Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 16:01

LEMONDE.FR | 30.09.11 | 15h20   •  Mis à jour le 30.09.11 | 15h51

 
 

 

Le nouveau compteur électronique "communicant", baptisé Linky, ici à Tours en 2009.

Le nouveau compteur électronique "communicant", baptisé Linky, ici à Tours en 2009.AFP/ALAIN JOCARD

Il faudra désormais s'habituer à la présence dans les foyers français de Linky, le nouveau compteur électrique "intelligent" d'ERDF, la filiale d'EDF chargée de la distribution du courant. Le ministre de l'industrie Eric Besson a annoncé, mercredi 29 septembre, l'installation généralisée de ces boîtiers fluos entre 2014 et 2020. L'objectif du dispositif, imposé par une directive européenne : connaître en temps réel sa consommation d'électricité, et pouvoir en conséquence mieux la maîtriser pour faire des économies. "Ce nouveau compteur va faciliter la vie des Français et leur permettre d'être acteurs de leur consommation", a assuré Eric Besson.

Mais la mise en place de Linky, considérée comme le "plus important déploiement au monde de compteurs communicants", est loin de faire l'unanimité. La décision a provoqué une levée de bouclier des associations de consommateurs. Ainsi, Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) estime que Linky ne "répond pas aux exigences de transparence pour les consommateurs". Mêmes réserves du côté des collectivités locales, qui redoutent un verrouillage du marché de la distribution électrique.

  • Quel coût pour le consommateur ?

Au total, près de 35 millions de foyers français devraient être équipés de ces compteurs intelligents. Un vaste chantier évalué à 4,3 milliards d'euros, mais qui n'aura "pas d'impact" sur la facture du particulier, selon le gouvernement. Les surcoûts liés aux nouveaux compteurs doivent en effet être intégralement pris en charge par ERDF. Le groupe estime que cette somme sera amortie par les gains de productivité dégagés notamment par l'arrêt des déplacements de ses agents pour inspecter les compteurs.

"Mais tôt ou tard, le coût de [Linky] va être répercuté dans le tarif d'acheminement de l'électricité, et donc se retrouver sur la facture, qui sera alors augmentée de 1 à 2 euros par mois", redoute Grégory Caret, directeur d'études chez UFC – Que Choisir, interrogé par La Croix. Les associations de défense des consommateurs craignent en effet une augmentation du tarif d'utilisation du réseau public d'électricité (Turpe), ce tarif méconnu qui rémunère les acteurs du secteur électrique. "Il faudra rester très vigilant pour voir s'il n'y a pas d'augmentation, car ce n'est pas exclu qu'ERDF joue sur ce tarif pour répercuter à long terme les coûts d'installation des compteurs", explique le délégué général de CLCV.

Les associations soulignent aussi la mauvaise évaluation du coût de l'appareil. Selon ERDF, le prix du compteur s'élèverait à 120 euros, pose incluse. Mais la fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) l'évalue plutôt à 240 euros. Un coût de toute façon élevé si on le compare à celui des appareils développés à l'étranger. En Italie, il est facturé 80 euros l'unité.

  • Linky peut-il vraiment modifier la consommation électrique des foyers ?

Expérimenté depuis 2010 à Lyon et en Indre-et-Loire, Linky est "un succès" selon Eric Besson. "Les résultats techniques de l'expérimentation ont été très bons : seuls 0,7 % des compteurs ont fait l'objet de réclamations", affirme ainsi le ministre de l'industrie. Mais si "techniquement, le projet pilote est valide", il n'a eu que "très peu d'effets" sur la consommation des ménages, estime Jean-Luc Dupont, président du Syndicat intercommunal d'énergie d'Indre-et-Loire. Selon une étude réalisée auprès de 150 collectivités du département et de quelque 1 500 foyers, "pour 90 % des consommateurs, l'arrivée de Linky n'a rien modifié dans leurs pratiques." Un constat qui pose la question de l'efficacité du nouvel appareil.

"Contrairement à l'engagement pris dans la loi Grenelle 1, les compteurs communicants ne permettent pas aujourd'hui aux consommateurs de mieux connaître leur consommation d'énergie en temps réel, et ainsi de la maîtriser", affirme dans un communiqué l'association UFC-Que Choisir. Première explication à ce manque d'information : pour plus de la moitié des foyers, le compteur Linky est situé à l'extérieur du domicile, "à l'entrée d'un lotissement par exemple, sur le seuil d'un appartement voire même au sous-sol dans un immeuble" explique Thierry Saniez. Une disposition qui empêche le particulier d'avoir accès aisément à sa consommation, et constitue "un frein considérable" pour mettre en place de nouvelles pratiques énergétiques.

En outre, même lorsqu'il est aisément accessible au sein même du domicile, Linky "ne permet pas d'obtenir d'informations sur la réalité de la consommation", se plaignent les associations. Les données fournies par le boîtier ne sont pas "qualitativement suffisantes" pour permettre de faire évoluer les pratiques énergétiques, affirme Thierry Saniez. Des relevés quotidiens seront désormais disponibles, mais pas détaillés en fonction des périodes de la journée. "Les gens apprennent donc qu'ils ont consommé tant le lundi, mais ça ne les avance pas à grand-chose. Tandis que s'ils savaient combien ils ont consommé le lundi matin, le lundi après-midi, le lundi soir, ils pourraient comparer ces informations avec les grilles tarifaires, et modifier leurs pratiques en fonction des heures creuses et des heures pleines", explique le représentant de la CLCV.

Les associations redoutent que ces informations détaillées ne soient fournies qu'en cas de souscription d'un service payant proposé par la suite. EDF a ainsi déjà testé une formule de services payants facultatifs liés à Linky, explique Le Figaro. L'abonnement, facturé 3,50 euros par mois, permet aux consommateurs d'accéder à un espace personnel et sécurisé via Internet, "où ils peuvent visualiser leur consommation, en euros, en kWh, et en CO2, comparer consommation réelle et consommation prévisionnelle..." Un service qui va à l'encontre même des objectifs de Linky, affirme Thierry Sanier : "On se retrouve dans une situation où on aura effectivement une information gratuite, mais inutile, et où il faudrait payer pour obtenir ce pour quoi Linky a été lancé."

  • Internet et sécurisation des données

Toutes les informations communiquées par Linky se font dans "une logique numérique", et sont donc consultables sur Internet, via son espace client. Ce qui introduit "une logique discriminatoire" pour Jean-Luc Dupont, président du syndicat intercommunal d'énergie d'Indre-et-Loire. "Le fait que tout passe par Internet va handicaper des franges entières de la population, qui n'ont pas d'accès numérique soit pour des raisons financières, soit pour des raisons pratiques. Or, ce sont au contraire les populations plus pauvres qui auraient besoin de ces informations détaillées pour pouvoir faire des économies d'énergie", explique l'élu d'Indre-et-Loire.

Autre source d'inquiétude, la sécurisation des données. "La mise en place de ces compteurs électriques intelligents impliquera la collecte d'informations détaillées sur notre consommation électrique, ce qui pose des problèmes de respect de la vie privée", explique la Commission nationale informatique et liberté (CNIL) sur son site. "Les informations de consommation d'énergie transmises par les compteurs sont très détaillées et permettent de savoir beaucoup de choses sur les occupants d'une habitation, comme leur horaire de réveil, le moment où ils prennent une douche ou bien quand ils utilisent certains appareils (four, bouilloire, toaster…)", explique la Commission, qui promet d'être vigilante sur la sécurisation de ces données et leur confidentialité.

  • Monopole sur la distribution électrique

La fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) s'est également fendue d'un avertissement, et voit d'un mauvais œil l'arrivée de Linky dans les foyers. Dans l'Hexagone, depuis 1906, les réseaux de distribution électrique ainsi que les compteurs appartiennent en effet aux collectivités locales, ERDF n'étant jusqu'à présent que le principal concessionnaire (exploitant). Des concessions limitées dans le temps, qui permettent, lorsqu'elles arrivent à échéance, de renégocier les tarifs à la baisse pour les collectivités locales.

