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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 14:08

 

Rue89 - « Au secours, à l'aide ! » : l'insoutenable violence des CRS contre des « Manif pour tous »

Publié le :  08/05/2013 à 10h49

 

 

 

 

Les responsables de la « manif pour tous » déplorent deux blessés lors de leur rassemblement à Hérouville-Saint-Clair, dans la banlieue de Caen, le 6 mai lors de la visite de George Pau-Langevin, ministre déléguée à la Réussite éducative, au collège-lycée expérimental de la ville. Malgré l’adoption définitive de la loi Taubira, les anti continuent de manifester et d’accueillir les représentants du gouvernement un peu partout en France.

Voici ce que relate la « Manche Libre » :

« Selon les leaders du mouvement départemental, les manifestants ont d’abord été refoulés par les CRS loin du lieu prévu et déclaré pour la manifestation. Les policiers ont ensuite voulu nous interdire de nous exprimer en menaçant la responsable régionale de l’emmener au poste. Ils ont ensuite tenté de lui arracher son mégaphone. Pour cela, ils ont dû bousculer les manifestants, en venir aux mains avec ceux qui s’interposaient et plaquer une personne à terre. »

Des manœuvres qualifiées de « violences inadmissibles » et qui auraient « occasionné deux blessés » par la « manif pour tous », qui assure qu’elle donnera « des suites judiciaires à ces événements (dépôt de plaintes et lettre au procureur de la République) ».

Jugez par vous-même de la violence insoutenable, et même déplacée de nos pandores : « Arrêtez de me coller comme ça », s’offusque une dame qu’un ventripotent policier écarte poliment.

Merci à @abbegrosjean de nous avoir alertés.

B.G.

 


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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 17:15

 

Rue89 - link -  Joyeux anniversaire 05/05/2013 à 09h59
Rue89 - François Krug | Journaliste Rue89

 

 

 

Christian Lambert en février 2013 (Stéphane Lemouton/Sipa)

 

Proche de Nicolas Sarkozy, Christian Lambert devra quitter ses fonctions de préfet de Seine-Saint-Denis début juin. Mais cette fois, la droite ne pourra pas dénoncer une chasse aux sorcières : l’ancien président avait déjà dû jouer avec la loi pour maintenir le préfet à son poste.

Le décret est paru ce dimanche au Journal officiel. Christian Lambert, nommé préfet de Seine-Saint-Denis par Nicolas Sarkozy en avril 2010, pourra « faire valoir ses droits à la retraite à compter du 6 juin ». La veille, il aura fêté ses 67 ans.

Cette date d’anniversaire, l’ancien président n’est pas prêt à l’oublier : elle l’avait obligé à faire voter en urgence une loi dont l’unique objectif était de maintenir à son poste Christian Lambert, devenu... trop vieux. Un épisode oublié, mais cocasse, des années Sarkozy.

Nicolas Sarkozy pensait avoir trouvé l’homme idéal pour faire régner l’ordre en Seine-Saint-Denis : Christian Lambert avait dirigé, entre autres, le Raid et le cabinet du préfet de police de Paris. Et une fois nommé préfet, il avait vite démontré sa poigne.

Un an après l’avoir nommé, Nicolas Sarkozy réalisait que le préfet Lambert approchait dangereusement des 65 ans, l’âge limite de départ à la retraite pour les hauts fonctionnaires. Il ne restait plus que quelques semaines pour trouver une solution.

Une loi rédigée et votée en urgence

La solution, c’était de faire adopter par le Parlement une loi d’un seul article, offrant un bonus de deux ans aux fonctionnaires jugés irremplaçables – et ne concernant en réalité que Christian Lambert. Et l’ancien président avait promulgué la loi cinq jours avant l’anniversaire fatidique.

A son arrivée au ministère de l’Intérieur, Manuel Valls avait choisi de maintenir le préfet Lambert à son poste. Celui-ci était « inamovible », expliquait Le Monde à l’époque, et bénéficiait du soutien des socialistes Claude Bartolone et Bruno Le Roux, tous deux élus dans le 93.

Christian Lambert était même cité en exemple par la gauche, lorsqu’il s’agissait de répondre aux accusations de chasse aux sorcières ou de purge lancées par la droite. Harlem Désir, par exemple, ne s’en était pas privé.

Même si son départ à la retraite n’est pas une surprise, le préfet Lambert était le dernier des super-flics de Nicolas Sarkozy encore en fonction :

  • Bernard Squarcini, débarqué de la DCRI, est parti monter une société de conseil : « Je prends le large », avait-il expliqué à Rue89 ;
  • Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale, a été muté à la Délégation interministérielle à la sécurité routière ;
  • Michel Gaudin, limogé de la préfecture de police de Paris, a retrouvé l’ancien président : il est aujourd’hui son directeur de cabinet.

Manuel Valls a maintenant un mois pour trouver un successeur à Christian Lambert – en se montrant plus attentif à sa date de naissance que Nicolas Sarkozy.

 

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato 
Article issu de Rue89, suivre ce  link


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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 18:54

 

 

Rue89 -  DPDA 26/04/2013 à 10h20

 Philippe Vion-Dury | Journaliste Rue89

« J’en appelle à la conscience des parlementaires de gauche, ne trahissez pas votre famille, rompez les rangs, votez avec nous ! »
                         

Jean-Luc Mélenchon, était l’invité jeudi soir de l’émission « Des Paroles et des Actes » face à l’économiste Jacques Attali et au député UMP Benoist Apparu.

« Je suis candidat à Matignon »

Interrogé par David Pujadas sur ses velléités pour le poste de Premier ministre, il s’est exprimé sans détours :

« Je n’ai jamais dit Matignon : pourquoi pas. J’ai dit : je suis candidat à être Premier ministre. Ce n’est pas la même chose. »

Le coprésident du Parti de Gauche a vivement critiqué l’action de François Hollande, qui a été « élu selon un programme » et qu’il accuse de maintenant « déplacer le curseur à droite », vers ceux qu’il appelle les « solfériniens ». Il n’a pas hésité à prendre à partie les députés PS présents :

« Regardez comment François Hollande a divisé la gauche ! Ces “solfériniens” ont passé leur temps à nous diviser. »

En briguant Matignon, Mélenchon veut justement « qu’on change le centre de gravité », assurant qu’il sait « quoi faire ».

 

  

« Cette dette ne sera jamais remboursée »

Face à l’économiste Jacques Attali, Jean-Luc Mélenchon s’en est une fois de plus vivement pris à la politique d’austérité menée par les responsables européens :

« Cette dette ne sera jamais remboursée monsieur Attali. Osez dire le contraire devant les spectateurs. »

Rejetant les solutions alternatives évoquées par Jacques Attali (remboursement par la croissance ou la guerre), Mélenchon prône l’inflation (4 à 5 points de plus). Un choix qui condamnerait la France à sortir de l’euro, selon l’économiste, qui conclue qu’une politique inflationniste pourrait être menée à l’échelle européenne, mais qu’à l’échelle nationale elle conduirait simplement à « la Corée du Nord ».

