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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 18:08

 

 

 

Rue89 - Témoignage 13/04/2013 à 15h20

Dr Frau Pütt (archéologue)

 

 


Le Dr. Frau Pütt et les enfants syriens (DR)

 

A la mi-novembre, Jimma et ses six enfants sont arrivés à la frontière entre la Syrie et la Turquie. Les formalités destinées aux petits commerçants syriens sont rapides. Ces derniers achètent dans les villes frontalières turques les marchandises dont leurs compatriotes ont besoin.

Making of
« Dr. Frau Pütt est archéologue, spécialisée et mondialement reconnue dans la conservation des maisons traditionnelles en terre sèche. Ses recherches et ses conférences l’ont amenée à vivre en Syrie, dont elle a étudié l’architecture traditionnelle des maisons à coupoles, adoptée les coutumes et la langue.
“Elle vit à Berlin mais elle est restée en contact avec les famille syriennes avec qui elle a vécu avant le guerre, qui sont maintenant réfugiées au Liban, en Jordanie ou en Turquie.” Jean-Luc Masy, enseignant, l’a accompagnée en décembre afin de l’aider dans les démarche pour accueillir cette famille qu’elle à d’abord exfiltrée de Syrie puis aidé à s’installer à Killis. Il a transmis à Rue89 le témoignage de son amie. Rue89

Ce jour-là, lorsque j’ai pris sous mon aile la famille de Jimma, j’ai été étonnée par les paquets de couches, les casseroles et les plaques de cuisson à induction (une technologie recherchée car la Syrie a multiplié par dix le prix du gaz) qui ont franchi la frontière.

Les voitures sont surchargées à des hauteurs impressionnantes (y compris sur le capot et le pare-brise) de marchandises et des effets personnels des réfugiés, pour traverser le no man’s land de 300 mètres.

Après sept heures de patience pour les formalités à la frontière – les contrôles se font avec le soutien de l’opposition syrienne – la famille de Jimma arrivent dans la petite ville frontalière de Karkemish, du côté turc. Avec les passeports, ils sont rentrés dans le pays officiellement, sans ramper de nuit sous les barbelés.

Comme des dizaines de milliers d’autres Syriens, ils veulent se mettre à la recherche d’un endroit pour vivre en Turquie et ne pas avoir à passer l’hiver dans une tente de réfugiés. Ils ne passeront que quelques mois en Turquie et veulent le plus rapidement possible retourner dans leur village, à l’est d’Alep.

Une lointaine cousine qui s’est mariée dans un village près de la frontière turque nous accueille tous. Pour quelques jours seulement : elle vit très à l’étroit dans deux petites pièces. Le mari de la cousine dormira pendant ce temps dans son petit atelier, parce qu’il n’y a plus d’endroit pour dormir à la maison.

Plus de place dans l’école

S’ensuit une odyssée de plus de 1 800 kilomètres à travers la Turquie, à la recherche d’un logement abordable. Les longs trajets en bus sont nerveusement épuisants pour la mère et ses enfants, âgés de 4 à 15 ans.

Ils passeront deux semaines dans la ville d’Antalya, chez l’une de mes amies. Là-bas, nous prendrons conscience que le lieu de leur exil ne peut être que celui où ils pourront communiquer aisément en arabe et ou les enfants pourront aller dans une école de langue arabe. Nous revenons donc sur la zone frontière turco-syrienne, et nous trouvons un logement pour rester à Kilis.

Le poste frontière entre Kilis et Azaz a été un passage important entre la Turquie et la Syrie. Là où les camions étaient consignés à la frontière, c’est maintenant un centre de rétention de plus de 10 000 réfugiés syriens.

Les jumeaux Anas et Ayham, 11 ans, très fiers, veulent nous montrer où ils veulent aller le plus tôt possible : à l’école syrienne, située non loin de leur domicile. Nous avons rencontré sur la route de nombreux groupes d’enfants syriens, des livres à la main. L’école est située dans un immeuble de béton, en travaux.

Le gouvernement provincial a mis à disposition de l’école syrienne le rez-de-chaussée de ce nouveau bâtiment. Mais la famille, après quatre semaines d’attente, apprend du directeur qu’il ne pourra pas prendre les enfants à cause de la surpopulation.

Les 40 enseignants sont bénévoles, ce qui rend compliqué la survie de beaucoup d’entre eux. Ils sont aussi totalement dépassés avec parfois plus de 70 enfants par classe.

Beaucoup d’enfants sont traumatisés et se referment sur eux-même, d’autres sont si agités qu’il faut constamment intervenir et déranger le cours. Le soutien psychologique est totalement absent. Il est néanmoins important pour les enfants de vivre une journée d’école avec d’autres enfants, de se socialiser à nouveau, apprendre de nouvelles choses et de sortir du cocon familiale. Le plus difficile c’est pour Aziza, 15 ans, qui doit rester à la maison car trop âgée pour être élève dans cette école, très contrariée que son niveau scolaire syrien ne soit pas disponible à Kilis.

Eviter à tout prix les camps de réfugiés

Nous nous dirigeons vers un parc équipé d’une aire de jeux afin d’y distraire les enfants. Ravis qu’ils se défoulent un peu, leur mère Jimma profite de ce moment pour aller s’entretenir avec d’autres femmes syriennes : elles sont toutes heureuses d’échapper à leurs petits appartements. Ici, elles échangent des infos sur la situation de leur région d’origine et sur les endroits où obtenir de l’aide.

