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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 15:51

EDF assure qu'il n'y aura pas de nouveau retard dans la construction | LEMONDE | 24.08.11 | 16h23

La construction du réacteur nucléaire EPR, en construction à Flamanville (Manche), présente de nombreuses "faiblesses" qui mettent en doute sa "qualité finale" : c'est le constat établi au terme d'une inspection approfondie menée sur le chantier en mai par l'Autorité de sûreté nucléaire. Le rapport de cette "inspection de revue", mis en lumière par Le Canard enchaîné du 24 août, est en ligne sur le site de l'ASN (www.asn.fr). Il s'agit d'une lettre de vingt-deux pages envoyée par l'ASN le 24 juin à EDF, maître d'oeuvre du réacteur de 1 600 mégawatts conçu par Areva. L'inspection a mobilisé quinze experts, dont un observateur de l'autorité de sûreté britannique.

Elle dresse treize constats d'écarts par rapport aux prescriptions de construction, portant sur des pièces essentielles du réacteur : l'alimentation des générateurs de vapeur, les filtres d'injection d'eau, les accumulateurs RIS du système de refroidissement.

"EDF devra faire des efforts importants pour démontrer la qualité finale de la construction de Flamanville 3", juge l'ASN, qui pointe "des incohérences entre des exigences spécifiées au sous-traitant et des exigences mentionnées dans le rapport préliminaire de sûreté" - c'est-à-dire un non-respect des prescriptions initiales. A propos d'un dispositif essentiel des générateurs de vapeur, les experts estiment que "la qualité de ces matériels en rapport avec leur importance pour la sûreté n'est pas démontrée et que leur utilisation sur FLA3 n'est pas possible". Dans deux cas, ils demandent à EDF de "ne pas engager d'action difficilement réversible avant l'apport de la démonstration" de conformité.

Cette preuve a été fournie par EDF en juillet pour les accumulateurs, et l'ASN en a autorisé le montage. Les autres garanties demandées seront apportées avant septembre, explique EDF au Monde, précisant : "Nous resterons conformes au planning de construction et il n'y aura pas de retard supplémentaire". En juin, l'ASN avait déjà critiqué la conduite du chantier en raison des nombreux accidents du travail, dont plusieurs non déclarés (Le Monde du 27 juin). Initialement prévue en 2012, la mise en service du réacteur est prévue pour 2014.

Hervé Kempf

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 12:17

carte centrale

Vendredi, 19 Août 2011 14:57- News26

Après le nouveau tremblement de terre de Fukushima c’est le parc vieillissant des 58 réacteurs nucléaires français qui est la légitime raison d'une certaine peur de la population. Il y a au moins 5 centrales nucléaires qui font craindre aux français qu’un accident majeur ne se produise sous peu dans notre pays. Ce sont les centrales du Blayais, de Fessenheim, de Bugey et enfin celles du Tricastin et de Cruas Meysse sa voisine.

 

Par Olivier Cabanel

La centrale nucléaire du Blayais, inaugurée en 1983, a frôlé la catastrophe un certain 27 décembre 1999, où lors d’une tempête, qualifiée « tempête du siècle », le site se trouvant inondé, le refroidissement du réacteur se trouvant tellement problématique qu’il fallut déclencher le plan d’urgence interne, à tel point qu’Alain Juppé, maire alors de Bordeaux, avait été sur le point de faire évacuer la ville laquelle se trouve à  50 km de la centrale. lien

Comme l’affirme Hervé Kempf, « on est passé à 2 doigts de la catastrophe  ». lien

Après la catastrophe de Fukushima, un audit a été ordonné afin d’évaluer l’état de la sécurité de toutes les centrales du pays, et celle du Blayais est en première ligne. lien

Il a donc été décidé de remonter le niveau des digues, ce qui ne rassure pas la CLIN (commission locale d’information nucléaire), qui trouve la mesure insuffisante, et affirme qu’il faut absolument « que la route d’accès à la centrale soit mise hors d’eau », ajoutant qu’il faut réétudier le risque sismique. lien

Rappelons que 2 réacteurs de cette centrale fonctionnent avec du Mox, lequel est un mélange d’uranium enrichi, et de plutonium.

Depuis le mois de mai 2000 jusqu’à aujourd’hui, ce sont près de 50 « incidents » qui se sont produits dans cette centrale, allant de l’arrêt d’urgence d’un réacteur, à des rejets incontrôlés d’effluents radioactifs, en passant par l’indisponibilité des groupes électrogènes de secours durant 5 jours, ou par l’indisponibilité du turboalternateur de secours. lien

Que ce serait-il passé si ces deux dernières pannes s’étaient produites au moment de l’inondation ?

