, qui est en lien avec l’alimentation de circuits de commande de disjoncteurs, électrovannes, « parmi lesquels figurent les éléments importants pour la protection » du réacteur nucléaire, décrit l’ASN. Un « défaut d’étanchéité » qui n’est donc pas si bénin que cela dans la plus vieille centrale nucléaire de France.

Le 5 mars, quelques minutes après une inspection de l’ASN suite à cet « incident », une seconde rupture de canalisation se produit, sur la même tuyauterie. Celle-ci avait été remise en service « alors même qu’EDF n’avait toujours pas identifié les causes de la rupture », dénonce le réseau Sortir du nucléaire. « Comment pouvez‐vous autoriser le redémarrage d’un réacteur nucléaire alors que des "éléments importants pour la "protection" sont alimentés par un boîtier peut‐être défectueux ? », s’alarme cinq associations hostiles au nucléaire dans une lettre ouverte au directeur de la centrale.

 

Quand EDF donne des « informations contraires » à l’ASN

L’inspection « a mis en évidence un manque de rigueur dans le processus de traitement des écarts et la prise en compte du retour d’expérience », pointe le rapport le l’ASN. Qui critique le fait que la direction de la centrale n’a pas mené de « campagne d’investigation précise des matériels potentiellement impactés par les projections d’eau ». Et que la tuyauterie a été remise en service prématurément, alors qu’une information contraire a été donnée aux inspecteurs de l’ASN : selon les déclarations d’EDF, la tuyauterie ne devait être remise en service que plusieurs semaines plus tard !

Lors de ce deuxième incident, l’ensemble du personnel n’a pas été évacué, croyant qu’il s’agissait d’un essai de sirène ! [1]. Interrogé lors d’une séance de la Commission locale d’information et de surveillance (CLIS) quelques jours plus tard, le directeur de la centrale a minimisé ces incidents. « Mensonge à l’ASN, omission auprès de la CLIS : les agissements d’EDF laissent plus que songeur quant à l’attitude que l’entreprise adopterait en cas d’accident de grande ampleur ! », s’indigne le réseau Sortir du nucléaire.

Cet « incident » n’est pas isolé, rappelle l’association : « Déjà, en avril 2014, une série de mauvaises manipulations avaient provoqué le débordement d’un réservoir, cette inondation ayant ensuite débouché sur un court-circuit et forcé à un arrêt en urgence du réacteur n°1 ». Le réseau Sortir du nucléaire étudie actuellement l’éventualité d’un dépôt de plainte, pour faire la lumière sur les problèmes pointés par ces incidents.

Lire le rapport de l’Autorité de sureté nucléaire
La lettre ouverte à Monsieur Thierry Rosso, directeur de la centrale de Fessenheim

 

Notes

[1] L’incident a eu lieu le jeudi 5 mars à 12h28, or les essais de sirène sont programmés à 12h00 le premier jeudi de chaque mois.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 17:38

 

 

Chaine humaine

antinucléaire

samedi 14 mars à 14h

 

 

TRICASTIN-MARCOULE-CADARACHE

 

 

Pour s'opposer à la construction du réacteur Astrid à Marcoule,

Réacteur dit de 4ième génération destiné à relancer la filière plutonium, la plus dangereuse qui soit. A la suite de Phénix et de Superphénix dont on connait le fiasco, le refroidissement d'Astrid serait assuré par le sodium liquide qui explose au contact de l'eau et s'enflamme à celui de l'air...

 

Pour appeler à l'arrêt du nucléaire civil et militaire.

