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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 15:39

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Nucléaire : les très chers amis chinois d'EDF

 
Pourquoi Jean-Bernard Lévy, le président d'EDF, et Emmanuel Macron, son ministre de tutelle, s'acharnent-ils, contre l'avis des salariés et malgré les réticences de l'Elysée, à vouloir couler du béton et de l'acier outre-Manche, pour construire deux réacteurs nucléaires EPR, avec le chantier "Hinkley Point" ?La réponse est, en partie, à chercher très loin de Paris, à Canton et à Shanghaï, où résident deux électriciens chinois, CGN et CNNC, qui apporteraient 33 % du capital d'Hinkley Point.
 
Chantier Hinkley Point - Adrian Sherratt/REX/REX/SIPA
 

Mais qu'allons-nous faire dans cette galère ? De semaine en semaine, les employés et cadres d'EDF n'en finissent plus de ressasser la question. La galère, c'est le chantier d'Hinkley Point, dans l'ouest de la Grande-Bretagne, où l'électricien public envisage de construire deux réacteurs nucléaires EPR, des monstres de 1 600 MW de puissance chacun. L'enjeu est considérable et le chantier, à haut risque, car aucun des quatre réacteurs EPR actuellement en construction - en Finlande, en France et deux en Chine - n'est encore en fonctionnement. Pis, cette perspective s'éloigne chaque jour comme la ligne d'horizon puisque l'EPR, mal conçu et mal construit par un Areva en difficulté, multiplie les retards et les malfaçons.

 

Renvoi d'ascenseur

Alors pourquoi Jean-Bernard Lévy, le président d'EDF, et Emmanuel Macron, son ministre de tutelle, s'acharnent-ils, contre l'avis des salariés et malgré les réticences de l'Elysée, à vouloir couler du béton et de l'acier outre-Manche ? La réponse est, en partie, à chercher très loin de Paris, à Canton et à Shanghaï, où résident deux électriciens chinois, CGN et CNNC, qui apporteraient 33 % du capital d'Hinkley Point. Les Chinois viennent aider les Français en Europe ? Juste retour des choses, diront les naïfs, car c'est bien EDF et Areva qui ont initié CGN et CNNC aux joies de la production d'énergie atomique lorsqu'en 1988, profitant des réformes libérales de Deng Xiaoping, ils ont entamé la construction de réacteurs à Daya Bay, copiés sur ceux du parc nucléaire français. Depuis, le couple EDF-Areva a bâti ou aidé à bâtir pas moins de 17 réacteurs sur les 23 actuellement en activité dans l'empire du Milieu. «Le Commissariat à l'énergie atomique a formé près de 500 ingénieurs chinois depuis 1982», rappelait récemment Pierre-Yves Cordier, responsable international du CEA lors d'un colloque de la revue Passages. Des liens très étroits se sont donc tissés. «Dans cette aventure, les cadres de CGN ont appris les normes de sécurité des centrales dans les manuels français, et ils sont devenus quasiment tous francophones et francophiles», se réjouit un ingénieur français qui a fait partie de l'aventure chinoise.

Vrai. Mais CGN, la compagnie de Canton, a déjà renvoyé l'ascenseur. «En 2007, le gouvernement central de Pékin avait décidé de bâtir la filière nucléaire chinoise autour du réacteur AP1000 de Westinghouse [filiale du japonais Toshiba], mais les cadres de CGN ont plaidé pour construire à Taishan deux EPR français, plus compliqués mais plus puissants, raconte depuis Pékin François Morin, directeur Chine de la World Nuclear Association. Mais sans garanties de suite. Sauf s'ils prouvent une efficacité très supérieure à leur concurrent, il n'est pas certain que d'autres EPR soient commandés à l'avenir.» Les dirigeants chinois ont en effet pris conscience qu'ils avaient de l'or atomique entre les mains. «Sur 70 réacteurs actuellement en construction, 28 le sont dans l'empire du Milieu, raconte, admiratif, Dominique Minière, le directeur du parc nucléaire d'EDF. C'est le centre de gravité de l'industrie énergétique mondiale, c'est là que réside la croissance du secteur.»

Les Chinois, qui ont bénéficié des transferts de technologie occidentaux, sont en train de rattraper les maîtres. Ils construisent désormais des centrales au rythme effréné de six, voire bientôt 10 par an ! Avec un savoir-faire qui fait l'admiration de leurs homologues français : «Ce sont eux qui nous ont expliqué comment couler du béton plus vite pour construire le radier [le socle] des EPR», explique Jean-Christophe Fournel, un ingénieur qui a séjourné six ans sur place. Résultat : les EPR chinois de Taishan sont en avance sur leur équivalent de Flamanville, dont le chantier avait pourtant démarré plus tôt ! Ils n'attendent plus pour charger le combustible que l'Autorité de sûreté française (ASN) déclare conforme aux normes l'acier de la cuve de Flamanville, fabriquée par Areva !

 

Scénario "à la Tchuruk" ?

Pour les Français, coller aux Chinois serait donc devenu stratégique, voire vital. La filière, actuellement à genoux, n'a rien de solide à se mettre sous la dent avant le renouvellement du parc tricolore, qui commencerait en 2028. Selon Hervé Machenaud, directeur Chine d'EDF, «une centaine d'entreprises françaises travaillent sur l'électronucléaire chinois, ce qui est pour nous une opportunité, une chance, la condition même de la renaissance du programme français». A la CGT Energie, Marie-Claire Cailletaud fulmine à l'évocation d'un tel scénario : «Machenaud est tout le temps en Chine, on se demande s'il a une vision exacte de la filière française.» La principale organisation syndicale de l'entreprise, qui s'est toujours engagée dans les questions industrielles, redoute un scénario «à la Tchuruk», du nom du désastreux ex-patron d'Alcatel qui avait théorisé dans les années 2000 le concept d'«industrie sans usine». «On se demande si la direction du groupe et Emmanuel Macron ne rêvent pas eux aussi d'un nucléaire sans usine, s'inquiète la responsable syndicale. Jean-Bernard Lévy nous a dit qu'il était prêt à changer de fournisseur, et à aller acheter au Japon, qui possède les forges concurrentes d'Areva

Courte échelle

Le contrat d'Hinkley Point ne la démentira pas. Si CGN et CNNC ont accepté de monter dans la galère des EPR britanniques, c'est en échange d'un sacré service d'EDF, qui aidera à l'implantation, par la suite, d'un réacteur 100 % chinois sur le site de Bradwell, au nord-est de Londres. Les Français apporteront en particulier leur savoir-faire en matière de calculs et de simulation, domaine dans lequel ils possèdent une avance indéniable, pour obtenir l'accord de l'autorité de sûreté britannique sur le design du réacteur. «EDF peut ainsi faire gagner plusieurs années à CGN», se félicite François Morin, de la World Nuclear Association. «C'est un deal équilibré», renchérit Dominique Minière à EDF.

Seul hic : ce Hualong 1 («dragon» en chinois) est un mini-EPR, donc un concurrent potentiel du produit phare français, et la conquête d'un marché en Occident lui vaudra label d'excellence sur l'ensemble de la planète. Les petits Français feraient donc la courte échelle au géant chinois. Certes pas tout de suite, car «le Hualong ne sera pas opérationnel avant 2020-2022», note François Morin. Mais, sept ans, c'est après-demain dans l'industrie nucléaire, où l'on a l'habitude de compter en décennies. Et encore plus près en Chine, où l'on voit loin. «Dès le début du millénaire, le gouvernement stratège a fixé comme objectif à ses constructeurs nationaux de se projeter à l'extérieur dès les années 2010, après une phase d'appropriation des technologies étrangères, nous y sommes», explique un ingénieur revenu du Guangdong. Et, comme le dit lui-même Hervé Machenaud, «un jour la Chine aura achevé son équipement». Probablement dans une quinzaine d'années, lorsqu'elle aura égalé le parc américain en installant 100 GW de puissance. Elle disposera alors d'une filière complète à proposer au monde entier, en particulier aux pays en voie de développement, qui représentent 70 % du marché potentiel. Avec un avantage compétitif : la capacité de financement. «Les compagnies chinoises copient le modèle russe d'exportation en s'appuyant sur des prêts préférentiels des banques [étatiques] chinoises. C'est leur grande force à l'export», rappelle François Morin.

