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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 13:33

Publié le 09-09-11 à 10:33    Modifié à 14:48     par Le Nouvel Observateur     10 réactions

Dès 1977, la revue médicale "Pratiques" dénonçait l'escroquerie sur la nature du Mediator. Comment Servier pouvait-il ignorer ce que des médecins écrivaient déjà noir sur blanc ? Par Anne Crignon.

Molécule du Mediator dans "Pratiques" de février 1977. (Scan "Pratiques" - DR) Molécule du Mediator dans "Pratiques" de février 1977. (Scan "Pratiques" - DR)

A l’hiver 1977,  "Pratiques ou les cahiers de la médecine utopique", la revue du Syndicat de la médecine générale, publie un article de trois pages sur une pilule inconnue nommée Mediator, présentée  comme une nouveauté. Nouveau, ce médicament ? Pas vraiment, à en croire les rédacteurs de "Pratiques" qui - déjà - flairent l’arnaque.

"Mediator nous a demandé dix ans de recherche", annonce le laboratoire Servier. A d’autres,  répliquent en substance les médecins de la revue : "Pourquoi Servier ne nous dit-il pas que son Mediator est, sur le plan chimique, un dérivé de l’amphétamine et un dérivé d’un autre produit de son laboratoire, l’anorexigène Pondéral ?",  écrivent-ils. En d’autres mots, c’est un coupe faim, et non pas un simple antidiabétique, dénoncent-ils plus de trente ans avant qu'éclate le scandale Servier.

 

L'article de la revue "Pratiques" de février 1977 intitulé : "les laboratoires Servier pour le Médiator" :

 

Et c’est cette vérité, dissimulée pendant trente ans, qui sera rétablie en 2008 par Irène Frachon au CHU de Brest, et ce malgré les mensonges réitérés du fabriquant.

Tout aussi stupéfiante, la clairvoyance du rédacteur de "Pratiques" qui redoute des complications sanitaires à venir : "Pour un  produit à vocation internationale qui se veut être prescrit des années en continu, écrit-il, il est indispensable que les prescripteurs soient prévenus de ce tout petit détail [le Mediator est une amphétamine et un coupe-faim: NDLR]. Pour mieux surveiller les réactions des malades par exemple. Les laboratoires Servier sont trop expérimentés en matière de lancement de produit pour ne pas y avoir pensé.  Alors… dissimulation volontaire ?"

Ainsi, la question à laquelle s’efforcent de répondre aujourd’hui trois juges d’instruction parisiens est posée dès 1977 par la revue on ne peut plus sérieuse d’un syndicat de généralistes.

Concernant la valeur thérapeutique du Mediator, "Pratiques" est tout aussi  sceptique. Le journal  incite les généralistes à ne pas se laisser embobiner par le baratin de Servier et ses longs argumentaires étayés de références biochimiques. "Ca fait sérieux ça fait honnête, poursuit le rédacteur. Mais il ne faut pas se laisser impressionner par la grandeur des mots. Les malades ne sont pas traités par des démonstrations chimiques, sur leur luxueux papier mais par des produits efficaces. "La revue estime que les généralistes ne disposent pas d’éléments nécessaires pour savoir si le médicament est efficace ou non. Et surtout, ils se méfient beaucoup d’un laboratoire  "champion de la promotion médicale,  c’est à dire de la publicité, de la relance postale, des courriers luxueux sur papier glacé, de la visite médicale". Servier est - déjà - en 1975 au premier rang parmi les laboratoires pour le budget alloué aux visiteurs médicaux. Et l’article de "Pratiques" s’achève ainsi : "Et dans quelques années,  quand on commencera à avoir un petit bout de vérité, ça en fera des millions de boites de Médiator vendues. Et avec cet argent, les laboratoires Servier auront bien vécu." CQFD.   

Anne Crignon - Le Nouvel Observateur

Exhumée par Irène Frachon, la parenté entre la structure chimique de l'amphétamine et celle du Mediator.
Exhumée par Irène Frachon, la parenté entre la structure chimique de l'amphétamine et celle du Mediator. (Irène Franchon - DR)
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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 11:36
Libération- Aujourd'hui à 0h00 (Mis à jour à 07:19)

Alors que les juges pourraient mettre en examen les responsables impliqués dans le dossier du Mediator, «Libération» révèle de nouvelles défaillances graves à propos d’un autre médicament.

 

Par YANN PHILIPPIN, ERIC DECOUTY

Le siège du laboratoire Servier à Neuilly-sur-Seine. (Thomas Samson / AFP)

Servier a rendez-vous avec la justice. Les trois juges d’instruction parisiens en charge de l’enquête sur le Mediator ont convoqué les laboratoires, en vue de leur mise en examen. C’est Me Hervé Temime, l’avocat de Servier, qui a lui-même annoncé la convocation. Sans en préciser la date, afin d’offrir un «minimum de sérénité» à son client, pris dans la «tourmente médiatique».

La mise en cause de Servier fait suite aux nouvelles découvertes des juges, révélées hier par Libération. Ils ont recueilli le témoignage de Jean Charpentier, un médecin affirmant que, dès 1973, ses expertises auraient été falsifiées par Servier afin d’obtenir l’autorisation de mise sur le marché (AMM) du Mediator. Le laboratoire est accusé d’avoir modifié ses propres études scientifiques pour que le Mediator soit reconnu comme antidiabétique. Et d’avoir pour ce faire ôté toute référence à l’effet coupe-faim (anorexigène) de sa molécule et à sa parenté avec l’amphétamine.

Relais. «Servier n’a pas trompé les autorités et il n’y a pas eu d’obtention indue de l’autorisation», réagissait à l’aube Me Temime. Alors que, la veille, Servier n’avait pas donné suite aux questions de Libération, le groupe a pris cette fois le relais de son avocat. «L’ensemble des données scientifiques et des études communiquées à l’administration […] n’ont jamais traduit la moindre volonté d’obtenir frauduleusement une autorisation de mise sur le marché», affirmait-il dans un communiqué. Et le labo de renvoyer la responsabilité sur le Dr Charpentier, le signataire des expertises caviardées, devenu son accusateur. «Aucune étude du professeur Charpentier n’a été modifiée. Elles [les études] ont toujours été signées par lui et sous sa responsabilité», indique le communiqué.