Linky risque de bouleverser la donne. Pour qu'ERDF prenne en charge le financement de l'installation généralisée des nouveaux compteurs, l'entreprise prévoit d'amortir ses dépenses sur vingt ans. "Le modèle économique de Linky repose donc sur le fait de garantir à ERDF pendant vingt ans la concession des compteurs", explique Jean-Luc Dupont. Or "la nouvelle directive européenne sur les concessions de services impose l'ouverture à la concurrence, y compris dans l'énergie", poursuit l'élu. Le ministre de l'industrie Eric Besson a reconnu qu'il y avait là un blocage, mais a affirmé que les négociations étaient en bonne voie avec la Commission européenne.

Charlotte Chabas

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 15:38

LEMONDE.FR avec AFP | 29.09.11 | 14h38

 
 

La substitution du bisphénol A, utilisé pour la fabrication de très nombreux plastiques et omniprésent dans l'environnement quotidien, n'est pas envisageable pour le moment, a affirmé jeudi l'Union des industries chimiques (UIC). Les industriels demandent des études complémentaires sur ses effets chez l'homme.

 

L'Agence de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) a jugé, mardi, nécessaire de remplacer "sans tarder" le bisphénol A (BPA), en priorité dans les matériaux au contact des aliments, à cause d'effets sanitaires "avérés chez l'animal et suspectés chez l'homme, et ce même à de faibles niveaux d'exposition".

Le lendemain, c'est une proposition de loi du député PS Gérard Bapt qui visait à interdire l'usage du BPA dans tout conditionnement alimentaire. Le produit, potentiel perturbateur endocrinien, est suspecté dans un affaiblissement de la fertilité et dans de nombreuses pathologies cardio-vasculaires, diabète, cancers...

PAS DE SUBSTITUT DANS L'IMMÉDIAT

"La substitution du BPA n'est pas une démarche simple dans la mesure où son remplacement par une seule substance n'est techniquement pas envisageable aujourd'hui, en particulier dans les résines au contact des aliments", explique l'UIC dans un communiqué.

En outre, l'organisation professionnelle affirme ne pas pouvoir "accepter le principe de remplacement d'une substance bien évaluée par une substance moins bien évaluée du point de vue de ses impacts sanitaires et environnementaux".

"Face à des préoccupations scientifiques majeures, l'UIC demande aux pouvoirs publics de prendre en compte les incertitudes de l'évaluation et l'absence de substituts immédiatement disponibles pour certaines applications", poursuit le communiqué.

Les industriels de la chimie demandent donc que "les effets à très faible concentration chez l'homme soient confirmés par des études scientifiques complémentaires et fassent l'objet d'un partage de vues au niveau européen".

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 10:09

LEMONDE | 29.09.11 | 12h06

 
 

 

56 médicaments sont sous surveillance, selon la nouvelle liste de l'Agence française de sécurité sanitaire.

56 médicaments sont sous surveillance, selon la nouvelle liste de l'Agence française de sécurité sanitaire.AFP/PHILIPPE HUGUEN

Le 31 janvier, en plein développement du scandale du Mediator (ce médicament du laboratoire Servier accusé d'avoir causé la mort de 500 à 2000 personnes), l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) rendait publique une liste de "77 médicaments sous surveillance" en compagnie de 12 classes thérapeutiques. Soit, au total, 89 molécules ou groupes de produits. L'Agence mettra en ligne la version actualisée de cette liste dans quelques jours. Le Monde a consulté ce document qui fait état, huit mois plus tard, de huit médicaments retirés du marché et de neuf autres sur la sellette, dont le rapport bénéfice-risque est réévalué.

Dirigée depuis le 16 février par le professeur de cancérologie Dominique Maraninchi, l'Afssaps a restructuré son document. Celui élaboré en janvier, à la demande pressante du ministère de la santé, mêlait médicaments surveillés du fait de signaux d'alerte à d'autres suivis de près car ils venaient d'être lancés sur le marché. Dans ce cas, comme le demandent les autorités européennes, un plan de gestion des risques (PGR) imposant des études complémentaires, ou une information particulière des patients et professionnels de santé, est inclus dans l'autorisation de mise sur le marché (AMM).

Au total, 56 médicaments sont sous surveillance : 9 avec une réévaluation de leur bénéfice-risque, 19 avec un suivi de pharmacovigilance et 28 dans le cadre d'un PGR.

 DES RISQUES DE RETRAIT DU MARCHÉ

Neuf médicaments sont en cours de réévaluation, avec des conséquences possibles sur leur commercialisation. C'est le cas du groupe de sirops antitussifs à la pholcodine et du Ferrisat (fer dextran), destiné au traitement des carences en fer, pour lesquels existe un risque de réactions allergiques. Sont également concernées des spécialités contre les infections urinaires contenant du nitrofurantoïne (toxicité hépatique et pulmonaire), et Multaq, indiqué dans les troubles du rythme cardiaque et qui présente un risque de lésions hépatiques. Deux médicaments du laboratoire Servier sont dans le même cas : Trivastal, utilisé dans le déficit cognitif et la maladie de Parkinson avec pour effets secondaires une somnolence et des "attaques de sommeil" ; Vastarel, traitement prophylactique de l'angine de poitrine, qui peut entraîner des syndromes parkinsoniens et une baisse des plaquettes.

Des modifications substantielles de l'AMM, pouvant aller jusqu'au retrait du marché, sont attendues pour trois autres produits : Hexaquine, destiné au traitement des crampes (risque de réactions allergiques, cutanées et hépatiques graves) ; les produits à base de minocycline, antibactérien et antiacnéique (réactions d'hypersensibilité parfois sévères) ; et Nexen, anti-inflammatoire présentant un risque d'atteintes hépatiques.

De plus, le 27 septembre, la commission nationale de pharmacovigilance a demandé la réévaluation du rapport bénéfice-risque du traitement contre l'ostéoporose, Protelos, commercialisé par Servier. Le sujet est à l'ordre du jour de la commission d'AMM, jeudi.

La nouvelle liste comprend également 19 médicaments ou classes thérapeutiques faisant l'objet d'un suivi national de pharmacovigilance en raison de signaux d'alerte : sont concernés le Ketum, un anti-inflammatoire ; le Lévothyrox (hormone thyroïdienne) ; certains antidépresseurs, collyres, immunoglobulines et sclérosants veineux. Pour leur part, 28 médicaments sont assortis d'un PGR, parmi lesquels Alli (aide à la perte de poids) et Champix (aide au sevrage tabagique). Les vaccins, les stupéfiants et les psychotropes sont listés à part, car faisant l'objet d'une procédure de surveillance spécifique et systématique. C'est le cas des vaccins Gardasil et Cervarix (contre le papillomavirus), Prévenar 13 (contre le pneumocoque), et de ceux contre l'hépatite B, le virus grippal A (H1N1) et la grippe saisonnière, même si leur rapport bénéfice-risque positif a été confirmé.

RETRAIT DU MARCHÉ

Huit médicaments et leurs génériques figurant sur la liste initiale ont par ailleurs déjà fait l'objet d'une décision de retrait du marché. Six l'ont été à l'issue d'une procédure de réévaluation de leur rapport bénéfice-risque à la demande des autorités. C'est le cas des antidiabétiques à base de pioglitazone Actos et Competact – retirés le 11 juillet par la France mais bénéficiant toujours d'une AMM européenne –; des antalgiques à base de dextropropoxyphène (Di-Antalvic, Propofan…), retirés le 1er mars ; du vasodilatateur Fonzylane, dont l'AMM a été suspendue le 17 février. Trois retraits sont programmés : ceux de l'hypnotique Noctran, à partir du 27 octobre ; de l'anxiolytique et antihistaminique Mépronizine, le 10 janvier 2012 ; de l'Equanil, début 2012. Deux autres produits ont été retirés à la demande des groupes titulaires de l'AMM : l'antiparkinsonien Celance et Lipiocis (traitement des cancers du foie).