Une référence qui n’a pas vraiment été du goût du leader du Front de Gauche, qui s’insurge :

« La Corée du Nord ? Il n’y a rien de mieux pour finir ? Ça, ça ne vous choque pas. C’est pas violent, c’est correct, c’est courtois, c’est aimable... Le socialiste s’en va en me traitant d’homme qui prépare la Corée du Nord. »


« Je ne suis pas quelqu’un qu’on fait sauter à la corde »

Répétée à deux reprises, l’expression est sortie la première fois à propos de l’opération transparence lancée par François Hollande après l’affaire Cahuzac :

« La loi n’a pas été votée, j’ai donc raconté mon patrimoine et je me suis moqué des gens qui ont inventé ça. Je ne suis pas quelqu’un qu’on fait sauter à la corde ! C’est une pitrerie ! Ce qu’il faut, c’est publier la liste des gens qui sont dans les paradis fiscaux. »

Mélenchon répète sa formule (préparée ?) un peu plus tard, à propos de l’intervention française au Mali pour laquelle le Front de Gauche s’est abstenu, un choix qu’il justifie par le manque de clarté quant à l’autorité de contrôle des territoires reconquis, la légalité du mandat français et les objectifs réels de cette opération.

« Je ne dis pas que vous êtes un négrier, même si je le pense... »

Les échanges avait pourtant bien commencé entre Jean-Luc Mélenchon et le député UMP Benoist Apparu, malgré le « bonsoir monsieur le futur Premier ministre » qu’a lancé ce dernier en guise d’introduction. Le jeune élu s’est même vu félicité par le président du Front de Gauche pour son vote en faveur du mariage homosexuel mardi dernier.

 


Benoist Apparu contre Jean-Luc Mélenchon sur DPDA

 

Benoist Apparu n’a pourtant pas tardé à ouvrir franchement les hostilités :

« A quoi servez-vous dans le paysage politique français ? »

Mélenchon, un brin railleur, rétorque en demandant à son adversaire ce qu’il lui suggère, « se mettre une balle dans la tête ? ». « Je ne dis pas que vous êtes un négrier, même si je le pense », lâche-t-il finalement quelques minutes plus tard, en rebondissant sur le coût du travail jugé trop élevé en France par l’élu UMP. Une phrase qui n’est pas pour plaire à ce dernier, qui lance, énervé :

« Un peu d’intelligence dans les débats ça fait du bien de temps en temps vous savez. Vous n’êtes que dans la caricature, vous êtes le Beppe Grillo français, vous avez passé la soirée à nous faire rire. »

« Quand je prends du plaisir, je ne coince pas, je me laisse aller »

Interrogé sur sa présence à la remise des prix du magazine GQ, qui l’avait élu homme de l’année 2012, et où de nombreux acteurs et chefs d’entreprise étaient présents, l’ancien candidat à l’Elysée a rétorqué, amusé :

« Quand je prends du plaisir, je ne coince pas, je me laisse aller. Vous voudriez que je chemine la barbe hirsute dans des souterrains avec mon balai et restant avec mes amis à comploter. Ils sont marrants comme tout, ces gens, ils invitent un type qui va leur faire les poches ! »

Jean-Luc Mélenchon n’a pas été toujours aussi léger au long de la soirée. Valls s’est vu taxé de « screugneugneu de service », pour le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ses « jours sont comptés », et il s’est dit « consterné et blessé » par François Hollande, dont il dénonce la « duplicité ».

L’ancien candidat du Front de Gauche s’est échauffé contre la décision du camps socialiste, de s’opposer au texte prévoyant l’amnistie des syndicalistes auteurs de délits lors des mouvements sociaux depuis 2007, alors qu’il affirme que le Président lui avait fait la promesse que cette loi serait votée.

 

 


 

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 18:23

 

 

Médiapart

 

 

 

Lire aussi

 

 

Le parquet de Paris a ouvert ce vendredi 19 avril une information judiciaire sur les accusations d'un soutien financier de la Libye à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, indique l'AFP en citant des sources judiciaires, une information confirmée à Mediapart. Cette information judiciaire a été ouverte contre X... pour « corruption active et passive », « trafic d'influence, faux et usage de faux », « abus de biens sociaux », « blanchiment, complicité et recel de ces délits ».

Selon des informations obtenues par Mediapart, ce sont les juges d'instruction Serge Tournaire et René Grouman qui ont été chargés de ce nouveau dossier. Renaud Van Ruymbeke garde, pour sa part, le dossier Takieddine, mais il n'est pas associé à l'instruction du volet Sarkozy. Un choix qui incombe à la présidente du tribunal de grande instance de Paris, Chantal Arens.

 

 
© Reuters

Ce nouveau front judiciaire découle directement des dépositions faites le 19 décembre par Ziad Takieddine au juge Van Ruymbeke dans un premier dossier qui le concerne personnellement (son arrestation à l’aéroport du Bourget, le 5 mars 2011, alors qu’il ramenait 1,5 million d’euros en espèces de Libye). 

« Je peux vous fournir les éléments existants sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007 au-delà de 50 millions d’euros », avait déclaré Takieddine au juge Van Ruymbeke. En soulignant que « la période importante s’écoule en décembre 2006 et janvier 2007 », l’intermédiaire a assuré que Bachir Saleh aurait reçu de Claude Guéant, alors directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, « les indications bancaires nécessaires aux virements ».

Ces dépositions dépassant le cadre de sa saisine, Renaud Van Ruymbeke avait transmis ce PV au parquet. Dans le cadre d'une enquête préliminaire, ce dernier avait alors fait effectuer des perquisitions chez Claude Guéant le 27 février puis, à nouveau, chez Ziad Takieddine, le 11 avril. 

Cette enquête préliminaire part dla publication par Mediapart, en avril 2012, d'un document officiel libyen faisant état d'un financement de M. Sarkozy à hauteur de 50 millions d'euros au moment de sa campagne présidentielle de 2007. Mais, depuis les déclarations de Ziad Takieddine le 19 décembre, cette enquête semblait s'être retournée contre l'auteur de la plainte, Nicolas Sarkozy.

Le parquet de Paris avait en effet élargi le champ de ses investigations aux soupçons de financement occulte et saisi un service de police spécialisé, la Division nationale des investigations financières et fiscales (Dniff). Les policiers de la Dniff avaient perquisitionné, le 16 janvier, la villa de Bachir Saleh, l’ancien directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi à Prévessin-Moëns, dans le pays de Gex.

Le 11 avril, des perquisitions avaient été menées au domicile de Ziad Takieddine. Le 27 février, la police avait aussi mené des perquisitions chez l'ancien ministre de l'intérieur et ancien secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant. D'après les éléments publiés, notamment par Le Monde, des documents susceptibles d'intéresser l'enquête auraient été saisis lors de cette perquisition.

