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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 17:38

 

 

Chaine humaine

antinucléaire

samedi 14 mars à 14h

 

 

TRICASTIN-MARCOULE-CADARACHE

 

 

Pour s'opposer à la construction du réacteur Astrid à Marcoule,

Réacteur dit de 4ième génération destiné à relancer la filière plutonium, la plus dangereuse qui soit. A la suite de Phénix et de Superphénix dont on connait le fiasco, le refroidissement d'Astrid serait assuré par le sodium liquide qui explose au contact de l'eau et s'enflamme à celui de l'air...

 

Pour appeler à l'arrêt du nucléaire civil et militaire.

Moins de gaz à effet de serre avec moins d'énergie nucléaire OUI, c'est possible OUI, pour une transition énergétique SANS NUCLEAIRE

 

Rejoignez nous, inscrivez vous- RENDEZ VOUS A L’ENTREE DE ST ETIENNE DES SORTS

Chaine humaine fléchée en centre ville (suivre RECH chaine humaine)

 

Des départs groupés sont prévus:

De Nîmes-12h30 au parking des 7 Collines:061533613/0670469148

D'Uzès A 12h parking du Refuge : 0626477771

D'Alès A 12h parking Point P (Matériaux) Montée de Silhol : 0466305686

Prévoyez gilets jaunes et pique-nique

CHANG Collectif Halte aux Nucléaires Gard

 

www.chainehumaine.fr www.facebook.com/chainehumaine.fr

 

 

 

 

 

 

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 17:30

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

Malgré les risques, le Japon s’obstine à vouloir rebrancher ses réacteurs nucléaires

10 mars 2015 | Par Frederic Ojardias

 

 

 

La totalité des réacteurs nucléaires du Japon est à l’arrêt depuis septembre 2013. Mais le gouvernement de Shinzo Abe veut à tout prix relancer ses centrales, au mépris des nombreux risques et des populations locales qui estiment que les leçons de Fukushima n’ont pas été retenues.

 

De notre correspondant en Corée du Sud.- Le 22 février 2015, une nouvelle fuite hautement radioactive est détectée sur la centrale dévastée de Fukushima. Une eau 70 fois plus radioactive que le reste du site se déverse dans l’océan. Une défaillance de plus sur ce champ de ruines nucléaires, théâtre d’un cauchemar qui n’en finit pas : 6 000 ouvriers soumis à de fortes radiations quotidiennes, un démantèlement dangereux qui devrait prendre 40 ans, et, selon Greenpeace Japon, 120 000 « réfugiés nucléaires » qui ne peuvent toujours pas rentrer chez eux.

L’opérateur Tepco (Tokyo Electric Power Company) utilise chaque jour 300 tonnes d’eau pour refroidir ce qui reste du cœur et des barres de combustibles fondues des trois réacteurs. 370 000 tonnes de ces eaux hautement contaminées sont entreposées dans plus d’un millier de citernes gigantesques, dont la fiabilité inquiète l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Chaque mois, des dizaines de nouveaux réservoirs sont construits. Les estimations du coût total de la catastrophe du 11 mars 2011 varient. En 2011, le gouvernement a avancé le chiffre de 257 milliards de dollars.

 

Les réservoirs installés par Tepco à Fukushima

Les réservoirs installés par Tepco à Fukushima © Reuters

 

Ce tableau apocalyptique ne semble pourtant pas dissuader le gouvernement du conservateur Shinzo Abe de vouloir reprendre dès cette année le chemin de l’atome. Depuis septembre 2013, le Japon est de facto non nucléaire : la totalité de ses 48 réacteurs en état de fonctionnement est à l’arrêt. Mais depuis fin 2014, les autorités de sûreté nucléaire ont donné leurs premiers feux verts pour la relance de quatre réacteurs : deux réacteurs de la centrale de Sendai, située sur l’île de Kyushu – dans le voisinage d’un volcan toujours actif – et deux réacteurs de la centrale de Takahama, dans la préfecture de Fukui.

Les sondages montrent pourtant de façon consistante qu’une majorité de Japonais s’opposent à une reprise du nucléaire. Plusieurs anciens premiers ministres ont tiré à boulets rouges sur l’entêtement atomique de Shinzo Abe. « Les centrales nucléaires sont des bombes à retardement », accuse par exemple Junichiro Koizumi (en fonction de 2001 à 2006). Dans un Japon soumis à de fréquents séismes et aux nombreux volcans actifs, « elles ne peuvent jamais être sûres ». Naoto Kan, premier ministre lors de l’accident de Fukushima, a déclaré lors d’une audition parlementaire en 2012 que le désastre avait failli provoquer l’évacuation de la capitale Tokyo et de ses 30 millions d’habitants, ce qui aurait provoqué « l’effondrement » de la nation. Naoto Kan en conclut que les conséquences d’un accident nucléaire sont « trop importantes » pour en accepter le risque.

« Ni le gouvernement, ni les compagnies d’électricité, n’ont tiré la moindre leçon de Fukushima », martèle Kazue Suzuki, de Greenpeace Japon. Une accusation reprise par bon nombre de gouverneurs locaux, opposés à la relance des centrales situées dans leur préfecture. Mais Shinzo Abe cherche à dédramatiser. En octobre dernier, pour dissiper les peurs et rassurer les consommateurs, il convoque les caméras pour déguster une tranche de poulpe pêché au large de Fukushima. Sa réélection sans réelle opposition le 14 décembre le conforte dans ses ambitions… soutenu par le très puissant lobby pro-atome, surnommé le « village nucléaire » (genshiryoku mura), constitué d’industriels, de politiciens, de bureaucrates et des dix puissantes compagnies d’électricité détentrices, chacune, d’un monopole régional.

Pourquoi une telle obstination ? Le premier argument avancé est économique. Avant la catastrophe de mars 2011, 28 % de l’électricité japonaise était nucléaire. Depuis l’arrêt des réacteurs, selon le ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie (METI), les factures d’électricité des particuliers ont bondi de 20 %. Celles des entreprises, de 30 %. « Le Japon gaspille 40 milliards de dollars par an pour importer du gaz, du charbon et de l’essence destinés à pallier l’arrêt du nucléaire. Cela représente 100 millions de dollars par jour ! » explique à Mediapart Nobua Tanaka, ancien directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et professeur à l’université de Tokyo. « Pour la réussite des Abenomics (la politique économique de Shinzo Abe - ndlr), il est urgent de mettre fin à ce gaspillage. »

Le Japon possède déjà une dette publique colossale, estimée à 230 % du PIB. Malgré la chute des prix du pétrole, l’archipel a affiché un déficit commercial record en 2014 : 97 milliards d’euros. Un déficit en hausse de 11,4 %, aggravé par l’augmentation des importations de gaz et de pétrole. Le Japon ne possède aucune ressource naturelle et ses importations d’énergie constituent un problème stratégique vital.

Relancer le nucléaire représente donc une solution très avantageuse et peu coûteuse à court terme. Les centrales sont déjà construites et déjà amorties. Leur personnel est qualifié et sait les exploiter. Un redémarrage (probable) des réacteurs les plus sûrs (la moitié environ) permettrait de retrouver les deux tiers de la production nucléaire pré-Fukushima.

 

Visées commerciales

Tokyo fait aussi de l’atome un enjeu de sécurité nationale. « Le Japon dépend lourdement des énergies fossiles venues du Moyen-Orient. C’est une région très instable : il y a la Syrie, le Yémen, l’organisation de l’État islamique. Le gaz et le pétrole sont importés via le détroit d’Ormuz. En cas de conflit, une grave crise économique aura lieu », s’alarme Nobuo Tanaka. Ce dernier défend un retour à 30 % de nucléaire dans le « mix énergétique » nippon, le raccordement aux réseaux électriques sud-coréens et russes pour échanger de l’électricité en cas d’urgence, et le développement de réacteurs nucléaires de 4e génération, plus sûrs. « Le Japon a été un modèle d’utilisation pacifique de l’énergie atomique. Pourquoi ne pas continuer ? »

Le lobby nucléaire assure, unanime, que les leçons de Fukushima ont été retenues. La réglementation a été revue. Les normes de sécurité ont été renforcées, notamment pour mieux résister aux catastrophes naturelles : murs antitsunamis plus élevés, installation de portes étanches, groupes électrogènes disséminés sur les sites pour assurer l’alimentation des systèmes de refroidissement en cas de black-out (cause du désastre à Fukushima). L’organisation de sûreté japonaise, autrefois un simple département ministériel, est devenue en septembre 2012 – comme c’est le cas en France – une agence en théorie indépendante du pouvoir politique et économique, même si ses cinq commissaires sont nommés par le gouvernement et le parlement. C’est cette autorité de régulation nucléaire (ARN) qui étudie à présent les nombreuses demandes de redémarrage des réacteurs.

Les experts pro-nucléaires estiment que ces nouvelles règles sont satisfaisantes. Est pris pour exemple le séisme de 2007 à Niigata : supérieur aux normes maximales prévues, il n’avait pas endommagé les réacteurs de la centrale voisine de Kashiwazaki, la plus grande du monde (même si une petite fuite radioactive avait été détectée). « Si les précautions avaient été suffisantes, la centrale de Fukushima aurait tenu », renchérit Nobuo Tanaka. « Il y a eu des erreurs humaines. Mais je ne pense pas que Tepco ni le gouvernement répéteront ces erreurs. »

Le village nucléaire a aussi des visées commerciales : les fabricants japonais de réacteurs, Toshiba, Hitachi et Mitsubishi (associé avec le français Areva dans la joint-venture ATMEA) deviendraient beaucoup moins crédibles sur les marchés étrangers si le Japon devenait non nucléaire…

Face à ce lobby se trouve une opposition disparate, qui peine à se rassembler et à se faire entendre politiquement. Elle ne manque pourtant pas d’arguments. « Le désastre de Fukushima montre qu’un accident peut toujours arriver. Mais les plans d’urgence mis au point par les gouvernements locaux ne sont pas suffisants. Les réacteurs restent vulnérables en cas de black-outs, qui peuvent être provoqués par un séisme, une éruption volcanique, des inondations… Une culture de la sécurité défaillante a été mise en évidence, mais je ne vois aucune amélioration. Je crains un nouveau désastre de l’ampleur de Fukushima », s’inquiète Kazue Suzuki, de Greenpeace.