En France, les «champions nationaux» rament pour réunir des «syndicats de banques» de plus en plus frileux. Et se coltinent les incohérences du libéralisme à l'européenne. Machenaud, lui-même, ne dit pas autre chose lorsqu'il s'exclame : «Le problème, ce n'est pas de construire Hinkley Point, c'est l'effondrement des prix du marché de l'électricité en Europe [le prix du MWh est passé de 40 € à 26 € en peu d'années], qui menace les financements...» Pour son chantier britannique, EDF a vu s'évanouir ses partenaires : l'anglais Centrica (propriétaire de British Gas), qui devait assumer 20 % du projet, a jeté l'éponge dès 2013. Areva, qui devait en prendre 10 %, sera finalement absorbé par... EDF. Ne restent donc à bord que les Chinois. Avec ceinture et bretelles : malgré leur 33 % de participation au capital, ils n'assumeraient que 20 % des pertes éventuelles, contre 80 % pour EDF, selon une enquête de Mediapart. En attendant d'avoir leur part du gâteau, bien à eux, cette fois-ci.

 

 

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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 15:01

 

 

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Nucléaire : Areva n'exclut pas des "falsifications" dans son usine

Le groupe Areva n'écarte pas que des "falsifications" soient à l'origine des "anomalies" constatées au sein de l'usine qui a produit la cuve défectueuse de l'EPR de Flamanville, rapportent "Les Echos" de ce mardi 3 mai. "Des procès-verbaux contradictoires" pourraient en effet justifier le dysfonctionnement de pièces produites sur le site du Creusot.
 
L'EPR de Flamanville ne devrait pas démarrer avant 2018. - Sipa
 

"Je ne peux pas l'exclure". Dans Les Echos de ce mardi 3 mai, Philippe Knoche, directeur général d'Areva, n'exclut pas que des "falsifications" puissent expliquer les "anomalies" détectées dans l'usine du Creusot, en Saône-et-Loire. Cette même usine qui a produit le réacteur de l'EPR de Flamanville, dont la cuve en acier présente des défauts.

Des "anomalies dans le suivi des fabrications" concédées le 29 avril par le groupe nucléaire français, à la suite d'un audit lancé fin 2015. L'enquête démontre que sur près de 10.000 dossiers de fabrications réalisées depuis une soixantaine d'années, 400 présenteraient des "incohérences", selon le président de l'Autorité de sûreté nucléaire. De son côté, le directeur général d'Areva confirme ce mardi la coexistence de "procès-verbaux contradictoires".

"Il faudra en tirer les conséquences"

Selon , les résultats obtenus lors des essais sur une pièce métallurgique auraient pu être falsifiées. "En cas de valeur obtenue dans le haut de la norme requise, les procès-verbaux de certains dossiers de fabrication auraient été modifiés", révèle au quotidien économique une source anonyme.

Pour Jérôme Rosse, porte-parole du groupe Areva, ces anomalies "ne préjugent pas, selon les premiers résultats, de la qualité des pièces qui ont été produites". Ni donc, de la sécurité des installations. Si Philippe Knoche assure, quant à lui, qu'il "faudra en tirer les conséquences" au cas où de telles "falsifications" étaient vérifiées, le ministère de l'Economie se refuse pour l'instant à toute communication. Bercy attend en effet de disposer des résultats complets de l'audit mené dans l'usine du Creusot.

Quelles que soient les conclusions de l'enquête, qui devrait s'élargir à d'autres sites de fabrication, ces premiers résultats sont un souci de plus pour Areva, déjà empêtré par le fiasco financier et technologique de Flamanville. L'EPR ne devrait pas démarrer avant 2018, accusant ainsi sept ans de retard sur la date initiale et une surfacturation de plus de 7 milliards d'euros.

 

 

 

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 15:37

 

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Sécurité

Comment la France impose ses centrales nucléaires vieillissantes à ses voisins européens

par

 

 

Sur les 19 centrales nucléaires françaises, cinq se trouvent à proximité des frontières du pays : Fessenheim, à la frontière allemande, Cattenom, tout près du Luxembourg, Gravelines et Chooz, près de la frontière belge, ou Bugey, à quelques dizaines de kilomètres de la Suisse. Nos voisins s’inquiètent de plus en plus d’avoir ces réacteurs vieillissants à leurs portes, sans aucun pouvoir sur la poursuite de leur exploitation ou leur degré de sécurisation. En matière de sécurité nucléaire, la coopération européenne n’est toujours pas à l’ordre du jour. Ce qui pose également de graves problèmes concernant l’efficacité des mesures de prévention et de gestion de crise.

Au printemps 1986, les autorités françaises tentent de nous convaincre que l’Hexagone ne risque rien face au nuage radioactif de Tchernobyl. Au même moment, les pays voisins prennent pourtant des mesures pour protéger leurs citoyens. 30 ans après l’explosion du réacteur nucléaire soviétique et cinq ans après Fukushima, la politique européenne en matière de prévention contre le risque nucléaire n’est guère plus cohérente. La France continue à exploiter des centrales nucléaires à quelques kilomètres de ses frontières, en dépit de l’opposition toujours plus grande des pays voisins.

La centrale de Fessenheim, la plus ancienne de France, est implantée au bord du Rhin, à deux pas de la frontière et à une trentaine de kilomètres seulement de la ville allemande de Fribourg-en-Brisgau (230 000 habitants). Celle de Cattenom se situe à côté de la Moselle, à la frontière directe avec le Luxembourg, à 25 kilomètres de la capitale du Duché. Celle de Chooz, sur une rive de la Meuse, se trouve à moins de 10 km de la Belgique, et celle de Gravelines, dans le Nord, à quelque 30 kilomètres. Enfin, la centrale de Bugey se trouve à 70 km de Genève. Conséquence logique, que ce soit en Allemagne, au Luxembourg, en Belgique ou en Suisse, des citoyens, des élus, des collectivités, s’inquiètent de plus en plus du risque que les réacteurs français frontaliers font peser sur eux.

 

Aucune coordination des plans d’évacuation

« Je vois la centrale depuis chez moi. Mais de ce côté-ci du Rhin, il n’y a même pas de campagne de distribution d’iode. C’est comme si la radioactivité s’arrêtait aux frontières », déplore Didier Nocus. Ce Français vit à deux pas de Fessenheim, mais en Allemagne. Directement exposé aux risques que présente la plus vielle centrale de France, mise en service en 1977, il est pourtant exclu des plans français de prévention des risques. Les plans de gestion des situations d’urgence – qu’on appelle des plans particuliers d’interventions (PPI) – sont « des dispositifs définis par le code de la sécurité intérieure, qui relèvent de la loi. Ils ne s’appliquent donc que sur le territoire français, sous l’autorité des préfets », explique Bénédicte Genthon, directrice de l’environnement et des situations d’urgence à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). La nouvelle campagne française de distribution de pastilles d’iodes (qui doivent limiter la fixation de l’iode radioactif dans l’organisme en cas d’accident nucléaire), lancée en début d’année, ne concerne donc que les riverains des installations qui habitent … en France. Pour les autres, ce sont les autorités locales des pays voisins qui doivent prendre en charge la distribution.

De même pour les plans d’évacuation. En cas d’accident, même grave, les autorités françaises ne se préoccupent que de l’évacuation des riverains qui habitent du « bon côté » de la frontière. Aux pays limitrophes de gérer les autres. « Je me suis penchée sur la question des plans d’évacuation. Il n’y a pas de coopération entre les autorités d’ici et celles de France. Nous ne savons pas du tout ce qu’il faut faire en cas d’accident nucléaire à Cattenom », accuse Ute Schlumberger, riveraine allemande de la centrale, qui milite pour sa fermeture.

 

Un manque de coordination qui « pourrait créer une situation de panique »

« Il existe des plateformes de coopération avec les pays voisins, assure pourtant la responsable de l’ASN Bénédicte Genthon. Il y a des échanges au niveau local, entre la préfecture et les Länder par exemple pour les centrales proches de l’Allemagne. Il y a aussi des accords bilatéraux d’échanges d’informations en cas d’accident, avec la Belgique, l’Allemagne, le Luxembourg, qui remontent aux années 1980. Il existe en outre des protocoles de coopération entre les différentes autorités de sûreté nucléaire. » L’ASN se réunit ainsi tous les ans avec les autorités de sûreté nucléaire luxembourgeoise et allemande, deux fois par an avec celle de Belgique. « La semaine dernière encore, nous avions une réunion d’un groupe de travail franco-allemand », insiste la responsable. Depuis quelques années, les autorités de sûreté nucléaire européennes tentent de développer une coordination transfrontalière plus cohérente dans la gestion des situation d’urgence.