Le témoignage de Charpentier, s’il demeure à confirmer, renforce le soupçon de tromperie à l’égard du laboratoire. D’autant qu’un ancien chercheur de Servier qui a travaillé sur le Mediator, Jacques Duhault, a confirmé que la molécule était un coupe-faim. Ce que dément Servier depuis près de quarante ans. Duhault estime aussi que Servier «aurait pu retirer le Mediator [du marché] dès 1999».

Servier va donc avoir l’occasion de s’expliquer devant les magistrats dans le cadre de l’ensemble de l’enquête ouverte «pour tromperie aggravée, homicides et blessures involontaires, et escroquerie».

Irène Frachon, la pneumologue à l’origine de l’affaire du Mediator, a dénoncé la stratégie «diabolique» de Servier : «C’est terrifiant d’apprendre ça et de le lire de la bouche des […] premiers chercheurs du Mediator.»«Ça ne fait que confirmer ce que nous savions. Qu’il y ait eu tromperie, j’en suis persuadé depuis le premier jour», a réagi Dominique Michel Courtois, président de l’association de victimes Avim, qui va déposer «300 nouvelles plaintes» en septembre.

«Confiance». Les politiques ne sont pas en reste. Le socialiste Jean-Marie Le Guen, soutien de François Hollande et médecin, a demandé la «mise sous tutelle du groupe», ainsi que «la mise sous séquestre des biens de M. Servier et de la fondation qu’il a créée», pour garantir l’indemnisation des victimes. De son côté, Eva Joly (EELV) a souhaité que cette mise en examen «permettre de faire toute la lumière sur les conflits d’intérêts qui minent la confiance des Français et des Européens dans leur système de santé».

Le député UMP Arnaud Robinet a appelé Servier «à dire la vérité une bonne fois pour toutes. Nous avons attendu trente-trois ans pour prendre conscience de la catastrophe sanitaire du Mediator, nous ne pouvons perdre plus de temps !»

Un autre front judiciaire menace le laboratoire Servier. Libération révèle les conclusions d’un rapport d’inspection de l’Agence européenne des médicaments sur le système de pharmacovigilance du labo (lire ci-dessous). Il conclut que Servier a caché aux autorités de santé des cas d’effets secondaires du Protelos, médicament contre l’ostéoporose. Ce document accablant est aujourd’hui entre les mains des juges.

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 12:26

LEMONDE.FR | 05.09.11 | 16h31   •  Mis à jour le 05.09.11 | 16h48

 
 

 

Nicolas Sarkozy, le 2 septembre, à Sainte-Marguerite, dans les Vosges.

Nicolas Sarkozy, le 2 septembre, à Sainte-Marguerite, dans les Vosges.AFP/PATRICK HERTZOG

Sans fleurs ni couronnes. Après François Fillon, le 24 août, la ministre des solidarités, Roselyne Bachelot, a confirmé à la presse un nouveau report, qui sonne comme un abandon, de la réforme de la dépendance. Il n'y aura "aucune mesure financière supplémentaire" pour les personnes âgées dépendantes dans le projet de loi de finances 2011, a déclaré la ministre dans Libération, vendredi 2 septembre.


"Créer des prestations nouvelles, c'était assez inconséquent" compte tenu de "la crise financière mondiale que nous rencontrons", a assuré la ministre. Tout en promettant : "Cette réforme viendra, je le redis : elle n'est pas annulée, elle est reportée." Officiellement, un nouveau rendez-vous sera proposé au printemps.

 UN CHANTIER SANS CESSE REPORTÉ

Mais la date, à quelques semaines de l'échéance présidentielle, ne laisse que peu d'illusions aux professionnels du secteur : sans cesse reportée depuis 2007, la réforme de la dépendance, qui devait être l'un des grands chantiers du quinquennat, n'aura pas lieu.

Le 8 février 2011 encore, alors qu'il lançait le "grand débat national" sur la question, Nicolas Sarkozy avait pourtant promis : "Ce débat je l'ai souhaité, je l'ai voulu malgré (...) les mises en garde de ceux, si nombreux, qui le trouvaient trop risqué au regard des enjeux et des échéances électorales. Une fois de plus, il aurait donc fallu attendre… Mais attendre quoi ? (...) L'ampleur de ce défi nous la mesurons tous, nous savons tous quelle est sa gravité, l'urgence qu'il y a à nous donner les moyens d'y répondre." La crise et les nécessités de la rigueur ont mis fin à ce volontarisme.

La réforme était souhaitée depuis plusieurs années par les professionnels de santé pour pallier un manque. On comptait en effet, en 2009, 1,117 million de personnes de plus de 60 ans qui touchaient l'allocation personnalisée d'autonomie (APA), un chiffre en hausse constante depuis la création de cette aide, en 2005. Quant au coût de la prise en charge de la dépendance, il a atteint, en 2010, 22 milliards d'euros, selon le premier ministre.

"METTRE EN PLACE LE 'CINQUIÈME RISQUE' EN 2009"

La prise en charge de la dépendance était l'une des mesures phares du programme de M. Sarkozy en 2007. "Je créerai une cinquième branche de la sécurité sociale pour consacrer suffisamment de moyens à la perte d'autonomie", promettait le candidat. Il assurait par ailleurs souhaiter que "le droit à la prise en charge de la dépendance devienne opposable au bout de cinq ans pour qu'enfin l'effort de la nation en faveur des personnes âgées soit à la hauteur des enjeux".

Dès son élection, Nicolas Sarkozy revient sur cette promesse, assurant le 9 juin 2007 : "Je veux que la France soit un modèle dans la prise en charge de toutes les personnes dépendantes." Il répète son engagement à la rentrée 2007 : "Le dispositif de prise en charge du risque de dépendance, le 'cinquième risque', sur lequel je me suis engagé, apportera des solutions générales pour l'ensemble des personnes en perte d'autonomie."