Moins de gaz à effet de serre avec moins d'énergie nucléaire OUI, c'est possible OUI, pour une transition énergétique SANS NUCLEAIRE

 

Rejoignez nous, inscrivez vous- RENDEZ VOUS A L’ENTREE DE ST ETIENNE DES SORTS

Chaine humaine fléchée en centre ville (suivre RECH chaine humaine)

 

Des départs groupés sont prévus:

De Nîmes-12h30 au parking des 7 Collines:061533613/0670469148

D'Uzès A 12h parking du Refuge : 0626477771

D'Alès A 12h parking Point P (Matériaux) Montée de Silhol : 0466305686

Prévoyez gilets jaunes et pique-nique

CHANG Collectif Halte aux Nucléaires Gard

 

www.chainehumaine.fr www.facebook.com/chainehumaine.fr

 

 

 

 

 

 

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 17:30

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

Malgré les risques, le Japon s’obstine à vouloir rebrancher ses réacteurs nucléaires

10 mars 2015 | Par Frederic Ojardias

 

 

 

La totalité des réacteurs nucléaires du Japon est à l’arrêt depuis septembre 2013. Mais le gouvernement de Shinzo Abe veut à tout prix relancer ses centrales, au mépris des nombreux risques et des populations locales qui estiment que les leçons de Fukushima n’ont pas été retenues.

 

De notre correspondant en Corée du Sud.- Le 22 février 2015, une nouvelle fuite hautement radioactive est détectée sur la centrale dévastée de Fukushima. Une eau 70 fois plus radioactive que le reste du site se déverse dans l’océan. Une défaillance de plus sur ce champ de ruines nucléaires, théâtre d’un cauchemar qui n’en finit pas : 6 000 ouvriers soumis à de fortes radiations quotidiennes, un démantèlement dangereux qui devrait prendre 40 ans, et, selon Greenpeace Japon, 120 000 « réfugiés nucléaires » qui ne peuvent toujours pas rentrer chez eux.

L’opérateur Tepco (Tokyo Electric Power Company) utilise chaque jour 300 tonnes d’eau pour refroidir ce qui reste du cœur et des barres de combustibles fondues des trois réacteurs. 370 000 tonnes de ces eaux hautement contaminées sont entreposées dans plus d’un millier de citernes gigantesques, dont la fiabilité inquiète l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Chaque mois, des dizaines de nouveaux réservoirs sont construits. Les estimations du coût total de la catastrophe du 11 mars 2011 varient. En 2011, le gouvernement a avancé le chiffre de 257 milliards de dollars.

 

Les réservoirs installés par Tepco à Fukushima

Les réservoirs installés par Tepco à Fukushima © Reuters

 

Ce tableau apocalyptique ne semble pourtant pas dissuader le gouvernement du conservateur Shinzo Abe de vouloir reprendre dès cette année le chemin de l’atome. Depuis septembre 2013, le Japon est de facto non nucléaire : la totalité de ses 48 réacteurs en état de fonctionnement est à l’arrêt. Mais depuis fin 2014, les autorités de sûreté nucléaire ont donné leurs premiers feux verts pour la relance de quatre réacteurs : deux réacteurs de la centrale de Sendai, située sur l’île de Kyushu – dans le voisinage d’un volcan toujours actif – et deux réacteurs de la centrale de Takahama, dans la préfecture de Fukui.

Les sondages montrent pourtant de façon consistante qu’une majorité de Japonais s’opposent à une reprise du nucléaire. Plusieurs anciens premiers ministres ont tiré à boulets rouges sur l’entêtement atomique de Shinzo Abe. « Les centrales nucléaires sont des bombes à retardement », accuse par exemple Junichiro Koizumi (en fonction de 2001 à 2006). Dans un Japon soumis à de fréquents séismes et aux nombreux volcans actifs, « elles ne peuvent jamais être sûres ». Naoto Kan, premier ministre lors de l’accident de Fukushima, a déclaré lors d’une audition parlementaire en 2012 que le désastre avait failli provoquer l’évacuation de la capitale Tokyo et de ses 30 millions d’habitants, ce qui aurait provoqué « l’effondrement » de la nation. Naoto Kan en conclut que les conséquences d’un accident nucléaire sont « trop importantes » pour en accepter le risque.

« Ni le gouvernement, ni les compagnies d’électricité, n’ont tiré la moindre leçon de Fukushima », martèle Kazue Suzuki, de Greenpeace Japon. Une accusation reprise par bon nombre de gouverneurs locaux, opposés à la relance des centrales situées dans leur préfecture. Mais Shinzo Abe cherche à dédramatiser. En octobre dernier, pour dissiper les peurs et rassurer les consommateurs, il convoque les caméras pour déguster une tranche de poulpe pêché au large de Fukushima. Sa réélection sans réelle opposition le 14 décembre le conforte dans ses ambitions… soutenu par le très puissant lobby pro-atome, surnommé le « village nucléaire » (genshiryoku mura), constitué d’industriels, de politiciens, de bureaucrates et des dix puissantes compagnies d’électricité détentrices, chacune, d’un monopole régional.