Cette coordination est-elle au point ? « La zone autour de la centrale de Cattenom touche la France, deux États-régions différents d’Allemagne, la Belgique, et le Luxembourg. Le risque est donc important que l’une de ces cinq entités prenne une décision contraire aux autres, souligne Patrick Majerus, chef de division de la radioprotection au ministère de la Santé du Luxembourg. On a tout vu, au fil de nos exercices communs de gestion de crise. Par exemple, l’un des pays décide unilatéralement de fermer ses frontières. Pour nous, cela signifie que le personnel médical ne peut plus venir travailler, parce que nous avons beaucoup de frontaliers dans ce secteur. Ou bien, lors du dernier exercice, le Luxembourg a décidé seul d’interdire à la population de manger les salades du jardin. » Pourquoi interdire la consommation des légumes du potager au Luxembourg et pas à quelques kilomètres de là, en France ou en Allemagne ? « Il n’y a pas de plan commun d’urgence pour l’instant. Car cela ressort de la souveraineté nationale. Mais pour le grand public, ce ne serait évidemment pas très compréhensible, surtout en situation d’urgence, d’évacuer d’un côté de la frontière et pas de l’autre. Cela peut potentiellement créer une situation de panique. »

 

Des plans de prévention difficiles d’accès

Pour l’instant, les réponses apportées à Cattenom et Fessenheim sont différentes d’un côté à l’autre des frontières. « Avant, on ne pensait pas qu’un accident aussi grave que Fukushima puisse se produire sur un réacteur européen. Suite à Fukushima, nous avons adopté au Luxembourg un nouveau plan d’urgence nucléaire, indique Patrick Majerus. Dans ce plan, la zone d’évacuation a été élargie à 15 km de Cattenom [1]. » En France, les zones d’évacuation sont en général de cinq kilomètres seulement, nous indique l’ASN. Bien moins que ce qui est prévu chez notre voisin. Et largement en-dessous de la zone évacuée autour de Fukushima (20 kilomètres).

Il est beaucoup plus facile d’avoir accès au plan de prévention mis en place par notre voisin luxembourgeois qu’aux plans français. « Certains plans particuliers d’intervention (PPI) locaux ne sont toujours pas disponibles en ligne. En cas d’accident nucléaire grave, les populations riveraines ne connaissent pas les mesures de protection prévues et ne réagiront probablement pas comme attendu », pointe début avril l’Association nationale des comités et commissions locales d’Information (chaque installation nucléaire est pourvue d’une commission locale d’information composées d’élus locaux, d’associatifs, de représentants syndicaux et de l’économie) [2].

 

« Tout est décidé par la France »

« En France, il y a une négation du risque nucléaire de la part des autorités, déplore Charlotte Mijeon, de l’association Sortir du nucléaire. Une position française du « passez votre chemin, Il n’y a rien à craindre » de plus en plus mal acceptée chez nos voisins. « Je suis l’un des députés belges dont la circonscription est la plus proche de la centrale de Chooz. Régulièrement, j’interpelle le ministre de l’Intérieur belge au sujet de la centrale, sur les incidents, sur l’état des installations. Mais à chaque fois, j’obtiens comme réponse : "nous n’avons pas de contrôle direct, cela se passe du côté français", déplore l’écologiste Georges Gilkinet. Alors qu’un incident a Chooz aurait potentiellement plus d’impact sur la Belgique que sur la France, en tant que député belge, je ne peux pas demander de comptes aux autorités françaises ! »

La situation semble encore plus absurde aux yeux des élus allemands. « Ici, dans le canton, le malaise est d’autant plus grand que nous portons les coûts de la sortie allemande du nucléaire, tout en restant particulièrement exposés au risque à cause de la centrale française toute proche », témoigne Daniela Schlegel-Friedrich, conseillère du canton allemand frontalier de Cattenom.

Après la catastrophe de Fukushima, l’Allemagne prend la décision d’arrêter immédiatement huit réacteurs parmi les plus anciens du pays et de sortir définitivement du nucléaire d’ici à 2022. Mais les Allemands proches de nos frontières font toujours les frais du risque nucléaire français. Tout au plus, les élus locaux peuvent siéger à titre de simples observateurs dans les commissions locales d’informations et de surveillance. « Je vois les efforts faits du côté français pour nous informer. Ils essaient de faire les choses de manière transparente, même si nous sommes toujours informés des incidents après-coup. Mais peu importe que l’on soit informé, le problème est qu’il n’y a aucun endroit où on nous demande notre avis, critique l’élue. Nous n’avons aucun espace de codécision. Tout est décidé par la France. »

 

La fermeture de la centrale de Fessenheim toujours repoussée

À tous les niveaux, locaux, régionaux, et national, les autorités allemandes tentent de pousser la France à fermer au plus vite ses deux centrales frontalières vieillissantes de Cattenom et surtout de Fessenheim. La ministre allemande de l’Environnement a répété le mois dernier le souhait du gouvernement allemand de voir Fessenheim s’arrêter au plus vite, suite à des révélations sur des incidents survenus en 2014 et dont la gravité n’a pas été complétement transmise aux autorités allemandes. Suite à un rapport faisant état de failles de sureté, Anton Hofreifer, patron des Verts au Bundestag, a demandé au gouvernement allemand d’exiger la fermeture de la centrale de Cattenom par la France pour « danger imminent ».

Des efforts restés vains pour l’instant. Malgré la promesse de François Hollande de fermer la centrale de Fessenheim en 2016, la date de sa mise à l’arrêt n’est toujours pas fixée. « Nous attendons un décret cette année qui nous donnerait la date de retrait de l’autorisation d’exploitation de Fessenheim. Mais nous avons toujours des doutes. Est-ce que sera en 2016 ou en 2017 ? Et est-ce que ce sera avant ou après l’élection présidentielle ?, s’interroge Charlotte Mijeon. Cela changerait la donne. « Car Juppé, par exemple, a déjà dit qu’il rallongerait encore la durée de vie de Fessenheim. » Les riverains allemands ne sont donc pas au bout de leurs inquiétudes.

 

Nos voisins attaquent nos centrales en justice

Face à cette incertitude entretenue au plus haut niveau, nos voisins misent sur une voie moins diplomatique : la justice. En 2008, une association transnationale réunissant une centaine de communes d’Allemagne, de Suisse et de France – l’Association trinationale de protection nucléaire (ATPN) – lance une première procédure judiciaire pour fermer la centrale de Fessenheim. Puis une deuxième procédure, après Fukushima. Sans succès. « Mais cela a quand même fait pression sur les autorités françaises », estime Jürg Stöcklin, président de l’ATPN.

En mars 2016, c’est le canton suisse de Genève qui dépose une plainte contre la centrale de Bugey, mise en service à la fin des années 1970. Une plainte contre X pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui et pollution des eaux ». « Il s’agit cette fois d’une plainte non pas administrative mais pénale, pour des infractions », précise l’avocate du canton (et ancienne ministre de l’Environnement) Corinne Lepage, qui a aussi défendu l’ATPN sur le cas de Fessenheim. « Quand l’Allemagne, le Luxembourg et la Suisse disent que ça ne va plus, ça commence à vraiment poser un problème, estime l’avocate. Dans les années 1990, nous avons gagné en justice sur le cas de la centrale de Creys-Malville. » Celle-ci, implantée dans l’Ain, a finalement fermé en 1998.

La stratégie judiciaire est aussi celle choisie par la ville allemande d’Aix-la-Chapelle contre un des réacteurs de la centrale belge de Tihange 2, exploitée par le groupe Electrabel, filiale d’Engie, ex-GDF Suez (voir notre article). Le réacteur a été arrêté en 2014 suite à l’apparition de fissures, avant d’être remis en marche il y a quelques mois, sans consultation des collectivités frontalières directement exposées au risque. Que peut-on attendre de ces actions en justice ? Difficile de faire aboutir ces plaintes transfrontalières. La politique énergétique relève de la souveraineté nationale, rétorquent les juges. Une souveraineté qui semble passer avant la protection des populations.

Rachel Knaebel

Image : Centrale nucléaire de Cattenom. CC blockdev.

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 15:35

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Sécurité

EDF cherche à censurer des révélations sur ses centrales nucléaires en invoquant la « propriété intellectuelle »

 

par , Sophie Chapelle

 

Il y a quelques semaines, le Journal de l’énergie révélait une série de notes internes d’EDF mettant en lumière l’état de délabrement de nombreux moteurs diesel de secours dans les centrales nucléaires françaises. Ces moteurs sont indispensables pour assurer le refroidissement des réacteurs en cas de coupure de l’accès au réseau électrique, comme c’est arrivé à Fukushima. En 2014, la majorité d’entre eux avaient été jugés par EDF elle-même en état « dégradé » ou « inacceptable » ; aucun n’était considéré comme en état correct. Les documents internes révélés par le Journal de l’énergie font également état de pannes graves survenues sur ces moteurs diesel en 2010.

L’entreprise a cherché à minimiser ces révélations, et a menacé nos confrères de poursuites si ces documents n’étaient pas retirés de leur site. L’argument invoqué ? La publication de ces notes sans autorisation porterait atteinte à la « propriété intellectuelle » d’EDF ! Ces informations d’utilité publique sur les risques des centrales françaises relèvent-elles vraiment de la propriété privée ?