Fin 2007, une mission d'information sur l'APA est lancée à l'Assemblée. Xavier Bertrand, alors ministre de la santé, promet une loi issue de ses réflexions, avant l'été 2008. Le chantier est vaste : faut-il financer la dépendance par une nouvelle journée de solidarité ? Obliger à souscrire à une assurance dépendance publique ou privée ? Prendre en compte le patrimoine des bénéficiaires des aides ? Autant de questions rapidement… repoussées.

En février 2008, alors qu'il annonce une prime pour les bénéficiaires du minimum vieillesse, Nicolas Sarkozy évoque lui-même un report de la loi, réaffirmant son "ambition de mettre en place le cinquième risque de protection sociale en 2009". Le projet de loi est attendu pour début 2009.

Mais la crise financière de l'automne 2008 bouleverse les priorités du quinquennat. Et le "cinquième pilier" est de nouveau repoussé. Le ministre du travail, Brice Hortefeux, à qui échoit ce chantier, annonce désormais un texte à la rentrée 2009, voire à l'automne.

 "CE PROBLÈME SERA RÉSOLU DANS L'ANNÉE 2011"

Au printemps, nouveau report : Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la solidarité, déclare le 28 mai 2009 qu'elle espère "qu'un texte pourra être présenté à l'ordre du jour du Parlement au premier semestre 2010". Nicolas Sarkozy évoque le sujet en juin, lors du Congrès de la mutualité française, mais de façon vague, se contentant de souhaiter que "la prise en charge de la dépendance des personnes âgées et des personnes handicapées" soit "organisée autour d'un projet individuel fondé sur la recherche d'une plus grande autonomie".

A la rentrée, toujours pas de loi. Nicolas Sarkozy évoque à nouveau le chantier de la dépendance lors de ses vœux aux Français, le 31 décembre 2009. "En 2010, il va nous falloir (...) relever le défi de la dépendance, qui sera dans les décennies à venir l'un des problèmes les plus douloureux auxquels nos familles seront confrontées", promet le chef de l'Etat.

Une promesse qui ne se traduit que par peu de concret jusqu'à l'été. L'exécutif a lancé la réforme des retraites, qui doit être votée à l'automne 2010. Et Nicolas Sarkozy promet, lors d'une interview le 12 juillet, sur France 2 : "Nous organiserons le financement de la dépendance (…) ce problème sera résolu dans l'année 2011." La députée UMP Valérie Rosso-Debord rend le lendemain son rapport sur les pistes de financement de la réforme. Il n'aborde pas la création du "cinquième risque", sinon pour faire le constat que la création d'un nouvel organisme de solidarité semble irréaliste en temps de crise.

Nicolas Sarkozy n'en oublie pas moins de revenir sur la dépendance. Lors d'une intervention télévisée à la fin de mobilisation contre le projet de loi sur les retraites, le 15 octobre, le chef de l'Etat assure à nouveau qu'il "souhaite la création (...) d'un nouveau risque, d'une nouvelle branche de la Sécurité sociale, le cinquième risque (..) Nous prendrons les décisions à l'été 2011, à la suite de ce grand débat".

"TRAITER CE DOSSIER... NE SERAIT PAS RESPONSABLE"

Une promesse répétée, le 10 février 2011, lors de l'émission "Paroles de Français", sur TF1. Nicolas Sarkozy assure une nouvelle fois : "C'est un engagement : après avoir réformé les retraites et garanti le revenu des retraités, je souhaite que nous réformions la dépendance." Le chef de l'Etat annonce : "Nous allons organiser une grande consultation qui va durer six mois", à l'issue de laquelle "nous déciderons cet été de la création d'une cinquième protection aux côtés de la maladie, de la retraite, de la famille, des accidents du travail, qui sont les branches traditionnelles de la Sécurité sociale".

Mais quelques jours plus tard, l'Elysée fait un discret rectificatif auprès des journalistes spécialisés : le chef de l'Etat aurait surtout voulu insister sur la mise en place de mesures sur la dépendance, mais pas sur une nouvelle branche de la Sécurité sociale. Cette piste, qui fut pourtant brandie durant la campagne de 2007, n'est plus d'actualité face à la crise des déficits.

La consultation n'en a pas moins lieu, sous l'égide de Roselyne Bachelot. Des débats sont organisés en France, qui réunissent divers acteurs : départements, maisons de retraite, professionnels de la santé... Cœur de la question, le financement fait l'objet de plusieurs hypothèses : hausse de CSG, hausse des cotisations, TVA sociale… Aucune ne fait consensus, à quelques mois de l'échéance présidentielle. La ministre annonce pourtant que les conclusions de ces consultations seront rendues publiques en septembre.

Mais, le 24 août, François Fillon sonne le glas de cette hypothèse. Face à la nécessité de la rigueur budgétaire, le chantier de la réforme est une nouvelle fois repoussé, cette fois à début 2012. "Traiter ce dossier dans le contexte économique et financier que nous connaissons aujourd'hui, dans l'urgence, ne serait pas responsable", assure le premier ministre. Un enterrement discret pour une promesse de campagne qui n'aura jamais vu le jour.

Samuel Laurent

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 13:13

Tous fichés à 15 ans : la loi votée dans l’indifférence générale

Written by équipe Actualutte. Posted in Dérives, France, Société, Une

Tagged: dérive, fichage, surveillance

Published on septembre 03, 2011 with No Comments


Toute la population française de plus de 15 ans sera fichée et biométrisée… Pour une identité mieux protégée et une vie simplifiée, a expliqué Claude Guéant : bienvenue chez Big Brother.

préfecture police

La préfecture de police de Paris (Sipa)

Jeudi a commencé et s’est terminée, à l’Assemblée nationale, la discussion de la proposition de loi relative à la protection de l’identité, visant à instaurer des cartes d’identité à puces. Elle a précédemment été adoptée par le Sénat en première lecture fin mai. Et par l’Assemblée Nationale jeudi. Tranquillement, et dans l’indifférence générale. 11 députés (ONZE) étaient présents. La protection de l’identité taraude le député.