La nouvelle direction de l'Afssaps veut accélérer le mouvement, en n'hésitant pas, lorsqu'un médicament présente un risque, à agiter le chiffon rouge. Non sans efficacité. La mise en garde adressée aux professionnels de santé qui a précédé le retrait d'Actos avait fait chuter de 45 % en trois semaines la consommation de ce produit. Celle concernant Protelos l'a fait diminuer de 60 %, dit-on à l'Afssaps.

Cette nouvelle liste est révélée alors que les députés ont bouclé, dans la nuit de mercredi 28 à jeudi 29 septembre, l'examen du projet de loi de réforme du système de sécurité sanitaire. Un amendement permet à l'Agence de demander à une firme des essais comparant le produit dont elle sollicite l'autorisation à une molécule existante. Sur proposition socialiste, l'Assemblée a par ailleurs adopté le principe d'une réévaluation systématique, tous les cinq ans, de chaque médicament, même en l'absence de signaux d'alerte. Un moyen d'éviter un nouveau Mediator.

Paul Benkimoun

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 16:30

LEMONDE.FR | 26.09.11 | 17h07   •  Mis à jour le 26.09.11 | 18h09

 
 

 

La page d'accueil du réseau social Facebook.

La page d'accueil du réseau social Facebook.AFP/KAREN BLEIER

Se déconnecter ne suffit pas : d'après les observations de l' Australien Nik Cubrilovic, spécialiste en sécurité informatique, Facebook continue d'enregistrer des informations sur ses utilisateurs après leur déconnexion du service. Selon M. Cubrilovic, lorsque l'utilisateur clique sur le bouton "se déconnecter" de Facebook, le site laisse sur son ordinateur un fichier qui contient des informations personnelles et continue à communiquer à Facebook des éléments sur la navigation de l'internaute.


Pour personnaliser les pages de sites Web, Facebook, comme de nombreux sites ou services, utilise un petit fichier, dit "cookie", déposé sur le disque dur de l'ordinateur, et dans lequel sont stockées des informations sur l'identité et la navigation de l'internaute. Ce fonctionnement est normal : ce qui l'est moins, note M. Cubrilovic, c'est que lorsque l'internaute se déconnecte, le cookie n'est pas effacé, mais simplement modifié. L'utilisateur qui continue à surfer transmet ainsi, sans le savoir, des informations à Facebook ; et le cookie, qui reste sur la machine, conserve des informations à son sujet.

"Si vous vous connectez à Facebook depuis un ordinateur public, et que vous cliquez sur 'se déconnecter', vous laissez malgré tout derrière vous des empreintes digitales. D'après ce que je constate, ces empreintes restent présentes jusqu'à ce que quelqu'un supprime manuellement tous les cookies Facebook de l'ordinateur", écrit M. Cubrilovic.

En réponse à l'article de M. Cubrilovic, Gregg Stefancik, un ingénieur de Facebook, explique que "les cookies de Facebook ne sont pas utilisés pour espionner les internautes. Ce n'est tout simplement pas leur rôle. En revanche, nous utilisons ces cookies pour fournir du contenu personnalisé (...), améliorer notre service (...) ou protéger nos utilisateurs et notre service (par exemple pour nous protéger d'attaques par déni de service ou en demandant une deuxième authentification lorsque l'utilisateur se connecte depuis un endroit inhabituel)."

CONTROVERSES SUR LES NOUVELLES FONCTIONNALITÉS

Ce débat sur l'utilisation des cookies par Facebook intervient quelques jours après la présentation de nouvelles fonctionnalités par Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, lors de la conférence F8 du réseau social. Parmi ces nouvelles fonctionnalités, la possibilité pour certains services de publier automatiquement des informations sur le profil des utilisateurs – par exemple, les morceaux qu'ils sont en train d'écouter sur des services comme Deezer ou Spotify.

Le chercheur Dave Winer extrapole dans un exemple imaginaire, celui d'un mafioso qui utiliserait Facebook : "'Bull Mancuso vient de lire un article expliquant comment tuer un autre mafieux'. Bull n'a pas commenté l'article. Il n'a pas cliqué sur le bouton j'aime. Il s'est juste rendu sur une page Web. Et une annonce a été faite en son nom à toutes les personnes qui le suivent sur Facebook."

"Ces applications demandent explicitement la permission des utilisateurs avant de publier des informations, rétorque, sur Hacker News, un autre ingénieur de Facebook. Je comprends que vous puissiez être inquiet si, par exemple, vous avez installé cette application sans savoir qu'elle pourrait publier des messages. Mais si cela vous pose des problèmes par rapport à votre vie privée, vous pouvez toujours changer les permissions accordées à cette application dans les paramètres de votre compte."

Le Monde.fr

Un message viral qui ajoute à la confusion

"SVP rendez-moi (et à vous aussi) service : passez la souris sur mon nom, attendez de voir la petite fenêtre s'afficher, passez la souris sur le bouton " abonné(e) " (subscribed) et décochez " Commentaires et mentions j'aime ", que mes commentaires privés ne soient pas rendus publics ! Merci ! (et copiez ceci dans votre statut si vous ne voulez pas que le moindre de vos mouvements soit visible pour tous !)."

Depuis la semaine dernière et les nouvelles annonces de Mark Zuckerberg, ce message se diffuse sur Facebook, en anglais comme en français. Il est pourtant faux : le fait de suivre les mises à jour d'un tiers ne rend pas ces dernières publiques. Le seul résultat de la modification proposée est de rendre les mises à jour de "l'ami" concerné invisibles dans le flux de l'utilisateur.

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 16:22

Publié le 27-09-11 à 11:29    Modifié à 12:20     par Le Nouvel Observateur     

André Cicolella, directeur du Réseau Environnement Santé, estime qu'il faut interdire cette substance. Interview par Guillaume Malaurie.

Le Bisphenol est signalé par un triangle et les chiffres 7, 6 et 3. (DURAND FLORENCE/SIPA) Le Bisphenol est signalé par un triangle et les chiffres 7, 6 et 3. (DURAND FLORENCE/SIPA)

L’avis de l'Agence de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) sur le Bisphenol rendu public ce matin marque-t-il à vos yeux un changement radical ?

- Oui. L’Agence a changé son référentiel. Elle ne s’en tient plus à des analyses prenant en compte les expositions fortes mais reconnaît les effets à faible dose. Du coup, la Dose Journalière Admissible est deux millions de fois plus faible qu’auparavant ! Ce qui revient de facto à reconnaître la toxicité du Bisphenol A dans tous les cas de figure et à conclure à son interdiction.

 

Particulièrement pour quels usages ?

- Il faut citer en tête les boîtes de conserve, le matériel médical et les canettes qui possèdent un revêtement contenant du Bisphenol A. Notez bien que cette substance est la plus emblématique des perturbateurs endocriniens mais il y en a beaucoup d’autres qui tombent sous le coup du même raisonnement.

 

Mauvaise nouvelle pour les industriels…

- Surtout une bonne nouvelle pour la santé humaine. Car les effets bénéfiques peuvent être extrêmement rapides. Notamment pour les fœtus particulièrement vulnérables et exposés aux risques de dérèglements du système hormonal pendant les premiers mois de grossesse. L’Anses reconnaît très explicitement que les risques sont plus marqués selon les périodes de la vie.

 

L’Anses est la première Agence sanitaire a conclure ainsi…

- Oui, mais c’est aussi la plus importante de Agences sanitaires européennes. Et il faut espérer que l’Agence Européenne, l’Efsa, lui emboîtera le pas conduisant le reste du monde à suivre. C’est une décision de très grande portée. Il faut d’ailleurs saluer le travail de l’Anses. Elle a le mérite d’avoir osé changer une méthodologie qui était celle des industriels et masquait les risques de santé publique.

 

Le Réseau Environnement Santé que vous dirigez est aujourd’hui satisfait ?