Les problèmes qui s’accumulent sur le chantier de Fukushima sont brandis comme des épouvantails. Les solutions technologiques mises en place sont de plus en plus coûteuses et incertaines, comme cette construction d’un « mur de glace » souterrain de 30 mètres de profondeur, entourant les réacteurs et destiné à empêcher les eaux radioactives d’atteindre les nappes phréatiques. Sa mise en réfrigération est prévue pour mai. De façon surprenante, Tepco semble s’en sortir en toute impunité : l’opérateur prévoit des bénéfices en 2015, comme en 2014. Les procureurs de Tokyo ont annoncé fin janvier – en pleine crise des otages japonais de Daech – l’absence de poursuite contre ses dirigeants, faute de preuves.

 

 

Vidéo expliquant le principe de fonctionnement du mur de glace

 

L’opposition de la majorité de la population à l’atome ne se traduit pas politiquement : le nucléaire n’a pas du tout été un enjeu de l’élection de décembre. Les résistances plus farouches prennent place (sans surprise) dans les zones autour des centrales, dont les habitants refusent le risque de devenir à leur tour des réfugiés nucléaires. Le refus des autorités locales, peu satisfaites des feux verts distribués par les autorités de sûreté, constitue un point de blocage majeur, qui devrait encore faire traîner pendant des mois la relance des réacteurs.

L’argument du coût est central : pour les antinucléaires, le coût réel de l’énergie atomique est beaucoup plus élevé que les chiffres officiels, si les calculs prennent en compte les futurs démantèlements, le traitement des déchets, ou encore les subsides gouvernementaux donnés aux municipalités qui acceptent l’installation d’une centrale. Pour Kazue Suzuki, le coût de démantèlement d’une centrale, évalué par le METI entre 420 et 560 millions d’euros, est « énormément sous-estimé ».

Une proposition en septembre du gouvernement de garantir les prix de l’électricité nucléaire et de faire payer la différence avec son coût réel par le contribuable est accusée de constituer en pratique une forme de subvention pro-atome. Dans un éditorial accusateur, le quotidien Japan Times souligne qu’avec cette suggestion, « le gouvernement reconnaît en réalité que l’énergie nucléaire n’est plus une source d’énergie compétitive économiquement ».

 

Pressions des industriels

Les critiques font remarquer que cet entêtement du gouvernement à maintenir le cap nucléaire représente une immense opportunité gâchée : celle de changer radicalement de paradigme énergétique et de passer à des pratiques de production et de consommation écologiques et durables. Même privé de l’atome pendant plus d’un an, le Japon a réussi à éviter toute coupure d’électricité majeure. Un rapport de Greenpeace calcule que les efforts consentis par la population pour consommer moins ont permis une réduction de la demande d’électricité équivalente à la production de 13 réacteurs nucléaires par an ! « Il y a encore énormément de place pour des économies d’énergie et une meilleure efficacité », confie Kazue Suzuki. « En particulier en ce qui concerne l’isolation des maisons, des bâtiments publics et des entreprises. 55 % des foyers japonais étaient considérés comme mal isolés en 2011, et je soupçonne qu’il n’y a eu aucune amélioration depuis. »

Deux ans seulement après le désastre de Fukushima, le Japon avait réussi à doubler sa capacité de production d’énergie solaire. L’augmentation rapide de la quantité d’électricité produite par le renouvelable est désormais équivalente à trois réacteurs nucléaires par an. Les efforts gouvernementaux en faveur du renouvelable ont été stoppés net par le retour aux affaires de Shinzo Abe en septembre 2012. Qu’importe : ce sont désormais des « myriades » de communautés locales qui investissent dans des projets de « résilience » fondés sur des technologies renouvelables et de « distribution intelligente » (smartgrid), s’enthousiasme Andrew DeWit, professeur à l’École de politique publique de l’université Rikkyo.

Ce spécialiste de l’énergie met aussi en avant l’exemple de Komatsu : le géant japonais de la construction a mis en œuvre après Fukushima une politique agressive de réduction de sa consommation électrique, fondée sur l’énergie solaire, la biomasse, et des technologies permettant d’améliorer sa productivité. Avec des résultats spectaculaires : son usine modèle d’Awasu a réussi à réduire sa demande en électricité de 92 %. « Quelque chose de très profond est à l’œuvre au sein de la société japonaise », explique à Mediapart le chercheur. « Pour le Japon, un modèle énergétique [fondé sur le nucléaire] comme en France n’est plus vraiment envisageable. Ce paradigme est terminé. »

Greenpeace de son côté relève que, depuis 2012, 680 000 nouvelles petites unités de production individuelle d’énergie, notamment solaires, ont été installées, dont 530 000 rien que chez les particuliers. « Chaque mois, 23 000 foyers se transforment en microcentrales d’électricité solaire », se félicite l’ONG, qui conclut : « Cela montre que le Japon peut réussir à obtenir 43 % de son électricité via le renouvelable d’ici 2020. »

Un rapport du prestigieux MIT rappelle que, de façon ironique, les entreprises japonaises avaient effectué des progrès considérables dans la production d’énergie solaire dans les années 1990… mais qu’à partir des années 2000, « ces percées impressionnantes dans le photovoltaïque ont été ignorées parce que les puissantes compagnies d’électricité ont fait pression de tout leur poids politique pour favoriser l’énergie nucléaire. En dépit de la hausse de la demande pour le solaire et des fortes réticences de l’opinion face au nucléaire, le même phénomène pourrait se reproduire ».

 

La méga-usine solaire sur l'île de Kyushu
La méga-usine solaire sur l'île de Kyushu © Reuters

 

En septembre, plusieurs compagnies régionales d’électricité ont ainsi annoncé qu’elles cesseraient d’acheter davantage d’électricité solaire – une catastrophe pour les nombreuses entreprises privées qui ont investi dans des installations photovoltaïques parfois gigantesques (par exemple sur l'île de Kyushu). Mais elles continuent de réclamer l’autorisation de relancer leurs réacteurs. Dans la préfecture de Aomori, J-power a suspendu la construction d’une centrale éolienne tout en redémarrant le chantier du réacteur MOX d’Oma.

En 2016 est cependant attendu un tremblement de terre (figuré, celui-là) qui soulève énormément d’espoirs chez les militants anti-atome : l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence. Cette libéralisation devrait mettre fin aux dix monopoles électriques régionaux. « Dans ces nouvelles conditions, l’industrie nucléaire ne pourra pas survivre sans le soutien et les subventions du gouvernement. Car l’énergie nucléaire n’est pas bon marché, elle n’est pas compétitive », se réjouit Kazue Suzuki. « Je suis enthousiaste à l’idée de cette libéralisation. Je vis dans la région du Kanto, ce qui m’oblige à acheter mon électricité à Tepco. Je veux vraiment changer de fournisseur. J’espère fortement que les gens choisiront eux aussi des sources d’énergie qui ne détruisent pas l’environnement. »

Le « village nucléaire » japonais n’a cependant pas dit son dernier mot et cherchera sans doute à minimiser les effets de cette ouverture des marchés. La lutte entre tenants et opposants au nucléaire au Japon ne fait que commencer.

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 21:30

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-claude-meyer

 

Manifestation pour la fermeture immédiate de la centrale nucléaire de Fessenheim

08 mars 2015 | Par Jean-Claude Meyer

 

 

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Près de 300 manifestants et activistes anti-nucléaires -dont un grand nombre d’allemands- ont défilé en début d’après-midi dans les rues de Strasbourg pour réclamer la fermeture définitive de la centrale de Fessenheim, à l’arrêt depuis une semaine.

Il suffirait de ne pas redémarrer les deux réacteurs actuellement à l’arrêt.

http://la-feuille-de-chou.fr/archives/78068

 

 

 

Manifestation pour la fermeture immédiate de Fessenheim

7 mars 2015 Laisser un commentaire Par Durga

 

 

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Près de 300 manifestants et activistes anti-nucléaires -dont un grand nombre d’allemands- ont défilé en début d’après-midi dans les rues de Strasbourg pour réclamer la fermeture définitive de la centrale de Fessenheim, à l’arrêt depuis une semaine.

Il suffirait de ne pas redémarrer les deux réacteurs actuellement à l’arrêt.

Diaporama
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Suite de l'article sur la-feuille-de-chou

 

 

Source : http://la-feuille-de-chou.fr

 

 

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 20:23

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Areva : l’addition hors de prix des errements des nucléocrates

05 mars 2015 | Par martine orange

 

 

 

Le groupe nucléaire a annoncé 4,8 milliards d’euros de pertes en 2014. Un plan de restructuration, assorti de milliers de suppression d’emplois, est prévu pour sortir Areva de la faillite. Ce bilan est la chronique d’un naufrage annoncé de longue date. Osera-t-on pour une fois demander des comptes aux vrais responsables de ce désastre ?

 

D’une certaine façon, Areva est mort. Treize ans après sa création, le groupe nucléaire vient de se fracasser sur les écueils de ses erreurs et de ses pertes. Même s’il survit, même s’il conserve son nom et une partie de ses activités, le groupe ne sera jamais plus comme avant. L’annonce de 4,8 milliards d’euros de pertes, annoncées mercredi 4 mars – qui viennent s’ajouter aux 500 millions d’euros perdus en 2013, aux 2,4 milliards d’euros perdus en 2011 –, tire un trait définitif sur ses ambitions de devenir l’acteur incontournable du nucléaire dans le monde.

En dépit d’éditoriaux consternés, ce désastre industriel et financier n’est une surprise que pour ceux qui ne voulaient pas voir. L’histoire d’Areva tient de la chronique d’une catastrophe annoncée. Ce n’est pas la catastrophe de Fukushima, suivie par un nouveau grand hiver nucléaire qui est à l’origine des déboires d’Areva. Ce retournement de cycle n’a fait que mettre en exergue des problèmes internes antérieurs.

