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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 19:51

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

De la France à la Chine, la folle fuite en avant dans le nucléaire

23 octobre 2015 / Noël Mamère
 

 
 

EDF et une société chinoise ont signé un partenariat pour la construction de réacteurs en Grande-Bretagne. L’opérateur français s’obstine dans une technologie dépassée alors qu’il pourrait être leader des énergies renouvelables, estime Noël Mamère.

 

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Noël Mamère

Noël Mamère est député écologiste


En aout 2008, Nicolas Sarkozy s’était félicité de la finalisation de l’accord de coopération entre EDF et l’électricien chinois China Guangdong Nuclear Power Holding Group (depuis devenu China General Nuclear Power Corporation, CGNPC), pour construire et exploiter deux centrales nucléaires EPR en Chine.
 Mardi 20 octobre, à l’Assemblée nationale, Ségolène Royal s’est de même réjouie de l’accord entre les deux principaux groupes nucléaires chinois et français pour le financement de la construction des réacteurs EPR d’Hinkley Point, en Grande-Bretagne. Dans le domaine du nucléaire, au moins, la continuité de l’État ne se dément pas !

Il y a trente ans, c’est EDF qui commençait son partenariat avec la Chine, en y construisant sa première centrale nucléaire… Aujourd’hui, c’est la Chine qui finance EDF et qui devient majoritaire dans ses projets ! Cette folle et insupportable fuite en avant aura de graves conséquences :

 

Un risque financier inconsidéré pour EDF

Une augmentation des tarifs, qui va coûter extrêmement cher aux contribuables et aux consommateurs Français et Britanniques. Ils vont s’endetter pour poursuivre dans une technologie dangereuse qui appartient déjà au passé. Les opérateurs, paniqués par l’augmentation du prix de la construction du réacteur, vont chercher à faire des économies sur la sécurité et recourront à la sous-traitance. Déjà, selon le Spiegel, les risques sismiques du projet d’‪EPR à ‪Hinkley Point ont été sous-évalués ! Les chantiers d’Olkiluoto, en Finlande, et de Flamanville, en France, avec leur multitude de malfaçons (cuve défectueuse, béton de mauvaise qualité…) le démontrent. Sur les quatre réacteurs EPR en cours de construction dans le monde, aucun ne fonctionne encore. La Finlande, qui demande des dédommagements pour un retard de dix ans, a renoncé à un deuxième réacteur.

 

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Construction de la centrale nucléaire de Flamanville, en 1980.

EDF prend un risque financier inconsidéré. Déjà endettée à hauteur de 37,5 milliards d’euros, censé racheter les activités réacteurs d’Areva, elle prévoit également de dépenser 50 milliards d’euros sur dix ans, une somme sous-estimée selon l’Autorité de sûreté nucléaire, pour les travaux de remise aux normes et de prolongation des réacteurs français.

EDF, qui devrait devenir le leader de l’énergie renouvelable, choisit une fois de plus le nucléaire. À la veille de la COP 21, ce choix est politique. Côté face, le gouvernement continue de préserver l’énergie nucléaire en France et joue au chat et à la souris avec les écologistes en s’engageant à fermer Fessenheim… en 2018. Côté pile, il développe son rôle de premier VRP mondial du nucléaire.

 

Très nette violation de la loi européenne sur la concurrence

Les projets d’EPR en Grande-Bretagne illustrent la création d’un statut d’exception en Europe. La vente de réacteurs n’étant possible qu’au prix d’entorses manifestes au droit européen de la concurrence « libre et non faussée ». Si les EPR d’Hinkley Point sont un jour construits, leur électricité à 125 € le MWh, sera moins compétitive que celle des énergies renouvelables, dont les coûts ne cessent de baisser. Ce projet n’est finançable qu’à condition d’être massivement subventionné par le gouvernement britannique, ce qui constitue une très nette violation de la loi européenne sur la protection de la concurrence. C’est pourquoi le gouvernement autrichien a décidé de porter plainte auprès de la Cour de justice de l’Union européenne.

Pour la Chine, en revanche, l’accord est tout bénéfice. Si le projet est mené à son terme, ce sera la première fois qu’une centrale nucléaire occidentale est détenue par la Chine. Le programme nucléaire chinois vise à faire de ce pays un acteur majeur du nucléaire mondial...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

 

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 17:51

 

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Enquête préliminaire sur les 18 millions d’euros perdus par Areva

 
 
D'après nos informations, la justice va se pencher sur des mouvements d'argent suspects entre une filiale du groupe nucléaire et plusieurs intermédiaires situés en Russie, au Liban et au Niger...
 
Remy de la Mauviniere/AP/SIPA
 

Areva va devoir faire face à un nouveau front judiciaire. Selon nos informations, une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet national financier (PNF) sur des mouvements financiers suspects entre une filiale du groupe nucléaire, Areva UG, spécialisée dans le trading d’uranium, et plusieurs intermédiaires situés en Russie, au Liban et au Niger. Contacté, le PNF n’a pas souhaité faire de commentaires.

En juillet, Notre enquête nous avait permis de mettre à jour un montage financier occulte, qui a fait perdre 18 millions d’euros à Areva en 2011, selon les aveux même du groupe nucléaire. Si Areva reconnaît cette perte, le groupe soutient que c’était dans le cadre d’une « opération de trading sur le marché de l’uranium ». Or, selon les documents en notre possession, et notamment plusieurs contrats commerciaux signés en juillet 2011, il est établi qu’Areva UG a couvert un système circulaire de vente de 5,5 millions de livres d’uranium. L’argent en question aurait ensuite trouvé refuge dans des zones franches aux Emirats arabes unis et à Hong Kong. 

Dès lors, plusieurs questions se posent : qui a décidé ces opérations et qui en a été informé au niveau non seulement de la division minière, mais aussi de la direction générale du groupe Areva ? Pourquoi les transactions d’uranium ont-elles été décidées dans la précipitation, dès le mois de juillet 2011, quelques jours après le débarquement d’Anne Lauvergeon de la présidence d’Areva par Nicolas Sarkozy ? Quel rôle ont joué les mandataires sociaux d’Areva UG, Sébastien de Montessus et Jean-Michel Guiheux, qui ont refusé de nous répondre ? Enfin, et là est sans doute l’essentiel : quels ont été les véritables destinataires des 18 millions d’euros versés par Areva ?