- Nous menons cette lutte depuis notre création il y a trois ans. Comme quoi ce type d’association citoyenne réunissant des praticiens, des scientifiques et des médecins auquel on voudrait aujourd’hui mettre des bâtons dans les roues peut avoir un rôle moteur et accélérateur face aux inerties.

 

Interview d'André Cicolella, directeur du Réseau Environnement Santé, par Guillaume Malaurie

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 15:14

LEMONDE | 27.09.11 | 10h49   •  Mis à jour le 27.09.11 | 12h25

 
 

 

L'Agence française de sécurité sanitaire établit une liste de 60 secteurs d’activité concernés.

L'Agence française de sécurité sanitaire établit une liste de 60 secteurs d’activité concernés.AFP/JOEL SAGET

L'interdiction de fabrication et de commercialisation des biberons contenant du bisphénol A (BPA) dans l'ensemble de l'Union européenne depuis le 1er juin est loin d'avoir clos le dossier de ce perturbateur endocrinien. Les deux rapports rendus publics, mardi 27 septembre, par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) sont en effet catégoriques sur les dangers de ce produit de synthèse largement utilisé dans la fabrication des plastiques.

Le premier travail consistait à étudier la littérature scientifique existante afin de disposer d'une vision globale des effets sanitaires du BPA. Il conclut notamment à l'existence d'effets "avérés chez l'animal et suspectés chez l'homme, même à de faibles niveaux d'exposition". L'Anses considère dès lors "disposer de suffisamment d'éléments scientifiques" pour affirmer "que l'objectif prioritaire consiste à réduire les expositions au bisphénol A des populations les plus sensibles", c'est-à-dire les femmes enceintes ou allaitant ainsi que les enfants en bas âge.

La deuxième étude avait pour objectif de recenser les utilisations du BPA. "Près d'une soixantaine de secteurs d'activité potentiellement utilisateurs de bisphénol A en France ont été identifiés", indique l'Anses. La liste des produits susceptibles d'en contenir est impressionnante : emballages alimentaires, mais aussi lunettes et lentilles de contact, CD et DVD, câbles, mastics, adhésifs, électroménager, optiques de phare et pare-chocs, articles de sport, appareils médicaux, revêtements de sol, vernis et peintures, bateaux de plaisance, encres d'imprimerie, etc.

En 2010, l'Anses avait émis des recommandations visant notamment à réduire l'exposition au bisphénol A des populations les plus sensibles, à améliorer l'information des consommateurs par un étiquetage systématique et à rechercher des substituts au BPA. Cette fois, il s'agissait d'effectuer l'analyse la plus complète possible des nombreuses publications scientifiques, "afin de les mettre en perspective et de tenter d'objectiver le paysage", selon les termes de Dominique Gombert, directeur de l'évaluation des risques à l'Anses.

Les experts ont retenu trois catégories d'effets "suspectés" sur la santé humaine, touchant à la fertilité féminine, aux pathologies cardiovasculaires et au diabète.Les effets "avérés" chez l'animal sont au nombre de sept, parmi lesquels l'avancement de l'âge de la puberté, l'augmentation de la survenue de kystes ovariens et de lésions sur la glande mammaire, l'altération de la production spermatique… Le rapport conclut également à l'existence de "ces effets à des doses notablement inférieures aux doses de référence utilisées à des fins réglementaires, et plus particulièrement lors de certaines périodes de la vie [grossesse, périodes pré et postnatale]". Dès lors, la dose journalière admissible (DJA), fixée au niveau européen à 0,05 milligramme par kilo de poids corporel et par jour pour le bisphénol A, ne constituerait pas réellement un seuil de protection contre les effets du composé chimique.

 

DEUXIÈME SÉRIE DE TRAVAUX

 

"A partir du moment où il existe des fenêtres de susceptibilité extrêmement fortes pour certaines populations sensibles, la notion de dose de référence a-t-elle encore un sens ? interroge M. Gombert. En tout cas, cela pose la question de l'exposition à la substance dans son ensemble." L'Anses va transmettre "immédiatement" ses conclusions aux instances européennes "en vue d'examiner la pertinence d'une révision des doses de référence". La réaction de l'Autorité européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) sera particulièrement attendue : en septembre 2010, l'EFSA avait estimé qu'aucun élément scientifique ne rendait nécessaire d'abaisser la DJA pour le bisphénolA.

Par ailleurs, une deuxième série de travaux coordonnés par l'Anses est en cours afin d'étudier les mécanismes et voies d'exposition de la population au bisphénol A, sujet sur lequel "on est souvent confronté à un gros déficit de données", selon Dominique Gombert. Leurs conclusions sont attendues pour le premier semestre 2012. L'agence a aussi lancé, le 26 septembre, un appel à contributions "afin de recueillir d'ici au 30 novembre des données scientifiques ou informations sur les produits de substitution [au BPA] disponibles" et de "s'assurer de leur innocuité".

Consulter la liste des articles et préparation ssusceptibles de contenir du bisphénol A

Gilles van Kote

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 13:57

LEMONDE.FR avec AFP | 23.09.11 | 18h10

 

Le document est également émaillé de considérations extra-professionnelles comme "vieux garçon", "chimio depuis deux ans", "a dû avorter [du] deuxième [enfant] pour maladie".

Le document est également émaillé de considérations extra-professionnelles comme "vieux garçon", "chimio depuis deux ans", "a dû avorter [du] deuxième [enfant] pour maladie".AFP/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

"Santé fragile", "n'est pas valeur d'exemple", "dynamique de merde", "cas social" : c'est ce qu'ont pu lire les salariés d'un entrepôt de Decathlon en Isère dans un fichier nominatif découvert en juillet, a-t-on appris vendredi 23 septembre de source syndicale. Sur sept pages, le document rédigé à la main parle de onze salariés d'une équipe logistique d'un entrepôt de Saint-Quentin-Fallavier. Pour chacun sont indiqués l'ancienneté, le niveau d'études, mais sont délivrées aussi des appréciations lapidaires sur des attitudes telles que : "consciente qu'elle n'a rien à faire ici", "fait des histoires"

Le document est également émaillé de considérations extra-professionnelles comme "vieux garçon", "chimio depuis deux ans", "a dû avorter [du] deuxième [enfant] pour maladie". "Les propos insultants et humiliants font de plus référence à la vie privée des salariés", s'est offusqué le délégué central de la CGT, Frédéric Le Meur, qui a annoncé avec la CFDT et la CFE-CGC son intention de porter plainte.

"MOTS-CLÉS RETENUS MALADROITEMENT, LORS D'UNE PASSATION"

Le fichier, découvert à l'occasion d'un déménagement début juillet sur l'armoire d'un open space, était en fait un "cahier de passation" entre deux responsables d'équipe qui se sont succédé. Ces femmes manageuses, âgées de moins de 30 ans, qui font toujours partie de l'entreprise, ont été mises à pied et devraient suivre une formation maison "valeurs et volonté, qui met l'homme au cœur de l'entreprise". "Il s'agissait de mots-clés retenus maladroitement, lors d'une passation", a déclaré le directeur des ressources humaines du groupe, Jean-Pierre Haemmerlein, qui s'est déplacé le 12 septembre pour rencontrer l'équipe.

Pour le PDG de Decathlon, Yves Claude, "les écrits de ces deux responsables sont très graves et très humiliants pour les personnes concernées". Les syndicats, qui regrettent le manque de réaction de la direction de leur site, ont demandé aux dirigeants de Decathlon de s'expliquer lors du prochain comité central d'entreprise, le 30 septembre, afin que des "sanctions exemplaires" soient prises.

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 14:29

Agoravox - 16 Septembre

 

C’est un feuilleton les plus incroyables mais aussi l’un des plus significatifs de la construction européenne : la tentative de Monsanto d’imposer la commercialisation de ses produits à des Etats qui ne le souhaitent pas, avec l’appui des institutions européennes. Nouvel épisode.