 

Philippe Knoche, président d'Areva

Philippe Knoche, président d'Areva © Reuters

 

Depuis 2007, Areva ne dégageait plus de cash-flow opérationnel positif. En d’autres termes, le groupe, détenu à 87 % par le CEA et l’État, ne cessait de consommer de l’argent pour poursuivre son activité. Dès 2009, tous les signaux de graves dérapages tant industriels que financiers et stratégiques s’accumulaient. Mais de l’Élysée à Bercy en passant par le conseil de surveillance ou les commissaires aux comptes, tous, jouant de leur complicité de corps – des finances ou des mines –, de l’entregent politique, ont préféré fermer les yeux.

Dès cette période, les personnes connaissant le dossier ne se faisaient plus d’illusion : l’EPR, le nouveau réacteur nucléaire censé être au cœur de la stratégie d’Areva, était en train de tourner au fiasco (voir notre article EPR : enquête sur un fiasco industriel). Il n’y avait pas seulement le chantier finlandais dOlkiluoto, qui avait pour alibi d’être un prototype, qui posait problème. Mais Areva rencontrait aussi des difficultés sur le chantier de Flamanville et dans une moindre mesure en Chine.

Tous ces problèmes, longtemps cachés sous le tapis, finissent par ressortir aujourd’hui dans les comptes. Le groupe a comptabilisé pour 1,4 milliard d’euros de dépréciations sur ses actifs nucléaires et plus d’un milliard de pertes pour la terminaison de ces trois chantiers EPR. Le chantier finlandais, à lui seul, coûte 720 millions d’euros de pertes supplémentaires en 2014. L’addition finlandaise s’élève déjà à plus de 8 milliards d’euros, alors que le projet avait été vendu à 3,5 milliards. Et ce n’est pas fini. L’EPR ne devrait être livré qu’en 2018. « Chaque année de retard coûte 400 millions d’euros à Areva », explique un ancien salarié du groupe.

Sans atteindre de telles proportions, le chantier de Flamanville prend lui aussi des allures inquiétantes. De report en report, l’EPR, qui devait démarrer en 2012, ne devrait désormais entrer en service qu’en 2017. Le coût du chantier dépasse les 8,5 milliards d’euros, trois fois plus que celui qui était prévu à l’origine. Le prix du mégawattheure (MWh), estimé au départ autour de 46 euros, dépasse désormais les 116 euros. « L’EPR, tel qu’il est conçu actuellement, ne sera jamais rentable », confie un connaisseur du dossier.

La volonté de cultiver une indépendance ombrageuse, soigneusement mise en scène par l’ancienne présidente du groupe, Anne Lauvergeon, à coups de communication tapageuse, de bagarres et de complots médiatisés, l’implication d’un management qui avait tout couvert, le silence politique entretenu autour « d’une des vitrines technologiques françaises », ont empêché pendant longtemps de prendre la mesure des difficultés. Ce n’est qu’à partir de 2013, une fois que les relations entre Areva et son principal client EDF ont trouvé à s’apaiser, que les deux groupes ont commencé à retravailler ensemble et reprendre le dossier EPR depuis le début. Combien de millions voire de milliards perdus pour la défense de prés carrés, ou le ménagement des égos ?

Pendant ce temps, Areva s’est épuisé financièrement à donner le change. Tous les expédients ont été utilisés pour masquer la situation réelle. À partir de 2008, le groupe a dû céder quelque 7 milliards d’actifs pour tenter de se renflouer. En vain. En 2013, il a liquidé une partie de ses stocks stratégiques, vendant 42 % de plus d’uranium qu’en 2012, afin d’afficher un résultat à peu près présentable. Le tour de passe-passe n’a pu être réitéré en 2014. À la suite de nouvelles dépréciations d’actifs de ces sites miniers, notamment ceux liés au scandale d’Uramin, le résultat opérationnel du pôle minier affiche un déficit opérationnel de 73 millions d’euros contre un bénéfice de 499 millions en 2013. C’était la seule activité profitable du groupe jusqu’alors.

Car c’est l’autre catastrophe d’Areva. Non seulement son projet phare a tourné au désastre, mais toutes ses autres activités, celles qui étaient censées justifier la constitution d’un groupe intégré de l’amont (les mines) vers l’aval (le retraitement des déchets nucléaires), et donner une assise financière au groupe et le protéger en cas de retournement de cycle, rencontrent des difficultés. Pour certaines, comme le retraitement des déchets, la mauvaise passe n’est peut-être que conjoncturelle. Pour d’autres, la situation semble beaucoup plus compliquée.

Pas de solution rapide pour le redressement

 

Anne Lauvergeon, Henri Proglio, François Fillon sur le chantier EPR de Flamanville en juillet 2010

Anne Lauvergeon, Henri Proglio, François Fillon sur le chantier EPR de Flamanville en juillet 2010 © Reuters

 

Le cas le plus critique semble être celui des énergies renouvelables du groupe. Là encore, l’examen des chiffres donnait l’alerte depuis plusieurs années. Au milieu des années 2000, Anne Lauvergeon avait décidé de repeindre Areva en vert et de le présenter comme le groupe spécialisé dans les énergies sans CO2. Le groupe avait alors dépensé des centaines de millions pour acquérir des sociétés spécialisées dans les énergies renouvelables, notamment dans l’éolien en mer et le solaire.

La tentative de diversification est un échec. L’activité, qui réalise un chiffre d’affaires médiocre (à peine 50 millions d’euros par an), accumule perte sur perte. L’an dernier, le déficit s’est élevé à 1,5 milliard d’euros. Plus de 770 millions de dépréciations et provisions sont passés dans les comptes 2014 pour les énergies renouvelables. La nouvelle direction, emmenée par Philippe Knoche, paraît tirer un trait sur l’expérience. Elle a classé toute l’activité dans les actifs à céder. « Areva peut peut-être conserver une partie de son activité dans le solaire. Le groupe a développé avec le Leti (un des centres de recherches du CEA) des technologies tout à fait intéressantes mais qui ne sont pas encore industrialisées. En revanche, il n’y a aucun espoir dans l’éolien marin. Tous les groupes s’y sont cassé les dents. Iberdrola (électricien espagnol), qui avait beaucoup misé sur ce développement, est en train de se retirer. On s’aperçoit que l’éolien marin est très difficile à mettre en œuvre, coûte très cher à exploiter et à entretenir. Le vrai coût du mégawattheure tourne autour de 200 euros », affirme un expert.

Ce retrait des énergies renouvelables, acté dans les comptes mais pas encore dans le discours officiel, peut mettre un terme à une source de pertes mais ne suffira pas pour redresser le groupe. Areva affiche aujourd’hui des fonds propres négatifs de 262 millions d’euros et un endettement de 5,8 milliards d’euros. Alors que toutes les activités sont déficitaires, que peut faire la direction du groupe ?

Philippe Knoche, qui a pris la présidence du groupe au moment du décès de Luc Oursel en octobre, après avoir été notamment responsable du chantier finlandais et directeur de la stratégie, a annoncé une révision complète de la stratégie du groupe. Premier objectif : un plan d’économie d’un milliard d’euros, qui doit permettre au groupe de retrouver un cash-flow positif en 2017. Pour les observateurs, cela va nécessiter des remises en cause drastiques. « Quelles que soient les options choisies, il n’y a pas de solution rapide aux difficultés de l’entreprise », pointe un bon connaisseur du dossier.

La première mission de la direction consiste d’abord à concentrer tous ses efforts sur l’EPR et son savoir-faire nucléaire, à essayer de sauver ce qui peut l’être. Alors qu’Areva affichait dans le passé une volonté farouche de se tenir à distance de son grand client EDF, le groupe semble maintenant tout attendre de lui : qu’il aide à redessiner un réacteur plus économe, qu’il lui achète des EPR, voire qu’il le prenne sous son aile. L’État semble assez tenté par cette dernière solution, qui lui éviterait de mettre la main à la poche pour recapitaliser le groupe. « Il faut une convergence entre Areva et EDF (…). Ce peut être une plus grande coopération industrielle, ou aller jusqu'à un rapprochement, y compris capitalistique », explique le ministre de l’économie, Emmanuel Macron dans un entretien au Figaro.

Depuis fin 2013, les ingénieurs d’Areva et d’EDF ont recommencé à travailler ensemble. Ils sont en train de reprendre toute la conception de l’EPR, pour essayer de le produire 20 à 25 % moins cher. D’autres équipes regardent s’il est possible de repartir de la dernière génération des réacteurs exploités par EDF pour améliorer et élaborer une nouvelle génération beaucoup moins chère et moins complexe que l’EPR. « Autant il y a une logique de rapprocher les équipes d’ingénierie des deux groupes, autant transformer Areva en une filiale d’EDF serait une erreur. Le modèle intégré de Tepco (électricien japonais - ndlr) ne fonctionne pas avec EDF. Je comprends que cela arrangerait l’État. Mais cette solution comporterait plus d’inconvénients que d’avantages », assure un connaisseur du dossier.

Un discours qui est repris au sein d’EDF. L’électricien public n’a aucune envie de devenir le comptable de l’avenir d’Areva. « L’intérêt d’EDF n’est pas de prendre le contrôle d’Areva. D’abord, EDF n’a pas des moyens illimités. De plus, sa stratégie est plutôt de se développer dans les énergies renouvelables et de prolonger la vie des réacteurs existants. Ce qui est une solution beaucoup plus rentable et économe que d’acheter des EPR », souligne un responsable du groupe public.

Le seul autre domaine où les deux groupes se voient bien travailler sans problème, c’est dans la coopération internationale. L’échec du contrat nucléaire à Abou Dhabi en 2009, sur lequel EDF et Areva s’étaient présentés en ordre dispersé, a laissé un souvenir cuisant. Les deux groupes ont admis qu’ils ne pouvaient se payer le luxe de se livrer des guerres franco-françaises à l’étranger. Ils semblent même prêts à enrôler des tiers dans ces grands projets internationaux, les deux groupes estimant qu’il leur faut des alliés pour porter le savoir-faire nucléaire français à l’étranger face à la concurrence des Chinois, des Russes, des Coréens et des Américains. Une alliance avec la Chine, avec laquelle la France travaille depuis 1980, est vivement souhaitée.