Pour Jean Pierre Dufour, professeur de physique nucléaire, qui évoque « l’imprévu majuscule », « on ne peut pas se cacher derrière des slogans du style « on a le nucléaire le plus sûr du monde » et ce qui s’est passé à Braud ne relève pas d’une défaillance dite normale (…) un jour ou l’autre il y aura une fusion d’un cœur de centrale en France ». lien

Quittons le Blayais pour Fessenheim.

Entrée en fonction il y a 34 ans, cette vieille centrale à mi-chemin entre Freiburg, la ville universitaire allemande, et Colmar pose une quantité de problèmes dont sa faiblesse en cas de séisme important,

Nathalie Kosciusko-Morizet, Fessenheim indique qu’elle est prévue pour résister à un séisme de 6,7 sur l’échelle de Richter, soit 0,5 de plus que celui qu’a connu la zone.

Or la base de ce calcul est plutôt fragile puisque ce séisme remonte au 12ème siècle et qu’on l’on cherche à savoir comment il ait pu être estimé si précisément.

De plus, cette marge de sécurité de 0,5 est totalement illusoire, car l’échelle de Richter est logarithmique : un séisme de 7 n’est pas « un tout petit peu plus puissant qu’un séisme de 6 : il se traduit par 10 fois plus d’amplitude et dégage 30 fois plus d’énergie (Lien) et donc une centrale qui résisterait à un séisme de 6,7 serait gravement endommagée s’il atteignait 7. lien

Depuis sa mise en service, la centrale a déjà connu 6 séismes allant de 3,4 à 6,5, mais de plus, le réseau « sortir du nucléaire » affirme que « EDF à falsifié des données sismologiques établies afin de s’éviter des travaux onéreux et pourtant indispensables pour la sûreté des centrales nucléaires  ». lien

Pourtant le tribunal administratif de Strasbourg à débouté les élus qui demandaient la fermeture du site pour cause de vétusté et de dangerosité, et une pétition ayant déjà recueilli 85 000 signatures, est lancée pour dire stop à l’exploitation du réacteur. lien

Quand à la liste des « incidents » qu’a connus cette centrale, celle que nous en propose l’ASN bien qu’elle soit sujette à caution, est déjà très révélatrice de l’état de délabrement de l’installation (lien) le dernier en date s’étant produit en avril 2011. lien

Ce n’est que 3 jours après que l’on a appris que 7 agents EDF ont été contaminés suite au « problème » survenu le 24 janvier 2004, incident qui a tout de suite été minimisé par la direction de la centrale, ce qui n’est pas une nouveauté. lien

Allons maintenant à Bugey, l’une des plus vieilles centrales française (1979) qui, ce qui est peu connu, comme toutes les centrales nucléaires, rejette une pollution radioactive lorsqu’elle est en fonctionnement normal (lien) et dans laquelle, le 28 juin dernier, 7 intervenants ont été « légèrement » contaminés sans que l’on puisse en expliquer la raison. lien

Plus récemment, la centrale a encore fait parler d’elle puisque des gravats radioactifs ont été déversés « par erreur » dans une décharge. lien

Elle est aussi menacée par deux évènements possibles, un séisme et la rupture du barrage de Vouglans qui la noierait sous 9 mètres d’eau, ainsi que l’explique Frédéric Boudouresque dans un article du « Progrès  ». lien

Allons à la centrale du Tricastin, ouverte en 1981 et qui a beaucoup défrayé la chronique ces dernières années (lien) à tel point qu’une évacuation de la région avait été envisagée. lien

Du rejet d’uranium de juillet 2008, qui a pulvérisé la limite règlementaire (lien) à l’accident de mai 2009 lors duquel 4 tonnes sont tombées d’une hauteur de 15 mètres dans le local ou se trouvait entreposé le couvercle de la cuve du réacteur, (lien) en passant par un « incident » de niveau 2 pour une usure prématurée de coussinets sur des groupes électrogènes de secours constatée en février 2011 (lien), l’activité de la centrale semble n’être qu’une longue suite d’accidents, (lien) ce qui n’avait pas empêché l’ASN (autorité de sureté nucléaire) de prolonger, en novembre 2010 l’exploitation de la centrale pour 10 années supplémentaires. lien

Cerise sur le gâteau, AREVA a refusé que des observateurs indépendants se joignent aux contrôleurs chargés d’inspecter la centrale. lien


Un mystère entoure le réacteur n°1, puisque après l’explosion et l’incendie du transformateur qui se sont produits le 2 juillet 2011, on constate qu’une imposante grue vient d’être installée à l’arrière des bâtiments turbines et alternateurs des réacteurs 3 et 4.