Une méfiance légitime

Aujourd’hui, les autorités publiques en Europe suivent globalement leur population dans leur réticence à l’égard des OGM. Même s’il est vrai que les problématiques actuelles de manque de nourriture pour la planète imposent de ne pas se fermer à un progrès scientifique qui a permis au monde de considérablement augmenter sa production agricole, la prudence des gouvernements européens est parfaitement compréhensible sur ce sujet.

En effet, les Organismes Génétiquement Modifiés posent un double problème. Le premier est leur innocuité. Leurs partisans ont tendance à inverser la demande de la preuve en soulignant que leur dangerosité n’a pas été prouvée. Cependant, pour ce qui est de la sûreté alimentaire, il n’est pas difficile de comprendre que c’est bien la preuve de l’innocuité qui doit être apportée, naturellement après une assez longue période pour éviter d’affronter de fâcheuses conséquences à l’avenir.

Les Organismes Génétiquement Modifiées ne sont pas comme les croisements d’espèces existantes, sûres, mais des produits nouveaux qui exigent une certification beaucoup plus prudente, d’autant plus que les phénomènes de pollinisation ont tendance à faire proliférer ces nouvelles espèces avec des conséquences que nous maîtrisons mal. En outre, il ne faut pas oublier que ces OGM sont en général des vaches à lait financières pour les groupes qui les produisent.

Une Europe profondément antidémocratique

En effet, Monsanto a vu son chiffre d’affaire et ses bénéfices exploser avec le lancement de ces produits. En ne permettant pas aux agriculteurs d’utiliser une partie de la récolte pour planter l’année suivante, il s’agit d’un immense jackpot financier. Du coup, il est bien évident que la perspective de profits colossaux amène à porter un regard très critique sur les promesses du groupe étasunien… Leur parole ne peut pas être prise pour argent comptant, tant leur semence en rapporte, de l’argent.

Dans ce contexte, il est assez incroyable que les institutions européennes fassent autant d’effort pour essayer d’imposer la commercialisation des semences Monsanto aux pays européens qui ne le souhaitent pas. Elles utilisent toutes les ficelles les moins démocratiques des traités européens pour le faire. C’est ainsi que la Commission a récemment tenté de faire passer un texte qui n’a du son rejet qu’au fait que plus des deux tiers des voix s’y sont opposées.

En clair, si seulement 65% des voix l’avaient fait, Monsanto aurait gagné. Mais cet échec n’a pas refroidi l’entreprise qui essaie désormais de passer par la Cour de Justice Européenne pour imposer la commercialisation de ses produits aux Etats réticents. Le dernier rebondissement de cette affaire pourrait par conséquent remettre en cause le moratoire français, qui a pourtant été le fruit d’une décision démocratique, soutenue par la majorité.

Ah, elle est belle cette Europe ! Comment croire les fédéralistes qui nous promettent plus de démocratie quand on constate ce que ce dédale bureaucratique et antidémocratique fait : l’Europe pourrait bien imposer par la force la commercialisation des produits Monsanto contre la volonté de 80% des Etats.

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 14:21

Agoravox- 21 Septembre

La composition chimique du tabac est très complexe. Son analyse peut concerner la plante fraîche ou séchée, de même que le tabac de la cigarette et ses additifs. Cependant, si la chimie du tabac est examinée sous l'angle de la dépendance, c'est l'analyse de ce à quoi le fumeur est exposé qui importe et c'est donc à la chimie de la fumée de cigarette qu'il convient de s'intéresser. Or depuis les années 1960 on sait que l'on y trouve par exemple du polonium 210 à des doses non négligeables. Revue.

Composition chimique du tabac

La fumée de cigarette peut être définie comme un aérosol dynamique en mouvement constitué d'une phase gazeuse et d'une phase particulaire.

Le filtre en fibre de verre à travers lequel passe la fumée principale retient une partie de la phase particulaire qui correspond, après soustraction de l'eau qu'elle contient, au taux de goudron. À partir de ce goudron, il est possible de doser la nicotine présente dans la phase particulaire qui contient un grand nombre de substances auxquelles le fumeur s'expose. Il convient de noter que parmi les milliers de substances identifiées, seules quelques dizaines sont présentes à des doses toxicologiquement ou pharmacologiquement actives et sont donc à prendre en considération dans le contexte de la dépendance.

De même, la phase gazeuse peut être analysée. La composition chimique de la fumée de cigarette comporte des éléments constants présents à des teneurs variables en fonction du type de tabac, du type de cigarette, de la présence d'additifs et de la manière de fumer. Les additifs servent comme adjuvants de fabrication ou de combustion, agents d'humidification ou d'aromatisation.

Il a souvent été avancé que les cigarettes contenaient des agents susceptibles d'accroître la dépendance au tabac en augmentant l'absorption de la nicotine. Cette hypothèse n'a toujours pas été validée, et même s'il est démontré que la nicotine est l'agent responsable de la dépendance, on ne sait pas si les substances incriminées dans la potentialisation de ses effets sont présentes à des doses suffisantes pour entraîner l'effet supposé.

Les données bibliographiques relatives à la fumée de cigarette découlent d'études réalisées avec la machine à fumer dans les conditions définies par les normes ISO 4387, ISO 10315, ISO 10362-2, ISO 8454. Ce test est utilisé pour déterminer les quantités de goudron, de nicotine et de monoxyde de carbone obtenues dans des conditions standardisées et qui figureront sur les paquets de cigarettes, en application de la directive européenne relative à
l'étiquetage des produits du tabac.


Chimie de la fumée principale de cigarette

La chimie de la fumée de cigarette a été essentiellement étudiée à partir des produits isolés lors des tests de fumage réalisés selon les normes de l'ISO. La machine utilisée pour ces tests tire, une fois par minute, une bouffée d'une durée de 2 secondes et d'un volume de 35 ml ; elle laisse un mégot de 23 mm (lorsque le filtre est long, le fumage est arrêté à 3 mm de la manchette).

Et que trouve-t'on dans cette fumée ?

On y trouve entre autres en phase particulaire : des métaux lourds (plomb, mercure, cadmium, polonium 210, strontium), divers terpènes, des hydrocarbures aromatiques polycycliques, divers phénols et catéchols, des acides gras, des benzofuranes, des dérivés nitrosamines, indoliques, quinoliniques, pyrazines dont la nicotine. Les alcaloïdes en représentent 6%, les pigments 3%.

En phase vapeur on y trouve le monoxyde de carbone, divers alcanes, alcènes, hydrocarbures, alcools volatils (méthane, isoprène, benzène, méthanol…), de l’acide cyanhydrique, des amines aliphatiques volatiles…

Au total ce sont plus de 4 000 substances toxiques, dont 50 reconnues cancérigènes.

Les agents potentiellement responsables des principaux troubles associés au tabagisme ont été répertoriés :
- Dépendance tabagique : nicotine, alcaloïdes mineurs, agents d’aromatisation.
- Maladies cardiovasculaires : monoxyde de carbone, oxydes d’azote, acide cyanhydrique HCN, goudrons, métaux lourds cadmium, zinc… présents dans les feuilles de tabac (nous y reviendrons plus loin).
- Maladies obstructives chroniques du poumon : HCN, aldéhydes volatiles, NOx, CO, goudrons.
- Cancers du poumon et du larynx : hydrocarbures polynucléaires aromatiques HPA, 4-(méthylnitrosamine)-1-(3-pyridyl)-1-butanone NNK, polonium 210 radioactif (émetteur alpha, demi-vie 139 jours), formaldéhyde, acétaldéhyde, butadiène, cadmium, nickel, chrome.
- Cancers de la cavité orale : NNK, N’-nitroso-nornicotine NNN, HPA.
- Cancers de l’oesophage : NNN.
- Cancers urinaires : 4-aminobiphényl, 2-naphthylamine et autres amines aromatiques.
- Cancer du pancréas : NNK, 4-(méthylnitrosamine)-1-(3-pyridyl)-1-butanol NNAL.

Quelque part, rien de surprenant à ce que tous les produits résultants de la combustion du tabac, ainsi que les substances actives déjà présentes dans la plante se retrouvent dans la fumée. Mais ce qui m'a le plus surpris est la présence de métaux lourds, et notamment de polonium radioactif !!!