Un homme devrait plus particulièrement intéressé la justice : Jean-Claude Meyer, dont la société Optima-Energy Off-Shore SAL, située au Liban, aurait empoché dans un premier temps l’essentiel de ces commissions. Sollicité par Marianne en juillet, il n’avait pas souhaité répondre... Charge désormais à la justice de faire la lumière sur cette nouvelle affaire Areva.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 16:41

 

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A Bure, le camp estival a élargi la lutte contre les déchets nucléaires

10 septembre 2015 / Isabelle Rimbert (Reporterre)
 


 

En août, entre 250 et 800 personnes chaque jour ont participé à un camp anti-capitaliste et anti-autoritaire à quelques kilomètres du méga projet d’enfouissement de déchets radioactifs. Objectif : renforcer le combat local, et favoriser l’émulation entre différentes composantes des luttes anti-capitalistes. Récit au cœur du camp, par 35°C dans la campagne meusienne.


- Bure (Meuse), reportage

Il faut voir un poids lourd de légumes déchargé collectivement en trois minutes par une chenille humaine spontanée pour avoir une idée de l’organisation du camp. Rien d’étonnant alors à voir sortir de terre en quelques jours : quatre cantines opérationnelles, des points d’eau potable, deux chapiteaux, des yourtes et structures légères, des toilettes sèches et douches solaires faites maison, un point accueil, un atelier vélos, des panneaux solaires et une éolienne, une boulangerie mobile, un atelier de bricolage, un lieu dédié à l’automédia avec une radio (active), une infirmerie, des bibliothèques, etc. La transformation d’un no man’s land de 7,5 hectares au cœur de la campagne meusienne en une zone autonome temporaire ne doit cependant rien au hasard. Du 1 au 10 août, s’est tenu à Bure ce camp pas comme les autres

 

 

Jess*, la cinquantaine pétillante, a longtemps travaillé sur la question de la surveillance généralisée avant de s’investir dans l’organisation en amont du camp d’été. Une organisation montée par le collectif VMC, comme Vladimir, Martine and co, qui doit son nom à Vladimir Martinenko, le conducteur de la déneigeuse qui a percuté, le 20 octobre 2014, l’avion qui transportait Christophe de Margerie, patron du groupe Total.

Jess raconte : « VMC a démarré sur une ligne entre Nancy, Bure, Paris et la Bretagne, croisant une résistance historique contre le nucléaire à celle des comités de soutien à Notre-Dame-des-Landes réunis autour d’idées anti-capitalistes et anti-autoritaires. VMC se veut un trait d’union entre différentes luttes de territoire comme Notre-Dame-des-Landes, No Tav (TGV Lyon-Turin), Roybon, Sivens, Hambach et bien d’autres. Depuis 2014, il y a eu des réunions inter-régionales et inter-comités puis des rencontres régulières à Bure à partir de janvier."

 

S’inscrire dans une lutte déjà ancrée

Forte de l’expérience de Sivens où l’Etat a pu, avec l’aide de milices pro-barrages, monter la population contre les opposants au projet imposé, la stratégie de VMC était de s’inscrire dans l’histoire d’une lutte déjà ancienne, avec les personnes concernées directement par l’annexion nucléaire du territoire. Et c’est en faisant du porte à porte que se sont faites les présentations.

Fernande*, 26 ans, est venue de Paris armée de son énergie et de ses bombes de peinture. La graffeuse a redécoré l’extérieur de l’ancienne gare de Luméville-en-Barrois, un bâtiment en cours de rénovation en plein cœur du campement. "J’avais entendu parler de Bure par le biais de mes activités militantes auprès des migrants à Paris. Grâce à des rencontres, j’ai eu envie de participer aux chantiers collectifs de préparation de camp. On est allé à la rencontre des habitants des villages alentours. Ils étaient plutôt ouverts à la discussion, souvent heureux de pouvoir parler d’un sujet qui divise." Et si les nouveaux venus ont été globalement bien reçus et souvent aidés, John, cheville ouvrière du mouvement, reconnait avoir rencontré "pas mal de résignation et de fatalisme".

 

 

Mais pour les opposants déclarés à Cigéo, le projet d’enfouissement des déchets nucléaires, cet apport de sang neuf est vu comme un espoir. Claude Kaiser, de l’association La Graine, est un "historique" de la lutte à Bure. "Ça fait vingt ans qu’on se bat contre ce projet. Pour les vieux militants que nous sommes, ce renouveau représente un grand bol d’air frais et beaucoup d’émotion. Toutes les horreurs du capitalisme sont concentrées dans ce méga projet d’enfouissement. Le seul moyen de s’en sortir est d’instaurer un réel rapport de force, et il recommence à se structurer, aussi grâce à ce camp qui mobilise bien au-delà de notre territoire."

Pour Corinne, de l’association Bure Stop 55 : "Depuis le boycott du débat public en 2013, la mobilisation locale se réveille, avec l’action de dizaines d’associations qui travaillent ensemble. Les paysans sont mécontents, et les opposants comme VMC sont bien acceptés."

Et la prise du ciment des liens se fait dans les deux sens : "On se sent d’autant plus impliqués dans une lutte et ses enjeux qu’on a la possibilité de les découvrir sur place", souligne John. Un préalable qui lui semble "nécessaire afin d’ancrer un fort soutien à la lutte, ici, dans les mois et les années à venir". Car les graines semées à Bure ont vocation à faire naitre des racines, même s’il n’y a pas lieu de parler de ZAD, n’en déplaise aux médias locaux et nationaux qui ont focalisé à l’unisson sur cette question.