Fin avril 2012, Mediapart publiait un document officiel libyen (voir sa traduction sous l'onglet "Prolonger") prouvant que le régime de Mouammar Kadhafi a bien décidé de financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Ce document fait toujours l'objet d'une enquête préliminaire, qui reste sous le contrôle du parquet de Paris, et n'entre donc pas dans le cadre de l'information judiciaire.

Cette note issue des archives des services secrets a été rédigée voilà plus de six ans, et a échappé aux destructions de l’offensive militaire occidentale. D’anciens hauts responsables du pays, aujourd’hui dans la clandestinité, ont accepté de communiquer ce document à Mediapart dans le courant du mois d'avril 2012.

 

La note signée Moussa Koussa. Cliquez sur l'image pour l'agrandir. 
La note signée Moussa Koussa. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Dès 2006, le régime libyen avait choisi « d’appuyer la campagne électorale» de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, et ce pour un « montant de cinquante millions d’euros » : c’est ce qu’indique en toutes lettres cette note datée du 10 décembre 2006, signée par Moussa Koussa, l’ancien chef des services de renseignements extérieurs de la Libye.

Un accord « sur le montant et les modes de versement » aurait été validé quelques mois plus tôt par Brice Hortefeux, alors ministre délégué aux collectivités locales, en présence de l’homme d’affaires Ziad Takieddine, qui a introduit dès 2005 en Libye les proches du ministre de l’intérieur, notamment Claude Guéant, et Nicolas Sarkozy lui-même. Bachir Saleh, alors à la tête du Libyan African Portfolio (LAP, soit l'un des fonds d'investissement financier du régime libyen), aurait de son côté été chargé de superviser les paiements.

 

Interrogé juste avant la publication de cette note, Ziad Takieddine nous avait fait la réponse suivante : « Ce document prouve qu'on est en présence d'une affaire d'État, que ces 50 millions d'euros aient été versés ou nonL'enquête sera difficile parce que beaucoup d'intervenants sont morts pendant la guerre en Libye, mais c'est déjà important de rendre public ce document. » Cette réponse de Ziad Takieddine – malgré son hostilité exprimée de multiples fois à notre égard – est celle d’un acteur clé de la lune de miel franco-libyenne, qui a secrètement conseillé Claude Guéant jusqu’à la veille de la guerre, comme en attestent de nombreuses notes publiées par Mediapart.

 

MM. Kadhafi et Sarkozy 
MM. Kadhafi et Sarkozy© Reuters

L’une d’entre elles, rédigée le 6 septembre 2005 par Ziad Takieddine et adressée à Claude Guéant, affirmait ainsi que certains pourparlers franco-libyens devaient « revêtir un caractère secret ». « L’autre avantage : plus d'aise pour évoquer l'autre sujet important, de la manière la plus directe...», précisait le document, mystérieusement.

En outre, cette note venait confirmer les accusations portées par les principaux dirigeants libyens eux-mêmes peu avant le déclenchement de la guerre sous l'impulsion de la France, en mars 2011. Mouammar Kadhafi, son fils Saïf al-Islam et un ancien chef des services secrets, Abdallah Senoussi, avaient en effet tous trois affirmé publiquement détenir des preuves d'un financement occulte du président français.

Selon des connaisseurs du régime libyen à qui nous l'avons soumis, ce document, dont le signataire et le destinataire appartenaient au premier cercle de Kadhafi, est conforme, jusque dans son style, aux habitudes bureaucratiques du régime. Outre celle du calendrier grégorien, la deuxième date qui y figure conforte son authenticité : elle n'est pas celle du calendrier musulman habituel, mais de celui imposé par le dictateur, qui part de l'année du décès du prophète Mahomet, l'an 632.

Le document décisif que nous avons publié, sous la signature de Moussa Koussa, a été adressé, le 10 décembre 2006, à un ancien homme clé du régime libyen, Bachir Saleh, surnommé le “caissier de Kadhafi”. Les deux paragraphes écrits par Moussa Koussa sont sans équivoque sur le sujet explosif abordé« En référence aux instructions émises par le bureau de liaison du comité populaire général concernant l’approbation d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, Monsieur Nicolas Sarkozy, pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros », peut-on d'abord y lire. Puis M. Koussa affirme transmettre et confirmer « l’accord de principe sur le sujet cité ci-dessus ». Le montant pharaonique promis par les Libyens est à rapprocher des 20 millions d’euros officiellement dépensés par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle de 2007.

L’ancien chef des services secrets extérieurs de Mouammar Kadhafi ajoute dans sa note que l’accord évoqué est formulé « après avoir pris connaissance du procès-verbal de la réunion tenue le 6.10.2006, à laquelle ont participé de notre côté le directeur des services de renseignements libyens (Abdallah Senoussi - ndlr) et le président du Fonds libyen des investissements africains (Bachir Saleh - ndlr), et du côté français Monsieur Brice Hortefeux et Monsieur Ziad Takieddine ». Ce serait « au cours » de cette entrevue qu« un accord a été conclu pour déterminer le montant et le mode de paiement ». Le document ne précise cependant pas le lieu de cette réunion, qui s’est tenue un an jour pour jour après une visite de Nicolas Sarkozy en Libye.

Ce n’est pas la première fois que le nom de Brice Hortefeux est associé à l’arrière-plan financier des relations franco-libyennes. Mais le haut responsable de l’UMP, intime de Nicolas Sarkozy, a toujours démenti. « Je n'ai jamais rencontré Moussa Koussa et Bachir Saleh, a déclaré M. Hortefeux à Mediapart, le 27 avril 2012J'ai déjà rencontré Abdallah Senoussi, qui connaissait beaucoup de monde, mais nous n'avons jamais eu de discussion sur un financement électoral. Je suis allé en Libye une seule fois dans ma vie, en 2005. J'oppose donc un démenti catégorique et vérifiable. »


M. Baghdadi 
M. Baghdadi© Reuters

Comme Mediapart l’avait rapporté (ici), les confessions de l’ancien médecin de M. Takieddine, couchées sur papier le 20 décembre 2006 par le directeur d’une société de renseignements privés suisse, Jean-Charles Brisard, évoquaient déjà le nom de M. Hortefeux dans un schéma de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par la Libye en 2007. En des termes plus télégraphiques : « MODALITES FIN CAMPAGNE NS », « FIN LIB 50 ME », « MONTAGE INCLUT SOC BH PAN + BANQUE SUISSE (ND) » et « FIN CAMPAGNE TOTALEMENT REGLE ». Le mémo Brisard avançait aussi le chiffre de 50 millions d’euros affectés à la campagne de M. Sarkozy.

Plusieurs officiels du régime Kadhafi ont, depuis, confirmé le soupçon. À commencer par l’ancien premier ministre Baghdadi al-Mahmoudi. « Oui, en tant que premier ministre, j’ai moi-même supervisé le dossier du financement de la campagne de Sarkozy depuis Tripoli, des fonds ont été transférés en Suisse et Nicolas Sarkozy était reconnaissant pour cette aide libyenne et n’a cessé de le répéter à certains intermédiaires », avait-il déclaré le 25 octobre 2011, devant la cour d’appel de Tunis, selon plusieurs avocats tunisiens présents.