Vous savez, le polonium de l'affaire Litvinenko, celui utilisé par les Russes pour éliminé les opposants ! Quelques microgrammes sont fatals, un million de fois plus toxique que le cyanure (Note CRIIRAD N°06-92 / Polonium 210 / Affaire Litvinenko).

Vous allez vous demander comment des métaux lourds en notamment du polonium 210 radioactif se retrouve dans le tabac ? Y est-il rajouté ? Malheureusement non ce serait trop simple, car il est tenu pour responsable de cancers du poumon dû au tabac. La fumée inhalée par les fumeurs contient une proportion infime mais déjà dangereuse de polonium.

Sa présence dans le tabac remonte au début du 20e siècle, les fumeurs d’avant en étant épargnés, du fait de l'utilisation massive d'engrais à base de phosphate de calcium (apatites) dans les nouvelles techniques d’agriculture. Or le minerai de phosphate de calcium est extrait de roches à forte teneur en 210Po, tout simplement.

Ainsi la fumée inhalée par les fumeurs contient une proportion infime (de l'ordre de moins d'un micro Sv) mais déjà dangereuse de polonium. J. Marmonstein, « Lung cancer : is the increasing incidence due to radioactive polonium in cigarettes ? », 1986 On estime qu'1 % des cancers du poumon aux États-Unis sont causés par le polonium-210 (Radford E., "Radioactivity in cigarette smoke", N Engl J Med (1982), 307(23):1449–1450).

A la suite de la découverte du polonium dans la fumée de cigarettes au début des années 1960 (Radford EP Jr, Hunt VR, "Polonium 210 : a volatile radioelement in cigarettes", Science (1964) Jan 17 ;143:247-9" et Kelley TF, "Polonium 210 content of mainstream cigarette smoke", Science (1965) Jul 30 ;149:537-8), les grands fabricants américains se sont penchés sur des méthodes susceptibles de réduire les quantités présentes, allant dans le cas de Philip Morris jusqu'à développer le premier laboratoire capable de mesurer de façon fiable les doses libérées. En dépit de résultats internes favorables indiquant que la présence de polonium était deux à trois fois inférieure aux premières estimations (Martell E., "Radioactivity of tobacco trichomes and insoluble cigarette smoke particles", Nature (1974) 249:215–217), la décision fut prise par les avocats de la compagnie de ne pas publier cette information, le risque en termes de relations publiques et de procès étant perçu comme très supérieur aux bénéfices d'une telle annonce (Seligman R., Philip Morris. January 18, 1990. Bates no. 100372 5602. R. Seligman, « America’s electric energy companies’ad »).

En outre, les diverses tentatives menées par les compagnies pour diminuer la présence du polonium dans les plants se révélaient insatisfaisantes (Philip Morris, « Radiochemistry polonium », 15 avril 1977 ; W. Gannon, « 210Po Manuscript », 30 mai 1978 ; Monique E. Muggli, Jon O. Ebbert, Channing Robertson, et Richard D. Hurt, « Waking a Sleeping Giant : The Tobacco Industry’s Response to the Polonium-210 Issue », American Journal of Public Health 98(9):1643-1650). Communiquer sur ce sujet risquait, selon ces responsables, de "réveiller un géant endormi" en générant une nouvelle controverse (P. Eichorn, « note manuscrite », 2 juin 1978).

Additifs du tabac

Les additifs du tabac sont assez nombreux ; ils figurent généralement sur des listes limitatives quant à l'autorisation de leur usage. Ces produits sont acceptés sur la base de leur toxicité propre (avant combustion) et non sur la base de leur toxicité après pyrolyse. L'application de la nouvelle directive européenne relative à l'étiquetage des produits du
tabac devrait remédier à cet état de fait.

Une étude de fumage réalisée à partir de cigarettes supplémentées avec des mélanges couvrant 333 additifs met en évidence l'impact de ces additifs sur la phase particulaire, qui s'en trouve généralement augmentée. Certains mélanges d'additifs semblent avoir un impact net sur l'augmentation de certains toxiques de la phase particulaire de la fumée de
cigarette. Concernant l'effet des additifs sur le renforcement de l'addiction, les hypothèses relatives sont loin d'être validées, particulièrement si l'on prend en compte les niveaux d'additifs réellement présents.

Différentes catégories de substances sont utilisées comme additifs : les humectants, les aromatisants et les agents de combustion.
- Humectants : Ils peuvent représenter environ 5 % du poids de la cigarette. Ce sont par exemple le glycérol, dont la pyrolyse le transforme en acroléine ; le propylène-glycol et le diéthylène-glycol intervenant dans la formation de l’acétaldéhyde ; ou encore le sorbitol.
-Aromatisants : Terpènes, eugénol (essence du clou de girofle), miel, dérivés pyrroles et pyrazines, ce sont aussi le menthol, très utilisé dans les cigarettes afro-américaines, et qui apparaît comme un candidat sérieux en tant qu’agent susceptible de favoriser l’accoutumance. Le cacao est un additif célèbre, et est incriminé depuis 1999 d’accroître l’addiction à la nicotine en augmentant son absorption par voie pulmonaire du fait de la présence de théobromine. Cet argument est aujourd’hui encore discuté car les doses actives sont relativement élevées comparées aux doses présentes dans la cigarette. La
réglisse est aussi utilisée, et contient un triterpène (glycyrrhizine) aux propriétés de type corticoïde bronchodilatateur mais qui semble dégradé par pyrolyse. L’acide lévulinique améliorerait l’acceptabilité gustative de la nicotine. Les sucres sont généralement ajoutés en associant avec l’ammoniaque pour conduire à des dérivés de la réaction de Maillard
bien connue en chimie alimentaire et donner des saveurs de caramel. Ils expliquent en partie la présence de dérivés furaniques et pyrroliques dans la fumée. L'ajout de sels d’ammonium, (hydroxyde, alginate, phosphate dibasique), outre leurs effets aromatisants, sont utilisés comme modificateur de pH. L'ammoniac gazeux se forme lui naturellement au
cours de la fermentation du tabac, de même que pendant la combustion de la cigarette, par décomposition des nombreuses substances azotées naturellement présentes dans le tabac (plus de 9 000 identifiées). L'ammoniac est donc un composant constant de la phase vapeur de la fumée de tabac. Toutefois, son taux de transfert dans la phase vapeur de
la fumée de cigarette reste faible. S'il se forme de l'ammoniac lors de la fermentation ou de la combustion du tabac, il se forme également de l'anhydride carbonique qui est acide et peut neutraliser aussi bien l'ammoniac que la nicotine libre.

Les cigares sont des présentations de tabac habituellement alcalines (pH entre 7 et 8). La mauvaise conservation des cigares est un phénomène connu ; de ce fait, les cigares font l'objet de conditionnements particuliers. La notion de pH des cigarettes est à utiliser avec prudence, puisque le pH n'a de signification qu‘en solution aqueuse convenablement diluée. Il s'agit en fait de pH de condensats de fumée en solution. L'alcalinité du tabac peut avoir un effet sur la teneur en nicotine libre ; toutefois, cette alcalinité peut également avoir un impact sur les 9 000 substances azotées présentes. La nicotine sous forme libre demeure très majoritairement (99 %) dans la phase particulaire ; son absorption se situe essentiellement au niveau buccal et est donc conditionnée par le pH au niveau des muqueuses. L’ammoniac permettrait ainsi l'inhalation de la fumée sans provoquer de toux et faciliterait l'absorption de la nicotine.