Pourquoi une telle obstination ? Le premier argument avancé est économique. Avant la catastrophe de mars 2011, 28 % de l’électricité japonaise était nucléaire. Depuis l’arrêt des réacteurs, selon le ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie (METI), les factures d’électricité des particuliers ont bondi de 20 %. Celles des entreprises, de 30 %. « Le Japon gaspille 40 milliards de dollars par an pour importer du gaz, du charbon et de l’essence destinés à pallier l’arrêt du nucléaire. Cela représente 100 millions de dollars par jour ! » explique à Mediapart Nobua Tanaka, ancien directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et professeur à l’université de Tokyo. « Pour la réussite des Abenomics (la politique économique de Shinzo Abe - ndlr), il est urgent de mettre fin à ce gaspillage. »

Le Japon possède déjà une dette publique colossale, estimée à 230 % du PIB. Malgré la chute des prix du pétrole, l’archipel a affiché un déficit commercial record en 2014 : 97 milliards d’euros. Un déficit en hausse de 11,4 %, aggravé par l’augmentation des importations de gaz et de pétrole. Le Japon ne possède aucune ressource naturelle et ses importations d’énergie constituent un problème stratégique vital.

Relancer le nucléaire représente donc une solution très avantageuse et peu coûteuse à court terme. Les centrales sont déjà construites et déjà amorties. Leur personnel est qualifié et sait les exploiter. Un redémarrage (probable) des réacteurs les plus sûrs (la moitié environ) permettrait de retrouver les deux tiers de la production nucléaire pré-Fukushima.

 

Visées commerciales

Tokyo fait aussi de l’atome un enjeu de sécurité nationale. « Le Japon dépend lourdement des énergies fossiles venues du Moyen-Orient. C’est une région très instable : il y a la Syrie, le Yémen, l’organisation de l’État islamique. Le gaz et le pétrole sont importés via le détroit d’Ormuz. En cas de conflit, une grave crise économique aura lieu », s’alarme Nobuo Tanaka. Ce dernier défend un retour à 30 % de nucléaire dans le « mix énergétique » nippon, le raccordement aux réseaux électriques sud-coréens et russes pour échanger de l’électricité en cas d’urgence, et le développement de réacteurs nucléaires de 4e génération, plus sûrs. « Le Japon a été un modèle d’utilisation pacifique de l’énergie atomique. Pourquoi ne pas continuer ? »

Le lobby nucléaire assure, unanime, que les leçons de Fukushima ont été retenues. La réglementation a été revue. Les normes de sécurité ont été renforcées, notamment pour mieux résister aux catastrophes naturelles : murs antitsunamis plus élevés, installation de portes étanches, groupes électrogènes disséminés sur les sites pour assurer l’alimentation des systèmes de refroidissement en cas de black-out (cause du désastre à Fukushima). L’organisation de sûreté japonaise, autrefois un simple département ministériel, est devenue en septembre 2012 – comme c’est le cas en France – une agence en théorie indépendante du pouvoir politique et économique, même si ses cinq commissaires sont nommés par le gouvernement et le parlement. C’est cette autorité de régulation nucléaire (ARN) qui étudie à présent les nombreuses demandes de redémarrage des réacteurs.