« EDF n’a pas apprécié la publication sur notre site de ses rapports internes sur les diesels de secours », écrit le Journal de l’énergie. Ce dernier a reçu un recommandé d’EDF le 5 avril qui met en demeure le Journal de l’énergie de « retirer immédiatement » de son site les bilans de fiabilité des diesels de secours et les liens vers ces documents. EDF leur demande également de cesser « de divulguer, reproduire et diffuser ces notes techniques auprès de quiconque », rapporte le Journal de l’énergie. Selon le service juridique du groupe EDF, « ces notes internes sont "la propriété d’EDF" et le Journal de l’énergie n’a pas reçu l’autorisation d’EDF pour les publier ». Le Journal de l’énergie explique avoir « décidé de révéler ces rapports internes d’EDF à cause des informations inédites qu’ils apportent sur la fiabilité dégradée de moyens de secours vitaux à la sûreté des centrales nucléaires françaises ».

 

« Menace pour la liberté d’informer »

« Au vu des risques que font courir les centrales nucléaires aux populations, le Journal de l’énergie estime que ces dernières sont en droit de connaître l’état réel de ces installations », poursuivent nos confrères. EDF estime apparemment que ces défaillances ne la concernent qu’elle-même en tant qu’entreprise et que personne ne devrait s’en mêler.

« Il s’agit d’une stratégie classique pour faire taire les lanceurs d’alerte, réagit le réseau Sortir du nucléaire dans un communiqué. Une grande entreprise a les moyens de se payer des avocats et des procédures judiciaires longues. Tel n’est pas le cas des associations ou médias indépendants. Ce genre de menace est donc un moyen de dissuasion puissant, et représente une menace pour la liberté de la presse et l’exercice démocratique du droit d’informer le public. »

Le Réseau Sortir du nucléaire, qui dénonce « la tentative de censure et d’intimidation engagée par EDF », a décidé de mettre en ligne sur son site web l’intégralité de ces documents confidentiels, en soutien au Journal de l’Énergie.

- Lire l’intégralité de l’article sur le site du Journal de l’énergie

- L’enquête originale du Journal de l’énergie, en deux volets, est accessible ici et .

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 15:30

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/noel-mamere

 

 

Trente ans après, l'Etat-EDF persiste et signe

 
 
Rappelons-nous, il y a 30 ans, le 26 avril 1986, le plus grand accident nucléaire de l’histoire ravageait l’Ukraine. A Tchernobyl, près de  la vile de Pripiat, un réacteur de la centrale nucléaire, de type RBMK, explosait à la suite d’une montée en puissance incontrôlée. Un énorme nuage contenant de grandes quantités radioactives de césium 137 et d’iode 131, passait au-dessus de nombreux pays européens.

Rappelons-nous, il y a 30 ans, le 26 avril 1986, le plus grand accident nucléaire de l’histoire ravageait l’Ukraine. A Tchernobyl, près de  la vile de Pripiat, un réacteur de la centrale nucléaire, de type RBMK, explosait à la suite d’une montée en puissance incontrôlée. Un énorme nuage contenant de grandes quantités radioactives de césium 137 et d’iode 131, passait au-dessus de nombreux pays européens. En France, les hommes du lobby nucléaire prétendaient que le nuage avait été arrêté à nos frontières ! Alors présentateur du journal d’Antenne 2-Midi, je me souviens des difficultés rencontrées, y compris auprès des journalistes « spécialisés », pour qu’enfin on admette que la France n’était pas épargnée par cette catastrophe. Quelques années plus tard, évoquant cet épisode dans une émission de télévision, je fus l’objet d’un procès en diffamation, intenté par le professeur Pellerin (celui qui nous disait que tout était sous contrôle), qui dura dix ans … Jusqu’à ce que la Cour européenne des droits de l’homme condamne le gouvernement français et demande l’annulation de ma peine devant les tribunaux français ! Dix ans pour admettre une évidente vérité, c’est dire le poids du lobby nucléaire dans notre pays. Car, dire la vérité, c’était reconnaître que les radiations avaient atteint les animaux et les humains, les forêts et les cours d’eau, les champs et les villes… jusqu’en Corse.

En Ukraine, 400 000 personnes furent déplacées, 100 000 personnes irradiées, qui moururent dans d’atroces souffrances dont un nombre indéterminé de « liquidateurs », ces hommes envoyés de force sur le site de la centrale pour tenter de limiter les conséquences de l’accident en décontaminant le territoire impacté. L’accident de Tchernobyl accéléra la décomposition et l’effondrement de l’URSS, incapable d’organiser la prévention et les secours.

Cette catastrophe annonçait celle de Fukushima, comme cette dernière en annonce d’autres si l’on en croit l’Autorité de Sûreté nucléaire française qui évoque la possibilité d’un « accident nucléaire majeur » en France. Mais, à la différence de tous les autres accidents industriels, avec le nucléaire, il n’y a pas d’après. Parce que les conséquences sanitaires et environnementales dépassent les générations humaines et qu’elles sont irréversibles. On ne parle pas en années, mais en siècles, en centaines de siècles. De quoi donner le vertige. Et c’est en ce sens que le nucléaire, dont l’acte fondateur est Hiroshima, a inauguré l’ère de la démesure, de « la honte prométhéenne », pour reprendre l’expression de Gunther Anders, où l’Homme croit pouvoir échapper à sa condition.

Pourtant, trente ans après cette monstruosité et au lendemain de Fukushima, le nucléaire en France fait toujours consensus dans les élites politiques et techniciennes. Les nucléocrates français ne sont que des Docteurs Folamour qui, au nom d’un scientisme intéressé, manipulent le pouvoir politique et l’opinion en faisant croire que le nucléaire est incontournable. En fait, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, nous déléguons notre libre arbitre en matière d’énergie à un petit groupe d’ingénieurs qui échappent à tout contrôle de la puissance publique. Le nucléaire civil n’étant que le prolongement du nucléaire militaire, fondé sur le secret, et les deux fonctionnant en étroite collaboration, il ne faut donc pas s’étonner qu’ils nous dissimulent les risques inhérents à ce système. L’opacité et le secret sont la règle, et la transparence l’exception.

Cette régression démocratique s’est donc organisée sous De Gaulle et Pompidou, qui ont scellé un pacte d’acier avec les communistes. Les gaullistes considérant la maîtrise de l’atome comme un élément de notre indépendance, les communistes, qui avaient de solides bases chez les salariés d’EDF, estimant que le nucléaire allait dans le sens du « Progrès ». Les uns et les autres soutenaient l’idée fausse que le nucléaire permettrait à la France de garantir son indépendance énergétique ad aeternam. Dans un premier temps, ce consensus nucléaire fut partagé par une grande partie de la population. A l’exception des écologistes, très minoritaires à l’époque, mais à l’origine de combats historiques, comme celui de Creys-Malville, en 1977, où Vital Michalon perdit la vie dans les affrontements avec les forces de l’ordre. En 1981, après la victoire de François Mitterrand, le PS rejoignit le club des nucléocrates et depuis cette époque, droite et gauche célèbrent ensemble le culte du nucléaire, devenu religion d’Etat. Résultat : cette « exception française », vantée par la propagande politique et médiatique, est aujourd’hui une faillite économique, une impasse politique et un danger qui plane en permanence au-dessus de nos têtes.

Voilà pourquoi ce triste anniversaire devrait au moins nous permettre de relancer le débat autour d’une énergie qui induit l’acceptation d’un modèle de société centralisé, autoritaire et hors contrôle. Le nucléaire aujourd’hui n’est plus viable économiquement. Son coût a explosé. EDF est en faillite à cause de l’EPR, au point que l’Etat met la main à la poche en injectant trois milliards d’euros dans une augmentation de capital destinée à sauver la filière, plutôt que d’investir la recherche de l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables. L’Etat s’obstine à participer au sauvetage d’AREVA, à « sécuriser » des centrales nucléaires vieillissantes pour des coûts faramineux, au lieu de les démanteler et d’imposer partout le compteur Linky, contre la volonté des consommateurs. Mais rien ne semble pouvoir arrêter ce lobby, véritable Etat dans l’Etat. Tandis que le nucléaire régresse dans de nombreux pays, en France, les nucléocrates imposent leur loi, bafouant les accords politiques passés entre les écologistes et le PS, revenant sur la loi de transition énergétique, renvoyant la fermeture de la centrale de Fessenheim aux calendes grecques, empêchant tout investissement conséquent dans les énergies renouvelables…

Au moment où la France signe le traité sur le climat et où François Hollande tient sa quatrième conférence environnementale, dans l’indifférence générale et la suspicion légitime des écologistes et des ONG, le souvenir de Tchernobyl devrait faire honte à ces gouvernants qui s’obstinent dans cette voie dangereuse. Raison de plus pour rompre avec cette fausse gauche et cette vieille droite.

