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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 16:01

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=RDu86bcrC94

 

 

Vos factures EDF vont exploser : le vrai coût du nucléaire, par Osons Causer

 

 

 

 

 

Ajoutée le 21 déc. 2016

Et si l'énergie nucléaire n'était pas si bon marché ? Les trois compères d'Osons Causer examinent les dépenses à venir pour l'entretien et la prolongation des centrales nucléaires françaises. 100 milliards d'euros pour le "grand carénage", des dizaines de milliards pour l'enfouissement des déchets ou pour les EPR, EDF va faire face à des investissements très importants financés par nos factures. A l'heure où le nucléaire est une énergie de plus en plus contestée, découvrez un de ses aspects méconnus : son prix de plus en plus important.
► Pour consulter les sources de la vidéo :
► Pour s’abonner gratuitement à la chaîne de Mediapart : https://www.youtube.com/user/mediapart
► Pour découvrir les autres vidéos de la chaîne Osons Causer : http://bit.ly/osonssabonner

 

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=RDu86bcrC94

 

 

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 17:44

 

 

Source : https://reporterre.net

 

L’Allemagne devra payer pour sortir du nucléaire

 

12 décembre 2016 / par Violette Bonnebas (Reporterre)

 

La justice allemande a tranché. Décidée en 2011 après la catastrophe de Fukushima, la fin du nucléaire Outre-Rhin ne bafoue pas la Constitution. Mais les producteurs d’énergie devront être indemnisés.

 

- Berlin, correspondance

C’était en 2011, au lendemain de la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon. L’Allemagne prenait la décision fracassante de fermer toutes les centrales atomiques du pays d’ici 2022. Si la mesure était populaire, elle a fait “disjoncter” les compagnies électriques, propriétaires et exploitantes des 17 sites concernés. Vattenfall, E.on et RWE ont porté plainte pour “expropriation”.

Cinq ans plus tard, la cour constitutionnelle fédérale leur donne partiellement raison : le 6 décembre, elle a jugé que les compagnies sont en droit de demander une “compensation appropriée” à l’Etat allemand.

Pour comprendre la décision des juges, il faut revenir quelques années en arrière. Marqué par la catastrophe de Tchernobyl, le gouvernement Schröder (SPD-Verts) a lancé en 2002 le processus de sortie du nucléaire. Les compagnies se sont vues allouer un quota d’électricité restant à produire.

En septembre 2010, le gouvernement conservateur d’Angela Merkel revint sur l’accord, considérant que le nucléaire était une “éco-énergie” permettant au pays d’assurer son autonomie énergétique. La durée de vie des centrales fut alors prolongée de douze ans, les compagnies investissant en conséquence.

Sept mois plus tard, nouveau revirement. Angela Merkel annonçait la fin du nucléaire civil d’ici 2022. “Fukushima m’a fait changer de position sur l’énergie nucléaire”, déclarait la chancelière allemande le 9 juin 2011 devant le parlement.

Pour la cour constitutionnelle de Karlsruhe, ce changement soudain de stratégie a bafoué, d’une part, le “droit à la propriété privée” des kilowattheures alloués aux producteurs d’électricité, et, d’autre part, le droit à la protection des investissements, devenus subitement inutiles....

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 18:26

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Au coeur de la crise nucléaire, des dizaines de fraudes et d’irrégularités dans une usine Areva

7 décembre 2016 / Émilie Massemin (Reporterre)

 

 

Un audit réalisé au Creusot Forge, l’usine du groupe Areva où sont forgés les gros composants des centrales nucléaires, a révélé l’existence d’irrégularités dans 430 dossiers « barrés ». Certaines s’apparentent à des falsifications. Deux réacteurs sont toujours à l’arrêt depuis ces découvertes et 6.000 dossiers d’archive sont encore en cours d’examen.

 

« C’est un iceberg dont nous nous apercevons qu’il prend des proportions impensables hier encore. » Jean-Claude Delalonde, président de l’Association nationale des comités et commissions locales d’information (Anccli), a tiré la sonnette d’alarme devant les participants de la 28e conférence des commissions locales d’information (CLI), le 16 novembre dernier. En avril 2016, 430 dossiers de fabrication irréguliers — des dossiers « barrés » — ont été découverts dans les archives de l’usine Areva du Creusot (Saône-et-Loire), où sont forgés les gros composants en acier des réacteurs nucléaires.

Dans ces dossiers doivent être indiquées toutes les propriétés chimiques et mécaniques de la pièce – des caractéristiques décisives pour la sûreté des installations. L’usine du Creusot doit en fournir une copie à EDF et à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et en archiver un exemplaire. Problème : certains des dossiers barrés exhumés des placards du forgeron n’affichent pas les mêmes informations que les exemplaires transmis au client et au gendarme du nucléaire... 88 de ces écarts concernent des composants de réacteurs en fonctionnement forgés entre 1965 et 2012 et 19 le futur réacteur EPR de Flamanville 3. Pour Fessenheim 2 et Gravelines 5, les aberrations sont si préoccupantes que les réacteurs sont maintenus à l’arrêt.

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Un dossier « barré ».
PDF - 431.7 ko
La liste des irrégularités détectées au sein de Creusot Forge.

En juillet 2016, coup de tonnerre : d’autres anomalies ont été mises en lumière dans des documents qui ne présentent pas le double trait caractéristique des dossiers barrés. Ce sont donc désormais plus de 6.000 dossiers qu’Areva va devoir examiner, à la recherche d’omissions ou de résultats falsifiés. « C’est une forme d’évidence pour moi, on va trouver d’autres anomalies ou irrégularités », a déjà prévenu le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, lors d’une audition devant l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), le 25 octobre. Le feuilleton des arrêts forcés de réacteurs risque ainsi de connaître de nouveaux rebondissements.

