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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 18:22

 

 

Suite de l'article sur reporterre

 

Source : http://www.reporterre.net

 

L’électricité nucléaire est maintenant plus chère que l’électricité des renouvelables

2 novembre 2015 / Yves Heuillard (ddmagazine)
 


 

L’analyse de l’accord passé par EDF pour la construction de réacteurs nucléaires EPR en Grande-Bretagne révèle une surprise : le coût prévu pour l’électricité nucléaire est plus élevé que celui de l’électricité fournie par les énergies renouvelables. Il est temps de changer les priorités d’investissement.

Yves Heuillard est ingénieur et animateur du site ddmagazine, avec lequel cet article est publié en partenariat.


La semaine dernière, EDF et l’entreprise publique chinoise CGN ont signé un accord pour le financement de deux réacteurs nucléaires de type EPR sur le site de Hinkley Point, dans le Somerset (Sud-ouest de l’Angleterre). C’est le dernier avatar d’une saga qui a démarré en 2008 avec l’annonce par le gouvernement britannique d’une renaissance nucléaire dans le pays et avec le rachat en 2009 par EDF des 15 vieilles bouilloires atomiques de British Energy pour 15 milliards d’euros [1]. En fait, EDF a surtout acheté un ticket d’entrée sur le marché britannique. La mise en service du premier réacteur était alors annoncée pour 2017 [2]. Elle sera ensuite repoussée à 2019, puis à 2023, puis maintenant à 2025.

Le gouvernement britannique, qui n’en est pas à une contradiction près, a admis d’une part qu’il voulait rompre avec la politique de refus de subvention au nucléaire de l’administration précédente, et d’autre part qu’il réduisait les aides au photovoltaïque de 87 % « parce qu’il vient un moment où les industries doivent se débrouiller toutes seules » [3]. Parallèlement le gouvernement britannique favorise le développement de l’éolien en mer - exceptionnellement coûteux et qui doit être aidé -, alors que l’éolien terrestre est devenu la source d’électricité la moins chère [4], et que les nouvelles éoliennes sont maintenant capables de produire autant sur terre qu’en mer [5].

 

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Maquette du projet EPR de Hinkley Point

La décision d’EDF de construire deux réacteurs EPR avec CGN sur le site de la centrale nucléaire existante de Hinkley Point a été annoncée comme un fait accompli. En réalité les détails contractuels du projet, dit Hinkley Point C, sont loin d’être finalisés. Et ce d’autant que la construction d’Hinkley Point rentre dans le cadre d’un accord plus large sur la construction de deux autres EPR à Sizewell dans le Sufolk et un réacteur de technologie chinoise, dite Hualong One, sur le site EDF de Bradwell dans l’Essex. Une fois les textes finalisés et signés, il faudra encore l’approbation des conseils d’administrations des deux entreprises, puis des autorités de la concurrence et autres organismes de régulation chinois et européens. Notez que les réacteurs de type Hualong One n’ont pour le moment pas obtenu la certification des autorités britanniques.

La participation d’EDF dans le projet de Hinkley Point sera de 65,5 % et celle de CGN de 33,5 %. Sans réduire cette participation initiale en dessous de 50 %, EDF envisage d’impliquer d’autres investisseurs dans le projet. En tout, les deux EPR coûteront 18 milliards de livres (25 milliards d’euros), dont le tiers pour le partenaire chinois. Le démarrage est maintenant prévu pour 2025, les deux réacteurs devant fournir 7 % de la consommation électrique britannique. En ce qui concerne les deux réacteurs de Sizewell, EDF et CGN formeront une filiale commune à hauteur de 80 % pour EDF et 20 % pour CGN. À Bradwell, une autre filiale commune sera majoritairement détenue par CGN.

 

Un énorme risque pour EDF et... pour le contribuable français

En 2014, le commissaire européen Joaquin Almunia avait estimé le coût de Hinkley Point à 24,5 milliards de livres, et prévenu que le coût pourrait s’élever à 34 milliards de livres si le projet rencontrait des problèmes [6], ce qu’EDF n’avait pas contredit. Aujourd’hui le coût est estimé à 18 milliards de livres, ce que l’entreprise explique par une structure différente du financement.

S’exprimant sur son blog, Benjamin Dessus, ingénieur et économiste, président de l’association Global Chance, calcule qu’il serait plus rentable d’investir l’argent de Hinkley Point dans les économies d’énergies et que dans le meilleur cas EDF ne gagnera pas d’argent avant 2060.

EDF avait en effet prévu de financer le projet par la dette en profitant d’une garantie de crédit de 16 milliards offerte par le gouvernement britannique. Au lieu de cela EDF a choisi de financer le projet par une combinaison de fonds propres, d’emprunts, et éventuellement par l’entrée d’un nouveau partenaire. Ce changement de mécanisme de financement transfère une partie du risque sur le contribuable et le consommateur français ; il supprime le coût de la garantie de crédit offerte par le Trésor britannique.

Reste que le financement des deux premiers EPR britanniques sera délicat. EDF, déjà endettée de plus de 40 milliards d’euros, s’est engagé à prendre le contrôle de l’activité réacteurs d’Areva pour 2,7 milliards d’euros et devra faire face, pour 50 milliards, aux opérations dites de « grand carénage » du parc nucléaire français afin d’en prolonger la durée de vie. L’électricien a déjà annoncé la vente d’actifs non stratégiques pour 10 milliards d’euros, mais l’équation est toutefois considérée comme difficile, sinon impossible, par nombre d’observateurs.

 

Le prix de l’électricité nucléaire est devenu un des plus élevés parmi les sources d’énergie

L’accord de Hinkley Point C a au moins le mérite de préciser le coût de production de l’électricité nucléaire, même s’il reste des zones incertaines, difficiles à évaluer, voire opaques. EDF n’a accepté la construction de deux EPR à Hinkley Point qu’après avoir âprement négocié un prix garanti de l’électricité nucléaire par le gouvernement britannique : 92,50 livres par MWh (mégawattheure) en euros 2012, pendant 35 ans après le démarrage des réacteurs, et indexé sur l’inflation. Au moment où nous écrivons ces lignes, ajusté de l’inflation [7], l’inflation en 2015 n’est pas encore connue., ce prix garanti est plus de deux fois élevé que le prix du marché sur la bourse de l’électricité britannique APX.