Lors de l’AG (assemblée générale) d’ouverture, une personne présentant les objectifs du camp le soulignait : "Chaque lutte est singulière. Il ne s’agit pas d’une stratégie d’occupation [le camp est d’ailleurs sur un terrain privé, Ndlr], car si c’était le cas il faudrait occuper l’ensemble des départements de Meuse et de Haute-Marne où les installations nucléaires se multiplient. Il s’agit de réfléchir autrement, et c’est là un des enjeux de ces dix jours."

 

 

Questionner et enrichir les pratiques

Une réflexion menée à travers un intense programme autour de Cigéo : la présentation du contexte et des enjeux a ainsi réuni plus de 200 personnes sous chapiteau, et les ballades quotidiennes dans les environs de l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), à pied ou à vélo, par 36°C quelquefois, ont permis à chacun de découvrir le territoire et une partie de l’ampleur du projet nucléaire.

Le camp s’est délocalisé à plusieurs reprises, avec la tenue de picnics dans les communes alentours, ainsi qu’une discussion organisée à Bonnet, un village voisin, sur la question du foncier, avec des agriculteurs du collectif COPAIN 44 (Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d’aéroport) de NDDL. Et l’assemblée antinucléaire en fin de semaine a permis de rappeler, par la voix d’un militant excédé, que "les malfaiteurs en bande organisée sont bien les lobbies qui créent ces projets mortifères. Il faut remettre les choses à leur juste place, porter haut et fort notre message et notre action."

 

 

Agir sur le transport des matières radioactives, les flux ou encore les sous-traitants dont dépendent des structures comme l’ANDRA ? Si ces idées émises semblaient faire consensus, elles n’ont cependant pas suffi à dépasser les éternelles dissensions autour des différences de mode d’action. Ni de parer à un "manque de stratégie générale et collective sur le nucléaire", déploré lors de cette même AG.

Ces dix jours avaient également pour but de permettre aux activistes de questionner leurs pratiques et de les enrichir, à travers une grande diversité d’ateliers, comme cette initiation à l’escalade militante, proposée par Cécile. Si la pétulante jeune femme est experte en blocages de convois de matières radioactives, elle aime aussi se suspendre à 80 mètres du sol pour poser une banderole revendicative comme à Francfort lors de l’inauguration de la BCE : "J’habite à Luneburg en Allemagne. Je pratique la grimpe depuis quinze ans, et c’est un moyen simple mais très efficace pour des blocages de routes, de rails, d’entrées d’entreprises, de lieux de pouvoir. Ces formes d’actions directes permettent facilement de faire passer un message politique, avec un certain aspect ludique. Dans ce camp comme dans d’autres, j’essaie de transmettre mon savoir et le virus de l’escalade." Une démonstration a ainsi pu être faite lors de l’installation d’une banderole devant un bâtiment de l’Andra ou de drapeaux antinucléaires posés au sommet de lampadaires rutilants dans le village de Bonnet.

 

 

Mais l’enjeu des débats et discussions était aussi de dépasser les lisières des luttes locales, pour s’ouvrir sur les mobilisations internationales, comme sur la question des frontières et des réfugiés, ou sur la très prochaine Cop 21, "au cours de laquelle on vise à réintroduire une dimension sociale qui a été complètement éludée au profit de la dimension environnementale", se désole John.

Ces questions, et bien d’autres, développées lors d’assemblées quotidiennes, ont permis de faire émerger certaines thématiques transversales comme notamment la pratique de l’occupation ou les violences policières. Une présence des force de l’ordre somme toute assez discrète lors de ce camp, malgré quelques coups de pression et une surveillance aérienne assidue nourrissant des banques de données sensibles à usage répressif. Le paradoxe et le danger de cette répression façon "miroir sans tain", qui voit mais n’est pas vue : une prise de pouvoir via des projections mentales qui ne sont que des suppositions mais peuvent conduire à une forme d’autocensure collective, comme on a pu le voir lors de certaines actions menées à Bure.

 

"Ni côte de bœuf, ni bottes de keufs"

Créer du commun aux croisements de luttes anti-capitalistes ? Un défi ambitieux, en partie relevé grâce la gestion collective du quotidien. L’autogestion à l’épreuve de la réalité, c’est une sorte de grouillement ordonné par une organisation drastique qui se veut horizontale. Chaque matin, tous les participants, invités à se rassembler en groupes tournants ("l’assemblée des barrios"), se répartissaient les tâches...

 

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 15:35

 

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EDF distille la propagande nucléaire dans les lycées avec le feu vert de l’Education nationale

21 juillet 2015 / Emilie Massemin (Reporterre)
 


 

 

EDF propose des conférences "sur le développement durable“ dans les établissements scolaires. Vantant subtilement l’énergie nucléaire et stigmatisant la transition énergétique. Reporterre s’est procuré l’enregistrement d’une de ces conférences, au lycée René Char d’Avignon. Analyse.


C’est une leçon un peu spéciale qu’ont reçue les élèves du lycée René Char d’Avignon le 20 avril dernier. A la place de leur cours de principes fondamentaux de l’économie et de la gestion (PFEG), un conférencier, Romain Gras, leur a parlé production d’électricité et développement durable pendant une heure et demie. Détail troublant, ce monsieur travaille pour l’agence Junium Diffusion, un prestataire d’EDF. Alors que la production d’électricité de ce dernier dans le monde était à 82,2 % nucléaire en 2014.

Cet enseignement était-il aussi neutre qu’on est en droit de l’attendre de l’éducation publique ? Pour le savoir, Reporterre s’est procuré un enregistrement de l’animation proposée par M. Gras aux lycéens de René Char.

En introduction, l’intervenant présente les différents types d’énergie. Il poursuit sur les véhicules électriques, puis sur le pétrole, le gaz et le charbon, dont il souligne le caractère néfaste pour le climat et l’économie française. C’est là qu’arrive le nucléaire, « moyen alternatif » de produire de l’énergie qui « coûtait moins cher » à la France, dépourvue de réserves de gaz, de charbon et de pétrole.