Comment ces irrégularités ont-elles été découvertes ?

En 2015, quand l’ASN apprend que l’acier de la cuve du futur EPR de Flamanville présente une concentration excessive de carbone, elle demande à Areva de réaliser un audit dans son usine du Creusot, où la pièce a été fabriquée. Cette requête est appuyée par EDF, dont le centre d’expertise en fabrication et métallurgie, le Cèdre, s’est inquiété de nombreuses anomalies dans les essais de traction exécutés par le forgeron. « Ces essais consistent à étirer une tige de métal un peu plus grosse qu’une cigarette entre deux machines pour mesurer la résistance de l’acier », précise Jean-Luc Mercier, représentant CGT, qui travaille au laboratoire de l’usine du Creusot.

D’abord mené en interne en 2015, l’audit est confié en 2016 au cabinet indépendant Lloyd’s Register Apave. Ce travail permet de découvrir l’existence des 430 dossiers affichant, « dans la marge, une double-barre qui met en évidence que ce dossier révèle des écarts », a décrit Rémy Catteau, directeur des équipements sous pression à l’ASN, le 25 octobre à l’Opecst. Ces documents ont été examinés un par un pour identifier la nature des irrégularités. En parallèle, Areva a « procédé à un examen par sondage des dossiers de fabrication qui ne comportaient pas les fameuses barres, a indiqué le PDG d’Areva NP, Bernard Fontana, aux parlementaires. Ce sondage a mis en évidence des écarts similaires à ceux révélés lors de l’examen des dossiers barrés. » D’où la nécessité de décortiquer tous les dossiers concernant des composants nucléaires, soit plus de 6.000 documents. « Il faut purger le passé », a admis M. Fontana...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 18:26

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Sept réacteurs nucléaires autorisés à redémarrer, malgré un défaut dans leur acier

6 décembre 2016 / Émilie Massemin (Reporterre)

 

 

L’acier des composants de dix-huit réacteurs du parc nucléaire français présente une concentration anormalement élevée de carbone. Cela pourrait conduire à un accident. Sept réacteurs sont à l’arrêt pour évaluation, mais pourraient redémarrer rapidement, selon une décision de l’ASN du lundi 5 décembre.

 

Cet article est le deuxième d’une série de quatre que Reporterre consacre au nucléaire français. Nous publions également une carte du parc nucléaire, détaillant la situation centrale par centrale.
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« Des coupures de courant se préparent en cas d’hiver rigoureux ».

En jargon nucléaire, on appelle ça une anomalie générique. Dans le parc nucléaire français standardisé, constitué de cinquante-huit réacteurs construits selon les mêmes plans, le moindre défaut dans le procédé de fabrication peut entraîner des défectuosités en série. C’est ce qui se produit avec le problème actuel de concentration excessive de carbone dans certaines pièces forgées. Pas moins de quarante-six générateurs de vapeur (GV) équipant dix-huit réacteurs en exploitation sont concernés, ainsi que la cuve du futur EPR de Flamanville.

Les douze réacteurs les plus problématiques sont équipés de GV forgés par une entreprise japonaise, Japan Casting & Forging Corp (JCFC). Ces composants présentent une concentration de carbone presque deux fois plus élevée que la norme (0,39 % au lieu de 0,22 %). Les contrôles se focalisent sur eux depuis la rentrée 2016. Sept d’entre eux (Tricastin 1, 3 et 4, Bugey 4, Gravelines 2, Dampierre 3 et Civaux 2) sont actuellement à l’arrêt. Quatre autres (Fessenheim 1, Tricastin 2, Gravelines 4 et Civaux 1) doivent être arrêtés d’ici à la fin janvier pour qu’EDF mesure la concentration de carbone de leurs GV. Le dernier des douze réacteurs (Saint-Laurent B1) a déjà redémarré même si des mesures sont toujours en cours sur certains de ses composants.

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Situation au 5 décembre 2016

La situation pourrait se débloquer rapidement : lundi 5 décembre, après examen du dossier envoyé par EDF qui récapitule tous les contrôles déjà effectués, l’ASN a annoncé qu’elle accordait son feu vert au redémarrage de sept de ces douze réacteurs : Tricastin 1, 3 et 4, Bugey 4, Gravelines 2, Dampierre 3 et Civaux 2.

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 17:05

 

Source :  http://www.bastamag.net

 

 

Débattre Menace atomique

Désarmement nucléaire : la France va-t-elle s’opposer à la majorité du monde ?

 

par

 

 

 

 

 

 

Cela fait 71 ans que l’humanité vit avec la capacité de détruire la planète par la pression d‘un simple bouton. Fin octobre, grâce à l’action de la société civile et d’États courageux, l’Onu a franchi une étape historique vers la négociation d’un traité d’interdiction complète de l’arme atomique, voté par 123 États. Malheureusement, sans le soutien de la France, malgré les engagements de François Hollande en faveur de l’élimination totale des armes nucléaires. Celles-ci « sont les dernières armes de destruction massive à ne pas être soumises à une interdiction », rappelle Jean-Marie Collin, membre de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires. Tribune.

Les armes nucléaires sont des armes dites de destruction massive. L’histoire de leur utilisation, au Japon en 1945, mais aussi au fil de plus 2000 essais nucléaires à travers le monde, a montré leurs effets dévastateurs immédiats et sur le long terme, tant sur les populations que sur l’environnement.

Nous savons que même un conflit nucléaire limité engendrerait des conséquences mondiales sur les productions alimentaires et le développement socio-économique. C’est en rappelant cette évidence que la société civile, principalement regroupée au sein de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN), est parvenue à mobiliser des États à travers le monde. Un grand nombre de pays ont ainsi compris que leur sécurité économique, humanitaire, culturelle… était mise en danger du fait de l’absence d’actions concrètes et réelles par les États détenteurs d’armes atomiques.