Comme l’indique le manifeste de la commission Ecologie climat de Nuit Debout : « Après Tchernobyl et Fukushima, Il est inadmissible et irresponsable, en particulier pour les générations futures, de continuer à promouvoir le mythe de l'énergie nucléaire soi-disant propre et à faible coût. La dangerosité de cette technique, la difficulté du démantèlement et de la gestion des déchets, ne sont plus à démontrer. Nous voulons la transparence totale sur la filière nucléaire et exigeons la fermeture immédiate des réacteurs de plus de trente ans et l’arrêt de la construction des EPR. ». On ne saurait mieux dire !  

Si nous voulons empêcher de nouvelles catastrophes, il faudra se débarrasser  du complexe  techno-politique qui dirige ce système. Pour sortir de la déraison du monde, il ne suffira pas de rester debout place de la République, mais c’est debout que les peuples s’émanciperont de cette servitude technicienne.

 

Noël Mamère

Le 25/04/2016.

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/noel-mamere

 

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 15:05

 

COLLECTIF HALTE AUX NUCLEAIRES GARD 

 

Info reçue par mail

 

 

Le Collectif Halte aux nucléaires GARD informe

 

Programme à diffuser largement  

TCHERNOBYL 30 ANS  -    FUKUSHIMA 5 ANS

 

L’ACCIDENT NUCLEAIRE

EST POSSIBLE CHEZ

NOUS ! NOUS N’EN

VOULONS PAS !

 

Evènements du 5 au 9 avril à Nimes :

Mardi 5 avril de 19h00 à 20h30 :

Maison théâtre des littératures à voix hautes 26, rue de la République
 -lecture d'extraits de "jets de poèmes" de Ryôichi Wagô et projection d'un petit film  par Danièle Faugeras (PO&PSY)

    -exposition éphémère d'oeuvres sur papier de riz    (photos du livre "jets de poèmes") d'Élisabeth Gerony-Forestier. F

 

 Jeudi 7 avril de 19h00 à 21h00 :

Foyer Maurice Albaric 27, rue Jean Reboul

-Film "welcome to Fuku" et débat avec Jacqueline Balvet qui revient du Forum social mondial au Japon


"Welcome to Fuku" est appelé aussi "Récits de Fukushima". Réalisé très recemment par Alain de Halleux, cinéaste belge déja largement connu, ce film regroupe 8 témoignages de 8 minutes qui traduisent l'angoisse dans laquelle vivent toujours les habitants de Fukushima, leur amertume d'avoir tout perdu, leur manque d'espoir et leur résignation.

 

Intervention de Jacqueline Balvet:
FSM à Fukushima
Pour la création d'un réseau international de lutte pour un monde sans
nucléaire

"Je peux parler de la volonté obsessionnelle de l'Etat de vouloir faire
revenir les gens dans les zones contaminées.
Je peux aussi dire un mot des militant-e-s rencontré-e-s au Forum  
Social Mondial, venant  d'une dizaine de pays différents (dont la
France) et qui sont tout autant préoccupés, dans leur pays, par les
politiques d'exportation de réacteurs, ainsi que de la situation des
travailleurs du nucléaire partout dans le monde.
Il y a eu également un échange très intéressant sur nucléaire et justice
climatique"
 

Samedi 9 avril de 13h30 à 17h00 :

Maison Carrée- prises de parole et déambulation. Venez nombreux avec couleurs, musique et gilets jaunes !

 

Collectif halte aux nucléaires gard

 

 

 

                                                                             ****************************

 

 

EDF s’obstine dans le nucléaire !

 

Le président d’EDF Jean Bernard Lévy, a récemment annoncé qu’on ne fermerait pas de centrales nucléaires, qu’on allait, au contraire, prolonger leur durée de vie initialement prévue à 30 ans jusqu’à 60 ans et qu’EDF envisageait de construire « 30 à 40 EPR nouveau modèle en France d’ici à 2050 ».

 

En s’obstinant dans le nucléaire, EDF nous met chaque jour en danger avec ses centrales vieillissantes ou de nouvelles qu’il  peine à construire (EPR de Flamanville), malgré les milliards d’Euros injectés. L’opérateur “historique” va continuer à produire des déchets mortels et ingérables pour des milliers d’années en refusant d’accélérer le développement des énergies renouvelables.

 

Mais, depuis juillet 2007, EDF n’est plus en situation de monopole et chacun peut refuser de cautionner cette dangereuse et onéreuse fuite en avant en choisissant un fournisseur qui  garantit une électricité d’origine renouvelable!

 

Bye-bye EDF !

Changeons de fournisseur d’électricité!

C’est facile !

 

Pour ne plus financer le nucléaire, vous pouvez choisir un fournisseur qui propose de l’électricité d’origine renouvelable : Alterna, Direct Energie, Enercoop, Energem, Lampiris, Planète Oui, Proxélia et Sélia.

 

SeulsEnercoop et Planète Ouine proposent que des offres 100 % vertes. Une offre est dite «verte» quand le fournisseur produit ou achète autant d’électricité d’origine renouvelable qu’il en vend aux souscripteurs de son offre verte. Seule, la société Enercoop est organisée en coopérative.

 

Le site d'information du médiateur national de l’énergie http://energies-info.fr peut vous aider à choisir.

 

Pour l’électricité aussi, la meilleure énergie reste celle qui n’est pas produite !

Réduisons nos consommations !

 

COLLECTIF HALTE AUX NUCLEAIRES GARD 

 

 
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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 21:51

 

Source : http://www.lalibre.be

 

 

Attentats: "D’ici 5 ans, ils pourraient prendre le contrôle d’une centrale nucléaire"

 

 

 

Jean-Claude Matgen, Olivier Le Bussy, Vincent Braun, Laurent Lambrecht, Pierre-François Lovens Publié le - Mis à jour le

 

 

Belgique

Gilles de Kerchove est le coordinateur de l’Union européenne pour la lutte contre le terrorisme. Il a répondu aux questions de "La Libre".

 

Pensez-vous que les sites nucléaires belges sont vulnérables ?

Je suis incapable de dire s’il y a des failles dans la protection des sites nucléaires. En revanche, je ne serais pas étonné que le secteur nucléaire devienne, dans le futur, la cible de cyberattaques.

Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?

Il y a eu un grand étonnement, en Belgique, lorsqu’on a appris que les communications de Belgacom avaient été interceptées par un service étranger. Cela avait conduit le gouvernement de l’époque à consacrer 10 millions d’euros à la cybersécurité. Je pense que c’est une urgence. Ma crainte est que les nouvelles technologies permettent à un individu isolé de commettre un attentat de grande ampleur.

La prochaine attaque pourrait être une cyberattaque ?

Je ne crois pas que le cyberterrorisme soit déjà une réalité. Mais je ne serais pas étonné qu’avant 5 ans, il y ait des tentatives d’utiliser Internet pour commettre des attentats. C’est-à-dire entrer dans le Scada (NDLR : Supervisory Control and Data Acquisition), le centre de gestion d’une centrale nucléaire, d’un barrage, d’un centre de contrôle aérien ou l’aiguillage des chemins de fer.

L’Etat islamique est-il en train de se renforcer dans ce domaine ?

Daech a montré une énorme sophistication dans l’utilisation des réseaux sociaux. Il y a des jeunes "geek" qui savent ce que c’est, une génération née avec Internet. A un moment donné, il y aura bien un gars avec un PhD en technologie de l’information qui sera capable d’entrer dans un système. Il y a aussi la menace de la miniaturisation des explosifs, ou encore la biotechnologie. Al-Qaïda dans la péninsule arabique a un magazine intitulé "Inspire". Dans un des premiers numéros, il y avait un article qui expliquait comment faire une bombe dans la cuisine de sa mère. Que se passera-t-il quand on en sera à "Comment élaborer un virus dans la cuisine de sa mère".

Comment pourrait se matérialiser ce type d’attaque ?

Il sera possible, à travers les biotechnologies de synthèse, de manipuler des virus de type Ebola. La Commission européenne réfléchit d’ailleurs à la façon de muscler la défense des Etats contre les cyberattaques.

Comment se situe à Belgique au niveau de la cybersécurité ?

Il faut distinguer trois dimensions : les capacités du département de la Défense, du gouvernement et des entreprises. Je pense que notre département de la Défense est assez bon en matière de cybersécurité. Ils n’ont, bien sûr, pas les capacités de représailles des Français, des Anglais ou des Américains. Mais en cas d’attaque, je pense que notre département de la Défense est assez bon. En revanche, je ne sais pas si le gouvernement est capable d’anticiper et de résoudre de grosses attaques. Au niveau des entreprises, je ne sais pas s’il y a un niveau de conscience suffisant du risque en matière de cybersécurité.