En France la confusion est fréquente entre le coût de l’électricité nucléaire issue de réacteurs vieux de 30 ou 40 ans, largement amortis et largement payés par l’investissement public, et le coût de l’électricité produite par les nouveaux réacteurs de type EPR. Pour le choix des investissements, c’est bien évidemment ce deuxième coût de production qui importe.

Une autre confusion vient d’une référence fréquente à la facture d’électricité des ménages, largement déterminée par les politiques publiques (les kWh ne comptent par exemple que pour 37 % en moyenne dans les factures d’électricité des ménages français), au lieu de considérer le prix auquel se négocie le kWh sur les marchés de gros.

Au moment où nous écrivons ces lignes, à la bourse européenne de l’électricité (EEX), le kWh se négocie 3,3 centimes.

En euros, et converti en centimes par kWh, une unité plus parlante pour le commun des mortels, le coût de l’électricité nucléaire produite par un EPR serait de 13,5 cts d’euros 2014. C’est le moyen de production de l’électricité le plus cher du monde, à l’exception de l’éolien en mer.

Les défenseurs du projet de Hinkley Point expliquent qu’avec l’augmentation prévue des prix de l’électricité, l’EPR sera une bonne affaire quand il rentrera en service et pendant les 60 ans de son exploitation. Sauf que depuis l’annonce du projet en 2008, le prix de gros l’électricité sur les marchés européens ont baissé de moitié. Sauf que les coûts de production de l’éolien et du solaire ont baissé respectivement de 50 % et de 75 % entre 2009 et 2014, et qu’ils vont continuer à baisser d’ici la mise en service du premier EPR de Hinkley Point s’il est jamais construit.

 

L’éolien et le solaire compétitifs avec zéro risque

Pour mémoire, la quasi-totalité des analyses indiquent des coûts de production (sans aide publique) de 6 à 9 cts du kWh selon les régions pour l’éolien terrestre, et entre 6 et 13 cts selon les régions pour le solaire photovoltaïque à grande échelle. Les analystes de Bloomberg New Energy Finance montrent que l’éolien est déjà la source d’électricité la meilleure marché au Royaume-Uni et en Allemagne ; ils concluent que l’éolien et le solaire photovoltaïque sont maintenant en mesure de concurrencer tous les moyens traditionnels de production de l’électricité, et ce beaucoup plus rapidement, qu’on pouvait le prévoir cinq ou dix ans. Même en Australie, pourtant quatrième producteur mondial de charbon, le solaire est déja compétitif.

L’accord de Hinkley Point C confirme mieux que toutes les analyses que l’éolien et le photovoltaïque sont déjà compétitifs avec l’électricité nucléaire des nouveaux réacteurs nucléaires de 2025, et déjà compétitifs avec l’électricité nucléaire de 2060, puisque l’accord britannique en fixe le prix pour 35 années.

Les promoteurs des énergies renouvelables expliquent que le développement des moyens de stockage de l’électricité, la baisse de prix des batteries, la gestion de la demande par les réseaux intelligents, l’investissement toujours gagnant dans l’efficacité énergétique, l’augmentation du facteur de charge des éoliennes terrestres bientôt capables de fonctionner 40 à 50 % du temps même dans les régions peu ventées, le recours à la biomasse, à l’hydraulique, et à la cogénération, la complémentarité saisonnière éolien/solaire lissent la production des sources d’énergies renouvelables et réduisent considérablement l’intermittence globale. Un EPR, prévu pour fonctionner 90 % du temps, ne peut pallier cette intermittence résiduelle.

Choix énergétiques et justice planétaire, une même équation...

 

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Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

 

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 22:32

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

EDF n’est pas prêt de sortir du nucléaire en France

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

 

 

 

Le site de construction de l'EPR de Flamanville, en juillet 2013.

EDF n’est pas prêt à sortir du nucléaire, ni même à en réduire la voilure. Si le plan stratégique CAP 2030 prévoit un doublement des capacités du groupe dans les énergies renouvelables en Europe (à plus de 50 gigawatts) à l’horizon 2030, ses dirigeants comptent bien maintenir la puissance installée de son parc nucléaire à son niveau actuel de 63,4 GW.

 

La hausse de la consommation de courant (véhicules électriques, nouveaux appareils…) permettra en même temps de respecter l’objectif inscrit dans la loi de transition énergétique de ramener de 75 % à 50 % la part de l’électricité nucléaire en France en 2025.

Deux jours après la signature avec l’électricien China General Nuclear Power Corporation (CGN) d’un accord pour la construction de deux réacteurs EPR au Royaume-Uni pour 24,5 milliards d’euros (hors coûts de financement), le PDG d’EDF est revenu, vendredi 23 octobre, devant des journalistes, sur l’avenir du nucléaire en France. Jean-Bernard Lévy ne doute guère que l’Autorité de sûreté nucléaire donnera son feu vert à la prolongation à cinquante ans, voire soixante ans, de la durée d’exploitation de « la plupart » des 58 réacteurs français.

Lire aussi : Le grand pari chinois d’EDF

 

Une nouvelle génération de réacteurs

Mais le patron d’EDF réfléchit déjà à l’après, convaincu qu’il faudra les remplacer progressivement entre 2030 et 2050. Ce qui suppose une mise en chantier d’un nouvel EPR, en plus de celui de Flamanville (Manche), dès le début de la prochaine décennie. Il ne s’agira pas de cette « tête de série » normande, mais d’un « EPR nouveau modèle » (EPR NM), dont le « design » est réalisé par une équipe composée d’ingénieurs d’EDF et d’Areva. Il est censé être moins coûteux et plus facile à construire – sans sacrifier pour autant la sûreté – que l’EPR actuel : son coût dépasse désormais 8 milliards d’euros à Olkiluoto (Finlande) et atteint 10,5 milliards (en l’état actuel du chantier) à Flamanville, pour des devis initiaux inférieurs à 3,5 milliards.