Le modèle actuel de l'addiction est fondé sur l'autotitration, c'est-à-dire que le fumeur adapte sa manière de fumer à la nicotinémie qu'il recherche, ce qui démontre, par ailleurs, le peu d'intérêt des cigarettes dites légères et de la limitation du taux de nicotine dans les cigarettes. L'impact de l'ammoniac sur l'addiction semble donc discutable aujourd'hui. L'ammoniac est bien sûr irritant et toxique pour le système respiratoire. Toutefois, avec ou sans ajout, il sera toujours présent dans la phase vapeur de la fumée de tabac. Les additifs ammoniacaux pourraient être utiles industriellement pour ajuster le pH après fermentation du tabac, et les sels ammoniacaux peuvent avoir un effet acidifiant selon la règle des sels (acide fort + base faible = acide faible). Si l'ammoniac était interdit, d'autre agents alcalinisants non azotés pourraient y être substitués par les fabricants, permettant d'obtenir le même effet sur la teneur en nicotine base tout en respectant la réglementation. Le débat autour de l'ammoniac et de ses effets addictifs n'est pas alimenté aujourd'hui par des données scientifiques solides.
- Agents de combustion :
Ce sont essentiellement les nitrates qui sont utilisés pour favoriser la combustion de la cigarette, ce qui est bénéfique car cela permet la destruction de certaines substances par pyrolyse. En favorisant une combustion plus complète, ils pourraient faire baisser le taux de monoxyde de carbone qui peut aussi être éliminé par ventilation de la cigarette. Les
nitrates sont aussi incriminés dans la formation des nitrosamines. Ces nitrosamines mutagènes et cancérogènes se forment principalement lors de la fermentation du tabac, avant mise en forme, par l'intermédiaire de bactéries nitrifiantes qui utilisent les nitrates comme substrat.

Composés majeurs de la fumée de cigarette et leurs effets physiologiques

Seul un petit nombre de substances est présent en quantité suffisante dans la fumée du tabac ou de la cigarette pour pouvoir entraîner un effet physiologique appréciable. Diverses substances entrant dans la composition de la fumée de cigarette sont susceptibles de participer aux effets du tabac sur l'organisme et certaines ont été incriminées dans la
dépendance. Outre la nicotine, c'est le cas des alcaloïdes secondaires issus du métabolisme de la nicotine (comme la cotinine et la nornicotine), de l'acétaldéhyde (principal métabolite de l'éthanol), des béta-carbolines (harmane, norharmane) ou encore d'inhibiteurs des monoamine oxydases (IMAO).
Les alcaloïdes sont des molécules organiques d'origine végétale de caractère alcalin, renfermant au moins une molécule d'azote salifiable. Ils dérivent des acides aminés et ont généralement des propriétés pharmacologiques puissantes.
- La nicotine est un alcaloïde comportant un noyau pyridine et un cycle N-méthyl-pyrrolidine. Elle est nommée d’après Jean Nicot (1530-1600) de Nîmes, qui était un ambassadeur de France à Lisbonne, et qui a introduit le tabac (surnommé l'herbe à Nicot) à la cour du roi de France. La nicotine, est un stimulant qui a, par ailleurs, un potentiel addictogène. En moyenne, la nicotine atteint le cerveau en sept secondes quand elle est inhalée sous forme de cigarette (elle agit plus vite que l'héroïne injectée). L'accoutumance du corps à la nicotine est très rapide : une consommation modérée de 4 à 5 cigarettes par jour peut suffire à entraîner une dépendance psychique et physique. La nicotine est un acétylcholinomimétique et a donc un effet sur tous les neurones porteurs de récepteurs nicotiniques à l'acétylcholine.
À petite dose, la nicotine a un effet stimulant. Elle provoque une augmentation de la pression sanguine et du rythme cardiaque, provoque une libération d'adrénaline et réduit l'appétit. À haute dose, elle provoque des nausées et vomissements puis la mort par paralysie respiratoire. La dose létale pour un rat est de 50 mg/kg, pour une souris de 3 mg/kg, pour un humain de 65 mg en moyenne. La nicotine est aussi un insecticide remarquable. La nicotine induit une dépendance physique et son arrêt brutal entraîne des symptômes de sevrage importants. Ces symptômes peuvent durer plusieurs années après la dernière mise en relation avec la nicotine bien que leur maximum se situe aux alentours de 2 à 3 jours. Au niveau du métabolisme de la nicotine, de grandes différences interethniques ont été mises en évidence : les Chinois vivant aux États-Unis métabolisent la nicotine plus lentement que les Américains d'origine européenne ou latino-américaine.
- La cotinine est présente en faible quantité dans la fumée de cigarette. Elle s'y forme par oxydation ménagée de la nicotine dont elle constitue le principal métabolite. Les principales propriétés pharmacologiques de la cotinine sont reconnues sur le système nerveux central (stimulant psychomoteur ; antidépresseur (commercialisée aux États-Unis sous le nom de Scotine®) ; action stimulante sur la libération de dopamine et de noradrénaline), sur le système cardiovasculaire (action artériorelaxante ; antagoniste des effets hypertensifs de la nicotine et de l'adrénaline de manière non compétitive ; ces effets cardiovasculaires n'ont pas été mis en évidence dans l'étude clinique de Benowitz de 1983 sur 28 volontaires sains), sur les systèmes enzymatiques (inhibition de la biosynthèse du cortisol) ; inhibition de la biosynthèse des oestrogènes) ; et pour d’autres effets (action sur la prise de poids différente selon le sexe chez l'animal).
- La nornicotine est un constituant du tabac et un métabolite de la nicotine, à la fois dans la plante et chez l'homme. En étudiant ses propriétés, des chercheurs ont mis en évidence des modifications anormales des protéines chez les fumeurs. De tels effets sont à même d'entraîner des maladies métaboliques. En effet, ces glycations anormales ont été associées au diabète, à l'athérosclérose, à la maladie d'Alzheimer et à certains cancers. La nornicotine demeure dans le sang plus longtemps que la nicotine ; le fumeur subit donc une exposition significative. Certains tabacs sont très riches en nornicotine.
- Hormis les gaz usuels dont les teneurs s'évaluent en mg par cigarette fumée, l'acétaldéhyde, dont la teneur peut atteindre 1,4 mg, est constamment présent dans la fumée de cigarette. L'acétaldéhyde est le principal métabolite de l'éthanol et sa présence à un niveau significatif dans la fumée de cigarette suggère un lien entre tabagisme et alcoolisme. Il est responsable de la transformation de certains des acides aminés en alcaloides ayant aussi des activités pharmacologiques amnésiantes, anxiogènes, convulsivantes à forte dose, voire hallucinogènes. (La réaction de l'acétaldéhyde sur la tryptamine ou le tryptophane s'appelle l'harmane (nom dérivé de l'harmel ou peganum harmala qui est une plante hallucinogène rencontrée dans le bassin méditerranéen et au Proche-Orient ; dans le cas du formaldéhyde, l'homologue correspondant s'appelle le norharmane). L'harmane et le norharmane ont été mis en évidence dans la fumée de cigarette par Carpenter et Poindexter (1962), avec une teneur de l'ordre de 10 à 20 μg par cigarette.

En conclusion, les études récentes s'intéressent beaucoup aux éléments cancérigènes et mutagènes de la fumée de cigarette, mais assez peu aux additifs en tant qu'éléments susceptibles de favoriser la dépendance. Pour que des substances puissent jouer un rôle dans la dépendance, il importe que le fumeur y soit exposé à une teneur suffisante.
Hormis la nicotine, la cotinine est le premier candidat, suivi par la nornicotine, l'acétaldéhyde et enfin les dérivés du harmane. Toutes les études existantes sont fragmentaires. L'effet des additifs sur la dépendance fait l'objet de beaucoup d'articles, mais aucun n'est réellement démonstratif et seul le menthol reste une piste intéressante. Les effets endocrinologiques du tabac et de sa fumée constituent également une voie potentielle : en effet, l'inhibition de la biosynthèse de plusieurs hormones stéroïdiennes par inhibition enzymatique (qui n'a été que partiellement explorée et par des outils méthodologiques déjà anciens) permet d'ouvrir d'autres voies d'investigation dans le domaine de l'addiction et des différences liées aux sexe. Il est connu également que les hormones stéroïdiennes agissent au niveau de la transcription de l'ADN et, de ce fait, commandent la biosynthèse de certains récepteurs, cholinergiques en particulier. Les voies du métabolisme et de la pharmacocinétique de la nicotine apparaissent désormais bien établies, notamment du fait qu'elles ont bénéficié d'études de développement de spécialités pharmaceutiques contenant de la nicotine. Toutefois, les effets pharmacologiques des métabolites demeurent mal connus, en particulier quant à leur influence potentielle sur la dépendance tabagique.