Jimma apprend ainsi que chaque après-midi, dans le parc central de Kilis, est distribué un repas chaud pour les réfugiés syriens. Il leur est encore difficile de montrer publiquement qu’ils ont besoin d’aide. Ils veulent éviter à tout prix de devoir aller dans un camp de réfugié. On leurs fournirait sans aucun doute la nourriture, les soins médicaux et les écoles pour leurs enfants, mais ils auraient alors le sentiment de perdre leur liberté et c’est tout ce qui leur reste.

La famille de Jimma reste dans son modeste appartement toute la journée, suivant l’information sur la chaîne “Halab al-Yom”, “Alep – aujourd’hui”, et tous aspirent au retour dans le village. Bien que Ayhem et Anas, en allant chercher le pain, aient été les témoins directs d’un bombardement par les troupes gouvernementales sur le lycée de la petite ville voisine, ils espèrent toujours que cela n’empêchera pas leur retour à la maison.

Leur région d’origine, depuis la mi-2012, est sous le contrôle de l’armée d’opposition. Un coup de téléphone de parents qui ont trouvé refuge au Liban, confirme les craintes de Jimma : les salafistes Jabhat al-Nosra ont pris le contrôle de son village. Avec eux, la jeune Miriam de 12 ans avait déjà eu, il a quelque temps une expérience douloureuse : sans foulard, elle n“était plus autorisés à sortir dans la rue.

La politique de prise de contrôle militaire des différentes régions et la répartition des zones sous contrôle, par l’opposition entraîne des représailles de la part du gouvernement. Et puisque l’on sait par des espions que des hommes armés choisissent des écoles vides comme abris, tout cela alors entraîne les bombardements par l’armée gouvernementale de ces lieux, des maisons du village voisin ont déjà été détruites par des raids aériens.

La vie quotidienne dans une ville turque

Malgré le danger pour la mère et ses enfants il leur tarde de retrouver leur maison en Syrie. La mère est inquiète, car il est maintenant temps de semer le blé ? Son beau-frère peut-il le faire seul ? Jimma essaye constamment d’appeler ses proches en Syrie, mais presque toutes les tentatives sont vouées à l’échec. Pas de réseau.

Il y a quelques jours, à 3 heures du matin, le téléphone a sonné. Il a sonné une seule fois – c’est le code pour leur faire savoir que la personne désire qu’on la rappelle. Par crainte de mauvaises nouvelles de sa famille, elle a appelé Mme S. ensuite. Mais elle ne sait toujours pas qui a essayé ce soir-là de la joindre. Les renseignements par des parents qui ont fui vers le Liban, n’ont apportés aucun éclaircissement.

Kilis était autrefois une ville très religieuse, de nombreuses mosquées avec de gracieux minarets de l’ère ottomane en témoignent. Il semblerait qu’aujourd’hui 2 300 familles syriennes vivent à Kilis. Heureux d’être en mesure de lire quelque chose, je montre aux enfants où les commerçants ont suspendus des notes en arabe aux fenêtres.

Dans un magasin, un jeune syrien de 10 ans est appelé en tant que traducteur, car le vendeur ne nous comprend pas. Il est ici depuis six mois, où il a rapidement appris le turc et il fait aussi le balayage, le tout pour un salaire de misère : 20 livres turques par semaine. Pourtant, il est fier de contribuer au revenu familial.

Les prix ont triplé

Dans les ruelles en retrait de la route principale, on aperçoit de typiques cours orientales derrière les façades des maisons closes. La plupart des habitants de Kilis résident aujourd’hui dans des immeubles de deux, trois ou quatre étages – le niveau des prix a triplé en raison de la forte demande des réfugiés syriens. Alors qu’il y a cinq mois les appartements meublés bien équipés pouvaient se louer pour 200 livres turques (environ 90 euros), la famille de Jimma, début décembre, n’a pas pu trouver un logement pour moins de 600 livres turques.

Lors de la vague de froid de cette nouvelle année, les températures descendirent à -3°C la nuit. A cause des chauffages au bois traditionnellement employé, la ville est recouverte d’un épais nuage de fumée qui irrite la gorge et les muqueuse du nez. Même les maisons plus récentes sont chauffées au bois et au charbon. Une méthode de chauffage coûteuse, car il utilise un feu qui chauffe le salon et la chambre de la famille de Jimma, pour 4 euros par jour.

Les oliviers dans la région ont été taillés après la récolte et ils fournissent au boulanger de grandes quantités de branches nécessaire au fonctionnement de leur four traditionnel. Ce sont les jumeaux qui sont responsables d’aller chercher le pain chaque matin et il leur est facile de trouver les endroits où il y a une boulangerie : c’est là où il y a un énorme tas de branches d’olivier. Même s’ils apprécient la variété des pains turcs, ils sont ravis de tomber par hasard sur une boulangerie annonçant à l’extérieur en arabe qu’ils ont du pain frais à la syrienne.

L’hospitalité turque et les niveaux de prix

Lors d’une de nos longues promenades à explorer ce nouvel environnement, les enfants attirent mon attention sur quelque chose : on peut reconnaitre à partir de la position d’une parabole satellite où vivent les Syriens et les Turcs. C’est très important quand les nécessités de la vie vous font rechercher des compatriotes.

 


Un repas (DR)

Même au sommet de la vielle maison délabrée, deux pièces et une cuisine, dans laquelle vivent dix-huit membres de la même famille syriennes, il y a une parabole. Une jeune femme de la famille que nous avions rencontré la veille dans la cour de récréation me disait :

‘Peu importe la pauvreté pour les réfugiés syriens, la réception de la chaîne syrienne est vitale.’