« C'est grotesque », avait réagi Nicolas Sarkozy sur le plateau de TF1, le 12 mars dernier. « S'il (Kadhafi - ndlr) l'avait financée (la campagne - ndlr), je n'aurais pas été très reconnaissant », avait ironisé le président-candidat, en référence à l’intervention militaire française en Libye.

 

 

 

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 17:34

 

 

http://www.ledevoir.com

 

 

Les deux pays croiseront le fer lors d’audiences publiques devant la Cour internationale de Justice

 

 

Un baleinier japonais. L’Australie veut mettre fin au programme de chasse dite «scientifique» que pratique Tokyo depuis l’instauration d’un moratoire international sur la chasse commerciale, en 1986. Photo : Sea Shepherd Un baleinier japonais. L’Australie veut mettre fin au programme de chasse dite «scientifique» que pratique Tokyo depuis l’instauration d’un moratoire international sur la chasse commerciale, en 1986.

 

Nouvel épisode de la guerre entre pays pro et anti chasse à la baleine. La Cour internationale de Justice (CIJ) entendra en juin la plainte déposée par l’Australie contre le Japon en raison du programme de chasse «scientifique» mené par Tokyo depuis des années.

 

«La CIJ, organe judiciaire principal des Nations Unies, tiendra des audiences publiques en l’affaire relative à la chasse à la baleine dans l’Antarctique […] du mercredi 26 juin au mardi 16 juillet 2013» à La Haye, a indiqué la Cour dans un communiqué publié jeudi. Une décision dans ce dossier n’est toutefois pas attendue avant des mois, a-t-on fait valoir, sans plus de précisions.

 

L’Australie sera la première à défendre son point de vue du 26 au 28 juin, après quoi le Japon prendra la parole, du 2 au 4 juillet. La Nouvelle-Zélande, opposée à la chasse, a été autorisée à s’exprimer dans cette affaire. Elle aura la parole pendant une heure et demie le 8 juillet. Canberra et Tokyo auront ensuite chacun droit à un nouveau tour de plaidoiries.


2 ans plus tard


Canberra, opposée depuis plusieurs années à la chasse pratiquée par le Japon, a déposé une plainte officielle en mai 2010, après avoir tenté de négocier une réduction progressive des prises annuelles dans les eaux ceinturant l’Antarctique. L’objectif avoué de l’Australie est de mettre fin au programme de chasse dite «scientifique» que pratique Tokyo depuis l’instauration d’un moratoire international sur la chasse commerciale, en 1986.

 

Estimant que le Japon viole ses obligations internationales, Canberra souhaite notamment que Tokyo n’entreprenne «aucune nouvelle action dans le cadre dudit programme JARPA II ou de tout programme similaire tant qu’il n’aura pas rendu un tel programme conforme aux obligations qui sont les siennes en vertu du droit international».

 

La Commission baleinière internationale — unique organisation internationale où sont discutées les questions de «gestion» des cétacés — permet en effet aux États d’abattre des animaux pour des fins de recherche. Les spécialistes des cétacés estiment cependant que les données recueillies peuvent être obtenues par des moyens non létaux.

 

Le nombre de prises est fixé par le pays qui souhaite tuer des cétacés. Ainsi, année après année, le Japon réaffirme son droit de mettre à mort un millier de petits rorquals et quelques dizaines de rorquals communs.

 

Tradition culturelle

 

Les autorités japonaises font valoir que la chasse à la baleine a bel et bien des fondements scientifiques. «Le but des recherches du Japon est scientifique, car c’est grâce à la science que, lorsque la pêche commerciale sera de nouveau autorisée, elle sera respectueuse du développement durable», réitérait la semaine dernière l’institut japonais de recherche sur les cétacés.

 

Tokyo répète aussi que cette pratique est une tradition culturelle ancestrale. La viande des baleines est en effet toujours vendue dans l’archipel. Mais puisque la consommation de celle-ci a chuté au fil des décennies, les stocks s’accumulent. Et les campagnes annuelles coûtent cher. Dans un rapport publié en février dernier, le Fonds international pour le bien-être des animaux a estimé que Tokyo doit injecter plus de 10 millions de dollars par année afin d’entretenir sa flotte baleinière et de financer la campagne annuelle de chasse dans l’océan Austral. Or, l’argent généré par la vente de viande de baleine est loin de couvrir l’ensemble des coûts, évalue le groupe écologiste.

 

L’organisation animaliste Sea Sheperd, qui perturbe chaque année les campagnes de chasse du Japon, estime pour sa part que les baleiniers violent le sanctuaire baleinier de l’océan Austral. Cette aire marine de 50 millions de kilomètres carrés entoure le continent antarctique. Le sanctuaire a été mis en place en 1994 par la Commission baleinière internationale (CBI) pour y interdire toute chasse commerciale. Seul le Japon s’est opposé à sa création et continue d’y abattre des petits rorquals et des rorquals communs chaque année.

 

Tokyo qualifie Sea Sheperd d’organisation «terroriste» et juge que les campagnes de perturbation de la chasse «sont un phénomène essentiellement répandu dans les pays développés occidentaux amplifié par des ONG qui les financent et les médias».

 

Outre le Japon, l’Islande et de la Norvège continuent de tuer des baleines. Ces deux pays le font toutefois sur une base commerciale, puisqu’ils rejettent le moratoire instauré en 1986. Ils chassent des rorquals issus de populations de cétacés dont on ignore le nombre réel. Chose certaine, leurs effectifs ont été dramatiquement réduits par des siècles d’un intense massacre.

Avec l’Agence France-Presse

 


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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 15:20

 

Médiapart
07 avril 2013 Par Marielle Billy

Une dynamique se crée, un toilettage en règle du travail de la presse : Médiapart contribue avec une énergie formidable à ce travail d’investigation et d’information qui taille des croupières à la « com », ce travail qui (re)donne « Le droit de savoir » (1) aux citoyens et qui renfloue le désir de lier information et action, de lier virtuel et réel.

Après des semaines de ravage des communicants, de dézingage du travail de Médiapart, de Fabrice Arfi, nous mesurons tous que nous avons eu raison de marquer notre fidélité à ce média par nos abonnements - fidélité, goût de la discussion éclairée, de la contradiction, vigilance et prise en compte de cette réalité dont nous sommes souvent dépossédés : les citoyens sont intelligents, capables de penser, et la société gagne toujours à ce qu’ils soient considérés comme tels –

Pour faire gagner ce pari de l’intelligence, nous avons tous besoin que la réalité s’éclaire par un tissage obstiné de liens : mettre en relation les informations afin de révéler la logique systémique qui ravage notre monde. Bernard Stiegler (2) l’a évoqué dans le débat sur Médiapart de ce vendredi 5 avril : assommés par la prolifération de la communication qui n’est que du marketing, privés de la capacité de donner du sens à ce qui se passe, nous sommes menacés de perdre jusqu’à notre «savoir-vivre», de nous voir dépossédés de ce qui permet à chacun de développer ses propres pratiques sociales, d’avoir un style de vie particulier, une existence qui n’est pas identique à celle de son voisin.