Si le volume des armes nucléaires a bel et bien diminué depuis la fin de la Guerre froide (de 70 000 ogives nucléaires à 15 000 en 2016), les puissances nucléaires (États-Unis, Russie, Royaume Uni, France, Chine, Israël, Inde, Pakistan, Corée du Nord) se sont toutes lancées dans de vastes programmes de modernisation de leurs arsenaux. À titre d’exemple, la France a lancé des études pour renouveler ses sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, ses missiles balistiques, et a débuté l’augmentation annuelle de son budget “dissuasion” dans le but d’arriver à un doublement – plus de 6 milliards d’euros – à l’horizon 2022.

 

123 États en faveur d’un traité d’interdiction…

Devant cette lenteur et cette mauvaise volonté, des États comme l’Autriche, le Mexique, le Costa Rica, la Malaisie, l’Afrique du Sud… accompagnés par ICAN, ont développé une stratégie pour parvenir à changer les règles du jeu. Fini le temps où les détenteurs d’armes atomiques maîtrisaient seuls le calendrier du désarmement nucléaire. Désormais, celui-ci est dicté par la majorité des États et des populations.

Parvenir au désarmement nucléaire est un processus long et complexe. Toute initiative allant dans ce sens est positive, comme les négociations bilatérales américano-russes. Mais l’une d’elle n’a jamais encore été mise en œuvre, celle qui mettrait en place une interdiction globale et complète des armes nucléaires. Interdire, puis éliminer. C’est le processus qui a été suivi pour les armes biologiques (interdites par une convention de 1972) et chimiques (convention de 1993). Le futur traité d’interdiction des armes nucléaires est donc l’étape indispensable avant leur élimination. À ce jour, les armes atomiques sont en effet les dernières armes de destruction massive à ne pas être soumises à une interdiction.

Pendant près d’une année entière de débats pour faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire à l’ONU, les puissances nucléaires ont pratiqué le jeu de la chaise vide. Malgré tout, les discussions ont abouti le 27 octobre dernier au vote de la résolution L41. Celle-ci demande que les Nations unies organisent en 2017 une conférence pour négocier un instrument juridiquement contraignant interdisant les armes nucléaires, en vue de leur élimination complète. C’est une première.

Malgré les pressions exercées à l’encontre notamment d’États africains (par la France) et d’Amérique latine et du Pacifique (par les États-Unis) pour qu’ils ne votent pas cette résolution, et en dépit de l’utilisation d’arguments sans fondement (selon lesquels ce traité pourrait remettre en cause le régime actuel de non-prolifération), le résultat du vote à l’ONU a été sans appel. Les trois-quarts des États de la planète (123 exactement) ont voté « oui » devant un refus de seulement 38 États (des puissances nucléaires et des États qui bénéficient d’une dissuasion élargie) et de 16 abstentionnistes, parmi lesquels se trouvent les Pays-Bas. Le premier pas pour l’interdiction est donc franchi. Rendez-vous est donné pour mars 2017.

 

…Mais la France s’y est opposée

Parmi les États qui ont voté non, on trouve la France. Dans son discours, le représentant français a affirmé que Paris était pour un monde sans armes nucléaires. Dans les faits, il en est autrement. La France s’est farouchement opposée à cette résolution, prétextant qu’un tel traité serait « inefficace et déstabilisateur » et qu’il valait mieux suivre la politique mise en œuvre depuis plus de 20 ans… Nous en voyons les résultats puisque la Conférence du désarmement, organe central de l’ONU censé travailler sur ce sujet, est en état de mort cérébrale depuis 1996. Par ailleurs, le ministère des Affaires étrangères français est allé jusqu’à faire pression sur les eurodéputés français afin qu’ils votent « non » à une résolution de soutien au processus de l’ONU proposée au Parlement européen !

Cette posture va à l’encontre du discours sur la dissuasion que le François Hollande a tenu en avril 2015. Celui-ci appelait alors de ses vœux la naissance d’un contexte stratégique qui permettrait à terme l’élimination totale des armes nucléaires.

La France peut et doit se rattraper. En décembre prochain, un vote de confirmation de cette résolution se déroulera à l’Assemblée générale de l’ONU. Pour que la France ne vote pas contre cette résolution en faveur de la paix et de la sécurité mondiale et qu’elle adopte une posture qui corresponde à son image de pays de la défense des libertés et des droits humains, les organisations Initiatives pour le désarmement nucléaire (IDN) et ICAN France ont lancé une pétition adressée au président de la République.

À l’heure des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, un conflit marqué par l’usage massif de gaz chimiques aujourd’hui interdits, il serait des plus choquants que la France vote une deuxième fois contre cette résolution de l’ONU qui vise pourtant à interdire des armes de destruction massive.

Jean-Marie Collin, membre de ICAN France - Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires et vice-président de l’ONG Initiatives pour le désarmement nucléaire.

Voir la pétition ici.

Photo : cliché numérisé d’un essai nucléaire en Polynésie française en 1970.

 

 

 

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Source :  http://www.bastamag.net

 

 

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 14:15

 

Source : http://www.ensemble-gard.fr

 

 

 

CRISE DU NUCLÉAIRE ET REGAIN DES MOUVEMENTS ANTI

 

 

 

Les derniers mois ont montré la volonté d’EDF d’accélérer la fuite en avant du nucléaire. L’entreprise a arraché de justesse un accord avec le gouvernement britannique pour construire deux EPR... ...à Hinckley Point en collaboration avec le constructeur chinois China General Nuclear Power (CGNP) d’ici à 2025. Coût estimé : 18 milliards de livres (23 milliards d’euros), afin de fournir 7 % de l’électricité britannique. Le prix d’achat fixé de l’électricité dans cet accord est de 92,5 livres (108 euros) le mégawatt pendant 35 ans, soit un prix supérieur à toutes les sources de production électrique dans ce pays. Cela est un élément clé de la tentative de réorganisation de la filière nucléaire, les profits générés étant censés éviter la faillite du nucléaire français.