Pour manger (le niveau des prix en Turquie est relativement élevés), les réfugiés peuvent travailler à Kilis dans tous les emplois possibles permanents ou temporaires ou doivent compter sur les envois de fonds de parents à l’étranger.

Beaucoup de réfugiés supportent mal leur situation actuelle, car les prix étaient beaucoup moins chers en Syrie avant le début de la guerre civile. La famille de Jimma a connu un grand moment de bonheur, un après-midi, quand un organisme de bienfaisance a sonné à la porte et leur a offert deux couvertures. Il y a deux semaines c’était une organisation maltaise qui leur avait apporté des vestes chaudes et des chaussures.

La gentillesse et l’accueil

Ce qui est très surprenant pour nous Occidentaux, c’est la gentillesse et l’accueil du peuple turc avec les Syriens. Les voisins de la famille apportent presque quotidiennement à Jimma un peu de leur propre repas. Une entraide de voisinage comme j’ai pu la rencontrer parfois en Allemagne.

Deux jours plus tard, le propriétaire de l’épicerie du coin et sa femme sont à la porte avec deux bols de soupe de maïs doux pour les enfants et Jimma. Vous connaissez ce plat que l’on nomme ‘Achoura’ en Syrie, que l’on cuisine dans les occasions particulière ou religieuses et est distribué aux autres. Selon la tradition, après le déluge, quand l’inventaire de l’arche fut fini, Noé fit préparer ‘Achoura’.

Actuellement la famille tente de nouveau de franchir la frontière et de se réinstaller à Killis ; des visas d’un an seront demandés et les enfants scolarisés dans l’école syrienne. Une demande de visa de réfugiée est en cours en Allemagne pour Aziza, qui ne peut plus être scolarisée à Kilis à cause de ses 16 ans

 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 17:32

 

 

LIGNE ROUGE – « Paris Match » publie le témoignage d’un enfant victime d’armes chimiques en Syrie

 

 

"Les indices de leur utilisation par Bachar Al-Assad s’accumulent. Mais l’Occident ne veut pas les voir." L'enquête menée par Frédéric Helbert pour le magazine Paris Match apporte un faisceau de preuves et de témoignages accablants pour le régime syrien. Il relate notamment l'histoire du jeune Omar, 13 ans, dont la "famille entière a péri coincée dans une maison de la vieille ville. Morts par suffocation, diront les médecins. Morts sans avoir été touchés directement", décrit l'hebdomadaire.

 

>> Lire en éditions abonnés : "Syrie : une arme chimique aurait été employée à Homs"


"Omar, alors dans une autre pièce, ne l’a pas été non plus. Mais deux jours plus tard sont apparues brûlures, plaies, cloques. Puis sont venus les troubles de l’équilibre, pertes de mémoire, douleurs musculaires. Le mal empirait chaque jour", poursuit le journaliste de Paris Match. Rue89 note que le journaliste a aussi rencontré le docteur Ghazi Aswad, chirurgien français d’origine syrienne, qui a examiné l’enfant. Pour lui, qui "ne comprenait rien au début" aux cas comme celui-ci, il n’y a pas de doute : ce sont des "symptômes de bombardements à l’arme chimique".

En août dernier, François Hollande assurait que l'usage d'armes chimiques par le régime serait une "cause légitime d'intervention directe" de la communauté internationale en Syrie. Le président américain, Barack Obama, avait lui menacé de "conséquences" son homologue Bachar Al-Assad au cas où celui-ci recourrait à l'usage d'armes chimiques.

"Honte à ceux qui pourraient et ne font rien !", lâche Ghazi Aswad. Pour France Info, "à en croire les médecins qui appellent à l'aide dans Paris Match, la ligne rouge est franchie, et c'est un appel de détresse qu'ils lancent aujourd'hui à la communauté internationale". L'utilisation d'armes chimiques contre les rebelles syriens se précise, de manière irréfutable : "Il y a les malades, il y a les cas cliniques, il y a les documents, il y a toutes les preuves", conclut la radio dans sa revue de presse.

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 18:59

 

Le Monde.fr | 26.02.2013 à 12h18 Par Christophe Ayad - Le Monde

 
Omar Aziz

Omar Aziz, célèbre activiste pacifiste syrien de 64 ans, est mort en détention le 16 février 2013, a -t-on appris quelques jours plus tard par l'intermédiaire de sa famille. Il est décédé à l'hôpital militaire de Harasta, dans la banlieue de Damas, des suites d'une longue captivité au centre de détention des services de renseignement de l'armée de l'air, à Mazzé, où il était détenu depuis son arrestation le 20 novembre 2012 dans une cellule de 16 mètres carrés avec 85 autres personnes.

Omar Aziz souffrait d'hypertension et avait perdu, selon ses proches, plus de 15 kilos. Peu avant sa mort, il a été transféré à la prison centrale d'Adra. Sa famille n'a jamais été informée de son état, ni même de son décès. Ce sont d'autres détenus qui lui ont fait parvenir la nouvelle.

Economiste de formation (à l'université de Grenoble) et versé dans les nouvelles technologies, Omar Aziz avait quitté l'Arabie saoudite, où il vivait, peu après le début de la révolution syrienne, en mars 2011. Il est l'un des architectes des comités locaux de coordination, qui ont grandement contribué à entretenir la révolte, lui donner des mots d'ordre et ont veillé le plus longtemps possible à ce que la lutte reste pacifique et non-confessionnelle.