Puis M. Gras détaille le fonctionnement de la filière atomique, de l’extraction de l’uranium à la gestion des déchets radioactifs. Il ne dissimule pas l’impact environnemental de cette industrie même s’il souligne que « l’uranium a un avantage, c’est un minerai à la base peu cher, beaucoup moins que le pétrole ».

« Ceux qui travaillent là [dans le réacteur] sont soumis à la radioactivité, poursuit l’intervenant. On porte bien sûr des combinaisons pour s’en protéger. » Insouciant, il rapporte avoir « pris des doses de radioactivité supérieures à la normale » cet hiver. Des propos qui minimisent les risques, alors qu’une étude du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) montre que l’exposition prolongée à de faibles doses de radioactivité accroît le risque de décès par leucémie chez les travailleurs du nucléaire.

Tchernobyl, Fukushima, démantèlement, déchets : le grand déballage

Les catastrophes nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima sont évoquées, ainsi que leurs conséquences – mise en en place d’une « zone interdite » et difficultés à gérer les quantités phénoménales d’eau radioactive à Fukushima.

Le grand déballage continue avec les problèmes du démantèlement - « on ne peut pas déconstruire totalement une centrale nucléaire » - et les déchets radioactifs - « il y en a une partie, (…) on ne peut pas enlever la radioactivité, on ne sait pas quoi en faire (…) donc on les stocke ».

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Un groupe scolaire installé à proximité de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, dans le Loir-et-Cher.

Démontrer que le nucléaire est la solution la moins mauvaise

Le conférencier de Junium ne semble donc pas promouvoir ouvertement le nucléaire. En tout cas, il ne cache pas les dangers de ce mode de production. Son discours est plus subtil : démontrer qu’en dépit de ses défauts, l’atome reste la source d’énergie la moins mauvaise. Chose rassurante, les lycéens ne semblent pas dupes.

« Si le nucléaire c’est tellement bien, pourquoi l’Allemagne veut s’en débarrasser, de toutes ses centrales ? », demande l’un d’eux. La réponse fuse, un peu agacée : c’est un « choix politique » suite à l’accident « rarissime » de Fukushima en 2011. Et dans la bouche de M. Gras, c’est loin d’être une bonne idée : « Depuis 2011, l’Allemagne rejette énormément de CO2, parce qu’elle a lancé des centrales qui brûlent du charbon. » Ce qui est exact : les émissions de CO2 allemandes sont passées de 742,2 Mt en 2011 à 755,3 Mt en 2012 (cf p. 36 de ce document de l’IAE) - mais ont diminué en 2014. Mais il est possible que ce retour au charbon ne soit que passager : la transition énergétique est en marche outre-Rhin.

Une transition énergétique qui ne semble guère convaincre M. Gras. « [Les Allemands] ont développé massivement l’éolien. Super, ironise-t-il. Vous la contrôlez l’éolienne ? (…) Vous contrôlez rien du tout. » Les autres énergies renouvelables ne trouvent guère grâce à ses yeux. Les centrales hydrauliques, c’est bien, « c’est plus puissant, ça produit plus ». Mais « impact à mesurer (…). Vous inondez une vallée. Donc on déplace des villages ». L’énergie marémotrice, c’est pas mal, les hydroliennes aussi, « mais il y a un souci, c’est d’ordre économique. Produire de l’électricité en pleine mer, (...) techniquement, on sait faire, mais en ce moment c’est très coûteux ».

En revanche, le conférencier n’évoque pas les coûts incontrôlés de la construction de l’EPR, du stockage des déchets et des démantèlements ?

Quant aux économies d’énergie, elles ne sont tout simplement jamais mentionnées, comme si la politique énergétique se résumait au choix de la production d’électricité.

« Pas neutre », juge un parent d’élève

L’intervention de l’envoyé d’EDF au lycée a fait grincer quelques dents chez les parents d’élèves. « Je trouve que ce n’est pas neutre, juge l’un d’eux. Le lycée aurait pu faire venir plusieurs intervenants différents, un dans les énergies renouvelables, un dans le nucléaire, un dans l’efficacité énergétique, pour que les élèves puissent avoir différents points de vue. »

 

« La question sur l’Allemagne était intéressante à poser, je voulais savoir ce qu’il allait répondre. Mais je trouve qu’il a évité le sujet », relève une élève. La remarque sur les doses de radioactivité l’a laissée perplexe : « Quand il a dit qu’il avait été irradié, il essayait de dédramatiser mais je n’ai pas trouvé ça convaincant. »

De son côté, la proviseure du lycée René Char a indiqué à Reporterre qu’elle n’avait « pas de commentaire à faire sur cette intervention ».

 

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Brochure de présentation des prestations proposées par Junium Diffusion pour EDF.

Une convention signée entre EDF et l’Éducation nationale

Cette conférence n’est pas un cas isolé. Elle est délivrée dans le cadre d’une convention qui lie EDF et l’Éducation nationale depuis le 30 avril 2002. Reporterre en a demandé le texte au ministère de l’Éducation nationale, qui ne lui a pas encore envoyé. Le producteur d’électricité propose ainsi quatre types de conférences aux établissements scolaires. Cinq mille interventions ont été réalisées en France pendant l’année scolaire 2013-2014, peut-on lire dans une note envoyée par le service pédagogique d’EDF.

- Télécharger la note d’EDF :

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EDF balaie du revers de la main tout soupçon de propagande nucléariste. Les conférences ne traitent pas des activités d’EDF, mais proposent « une vision globale de ce qu’est la production d’électricité et les enjeux d’un mix énergétique, par rapport aux trois piliers du développement durable : social, économique et environnemental », y assure-t-on en réponse aux questions de Reporterre. En plus, les conférenciers ne sont pas payés par EDF, mais par Junium. Ceci, « pour pouvoir donner des conférences en toute neutralité ».

Conférencier... ou responsable d’équipe à la centrale du Tricastin ?