Ouvrage de référence : « Tabac : Comprendre la Dépendance pour Agir » Expertise collective
Inserm © Les Editions INSERM, 2004

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 15:08
Slate.fr
A partir de 2013, l’entreprise va lancer en France la plus vaste plateforme d’écoutes judiciaires d’Europe. Censée contrer les problèmes de sécurité actuels, elle pose tout de même la question de la protection de la vie privée.
- Phone Blocks/Nathan Reed via Flickr CC License By -
L'AUTEUR
Emmanuel Fansten  Journaliste. Auteur de Scientologie, autopsie d'une secte d'Etat (Robert Laffont) Ses articles
TOPICS

Impossible de connaître le coût ou l’emplacement du futur site d’écoutes du ministère de la Justice. Classé confidentiel défense, le projet développé par Thalès a néanmoins de quoi susciter quelques interrogations. A partir de mi 2013, l’entreprise va lancer en France la plus vaste plateforme d’écoutes judiciaires d’Europe. Actuellement, plusieurs dizaines de salariés travaillent activement sur le projet dans le plus grand secret.

Avec cette nouvelle plateforme, la Chancellerie cherche à moderniser un système largement dépassé par les nouvelles technologies. Mais il s’agit surtout d’économiser plusieurs millions d’euros par an, alors que les écoutes téléphoniques grèvent aujourd’hui une grosse partie du budget de la Justice.

Explosion des écoutes judiciaires

Contrairement aux écoutes administratives, dont le nombre est relativement stable, les écoutes judiciaires ont explosé ces dernières années, passant de 6000 en 2002 à près de 32.000 en 2012. Un chiffre qui ne prend pas en compte le boom des géolocalisations, environ 11.000 l’an dernier. A cela, il faut encore ajouter toutes les autres réquisitions, identification d’un numéro ou obtention des factures détaillées, les fameuses «fadettes» chères à la DCRI. En tout 5 millions de requêtes ont ainsi été envoyées aux opérateurs téléphoniques par le ministère de la justice au cours des douze derniers mois.

Officiellement, toutes les interceptions judiciaires sont rigoureusement contrôlées par le code de procédure pénale. Pour «brancher» un suspect, policiers et gendarmes doivent préalablement avoir l’aval du magistrat chargé de l’enquête. Ce n’est qu’une fois la signature du juge obtenue que l’opérateur téléphonique peut être saisi par un officier de police judiciaire.

Ensuite, toutes les données recueillies sont gérées par un prestataire privé sans véritable contrôle. A l’heure actuelle, une poignée de sociétés se partagent ce juteux marché, estimé l’an dernier à 25 millions d’euros. Un système bien trop cher aux yeux de la Chancellerie. Mais également trop peu sécurisé.

Des écoutes policières sauvages

L’explosion des écoutes sauvages inquiète depuis longtemps les autorités. Malgré plusieurs affaires retentissantes, il reste possible pour un officier de police judiciaire de faire passer une demande bidon à un opérateur.

Ce système, baptisé «écoutes-taxis» dans le jargon, consiste à glisser discrètement un numéro dans la réquisition signée par le juge pour effectuer une écoute en dehors de la procédure officielle. Ni vu ni connu. Un marché noir dont profite aujourd’hui certaines officines, spécialisées dans le commerce de ces données confidentielles.

Avec le développement des nouvelles technologies et l’apparition de logiciels d’espionnage en vente libre sur Internet, le problème des écoutes sauvages dépasse largement le cadre des prestataires privés travaillant pour l’Etat. Mais ces derniers, peu contrôlés, n’en restent pas moins une des failles du système.

Dysfonctionnement du système actuel

Durant longtemps, le choix de ces sociétés a été laissé localement à l’appréciation des commissariats et des gendarmeries. Un marché dans lequel la société Elektron, basée à Neuilly, s’est rapidement taillée la part du lion. Mais le dispositif a également fait grincer quelques dents.

En février 2005, le Point révèle une lettre de Martine Monteil, alors patronne de la Police Judiciaire, qui alerte sa hiérarchie sur des «problèmes de sécurité» liés au matériel de la société Elektron. Une petite bombe en pleine affaire Clearstream. Quatre ans plus tard, l’Inspection Générale de la Police Nationale s’inquiéte à son tour, dans une note, de «graves dysfonctionnements dans les interceptions judiciaires».

Le futur: une boîte noire sécurisée

Lorsque la Chancellerie lance finalement l’appel d’offres de sa future plateforme, en 2009, tous les prestataires actuels sont écartés au profit d’entreprises jugées plus aptes à développer un tel projet. Après une lutte à couteaux tirés, c’est finalement le géant de l’aérospatiale Thalès qui décroche le contrat face à trois autres poids lourds de l’électronique, Atos, Cap-Gemini et ES-SI.

Sur le papier, le projet de Thalès ne pêche pas par manque d’ambition. Gigantesque interface entre les enquêteurs et les opérateurs, la nouvelle plateforme doit permettre de réduire la facture des interceptions de moitié tout en facilitant le travail des limiers de la PJ. Demain, 60.000 officiers de police judiciaire auront ainsi accès directement à cette boîte noire via les réseaux sécurisés de l’Etat.

Une procédure entièrement dématérialisée, ou les réquisitions seront signées électroniquement par le magistrat et l’ensemble des interceptions stockées dans le serveur de Thalès. les magistrats pourront ensuite piocher dans ce vaste coffre fort numérique ultra-sécurisé.

Traçabilité ou opacité?

Autre avantage mis en avant par les promoteurs du projet: les interceptions sur Internet deviennent un jeu d’enfants. Aujourd’hui, le web occupe une place croissante dans les enquêtes. Or les interceptions y sont encore très marginales, notamment à cause de leur coût élevé.

A partir de 2013, les officiers de police judiciaire auront donc accès à l’intégralité des communications électroniques, fixe, mobiles et Internet. Avec un changement de taille: la traçabilité des opérations, qui doit permettre de remonter toute la chaîne en cas de réquisition suspecte.

Malgré ces nouvelles prérogatives, la nouvelle plateforme est loin de faire l’unanimité au sein de la police. Certains estiment avoir été écartés du projet et pointent les risques d’intrusion extérieure dans le système de Thalès. Dans une lettre  à Claude Guéant, le syndicat Synergie-Officiers s’insurge même de l'«opacité qui a présidé de la mise en œuvre» du nouveau dispositif.

Les risques pour la vie privée

Au delà de ces querelles entre la Chancellerie et la Place Beauvau, des spécialistes pointent surtout les risques de la nouvelle plateforme en terme de protection de la vie privée.

Le Wall Street Journal vient ainsi de révéler qu’une technologie semblable à celle de Thalès avait été commercialisée en 2008 en Libye par une autre entreprise française, filiale du groupe Bull, accusée d’avoir mis tout le pays sous étroite surveillance. «La nouvelle plateforme sera contrôlée et offrira toutes les garanties légales», rétorque-t-on Place Vendôme, où on précise que le projet doit encore passer par un audit indépendant et une décret du Conseil d’Etat.

Malgré tous ces garde-fous, la protection des libertés individuelles reste le sujet le plus délicat.

«Sans sombrer dans la paranoïa, il faut savoir que l’Etat va se doter de moyens de surveillance de plus en plus développés, c’est une tendance lourde», souligne François-Bernard Hugue, chercheur à l’IRIS.

Mais plus encore que la tentation de Big Brother, c’est le développement des écoutes privées en dehors de tout cadre légal qui inquiète le plus le spécialiste. Un problème encore plus sensible en période électorale.

Emmanuel Fansten

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22