 « Au 20e siècle, un nouveau modèle s’est substitué au capitalisme industriel et productiviste du 19e : le consumérisme, qu’on assimile au fordisme et qui a cimenté l’opposition entre producteur et consommateur. Le capitalisme productiviste supposait la prolétarisation des ouvriers. Ceux-ci perdaient tout leur savoir-faire qui était transféré aux machines. Avec le consumérisme, ce sont les consommateurs qui perdent leur savoir-vivre, ce qui constitue la deuxième phase de la prolétarisation. » (B. Stiegler)

Nous avons besoin de reprendre possession de nos vies, de redevenir acteurs de notre société, nous pressentons tous que le « bien vivre » autrement est possible : à nous de penser et d’agir.

C’est comme modeste contribution à ce travail collectif immense que notre association CAMédia s’est créée en 2009 : notre groupe s’est employé à créer des moments et des lieux de pensée collective pour des rencontres entre lecteurs de Médiapart, non-lecteurs, journalistes et intervenants divers qui nous apportent leur éclairage sur notre monde.

 

Ainsi les 20 et 21 avril 2013, nous allons nous retrouver pour un dialogue avec Pierre Rabhi et Edwy Plenel.

 

Découvrez nos autres rencontres 2013 :

 

Le 20 avril 2013, 19 h 54, à l’Equitable Café, Cours Julien  13006 Marseille: La résistance du ghetto de Varso­vie. La question de l’unité dans les luttes.

Lyon, Maison des Passages - cycle « Résister c’est créer » - :

  • Le 29 janvier 2013, rencontre avec Laurent Mauduit : A quoi servent les économistes ?
  • Le 29 mars 2013, rencontre avec Miguel Benasayag : Quelles organisations pour transformer la société ?
  • Le 16 mai 2013, rencontre avec Benjamin Stora : Les imaginaires autour d’Albert Camus.

Et les 6 et 7 juillet 2013, à Montluel (région de Lyon), se tiendront nos quatrièmes rencontres estivales dont le programme complet paraîtra bientôt.

L’objectif de CAMédia est d’œuvrer à produire du sens et des liens : liens entre les pensées, liens entre les hommes.

Rejoignez-nous afin d’être plus nombreux et divers dans ce  travail obstiné,  d’invention sociale. Venez partager votre pensée, votre imagination avec nous, créons ensemble !

(1)   Le droit de savoir : Edwy Plenel, 2013, Don Quichotte

(2)   La pharmacologie du Front National : Bernard Stiegler, Victor Petit, 2013, Flammarion

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 16:41

 

midilibre.fr

 

 

CHARLOTTE FRASSON-BOTTON
31/03/2013, 06 h 00 | Mis à jour le 01/04/2013, 08 h 43
Trois caméras vidéos ont été distribuées à une unité de 24 agents de police.
Trois caméras vidéos ont été distribuées à une unité de 24 agents de police. (Photo N. B.)

La police de Nîmes vient d’être dotée de caméras piéton, afin de filmer les interventions lors de contrôles d’identité ou routiers. L’expérimentation, une première en France, est prévue pour une durée de six mois. S’il est concluant, le dispositif sera ensuite généralisé. 

"Souriez vous êtes filmés !" La nouvelle caméra piéton, qui va équiper les policiers dans la Zone de sécurité prioritaire des quartiers est - Mas de Mingue et Chemin-bas d’Avignon - était de sortie vendredi à Nîmes, pour la première fois en France. Ces caméras vidéo sont utilisées durant les interventions des agents de police et peuvent être exploitées sous forme de preuves, notamment lors des contrôles d’identité. Et c’est dans le quartier du Mas de Mingue que les premiers contrôles d’identité ont été effectués, non sans attirer quelques curieux.

 

Il est obligatoire d'être filmé

Premier test devant le supermarché. Le jeune homme arrêté dans la rue va se soumettre au contrôle des policiers. "Contrôle d’identité, s’il vous plaît", débute le fonctionnaire, tout en ajoutant "vous êtes filmé". Le premier “cobaye” s’exécute en présentant ses papiers, tout en jetant un regard inquiet.

Le suivant, lui, ne souhaite pas être filmé et met en avant "son droit à l’image". "Vous n’avez pas le choix, c’est obligatoire", insiste l’agent de police. En effet, le jeune homme ne peut pas refuser d’être filmé et doit donc se plier à cette nouvelle forme de contrôle.

 

Une utilité en question chez les badauds

Les badauds, étonnés, se questionnent sur l’utilité de cette caméra piéton : "Qu’est-ce que ça va changer ? "À mon avis, pas grand-chose", répond un passant. Un peu plus loin, un automobiliste, arrêté pour un contrôle routier, déclare : "C’est plus l’uniforme qui fait peur que le petit objectif."

L’arrivée de ces caméras va aussi changer le mode de fonctionnement des policiers qui doivent s’habituer à ce nouvel instrument de travail. Mais, "ils ont compris qu’il était important d’apprivoiser la vidéo et de la maîtriser", précise Gil Andreau, directeur départemental de la Sécurité publique du Gard.

La caméra piéton pourrait être étendue à toutes les unités de police si les résultats sont probants.

Comment ça marche ?

Fixée au gilet du fonctionnaire de police, la caméra est dotée d’un grand angle et d’un objectif orientable qui permet la captation de l’image et du son, de jour comme de nuit. Le porteur de la caméra actionne le dispositif d’enregistrement. Quand le voyant clignote, le contrôle est filmé. Les enregistrements sont stockés durant six mois dans un ordinateur en vue d’une éventuelle exploitation.

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 18:07

 

 

Rue89 -Cassandre/Horschamp 30/03/2013 à 10h42

Cassandre Hors champ"

Nicolas Roméas

 

 

« Le plus grand risque qui pèse sur les créateurs artistiques, c’est qu’ils sont notés en fonction de ce qu’ils rapportent. » A quelques jours de la soirée de soutien à notre partenaire Cassandre/Horschamp (le 2 avril à la Maison des métallos), nous publions un entretien avec Stéphane Hessel, décédé en février dernier.

Nous avions nous-même réalisé une longue interview, surtout politique, avec l’ancien résistant. Mais à Cassandre/Horschamp, l’écrivain parle art et culture. Réalisée en 2010, cette interview est toujours d’actualité.

 


Stéphane Hessel en 2010 (Audrey Cerdan/Rue89)

 

Soutenez la revue Cassandre/Horschamp

Les amis de Cassandre/Horschamp et la Maison des métallos vous convient le mardi 2 avril à partir de 20 heures autour de Bernard Lubat à une soirée exceptionnelle de soutien à la revue avec de nombreux participants. Le droit d’entrée pour le public (à la discrétion de chacun sur la base de l’adhésion) servira à renflouer les comptes de la revue. Des séries de « collectors » seront offertes aux généreux donateurs !