Pourtant, dès les premières minutes de l’enregistrement que s’est procuré Reporterre, la distinction entre conférencier Junium et salarié EDF est gommée. « Je travaille pour EDF, affirme l’intervenant. Une partie de mon métier, la principale, consiste à travailler à la centrale nucléaire du Tricastin...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 20:18

 

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ZAD ou pas ZAD, les luttes se fédèrent à Bure contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires

29 juillet 2015 / Barnabé Binctin (Reporterre)
 


 

A Bure (Meuse), divers rassemblements se succèdent pour soutenir la lutte contre le centre d’enfouissement de déchets nucléaires Cigeo. Notamment un Camp estival autogéré, qui inquiète passablement les autorités. Les associations locales voient, elles, d’un très bon œil ces dynamiques de solidarité et imaginent des nouvelles formes de mobilisation.


La tension serait montée d’un cran, ces derniers jours, autour de Bure (Meuse), lieu d’emplacement prévu pour Cigéo, projet d’enfouissement de déchets nucléaire. Le 18 juillet, l’Altertour lançait son édition 2015 en faisant étape à la maison de résistance de Bure... accompagné d’un déploiement de forces de l’ordre impressionnant. « C’était un véritable bataillon, avec cinq ou six véhicules de policiers, équipés de gilets pare-balles, avec un hélicoptère survolant la zone pendant plusieurs heures… », raconte Michel Marie, porte-parole du CEDRA (collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs), présent pour l’événement.

Forces de l’ordre et affolement médiatique

En fin de semaine dernière, des contrôles policiers auraient été menés aux abords de Bure, menant à deux interpellations – dont l’une a débouché, depuis, sur une interdiction de territoire. Un dispositif dont le préfet de la Meuse s’est d’ailleurs justifié, lundi, dans la presse locale, jugeant « logique de renforcer les forces de sécurité »...

Motif de l’inquiétude ? La succession des manifestations venues marquer leur opposition au projet Cigéo, ces dernières semaines. Outre l’Altertour, Les Amis de la Terre y ont tenu leur Assemblée Générale en mai, tandis que les Amis de Silence, la revue écologiste, organisent jusqu’à lundi prochain leur rencontre annuelle, à quelques kilomètres de Bure, « en soutien à celles et ceux qui luttent sur place ». « C’est la première fois que ces groupes s’approprient cette lutte et viennent à notre rencontre. C’est un baromètre intéressant, cela montre que la mayonnaise prend », analyse Michel Marie.

Mais c’est bel et bien l’organisation d’un autre événement qui attire tant l’attention des autorités publiques. A partir de samedi, et jusqu’au 10 août, un grand rassemblement sous forme de campement autogéré s’est donné rendez-vous à Bure. « Leur vocabulaire, "anti-capitaliste" et "anti-autoritaire", n’est pas neutre », veut craindre le préfet.

 

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Le terrain prévu pour le Camp VMC

Suffisant pour déclencher la machine médiatique : la semaine dernière, plusieurs médias s’inquiétaient de « l’ampleur » que prenait la mobilisation autour de Cigéo, se demandant si Bure, « prochain épicentre de la contestation anticapitaliste », pouvait devenir « le nouveau Sivens ».

Surinteprétation

Le ton est donné : attisée par l’incroyable passage en force du gouvernement sur ce dossier, la lutte contre Cigéo pourrait bien devenir le nouveau cauchemar des pouvoirs en charge du maintien de l’ordre. « On agite le spectre des hordes zadistes qui déferleraient cet été pour occuper les terres comme à Notre-Dame-des-Landes », écrit le comité organisateur dans un communiqué.

 

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Maison de la résistance à la poubelle nucléaire dans Bure

Problème, cette interprétation semble largement erronée. D’abord parce que sur place, les premiers concernés ne paraissent pas du tout inquiets. « Il n’y a aucune tension particulière. Nous avons avec les premiers manifestants sur place une relation parfaitement normale. Quand on leur demande de retirer une pancarte parce qu’on la juge injurieuse, il la retire », raconte Jean-Paul Baillet, le directeur du Cigéo.

Contacté par Reporterre, il reconnaît que l’Andra a porté plainte suite à des dégradations volontaires sur les installations scientifiques, opérées lors de la manifestation des « cent mille pas ». Mais il veut faire la distinction avec ceux qui manifestent, « qui apportent un peu de folklore et rien d’antipathique ».

"Des pointures qui mènent une vraie réflexion"

Ensuite parce que ce camp estival est bel et bien déconnecté de toute actualité législative et politique : « L’idée est née, il y a plus d’un an, de faire une réunion de bilan des luttes anti-nucléaires des dernières années. D’où le lieu, Cigéo étant un étendard de l’opposition au nucléaire », explique Ian, un membre sous pseudonyme du collectif VMC.

 

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Chantier collectif du Collectif VMC

Né spécialement pour l’occasion, ce groupe a fini par s’ouvrir à d’autres réseaux de luttes. « Il y a ceux qui viennent de Valognes et ceux qui se sont connus sur des contre-sommets anticapitalistes, il y a les réseaux des Camps Climat et les militants anti-THT, il y a les militants urbains qui luttent contre la chasse aux pauvres en centre-ville et il y a les No Tav… Ce qui nous rassemble, c’est la dénonciation de ces grosses logiques économiques qui nous écrasent – ce qui peut être résumé sous le terme de GPII », décrit Ian.

Sur le terrain, l’arrivée de ces nouveaux opposants semble s’être très bien effectuée avec les nombreuses associations locales déjà engagées contre ce projet, telle que l’EODRA, Bure Zone Libre, Bure-Stop 55, etc. « Ils ont tout de suite demandé à nous rencontrer, et cela fait plus de deux mois que l’on discute tous ensemble, témoigne Michel Marie. Ce sont loin d’être les hurluberlus que l’on veut décrire, au contraire : ce sont des pointures qui mènent une vraie réflexion à partir de leurs expériences vécues à Notre-Dame-des-landes, sur le Lyon-Turin ou encore à Roybon… »...