Cela ouvre également la voie à l’accord entre EDF et Areva de façon à ce qu’EDF rachète le pôle « réacteurs et services » d’Areva, autrement dit qu’il devienne l’opérateur essentiel dans la construction des réacteurs et recapitalise Areva pour lui éviter la faillite totale.

L’Etat contribue directement à recapitaliser ces entreprises dont il est actionnaire : 3 milliards pour EDF, 5 milliards pour Areva, payés par les contribuables.
Du côté des salariés, l’austérité se traduit par 3500 suppressions de postes au minimum pour la période 2016-2018 et l’entreprise cherche à faire d’autres économies, en rognant sur les salaires et en réduisant les effectifs, accentuant d’autant plus les risques d’accident.

L’EPR est le symbole de cette faillite : après la dizaine d’années de retard sur le chantier du 1er EPR, en Finlande, celui de Flamanville accuse un retard de 6 ans. Se lancer dans de nouvelles constructions en Grande Bretagne est un pari plus que risqué. Les problèmes sur les autres chantiers montrent la non-rentabilité de tels choix et les dangers afférents : à Flamanville, le coût initial était estimé à 3,3 milliards pour une durée de 5 ans. On en est aujourd’hui à une évaluation de 10,5 milliards d’euros, pour un démarrage au plus tôt en 2018. L’ambition d’obtenir un kwH bon marché grâce à l’EPR de Flamanville apparait de plus en plus comme une chimère ; les dirigeants d’EDF ne peuvent désormais plus se cacher derrière l’argument économique.

Les problèmes économiques de l’entreprise sont d’autant plus accentués par le vieillissement du parc. Si se manifeste la volonté de les faire perdurer le plus longtemps possible, EDF, bien que criblée de dettes, doit néanmoins investir près de 100 milliards d’euros dans les années à venir pour assurer ce prolongement de vie des réacteurs, alors qu’à la fin de 2016, trois quarts des réacteurs français auront atteint la limite d’âge d’exploitation prévue initialement.

Par ailleurs, le rapport de 2015 de l’Autorité du Nucléaire en 2015 a montré les risques dus à la capacité de résistance aux chocs du couvercle et du fond de la cuve du réacteur EPR de Flamanville.

La situation d’EDF et sa fuite en avant dans le nucléaire est dénoncée y compris dans ses propres rangs. En juillet dernier, un membre du conseil d’administration nommé par l’État, Gérard Magnin, démissionne en expliquant qu’alors que « la diversification énergétique est partout à l’ordre du jour dans le monde et que les entreprises énergétiques opèrent des changements parfois radicaux, le centre de gravité d’EDF se déplace encore davantage vers le nucléaire. Depuis les décisions imminentes relatives au projet très risqué d’Hinkley Point à la reprise d’AREVA NP qui fera d’EDF un fabricant de réacteurs, de la poursuite sans questionnement de la coûteuse stratégie de retraitement des déchets à l’affirmation que tous les réacteurs du palier 900 MW verraient leur durée de vie prolongée à 50 ans ou plus, tout semble aller dans le même sens. ». Au début de l’année, c’était le directeur financier d’EDF qui avait lui aussi démissionné pour marquer son opposition au projet d’Hinckley Point.

Le gouvernement confirme la vision partagée avec EDF de la poursuite du nucléaire. La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) censée traduire les objectifs de la loi de transition nucléaire montre à quel point il s’agit surtout de maintenir en l’état le parc existant. L’objectif officiel de 50 % de nucléaire dans la production total d’électricité en 2025 nécessiterait de planifier la fermeture d’un certain nombre de réacteurs ; la Direction Générale de l’Énergie et du Climat avait d’ailleurs signalé en 2014 qu’à l’horizon 2025, une vingtaine de réacteurs ne seraient pas nécessaires. Or jusqu’à maintenant, seule la fermeture de Fessenheim semble envisagée, bien que des certitudes pèsent encore sur la date à laquelle pourrait intervenir cette fermeture. De plus raisonner en part du nucléaire à faire réduire est absurde car en cas d’augmentation de la production de consommation énergétique, la quantité produite par le nucléaire ne diminue pas. Bien entendu, le gouvernement ne se prononce jamais sur la diminution de la puissance installée et envisage de parvenir à réduire la production électrique d’origine nucléaire grâce aux arrêts ponctuels de réacteurs pour réparation, c’est-à-dire sans n’en fermer aucun.

Autant dire que face à ce soutien sans faille du gouvernement au nucléaire et aux orientations d’EDF, le camp antinculéaire, dans toute sa diversité, ne peut que se remettre en marche. On a vu cet été les points marqués à Bure par les opposants au projet Cigeo. En octobre, c’est à Flamanville que la mobilisation se déplace les 1er et 2 octobre pour exiger l’arrêt du chantier de l’EPR, l’arrêt des centrales de plus de 30 ans et défendre la sortie du nucléaire (Voir appel sur : http://www.can-ouest.org/)

Le succès de la mobilisation de Flamanville, préparée par un collectif regroupant des groupes membres du réseau Sortir du Nucléaire et des groupes qui n’en sont pas membres, peut aussi contribuer à la reconstruction d'un mouvement antinucléaire unitaire, indispensable pour vaincre ce lobby tentaculaire, à un moment de crise de l’industrie nucléaire.

Vincent Gay

 

 

 

Source : http://www.ensemble-gard.fr

 

 

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 15:09

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Londres donne son feu vert au projet d’Hinkley Point

15 septembre 2016 | Par martine orange
 
 
 
Après deux mois d’atermoiements, la première ministre britannique a donné son accord au projet de construction de deux EPR par EDF. Cette décision jette la consternation au sein du groupe et parmi les opposants. Tous redoutent que le projet ne soit fatal à l’électricien public. « Le feuilleton n’est pas terminé », prédit cependant Greenpeace.