Or le réacteur n°1 était à l’arrêt depuis le 4 mai 2011 sans que l’on connaisse la cause de cet arrêt.

Il ne s’agit pas d’un arrêt programmé : celui-ci avait eu lieu du 3 juillet au 12 aout 2010, ce qui fait supposer que l’arrêt du réacteur le 4 mai pourrait être la suite d’un accident caché.

Le réacteur étant à l’arrêt, le transformateur ne pouvait être « alimenté » et on ne comprend pas les raisons de son explosion.

Il faut lire les prescriptions complémentaires de l’ASN, pour comprendre qu’il y a un (ou plusieurs) problèmes, puisque l’exploitant à jusqu’au 31 décembre 2012 pour répondre aux prescriptions demandées

Il y est question d’alarmes, de maitrise des risques d’accident…. lien

Nous sommes donc une fois de plus dans l’opacité chère au petit monde du nucléaire. lien

La C.A.N (coordination Anti-nucléaire) du Sud-Est a une explication : elle évoque la défaillance sur le réseau d’alimentation électrique principal, lequel aurait provoqué le blocage d’un groupe de grappes de contrôle, et conduit à arrêter manuellement le réacteur.

Suite à différentes manipulations, il y aurait eu montée en pression du circuit primaire, entrainant l’ouverture d’une soupape de sûreté, puis la rupture d’une membrane de protection, provoquant une fuite d’eau primaire, et la contamination du sol à un niveau de 60 Bq/cm2 sur trois étages du bâtiment réacteur. La C.A.N. affirme qu’il y a eu là les prémices d’un déroulement inéluctable et emblématique d’une potentielle explosion atomique. lien

Entre le béton des murs éclaté, les lacunes en matière de surveillance, et l’absence de procédures dans le cas d’une indisponibilité prolongée d’une source principale externe, la C.A.N Sud-Est est plus que jamais légitime lorsqu’elle demande la fermeture immédiate de la centrale. lien. La centrale de Cruas Meysse ferme la marche avec ses 33 ans bien sonnés, et comme l’a constaté « Next-up organisation », l’enceinte de confinement est fissurée (lien) : sur cette photo, on aperçoit les ouvriers au travail et il est possible que le séisme du 3 aout (3,8 ou 4,5 ( ?) sur l’échelle de Richter) n’ait rien arrangé. lien

Si d’autres centrales auraient pu être montrées du doigt, soit à cause de leur vétusté, soit suite aux différents « incidents » qui émaillent leur parcours, une certitude s’impose : toutes ces centrales représentent un danger potentiel et la grande majorité des français se trouve menacée comme on peut le constater sur cette carte.

Heureusement, il semble que depuis Fukushima, l’opinion mondiale sur les dangers du nucléaire se réveille enfin. lien

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 12:45

LEMONDE.FR avec AFP | 10.08.11 | 21h16   •  Mis à jour le 11.08.11 | 08h45

 

Des gravats présentant des traces de radioactivité ont quitté par erreur le site de la centrale nucléaire du Bugey (Ain) et ont été déversés dans une carrière, avant d'être rapatriés à la centrale, a-t-on appris mercredi 10 août auprès d'EDF, confirmant une information du Progrès.

 

"Mardi en fin de matinée, un camion a chargé des gravats sur un chantier en zone non nucléaire" et quitté le site "par erreur" bien que "le dispositif de contrôle automatique" à la sortie de la centrale ait "détecté des traces de radioactivité", a expliqué une porte-parole d'EDF.

Le chargement, présentant "de très faibles traces de radioactivité artificielle", a tout de même été déchargé dans une carrière, avant d'être rapatrié mercredi matin vers la centrale, a-t-on précisé. "Aucune trace de radioactivité artificielle" n'a été relevée mercredi dans la carrière, située à Pérouges (Ain), après l'enlèvement des gravats, affirme EDF.

L'indicent a été classé au niveau 0 (sur 7) sur l'échelle INES (Échelle internationale des événements nucléaires) et "n'a eu aucune conséquence sanitaire [ni] environnementale", a affirmé le groupe.

WebRepÉvaluation globale 

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 13:58

EDF va doubler ses investissements dans les centrales nucléaires françaises

LEMONDE.FR avec AFP | 29.07.11 | 12h36 

 

EDF a engrangé au premier semestre 2011 un bénéfice en hausse de 54 %.