« A partir de 2028-2030, ce n’est pas une science exacte, nous allons commencer à installer en France des EPR nouveau modèle », a indiqué le PDG, précisant que la construction se ferait « par paquets de deux ». « En 2050-2055, on n’en aura plus de la génération actuelle [conçus dans les années 1970-1980], a-t-il ajouté. On aura 30, 35 ou 40 EPR NM. »

Jamais ses prédécesseurs, Pierre Gadonneix (2004-2009) et Henri Proglio (2009-2014), n’avaient été aussi explicites sur le renouvellement complet du parc nucléaire. Mais si les prix de gros de l’électricité, actuellement très bas, ne se redressent pas, EDF ne sera plus capable de financer seul un programme qui se chiffrera sans doute à plus de 200 milliards d’euros. « Est-ce qu’EDF a les moyens, aujourd’hui, de reconstruire pour 60 gigawatts de nucléaire sur son bilan actuel ? Je pense que non », a reconnu M. Lévy. Avant de renouveler son parc actuel, l’électricien doit en effet investir 55 milliards pour prolonger jusqu’à 60 ans la durée de vie de la plupart de ses réacteurs actuels et dégager 16 milliards pour ses deux EPR britanniques.

Lire aussi : Nucléaire : un deal « Flamanville contre Fessenheim »

 

« Faire entrer des partenaires »

Le groupe, qui a toujours piloté ses centrales, en détient 100 % du capital à de rares exceptions près, comme Fessenheim (Haut-Rhin), détenue à un tiers par des électriciens suisses et allemands, ou Chooz (Ardennes), sur laquelle Engie (ex-GDF Suez) a des droits de tirage au pro rata de son investissement initial. Pour le parc français, « la question se posera, le moment venu, de faire entrer des partenaires », a reconnu le PDG.

Si rien n’exclut, comme au Royaume-Uni, que des industriels et des investisseurs chinois interviennent, M. Lévy reconnaît qu’une telle décision « relève de l’Etat actionnaire ». Pour « partenaire », le dirigeant d’EDF n’a cité que son concurrent Engie. En 2009, le groupe présidé par Gérard Mestrallet avait été associé au projet d’EPR de Penly (Seine-Maritime) ; EDF y avait renoncé face à la stagnation de la demande d’électricité. Depuis, le lobbying d’EDF a toujours empêché Engie de développer le nucléaire en France. M. Mestrallet confiait récemment n’avoir plus aucun projet dans l’Hexagone.

Mais la donne a changé. Depuis la fin de son monopole en 2007 et l’extinction des tarifs réglementés de vente aux gros consommateurs (tarifs verts et jaunes) prévue au 1er janvier, l’opérateur historique subit une rude concurrence. EDF n’est plus la superpuissance d’antan, M. Lévy en a pris acte.

 

 Jean-Michel Bezat


 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 19:51

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

De la France à la Chine, la folle fuite en avant dans le nucléaire

23 octobre 2015 / Noël Mamère
 

 
 

EDF et une société chinoise ont signé un partenariat pour la construction de réacteurs en Grande-Bretagne. L’opérateur français s’obstine dans une technologie dépassée alors qu’il pourrait être leader des énergies renouvelables, estime Noël Mamère.

 

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Noël Mamère

Noël Mamère est député écologiste


En aout 2008, Nicolas Sarkozy s’était félicité de la finalisation de l’accord de coopération entre EDF et l’électricien chinois China Guangdong Nuclear Power Holding Group (depuis devenu China General Nuclear Power Corporation, CGNPC), pour construire et exploiter deux centrales nucléaires EPR en Chine.
 Mardi 20 octobre, à l’Assemblée nationale, Ségolène Royal s’est de même réjouie de l’accord entre les deux principaux groupes nucléaires chinois et français pour le financement de la construction des réacteurs EPR d’Hinkley Point, en Grande-Bretagne. Dans le domaine du nucléaire, au moins, la continuité de l’État ne se dément pas !

Il y a trente ans, c’est EDF qui commençait son partenariat avec la Chine, en y construisant sa première centrale nucléaire… Aujourd’hui, c’est la Chine qui finance EDF et qui devient majoritaire dans ses projets ! Cette folle et insupportable fuite en avant aura de graves conséquences :

 

Un risque financier inconsidéré pour EDF

Une augmentation des tarifs, qui va coûter extrêmement cher aux contribuables et aux consommateurs Français et Britanniques. Ils vont s’endetter pour poursuivre dans une technologie dangereuse qui appartient déjà au passé. Les opérateurs, paniqués par l’augmentation du prix de la construction du réacteur, vont chercher à faire des économies sur la sécurité et recourront à la sous-traitance. Déjà, selon le Spiegel, les risques sismiques du projet d’‪EPR à ‪Hinkley Point ont été sous-évalués ! Les chantiers d’Olkiluoto, en Finlande, et de Flamanville, en France, avec leur multitude de malfaçons (cuve défectueuse, béton de mauvaise qualité…) le démontrent. Sur les quatre réacteurs EPR en cours de construction dans le monde, aucun ne fonctionne encore. La Finlande, qui demande des dédommagements pour un retard de dix ans, a renoncé à un deuxième réacteur.

 

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Construction de la centrale nucléaire de Flamanville, en 1980.

EDF prend un risque financier inconsidéré. Déjà endettée à hauteur de 37,5 milliards d’euros, censé racheter les activités réacteurs d’Areva, elle prévoit également de dépenser 50 milliards d’euros sur dix ans, une somme sous-estimée selon l’Autorité de sûreté nucléaire, pour les travaux de remise aux normes et de prolongation des réacteurs français.

EDF, qui devrait devenir le leader de l’énergie renouvelable, choisit une fois de plus le nucléaire. À la veille de la COP 21, ce choix est politique. Côté face, le gouvernement continue de préserver l’énergie nucléaire en France et joue au chat et à la souris avec les écologistes en s’engageant à fermer Fessenheim… en 2018. Côté pile, il développe son rôle de premier VRP mondial du nucléaire.

 

Très nette violation de la loi européenne sur la concurrence

Les projets d’EPR en Grande-Bretagne illustrent la création d’un statut d’exception en Europe. La vente de réacteurs n’étant possible qu’au prix d’entorses manifestes au droit européen de la concurrence « libre et non faussée ». Si les EPR d’Hinkley Point sont un jour construits, leur électricité à 125 € le MWh, sera moins compétitive que celle des énergies renouvelables, dont les coûts ne cessent de baisser. Ce projet n’est finançable qu’à condition d’être massivement subventionné par le gouvernement britannique, ce qui constitue une très nette violation de la loi européenne sur la protection de la concurrence. C’est pourquoi le gouvernement autrichien a décidé de porter plainte auprès de la Cour de justice de l’Union européenne.