Que risquent les entreprises ?

Cela peut être le vol de secrets d’affaires, la destruction de systèmes informatiques, la planification d’attentats en pénétrant dans les systèmes.

 

 

 

"Avec un Daech affaibli, le risque d'attentat augmente"

 

Il faut améliorer les échanges d’informations entre Européens et repenser la culture de la sécurité en Belgique.

Au lendemain de la perquisition sanglante de Forest, le mardi 15 mars, vous aviez exprimé votre crainte de voir des attentats se produire sur notre sol. Annonce prémonitoire, hélas…

Trois éléments me faisaient et me font craindre des attentats en Europe. Primo, Daech recule en Syrie et en Irak mais c’est une organisation qui a toujours voulu manifester sa capacité d’agir, d’où une succession d’attentats au Liban, dans le Sinaï, en Turquie, à Paris, en Tunisie et maintenant à Bruxelles, des attentats qu’on ne voyait pas avant, quand Daech concentrait ses efforts sur la construction d’un califat. Secundo, la pression sur la Syrie pourrait aboutir à un retour massif de "combattants étrangers", à savoir de ressortissant européens. Enfin, on assiste à des mouvements inquiétants du leadership de Daech entre la Syrie et la Libye.

Que doit faire la Belgique de ses "returnees" ?

D’abord contrôler sérieusement leur dangerosité. C’est aux autorités judiciaires à le faire et à décider s’il faut les placer en détention préventive et les poursuivre, sachant qu’il n’est pas toujours facile d’établir la preuve qu’ils ont commis des crimes là-bas. A ce propos, l’Europe entend développer la récolte de preuves digitales, autrement dit de traces électroniques, mais c’est difficile car, pour le moment, les informations sont stockées dans des clouds situés en Californie. Pour y avoir accès, il faut passer par l’entraide judiciaire pénale, une procédure extrêmement lourde. Il faut simplifier les procédures et permettre aussi un accès direct aux données aux compagnies d’Internet. L’Europe a lancé un dialogue à ce sujet. Il faut aussi voir dans ceux qui reviennent de Syrie des sources potentielles de renseignements mais également de contre-propagande, car ils ont vécu dans le climat de brutalité et de folie que fait régner Daech et peuvent en témoigner.

Enfin, même si le discours est difficile à tenir dans le contexte émotionnel actuel, je prône à la fois un programme de réhabilitation et de prévention, passant par une politique de l’enseignement, de la jeunesse, de la culture, des sports, de l’emploi et de la villle. Je l’ai dit haut et fort aux ministres de l’Intérieur de l’Union réunis jeudi à Bruxelles.

La Belgique est considérée comme une base arrière du terrorisme, un maillon faible au niveau du renseignement. Votre avis.

Ce n’est pas mon rôle de distribuer des bons et des mauvais points. Nous avons de bons policiers, de bons magistrats, de bons agents de renseignement mais ils ont longtemps manqué de moyens financiers, techniques, juridiques et humains. Savez-vous qu’il y a cinq ans, la Sûreté de l’Etat était le seul service d’Europe sans possibilité d’interception administrative ? Je salue donc le gouvernement actuel qui a mobilisé des ressources pour renforcer ces services. Même s’il faut bien remarquer que la culture de la sécurité n’a jamais été hypertrophiée chez nous, en comparaison, par exemple, avec la France, il me semble qu’une prise de conscience a eu lieu.

On se plaint de la mauvaise qualité des échanges d’informations entre les services de police et de renseignement européens. Qu’en pensez-vous ?

Je réponds que des progrès importants ont été engrangés ces dernières années mais que ces échanges butent sur des obstacles d’ordre juridico-technique et culturel. Cela dit, l’Europe de la sécurité avance.

Je vois trois défis à relever. Un, Il faut développer la banque de données européenne SIS, même si le nombre d’informations que les services de police et de renseignement y déposent a explosé ces derniers mois, et développer la plate-forme d’échanges de données d’Europol. Deux, il faut que les réels échanges d’informations existant entre les services de renseignement soient mieux structurés ; mais c’est de la compétence des Etats, pas de celle de l’Union. Pourquoi Charles Michel, très allant sur la question, ne prendrait-il pas l’initiative ? Trois, il faut encourager l’interopérabilité des bases de données existantes. Frontex ne s’occupe que des flux migratoires, Europol que de la sécurité : c’est une absurdité. Nous sommes en train de réconcilier ces deux mondes et c’est un grand défi car il faudra résoudre des problèmes politiques, juridiques, portant notamment sur la protection des données, et techniques mais le but est d’en arriver à un seul système. Les ministres sont très demandeurs.

Daech semble avoir utilisé la filière des migrants pour acheminer des terroristes. Que faut-il en penser ?

Le risque existe, même si la menace principale est endogène, ce qui m’a d’ailleurs poussé, il y a trois ans, à demander un resserrement des contrôles des Européens dans les aéroports et ce qui me pousse à réclamer l’adoption d’un PNR (NdlR : fichier européen des passagers aériens). Il faut à tout prix éviter l’amalgame tendant à faire croire que derrière tout demandeur d’asile se cache un terroriste potentiel. Daech n’attend que cela.

 

 

 

"Nous devons resserrer davantage nos relations avec les pays du pourtour de la Méditerranée"

 

L’Europe ne travaille pas avec le gouvernement Assad, dites-vous. Ce manque de renseignement venant du cœur du Moyen-Orient n’est-il pas une part du problème ? Autrement dit, l’Europe ne s’est-elle pas privée d’une précieuse source de renseignement en vilipendant de la sorte la Syrie ?

Je ne pense pas. Compte tenu du genre de relations que nous avons avec le gouvernement Assad, je ne suis pas sûr de la solidité des informations qui seraient partagées. Nous pourrions tenter de travailler en off mais je suis très sceptique. En revanche, il me paraît plus important de resserrer davantage nos relations avec tous les pays du pourtour de la Méditerranée, et surtout les riverains de la Syrie. Nous travaillons ainsi avec l’Irak où j’ai développé un projet pour aider leur National Security Adviser dans la collecte et la gestion du renseignement. Madame Mogherini, qui m’a demandé un soutien, négocie en ce moment des partenariats de sécurité avec chacun de ces pays, du Maroc à la Turquie, en ce compris les Balkans occidentaux. A l’été, nous devrions avoir un partenariat assez développé avec la Tunisie, la Jordanie et le Liban. La Tunisie est confrontée, comme la Belgique, à un nombre considérable de combattants de retour au pays. Il faut moderniser les cadres de coopération et mettre le plus d’infos en commun.

La Turquie, qui avait indiqué avoir renvoyé l’un des frères ayant commis un attentat à Bruxelles, vous paraît-elle un partenaire fiable sur les plans sécuritaire et migratoire ?

Tout d’abord, nous sommes très désireux d’intensifier notre partenariat avec la Turquie à tous égards. Nous avons relancé le processus d’élargissement au dernier Conseil européen. Dans le dossier migratoire, notre coopération est essentielle et les mesures prises semblent produire leurs premiers effets. Au niveau de la sécurité, il faut reconnaître que la Turquie est en grande difficulté. Elle est touchée par le terrorisme, kurde d’une part et de Daech de l’autre. On a vu des attentats très meurtriers à Suruç, Istanbul et Ankara. Depuis quatre ans, nous avons intensifié notre coopération avec la Turquie sur la question des combattants étrangers pour fluidifier l’échange d’informations, s’assurer qu’elle est très mobilisée sur le sujet et qu’elle est vigilante à la frontière (avec l’UE).

Quel est l’état de la coopération sécuritaire de l’Union avec les deux grandes puissances du Moyen-Orient, l’Iran et l’Arabie saoudite ?

 

Avec l’Arabie saoudite, nous en sommes au stade des réunions de travail. En revanche, nous n’avons pas de dialogue très établi avec l’Iran. La priorité a été donnée au dossier nucléaire. Mais ce temps viendra. Nous avons aussi une coopération avec le Conseil de coopération du Golfe (qui réunit l’Arabie saoudite, Bahrein, le Koweit, le Qatar, les Emirats arabes unis et Oman, NdlR), surtout sur les questions de financement du terrorisme, que nous voulons élargir. L’Union a la volonté de s’investir beaucoup plus dans le Golfe.