« C’est une catastrophe. » Depuis qu’ils ont appris la décision du gouvernement britannique de valider le projet d’Hinkley Point, ce jeudi 15 septembre, les salariés d’EDF sont comme sonnés. EDF est en danger de mort, à les en croire.

Jusqu’au bout, les multiples opposants, au sein de l’entreprise comme à l’extérieur, en France comme en Grande-Bretagne, avaient espéré que Theresa May allait enterrer ce projet « suicidaire ». Le coup d’arrêt inattendu que la première ministre britannique avait donné fin juillet, quelques heures après son adoption très serrée par le conseil d’administration d’EDF, n’était-il pas le premier signe du retrait ?

Après deux mois de réflexion, Theresa May a finalement donné son feu vert au projet très controversé d’Hinkley Point. Le gouvernement britannique autorise EDF et son partenaire chinois China General Nuclear Power (CGNP) à construire deux EPR d’ici à 2025 pour un coût estimé à 18 milliards de livres (23 milliards d’euros). Le projet est censé fournir à terme 7 % de l’électricité britannique.

 

Projet d'Hinkley Point © EDF Projet d'Hinkley Point © EDF
 

Le gouvernement français était particulièrement pressé d’obtenir cette annonce et a, semble-t-il, fortement incité Theresa May à annoncer ses intentions sur Hinkley Point rapidement, en tout cas bien avant la fin septembre, comme la première ministre britannique en avait l’intention à l’origine. Car la construction de deux EPR britanniques par EDF est la première pièce du puzzle imaginé par le gouvernement français pour réorganiser la filière nucléaire française. Ou, pour le dire plus brutalement, cacher sa faillite.

 

Le 22 septembre, le conseil d’administration d’EDF doit se prononcer sur le rachat d’Areva NP, la branche qui construit les réacteurs nucléaires. Aucun audit sérieux n’a été réalisé sur cette activité, en complète déroute. EDF s’est juste entendu avec le gouvernement pour la reprendre au prix fixé de 2,5 milliards d’euros. Sans Hinkley Point, il aurait été difficile d’en justifier le prix de rachat : Areva NP n’a aucune commande et des montagnes de risques juridiques à venir, à commencer par la cuve de Flamanville. Et l’État a un besoin impératif de l’argent d’EDF pour l’aider à recapitaliser Areva, en faillite. D’où le besoin d’une réponse rapide du gouvernement britannique.

Le principal obstacle soulevé par Theresa May pour donner son accord au projet d’Hinkley Point était la présence du partenaire chinois CGNP aux côtés d’EDF. Celui-ci doit, selon un accord signé en octobre 2015 entre David Cameron et le président chinois Xi Jinping, participer à la construction de deux autres EPR à Sizewell (dans l’est de l’Angleterre) et réaliser seul un autre réacteur de conception entièrement chinoise à Bradwell. Beaucoup soulignaient le danger de laisser des actifs essentiels à la sécurité nationale dans des mains chinoises. La préoccupation existe manifestement jusqu’à Washington : la justice américaine faisait opportunément savoir cet été que le groupe chinois et certains de ses responsables étaient poursuivis pour espionnage. Au cours de l’été, les relations entre Londres et Pékin se sont beaucoup tendues sur le sujet, le gouvernement chinois prenant ombrage des soupçons du gouvernement britannique.

« Après avoir réexaminé le projet d’Hinkley Point, nous allons introduire une série de mesures pour renforcer la sécurité et s’assurer qu’Hinkley Point ne pourra pas changer de main sans l’accord du gouvernement », a expliqué le secrétaire d’État à l’économie, Greg Clark, aux députés britanniques jeudi matin, en leur annonçant le feu vert du gouvernement, qui marque la relance du nucléaire en Grande-Bretagne. Selon ce nouvel accord, EDF ne pourra céder tout ou partie de sa participation dans Hinkley Point sans obtenir l’agrément préalable du gouvernement britannique. Par la suite, le gouvernement britannique entend disposer d’une « golden share » (action préférentielle) dans tous les projets nucléaires, afin de garder un droit de contrôle.

Officiellement, il s’agit de la seule modification dans l’accord signé sur Hinkley Point. En tout cas, c’est la seule qui a été notifiée pour l’instant par le gouvernement britannique. Celui-ci a insisté sur le fait que les termes de l’accord commercial n’étaient pas modifiés : le gouvernement britannique s’engage à racheter l’électricité produite par les deux EPR au prix constant de 92,5 livres (108 euros au cours actuel) le mégawatt pendant trente-cinq ans. Ce qui en fait l’énergie la plus chère par rapport à toutes les autres, renouvelables compris. Il n’est pas sûr pour autant que ce prix de rachat soit suffisant pour rendre rentable le projet. D’autant que l’opacité règne sur ce dossier : EDF peut avoir une garantie de prix, mais sans garantie de volume, cela ne vaut pas grand-chose...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 20:57

 

Source : https://www.francebleu.fr

 

 

Bure : les travaux du bois Lejuc suspendus par la justice

Par Angeline Demuynck, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu Sud Lorraine lundi 1 août

2016 à 18:39

 

 

L'Andra a fait installer un mur autour de la zone de travaux

L'Andra a fait installer un mur autour de la zone de travaux © Radio France - Sandy Dauphin

Les anti-Cigéo jubilent : ils viennent de décrocher leur première victoire juridique. L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs va devoir suspendre ses travaux de défrichement dans le bois de Mandres-en-Barrois.