Pour la Chine, en revanche, l’accord est tout bénéfice. Si le projet est mené à son terme, ce sera la première fois qu’une centrale nucléaire occidentale est détenue par la Chine. Le programme nucléaire chinois vise à faire de ce pays un acteur majeur du nucléaire mondial...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

 

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 17:51

 

Source : http://www.marianne.net

 

Enquête préliminaire sur les 18 millions d’euros perdus par Areva

 
 
D'après nos informations, la justice va se pencher sur des mouvements d'argent suspects entre une filiale du groupe nucléaire et plusieurs intermédiaires situés en Russie, au Liban et au Niger...
 
Remy de la Mauviniere/AP/SIPA
 

Areva va devoir faire face à un nouveau front judiciaire. Selon nos informations, une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet national financier (PNF) sur des mouvements financiers suspects entre une filiale du groupe nucléaire, Areva UG, spécialisée dans le trading d’uranium, et plusieurs intermédiaires situés en Russie, au Liban et au Niger. Contacté, le PNF n’a pas souhaité faire de commentaires.

En juillet, Notre enquête nous avait permis de mettre à jour un montage financier occulte, qui a fait perdre 18 millions d’euros à Areva en 2011, selon les aveux même du groupe nucléaire. Si Areva reconnaît cette perte, le groupe soutient que c’était dans le cadre d’une « opération de trading sur le marché de l’uranium ». Or, selon les documents en notre possession, et notamment plusieurs contrats commerciaux signés en juillet 2011, il est établi qu’Areva UG a couvert un système circulaire de vente de 5,5 millions de livres d’uranium. L’argent en question aurait ensuite trouvé refuge dans des zones franches aux Emirats arabes unis et à Hong Kong. 

Dès lors, plusieurs questions se posent : qui a décidé ces opérations et qui en a été informé au niveau non seulement de la division minière, mais aussi de la direction générale du groupe Areva ? Pourquoi les transactions d’uranium ont-elles été décidées dans la précipitation, dès le mois de juillet 2011, quelques jours après le débarquement d’Anne Lauvergeon de la présidence d’Areva par Nicolas Sarkozy ? Quel rôle ont joué les mandataires sociaux d’Areva UG, Sébastien de Montessus et Jean-Michel Guiheux, qui ont refusé de nous répondre ? Enfin, et là est sans doute l’essentiel : quels ont été les véritables destinataires des 18 millions d’euros versés par Areva ?

Un homme devrait plus particulièrement intéressé la justice : Jean-Claude Meyer, dont la société Optima-Energy Off-Shore SAL, située au Liban, aurait empoché dans un premier temps l’essentiel de ces commissions. Sollicité par Marianne en juillet, il n’avait pas souhaité répondre... Charge désormais à la justice de faire la lumière sur cette nouvelle affaire Areva.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 16:41

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

A Bure, le camp estival a élargi la lutte contre les déchets nucléaires

10 septembre 2015 / Isabelle Rimbert (Reporterre)
 


 

En août, entre 250 et 800 personnes chaque jour ont participé à un camp anti-capitaliste et anti-autoritaire à quelques kilomètres du méga projet d’enfouissement de déchets radioactifs. Objectif : renforcer le combat local, et favoriser l’émulation entre différentes composantes des luttes anti-capitalistes. Récit au cœur du camp, par 35°C dans la campagne meusienne.


- Bure (Meuse), reportage

Il faut voir un poids lourd de légumes déchargé collectivement en trois minutes par une chenille humaine spontanée pour avoir une idée de l’organisation du camp. Rien d’étonnant alors à voir sortir de terre en quelques jours : quatre cantines opérationnelles, des points d’eau potable, deux chapiteaux, des yourtes et structures légères, des toilettes sèches et douches solaires faites maison, un point accueil, un atelier vélos, des panneaux solaires et une éolienne, une boulangerie mobile, un atelier de bricolage, un lieu dédié à l’automédia avec une radio (active), une infirmerie, des bibliothèques, etc. La transformation d’un no man’s land de 7,5 hectares au cœur de la campagne meusienne en une zone autonome temporaire ne doit cependant rien au hasard. Du 1 au 10 août, s’est tenu à Bure ce camp pas comme les autres

 

 

Jess*, la cinquantaine pétillante, a longtemps travaillé sur la question de la surveillance généralisée avant de s’investir dans l’organisation en amont du camp d’été. Une organisation montée par le collectif VMC, comme Vladimir, Martine and co, qui doit son nom à Vladimir Martinenko, le conducteur de la déneigeuse qui a percuté, le 20 octobre 2014, l’avion qui transportait Christophe de Margerie, patron du groupe Total.

Jess raconte : « VMC a démarré sur une ligne entre Nancy, Bure, Paris et la Bretagne, croisant une résistance historique contre le nucléaire à celle des comités de soutien à Notre-Dame-des-Landes réunis autour d’idées anti-capitalistes et anti-autoritaires. VMC se veut un trait d’union entre différentes luttes de territoire comme Notre-Dame-des-Landes, No Tav (TGV Lyon-Turin), Roybon, Sivens, Hambach et bien d’autres. Depuis 2014, il y a eu des réunions inter-régionales et inter-comités puis des rencontres régulières à Bure à partir de janvier."

 

S’inscrire dans une lutte déjà ancrée

Forte de l’expérience de Sivens où l’Etat a pu, avec l’aide de milices pro-barrages, monter la population contre les opposants au projet imposé, la stratégie de VMC était de s’inscrire dans l’histoire d’une lutte déjà ancienne, avec les personnes concernées directement par l’annexion nucléaire du territoire. Et c’est en faisant du porte à porte que se sont faites les présentations.

Fernande*, 26 ans, est venue de Paris armée de son énergie et de ses bombes de peinture. La graffeuse a redécoré l’extérieur de l’ancienne gare de Luméville-en-Barrois, un bâtiment en cours de rénovation en plein cœur du campement. "J’avais entendu parler de Bure par le biais de mes activités militantes auprès des migrants à Paris. Grâce à des rencontres, j’ai eu envie de participer aux chantiers collectifs de préparation de camp. On est allé à la rencontre des habitants des villages alentours. Ils étaient plutôt ouverts à la discussion, souvent heureux de pouvoir parler d’un sujet qui divise." Et si les nouveaux venus ont été globalement bien reçus et souvent aidés, John, cheville ouvrière du mouvement, reconnait avoir rencontré "pas mal de résignation et de fatalisme".