 

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Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 19:35

 

Source : http://lepeuplebreton.bzh

 

 

Révélation sur la centrale nucléaire de Brennilis par le Canard enchaîné

 

Centrale_brennilis

 

Le Canard enchainé a révélé le 22 juillet avoir mis la main sur un « rapport datant de mai qui relate une réunion entre EDF, lʼASN (agence de sûreté nucléaire) et lʼIRSN (institut de radio-protection et de sûreté nucléaire) sur le démantèlement » [de la centrale de Brennilis]. Dʼaprès le volatile, EDF aurait résilié le contrat avec le prestataire devant réaliser le démantèlement et le journal sʼinterroge (comme tout le monde en Bretagne) sur la possibilité de démanteler réellement ce minuscule site nucléaire arrêté depuis 1985 (quand même) ! EDF a promis de terminer le chantier en 2032 (soit 47 ans de travaux) et compte bien tenir ses engagements. EDF promet un peu dʼesbrouffe (des prélèvements) pour rassurer les Bretons en leur faisant croire que lʼentreprise planche sur le sujet. Bref, une répétition générale avant le démantèlement de Flamanville, un jour…

 

 

Source : http://lepeuplebreton.bzh

 

 

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 18:39

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

 

Arrêt sur images 10/07/2015 à 09h58

Quelques cahouettes et 100 000 m3 de déchets nucléaires

Arretsurimages.net"
Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

 

Tout arrive : ça déconne sec sur le plateau d’avant-soirée de BFM. Dans une heure, la quille ! Incapable d’aligner trois mots, Ruth Elkrief, la sérieuse Ruth Elkrief, l’implacable Ruth Elkrief, se liquéfie en fous rires nerveux.

 

Les cahiers au feu, et les frondeurs au milieu

Il était temps que l’année s’arrête. La loi Macron expédiée d’un coup d’un seul au 49.3, devant un Hémicycle désert : quel sujet de rigolade ! Il était temps qu’on en termine, avec la loi Macron. Si on lui avait demandé son avis, à Ruth, ah oui ! Comme elle aurait poussé au 49.3, le salvateur 49.3 !

En filigrane se donne à lire la lassitude de l’équipe, devant ces feuilletons – les Grecs, les frondeurs, les migrants – qui s’étirent tout au long de l’année, comme du chewing-gum. Faites péter la petite poire, sortez les cahouettes, et entassez les bikinis dans la valise. Les cahiers au feu, et les frondeurs au milieu !

A Libé aussi, c’est relâche festivalière. Ce vendredi, le journal propose une spéciale Rencontres d’Arles, un « Libé des photographes », tout en photos (magnifiques, cela va sans dire). Tout en photos ? Presque. Car quelques bribes de texte sont parvenues à se glisser entre les photos. A propos de la loi Macron, par exemple, entre les cinq photos du ministre – studieux à son bureau, ou pensif dans la vedette spéciale Bercy-Assemblée – qui trônent dans la double page, s’est faufilé un article, un tout petit article clandestin de deux paragraphes, titré « Macron, ministre à sang froid ».

Ce n’est que dans le deuxième paragraphe qu’on apprend, incidemment, l’entourloupe du jour : dans l’ultime version de la loi, qui sera donc adoptée sans aucun débat, s’est glissé à la dernière minute un amendement autorisant le stockage de déchets radioactifs sur le site de Bure (Meuse).

 

« Coup de Trafalgar » parlementaire

Quel rapport avec la croissance ? Cherchez-le. Pendant toute la procédure parlementaire, les Verts avaient réussi, avec l’accord de Macron, à s’opposer à cet amendement « Cigeo », introduit et ré-introduit avec insistance par le sénateur (Les Républicains) de la Meuse, Gérard Longuet.

Et hop ! A la dernière seconde, revoilà les déchets (pour mémoire, le projet Cigeo prévoit l’enfouissement de 100 000 m3 de déchets nucléaires hautement radioactifs, et que personne ne sait aujourd’hui comment traiter. Des associations locales s’y opposent depuis des années avec vigilance).

Ce « coup de Trafalgar » parlementaire est raconté en détail dans un article... du site de Libé, mais dont seule une petite, toute petite partie, est reprise dans le journal papier. 100 000 m3 de déchets nucléaires ? Allons, on ne va pas troubler pour si peu l’apéro de BFM, et l’euphorie festivalière. Rideau !

 

 

Publié initialement sur
Arretsurimages.net

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 14:47

 

Source : http://www.france2.fr/emission/dans-le-secret-du-nucleaire

 

 

Dans le secret du nucléaire

 

 

 

Pierre Pellerin, ancien directeur du SCPRI, l'organisme chargé de la sécurité nucléaire, a intenté un procès en diffamation aux auteurs de l'ouvrage «Nucléaire, ce qu'on nous cache», qui l'accusent d'avoir dissimulé des informations essentielles lors du passage du nuage radioactif de Tchernobyl. A l'époque, les pouvoirs publics avaient assuré que la France n'avait pas souffert de retombées. Les auteurs de ce document ont enquêté en Corse, où l'on a relevé des quantités inquiétantes de césium et de strontium, mais également à Papeete, pour mesurer l'impact des essais nucléaires français dans le Pacifique.

Pierre Pellerin, ancien directeur du SCPRI, l'organisme chargé de la sécurité nucléaire, a intenté un procès en diffamation aux auteurs de l'ouvrage «Nucléaire, ce qu'on nous cache», qui l'accusent d'avoir dissimulé des informations essentielles lors du passage du nuage radioactif de Tchernobyl. A l'époque, les pouvoirs publics avaient assuré que la France n'avait pas souffert de retombées. Les auteurs de ce document ont enquêté en Corse, où l'on a relevé des quantités inquiétantes de césium et de strontium, mais également à Papeete, pour mesurer l'impact des essais nucléaires français dans le Pacifique.