Maison des métallos, 94, rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris. Réservations : resa@horschamp.org.

Cassandre/Horschamp : Ne pensez-vous pas que l’art et la culture sont très largement sous-estimés, dans les discours politiques et de façon générale dans les discours qui concernent l’état de notre civilisation ?

Stéphane Hessel  : La première chose sur laquelle il faut insister, c’est que nous vivons une période dangereuse pour l’avenir de l’espèce humaine. Elle est confrontée actuellement à des défis très graves, que l’on comprend lorsqu’ils se situent sur le terrain de l’économie, de la finance ou de la violence politique, mais que l’on ne comprend pas assez lorsqu’ils se situent sur le plan de la façon dont l’homme se vit : une espèce animale particulière, qui se distingue par quelque chose de fondamental que l’on peut appeler l’esprit.

Mais l’esprit s’inscrit dans une culture. L’espèce humaine se distingue des autres espèces animales, qui ont des tas d’avantages sur nous, par un avantage précieux : l’amour de la culture. Et cela, c’est d’abord le fait de l’utilisation de la langue, de l’image, du son, de la musique.

Nous ne vivons pas simplement pour satisfaire les besoins immédiats de n’importe quelle espèce, mais pour nous donner accès à une zone de l’humain qui nous est propre, que l’on peut appeler l’art ou la culture. C’est une nécessité pour rester Homme et ne pas retomber dans ce à quoi la finance et l’économie mondiale tentent de nous limiter : être simplement des agents économiques, des consommateurs et des producteurs de biens matériels.

Donc il s’agit bien d’une tentative de réduction de l’être humain ?

Cette tentative n’est probablement pas volontaire, elle est le résultat d’une façon de concevoir le fonctionnement d’une société essentiellement axée sur les biens matériels. Il est beaucoup plus facile de calculer les biens matériels, le degré de consommation, le degré de dépenses, l’argent ; tout cela peut être calculé par des esprits prétendument objectifs, matérialistes, qui sont d’ailleurs travaillés par de grands courants politiques.

Il y a une part de responsabilité du capitalisme et du marxisme. Ce sont de grandes idéologies qui font de l’homme un animal qui produit et qui consomme. Naturellement, il peut aussi produire de l’art et de la culture, mais comme c’est beaucoup plus difficile à mesurer, on préfère comptabiliser les choses matérielles et se désintéresser des choses non comptabilisables.

C’est la civilisation du chiffre contre celle du symbole. Or, ce qui arrive aux acteurs culturels et artistiques, c’est que les collectivités, les pouvoirs publics les obligent à comptabiliser ce qui devrait être de l’ordre de l’imaginaire, donc de la richesse humaine, en termes de fréquentation, de coûts, de bénéfice pour les collectivités territoriales, etc. On oublie complètement Malraux, qui n’avait pas que des qualités, mais savait au moins ça. Est-ce que cette pensée a totalement disparu de la vie politique française ?

Non, pas du tout, nous sommes encore parmi les pays où l’on respecte la culture. [...] Il ne faut pas exagérer, mais le risque est là. Le plus grand risque qui pèse sur les créateurs artistiques, c’est qu’ils sont notés en fonction de ce qu’ils rapportent. Un peintre sera considéré comme un grand peintre parce que sa toile rapportera deux milliards de dollars.

Cette façon de passer la culture à la moulinette de l’évaluation quantitative ou monétaire ne laisse plus beaucoup de place à ce qui fait la vie et l’inspiration des créateurs. Ils doivent bénéficier d’une marge suffisante de liberté, dans leur façon de concevoir leur art, pour ne pas être uniquement mis en musique par des gens qui les considèrent sous l’angle d’un certain apport, en fonction de ce que réclame l’opinion publique.

Il y a un vrai danger d’abaissement, dans une période de notre histoire où la globalisation génère des produits qui sont conçus pour être utilisables largement, partout. Et pour être utilisables, ils doivent être le moins originaux possibles, coulés dans un moule, un standard général.

Tout ça, ce ne sont encore que des tendances ; nous n’en sommes pas encore au point où les artistes ne peuvent pas s’exprimer. Et la France est un des pays où le renouvellement littéraire, musical, peut-être un peu moins le renouvellement poétique, mais des formes de renouvellement culturel sont encore vivaces. C’est vrai aussi de grands producteurs comme l’Amérique, qui abrite des créateurs merveilleux.

Mais la tendance générale, globalisante, fait courir un grave danger à la créativité individuelle, artistique et culturelle, qui est cependant la part la plus spécifique à notre espèce, et que nous avons le devoir de protéger. J’ai été présent au moment où l’on a rédigé la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Eh bien, nous avons insisté pour que le droit au loisir, d’une part, et celui à la culture de l’autre, y figurent.

Nous avions donc conscience que les hommes ont droit à la culture, et qu’ils en ont besoin. Si on les en prive ou si l’on diminue la participation que chacun de nous peut avoir à l’art et à la culture, on castre les hommes, on les prive d’une chose essentielle.

Je trouve extrêmement forte la notion de service public pour la culture, parce qu’elle met en actes l’idée que chaque citoyen est porteur, à son niveau, de la volonté que la culture, qui n’est pas rentable, existe. Nous la payons à travers les impôts. Les Américains ne connaissent pas ça, ils ont le National Endowment for the Arts qui est très différent, qui s’adresse à une minorité d’artistes. Or, parmi les plus grands artistes américains qui ont fait des carrières internationales, beaucoup ont profité des services publics européens. Je pense à Bob Wilson, à Carolyn Carlson, à Merce Cunningham… Ils n’auraient pas pu faire de tels parcours s’ils n’avaient bénéficié de ce soutien public européen.

En effet. Ce qu’il faut reconnaître aux pays qui sont sans service public, comme, malheureusement pour eux, les Etats-Unis, c’est qu’ils ont une tradition très forte de mécénat, par des hommes qui sacrifient une bonne part de leur fortune pour soutenir les arts.

Marcel Duchamp n’aurait pas connu cette gloire s’il n’avait pas rencontré une puissante famille américaine qui n’a pas hésité à le soutenir. Il ne faut pas diminuer le rôle du soutien privé. Mais le soutien privé est lié au goût de certains, qui ne peuvent pas être responsables du droit qu’ont tous les citoyens, des plus pauvres aux plus riches, à une diversité culturelle. Et, au fond, ce qui différencie la culture d’autres formes d’activité humaine, c’est sa merveilleuse diversité. L’art, la culture, la parole, la musique, vivent de cette constante opposition des uns aux autres, de ce non-enfermement dans un style unique.

Et c’est le rôle d’un Etat républicain et démocratique comme devrait être le nôtre, et il ne l’est pas suffisamment à mon goût : un Etat qui se donne un rôle culturel. Non un rôle d’imposition d’une culture, comme en Union soviétique, où la culture qui convenait au pouvoir était soutenue…

La démocratie laisse la liberté d’une grande diversité des artistes et des créateurs. C’est là que nous devons fonder l’espoir d’une diversité politique, économique, spirituelle dont nous avons besoin pour que l’espèce humaine, qui est en train de faire beaucoup de bêtises, de se casser la figure dans beaucoup de domaines, garde au moins ce rêve de culture.