Les experts pro-nucléaires estiment que ces nouvelles règles sont satisfaisantes. Est pris pour exemple le séisme de 2007 à Niigata : supérieur aux normes maximales prévues, il n’avait pas endommagé les réacteurs de la centrale voisine de Kashiwazaki, la plus grande du monde (même si une petite fuite radioactive avait été détectée). « Si les précautions avaient été suffisantes, la centrale de Fukushima aurait tenu », renchérit Nobuo Tanaka. « Il y a eu des erreurs humaines. Mais je ne pense pas que Tepco ni le gouvernement répéteront ces erreurs. »

Le village nucléaire a aussi des visées commerciales : les fabricants japonais de réacteurs, Toshiba, Hitachi et Mitsubishi (associé avec le français Areva dans la joint-venture ATMEA) deviendraient beaucoup moins crédibles sur les marchés étrangers si le Japon devenait non nucléaire…

Face à ce lobby se trouve une opposition disparate, qui peine à se rassembler et à se faire entendre politiquement. Elle ne manque pourtant pas d’arguments. « Le désastre de Fukushima montre qu’un accident peut toujours arriver. Mais les plans d’urgence mis au point par les gouvernements locaux ne sont pas suffisants. Les réacteurs restent vulnérables en cas de black-outs, qui peuvent être provoqués par un séisme, une éruption volcanique, des inondations… Une culture de la sécurité défaillante a été mise en évidence, mais je ne vois aucune amélioration. Je crains un nouveau désastre de l’ampleur de Fukushima », s’inquiète Kazue Suzuki, de Greenpeace.

Les problèmes qui s’accumulent sur le chantier de Fukushima sont brandis comme des épouvantails. Les solutions technologiques mises en place sont de plus en plus coûteuses et incertaines, comme cette construction d’un « mur de glace » souterrain de 30 mètres de profondeur, entourant les réacteurs et destiné à empêcher les eaux radioactives d’atteindre les nappes phréatiques. Sa mise en réfrigération est prévue pour mai. De façon surprenante, Tepco semble s’en sortir en toute impunité : l’opérateur prévoit des bénéfices en 2015, comme en 2014. Les procureurs de Tokyo ont annoncé fin janvier – en pleine crise des otages japonais de Daech – l’absence de poursuite contre ses dirigeants, faute de preuves.

 

 

Vidéo expliquant le principe de fonctionnement du mur de glace

 

L’opposition de la majorité de la population à l’atome ne se traduit pas politiquement : le nucléaire n’a pas du tout été un enjeu de l’élection de décembre. Les résistances plus farouches prennent place (sans surprise) dans les zones autour des centrales, dont les habitants refusent le risque de devenir à leur tour des réfugiés nucléaires. Le refus des autorités locales, peu satisfaites des feux verts distribués par les autorités de sûreté, constitue un point de blocage majeur, qui devrait encore faire traîner pendant des mois la relance des réacteurs.

L’argument du coût est central : pour les antinucléaires, le coût réel de l’énergie atomique est beaucoup plus élevé que les chiffres officiels, si les calculs prennent en compte les futurs démantèlements, le traitement des déchets, ou encore les subsides gouvernementaux donnés aux municipalités qui acceptent l’installation d’une centrale. Pour Kazue Suzuki, le coût de démantèlement d’une centrale, évalué par le METI entre 420 et 560 millions d’euros, est « énormément sous-estimé ».

Une proposition en septembre du gouvernement de garantir les prix de l’électricité nucléaire et de faire payer la différence avec son coût réel par le contribuable est accusée de constituer en pratique une forme de subvention pro-atome. Dans un éditorial accusateur, le quotidien Japan Times souligne qu’avec cette suggestion, « le gouvernement reconnaît en réalité que l’énergie nucléaire n’est plus une source d’énergie compétitive économiquement ».

 

Pressions des industriels

Les critiques font remarquer que cet entêtement du gouvernement à maintenir le cap nucléaire représente une immense opportunité gâchée : celle de changer radicalement de paradigme énergétique et de passer à des pratiques de production et de consommation écologiques et durables. Même privé de l’atome pendant plus d’un an, le Japon a réussi à éviter toute coupure d’électricité majeure. Un rapport de Greenpeace calcule que les efforts consentis par la population pour consommer moins ont permis une réduction de la demande d’électricité équivalente à la production de 13 réacteurs nucléaires par an ! « Il y a encore énormément de place pour des économies d’énergie et une meilleure efficacité », confie Kazue Suzuki. « En particulier en ce qui concerne l’isolation des maisons, des bâtiments publics et des entreprises. 55 % des foyers japonais étaient considérés comme mal isolés en 2011, et je soupçonne qu’il n’y a eu aucune amélioration depuis. »