 

 

Mais pour les opposants déclarés à Cigéo, le projet d’enfouissement des déchets nucléaires, cet apport de sang neuf est vu comme un espoir. Claude Kaiser, de l’association La Graine, est un "historique" de la lutte à Bure. "Ça fait vingt ans qu’on se bat contre ce projet. Pour les vieux militants que nous sommes, ce renouveau représente un grand bol d’air frais et beaucoup d’émotion. Toutes les horreurs du capitalisme sont concentrées dans ce méga projet d’enfouissement. Le seul moyen de s’en sortir est d’instaurer un réel rapport de force, et il recommence à se structurer, aussi grâce à ce camp qui mobilise bien au-delà de notre territoire."

Pour Corinne, de l’association Bure Stop 55 : "Depuis le boycott du débat public en 2013, la mobilisation locale se réveille, avec l’action de dizaines d’associations qui travaillent ensemble. Les paysans sont mécontents, et les opposants comme VMC sont bien acceptés."

Et la prise du ciment des liens se fait dans les deux sens : "On se sent d’autant plus impliqués dans une lutte et ses enjeux qu’on a la possibilité de les découvrir sur place", souligne John. Un préalable qui lui semble "nécessaire afin d’ancrer un fort soutien à la lutte, ici, dans les mois et les années à venir". Car les graines semées à Bure ont vocation à faire naitre des racines, même s’il n’y a pas lieu de parler de ZAD, n’en déplaise aux médias locaux et nationaux qui ont focalisé à l’unisson sur cette question.

Lors de l’AG (assemblée générale) d’ouverture, une personne présentant les objectifs du camp le soulignait : "Chaque lutte est singulière. Il ne s’agit pas d’une stratégie d’occupation [le camp est d’ailleurs sur un terrain privé, Ndlr], car si c’était le cas il faudrait occuper l’ensemble des départements de Meuse et de Haute-Marne où les installations nucléaires se multiplient. Il s’agit de réfléchir autrement, et c’est là un des enjeux de ces dix jours."

 

 

Questionner et enrichir les pratiques

Une réflexion menée à travers un intense programme autour de Cigéo : la présentation du contexte et des enjeux a ainsi réuni plus de 200 personnes sous chapiteau, et les ballades quotidiennes dans les environs de l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), à pied ou à vélo, par 36°C quelquefois, ont permis à chacun de découvrir le territoire et une partie de l’ampleur du projet nucléaire.

Le camp s’est délocalisé à plusieurs reprises, avec la tenue de picnics dans les communes alentours, ainsi qu’une discussion organisée à Bonnet, un village voisin, sur la question du foncier, avec des agriculteurs du collectif COPAIN 44 (Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d’aéroport) de NDDL. Et l’assemblée antinucléaire en fin de semaine a permis de rappeler, par la voix d’un militant excédé, que "les malfaiteurs en bande organisée sont bien les lobbies qui créent ces projets mortifères. Il faut remettre les choses à leur juste place, porter haut et fort notre message et notre action."

 

 

Agir sur le transport des matières radioactives, les flux ou encore les sous-traitants dont dépendent des structures comme l’ANDRA ? Si ces idées émises semblaient faire consensus, elles n’ont cependant pas suffi à dépasser les éternelles dissensions autour des différences de mode d’action. Ni de parer à un "manque de stratégie générale et collective sur le nucléaire", déploré lors de cette même AG.

Ces dix jours avaient également pour but de permettre aux activistes de questionner leurs pratiques et de les enrichir, à travers une grande diversité d’ateliers, comme cette initiation à l’escalade militante, proposée par Cécile. Si la pétulante jeune femme est experte en blocages de convois de matières radioactives, elle aime aussi se suspendre à 80 mètres du sol pour poser une banderole revendicative comme à Francfort lors de l’inauguration de la BCE : "J’habite à Luneburg en Allemagne. Je pratique la grimpe depuis quinze ans, et c’est un moyen simple mais très efficace pour des blocages de routes, de rails, d’entrées d’entreprises, de lieux de pouvoir. Ces formes d’actions directes permettent facilement de faire passer un message politique, avec un certain aspect ludique. Dans ce camp comme dans d’autres, j’essaie de transmettre mon savoir et le virus de l’escalade." Une démonstration a ainsi pu être faite lors de l’installation d’une banderole devant un bâtiment de l’Andra ou de drapeaux antinucléaires posés au sommet de lampadaires rutilants dans le village de Bonnet.

 

 

Mais l’enjeu des débats et discussions était aussi de dépasser les lisières des luttes locales, pour s’ouvrir sur les mobilisations internationales, comme sur la question des frontières et des réfugiés, ou sur la très prochaine Cop 21, "au cours de laquelle on vise à réintroduire une dimension sociale qui a été complètement éludée au profit de la dimension environnementale", se désole John.

Ces questions, et bien d’autres, développées lors d’assemblées quotidiennes, ont permis de faire émerger certaines thématiques transversales comme notamment la pratique de l’occupation ou les violences policières. Une présence des force de l’ordre somme toute assez discrète lors de ce camp, malgré quelques coups de pression et une surveillance aérienne assidue nourrissant des banques de données sensibles à usage répressif. Le paradoxe et le danger de cette répression façon "miroir sans tain", qui voit mais n’est pas vue : une prise de pouvoir via des projections mentales qui ne sont que des suppositions mais peuvent conduire à une forme d’autocensure collective, comme on a pu le voir lors de certaines actions menées à Bure.

 

"Ni côte de bœuf, ni bottes de keufs"

Créer du commun aux croisements de luttes anti-capitalistes ? Un défi ambitieux, en partie relevé grâce la gestion collective du quotidien. L’autogestion à l’épreuve de la réalité, c’est une sorte de grouillement ordonné par une organisation drastique qui se veut horizontale. Chaque matin, tous les participants, invités à se rassembler en groupes tournants ("l’assemblée des barrios"), se répartissaient les tâches...

 

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 15:35

 

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EDF distille la propagande nucléaire dans les lycées avec le feu vert de l’Education nationale

21 juillet 2015 / Emilie Massemin (Reporterre)
 


 

 

EDF propose des conférences "sur le développement durable“ dans les établissements scolaires. Vantant subtilement l’énergie nucléaire et stigmatisant la transition énergétique. Reporterre s’est procuré l’enregistrement d’une de ces conférences, au lycée René Char d’Avignon. Analyse.