Ils ont occupé les lieux pendant plus de 2 semaines avant de s'en faire déloger par la gendarmerie. Quelques semaines plus tard, les militants anti-nucléaire ont le sourire. Ils viennent de remporter une première bataille contre l'Andra, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. Le tribunal de Bar-le-Duc a ordonné, ce lundi 1er août, l'arrêt des travaux de défrichement initiés dans le bois de Mandres-en-Barrois dans le cadre du projet de centre d'enfouissement des déchets, et la remise en état du site de 8 hectares.

Des travaux illégaux selon les opposants

Huit associations et 4 habitants de la commune avaient assigné l'Andra en justice, dénonçant des travaux illégaux. Le tribunal leur a donné gain de cause, estimant qu'une autorisation préfectorale était nécessaire. "_Ça montre le bien-fondé de toute l'opposition qu'il y a pu avoir cette dernière semaine_s, se réjouit Laura, membre du réseau Sortir du nucléaire. Et symboliquement c'est très fort, ça porte atteinte à la crédibilité de l'Andra. En cela c'est une vraie victoire."

En revanche, la justice ne s'est pas prononcée sur le mur de 3 kilomètres que l'Andra est en train de construire autour de la zone de travaux. L'agence devrait pouvoir continuer à le construire, "dans la mesure où elle a obtenu l'autorisation du maire pour la clôture".

 

 

Source : https://www.francebleu.fr

 

 

 

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Source : http://vmc.camp/2016/08/01/landra-est-condamnee-par-le-tgi-de-bar-le-duc/

 

L’ANDRA est condamnée par le TGI de Bar-le-Duc !

Communiqué de presse commun du Réseau “Sortir du nucléaire, MIRABEL – Lorraine Nature Environnement, Meuse Nature Environnement, ASODEDRA, CEDRA 52, Les Habitants vigilants de Gondrecourt, BureStop55, Bure Zone Libre et des opposant-e-s et habitant-e-s en lutte contre CIGÉO de Bure et d’ailleurs – 1er août 2016

L’ANDRA est condamnée par le TGI de Bar-le-Duc ! Les travaux de CIGÉO sont stoppés !

Un rappel à l’ordre cinglant et historique pour l’ANDRA, faisant suite à deux mois de mobilisation sur le terrain

Le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc vient de donner raison aux huit associations et aux quatre habitants de Mandres-en-Barrois qui, dans un référé déposé le 25 juillet, exigeaient l’arrêt des travaux effectués par l’Agence pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) dans le Bois Lejuc, en vue de la construction de CIGÉO, ce projet de centre de stockage en profondeur des déchets radioactifs les plus dangereux. Ces travaux sont bien illégaux : l’ANDRA doit les suspendre et est condamnée à la remise en état du site.

Pour rappel, 7 hectares de feuillus avaient déjà été détruits, dont des chênes quasi centenaires, le sol avait été arraché et recouvert de gravier et l’édification d’un mur de 2m de haut et 3 km de long avait commencé, alors même que l’ANDRA ne disposait pas des autorisations nécessaires auprès des autorités compétentes et n’avait même pas envisagé qu’une étude d’impact puisse être nécessaire !

Lors de l’audience, qui s’était tenue le jeudi 28 juillet, l’ANDRA s’était surpassée dans la mauvaise foi et les contradictions : tout en reconnaissant effectuer ces travaux dans la perspective de la construction de CIGÉO, elle prétendait n’effectuer que des travaux destinés à une gestion durable de la ressource forestière du Bois Lejuc ! Par ailleurs, arrivée en cours d’audience, l’ANDRA a sorti un pitoyable lapin de son chapeau, un arrêté municipal daté du jour même, signé du maire de Mandres-en-Barrois et autorisant les travaux de construction du mur commencés illégalement depuis plusieurs semaines ! Rendu le 1er août à 14h, le délibéré du tribunal est formel : il ordonne la suspension des travaux de défrichement jusqu’à ce que l’ANDRA obtienne une autorisation (sous astreinte provisoire de 10 000 euros par are nouvellement défriché). Il enjoint de même à la remise en état des lieux sauf autorisation obtenue par l’ANDRA dans un délai de 6 mois. D’après la décision du tribunal cette remise en état des lieux doit être entendue comme “une restitution de l’état boisé de l’ensemble des parcelles défrichées, nécessitant la suppression du géotextile, de l’empierrement et de la clôture en murs de béton – au vue de l’importance de son emprise – et la replantation dans le respect du plan d’aménagement forestier du bois Lejuc arrêté par l’Office National des Forêts pour 2007-2018”.

Travaux illégaux, embauche de mercenaires pour « protéger » le mur : les manoeuvres et manipulations de l’Andra pour imposer CIGÉO sont maintenant exposées au grand jour. Cette décision marque également le bien-fondé et la légitimité de la mobilisation de plusieurs centaines de personnes et des habitants qui s’opposaient depuis plusieurs semaines aux travaux de l’ANDRA.

Les associations, habitants et opposant-e-s à CIGÉO se réjouissent de cette décision historique du tribunal et ne comptent pas en rester là. D’autres recours et actions sont en préparation pour enfin rendre le Bois Lejuc aux habitants de Mandres-en-Barrois et donner un coup d’arrêt au projet CIGÉO.

Un nouveau temps fort de manifestation est prévu du 13 au 15 août 2016 !

Contacts presse :

Avocat Étienne Ambroseli : 06 09 30 80 67

Pour les opposants et associations : 06 88 27 16 06 / 06 73 49 33 84 / 06 85 23 05 11/ 07.58.65.48.89 (Collectif sauvons la forêt)

Chargée de communication : 06 64 66 01 23

 L’Ordonnance du TGI

 

Portes-ouvertes-Andra-detournement

Détournement de l’affiche des portes ouvertes de l’ANDRA de septembre, parue dans le dernier journal de l’ANDRA

 

 

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 16:26

 

 

Source : http://investir.lesechos.fr
 

 

 

REUTERS |

 

PARIS, 28 juillet (Reuters) - Un administrateur d'EDF , Gérard Magnin, a présenté jeudi sa démission en exprimant son désaccord avec une stratégie qu'il juge de plus en plus centrée sur le nucléaire, avant le probable feu vert du groupe au projet Hinkley Point.