EDF a engrangé au premier semestre 2011 un bénéfice en hausse de 54 %.AFP/FRED DUFOUR

 

Le groupe EDF a présenté, vendredi 29 juillet, un plan stratégique sur 2011–2015, qui prévoit un doublement de ses investissements pour augmenter la durée de vie de ses centrales nucléaires en France et renforcer leur sûreté. "Le groupe réalise les investissements nécessaires à la bonne exploitation des centrales (nucléaires), à l'augmentation de capacité et à la prolongation de leur durée de fonctionnement au-delà de quarante ans, et intégrera les enseignements liés à Fukushima", détaille le groupe dans un communiqué.

"En 2010, en France, 1,7 milliard d'euros d'investissements ont été consacrés aux visites décennales, au programme de remplacement des gros composants et aux autres investissements liés à l'exploitation des centrales (contre 1,5 milliard d'euros en 2009)", précise le communiqué. Le plan stratégique prévoit que ce montant sera "estimé entre 3,4 et 3,6 milliards d'euros en 2015".

"C'est la logique et la philosophie du groupe : nos investissements sont destinés à gérer l'extension de la durée de vie des centrales à soixante ans", a commenté le PDG du groupe, Henri Proglio, au cours d'une conférence de présentation des résultats. L'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), dont c'est précisément l'une des missions, a récemment rallongé de dix ans la durée de vie de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), à condition qu'EDF y réalise certains travaux. Des "stress tests" doivent également être menés sur toutes les centrales françaises pour tenir compte des enseignements de la catastrophe nucléaire de Fukushima.

NIVEAU DE PRODUCTION "HISTORIQUE"

Pour l'heure, EDF a profité au cours du premier semestre d'un niveau de production "historique" de ses centrales nucléaires françaises et a revu à la hausse sa prévision de production nucléaire pour 2011. EDF vise désormais 411 à 418 térawattheures (TWh) sur l'année, contre 408 à 415 auparavant. En 2009, elle avait atteint son plus bas niveau depuis dix ans sous l'effet de pannes et de grèves.

Le plan stratégique 2011–2015 du groupe prévoit également un accroissement de ses effectifs de deux mille trois cents employés dans la production et l'ingénierie en France sur la période. EDF rappelle qu'il doit relever le "défi du renouvellement de 40 % de ses effectifs sur les cinq à dix prochaines années".
Au premier semestre, le groupe a enregistré un chiffre d'affaires quasi stable, à 33,5 milliards d'euros (-0,2 %).

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 15:18

 

Chris Huhne, ministre de l'Energie et du Changement climatique, en visite dans une centrale nucléaire à Edimbourg, en Ecosse, le 12 janvier 2011 (David Moir/Reuters).

(De Londres) Areva et EDF ont été étroitement associés à une campagne de communication visant à minimiser les risques de la catastrophe nucléaire au Japon. Plusieurs élus réclament la démission du ministre britannique de l'Energie et du Changement climatique.

Que le lobby pro-nucléaire ait ses entrées dans les ministères à Londres n'est pas vraiment une surprise. Mais l'enquête publiée vendredi 1er juillet par le Guardian révèle bien plus qu'une simple connivence.

Les échanges de mails entre hauts fonctionnaires et représentants des trois grands groupes du secteur (les Français Areva et EDF, l'Américain Westinghouse) décrivent un pouvoir politique entièrement à la solde des marchands de centrales nucléaires. Ces documents à usage interne ont été rendus publics en vertu de la loi sur la liberté de l'information, promulguée en 2000.

« Nous devons montrer que le nucléaire est sûr »

Dans un e-mail stupéfiant daté du 13 mars 2011, 48 heures seulement après le tremblement de terre et le tsunami au Japon, un membre non identifié du ministère du Commerce soumet un véritable plan de bataille aux multinationales de l'atome :

« Nous devons travailler ensemble et coordonner notre message. Il y a un vrai risque que cet événement puisse nuire à l'industrie à l'échelle mondiale.

Nous devons tout faire pour que les gars et les filles du mouvement antinucléaire ne marquent pas des points avec ça. Il nous faut occuper le terrain et tenir nos positions. Nous devons vraiment montrer que le nucléaire est sûr. »

« Il y a toujours un risque dans la vie »

Au moment où cette note est rédigée, tous les experts sont dans le brouillard le plus complet sur ce qui est en train de se passer à l'intérieur du réacteur de Fukushima. Deux nouvelles explosions vont avoir lieu dans les jours qui suivent. Mais rien n'ébranle les certitudes du zélé fonctionnaire :

« Il faut remettre les choses dans leur contexte. Les événements du Japon, bien qu'ils semblent dramatiques, font partie des procédures de sûreté. […] Ce qui se passe à l'intérieur du réacteur reste dans le réacteur. […] Les radiations émises sont sous contrôle. Le réacteur est protégé.