C’est une leçon un peu spéciale qu’ont reçue les élèves du lycée René Char d’Avignon le 20 avril dernier. A la place de leur cours de principes fondamentaux de l’économie et de la gestion (PFEG), un conférencier, Romain Gras, leur a parlé production d’électricité et développement durable pendant une heure et demie. Détail troublant, ce monsieur travaille pour l’agence Junium Diffusion, un prestataire d’EDF. Alors que la production d’électricité de ce dernier dans le monde était à 82,2 % nucléaire en 2014.

Cet enseignement était-il aussi neutre qu’on est en droit de l’attendre de l’éducation publique ? Pour le savoir, Reporterre s’est procuré un enregistrement de l’animation proposée par M. Gras aux lycéens de René Char.

En introduction, l’intervenant présente les différents types d’énergie. Il poursuit sur les véhicules électriques, puis sur le pétrole, le gaz et le charbon, dont il souligne le caractère néfaste pour le climat et l’économie française. C’est là qu’arrive le nucléaire, « moyen alternatif » de produire de l’énergie qui « coûtait moins cher » à la France, dépourvue de réserves de gaz, de charbon et de pétrole.

Puis M. Gras détaille le fonctionnement de la filière atomique, de l’extraction de l’uranium à la gestion des déchets radioactifs. Il ne dissimule pas l’impact environnemental de cette industrie même s’il souligne que « l’uranium a un avantage, c’est un minerai à la base peu cher, beaucoup moins que le pétrole ».

« Ceux qui travaillent là [dans le réacteur] sont soumis à la radioactivité, poursuit l’intervenant. On porte bien sûr des combinaisons pour s’en protéger. » Insouciant, il rapporte avoir « pris des doses de radioactivité supérieures à la normale » cet hiver. Des propos qui minimisent les risques, alors qu’une étude du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) montre que l’exposition prolongée à de faibles doses de radioactivité accroît le risque de décès par leucémie chez les travailleurs du nucléaire.

Tchernobyl, Fukushima, démantèlement, déchets : le grand déballage

Les catastrophes nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima sont évoquées, ainsi que leurs conséquences – mise en en place d’une « zone interdite » et difficultés à gérer les quantités phénoménales d’eau radioactive à Fukushima.

Le grand déballage continue avec les problèmes du démantèlement - « on ne peut pas déconstruire totalement une centrale nucléaire » - et les déchets radioactifs - « il y en a une partie, (…) on ne peut pas enlever la radioactivité, on ne sait pas quoi en faire (…) donc on les stocke ».

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Un groupe scolaire installé à proximité de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, dans le Loir-et-Cher.

Démontrer que le nucléaire est la solution la moins mauvaise

Le conférencier de Junium ne semble donc pas promouvoir ouvertement le nucléaire. En tout cas, il ne cache pas les dangers de ce mode de production. Son discours est plus subtil : démontrer qu’en dépit de ses défauts, l’atome reste la source d’énergie la moins mauvaise. Chose rassurante, les lycéens ne semblent pas dupes.

« Si le nucléaire c’est tellement bien, pourquoi l’Allemagne veut s’en débarrasser, de toutes ses centrales ? », demande l’un d’eux. La réponse fuse, un peu agacée : c’est un « choix politique » suite à l’accident « rarissime » de Fukushima en 2011. Et dans la bouche de M. Gras, c’est loin d’être une bonne idée : « Depuis 2011, l’Allemagne rejette énormément de CO2, parce qu’elle a lancé des centrales qui brûlent du charbon. » Ce qui est exact : les émissions de CO2 allemandes sont passées de 742,2 Mt en 2011 à 755,3 Mt en 2012 (cf p. 36 de ce document de l’IAE) - mais ont diminué en 2014. Mais il est possible que ce retour au charbon ne soit que passager : la transition énergétique est en marche outre-Rhin.

Une transition énergétique qui ne semble guère convaincre M. Gras. « [Les Allemands] ont développé massivement l’éolien. Super, ironise-t-il. Vous la contrôlez l’éolienne ? (…) Vous contrôlez rien du tout. » Les autres énergies renouvelables ne trouvent guère grâce à ses yeux. Les centrales hydrauliques, c’est bien, « c’est plus puissant, ça produit plus ». Mais « impact à mesurer (…). Vous inondez une vallée. Donc on déplace des villages ». L’énergie marémotrice, c’est pas mal, les hydroliennes aussi, « mais il y a un souci, c’est d’ordre économique. Produire de l’électricité en pleine mer, (...) techniquement, on sait faire, mais en ce moment c’est très coûteux ».

En revanche, le conférencier n’évoque pas les coûts incontrôlés de la construction de l’EPR, du stockage des déchets et des démantèlements ?

Quant aux économies d’énergie, elles ne sont tout simplement jamais mentionnées, comme si la politique énergétique se résumait au choix de la production d’électricité.

« Pas neutre », juge un parent d’élève

L’intervention de l’envoyé d’EDF au lycée a fait grincer quelques dents chez les parents d’élèves. « Je trouve que ce n’est pas neutre, juge l’un d’eux. Le lycée aurait pu faire venir plusieurs intervenants différents, un dans les énergies renouvelables, un dans le nucléaire, un dans l’efficacité énergétique, pour que les élèves puissent avoir différents points de vue. »

 

« La question sur l’Allemagne était intéressante à poser, je voulais savoir ce qu’il allait répondre. Mais je trouve qu’il a évité le sujet », relève une élève. La remarque sur les doses de radioactivité l’a laissée perplexe : « Quand il a dit qu’il avait été irradié, il essayait de dédramatiser mais je n’ai pas trouvé ça convaincant. »

De son côté, la proviseure du lycée René Char a indiqué à Reporterre qu’elle n’avait « pas de commentaire à faire sur cette intervention ».

 

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Brochure de présentation des prestations proposées par Junium Diffusion pour EDF.

Une convention signée entre EDF et l’Éducation nationale

Cette conférence n’est pas un cas isolé. Elle est délivrée dans le cadre d’une convention qui lie EDF et l’Éducation nationale depuis le 30 avril 2002. Reporterre en a demandé le texte au ministère de l’Éducation nationale, qui ne lui a pas encore envoyé. Le producteur d’électricité propose ainsi quatre types de conférences aux établissements scolaires. Cinq mille interventions ont été réalisées en France pendant l’année scolaire 2013-2014, peut-on lire dans une note envoyée par le service pédagogique d’EDF.