Deux ans seulement après le désastre de Fukushima, le Japon avait réussi à doubler sa capacité de production d’énergie solaire. L’augmentation rapide de la quantité d’électricité produite par le renouvelable est désormais équivalente à trois réacteurs nucléaires par an. Les efforts gouvernementaux en faveur du renouvelable ont été stoppés net par le retour aux affaires de Shinzo Abe en septembre 2012. Qu’importe : ce sont désormais des « myriades » de communautés locales qui investissent dans des projets de « résilience » fondés sur des technologies renouvelables et de « distribution intelligente » (smartgrid), s’enthousiasme Andrew DeWit, professeur à l’École de politique publique de l’université Rikkyo.

Ce spécialiste de l’énergie met aussi en avant l’exemple de Komatsu : le géant japonais de la construction a mis en œuvre après Fukushima une politique agressive de réduction de sa consommation électrique, fondée sur l’énergie solaire, la biomasse, et des technologies permettant d’améliorer sa productivité. Avec des résultats spectaculaires : son usine modèle d’Awasu a réussi à réduire sa demande en électricité de 92 %. « Quelque chose de très profond est à l’œuvre au sein de la société japonaise », explique à Mediapart le chercheur. « Pour le Japon, un modèle énergétique [fondé sur le nucléaire] comme en France n’est plus vraiment envisageable. Ce paradigme est terminé. »

Greenpeace de son côté relève que, depuis 2012, 680 000 nouvelles petites unités de production individuelle d’énergie, notamment solaires, ont été installées, dont 530 000 rien que chez les particuliers. « Chaque mois, 23 000 foyers se transforment en microcentrales d’électricité solaire », se félicite l’ONG, qui conclut : « Cela montre que le Japon peut réussir à obtenir 43 % de son électricité via le renouvelable d’ici 2020. »

Un rapport du prestigieux MIT rappelle que, de façon ironique, les entreprises japonaises avaient effectué des progrès considérables dans la production d’énergie solaire dans les années 1990… mais qu’à partir des années 2000, « ces percées impressionnantes dans le photovoltaïque ont été ignorées parce que les puissantes compagnies d’électricité ont fait pression de tout leur poids politique pour favoriser l’énergie nucléaire. En dépit de la hausse de la demande pour le solaire et des fortes réticences de l’opinion face au nucléaire, le même phénomène pourrait se reproduire ».

 

La méga-usine solaire sur l'île de Kyushu
La méga-usine solaire sur l'île de Kyushu © Reuters

 

En septembre, plusieurs compagnies régionales d’électricité ont ainsi annoncé qu’elles cesseraient d’acheter davantage d’électricité solaire – une catastrophe pour les nombreuses entreprises privées qui ont investi dans des installations photovoltaïques parfois gigantesques (par exemple sur l'île de Kyushu). Mais elles continuent de réclamer l’autorisation de relancer leurs réacteurs. Dans la préfecture de Aomori, J-power a suspendu la construction d’une centrale éolienne tout en redémarrant le chantier du réacteur MOX d’Oma.

En 2016 est cependant attendu un tremblement de terre (figuré, celui-là) qui soulève énormément d’espoirs chez les militants anti-atome : l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence. Cette libéralisation devrait mettre fin aux dix monopoles électriques régionaux. « Dans ces nouvelles conditions, l’industrie nucléaire ne pourra pas survivre sans le soutien et les subventions du gouvernement. Car l’énergie nucléaire n’est pas bon marché, elle n’est pas compétitive », se réjouit Kazue Suzuki. « Je suis enthousiaste à l’idée de cette libéralisation. Je vis dans la région du Kanto, ce qui m’oblige à acheter mon électricité à Tepco. Je veux vraiment changer de fournisseur. J’espère fortement que les gens choisiront eux aussi des sources d’énergie qui ne détruisent pas l’environnement. »

Le « village nucléaire » japonais n’a cependant pas dit son dernier mot et cherchera sans doute à minimiser les effets de cette ouverture des marchés. La lutte entre tenants et opposants au nucléaire au Japon ne fait que commencer.

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

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