  • Jacques Cotta / Réalisateur
  • Pascal Martin / Réalisateur

 

 

revoir l' émission sur le web

Dans le secret du nucléaire
jusqu'au mercredi 17/06/2015 00:00
Visionner

 

 

Source : http://www.france2.fr/emission/dans-le-secret-du-nucleaire

 

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 14:20

 

Source : http://www.franceinter.fr/emission-affaires-sensibles-tcherno-blaye-le-jour-ou-la-france-a-frole-la-catastrophe-nucleaire

 

 

l'émission du lundi 8 juin 2015

« Tcherno-Blaye » : une centrale les pieds dans l’eau

 

De cet évènement, vous ne vous rappelez sûrement pas grand-chose, tant il est passé inaperçu dans le paysage médiatique, « noyé » au même moment par « la tempête du siècle » de l’hiver 1999. Et pourtant de mémoire d’agent d’EDF, à Blaye, cette nuit-là en France, on est jamais passé aussi près de la catastrophe ultime quand il s’agit de risque nucléaire : celle de la fusion d’un réacteur.

La centrale du Blayais en Gironde. © PhotoPQR/Sud Ouest - 2015

 

Aussi relatif soit-il : minimisé par les uns ou accentué par les autres, l’incident de la centrale de Blaye a été une confrontation directe au risque inhérent de l’utilisation du nucléaire civile. Car en effet, cette nuit-là, en Gironde, à 60km seulement de Bordeaux, malgré toutes les normes et les mesures de protection en vigueur : une centrale nucléaire française s’est retrouvée « les pieds dans l’eau ». Heureusement, malgré l’inondation de circuits vitaux, le plan d’alerte a bien fonctionné et a permis, nonobstant des dégâts considérables, d’éviter que l’incident ne se transforme en véritable désastre.

 

11 ans plus tard, c’est à Fukushima Daiichi, au Japon, qu’une autre catastrophe allait se produire, et révéler toute la fragilité de ces cathédrales de l’atome face aux risques climatiques dont l’on sous-estime bien trop souvent la portée…

 

Comment la France, est-elle devenue le plus grand parc de centrales d’Europe et le pays le plus nucléarisé par rapport à son nombre d’habitants ? Face au danger, quels sont les intérêts de poursuivre le développement nucléaire ? Que s’est-il passé à Blaye en cette nuit de décembre 1999 ? Quelles sont les responsabilités ? Est-il possible de garantir la sécurité totale de nos sites malgré des dérèglements climatiques constants ?

 

Invités

Pour en parler deux invités seront avec nous :

  

► Charlotte Mijeon, une des porte-paroles du réseau « Sortir du Nucléaire », association créée en 1997, qui fédère plusieurs centaines de collectifs locaux en France autour d'une revendication politique de sortie du nucléaire civil et militaire. Elle se mobilise très fréquemment pour dénoncer les problèmes de sûreté qui s’y multiplient.

 

► Thierry Charles, directeur général adjoint de l’IRSN pour les questions de sûreté nucléaire. Il a notamment participé aux actions menées dans le cadre de l’accident de Fukushima, allant des actions d’informations sur l’accident jusqu’à la définition des actions à mener sur les installations françaises pour y renforcer encore la sureté.

 

Reportage

Avec Alain Correa, membre d'une Commission d'Information sur le Nucléaire (CLIN), Anaëlle Verzaux est allée à Nesle-Hodeng, un village voisin de Neufchâtel-en-Braye, où l'on produit un délicieux fromage. Qui dit fromage, dit lait, et qui dit lait, dit gros problème en cas d'accident nucléaire. Le lait fait partie des denrées rapidement et hautement contaminables. C'est pourquoi dans un Livre Blanc à paraître fin 2015 sur la gestion de crise post accident nucléaire, l'ANCCLI (l'association nationale des comités et commissions locales d'information) suggère que le choix des terres, pour l'épandage du lait contaminé, soit fait de façon démocratique...


Pour compléter le Livre Blanc, nous sommes allés à Nesle-Hodeng rencontrer une famille de fermiers, à qui nous avons demandé s'ils seraient d'accord pour que leurs champs soient réquisitionnés pour l'épandage du lait contaminé...

 

Conséquences de la tempête sur la centrale nucléaire du Blayais

 

 

 

► Une émission à suivre, commenter et partager sur Facebook.

 

 

Source : http://www.franceinter.fr/emission-affaires-sensibles-tcherno-blaye-le-jour-ou-la-france-a-frole-la-catastrophe-nucleaire

 

 

 

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 17:03

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

EPR Flamanville: de nouvelles et graves anomalies au cœur du réacteur

|  Par Pascale Pascariello

 

 

 

Un rapport confidentiel de l’IRSN révèle de graves dysfonctionnements de pièces importantes de l’EPR de Flamanville (Manche). Ce document, que Mediapart publie intégralement, pointe « de multiples modes de défaillances aux conséquences graves » sur les soupapes de sûreté. Ces nouvelles anomalies viennent s’ajouter aux défauts de fabrication de la cuve du réacteur.

Le devenir du chantier de l'EPR de Flamanville tourne au cauchemar pour Areva. Quelques semaines après la révélation de problèmes sérieux sur le fond de cuve du futur réacteur nucléaire, un rapport confidentiel de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) révèle de nouveaux et graves dysfonctionnements de pièces très sensibles de l’EPR. Ce document, que Mediapart a pu se procurer, avertit sur « de multiples modes de défaillances aux conséquences graves » sur les soupapes de sûreté, équipements servant à dépressuriser le réacteur.

Alors que le sort d’Areva a été débattu, mercredi 3 juin, à l’Élysée en présence du président François Hollande, ce nouveau rapport sur les anomalies de l’EPR plombe un peu plus l’entreprise. D'autant que ces nouvelles anomalies viennent s’ajouter aux défauts de fabrication de la cuve du réacteur, dont tous les problèmes n’ont pas été rendus publics par l’Autorité de sûreté nucléaire, comme le montre une seconde note interne de l’IRSN que Mediapart a consultée (elle est à lire ici).

 

Chantier du bâtiment réacteur de l'EPR à Flamanville (©EDF).Chantier du bâtiment réacteur de l'EPR à Flamanville (©EDF).
 