Cette démission est intervenue à quelques heures d'un conseil d'administration d'EDF convoqué jeudi après-midi pour se prononcer sur ce projet controversé de construction de deux réacteurs EPR en Angleterre pour 18 milliards de livres (21,4 milliards d'euros environ).

Dans sa lettre de démission au PDG, obtenue par Reuters, Gérard Magnin écrit qu'il imaginait "une réorientation historique de la stratégie d'EDF" en faveur de la transition énergétique mais que "les trajectoires de changement espérées (..) ne sont pas là" et que "le centre de gravité (du groupe) se déplace encore davantage vers le nucléaire".

"Depuis les décisions imminentes relatives au projet très risqué d'Hinkley Point à la reprise d'Areva NP qui fera d'EDF un fabricant de réacteurs, de la poursuite sans questionnement de la coûteuse stratégie de retraitement des déchets à l'affirmation que tous les réacteurs du palier 900 MW verraient leur durée de vie prolongée à 50 ans ou plus, tout semble aller dans le même sens", ajoute-t-il.

Membre du Conseil économique, social et environnemental de Bourgogne Franche-Comté ; fondateur et ancien délégué général d'Energy Cities, association européenne de villes engagées dans un mouvement de transition énergétique, Gérard Magnin avait intégré le conseil d'EDF en 2014 sur proposition de l'Etat. Son mandat s'achevait en 2019.

"Dans un monde incertain, la flexibilité est indispensable. Celle-ci suppose de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Sous une apparence de robustesse, la quasi mono-solution nucléaire soumet notre pays à une grande vulnérabilité", estime-t-il.

"Espérons qu'Hinkley Point n'entraîne pas EDF dans un abîme de type Areva comme certains le craignent", ajoute Gérard Magnin, précisant qu'il ne participera pas au conseil de jeudi.

"Etant administrateur proposé par l'Etat actionnaire, je ne souhaite pas cautionner plus longtemps une stratégie que je ne partage pas (..). Je préfère alerter en prenant le risque de me tromper que de vivre en contradiction avec ma conscience. C'est une question de loyauté et d'honnêteté."

Le conseil d'administration d'EDF comptait 18 membres avant la démission de Gérard Magnin, dont six élus par les salariés qui devraient se prononcer jeudi contre le projet Hinkley Point sans pour autant être en mesure de bloquer son lancement.

Les désaccords autour du dossier Hinkley Point avaient déjà provoqué en mars une crise au sein de la direction d'EDF et la démission du directeur financier de l'époque, Thomas Piquemal. et (Benjamin Mallet et Geert De Clercq, édité par Jean-Michel Bélot)

 

 

Source : http://investir.lesechos.fr

 

 

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 13:13

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Hinkley Point: la direction d’EDF prête à passer en force

24 juillet 2016 | Par martine orange
 
 
 

Le président d’EDF a décidé, dans la précipitation, de convoquer un conseil d'administration le 28 juillet pour faire approuver le projet très controversé de construction de deux EPR en Grande-Bretagne. Alors que le groupe fait l’objet d’une enquête de l’Autorité des marchés financiers, un nouveau document interne, révélé par Mediapart, prouve l’aventurisme du projet.

La semaine s’annonce tendue à EDF. Son président, Jean-Bernard Lévy, a décidé d’accélérer le calendrier pour faire adopter le projet très controversé d’Hinkley Point. Tout de suite après avoir reçu le feu vert de l’Élysée, à l’issue d’une rencontre entre François Hollande et la nouvelle première ministre britannique, Theresa May, le groupe a publié, jeudi 21 juillet à 23 heures, un communiqué pour annoncer la convocation, le 28 juillet, d’un conseil d’administration destiné à examiner « la décision finale d'investissement relative au projet de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point ». Une façon pour le groupe d’effacer l’affront fait le même jour par l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui a mené des perquisitions au siège d’EDF – une première dans un groupe public – pour saisir des documents et des rapports dans le cadre d’une enquête sur l’information financière du groupe depuis 2013 et le projet d’Hinkley Point.

 

 

Jean-Bernard Lévy, président d'EDF. © Reuters Jean-Bernard Lévy, président d'EDF. © Reuters

 

Dès lundi, un comité stratégique doit se réunir pour faire une présentation du projet britannique qui divise tant le groupe. Le conseil d’administration se tiendra trois jours après. Censé au départ arrêter les comptes semestriels du groupe, publiés le lendemain, son ordre du jour sera en fait surtout mobilisé par le dossier britannique.

« Un passage en force qui en dit long sur la conception du dialogue social de ce gouvernement qui donne son feu vert à la violation du comité central d’entreprise », a réagi l’intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC) dans un communiqué commun, publié vendredi 22 juillet. L’intersyndicale devrait déposer lundi un référé heure par heure au tribunal de grande instance (TGI) pour faire constater le « délit d’entrave » des instances sociales et le non-respect des procédures judiciaires. Ce qui pourrait fragiliser par la suite la décision du conseil d’administration, si celui-ci décide, malgré tout, de passer outre.