 

 " MIEUX QUE LA COMMUNE DE PARIS "

Il a fondé le premier comité local dans le quartier de Barzeh, une forme d'organisation " par le bas " qui a essaimé par la suite dans tout le pays. Il s'était inspiré des idées de Rosa Luxemburg sur " l'auto-gouvernement des masses ". Il avait formalisé sa vision humaniste et presque anarchiste dans un long article. " Nous avons fait mieux que la Commune de Paris, qui a résisté 70 jours. Cela fait un an et demi et nous tenons toujours ", avait-il déclaré peu avant son arrestation.

Peu connu hors de Syrie, il avait gagné le surnom affectueux d'Abou Kamel. Malgré les destructions et les combats, il parcourait inlassablement les quartiers dévastés pour y amener de l'aide humanitaire aux familles déplacées et à celles comptant un mort, un blessé ou un disparu. Il était issu d'une grande famille de la bourgeoisie intellectuelle damascène. Sa mère, Bourane Tarazi, a été la première femme avocate en Syrie.

Elle avait écrit un livre, Damas dans la tourmente, publié en 1998 à Beyrouth, sur ses années de lutte pour l'émancipation sous le mandat français puis après l'indépendance. Omar Aziz était le genre d'hommes dont la Syrie aura absolument besoin pour se reconstruire après le conflit en cours.

Christophe Ayad - Le Monde

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 12:05

 

LE MONDE | 19.01.2013 à 11h39 • Mis à jour le 19.01.2013 à 12h48


 

 
L'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, entouré du vice-ministre russe des affaires étrangères, Mikhail Bogdanov (à droite) et du secrétaire d'Etat adjoint américain, William Burns, au siège européen des Nations unies, à Genève, le 11 janvier.

Une guerre chasse l'autre, ou l'occulte, hélas. Alors que l'attention est concentrée sur le conflit au Mali, alors que l'armée française combat au Sahel des groupes armés affiliés à Al-Qaida, dont les abominations contre la population civile des régions du nord du Mali ont été abondamment documentées par les défenseurs des droits de l'homme, alors, donc, que la crise dans les vastes espaces du Sahara mobilise la diplomatie internationale, un autre théâtre de crimes de grande ampleur ne doit pas être oublié : la Syrie.

Rappelons-le : l'ONU y a dénombré plus de 60 000 morts, la plupart ayant péri au cours du semestre écoulé. En Syrie, on peut dire que c'est un régime, un pouvoir d'Etat, celui de Bachar Al-Assad, qui endosse le rôle du "terroriste" auteur de crimes de masse incessants contre sa propre population. Récemment encore, un massacre perpétré à l'université d'Alep a fait plus de 80 morts, le régime de Damas et la rebellion syrienne se renvoyant chacun la responsabilité de ce drame.

Face à l'ampleur du drame syrien, la diplomatie internationale n'a cessé de patiner. L'attitude de l'administration Obama, qui avait laissé entendre à certains alliés européens que sa politique pourrait se durcir, une fois passée l'élection présidentielle américaine, continue pourtant à se limiter à une stratégie d'endiguement. La priorité, au-delà de l'indignation générale exprimée par les Occidentaux, consiste à empêcher que la crise ne se répande vers d'autres pays du Moyen-Orient.

Petite lueur d'espoir : à l'ONU, des pays membres du Conseil de sécurité, dont la France, s'activent en faveur d'une saisine de la Cour pénale internationale, pour envoyer le signal qu'il n'y aura pas d'impunité pour les auteurs des crimes les plus graves. Il faudra, cependant, pour que cette démarche aboutisse à une résolution, parvenir à surmonter l'obstacle du veto russe. Déjà opposé à trois reprises, ce veto, soutenu par la Chine, a offert une "couverture" diplomatique majeure au régime de Damas.

Un élément nouveau met en lumière le souci manifeste des pays occidentaux d'éviter à tout prix d'être entraînés dans quelque intervention ouverte que ce soit en Syrie. Il s'agit de données faisant état d'un possible emploi d'armes chimiques à Homs, le 23 décembre 2012.

Selon des informations recueillies par Le Monde auprès de services de renseignement occidentaux, une arme chimique non létale, à effet incapacitant, a été employée par le régime syrien contre des opposants ce jour-là, dans le quartier d'Al-Bayyada, où se déroulaient des combats entre les forces gouvernementales et l'insurrection anti-Assad. Ces informations corroborent, pour partie, des témoignages d'habitants et de médecins de Homs. Le Quai d'Orsay et le département d'Etat américain mettent en doute cette version, affirmant ne pas disposer d'éléments suffisants pour la confirmer.

Or l'emploi d'armes chimiques a été identifié, en 2012, par des dirigeants occidentaux, dont François Hollande, comme une "ligne rouge" qui justifierait, si elle était franchie, une intervention en Syrie. Y a-t-il, aujourd'hui, esquive ? La gravité des faits allégués exige que toute la transparence soit faite. Que les responsables occidentaux expliquent ce qu'il savent des faits qui se sont produits le 23 décembre à Homs.

Lire en édition abonnés l'article de Natalie Nougayrède, correspondante diplomatique au Monde : Syrie : une arme chimique aurait été employée à Homs


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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 14:57

 

Le Monde.fr avec AFP | 14.01.2013 à 08h36 • Mis à jour le 14.01.2013 à 09h46


 

Le viol est une des principales raisons qui poussent des femmes et des jeunes filles syriennes à fuir leur pays, plongé dans un conflit sanglant depuis bientôt vingt-deux mois, selon l'organisation International Rescue Committee (IRC).

Le viol est un "phénomène important et inquiétant de la guerre civile en Syrie", estime l'IRC, ONG américaine, dans un rapport publié lundi et intitulé "Syrie : une crise régionale". "Au cours de trois enquêtes réalisées par l'IRC au Liban et en Jordanie, des Syriens ont cité le viol comme raison principale de leur fuite du pays avec leur famille", a indiqué l'ONG dans son rapport, appelant à agir d'urgence.