La nomination de Philippe Varin, à la fois administrateur d’EDF et président du conseil d’Areva, est censée illustrer cette nouvelle voie. La mission de l’ancien président de PSA n’est pas seulement de faire la liaison entre les anciens frères ennemis du nucléaire français, mais aussi d’ouvrir les portes de la Chine. Le pouvoir politique et la haute administration lui attribuent de grandes connaissances en ce domaine : alors qu’il dirigeait le constructeur automobile, c’est lui qui a négocié le rapprochement entre PSA et le constructeur Dongfeng. En haut lieu, on aimerait bien le voir réitérer une opération un peu semblable avec Areva.

La direction du groupe, dans ses premières déclarations sur ses révisions stratégiques, insiste sur ce développement stratégique avec la Chine. « Les Chinois étaient venus proposer cette coopération en 2010. Ils l’ont reproposée en 2012. Mais ni Sarkozy ni Hollande n’ont donné suite. Nous avons perdu quatre ans. Mais maintenant sont-ils toujours partants ? » se demande un observateur. « Le bon partenaire, ce serait la Russie », poursuit-il. « Rosatom (groupe public nucléaire russe - ndlr) remporte de nombreux contrats à l’étranger avec des technologies moins sophistiquées que les nôtres. Mais il a des problèmes d’industrialisation, d’exploitation. EDF et Areva pourraient lui apporter leurs compétences. Mais est-on prêt politiquement à franchir le pas ? » Poser la question est aujourd’hui y répondre.

Impunité

 

Mine d'uranium d'Areva au Niger

Mine d'uranium d'Areva au Niger © Reuters

 

En parallèle, de profondes réorganisations internes s’annoncent. Si le secteur aval du groupe (retraitement des déchets) semble intouchable, compte tenu de ses implications stratégiques de sécurité, tout le reste paraît négociable. La filialisation de son secteur minier notamment revient en force. L’idée avait été évoquée dès 2009, alors qu’Areva connaissait sa première crise de financement. Elle avait été repoussée avec la dernière des énergies par Anne Lauvergeon. Totalement asphyxié financièrement, le groupe n’a plus les moyens de s’y opposer aujourd’hui. Même si cette solution aisée peut participer à renflouer le groupe, elle est lourde de conséquences. Non seulement Areva perdrait partiellement une de ses seules sources assurées de profit, mais elle signifierait que le grand projet d’intégration, qui a porté à la création du groupe en 2001, est mort : l’ex-Cogema reprendrait son indépendance.

Certaines implantations industrielles, certaines fabrications risquent aussi d’être menacées. Mais pour l’instant, tout est flou. Le gouvernement lui-même dit attendre le plan de réorganisation du groupe. « Il faudra voir ce qu’il adviendra au niveau politique », relève un proche du pouvoir. Car de nombreux élus sont concernés. Areva a des installations de fabrication de turbines dans le fief de Jean-Marc Ayrault, des sites pour les éoliennes en Bretagne, si chère à Jean-Yves Le Drian, des usines de chaudronnerie en Saône-et-Loire, le département d’Arnaud Montebourg, toute une partie de son activité de retraitement à La Hague, bastion de Bernard Cazeneuve, etc. Tout cela augure de nombreuses interventions, d’arbitrages politiques au plus haut niveau.

Les salariés d’Areva, eux, sont sans illusion. Ils savent déjà qu’ils vont payer au prix fort les erreurs passées. Des chiffres circulent : 2 000, 3 000 voire 4 000 emplois pourraient être supprimés dans le groupe. Pour l’instant, ils sont sans fondement : tout dépendra de la façon dont la réorganisation est mise en œuvre, si des activités sont complètement cédées ou non, si des sites sont fermés ou si la direction préfère des réductions un peu partout.

Cette dernière a promis aux salariés et au gouvernement de mener un dialogue social exemplaire. Certains caressent l’espoir qu’Areva mette en œuvre un plan de départs volontaires, comparable à celui d’Air France. Une solution coûteuse mais qui a le mérite de ne pas créer trop de remous sociaux.

Car tous redoutent la réaction des syndicats du groupe. « C’est une des raisons pour lesquelles Emmanuel Macron n’a pas annoncé le montant de la recapitalisation que pourrait apporter l’État à Areva. D’abord, il est encore trop tôt pour évaluer les besoins réels du groupe, car tout dépend de son plan de restructuration. Mais cela lui permet aussi de faire pression sur les syndicats et les inciter à faire des compromis », explique un proche du pouvoir.

 

 

Du côté des syndicats, l’heure est aux demandes d’explications, tout en faisant les comptes. Tous refusent que les salariés soient les seuls sacrifiés des errements passés. « Aucun salarié des établissements Areva n’est responsable de la débâcle ou de la dette du groupe », tonne la CGT du groupe dans un tract distribué le 4 mars. Avant de pointer les responsabilités : « Cette situation est aussi due à l’absence totale de vision à long terme et au désengagement de l’État depuis une quinzaine d’années. L’État a laissé aux marchés et aux égos démesurés de nos dirigeants, qu’ils soient d’EDF, d’Areva ou du CEA, faire la pluie et le beau temps sur la filière électronucléaire », accuse le syndicat.

Même si tout est mis en œuvre au plus haut niveau pour éviter le sujet, l’État et la haute administration ne peuvent éluder leurs responsabilités. L’aventure d’Areva a coûté plus de huit milliards d’euros, soit les deux tiers du déficit du régime de retraite. Alors que ce déficit-là est jugé insupportable, que l’allongement du départ en retraite est à nouveau évoqué, dans le cas d’Areva, seuls les salariés devraient en payer le prix, avec les contribuables priés de renflouer le groupe nucléaire sans demander des comptes.

Car le naufrage d’Areva n’est pas seulement lié à un échec industriel. Il est aussi le fruit de graves dysfonctionnements, d’une chaîne de responsabilités que personne ne veut aujourd’hui assumer. La tentation est grande de faire porter tpus les torts à Anne Lauvergeon, adepte d’un pouvoir quasi monarchique. Sa responsabilitéest immense. Mais elle n'est pas la seule. Il existe des règles et des procédures qui permettent normalement d’éviter les dérives d’un management, sans parler des multiples avertissements lancés jusqu’au sommet de l’État à partir de 2008.

L’étonnant silence de certains, qui avaient les moyens d’arrêter ce désastre, pose question. Pourquoi Jean-Cyril Spinetta, président du conseil de surveillance de 2007 à 2012, époque où tout s’est noué, a-t-il tout avalisé ? Qu’ont fait les administrateurs du CEA, principal actionnaire d’Areva, pendant tout ce temps ? Comment expliquer que Bruno Bézard, aujourd’hui directeur du trésor, n’ait rien vu ni anticipé alors qu’il a été administrateur du groupe, siégeant au comité stratégique et des comptes, de 2001 à 2010 ? À quoi a servi le rapport d’expertise de René Ricol, si ce n’est donner un blanc-seing à la direction et au conseil, alors que toutes les dérives étaient déjà en cours ? Pourquoi la Cour des comptes s’est-elle réveillée si tard, et n’a commencé à expertiser les comptes d’Areva qu’en 2013 ? On pourrait ajouter à cette longue chaîne de responsabilités le silence des commissaires aux comptes ou l’aveuglement de l’autorité des marchés financiers.

« Ce serait une première en France si on osait mettre en cause la responsabilité des dirigeants et de la haute fonction publique », remarque un observateur. Oui, ce serait une première. Mais huit milliards d'euros de pertes justifient, en ces temps d'austérité, de demander quelques explications. À moins d'estimer que certains doivent bénéficier d'une impunité de principe, quels que soient les dérives et les gaspillages industriels et financiers, quelles qu'aient été leurs actions.

 

Lire aussi

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 16:25


Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

Dans la centrale nucléaire de Fessenheim, des incidents à répétition

Le Monde.fr | 02.03.2015 à 15h35 • Mis à jour le 02.03.2015 à 15h58 | Par Pierre Le Hir

 

 

 

La fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) est officiellement prévue avant 2017.

 

Coup sur coup, les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) ont été mis à l'arrêt. Pour des raisons bien différentes. Le réacteur 2 a été stoppé dans la nuit du vendredi 27 au samedi 28 février, indique EDF, dans le cadre d'un arrêt programmé destiné au remplacement d'un tiers du combustible nucléaire, ainsi qu'à la réalisation « de nombreuses activités de contrôle et de maintenance dans les parties nucléaires et non nucléaires des installations ». Cette intervention est prévue sur « plusieurs semaines », la durée moyenne d'un arrêt pour rechargement et maintenance étant de l'ordre d'un mois.

Le réacteur 1, lui, a été stoppé à la suite de la découverte par les équipes du site, le 28 février vers 19 heures, d'un « défaut d'étanchéité sur une tuyauterie située en aval du condenseur, dans la salle des machines, hors zone nucléaire ». Sur son site Internet, EDF assure que cette fuite « n'a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, l'environnement et la sécurité du personnel ».

Interrogé, l'électricien qualifie de « tout à fait bénin » cet incident et précise que les réparations étaient en cours lundi 1er mars, en vue d'un redémarrage rapide. Lundi, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) indiquait que l'événement était en cours d'examen et que, n'ayant pas eu d'impact sur la sûreté, il ne donnerait vraisemblablement pas lieu à une déclaration d'incident.

 

« ACCUMULATION DE PROBLÈMES »

Tel n'est pas l'avis de l'association Stop Fessenheim. « Depuis un an, les incidents – fuites, vannes mal positionnées ou erreurs humaines se multiplient, dénonce son porte-parole, André Hatz. Ce nouvel arrêt prouve une fois de plus que cette centrale fait l'objet d'un acharnement thérapeutique, alors qu'elle est en fin de vie. Il y a une accumulation de problèmes qui devient réellement inquiétante. »

 

En avril 2014, déjà, le réacteur 1 de Fessenheim avait été arrêté plusieurs semaines, en raison d'une fuite dans une tuyauterie d'alimentation en eau. Quelques jours plus tard, le réacteur 2 avait lui aussi été stoppé, à la suite de la fermeture intempestive d'une soupape de vapeur. Dans les deux cas, les parties nucléaires de la centrale n'étaient pas concernées.