- Télécharger la note d’EDF :

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EDF balaie du revers de la main tout soupçon de propagande nucléariste. Les conférences ne traitent pas des activités d’EDF, mais proposent « une vision globale de ce qu’est la production d’électricité et les enjeux d’un mix énergétique, par rapport aux trois piliers du développement durable : social, économique et environnemental », y assure-t-on en réponse aux questions de Reporterre. En plus, les conférenciers ne sont pas payés par EDF, mais par Junium. Ceci, « pour pouvoir donner des conférences en toute neutralité ».

Conférencier... ou responsable d’équipe à la centrale du Tricastin ?

Pourtant, dès les premières minutes de l’enregistrement que s’est procuré Reporterre, la distinction entre conférencier Junium et salarié EDF est gommée. « Je travaille pour EDF, affirme l’intervenant. Une partie de mon métier, la principale, consiste à travailler à la centrale nucléaire du Tricastin...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 20:18

 

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ZAD ou pas ZAD, les luttes se fédèrent à Bure contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires

29 juillet 2015 / Barnabé Binctin (Reporterre)
 


 

A Bure (Meuse), divers rassemblements se succèdent pour soutenir la lutte contre le centre d’enfouissement de déchets nucléaires Cigeo. Notamment un Camp estival autogéré, qui inquiète passablement les autorités. Les associations locales voient, elles, d’un très bon œil ces dynamiques de solidarité et imaginent des nouvelles formes de mobilisation.


La tension serait montée d’un cran, ces derniers jours, autour de Bure (Meuse), lieu d’emplacement prévu pour Cigéo, projet d’enfouissement de déchets nucléaire. Le 18 juillet, l’Altertour lançait son édition 2015 en faisant étape à la maison de résistance de Bure... accompagné d’un déploiement de forces de l’ordre impressionnant. « C’était un véritable bataillon, avec cinq ou six véhicules de policiers, équipés de gilets pare-balles, avec un hélicoptère survolant la zone pendant plusieurs heures… », raconte Michel Marie, porte-parole du CEDRA (collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs), présent pour l’événement.

Forces de l’ordre et affolement médiatique

En fin de semaine dernière, des contrôles policiers auraient été menés aux abords de Bure, menant à deux interpellations – dont l’une a débouché, depuis, sur une interdiction de territoire. Un dispositif dont le préfet de la Meuse s’est d’ailleurs justifié, lundi, dans la presse locale, jugeant « logique de renforcer les forces de sécurité »...

Motif de l’inquiétude ? La succession des manifestations venues marquer leur opposition au projet Cigéo, ces dernières semaines. Outre l’Altertour, Les Amis de la Terre y ont tenu leur Assemblée Générale en mai, tandis que les Amis de Silence, la revue écologiste, organisent jusqu’à lundi prochain leur rencontre annuelle, à quelques kilomètres de Bure, « en soutien à celles et ceux qui luttent sur place ». « C’est la première fois que ces groupes s’approprient cette lutte et viennent à notre rencontre. C’est un baromètre intéressant, cela montre que la mayonnaise prend », analyse Michel Marie.

Mais c’est bel et bien l’organisation d’un autre événement qui attire tant l’attention des autorités publiques. A partir de samedi, et jusqu’au 10 août, un grand rassemblement sous forme de campement autogéré s’est donné rendez-vous à Bure. « Leur vocabulaire, "anti-capitaliste" et "anti-autoritaire", n’est pas neutre », veut craindre le préfet.

 

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Le terrain prévu pour le Camp VMC

Suffisant pour déclencher la machine médiatique : la semaine dernière, plusieurs médias s’inquiétaient de « l’ampleur » que prenait la mobilisation autour de Cigéo, se demandant si Bure, « prochain épicentre de la contestation anticapitaliste », pouvait devenir « le nouveau Sivens ».

Surinteprétation

Le ton est donné : attisée par l’incroyable passage en force du gouvernement sur ce dossier, la lutte contre Cigéo pourrait bien devenir le nouveau cauchemar des pouvoirs en charge du maintien de l’ordre. « On agite le spectre des hordes zadistes qui déferleraient cet été pour occuper les terres comme à Notre-Dame-des-Landes », écrit le comité organisateur dans un communiqué.

 

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Maison de la résistance à la poubelle nucléaire dans Bure

Problème, cette interprétation semble largement erronée. D’abord parce que sur place, les premiers concernés ne paraissent pas du tout inquiets. « Il n’y a aucune tension particulière. Nous avons avec les premiers manifestants sur place une relation parfaitement normale. Quand on leur demande de retirer une pancarte parce qu’on la juge injurieuse, il la retire », raconte Jean-Paul Baillet, le directeur du Cigéo.

Contacté par Reporterre, il reconnaît que l’Andra a porté plainte suite à des dégradations volontaires sur les installations scientifiques, opérées lors de la manifestation des « cent mille pas ». Mais il veut faire la distinction avec ceux qui manifestent, « qui apportent un peu de folklore et rien d’antipathique ».

"Des pointures qui mènent une vraie réflexion"

Ensuite parce que ce camp estival est bel et bien déconnecté de toute actualité législative et politique : « L’idée est née, il y a plus d’un an, de faire une réunion de bilan des luttes anti-nucléaires des dernières années. D’où le lieu, Cigéo étant un étendard de l’opposition au nucléaire », explique Ian, un membre sous pseudonyme du collectif VMC.

 

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Chantier collectif du Collectif VMC

Né spécialement pour l’occasion, ce groupe a fini par s’ouvrir à d’autres réseaux de luttes. « Il y a ceux qui viennent de Valognes et ceux qui se sont connus sur des contre-sommets anticapitalistes, il y a les réseaux des Camps Climat et les militants anti-THT, il y a les militants urbains qui luttent contre la chasse aux pauvres en centre-ville et il y a les No Tav… Ce qui nous rassemble, c’est la dénonciation de ces grosses logiques économiques qui nous écrasent – ce qui peut être résumé sous le terme de GPII », décrit Ian.

Sur le terrain, l’arrivée de ces nouveaux opposants semble s’être très bien effectuée avec les nombreuses associations locales déjà engagées contre ce projet, telle que l’EODRA, Bure Zone Libre, Bure-Stop 55, etc. « Ils ont tout de suite demandé à nous rencontrer, et cela fait plus de deux mois que l’on discute tous ensemble, témoigne Michel Marie. Ce sont loin d’être les hurluberlus que l’on veut décrire, au contraire : ce sont des pointures qui mènent une vraie réflexion à partir de leurs expériences vécues à Notre-Dame-des-landes, sur le Lyon-Turin ou encore à Roybon… »...