"Beaucoup de femmes et de filles ont raconté avoir été attaquées en public ou chez elles, en général par des hommes armés. Ces viols, parfois collectifs, se déroulent souvent sous les yeux de membres de la famille", selon l'IRC. Des personnes interrogées par l'IRC ont également indiqué que dans certains cas les victimes sont enlevées, torturées et tuées.

 

"CONDITIONS DE VIE DANGEREUSES"

Les victimes qui survivent à ces attaques en parlent rarement, selon l'IRC, en raison "des normes sociales et du déshonneur que représente le viol pour les [victimes] et leur famille", précise l'IRC. De nombreuses victimes interrogées par l'ONG ont également évoqué la peur de représailles de la part de leurs assaillants, et la crainte d'être tuées par des membres de leur famille pour laver l'affront, ou contraintes de se marier très jeunes "pour protéger leur honneur", selon le communiqué.

Mais les femmes qui fuient sont privées de suivi médical et de soutien psychologique, et font face à des "conditions de vie dangereuses dans les camps et à un haut niveau de violence domestique".

Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés a indiqué vendredi que le nombre de réfugiés syriens enregistrés dans les pays voisins et en Afrique du Nord avait augmenté de plus de 100 000 entre le 11 décembre et le 11 janvier, pour dépasser les 600 000. L'ONU s'attend à ce que le nombre de réfugiés atteigne 1,1 million d'ici à juin si la guerre civile se poursuit en Syrie. En Syrie même, plus de 2 millions de civils ont été déplacés.

L'IRC appele à "une augmentation urgente de [l'aide] de la communauté internationale" face à "un énorme désastre humanitaire", qui "très certainement va durer longtemps".

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 18:06

Rue89 - Témoignage 05/01/2013 à 10h45

Issam, médecin syrien

 

 

Issam, chirurgien syrien qui a opéré des mois sous les bombes, a fui le chaos après avoir été arrêté et torturé. Il témoigne, pour la deuxième fois sur Rue89.

 

 


Un médecin dans un hôpital à Alep, le 10 août 2012 (PHIL MOORE/AFP)

 

Pour avoir embrassé la révolution, la population d’Alep reçoit une punition collective de la part du régime. Les coupures d’eau et d’électricité en font partie.

Making of

En août, Rue89 avait reccueilli le témoignage d’Issam (prénom modifié), chirurgien d’Alep, ville du nord de la Syrie bombardée par le régime. Après plusieurs mois passés à opérer les victimes du conflit et au terme desquels il a été arrêté, Issam a fui son pays en novembre. De retour en France, il témoigne de nouveau.

 

C’est cette fois sur les conditions sanitaires, le chaos jusque dans les prisons et l’exacerbation des tensions comunautaires qu’il a décidé de parler. Marie Kostrz

A l’hôpital, on s’est retrouvé en train d’opérer sur des batteries puis, lorsqu’elles étaient déchargées, à prendre trois ou quatre téléphones portables munis de torches et à se mettre à gonfler l’air à la main pour oxygéner le patient. On arrêtait d’opérer jusqu’à ce que l’électricité revienne.

Mes collègues mènent donc à présent une politique de sélection des cas. Ils ne soignent plus qu’une personne sur trois. Ils choisissent les malades qui ont le plus de chance de survivre. Ces gens-là sont opérés. Les autres non.

Ils disent à leur famille de les amener dans un autre hôpital. Les plus chanceux, ceux qui ont de l’argent, trouvent encore un hôpital privé devenu très cher ou sont emmenés en Turquie.

Hôpitaux bombardés, transformés en camps

Aujourd’hui, ce n’est même plus possible de soigner les gens en Syrie. Je suis médecin et je me sens impuissant. On devient complètement inutiles.

Après plusieurs mois à Alep, j’ai donc décidé de rentrer en France où j’ai étudié.

En Syrie, je travaillais dans sept hôpitaux différents : le Centre hospitalier universitaire (CHU) d’Alep et six autres établissements privés.

Aujourd’hui, seul l’un d’eux fonctionne encore.

Les autres ont été bombardés ou transformés en camps militaires par le régime. Ils accueillent aussi des réfugiés qui n’ont plus de maisons.

Mes collègues ont reçu des cas de peste

Les coupures d’eau sont elles aussi un désastre. Avec les poubelles qui ne sont plus ramassées et la pluie, cela fait un mélange horrible, idéal pour les épidémies.

Mes collègues médecins internes ont reçu pas mal de cas de peste. Tout le monde s’est donc mis à prendre de la pénicilline qui est encore disponible et l’épidémie a été vite endiguée.

Certains quartiers de la ville n’ont pas vu l’eau depuis quinze jours. Même les zones dites pro-régime ont des coupures de quatre ou cinq jours. Les habitants achètent des citernes d’eau entières. Deux mille litres coûtent environ 400 euros. C’est énorme et cela ne permet de tenir que quelques jours.

Une dispute avec un soldat : l’arrestation

Finalement, j’ai été arrêté. On m’a amené aux « moukhabarats » de l’armée de l’air, réputée comme la pire branche des services de renseignement. En Syrie on appelle ça « derrière le soleil » car bien souvent on n’en revient jamais.

Tout à commencé avec un jeune homme amené au CHU d’Alep avec des plaies partout. Un interne est venu me voir pour m’annoncer que ce patient avait été tellement torturé par le soldat censé le surveiller qu’une de ses blessures s’était transformée en fracture ouverte.