 De quoi s’agit-il ? Du fichage de toute la population française de plus de 15 ans. Le tout, présenté par notre ministre de l’Intérieur préféré. Prétexte : l’usurpation d’identité. Méthode : la carte d’identité biométrique, et la centralisation des données dans un grand fichier.

 Pourquoi des cartes d’identité à puces ? Attention, c’est que l’heure est grave. Claude Guéant commence son discours avec des chiffres impressionnants : 200.000 victimes par an, plus que les cambriolages et les vols d’automobiles. Et 80.000 usurpations d’identité annuelles. Bon, on discute parfois des chiffres, admet Claude, mais une chose est sûre : ça coûte cher.

Et ça n’est pas tout (qu’on ne les accuse pas de ne penser qu’aux sous) : la fraude est en plus un traumatisme pour la victime (anecdote à l’appui).

Alors, 200.000 cas par an, et ça coûte cher, et les victimes sont traumatisées. Mais que fait le gouvernement ?

Eh bien justement, il biométrise la carte d’identité, bonnes gens.

Biométrie roissy

Embarquement par contrôle biométrique à Roissy, 2011 (Sipa)

 Claude Guéant a donc présenté la « puce régalienne » et la « puce de services dématérialisés » facultative, LA solution au drame de l’usurpation d’identité. Son discours à l’Assemblée fut prononcé en langue de bois administrative ordinaire, avant de virer au slogan publicitaire : « Deux composants », chanta-t-il aux 11 députés qui avaient fait le déplacement, « pour une identité mieux protégée et une vie simplifiée ». Il manque une petite musique façon touloulou, comme à la RATP, et le petit logo façon Conseil Général.

Il y aura, selon le projet, deux puces dans les cartes d’identité numérique. Deux.

La première puce est dite « régalienne », et contiendra les informations suivantes : nom de famille et d’usage, prénoms, sexe, date et lieu de naissance, domicile, taille et couleur des yeux, empreintes digitales (huit doigts) et photographie d’identité. Toutes ces informations seront fichées dans un banque de données centralisée. Comme celles du passeport.

Régalienne, ça sonne rassurant. « Il faudra donner les empreintes de huit de ses doigts par la technique des empreintes roulées et non pas posées. Elle est très différente de celle de l’empreinte posée car c’est une technique criminologique. Nous ne sommes plus alors dans une démarche de reconnaissance d’identité, mais dans la logique d’un fichier de recherches criminelles. Il y a eu un glissement.  » (Serge Blisko)

Le caractère policier et totalitaire de cette mesure est naturellement accablant, puisque (il faut écouter les débats) une simple empreinte permettra de retrouver l’identité d’une personne.

Mieux, la possibilité de reconnaissance faciale des individus, en couplant les dispositifs de surveillance vidéo et les infos des données biométriques, se profile à l’horizon.

Caméras de vidéosurveillance à Saint Nazaire

 Pour la députée SRC Delphine Batho, c’est clair : « Le véritable objectif de ce texte, c’est le fichage biométrique de la totalité de la population à des fins de lutte contre la délinquance« . Sandrine Mazetier (députée SRC) partage son point de vue. « Ce texte a clairement un objectif policier. (…) Il semble totalement disproportionné de mettre en place un fichage généralisé de la population française pour lutter contre 15.000 faits d’usurpation d’identité constatés par la police. »

Mais ça n’est pas tout : dans cette carte d’identité officielle, il y aura aussi une puce « de services », optionnelle, rendant possible l’enregistrement « de données permettant à son titulaire de s’identifier sur les réseaux de communication électroniques et de mettre en œuvre sa signature électronique ».

Qu’est-ce qu’un dispositif permettant d’effectuer des achats vient faire sur une carte d’identité ? Comment le ministère de l’Intérieur peut-il prêter la main à des dispositifs commerciaux ? Le procédé, au delà de ses applications policières, fait frémir : les citoyens deviennent avant tout des consommateurs, et le Ministère de l’Intérieur se reconnaît une fonction de garantie des transactions commerciales.

La cœxistence, dans une seule pièce d’identité, de dispositifs de fichage de la population et de sécurisation des moyens de paiements, ouvre la porte sur un avenir terrifiant : une société totalitaire de consommateurs, fichés, fliqués, recensés, surveillés.

Et c’est ce dispositif qui a été voté jeudi, par 11 députés présents, en catimini, dans l’indifférence générale. « Pour une identité mieux protégée et une vie simplifiée ».

Par Hélène Pagès

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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 12:28

Le nouvel observateur - 02-09-11 à 10:01 par Eric Treguier 18 réactions

Depuis six mois les taux des crédits immobiliers ont régulièrement monté alors que celui des obligations d'Etat qui servent de référence a baissé. A la clé, une belle augmentation de marges sur les emprunts accordés aux particuliers.

Depuis 6 mois, les emprunteurs laissent à leur banque une marge bien plus conséquente sur leur crédit immobilier. (Sipa) Depuis 6 mois, les emprunteurs laissent à leur banque une marge bien plus conséquente sur leur crédit immobilier. (Sipa)

Vous avez vu les derniers taux de crédits immobiliers proposés par les banques ? En consultant les offres de la plupart des courtiers, un emprunteur ayant un profil de bonne qualité peut espérer décrocher un taux de 3,8 à 3,9% sur quinze ans. Certes, c’est un taux bien inférieur à celui qui avait cours fin 2008 : à l’époque, avec un profil identique, il n’aurait pu décrocher qu’un taux d’environ 4,8 à 5%, mais le niveau bas actuel (compte tenu d’une inflation d’environ 2%) cache en fait une énorme augmentation des profits des banques sur le crédit immobilier.

Un taux de référence en baisse

Depuis six mois, en effet, les taux des crédits immobiliers ont régulièrement monté. Ce qui est curieux, c’est que dans le même temps, le taux de l’obligation d’Etat, lui a baissé, puisqu’il est passé de 3,8, à 2,93%. Or, c’est justement ce taux que les banques s’entêtent à nous présenter comme LA référence pour l’évolution des taux de crédit. Même si les professionnels savent que le baromètre est faux, les banques empruntant en grande partie à court terme (l’Euribor 3 mois est à 1,54%) pour prêter à long terme…

Or, le taux de l’OAT a baissé de 0,8 point en six mois, sans que les taux des crédits immobiliers, sur lesquels ils sont censés être indexés, baissent d’autant. Ce qui aurait permis à notre profil de référence d’emprunter à moins de 3%.