Il y a toujours un risque dans la vie – mais l'atténuation est tellement grande avec le nucléaire que le risque est minimal. C'est ce qui est démontré au Japon, en dépit du contexte extraordinaire auquel a dû faire face la centrale. »

Clouer le bec aux antinucléaires

Avec quatre mois de recul, les propos de cet éminent spécialiste du nucléaire au sein du gouvernement britannique apparaissent au mieux irresponsables, au pire criminels. Il semble bien moins soucieux des failles mises en lumière à Fukushima que de la préservation des intérêts d'une industrie juteuse.

L'obsession de son plan com, c'est de clouer le bec aux adversaires de l'atome :

« Les antinucléaires n'ont pas perdu de temps pour semer la confusion et faire des parallèles avec Tchernobyl. Il nous faut étouffer toutes les tentatives de comparer ça avec Tchernobyl, en s'appuyant sur des faits pour les discréditer. »

Le cynisme de tels propos n'aurait rien de choquant s'ils émanaient d'une cellule de crise mise en place par Areva. Mais le scandale vient du fait que c'est un représentant du pouvoir exécutif, censé jouer le rôle d'arbitre, au-dessus de la mêlée, qui prodigue ses conseils à l'une des équipes en jeu.

La correspondance révèle aussi l'aisance avec laquelle l'industrie nucléaire se permet de distribuer les bons et les mauvais points aux politiques. Le vice-premier ministre Nick Clegg est ainsi critiqué par Westinghouse pour avoir tenu des propos « inutiles et un peu prématurés » sur le coût des nouvelles centrales nucléaires que la société projette de construire en Grande-Bretagne.

EDF exploite quinze des dix-neuf réacteurs britanniques

Un représentant d'EDF – qui exploite quinze des dix-neuf réacteurs actuellement en service au Royaume-Uni – enjoint son correspondant au gouvernement de faire en sorte que les ministres ne diffèrent pas l'autorisation pour un nouveau site de stockage de déchets radioactifs dans le Suffolk.

Industrie et gouvernement sont à ce point « embedded » (traduction littérale : au lit avec) qu'ils organisent une table ronde conjointe, le 7 avril, pour élaborer « une stratégie de communication commune pour s'assurer que le public britannique a encore confiance en la sûreté des centrales nucléaires à la lumière des événements de Fukushima ».

Les révélations du Guardian sont d'autant plus éclairantes qu'elles interviennent quelques jours après le feu vert donné par le gouvernement à la construction de huit nouvelles centrales nucléaires. La décision a aussitôt été saluée avec enthousiasme par la Nuclear Industry Association, le lobby britannique des industriels de l'atome.

Plusieurs élus réclament aujourd'hui la démission du ministre de l'Energie et du Changement climatique, Chris Huhne, un libéral-démocrate fraîchement converti aux bienfaits du nucléaire. En 2007, il estimait encore que cette industrie n'avait aucun avenir. C'était avant qu'il ne décroche un maroquin au gouvernement.

Le Royaume-Uni, nouvel eldorado pour l'industrie nucléaire

« Ce serait désolant si le gouvernement avait tenté de minimiser l'impact de Fukushima », estime le député conservateur Zac Goldsmith, ancienne éminence grise de David Cameron sur les questions environnementales.

La seule élue verte au Parlement, Caroline Lucas, déplore que « même un accident nucléaire de grande ampleur ne parvienne pas à mettre un frein à l'obsession idéologique du gouvernement avec le nucléaire ».

Après Fukushima, l'opinion publique mondiale se montre de plus en plus méfiante à l'égard du nucléaire. 62% des personnes interrogées dans 24 pays par Ipsos-Mori sont opposées à ce type d'énergie. Plus d'un quart d'entre elles disent avoir changé d'avis à cause de la catastrophe japonaise.

L'Allemagne, la Suisse, l'Italie et la Thaïlande amorcent une sortie du nucléaire. A contre-courant, le Royaume-Uni est en train de devenir l'eldorado des marchands de centrales atomiques. Areva espère y fourguer son EPR.

Près de 20% de l'électricité est actuellement d'origine nucléaire dans le pays. Suivant la voie ouverte par Tony Blair en 2006, le gouvernement de coalition conservateur-libdem ambitionne de doubler la mise. On est encore loin du record français de 77%.

Photo : Chris Huhne, ministre de l'Energie et du Changement climatique, en visite dans une centrale nucléaire à Edimbourg, en Ecosse, le 12 janvier 2011 (David Moir/Reuters).

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