Les deux bouts de l’os lui avaient déchiré les muscles et la peau. Sachant que le jeune homme risquait une inflammation de l’os et des muscles voire une amputation, je n’ai pas tenu. Je me suis disputé avec le soldat. On encaisse beaucoup, on voit beaucoup de patients torturés, mais forcément on craque un jour.

Sur le coup il n’a rien dit, mais le lendemain on est venu me chercher à 6 heures du matin chez moi. J’ai été menotté, on m’a mis un sac noir sur la tête, on m’a insulté. Je n’ai pas été trop frappé car je suis mi-sunnite, mi-alaouite et cette moitié alaouite ne mettait pas mes bourreaux très à l’aise [Bachar el-Assad, président syrien, est alaouite, ndlr]. Puis j’ai été détenu.

La torture de la « chaise allemande »

Au départ, il y a une « procédure d’accueil ». Pendant une semaine environ, parfois plus, des personnes de la sécurité torturent, pratiquent leur sadisme jusqu’à ce que les officiers se rendent compte qu’une personne est emprisonnée et commencent une investigation sur elle.

On m’a donc mis sur la « chaise allemande ». C’est un énorme siège métallique dont le dos est en demi-cercle. On m’a attaché par les mains, qu’on tire vers l’arrière et le bas. Il y a donc une hyperextension de la colonne vertébrale. J’ai eu très mal.

J’en rajoutais, je criais qu’ils allaient le regretter, qu’un de mes parents était alaouite. J’essayais d’imiter l’accent de cette communauté, leur favori. Au bout de deux jours, quelqu’un s’est dit que j’avais peut-être raison. A la surprise de tout le monde dans la cellule où j’étais enfermé, j’ai été amené chez les enquêteurs.

Là, un des officiers m’a demandé pourquoi j’avais été arrêté. En fait, c’est le chaos total ! Il n’y a pas de chef d’accusation, rien de concret. Juste des détenus sur qui on a collé l’étiquette de terroriste ou de révolutionnaire. Les officiers ont même eu du mal à trouver mon nom sur les listes des prisonniers !

Invité dans le bureau des officiers

J’ai eu beaucoup de chance. Un enquêteur est passé par hasard dans le bureau. J’étais en bretelles et en culotte, ce qui ne donne pas l’image d’un chirurgien en chef, mais mon visage lui disait quelque chose. Quand il m’a reconnu, il a dit :

« Ah mais c’est vous docteur, vous m’avez soigné à l’hôpital ! Je vous reconnais !

– Ben oui c’est moi. »

Les chirurgiens sont souvent réquisitionnés pour soigner des membres du régime blessés contre l’ASL [Armée syrienne libre, ndlr]. J’avais en effet soigné ce responsable auparavant.

Il a dit aux autres de me libérer, que j’étais l’un des leurs. J’étais le prisonnier torturé, accusé de trahison suprême, de révolution. Cinq minutes plus tard, j’étais transformé en quelqu’un de loyal, de patriotique, de parfait.

Je me suis retrouvé en bretelles à boire du maté avec les officiers. C’est hallucinant, personne ne réfléchit !

Issam parle de sa libération.

Pour se déplacer, prendre un taxi chrétien

Etre neutre dans une telle situation est impossible. J’ai choisi mon camp dès le départ, je suis avec le sang innocent. Le péché original est de Bachar el-Assad.

En plus de soigner les victimes des bombardements et les responsables de l’armée, je me rendais donc en secret dans des hôpitaux de campagne situés dans des zones contrôlées par l’ASL.

Je n’avais pas de voiture car avec le chaos qui s’est installé, beaucoup de bandes kidnappent et demandent des rançons. Je ne me déplaçais qu’en taxi. Lorsque, pour me rendre sur place, je devais traverser une zone contrôlée par le régime, les combattants de l’ASL, dont une partie est alaouite et chrétienne, m’envoyaient des chauffeurs de ces communautés pour ne pas que j’aie de problèmes aux check-points.

Seules les apparences comptent : il faut une croix chrétienne sur le miroir du chauffeur. Ou que celui-ci s’appelle Tony ou Dany [prénoms très répandus parmi les chrétiens syriens, ndlr], qu’il parle très finement. Ou sinon qu’il ait un fort accent alaouite. Puis quand on entrait dans une zone de l’ASL, on changeait de voiture.

« On va se venger, les alaouites paieront »

Le régime a diabolisé la révolution en lui donnant un parfum sectaire détestable. Il a attaqué les mosquées, les églises. Maintenant il est clair qu’il y a de plus en plus de ressentiment entre les diverses communautés.

Moi-même qui ai soigné beaucoup de révolutionnaires de l’Armée libre, je n’ai pas de garantie, si je reviens demain à Alep, de ne pas être attaqué parce que je suis à moitié alaouite.

A partir du moment où la crise s’éternise et que personne ne fait rien pour l’endiguer, les gens commencent à se venger eux-mêmes. Les paroles sont claires, certains de mes propres amis le disent :

« On va se venger, les alaouites vont payer. Ils se croient en sécurité à Lattaquié et à Tartous [région côtière majoritairement alaouite, ndlr] mais ils ne le seront plus après la chute du régime. »

Il y aura des mois sanglants

Ça me fait mal au cœur mais en même temps je ne peux pas leur en vouloir. Je peux concevoir que Bachar el-Assad est fou et qu’il fasse tout pour rester au pouvoir. Mais pourquoi certains alaouites se battent pour lui, pour un seul homme ?