Les banques en profitent depuis 6 mois

Cela fait donc six mois que les banques se goinfrent sur le dos des emprunteurs. Et n’espérez pas faire jouer la concurrence. Les courtiers, qui observent ce marché avec beaucoup d’étonnement, constatent qu’il y a beaucoup moins de concurrence entre établissements : "les taux présentés sont de plus en plus proches… " reconnait, amer, un de ces professionnels.

3m² carré en moins avec des mensualités de 1.000 euros

Sur la production annuelle, ce petit supplément de profits fini par peser très lourd : cela représente une quinzaine de milliards d’euros sur les 175 milliards d’euros souscrits ces derniers mois par les emprunteurs immobiliers. Et ce sont ces particuliers qui sont les premiers lesés.

Un manque à gagner qu’ils peuvent mesurer en mètres carrés. En fin d’année dernière, avec 1.000 euros de mensualité sur quinze ans, un emprunteur pouvait se payer 27 mètres carrés sur Paris. En ce mois de septembre, il ne peut plus s’en payer que 24. Or, si les taux des crédits avaient suivi la pente des taux de l’OAT, ce même emprunteur parisien aurait réussi à maintenir son pouvoir d’achat de 27 mètres carrés.

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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 11:41

On the road [02/09] (O team)

[ESP/FRA]

HORIZONTES DEMASIADO LEJANOS

Desde las marchas en Francia nuestra percepción de la actualidad política española queda filtrada por un velo opáceo tan solo desvelado por fugaces mensajes y alguna que otra llamada desde la península, las posibilidades de conexión son muy limitadas, el teléfono fuera de alcance y prohibitivamente caro, la prensa española inencontrable. Para los pocos privilegiados que pueden permitirse el lujo de participar a las videoconferencias de intermarchas el prisma de la ignorancia e incomprensión se abre solo por dos horas tres veces por semana ante la avalancha de información aportada y contrastada por los compañeros militantes que nos ponen al día desde España pidiéndonos posicionamientos y declaraciones a nuestro mas gran pesar y incapacidad. 

Ya teníamos constancia desde principios de agosto del impago de las PIRMI (RMI) o de los numerosos obstáculos administrativos impuestos para obtenerla por parte del Gobierno CIU de Artur Más así como de las numerosas radiaciones en las listas del RMI en otras comunidades, extrañamente todas de derechas, Valencia, Castilla La Mancha, Comunidad de Madrid, etc… Varios marchantes habían sido victimas de dichas disposiciones y encontrándose lejos del hogar se quedaron y se encuentran ahora sin subsidio alguno.

Al momento que os escribo se acaba de aprobar la reforma de la Carta Magna por una coalición antitética pero predecible y no sorprendente PP-PSOE en vista de limitar de forma constitucional la deuda pública al 0,4% del PIB que ademas se encuentra a ras de suelo. Decisión totalmente bárbara que recuerda la Argentina del Corralito o las dictaduras bananeras de los 60-70, quedamos todos anonadados, nunca una disposición bajo un gobierno que se autodenomina socialista y obrero ha sido tan contraria al estado de bienestar y a la doctrina social-keynesiana. Asistimos a ello estomacados, alucinados y impotentes desde nuestras frías llanuras del este francés bien a pesar de las fuertes movilizaciones de nuestros compañeros españoles en Madrid y Barcelona, hoy han asesinado al estado de bienestar en España.

Ayer también leíamos desconcertados a Valeriano Gómez Ministro de Trabajo declarar tras el ultimo retoque de la reforma laboral : “prefiero tener trabajadores precarios (temporales) que parados” al liberalizar la duración de los contratos temporales hasta dos años consecutivos cuando precisamente nuestros anfitriones franceses nos explicaban que la legislación gala solo permitía dos Contratos a Durada Determinada CDD de 6 meses seguidos con obligación a la empresa contratante a ofrecer un Contrato a Durada Indefinida CDI al vencimiento del segundo CDD. Recordamos tragicamente que España esta en el segundo rango europeo de CDD’s con 25% de los contratos justo detrás de Portugal con 26% cuando la media europea es de solo 13%! Ayer se confirmó el reino de la precariedad en España.

Desde la aprobación a escondidas del Pacto Por el Euro en Estrasburgo el Movimiento ya había entendido que con la excusa de la crisis de los PIG’s (Portugal, Irlanda y Grecia) el FMI a cambio de una iyeccion masiva de activos en europa habia tomado las riendas del Banco Central Europeo BCE y del ejecutivo europeo dominado por el poderosíssimo eje franco-alemán, conduciéndonos a la gravíssima degradación social orquestrada por el Gobierno Zapatero títele del gran capital y de la finanza internacional.

España despierta, abre los ojos y camina hacia Bruselas!

 

 

FRANCAISE

HORIZONS TROP LOINTAINS

Depuis les marches en France notre perception actuelle de la politique espagnole est filtrée à travers un voile rarement dévoilé par certains messages éphémères et occasionnels depuis la péninsule, les occasions de se connecter restent très limitées, le téléphone lointain et hors de prix, la presse espagnole introuvable. Pour les quelques privilégiés qui peuvent se permettre de participer aux vidéoconférences des Intermarches le prisme de l’ignorance et l’incompréhension ne s’ouvre que deux heures trois fois par semaine pour nous étourdir façe à l’avalanche d’informations fournies et vérifiées par des militants compatriotes qui nous mettent à jour depuis l’Espagne nous demandant des positions et des déclarations à notre grand regret et incapacité.

Nous avions connaissance depuis la début août du non-paiement des PIRMI (RMI) ou des nombreux obstacles administratifs imposés pour les obtenir de la part du nouveau gouvernement catalan de CiU (Converjencia et Union – Parti Démocrate-Chrétien Nationaliste et Ultralibéral) d’Artur Mas ainsi que des nombreuses radiations des listes du RMI dans d’autres communautés autonomes (gouvernements régionaux), étrangement tous de droite, Valence, Castille-La-Manche, Madrid, etc … Plusieurs marcheurs ont été victimes de ces dispositions et se trouvant trop loin de chez eux sont restés et sont désormais sans aucune ressource.