 

 

Alors que la direction d’EDF avait décidé de se passer de l’avis du comité central d'entreprise (CCE) en avril, l’Élysée avait finalement imposé sa consultation, en vue de calmer les esprits, après la démission spectaculaire du directeur financier d’EDF, Thomas Piquemal, dénonçant Hinkley Point comme un projet mortel pour l'entreprise. Mais la consultation ne s’est pas passée comme prévu. Estimant qu’ils n’avaient pas eu les documents suffisants pour se prononcer sur le dossier, les membres du CCE ont refusé à l'unanimité de rendre un avis et ont saisi le tribunal de grande instance pour « entrave ». Le TGI doit normalement statuer sur le dossier le 22 septembre. De son côté, le gouvernement avait lui-même indiqué qu’il prévoyait une décision sur le projet en septembre.

Sans attendre que la justice se prononce, le président d’EDF, s’appuyant sur la nouvelle loi Rebsamen qui borne le dialogue social à deux mois maximum, a jugé qu’il pouvait se passer de l’avis du CCE, de toute façon purement consultatif. Et donc d’accélérer le vote sur Hinkley Point. Ni la situation financière dégradée du groupe, qui risque encore de se détériorer tant EDF est hors de ses clous budgétaires en raison de l’effondrement des prix de marché de l’électricité, ni les doutes de l’ensemble des salariés, des ingénieurs aux syndicats, ni même les incertitudes nées du Brexit, qui ne sauraient être dissipées par une seule entrevue entre le président de la République et la première ministre britannique, n’ont amené le président d’EDF à différer la décision, ne serait-ce que pour tenter de mieux appréhender un dossier qui engage le groupe sur plus de 50 ans.

« Plus que l’Élysée, c’est Jean-Bernard Lévy qui est moteur dans ce dossier et dicte ses vues. Il a décidé de faire d’Hinkley Point le dossier phare de sa présidence », assure un conseiller du gouvernement. Au sein d’EDF, certains expliquent l’autoritarisme du président sur le dossier britannique comme une façon d’affirmer son pouvoir sur un groupe qui lui échappe et désormais le rejette de plus en plus. « Jean-Bernard Lévy est totalement isolé dans l’entreprise. Même au comex [comité exécutif – ndlr], il n’a que le soutien des hommes qu’il a nommés. Tous les autres sont contre Hinkley Point », raconte un cadre haut placé. Lors des discussions qui se tiennent actuellement sur la fermeture de Fessenheim, des conseillers du gouvernement ont noté la manière cassante dont Jean-Bernard Lévy tançait publiquement les autres membres de la direction. Ce qui ne dénote pas une atmosphère pacifiée.

Même si le gouvernement est parfaitement informé du climat de tensions au sein d’EDF, il soutient toujours pour l’instant Jean-Bernard Lévy. « Il faudra bien un jour parler de l’influence du corps des Mines dans cette affaire. Ils ont planté Areva avec Anne Lauvergeon. Maintenant, ils essaient de se refaire sur EDF. Même si Lévy n’est pas tout à fait des leurs [Jean-Bernard Lévy est un X-Télécoms], il est leur homme. La personne qui a convaincu Hollande qu’il fallait faire Hinkley Point, c’est Julien Pouget [conseiller industrie à l’Élysée – ndlr], issu du corps des Mines également. Il conseille Hinkley Point et en même temps, part pantoufler chez Total, qui justement veut se lancer dans l’électricité. Et la commission de déontologie va laisser passer cela ? » s’interroge un connaisseur du dossier.

Le rapport Cardiff

 

Projet d'Hinkley Point. © EDF Projet d'Hinkley Point. © EDF
 

Pour les défenseurs d’Hinkley Point, le projet est une nécessité absolue pour remettre sur pied la filière nucléaire française, lui donner un avenir, et des commandes à Areva, en totale déconfiture. Pour les ingénieurs du groupe opposés au projet, construire deux EPR en Grande-Bretagne est au contraire une fuite en avant, alors qu’aucun EPR ne fonctionne encore, que  les problèmes à Flamanville ne sont toujours pas résolus, et que ce qui sera réalisé en Grande-Bretagne ne sera pas utilisable pas la suite. Ils redoutent une bérézina technique et financière dont EDF pourrait ne pas se relever.

 

L’intersyndicale d’EDF se retrouve sur la même ligne. « Sur le fond, prétendre qu’une décision précipitée sur Hinkley Point va sauver la filière nucléaire est une vaste escroquerie intellectuelle et une faute politique. Au moment où la filière nucléaire française se retrouve fragilisée par des années d'absence de stratégie industrielle de l'État, cette décision risque en effet d'avoir des conséquences dramatiques sur cette filière industrielle, les investissements d’EDF sur le territoire national et par conséquent l'emploi en France », accusent-ils dans leur communiqué.

La discussion sur Hinkley Point au conseil d’administration d’EDF s’annonce homérique. Les six représentants des administrateurs salariés ont fait savoir dès avril qu’ils voteraient contre : une première dans la longue histoire du groupe public où jamais jusqu'alors les représentants des salariés ne se sont opposés à des décisions industrielles. Mais les autres administrateurs – dont beaucoup n’ont d’indépendants que le nom – sont plus partagés. Jusqu’ici, une majorité se dessinait en faveur d’Hinkley Point. Et avant de lancer la convocation, Jean-Bernard Lévy a dû faire et refaire les comptes avec le gouvernement pour voir s’il obtenait au moins dix voix sur les dix-huit au conseil.

L’intervention de l’AMF au siège de d’EDF change cependant la donne. Même si la direction d’EDF fait tout pour en minimiser l’importance, les descentes des enquêteurs du gendarme boursier, réclamant des informations, des dates, des comptes-rendus, des rapports liés au programme de rénovation des centrales nucléaires (le grand carénage) et au projet d’Hinkley Point, constituent un coup de semonce. L’électricien se sait désormais dans la ligne de mire. Et ses administrateurs savent que leur responsabilité personnelle peut être engagée.

Or, en matière d’informations financières, le groupe public est à peu près aussi transparent que pour tout ce qui touche au fonctionnement de ses centrales et à la sûreté nucléaire...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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