Dans un premier rapport de près de 80 pages (il est à lire ici), datant de février 2015 et non rendu public, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire relève des anomalies dans les équipements de contrôle de la pression du réacteur : les soupapes de sûreté. En cas de surpression du circuit primaire, dans la zone du réacteur, l’un des composants, le pressuriseur, est équipé de soupapes qui doivent s’ouvrir pour laisser partir la vapeur et faire ainsi baisser la pression.

Chauffée par le cœur nucléaire, l'eau est maintenue à haute pression dans le circuit primaire. Pour éviter une surpression qui pourrait abîmer les équipements et provoquer des fuites ou une explosion, les soupapes permettent de réguler cette pression et d'évacuer de la vapeur vers un autre circuit. Dans une centrale nucléaire, ces pièces sont déterminantes en cas d’accident. Leur dysfonctionnement a d’ailleurs été l’une des principales causes de l’accident nucléaire de Three Mile Island en mars 1979, le plus grave aux États-Unis, qui a conduit à l’arrêt du programme nucléaire américain.

Tout avait commencé à Three Mile Island par une surchauffe du réacteur, l’augmentation de la pression puis l’ouverture des soupapes. Alors qu’elles devaient toutes se refermer une fois la situation redevenue normale, une des soupapes était restée ouverte. Le circuit s’est ainsi vidangé de toute son eau et, comme à Fukushima, le cœur du réacteur a fini par fondre, provoquant des rejets radioactifs dans l’environnement. Le bon fonctionnement de ces soupapes est donc bien crucial.

  • « Risques de fuites, risque d’ouverture intempestive, risque d’ouverture prématurée, modes de défaillances multiples »

À l’EPR de Flamanville, les premiers essais montrent une série de défaillances jugées graves par l’IRSN. Les pilotes censés déclencher ces soupapes ne fonctionnent pas. Pire, ils fuient fréquemment, provoquant un comportement aléatoire et incontrôlable des soupapes. L’IRSN parle même « d’ouverture intempestive » des soupapes. Le modèle de soupape dit « Sempell », retenu pour l’EPR, pose des problèmes techniques et réglementaires. Certains essais n’ont pu se poursuivre, étant donné que les soupapes se coinçaient dès la deuxième tentative.

La liste des dysfonctionnements établie par l'IRSN est longue : « Risques de fuites de fluide primaire », c’est-à-dire de l’eau qui doit refroidir le réacteur, « échec à l’ouverture observé », « échec à la fermeture observé ». Au regard de la gravité des faits, l’institut tient à surligner qu’« aucune fuite n’est acceptable » et que cette multitude de défaillances peut avoir des « conséquences graves ».

Les choix d’Areva en termes de sûreté soulèvent de nombreuses questions de la part de l’IRSN qui note que, non seulement le fabricant ne s’est pas donné les moyens de détecter l’ensemble des anomalies, mais il a opté pour des modèles de soupape dont la conception est moins fiable que celle des modèles utilisés jusqu’à présent sur le parc nucléaire français. Pour les nouvelles soupapes, les constats faits par l’IRSN se passent de commentaires : « Areva responsable de la conception. Pas d’expérience d’Areva dans la conception de soupape. Pas d’implication de Sempell (le fabricant) lors des essais de qualification. »

 

Retard technologique

 

Le site de l'EPR de Flamanville
Le site de l'EPR de Flamanville
 

Alors que l’État fait reprendre à EDF l’activité de conception des réacteurs d’Areva, le premier électricien de France n’est pas non plus épargné par ce rapport de l’IRSN. Les conclusions révèlent qu’aucune réponse n’a été apportée par EDF sur les risques que font encourir ces défaillances quant à la sûreté nucléaire. On comprend mieux pourquoi les négociations actuelles autour du sort d’Areva peuvent faire les affaires d’EDF. En effet, en échange du partage des milliards de perte du groupe nucléaire, l’État s’apprêterait notamment à proposer à EDF de revoir à la baisse les normes de sûreté nucléaire (lire l'article de Martine Orange, « L'État fait les fonds de poche d'EDF pour sauver Areva »). Vu le nombre d’anomalies constatées sur l’EPR, cela devrait soulager EDF.

Le 7 avril, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a tenu à rendre publics les problèmes de fabrication du couvercle et du fond de la cuve du réacteur, où se produit la fission des atomes et qui constitue la seconde barrière de confinement de la radioactivité. Mais là encore, tout n’a pas été dit sur ces défauts. Car un autre rapport rendu en avril par l’IRSN à l’Autorité de sûreté nucléaire, que Mediapart a pu se procurer, pointe l’ampleur des manquements aux règles de sûreté nucléaire d’Areva.

  • « L’IRSN estime que la technologie de fabrication retenue pour les calottes de cuve du réacteur Flamanville est en régression technique par rapport à celle utilisée pour le parc en exploitation »

En d’autres mots, la cuve de l’EPR est moins sûre que l’ensemble des 58 réacteurs en activité. Le rapport de l’IRSN retrace l’historique des échanges avec Areva depuis la conception de l’équipement. Le constat est accablant : dans un courrier datant de 2002, Areva fait part des changements de conception et de fabrication des équipements et cela sans tenir compte des normes de construction nucléaire.

Mais les erreurs du groupe ne se limitent pas à cela : ce changement a été décidé sans avoir réalisé au préalable une analyse comparative des technologies retenues. « La technologie de fabrication retenue pour le réacteur (EPR) est en régression technique par rapport à celles utilisées pour le parc en exploitation », note le rapport.

Le rapport de l’IRSN signale de surcroît que les anomalies de la cuve étaient connues. En cours de fabrication, des essais ont été faits par Areva. Les premiers résultats révélaient des non-conformités. Nonobstant ces sérieux défauts, le groupe a poursuivi son « bel ouvrage » comme si de rien n’était ! Les conclusions de l’IRSN ne sont pas plus optimistes : le programme d’essais pour garantir la sûreté de la cuve, proposé par Areva, n’apporte pas de garanties équivalentes à celles des 58 cuves du parc nucléaire existant. Donc, sauf à la changer, la cuve de l’EPR restera moins fiable que les autres…

 

 

 

 

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