Après le renversement du régime, il y aura un ou deux mois très sanglants, de règlements de comptes. En particulier dans les zones de contacts alaouites-sunnites, dans la campagne de Alep, Homs, Hama. Là où ont eu lieu les massacres de Houla et Tremse. Car sur place tout le monde connaît l’identité des bourreaux.

 

 

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 15:49

 

 

LE MONDE | 10.12.2012 à 12h23 • Mis à jour le 10.12.2012 à 15h07

 

 

Lors de raids aériens à Idlib, dans le nord de la Syrie, dimanche.

 

La solution militaire avance en Syrie, lentement, inexorablement, et au prix de centaines de victimes supplémentaires chaque semaine, depuis bientôt deux ans.

Le régime avait imposé le choix des armes en faisant mitrailler les cortèges pacifiques qui marquèrent les premiers mois du soulèvement syrien. Cette option tactique, si l'on ose qualifier ainsi un choix tragique, se retourne aujourd'hui contre lui.

Il y a encore dix mois, ses troupes étaient capables de chasser les combattants rebelles de chaque partie des villes ou des campagnes, où elles établissaient durablement leur contrôle. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Déjà évincé des régions frontalières au nord et à l'est, et enlisé à Alep, Bachar Al-Assad est désormais contesté à Damas, comme l'attestent les combats autour de l'aéroport. Là où son frère Bassel se tua accidentellement en 1994. Là où les fastueuses boutiques de duty free de son cousin Rami Makhlouf révélaient les véritables ressorts d'un clan prédateur.

Les redoutables capacités militaires dont dispose encore le régime lui permettent de retarder une chute pourtant inéluctable. Elles suscitent désormais les plus vives inquiétudes des Occidentaux. Contrairement à la Libye, la Syrie est effectivement dotée d'armes non conventionnelles.

Leur usage par un pouvoir aux abois ou leur pillage par les combattants djihadistes, que le pourrissement syrien a attirés – comme auparavant en Afghanistan ou en Irak –, ne sont pas à exclure. Avec les conséquences que l'on imagine. C'est cette menace, encore très imprécise, qui pousse ces pays à prononcer le mot jusque-là interdit d'intervention, et à en débattre au sein de l'OTAN.

Comme si les quarante mille morts syriens, majoritairement civils, et les massacres, inédits dans l'histoire du pays, n'avaient pas été jugés assez effroyables à ceux qui pouvaient tout autant déplorer que se retrancher derrière le blocage à l'ONU, sous l'effet des veto chinois et russe, ou l'inorganisation d'une opposition disparate, pour ne rien faire. C'est peu dire que personne ne s'est vraiment précipité pour reconnaître après la France, il y a quelques semaines, les nouveaux responsables de cette opposition comme seuls représentants légitimes du peuple syrien.

La très complexe équation syrienne, les multiples fractures communautaires de ce pays et les implications régionales d'un changement de régime, après près d'un demi-siècle de baasisme progressivement privatisé par une dynastie, constituent évidemment un défi majeur.

Mais l'immobilisme et l'attentisme des Grands ont laissé le champ libre à des pays du Golfe motivés par des considérations géopolitiques (affaiblir Téhéran, dont Damas est le principal allié arabe) plus que par une soudaine passion révolutionnaire. La vision que le Qatar ou l'Arabie saoudite peuvent avoir de la Syrie après les Assad n'est peut-être pas identique à celle des Syriens, les premiers concernés. Les Grands n'auront qu'à s'en prendre à eux-mêmes : intervenant à la dernière heure, ils ne seront pas les mieux placés pour tenter de faire prévaloir leurs vues.

 

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 14:32

 

Le Monde.fr | 02.11.2012 à 08h19 • Mis à jour le 02.11.2012 à 10h43

 

* Pour visualiser la vidéo, appuyer sur la touche "Ctrl" de votre clavier + cliquer gauche sur ce "link"

 

Durée : 04:32  |  Images : Le Monde

Au cœur d'Alep désertée, fin octobre. Les combattants de l'Armée syrienne libre y livrent une guerre de position contre les troupes de Bachar Al-Assad. Dans le quartier de Bustan Al-Bacha, les quelques civils qui sont encore sur place doivent traverser l'avenue Dar Al-Ajazi pour fuir les combats. Mais l'axe est devenu le terrain de chasse des snipers.

Le photographe Jérôme Sessini a filmé ces combats à l'aide d'une petite caméra accrochée à son buste. Il raconte.

Propos recueillis par Antonin Sabot et Marie Sumalla

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 14:25

 

 

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 03.11.2012 à 11h57 • Mis à jour le 03.11.2012 à 14h01

 

  

 

Capture d'écran de la vidéo montrant un partisan du président Bachar Al-Assad brandissant l'oreille découpée d'un cadavre.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a diffusé, samedi 3 novembre, des vidéos de combattants  pro-régime exécutant des prisonniers rebelles à l'arme automatique et découpant les oreilles de cadavres. Cette diffusion intervient deux jours après celle d'une vidéo montrant des exactions commises par des insurgés.

Une première vidéo qui, selon le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane, a été tournée en juillet dans la région de Lattaquié (nord-ouest), montre un homme en treillis militaire brandissant une oreille et un couteau en riant face à la caméra. "Voilà l'oreille d'un chien, on va leur donner une leçon", dit l'homme, faisant allusion aux rebelles.

Un peu plus loin, sept hommes aux corps très mutilés, apparemment morts, sont étendus sur le sol. Au milieu d'un groupe d'hommes habillés en tenue militaire, un homme en treillis s'approche d'un des cadavres et lui découpe l'oreille avec un couteau devant la caméra. "Fais pas ça, nous sommes (avec) le régime", dit un des hommes du groupe, tandis qu'un autre lance : "Donne son oreille aux chiens!".