Au moment où je vous écris la réforme de la Constitution vient d’être adoptée par une coalition antithétique mais prévisible et peu surprenante du PP (Parti Populaire) et du PSOE (Parti Socialiste) réforme constitutionnelle en vue de limiter la dette publique à un 0,4% du PIB qui en plus se trouve au ras des paquerettes. Décision totalement barbare qui rappelle le Corralito en Argentine ou les républiques bananières des anées 60-70, nous sommes tous restés stupéfaits, jamais une disposition sous un gouvernement qui se dit socialiste et ouvrier n’a été si contraire à l’Etat-providence et a la doctrine social-keynésienne. Nous avons assisté à cela estomaqués, hallucinés et impuissants depuis nos froides plaines de l’est francais malgré les fortes protestations organisées par nos compagnos espagnols à Madrid et Barcelone. Aujourd’hui ils ont tué l’état-providence en Espagne.

Hier, nous lisions aussi, déconcertés, Valeriano Gómez Ministre du Travail déclarer après la dernière retouche à la réforme du droit du travail : «Je préfère avoir des travailleurs précaires (temporaires) que des chômeurs” après avoir libéralisé la durée des contrats temporaires pouvant se cumuler jusqu’à deux années de suite, juste au moment où nous anphitrions français nous expliquaient que la loi française ne permettait que deux contrats à durée déterminée CDD de 6 mois suivis avec l’obligation de la part de l’entreprise qui embauchait de proposer un contrat à durée indéterminée CDI après se terme. Cela nous rappela tragiquement que l’Espagne est le deuxième pays européen avec le plus de CDD, avec 25% des contrats, juste derrière le Portugal qui en compte 26%, quand à la moyenne européenne elle n’est que de 13%! Hier le règne de la précarité a été confirmé en Espagne.

Depuis l’approbation en catimini du Pacte pour l’Euro à Strasbourg le Mouvement avait compris que, sous prétexte de la crise des PIG’s (Portugal, Irlande et Grèce) le FMI en contrepartie d’une injection massive d’actifs en Europe avait pris les rennes de la Banque Centrale Européenne BCE et de l’exécutif européen dominé par le tout puissant axe franco-allemand, nous conduisant à la gravissime dégradation sociale orchestrée par le gouvernement Zapatero marionette du grand capital et de la finance internationale. Espagne réveille-toi, ouvre les yeux et marche vers Bruxelles!

Oli OnTheRoad

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 22:05

LEMONDE | 02.09.11 | 16h42   •  Mis à jour le 02.09.11 | 19h07

 
 

 

Des fournisseurs chinois de la firme Apple pratiquent des rejets toxiques. La façade de l'Apple Store de Shanghaï.

Des fournisseurs chinois de la firme Apple pratiquent des rejets toxiques. La façade de l'Apple Store de Shanghaï.Carlos Barria / Reuters

Pékin, Correspondant - La gravité de la pollution industrielle en Chine, et l'incapacité, ou la mauvaise volonté dont font preuve les autorités pour faire respecter les normes et mettre au pas les pollueurs, conduisent les ONG chinoises de l'environnement à se montrer de plus en plus agressives. Le rôle pivot qu'occupe la Chine au sein des chaînes d'approvisionnement des multinationales leur procure en outre, un nouveau moyen de pression.


Deux nouvelles affaires illustrent ce phénomène. La première concerne une région de la province du Yunnan où des déversements sauvages de résidus de chrome, un métal lourd, depuis vingt ans, ont provoqué un désastre écologique et sanitaire non loin d'un affluent de la rivière des Perles, qui coule jusqu'à Canton. Les prélèvements effectués sur place par Greenpeace montrent que la pollution atteint les nappes phréatiques. Plusieurs ONG s'apprêtent à porter plainte contre les usines responsables.

La seconde affaire touche la vaste chaîne de sous-traitance d'Apple, épinglée dans un nouveau rapport mis en ligne par un groupe d'ONG chinoises mené par l'Institut des affaires publiques et environnementales (IPE), spécialiste de la pollution des eaux. Les auteurs déplorent que la compagnie américaine, malgré une première étude publiée en janvier, "a systématiquement manqué de répondre à nos demandes d'information au sujet des violations environnementales le long de sa chaîne d'approvisionnement", expliquent-ils.

En cinq mois d'enquête, ils affirment toutefois avoir rassemblé des éléments accablants sur les rejets polluants de 27 "sous-traitants supposés" de la marque. Comme des prélèvements in situ, mais aussi des données recueillies auprès des agences locales de l'environnement, ainsi que des plaintes et des témoignages de riverains.

C'est le cas par exemple du fabricant de circuits imprimés, Meiko Electronics, à Guangzhou et Wuhan, verbalisé à maintes reprises pour avoir violé les normes environnementales régissant le rejet de métaux lourds. Toutes sortes de manquements ont également été identifiés dans les procédures de transport et de traitement des déchets dangereux.

IRRESPONSABILITÉS ET DÉNIS

En réponse à ces accusations, Apple évoque les audits effectués chez ses sous-traitants. Mais le rapport s'interroge sur ces "procédures d'audit soi-disant rigoureuses", à la lumière notamment du grave incident qui a eu lieu, en mai, dans l'usine géante de Foxconn à Chengdu, d'où sortent les iPad 2.

L'IPE, fondée par l'écologiste Ma Jun, a été l'une des premières ONG chinoise à tenter de mieux faire appliquer les réglementations en vigueur en Chine en moralisant d'abord les industriels étrangers, les plus sensibles à la pression de l'opinion publique.

Malgré l'existence de normes très strictes en Chine, le contrôle et les pénalités sont trop faibles pour être dissuasifs : "Grâce aux progrès sur la transparence de l'information sur les questions de l'environnement, on peut par exemple retrouver les historiques de pollution", explique Ma Jun au Monde. Mais Apple a choisi de ne pas en tenir compte et de continuer à coopérer avec des entreprises qui polluent. C'est profiter indirectement du fait que le coût juridique d'une violation des lois environnementales est très bas en Chine", poursuit-il.