Ce rêve est lié à la diversité de l’esprit humain, à son accès à autre chose qu’à la réalité matérielle. Et je cite volontiers un vers de Prospero dans « La Tempête », de Shakespeare :

« Nous sommes de l’étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée par le sommeil. »

Nous nous réveillons donc de la non-vie vers la vie, et nous pouvons vivre une succession d’expériences qui sont comme des successions de rêves. Nous ne sommes jamais réduits à ce qui est, nous pouvons toujours penser à ce qui pourrait être, imaginer, créer quelque chose, des symboles, des rythmes, qui sont la composante essentielle des arts et de la culture.

Comment expliquer l’absence de cette très profonde vérité dont vous venez de parler, dans la plupart des discours politiques ? Je suis choqué qu’à gauche, elle n’apparaisse pas plus fortement. Cela leur serait très utile stratégiquement, étant donné que les ultralibéraux sont incapables d’en parler vraiment, puisqu’ils veulent sa disparition. Ce serait une très grande force pour la gauche d’être capable d’en parler. Et, par ailleurs, c’est un enjeu fondamental de civilisation. Comment expliquez-vous ce silence ?

Je crois qu’il faut distinguer la belle politique, celle qui engage des individus, souvent très cultivés – je suis actuellement en collaboration étroite avec Michel Rocard, un homme d’une grande culture… Il ne faut pas réduire la gauche à un parti politique qui est en difficulté actuellement, et qui va se trouver en confrontation amicale avec un parti qui m’intéresse beaucoup, Europe Ecologie, dans lequel on trouve beaucoup d’artistes.

Je ne pense pas que la gauche française soit par essence indifférente à la culture. Non, je crois que la vie politique d’un pays est de plus en plus accaparée par des défis qu’elle n’arrive pas à relever. Nous nous réunissons à Rome pour la faim, à Copenhague pour la Terre.

Nous affrontons la plupart des grands défis de notre espèce, mais pas celui-ci, car ce n’est pas un défi qui peut faire l’objet d’une gouvernance mondiale. Ce serait même dramatique, car une gouvernance mondiale ferait disparaître toute originalité.

Réjouissons-nous donc que ni la gauche, ni les Etats-Unis, ni les Nations unies, ne s’occupent de culture. C’est déjà merveilleux que nous disposions à Paris de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, qu’il faut continuer à soutenir, dans la mesure où elle est l’apôtre d’une diversité culturelle de toutes les composantes de l’espèce humaine. C’est là que l’esprit de l’espèce humaine culturelle, cultivée, se traduit : par l’accent mis sur la curiosité. La culture est le résultat d’une curiosité humaine.

J’ai la chance exceptionnelle d’être d’une famille d’artistes, de créateurs : un père écrivain, poète, traducteur ; une mère qui a écrit et qui s’est vécue elle-même comme une philosophe, et avait une attirance formidable pour la poésie.

Pour moi, c’est le médium, le seul, où je me sens parfaitement à l’aise : non que j’aie jamais réussi à écrire un poème, mais je suis un consommateur enthousiaste de poésie dans trois langues, l’anglais, le français et l’allemand, et ça a joué un rôle énorme dans ma vie. J’ai rencontré très jeune le monde de la culture européenne florissante des années suivant le surréalisme, le dadaïsme, les grands peintres avec qui j’ai eu la chance d’avoir un contact ; c’est une formation merveilleuse.

Mais de tout cela, ce que j’ai retiré pour mon bien-être personnel et ma satisfaction spirituelle, c’est la poésie. Et les premiers poètes avec qui je me suis trouvé en contact, par le biais de mes parents, sont Apollinaire, Rilke, Yeats et Auden. Les avoir en mémoire, au point de pouvoir encore aujourd’hui les réciter sans trop me tromper, c’est une immense satisfaction pour moi. C’est une façon d’être dans la culture.

Mais ce n’est pas quelque chose que le commun des mortels est encouragé à s’approprier.

Je regrette que dans les écoles on apprenne de moins en moins à réciter la poésie par cœur. La récitation est très importante. Le « commun des mortels » est scolarisé, au moins dans notre Europe, mais cette scolarité a trop tendance à initier les jeunes aux problèmes matériels, à l’économie, et pas suffisamment à bien connaître la culture.

En Pologne, l’art est beaucoup plus présent dans la vie scolaire. En France, l’enseignement artistique est encore séparé de l’Education nationale ; il est financé par des collectivités et non par un ministère. Mais réjouissons-nous quand même que le commun des mortels français ait une capacité à s’exprimer, à aimer sa culture, et même une curiosité pour les arts, ne serait-ce que l’art qui est communiqué par les grands médias. Ce sont des accès précieux à la culture.

Une expérience a été tentée au sortir de la guerre, avec la création d’une direction de l’Education populaire…

Oui, il y a des organisations qui ont joué un rôle important, notamment Peuple et Culture : Bénigno Cacérès et Joseph Rovan ont fait un travail remarquable pour encourager les expressions culturelles dans toute la France.

On peut retrouver cela à travers l’action locale dans les grandes villes. Lyon, Montpellier, Toulouse, Nantes sont des lieux où la culture se développe grâce à la volonté locale. Malraux a initié cela avec les maisons de la culture. C’est quand même par là qu’on dépasse la notion d’élite, qui n’a pas de sens en matière de culture. Une culture qui ne serait que celle de l’élite serait sans aucun intérêt ; mais une culture qui ne favoriserait pas la construction d’une élite de la création serait condamnable.

Mais ce développement dont vous parlez s’inscrit dans une civilisation de plus en plus froide, de moins en moins humaine, avec de plus en plus de surveillance : la destruction de l’esprit de convivialité sous des prétextes de sécurité.

Deux notions s’opposent radicalement : la sécurité et la liberté. L’artiste, et le porteur de culture quel qu’il soit, est un revendicateur de liberté ; et quand il se retrouve dans des ensembles qui ont peur de la liberté, qui aiment cerner les problèmes et donner la priorité à la sécurité, l’artiste souffre.

Je ne pense pas que nous en soyons là en France ; une récipiendaire du prix Goncourt peut réagir lorsque quelqu’un comme Eric Raoult dit d’énormes bêtises. Donc, la liberté existe encore en France.

Dans le passé, nous avons connu d’autres périodes où l’art était vilipendé, où toute attaque contre le pouvoir était violemment réprimée. On a quand même voulu mettre Baudelaire en prison. Ce n’est pas une chose nouvelle.

Vous diriez que c’est simplement une régression vers une situation que l’on a déjà connue.