 

300 MILLIONS D'EUROS DE TRAVAUX DE MODERNISATION

En tout état de cause, ces incidents à répétition font tache, sur un site nucléaire où EDF a investi ces dernières années quelque 300 millions d'euros en travaux de modernisation, dont le remplacement des générateurs de vapeur. A l'issue de leur troisième visite décennale, les deux unités, de 900 mégawatts (MW) chacune, de la centrale – la plus ancienne de France, mise en service en 1977 – ont été autorisées par l'ASN, respectivement en juillet 2011 et en avril 2013, à fonctionner pendant dix années supplémentaires, moyennant une série de prescriptions. En particulier, le renforcement de leur radier, le socle en béton destiné à confiner les matériaux radioactifs en cas de fusion du cœur.

EDF indique que 100 % des interventions demandées par l'Autorité de sûreté ont été réalisés sur la tranche 1, et 88 % sur la tranche 2, les autres devant l'être en 2015. Restent toutefois à achever les travaux imposés à toutes les centrales françaises après l'accident de la centrale japonaise de Fukushima, le 11 mars 2011, en particulier la mise en place d'un « noyau dur » préservant les fonctions vitales des réacteurs en cas d'accident majeur. Le 18 février, le directeur du site alsacien, Thierry Rosso, déclarait qu'à l'égard des prescriptions post-Fukushima, Fessenheim « était en avance sur le reste du parc nucléaire français ».

Lire le décryptage : Pourquoi la centrale nucléaire de Fessenheim est-elle ciblée ?

 

LA MISE À LA RETRAITE EN QUESTION

Pour les antinucléaires, la mise à la retraite de la doyenne des centrales françaises, située en zone sismique et exposée au risque d'inondation, du fait de sa position à 8 mètres en contrebas du Grand Canal d'Alsace, est plus que jamais à l'ordre du jour. François Hollande s'était engagé, lors de la campagne pour l'élection présidentielle, à la fermer fin 2016. Une promesse plusieurs fois réitérée depuis son élection.

Jusqu'à ces derniers mois, le scénario était celui d'un plafonnement du parc nucléaire hexagonal à sa puissance actuelle de 63,2 gigawatts (GW). Ce qui obligeait, en vue de la mise en service, prévue en 2017, de l'EPR de Flamanville (Manche), de 1 650 MW, à fermer deux tranches nucléaires de 900 MW. Mais, récemment, la ministre de l'écologie, Ségolène Royal, a laissé entendre que ce couperet pourrait toucher d'autres unités que les deux réacteurs alsaciens.

En outre, la loi de transition énergétique, telle que les sénateurs s'apprêtent à la voter mardi, a relevé le plafond de la puissance du parc à 64,85 GW. Ce qui, si les députés ne reviennent pas au plafond initial lors de la suite de l'examen du projet de loi, permettrait d'ouvrir Flamanville sans fermer Fessenheim ni aucun autre des 58 réacteurs actuels.

Lire : Transition énergétique : comment le Sénat a changé la loi

Stop Fessenheim voit en tout cas, dans le fait que, depuis samedi soir, « l'Alsace reste alimentée en électricité » malgré l'indisponibilité complète des deux réacteurs du Haut-Rhin, la preuve que « la France peut très bien se passer de Fessenheim ».

 


Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 22:18

 

Source : http://journaldelenergie.com

 

 

Surgénérateur : le passé comme seul avenir ?

Par Martin Leers - le 26 février 2015 à 16:48

 

 

 

Pour le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), l’avenir énergétique du pays passe par un réacteur nucléaire alimenté au plutonium et refroidi par un métal liquide (le sodium), qui explose au contact de l’eau et s’enflamme au contact de l’air : le projet ASTRID, prototype d’une filière de réacteurs dits « surgénérateurs ». Technologie des années 1950, le surgénérateur est mondialement connu pour ses défaillances et ses surcoûts, illustrés en France par le réacteur Superphénix abandonné en 1997 et dont le coût a été estimé à douze milliards d’euros, hors démantèlement, par la Cour des comptes[1]. Les trois derniers présidents de la République ont pourtant décidé le financement d’un nouveau surgénérateur très controversé. Prise à l’écart de tout débat démocratique sur la politique énergétique, comme cela avait été le cas pour Superphénix, cette décision n’est pas sans risques pour la France.

Un article de Bernard Laponche[2] à partir de documents du CEA, de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) sur ce projet et publié récemment[3] par Global Chance fait le point sur la dangerosité d’ASTRID, l’inachèvement du projet et son coût exorbitant. En voici la synthèse.

 

 

La combinaison du combustible fortement chargé en plutonium et du sodium fait d’ASTRID une machine particulièrement dangereuse. Le plutonium est un élément radioactif très toxique. Tout ce qui touche à l’industrie du combustible au plutonium est par conséquent à haut risque : extraction du plutonium par le retraitement, transport du plutonium et des combustibles neufs ou irradiés, fabrication des combustibles et gestion des déchets radioactifs. Par ailleurs, le plutonium est le matériau de choix pour la réalisation d’armes nucléaires. C’est pour cette raison que les espoirs de vente d’un réacteur au plutonium à l’étranger sont quasiment nuls, la communauté internationale s’y opposerait de facto.

 

D’autre part la technologie du surgénérateur ne laisse pas de droit à l’erreur. Un défaut de refroidissement du réacteur peut se traduire par une augmentation de réactivité et donc de puissance. Si, pour une raison quelconque (secousse sismique par exemple) les assemblages combustibles se rapprochaient les uns des autres ou si, à la suite d’une fusion partielle, les combustibles se rassemblaient dans une région du cœur, la formation de masses critiques conduisant à une accélération de la réaction en chaîne (excursion nucléaire) et libérant une grande quantité d’énergie sous forme explosive est envisageable. Un tel accident conduirait, en cas de rupture de l’enceinte de confinement, à la diffusion d’aérosols de plutonium hautement toxiques dans l’atmosphère.

 

 

Alors que le prototype ASTRID devrait selon son cahier des charges présenter une sûreté améliorée par rapport au réacteur EPR, la liste des demandes de l’ASN à prendre en compte pour la poursuite du projet en dit long sur le caractère flou d’ASTRID. Dans un courrier[4] daté d’avril 2014, le directeur de l’ASN annonçait à l’administrateur du CEA : « Au stade actuel de définition des orientations, le caractère synthétique et préliminaire des informations transmises ne me permet pas de prendre une position complète et définitive concernant la sûreté de votre projet ». Et cela ne concerne que le prototype de réacteur et non les industries et activités liées au combustible, dont on ignore tout.

 

Autre point gênant, le CEA ne mentionne pas la présence d’une enceinte de confinement autour du réacteur dans son document de présentation d’ASTRID. « Il manque principalement dans la monographie du CEA la description de l’enceinte de confinement et sa conception pour éviter toute sortie de produits radioactifs » remarque le Groupement de Scientifiques sur l’Information Nucléaire (GSIEN)[5].

 

 

Au stade d’avant-projet, ce projet de réacteur de 600 MWe[6] est déjà doté d’un budget dépassant les 600 millions d’euros, argent public issu du programme des investissements d’avenir[7]. Les informations fournies par le CEA sur le coût total de la filière des surgénérateurs sont laconiques. Rien n’est dit sur le coût d’ASTRID et de celui de la chaîne du combustible qui en est le complément indispensable et donc, in fine, sur le coût du kWh que produirait un tel réacteur. Une seule certitude pour le CEA : les réacteurs issus du prototype ASTRID coûteraient beaucoup plus cher qu’un réacteur classique. Le promoteur du réacteur estime « un surcoût de 30% de l’investissement pour un RNR[8], par rapport à un réacteur à eau classique, tout en notant les très fortes incertitudes sur cette valeur »[9]. Le coût du kWh se situerait, en ne prenant en compte que le réacteur, et en fonction des connaissances actuelles sur le coût d’investissement de l’EPR, à environ 150 € par MWh, ce qui est totalement rédhibitoire. Et ces calculs ne tiennent pas compte des coûts supplémentaires des usines dédiées au combustible d’ASTRID. On arrive alors à des estimations encore plus élevées du coût du kWh.

 

 

L’argument mis en avant par les tenants des surgénérateurs est le remplacement du combustible à l’uranium par le combustible au plutonium pour économiser les ressources en uranium. Mais le désastre nucléaire de Fukushima, la concurrence des énergies renouvelables et du gaz, le déclin du nombre de réacteurs dans le monde et l’effondrement du cours de l’uranium ont considérablement diminué les tensions d’approvisionnement sur ce minerai.

 

De surcroît, le surgénérateur doit produire plus de combustible qu’il n’en consomme (il « surgénère » du plutonium). Pour que le réacteur accomplisse ce miracle, il faut extraire le plutonium produit en son sein et en faire un nouveau combustible. Mais les capacités techniques qui permettraient au réacteur de produire plus de plutonium qu’il n’en consomme n’existent pas aujourd’hui en France. Pour que la filière fonctionne il faudrait, outre la présence d’ASTRID, produire du plutonium en retraitant les combustibles irradiés des réacteurs existants puis, ensuite, extraire le plutonium du combustible irradié du réacteur surgénérateur lui-même, et enfin fabriquer le nouveau combustible afin d’alimenter le réacteur concerné. Une usine à gaz. Le raccourci de la présentation du surgénérateur comme la technique permettant l’utilisation « illimitée » de l’uranium masque la réalité et la complexité des opérations que cela implique et donc les coûts et les risques de l’ensemble des techniques à mettre en œuvre. Le CEA explique que ASTRID ne sera pas « surgénérateur » : « Bien que les centrales à neutrons rapides du futur puissent avoir vocation à être surgénératrices, ASTRID sera « isogénérateur » [10]. Ce qui veut dire que le réacteur produirait autant de plutonium qu’il en consommerait mais pas plus. La justification du choix technologique d’ASTRID s’en trouve dès lors amoindrie.