Une autre vidéo, datant de février et tournée à Deraa, montre des individus, certains en civil et d'autres en treillis, achever à l'arme automatique des hommes qu'ils présentent comme des rebelles.
"Voilà les hommes armés, les chiens, les impurs!" lance l'homme. Un autre reprend : "On va les filmer avec leurs armes et on va voir ce qu'Al-Jazeera et Al-Arabiya peuvent faire pour eux", s'en prenant aux chaînes satellitaires arabe basées dans le Golfe qui soutiennent la rébellion.

"Ces vidéos m'ont été fournies par des militants à la suite de la diffusion avant-hier d'une vidéo montrant les exactions commises par les rebelles. Depuis le premier jour de la révolution, le régime commet des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité mais ces crimes ne justifient en rien les crimes de l'autre partie", a dit M. Abdel Rahmane. "Si on veut une nouvelle Syrie démocratique et respectant les droits de l'Homme, on ne peut se taire sur aucun crime quel qu'en soit l'auteur", a-t-il ajouté.

Jeudi, l'OSDH avait mis en ligne une vidéo diffusée par des militants montrant des rebelles frappant une dizaine de soldats blessés, avant de les aligner sur le sol et de les tuer à l'arme automatique tout en les traitant de "chiens de chabbihas d'Assad", nom donné aux miliciens pro-régime.

Le CNS a exhorté l'Armée syrienne libre, composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes, et "les mouvements qui animent la révolution sur le terrain à demander des comptes à quiconque viole les droits de l'Homme", au lendemain de la diffusion de ces vidéos. Pour l'ONU et Amnesty International, l'exécution sommaire de soldats, comme celle vue sur cette vidéo, ressemble fort à un "crime de guerre". Le chargé des droits de l'Homme au sein du CNS, Radif Moustapha, a toutefois estimé que les crimes des combattants rebelles étaient "sans commune mesure" avec ceux du régime.

Au moins 28 soldats ont été tués jeudi au combat ou froidement exécutés par les rebelles qui s'étaient emparés de leurs positions près de Saraqeb, a rapporté l'OSDH. Après la diffusion de la vidéo, les Etats-Unis ont exhorté les rebelles à respecter les lois internationales régissant les conflits et la Grande-Bretagne s'est dit "profondément préoccupée". Un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a déclaré pour sa part que "s'il s'agit de massacres avérés", la France "condamne avec fermeté".

L'ONU et des ONG internationales ont déjà accusé régime et rébellion de "crimes de guerre et contre l'Humanité" en près de 20 mois d'un conflit qui a fait plus de 36 000 morts selon l'OSDH.

En Syrie, un photographe raconte l'horreur dans « l'allée des snipers »

 

 

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 17:39

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 13.10.2012 à 13h18 • Mis à jour le 13.10.2012 à 13h59

 

Alep, quartier de Saif Al Doula. Un tireur de l'Armée syrienne libre, sur la ligne de front de Hamadanieh.

Les violences en Syrie ont fait au moins 33 000 morts, en majorité des civils, depuis le début du soulèvement contre le régime mi-mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

"Au moins 23 630 civils (armés et non armés), 8 211 soldats et 1 241 déserteurs ont été tués dans les violences en Syrie" entre la mi-mars 2011 et le 12 octobre 2012, a précisé le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. "Il n'y a pas de mots pour décrire ce qui se passe, c'est une guerre ouverte", a-t-il ajouté.

Signe de l'intensification des violences, environ mille personnes ont péri au cours des cinq derniers jours seulement, a précisé cette organisation basée en Grande-Bretagne qui s'appuie sur un large réseau de militants, avocats et médecins sur le terrain.    

La journée la plus sanglante depuis le début du conflit remonte au 26 septembre, avec 306 morts recensés. Ces deux derniers jours, l'armée syrienne a subi des pertes considérables, avec en particulier la mort d'une centaine de soldats jeudi, le bilan le plus lourd pour l'armée en une journée depuis le début de la révolte.

 

L'AVIATION SYRIENNE BOMBARDE DES REBELLES

Sur le terrain, les avions militaires bombardaient samedi matin des rebelles qui attaquaient une base stratégique dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest du pays, rapporte par ailleurs l'OSDH, faisant état de vingt blessés parmi les insurgés.
 

La base de Wadi Deif est la plus importante de l'armée dans la région de Maaret Al-Noomane, ville stratégique au sud d'Alep, tombée en début de semaine aux mains des rebelles. Avec cette victoire, les insurgés sont parvenus à couper l'axe reliant Damas à Alep, empêchant ainsi l'acheminement de renforts de l'armée vers la métropole du Nord, théâtre depuis mi-juillet d'une bataille cruciale entre rebelles et troupes du régime.

Selon les experts, l'armée syrienne est affaiblie par la multiplication des fronts à travers le pays et les attaques des insurgés qui coupent les routes d'approvisionnement. D'après eux, la supériorité militaire et notamment aérienne de l'armée régulière lui permet de ralentir la progression de la rébellion mais pas de l'écraser.

Hich, au sud de Maaret Al-Noomane, était également la cible de bombardements aériens. Dans cette localité, douze rebelles ont péri vendredi soir lors d'affrontements intenses, et quatre à Alep, selon l'OSDH.

A Deraa, berceau de la contestation dans le sud du pays, des renforts militaires ont été envoyés vers le village de Maaraba, où les forces gouvernementales tentent d'écraser la rébellion. Dans l'est de la Syrie, des combats ont eu lieu à Abou Kamal, ville stratégique à la frontière avec l'Irak.

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