Le risque de faire prévaloir la sécurité sur la liberté a existé de tout temps. Nous sommes dans une période qui en joue beaucoup pour restreindre la liberté. C’est une phase déplorable de la République, où nous avons un gouvernement [cet entretien a été réalisé en 2010, ndlr] très soucieux d’encadrer, de faire des listes, des rubriques, et c’est contraire à l’esprit de liberté que nous avons essayé de faire naître à un moment où cette liberté était ravagée par le gouvernement de Vichy. La Résistance a eu cette vocation naturelle de lutter contre l’absence de liberté, et donc la liberté de la culture aussi.

Le gouvernement que nous avons maintenant depuis deux ans et demi comporte à mon avis des restrictions graves – qu’il faut combattre – de certaines libertés.

Mais je voudrais revenir sur un point : nous sommes depuis quelque temps beaucoup plus en contact avec les hommes du monde entier que nous ne l’avons jamais été – ce qui est la vraie modernité. Il reste la nécessité de donner toute sa place à chacune des composantes de cette société ; de ne pas les globaliser pour leur donner un sens unique qui serait un appauvrissement de leur capacité de penser, de raisonner, d’être et de créer. Et ça doit être défendu contre le souci que pourrait avoir une nation, ou un ensemble de nations comme l’Europe, de fixer des limites qui mettent en danger la sécurité.

C’est vrai que la culture met en danger la sécurité. C’est une façon de dire aux hommes :

« Allez plus loin, allez ailleurs ; ne restez pas encadrés comme vous l’êtes. Ayez de l’imagination, même violente s’il le faut, car la culture peut être violente. »

Donc, il faut rechercher cet équilibre entre la nécessité d’une certaine sécurité et la volonté d’aller conquérir les nuages. Cet équilibre-là, c’est celui de la civilisation. Il n’y a pas d’autre mot.

Ce que vous venez de dire, c’est que cet équilibre n’est plus respecté ?

C’est un équilibre à préserver. Et cet équilibre a des ennemis. Il y a dans toute société des gens qui disent : « Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver. » Ces gens peuvent être proches du pouvoir ou non, il faut savoir que c’est une des composantes de notre espèce bizarre. Et l’autre composante, qui a de la curiosité et veut être civilisée, doit être défendue par tous les moyens.

Dans le dernier numéro de Cassandre/Horschamp, j’ai interviewé Armand Gatti. A chaque fois que nous discutons, de quelque sujet que ce soit, il repart dans ses spirales mentales jusqu’à la source de son adolescence dans les camps. Et à chaque fois j’ai l’impression que cette insupportable violence a été pour lui comme une naissance. Et, comme les digues d’un barrage céderaient devant un fleuve, quelque chose est né de ce moment-là qui a à voir avec son œuvre. Qu’en pensez-vous de ce rapport entre le pire et les ressources que nous allons chercher en nous-mêmes ?

Je pense que lorsque nous sommes confrontés à quelque chose qui nous touche, qui nous scandalise, qui nous indigne, qui nous atteint dans nos profondeurs, la nécessité d’y répondre par une activité créative devient, plus forte.

Nous avons besoin de connaître la mort, ou le risque de la mort ; de connaître la violence, ou le risque de la violence, pour produire en nous ce qui dépasse la mort, ce qui dépasse la violence. Une vie toute de douceur, qui ne connaîtrait que le bien-être, aurait du mal à produire quelque chose de vraiment fort.

Reconnaissons que la plupart des grands artistes ont connu des chocs formidables dans leur vie. Quand on relit la vie des grands créateurs, on est frappé par les obstacles rencontrés, les chocs subis. Ça fait partie des choses qui rendent possible et nécessaire la culture.

L’homme ne peut pas seulement vivre tranquillement, il a besoin de se confronter à quelque chose qui le dépasse. C’est là que l’art trouve tout son sens. Essayer d’intégrer cela dans une façon de concevoir la vie des hommes, et le leur rendre accessible sans que cela les détruise, c’est ça la civilisation.

Ça a à voir avec la religion ?

Oui. Malheureusement, les religions sont souvent monothéistes, et les religions monothéistes deviennent facilement dangereuses. J’aime la mythologie grecque, où il y a des dieux pour tout. Et c’est d’ailleurs la mythologie qui a donné le plus de prise à la culture. C’est quand même formidable que nous vivions encore sur les bases de cette culture fondée au Ve siècle avant J.-C., une culture de compromis, de balancements. Le christianisme, le judaïsme, l’islam ont produit aussi beaucoup de chefs-d’œuvre, mais il y a une violence contenue. Il y a ceux qui sont dans le bien et ceux qui n’y sont pas, et c’est grave !

 

 

 

 

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 17:26

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 30.03.2013 à 09h09

 

 

 

 C'est au porteur de la caméra d'enclencher l'enregistrement.

 

La police de Nîmes a présenté, vendredi 30 mars, des "caméras-piétons", qui seront portées par les fonctionnaires chargés de la sécurité sur la voie publique pour filmer leurs interventions lors de contrôles d'identité ou routiers, avec l'ambition d'éviter les critiques sur le choix des personnes contrôlées. L'expérimentation est prévue pour une durée de six mois.
 

"La justice nous demande de plus en plus de prouver", a expliqué Gil Andreau, le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) dans le Gard. "Ces caméras ont une utilité pour les contrôles d'identité. On nous a souvent critiqués pour des contrôles au faciès. Là, nous aurons les images, que l'on conserve six mois. Elles montreront dans quelles conditions s'est passé le contrôle. Je crois que nous n'avons rien à cacher", a-t-il ajouté.
 

"Le dispositif a été testé il y a quelques années en Seine Saint-Denis. Cela a tendance à dédramatiser et apaiser les relations entre la population et la police", a-t-il souligné. Ces caméras s'accrochent à la veste du fonctionnaire de police et disposent d'un objectif orientable avec prise de son. C'est au porteur de la caméra d'enclencher l'enregistrement. Les caméras-piétons vont en particulier être utilisées dans les zones de sécurité prioritaire (ZSP) mises en place par le ministère de l'intérieur.

Si l'expérimentation est validée, ce dispositif pourrait être étendu à tous les policiers en tenue. Ces caméras-piétons sont commercialisées par la société Exavision, basée à Milhaud, dans le Gard. Leur coût unitaire est de 1 000 euros.

 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 17:11

 

 

 

 

 

Un régime pas si sec. Les besoins énergétiques d'une personne sédentaire ayant une activité modérée sont évalués à environ deux mille calories par jour, selon les apports nutritionnels conseillés. Inspiré par la démarche de wiseGeek, qui avait photographié deux cents calories de divers aliments, des oursons en gélatine aux kiwis en passant par la sauce ketchup, Buzzfeed s'est amusé à faire de même, en vidéo, avec nos besoins journaliers.

A quoi ressemblerait donc notre assiette si nous devions manger deux mille calories d'un seul produit ? Au choix, elle se remplirait de soixante carottes, de sept bagels, de vingt-six œufs, de dix-neuf bananes, de deux cent quatre-vingt-cinq amandes… ou d'une pizza. Pas sûr, en revanche, que manger cinquante tranches de bacon par jour soit recommandé par les nutritionnistes.

 

 

 

 

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