La pollution dans le Yunnan, près de la ville de Daqing, découverte suite à la mort d'un troupeau d'animaux et d'abord minimisée, découle, elle, d'une chaîne d'irresponsabilités et de dénis de la part des autorités de supervision, et des industriels.

La Chine, et notamment les provinces de l'intérieur du pays, accueille les procédés les plus polluants de l'industrie chimique mondiale. "Cet incident reflète un problème bien plus vaste : le fait que les déchets de métaux lourds en Chine pèsent énormément sur l'environnement et la santé. Il y a un million de tonnes de dépôts de résidus de chrome à travers la Chine, soit la plus grande quantité au monde", signale Simon Pollock, porte-parole de Greenpeace à Pékin, qui se félicite des engagements que vient de prendre le gouvernement chinois pour répertorier tous les sites existants et les nettoyer. Reste à surveiller la mise en œuvre de cet ambitieux programme.

Brice Pedroletti

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 21:37

Un puit de gaz dans le Sichuan, en Chine, le 1er mars (Stringer Shanghaï/Reuters).

Les opposants aux gaz de schiste pensent avoir gagné une bataille avec le vote de la loi interdisant la fracture hydraulique. Mais « des forages auront lieu », « cette affaire ne fait que commencer », assure François Veillerette, coauteur du livre « Le Vrai Scandale des gaz de schiste ».

Avec la journaliste Marine Jobert, le porte-parole de l'association Générations Futures a enquêté depuis l'émergence aussi inattendue que brutale de ce sujet dans l'actualité, à l'hiver dernier.

Leur livre, en librairie ce mercredi, sera utile à tous les collectifs citoyens qui se sont montés spontanément pour faire abroger les permis, et qui jusqu'ici avaient comme principal support le documentaire américain « Gasland ».

« Le vrai scandale des gaz de schiste » (éditions Les Liens qui Libèrent) dérange déjà Julien Balkany, demi-frère de Patrick, le maire de Levallois proche de Nicolas Sarkozy. Les journalistes sous-entendent que la proximité avec l'Elysée a pu aider le jeune homme, âgé de 30 ans, à se faire recruter par la société américaine Toreador, qui a obtenu un permis de forer du pétrole de schiste dans le bassin parisien.

De fait, l'ancien trader a été administrateur non-exécutif du conseil d'administration, et lorsqu'il a pris du recul en mars dernier « gêné de la lumière trop crue jetée sur lui, et par ricochet, sur l'Elysée » dit le livre, son patron l'a remercié pour « son rôle déterminant dans la transformation stratégique de Toreador au cours des deux dernières années ».

Menaces de poursuite en diffamation

"Le Vrai Scandale des gaz de schiste" de François Veillerette et Marine Jobert.L'avocat de Julien Balkany, maître Jean-Marc Fedida, a envoyé une lettre aux auteurs du livre, avant sa parution. Il les prévient, par anticipation :

« [Son client] considérera comme diffamatoire les allégations selon lesquelles ce serait par copinage avec Nicolas Sarkozy qu'il aurait été coopté dans Toreador, ou que les permis octroyés à Toreador l'ont été par favoritisme. Et s'ils disent qu'il a continué à exercer des fonctions chez Toreador, ils devront le prouver. »

Une lettre considérée comme « des pressions inacceptables », selon François Veillerette, qui explique :

« Les attaques dont on fait l'objet sont dans le droit fil du reste : cette affaire se négocie très loin du citoyen, il est pas de bon ton d'aller éclairer les rôles des uns et des autres.

C'est certainement une tentative de faire modifier le manuscrit dans un sens plus favorable, ou pour qu'on soit plus discret dans les médias. Le plus étonnant est que Julien Balkany n'ait jamais répondu aux demandes d'entrevue qu'on lui a adressées. »

« Les forages vont avoir lieu »

La loi publiée le 14 juillet « visant à interdire l'exploration et l'exploitation des mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique » va-t-elle clore le chapitre des gaz de schiste ? Les auteurs sont certains que non. François Veillerette :

« A un an des élections, il était urgent de calmer le jeu de suite, mais les forages vont avoir lieu. Ce qui est interdit, c'est la fracturation hydraulique, mais les industriels vont trouver des nouvelles techniques. Et puis la loi peut être amendée, il peut y avoir une évaluation plus bienveillante de la fracturation hydraulique. »

Une fois la présidentielle passée, nul doute que les industriels sauront faire penser à eux. Et François Veillerette place peu d'espoir dans la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet :

« Elle est très habile pour être sur une ligne de crête, mais quand elle affirme que les gaz de schiste pourraient être une énergie de transition moins polluante que d'autres, ça me fait hurler. »

Photo et illustration : un puits de gaz dans le Sichuan, en Chine, le 1er mars (Stringer Shanghaï/Reuters) ; « Le Vrai Scandale des gaz de schiste » de François Veillerette et Marine Jobert (éditions Les Liens qui Libèrent).

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 20:55

Publié le 30-08-11 à 18:58    Modifié le 31-08-11 à 11:14     par Le Nouvel Observateur avec AFP     

Tant le Secours populaire français qu'ATD-Quart Monde tirent l'alarme sur ces "pauvres qui deviennent de plus en plus pauvres".

Des personnes sortent des locaux du Secours Populaire avec des colis de nourriture, le 4 décembre 2009 à Saint-Eloy-les-Mines (AFP) Des personnes sortent des locaux du Secours Populaire avec des colis de nourriture, le 4 décembre 2009 à Saint-Eloy-les-Mines (AFP)

Le taux de 13,5% de pauvres en France métropolitaine en 2009 dévoilé mardi 30 août par l'Insee est bien "en dessous" de la réalité de 2011, la situation s'étant depuis "considérablement aggravée", a estimé le président du Secours populaire français, Julien Lauprêtre. 