 

Les éléments fournis par le CEA ne font que confirmer le sentiment d’une filière à la fois dangereuse et extrêmement coûteuse. N’y a-t-il pas mieux à faire avec l’argent public ? Pourquoi les dirigeants s’obstinent-ils à soutenir un projet de réacteur dangereux et hors de prix porté par une poignée d’ingénieurs responsables de l’échec de Superphénix ?

 

 

Retrouvez l’analyse complète de Bernard Laponche sur le site de Global Chance :

ASTRID : une filière nucléaire à haut risque et coût exorbitant

 

 

[1] Les coûts de la filière électro nucléaire, Cour des comptes, 2012. https://www.ccomptes.fr/Publications/Publications/Les-couts-de-la-filiere-electro-nucleaire

[2] Bernard Laponche préside l’association qui édite le Journal de l’énergie.

[3] ASTRID : une filière nucléaire à haut risque et coût exorbitant, Bernard Laponche, février 2014. http://www.global-chance.org/ASTRID-une-filiere-nucleaire-a-haut-risque-et-cout-exorbitant

[4] Courrier ASN CODEP-DRC-2013-062807. http://www.asn.fr/content/download/91899/628478/version/2/file/2013-06-27-GPR-Position.pdf

[5] ASTRID : une filière nucléaire à haut risque et coût exorbitant, Bernard Laponche, février 2015 (p.15). http://www.global-chance.org/ASTRID-une-filiere-nucleaire-a-haut-risque-et-cout-exorbitant

[6] Puissance électrique du réacteur.

[7] Rapport relatif à la mise en œuvre et au suivi des investissements d’avenir, ministère des Finances, 2015.

http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/sites/performance_publique/files/farandole/ressources/2015/pap/pdf/jaunes/jaune2015_investissements_avenir.pdf

[8] RNR : réacteur à neutron rapide, technologie d’ASTRID.

[9] Les réacteurs nucléaires à caloporteur sodium, CEA, novembre 2014 (p.197). http://www.cea.fr/energie/les-reacteurs-nucleaires-a-caloporteur-sodium/projets-pour-le-futur

[10] Les réacteurs nucléaires à caloporteur sodium, CEA, novembre 2014 (p.190). http://www.cea.fr/energie/les-reacteurs-nucleaires-a-caloporteur-sodium/projets-pour-le-futur

 

Photo : Endless Stairs (Kuhn/Flickr/CC)

 

 

 

Source : http://journaldelenergie.com

 

 

 

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 17:59

 

Info reçue par mail

 

 

Appel à mobilisation du réseau SDN , relayé par la commission nationale pour les campagnes et actions.

Les cargaisons d’uranium acheminé en France via l’Allemagne mettent en moyenne 4 jours pour arriver à l’usine de Malvési (2 jours en Allemagne - 2 jours en France) et empruntent l’axe Woippy (Metz) – Dijon – Lyon - Miramas – Montpellier – Béziers - Narbonne et traversent les départements de : Moselle, Meurthe-et-Moselle, Haute-Marne, Côte d’Or, Saône-et-Loire (ou Ain selon le trajet emprunté), Rhône, Drôme, Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Gard, Hérault, Aude.

 

 

Barrons la route à l'uranium !

Convoi d'uranium en route pour Malvési

Appel à mobilisation tout au long du trajet


www.sortirdunucleaire.org/Convoi-d-uranium-pour-Malvesi-Appel-a

La totalité de l’uranium utilisé dans les centrales nucléaires françaises est importée de l’étranger et est acheminée en France par bateau. Si une partie de cet uranium - en provenance du Niger et du Canada - arrive dans les ports du Havre et de Fos-sur-mer, un travail d’enquête nous a permis de découvrir que de nombreuses cargaisons d’uranium destinées à la France arrivent dans des ports allemands comme celui d’Hambourg.

Venu de Namibie, un chargement est arrivé au port d'Hambourg ce week-end, à bord du navire "Bright Horizon" appartenant à la compagnie MACS.  

Après déchargement au port, les 14 conteneurs de concentré de minerai d’uranium ont été chargés sur des wagons, pour rejoindre, par le train, l’usine Areva-Comurhex de Malvési, près de Narbonne, qui est la porte d'entrée de l'uranium en France et traite un quart de l'uranium utilisé dans le monde. Parti du port de Hambourg à 18h25 hier soir, ce convoi traverse actuellement l'Allemagne. Il devrait arriver demain, mercredi 11 février, à la frontière française et rejoindre Narbonne vendredi 13 tôt dans la matinée.


JPEG - 134.3 ko
Le train d’uranium à destination de la France à son départ de Hambourg le 9 février 2015


À l’occasion de cette nouvelle cargaison d’uranium, le Réseau "Sortir du nucléaire" appelle à une mobilisation tout au long du trajet et à l’organisation de vigies et de rassemblements dans les communes traversées. D’ores et déjà, un rassemblement est prévu en gare de Narbonne pour "accueillir" comme il se doit ce convoi mortifère. Vous aussi barrez la route à l’uranium et mobilisez-vous près de chez vous !

Contact :
mobilisations@sortirdunucleaire.fr
ou sur le 0685230511 (Laura) ou 0760150123 (Mélisande)


 

Tract à télécharger et à imprimer

PDF - 1.5 Mo




Pourquoi se mobiliser contre ce transport ?

L’extraction de l’uranium est l’une des activités les plus polluantes au monde. En Namibie, le minerai est principalement extrait dans une mine géante à ciel ouvert, ce qui disperse des poussières radioactives sur toute une région.

L’uranium contenu dans ces wagons va ensuite être transformé, enrichi, utilisé dans des centrales (ou pour fabriquer des armes), générant à la fin des tonnes de déchets dangereux et ingérables. Voilà le prix de notre gaspillage énergétique !

Enfin, même si l’uranium contenu dans ces wagons n’est pas encore enrichi, il ne s’agit pas de transports anodins : chaque convoi dégage plusieurs milliers de milliards de becquerels !


Quel trajet les trains d’uranium empruntent-ils ?

Les cargaisons d’uranium acheminé en France via l’Allemagne mettent en moyenne 4 jours pour arriver à l’usine de Malvési (2 jours en Allemagne - 2 jours en France) et empruntent l’axe Woippy (Metz) – Dijon – Lyon - Miramas – Montpellier – Béziers - Narbonne et traversent les départements de : Moselle, Meurthe-et-Moselle, Haute-Marne, Côte d’Or, Saône-et-Loire (ou Ain selon le trajet emprunté), Rhône, Drôme, Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Gard, Hérault, Aude.

Voir la carte simplifiée du réseau SNCF ici


Comment les reconnaître ?

Les conteneurs d’uranium sont transportés sur des wagons plateaux. Les trains en comportent souvent au moins une bonne dizaine. Ici le convoi transporte 14 conteneurs de différentes couleurs.


Il ressemble à ça


Et ils comportent toujours deux logos : un losange radioactif et une plaque orange symbolisant le danger, commençant par UN ou 70 suivi d’un n° à 4 chiffres, ici 2912


Organiser une vigie

Pourquoi organiser une vigie ?

Secret et opacité sont les maîtres mots de l’industrie nucléaire, qui fait tout pour cacher ces transports à haut risque. L’organisation de vigies nous permet de collecter des informations sur la fréquence, les horaires et trajets précis, la composition de ces convois, et ainsi de pouvoir les mettre en lumière et s’y opposer.

En pratique comment ça se passe ?

Les vigies s’organisent facilement et vous n’avez pas besoin d’être nombreux. Il vous suffit de constituer quelques équipes de 2 militants qui se relaieront pour attendre le passage du convoi et collecter les informations utiles.

- Étape n° 1 : se placer dans un lieu avec une bonne visibilité, à l’extérieur des installations de la SNCF, muni(e) d’un appareil photo, d’un papier, d’un stylo et d’une montre ;
- Étape n° 2 : au moment du passage d’un train, repérer si celui-ci correspond au descriptif puis identifier la plaque ou l’autocollant indiquant la radioactivité situé à l’arrière et/ou sur les côtés ;
- Étape n° 3 : faire des photos ;
- Étape n° 4 : relever le N° à 4 chiffres du bas de la plaque orange située à l’arrière et/ou sur les côtés et/ou à l’avant, c’est le plus important et il se nomme le code ONU
- Étape n° 5 : noter le lieu, la date et l’heure de visualisation du convoi (veillez donc à avoir l’heure avec vous) ;
- Étape n° 6 : transmettre ces informations à votre contact.


Organiser une action

Pour informer la population et dénoncer ces transports radioactifs, vous pouvez organiser des présences devant les gares, distribuer des tracts aux usagers, coller des affiches ou mettre en place toute action qui vous parait pertinente. Contactez-nous pour en discuter ! Et retrouvez des idées et des conseils ici pour organiser votre action.


Mettre en place une journée de formation et de discussion sur les transports radioactifs

Afin de mettre en place ou de renforcer des dynamiques locales contre ces convois, et de constituer des équipes de vigies et de personnes prêtes à agir, nous mettons en place des journées de partage d’information et de formation à la surveillance et à l’action contre les transports radioactifs dans les secteurs de Metz, Dijon, Lyon et dans les Bouches-du-Rhône ou le Gard. Contactez-nous pour discuter de vos besoins, nous élaborerons ensemble le programme.


Commander dès maintenant du matériel de campagne !

Nous mettons à votre disposition, des tracts, affiches, banderoles, autocollants... pour être visible et ne plus laisser ces trains passer inaperçus ! Commandez-les dès maintenant sur notre boutique militante.


Contacts

Si vous êtes disponibles, merci de nous contacter à cette adresse : mobilisations@sortirdunucleaire.fr
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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 19:06

 

Source : www.mediapart.fr

 

Climat : le lobby nucléaire prend position au plus haut niveau

|  Par Jade Lindgaard

 

 

L’ONU prépare un forum des entreprises pour le climat à Paris, en lien avec le sommet des chefs d’État, la Cop 21, en décembre. Parmi ses organisateurs, se trouve une salariée d’Areva, qui pense essentiel de donner une place au nucléaire. Brice Lalonde, patron du sommet, « trouve plutôt sympa de la part d’Areva de nous filer quelqu’un ».