 

 

Source : http://www.lalibre.be

 

 

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 18:33

 

Source : http://www.sortirdunucleaire.org

 

 

Soutien à Dominique Malvaud, convoqué pour violation de l’État d’urgence

Communiqué du 18 mars 2016

 
 

 

 


 

 

Pour avoir distribué des tracts avec une quinzaine de personnes de son association « Stop Nucléaire 26-07 » le 29 novembre 2015, jour d’ouverture de la COP 21, M. Dominique Malvaud est convoqué au tribunal de Valence le jeudi 24 mars.

Alors qu’aucun trouble à l’ordre public n’est constitué, une violation de l’état d’urgence est invoquée pour justifier cette convocation.

Nul ne sera dupe de ce faux prétexte : il s’agit pour l’État de museler toute résistance à un nucléaire en déroute dont il veut assurer la continuité, quels qu’en soient les coûts astronomiques et les conséquences effarantes sur la sécurité et la santé des populations.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" exprime tout son soutien à M. Dominique Malvaud. Il affirme avec force que ce sont les acteurs de la mise en danger de l’humanité à travers la poursuite de programmes nucléaires civils et militaires qui doivent être poursuivis, et non ceux qui dénoncent avec courage et détermination ces industries criminelles.

 

 

Source : http://www.sortirdunucleaire.org

 

 

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 20:50

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

L’Europe met le nucléaire français sous pression

13 mars 2016 | Par Jade Lindgaard
 
 
 

Alors que le cinquième anniversaire de la catastrophe de Fukushima ravive l'attention internationale sur les dégâts de l’un des pires accidents nucléaires de l’histoire, la préférence française pour l’atome ne va plus de soi en Europe.

Le système nucléaire français provoque une controverse européenne. En quelques semaines, plusieurs demandes d’arrêts de réacteurs sont venues de pays frontaliers : la ministre allemande de l’environnement, Barbara Hendricks, a publiquement souhaité la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin). Quelques jours plus tard, la maire de Genève, Esther Alder, a exigé celle du Bugey (Ain). Et le Luxembourg a saisi la Commission européenne du cas de la centrale de Cattenom (Moselle).

Situées à quelques kilomètres des frontières, ces trois centrales nucléaires sont mises en cause par des rapports critiquant leur niveau de sûreté insuffisant – ce que conteste l’Autorité de sûreté du nucléaire française. Alors que le cinquième anniversaire de la catastrophe de Fukushima ravive l’attention internationale sur les dégâts de l’un des pires accidents nucléaires de l’histoire, la préférence française pour l’atome ne semble plus aller de soi en Europe.

 

© Reuters. © Reuters.
 

« Je ne crois pas du tout à un grand complot contre la France », réagit Corinne Lepage, avocate de la ville et du canton de Genève dans leur action contre la centrale du Bugey. Aucun lien, insiste-t-elle, entre le dépôt de leur plainte contre X auprès du tribunal de grande instance de Paris et le rapport de l’expert en ingénierie nucléaire Manfred Mertins sur Cattenom, ni avec les articles parus dans la presse allemande sur Fessenheim. « Je ne sais pas si le nucléaire est un sujet de discorde au niveau européen mais c’est un sujet d’inquiétude. Les Européens voient les centrales vieillir et leur exploitant avoir de moins en mois de moyens financiers. »

 

Déjà en 2015, lors d’une visite de François Hollande, le premier ministre du Luxembourg lui avait demandé la fermeture de la centrale mosellane. Le Grand-Duché s’est aussi joint à l’Autriche pour attaquer la décision de la Commission européenne autorisant le gouvernement britannique à garantir à EDF un tarif d’achat de 92,5 livres (113 euros) par mégawattheure (MWh) pendant 35 ans pour le projet d’EPR à Hinkley Point, au Royaume-Uni.

« En autorisant un tarif d’achat garanti pendant 35 ans pour Hinkley Point, la Commission européenne crée un précédent dans toute l’Europe, explique à Mediapart Carole Dieschbourg, ministre luxembourgeoise de l’environnement. C’est de l’argent bloqué pour des décennies alors qu’il faut investir dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Les investissements dans le nucléaire ne vont pas dans le bon sens. Ils créent une distorsion de marché et ne sont pas une réponse au changement climatique. Le nucléaire n’est pas sûr, il n’existe pas de solution pour les déchets du nucléaire. » Le mémoire de la plainte doit être déposé le 24 mars devant le tribunal de la Cour de justice des communautés européennes (CJCE).

Pour la ministre luxembourgeoise, membre des Verts, « ce n’est pas une critique du système nucléaire français. Les choix énergétiques relèvent des décisions nationales ». Mais « s’il y a un accident à Cattenom, à huit kilomètres de notre frontière, c’est un désastre pour le Luxembourg. Le Luxembourg s’engage depuis des années pour plus de sécurité à Cattenom, alors que ce réacteur n’est pas si jeune et connaît des problèmes. Nous investissons beaucoup pour la sécurité de notre pays.

«Nous nous sommes réjouis du vote en France de la loi de transition énergétique, et de voir que la France voulait arrêter une partie de sa production nucléaire. Nous sommes aussi en discussion avec la Belgique au sujet du réacteur de Tihange. Ces centrales nucléaires posent des problèmes de sécurité. Nous souhaitons le plus possible qu’elles ferment à partir d’un certain âge. Ce problème ne s’arrête pas aux frontières. Les États voisins doivent pouvoir en débattre, dans une relation respectueuse des uns et des autres ».

 

Un cadre communautaire existe

Au sein de l’Union européenne, l’énergie reste une compétence nationale. Mais la directive issue du traité Euratom (2009) crée un cadre communautaire pour assurer la sûreté nucléaire. Deux Länder allemands (Rhénanie-Palatinat et Rhénanie du Nord-Westphalie) vont déposer une plainte devant la Commission européenne – et l’Onu – pour obtenir la fermeture de trois réacteurs nucléaires belges (Doel 1, Doel 2 et Tihange 1), jugés défaillants.

La Commission enquête par ailleurs sur la décision du gouvernement belge de prolonger la durée de vie des réacteurs, soupçonnant une aide d’État déguisée. Et elle vient de mettre en cause le manque de provisions financières en France pour le démantèlement des centrales et la gestion des déchets radioactifs. Son taux de couverture n’est que de 31 %, selon le calcul de la Commission, bien en dessous de la moyenne européenne (56 %).

La France n’est donc pas la seule visée. Mais son système énergétique, unique en Europe par sa concentration verticale puisque EDF est à la fois le principal producteur et fournisseur d’électricité, mais aussi son transporteur (via RTE, filiale à 100 %) et son distributeur (via ERDF), génère une grande opacité de fonctionnement et ne laisse aucune place aux autres acteurs industriels. Alors que le secteur de l’énergie traverse une crise sans précédent, due en grande partie à la surcapacité de production, plusieurs contentieux européens sont en cours. De gros industriels voudraient y gagner des parts de marché. Mais ils ne sont pas les seuls à passer par l’échelon communautaire pour mettre en cause le modèle hexagonal. Des PME produisant des biens et des services liés à la transition énergétique comptent sur Bruxelles pour sécuriser leurs activités.

 

REUTERS/Jacky Naegelen. REUTERS/Jacky Naegelen.
 

Parmi les sujets de discorde, on trouve le marché de capacité. Soutenu par la France, mais rejeté par l’Allemagne, ce dispositif consiste à rémunérer des centrales électriques (à gaz par exemple) quand elles ne produisent pas d’énergie pour qu’elles restent disponibles au cas où la demande augmenterait. Pour ses détracteurs, c’est une manière d’aider les énergéticiens qui ont investi dans des installations qui ne sont plus rentables en raison de la surcapacité d’offre d’électricité en Europe. « Il faut fermer ces centrales et non les rémunérer pour leur éviter de s’arrêter », explique Joël Vormus, chef de projet au CLER, qui représente des professionnels de la transition énergétique.

 

Les fournisseurs alternatifs ont attaqué le décret d’application sur le marché de capacité devant le Conseil d’État, qui a renvoyé le dossier devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Pour Nicolas Mouchnino, chargé de mission énergie et environnement à UFC-Que Choisir, « c’est un moyen pour les énergéticiens de ne pas dévaloriser leur capacité de production. Mais ce sont les consommateurs et les contribuables qui vont en assumer le coût ».

L’association a aussi saisi le Cordis, le comité de règlement des différends de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) au sujet de l’insuffisante séparation des activités d’EDF et d’ERDF, qui crée une distorsion de concurrence. Ce contentieux pourrait lui aussi finir devant la Cour de justice de l'Union européenne. Bruxelles a par ailleurs été saisi du cas des certificats d’économie d’énergie (CEE), qui rémunèrent les énergéticiens qui réduisent la consommation de leurs clients, mais surestiment la réalité des économies réalisées selon des spécialistes.