De son côté, ATD Quart Monde a jugé ces chiffres "alarmants mais pas inéluctables". "J'insiste sur le fait que ce sont des chiffres qui remontent à 2009, mais depuis, la situation s'est considérablement aggravée", a t-il déclaré. Le Secours populaire français dispose de 1.400 permanences réparties sur tout le territoire, et "quand toutes nos fédérations disent:  "ça augmente sans cesse", il y a une réalité. Les chiffres de l'Insee sont malheureusement en dessous de la gravité de la situation aujourd'hui en 2011", a-t-il ajouté.

Ces "personnes qui ne s'attendaient pas à ce qui leur arrive"

Selon lui, "des pauvres deviennent de plus en plus pauvres mais il y a aussi des personnes qui ne s'attendaient pas à ce qui leur arrive : cadres, petits commerçants, petits artisans". "Ce phénomène, j'insiste beaucoup là-dessus, grandit", a assuré Julien Lauprêtre. Il y a aussi "de plus en plus de travailleurs pauvres", et la "misère" progresse dans les rangs des "jeunes", qui n'ont jamais été aussi nombreux à se tourner vers le Secours populaire, a-t-il ajouté.

Conséquence de la crise, la France métropolitaine comptait 8,2 millions de pauvres en 2009, contre 7,8 millions l'année précédente, selon une étude de l'Insee publiée mardi : 13,5% de la population étaient considérés comme pauvres, c'est-à-dire vivant avec moins de 954 euros par mois, contre 13% en 2008.

Dans un communiqué, ATD Quart Monde "constate que la fragilisation des plus pauvres ressentie par ses équipes ces dernières années se confirme à plus grande échelle : difficulté à nourrir la famille tout au long du mois, accès aux soins, dettes de loyer et donc augmentation des expulsions, précarité énergétique...". Mais selon l'association, ces chiffre sont "alarmants mais pas inéluctables". C'est "à ceux qui nous gouvernent et souhaitent nous gouverner de nous dire ce qu'ils comptent faire pour détruire la misère. Parce que c'est possible: elle résulte de choix ou de non choix faits par des hommes et des femmes, souvent en notre nom...", ajoute ATD Quart Monde.

Le Nouvel Observateur - AFP

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 20:28

Le Monde - 30 août 2011

Le niveau de vie des plus aisés augmente, celui des plus modestes baisse, la pauvreté s’accroît


La crise économique a eu un impact sur le niveau de vie de "l’ensemble des ménages" français, mais "ce sont les plus modestes" d'entre eux qui ont été "les plus touchés", avance l'Insee dans une étude publiée mardi 30 août.

Cette "photographie" montre en l'occurrence que le niveau de vie des plus modestes a baissé entre 2008 et 2009, alors que, dans le même temps, celui des ménages les plus aisés a continué d'augmenter, même si, pour certains d'entre eux, c'est moins rapidement que les années précédentes.

Elle témoigne aussi d'une progression du nombre de personnes pauvres (+ 337 000, à 8,17 millions) et de la proportion de personnes ayant un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté (+ 0,5 point).

Le niveau de vie d'un ménage correspond à son revenu disponible (somme des revenus d’activité, retraites, indemnités de chômage, revenus du patrimoine et financiers et prestations sociales, moins les impôts directs) divisé par le nombre d’"unités de consommation" figurant dans le ménage.

Une unité de consommation est attribuée au premier adulte du ménage, 0,5 unité autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 unité aux enfants de moins de 14 ans. Le niveau de vie est donc le même pour toutes les personnes d’un même ménage.

Niveau de vie médian

En 2008, la population française se coupait en deux autour d'un niveau de vie de 19 000 euros par an. En 2009 la ligne de partage se situe à 19 080 euros (soit 1 590 euros par mois). En euros constants, la progression est de 0,4 %.

Niveau de vie des Français les plus modestes

Entre 2005 et 2008, les quatre premiers déciles de la population, c'est-à-dire les 40 % de personnes les plus modestes, avaient connu une progression annuelle moyenne de leur niveau de vie d’environ + 2 %.

L'année 2009 a marqué un coup d'arrêt : "en euros constants, les quatre premiers déciles diminuent", indique l'Insee, soulignant que la baisse est "plus marquée pour le premier décile".

Le niveau de vie des 10 % des personnes les plus modestes a ainsi reculé de 1,1 %, devant "inférieur à 10 410 euros annuels".

L'Insee attribue pour une part cette situation à la "hausse du nombre de chômeurs dans le bas de la distribution des niveaux de vie".

L'institut de statistiques souligne, en creux, que cette baisse de niveau de vie aurait pu être pire encore. Il souligne, à ce titre, que les versements de prestations consécutifs à la perte de revenus du travail ont "atténué quelque peu la baisse des niveaux de vie", mais, surtout, que les mesures d’aides ponctuelles, sociales et fiscales, prises par le gouvernement en 2009, ont également joué un rôle d'amortisseurs pour les ménages modestes.

Niveau de vie des Français les plus aisés

Pour les personnes se situant au niveau de vie médian et au-delà, le niveau de vie a en revanche augmenté. L'Insee souligne notamment que, pour les 10 % les plus aisés, le niveau de vie était "supérieur à 35 840 euros annuels" en 2009, soit une augmentation de 0,7 % par rapport à 2008.

L'étude souligne néanmoins que cela "marque un ralentissement dans la progression de ce décile" par rapport aux années précédentes.

Pauvreté

Entre 2008 et 2009, le nombre de personnes dites pauvres est passé de 7,83 millions à 8,17 millions. cela signifie qu'elles se situent au-dessous du seuil de pauvreté, équivalent à 60 % du niveau de vie médian, soit 954 euros par mois en 2009.

Le taux de pauvreté, c'est-à-dire la proportion de Français vivant au-dessous de ce seuil atteignait 13,5 % fin 2009, contre 13 % un an plus tôt. On revient ainsi à un niveau voisin de celui de 2007 (13,4 %).

L'Insee ajoute que, sur les 8,2 millions de personnes pauvres, 4,5 millions vivent en réalité avec pas plus de 773 euros par mois. L'institut rappelle que le socle du RSA pour une personne seule est de 455 euros.

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