 

 

2015, année climat. En décembre à Paris, un sommet des chefs d’État, la Cop (« conférence des parties ») 21, doit déboucher sur un nouvel accord international contre le dérèglement climatique. Ce n’est pas la seule échéance. En mai, l’Unesco accueillera le Business and Climate Summit : des PDG internationaux y sont invités à présenter leurs « solutions » pour réduire les émissions de CO2 ainsi que leurs « recommandations » sur les meilleures politiques publiques à mettre en place. Plus d’un millier de participants sont espérés. C’est une idée de Brice Lalonde, ancien ministre écologiste des gouvernements Cresson et Rocard, ex-ambassadeur du climat auprès de Jean-Louis Borloo sous la présidence Sarkozy et désormais conseiller spécial du Global compact, une initiative de l’ONU lancée en 2000 pour développer la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. En France, le Global compact est présidé par Jean-Pascal Tricoire, président de Schneider Electric. Lalonde, détaché par New York, conseille l’émanation hexagonale de la plate-forme onusienne dans la perspective de la Cop 21.

« L’idée est que les entreprises disent aux gouvernements de quoi elles ont besoin pour avancer, explique Brice Lalonde. Elles sont prêtes à passer des accords dans l’aérien, le ciment, l’éclairage…, mais elles ont besoin d’un cadre à long terme. Elles savent que le changement climatique est là et qu’elles ne peuvent y échapper. » Des industriels en demande de régulations publiques et de contraintes environnementales ? On se croirait dans un rêve bio. Dans la note de présentation du Paris Business and Climate Summit, dévoilée lors du dernier forum de Davos, le langage est plus brutal : « Réduire les émissions de carbone peut garantir la croissance économique, assurer le développement humain et protéger le capital naturel. » Du pur plaidoyer pro-business, certes habillé de vert.

 

 

 


Ainsi, une séance plénière du Business and Climate Summit doit s’intituler « intégrer le climat dans l’économie mondiale », et non, au hasard, transformer l’économie pour sauver le climat, ou comment prospérer sans croissance. Le programme provisoire reflète une ambition climatique très modérée : « rendre la société bas carbone désirable », développer l’« innovation vers un monde bas carbone », et « renforcer les capacités et la résilience ». Rien sur la sobriété énergétique, la « décarbonisation profonde », pourtant prônée par l’ONU, l’économie circulaire, les renouvelables.

Une précédente version se montrait pourtant plus précise et plus ambitieuse : « comment réaliser des transports bas carbone soutenables à grande échelle », « pour la régulation économique et une concurrence équitable », « donner un prix au carbone », pouvait-on y lire.

 

Extrait d'une version précédente du programme du sommet. 
Extrait d'une version précédente du programme du sommet.

Sur ces sujets ultra-sensibles, les programmateurs du Business and Climate Summit ont à l’évidence préféré éliminer les mots qui fâchent dans les conseils d’administration. « Ce n’est qu’un draft », répond Brice Lalonde, qui se réjouit qu’« une impressionnante quantité de partenaires soient prêts à marcher avec ça. L’idée n’est pas de rester entre soi (sous entendu, entre écologistes ndlr). » L’idée est bien par contre, d'ici la Cop 21, de relayer massivement ces messages aux décideurs politiques et aux négociateurs de tous les pays d’ici. « Habituellement, à chaque Cop précédente, se tenait une réunion du business, résume Lalonde. Mais elle n’avait aucune influence sur le sommet, et aucun suivi n’était fait au sein des entreprises, entre deux conférences. » D’où l’idée de ce sommet inédit du business, six mois avant l’événement diplomatique, pour élaborer une plate-forme de demandes des entreprises que chacun s’efforcera ensuite de promouvoir auprès de son gouvernement. Décupler le pouvoir du lobbying grâce au prestige du label de l’ONU sous la bannière de la cause climatique : c’est le pari d’un gain en influence. En septembre dernier, Ban Ki-moon en a appelé directement aux industries et à la finance pour pallier les défaillances et les blocages des négociations diplomatiques. Le coût du sommet des entreprises est estimé à 300 000 euros. Pour y intervenir, en table ronde ou en plénière, voire les deux, les PDG paient un ticket compris entre 10 000 et 30 000 euros.

Les entreprises ne sont pas seulement courtisées par le Business and Climate Summit. Elles mettent aussi la main dans le cambouis de son organisation. Tout le CAC 40 est représenté dans son comité de pilotage, par le biais de divers réseaux d’influence : Afep, Entreprises pour l’environnement (EPE), le Medef, le Cercle de l’industrie, le Conseil mondial du business pour le développement durable (WBCSD) et le Global Compact France – où Total, l’un des plus gros pollueurs nationaux, figure deux fois.

Une société est, néanmoins, encore plus présente que les autres. C’est Areva, le groupe nucléaire français, qui a carrément placé une de ses cadres parmi les programmateurs du sommet : Myrto Tripathi, son ancienne directrice de l’offre nouveaux réacteurs, notamment sales manager pour le carburant nucléaire en Inde entre 2009 et 2011. Entre 2013 et 2014, elle fut aussi auditrice à l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). Tripathi a été mise à disposition par Areva, qui continue de la payer, « mais c’est comme si elle était employée par nous », explique Charlotte Frérot, responsable de la communication du Global Compact. « Nous ne sommes pas là pour représenter les intérêts du nucléaire mais nous avons besoin de toutes les énergies et de toutes les compétences. » La spécialiste en nucléaire n’occupe pas une position stratégique, insiste le Global Compact France. À y regarder de plus près, elle est tout de même en charge du « livre blanc des solutions » qui doit être publié dans la foulée du sommet. Et participe au choix des intervenants des table rondes. C’est Jean-Marc Jancovici, ingénieur et grand spécialiste en réduction du carbone, animateur du think tank Shift Project (qui figure parmi les organisateurs), qui a glissé son nom à Brice Lalonde.

« J’ai trouvé plutôt sympa de la part d’Areva de nous filer quelqu’un »

 

Brice Lalonde, photographié pour le Global compact (DR). 
Brice Lalonde, photographié pour le Global compact (DR).

Peut-on être payé par la principale industrie nucléaire française et sélectionner les PDG invités à s’exprimer sur ce qu’il faut faire pour sauver le climat sans tomber dans le conflit d’intérêts ? Au téléphone, Brice Lalonde semble ne pas comprendre notre question : « J’ai trouvé plutôt sympa de la part d’Areva de nous filer quelqu’un. » Il explique que le Global Compact n’a pas les moyens de rémunérer ce type de personne et que « c’est une manière de contribuer en nature au sommet ». Mais est-il déontologique d’employer la salariée d’une industrie directement intéressée au résultat de la conférence ? « Le nucléaire est une énergie sans carbone », répond d’abord Lalonde, qui se contredit aussitôt en expliquant qu’il aurait tout aussi bien pu demander la même chose à « Philips, Unilever ou GDF Suez ». On lui fait remarquer qu’en pleine débâcle commerciale de l’EPR, l’argument climatique est peut-être le dernier espoir marketing du groupe français et qu’il a tout intérêt à se positionner sur le marché du « bas carbone ». Il nous répond que « le nucléaire, j’essaie de l’aborder avec calme. On est obligé de faire avec. J’essaie d’intégrer ça dans mon logiciel, mais je ne pense pas en dépendre. Il n’y a pas de complot ». À ses yeux, le Business and Climate Summit a « choisi de ne pas dépendre des entreprises ». Mais pourtant, Areva rémunère directement une de ses proches collaboratrices… Il balaie l’argument : « C’est une personne parmi trente autres. Une personne payée par Areva, ça n’a aucune influence sur notre sommet, c’est garanti par moi. »

Pourtant, la salariée d’Areva a bien tenté d’offrir une place de choix à l’industrie de l’atome lors de ce sommet stratégique. Dans un courriel envoyé à ses collègues, que Mediapart a pu lire, elle explique : « Je pense essentiel que nous ayons un représentant de l'énergie nucléaire en tant qu'intervenant dans la table ronde “Énergie” », car « le nucléaire est une des solutions aujourd’hui sans laquelle nous ne parviendrons pas à relever le défi du changement climatique ». Et aussi parce que « les entreprises n'ont pas les réticences du grand public ou des ONG. Si on veut être crédible dans notre volonté de se faire leur porte-parole, on ne peut pas ignorer le nucléaire dans notre approche du débat climatique ».

Sa requête a-t-elle été entendue ? Impossible de connaître à ce stade la liste des participants au sommet des entreprises. Le Global Compact refuse de la communiquer.

Ce n’est pas la première fois que le rôle du Global Compact est mis en question. Prakash Sethi et Donald Schepers, chercheurs à la City University de New York (CUNY), estiment que le Global Compact n’a pas amélioré les pratiques de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) qui s’en réclament. Cet échec lui a fait perdre en crédibilité, l’a éloigné des organisations de la société civile et rendu très dépendant du monde des affaires.  

Nul ne peut reprocher à l’ONU d’inciter les entreprises à réduire leurs émissions de CO2. Mais le Global Compact pratique un mélange des genres qui risque de porter atteinte à la crédibilité de son sommet des entreprises : officiellement destiné à promouvoir l’engagement des acteurs privés dans la lutte contre le dérèglement climatique, rien ne garantit qu’il ne soit guère plus qu’une caisse de résonance du lobbying des industries. Or, parmi les producteurs d’énergie, d’agroalimentaire ou de biens informatiques, certains ont beaucoup à perdre si se mettent en place des politiques drastiques de sobriété énergétique et de préservation des ressources naturelles.