À Bruxelles, les responsables de la direction de la concurrence reçoivent régulièrement les représentants des uns et des autres. Une véritable bataille de lobbies, aux forces inégales, se livre dans les couloirs de la Commission. « Si personne ne frappe à la porte de la Commission, il ne se passera pas grand-chose », explique un habitué de ce type de rendez-vous, qui évoque une véritable « omerta » sur les petits arrangements du monde de l’énergie.

Ainsi, selon un autre de ces visiteurs, la fusion entre EDF et Dalkia, un des principaux acteurs des services énergétiques en France, a été acceptée par Bruxelles malgré la situation de concentration qu’elle crée, en échange d’un engagement de Paris à ouvrir ses concessions hydroélectriques. Mais le gouvernement français n’a pas touché à ce dossier sensible et depuis, la Commission l’a mis en demeure d’ouvrir ses barrages à la concurrence. Sollicitée par Mediapart, la direction de la concurrence répond que « [ses] décisions sont indépendantes les unes des autres. Il n'y a pas d'accords “en échange” entre différents cas ». La réponse de la France à ce contentieux est en cours d’examen.

Mais d’autres problèmes surgissent. Confronté à des difficultés financières gravissimes, EDF est en discussion avec la Commission européenne pour obtenir une hausse du tarif auquel elle doit vendre son électricité aux fournisseurs alternatifs (voir ici à ce sujet). Pour l’UFC-Que Choisir toutefois, « s’il est beaucoup plus élevé que le marché, il s’apparente à une subvention ». Et peut donc être contesté au nom de l’interdiction des aides d’État déguisées. « Les consommateurs français méconnaissent le marché et restent très majoritairement abonnés à EDF, explique Nicolas Mouchnino. Les fournisseurs alternatifs indexent leurs tarifs sur ceux d’EDF : même s’ils sont plus bas, ils augmentent si ceux d’EDF s’accroissent, même si leurs coûts de production baissent. »

Pour l’association, les consommateurs sont de ce fait lésés : le rôle très majoritaire d’EDF sur le secteur de l’électricité revient à internaliser les risques et à en faire assumer les coûts financiers aux consommateurs et aux contribuables. « La structure d’EDF ne garantit pas un marché concurrentiel, explique Nicolas Mouchnino. Or la Commission souhaite un marché unique et concurrentiel au bénéfice des consommateurs. Des règles ont été édictées à partir de la fin des années 1990 pour libéraliser le secteur de l’énergie. La production et la fourniture d’électricité ont été ouvertes à la concurrence – globalement, les réseaux de transport et de distribution ont été maintenus hors-marché. Le problème avec le système français, c’est que, comme le nucléaire représente l’essentiel de la production d’électricité et qu’EDF détient ces moyens de production, il était difficile à un acteur extérieur d’y développer son offre d’électrons. »

Cette situation se referme aujourd’hui comme un piège sur l’acteur historique de l’électricité en France. Le groupe a tout misé sur le nucléaire, sans voir arriver la révolution des renouvelables et le plafonnement de la consommation d’énergie. La constitution progressive d’un marché unique lui a bénéficié tant qu’il pouvait en profiter pour vendre à bon prix ses électrons à ses clients européens. Cela se retourne contre lui aujourd’hui alors que la surcapacité de production fait s’effondrer les prix sans filet de protection national. L’échelon européen devient ainsi une caisse de résonance de toutes les failles internes et erreurs stratégiques du groupe français.

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 17:36

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

EDF: l'addition cachée de l’aventure britannique

8 mars 2016 | Par martine orange
 
 
 

EDF a surpayé British Energy. Mais pour ne pas avoir à avouer au moins 7 milliards d’euros de dépréciations d'actifs, le groupe continue sa fuite en avant avec le projet d’Hinkley Point.

« Hinkley Point, c’est la chronique d’une catastrophe annoncée. Pourtant, ils vont y aller, ne serait-ce que pour ne pas avouer les erreurs passées », confie un responsable du groupe, abattu par ce qui se précise. Plus que la défense du nucléaire, un élément, selon lui, compte beaucoup dans les décisions à venir de la direction d’EDF pour lancer coûte que coûte la construction de l’EPR : le groupe s’est déjà bien trop engagé en Grande-Bretagne. Revenir en arrière l’obligerait à reconnaître une ardoise très lourde et difficilement justifiable.

Pour comprendre ces explications, il faut revenir au départ de l’aventure britannique d’EDF, quand le groupe lance une OPA sur British Energy début 2008. À l’époque, le gouvernement britannique a décidé de vendre la participation de 35,2 % qu’il détient encore dans le groupe d’électricité. Plusieurs concurrents européens, comme l’allemand E.ON ou l’espagnol Iberdrola, se mettent sur les rangs puis font demi-tour. « Les conditions financières ne sont pas réunies pour reprendre British Energy », expliquent-ils alors.

Seul Pierre Gadonneix, alors président d'EDF, continue de se dire intéressé et paraît prêt à y mettre le prix. Alors que les responsables de l’électricien allemand RWE n’ont été autorisés par leur conseil qu'à présenter une offre limitée de 2,5 milliards d’euros pour le rachat de la participation du gouvernement britannique, estimant que le groupe dans sa totalité ne valait pas plus de 8,5 milliards d’euros, le président d’EDF ne semble pas du tout préoccupé par ces considérations, pas plus d’ailleurs que par l’envolée du cours en Bourse, depuis que le gouvernement britannique a annoncé son engagement. Un grand classique en France, décidément. 

En juin 2008, Pierre Gadonneix fait donc une offre très généreuse, tenant compte de l’envolée boursière : 15,1 milliards d’euros pour racheter l’ensemble de British Energy. C’est déjà plus de 40 % de ce que l’électricien valait, avant la spéculation boursière. Mais cela ne semble pas suffisant pour la direction de l’électricien britannique, qui rejette l’offre. Plutôt que de renoncer, la direction d’EDF décide de surenchérir, alors qu’elle est toute seule sur les rangs ! En septembre 2008, le groupe public, étendard du nucléaire français, présente donc une nouvelle offre de 15,8 milliards d’euros. En six mois, grâce au jeu boursier britannique, British Energy a doublé sa valeur, alors que tous s’accordent pour dire que le groupe est en mauvaise santé financière et boursière.

Mais la réalité des comptes s’impose, malgré tout. Pour ne pas avoir à inscrire une trop grande survaleur (goodwill) dans son bilan – aveu des folies financières et autres –, la direction d’EDF annonce tout de suite qu’elle va construire deux EPR sur les sites de British Energy, ce qui va donner de la valeur à l’ensemble du groupe britannique à l’avenir, explique-t-elle. Dans son rapport annuel de 2008, le groupe annonce ainsi la construction à venir de ces deux EPR, pour un coût estimé à l’époque à 4 milliards d’euros chacun. La facture de l’EPR de Flamanville a déjà dépassé les 10 milliards d’euros.

Grâce à cette annonce, la survaleur sur l’acquisition de British Energy est diminuée. EDF doit tout de même inscrire au bilan d’entrée du groupe britannique dans ses comptes, début 2009, un goodwill de 5,75 milliards d’euros. Depuis, comme le redoutaient les opposants à cette acquisition à l’époque, la situation n’a cessé de se dégrader. Des centrales et des sites de production vieillissants ont dû être dépréciés. Les activités britanniques affichent désormais une survaleur de 9,1 milliards d’euros, représentant à elle seule 90 % des survaleurs du groupe. Quant au résultat, il est en perte de plus de 200 millions d’euros en 2015. Une affaire, décidément, ce rachat britannique. 

Mais EDF, fortement incité par son responsable en Grande-Bretagne, Vincent de Rivaz, ne veut pas se dédire. Renoncer à construire un ou deux EPR obligerait alors à déprécier la valeur de British Energy et à annuler au moins les 5,7 milliards d’euros de survaleurs inscrits dans ses comptes. De plus, il lui faudrait aussi passer en pertes les dépenses qui ont été engagées pour lancer le projet d’EPR. Celles-ci dépasseraient déjà le milliard d'euros. Bref, toute marche arrière obligerait à inscrire au moins 7 milliards d’euros de dépréciations dans ses comptes. Un luxe que la direction d’EDF estime ne pas pouvoir se permettre.

Alors, plutôt que de reconnaître l’erreur passée, la direction d’EDF préfère continuer sa fuite en avant et s’engager pour un projet d’au moins 25 milliards d’euros, jugé dangereux par tous. Dans son dernier rapport, la Cour des comptes rappelait l’urgence d'en finir avec l'impunité des dirigeants et de « renforcer les dispositifs de sanction pénale et pécuniaire tant pour les dirigeants que pour les membres de conseils d’administration pour les cas de prise de risque inconsidérée ayant entraîné des pertes ». Cette règle pourrait peut-être s'appliquer aux dirigeants d'EDF ?

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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