 

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Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 19:35

 

Source : http://lepeuplebreton.bzh

 

 

Révélation sur la centrale nucléaire de Brennilis par le Canard enchaîné

 

Centrale_brennilis

 

Le Canard enchainé a révélé le 22 juillet avoir mis la main sur un « rapport datant de mai qui relate une réunion entre EDF, lʼASN (agence de sûreté nucléaire) et lʼIRSN (institut de radio-protection et de sûreté nucléaire) sur le démantèlement » [de la centrale de Brennilis]. Dʼaprès le volatile, EDF aurait résilié le contrat avec le prestataire devant réaliser le démantèlement et le journal sʼinterroge (comme tout le monde en Bretagne) sur la possibilité de démanteler réellement ce minuscule site nucléaire arrêté depuis 1985 (quand même) ! EDF a promis de terminer le chantier en 2032 (soit 47 ans de travaux) et compte bien tenir ses engagements. EDF promet un peu dʼesbrouffe (des prélèvements) pour rassurer les Bretons en leur faisant croire que lʼentreprise planche sur le sujet. Bref, une répétition générale avant le démantèlement de Flamanville, un jour…

 

 

Source : http://lepeuplebreton.bzh

 

 

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 18:39

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

 

Arrêt sur images 10/07/2015 à 09h58

Quelques cahouettes et 100 000 m3 de déchets nucléaires

Arretsurimages.net"
Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

 

Tout arrive : ça déconne sec sur le plateau d’avant-soirée de BFM. Dans une heure, la quille ! Incapable d’aligner trois mots, Ruth Elkrief, la sérieuse Ruth Elkrief, l’implacable Ruth Elkrief, se liquéfie en fous rires nerveux.

 

Les cahiers au feu, et les frondeurs au milieu

Il était temps que l’année s’arrête. La loi Macron expédiée d’un coup d’un seul au 49.3, devant un Hémicycle désert : quel sujet de rigolade ! Il était temps qu’on en termine, avec la loi Macron. Si on lui avait demandé son avis, à Ruth, ah oui ! Comme elle aurait poussé au 49.3, le salvateur 49.3 !

En filigrane se donne à lire la lassitude de l’équipe, devant ces feuilletons – les Grecs, les frondeurs, les migrants – qui s’étirent tout au long de l’année, comme du chewing-gum. Faites péter la petite poire, sortez les cahouettes, et entassez les bikinis dans la valise. Les cahiers au feu, et les frondeurs au milieu !

A Libé aussi, c’est relâche festivalière. Ce vendredi, le journal propose une spéciale Rencontres d’Arles, un « Libé des photographes », tout en photos (magnifiques, cela va sans dire). Tout en photos ? Presque. Car quelques bribes de texte sont parvenues à se glisser entre les photos. A propos de la loi Macron, par exemple, entre les cinq photos du ministre – studieux à son bureau, ou pensif dans la vedette spéciale Bercy-Assemblée – qui trônent dans la double page, s’est faufilé un article, un tout petit article clandestin de deux paragraphes, titré « Macron, ministre à sang froid ».

Ce n’est que dans le deuxième paragraphe qu’on apprend, incidemment, l’entourloupe du jour : dans l’ultime version de la loi, qui sera donc adoptée sans aucun débat, s’est glissé à la dernière minute un amendement autorisant le stockage de déchets radioactifs sur le site de Bure (Meuse).

 

« Coup de Trafalgar » parlementaire

Quel rapport avec la croissance ? Cherchez-le. Pendant toute la procédure parlementaire, les Verts avaient réussi, avec l’accord de Macron, à s’opposer à cet amendement « Cigeo », introduit et ré-introduit avec insistance par le sénateur (Les Républicains) de la Meuse, Gérard Longuet.

Et hop ! A la dernière seconde, revoilà les déchets (pour mémoire, le projet Cigeo prévoit l’enfouissement de 100 000 m3 de déchets nucléaires hautement radioactifs, et que personne ne sait aujourd’hui comment traiter. Des associations locales s’y opposent depuis des années avec vigilance).

Ce « coup de Trafalgar » parlementaire est raconté en détail dans un article... du site de Libé, mais dont seule une petite, toute petite partie, est reprise dans le journal papier. 100 000 m3 de déchets nucléaires ? Allons, on ne va pas troubler pour si peu l’apéro de BFM, et l’euphorie festivalière. Rideau !

 

 

Publié initialement sur
Arretsurimages.net

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 14:47

 

Source : http://www.france2.fr/emission/dans-le-secret-du-nucleaire

 

 

Dans le secret du nucléaire

 

 

 

Pierre Pellerin, ancien directeur du SCPRI, l'organisme chargé de la sécurité nucléaire, a intenté un procès en diffamation aux auteurs de l'ouvrage «Nucléaire, ce qu'on nous cache», qui l'accusent d'avoir dissimulé des informations essentielles lors du passage du nuage radioactif de Tchernobyl. A l'époque, les pouvoirs publics avaient assuré que la France n'avait pas souffert de retombées. Les auteurs de ce document ont enquêté en Corse, où l'on a relevé des quantités inquiétantes de césium et de strontium, mais également à Papeete, pour mesurer l'impact des essais nucléaires français dans le Pacifique.

Pierre Pellerin, ancien directeur du SCPRI, l'organisme chargé de la sécurité nucléaire, a intenté un procès en diffamation aux auteurs de l'ouvrage «Nucléaire, ce qu'on nous cache», qui l'accusent d'avoir dissimulé des informations essentielles lors du passage du nuage radioactif de Tchernobyl. A l'époque, les pouvoirs publics avaient assuré que la France n'avait pas souffert de retombées. Les auteurs de ce document ont enquêté en Corse, où l'on a relevé des quantités inquiétantes de césium et de strontium, mais également à Papeete, pour mesurer l'impact des essais nucléaires français dans le Pacifique.

  • Jacques Cotta / Réalisateur
  • Pascal Martin / Réalisateur

 

 

revoir l' émission sur le web

Dans le secret du nucléaire
jusqu'au mercredi 17/06/2015 00:00
Visionner

 

 

Source : http://www.france2.fr/emission/dans-le-secret-du-nucleaire

 

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