 

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Source : www.mediapart.fr

 

 

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 22:50

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/nucleaire


 

Areva accusé de corruption : l'Observatoire du nucléaire relaxé

 

AFP - 21 janvier 2015 - Paris - La cour d'appel de Paris a relaxé mercredi le président de l'Observatoire du nucléaire, Stéphane Lhomme, qui était poursuivi en diffamation par Areva qu'il avait accusé de corruption au Niger.En première instance, le tribunal correctionnel de Paris l'avait condamné à 1.000 euros d'amende avec sursis et lui avait ordonné le retrait des propos litigieux ainsi que la publication d'un communiqué judiciaire sur le site internet de l'Observatoire du nucléaire.

Le 11 décembre 2012, dans un communiqué, l'association avait fait état d'une contribution d'Areva au budget national nigérien d'environ 26 millions d'euros, dont 15 millions auraient été directement affectés à l'acquisition d'un avion pour le président du Niger, Mahamadou Issoufou.

Il s'agit donc clairement d'une manoeuvre de corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan moral, par Areva, avait accusé l'Observatoire.

Le lendemain, Zakari Oumarou, président du groupe parlementaire du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNSD, au pouvoir), avait confirmé à l'AFP qu'Areva avait accordé au Niger une aide budgétaire de 26 millions d'euros, dont une partie a été affectée pour l'achat d'un avion présidentiel.

Areva, qui conteste cette accusation de corruption, avait assigné en justice.

Le 7 février 2014, les juges de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris avait estimé que l'utilisation du terme corruption ne faisait manifestement preuve d'aucune prudence.

Les documents produits par M. Lhomme ne lui permettaient nullement de conclure à la corruption alléguée, ni au fait qu'Areva aurait acheté un avion au président du Niger, avait alors estimé le tribunal.

L'Observatoire du nucléaire avait alors annoncé qu'il ferait appel de ce jugement affligeant mettant gravement en cause la liberté d'expression et le droit de contester les méfaits des entreprises du lobby nucléaire.
AFP

Rappel de l'affaire : http://observ.nucleaire.free.fr/accueil-proces-areva.htm

 

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/nucleaire

 

 

 

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 21:17

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

À Bure, une fleur de résistance s’épanouit contre les déchets nucléaires

Emmanuel Daniel (Reporterre)

mercredi 21 janvier 2015

 

 

 

Pour s’opposer à l’enfouissement des déchets radioactifs à Bure, dans la Meuse, des militants ont créé la « maison de la résistance à la poubelle nucléaire ». Un lieu pour faciliter la lutte et l’organisation mais aussi pour mettre en pratique d’autres modes de vie, à contre-courant de la « société nucléarisée ».


- Bure (Meuse), reportage

Une église, pas de commerces, et soixante-dix habitants qui ne sortent de chez eux que pour prendre leur voiture. Bienvenue à Bure, un village quasi fantôme, à la frontière de la Meuse et de la Haute-Marne. Ce n’est pas un hasard si cette zone faiblement peuplée et à la population vieillissante a été choisie pour recevoir, enterrés à 500 mètres de profondeur, les déchets radioactifs de France et de Navarre.

Pour s’y opposer, il y a dix ans, le réseau Sortir du nucléaire et l’association Bure Zone libre ont acheté un corps de ferme de 600 m² à Bure. La « Maison de la résistance à la poubelle nucléaire » est née. L’idée était de proposer aux militants un pied à terre pour pouvoir s’organiser et s’opposer efficacement au projet.


- Le dortoir -

Organisation et alternatives

« Quand les gens venaient de loin, ils n’avaient aucun endroit pour se réunir ou rester dormir après les manifestations », explique Sidonie [parmi la dizaine de militants rencontrés, la plupart disent s’appeler Michel ou Michèle pour préserver leur anonymat. Afin de faciliter la lecture, les prénoms ont été changés], cheveux bruns coupés courts et regard pétillant, régulièrement présente depuis trois ans.

Progressivement, la bâtisse a été retapée par les visiteurs et les soutiens locaux. Deux « occupants permanents » qui tournent tous les six mois environ habitent le lieu et un dortoir d’une vingtaine de places abrite les activistes et les curieux qui viennent pour quelques jours ou quelques semaines. Les dons et les efforts des visiteurs ont transformé la vieille ferme en lieu de vie confortable. Une salle spacieuse accueille également les activités militantes (réunions, projections de film…).

Un peu partout, des cartes, des magazines, des films, des livres et des prospectus divers font de la Maison de la Résistance un « point d’info » sur l’énergie nucléaire et plus particulièrement sur le projet Cigeo (Centre industriel de stockage géologique, nom donné au projet d’enfouissement des déchets).

Le lieu a aussi pour but de prouver par l’exemple que le nucléaire ne constitue pas un horizon indépassable et qu’il existe des alternatives. Un chauffage au bois assure une chaleur confortable dans les pièces à vivre, un panneau thermique installé sur le toit contribue à chauffer l’eau, tandis qu’une éolienne construite sur place avec l’association Tripalium produit une partie de l’énergie consommée.

Un abonnement à Enercoop (fournisseur d’énergie alternatif) fournit le reste. Régulièrement, des chantiers participatifs et des ateliers (isolation du dortoir, construction de l’éolienne, stage de « grimpe »…) sont organisés. C’est l’occasion de partager des savoirs et d’attirer de nouvelles personnes.

A la Maison de la résistance, on croise des profils variés. Militants associatifs multicartes, zadistes en transit, opposants locaux de longue date et riverains à la recherche d’informations ou de convivialité. « Pour moi, ce qui se passe à Bure est l’une des deux choses les plus graves en France avec les migrants à Calais, explique Fatima, de retour en Meuse après un passage sur la ZAD du Testet. C’est plus grave qu’un projet d’aéroport ou de barrage. Un aéroport, tu casses le bitume et c’est reparti. Là, les déchets restent actifs pendant 100 000 ans », dit-elle.

Quant à Sidonie, elle a décidé de venir à Bure quand elle a découvert les conditions de travail dans les mines d’uranium au Niger. « C’est impossible d’avoir un impact là-bas, alors j’ai décidé d’agir ici », raconte-t-elle. Une troisième est arrivée « un peu par hasard », sur les conseils de la famille lors d’un tour de France en vélo. Si c’est la question du nucléaire qui les a majoritairement amenés là, d’autres motifs les poussent à rester ou à revenir.

Bienvenue en zone libre

Tous mettent en avant la convivialité du lieu. Il faut dire que l’ambiance est bonne à la Maison de la résistance. Les repas, préparés à plusieurs, se terminent souvent sur des airs de guitare et des chants, de préférence révolutionnaires. La grande table du salon se transforme alors en percussion géante. Les meubles, les mains ou les couverts deviennent des instruments de musique. Bien sûr, chaque nouvel arrivant a droit à une visite détaillée du lieu. Et quand la nuit tombe, les gens de passage se voient proposer de rester dormir plutôt que de reprendre la route. « On s’y sent vite chez soi », résume Fatima.

La maison n’est pas qu’un point de rendez-vous entre militants anti-nucléaires. Elle sert aussi de lieu d’expérimentation d’une forme de vie collective basée sur l’autogestion. Les visiteurs sont invités à prendre part aux tâches quotidiennes et aux travaux du moment.

Pendant mes quelques jours sur place, j’ai par exemple aidé à ranger l’atelier et à monter un échafaudage afin de repeindre un mur. Certains réguliers travaillent à l’extérieur ou font des saisons, d’autres vivent du RSA (revenu de solidarité active). Mais personne ne chôme. Entre activités militantes, préparation des repas, travaux dans le jardin et la maison, chacun s’active sans qu’aucun chef ne vienne donner d’ordre.

Un peu partout dans la maison et sur sa façade, on peut lire l’inscription « Bure Zone Libre ». Zone libérée du nucléaire bien sûr, mais aussi « de son monde », souligne Archibald, visiteur fréquent venu d’Alsace, en référence au slogan des opposants à l’aéroport de Notre-Dame des Landes.

« Une société nucléarisée ne peut pas être démocratique, poursuit-il. Elle ne peut pas fonctionner sans secrets d’État, corruption et conflits d’intérêts. On ne veut plus de toutes ces choses. » Pour beaucoup ici, le scandale nucléaire n’est qu’une conséquence de l’accaparement des pouvoirs par quelques-uns. La maison de Bure se veut un exemple en actes de comment pourrait fonctionner une société libérée du joug de l’oligarchie, comme l’explique Francis, mèche brune dépassant de son chapeau : « On recherche l’autonomie, l’autogestion et on essaie de se libérer du diktat de la consommation. »

Apéro et nucléaire

Pendant les repas, on discute OGM, péril fasciste, risque de récupération des initiatives locales ou souvenirs de soirées arrosées pendant les vendanges. Mais la question nucléaire occupe une large place dans les conversations. Une militante raconte avec moult détails la tentative de passage en force de l’Etat sur le dossier Cigeo.

D’autres commentent l’absurde document produit par l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) qui se demande dans quelle langue signaler aux populations qui habiteront le territoire dans des dizaines de milliers d’années la présence d’un danger en sous-sol.

Aucun scientifique spécialiste du nucléaire n’habite la maison mais ses habitants connaissent bien leur sujet. Trop parfois : « C’est tellement scandaleux que par moments, on est obligés de prendre ça à la rigolade sinon on deviendrait dingues », me glisse Sidonie.

Actions et différentes formes de lutte

La maison de la résistance à la poubelle nucléaire entend aussi être une « épine dans le pied de l’ANDRA », dont les infrastructures déjà existantes sont situées à quelques coups de pédale de là. La maison est un espace propice à l’organisation des activistes. Elle a notamment facilité la tenue de l’assemblée du Grand t’Est, à l’origine du projet Bure 365 qui invite les militants de France et d’ailleurs à mener des actions décentralisées contre CIGEO pendant une année.

Certains, qui s’adonnent à la désobéissance civile, préfèrent rester discrets sur les actions qu’ils mènent. Mais d’autres évoquent volontiers leurs activités récentes : occupation de rond-points, perturbation des visites des installations par des clowns activistes, mise en lumière des failles techniques ou juridiques du dossier, ou travail de sensibilisation auprès des habitants de Bure. « La maison est ce que les gens en font. Et chacun choisit les modes d’action qui lui correspondent », résume Archibald.

Cela fait près de vingt ans que la mobilisation dure...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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